Archive pour la catégorie 'Prier avec nous'

2026-72. Le motet « Bone Pastor » de Thomas Tallis.

Dimanche du Bon Pasteur
[Deuxième dimanche après Pâques].

Dimanche du Bon Pasteur Fr.Mx.M. - blogue

    Péricope évangélique chantée ce dimanche à la Messe :

   « En ce temps-là, Jésus dit aux pharisiens : Je suis le Bon Pasteur. Le Bon Pasteur livre sa vie pour ses brebis. Le mercenaire, en revanche, celui qui n’est point le pasteur, auquel les brebis n’appartiennent pas, voit-il venir le loup, qu’il abandonne les brebis, et s’enfuit ; et le loup ravit et disperse les brebis. Le mercenaire s’enfuit, parce qu’il est mercenaire, et qu’il ne se met point en peine des brebis.
Je suis le Bon pasteur, et Je connais Mes brebis, et Mes brebis Me connaissent, comme le Père Me connaît et que Je connais le Père ; et Je livre Ma vie pour Mes brebis.
J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de ce bercail ; celles-là aussi, il faut que Je les conduise ; elles écouteront Ma voix, et il n’y aura qu’un seul troupeau et qu’un seul pasteur » (Jean X, 11-16).

   Compositeur majeur et organiste de la renaissance anglaise, Thomas Tallis (vers 1505 – 1585) fut nommé gentilhomme de la Chapelle Royale en 1542 et se maintint à ce poste malgré les circonstances difficiles : en effet, catholique convaincu et fidèle, il conserva son poste et tint l’orgue et composa successivement pour les rois Henri VIII et Edouard VI, puis pour les reines Marie Tudor et Elisabeth Ière.
Ainsi, nombre de ses compositions religieuses reflètent-elles la tradition liturgique catholique et conservent-elles des textes latins. Ainsi le motet « Bone Pastor » formé sur l’avant-dernière strophe de la séquence « Lauda Sion » de la Messe de la Fête-Dieu, composée par Saint Thomas d’Aquin (en 1264) :

   « Bone Pastor, Panis vere, Jesu, nostri miserere : Tu nos pasce, nos tuere : Tu nos bona fac videre, in terra viventium : Bon Pasteur , Pain véritable, ô Jésus, ayez pitié de nous ; faites-nous paître, protégez-nous ; faites-nous voir les biens [véritables] sur la terre des vivants ».

   De tous les enregistrements disponibles sur la toile que nous avons pu comparer, c’est la version enregistrée par « les Chanteurs de Varsovie » (The Warsaw Singers) que nous avons préférée et que nous vous proposons ci-dessous (faire un clic droit sur l’avatar ci-dessous, puis « ouvrir dans un nouvel onglet ») :

Image de prévisualisation YouTube

   Puisse ce motet nourrir et porter votre prière en ce beau « Dimanche du Bon Pasteur » !

Tolbiac.

troupeau de brebis paissant

Prières à Notre-Dame de Fourvière :

Canivet Notre-Dame de Fourvière

       Glorieuse Notre-Dame de Fourvière, vous qui n’avez jamais abandonné ceux qui ont imploré votre secours, plein de confiance en votre bonté, je viens réclamer votre puissante protection auprès de Jésus-Christ votre Fils, persuadé que ce Fils chéri ne me refusera pas les grâces qui Lui seront demandées par l’intercession de Sa Très-Sainte Mère ; mais quoique je sois indigne de vos bontés, ô Vierge sainte, veuillez jeter sur moi un regard de miséricorde et me permettre de venir souvent prier dans votre sanctuaire afin d’obtenir de vous les grâces toutes particulières que vous accordez aux personnes pieuses qui viennent vous visiter dans votre sainte chapelle de Fourvière.

Ainsi soit-il !

Monogramme de la Vierge Marie - vignette blogue

   O très auguste Mère, Notre-Dame de Fourvière, puissante protectrice des chrétiens, consolatrice des affligés, je me jette, ainsi que tous ceux qui me sont chers, dans le sein de votre clémence et de votre amour ; je les remets entre vos mains et sous la garde spéciale de votre protection.

   Recommandez-nous, présentez-nous tous à votre divin Fils, afin qu’après avoir béni nos travaux temporels sur la terre, il nous fasse participer à sa gloire et à son bonheur éternel.

Ainsi soit-il !

Monogramme de la Vierge Marie - vignette blogue

   O divine Mère de notre Sauveur, vous qui avez toujours préservé du mal ceux qui ont recours à vous dans leurs moments de détresse et de douloureuse souffrance, combien parmi nous, misérables pécheurs que nous sommes, ont été soulagés par l’appui de votre clémente bonté en exauçant les vœux qu’ils vous adressaient !…

   Veuillez donc, ô bonne Vierge Marie, source infaillible de consolations, nous assister dans nos calamités, qui sont souvent bien terribles sur cette terre d’exil et de cruelles épreuves.

   Soutenez-nous dans nos découragements, faites pénétrer dans nos cœurs la Foi, l’Espérance et la Charité, ces trois vertus théologales indispensables pour obtenir vos grâces infinies, pour être secourus et sauvés.

   Gémissant sous le poids de nos péchés, nous nous prosternons à vos pieds, ô Mère du Verbe, daignez exaucer nos prières en nous accordant votre divine protection.

