Archive pour la catégorie 'De liturgia'

2024-19. A travers Louis XVI, Dieu est certes visé, et la couronne bien sûr, mais c’est aussi le premier coup porté dans notre pays contre la paternité et contre l’éducation que tout parent donne à sa descendance.

Prône pour la Messe solennelle de Requiem pour le repos

de l’âme du Roi Louis XVI

Eglise Saint-Eugène-Sainte-Cécile, Paris,
- 20 janvier 2024 -

La Famille Royale au Temple - blogue

La Famille Royale au Temple

Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il. 

                                                           Mes chers Frères,

       Le Roi va mourir, et il est seul, en présence de Dieu. Louis le Désiré, – comme le peuple le surnomma -, va mourir car les nouveaux maîtres ne peuvent accepter que le Lieutenant du Christ leur rappelle que tous les hommes sont soumis à la loi divine. Celui qui va verser son sang n’est pas qu’un monarque, le roi très chrétien ; il est aussi un père, celui des enfants de France et celui de toutes ses nations et de tous ses peuples à l’unisson. À travers lui, Dieu est certes visé, et la couronne bien sûr, mais c’est aussi le premier coup porté dans notre pays contre la paternité et contre l’éducation que tout parent donne à sa descendance.  En 1786, il avait fait part à Monsieur de Malesherbes d’une de ses craintes à l’égard du monde nouveau : «  Prenons-y garde, nous aurons peut-être un jour à nous reprocher un peu trop d’indulgence pour les philosophes et pour leurs opinions. La philosophie trop audacieuse du siècle a une arrière-pensée » (Lettre, 13 décembre 1786). Cette philosophie ne s’est jamais fatiguée de saper tous les fondements de la monarchie en transformant la Révélation en une simple religion naturelle dans le meilleur des cas. La paternité n’échappa pas à cette attaque en règle. Il suffit de lire l’Émile ou De l’éducation de Jean-Jacques Rousseau : la nature fait bien les choses et il ne faut pas la contrarier ; l’enfant doit donc être libre de ses propres expériences ; le père de famille ne doit pas user d’autorité puisque les seules valeurs sont la liberté, la tolérance, l’égalité. Cette première balafre dans le tissu éducatif chrétien prépare notre décadence actuelle, et Louis XVI, dans sa jeunesse, en fut en partie victime mais il sut rapidement s’en défaire car il laissa agir les lumières surnaturelles. Il ne pouvait oublier que Notre Seigneur fut reconnu pour l’autorité de son enseignement et que le Fils ne cessa d’obéir au Père jusqu’à la mort de la Croix. Si le Roi nous émeut tant, c’est parce qu’il mit en pratique, jusqu’au dernier jour, un souci paternel envers les Français et qu’il fut père attentionné pour ses enfants prisonniers au Temple avec lui. Les principes qui le portèrent alors ne pouvaient que faire enrager ses ennemis, tel Bertrand Barère de Vieuzac déclarant à la Convention le 20 janvier 1793 : « L’arbre de la liberté ne saurait croître s’il n’était arrosé du sang des rois. » Les principes boursouflés de la Révolution prirent racine dans un terreau préparé de longue date par les philosophes, les sociétés secrètes et les journalistes du temps, ceci à partir d’un enseignement déjà perverti. Quelques mois après l’exécution du Roi en 1793, le P. Pierre de Clorivière, – jésuite dans le secret depuis la suppression de son Ordre en 1762 et qui rétablira la Compagnie de Jésus en France en 1814 -, écrit ses Études sur la Révolution, avec déjà à l’esprit l’idée d’une restauration de la foi et des mœurs : « Nous n’aurions pas vu la religion dépérir si promptement parmi nous si la jeunesse eût été élevée d’une manière plus chrétienne, et si cette partie de l’éducation qui regarde plus directement la foi n’y eût été trop négligée. Ceux qui se sont servis de leur pouvoir pour établir le règne de l’impiété ont bien senti cette influence de l’éducation, et pour établir solidement leur œuvre mauvaise, pour en perpétuer les effets, ils se sont emparés de tout ce qui regardait l’instruction publique. » Son diagnostic n’a pas pris une ride. Et Louis XVI, prisonnier, comprit que le dernier exemple qu’il pouvait léguer à ses peuples était celui d’une famille unie dans l’épreuve, soucieuse de l’éducation et de l’instruction de ses enfants. Les témoignages à ce sujet sont bouleversants, surtout en pensant à ce que la Convention fera subir à Louis XVII avant de le laisser périr misérablement. Le roi fut proche du dauphin, comme un vrai père aimant et autoritaire jusqu’à ce qu’il fût séparé de force des siens. Il fut fidèle à son devoir de transmission, comme lui-même en avait été le bénéficiaire de la part de son grand-père Louis XV, contre le mauvais air du temps. Adolescent, admirablement instruit notamment par Monsieur de La Vauguyon, il avait été l’objet du mépris d’un philosophe comme Helvétius affirmant avec hauteur : « On ne peut sans inconséquence être à la fois pieux et homme d’État, dévot et bon citoyen, c’est-à-dire honnête homme. » (De l’Homme, de ses Facultés intellectuelles et de son éducation) Ce dernier persifle à l’unisson des frères du futur Louis XVI, qui eux épousèrent sans vergogne l’esprit des Lumières. Propagande donc contre le futur roi qui tient sa source dans des principes éducatifs tordus mis en place en amont de la Révolution. Le P. de Clorivière notera encore : « Il ne suffit pas d’inculquer aux enfants les premiers éléments de la doctrine chrétienne, il faut déraciner de leur esprit et de leur cœur les fausses notions qu’on y a jetées. Il faut accoutumer au joug, des esprits qui n’en ont jamais connu, leur inspirer l’horreur pour le péché dont ils ont été habitués à ne faire aucun cas. Il ne s’agit pas seulement d’annoncer la foi à des hommes qui ne l’ont jamais reçue, mais d’y ramener une nation qui, publiquement, y a renoncé ; il faut l’amener à s’avouer coupable d’apostasie, alors qu’elle se glorifiait de porter la lumière chez les autres peuples. » Cette analyse est plus que jamais actuelle : la France contemporaine ne pourra renaître qu’en passant par ces étapes et en commençant par l’humble repentir de sa trahison.

