Archive pour la catégorie 'De liturgia'

Prière à Notre-Dame du Mont Carmel.

La Vierge remet le scapulaire à St Simon Stock

       Sur le Mont Carmel, le saint prophète Élie avait confondu les prêtres de Baal et ramené le peuple d’Israël à adorer le Dieu vivant (3e Livre des Rois, chap. XVIII).
La tradition ajoute que dans le petit nuage annonciateur de la fin de la sécheresse (cf. 3 Reg. XVIII, 44), Saint Elie avait eu une vision mystique de la Vierge qui apporterait au monde le Sauveur, et que depuis lors des fils spirituels d’Elie menaient sur la sainte montagne une vie conjuguant érémitisme et vie communautaire.

   Au temps des croisades, ces ermites se constituèrent en véritable ordre religieux, recevant de Saint Albert, Patriarche de Jérusalem, une règle écrite au début du XIIIème siècle : ce sont les Carmes, voués à la vie contemplative sous le patronage de la Sainte Mère de Dieu.
La conquête de la Terre Sainte par les musulmans contraignit les Carmes à trouver refuge en Occident.

   D’origine anglaise, Saint Simon Stock (+ 1265) était supérieur général de l’Ordre des Frères de Notre-Dame du Mont Carmel à ce moment où, fuyant la Terre Sainte, les moines vinrent s’implanter en Europe.
Profondément dévot à la Vierge Marie, dans la nuit du 16 juillet 1251, il fut favorisé d’une vision de cette Mère bénie au cours de laquelle elle lui remit le scapulaire en disant : « Voici le privilège que je te donne, à toi et à tous les enfants du Carmel. Quiconque meurt revêtu de cet habit sera sauvé. »

   C’est le 16 juillet 1858 que la Vierge Immaculée apparut à Sainte Bernadette pour la dernière fois dans la grotte de Lourdes : elle ne portait pas ce jour-là la robe blanche ceinte de bleue, mais la livrée du Carmel, et Bernadette dira : « Jamais je ne l’avais vue aussi belle!« .
A Fatima également, lors de l’apparition du 13 octobre 1917, au cours du miracle du soleil, Notre-Dame se montra aux trois enfants revêtue de l’habit du Carmel, pour évoquer les mystères glorieux du Saint Rosaire.

   Invoquons avec confiance Notre-Dame du Mont-Carmel :

Vierge Immaculée, Marie,
Lumière et Gloire du Mont Carmel,
Jetez sur moi un regard de bonté,
Et gardez-moi sous Votre protection maternelle.
Fortifiez ma faiblesse par Votre puissance,
Et dissipez par Votre lumière
Les ténèbres de mon cœur.
Augmentez en moi la Foi,
L’Espérance et la Charité.
Ornez mon âme de toutes les vertus
Afin qu’elle devienne de plus en plus
Chère à Votre Divin Fils.
Assistez-moi pendant la vie,
Consolez-moi par Votre présence
A l’heure de la mort,
Et présentez-moi à la Sainte Trinité,
Comme Votre enfant,
Afin que je puisse Vous louer,
Et Vous glorifier éternellement
Dans le Ciel.

Ainsi soit-il!

2008-35. Le 9 juillet nous fêtons les Bienheureuses Martyres d’Orange.

Pendant la grande révolution, furent arrêtées et rassemblées à la prison d’Orange, cinquante-deux religieuses, appartenant à divers ordres religieux implantées dans les environs. Elles étaient accusées « d’avoir voulu détruire la République par le fanatisme et la superstition » !!!
Leur crime consistait en réalité à avoir refusé d’abandonner la vie religieuse, d’avoir persévéré autant qu’elles avaient pu dans la vie communautaire, et de ne pas avoir prêté les serments révolutionnaires.

Condamnées à mort par une « commission populaire » siégeant dans la chapelle Saint-Louis, trente-deux d’entre elles furent exécutées : 16 Ursulines, 13 Sacramentines, 2 Cisterciennes et 1 Bénédictine.
Les vingt autres furent sauvées par la chute de Robespierre (le 28 juillet 1794) et libérées en 1795.

Ces moniales passaient la plus grande partie de leur temps d’incarcération à prier.
On connaît par les archives la manière dont elles avaient organisé leurs journées dans la prison :

- 5 heures : lever et méditation, récitation des prières de la messe .
- 7h : déjeuner
- 8h : litanies des saints et autres prières
- 9h : c’était généralement le moment où certaines d’entre elles étaient appelées à comparaître devant le tribunal et, comme elles n’avaient aucune illusion sur ce simulacre de justice, elles se disaient alors un à-Dieu joyeux. Celles qui restaient priaient pour celles qui partaient et méditaient le chemin de la croix.
- 18h : le roulement de tambour annonçait que les condamnées montaient à l’échafaud ; les prisonnières récitaient les prières de la recommandation de l’âme et des agonisants. Quand le tambour cessait, elles chantaient le « Te Deum ».

Aucune n’avait peur ; aucune ne signa le serment qui lui eût épargné la mort mais qui eût été synonyme de parjure. Elles avaient même composé un hymne dont le refrain ne manquait pas d’humour : « Bien loin que la guillotine me cause quelque frayeur, mon Dieu me fait voir en elle un moyen très précieux qui, par une voie nouvelle, me conduit droit aux Cieux ».

Les Bienheureuses Martyres d'Orange au pied de l'échafaud

Les Bienheureuses Martyres au pied de l’échafaud

Voici les noms de ces vaillantes martyres dans l’ordre de leur exécution :

-  le 6 juillet, Sœur Marie-Rose, bénédictine de Caderousse (dans le siècle Suzanne Deloye, née à Sérignan en 1741),

- le 7 juillet, Sœur Iphigénie, sacramentine de Bollène ( dans le siècle Suzanne de Gaillard, née à Bollène en 1761),

- le 9 juillet, Sœur Sainte-Mélanie, ursuline de Bollène (Madeleine de Guilhermier, née à Bollène en 1733) et Sœur Marie-des-Anges, ursuline de Bollène (Marie-Anne de Rocher, née à Bollène en 1755),

- le 10 juillet, Sœur Sainte-Sophie, ursuline de Bollène (Gertrude d’Alauzier, née à Bollène en 1757) et Sœur Agnés, ursuline de Bollène (Sylvie de Romillon, née à Bollène en 1750).

- le 11 juillet, Sœur Sainte-Pélagie, sacramentine de Bollène (Rosalie Bès, née à Beaume-du-Transit en 1753), Sœur Saint-Théotiste, sacramentine de Bollène (Elisabeth Pélissier, née à Bollène en 1741), Sœur Saint-Martin, sacramentine de Bollène (Claire Blanc, née à Bollène en 1742) et Sœur Sainte-Sophie, ursuline de Pont-Saint-Esprit (Marguerite d’Albarède, née à Saint-Laurent-de-Carnols en 1740).