   Nous mettons toute notre confiance en vous, ô Marie, car vous êtes la Mère de Jésus-Christ Notre-Seigneur, qui règne dans le ciel.

Ainsi soit-il !

Chapelle et basilique Notre-Dame de Fourviere - blogue

2026-68. « Ma Bonne Mère, donnez-moi un cœur tout brûlant pour Jésus ! »

18 février,
Fête de Sainte Marie-Bernard Soubirous ;
16 avril,
Anniversaire de la mort de Sainte Marie-Bernard Soubirous.

       Sainte Marie-Bernard Soubirous a rendu son âme à Dieu, à l’âge de 35 ans, le 16 avril 1879.
Ses dernières paroles furent : « Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour moi, pauvre pécheresse, pauvre pécheresse ! »
Cette ultime appropriation du « Je vous salue, Marie » en exhalant son dernier soupir est emblématique de la profondeur et de la spontanéité de la relation qui unissait celle qui avait contemplé la Mère de Dieu immaculée dans la grotte de Massabielle et Celle qui s’y était dévoilée à ses regards.
En voici un autre témoignage dans cette prière écrite par la sainte religieuse – selon toute vraisemblance en 1874 – et retrouvée dans ses carnets de notes intimes.

Sainte Marie-Bernard Soubirous

Ma Bonne Mère,

donnez-moi  un cœur tout brûlant pour Jésus :

       O Marie, c’est au fort de la douleur et de l’épreuve que Vous êtes devenue ma Mère, je dois donc avoir une grande et entière confiance en Vous ; lorsque je serai sous le coup de l’épreuve de la part des créatures, et que je serai exposé à la tentation et à la désolation de mon âme, je viendrai me réfugier dans Votre Coeur, ma bonne Mère, et Vous prier de ne pas me laisser périr, de m’accorder la grâce d’être soumise et confiante dans l’épreuve, à Votre exemple, de souffrir avec amour ; que je reste, comme Vous, debout au pied de la Croix et clouée sur la Croix, si tel est le bon plaisir de Votre cher Fils.

   Jamais une enfant dévouée à Marie ne pourra périr ; ma Bonne Mère, ayez pitié de moi ; je me donne tout entière à Vous, afin que Vous me donniez à Votre cher Fils, que je veux aimer de tout mon coeur.

   Ma Bonne Mère, donnez-moi un cœur tout brûlant pour Jésus. 

Ainsi soit-il !

Vignette Crucifixion

2026-66. Fête du Patronage de Saint Joseph au Mesnil-Marie :

Mercredi 22 avril 2026

* * *

Fête du Patronage de Saint Joseph

(fête double de 1ère classe avec octave commune)

au Refuge Notre-Dame de Compassion

Fête du Patronage de Saint Joseph - blogue

       Programme :

- 11 h 30 : Messe chantée (rite latin traditionnel) ;

- Repas partagé (les personnes qui souhaitent venir doivent impérativement nous le faire savoir dans les meilleurs délais – merci) ;

       Important :

   La chapelle du Mesnil-Marie est un lieu privé, aussi les personnes qui désirent participer à cette fête et être présentes pour le déjeuner voudront-elles bien s’inscrire (au moyen de l’espace des commentaires, ci-dessous – ce ne sera pas publié).
Merci par avance !

Monogramme Saint Joseph vignette

2026-65. De l’anniversaire de la Confirmation de Sa Majesté le Roi.

15 avril,
Fête de Saint César de Bus, confesseur (cf. > ici) ;
Pieuse mémoire de Françoise d’Aubigné, marquise de Maintenon ;
Anniversaire de la naissance de Mgr Gaston de Ségur (cf. > ici) ;
Anniversaire de la confirmation de Sa Majesté le Roi (15 avril 1990).

Saint-Esprit - vignette blogue

       C’est le dimanche de Pâques 15 avril 1990 que Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX de France, a reçu le sacrement de confirmation, à Madrid, en l’église Saint-Louis des Français.

   Cette actuelle église Saint-Louis des Français de Madrid a été édifiée dans la seconde moitié du XXème siècle.
Située Calle Lagasca, 89 (pour ceux de nos lecteurs qui, de passage à Madrid, auraient la curiosité de l’aller visiter), elle est l’héritière de quatre siècles d’histoire, car la première chapelle française à Madrid a été fondée sous le vocable de Saint-Louis en 1613 par le chanoine Henri de Saulreux, un ecclésiastique qui avait été ligueur et qui – disons-le sans ambage car cela ne manque pas d’humour – ne s’était pas particulièrement réjoui de l’avènement des Bourbons sur le trône de France en la personne d’Henri III de Navarre – devenant Henri IV de France -, à la mort d’Henri III de Valois.

   L’architecture de cet édifice n’est pas vraiment accordé à nos goûts personnels (peut-être cela vous semblait-il une évidence sans que nous eussions besoin de l’écrire), mais il demeure, pour l’éternité, l’écrin dans lequel la personne de Louis XX a été investie par la plénitude des sept dons du Saint-Esprit, et dans lequel le sceau – en théologie on dit le caractère – sacré de soldat du Christ a été imprimé dans son âme royale.
Après tout, lorsqu’on vous offre un bijou de grand prix, je pense que vous attachez davantage d’importance au bijou lui-même qu’à l’écrin dans lequel il est placé…

église Saint-Louis des Français à Madrid

Madrid, actuelle église Saint-Louis des Français.

