Archive pour la catégorie 'Prier avec nous'

2017-22. Du cinquantième anniversaire de la mort de Zoltán Kodály, et de son Stabat Mater.

1967 – 6 mars – 2017

Zoltán Kodály à la fin de sa vie

Zoltán Kodály à la fin de sa vie

Lundi 6 mars 2017,
Fête de Sainte Colette de Corbie.

Le compositeur hongrois Zoltán Kodály, qui était né le 16 décembre 1882, est décédé à Budapest le 6 mars 1967 dans sa 85e année : nous commémorons donc en ce jour-même le cinquantième anniversaire de sa mort.

Des ouvrages spécialisés pourront vous donner de plus amples renseignements sur sa vie, son oeuvre, son style, ses travaux pédagogiques… etc.
Pour ma part, n’étant nullement un spécialiste, mais juste un petit félin mélomane (tous les chats sont des mélomanes), je me garderai bien d’aller au-dela de ma connaissance très limitée de ce compositeur et me contenterai donc, à l’occasion de cet anniversaire, d’évoquer son célèbre Stabat Mater : une oeuvre que j’aime beaucoup entendre, que nous écoutons relativement souvent en notre Mesnil-Marie, et que Frère Maximilien-Marie chante lui-même parfois.

Un musicologue a recensé plus de 400 Stabat Mater composés par des musiciens de renom. Depuis le XIIIe siècle, en effet, le texte poignant de Jacopone da Todi a alimenté la piété et la méditation des fidèles, particulièrement pendant le saint temps du Carême, et, en conséquence logique, il a inspiré les compositeurs, soit en raison de commandes, soit pour des raisons de dévotion personnelle liées à quelques circonstances de leur vie ou à l’approche de la mort.
L’un des plus populaires, parmi tous ces Stabat Mater, demeure celui de Jean-Baptiste Pergolèse, écrit quelques mois avant sa mort (je l’avais évoqué > ici), mais au nombre de nos préférés il faut également citer celui de Marc-Antoine Charpentier intitulé « Stabat Mater pour des religieuses » (qui porte la référence H15), et bien sûr celui de Don Antonio Vivaldi (référence RV621).

Zoltán Kodály a composé le sien en 1898 : il avait 16 ans !
Originellement, cette oeuvre fut écrite pour un choeur d’hommes. Il l’a lui même adaptée pour choeur mixte en 1962, cinq ans avant sa mort.
Zoltán Kodály n’a pas composé pour les vingt strophes de la séquence liturgique de la célébration des Sept-Douleurs de Notre-Dame, mais pour quelques unes seulement, et la mélodie est identique pour toutes les strophes. La troisième ligne de chaque strophe est répétée (sauf à la dernière où le « Amen » remplace la reprise du texte).

On est ici bien loin de la théâtralisation des compositions baroques – qui confinent pourtant souvent au sublime – , puisque le jeune compositeur a résolument écarté tout artifice lyrique et a voulu une oeuvre sans accompagnement instrumental : le Stabat Mater de Kodály saisit par une simplicité mélodique quasi grégorienne, et par un dépouillement qui rend plus intérieur la poignante évocation des Douleurs de la Mère de Dieu.
Zoltán Kodály, par une phrase musicale au caractère obsédant, apporte une remarquable intensité dramatique à la description des souffrances de Marie au Calvaire, en même temps que le mouvement produit lors de  la répétition du dernier vers de chaque strophe semble ouvrir la voie à l’espérance pleinement surnaturelle tendue vers la résurrection.

Voilà tout ce que j’avais à vous dire en évoquant ce prodigieux Stabat Mater de Zoltán Kodály, au jour du cinquantième anniversaire de sa mort.
Je vous laisse maintenant écouter l’enregistrement réalisé en 1988 par la « Cappella Musicale Basilica di San Marco » de Milan, sous la direction de Giovanni Vianini, l’une des meilleures interprétations de cette oeuvre que je connaisse. 

Lully.

Image de prévisualisation YouTube

2016-94. Se préparer à entrer dans le mystère de Noël avec la Vénérable Thérèse de Saint-Augustin (Madame Louise de France).

23 décembre.

En ce jour anniversaire du rappel à Dieu de la Vénérable Thérèse de Saint-Augustin, qui avait été dans le siècle Madame Louise de France, fille de Sa Majesté le Roi Louis XV (voir ici > Princesse et carmélite),  nous pouvons nous servir de l’une des méditations qu’elle a elle-même écrite pour se préparer à la fête de la Nativité de Notre-Seigneur, afin de mieux disposer nos âmes, nos coeurs et nos esprits à entrer dans la véritable dimension spirituelle du mystère de Noël, et à en vivre plus intensément.

Vénérable Thérèse de Saint-Augustin

La Vénérable Thérèse de Saint-Augustin, carmélite,
qui avait été dans le siècle Madame Louise de France.

« Qu’un Prince puissant descendît de son trône pour venir se confondre dans les derniers rangs de ses sujets, s’asseoir à leur table, partager leur indigence, et essayer de leur rendre le fardeau de la pauvreté plus supportable, en le portant avec eux ; quelles impressions profondes d’amour et de vénération laisserait dans tous les coeurs le spectacle ou le récit d’un tel héroïsme de générosité !
Pour être plus accoutumés aux prodiges de la miséricorde divine, devons-nous en être moins touchés ? 
Ah ! Plutôt que de permettre, Seigneur, que je me rende coupable d’une ingratitude aussi monstrueuse, donnez-moi de recueillir dans mon âme toute la reconnaissance que l’univers vous doit.

Parmi les réflexions qui viennent tumultueusement se présenter à mon esprit, à la vue de Jésus naissant, cinq objets doivent principalement fixer le désir qu’il veut bien m’inspirer, de lui préparer dans mon coeur une demeure digne de lui.

1 – Son amour infini pour moi.
J’étais présente à ses yeux, dès les premiers moments d’un sacrifice qui a commencé avec l’éternité. Il a daigné pourvoir à tous mes besoins. Pas une de mes misères qui ait échappé au dessein qu’il a formé, de venir lui-même apporter aux plaies du genre humain, les seuls remèdes que pût admettre la justice irritée de son Père ! Les intérêts de sa propre gloire, les ignominies et les besoins de cette chair mortelle qu’il n’a pas dédaigné de revêtir, pour m’élever jusqu’à lui, en s’abaissant jusqu’à moi, rien n’a pu l’arrêter.
O Amour ! qui faites disparaître dans une Dieu tout ce qu’il doit à sa grandeur, échapperez-vous au juste retour dont je me sens redevable ? Ne dois-je pas me donner sans partage à celui qui vient se donner tout entier à moi ?