   Alors que le roi n’est plus roi aux yeux de la Nation, il ne lui reste plus qu’à accomplir jusqu’au bout son devoir paternel, et celui-ci s’exprime par des gestes ordinaires. Le fidèle valet de chambre Cléry nous rapporte certains gestes : chaque matin au Temple, à 9 heures, le roi descendait chez la reine et peignait le dauphin avant que tous ne partageassent un même déjeuner. Puis Louis XVI s’occupait de l’éducation du dauphin, en lui faisant réciter des vers de Corneille et de Racine, en lui donnant des leçons de géographie et de cartographie. Souvenons-nous que Louis XVI était très cultivé, intéressé par toutes les sciences, parlant couramment plusieurs langues. La reine se chargeait de l’éducation de Madame Royale. En début d’après-midi, tous avaient le droit de se promener dans le jardin, et le dauphin, sous la direction de Cléry, jouait au palet, au ballon et pratiquait la course. Après le dîner de midi, le dauphin s’exerçait à l’écriture puis jouait à la balle et au volant. Le soir, la reine et Madame Élisabeth lisaient pour tous un ouvrage d’histoire. Le dauphin soupait le premier et sa mère lui faisait réciter ses prières avant de le coucher. Tout ceci malgré la surveillance grossière et humiliante des municipaux de la Commune. Par exemple, le roi ne pouvait apprendre l’arithmétique au dauphin, sous prétexte qu’il aurait pu « parler en chiffres » (sic). Les dames n’eurent pas le droit de faire de la tapisserie car elle aurait pu être « des hiéroglyphes destinés à correspondre avec le dehors » (resic). Le roi tenait bon, s’imposant une discipline parfaite. N’étant pas autorisé à entendre la messe, il lisait chaque jour l’office des chevaliers du Saint-Esprit et Cléry lui procura un bréviaire, ainsi que des livres de piété pour toute la famille. Louis XVI ne se lassa pas de lire durant sa captivité : plus de deux cent cinquante ouvrages, dont Montesquieu, Buffon, Hume, les tragiques français, l’Imitation de Jésus-Christ, et, quatre heures par jour, les auteurs latins. Son inaltérable sérénité déconcertait les conventionnels qui lui rendaient visite. Le 11 décembre 1792, début du procès de Louis Capet, il fut séparé de sa famille, et notamment du dauphin, ce qui, nota Cléry, le plongea dans une tristesse vite surmontée. Le ciel était bas et il pleuvait ce jour-là. Tant de larmes étaient à venir et elles ruissellent encore sur le visage de la France parricide.  À la fin de cette parodie de procès, de Sèze, un des trois avocats de Louis XVI, tous admirables, s’écria avec courage devant les juges iniques : « Louis sera donc le seul Français pour lequel il n’existera aucune loi ni aucune forme ! Il n’aura ni les droits du citoyen ni les prérogatives de roi ! Il ne jouira ni de son ancienne condition ni de la nouvelle ! Quelle étrange et inconcevable destinée !…» Victime de tant d’injustice, Louis XVI ne fléchit point, demeurant ferme dans l’empire sur lui-même et dans la persévérance, fruit de l’éducation qu’il avait reçue comme dauphin. Les qualités d’âme de ce roi n’apparaissent pas miraculeusement au pied de l’échafaud. Elles y sont couronnées par l’ultime sacrifice car ce prince les cultiva depuis son plus jeune âge. Jules Michelet lui-même, pourtant très hostile à l’ancienne France, reconnaît que « Louis XVI n’eut qu’un vice, qui était la royauté même. » Il est possible d’ajouter que la royauté, aux yeux de ses adversaires, n’eut également qu’un vice : celle de dépendre de Dieu. Louis XVI traversa une purification à l’aune de l’épreuve et de la douleur, comme la reine d’ailleurs. À l’adresse de la France, de ses nations et de ses peuples, il poussa un cri identique à celui du Maître face à la ville sainte : « Jérusalem ! Jérusalem ! Que de fois j’ai voulu rassembler tes enfants à la manière d’une poule qui rassemble ses poussins sous ses ailes, et tu ne l’as pas voulu ! » (Matthieu, XXIII. 37) Le 20 juin 1791, il avait ainsi essayé de réveiller ses sujets par cet appel : « Français, et vous surtout Parisiens, … revenez à votre roi, il sera toujours votre père, votre meilleur ami. Quel plaisir n’aura-t-il pas d’oublier ses injures personnelles et de se trouver au milieu de vous lorsqu’une constitution qu’il aura acceptée librement fera que notre sainte Religion sera respectée. » Et surtout ses dernières confidences à Cléry, le 18 janvier, alors qu’il vient d’apprendre sa condamnation à mort : « Je ne crains pas la mort ; mais je ne puis envisager sans frémir le sort cruel que je vais laisser après moi à ma famille, à la reine, à nos malheureux enfants ! Je vois le peuple livré à l’anarchie, devenir la victime de toutes les factions, les crimes se succéder, de longues dissensions déchirer la France ; – Oh ! mon Dieu, était-ce là le prix que je devais recevoir de tous mes sacrifices ? N’avais-je pas tout tenté pour assurer le bonheur des Français ? » Paroles d’un père pour sa propre famille et aussi pour la grande famille de la France. Il est blessé dans sa paternité car la Révolution ne peut que la haïr, comme elle détestera aussi la maternité. Paternité et maternité confiés à l’homme par Dieu comme image visible de la relation qui lie tout être à son Créateur, et donc objets de la vindicte d’un régime qui s’arroge les droits divins. Telle est la république française qui poursuit, inlassablement, son œuvre de destruction contre la famille, contre l’éducation chrétienne et même, désormais, contre toute loi naturelle.

   Alors quelle réponse en présence de tant d’ignominies accumulées maintenant depuis plus de deux siècles, sinon le témoignage sans fin du juste persécuté, comme le rapporte déjà Isaïe ? « Il a été offert parce que lui-même l’a voulu, et il n’a pas ouvert la bouche ; comme une brebis qu’on mène à la boucherie, comme un agneau devant celui qui le tond, il a gardé le silence. Il a été enlevé par l’angoisse et le jugement. » (LIII. 7-8) Le terrible Marat sera un instant ébranlé par la patience héroïque du roi durant l’interrogatoire du 11 décembre 1792 : « Il s’est entendu appeler Louis sans montrer la moindre humeur, lui qui n’avait jamais entendu résonner à son oreille que le nom de Majesté ; il n’a pas témoigné la moindre impatience tout le temps qu’on l’a tenu debout, lui devant qui aucun homme n’avait le droit de s’asseoir. Innocent, qu’il eût été grand à mes yeux dans cette humiliation ! » (Journal de la République française par l’Ami du peuple, 12 décembre 1792) Bien des esprits contemporains, loin d’ignorer Louis XVI, continuent de le détester, les mêmes qui blasphèment contre le vrai Dieu et qui ironisent, à l’instar des témoins de la Crucifixion : « Il a sauvé les autres et Il ne peut se sauver lui-même ; s’Il est le Roi d’Israël, qu’Il descende maintenant de la Croix et nous croirons en lui. » (Matthieu, XXVII. 42) Les tambours qui battirent pour couvrir la voix du roi juste avant son exécution continuent follement de retentir afin d’empêcher la proclamation de la Vérité, et les hommes de pouvoir refusent d’être des pères car ils repoussent la paternité divine. Le sacrifice de Louis XVI n’est pas vain car il permettra peut-être à la France de s’agenouiller de nouveau un jour, de recouvrer son honneur, de pleurer son péché qui, par la décapitation d’un roi, l’a conduit à renier son héritage. Nous sommes exsangues, à bout de souffle, mais encore persistant dans l’erreur et dans l’orgueil. Que le silence qui nous accable ne soit pas le signe de notre malédiction mais l’annonce de notre résurrection. Ainsi soit-il.

Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

                                    P. Jean-François Thomas s.j.
31 décembre 2023
Dimanche dans l’Octave de la Nativité

Louis XVI au Temple instruisant son fils - gravure exposée au musée de la révolution à Vizille - blogue

Dans la prison du Temple, Louis XVI assurant l’éducation du Dauphin
[détail d'une gravure d'époque - présentée au musée de la révolution à Vizille]

2024-18. « En se disant indigne, il se rendit digne de recevoir le Christ, non dans sa demeure, mais dans son cœur… »

3ème dimanche après l’Epiphanie ;
Lectures de la Messe : Rom. XII 16-21 et Matth. VIII 1-13.

       A l’occasion du troisième dimanche après l’Epiphanie, l’Eglise donne à notre instruction et méditation le passage de la guérison du serviteur du Centurion. Saint Augustin a commenté ce passage dans le sermon LXII qu’il prononça à Carthage.
A la vérité, tout le sermon ne traite pas de ce passage, puisque le Docteur d’Hippone va ensuite expliquer les enseignements de Saint Paul concernant la consommation des viandes préalablement offertes aux idoles. Voilà pourquoi nous ne retranscrivons ci-dessous que 5 des 18 paragraphes de ce long sermon : ceux qui commentent directement la péricope évangélique qui nous est donnée à méditer en ce dimanche, paragraphes déjà fort riches où Saint Augustin fait ressortir que le bonheur du Centurion ne vient pas de la présence corporelle de Jésus-Christ, mais de l’humilité de sa foi, et que l’action du Sauveur en faveur de ce soldat et de son serviteur malade, figurait déjà que les Gentils seraient préférés aux Juifs. 

