Archive pour la catégorie 'De liturgia'

2019-55. Le 26 juin, nous fêtons les Bienheureuses Filles de la Charité d’Arras, martyres de la révolution.

26 juin,
Fête de la Bienheureuse Marie-Madeleine Fontaine et de ses compagnes, vierges et martyres ;
Mémoire des Saints Jean et Paul, martyrs ;
Mémoire du 3ème jour dans l’octave de Saint Jean-Baptiste.

Arras - le beffroi et la petite place

Arras : le beffroi et la petite place

A la veille de la révolution, la « maison de Charité » d’Arras est une ruche active : sept sœurs de Saint Vincent de Paul y assurent les soins aux malades, la visite des familles pauvres et éduquent les jeunes enfants. Leurs services sont très appréciés de la population.
Comme dans tout le Royaume, à Arras, la révolution va rapidement révéler son véritable visage et les lois anti-catholiques vont poser des cas de conscience aux religieuses. L
e 9 avril 1792, la supérieure générale des Filles de la Charité, avait adressé aux sœurs un courrier dans lequel on pouvait lire, entre autres : « Je vous prie de ne pas abandonner le service des pauvres, si vous n’y êtes forcées… Pour pouvoir continuer le service des pauvres, prêtez-vous à tout ce que honnêtement on pourra exiger de vous dans les circonstances présentes, pourvu qu’il n’y ait rien contre la religion, l’Eglise et la conscience. »

Après l’emprisonnement de la Famille Royale, lorsque la situation devient de plus en plus difficile, la supérieure de la petite communauté d’Arras laisse à ses sœurs le choix de rentrer dans leurs familles, si elles le souhaitent ; une seule d’entre elles le fait. Mais lorsque la Terreur va s’installer de manière plus violente dans la capitale de l’Artois, la supérieure va alors ordonner aux deux plus jeunes de la communauté de partir pour l’exil.
A la fin de l’année 1793, quatre sœurs se trouvent donc à Arras et continuent leurs activités.
Ce sont :
- Sœur Marie-Madeleine Fontaine, originaire d’Etrépagny (Vexin normand), entrée dans la Compagnie en 1748 à l’âge de 25 ans. Supérieure de la communauté, sa sagesse et sa compétence sont largement appréciées.
- Sœur Marie-Françoise Lanel, née en 1745 à Eu (Normandie), entré dans la Compagnie des Filles de la Charité à l’âge de 19 ans.
Sœur Thérèse Fantou, née à Miniac-Morvan (Bretagne) en 1747, devenue Fille de la Charité à 24 ans.
- Sœur Jeanne Gérard, née à Cumières (Lorraine) en 1752, et entrée dans la Compagnie des Filles de la Charité en 1776.

Joseph Lebon

Joseph Lebon, prêtre oratorien apostat

Le prêtre apostat, Joseph Lebon, envoyé à Arras par le comité de salut public fait régner dans la ville un climat de violence et de peur. La maison de Charité devient « maison de l’Humanité » ; un directeur pointilleux y est installé, surveillant l’activité des sœurs ; les vexations s’intensifient ; les faux témoignages se multiplient. Les héroïques filles de Saint Vincent de Paul sont plusieurs fois sommées de prêter le serment dit de « liberté-égalité », mais elles le repoussent énergiquement comme contraire à leurs consciences.
Le pape Benoît XV a loué leur attitude en ces termes : « Elles refusèrent de prêter un serment pour des lois iniques, parce qu’elles voulurent garder immaculée leur foi, parce qu’elles n’écoutèrent que la voix de la conscience, qui les avertissait de ne pas s’écarter non seulement des commandements, mais des conseils du Chef suprême de l’Eglise. »

Le 14 février 1794, les sœurs sont arrêtées et conduites à l’abbatiale Saint-Vaast, transformée en prison, puis à celle de la Providence. Près des prisonnières, désemparées devant l’incertitude de leur avenir, elles apportent écoute et compassion. Sept semaines après leur incarcération, le 4 avril, les sœurs subissent un premier interrogatoire devant deux membres du comité de surveillance, les citoyens Pater et Boizard, décidés à ne pas traîner. Le principal chef d’accusation sera qu’on a découvert dans leur maison des exemplaires de publications contre-révolutionnaires (sans doute mises là par le directeur qu’on leur avait imposé).
Voici le procès verbal de l’interrogatoire de Sœur Marie-Madeleine Fontaine :
« L’an deuxième de la République une et indivisible, le quinze germinal, en exécution de l’arrêté du Comité de surveillance et révolutionnaire de ce jour, a été amenée, pardevant les membres qui le composent, Madeleine Fontaine, laquelle a répondu de la manière suivante aux questions qui lui ont été proposées :
Interrogée de ses nom, surnom, âge, qualité et demeure – A répondu s’appeler Madeleine Fontaine, âgée de soixante onze ans, cy-devant soeur de la Charité d’Arras, actuellement en la maison d’arrêt dite de la Providence.
A elle demandé si elle sait pourquoi elle est en la maison d’arrêt. – A répondu que non.
A elle demandé si elle en soupçonne le motif. – A répondu qu’elle soupçonne que c’est à cause qu’elle a refusé de prêter le serment, ne le devant pas, n’étant pas religieuse [Note : en effet, selon l’usage de l’époque, les Filles de la Charité, qui ne prononcent pas des vœux solennels et ne sont pas des cloîtrées, ne sont pas considérées comme des religieuses au sens canonique strict, et de ce fait donc elles arguent ne pas être obligés par le serment que la loi impose à tous les religieux et religieuses] .
A elle demandé qu’elles (sic) étoient ses liaisons pendant qu’elle étoit sœur de la Charité. – A répondu qu’elle n’en a eu qu’avec les pauvres au service desquels elle s’étoit dévouée.
A elle demandé si elle lisoit les papiers publics, et si elle en recevoit pour sa maison. – A répondu que non, qu’elle n’étoit pas assez riche pour cela.
A elle demandé si personne ne les lui faisoit passer journellement. – A répondu que non, qu’elle n’avoit pas le tems de s’abonner.
A elle demandé si elle n’a pas lu l’Ami des Campagnes et la Protestation des catoliques d’Alais et le Courrier Boîteux. – A répondu que non.
A elle demandé si elle a connoissance qu’il ait été déposé ches elle, quelques paquets de Gazettes Marchand, un paquet du Courrier Boîteux et les brochures cydessus. – A répondu que non.
A elle représenté lesdits paquets et demandé si elle les a vus ou s’ils ont appartenu à sa maison. – A répondu que non.
Lecture faite à laditte Fontaine de ses réponses aux interrogats (sic) cydessus. – Elle a déclaré qu’elles contiennent vérité et a signé.
Madeleine FONTAINE - PATER - BOIZARD, président. »

Dans la soirée de ce 4 avril, le Comité de surveillance se réunit pour la seconde fois et prit l’arrêté suivant :
« Vu la dénonciation couchée, cejourd’hui, sur le registre reposant en la secrétairerie du Comité de surveillance et révolutionnaire d’Arras, par le citoyen Mury, directeur de la Maison de secours dite de la Charité, la déposition d’Eugénie Mury sa fille, aussi de cejourd’hui, les réponses des nommées Madeleine Fontaine, Marie Lanel, Madeleine Fanto (sic) et Jeanne Gérard, toutes quatre cy-devant soeurs de la Charité, actuellement détenues en la maison d’arrêt dite de la Providence, aux interrogats (sic) qui leur ont été aussi cejourd’hui proposés.
L’Assemblée, considérant qu’il résulte des pièces ci-dessus une violente présomption que lesdites Fontaine, Lanel, Fanto et Gérard ont caché en la maison par elles ci-devant habitée, des papiers de gazettes contre-révolutionnaires et tendant à exciter à la révolte et allumer la guerre civile dans ce département.
Arrête, que lesdites Fontaine, Lanel, Fanto et Gérard seront conduite en la maison d’arrêt du tribunal révolutionnaire du département, et que les pièces ci-dessus reprises, ensemble le présent arrêté, seront envoyés à l’Administration du District d’Arras dans les vingt-quatre heures, conformément aux dispositions de la loi du dix-huit nivôse dernier.
BOIZARD, Président - GUILLEMAN, Secrétaire. »

Ainsi de la négation unanime des quatre accusées, jointe à l’invraisemblance du fait reproché, et à l’impossibilité de trouver une preuve juridique, il résulte pour les juges de Joseph Lebon « une violente présomption » que les soeurs sont coupables.
Elles sont alors conduites à la maison d’arrêt des Baudets. Le registre aux écrous de cette prison fait mention de leur entrée, à la date du 16 germinal (5 avril) :
« L’an 2e de la République une et indivisible ont été amenées en la maison des Baudets, les citoyennes Madeleine Fontaine, Marie Lanel, Madeleine Fanto (sic) et Jeanne Gérard, toutes quatre cy-devant soeurs de la Charité, transférées de la maison de la Providence, et ce, par ordre du Comité de surveillance et révolutionnaire d’Arras, avec défense au gardien de les laisser sortir avant qu’il en soit autrement ordonné. » 

Dans leur nouvelle prison, les soeurs trouvèrent plus de désolation et de tristesse que dans la maison de la Providence. La maison d’arrêt des Baudets d’Arras était de fait, comme la Conciergerie à Paris, le vestibule du tribunal révolutionnaire, sinon le premier degré de l’échafaud.
Elles y furent retenues 
quatre-vingt-deux jours, du 5 avril au 25 juin. Pendant les douze semaines de cette détention en ce lieu de tourments, les soeurs virent de plus près les souffrances, parfois atroces, de leurs malheureux compagnons de captivité.

