Archive pour la catégorie 'Prier avec nous'

2018-23. De la divine efficacité de la troisième parole de Notre-Seigneur sur la Croix.

Durham, Sainte Marguerite d'Antioche Crucifixion par Burlison et Grylls

Crucifixion
Verrière de l’église Sainte-Marguerite d’Antioche à Durham (Angleterre)

Arrêtons-nous pour réfléchir à l’un des aspects de la troisième parole de Notre-Seigneur Jésus-Christ sur la croix :

« Femme, voilà votre fils » – « Voici ta Mère ».

Il faut insister sur le fait, dont nous devons avoir une certitude absolue, que les paroles divines du Verbe de Dieu incarné ont le pouvoir de rendre absolument réel ce qu’elles énoncent.

Ainsi, lorsque le Fils de Dieu dit au vent et aux flots déchaînés : « Calmez-vous ! », il se fait aussitôt un grand calme ; lorsque le Fils de Dieu dit aux infirmes : « Soyez guéris ! », ceux qui avaient été sourds, muets, aveugles, paralysés… etc. n’ont plus aucune séquelle de leur infirmité et sont parfaitement guéris ; lorsque le Fils de Dieu commande aux corps morts de la fille de Jaïre, du fils de la veuve de Naïm, ou de son ami Lazare – qui est en décomposition putride depuis quatre jours - : « Cessez d’être morts, soyez à nouveau vivants ! », ces corps ne sont effectivement plus morts, mais à nouveau pleins de vie.

Et lorsque le Fils de Dieu dit sur le pain qui n’est encore réellement que du pain et sur le vin qui n’est encore réellement que du vin : « Ceci est Mon Corps… Ceci est Mon Sang… », la substance du pain et la substance du vin cessent d’être, et il n’y a plus, en leur lieu et place, que la substance de la chair et la substance du sang du divin Sauveur, ne conservant que les apparences du pain et du vin !

Oui, la parole du Verbe incarné est toujours efficace : elle accomplit toujours, dans une réalité parfaite, ce qu’elle énonce, ce qu’elle ordonne.
C’est une parole créatrice.

Le Christ Jésus l’a fait comprendre à ceux qui murmuraient en l’entendant dire au paralytique de Capharnaüm : « Tes péchés sont pardonnés ».
Le miracle de la guérison physique du paralytique démontre que la parole du Sauveur est toujours efficace, et que ce n’est pas parce qu’elle énonce le changement d’une réalité invisible qu’elle ne serait plus efficace : si la parole de Jésus accomplit le miracle de la guérison, c’est bien le signe qu’elle est tout aussi efficace lorsqu’elle dit que le péché est pardonné. « Afin donc que vous sachiez que le Fils de l’Homme a sur la terre le pouvoir de remettre les péchés : Je te le commande – dit-il au paralytique -, lève-toi, emporte ton grabat, et va dans ta maison ! » (Marc II, 10).

Et donc, de la même manière, lorsque le Fils de Dieu en Croix, déclare : « Voici, votre fils… Voici, ta Mère… », Sa parole a autant d’efficacité réelle que lorsqu’elle opère des miracles physiques et que lorsqu’elle change la substance du pain en Corps véritable et la substance du vin en Sang véritable.

La Très Sainte Vierge Marie ne devient pas symboliquement la mère des hommes, et les sauvés ne deviennent pas « en quelque sorte » ses enfants : non ! La parole créatrice du Verbe Incarné opère le changement ontologique en même temps qu’elle l’énonce.
La parole créatrice du Verbe Incarné change une réalité en une autre, indépendamment de la subsistance des apparences.

Notre-Dame devient réellement, substantiellement et ontologiquement ma mère au pied de la Croix, et dès le moment où Jésus a prononcé cette parole du haut de Sa croix, et avant même que je ne vienne au jour, je suis devenu réellement son enfant, d’une réalité bien plus forte et profonde que n’est la maternité charnelle de celle qui m’a formé dans ses entrailles et qui m’a mis au jour !

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur

Durham, Sainte Marguerite d'Antioche Crucifixion par Burlison et Grylls - détail

2018-22. Deux avis importants et urgents…

 

- Pèlerinage du Puy : plus qu’une semaine pour vous inscrire !

Attention ! A ce jour, 16 mars, il reste moins de 10 jours pour adresser vos inscriptions pour le pèlerinage légitimiste auprès de Notre-Dame du Puy des 11 & 12 mai (voir ou revoir le programme > ici) au Secrétariat de la Confrérie Royale.

En effet, nous devons impérativement transmettre aux services d’intendance du grand séminaire du Puy-en-Velay les réservations des chambres au début du mois d’avril.
En outre, à partir du samedi 24 mars au petit matin et jusqu’au mardi 3 avril, il n’y aura personne dans les locaux du secrétariat (Semaine Sainte oblige) : débrouillez-vous donc pour que vos courriers d’inscription nous parviennent au plus tard le vendredi 23 mars.

La célèbre citation de Nicolas Boileau « Hâtez-vous lentement » n’a donc pas de place ici !!!

 Pèlerinage Légitimiste le Puy-en-Velay 4 juin 2016

 Photo du premier pèlerinage légitimiste à la sortie de la cathédrale du Puy,
lors du grand jubilé de 2016

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- Semaine Sainte : il reste deux ou trois places !

De quoi s’agit-il ?
De vivre la totalité de la Semaine Sainte [c'est-à-dire depuis le samedi 24 mars, jusqu'au lundi de Pâques 2 avril], en Provence, dans un lieu idyllique, rustique et très au calme, à 20 km de la mer envion, et surtout auprès d’un monastère où sera pratiquée la liturgie latine selon les rites antérieurs à la réforme de 1955, c’est-à-dire selon les rites qui ont eu cours pendant plus de mille ans en Occident (puisque les rites de la Semaine Sainte ont été retouchés sous le pontificat de Pie XII et que la cheville ouvrière de cette réforme fut déjà le Père Bugnini qui oeuvrera ensuite pour l’élaboration de la « nouvelle messe » après le concile V2).

L’hébergement se fait dans un petit mas, en compagnie de Frère Maximilien-Marie et du Maître-Chat Lully (oui, vous avez bien lu : le Maître-Chat sera présent !), avec des laïcs de confiance, dans une ambiance de simplicité et d’amitié. Deux prêtres éminents de la Confrérie Royale seront aussi présents à proximité.
Le coût de l’hébergement (9 nuits) reste modique. Les frais de nourriture seront à partager.
Au moment où ces lignes sont publiées, il reste deux places disponibles, éventuellement trois.

Les amis du Refuge Notre-Dame de Compassion qui souhaiteraient participer et disposer de plus amples renseignements sont invités à se manifester dans les plus brefs délais  > contact.

Semaine Sainte église

L’église du monastère dans laquelle seront célébrés les offices de la Semaine Sainte

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2018-18. Un chef-d’œuvre de Poussin retrouvé : « Sainte Françoise Romaine annonçant à Rome la fin de la peste ».

9 mars,
Fête de Sainte Françoise Romaine.

A – Qui est Sainte Françoise Romaine ?

