Archive pour la catégorie 'De liturgia'

2018-39. De l’exhumation de l’ Alléluia au matin de Pâques.

12ème partie du récit du Maître-Chat Lully
relatant
la Semaine Sainte à La Garde-Freinet :

l’exhumation de l’Alléluia au matin de Pâques 

Samedi 5 mai 2018,
Fête de la conversion de notre Bienheureux Père Saint Augustin (cf. > ici  et aussi > ici) ;
Mémoire de Saint Pie V, pape et confesseur ;

1er samedi du mois dédié à la réparation envers le Coeur douloureux et immaculé de Marie.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Au matin de Pâques, ce dimanche 1er avril 2018, à la fin de l’office de prime au monastère Saint-Benoît de La Garde-Freinet, Frère Maximilien-Marie a été témoin d’une cérémonie à laquelle il ne s’attendait pas du tout : je vais vous raconter – images à l’appui (puisqu’il avait son appareil photographique avec lui) – ce dont il s’est agi, en reprenant au maximum ses propos quand il me l’a ensuite racontée.

« Eh bien, mon Lully, je vais te raconter quelque chose auquel je viens d’assister et que je n’avais même pas imaginé !
Ce matin, à la fin de l’office de prime, alors que je pensais rester dans l’église pour y faire oraison, j’ai vu Dom Alcuin – le prieur du monastère – partir à la sacristie où il a revêtu un surplis et endossé une chape dorée, tandis que les autres clercs ou servants d’autel présents revêtaient aussi leurs surplis. Je me demandais pour quelle cérémonie, parce que rien n’était écrit sur le programme du Triduum Sacré affiché à l’entrée de l’église. Ils se sont rangés devant l’autel, ont commencé à chanter l’un des cantiques latins du jour de Pâques et ont génuflecté puis, derrière la croix de procession, se sont dirigés vers la sortie.
Dom Alcuin m’a fait signe de les suivre… mais sans me donner d’explication.
Monsieur le chanoine Frédéric, qui venait d’achever sa Messe basse, a lui aussi été invité à suivre cette procession dont je n’avais pas la clef d’interprétation.
Dehors, après la tempête qui s’était déchaînée une bonne partie de la nuit, le ciel s’était dégagé, mais un vent froid et désagréable continuait à tournoyer dans les ruelles médiévales. Les rayons du soleil éclairaient déjà les collines alentour mais n’avaient pas encore atteint le village…

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« Traversant la place et s’engouffrant dans la ruelle montante qui longe le mur du monastère, la petite procession a franchi une porte qui justement permet d’entrer dans l’enceinte monastique. Qu’allions-nous donc y faire ?

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« Nous sommes entrés dans une courette dont la moitié est dallée, mais dont l’autre moitié est occupée par le poulailler des moines.
J’ai alors pensé que nous allions y chercher les oeufs pour qu’ils soient bénits à la Grand’Messe.
Mais non ! Dom Ildefonse a donné au prieur, non pas un panier pour collecter les oeufs, mais… une bêche – sans d’ailleurs omettre aucun des baisers liturgiques : baiser à la bêche, baiser à la main du prieur – , et les chantres continuaient le chant de la cantilène pascale alors que Dom Alcuin, en chape dorée, se mettait à creuser avec ardeur dans un espace compris entre un rosier et le poulailler…

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« Je ne comprenais toujours pas ce que Dom Alcuin cherchait en creusant de la sorte.
Il a pratiqué un trou relativement profond et, pendant un moment, il semblait même hésiter et on « voyait » presque au-dessus de sa tête et de celles de ses acolytes les bulles, comme dans les bandes dessinées, dans lesquelles étaient inscrits ces mots  « Mais où diable est-il passé ? »…

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« Enfin, après encore quelques coups de bêche énergiques, Dom Alcuin s’est agenouillé au bord du trou, s’est profondément incliné pour y plonger ses deux bras et en a retiré – « je vous le donne en cent, je vous le donne en mille », comme aurait dit ma chère marquise de Sévigné – une espèce de grand bristol plastifié sur lequel était écrit l’Alléluia qu’il a présenté à tous les assistants…

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« A ce moment-là, j’ai failli m’exclamer comme le fameux commissaire Bourrel : « Bon sang ! Mais c’est bien sûr ! »
Tu te souviens, mon Lully, qu’à la conclusion des premières vêpres du dimanche de la Septuagésime, il y a les « Adieux à l’Alléluia » : tu as d’ailleurs publié un texte à ce propos dans ton blogue (cf. > ici).
Eh bien ! Il se trouve que cet Alléluia – qui est quasi personnifié -, en certains endroits (et de toute évidence cela bien été le cas au monastère Saint-Benoît), on lui fait de véritables funérailles et on le met en terre lorsqu’on commence la Septuagésime ; le célébrant étant alors revêtu d’une chape noire. Au matin de la Résurrection, il est donc tout à fait logique de l’exhumer de la tombe dans laquelle il est demeuré pendant quelque septante jours. 

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« La procession s’est alors reformée, toujours chantant des mélodies pascales avec de joyeux Alléluia, et s’en est retournée à l’église.

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« Dom Alcuin a déposé l’Alléluia sur l’autel, au pied du saint tabernacle…

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« Il l’a encensé. Et ce carton portant le chant de l’Alléluia est resté à cet endroit (couvert par le canon d’autel central) pendant la Grand’Messe du Saint Jour de Pâques. »

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Voici donc le récit de la cérémonie de l’exhumation de l’Alléluia - « Et celui qui l’a vu en a rendu témoignage et son témoignage est véridique. Et il sait qu’il dit vrai, afin que vous croyez vous aussi » (cf. Johan. XIX 35) – tel que je l’ai recueilli de la bouche de mon papa-moine qui était tout à la fois ravi, ému et enthousiaste d’avoir assisté pour la première fois de sa vie (et en trente-huit ans de vie religieuse) à cette tradition pascale.

pattes de chatLully.

A suivre :
La Grand’Messe du Saint Jour de Pâques > ici.

Publié dans:Chronique de Lully, De liturgia |on 4 mai, 2018 |5 Commentaires »

2018-38. De la Vigile Pascale célébrée selon le rite antérieur à la réforme de 1955.

11ème partie du récit du Maître-Chat Lully
relatant
la Semaine Sainte à La Garde-Freinet :

la Vigile Pascale 

Vendredi 4 mai 2018,
Fête de Sainte Monique (cf. > ici)
1er vendredi du mois dédié à la réparation envers le divin Coeur de Jésus.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Notre ami Henri Adam de Villiers n’a pas achevé la publication de ses études sur la réforme de la Semaine Sainte infligée à l’Eglise en 1955 : nous espérons de tout coeur qu’il continuera prochainement à faire paraître ses textes très instructifs permettant de faire la comparaison entre la liturgie authentiquement tridentine et les rites imposés par la commission liturgique qui oeuvra à la fin du pontificat de Pie XII. Je n’ai donc (malheureusement) plus d’étude de référence à vous conseiller ici en ce qui concerne la liturgie de la Vigile Pascale.
Mais on pourra toujours se reporter à la savoureuse conférence de Monseigneur Gromier que publie le blogue de la Schola Sainte-Cécile (cf. > ici) dans laquelle il relève, « cum grano salis », toutes les incohérences et les présupposés pseudo-scientifiques – mais authentiquement idéologiques – qui ont présidé à cette réforme de 1955, annonçant celles de 1965 et de 1969, et aborde donc au passage les réformes qui ont été opérées sur les rites de la Vigile Pascale.

Comme je l’ai déjà expliqué en introduction à ma présentation de la cérémonie du « Mandatum », l’indult accordé pour la reprise des rites antérieurs à la réforme de 1955 spécifiait toutefois qu’en ce qui concerne les heures de célébration on devrait se conformer aux usages imposés par la réforme pacellienne : Frère Maximilien-Marie ne m’a pas caché qu’il regrette cette demi-mesure, qui ne permet donc pas une véritable restauration des usages tridentins.
Avec lui, j’espère de tout coeur que nous pourrons un jour (que nous voudrions proche) reprendre dans leur intégralité les rites antiques.
En attendant, nous avons assisté ce Samedi Saint 31 mars dernier, à une Vigile Pascale qui a commencé avec la fin du jour et dont je vous invite maintenant à découvrir une sélection de photographies.

Lully.

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A – Bénédiction du feu et de l’encens :

A la porte de l’église, on allume un feu. Sa flamme doit être tirée de la pierre - ainsi que le dit la première oraisons de bénédiction – : pas question donc de se servir d’allumettes, il faut utiliser un briquet.
Ce détail n’en est pas vraiment un : le « feu nouveau tiré de la pierre » (la première oraison en parle) renvoie évidemment à la banquette de pierre du tombeau sur laquelle le corps supplicié du Fils de Dieu incarné a été déposé et sur laquelle il a repris vie.

Ce Samedi Saint dernier, en Provence, il faisait un temps épouvantable : le vent soufflait furieusement et mugissait sauvagement dans les ruelles médiévales autour de l’église de La Garde-Freinet. Le feu fut allumé au fond de l’église, plutôt que devant la porte où il eût été impossible de le faire prendre et de le garder allumé.
Point n’est besoin d’ailleurs que ce feu que l’on va bénir soit un bûcher ou un brasier – nous ne sommes pas à la Saint-Jean ! – : il suffit qu’il y ait une flamme.

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Le célébrant est revêtu de la chape violette, il est accompagné du diacre et du sous-diacre – celui-ci portant la croix de procession – , qui sont revêtus des chasubles pliées violettes.
Il bénit le feu nouveau au moyen de trois oraisons, puis l’encens, avec une autre oraison, et il les asperge d’eau bénite. 

