Archive pour la catégorie 'De liturgia'

2026-123. Méditation pour la fête du Très Précieux Sang.

1er juillet,
Fête du Très Précieux Sang de Notre-Seigneur.

crucifixion école lorraine XVIIe - blogue

Ecole lorraine, premiers tiers du XVIIème siècle
[attribuable à Jean Le Clerc (1586-1633)]
d’après le grand panneau peint par Antoon Van Dyck en 1620
aujourd’hui conservé au Musée royal des Beaux-Arts d’Anvers.

Présence de Dieu :

O Jésus, qui m’avez racheté par Votre Sang,
faites que ce Sang produise en moi tout son fruit !

Méditation :

   1 – La liturgie de ce jour fait ressortir majestueusement la figure de Jésus, comme celle d’un roi qui se présente à son peuple dans la splendeur de son manteau royal.
L’office chante : « Quel est celui qui vient… avec des vêtements teints ? Il est beau dans sa robe » (1ère antienne des vêpres). Ce n’est ni la bysse, ni la pourpre qui font resplendir le manteau que le Christ revêt, mais le sang, Son Sang, répandu pour nos péchés : « Il était vêtu d’une robe teinte de sang, et le nom dont on l’appelle est ‘Verbe de Dieu’ » (ibid.).
Ce Sang que le Verbe, en S’incarnant, prit de notre nature humaine, Il nous l’a rendu comme prix de notre rachat, non par contrainte, mais librement, parce qu’Il l’a voulu, qu’Il nous a aimés : « Le Christ nous a aimés, dit Saint Jean, Il nous a lavés de nos péchés par Son Sang » (Apoc. I, 5). Tous les mystères de notre rédemption sont des mystères d’amour, c’est pourquoi ils nous poussent tous à l’amour. Celui que nous méditons aujourd’hui a une notre particulièrement émouvante, puisqu’il nous porte à considérer la Redémption sous son aspect le plus sanglant : l’effusion du Sang de Jésus, qui descend du Calvaire pour empourprer le monde entier, asperger toutes les âmes.
« Le Christ nous a rachetés non avec le sang des boucs et des taureaux, mais avec Son propre Sang », s’exclame Saint Paul dans l’épître. Réalité merveilleuse qui, si nous comprenions vraiment, serait plus que suffisante à faire de nous des saints authentiques.
Il nous fait avoir le « sens » du Sang du Christ, de ce Sang qu’Il a versé pour nous jusqu’à la dernière goutte et qui, par les Sacrements, particulièrement la confession, vient continuellement inonder nos âmes, les laver, les purifier, les enrichir des mérites infinis du Rédempteur. « Baignez-vous dans le Sang, noyez-vous dans le Sang, revêtez-vous du Sang du Christ », tel était le cri incessant de Catherine de Sienne.

frise calice Précieux Sang - vignette blogue

   2 – Dans l’office du jour, Saint paul nous invite chaleureusement à correspondre au don du Christ : « Jésus, pour sanctifier le peuple par Son Sang, a souffert en dehors des portes de Jérusalem. Sortons donc avec Lui… portant Son opprobre ».
Si nous voulons que le Sang du Christ porte en nous tous ses fruits, nous devons y joindre le nôtre.
Le Sien seul est préciux, si précieux qu’une seule goutte suffit à sauver le monde ; toutefois, Jésus veut, comme toujours, que nous y ajoutions notre petite part, notre contribution de souffrance, de sacrifice, « portant Son opprobre ».
Si nous sommes sincères, nous devrons bien reconnaître que nous fuyons de toutes nos forces les opprobres du Christ. Un manque d’égard, un léger tort, un petit mot blessant suffisent quelquefois pour nous faire frémir. Comment pouvons-nous dire que nous savons participer aux humiliations de Jésus ?
Voici que le divin Maître est traité comme un malfaiteur, traîné par la soldatesque, avec des railleries grossières, hors de la porte de Jérusalem et crucifié entre deux larrons.
Et nous ?
Quelle part prenons-nous à Sa Passion, comment partageons-nous Ses opprobres ?

   Pour notre rédemption, « Jésus a souffert le supplice de la croix, méprisant l’ignominie de ce supplice… Et vous, nous reproche Saint Paul, vous n’avez pas encore résisté jusqu’au sang dans votre lutte contre le péché » (Hebr. XII 2 et 4).
Pouvons-nous affirmer que nous lutterons « jusqu’au sang » pour vaincre nos défauts, notre orgueil, notre amour-propre ?
Oh ! comme nous sommes paresseux et lâches dans la lutte, indulgents et pleins de pitié pour nous-mêmes, surtout pour notre orgueil !

   Jésus, l’innocence même, a expié nos péchés jusqu’à la mort sanglante et ignominieuse. Nous, qui sommes coupables, loin d’expier nos fautes jusqu’au sang, nous ne savons même pas nous imposer le sacrifice de notre amour-propre.
Le sang qui jaillit du renoncement total et sincère de notre moi, de l’acceptation humble et généreuse de tout ce qui mortifie notre orgueil, le brise, le détruit, tel est le sang que Jésus nous demande pour l’unir au Sien.

   Le Sang très précieux de Jésus nous en donnera la force, « car l’âme qui s’enivre et se noie dans le Sang du Christ, se revêt de vertus réelles » (Catherine de Sienne). 

frise calice Précieux Sang - vignette blogue

Colloque :

   « O très-doux Jésus-amour, pour fortifier davantage mon âme et la tirer de la faiblesse dans laquelle elle était tombée, Vous l’avez environnée d’un mur, dont Vous avez pêtri le mortier avec Votre Sang, ce sang qui raffermit l’âme et l’unit à la douce volonté divine et à la charité de Dieu !
Et de même que le mortier, gâché avec l’eau, unit les pierres entre elles, ainsi, ô Dieu, Vous avez mis, entre Vous et la créature, le Sang de Votre Fils Unique, pétri avec la chaux vive du feu d’une très ardente charité, de manière qu’il n’y  ait pas de Sang sans feu, ni de feu sans Sang. Votre Sang fut répandu, ô Christ, par le feu de l’amour ! » (Catherine de Sienne).

