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2020-63. Pèlerinage annuel de la Confrérie Royale au Puy-en-Velay (21-23 mai 2020) : par la force des choses, une formule différente !

Nous reproduisons ici à l’intention des amis du Refuge Notre-Dame de Compassion, qui sont aussi pour beaucoup des amis de la Légitimité et de la Confrérie Royale, le courriel envoyé aujourd’hui par le Prieur de cette dernière pour ce qui concerne le pèlerinage annuel au Puy-en-Velay que les circonstances rendent physiquement impossible à la date prévue, mais qui aura cependant bien lieu d’une manière spirituelle

Nous vous invitons instamment à faire connaître ce « pèlerinage à distance » autour de vous, et vous engageons à être très nombreux à y prendre part.

frise lys

Mercredi 6 mai 2020,

Chers membres et amis de la Confrérie Royale,                      

Ainsi que je vous l’annonçais dans ma lettre du mardi de Pâques (cf. ici), notre pèlerinage annuel au Puy, qui commence habituellement le jeudi de l’Ascension en fin d’après-midi et se déroule sur la journée du vendredi et la matinée du samedi, ne peut avoir lieu, en raison des dispositions imposées aux fidèles par la bêtise d’un gouvernement impie et la lâcheté d’un épiscopat sans virilité (dispositions contraires à la justice, contraires aux droits des fidèles, et – par dessus tout – contraires aux droits de Dieu Notre-Seigneur et à l’honneur qui Lui est dû).
Du moins ne peut-il pas avoir lieu dans les formes souhaitées et prévues, mais nous le maintenons d’une manière spirituelle par le moyen d’internet.

mains jointes - prière

- Concrètement, cela signifie qu’il n’y aura pas de rassemblement « physique » dans la chère cité du Puy-en-Velay (donc pas de frais de voyage, pas de frais d’hébergement et de restauration !!!), et cependant une forme de rassemblement spirituel, aux mêmes dates, à des moments particuliers de la journée, afin de prier ensemble pour le Roi et la France (c’est le but premier de ce pèlerinage), en nous « transportant » par la pensée et la prière, dans ce sanctuaire qui est le lieu de la première apparition mariale connue sur le territoire qui deviendra la France, et qui fut toujours si cher à la piété de nos Rois.

- Concrètement aussi, cela signifie aussi qu’il y a des inscriptions et que les « pèlerins de la Confrérie Royale au Puy-en-Velay » de ce mois de mai 2020, par le fait même de leur inscription, s’engagent à se rendre disponibles aux moments prévus dans le programme du pèlerinage pour prier en s’unissant aux autres pèlerins inscrits, et qu’ils offrent leurs prières, mais aussi quelques sacrifices ou pénitences volontaires (laissés à la discrétion et générosité de chacun, mais en ayant conscience qu’il ne saurait y avoir de vrai pèlerinage sans pénitence) à l’intention de notre Souverain légitime, ainsi que pour la conversion des cœurs et des intelligences des Français.     

- Concrètement encore, il n’y aura pas de diffusion de cérémonie ou de conférence par internet, nous n’avons pas les moyens ni les capacités pour mettre cela en place, en revanche rien n’empêche que certains participants à ce pèlerinage spirituel, qui se trouvent géographiquement proches, se rassemblent pour l’un ou plusieurs de ces moments de prière en commun programmés.    

- A tous ceux qui seront inscrits, sera envoyé – le mercredi 20 mai – par internet un dossier comprenant le programme détaillé des temps de prière, mais aussi quelques photos du Puy facilitant le « déplacement virtuel » aux pieds de la Vierge Noire devant laquelle se sont agenouillés papes, rois et saints, ainsi que des textes à lire et approfondir, tenant lieu des conférences qui eussent dû avoir lieu au Puy.

Notre-Dame du Puy - Vierge Noire - 12 mai 2018

- Voici un premier aperçu du programme de ce pèlerinage un peu particulier :                

1) Jeudi soir 21 mai - Fête de l’Ascension de Notre-Seigneur :

- à 20 h 30 : « Veni Creator » avec son oraison ; lecture du texte d’introduction au pèlerinage et récitation d’une dizaine de chapelet.

Ad libitum : ceux qui le peuvent, sont invités à faire ce soir-là une heure sainte pour la France, chez eux (devant une belle image ou une statue du Sacré-Cœur s’ils en ont une) ou – si cela est possible – dans une église ou une chapelle devant le Saint Tabernacle.                 

2) Vendredi 22 mai :

- Après la prière du matin : lecture du texte de la première conférence.

- A 11 h, en union avec la Sainte Messe à laquelle se trouveront les fondateurs de la Confrérie Royale : récitation du chapelet.

- A 15 h : Chemin de Croix pour la France (si possible dans une église ou une chapelle, sinon chez soi).

- A 18 h : lecture du texte de la deuxième conférence.

- A 20 h 30 : lecture de la 3ème conférence ; litanies de la Sainte Vierge.

3) Samedi 23 mai :

- Après la prière du matin : lecture de la quatrième conférence.

- A 11 h, en union avec la Sainte Messe à laquelle se trouveront les fondateurs de la Confrérie Royale : récitation du chapelet.

- Selon les possibilités de chacun, nous vous encourageons, dans l’après-midi de ce samedi, à accomplir un petit pèlerinage en vous rendant dans un sanctuaire proche de chez vous (lieu de pèlerinage régional, ou simplement à défaut église ou chapelle de votre village ou de votre quartier si elle est ouverte), pour y prier pour le Roi et la France, en faisant le déplacement à pied, même si ce n’est que sur quelques centaines de mètres.
Aux membres de la Confrérie Royale, je demande qu’à ce moment-là ils renouvellent chacun avec ferveur leur engagement ou leur vœu de consécration à la Couronne de France.

prière à Notre-Dame

Inscriptions (elles sont ouvertes dès maintenant et jusqu’au 19 mai, date butoir) ou demandes de renseignements complémentaires : pelerinage.confrerie@gmail.com              

Enfin, il faut préciser que ce pèlerinage n’est pas réservé aux seuls membres de la Confrérie, mais qu’il est ouvert à toutes les âmes de bonne volonté, qui veulent prier pour le Roi et la France.

Soyons plus que jamais unis et généreux,
pour Dieu et pour le Roi !  

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur,
Prieur.

Armoiries Frère Maximilien Marie

Affiche Pèlerinage Puy-en-Velay 2020

Litanies de Sainte Monique.

Sainte Monique, mère de notre Bienheureux Père Saint Augustin, est un modèle pour les épouses, les veuves, les mères inquiètes pour le salut éternel de leurs enfants… Elle est aussi un modèle de vie religieuse car, même si elle n’a pas à proprement parler fait une profession monastique, la tradition augustinienne la représente avec raison revêtue de l’habit religieux des moniales augustines, parce qu’elle prit une part discrète mais active à la maturation de la vie monastique augustinienne lors du séjour de Saint Augustin et des ses proches à Cassiciacum (cf. > ici), alors que le jeune converti se préparait à recevoir le saint baptême.
Ainsi, tous les états de vie trouvent-ils en Sainte Monique un modèle en même temps qu’une intercessrice (cf. note en bas de page) d’autant plus puissante qu’elle est capable de comprendre leurs besoins et de compatir à leurs nécessités spirituelles.

Sainte Monique fortifiée par l'apparition d'un ange - Pietro Maggi 1714 - église St Marc Milan

Sainte Monique encouragée et fortifiée par l’apparition d’un ange
(Pietro Maggi, 1714 – église Saint-marc, à Milan)

Seigneur, ayez pitié de nous.
Ô Christ, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, écoutez-nous.
Jésus-Christ, exaucez-nous.

Père céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Fils, rédempteur du monde qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Esprit-Saint qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Trinité Sainte qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous.
Sainte Marie, Reine des Cieux, priez pour nous.
Sainte Marie, Mère de conversion, priez pour nous.

Saint Augustin, priez pour nous.

