Archive pour la catégorie 'De liturgia'

2015-104. Nous devons attendre le second avènement de Notre-Seigneur sans relâcher notre vigilance et sans cesser de nous purifier par les oeuvres de la pénitence.

Deuxième sermon de notre glorieux Père Saint Augustin
sur
l’avènement du Sauveur.

On ne le répètera jamais assez, le temps de l’Avent est d’abord et principalement un temps de préparation au second avènement de Notre-Seigneur Jésus-Christ, dont le premier avènement – Sa naissance à Bethléem – est le gage : la liturgie de l’Avent est très claire à ce sujet, et ce n’est qu’à partir du mercredi des Quatre-Temps, c’est à dire au milieu de la troisième semaine de l’Avent, que l’Eglise nous prépare à la célébration de l’anniversaire de la naissance du Sauveur sur la terre.
Voici donc, dans cet esprit de la liturgie de l’Avent; un court sermon de notre glorieux Père Saint Augustin qui vient nous stimuler à la vigilance, à la pénitence et à la pratique des bonnes oeuvres.

Vitrail ouest (partie centrale) de l'église de Fairford

Fairford (comté du Gloucercestershire – Angleterre), église Sainte-Marie (XV-XVI èmes siècles)
Partie centrale de la verrière ouest : le retour du Christ comme Juge à la fin des temps.

§ 1 – Entrée en matière : Saint Augustin veut seulement être l’interprête de ce que le Saint-Esprit a proclamé par Saint Paul.

« Nous attendons le Sauveur, Notre-Seigneur Jésus-Christ » (Philip. III, 20).
Bien-aimés frères, pour vous entretenir de la solennité qui est proche, je ne me servirai pas d’un exorde qui vienne de moi ; je n’emploierai point de paroles dictées par la sagesse humaine, mais je m’arrêterai aux paroles d’un célèbre prédicateur, m’efforçant de les faire bien comprendre à mes fidèles auditeurs et de leur montrer ce que le Docteur des nations prêche dans la foi et la vérité, ce qu’annonce cette trompette de Dieu, cette cymbale de Jésus-Christ.

§ 2 – Saint Augustin apporte le témoignage des Saintes Ecritures pour établir qu’il y a deux avènements de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

« Nous attendons le Sauveur, Notre-Seigneur Jésus-Christ ».
Or, comme l’ont entendu les oreilles catholiques sur le giron de l’Eglise, le Sauveur, que nous croyons être déjà venu pour restaurer le monde, reviendra encore, un jour, pour nous juger tous, et nous L’attendons : la foi en ce qui est arrivé doit, par la charité, nous affermir dans la pratique du bien, comme l’attente de ce qui arrivera au moment de notre mort doit nous rendre vigilants et nous éloigner du mal.
Nous devons croire, en effet, sans ombre de doute, que le Christ est venu, puisque « nous avons reçu Sa miséricorde au milieu de son temple » (Ps. XLVI, 10) ». D’ailleurs, « le Verbe S’est fait chair, et Il a habité parmi nous » (Jean I, 14) ; « Il a abaissé les cieux, et Il est descendu » (Ps. XVII, 10) ; car « Celui qui est descendu est le même qui est monté au-dessus de tous les cieux » (Ephés. IV, 10), et qui, à la fin des temps, redescendra du ciel. Il en est descendu pour nous arracher à la malédiction de la loi, et faire de nous les enfants adoptifs de Dieu (Ephés. I, 5).
Oui, le Fils de Dieu est descendu, Il a pris notre nature, et Il est devenu le Fils de l’homme, afin de communiquer Sa gloire aux enfants des hommes et d’en faire les enfants de Dieu. Parce qu’Il S’est abaissé jusqu’à notre niveau, nous avons tous été élevés jusqu’à Lui. Il est aussi monté, afin d’envoyer du haut des cieux, à Ses fidèles, le don du Saint-Esprit, et d’inspirer aux coeurs de Ses disciples l’amour des choses célestes. Il est monté afin que le troupeau, qui se trouvait placé si bas, pût monter avec courage jusqu’au point culminant où l’a précédé le Pasteur. Enfin, Il descendra de nouveau, lorsqu’au dernier jour Il viendra rendre à chacun selon ses oeuvres : c’est ce que l’ange a dit aux disciples du Sauveur, lorsque, stupéfaits et étonnés, ils Le voyaient monter au ciel : « Hommes de Galilée, pourquoi demeurez-vous là regardant les cieux ? » (Act. I, 11).
Vous l’avez entendu, Celui que la foi catholique croit et confesse avoir déjà opéré un premier avènement, reviendra indubitablement à la fin des siècles. Il est venu, d’abord, dans un état d’humiliation, et pour être jugé : Il reviendra, en second lieu, dans un appareil terrible, et Il jugera les vivants et les morts. A son premier avènement, « Il est venu chez Lui, et les siens ne l’ont point connu » (Jean I, 11). A son second avènement, « tout genou fléchira devant Lui dans le ciel, sur la terre et dans les enfers » (Philip. II, 11), pour Lui rendre hommage. Voilà le redoutable et terrible Juge que nous attendons avec crainte et tremblement ; « Il changera notre misérable corps » (Philip. III, 21).

§ 3 – Rappel du péché originel.

Par un bienfait tout gratuit de son divin Auteur, le premier homme a été formé et créé à la ressemblance du Très-Haut. Le Fils de Dieu est l’image du Père, la splendeur et la figure de Sa substance (cf. Hébr. I, 3). Mais, préférablement à toutes les autres créatures, l’homme a été fait à l’image de Dieu, quant à son âme, pour qu’il fût capable de raisonner, charitable, juste, saint et innocent, pour qu’en lui, comme dans un miroir, se reflétassent les traits brillants de son Créateur. Il a conservé sa ressemblance avec Dieu tant que sa raison est restée dominante et que son coeur ne s’est laissé ni obscurcir ni aveugler par les ténèbres de l’iniquité ; mais, en cédant aux suggestions de son épouse, en mangeant du fruit défendu, il a affaibli et complètement effacé en lui les traits de l’image divine qui s’y trouvait empreinte ; alors la masse du genre humain a été viciée et corrompue en sa personne. En effet, le vice, dont la racine de l’arbre se trouvait infectée, s’est à tel point communiqué à la tige et aux branches, que tous les hommes, issus d’Adam par l’effet de la concupiscence charnelle, sont sujets à la loi du péché et à la mort. Paul l’affirme, car il dit : « En lui tous ont péché » (Rom. V, 12), et « par la désobéissance d’un seul, plusieurs sont devenus pécheurs » (Rom. V, 19).

§ 4 – Le Christ Sauveur est venu opérer la réparation de l’homme déchu : mystères de l’Incarnation et de la Rédemption.

Dans ces derniers temps est venu en ce monde le Fils du Dieu qui l’a tiré du néant ; descendant du trône de Son Père, sans Se dépouiller de Sa splendeur, prenant notre nature sans perdre la Sienne, Il a uni notre humanité à Sa divinité dans le sein d’une Vierge, sans que l’intégrité de cette Vierge ait souffert la moindre atteinte ; Il est né de la chair, mais non par l’effet de la concupiscence ; Il S’est fait homme, mais non par le concours de l’homme. Il était « saint, innocent, sans tache » (Hébr. VII, 26), et étranger à toute convoitise charnelle.
C’est ainsi que le Médiateur de Dieu et des hommes est devenu participant de notre nature, c’est ainsi qu’Il nous a conféré Sa grâce et a merveilleusement reformé en nous les traits de ressemblance avec Dieu, qu’y avait effacés la gourmandise de notre premier père ; c’est ainsi, enfin, qu’Il nous a ramenés à une condition singulièrement meilleure, puisqu’à la suite de la prévarication primitive, les hommes étaient forcément condamnés à mourir, et que par la résurrection finale ils deviendront immortels.

§ 5 – Nous devons attendre le second avènement de Notre-Seigneur sans relâcher notre vigilance et sans cesser de nous purifier par les oeuvres de la pénitence.

Mes très-chers frères, ce Juge si bon et si miséricordieux, qui « changera la misérable condition de notre corps » (Philip. III, 21), nous devons donc L’attendre dans les sentiments d’une inquiétude et d’une crainte extrêmes.
Changeons de vie, déplorons amèrement les péchés que nous avons commis, et puisque nous imprimons sans cesse à notre âme la tache de l’iniquité, purifions notre conscience par un nouveau baptême, celui de nos larmes. Comme nous le dit l’Apôtre : « Vivons avec sobriété, justice et piété en ce monde, en attendant le bonheur que nous espérons et l’avènement du grand Dieu » (Tit. II, 13).
Que l’apparence trompeuse des biens passagers d’ici-bas ne nous induise point en une fausse sécurité ; que les charmes de la terre ne nous arrêtent pas dans l’accomplissement de l’oeuvre de Dieu ; soupirons plutôt après les choses du ciel ; débarrassons-nous, par les gémissements de la pénitence, du fardeau de nos fautes ; puissent nos bonnes oeuvres nous donner l’espérance des joies de l’éternité !
Alors nous attendrons avec crainte et tremblement le Sauveur, Notre-Seigneur Jésus-Christ, à qui appartiennent la gloire et l’honneur, pour les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Vitrail ouest de l'église de Fairford - le Christ Juge

Le Christ Juge (détail de la verrière ouest de l’église Sainte-Marie de Fairford)

2015-102. Du Bienheureux Charles de Foucauld que nous fêtons avec ferveur le 1er décembre.

