Archive pour la catégorie 'De liturgia'

2012-50. C’est au moins un tiers des catholiques pratiquants qui, en France, est encore volontairement ignoré (voire méprisé) par les autorités diocésaines.

Avec l’aimable autorisation de Paix Liturgique, que nous remercions chaleureusement, nous reproduisons ci-dessous l’éditorial de la lettre n°353 datée du 17 septembre 2012.

2012-50. C'est au moins un tiers des catholiques pratiquants qui, en France, est encore volontairement ignoré (voire méprisé) par les autorités diocésaines. dans Commentaires d'actualité & humeurs pape

Le motu proprio Summorum Pontifucum a déjà cinq ans :
(la lettre de Paix Liturgique n°353) 

Cela fait désormais cinq ans que le Pape a promulgué son Motu Proprio Summorum Pontificum. Cinq ans que s’est achevé le temps de la « parenthèse miséricordieuse » du Motu Proprio Ecclesia Dei de 1988 et des interrogations sans fin sur les intentions réelles du Saint-Père. Cinq ans que le Pape a parlé. Oui cinq ans qu’il a proclamé déjà que la messe traditionnelle n’avait jamais été interdite, alors qu’elle avait été, dans les faits, interdite ABSOLUMENT par la plupart des clercs français.

Et qu’est-il arrivé durant ces cinq années? De très bonnes choses assurément : une plus grande liberté pour les messes privées des prêtres, quelques messes paroissiales selon la forme extraordinaire, une plus grande liberté pour demander des messes de mariages ou de funérailles selon ce rite. Mais le texte a fonctionné aux 5 %, pour être optimiste, de ses virtualités, constamment freiné par une évidente opposition et une mauvaise volonté certaine.

En cinq ans, combien d’évêques français ont montré l’exemple en célébrant eux-mêmes régulièrement dans leurs cathédrales la forme extraordinaire du rite romain? Ou en laissant tout simplement leurs prêtres, tentés spontanément de célébrer selon la forme extraordinaire, ou sollicités selon le droit de le faire par un groupe de fidèles, d’agir librement? Combien de mises en place loyales, dans le cadre paroissial, de célébrations de la forme extraordinaire? Bilan éloquent.

On nous fait dans les diocèses le coup du « changement maintenant » de M. Hollande : depuis que le Saint-Père s’est exprimé clairement, l’on nous répète qu’il faut du temps et de la concertation avant d’agir, que l’on ne peut pas tout avoir « tout de suite ». Soit, mais combien de temps faudra-t-il? Vingt ans? Cinquante ans? La réforme liturgique de 1969, elle, devait obligatoirement être appliquée dans les trois mois suivant sa promulgation… Dans un tel contexte, les réticences de la FSSPX, qui n’arrive pas, comme elle le dit, à « faire confiance », s’explique un peu, non?

Et pourtant ce que l’on commence à appeler le peuple Summorum Pontificum existe bien : nous le rencontrons tous les jours ! Nous en rappelions l’histoire et l’importance dans notre lettre sur le diocèse des Versailles que nous surnommions « le diocèse des silencieux » (cf. lettre de Paix Liturgique n° 351, ici > www). Tout le monde sait que cette réalité ne se limite pas à l’Église de Versailles : c’est (au moins) l’Église de France toute entière qui est la terre des silencieux.

Ceux qui aspirent à voir célébrer dans leurs paroisses la messe selon la forme extraordinaire, nos 15 sondages l’attestent, représentent aujourd’hui entre 35 et 50 % des catholiques pratiquants français !

Eh bien, ce tiers au moins des catholiques pratiquants semble ne pas exister, ou en tout cas ne pas compter. Ce sont des « nostalgiques », des espèces de sous-catholiques (et pourtant, peut-être bientôt les seuls ou presque qui resteront dans les églises). Pastorale, pastorale, nous dit-on. Or, les instances officielles savent que cette sensibilité catholique est en France la plus féconde en vocations sacerdotales et religieuses. On croit rêver. En fait, on cauchemarde. Certes les temps changent doucement, et des journaux chrétiens commencent à s’intéresser à cette réalité ecclésiale (La VieTémoignage ChrétienLa Croix, à l’occasion de la messe du 3 novembre à Saint-Pierre de Rome) mais ce n’est pas suffisant.

Il reste que le tiers au moins des catholiques français sont passés par pertes et profits. Alors que moins de 55 % des français se disent catholiques (un chiffre qui descend très en dessous des 40 % pour les moins de 40 ans) et que la pratique religieuse est désormais en dessous de 4 %, on pourrait au minimum considérer comme simplement existants des catholiques qui « produisent » plus de 15 % des vocations sacerdotales et des ordinations.

Certains bons apôtres prétendent que les divers organismes qui tentent de prêtre une voix aux demandeurs, au premier rang desquels Paix liturgique, n’emploieraient pas « les bons moyens », ce qui irriterait tellement nos pasteurs qu’il leur deviendrait impossible de faire ce qu’ils auraient par ailleurs désiré faire. Merveilleuse dérobade… Serions-nous les pires des empoisonneurs, que le droit – un droit strict – resterait le droit. D’ailleurs, Paix liturgique n’aurait aucune raison d’être si nos pasteurs paroissiaux appliquaient le droit et si nos pasteurs épiscopaux ne l’empêchaient pas d’être appliqué.

« La paix soit avec vous » : c’est la salutation réservée au cours de la messe à l’évêque, qui répète ainsi le souhait du Christ ressuscité à ses amis. La Paix liturgique, la pacification du peuple chrétien, qu’ils ont mission de nous donner, nous continuerons à la leur demander, loyalement, paisiblement, mais jusqu’à ce qu’ils veuillent nous la donner.

Notre vœu : que soit permis à tous les fidèles de pouvoir vivre leur foi catholique chaque semaine dans leur paroisse au rythme de la forme extraordinaire du rite romain, c’est-à-dire la célébration, dans un esprit de loyauté et de Charité et à un horaire familial de la forme extraordinaire dans chacune des 4500 paroisses de France.

tiarepie9 droit des fidèles ignoré et méprisé dans De liturgia

Pèlerinage à Rome, dans l’action de grâces et la foi, du 1er au 3 novembre 2012 : site officiel du pèlerinage et intervention de Monsieur l’abbé Claude Barthe à la conférence de presse de présentation du 9 septembre dernier > www.

Louange à la très sainte et toute glorieuse Croix de Notre-Seigneur.

Prière attribuée à Saint Anselme.

Relique de la Sainte Croix

Relique de la Sainte Croix – oratoire du Mesnil-Marie.

O Croix, choisie pour des bienfaits si ineffables, ta gloire est annoncée non point tant par l’esprit et la langue des hommes ou des anges que par les oeuvres dont tu as été l’instrument.
C’est en toi et par toi que me viennent le salut et la vie. C’est en toi et par toi que résident tout mon bien et tout bien.
Que me sert-il d’être conçu, de naître, de vivre, et de jouir de tous les bonheurs de cette vie, si c’est pour descendre ensuite au royaume de la mort ?
S’il devait en être ainsi, mieux vaudrait que je ne fusse point né. Et c’est bien sûr dans cet état que je me trouverais maintenant, si je n’avais pas été racheté grâce à toi.