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Alors un acolyte, au moyen d’un cierge, prélève la flamme dans le feu bénit, tandis que le diacre dépose la chasuble pliée violette et revêt la dalmatique blanche ou dorée ; puis il prend le « roseau », sorte de canne (originellement faite d’une tige de roseau, rappelant le roseau dont les soldats firent un sceptre de dérision au Christ durant les outrages qu’il subit dans le prétoire) surmontée d’un cierge à trois branches.

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Les trois branches de ce cierge sont allumées successivement dans la procession qui a alors lieu en direction du sanctuaire : durant cette marche, chaque fois qu’est allumée l’une des branches de ce cierge, le diacre chante – en montant le ton à chaque fois – : « Lumen Christi », et le choeur répond : « Deo gratias ».

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B – Bénédiction du Cierge pascal :

Après sa bénédiction, le Cierge pascal symbolisera le Christ Rédempteur : la cire figure Son corps, la mèche Son âme, la flamme Sa divinité, et ces trois principes intimement unis symbolisent l’union de la nature divine et de la nature humaine dans la Personne de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
La cérémonie de bénédiction du Cierge se fait pendant et par le chant de l’ « Exultet ».
Avant de le chanter, le diacre a demandé la bénédiction du célébrant.

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Le diacre a interrompu son chant pour fixer sur le Cierge les cinq grains d’encens qui ont été bénits en même temps que le feu : il les fixe en forme de croix.

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Puis il reprend son chant…

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… et l’interrompt à nouveau pour allumer le Cierge avec la flamme bénite prélevée sur le roseau.

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Peu après, les lampes de l’église sont allumées à leur tour, et le diacre achève le chant de l’ « Exultet ».

C – Lecture des douze prophéties :

Vient alors la lecture des douze prophéties, qui constituent une espèce de résumé de l’histoire du salut et des mystères de la foi liés à la Résurrection et au renouveau produit par le baptême.
Les prophéties sont chantées par un lecteur, tandis que le célébrant (qui a déposé la chape violette et revêtu la chasuble de même couleur) les lit à voix basse au missel, du côté de l’épître ; le diacre (qui a repris la chasuble pliée violette) et le sous-diacre sont en ligne derrière lui, comme à l’accoutumée.

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Chaque prophétie est suivie d’une oraison, introduite par l’ « oremus » du célébrant, le « flectamus genua » du diacre, et le « levate » du sous-diacre (sauf après la douzième prophétie où l’on ne génuflecte pas).
En outre, trois des prophéties sont suivies du chant d’un trait avant l’oraison.

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D – Bénédiction des fonts :

Le célébrant reprend la chape violette. La procession se forme, derrière le Cierge pascal, et la croix de procession, entourée par les acotytes qui portent leurs cierges allumés, et pendant que l’on chante le trait « Sicut cervus », on se rend aux fonts baptismaux.

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Le prêtre récite une oraison introductive, avant de commencer la bénédiction à proprement parler.

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La bénédiction commence par une oraison et continue par le chant d’une préface au cours de laquelle sont accomplis divers rites : division de l’eau en forme de croix, toucher de l’eau, signes de croix… etc.

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Le Cierge pascal est plongé à trois reprises dans les fonts baptismaux…

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… et à la troisième fois il le maintient dans l’eau pendant qu’il souffle sur celle-ci en formant la lettre grecque ψ :

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Puis il asperge les fidèles présents avec cette eau, que l’on prélève aussi pour les bénédictions des maisons.
Il verse ensuite dans les fonts baptismaux de l’huile des catéchumènes en forme de croix, puis du saint chrême de la même manière…

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… et enfin, toujours en forme de croix, simultanément l’huile sainte et le saint chrême :

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S’il devait y avoir des baptêmes ils se placeraient à ce moment-ci.

Le clergé revient ensuite vers le sanctuaire et les fidèles regagnent leurs places.

E – La Sainte Messe :

Le chant de l’introït est en quelque manière remplacé par celui des litanies des saints, qui étaient chantées autrefois pendant que la procession du clergé et des nouveaux baptisés quittait le baptistère (lequel, dans l’antiquité, était distinct de l’église) et entrait dans la basilique.
Le célébrant et ses ministres déposent les ornements violets et se prosternent au pied de l’autel.

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Au verset « Peccatores, te rogamus audi nos », le prêtre et ses ministres se relèvent pour se rendre à la sacristie où ils vont revêtir les ornements festifs pour la célébration de la Sainte Messe.
Dans le même temps, les cierges de l’autel sont allumés et les reliquaires, déjà disposés sur les gradins mais qui étaient voilés, sont découverts.

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A la fin des litanies, tandis que le prêtre et ses ministres s’avancent vers l’autel, tous se lèvent et l’on commence le chant du Kyrie.
Le prêtre dialogue avec ses ministres les prières au bas de l’autel, et la Messe est célébrée ensuite comme l’est toute Messe solennelle habituelle.

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Les seules particularités de la Messe de la Vigile Pascale sont :
1 – le chant de l’Alléluia, à trois reprises en élevant le ton, après l’épître. Cet Alléluia est suivi d’un verset du psaume CXVII puis d’un trait, constitué des deux versets du psaume CXVI.
2 – qu’à la procession de l’Evangile les acolytes ne portent pas leurs cierges,
3 – et l’on ne récite pas le Credo après le chant de l’Evangile.

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4 – Il n’y a pas non plus d’Agnus Dei.
5 – Après la sainte communion, on chante, en guise de vêpres, le psaume CXVI avec son antienne qui est un triple alléluia, puis le Magnificat avec son antienne, pendant lequel on encense l’autel.

6 – Après l’oraison conclusive et le « Dominus vobiscum » du prêtre, le diacre chante « Ite missa est, alleluia, alleluia » auquel le choeur et les fidèles répondent : « Deo gratias, alleluia, alleluia ».

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La messe se termine normalement avec la récitation du dernier Evangile.

A suivre :
L’exhumation de l’Alléluia au matin de Pâques > ici.

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2018-37. La Messe des Présanctifiés, au Vendredi de la Parascève.

10ème partie du récit du Maître-Chat Lully
relatant
la Semaine Sainte à La Garde-Freinet :

la Messe des Présanctifiés le Vendredi « in Parasceve »

Jeudi 3 mai 2018,
Fête de l’Invention de la Sainte Croix (cf. > ici)
Anniversaire du massacre des prêtres de Lamastre par les huguenots le 3 mai 1587 (cf. > ici et > ici)

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Je vais continuer aujourd’hui mes « reportages » photographiques sur les célébrations du Triduum Sacré selon les véritables et vénérables rites tels qu’ils figurent dans le missel tridentin, auxquelles Frère Maximilien-Marie et ses amis ont assisté lors de la dernière Semaine Sainte, auprès du monastère Saint-Benoît de La Garde-Freinet.
Ainsi donc, après mon compte-rendu de la Sainte Messe « in Cœna Domini » (cf. > ici), nous allons, très opportunément en cette fête de l’Invention de la Sainte Croix, revoir la cérémonie du Vendredi Saint, traditionnellement nommé Vendredi « in Parasceve ».

Encore une fois, nous renvoyons aux études publiées par Henri Adam de Villiers sur le blogue de la Schola Sainte-Cécile concernant la réforme de 1955, et en particulier > ici pour ce qui concerne la liturgie du Vendredi-Saint puisque les modifications « apportées au Vendredi Saint sont à la fois plus nombreuses et parfois plus complexes à analyser » et parce que « leur portée est aussi bien plus lourde de conséquences ».

La première modification subie par le missel tridentin lors de la réforme de 1955 est une modification de nom : depuis la plus haute antiquité (et parce que le terme est utilisé par les Saints Evangélistes eux-mêmes), la célébration liturgique du Vendredi-Saint porte le nom de « Feria sexta in Parasceve » c’est-à-dire : vendredi de la Parascève. Ce mot est passé directement du grec au latin et du latin au français sans être traduit : s’il signifie « préparation », son acception va toutefois bien au-delà de la simple évocation des préparatifs tels qu’on les conçoit dans la vie courante.
La Parascève des Juifs portait en elle toute la préparation sacrée du grand sabbat de la Pâque, et comprenait donc en particulier l’immolation de l’agneau pascal et tous les préparatifs rituels, conformes aux prescriptions de Moïse, pour le mémorial de cette nuit d’Egypte au cours de laquelle les maisons marquées par le sang de l’agneau avaient été préservées du passage de l’ange exterminateur, avant que le peuple Hébreu ne passe de l’esclavage à la liberté et ne franchisse la Mer Rouge. La Parascève chrétienne est celle de l’immolation de l’Agneau de Dieu véritable, qui prélude au passage de l’esclavage du péché à la liberté spirituelle des rachetés, communiquée par le saint baptême. L
e changement de dénomination survenu en 1955, sous le sempiternel prétexte bidon d’adopter un langage « plus adapté à la compréhension des hommes de ce temps » (sans doute devenus beaucoup moins intelligents que leurs ancêtres du VIIème, du XIIIème ou du XVIIème siècles !) abandonne un terme précis, lourd d’une évocation mystique séculaire, et c’est une grande perte.
Et dans le même temps, à l’intérieur de la Sainte Eglise de la même manière que dans la société civile, ceux qui prônent l’abandon de ces termes précis prétendûment mal compris ne se privent pas d’user et d’abuser de mots ou de formulations nouveaux, de néologismes, de sigles et d’abréviations, dont on se demande s’ils sont vraiment compréhensibles par les « hommes de ce temps » !