Sainte Françoise, communément appelée Françoise Romaine, née en 1384 de Paolo Bussa de Leoni et de Giacobella de Roffredeschi, appartient par sa naissance à la haute noblesse de Rome. Bien qu’attirée depuis l’enfance par la vie religieuse, elle est mariée à l’âge de 13 ans à Lorenzo Ponziani, lui aussi d’une grande famille romaine.
Epouse exemplaire et mère aimante (elle mettra au monde trois enfants), elle mêne une vie de grande piété et de pénitence tout en assurant parfaitement ses responsabilités domestiques et sociales.
A Rome, la seconde moitié du « trecento » et la première moitié du « quatrocento » constituent une période de grands troubles sociaux et politiques  (ceux-là même qui ont contraint les papes à fuir la Ville où ils ne s’estimaient plus en sécurité et où l’indépendance du pouvoir spirituel n’était plus garantie, pour s’installer en Avignon). Et comme un malheur n’arrive jamais seul, ces turbulences et ces violences sont accompagnées d’épidémies mortifères : à plusieurs reprises, la peste ravage la cité.
Françoise se dévoue auprès des malades et entraîne des dames de la haute société à se mettre au service des nécessiteux, vendant toilettes et parures pour subvenir à leurs besoins. Cette pratique de la charité va de pair avec un développement de la vie intérieure et de la ferveur. Ainsi, Françoise qui a des liens spirituels avec la congrégation bénédictine olivétaine et qui est favorisée de grâces mystiques très élevées (vision constante de son ange gardien, apparitions de saints, états d’oraison supérieurs, union transformante avec le Christ… ), se trouve-t-elle bientôt à la tête d’un groupe de femmes pour lesquelles elle fonde un couvent d’oblates bénédictines, dans lequel elle se retire à la mort de son époux (1436). Elle y passe les quatre dernières années de sa vie, s’adonnant avec prédilection aux tâches les plus humbles de la vie de communauté.
Elle rend son âme à Dieu le 9 mars 1440, et le peuple romain non seulement reconnaît en elle l’un de ses plus beaux fleurons de sainteté mais il la prend en outre d’une manière toute particulière comme protectrice : exemple d’une vie conjugale harmonieuse, les jeunes mariés se confient spécialement à sa prière ; modèle des mères, elle qui a perdu un enfant encore jeune, elle devient la consolatrice des familles éprouvées par le deuil ; active pour le soulagement des nécessiteux, son exemple stimule la pratique des œuvres de miséricorde ; se dépensant lors des épidémies, on l’invoque avec succès quand la peste réapparait ; éducatrice d’âmes tendues vers la perfection chrétienne, les religieux prennent exemple sur sa ferveur et ses vertus ; veuve courageuse, elle est le parangon des femmes auxquelles la mort a ravi l’époux très aimé…
Dès le moment de sa mort, le pape Eugène IV (pape de 1431 à 1447) va œuvrer pour sa glorification, mais sa canonisation ne sera finalement célébrée qu’en 1608.

Sainte Françoise Romaine - châsse

Châsse renfermant le squelette de Sainte Françoise Romaine
(crypte de l’église Santa Maria Novella, au forum, à Rome)

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B – Sainte Françoise Romaine annonçant à Rome la fin de la peste :

B1 – Contexte dans lequel l’œuvre voit le jour.

Au printemps de l’année 1656, la peste a fait sa réapparition dans la moitié sud de la péninsule italienne, remontant de la région napolitaine jusqu’à Rome.
La hiérarchie ecclésiastique a ordonné des prières publiques pour obtenir de Dieu la cessation de l’épidémie, et le peuple des fidèles s’est tourné avec un redoublement de ferveur vers ses saints intercesseurs de prédilection. A Rome même, la très populaire Sainte Françoise a été ardemment sollicitée, elle que les Romains surnomment « l’Avocate de Rome ».

La cessation du fléau a été relativement rapide et c’est pourquoi le cardinal secrétaire d’Etat Giulio Rospigliosi, futur pape Clément XI (de juin 1667 à décembre 1669), a commandé à Nicolas Poussin un ex-voto pour commémorer l’intercession bénéfique de la sainte protectrice de Rome.

Nicolas Poussin (1594-1667), après un court séjour en France est revenu vivre à Rome à l’automne 1642. Au moment de cette commande du cardinal Rospigliosi il est âgé de 60 ans, et bien qu’il lui reste encore onze années de vie il se trouve déjà, dans une phase déclinante. Déclin non de son art, qui est en pleine maturité, mais en raison de sa santé : il est en particulier affecté par un tremblement de la main qui s’accentue de mois en mois. Véritable drame pour un perfectionniste tel que lui, qui malgré ce handicap grandissant produit encore de purs chefs-d’œuvre !
Le tableau, intitulé « Sainte Françoise Romaine annonce à Rome la fin de la peste » (mais on lui trouve aussi parfois comme nom « la vision de Sainte Françoise Romaine ») mesure 1,21 m de hauteur et 1,02 m de largeur : il fut livré à son commanditaire en 1657 ou 1658, mais ne fut jamais exposé dans une église. Destiné à la collection particulière du cardinal Rospigliosi, ce dernier ne le fit pas entrer dans les collections pontificales lorsqu’il devint le pape Clément XI, et le tableau revint à ses parents et héritiers après sa mort. 

B2 – Histoire rocambolesque d’un chef-d’œuvre perdu pendant deux-cents ans.

Le tableau reste dans les collections privées des héritiers du pape Clément XI jusqu’à la fin du XVIIIe siècle où l’on perd sa trace :  au cours des XIXe et XXe siècles, il ne sera plus connu que grâce à deux gravures dues à Giacomo del Po et à Girard Audran.
Or, en 1998, l’œuvre réapparait sur le marché de l’art parisien : les experts l’identifient formellement. C’est alors que l’on va parvenir à reconstituer ce que fut son étonnant destin pendant exactement deux-cents ans.
En effet, en 1798 le tableau fut vendu avec une partie de la collection Rospigliosi-Pallavicini : le honteux traité de Tolentino imposé au Pape Pie VI et aux Etats de l’Eglise par le Directoire (cf. > ici) eut de telles conséquences pour les familles romaines que certaines en furent réduites à liquider une partie de leur patrimoine artistique.
On ne sait pas vraiment chez qui fut le tableau pendant la première moitié du XIXe siècle, mais on le retrouve dans la collection du secrétaire de l’Académie de France à Rome (Villa Médicis), Alexis Le Go, qui, en 1873, amène le tableau dans son château de Jean Val (commune de Le Val, au nord de Brignoles). Passant d’héritiers en héritiers, le chef-d’œuvre perd son identité et, à la fin du XXe siècle, n’est plus considéré par son détenteur que comme un « nid à poussière » encombrant, dont – sait-on jamais ? – on pourra peut-être tirer un peu d’argent…
C’est ainsi qu’il arrive entre les mains d’un expert qui le reconnaît parce qu’il connaît les gravures réalisées à la fin du XVIIe siècle par Giacomo del Po et Girard Audran.
Le musée du Louvre s’en porte alors acquéreur pour quelque 45 millions d’euros.
Restauré, le « Sainte Françoise Romaine annonçant à Rome la fin de la peste » se trouve désormais habituellement exposé dans le département des peintures de l’aile Richelieu (2ème étage, salle 12), y venant fort heureusement compléter la période de la maturité du peintre, assez faiblement représentée.

Sainte Françoise Romaine annonçant à Rome la fin de la peste - Nicolas Poussin

« Sainte Françoise Romaine annonçant à Rome la fin de la peste »
Nicolas Poussin (musée du Louvre)

B3 – Lecture de l’œuvre.

Nicolas Poussin a fait de cet ex-voto en l’honneur de Sainte Françoise Romaine une composition plutôt solennelle, dans laquelle on retrouve les références classiques – antiques ou modernes – qui sont l’une de ses caractéristiques.
La scène se déroule sur le devant d’une imposante architecture marquée par des pilastres classiques encadrant une grande arcade.
La peste y est personnifiée, au second plan sur le côté droit, et cette représentation reprend les traits du « Gladiateur emportant un enfant mort », célèbre statue antique des collections Farnèse (aujourd’hui au musée archéologique de Naples). Quant à la femme allongée en-dessous de la nuée qui porte la sainte et figurant l’une des victimes de l’épidémie, elle n’est ni plus ni moins qu’une citation de la très fameuse « Sainte Cécile » de Carlo Maderno réalisée en 1600 (église Sainte-Cécile au Transtévère, à Rome).

