Archive pour la catégorie 'De liturgia'

2025-161. De Sainte Aurélie, Fille de France, vierge et recluse à Ratisbonne.

15 octobre,
Fête de Sainte Thérèse de Jésus, vierge, réformatrice du Carmel (cf. > ici) ;
Mémoire de Sainte Aurélie, Fille de France, vierge et solitaire.

Sainte Aurélie de Ratisbonne

       Selon la tradition, Sainte Aurélie de France, mais plus couramment appelée Sainte Aurélie de Ratisbonne, était fille du Roi Hugues 1er le Grand, dit Capet, et de la Reine Adélaïde d’Aquitaine ; sa naissance serait survenue environ trois ans après celle de son frère Robert (972), futur Roi Robert II dit le Pieux.

   La jeune princesse était dotée d’une grande beauté, mais surtout riche d’une très profonde piété. Désireuse d’être entièrement à Dieu et à Lui seul, lorsque, vers l’âge de quinze ans, elle apprit que son père avait le dessein de la marier à un jeune prince du nom d’Elwien, elle résolut de s’enfuir de la cour sous un déguisement et dirigea ses pas vers la Bavière.

   A Ratisbonne (Regensburg), Saint Wolfgang, évêque de cette cité depuis 972, qui avait reçu le don de prophétie, fut instruit par Dieu de l’identité de celle qui, sous des apparences de pèlerine mendiant sa subsistance, lui avait demandé l’aumône : il s’entretint avec elle, admira sa vertu, fut édifié par son mépris des honneurs et des richesses, vit la solidité de son amour du Christ crucifié et de Sa Croix, et la voyant disposée à passer toute sa vie dans la retraite et la contemplation, lui fit bâtir un ermitage dans lequel il l’enferma.

Saint Wolfgang reconnaît Sainte Aurélie

Saint Wolfgang de Ratisbonne reconnaît Sainte Aurélie
malgré son déguisement de mendiante

   Sainte Aurélie demeura de nombreuses années dans son ermitage : les cinquante-deux années dont parlent certaines relations, si l’on veut conserver l’année 1027 donnée par la tradition comme étant celle de sa mort, doivent donc vraisemblablement être comprises comme l’âge qu’elle avait atteint lorsqu’elle rendit son âme à Dieu et non comme cinquante-deux années dans son ermitage, ce qui retardait sa bienheureuse mort à l’année 1042.
Mais, à la limite, ces calculs sont de peu d’importance en regard de la réalité spirituelle, qui est celle d’une vie uniquement consacrée à la prière et à l’humilité : ignorée des hommes, mais chérie de Dieu, Aurélie fut semble-t-il gratifiée de grandes grâces mystiques, et opéra de son vivant plusieurs miracles en faveur de personnes qui venaient à la grille de son réclusoir se recommander à ses prières.

   Ce fut le 15 octobre 1027 que l’Epoux céleste vint la chercher. Sa dépouille fut solennellement transportée à l’abbaye de Saint-Emmeran (Kloster Sankt Emmeram) de Ratisbonne, où les bénédictins honorèrent presque aussitôt sa tombe comme celle d’une sainte, en y faisant graver cette inscripion : « Hic pia florescit Aurelia virgo sepulta : quae pœnas nescit, cœli dulcedine fulta » dont Monseigneur Paul Guérin donne la traduction dans cette forme versifiée :

« Sous ce marbre est le corps de la vierge Aurélie,
que le ciel favorisa de mille bienfaits ;
elle goûte sans fin la véritable vie,
pour l’éclat des faux biens que son cœur sut mépriser ».

   Au XIVème siècle, on plaça au-dessus de sa tombe un gisant tel qu’on en réalisait à l’époque et qui est parvenu jusqu’à nous :

Tombe de Sainte Aurélie

Détail de la tombe de Sainte Aurélie

2025-159. Méditation pour la fête de la Maternité divine de la Très Sainte Vierge Marie.

11 octobre,
Fête de la Maternité divine de la Très Sainte Vierge Marie (double de 2ème classe).

Marie Mère de Dieu - 11 octobre - blogue

Présence de Dieu :

Marie, Mère de Dieu, agréez mes humbles hommages
et faites que je puisse goûter, moi aussi, les doux fruits de votre maternité !

Méditation :

   1 – La fête que nous célébrons a pour objet le plus beau titre de Marie, sa prérogative la plus glorieuse, solennellement proclamée par le concile d’Ephèse contre l’hérésie de Nestorius : Marie est Mère de Dieu.
Aujourd’hui, l’Eglise félicite Marie de cette dignité suprême qui la place au-dessus de toute créature ordinaire, aux confins de l’infini, et la constitue non seulement Reine des hommes, mais aussi des anges.

   Toute la Messe du jour s’inspire de ce thème.
L’introït rapporte la prophétie d’Isaïe qui avait entrevu, dès l’Ancien Testament, la grandeur de cette femme unique : « Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un Fils et Il sera appelé Emmanuel », c’est-à-dire Dieu avec nous.
L’épître, appliquant à la Vierge un passage du livre de la Sagesse, chante les louanges de sa maternité divine : « Marie est la vigne féconde qui produit le plus beau des fruits : Jésus ; elle est la Mère du bel amour », en elle est « toute la grâce de la voie et de la vérité, toute l’espérance de la vie et de la vertu » puisque c’est par elle seule que Dieu a donné au monde Son Fils unique, le Sauveur des hommes.

   Qui veut Jésus, doit le chercher entre les bras de Marie. Si nous voulons nous rendre propice le Sauveur, recourons à Sa Mère.
Qu’elle est donc douce, l’invitation maternelle : « Venez à moi, vous tous qui me désirez avec ardeur, et rassasiez-vous des fruits que je porte ».

   Oui, allons à Marie, et nous ne serons jamais déçus. En elle, nous trouverons de quoi nous rassasier, car Marie nous donne Jésus, le Rédempteur, le Père, l’Aliment de nos âmes.
En outre, par les exemples de sa vie admirable, Marie nous apprend à L’aimer, à L’imiter, à Le suivre, à profiter aussi pleinement que possible, de Son œuvre rédemptrice et sanctificatrice. De la sorte, Marie étend sa maternité également à nous, elle remplit à notre égard sa fonction de mère et nous permet de répéter en toute confiance la prière que l’Eglise met aujourd’hui sur nos lèvres : « Faites, Seigneur, que croyant qu’elle est vraiment la Mère de Dieu, nous soyons secourus par ses prières auprès de Vous » (collecte).

Monogramme de Marie couronné - vignette

   2 – La fête de la Maternité de Marie doit éveiller en nos cœurs la confiance en celle qui, en raison de sa dignité de Mère, a tous les pouvoirs auprès de son divin Fils.
En louant la Mère de Dieu, prions-la d’user en notre faveur de son pouvoir maternel : « Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pécheurs ».

   Quel meilleur avocat pourrions-nous trouver ? Quelle plus puissante patronne ? Jésus ne peut résister à la prière de Sa Mère, et Marie ne refuse rien à ceux qui l’invoquent par sa très douce maternité.
Toute femme qui s’ententend appeler « maman » est attendrie ; combien plus Marie ne sera-t-elle pas émue de s’entendre appeler « Mère de Dieu » ?
Invoquons-la donc sous ce titre, traitons-la en mère, Mère de Dieu avant tout et aussi notre Mère, car Jésus, en mourant sur la Croix, a voulu mettre à notre disposition les trésors de sa maternité.

   La Sainte Vierge a une mission maternelle à accomplir envers nos âmes ; Jésus Lui-même la lui a confiée. Elle lui est donc très chère et elle désire vivement l’accomplir.
Oui, Marie veut être notre Mère, elle veut user à notre avantage des privilèges et des trésors de sa maternité, mais elle ne peut le faire si nous ne nous confions à elle comme des enfants dociles et aimants.

   Même parmi les consacrés à Dieu, tous ne comprennent pas suffisamment la nécessité de se donner à Marie en enfants, d’ouvrir leur âme à son influence maternelle, de recourir à elle avec une confiance totale, d’implorer son secours dans toutes les difficultés, tous les périls, de mettre leur vie spirituelle sous son patronage.

   De même que, dans l’ordre naturel, l’enfant a besoin de sa mère et qu’il souffre moralement et spirituellement quand elle vient à lui manquer, ainsi dans l’ordre surnaturel, les âmes ont besoin d’une mère, la Très Sainte Vierge Marie.
Sans elle, sans ses soins maternels, les âmes souffrent, leur vie spirituelle est pénible, souvent étiolée, ou tout au moins elle n’est pas aussi vigoureuse qu’elle pourrait l’être.
lorsqu’au contraire les âmes se donnent à Marie, la cherchent et se confient en elle, leur vie intérieure progresse rapidement, leur marche vers Dieu devient plus aisée et plus agile, tout est plus facile, grâce au réconfort d’un cœur maternel.

Vierge avec des saints anonyme 17e siècle - blogue

La Vierge Marie entourée de saints (anonyme XVIIème siècle)

Colloque :

   « Votre nom, ô Mère de Dieu, est rempli de toutes les grâces et bénédictions divines. Vous avez porté dans votre sein Celui que les cieux ne peuvent contenir. Vous avez nourri Celui qui nourrit tout le créé. Le Seigneur de l’univers a voulu avoir besoin de vous, parce que que vous Lui aviez donné cette chair qu’Il n’avait pas auparavant. Réjouissez-vous, ô Mère et Servante de Dieu ! Réjouissez-vous ! Vous avez pour débiteur Celui qui donne l’être à toutes les créatures. Tous, nous sommes débiteurs de Dieu, mais Dieu est votre débiteur !
O très Sainte Vierge, vous avez plus de bonté, plus de charité que tous les autres saints ; plus qu’eux, vous avez accès auprès de Dieu, puisque vous êtes sa Mère. Je vous supplie donc, moi qui célèbre vos gloires et loue votre grande bonté, de vous souvenir de moi et de mes misères » (Saint Méthode).

