Archive pour la catégorie 'Prier avec nous'

2020-44. « Voici le jour que le Seigneur a fait ; réjouissons-nous et tressaillons d’allégresse !»

Dans ce sermon qui, dans l’édition de ses « œuvres complètes » est classé comme le « premier sermon pour la fête de Pâques », notre Bienheureux Père Saint Augustin propose un développement de ce « Haec dies quam fecit Dominus… » que nous entonnons le jour de la Résurrection et que nous répétons à satiété pendant tout l’octave de Pâques.

Vitrail du Christ ressuscité - détail

Voici le jour que le Seigneur a fait ;
réjouissons-nous et tressaillons d’allégresse !

§1 - La fête de Pâques nous provoque à la joie, parce que tout y est nouveau.

Une lumière éclatante brille pour nous aujourd’hui, parce que le bon Larron est entré dans le ciel sur les pas du Roi des rois. La foule des morts s’est levée, et la conscience des vivants a triomphé.
Contemplez l’Eglise, voyez la multitude des élus, les légions des anges, l’armée des fidèles entourant le précieux autel du Seigneur. La foule est dans la joie, parce que le Seigneur des anges est ressuscité. Les morts sont sortis des enfers et sont redevenus vivants, les hommes sont sortis purifiés de la source d’eau vive et entièrement renouvelés ; Dieu, dans Sa bonté, a pris soin de ressusciter les morts et de renouveler en nous le vieil homme, selon cette parole de l’Ecriture : « L’ancien a disparu, tout est devenu nouveau » (2 Cor. V, 17). Voilà pourquoi nous nous écrions tous : « Voici le jour que le Seigneur a fait ; réjouissons-nous et tressaillons d’allégresse » (Ps. CXVII, 24).
Comment les morts se sont-ils réjouis en sortant de leur tombeau ? Comment ceux qui ont repris naissance ont-ils tressailli d’allégresse en sortant de la source sacrée ? Ceux-là ont chanté le cantique nouveau sur la vie nouvelle, et ceux-ci ont 
chanté l’Alleluia en recevant la grâce précieuse. Disons tous : C’est le jour de la lumière, le jour du pain, afin que nous ne soyons plus soumis ni à la faim ni aux ténèbres ; rassasions-nous, au contraire, du pain de la grâce, et non pas de l’obscurité des nations barbares, car aujourd’hui l’armée des Anges se réjouit avec nous. Que personne ne désire plus le pain matériel, car aujourd’hui est ressuscité « le Pain vivant qui est descendu du ciel » (Jean, VI, 51). Aujourd’hui les chaînes des enfers sont rompues, que les chaînes de tous les péchés se rompent également.

§2. La grâce de Jésus-Christ mourant, ressuscitant, montant au ciel.

Que notre mère la sainte Eglise surabonde de joie dans la personne de tous ses enfants. Venez , Seigneur , et dites-nous : « La paix soit avec vous , n’ayez aucune crainte » (Luc, IV, 36), et nous jouirons d’une grande sécurité, car en célébrant la loi nous posséderons en toutes choses la lumière éternelle et nous dirons : « Si je marche au milieu des ombres de la mort, je ne craindrai aucun mal, parce que vous êtes avec moi, Seigneur » (Ps. XXII, 4).
Soyez donc avec nous, Seigneur, afin que nous n’ayons plus à craindre les 
ombres de la mort et que nous nous réjouissions éternellement en Notre-Seigneur Jésus-Christ souffrant, ressuscitant et montant au ciel. Par Lui puissions-nous nous élever et nous convertir au Seigneur. Le Seigneur est né, et le monde a repris naissance ; Il a souffert, et l’homme a été sauvé ; Il est ressuscité, et l’enfer a gémi ; Il est monté au ciel, et le trône paternel a tressailli de joie. Pendant que le Sauveur souffrait, les morts ressuscitaient et les vivants se réjouissaient ; lorsqu’Il ressuscita, les captifs sentaient leurs chaînes disparaître, et les anges ne pouvaient contenir leur joie ; quand Il monta au ciel, les esprits célestes furent enivrés de bonheur, et les Apôtres furent attristés ; « mais leur tristesse se changea en joie » (Jean, XVI, 20), et dissipa les ténèbres qui les retenaient dans l’erreur. C’est ainsi que pour nous, après la nuit de labeur, rayonne la joie de la lumière à la splendeur du Dieu Sauveur, selon cette parole : « Vous avez changé ma tristesse en joie » (Ps. XXIX, 12).

§3. Jour de joie et de reconnaissance.

La mort de Jésus-Christ déchirait le voile du temple, brisait les cœurs les plus durs, couvrait la nature d’épaisses ténèbres et inondait nos visages de clartés spirituelles, afin « de nous faire contempler la gloire du Seigneur à visage découvert » (2 Cor. III, 18). Un voile mystique enveloppait la loi ancienne ; ce voile a été déchiré : « la nuit a précédé, le jour s’est approché » (Rom. XIII, 12). Car voici « le jour que le Seigneur a fait, qu’il soit pour nous un sujet de joie et d’allégresse » (Ps. CXVII, 24).
Tous les jours sont l’oeuvre de Dieu, mais celui-ci a été marqué de Son sang. Les morts ressuscités se sont réjouis, combien plus la joie de ce jour doit-elle nous faire tressaillir. Ces morts parcouraient la cité sainte ; pour nous, nous irons à la sainte Eglise ; ils se réunissaient au banquet des saints, pour nous, nous participerons à la table des mystères de Dieu. Que l’armée des anges s’associe à notre joie et à 
notre banquet, offrons nos présents, élevons nos cœurs et modulons sur nos cithares ce chant d’allégresse : « Je monterai à l’autel de Dieu, au Dieu qui réjouit ma jeunesse » (Ps. XLII, 4). Nos iniquités sont pardonnées, nos chaînes sont rompues ; car c’est Dieu Lui-même qui réjouit notre âme ; disons donc de nouveau : « Voici le jour que le Seigneur a fait, réjouissons-nous et tressaillons d’allégresse ».

§4. Voici le Jour que le Seigneur a fait, réjouissons-nous donc !

Que personne ne s’attriste s’il se sent pressé par de vives exhortations de perdre la vie plutôt que sa dignité. Quelle que soit, d’ailleurs, la simplicité de son vêtement, qu’il lui suffise de briller par les qualités de l’esprit et du cœur ; car il possédera de cette manière la plus belle gloire, celle de trouver sa joie, non pas dans un vêtement, mais dans la sainteté de ce grand jour. En effet, on ne nous dit pas : Tressaillons dans notre vêtement ; mais : « Réjouissons-nous en ce jour ». Ce jour ne connaît pas les ténèbres, parce que Lui-même le premier a dissipé les ténèbres ; il ne connaît pas l’obscurité, puisqu’Il a chassé toute obscurité ; il ne connaît pas la calomnie et la suggestion du mal, parce que sur la croix Il a détruit nos titres au châtiment. Par Son innocence le Rédempteur nous a mérité l’élection divine, le calomniateur s’est enfui, le père du mensonge a perdu sa cause.
Jour d’indulgence, jour de rémission, jour de délivrance ! La joie fait tressaillir les vivants, et les morts éprouvent un soulagement ineffable. Ce jour joyeux, large, libre et éclatant, a est comme mille années en présence de Dieu (cf. Ps. LXXXIX, 4) ; car « c’est vraiment le jour que Dieu a fait ». Celui qui, toute sa vie, persévérera dans l’amour de Dieu, méritera de se réjouir éternellement dans ce jour, dans lequel les saints feront entendre des chants d’allégresse , seront inondés de toutes les splendeurs, partageront les joies du Sauveur et diront et répéteront en choeur : « Voici le jour que le Seigneur a fait, réjouissons-nous et tressaillons d’allégresse » .