   Au moment de sa confirmation, notre jeune Roi – qui allait célébrer son seizième anniversaire dix jours plus tard – était devenu l’aîné de tous les Capétiens et Roi de France de droit, un peu plus de quatorze mois plus tôt, en raison du dramatique « accident » qui avait emporté son auguste père, notre regretté Roi Alphonse II, le 30 janvier 1989.

Louis XX adolescent - blogue

Louis XX aux alentours de sa seizième année

   Il n’est jamais inutile de rappeler que le sacrement de Confirmation a été institué par Notre-Seigneur Jésus-Christ pour conférer au baptisé les dons du Saint-Esprit et pour le fortifier dans la vie chrétienne.
En lui donnant le Saint-Esprit, il imprime dans son âme le caractère de soldat du Christ et il le rend parfait chrétien, puisqu’il perfectionne les vertus et dons reçus au baptême. 

   Ainsi, fait soldat du Christ, le confirmé est aussi combattant de la foi et défenseur de l’Eglise.
Si cela importe pour chaque chrétien, chacun comprendra que cela importe encore davantage pour celui que les Lois fondamentales du Royaume (cf. > ici) désignent comme légitime Roi de France, Fils aîné de la Sainte Eglise romaine et son porte-glaive, Défenseur-né de l’orthodoxie doctrinale et lieu-tenant du Roi du Ciel sur le Royaume des Lys.

   La célébration de l’anniversaire de la confirmation de Sa Majesté le Roi doit donc être pour chaque légitimiste l’occasion de prier avec encore davantage de ferveur qu’à l’accoutumée pour ce « Fils de Saint Louis », qui d’ailleurs ne manque jamais de dire combien il est heureux et fier d’avoir son saint ancêtre pour céleste protecteur et qui, dans la majorité de ses messages, insiste de manière récurrente sur les exemples de Saint Louis et leur actualité. 

« Domine, salvum fac Regem nostrum Ludovicum,
et exaudi nos in die qua invocaverimus Te ! »

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Statue de Saint Louis sur la façade de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre

Statue de Saint Louis sur la façade de la basilique de Montmartre.

2026-62. Lettre de Pâques du Prieur de la Confrérie Royale.

Dimanche de Quasimodo, 12 avril 2026.

       Voici la lettre adressée par le Prieur de la Confrérie Royale aux membres et sympathisants de la dite Confrérie à l’occasion des fêtes pascales ; il nous semble qu’elle peut être profitable à tous ceux qui, en dehors de la Confrérie Royale elle-même, ont le souci de développer sans cesse leur vie spirituelle.

autel du Calvaire - blogue

Jérusalem, basilique du Saint Sépulcre :
l’autel (grec) érigé à l’emplacement du Calvaire
(sous la table de l’autel, affleure le rocher et l’on peut y vénérer le trou creusé dans la roche en lequel était plantée la Croix de notre Rédemption).

Chers Membres et Amis de la Confrérie Royale,

   Avec ce dimanche de l’Octave de Pâques – appelé aussi « dimanche de Quasimodo » – s’achève la fête de la Résurrection de notre divin Sauveur : une fête de huit jours qui sont comme un seul (c’est le principe même des octaves) : à la fête de la Résurrection (puisque chaque jour de l’octave nous donne d’approfondir la réalité de cette résurrection selon la chair, avec les preuves que Notre-Seigneur Lui-même en a donné en apparaissant), succède maintenant le temps pascal où l’Eglise nous fait méditer les grâces que, chacun, nous recevons sans cesse du Sacrifice rédempteur du Calvaire, par lequel s’accomplit la grande victoire divine sur l’enfer et la mort, Sacrifice renouvelé quotidiennement de manière sacramentelle sur les autels.

   Pâques, le mystère pascal, c’est – en même temps et de manière indissociée – l’unique réalité de la Cène, du Calvaire, de la descente aux enfers, du tombeau vide et de l’ouverture glorieuse des portes du Ciel :

   « Unde et memores, Domine, nos servi tui, sed et plebs tua sancta ejusdem Christi Filii tui Domini nostri tam beatae passionis, nec non et ab inferis resurrectionis, sed et in caelos gloriosae ascensionis : offerimus praeclarae Majestatis tuae de tuis donis, ac datis, Hostiam puram, Hostiam sanctam, Hostiam immaculatam, Panem sanctum vitae aeternae, et Calicem salutis perpetuae : c’est pourquoi en mémoire, Seigneur, de la bienheureuse Passion du Christ Votre Fils, Notre-Seigneur, de Sa Résurrection des enfers, et aussi de Sa glorieuse Ascension dans les cieux, nous, Vos serviteurs, et avec nous Votre peuple saint, nous présentons à Votre glorieuse Majesté – offrande choisie parmi les biens que Vous nous avez donnés -, la Victime pure, la Victime sainte, la Victime immaculée, le Pain sacré de la vie éternelle et le Calice de l’éternel salut ».

   Cette première prière récitée à l’autel par le prêtre après la consécration, dans le Canon romain, exprime parfaitement cette unité du mystère pascal : ce que nous célébrons les Jeudi, Vendredi, Samedi Saints et Dimanche de Pâques, ne se trouve distinct et séparé que dans le caractère événementiel de la succession dans le temps, mais il ne s’agit en réalité que de diverses facettes d’un unique et indivisible mystère.