L’autre modification, bien mise en évidente par l’article du blogue de la Schola sainte-Cécile (cf. > ici), consiste, à travers de très nombreuses suppressions, en une atténuation des caractères antiques et traditionnels d’une Messe des Présanctifés, au point que la partie « eucharistique » de la liturgie du Vendredi-Saint dans le rite réformé en 1955 n’est plus à proprement parler une Messe des Présanctifiés mais se trouve réduite à une espèce de rite de communion en dehors de la Messe.
Je ne peux tout développer ici, aussi insisté-je vraiment pour que mes lecteurs se plongent avec la plus grande attention dans cette excellente étude rédigée par Henri Adam de Villiers.

Lully.

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Au début de la cérémonie, l’autel est nu, avec la croix voilée de violet et ses cierges éteints :

Vendredi Saint 1

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Le clergé entre en procession : il n’y a pas d’encens ni cierges pour les acolytes. Le célébrant est revêtu de la chasuble ; le diacre et le sous-diacre portent des chasubles pliés. Ces ornements sont de couleur noire comme à une messe des morts, puisqu’on célèbre la mort du Christ.
Le célébrant et ses ministres se prosternent de tout leur long au bas de l’autel, tandis que les autres clercs sont à genoux à leurs places respectives. Pendant ce temps, les acolytes disposent une seule nappe sur l’autel.

Vendredi Saint 3

Quand ils se relèvent, le célébrant et ses ministres génuflectent et montent à l’autel.
Après avoir baisé l’autel, le prêtre va au missel – du côté de l’épître – et commence à voix basse la lecture de la prophétie d’Osée. Le diacre et le sous-diacre sont en ligne derrière lui.

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Pendant ce temps, un lecteur fait à haute-voix la lecture de la prophétie d’Osée…

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… prophétie à la fin de laquelle le choeur chante le trait extrait du prophète Habacuc.
Lorsque le célébrant a terminé la lecture du trait au missel, il va à son siège, accompagné de ses ministres.

Vendredi Saint 6

A la fin du trait, le célébrant et ses ministres reviennent à l’autel. Le prêtre chante « Oremus », puis le diacre « Flectamus genua »

Vendredi Saint 7

Après un temps de prière silencieuse à genoux, le sous-diacre chante « Levate ! »
Tous se lèvent alors et le prêtre chante la collecte qui est la même qu’à la Messe « in Cœna Domini » : « Cette oraison commune aux deux Messes du Jeudi et du Vendredi Saint affirme magnifiquement l’unité théologique du Mystère pascal » (cf. article référencé ci-dessus).

Vendredi Saint 8

Le sous-diacre ayant déposé la chasuble pliée et reçu le lectionnaire des mains du cérémoniaire chante sur le ton commun la lecture du passage du livre de l’Exode relatif à l’agneau pascal.
Cette lecture est suivie d’un trait.

Vendredi Saint 9

Puis trois diacres chantent la Passion selon Saint Jean, de la même manière que l’on a chanté la Passion selon Saint Matthieu le dimanche des Rameaux (cf. > ici) et les Passions selon Saint Marc et selon Saint Luc les mardi et mercredi saints (cf. > ici).

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Génuflexion et temps de recueillement silencieux au moment où a été chantée la mort du Christ Notre-Seigneur :

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Lorsque les trois diacres ont achevé le chant de la Passion, le diacre ministre du célébrant dépose la chasuble pliée, revêt le stolon, reçoit l’évangéliaire mais  – comme aux Messes de Requiem – il ne reçoit pas la bénédiction du célébrant, et accompagné des acolytes qui – là encore comme aux Messes de Requiem – ne portent pas de cierges, il accomplit la procession de l’Evangile.

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Il chante la suite de la suite de la Passion selon Saint Jean qui raconte l’ensevelissement de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
L’évangéliaire n’est pas porté par le sous-diacre à baiser au prêtre, lequel n’est pas non plus encensé par le diacre.

Vendredi Saint 13

Après l’Evangile, le prêtre se place devant le missel, du côté de l’épître, avec le diacre et le sous-diacre en ligne derrière lui, et commence le chant des oraisons solennelles : chaque oraison est précédée d’une monition chantée par le prêtre les mains jointes sur le ton de la préface fériale, espèce d’invitatoire dans lequel est présentée l’intention ; cette monition est suivie d’un « Oremus », puis – sauf pour la huitième – d’un « Flectamus genua » du diacre et d’un « Levate » du sous-diacre. Puis vient l’oraison proprement dite, que le prêtre chante sur le ton férial les mains étendues.

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 « Après les oraisons, le célébrant et ses deux ministres vont à la banquette, retirent leurs manipules. Le célébrant dépose sa chasuble noire, le sous-diacre sa chasuble pliée noire. Le diacre avait déjà déposé sa chasuble pliée noire pour le chant de l’Evangile de la Messe, pour lequel il avait pris le stolon ou étole large (originalement, une chasuble roulée en travers sur ses épaules), qu’il conserve.
Le diacre va alors chercher la croix voilée du maître-autel et l’apporte au prêtre. On procède au dévoilement de la croix en trois étapes :
1 – Le célébrant, qui s’est placé au coin postérieur de l’autel, côté épître (en ligne avec les chandeliers), reçoit la croix du diacre. Le célébrant découvre la partie haute de la croix, jusqu’à la traverse, de sorte qu’on ne puisse voir la tête du Christ. Il l’élève des deux mains, tournée vers le peuple, le diacre et le sous-diacre à ses côtés, à demi tournés vers la croix. Le célébrant chante une première fois Ecce lignum Crucis & ses ministres continuent avec lui pour chanter la suite : In quo salus mundi pependit. Le chœur répond Venite, adoremus. Tous s’agenouillent alors pour adorer le Christ, sauf le célébrant qui tient la croix » (citation de l’article référencé ci-dessus).

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« 2 – La même cérémonie se reproduit une seconde fois, cette fois au coin antérieur de l’autel, côté épître. Le prêtre dévoile cette fois le bras droit & la tête du Christ, et entonne un ton plus haut Ecce lignum Crucis qui est poursuivi par les ministres et auquel on répond comme précédemment » (ibid.).

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« 3 – La même cérémonie est effectuée une troisième fois devant le milieu de l’autel, le célébrant découvre complètement le crucifix cette fois et entonne l’Ecce lignum Crucis un ton plus haut. Après le 3ème Venite, adoremus, tous demeurent à genoux cette fois (…) » (ibid.).

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Puis la croix dévoilée est déposée sur un coussin posé au sol au lieu où se déroulera la cérémonie de l’adoration. Le célébrant et ses ministres vont à leurs places pour y retirer leurs chaussures, ce que font aussi tous les clercs présents, en signe de pénitence.
Pendant que le chœur interprête les chants prévus (les impropères, l’antienne « Crucem tuam » et l’hymne de Saint Venance Fortunat « Crux fidelis »), le célébrant, ses ministres, le clergé présent et les servants, vont adorer la croix, deux par deux, après avoir fait trois genuflections. 

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Lorsque les fidèles ont adoré la croix à la suite du clergé, celle-ci est est placée sur l’autel dont les cierges ont été allumés.
Puis, comme à une Messe, le diacre porte à l’autel la bourse contenant le corporal, qu’il déploie, ainsi qu’un purificatoire qu’il pose à côté.

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Le prêtre a repris la chasuble après l’adoration de la croix. Le sous-diacre a repris sa chasuble pliée.
Derrière la croix de procession, porté par un sous-diacre, accompagné des acolytes portant leurs cierges allumés, tout le clergé se rend au reposoir par le plus court chemin, suivi par les fidèles…

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Après un temps de recueillement silencieux, le diacre ouvre le tabernacle dans lequel se trouvent le calice et la patène contenant la grande Hostie consacrée la veille. Le célébrant se lève, impose l’encens dans deux encensoirs, se remet à genoux et encense le Saint-Sacrement.

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Puis ayant reçu le voile huméral, il prend le Saint-Sacrement que lui présente le diacre. Tous le clergé tient des cierges allumés et l’on retourne vers le sanctuaire en formant une procession solennelle qui est l’exacte réplique de celle qui, la veille, a amené le Saint-Sacrement au reposoir. On chante l’hymne « Vexilla Regis prodeunt ».

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Lorsque la procession arrive à l’autel, le diacre reçoit le Saint Sacrement des mains du prêtre, pose le calice sur le corporal au centre de l’autel, et défait le ruban qui retient le voile au calice : ce voile est alors disposé de la même manière qu’un voile de calice à une messe ordinaire.
Le Saint-Sacrement est alors à nouveau encensé par le célébrant agenouillé. C’est alors que commence le rite original de la Messe des Présanctifié tel qu’il a été fixé à l’époque de Saint Grégoire le Grand.

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« Le célébrant et ses ministres montent à l’autel et génuflectent. Le diacre retire le voile du calice, la patène et la pale, puis tient des deux mains la patène au dessus du corporal. Le prêtre prend alors le calice et fais glisser la grande hostie qu’il contient sur la patène, puis pose le calice sur le corporal. Il reçoit du diacre la patène et dépose l’hostie consacrée sur le corporal. Le diacre verse ensuite le vin dans le calice, et le sous-diacre un peu d’eau, comme à l’offertoire d’une messe. Le diacre donne le calice au prêtre, qui le replace sur le corporal et le couvre de la pale. Toutes les prières habituelles de l’offertoire – offrande du pain et du vin en vue du sacrifice, invocation de l’Esprit Saint sur les offrandes – sont ici totalement omises. Cette omission est intéressante car significative : on n’offre pas le pain, puisqu’il est déjà le Corps du Christ, on n’offre pas le vin, car il ne deviendra pas le Sang du Christ »  (article cité).