- le 12 juillet, Sœur Rose, sacramentine de Bollène (Thérèse Talieu, née à Bollène en 1746), Sœur du Bon-Ange, converse sacramentine de Bollène (Marie Cluse, née à Bouvantes en 1761), Sœur Marie de Saint-Henri, cistercienne de Sainte-Catherine d’Avignon (Marguerite de Justamond, née à Bollène en 1746) et Sœur Saint-Bernard, ursuline de Pont-Saint-Esprit ( Jeanne de Romillon, née à Bollène en 1753).

- le 13 juillet, Sœur Madeleine de la Mère de Dieu, sacramentine de Bollène (Elisabeth Verchières, née à Bollène en 1769), Sœur Marie-de-l’Annonciation, sacramentine de Bollène (Thérèse Faurie, née à Sérignan en 1770), Sœur Saint-Alexis, sacramentine de Bollène (Andrée Minutte, née à Sérignan en 1740), Sœur Saint-François, ursuline de Bollène (Marie-Anne Lambert, née à Pierrelatte en 1742) et Sœur Sainte-Françoise, converse ursuline de Carpentras (Marie-Anne Depeyre, née à Tulette en 1756),

- le 15 juillet, Sœur Saint-Gervais, supérieure des ursulines de Bollène (Anastasie de Roquard, née à Bollène en 1749),

- le 16 juillet, Sœur Aimée, sacramentine de Bollène (Rose de Gordon, née à Mondragon en 1733), Sœur Marie-de-Jésus, sacramentine de Bollène (Thérèse Charrensol, née à Richerenches en 1758), Sœur Saint-Joachim, converse sacramentine de Bollène (Marie-Anne Béguin-Royal, née à Bouvantes en 1736), Sœur Saint-Michel, converse ursuline de Bollène (Marie-Anne Doux, née à Bollène en 1738), Sœur Saint-André, converse ursuline de Bollène (Marie-Rose Laye, née à Bollène en 1728), Sœur Madeleine, ursuline de Pernes (Dorothée de Justamond, née à Bollène en 1743) et Sœur du Coeur-de-Marie, cistercienne de Sainte-Catherine d’Avignon (Madeleine de Justamond, née à Bollène en 1754),

- le 20 juillet, Sœur Saint-Basile, ursuline de Pont-Saint-Esprit (Anne Cartier, née à Livron en 1733),

- le 26 juillet, Sœur Saint-Augustin, sacramentine de Bollène (Marguerite Bonnet, née à Sérignan en 1719), Sœur Catherine, ursuline de Pont-Saint-Esprit (Marie-Madeleine de Justamond, née à Bollène en 1724), Sœur Claire, ursuline de Bollène (Claire Dubas, née à Laudun en 1727) et Sœur du Cœur-de-Jésus, supérieure des ursulines de Sisteron (Elisabeth-Thérèse de Consolin, née à Courthézon en 1766).

Elles montèrent toutes joyeusement à l’échafaud, chantant et priant pour leurs persécuteurs qui admiraient leur courage : « Ces bougresses-là meurent toutes en riant ».

Les corps des martyres furent jetés dans des fosses communes, dans le champ Laplane (à Gabet), situé à 4 kilomètres de la ville, au bord de l’Aygues, et une chapelle y fut bâtie en 1832.
Les 32 religieuses ont été béatifiées par le pape Pie Xl le 10 mai 1925.
Leur fête se célèbre le 9 juillet.

Voir aussi le texte publié > ici.

La chapelle de Gabet

Vue ancienne de la chapelle de Gabet,
élevée sur les lieux où les corps des Bienheureuses Martyres furent ensevelis.

2008-34 b. Premier anniversaire du motu proprio “Summorum Pontificum cura” (2ème partie).

« Paix liturgique«  (cf.www) nous a très aimablement autorisés (et nous en remercions chaleureusement les responsables) à reproduire ici la très pertinente analyse de Madame Henriette Ouliès parue dans « la lettre de Paix liturgique » N°117, en date du 4 juillet 2008. Ce texte présente une réflexion réaliste sur la situation à laquelle se trouvent confrontés la plus grande partie des fidèles demandant la mise en oeuvre des dispositions du motu proprio « Summorum Pontificum cura » dont nous célébrons le premier anniversaire.

Pourquoi nous est-il toujours aussi difficile de dialoguer avec nos pasteurs ?

1 – Négociation(s), dialogue(s) et rencontre(s) : d’abord quelques rappels

 

Une rencontre, fortuite ou arrangée, permet à deux parties de se faire face. La rencontre, hostile ou conviviale, stérile ou porteuse d’espérance, permet la reconnaissance de « l’autre ».

 

Le dialogue ne nécessite pas la volonté de parvenir à un accord, mais, en revanche, ne se justifie que si l’on cherche à mieux faire comprendre sa position et à mieux appréhender la position de son interlocuteur.En cas contraire, on parlera de « dialogue de sourds ».

 

L’art de la négociation réside dans la capacité du négociateur à définir l’attente de l’autre partie et les conditions que cette dernière est susceptible d’accepter afin d’obtenir satisfaction. Ceci présuppose que l’on souhaite parvenir à un accord y compris en concédant certains avantages à la partie adverse.

 

2 – Une situation étonnante pour les hommes ordinaires que nous sommes

 

Force est de constater que des milliers de fidèles attachés au rite extraordinaire de l’Eglise,depuis plus de 20 ans , ont en vain, chacun avec son charisme, essayé de rencontrer les autorités ecclésiastiques, d’amorcer un dialogue, de négocier l’application du Motu Proprio.

 

Comment expliquer cette situation sans jeter l’anathème sur ceux qui se dérobent à leur mission de Père, de Pasteur ?

 

Pour certains de nos interlocuteurs, la stratégie consiste à nous nier : « Je n’ai aucune demande… ou peut-être une ou deux ». Pour d’autres, à nous discréditer : « On ne peut pas dialoguer avec vous ».

 

Un grand nombre de prêtres interrogés se déclarent non concernés : « … essayez de voir à l’Evêché » ou peureux : « Je ne peux pas proposer ça à mon conseil paroissial ».

 

Certains interlocuteurs plus diplomates proposent, faute de possibilité dans leur paroisse, d’aller voir « ailleurs » ou de revenir en septembre prochain, « le temps d’y voir clair ».

 

D’autres enfin profitent du premier haussement de voix habituel dans la vie courante pour se déclarer attaqué, agressé, violenté, insulté… donc enfin en bonne position pour légitimement… cesser un dialogue qui n’avait pas commencé.

 

S’agit-il d’une stratégie concertée imposée par leurs auteurs à tous leurs confrères ou d’une attitude propre au clergé ?