   « Je Vous adore, ô Sang très précieux de jésus, fleur de la création, fruit de la virginité, instrument ineffable du Saint-Esprit ; et j’exulte à la pensée   qu’en provenant des gouttes du Sang virginal auquel Vous avez imprimé le mouvement de l’éternel amour, Vous avez été assumé par le Verbe et déifié en Sa Personne.
Je suis ému de tendresse intime en songeant que Vous êtes passé du Cœur de la Vierge dans le Cœur du Verbe et, animé du souffle de la Divinité, êtes devenu adorable parce que Sang d’un Dieu.
Je Vous adore, enfermé dans les veines de jésus, conservé dans Son Humanité comme la manne dans l’urne d’or, mémorial de la rédemption éternelle qu’Il a opérée aux jours de Sa vie mortelle.
Je Vous adore, Sang de l’éternel et nouveau Testament, coulant dans les veines de Jéus à Gethsémani, de Ses chairs flagellées au prétoire, des pieds et des mains transpercés, du côté ouvert au Golotha.
Je Vous adore dans les Sacrements, dans l’Eucharistie, où je sais que Vous êtres présent substantiellement…
Je mets e Vous ma confiance, ô Sang adorable, notre rachat, notre régénération. Tombez goutte à goute dans les cœurs dévoyés et ramollissez-en la dureté.
O Sang adorable de Jésus, lavez nos souillures, sauvez-nous de la colère de l’ange exterminateur. Fécondez l’Eglise, donnez-lui des thaumaturges et des apôtres, enrichissez-la d’âmes saintes, pures et radieuses de divine beauté » (Saint Albert le Grand).

Rd. Père Gabriel de Sainte Marie-Madeleine ocd, 
in « Intimité divine », vol. 2 pp.220-223.

crucifixion école lorraine XVIIe détail - blogue

Crucifixion de l’Ecole lorraine XVIIème siècle – détail.

2026-122. Récapitulatif de toutes les publications de ce blogue relatives au Très Précieux Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Juillet : mois dédié au Très Précieux Sang ;
1er juillet : fête du Très Précieux Sang ;
Vendredi de la 4ème semaine de Carême : commémoraison solennelle du Précieux Sang.

Dévotion au Très Précieux Sang

A – Prières en l’honneur du Précieux Sang :

- Litanies du Très Précieux Sang et supplique au Père Eternel > ici
- Sept offrandes du Précieux Sang au Père Eternel > ici
- Chemin de Croix du Très Précieux Sang > ici
-

B – Textes pour méditer ou approfondir la dévotion au Très Précieux Sang :

- Méditation pour la fête du Précieux Sang > ici
- Introduction à la dévotion au Précieux Sang par l’abbé Christian-Philippe Chanut > ici
- Conseils du Bienheureux Pie IX à des séminaristes > ici
- Mois de juillet : dévotion au Précieux Sang et prière pour la France apostate > ici
- Sermon de notre Bienheureux Père Saint Augustin pour la Vigile de Pâques, où il met en valeur la puissance du Sang rédempteur de l’Agneau de Dieu > ici

Précieux Sang

2026-121. De Saint Crescent, compagnon d’apostolat de Saint Paul et fondateur de l’Eglise de Vienne en Dauphiné.

27 juin,
Fête de Notre-Dame du Perpétuel Secours (cf. > ici & > ici) ;
Fête de Saint Crescent, évêque et martyr ;
4ème jour dans l’octave de Saint Jean-Baptiste ;
11ème jour du Jeûne des Apôtres (cf. > ici).

Saint Paul envoie des disciples en mission - blogue

Saint Paul envoie des disciples en mission,
parmi lesquels se trouve Saint Crescent, futur évêque de Vienne.

       « [...] Ceux qui font cette injure au pays des Gaules, de dire que ni les Apôtres, ni les premiers successeurs de Saint Pierre n’ont point pensé à sa conversion ; que Saint Paul n’y a point passé et n’y a point envoyé de ses disciples, et que, pendant que ces divins missionnaires se répandaient si heureusement par toute l’Asie et toute l’Afrique, un royaume aussi florissant et aussi proche de l’Italie et de Rome en était abandonné, sans qu’il eût aucune part au bonheur de la prédication de l’Evangile ; ceux-là, disons-nous, n’ont garde de reconnaître ce glorieux évêque de Vienne pour disciple des Apôtres, ni d’avouer qu’il soit ce Saint Crescent dont parle Saint Paul dans sa seconde épître à Timothée.
Nous avons néanmoins de puissants témoignages dans l’antiquité, qui nous assurent que Saint Paul est venu dans les Gaules en allant prêcher en Espagne, et qu’il y a envoyé Saint Crescent, son disciple, pour y répandre la semence de l’Evangile.

   Du voyage de Saint Paul en Espagne, il est aisé de conclure qu’il passa en France. Tous les Pères des premiers siècles qui ont eu l’occasion de parler de ce voyage en demeurent d’accord : tels sont, parmi les Grecs, Saint Athanase, Saint Cyrille de Jérusalem et Saint Chrysostome, et, parmi les Latins, Saint Jérôme, Saint Grégoire le Grand et Saint Isidore de Séville, dont on pourra voir les paroles rapportées par les interprètes sur le chap. XV de l’épître aux Romains ; et, pour ce qui est de la mission de Saint Crescent dans les Gaules, nous avons le témoignage de Saint Dorothée, de Saint Jérôme, d’Eusèbe de Césarée, un des plus anciens et des plus célèbres historiens de l’Eglise, au livre IV de son Histoire, chap. 4, selon le véritable texte grec et la version de Valois. Saint Epiphane qui, dans l’Hérésie 51, parlant de Saint Luc, dit qu’il prêcha dans la Dalmatie, dans l’Italie, dans la Macédoine, mais surtout dans les Gaules, assure aussi que Saint Paul y envoya quelques-uns de ses disciples, entre autres Saint Crescent. Théodoret ajoute que, lorsque cet Apôtre dit qu’il a envoyé Saint Crescent en Galatie, par ce mot de Galatie il entend les Gaules, que l’on appelait autrefois de ce nom. Enfin sans parler de Sophrone au livre des Historiens ecclésiastiques et de la Chronique d’Alexandrie, qui enseignent la même chose, Adon, archevêque de Vienne, qui devait être parfaitement informé de l’ancienne tradition de son Eglise, dit en termes exprès, dans son martyrologe, que Saint Crescent, disciple de Saint Paul, étant venu dans les Gaules, y convertit plusieurs infidèles à la foi de Jésus-Christ, qu’il tient quelques années son siège épiscopal à Vienne, et qu’ayant ordonné en sa place Saint Zacharie, il s’en retourna au pays des Galates (les Gaulois orientaux, comme les Gaulois étaient les Galates occidentaux), et employa le reste de sa vie à les fortifier dans la foi et la religion chrétienne.