Mardi 1er décembre 2015,
Fête du Bienheureux Charles de Foucauld.

Viviers séminaire statue Charles de Foucauld

Statue du Bienheureux Charles de Foucauld
érigée devant l’ancien grand séminaire de Viviers,
aujourd’hui « maison diocésaine Charles de Foucauld ».

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Ainsi que je vous l’écrivais hier (ici > 2015-100), notre Frère Maximilien-Marie était ce dernier dimanche à Montélimar et à Viviers, pour la Sainte Messe du premier dimanche de l’Avent et pour participer à l’hommage filial rendu par les fidèles de la chapelle Notre-Dame de la Rose au cher abbé Bryan Houghton.
Mais, comme je vous l’écrivais également hier, il y a une seconde partie au compte-rendu de ce dimanche : en prévision de la fête liturgique de ce jour, celle du Bienheureux Charles de Foucauld, prêtre du diocèse de Viviers, Frère Maximilien-Marie, lorsqu’il avait compris dimanche matin que l’état des routes ne lui permettrait pas de se rendre à notre paroisse de Ceyssac, avait pris la résolution de se rendre à la Sainte Messe à Montélimar avec la pensée qu’il se rendrait ensuite à Viviers pour y visiter l’exposition consacrée au Bienheureux Père de Foucauld.

En effet, le diocèse de Viviers a inauguré le dimanche 22 novembre dernier une « année Charles de Foucauld » : commencée en novembre 2015 en commémorant le dixième anniversaire de la béatification du célèbre ermite du Sahara (à Rome, le 13 novembre 2005), elle s’achèvera au début décembre 2016 par la célébration du centenaire de sa mort (à Tamanrasset, le 1er décembre 1916).

Viviers séminaire Porche

Viviers, porche de la « maison diocésaine » – ancien grand séminaire -
avec l’annonce de l’ « année Charles de Foucauld ».

A l’occasion de cette année particulière, jalonnée de diverses manifestations, la « maison diocésaine Charles de Foucauld » (ancien grand séminaire), a mis en place une exposition qui présente des photographies, des objets de culte, des souvenirs… etc. du Bienheureux Charles de Foucauld.
Cette exposition se trouve dans ce qui fut naguère la chapelle de la Sainte Vierge jouxtant la grande chapelle du séminaire dans laquelle le Bienheureux Charles reçut l’ordination sacerdotale, le 9 juin 1901.

J’avais déjà, dans les pages de ce blogue, évoqué les liens du Père de Foucauld avec le diocèse de Viviers à l’occasion du cent-dixième anniversaire de son ordination (voir ici > 2011-46), et je vous renvoie au texte et aux photographies que je publiais alors (en particulier la grande chapelle du séminaire dans son état ancien et la chasuble de la première Messe du Bienheureux Charles).

Frère Maximilien-Marie a lui-même des liens spirituels très forts avec le Bienheureux Charles de Foucauld, dont les écrits, depuis l’époque de son noviciat, l’ont régulièrement nourri.
En outre, en novembre 2005 – conjuguant d’une part la générosité d’une grande amie qui lui avait offert le voyage et le séjour à Rome, et d’autre part la confiante amitié du prêtre qui en était alors l’aumônier et l’avait sollicité pour guider dans la Ville Eternelle et accompagner à la cérémonie de béatification la délégation de l’Ecole de Cavalerie de Saumur - , la divine Providence avait, d’une manière vraiment merveilleuse, ménagé à notre Frère de remarquables rencontres avec des ecclésiastiques prudents et avisés travaillant à la Curie, lesquels lui avaient alors prodigué de sages conseils pour l’établissement du Refuge Notre-Dame de Compassion, si bien que la béatification du Père Charles de Foucauld représente une date très importante pour notre très modeste oeuvre…

Viviers séminaire grande chapelle

Viviers, grande chapelle (état actuel) de la « maison diocésaine »
- ancien grand séminaire - ,

dans laquelle le Bienheureux Charles de Foucauld fut ordonné prêtre, le 9 juin 1901.

Lorsqu’il était jeune religieux, Frère Maximilien-Marie a également un peu connu l’un des derniers chanoines de la cathédrale de Viviers, le chanoine Briand : mort à la veille de ses cent ans en 1993, ce prêtre atypique, avait passé son enfance à Viviers où il était enfant de choeur à la paroisse.
Le 9 juin 1901, alors qu’il était âgé de sept ans, son curé l’avait emmené à la chapelle du grand séminaire pour y assister à l’ordination sacerdotale de Charles de Foucauld par Monseigneur Montéty, en présence de Monseigneur Bonnet, évêque de Viviers.

Grâce aux souvenirs du chanoine Briand, nous ont été transmis quelques détails de cette ordination dont les biographes n’ont pas toujours eu connaissance.

Mais il est bien temps de vous présenter quelques unes des photographies de cette exposition réalisées par Frère Maximilien-Marie, dimanche dernier à Viviers.

Viviers séminaire ancienne chapelle de la Vierge exposition Foucauld

Viviers, ancienne chapelle de la Sainte Vierge jouxtant la grande chapelle du séminaire :
sur l’autel sont présentés quelques uns des éléments de l’exposition consacrée au Bienheureux Charles de Foucauld…

Viviers séminaire expo Foucauld étole et bourse 1ère Messe

en particulier, dans cette vitrine,
l’étole, le manipule  et le voile de calice de l’ornement de la première Messe
du Bienheureux Charles de Foucauld

(prêtées par l’abbaye de Notre-Dame des Neiges)

Viviers séminaire expo Foucauld

Viviers, ancienne chapelle de la Sainte Vierge jouxtant la grande chapelle du séminaire,
vitrines présentant des photographies, souvenirs, ou objets ayant été à l’usage du Bienheureux Charles de Foucauld.

Viviers séminaire expo Foucauld linge d'autel

Dessin de Notre-Seigneur en prière réalisé par le Bienheureux Charles de Foucauld
et pale de calice qui a été à son usage.

Viviers séminaire expo Foucauld ostensoir

Photographies de la « khaoua » de Beni-Abbès,
ostensoir et chandeliers à l’usage du Bienheureux Charles de Foucauld.

Viviers séminaire expo Foucauld chemin de croix

Petites stations, en bois, du Chemin de Croix (stations XI, XII et XIII)
réalisées et dessinées par le Bienheureux Charles de Foucauld pour sa chapelle.

Viviers séminaire expo Foucauld bréviaire

Bréviaire du Bienheureux Charles de Foucauld, sur la page de garde sont écrites de sa main les lignes suivantes (sous le titre « Breviarium Romanum ») :

VIS COMME SI TU DEVAIS MARTYR AUJOURD’HUI.
Sacré-Coeur Foucauld
Plus tout nous manque sur terre,
plus nous trouvons
ce que peut nous donner de meilleur la terre :
la CROIX.
Sacré-Coeur Foucauld

Plus nous embrassons la Croix,
plus nous étreignons étroitement
JESUS
qui y est attaché.

Sacré-Coeur Foucauld

+ Armand de Foucauld, Prêtre, Vicaire Général de Mgr. du Lau archevêque
d’Arles ; mort Martyr à la prison du Couvent des Carmes, le 2 septembre 1792.
(mon arrière grand-oncle.)
+ Jean-Marie du Lau, Archevêque d’Arles ; mort Martyr à la prison du
couvent des Carmes, le 2 septembre 1792. (mon arrière-grand-oncle à
la mode de Bretagne.)                                                                             

Grâce à ces quelques photographies, chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion, qui pour la plupart êtes très loin de notre Vivarais et n’y viendrez pas forcément dans les prochains mois afin de visiter « pour de vrai » cette exposition, j’ai néanmoins voulu vous permettre d’en profiter un peu à la suite de Frère Maximilien-Marie, qui avait très spécialement pour dessein, en se recueillant devant toutes ces précieuses reliques, de recommander au Bienheureux Charles de Foucauld la centaine de participants (soit via Facebook soit par un envoi quotidien direct dans leur boite aux lettres électronique) à la préparation spirituelle de cet Avent 2015 (cf. > ici), préparation qui est tout imprégnée des textes du Père de Foucauld et de son cher directeur spirituel, l’abbé Henri Huvelin.

 Belle et fervente fête du Bienheureux Charles de Foucauld à vous tous !
Qu’il intercède pour chacun d’entre nous !
Qu’il prie pour notre France qui en a si grand besoin !

Lully.

