Archive pour la catégorie 'Prier avec nous'

2026-51. Si vous souhaitez prendre part au règlement des ornements violets pour les messes solennelles…

Samedi de « Sitientes », 21 mars 2026.

vignette de la croix rayonnante au milieu d'acanthes

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

   Nous arrivons à la dernière partie du Carême, et je voudrais vous montrer une petite merveille qui est arrivée en notre Mesnil-Marie, hier, vendredi de la quatrième semaine de Carême : il s’agit d’ornements liturgiques traditionnels, neufs, pour la célébration des Saintes Messes solennelles dans les temps de pénitence.

   Je rappelle au passage que, dans la liturgie traditionnelle, l’expression « Messe solennelle » a un sens rigoureusement précis : une « Messe solennelle » est une Messe où le célébrant est assisté d’un diacre et d’un sous-diacre, dits ministres.

   Pour la Messe solennelle, les ministres sont revêtus d’ornements particuliers représentatifs des Ordres sacrés dont ils accomplissent la fonction : ainsi le diacre est-il revêtu d’une dalmatique et le sous-diacre d’une tunique.
Toutefois, dans les temps de pénitence, la dalmatique et la tunique sont remplacées par des chasubles pliées.
L’histoire et les règles liturgiques concernant les chasubles pliées a été très bien expliquée dans un article du site de la Schola Sainte Cécile, et j’y renvoie mes lecteurs qui voudraient approfondir leurs connaissances à ce sujet > ici.

1 - Ornement violet complet - prêtre et ministres face - blogue

   Pour être exact, je dois ajouter que notre Frère Maximilien-Marie n’a pu, pour cette fois, commander que le minimum des éléments nécessaires à la célébration des Messes solennelles dans les temps de pénitence, c’est-à-dire la chasuble du prêtre, avec son étole et son manipule, la bourse du corporal et le voile du calice ; les deux chasubles pliées pour le diacre et le sous-diacre, chacune avec son manipule, et – pour le diacre – l’étole diaconale habituelle mais aussi le « stolon », ou étole large ; et enfin le voile huméral pour le sous-diacre.

   Quand il en aura la possibilité, notre Frère pourra toujours compléter avec une chape assortie. Pour l’heure, nous devrons nous contenter d’une chape violette de coupe et de tissu disparates.

   Le style de la coupe des ornements qui a été choisi par notre Frère n’est pas la coupe dite romaine ; la plus courante dans les églises ou chapelles dans lesquelles est célébrée la liturgie traditionnelle, mais la coupe que l’on appelle parfois « Saint Philippe Néri » ou bien « Borromée », c’est-à-dire celle qui avait cours à la fin du XVIème siècle ou au début du XVIIème.

2 - Ornement violet complet - prêtre et ministres dos - blogue

   Les deux photos publiées ci-dessus proviennent du catalogue du fabricant, mais je puis vous assurer que ce que nous avons reçu est absolument et rigoureusement conforme à ces clichés.

   Nous sommes particulèrement reconnaissants au couturier que nous avions contacté dans les derniers jours de février seulement et qui a tout mis en œuvre pour que nous soyons livrés avant la Semaine Sainte !

   J’ajoute ci-dessous une photo de détail du tissu violet, des galons et du brocart dont sont composés ces ornements… Nul ne sera étonné – je pense – en remarquant que le motif du damas comporte des fleurs de lys !!!

3 - Ornement violet détail - blogue

   Voici de plus près la chasuble sacerdotale :

4 - Ornement violet - Prêtre - blogue

   Et voici la chasuble pliée (en l’occurrence il s’agit plutôt d’une chasuble coupée) diaconale (celle du sous-diacre est identique), et le « stolon », que le diacre porte à partir de l’Evangile jusqu’à la post-communion, qui est le reliquat d’une antique chasuble roulée, ainsi que l’explique l’article de référence mentionné ci-dessus :

5 - Ornement violet - diacre - blogue

   Enfin, voici le voile huméral que le sous-diacre porte de l’offertoire au « Pater » :

6 - Ornement violeet - voile huméral - blogue

   Comme nous l’enseignent les exemples des saints, et selon une phrase de Saint François d’Assise déjà citée à plusieurs reprises dans les pages de ce blogue : « La pauvreté s’arrête au pied de l’autel » (cf. > ici, > ici et > ici).

   Les moines, qui vont vœu de pauvreté et ne possèdent rien en propre, qui sont économes des biens de ce monde – dont ils considèrent qu’ils leur sont prêtés quand il s’agit d’un usage personnel et dont ils pensent toujours qu’ils doivent rendre compte de l’usage qu’ils en font -, ces moines qui vivent d’aumônes et de charité pour leur vie quotidienne, ne sont en revanche point avares lorsqu’il s’agit d’embellir la Maison de Dieu, de glorifier la Divine Majesté, et de contribuer à la splendeur du culte qui Lui est dû.
C’est dans cet esprit que mon papa-moine agit lui aussi le plus naturellement du monde.

   En cette fin de Carême, où les fidèles sont invités à manifester leur générosité et à concrétiser leurs efforts de conversion et de pénitence par la pratique de l’aumône, je me permets donc de signaler que s’il en est, parmi nos lecteurs, qui veulent employer quelque don pour prendre part au règlement de cet ensemble de mangifiques ornements violets des Messes solennelles, et pour nous permettre par la suite de les compléter par l’acquisition de la chape qui leur est assortie, nous leur en serons très reconnaissants, et nous prierons très spécialement pour que Dieu leur rende en grâces et bénédictions ce qu’ils auront offert pour Sa gloire.

   A toutes fins utiles, je leur rappelle donc le lien qui explique de quelle manière ils peuvent apporter leur contribution à la beauté des offices en notre Oratoire : c’est > ici.

Soyez bénis et chaleureusement remerciés.