Vendredi Saint 29

« Cependant, le célébrant procède à l’encensement des oblats, de la croix et de l’autel, comme à l’offertoire ordinaire, avec les prières usuelles, mais il n’est pas encensé et on n’encense personne. Il génuflecte avec ses ministres à chaque fois qu’il passe devant le Corps du Seigneur. Il se lave les mains à l’ordinaire côté épître, mais sans accompagner ce lavabo du psaume habituel. Il revient au centre de l’autel pour dire la prière d’offertoire habituelle In spiritu humilitatis, laquelle indique bien qu’on accomplit un sacrifice (& sic fiat sacrificium nostrum in conspectu tuo hodie). Puis il baise l’autel et il se tourne à moitié, côté évangile, afin de ne pas tourner le dos au Saint Sacrement et dit : Orate fratres, invitation qui indique bien la réalisation d’un sacrifice : ut meum ac vestrum sacrificium acceptabile fiat apud Deum Patrem omnipotentem » (ibid.).

Vendredi Saint 30

Vendredi Saint 31

« La réponse habituelle Suscipiat n’est pas faite par les ministres, mais le célébrant passe directement au Pater, en omettant tout le canon de la messe (puisque l’hostie est déjà présanctifiée). Le Pater noster est chanté comme à l’ordinaire par le célébrant, sur le ton férial. A la suite du Pater, le célébrant chante les mains étendues le Libera nos, quæsumus Domine sur le ton férial des oraisons (là où d’ordinaire, il le récite en secret), en omettant du coup tous les gestes de la fraction de l’hostie qu’il accomplit à cet endroit en temps normal » (ibid).

Vendredi Saint 32

« A ce moment-là, le célébrant procède à l’élévation de l’hostie, qui est faite comme à une messe ordinaire et qui symbolise plus particulièrement en ce jour l’élévation du Corps du Christ sur la Croix, qui offre son sacrifice parfait au Père éternel : le diacre et le sous-diacre s’agenouillent un peu derrière le célébrant pour soulever sa chasuble. On utilise les crécelles à la place des clochettes, mais on n’encense pas » (ibid.).

Vendredi Saint 33

« Les ministres s’étant levés, le diacre découvre le calice. Le célébrant fait ensuite en silence la fraction de l’hostie, il la rompt en trois parts de la manière habituelle et laisse tomber la petite parcelle dans le calice comme à l’ordinaire. Puis il omet tout (Pax Domini, baiser de paix, Agnus Dei, etc…) jusqu’à la troisième oraison secrète avant la communion du célébrant (Perceptio Corporis tui). Notons que la seconde de ces oraisons secrètes – Domine Jesu Christe -, ici omise, fait référence au Corps et au Sang du Seigneur, ce qui n’est pas le cas de Perceptio Corporis tui qui elle ne parle que du Corps.
Le célébrant communie au Corps du Christ de la manière habituelle avec les oraisons communes. Puis il communie à la parcelle dans le calice et consomme le vin de celui-ci, mais en silence, sans les prières habituelles pour la communion au Sang du Christ.
Le célébrant est seul à communier en ce jour, selon un usage fort ancien » (ibid).

Vendredi Saint 34

« Le célébrant purifie ses doigts et le calice comme à l’ordinaire, et dit incliné à voix basse devant l’autel l’oraison habituelle Quod ore sumpsimus, mais omet la seconde, Corpus tuum, Domine, quod sumpsi, & Sanguis quem potavi, pour la même raison que précédemment : il communie bien au Corps du Christ mais pas au Sang du Christ. Le sous-diacre redispose le calice avec son voile comme à une messe puis le porte à la crédence, le diacre dépose son stolon pour reprendre sa chasuble pliée, comme à une messe de Carême. Tout le reste de la messe (antienne de communion, Postcommunion, Benedicamus Domino, Placeat, bénédiction, dernier évangile) est omis…

Vendredi Saint 35

Vendredi Saint 36

Vendredi Saint 37

« Comme l’autel du reposoir a été ôté, et que tous les tabernacles sont vides et laissés ouverts, l’église – où domine la croix du Seigneur – semble alors comme vide de la présence divine, sentiment qui marque puissamment la mort du Christ et représente symboliquement ce moment si particulier du Samedi Saint qui commence dès les vêpres : la mise au tombeau et la descente de Notre-Seigneur aux Enfers » (ibid.).

Vendredi Saint 38

A suivre :
La Vigile Pascale > ici.

Neuvaine du 2 au 10 mai 2018 pour préparer le 3ème pèlerinage de la Confrérie Royale au Puy-en-Velay :

Tous les participants au désormais tout proche 3ème pèlerinage « Pour le Roi et la France » au Puy-en-Velay ces 11 et 12 mai 2018,
et tous les membres et sympathisants de la Confrérie Royale, même s’ils ne peuvent être présents physiquement à ce pèlerinage mais auxquels nous demandons instamment de s’y unir par le coeur et la prière,
ainsi que tous les amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,
auront à coeur de participer à cette neuvaine préparatoire au pèlerinage, du 2 au 10 mai,
pour demander à Notre-Seigneur et à Sa Très Sainte Mère de le bénir
et d’accorder
à toute la Confrérie Royale, en particulier à ceux qui s’engageront dans la Confrérie à cette occasion,
à tout le mouvement légitimiste et à chacun de ses cercles,
à la France,
à notre Roi et à sa famille,
toutes les grâces et forces – spirituelles et temporelles – qui leur sont nécessaires…

chasuble Ascension

Chasuble du Mesnil-Marie
pour le temps pascal et le temps de l’Ascencion

Neuvaine du 2 au 10 mai 2018
pour préparer le pèlerinage de la Confrérie Royale
au Puy-en-Velay

O Dieu qui, pour révéler les grandeurs de Votre Majesté, avez voulu, après Votre Résurrection d’entre les morts, monter au ciel sous les yeux de Vos apôtres et disciples : dans Votre bonté, accordez-nous Votre secours en demeurant, selon Votre promesse, toujours avec nous sur cette terre ; disposez Vous-même nos coeurs à accueillir comme il convient le divin Paraclet que Vous avez promis, pour que nous soyons enrichis de Ses sept dons ; donnez-nous de vivre ici-bas en dignes témoins du Royaume éternel, dont le royaume de la terre doit être la préparation et l’image ; et lorsque prendra fin notre séjour ici-bas, assistez-nous dans nos ultimes combats pour qu’ils soient victorieux des pièges du démon, et ordonnez à Vos saints anges d’élever nos âmes auprès de Vous dans le ciel où Vous régnez.

Vierge très sainte du Cénacle, autour de laquelle se sont réunis les apôtres et les disciples du Seigneur, après qu’Il a été élevé dans les Cieux, vous les avez entraînés dans une prière ardente qui a parfaitement disposé leurs cœurs à la réception des grâces célestes : regardez dès à présent avec bienveillance les pèlerins qui vont se retrouver à vos pieds dans la « chambre haute », de ce sanctuaire que vous avez vous-même demandé – l’un des tout-premiers à vous dédié sur le sol de ce qui deviendra le royaume de France -, « la chambre angélique » où vous tenez votre cour au Puy-en-Velay, et réservez-leur vos plus maternelles bénédictions ; recevez dès à présent leurs ardentes supplications pour la France et pour son Souverain légitime, et accordez à ce pays de revenir dans les voies du Roi du Ciel, dans la conversion et la pénitence, dans l’obéissance aux lois divines et dans une fidélité renouvelée.

Coeur Sacré de Jésus, notre Roi, ayez pitié de nous !
Reine de France, priez pour nous !
Notre-Dame du Puy, priez pour nous !
Saint Michel archange, priez pour nous !
Saint Louis, priez pour nous !
Sainte Jeanne d’Arc, priez pour nous !
Tous les saints et saintes de France, intercédez pour nous !

Bannière de la Confrérie Royale auprès de Notre-Dame du Puy

2018-36. Centenaire de la première Messe de Saint Maximilien-Marie Kolbe.

1918 – 29 avril – 2018

Sant' Andrea delle Fratte - monument commémoratif de la 1ère messe de St Maximilien-Marie

Inscription en italien : « Dans cette chapelle de l’apparition,
Saint Maximilien-Marie Kolbe célébra sa première Messe, le 29 avril 1918 ».
Basilique Sant’ Andrea delle Fratte, Rome.

C’est le lendemain même de son ordination (cf. > ici), c’est-à-dire le lundi 29 avril 1918, que le Père Maximilien-Marie Kolbe célébra sa première Messe.

Profitons-en au passage – en ces temps d’ignorance où l’on a tendance à imaginer que des usages qui n’ont parfois pas plus de deux siècles constituent « la » Tradition de l’Eglise – pour rappeler que cela ne va pas forcément de soi qu’un nouvel ordonné célèbre sa première Messe le lendemain même de son ordination.
Au Moyen-Age ou même encore à l’époque moderne, il n’était pas rare qu’après s’être très longuement et consciencieusement préparés à recevoir le sacrement de l’Ordre, de jeunes prêtres attendissent encore plusieurs jours, voire plusieurs mois, dans une nouvelle étape de préparation spirituelle, avant de monter à l’autel pour y offrir le Saint-Sacrifice pour la première fois. A cet égard, le cas de Saint Ignace de Loyola et de Saint François-Xavier est particulièrement éloquent : c’est pratiquement une année entière après leur ordination (à Venise le 24 juin 1537) qu’ils célébrèrent leur première Messe.  

Sant' Andrea delle Fratte - extérieur

Basilique Sant’Andrea delle Fratte : vues extérieure et intérieure

Sant' Andrea delle Fratte - intérieur

Pour un jeune prêtre fervent et zélé, le choix du lieu de sa première Messe peut être revêtu d’un caractère symbolique fort. Ce fut bien le cas du tout jeune Père Maximilien-Marie Kolbe qui élut pour cette célébration la basilique de Sant’ Andrea delle Fratte.