Sainte Monique, qui avez mis à profit les rigueurs salutaires d’une éducation chrétienne, priez pour nous.
Sainte Monique, modèle des épouses, priez pour nous.
Sainte Monique, modèle des femmes chrétiennes, priez pour nous.
Sainte Monique, qui avez procuré par l’exemple de vos vertus, la conversion de votre mari infidèle, priez pour nous.
Sainte Monique, modèle des mères et des veuves, priez pour nous.
Sainte Monique, mère de Saint Augustin, priez pour nous.
Sainte Monique, qui l’avez pleuré dans ses égarements, priez pour nous.
Sainte Monique, qui avez persévéré dans vos brûlantes prières, priez pour nous.
Sainte Monique, aussi discrète que zélée dans la poursuite du Salut de votre fils, priez pour nous.
Sainte Monique, qui étiez la sauvegarde de votre fils absent, priez pour nous.
Sainte Monique, qui avez obtenu pour votre fils la guérison d’une maladie mortelle, priez pour nous.
Sainte Monique, dont l’espérance a été soutenue par les paroles prophétiques d’un saint évêque, priez pour nous.
Sainte Monique, dont les larmes ont acheté la conversion de votre fils, priez pour nous.
Sainte Monique, qui avez joui de la consolation de le voir fidèle, priez pour nous.
Sainte Monique, qui vous êtes saintement entretenue avec lui des choses du Salut, priez pour nous.
Sainte Monique, qui vous êtes paisiblement endormie dans le Seigneur, priez pour nous.
Sainte Monique, sur qui a rejailli la gloire de votre fils, priez pour nous.
Sainte Monique, qui ne pouvez refuser votre suffrage aux mères qui prient et pleurent comme vous, priez pour nous.
Sainte Monique, qui en avez écouté plusieurs dans leurs angoisses, priez pour nous.

Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous.

V/ Priez pour nous, Sainte Monique,
R/ Afin que nous soyons rendus dignes des promesses de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Prions :

Ô Dieu qui avez écouté les prières et les larmes de Sainte Monique, et qui avez accordé à ses supplications, non seulement la conversion, mais encore l’éclatante sainteté de son fils, daignez nous accorder la grâce de Vous implorer avec tant de ferveur et d’humilité, et que, comme elle, nous obtenions et le salut de nos enfants, et notre propre sanctification.
Nous Vous le demandons par Jésus-Christ Notre-Seigneur qui vit et règne avec Vous et le Saint-Esprit, pour les siècles des siècles.

R./ Ainsi soit-il.

Tiré du « Litaniaire, ou Recueil complet de litanies et de divers exercices de piété »,
du Frère Anicet de Sainte-Suzanne,
(éd. Aubanel Frères, Avignon – 1879)

S. Agostino Roma - Urna di S.Monica

Rome, basilique de Saint Augustin : sarcophage renfermant le corps de Sainte Monique

Voir aussi :
- Récit de la mort de Sainte Monique par Saint Augustin > ici
- La Sainte Ceinture de Notre-Dame de Consolation > ici 

frise

Note :
Le mot intercessrice ici employé comme féminin d’intercesseur n’est pas un néologisme d’inspiration féministe ni un barbarisme. Quoique d’un usage relativement rare, ce féminin, formé sur le même principe que le féminin du mot acteur, se trouve au XVIIIe siècle (par exemple dans le Journal des principales audiences du Parlement de Paris, en 1757) ainsi qu’aux XIXe et XXe siècles chez plusieurs écrivains amoureux de termes recherchés, tels François-Emmanuel d’Emskerque, vicomte de Toulongeon (1748-1812) ou Emmanuel Berl (1892-1976) qui écrit : « Comme on voyait sans cesse surgir le diable, on voyait sans cesse les anges descendre du ciel, pour secourir le chrétien aux abois ; et à la tête de ces légions célestes, l’intercessrice suprême : la Vierge. » (in « Histoire de l’Europe : L’Europe classique » p.48).

2020-61. La Procession dominicale telle qu’elle se trouve prescrite dans les livres liturgiques traditionnels du diocèse de Viviers.

3 mai,
Fête de l’Invention de la Sainte Croix ;
Anniversaire du massacre des clercs de Lamastre par les huguenots en 1587 (voir > ici et > ici).

Blason Vivarais

Dans la liste des processions énumérées à l’article précédent (cf. > ici), par le chanoine Lesage, se trouve la Procession dominicale, au sujet de laquelle il écrit (en 1952) : « qui, en plusieurs diocèses, se fait encore tous les dimanches avant la grand’Messe ».
De fait, si elle était autrefois d’un usage général dans une majorité de diocèses – tout spécialement les diocèses de forte ruralité -, au début des années cinquante du précédent siècle la Procession dominicale avait tendance à disparaître.
L’une (mais pas l’unique) des raisons de cette disparition se trouve dans le fait que la baisse des vocations sacerdotales a peu à peu obligé de confier plusieurs villages à un même prêtre, lequel – devant célébrer deux, voire trois, messes dominicales -, a progressivement « allégé » le programme des cérémonies qu’ils assuraient le dimanche matin…

J’ai connu quelques personnes qui se souvenaient très bien de ces processions d’avant la grand’Messe. Elles sont aujourd’hui de moins en moins nombreuses.
Ainsi que le rappelle le chanoine Lesage dans l’article sus-cité, la Procession dominicale avant la grand’Messe a subsisté dans beaucoup de monastères traditionnels et quelques communautés religieuses.

Dans le diocèse de Viviers, sur le territoire duquel nous nous trouvons, elle était prescrite entre les deux fêtes de la Sainte Croix : depuis le 3 mai (fête de l’Invention de la Sainte Croix) jusqu’au 14 septembre (fête de l’Exaltation de la Sainte Croix).
C’est d’ailleurs à l’occasion de la procession du 3 mai 1587 que plusieurs ecclésiastiques massacrés par les huguenots à Lamastre, à une dizaine de lieues du Mesnil-Marie, ont subi le martyre (cf. > ici et > ici).

La Procession dominicale ne s’accomplit par sur un long parcours : elle ne sort généralement pas de l’enclos paroissial (quand il en existe encore un) et son unique station se fait soit au Calvaire qui y est érigé, soit devant une Croix de mission à proximité de l’église : elle est l’occasion d’implorer la protection et bénédiction de Dieu Notre-Seigneur sur la communauté paroissiale et ses biens, en demandant en particulier l’éloignement des catastrophes naturelles, épidémies, disettes… etc.
Cela demeure donc d’une constante actualité !

Voici recopié ci-dessous le rite particulier de cette Procession dominicale prescrit pour le diocèse de Viviers dans le supplément au Rituel Romain publié par l’ordre de l’un de nos anciens évêques.

Manuale sacerdotum - Viviers 1928

« Manuale sacerdotum » : Manuel des prêtres, ou supplément au Rituel Romain pour l’usage du diocèse de Viviers
publié en 1928 par ordre de Monseigneur Etienne-Joseph Hurault, évêque de Viviers

- Procession dominicale -

Cette procession se fait du 3 mai au 14 septembre, mais peut-être omise aux fêtes de 1ère classe.

Le célébrant et tous les assistants se mettent à genoux, et on chante la 1ère strophe de l’hymne suivante. Cette strophe chantée, tous se lèvent et on se rend processionnellement au lieu désigné pour la station. 

Veni Creator Spiritus
mentes tuorum visita :
imple superna gratia
quae tu creasti pectora.

Qui diceris Paraclitus,
Altissimi donum Dei,
Fons vivus, ignis, caritas
Etspiritalis unctio.

Tu septiformis munere,
Digitus paternae dexterae.
Tu rite promissum Patris,
Sermone ditans guttura

Accende lumen sensibus
Infunde amorem cordibus,
Infirma nostri corporis
Virtute firmans perpeti.

Hostem repellas longius
Pacemque dones protinus ;
Ductore sic te praevio
Vitemus omne noxium.

Per te sciamus da Patrem,
Noscamus atque Filium;
Tequutriusque Spiritum
Credamus omni tempore

Deo Patri sit gloria,
Et Filio, qui a mortuis
SurrexitacParaclito
In saeculorum saecula. Amen

V./ Emitte Spiritum tuum et creabuntur.
R./ Et renovabis facien terrae.

Oremus :

Deus qui corda fidelium Sancti Spiritus illustratione docuisti : da nobis in eodem Spiritu recta sapere et de ejus semper consolatione gaudere. Per Christum Dominum nostrum.

R./ Amen.