Haec dies

2020-43. « L’actuelle situation dramatique doit ouvrir sur une période de sursaut qui soignera après les corps, les âmes et l’esprit public. »

A minuit, en cette nuit du Samedi Saint au Dimanche de Pâques, alors que de nombreuses pieuses âmes veillent et prient en célébrant, dans le confinement la Sainte Résurrection de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, a publié sur les réseaux sociaux le message suivant à l’adresse des Français :

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Chers compatriotes,
Chers Français

Rappelons-nous : Pâques 2019 et la France pétrifiée par l’incendie qui venait de ravager la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Pâques 2020, une épreuve d’une toute autre nature dans un domaine où l’on ne l’attendait pas, atteint la France qui, avec l’Italie et l’Espagne, se partage le record des décès en Europe. Tous les continents sont frappés.
Une mondialisation du risque !

Hier c’était l’âme du pays qui était touchée, et aujourd’hui ce sont les hommes et les femmes ; les enfants et les vieillards. Selon les mots forts prononcés par le Saint-Père dans son homélie du 27 mars, « nous avons été pris au dépourvu par une tempête inattendue et furieuse ». Devant le danger saurons-nous réagir et à l’ombre de cette cruelle épreuve, refonder nos actions sur plus de bon sens et redonner du sens à nos vies ?

Réagir, au-delà de la compassion que l’on a vis-à-vis des milliers de victimes et de leurs familles affrontant la mort souvent en grande solitude et sans secours spirituel; au-delà de l’admiration vis-à-vis des soignants aux moyens parfois si dérisoires et de tous ceux qui se dévouent souvent en prenant des risques pour que le pays continue à vivre ; au-delà des encouragements adressés à ceux qui, confinés, doivent assumer une vie familiale bouleversée et exercer leurs activités dans des conditions précaires ; au-delà de l’angoisse face aux situations désespérées que nombre d’artisans, de commerçants, d’entrepreneurs auront à affronter après le brusque arrêt de la vie économique.

Les Français courageux et fidèles à l’image de l’idée qu’ils ont de leur pays –celui du baptême de Clovis, celui de la justice de Saint-Louis, celui des quinze siècles de gloire et d’honneur-, doivent faire front animés d’une énergie à toute épreuve. Ils doivent résister pour sauver leur pays, retrouver l’esprit de Bouvines. Si l’oriflamme de saint Denis n’est plus élevée pour précéder les combattants, son esprit doit être là. Vivant.

L’actuelle situation dramatique doit ouvrir sur une période de sursaut qui soignera après les corps, les âmes et l’esprit public. En effet, au-delà de la crise sanitaire n’est-ce pas toute notre société qui est malade depuis des années et qui a besoin de se retrouver à travers un grand dessein partagé par tous et des valeurs essentielles.

En France, déjà, plus de vingt-cinq évêques ont placé leur diocèse sous la protection divine par l’intercession du Sacré-Cœur, de la Vierge Marie, de Saint-Joseph ou encore de saints locaux ayant déjà été invoqués lors d‘épidémies plus anciennes. Je me plais à songer au poids qu’aurait une consécration solennelle de la France effectuée par l’ensemble de son épiscopat à laquelle s’associerait le maximum de fidèles. Pâques, la fête de la résurrection, pourrait en être l’occasion. En tant que successeur légitime des rois de France qui ont toujours compris leur fonction dans sa double dimension terrestre et divine, ce serait de mon devoir de m’y associer et je le ferais en mon âme et conscience.

Demandons, en cette fête de la Résurrection, le secours de Saint Louis, de Sainte Geneviève et de Sainte Jeanne d’Arc et leur protection sur la France.

Louis de Bourbon
Duc d’Anjou.
Pâques 2020.

grandes armes de France

2020-42. D’un grand chandelier des Ténèbres arrivé ce jour au Mesnil-Marie.

Vendredi de la Passion 3 avril, au soir ;
Fête de la Compassion de Notre-Dame ;
Anniversaire du rappel à Dieu de Madame Edith Royer (cf. > ici).

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Beaucoup d’entre vous le savent, ces dernières années, à l’occasion de la Semaine Sainte, je m’absentais du Mesnil-Marie, pour me rendre dans des lieux (monastères ou paroisses) où je pouvais profiter de la plénitude de la liturgie.

Depuis ces deux dernières années en outre, il était enfin possible d’avoir le déploiement de la véritable liturgie traditionnelle, c’est-à-dire antérieure aux réformes de la Vigile Pascale et de la Semaine Sainte accomplies sous le pontificat de Pie XII : ces réformes, fallacieusement qualifiées de « restauration de la Semaine Sainte », qu’avec un certain nombre d’amis ecclésiastiques et liturgistes nous considérons comme un « cheval de Troie » dans le missel habituellement utilisé dans les églises ou chapelles où l’on célèbre la Messe traditionnelle.

Et voici que, avec les mesures édictées par le gouvernement de la république sur lesquelles nombre d’évêques ont surenchéri de manière à rendre quasi impossible l’assistance à la Sainte Messe et la réception des sacrements, mes prévisions de cette année pour la Semaine Sainte sont « tombées à l’eau ».
Cependant la divine Providence – qui est pour moi pleine de prévenantes attentions – a voulu que l’un de mes amis prêtres se trouvât ici-même, au Mesnil-Marie, pour des motifs liés à sa santé, au moment du déclenchement du confinement. Le voilà donc cloîtré en ma petite « Principauté monastique »… Ce qui me vaut évidemment la grâce infinie de profiter de sa Messe privée quotidienne (au moment même où le plus grand nombre des fidèles se trouve contraint de « jeûner » de l’assistance à la Messe et des sacrements) : si les règles liturgiques du carême le permettaient, j’en chanterais d’interminables alléluias !

Le Mesnil-Marie le 25 mars 2020

Le Mesnil-Marie, en la fête de l’Annonciation de Notre-Dame
Mercredi 25 mars 2020

Le confinement se prolongeant – ce qui était une évidence dès le début, et il est fort probable qu’il se prolongera encore au-delà du 15 avril -, conformément aux dispositions prévues par la discipline ecclésiastique, nous nous apprêtons donc à célébrer, de notre mieux en ce confinement, les offices de la Semaine Sainte dans l’oratoire du Mesnil-Marie.