Située dans le rione de Colonna, à deux pas de la place d’Espagne et de l’église de la Trinité des Monts, derrière le palais de « la Propaganda », cette église reconstruite à partir de la fin du XVIème siècle, présente toutes les caractéristiques du baroque romain, d’autant que les fameux architectes rivaux, Le Bernin et Borromini, y ont l’un et l’autre laissé leur empreinte.

Mais ce ne sont pas ses particularités artistiques qui avaient décidé du choix de cette église par le nouveau prêtre franciscain, lequel d’ailleurs n’avait pas demandé aux religieux Minimes qui desservent l’église à célébrer à l’autel majeur, mais avait choisi pour sa première Messe l’autel de la deuxième chapelle latérale sur le côté gauche de la nef : autel originellement dédié à l’archange Saint Michel et devenu depuis le 20 janvier 1842 l’autel de « la Madone du miracle« .

C’est très précisément ici que, ce 20 janvier 1842, Alphonse Tobie Ratisbonne, âgé de vingt-huit ans, comme un nouveau Saül, avait été terrassé par la grâce.

Sant' Andrea delle fratte - autel du miracle et de la 1ère messe

Basilique de Sant’ Andrea delle Fratte : autel de « la Madone du miracle ».
Sur l’arcature on lit (en italien) : « Ici apparut la Madone du miracle – 20 janvier 1842″
Devant les pilastres qui séparent cette chapelle latérale des chapelles voisines on voit,
du côté de l’Evangile, le buste d’Alphonse Ratisbonne,
qui fut converti ici par une apparition de la Vierge immaculée le 20 janvier 1842,
et du côté de l’épître le buste de Saint Maximilien-Marie Kolbe qui célébra sa première Messe à cet autel le lundi 29 avril 1918.

20 janvier 1842 – 20 janvier 1917 :
Tous les matins, les jeunes religieux qui suivaient leurs études au Collège Séraphique s’agenouillaient dans la chapelle pour un temps d’oraison en commun. Or ce 20 janvier 1917, le recteur du Collège, dans les indications qu’il donna pour la méditation du matin, n’évoqua pas la figure de Saint Sébastien, dont c’était la fête liturgique et qui est l’un des saints les plus populaires de Rome, mais il entretint les jeunes lévites du septante-cinquième anniversaire de la conversion d’Alphonse Ratisbonne.
Frère Maximilien-Marie avait-il déjà entendu parler de cette conversion spectaculaire ? Rien ne permet de l’affirmer ni de l’infirmer.
Ce qui est certain, c’est que septante-cinq ans après l’événement, son retentissement était véritablement intact et qu’il suscitait enthousiasme et zèle apostolique dans les coeurs catholiques fervents.
On était alors bien loin des coquecigrues et billevesées actuelles, qui ont pour conséquence le refus pratique de travailler à la conversion des Juifs. On rendait alors de sincères et vibrantes actions de grâces à Dieu pour – comme le dit le décret officiel de reconnaissance du miracle – « la conversion instantanée et parfaite d’Alphonse-Marie Ratisbonne du judaïsme ».

Or rien ne prédisposait Alphonse Ratisbonne à embrasser la foi catholique, car il était violemment obstiné dans les erreurs sur le christianisme héritées de son milieu. Rien, sauf le fait que, par convenance mondaine (il n’avait pas voulu froisser des amis catholiques de la meilleure société) et aussi un peu par jeu, il avait accepté de porter la « médaille miraculeuse » et de réciter chaque jour – sans conviction pourtant – le « Memorare ».
Entré dans cette église simplement pour accompagner un ami qui devait y rencontrer un prêtre à la sacristie, il l’attendait en déambulant comme on l’aurait fait dans un cabinet de curiosités. C’est alors que la Vierge immaculée, telle qu’elle est figurée sur la médaille, s’était révélée à ses yeux et que, tombant à genoux, il avait dans un unique et très bref instant connu et compris toutes les vérités de la foi et y avait adhéré. Dix jours plus tard, il recevait le saint baptême indispensable au salut (en ce temps-là on n’opposait pas d’interminables délais à la réception d’un sacrement si nécessaire), était confirmé et faisait sa première communion.

Nul doute que – qu’il la connût auparavant ou pas – cette conversion sensationelle rappelée par le recteur du Collège Séraphique en ce matin du 20 janvier 1917, n’ait compté pour beaucoup dans la maturation du projet de création de la « Militia Immaculatae », qui aboutirait quelque neuf mois plus tard, le 16 octobre 1917 au soir, ainsi que cela a été rapporté > ici.
De fait, le port et la diffusion de la « médaille miraculeuse » sera l’un des points caractéristiques fondamentaux de la Milice.  

Sant' Andrea delle Fratte - Madonne du miracle

Basilique de Sant’ Andrea delle Fratte : tableau de la « Madone du miracle »,
montrant la Très Sainte Vierge Marie dans l’attitude où elle a elle-même voulu être représentée sur la « médaille miraculeuse »,
médaille manifestée à Sainte Catherine Labouré le 27 novembre 1830.

Ainsi, tout est parfaitement ordonné dans la tête du jeune Père Maximilien-Marie Kolbe en ce moment où, devenu prêtre du Christ pour l’éternité, cinq mois et demi après la fondation de la « Militia Immaculatae », il vient célébrer à l’autel de la « Madone du miracle » sa toute première Messe, ce lundi 29 avril 1918 :
- l’autel est celui où la Vierge conçue sans péché est apparue, telle qu’elle est représentée sur la médaille, pour convertir parfaitement un ennemi du Christ Sauveur et de Son Eglise ;
- le formulaire de la Messe qu’il célèbre est celui de la Messe votive de la manifestation de la médaille miraculeuse (que l’on trouve au missel dans les Messes « pro aliquibuis locis » à la date du 27 novembre) ;
- l’intention pour laquelle il offre le Saint-Sacrifice est « la conversion des schismatiques, des non-catholiques et des maçons ».
Décidément, ce jeune prêtre et ardent « chevalier de l’Immaculée » est bien loin de ce faux œcuménisme « à deux balles » qui a prévalu au sein même de l’Eglise depuis quelques décennies !

Le lendemain, mardi 30 avril 1918, le Père Maximilien-Marie Kolbe ira célébrer sa deuxième Sainte Messe à la basilique de Saint-Pierre au Vatican et il l’offrira afin d’obtenir « la grâce  de l’apostolat et du martyre pour moi et pour les frères du collège ».
Ce en quoi, en ce qui le concerne lui-même du moins, il sera exaucé au-delà de tout ce qu’il avait alors sans doute pu imaginer.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur.

Saint Maximilien-Marie Kolbe

Dans les pages de ce blogue vous trouverez aussi :
– Prières en l’honneur de Saint Maximilien-Marie Kolbe ici
– Catéchèse de Sa Sainteté le pape Benoît XVI sur Saint Maximilien-Marie ici
– Récit du martyre de Saint Maximilien-Marie Kolbe ici
– Témoignage d’un rescapé d’Auschwitz sur le martyre de Saint Maximilien-Marie ici
- Centenaire de l’ordination sacerdotale de Saint Maximilien-Marie > ici

– Centenaire de la fondation de la Militia Immaculatae (16 octobre 1917) ici

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2018-35. Centenaire de l’ordination sacerdotale de Saint Maximilien-Marie Kolbe.

1918 – 28 avril – 2018

Le dimanche 28 avril 1918, qui était cette année-là le quatrième dimanche après Pâques, fut célébrée, à Rome, l’ordination sacerdotale de celui qui deviendrait Saint Maximilien-Marie Kolbe.

Le jeune religieux avait atteint son vingt-quatrième anniversaire le 7 janvier précédent : entré au séminaire franciscain conventuel à l’âge de treize ans, Raimond Kolbe avait reçu, à l’âge de seize ans et demi, le 4 septembre 1910, en même temps que le saint habit, le nom de religion de Frère Maximilien ; deux ans plus tard (1912), il était envoyé à Rome pour ses études : il y resta sept ans.
Docteur en philosophie à l’âge de vingt-et-un ans et neuf mois (22 octobre 1915), il sera également reçu docteur en théologie à l’âge de vingt-quatre ans et demi (22 juillet 1919), juste à la veille de prendre le train pour rentrer dans son pays natal.

Notons au passage cette particularité : par sa naissance en 1894 dans la voïvodie de Lodz, Raimond Kolbe était de fait sujet de Sa Majesté Impériale le Tzar de toutes les Russies ; entré dans un couvent de Galicie – dans l’empire austro-hongrois, parce qu’il n’y avait pas de couvents franciscains pour le noviciat et les études dans l’Empire Russe -, puis placé dans un couvent de Cracovie pour le début de ses études religieuses, tout en restant sujet de l’empereur Nicolas II, c’est avec un des documents administratifs autrichiens qu’il prit la route pour Rome ; enfin, pour son retour, le Père Maximilien-Marie bénéficia de papiers polonais puisque le 11 novembre 1918, après cent-vingt-trois ans de partition entre la Russie, la Prusse et l’Autriche, la Pologne avait été reconstituée  en véritable état indépendant.

Saint Maximilien-Marie Kolbe jeune religieux

Le jeune Père Maximilien-Marie Kolbe

A propos de son accession au sacerdoce, le Père Maximilien-Marie Kolbe écrivit le 26 septembre 1918 à sa mère : « L’ordination sacerdotale est arrivée pour moi à l’improviste ». Cette expression a de quoi surprendre : n’était-il pas à Rome justement afin de s’y préparer au sacerdoce ?
Mais pour quelqu’un qui est bien au courant des usages ecclésiastiques traditionnels, il saute aux yeux que cette date d’ordination présente un caractère insolite : un dimanche – le quatrième après Pâques -, et non à l’occasion d’un samedi des Quatre-Temps, de la fête des Saints apôtres Pierre et Paul ou de quelque autre apôtre (l’usage de célébrer les ordinations le dimanche n’est en effet pas du tout traditionnel mais appartient aux modes qui ont prévalu seulement depuis les réformes postérieures au second concile du Vatican).
Ceci demande donc quelques explications.

