25 mars,
Fête de l’Annonciation de la Bienheureuse Vierge Marie.
Voici le texte de la lettre mensuelle adressée aux membres et amis de la Confrérie Royale à l’occasion du 25 mars 2026 :

Guido Reni (1575-1642) : Annonciation (entre 1625 et 1642)
[Musée du Louvre]
L’Annonciation
méditée par l’Ecole française de spiritualité.
Dans l’un de ses ouvrages consacré à la spiritualité du sacerdoce, le Révérend Père rédemptoriste Clément Dillenschneider († 1969) vante les richesses doctrinales « de notre incomparable École française de spiritualité. La grandeur de la spiritualité bérullienne est d’être, selon le mot d’Henri Brémond : ‘‘chargée de dogme’’, ce qui fait sa solidité et sa perpétuelle jeunesse. Or la spiritualité de l’École française est empreinte d’un double cachet : elle est par excellence une spiritualité mariale et une spiritualité sacerdotale. Et elle est l’une et l’autre parce qu’elle est centrée sur le mystère de l’Incarnation qui explique à la fois le mystère de Marie et le mystère du prêtre ». L’abbé Brémond précité n’hésite pas à son tour à qualifier ce courant spirituel d’École « sans contredit la plus originale, la plus riche et la plus féconde de celles que vit naître l’âge d’or de notre littérature religieuse ».
Or, s’il est une prière qui résume admirablement cette spiritualité centrée sur l’Incarnation, c’est bien celle de l’Angélus, qui nous donne de revivre trois fois par jour le mystère de l’Annonciation. Les Maîtres de l’École française ont médité ce passage crucial de l’Évangile avec une profondeur théologique et contemplative remarquable. Parmi eux, le cardinal Pierre de Bérulle († 1629), de pieuse mémoire, l’introducteur du Carmel en France et le chef de file de ce courant spirituel, que le pape Paul V appelait « l’apôtre du Verbe incarné », nous offre une méditation particulièrement riche sur l’Annonciation. Prenons le temps d’en goûter toute la profondeur en lisant ces lignes posément, car une lecture rapide ne nous permettrait pas de tirer toute la saveur spirituelle contenue dans ces paroles inspirées. Comme avec le latin liturgique, la concision terminologique favorise la précision dogmatique.

L’humilité devant l’ange
L’Angélus reprend les paroles-mêmes de l’Évangile selon saint Luc :
L’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. L’ange entra chez elle et dit : « Je vous salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec vous » (Lc 1, 26-27).
Pendant la visite de l’ange, l’humilité [de la Sainte Vierge] est si grande qu’elle ne voit pas que Dieu l’élève en un trône pour la couronner comme reine de l’univers et mère de Celui qui l’a créée… Dès longtemps on vous prépare à le concevoir dignement ; mais vous ne l’apercevez pas, ô Vierge humble et sacrée ! Vous ne voyez pas vos grandeurs… car Dieu joint à votre esprit une simplicité divine avec une fidélité parfaite, et vous coopérez sans cesse à une grâce que vous ne discernez pas.
L’Évangile poursuit : À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation (Lc 1, 29)
Mais ce trouble, explique Bérulle, n’est nullement un ébranlement de faiblesse :
Si elle se trouble à la parole de Gabriel, ce n’est pas qu’elle ait peur à l’apparition de cet ange en une forme humaine, car sa pureté est solide, innocente et tranquille ; elle est céleste, angélique, et divine ; elle n’est pas faible, défiante, ombrageuse et la garde d’icelle est sans timidité, sans trouble et sans inquiétude… Vous êtes tout angélique d’esprit, de grâce et de condition, vous êtes accoutumée de traiter avec les anges. L’étonnement de la Vierge est un étonnement de l’esprit et non des sens, un étonnement produit par la grâce et non par la nature, un étonnement de lumière et non de faiblesse.
D’avance, elle adhère fermement à ce qu’elle n’entend pas encore, et quand l’ange reprend : ‘‘Que Vous êtes si heureuse en la recherche de la grâce de Dieu, que vous avez trouvé même la grâce des grâces’’, c’est-à-dire le Fils unique de Dieu, elle répond par une parole de foi signalée, de pureté virginale, de prudence céleste, de conduite divine, de fécondité heureuse.