La Providence m’a permis, année après année, de recueillir, recevoir, racheter, rassembler à peu près tout le matériel liturgique nécessaire pour les célébrations très particulières de ces jours sacrés entre tous.
Il me manquait néanmoins un meuble très caractéristique des matines des Jeudi, Vendredi et Samedi Saints : le grand chandelier triangulaire dont on éteint un à un les cierges à la fin de chacun des psaumes (sauf le dernier au sommet), d’où le nom de « Ténèbres » donné à ces offices (je vous renvoie au « reportage » qui en avait été fait en 2018 et publié > ici).
Cela fait des années que je cherchais un chandelier des Ténèbres, en vain…

1 - début office

L’office des ténèbres en 2018

Lundi dernier, rentrant de faire les courses hebdomadaires, je suis passé devant l’atelier d’un jeune ferronnier auquel j’avais jadis eu recours : voyant qu’il s’y trouvait, je me suis arrêté et lui ai demandé (en gardant bien les distances de sécurité) s’il aurait le temps de réaliser un tel chandelier avant le Mercredi Saint. Ce jeune homme a été très intéressé, presque enthousiasmé, par ma demande au point qu’il a fait des recherches passionnées le soir chez lui, et que nous en avons reparlé plusieurs fois au téléphone, pour que l’œuvre fût conforme au symbolisme liturgique traditionnel.

Evidemment, il ne pouvait s’agir de confectionner un chandelier tel qu’on en trouve dans les cathédrales ou les grandes églises : il fallait qu’il soit proportionné à mon oratoire.
Nous nous sommes mis d’accord pour un triangle équilatéral (symbole trinitaire), portant un cercle (dont la forme évoque, entre autres, celle de la Sainte Hostie) dans lequel s’inscrit la Croix de Jérusalem, appelée aussi Croix de Terre-Sainte.

Il a travaillé avec tant d’ardeur et d’enthousiasme que le chandelier était achevé hier au soir et qu’en ce vendredi de la Passion, fête de la Compassion de Notre-Dame, juste avant le Chemin de Croix, il m’a été livré : il n’y a pas de hasard !

Pour vous le présenter, je l’ai placé là où il devra se trouver pour l’office des Ténèbres :

Chandelier des ténèbres 1

Les côtés du triangle mesurent 70 cm. Sa hauteur (jusqu’à la coupelle du pique-cierge du sommet) est de 1,82 m, ce qui portera la flamme du plus haut cierge à quelque 2,12 m au début de l’office.

chandelier des ténèbres 2

Son poids total est d’une trentaine de kilos.

chandelier des ténèbres 3

Je suis véritablement enchanté de ce travail, bien fait, et mené à son accomplissement en trois jours : je vous l’ai dit, il n’y a pas de hasard !

Evidemment, ce travail a un coût…
Aussi, si – pour la gloire de Dieu et l’amour de Notre-Dame de Compassion – certains d’entre vous veulent participer financièrement, même par une toute petite somme, au règlement de la facture de ce chandelier des ténèbres, nous leur en serons infiniment reconnaissants.
Pour faire un don via Paypal, aller > ici ; pour un virement ou une offrande par chèque, nous contacter > ici.

Je remercie par avance tous ceux qui se feront à leur tour les instruments de la Providence, et je les assure de ma prière à leurs intentions. Ce matin, la Sainte Messe a été offerte pour tous les bienfaiteurs et amis du Refuge Notre-Dame de Compassion, vivants et défunts.

Soyez bénis : que le Cœur de Jésus et Marie vous protège et vous garde !

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Statue de N.D. de Compassion du Mesnil-Marie

2020-41. Trois brefs messages de Sa Majesté.

Mardi 31 mars 2020,
Mardi de la Passion.

Armes de France & Navarre

Au cours de la semaine écoulée, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, a publié, par le moyen des réseaux sociaux trois communiqués dont vous trouverez ci-dessous les textes :

A – Le 24 mars 2020 – Hommage appuyé au Cercle Saint Louis Roi de France de Nîmes, membre de l’UCLF, pour son action caritative nommée « La Poule au pot d’Henri IV » :

« Je souhaitais, en ces temps de confinement et de difficultés, vous faire part d’une belle œuvre que je souhaiterais voir rayonner ! L’opération « la poule-au-pot d’Henri IV », à l’initiative du Cercle Saint-Louis, Roi de France réunit depuis le 1er décembre 2019, une équipe de 15 bénévoles qui accueille dans le centre-ville de Nîmes des personnes de la rue, des personnes âgées et isolées. Ils apportent réconfort aux personnes les plus fragiles en leur offrant un plat de cuisine familiale, chaud, à emporter, avec la possibilité de se recueillir en la chapelle voisine, d’être accompagnées dans les démarches administratives et d’avoir un vestiaire à disposition.

Un temps de réconfort où la charité chrétienne, inspirée par Saint Louis, et le service du bien commun ont trouvé toute leur expression. Mettons-nous ainsi à la suite d’Henri IV pour offrir aux peuples de France la fameuse poule-au-pot !Dans la situation actuelle, avec le COVID-19, où les personnes de la rue sont encore plus dans le besoin, et avec les encouragements des autorités civiles, ils continuent leur service d’accueil des personnes les plus fragiles pendant la période de confinement, bravo pour ce dévouement !
Les Lys servent le bien commun. »

Pour plus de renseignements sur cette belle œuvre – et éventuellement pour lui adresser des dons pour soutenir son action -, voir > ici

La Poule au pot - Cercle légitimiste de Nîmes

frise lys

B – 26 mars 2020 – Mort de la Princesse Marie-Thérèse de Bourbon-Parme :

Troisième enfant du Prince François-Xavier de Bourbon-Parme et de Madeleine de Bourbon-Busset, née à Paris le 28 juillet 1933, la Princesse Marie-Thérèse de Bourbon-Parme était la filleule de sa tante paternelle l’Impératrice et Reine Zita de Bourbon-Parme (cf. > ici). Célibataire et connue pour des engagements que nous pouvons qualifier de non conformistes qui lui ont parfois valu le surnom de « princesse rouge », la Princesse Marie-Thérèse s’est éteinte à Paris ce 26 mars 2020 dans sa 87ème année : elle est le premier membre d’une famille royale à succomber à l’épidémie de COVID-19.
A l’annonce de sa mort Monseigneur le Prince Louis de Bourbon a publié le 28 mars le communiqué suivant :

« J’apprends avec regret le décès jeudi de ma cousine la Princesse Marie-Thérèse de Bourbon-Parme, atteinte par le covid-19. J’assure sa famille et ses proches de mes prières et de ma sympathie dans ce deuil. »

Princesse Marie-Thérèse de Bourbon-Parme

frise lys

C – 26 mars 2020 au soir – Libération des bénévoles de l’association SOS Chrétiens d’Orient retenus captifs en Irak depuis le 20 janvier :

La belle association SOS Chrétiens d’Orient (que nous avions évoquée > ici) et tous ses amis qui priaient en union avec elle depuis l’enlèvement à Bagdad de trois de ses bénévoles français et de leur accompagnateur irakien, le 20 janvier dernier, a eu la très grande joie d’apprendre, le 26 mars au soir, leur libération. Ce fut une explosion d’action de grâces à Dieu pour cet heureux dénouement.
Le 29 mars, Monseigneur a publié le communiqué suivant :

Grande joie d’avoir appris la libération jeudi des quatre otages de l’association SOS Chrétiens d’Orient enlevés à Bagdad le 20 janvier dernier. La France a déployé tous ses efforts pour parvenir à ce dénouement avec le soutien des autorités irakiennes.
En ces jours de prière intense pour les catholiques et à l’aube de Pâques, n’oublions pas les chrétiens d’Orient et leur espérance obstinée. N’oublions pas ces communautés qui ont pratiquement l’âge du Christ et qui sont très souvent les otages d’une politique qui les dépasse et qui les broie.
Leur courage reste extraordinaire.
Que Saint Louis les protège !