Quelques rares échos de leurs sentiments intimes sont arrivés jusqu’à nous. La soeur Fantou parvint à donner des nouvelles à sa famille ; une lettre longtemps conservée et malheureusement perdue aujourd’hui, résumait l’état d’âme des Filles de Saint Vincent.
Vivement frappées de la désolation qui régnait autour d’elles, elles souffraient surtout de voir tant d’innocents jetés chaque jour dans les cachots, puis, appelés pour être contraints de monter dans les fatales charrettes qui les emmenaient à Cambrai où était dressée la guillotine. Sans illusions pour elles-mêmes, elles n’attendaient plus que la mort et se préparaient généreusement à consommer leur sacrifice.
La soeur Fantou avait appris la terrible persécution qui sévissait en Bretagne, au lendemain de la défaite de la Grande Armée Catholique et Royale, et, du fond de sa prison, elle recommanda aux siens d’être fidèles à la Religion et à Dieu, et de tout souffrir plutôt que d’abandonner leur Foi.

Le dimanche 25 juin, un convoi régulier était déjà parti. Après les transes mortelles de l’appel des condamnés et la tristesse des adieux, les détenus des Baudets se croyaient pour ce jour, à l’abri de nouvelles alertes, quand tout à coup arriva de Cambrai une lettre de l’accusateur public Caubrière, disant au citoyen Ansart, agent national près le District :
« Frère, fais partir, sitôt la réception de la présente, les quatre ci-devant soeurs de la Charité dont l’administration a fait passer les pièces au représentant. Ne perds pas un instant. Fais-les venir la nuit au grand trot. Je compte sur ton zèle pour la punition des conspirateurs : je les attends donc demain de très grand matin.

J. CAUBRIERE. »
La suscription portait ces mots significatifs : « Très pressé : par ordonnance. »
Un convoi extraordinaire fut aussitôt organisé, qui s’ébranla à 1 h du matin.

transfert des soeurs d'arras à cambrai

Transfert des Filles de la Charité d’Arras vers l’échafaud
(tableau, dans l’église de Miniac-Morvan, village natal de la Sœur Thérèse Fantou)

A son arrivée à Cambrai, vers 8 h 30, la charrette fut dirigée sur la maison d’arrêt du tribunal, située rue de la Force, tout près de l’Hôtel-de-Ville. Le geôlier n’attendait pas les nouvelles venues : mécontent, il prétexta le trop-plein de la prison. La voiture dut se remettre en marche et prendre le chemin de l’ancien séminaire où on les enferme dans la chapelle. La nouvelle se répandit très vite que des soeurs d’Arras venaient d’arriver et qu’elles étaient conduites directement au tribunal et à l’échafaud. Des femmes du peuple très émues de ce douloureux spectacle et ne voulant pas se trouver sur la place en face de la guillotine, quand coulerait le sang des vierges consacrées à Dieu, vendirent au plus tôt, presque pour rien, leurs légumes, beurre ou autres produits, et quittèrent le marché.

Le moment arriva pour les soeurs de comparaître devant ces hommes qui n’avaient rien d’humain. Elles suivirent le couloir intérieur de la salle, gravirent l’escalier rapide de la grande estrade et parurent aux regards d’une foule plutôt sympathique ; mais la condamnation à mort était inévitable, elle ne se fit pas attendre.

La Soeur Marie-Madeleine Fontaine, principale accusée, fut condamnée la première comme « pieuse contre-révolutionnaire, ayant conservé pieusement et même caché sous un tas de paille une foule de brochures et de journaux renfermant le royalisme le plus effréné, ayant refusé le serment, ayant même insulté aux commissaires du district en leur disant que cela n’irait pas, qu’il n’y avait plus de diable (sic) dans l’enfer, qu’ils étaient sur la terre ».
La même peine était portée contre les soeurs Jeanne Gérard, Marie Lanel, Thérèse-Madeleine Fantou, « complices de ladite Madeleine Fontaine. »

Le peuple savait bien que la véritable cause de la prison et de la mort des soeurs, était leur titre de vierges consacrées à Dieu, leur attachement inébranlable à la religion chrétienne et à leur saint état. Aussi n’y eut-il aucun cri d’approbation ni applaudissement à l’énoncé de la sentence. Les sœurs  furent donc amenées aux bourreaux charger de procéder à leur « toilette ».
Les soeurs tenaient à la main leurs chapelets, dont la récitation les consolait et soutenait leur courage. Le bourreau voulut les leur enlever, pour leur lier les mains derrière le dos. Elles, jusque-là douces comme des agneaux et, en apparence, insensibles à tout, à l’exemple du divin Maître, elles s’étaient laissé arrêter, conduire dans différentes prisons, traduire devant les juges sans opposer la moindre résistance, pour la première fois, se montrèrent indignées, se redressèrent vivement, pressèrent le chapelet sur leur poitrine et refusèrent catégoriquement de s’en dessaisir. Un des accusateurs publics, Darthé, ordonna grossièrement d’aller de l’avant et de leur arracher ce qu’il appelait des amulettes ; l’huissier André, plus spirituel, voulut soulever l’hilarité des spectateurs habitués à se moquer des choses les plus saintes, et, dans ce but, il proposa de placer les chapelets en forme de couronne sur la tête des victimes, ce qui fut accepté.
Les soeurs virent dans cette couronne une preuve touchante de la bienveillance spéciale que leur témoignait leur Mère du Ciel, et 
parées de leur virginale couronne, fortes d’une fidélité inébranlable à leur vocation et à leurs vœux, elles allèrent à la mort et au triomphe avec une douce joie. Elles continuèrent de prier sous le regards de la foule pressée autour de la charrette, et en imposèrent aux plus malveillants. Le silence réservé, sympathique, qui avait accueilli leur condamnation, les accompagna dans les rues de Cambrai.

L’attitude de la Sœur Fontaine frappait plus particulièrement les assistants : elle était l’âme du groupe, elle avait davantage l’air inspiré et c’est elle surtout qui parlait et consolait au nom du Bon Dieu.

Filles de la Charité d'Arras

Le martyre des Filles de la Charité d’Arras
à Cambrai le lundi 26 juin 1794

Sur la Place d’Armes, au pied de la guillotine, les soeurs tombèrent à genoux et attendirent, dans la prière, le moment de consommer leur sacrifice ; bientôt elles gravirent lentement, l’une après l’autre, les degrés sanglants de l’échafaud ; on entendit plusieurs fois, coup sur coup, le cliquetis funèbre du lourd couteau et on vit rouler trois têtes.
La Sœur Fontaine mourut la dernière. Avant de se présenter au bourreau, elle voulut, une dernière fois, adresser des paroles de consolation et d’espérance au peuple assemblé qui n’avait cessé de les respecter, elle et ses compagnes. Elle s’avança vers lui, nous dit une lettre du temps, et, pleine de foi et de confiance, elle cria avec force : « Chrétiens, écoutez-moi. Nous sommes les dernières victimes. Demain la persécution aura cessé, l’échafaud sera détruit, et les autels de Jésus se relèveront glorieux. » Sa tête roula sur la place et alla heurter celles des trois compagnes, tandis que sa belle âme, unie aux leurs, montait au ciel.
Leurs corps furent jetés dans la fosse commune du cimetière de la porte Notre-Dame, appelé aujourd’hui cimetière Saint-Géry.

Elles ont été béatifiées le 13 juin 1920 par Sa Sainteté le pape Benoît XV.

nika

Oraison :

Dieu éternel et tout-puissant, Vous avez donné aux Bienheureuses Marie-Madeleine, Marie-Françoise, Thérèse et Jeanne, le courage de mourir pour la liberté de la Foi : que leur prière nous obtienne la grâce de supporter toute adversité par amour du Christ et de tendre de toutes nos forces jusqu’à Lui qui vit et règne avec Vous, dans l’unité du Saint-Esprit, pour les siècles des siècles.
Ainsi soit-il.

palmes

2019-51. D’un très touchant pèlerinage auprès des Saintes Hosties de Pézilla-la-Rivière.

Mercredi 19 juin 2019,
Fête de Sainte Julienne Falconiéri, vierge ;
Mémoire des Saints Gervais et Protais, martyrs ;
Vigile de la Fête du Très Saint Sacrement.

Pézilla la Rivière vue aérienne

Vue aérienne de Pézilla-la-Rivière
avec au centre l’église des Saintes Hosties

blason de Pézilla la Rivière

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Dans sa dernière chronique, au début du mois d’avril (cf. > ici), le Maître-Chat Lully vous parlait de mon déplacement en Roussillon à l’invitation du Cercle Légitimiste Hyacinthe Rigaud.
Après le temps des célébrations pascales, à partir du début mai, la maladie de mon très aimé félin puis son trépas ont considérablement perturbé les prévisions qu’il avait établies pour ses publications dans ce blogue : il avait en effet projeté de partager avec vous quelques unes des meilleures photographies que j’ai prises lors des visites et pèlerinages que j’ai accomplis aux alentours de Perpignan et de vous les commenter. Il m’incombe donc, avec du retard, de m’en acquitter maintenant.

* * * * * * *

La fête du Très Saint Sacrement (cf. > ici), me donne donc aujourd’hui l’occasion de vous parler de ma visite à l’église des Saintes Hosties de Pézilla-la-Rivière.
Dans les pages de ce blogue, Lully vous a déjà raconté de manière précise et détaillée l’histoire des Saintes Hosties et du petit sucrier qui fut miraculeusement doré par Notre-Seigneur Lui-même (voir > ici), je n’ai donc pas lieu d’y revenir.

Pour moi, connaissant de manière livresque depuis près de quarante ans l’existence de ce prodige, j’aspirais depuis fort longtemps à me rendre à Pézilla-la-Rivière pour vénérer les Saintes Hosties et le sucrier doré : je suis donc infiniment reconnaissant à nos amis du Cercle Hyacinthe Rigaud de m’y avoir conduit le mercredi 3 avril dernier et de m’y avoir permis de rencontrer Monsieur l’abbé Benoît de Roeck, actuel curé, qui m’a réservé un accueil des plus sympathiques, et auquel je tiens à adresser publiquement ici mes plus chaleureux remerciements.