2 – Sa miséricordieuse charité.
C’est pour tous les hommes, c’est pour les délivrer tous de l’esclavage du péché, pour leur ouvrir à tous l’entrée du Ciel qu’il paraît sur la terre ; j’étais comprise dans cette multitude innombrable de pécheurs qu’il avait la vue et le désir de sauver. Mes infidélités à sa grâce qu’il prévoyait, n’ont pas mis d’obstacle à la générosité de ses démarches pour moi. Sa charité, comme me l’apprend son Apôtre, s’est manifestée en ma faveur, malgré toute mon indignité. Combien ce regard de bonté d’un Dieu naissant doit-il m’apprendre à renfermer dans ma charité ceux-mêmes qui me paraissent si souvent la moins mériter !

3 – Ses profondes abjections.
En quel état paraît à mes yeux le Roi des Rois, le Dieu de l’univers, le dominateur suprême du Ciel et de la terre ! Quelle escorte va l’environner dans la crèche ! Une étable sera son palais ; une cabane exposée à toutes les injures de l’air sera son asile ; de pauvres bergers composeront sa cour, le souffle de deux animaux sera l’unique adoucissement à ses premières souffrances ; telle est l’image abrégée de l’anéantissement auquel il s’est condamné pour moi.
Puis-je croire cette vérité et souffrir encore que mon coeur soit susceptible de cet orgueil qui est le poison de toute la grandeur humaine. En peut-il être d’autre pour une âme chrétienne, que celle qui lui donne une conformité parfaite avec Jésus anéanti dans la crèche ? Qu’il est grand, ce Dieu caché, malgré le voile d’abjection qui le couvre à mes yeux ! Que je serai grande moi-même, quand je m’efforcerai de me rabaisser en sa présence !

4 – Son état d’infirmité et de souffrances.
Jésus les embrasse dès sa naissance, pour m’apprendre à sanctifier les miennes, pour m’y fortifier, et pour m’y consoler. Mais, si le Saint des Saints accepte déjà dans un corps innocent ce douloureux partage, puis-je ne pas m’estimer heureuse des traits de ressemblance qu’il me fournira lui-même dans mille circonstances, où je pourrai unir mes souffrances aux siennes. En qualité de chrétienne et de pécheresse, je suis condamnée à la mortification et à la pénitence. La leçon qu’il me présente dans son berceau est un nouveau motif pour moi de me crucifier dans mes sensualités, et encore plus dans ma volonté propre. Plus je trouve de facilités à la satisfaire, plus j’apprendrai, dans ce premier sacrifice de Jésus naissant, à m’immoler dans tout ce que j’ai de plus intime pour les sens, pour l’esprit et pour le coeur.

5 – L’étendue de ses satisfactions.
C’est un Dieu qui me prévient, qui me recherche, qui paye pour moi à la justice de son Père. Que pourrais-je craindre avec une caution d’une valeur et d’une vertu aussi efficaces ? Je porterai à ses pieds bien des misères qu’il connaît, et dont il compassion, mais qu’il est disposé à me pardonner, dès que je les détesterai toutes, dès que je n’en aimerai aucune. Indépendamment de tant de promesses miséricordieuses, qu’il m’a adressées tant de fois, ne s’offrira-t-il pas aux yeux de ma foi, avec tous les charmes qui peuvent lui attirer toute ma confiance ?
Non, il ne viendra point à moi en juge, ni en vengeur, mais en Sauveur et en Père. Je me hâterai donc de me jeter entre les bras qu’il daigne me tendre ; je recueillerai avec ardeur ses soupirs ; je le conjurerai d’être mon Jésus et mon libérateur, à l’appui de ces tendres sentiments que je solliciterai au premier trône de son indulgence ; que ne trouverai-je pas de ressources auprès d’un coeur qui ne désire que la pleine confiance du mien.

Ce mystère d’un Dieu naissant, doit donc ranimer tout mon amour pour lui, servir de règle à ma charité pour le prochain, rectifier tous mes jugements et toute ma conduite sur ce qui fait la véritable grandeur, soutenir mon courage dans l’usage de la pénitence chrétienne, réveiller et confirmer toute ma confiance aux miséricordes si étendues, dont la crèche est la dépositaire.
Je demanderai donc avec un redoublement de ferveur, proportionné à tous mes besoins, ces heureux fruits de la fête qui approche ; je purifierai mon âme avec la plus exacte sincérité ; j’y ajouterai avec toutes les protestations de ma douleur, les promesses les plus sincères de ma fidélité future ; je réunirai tous mes désirs les plus ardents et les plus empressés pour attirer les grâces de ce divin Enfant.
Mille fois je lui réitérerai ma consécration entière à son service, ma dépendance, ma gratitude et mon amour.
Venez, lui dirai-je, venez, Auteur de tous les biens, répandez-les dans mon âme ; en la visitant, faites-lui goûter combien il est doux de vous aimer et d’être aimée de vous. Communiquez-moi ces saintes ardeurs dont le coeur de votre sainte Mère était pénétré ; faites passer dans le mien ce feu céleste qui en consume toutes les froideurs ; remplissez-moi de cet esprit de foi, de cette fervente piété, qui accompagnaient ce saint Roi, mon Patron, à votre divin banquet ; qu’il n’y ait rien en moi qui ne se ressente de ces profonds hommages que vous rendirent à la crèche les esprits bienheureux dont elle était investie ; couronnez enfin, ô Dieu naissant ! tous vos bienfaits par cette paix que vous apportez à la terre ; qu’elle règne en moi, comme un gage de votre grâce et de votre clémence ; et qu’elle y persévère par la confiance de ma fidélité et de mon amour !
Le péché seul peut m’en priver. Ah ! Que jamais il ne trouble, il ne ravisse un trésor dont la possession m’est plus chère que tous les biens de ce monde, que ma vie-même.
C’est, ô mon Jésus ! ce que je vous demande, et c’est ce que je ne cesserai de penser, et désirer jusqu’au dernier soupir ; il sera un soupir d’amour pour vous. »

Relique de la Vénérable Thérèse de Saint-Augustin

Relique de la Vénérable Thérèse de Saint-Augustin.

Quelques autres textes pour se préparer spirituellement à Noël :

- Préparation au mystère de la Nativité avec Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix > ici
- « Chemin de Bethléem, école d’oraison » (Frère Maximilien-Marie) > ici

Acte de donation à la Très Sainte Vierge.

15 décembre,
Octave de l’Immaculée Conception.

Dans un vieux livre de piété provenant d’un monastère de la Visitation aujourd’hui fermé, j’ai découvert, entre les pages, un petit feuillet manuscrit, soigneusement calligraphié, contenant un « Acte de donation à la Très Sainte Vierge ».
En ce jour octave de la fête de l’Immaculée Conception de Notre-Dame, je le recopie à votre intention car il me semble que les admirables dispositions de cette prière peuvent – et même doivent – être aussi celles de chacune de nos âmes, si elles aiment en vérité notre Très Sainte Mère du Ciel…

Nota : Je retranscris exactement le feuillet qui se trouve devant moi, tant pour la ponctuation que pour les majuscules.