Relique du Bienheureux Charles de Foucauld

Relique du Bienheureux Charles de Foucauld dans l’oratoire du Mesnil-Marie.

2015-94. De l’octave de la Toussaint, de la sainteté en laquelle consiste la vocation du chrétien, et des leçons spirituelles d’une chenille transformiste…

5 Novembre
Fête des Saintes Reliques (voir > ici).

Camille chenille détail

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Quelle est belle cette octave de la Toussaint !
Après la grave – mais non point triste – célébration de la commémoraison solennelle des défunts, nous y enchaînons de très belles fêtes qui nous permettent d’intensifier notre désir du Ciel et de rendre plus ardentes et plus concrètes nos résolutions de sainteté : le 3 novembre, ici, nous avons en effet la fête de tous les saints du diocèse de Viviers ; le 4 novembre, la fête de Saint Charles Borromée vient nous rappeler l’extraordinaire fécondité spirituelle du saint concile de Trente ; ce 5 novembre, la fête des Saintes Reliques, qui nous permet d’honorer les restes mortels de ceux qui ont été d’une manière très spéciale les temples du Saint-Esprit ; et le 6 novembre, la fête de la dédicace des églises consacrées (hormis la cathédrale), fête qui nous fait voir dans nos églises consacrées d’ici-bas la figure de la Jérusalem Céleste qui est notre vraie patrie, depuis laquelle les Saints nous appellent à les rejoindre, depuis laquelle les Saints – qui intercèdent pour nous – nous assistent aussi dans la vie d’ici-bas…

Il y en a qui ont le monstrueux culot de prétendre qu’il a fallu attendre le second concile du Vatican pour que l’Eglise adresse à tous les fidèles un solennel appel à la sainteté.
Frère Maximilien-Marie se souvient d’avoir entendu des prêtres et évêques pérorer avec toute la bêtise de leur suffissante ignorance, pour affirmer que « avant le concile, la sainteté était présentée comme uniquement une affaire de moines et de religieuses, mais qu’enfin « le » concile avait ouvert la voie de la sainteté à tous les fidèles… ».
C’est à se demander si ces prêtres et évêques ont jamais lu les Evangiles et les épîtres des Saints Apôtres ! Sans parler – bien sûr – des écrits des Pères et Docteurs de l’Eglise, des textes des anciens conciles, de plusieurs centaines de mandements épiscopaux ou encycliques pontificales antérieurs au concile vaticandeux ; et sans citer non plus l’insistance continue des textes et oraisons du missel et du bréviaire… etc.

Bref ! l’octave de la Toussaint (mais il est vrai que les pseudo réformes liturgiques du milieu du XX ème siècle ont supprimé l’octave de la Toussaint !!!), en célébrant pendant huit jours la foule immense de tous les saints – cette « foule immense que nul ne pouvait dénombrer, de toutes tribus, peuples et langues » (épître de la Toussaint) – vient justement insister pour nous stimuler à travailler toujours mieux à devenir des saints, ce en quoi se résume la vocation chrétienne, ce que l’Eglise a toujours répété inlassablement depuis ses origines et à travers tous les siècles.

Cela, une des petites bandes dessinées de notre Frère Maximilien-Marie l’a aussi illustré : c’est en décembre 1989 qu’il l’avait réalisée, à la suite d’une conférence de Claude Tresmontant au cours de laquelle ce fameux philosophe, métaphysicien et exégète avait utilisé la métaphore de la chenille et du papillon qui est ici reprise.

Allez, bien chers Amis, je vous laisse à l’école d’une chenille transformiste !

pattes de chatLully.

papillons en guirlande gif

Camille chenille recto

Camille chenille verso

papillons en guirlande gif

Toutes les B.D. de Frère Maximilien-Marie publiées sur ce blogue en cliquant > ici.

Publié dans:Bandes dessinées, De liturgia |on 5 novembre, 2015 |2 Commentaires »

La prose latine « Languentibus » pour les trépassés.

Pieuse supplication à la Vierge de Compassion
à l’intention des âmes des fidèles trépassés

2 novembre,
Commémoraison solennelle des fidèles défunts.

Il y a déjà fort longtemps que nous recherchions un enregistrement de la prose latine « Languentibus » que nous puissions intégrer dans ce blogue. N’en trouvant pas, nous dûmes nous résoudre à en réaliser un nous-mêmes dans l’oratoire du Mesnil-Marie, avec « les moyens du bords » (c’est-à-dire avec une toute petite caméra de poche placée devant la statue de Notre-Dame de Compassion, n’ayant pas la possibilité de supprimer les bruits de fond, avec un unique « chantre » qui est loin d’être parfait…) : vous aurez la bonté de pardonner toutes ces imperfections, s’il vous plaît.

Pourquoi tenions-nous tant à publier cette prose ?
Parce que, malheureusement, elle est aujourd’hui trop peu connue, et – par suite – ne se trouve que rarement interprétée dans les églises et chapelles traditionnelles, alors qu’il s’agit d’une magnifique prière chantée qui sollicite l’intercession de la Vierge de Compassion en faveur de nos frères souffrants du Purgatoire.
Quant aux « modernes », il y a belle lurette qu’ils ont envoyé dans les oubliettes des « vieilles croyances surannées » la doctrine du Purgatoire, et les paroles de ce chant leur hérisse le poil…

Le texte de cette prose a été de manière récurrente attribué à un certain Dom Jean de Langoueznou, abbé de Landévennec au milieu du XIV ème siècle : attribution des plus fantaisistes semble-t-il.
Monsieur H. de La Villemarqué, dans le « Bulletin de la Société Archéologique du Finistère » (Tome XIX, année 1892, pp. 190 et suivantes) a en effet montré qu’il n’existait pas de Jean de Langoueznou dans la liste des abbés de Landévennec, et que le texte de la seconde moitié du XVI ème siècle qui lui attribue la paternité de ce chant empile les erreurs historiques et les incohérences…
Peu importe finalement l’auteur de cette prose latine et la date de sa composition : ce qui compte c’est la qualité du texte et la poignante intensité de sa prière à la Mère de toute Compassion en faveur des âmes des trépassés.

La version ici enregistrée est conforme au texte publié par Monsieur le Chanoine Joseph Besnier, directeur de la Maîtrise de la Cathédrale de Nantes, dans son « Manuel pratique de chants liturgiques » (10 ème édition – 1955). Nous savons toutefois que l’on trouve dans d’autres ouvrages des paroles légèrement différentes, d’autres couplets ou des variantes musicales, nous nous en sommes tenus ici à ce que notre Frère Maximilien-Marie a appris jadis au noviciat.

Languentibus - Oraison à la Vierge de Compassion pour les âmes des trépassés

Image de prévisualisation YouTube

Traduction :

1. A ceux qui languissent dans le Purgatoire,
Qui sont purifiées par un feu 
très ardent,
Et subissent les tourments 
d’un lourd supplice,
Que votre 
compassion soit en aide :
O Marie !

2. Vous êtes la Source ouverte qui lave les fautes,
Vous venez en aide à tous et ne repoussez personne :
Etendez votre main vers les défunts
Qui languissent sous des peines continues :
O Marie !

3. Faites que les larmes, que vous regardez avec bonté,
Et que nous répandons aux pieds du Juge,
Eteignent bientôt la force de la flamme vengeresse,
Afin que nos défunts soient associés aux Choeurs angéliques :
O Marie !

4. Et lorsque viendra l’examen rigoureux,
Lors du redoutable jugement de Dieu,
Suppliez votre Fils qui sera notre Juge,
Afin que notre héritage soit avec les Saints :
O Marie !

Le suffrage pour les âmes du Purgatoire

Antoine Guerra, dit « le jeune », rétable de l’église Saint-André de Cattlar (1709) :
La Très Sainte Vierge Marie et Saint André intercédant pour les âmes du Purgatoire.

Voir aussi :
- Prière à la Vierge de Compassion en faveur des âmes du Purgatoire > ici
- Les indulgences applicables aux défunts > ici
- le « Musée du Purgatoire » à Rome > ici

Publié dans:De liturgia, Prier avec nous |on 1 novembre, 2015 |6 Commentaires »

2015-93. Deux amours ont bâti deux cités…

31 octobre,
Vigile de la Toussaint.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

En ce jour de vigile de la Toussaint, nos regards sont déjà tournés vers cette Sainte Cité – la Jérusalem céleste – , qui est le terme de notre espérance et le but auquel tend toute notre vie chrétienne : la Sainte Cité à laquelle nous devons aspirer, la Sainte Cité où nous attendent tous les saints qui nous ont précédés et montré la voie, la Sainte Cité dont la liturgie de demain détaillera la gloire et la félicité de la foule immense des sauvés qui la peuplent, parce que, ici-bas, ils ont vécu les Béatitudes évangéliques, la Sainte Cité en laquelle ne peuvent entrer et vivre à jamais que ceux qui meurent dans la grâce et la miséricorde du Seigneur…

Pour nous mieux préparer à célébrer cette fête de tous les Saints, permettez-moi de vous inviter à lire ou à relire, à méditer dans le recueillement et le silence, cette célèbre page de notre glorieux Père Saint Augustin : celle extraite de « La Cité de Dieu », où le saint docteur d’Hippone parle des « deux cités », celle de la terre et celle du ciel, et de leurs caractéristiques.
La fameuse phrase « deux amours ont bâti deux cités… » commence le chapitre vingt-huit du quatorzième livre de « La Cité de Dieu », mais, parce qu’il y a en réalité dans le texte un « donc » : « Deux amours ont donc bâti deux cités » (en latin : itaque), il m’a semblé important de vous retranscrire ci-dessous la partie du chapitre vingt-sept qui précède et justifie le développement de Saint Augustin lorsqu’il commence à parler de ces « deux cités ».
Avec Saint Augustin, c’est dans la vision globale du mystère de la chute (des anges et des hommes) et de la Rédemption, et donc de la tentation et du combat spirituel – par lequel l’homme, fidèle à la grâce divine, parvient à la victoire – , qu’il nous faut sans cesse nous replacer.