Frère Maximilien avait prononcé à la fin du mois de juin 1914 le serment antimoderniste – prescrit par le motu proprio « Sacrorum antistitum » du 1er septembre 1910 (cf. > ici) – nécessaire pour accéder aux ordres sacrés, puis il avait été tonsuré par le cardinal Basil Pompilj, vicaire de Rome, le 28 octobre 1914, en la fête des Saints apôtres Simon et Jude : c’est à cette occasion qu’il rajouta le nom de Marie à celui de Maximilien reçu lors de sa prise d’habit. Quelques jours après, pour la fête de la Toussaint (1er novembre 1914), jour où il fit sa profession perpétuelle, il fut ordonné portier et lecteur par le même cardinal-vicaire ; enfin pour la vigile de Saint André (29 novembre 1914) il reçut les ordres d’exorciste et d’acolyte, toujours des mains du même cardinal.
Il fut ordonné sous-diacre le 16 juillet 1916, en la fête de Notre-Dame du Mont Carmel, et diacre le 28 octobre 1917, à nouveau en la fête des Saints apôtres Simon et Jude.
Mais pour l’ordination sacerdotale, initialement prévue le vendredi dans l’octave de la Pentecôte 24 mai 1918, il y eut des changements qui donnent à l’événement un aspect quasi rocambolesque.

Le Code de Droit Canonique voulu et préparé par le pape Saint Pie X avait été promulgué par son successeur, Benoît XV, le 27 mai 1917 et il devait entrer en vigueur à la Pentecôte 1918 (dimanche 19 mai 1918).
Or en vertu du canon 976, le Code dont les dispositions devraient être mises en application à partir de ce 19 mai 1918 interdisait d’ordonner prêtre un homme qui n’aurait pas atteint le milieu de sa quatrième année de théologie, et le Frère Maximilien-Marie n’en était qu’à la troisième année.

Qu’à cela ne tienne ! Si l’on veut échapper à une loi qui contrarie nos desseins, il n’y a finalement rien de plus simple que de se placer dans un cadre légal où elle n’a pas, ou plus, ou pas encore d’autorité.
Vivement désireux de ne pas retarder l’accès au sacerdoce de plusieurs jeunes lévites franciscains, le recteur du Collège Séraphique (faculté de théologie des Franciscains conventuels à Rome) demanda au cardinal Pompilj que les ordinations fussent avancées à une date précédant la Pentecôte… et le cardinal-vicaire acquiesça à une requête qui ne lui provenait d’ailleurs pas uniquement des franciscains mais également de plusieurs autres supérieurs ecclésiastiques.

Le 9 avril, Frère Maximilien-Marie fut informé qu’il devait se préparer aux examens finaux en vue du sacerdoce qui allaient donc être anticipés eux aussi ; examens auxquels il fut reçu, évidemment.
Le 20 avril, il commença les exercices spirituels de préparation à l’ordination.

Basilique Sant'Andrea della Valle

Rome : basilique Sant’ Andrea della Valle.
Edifiée de 1591 à 1663, elle est l’une des plus grandes églises de Rome après la basilique vaticane.
C’est l’église de la maison-mère de l’Ordre des Théatins.
C’est dans cette basilique que fut ordonné prêtre Saint Maximilien-Marie Kolbe.

Au matin du dimanche 28 avril 1918, en la basilique de Sant’ Andrea della Valle, au milieu d’une centaine d’autres ordinands, séculiers et réguliers de tous ordres et de tous pays, Frère Maximilien-Marie devint pour l’éternité prêtre de la Sainte Eglise Catholique.

On notera qu’à l’heure du sacrifice, lorsque le Lagerführer d’Auschwitz lui posera la question : « Qui es-tu ? », le Père Maximilien-Marie répondra simplement par ces deux mots : « Prêtre catholique ».
Au moment de rendre le témoignage suprême, la seule identité qu’il a mise en avant fut celle de son sacerdoce.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur.

Basilique Sant' Andrea della Valle intérieur

Basilique sant’Andrea della Valle : intérieur.
Un décor fait pour magnifier la grandeur du Saint Sacrifice de la Messe
et la beauté du sacerdoce catholique.

Basilique Sant' Andrea della Valle sanctuaire

Basilique sant’Andrea della Valle : le sanctuaire.
Les trois panneaux peints qui l’ornent sont l’œuvre du napolitain Mattia Preti (1613-1699)
et représentent des scènes du martyre de l’apôtre Saint André, titulaire de cette église.

A suivre :
Centenaire de la première Messe de Saint Maximilien-Marie Kolbe > ici.

Dans les pages de ce blogue vous trouverez aussi :
- Prières en l’honneur de Saint Maximilien-Marie Kolbe > ici
- Catéchèse de Sa Sainteté le pape Benoît XVI sur Saint Maximilien-Marie > ici
- Récit du martyre de Saint Maximilien-Marie Kolbe > ici
- Témoignage d’un rescapé d’Auschwitz sur le martyre de Saint Maximilien-Marie > ici
- Centenaire de la fondation de la Militia Immaculatae (16 octobre 1917) > ici

palmes

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2018-34. De la Sainte Messe « in Cœna Domini » le Jeudi Saint.

9ème partie du récit du Maître-Chat Lully
relatant
la Semaine Sainte à La Garde-Freinet :

la Messe « in Cœna Domini »
(c’est-à-dire « de la Cène du Seigneur »)

Sainte Eucharistie

Après avoir rapporté la cérémonie du « Mandatum » (cf. > ici), venons-en à la Sainte Messe du Jeudi Saint : la Messe « in Cœna Domini », c’est-à-dire la Messe de la Cène du Seigneur, en laquelle est commémoré l’anniversaire de l’institution de la Sainte Eucharistie et celle du sacrement de l’Ordre.
Citons une fois de plus la présentation de la Sainte Messe du Jeudi Saint donnée par Henri Adam de Villiers dans le blogue de la Schola Sainte-Cécile (cf. > ici) :

« Dans le rit romain traditionnel, la messe du Jeudi Saint est celle d’une fête du Seigneur, celle de la fête où le Christ institua deux sacrements : celui de l’Eucharistie et celui du sacerdoce. Aussi les ornements sont-ils blancs, on chante le Gloria & le Credo, et le célébrant renvoie le peuple avec l’Ite, missa est à la fin.

Toutefois trois particularités significatives contribuent à resituer cette messe dans le Triduum pascal :

  • On sonne toutes les cloches de l’église et on touche les orgues durant tout le chant du Gloria, après quoi celles-ci ne se feront plus entendre jusqu’au Gloria de la vigile pascale où elles marqueront la joie de la résurrection. Entre ces deux moments, on doit utiliser la crécelle toutes les fois où l’on sonne habituellement les cloches. Le son âpre des crécelles contribue à marquer le deuil que prend l’Eglise : c’est aussi en cette nuit qu’a lieu l’agonie du Christ, abandonné par les disciples, trahi par Juda et livré à ses bourreaux.
  • Au cours de cette messe, le baiser de paix n’est pas donné, rappelant que Juda avait livré son maître par un baiser. Néanmoins, le rite de la communion du célébrant reste identique à celui des autres messes.
  • Le célébrant consacre deux grandes hosties à la messe de ce jour : une pour la messe elle-même, avec laquelle il communiera, et une seconde qu’il va réserver pour la messe des Présanctifiés le lendemain. Cette seconde grande hostie est mise, après la communion du prêtre et avant les ablutions, dans un second calice (et non un ciboire), qu’on recouvre d’une patène tournée à l’envers et d’une pale. Un voile léger et blanc est placé sur le tout et attaché avec un ruban au nœud du calice. L’hostie ainsi enfermée dans le calice est posée au centre de l’autel sur le corporal jusqu’à la fin de la messe. Le prêtre donne alors la communion aux fidèles de la manière habituelle.
    Cet usage de mettre le Corps du Seigneur dans un calice rappelle symboliquement la prière que Notre Seigneur fait au Jardin des Oliviers dans la nuit de sa passion :
    « Mon Père ! s’il est possible, que ce calice s’éloigne de moi : néanmoins, non comme je le veux, mais comme vous le voulez » ( Matth. XXVI, 39).
    Le calice, la patène et le voile dans lequel est enfermée cette grande hostie serviront le lendemain à la messe des Présanctifiés du Vendredi Saint. La liturgie marque par là le lien indéfectible qui existe entre la Cène du Seigneur et le sacrifice de la Croix.
    A partir du moment où la seconde grande hostie a été renfermée dans le calice, le reste de la messe est célébré avec les rubriques de la Missa coram Sanctissimo :

    • le célébrant et ses ministres font la génuflexion devant le Saint Sacrement chaque fois qu’ils s’approchent ou se retirent du milieu de l’autel,
    • lorsque le célébrant ou le diacre s’adressent au peuple (pour le Dominus vobiscum, l’Ite, missa est et la bénédiction finale), ils se placent de biais côté évangile afin de ne pas tourner le dos au Très-Saint Sacrement
    • au cours du dernier évangile, le célébrant génuflecte à Et Verbum caro factum est en se tournant vers le Corps du Seigneur. (…) »

Pour tout ce qui concerne les modifications apportées en 1955 à ces rites pluriséculaires codifiés par le missel promulgué par Saint Pie V consécutivement au saint concile de Trente, on lira encore une fois avec grand profit ce qu’a publié Henri Adam de Villiers (cf. > ici).