Immaculée Conception

Acte de donation à la Très Sainte Vierge - titre

O Marie ! Admirable Mère de Jésus et mon aimable Mère ! puissante Souveraine de l’univers et mon aimbable Souveraine ! me voici à vos pieds avec une joie d’enfant, pour me donner à vous ! à vous, ô ma Bien Aimée, avec tout ce que je suis, tout ce que j’ai, tout ce que je possède et pourrai acquérir dans l’ordre de la nature et de la grâce. Je me remets entre vos mains d’une manière si parfaite, ô ma Mère ! ô Vie de mon âme ! que non seulement je n’aie plus rien après vous avoir tout donné, mais encore qu’à tout jamais, dans le temps, dans l’éternité, je ne puisse plus rien avoir ; mon âme, avec ses facultés, ses affections, ses espérances, mon corps avec ses sens et sa vie corruptible : tout mon être sans la moindre réserve, sans le moindre retour, étant, dès à présent, livré à vous, abandonné à vous, à votre Direction maternelle, à votre Providence pleine d’amour. Aujourd’hui en particulier, je vous donne toutes mes pensées, tous mes sentiments, toutes mes oeuvres de religion, de charité, de pénitence… Je ne suis plus à moi, ô Marie, je suis à vous.
Mais, ô ma ravissante Mère ! quelque absolue que soit ma donation, mon désir, mon vouloir, ne peuvent suffire aux besoins de mon coeur, à mon extrême amour. C’est pourquoi, vous qui êtes si bonne, ô ma Souveraine, faites, je vous prie, mieux encore que je ne puis faire moi-même. Daignez m’attacher et m’unir à vous, me faire votre bien, m’enclore en vos pouvoirs et privilèges de la manière la plus intime, la plus absolue, la plus irrévocable, de la manière que vous connaissez seule, et que je ne connais pas, de sorte que je sois à vous et que je vous serve non seulement par mes actions, mais encore par un état spécial et une condition nouvelle, dans lesquels vous m’aurez vous-même établi.
O Jésus ! Fils du Dieu éternel et Fils de Marie ! qui unissez par votre grâce miséricordieuse nos âmes à votre aimable Mère, daignez me tenir et considérer désormais comme son serviteur et son esclave d’amour ; daignez daignez être vous-même, ô Lien de tous les coeurs ! l’indissoluble lien de mon coeur au Coeur très aimant de votre Mère.
O Jésus ! ô mon Bien ! ô mon Tout ! je vous demande cette précieuse grâce, avec toute l’ardeur dont mon pauvre coeur est capable ; je vous la demande pour la vie, pour l’heure de la mort et pour toute l’éternité.

Ainsi soit-il !

Trois lys blancs

2016-91. De la statue de Henri IV le Grand érigée à Rome au Latran.

Nota :
l’article que je publie ci-dessous aujourd’hui est le millième de ce blogue,
et je suis particulièrement heureux qu’il soit à la gloire de notre Royauté française
et des triomphes de notre foi catholique…

pattes de chatLully.

* * * * * * *

13 décembre,
fête de Sainte Lucie,
6e jour dans l’octave de l’Immaculée Conception,
anniversaire de la naissance de Henri IV.

lys.gif

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Outre les célébrations liturgiques de ce jour, nous n’omettons jamais, chaque 13 décembre, de commémorer dans la joie et l’action de grâces, l’anniversaire de la naissance de Henri IV le Grand (13 décembre 1553), notre premier Roi Bourbon, et nous nous rendons par la pensée et la prière jusqu’en l’archibasilique du Très Saint Sauveur au Latran, à Rome, pour prier, avec l’insigne chapitre de la cathédrale de la Ville Eternelle, « pro felici ac prospero statu Galliae : pour le bonheur et la prospérité de la France ».
Je vous ai déjà entretenu de l’origine de cette vénérable tradition, toujours maintenue (voir > ici), et je ne m’étendrai pas à son sujet ; mais je voudrais aujourd’hui, à l’occasion de ce 13 décembre, vous faire découvrir – ou redécouvrir – la belle statue de bronze érigée en l’honneur de Henri IV dans le narthex nord de la basilique du Latran.

1 - narthex nord basilique Latran

Rome : entrée nord de l’archibasilique du Très Saint Sauveur au Latran.
C’est dans ce narthex, sous la loggia des bénédictions, que se trouve la statue de bronze
célébrant les mérites et la catholicité de Henri IV le Grand.

On a trop souvent calomnié la conversion de Henri IV. Le trop fameux « Paris vaut bien une messe » des livres d’histoire de la troisième république n’est en réalité qu’une citation apocryphe qui, si elle a fait florès, trahit néanmoins radicalement l’honnêteté et la profondeur de la conversion du Roi.

L’abjuration solennelle de Henri IV, à Saint-Denys le 25 juillet 1593, devant l’archevêque de Bourges, n’était pas sans consistance : son acceptation par le clergé du Royaume fut relativement rapide. C’est ce qui permit son sacre, célébré à Chartres le 25 février 1594.
Henri IV y reçut alors les sacrements, les évêques de France considérant qu’il n’était plus excommunié, même si la levée solennelle de l’excommunication par le Pape Clément VIII n’intervint qu’à l’automne 1595.
Je précise au passage que l’une des dernières missions que le Ciel confia à Saint Philippe Néri (qui rendit sa belle âme à Dieu le 26 mai 1595) fut justement d’aller trouver le Souverain Pontife et de lui assurer, de la part de Notre-Seigneur, que la conversion du Roi de France était authentique et sérieuse.

2 - statue de Henri IV au Latran

Statue de Sa Majesté le Roi Henri IV dans le narthex nord de la basilique du Latran.

Après la restitution au chapitre du Latran de ses bénéfices sur l’abbaye de Clairac et l’institution de la Messe annuelle « pro felici ac prospero statu Galliae » au jour anniversaire de la naissance du Roi, chaque 13 décembre, fut également décidée l’érection d’un monument commémoratif à la gloire de Henri IV dans le narthex de l’entrée nord de la basilique.

Oeuvre de l’artiste lorrain Nicolas Cordier (1567-1612), qui était installé à Rome depuis 1592, cette statue de bronze représente le premier Roi Bourbon en imperator triomphant.
Commandée en 1606, elle fut achevée et érigée en 1608 à l’emplacement où elle se trouve toujours : dans une espèce de petite abside rectangulaire, voûtée, ornée de stucs et de trompe-l’oeil, habituellement fermée par une grille.

La couleur très sombre du bronze et le contre-jour, conséquence de l’éclairage donné par un oculus pratiqué au sommet de la voûte, font qu’il est souvent très malaisé d’en prendre des clichés satisfaisants. Celui que je publie ci-dessus a été pris par Frère Maximilien-Marie en avril 2010 ; mais pour en apprécier les détails il vaut finalement mieux les examiner sur cette gravure qui date du début de la régence de la Reine Marie et qui se trouve dans les collections du château de Pau.

3 - statue de Henri IV gravure

J’ai néanmoins essayé, avec un résultat médiocre, de vous présenter un gros plan du visage du Bon Roi Henri tel qu’il est figuré sur cette statue :

4 - statue de Henri IV visage

La statue est posée sur un haut piedestal cylindrique sur le devant duquel, dans un encadrement ouvragé où l’on admire les fleurs de lys de France, est enchassée une plaque de marbre noir portant la dédicace.

