Archive pour la catégorie 'De liturgia'

2018-63. « Ainsi tu parviendras à l’inaltérable paix de l’éternité ».

Sermon LXXVIII de
notre Bienheureux Père Saint Augustin
sur
la Transfiguration de NSJC

Transfiguration - église Saint-Rémi - Bruxelles

Vitrail de la Transfiguration
(église Saint-Rémi, Bruxelles)

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 § 1 – Dans cet événement, Notre-Seigneur a voulu nous donner une idée de Son Royaume, et Son Royaume désigne les fidèles prédicateurs de Sa parole.

Il nous faut contempler, mes bien-aimés, et expliquer le spectacle saint que le Seigneur présenta sur la sainte montagne. C’est de cet évènement qu’Il avait dit : « Je vous le déclare, en vérité, il y en a quelques-uns ici présents qui ne goûteront pas la mort qu’ils n’aient vu le Fils de l’homme dans son royaume » (Matth. XVI, 28).

Voici le commencement de la lecture qui vient de nous être faite. « Six jours après avoir prononcé ces paroles, Il prit avec Lui trois disciples, Pierre, Jean et Jacques, et alla sur la montagne ». Ces disciples étaient ceux dont Il avait dit : « Il y en a ici quelques-uns qui ne goûteront point la mort qu’ils n’aient vu le Fils de l’homme dans Son royaume ».
Qu’est-ce que ce royaume ? Question assez importante. Car l’occupation de cette montagne n’était pas la prise de possession de ce royaume. Qu’est-ce en effet qu’une montagne pour qui possède le ciel ? Non-seulement les Écritures nous enseignent cette différence, mais nous la voyons en quelque sorte des yeux de notre coeur.

Or Jésus appelle Son royaume ce que souvent Il nomme le royaume des cieux. Mais le royaume des cieux est le royaume des saints ; car il est dit : « Les cieux racontent la gloire de  Dieu » ; et aussitôt après : « Il n’y a point de langues ni d’idiomes qui n’entendent leurs voix » ; les voix de ces mêmes cieux. « L’éclat s’en est répandu sur toute la terre, et leurs paroles ont retenti jusqu’aux extrémités de l’univers » (Ps. XVIII, 4-5). N’est-ce donc pas des Apôtres et de tous les prédicateurs fidèles de la parole de Dieu qu’il est fait ici mention ? Ces mêmes cieux régneront avec le Créateur du ciel, et voici ce qui s’est fait pour le démontrer.

§ 2 – Ses vêtements sont la figure de Son Eglise qu’Il doit associer à Sa gloire et où règne l’unité représentée par Moïse et Elie.

Le Seigneur Jésus en personne devint resplendissant comme le soleil, Ses vêtements blancs comme la neige, et avec Lui s’entretenaient Moïse et Elie.
Jésus Lui-même, Jésus en personne parut resplendissant comme le soleil, marquant ainsi qu’Il était la lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde (Jean I, 9). Ce qu’est ce soleil pour les yeux de la chair, Jésus l’est pour les yeux du coeur ; L’un est pour les âmes ce que l’autre est pour les corps.

Ses vêtements représentent ici Son Eglise ; car ils tombent s’ils ne sont portés et maintenus.
Paul était dans ces vêtements comme l’extrémité de la frange ; aussi dit-il. « Je suis le moindre des Apôtres » (1 Cor. XV, 9) ; et ailleurs : « Je suis le dernier des Apôtres » (ibid. IV, 19). Or la frange est ce qu’il y a de moindre et d’extrême dans le vêtement. Aussi, comme cette femme qui souffrait d’une perte de sang fut guérie en touchant la frange de la robe du Seigneur (Luc VII, 44), ainsi l’Église des gentils se convertit à la prédication de Paul. Eh ! qu’y a-t-il d’étonnant que l’Église soit figurée par de blancs vêtements, puisque nous entendons le prophète Isaïe s’écrier : « Vos péchés fussent-ils rouges comme l’écarlate, Je vous blanchirai comme la neige » (Isaïe I, 18) ?

Que peuvent Moïse et Elie, la loi et les prophètes, s’ils ne communiquent avec le Seigneur ? Qui lira la loi ? qui lira les prophètes, s’ils ne rendent témoignage au Fils de Dieu ? C’est ce que l’Apôtre exprime en peu de mots. « La loi dit-il, fait seulement connaître le péché, tandis qu’aujourd’hui, saris la loi, la justice de Dieu a été manifestée » : voilà le soleil ; « annoncée par la loi et les prophètes » : voilà l’aurore.

§ 3 – Il convient qu’il y ait une tente unique sur la sainte montagne.

Pierre est, témoin de ce spectacle, et goûtant les choses humaines à la manière des hommes : « Seigneur, dit-il, il nous est bon d’être ici ». Il s’ennuyait de vivre au milieu de la foule, il avait trouvé la solitude sur une montagne où le Christ servait d’aliment à son âme. Pourquoi en descendre afin de courir aux travaux et aux douleurs, puisqu’il se sentait envers Dieu un saint amour et conséquemment des moeurs saintes ?
Il cherchait son propre bien ; aussi ajouta-t-il : « Si vous voulez, dressons ici trois tentes : une pour vous, une pour Moïse et  une autre pour Elie ». Le Seigneur ne répondit rien à cette demande, et toutefois il y fut répondu.
En effet, comme il parlait encore, une nuée lumineuse descendit et les couvrit de son ombre. Pierre demandait trois tentes, et la réponse du ciel témoigna que nous n’en avons qu’une, celle que le sens humain voulait partager. Le Christ est la Parole de Dieu, la Parole de Dieu dans la loi, la Parole de Dieu dans les prophètes. Pourquoi, Pierre, chercher à la diviser ? Cherche plutôt à t’unir à elle. Tu demandes trois tentes : comprends qu’il n’y en a qu’une !

§ 4 - Jésus seul est appelé le Fils unique de Dieu. 

Pendant que la nuée les couvrait et formait comme une seule tente au dessus d’eux, une voix sortit de son sein et fit.entendre ces paroles : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ! »  Là se trouvaient Moïse et Elie. La voix ne dit pas : Ceux-ci sont mes Fils bien-aimés.
Autre chose est d’être le Fils unique, et autre chose des enfants adoptifs.
Celui qui Se trouve aujourd’hui signalé est Celui dont Se glorifient la loi et les prophètes : « Voici, est-il dit, Mon Fils bien-aimé, en qui J’ai mis mes douces complaisances ; écoutez-Le » ; car c’est Lui que vous avez entendu dans les prophètes, Lui aussi que vous avez entendu dans la loi ; et où ne L’avez-vous pas entendu ?

Ils tombèrent à ces mots la face contre terre.
Voilà donc dans l’Eglise le royaume de Dieu. Là en effet nous apparaissent le Seigneur, la loi et les prophètes : le Seigneur dans la personne du Seigneur même, la loi dans la personne de Moïse et les prophètes dans celle d’Elie. Ces deux derniers figurent ici comme serviteurs et comme ministres, comme des vaisseaux que remplissait une source divine ; car si Moïse et les prophètes parlaient et écrivaient, c’est qu’ils recevaient du Seigneur ce qu’ils répandaient dans autrui.

§ 5 – En relevant Ses Apôtres il annonce qu’Il ressuscitera Ses fidèles pour leur faire partager Sa félicité suprême.

Le Seigneur ensuite étendit la main et releva Ses disciples prosternés. « Ils ne virent plus alors que Jésus resté seul ».
Que signifie cette circonstance?