Tolbiac.

vignette de la croix rayonnante au milieu d'acanthes

2026-50. Du Crucifix miraculeux de la basilique de Saint-Nicolas-in-Carcere, à Rome.

Samedi de la quatrième semaine de Carême.

Rome église Saint-Nicolas-in-Carcere extérieur

Rome : église Saint-Nicolas-in-Carcere.

       Dans la liturgie romaine traditionnelle, le missel nous rappelle pour chaque jour du Carême, en quelle église de Rome s’accomplit la station : je ne veux pas me lancer aujourd’hui dans l’explication de ce que sont ces stations, parce que cela nous entraînerait beaucoup trop loin et que ce n’est pas cela dont j’ai résolu de vous entretenir aujourd’hui ; mais je veux profiter de ce que la station de ce samedi de la quatrième semaine du Carême se fait à l’église Saint-Nicolas-in-Carcere (c’est-à-dire, littéralement : « en prison »), non pas pour vous faire l’historique de cette église – pourtant très intéressant -, ni pour vous emmener virtuellement en faire une « visite » exhaustive – bien qu’elle le mérite -, mais seulement, in extremis avant que nous ne voilions les crucifix de nos églises et chapelles, pour vous entretenir brièvement de son crucifix miraculeux.

   Ce crucifix, que l’on appelle donc miraculeux, se trouve dans la chapelle de l’abside du bas-côté gauche de l’église (la dite église est d’ailleurs tout à la fois une collégiale et une basilique), qui est aussi de nos jours la chapelle du Très Saint-Sacrement.
C’est un crucifix en bois que l’on date du XIVème siècle, sans pouvoir donner davantage de précisions sur l’année où il fut réalisé ni sur son sculpteur.

   Le visiteur est relativement discrètement guidé vers lui par une simple affichette sur laquelle est écrit, en italien, au-dessus d’une flèche donnant la direction de la chapelle où il se trouve : « Crucifix miraculeux qui a ouvert les yeux le 19 juillet 1796″.

Saint-Nicolas-in-Carcere chapelle du Crucifix - blogue

Crucifix miraculeux de l'église Saint-Nicolas-in-Carcere - blogue

  On ne trouve pas d’indication précise (et exacte) au sujet de ce miracle.

   Le plus précieux, le plus exhaustif et le plus précis de tous mes anciens livres écrit pour guider les pélerins romains, ouvrage dans lequel je trouve habituellement toutes les antiques traditions, ainsi que le détail des miracles ou reliques conservés dans les églises de la Ville Eternelle, n’en parle pas.

   Lors de mes séjours romains, il y a plusieurs lustres de cela, un vieux chanoine de cette collégiale m’avait assuré que le miracle avait eu lieu alors qu’un prêtre célébrait la Sainte Messe à cet autel. Il m’avait également fait remarquer que certains prétendent que ce prêtre aurait été Saint Gaspard del Bufalo, mais que cette attrbution est pour le moins fantaisiste : la date du miracle est certaine – 19 juillet 1796 -, et Saint Gaspard del Bufalo n’était alors âgé  que de dix ans ! Il sera ordonné prêtre en 1808.

   Dans les corridors des sacristies on conserve des plaques de marbre qui rappellent que le Pape Pie VII a accordé à perpétuité la délivance des peines du Purgatoire en faveur de l’âme du défunt pour laquelle tout prêtre, séculier ou régulier, célèbrera la Sainte Messe sur cet autel du crucifix miraculeux (c’est ce que l’on appelle un « autel privilégié ») : 

Privilège accordé par Pie VII - blogue

   … et les célébrations du centenaire du miracle, le 19 juillet 1896 :

centenaire du miracle - blogue

   Mais de plus amples détails, point !

   A titre personnel (et même si ma curiosité se trouve mortifiée par une telle carence de détails pour un miracle pourtant dûment authentifié par la Sainte Eglise), je vous confierai que je suis assez attaché à cette église, et surtout au saint crucifix qui s’y trouve, pour une raison très personnelle : lors de la mort de Monsieur mon Père, le 31 août 2005, l’une de mes amies, qui habitait alors à Rome – à moins de 500 mètres de la Basilique de Saint-Nicolas-in-Carcere -, m’a dit au téléphone : « Je file de ce pas à l’église et vais demander à l’un des chanoines que je connais assez bien, s’il peut célébrer dès aujourd’hui, ou bien demain matin, la Messe à l’autel du crucifix miraculeux, à l’intention de l’âme de votre papa… »
Ainsi fut fait, et ce me fut une immense consolation spirituelle.

   Lors de mon retour à Rome, à quelque temps de là, je n’ai pas manqué d’aller prier à Saint-Nicolas-in-Carcere, avec d’intimes sentiments de gratitude, parce que j’avais, dans la foi surnaturelle, la certitude que la miséricorde de Notre-Seigneur crucifié s’était déployée avec munificence pour délivrer l’âme de mon père des flammes du Purgatoire.

Crucifix de Saint-Nicolas in Carcere - blogue

   Voilà donc ce qu’évoque pour moi la station de ce samedi de la quatrième semaine de Carême, et je me permets d’élargir maintenant mon propos en vous exhortant à ne jamais douter de la puissance de la Croix sur laquelle s’accomplit l’œuvre de la miséricorde rédemptrice.

   Voilà pourquoi nous pouvons, avec une immense confiance, prier ainsi :

   « O Dieu, qui en faveur de ceux qui espèrent en Vous, choisissez de prendre en pitié plutôt que de Vous irriter : donnez-nous de pleurer convenablement le mal que nous avons commis, afin que nous méritions de trouver la grâce de Votre consolation… »
[oraison supra populum à la conclusion de la Messe de la férie de ce jour]

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Crucifix miraculeux de Saint-Nicolas-in-Carcere - blogue

2026-48. Si vous avez la charité, exercez-la par une sainte conduite ; et, si vous en manquez, obtenez-la par la prière.