   La grâce que je vous souhaite donc en ce temps pascal, chers Amis, est celle de vivre toujours plus intensément ce mystère auquel nous assistons dans la Sainte Messe.
Approfondissez sans cesse et toujours davantage la réalité de la Messe : vivez la Messe selon cette réalité mystique qui en est l’essence, et soyez vivifiés par la Messe.
La Messe est le pôle de toute notre vie chrétienne.
La Messe est l’axe de notre vie.
Que Dieu nous préserve d’y assister dans une routinière passivité !

   Vous êtes-vous déjà demandé de quelle manière la Très Sainte Mère de Dieu assistait à la Sainte Messe pendant les quinze années où elle est restée encore sur la terre après l’Ascension de son divin Fils ?
Que celle qui s’est tenue debout au pied du sanglant autel de la Croix le Vendredi Saint nous enseigne à tous à mieux être présents – à ses côtés, comme le furent Sainte Marie-Magdeleine ou Saint Jean – à la réalité mystique de la Sainte Messe catholique. Ainsi soit-il !

   Je demeure votre humble et dévoué serviteur,
dans le Cœur de Jésus et Marie,
pour Dieu et pour le Roi.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur, Prieur.

autels de la Crucifixion et de la Mère des Douleurs - blogue

Jérusalem, basilique du Saint Sépulcre :
les deux autels (latins) érigés sur le côté droit du rocher du Calvaire ;
le premier [tout à droite] est l’autel de la Crucifixion
(à l’emplacement du lieu où Jésus fut cloué à la Croix),
et le second [à gauche] avec le buste de la Mère des Douleurs
est dédié à la Compassion de la Bienheureuse Vierge Marie.

2026-61. « Celui qui désire ressusciter et régner avec Jésus-Christ, doit auparavant être crucifié et mourir avec Lui ».

Samedi in albis.

       Veuillez trouver ci-dessous la seconde partie du sixième sermon pour la fête de Pâques (numéro XXVI dans la deuxième section du premier supplément des sermons de Saint Augustin), dont nous avons publié la première partie > ici.
Le grand et saint évêque d’Hippone, dans les développements de cette portion de ce sermon, invite ses auditeurs (et les lecteurs que nous sommes aujourd’hui) à considérer la Croix et la Résurrection comme les deux éléments de l’accomplissement de notre salut et termine par des exhortations qui ne manqueront pas de stimuler et d’encourager les efforts de notre vie chrétienne de chaque jour.

Saint Augustin prêchant

7. Tout considérer à la lumière de la Passion et de la Résurrection de notre Sauveur :

   Mes frères, ayons donc sans cesse devant les yeux, si nous le pouvons, l’utilité infinie de la Croix du Seigneur et les joies de la Résurrection.
Considérons les précieux avantages que Jésus-Christ nous a procurés par le mystère de Sa mort ; n’oublions pas que si la mort régnait universellement par la licence du péché, tout est maintenant soumis à l’empire de Jésus-Christ, tout, et spécialement l’homme lui-même, enchaîné jusque-là sous la loi de la mort par la transgression de nos premiers parents : « Car la mort règnait depuis Adam jusqu’à Moïse, même sur ceux qui s’abstenaient du péché et subissaient néanmoins les suites de leur ressemblance avec Adam » (Rom. V, 14).

8. Le Christ nouvel Adam et Agneau véritable :

   Est-il donc étonnant que le désespoir ait plongé le genre humain dans des ténèbres et des erreurs où n’apparaissait aucun rayon de la foi ?
Les chaînes que le premier Adam avait rivées, le second Adam devait les briser.
La seconde naissance devait réparer le mal qu’avait fait la première génération, issue d’Adam coupable. L’immolation de l’agneau, célébrée sous la loi de l’ancienne pâque, n’était pas suffisante pour purifier le monde ; il fallait l’offrande de cet Agneau qui effacerait le péché du monde.
Les nations en étaient venues à douter si l’âme triompherait après la mort ; et voici qu’après la Croix, dans la chair de Jésus-Christ, nous trouvons l’infaillible assurance que notre corps lui-même ressuscitera ; là où le péché d’Adam avait apporté la mort, il était nécessaire que l’obéissance de Jésus-Christ apportât la vie. « Comme », dit l’Apôtre, « nous mourons tous en Adam, de même nous serons tous vivifiés en Jésus-Christ » (1 Cor. XV, 23).

9. La mort qui nous rend la vie :

   Notre Sauveur a donc accepté la mort pour Lui-même, afin de nous préparer à tous la vie ; il me semble L’entendre dire aux hommes, dans Son infinie miséricorde : Je ne refuse pas de partager votre mort, afin que Je vous offre de partager Ma Résurrection. Sans doute la divinité qui est en Moi ne saurait donner prise à la mort ; toutefois par Ma naissance humaine, Je recevrai de vous ce que Je pourrai offrir en mourant pour vous. Tout ce que vous êtes, Je le serai, afin de donner tout ce que Je suis.
En effet, par la bouche de Son prophète, nous L’entendons parler de Sa mort comme d’une menace de mort pour notre propre mort. « Je serai », dit-Il par le prophète Osée, « Je serai votre mort, ô mort, Je serai ta morsure, enfer » (Osée, XIII, 14).
Je subirai les droits de la mort, mais Je les détruirai ; un jour J’entrerai dans ta prison, non pas pour rester enfermé, mais pour briser tes barrières.