Louis,
Duc d’Anjou

SOS Chrétiens d'Orient

Nous nous permettons de recommander chaleureusement à votre générosité, particulièrement en ces jours où il faut concrétiser nos offrandes de carême, cette association amie.

frise lys

2020-36. « Nous devons accepter cette situation des mains de la Divine Providence comme une épreuve, qui nous apportera un plus grand bénéfice spirituel que si nous n’avions pas vécu une telle situation.»

Jeudi de la 4ème semaine de Carême 26 mars 2020

La semaine dernière, Jeanne Smits, sur son blogue, a donné la traduction – qu’elle a réalisée elle-même – d’une publication de Son Excellence Monseigneur Athanasius Schneider à propos de l’actuelle épidémie mondiale, datée du 19 mars.
Monseigneur Schneider a approuvé cette traduction, et il a ensuite réalisé un enregistrement en français de ce texte, dont la grande valeur spirituelle nous semble pouvoir être d’une véritable utilité à nos amis et lecteurs de ce modeste blogue. En effet, tout en manifestant des regrets sans équivoque sur la couardise d’une majorité de hiérarques de la Sainte Eglise et de clercs, Son Excellence prend ici du recul et de la hauteur et nous livre des leçons qu’il est important de méditer.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur  

Si l’on veut entendre ce texte enregistré en français par S.Exc. Mgr. Schneider lui-même > ici
Source > ici

Mgr Athanasius Schneider

Son Excellence Monseigneur Athanasius Schneider,
évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Sainte-Marie à Astana (Kazakhstan)

nika

« Nous nous glorifions même dans les tribulations » (Rom 5, 3) 

Des millions de catholiques dans le monde occidental dit libre seront, dans les semaines ou même les mois à venir, et surtout pendant la Semaine Sainte et Pâques, point culminant de toute l’année liturgique, privés de tout acte de culte public en raison de la réaction tant civile qu’ecclésiastique à l’épidémie de Coronavirus (COVID-19). La plus douloureuse et la plus angoissante de ces mesures est la privation de la sainte messe et de la sainte communion sacramentelle.

L’atmosphère actuelle de panique quasi planétaire est sans cesse alimentée par le « dogme » universellement proclamé de la nouvelle pandémie du coronavirus. Les mesures de sécurité drastiques et disproportionnées, associées à la négation des droits fondamentaux de l’homme que sont la liberté de mouvement, la liberté de réunion et la liberté d’opinion, apparaissent quasiment orchestrées au niveau mondial selon un plan précis. Ainsi, l’humanité entière devient en quelque sorte prisonnière d’une « dictature sanitaire » mondiale qui, de son côté, se révèle également être une dictature politique.

Un effet secondaire important de cette nouvelle « dictature sanitaire » qui se répand dans le monde entier est l’interdiction croissante et sans compromis de toute forme de culte public. À compter du 16 mars 2020, le gouvernement allemand a interdit toute forme de rassemblement religieux public pour toutes les religions. Une mesure aussi drastique d’interdiction stricte de toutes les formes de culte public était inimaginable, même sous le Troisième Reich.

Avant que ces mesures ne soient prises en Allemagne, une interdiction gouvernementale de tout culte public avait été mise en œuvre en Italie et à Rome, cœur du catholicisme et du christianisme. La situation actuelle de l’interdiction du culte public à Rome ramène l’Église à l’époque d’une interdiction analogue émise par les empereurs romains païens au cours des premiers siècles.

Les clercs qui osent célébrer la sainte messe en présence des fidèles dans de telles circonstances pouvaient être punis ou mis en prison. La « dictature sanitaire » mondiale a créé une situation qui respire l’air des catacombes, d’une Église persécutée, d’une Église souterraine, surtout à Rome. Le pape François, qui le 15 mars, à pas solitaires et hésitants, a parcouru les rues désertes de Rome dans son pèlerinage depuis l’image du Salus populi Romani dans la basilique de Sainte-Marie-Majeure jusqu’à la Croix miraculeuse dans l’église de San Marcello, véhiculait une image apocalyptique. Elle rappelait la description suivante de la troisième partie du secret de Fatima (révélée le 13 juillet 1917) : « Le Saint-Père traversa une grande ville à moitié en ruine et, à moitié tremblant, d’un pas vacillant, affligé de souffrance et de peine. »

Comment les catholiques doivent-ils réagir et se comporter dans une telle situation ? Nous devons accepter cette situation des mains de la Divine Providence comme une épreuve, qui nous apportera un plus grand bénéfice spirituel que si nous n’avions pas vécu une telle situation. On peut comprendre cette situation comme une intervention divine dans la crise actuelle sans précédent de l’Église. Dieu utilise maintenant l’impitoyable « dictature sanitaire » du monde pour purifier l’Église, pour réveiller les responsables dans l’Église, et en premier lieu le pape et l’épiscopat, de l’illusion d’un beau monde moderne, de la tentation de flirter avec le monde, de l’immersion dans les choses temporelles et terrestres. Les puissances de ce monde ont maintenant séparé de force les fidèles de leurs bergers. Les gouvernements ordonnent au clergé de célébrer la liturgie sans le peuple.

L’actuelle intervention divine purificatrice a le pouvoir de nous montrer à tous ce qui est vraiment essentiel dans l’Église : le sacrifice eucharistique du Christ avec son Corps et son Sang et le salut éternel des âmes immortelles. Que ceux qui, dans l’Église, sont soudainement et inopinément privés de ce qui est central puissent commencer à en voir et en apprécier plus profondément la valeur.

En dépit de la situation douloureuse de privation de la sainte messe et de la sainte communion, les catholiques ne doivent pas céder à la frustration ou à la mélancolie. Ils devraient accepter cette épreuve comme une occasion de grâces abondantes que la Divine Providence leur a préparée. De nombreux catholiques ont maintenant, d’une certaine manière, la possibilité de faire l’expérience de la situation des catacombes, de l’Église souterraine. On peut espérer qu’une telle situation produira les nouveaux fruits spirituels des confesseurs de la foi et de la sainteté.