Sanctus Crescentius - blogue

Sanctus Crescentius

   Cet homme apostolique fut un des assistants de l’apôtre Saint Paul ; il travailla longtemps avec lui à la conversion des infidèles et souffrit comme lui la fatigue des voyages, la pauvreté, la nudité, le froid, le chaud, les contradictions, les persécutions et tous les maux qui étaient inséparables de la prédication de l’Evangile ; après avoir été son disciple, il fut jugé digne d’être maître et de travailler de lui-même à ce grand ouvrage.
L’Apôtre le fit donc évêque de la Galatie, province d’Asie-Mineure, dont la capitale est Ancyre et qui est aussi appelée Gallo-Grèce, parce qu’elle était habitée par des colonies de Gaulois et de Grecs ; mais, comme le petit nombre des ouvriers évangéliques qu’il y avait en ce temps-là obligeait les évêques des principaux sièges, après avoir mis un bon règlement dans leurs Eglises, de porter la lumière de la foi dans des pays plus éloignés, Saint Paul ne fit point difficulté de tirer Saint Crescent de Galatie pour le faire prêcher en d’autres lieux, et surtout il l’envoya dans nos Gaules, qui étaient sans contredit le plus beau gouvernement de l’empire.
Ce saint missionnaire y fit en peu de temps de grands progrès, et, s’étant principalement arrêté à Vienne, en Dauphiné, ville très considérable, qui donnait des sénateurs à Rome et avait elle-même un illustre sénat, il y convertit assez d’infidèles pour y établir son siège épiscopal, que l’Eglise romaine a toujours extrêmement considéré. Le pape Paul Ier, écrivant à Charlemagne, lui dit que cette Eglise a eu pour fondateur et pour maître Saint Crescent, collègue des Apôtres.

   Après s’être acquitté de sa mission avec beaucoup de succès, il nomma Saint Zacharie pour évêque à sa place, commenous l’avons déjà rapporté d’Adon, l’un de ses successeurs, et, s’il faut en croire la tradition du diocèse de Mayence, vint prêcher dans les environs de cette ville.
Serrarius, dans son Histoire, présente comme authentique la fondation de l’Eglise de Mayence et de Cologne : il s’appuie sur le témoignage de Saint Rupert, qui assure que Saint Crescent a prêché dans ces deux villes. Il roduit des catalogues manuscrits très anciens, qui confirment cette tradition ; il cite l’autorité d’Adon, de Bède, d’Usuard, et de plusieurs autres écrivains. Dans la Vie de Saint Maxime, évêque de Mayence, il dit que « le corps de ce saint pontifie fut inhumé dans l’église de Saint-Hilaire, près du tombeau de Saint Crescent, premier évêque de cette ville, et qu’il y demeura cinq-cent cinquante-sept ans, jusqu’au temps d’Hildebert, l’an 935 de Jésus-Christ, époque à laquelle on en fit la translation » solennelle dans l’église de Saint-Albain, martyr. D’où l’on doit conclure que l’an 400 de jésus-Christ, les habitants de Mayence étaient généralement persuadés de la vérité de cette tradition, puisqu’ils possédaient son corps et son tombeau.

Saint Crescent apportant l'Evangile à Vienne - blogue

Saint Crescent apportant la lumière de l’Evangile à Vienne.

   Saint Crescent, dans ses courses évangéliques, a opéré des miracles extraordinaires. Les martyrologes attestent qu’il a été martyrisé sous l’empire de Trajan ; mais ils ne disent pas en quel lieu il a souffert pour la foi.
L’Eglise de Mayence, qui se dit en possession de ses reliques, affirme en même temps que ce saint martyr a été mis à mort par les païens dans cette ville. On y a érigé en son honneur une église remarquable par sa beauté.

   Toutefois, cela n’empêche pas de croire que cet Apôtre zélé, comme le rapportent certaines traditions, ne soit retourné, au moins durant quelque temps, des lieux de sa mission occidentale, dans la Gallo-Grèce ou la Galatie, située dans l’Asie-Mineure, et qu’il n’ait encore gouverné comme évêque cette Eglise orientale, qu’il avait fondée en partie avec Saint Paul. C’est pourquoi les Grec disent qu’il fut, durant un temps, évêque de Chalcédoine ou de Chalcis, en Chalcide.

  Il est marqué deux fois au Martyrologe romain, mais l’une et l’autre fois comme disciple de Saint Paul et comme premier évêque de Vienne ; savoir : ence jour, 27 juin, et le 29 décembre. Les autres martyrologes en parlent aussi et lui donnent tous cette qualité de disciple de l’Apôtre, ce qui confirme encore ce que nous avons dit de sa mission. Du Saussay en parle amplement, non-seulement en son martyrologe, mais aussi dans son traîté des Soixante-douze Disciples, et dans le livre Ier des Ecrivains mystiques des Gaules.

   Les Mayençais l’ont parfois représenté portant une église sur la main, pour marquer qu’il fut le fondateur de leur siège épiscopal. »

Acta Sanctorum.
Histoire des Soixante-Douze Disciples, par l’abbé Maistre.
In « Les Petits Bollandistes », par Mgr. Paul Guérin, tomeVII, pp. 387-389.

Saint Crescent

Saint Crescent, fondateur et premier évêque de l’Eglise de Vienne, martyr.

2026-118. Bénédiction contre les tempêtes, à laquelle on procède après la Messe, aux Amériques, au printemps et en été.

   Le formulaire qui suit ne se trouve pas dans le « Rituale romanum » traditionnel ( Benoît XIV & Pie XI ) mais provient des rituels propres aux diocèses d’Amérique du nord particulièrement exposés aux tornades, ouragans, tempêtes, orages violents et grêles dévastatrices : nous croyons qu’il peut également être utile de ce côté-ci de l’Atlantique.
Comme le titre l’indique, il s’agit d’une bénédiction à laquelle le prêtre procède après la célébration de la Messe, sans qu’elle soit associée à une procession.

A fulgure grandine et tempestate, libera nos Domine

 

Benedictio tempestatis

Tempore vernali, et aestivali post Missam :

V./ A fulgure, grandine et tempestate.
R./ Libera nos, Domine Jesu Christe.
V./ Ostende nobis, Domine, misericordiam tuam.
R./ Et saltare tuum da nobis.
V./ Domine exaudi orationem meam.
R./ Et clamor meus ad te veniat.
V./ Dominus vobiscum.
R./ Et cum spiritu tuo.

De la foudre, de la grêle et de la tempête.
Délivrez-nous, Seigneur Jésus-Christ.
Montrez-nous, Seigneur, Votre miséricorde.
Et donnez-nous votre salut.

Seigneur, exaucez ma prière.
Et que mon cri parvienne jusqu’à Vous.
Le Seigneur soit avec vous.
Et avec votre esprit.