Venez, Esprit Créateur,
Visiter les esprits de ceux qui Vous appartiennent ;
Emplisssez de la grâce d’en-haut
Les cœurs que Vous avez créés.

Vous qui êtes nommé le Paraclet,
Don du Dieu très-haut
Source vive, feu, charité
Et onction spirituelle.

Vous le don qui se manifeste en sept,
Doigt de la droite du Père,
Vous qui fûtes avec faveur promis par le Père,
Rendant nos bouches disertes

Allumez Votre lumière en nos sens,
Répandez l’amour en nos cœurs ;
L’infirmité de notre corps
Affermissez-la par une force perpétuelle.

Repoussez au loin l’ennemi,
Afin de nous donner bientôt la paix ;
Que marchant sous Votre conduite
Nous évitions toute souillure.

Par Vous que nous soit donné de connaître le Père,
Et que nous connaissions aussi le Fils;
Vous qui êtes l’Esprit de l’Un et de l’Autre,
Auquel nous soit donné de croire en tout temps.

Qu’à Dieu le Père soit la gloire,
Et au Fils, qui des morts
Est ressuscité, et au Paraclet
Dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

V./ Envoyez Votre Esprit et ils seront créés.
R./ Et Vous renouvellerez la face de la terre.

Prions :
O Dieu qui avez instruit les cœurs de Vos fidèles par l’illumination du Saint Esprit : donnez-nous en ce même Esprit de goûter ce qui est droit et de jouir toujours de Sa consolation. Par Jésus-Christ Notre-Seigneur.
R./ Ainsi soit-il.

Ensuite le célébrant dit à genoux le Munda cor meum… Jube domne benedicere etc. Puis il se lève et chante l’Evangile (s’il est assisté d’un diacre, celui-ci demande la bénédiction au célébrant en disant : Jube, domne, benedicere. Le célébrant dit : Dominus sit in corde tuo… etc).

V./ Dominus vobiscum.
R./ Et cum spiritu tuo.

Sequentia sancti Evangelii secundum Mattheum.

In illo tempore : Ascendente Jesu in naviculam, secuti sunt eum discipuli ejus. Et ecce motus magnus factus est in mari, ita ut navicula operiretur fluctibus, ipse vero dormiebat. Et accesserunt ad eum discipuli ejus, et suscitaverunt eum dicentes : Domine, salva nos, perimus. Et dicit eis Jesus : Quid timidi estis, modicae fidei ? Tunc surgens imperavit ventis et mari, et facta est tranquillitas magna. Porro homines mirati sunt dicentes : Qualis est hic, quia venti et mare obediunt ei ?

V./ Le Seigneur soit avec vous.
R./ Et avec votre esprit.

Suite du saint Evangile selon Matthieu.

En ce temps là : Jésus étant monté dans la barque, Ses disciples Le suivirent. Et voilà qu’une grande tempête s’éleva sur la mer, de sorte que la barque était couverte par les flots ; Lui-même cependant dormait. Et Ses disciples s’approchèrent de Lui, et ils L’éveillèrent en disant : Seigneur, sauvez-nous, nous périssons ! Et Jésus leur dit : Pourquoi êtes-vous craintifs, hommes de peu de foi ? Alors Se levant il commanda aux vents et à la mer, et il se fit un grand calme. Or, saisis d’admiration, ces hommes se disaient : Quel est Celui-ci, parce que les vents et la mer Lui obéissent ?

Le célébrant ou les chantres entonnent ensuite, selon le temps, l’une des antiennes suivantes de la Sainte Croix :

Au temps pascal : 

Ant. Crucem sanctam subiit, qui infernum confregit : accinctus est potentia, surrexit die tertia, alleluia.

V./ Dicite in nationibus, alleluia.
R./ Quia Dominus regnavit a ligno, alleluia.

Oremus :

Deus, qui pro nobis Filium tuum Crucis patibulum subire voluisti, ut inimici a nobis expelleres potestatem : concede nobis, famulis tuis, ut resurrectionis gratiam consequamur. Per eumdem Christum…
R./ Amen.

Hors le temps pascal :

Ant. Per signum Crucis de inimicis nostris libera nos, Deus noster.

V./ Omnis terra adoret te, et psallat tibi.
R./ Psalmum dicat nomini tuo, Domine.

Oremus :

Perpetua nos, quaesumus, Domine, pace custodi : quos per lignum Sanctae Crucis redimere dignatus es. Per Christum…
R./ Amen.

Il a subi la Croix sainte, Celui qui a abattu l’enfer : Il est ceint de puissance, Il est ressuscité le troisième jour, alléluia ! 

V./ Dites parmi les nations, alléluia.
R./ Que le Seigneur a régné par le bois, alléluia.

Prions :
O Dieu, qui avez voulu que pour nous Votre Fils subît le gibet de la Croix, pour que Vous nous arrachiez à la puissance de l’ennemi : accordez-nous, à nous qui sommes Vos serviteurs, que nous obtenions la grâce de la résurrection. Par ce même Jésus-Christ…
R./ Ainsi soit-il.

Par le signe de la Croix, libérez-nous de nos ennemis, ô notre Dieu !

V./ Que toute la terre Vous adore et qu’elle psalmodie pour Vous.
R./ Qu’elle dise un psaume à Votre Nom, ô Seigneur.

Prions :
O Seigneur, nous Vous le demandons, gardez-nous dans une paix perpétuelle : nous qui sommes ceux que Vous avez daigné racheter par le bois de la Sainte Croix. Par Jésus-Christ…
R./ Ainsi soit-il.

L’oraison terminée, le célébrant jette de l’eau bénite dans la direction des quatre points cardinaux, en chantant successivement :

Ter :
V./ A fulgure et tempestate,
R./ Libera nos, Domine.

Ter :
V./ Ab omni pestilentia et fame,
R./ L
ibera nos, Domine.

Ter :
V./
Ut fructus terrae dare et conservare digneris,
R./ Te rogamus, audi nos.

3 fois :
V./ De la foudre et de la tempête,
R./ Délivrez-nous, Seigneur.

3 fois :
V./ De toute épidémie et famine,
R./ Délivrez-nous, Seigneur.

3 fois :
V./ Pour que Vous daigniez nous donner et conserver les fruits de la terre.
R./ Nous Vous en prions, exaucez-nous.

Le célébrant, sans chanter, donne ensuite la bénédiction de la Croix ; après quoi tous se lèvent et l’on rentre à l’église en chantant l’hymne :

Ave, maris Stella,
Dei mater alma
Atque semper virgo
Felix caeli porta !

Sumens illud ave
Gabrielis ore,
Funda nos in pace
Mutans Evae nomen.

Solve vincla reis,
Profer lumen caecis ;
Mala nostra pelle
Bona cuncta posce.

Monstra te esse matrem,
Sumat per te preces
Qui pro nobis natus
Tulit esse tuus.

Virgo singularis
Inter omnes mitis,
Nos culpis solutos
Mites fac et castos.

Vitam praesta puram,
Iter para tutum
Ut videntes Jesum
Semper collaetemur.

Sit laus Deo Patri
Summo Christo decus
Spiritui sancto
Tribus honor unus. Amen

V./ Ora pro nobis, Sancta Dei Genitirix.
R./ Ut digni efficiamur promissionibus Christi.

Oremus :

Concede nos, famulos tuos, quaesumus, Domine Deus, perpetua mentis et corporis sanitate gaudere : et gloriosa Beatae Mariae semper Virginis intercessione, a praesenti liberari tristitia et aeterna perfrui laetitia. Per Christum…

R./ Amen.

Salut, Etoile de la mer,
Auguste Mère de Dieu
Et toujours vierge,
Bienheureuse porte du Ciel !

En recevant ce salut
De la bouche de Gabriel
Etablissez-nous dans la paix
En changeant le nom d’Ève.

Déliez les liens des coupables,
Apportez la lumière aux aveugles ;
Chassez nos maux
Obtenez-nous tous les biens.

Montrez-vous notre mère,
Qu’Il accueille par vous nos prières
Celui qui, né pour nous,
Voulut être votre fils.

Vierge sans égale,
Douce entre tous,
Qu’après nous avoir libérés de nos fautes
Vous nous rendiez doux et chastes.

Accordez-nous une vie pure
Rendez notre chemin sûr
Pour que, voyant Jésus,
Nous nous réjouissions éternellement.