 

Nous ne pouvons pas nier que l’épiscopat français ne partage pas notre sensibilité et que peu d’évêques souhaitent le succès d’une application généreuse des dispositions du Motu Proprio. Cependant, réduire la position de nos interlocuteurs à une sombre théorie du complot n’explique pas leur « comportemental ».

 

En fait, le refus de nous « rencontrer » relève d’une manière générale d’un état proche de la paranoïa, caractérisé par la surestimation pathologique du moi, la méfiance, la fausseté du jugement et l’inadaptation sociale et, pour certains d’entre eux, d’une perte du contact avec la réalité de nature schizophrène.

 

Ce constat est patent : Comment « nous » rencontrer, si « nous » n’existons pas ?. Comment accepter que nous existions alors qu’ils avaient décidé que nous n’existerions plus après quelques années d’interdiction de la Messe Tridentine ?

 

Vous pouvez les inviter aux pèlerinages de Chartres, à de grands rassemblements scouts… Ils ne voient qu’une assemblée de pauvres jeunes manipulés par des vieillards d’extrême droite.

 

Vous pouvez recueillir plus de 1 000 signatures sur une seule paroisse (comme à Versailles…) pour l’application du Motu Proprio Summorum Pontificum… Vous serez, au mieux, « pas représentatifs ».

 

LEUR PATHOLOGIE DU MOINECESSITE NOTRE NEGATION

 

En leur imposant de NOUS voir, de NOUS rencontrer, nous déclenchons chez eux un mécanisme de méfiance maladive. Qui êtes-vous ? De quelle paroisse dépendez-vous ? Où allez-vous à la Messe ? Vous habitez où ? Vous appartenez à quel groupe? Qui vous envoie ? Qui vous manipule ?

 

Cette méfiance est d’autant plus aiguë que leur fausseté de jugement nous avait « caractérisé » faussement. Ainsi, dans l’évêché de Nanterre, les fidèles qui depuis des années demandaient l’application du Motu Proprio (d’abord de 1988 puis de 2007) avaient été traités soit « d’anciens militants de l’Action Française, de Vichystes ou de Pétainistes, de nostalgiques de l’ OAS à relents d’antisémitisme » soit, ailleurs, « de provocateurs » ou « de simples d’esprit ». Etonnant quand on sait que la plupart de ces demandeurs n’ont pas trente ans…

 

Subitement confronté à des « Tradis » polymorphes, l’interlocuteur, bloqué dans ses certitudes, ne peut que refuser le dialogue. Nous n’existions pas, voilà que nous sommes différents de ce que nous devrions être ! « Vous êtes des Trotskystes » déclarait voici plus d’un an un jeune curé de Boulogne peu désireux d’entrer en dialogue avec ceux qui n’existaient pas !

 

Comment peuvent-ils comprendre qui nous sommes quand, autorisant « à titre testuel » une Messe, ils voient une assemblée jeune, socialement représentative de l’environnement, culturellement mélangée ?

 

Ils nous voulaient sectaires, ils découvrent des familles issues de leur paroisse qui viennent leur demander l’application du Motu Proprio. Ils nous imaginaient introvertis, ils voient des assemblées conviviales qui ne refusent pas de boire un kir après la Messe. Ils nous croyaient « hors du monde », ils font face à des gens responsables et dont certains sont emblématiques de leur métier. Ils croyaient aussi, peut-être, que nos femmes, nos filles, nos sœurs portaient le voile ?

 

La confrontation à la réalité conduit nos interlocuteurs à pallier leur inadaptation sociale par une attitude réactionnaire : « Comprenez que l’Eglise n’est pas une démocratie » ; « ce n’est pas parce que vous souhaitez me rencontrer, que je suis obligé de vous recevoir » ; « je suis le Curé, je suis seul à décider » ; « depuis quand les fidèles décident ? »

 

Cette attitude réactionnaire présente l’avantage de la confrontation à la réalité. Pour agressante qu’elle soit, cette phase est nécessaire à la reprise du contact avec le réel.

 

Nous pouvons observer des décisions mettant en évidence une perte du contact avec la réalité. Tel, voici un an, l’arrêt de « l’expérience » de Sainte-Marie-de-Fontenelles à Nanterre ; des lieus de cultes, chichement accordés ces derniers mois, vont être suspendus comme à Saint Pierre de Montrouge « afin de permettre une analyse de la situation et de prendre les décisions qui en découleront ». Ces attitudes sont d’un autre temps et disqualifient les néo-cléricalistes qui en usent.

 

Que faire ? Continuer à se faire connaître, en famille, individuellement, en groupe constitué. Ne pas les abandonner à leur malaise existentiel. Oublier leur colère, leur sursaut d’autorité, leurs erreurs de jugement passées et les conduire à nous aimer dans notre diversité pour réapprendre à vivre ensemble. Ne pas oublier que pour nous, tout est plus facile. Nous avons vécu depuis des années dans un bi-ritualisme PAS EUX. Nous assistons parfois, dans nos familles ou durant les vacances, au rite ordinaire, la réciproque n’était PAS VRAIE POUR EUX. Nous sommes demandeurs d’unité dans la diversité PAS EUX. Nous les connaissons, nous connaissons nos paroisses, ils ne nous connaissent pas… Pour eux, l’accueil des différences, l’enrichissement mutuel va devoir passer de la théorie… à la réalité bien matérielle.

 

Bien sûr, ils devraient le faire, gageons que cela leur est le plus souvent impossible ! Les rares cas où le dialogue s’instaure rend notre réflexion plus cruelle encore, lorsque nous voyons un homme cultivé et intelligent ne pas parvenir à sortir du carcan des modèles construits, ne pas être capable, ou très difficilement, de saisir le réel…

 

Mais que cela ne nous freine pas : des rencontres providentielles avec des hommes brillants qui se situaient aux antipodes de nous, ont montré que rien n’est impossible ! Ceux qui ont participé aux premiers colloques du C.I.E.L. et ont eu le privilège de dialoguer avec le père Gy peuvent en témoigner : lorsque la bonté et la charité sont au rendez-vous, le dialogue est non seulement possible mais fécond… D’autres rares exemples le confirment. Ainsi, avec la prière, il n’y a pas d’autre issue pratique pour sortir de cet enfermement.

Henriette Oulès

Membre du bureau du Mouvement pour la Paix liturgique et la Réconciliation dans l’Église.

Publié dans:De liturgia |on 7 juillet, 2008 |1 Commentaire »

2008-34 a. Premier anniversaire du motu proprio « Summorum Pontificum cura » (1ère partie).

Nous nous permettons de reproduire ici un article publié il y a déjà quelques semaines par Monsieur l’Abbé François Clément, de Lausanne (Suisse), chapelain des fidèles attachés à la Sainte Messe latine traditionnelle, sur le site de l’association Saint Nicolas de Flüe. Nous partageons bien des points de vue exprimés par Monsieur l’Abbé Clément et c’est pourquoi, indépendamment de ce qui est propre à la situation en Suisse, à l’occasion du premier anniversaire du motu proprio « Summorum Pontificum cura », ce 7 juillet 2008, nous tenons à répercuter ici ce texte.