Avec quels sentiments vais-je donc me glorifier en toi ?
Quelle ne doit pas être mon allégresse, puisque par toi l’esclavage de l’enfer se change en héritage du Royaume des Cieux !
Quelle ne doit pas être ma joie, puisque sans toi j’aurais en horreur cette existence temporelle jusque dans ses moindres moments, tandis que grâce à toi je sais que je jouirai d’un bonheur éternel, d’une existence admirable !

Car j’ai beau ne servir encore Dieu que dans l’espérance et dans la crainte, je possède néanmoins la certitude que j’atteindrai un jour ce bonheur, si je ne mets ma gloire qu’en toi, par l’action de grâces, l’amour, et par ma vie tout entière.

Ainsi soit-il !

Louange à la très sainte et toute glorieuse Croix de Notre-Seigneur. dans De liturgia nika

Voir aussi la B.D.  « Si la Croix vous fait peur » > ici.

Publié dans:De liturgia, Prier avec nous, Textes spirituels |on 14 septembre, 2012 |4 Commentaires »

2012-46. Les trois conversions de Saint Augustin.

Mardi 28 août 2012,
fête de notre glorieux Père Saint Augustin.

L’attachement de notre Saint-Père le Pape Benoît XVI à la figure et aux enseignements de Saint Augustin est bien connu.
Dans ce modeste blogue, nous avions déjà publié l’intégralité des textes des cinq catéchèses des audiences générales que le Souverain Pontife avait consacrées à la présentation de la personne et de la pensée du « Docteur de la Grâce », au début de l’année 2008 (cf. > ici ; ici et ici), ainsi que la catéchèse du mercredi 25 août 2010 au cours de laquelle le Pape avait à nouveau insisté sur l’actualité de son exemple pour les hommes en quête d’authentique profondeur spirituelle (cf. > ici).

Le 22 avril 2007, Sa Sainteté s’était rendue en visite pastorale à Pavie (Italie), ville dans laquelle sont conservées et honorées les reliques de saint Augustin.
En cette occasion, Benoît XVI évoqua bien évidemment la figure de l’illustre évêque d’Hippone. La totalité de ses interventions peut être retrouvée sur le site du Saint-Siège > ici.
Je vous propose de reprendre quelques points importants des enseignements du Pape donnés à cette occasion, car ils n’ont rien perdu de leur pertinence ni de leur actualité.

2012-46. Les trois conversions de Saint Augustin. dans De liturgia ago3

Pavie, dimanche 22 avril 2007 :
Sa Sainteté le Pape Benoît XVI se recueille devant les reliques de Saint Augustin.

Ainsi à l’occasion des vêpres célébrées dans la basilique San Pietro in Ciel d’Oro, le Saint-Père déclarait qu’il voulait « vénérer la dépouille mortelle de saint Augustin, en expression d’hommage de la part de toute l’Église catholique à l’un de ses Pères les plus importants, et aussi en expression personnelle de ma dévotion et de ma reconnaissance envers celui qui joua un si  grand rôle dans ma vie de théologien et de pasteur, et même, dirais-je dans ma vie d’homme et de prêtre ».

Cependant, c’est principalement dans l’homélie qu’il prononça au cours de la célébration de la sainte Messe dominicale de ce 22 avril que le Souverain Pontife s’est attaché à esquisser le portrait spirituel de saint Augustin, insistant sur les trois étapes de sa conversion.
Si son baptême pendant la sainte Nuit de Pâques de l’an 387 fut l’étape décisive, son cheminement ne fut pas terminé : « Comme elle l’avait été avant le baptême, la vie d’Augustin après le baptême (…) resta un chemin de conversion, jusqu’à l’ultime maladie quand il fit placarder sur le mur les psaumes de la pénitence, pour les avoir perpétuellement sous les yeux ; quand il se priva de la réception de l’eucharistie pour suivre encore une fois la voie pénitentielle et recevoir le salut des mains du Christ en don de miséricorde divine ».
Il paraît donc légitime de parler au pluriel des « conversions » de Saint Augustin. On peut y distinguer trois étapes principales, marquées par un degré nouveau d’approfondissement de l’humilité.

1. « La première et fondamentale conversion fut le cheminement intérieur vers le christianisme, vers le oui de la foi et du baptême » disait Benoît XVI.
Ce qui caractérise cette étape, c’est la passion  de la vérité, « mot-clef de sa vie », ainsi que la découverte du Verbe fait chair, vérité méconnue des philosophes platoniciens. La foi chrétienne consiste dans le consentement à l’humilité de Dieu.
Tirant la leçon  de cette première conversion, Benoît XVI ajoutait : « Il n’est pas possible d’expliciter ici combien tout cela nous concerne : demeurer des personnes en recherche, ne pas se contenter de ce que tous font et disent. Ne pas détacher le regard du Dieu éternel et de Jésus-Christ. Toujours ré-apprendre l’humilité de la foi dans l’Église corps de Jésus-Christ ».

2. La deuxième conversion de Saint Augustin correspond, en 391, à l’appel à « devenir pasteur d’âmes », l’obligeant à s’adapter au petit peuple d’Hippone. L’intellectuel dut se changer en humble prédicateur de la foi, se faisant tout à tous.
Saint Augustin décrit ainsi cette étape : « Plié sous le poids de mes péchés et le fardeau de ma misère, j’avais délibéré dans mon cœur et presque résolu de fuir au désert ; mais tu m’en as empêché, me rassurant par cette parole : ‘Le Christ est mort  pour tous, afin que ceux qui vivent ne vivent plus à eux-mêmes, mais à celui qui est mort pour eux’ (2 Co 5, 15) » (Confessions X, 43, 70).
Il sera désormais prêtre, et bientôt évêque au service de l’Église dans la ville d’Hippone, jusqu’à sa mort en 430, consacrant toutes ses forces à l’annonce de Jésus-Christ, un « lourd fardeau, une peine sans fin » (Sermon 339, 4).

3. « Il y a  encore une troisième étape décisive  sur le chemin de la conversion de saint Augustin », étape qui a résidé dans la découverte de l’appel à la perfection dont il avait célébré l’idéal dès le début de son ministère.
Mais, sur ce point, il a dû corriger sa manière de concevoir la perfection chrétienne : dans son livre intitulé Rétractations, il a écrit : « Depuis lors, j’ai compris qu’un seul est vraiment parfait (…) : Jésus-Christ ».
L’idéal de la perfection ne peut être atteint et réalisé qu’en Jésus-Christ, et en Lui seul, et il consiste à s’engager dans la voie de l’humilité.