Vous avez entendu, pendant la lecture de l’Apôtre, que « nous voyons maintenant à travers un miroir, en énigme, mais que nous verrons alors face à face », et que les langues cesseront lorsque nous posséderons l’objet même de notre espoir et de notre foi (1 Cor. XIII, 12, 8-9). Les Apôtres en tombant symbolisent donc notre mort – car il a été dit à la chair : « Tu es terre et tu retourneras en terre » (Gen. III, 19) -, et notre résurrection quand le Seigneur les relève.
Mais après la résurrection, à quoi bon la loi ? à quoi bon les, prophètes ? Aussi ne voit-on plus ni Elie ni Moïse. Il ne reste que Celui dont il est écrit : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était Dieu » (Jean I, 1).
Il ne reste plus que Dieu, pour être tout en tous (1 Cor. XV, 28). Là sera Moïse, mais non plus la loi. Nous y verrons aussi Elie, mais non plus comme prophète. Car la loi et les prophètes devaient seulement rendre témoignage au Christ, annoncer qu’Il devrait souffrir, ressusciter d’entre les morts le troisième jour et entrer ainsi dans Sa gloire (Luc XXIV, 44-47) ; dans cette gloire où se voit l’accomplissement de cette promesse adressée à ceux qui L’aiment : « Celui qui M’aime, dit-Il, sera aimé de Mon Père, et Moi aussi Je l’aimerai ». Et comme si on Lui eût demandé : Que lui donnerez-Vous en témoignage de Votre amour ? « Et Je Me  montrerai à lui » poursuit-Il (Jean XIV, 21).
Quelle faveur ! Quelle magnifique promesse ! Dieu te réserve pour récompense, non pas quelque don particulier, mais Lui-même. Comment, ô avare, ne pas te contenter des promesses du Christ ? Tu te crois riche, mais qu’as-tu si tu n’as pas Dieu ? et si ce pauvre l’a, que ne possède-t-il point ?

§ 6 -  Mais avant de connaître la gloire, il faut d’abord travailler à la mériter.

Descends, Pierre ! tu voulais te reposer sur la montagne : descends ! annonce la parole ! insiste à temps, à contre-temps ! reprends, exhorte, menace, en toute patience et doctrine (2 Tim. IV, 2) ! travaille ! sue ! souffre des supplices, afin de parvenir par la candeur et la beauté des bonnes oeuvres accomplies avec charité, à posséder ce que figurent les blancs vêtements du Seigneur ! L’Apôtre ne vient-il pas de nous dire, à la gloire de la charité : « Elle ne cherche point son propre intérêt » (1 Cor. XIII, 6) ?

Il s’exprime ailleurs autrement, et il est fort dangereux de ne pas le comprendre.
Expliquant donc les devoirs de la charité aux membres fidèles du Christ : « Que personne, dit-il, ne cherche son bien propre, mais le bien d’autrui ». Or en entendant ces mots, l’avare prépare ses artifices ; il veut dans les affaires, pour rechercher le bien d’autrui, tromper le prochain, et ne pas chercher son bien propre, mais celui des étrangers. Arrête, ô avarice ! justice, montre-toi ! écoutons et comprenons ! C’est de la charité qu’il a été dit : « Que personne ne cherche son bien propre, mais le bien d’autrui ». Toi donc, ô avare, si tu résistes à ce conseil, si tu veux y trouver l’autorisation de convoiter le bien d’autrui, sacrifie d’abord le tien. Mais je te connais, tu veux à la fois et ton bien et le bien étranger. Tu emploies l’artifice pour t’approprier ce qui n’est pas à toi ; souffre donc que le vol te dépouille de ce qui t’appartient. Tu ne veux pas chercher ton bien, mais tu prends le bien d’autrui. Cette conduite est inique Ecoute, ô avare, prête l’oreille. Ces mots : « Que personne ne cherche son bien propre, mais le bien d’autrui » te sont expliqués ailleurs plus clairement par le même Apôtre. Il dit de lui-même : « Pour moi je cherche, non pas ce qui m’est avantageux, mais ce qui l’est au grand nombre, afin de les  sauver » (1 Cor. X, 24, 33).

C’est ce que ne comprenait pas encore Pierre, lorsqu’il désirait rester avec le Christ sur la montagne.
Le Christ, ô Pierre, te réservait ce bonheur après la mort. Pour le moment Il te dit : Descends travailler sur la terre, servir sur la terre, et sur la terre être livré aux mépris et à la croix. La Vie même n’y est elle pas descendue pour subir la mort, le Pain, pour endurer la faim, la Voie, pour se fatiguer dans la marche, la Fontaine éternelle pour souffrir la soif ? Et tu refuses le travail ? Ne cherche pas ton intérêt propre. Aie la charité ! annonce la vérité ! ainsi tu parviendras à l’inaltérable paix de l’éternité.

Transfiguration - église Saint-Rémi - Bruxelles - détail

2018-54. Saint Vincent de Paul : un saint éminemment politique.

19 juillet,
Fête de Saint Vincent de Paul.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

La fête de Saint Vincent de Paul nous permet de célébrer dans la joie et l’action de grâces à Dieu, l’un des très grands saints de notre chère France : la vraie France, celle qui est née dans les fonts baptismaux de Reims et qui a été grande à la face de tous les peuples tant qu’elle est restée fidèle, en tant même que royaume, à la doctrine évangélique, et tant qu’elle s’est enorgueillie de proclamer dans le prologue de ses institutions sociales et politiques : « Vive le Christ qui aime les Francs ! »
En un temps où l’on confond quasi universellement la pratique de la charité chrétienne avec les oeuvres humanitaires ou la bienfaisance naturelle, il me semble utile de livrer à votre réflexion et méditation des extraits d’un texte très juste et très intéressant tiré d’un petit ouvrage de feu le Révérend Père Yves-Marie Salem-Carrière (+ 1994), lequel était un prêtre lazariste, c’est-à-dire un fils spirituel de Saint Vincent de Paul dont il avait bien approfondi les écrits et la pensée. Ce livre, publié en 1993 aux éditions Dominique Martin Morin, s’intitule « Saint Vincent de Paul et la Politique ».
Voici donc ces extraits du premier chapitre qui rappellent quelques vérités bien peu comprises et acceptées, aujourd’hui où la séparation absolue des domaines spirituels et temporels est professée comme une espèce de dogme non seulement par les laïcistes, mais également par un certain nombre d’hommes d’Eglise qui manquent cruellement de formation philosophique, de doctrine catholique… et de bon sens !

Lully.

Autres textes relatifs à Saint Vincent de Paul dans les pages de ce blogue :
- Témoignage de Saint Vincent de Paul sur la mort de Louis XIII > ici
- Le cœur de Saint Vincent de Paul et la France > ici
- Histoire des reliques de Saint Vincent de Paul > ici

Saint Vincent de Paul au Conseil de conscience de la Reine Anne d'Autriche

Saint Vincent de Paul au Conseil de conscience de la Reine Anne d’Autriche
(gravure d’après le tableau de Jean-François de Troy)

Un saint nécessairement politique
parce qu’il était au service du salut accompli par Notre-Seigneur.

« (…) Saint Vincent de Paul n’est pas un philanthrope, un précurseur de l’Internationale socialiste, un pionnier de la démocratie chrétienne. Il est le contraire même de l’esprit rousseauiste. « Rien ne me plaît qu’en Jésus-Christ ». L’incarnation, la Rédemption, l’Eglise sont la source de son dévouement envers les créatures de Dieu.