5 - inscription du socle - statue Henri IV - Latran

En voici le détail :

6 - inscription du socle gros plan - statue Henri IV - Latran

Cette inscription rappelle que le chapitre et les chanoines de la sacrosainte église du Latran ont pris soin de faire ériger cette statue de bronze en reconnaissance, sous le pontificat de Paul V et l’ambassade de Charles de Neufville d’Alincourt.
Mais ce qui la rend spécialement remarquable ce sont les éloges qu’elle dédie au Roi Très Chrétien de France et de Navarre (Francorum et Navarrorum Regi Christianissimo) Henri IV, comparé à Clovis pour sa piété (pietate alteri Clodoveo), à Charlemagne pour l’abondance de ses combats (varietate praeliorum Carolo Magno), et à Saint Louis pour son zèle en faveur de l’extension de la religion (amplificandae studio religionis Sancto Ludovico).

En ce 13 décembre donc, c’est plein de reconnaissance envers le premier Roi Bourbon que nous chantons : « Vive Henri IV, vive ce Roi vaillant ! … Que Dieu maintienne en paix ses descendants ! »
Et, dans les prières que nous faisons monter vers le Ciel pour le salut, la paix et le bonheur de la France, nous demandons avec ferveur le rétablissement du trône de Henri IV et le glorieux avènement effectif de son descendant, héritier et successeur, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX.

7 - lys du socle de la statue de Henri IV

Hymne de foi et d’espérance pour la restauration du Roi légitime > ici

Publié dans:Memento, Prier avec nous, Vexilla Regis |on 13 décembre, 2016 |2 Commentaires »

2016-89. « O Mère admirable, c’est bien avec raison que l’on vous appelle ainsi ! »

Extrait du « Coeur admirable de la Très Sainte Mère de Dieu »
de
Saint Jean Eudes

Basilique supérieure Lourdes - La Trinité et l'Immaculée

La Sainte Trinité et la Vierge immaculée
(vitrail de la basilique supérieure à Lourdes)

« O Mère admirable, c’est bien avec raison que l’on vous appelle ainsi ! Car véritablement vous êtes admirable en toutes choses et en toutes manières.

Admirable en la beauté angélique et en la pureté séraphique de votre corps virginal. Admirable en la sainteté très éminente de votre âme bienheureuse. Admirable en toutes les facultés de l’un et de l’autre, dont vous avez toujours fait un très saint usage pour la gloire du Saint des saints.

Admirable en toutes vos pensées, en toutes vos paroles, en toutes vos actions : en vos pensées, qui n’ont jamais eu d’autre but que de plaire à Dieu seul ; en vos paroles, qui ont toujours été comme les paroles de Dieu, conformément à ce divin précepte : « Si quelqu’un parle, que ses paroles soient comme les paroles de Dieu » (1 Petr. IV, 11) ; en vos actions, qui ont toutes été consacrées à sa divine Majesté.

Admirable en vos souffrances, qui vous ont rendue digne d’être associée avec le Sauveur en l’oeuvre de la Rédemption du monde.

Admirable en tous les états et en tous les mystères de votre vie, qui sont autant d’abîmes de merveilles.
Admirable en votre Conception immaculée, qui est pleine de merveilles.
Admirable en votre Naissance, qui a été le sujet d’une joie indicible et éternelle à tout l’univers.
Admirable en votre saint Nom de Marie.
Admirable en votre entretien avec l’Archange saint Gabriel, quand il vous a annoncé le mystère ineffable de l’Incarnation.
Admirable dans toutes les choses grandes qui se sont passées en vous, au moment heureux où ce mystère incomparable y a été accompli.
Admirable en tous les moments des neuf mois que le Verbe incarné a résidé en qualité de Fils unique de Marie dans vos bénites entrailles.
Admirable en toutes les paroles contenues dans le divin cantique que vous avez prononcé après avoir salué votre cousine Elisabeth.
Admirable en tous les pas que vous avez faits allant à Bethléem pour y enfanter le Sauveur du monde.
Admirable dans le mystère de son Epiphanie, c’est-à-dire de sa manifestation aux saints Rois qui ont trouvé l’Enfant de Bethléem avec Marie sa mère, et l’ont adoré avec elle.
Admirable dans la sainte conversation que vous avez eue avec ce Fils bien-aimé, spécialement durant les trente premières années de sa vie.
Admirable dans la part que votre charité vous a donnée dans le premier miracle qu’il a fait aux noces de Cana.
Admirable en la communication qu’il vous a faite de sa croix et de ses souffrances, et dans le sacrifice que vous avez fait de lui-même au pied de sa croix.
Admirable dans les choses qui se sont passées, lorsque étant ressuscité il vous a visitée.
Admirable dans les dispositions avec lesquelles vous avez reçu le Saint-Esprit au jour de la Pentecôte.
Admirable en votre sainte mort, en votre glorieuse Assomption, en la vie bienheureuse que vous avez dans le ciel.

Admirable en toutes les qualités dont Dieu vous a ornée, de Fille aimée du Père, de Mère du Fils de Dieu, d’Epouse du Saint-Esprit, de sanctuaire de la très sainte Trinité, de Reine des hommes et des Anges, de Mère des chrétiens, de Consolatrice des affligés, d’Avocate des pécheurs, de Refuge de tous les misérables. »

Saint Jean Eudes,
in « le Coeur admirable de la très sainte Mère de Dieu » (1681) – livre 1er, chapitre 1.

Trois lys blancs

Voir aussi :
- Tota pulchra es > ici
- Litanies du Saint Coeur de Marie > ici
- Prière du vénérable Pie XII à Marie, Mère immaculée > ici
- Saint Jean Eudes : « Le Coeur de Marie, rempli d’amour pour Dieu et de charité pour nous » > ici
- Saint Jean Eudes : « C’est dans son Coeur que Marie a porté le Christ et qu’elle Le porte pour l’éternité » > ici
- Origines de Notre-Dame selon la Légende Dorée > ici
- BD « La nouvelle Arche » > ici
- BD « Dans l’arche du Coeur immaculé » > ici

2016-86. Sauvez Rome et la France, au nom du Sacré-Coeur !

3 décembre,
Fête de Saint François-Xavier.

Je vous rappelais hier, chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion, à l’occasion de l’anniversaire de la bataille de Loigny (2 décembre 1870), l’influence qu’elle avait exercé sur la genèse du Voeu National au Sacré-Coeur (cf. > ici), dont le cantique « Pitié, mon Dieu ! » fut l’expression.

