2026-38. Sa doctrine féconde est plus efficace que toute autre pour combattre victorieusement les erreurs de tous les temps.
7 mars,
Fête de Saint Thomas d’Aquin, prêtre et confesseur, docteur de l’Eglise (cf. aussi > ici) ;
Anniversaire de la mort de la Vénérable Marie-Clotilde de France, reine (cf. > ici & > ici) ;
Anniversaire de la découverte de la statue de Sainte Anne par Yvon Nicolazic (cf. > ici).
Antoine Nicolas (XVIIe siècle) :
Saint Thomas d’Aquin, fontaine de sagesse (1648),
tableau offert à la basilique-cathédrale Notre-Dame de Paris en 1974
par un couvent dominicain
à l’occasion du 7ème centenaire de la mort de Saint Thomas d’Aquin.
Leçons historiques des matines
de la fête de
Saint Thomas d’Aquin
(au Bréviaire romain traditionnel)
Quatrième leçon :
Le Bienheureux Thomas, l’insigne ornement du monde chrétien et la lumière de l’Eglise, était fils de Landulphe, comte d’Aquin, et de Théodora de Naples, tous deux de noble extraction. Petit enfant, il donna une marque de la tendre dévotion qu’il devait avoir pour la Mère de Dieu. Ayant trouvé un papier sur lequel était écrite la salutation angélique, il le retint serré dans sa main, malgré les efforts de sa nourrice pour le lui enlever ; et quand sa mère le lui eut ravi de force, il le réclama par ses pleurs et par ses gestes, et l’avala sitôt qu’il lui eut été rendu.
A l’âge de cinq ans, on le conduisit au Mont-Cassin et on le confia aux moines de Saint Benoît. De là, il fut envoyé à Naples, pour y achever ses études, et il n’était encore qu’adolescent lorsqu’il s’engagea dans l’Ordre des Frères Prêcheurs.
Sa mère et ses frères en conçurent une vive indignation : ceux-ci s’emparèrent de lui, comme il se rendait à Paris, et l’enfermèrent au château de Saint-Jean. Là, on n’omit aucune vexation pour le faire renoncer à sa sainte résolution ; on alla jusqu’à introduire auprès de Thomas une courtisane, mais il la chassa avec un tison ardent. Aussitôt après, le bienheureux jeune homme, priant à genoux devant l’image de la croix, entra dans un doux sommeil, pendant lequel il lui sembla que les Anges lui ceignaient les reins. Depuis ce moment il fut exempt des révoltes de la chair.
Il persuada ses sœurs, venues dans ce château pour le détourner de son pieux dessein, de mépriser les embarras du siècle et de se consacrer aux exercices d’une vie toute céleste.
Diego Vélasquez (1599-1660) : la tentation de Saint Thomas d’Aquin (1632)
[Musée des Arts Sacrés de la Cathédrale, Orihuela (Espagne)].
Cinquième leçon :
On l’aida à s’échapper du château par une fenêtre, et on le ramena à Naples. Ce fut de là que frère Jean le Teutonique, Maître général de l’Ordre des Frères Prêcheurs, le conduisit à Rome, puis à Paris, où il étudia la philosophie et la théologie sous Albert le Grand. Ayant atteint sa vingt-cinquième année, il reçut le titre de Maître, et il expliqua publiquement avec le plus grand succès, les écrits des philosophes et des théologiens.
Jamais il ne se livra à l’étude ou à la composition, sans avoir prié auparavant. Lorsque certains passages de la sainte Écriture lui offraient des difficultés, il ajoutait le jeûne à l’oraison. Il avait même coutume de dire à frère Reginald, son compagnon, que ce qu’il savait, il l’avait plutôt appris par inspiration divine qu’il ne l’avait acquis par l’étude et par son travail.
Un jour qu’il priait avec ardeur, à Naples, devant l’image de Jésus crucifié, il entendit cette parole : « Tu as bien écrit de Moi, Thomas, quelle récompense désires-tu ? » Il répondit : « Point d’autre, Seigneur, que Vous-même ».
Il lisait assidûment les recueils des Pères, et il n’y avait point d’auteur qu’il n’eût approfondi avec soin. Ses ouvrages, remarquables par leur multitude et leur variété, sont si excellents, les difficultés y sont si bien éclaircies, que sa doctrine féconde, exempte de toute erreur et admirablement d’accord avec les vérités révélées, est plus efficace que toute autre pour combattre victorieusement les erreurs de tous les temps.
Santi di Tito (1536-1603) : Vision de Saint Thomas d’Aquin
[église Saint-Marc, Florence]
Sixième leçon :
Appelé à Rome par le souverain Pontife Urbain IV, Thomas composa, sur son ordre, l’Office ecclésiastique qui devait se célébrer dans la solennité du Corps du Christ.
Mais il refusa les honneurs qu’on lui offrit et même l’archevêché de Naples que lui proposa Clément IV.
Il ne cessait d’annoncer la parole de Dieu : un jour dans l’octave de Pâques, après un de ses sermons à la basilique de Saint-Pierre, une femme toucha le bord de sa robe, et fut ainsi guérie d’un flux de sang.
Envoyé par le Bienheureux Grégoire X au concile de Lyon, il tomba malade au monastère de Fosse-Neuve ; c’est là qu’il a commenté, au milieu de ses souffrances, le Cantique des cantiques.
Il mourut en ce lieu, dans la cinquantième année de son âge, l’an du salut mil deux cent soixante-quatorze, le jour des nones de mars.
Des miracles le rendirent encore illustre après sa mort, et quand ils eurent été examinés et prouvés, Jean XXII le mit au nombre des Saints en l’année mil trois cent vingt-trois. Plus tard son corps fut transporté à Toulouse par ordre du Pape Urbain V.
Comparé aux esprits angéliques, tant à cause de son innocence que de son génie, Thomas a obtenu à juste titre le nom de Docteur angélique, qui lui a été confirmé par l’autorité de Saint Pie V. Enfin, pour répondre favorablement aux suppliques et aux vœux de presque tous les Prélats du monde catholique, pour combattre surtout la contagion de tant de systèmes philosophiques éloignés de la vérité, pour l’accroissement des sciences et l’utilité commune du genre humain, Léon XIII, après avoir consulté la Congrégation des Rites sacrés, l’a déclaré et institué, par Lettres apostoliques, le céleste patron de toutes les écoles catholiques.
Châsse renfermant le corps de Saint Thomas d’Aquin
sous l’autel de l’église des Jacobins, à Toulouse.



