(…) La pensée politique de Saint Vincent n’est pas didactique, mais elle est formulée, ou du moins clairement exprimée, par deux certitudes qui la fondent et sans lesquelles on ne peut construire ou maintenir une Cité, un Peuple, un Etat, une Civilisation. 
(…) Première certitude vincentienne : la notion de « nature humaine », la définition de l’être humain et de son « infection » par le péché. Ce réalisme tragique, il faut le compléter par l’espérance dans le Salut en notre Sauveur Jésus-Christ. Cette notion de nature humaine a déjà des conséquences dans la politique, selon que le laxisme et le libéralisme seront de règle, ou bien qu’une nécessaire discipline et une autorité ferme empêcheront la déliquescence des peuples et des Etats.
Deuxième certitude : les vérités éternelles, vitales, enseignées par le Sauveur. Qu’on le veuille ou non, on ne peut gouverner ni diriger si on ignore les principes fondamentaux que le Christ a donnés au monde.
Un responsable politique, surtout au plus haut niveau, est bien obligé de se faire une idée sur l’homme. Cette « idée sur l’homme » va imprégner toute l’activité de la personne, même dans l’ordre économique et social, dans la législation, le Code civil, la Défense. La vie n’est pas neutre : les erreurs ou les rêveries s’achèvent dans le malheur. Le Seigneur est clair : « Celui qui bâtit sa maison sur le rocher, les ouragans, les pluies, les tempêtes déferleront sur elle, elle résistera. Celui qui a bâti sur le sable… elle sera détruite. »
A ces deux certitudes, Saint Vincent ajoute la constatation des évidences historiques, des expériences de chaque génération.
Nous pouvons donc affirmer que, si la pensée politique vincentienne n’a jamais pris le tout d’un traité de politique, sa réflexion, sa connaissance des rois et des peuples, assurent qu’il travailla solidement et pour toutes les époques. Sa pensée n’est pas celle d’une génération, influencée par les sentiments de son siècle : elle est, elle sera toujours, actuelle, classique, universelle. Car l’Histoire montre la vérité de la nature humaine et des enseignements évangéliques confiés à l’Eglise.
La politique vincentienne est une politique du salut des âmes, du salut des nations, c’est-à-dire de la conversion. Sinon, il y a perdition de l’homme et de la société. Pour un catholique, il n’y a pas d’autre politique : le refus de la rédemption, c’est la défaite pour toute société. Tout a été essayé, de l’Eglise assermentée au Ralliement. Il serait temps de repenser aux « deux Cités » de Saint Augustin ou aux « deux Etendards » de Saint Ignace de Loyola. Ce n’est pas du manichéisme, car la victoire du Bien est déjà assurée « per Christum ».
Cela dit et exposé, il faut « parler politique » ou « faire de la politique », comme M. Jourdain faisait de la prose. Saint Vincent s’est engagé sur ce terrain, non comme politicien, mais pour servir, sauver l’âme du peuple, l’âme de la Cité. L’idée de servir le Royaume du Christ en France est celle qui anime tous les prêtres, tous les baptisés qui savent leur devoir de collaborer à l’œuvre du « Salut des Nations », depuis la vocation du Peuple d’Israël, jusqu’à l’avènement final du Seigneur « quand les temps seront accomplis ».
Saint Vincent a noué des relations et des amitiés, non pas avec des politiciens principalement préoccupés par les joutes électorales, mais avec de vrais « hommes d’Etat », serviteurs du pays, poussés par un idéal noble, à l’intelligence lucide et à la volonté persévérante.

Entre 1601 et 1660, Saint Vincent a rencontré en tête-à-tête Henri IV puis Louis XIII, la Reine Anne d’Autriche après la Reine Marie de Médicis, et aussi Richelieu, Mazarin, le général de Gondi, ministre de la marine, les présidents de divers parlements, la duchesse d’Aiguillon, etc. Il s’occupera des affaires de Pologne, des troubles civils de la Fronde, des Croquants, des persécutions en Irlande ; il sera, bien sûr, en relations avec le pape et ses légats, avec des quantités d’évêques. Et, quotidiennement, la menace islamique ou arable l’occupera. Ainsi, grâce à son intelligence et à son cœur, il aura bien servi son pays en veillant aux intérêts de Dieu.

(…) Saint Vincent de Paul, qui a pesé la relativité de toutes choses humaines (…) affirme que les fondements de tout jugement, de toutes décisions, doivent se faire à la lumière des enseignements du Sauveur.
C’est ainsi, en se référant aux valeurs absolues de la doctine catholique, qu’il va mener son action politique (…).
Les réalités temporelles seront alors animées, vivifiées, par les vérités éternelles et l’unique finalité : « la gloire de Dieu et le salut des âmes » !

Quand il parle de l’autorité, de l’opinion, de l’emploi de la force, de l’éducation, de l’action caritative, sa pensée est d’abord imprégnée de la pensée du Christ. Dans ses relations avec les rois, les reines, les ministres, les parlements, on peut ainsi vérifier l’application de sa devise : « Rien ne me plaît qu’en Jésus-Christ ».
Etrange programme politique, aux yeux de nos contemporains, qui n’a plus rien à voir avec l’électoralisme et la démagogie devenus, chez nous, tabous et mythologiques.
Il y a un Sauveur, Il a parlé, Il a confié sa parole et ses sacrements à une Eglise catholique ; Il sauve les individus et les peuples, et Lui seul est Sauveur, pas un autre. Chacun est sauveur dans la mesure où il travaille avec Lui. »

Rd. Père Yves-Marie Salem-Carrière,
in « Saint Vincent de Paul et la Politique », éd. DMM 1993
(pp. 7, 8-11, 16)

Saint Vincent de Paul au Conseil de conscience de la Reine Anne d'Autriche - détail

2018-49. Mon Dieu, donnez-nous d’authentiques et saints prêtres catholiques !

Vendredi 29 juin 2018,
Fête des Saints Apôtres Pierre et Paul (cf. > ici).

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

En beaucoup de diocèses, surtout depuis le XIXème siècle, la fête des Saints Apôtres Pierre et Paul a été et demeure parfois encore la date des ordinations sacerdotales.
Ce 29 juin me donne donc l’occasion  de publier ci-dessous quelques chiffres que j’ai trouvés relatifs au clergé en France sur les trois derniers siècles. Je crois que ces chiffres se suffisent à eux-mêmes. 

ordinations sacerdotales Arras 1955

Ordinations sacerdotales en la cathédrale Saint-Vaast d’Arras en 1955

Statistiques du clergé catholique en France :

Nota : les quatre premiers chiffres sont donnés par le « Quid98″. Le dernier est celui qui a été donné par la Conférence des Evêques de France.

1) A la mort du Grand Roi – 1715 :

22 millions d’habitants
200.000 prêtres
90.000 religieux et religieuses

2) En 1836 :

33 millions d’habitants
43.000 prêtres

3) En 1877 :

38 millions d’habitants (l’Alsace et la Lorraine sont annexées à l’empire prussien)
55.000 prêtres
30.680 religieux
127.000 religieuses

4) En 1967-70 :

50 millions d’habitants
33.775 prêtres
23.000 religieux
115.500 religieuses

5) En 2015 :

66,62 millions d’habitants
11.908 prêtres diocésains

MAIS sur ces 11.908 prêtres, il en est 5.800 environ seulement qui sont encore en activité : les autres sont à la retraite.
(je n’ai pas le nombre de religieux et de religieuses).

Les ordinations sacerdotales pour les diocèses sont toujours en chute libre et elles ne compensent bien évidemment pas le nombre de départs à la retraite et de décès.
Trois ans plus tard, en ce 29 juin 2018, les chiffres ont bien sûr encore baissé.

Ainsi, en trois siècles, alors que la population du Royaume a été multipliée par 3, le nombre des prêtres a été divisé par 17.

Et je pose cette question : Sur ces quelque 5.000 prêtres en activité combien professent véritablement la foi catholique dans son intégrité et son intégralité ?

Mon Dieu, donnez-nous des prêtres !
Mon Dieu, donnez-nous d’authentiques et saints prêtres catholiques !
Mon Dieu, donnez-nous beaucoup d’authentiques et saints prêtres catholiques !
Mon Dieu, préservez-nous des prêtres qui ne sont pas véritablement catholiques !

 Lully.
sacerdos alter Christus

L’hymne « Salve, virilis pectoris Virgo ! » des vêpres de Sainte Jeanne d’Arc.