J’en profite aujourd’hui pour compléter ce que je vous écrivais au sujet des afflictions de l’Eglise et des malheurs de la France - n’en déplaise à ces « idiots utiles » qui, dans la société civile mais plus encore dans l’Eglise, nous serinent que tout va bien - :
1 – si la spoliation des Etats de l’Eglise livrés aux exactions de la secte maçonnique fut alors un grand malheur, voir aujourd’hui l’Eglise livrée à la propagation de l’hérésie moderniste est un malheur encore plus grand ;
2 – si la captivité du Bienheureux Pie IX dans l’enceinte de la Cité Vaticane fut alors la cause d’une profonde tristesse pour tous les catholiques, la pusillanimité des pasteurs aux doctrines pour le moins floues ou hésitantes (quand elles ne sont pas carrément hétérodoxes) est aujourd’hui la cause d’une tristesse infiniment plus profonde pour les fidèles qui ont conservé la foi de la Tradition reçue des Apôtres ;
3 – si la défaite militaire de la France devant le rouleau compresseur prussien fut alors le motif d’une immense humiliation, la déroute sociale, intellectuelle, culturelle, morale et spirituelle de notre pays est aujourd’hui le motif d’une humiliation mille fois plus immense ;
4 – si l’invasion du territoire français par les troupes germaniques fut alors à l’origine d’une dramatique inquiétude, la collaboration des gouvernements successifs de la république à une invasion mahométane mortifère est aujourd’hui la raison pleinement justifiée d’une clairvoyante inquiétude à la perspective des drames que cette invasion engendrera immanquablement…

Mais si ces grands malheurs des années 1870 et 1871 furent aussi l’occasion d’un grand sursaut spirituel, à combien plus forte raison aujourd’hui les grands malheurs de la France et de l’Eglise doivent-ils entraîner une saine et sainte réaction surnaturelle par un authentique retour à Dieu : conversion ; pénitence et réparation ; recours fervent à ces puissants intercesseurs que sont les Saints de France ; instantes supplications adressées à la Très Sainte ViergeMarie, Reine de France ; et – par dessus tout – appels pressants au Sacré-Coeur.

Marseille basilique Sacré-Coeur vitrail du voeu national

Le Voeu National au Sacré-Coeur
(vitrail de la basilique du Sacré-Coeur à Marseille)

Voilà pourquoi Frère Maximilien-Marie a composé de nouvelles paroles, plus adaptées aux circonstances présentes, pour le cantique « Pitié, mon Dieu ! »

Notre Frère y a rétabli le refrain originel  : « Sauvez Rome et la France, au nom du Sacré-Coeur ! » (et non pas « Sauvez, sauvez la France… », puisque ce cantique avait été écrit dans le contexte de la spoliation des Etats Pontificaux et de l’écrasement de la France sous la botte prussienne), qui prend aujourd’hui un sens nouveau, encore plus exact, encore plus tragique, comme je le faisais remarquer ci-dessus.
Toutefois il en a réécrit les couplets afin de les faire davantage coller à l’actualité de l’Eglise et de notre malheureux pays.

Voici donc cette réactualisation de l’ancien cantique du Voeu National :

1- Pitié, mon Dieu ! car Votre Sainte Eglise
De toutes parts se trouve menacée ;
Jusqu’en son sein, il en est qui pactisent
Avec l’esprit de l’enfer déchaîné :

Refrain :  Dieu de clémence ! ô Dieu vainqueur !
                   Sauvez Rome et la France, au nom du Sacré-Coeur ! (bis)

2 – Pitié, mon Dieu ! apostate est la France :
Elle renie son Seigneur et son Roi !
Que Votre Amour brise sa résistance
Et la ramène à Votre sainte loi !

3 – Pitié, mon Dieu ! d’un horrible naufrage
La Chrétienté se trouve menacée.
Ressuscitez les glorieux lignages
De l’héroïsme et de la sainteté !

4 – Pitié, mon Dieu ! que ce monde coupable,
Abandonnant ses chemins dépravés,
Dans l’unité de l’amour véritable,
Par Votre Eglise, trouve enfin sa paix !

(paroles réécrites par Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur)

le Voeu National - mosaïque de la basilique de Montmartre

Le Voeu National au Sacré-Coeur
(mosaïque de la basilique du Sacré-Coeur de Montmartre, Paris)

Prions et supplions, donc, en revenant au divin Coeur de Jésus dont la miséricorde et la puissance infinies peuvent seules endiguer le déferlement du mal…

Lully.

Autre cantique en l’honneur du Sacré-Coeur publié dans ce blogue :
- « Règne à jamais, Coeur glorieux ! » > ici

Sacré-Coeur gif

2016-85. Le divin Enfant réveillé par le cri de la France.

2 décembre,
Dans l’Ordre de Saint Augustin, la fête du Bienheureux Jan van Ruysbroeck ;
Anniversaire de la bataille de Loigny (2 décembre 1870).

Bannière des Zouaves Pontificaux à Loigny

La bannière de Loigny

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Hier, à l’occasion de la fête du Bienheureux Charles de Jésus (cf. > ici), je vous citais ces lettres de Son Excellence Monseigneur Bonnet qui confiait « l’Eglise affligée » (Ecclesia Dei afflicta) et « la France meurtrie » à l’intercession de son prêtre que des traîtres avaient assassiné quelques mois plus tôt.
C’est dans la continuité de ces préoccupations spirituelles pressantes – car l’Eglise est toujours, et peut-être bien plus qu’en 1917, affligée ; et la France est encore bien davantage meurtrie de nos jours, même si c’est d’une autre manière – , que je veux vous écrire en ce 2 décembre.

J’ai déjà eu l’occasion de vous parler (par exemple > ici ou > ici) de la collection de canivets de Frère Maximilien-Marie.
Aujourd’hui, en voici un qui, tout en s’accordant merveilleusement à ce temps de l’Avent, qui nous fait tendre vers la Nativité du Verbe de Dieu incarné avec une ardeur renouvelée, s’inscrit admirablement et dans l’anniversaire de la célèbre bataille de Loigny, et dans notre sollicitude spirituelle pour cette France tant aimée où « il y a grande pitié ».

Cette image en taille-douce publiée chez Ch. Letaille (éditeur pontifical -rue Garancière, 5 – Paris) avec la référence PL. 26, s’intitule « Le divin Enfant réveillé par le cri de la France ».

En voici tout d’abord une vue générale :

Le divin Enfant réveillé par le cri de la France

L’en-tête porte cette inscription : « Je crois en Jésus-Christ né de la Vierge Marie » qui surmonte, dans une espèce de mandorle, une représentation de l’Enfant Jésus, couché sur la paille.

cri de la France détail 2

Les yeux du Saint Enfant Jésus sont légèrement inclinés vers le bas où, appuyés contre le bois de sa crèche, nous découvrons une branche de lys, un bourdon de pèlerin avec la gourde qui y est attachée, et une bannière dont la hampe se termine par une croix ouvragée ; sur le tissu blanc de cette bannière est écrit le nom « France ».