La fête de tous les Saints, qui – en ce monde de ténèbres – entrouvre aux yeux de nos âmes la lumineuse vision du Ciel, doit être pour nous un vif stimulant à nous montrer forts et généreux dans le combat spirituel, un encouragement à nous livrer davantage à l’action de la grâce, un puissant motif pour mettre à mort en nous tout ce qui est contraire à l’amour divin, et un tremplin spirituel pour décupler toutes nos énergies afin de vivre toujours plus intensément l’esprit des Béatitudes. 

Belle, fervente et très sainte fête de tous les Saints !

Lully.

Le Christ en sa gloire entouré des saints

Le Christ en Sa gloire, entouré des Saints

« Deux amours ont bâti deux cités… »

De même que nous ne saurions vivre ici-bas sans prendre des aliments, et que nous pouvons néanmoins n’en pas prendre, comme font ceux qui se laissent mourir de faim, ainsi, même dans le paradis, l’homme ne pouvait vivre sans le secours de Dieu, et toutefois il pouvait mal vivre par lui-même, mais en perdant sa béatitude et tombant dans la peine très-juste qui devait suivre son péché. 

Qui s’opposait donc à ce que Dieu, lors même qu’Il prévoyait la chute de l’homme, permît que le diable le tentât et le vainquît, puisqu’Il prévoyait aussi que sa postérité, assistée de Sa grâce, remporterait sur le diable une victoire bien plus glorieuse ?
De cette sorte, rien de ce qui devait arriver n’a été caché à Dieu ; Sa prescience n’a contraint personne à pécher, et Il a fait voir à l’homme et à l’ange, par leur propre expérience, l’intervalle qui sépare la présomption de la créature de la protection du Créateur.
Qui oserait dire que Dieu n’ait pu empêcher la chute de l’homme et de l’ange ?
Mais Il a mieux aimé la laisser en leur pouvoir, afin de montrer de quel mal l’orgueil est capable, et ce que peut sa grâce victorieuse.

Deux amours ont donc bâti deux cités : l’amour de soi-même jusqu’au mépris de Dieu, celle de la terre, et l’amour de Dieu jusqu’au mépris de soi-même, celle du ciel.
L’une se glorifie en soi, et l’autre dans le Seigneur ; l’une brigue la gloire des hommes, et l’autre ne veut pour toute gloire que le témoignage de sa conscience ; l’une marche la tête levée, toute bouffie d’orgueil, et l’autre dit-à Dieu : « Vous êtes ma gloire, et c’est Vous qui me faites marcher la tête levée » (Ps. III, 4) ; en l’une, les princes sont dominés par la passion de dominer sur leurs sujets, et en l’autre, les princes et les sujets s’assistent mutuellement, ceux-là par leur bon gouvernement, et ceux-ci par leur obéissance ; l’une aime sa propre force en la personne de ses souverains, et l’autre dit à Dieu : « Seigneur, qui êtes ma vertu,  je Vous aimerai » (Ps. XVII, 2).

Aussi les sages de l’une, vivant selon l’homme, n’ont cherché que les biens du corps ou de l’âme, ou de tous les deux ensemble ; et si quelques-uns ont connu Dieu, ils ne Lui ont point rendu l’honneur et l’hommage qui Lui sont dus, mais ils se sont perdus dans la vanité de leurs pensées et sont tombés dans l’erreur et l’aveuglement.
En se disant sages, c’est-à-dire en se glorifiant de leur sagesse, ils sont devenus fous et ont rendu l’honneur qui n’appartient qu’au Dieu incorruptible à l’image de l’homme corruptible et à des figures d’oiseaux, de quadrupèdes et de serpents ; car, ou bien ils ont porté les peuples à adorer les idoles, ou bien ils les ont suivis, aimant mieux rendre le culte souverain à la créature qu’au Créateur, qui est béni dans tous les siècles (Rom. I, 21-25). 

Dans l’autre cité, au contraire, il n’y a de sagesse que la piété, qui fonde le culte légitime du vrai Dieu et attend pour récompense dans la société des saints, c’est-à-dire des hommes et des anges, l’accomplissement de cette parole : « Dieu tout en tous » (1 Cor. XV, 28).

Saint Augustin,
« La Cité de Dieu », livre XIV, 2 ème moitié du chap. 27 et chap. 28.

Christ de gloire (détail)

« Alors Dieu sera tout en tous ! » (1 Cor. XV, 28)

2015-91. Lettres par lesquelles Sainte Marguerite-Marie a révélé les desseins du Sacré-Coeur du Christ-Roi pour le Roi de France.

Vendredi 23 octobre 2015,
fête des Bienheureuses Ursulines de Valenciennes, martyres (cf. > ici).

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Nous approchons de la fête du Christ-Roi, aussi, en cette année du troisième centenaire de la mort du Grand Roi, et pour compléter ce que j’avais publié à l’occasion du trois-cent-soixante-quinzième anniversaire de sa naissance au sujet de son prétendu « refus d’obéir au Sacré-Coeur » (le 5 septembre 2013 > ici), je voudrais publier ci-dessous les textes exacts de Sainte Marguerite-Marie concernant Sa Majesté le Roi Louis XIV et le message particulier que le divin Coeur de Jésus voulait que la sainte visitandine de Paray-le-Monial lui fît parvenir.
Il s’agit bien ici du règne de Notre-Seigneur Jésus-Christ sur les nations et les sociétés terrestres, en commençant par la France, pour qu’ensuite l’exemple de celle-ci entraîne tous les peuples de la terre à se soumettre au Coeur adorable du Christ-Roi.

Avant de lire ces textes, il convient d’insister pour rappeler que l’existence et le contenu de ce message ne sont pas discutables pour un catholique fidèle : en effet, dans la bulle de canonisation de Sainte Marguerite-Marie (Benoît XV, Acta Apostolicae Sedis, 13 mai 1920) cette mission à l’intention du Roi de France est explicitement mentionnée ; or, une bulle de canonisation est un acte du magistère pontifical infaillible.

Ces textes de Sainte Marguerite-Marie sont extraits de deux longues lettres écrites à la Révérende Mère de Saumaise, supérieure du monastère de la Visitation de Dijon. Nous en citons le texte d’après la troisième édition de « Vie et oeuvres de la Bienheureuse Marguerite-Marie Alacoque », par Monseigneur Gauthey (1915 – tome 2).

Apparition du Sacré-Coeur à Sainte Marguerite-Marie

A – Lettre N° 100.
Cette lettre a été écrite « après la fête du Sacré-Coeur, juin 1689″ (note : la fête du Sacré-Coeur, c’est-à-dire le vendredi qui suit l’octave de la fête du Saint-Sacrement, fut célébrée cette année-là le vendredi 17 juin ; cela ne signifie toutefois pas que les communications célestes dont fait état Sainte Marguerite-Marie dans cette lettre lui aient été révélées le jour de cette fête du Sacré-Coeur comme l’ont hâtivement conclu quelques auteurs).