Louis II de Boullogne - Le centurion auprès de Jésus 1685 - Louvre

Louis II de Boullogne, dit le Jeune (1654-1733) : le Centurion aux pieds du Christ (1685)
[collections du musée du Louvre, en dépôt aux musée des Beaux-Arts d'Arras]

   1. Nous avons entendu, pendant la lecture de l’Evangile, louer notre foi lorsqu’elle est pénétrée d’humilité. Jésus en effet promettant d’aller dans la demeure du Centurion pour y guérir son serviteur, le Centurion répondit : « Je ne suis pas digne que Vous entriez dans ma maison ; mais dites seulement une parole, et il sera guéri ».
En se disant indigne, il se rendit digne de recevoir le Christ, non dans sa demeure, mais dans son cœur ; il n’eût même point parlé avec tant d’humilité et de foi, s’il n’eût porté dans son âme Celui qu’il redoutait de voir entrer dans son habitation. Son bonheur n’eût pas été grand si le Seigneur Jésus fût allé chez lui sans être dans son cœur. Ce Maître suprême, qui nous a enseigné l’humilité par Sa parole et par Son exemple, n’a-t-Il pas mangé chez un pharisien orgueilleux, nommé Simon ? (cf. Luc VII 36). Et tout assis qu’Il était dans sa maison, le Fils de l’homme ne trouvait point dans son âme où reposer Sa tête.

   2. Pour ce motif en effet, autant du moins qu’on peut en juger par les expressions mêmes du Sauveur, Il rejeta du nombre de Ses disciples un autre orgueilleux qui spontanément demandait à Le suivre. « Seigneur, Lui avait-il dit, je Vous suivrai où que Vous alliez ». Et témoin de ce qui était caché dans son âme : « Les renards, répondit le Sauveur, ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme n’a point où reposer la tête ». En d’autres termes : Il y a en toi des ruses comme des ruses de renards, et l’orgueil t’emporte comme les oiseaux du ciel ; mais le Fils de l’homme oppose la simplicité à la ruse, l’humilité à ton orgueil et Il n’a point où reposer Sa tête. Ce repos de la tête que l’on prend en l’abaissant, est une leçon d’humilité.
Pendant qu’Il éloigne cet homme qui voudrait Le suivre, Il en attire un autre qui refuse. Alors, en effet, Il dit à quelqu’un : « Suis-Moi » ; et celui-ci répondit : « Je Vous suivrai, mais permettez-moi d’abord d’aller ensevelir mon père ». Cette excuse venait de la piété filiale, aussi mérita-t-elle d’être repoussée et d’affermir la vocation divine. Le futur disciple voulait faire une bonne œuvre ; mais le Maître lui montra ce qu’il y devait préférer, car Il prétendait faire de lui un prédicateur de la parole de vie pour ressusciter les morts, et il ne manquait pas d’hommes pour accomplir cet autre devoir. « Laisse donc », lui dit-Il, « les morts ensevelir leurs morts » (cf. Luc IX 57-60).
Quand des infidèles ensevelissent un cadavre, ce sont des morts qui ensevelissent un mort. Ce cadavre a perdu son âme ,et l’âme des autres a perdu son Dieu. Or, comme l’âme est la vie du corps, Dieu est la vie de l’âme ; et comme le corps expire quand l’âme s’en va, ainsi expire l’âme lorsque Dieu la quitte. La perte de Dieu cause la mort à l’âme, de même que la perte de l’âme fait la mort du corps. Mais si la mort du corps est nécessaire, la mort de l’âme est volontaire.

   3. Le Seigneur était donc à table dans la maison d’un pharisien orgueilleux. Je dis dans sa maison, car Il n’était pas dans son cœur ; tandis que sans entrer dans la maison du Centurion, Il habitait son âme, et que Zachée Le reçut en même temps dans son palais et dans son coeur (cf. Luc XIX 6). Or c’est l’humilité que Jésus loue dans la foi de ce Centurion. Il avait dit : « Je ne suis pas digne que Vous entriez dans ma demeure », et le Seigneur répondit : « En vérité Je vous le déclare, Je n’ai point rencontré une foi si grande dans Israël » : dans Israël selon la chair, ce soldat étant déjà Israélite selon l’esprit.
Le Seigneur en effet était venu d’abord vers Israël selon la chair, c’est-à-dire vers les Juifs, pour y chercher les brebis perdues ; c’est au sein et du sang de ce peuple qu’Il avait pris chair ; Il dit néanmoins : « Là Je n’ai point rencontré une foi si grande ». C’est comme homme seulement que nous pouvons mesurer la foi des hommes ; mais Celui dont le regard pénètre l’intérieur, Celui que personne ne saurait tromper, rendit témoignage aux dispositions de cet homme, et, en entendant ses paroles d’humilité, Il prononça en sa faveur une sentence de guérison.

   4. D’où lui en vint l’espoir ? « Pour moi, dit-il, qui suis un homme soumis à la puissance d’un autre et qui ai sous moi des soldats, je dis à l’un : Va, et il va ; et à un autre : Viens et il vient ; et à mon serviteur : Fais cela et il le fait ». Autorité pour mes subalternes, je suis soumis à une autorité supérieure. Si donc tout homme et tout subordonné que je suis, j’ai le pouvoir de commander, de quoi n’êtes-Vous pas capable, Vous à qui obéissent toutes les puissances ?
Cet homme était gentil. En effet il était centurion et déjà il y avait en Judée des soldats de l’Empire romain. C’est donc en Judée qu’il exerçait sur quelques troupes le commandement dévolu à sa charge ; qu’il était soumis et qu’il commandait ; qu’il obéissait avec soumission et qu’il commandait ses subordonnés.
Or le Seigneur, c’est ce que doit remarquer principalement votre charité, faisait entendre dès lors sans sortir du milieu des Juifs, que Son Eglise se répandrait dans tout l’univers, où Il enverrait Ses Apôtres la fonder. Ainsi les gentils ne Le verraient pas et croiraient en Lui, tandis que les Juifs en Le voyant Le mettraient à mort.
Il n’entra point visiblement dans la demeure du Centurion, et quoique absent de corps Il porta p
ar la présence de Sa majesté, la grâce dans son âme croyante et la santé dans sa famille.
N’est-ce pas ainsi qu’Il ne fut visible qu’au sein du peuple juif, et que sans être ailleurs né d’une vierge, sans avoir parmi les autres nations ni souffert ni marché, sans y avoir supporté l’infirmité humaine et déployé la puissance divine, sans y avoir en un mot rien fait de semblable, Il a vu en Lui-même l’accomplissement de cet oracle : « Le peuple que Je ne connaissais pas, M’est soumis » ?
Comment soumis, s’il ne Le connaissait pas ? C’est qu’ « il M’a obéi en entendant Ma voix » (Ps. XVII, 45). La nation juive L’a donc vu et L’a crucifié ; l’univers a entendu Sa parole et a cru en Lui [...].