   « O grande Mère de Dieu, je vous dirai, moi aussi, avec Saint Bernard : ‘Parlez, ô Dame, car votre Fils écoute, et Il vous accordera tout ce que vous Lui demanderez’. Parlez donc, ô Marie, ô mon avocate, en faveur du misérable que je suis. Souvenz-vous que c’est également pour mon bien que vous avez reçu tant de puissance et de dignité ! Dieu a voulu être votre débiteur en prenant de vous la nature humaine, afin que vous puissiez dispenser librement aux misérables les richesses de la divine miséricorede.
Si vous faites du bien à tous, ô vous, l’immensément Bonne, même à ceux qui ne vous connaissent ni ne vous honrent, à combien plus forte raison pourrons-nous espérer en votre bonté, nous qui voulons vous honorer, vous aimer, et qui nous confions en votre secours ? O Marie, vous pouvez nous sauver, même si nous sommes pécheurs, parce que Dieu vous a enrichie d’une miséricorde et d’une puissance plus grande que toute notre iniquité. O très douce Mère, je vous offre mon âme, daignez la purifier, la sanctifier et faire en sorte qu’elle appartienne toute à Jésus » (Saint Alphonse).

Rd. Père Gabriel de Sainte Marie-Madeleine,
in « Intimité divine »

Monogramme de Marie - roses et lis - couronne - vignette blogue

2025-158. Des Saints Firmin, Aule, Eumachius et Longin, évêques de Viviers et confesseurs.

10 octobre,
Fête des Saints Firmin, Aule, Eumachius et Longin, évêques de Viviers et confesseurs ;
Mémoire de Saint François de Borgia, confesseur.

Viviers - beffroi de la cathédrale et toits de la cité

Viviers, capitale religieuse du Vivarais :
le beffroi de la cathédrale dominant les toits de la vieille cité.

       Le calendrier particulier du diocèse de Viviers mentionne, à la date du 10 octobre, Saint Firmin, évêque et confesseur, qu’il ne faut pas confondre avec Saint Firmin d’Uzès, lui aussi évêque et confesseur, fêté le lendemain.
Au Mesnil-Marie, avec un certain nombre d’anciens ouvrages hagiographiques, nous associons à Saint Firmin, en une même fête, ses trois successeurs : Saint Aule, Saint Eumachius et Saint Longin.
Nous allons brièvement présenter ces quatres saints évêques dont les quatre pontificats couvrent la presque totalité du VIIème siècle.

Blason Vivarais

   La fin du VIème siècle fut terrible dans le Vivarais, principalement en raison de plusieurs passages des troupes franques du Roi Gontran (futur Saint Gontran) avec leurs inévitables pillages et dévastations, puis épidémies et famines à partir de 590 : Saint Grégoire de Tours place Viviers parmi les villes les plus dépeuplées cette année-là.

   Saint Firmin était un noble gallo-romain, marié à Aula et père d’au moins un fils et une fille : Aulus – ou Aule – et Macedonia, laquelle épousa un patricien du nom d’Alcinius.
Firmin était donc engagé dans les liens du mariage lorsqu’il fut élevé à l’épiscopat, succédant à Saint Eucher (dont l’épiscopat dure une trentaine d’années, environ 580 à 610).
En accord avec son épouse, qui, alors, fit aussi ses adieux au monde, il disposa d’une partie de ses richesses et terres en faveur de l’Eglise de Viviers et de ses œuvres. Ses enfants ne furent pas en reste, et ils contribuèrent eux aussi à de généreuses dotations. Macedonia et Alcinius, en particulier, fondèrent l’église de Notre-Dame de Coussignac, sur le territoire de l’actuel Bourg-Saint-Andéol.
On estime que l’épiscopat de Saint Firmin couvre, plus ou moins, la deuxième partie du premier quart du VIIème siècle.

   Saint Aule, est le fils de Saint Firmin. Remarqué pour sa piété, sa ferveur, sa connaissance des Saintes Ecritures et des écrits des Pères dès son adolescence, il ajouta à sa sure doctrine une éloquence particulière qu’il utilisait, évidemment, pour prêcher inlassablement la bonne parole et répandre des consolations sur les affligés. Respecté des grands, en raison de sa noblesse et de son autorité naturelles, et aimé des humbles en raison de ses abondantes charités, il combattit l’esclavage et l’éradiqua des terres d’Eglise. Il travailla aussi à embellir les églises et à y faire célébrer des offices les plus solennels possibles.
A sa mort (vers 650), il fut enseveli dans une église édifiée hors-les-murs qui fut détruite par les Anglais lors de la guerre de Cent-Ans et ses reliques, alors mises en sûreté à la cathédrale, furent brûlées par les calvinistes deux siècles plus tard.

   Saint Eumachius, fut désigné par Saint Aule lui-même pour être son successeur. Il se montra en tout digne de la confiance de celui qui l’avait remarqué et désigné comme l’un des plus vertueux parmi ses clercs, et continua l’œuvre entreprise par ses deux prédécesseurs : évangélisation des campagnes, lutte contre l’esclavage, soin apporté aux œuvres de charité, embellisement des édifices du culte et  développement de la liturgie… etc.
Son épiscopat semble avoir duré une vingtaine d’années.

   Saint Longin, enfin, eut le malheur de régner à Viviers lorsque, en 673, le roi des Wisigoths, le terrible Wamba, ravagea la Septimanie qui avait voulu s’affranchir du joug des rois de Tolède. Wanda, ayant pris la ville de Nîmes, fit des incursions dans les territoires francs voisins. Viviers fut mise à sac, et c’était la cinquième ou sixième fois dans l’espace de deux-cents ans !
Le reste de son épiscopat fut employé à relever les ruines matérielles, morales et spirituelles.

Saint Firmin - Saint Aule - Saint Eumachius - Saint Longin

Saint Firmin, Saint Aule, Saint Eumachius et Saint Longin,
priez pour l’Eglise diocésaine de Viviers,
priez pour le Vivarais,
et priez pour ceux qui, à votre exemple, doivent en protéger les fidèles
contre les invasions, contre l’ignorance religieuse,
contre l’esprit du monde et contre les nouvelles hérésies !

2025-157. Saint Denis : son culte, ses reliques (l’abbaye), et ses écrits.

9 octobre,
– En France, fête de Saint Denis l’Aréopagite, premier évêque d’Athènes et de Paris, et de ses compagnons, Saint Rustique et Saint Eleuthère, martyrs (selon les diocèses, la fête est de rit semidouble, double ou double majeur – A Paris, où il est saint patron du diocèse, double de 1ère classe ; cf. ici) ;
– Anniversaire du mariage de SMTC le Roi Louis XIV avec Françoise d’Aubigné, marquise de Maintenon (9 octobre 1683) ;
– Anniversaire de la naissance de Charles-Philippe de France, futur Charles X (9 octobre 1757) ;
– Anniversaire de la reddition de Lyon après 50 jours de siège par les troupes de la Convention et début d’une sanglante répression (9 octobre 1793 – cf. ici) ;
– Anniversaire de la mort du Général-baron Athanase de Charette (+ 9 octobre 1911 – cf. ici) ;
– Anniversaire du rappel à Dieu du Vénérable Pie XII (+ 9 octobre 1958 – cf. ici).

Saint Denys céphalophore - fresque de l'église de la Sainte Trinité Paris

Saint Denys céphalophore (fresque de l’église de la Sainte-Trinité, à Paris)

Vignette typographique saint évêque

Culte et reliques de Saint Denys

Le texte qui suit reproduit dans son intégralité
les précisions données par Monseigneur Paul Guérin dans « Les Petits Bollandistes »
à la suite de la biographie de Saint Denys que nous avons déjà reproduite > ici
(mais les sous-titres sont de notre fait pour rendre la lecture plus aisée)

A – Sainte Geneviève et Dagobert :

   Sainte Geneviève, qui avait une dévotion merveilleuse envers les saints Martyrs et visitait souvent leurs sépultures, étant inspirée de Dieu et prévenue d’un secours extraordinaire de sa Providence, fit bâtir sur leurs tombeaux une chapelle de pierre, beaucoup plus ample que celle de bois qu’y avait fait bâtir Catulle. C’est celle où se réfugia Dagobert, encore jeune, pour éviter la colère de Clotaire II, son père, qui le cherchait pour le punir d’un outrage qu’il avait fait à son gouverneur. Pendant qu’il y fut, saint Denis lui apparut en songe, et lui promit de le tirer du danger où il était, s’il voulait s’obliger à faire bâtir en ce lieu une nouvelle église pour placer plus honorablement son corps et celui de ses compagnons. Dagobert s’y engagea, et, depuis, étant arrivé à la couronne, il s’acquitta de son vœu avec toute la magnificence que l’on pouvait attendre du zèle et de la ferveur d’un roi très-chrétien.