Sainte Marguerite-Marie commence par se réjouir de la ferveur avec laquelle la fête du Sacré-Coeur a été marquée dans les monastères de Paray-le-Monial et de Dijon. C’est alors qu’elle écrit : « Il règnera cet aimable Coeur, malgré Satan. Ce mot me transporte de joie et fait toute ma consolation. » Puis elle parle de toutes les grâces et bénédictions que l’Ordre de la Visitation va recevoir par cette dévotion, et va faire découler sur les âmes.
C’est alors qu’elle ajoute :

Mais Il ne veut pas s’en arrêter là : Il a encore de plus grands desseins qui ne peuvent être exécutés que par Sa toute-puissance qui peut tout ce qu’elle veut. Il désire donc, ce me semble, entrer avec pompe et magnificence dans la maison des princes et des rois, pour y être honoré autant qu’il y a été outragé, méprisé et humilié en Sa Passion, et qu’Il reçoive autant de plaisir de voir les grands de la terre abaissés et humiliés devant Lui, comme Il a senti d’amertume de Se voir anéanti à leurs pieds. Et voici les paroles que j’entendis au sujet de notre Roi : « Fais savoir au fils aîné de Mon Sacré-Coeur, que, comme sa naissance temporelle a été obtenue par la dévotion aux mérites de Ma sainte Enfance, de même il obtiendra sa naissance de grâce et de gloire éternelle par la consécration qu’il fera de lui-même à Mon Coeur adorable, qui veut triompher du sien, et par son entremise de celui des grands de la terre. Il veut régner dans son palais, être peint dans ses étendards et gravé dans ses armes, pour les rendre victorieuses de tous ses ennemis, en abattant à ses pieds ces têtes orgueilleuses et superbes, pour le rendre triomphant de tous les ennemis de la sainte Eglise. »

La sainte Visitandine continue ensuite sa lettre en parlant du rôle que doit jouer la Compagnie de Jésus dans la diffusion du culte du Sacré-Coeur, et l’achève en faisant allusion aux communautés et aux coeurs qui sont réfractaires à cette dévotion.

lys vitrail

B – Lettre N° 107.
Cette lettre est datée du 28 août 1689 : il semble qu’entre la lettre du mois de juin (cf. supra) et celle-ci, il y ait eu des échanges entre Sainte Marguerite-Marie et la Mère de Saumaise, dont les textes ne nous soient point parvenus.
On est frappé par le ton particulièrement solennel avec lequel elle commence, qui fonde d’emblée le contenu du message qui va suivre dans la volonté du Père Eternel Lui-même : selon toute vraisemblance, il avait été entendu entre elles que Sainte Marguerite-Marie rédigerait le texte de sa lettre de manière à ce que, conformément aux inspirations reçues sur la manière dont il fallait procéder pour atteindre le Roi, la Révérende Mère de Saumaise puisse la transmettre telle quelle à la supérieure du monastère de la Visitation de Chaillot, afin que cette dernière la porte à la connaissance du Révérend Père de La Chaise, confesseur de Sa Majesté (voir ce que nous avons expliqué à ce sujet > ici).
C’est le texte intégral de la lettre 107 que nous publions ci-dessous.

Vive + Jésus !

Ce 28 août 1689.

Le Père Eternel voulant réparer les amertumes et angoisses que l’adorable Coeur de Son divin Fils a ressenties dans la maison des princes de la terre, parmi les humiliations et outrages de Sa Passion, veut établir Son empire dans la cour de notre grand monarque, duquel Il Se veut servir pour l’exécution de ce dessein qu’Il désire s’accomplir en cette manière, qui est de faire faire un édifice où serait le tableau de ce divin Coeur pour y recevoir la consécration et les hommages du Roi et de toute la cour. De plus, ce divin Coeur se voulant rendre portecteur et défenseur de sa sacrée personne, contre tous ses ennemis visibles et invisibles, dont Il le veut défendre, et mettre son salut en assurance par ce moyen ; c’est pourquoi Il l’a choisi comme Son fidèle ami pour faire autoriser la messe en Son honneur par le Saint-Siège apostolique (*), et en obtenir tous les autres privilèges qui doivent accompagner cette dévotion de ce Sacré-Coeur, par laquelle Il lui veut départir les trésors de Ses grâces de sanctification et de salut, en répandant avec abondance Ses bénédictions sur toutes ses entreprises, qu’Il fera réussir à sa gloire, en donnant un heureux succès à ses armes, pour le faire triompher de la malice de ses ennemis. Heureux donc qu’il sera, s’il prend goût à cette dévotion, qui lui établira un règne éternel d’honneur et de gloire dans ce Sacré-Coeur de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Lequel prendra soin de l’élever et le rendre grand dans le ciel devant Dieu Son Père, autant que ce grand monarque en prendra de relever devant les hommes les opprobres et anéantissements que ce divin Coeur y a soufferts ; qui sera en Lui rendant et Lui procurant les honneurs, l’amour et la gloire qu’Il en attend.
Mais comme Dieu a choisi le Révérend Père de La Chaise pour l’exécution de ce dessein, par le pouvoir qu’Il lui a donné sur le coeur de notre grand Roi, ce sera donc à lui de faire réussir la chose, en procurant cette gloire à ce Sacré-Coeur de Notre-Seigneur Jésus-Christ ; secondant en cela l’ardent désir qu’Il a de Se faire connaître en Se manifestant aux hommes, pour en être aimé et en recevoir un honneur et hommage tout particulier. Si donc Sa bonté inspire à ce grand serviteur de Sa divine Majesté d’employer le pouvoir qu’Il lui a donné, pour Lui faire ce plaisir qu’Il désire si ardemment, il peut bien s’assurer qu’il n’a jamais fait d’action plus utile à la gloire de Dieu ni plus salutaire à son âme, et dont il soit mieux récompensé, et toute sa sainte congrégation, dont il se rendra par ce moyen l’honneur et la gloire, par les grands trésors de grâce et de bénédictions que ce Sacré-Coeur y répandra, Lequel, S’étant communiqué premièrement aux Filles de la Visitation, auxquelles Il a donné de Le manifester et faire connaître par l’établissement de cette même dévotion de ce Coeur tout aimable, de laquelle dévotion Il veut que les RR. PP. Jésuites fassent connaître l’utilité et la valeur, cela leur étant réservé. C’est pourquoi vous ferez bien, si vous en trouvez de bonne volonté, de les y employer, car par ce moyen l chose réussira plus facilement, quoique tout y paraisse très difficile, tant pour les grands obstacles que Satan se propose d’y mettre, que pour toutes les autres difficultés. Mais Dieu est sur tout, Lequel Se plaît souvent de Se servir des moindres et des plus méprisables choses pour l’exécution de Ses plus grands desseins, tant pour aveugler et confondre le raisonnement humain, que pour faire voir Sa puissance, qui peut tout ce qui Lui plaît, quoiqu’Il ne le fasse pas toujours, ne voulant pas violenter le coeur de l’homme, afin que le laissant en liberté, Il ait plus de moyens de le récompenser ou châtier. Il me semble, ma chère Mère, que vous ferez chose fort agréable à ce divin Coeur, de vous servir du moyen qu’Il vous a insipiré, d’écrire à ma très honorée soeur la supérieure de Chaillot pour le dessein que Votre Charité nous marque. Au reste, il faut beaucoup prier et faire prier pour cela. Je crois que vous ferez bien de lui envoyer un petit livre de Moulins, avec un des vôtres (**).
Voilà tout ce que je vous peux dire pour le présent, n’ayant ps d’autre intelligence que celle qui m’est donnée à moi pauvre pécheresse, l’indigne esclave et victime de l’adorable Coeur de mon Sauveur, qui se sert d’un sujet plus propre à détruire un si grand dessein qu’à le faire réussir ; mais c’est afin que toute la gloire soit donnée au souverain Maître, et non à l’outil dont Il Se sert, lequel est de même que cette boue dont ce divin Sauveur Se servit pour mettre sur les yeux de l’aveugle-né. Suivez donc courageusement les vues qu’Il vous donnera ; car pour moi je ne peux rien ajouter de moi-même, ni chercher d’ajustement à tout ce que je vous dis par obéissance, et de la part de ce Sacré-Coeur, qui veut que je vous manifeste tout simplement ce qu’Il me fait connaître, car si j’en usais autrement, Il rendrait tout ce que je pourrais dire inutile, d’autant qu’Il en retirerait Sa grâce. De plus, Il me rend si ignorante que je ne peux rien ajouter. Suppléez donc à mon ignorance, et demeurons toujours en paix, de quelle manière qu’Il veuille faire réussir nos peines. Je Le prie de tout mon coeur qu’Il bénisse vos saintes entreprises et vous donne le courage de supporter généreusement toutes les difficultés. Que nous serions heureuses, ma chère Mère, si nous pouvions sacrifier nos vies pour cela ! Amen.

D.S.B. (***)

note (*) : la messe en l’honneur du Sacré-Coeur n’existait alors que dans le diocèse de Langres, instituée par l’autorité diocésaine, or ce qui est demandé ici c’est une autorisation apostolique pour tous les diocèses de la catholicité.
note (**) : Sainte Marguerite-Marie fait ici allusion aux livrets sur la dévotion au Sacré-Coeur, contenant une explication et des prières, qui avaient été réalisés par les soins des monastères de Moulins et de Dijon.
note (***) : abréviation de la formule « Dieu soit béni ! », qu’utilisent les religieuses de la Visitation pour se saluer.

Vitrail du Christ Roi

Autres textes concernant la Royauté du Christ :
– L’importance significative de la fête du Christ Roi au dernier dimanche d’octobre > ici
– « Le Christ veut régner par la vertu de Son Sacré-Coeur » > ici
–   »Dieu vivra, Il règnera pleinement et éternellement » (Cardinal Pie) > ici
– « Comme les nations font à Dieu, Dieu fait aux nations » (Cardinal Pie) > ici

Et bien sûr, prescrit (et indulgentié) à l’occasion de la fête du Christ-Roi :
Acte de consécration du genre humain au Sacré-Coeur du Christ-Roi > ici

lys vitrail

2015-85. Du lion de Saint Jérôme.