Récapitulant les trois degrés d’humilité, Benoît XVI précisait ainsi sa pensée :
« Augustin avait appris un dernier degré d’humilité, pas seulement  l’humilité d’insérer sa profonde pensée dans la foi de l’Église, pas seulement l’humilité de traduire son grand savoir dans la simplicité de l’annonce, mais encore l’humilité de reconnaître que, à lui comme à toute l’Église pérégrinante, la bonté d’un Dieu qui pardonne est nécessaire ; et que nous, ajoutait-il
(il = Saint Augustin), nous nous faisons semblables au Christ, le Parfait, dans toute la mesure du possible, lorsque nous devenons comme lui des personnes de miséricorde ».

pavia-Copie Augustin d'Hippone dans Lectures & relectures

Pavie, basilique de San Pietro in Ciel d’Oro : exposition des reliques de Saint Augustin.

Dans une autre intervention au cours de ce même pèlerinage, lors de sa rencontre avec les représentants du monde de la culture, Benoît XVI a développé un autre thème qui lui est particulièrement cher : le dialogue entre la raison et la foi, dont Saint Augustin nous offre un modèle tout à fait exemplaire.

Le Saint Père déclarait : « Le parcours existentiel et intellectuel d’Augustin  est de témoigner de l’interaction féconde entre foi et culture. Saint Augustin était un homme animé par un désir insatiable de trouver la vérité, de trouver ce qu’est la vie, de savoir comment vivre, de connaître l’homme. Et c’est justement à cause de sa passion pour l’homme qu’il a nécessairement cherché Dieu, car c’est seulement dans la lumière de Dieu que la grandeur de l’homme, la beauté et l’aventure d’être homme peuvent aussi apparaître pleinement (…).
Ainsi la foi dans le Christ n’a pas posé de limites à sa philosophie, à son audace intellectuelle (…).
C’était là sa philosophie : savoir vivre, avec toute la raison, avec toute la profondeur de sa pensée, de notre volonté, et se laisser guider sur le chemin de la vérité, qui est un chemin de courage, d’humilité, de purification permanente. La foi dans le Christ a donné son accomplissement à toute la recherche d’Augustin ».

Blason-Augustins Benoît XVI dans Nos amis les Saints

Blason de l’Ordre de Saint Augustin

Prière au Saint-Esprit tirée des oeuvres de Saint Augustin > ici.
Sermon de Saint Augustin sur l’obligation de faire pénitence > ici.

2012-44. Simples réflexions à propos du 10 août.

Vendredi 10 août 2012.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

     La date du 10 août est particulièrement riche en célébrations et commémorations.
Sans prétendre, ni même vouloir, tout épuiser, je m’autorise à vous rejoindre pour partager avec vous quelques réflexions qui me sont venues aujourd’hui à partir de mes lectures et des échanges que j’ai eus avec mon papa-moine.

A – De la fête de Saint Laurent et de la cohérence des fidèles.

   Au calendrier liturgique, nous fêtons aujourd’hui Saint Laurent, proto-diacre et martyr.
C’est même l’un des plus célèbres martyrs de Rome : il est d’ailleurs devenu l’un des célestes protecteurs de la Ville Eternelle, et la basilique qui a été élevée sur son tombeau est au nombre des « sept basiliques » auxquelles les pèlerins se rendent traditionnellement.

Le martyre de Saint Laurent, Pierre de Cortone - 1626

Le martyre de Saint Laurent (Pierre de Cortone – 1626)

   Je ne peux résister à la tentation de vous recopier quelques phrases d’un sermon que notre glorieux Père Saint Augustin a consacré à Saint Laurent :
   « C’est aujourd’hui, à Rome, un grand jour de fête, que célèbre une grande affluence de peuple. Unissons-nous à ce peuple : absents de corps, soyons néanmoins par l’esprit avec nos frères, en un même corps, et sous un même chef. La mémoire de ses mérites ne se borne point, pour notre martyr, à la terre où est le sépulcre de son corps. Partout on lui doit un saint respect. La chair n’occupe qu’un seul endroit, mais l’âme victorieuse est avec Celui qui est partout.
(…) L’Eglise, a établi ces anniversaires des glorieux martyrs, afin d’amener par la foi à les imiter, ceux qui ne les ont point vus souffrir, de les stimuler par ces solennités (…). A chaque solennité d’un martyr, préparons notre coeur à le fêter, de manière à n’être jamais sans l’imiter.
C’était un homme, et nous sommes des hommes. Celui qui l’a créé nous a créés aussi ; et nous sommes rachetés au même prix qu’il a été racheté. Nul homme chrétien dès lors ne saurait dire : Pourquoi moi? Encore moins, doit-il dire : Pour moi non. Mais bien : Pourquoi pas moi ? (…)
Dès lors, mes frères bien-aimés, puisque jamais nous ne sommes sans persécution, comme nous l’avons dit, et que le diable, ou nous tend des embûches, ou nous fait violence, nous devons être toujours prêts, ayant le coeur fixé en Dieu, et autant qu’il nous est possible, au milieu de ces embarras, de ces tribulations, de ces épreuves, demander la force au Seigneur, puisque de nous-mêmes nous sommes si faibles, nous ne pouvons rien (…) » (Saint Augustin, homélie pour la fête de Saint Laurent)

   En un temps où, très spécialement en France, l’anti-christianisme se fait de plus en plus agressif, la célébration des fêtes des martyrs ne doit-elle pas nous stimuler et nous encourager ?
L’Apôtre Saint Paul ne s’adressait pas qu’aux chrétiens de Rome du premier siècle lorsqu’il leur écrivait : « Nolite conformare huic saeculo : ne vous conformez pas à ce monde, mais réformez-vous par le renouvellement de votre esprit, afin que vous reconnaissiez combien la volonté de Dieu est bonne, agréable et parfaite » (Rom. XII, 2).

   Aujourd’hui, par tous les moyens, de multiples et incessantes pressions sont faites pour que les chrétiens en prennent à leur aise avec la loi divine – qui n’est rien d’autre que la pratique cohérente du véritable amour – , réinterprètent les commandements de Dieu et de Son Eglise, renoncent aux exigences de la sainteté et se calquent sur des modes comportementales qui ne sont rien d’autre que l’immoralité institutionnalisée…

   J’ai alors repensé à ce qu’écrivait Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de la Sainte Face :
« …si l’Amour venait à s’éteindre, les Apôtres n’annonceraient plus l’Evangile, les Martyrs refuseraient de verser leur sang… » (manuscrit B).
Et je me suis demandé : parmi tous ceux qui se déclarent chrétiens, aujourd’hui, en France, combien sont prêts à répandre leur sang pour défendre la loi morale, comme le fit Saint Jean-Baptiste ? combien sont prêts à payer de leur vie leur attachement à Jésus-Christ vrai Dieu et vrai homme, comme le fit Saint Etienne ? combien sont prêts à défendre toutes les Vérités révélées par Dieu et transmises infailliblement par Son Eglise, quoi qu’il puisse leur en coûter, comme le fit Saint Laurent ? combien sont prêts à se laisser torturer et mettre en pièces plutôt que d’abandonner un seul point du dogme, comme l’a fait la « foule immense que nul ne pouvait dénombrer » des fidèles mis à mort par les païens, par les hérétiques, par les mahométans, par les huguenots, par les révolutionnaires, par les marxistes et par les socialistes, par les athées et par les satanistes ?
La charité, capable d’aller jusqu’au bout du plus extrême don de soi, et la cohérence la plus rigoureuse de son comportement avec ce que l’on professe des lèvres ne font-elles pas cruellement défaut même dans les rangs des fidèles ? L’Amour, l’Amour vrai dont parlait Sainte Thérèse, n’est-il pas éteint ? L’Amour est-il encore aimé, vraiment aimé, aimé avec cette cohérence qui embrasse chaque détail de la vie ?