10. Tous les motifs de notre gratitude et les raisons de notre action de grâce :

   Confessons donc au Seigneur Son infinie miséricorde, « parce qu’Il a brisé les portes d’airain et rompu les barres de fer » (Is. XLV, 2) ; Il a tellement anéanti les barrières de la mort, qu’Il nous a même ouvert les portes du ciel, où fut admis, aussitôt après la Croix de Jésus-Christ, le larron quittant le supplice dû à ses crimes pour aller prendre possession de ce séjour destiné aux justes, et sans avoir d’autre mérite que celui d’une courte profession de foi ; tandis qu’avant la Croix de Jésus-Christ, nous voyons Abraham lui-même retenu, loin du ciel, dans une sorte de captivité qui toutefois n’avait rien de commun avec celle des impies (cf. ).

   Nous lisons : « Le Christ sortit donc pour le salut de son peuple et pour la délivrance  de ses élus » (Habac. III, 13) ; Son amour devait Le faire descendre jusque dans les profondeurs où le genre humain s’était précipité par sa prévarication.
Tel un roi qui, après avoir détruit la forteresse d’un tyran, rétablit partout la liberté, et non content de rompre les liens de tous ceux qu’enchaînait la tyrannie, descend Lui-même dans la prison où gémissent les Siens, et leur apporte la liberté avec Sa présence ; ce serait peu pour Lui de rendre ces captifs à la lumière, s’Il ne venait pas Lui-même dans ce lieu de ténèbres, et si de Ses propres mains Il ne brisait pas les chaînes de leur captivité.

   Quelles actions de grâces pourront être rendues au Seigneur pour tant de bienfaits ?
Quel usage pouvons-nous faire de la liberté qui nous est rendue, si ce n’est de Le servir librement ?
Il est écrit, « Jésus-Christ a été blessé pour nos péchés, et Il S’est rendu faible pour nos iniquités ; nous avons été guéris par Ses souffrances » (Is. LIII, 5). On ne saurait avoir de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis (Jean, XV,13). Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis (Ibid. XI, 14). Si le grain de froment, tombant dans la terre, ne meurt pas, il demeure stérile (Ibid. XII, 24).

   Dans le tremblement de terre de la Croix, « les pierres se fendirent et les tombeaux s’ouvrirent, et un grand nombre de corps des saints qui étaient morts ressuscitèrent, et sortant de leurs tombeaux après Sa Résurrection, ils vinrent dans la cité sainte et apparurent à une foule d’habitants » (Matth. XXVII, 51, 53). C’est ainsi qu’un seul grain tombant dans la terre a rendu à la vie une multitude d’autres grains.

11. Suite du même sujet, en considérant le Christ rédempteur comme le médecin de nos âmes :

   Ne perdons pas de vue, mes frères, l’immense rançon de notre salut.
Notre vie a été renouvelée par la mort de Jésus-Christ. Tout serviteur pour lequel son maître s’est sacrifié, n’est-il pas assez précieux ?
Que personne ne tente de se soustraire à cette dette de la rédemption !
Jésus-Christ nous a tous rachetés, même ceux qui, aimant leur captivité, n’ont pas voulu recouvrer cette liberté que leur offrait un généreux Médiateur.
Ne parlez pas ici de telle ou telle somme d’argent : Il n’a rien extrait de Sa bourse, mais Il a répandu Son Sang.
A tant d’amour quelles richesses pourraient être comparées ?
Pour vous Il a donné, non pas Son bien, mais Sa propre personne. Car ce qu’Il demandait, ce ne sont pas vos richesses, mais vous-mêmes.
Il a subi pour vous une mort passagère, afin de vous arracher à la mort éternelle ; Il a revêtu votre vie, afin de vous communiquer la Sienne. Il est entré dans les limbes, afin que vous puissiez en sortir. Il a guéri nos blessures par les Siennes ; par Ses plaies Il a fait disparaître la plaie de notre damnation.

   Je le dis avec joie, mes frères, il est généreux le médecin qui soigne son malade à ses frais et dépens ; qui par pur amour, non point de l’argent, mais du salut de son malade, supporte sans dégoût l’odeur et la vue des plaies d’un malade.
Mais le comble du dévouement, c’est de recevoir soi-même des blessures, afin d’en guérir les autres, de s’offrir comme remède, de se laisser déchirer volontairement afin d’extraire des blessures d’autrui le virus qui s’oppose à leur guérison.
C’est là ce qu’a fait Jésus-Christ, c’est jusque-là que notre Sauveur a porté le dévouement ; médecin généreux et universel, Il a versé, pour le salut de tous, non pas le sang des hommes, mais Son propre Sang. Notre rédemption est d’autant plus grande que nous sentions moins notre captivité ; notre guérison est d’autant plus précieuse que nous connaissions moins notre maladie.