30 septembre,
fête de Saint Jérôme.

Saint Jérôme - Thierry Bouts 1458 triptyque du martyre de St Erasme

Saint Jérôme
Thierry Bouts, triptyque du martyre de Saint Erasme (1458)

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Vous n’ignorez sans doute pas à quel point, au Mesnil-Marie, nous avons une grande vénération pour Saint Jérôme (cf. sa présentation par Sa Sainteté le pape Benoît XVI > ici), tant en raison de la radicalité avec laquelle il s’est donné à Dieu dans la vie monastique, de l’ardeur impitoyable qu’il a mise en oeuvre pour dompter son caractère et ses passions, du zèle qu’il a déployé pour la défense de la Vérité, et de la ferveur et de la compétence avec lesquelles il a étudié, commenté et traduit les Saintes Ecritures.
Pour ce qui me concerne très personnellement, je dois ajouter à toutes ces vertus celle d’être presque toujours représenté en compagnie d’un mien parent : un lion (chacun sait en effet qu’un lion n’est jamais qu’un gros chat).

L’iconographie de Saint Jérôme est particulièrement intéressante par le fait qu’elle a consacré, dans les attributs donnés à ce très grand saint, deux confusions historiques :
1) d’une part, Saint Jérôme est représenté soit en tenue de cardinal, soit avec un chapeau de cardinal posé près de lui, et la couleur rouge – couleur des cardinaux – se retrouve souvent prédominante dans ses vêtements (même lorsque il n’est revêtu que d’une espèce de pagne) ;
2) et d’autre part, on retrouve quasi systématiquement un lion à ses côtés.

Saint Jérôme ne fut en réalité jamais cardinal. Il fut pendant un temps le secrétaire du pape Saint Damase 1er, et c’est parce que – par la suite – ce poste de secrétaire fut souvent dévolu à un cardinal que Saint Jérôme s’est trouvé transformé en cardinal par les artistes.
Quant à l’histoire du lion – popularisée par la « Légende dorée » (vous pourrez en lire le texte ci-dessous) – , c’est probablement une confusion entre le nom de Saint Jérôme (en latin Hieronymus) et celui de Saint Gérasime (en latin Gerasimus) qui a finalement fait attribuer au premier une anecdote arrivée au second : Saint Gérasime fut en effet lui aussi un moine vivant en Palestine, quelques années après Saint Jérôme.

Il n’en demeure pas moins que, dans mes études d’histoire de l’art, je porte une attention très spéciale aux représentations du chat… heu non, pardon ! du lion de Saint Jérôme : certaines sont parfois très fantaisistes – voire très drôles – , car les peintres du Moyen-Age et de la Renaissance n’avaient pas toujours vu un lion « pour de vrai », alors ils essayaient de le figurer d’après des descriptions écrites ou à partir de dessins ou de peintures plus ou moins réussis réalisés par des artistes venus avant eux.

Aujourd’hui toutefois, je veux vous présenter un magnifique bronze du XVème siècle qui montre Saint Jérôme avec son lion : cette oeuvre se trouve à Paris, au musée du Louvre (département des objets d’art – période Renaissance).
Ce petit bronze (14 cm sur 20 cm à la base et haut de 25 cm) est attribué à Bartolomeo Bellano (né vers 1437 et mort vers 1497), dit aussi Vellano da Padova, sculpteur et architecte padouan, élève et continuateur de Donatello.
Sur le cliché ci-dessous, prenez le temps d’admirer la délicatesse des détails et l’harmonie de la composition.

Saint Jérôme, assis sur une espèce de chaise curiale, est représenté en costume de cardinal du XVème siècle, enveloppé dans une cappa prélatice dont le chaperon est relevé sur sa tête, on aperçoit même le rochet qui dépasse du drapé de la cappa.
A ses pieds, on voit son chapeau de cardinal avec ses houppes, mais aussi le livre qui symbolise ses travaux sur les Saintes Ecritures.
Le lion, quoique représenté avec la taille d’un chien, est un lion adulte, comme le montre sa crinière ; son regard est planté, avec une expression d’attente confiante, dans le regard de Saint Jérôme qui, les paupières baissées, est concentré sur la patte de l’animal de laquelle il retire délicatement l’écharde qui s’y trouve plantée.

Il y a dans ce bronze une espèce d’intensité touchante : le lourd drapé des vêtements prélatices et la barbe du saint moine de Bethléem faisant mieux ressortir, par contraste, la sollicitude quasi maternelle de Saint Jérôme pour l’animal blessé et l’attitude de gracieuse confiance enfantine du félin appuyé sur ses genoux.

Alors, même si l’anecdote est finalement apocryphe, en raison de l’abondante et remarquable iconographie qu’elle a suscitée, je souhaite une très bonne fête de Saint Jérôme à tous les amis des félins !

Patte de chat Lully.

Saint Jérôme et le lion - Bartolomeo Bellano musée du Louvre

Saint Jérôme et le lion – bronze attribué à Bartolomeo Bellano XVème siècle (Louvre)

Saint Jérôme et le lion :

Une fois, vers le soir, alors que Saint Jérôme était assis avec ses frères pour écouter une lecture de piété, tout à coup un lion entra tout boitant dans le monastère.
A sa vue, les frères prirent tous la fuite ; mais Jérôme s’avança au-devant de lui comme il l’eût fait pour un hôte. Le lion montra alors qu’il était blessé au pied, et Jérôme appela les frères en leur ordonnant de laver les pieds du lion et de chercher avec soin la place de la blessure. On découvrit que des ronces lui avaient déchiré la plante des pieds. Toute sorte de soins furent employés et le lion, guéri, s’apprivoisa et resta avec la communauté comme un animal domestique.
Mais Jérôme voyant que ce n’était pas tant pour guérir le pied du lion que pour l’utilité qu’on en pourrait retirer que le Seigneur le leur avait envoyé, de l’avis des frères, il lui confia le soin de mener lui-même au pâturage et d’y garder l’âne qu’on emploie à apporter du bois de la forêt. Ce qui se fit : car l’âne ayant été confié au lion, celui-ci, comme un pasteur habile, servait de compagnon à l’âne qui allait tous les jours aux champs, et il était son défenseur le plus vigilant durant qu’il paissait çà et là. Néanmoins, afin de prendre lui-même sa nourriture et pour que l’âne pût se livrer à son travail d’habitude, tous les jours, à des heures fixes, il revenait avec lui à la maison.

Or, il arriva que, comme l’âne était à paître, le lion s’étant endormi d’un profond sommeil, passèrent des marchands avec des chameaux : ils virent l’âne seul et l’emmenèrent au plus vite.
A son réveil, le lion ne trouvant plus son compagnon, se mit à courir çà et là en rugissant. Enfin, ne le rencontrant pas, il s’en vint tout triste aux portes du monastère, et n’eut pas la hardiesse d’entrer comme il le faisait d’habitude, tant il était honteux.
Les frères le voyant rentrer plus tard que de coutume et sans l’âne, crurent que, poussé par la faim, il avait mangé cette bête, et ils ne voulurent pas lui donner sa pitance accoutumée, en lui disant : « Va manger ce qui t’est resté de l’ânon, va assouvir ta gloutonnerie ».
Cependant comme ils n’étaient pas certains qu’il eût commis cette mauvaise action, ils allèrent aux pâtures voir si, par hasard, ils ne rencontreraient pas un indice prouvant que l’âne était mort, et comme ils ne trouvèrent rien, ils vinrent raconter le tout à Saint Jérôme. D’après les avis du saint, on chargea le lion de remplir la fonction de l’âne ; on alla couper du bois et on le lui mit sur le dos. Le lion supporta cela avec patience : mais un jour qu’il avait rempli sa tâche, il alla dans la campagne et se mit à courir çà et là, dans le désir de savoir ce qui était advenu de son compagnon, quand il vit venir au loin des marchands conduisant des chameaux chargés, et un âne en avant. Car l’usage de ce pays est que quand on va au loin avec des chameaux, ceux-ci afin de pouvoir suivre une route plus directe, soient précédés par un âne qui les conduit au moyen d’une corde attachée à son cou.
Le lion ayant reconnu l’âne, se précipita sur ces gens avec d’affreux rugissements et les mit tous en fuite.
En proie à la colère, frappant avec force la terre de sa queue, il força les chameaux épouvantés d’aller par devant lui à l’étable du monastère, chargés comme ils l’étaient. Quand les frères virent cela, ils en informèrent Saint Jérôme : « Lavez, très chers frères, dit le saint, lavez les pieds de nos hôtes ; donnez-leur à manger et attendez là-dessus la volonté du Seigneur ».
Alors le lion se mit à courir plein de joie dans le monastère comme il le faisait jadis, se prosternant aux pieds de chaque frère. Il paraissait, en folâtrant avec sa queue, demander grâce pour une faute qu’il n’avait pas commise. Saint Jérôme, qui savait ce qui allait arriver, dit aux frères : « Allez, mes frères, préparer ce qu’il faut aux hôtes qui viennent ici ».
Il parlait encore quand un messager annonça qu’à la porte se trouvaient des hôtes qui voulaient voir l’abbé. Celui-ci alla les trouver ; les marchands se jetèrent de suite à ses pieds, lui demandant pardon pour la faute dont ils s’étaient rendus coupables. L’abbé les fit relever avec bonté et leur commanda de reprendre leur bien et de ne pas voler celui des autres. Ils se mirent alors à prier Saint Jérôme d’accepter la moitié de leur huile et de les bénir. Après bien des instances, ils contraignirent le saint à accepter leur offrande. Or, ils promirent de donner aux frères, chaque année, une pareille quantité, d’huile et d’imposer la même obligation à leurs héritiers.

in « Légende dorée », du Bienheureux Jacques de Voragine.