Oremus :

   Quaesumus, omnipotens Deus, ut intercessione Sanctae Dei Genitricis Mariae, sanctorum Angelorum, Patriarcharum, Prophetarum, Apostolorum, Martyrum, Confessorum, Virginum, Viduarum, et omnium Sanctorum tuorum continuum nobis praestes subsidium : tranquillam auram permittas, atque contra fulgura, et tempestates desuper nobis indignis tuam salutem effundas de caelis, et generi humano semper aemulas, dextera potentiae tuae aereas conteras potestates. Per Dominum nostrum…
R./ Amen

   Nous Vous prions, Dieu tout puissant, pour que par l’intercession de Marie la Sainte Mère de Dieu, des saints Anges, des Patriarches, des Prophètes, des Apôtres, des Martyrs, des Confesseurs, des Vierges, des Veuves et de tous Vos Saints, Vous nous accordiez un secours continu : donnez-nous une atmosphère paisible, et d’en haut répandez Votre salut contre la foudre et les tempêtes, en notre faveur alors que nous en sommes indignes, et que Vous Vous montriez toujours zélé pour le genre humain, et que par la droite de Votre puissance Vous contraigniez les forces aériennes. Par Jésus-Christ Notre-Seigneur…
R./ Ainsi soit-il.

Oremus :

   Deus, qui omnium rerum tibi servientium naturam, per ipsos motus aeris ad cultum tuae Majestatis instituis, tranquillitatem nobis tuae misericordiae, remotis aeris terroribus permanere permittas, ut, cujus iram expavemus, clementiam sentiamus. Per eundem Christum Dominum nostrum.
R./ Amen.

   O Dieu, qui avez établi la nature de toutes choses qui sont à Votre service, par ces mouvements de l’air eux-mêmes, pour le culte de Votre majesté, par Votre miséricorde accordez-nous que soient domptées les terrifiants mouvements des airs, afin que nous puissions éprouver la clémence de ces éléments dont nous craignons la colère. Par ce même Jésus-Christ Notre-Seigneur.
R./ Ainsi soit-il.

V./ Sit nomen Domini benedictum.
R./ Ex hoc nunc et usque in saeculum.
V./ Adjutorium nostrum in nomine Domini.
R./ Qui fecit caelum et terram.

Benedictio Dei omnipotentis, Patris + et Filii et Spiritus Sancti, descendat super vos, locum istum et fructus terrae, et maneat semper.
R./ Amen.

Que le nom du Seigneur soit béni.
Dès maintenant et pour les siècles.
Notre secours est dans le nom du Seigneur.
Qui a fait le ciel et la terre.

Que la bénédiction de Dieu tout-puissant, Père, Fils et Saint-Esprit, descende sur vous, sur ce lieu et sur les fruits de la terre, et qu’elle demeure à jamais.
R./ Ainsi soit-il.

On trouvera aussi dans ce blogue des bénédictions extraites des œuvres de Saint Grégoire le Grand > ici
Ainsi que le formulaire du Rituel romain traditionnel associé à une procession > ici

Mains jointes en prière - blogue

226-117. Bénédictions de Saint Grégoire le Grand pour demander la pluie, demander le beau temps, et sanctifier les fruits nouveaux.

       Dans la continuité de ce que nous avons publié précédemment > ici, nous souhaitons porter à votre connaissance le texte de bénédictions que l’on trouve dans les œuvres de Saint Grégoire Ier le Grand (vers 540 – 604). En effet, au milieu de très nombreuses autres liées à des circonstances diverses de la vie ecclésiales, il s’en trouve deux qui ont rapport aux conditions météorologiques, et auxquelles font suite une bénédiction des fruits nouveaux.
Les fidèles qui demandent à Dieu d’être préservés des phénomènes climatiques extrêmes, pourront bien sûr, les reprendre ou s’en inspirer en cas de nécessité.

Source : Gregorius I - Benedictiones / editio: Migne 1849. 

Pedro Berruguete - Saint Grégoire le Grand - vers 1495

Pedro Berruguete (1450-1503) : Saint Grégoire le Grand (vers 1495)
[musée national d'art de Catalogne, Barcelone].

Benedictio ad pluviam postulandam :

   Inclina, quaesumus Domine, aures pietatis tuae ad populi tui preces, et faciem totius terrae largis imbribus irrigare dignare.
Amen.
Tribue auras salubres, atque aegris restitue pristinam sanitatem, ut animae quae promissiones tuas sitiunt de tua semper charitate abundantius repleantur.
Amen.
Da nobis, quaesumus, pluviam salutarem, et aridam faciem terrae fluentis coelestibus dignanter infunde.
Amen.

Quod ipse praestare dignetur, cujus regnum et imperium sine fine permanet in saecula saeculorum.
Amen.

Benedictio Dei Patris, qui est trinus in personis, unus quoque in essentia deitatis repleat.

Bénédiction pour demander la pluie :

    Nous Vous en supplions, Seigneur, inclinez l’oreille de Votre piété vers les prières de Votre peuple et daignez irriguer la surface de toute la terre de pluies abondantes.
Ainsi soit-il.
Accordez-nous des brises bienfaisantes, et rendez aux malades leur santé d’antan, afin que les âmes assoiffées de Vos promesses soient toujours davantage remplies de Votre charité.
Ainsi soit-il.
Accordez-nous, nous Vous en supplions, une pluie salutaire, et répandez dignement les eaux du ciel sur la surface aride de la terre.
Ansi soit-il.

   Qu’il daigne Lui-même nous l’accorder, Lui dont le règne et l’empire durent à jamais.
Ainsi soit-il.

Que la bénédiction de Dieu [notre] Père, qui est trine en ce qui concerne les Personnes, mais Un dans l’essence de la Divinité, [nous] comble.

Prière pour demander la pluie

Benedictio ad serenitatem postulandam :

   Magnificentiam tuam, Domine, suppliciter imploramus, ut qui imminentibus pluviarum periculis populum tuum terruisti potenter, eumdem sub tui oris benedictione prostratum consolari jubeas, serenitate concessa temporum.
Amen.
Ut humanarum rerum prosperitate percepta, terrenis consolationibus gratulemur.
Amen.
Neque gaudia quaerere cessemus superna, sed et quidquid laetitiae temporalis fasce impeditur, eruditione potius sempiterna pellatur.
Amen.

   Quod ipse praestare dignetur, cujus regnum et imperium sine fine permanet in saecula saeculorum.
Amen.

Benedictio Dei Patris, qui est trinus in personis, unus quoque in essentia deitatis repleat.