Mardi de la quatrième semaine de Carême.

vignette avec symboles augustiniens - blogue

       Notre Bienheureux Père Saint Augustin est un incomparable guide et stimulateur de la ferveur dans notre parcours spirituel du Carême : voici un autre de ses courts sermons (il porte le numéro CCIX dans l’édition des œuvres complètes) destinés à ses ouailles de la fin du IVème ou du début du Vème siècles afin de les soutenir et les encourager.
Par delà les siècles, n’est-il pas, en définitive, très réconfortant de bien comprendre que le grand Docteur de la Grâce, et grand connaisseur de l’âme humaine, se tient aujourd’hui à nos côtés pour assurer nos pas dans les voies du salut ?

Murillo - Saint Augustin entre le Christ et la Vierge

Bartolomé Esteban Murillo (1617-1682) :
Saint Augustin entre le Christ crucifié et la Vierge (vers 1664)
[musée du Prado, Madrid].

* * * * *

Si vous avez la charité,

exercez-la par une sainte conduite ;

et, si vous en manquez, obtenez-la par la prière.

vignette avec symboles augustiniens - blogue

1. Introduction au discours : Saint Augustin rappelle l’importance du Carême et de sa discipline sacrée :

   Nous voici parvenus à l’époque solennelle où je dois avertir votre charité de penser davantage à l’âme et de châtier le corps. Nous voici en effet à ces quarante jours si sacrés dans tout l’univers, que célèbre par des exercices publics de religion la partie du monde que Dieu Se réconcilie par le Christ.

2. En temps de Carême, il importe au premier chef de combattre les inimitiés, et, pour cela, de triompher des vices qui jusqu’ici nous empêchent de pardonner :

   Les inimitiés ne devraient jamais naître ou devraient mourir à l’instant : si toutefois il en est que la négligence, l’opiniâtreté ou une honte plus superbe que modeste ait entretenues entre nos frères jusqu’à ce jour, Ah ! que maintenant au moins on sache y mettre fin. Le soleil ne devait pas se coucher sur elles (Eph. IV, 26) ; après que tant de fois le soleil s’est couché et levé sur elles, qu’elles s’éteignent enfin et se couchent à leur tour sans se relever jamais.
La négligence oublie d’y mettre un terme ; l’opiniâtreté refuse d’accorder le pardon à qui le sollicite ; et la honte orgueilleuse dédaigne de le demander. Ces trois vices entretiennent ces inimitiés funestes qui tuent les âmes en qui elles ne meurent pas.
A la négligence donc opposez le souvenir, la compassion à l’opiniâtreté, et une humble prudence à la honte orgueilleuse.

   Se souvient-on d’avoir négligé de se réconcilier ? Qu’on s’éveille et qu’on secoue cette torpeur.
Veut-on exiger d’un autre tout ce qu’il doit ? Qu’on se rappelle combien soi-même on doit à Dieu.
Rougit-on de demander pardon à son frère ? Qu’on surmonte cette honte funeste par une louable crainte.

   En mettant ainsi fin, en donnant ainsi la mort à ces inimitiés fatales, vous recouvrerez la vie. La charité s’acquitte de tous ces devoirs, car elle n’agit pas insolemment (1 Cor. XIII, 4). Si donc vous avez la charité, mes frères, exercez-la par une sainte conduite ; et si vous en manquez, obtenez-la par la prière.

vignette avec symboles augustiniens - blogue

3. L’aumône : celui qui jeûne doit verser dans le sein des pauvres ce qu’il se retranche, et celui qui ne peut jeûner doit, par compensation, donner davantage encore.

   Comme nous devons maintenant rendre nos prières plus ferventes ; afin de leur donner de solides appuis, faisons l’aumône avec plus de ferveur aussi ; ajoutons à nos largesses ce que nous nous retranchons, par le jeûne et par l’abstinence, de nos aliments ordinaires. Et toutefois ceux qui par besoin ou par habitude contractée ne peuvent pratiquer l’abstinence ni conséquemment donner aux pauvres ce qu’ils se retranchent, doivent donner plus abondamment encore, donner avec piété précisément parce qu’ils ne se retranchent rien, s’ils ne peuvent donner quelque valeur à leurs supplications en châtiant leurs corps, ils doivent enfermer dans le coeur du pauvre une aumône plus abondante, car elle saura prier pour eux.
Voici en effet le conseil éminemment salutaire et digne de toute confiance que donnent les saintes Ecritures : « Enferme ton aumône dans le cœur de l’indigent, et elle priera pour toi » (Eccli. XXIX, 15).

4. Prendre au sérieux l’abstinence : il ne faut point négliger cette vraie mortification, remède à nos concupiscences.

   Nous invitons aussi ceux qui s’abstiennent de viandes à ne pas rejeter comme impurs les vases où elles ont cuit. « Tout est pur, dit l’Apôtre, pour ceux qui sont purs » (Tit. I, 15).
Aux yeux de la vraie science, ces sortes d’observances n’ont point pour but l’éloignement de ce qui est impur, mais la répression de la concupiscence.

   Combien donc s’égarent ceux qui se privent de chairs pour se procurer d’autres aliments plus difficiles à préparer et de plus haut prix !
Ce n’est point pratiquer l’abstinence, c’est modifier ses jouissances.
Comment inviter ces hommes à donner aux pauvres ce qu’ils se retranchent, puisqu’ils ne renoncent à leurs aliments ordinaires que pour dépenser davantage à s’en procurer d’autres ?
A cette époque donc jeûnez plus fréquemment, dépensez moins pour vous-mêmes et donnez plus largement aux malheureux.

vignette avec symboles augustiniens - blogue

5. Saint Augustin rappelle la règle venue de l’âge apostolique : en Carême, les époux s’abstiennent de relations intimes.