Lazzaro Bastiani - les funérailles de Saint Jérôme - 1470-72

Les funérailles de Saint Jérôme… auxquelles assiste dévotement le lion attristé
(huile sur toile des années 1470-1472, par Lazzaro Bastiani – Galerie de l’Académie, Venise)

Voir aussi le conte « Des Saints et des animaux » > ici

2015-81. D’un pèlerinage accompli en l’honneur de la Mère des Douleurs au jour de l’Exaltation de la Sainte Croix.

Lundi 14 septembre 2015,
Fête de l’Exaltation de la Sainte Croix ;
Cinquième centenaire de la victoire de Marignan.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Ce lundi matin, tout comme un dimanche, Frère Maximilien-Marie est parti pour l’église de Ceyssac – notre église paroissiale – , à côté du Puy-en-Velay, afin d’y assister à la Sainte Messe de la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix : une fête qui nous est bien chère.

Après la Messe, il n’est pas rentré directement au Mesnil-Marie - mais comme j’étais prévenu je savais que je ne devais pas m’inquiéter de ne pas le voir revenir à l’heure habituelle -, car notre Frère a profité de ce jour pour accomplir un petit pèlerinage en un lieu dont notre amie Valérie lui avait parlé : un lieu dans lequel se trouvent réunis beaucoup d’éléments accordés à la spiritualité du Refuge Notre-Dame de Compassion, comme vous l’allez voir.
Frère Maximilien-Marie a en effet rapporté des clichés de sa pieuse escapade, afin que je puisse vous en faire un peu profiter…

Le Mézenc vu depuis la montagne de l'étoile

Le Mézenc vu du nord depuis la Montagne de l’étoile

A environ trois lieues au nord/nord-ouest du Mont Mézenc, se trouve le village de Montusclat, blotti dans une petite vallée, à quelque 1065 m d’altitude.

Montusclat vue du sud

Blotti dans sa vallée, aperçu depuis la Montagne de l’étoile, le village de Montusclat vu du sud.

Le village est  absolument remarquable, avec ses vieilles maisons typiques dans lesquelles ont été réutilisés des éléments de l’ancien château, détruit après que l’on en eût délogé les huguenots qui s’y étaient retranchés.
Mais c’est bien sûr vers l’église, dont les parties les plus anciennes datent des XIème et XIIème siècles, que Frère Maximilien-Marie a dirigé ses pas.

Montusclat l'église des XIe et XIIe siècles

Montusclat : l’église Saint-Pierre et Saint-Paul :
édifiée par les moines de l’abbaye Saint-Chaffre du Monastier aux XIème et XIIème siècles,
(toutefois le clocher actuel ne date que de 1704).

Saluons au passage le fait que cette église est ouverte, propre et accueillante.

Parmi les humbles merveilles de la dévotion populaire qu’elle renferme, se trouve une naïve, mais ô combien touchante, représentation de Notre-Dame de La Salette en conversation avec Mélanie et Maximin, probablement sculptée par un imagier local.

Montusclat - statue naïve de ND de La Salette dans l'église

Eglise de Montusclat : statue de Notre-Dame de La Salette.

Mais la piété de notre cher Frère a été particulièrement sensible à cette très émouvante petite Piéta du XVème siècle, que de fervents paroissiens cachèrent pendant la grande révolution afin de la soustraire aux profanations et au vandalisme des impies.

Montusclat - petite Piéta du XVe siècle dans l'église

Eglise de Montusclat : petite Piéta du XVème siècle
(la photo n’était pas facile à réaliser car cette statuette est bien protégée par une vitre épaisse…
mais une vitre occasionne toujours des reflets !)

La dévotion à la Mère des Douleurs a dû être particulièrement implantée dans cette paroisse aux temps de Chrétienté, puisqu’on retrouve sa représentation jusqu’au revers de certaines très anciennes croix de carrefour.

Montusclat - revers d'une croix de carrefour

Montusclat : naïve représentation de la Piéta au revers d’une grande croix de carrefour.

Je pense que vous commencez à comprendre, chers amis, les raisons qui ont attiré Frère Maximilien-Marie à Montusclat en ce jour de l’Exaltation de la Sainte Croix et veille de la fête de Notre-Dame des Douleurs
Mais vous n’avez pas encore tout vu !!!

Quittant le village, notre Frère a gravi la Montagne de l’étoile, qui domine le village au sud.
La journée était douce ; les nuages passant par toutes les nuances de gris et donnant parfois l’impresssion qu’il allait pleuvoir, se déchiraient par moments pour laisser passer les rayons du soleil…
Au terme de son ascension, au bout d’un chemin de terre, à l’orée d’un bois dont les teintes annoncent déjà l’automne, Frère Maximilien-Marie est arrivé à une chapelle : une toute petite chapelle – à peine cinq mètres de longueur et quatre mètres de largeur sans doute – , couverte en lauzes, avec un joli clocheton au-dessus de la porte… et une étoile qui rappelle le nom de la montagne sur laquelle on se trouve.

Montusclat, chapelle Saint-Joseph sur la montagne de l'étoile

Montusclat : chapelle Saint Joseph sur la Montagne de l’Etoile.

Cette chapelle est dédiée à Saint Joseph : la porte est fermée à clef, mais comme elle est vitrée, il est néanmoins possible d’en voir l’intérieur et d’adresser une prière au saint patriarche du Nouveau Testament.

Montusclat, chapelle Saint Joseph - l'intérieur

Intérieur de la chapelle Saint Joseph

Ce qui a spécialement ravi Frère Maximilien-Marie, c’est de voir qu’il y a, avec une autre statue de Saint Joseph sur la façade extérieure de la chapelle, une boite aux lettres pour déposer les messages par lesquels on lui recommande ses intentions.
Et moi je me demande si ceux qui sont loin et ne peuvent pas venir jusque là peuvent envoyer à Saint Joseph des lettres par la poste, que le facteur vient déposer dans cette boite aux lettres : je serais vraiment enchanté s’il en était ainsi…

Montusclat la boite aux lettres de Saint Joseph

La boite aux lettres du bon Saint Joseph

Derrière la chapelle, commence un sentier montant, assez large et bien entretenu, bordé de croix de trachyte.
Ces croix sont au nombre de sept et sur le socle de chacune est inscrite l’une des Sept Douleurs de Notre-Dame : ce sont des stations en l’honneur de Marie désolée.

Montusclat - Sentier des Sept Douleurs

Montusclat - croix des stations de Marie désolée

La distance entre chacune de ces croix est exactement celle qui est nécessaire pour réciter un « Ave, Maria » de la Compassion (cf. > ici) et la strophe « Sancta Mater, istud agas… »

Au terme du sentier, c’est-à-dire sur le sommet de la Montagne de l’étoile, est aménagée une espèce de petite esplanade sur laquelle ont été dressées des croix et des statues.

Montusclat - la croix de l'étoile

Au sommet de la Montagne de l’étoile, le lieu-dit « la croix de l’étoile » aménagé pour les pélerinages.

Il faut remonter près de trois siècles en arrière pour bien comprendre la raison de cette espèce de sanctuaire à ciel ouvert.

En mai 1721, une épidémie terriblement contagieuse ravageait la contrée. Les paroissiens de Montusclat prononcèrent alors un voeu : celui de se rendre chaque année en pèlerinage auprès de Notre-Dame  de Tout Pouvoir, à Araules (à trois lieues et demi au nord de Montusclat), si le village était préservé de cette peste.
Il semble bien qu’il le fut puisque l’étude des registres paroissiaux montre que le nombre des décès à Montusclat cette année-là ne dépasse pas le nombre des morts des années ordinaires !
Toutefois, au bout de quelques années, ce pèlerinage annuel à Notre-Dame de Tout Pouvoir, à pied par des sentiers de chèvres avec les gros sabots de l’époque, se révéla difficile à maintenir : Monseigneur l’Evêque du Puy, en vertu de son autorité spirituelle, commua donc le voeu de la paroisse de Montusclat en une procession solennelle qui serait célébrée chaque année au premier dimanche de juillet et qui devrait se rendre à la croix érigée au sommet de la Montagne de l’étoile qui domine le village.
Ainsi fut fait, et la procession du premier dimanche de juillet jusqu’à la Croix de l’étoile fut fidèlement accomplie d’année en année.