Bénédiction pour demander du beau temps :

   Seigneur, nous implorons humblement Votre magnificence, Vous qui avez puissamment effrayé Votre peuple par les imminents dangers des pluies : ce même peuple accablé sous la bénédiction de Votre bouche, daignez le consoler en lui accordant la sérénité des temps.
Ainsi soit-il.
Afin qu’ayant reçu la prospérité des affaires humaines, nous poussions nous réjouir des consolations terrestres.
Ainsi soit-il.
Que nous ne cessions pas de rechercher les joies célestes, mais que tout ce qui est entravé par le fardeau des joies temporelles soit plutôt dissipé par la sagesse éternelle.
Ainsi soit-il.

   Qu’il daigne Lui-même nous l’accorder, Lui dont le règne et l’empire durent à jamais.
Ainsi soit-il.

Que la bénédiction de Dieu [notre] Père, qui est trine en ce qui concerne les Personnes, mais Un dans l’essence de la Divinité, [nous] comble.

Prière pour demander le beau temps

Benedictio novi fructus cum sacrat :

   Tibi, piissime Deus, supplices fundimus preces, ut familiam tuam sub potentia dexterae tuae prostratam benedicendo sanctifices.
Amen.
Fidem in eis, pacem et humilitatem impertiendo multiplica, ut clementiae tuae dono custodientes quae praecipis, mereantur obtinere quae promittis.
Amen.
Ac per illustrationem unici Filii tui Domini nostri Jesu Christi, et Spiritus Sancti benedictionem sanctifica, ut, depulsis atque abjectis vetusti hostis insidiis, salubriter ex hujus diei anniversaria solemnitate de universis terrae edendis germinibus primitias tibi offerentes sumant, atque in tuo sancto nomine cuncta deinceps edant.
Amen. 

   Quod ipse praestare dignetur, cujus regnum et imperium sine fine permanet in saecula saeculorum.
Amen.

Benedictio Dei Patris, qui est trinus in personis, unus quoque in essentia deitatis repleat.

Bénédiction pour sanctifier les fruits nouveaux :

   A Vous, Dieu très pieux, nous offrons nos prières suppliantes, afin que Vous sanctifiez Votre famille, prosternée sous la puissance de Votre droite, en la bénissant.
Ainsi soit-il.
Accroissez en eux la foi en leur communiquant la paix et l’humilité, afin que par le don de Votre clémence en gardant ce que Vous avez prescrit, ils méritent d’obtenir ce que Vous avez promis.
Ainsi soit-il.
Et par la lumière de Votre Fils unique, Notre-Seigneur Jésus-Christ, et la bénédiction du Saint-Esprit, sanctifiez, afin que, ayant chassé et écarté les pièges de l’ancien ennemi, ils reçoivent sainement, en ce jour solennel, les prémices de tous les fruits de la terre, Vous les offrant, et qu’ils puissent désormais manger toutes choses en Votre saint nom.
Ainsi soit-il.

   Qu’il daigne Lui-même nous l’accorder, Lui dont le règne et l’empire durent à jamais.
Ainsi soit-il.
Que la bénédiction de Dieu [notre] Père, qui est trine en ce qui concerne les Personnes, mais Un dans l’essence de la Divinité, [nous] comble.

Bénédiction des fruits de la terre

2026-115. Prières et procession pour repousser la tempête (rituel romain traditionnel).

Bourgogne - procession de Saint Vincent dans la neige

En Bourgogne, une procession de confrérie de vignerons dans la neige,
en portant la statue de Saint Vincent (patron des vignerons, fêté le 22 janvier).

       De tout temps, les aléas climatiques ont été une préoccupation et une inquiétude pour les hommes, puisque de certains phénomènes météorologiques violents peuvent dépendre – en partie ou en totalité – la destruction des cultures vivrières, voire même de nos habitats et autres biens.
De là encore peuvent découler de graves bouleversements sociétaux ou familiaux, l’éclosion ou la propagation d’épidémies, et toutes sortes de malheurs.

   Afin d’être préservés de ces fléaux, depuis la plus haute antiquité, la Sainte Eglise a prévu et institué des prières particulières. Ainsi, avons-nous vu (cf. > ici) dans quel contexte et de quelle manière Saint Mamert de Vienne institua les Rogations (cf. > ici), mais il ne faut pas oublier que le Rituel traditionnel, en sus des quatre processions de Rogations mentionnées par le Missel, contient lui aussi des prières et processions pour demander le secours et la protections divins à l’occasion d’occurrences météorologiques néfastes (procession pour demander le beau temps, procession pour demander la pluie, procession pour éloigner la tempête, procession en temps de disette et de famine, procession pour un temps de mortalité et d’épidémie, procession en temps de guerre, et même enfin procession pour n’importe quelle nécessité).

   On ne peut que déplorer le fait que beaucoup d’évêques et de prêtres méconnaissent ces dispositions du Rituel et – hélas ! – qu’ils n’y recourent pas davantage.

   Au Mesnil-Marie, où nous sommes nous-mêmes exposés de manière récurrente à la violence des épisodes cévenols, ainsi que – au printemps et en été – aux dévastations des orages et spécialement de la grêle, nous avons pris l’habitude d’utiliser ces prières multiséculaires, dont, à de nombreuses reprises, nous avons pu constater l’ « efficacité ». Voilà pourquoi nous reproduisons ci-dessous à l’intention de nos amis les textes du Rituel traditionnel (Titulus IX, caput VIII) avec leur traduction, afin qu’ils n’hésitent pas, eux aussi, à en faire usage lorsque des phénomènes climatiques violents se déchaînent là où ils se trouvent.

Nota bene : Tous les fidèles peuvent utiliser les prières du Rituel à titre de prières dévotionnelles privées, sans qu’il s’agisse d’usurper les fonctions sacerdotales (ainsi par exemple, s’ils font usage des répons, ils s’abstiendront de dire « Dominus vobiscum / Et cum spiritu tuo »), et peuvent également se servir d’eau bénite pour protéger leurs biens et leurs maisons.

Preces ad repellendam tempestatem 1

   On sonne les cloches et tous ceux qui peuvent venir étant rassemblés dans l’église, on récite les litanies des Saints, dans lesquelles on dit deux fois l’invocation : « De la foudre et de la tempête, délivrez-nous, Seigneur ! » A la fin on dit « Notre Père » et la suite en silence jusqu’à V./ Et ne nous laissez pas succomber à la tentation, R./ Mais délivrez-nous du mal.
   On psalmodie ensuite le Psaume 147, puis on alterne les répons : V./ Notre secours est dans le Nom du Seigneur, R./ Qui a fait le ciel et la terre
; V./ Montrez-nous, Seigneur, Votre miséricorde, R./ Et donnez-nous Votre salut ; V./ Venez à notre aide, ô Dieu, notre salut ; R./ Et à cause de la gloire de Votre Nom, Seigneur, délivrez-nous !