12. Puisque donc le décret de notre condamnation est déchiré, rendons-nous les serviteurs fidèles de Jésus-Christ.

   Tel est le mystère de la Croix du Sauveur.
Dans la personne d’Adam, par la transgression du précepte, le genre humain avait signé une sorte de pacte avec la mort ; mais Jésus-Christ a effacé tous nos crimes, « déchirant le texte du décret porté contre nous. Il l’a détruit en le fixant à la croix, en dépouillant les principautés et les puissances et en triomphant dans sa propre personne » (Coloss. II, 14, 15).
Or, par la destruction du texte de mort sur la croix , nous avons été rendus à la vie. En effet, la mort en Jésus-Christ, à quoi a-t-elle donné lieu, sinon à la Résurrection ? Or, la Résurrection en Jésus-Christ confirme l’homme dans la croyance à sa propre résurrection.
Reste à chacun le devoir de comprendre qu’il doit, dans sa vie, mettre un terme à ses crimes, comme un terme a été imposé à la mort publique. Puisque la mort est détruite, secouons notre sommeil spirituel, afin que personne ne demeure dans ses habitudes anciennes, maintenant que « les vieilles choses sont passées et que tout a été renouvelé » (2 Cor. V, 17).
Réalisons cette parole de l’Apôtre attestant que Jésus-Christ est mort, « afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour Celui qui, pour eux, a bien voulu mourir et ressusciter » (Ibid. 15).

13. Le Jour que le Seigneur a fait : jour de la Résurrection de Jésus-Christ, prémices de notre propre résurrection en lui et par Lui :

   « Voici donc le jour que le Seigneur a fait » (Ps. CXVII, 24) ; qu’Il a réparé pour la gloire de Ses saints ; dans lequel Jésus-Christ ressuscitant d’entre les morts ordonne à Son corps mystique qui est l’Eglise d’espérer que les membres participeront à la gloire de leur Chef.
Ecoutez l’Apôtre, lequel proclame que c’est Jésus-Christ Lui-même qui parle par sa bouche : « En un moment, en un clin d’oeil, au son de la dernière trompette, car la trompette sonnera, les morts ressusciteront incorruptibles, et nous serons changés » (1 Cor. XV, 52).
Toutefois ce grand jour de la résurrection dernière reçoit toute sa magnificence du Jour que nous célébrons et qui a été illustré par la Résurrection de Jésus-Christ.
Alors nous aurons la réalité même de notre résurrection, aujourd’hui nous en possédons le principe ; nous avons comme le germe d’où sortiront tous ces fruits. Le prophète personnifiant Jésus-Christ chantait à l’avance la gloire de ce jour : « J’ai dormi et pris Mon 
sommeil, et Je me suis levé parce que le Seigneur M’a reçu » (Ps. III, 6).
« J’ai dormi », dit-Il, afin de prouver que Sa mort était bien l’œuvre de Sa volonté propre, et non pas le résultat de la coaction. Telle est la pensée clairement formulée par l’Evangile dans ces paroles mêmes du Sauveur : « J’ai le pouvoir de quitter la vie, et j’ai aussi le pouvoir de la reprendre » (Jean, X, 18).
Cette grande joie du matin est ailleurs décrite en ces termes : « La lumière est levée pour les justes, et la joie pour ceux qui ont le cœur droit » (Ps. XCVI, 11). « Justes, réjouissez-vous dans le Seigneur » (Ps. XXXI, 11). Et encore : « J’exalterai le matin vos merveilles, parce que vous êtes mon soutien, ô mon Dieu » (Ps. LVIII, 17). « Vous nous vivifierez après deux jours, le troisième jour Vous nous ressusciterez » (Osée VI, 3).
Enfin, dans un autre passage l’écrivain sacré décrit en un seul verset la lumière du soir et la joie du matin de la Résurrection : « La douleur durera jusqu’au soir et la joie jusqu’au matin » (Ps. XXIX, 6).

14. Conclusion du discours : ce que nous devons accomplir pour avoir part à la vie des ressuscités :

   Voilà pourquoi, comme le dit l’Apôtre, « la nuit a précédé, mais le jour s’est  approché. Rejetons donc les œuvres de ténèbres, et revêtons-nous des armes de la lumière » (Rom. XIII, 2), afin que, à l’aide de ces armes, nous triomphions de l’adversaire de notre salut, puisque Jésus-Christ en a déjà triomphé Lui-même.

   Si la seule espérance nous procure tant de joie, que sera-ce donc de la réalité ?
Si les membres sont si heureux du bonheur de leur Chef, quel ne sera pas le bonheur dont ils jouiront avec leur Chef dans ce lieu de délices où celui qui aura mérité d’être compté parmi les membres de ce corps magnifique n’aura plus à craindre d’en être retranché ?
Toutefois, celui qui désire ressusciter et régner avec Jésus-Christ, doit auparavant être crucifié et mourir avec Lui, en mortifiant sans délai ses désirs et ses passions, par Jésus-Christ Notre-Seigneur.

L'Agneau de Dieu vainqueur

2026-60. Toutes les publications de ce blogue relatives au Chanoine Antoine Crozier, l’ami stigmatisé de Saint Charles de Jésus.

10 avril,
Anniversaire du rappel à Dieu du Chanoine Antoine Crozier (+ 10 avril 1916).

chanoine antoine Crozier - blogue

Chanoine Antoine Crozier (1850-1916)

A – Résumé de la vie du Chanoine Antoine Crozier > ici

B – Textes du Chanoine Antoine Crozier :

- Citations remarquables extraites de la correspondance spirituelle du Chanoine Crozier > ici
-
 Texte intégral de l’opuscule « Vivons pour le Bon Dieu » du Chanoine Crozier > ici
- Texte intégral du « Chemin de Croix pour la France » écrit par le Chanoine Antoine Crozier > ici

C – Prière pour demander à Dieu la glorification de Son serviteur Antoine Crozier > ici

Le chanoine Antoine Crozier sur son lit de mort

Le Chanoine Antoine Crozier sur son lit de mort.