   6. Reconnaissez l’accomplissement de ce que vous avez vu prédit dans l’Evangile. « Je vous le déclare donc », dit le Sauveur, « pour ce motif, » – c’est-à-dire en considération de cette foi du Centurion, de cet homme étranger par la chair, mais rapproché par le cœur et qui a mérité Mes éloges -, « beaucoup viendront d’Orient et d’Occident » – beaucoup et non pas tous, « viendront d’Orient et d’Occident » – ou de tout l’univers : c’est ici le tout désigné par deux parties. « Beaucoup viendront d’Orient et d’Occident et auront place dans le Royaume des cieux avec Abraham, Isaac et Jacob, tandis que les enfants du royaume seront jetés dans les ténèbres extérieures. Les « enfants du royaume », c’est-à-dire les Juifs. D’où leur vient cette dénomination ? De ce qu’ils ont reçu la loi, de ce que les Prophètes leur ont été envoyés, de ce qu’ils possédaient le temple et le sacerdoce, de ce qu’ils célébraient figurativement tous les mystères futurs. Mais lorsque s’est présentée la réalité de ces mystères, ils ne l’ont point reconnue. Aussi ces « enfants du royaume seront-ils jetés dans les ténèbres extérieures, où il y aura pleurs et grincements de dents ».
Ne voyons-nous pas maintenant les Juifs réprouvés, les Chrétiens appelés, de l’Orient et de l’Occident, à un banquet céleste, pour avoir place avec Abraham, Isaac et Jacob, pour se nourrir de la justice et s’abreuver de la sagesse ? [...]

Louis II de Boullogne - Le centurion auprès de Jésus - détail

Le Centurion aux pieds du Christ – détail

2024-17. Récapitulatif des publications de ce blogue relatives aux célébrations de l’anniversaire de la mort de Sa Majesté le Roi Louis XVI : prédications, documents historiques, compositions musicales… etc.

21 janvier,
Anniversaire de la mort de Sa Majesté le Roi Louis XVI.

Louis XVI - gravure des premières années de son règne

       Dans un premier récapitulatif, intitulé « Préparation spirituelle aux célébrations anniversaires du martyre de Sa Majesté le Roi Louis XVI », que l’on peut retrouver > ici , nous avons recensé pour vous tous les textes que nous avons publiés dans les pages de ce bloque écrits par le Roi-martyr (testament, bien sûr, mais aussi des maximes et son vœu au Sacré-Cœur), ainsi que des textes historiques contemporains de son procès et de sa mort et ceux qui, tel le discours du pape Pie VI attestent qu’il est un véritable martyr, et le récit de ses dernières heures… etc.

   Voici maintenant ci-dessous un second récapitulatif par lequel vous pourrez accéder à un certain nombre d’autres « trésors » spirituels, historiques ou artistiques eux aussi relatifs aux célébrations commémoratives de la mort de notre pieux souverain.

A – Textes de 1815 rendant compte des recherches des corps de Leurs Majestés le Roi Louis XVI et la Reine Marie-Antoinette et de leur transfert à Saint-Denys :

1) Les préparatifs à la basilique de Saint-Denys > ici,
2) L’audition des témoins des inhumations de 1793 > ici,
3) Les fouilles et l’exhumation des corps > ici,
4) Le convoi funèbre du 21 janvier 1815 > ici,
5) La pompe funèbre du 21 janvier 1815 à Saint-Denys et l’inhumation > ici.

frise lys deuil

B – Des panégyriques, oraisons funèbres, allocutions ou prédications, à relire et à méditer :

- L’oraison funèbre prononcée à Rome en présence du pape Pie VI > ici
- Eloge funèbre prononcée par le Rd. Père Augustin Pic o.p. à la basilique de Saint-Denys le 21 janvier 2016 > ici
- Prédication de Monsieur l’abbé Michel Viot à la basilique de Saint-Denys le 21 janvier 2017 > ici
- Prédication du Rd. Père Jean-François Thomas s.j. en l’église de Saint-Germain l’Auxerrois le 21 janvier 2017 > ici
- Prédication du Rd. Père Augustin Pic o.p. à la Chapelle Expiatoire le 20 janvier 2019 > ici
- Prédication de Monsieur l’abbé Sébastien Dufour (FSSP) le 21 janvier 2021 à l’église Notre-Dame, à Valence > ici
- Prône du Rd. Père Jean-François Thomas s.j. sur la Place de la Concorde le 21 janvier 2021 > ici
- Prédication du Rd. Jean-François Thomas s.j. à l’église Saint-Eugène à Paris le 21 janvier 2021 > ici
- Prône du Rd. Père Jean-François Thomas s.j. à l’église Saint-Eugène à Paris le 20 janvier 2024 > ici

frise lys deuil

C – Musique : Requiems composés à la mémoire du Roi

- La Messe de Requiem en Ut mineur de Luigi Cherubini > ici
– La Messe de Requiem composée par Sigismund Ritter von Neukomm qui fut chantée le 21 janvier 1815 lors de la pompe funèbre à la mémoire de S.M. le Roi Louis XVI pendant le Congrès de Vienne > ici
-

frise lys deuil

Mentionnons aussi l’ouvrage remarquable du Rd. Père Augustin Pic o.p. sur la correspondance, les récits et les inédits de l’Abbé Edgeworth de Firmont > ici

Et enfin un rappel important et toujours nécessaire :
En France, le Roi ne meurt pas > ici

Armes de France pour le deuil

2024-16. De Saint Fulgence de Ruspe, moine de l’Ordre de Saint Augustin, évêque malgré lui, héroïque confesseur de la foi et docteur de l’Eglise.

19 janvier,
Dans l’Ordre de Saint Augustin, fête de Saint Fulgence de Ruspe, évêque, confesseur et docteur de l’Eglise ;
Au diocèse de Viviers, fête de Saint Arconce, évêque et martyr ;
Anniversaire du rappel à Dieu de Gustave Thibon (cf. > ici)

Symboles de l'Ordre de Saint Augustin - blogue

       Notre grand Bossuet a présenté Saint Fulgence de Ruspe comme « le plus grand théologien et le plus saint évêque de son temps ». Figure sans doute la plus éminente du catholicisme africain à l’époque de la domination vandale, champion de la lutte contre l’arianisme et le pélagianisme, sa vie nous est particulièrement bien connue, puisque, en sus des éléments biographiques que l’on trouve dans les textes de Saint Fulgence lui-même, une biographie circonstanciée, la Vita Fulgentii, fut écrite peu après sa mort par un de ses proches (auquel on peut seulement reprocher de ne pas avoir été très précis en ce qui concerne les dates, ce qui fait que les historiens, aujourd’hui, débattent inlassablement pour les préciser).

   Dans l’Ordre de Saint Augustin, il est traditionnellement honoré sous le titre de Docteur de l’Eglise, en raison de l’importance de son œuvre et de sa rigueur doctrinale, et sa fête, impossible à célébrer au jour anniversaire de sa mort, qui est le 1er janvier, est reportée à ce 19 janvier.

l'Afrique romaine divisions à partir du IVe siècle - blogue

Divisions territoriales et administratives de l’Afrique romaine à partir du IVème siècle :
on y voit, en particulier, où se trouve la Byzacène (aujourd’hui sur le territoire tunisien)

   Fabius Claudius Gordianus Fulgentius, notre Saint Fulgence, est né (en 462, 467 ou 468, selon les diverses interprétations que les historiens font des données de la Vita, comme nous l’avons dit ci-dessus) dans une famille sénatoriale de Carthage, catholique, qui possédait de grands biens, mais que le roi des Vandales ariens, Genséric (v. 389 – 477) avait dépouillée de ses biens, ce qui avait eu pour conséquence un exil de plusieurs années dans la péninsule italienne. Un peu avant la naissance de Fulgence, ayant pu récupérer une partie de son patrimoine, mais pas sa maison de Carthage donnée aux prêtres ariens, la famille s’était installée sur ses terres de Thélepte, en Byzacène : c’est donc là que naquit Fulgence.