Le tableau représente les forces spirituelles qui ont concouru à obtenir du Ciel l’éloignement du fléau et, par delà l’épidémie, il célèbre la victoire sur le démon qui répand ou aggrave les maux qui affligent l’humanité.
La mise en scène est articulée autour d’une diagonale qui descend depuis l’angle supérieur gauche jusqu’à l’angle inférieur droit : c’est sur cette diagonale que se trouvent les deux personnages principaux, au premier plan.
On voit donc la sainte patronne et protectrice de Rome, Françoise Romaine, apparaître dans une nuée : elle tient en ses mains des flèches brisées, symbole de la défaite de la peste dont les traits frappaient le peuple romain. Ce message est adressé à un personnage féminin agenouillé à même le sol, qui personnifie Rome. Remarquez la correspondance des regards et des visages qui expriment avec une réelle intensité la compassion victorieuse de la sainte et la confiante imploration de la cité.
La plupart des commentateurs pense que la femme personnifiant la ville de Rome est probablement un portrait.
Certains avancent le nom de la princesse Anna Colonna, qui décéda en 1658 justement et qui était alliée à toutes les grandes familles romaines – dont les Rospigliosi-Pallavicini – en sus du fait qu’elle était apparentée au pape Urbain VIII Barberini (lequel avait lui-même été l’officiant de son mariage).
D’autres y voient une carmélite, qui personnifierait donc alors la prière d’intercession.
D’autres commentateurs en revanche voient dans la femme agenouillée la représentation de Sainte Françoise Romaine intercédant, et dans la femme qui apparaît dans la nuée soit la Vierge Marie soit la figure allégorique de la miséricorde divine.

En arrière des deux personnages principaux, on voit, bien séparées par la diagonale qui scinde le tableau en deux parties bien distinctes, en bas à gauche une victime qui a succombé à la peste et qui suggère donc la victoire (pour un temps du moins) du fléau, tandis que, dans la partie supérieure à droite, on voit la personnification de la peste qui fuit, chassée par un archange guerrier (ce qui n’est pas sans évoquer l’épisode de la peste qui ravageait Rome au début du pontificat de Saint Grégoire le Grand et qu’apparut Saint Michel rengainant son épée au sommet du môle d’Hadrien, appelé depuis lors « château Saint-Ange ») : la figure de l’épidémie entraîne dans sa fuite deux autres victimes : un jeune homme étendu à terre qu’elle tire par le pied, et un enfant qu’elle porte sur son épaule gauche.

Poussin - Sainte Françoise Romaine détail 1

Au-delà des querelles d’interprétation qui agitent les experts, ce qui nous importe à nous, et particulièrement en ce saint temps de carême, c’est la puissance avec laquelle le génie de Nicolas Poussin, malgré sa main malade, a exprimé la force de la prière et l’efficacité de l’intercession des saints, en même temps qu’il illustre magnifiquement ce que la liturgie nous fait répéter :
« O Dieu que la faute offense et que la pénitence apaise, jetez les yeux avec bonté sur Votre peuple en prière, et détournez les châtiments de Votre colère que nous méritons pour nos péchés : Deus, qui culpa offenderis, paenitentia placaris : preces populi tui supplicantis propitius respice, et flagella tuae iracundiae, quae pro peccatis nostris meremur, averte » (collecte du jeudi après les cendres).

pattes de chat Lully.

Poussin - Sainte Françoise Romaine détail 2

frise

2018-17. Entretien avec le Prieur de la Confrérie Royale.

Le site « Vexilla Galliae », en plein renouvellement après un changement de directeur de la publication, de contributeurs et d’esprit profond, a sollicité Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur en sa qualité de Prieur de la Confrérie Royale, pour un entretien, à l’occasion du prochain pèlerinage légitimiste  qu’elle organise auprès de Notre-Dame du Puy (cf. > ici).
Nous remercions Monsieur Loïc Baverel de nous avoir aimablement autorisés à reproduire cette « intervioue » sur les divers blogues de la Confrérie Royale et dans ces pages-ci, qui leur sont étroitement liées…

Bannière de la Confrérie Royale auprès de Notre-Dame du Puy

La bannière de la Confrérie Royale auprès de la Vierge Noire du Puy
lors du pèlerinage légitimiste à l’occasion du grand jubilé, en 2016.

Fleur de Lys

Entretien avec le Prieur de la Confrérie Royale


Source > Vexilla Galliae « Entretien avec le Prieur de la Confrérie Royale »

Pour la troisième année consécutive la Confrérie Royale organise un pèlerinage légitimiste au Puy-en-Velay. L’occasion pour nous de découvrir, ou de redécouvrir, la Confrérie Royale.
Entretien avec son Prieur, Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur.

VG – Bonjour Mon Frère, vous êtes le Prieur de la Confrérie Royale. En quelques mots, quel est son objet, son charisme propre ?


Fr.Mx.M.
La Confrérie Royale est née de la rencontre providentielle de prêtres et de religieux dont la vocation propre (je parle bien de vocation, c’est-à-dire d’appel divin authentifié par leurs conseillers spirituels respectifs) comporte une mission très spéciale de prière et de service spirituel de la France, en totale conformité avec les desseins particuliers de Dieu sur ce Royaume, et donc – en toute logique – de prière et de service spirituel de son Roi légitime, dans lequel s’incarnent les principes de la royauté capétienne traditionnelle.
Cette royauté traditionnelle, qui est parvenue à un degré d’équilibre et de perfection inégalé sous le règne du Grand Roi, nous en souhaitons ardemment la pleine restauration, car elle seule peut assurer l’avenir et la prospérité de la France, ainsi que le bonheur de ses peuples.
Or cette restauration ne se pourra faire qu’à la suite d’une conversion profonde et générale : en renvoyant à la célèbre formule de Sainte Jeanne d’Arc, je dirais que s’il convient que les hommes d’armes bataillent, il ne faut jamais oublier que c’est Dieu qui donne la victoire. Il est vain d’attendre de Dieu la victoire – et la conversion qui la précédera – si l’engagement militant en faveur de la royauté traditionnelle et les efforts de reconquête des intelligences, des cœurs et des âmes, ne sont pas soutenus par un vrai, profond et solide mouvement spirituel, qui attire sur le Royaume et sur son Souverain légitime toutes les grâces nécessaires à cette restauration.
Conscients que des fidèles laïcs peuvent eux aussi éprouver cet attrait surnaturel à prier spécialement pour le bien spirituel du Royaume et, au premier chef, pour l’Aîné des Capétiens, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, les fondateurs de la Confrérie Royale, laquelle s’adresse en priorité au clergé de France, ont également prévu que des fidèles puissent y être associés.
En résumé donc, l’objet propre de la Confrérie Royale est la prière pour la France et donc très spécialement pour le Prince, son Souverain légitime, dans lequel s’incarnent les principes de la royauté capétienne traditionnelle.


VG  - Quelle est la situation de la Confrérie vis-à-vis de l’Eglise ? Quel statut avez-vous ?


Fr.Mx.M.
Composée de prêtres, de religieux et de fidèles de la Sainte Eglise catholique romaine, la Confrérie Royale professe la foi catholique traditionnelle, et dans le cadre de ses activités et pèlerinages célèbre la liturgie latine traditionnelle. De ce fait, la Confrérie Royale est pleinement catholique.
Elle est pleinement catholique même si, pour l’heure, elle ne bénéficie pas d’une reconnaissance canonique particulière, qui n’est ni indispensable ni nécessaire pour exister et pour être catholique. En l’état actuel des choses, ce n’est pas le « label » qui fait la catholicité : on connaît des œuvres ou des mouvements qui bénéficient d’une reconnaissance officielle alors qu’ils sont des instruments de l’apostasie !
La Confrérie Royale est catholique parce qu’elle professe la foi catholique en communion avec tous les pasteurs légitimes de l’Eglise catholique. Le code de droit canonique promulgué en 1983 affirme : « Les fidèles ont la liberté de fonder et de diriger librement des associations ayant pour but la charité ou la piété, ou encore destinées à promouvoir la vocation chrétienne dans le monde, ainsi que de se réunir afin de poursuivre ensemble ces mêmes fins » (canon 215). Cela suffit pour le moment.
Vous savez, il ne faut pas de crispation juridique. Un canoniste qui travaillait au Vatican sous le pontificat de Benoît XVI, m’a dit un jour en substance : « En France, beaucoup de catholiques marchent sur la tête parce qu’ils veulent toujours avoir des autorisations avant de faire exister les choses. Mais ce n’est pas ainsi que le Saint-Esprit a agi dans l’Eglise : le Saint-Esprit suscite des fondateurs et des œuvres. C’est lorsqu’elles se développent que l’Eglise les observe, exerce son discernement et les authentifie, mais pas avant. Imaginez ce qui ce serait passé si Saint Benoît et Saint François, par exemple, avaient commencé par demander des autorisations : nous n’aurions jamais eu ni bénédictins ni franciscains ! Non ce n’est pas ainsi que le Saint-Esprit agit dans les fondations. Il faut d’abord vivre… »
Voilà pourquoi, pour l’heure, alors que la Confrérie Royale n’a que deux ans et demi d’existence, il ne faut pas – selon une expression de Saint Vincent de Paul – « enjamber sur les marches de la Providence ». La Confrérie Royale croît doucement, « en sagesse, en stature et en grâce, devant Dieu et devant les hommes » (cf. Luc II, 52) et c’est d’abord cela qui importe.