* * * * * * *

Une année après le Motu proprio
par l’abbé François Clément, prêtre du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg.

 » Unus abhinc annus… Une année après…

Dans quelques semaines, nous fêterons le premier anniversaire du Motu Proprio : ce peut être l’occasion d’un premier bilan, ou en tous cas de quelques réflexions salutaires pour la suite des événements. Je me limite, bien sûr, à ce qui se passe dans notre diocèse, sachant que beaucoup de choses ont « bougé » en France et ailleurs.

La raison fondamentale de se réjouir, au-delà de certaines difficultés d’application, me semble être que l’on ne peut plus, désormais, nous accuser d’être de « mauvais élèves ». Jusqu’ici, en effet, beaucoup pensaient que nous étions des nostalgiques qui n’avaient pas réussi à se convaincre pleinement de la richesse de la réforme liturgique et que nous étions une épine dans le pied de sa complète réalisation. On tolérait donc de plus ou moins bonne grâce cette « parenthèse miséricordieuse » en attendant que le problème se règle par extinction. Désormais, on parle autrement (le Cardinal Hoyos encore récemment) : la liturgie selon la forme extraordinaire du rit romain est une richesse positive de l’Eglise qu’on ne peut plus lui arracher. Il n’y a donc plus de risque de voir disparaître le rit qui nous fait vivre… Mais cela a plusieurs autres conséquences.

La première est la formulation du Motu Proprio lui-même. S’il n’y a, de par la volonté du Souverain Pontife, qu’un seul rit romain, avec deux formes, l’une ordinaire, actuelle et majoritairement utilisée dans l’Eglise latine, et l’autre dite « extraordinaire », utilisant la langue latine, plus traditionnelle et de fait préférée par des communautés et paroisses numériquement moins nombreuses mais significatives, aucune de ces deux formes ne peut faire comme si l’autre n’existait pas… Les tensions qui ont suivi, à la fin des années 60, la suppression « de facto » de ce qu’on appelait alors « l’ancien rit » ont eu pour effet d’abord des affrontements parfois violents (S. Nicolas du Chardonnet, Port-Marly ou, chez nous, Riddes, par exemple), puis, lentement, l’instauration d’un état de fait où l’on s’ignorait concrètement, avec des lieux de culte parfaitement étanches et parallèles. Aujourd’hui, le Pape dit à toutes les âmes de bonne volonté – il y en a, Dieu merci, des deux côtés ! – : «Rencontrez-vous, connaissez-vous, vivez comme des chrétiens et cultivez la charité dans la vérité !» On faisait remarquer fort à propos que le Motu Proprio concerne tous les catholiques : ceux qui en usent habituellement doivent accepter que l’Eglise a continué de vivre après le 11 octobre 1962 (à cet égard, la modification par SS. le Pape Benoît XVI de la prière pour les juifs du Vendredi Saint est un bon indice : ce missel qui était « congelé » depuis lors continue donc à vivre, comme cela a été le cas à de nombreuses reprises depuis sa première promulgation en 1570), et ceux qui sont les habitués du « rit ordinaire » ne peuvent plus agir comme si rien n’avait précédé cette pratique. Autrement dit : d’un côté comme de l’autre, il faut s’efforcer d’agir non en opposition systématique mais pour des raisons positives et en sachant que l’autre existe. Un travers courant de nos milieux a parfois été de vouloir à tout prix « faire Tradi », c’est-à-dire systématiquement le contraire des « autres »…Des pratiques aberrantes, qui portent souvent sur des détails, de part et d’autre, alimentent des séparations et des éloignements inutiles. Cela semble traduire davantage une faiblesse et une peur qu’une paisible conviction du bien.

La deuxième est de se donner du mal pour que nos messes soient encore plus belles et plus « convaincantes », plus paisibles et plus priantes. Si la liturgie n’est qu’un prétexte voilé à je ne sais quels combats personnels, si elle ne conduit pas à une vraie intimité avec le Christ et n’est pas l’expression d’une intériorité qui en est la source et le sommet, alors elle n’est qu’une coquille vide qui décevra rapidement, et apparaîtra en outre caricaturale aux non-initiés. Dom Edouard Roux, premier abbé de Fontgombault qui fut pendant des années maître des novices à Solesmes, aimait à dire, sachant qu’à l’époque tout le monde admirait à juste titre la perfection de la liturgie clunisienne dont l’abbaye chef d’Ordre était l’héritière : « L’action de grâces silencieuse dans les stalles après les messes basses du matin, ça c’est le vrai et le grand Solesmes… » Ne soyons jamais des consommateurs en liturgie : il faut que chacun pense qu’il peut y apporter quelque chose, pour le chant (il y aurait là aussi beaucoup à dire, entre perfection raisonnable à chercher et acceptation humble de la réalité, les « privilèges de tribune » et les autismes qui font fuir ceux qu’on taxe un peu vite de béotiens, ou une manière hautaine de dissuader les simples fidèles de répondre à la messe !…), le service d’autel pour lequel il faut apprendre avec patience, les fleurs et le linge d’église qui doivent rester des services à partager et non devenir des royaumes exclusifs, le souci de soutenir de son obole la marche matérielle de chaque communauté, et bien sûr la ferveur commune et silencieuse, etc… Je profite de l’occasion pour remercier chaleureusement tous ceux qui assurent déjà tout cela, et je lance un appel pour que l’on ne pense pas trop vite que je ne parle qu’au voisin… Là on voit clairement que la liturgie est une œuvre de charité et que cela suppose des renoncements à soi qui peuvent être coûteux mais infiniment profitables à l’Eglise, car on n’est jamais l’Eglise à soi tout seul !