   Il convient aussi de quitter maintenant le lit conjugal : « pour un temps, dit l’Apôtre, et pour s’appliquer à la prière ; puis revenez comme vous étiez, de crainte que Satan ne vous tente par votre incontinence » (1 Cor. VII, 5).
Est-il si pénible et si difficile, quand on est marié, d’observer durant quelques jours ce que les saintes veuves ont entrepris de faire jusqu’à la fin de leur vie et les vierges consacrées durant leur vie tout entière ?

6. Conclusion : la discipline quadragésimale est un devoir, mais ce devoir ne s’entend que dans l’humilité et la charité surnaturelle.

   Mais en accomplissant tous ces devoirs, il faut s’enflammer d’ardeur et réprimer l’orgueil.
Que nul ne se réjouisse du mérite d’avoir donné, jusqu’à perdre le mérite de l’humilité. Quelles que soient les autres grâces que l’on ait reçues de Dieu, il n’en est aucune pour nous faire mériter en rien, si elles ne sont unies par le lien de la charité.

Murillo - Saint Augustin entre le Christ et la Vierge - détail

2026-40. Leçons hagiographiques des matines de la fête de Sainte Françoise Romaine au Bréviaire romain traditionnel.

9 mars,
fête de Sainte Françoise Romaine, veuve ;
mémoire de la férie de Carême.

Orazio Gentileschi - Vision de Sainte Françoise romaine - blogue

Orazio Gentileschi (1563–1639) :
Vision de Sainte Françoise Romaine (1618-1620)

[Galerie nationale des Marches, Urbino]

angelot baroque - vignette blogue

Leçons hagiographiques des matines

de la fête de

Sainte François Romaine

(Bréviaire romain traditionnel)

Quatrième leçon : 

   Françoise, noble dame romaine, donna dès l’enfance de remarquables exemples de vertus : méprisant les jeux puérils et les attraits du monde, elle trouvait ses délices dans la solitude et l’oraison.
A l’âge de onze ans, elle forma le dessein de consacrer à Dieu sa virginité et d’entrer dans un monastère. Néanmoins, par une humble soumission à la volonté de ses parents, elle épousa Laurent de Ponziani, jeune homme dont la fortune égalait la noblesse.
Dans l’état du mariage, elle conserva toujours, autant qu’elle le put, le genre de vie austère qu’elle s’était proposé, ayant en horreur les spectacles, les festins et autres divertissements semblables, portant des vêtements de laine et d’une grande simplicité, donnant à l’oraison ou au service du prochain ce qui lui restait de temps après l’accomplissement de ses devoirs domestiques.
Elle s’appliquait avec le plus grand soin à retirer les dames romaines des pompes du siècle et à les détourner de la vanité des parures. C’est pour ces motifs qu’elle fonda à Rome, du vivant de son mari, la maison des Oblates de la Congrégation du Mont-Olivet sous la règle de Saint Benoît.
Elle supporta avec la plus courageuse constance l’exil de son mari, la perte de ses biens, les malheurs de sa maison, et, rendant grâces avec le bienheureux Job, elle lui empruntait fréquemment ces paroles : « Le Seigneur me l’a donné, le Seigneur me l’a ôté, que le nom du Seigneur soit béni ».

angelot baroque - vignette blogue

Cinquième leçon : 

   Son mari étant mort, elle accourut à la maison des Oblates dont il a été parlé plus haut, et implora avec beaucoup de larmes, les pieds nus, la corde au cou, et prosternée contre terre, la grâce d’être reçue parmi elles.
Ayant obtenu la réalisation de ses désirs, elle se glorifiait, bien qu’elle fût la mère de toutes, de ne porter d’autre titre que celui de servante, de femme très vile, et de vase impur. Ses paroles et ses actions manifestaient le mépris qu’elle faisait d’elle-même ; souvent on la vit revenir d’une vigne située dans le voisinage de la ville, et traverser Rome, portant sur la tête un faisceau de sarments, ou conduisant un âne chargé de bois.
Elle secourait les pauvres et leur faisait d’abondantes aumônes, visitait les malades dans les hôpitaux, et les fortifiait en leur donnant, avec la nourriture du corps, de salutaires avis. Elle s’efforçait constamment de réduire son corps en servitude par des veilles, des jeûnes, le cilice, la ceinture de fer, et de fréquentes disciplines. Elle ne faisait qu’un repas par jour, et il se composait d’herbes et de légumes ; sa boisson était de l’eau.
Quelquefois cependant, elle modéra un peu ses austérités corporelles sur l’ordre de son confesseur, à l’égard duquel sa dépendance était extrême.

angelot baroque - vignette blogue

Sixième leçon : 

   Elle contemplait avec une si grande ferveur d’esprit et une telle abondance de larmes les divins mystères et surtout la Passion du Seigneur Jésus, qu’elle semblait prête à expirer par la violence de la douleur. Souvent aussi, lorsqu’elle priait, principalement après avoir reçu le Très Saint Sacrement de l’Eucharistie, elle demeurait immobile, l’esprit élevé en Dieu, et ravie par la contemplation des choses célestes.
Aussi l’ennemi du genre humain employa-t-il tous ses efforts pour la détourner de son genre de vie par divers outrages et par des coups ; mais elle ne le craignait pas et déjoua toujours ses artifices. Elle remporta sur lui un glorieux triomphe, grâce au secours de son ange gardien avec lequel elle conversait familièrement.
Elle brilla par le don de guérir les malades, et par celui de prophétie qui lui faisait annoncer les événements futurs et pénétrer les secrets des cœurs.
Plus d’une fois, pendant qu’elle marchait toute occupée de Dieu, l’eau qui ruisselait ou la pluie qui tombait, ne la mouillèrent point.
Le Seigneur multiplia à sa prière quelques petits morceaux de pain, suffisant à peine pour nourrir trois sœurs, de telle sorte que non seulement quinze en furent rassasiées, mais qu’il en resta encore de quoi remplir une corbeille.
Un jour, elle apaisa d’une façon complète la soif de ces mêmes sœurs qui, au mois de janvier, arrangeaient du bois hors de Rome, ayant obtenu de Dieu, par un miracle, que des grappes de raisin toutes fraîches parussent sur une vigne suspendue à un arbre.
Enfin, éclatante de vertus et célèbre par ses miracles, elle s’en alla au Seigneur dans la cinquante-sixième armée de son âge : le Souverain Pontife Paul V l’a mise au nombre des Saintes.