Lumière de la foi
L’échange entre l’ange et Marie conduit alors à la fameuse question : « Quomodo fiet istud ? Comment cela se produira-t-il ? ». Cette interrogation a parfois été mal comprise. Bérulle en souligne au contraire toute la pureté spirituelle :
Ce n’est pas une parole d’infidélité ni même de curiosité. Avant que cet ange paraisse, la Vierge est trop bien instruite de la naissance du Messie (qui était l’article principal de la foi des juifs) et de la puissance de Dieu (qui est le premier article de la foi du monde) pour avoir peine à croire que le Messie naîtra d’une Vierge, et pour restreindre la puissance divine à le faire naître par le seul moyen commun et ordinaire à la naissance de tous les mortels. Sa lumière est trop grande et sa foi trop élevée pour une erreur si grossière.
Sans peine donc et sans retardement, elle croit ce qui lui est annoncé, il n’y a pas lieu d’en douter, en la grandeur de sa foi, en la lumière qu’elle a des Écritures et à l’autorité de l’ange qui l’annonce. Mais en la supposant, elle sait qu’il y a plusieurs voies cachées dans les trésors de la puissance divine pour accomplir cet œuvre, et cette connaissance est lumière. Elle exclut cette seule voie qui répugne à son vœu, et c’est fidélité. Elle n’ouvre point son esprit à en conjecturer aucune, et c’est simplicité. Elle ne prend point l’autorité d’en vouloir, d’en choisir, d’en prescrire, d’en affecter une, et c’est humilité. Et puisque Dieu veut faire cet œuvre en elle et avec elle, elle croit pouvoir et devoir s’enquérir du moyen choisi et ordonné dans le conseil de Dieu, et c’est vérité et équité. La Vierge considère ce que cet ange lui propose, et c’est prudence ; elle se rend à la première ouverture qui lui est faite, et c’est facilité ; elle conclut et répond aussitôt, et c’est obéissance.
Ainsi la foi de Marie apparaît déjà comme parfaite, pleinement docile à l’action divine et contenant tout le chapelet des vertus chrétiennes.

Le Fiat de Marie
Vient alors la réponse décisive de la Vierge : Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon votre parole » (Lc 1, 38)
Bérulle contemple longuement la portée de ces quelques mots :
Par obéissance, elle se déclare la servante de Dieu. Elle est au terme de grâce qui termine tout le cours de sa vie précédente, vie très haute et préparant à l’état nouveau où elle va entrer à la fin de ces saintes paroles. Cette parole donc n’est pas une parole de piété commune et d’un sens ordinaire, c’est une parole et d’abaissement et d’élévation très grande tout ensemble… Lorsque cette Vierge humble, silencieuse et modeste ouvre la bouche pour la proférer, elle est en la main du Verbe éternel qui est avec elle, qui va s’incarner en elle… Elle correspond dignement à la qualité de sa personne, à la sublimité de sa grâce, à la sainteté de son état, à la divinité de son appartenance au Père, au Fils et au Saint-Esprit. Son acquiescement est un vœu et une profession solennelle de son abaissement, de sa servitude, de son abandon.
Le Père oratorien Guillaume Gibieuf († 1650) scrute à son tour toute la portée de ce mot :
Fiat : c’est une parole non d’étonnement comme la première mais de consentement. C’est une parole non d’inquisition humaine mais de résolution divine. C’est une parole non de suspension mais d’inclination vive et ardente à l’accomplissement du vouloir de Dieu et de son œuvre. Cette simple parole porte en un simple mot deux choses dignes de grands poids : elle porte et un désir d’amour, et un consentement par obéissance, et un consentement si important que d’icelui dépend un œuvre si grand et si nécessaire au ciel et à la terre.
Et lorsque Marie ajoute :
Ecce ancilla Domini : par ces paroles, la Vierge change de qualité et entre en un nouvel état. L’ange se retire et Dieu s’approche, et la Vierge demeure en son élévation. Ô merveille ! Ô grandeur ! Les paroles de l’ange s’effectuent : le ciel s’ouvre, le Saint-Esprit descend en la Vierge, la vertu du Très-Haut la remplit, l’œuvre des œuvres s’accomplit.