La troisième est d’user de patience. Il a fallu plus de 30 ans pour arriver à la situation actuelle. Des améliorations notables se sont déjà fait jour, qu’il devient même un peu long d’énumérer. Après le temps des galetas, des garages et des catacombes, on commence vraiment à émerger en surface, et souvent avec la bienveillance des autorités sur le terrain. On ne peut donc exiger la lune à court terme. « Comment se fait-il que les Evêques ne nous ouvrent pas toutes les églises, que l’on a pas la messe tous les jours, on a assez souffert, etc… ! ». Cela provoque d’autres réactions, du style : « On ne va tout de même pas donner raison à ces gens-là qui nous volent notre concile, qui ont toujours désobéi, etc… ! ». La première chose à faire est de multiplier les contacts chaque fois qu’ils sont possibles. Non pas pour exiger, mais pour se connaître, pas pour régler aigrement ses comptes mais pour témoigner paisiblement de ce qui nous fait vivre. Un indice me semble prometteur à cet égard au sein du jeune clergé, par exemple : contrairement à leurs prédécesseurs, les jeunes prêtres ont grandi dans une situation de pluralisme. Ils sont donc moins tentés de désirer une situation tyranniquement uniforme. Dans la palette si diverse des expressions de la foi dans l’Eglise, nous avons désormais une place au moins théoriquement indiscutée : à nous d’être assez bons pour que la comparaison que les fidèles ne manqueront pas de faire joue en notre faveur…

Ce qui est juste et vrai ne peut pas mourir. Ce qui a été inspiré par l’Esprit de Dieu, poli par les siècles et gardé vivant est encore là, sous nos yeux éblouis. La guerre cesse parfois aussi faute de combattants et on ne va pas se plaindre d’une certaine paix retrouvée, même s’il arrive que certains opposants aux décisions pontificales soient précisément encore en retard d’une guerre… L’Eglise dans son ensemble a les promesses de la vie éternelle. Permettez-moi de citer Julien Green dans sa conclusion de cette espèce d’autobiographie qu’il écrivit au soir de sa longue existence : « Dans l’inoubliable journée du 29 mai 1453, quand les Turcs se ruèrent à l’intérieur de Sainte Sophie pour massacrer les chrétiens, une Messe se disait. Une tradition veut qu’alors le mur s’ouvrit derrière l’autel pour laisser passer le prêtre te ses acolytes, puis se referma sur eux. Un jour, dit-on, la messe interrompue s’achèvera là où elle a commencé. L’image est belle et plus que jamais chargée de sens, car il y aura toujours une Sainte Sophie à envahir et des croyants à exterminer, mais le Christ a dit de ne pas craindre parce qu’Il a vaincu le monde. C’est la promesse de l’amour. « ( J. Green, Ce qu’il faut d’amour à l’homme, 1978, librairie Arthème Fayard, Paris 1996, p.195)  »

Abbé F. Clément, Chapelain diocésain

Publié dans:De liturgia |on 6 juillet, 2008 |Pas de commentaires »

2008-32. De l’icône miraculeuse de Notre-Dame du Perpétuel Secours.

En ce 27 juin, tous les dévots enfants de Marie ont à cœur de fêter Notre-Dame du Perpétuel Secours.

Histoire de l’icône de Notre-Dame du Perpétuel Secours :

       L’image connue sous le nom de Notre-Dame du Perpétuel Secours est une icône réalisée dans un style byzantin relativement tardif (du XIIIe ou du XIVe siècle), qui s’inspire du modèle dit « Madone de saint Luc » mais plus exactement selon un type iconographique connu en Orient sous le nom de Mère de Dieu de la Passion (il s’agit donc d’une Vierge de Compassion, ce pourquoi nous avons une très grande vénération pour elle en notre Mesnil-Marie, où nous célébrons cette fête sous le rit double de 2ème classe).

2008-32. De l'icône miraculeuse de Notre-Dame du Perpétuel Secours. dans Chronique de Lully eglise-st-alphonse-via-merulana-interieur

   Cette icône qui se trouve aujourd’hui à Rome (dans l’église Saint-Alphonse, via Merulana, photo ci-dessus), n’y a pas toujours été : elle était préalablement honorée dans une église de Crète.
Lorsque, au XVe siècle, l’île fut envahie par les Turcs, persécuteurs de chrétiens et destructeurs de nombreuses églises, beaucoup s’enfuirent. L’un d’eux – un marchand, selon la tradition – prit la sainte image, et s’embarqua avec son trésor pour l’Italie. Il fut reçu à Rome par un ami, marchand lui aussi, chez lequel il tomba malade et mourut. Avant de rendre le dernier soupir, il confia l’icône à cet ami en lui demandant de la donner à une église où elle serait convenablement honorée.
Le marchand romain, sous la pression de son épouse (qui souhaitait garder le précieux tableau chez elle), tarda à accomplir la dernière demande de son ami, et il fallut que la Vierge Marie Elle-même se manifestât par des apparitions. Elle fit savoir qu’elle voulait être honorée sous le vocable de « Notre-Dame du Perpétuel Secours », et désigna l’endroit où elle voulait que la sainte icône fût exposée : l’église Saint-Matthieu, sur le Mont Esquilin, toute proche de la Basilique de Sainte Marie Majeure, et desservie par les moines de Saint Augustin.
Elle y fut placée avec de grands honneurs en 1499 et y demeura pendant trois siècles, objet d’une grande vénération.

   En 1798, les troupes de la révolution française envahirent et occupèrent Rome, où 45 églises furent détruites. L’église Saint-Matthieu était de ce nombre et la communauté des moines augustins, desservants du sanctuaire, fut chassée.
Les religieux emportèrent le tableau mais les malheurs de ce temps, la persécution, puis l’extinction progressive des religieux qui connaissaient l’histoire du tableau, eurent pour conséquence qu’on en perdit la trace… au point qu’on le crut à jamais disparu.

   En 1863, un prêtre rédemptoriste qui, lorsqu’il était enfant, avait servi la messe du dernier moine augustin survivant de la communauté de Saint-Matthieu, réalisa, à la suite d’un providentiel concours de circonstances, que l’antique image dont on déplorait la perte était celle qu’il avait vue dans son enfance dans le petit oratoire du vieux moine ;  il se souvint que celui-ci lui avait un jour dit qu’elle avait été très vénérée et avait accompli de grands miracles.
Le Bienheureux Pie IX en fut instruit : il la fit rechercher pour qu’elle soit confiée aux religieux rédemptoristes dont l’église, placée sous le vocable de Saint Alphonse de Ligori, avait été édifiée précisément sur l’ancien emplacement de l’église Saint-Matthieu.

eglise-st-alphonse-sur-lesquilin-xixe-siecle 27 juin dans De liturgia

Eglise Saint-Alphonse sur l’Esquilin (via Merulana) édifiée de 1855 à 1859
à l’emplacement de l’église Saint-Matthieu détruite par les révolutionnaires français. 

   Lors de la cérémonie d’installation du tableau de Notre-Dame du Perpétuel Secours dans l’église Saint-Alphonse, deux guérisons miraculeuses furent dûment constatées : celle d’un garçon de quatre ans, et celle d’une fillette de huit ans.
Depuis lors le culte de l’icône miraculeuse reprit de l’essor et de nombreuses faveurs spirituelles et temporelles en furent la conséquence.