Pour moi, ces choses étant supposées assimilées, je vais simplement publier ci-dessous des photographies de cette Sainte Messe du Jeudi Saint célébrée selon le rite traditionnel au monastère Saint-Benoît de La Garde-Freinet le 28 mars de cette année 2018 : elles parlent d’elles-mêmes et n’ont pas besoin de longs commentaires.
Frère Maximilien-Marie, comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, en a pris un très grand nombre et vous n’en trouverez ici « que » 50, qui ne sont pas toutes de la même qualité, mais j’ai pris le parti de les publier ici parce qu’elles permettent de suivre dans sa totalité la célébration d’une Sainte Messe solennelle. Ainsi, beaucoup de fidèles, qui ne sont pas toujours près du sanctuaire, pourront-ils en voir davantage les détails, et – je l’espère – y puiseront de plus vifs sentiments d’admiration et d’amour pour notre sainte liturgie traditionnelle

Lully.

Pour la Messe du Jeudi-Saint, la croix de l’autel doit être voilée de blanc :

01

Prières au bas de l’autel (dont le psaume « Judica » est omis) : le « confiteor » du célébrant…

02

… suivi du « confiteor » de ses ministres et du choeur :

03

Encensement de l’autel :

04

Encensement du célébrant :

05

Après avoir lu l’introït et récité le « Kyrie » (qui ont été chantés pendant ce temps), le célébrant entonne le « Gloria in excelsis Deo », puis le récite mezzo voce à l’autel avec le diacre et le sous-diacre. Les cloches sonnent pendant le temps où le célébrant le récite.
Après l’intonation du célébrant, l’assemblée et le choeur continuent le chant.

06

Quand ils ont terminé la récitation du « Gloria », le célébrant et ses ministres vont à leurs sièges, s’assoient et se couvrent, tandis que le chant du « Gloria » se poursuit.

07

Lorsque le chant s’achève, le célébrant retourne à l’autel, et après le « Dominus vobiscum », il chante la collecte.

08

A la conclusion de la collecte, le cérémoniaire remet le lectionnaire au sous-diacre :

09

Chant de l’épître par le sous-diacre :

10

L’épître achevée, le sous-diacre va à l’autel, s’agenouille et reçoit la bénédiction du célébrant dont il baise la main :

11

Pendant que la schola exécute le graduel, que le célébrant a récité, le sous-diacre a porté le missel du côté de l’Evangile. Le célébrant lit l’Evangile à voix basse.

12

Puis le diacre qui a pris l’évangéliaire posé sur l’autel reçoit la bénédiction du célébrant et accompagné du cérémoniaire, du thuriféraire et des acolytes portant leurs cierges il procède à la procession de l’Evangile.

13

Le diacre encense l’Evangile avant de le chanter :

14

Après le chant de l’Evangile, il indique au sous-diacre l’endroit de la péricope qu’il vient de chanter…

15

… et le sous-diacre porte l’évangéliaire au célébrant qui vénère par un baiser le texte qui vient d’être chanté.

16

Dans la liturgie traditionnelle le « Credo » n’est pas omis.
Après le chant de l’intonation par le célébrant, celui-ci poursuit la récitation mezzo voce avec le diacre et le sous-diacre, tandis que l’assemblée et le choeur continuent le chant.
Quand le célébrant a terminé la récitation du « Credo », il va à son siège.

17

Le diacre porte la bourse, contenant le corporal, sur l’autel.

18

Offertoire : le sous-diacre, ayant mis le voile huméral, porte le calice à l’autel, puis présente les burettes au diacre, lequel lui remet la patène une fois que le célébrant a déposé l’hostie sur le corporal. Le diacre soutient le calice pendant l’oblation.

19

Le sous-diacre porte la patène couverte du voile huméral. Il va se tenir au bas des marches de l’autel (sauf pour la récitation du « Sanctus ») jusqu’après le chant du « Pater ».

20

Pendant ce temps, l’offertoire se poursuit. Le prêtre encense les oblats :

21

Puis il encense la croix et l’autel…

22

Il est lui-même encensé :

23

Puis sont encensés les prêtres présents au choeur, les religieux…

24

… le sous-diacre, le diacre lui-même, les autres ministres…

25

… et enfin les fidèles présents :

26

Chant de la préface :

27

Début du canon :

28

Consécration du Pain :

29

Aussitôt après avoir prononcé les paroles de la consécration sur le Pain, le célébrant adore ce qui est désormais le Corps sacré de Notre-Seigneur :

30

Elévation :

31

32

Consécration du Vin :

33

Elévation du calice contenant désormais le Très Précieux Sang de Notre-Seigneur :

34

Après le canon, le chant du « Pater », les prières de préparation à la sainte communion, le chant de l’ « Agnus Dei » et la communion du célébrant, le diacre récite le troisième « confiteor » auquel s’unissent tous les assistants :

35

Sainte communion : les prêtres et les autres ministres ordonnés présents reçoivent la communion revêtus de l’étole.
C’est ensuite la communion des servants et religieux présents au choeur, puis la communion des fidèles.

36

A cette Messe du Jeudi Saint, le célébrant a consacré une seconde grande hostie qui est déposée dans un calice, lequel est ensuite enveloppé d’un voile qui est noué au niveau du pied du calice. Ce calice reste sur l’autel. Le célébrant et ses ministres accomplissent donc les purifications comme on le fait lors de la Messe « coram Sanctissimo » (voir supra).

37

Pour les « Dominus vobiscum » de la postcommunion et de la conclusion de la Messe, le prêtre se décale de biais sur le côté de l’Evangile :

38

De même pour la bénédiction :

39

Et lors du dernier Evangile, il fait la génuflexion tourné vers le Saint-Sacrement aux paroles « Et Verbum caro factum est » :

40

La Messe achevée, le célébrant dépose la chasuble et le manipule et revêt la chape.
Le chœur et l’assemblée entonnent le « Pange lingua gloriosi », le célébrant encense le Saint-Sacrement.

41

Tandis que la procession se forme, derrière la croix voilée de violet portée par un sous-diacre :

43

Départ de la procession pour le reposoir.

44

Les fidèles suivent la croix, puis viennent les religieux et les prêtres ; tous portent des cierges.
Devant le Saint-Sacrement deux encensoirs.

45

A l’arrivée au reposoir, le Saint-Sacrement ayant été déposé sur l’autel, on chante les deux dernières strophes du « Pange lingua » : « Tamtum ergo » et « Genitori ».
Encensement, puis le diacre place le Saint-Sacrement dans le tabernacle.

46

Le reposoir.

47

Quand on retourne au choeur on chante les vêpres, terminées par le « miserere ».

48

Et enfin a lieu la cérémonie du dépouillement de l’autel, pendant qu’est psalmodié le psaume XXI.

49

Le tabernacle est vide, sa porte reste ouverte.

50

A suivre :
La Messe des Présancifiés le Vendredi Saint > ici

Publié dans:Chronique de Lully, De liturgia |on 26 avril, 2018 |6 Commentaires »

« Domine, salvum fac Regem ! »

25 avril,
Fête de Saint Marc, évangéliste et martyr ;
en France, les litanies mineures ;
anniversaire de la naissance de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon (25 avril 1974),
de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX.

grandes armes de France

Si nous avons à coeur de prier quotidiennement, avec ferveur et plusieurs fois dans la journée, pour Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, le jour anniversaire de sa naissance, le 25 avril, est l’un des moments de l’année où nous manifestons avec encore davantage d’ardeur et de piété filiale notre amour pour notre Souverain légitime.

V./ Domine, salvum fac Regem ! 
R./ Et exaudi nos in die qua invocaverimus Te !
Seigneur, sauvez notre Roi.
Et exaucez-nous au jour où nous Vous invoquerons.

Dans l’épître lue au troisième dimanche après Pâques (1 Petr. II, 11-19), le Prince des Apôtres nous rappelle à deux reprises les devoirs de respect, d’amour et d’obéissance que doit avoir tout chrétien envers son Roi légitime : cela découle de la vertu de religion et de l’honneur dû à Dieu, parce que Celui-ci a placé en lui Sa propre autorité et l’a élevé au-dessus des autres hommes.
C’est donc un devoir religieux impératif que de faire monter vers le Ciel de fréquentes supplications, aussi instantes qu’aimantes, pour celui que les Lois fondamentales (cf. > ici) désignent indubitablement comme Roi légitime, parce qu’il est l’aîné de tous les Capétiens ; l’aîné des descendants de Hugues Capet, de Saint Louis, d’Henri IV et de Louis XIV ; le successeur de Charles X, de Louis XIX, d’Henri V, de Jean III, de Charles XI, de Jacques 1er, de Charles XII, d’Alphonse 1er, d’Henri VI et d’Alphonse II : très haut, très puissant et très excellent Prince Louis XX, Roi de France et de Navarre.

Il est plus que jamais important de prier pour notre Prince, pour sa personne et pour la mission qui lui incombe.
Prier pour que celui en lequel -  du fait des dispositions de la divine Providence - s’incarne les principes de la royauté capétienne traditionnelle ait toutes les grâces de lumière, de prudence, de tempérance, de force, de justice, de foi, d’espérance, de charité, de crainte du Seigneur, de piété, de science, de force, de conseil, d’intelligence et de sagesse, qui lui sont nécessaires, afin de transmettre intacts les valeurs et les principes de la monarchie de droit divin, et pour oeuvrer à sa digne restauration.