30 mai,
fête de Sainte Jeanne d’Arc, vierge,
céleste protectrice de la France avec Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, après Notre-Dame de l’Assomption
(en France, fête double de 2ème classe).

Pour nos amis qui ne seraient pas toujours très à l’aise avec la langue latine mais qui souhaiteraient néanmoins s’associer à la prière officielle de la Sainte Eglise au moyen des hymnes propres par lesquels le bréviaire chante la gloire de Sainte Jeanne d’Arc, voici le texte et une traduction de l’hymne « Salve, virilis pectoris Virgo » que l’on trouve aux premières et secondes vêpres de sa fête.

Vitrail Sainte Jeanne d'Arc - église Saint-Georges de Néris-les-Bains

Vitrail de Sainte Jeanne d’Arc
église Saint-Georges de Néris-les-Bains

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Salve, virílis pectóris
Virgo, Patróna Gálliæ !
Torménta dira sústinens,
Christi refers imáginem.

Salut, ô Vierge au cœur viril,
Patronne de la France !
En supportant de cruels tourments,
Tu reproduis l’image du Christ.

Voces supérnas áudiens,
Iesu repléta lúmine,
Dum fata pandis pátriæ,
Silent pavéntque iúdices.

Lorsque, entendant les voix célestes,
Remplie de la lumière de Jésus,
Tu dévoiles les destins du pays,
Les juges se taisent et sont saisis de crainte.

Oppréssa flammis, clámitas
Iesum, crucémque fórtiter
Ampléxa, ad Ipsum, símplicis
Instar colúmbæ, pérvolas.

Étouffée par les flammes,
Tu appelles Jésus, et embrassant
Etroitement la croix, c’est vers Lui que,
Semblable à la candide colombe, tu t’envoles.

Choris beátis Vírginum
Adscrípta, cives ádiuva :
Te deprecánte, síngulis
Detur coróna glóriæ.

Admise parmi les chœurs bienheureux des Vierges,
Viens en aide à tes concitoyens ;
Que par ta prière, à chacun
soit donnée la couronne de gloire.

Sit laus Patri, sit Fílio :
Sancto decus Paráclito,
Qui corda amóre sáuciat,
Vires et auget lánguidis.

Louange soit au Père et au Fils,
Honneur au Saint Paraclet,
Qui blesse d’amour les cœurs
Et augmente la force des languissants.

Amen.

Blason de Sainte Jeanne d'Arc

Autres publications consacrées à Sainte Jeanne d’Arc dans les pages de ce blogue :

- A Sainte Jeanne d’Arc : prière pour la France et cantique du Père Doncœur > ici
– Extrait du panégyrique de Jeanne d’Arc par Monseigneur Pie > ici
– Sainte Jeanne d’Arc et la légitimité > ici
« Le cœur de Jeanne était resté intact et plein de sang » > ici
- Témoignage des dominicains qui assistèrent Jeanne d’Arc en son supplice > ici

– Témoignage du Frère Jean Pasquerel aumônier et confesseur de Jeanne > ici

2018-44. Après le 3ème pèlerinage de la Confrérie Royale au Puy-en-Velay : 2ème partie.

Jeudi dans l’octave de la Pentecôte, 24 mai 2018 ;
7ème anniversaire de la première Sainte Messe célébrée au Mesnil-Marie (cf. > ici) ;
Anniversaire du commencement du massacre des religieux otages des communards en 1871 (cf. > ici).

Notre-Dame du Puy - Vierge Noire - 12 mai 2018

Notre-Dame du Puy :
Vierge Noire, copie du XVIIème siècle de la statue offerte par Saint Louis brûlée le 8 juin 1794,
couronnée le 8 juin 1856 au nom du Bienheureux Pie IX

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Dans la première partie de mes quelques considérations consécutives au troisième pèlerinage légitimiste « pour le Roi et la France » organisé par la Confrérie Royale au Puy-en-Velay, je vous faisais part de cinq raisons principales pour lesquelles il convient par-dessus tout que se pèlerinage se perpétue et prenne de l’ampleur précisément en ce lieu (cf. > ici).
Si vous le voulez bien, je vais maintenant développer à votre intention deux autres points de mes réflexions relatives à ce pèlerinage des 11 et 12 mai dernier : cela a trait à sa qualité spirituelle et à l’esprit particulier qui y a présidé.

  • B – Un pèlerinage d’une grande densité spirituelle :

Il importe d’abord de souligner qu’en fixant le pèlerinage annuel de la Confrérie Royale au Puy-en-Velay aux vendredi et samedi dans l’octave de l’Ascension, ses fondateurs l’ont placé, et cela n’a rien d’un hasard, au commencement de la neuvaine préparatoire à la Pentecôte, c’est-à-dire dans le moment particulièrement intense où la Sainte Eglise, avec les Apôtres et les disciples, se retrouve dans « la chambre haute » – le Cénacle – autour de Notre-Dame, afin d’être entraînée par elle dans la prière, afin de se préparer à l’irruption du divin Paraclet, afin d’être enrichie par une nouvelle plénitude du Don septiforme.
La « Chambre angélique », puisqu’il se faut bien souvenir que tel est le nom propre donné par les âges de foi à l’insigne cathédrale du Puy édifiée sur les hauteurs du Mont Anis, est une bien belle figuration de cette « chambre haute » désignée par le livre des Actes des Apôtres : les grands escaliers ou les ruelles pentues de la vieille ville qu’il faut nécessairement gravir pour entrer dans le sanctuaire vénéré sont bien le signe réel et le symbole expressif de la hauteur surnaturelle de ce lieu choisi et désigné par la Très Sainte Vierge Marie elle-même pour y dispenser les grâces que le Saint-Esprit, son divin Epoux, veut répandre par sa médiation, par son intercession.
Ainsi donc, tant par le lieu que par la période de l’année liturgique où il est établi, ce pèlerinage légitimiste est providentiellement fixé dans une dimension d’une portée symbolique et prophétique dont nous ne cesserons pas, à l’avenir, d’approfondir la richesse.

Ajoutons à cela, malgré certes des imperfections et d’évidentes nécessités d’amélioration dont les organisateurs ont conscience et qu’ils s’efforcent de résoudre chaque année, la rare qualité des célébrations liturgiques et l’excellence des enseignements donnés lors des conférences : il convient au premier chef d’en remercier nos chanoines, nos abbés, les lévites et servants d’autel, qui apportent un si grand soin aux cérémonies ; il convient ensuite d’en savoir gré aux intervenants qui ont approfondi avec une érudite méticulosité les sujets qu’ils ont traités.

A la clef, j’ai pu entendre ou lire les témoignages de plusieurs personnes qui ont signifié à Frère Maximilien-Marie que ces deux jours de pèlerinage légitimiste au Puy avaient porté des fruits de grâce tels qu’il leur semblait avoir accompli une semaine complète de retraite et qu’elles avaient eu bien du mal à « aterrir » lors de leur retour dans le quotidien, et même plusieurs jours après encore…

Qu’à Dieu Notre-Seigneur et à Notre-Dame en soient toute la gloire et notre vive action de grâces !