Description et explication de la Sainte Image :

   Le tableau n’a guère que cinquante centimètres de haut et quarante de large. Sur un fond d’or éclatant, est représentée la Vierge Marie, portant sur son bras gauche l’Enfant Jésus. Un voile bleu foncé couvre sa tête et s’avance de manière à ne laisser entrevoir que la partie extrême du bandeau qui entoure son front. Sa tunique est de couleur rouge, avec des ourlets brodés d’or, comme ceux du voile. L’auréole assez large qui enveloppe sa tête, est ornée de dessins finement travaillés. Au-dessous de l’auréole, sur la partie supérieure du voile, apparaît une étoile rayonnante. Les plis et les ombres des vêtements sont indiqués par les filets d’or. Au-dessus de la Madone, on lit ces quatre lettres, MP. ThV., initiales et finales des mots grecs signifiant : Mère de Dieu. La robe pourpre de la Vierge est le symbole de son ardent amour, alors que le manteau sombre qui l’enveloppe est le signe de sa douloureuse union aux souffrances de son Fils.

   Le divin Enfant est dans les bras de sa Mère ; mais, au lieu d’arrêter sur elle son regard, il rejette la tête un peu en arrière et tourne les yeux du côté gauche, vers un objet qui, en le préoccupant vivement, répand sur son doux visage un certain sentiment de frayeur. Ses deux petites mains serrent la main droite de sa mère, comme pour implorer sa protection. Il est revêtu d’une robe verte, retenue par une ceinture rouge, et cachée en partie sous un grand manteau d’un jaune presque brun. La couleur verte représente l’éternité et la divinité du Verbe, tandis que le manteau symbolise son humanité, qui a en quelque sorte enveloppé et voilé cette divinité aux yeux de ses contemporains.

   Sa tête est aussi entourée d’une auréole, un peu moins large et moins ouvragée que celle de la Madone. Au-dessus de son épaule gauche, on lit ces autres lettres grecques Is. Xs., c’est-à-dire Jésus-Christ. La pose de l’Enfant Jésus ainsi que le sentiment d’effroi peint dans tous ses traits, sont motivés par la présence d’un ange placé un peu plus haut, à gauche, et tenant dans les mains une croix surmontée d’un titre, qu’il présente à l’Enfant avec quatre clous. Au-dessus de l’envoyé céleste on trouve aussi les initiales de son nom : O. A. G. Elles signifient : L’Archange Gabriel. A la même hauteur, à droite de la Madone, on voit un autre ange portant dans ses mains un vase, d’où s’élèvent la lance et le roseau surmonté de l’éponge. Au-dessus de sa tête, on lit : O. A. M., c’est-à-dire : L’Archange Michel. Les deux Archanges porteurs des instruments de la Passion sont là pour montrer que le Christ, dès le premier instant de son Incarnation, était résolument orienté vers le mystère de la Rédemption, qu’il accomplirait le Vendredi Saint. Toutefois dans la sensibilité de sa nature humaine, Jésus-Christ était effrayé par les horribles supplices de la Passion et c’est ce qu’exprime son attitude : il a couru – tellement que sa sandale s’est détachée – chercher refuge dans les bras de sa Mère… non pas pour se dérober à sa mission, mais parce qu’il veut aussi pour cette mission recevoir l’aide et la compassion des âmes aimantes.

notre-dame-du-perpetuel-secours église Saint-Alphonse dans De Maria numquam satis

   L’élan de Jésus vers sa Mère, et la tendre pression de leurs mains unies, nous disent que Marie fut pleinement associée par son divin Fils, dès avant le Calvaire, à ses souffrances et à son œuvre de rédemption. Jésus, de son côté, en se réfugiant dans les bras de sa Mère, nous apprend que ce cœur maternel est notre refuge assuré, perpétuellement offert à nos craintes et à nos afflictions. Ses mains abandonnées entre les mains de Marie nous disent que celles-ci disposent de sa toute-puissance. Dans le regard de Marie dirigé vers les assistants, comme dans toute sa physionomie, on sent je ne sais quelle indéfinissable et douce tristesse, mêlée à une tendre compassion. Elle aussi a vu la croix qu’on présente à son Fils ; son cœur souffre, mais avec calme, sérénité, et avec une compréhension pleinement surnaturelle des événements de la vie de son Fils! L’effroi du divin Enfant, en présence des instruments de supplice qu’on lui montre, ont rappelé à Marie ses autres enfants de la terre, qui cheminent péniblement, « dans cette vallée de larmes« , et que leur croix de chaque jour accable si souvent. Pénétrée de compassion, la Vierge semble nous adresser ces consolantes paroles : « Ayez confiance en moi ! J’ai souffert, et je sais compatir ; je suis forte, et je puis secourir. Vous tous qui suivez, sur la terre, la voie qu’a suivie mon Fils, ayez confiance : je suis la toute compatissante, je suis la Mère du Perpétuel-Secours ! »

   Et comme il l’a souvent été dit : pour bénéficier largement de ce perpétuel secours, il ne faut pas se lasser de le demander par un perpétuel recours.

Prière à Notre-Dame du Perpétuel Secours :

     O Très Sainte Vierge Marie,
qui, pour nous inspirer une confiance sans bornes, avez voulu prendre le nom si doux de Mère du Perpétuel-Secours, je vous supplie de me secourir en tout temps et en tout lieu : dans mes tentations, après mes chutes, dans mes difficultés, dans toutes les misères de la vie et surtout au moment de ma mort.
Donnez-moi, ô charitable Mère, la pensée et l’habitude de recourir toujours à vous, car je suis sûr que, si je vous invoque fidèlement, vous serez fidèle à me secourir.
Procurez-moi donc cette grâce des grâces : la grâce de vous prier sans cesse et avec la confiance d’un enfant, afin que, par la vertu de cette prière fidèle, j’obtienne votre Perpétuel Secours
et la persévérance finale.
Bénissez-moi, ô tendre et secourable mère, et priez pour moi, maintenant et à l’heure de ma mort.

Ainsi soit-il !

frise-avec-lys-naturel-300x40 icône miraculeuse dans Prier avec nous

On trouvera aussi les litanies de Notre-Dame du Perpétuel Secours > ici

Prière à Saint Antoine de Padoue.

       Le 13 juin, nous fêtons Saint Antoine de Padoue, l’un des saints les plus populaires de la chrétienté, dont la statue se trouve dans presque toutes les églises du monde (vous trouverez > ici, la présentation de sa vie et de son oeuvre par notre Saint-Père le Pape Benoît XVI).

   Saint Antoine est populaire parce qu’il est connu pour aider à retrouver les objets perdus ; mais en dehors de cet aspect un peu anecdotique de la dévotion envers lui, il est bien vrai qu’il est un très puissant thaumaturge et que depuis près de huit siècles il ne cesse d’obtenir à ceux qui le prient avec confiance des grâces remarquables. Nous vous recommandons donc de ne pas laisser passer le jour de sa fête sans l’invoquer avec ferveur et aussi de ne jamais oublier de le remercier des faveurs qu’il vous a obtenues… 

* * * * * * *

Saint Antoine de Padoue

       Saint Antoine de Padoue, grand et puissant thaumaturge, j’ai recours à vous dans mes nécessités ; je viens implorer votre secours et votre protection, votre conseil et votre consolation.