Pézilla-la-Rivière - église intérieur

Intérieur de l’église des Saintes Hosties à Pézilla-la-Rivière

L’excellente surprise que j’ai eue en entrant dans l’église de Pézilla-la-Rivière a été de constater, au premier coup d’œil, que les Saintes Hosties, qui depuis des décennies étaient assez rarement visibles, conservées à part dans un tabernacle, depuis le 23 avril 2017, ont été replacées dans le ciborium du retable du maître-autel qui avait été édifié pour les recevoir, avec le sucrier miraculeusement doré.

Il faut remercier Son Excellence Monseigneur l’Evêque d’Elne et Perpignan d’avoir nommé expressément Monsieur l’abbé de Roeck à Pézilla-la-Rivière pour y relancer le culte des Saintes Hosties et en refaire un pôle de dévotion eucharistique.

Pézilla-la-Rivière 23 avril 2017

Cérémonie du 23 avril 2017, présidée par Son Excellence Monseigneur l’Evêque d’Elne et Perpignan,
au cours de laquelle les Saintes Hosties et le sucrier miraculeux ont été placés dans le trône d’exposition
du retable du maître-autel de l’église de Pézilla-la-Rivière 

Ce trône d’exposition, bien sécurisé et bien mis en valeur, attire automatiquement le regard dès que l’on entre dans l’église, et, de ce fait attire également l’élan de l’âme fidèle : cette mise en valeur favorise donc de manière évidente la contemplation des Saintes Hosties et du sucrier miraculeux, contribuant à susciter l’intériorisation, la prière, l’adoration…

Pézilla-la-Rivière maître-autel et exposition

Pézilla-la-Rivière ciborium

Cette très intelligente et dévote mise en valeur m’a donc permis de réaliser de nouveaux clichés très précis de l’ostensoir des Saintes Hosties et du sucrier miraculeux que je suis heureux de vous présenter ci-dessous en complément de celles qui avaient été publiées en 2014 avec l’article relatant le miracle (cf. > ici).

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

Saintes Hosties

Sucrier miraculeux

Angelorum esca nutrivisti populum tuum,
et Panem de cœlo praestitisti eis, alleluia !
Vous avez nourri votre peuple de la nourriture des anges,
et Vous lui avez donné le Pain du ciel, alléluia !

(2ème antienne de l’office du Très Saint-Sacrement)

frise avec lys naturel

2019-46. Compte-rendu du quatrième pèlerinage de la Confrérie Royale au Puy-en-Velay.

Mardi de Pentecôte, 11 juin 2019.

Dix jours après le quatrième pèlerinage annuel de la Confrérie Royale au Puy-en-Velay, qui s’est déroulé du 30 mai au 1er juin, j’en ai publié hier, lundi de Pentecôte 10 juin, un compte-rendu sur « L’Ami de la Religion et du Roi », qui est le blogue officiel de la Confrérie Royale dont j’ai le redoutable honneur d’avoir été désigné Prieur par le conseil des fondateurs le 21 novembre 2017 (cf. > ici). Il m’a semblé important de reproduire aussi ce texte dans les pages du blogue de Lully, puisque cette responsabilité et les engagements qui en découlent sont, bien évidemment, très présents dans la vie de notre Mesnil-Marie.       

La Croix et lys - le Puy 2019

La Croix et les Lys (salle de conférence – pèlerinage au Puy mai 2019)

Bien chers Membres et sympathisants de notre chère Confrérie Royale,

Il m’incombe de vous donner un compte-rendu de notre quatrième pèlerinage annuel dans la ville sainte du Puy, les 30-31 mai et 1er juin derniers.              

Avant toutes choses, nous devons rendre à Dieu de très vives et ferventes actions de grâces pour le bon déroulement de ce pèlerinage, pour la ferveur des pèlerins présents, pour les délicates attentions de la divine Providence dont nous avons été entourés, pour la bienveillance avec laquelle nous avons été reçus par les autorités ecclésiastiques, pour la force et la beauté des enseignements reçus à travers nos conférenciers, et pour les bénédictions spirituelles que chaque participant a reçues, et dont la joie spirituelle qui rayonnait sur le visage de chacun à l’issue de ces trois jours de grâce était un éloquent témoignage.
Merci à tous ceux qui ont contribué au bon déroulement de ce pèlerinage : les bénévoles qui ont aidé pour le secrétariat et les inscriptions, ceux qui ont été présents pour l’accueil et ceux qui ont offert leurs bras pour transporter du matériel, porter bannières et étendards, et – à la fin – contribuer aux rangements et au ménage ! 
Merci à nos prêtres pour leur présence rayonnante et pour les magnifiques cérémonies ; merci aux jeunes gens qui se sont montrés d’une édifiante application et compétence dans le service de l’autel ; merci au maître de chœur et aux chanteurs qui ont soutenu de leurs voix nos belles célébrations.
Merci à tous les bienfaiteurs dont la générosité à permis aux ecclésiastiques et à quelques pèlerins aux moyens plus limités à être pris en charge totalement ou partiellement.
Merci à Son Excellence Monseigneur Luc Crépy, évêque du Puy, à Monsieur le Recteur de l’insigne basilique-cathédrale, à Monsieur le Recteur de la Confrérie des Pénitents Blancs et à leur aumônier, pour leur accueil si sympathique.                                

Le Puy-en-Velay

La toujours impressionante silhouette de la ville haute du Puy avec l’ensemble cathédral
et la statue de Notre-Dame de France au sommet du rocher Corneille

La majorité des pèlerins (nous étions une « bonne cinquantaine ») est arrivée au Puy dans l’après-midi du jeudi de l’Ascension. 
Certains venaient de fort loin : Lorraine, Catalogne, Ile-de-France, Champagne, bas Languedoc, Provence… et d’autres de provinces plus proches : Bourbonnais, Auvergne, Vivarais, Dauphiné, Lyonnais… etc. Certains autres étaient du Velay même. 
Mais nous avons été particulièrement touchés par la présence d’un pèlerin de nationalité américaine venu spécialement de Riga (Lettonie) où il réside habituellement.

L’une des nouveautés de cette année résidait dans le lieu d’hébergement et d’accueil.
En effet, le « grand séminaire – accueil Saint-Georges » ne pouvait nous recevoir, et nous avons été très heureux d’être reçus dans les locaux neufs du Lycée Saint Jacques de Compostelle, sis au pied de l’ensemble cathédral : nous y avons disposé de prestations très satisfaisantes, tant pour ce qui concerne la restauration que pour ce qui concerne le couchage et la salle de conférence, particulièrement agréable.
  

Après les installations, les pèlerins qui avaient voyagé une grande partie de ce jour et n’avaient pu assister à la Sainte Messe, ont pu participer à celle qui fut célébrée dans la très belle chapelle dite « des reliques », à la cathédrale.
Dans cette chapelle se trouve une statue de facture relativement récente qui restitue la célèbre Vierge Noire rapportée d’Egypte par Saint Louis, selon les descriptions et croquis détaillés qu’en avait fait, au XVIIIe siècle, Faujas de Saint-Fons qui avait pu l’examiner en détail sans ses robes d’apparat.                  

Messe de l'Ascension - chapelle des reliques

Messe vespérale de l’Ascension dans la « chapelle des reliques »
en la basilique-cathédrale Notre-Dame du Puy

Après le dîner, il revint au Prieur de la Confrérie Royale, de donner lecture d’un message du Président de l’Union des Cercles Légitimistes de France (UCLF) qui, ne pouvant être des nôtres cette année, nous assurait de sa communion d’esprit et de prière, et nous adressait ses encouragements chaleureux. 
Dans la causerie introductive que je fis ensuite, je pus présenter dans une vue d’ensemble l’historique du Vœu national au Sacré-Cœur et de l’édification de la basilique de Montmartre, puisque cette année 2019 marque le centenaire de sa dédicace, et puisque de ce fait le thème choisi pour notre pèlerinage allait nous permettre d’approfondir trois éléments fondamentaux, résumés par la mosaïque du sanctuaire de cette basilique et essentiels à l’esprit de notre Confrérie : la pénitence, le vœu, et l’action de grâces - « Gallia pœnitens, et devota, et grata ».

Cette conférence fut suivie du chant des Complies.     

Salle de Conférence

Salle de conférence du lycée qui nous hébergeait,
dans laquelle furent dispensés les enseignements de ce pèlerinage

La matinée du vendredi 31 mai fut un moment d’intense approfondissement spirituel au moyen des deux conférences développant les thèmes de la pénitence et du vœu. Conférences entrecoupées de temps d’échanges… et, pour nos choristes, de répétitions des parties propres des messes                        

Après le déjeuner, se placèrent les visites, à la fois culturelles et spirituelles : 
- un premier groupe put découvrir ou approfondir la connaissance de la cathédrale Notre-Dame de l’Annonciation ;
- un second se rendit à l’église communément dite « du Collège » (parce qu’elle fut l’église du collège des Jésuites aux XVIIe et XVIIIe siècles), et devenue aujourd’hui sanctuaire de vénération de Saint Jean-François Régis dans la ville du Puy, car c’est ici que, entre ses tournées missionnaires dans les campagnes du Velay et du Vivarais, le saint jésuite célébrait habituellement sa messe, confessait et enseignait… etc. Cette église est la première de « style jésuite » construite en France et on y retrouve toutes les caractéristiques du premier baroque romain.
- D’autres pèlerins choisirent librement de visiter d’autres sanctuaires de la cité.                                      

A 15 h 30, nous nous retrouvions tous au pied des marches de la cathédrale dans laquelle nous eûmes la joie de célébrer la Messe solennelle de la fête de Marie Reine, au maître-autel de la Vierge Noire.