Qu’à Dieu le Père soit la louange,
L’honneur au Christ élevé au-dessus de tout,
Et à l’Esprit saint,
Aux Trois un unique honneur.  Ainsi soit-il.

V./ Priez pour nous, Sainte Mère de Dieu.
R./ Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.

Prions :
Accordez, nous Vous en prions, Seigneur, à nous qui sommes Vos serviteurs, de jouir d’une perpétuelle santé de l’esprit et du corps : et par la glorieuse intercession de la Bienheureuse Marie toujours Vierge, que nous soyons libérés de la tristesse du temps présent et jouissions de la joie éternelle. Par Jésus-Christ…
R./ Ainsi soit-il.

Viviers : la cathédrale Saint-Vincent au coeur de la "ville-haute"

Viviers, le rocher fortifié sur lequel se trouvent l’ancien quartier canonial, l’évêché médiéval et la cathédrale Saint-Vincent

Blason Vivarais

2020-60. Des processions (2ème partie) : Classification des processions.

Après l’introduction que nous en avons faite (cf. > ici), il me semble intéressant de recopier ci-dessous dans son intégralité la partie de l’article « Procession » du « Dictionnaire pratique de liturgie romaine » du chanoine Robert Lesage (ed. Bonne Presse – 1952) intitulée « Classification ».

Gentile Bellini Procession avec la relique de la Sainte Croix à Venise 1496

Gentile Bellini : Procession à Venise avec la relique de la Vraie Croix (1496)

nika

Classification :

Il faut distinguer :

I. Les processions ordinaires de l’année liturgique, qui se font chaque année, à date fixe, conformément aux prescriptions des livres liturgiques : à la Purification, aux Rameaux, le Jeudi et le Vendredi Saints, aux Rogations et à la fête du Corpus Christi.

II. Les processions ordinaires prescrites par le cérémonial pour le chant de l’Evangile à la Messe solennelle, pour les funérailles et l’absoute, pour la réception de l’Evêque diocésain et la visite pastorale, pour la Messe pontificale.

III. Les processions locales, autorisées en certains lieux par un long usage :

- La procession du Saint Jour de Pâques pendant les Vêpres ; les processions du Saint-Sacrement qui se font à date fixe à l’instar de celle du Corpus Christi ; la procession du Rosaire, au premier dimanche d’octobre ; celles qui se font annuellement à l’occasion de la fête du Patron d’une localité ou du Titulaire d’une église, etc…

- La procession dominicale, qui, en plusieurs diocèses, se fait encore tous les dimanches avant la grand’Messe, tire son origine des églises stationnales, où le Clergé et le peuple se rendaient pour la célébration de la Messe, ou de l’usage monastique de l’aspersion des lieux claustraux : cloître, réfectoire, puits, voire cuisine. Dans les villes, le Célébrant aspergeait aussi les maisons des fidèles et autres lieux, pour exprimer les bienfaits que Notre-Seigneur répandait de tous côtés, dans ses voyages. Le bénitier que l’on porte encore à cette procession, même si l’on n’y asperge plus, est un vestige de cet usage ancien.

- La procession solennelle du Vœu de Louis XIII se fait encore chaque année à l’issue des Vêpres du 15 août, dans toute la France.
Elle date de 1638, date de la consécration que fit le roi Louis XIII à la Reine du ciel, de sa personne et de son royaume, à la fois pour remercier Marie des victoires qu’il avait remportées par son intercession contre les hérésies, les fauteurs de troubles et les ennemis de la France, et pour lui demander un héritier. La déclaration royale (Lettres patentes expédiées de Saint-Germain-en-Laye le 10 février 1638 – [note : dans ce blogue on le trouve > ici]) constitue la 4ème leçon de la fête de la B.V.Marie selon le Vœu de Louis XIII, inscrite encore aujourd’hui à la date du 18 août dans le propre de Paris, au bréviaire.
A cette procession on porte la statue de la Sainte Vierge, on y chante le répons Félix es et les litanies de Lorette, et, au retour, l’antienne Sub tuum avec son verset et l’oraison Protege, enfin le psaume Exaudiat [note : dans ce blogue on trouve tous les textes de cette cérémonie > ici].

IV. Des processions extraordinaires peuvent être ordonnées par l’Evêque, après avis du chapitre cathédral, pour un motif d’intérêt public (can. 1292 ; S.R.C. nn. 217, 394, 1444), comme la translation d’une relique insigne, pour demander la pluie ou le beau temps, pour repousser la tempête, en temps de disette ou d’épidémie, en temps de guerre ou pour éloigner une calamité publique ou encore en action de grâces. Elles sont décrites au Rituel (tit. IX, c. VI à XIV).

Robert Lesage
in « Dictionnaire pratique de liturgie romaine », article « Procession », col. 847-849

A suivre : les Règles liturgiques qui régissent les processions > ici.

Gravure datée probablement de 1709 : ordre de procession de la châsse de Ste Geneviève

Procession de la châsse de Sainte Geneviève, à Paris, au début du XVIIIème siècle

nika

2020-59. Des processions (1ère partie) : Généralités et réflexions au sujet des processions. .

2 mai,
Fête de Saint Athanase, évêque, confesseur et docteur de l’Eglise (cf. > ici) ;
Anniversaire du rappel à Dieu de Madame la Duchesse de Ségovie (cf. > ici).

nika

Vassili Grigoriévitch Perov - procession villageoise le jour de Pâques 1861

Vassili Grigoriévitch Perov : Procession villageoise le jour de Pâques (1861)

A – Qu’est-ce qu’une procession ?
C’est un cortège religieux qui se rend d’un lieu à un autre avec des chants et des prières.

B – La procession, un rite universel :
Tous les pays, toutes les époques ont connu le rite sacré des processions : on le trouve dans les « religions primitives » et le paganisme antique ; on en voit de nombreuses représentations sur les bas-reliefs et les peintures murales de Chaldée ou d’Egypte, par exemple, bien avant les prescriptions du culte de l’Ancien Testament.
Dans son Dictionnaire pratique de liturgie romaine (éd. Bonne Presse, 1952), le chanoine Robert Lesage, cérémoniaire du cardinal-archevêque de Paris, écrit : « La procession était à l’origine théophanique, tirant son nom du rôle que la divinité y joue, et non du rôle de l’homme. C’est Dieu qui sort, se manifeste, procède. Le Clergé l’accompagne, les fidèles lui font cortège, mais ne sont en réalité que des accessoires dans la cérémonie ».

C – La procession acte théophanique et politique :
Cette remarque du chanoine Lesage n’est pas dépourvue d’intérêt et il me semble qu’il nous faut nous en bien pénétrer : une procession n’est pas à proprement parler une action humaine, mais elle est une manifestation de Dieu à l’extérieur des lieux qui Lui sont consacrés.
Une procession est en premier lieu et par essence une action divine au cours de laquelle Dieu – présent d’une manière particulière dans le lieu sacré où Il Se plaît à être honoré et à communiquer Ses grâces – montre que Son influence et Ses bienfaits s’étendent aussi loin que Sa présence : c’est-à-dire partout !
En effet, Dieu n’est pas confiné dans les églises qui Lui sont consacrées : infini et omniprésent, Il est en tout lieu et dans tous les êtres, comme nous l’enseigne la saine théologie. Le rite sacré de la procession manifeste en quelque manière cette présence universelle, Son empire total et absolu, Sa puissance qui ne peut être limitée par les murs de Ses sanctuaires, et Son action, laquelle n’est pas circonscrite au seul domaine des consciences et de l’intimité personnelle mais s’exerce sur la société et sur la vie publique.
De ce point de vue, processionner a une portée éminemment « politique », non pas, bien sûr, dans le sens partisan et « politicien » qui prévaut de nos jours, mais dans son sens premier, dérivé du mot grec « polis » qui désigne la cité avec son organisation, ordonnée à la vie des hommes et au bon fonctionnement des relations entre eux, au service du bien commun.
Ce dernier point explique d’ailleurs pour quelle raison les opposants de tout poil à la religion et à l’Eglise ont toujours combattu les processions, et ont toujours voulu les interdire ou les limiter (par exemple sous les prétextes de l’ « ordre public », des « normes sanitaires », de la « neutralité » civile et de la « laïcité », et toutes autres pseudo-raisons aux apparences très « raisonnables »).
A contrario, accomplir une procession a souvent été pour les chrétiens – surtout dans les périodes de contestation ou de persécution plus ou moins violente – le signe fort d’une résistance à l’esprit du siècle, à la sécularisation, à la tyrannie anticatholique, aux limitations qu’un pouvoir dévoyé opposait aux droits de Dieu… etc. Je connais par exemple le cas de plusieurs paroisses où, sitôt la fin de la grande terreur robespierriste, alors que le culte catholique n’était pas rétabli – loin s’en faut -, et que les paroisses se trouvaient encore sans prêtres, sans messe et sans sacrements, les fidèles sont sortis dans les rues avec les croix, bannières et statues de saints qui avaient échappé aux destructions pour processionner dans les rues de leurs villes ou villages.