VG - La Confrérie Royale organise à l’Ascension son 3ème pèlerinage légitimiste au Puy-en-Velay. Comment cela est-il accueilli par les autorités diocésaines ?


Fr.Mx.M.
A l’occasion du grand jubilé de Notre-Dame du Puy, la Confrérie Royale – qui avait tout juste neuf mois – a en effet organisé, conjointement avec l’Union des Cercles Légitimistes de France, un pèlerinage au Puy-en-Velay, les 4 et 5 juin 2016. Ce pèlerinage, auquel Monseigneur le Prince Louis de Bourbon a alors adressé un message particulièrement chaleureux, a été l’occasion de très grandes grâces.
Ce pèlerinage officiellement légitimiste de 2016 a été accueilli avec bienveillance par les autorités diocésaines, Son Excellence Monseigneur Luc Crépy lui ayant accordé sa bénédiction.
Nous n’avions alors pas particulièrement envisagé une reconduction systématique de ce pèlerinage. Toutefois, en considération d’une part des liens historiques très spéciaux qui unissent le sanctuaire de Notre-Dame du Puy avec la royauté française, et d’autre part des fruits de grâce reçus au Puy-en-Velay, nous avons commencé à penser qu’il serait peut-être bon d’annualiser ce pèlerinage pour le Roi et la France.
Nous en avons donc entretenu le Recteur de la basilique-cathédrale du Puy, qui en a bien évidemment conféré avec Monseigneur l’Evêque, et nous en avons reçu une réponse très favorable. C’est donc en plein accord avec les autorités diocésaines que désormais tous les ans, les vendredi et samedi qui suivent la fête de l’Ascension, a lieu et aura lieu ce pèlerinage auprès de Notre-Dame du Puy, pour le Roi et la France.


VG - Comment un pèlerinage peut-il être légitimiste ? Que répondez-vous à ceux qui disent que c’est confondre la Foi et le politique ?


Fr.Mx.M.
Ah ! Cette pernicieuse accusation de confondre la Foi et le politique !!!
La Confrérie Royale est, je me répète, pleinement catholique, et en tant que telle elle adhère totalement aux condamnations de la « séparation de l’Eglise et de l’Etat » formulées et argumentées par le pape Saint Pie X. Nous n’adhérons en aucune manière au divorce (même « par consentement mutuel » !) entre l’Eglise et l’Etat : dans la saine compréhension des rapports entre ces deux domaines de compétence, il y a une distinction, non une séparation.
C’est ainsi qu’ont pensé et agi nos Souverains légitimes, depuis Clovis, en passant par Saint Charlemagne, Saint Louis, Philippe le Bel, Louis XIII et Louis XIV ; c’est aussi ainsi qu’ont pensé et agi les grands serviteurs de la Couronne et de la France tels le cardinal de Richelieu ; c’est enfin ainsi qu’ont aussi pensé et agi les saints de France, depuis Sainte Geneviève et Saint Remi, et, après eux, une longue litanie de saints dont il n’est pas possible d’énumérer ici tous les noms, mais dont émerge très spécialement Sainte Jeanne d’Arc et les glorieux martyrs de la grande révolution…
L’accusation de confusion entre la Foi et le politique n’émane que d’esprits viciés par les pseudo « lumières » et par le modernisme.
Alors, oui, un pèlerinage peut être légitimiste ! Parce que ce qui est légitimiste est ce qui est conforme à la loi : la sainte loi de Dieu d’abord, et ensuite les desseins providentiels de Dieu sur la France dont, en définitive, les lois fondamentales du Royaume terrestre ont été indubitablement suscitées par la divine Providence.
C’est aussi simple que cela ! Et nous n’allons pas renier ce que Dieu a fait en France depuis Clovis à travers treize siècles de royauté catholique, par complaisance envers la secte impie qui poursuit d’une même haine le trône et l’autel.


VG - Y a-t-il d’autres projets dans la besace de la Confrérie Royale ?


Fr.Mx.M.
Le but de la Confrérie Royale, je le redis, c’est la prière pour le Roi légitime et pour le Royaume de France. En conséquence, tous les projets de la Confrérie Royale consistent à obtenir du Roi du Ciel, toutes les grâces dont le Roi de la terre a besoin : grâces de lumière et de discernement, grâces de force et de prudence, grâces pour accomplir la mission qui lui est dévolue par sa naissance.
Les projets de la Confrérie Royale, ce sont aussi la croissance en ferveur et en vertu – et donc la sanctification – de ses membres : sanctification qui rejaillit immanquablement en fruits de grâce pour Monseigneur le Prince Louis, pour sa famille et pour la famille de ses peuples dans tout le Royaume.
A partir de là, la Confrérie Royale, en fonction des opportunités, des anniversaires historiques, des invitations qui lui sont adressées par les légitimistes de telle ou telle province pour telle ou telle occasion particulière, peut être présente, s’associer ou organiser des pèlerinages ou récollections.
Ces événements sont alors annoncés, en temps opportun, sur les deux blogues de la Confrérie Royale : « l’Ami de la Religion et du Roi » et « Confrérie Royale », ainsi que sur sa page Facebook. 


VG - Qui peut rejoindre la Confrérie Royale et à quoi s’engage-t-on lorsqu’on la rejoint ?


Fr.Mx.M.
Tout homme de bonne volonté professant la foi catholique et convaincu de la nécessité de la restauration de la monarchie traditionnelle peut devenir membre de la Confrérie Royale (des non-catholiques peuvent également y être associés nous le dirons plus loin).
Tous les membres de la Confrérie Royale s’engagent
1) à la triple récitation de l’angélus (matin, midi et soir) en conclusion duquel ils ajoutent l’oraison pour le Roi,
2) à sanctifier plus spécialement le 25 de chaque mois,
3) à être dans une communion de prière et de charité avec les autres membres de la Confrérie,
4) à prier pour la béatification des membres de la Famille Royale martyrisés par la révolution,
5) à restaurer, maintenir et promouvoir autant qu’il est en leur pouvoir les fêtes et traditions du Royaume…


Il existe diverses catégories de membres :
1) les membres pléniers, qui prononcent un vœu de consécration à la Couronne de France et dont de ce fait toutes les prières et la valeur de leurs bonnes actions sont offertes pour le Roi et la France ;
2) les membres simples, qui s’engagent à l’observance des pratiques propres de la Confrérie ;
3) les membres associés, qui n’appartiennent pas à l’Eglise catholique mais veulent toutefois s’unir en leur for intérieur à la Confrérie par la prière pour le Roi et la France.
Enfin il y a les sympathisants, qui sont proches de l’esprit de la Confrérie Royale et qui s’associent plus ou moins, selon leurs possibilités, à ses prières ou à ses manifestations.

Pour rejoindre la Confrérie Royale, il convient de nous contacter via l’un des deux blogues.

 Propos recueillis par Loïc Baverel

Rappel : pour les renseignements et les inscriptions au pèlerinage > ici

armoiries confrérie royale

Fleur de Lys

« Rejetez donc loin de nous l’esprit mauvais et muet, ô Seigneur ! »

3ème dimanche de carême.