Les lys et le bourdon qui encadrent cette bannière blanche symbolisant la France, semblent évoquer le grand élan des pèlerinages nationaux issu de l’effondrement, de la défaite et des humiliations de 1870-1871, alors qu’on espérait une restauration royale, et que la France, pénitente et vouée (c’est-à-dire engagée par un voeu : « Gallia poenitens et devota », comme l’affirme l’inscription sous la grande mosaïque du sanctuaire à Montmartre), se tournait suppliante vers le divin Coeur de Jésus.

cri de la France détail 3

A l’arrière-plan, dans un double rayon qui descend de la représentation des deux Coeurs unis de Jésus et Marie qui sont figurés au sommet de la mandorle, on aperçoit la façade de la basilique de Saint-Pierre au Vatican, avec l’obélisque dressé au centre de la colonnade du Bernin.

La France pénitente et vouée au premier plan, le symbole de l’Eglise romaine à l’arrière-plan, ceci renvoie immanquablement au texte du Voeu National :
« En présence des malheurs qui désolent la France et des malheurs plus grands peut-être qui la menacent encore. En présence des attentats sacrilèges commis à Rome contre les droits de l’Eglise et du Saint Siège, et contre la personne sacrée du vicaire de Jésus Christ. Nous nous humilions devant Dieu, et réunissant dans notre amour l’Eglise et notre patrie, nous reconnaissons que nous avons été coupables et justement châtiés.
Et pour faire amende honorable de nos péchés et obtenir de l’infinie miséricorde du Sacré Cœur de Notre Seigneur Jésus Christ le pardon de nos fautes, ainsi que les secours extraordinaires qui peuvent seuls délivrer le Souverain Pontife de sa captivité et faire cesser les malheurs de la France nous promettons de contribuer à l’érection, à Paris, d’un sanctuaire dédié au Sacré Cœur de Jésus ».

N’oublions pas que la bataille de Loigny, le 2 décembre 1870, au cours de laquelle les Zouaves Pontificaux, rentrés de Rome et incorporés à l’armée française sous le commandement du général Gaston de Sonis, soutinrent héroïquement l’assaut des envahisseurs, eut alors un retentissement considérable.
Sur ce champ de bataille, avait été déployée la bannière du Sacré-Coeur (cf. photo en haut de page) brodée par les Visitandines de Paray-le-Monial et déposée sur le tombeau de Saint Martin à Tours avant d’être confiée au colonel-comte Athanase de Charette, et ce haut fait ne manqua pas d’inspirer les initiateurs du Voeu National, Messieurs Alexandre Legentil et Hubert Rohault de Fleury.

cri de la France détail 4

Le cartouche gravé au-dessous de cette représentation symbolique fait une allusion explicite au fameux cantique « Pitié, mon Dieu ! », dont le refrain originel suppliait : « Dieu de clémence, ô Dieu vainqueur, sauvez Rome et la France, au nom du Sacré-Coeur ! »

cri de la France détail 1

Le verso de cette émouvante image porte ce texte :

Venez, divin Messie, venez renaître au milieu de nous !
La France repentante vous appelle, la France vous tend les bras ;
recevez-la dans les vôtres…

Que les rayons de lumière et d’amour qui s’échappent du soleil ardent de votre divin Coeur, rendent la vue aux aveugles, réchauffent les âmes glacées dans le sommeil de l’oubli et de l’indifférence, ressuscitent nos morts à la grâce ;
et que tous, unis en UN, nous n’ayons plus qu’un seul désir, qu’un seul vouloir :

Le triomphe de l’Eglise,
le règne de Dieu sur la terre,
en attendant la réunion des élus dans la paix et la joie des cieux.

+

O Coeur très doux et très clément de Jésus,
daignez faire miséricorde à la France !

Nous vous le demandons par le Coeur très saint et immaculé de votre Bienheureuse Mère, à qui votre amour filial n’a jamais rien refusé !

+

Comme je vous l’écrivais en commençant, chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion, tout ceci demeure bien actuel et nous ne pouvons que le faire nôtre, et crier nous aussi ardemment vers le Ciel :

« O Coeur très doux et très clément de Jésus,
daignez faire miséricorde à la France ! »

Ainsi soit-il !

Lully.

Voir aussi :
« Les plaies de la France pansées par Marie » > ici
– La prophétie de Madame Royer sur la France > ici
« Coeur de Jésus, sauvez la France, ne l’abandonnez pas » > ici
« Sauvez Rome et la France, au nom du Sacré-Coeur » > ici

Coeur de Jésus, sauvez la France !

Publié dans:Memento, Prier avec nous, Vexilla Regis |on 2 décembre, 2016 |Pas de commentaires »

2016-81. De Saint Georges, premier évêque du Velay, et du bâton miraculeux de Saint Pierre.

10 novembre,
Fête de Saint Georges du Velay.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Point n’est besoin que je vous explique une fois de plus de quelle dévotion nous entourons les saintes reliques (cf. > ici) ; aussi, après vous avoir raconté mon propre pèlerinage auprès de celles de Saint Antoine le Grand (cf. > ici), vais-je vous expliquer comment Frère Maximilien-Marie, après quelques mois de recherche, a pu, ce mercredi 9 novembre en fin d’après-midi, voir le bâton miraculeux de l’apôtre Saint Pierre

St Pierre -détail d'un vitrail de C.E. Kempé - église St-Jacques Hunstanworth, comté de Durham

Le premier évangélisateur et premier évêque du Velay se nommait Georges : selon la tradition, il était du nombre des septante-deux disciples de Notre-Seigneur et, en même temps que Front, qui deviendra le premier évêque de Périgueux, il fut envoyé dans les Gaules par Saint Pierre.
Alors que nos deux missionnaires étaient en route et qu’ils étaient arrivés près du lac de Bolsena, à plus de 27 lieues au nord de Rome, Georges mourut subitement. Son compagnon, Saint Front, repartit pour Rome où Saint Pierre lui remit son bâton de marche, lui demandant de le déposer sur le corps du défunt (en effet, Saint Front avait donné l’ordre qu’on ne l’ensevelît pas).
Par l’imposition du bâton de Saint Pierre, Saint Georges fut rendu à la vie, et ce miracle fut d’ailleurs la cause de nombreuses conversions dans la région de Bolsena.

L’apostolat des deux missionnaires se déploya surtout dans la Gaule Aquitaine (province romaine qui était beaucoup plus vaste que ce que nous appelons aujourd’hui l’Aquitaine puisqu’elle englobait, par exemple, le Velay et le Berry). Saint Front s’établit en Périgord et Saint Georges travailla à l’évangélisation du Velay.
On admet habituellement – car tous les historiens ne sont pas d’accord – qu’il fixa son siège épiscopal à Ruessio (ou Ruessium), qui était alors la principale cité des Vellaves, et qui est aujourd’hui la petite ville de Saint-Paulien.

C’est dans le temps de l’apostolat de Saint Georges, en l’an 45 de notre ère, qu’eut lieu la première apparition de Notre-Dame qui est à l’origine du pèlerinage du Puy, ainsi que cela a été raconté dans ce blogue (cf. > ici).

Avant de se séparer, Saint Front et Saint Georges s’étaient partagé le bâton de Saint Pierre, et jusqu’à la grande révolution la moitié du bâton miraculeux fut pieusement conservée et vénérée dans l’église collégiale de Saint-Paulien

Statue de Saint Georges - église de Saint-Paulien

Saint Georges, fondateur de l’Eglise du Velay et son premier évêque
(statue dans l’église de Saint-Paulien).