Encensement de la Vierge Noire

Encensement de la Vierge Noire
dans l’insigne cathédrale-basilique Notre-Dame de l’Annonciation du Puy
le samedi 12 mai 2018

  • C – Une véritable réunion de famille :

Enfin, il est un autre écho qui est parvenu de divers côtés à mes oreilles et qui se trouve excellemment résumé par ces lignes touchantes qu’un pèlerin a adressées à Frère Maximilien-Marie : « Si je devais retenir un mot de ce séjour, c’est celui que vous avez judicieusement prononcé, cher Frère Maximilien, et qui résume parfaitement ces journées, c’est le mot « FAMILLE ». Ceci est tellement vrai que, le moment venu, il était difficile de se séparer, le hall du Grand Séminaire se transformant en quai de gare… »
Ce n’est en effet pas un propos en l’air d’affirmer que l’esprit qui a présidé à ce pèlerinage a été un esprit de famille : celui de la famille légitimiste.
Un autre pèlerin confiait à Frère Maximilien-Marie qu’il avait eu l’évidence spirituelle de se trouver comme à une grande réunion de famille : ces « cousinades » qui sont à la mode et qui permettent de réunir pendant une journée ou deux tout ce qu’il est possible des descendants d’une même lignée, pour re-former ou reserrer des liens que les circonstances de la vie auraient tendance à distendre. Il y a des cousins que l’on connaît plus que d’autres, certains que, en raison simplement parfois de la proximité géographique, l’on côtoie plus fréquemment, et il en est d’autres que l’éloignement ne permet pas de connaître aussi bien qu’on le souhaiterait. Ainsi en est-il de la Légitimité, ainsi en est-il de l’UCLF, ainsi en est-il de la Confrérie Royale et de ses sympathisants.
Ce sentiment était renforcé par la présence de familles ou de plusieurs membres de mêmes familles naturelles, et de la présence de pèlerins de toutes les générations, mais cela a également une autre cause, qui 
a été justement soulignée par Frère Maximilien-Marie dans son intervention du samedi matin 12 mai, comme l’évoquait la citation faite ci-dessus.

Bien sûr, et ce ne sont pas de vains mots, la monarchie capétienne traditionnelle réalise (et ce mot signifie : rend réel, concret, incarné dans les choses) un système politique au sommet duquel se trouve la figure du Père.
Le Roi est père de son peuple, et le Royaume est la famille des familles. Le droit naturel et divin qui régit la royauté monarchique légitime est l’extension dans l’ordre social du droit naturel et divin qui régit les familles.
De fait, lorsque les légitimistes sont réunis, même si le Roi n’est pas physiquement présent, on peut dire qu’il exerce cependant à cet endroit-là une présence spirituelle prépondérante qui est exactement du même ordre que ce qui réunit ontologiquement des frères de sang lorsqu’ils se retrouvent.
Mais il convient d’aller plus loin encore.
Qu’est-ce qui caractérise une famille ?
Ce sont, cela a été dit ci-dessus, les liens du sang.
Or, on peut très légitimement (!) parler de la famille légitimiste, parce que ce sont de véritables liens du sang qui en unissent les membres : premièrement parce que chrétiens et catholiques, sujets du Roi Très Chrétien, ils sont nourris de la Sainte Eucharistie qui fait couler en eux substantiellement le Sang Précieux de l’Agneau rédempteur ; mais encore et aussi, parce que le sang sacré de deux Rois martyrs – Louis XVI et Louis XVII -, d’une Reine et d’une Fille de France guillotinées, et d’innombrables martyrs de la révolution persécutrice coule spirituellement en eux, les fait vivre, anime leurs engagements et leur espérance, eux qui sont les successeurs et les héritiers du combat contre-révolutionnaire.

Icône des martyrs royaux filigranée 421x600

La sainte icône de nos Souverains Martyrs
bénite lors du premier pèlerinage légitimiste au Puy
à l’occasion du Grand Jubilé de l’an de grâce 2016
(voir > ici)

Voilà donc, chers Amis, quelques réflexions que je tenais à partager avec vous, dans l’action de grâces et dans un zèle renouvelé et stimulé à la suite de ce troisième pèlerinage de la Légitimité organisé au Puy-en-Velay par la Confrérie Royale.

Souhaitons maintenant que ce pèlerinage connaisse de nouveaux développements et prions ardemment pour cela.

Lully.

Retenez dès à présent les dates du 4ème pèlerinage de la Confrérie Royale au Puy-en-Velay, pour le Roi et la France :
il commencera au soir du jeudi de l’Ascension 30 mai 2019, et se poursuivra dans la journée du vendredi 31 mai – fête de Marie Reine – , pour s’achever en début d’après-midi le samedi 1er juin, nous permettant d’inaugurer magnifiquement le mois du Sacré-Coeur de Jésus.
Notez dès à présent ces dates et réservez-les !

Bannière de la Confrérie Royale à la cathédrale du Puy

La bannière de la Confrérie Royale quittant la cathédrale du Puy
pour y revenir en tête de pèlerins toujours plus nombreux…

2018-43. Après le 3ème pèlerinage de la Confrérie Royale au Puy-en-Velay : 1ère partie.

Mercredi des Quatre-Temps d’été 23 mai 2018.

Sortie de la cathédrale samedi 12 mai 2018

Les pèlerins au sortir de la cathédrale-basilique Notre-Dame de l’Annonciation du Puy-en-Velay
le samedi 12 mai 2018 après la cérémonie de réception dans la Confrérie Royale.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Dix jours après la conclusion du troisième pèlerinage organisé par la Confrérie Royale au Puy-en-Velay, « pour le Roi et la France », et alors que Frère Maximilien-Marie a, dès le soir du 12 mai, publié sur les deux blogues de la Confrérie Royale un billet d’action de grâces (cf. > ici ou > ici), je veux à mon tour revenir sur cet événement, et y ajouter quelques commentaires.
En outre, j’ai eu le temps de recueillir plusieurs échos de participants à ces journées, et cela n’a pas manqué d’alimenter ma réflexion.

Procession vers la cathédrale

Les pèlerins de la Légitimité en procession vers la cathédrale

  • A – Le Puy-en-Velay, lieu suréminemment idéal pour un pèlerinage légitimiste :

Bien sûr, il y a sur tout le territoire du Royaume de France une très impressionnante quantité de lieux de pèlerinage et de sanctuaires qui sont intimement liés à notre histoire, à notre histoire catholique et royale, aux grâces de prédilection que le Roi du Ciel a accordées à ce Royaume des Lys, par Sa Très Sainte Mère ou par Ses saints.
Bien sûr, il ne s’agit pas ici d’engager une « guerre des Madones » en opposant une basilique à une autre, un vocable à un autre, une représentation de Notre-Dame à une autre…
Néanmoins il faut bien réaliser que le Puy-en-Velay est un lieu suréminemment idéal pour un pèlerinage légitimiste reconduit d’année en année, 1) en raison de son antiquité, 2) en raison de la place particulière qu’il a eu dans la dévotion royale, 3) en raison de la situation et de la grâce unique de cette cité, 4) en raison de la place qu’a tenu ce sanctuaire dans la mystique contre-révolutionnaire, et 5) en raison l’accueil que l’on peut qualifier d’officiel qui y est réservé aux pèlerinages de la Confrérie Royale.

A 1 – En raison de son antiquité :
Selon la Tradition, authentifiée par le Saint-Siège en de nombreuses occasions (par exemple pour les leçons de matines dans les bréviaires du diocèse antérieurs à la révolution liturgique), la Très Sainte Mère de Dieu est apparue ici d’abord en l’an 45 de notre ère, sous le pontificat de Saint Georges, premier évêque du Velay qui avait été envoyé par Saint Pierre, puis une seconde fois en l’an 225. Il s’agit donc de la plus ancienne de toutes les apparitions de la Madone sur le sol de ce qui deviendra la France.
Beaucoup de catholiques et de Français l’ignorent malheureusement aujourd’hui (d’autant plus que, au mépris des traditions les plus solidement établies, la « version officielle » actuellement distillée mentionne cette apparition au conditionnel et la situe au Vème siècle !!!). Dans le combat contre-révolutionnaire qui s’impose aujourd’hui, il importe de réaffirmer non seulement par les paroles et les écrits la tradition authentique, mais en outre il sied de la faire revivre plus intensément par nos pèlerinages qui renouent avec la procession vingt fois séculaire des pèlerins qui ont accouru ici de toutes les provinces du Royaume, et de bien au-delà.