   Notre-Seigneur consacra lui-même cette église avec une troupe de bienheureux esprits, la nuit même que les évêques se disposaient à la cérémonie de la consécration, et il en fit donner l’assurance par un lépreux qui s’y était caché et qu’il guérit de sa lèpre pour rendre un témoignage assuré de cette insigne faveur (voir notre article > ici). Ce fut le 24 février 630, jour de la saint Mathias, selon la supputation de Guillaume de Nangis.
Ce prince fit aussi bâtir un monastère joignant cette église, qu’il donna à des religieux Bénédictins, pour être à perpétuité les dépositaires et les gardiens des reliques de son illustre bienfaiteur ; ainsi ce lieu, qui n’était auparavant qu’un petit bourg, appelé le bourg de Catulle, à cause de cette pieuse dame qui avait enseveli ces saints corps, est devenu une ville qui a pris le nom de Saint-Denis.

Vignette typographique saint évêque

B – Reconnaissance des reliques au XIème siècle et miracles les authentifiant :

   Au milieu du XIème siècle, les religieux de Saint-Emmeran, de Ratisbonne, ayant fait courir le bruit qu’ils possédaient le vénérable corps de saint Denis l’Aréopagite, et qu’il leur avait été donné par le roi Arnould, Henri Ier, qui était alors en France, fit faire une grande assemblée de prélats et de princes à Saint-Denis, pour visiter sa chasse et s’assurer de la vérité.
Odon, frère de Sa Majesté, la reine Adèle, les évêques de Meaux et d’Orléans, et quantité d’abbés y assistèrent ; la châsse fut ouverte, et l’on y trouva heureusement tous les ossements du bienheureux Martyr, à la réserve d’un que le pape Etienne III avait emporté.
Une odeur merveilleuse sortit de ces précieuses reliques, et parfuma toute l’église. Le roi, ayant appris ce qui s’était passé, vint lui-même nu-pieds de son palais de Paris à cette abbaye, pour honorer cet illustre patron de la France. Un des abbés obtint quelques restes déjà tout usés des voiles dont les ossements avaient été enveloppés, et, les ayants mis sur la tête d’un démoniaque furieux, il le guérit en un instant.

Découverte de la crypte du martyrium de Saint Denys

Découverte de la crypte du martyrium de Saint Denys

C – Le Martyrium de Saint Denys à Montmartre et l’abbaye des Bénédictines :

   Outre la célèbre église dont nous venons de parler, on en bâtit une autre au lieu même où les Saints avaient été décapités, que l’on nomma pour cela les Martyrs, sur la pente de la colline appelée Montmartre, du côté nord de Paris.
C’était au commencement un prieuré de l’Ordre de Cluny, dépendant de celui de Saint-Martin des Champs ; mais le roi Louis le Gros, à la persuasion de la pieuse reine Adèle, son épouse, transféra les religieux de ce monastère à Saint-Denis de la Chartre, dans l’enceinte de Paris, et mit à Montmartre, en leur place, des religieuses Bénédictines, pour lesquelles il fit élever une grande et riche abbaye, qui a toujours été gouvernée par des abbesses illustres par leur piété et par leur naissance.
La nouvelle église de ce couvent fut dédiée par le pape Eugène III, qui avait été disciple de saint Bernard et qui eut en cette cérémonie le même saint Bernard pour diacre, et saint Pierre le Vénérable, abbé de Cluny, pour sous-diacre.

   On ne peut croire le concours de peuple qui allait autrefois continuellement à ce sanctuaire pour y rendre ses vœux au glorieux saint Denis, et pour y baiser la terre qui a été baignée de son sang.
Ce fut là que saint Ignace de Loyola mena ses premiers compagnons pour s’y consacrer à Jésus-Christ, et y commencer son Ordre.

   Les religieux de la grande abbaye de Saint-Denis y portèrent, tous les sept ans, le chef de leur patron avec beaucoup de pompe et de magnificence.

Vignette typographique saint évêque

D – Dévotion des Papes et des Rois envers Saint Denys :

   Les Papes, les Rois de France et plusieurs autres princes ont rendu de grands honneurs à la mémoire de ce glorieux apôtre des Gaules.
Saint Zacharie, confirmant de son pouvoir apostolique l’exemption que Saint Landry, évêque de Paris, avait donnée à son abbaye, dit expressément qu’il le fait pour l’amour et en considération d’un si grand martyr. Eugène III ne dédia l’église de Montmartre que par un profond respect envers ce saint évêque qui en devait être le patron. Alexandre III, étant venu en France, visité avec beaucoup de dévotion toutes les chapelles et les reliques de l’abbaye de Saint-Denis ; ce qui donna occasion au remuement prodigieux des ossements de Saint Hippolyte. Enfin, le pape Etienne III, s’étant réfugié en France, pour éviter l’oppression des Lombards, choisit sa demeure dans cette abbaye ; puis, y étant tombé si malade que ses propres domestiques commençaient déjà à l’abandonner, il y fut guéri par le même Saint Denis, qui lui apparut avec Saint Pierre et Saint Paul, et le toucha de ses mains sacrées. Une si grande faveur augmenta beaucoup sa dévotion envers ce médecin céleste. Ainsi, il demanda un ossement de son corps, et l’ayant obtenu et emporté à Rome, il y fit bâtir en son honneur une belle église qu’il destina pour les religieux grecs. Il est vrai qu’il n’eut pas le temps de l’achever ; mais Paul Ier, son frère, y mit la dernière main, et, pour satisfaire à l’intention d’Etienne, il en mit les Grecs en possession. On l’appelait communément l’école ou le collège des Grecs.

   Nos Rois ont commencé à honorer Saint Denis dès qu’ils ont commencé d’être chrétiens.
Clovis le Grand apprit cette dévotion de son épouse, Sainte Clotilde, et l’on tient que c’est de lui qu’est venu cet ancien cri : Mon jou saint Denis, qui veut dire : je ne connais plus Jupiter, mais mon Jupiter est saint Denis. Il a été depuis changé en cet autre : Monjoie-Saint-Denis.
Clotaire II pardonna à son fils Dagobert, contre lequel il était extrêmement indigné, en considération de Saint Denis, à qui il avait eu recours. Le même Dagobert ne se contenta pas de bâtir une superbe basilique en son honneur ; mais il fit faire aussi trois châsses d’or fin et enrichies d’une infinité de perles précieuses, dont on croit que Saint Eloi fut l’ouvrier, pour enfermer ses reliques et celles de Saint Rustique et de Saint Eleuthère, ses compagnons. Il fit couvrir d’argent la partie du toit de l’église qui devait répondre à ces châsses. Et pour témoigner davantage son respect envers son bienheureux protecteur, il lui fit concession de son royaume, ne voulant plus le tenir qu’en fief et en hommage de lui. En foi de quoi, il mit sa propre couronne sur l’autel de sa chapelle, avec quatre besans d’or, comme un tribut qu’il lui devait en qualité de vassal.
Pépin le Bref, premier roi de la seconde race, avait tant d’estime et de vénération pour ses mérites, qu’il ne voulut pas être enterré dans son église, mais seulement au dehors, à l’exemple de Constantin le Grand, qui, au rapport de Saint Jean Chrysostome, choisit sa sépulture à la porte d’une église où il y avait des reliques de Saint Pierre.
Charlemagne, son fils, et le plus glorieux de nos rois, imita la piété de Dagobert ; car, avant de sortir de France pour aller à Aix-la-Chapelle, en Allemagne, il lui fit hommage de ses Etats par quelques pièces d’argent qu’il lui offrit, et par un ordre qu’il donna à ses trésoriers de lui payer tous les ans la même redevance.
On ne peut rien ajouter aux éloges que Louis le Débonnaire lui donne dans sa lettre à l’abbé Hilduin. Il y fait un dénombrement des grâces que les rois, ses prédécesseurs, avaient reçues de sa bienveillance, et il avoue que c’est par son pouvoir que lui-même avait recouvré son royaume, dont les princes, ses enfants, l’avaient dépossédé.
Charles le Chauve, dernier fils de Louis le Débonnaire, qu’il avait mis en mourant sous la tutelle de Saint Denis, ne fut pas moins héritier de cette insigne piété que de sa couronne. Il eut toute sa vie une affection très-tendre pour notre Saint, auquel il eut recours dans toutes les nécessités de son Etat, et, ayant dissipé par son assistance une armée formidable de Danois qui venaient saccager la France, il fit en reconnaissance de grands présents à son abbaye.
Le saint roi Robert, dans un acte authentique de plusieurs donations qu’il fait à ce monastère, assure qu’il y a longtemps qu’il a mis toute sa confiance dans l’intercession de ce Saint et de ses compagnons.
Nous avons déjà remarqué que Louis le Gros fit construire en son honneur l’abbaye de Montmartre, près de Paris, et qu’il alla nu-pieds à Saint-Denis pour y vénérer ses reliques ; mais ce qui est plus remarquable, c’est qu’il présenta lui-même ses épaules royales pour les porter, et qu’il ne crut pas faire tort à la majesté de son empire de se charger de ces précieux ossements qui doivent un jour participer à la gloire que l’âme de ce bienheureux Martyr possède déjà dans le ciel.
Louis VII, dit le Jeune, fils et successeur de Louis le Gros, se chargea du même fardeau ; et, sachant combien le secours d’un si grand serviteur de Dieu est puissant dans les armées, il ne voulut point quitter la France pour marcher contre les Sarrasins, sans avoir imploré par beaucoup de larmes sa puissante intercession au pied de ses autels et sans avoir reçu au même lieu les étendards bénits qui devaient servir de signal à son armée.
Philippe-Auguste fit la même chose ; et, attribuant à Saint Denis tous les avantages qu’il avait eus depuis dans la Terre Sainte, il lui en vint rendre des actions de grâces dans sa propre église.
Saint Louis, qui avait réuni en lui seul toute la piété de ses ancêtres, ne leur céda point en ces pratiques. Dès qu’il fut sacré, il apporta sa couronne sur l’autel de Saint Denis, et, avant de passer en Palestine et en Afrique, il vint dans son abbaye l’intéresser par son humilité et par ses prières dans ces glorieuses entreprises.
Enfin, pour ne pas nous étendre davantage, presque tous nos rois de la troisième race et beaucoup de rois des deux précédentes, ont choisi leur sépulture dans cette célèbre basilique de Saint-Denis, et ils lui ont donné tant d’objets sacrés d’un prix inestimable, qu’ils composaient, au XVIIIème siècle, un des plus riches trésors qui fût en Europe.