Preces ad repellendam tempestatem 2

V./ Que l’ennemi ne triomphe en rien sur nous, R./ Et que le fils d’iniquité ne cherche pas à nous nuire ; V./ Que Votre miséricorde, Seigneur, soit sur nous, R./ Selon que nous avons placé en Vous notre espérance ; V./ Sauvez Votre peuple, Seigneur, R./ Et bénissez Votre héritage ; V./ Vous ne priverez pas de biens ceux qui marchent dans l’innocence, R./ Seigneur, Dieu des Vertus : bienheureux l’homme qui place en Vous son espérance ; V./ Seigneur, exaucez ma prière, R./ Et que mon cri parvienne jusqu’à Vous ; [V./ Le Seigneur soit avec vous, R./ Et avec votre esprit].

Prions :

   O Dieu, qui êtes offensé par la faute, mais êtes apaisé par la pénitence : regardez favorablement les prières de Votre peuple qui Vous supplie, et détournez les fléaux de Votre colère que nous avons mérités en raison de nos péchés.

   Nous Vous en prions, Seigneur, que les maux spirituels soient repoussés de Votre maison : et que s’éloigne la malignité des tempêtes aériennes.

   Dieu éternel et tout-puissant, épargnez ceux qui craignent, montrez-Vous propice envers ceux qui Vous supplient : afin qu’après les feux nocifs des nuages, et la violence des orages, la menace des tempêtes soit changée en miséricorde de louanges.

   Seigneur Jésus, qui avez commandé aux vents et à la mer et il se fit une grande tranquillité : exaucez les prières de Votre famille, et accordez-nous que, par ce signe de la sainte + Croix s’éloigne la cruauté des tempêtes.

   Dieu éternel et tout puissant, qui nous guérissez en nous châtiant, et nous préservez en nous pardonnant, accordez à nous qui Vous supplions de nous réjouir de la tranquillité de cette consolation que nous avons désirée, et de toujours bénéficier du don de Votre compassion. Par Jésus-Christ Notre-Seigneur.

Ainsi soit-il !

On asperge d’eau bénite.

On trouvera aussi dans ce blogue des bénédictions extraites des œuvres de Saint Grégoire le Grand > ici
Ainsi qu’un formulaire (sans procession) à utiliser à la fin de la Messe > ici

nika

2026-110. De la communion spirituelle.

Mercredi dans l’octave du Saint-Sacrement.

Image souvenir de communion - blogue

       La communion spirituelle, appelée aussi parfois « communion de désir », est probablement du nombre des plus puissants et aussi des plus faciles parmi les moyens de sanctification à notre portée – tous les jours et à chaque instant du jour -, mais il est peut-être aussi l’un des plus ignorés, spécialement à notre époque.
Déjà au XVIIIème siècle Saint Léonard de Port-Maurice s’exclamait avec tristesse :

   « O salutaire communion spirituelle ! Trésor caché et connu de bien peu de chrétiens… Autant vous êtes précieuse, autant vous êtes peu connue, et surtout peu pratiquée des chrétiens de nos jours ! »

   Depuis des siècles, les grands spirituels, de très nombreux saints, des docteurs de l’Eglise, des pontifes – jusqu’au Vénérable pape Pie XII -, et même le concile de Trente ont enseigné et recommandé sa pratique : on ne peut donc qu’être frappé par l’ignorance de tant de fidèles à son sujet et, en conséquence, par cette négligence d’une pratique de dévotion si fructueuse, qui peut être accomplie par tous, tandis que la communion sacramentelle exige des dispositions de corps et d’âme qui rendent parfois nécessaire que l’on s’en abstienne.

Figure eucharistique - vignette - blogue

I – Qu’est-ce que la communion spirituelle ?

   On appelle communion spirituelle un acte intérieur d’union à Notre-Seigneur Jésus-Christ réellement et substantiellement présent dans la Sainte Eucharistie, réalisée non par la réception du sacrement, mais par le désir de cette réception :

   « Elle consiste dans un ardent désir de se nourrir du Pain céleste, avec une foi vive qui agit par la charité et qui nous rend participants des fruits et des grâces du Sacrement » (concile de Trente, session XIII, ch. 8).

II- Quels éléments comporte la communion spirituelle ?

   Elle est constituée essentiellement par un désir.
Avec sa précision coutumière, Saint Thomas d’Aquin affirme que l’effet du sacrement peut être réalisé dans l’âme, même si l’on reçoit la Sainte Eucharistie seulement en désir, comme c’est le cas dans la communion spirituelle.
C’est aussi ce qu’enseigne Saint François de Sales :

   « Quand vous ne pourrez pas avoir ce bien de communier réellement à la Sainte Messe, communiez au moins de cœur et d’esprit, vous unissant par un ardent désir à cette chair vivifiante du Sauveur » (Introduction à la vie dévote, chap. 21).

   C’est un désir explicite du sacrement, inspiré par la charité.
La communion spirituelle requiert l’état de grâce. Nous verrons les conséquences de cette condition pour les effets de la communion spirituelle.
Quant aux dispositions qu’implique cette foi vive, cette charité, dont parle le concile de Trente, ce sont celles qui sont indiquées ci-dessous et dont les formules remplissent les livres de piété sous la rubrique : « actes avant et après la sainte communion ».

Image souvenir de communion - blogue

III- La valeur de la communion spirituelle repose sur deux principes :

   -III a. Premier principe : la foi en la présence de Notre-Seigneur Jésus- Christ dans le Saint-Sacrement de l’Eucharistie comme source de vie, d’amour et d’unité.
On ne peut bien comprendre le désir de la Sainte Eucharistie, si on n’accepte pas le principe de sa valeur sanctifiante : c’est parce que l’on croit à la Présence réelle et vivifiante du Christ dans l’Eucharistie, qu’on désire recevoir le sacrement. C’est parce que l’on croit au caractère spécial de ce sacrement, qui est d’augmenter la vie de la grâce, d’intensifier la charité, de fortifier l’unité qui nous lie au Corps Mystique, que l’on désire cette union au Christ. C’est parce que l’Eucharistie, selon la promesse de Notre-Seigneur, est le Pain de l’âme, un aliment de vie, une nourriture spirituelle, que l’on veut effectivement s’en nourrir.
Les textes de la liturgie catholique nous rappellent à tout moment – très particulièrement dans les oraisons « secrète » et « postcommunion » des Messes – et déclinent ce caractère propre du sacrement.