   Vous vous êtes toujours montré compatissant envers toutes les misères humaines, vous intervenez puissamment en faveur de ceux que l’épreuve fait gémir et vous ne négligez aucun des appels qui sont lancés vers vous.

   Je viens donc vers vous avec ma pauvreté et ma faiblesse, mais plus encore avec une inébranlable confiance, certain que vous pourrez m’obtenir de notre Dieu si puissant et miséricordieux la (les) grâce(s) que je sollicite en toute humilité… (Ici l’on désigne la grâce ou les grâces que l’on souhaite obtenir.)

   Bon saint Antoine, il est bien vrai que je me suis trop souvent montré tiède et pécheur, mais ce sont justement là les motifs qui me font recourir à votre intercession : je mets ma confiance en vous, sachant que je ne peux me prévaloir de mes propres mérites et que vous êtes toujours montré le bienfaiteur des hommes éprouvés. J’ai le ferme espoir que vous ne me refuserez pas votre aide paternelle et que vous ne cesserez d’intercéder pour moi auprès de Dieu jusqu’au jour où ma demande sera agréée.

Ainsi soit-il.

(prière composée par Frère Maximilien-Marie)

En remerciement des grâces obtenues, vous pouvez faire un don en l’honneur de Saint Antoine de Padoue : les sommes récoltées ici nous aideront dans notre fondation religieuse, ainsi que pour la construction, l’aménagement et l’entretien de nos lieux de culte > 

Prière à Saint Antoine de Padoue. dans Chronique de Lully btn_donateCC_LG

Vous pouvez aussi laisser ci-dessous, en commentaire, le témoignage des grâces que vous avez obtenues par son intercession.

2008-26. « Summorum Pontificum cura » : nouvelles déclarations du Cardinal Castrillon Hoyos.

On serait tenté d’écrire : « Le Cardinal Castrillon Hoyos a encore frappé…« 

En effet, le Président de la Commission Pontificale « Ecclesia Dei », après les déclarations faites dans l’ Osservatore Romano du 28 mars dernier que nous avions relayées ici www, a récemment récidivé.

Dans un entretien mis en ligne par Vittoria Prisciandaro (www.sanpaolo.org), puis traduit et diffusé en France par le site « Eucharistie Sacrement de la Miséricorde » (et dont nous donnerons le lien à la fin de ce texte), le Cardinal Castrillon Hoyos laisse entendre un tout autre son de cloche que la plupart de Nos Seigneurs les Evêques de France, dont les manoeuvres pour entraver la mise en application du motu proprio « Summorum Pontificum cura » sont manifestement bien connues, et dont les pseudos arguments sont ici balayés de façon magistrale.

Outre qu’on peut remarquer l’insistance de Son Eminence pour affirmer que le mouvement lefebvriste n’est pas un schisme - ce qui nous stimule à prier et à oeuvrer pour que l’Eglise catholique retrouve une totale unité dans la vérité et la charité -, nous sommes encouragés à rendre à Dieu de très ferventes actions de grâces pour la sollicitude et l’action de notre Saint-Père le Pape Benoît XVI et nous sommes également invités à supplier ardemment le Ciel de nous conserver un tel Pontife. Prions aussi pour que les Evêques, en France particulièrement, cessent de renacler et soient de bons collaborateurs du Saint-Père en se libérant des entraves idéologiques surannées qui les empêchent d’avancer.

Pour lire les déclarations du Cardinal Castrillon Hoyos, cliquer sur ce lien:

http://eucharistiemisericor.free.fr/index.php?page=1305081_mgr_hoyos

2008-24. Réponse à ceux qui font grief aux fidèles de la liturgie traditionnelle de ne pas participer à la vie de leur paroisse territoriale.

Il arrive fréquemment que l’on fasse grief aux fidèles attachés à la célébration de la Sainte Messe latine traditionnelle (et qui à cause de cela font souvent de nombreux kilomètres pour se rendre dimanches et fêtes dans une église où ce rite est célébré) de ne pas participer à la vie de leur paroisse territoriale.

Nous reprenons ci-dessous les réponses à cette objection précisées par un prêtre canoniste. Ce texte avait été publié il y a déjà plusieurs mois dans le bulletin de l’association Sanctus Lucianus (cf. www) et, bien que le temps passe, il n’a nullement perdu son actualité – bien au contraire – après la publication du motu proprio Summorum Pontificum cura. En effet les fidèles qui réclament la mise en oeuvre des dispositions prévues par notre Saint Père le Pape Benoît XVI sont toujours l’objet de semblables critiques : nous pensons donc important de diffuser ce texte. Il ne faut en effet pas se priver de faire usage de cette argumentation, auprès des curés et des évêques eux-mêmes.

* * * * * * *

« Le canon 515, qui définit la paroisse, le fait en partant non pas d’une idée territoriale mais d’une réalité sociale : la paroisse est un ensemble de fidèles confiés à un pasteur, qui a envers eux la même mission que l’évêque dans son diocèse, à savoir enseigner, sanctifier et gouverner son peuple (canon 519).

Même si le canon 518 dispose que la paroisse sera, en règle générale, territoriale, la comparaison de ces canons démontre que la territorialité n’épuise pas la notion de paroisse, ce qui est précisé par le même canon qui ajoute aussitôt : « Là où c’est utile, seront constituées des paroisse personnelles déterminées par le rite, la langue… 

Autrement dit, il est légitime d’ériger des communautés de fidèles et de les constituer en paroisses, alors même que ces fidèles demeurent dans une paroisse territoriale. Si, pour des raisons diverses (par exemple l’hostilité du clergé) il n’est pas possible d’ériger une communauté de fidèles non territoriale en paroisse, on peut l’ériger en quasi-paroisse, confiée à un prêtre comme à son pasteur propre. Ceci emporte donc qu’on peut jouir d’une DOUBLE appartenance : à une paroisse territoriale (puisqu’on réside forcément quelque part à un moment ou à un autre) ET à une paroisse ou quasi-paroisse personnelle. C’est en particulier le cas des militaires, et un évêque ne va pas s’élever contre cette réalité à la fois juridique et humaine. L’important, comme le souligne le code, est l’appartenance à une communauté de fidèles. Considérer que cela porte atteinte à la paroisse territoriale est confondre la fin et les moyens : l’unique fin est le salut des âmes, le reste ne sont que les moyens d’y parvenir.

C’est aussi confondre l’Eglise, corps mystique du Christ, avec une simple administration. On ne peut ni ne doit faire de l’acharnement thérapeutique sur une paroisse territoriale. Si elle se vide de ses membres il faut regarder la réalité en face : c’est que les choses dans cette paroisse sont inadéquates.