   Le monastère de Saint-Denis avait en dépôt l’Oriflamme, ce célèbre étendard de couleur de feu et parsemé de flammes d’or, que l’on croit avoir été envoyé du ciel, qui était originairement la bannière de l’abbaye de Saint-Denis, et qui, après l’avènement des Capétiens, devint la bannière de la France ; c’est elle qui guidait les Français à la victoire au vieux cri de guerre : Mont-joie et Saint-Denis.

Oriflamme de Saint-Denis - blogue

E – Eléments divers de l’histoire de l’abbaye de Saint-Denys :

   Non-seulement les rois de France, mais des princes et d’autres personnages furent aussi inhumés à Saint-Denis. Des évêques se retirèrent souvent dans ses cloîtres pour y finir leurs jours. Nos rois y firent souvent leur séjour.

   Il se tint plusieurs assemblées ou conciles à Saint-Denis, savoir, en 997, en 1052, pour constater l’authenticité du corps de saint Denis. En 1382, on tint sous les voûtes de l’abbaye une conférence au sujet des impôts dont l’augmentation avait excité une sédition dans Paris.
Le pape Alexandre III permit à l’abbé, vers l’an 1179, de faire usage de la mitre, de l’anneau et des sandales. Guillaume de Gap s’en servit le premier.
L’abbé de Saint-Denis était un des principaux seigneurs de France. Hugues Capet était abbé de Saint-Denis et de Saint-Riquier.

   Cette antique abbaye subit plusieurs Réformes, mais son voisinage de la capitale et la protection spéciale des souverains la préservèrent de ces affreux désastres dont tant d’autres monastères furent victimes. Nous voyons seulement les moines de Saint-Denis s’exiler de leur cloître, au temps des guerres des Normands, et se réfugier à Reims (de 887 à 890) avec les reliques de leur saint patron.

   Le rétablissement des commendes dans Saint-Denis au début du XVIème siècle plaça successivement dans la chaire abbatiale du monastère neuf princes de l’Eglise, dont le cardinal de Retz devait être le dernier.
Dans cette période de plus d’un siècle, les deux palais abbatiaux de Bourbon et de Lorraine furent construits dans la clôture ; dans le même intervalle aussi la mense abbatiale s’accrut aux dépens de celle des religieux, le monastère s’appauvrit, et la discipline monastique ne garda plus de sectateurs dans l’abbaye dégénérée.

   En 1633, la Réforme de Saint-Maur raviva, mais tardivement, l’esprit de la Règle et le goût des lettres. Cependant, à raison de son contact perpétuel avec le roi et la cour, le monastère, déjà ravagé par les Huguenots pendant la guerre des trois Henri, fut de nouveau presque ruiné durant les troubles de la Fronde. Il aliénait ses domaines pour couvrir ses nombreux emprunts, et ses édifices tombaient en ruines à la mort de l’abbé cardinal de Retz.

   L’événement qui influa alors davantage sur l’avenir de Saint-Denis ne fut point le report de sa mense abbatiale sur celle de la maison de Saint-Cyr, mais la suppression du titre et de la dignité de l’abbé en 1691. En détachant du monastère tout ce que, depuis tant de siècles, cette dignité avait réuni de prérogatives, de privilèges, de juridiction extérieure, de suprématie et d’autorité sur cette abbaye souveraine, cet arrêt ne lui ôtait qu’un éclat toujours fatal à sa discipline et à sa régularité ; mais, en lui enlevant son chef, il la privait subitement de son protecteur obligé et de la puissance la plus intéressée et la plus apte à défendre.
Du reste, son temps était fini. La Révolution fançaise, qui déjà grondait sourdement, décida la chute de cet arbre chargé de siècles, mais bouillonnant de jeune sève à cette heure où il reverdissait.

   C’est à l’expiration du XVIIème siècle que les Bénédictins de Saint-Denis s’occupèrent sérieusement de démolir leur abbaye pour accomplir la reconstruction de ses édifices. La démolition du vieux monastère commença en 1700, sous le grand priorat de Dom Augustin de Loo, et les travaux se poursuivent sous seize autres grands prieurs successifs, dont les plus actifs furent Dom de Saint-Marthe, Dom du Biez et Dom de Malaret.
Le plan du nouveau monastère est l’œuvre de Robert de Cotte, élève du Hugues Mansart ; celui des bâtiments circulaires qui environnent la cour d’honneur est dû à un autre architecte son successeur, Christofle père. Les dortoirs du sud et de l’est, la salle capitulaire, le parlement et le réfectoire furent inaugurés en décembre 1718 ; l’hôtellerie, après sept ans seulement avant l’époque où les maîtres de ces demeures subirent l’exil et la mort.

bâtiments abbatiaux du XVIIIe siècle

Les magnifiques bâtiments abbatiaux du XVIIIème siècle

F – La grande révolution :

   L’année 1789 fut l’époque des premiers effets des passions populaires dans la ville de Saint-Denis.
Le 16 septembre 1792, la basilique fut déclarée église paroissiale par l’autorité séculière, et reçut un clergé étranger. C’est un an plus tard seulement qu’eurent lieu le pillage et l’enlèvement du trésor, le dépôt le plus rare et le plus magnifique qui fût alors en France.
Un mois après , un décret émané de l’autorité déclarait que la ville de Saint-Denis s’appellerait dorénavant Denis-Franciade.
Le 6 août 1793, commença la violation et la spoliation des tombes royales. Ce sacrilège sans exemples se prolongea plus de deux mois. Dans le cours de cette année désastreuse, la basilique profanée avait vu substituer dans ses murs les fêtes décadaires aux cérémonies chrétiennes. Tour à tour temple de la Raison, dépôt d’artillerie, théâtre de saltimbanques, magasin de fourrages, dépouillée de ses vitraux, de ses monuments et de sa toiture, elle recéla quelque temps des moulins à bras. On en établit simultanément dans l’intérieur de l’abbaye, devenue le siège du club révolutionnaire et des administrateurs du district.
L’année 1795 balaya ces envahisseurs, et le monastère fut transformé en hôpital militaire pour les blessés des armées républicaines.

   Aujourd’hui les anciens bâtiments claustraux sont occupés par la maison d’éducation des filles des membres de la légion d’honneur, et la vénérable basilique de Saint-Denis brille à son tour d’un nouvel éclat. Grâce à une habile restauration, à laquelle se sont empressés de concourir tous les gouvernements qui se sont succédé depuis cinquante années, elle rappelle aujourd’hui son ancienne magnificence. Un illustre Chapitre de Chanoines, attaché à ce poste d’honneur est chargé de prier sur les tombes de nos rois.

Hubert Robert - Violation des sépultures royales à Saint-Denis

Hubert Robert (1733-1808) : Violation des sépultures royales à Saint-Denis.

G – Autres éléments signalés du culte de Saint Denys :

   Saint Suibert, apôtre des Frisons, le bienheureux Notger, évêque aux Pays-Bas, et sainte Edith, sœur de Saint Edouard, roi d’Angleterre et martyr, firent tous trois bâtir des églises magnifiques en son honneur.
Un autre Saint Edouard, aussi roi d’Angleterre et confesseur, fit présent à son abbaye de France d’une seigneurie fort considérable au comté d’Oxford ; Sainte Brigitte mérita que ce glorieux apôtre des Gaules apparût pour lui déclarer les volontés de Dieu sur sa personne et sur celle du prince Wulfon, son mari ; la vénérable Adèle, femme de Louis le Gros, étant devenue veuve de ce roi, se retira à Montmartre, où elle passa le reste de sa vie dans le service du Saint.

   Plusieurs martyrologues, entre autres ceux d’Usuard et l’ancien romain de Rosweide, marquent deux fois la mémoire de Saint Denis, à savoir : le 3 octobre à Athènes, et le 9 du même mois à Paris.
Mais il ne faut pas inférer de là que celui d’Athènes et celui de Paris sont deux Saints différents, comme on ne distingue pas beaucoup d’autres Saints qui sont marqués deux fois dans un même martyrologe. Usuard en a usé ainsi, parce qu’il a trouvé la fête de cet illustre Martyr célébrée par les Grecs et les Latins en divers jours ; ce qui n’est que trop ordinaire en une infinité d’autres Saints.