  J’ai lu dans « la Croix » – pardonnez-moi de citer un mauvais journal (« Lire ‘la Croix’, quelle croix ! » s’était un jour écrié le génial André Frossard) – le compte-rendu d’un sondage publié hier par « la Vie » (nul n’ignore que cet hebdomadaire n’est plus catholique depuis belle lurette), selon lequel seulement 56% des « catholiques pratiquants » croiraient en une vie après la mort, et seulement deux tiers d’entre eux adhèreraient aux dogmes les plus essentiels du christianisme (dont – excusez du peu – la création du monde par Dieu et la résurrection de N.S.J.C. !).
Sans doute conviendrait-il de définir ce qu’est pour « la Vie » un « catholique pratiquant » : à mon avis ce ne doit pas être quelqu’un qui va à la Messe tous les dimanches et fêtes d’obligation, qui prie quotidiennement, qui observe les commandements de Dieu et de l’Eglise, qui se confesse régulièrement, qui est attentif aux jours de pénitence et de jeûne, qui obéit au Pape… mais, bref, passons là-dessus pour en venir à cette conclusion : comment voulez-vous que ces prétendus catholiques soient capables de résister en face de la plus simple contradiction, des vexations de l’anti-christianisme militant, voire de la persécution – qu’elle soit psychologique ou physique – ?

   Sans doute voyons-nous ici les résultats de plus de cinquante ans de catéchèse et de prédication indigentes, rendues stériles par le modernisme et le relativisme des pasteurs eux-mêmes.
Une fois de plus, je n’hésite pas à l’écrire : il vaudrait certainement bien mieux que ces pseudo-catholiques, fussent-ils prêtres ou même évêques, quittent carrément l’Eglise et – si ça leur chante – fondent leurs petites sectes modernichonnes (et de toute façon sans avenir) plutôt que de continuer à affaiblir et polluer la véritable Eglise du Christ !

Triumphal Arch Mosaic

Rome, basilique de Saint-Laurent-hors-les-murs, mosaïque de l’arc triomphal :
Le Christ en gloire entouré des saints Apôtres Pierre et Paul, des saints diacres martyrs Laurent et Etienne, et de Saint Hippolyte .

B – Lacrymosa dies illa : 10 août 1792.

     Mais la joie spirituelle de la fête de l’un des plus glorieux martyrs de la Sainte Eglise est chaque année assombrie par l’anniversaire de la prise du palais des Tuileries, le 10 août 1792.
Cette date marque la chute de la royauté française. Et même si elle n’en est pas vraiment le début (voir par exemple ce que j’ai publié > ici), elle va entraîner un déchaînement de violences inouïes, être suivie par une quantité incroyables d’actes de vandalisme et de barbarie, une débauche de sacrilèges et de profanations, un invraisemblable déferlement de haine et de cruauté que personne n’eût pu imaginer dans un Royaume qui passait pour le plus chrétien d’Europe et le plus raffiné dans sa civilisation !

   J’avais publié l’année dernière le témoignage de Pauline de Tourzel sur la prise des Tuileries (cf. > ici).
Avec Frère Maximilien-Marie, nous avons lu ce matin la relation qui en a été faite par le colonel de Pfyffer d’Altischoffen (voir > ici).

Nous avons pleuré d’émotion et d’indignation à ce récit qui montre le courage et la fidélité sans faille des Gardes Suisses et des derniers défenseurs de la famille royale, mais aussi la bassesse et la félonie de ceux qui prétendaient agir pour la liberté, l’égalité et la fraternité, et qui ne furent en réalité que les instruments de la régression de la France.

10 août 1792 - les corps des Suisses outragés et brûlés

Après la prise du palais, les corps des Suisses sont défenestrés, dénudés, mutilés, brûlés…

   Frère Maximilien-Marie m’a dit (et j’adhère moi-même totalement à ses paroles) :
« Plus que jamais, plus fort que jamais, plus profondément et plus résolument que jamais, je déteste, je hais et j’exècre la révolution !
C’est en raison de l’amour que j’ai pour Dieu et pour Ses saintes lois, en raison de l’amour que je porte à la France telle que Dieu la veut, que je me suis voué et consacré à combattre la révolution : avec la grâce de Dieu, je la combattrai jusqu’à mon dernier souffle sur cette terre, et je la combattrai encore au-delà de ma mort… »

   A ceux qui s’étonneraient de lire que le verbe haïr est dans la bouche d’un religieux, il convient de préciser que si justement un moine est fait pour aimer – aimer selon Dieu s’entend -, cet amour exige nécessairement de repousser avec la dernière énergie tout ce qui est contraire à l’amour divin, de lutter contre tout ce qui s’oppose à cet amour, et de haïr tout ce qui tend à la destruction du règne d’amour du Coeur de Jésus.
Or la révolution n’est rien d’autre qu’une entreprise satanique, une manifestation de l’antéchrist, une tentative de faire échec aux desseins du Sacré-Coeur.

2012-44. Simples réflexions à propos du 10 août. dans Chronique de Lully fragement-drapeau-gardes-suisses-ramassé-aux-Tuileries-par-Cléry-Carnavalet-300x225

Lys d’un drapeau des Gardes Suisses qui fut ramassé par Cléry aux Tuileries
(Paris – musée Carnavalet) 

C - In memoriam : 10 août 1982.

     D’une manière très personnelle, ce 10 août marque cette année le trentième anniversaire du rappel à Dieu de la grand’mère paternelle de Frère Maximilien-Marie.
C’est par elle que notre Frère a des racines dans ce pays des Boutières où notre Mesnil-Marie est implanté.

   Frère Maximilien-Marie m’a raconté que sa grand’mère avait demandé que le vieux cantique populaire « J’irai la voir un jour » fût chanté à ses funérailles.
En ce temps là, Monsieur l’archiprêtre de Saint-Martin de Valamas était l’un de ces bons prêtres qui avait gardé la foi, qui aimait Notre-Dame, dont le coeur cherchait à se modeler sur Celui du Bon Pasteur : il ne s’était, bien évidemment, pas opposé aux dernières volontés de la défunte, qui avait également précisé qu’elle voulait que l’on chantât la Messe des morts, c’est-à-dire les pièces grégoriennes de la liturgie des défunts.