Chartres - procession ND du Pilier 6 juin 1927

D – Processions et crise de l’Eglise :
Influencés par l’esprit du monde, il ne s’est pas manqué – en particulier dans les décennies qui ont suivi le concile vaticandeux – de clercs (parfois très haut placés dans la hiérarchie ecclésiastique) et de fidèles pour se faire les contempteurs des processions et œuvrer à leur abandon, les qualifiant de pratiques surannées ou de triomphalisme déplacé puisque désormais contraire au fameux « esprit du concile ».
Et c’est ainsi que l’on a vu détruit par les flammes ou livré aux brocanteurs tout l’appareil ornemental dont les paroisses s’enorgueillissaient naguère (même s’il n’était pas forcément de très grande valeur artistique comme cela était le cas dans les villages pauvres) parce qu’il était l’expression de la foi, au service de la manifestation du Dieu grand et rédempteur dans la cité terrestre, ordonnée à l’édification de la Cité céleste.
Dans le même temps, certains clercs violemment opposés aux processions, ne manquaient pas de participer aux « défilés » ou « manifestations » des syndicats ou mouvements d’inspiration marxiste, ne semblant pas se rendre compte que ce qu’ils condamnaient dans la pratique multiséculaire de l’Eglise se retrouvait là dans sa version laïciste dévoyée !
On remarque enfin que, sauf en quelques grands centres de pèlerinage (Lourdes ou Sainte-Anne d’Auray par exemple), après avoir souvent vivoté ou subsisté comme des anachronismes attirant les touristes, les processions qui ont survécu à la crise post-conciliaire reprennent de la vigueur depuis quelques années et attirent de plus en plus de catholiques « décomplexés » et fervents, et que le jeune clergé – moins intoxiqué par l’idéologie mortifère qui a dévasté la Chrétienté dans la deuxième moitié du XXe siècle – se montre plutôt favorable à la reprise des processions. C’est un signe de renouveau qui ne trompe pas.

E – Retrouver le sens et l’esprit de nos processions :
Comment la Sainte Eglise, si passionnément éprise de vie et de mouvement, si profondément amoureuse de la gloire de Dieu et de Sa louange, si viscéralement animée par un esprit missionnaire, si ardemment enthousiaste pour conquérir les cœurs et les esprits, pourrait-elle négliger ce moyen éminent de se manifester à l’extérieur et de faire connaître Celui qu’elle adore ?
« L’Eglise marche en chantant. Toute son histoire est là. Les processions traduisent d’ailleurs à merveille sa vie ordonnée, calme, confiante et joyeuse, son besoin de la prière collective et son allégresse dans le triomphe du Rédempteur. La liturgie, qui utilise tous les arts pour la gloire de Dieu, ne saurait laisser de côté l’art du mouvement, la chorégraphie, digne et mesurée, qui fait appel à tous les membres du corps humain » (chanoine R. Lesage, in « Dictionnaire pratique de liturgie romaine », article « procession »).
En bien des endroits, après plusieurs décennies d’oubli, on a aujourd’hui perdu le sens et l’esprit des processions authentiquement catholiques, et là où on les rétablit on est parfois dans l’ignorance totale des règles qui les régissent traditionnellement : ce pourquoi je me propose, en de futures publications, de rappeler ces règles et leur ordonnancement.
Pour l’heure actuelle, il me paraît toutefois essentiel – spécialement au sortir de l’éclipse du culte catholique subie au cours de ce printemps 2020 sous prétexte d’état d’urgence sanitaire – de faire un véritable travail de restauration des processions extérieures, des processions publiques – quand bien même ne réuniraient-elles que très peu de personnes -, manifestations de l’action du Dieu Tout-Puissant qui ne peut en aucune manière être confiné par les craintes, les prudences et les règlements humains.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

A suivre  : « Classification des processions » > ici.

Jules Breton  la procession de bénédiction des blés en Artois

Jules Breton : « La bénédiction des blés en Artois » (toile présentée au Salon en 1857)

nika

2020-58. Pour bien commencer le « mois de Marie », comprenons toute l’importance de la place et du rôle de Notre-Dame et de son culte.

1er mai,
Fête des Saints Apôtres Philippe et Jacques ;
Commencement du mois de Marie.

Madone à l'Enfant

frise

A toute vraie dévotion il faut des bases solides. Rien ne nous est donc plus opportun, que de nous convaincre tout d’abord du caractère sérieux du culte professé à l’égard de notre bonne Mère du ciel.
Saint Augustin nous enseigne que « la vertu de religion, c’est celle qui nous relie au Dieu tout puissant » (De vera relig. III, 113). Un acte n’est religieux que dans la mesure où il nous unit à notre Père qui est aux cieux : Si elle ne produisait pas ce résultat, notre dévotion à Marie serait vaine, illusoire, par conséquent inutile. Or, précisément, le meilleur moyen de nous approcher de Dieu, c’est notre piété envers la Reine du ciel. Nous la lui manifestons, en effet, par les prières que nous lui adressons et l’imitation que nous nous proposons de ses vertus ? Or tout cela réalise pleinement le but de la religion.

La prière unit le cœur et l’esprit à celui auquel on l’offre. Nous adressant à Marie, nous nous unissons à elle, créature excellente, très intimement unie à Dieu, par Notre-Seigneur Jésus-Christ. Elle est unie à Jésus par l’unité du sang : elle est mère, il est fils.
Elle est unie à Jésus par l’unité des souffrances : ils ont la même vie cachée, obscure, de pauvreté et de labeur ; à l’heure du sacrifice rédempteur de l’Agneau de Dieu, ils ont même martyre ; les mêmes coups tombent, à la fois, sur le corps du Fils, sur l’âme de la Mère, et si, pour celle-ci, l’effusion du sang n’est pas réelle ni visible, elle n’en est pas moins douloureuse.

Marie, enfin, est unie à Jésus par la plénitude de la gloire. Si le Maître a promis de partager son trône avec nous, combien plus et mieux le donne-t-il à sa Mère : Adstitit Regina a dextris tuis (Ps. XLIV, 10). Le Christ est assis à la droite du Père, la Reine du ciel à la droite du Christ, et cette expression : « être assis », signifiant, participation à l’autorité suprême, au ciel, sur la terre, Jésus et Marie ne font qu’un.

Tout ce que la nature a de plus tendre, tout ce que la grâce a de plus puissant, concourt à fusionner l’âme de Marie et l’âme de Jésus. Il est donc hors de doute que la piété de nos vœux cherche Jésus en Marie, et que nos prières, nous unissant à la Mère, par le fait même, nous unissent au Fils.

C’est encore le résultat de l’imitation des vertus de la très sainte Vierge. Saint Paul disait (Galat., II, 20) : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi ». Et il ajoutait (1 Cor., IV) : « Soyez mes imitateurs, comme je le suis du Christ ». Notre-Seigneur est tout entier dans ses saints. Alors, que penser de la Reine de tous les saints ? Elle est la traduction, aussi parfaite qu’elle est humainement possible, des vertus du divin modèle. Comme il pense, elle pense ; comme il aime, elle aime ; comme il agit, elle agit. La suivre, c’est suivre Jésus ; l’imiter, c’est imiter Jésus ; l’atteindre, c’est atteindre Jésus.