Vignette typographique saint évêque

H – Reliques de Saint Denys sauvées de la révolution :

   On gardait, avant la révolution française, les reliques de saint Denis, de saint Rustique et de saint Eleuthère dans trois châsses d’argent, à l’abbaye de Saint-Denis. A cette époque, le trésor de l’abbaye fut pillé, mais les saintes reliques furent sauvées de la profanation par dom Warenflot, religieux de la maison, cachées avec soin et déposées ensuite dans l’église paroissiale de Saint-Denis, en 1795.
Elles furent transférées avec beaucoup de solennité dans l’église de l’ancienne abbaye, le 26 mai 1819, et elles y sont maintenant conservées dans des châsses de bronze doré.

   L’église métropolitaine de Paris possède un ossement de son saint fondateur.

Châsses des Saints Denys, Rustique et Eleuthère - blogue

Châsses des Saints Denys, Rustique et Eleuthère.

I – La relique du chef de Saint Denys à Longpont :

   Dans le diocèse de Soissons, au village de Longpont (Longus pons), à trois lieus de Villers-Cotterets, se conserve religieusement, non pas caput integrum, comme le disent peu exactement les Bollandites, mais le crâne tout entier de Saint Denis l’Aréopagite, et cela depuis l’année 1205, sans interruption ni conteste.

   Voici l’origine et les preuves de son existence dans l’abbaye des Bernardins de Longpont. Nivelon Ier de Cherizy, cinquante-neuvième ou soixantième évêque de Soissons (1175-1207) et ancien chanoine de la cathédrale de la même ville, se croisa en 1202, sous le règne de Philippe-Auguste, accompagna les croisés à Constantinople et joua un grand rôle dans cette expédition qui est la quatrième croisade. Après la prise de Constantinople, il présida l’assemblée des douze électeurs qui choisirent pour empereur latin de cette ville le seigneur Baudouin, comte de Flandre et de Hainaut. Ce fut l’évêque de Soissons qui le couronna dans l’église de Sainte-Sophie.
Nivelon profita de cette circonstance pour enrichir de diverses reliques sa cathédrale et plusieurs églises de son diocèse. Il apporta lui-même à l’abbaye, apud Longum pontem : Caput beati Dionysii Areopagitae, cum unâ cruce de ligno Domini. Tels sont les propres termes qu’on peut lire encore à la bibliothèque impériale de Paris, dans un manuscrit du XIIIème siècle, appelé Rituel de Nivelon. La société archéologique de Soissons l’a fait imprimer en 1856. Il forme un magnifique vol. in-4° rouge et noir.

   A partir de Constantin, les empereurs grecs avaient réuni beaucoup de reliques dans la chapelle impériale. C’est de cette chapelle même que Nivelon a tiré le chef de Saint Denis l’Aréopagite, et c’est l’empereur Baudouin qui, par un sentiment de reconnaissance, le lui a cédé avec beaucoup d’autres reliques.

   La relique de Longpont est le crâne, c’est-à-dire le sinciput ou le front, l’occiput et les deux côtés sans aucune fracture (sine ullâ fracturâ) de Saint Denis. Les mots grecs suivants se lisent sur le crâne : Keyxah tom agiou Dionmsiom ‘ Dreopagit (ce dernier mot n’est pas achevé). L’écriture paraît très-ancienne. Il n’est pas étonnant que Longpont ait eu la préférence pour la possession de cette relique, les père et mère de Nivelon étant seigneurs de ce village.

   Il est fait mention de cette portion de tête dans tous les ouvrages qui parlent de l’abbaye de Longpont. On lit dans une ancienne prose : Nostri tenent coenobitae caput Areopagitae. Mudrac, dans son Chronicon, imprimé en 1652, dit : Coenobium Longipontis parte notabili capitis S. Dionysii Areopagitae exornavit (Nivelo). Or, Muldrac était religieux de Longpont depuis l’âge de seize ans. Dans son Valois-Royal, édité en 1662, il dit : « Longpont se console encore de posséder une bonne partie du chef de saint Denis, Aréopagite ». Les bréviaires du diocèse, celui de Charles Bourlon, sous Louis XIV ; celui de M. de Fitzjames en 1742 ; le bréviaire de Paris en 1700, constatent le même fait. De plus, le général de l’Ordre de Cîteaux ayant demandé, en 1690, qu’on fit une reconnaissance authentique de cette relique, la châsse fut ouverte et on trouva que tout était conforme à ce que nous avons indiqué plus haut.
Les Bollandistes, dans le 2ème tome d’octobre, édité en 1780, transcrivaient en entier le procès-verbal dressé à cette occasion, et qui est signé de noms connus dans la contrée : MM. Quinquet et Lallouette. L’Histoire du Valois, par Carlier, fait également mention de cette relique comme existant à l’abbaye de Longpont.

   A l’époque désastreuse de la révolution de 1793, le chef de saint Denis et la petite châsse ou coffret qui le renfermait ont été sauvés du pillage, cachés soigneusement par la famille du sacristain et portier du couvent. C’est un fait qui est de notoriété publique dans le pays. Au rétablissement du culte ce précieux trésor fut remis au curé chargé de desservir la paroisse de Longpont, lequel l’a transmis religieusement à ses successeurs.

   Le petit coffret qui renferme encore aujourd’hui le crâne de saint Denis l’Aréopagite est celui-là même qui l’a renfermé depuis le xiiie siècle. Sa structure porte tous les caractères de cette époque. Il est en argent damasquiné, d’un travail exquis, long de vingt-deux centimètres sur treize de large. Avant la révolution, ce coffret d’argent était renfermé dans une autre châsse d’ivoire artistement travaillée et ornée de cristaux et de statuettes en argent. Aujourd’hui ce même coffret est au milieu d’une châsse de bois doré, de cinquante-six centimètres de long sur trente-neuf de large. Le comble est surmonté d’un clocheton terminé par une croix.

   Le dimanche 4 octobre 1846, Mgr Jules-François de Simony, quatre-vingt-treizième évêque de Soissons, s’est transporté lui-même à Longpont, et là, en présence d’un nombreux clergé et des divers membres de la famille de M. le comte de Montesquiou, il procéda à la reconnaissance solennelle de la relique. Après l’audition des témoins qui l’avaient vénérée avant la révolution et de ceux dont les parents avaient contribué à la soustraire à la profanation, le chef de saint Denis l’Aréopagite fut déclaré authentique, procès-verbal fut dressé et signé par l’évêque et par toute sa noble assistance ; enfin le sceau épiscopal fut apposé sur la double châsse que l’on peut voir exposée, près de celle de Jean de Montmirail, dans l’église du château qui sert au culte paroissial. La magnifique église du monastère était presque aussi vaste que la cathédrale de Soissons. Elle avait trois cent vingt-huit pieds de long, quatre-vingt-deux de large, quatre-vingt-quatre d’élévation et cent cinquante-cinq pieds à la croisée. Ses majestueuses ruines et les curiosités du château attirent chaque année à Longpont de nombreux visiteurs.

Reliquaire de St Denis à Longpont - blogue

Châsse du Chef de Saint Denys à Longpont.

J – Les écrits de Saint Denys :

   Les écrits qui nous restent de Saint Denis sont : Ses livres de la Hiérarchie céleste, de la Hiérarchie ecclésiastique, des Noms divins et de la Théologie mystique, avec huit lettres à diverses personnes ; mais nous avons perdu ce qu’il avait écrit de la théologie symbolique, de l’âme, des hymnes sacrées, des informations de la théologie, du juste jugement de Dieu et des choses qui se connaissent par le sens ou par l’intelligence.

   Le cardinal Bellarmin, parlant de ceux qui restent, ne fait point difficulté de dire que les hommes doctes et catholiques tiennent indubitablement qu’ils sont de Saint Denis l’Aréopagite, et qu’il n’y a que les hérétiques avec quelques demi-savants qui le nient.
Ce n’est pas ici le lieu d’établir cette vérité historique : disons seulement que les papes Saint Grégoire le Grand, Saint Martin, Saint Agathon, Adrien et Nicolas 1er, et plusieurs conciles généraux avec un grand nombre de Pères et de Docteurs, entre autres Saint Sophrone, patriarche de Jérusalem, Saint Anastase le Sinaïte, le bienheureux Albert le Grand, Saint Thomas et Saint Bonaventure lui ont attribué ces ouvrages.

   Il semble même que Dieu ait voulu confirmer cette vérité par des miracles : car, lorsque ces précieux livres, dont l’empereur Michel le Bègue envoya les manuscrits à Louis le Débonnaire, furent apportés à Saint-Denis par un de ses légats, Théodore, diacre et économe de l’Eglise de Constantinople, la nuit même il se fit, par leur vertu, dix-neuf guérisons miraculeuses sur des personnes fort connues et qui ne demeuraient pas loin de l’abbaye.
Deux siècles après, Saint Mayeul, abbé de Cluny, étant venu à Saint-Denis, et ayant demandé le livre de la Hiérarchie céleste pour le lire, la bougie qu’il tenait à la main, et qu’il laissa tomber dessus par assoupissement, s’usa et se consuma entièrement, non-seulement sans le brûler, mais même sans y laisser aucune tache.

   Les ouvrages de Saint Denis ont été traduits par Mgr Darboy, archevêque de Paris.

Manuscrit de Denis l'Aréopagite, recouvert d'une reliure sertissant deux feuillets d'un diptyque de la Passion

Manuscrit des œuvres de Saint Denis
(fin XIVème siècle – premières années du XVème siècle)
recouvert d’une reliure sertissant deux feuillets d’un diptyque de la Passion
provenant du trésor de l’abbaye de Saint-Denis, aujourd’hui conservé au Louvre,
et portant cette mention :

« Ce livre a été envoyé de la part du très haut basileus et autocrator des Romains, Manuel Paléologue, au monastère de Saint-Denis de Paris en France ou en Gaule depuis Constantinople, par moi, Manuel Chrysoloras, ambassadeur délégué par ledit basileus, l’an 6916 de la création du monde et l’an 1408 de l’Incarnation du Christ ; ledit basileus était venu à Paris quatre ans auparavant ».