   Trente ans après, la paroisse de Saint-Martin de Valamas a été supprimée (dissoute dans une « paroisse » qui couvre le territoire de deux cantons) et il n’y a évidemment plus d’archiprêtre ; le prieuré – magnifique presbytère du XVIe siècle – est inoccupé ; la plupart des fidèles meurt sans le secours des sacrements ; aux messes d’enterrement – quand il y a encore une messe – on n’offre pas des suffrages pour les défunts (et on ne parle pas du purgatoire bien sûr) , mais on vient faire un geste de solidarité envers une famille en deuil ; enfin il est interdit aux prêtres d’accompagner la dépouille du défunt au cimetière, d’y bénir la tombe et d’y diriger les ultimes recommandations de l’âme !!!

   Frère Maximilien-Marie a prévu d’être inhumé, normalement, dans la concession familiale où sa place est prête, au cimetière de Saint-Martin de Valamas.
Mais il est bien évidemment hors de question d’avoir à ses funérailles autre chose qu’une Sainte Messe de Requiem selon le rite latin traditionnel, et qui soit en outre célébrée par un prêtre vraiment catholique officiant habituellement avec cette liturgie.
Avec de telles exigences, notre Frère n’est pas certain qu’ « on » lui ouvre les portes de l’église de Saint-Martin de Valamas… du moins dans l’état actuel des choses.

   Mais ce n’est pas irréversible car – grâces en soient à Dieu! – Frère Maximilien-Marie se porte plutôt bien et, sauf accident, il bénéficie d’une espérance de vie plus importante que les opposants à la liturgie traditionnelle que seulement quelques années séparent de la retraite : nous le savons bien, une partie de la crise moderniste sera résolue de manière biologique !

   N’allez pas croire que mes pensées de ce soir sont morbides : finalement, la mort n’est un drame que pour ceux qui sont en dehors de la grâce de Notre-Seigneur et qui n’ont point d’espérance.
A quelques jours de la fête de l’Assomption, nous regardons plus que jamais avec ferveur vers le Ciel et vers l’Eternité qui nous est promise, et notre coeur chante avec une tendresse émue : 

J’irai la voir un jour, au Ciel dans ma Patrie :
Oui, j’irai voir Marie, ma joie et mon amour ;
Au Ciel, au Ciel, au Ciel, j’irai la voir un jour ! 

patteschats 10 août dans Commentaires d'actualité & humeursLully.                

Hugo van der Goes - dormition de Notre-Dame

Hugo van der Goes : la dormition de la Vierge

Pour aider le Refuge Notre-Dame de Compassion > ici

Salutations au Sacré-Coeur de Jésus

composées par Sainte Marguerite-Marie

in « Vie et oeuvres », édition du monastère de la Visitation de Paray-le-Monial, 1920
( tome II, p.779) 

Salutations au Sacré-Coeur de Jésus dans De liturgia apparition-Ste-Marguerite-Marie-Alacoque-Copie

Je Vous salue, Coeur de mon Jésus,
sauvez-moi!

Je Vous salue, Coeur de mon Créateur,
perfectionnez-moi!

Je Vous salue, Coeur de mon Sauveur,
délivrez-moi!

Je Vous salue, Coeur de mon Juge,
pardonnez-moi!

Je Vous salue, Coeur de mon Père,
gouvernez-moi!

Je Vous salue, Coeur de mon Maître,
enseignez-moi!

Je Vous salue, Coeur de mon Pasteur,
gardez-moi!

Je Vous salue, Coeur de mon Jésus Enfant,
attirez-moi!

Je Vous salue, Coeur de Jésus mourant en Croix,
payez pour moi!

Je Vous salue, Coeur de mon Frère,
demeurez avec moi!

Je Vous salue, Coeur charitable,
opérez en moi!

Je Vous salue, Coeur miséricordieux,
répondez pour moi!

Je Vous salue, Coeur très humble,
reposez en moi!

Je Vous salue, Coeur très patient,
supportez-moi!

Je Vous salue, Coeur très fidèle,
payez pour moi!

Je Vous salue, Coeur pacifique,
calmez-moi!

Je Vous salue, Coeur de Jésus, consolation des affligés,
consolez-moi!

Je Vous salue, Coeur tout aimant, fournaise ardente,
consumez-moi!

Je vous salue, Coeur de Jésus, modèle de perfection,
éclairez-moi!

Je Vous salue, Coeur divin, origine de tout bonheur,
fortifiez-moi!

coeurdejsuscopie prière dans Prier avec nous

Autres prières au Sacré-Coeur publiées dans ce blogue :
- le texte de la « neuvaine de confiance » > www.
- la prière composée par Sainte Madeleine-Sophie Barat > www.
- la prière de confiance en Dieu de Saint Claude de La Colombière > www
- l’acte d’offrande de Saint Claude de la Colombière > www
- le Souvenez-Vous au Sacré-Coeur > www.
- une prière au Coeur eucharistique de Notre-Seigneur > www
- une prière d’union aux dispositions du Coeur de Jésus en forme de litanies > www.
- un texte de consécration au Sacré-Coeur > www.

et le texte des Promesses du Sacré-Coeur > www.

Publié dans:De liturgia, Prier avec nous |on 1 juin, 2012 |3 Commentaires »

2012-37. Principaux évènements et activités prévus pour le mois de juin 2012.

2012-37. Principaux évènements et activités prévus pour le mois de juin 2012. dans Annonces & Nouvelles DSC00210-2-Copie-239x300

Pour nous rejoindre (pour ceux qui nous sont géographiquement les plus proches) ou vous associer par l’intention (pour ceux qui sont loin) aux principaux évènements qui vont jalonner ce mois en notre Mesnil-Marie :

1) Les dimanches et jours de fêtes : participation à la Messe paroissiale (paroisse de rite latin traditionnel), à 10h30, en l’église de Ceyssac (43000).

2) Le chapelet récité dans l’oratoire du Mesnil-Marie devant la statue de Notre-Dame de Compassion est l’occasion de recommander au Coeur douloureux et immaculé de Marie les intentions qui nous sont confiées.

3) Les intentions recommandées par notre Saint-Père le Pape pour ce mois de juin 2012 sont les suivantes :
- intention générale : « Pour que les croyants sachent reconnaître dans l’Eucharistie la présence vivante du Ressuscité, qui les accompagne dans la vie quotidienne ».
- intention missionnaire : « Pour que les chrétiens d’Europe redécouvrent leur identité et participent avec plus d’élan à l’annonce de l’Evangile ».

4) Le mois de juin est le « mois du Sacré-Coeur de Jésus ». Pour prier le divin Coeur de Jésus, vous trouverez dans les pages de ce blogue :
- le texte de la « neuvaine de confiance » > www.
- la prière composée par Sainte Madeleine-Sophie Barat > www.
- la prière de confiance en Dieu de Saint Claude de La Colombière > www
- l’acte d’offrande de Saint Claude de la Colombière > www
- le Souvenez-Vous au Sacré-Coeur > www.
- une prière au Coeur eucharistique de Notre-Seigneur > www
- une prière d’union aux dispositions du Coeur de Jésus en forme de litanies > www.
- un texte de consécration au Sacré-Coeur > www.

coeurdejsuscopie activités dans Chronique de Lully

Calendrier prévisionnel du Mesnil-Marie pour ce mois de juin :

- Vendredi 1er juin (premier vendredi du mois) : Vendredi des Quatre-temps d’été (jeûne) ; au Mesnil-Marie, journée de silence et de solitude.