Cette situation oblige les familles catholiques à faire littéralement l’expérience de la signification de ce qu’est l’église domestique. En l’absence de possibilité d’assister à la sainte messe même le dimanche, les parents catholiques devraient rassembler leurs familles chez eux. Ils pourraient assister chez eux à une sainte messe diffusée à la télévision ou sur internet, ou si cela n’est pas possible, ils devraient consacrer une heure de prière pour sanctifier le Jour du Seigneur et s’unir spirituellement aux saintes messes célébrées par les prêtres à huis clos, même dans leur ville ou dans leur voisinage. Une telle heure sainte dominicale d’une église domestique pourrait par exemple se faire de la manière suivante :

Prière du rosaire, lecture de l’Évangile du dimanche, acte de contrition, acte de communion spirituelle, litanie, prière pour tous ceux qui souffrent et meurent, pour tous ceux qui sont persécutés, prière pour le pape et les prêtres, prière pour la fin de l’épidémie physique et spirituelle actuelle. La famille catholique doit également prier le chemin de croix le vendredi du carême. En outre, le dimanche, les parents pourraient rassembler leurs enfants l’après-midi ou le soir pour leur lire des récits de la vie des saints, en particulier ceux qui sont tirés des périodes de persécution de l’Église. J’ai eu le privilège de vivre une telle expérience pendant mon enfance, et cela m’a donné les fondations de la foi catholique pour toute ma vie.

Les catholiques qui sont aujourd’hui privés d’assister à la sainte messe et de recevoir la sainte communion sacramentelle, peut-être seulement pour une courte période de quelques semaines ou mois, peuvent penser à ces temps de persécution, où pendant des années les fidèles ne pouvaient pas assister à la Sainte Messe ni recevoir d’autres sacrements, comme ce fut le cas, par exemple, pendant la persécution communiste dans de nombreux endroits de l’Empire soviétique.

Que ces paroles de Dieu renforcent tous les catholiques qui souffrent actuellement d’être privés de la sainte messe et de la sainte communion :

« Bien-aimés, ne soyez pas surpris du feu ardent qui sert à vous éprouver, comme s’il vous arrivait quelque chose d’extraordinaire ; mais, parce que vous participez ainsi aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin que, lorsque sa gloire sera manifestée, vous soyez aussi dans la joie et l’allégresse » (1 Pierre 4 : 12-13).

« Le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation, qui nous console dans toutes nos tribulations, afin que nous puissions, nous aussi, par l’encouragement que nous recevons nous-mêmes de Dieu, consoler ceux qui sont pressés par toutes sortes de maux » (2 Cor. 1:3-4).

« … afin que votre foi ainsi éprouvée, plus précieuse que l’or qu’on éprouve par le feu, tourne à votre louange, votre gloire et votre honneur, lorsque paraîtra Jésus-Christ » (1 Pierre 1:6-7).

À l’époque d’une cruelle persécution de l’Église, saint Cyprien de Carthage (+258) a donné cet enseignement édifiant sur la valeur de la patience :
« C’est la patience qui fortifie fermement les fondements de notre foi. C’est elle qui élève au plus haut niveau l’accroissement de notre espérance. C’est elle qui dirige notre action, afin que nous restions fidèles à la voie du Christ tout en marchant par la grâce de sa patience. Que le Seigneur Jésus est grand, et que sa patience est grande, que Celui qui est adoré au ciel ne soit pas encore vengé sur la terre ! Frères bien-aimés, considérons sa patience dans nos persécutions et nos souffrances ; offrons une obéissance remplie de l’attente de son avènement » (De patientia, 20 ; 24).

Nous voulons prier avec notre entière confiance la Mère de l’Eglise, en invoquant le pouvoir d’intercession de son Coeur Immaculé, afin que la situation actuelle de privation de la sainte messe puisse apporter des fruits spirituels abondants pour le véritable renouveau de l’Eglise après des décennies de nuit de la persécution des vrais catholiques, du clergé et des fidèles qui s’est produite à l’intérieur même de l’Eglise. Écoutons ces paroles inspirantes de Saint Cyprien :
« Si la cause d’un désastre est reconnue, on trouve immédiatement un remède à la blessure. Le Seigneur a voulu que sa famille soit mise à l’épreuve ; et parce qu’une longue paix avait corrompu la discipline qui nous avait été divinement délivrée, la réprimande céleste a éveillé notre foi qui cédait, presque, dirais-je, endormie ; et bien que nous ayons mérité davantage pour nos péchés, le Seigneur très miséricordieux a tellement modéré toutes choses, que tout ce qui est advenu a plutôt ressemblé à une épreuve qu’à une persécution » (De lapsis, 5).

Dieu veuille que cette courte épreuve de privation du culte public et de la sainte messe insuffle au cœur du pape et des évêques un nouveau zèle apostolique pour les trésors spirituels pérennes qui leur ont été divinement confiés – c’est-à-dire le zèle pour la gloire et l’honneur de Dieu, pour le caractère unique de Jésus-Christ et de son sacrifice rédempteur, pour la centralité de l’Eucharistie et la manière sacrée et sublime de la célébrer, pour la plus grande gloire du Corps Eucharistique du Christ, et le zèle pour le salut des âmes immortelles, pour un clergé chaste et remplis de l’esprit apostolique.
Puissions-nous écouter ces paroles encourageantes de saint Cyprien :
« Il faut louer Dieu et célébrer ses bienfaits et ses dons en lui rendant grâce, alors que même au temps des persécutions, notre voix n’a pas cessé de rendre grâce. Car même un ennemi n’a pas le pouvoir de nous empêcher, nous qui aimons le Seigneur de tout notre cœur, de toute notre vie et de toute notre force, de proclamer avec gloire ses bénédictions et ses louanges toujours et partout. Le jour si ardemment désiré est venu par les prières de tous ; et après l’obscurité terrible et répugnante d’une longue nuit, le monde a brillé, irradié par la lumière du Seigneur » (De lapsis, 1).

19 mars 2020

+ Athanasius Schneider,
évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Sainte-Marie à Astana

Ecce Homo par Philippe de Champaigne

2020-35. Du saint archange Gabriel, « Force de Dieu ».

24 mars,
Fête de l’archange Saint Gabriel.

Saint Gabriel - église de Lunéville

L’archange Saint Gabriel
(église de Lunéville)

La Sainte Bible nous fait connaître les noms uniquement de trois des archanges de Dieu : Saint Michel (en l’honneur duquel on trouve dans ce blogue des prières > ici, > ici et > ici), Saint Raphaël (dont nous avons parlé > ici et > ici) et Saint Gabriel, dont la liturgie traditionnelle célèbre la fête le 24 mars, veille de l’Annonciation de la Bienheureuse Vierge Marie. 

Le nom de Saint Gabriel :

Comme nous avons déjà eu l’occasion de le dire à plusieurs reprises, dans la langue et la mentalité hébraïques le nom a une signification en rapport avec les qualités et fonctions de la personne auquel il est attribué.
Cela est très spécialement vrai pour les anges. Ainsi le nom de Gabriel signifie « Force de Dieu », et cela exprime donc d’une manière particulière les différentes missions qui lui ont été attribuées par Dieu.