Messe solennelle au maître-autel - Cathédrale du Puy

Messe solennelle au maître-Autel de la basilique-cathédrale Notre-Dame de l’Annonciation du Puy
aux pieds de la célèbre Vierge Noire

A l’offertoire de cette Sainte Messe, notre Confrérie a eu la joie de recevoir les engagements de douze nouveaux membres
Nous sommes particulièrement heureux du fait que, pour la première fois, deux époux ont fait – lors de la même cérémonie – leur vœu de consécration à la Couronne de France.

Elévation du Sacré Corps du Christ

L’élévation du Corps Sacré de Notre-Seigneur à la sainte messe solennelle de la fête de Marie Reine

En fin d’après-midi, avant le dîner, la troisième conférence de cette journée permit d’approfondir le sens et les motifs de la gratitude, de l’action de grâces que nous devons à Dieu notre Seigneur.

Cette action de grâces, nous avons un motif très articulier de la faire monter vers le Ciel à la suite de ce pèlerinage, en raison d’une grâce qui fut reçue ce 31 mai par l’une des pèlerines qui nous en a mis le témoignage par écrit ; je vous le livre ici, sans qu’il soit besoin de longues gloses, tel que je l’ai reçu :

« Bonsoir mon Frère,
Voici mon témoignage.
Depuis plus d’une année je souffrais du genou droit. Un menisque fissuré me gênait puis, au fur et à mesure du temps, toute l’articulation est devenue vraiment très douloureuse. J’avais des difficultés à marcher, et monter les escaliers était vraiment très difficile.
Vendredi après la messe solennelle de Marie Reine, je suis allée sur la pierre des fièvres demander à Notre-Dame de bien vouloir me soulager. Et, la Très Sainte Vierge m’a exaucée.
La douleur a maintenant disparu. Je ne ressens que la gêne du menisque fêlé et, 3h après ma demande, je ressentais un soulagement inimaginable. Plus de douleur persistante et de longs, très longs moments, sans avoir mal alors que la douleur était présente tout le temps et me réveillait la nuit. J’ai pu monter à Notre Dame de France presque sans y penser.
Deo Gratias à Notre Dame.
Je ferai dire une messe d’action de grâce.
Voilà ma Joie. Je vous dit à très bientôt. »

Pierre des fièvres - Cathédrale du Puy

La « pierre des fièvres » dans la cathédrale Notre-Dame du Puy

Dans la soirée de ce vendredi 31 mai, nous avons rejoint la procession aux flambeaux qui, partant de la cathédrale, est montée jusqu’aux pieds de Notre-Dame de France
Cette procession est organisée par le clergé de la cathédrale et la Confrérie des Pénitents Blancs, chaque année pour conclure le mois de Marie.

procession aux flambeaux du 31 mai

La procession sort de la cathédrale pour faire l’ascension du rocher Corneille
au sommet duquel est érigée la statue de Notre-Dame de France

procession aux flambeaux vers Notre-Dame de France

… un moment d’une grande ferveur…

Pénitents blancs du Puy

Quelques uns des Pénitents Blancs

Cette année, au cours de cette procession, Monseigneur l’Evêque du Puy a procédé à la bénédiction des croix rénovées du chemin de Croix qui a été érigé en 1944 tout le long de la montée : les croix d’origine étaient celles qui avaient été portées deux ans plus tôt, lors du grand pèlerinage de pénitence et d’espérance de la jeunesse de France, le 14 août 1942. 
Mais ces croix d’origine, jamais restaurées, étaient désormais très abîmées et la Confrérie des Pénitents Blancs du Puy s’est employée à les refaire à l’identique, à les remettre en place, ainsi qu’à restaurer la plaque commémorative.

Plaque commémorative du chemin de croix montant à Notre-Dame de France   

Bénédiction du chemin de croix restauré par Monseigneur Crépy

Bénédiction des Croix restaurées,
par Son Excellence Monseigneur l’Evêque du Puy

A l’issue de cette procession, nous avons assisté avec plaisir à la projection qui est faite sur la façade de la cathédrale et qui évoque l’histoire du pèlerinage et du sanctuaire, depuis la neige miraculeuse du 11 juillet de l’an 45 et l’intervention du cerf délimitant l’endroit qui devait être consacré au culte de la Sainte Mère de Dieu, jusqu’à nos jours, en passant par les diverses phases d’agrandissement du sanctuaire, du développement du pèlerinage, l’évocation des chemins de Saint Jacques de Compostelle, des fêtes médiévales, de l’art de la dentelle… etc.
Puis, nous tournant encore vers Notre-Dame de France, nous lui redîmes la consécration prescrite pour ce jour par le vénérable Pie XII, et lui adressâmes un dernier « Salve Regina » avant de nous retirer pour un repos bien mérité.

Statue de Notre-Dame de France

Le samedi matin 1er juin, Marie-Magdeleine, baptisée il y a 17 ans, alors qu’elle était née dans une famille mahométane pratiquante, et Marie, baptisée lors de la dernière nuit pascale, née dans une famille de culture musulmane mais passée elle-même par le communisme, ont donné le témoignage de leur découverte de Notre-Seigneur et de leur conversion à la vraie foi révélée : ce fut un moment particulièrement intense et générateur de beaucoup d’espérance surnaturelle.

Porte de la chapelle des pénitents blancs

Chapelle des Pénitents Blancs – détail de la porte d’entrée

Nous nous rendîmes ensuite à la chapelle des Pénitents Blancs, voisine de la cathédrale. 
Monsieur le Recteur de cette Confrérie, fondée en 1584, nous y attendait pour nous présenter brièvement sa Confrérie et cette chapelle, dont la beauté a enthousiasmé tous nos pèlerins…

Chapelle des pénitents blancs du Puy - intérieur

Chapelle des Pénitents Blancs – l’intérieur

Nous avons été particulièrement sensibles à son somptueux plafond à caissons, où les lys de France, le monogramme de Louis XIII et de nombreux angelots, entourent une représentation de l’Assomption de Notre-Dame.

chapelle des pénitents blancs - plafond

Chapelle des Pénitents Blancs – le splendide plafond à caissons

C’est dans cette chapelle que fut célébrée la dernière Sainte Messe de notre pèlerinage de cette année. C’était la messe de la fête (reportée en raison de la fête de l’Ascension) de Sainte Jeanne d’Arc, céleste protectrice de la France en second après Notre-Dame de l’Assomption.

Cette année 2019, ne l’oublions pas, est celle du 590ème anniversaire du commencement de la mission publique de la Pucelle, et donc, alors qu’elle-même se rendait à Chinon auprès du Roi, celle aussi du 590ème anniversaire de la venue au Puy de sa mère et de ses frères, envoyés par Jeanne au jubilé du Vendredi Saint 25 mars 1429.                            

Après le déjeuner, nous nous sommes rassemblés une dernière fois dans la salle de conférence pour quelques derniers avis, pour chanter un vibrant « Magnificat », et pour recevoir la bénédiction de nos prêtres.
Ce furent ensuite les au-revoir pleins d’émotion, nous donnant déjà rendez-vous pour le 5ème pèlerinage de prière pour la France et le Roi organisé par la Confrérie Royale au Puy-en-Velay, les 21, 22 et 23 mai 2020 (dates à réserver impérativement dans vos agendas dès à présent !).

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur,
Prieur.

chapelle des pénitents blancs - fin de la Messe

Chant final de la Messe du 1er juin 2019 dans la chapelle des Pénitents Blancs

lys.gif

2019-40. De la très admirable abbatiale de Saint-Antoine en Dauphiné.

Samedi 11 mai 2019,
Fête transférée de Marie-Médiatrice de toutes grâces (habituellement célébrée le 8) ;
Commémoraison de Saint Mamert, évêque et confesseur (le 1er des saints de glace) ;
Anniversaire de la translation des reliques de Saint Antoine le Grand en Dauphiné (11 mai 1070).

Saint-Antoine l'Abbaye - gravure

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Dans sa chronique du 18 janvier dernier (cf. > ici), le Maître-Chat Lully, évoquant le pèlerinage que j’avais accompli la veille auprès des reliques de Saint Antoine le Grand (appelé aussi Saint Antoine d’Egypte ou Saint Antoine du désert), vous promettait la publication d’une série de photographies de cette admirable église abbatiale prises ce 17 janvier.
Les jours, les semaines et les mois ont passé… La promesse tient toujours !
Tout vient à point pour qui sait attendre : comme c’est aujourd’hui, 11 mai, l’anniversaire de la translation des reliques du « Père de tous les moines d’Orient et d’Occident », la date me paraît particulièrement indiquée pour tenir la promesse que le Maître-Chat vous avait alors faite.

Le village de Saint-Antoine l’abbaye se trouve à proximité de Saint-Marcellin, dans l’actuel département de l’Isère. Il s’appelait autrefois Saint-Antoine en Dauphiné, nom qui avait supplanté, à partir de l’arrivée des reliques de Saint Antoine déposées dans l’église du prieuré bénédictin qui était établi ici, celui de La Motte aux bois qu’il portait originellement.
Voici aujourd’hui la vue de l’ensemble du bourg, couronné par les bâtiments de l’abbaye, qui se découvre à vos yeux, émergeant des brumes matinales, lorsque vous arrivez par le sud au matin de la fête liturgique de Saint Antoine.

Saint-Antoine l'Abbaye, vue générale

Après avoir gravi les ruelles pentues du bourg, vous avez aujourd’hui deux possibilités pour accéder à l’église abbatiale.
La première est cette entrée monumentale de l’ancienne abbaye : elle donne accès à la grande cour en bordure de laquelle sont bâtis les communs, ainsi qu’une partie des bâtiments claustraux.
C’est aujourd’hui l’entrée la plus usitée.

Porte d'entrée de l'abbaye

Voici cette grande cour telle qu’elle apparaît lorsqu’on passe le porche.
Comme elle est plantée d’arbres : il est plus facile d’en apprécier les dimensions et la perspective en hiver, lorsque les branches sont dépouillées de leurs feuilles.