- Samedi 2 juin (premier samedi du mois) : Samedi des Quatre-Temps d’été (jeûne).
Frère Maximilien-Marie, qui est membre du bureau de l’association « la Ronde des Sucs » (cf. > www), est présent tout le jour au point de départ et d’arrivée des marcheurs qui participent aux randonnées organisées ce jours dans le cadre du « Printemps de la randonnée » autour du village de Borée.

- Dimanche 3 juin : Fête de la Très Sainte Trinité.

Nota bene : le mardi 5 juin la circulation sera quasi impossible dans les cantons du Cheylard et de Saint-Martin de Valamas en raison du passage du critérium du Dauphiné Libéré.

- Mercredi 6 juin : début de la neuvaine préparatoire à la fête du Sacré-Coeur de Jésus.

- Jeudi 7 juin : Fête du Très Saint-Sacrement.

- Vendredi 8 juin : 217ème anniversaire de la mort de Sa Majesté le Roi Louis XVII, enfant martyr, dans la prison du Temple à Paris.

- Samedi 9 juin :
Le matin, frère Maximilien-Marie sera à une réunion de préparation du festival « Montagne, ouvre-toi! » (cf. > www).
L’après-midi, aura lieu la première des promenades contées « Sur les pas du Grand Chanéac », voir ici > www.

- Dimanche 10 juin : Deuxième dimanche après la Pentecôte.
En France, on célèbre ce jour la solennité de la Fête-Dieu : à Ceyssac, nous ferons la procession du Très Saint-Sacrement après la Grand’Messe.

- Vendredi 15 juin : fête du Sacré-Coeur de Jésus (une des fêtes patronales de Frère Maximilien-Marie).

- Samedi 16 juin : fête de Saint Jean-François Régis, apôtre du Vivarais et du Velay (cf > www).
Nota bene : en raison de la course cycliste « l’Ardéchoise », la circulation sera quasi impossible sur les routes autour du Mesnil-Marie depuis le 15 juin en fin de matinée et pendant la journée du 16 juin : il ne sera donc pas possible de se rendre en pèlerinage à La Louvesc ou au Puy en Velay.

- Dimanche 17 juin : Troisième dimanche après la Pentecôte.
Solennité du Sacré-Coeur (le Sacré-Coeur de Jésus et la Sainte Croix sont les titulaires de notre église de Ceyssac). 
Nous commémorerons aussi l’anniversaire du martyre de Monsieur l’abbé Jean-Baptiste Abeillon, né à Coucouron, curé d’Arlempdes (paroisse du diocèse de Viviers avant la révolution): il avait refusé le serment schismatique et fut guillotiné au Puy le 17 juin 1794.

- Jeudi 21 juin : fête de Saint Louis de Gonzague.
A l’occasion de la fête de la musique, Frère Maximilien-Marie propose une audition de chant grégorien, au Mesnil-Marie, à 20h30 :
le second concile du Vatican a rappelé que le chant grégorien est le chant propre de l’Eglise latine et cependant on déplore sa disparition du répertoire des paroisses, cette soirée sera donc l’occasion de découvrir ou de redécouvrir la spiritualité de ce chant plus que millénaire à travers des pièces simples couvrant toute l’année liturgique.

- Samedi 23 juin : vigile de Saint Jean-Baptiste.
Ce soir-là, dans notre hameau, nous allumerons le feu de la Saint Jean

- Dimanche 24 juin : Fête de la nativité de Saint Jean-Baptiste (mémoire du 4ème dimanche après la Pentecôte).

- La semaine du 24 au 30 juin sera marquée par les préparations du festival « Montagne, ouvre-toi! » (cf. > www) et par la présence de plusieurs choeurs des pays de volcans et de sources.

- Mercredi 27 juin : fête de Notre-Dame du Perpétuel Secours.
Frère Maximilien-Marie servira de guide pour la visite de la cathédrale et de la vieille ville du Puy-en-Velay pour la chorale Mater divinae gratiae de Nicolosi (Sicile), qui donnera ce soir-là un concert dans l’église de Saint-Martin de Valamas.

- Vendredi 29 juin : fête des Saints Apôtres Pierre et Paul.

- Samedi 30 juin : fête de Saint Martial.
Festival « Montagne, ouvre-toi! » (cf. > www) et, le soir, concert des Cosaques de Kouban dans l’église Sainte-Marie de Borée.

coeurdejsuscopie calendrier juin 2012 dans De liturgia

2012-34. De Sainte Monique.

En ce 4 mai, jour de sa fête, nous reproduisons ci-dessous le récit des derniers instants de Sainte Monique tel qu’il a été rédigé par son fils, notre glorieux Père Saint Augustin au livre IX des Confessions :

« Seigneur, tu sais que ce jour-là, alors que j’étais avec ma mère, comme nous parlions ainsi et que ce monde pour nous au fil des paroles perdait tout intérêt avec tous ses plaisirs, ma mère dit alors :
« - Mon fils, en ce qui me concerne, plus rien n’a de charme pour moi dans cette vie. Que pourrais-je faire encore ici-bas? Pourquoi y serais-je? Je ne sais pas ; je n’ai plus rien à espérer en ce siècle. Une seule chose me faisait désirer de rester assez longtemps dans cette vie : te voir chrétien catholique avant ma mort. Je suis plus que comblée dans ce que mon Dieu m’a accordé : tu es allé jusqu’à mépriser les félicités de la terre et je te vois son serviteur. Qu’est-ce que je fais ici? »
Que lui ai-je répondu? Je ne m’en souviens pas bien, d’autant que sur ces entrefaites, dans les cinq jours à peine ou ce ne fut guère plus, la fièvre la mit au lit.
Et pendant sa maladie, un jour, elle subit une défaillance et son esprit perdit un instant conscience de ce qui l’entourait. Nous accourûmes, mais elle eut vite repris ses sens ; elle nous vit, mon frère et moi, debout près d’elle, et nous dit avec l’air de quelqu’un qui cherche quelque chose :
– Où étais-je ?
Puis arrêtant ses regards sur nous que la tristesse consternait :
– Vous enterrerez ici votre mère, dit-elle.

Moi, je me taisais et maîtrisais mes larmes ; mais mon frère lui dit quelque chose pour souhaiter, comme un sort plus heureux, qu’elle ne finît pas ses jours sur une terre étrangère, mais dans la patrie. Dès qu’elle entendit cela, son visage devint anxieux, et ses yeux lui lançaient des reproches parce qu’il avait de tels sentiments. Et puis, le regard fixé sur moi :
– Vois ce qu’il dit ! me fit-elle ;
et presque aussitôt, elle ajouta pour tous les deux :
– Enterrez ce corps n’importe où ! Ne vous troublez pour lui d’aucun souci ! Tout ce que je vous demande, c’est de vous souvenir de moi à l’autel du Seigneur, où que vous soyez.
Elle expliqua sa pensée en s’exprimant comme elle pouvait, puis se tut ; la maladie qui s’aggravait la faisait souffrir.