2025-155. De Sainte Pélagie d’Antioche, la comédienne aux mœurs dissolues qui fut convertie et élevée à un haut degré de sainteté.

8 octobre,
Fête de Sainte Brigitte de Suède, veuve (cf. ici, et ici) ;
Mémoire de Sainte Pélagie, pénitente ;
Anniversaire du rappel à Dieu de Pierre Le Gouvello de Kériolet, pénitent et prêtre (+ 8 octobre 1660 – cf. ici) ;
Anniversaire du rappel à Dieu de Sa Grandeur Monseigneur Marie-Joseph de Galard de Terraube, comte-évêque du Puy (+ 8 octobre 1804).

Ste Pélagie - blogue

       Sainte Pélagie vivait à Antioche (Syrie), dans la deuxième moitié du Vème siècle, sous le règne de Théodose le Jeune (408-450).
Elle se faisait appeler Marguerite (nom qui désigne la perle précieuse) : elle était la plus connue et la plus débauchée des comédiennes de la ville, et elle avait tiré de sa vie dissolue une fortune considérable, qu’elle n’utilisait qu’à parer son corps de vêtements aussi recherchés et précieux qu’impudiques, de parfums voluptueux, et de bijoux de grands prix.
Elle possédait de nombreux esclaves et serviteurs, qui l’escortaient lorsqu’elle se promenait dans la ville en joyeuse et brillante compagnie.

   Un jour qu’il avait convoqué une assemblée de quatre-vingts évêques pour régler les affaires ecclésiastiques de la région, le saint patriarche Maximien d’Antioche demanda à l’un d’eux, Saint Nonne (en grec Nonnos), évêque d’Edesse, de prêcher au peuple devant l’église Saint-Julien.
Or, comme il exhortait ses auditeurs au repentir et à l’amour de la vertu, Pélagie la pécheresse vint justement à passer devant l’assemblée, accompagnée de son cortège habituel d’adulateurs et de débauchés, tête nue et seins découverts, plus resplendissante et voluptueuse que jamais.
Tandis que les évêques présents et les gens pieux détournaient les yeux, Saint Nonne regarda cette femme en pleurant et déclara à ceux qui l’entouraient : « Malheur à nous, paresseux et négligents, qui devrons rendre compte de nos actes au jour du Jugement, car nous n’avons pas mis pour plaire à Dieu, le zèle et le soin que met cette pauvre femme à orner son corps en vue d’un plaisir passager ».
Et il passa le reste du jour à verser des larmes sur son propre sort, et à prier ardemment le Seigneur pour la conversion de cette créature.

Sainte Pélagie avant sa conversion

   Le dimanche suivant, Pélagie, qui n’était jamais entrée dans une église, y vint ce jour-là, poussée par un peu de curiosité… et surtout avec le dessein d’être vue, car elle n’était point encore résolue à changer de vie.

   Elle se trouvait donc dans l’assistance lorsque, encore une fois à la demande du patriarche, Saint Nonne d’Edesse exhorta le peuple après le chant du Saint Evangile au cours de la Divine Liturgie.
Les paroles de l’évêque à propos de l’horreur du péché, du Jugement dernier, de l’éternité des peines de l’enfer et de la récompense des justes, non seulement tirèrent des larmes à ses auditeurs, mais pénétrèrent aussi dans le cœur de la jeune femme à la manière d’une épée effilée ; elles réveillèrent sa conscience, et suscitèrent en elle le seul véritable amour : celui de l’Epoux céleste.

   De retour dans sa somptueuse demeure, elle écrivit au saint évêque, le suppliant de ne pas la mépriser, malgré ses turpitudes, et le priant, s’il était vraiment disciple de Celui qui est venu pour appeler non pas les justes mais les pécheurs à la pénitence (cf. Matth. IX,13), de la recevoir.

   Saint Nonne lui fit répondre qu’il ne consentait pas à la recevoir de manière privée, parce qu’il craignait les ruses du démon et redoutait sa propre fragilité, mais que, si elle était vraiment décidée à se repentir, elle devrait se présenter à l’église, devant toute l’assemblée des clercs et du peuple pour confesser ses fautes.
Pélagie n’eut pas plus tôt pris connaissance de ce message qu’elle se précipita vers l’église dans laquelle se réunissait le synode.
Oubliant son orgueilleuse et impudique ostentation de naguère, elle se jeta à genoux aux pieds de l’évêque, confessa publiquement ses fautes avec une grande abondance de larmes, et supplia qu’on la fît renaître à la vie divine par le saint baptême, pour que le démon et l’habitude ne la rappellassent pas à sa vie de débauche.
Les évêques étaient partagés entre l’admiration d’une si spectaculaire conversion et l’obéissance aux canons de l’Eglise qui ne permettaient d’admettre au saint baptême une pécheresse publique qu’après un temps suffisant de pénitence qui manifestât, par une longue persévérance, qu’elle ne retournerait pas à sa vie de scandale.
Cependant, elle les supplia avec tant de ferveur et de contrition, qu’ils résolurent de relâcher en sa faveur la discipline ecclésiastique et de lui administrer le sacrement de la régénération.

conversion de Sainte Pélagie

   Lorsqu’on apprit dans la ville que la comédienne était convertie, tous les chrétiens exultèrent, tandis que les libertins exprimèrent bruyamment leur regret de la perte d’une créature dont les charmes leur plaisaient si fort !
Le démon lui-même se manifesta de diverses manières pour faire sentir combien il était furieux que Saint Nonne lui eût enlevé celle qui le servait jusqu’alors si bien, et qui lui procurait tant de puissance sur de nombreuses âmes.

   Pélagie fut confiée, pour un peu de temps, à une moniale de très haute vertu et d’une expérience spirituelle éprouvée, du nom de Romane : cette derbnière l’initia au combat spirituel et à la vie pénitente.
Par la prière et le signe de la Croix, Pélagie vainquit les tentations de retour à sa vie de péché, qui, bien sûr, ne n’avaient pas tardé à fondre sur elle.

   Dûment exorcisée, lavée et purifiée par le saint baptême, confirmée et nourrie du Corps Très Sacré de son Rédempteur, Pélagie la régénérée, voulut rompre radicalement tout attachement au monde. Elle distribua toutes ses richesses aux pauvres et affranchit ses esclaves. Ensuite elle prit un rude cilice, changea ses vêtements féminins contre de grossiers vêtements d’homme, et quitta secrètement Antioche pour se retirer à Jérusalem, sur le Mont des Oliviers, où elle s’aménagea une petite cellule.

   Pendant trois ou quatre années, elle y vécut dans les exercices de la plus grande austérité et de la plus fervente prière, sous le nom de Pélage, luttant chaque jour contre les passions qui s’étaient enracinées dans son corps. Tout le soin qu’elle avait déployé autrefois pour ses toilettes et ses parfums, elle l’employait désormais à l’ornement de son âme pour la vie éternelle.
Et bien qu’elle vécût solitaire, la renommée de sa vie pénitente exemplaire et de sa vertu se répandit parmi les ascètes de Palestine, lesquels croyaient qu’il s’agissait d’un homme.

ermitage de Sainte Pélagie

   Le diacre Jacques d’Edesse vint en pèlerinage aux Lieux Saints, et, selon les instructions reçues de Saint Nonne, son évêque, il s’enquit du pieux « solitaire Pélage », auquel il alla rendre visite.
Il eut bien du mal à reconnaître celle qui avait été d’une si resplendissante beauté, tant Pélagie était exténuée par ses austérités.

   A la fin de son séjour, il revint pour avoir la consolation de lui parler une dernière fois, mais il la trouva morte. Il en avertit les autres solitaires et moines qui vinrent pour l’ensevelir, et ils furent bien étonnés d’apprendre que le saint ermite était en réalité une femme… et ce qu’elle avait été auparavant.
La nouvelle ne s’en répandit que plus vite, si bien qu’un grand nombre de religieux et de vierges des monastères et ermitages des environs de Jérusalem et de Jéricho vinrent pour sa sépulture, avec des cierges et des lampes allumés, rendant à Dieu de vibrantes actions de grâce et proclamant  Ses merveilles.

   Le culte de Sainte Pélagie se répandit en Orient et en Occident, et les Grecs la célèbrèrent à ce jour du 8 octobre que l’on croit être celui de son départ pour le Ciel ou celui de ses triomphantes funérailles, aux alentours de l’an 460.

   Les comédiens ont tout naturellement pris pour sainte patronne Sainte Pélagie, dont deux localités, en France, revendiquent de posséder des reliques : l’abbaye de Jouarre, dans la Brie, et l’église de Mont-Saint-Jean, en Bourgogne.

   Tous les fidèles, trouveront un grand profit intérieur à la prier et à lui demander des grâces de conversion (car notre conversion intérieure à la parfaite charité du Christ n’est jamais achevée), de contrition du mal commis, et d’esprit d’expiation et de réparation.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Châsse de Sainte Pélagie dans l'église St-Pierre et St-Paul de Jouarre

Châsse de Sainte Pélagie dans l’église Saint-Pierre et Saint-Paul de Jouarre.