L’abbé Isaac de l’Etoile (vers 1105 – vers 1178) a écrit cette prière comme une sorte de développement personnalisé de l’Evangile que nous entendons au troisième dimanche de carême (Luc XI, 14-28).

Luc XI 14 expulsion du démon muet

Luc XI, 14 : « En ce temps-là, Jésus expulsait un démon, et c’était un démon muet.
Et lorsqu’Il eût chassé le démon, le muet parla et les foules furent dans l’admiration. »

Seigneur Jésus, qui ouvrez, sans que personne ne puisse fermer, et qui êtes apparu pour dissiper les oeuvres du démon, chassez de Votre serviteur toute complaisance pour le péché, et donnez-moi un coeur contrit et repentant.
En m’inspirant des désirs plus purs, une crainte plus vive, une réserve plus vigilante, déliez le frein qui retient ma langue. Et moi, après avoir été muet, j’ouvrirai la bouche pour publier Vos louanges, à la grande admiration, non seulement des hommes, mais des anges et même des démons. Voici en effet que nous sommes devenus un spectacle pour le monde, pour les anges et pour les hommes, pour les bons et pour les méchants.
Faites donc qu’on admire les paroles de Votre serviteur ; non pas seulement celles que profère sa bouche, mais celles qui résonnent dans ses actions, car les actes sont eux-mêmes des paroles.
Faites que Votre serviteur prononce des paroles d’humilité pour Votre grande gloire et l’édification du prochain, et ceci dans sa parole, dans son coeur et dans ses actes.
Qu’il n’ait pas à craindre de perdre ce qui peut être conservé dans l’éternité. Qu’il n’hésite pas à abandonner un espoir qui l’aurait trompé, afin de ne pas perdre ce qui donne un réconfort éternel.
Rejetez donc loin de nous l’esprit mauvais et muet, ô Seigneur, Vous qui êtes le Verbe du Père. Faites que la parole de vérité nous donne le pouvoir de la parole pour Vous confesser et Vous rendre gloire. O Vous qui vivez et régnez avec le Père et le Saint-Esprit, dans tous les siècles. Ainsi soit-il !

expulsion du démon muet - détail

Publié dans:De liturgia, Prier avec nous |on 3 mars, 2018 |5 Commentaires »

2018-14. Troisième pèlerinage de la Confrérie Royale au Puy-en-Velay, les 11 et 12 mai 2018.

affiche pèlerinage Confrérie Royale le Puy 11 & 12 mai 2018

Fleur de Lys

Avis très importants :
Merci de les lire avec la plus grande attention

(cela évite ensuite de poser des questions inutiles !!!)

Le troisième pélerinage annuel de la Confrérie Royale au sanctuaire presque bimillénaire du Puy-en-Velaypour le Roi et la France, a lieu chaque année – ainsi que cela a été annoncé depuis plus d’une année (et il en sera ainsi tous les ans) - les vendredi et samedi qui suivent la fête de l’Ascension soit, en 2018, les vendredi 11 et samedi 12 mai.

A partir de ce jour, les inscriptions sont ouvertes :
Notez bien qu’elles seront closes le samedi 24 mars !

Avant de vous inscrire, vous êtes instamment priés de prendre connaissance des éléments suivants :

1) Le pèlerinage commence par la Messe d’ouverture, célébrée le vendredi 11 mai à 11 hdans la chapelle du grand séminaire, et il se clôt après le déjeuner du samedi 12 mai ;

2) Cela signifie qu’il est souhaitable, d’être arrivé et d’avoir procédé à son installation avant cela ;

3) Pour les personnes qui souhaitent loger au grand séminaire : à la demande de l’intendance du séminaire, c’est le secrétariat de la Confrérie Royale qui centralise toutes les inscriptions pour les chambres, ce qui représente pour nous un très gros travail en raison des points suivants :

  • - 3 a) Les personnes qui viennent de très loin peuvent voyager dans la journée du jeudi de l’Ascension 10 mai : elles sont assurées d’avoir la Sainte Messe de la fête de l’Ascension (célébrée selon le rite latin traditionnel évidemment) en fin d’après-midi.
  • - 3 b) Cela signifie donc qu’il est possible de loger au grand séminaire dès le jeudi soir 10 mai : en ce cas, bien le noter sur votre bulletin d’inscription pour que nous réservions la chambre qui vous sera destinée, et pour que, si vous le souhaitez, nous vous inscrivions aussi pour le repas du soir au séminaire ;
  • - 3 c) De la même manière, les personnes qui souhaitent repartir seulement le dimanche 13 mai, peuvent également demander que nous leur réservions la chambre pour la nuit du samedi 12 au dimanche 13 mai, ainsi que, si elles le souhaitent, le dîner du samedi 12 au soir : là encore, il faut bien lire le bulletin d’inscription et nous le signaler ;
  • - 3 d) Lors de votre inscription, merci de nous bien préciser le type de chambre choisie : chambre à un lit, à deux lits ou trois lits (et pour ces deux derniers cas préciser vos compagnons de chambre), avec WC et douche dans la chambre (ou pas), ainsi que si vous prenez la location de draps et de linge de toilette - pour connaître les catégories de chambre et leurs tarifs voir ici > tarifs 2018 ;
  • - 3 e) En fonction de tous ces critères, calculez vous-même s’il vous plaît le montant total de votre dû qui doit comprendre : le prix des trois repas du vendredi midi et soir, et du samedi midi (soit 36 euros), auquel vous ajouterez le prix des repas supplémentaires s’il y a lieu (12 € par repas), le prix de la chambre en fonction de la catégorie choisie, sans omettre les 0,40 € de taxe de séjour par personne et par nuit, multiplié par le nombre de nuitées : cela est un peu fastidieux, nous en avons conscience, mais cela nous facilitera grandement la tâche et nous vous en remercions!

4) Les pèlerins sont également invités – s’ils le peuvent – à prendre en charge les frais des ecclésiastiques qui participent au pèlerinage (repas et hébergement), ainsi qu’auxfrais d’organisation (en particulier pour l’utilisation de la chapelle et la location de la salle de conférence, en faisant un don, même minime, à cette intention (voir sur le bulletin).

5) De la même manière, les amis et sympathisants de la Confrérie Royale qui, pour des raisons diverses, ne peuvent être présents physiquement au pèlerinage, peuvent néanmoins aider à son organisation en effectuant un don : ils sont assurés d’avoir part aux fruits de la prière des pélerins présents auprès de Notre-Dame du Puy .

Tout ceci étant bien lu et assimilé, vous avez maintenant jusqu’au 24 mars, dernier délai, pour vous inscrire, ici Bulletin d’inscription

armoiries confrérie royale

2018-12. Du Saint Mors de Constantin que l’on vénère en la cathédrale Saint-Siffrein de Carpentras.

Vendredi de la 1ère semaine de Carême,
Quatre-Temps de printemps,
Fête des Saints Clous et de la Sainte Lance de Notre-Seigneur.

Fleur de Lys

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Parmi les fêtes anciennes qui n’appartiennent pas au calendrier romain universel mais au calendrier propre de certains diocèses et congrégations, se trouve, assignée au vendredi de la première semaine de carême, la fête en l’honneur des Saints Clous et de la Sainte Lance qui transpercèrent le Corps de Notre-Seigneur en Sa douloureuse Passion.
C’est la raison pour laquelle j’ai résolu aujourd’hui de vous « emmener » jusqu’à Carpentras, capitale du Comtat Venaissin, cité jadis prestigieuse dans la cathédrale de laquelle on vénère depuis le XIIIème siècle l’un des Saints Clous de la Passion connu sous le nom de « Saint Mors de Carpentras » ou, mieux encore, « Saint Mors de Constantin ».

Carpentras les toits de la ville et le clocher de la cathédrale

Carpentras :
- Le clocher de la cathédrale Saint-Siffrein dominant les toits de la vieille ville ;
- Et les armoiries de la cité : « de gueules, au Saint Mors d’Argent ».