Mais moi, qui songeais à tes dons, ô Dieu invisible, à ce que tu sèmes dans le cœur de tes fidèles et d’où proviennent les moissons admirables, je me réjouissais et te rendais grâce, me rappelant ce que je savais, l’inquiétude si grande qui l’avait toujours agitée au sujet de la sépulture, qu’elle avait prévue et préparée pour elle près du corps de son mari. Oui, parce qu’ils avaient vécu en parfaite concorde, elle voulait encore, tant l’âme humaine a de peine à comprendre les choses divines, ajouter à ce bonheur et faire dire à son sujet par la postérité : il lui fut accordé, après un long voyage outre-mer, qu’une terre conjointe couvrît la terre des deux conjoints.

Mais à quel moment cette vanité, par la plénitude de ta bonté, avait-elle cessé d’occuper son cœur ?
Je l’ignorais et j’étais dans la joie, tout surpris que ma mère me fut apparue ainsi. Déjà cependant, lors de notre entretien à la fenêtre, elle avait dit : « Que fais-je encore ici ? » et rien n’avait laissé voir qu’elle désirait mourir dans sa patrie. De plus, je l’appris plus tard, à peine étions-nous à Ostie que quelques-uns de mes amis, avec qui en toute confiance maternelle elle s’entretenait un jour sur le mépris de cette vie et le bienfait de la mort, en mon absence, furent stupéfaits d’une telle vertu dans une femme – c’est toi qui la lui avais donnée -, et lui demandèrent si elle ne redoutait pas de laisser son corps si loin de son pays.
– Rien n’est loin pour Dieu, répondit-elle, et il n’y a pas à craindre qu’il ne sache point où me retrouver à la fin du monde pour me ressusciter.
Ainsi donc, au neuvième jour de sa maladie, à la cinquante-sixième année de son âge, à la trente-troisième de mon âge, cette âme religieuse et pieuse se détacha du corps. Je lui fermais les yeux et dans mon cœur s’amassaient les flots d’une immense tristesse… »

la mort de Ste Monique - B. Gozzoli

Benozzo Gozzoli : mort de Sainte Monique

Prière de Saint Augustin pour le repos de l’âme de sa mère :

« O mon Dieu, je ne laisse pas de pleurer en votre présence pour celle qui vous a si fidèlement servi, pour celle qui, après m’avoir porté dans son sein pour me faire naître à la lumière passagère de ce monde, me porta depuis dans son coeur, afin de me faire renaître à votre lumière éternelle.

O Dieu de mon coeur, Dieu de miséricorde, quelque sujet que j’aie de me réjouir en vous et de vous rendre grâces de tout le bien que fit ma mère pendant sa vie, je veux laisser à part, quant à présent, toutes ses bonnes oeuvres, et je viens implorer auprès de vous le pardon de ses péchés.

Exaucez-moi, je vous en conjure, par les mérites de celui qui fut attaché pour nous à une croix, et qui, maintenant assis à votre droite, ne cesse d’intercéder pour nous.

Je sais que votre servante a pratiqué les oeuvres de miséricorde, et qu’elle a pardonné du fond de son coeur à ceux qui l’avait offensée : pardonnez-lui donc aussi, mon Dieu, les fautes qu’elle a pu commettre envers vous pendant tout le temps qui s’est passé depuis son baptême jusqu’à sa mort.
Pardonnez-lui, Seigneur, je vous en supplie ; que votre miséricorde l’emporte sur votre justice, parce que vous êtes fidèle dans vos promesses, et que vous avez promis la miséricorde à ceux qui auront été miséricordieux.

Je crois que vous avez déjà fait pour mère ce que je vous demande ; et cependant, Seigneur, puissent les prières que je vous offre être agréables à vos yeux. Elle-même nous recommanda de vous les adresser, et de nous souvenir d’elle à l’autel du Seigneur.

N’oubliez pas, mon Dieu, que celle pour qui je vous prie avait fortement attaché son âme, par les liens d’une foi inébranlable, à cet admirable mystère de notre rédemption. Que rien ne puisse donc l’arracher à la protection de son Dieu ! Que l’ennemi ne réussisse, ni par la ruse, ni par la force, à la séparer de vous ; que son âme repose dans la paix éternelle. Ainsi soit-il!

S. Agostino Roma - Urna di S.Monica

Sarcophage contenant les restes de Sainte Monique dans la basilique Saint Augustin à Rome

2012-31. Principaux évènements prévus en mai 2012.

2012-31. Principaux évènements prévus en mai 2012. dans Annonces & Nouvelles DSC06653-Copie-300x225

Pour nous rejoindre (pour ceux qui nous sont géographiquement les plus proches) ou vous associer par l’intention (pour ceux qui sont loin) aux principaux évènements qui vont jalonner ce mois en notre Mesnil-Marie :

1) Les dimanches et jours de fêtes : participation à la Messe paroissiale (paroisse de rite latin traditionnel), à 10h30, en l’église de Ceyssac (43000).

2) Le chapelet récité dans l’oratoire du Mesnil-Marie devant la statue de Notre-Dame de Compassion est l’occasion de recommander au Coeur douloureux et immaculé de Marie les intentions qui nous sont confiées.

3) Mardi 8 mai : fête de Marie médiatrice de toutes grâces, pèlerinage en l’honneur de Notre-Dame (lieu à préciser, nous contacter > www)

3) Dimanche 13 mai : solennité de Sainte Jeanne d’Arc – fête nationale.

4) Mardi 15 mai : Veillée Culture & Patrimoine, au Mesnil-Marie = « les Contes de Nannette Lévesque », par notre amie Elodie Blanc, historienne et conteuse.

A préciser : l’un des trois jours des Rogations (14, 15 ou 16 mai), Sainte Messe dans l’oratoire du Mesnil-Marie et procession pour implorer la bénédiction et la protection de Dieu sur les travaux et activités des hommes.

5) Du vendredi 18 au samedi 26 mai : neuvaine au Saint-Esprit préparatoire à la fête de la Pentecôte, voir ici > www.

6) Dimanche de la Pentecôte 27 mai : Baptême et première communion de Jean-Baptiste (9 ans et demi, préparé par Frère Maximilien-Marie qui sera son parrain), recommandé aux prières de tous les amis du Refuge Notre-Dame de Compassion.

arms-Copie dans De liturgia

Intentions recommandées par notre Saint-Père le Pape Benoît XVI
pour le mois de mai 2012 :

Intention de prière générale : « Pour que soient prises des initiatives qui défendent et renforcent dans la société le rôle de la famille »

Intention missionnaire : « Pour que Marie, Reine du monde et Etoile de l’évangélisation, accompagne tous les missionnaires dans l’annonce de son Fils Jésus ».