Le mystère de l’Incarnation
Gibieuf contemple alors le mystère qui vient de s’accomplir dans le silence de Nazareth :
Et en cet heureux moment, le Créateur se fait créature pour ses créatures : l’architecte du ciel et de la terre se forme un corps terrestre pour sanctifier la terre et le ciel ; Dieu se fait homme pour le salut des hommes, et la Vierge devient Mère de Dieu.
C’est en Nazareth que se font ces merveilles ; c’est en un profond silence et en une nuit obscure ; c’est en un moment, ou pour mieux dire dans les mesures de votre éternité. Mais il faut du temps, de la grâce, de la lumière pour penser dignement à des choses si grandes. Celui qui est la splendeur du Père et vient pour être la lumière du monde daigne éclairer nos ténèbres.
Et l’Évangile conclut sobrement : Alors l’ange la quitta (Lc 1, 38). La sensibilité de Gibieuf lui fait remarquer :
Et discessit ab illa angelus : c’est la seule dureté que je trouve en un sujet si doux et si délicieux, et dureté pratique au regard d’un si grand ange, et d’un ange qui a grande part à ce mystère. Mais la dignité de l’œuvre de Dieu et la grandeur suprême de la Trinité qui l’opère le porte ainsi.
Au vrai, c’est toute la cohorte des bons esprits qui accourt auprès de Marie et l’environne pour saluer en elle la Regina angelorum : la Reine des anges, et s’émerveiller devant un tel mystère d’une jeune vierge concevant le Fils de Dieu.

Marie, temple vivant du Verbe incarné
À partir de ce moment béni commence pour Marie une vie nouvelle entièrement tournée vers le mystère qu’elle porte en elle :
Après l’Incarnation, écrit Bérulle, Marie est consommée en grâce très rare et très élevée, mais ce comble n’est qu’un fondement et un commencement d’un nouvel édifice. Car une nouvelle vie commence pour elle, vie pleine de grâces, de lumière et de désir de servir à Dieu en ce haut ministère. Il est plus facile de dire ce qu’elle ne fait pas que ce qu’elle fait : elle est non en un mouvement, mais en un repos, car elle est tranquille ; non en un repos, mais en un mouvement, car elle tend à Dieu et y tend par une vigueur et vivacité admirables.
Désormais, tous ses actes vont se rapporter à Jésus et à sa mission : la Vierge est occupée en Jésus et elle est seule en toute la terre occupée en Jésus ; seule elle adore le mystère de l’Incarnation [ajoutons : avec tous les saints anges], y applique et absorbe tous ses sens, toutes ses facultés. La grâce et la nature conspirent en elle à établir une disposition éminente et ravissante son cœur et son esprit en Jésus son Fils. Il est présent en elle, il est puissant en elle, il est opérant en elle. Elle est parfaitement disposée à recevoir ces saintes opérations, et à les recevoir selon toute leur énergie et étendue. Elle entre en connaissance de ses secrets puisqu’ils se passent en elle, elle est disposée à en favoriser l’exécution, en acceptant avec lui l’abaissement et la croix qui lui sont réservés. En attendant, elle est tout occupée de lui par admiration qui est une occupation sublime, rare et ravissante, occupée par conservation et garde d’un dépôt sacré.