Reliques de Sainte Françoise Romaine

Basilique Sainte-Françoise-Romaine (Santa Francesca Romana)
dite aussi basilique Sainte-Marie nouvelle (Santa-Maria-Nova), à Rome,
châsse avec le squelette de la Sainte.

Autres publications concernant Sainte Françoise Romaine et son culte :

- Vision de l’enfer accordée à Sainte Françoise Romaine > ici
- Nicolas Poussin : « Sainte Françoise Romaine annonçant à Rome la fin de la peste » > ici
- Pierre Mignard : « Madame de Maintenon représentée en Sainte Françoise Romaine » > ici

2026-38. Sa doctrine féconde est plus efficace que toute autre pour combattre victorieusement les erreurs de tous les temps.

7 mars,
Fête de Saint Thomas d’Aquin, prêtre et confesseur, docteur de l’Eglise (cf. aussi > ici) ;
Anniversaire de la mort de la Vénérable Marie-Clotilde de France, reine (cf. > ici & > ici) ;
Anniversaire de la découverte de la statue de Sainte Anne par Yvon Nicolazic (cf. > ici).

Tableau de Saint Thomas d'Aquin enseignant toute l'Eglise - Notre-Dame de Paris

Antoine Nicolas (XVIIe siècle) :
Saint Thomas d’Aquin, fontaine de sagesse (1648),
tableau offert à la basilique-cathédrale Notre-Dame de Paris en 1974
par un couvent dominicain
à l’occasion du 7ème centenaire de la mort de Saint Thomas d’Aquin.

Vignette - livre ouvert

Leçons historiques des matines

de la fête de

Saint Thomas d’Aquin

(au Bréviaire romain traditionnel)

Quatrième leçon : 

   Le Bienheureux Thomas, l’insigne ornement du monde chrétien et la lumière de l’Eglise, était fils de Landulphe, comte d’Aquin, et de Théodora de Naples, tous deux de noble extraction. Petit enfant, il donna une marque de la tendre dévotion qu’il devait avoir pour la Mère de Dieu. Ayant trouvé un papier sur lequel était écrite la salutation angélique, il le retint serré dans sa main, malgré les efforts de sa nourrice pour le lui enlever ; et quand sa mère le lui eut ravi de force, il le réclama par ses pleurs et par ses gestes, et l’avala sitôt qu’il lui eut été rendu.
A l’âge de cinq ans, on le conduisit au Mont-Cassin et on le confia aux moines de Saint Benoît. De là, il fut envoyé à Naples, pour y achever ses études, et il n’était encore qu’adolescent lorsqu’il s’engagea dans l’Ordre des Frères Prêcheurs.
Sa mère et ses frères en conçurent une vive indignation : ceux-ci s’emparèrent de lui, comme il se rendait à Paris, et l’enfermèrent au château de Saint-Jean. Là, on n’omit aucune vexation pour le faire renoncer à sa sainte résolution ; on alla jusqu’à introduire auprès de Thomas une courtisane, mais il la chassa avec un tison ardent. Aussitôt après, le bienheureux jeune homme, priant à genoux devant l’image de la croix, entra dans un doux sommeil, pendant lequel il lui sembla que les Anges lui ceignaient les reins. Depuis ce moment il fut exempt des révoltes de la chair.
Il persuada ses sœurs, venues dans ce château pour le détourner de son pieux dessein, de mépriser les embarras du siècle et de se consacrer aux exercices d’une vie toute céleste.

Diego Velazquez Tentation de Saint Thomas 1632 Orihuela

Diego Vélasquez (1599-1660) : la tentation de Saint Thomas d’Aquin (1632)
[Musée des Arts Sacrés de la Cathédrale, Orihuela (Espagne)].

Cinquième leçon : 

   On l’aida à s’échapper du château par une fenêtre, et on le ramena à Naples. Ce fut de là que frère Jean le Teutonique, Maître général de l’Ordre des Frères Prêcheurs, le conduisit à Rome, puis à Paris, où il étudia la philosophie et la théologie sous Albert le Grand. Ayant atteint sa vingt-cinquième année, il reçut le titre de Maître, et il expliqua publiquement avec le plus grand succès, les écrits des philosophes et des théologiens.
Jamais il ne se livra à l’étude ou à la composition, sans avoir prié auparavant. Lorsque certains passages de la sainte Écriture lui offraient des difficultés, il ajoutait le jeûne à l’oraison. Il avait même coutume de dire à frère Reginald, son compagnon, que ce qu’il savait, il l’avait plutôt appris par inspiration divine qu’il ne l’avait acquis par l’étude et par son travail.
Un jour qu’il priait avec ardeur, à Naples, devant l’image de Jésus crucifié, il entendit cette parole : « Tu as bien écrit de Moi, Thomas, quelle récompense désires-tu ? » Il répondit : « Point d’autre, Seigneur, que Vous-même ».
Il lisait assidûment les recueils des Pères, et il n’y avait point d’auteur qu’il n’eût approfondi avec soin. Ses ouvrages, remarquables par leur multitude et leur variété, sont si excellents, les difficultés y sont si bien éclaircies, que sa doctrine féconde, exempte de toute erreur et admirablement d’accord avec les vérités révélées, est plus efficace que toute autre pour combattre victorieusement les erreurs de tous les temps.