2026-59. « Que nous produisions nous-mêmes cette odeur de piété, de charité, de patience, d’obéissance et d’espérance, que nous aspirons dans la mort de Jésus-Christ !»

Vendredi dans l’Octave de Pâques.

vignette avec symboles augustiniens - blogue

       Le sixième sermon de notre Bienheureux Père Saint Augustin sur la fête de Pâques (qui porte le numéro XXVI dans le premier supplément des œuvres complètes [deuxième section : sur le propre du temps / temps pascal] ), étant composé de deux parties aux thématiques relativement distinctes, nous avons résolu de le publier en deux fois, afin de permettre à nos lecteurs de mieux savourer et assimiler les enseignements du Docteur de la grâce .

   Voici donc ci-dessous le premier thème développé par le grand évêque dans ses approfondissements, toujours très fouillis et subtils : la foi, parfum divin odorant, répandu dans l’allégresse de la Résurrection du Christ Jésus.

vase parfum odorant

« Votre nom, Seigneur, est un parfum répandu » ( Cant. I, 3 )

1. Introduction du propos : Saint Augustin invite ses auditeurs à une joie spirituelle renouvelée ; une joie spirituelle qui réside dans le Christ et dans le Règne de Dieu.

   Le jour de la Résurrection du Seigneur, la joie des fidèles doit en quelque sorte ressusciter et se renouveler ; laissez donc notre esprit se pénétrer de l’allégresse de ce jour, afin que par une foi vive nous placions en nous le règne de Dieu auquel nous sommes appelés avec Jésus-Christ et par Jésus-Christ.
Ces joies chrétiennes ne sont pas de celles qui s’usent par la jouissance ; la jouissance, au contraire, nous enflamme pour la vertu.
Qu’on est heureux de se réjouir en Jésus-Christ !

2. La foi est comparable à un parfum de grand prix : les citations de la Sainte Ecriture dont le sens symbolique et mystique corroborent cette affirmation.

   Je crois donc pouvoir comparer la foi aux parfums d’agréable odeur.
Tel est ce parfum dont se sentait pénétré le Prophète, quand il s’écriait : « Vous avez plongé ma tête dans l’huile » ( Ps. XXII, 5b ). Tel est le parfum dont il est dit aux pieux fidèles : « Oignez vos têtes » ( Matth. VII, 17 ). Tel est le parfum que les vierges sages portent avec elles pour entretenir le feu de leurs lampes. Tel est le parfum dont il est écrit : « Le parfum qui descend de la tête sur la barbe » ( Ps. CXXXII, 2 ), lequel est le signe de l’âge parfait de l’homme, comme le parfum semble indiquer que la 
foi est arrivée à la perfection de sa splendeur et de son épanouissement.
Comparons donc la foi au parfum d’agréable odeur.
Quiconque possède de ces parfums précieux les conserver avec une extrême sollicitude. Tant que ces parfums restent en repos, ils semblent annihilés et endormis. Mais s’ils doivent concourir à la joie d’une fête ou à l’embellissement d’un festin, ils recouvrent par une prudente agitation ce que le repos leur avait fait perdre, c’est-à-dire leur odeur et leur prix.
Ainsi en est-il, dans chaque fidèle, du parfum de la foi : il a besoin d’être librement reçu dans des cœurs généreux ; Cependant, il semble perdre de son prix tant qu’il n’est pas agité par la discussion.

3. Jésus-Christ est le véritable parfum reçu par l’Église.

   C’est dans ce mais que nous vous adressons ce discours.
Vos esprits, comme autant de vases précieux, me paraissent avoir reçu ce parfum de la foi que Dieu n’accorde qu’à Ses courtisans.
Je m’accuserais d’une négligence coupable, si je n’agitais pas ce parfum jusqu’à ce que sa suave odeur se soit répandue dans tout le corps de l’Eglise et ait dissipé les miasmes fétides que respirent parfois encore ceux qui vivent au sein de la foi.
Quel est donc ce parfum ? « Jésus-Christ est mort et Il est ressuscité » (Rom. XIV, 9) ; tel est le prix et la rédemption du monde tout entier.
Goûtez maintenant, si vous le voulez, la suavité de ce parfum dont vous connaissez le prix et la dignité. C’est Dieu Lui-qui nous l’a même apporté du haut du ciel.
Et qui donc l’a reçu ? Voyons si ce n’est pas cette Eglise si bien figurée par cette femme qui versa sur la tête du Sauveur ce parfum qui, selon la parole de Jésus-Christ Lui-même, annonçait Sa sépulture.
L’Eglise, mes frères, l’Eglise a reçu le parfum de ce sacrement ; et tout ce qu’elle reçoit de Jésus-Christ retourne à Jésus-Christ.
Cependant ce parfum n’est point attribué à tous et ne leur est point attribué dans la même mesure. En effet, l’Apôtre a dit de la Croix même de Jésus-Christ : « Elle est pour les uns une odeur de vie pour la vie, et pour les autres une odeur de mort pour la mort » ( 2 Cor. II, 16 ) ; en d’autres termes, « elle est un scandale pour ceux qui périssent, tandis qu’elle est la vertu de Dieu pour ceux qui opèrent leur salut » ( cf. 1 Cor. I, 18 ).