Marie médiatrice
De ce mystère découle également la mission spirituelle de Marie envers les âmes :
La fonction de la Sainte Vierge est de donner Jésus aux âmes. Comme conséquence de la naissance temporelle qu’il a reçue d’elle, elle acquiert un droit sur lui, et non seulement elle, mais le Père aussi. C’est vous ô Marie qui, lui donnant une nouvelle naissance, donnez commencement au pouvoir du Père vers le Fils parce que vous le mettez en état auquel le Père puisse exercer son pouvoir sur lui. Le Père éternel, qui vous devance une éternité en la production de son Fils, ne vous devance pas d’un seul moment en l’exercice de son autorité sur lui. Tous les deux ont contribué à le former, tous les deux peuvent le donner aux âmes et le Père ne veut point réserver à soi seul cette nouvelle puissance qui lui est donnée par le mystère de l’Incarnation ; car il la communique à la Sainte Vierge et la met en puissance et autorité maternelle sur celui sur lequel il prend puissance et autorité paternelle. Ainsi le Père éternel honore et partage son pouvoir sur son Fils avec la Vierge, à laquelle celui qui est le Fils de Dieu et Dieu même est assujetti pour notre exemple et pour notre amour.
Dans un sens très proche, Bossuet dira : « Dieu ayant une fois voulu nous donner Jésus-Christ par la Sainte Vierge, cet ordre ne change plus. Il est et sera toujours véritable qu’ayant reçu par elle une fois le principe universel de la grâce, nous en recevions encore, par son entremise, les diverses applications dans tous les états différents qui composent la vie chrétienne ».

Une vie d’adoration silencieuse
La vocation profonde de Marie se résume alors en une attitude intérieure : « C’est son état, c’est sa voie, c’est sa vie. Sa vie est une vie de silence qui adore la Parole éternelle ».
C’est dans la même ligne que le Père Gibieuf médite lui aussi cet événement :
Au jour de l’Annonciation, l’huile qui la sacre est la plénitude de la divinité dont elle est imbue et pénétrée pour l’accomplissement du mystère ineffable de l’Incarnation. L’auteur ne veut pas que l’on dise qu’elle est devenue Mère seulement à ce moment-là : Ne dites pas que c’est une créature humaine, élevée à la dignité de Mère de Dieu, mais dites plutôt que c’est la dignité incomparable de Mère de Dieu, établie dans une créature humaine. Ce n’est pas une forme qui s’ajoute, c’est son fonds, c’est sa substance, c’est son tout et elle n’est que cela et elle n’est que capacité de cela. En raison de cela, elle est immaculée dans sa conception, impeccable, incapable même de commettre une faute ; Dieu donne une attention particulière à former son corps, revêtu d’une beauté éminente qui s’explique par celle de son Fils ; il la prépare à sa mission en la conduisant au temple par dispensation et conduite spéciale de son conseil ; elle y est en communication incessante avec Dieu et ses anges qui tiennent à dignation et faveur particulière d’être employés à lui rendre service.
Quand Marie a prononcé le Fiat, émanation singulière du désir que le Père éternel a de donner son Fils au monde, elle entre en société et communication spéciale avec le Verbe : elle a donc en elle le Père et le Fils, le Père comme Époux, le Fils comme Fils et le Saint-Esprit comme le lien sacré et indissoluble du Père et du Fils. Le sein de la Vierge devient un temple où Dieu est plus saintement adoré que dans le ciel ; son Fils, qui remplit ses entrailles de son petit corps, remplit son âme de son esprit et de sa vie. C’est de lui qu’elle reçoit les paroles qui sanctifient saint Jean dès avant sa naissance : y eut-il jamais rien de si efficace et de si puissant ? Quand sa cousine la magnifie, elle magnifie le Seigneur et supprime ainsi les louanges de la créature par les louanges du Créateur.
À la visite de l’ange, elle entre dans le soin de garder son vœu de virginité et c’est être fidèle à ce Seigneur à qui elle s’est engagée ; et, dans le soin de garder son vœu, elle demande comment cela se pourra faire, et c’est une prudence céleste ; et, après que l’Ange a éclairci tous ses doutes, voyant la volonté de Dieu clairement proposée, ce qui lui reste est de rendre obéissance à son Souverain. Elle accepte dans la double disposition d’abaissement en elle-même et d’élévation à Dieu dont témoigne sa réponse.
Suivons cet ange pas à pas, et voyons comme il va non à Rome la triomphante, ni à Athènes la savante, ni à Babylone la superbe, ni même à Jérusalem la sainte. Il va en un coin de la Galilée, à une bourgade inconnue, à un Nazareth dont Nathanaël dira un jour : « A Nazareth aliquid boni esse ? De Nazareth, peut-il en sortir quelque chose de bon ? » (Jn 1, 46).
Puis : L’Ave Maria est la première parole angélique adressée à la première personne du Nouveau Testament, c’est la première parole évangélique annoncée à la terre : c’est l’Évangile du Père éternel à la Vierge que cet ange porte du ciel.
Et sur l’intervention du Saint-Esprit comme acteur de ce mystère : La nature ne prendra point part à cet œuvre. Les anges mêmes, employés d’ordinaire dans les œuvres de Dieu, n’y seront point appelés. La main seule du Tout-Puissant y sera appliquée ; et la fécondité de la Vierge sera élevée par puissance divine à concevoir et produire saintement le Saint des saints, le Fils propre et unique de Dieu-même. Rien d’impur et de terrestre ne sera mêlé en cette opération ; tout y sera céleste et divin. Vous aurez, ô Vierge sacrée, et la fleur et le fruit tout ensemble : la fleur de votre virginité et le fruit de votre fécondité.