   Pour mémoire, Saint Augustin était mort une trentaine d’années auparavant, le 28 août 430, dans sa ville d’Hippone assiégée par les Vandales. Ceux-ci avaient commencé leur conquête de l’Afrique du Nord en 428 ; ils s’emparèrent de Carthage en 439, et en firent leur capitale. Leur domination durera jusqu’en 534, lorsque Bélisaire, général de l’empereur Justinien, reconquerra l’Afrique du nord au profit de l’Empire romain d’Orient.
Toute la vie de Saint Fulgence de Ruspe se déroule donc dans le cadre de cette domination des Vandales ariens et des persécutions contre les catholiques qu’ils suscitèrent.

   Fulgence, orphelin de père assez tôt, grandit sous la conduite de sa mère, pieuse et avisée, qui lui fit faire des études poussées. Grâce à cela, le jeune homme, brillant, obtint un emploi de receveur général des impôts pour la Byzacène.
Toutefois, rapidement dégoûté des honneurs terrestres et de la vie mondaine, à l’âge de 22 ans, Fulgence, dont la décision finale fut emportée par la lecture de Saint Augustin, et en particulier de son commentaire du Psaume XXXVI (sur le jugement), alla trouver un saint évêque, Fauste, chassé de son siège par Hunéric (fils et successeur de Genséric), qui avait fondé un monastère sous la Règle de Saint Augustin, et le supplia de l’y admettre.
D’abord réticent à l’admission d’un jeune homme dont il craignait qu’il ne fut trop délicat, puisqu’il avait été élevé dans une famille aisée, Fauste changea d’avis en voyant avec quelle énergie et quelle constance Fulgence soutint les assauts de sa propre famille contre sa vocation monastique, et l’admit au noviciat.
Le jeune moine embrassa avec enthousiasme et ferveur la Règle, sa discipline et ses pénitences, devenant un modèle pour tous. Il s’abstint dès lors de toute nourriture carnée et ne but plus jamais de vin.

Vêture de Fulgence - blogue

   La vie monastique de Fulgence ne fut toutefois pas de tout repos : les persécutions de Gondamond (successeur d’Hunéric) contraignirent la communauté fondée par Fauste à la dispersion vers d’autres monastères. A la suite de cela, des incursions numides, puis la jalousie d’un prêtre arien qui craignait que la vie édifiante et la science des moines ne lui enlevassent des fidèles, qui se saisit d’eux, les fit battre de bâtons et de verges, puis les renvoya nus parce qu’il avait mis en lambeaux leurs vêtements, pour les humilier, les contraignirent à fuir encore et encore…
Fulgence dont les vertus avaient pour conséquence qu’on lui confiait de plus en plus de responsabilités et d’autorité, voulut aussi fuir la charge de supérieur et résolut de se retirer parmi les solitaires d’Egypte. Des évêques réussirent à l’en dissuader : lui enjoignant plutôt de travailler à garder les fidèles d’Afrique dans la foi et l’obédience romaines. Ce fut d’ailleurs à la suite de cela qu’il accomplit un pèlerinage à Rome avant de revenir en Byzacène.

   Il ne resta que peu de temps dans sa communauté d’origine reconstituée, appelé qu’il fut à prendre la tête d’une fondation dont il fut, à son grand déplaisir, nommé abbé. C’est alors que Fauste, pour prévenir toute nouvelle tentation de fuite vers une plus grande solitude, l’attacha à son diocèse en l’ordonnant prêtre.
C’était aussi un temps où les évêques d’Afrique, profitant d’un léger répit dans la persécution, s’employaient à trouver de nouveaux prélats pour les évêchés laissés vacants. Fulgence s’efforça d’échapper à cette charge… mais il ne put longtemps l’éviter et il fut quasi enlevé et sacré de force, en 505 (ou 508), comme évêque de Ruspe, une ville antique qui avait quelque importance.
Il refusa de porter les vêtements de dignité que portaient ordinairement les évêques et garda l’habit monastique, marchant souvent pieds nus et gardant au maximum toutes les observances du cloître et leurs austérités, s’astreignant à une rigoureuse abstinence et aux veilles. Il fit d’ailleurs construire, comme Saint Augustin l’avait fait avant lui, un monastère auprès de sa cathédrale, afin de participer autant que sa charge le lui permettait aux exercices de la vie religieuse.

   Thrasimond, ayant succédé à son frère Gondamond à la tête du royaume vandale, relança la persécution contre le clergé catholique : il fit saisir une soixantaine d’évêques et les exila en Sardaigne.
C’est alors que, selon la tradition augustinienne, Saint Fulgence de Ruspe et Saint Eugène de Carthage, craignant un grand nombre de destructions et de profanations, emportèrent avec eux le corps de Saint Augustin ainsi que tout ce qu’ils purent sauver de ses écrits.

Saint Fulgence et Saint Eugène emportent les reliques de Saint Augustin en Sardaigne - blogue

   En Sardaigne, avec quelques moines qui l’avaient accompagné, Saint Fulgence reconstitua une petite communauté, proche de Cagliari : un embryon de monastère augustinien que quelques évêques, abandonnant le siècle, rejoignirent, gagnés qu’ils furent alors à l’idéal monastique par les exemples contagieux de Fulgence.

   Voulant gagner les catholiques à l’arianisme, le roi Thrasimond cherchait à établir des conférences contradictoires avec des théologiens catholiques, mais en faisant en sorte qu’il sortirait toujours vainqueur de ces joutes. On lui parla de la science de Fulgence : il le fit revenir de Sardaigne à Carthage, fut impressionné par sa science et son argumentaire, mais refusa la lumière qui lui était communiquée… et finit par renvoyer Fulgence en Sardaigne.

   Thrasimond mourut en 523, et Fulgence fut autorisé à revenir dans son diocèse : il dut s’employer à en ramener la population au christianisme orthodoxe puisqu’en son absence les ariens avaient réussi à pervertir la foi de beaucoup. Il travailla aussi à réformer les nombreux abus qui s’étaient répandus dans son diocèse en son absence, affaiblissant la discipline ecclésiastique. Il était souvent appelé par d’autres évêques à prêcher dans leurs diocèses pour y combattre les hérésies : la force de persuasion et l’efficacité de sa prédication étaient telles que l’évêque de Carthage, Boniface, éleva de publiques actions de grâces à Dieu pour avoir donné à ces diocèses d’Afrique un tel prédicateur.

   Après sept ans de cet apostolat, Fulgence sut que le temps de la rencontre avec son Seigneur approchait : en l’année 532, il se retira pendant plusieurs mois sur un îlot de l’archipel des Cercina (aujourd’hui les îles « Kerkennah ») où il construit son dernier monastère (à Erramadia) : il y fut très éprouvé dans sa santé, mais s’adonna plus que jamais à la contemplation, à l’étude et à la mortification.

   Cédant une dernière fois aux désirs de son peuple, il revint à Ruspe pour donner ses dernières recommandations à son clergé et à ses ouailles, pour distribuer tous ce qui pouvait lui rester, jusqu’au plus petit sou, et mourir paisible et dépouillé de tout : « Ainsi, ne possédant plus rien au monde, mais ayant toujours l’esprit sain, tranquille et élevé au ciel, il mourut paisiblement dans le baiser du Seigneur, le 1er de janvier, l’an de notre salut 533, de son âge le soixante-cinquième et de son épiscopat le vingt-cinquième » (Mgr Paul Guérin, in « Les Petits Bollandistes », tome I p. 22).