Rien donc de plus sérieux que le culte de Marie, rien de plus intelligent que la piété envers cette bonne Mère ! Que nos cœurs se réjouissent d’avoir, durant ce mois béni, l’occasion en exerçant leur dévotion, de la réchauffer, de la rendre plus fervente, de la montrer plus délicatement généreuse : qu’ils fassent dans ce but, les efforts les plus aimants : Jésus, par Marie, les en bénira.

Résolution : Etre fidèle à l’exercice chaque jour durant ce mois consacré à la sainte Vierge.
Bouquet spirituel : A Jésus par Marie ! Ad Jesum per Mariam !

Monseigneur Augustin Gonon, évêque de Moulins (1869-1942)
in « Un mois à la Sainte Vierge »
Chapitre introductif : « ouverture des exercices »

Trois lys blancs

2020-57. Nous fêtons le 30 avril Sainte Hildegarde de Vintzgau, épouse de Saint Charlemagne et Reine des Francs.

30 avril,
fête de Sainte Hildegarde de Vintzgau, Reine des Francs ;
Commémoraison de Sainte Catherine de Sienne, vierge.

St Charlemagne et Ste Hildegarde - fresque de la Résidence des Princes-Abbés à Kempten

Saint Charlemagne et son épouse Sainte Hildegarde de Vintzgau
(détail d’une fresque baroque des salles d’apparat de la Résidence des Princes-Abbés de Kempten [en français Campidoine] en Souabe)

Armoiries de Charlemagne

Avec Sainte Jeanne de France (cf. > ici), Sainte Bathilde (cf. > ici), Sainte Radegonde et, bien sûr, Sainte Clotilde, Sainte Hildegarde de Vintzgau  est la cinquième Reine des Francs ou Reine de France à avoir été élevée sur les autels et à être honorée d’un culte public par la Sainte Eglise. Elle n’est toutefois pas la plus connue des cinq, il faut bien le reconnaître !

Issue de la famille des Agilolfinges, vieille famille franque proche des Mérovingiens, à laquelle le Roi Clotaire 1er donna le duché de Bavière aux alentours de l’an 555, Hildegarde est née en 758.

A l’âge de 13 ans, en 771, elle épouse le Roi des Francs Charles 1er le GrandSaint Charlemagne – qui a dix ou 15 ans de plus qu’elle (on ne sait pas exactement s’il naquit en 742 ou en 747). Elle lui donnera neuf enfants (dont Louis 1er dit le Pieux).
On ne possède pas aujourd’hui une abondance de détails sur sa vie, si ce n’est que, épouse très aimée et très aimante, elle accompagnait Charlemagne dans ses campagnes militaires. Vers la fin du carême de 774, elle était aussi à ses côtés à Rome, où le Roi des Francs avait été appelé au secours par le pape Adrien 1er lorsque Didier, roi des Lombards, envahissait le Patrimoine de Saint Pierre constitué par Pépin le Bref. Les chroniques de l’époque ont retenu que, à cette occasion, elle offrit au Souverain Pontifie une riche parure pour l’autel de la basilique vaticane.

Profondément chrétienne, on sait qu’elle était liée d’amitié avec Sainte Lioba de Tauberbischofsheim (+ 782) qui demeura quelque temps auprès d’elle à la cour et la conseillait ; qu’elle exerçait de nombreuses charités et qu’elle dotait généreusement les monastères : elle fut la bienfaitrice tout particulièrement des abbayes de Saint-Martin de Tours et de Saint-Denys de ce côté-ci du Rhin, ainsi que de celles de Reichenau en Bade-Wurtemberg et de Kempten en Souabe. Pour cette dernière, elle rapporta, en 774, les reliques des saints Gordien et Épimaque  qu’elle avait obtenues en Italie.

Le 30 avril 783, elle mourut des suites de ses neuvièmes couches, à l’âge de vingt-cinq ans seulement, dans la résidence impériale de Thionville.
Elle fut inhumée le lendemain, 1er mai, à l’ abbaye Saint-Arnould de Metz, et Charlemagne ordonna que des cierges et des lampes fussent allumés sur sa tombe chaque jour ; son épitaphe, magnifiant une épouse très aimée, incarnation de la sagesse et de la vertu, fut composée par le célèbre poète Paul Diacre, auquel nous devons les hymnes liturgiques « Ave, maris Stella » (vêpres de la Sainte Vierge) et « Ut queant laxis » (vêpres de Saint Jean-Baptiste).
Le pape Adrien 1er écrivit au saint Roi franc une lettre de condoléances exprimant ses vifs regrets pour la mort prématurée de cette épouse tendrement chérie.

Charlemagne fit alors de Saint-Arnould de Metz la nécropole d’une partie de sa famille : les sœurs du Roi, certains de ses enfants – dont l’évêque Drogon – et plus tard son successeur Louis le Pieux y furent inhumés.
Malheureusement cette abbaye fut pillée, détruite, incendiée à plusieurs reprises, et ce qui subsistait des tombeaux impériaux fut transféré dans l’église (XIIIe siècle) du couvent des dominicains, elle-même reconstruite au XVIIe siècle puis saccagée à la révolution : autant dire qu’il ne reste – hélas ! – quasi rien du tombeau et des reliques de Sainte Hildegarde de Vintzgau !

Karl Baumeister - Saint Charlemagne et Sainte Hildegarde

Saint Charlemagne et Sainte Hildegarde
(panneaux peints en 1895 par Karl Baumeister pour l’église Saint-Jean-Baptiste « auf dem Bussen » en Haute-Souabe)

Armoiries de Charlemagne

2020-56. De la solennité de Saint Joseph, patron de l’Eglise universelle, jadis fête du Patronage de Saint Joseph, célébrée au mercredi de la deuxième semaine après l’Octave de Pâques.

Mercredi de la 2ème semaine après l’Octave de Pâques,
Solennité de Saint Joseph patron de l’Eglise universelle.

Trois lys blancs

Dans les pages de ce blogue (voir > ici), nous avons publié un article traitant de la grande dévotion de Sainte Thérèse de Jésus, réformatrice du Carmel, envers Saint Joseph.
Le Carmel thérésien eut assez vite une fête du Patronage de Saint Joseph dans son calendrier particulier, pour célébrer la protection et la dévotion spéciales du Carmel, héritée de sa sainte réformatrice, et remercier le Patriarche du Nouveau Testament pour toutes ses attentions et prévenances envers l’Ordre.

Le 10 septembre 1847, par un décret nommé « Inclytus Patriarcha Ioseph », le Bienheureux Pie IX étendit à toute l’Eglise latine cette fête du Patronage de saint Joseph, qu’il fixa au troisième dimanche après Pâques sous le rite double de deuxième classe.
Puis, le 8 décembre 1870, par un décret « Urbi et orbi » intitulé « Quemadmodum Deus », dont nous donnons ci-dessous la traduction, ce même Bienheureux Pie IX déclara officiellement Saint Joseph patron de l’Eglise universelle, et il statua alors que la fête du 19 mars serait désormais célébrée sous le rite double de première classe (mais sans octave, en raison du carême).

En 1911, Saint Pie X changea l’intitulé de cette Fête du Patronage de Saint Joseph qu’il renomma Solennité de Saint Joseph, patron de l’Eglise universelle, en même temps qu’il la dotait d’une octave commune (le jour de l’octave étant célébré sous le rite double majeur).
Toutefois, en 1913, dans la volonté de « libérer » les dimanches dont la célébration était trop régulièrement empêchée par celle des fêtes de saints, Saint Pie X déplaça cette solennité au mercredi précédant le troisième dimanche après Pâques, puisque selon la dévotion traditionnelle le mercredi est le jour spécialement dédié à Saint Joseph.

En 1955, les réformes entreprises sous le pontificat du Vénérable Pie XII, supprimèrent cette Solennité de Saint Joseph patron de l’Eglise universelle, au profit d’une nouvelle fête, dite de « Saint Joseph ouvrier », fixée au 1er mai dans l’espoir de christianiser la « fête du travail » célébrée ce jour-là par les syndicats d’inspiration marxiste.
Cette tentative se solda, n’hésitons pas à le dire, par un lamentable échec, au point que moins de quinze ans plus tard le calendrier de la réforme liturgique post-conciliaire rétrograda de manière significative cette fête du 1er mai en « mémoire facultative » (sic) !!!