Les missions de l’Archange Saint Gabriel :

Dans les Saintes Ecritures, le saint archange Gabriel est nommé de manière tout à fait explicite pour trois missions circonstanciées :

Drost Willem - 1650 vision de Daniel

Vision du Prophète Daniel, par Willem Drost (1650)

A – L’Ange envoyé au saint prophète Daniel pour lui révéler les temps de la venue du Messie :
Daniel est le quatrième des « grands prophètes » de l’Ancien Testament : il est un jeune homme, probablement d’extraction noble, lorsqu’il est emmené captif à Babylone par Nabuchodonosor en 597 avant Jésus-Christ. Avec ses compagnons, Ananias, Azarias et Misaël, il est élevé à la cour et il reste fidèle à la foi et aux observances religieuses d’Israël. Il gagne la confiance du roi, dont il interprète les songes, et de ses successeurs, malgré les intrigues pour le perdre (c’est ce qui lui vaudra d’être jeté dans la fosse aux lions), épreuves au cours desquelles Dieu intervient en sa faveur par d’éclatants miracles. Daniel atteindra un âge très avancé, puisqu’il est encore de ce monde lors de l’Edit de Cyrus (538 avant Jésus-Christ) qui met fin à l’exil à Babylone.
La première fois que l’ange Gabriel lui apparaît, c’est pour lui donner l’interprétation de la vision du bélier et du bouc (Dan. VIII) ; il lui est envoyé ensuite une seconde fois, afin de lui expliquer la fameuse prophétie des septante semaines qui précise la date de la venue du Messie (Dan. IX). 
Cette dernière mission de l’ange Gabriel est donc déjà en lien avec le mystère de l’Incarnation.

B – L’Archange qui apparut au prêtre Zacharie :
La deuxième mission de l’Ange Gabriel mentionnée dans la Bible concerne l’annonce de la naissance du Précurseur à Zacharie, prêtre qui accomplit son service dans le Temple de Jérusalem et qui doit devenir le père du dernier et du plus grand des prophètes. Cela se trouve au premier chapitre de l’Evangile de Saint Luc : l’histoire vous en est connue. Au début, l’ange ne dévoile pas son nom, mais, face à l’incrédulité de Zacharie, il élève la voix et dit : « Je suis Gabriel, qui me tiens devant Dieu ! » (Luc I, 19).
Ainsi, Gabriel révèle-t-il un aspect de sa grandeur, qui fait qu’on ne peut douter de sa parole : il se tient devant Dieu. Selon certains mystiques (cela n’est pas de foi) Saint Gabriel aurait été choisi pour prendre la place de Lucifer devant le trône de la Majesté Divine qu’il contemple face à face. Saint Louis de Gonzague le nomme « le premier parmi les Archanges ».
L’apparition à Zacharie révèle un autre aspect de la personnalité de Saint Gabriel, il est un ange qui a un lien particulier avec le sacerdoce et les consacrés : Zacharie est un prêtre, issu de la race sacerdotale d’Aaron dont le sacerdoce deviendra bientôt caduc en étant remplacé par le sacerdoce nouveau institué par Notre-Seigneur Jésus-Christ. Saint Gabriel a annoncé la naissance de celui qui a pour mission de préparer la voie au Grand Prêtre de la Nouvelle Alliance, Jésus-Christ. Saint Jean-Baptiste est un consacré, modèle pour les religieux.
Avec cette intervention prophétique auprès de Saint Zacharie, l’archange Saint Gabriel se rapproche de sa grande et sublime mission : son ambassade auprès de la Vierge de Nazareth, qu’il va accomplir six mois plus tard.
Le fait qu’il soit choisi par Dieu pour cette légation, nous laisse deviner la suréminente dignité de Saint Gabriel : 
« En effet comme le mystère qu’il vint annoncer  ne fut pas une oeuvre ou un mystère ordinaire mais bien le plus excellent et le plus noble que Dieu ait jamais accompli, ainsi devons-nous croire que ce divin messager fut un des plus élevés et des plus dignes personnages que renferme cette céleste hiérarchie » (Saint Louis de Gonzague, méditation sur les saints Anges).

vitrail de l'annonciation

C – L’archange du mystère de l’Incarnation :
Au centre de l’histoire humaine se trouve l’Incarnation du Fils de Dieu, deuxième Personne de la Très Sainte Trinité.
Pour la réalisation de ce grand mystère – Dieu fait homme -, le Créateur de  toutes choses a député un messager pour demander le consentement de la Très Sainte Vierge.
Ainsi que le faisait remarquer Saint Louis de Gonzague dans la citation donnée ci-dessus, il est évident que Dieu a choisi le plus beau, le plus noble, le plus grand de Ses anges pour recueillir le consentement de la plus noble, la plus sainte et la plus pure de toute les créatures humaines : Marie immaculée !
Nous connaissons tous par cœur, ou presque – du moins je l’espère ! – ce récit de l’Annonciation (Luc I, 26-38). L’iconographie représente habituellement les anges avec des ailes. A ce sujet saint Jean Chrysostome a une belle réflexion : « C’est avec raison  qu’on représente l’Archange Gabriel avec des ailes, non parce que Dieu l’a créé ainsi, mais afin que nous nous souvenions toujours avec reconnaissance de ce vol miraculeux par lequel, se transportant à Nazareth, il entra dans la chambre de la bienheureuse Vierge Marie, s’acquitta de son message, et reçut au nom de Dieu son consentement pour la rédemption du monde ».
Jusqu’à la consommation des siècles, et pendant toute l’éternité, les âmes des élus ne cesseront de contempler et d’approfondir l’incomparable et admirable mystère de l’Annonciation, et nous ne cesserons de reprendre les paroles à la fois si simple et si sublimes de la salutation angélique : « Ave, Maria, gratia plena : Dominus tecum… »
Nous devons en quelque sorte une reconnaissance éternelle à l’archange Saint Gabriel de nous avoir donné l’Ave Maria !

Ange Gabriel à l'Annonciation

D – L’archange Saint Gabriel après l’Annonciation :
Saint Gabriel n’est plus explicitement cité dans les Saintes Ecritures après l’Annonciation. Cependant, selon de pieux auteurs et plusieurs mystiques authentiques, sa mission ne s’arrêta pas là.
Ainsi, plusieurs commentateurs, pensent qu’il fut cet ange dont le nom n’est pas mentionné par l’Evangile, qui se manifesta par trois fois à Saint Joseph : 1) pour lui dire de ne point craindre de prendre chez lui Marie, son épouse, 2) pour l’avertir des desseins criminels d’Hérode et lui enjoindre de fuir en Egypte, et enfin 3) pour lui apprendre la mort de ce même Hérode et l’inviter à revenir en Terre Sainte.
On croit communément qu’il est l’ange qui apparaît aux bergers dans la sainte nuit de Bethléem pour leur révéler la naissance du Sauveur.
Bien que l’Evangile ne mentionne pas que ce soit le fait d’un ange, mais parle seulement de « songe », il est aussi évident pour quelques uns que c’est Saint Gabriel qui se manifeste aux Saints Rois Mages dans ce songe pour les avertir de ne pas retourner chez Hérode mais de rentrer chez eux sans passer par Jérusalem.
Il semblerait que ce soit aussi lui qui apparaît à Notre-Seigneur pour Le consoler dans Son agonie au jardin des Oliviers.
Enfin, s
elon Saint Vincent Ferrier, l’archange Saint Gabriel fut le porteur de la joie de la Résurrection à Notre-Dame. Voici la belle page que l’on peut lire dans la vie de ce saint : « Et comme l’aube n’était pas encore venue, la Sainte Vierge se mit en prière, disant avec le Psalmiste : « Levez-vous Seigneur dans Votre vie nouvelle ». Et alors le Christ envoya l’Ange Gabriel pour annoncer à Sa Mère Sa Résurrection. Et l’Ange dit : « Reine du Ciel, réjouissez-vous ». Et Marie répondit sur le champ : « Quand viendra-t-Il ? Quand Le verrai-je ? » Et à ces mots le Christ apparut et la salua, disant : « Je vous salue, Mère de la vie et de la consolation. » Et la Vierge baisait les marques laissées par les plaies du Christ, et elle dit : « Puisque Vous voilà ressuscité, ma passion est finie, le repos est venu pour moi, désormais on sanctifiera le Jour du Seigneur : le sabbat n’existe plus. »