4. Ce parfum n’a rien qui déplaise, car c’est le parfum de la piété.

   Cependaut cette odeur déplaît à quelques-uns ; je voudrais qu’ils disent ce qui  dans la mort de Jésus-Christ ne envoyé pas la vie ? ce qui ne respire pas la résurrection dont Jésus-Christ nous fournit le modèle ?
« Il est mort et Il est ressuscité » (cf. Rom. VIII, 34 ) : C’est donc là ce qui leur déplaît ?
Est-il un seul homme qui ne se sente très-avide de respirer ces suaves odeurs ? S’il en est un seul, je demanderai alors à ce sophiste du siècle, à cet habile appréciateur de semblables parfums, ce qui peut lui déplier dans la composition de ce parfum ; voyons quels éléments il est formé. Et enfin, quel est son prix ? Nous pouvons affirmer que tant vaut la piété, tant vaut ce parfum.
Nous demandons peut-être si la piété se trouve dans la mort de Jésus-Christ, et quelle est son importance ; l’Apôtre nous répond : « Manifestement c’est un grand sacrement de piété, Celui qui a été manifesté dans la chair » -  il parle de la chair revêtue par le Verbe Eternel -, « qui a été justifié dans l’Esprit »  – lorsque le péché de la chair est vaincu dans la chair -, et « qui est apparu aux anges » ( 1 Tim. III, 16) , soit lorsqu’une multitude d’esprits célestes fit entendre ce chant de joie : « Gloire à Dieu au plus haut des ciels et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté » ( Luc, XII, 19 ) ; soit encore lorsque nous-mêmes, sondant les profondeurs de ce mystère et l’annonçant au monde, nous nous trouvons associés au ministère des anges.
« Il a été prêché aux Gentils » , afin que dans tout l’univers le nom chrétien devînt commun à toutes les nations : « Il a été cru dans le monde, Il est devenu un principe de gloire » ( 1 Tim. III, 16 ). Ce qui a été cru dans le monde, n’est-ce pas le mystère du Verbe divin revêtant un corps auquel Il a conféré plus tard les gloires de la résurrection ?
Connaissant donc ce prix infini de la piété, l’Apôtre en a fait l’objet spécial des instructions qu’il s’adresse à son disciple. Parlant à son cher fils Timothée, il lui dit : « Exercice-vous à la piété ; car la piété est utile à tout, puisqu’elle a la promesse de la vie présente et de la vie future » ( Ibid. IV, 7, 8 ).
Pouvait-on nous faire mieux sentir le prix de ce parfum de la piété, qui n’est autre pour nous que le mystère de l’Incarnation dont la valeur est infinie ?

5. C’est aussi le parfum de la charité.

   Allons plus loin, car à la piété s’ajoute la charité.
Ou, la croix du Sauveur n’est-elle pas la preuve évidente de l’amour infini de 
Dieu pour les hommes ? « C’est ainsi que Dieu a aimé le monde jusqu’à lui envoyer Son Fils unique » ( Je an, III, 16 ) pour lui communiquer Sa vie.
Et pourquoi ce miracle de charité divine ? Afin de vous faire mieux sentir la grandeur de l’amour qu’Il nous témoignerait.
Mais, enfin, quel est le prix de la charité ? « La plénitude de la loi » , dit l’Apôtre, « c’est la charité » ( Rom. XIII, 10 ) ; et encore : « La fin du précepte, c’est la charité » ( 1 Tim. I, 5 ).
La charité est donc le bien par excellence, puisqu’elle résume en elle tous les préceptes.
Or, cette charité se trouve par excellence dans la mort et la Résurrection du Seigneur.

6. C’est le parfum de la vertu, de l’obéissance et de l’espérance.

   C’est une longue tâche d’énumérer chacune des espèces de parfum qui nous occupent, et ce travail nous expose à de nombreuses répétitions. Contentons-nous donc de signaler les autres espèces, sans nous obliger à en faire ressortir toute l’importance.
Dans cette composition se trouve d’abord la vertu à laquelle se mêle la force de la patience.
Nous trouvons aussi l’obéissance , « car Jésus-Christ S’est fait obéissant à Son Père jusqu’à la mort et à la mort de la croix » ( Philipp. II, 8 ).
Une odeur suave est aussi produit par l’espérance qui étend son influence au-delà de la mort, et attend la résurrection, non-seulement de l’esprit, mais aussi du corps après la Résurrection de Jésus-Christ.
Tous ces parfums se confondent pour moi dans celui que j’ai signalé par ces paroles : « Jésus-Christ est mort et est ressuscité » ( cf. Rom. VIII, 34 ). Toutes ces espèces de parfum réunies forment une odeur de vie pour la vie ; quelle n’est pas la corruption de ceux pour qui tout cela ne produit qu’une odeur de mort pour la mort.
Pour nous, nous disons : « Votre nom, Seigneur, est un parfum répandu » ( Cant. I, 3 ) ; et encore : « Nous courrons sur Vos traces à l’odeur de Vos parfums » ( Ibid. ) ; notre seul désir est d’être pénétré de cette odeur que nous suivons, afin que nous produisions nous-mêmes cette odeur de piété, de charité, de patience, d’obéissance et d’espérance, que nous aspirons dans la mort de Jésus-Christ.

Suite du sermon > ici

Gravure typographique - le Christ ressuscité bénissant

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