Aux pieds de la Vierge Noire le 12 mai 2018

Les pèlerins de la Légitimité aux pieds de la Vierge Noire
dans la cathédrale-basilique Notre-Dame de l’Annonciation le samedi 12 mai 2018

A 2 – En raison de la place particulière que ce sanctuaire a eu dans la dévotion royale :
L’un de nos bons abbés, présent lors de tous les pèlerinages qu’a organisés la Confrérie Royale au Puy, a pu cette année, dans une communication aussi savante et bien documentée que fervente et pieuse, dérouler sous les yeux de ses auditeurs la frise magnifique des vingt souverains qui, de Dagobert 1er (au milieu de la 1ère moitié du VIIème siècle) jusqu’à Alphonse II (le 25 août 1979) sont venus se prosterner ici devant la Reine du Ciel.
Quel est le sanctuaire qui a vu autant de nos Rois pèlerins ?
Sans omettre de signaler la dévotion très particulière de Saint Charlemagne, de Saint Louis et de Charles VII pour la Madone du Puy, ni les faveurs royales accordées au sanctuaire par des souverains et princes qui, s’ils n’y purent venir, ne manquèrent cependant pas, de loin, d’honorer et de maintenir les privilèges de ce haut-lieu spirituel unique.

A 3 – En raison de la situation et de la grâce unique de cette cité :
Si l’on ne se rend pas aussi aisément au Puy qu’à Paris, surtout lorsque l’on part de provinces éloignées telles que la Lorraine, l’Artois, la Bretagne, la Normandie, la Guyenne ou le Roussillon, la situation géographique de l’antique cité des Vellaves demeure néanmoins assez centrale et ne nécessite jamais plus de 12 h de route. Je sais bien qu’il y en a qui voudraient toujours tout avoir juste à côté de chez eux et sans effort ; toutefois les Légitimistes – du moins osé-je l’espérer ! – n’appartiennent pas à la race des « ramollos » mais à celle des intrépides, des ardents, des preux, des chouans que la difficulté stimule bien plus qu’elle ne les abat…
Et il faut ajouter qu’il règne au Puy-en-Velay une atmosphère unique : tout concourt ici à donner à l’âme de profondes et durables impressions.
Quand je dis « tout », c’est véritablement « tout » : le cadre naturel, prodigieusement façonné par les volcans ; l’architecture particulière et audacieuse de la cité ; le sentiment de croiser les siècles passés, vivants, à chaque coin de rue ; l’imprégnation spirituelle – qui demeure palpable malgré la déchristianisation, la sécularisation et la profanation -, résultat de longs siècles de ferveur religieuse pendant lesquels de pieux fidèles, de ferventes moniales, des religieux héroïques et sacrifiés, de grands prélats, ainsi que de nombreux saints, ont en quelque sorte durablement ensemencé la grâce divine dans une « ville sainte », si bien que lorsqu’une âme bien disposée arrive au Puy, de nos jours encore, elle éprouve tout-à-la-fois le sentiment d’un dépaysement et celui de revenir dans la maison ancestrale et familière qu’elle n’eût jamais dû quitter : la Chrétienté !

Vue générale du Puy-en-Velay

Le Puy-en-Velay : vue générale depuis le parvis du sanctuaire de Saint-Joseph de Bon-Espoir à Espaly-Saint-Marcel

A 4 – En raison de la place qu’a tenu ce sanctuaire dans la mystique contre-révolutionnaire :
Le Puy est une cité éminemment contre-révolutionnaire.
- Contre-révolutionnaire, parce que c’est le premier et le plus antique de tous les lieux connus d’apparition mariale sur le sol de ce qui deviendra la France, le premier et le plus antique de tous les lieux du futur Royaume des Lys où la Très Sainte Mère de Dieu a demandé que l’on mît à part un lieu pour qu’il lui fût dédié, le premier et le plus antique des sanctuaires consacrés par les Anges eux-mêmes. Or Saint Michel et ses anges, dans le combat qui eut lieu dans le ciel aux commencements du monde, et Notre-Dame dans le « Fiat » de sa bienheureuse Annonciation, sont les chefs de file de la lutte victorieuse contre le premier de tous les révolutionnaires : Lucifer, l’ange révolté, l’inspirateur et le soutien de tous les révolutionnaires.
- Contre-révolutionnaire, parce que c’est là que la vierge guerrière de Donremy, au commencement de sa mission manda sa mère et ses frères pour la représenter au Grand Jubilé du Vendredi Saint 1429, afin d’obtenir de la Vierge du Puy toutes les grâces qui permettraient de rendre le Royaume à son Roi légitime, si bien que – en le préservant de la domination des Godons – il serait aussi préservé de l’hérésie au siècle suivant.
- Contre-révolutionnaire, parce que le dernier évêque-comte du Velay, Son Excellence Monseigneur Marie-Joseph de Galard de Terraube (1735-1804), fut l’un des plus lucides et des plus courageux parmi les évêques d’Ancien Régime, et qu’avant d’être contraint à l’exil il organisa admirablement la résistance de son clergé et de ses fidèles contre la révolution et contre la « constitution civile du clergé », de sorte que, malgré la persécution, la spoliation et la profanation de la cathédrale, le Velay fut une terre exemplaire de fidélité catholique et royale pendant la tourmente.
- Contre-révolutionnaire, parce que, dès 1790 puis en 1792, l’abbé Claude Allier, initiateur des Camps de Jalès (cf. > ici) et le comte de Saillans (cf. > ici), soutenus par les Princes en exil, voyaient prophétiquement dans la ville du Puy le point de ralliement, tant au point de vue spirituel qu’au point de vue stratégique, à partir duquel une « grande armée catholique et royale d’Orient » pourrait se former et marcher sur Paris pour rendre au Roi son trône de droit divin, et – ce faisant – rendre à l’Eglise et aux peuples de France leur protecteur naturel et le garant de leurs libertés.

Statue de Sainte Jeanne d'Arc cathédrale du Puy

Cathédrale-basilique Notre-Dame de l’Annonciation du Puy-en-Velay :
détail de la statue de Sainte Jeanne d’Arc.

A 5 – En raison l’accueil que l’on peut qualifier d’officiel qui y est réservé aux pèlerinages de la Confrérie Royale :
Fondée le 25 août 2015, en la fête de Saint Louis et en l’année du troisième centenaire de la mort du Grand Roi, la Confrérie Royale s’est aussitôt employée à organiser un pèlerinage « pour le Roi et la France », conjointement avec l’UCLF, à l’occasion du Grand Jubilé du Puy pour l’an de grâce 2016 (cf. > ici).
L’accueil sympathique et la bénédiction accordés à ce pèlerinage, officiellement légitimiste, par Son Excellence Monseigneur l’Evêque du Puy, le message officiel adressé par Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, message dont la teneur n’est pas simplement circonstantielle mais pérenne (cf. > ici), ainsi que de grandes grâces obtenues lors de ce pèlerinage jubilaire (par exemple > celle-ci), ont convaincu les fondateurs de la Confrérie Royale de reconduire d’année en année ce pèlerinage légitimiste auprès de Notre-Dame du Puy. Ainsi, de la même manière qu’il y a tous les ans un pèlerinage légitimiste à Sainte-Anne d’Auray le dernier dimanche de septembre, il y a désormais tous les ans un pèlerinage légitimiste les vendredi et samedi qui suivent l’Ascension, au Puy-en-Velay. Il faut absolument que tous les légitimistes le considèrent comme une institution et une date majeure de leur calendrier.
Cette décision de reconduire chaque année le pèlerinage au Puy « pour le Roi et la France » a été accueillie avec bienveillance et respect par les autorités diocésaines (cf. > ici), auxquelles nous voulons témoigner de la plus profonde gratitude, et cela aussi constitue un élément important qu’il faut noter et appécier dans toute sa consistance et sa valeur surnaturelle.