La grande cour de l'abbaye

C’est ainsi en particulier que l’on peut admirer dans son ensemble la façade du pavillon abbatial qui domine cette grande cour…

Pavillon abbatial

… et avoir un recul suffisant pour admirer le clocher, avec sa toiture caractéristique de tuiles vernissées.

clocher de l'abbatiale

A la base de ce clocher se trouve l’entrée latérale de l’église abbatiale, qui donne dans le transept sud.

entrée latérale de l'abbatiale

C’est également depuis cette grande cour que l’on peut admirer l’ensemble du côté sud de l’église, avec les grandes baies gothiques des chapelles latérales édifiées entre les contreforts du bas-côté : chacune de ces baies gothique présente des caractéristiques originales, différentes de celles de sa voisine.

côté sud de l'abbatiale

Le second accès à l’église abbatiale, qui était jadis le principal pour les pèlerins, est constitué par un escalier qui amène à une porte donnant directement sur le parvis de l’église.

Degré de la porte du parvis de l'abbatiale

Porte du parvis

Parvis aperçu par la porte du dégré

Cette vue aérienne ancienne permet de bien voir la disposition de l’église abbatiale, et l’ensemble des bâtiments claustraux, ainsi que les deux portes d’accès : tout à gauche, en avant de l’église, la porte accédant sur le parvis, et tout à droite la porte monumentale de l’abbaye.

vue aérienne de l'ensemble abbatial

En arrivant sur le parvis, on est saisi par la beauté de la façade occidentale (malgré les dommages que lui firent subir les huguenots).

façade principale de l'abbatiale Saint-Antoine

L’étroitesse du parvis ne permettant pas d’avoir un recul suffisant pour la photographier dans son intégralité, j’ai là encore dû recourir à une ancienne carte postale offrant une vue aérienne.

Façade occidentale de l'abbatiale

Entrons maintenant dans l’abbatiale : on est impressionné par l’harmonie des proportions et la luminosité de l’édifice.

Nef principale vue générale

Levons les yeux pour admirer la succession des croisées d’ogives des voûtes de la grand’nef…

voûtes de la grand nef

… ainsi que l’élégance des voûtes de l’abside.

voûtes de l'abside

Le maître-autel, réalisé en 1667, est édifié légèrement en avant du transept.
Son architecture est tout-à-fait originale.

Maître-autel

Ce maître-autel renferme la châsse dans laquelle sont conservées les reliques de Saint Antoine le Grand.
Sur la face antérieure, on remarque une ouverture ovale très ouvragée, fermée par un volet de bois intérieur qui, lorsqu’on l’ouvre, permet d’apercevoir la châssse.

maître-autel : face antérieure

Une autre curiosité consiste dans le fait que les degrés de l’autel sont en nombre pair et non impair.

Maître-autel

Il ne comporte pas de tabernacle, mais il est surmonté d’une espèce d’oculus à l’intérieur duquel est suspendu la colombe symbolisant le Saint-Esprit.
Au sommet, deux anges debout élèvent une couronne fermée au-dessus du « Tau » qui est l’un des insignes de Saint Antoine le Grand et de l’Ordre des Antonins.

Maître-autel, face arrière et voûtes

La face arrière du maître-autel est élevée en bordure du transept.
Ce transept a en effet été conçu pour être un lieu de passage pour les pèlerins : passage qui sépare le sanctuaire et le chœur des religieux.
C’est à cet endroit précis que l’on peut être au plus près de la châsse de Saint Antoine : en effet une ouverture semblable à cette qui se trouve sur la face antérieure est pratiquée dans cette face arrière.
Au dessus de cette ouverture on peut lire : « Faciam te in toto orbe nominari » que l’on peut traduire par : « Je ferai connaître ton nom à tout l’univers », phrase qui fut dite par le Seigneur à Saint Antoine à l’issue de l’un de ses héroïques combats contre le démon.

Maître autel face arrière

C’est donc ici que l’on peut apercevoir la grande châsse d’argent dans laquelle se trouvent les reliques de Saint Antoine.

Aperçu de la châsse de Saint Antoine

En nous retournant vers l’est, ayant donc la face arrière du maître-autel dans notre dos, nous nous trouvons devant le chœur des religieux, autrefois fermé par une grille (fondue à la révolution) et pourvu de 97 belles stalles du XVIIe siècle.
Les trois fenêtres ogivales de l’abside sont illustrées par trois grands vitraux figuratifs du XIXe siècle.

Verrières du chœur

Celui du centre représente bien évidemment Saint Antoine le Grand auquel cette abbatiale est dédiée.

Vitrail de Saint Antoine

Le vitrail de droite représente le baron Josselin de Châteauneuf de l’Albe, qui rapporta les reliques de Saint Antoine de Constantinople, et les plaça ici le 11 mai 1070, fondant de ce fait le pèlerinage…

Josselin de Châteauneuf

… ce que rappelle aussi une inscription peinte à l’entrée du chœur :

inscription rappelant la translation des reliques

Et le vitrail de gauche représente le pape Calixte II (1050 – 1124), né Gui de Bourgogne, archevêque de Vienne en Dauphiné, élu au Souverain Pontificat à Cluny le 2 février 1119, qui procéda en personne à la dédicace de cette abbatiale le 20 mars 1119, onze jours après son couronnement dans la primatiale de Vienne.

Calixte II

Cela est également rappelé par une inscription peinte à l’entrée du chœur :

Inscription souvenir de la dédicace

Dans le transept sud se trouve une chapelle où se trouve un splendide retable du XVIIe siècle, dont le tableau représente la rencontre de Saint Antoine le Grand avec Saint Paul, premier ermite.

autel de la rencontre de Saint Paul et Saint Antoine

tableau de la rencontre de Saint Paul et Saint Antoine

Sur le côté de cette chapelle se trouve aussi une statue de Saint Antoine que j’aime très particulièrement :

Statue de Saint Antoine

C’est souvent devant elle que je place le cierge que je ne manque jamais d’allumer en l’honneur de ce très grand saint.
J’en aime l’expression naïve, presque rustique, mais rayonnante de bonhomie…

statue de saint Antoine détail

… et j’ai beaucoup d’affection pour le petit cochon qui, à ses pieds, semble émerger de sa grande cape d’ermite !

statue de saint Antoine détail

Avant de quitter l’abbatiale, admirons le splendide grand orgue des XVIIe et XVIIIe siècles !

Grand orgue

L’abbatiale de Saint Antoine renferme encore de très nombreuses merveilles d’art sacré en sus des reliques du « Père de tous les moines », je vous en montrerai peut-être un autre jour d’autres exemples.
C’est l’un de mes lieux de pèlerinage favori auquel j’aime à me rendre au moins une fois par an, pour demander à Saint Antoine le Grand les grâces et bénédictions dont j’ai besoin dans ma vie monastique.

Le Maître-Chat Lully lui-même y a été emmené et placé sous la protection de ce très grand saint à l’automne 2016 (cf. > ici), puisque il ne faut pas oublier que Saint Antoine du désert est l’un des saints protecteurs des animaux (cf. > ici).

En cet anniversaire de l’arrivée de ses précieuses reliques en ce lieu béni, que Saint Antoine nous bénisse, nous, et tous nos charmants compagnons à quatre pattes !

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

Clocher de l'abbatiale Saint-Antoine

2019-38. « Ainsi la croix qui avait été jusqu’alors pour les hommes un sujet d’opprobre et de mépris, devint un objet de vénération et de gloire ».

3 mai,
Fête de l’Invention de la Sainte Croix ;
Pieuse mémoire des clercs massacrés à Lamastre par les huguenots le 3 mai 1587 (cf. > ici et > ici).

Parce que la fête de l’Invention de la Sainte Croix, célébrée depuis des siècles à la date du 3 mai, était traditionnellement un repère important de l’année liturgique (par exemple, dans le diocèse de Viviers où nous vivons, elle marquait le début des processions dominicales prescrites tous les dimanches avant la Grand’Messe et ce jusqu’au 14 septembre) est malheureusement aujourd’hui bien oubliée et que beaucoup de fidèles (* note) ignorent les circonstances de la découverte (c’est le sens du mot « invention ») du bois sacré de la Croix sur laquelle Notre-Seigneur a accompli notre salut, nous avons décidé de publier ici les textes du bréviaire traditionnel qui résument cette découverte, dans les leçons du deuxième nocturne des matines de cette fête.

Note :
Et d’ailleurs cela n’est pas seulement ignoré de beaucoup de fidèles mais aussi de nombreux prêtres, puisque ces faits ne se trouvent plus relatés que dans les bréviaires antérieurs à la réforme de Jean XXIII : ainsi donc beaucoup de prêtres traditionnels célébrant selon le missel et le bréviaire conformes au calendrier et aux rubriques de 1960 n’en entendent jamais parler !
Quant aux prêtres formés dans les séminaires diocésains ou interdiocésains – qui ne sont bien souvent que des foyers d’impiété – pour la nouvelle liturgie s’ils en entendent parler c’est comme pieuses « légendes » sans consistance historique et prêtant à sourire…

Agnolo Gaddi invention de la Sainte Croix

Agnolo Gaddi (1350 – 1396) : l’histoire de la Sainte Croix
(fresques de la chapelle du chœur de la basilique Sainte-Croix, à Florence, 1385-87)

L’invention de la Sainte Croix de Notre-Seigneur
par
l’impératrice Sainte Hélène

(Leçons du bréviaire au deuxième nocturne des matines de la fête de l’Invention de la Sainte Croix)

Quatrième leçon :
Après l’insigne victoire que remporta sur Maxence l’empereur Constantin, auquel le signe de la Croix du Seigneur avait été manifesté (cf. > ici, > ici et > ici), Hélène, mère de Constantin, avertie en songe, vint à Jérusalem dans le dessein d’y rechercher la Croix.
Sur le Calvaire, elle fit abattre une statue de marbre représentant Vénus ; c’était pour abolir tout souvenir de la Passion de Jésus-Christ, que les Gentils avaient, depuis environ cent quatre-vingts ans, placé cette statue à l’endroit même où la Croix avait été plantée.
Hélène agit de même au lieu où était la crèche du Sauveur, et au lieu où Il était ressuscité, ayant fait enlever du premier le simulacre d’Adonis, et du second, celui de Jupiter. 