Sainte Hélène, impératrice mère de Saint Constantin 1er le Grand, avait retrouvé à Jérusalem, on le sait, le bois de la Sainte Croix et plusieurs autres instruments de la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Selon la leçon du bréviaire pour la fête de l’Invention de la Sainte Croix (3 mai), elle apporta à son fils les Clous qui avaient servi à fixer notre divin Rédempteur au bois de Son supplice : « Clavos etiam attulit filio ».
Avec l’un d’entre eux, elle fit réaliser une lame circulaire qui fut enchâssée dans la couronne impériale, et avec un deuxième elle fit fabriquer un mors pour le cheval de bataille de Constantin. Saint Ambroise lui-même l’atteste dans l’oraison funèbre de l’empereur Saint Théodose : « De uno clavo frœnos fieri praecipit, de altero diadema intexuit (…) utroque usus est Constantinus : De l’un des Clous elle ordonna de faire un mors de cheval ; elle en enchâssa un autre dans un diadème (…) Constantin se servit de l’un et de l’autre » (St Ambroise, « De obitu Theodosii oratio » 47).

Saint Ambroise, dans le même texte, à l’encontre de ceux qui trouveraient cette manière de procéder étrange ou qui se scandaliseraient de cette transformation des Clous sacrés de la Passion, loin d’en blâmer la sainte impératrice, l’exalte au contraire comme obéissant à une inspiration céleste et comme « visitée de Dieu pour relever les rois et pour les instruire : elle place la Croix sur leur front pour qu’elle y soit adorée, la Croix dans leurs mains pour qu’elle les dirige ; la couronne est faite de la Croix, afin que la foi resplendisse ; le frein (mors) est fait de la Croix, afin que la vraie puissance gouverne ; un Clou de Jésus-Christ sur le front, où est l’intelligence, un autre Clou de Jésus-Christ dans les mains, où est le commandement. (…) Les rois abusaient de leur indépendance pour courir au vice, ils s’y précipitaient comme des êtres sans raison ; voici la Croix du Seigneur qui les domptera et qui les relèvera de leurs chutes. (…) Cette transformation des Clous de Jésus-Christ n’est donc pas de l’insolence, elle est un acte de piété : non insolentia ista, sed pietas est ! » (St Ambroise, ibid. 47, 48, 51).

Le Saint Mors de Constantin - Carpentras

Carpentras, cathédrale Saint-Siffrein : le Saint Mors de Constantin.

Il est très probable que les successeurs de Saint Constantin n’utilisèrent plus le Saint Mors pour diriger leurs impériales montures mais qu’ils le conservèrent dans la chapelle palatine avec les autres précieuses reliques qui s’y trouvaient rassemblées.

Quoique rares, les autres citations antiques qui en parlent sont néanmoins remarquables.
Ainsi le pape Vigile (élu le 29 mars 537, mort le 7 juin 555), lors du deuxième concile de Constantinople (553) prête-t-il serment en présence du Saint Mors : « Et juravit Beatissimus Papa Vigilius (…) per virtutem sanctorum Clavorum ex quibus crucifixus est Dominus Deus noster, et per sancta quatuor Evangelia, ita per istam virtutem sancti Frœni : Et le Bienheureux Pape Vigile jura (…) par la vertu des saints Clous avec lesquels fut crucifié le Seigneur notre Dieu, et par les quatre saints Evangiles, de même par la vertu spéciale du saint Mors » (Act. conc. quint. – Baluze T.1).
Un autre témoignage se trouve chez Saint Grégoire de Tours (538-594) qui rapporte comment l’empereur Justin II le jeune (vers 520-578) fut délivré d’une obsession diabolique par l’imposition du Saint Mors : « Cum tertia die Frœnum capiti collocasset, locum insidiandi inimicus ultra non habuit : quand le troisième jour il eût placé le Mors sur sa tête, l’ennemi ne trouva plus moyen de le surprendre » (St Greg. de Tours, « De gloria martyrum », liv.1 chap.6).
La mention suivante ne paraît pas avant le XIIème siècle où un chroniqueur scandinave anonyme énumère, parmi les reliques vénérées à Constantinople, « le Mors du roi Constantin ».

C’est lors de l’odieux sac de Constantinople perpétré par les croisés en 1204 que le Saint Mors disparaît de la capitale impériale.
On ne possède aucun détail sur les circonstances du larcin ni sur son auteur. Tout ce que l’on sait, c’est que le Saint Mors réapparaît vingt-deux ans plus tard dans la capitale du Comtat Venaissin, puisque en 1226 il figure sur le sceau de l’évêque Isnard.
A partir de 1260, il devient l’emblème de la ville dont les armes sont désormais : « de gueules, au Saint Mors d’argent »
.

Peut-être des documents attestant de l’authenticité du Saint Mors et racontant de quelle manière il avait été apporté à Carpentras existaient-ils dans les archives de l’évêché ou de la cathédrale, mais celles-ci furent en bonne partie détruites en 1314 dans l’incendie qui fut allumé lors de l’attaque du conclave qui suivit la mort de Clément V (nota : de ce fait le conclave, qui avait débuté le 1er mai 1314 à Carpentras, fut interrompu le 24 juillet de cette même année et ne se réunit à nouveau qu’au début du mois de mars 1316, à Lyon, et aboutit à l’élection laborieuse de Jean XXII le 7 août 1316 : l’Eglise était restée sans pape pendant deux ans et un peu plus de trois mois !).

Reliquaire du Saint Mors de Constantin

Le reliquaire du Saint Mors de Constantin dans son tabernacle
(Carpentras – cathédrale Saint Siffrein)

Le Saint Mors pèse 350 grammes. C’est, écrit Rohault de Fleury, « un véritable mors de cheval, semblable à ceux dont les Romains avaient coutume de se servir. (…) La partie intérieure, que les éperonniers appelent canon ou embouchure, est longue de 17 centimètres. Le mors est entier : c’est un filet en deux parties qui se pénètrent en formant une espèce de charnière ; l’une des boucles est entièrement soudée, l’autre est fermée à chaud et non soudée ; au canon sont attachées deux branches qui ont chancune 160 millimètres de long et 11 millimètres de diamètre. On remarque à chaque extrémité un fourreau en argent doré de 50 millimètres de long ; à l’extrémité de l’embouchure, c’est-à-dire vers le milieu des branches, pendent deux anneaux assez longs et de deux grandeurs différentes. La forge de cette pièce est difficile par son ajustement avec l’appendice des branches ; elle est soignée et apparente. On ne voit pas de trace de lime » (Rohault de Fleury, in « Mémoire sur les instruments de la Passion »).
Tous les historiens qui ont examiné le Saint Mors de près s’accordent pour affirmer qu’il s’agit bien d’un mors byzantin réalisé au IVème siècle.

Le reliquaire médiéval dans lequel il était conservé jusqu’à la révolution était en vermeil : il a – évidemment ! (c’est presque un pléonasme que de le dire) – été détruit par les patriotes qui faisaient main basse sur les métaux précieux en même temps qu’ils s’acharnaient à profaner tout ce qu’il y avait de plus saint dans tout le Royaume.
Fort heureusement, le Saint Mors lui-même échappa à la destruction ou au vol, et fut simplement déposé à la bibliothèque de la ville, où il demeura à titre de « curiosité » jusqu’à la fin de la tourmente.