Extase de Saint Thomas - Santi di Tito Florence - blogue

Santi di Tito (1536-1603) : Vision de Saint Thomas d’Aquin
[église Saint-Marc, Florence]

Sixième leçon : 

   Appelé à Rome par le souverain Pontife Urbain IV, Thomas composa, sur son ordre, l’Office ecclésiastique qui devait se célébrer dans la solennité du Corps du Christ.
Mais il refusa les honneurs qu’on lui offrit et même l’archevêché de Naples que lui proposa Clément IV.
Il ne cessait d’annoncer la parole de Dieu : un jour dans l’octave de Pâques, après un de ses sermons à la basilique de Saint-Pierre, une femme toucha le bord de sa robe, et fut ainsi guérie d’un flux de sang.
Envoyé par le Bienheureux Grégoire X au concile de Lyon, il tomba malade au monastère de Fosse-Neuve ; c’est là qu’il a commenté, au milieu de ses souffrances, le Cantique des cantiques.
Il mourut en ce lieu, dans la cinquantième année de son âge, l’an du salut mil deux cent soixante-quatorze, le jour des nones de mars.
Des miracles le rendirent encore illustre après sa mort, et quand ils eurent été examinés et prouvés, Jean XXII le mit au nombre des Saints en l’année mil trois cent vingt-trois. Plus tard son corps fut transporté à Toulouse par ordre du Pape Urbain V.
Comparé aux esprits angéliques, tant à cause de son innocence que de son génie, Thomas a obtenu à juste titre le nom de Docteur angélique, qui lui a été confirmé par l’autorité de Saint Pie V. Enfin, pour répondre favorablement aux suppliques et aux vœux de presque tous les Prélats du monde catholique, pour combattre surtout la contagion de tant de systèmes philosophiques éloignés de la vérité, pour l’accroissement des sciences et l’utilité commune du genre humain, Léon XIII, après avoir consulté la Congrégation des Rites sacrés, l’a déclaré et institué, par Lettres apostoliques, le céleste patron de toutes les écoles catholiques.

Autel sous lequel se trouve la châsse contenant le corps de Saint Thomas d'Aquin Toulouse

Châsse renfermant le corps de Saint Thomas d’Aquin
sous l’autel de l’église des Jacobins, à Toulouse.

2026-33. Leçons historiques des matines de la fête de Saint Casimir Jagellon.

4 mars,
Fête de Saint Casimir Jagellon, roi et confesseur ;
Mémoire de la Bienheureuse Mère Saint-Louis (née Marie-Louise-Elisabeth de Lamoignon), fondatrice des Sœurs de la Charité de Saint-Louis ;
Mémoire de Saint Lucius 1er, pape et martyr ;
En Carême, mémoire de la férie.

Herman Collenius - Saint Casimir

Herman Collenius (1650-1723) : Saint Casimir (avant 1723).

frise avec lys naturel

 Leçons du deuxième nocturne des matines

de la fête de

Saint Casimir Jagellon

au Bréviaire romain traditionnel :

Quatrième leçon : 

   Casimir, fils de Casimir, roi de Pologne, et d’Elisabeth d’Autriche, instruit dès son enfance par d’excellents maîtres dans la piété et les belles lettres, domptait ses jeunes membres par un rude cilice et les affaiblissait par des jeûnes assidus. Dédaignant la mollesse d’un lit royal, il couchait sur la dure, et s’en allait secrètement, au milieu de la nuit, implorer la divine miséricorde, prosterné contre terre, devant les portes des églises.
La Passion de Jésus-Christ était l’objet continuel de ses méditations, et lorsqu’il assistait à la Sainte Messe, son esprit était d’ordinaire tellement élevé en Dieu, qu’il semblait ravi hors de lui même.

Saint Casimir - anonyme

Saint Casimir en prière : attribué à Agostino Masucci (1691-1758)
[collections du château royal de Varsovie].

Cinquième leçon : 

   Il s’appliqua avec soin à promouvoir la foi catholique, et à abolir le schisme des Ruthènes [note : ] ; c’est pourquoi il porta le roi Casimir, son père, à défendre par une loi, aux schismatiques, de bâtir de nouvelles églises, et de réparer les anciennes qui tombaient en ruines.
Bienfaisant et miséricordieux envers les pauvres et les malheureux, il s’acquit le nom de père et de protecteur des indigents.
Sur la fin de sa vie, il prouva courageusement son amour pour la virginité, qu’il avait conservée intacte depuis son enfance, quand, dans une grave maladie, il résolut fermement de mourir plutôt que de rien faire contre la chasteté.

Cathédrale de Vilnius - chapelle Saint Casimir

Cathédrale de Vilnius : chapelle Saint-Casimir
[la châsse d’argent dans laquelle se trouve le corps de Saint Casimir
est placée au-dessus du maître-autel].

Sixième leçon : 

   Consumé en peu de temps, plein de vertus et de mérites, après avoir prédit le jour de sa mort, il rendit son âme à Dieu, entouré de prêtres et de religieux, en la vingt-cinquième année de son âge.
Son corps, transporté à Vilnius, devint célèbre par beaucoup de miracles. En effet, non seulement on vit à son tombeau une jeune fille morte revenir à la vie, des aveugles recouvrer la vue, des boiteux être guéris, et de nombreux malades retrouver la santé mais il apparut dans les airs à une armée lithuanienne effrayée de son petit nombre, au moment de l’invasion inopinée d’un ennemi puissant, et il lui fit remporter une victoire insigne.
Déterminé par ces merveilles, Léon X inscrivit Casimir au nombre des Saints.

Châsse de Saint Casimir

Châsse de Saint Casimir (cathédrale de Vilnius).