Cinquième leçon :
On déblaya l’endroit où devait être la Croix, et, en creusant, l’on découvrit trois croix profondément enfouies, mais le titre de la Croix du Seigneur fut trouvé à part et comme l’on ne voyait pas à laquelle des trois croix il avait été fixé, un miracle mit fin au doute.
Macaire, Évêque de Jérusalem, après avoir fait adresser à Dieu des prières, fit toucher l’une après l’autre les trois croix à une femme qui était gravement malade. L’attouchement des deux premières ne lui fut d’aucun secours, mais lorsqu’on eut approché la troisième de l’infirme, cette personne fut aussitôt guérie. 

Sixième leçon :
Ayant ainsi retrouvé la croix, instrument de notre salut, Hélène éleva au même lieu une église, vraiment magnifique où elle laissa une partie de la Croix, enfermée dans une châsse d’argent ; elle en apporta une autre partie à son fils Constantin, et on la déposa à Rome dans l’église appelée Sainte-Croix-en-Jérusalem, construite sur l’emplacement du palais de Sertorius.
Hélène remit encore à son fils les clous avec lesquels le très saint corps de Jésus-Christ avait été attaché (voir aussi > ici).
C’est alors que Constantin porta une loi, pour défendre qu’on fît désormais subir à quelqu’un le supplice de la croix ; et ainsi la croix qui avait été jusqu’alors pour les hommes un sujet d’opprobre et de mépris, devint un objet de vénération et de gloire. 

Ste Hélène - église Saint Honoré d'Eylau -  nef gauche

L’impératrice Sainte Hélène
et son fils l’empereur Saint Constantin 1er le Grand
(vitrail de l’église neuve Saint-Honoré d’Eylau, à Paris)

2019-36. « Que ce brutal événement nous soit une incitation à convertir nos cœurs, à les dépouiller du superficiel, à les ramener à l’essentiel ».

Alors que de trop nombreux responsables de l’Eglise n’émettent bien souvent, en guise de vœux ou de messages pastoraux à l’occasion de la fête de Pâques, que d’affligeantissimes banalités ou les poncifs éculés d’une platitude dont on se demande si elle a encore un lien, même ténu, avec la foi catholique authentique, notre Souverain légitime, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, a fait paraître, dans la Sainte Nuit de Pâques, le message suivant, message admirable par sa profondeur spirituelle autant que par la lucidité des vues et la sagesse des analyses dont il témoigne.
Rendons grâces à Dieu pour la sollicitude de notre Roi et pour le discernement qu’Il lui accorde en ces temps de troubles et de pertes des repères fondamentaux !

Vive le Roi !

Notre-Dame de Paris après incendie

Mes chers compatriotes,

En ce jour où toute la Chrétienté célèbre dans la joie et l’Espérance la Résurrection de Notre Seigneur Jésus-Christ, comment ne pas vous souhaiter une joyeuse et belle fête de Pâques !
La Semaine Sainte a pourtant commencé de manière terrible par le tragique incendie de Notre-Dame de Paris qui nous a tous profondément bouleversés. 

Dieu merci, la cathédrale a survécu à ce déluge de feu et d’eau. 
Et ses principaux trésors ont été miraculeusement épargnés, en particulier la couronne d’épines, la tunique de Saint Louis, le maître-autel de Louis XIV, les rosaces… et bien d’autres encore.
Et si la charpente et la flèche se sont effondrées sous l’assaut violent des flammes, les murs, eux, ont tenu.

Au-delà des signes et des symboles que nous pouvons y voir, c’est vraiment toute la France qui a tremblé saisie d’émotion pour ce joyau qui fait partie de notre Histoire, de notre patrimoine.

Souhaitons que cette unité d’une nuit, restaurée quelques instantsautour de ce qui constitue le départ de toutes les routes de France, de ce qui en est le cœur spirituel et culturel, puisse régner durablement, plus forte que les divisions qui nous minent trop souvent.

Témoignons notre reconnaissance aux héroïques Sapeurs-Pompiers de Paris, et pensons tout particulièrement à leur frère d’armes blessé dans cette bataille contre le feu. Prions pour son rétablissement complet et rapide.

Que le peuple de France, conduit par les architectes des Bâtiments de France et des Monuments historiques, s’appuyant sur le professionnalisme exceptionnel de nos corps de métiers restaure à présent patiemment Notre Dame, en prenant le temps comme meilleur allié, pour lui rendre sa splendeur, dans l’esprit de Foi et de sacrifice qui était celui de ses bâtisseurs, nos ancêtres. 

Et que ce brutal événement nous soit une incitation à convertir nos cœurs, à les dépouiller du superficiel, à les ramener à l’essentiel.

Que le Christ règne sur nos cœurs apaisés et que Notre-Dame qui est la Reine de France, protège le peuple de France qu’Elle affectionne tant !

Le Christ est ressuscité !
Joyeuse fête de Pâques à vous tous!

Louis
Duc d’Anjou

grandes armes de France

2019-32. Message du Prieur de la Confrérie Royale à l’occasion de la Semaine Sainte et des célébrations pascales :

On ne restaurera pas le Royaume des Lys par d’autres moyens que ceux que Dieu a utilisés pour son établissement ! 

armoiries confrérie royale

 Message du Prieur de la Confrérie Royale

à l’occasion de 
la Semaine Sainte et des célébrations pascales

Vendredi de la Passion 12 avril 2019,
Commémoraison solennelle de la Compassion de Bienheureuse Vierge Marie.

Messieurs les Chanoines,
Mes Révérends Pères,
Messieurs les Abbés,
Chers Fidèles,
Membres et Amis de la Confrérie Royale,

« La foi nous apprend, mes frères, et nous sommes fortement convaincus qu’un jour le Christ est mort pour nous : le Juste pour les pécheurs, le Maître pour des esclaves, le Libre pour des prisonniers, le Médecin pour ses malades, le Bienheureux pour les infortunés, le Riche pour les pauvres, pour les égarés Celui qui courait à leur recherche, le Rédempteur pour ceux qui s’étaient vendus, le Pasteur pour son troupeau, et, ce qui est plus admirable encore, le Créateur pour sa créature, ne perdant rien toutefois de ce qu’Il est éternellement, tout en donnant ce qu’Il S’est fait dans le temps ; invisible comme Dieu et visible comme homme, donnant la vie à cause de Sa puissance et acceptant la mort à cause de Sa faiblesse, immuable dans Sa divinité et passible dans Son humanité. Mais, comme s’exprime l’Apôtre : « S’Il a été livré pour nos péchés, Il est ressuscité pour notre justification » (Rom. IV, 25). Vous savez parfaitement que cela ne s’est accompli qu’une fois. Or, quoique toutes les voix de l’Écriture publient que cet événement ne s’est accompli qu’une fois, cette solennité le ramène, à des temps révolus, comme s’il avait lieu souvent. Toutefois il n’y a pas opposition entre la réalité et la solennité ; l’une ne dit pas vrai pour faire mentir l’autre, mais ce que l’une représente comme n’étant arrivé qu’une fois effectivement, l’autre le rappelle aux cœurs pieux pour le leur faire célébrer plusieurs fois » (Saint Augustin – sermon CCXX pour la veillée de Pâques au §1).

Nous allons une fois encore entrer dans la « grande Semaine », ainsi que l’appelaient nos pères dans la foi.
Nous voici aux portes de l’événement majeur de toute l’histoire de l’humanité.
Nous voici arrivés au point culminant de notre année liturgique.

Tant de choses ont été dites et écrites depuis près de deux-mille ans à ce sujet, que je n’ai nulle prétention à faire œuvre d’originalité en m’adressant à vous ce jour d’hui.

Mais s’il est une chose que je dois dire et redire inlassablement, c’est que c’est l’amour de notre divin Rédempteur que nous devons considérer en ces jours, auquel nous devons nous attacher, à travers lequel nous devons regarder toutes les réalités d’ici-bas, et au moyen duquel il nous faut juger de toutes choses : un amour pleinement surnaturel qui ne s’attache en rien à répondre aux prétentions et préventions de la nature, un amour pleinement surnaturel qui est ordonné aux seules réalités éternelles, un amour pleinement surnaturel qui ne se satisfait pas de demi-mesures, un amour pleinement surnaturel qui va jusqu’au bout de ses excès de compassion et de générosité, un amour pleinement surnaturel qui ne s’économise en rien, un amour pleinement surnaturel dont la Croix est à jamais le signe !

Que la générosité de Notre-Seigneur se donnant tout entier « usque ad mortem, mortem autem Crucis : jusqu’à la mort, et la mort de la Croix« , soit l’unique point de référence – le modèle et la norme – de notre engagement dans cette Confrérie Royale

Car « [Le Christ] n’a pas annoncé pour la société future le règne d’une félicité idéale, d’où la souffrance serait bannie ; mais par Ses leçons et par Ses exemples, Il a tracé le chemin du bonheur possible sur terre et du bonheur parfait au ciel : la voie royale de la croix. Ce sont là des enseignements qu’on aurait tort d’appliquer seulement à la vie individuelle en vue du salut éternel ; ce sont des enseignements éminemment sociaux et ils nous montrent en Notre-Seigneur Jésus-Christ autre chose qu’un humanitarisme sans consistance et sans autorité » (Saint Pie X, encyclique « Notre charge apostolique » du 25 août 1910).
La restauration d’un ordre temporel accordé aux desseins providentiels de Dieu sur ce Royaume de France, accordé à la volonté divine qui a si merveilleusement œuvré à l’établissement de notre royauté chrétienne traditionnelle – cette royauté qui demeure malgré tout le modèle inégalé de toutes les royautés chrétiennes dans le monde entier -, nécessite toujours plus de générosité.