En outre, il convient de remarquer qu’une communauté de fidèles, avant d’être érigée en paroisse ou quasi-paroisse, doit exister en réalité : la création canonique d’une paroisse, quelque qu’elle soit, répond à un besoin concret, pas à une idéologie. Ne pas vouloir accepter cette réalité de bon sens, ce serait condamner le code lui-même.

En effet, il y a au départ un groupe de fidèles, qui pour des raisons diverses (rite, langue, cf supra) souhaitent constituer une communauté non plus seulement de fait, mais juridique. S’y opposer par principe serait aller contre la lettre et l’esprit du code.

Enfin il ne faut pas oublier qu’une paroisse territoriale, personnelle, ou une quasi-paroisse, sont créées par l’évêque qui les dote d’un pasteur propre : elles sont aussi sous sa juridiction, en communion avec lui, puisque partie intégrante de l’Eglise diocésaine dont elles constituent une force vive, l’une des nombreuses « facettes ».

Il y a là un enrichissement qui pousse l’Eglise à adapter sa structure locale au changement des réalités humaines. L’histoire même récente le prouve abondamment : création de diocèses ou de paroisses, suppressions d’autres, création de communautés, dissolution d’autres qui n’ont plus de quoi se perpétuer. Pensons aux synodes diocésains qui ont supprimé toutes les paroisses d’un diocèse pour en créer d’autres qui précisément répondent mieux au monde d’aujourd’hui. Il en va de même pour la création de communautés fondées sur un rite ou une langue (par exemple aussi les paroisses nationales à l’étranger…).

Ces questions nous ramènent en fait à la notion suprême qui gouverne toute l’oeuvre de l’Eglise, quel que soit le domaine : le salut des âmes. »

(Père P.L.)

Publié dans:De liturgia |on 6 mai, 2008 |1 Commentaire »

2008-23. De l’image miraculeuse de Notre-Dame du Bon Conseil.

       Genazzano, est une petite ville du Latium, à près de quarante kilomètres de Rome, où la Très Sainte Vierge est honorée sous le vocable de Notre-Dame du Bon Conseil.

   On est certain qu’une petite église dédiée à la Madone existait déjà en ce lieu au Xème siècle. Mais c’est en 1356, par un acte notarié qui attribue cette église aux religieux augustiniens, que nous apprenons que l’église est paroissiale et qu’apparaît aussi pour la première fois le vocable de Notre-Dame du Bon Conseil.

   Dans la seconde moitié du XVème siècle, une pieuse veuve du nom de Petruccia – tertiaire augustinienne – donna tous ses biens pour que l’église, qui était en fort mauvais état, puisse être agrandie, restaurée et embellie.
Mais sa fortune fut rapidement engloutie par les travaux sans qu’on puisse les achever. Le chantier fut interrompu et Petruccia fut en butte à quelques sarcasmes de la part de la population qui lui reprochait d’avoir vu trop grand.
La vieille femme (elle était déjà octogénaire) répondit simplement, sans perdre sa sérénité : « Mes enfants, ne soyez pas inquiets car avant que je meure la Vierge Très Sainte et Saint Augustin oeuvreront pour terminer l’église… »

   Le 25 avril 1467, à l’heure des vêpres, une nuée lumineuse se manifesta dans l’église tandis que toutes les cloches de la ville se mettaient à sonner sans que personne ne les eût mises en branle : lorsque la nuée se dissipa, elle laissa place, sur l’un des murs de l’église, à une image de la Vierge à l’Enfant.

arrivée de la sainte image à Genazzano

Arrivée de la sainte image à Genazzano le 25 avril 1467

   L’émoi fut grand dans la population, et encore plus quand, en examinant l’image de la Madonne, on se rendit compte que – peinte a fresca sur un enduit – elle était comme « suspendue », sans appui ni support naturel, en avant du mur.
Le fait fut dûment constaté et il fut consigné de façon très officielle dans un document, ainsi que les miracles qui ne tardèrent pas à se produire (du 27 avril au 14 août 1467 un notaire local en a répertorié 161, et l’on ne peut dénombrer les grâces spirituelles qui se produisirent dès lors).

   Le Pape Paul II envoya deux évêques se rendre compte de ces faits dont la notoriété s’était répandue très rapidement, et ils en attestèrent la réalité.
Ainsi, comme Petruccia l’avait annoncé, en raison de la renommée de ce miracle et de l’afflux des pèlerins, de nombreuses offrandes permirent bientôt l’achèvement des travaux du sanctuaire.

   Ajoutons dès à présent qu’il a été constaté encore très récemment et de manière très rigoureuse, que la Sainte Image (qui mesure environ 39,5 cm x 44,4 cm) se trouve toujours en avant de la paroi sur laquelle elle semble peinte : les hommes de science chargés de l’examiner ont pu attester qu’ils ont fait passer depuis le haut jusqu’en bas, entre le mur et la fresque, un fil très fin tendu et tenu de chaque côté de l’image, sans que celui-ci ne rencontre aucun obstacle à sa libre circulation !

   Mais d’où provenait cette image de la Madone ?
Des pèlerins qui avaient connu un sanctuaire de la Vierge situé à Scutari, en Albanie, reconnurent la fresque et racontèrent qu’elle avait disparu de l’église où elle était vénérée, ce qui fut effectivement constaté un peu plus tard.
On a pensé que la divine Providence avait voulut soustraire cette image vénérée aux profanations et destructions que les Turcs, alors maîtres de l’Albanie, multipliaient à cette époque.

  Les Souverains Pontifes ont montré en tous temps une singulière vénération pour cette image miraculeuse :
- Urbain VIII, le Bienheureux Pie IX, Jean XXIII et Jean-Paul II sont venus en pèlerinage à ses pieds.
- Innocent XI et le chapitre de la Basilique Vaticane firent couronner solennellement la Sainte Image.
- Benoît XIV approuva l’institution de la Confrérie de Notre-Dame du Bon Conseil dans laquelle il se fit inscrire.
- Paul IV approuva l’office propre de la fête de Notre-Dame du Bon Conseil.
- Enfin Léon XIII érigea le sanctuaire au rang de basilique et ajouta l’invocation « Mater Boni Consilii » aux litanies de la Sainte Vierge.

 

sainte image de Notre-Dame du Bon Conseil

Prière à Notre-Dame du Bon Conseil :

   O très glorieuse Vierge Marie, choisie par le Conseil éternel pour être la Mère du Verbe Incarné, la Trésorière des grâces divines et l’Avocate des pécheurs, moi, le plus indigne de vos serviteurs, je recours à Vous, afin que Vous daigniez être mon guide et mon conseil dans cette vallée de larmes.
Obtenez-moi par le très précieux Sang de votre divin Fils le pardon de mes péchés, le salut de mon âme et les moyens nécessaires pour l’acquérir.
Obtenez à la sainte Eglise le triomphe sur ses ennemis et la propagation du règne de Jésus-Christ sur la terre.

Ainsi soit-il.

frise avec lys naturel

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