Le reliquaire actuel, de style néo-byzantin en bronze doré, a été réalisé en 1872 par l’orfèvre lyonnais Thomas Joseph Armand-Calliat.
Sur un pied circulaire, orné de quatre chevaux, est érigée une tige cylindrique munie d’un nœud, comme les calices ou les ostensoirs. Sur ce nœud sont fixés quatre médaillons en émail champlevé représentant les principaux épisodes de l’histoire de la relique.
La custode dans laquelle est enfermé le Saint Mors est tapissée d’un fond damassé, blanc nacré et rouge, constellé de petits clous d’or. Elle est entourée de rinceaux entrelacés dans lesquels sont représentés quatre chérubins aux six ailes émaillées.
Le bord de la custode déroule, en lettres d’or sur un fond d’émail noir, une citation du prophète Zacharie : « In die illa erit, quod super Frœnum equi sanctum Domino omnipotenti : en ce jour-là, le Mors du cheval sera consacré au Seigneur tout-puissant » (Zach. XIV, 20).
Sur le pied est inscrite la citation de Saint Ambroise que nous avons déjà raportée au commencement de cette notice : « De uno clavo frœnos fieri prœcepit, de altero diadema intexuit ; utroque usus est Constantinus ».

autel du Saint Mors

Autel du Saint Mors
(Carpentras – cathédrale Saint Siffrein)

Je n’ai pas trouvé de prière particulière en l’honneur du Saint Mors, sinon ces versets et cette oraison liturgiques que le clergé de la cathédrale Saint-Siffrein rajoutait à l’office des laudes et des vêpres  pour célébrer la commémoraison de l’insigne relique :

Verset et oraison pour la commémoraison du Saint Clou

Pour nous, en sus, nous nous inspirerons des splendides paroles de Saint Ambroise pour supplier le Roi des rois à l’intention de Son lieutenant au Royaume des Lys :

O Dieu, dont la Providence a permis que le Saint Mors du premier empereur chrétien, Saint Constantin le Grand, forgé à partir de l’un des Clous sacrés par lesquels Vous fûtes attaché à la Croix, soit recueilli en ce Comtat qui est aujourd’hui terre de France, nous Vous prions de regarder avec miséricorde le Royaume des Lys égaré loin de Vous : daignez Vous souvenir de toutes les grâces, faveurs et promesses que Vous avez accordées à ses peuples, et, par les mérites de Votre bienheureuse Passion dont nous vénérons avec ferveur ici-bas les précieuses reliques, par l’intercession de Notre-Dame, Votre Mère très sainte debout au pied de la Croix, et à la prière de tous les saints de France, ramenez ce Royaume dans les voies de la conversion, de la pénitence et de la fidélité à Vos desseins ; rendez-lui son Souverain légitime, et donnez-lui de marcher dignement sous l’étendard sacré de la Croix.
Que Votre sainte Croix soit sur son front pour y être adorée ; que Votre sainte Croix soit dans ses mains pour les diriger ; que sa couronne soit faite de la Croix, afin que la foi resplendisse ; que son pouvoir découle de la Croix, afin que la vraie puissance gouverne ; afin qu’à sa suite, les peuples de France, soumis à Vous dans leur intelligence comme dans leurs actes, vivent dans le rayonnement de paix et d’amour de Votre divin Coeur !

Ainsi soit-il.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur.

Reliquaire du Saint Mors - la custode

Fleur de Lys

2018-8. Edit de Saint-Germain par lequel Sa Majesté le Roi Louis XIII a publié et ordonné la consécration du Royaume de France à la Très Sainte Vierge Marie sous le vocable de son Assomption.

- 10 février 1638 -

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En l’an 1636, la Très Sainte Vierge Marie fit savoir à la Révérende Mère Anne-Marie de Jésus Crucifié (de Goulaine), religieuse stigmatisée que Monsieur le Cardinal de Richelieu tenait en très haute estime, qu’elle désirait que la France lui soit solennellement consacrée par le Roi. L’année suivante, Sa Majesté le Roi Louis XIII, « dans le secret de son coeur », consacra sa personne et son Royaume à Notre-Dame. Dans le même temps, par tout le Royaume, montaient vers le Ciel d’ardentes prières pour qu’un Dauphin fût donné à la France. Leurs Majestés elles-mêmes, multipliaient les prières, les pèlerinages et les pieuses donations afin d’obtenir un héritier, attendu depuis vingt-deux années.
La Sainte Mère de Dieu répondit en apparaîssant à un religieux augustin du couvent de Notre-Dame des Victoires, dnt l’église venait d’être fondée depuis peu par le Roi, en action de grâces pour la victoire sur les protestants. La Très Sainte Vierge Marie demandait en particulier trois neuvaines réalisées successivement en son sanctuaire de Cotignac en Provence, à Notre-Dame de Paris et dans l’église Notre-Dame des Victoires.
Ces faits mystiques furent portés à la connaissance de Sa Majesté la Reine Anne. Le religieux, frère Fiacre de Sainte-Marguerite, acheva les trois neuvaines demandées par la Madone le 5 décembre 1637 et c’est très exactement neuf mois après jour pour jour, le 5 septembre 1638, que naquit le Dauphin Louis Dieudonné, futur Louis XIV (cf. > ici).
Dès que la Reine fut certaine de sa grossesse, et sans attendre la naissance pour savoir si l’enfant royal serait garçon ou fille, Sa Majesté le Roi Louis XIII publia, le 10 février 1638, cet Edit de Saint-Germain, acte officiel par le moyen duquel il fait connaître au Royaume de France la consécration qu’il fait de sa personne, de sa couronne et de tout son Royaume à Notre-Dame et promulgue la manière dont cette consacration devra être solennellement renouvelée chaque année à la date du 15 août.

Louis XIII offrant sa couronne à Notre-Dame - Nicolas Coustou

Louis XIII offrant sa couronne à Notre-Dame
(oeuvre de Nicolas Coustou – détail du monument du Vœu de Louis XIII à Notre-Dame de Paris)

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Louis, par la grâce de Dieu, Roi de France et de Navarre,
à tous ceux qui ces présentes lettres verront,
salut.

Dieu, qui élève les rois au trône de leur grandeur, non content de nous avoir donné l’esprit qu’Il départ à tous les princes de la terre pour la conduite de leurs peuples, a voulu prendre un soin si spécial et de notre personne et de notre Etat, que nous ne pouvons considérer le bonheur du cours de notre règne sans y voir autant d’effets merveilleux de Sa bonté que d’accidents qui nous menaçaient.
Lorsque nous sommes entré au gouvernement de cette couronne, la faiblesse de notre âge donna sujet à quelques mauvais esprits d’en troubler la tranquillité ; mais cette main divine soutint avec tant de force la justice de notre cause que l’on vit en même temps la naissance et la fin de ces pernicieux desseins.
En divers autres temps, l’artifice des hommes et la malice du démon ayant suscité et fomenté des divisions non moins dangereuses pour notre couronne que préjudiciables à notre maison, Il lui a plu en détourner le mal avec autant de douceur que de justice ; la rébellion de l’hérésie ayant aussi formé un parti dans l’Etat, qui n’avait d’autre but que de partager notre autorité, Il S’est servi de nous pour en abattre l’orgueil, et a permis que nous ayons relevé Ses saints autels, en tous les lieux où la violence de cet injuste parti en avait ôté les marques.
Si nous avons entrepris la protection de nos alliés, iI a donné des succès si heureux à nos armes qu’à la vue de toute l’Europe, contre l’espérance de tout le monde, nous les avons rétablis en la possession de leurs Etats dont ils avaient été dépouillés. Si les plus grandes forces des ennemis de cette couronne se sont ralliées pour conspirer sa ruine, Il a confondu leurs ambitieux desseins, pour faire voir à toutes les nations que, comme Sa Providence a fondé cet Etat, Sa bonté le conserve, et Sa puissance le défend.
Tant de grâces si évidentes font que pour n’en différer pas la reconnaissance, sans attendre la paix, qui nous viendra de la même main dont nous les avons reçues, et que nous désirons avec ardeur pour en faire sentir les fruits aux peuples qui nous sont commis, nous avons cru être obligés, nous prosternant aux pieds de Sa Majesté divine que nous adorons en trois Personnes, à ceux de la Sainte Vierge et de la sacrée Croix, où nous vénérons l’accomplissement des mystères de notre Rédemption par la vie et la mort du Fils de Dieu en notre chair, de nous consacrer à la grandeur de Dieu par Son Fils rabaissé jusqu’à nous et à ce Fils par Sa mère élevée jusqu’à Lui ; en la protection de laquelle nous mettons particulièrement notre personne, notre état, notre couronne et tous nos sujets pour obtenir par ce moyen celle de la Sainte Trinité, par son intercession et de toute la cour céleste par son autorité et exemple, nos mains n’étant pas assez pures pour présenter nos offrandes à la pureté même, nous croyons que celles qui ont été dignes de Le porter, les rendront hosties agréables, et c’est chose bien raisonnable qu’ayant été médiatrice de ces bienfaits, elle le soit de nos actions de grâces.