En effet, je ne cesse de le dire et vous me l’entendrez dire encore de nombreuses fois,on ne restaurera pas le Royaume des Lys par d’autres moyens que ceux que Dieu a utilisés pour son établissement, c’est-à-dire la conversion profonde des esprits, des mentalités, des cœurs et des mœurs, et par la collaboration active et généreuse de nombreux saints à la geste de Dieu.

Cette humble Confrérie est au service de cette restauration ; elle est au service du Règne de Dieu sur la terre ; elle œuvre autant qu’elle peut à la sanctification de ses membres pour qu’ils deviennent de fidèles instruments de la grâce divine pour le rétablissement d’un ordre social conforme à la Sainte Loi de Dieu, et cette sanctification ne peut se faire sans une union de plus en plus grande au divin Cœur de Notre-Seigneur, qui a été ouvert et révélé sur la Croix. 

Puisse donc la générosité de Jésus-Christ en Sa bienheureuse Passion, être l’exemple amoureusement suivi par tous les membres de cette Confrérie !
La joie de la Résurrection ne peut être qu’à ce prix, et la joie de la résurrection de la France catholique et royale pour laquelle nous sommes engagés dans un combat spirituel sans merci ne peut être elle-aussi qu’à ce prix.

A vous tous, mes très chers Amis -  « ma joie et ma couronne » (Phil. IV, 1) -,
je souhaite une bonne, belle, fervente et très généreuse Semaine Sainte
et de très joyeuses fêtes pascales !

 Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur,
Prieur.
Blason Frère Maximilien-Marie

 

 

Important :
Si vous n’êtes pas encore inscrit au Pèlerinage de la Confrérie Royale au Puy-en-Velay,
il est important de le faire sans retard !
Voir > ici

 

Publié dans:De liturgia, Textes spirituels, Vexilla Regis |on 13 avril, 2019 |1 Commentaire »

2019-30. Chronique du Mesnil-Marie depuis le 1er dimanche du Carême 10 mars jusqu’à la veille du premier dimanche de la Passion 6 avril 2019.

Samedi soir 6 avril 2019,
Samedi de la quatrième semaine de Carême.

Capture d’écran webcam Chaudeyrolles 6 avril 2019 18 h

Ce que montre la webcam du village de Chaudeyrolles ce samedi 6 avril à 18 h !!!

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

En cette fin d’après-midi, le massif des Monts Mézenc et Gerbier de Jonc va s’endormir sous la neige : nous pourrions nous croire revenus au mois de décembre !
Dans notre hameau lui-même elle n’a pas tenu au sol, mais nous avons eu des averses tantôt de pluie, tantôt de neige pendant une grande partie de cette journée et, tandis que le jour baisse, depuis nos fenêtres nous voyons les sommets qui nous entourent qui, à partir d’environ 900 m d’altitude, sont encapuchonés de blanc.
Le cliché que je vous ai placé en tête de cette chronique est une saisie d’écran réalisée à partir de ce que diffuse la webcam placée dans le village de Chaudeyrolles (1280 m d’altitude), à quelques lieues d’ici.

Vous imaginez bien que, dans ces conditions, je n’ai nulle envie de mettre le tiers d’un huitième de mes moustaches dehors : je suis resté voluptueusement allongé sur le tapis devant le poêle une grande partie de ce jour, tandis que mon papa-moine vaquait à ses occupations ordinaires, écrivait, répondait à des messages ou à des appels téléphoniques… etc.
Mais il est maintenant temps que je vous fasse un petit compte-rendu des principaux événements de notre Mesnil-Marie au cours du mois qui s’est écoulé, puisque ma dernière chronique date du 10 mars (cf. > ici).

Premières violettes au Mesnil-Marie le 15 mars 2019

Au Mesnil-Marie, les premières violettes ont fleuri le 15 mars

Je vous rassure pourtant, ainsi qu’en témoigne aussi la photo ci-dessus, le printemps est pourtant bien parvenu jusqu’en notre vallée de moyenne montagne : les hirondelles sont arrivées avant même la fin du mois de février, les premières violettes ont fleuri le 15 mars, sur la terrasse Saint-Charlemagne une première jonquille – bientôt suivie par d’autres – a montré sa corolle jaune le 30 mars ; nos tulipes et nos iris sont sorties de terre, mais n’ont pas encore formé leurs boutons ; partout les bourgeons se forment, et Frère Maximilien-Marie a repiqué de jolies pensées ; depuis quelques jours on entend le chant du coucou dans les bois voisins…
Bien sûr, nous pouvons observer que nous avons un bon mois de décalage avec d’autres endroits du Vivarais, plus au sud, voire avec d’autres provinces du Royaume, mais cela ne nous chagrine pas : nous savons que nous aurons encore de petits retours de froidure, et cela fait partie des caractères de ce pays, absolument splendide précisément parce qu’il est rude !

Au cours de ces dernières semaines donc, notre Frère, avec l’association qui promeut la randonnée dont il est le président, a commencé les réunions et préparations relatives à l’organisation de « La Ronde des Sucs au printemps », dans le cadre d’une grande opération fédérative qui a lieu sur tout le territoire des Boutières et intitulée « Le printemps de la randonnée ».
Il s’est également rendu à l’assemblée générale du C.I.C.P. (Centre international Construction et Patrimoine) à Viviers, association dont il est membre parce qu’il en apprécie beaucoup le sérieux et le travail.

Et puis, il y a eu la dernière Veillée Culture & Patrimoine de la saison. En effet, pendant toute la période hivernale, une fois par mois, au village, en collaboration avec l’Amicale Art-Création-Loisirs (une association locale avec laquelle nous sommes en excellents termes) le Refuge Notre-Dame de Compassion a proposé ces veillées aux thèmes variés.
Cette dernière veillée a eu lieu le 19 mars au soir ; elle était consacrée au Moyen-Age, et je vous invite à lire le compte-rendu qui en a été fait dans la presse locale : 

Article de « l’Hebdo de l’Ardèche » consacré à la Veillée Culture & Patrimoine du 19 mars
(faire un clic gauche sur l’image ci-dessous pour pouvoir lire l’article)

19 mars - Veillée C & P

Et puis il y a eu deux conférences qu’il est important de mentionner ici :

- La première était donnée par notre ami Emmanuel, dans l’église des Vans (à l’extrême sud de notre Vivarais) le dimanche 17 mars et s’intitule « Le Signe de Jonas » : à travers une approche rigoureuse et authentiquement scientifique du livre de Jonas, notre ami Emmanuel arrive à montrer d’une façon brillante combien les ricanements des rationalistes sont sans consistance.
Cette conférence est enregistrée et disponible sur You Tube. Je vous invite à l’écouter > ici.
Mais nous aurons aussi l’occasion d’en reparler, je pense.

- La seconde conférence était organisée par le Cercle légitimiste du Dauphiné Crillon le Brave, dont nous sommes très proches, et elle fut donnée par l’un des membres de ce cercle, titulaire d’un doctorat, et dressait un panorama complet de l’économie au Moyen-Age. Ce fut le samedi 23 mars à Valence.
Ce travail de synthèse (forcément, car le Moyen-Age dure mille ans) pose les bases d’approfondissements ultérieurs et de réflexions sur les fondements d’une économie conforme aux exigences morales du Saint Evangile.

L'oratoire du Mesnil-Marie pour la fête de Saint Joseph - 19 mars 2019

L’oratoire du Mesnil-Marie apprêté pour la célébration de la Sainte Messe
le mardi 19 mars 2019 pour la fête de Saint Joseph

Le mardi 19 mars, pour la fête de Saint Joseph – dont Louis XIV avait voulu qu’elle fut une fête chômée dans tout le Royaume -, nous avons eu la grande joie d’avoir un ami prêtre qui a célébré la Sainte Messe dans notre oratoire. De ce fait, un groupe d’amis fervents est aussi venu en notre Mesnil-Marie, et ce fut une belle journée d’amitié et d’échanges.

Puis il y eût la très grande et très belle fête de l’Annonciation de Notre-Dame, le lundi 25 mars, jour qui lui aussi, dans une société authentiquement chrétienne, doit être chômé (cf. > ici).
Frère Maximilien-Marie s’est rendu au Puy pour la Sainte Messe chantée, tout comme un dimanche, dans « notre » chapelle de l’ancien monastère Sainte-Claire, chapelle qu’à sa fondation Sainte Colette de Corbie a placée sous le vocable de l’Annonciation. Son nom traditionnel est en raison de cela : « chapelle de l’Ave Maria ».
Ainsi, cette fête de l’Annonciation est-elle tout à la fois la fête patronale de la chapelle de notre quasi paroisse, la fête patronale de la cathédrale, et la fête patronale du diocèse du Puy.
Frère Maximilien-Marie n’a bien sûr pas manqué de prendre un long temps de prière aux pieds de la célèbre Vierge Noire.

Maître-autel de la cathédrale du Puy avec la statue de la Vierge Noire - 25 mars 2019

Le maître-autel de la cathédrale Notre-Dame de l’Annonciation, au Puy,
le lundi 25 mars 2019

Cela me donne tout naturellement l’occasion de rappeler qu’il est encore temps de s’inscrire pour le pèlerinage au Puy, organisé par la Confrérie Royale les 30-31 mai et 1er juin prochains. Voir fichier pdf Présentation du pèlerinage – informations – bulletin inscription

Affiche pele ascension 2019 - allégée

Pour le service de la Légitimité, notre Frère a dû faire un rapide aller-retour à Paris, pour une très importante réunion le vendredi 29 mars.
Puis il a repris la route avant l’aurore le dimanche de Laetare, pour se rendre, après avoir entendu la Sainte Messe de ce dimanche rose à l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux, auprès du nouveau Cercle légitimiste fondé en Provence et placé sous le vocable du Frère Fiacre de Sainte-Marguerite, dont il a animé la réunion.
Celle-ci achevée, après le chant des vêpres, il a aussitôt repris la route en direction de Perpignan, où le Cercle légitimiste Hyacinthe Rigaud l’avait invité (cf. > ici). Je reviendrai plus en détail sur les trois jours que Frère Maximilien-Marie a passés en Roussillon, parce qu’ils furent d’une rare intensité et qu’ils lui ont permis de magnifiques découvertes culturelles et artistiques, d’accomplir deux pèlerinages auxquels il tenait beaucoup, et de tisser des liens très forts avec les membres et sympathisants du Cercle Hyacinthe Rigaud.
Je veux ici remercier très chat-leureusement ces derniers pour l’accueil qu’ils ont réservé à mon papa-moine (dont je me suis certes un peu langui pendant son absence, mais nos voisins sont venus quotidiennement me visiter et s’occuper de moi). 