   D’abord inhumé à Ruspe, le corps de Saint Fulgence fut transporté à Bourges, dans une église qui fut placée sous son vocable ; mais ces reliques furent profanées et détruites lors d’une orgie en 1793. Toutefois, son chef, conservé à part, se trouvait dans l’église du séminaire archiépiscopal et aurait été préservé… Je me propose de rechercher prochainement ce qu’il en est advenu.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

Saint Fulgence toujours plus moine qu'évêque - blogue

Oremus :

   Exaudi, quaesumus, Domine, preces nostras, quas in beati Fulgentii confessoris tui atque pontificis solemnitate deferimus : et, qui tibi digne meruit famulari, ejus intercedentibus meritis, ab omnibus nos absolve peccatis. Per Dominum…

   Exaucez, nous Vous en prions, Seigneur, les prières que nous Vous offrons en la solennité de Votre bienheureux confesseur et pontife Fulgence, et, par l’intercession des mérites de celui qui Vous a si dignement servi, pardonnez nous tous nos péchés. Par NSJC…

Symboles de l'Ordre de Saint Augustin - blogue

Prière à Saint Antoine le Grand pour demander son assistance et son secours dans les tentations :

       Saint Antoine le Grand, appelé aussi Saint Antoine d’Egypte ou Saint Antoine du désert, que l’on fête le 17 janvier, est connu, entre autres, pour la violence des tentations diaboliques auxquelles il a été affronté pendant sa longue vie monastique (cf. > ici), qu’il a supporté de manière héroïque, et dont il a surtout été magnifiquement victorieux.
Voilà pourquoi nous encourageons toujours aux âmes éprouvées par les tentations de recourir à l’intercession de ce très grand saint.

Saint Antoine attaqué par les démons - blogue

Saint Antoine le Grand attaqué par les démons

« Vous savez quelles sont les embûches des démons.
Vous connaissez leur cruauté et vous n’ignorez pas aussi leur faiblesse.
Ne les craignez donc point, mais croyez en Jésus-Christ
et ne respirez jamais autre chose que le désir de Le servir.

Vivez comme si vous deviez mourir chaque jour »
(dernières recommandations de Saint Antoine avant de mourir, rapportées par Saint Athanase).

Prière à Saint Antoine le Grand
pour demander son assistance et son secours
dans les tentations

        O Grand Saint Antoine, qui, dans le désert, avez été aux prises avec toutes les formes de la tentation, et qui avez glorieusement triomphé des ruses, séductions, pièges et embûches des démons déchaînés, regardez, s’il vous plaît, mon âme qui est, elle aussi, assaillie par la tentation…   

   Vous avez été victorieux de tous les assauts diaboliques en persévérant dans une prière pleine d’humilité, et en vous montrant constant dans la mortification de vos sens et de votre esprit : obtenez-moi de Dieu, je vous en supplie, une inébranlable fermeté dans la foi, une opiniâtre ténacité dans la prière, et une courageuse endurance dans la pratique de la pénitence, afin que les grâces du salut qui découlent de la croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ ne soient pas vaines en moi.

   Quelles que soient la violence des suggestions du mal, la force de ses séductions, et la prégnante obstination des troubles qui assiègent mon esprit et ma chair, aidez-moi à garder les yeux de mon âme rivés sur mon divin Sauveur dans les tourments de Sa très douloureuse Passion, en laquelle Il m’a obtenu la victoire sur le péché et sur l’enfer. 

   Je sais bien que tant que demeurerai dans cette vallée de larmes, les ennemis de mon salut ne cesseront jamais de me combattre, et que jusqu’à mon dernier soupir je serai exposé à être blessé de leurs traits, égaré par leurs artifices, entraîné par leur fourbe malignité : c’est pourquoi je vous prie, ô grand triomphateur de toutes les sortes de tentations, de demeurer à mes côtés et de me prêter assistance, pour que je sache promptement discerner les artifices des démons et ne cesse jamais de me cramponner de toutes mes forces, quelque forte que soit la tempête, au rocher solide de la prière.

   Saint Antoine, soyez mon intercesseur et venez à mon secours : je me recommande à vos prières et vous supplie, au nom de Jésus et Marie, auprès desquels vous jouissez des récompenses éternelles que vous ont méritées vos valeureux combats, de m’assister dans ceux que Dieu permet pour moi, et surtout dans l’ultime bataille que les démons livreront à mon âme lors de mon agonie, pour que je puisse vous rejoindre au Royaume du Paradis, et chanter pour l’éternité en votre compagnie les miséricordes du Seigneur victorieux.

Ainsi soit-il !

(Prière composée par Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur)

Tau antonin - typographie - blogue

2024-13. O admirable tendresse de Marie pour les âmes pécheresses !

16 janvier,
Fête du Cœur immaculé de Marie Refuge des pécheurs (cf. > ici et > ici) ;
Mémoire de Saint Marcel 1er, pape et martyr.

C'est vous, bonne Marie, l'asile des pécheurs - blogue

Ô admirable tendresse de Marie pour les âmes pécheresses !

       « Ne craignez point de vous confier à Marie, malheureux pécheurs ; jetez-vous dans son sein avec une entière confiance. Vous avez un moyen assuré de salut, et vous vous laisseriez périr ! La bonne Vierge Marie veut vous arracher à l’éternelle damnation, et vous iriez affronter la colère de Dieu, et vous vous condamneriez vous-mêmes aux souffrances de l’enfer. Oh ! non ; voilà que vous renoncez sans retour à tous vos dérèglements, à toute une vie de péchés et de scandales.

   Voilà que vous dites à la Très-Sainte Vierge : Me voici confus et humilié ; recevez votre enfant, qui ne mérite plus ce titre ; cachez-le sous vos ailes maternelles, et priez Dieu pour lui, pour qu’Il lui fasse miséricorde.
Marie aura pitié de vous. La considération de vos crimes pourrait vous arrêter peut-être. Vous avez foulé aux pieds toutes les vertus dont Marie vous donnait un si bel exemple. Vous avez profané peut-être cette angélique pureté si chère à la Vierge sans tache. Votre cœur, fait pour être la demeure des pensées chastes et saintes, s’est souillé de mille pensées impures, de mille désirs obscènes ; vous vous êtes abandonnés à tous vos penchants dépravés. Ah ! Marie a bien souffert d’une conduite si opposée à la sienne. Mais, enfin, elle est mère. A votre tour, pleurez sur toutes vos erreurs. Marie aura égard à vos larmes, elle vous aidera à recouvrer votre innocence. Quelque grands que soient vos crimes, sa bonté est plus grande encore ; pourvu que vous les détestiez, elle intercèdera pour vous, elle vous défendra auprès de Dieu, et Dieu Se laissera toucher.

   Ô admirable tendresse de Marie pour les âmes pécheresses ! Souvent elle n’attend pas que le pécheur aille à elle. Comme le bon pasteur, elle court à la recherche de la brebis égarée. Que de conversions obtenues par sa protection toute puissante, que d’âmes arrachées à l’enfer par ses supplications auprès de Dieu !
Non, Chrétiens, elle ne vous laissera pas périr ; elle vous fera ouvrir les yeux à la lumière, elle vous montrera l’horrible état de votre conscience, et vous frémirez, et vous reviendrez à Dieu… Un peu de confiance, un peu de bonne volonté, et vous sentirez tous les effets de sa puissante intercession.