A ces causes, nous avons déclaré et déclarons que, prenant la très sainte et très glorieuse Vierge pour protectrice spéciale de notre royaume, nous lui consacrons particulièrement notre personne, notre Etat, notre couronne et nos sujets, la suppliant de nous vouloir inspirer une sainte conduite et défendre avec tant de soin ce royaume contre l’effort de tous ses ennemis, que, soit qu’il souffre le fléau de la guerre, ou jouisse de la douceur de la paix que nous demandons à Dieu de tout notre cœur, il ne sorte point des voies de la grâce qui conduisent à celles de la gloire.
Et afin que la postérité ne puisse manquer à suivre nos volontés à ce sujet, pour monument et marque immortelle de la consécration présente que nous faisons, nous ferons construire de nouveau le grand autel de l’église cathédrale de Paris, avec une image de la Vierge qui tienne entre ses bras celle de son précieux Fils descendu de la Croix ; nous serons représenté aux pieds du Fils et de la Mère, comme leur offrant notre couronne et notre sceptre [note].

Nous admonestons le sieur archevêque de Paris, et néanmoins lui enjoignons, que tous les ans, le jour et fête de l’Assomption, il fasse faire commémoration de notre présente déclaration à la Grand’ Messe qui se dira en son église cathédrale, et qu’après les vêpres dudit jour il soit fait une procession en ladite église, à laquelle assisteront toutes les compagnies souveraines, et le corps de la ville, avec pareille cérémonie que celle qui s’observe aux processions générales plus solennelles.
Ce que nous voulons aussi être fait en toutes les églises tant paroissiales, que celles des monastères de ladite ville et faubourgs ; et en toutes les villes, bourgs et villages dudit diocèse de Paris.

Exhortons pareillement tous les archevêques et évêques de notre royaume, et néanmoins leur enjoignons de faire célébrer la même solennité en leurs églises épiscopales, et autres églises de leurs diocèses ; entendant qu’à ladite cérémonie les cours de parlement, et autres compagnies souveraines, et les principaux officiers des villes y soient présents.
Et d’autant qu’il y a plusieurs églises épiscopales qui ne sont point dédiées à la Vierge, nous exhortons lesdits archevêques et évêques en ce cas, de lui dédier la principale chapelle desdites églises, pour y être faite ladite cérémonie ; et d’y élever un autel avec un ornement convenable à une action si célèbre, et d’admonester tous nos peuples d’avoir une dévotion toute particulière à la Vierge, d’implorer en ce jour sa protection, afin que, sous une si puissante patronne, notre royaume soit à couvert de toutes les entreprises de ses ennemis, qu’il jouisse longuement d’une bonne paix ; que Dieu y soit servi et révéré si saintement que nous et nos sujets puissions arriver heureusement à la dernière fin pour laquelle nous avons tous été créés ; car tel est notre bon plaisir.

Donné à Saint-Germain-en-Laye, le dixième jour de février, l’an de grâce mil-six-cent-trente-huit, et de notre règne le vingt-huitième.

signature de Louis XIII

Armes de France & Navarre

[note] Louis XIII mourut sans avoir pu réaliser ce dessein mais Louis XIV se chargea d’acquitter le monument prévu par le vœu de son père. La décoration du chœur de Notre-Dame, entreprise par le Grand Roi, ne fut achevée qu’en 1714 : la Très Sainte Vierge Marie y est représentée assise au pied de la croix, tenant le Christ mort sur ses genoux ; du côté de l’épître Louis XIII, et du côté de l’Evangile Louis XIV – puisqu’il voulut se réunir à son père dans cet acte solennel – offrent leur couronne à la Vierge. Malgré les saccages et pillages des révolutions et troubles politiques de la fin du XVIIIe siècle et du XIXe siècle, et malgré le démantèlement du maître-autel de la cathédrale lors de la réforme liturgique postérieure au second concile du Vatican, ces œuvres sont encore à leur place dans le fond du sanctuaire de Notre-Dame de Paris, ainsi qu’on peut le voir ci-dessous.

Voir aussi dans les pages de ce blogue :
- Manière d’accomplir la procession du Vœu de Louis XIII > ici
- Décret de Pie XI proclamant ND de l’Assomption patronne principale de la France > ici

P1080750 France, Paris, «le voeu de Louis XIII» dans le fond du choeur de la cathédrale Notre-Dame; Louis XIII et Louis XIV entourent la Vierge de pitié «Pieta»

Monument du Vœu de Louis XIII (cathédrale Notre-Dame de Paris)

« Venez à mon aide par les mérites de votre chaste Purification ! »

Prière
à la

Sainte Mère de Dieu
au
saint jour de sa Purification

(attribuée à Saint Anselme)

église st Joseph de Chambérat (Bourbonnais)

La Purification de Notre-Dame et la présentation de Jésus au Temple
(vitrail de l’église Saint-Joseph, à Chambérat dans le bocage bourbonnais)

frise avec lys naturel

« Venez à mon aide par les mérites de votre chaste Purification ! »

O Vierge très sublime, par les mérites de votre sainte Purification donnez-moi la force contre vos ennemis.

Vous êtes très sainte, ô Vierge, toute pure de corps, toute belle dans votre vie. Votre coeur et votre bouche n’ont jamais été souillés ; vous êtes belle infiniment, pure infiniment, Vierge toute chaste de corps et d’esprit.

Vous qui ne deviez rien à la loi, vous avez pourtant voulu, pour donner un exemple d’humilité, remplir le devoir prescrit à toutes les mères. Vous avez porté au Temple, pour être purifié avec vous, ô chaste Mère, Celui qui connaît nos péchés. Rien n’existe en effet qui ne soit ouvert et nu devant Lui ; c’est Lui qui nous purifie de nos péchés cachés, si nous les confessons et si nous faisons pénitence chaque jour ; c’est Lui qui préserve Ses serviteurs du péché d’orgueil, s’ils se mortifient.
Vous avez porté au Temple, pour être purifié avec vous, Celui dont le Sang répandu sur la Croix de Sa Passion, nous a lavés de la tache originelle et qui nous purifie tous les jours sur l’autel de la Croix, par les saints mystères, des péchés que nous regrettons et que nous avons confessés.
Vous avez porté au Temple, pour être purifié avec vous, Celui qui est devenu pour nous le grand prêtre selon l’ordre de Melchisédech ; qui compatit sans fin à notre faiblesse et ne cesse d’avoir pitié de nous ; qui nous réconcilie, comme un prêtre fidèle, avec Dieu le Père, acquittant les péchés du peuple par l’offrande que Lui, Dieu de Dieu, fait chaque jour à Dieu le Père.
Car si nous nous repentons et si nous confessons nos péchés, Dieu, qui est fidèle, juste et patient, nous accordera l’indulgence et le pardon.

En Son Nom, ô Vierge très pure, je me réfugie vers vous.
En Son Nom très doux et en Son Amour, recevez-moi, clémente Souveraine, et venez à mon aide par les mérites de votre chaste Purification !
Faites que je me sente, ô ma grande joie, tellement purifié pour l’éternité des taches de ma conscience, que nulle souillure ou mauvaise action ne m’attriste plus.

Sainte Mère de Dieu, recevez-moi et intercédez pour le pécheur que je suis auprès de votre doux Enfant Jésus-Christ, le fruit béni de votre sein, et ayez pitié de moi !

Ainsi soit-il !

église st Joseph de Chambérat détail

La tradition de la « Crèche blanche » le jour de la chandeleur > ici
« Des chats et des crêpes » > ici

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