En 1882, la Croix de l’étoile allait connaître des changements : cette année-là, l’abbé Charre, prêtre particulièrement fervent et zélé, arriva comme curé à Montusclat. Il fut surpris de ne trouver qu’une simple croix sur le lieu du terme de la procession annuelle du voeu, et suggéra qu’on y érige quelque chose qui rappelerait de manière plus significative que c’était grâce à l’intercession de la Sainte-Vierge que Montusclat avait été préservé de l’épidémie.

Dans ce pays de montagne, peuplé de gens simples à la foi profonde, qui souvent récitaient leur chapelet en gardant leurs troupeaux, le récit de l’apparition de la Très Sainte Mère de Dieu sur la sainte montagne de La Salette revêtait un sens peut-être plus fort qu’ailleurs…
Alors, pourquoi ne pas ériger à la Croix de l’étoile une belle statue de Notre-Dame de La Salette, dont les graves avertissements et les sages conseils ne pouvaient qu’être profitables aux paroissiens de Montusclat ?

Montusclat - Croix de l'étoile, Vierge en pleurs

Montusclat : la Croix de l’étoile
statue de la Vierge en pleurs de La Salette

Mais une statue de Notre-Dame de La Salette convenable par la taille et pour une implantation extérieure, cela coûte cher.

Le fervent abbé Charre n’avait pas le premier sou pour réaliser un tel projet ; les caisses de la paroisse avaient été vidées par les dernières réparations opérées à l’église.
Mais si la Sainte Vierge le veut, après tout…
Le bon curé monta à la Croix de l’étoile et y déposa une petite statue de plâtre rapportée de La Salette : « Et maintenant, si vous voulez que je vous élève ici une statue convenable, débrouillez-vous pour me trouver l’argent nécessaire ! »

Or la Sainte Vierge devait bien le vouloir si on en juge par la suite des événements ; et puisqu’elle avait été priée de se débrouiller… elle se débrouilla !

Le lendemain même du jour où l’abbé Charre l’avait ainsi priée, il fut appelé auprès d’une femme malade qui voulait lui remettre de l’argent « pour ses bonnes oeuvres ».
S’étant rendu auprès d’elle, le zélé curé l’entretint donc de son projet pour la Croix de l’étoile, et reçut une somme qui lui permettrait de payer une statue en fonte d’une centaine de kilos !

Montusclat - la Croix de l'étoile, statue de la Vierge parlant aux enfants

Montusclat : la Croix de l’étoile
La conversation de Notre-Dame avec les petits bergers de La Salette

Ce premier don en suscita d’autres.
L’abbé Charre décida alors d’ériger à proximité de la statue de la Vierge en pleurs quatorze croix de trachyte qui formeraient un chemin de croix.
Et puisqu’il y avait une statue de la Vierge en pleurs, une famille offrit la statue représentant la conversation de la Mère des Douleurs avec les petits bergers ; puis les dons permirent aussi d’acquérir une statue de la Vierge qui s’élève vers les cieux à la fin de l’apparition.

Les quatorze croix figurant les stations du chemin de croix furent donc disposées de telle sorte qu’elles permettent en même temps de parcourir la représentation des trois phases de l’apparition.

Le dimanche 5 septembre 1886 eut lieu la bénédiction solennelle du chemin de croix et des statues de Notre-Dame de La Salette :  les chroniques de l’époque rapportent qu’il vint pour l’occasion plus de deux mille personnes, accourues de toutes les paroisses alentour.
L’année suivante (29 mai 1887) furent bénites les sept croix représentant les stations à Marie désolée qui jalonnent le sentier d’accès à la Croix de l’étoile.
La chapelle de Saint Joseph que l’on trouve en arrivant fut construite en dernier.

Montusclat - la Croix de l'étoile, groupe de la conversation détail

Montusclat : la Croix de l’étoile
détail du groupe de la conversation

N’était-ce donc pas un lieu magnifique pour accomplir un pèlerinage aujourd’hui, jour de la Sainte-Croix, et pour se préparer à la fête de Notre-Dame des Sept-Douleurs, fête patronale du Refuge Notre-Dame de Compassion ?

Vous savez que notre Frère vous a tous « emportés dans son sac à prières » (pour reprendre la belle expression de notre amie Béatrice) jusqu’au sommet de la Montagne de l’étoile, et qu’il a déposé toutes vos intentions dans le Coeur maternel de Notre-Dame, avec aussi tous les malades qui nous sont recommandés, toutes les situations de détresse spirituelle et morale qui constituent la croix portée par tant de personnes, sans oublier notre pauvre et chère France aux abois et son Roi légitime en qui nous plaçons de grandes et vives espérances surnaturelles… (cf. > ici)

Patte de chatLully. 

Montusclat - la Croix de l'étoile, Vierge remontant aux cieux

Montusclat : la Croix de l’étoile
statue de la Vierge remontant aux cieux à la fin de l’apparition

Deux prières à Saint Pie X composées par le Vénérable Pie XII.

A l’occasion de la fête de >Saint Pie X, ce 3 septembre, invoquons-le avec le texte de deux prières qui furent composées par le Vénérable Pie XII.
La première est la péroraison du discours prononcé par le Pape Pacelli à l’occasion de la béatification de son prédécesseur (3 juin 1951) et la seconde la péroraison du discours de la canonisation (29 mai 1954).
On remarquera à quel point les termes de ces prières s’accordent aux besoins urgents de l’Eglise en ce début du XXIème siècle.

Saint Pie X

Saint Pie X

O bienheureux Pontife, fidèle serviteur de ton Seigneur, humble et sûr disciple du divin Maître, dans la douleur et dans la joie, dans les fatigues et dans les sollicitudes, Pasteur expérimenté du troupeau du Christ, tourne ton regard vers nous (…).
Ardus sont les temps où nous vivons, durs les efforts qu’ils exigent de nous. L’Epouse du Christ, autrefois confiée à tes soins, se trouve de nouveau dans de graves angoisses. Ses fils sont menacés d’innombrables périls dans leur âme et dans leur corps. L’esprit du monde, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui dévorer. Beaucoup deviennent ses victimes. Ils ont des yeux et ne voient pas, des oreilles et n’entendent pas. Ils ferment leurs regards à la lumière de l’éternelle vérité, ils écoutent les voix des sirènes qui murmurent des messages trompeurs.
Toi qui fus ici-bas grand inspirateur et guide du peuple de Dieu, sois notre aide et notre intercesseur, et celui de tous ceux qui se proclament disciples du Christ.
Toi dont le coeur se brisa quand tu vis le monde se précipiter en une lutte sanglante, secours l’humanité, secours la chrétienté, actuellement exposée à de semblables épreuves : obtiens de la miséricorde divine le don d’une paix durable et, comme prémices de celle-ci, le retour des esprits à ce sentiment de véritable fraternité, qui seul peut ramener parmi les hommes et les nations la justice et la concorde voulues par Dieu.

Ainsi soit-il.

Armoiries de Saint Pie X

O Saint Pie X, gloire du sacerdoce, splendeur et honneur du peuple chrétien ; toi en qui parut l’humanité fraternisant avec la grandeur, l’austérité avec la mansuétude, la piété simple avec la profonde doctrine ; toi, le Pontife de l’Eucharistie et du catéchisme, de la foi intègre et de la fermeté impavide, tourne ton regard vers la Sainte Eglise que tu as tant aimée et à laquelle tu as donné le meilleur des trésors que la divine Bonté, d’une main prodigue, avait déposés en ton âme.
Obtiens-lui la sécurité et la constance au milieu des difficultés et des persécutions de notre temps, soulève cette pauvre humanité, dont les douleurs t’affligèrent tellement qu’elles finirent par arrêter les battements de ton grand coeur.
Fais qu’en ce monde agité triomphe cette paix qui doit être harmonie entre les nations, accord fraternel et collaboration sincère entre les classes sociales, amour et charité entre les hommes, de telles sorte que les angoisses qui consumèrent ta vie apostolique se transforment, grâce à ton intercession, en une réalité de bonheur, à la gloire de Notre-seigneur Jésus-Christ qui, avec le Père et le Saint-Esprit, vit et règne dans les siècles des siècles.

Ainsi soit-il.

Exposition de la chasse de St Pie X devant le maître autel de St Pierre après la canonisation

Exposition de la chasse de Saint Pie X devant le maître-autel de la basilique de Saint-Pierre au Vatican après la canonisation (29 mai 1954)

Voir ou revoir aussi :
- Prophétie et prière de Saint Pie X pour la France > ici.
- Centenaire de la mort de Saint Pie X et soixantième anniversaire de sa canonisation > ici.

1...34567...41

A tempo di Blog |
Cehl Meeah |
le monde selon Darwicha |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | mythologie
| jamaa
| iletaitunefoi