2026-28. Fête de Saint Joseph au Mesnil-Marie, jeudi 19 mars 2026.

Jeudi 19 mars 2026

Fête de Saint Joseph

au Refuge Notre-Dame de Compassion

Saint Joseph avec l'Enfant Jésus - Blogue

Programme :

- 10 h : Conférence spirituelle sur la dévotion envers Saint Joseph ;
- 11 h 30 : Messe chantée (rite latin traditionnel) ;

- Repas partagé (les personnes qui souhaitent venir doivent impérativement nous le faire savoir dans les meilleurs délais – merci) ;

16 h : Chapelet et bénédiction du Très Saint Sacrement.

Important :

   La chapelle du Mesnil-Marie est un lieu privé, aussi les personnes qui désirent participer à cette fête et être présentes pour le déjeuner voudront-elles bien s’inscrire (au moyen de l’espace des commentaires, ci-dessous – ce ne sera pas publié).
Merci par avance !

Monogramme Saint Joseph vignette

2026-27. De la Bienheureuse Isabelle de France.

25 février,
Fête de la Bienheureuse Isabelle de France, vierge ;
Fête de la Bienheureuse Julie de Certaldo, vierge de l’Ordre de Saint Augustin (cf. > ici) ;
Anniversaire de l’exécution de Jean-Nicolas Stofflet (25 février 1796 – cf. > ici).

Bienheureuse Isabelle de France - blogue

       Isabelle de France, fille de Leurs Majesté le Roi Louis VIII, dit le Lion, et la Reine Blanche de Castille, est née au mois de mars 1225 (on ne connaît pas le jour exact, ni celui de son baptême).

   Sœur puinée de Saint Louis IX (né le 25 avril 1214), Isabelle reçut, comme lui, une éducation chrétienne très forte qui porta d’heureux fruits : ainsi, dès son plus jeune âge, se fit-elle remarquer par sa profonde piété et sa pratique exemplaire des vertus chrétiennes.

   Pour des motifs d’alliances politiques, sa mère, régente du Royaume depuis la mort de Louis VIII (+ 8 novembre 1226) eut le dessein de la marier au comte Hugues de la Marche, lequel toutefois préféra épouser Yolande, fille du comte de Bretagne.

Détail de la statue de la Bienheureuse Isabelle de France au porche de Saint-Germain l'Auxerrois - Paris

Détail de la statue de la Bienheureuse Isabelle de France
au porche de l’église Saint-Germain-l’Auxerrois (Paris).

  De son côté, le pape Innocent IV (1243-1254) eût souhaité qu’elle épousât Conrad, fils de l’empereur Frédéric II de Hohenstaufen : le prince Conrad portait le titre de roi de Jérusalem, où il n’exerça jamais la réalité du pouvoir, et devait hériter de l’Empire.
Isabelle déclina cette proposition en faisant valoir à sa famille et au Souverain Pontife qu’elle voulait garder la virginité pour Notre-Seigneur Jésus-Christ. Le Pape lui accorda alors, par une bulle particulière datée du 26 mai 1254 l’autorisation de se placer sous la tutelle spirituelle des franciscains pour y accomplir sa vocation.

   L’année suivante, celle de ses trente ans, soutenue par son frère le Roi, Isabelle entreprit la construction d’un monastère, dans la forêt de Rouvray (dont ne subsiste aujourd’hui que le bois de Boulogne), proche de Paris : sur un vaste terrain défriché – Longchamp -, concédé par Saint Louis, et avec les trente mille livres qui eussent constitué sa dot si elle se fût mariée à un prince de rang égal ou supérieur à sa naissance, conseillée par Saint Bonaventure, Isabelle supervisa, pendant quatre années (1255-1259), l’édification d’un monastère qu’elle dédia à l’Humilité de Notre-Dame.

Enluminure représentant la construction de l'abbaye de Longchamps et l'entrée en clôture de la Bienheureuse Isabelle de France

Enluminure représentant la construction de l’abbaye de Longchamp
et l’entrée en clôture de la Bienheureuse Isabelle de France.

   Le 23 juin 1260, des Clarisses essaimant du monastère de Reims en prirent possession.
La Règle qui fut adoptée par le monastère de Longchamp n’était pas celle observée au monastère de Saint-Damien d’Assise, mais celle, un peu adoucie, qui fut définitivement approuvée en 1263 par le pape Urbain IV à l’intention des monastères qui ne suivaient pas dans toute sa rigueur la Règle rédigée par Sainte Claire, et qui, en raison de l’approbation d’Urbain IV, leur valut le nom de Clarisses Urbanistes.

   Ainsi que nous l’avons vu plus haut, Isabelle était conseillée par Saint Bonaventure, ministre général des Franciscains, qui prêcha plusieurs fois à Longchamp et rédigea un traité de vie spirituelle dédié à Isabelle : De Perfectione vitae ad sorores (La vie parfaite, pour les sœurs).

   Lorsque, en 1260, les Clarisses s’installèrent à Longchamp, Isabelle vint s’y établir elle aussi, dans une petite maison, édifiée spécialement à son intention à l’intérieur de la clôture du monastère : elle était membre du Tiers-Ordre (ce pourquoi elle est parfois représentée avec la bure ceinte de la cordelière) ; elle partageait la vie et la prière des Clarisses, mais elle ne fut jamais à strictement parler l’une d’entre elles et ne fit point de profession religieuse.
On pense que c’est encore dans un souci d’effacement et pour éviter d’être élue abbesse du monastère qu’elle demeura en cet humble état.

Jean-Dominique Ingres - dessin préparatoire pour un vitrail de la Bienheureuse Isabelle de France

Jean-Dominique Ingres (1780-1867) :
dessin préparatoire pour un vitrail
figurant la Bienheureuse Isabelle de France.

   Isabelle mourut paisiblement, le 22 février 1270, six mois avant son frère le Roi, et fut inhumée dans l’église du monastère de Longchamp.