L’angélus rythme notre vie chrétienne
La méditation de l’Angélus n’est pas seulement la contemplation d’un événement passé : elle ouvre sur la vie spirituelle des chrétiens eux-mêmes. Gibeuf évoque à ce propos la parole du Christ :
“Quiconque fera la volonté de mon Père qui est dans les cieux, il est mon frère, ma sœur, ma mère” (Mt 12, 50) : parole mystérieuse mais dont nous apercevons quelque lueur dans la doctrine de votre grand apôtre qui nous apprend que nous sommes vos membres, que vous naissez en nous, que vous y êtes formé, que vous y croissez, que votre corps ne sera consommé et parfait que quand tous ceux que votre Père vous a donnés seront en vous vivant de votre esprit et subsistant en l’unité de votre divine personne ; et que, partant, tous ceux qui servent à la conversion et sanctification des âmes (or tous doivent y servir plus ou moins, selon la grâce qui leur est départie) servent à former et édifier votre corps et vous font office de Mère.
Ainsi, en récitant l’Angélus, le chrétien est invité à entrer lui-même dans la dynamique du mystère de l’Incarnation : accueillir le Verbe, coopérer à son œuvre et participer à la naissance spirituelle du Christ dans les âmes.

Par l’intercession de saint Gabriel
Toute la tradition spirituelle de l’École française converge vers cette vérité : le mystère de l’Incarnation est inséparable de la mission de Marie dans l’histoire du Salut. C’est pourquoi saint Louis-Marie Grignion de Montfort († 1716) peut résumer ainsi cette doctrine : « C’est par la Très Sainte Vierge Marie que Jésus-Christ est venu au monde et c’est aussi par Elle qu’Il doit régner dans le monde ».
Confions notre avancement spirituel au héraut de l’Incarnation, l’archange saint Gabriel, que nous fêtions liturgiquement hier et qui eut pour mission d’annoncer la Bonne Nouvelle à la Vierge Marie et de l’éclairer. Lui qui, dans l’Ancien Testament, apparut au prophète Daniel lui annonçant : « Nunc egressus sum ut docerem te et intelligeres : Je suis venu maintenant pour t’instruire et pour que tu comprennes » (Dn 9, 22), qu’il daigne nous instruire dans les voies sprirituelles et nous faire voir la volonté de Dieu en toutes choses ; lui qui, à l’aube du Nouveau Testament, se manifesta à Zaccharie (cf. Lc 1, 13 : « Sois sans crainte, Zacharie, car ta prière a été entendue : ta femme Élisabeth te donnera un fils ») puis à la Très Sainte Vierge Marie pour leur annoncer la naissance de leurs fils respectifs, que « l’Archange de la fertilité » rende fructueuses nos actions et nous fasse croître dans l’intimité du Verbe incarné.
R.P. Clément de Sainte-Thérèse