E – Interventions de l’Archange Saint Gabriel auprès des hommes dans le temps de l’Eglise :
Dans le temps de l’Eglise, le saint Archange Gabriel s’est manifesté à plusieurs reprises auprès des saints. Je n’ai pas la connaissance de la vie de tous les saints, ni de toutes les interventions de l’archange auprès d’eux, mais j’en ai noté quelques unes significatives au cours de mes lectures :
- Auprès de Sainte Jeanne d’Arc : 
Le 3 mai 1431, c’est-à-dire 27 jours avant son martyre, Sainte Jeanne d’Arc témoigna avoir reçu du réconfort de Saint Gabriel venu la visiter dans sa prison. Ainsi à la veille du dernier combat, Saint Michel, l’archange des batailles, laissa-t-il la place à l’Ange Gabriel, qui serait celui qui a consolé notre divin Sauveur dans Son agonie.

- Auprès de Saint François de Sales :
Il vit à ses côtés l’Archange Saint Gabriel durant la célébration de la Sainte Messe de Minuit, le 25 décembre 1622, soit trois jours avant sa mort ; mais le saint Prince-évêque de Genève et fondateur de la Visitation n’en a pas dit davantage.

-  Auprès de Sainte Marie de Jésus Crucifié (née Myriam Baouardy)
La sainte carmélite a eu le grand privilège, vraiment insolite, d’être « possédée » pendant quatre jours par Saint Gabriel, « l’Ange de Marie » comme il s’est nommé lui-même. Durant tout ce temps, l’ange parla par la bouche de la sainte religieuse et enseigna toute la communauté. La carmélite était absolument inconsciente de ce qui se passait : quand l’heureuse possession se termina, la sainte croyait, en revenant à elle, qu’elle avait été malade pendant longtemps !…

- L’apparition de la Très Sainte Mère de Dieu à l’Ile Bouchard :
Lors des apparitions de l’Ile Bouchard, du 8 au 14 décembre 1947, la Très Sainte Mère de Dieu était toujours accompagnée d’un « beau ange » – ainsi que disaient les fillettes -, à genoux devant elle et lui présentant un lys. L’une des voyantes demanda à la Très Sainte Vierge : « Mais, Madame, quel est l’ange qui vous accompagne ? » La Vierge Marie se tourna vers l’ange qui, alors qu’il était de profil, se tourna vers l’enfant et avec un beau sourire lui dit : « Je suis l’Ange Gabriel ».

La Vierge Marie et l'ange Gabriel

L’Ile-Bouchard : groupe sculpté représentant l’apparition

F – Saint Gabriel, patron céleste des télécommunications et de la Poste :
Saint Gabriel a été proclamé par l’Eglise, céleste patron des télécommunications et des Postes. Ce patronage se comprend très bien puisque l’archange a été le messager céleste envoyé par Dieu pour demander à la Très Sainte Vierge Marie son consentement pour la réalisation du Mystère de l’Incarnation dans son sein virginal. Le succès de cette ambassade avait déjà valu à Saint Gabriel d’être pris pour protecteur céleste par les ambassadeurs et les diplomates.
Le vénérable pape Pie XII l’a donné pour saint patron à ceux qui travaillent dans les télécommunications par un Bref Apostolique daté du 12 janvier 1951 :
« Tout don excellent, toute grâce parfaite descend d’en haut, du Père des lumières. » C’est pourquoi il faut admirer la sagesse divine qui a permis aux hommes, grâce aux nombreuses inventions nées du génie de notre époque, de pouvoir, par le moyen de l’électricité, télégraphier aux absents avec une merveilleuse rapidité, téléphoner à des distances extraordinaires, envoyer des messages par les ondes aériennes et enfin contempler la vision des choses et des faits qui se trouvent très loin des lieux où ils habitent. Ces instruments, construits selon les règles de l’art, peuvent être très nuisibles s’ils sont employés avec de mauvaises intentions, mais au contraire, si on les utilise comme il faut, ils peuvent aider puissamment au développement et au raffermissement des relations fraternelles entre les hommes, au progrès de la civilisation, à la propagation illimitée des arts et des sciences, et même à l’enseignement des préceptes de la religion, à la transmission de la parole du Pasteur suprême depuis le Siège de Pierre à toutes les nations, et à l’admirable union de tous les cœurs pour diriger vers la Majesté divine des prières publiques faites par ce moyen dans tout l’univers.
C’est pourquoi, notre Mère la Sainte Eglise ne s’est jamais opposée à ce progrès de la civilisation humaine, mais elle a eu et elle a encore le souci de le soutenir, de le développer et de l’encourager dans la plus large mesure, étant donné que tout ce qu’on peut découvrir de vrai et de neuf doit être considéré comme une trace de l’intelligence divine et un signe de sa puissance. Aussi croyons-Nous très opportun d’assurer à ces sciences merveilleuses et à ceux qui les mettent en œuvre ou qui les exploitent, le bienfait spécial d’une protection céleste. A la demande faite par plusieurs personnes remarquables qui, en beaucoup de nations, exercent leur activité dans cette branche, de leur donner à eux et à leurs collègues, comme céleste patron auprès de Dieu, l’archange saint Gabriel qui apporta au genre humain, plongé dans les ténèbres et désespérant presque de son salut, l’annonce longtemps souhaitée de la Rédemption des hommes, Nous décidons d’accueillir favorablement, vu son importance et sa gravité, cette requête qui est selon Notre propre pensée et qui correspond à Nos propres désirs.
Ainsi donc, après avoir pris conseil de Notre vénérable frère Clément Micara, cardinal de la Sainte Eglise, évêque de Velletri et préfet de la S. Congrégation des Rites, toutes choses étant attentivement pesées, de science certaine, et après y avoir mûrement pensé, en usant de la plénitude de Notre pouvoir apostolique, par cette Lettre et pour toujours, Nous constituons et déclarons l’archange saint Gabriel, céleste patron auprès de Dieu de cette profession, de ses spécialistes et employés, en lui attribuant tous les honneurs et privilèges liturgiques qui appartiennent régulièrement aux patrons principaux.
Nous annonçons, Nous établissons, Nous ordonnons que la présente Lettre soit et demeure toujours ferme, valide et efficace ; qu’elle porte et produise tous ses effets dans leur intégrité et leur plénitude ; maintenant et à l’avenir, pour ceux qu’elle concerne ou pourra concerner ; qu’il en faut régulièrement juger et décider ainsi ; que dès maintenant est tenu pour nul et sans effet tout ce qui pourrait être tenté par n’importe qui, en vertu de n’importe quelle autorité, en connaissance de cause ou par ignorance, contre les mesures décrétées par cette Lettre ».
C’est le pape Paul VI qui, en 1972 nomma l’archange Saint Gabriel patron de la Poste.