En revanche, pour les vétérocalendaires - qui conservent un calendrier liturgique propre et les rubriques  antérieurs à toutes les réformes intervenues depuis 1950 (dont nous sommes) -, la Solennité de Saint Joseph patron de l’Eglise universelle, avec son octave, demeurent.

Eglise St Joseph à Angers - Pie IX proclame Saint Joseph patron de l'Eglise universelle

Eglise Saint-Joseph, à Angers :
Pie IX proclame Saint Joseph patron de l’Eglise universelle
(l’Eglise étant représentée sous la figure d’un navire dont le saint Pontife tient le gouvernail)

Armoiries de Pie IX

 Décret « Urbi et orbi » Quemadmodum Deus

Pie IX, Pape pour perpétuelle mémoire

De même que Dieu établit le Patriarche Joseph, fils de Jacob, gouverneur de toute l’Egypte, pour assurer au peuple le froment nécessaire à la vie, ainsi, lorsque furent accomplis les temps où l’Eternel allait envoyer sur la terre Son Fils unique, pour racheter le monde, Il choisit un autre Joseph dont le premier était la figure ; Il l’établit seigneur et prince de Sa maison et de Ses biens ; Il commit à sa garde Ses plus riches trésors.
En effet, Joseph épousa l’Immaculée Vierge Marie, de laquelle, par la vertu du Saint-Esprit, est né Jésus-Christ, qui voulut aux yeux de tous passer pour le fils de Joseph et daigna lui être soumis. Celui que tant de prophètes et de rois avaient souhaité de voir, non seulement Joseph Le vit, mais il conversa avec Lui, il Le pressa dans les bras d’une paternelle tendresse, il Le couvrit de baisers ; avec un soin jaloux et une sollicitude sans égale, il nourrit Celui que les fidèles devaient manger comme le Pain de l’éternelle vie.

En raison de cette dignité sublime, à laquelle Dieu éleva Son très fidèle serviteur, toujours l’Eglise a exalté et honoré Saint Joseph d’un culte exceptionnel, quoique inférieur à celui qu’elle rend à la Mère de Dieu ; toujours, dans les heures critiques, elle a imploré son assistance.
Or, dans les temps si tristes que nous traversons, quand l’Eglise elle-même, poursuivie de tous côtés par ses ennemis, est accablée de si grandes calamités que les impies se persuadent déjà qu’il est enfin venu le temps où les portes de l’enfer prévaudront contre elle (cf. note ci-dessous), les vénérables Pasteurs de l’Univers catholique, en leur nom et au nom des fidèles confiés à leur sollicitude, ont humblement prié le Souverain Pontife qu’il daignât déclarer Saint Joseph Patron de l’Eglise universelle.

Ces prières ayant été renouvelées plus vives et plus instantes durant le saint concile du Vatican, Notre Saint-Père Pie IX, profondément ému par l’état si lamentable des choses présentes et voulant se mettre, lui et tous les fidèles, sous le très puissant patronage du saint patriarche Joseph, a daigné se rendre aux vœux de tant de vénérables Pontifes.

C’est pourquoi il déclare solennellement Saint Joseph Patron de l’Eglise catholique.

Sa Sainteté ordonne en même temps que la fête du saint, fixée au 19 mars, soit désormais célébrée sous le rite double de première classe, sans octave toutefois, à cause du saint Carême.

Elle a voulu en outre que la présente déclaration fût faite par décret de la Sacrée Congrégation des Rites, en ce jour consacré à la Vierge Immaculée, Mère de Dieu, épouse du très chaste Joseph, et que ce décret ait force de loi, nonobstant toute opposition ou disposition contraire.

S. Congrégation des Rites, Rome,
le 8 décembre 1870

Note : Ce décret du 8 décembre 1870 fait évidemment allusion aux persécutions contre le Saint Siège et le Souverain Pontife menée par la secte maçonnique qui, depuis le milieu du XIXe siècle, a voulu abattre l’Eglise catholique romaine en spoliant les Etats de l’Eglise, garantie de son indépendance depuis Pépin le Bref. Le 20 septembre précédent (cf. > ici), au terme de dix années de combats, et d’invasions progressives du Patrimoine de Saint-Pierre, la ville de Rome a été envahie par les soldats piémontais et le Bienheureux Pie IX s’est, de fait, retrouvé prisonnier dans l’enceinte du Vatican.

Pie IX place l'Eglise sous le patronage de Saint Joseph - église de Saint-Ouën-des-Toits

Le Bienheureux Pie IX plaçant l’Eglise universelle sous le patronage de Saint Joseph
(église de Saint-Ouën des Toits – Bas Maine, diocèse de Laval)

On trouvera dans les pages de ce blogue :
- La BD « Ite ad Joseph » > ici
- Le cantique « Saint Joseph, ô pur modèle » > ici
- Les salutations à Saint Joseph composées par Saint Jean Eudes > ici
- D’autres prières à Saint Joseph, dont la prière spéciale publiée par Léon XIII marquant son patronage sur l’Eglise universelle > ici

Trois lys blancs

2020-55. De Saint Pierre Canisius, théologien du concile de Trente, modèle des catéchistes, second apôtre de l’Allemagne, & Docteur de l’Eglise.

27 avril,
Fête de Saint Pierre Canisius, confesseur et docteur de l’Eglise.

Voici la catéchèse de Sa Sainteté le Pape Benoît XVI consacrée à Saint Pierre Canisius, délivrée lors de l’audience pontificale générale du mercredi 9 février 2011.

St Pierre Canisius catéchisant

Saint Pierre Canisius catéchisant

Chers frères et sœurs,

Je voudrais vous parler aujourd’hui de saint Pierre Kanis, Canisius, forme latinisée de son nom de famille, une figure très importante du XVIe siècle catholique.
Il était né le 8 mai 1521 à Nimègue, en Hollande. Son père était bourgmestre de la ville. Alors qu’il était étudiant à l’université de Cologne, il fréquenta les moines chartreux de Sainte-Barbara, un centre dynamique de vie catholique, ainsi que d’autres hommes pieux qui cultivaient la spiritualité dite devotio moderna. Il entra dans la Compagnie de Jésus le 8 mai 1543 à Mayence (Rhénanie-Palatinat), après avoir suivi un cours d’exercices spirituels sous la direction du bienheureux Pierre Favre, Petrus Faber, l’un des premiers compagnons de saint Ignace de Loyola. Ordonné prêtre en juin 1546 à Cologne, dès l’année suivante, comme théologien de l’évêque d’Augsburg, le cardinal Otto Truchsess von Waldburg, il participa au Concile de Trente, où il collabora avec deux confrères, Diego Laínez et Alfonso Salmerón.

En 1548, saint Ignace lui fit terminer sa formation spirituelle à Rome et l’envoya ensuite au Collège de Messine pour accomplir d’humbles travaux domestiques.
Ayant obtenu à Bologne un doctorat en théologie le 4 octobre 1549, il fut destiné par saint Ignace à l’apostolat en Allemagne. Le 2 septembre de cette même année, 1549, il rendit visite au Pape Paul III à Castel Gandolfo, puis se rendit dans la basilique Saint-Pierre pour prier. Là, il implora l’aide des grands saints apôtres Pierre et Paul, afin qu’ils accordent une efficacité permanente à la Bénédiction Apostolique pour son grand destin, pour sa nouvelle mission. Dans son journal, il note certaines phrases de cette prière. Il dit : « J’ai alors ressenti qu’un grand réconfort et que la présence de la grâce m’étaient accordés au moyen de ces intercesseurs [Pierre et Paul]. Ils confirmaient ma mission en Allemagne et semblaient me transmettre, comme apôtre de l’Allemagne, le soutien de leur bienveillance. Tu sais, Seigneur, de combien de façons et combien de fois en ce même jour Tu m’as confié l’Allemagne pour laquelle, par la suite, je continuerais à être sollicité, pour laquelle je désirerais vivre et mourir ».

Nous devons tenir compte du fait que nous nous trouvons à l’époque de la Réforme luthérienne, au moment où la foi catholique dans les pays de langue germanique, face à l’attraction de la Réforme, semblait s’éteindre.
Le devoir de Pierre Canisius, chargé de revitaliser, de renouveler la foi catholique dans les pays germaniques, était presque impossible. Il n’était possible que par la force de la prière. Il n’était possible qu’à partir du centre, c’est-à-dire d’une profonde amitié personnelle avec Jésus Christ ; une amitié avec le Christ dans Son Corps, l’Eglise, qui doit être nourrie dans l’Eucharistie, Sa Présence Réelle.