   Ô Marie, douce Vierge, ayez pitié de tous les coupables. Du haut du ciel, jetez un regard favorable sur les crimes de la terre. Assise sur le trône éclatant où vous ont élevé vos vertus, intercédez pour les pécheurs.
Dieu ne peut rien vous refuser. Jésus-Christ vous accordera, puissante souveraine, tout ce que vous Lui demanderez pour le salut des âmes. Ces âmes pécheresses, qui vous devront leur bonheur, vous loueront pendant toute une éternité ; toute une éternité, elles chanteront votre gloire.
Ô Marie, refuge des pécheurs, priez pour nous ! »

Abbé Martin, in « Le Livre de Marie – Cours d’instructions neuves et surtout pratiques » (26ème jour)
[ouvrage édité chez Taillard-Jaunet, à Guincourt, en 1857]

Vignette typographique Vierge Marie attitude Médaille miraculeuse - blogue

2024-12. De Sainte Tarcisse ou Tarsitie, vierge et solitaire en Rouergue, que l’on pense être une arrière-petite-fille de Clovis.

15 janvier,
Fête de Saint Paul, premier ermite (cf. > ici) ;
Mémoire de Sainte Tarsitie (ou Tarcisse), vierge et ermite ;
Mémoire de Saint Maur, abbé et confesseur.

       Aux notices du martyrologe romain, le martyrologe de France ajoute, entre autres, la mention suivante pour ce jour du 15 janvier : « A Rodelle, en Rouergue, entre Estaing et Rodez, Sainte Tarcisse ou Tarsitie, vierge et solitaire ».

Sainte Tarcisse - blogue

       Sainte Tarsitie (pour le nom de laquelle on trouve aussi les variantes : Tarcisia, Tharcisia, Tarsitia, Tarcice) est aujourd’hui plus communément appelée Sainte Tarcisse en Rouergue, où son souvenir et son culte se sont perpétués jusqu’à nos jours, en particulier sur le territoire du village de Rodelle (sis à environ deux lieues et demi au nord de Rodez) : c’est là que se trouve la grotte qui lui servit d’ermitage, dans la seconde moitié du VIème siècle.

   Elle était fille d’Ansbert (ou Ansberg), issu de la famille aristocratique gallo-romaine des Férréol, apparentée aux Syagrii, famille non moins aristocratique de la Gaule romaine.
Ansbert se trouve mentionné dans un document, rédigé en 810 par les scribes de l’évêché de Metz, qui résume ainsi la généalogie des Carolingiens :
« Anspertus, qui était de race sénatoriale, homme célèbre et noble, prit pour femme la fille de Hlotharius, roi des Francs, appelée Blîthilt et eut trois fils et une fille. L’aîné s’appelait Arnoldus, le second Feriolus, le troisième Modéric et la fille Tarcisia. Feriolus fut évêque dans la ville d’Uzès. Moderic fut ordonné évêque d’Aristum. Arnoldus, l’aîné, engendra le seigneur (évêque) Arnulf. Le seigneur Arnulf engendra Flodulfus et Anchisus. Flodulfus est ordonné évêque. Ansichus engendra Pipinus. Pipinus engendra Karolus. Karolus quant à lui engendra le seigneur roi Pipinus. Pipinus engendra le glorieux César et très noble prince Carolus » (Commemoratio genealogiae domni Karoli gloriossimi imperatoris).

   Selon ce document donc, Ansbert, qui exerça la charge de Maire du Palais d’Austrasie (à Metz), aurait non seulement épousé Blitilde (Blîthilt) la fille de Clotaire 1er (Hlotharius), fils de Clovis, entrant ainsi dans la famille royale des Mérovingiens, mais serait aussi l’un des ancêtres des Carolingiens, par son fils Arnold (Arnoldus) duquel aurait été engendré Saint Arnoul de Metz (Arnulf – cf. > ici) ; toutefois, un nombre non négligeable d’historiens et de généalogistes actuels soulèvent des objections contre ces affirmations et en minimisent la rigueur historique : pour eux Arnold, fils d’Ansbert, ne peut pas être le père de Saint Arnoul, mais ils concèdent qu’il pourrait être un de ses aïeux ; par ailleurs ils contestent jusqu’à l’existence de Blitilde parmi les filles de Clotaire 1er.

    Sans entrer dans les querelles de spécialistes, nous nous contenterons ici de rapporter que, selon la tradition, Tarcisse serait née en 525 dans un lieu appelé Trévidon, dans les Cévennes, où sa famille possédait une grande propriété, mais elle aurait passé la plus grande partie de son enfance et de son adolescence à Metz, à proximité du palais.
Elle reçut, avec les jeunes princesses franques, une éducation soignée : l’aristocratie franque, de plus en plus alliée aux familles gallo-romaines importantes, dispensait en effet aux siens une éducation où les sciences et les arts, les philosophes et poètes, grecs et latins, étaient enseignés, à côté, bien sûr, des textes sacrés et des écrivains ecclésiastiques.
Tarcisse se faisait remarquer en outre par une précoce et profonde piété.

2 - Chapelle Sainte-Tarcisse à Rodelle - blogue

Chapelle Sainte-Tarcisse, à Rodelle (état actuel) :
on voit, sur le côté droit, l’ouverture de la grotte ermitage où s’installa la jeune princesse

   On voulut lui faire épouser un prince germain, alors que, dans le secret de son âme, elle n’aspirait qu’à la virginité consacrée. Mais les jeunes filles n’avaient guère leur mot à dire dans ces arrangements matrimoniaux qui étaient avant tout des actes diplomatiques entre grandes familles, voire le moyen d’établir des alliances politiques entre familles souveraines et princières.
C’est pourquoi, ne voulant pas trahir son idéal de consécration, Tarcisse s’enfuit de Metz, et se réfugia dans un premier temps auprès de son oncle (frère d’Ansbert), Saint Déotaire, évêque d’Aristum (note : Aristum ou Arisdium, est un évêché qui a existé aux VIème et VIIème siècle et couvrait une partie de ce que l’on appelle aujourd’hui les Cévennes gardoises, englobant les localités qui sont aujourd’hui Alès, Le Vigan, Arre et Arrigas, Meyrueis, Saint-Jean-du-Gard et Anduze, sans oublier une bonne partie du Larzac : on ignore où se trouvaient le siège et la cathédrale de cet évêché qui, en janvier 2009, a été restauré comme siège titulaire en étant attribué pour la première fois le 7 octobre 2009 à Son Excellence Monseigneur Patrick Le Gal, évêque auxiliaire de Lyon).

   Cependant, demeurer auprès de son oncle ne lui permettait pas d’être en sécurité : on peut raisonnablement penser que ce fut lui qui lui donna le voile et reçut ses vœux, avant de l’engager à chercher un lieu retiré qui lui convînt, au-delà du Larzac, en Rouergue.  

   Tarcisse trouva sa thébaïde dans les bois de Rodelle : une grotte creusée dans le calcaire à l’écart du village, sans en être trop éloignée toutefois. Les chrétiens des villages voisins, qui la prirent en affection, veillaient sur elle et protégeaient sa retraite. On raconte qu’une chèvre venait d’elle-même lui offrir son lait et qu’un chien lui apportait du pain.
Parfois des moines venaient la visiter et lui prodiguer le secours des sacrements.

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Intérieur de la chapelle Sainte-Tarcisse, à Rodelle (état actuel)

   Elle mourut vers l’an 600, aussi discrètement et paisiblement qu’elle avait vécue, dans la contemplation et la solitude : le ciel se chargea lui-même de faire connaître que Sainte Tarcisse était entrée dans la gloire de son Epoux céleste, en attirant l’attention des villageois par une lumière intense qui s’élevait au-dessus du vallon de l’ermitage.
Ils accoururent en pensant que la forêt était en feu : ce n’était « que » l’image de l’ardent amour pour Dieu qui avait consumé la pieuse princesse devenue ermite, dont le corps répandait une odeur céleste.