J’aurais encore plusieurs choses à vous livrer au sujet de ce pèlerinage, mais ce sera pour plus tard, car déjà ce soir je vous laisse ample matière à réflexion…

Lully. 

A suivre > ici

Le plus jeune pèlerin 6 ans

Le plus jeune des pèlerins de ce 3ème pèlerinage annuel de la Confrérie Royale au Puy-en-Velay,
âgé de 6 ans, très fier de porter une reproduction de la bannière de Sainte Jeanne d’Arc lors de la procession à la cathédrale.

2018-41. La procession des Rogations au Mesnil-Marie.

Dimanche soir 13 mai 2018,
Solennité de Sainte Jeanne d’Arc, patronne de la France en second ;
Dimanche dans l’octave de l’Ascension ;
Saint Servais de Tongres, « saint de glace » ;
Anniversaire de la 1ère apparition de Notre-Dame à Fatima.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

La semaine qui vient de s’écouler a été très dense et chargée, en particulier parce qu’elle a été celle du troisième pèlerinage annuel « pour le Roi et la France » organisé au Puy-en-Velay par la Confrérie Royale, confrérie dont Frère Maximilien-Marie est l’un des fondateurs (cf. > ici) et dont il a été désigné Prieur le 21 novembre dernier (cf. > ici).

Je vous rappelle au passage que c’est désormais quelque chose de rigoureusement institutionnalisé et un événement qu’aucun de nos amis ne devrait oublier, mais bien au contraire réserver systématiquement d’année en année.
Ce pèlerinage annuel est la conséquence de la démarche accomplie conjointement avec l’Union des Cercles Légitimistes de France (UCLF) à l’occasion du Grand Jubilé de 2016, et il a lieu tous les ans les vendredi et samedi qui suivent l’Ascension (ce sont donc des dates mobiles qui dépendent de la date de Pâques).
Le choix de ces jours, qui sont chômés pour un grand nombre de personnes (le fameux « pont de l’Ascension »), permet en outre aux prêtres membres ou amis de la Confrérie Royale chargés de paroisses, d’être à leur poste le jour de l’Ascension et le dimanche.

Mais avant l’Ascension, il y a les trois jours des Rogations et, cette année, profitant de la présence de nos deux amis les chanoines du chapître séculier de Saint-Rémi, venus quelques jours avant le pèlerinage pour les ultimes préparatifs, nous avons donc pu accomplir une procession – bien modeste certes, mais procession tout de même – avec la bénédiction de la campagne qui environne notre Mesnil-Marie, suivie de la Sainte Messe propre des Rogations.
Outre nos deux amis prêtres présents au Mesnil-Marie tous ces jours, un troisième nous a rejoints pour la procession et la Sainte Messe, ainsi que quelques amis fidèles qui sont relativement proches géographiquement.

En prévision de cette procession, le samedi 5 mai, quatre amis fidèles étaient venus donner un « sacré » coup de main à mon papa-moine, pour faire du nettoyage autour du Mesnil-Marie, transporter de la terre et des pierres, améliorer l’accès à l’oratoire par l’extérieur, couper de l’herbe… etc. ; toutes choses nécessaires pour faciliter la marche de notre petite procession sur un terrain naturellement accidenté.
J’en profite d’ailleurs pour remercier très chat-leureusement ces bienfaiteurs qui ont donné de leur temps et de leur personne pour ces travaux fort utiles !

Ainsi donc – juste pour le plaisir des yeux – permettez-moi de vous montrer trois clichés qui ont été réalisés à l’occasion de cette modeste, mais très fervente procession au cours de laquelle nous avons supplié Notre-Seigneur, par l’invocation et l’intercession de tous Ses saints, pour qu’Il répande abondamment Ses bénédictions sur la campagne qui nous entoure ainsi que sur les travaux des hommes, et pour qu’Il les couvre de Sa paternelle protection.

pattes de chatLully.

Procession des Rogations au Mesnil-Marie le lundi 7 mai 2018 :

Station devant la Croix de la terrasse Saint-Constantin,
depuis laquelle a eu lieu la bénédiction de la campagne environnante
.

Rogations lundi 7 mai 2018 - 1

Ut fructus terræ dare et conservare digneris, te rogamus, audi nos.
Pour que Vous daigniez nous donner et conserver les fruits de la terre, nous Vous en prions écoutez-nous.

 

Rogations lundi 7 mai 2018 - 2

O Dieu, qui Vous montrez clément et bon en tout lieu où s’exerce Votre domination,
nous Vous en prions : exaucez-nous, et accordez que dorénavant Votre inviolable bénédiction demeure en ce lieu,
et que la totalité de ces fidèles, qui vous supplie, mérite de recevoir les dons de Votre munificence.

Rogations lundi 7 mai 2018 - 3

Nous implorons Votre pitié, ô Dieu tout-puissant,
pour que Vous répandiez la rosée de Votre bénédiction sur les fruits de la terre,
que Vous daigniez les nourrir en leur ménageant chaleur et pluie,
et que Vous accordiez à ce peuple qui est Vôtre de toujours vous rendre grâces pour vos dons, afin que,
comblés des biens que par la fertilité de la terre Vous répandez avec abondance sur les affamés,
le pauvre et l’indigent célèbrent le nom de Votre gloire.

Et que la bénédiction de Dieu tout-puissant,
Père +, Fils + et Saint-Esprit +,
descende et demeure toujours sur les champs et sur toutes les sortes de biens qui se trouvent en ce lieu.
Ainsi soit-il.

nika

2018-40. La Messe solennelle du Saint Jour de Pâques.

13ème et dernière partie du récit du Maître-Chat Lully
relatant
la Semaine Sainte à La Garde-Freinet :

la Grand’Messe du Saint Jour de Pâques 

Mercredi 9 mai 2018,
Fête de Saint Grégoire de Nazianze, évêque, confesseur et docteur de l’Eglise ;
Mémoire de Saint Pacôme le Grand, abbé et confesseur ;
Mémoire du mercredi des Rogations en la vigile de l’Ascension de Notre-Seigneur.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Nous voici arrivés au terme de la sainte quarantaine – parallèle à celle du grand carême -, pendant laquelle Notre-Seigneur s’est montré vivant à Ses apôtres et à Ses disciples après Sa résurrection et les a instruits de tout ce qui concerne les sacrements et les mystères de Son Eglise. Ce jeudi de l’Ascension, au cours de la Grand’Messe, après le chant du Saint Evangile, le cierge pascal – bénit et allumé pendant la Vigile de Pâques – est éteint solennellement.
Le soir de cette vigile de l’Ascension est donc bien le moment idoine pour conclure mes comptes-rendus de la Semaine Sainte passée auprès du monastère Saint-Benoît de La Garde-Freinet et pour en publier la dernière série de photographies : celles de la Grand’Messe du Saint Jour de Pâques.

Je ne ferai pas de très grands commentaires liturgiques : la Grand’Messe de Pâques ne comporte en effet pas de particularités, hormis le fait qu’elle est riche d’une magnifique séquence (« Victimae paschali laudes ») et qu’à l’ « Ite missa est » est rajouté un double alléluia.
Les trente-trois photos qui suivent, je les ai donc seulement sélectionnées pour le plaisir des yeux. Elles couvrent presque tout le déroulement de la Sainte Messe, et je vous laisse être portés par elles vers la contemplation du mystère pascal, actualisé à la Sainte Messe ; mystère qui nous ouvre les portes de l’éternité bienheureuse.

pattes de chatLully.

Le prêtre et ses ministres récitent les prières au bas de l’autel pendant que le choeur chante l’introït « Resurrexi » :

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Après avoir encensé l’autel, le célébrant est lui-même encensé :

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Après l’encensement, le prêtre lit l’introït puis récite le Kyrie, que le choeur est en train de chanter :

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Après le chant du Kyrie et du « Gloria in excelsis Deo » le « Dominus vobiscum » qui introduit…

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… le chant de la collecte :

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A la fin de la collecte, le cérémoniaire remet le lectionnaire au sous-diacre,

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… qui chante l’épître :

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Puis il va recevoir la bénédiction du prêtre.