Conférence de Frère Maximilien-Marie le 2 avril 2019

Conférence de Frère Maximilien-Marie le 2 avril 2019
à l’invitation du Cercle légitimiste Hyacinthe Rigaud de Catalogne

Et nous voici entrés dans le Temps de la Passion : ces deux semaines vont nous conduire jusqu’au Triduum Sacré.
Comme vous pouvez le voir sur la photo publiée ci-dessous (quel contranste avec la photo de ce même oratoire en tenue de fête ci-dessus !), dans notre oratoire les croix, les statues, les bannières et les images saintes ont toutes été recouvertes de voiles violets, conformément à l’antique tradition liturgique.

Je termine cette chronique en vous souhaitant de vivre ce temps avec une ferveur et une générosité toujours plus grandes et je vous assure de notre profonde union dans le Cœur de Jésus et Marie.

pattes de chatLully.

Et pour soutenir et aider le Refuge Notre-Dame de Compassion > ici

L'oratoire du Mesnil-Marie samedi 6 avril 2019

L’oratoire du Mesnil-Marie ce samedi 6 avril 2019

nika

2019-26. Du quatre-vingtième anniversaire du couronnement de Sa Sainteté le Pape Pie XII.

1939 – 12 mars – 2019

Armoiries et devise de Pie XII

Armoiries et devise de Pie XII

Ce 12 mars n’est pas seulement le jour de la fête de Saint Grégoire le Grand, mais il est aussi l’anniversaire du couronnement de Sa Sainteté le Pape Pie XII.
J’ai déjà publié, à l’occasion de son septante-cinquième anniversaire, le récit de son élection (voir > ici). Aujourd’hui, accompagné d’images et de photographies d’époque, je vais largement citer le texte que la Réverende Mère Pascalina Lehnert a publié dans ses mémoires à propos de cette journée du 12 mars 1939.

Couronnement de Pie XII - image commémorative

Image commémorative du couronnement de Pie XII
portant la mention des villes ou pays dans lesquels il avait auparavant été en mission diplomatique

« Le 12 mars approchait – c’était le jour du couronnement. La journée fut ensoleillée, un vrai jour de fête. Nous étions déjà allées de bonne heure à la messe, puisque le Saint-Père ne célèbrerait pas à la maison. A notre retour, nous le trouvâmes dans la chapelle privée. Il était très pâle et semblait très fatigué. Que pouvait-il bien ressentir ce matin-là ? (…)

« Ce fut un jour de fête, comme on ne peut en imaginer de plus radieux, ni de plus sublime. « Saint-Père, regardez donc la place Saint-Pierre », criions-nous, remplies d’enthousiasme. Il vint à la fenêtre pour ne pas nous décevoir, mais s’en détourna à nouveau rapidement. Sur la vaste place, ondulait une foule humaine innombrable, une féérie d’uniformes et de costumes pittoresques de toutes couleurs. Ici une dame distinguée, en robe de cérémonie, là un simple paysan. Jeunes et vieux, petits et grands, pauvres et riches – tous étaient venus rendre hommage au Vicaire du Christ qui devait recevoir aujourd’hui la triple couronne : la tiare. Et par-dessus toute cette pompe et cette magnificence, retentissait ce cri repris à l’infini : « Viva, viva, viva il Papa Pio XII, il Papa Romano di Roma ! »

« Et la basilique Saint-Pierre, parée de tous ses atours, flamboyait, radieuse, au milieu d’un océan de lumière qui faisait étinceler dans toute leur beauté les riches et lourdes dorures de ses ornements. Tout était plein jusqu’à la dernière place. La foule immense bruissait et ondulait, attendant patiemment, depuis des heures, celui que tous connaissaient, aimaient et honoraient depuis des années, et qui devait aujourd’hui recevoir la plus haute dignité qui soit sur la terre. Lorsque le Saint-Père eut quitté son appartement privé pour la Sala dei Paramenti, où on devait l’habiller pour la cérémonie, nous nous mîmes également en route pour Saint-Pierre (…). Peut-il y avoir chose plus belle sur cette terre ? Aucun de ceux qui ont eu le bonheur de participer à ce couronnement-, ne pourra sans doute oublier cet événement impressionnant !

Scala Regia Pie XII porté sur la sedia gestatoria

Pie XII porté sur la sedia gestatoria descendant la Scala Regia
pour se rendre à la basilique Saint-Pierre

« Déjà les trompettes d’argent annonçaient l’approche de celui qu’on attendait ! Une immense acclamation s’éleva, qui cependant retomba peu à peu, car, dans l’atrium se déroulait la première cérémonie d’hommage du chapitre de Saint-Pierre, dont Pie XII avait été l’archiprêtre durant de longues années.

« Maintenant, il franchissait le seuil de Saint-Pierre, porté sur la sedia gestatoria. Que de fois il avait accueilli ici, en sa qualité d’archiprêtre, Pie XI, à qui il était attaché de tout son cœur et de toute son âme, et comment aurait-il pu s’empêcher aujourd’hui de penser que Pie XI lui avait toujours prédit ce jour ! La chorale entonna dans l’allégresse : Tu es Petrus. Une tempête d’applaudissements se déchaïna : un tonnerre d’acclamations et de chants, une explosion de liesse tels qu’on eût cru que les murs allaient s’effondrer.

« La longue procession s’était mise en mouvement. Le Prince héritier et la Princesse héritière d’Italie ouvraient le cortège des délégués, princes, nobles et ambassadeurs accourus de plus de cinquante pays : tous les grands de ce monde, tous les peuples rendaient hommage au pape ! Tous ceux qui assistaient à ce spectacle grandiose, plein de dignité et de beauté, en étaient transportés d’enthousiasme.

Pie XII - Couronnement

L’entrée du Pontife dans la basilique Saint-Pierre

« Enfin le Saint-Père lui-même arrivé. Le blanc de son long pluvial brodé d’or faisait encore paraître plus mince sa silhouette ascétique, et la mitre ornée de pierres précieuses accusait encore la pâleur de son visage aux traits fins. Ses belles et longues mains bénissaient et saluaient à droite et à gauche. A sa main droite qui bénissait, étincelait l’anneau du pécheur. Tous les regards étaient tournés vers le Saint-Père, et c’est vers lui que montaient tous ces applaudissements – vers lui, représentant du Christ sur la terre.

« A nouveau retentit le magnifique Tu es Petrus, cette fois-ci avec une telle puissance et une telle ampleur que les ovations diminuèrent un peu.

« Puis le Saint-Père commença la messe du couronnement. Ceux qui avaient depuis des années le bonheur de pouvoir assister à sa messe, ne voyaient, aujourd’hui encore, au milieu de toute cette magnificence et de toute cette pompe extérieure, que le prêtre entièrement absobé par le Saint Sacrifice et qui était pleinement conscient de ses fonctions sacrées. Avec quelle ferveur n’avait-il pas récité le Confiteor, entonné le Credo ! Quelle foi ardente animait le Sursum Corda, la Préface ! On put saisir chaque syllabe des paroles sacrées de la Consécration. Puis s’éleva le Pater. Jamais je n’oublierai son Fiat voluntas tua. (Je l’ai encore entendu très souvent le chanter, mais rarement, je crois, de façon plus émouvante que ce jour-là).

Cette messe sublime s’acheva. A nouveau se déchaînèrent des tempêtes d’applaudissements qui ne voulaient pas s’arrêter. Tout le monde se hâta d’aller sur la place Saint-Pierre pour pouvoir être témoin du couronnement. Les milliers de gens qui n’avaient pas pu entrer dans la basilique, avaient attendu patiemment sur la place. Maintenant tous les yeux se levaient vers la loggia décorée, où était dressé le trône du Saint-Père (…).

Couronnement de Pie XII - réception de la tiare

Pie XII reçoit le trirègne, ou tiare.

« Un enthousiasme indescriptible salua l’apparition de Pie XII. Il couvrait même les paroles lourdes de sens du rite du couronnement : « Reçois la tiare ornée de la triple couronne et sache que tu es le père des princes et des rois, le chef de l’univers, le vicaire de notre Rédempteur. A Lui l’honneur et la gloire pour les siècles des siècles ! »
L’allégresse se donna libre cours à travers l’hymne : « Coronam auream super caput ejus… ». Puis les bras du Saint-Père s’écartèrent largement en un geste inimitable, comme s’il voulait embrasser le monde entier, et les ondes portèrent, à travers l’éther, sa bénédiction Urbi et Orbi à tous les êtres humains.
Longtemps encore Pie XII salua la foule qui l’acclamait. Rome avait-elle jamais vu pareille participation, pareille fête ? »

Mère Pascalina Lehnert : « Mon privilège fut de le servir » (pp. 85-88 – Téqui 1985).

Pie XII Couronnement - 1ère bénédiction

Première bénédiction Urbi et Orbi du nouveau Pontife

Voir aussi dans ce blogue les publications consacrées à
- L’élection de Pie XII > ici
- Le 50e anniversaire de sa mort et la défense de son pontificat > ici

Publié dans:De liturgia, Memento, Nos amis les Saints |on 12 mars, 2019 |4 Commentaires »
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