   -III b. Deuxième principe : l’efficacité du désir peut suppléer l’acte sacramentel.
C’est un principe admis par les théologiens qu’en beaucoup de cas le désir supplée l’acte, quand celui-ci ne peut être accompli en lui-même. Par le désir, la communion est en quelque sorte accomplie ; sans doute elle ne l’est pas matériellement mais le désir atteint la réalité sans passer par le signe sacramentel.
Ainsi, l’âme qui tend ardemment à s’unir à la vie du Christ-Sauveur dans la Sainte Eucharistie la trouve, par Sa grâce, car Notre-Seigneur ne saurait manquer à ceux qui Le cherchent.

Figure eucharistique - vignette - blogue

IV- Quels sont les effets de la communion spirituelle ?

   Les effets produits par la communion spirituelle sont semblables à ceux de la communion eucharistique : augmentation de la grâce sanctifiante, grâces d’amour, de vie, de pureté, d’unité.

   On rapporte de Sainte Angèle de Mérici que lorsqu’on ne lui permettait pas la réception de la sainte communion (en un temps où la communion quotidienne était très exceptionnelle), elle y suppléait par de fréquentes communions spirituelles dans le cours de la Sainte Messe, et elle se sentait parfois inondée de grâces semblables à celles qu’elle aurait reçues si elle avait communié sous les espèces sacramentelles.

   Ces effets peuvent parfois être supérieurs à ceux produits par la communion sacramentelle, si les dispositions de l’âme sont très pures et très ferventes : 

   « Il peut arriver que vous fassiez cette communion spirituelle avec une telle ferveur, que vous méritiez au moins autant de grâces qu’on en obtient par la communion sacramentelle », écrit le Vénérable Louis Dupont s.j.

Image souvenir de communion - blogue

V- Comment la communion spirituelle doit-elle être pratiquée ?

   Les actes de la communion spirituelle sont du même ordre que ceux qui précèdent, accompagnent et suivent la communion sacramentelle. Ils sont bien décrits dans ce texte :

   « Toute personne pieuse doit d’abord concevoir un sincère repentir de ses péchés et purifier par cette douleur le tabernacle de son cœur, où elle désire recevoir et faire reposer le divin Sauveur.
Ensuite elle fera un acte de foi vive sur la Présence réelle de Jésus-Christ dans cet auguste Mystère.
Puis elle considérera la grandeur et la majesté de ce Dieu caché sous le voile des Saintes Espèces : qu’elle réfléchisse à l’amour immense, à la grande bonté avec lesquels Il désire S’unir à nous ; qu’elle jette aussi ses regards sur sa faiblesse et sa propre misère.

   Après ces considérations elle doit faire des actes d’humilité et de désir : d’humilité, à la vue de sa propre indignité ; de désir, à cause de l’amabilité infinie de Dieu.

   Enfin, puisqu’il ne lui est pas donné de s’unir à son bon Sauveur par la réception réelle de l’Eucharistie, qu’elle s’en approche en esprit et s’unisse à Lui par le doux lien d’un amour paisible et tranquille.

   Elle terminera la communion spirituelle en remerciant et en louant le Seigneur ; car, quoique Jésus-Christ ne soit pas descendu sacramentellement dans son cœur, il était cependant bien disposé à cette union d’amour et la désirait avec toute l’ardeur de la charité. Elle Lui demandera donc les grâces dont elle se reconnait indigne, et s’appliquera sérieusement à produire les actes qu’elle a coutume de faire après la réception de cette nourriture divine » (Jean-Baptiste Scaramelli s.j. , « Méthode de direction spirituelle »).

Figure eucharistique - vignette - blogue

Prière de Saint Alphonse-Marie de Ligori

pour la communion spirituelle :

   Mon Jésus,
je crois à Votre Présence
dans le Très Saint Sacrement.
Je Vous aime plus que toute chose
et je desire que Vous veniez dans mon âme.

   Je ne puis maintenant Vous recevoir sacramentellement dans mon coeur :
venez-y au moins spirituellement.

   Je Vous embrasse comme si Vous étiez déjà venu,
et je m’unis à Vous tout entier.

   Ne permettez pas que j’aie jamais
le malheur de me séparer de Vous.

Ainsi soit-il !

gravure de missel - fête-Dieu

2026-108. Méditation proposée pour la fête du Très-Saint-Sacrement.

Jeudi après le dimanche de la Sainte Trinité :
Fête du Très-Saint-Sacrement.

Adoration du Très Saint Sacrement

Présence de Dieu :

« O Pain Vivant, qui caches mon Trésor,
prosterné devant Toi, je T’adore ! »
                                      (Saint Jean de la Croix – poésies).

Méditation :

       1 – D’étape en étape, nous sommes montés, au cours de l’année liturgique, de la considération des mystères de la vie de Jésus, jusqu’à la contemplation de la Très Sainte Trinité, dont nous avons célébré la fête dimanche dernier. Jésus, notre Médiateur, notre vie, nous a pris par la main et nous a conduits vers la Trinité ; et, aujourd’hui, il semble que la Trinité Elle-même veuille nous ramener à Jésus, considéré dans Son Eucharistie.
« Nul ne vient au Père que par Moi » (Jean XIV, 6), a déclaré Jésus, et Il a ajouté : « Nul ne peut venir à Moi si Mon Père [...] ne l’attire » (Jean VI, 4).
Tel est l’itinéraire de l’âme chrétienne : de Jésus au Père, à la Trinité ; de la Trinité, du Père, à Jésus. Jésus nous porte au Père, le Père nous attire vers Jésus.
Le chrétien ne peut absolument se passer du Christ ; Il est, au sens le plus strict du mot, notre Pontife, Celui qui fait le pont entre Dieu et nous.
A la fin du cycle liturgique, dans lequel nous commémorons les mystères du Sauveur, l’Eglise, en bonne Mère, sachant que notre vie spirituelle ne peut subsister sans Jésus, nous conduit vers Celui qui vit véritablement dans le Très-Saint-Sacrement de l’autel. La solennité du « Corpus Domini » n’est pas le simple souvenir d’un fait historique qui se pasa il y a environ deux mille ans, au soir de la dernière Cène ; c’est la fête d’un fait actuel, d’une réalité toujours présente, toujours vivante au milieu de nous, grâce à laquelle nous pouvons dire que Jésus ne nous a pas « laissés orphelins », mais qu’Il a voulu S’établir auprès de nous, dans l’intégrité de Sa Personne, avec toute Son Humanité, toute Sa Divinité.
« Il n’est point – et il n’y eut jamais – d’autre nation si grande, chante avec enthousiasme l’Office du jour, qui ait des dieux proches d’elle, comme notre Dieu nous est présent » (Bréviaire).
Dans l’Eucharistie, Jésus est vraiment l’Emmanuel, le Dieu avec nous.