2025-154. Une célébration baroque de la victoire de Lépante (troisième partie) : la salle des paysages du Palais Colonna.

7 octobre,
Fête de Notre-Dame de la Victoire du Très Saint Rosaire (cf. ici),
Anniversaire de la victoire navale de Lépante (cf. ici) ;
Mémoire de Saint Marc, pape et confesseur ;
Mémoire des Saints Serge et Bacchus, Marcel et Apulée, martyrs.

blason de la famille Colonna - blogue -

       Pour conclure nos publications au sujet des somptueux décors baroques du palais romain des Princes Colonna célèbrant la victoire de Lépante, après avoir présenté la Grande Galerie (cf. > ici), puis l’antichambre de l’Est, qui permet d’y accéder et porte le nom de Salle de la colonne bellique (cf. > ici), présentons maintenant l’antichambre située à l’Ouest de la Grande Galerie, dite Salle des paysages, en raison des tableaux bucoliques de Gaspard Dughet (1615-1675, aussi appelé Gaspard Poussin ou encore Le Guaspre), qui en tapissent les murs.

   Franchissons donc son seuil, encadré, comme du côté Est, par deux colonnes en marbre jaune de Sienne.

Palais Colonna - salle des paysages

Rome, Palais Colonna : Salle des paysages

   A la voûte de cette antichambre, c’est la bataille de Lépante qui est peinte, une nouvelle fois, mais de façon davantage allégorique.
Cette œuvre, née des pinceaux de Luca Giordano (1634-1705) et Sebastiano Ricci (1659-1734), en 1693 et 1694 – c’est à dire moins d’une vingtaine d’années après les fresques de la Grande Galerie et peu d’années avant celle de la Salle de la colonne bellique – est bien caractéristique de la peinture baroque triomphale.

Sebastiano Ricci - allégorie de la bataille de Lépante

Sebastiano Ricci - allégorie de la bataille de Lépante

   Au-dessus de l’entrée, on a, encore une fois, une forme d’apothéose de Marc-Antoine Colonna : ici ce n’est pas la Très Sainte Vierge Marie qui le couronne, mais une victoire ailée.
Les nuées au faîte desquelles le vainqueur de Lépante est assis, sont un chef d’œuvre de trompe-l’œil parce qu’elles forment comme un arc au-dessus de la corniche de l’entrée de la salle pour aller ensuite se confondre avec la structure architectural du sommet des murs.

Sebastiano Ricci - Lépante détail - Marc-Antoine  - blogue

   Autour de Marc-Antoine, dont les traits sont ceux d’un très jeune homme, se livre un combat entre des anges et des démons, combat tel qu’on en voit plutôt habituellement sur les tableaux représentant Saint Michel.

Sebastiano Ricci - Lépante - Marc-Antoine

   En face de l’entrée, on peut admirer l’allégorie de la bataille : la composition de cette fresque fait que la victoire ailée, figure centrale de l’œuvre, et que l’on a vue ci-dessus dans une position descendante (tête vers le bas) vers Marc-Antoine Colonna, apparaît pour cette partie dans une position ascendante au-dessus de la scène de l’affrontement.

Sebastiano Ricci - la victoire volant au-dessus de la bataille

Sebastiano Ricci - l'affrontement

Sebastiano Ricci - Marc-Antoine à la bataille

Marc-Antoine Colonna au combat

   Sur le côté gauche de la salle, la fresque montre le héros sur un char de triomphe, roulant au milieu des nuées, entouré de figures symboliques qui l’acclament.

Sebastiano Ricci - côté gauche de la salle des paysages

   Tandis que sur le côté droit est figurée, dans une scène plutôt exotique, la malfaisance mahométane : on y voit un barbaresque qui violente de la main droite une femme dont il tire la chevelure, tandis qu’il tient fermement par la main gauche des chaînes auxquelles sont assujettis aussi bien des créatures humaines – soumises en esclavage, ou réduites à l’état de produits de consommation dans les harems -, que des bêtes fauves.

Sebastiano Ricci - côté droit - blogue

Sebastiano Ricci - détail du côté droit de la salle des paysages

   Au-dessus de cette scène, dans les airs, on assiste à un combat : la vérité, brandissant son flambeau, poursuit, avec une dague, l’erreur religieuse accompagnée d’une créature mi-homme mi-serpent.
La femme que le barbaresque saisit par les cheveux ainsi que l’esclave noir lèvent les yeux vers cette scène, symbolisant par là l’espérance d’être délivrés de la sujétion des païens par la victoire de la vérité catholique.

Sebastiano Ricci - méfaits des mahométans - détail

   Mentionnons rapidement aussi, sans vraiment les détailler, que dans cette Salle des paysages se trouvent aussi un grand cabinet en bois d’ébène et ivoire, chef-d’œuvre des frères allemands Steinhart, orné de scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament (sur le côté gauche) et un autre cabinet, en bois de santal marqueté de pierres dures, figurant une villa romaine.

Cabinet d'ébène et d'ivoire

cabinet de santal

   Ces deux meubles précieux sont, remarquez-le, portés par des figures d’ottomans ou de barbaresques captifs.

2025-153. Une célébration baroque de la victoire de Lépante (deuxième partie) : la salle de la colonne bellique, au Palais Colonna.

7 octobre,
Fête de Notre-Dame de la Victoire du Très Saint Rosaire (cf. ici),
Anniversaire de la victoire navale de Lépante (cf. ici) ;
Mémoire de Saint Marc, pape et confesseur ;
Mémoire des Saints Serge et Bacchus, Marcel et Apulée, martyrs.

Palais Colonna - salle de la colonne bellique

Rome, Palais Colonna : la salle de la colonne bellique.

       De part et d’autre de la Grande Galerie – ou Grande Salle – du Palais Colonna, que nous avons précédemment présentée (cf. > ici), se trouvent deux antichambres, elles aussi richement ornées, qui communiquent l’une comme l’autre avec la Grande Galerie par une large ouverture à eux colonnes.

salle de la colonne bellique  avec le passage sur la Grande Galerie

Salle de la colonne bellique avec la perspective vers la Grande Galerie

   L’antichambre de l’est, est appelée « salle de la colonne bellique » (ou encore « salle de la colonne de la guere »), en raison du fait qu’y est placée en son centre une colonne antique : cette colonne de marbre rouge, posée sur un piédestal et ornée d’incrustations représentant des scènes de la vie romaine, est évidemment une allusion aux armoiries de la famille Colonna ; elle est surmontée statuette de femme casquée et armée qui pourrait être une représentation de Bellone, de Rome ou d’Athéna ; c’est cette figurine qui vaut à la colonne son qualificatif de « bellique ».

Sommet de la colonne bellique

   La fresque qui orne la voûte de cette salle a été peinte par Giuseppe Bartolomeo Chiari (1654-1727), élève de prédilection de Carlo Maratta, qui a travaillé avec lui à la préparation des cartons pour les mosaïques des nefs latérales de la Basilique vaticane.
Giuseppe Bartolomeo Chiari a peint cette voûte entre 1698 et 1700, soit un quart de siècle après le plafond de la Grande Galerie.

   Sans crainte de la redondance avec le programme pictural de la Grande Galerie, elle représente Marc-Antoine Colonna présenté à la Vierge dans les cieux, mais cette œuvre est la plupart du temps nommée : « Apothéose de Marc-Antoine Colonna ».

Giuseppe Chiari - Marc-Antoine Colonna présenté à la Vierge ou apothéose

   La Très Sainte Vierge Marie, entourée d’anges et de saints, occupe le centre de la composition, elle est nimbée d’une sorte de rayonnement de gloire. Elle tient dans sa main droite une couronne – semblable à celle qui était tenue au-dessus de la tête du chef victorieux lors des triomphes antiques -, dont elle s’apprête à couronner le vainqueur de Lépante, qui est introduit en sa présence par… Hercule lui-même, dont Marc-Antoine porte la massue, comme s’il s’agissait de son arme propre !!!

Giuseppe Bartolomeo Chiari - apothèose de Marc-Antoine Colonna détail

Giuseppe Bartolomeo Chiari - apothéose de Marc-Antoine Colonna - détail

Marc-Antoine Colonna conduit par Hercule

   Cette curieuse introduction d’un mythe païen à l’intérieur d’une scène aux références chrétiennes vaut également parfois à cette œuvre d’être appelée « Apothéose du jeune Hercule ».

   Sans entrer dans tous les détails des représentations périphériques de cette fresque, on s’arrêtera toutefois à admirer, au-dessus du passage vers la Grande Galerie, cet ange écrivant le nom de Marc-Antoine Colonna dans le Livre de Vie.

Un ange écrit le nom de Marc-Antoine Colonna dans le Livre de Vie

   Pour passer de cette Salle de la Colonne Bellique à la Grande Gallerie, il faut descendre quelques marches de marbre : or, au centre des degrés se trouve un boulet de canon.
Celui-ci n’a rien à voir avec la victoire de Lépante, mais nous renvoie à des événements dramatiques plus récents : la révolution romaine de 1848-1849, pendant laquelle le Bienheureux Pape Pie IX avait dû fuir Rome et se trouvait de ce fait en exil à Gaëte.
Des troupes françaises commandées par le Général Oudinot avaient été envoyées pour rétablir le Souverain Pontife dans ses Etats, et, depuis la colline du Janicule, les Français tirèrent sur le centre historique pour en chasser les insurgés républicains : c’est alors que, le 24 juin 1849, ce boulet, en raison d’une erreur de tir, entra dans le palais Colonna pour tomber exactement à cet endroit. Il n’en fut jamais retiré.