   Charles d’Anjou, frère de Saint Louis et d’Isabelle, demanda à une intime de la princesse (elle avait été sa dame de compagnie, était entrée au monastère et en devint l’abbesse) d’écrire sa vie, en vue de sa canonisation : Agnès d’Harcourt publia ce récit hagiographique vers 1280.
Toutefois, Isabelle ne fut béatifiée qu’en 1521, par la bulle Piis omnium du Pape Léon X.

   La date du 22 février étant déjà liturgiquement « occupée » par la fête de la Chaire de Saint Pierre à Antioche, avant les réformes intervenues dans le calendrier depuis le milieu du XXème siècle, l’archidiocèse de Paris a placé la fête de la Bienheureuse Isabelle de France à la date du 25 février.

   Que la Bienheureuse Isabelle, donc, nous obtienne très particulièrement cette si nécessaire vertu d’humilité dont elle a puisé les exemples dans la contemplation et l’approfondissement de la vie de la Très Sainte Mère de Dieu, au point de placer son monastère de Longchamp sous le vocable de l’Humilité de Notre-Dame.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur. 

Vitrail de l'église Ste Elisabeth de Hongrie à Versailles - blogue

Vitrail de l’église Sainte-Elisabeth-de-Hongrie, à Versailles.

2026-26. « Procéder à une œuvre de réconciliation nationale avant que le pire n’advienne ».

24 février 2026.

   Le vendredi 20 février au soir (22 heures), Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX de France, a fait paraître dans les « colonnes numériques » de « Valeurs Actuelles », un message empreint de gravité, commentant le contexte de violences partisanes et d’agitation politique qui divise et navre la France. Un extrait en a été ensuite publié sur les réseaux sociaux par Sa Majesté.
Le digne successeur de nos Rois et Chef de la Maison de Bourbon, en rappelant les leçons de l’histoire, se fonde sur l’héritage spirituel de ses prédécesseurs, en particulier Henri IV et Louis XVIII, pour appeler à l’apaisement des divisions, à la transmission des valeurs et à la préservation de la paix civile pour les générations futures.

Source > ici

Louis XX à Paris le 19 janvier 2025

Hier les coups, aujourd’hui la mort.

   « Ces jours-ci, je partage l’inquiétude de nombreux Français en raison de l’actualité récente qui laisse entrevoir une poussée de la violence de la part de groupes minoritaires au sein des rues, sur fond de clivages politiques. Hier les coups, aujourd’hui la mort. De plus, un rapide passage sur les réseaux sociaux permet de constater une soif de justice qui prend des allures de vengeance d’un côté, et de l’autre un sentiment d’impunité si ce n’est de satisfaction. Avec toutes les précautions que nous devons prendre concernant les propos tenus dans la sphère numérique, cette radicalisation outrancière des positions n’est jamais bonne. Et malheureusement, ce que nous constatons de manière latente sur les réseaux sociaux, apparaît de manière flagrante sur les au sein de la classe politique et dans les médias.

   Tout cela ne date pas d’hier, loin s’en faut. Mais peu à peu, ces scènes se répètent et tendent à se multiplier. Dans un pays fragilisé à plus d’un titre, économiquement, socialement et spirituellement, ces étincelles peuvent provoquer le pire. Avec une société française dans laquelle l’Etat n’arrive plus à susciter un projet collectif et où les identitarismes et les communautarismes sont des refuges pour des individus en mal d’un cadre rassembleur et protecteur, ces violences sont aussi graves que dangereuses. Un clivage profond naît entre différents groupes. La tension qui s’accumule autour de ceux-ci pourrait bien précipiter l’ensemble des Français dans des formes de confrontation endémique.

   J’ai à cœur de cultiver cet esprit de concorde et d’unité entre les Français

   Notre histoire est trop remplie de récits de guerres civiles pour que ces événements ne nous fassent pas réagir. Les guerres de religion, la révolution française, les différentes révolutions du XIXème siècle ainsi que la Seconde Guerre mondiale et les guerres de décolonisation virent des Français se tuer entre eux. N’étant pas meilleurs que ceux qui nous ont précédés, il nous faut tenir compte de ces tristes leçons de notre histoire. Car encore maintenant, la spirale de la violence n’est pas irrémédiable. Les hommes ne sont pas à jamais irréconciliables. A la condition que, tous, nous n’acceptions pas que la situation s’envenime. Et il faut que nos responsables politiques l’entendent, car ce sont eux qui, aujourd’hui, ont le pouvoir d’agir efficacement.

   Il faut donc procéder à une œuvre de réconciliation nationale avant que le pire n’advienne. En tant que Chef de la Maison de Bourbon et successeur des Rois de France, j’ai à cœur de cultiver cet esprit de concorde et d’unité entre les Français. Nos Rois, très souvent, ont voulu apparaître comme étant des figures unificatrices et bienfaisantes. Encore une fois, je veux montrer l’exemple d’Henri IV qui fut, par excellence, une figure paternelle pour tous les Français. Alors que le pays sortait d’une guerre civile meurtrière, notre ancêtre a su trouver les mots, les gestes et les initiatives pour pacifier et apaiser ses peuples. Plus récemment encore, ce fut Louis XVIII qui arriva, par une habile politique, à clore le chapitre révolutionnaire et à remettre de l’unité là où il n’y avait que rancœur et division.

   A l’ombre des Lys, les Français purent retrouver la quiétude qu’ils chérissaient tant. »

Louis de Bourbon,
duc d’Anjou.

images video de l'agression de Quentin Deranque - blogue

Images extraites des enregistrements vidéo de l’agression mortelle de Quentin Deranque.

1...56789...120

A tempo di Blog |
Cehl Meeah |
le monde selon Darwicha |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | mythologie
| jamaa
| iletaitunefoi