Saint Georges évangélisa le Velay pendant de nombreuses années et, bien qu’il eut parfois à endurer de violentes oppositions de la part des païens, il mourut (une deuxième fois) sans avoir subi le martyre : il fut inhumé sur le Mont Anis, près du lieu que la Sainte Mère de Dieu avait désigné pour y être honorée et où Saint Martial  (cf. > ici) était venu consacrer le premier autel (là où est aujourd’hui la cathédrale Notre-Dame de l’Annonciation du Puy-en-Velay) et apporter une des chaussures de la Très Sainte Vierge Marie.

Plus tard, au-dessus du tombeau de Saint Georges, fut construite une église, qui devint ensuite collégiale, puis aujourd’hui la chapelle Saint-Georges du grand séminaire du Puy.

Résurrection de Saint Georges - tableau du XVIIe s église de Saint-Paulien

Saint Front rendant la vie à Saint Georges en lui imposant le bâton de Saint Pierre
(tableau du XVIIe siècle dans l’église de Saint Paulien).

Je me demandais si, comme – hélas ! – un très grand nombre de précieuses reliques, et comme d’ailleurs l’autre moitié du bâton de Saint Pierre emportée en Périgord par Saint Front, la partie de ce bâton conservée à Saint-Paulien avait été détruite ou perdue lors de la grande révolution, jusqu’à ce que l’un de nos amis prêtres nous eût informés que non.
Soustrait aux pillages et profanations révolutionnaires par un prêtre de Saint-Paulien, le bâton de Saint Pierre fut remis par lui aux « Demoiselles de l’instruction » (congrégation fondée au Puy au XVIIe siècle sous l’impulsion d’Anne-Marie Martel et des prêtres de Saint-Sulpice qui dirigeaient le séminaire) – appelées aujourd’hui Soeurs de l’Enfant Jésus - , après la tourmente et conservé dans leur couvent du Puy.

Tout au long du XIXe siècle et dans la première moitié du XXe siècle, les élèves des « Demoiselles de l’instruction » étaient invités à entourer de vénération la relique du bâton de Saint Pierre.
Mais, après « LE concile » (!!!), cette dévotion disparut du paysage religieux vellave : l’histoire de Saint Georges fut reléguée par beaucoup au nombre des pieuses légendes sans fondement, ceux qui conservèrent son culte placèrent son existence au troisième siècle et non plus à l’âge apostolique, et les reliques – souvent suspectées d’être fausses ou douteuses, voire même accusées de favoriser la « superstition » (ne croirait-on pas entendre les sans-culottes et les patriotes de l’an II ?) – furent remisées au fond des placards de sacristie, quand elles ne furent pas brûlées ou cédées aux brocanteurs…

Vitrine renfermant le bâton de Saint Pierre - soeurs de l'Enfant Jésus le Puy

Vitrine dans laquelle sont exposés le bâton de Saint Pierre et un buste reliquaire de Saint Georges
(congrégation des Soeurs de l’Enfant Jésus, le Puy-en-Velay).

Fort heureusement, le bâton de Saint Pierre – même s’il avait été mis à l’écart de la dévotion populaire – ne fut ni détruit ni perdu lors de cette seconde grande révolution qui a ravagé la Sainte Eglise après les années 60 du précédent siècle !

Après avoir interrogé plusieurs personnes, dont quelques prêtres parmi lesquels certains ignoraient tout de cette « légende » et d’autres qui en sourirent avec condescendance, au terme d’un véritable jeu de piste, Frère Maximilien-Marie finit par apprendre que le bâton de Saint Pierre se trouve actuellement dans l’une des vitrines d’une salle d’exposition présentant l’histoire et les souvenirs de la fondation des « Soeurs de l’Enfant Jésus » – salle d’exposition très rarement ouverte au public – dans la vieille ville du Puy.

Mais une chose était de savoir où se trouvait la relique, autre chose était de parvenir jusqu’à elle !

Appels téléphoniques réitérés en vue d’obtenir un rendez-vous, renvois d’une personne à une autre, demandes restées sans réponse précise ou se heurtant à une demande de rappel ultérieur : ainsi en fut-il pendant cinq mois.
Enfin, il y a quelques jours, frère Maximilien-Marie eut-il la joie de trouver une personne qui consentit à lui ouvrir les portes de la salle où se trouve ladite exposition quasi jamais ouverte au public, et qui lui donna rendez-vous pour ce mercredi 9 novembre en fin d’après-midi…

…Alléluia !

Relique du bâton de Saint Georges 2

Relique du bâton de Saint Pierre et  feuillet manuscrit racontant l’histoire de ce bâton
(congrégation des Soeurs de l’Enfant Jésus, le Puy-en-Velay).

Comme nous ne croyons pas au hasard, mais aux mystérieuses dispositions de la Providence (« Deus, cujus Providentia in sui dispositione non fallitur » ainsi que le proclame l’admirable oraison du septième dimanche après la Pentecôte), nous n’avons pas manqué de remarquer que le 9 novembre en fin d’après-midi, c’est justement le moment où l’Eglise diocésaine du Puy entonne les premières vêpres de la fête de Saint Georges, son fondateur et premier évêque (fête double de première classe avec octave, dans la liturgie traditionnelle), puisque sa fête est célébrée à la date du 10 novembre !

Redisons-le donc : Alléluia !

Relique du bâton de Saint Georges 3

Relique du bâton de Saint Pierre : seule partie visible de ce bâton extraite de sa housse
(congrégation des Soeurs de l’Enfant Jésus, le Puy-en-Velay).

Vous pouvez vous en rendre compte par vous-mêmes, grâce aux photographies dont j’accompagne ce texte, puisque notre Frère a eu la permission de réaliser quelques clichés, ce bâton de Saint Pierre se trouve au milieu d’objets divers : livres de piété des XVIIe ou XVIIIe siècles dont usaient les « Demoiselles de l’instruction », documents relatifs à l’histoire de la congrégation,  reliquaires…

Cette moitié du bâton de Saint Pierre doit mesurer entre 70 et 80 centimètres ; elle est placée dans une housse de soie violette avec des motifs jaune d’or et on n’en voit que l’extrémité qui a été tirée hors de la housse.
Le bâton lui-même est de couleur noire ; à son extrémité lui est attaché un ruban de soie bleue, mais notre Frère n’a pas pu voir si ce ruban portait un sceau ; plusieurs feuillets de papier sur lesquels un texte est écrit sont enroulés autour du bâton à l’ouverture de la housse de soie ;  un feuillet manuscrit très endommagé, en partie déroulé, a été placé en dessous du bâton (le texte qui y est calligraphié a été retranscrit sur la feuille imprimée, enfilée dans une pochette plastique, que l’on voit à droite), il raconte les traditions concernant Saint Georges et le bâton de Saint Pierre.