Marches entre la Salle de la colonne bellique et la Grande Galerie

Boulet français du 24 juin 1849

Litanies de Saint Bruno :

Eustache Le Sueur - Saint Bruno en prière en Calabre

Eustache Le Sueur (1616-1655) :
Saint Bruno en prière dans la Chartreuse qu’il a fondée en Calabre
[Paris, Musée du Louvre]

Seigneur, ayez pitié de nous.
Jésus-Christ, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, écoutez-nous.
Jésus-Christ, exaucez-nous.

Père céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Dieu Fils, Rédempteur du monde, ayez pitié de nous.
Esprit-Saint qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Sainte Trinité qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Marie, Reine des Confesseurs, priez pour nous.

Saint Bruno, priez pour nous.
Saint Bruno, qui, dès le berceau, avez donné des marques de votre future sainteté, priez pour nous.
Saint Bruno, qui, dès votre jeune âge, avez fait présager que vous seriez un des Pères de la vie monastique, priez pour nous.
Saint Bruno, qui fûtes l’apôtre de nombreuses contrées, priez pour nous.
Saint Bruno, qui est êtes à jamais l’une des gloires de l’Eglise de Reims, priez pour nous.
Saint Bruno, qui avez courageusement combattu un pasteur indigne, priez pour nous.
Saint Bruno, Docteur des Docteurs, qui avez suscité l’admiration de toute l’Eglise en raison de votre science profonde, priez pour nous.
Saint Bruno, qui, vainqueur de l’honneur mondain, avez généreusement renoncé aux dignités ecclésiastiques, priez pour nous.
Saint Bruno, qui, en tout et partout, avez fait rayonner le bien et vous êtes montré l’honneur du clergé, priez pour nous.
Saint Bruno, qui avez fui les cités bruyantes pour rechercher le calme et la solitude, priez pour nous.
Saint Bruno, qui vous êtes retiré au sommet des montagnes pour que votre âme y prît plus librement son essor vers le Ciel, priez pour nous.
Saint Bruno, éminent fondateur de l’Ordre des Chartreux, priez pour nous.
Saint Bruno, dont l’esprit, après tant de siècles, se perpétue encore sans altération parmi vos disciples, priez pour nous.
Saint Bruno, qui, reproduisant la vie de Saint Jean-Baptiste, êtes devenu l’ange et la fleur du désert, priez pour nous.
Saint Bruno, modèle d’austérité et de pénitence, priez pour nous.
Saint Bruno, comparable à un arbre robuste chargé de fruits, priez pour nous.
Saint Bruno, semblable à une vigne fertile étendant de nombreux et vigoureux sarments, priez pour nous.
Saint Bruno, lis très pur croissant au milieu des épines, priez pour nous.
Saint Bruno, qui brillez sur le beau ciel de France comme l’étoile scintillante aux premiers feux du jour, priez pour nous.
Saint Bruno, dont le cœur débordant d’amour contemplait en toutes choses la divine bonté, priez pour nous.
Saint Bruno, indéfectiblement attaché à la solitude et au silence, priez pour nous.
Saint Bruno, parfait exemple de la prière contemplative, priez pour nous.
Saint Bruno, amant de la simplicité et de la pauvreté, priez pour nous.
Saint Bruno, réformateur des mœurs et flagellateur des vices, priez pour nous.
Saint Bruno, interprête inspiré des Saintes Ecritures, priez pour nous.
Saint Bruno, très ferme appui de l’authentique réforme dans l’Eglise, priez pour nous.
Saint Bruno, conseiller des princes et des pontifes, priez pour nous.
Saint Bruno, obéissant à la voix du Vicaire de Jésus-Christ, priez pour nous.
Saint Bruno, qui avez magnanimement refusé les dignités ecclésiastiques sans en refuser les labeurs et les peines, priez pour nous.
Saint Bruno, dont la vie tout entière a
 été un prodige de sainteté, priez pour nous.
Saint Bruno, qui avez vécu dans la chair comme n’en ayant pas, priez pour nous.
Saint Bruno, qui avez imité sur la terre la vie des anges dans le ciel, priez pour nous.
Saint Bruno, qui avez couronné la plus sainte des vies par la plus sainte des morts, priez pour nous.
Saint Bruno, sur la tombe duquel les infirmes recouvrent la santé, priez pour nous.
Saint Bruno, spécial protecteur des âmes contemplatives, priez pour nous.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous.

V./ : Priez pour nous, Saint Bruno,
R./ : Afin que nous soyons rendus dignes des promesses de Jésus-Christ.

Prions :

   O Dieu, qui avez suscité Saint Bruno pour qu’il soit la lumière de l’Eglise par sa doctrine et le modèle des solitaires par sa retraite, accordez-nous, nous Vous en supplions, de savoir imiter cette profonde humilité qui le porta à fuir dans le désert pour éviter les honneurs qu’on lui offrait, de nous laisser séduire par cet attrait pour la pénitence dont il fut animé, de nous éloigner des séductions fallacieuses du monde et de travailler à cette union parfaite qu’il contracta avec Vous dans la prière, nous Vous le demandons par Jésus-Christ Notre-Seigneur.

Ainsi soit-il !

* * *

   O Saint Restaurateur de la vie solitaire, priez pour nous, glorieux Saint Bruno, afin qu’en suivant vos exemples et en marchant sur vos traces dans la voie étroite, nous puissions avoir part nous aussi à la récompense dont Dieu à couronné vos travaux.

Ainsi soit-il !

devise des chartreux

2025-152. Leçons historiques des matines de la fête de Saint Bruno au Bréviaire romain traditionnel.

6 octobre,
Fête de Saint Bruno de Cologne, confesseur, fondateur de l’Ordre des Chartreux.

Eustache Le Sueur - Saint Bruno en prière

Eustache Le Sueur (1616-1655) :
Saint Bruno en prière
[ce tableau, ainsi que les autres illustrant cette page, appartiennent au cycle
de la vie de Saint Bruno peinte par Le Sueur pour la Chartreuse de Paris
entre 1645 et 1648, et aujourd'hui exposés au Musée du Louvre]

Leçons historiques des matines (2ème nocturne)

de la fête de Saint Bruno

au Bréviaire romain traditionnel (avant 1960)

Quatrième leçon : 

   Bruno, fondateur de l’Ordre des Chartreux, naquit à Cologne.
Dès le berceau, il montra de tels indices de sa sainteté future, par la gravité de ses mœurs, par le soin qu’il mettait, avec le secours de la grâce divine, à fuir les amusements frivoles de cet âge, qu’on pouvait déjà reconnaître en lui le père des moines, en même temps que le restaurateur de la vie anachorétique.
Ses parents, qui se distinguaient autant par leur noblesse que par leurs vertus, l’envoyèrent à Paris, et il y fit de tels progrès dans l’étude de la philosophie et de la théologie, qu’il obtint le titre de docteur et de maître dans l’une et l’autre faculté.
Peu après, il se vit, en raison de ses remarquables vertus, appelé à faire partie du Chapitre de l’Eglise de Reims.

Eustache Le Sueur - Saint Bruno enseignant la théologie à Reims

Eustache Le Sueur (1616-1655) :
Saint Bruno écolâtre de l’Eglise de Reims

Cinquième leçon : 

   Quelques années s’étant écoulées, Bruno renonçant au monde avec six de ses amis se rendit auprès de saint Hugues, évêque de Grenoble. Instruit du motif de leur venue, et comprenant que c’était eux qu’il avait vus en songe, la nuit précédente, sous l’image de sept étoiles se prosternant à ses pieds, il leur concéda, dans son diocèse, des montagnes très escarpées connues sous le nom de Chartreuse. Hugues lui-même accompagna Bruno et ses compagnons jusqu’à ce désert, où le Saint mena pendant plusieurs années la vie érémitique.
Urbain II, qui avait été son disciple, le fit venir à Rome, et s’aida quelques années de ses conseils dans les difficultés du gouvernement de l’Eglise, jusqu’à ce que, Bruno ayant refusé l’archevêché de Reggio, obtint du Pape la permission de s’éloigner.

Eustache Le Sueur - Bruno aux pieds du pape

Eustache Le Sueur (1616-1655) :
Saint Bruno aux pieds du Souverain Pontife

Sixième leçon : 

   Poussé par l’amour de la solitude, il se retira dans un lieu désert, sur les confins de la Calabre, près de Squillace. Ce fut là que Roger, comte de Calabre, étant à la chasse, le découvrit en prière, au fond d’une caverne où ses chiens s’étaient précipités à grand bruit. Le comte, frappé de sa sainteté, commença à l’honorer et à le favoriser beaucoup, lui et ses disciples.
Les libéralités de Roger ne demeurèrent pas sans récompense. En effet, tandis qu’il assiégeait Capoue, Sergius, un de ses officiers, ayant formé le dessein de le trahir, Bruno, vivant encore dans le désert susdit, apparut en songe au comte et, lui découvrant tout le complot, le délivra d’un péril imminent.
Enfin, plein de mérites et de vertus, non moins illustre par sa sainteté que par sa science, Bruno s’endormit dans le Seigneur et fut enseveli dans le monastère de Saint-Etienne, construit par Roger, où son culte est resté jusqu’ici en grand honneur.

Eustache Le Sueur - mort de Saint Bruno

Eustache Le Sueur (1616-1655) :
Mort de Saint Bruno le 6 octobre 1101

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