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Le prêtre lit l’Evangile au missel à voix basse :

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Puis le diacre se prépare pour la procession et le chant de l’Evangile…

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… et il reçoit pour cela la bénédiction du prêtre :

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Procession de l’Evangile :

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Encensement de l’Evangile :

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Après le chant de l’Evangile le sous-diacre a porté l’évangéliaire au prêtre qui l’a vénéré par un baiser avant d’être encensé par le diacre.

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Début de l’offertoire , le sous-diacre, qui a endossé le voile huméral, a apporté le calice et la patène à l’autel , il aide à la préparation du calice :

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Oblation du vin :

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Encensement des oblats et de l’autel :

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Achèvement de l’offertoire avec la récitation de la secrète :

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Le prêtre a chanté la préface, le diacre et le sous-diacre l’entourent à l’autel pour la récitation du « Sanctus » :

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Première partie du canon :

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Consécration et élévation du Corps du Christ :

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Consécration et élévation du Sang du Christ :

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Achèvement du canon :

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Après le « Pater » et l’ « Agnus Dei », le baiser de paix du célébrant au diacre…

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… puis du diacre au sous-diacre :

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Le « confiteor » avant la sainte communion :

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Sainte communion des servants d’autel et des fidèles :

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Ablutions et purifications après la sainte communion :

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Diacre et sous-diacre changeant le missel de côté et portant le voile pour recouvrir le calice.

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Chant de la postcommunion :

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Bénédiction finale :

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Alléluia pascal 1

Publié dans:Chronique de Lully, De liturgia |on 9 mai, 2018 |5 Commentaires »

2018-39. De l’exhumation de l’ Alléluia au matin de Pâques.

12ème partie du récit du Maître-Chat Lully
relatant
la Semaine Sainte à La Garde-Freinet :

l’exhumation de l’Alléluia au matin de Pâques 

Samedi 5 mai 2018,
Fête de la conversion de notre Bienheureux Père Saint Augustin (cf. > ici  et aussi > ici) ;
Mémoire de Saint Pie V, pape et confesseur ;

1er samedi du mois dédié à la réparation envers le Coeur douloureux et immaculé de Marie.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Au matin de Pâques, ce dimanche 1er avril 2018, à la fin de l’office de prime au monastère Saint-Benoît de La Garde-Freinet, Frère Maximilien-Marie a été témoin d’une cérémonie à laquelle il ne s’attendait pas du tout : je vais vous raconter – images à l’appui (puisqu’il avait son appareil photographique avec lui) – ce dont il s’est agi, en reprenant au maximum ses propos quand il me l’a ensuite racontée.

« Eh bien, mon Lully, je vais te raconter quelque chose auquel je viens d’assister et que je n’avais même pas imaginé !
Ce matin, à la fin de l’office de prime, alors que je pensais rester dans l’église pour y faire oraison, j’ai vu Dom Alcuin – le prieur du monastère – partir à la sacristie où il a revêtu un surplis et endossé une chape dorée, tandis que les autres clercs ou servants d’autel présents revêtaient aussi leurs surplis. Je me demandais pour quelle cérémonie, parce que rien n’était écrit sur le programme du Triduum Sacré affiché à l’entrée de l’église. Ils se sont rangés devant l’autel, ont commencé à chanter l’un des cantiques latins du jour de Pâques et ont génuflecté puis, derrière la croix de procession, se sont dirigés vers la sortie.
Dom Alcuin m’a fait signe de les suivre… mais sans me donner d’explication.
Monsieur le chanoine Frédéric, qui venait d’achever sa Messe basse, a lui aussi été invité à suivre cette procession dont je n’avais pas la clef d’interprétation.
Dehors, après la tempête qui s’était déchaînée une bonne partie de la nuit, le ciel s’était dégagé, mais un vent froid et désagréable continuait à tournoyer dans les ruelles médiévales. Les rayons du soleil éclairaient déjà les collines alentour mais n’avaient pas encore atteint le village…

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« Traversant la place et s’engouffrant dans la ruelle montante qui longe le mur du monastère, la petite procession a franchi une porte qui justement permet d’entrer dans l’enceinte monastique. Qu’allions-nous donc y faire ?

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« Nous sommes entrés dans une courette dont la moitié est dallée, mais dont l’autre moitié est occupée par le poulailler des moines.
J’ai alors pensé que nous allions y chercher les oeufs pour qu’ils soient bénits à la Grand’Messe.
Mais non ! Dom Ildefonse a donné au prieur, non pas un panier pour collecter les oeufs, mais… une bêche – sans d’ailleurs omettre aucun des baisers liturgiques : baiser à la bêche, baiser à la main du prieur – , et les chantres continuaient le chant de la cantilène pascale alors que Dom Alcuin, en chape dorée, se mettait à creuser avec ardeur dans un espace compris entre un rosier et le poulailler…

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« Je ne comprenais toujours pas ce que Dom Alcuin cherchait en creusant de la sorte.
Il a pratiqué un trou relativement profond et, pendant un moment, il semblait même hésiter et on « voyait » presque au-dessus de sa tête et de celles de ses acolytes les bulles, comme dans les bandes dessinées, dans lesquelles étaient inscrits ces mots  « Mais où diable est-il passé ? »…

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« Enfin, après encore quelques coups de bêche énergiques, Dom Alcuin s’est agenouillé au bord du trou, s’est profondément incliné pour y plonger ses deux bras et en a retiré – « je vous le donne en cent, je vous le donne en mille », comme aurait dit ma chère marquise de Sévigné – une espèce de grand bristol plastifié sur lequel était écrit l’Alléluia qu’il a présenté à tous les assistants…

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« A ce moment-là, j’ai failli m’exclamer comme le fameux commissaire Bourrel : « Bon sang ! Mais c’est bien sûr ! »
Tu te souviens, mon Lully, qu’à la conclusion des premières vêpres du dimanche de la Septuagésime, il y a les « Adieux à l’Alléluia » : tu as d’ailleurs publié un texte à ce propos dans ton blogue (cf. > ici).
Eh bien ! Il se trouve que cet Alléluia – qui est quasi personnifié -, en certains endroits (et de toute évidence cela bien été le cas au monastère Saint-Benoît), on lui fait de véritables funérailles et on le met en terre lorsqu’on commence la Septuagésime ; le célébrant étant alors revêtu d’une chape noire. Au matin de la Résurrection, il est donc tout à fait logique de l’exhumer de la tombe dans laquelle il est demeuré pendant quelque septante jours. 

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« La procession s’est alors reformée, toujours chantant des mélodies pascales avec de joyeux Alléluia, et s’en est retournée à l’église.

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« Dom Alcuin a déposé l’Alléluia sur l’autel, au pied du saint tabernacle…

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« Il l’a encensé. Et ce carton portant le chant de l’Alléluia est resté à cet endroit (couvert par le canon d’autel central) pendant la Grand’Messe du Saint Jour de Pâques. »

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Voici donc le récit de la cérémonie de l’exhumation de l’Alléluia - « Et celui qui l’a vu en a rendu témoignage et son témoignage est véridique. Et il sait qu’il dit vrai, afin que vous croyez vous aussi » (cf. Johan. XIX 35) – tel que je l’ai recueilli de la bouche de mon papa-moine qui était tout à la fois ravi, ému et enthousiaste d’avoir assisté pour la première fois de sa vie (et en trente-huit ans de vie religieuse) à cette tradition pascale.

pattes de chatLully.

A suivre :
La Grand’Messe du Saint Jour de Pâques > ici.

Publié dans:Chronique de Lully, De liturgia |on 4 mai, 2018 |5 Commentaires »
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