Relique du bâton de Saint Georges 1

Relique du bâton de Saint Pierre dans sa vitrine
(congrégation des Soeurs de l’Enfant Jésus, le Puy-en-Velay).

Pour terminer mon compte-rendu de ce soir, chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion, je me contenterai de vous transcrire la traduction que j’ai faite de l’oraison propre de Saint Georges, telle que je l’ai trouvée dans un exemplaire des offices propres du diocèse du Puy, vous invitant ainsi à entrer vous aussi dans le courant multiséculaire de dévotion envers l’apôtre et le premier évêque du Velay :

« O Dieu qui nous avez faits parvenir à la connaissance de Votre Nom par les enseignements salutaires du Bienheureux Georges, dans Votre bienveillance accordez-nous que, ayant conservé la foi dans son intégrité, persévérant jusqu’à la fin dans la pratique des bonnes oeuvres, nous méritions de parvenir aux éternelles récompenses des vertus. Par Jésus-Christ Notre-Seigneur, Votre Fils, qui, avec Vous vit et règne dans l’unité du Saint-Esprit pour les siècles des siècles. Ainsi soit-il. »

Reliquaire de Saint Georges - soeurs de l'Enfant Jésus le Puy

Buste reliquaire de Saint Georges
(congrégation des Soeurs de l’Enfant Jésus, le Puy-en-Velay).

Litanies de Saint Martin, évêque de Tours et apôtre des Gaules.

Eglise de Saint-Epain (37) - Saint Martin

Saint Martin
(détail d’une verrière de l’église de Saint-Epain, diocèse de Tours)

Seigneur, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, ayez pitié de nous.
Jésus-Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous

Jésus-Christ, écoutez-nous.
Jésus-Christ, écoutez-nous.

Jésus-Christ, exaucez-nous.
Jésus-Christ, exaucez-nous.

Père Céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Esprit-Saint qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Trinité Sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous.
Saint Martin, Pasteur de la province de Tours, priez pour nous.
Saint Martin, généreux soldat de Jésus-Christ, priez pour nous.
Saint Martin, parfait modèle des guerriers, priez pour nous.
Saint Martin, qui avez su mépriser les biens et les plaisirs du monde, priez pour nous.
Saint Martin, qui n’étant encore que catéchumène, vous êtes dépouillé d’une partie de vos vêtements pour en couvrir un pauvre, priez pour nous.
Saint Martin, qui fûtes un modèle de sobriété et d’abstinence, priez pour nous.
Saint Martin, qui ne parliez que de Jésus-Christ, priez pour nous.
Saint Martin, homme d’oraison, priez pour nous.
Saint Martin, ami de la pauvreté, priez pour nous.
Saint Martin, qui consoliez les affligés, priez pour nous.
Saint Martin, qui défendiez les opprimés, priez pour nous.
Saint Martin, homme vraiment apostolique, priez pour nous.
Saint Martin, qui supportiez les injures avec tant de patience, priez pour nous.
Saint Martin, qui avez été embrasé du feu de la charité, priez pour nous.
Saint Martin, qui avez opéré tant de merveilles, priez pour nous.
Saint Martin, qui, sur la terre, avez conversé avec les Anges, priez pour nous.
Saint Martin, gloire du sacerdoce, priez pour nous.
Saint Martin, qui avez si bien prêché par votre exemple l’humilité et la douceur, priez pour nous.
Saint Martin, pontife admirable, priez pour nous.
Saint Martin, la joie et le bonheur de l’Église, priez pour nous.
Saint Martin, qui avez été tout à la fois évêque et solitaire, priez pour nous.
Saint Martin, qui fûtes l’apôtre des Gaules comme Saint Paul le fut des Gentils, priez pour nous.
Saint Martin, qui, en célébrant les saints mystères avez été environné d’une lumière miraculeuse, priez pour nous.
Saint Martin, qui portiez partout la bonne odeur de Jésus-Christ, priez pour nous.
Saint Martin, qui avez ressuscité des morts, priez pour nous.
Saint Martin, qui avez renversé tant d’idoles, priez pour nous.
Saint Martin, qui étiez la terreur des démons, priez pour nous.
Saint Martin, défenseur de la foi catholique, priez pour nous.
Saint Martin de Tours, Confesseur du dogme de la Très Sainte Trinité, priez pour nous.
Saint Martin, qui meniez ici-bas une vie angélique, priez pour nous.
Saint Martin, qui aviez protégé la ville de Tours contre la fureur de ses ennemis, priez pour nous.
Saint Martin, qui fûtes honoré du don de prophétie, priez pour nous.
Saint Martin, qui avez si glorieusement continué les travaux de Saint Gatien, priez pour nous.
Saint Martin, zélé prédicateur de l’Évangile, priez pour nous.
Saint Martin, homme puissant en œuvres et en paroles, priez pour nous.
Saint Martin, dont le nom et la sainteté sont connus de toute la terre, priez pour nous.
Saint Martin, qui ne vous êtes jamais refusé au travail, priez pour nous.
Saint Martin, qui avez montré jusqu’à la mort une entière soumission à la sainte Volonté de Dieu, priez pour nous.
Saint Martin, qui avez fait à Dieu le généreux sacrifice de votre vie, priez pour nous.
Saint Martin, en qui l’ennemi du salut ne trouva rien qui lui appartint, priez pour nous.
Saint Martin, qui avez été reçu dans le sein d’Abraham, priez pour nous.
Saint Martin, dont le tombeau a été illustré par tant de miracles, priez pour nous.
Saint Martin, dont le sépulcre est glorieux, priez pour nous.
Saint Martin, dont la vie et la mort sont admirables, priez pour nous.
Saint Martin, dont les funérailles furent un véritable triomphe, priez pour nous.
Saint Martin, qui régnez maintenant avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, priez pour nous.
Saint Martin, qui êtes la joie de l’Église de Jésus-Christ, priez pour nous.
Saint Martin, qui, du haut du ciel, vous intéressez particulièrement à votre troupeau, priez pour nous.

Agneau de Dieu qui portez les péchés du monde, pardonnez-nous Seigneur.
Agneau de Dieu qui portez les péchés du monde, exaucez-nous Seigneur.
Agneau de Dieu qui portez les péchés du monde, ayez pitié de nous.

V/ : Saint Martin de Tours, priez pour nous,
R/ : Afin que nous soyons rendus dignes des promesses de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Oraison : 

Seigneur Dieu, Vous qui voyez que nous ne pouvons rien par nos propres forces, faites, dans Votre Miséricorde, que par l’intercession de Saint Martin de Tours, modèle des Évêques, nous sachions affronter toutes les adversités et sortions vainqueurs de tous nos ennemis visibles et invisibles. Nous Vous le demandons par Jésus-Christ, Notre-Seigneur.

Ainsi soit-il.

Basilique st Martin à Tours - Charité de Saint Martin
Charité de Saint Martin
(détail d’une verrière de la basilique Saint-Martin, à Tours)
Publié dans:Nos amis les Saints, Prier avec nous |on 10 novembre, 2016 |6 Commentaires »
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