Philippe de Champaigne - la petite Cène - Louvre

Philippe de Champaigne (1602-1674) : la Cène, dite « la petite Cène » (1652)
[Musée du Louvre, Paris].

       2 – L’Eucharisite n’est pas seulement Jésus vivant véritablement parmi nous, mais Jésus en tant qu’Il S’est fait notre nourriture. Tel est l’aspect principal sous lequel la liturgie du jour nous présente ce mystère ; on peut dire qu’il n’est aucune partie de la Messe qui ne s’y rapporte directement ou, tout au moins n’y fasse allusion.
L’introït s’y réfère en mentionnant le froment et le miel dont Dieu nourrit jadis les Hébreux au désert, – aliments miraculeux, et cependant très pauvres images du « Pain vivant et vivifiant » (séquence) de l’Eucharistie.
L’épître en parle, en rappelant l’institution du Sacrement, lorsque Jésus « prit du pain et, rendant grâces à Dieu, le rompit et dit : ‘Prenez et mangez : ceci et Mon Corps’ » ; le graduel le chante : « Les yeux de tous les êtres attendent tournés vers Vous, Seigneur, et Vous leur donnez la nourriture en temps opportun ».
La très belle séquence du Lauda Sion le célèbre longuement, tandis que l’Evangile, faisant écho à l’Alléluia, cite le passage le plus significatif du discours dans lequel Jésus Lui-même annonça l’Eucharitie : « Ma Chair est vraiment une nourriture, et Mon Sang vraiment un breuvage ».
Reprenant une phrase de l’épître, la Communion nous rappelle ensuite le devoir de recevoir dignement le Corps du Seigneur.
La Postcommunion, enfin, nous dit que la communion eucharistique est le gage de l’éternelle communion du Ciel.

   Mais pour mieux comprendre la valeur immense de l’Eucharistie, il faut se rapporter aux paroles mêmes de Jésus, rappelées très opportunément dans l’Evangile du jour : « Celui qui mange Ma Chair et boit Mon Sang, vit en Moi et Moi en lui ».
Jésus S’est fait notre nourriture pour nous assimiler à Lui, nous faire vivre de Sa vie, nous faire vivre en Lui, comme Lui-même vit en Son Père.
L’Eucharistie est vraiment le sacrement de l’union, en même temps que la preuve la plus claire et la plus covaincante que Dieu nous aime et nous appelle à l’union intime avec Lui.  

 Luca Giordano - la communion des Apôtres - Bilbao

Luca Giordano (1634-1705) : la communion des Apôtres (vers 1700)
[Musée d'art sacré de Bilbao].

Colloque :

       « O Dieu, ô Créateur, ô Esprit de vie qui comblez Vos créatures de grâces, Vous accordez à Vos élus le don qui toujours se renouvelle : le Corps et le Sang de Jésus-Christ !
O Jésus, Vous avez institué ce Sacrement, non par crainte, ni dans le désir d’en retirer quelque avantage, mais uniquement sous la motion d’un amour qui n’a pas d’autre mesure que d’être sans mesure. Vous avez institué ce Sacrement, parce que Votre amour surpasse toute expression.
Brûlant d’amour pour nous, Vous avez voulu Vous donner à nous et avez pris place dans l’Hostie consacrée, tout entier et pour toujours, jusqu’à la consommation des siècles.
Vous l’avez fait, non seulement pour nous rappeler le souvenir de Votre mort qui est notre salut, mais encore pour demeurer avec nous tout entier et à jamais.

   « O mon âme, si tu veux pénétrer dans la profondeur de ce mystère, il faut que l’amour éclaire ton regard pour que tu discernes et comprennes ! Considère la dernière Cène : vois Jésus-Christ, conscient  d’avoir à Se séparer bientêt de Son Humanité, et voulant pourtant S’unir à nous à jamais ; contemple l’amour par lequel Il institua le Sacrement qui Lui permet de S’unir corporellement et pour toujours à l’humanité.
O amour inextinguible ! O amour du Christ, ô amour du genre humain ! Quel véritable foyer d’amour ! O Jésus, Vous aviez déjà sous les yeux la mort qui Vous attendait, les douleurs et les tourments atroces de la Passion Vous déchiraient le Cœur, et néanmoins Vous voulûtes Vous offrir à Vos bourreux et faireen  sorte que, grâce à ce Sacrement, ils puissent Vous posséder toujours commedon d’éternité, ô Vous, dont les délices sont d’être avec les enfants des hommes !

   « O mon âme, comment ne te plongerais-tu pas toujours davantage dans l’amour du Christ sur qui l’oubli n’eut prise ni dans la vie ni dans la mort, mais qui a voulu Se donner tout entier à nous et nous unir à jamais à Lui ? » (Sainte Angèle de Foligno).

Père Gabriel de Sainte Marie-Madeleine, ocd,
In « Intimité divine », tome II pp. 3-6.

Première Communion de Saint Louis de Gonzague - Pietro Sindico 1939

Pietro Sindico (1818-1893) : Première communion de Saint Louis de Gonzague
de la main de Saint Charles Borromée (1839)
[Palazzo Sordello Mantoue].

2026-107. Historique de l’Institution de la fête du Très-Saint-Sacrement.

Mercredi après le dimanche de la Sainte Trinité.
Veille de la fête du Très-Saint-Sacrement.

       A la veille de la fête du Très-Saint-Sacrement, il n’est pas inutile d’y préparer nos intelligences en se replongeant dans l’historique de son institution, d’autant que cette histoire est riche d’éléments aptes à nourrir nos cœurs et nos âmes d’éléments spirituels forts qui nous stimuleront à célébrer cette fête avec toujours plus de ferveur et d’amour.

   Voici donc le récapitulatif des textes que nous avons publiés à ce sujet, avec les liens pour les atteindre :

Pierre-Paul Rubens - les défenseurs de l'Eucharistie

Pierre-Paul Rubens (1577-1640) : les défenseurs de l’Eucharistie (1625)
[Musée du Prado, Madrid].

1 – Sainte Julienne du Mont-Cornillon : sa vie et sa mission pour toute l’Eglise > ici.

2 – La première célébration de la Fête-Dieu, à Liège, en 1246 > ici

3 – Le miracle eucharistique de Bolsena, en décembre 1263 > ici

4 – L’institution de la Fête-Dieu pour l’Eglise universelle, en 1264 > ici

4 – Le texte de la Bulle « Transiturus » (1264) du pape Urbain IV : un texte magnifique à méditer > ici

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gravure de missel - fête-Dieu

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