   Les deux villages les plus proches se disputèrent la dépouille de la sainte solitaire.
L’évêque de Rodez, appelé en arbitrage, décida qu’on placerait le corps de Sainte Tarcisse sur un char attelé à des taureaux indomptés et qu’on prierait Dieu de le conduire Lui-même au lieu où Il désirait que Sa pieuse servante fût honorée… et les taureaux prirent la direction de Rodez, où, plus tard, elles furent confiées aux bénédictines de l’abbaye de Saint-Sernin sous Rodez (actuelle commune du Monastère) qui veillèrent sur elles jusqu’à la grande révolution.

   Sur le passage du char qui portait le corps de Sainte Tarcisse, dans la traversée d’un village, un mort que l’on emmenait au cimetière ressuscita, et l’on recensa par la suite une assez grande quantité de miracles.
L’eau de la source qui coule dans la grotte est réputée miraculeuse : elle a été l’occasion de plusieurs guérisons, en particulier pour les maladies des yeux, par l’invocation de Sainte Tarcisse.

   Une partie des reliques de la Sainte a échappé aux vandalismes des sectateurs de Calvin et des « patriotes » de 1793, et se trouve de nos jours dans les reliquaires de la cathédrale de Rodez.
Si la fête de Sainte Tarcisse est mentionnée au 15 janvier, qui est vraisemblablement le jour de sa mort, par le martyrologe romain que nous avons cité en commençant, le pèlerinage populaire à la chapelle érigée près de la grotte se déroule toujours au premier dimanche de septembre.

5 - statue à l'interieur de la chapelle Sainte-Tarcisse - blogue

Statue de Sainte Tarcisse,
représentée avec la chèvre qui lui offrait son lait et le chien qui lui apportait du pain,
dans la chapelle érigée à côté de la grotte qui fut son ermitage.

Prière à Sainte Tarcisse que l’on récite à sa chapelle près de la grotte :

       Douce Vierge, Sainte Tarcisse, vous qui avez choisi pour demeure un coin de notre terre, qui l’avez sanctifié par votre pureté angélique et votre ardente charité et dont, même après de longs siècles, la vertu nous sert de modèle ;
Vous qui êtes aujourd’hui notre protectrice, qui veillez sur nos terres et sur nos villages ;
Vous, qui manifestez souvent par des prodiges votre présence pleine d’amour, qui répandez sur nous vos bienfaits, rendant la santé aux malades et la vue aux aveugles ;
Nous vous invoquons avec respect et tendresse.

   Soyez toujours la gardienne de nos foyers.
Obtenez-nous la grâce d’une vie très pure, la confiance filiale envers notre Père du Ciel, dans la joie de vivre près de Lui ; apprenez-nous à Le servir à votre exemple.

   Conservez à nos fils la foi de nos aïeux ; et faites luire la lumière de l’Évangile aux yeux de tous ceux qui sont encore loin du Christ.
Que par vous notre France demeure la terre de la piété profonde et de la vertu généreuse.

   Ainsi soit-il !

Sainte Tarcisse, priez pour nous !

6 - Sainte Tarcisse - blogue

Prière à Saint Hilaire de Poitiers pour demander la grâce de demeurer inébranlables dans la confession des vérités de la foi :

Saint Hilaire de Poitiers - blogue

       O Saint Hilaire de Poitiers, ardent défenseur de la foi chrétienne,
infatigable champion de la doctrine du salut et adversaire déterminé de l’hérésie,
que les contradictions n’ont point abattu, que la persécution n’a point réduit au silence,
et qui êtes demeuré inébranlable dans la résistance aux assauts ennemis,
nous sollicitons humblement votre secours et votre assistance,
dans le combat qu’il faut aujourd’hui soutenir
pour la défense du dogme catholique, contesté ou attaqué de toutes parts.

   Indomptable confesseur de la foi de Nicée,
intercédez pour nous et obtenez-nous de l’Esprit-Saint
de nouvelles grâces de piété et de science, de force et de conseil,
d’intelligence et de sagesse pour demeurer fidèles et forts :
craignant par dessus tout de nous écarter des voies de la Vérité révélée,
et marchant d’un pas toujours ferme et courageux
sur ce chemin de luttes et de victoires que vous nous avez tracé !

   Docteur invincible, qui n’avez pas craint de vous opposer
aux adversaires qui œuvraient tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la Sainte Eglise,
éclairez-nous par vos enseignements et par votre conduite inébranlable
afin que nous sachions dénoncer avec le discernement nécessaire
les loups déguisés en brebis, les mauvais pasteurs et les traitres,
et déjouer leurs ruses, perfidies et sophismes,
pour la gloire de la Très Sainte Trinité : Père, Fils et Saint-Esprit.

Ainsi soit-il !

(Prière composée par Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur)

St-Esprit & Ste Bible

Prière à Saint Remi, évêque de Reims et apôtre des Francs :

Saint Remi - blogue

       Glorieux Saint Remi,
que le Christ Rédempteur, désiré des nations et Roi des rois,
a choisi de toute éternité pour conduire le peuple Franc vers la lumière de la Foi véritable,
et pour consacrer par l’onction sainte d’un chrême miraculeux venu du ciel Clovis, le premier de nos rois,
regardez aujourd’hui le peuple de France tombé aux mains de chefs illégitimes et pervers
qui l’entraînent dans l’apostasie et l’enchaînent à de nouveaux paganismes :
du haut du ciel regardez-nous, ayez pitié de nous, et priez pour nous !

   Vous qui avez été autrefois et demeurez à jamais l’apôtre des Francs,
intercédez sans relâche devant le trône de la divine Majesté
pour que se renouvellent les prodiges de grâce de jadis
et que l’illumination surnaturelle mette fin à la cécité spirituelle des Français d’aujourd’hui,
que la voix céleste rompe leur surdité et les attire au seul véritable Sauveur,
que les ténèbres qui enveloppent leurs cœurs soient dissipées,
et qu’ils trouvent la force pour triompher des ennemis de leur salut et du salut de leur patrie !

   Les ennemis du Christ et de la Sainte Eglise,
tous ceux qui rejettent les intangibles Lois divines et veulent les extirper pour toujours du cœur des Français,
œuvrent sans relâche dans l’ombre et le secret des loges et des sectes
pour mettre en échec 
le plan salvifique de Dieu par le moyen de la France :
ils ont usurpé le trône du Fils aîné de la Sainte Eglise, ils ont perverti le pouvoir et corrompu l’autorité,
ils ont ébloui tant d’esprits par ces fallacieuses lumières allumées aux flammes de l’enfer…
Saint Rémi, notre père, suscitez aujourd’hui de nouveaux apôtres,
animés de ce zèle infatigable et de la sagesse conquérante qui brillaient en vous,
pour qu’ils arrachent la France et les Français aux griffes de l’ennemi du genre humain,
et qu’ils reconquièrent au Christ-Roi les intelligences, les esprits et les cœurs !

   Puisse la France, par votre intercession, trouver la force
de rejeter les faux prophètes d’une fausse liberté, d’une menteuse égalité et d’une spécieuse fraternité,
et de se précipiter aux pieds de Jésus et de Marie, sa Reine miséricordieuse :
obtenez à tout son peuple un repentir sincère et le pardon de ses péchés,
pour qu’il restaure l’alliance avec la Sagesse Eternelle conclue dans les fonts baptismaux de Reims,
grâce à votre précieux ministère,
et qu’il se fasse à nouveau une gloire de proclamer : « Vive le Christ qui aime les Francs ! »

  Saint Remi, apôtre des Francs, priez pour nous,
et priez pour la France !

Ainsi soit-il !

(Prière composée par Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur)

fin de texte croix glorieuse 1 - blogue

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