En ce 25 avril, je me permets de vous inviter à prier à l’aide d’un « Domine, salvum fac Regem » qui constitue la conclusion du « Te Deum pour les victoires de Louis XV » composé en 1744 par Henri Madin (1698-1748), sous-maître de la Musique de la Chapelle du Roi.
Aujourd’hui plus que jamais, et tous les jours, que nos coeurs redisent avec dévotion et chantent avec ardeur :

V./ Domine, salvum fac Regem ! 
R./ Et exaudi nos in die qua invocaverimus Te !
Seigneur, sauvez notre Roi.
Et exaucez-nous au jour où nous Vous invoquerons.

Mini vidéo enregistrée ce 25 avril 2018 dans l’oratoire du Mesnil-Marie :

Trois lys blancs

Publié dans:De liturgia, Prier avec nous, Vexilla Regis |on 26 avril, 2018 |2 Commentaires »

2018-33. La cérémonie du Mandatum.

8ème partie du récit du Maître-Chat Lully
relatant
la Semaine Sainte à La Garde-Freinet :

le Mandatum

Le lavement des Pieds Pierre-Paul Rubens

Pierre-Paul Rubens : le lavement des pieds.

Avant les réformes de 1955, la cérémonie du lavement des pieds, communément appelée « Mandatum » (comme pour beaucoup de dimanches, cette cérémonie a reçu ce nom en raison du premier mot latin de la première antienne qui y est chantée « Mandatum novum do vobis : Je vous donne un commandement nouveau ») a lieu au cours d’une cérémonie à part.
Traditionnellement, la Sainte Messe anniversaire de la Cène de Notre-Seigneur a lieu au matin du Jeudi Saint, et donc la cérémonie du « Mandatum » se trouve dans les missels après celle du dépouillement des autels, et elle est généralement célébrée à un autre moment de la journée bien séparé du reste des cérémonies de ce jour.

En principe, la cérémonie du « Mandatum » ne se déroule pas dans le sanctuaire ni devant l’autel majeur, mais plutôt dans le choeur – si celui-ci est distinct du sanctuaire -, dans une salle capitulaire, dans une sacristie ou dans quelque autre salle annexe de l’église.
Le décret « In una Urbis » du 22 mars 1817 précise même qu’on ne peut accomplir cette cérémonie dans l’église que si celle-ci est très vaste et peut offrir un endroit approprié hors de la vue de la chapelle du reposoir.
Ceci, redisons-le, parce que le lavement des pieds était accompli après la Sainte Messe, et donc après la procession au reposoir, et qu’il était bien évidemment hors de question que les mouvements particuliers au « Mandatum » troublassent en quelque manière le silence et le très grand recueillement qui doivent toujours règner auprès du reposoir.

L’indult autorisant la reprise des cérémonies de la Semaine Sainte selon l’usage antérieur aux réformes de 1955 accordé cette année par la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, précisait néanmoins que ceux qui bénéficieraient de cette autorisation devraient toutefois se conformer aux prescriptions horaires des réformes pacelliennes : ainsi donc, à La Garde-Freinet, la Sainte Messe de la Cène avait lieu l’après-midi et non le matin, et c’est pourquoi la cérémonie du « Mandatum » dut, contrairement à l’usage antique, être célébrée antérieurement à la Messe, dans la matinée du Jeudi Saint.
De même, le transfet du Saint-Sacrement au reposoir n’ayant point eu lieu, le rite fut accompli dans l’église, mais en dehors du sanctuaire, parce qu’il n’y avait pas d’autre lieu assez vaste pour contenir le célébrant, ses ministres, les clercs et messieurs auxquels furent lavés les pieds, et les fidèles présents.

0 - début

Après la salutation à l’autel, le diacre va demander la bénédiction du prêtre pour ensuite chanter l’Evangile.

1 - bénédiction du diacre

Pour cette cérémonie, le célébrant est en chape violette mais ses ministres – diacre et sous-diacre – ont revêtu les ornements blancs, comme à la Sainte Messe, car le diacre va commencer par chanter l’évangile « Ante diem festum Paschæ » (Jean XIII, 1-15) de la Messe de la Cène, avec toutes les cérémonies ordinaires, l’évangéliaire étant tenu par le sous-diacre, et les deux acolytes portant leurs cierges allumés (alors que ceux de l’autel ne l’étaient point).

2 - chant de l'Evangile

Encensement de l’évangéliaire avant le chant de l’Evangile

3 - le célébrant baise l'évangéliaire

Et comme à la Sainte Messe, après le chant de l’Evangile par le diacre,
le sous-diacre porte l’évangéliaire au célébrant qui le vénère par un baiser

Le célébrant dépose ensuite la chape, se ceint d’un linge, comme l’Evangile nous rapporte que le fit Notre-Seigneur, et il commence à laver les pieds de treize hommes – ici il y avait des prêtres, des religieux, les servants d’autel et quelques laïcs – qui avaient pris place sur des sièges préparés à cet effet sur le haut de la nef de l’église.

Pourquoi treize ?
Le nombre et la qualité de ceux dont on lave le pied ne sont pas précisés par les rubriques du Missel Romain, tandis que le Cérémonial des Evêques (livr. II, c. XXIV, nn. 2, 3 et 4) mentionne à plusieurs reprises le chiffre treize, tout en laissant une relative liberté pour ce qui touche à la qualité de ces personnes : pauvres, chanoines, ou autres.
Henri Adam de Villiers, toujours dans les excellentes études qu’il a publiées sur le site de la Schola Sainte-Cécile au sujet des réformes de la Semaine Sainte (cf. > ici), a relevé que, à Notre-Dame de Paris, Eudes de Sully (évêque de 1197 à 1208) avait institué qu’on laverait les pieds de cinquante pauvres le Jeudi Saint ; il note aussi qu’en certains endroits on lava les pieds d’une centaine d’hommes.
Mais revenons à la question de ce chiffre treize : il semble qu’originellement, conformément au fait que Notre-Seigneur a lavé les pieds de Ses douze apôtres, c’était à douze hommes que le célébrant lavait les pieds. Cependant l’usage est passé à treize à la suite d’un miracle dont bénéficia le pape Saint Grégoire le Grand : alors qu’il s’acquittait de ce rituel auprès de douze pauvres, on vit un jeune homme, que personne n’avait vu entrer, s’adjoindre à ces douze, et qui déclara être un ange envoyé du ciel pour montrer à Grégoire combien son geste était considéré par le Christ comme fait à Lui-même.
Le savant Benoît XIV et de nombreux liturgistes expliquent donc ce chiffre treize par le souvenir de ce miracle, mais il en est quelques uns qui pensent que le treizième serait le propriétaire du Cénacle qui aurait été joint aux apîtres le Jeudi saint, ou encore qu’il s’agirait de la représentation de Saint Paul, qui est un bien un apôtre, même s’il n’était pas présent à la Sainte Cène.

4 - lavement des pieds

Le célébrant lave le pied droit de chacun des treize hommes choisis pour l’accomplissement de ce sacramental

Le rite du lavement des pieds doit s’accomplir de cette manière : le célébrant se met à genoux devant celui dont il va laver le pied, comme fit le Christ, le sous-diacre tient le pied droit que le célébrant lave puis embrasse, ensuite le diacre essuie le pied avec une serviette.
Notons que seul le célébrant – qui figure le Christ – se met à genoux devant celui dont il lave les pieds – qui représente un apôtre. Pendant toute la durée du lavement des pieds, le chœur chante neuf magnifiques antiennes.

5 - lavement des pieds

6 - lavement des pieds

7 - lavement des pieds

Après qu’il a lavé le pied d’un homme, l’a essuyé et baisé, le diacre remet au prêtre une aumône : celui-ci la donne à celui auquel il vient de laver le pied qui lui baise la main.

8 - remise de l'aumône

Après quoi le célébrant, s’étant lavé les mains et ayant déposé le linge dont il s’était ceint, reprend la chape violette : il monte au coin de l’épître accompagné de ses ministres et il chante « Pater noster », mais celui-ci est ensuite continué tout bas, puis « Et ne nos inducas in tentationem » auquel tous répondent « Sed libera nos a malo ».  Suivent quatre versets et leurs répons, et enfin une oraison termine la cérémonie. 

9 - conclusion

Cette cérémonie n’est pas strictement ecclésiastique : de tous temps, pour obéir au commandement de Notre-Seigneur, et particulièrement le Jeudi Saint, les supérieurs ont lavé les pieds de leurs inférieurs, en particulier les rois, les princes et les prélats.
Dans les pages de ce blogue, j’ai rapporté « Le dernier Jeudi Saint de la monarchie très chrétienne » (cf. > ici). Il semblerait que cet usage fut introduit à la Cour de France par Robert II dit le Pieux (972-1031), fils de Hugues Capet.

Henri Adam de Villiers, toujours dans l’article sus-cité, nous précise : « Ainsi, à la cour de France, le Roi, la Reine et le Dauphin lavaient chacun les pieds de 13 pauvres chaque Jeudi Saint, Louis XIV avait commencé à pratiquer cette cérémonie à l’âge de 4 ans et le fit jusqu’à sa mort ».
Cet usage se maintint longtemps dans les cours chrétiennes (même protestantes). Dans son « dictionnaire pratique de liturgie romaine », Robert Lesage rapporte qu’en 1907, l’empereur d’Autriche et roi de Hongrie François-Joseph, lava les pieds à douze vieillards dont la somme totale des années de leurs âges était de mille ans !

Le « Mandatum », remis à sa place traditionnelle et multicéculaire, c’est-à-dire en dehors de la Messe de la Cène dans le cours de laquelle il perd en importance et en valeur symbolique, est un sacramental à part entière qui mérite bien une cérémonie spéciale pour lui tout seul.

Saint Louis lavant les pieds des pauvres

Saint Louis lavant les pieds des pauvres

A suivre :
La célébration de la Sainte Messe du Jeudi Saint > ici

Publié dans:Chronique de Lully, De liturgia |on 23 avril, 2018 |1 Commentaire »
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