2012-28. Sainte Lydwine de Schiedam (fêtée le 14 ou le 15 avril).

La vie de Sainte Lydwine, fêtée le 14 ou le 15 avril (cela dépend des calendriers particuliers : au Mesnil-Marie nous la fêtons le 15, en raison de la fête de Saint Bénézet, cf. > ici) nous conduit à nous approcher – non sans que la nature humaine ne s’en effraie – à l’un des mystères les plus bouleversants de notre vocation chrétienne : la communion aux souffrances du Seigneur Jésus-Christ. Celle-ci, chez certaines âmes d’élite, peut arriver au point qu’elles vont endurer de véritables « supplices » physiques et moraux qui paraissent cruels et épouvantables, mais au travers desquels se réalise la parole de Saint Paul : « Ce qui manque à la Passion du Christ, je l’achève en ma propre chair, pour Son Corps qui est l’Eglise » (Col. I, 24).

2012-28. Sainte Lydwine de Schiedam (fêtée le 14 ou le 15 avril). dans De liturgia 100px-Ordem_Avis.svg_

Lydwine est née le dimanche des Rameaux 18 mars 1380 à Schiedam – petite ville des Pays-Bas -, dans une famille qui était d’origine noble mais tombée dans la pauvreté. Elle était la cinquième, et l’unique fille, de neuf enfants : quatre garçons naquirent avant elle et quatre autres garçons après elle.

Enfant pleine de charme, elle était aussi dès son plus jeune âge attirée par les choses de Dieu au point que vers l’âge de sept ans elle était déjà résolue de se consacrer entièrement au service du Christ.
A partir de son adolescence, sa beauté lui valut des admirateurs et, bien qu’encore très jeune, elle fit l’objet de demandes en mariage. Lydwine les repoussa énergiquement en disant à ses parents : « Je demanderais plutôt à Dieu de me rendre laide pour repousser les regards des hommes. »
Dieu la prit au mot.

Dunselman chute de Lydwine

Chute de Lydwine sur la glace

Elle avait une quinzaine d’années lorsqu’elle fit une chute – en faisant du patin sur un étang gelé – : elle eût une côte brisée.
On la transporta sur son lit et … elle ne le quitta plus jusqu’à sa mort, trente-huit ans plus tard !
Car, malgré tous les soins prodigués, le mal ne fit qu’empirer : d’abord un abcès se forma qui ne lui permettait plus de rester ni couchée, ni assise, ni levée ; perdant l’usage de ses jambes, elle se traînait sur les genoux, sur les coudes, se cramponnant aux meubles.

Ses pleurs, ses cris, ses gémissements effrayaient et éloignaient tout le monde, sauf ses admirables parents, qui ne cessèrent de la soigner avec amour. Mais peu à peu il lui devint même impossible de ramper ainsi.

Trois plaies profondes s’ouvrirent dans son pauvre corps, dont l’une se remplit de vers, qui y grouillaient en telle quantité qu’on en retirait jusqu’à deux cents en vingt-quatre heures. Comme on soulageait les ulcères, une tumeur lui vint à l’épaule, à laquelle s’ajouta bientôt le « mal des ardents » qui dévora ses chairs jusqu’aux os.
Ainsi Lydwine, couchée sur le dos, impuissante à se remuer, n’avait plus que l’usage de la tête et du bras gauche, torturée sans cesse, perdant son sang, dévorée de vers, et pourtant vivant et gardant assez de forces pour ne pas mourir.
À cette nomenclature incomplète de ses maux, il faut ajouter la torture des remèdes inventés par l’ignorante bonne volonté des médecins, qui ne réussirent guère qu’à remplacer une maladie par une autre. 

Malgré ces tourments qui semblent inhumains tellement ils font frémir, Lydwine intensifia son union à Dieu et vécut une intense union au Rédempteur. Elle avait compris que ce qui lui arrivait était une disposition particulière de la Providence dans laquelle elle entra totalement, offrant ses souffrances pour les âmes et pour l’Eglise.

Car en fait, les maladies, les plaies et l’espèce de décomposition physique dans laquelle elle vivait sans mourir étaient en quelque sorte la transposition dans sa chair de la décadence dont la Sainte Eglise souffrait en Occident à cette terrible époque. Lydwine portait tout cela avec un esprit surnaturel, victime de substitution, pour obtenir à l’Eglise la grâce du renouveau spirituel et du retour à l’unité autour du Pape légitime (Lydwine est en effet contemporaine du grand schisme d’Occident qui vit la division de l’Eglise autour de deux puis de trois papes!!!). Elle reçut les sacrés stigmates de la Passion du Seigneur. Et à partir de 1414, jusqu’à sa mort, c’est à dire pendant dix-neuf ans, elle ne se nourrit que de la Sainte Eucharistie.

Dunselman l'Enfant Jésus apparait à Lydwine dans la Sainte Hostie

Sainte Lydwine a une apparition de l’Enfant Jésus dans la Sainte Eucharistie

Jusqu’à la fin, ses maux s’aggravèrent ; mais ses plaies, ses vomissements n’exhalaient plus que des odeurs suaves et parfumées. Aussi on venait plus volontiers la voir, entretenir et écouter ses pieuses exhortations. Rien de plus ardent que sa charité, toujours au service des malheureux qu’elle secourait malgré son indigente pauvreté, et des affligés qui trouvaient auprès d’elle consolation.
On doit aussi ajouter d’incroyables grâces mystiques : bilocation, lecture dans les âmes, réception des sacrés stigmates et participation régulière à la Passion de Jésus, visions du Christ et de la Vierge, compagnie familière de son Ange Gardien qui l’emmena – alors que son corps restait sur son lit de souffrance – visiter les lieux saints et lui fit rencontrer de pieux personnages contemporains qui vivaient à des milliers de kilomètres de là… etc.

Dunselman vie mystique de Lydwine

Quelques unes des grâces mystiques de Sainte Lydwine

Ce fut le mardi de Pâques de l’an 1433 – à l’âge de 53 ans – que Lydwine acheva la montée de son Calvaire : sa passion avait duré un peu plus de trente-sept ans.
Aussitôt son pauvre corps exténué, défiguré, reprit ses couleurs, son embonpoint et la beauté de sa jeunesse ; il exhalait un parfum plus suave que jamais.
Ce corps fut conservé intact, miraculeusement, mais au XVIème siècle les protestants le brûlèrent et on ne conserve plus, en guise de reliques, que les os calcinés retrouvés dans le bûcher…
Aujourd’hui, en nos temps où les chrétiens eux-mêmes ont tellement perdu le sens de la communion aux souffrances rédemptrices du Christ, l’exemple de Sainte Lydwine vient nous « secouer » et nous ramener à cette grande leçon : la grâce ne peut être obtenue que par l’union à Jésus crucifié !

Schiedam : basilique de Sainte Lydwine (le sancturaire)

Vue du sanctuaire de la basilique de Sainte Lydwine

Nota :
la vie de Sainte Lydwine a été écrite en détail avec brio par J.K. Huysmans

Huysmans : vie de Sainte Lydwine

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