En suivant la mission reçue par Ignace et par le Pape Paul III, Pierre Canisius partit pour l’Allemagne et se rendit avant tout dans le duché de Bavière, qui pendant de nombreuses années, fut le lieu de son ministère. En tant que doyen, recteur et vice-chancelier de l’université d’Ingolstadt, il s’occupa de la vie académique de l’Institut et de la réforme religieuse et morale du peuple. A Vienne, où, pendant une brève période, il fut administrateur du diocèse, il accomplit son ministère pastoral dans les hôpitaux et dans les prisons, tant en ville que dans les campagnes, et prépara la publication de son Catéchisme. En 1556, il fonda le Collège de Prague et, jusqu’en 1569, il fut le premier supérieur de la province jésuite de l’Allemagne supérieure.

Dans le cadre de cette charge, il établit dans les pays germaniques un réseau étroit de communautés de son Ordre, en particulier de collèges, qui devinrent des points de départ pour la réforme catholique, pour le renouveau de la foi catholique. A cette époque, il participa également au colloque de Worms avec les dirigeants protestants, parmi lesquels Philip Mélanchthon (1557) ; il exerça la fonction de nonce pontifical en Pologne (1558) ; il participa aux deux Diètes d’Augsbourg (1559 et 1565) ; il accompagna le cardinal Stanislas Hozjusz, légat du Pape Pie IV auprès de l’empereur Ferdinand (1560) ; il intervint à la session finale du Concile de Trente, où il parla de la question de la Communion sous les deux espèces et de l’index des livres interdits (1562).

En 1580, il se retira à Fribourg en Suisse, en se consacrant totalement à la prédication et à la composition de ses œuvres, et c’est là qu’il mourut le 21 décembre 1597.
Béatifié par le bienheureux Pie IX en 1864, il fut proclamé en 1897 le deuxième Apôtre de l’Allemagne par le Pape Léon XIII, et canonisé et proclamé Docteur de l’Eglise par le Pape Pie XI en 1925.

Saint Pierre Canisius passa une bonne partie de sa vie au contact des personnes les plus importantes socialement de son époque et exerça une influence particulière par ses écrits.
Il fut l’éditeur des œuvres complètes de saint Cyrille d’Alexandrie et de saint Léon le Grand, des Lettres de saint Jérôme et des Oraisons de saint Nicolas de Flüe. Il publia des livres de dévotion en plusieurs langues, les biographies de plusieurs saints suisses et de nombreux textes d’homilétique.
Mais ses écrits les plus répandus furent les trois Catéchismes composés entre 1555 et 1558. Le premier Catéchisme était destiné aux étudiants en mesure de comprendre des notions élémentaires de théologie ; le deuxième aux jeunes du peuple pour une première instruction religieuse ; le troisième aux jeunes ayant une formation scolaire de niveau secondaire et supérieur. La doctrine catholique était exposée sous forme de questions et réponses, brièvement, dans des termes bibliques, avec une grande clarté et sans accents polémiques. Rien que de son vivant, on dénombrait déjà 200 éditions de ce Catéchisme ! Et des centaines d’éditions se sont succédé jusqu’au XXe siècle. Ainsi en Allemagne, les personnes de la génération de mon père appelaient encore le Catéchisme simplement le Canisius : il est réellement le catéchiste à travers les siècles, il a formé la foi de personnes pendant des siècles.

C’est bien une caractéristique de saint Pierre Canisius : savoir composer harmonieusement la fidélité aux principes dogmatiques avec le respect dû à chaque personne. Saint Canisius a fait la distinction entre l’apostasie consciente, coupable, de la foi, et la perte de la foi non coupable, du fait des circonstances. Et il a déclaré, à l’égard de Rome, que la plupart des Allemands passés au protestantisme étaient sans faute. A un moment historique de fortes oppositions confessionnelles, il évitait — c’est quelque chose d’extraordinaire — l’âpreté et la rhétorique de la colère — quelque chose de rare comme je l’ai dit en ces temps de débats entre chrétiens, — et il visait uniquement à la présentation des racines spirituelles et à la revitalisation de la foi dans l’Eglise. C’est à cela que servit la connaissance vaste et profonde qu’il avait des Ecritures Saintes et des Pères de l’Eglise : cette même connaissance sur laquelle s’appuya sa relation personnelle avec Dieu et l’austère spiritualité qui lui venait de la devotio moderna et de la mystique rhénane.

La spiritualité de saint Canisius se caractérise par une profonde amitié personnelle avec Jésus. Il écrit, par exemple, le 4 septembre 1549 dans son journal, parlant avec le Seigneur : «Toi, à la fin, comme si Tu m’ouvrais le Cœur du Très Saint Corps, qu’il me semblait voir devant moi, Tu m’as commandé de boire à cette Source, en m’invitant pour ainsi dire à puiser les eaux de mon salut à Tes sources, ô mon Sauveur». Puis il voit que le Sauveur lui donne un vêtement en trois parties qui s’appellent paix, amour et persévérance. Et avec ce vêtement composé de paix, d’amour et de persévérance, Canisius a mené son œuvre de renouveau du catholicisme. Son amitié avec Jésus — qui est au centre de sa personnalité — nourrie par l’amour de la Bible, par l’amour du Sacrement, par l’amour des Pères, cette amitié était clairement unie avec la conscience d’être dans l’Eglise un continuateur de la mission des Apôtres. Et cela nous rappelle que chaque évangélisateur authentique est toujours un instrument uni — et cela même le rend fécond — avec Jésus et avec Son Eglise.

Saint Pierre Canisius s’était formé à l’amitié avec Jésus dans le milieu spirituel de la Chartreuse de Cologne, dans laquelle il était en contact étroit avec deux mystiques chartreux : Johann Lansperger, latinisé en Lanspergius, et Nicolas van Hesche, latinisé en Eschius. Il approfondit par la suite l’expérience de cette amitié, familiaritas stupenda nimis, avec la contemplation des mystères de la vie de Jésus, qui occupent une grande partie des Exercices spirituels de saint Ignace. Son intense dévotion au Cœur du Seigneur, qui atteint son sommet dans la consécration au ministère apostolique dans la Basilique vaticane, trouve ici son fondement.

Dans la spiritualité christocentrique de saint Pierre Canisius s’enracine une conviction profonde : il n’y a pas d’âme soucieuse de sa propre perfection qui ne pratique chaque jour la prière, l’oraison mentale, moyen ordinaire qui permet au disciple de Jésus de vivre dans l’intimité du Maître divin. C’est pourquoi, dans les écrits destinés à l’éducation spirituelle du peuple, notre saint insiste sur l’importance de la liturgie avec ses commentaires des Evangiles, des fêtes, du rite de la Messe et des autres sacrements, mais, dans le même temps, il a soin de montrer aux fidèles la nécessité et la beauté de la prière personnelle qui accompagne et imprègne la participation au culte public de l’Eglise.

Il s’agit d’une exhortation et d’une méthode qui conservent leur valeur intacte [...] : la vie chrétienne ne croît pas si elle n’est pas nourrie par la participation à la liturgie, de manière particulière à la Messe dominicale, et par la prière personnelle quotidienne, par le contact personnel avec Dieu. Parmi les mille activités et les multiples stimulations qui nous entourent, il est nécessaire de trouver chaque jour des moments de recueillement devant le Seigneur pour l’écouter et parler avec Lui.

Dans le même temps, l’exemple que saint Pierre Canisius nous a laissé, non seulement dans ses œuvres, mais surtout à travers sa vie, est toujours actuel et d’une valeur permanente. Il enseigne avec clarté que le ministère apostolique n’est incisif et ne produit des fruits de salut dans les cœurs que si le prédicateur est un témoin personnel de Jésus et sait être un instrument à sa disposition, étroitement uni à Lui par la foi dans Son Evangile et dans Son Eglise, par une vie moralement cohérente et par une prière incessante comme l’amour. Et cela vaut pour chaque chrétien qui veut vivre avec engagement et fidélité son adhésion au Christ [...].

Armoiries de Benoît XVI

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