Pittoni Giambattista - Annonciation 1758

Giambattista Pittoni : l’Annonciation (1758)

Saint Gabriel, protégez-nous des dangers des moyens modernes de communication !

Avec le développement exponentiel des moyens de communication, la multiplication des téléphones portables et de leur technologie de plus en plus sophistiquée, et la généralisation d’Internet, le patronage céleste de Saint Gabriel sur les télécommunications est d’une actualité brûlante.
D’abord en raison de l’usage intensif, voire abusif, d’une technologie qui multiplie les émissions d’ondes dont on ne mesure pas toujours très bien les impacts qu’elles peuvent avoir sur la santé, et ensuite parce que si ces nouvelles technologies peuvent évidemment servir au bien, il est également très facile d’en faire un mauvais usage : usage qui n’est pas nuisible seulement en raison de la perte de temps qu’il occasionne, mais surtout en raison des péchés qu’il favorise, en particulier contre la vertu de pureté. Dans ce domaine, les dégâts sont immenses… pour la plus grande joie du démon !
Prions Saint Gabriel afin qu’il nous aide à faire un bon usage de ces moyens de communications : qu’ils ne soient pas pour nous occasion de ruine spirituelle, cause de la perte de l’amitié divine, facteur de déchéance de l’état de grâce ! Il vaut mieux perdre son smartphone que l’amitié divine…

N’hésitons pas non plus à confier la protection et le bon acheminement de nos envois postaux importants à Saint Gabriel : si le Saint-Siège l’a proclamé saint patron des Postes, ce n’est pas pour rien, surtout en un temps où la perte de conscience professionnelle de nombreuses personnes entraîne des pertes de lettres ou de colis, ou des retards de distribution à peine croyables.

Annonciation détail - Ange Gabriel

Prières du Père Jean-Edouard Lamy
à Saint Gabriel Archange :

« Saint Gabriel, vous qui êtes appelé à juste titre la force de Dieu, puisque vous avez été choisi pour annoncer à Marie le Mystère où le Tout-Puissant a déployé la force de Son bras, faites-nous connaître les trésors renfermés dans la personne du Fils de Dieu, et soyez notre protecteur auprès de Son auguste Mère. » 

Saint Archange Gabriel, messager de la miséricorde de Dieu en faveur des pauvres humains, vous qui avez salué la Très Sainte Vierge par ces paroles : « Je vous salue Marie, pleine de grâce », et qui en avez reçu une réponse d’une si grande humilité, protecteur des âmes, aidez-nous à devenir les imitateurs de son humilité et de son obéissance. »

Ave Maria et lys

2020-34. « Illuminons l’Annonciation ! »

Nos Seigneurs les Cardinaux, Archevêques et Evêques de France ont publié il y a quelques jours un texte qui s’adresse pour une part à tous les Français, et pour une autre part à tous les catholiques de France, demandant à ce que, ce prochain mercredi 25 mars, fête de l’Annonciation de la Bienheureuse Vierge Marie et jour anniversaire de l’Incarnation de Notre-Seigneur Jésus-Christ, à 19 h 30, toutes les cloches des églises de France sonnent pendant dix minutes (rappelons au passage que le son des cloches, lesquelles reçoivent une bénédiction très particulière, a un pouvoir d’exorcisme contre les puissances maléfiques), et que dans le même moment les Français allument sur leurs fenêtres au moins une bougie, ou des lumignons ainsi qu’on le fait au soir du 8 décembre, en signe d’espérance, et pour les catholiques en signe d’une grande prière commune montant à ce moment-là vers le Ciel par l’intercession de Notre-Dame…
Voici le texte introductif de Son Excellence Révérendissime Monseigneur Eric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims et président de la Conférence des Evêques de France et l’appel co-signé de tous les Evêques de France. 

Annonciation

« L’ensemble des évêques de France invite les Français à un geste commun le mercredi 25 mars prochain. Les catholiques lui donneront une signification particulière en raison de la fête de l’Annonciation, mais tout le monde peut s’y joindre : déposer une bougie sur sa fenêtre au moment où les cloches sonneront sera une marque de communion de pensée et de prière avec les défunts, les malades et leurs proches, avec tous les soignants et tous ceux qui rendent possible la vie de notre pays. Ce sera aussi l’expression de notre désir que la sortie de l’épidémie nous trouve plus déterminés aux changements de mode de vie que nous savons nécessaires depuis des années. Nous, catholiques, demanderons en même temps à la Vierge Marie de remplir nos cœurs de foi, d’espérance et de charité en ces temps et de nous obtenir la grâce de l’Esprit-Saint pour que nous sachions trouver les gestes nécessaires. »

Mgr Éric de Moulins-Beaufort
Archevêque de Reims
Président de la Conférence des Evêques de France.

illuminons l'Annonciation

La première partie de ce texte s’adresse à tous les Français de bonne volonté :

« Notre pays, avec de nombreux autres, traverse une grande épreuve. Le chef de l’État nous appelle à laisser de côté nos divisions et à vivre ce temps dans la fraternité. C’est pourquoi nous avons voulu que ce message destiné en premier lieu aux catholiques s’adresse aussi à tous nos concitoyens sans distinction. 

Nous le faisons dans un esprit d’humilité, mais avec la certitude que la foi chrétienne a une mission spécifique dans ce monde et qu’elle ne doit pas s’y dérober. Nous pensons aussi à tous ceux et celles qui partagent avec nous la foi en Dieu et la conviction qu’Il accompagne notre vie. Nous pensons enfin à tous ceux et celles qui ne croient pas mais souhaitent que la solidarité et l’esprit de service s’accroissent entre les hommes. 

À tous, nous disons notre désir que notre communauté nationale sorte grandie de cette épreuve. Depuis bien des années déjà notre humanité a l’intuition qu’elle doit changer radicalement sa manière de vivre. La crise écologique nous le rappelle sans cesse, mais la détermination a fait largement défaut jusqu’ici pour prendre ensemble les décisions qui s’imposent et pour s’y tenir. Osons le dire, l’égoïsme, l’individualisme, la recherche du profit, le consumérisme outrancier mettent à mal notre solidarité. Nous avons le droit d’espérer que ce que nous vivons en ce moment convaincra le plus grand nombre, qu’il ne faut plus différer les changements qui s’imposent : alors, ce drame porteur d’angoisse n’aura pas été traversé en vain. 

Le mercredi 25 mars, à 19h30 

Un peu partout en France, les cloches de toutes les églises sonneront pendant dix minutes, non pour appeler les fidèles à s’y rendre, mais pour manifester notre fraternité et notre espoir commun. 

Elles sonneront comme elles ont sonné aux grandes heures de notre histoire, la Libération par exemple. En réponse à ce signe d’espoir, nous invitons tous ceux qui le voudront à allumer des bougies à leur fenêtre. Ce geste, qui est de tradition dans la ville de Lyon, est un signe d’espérance qui transcende les convictions particulières : celui de la lumière qui brille dans les ténèbres !

Ce qui suit s’adresse maintenant spécifiquement aux catholiques :

Mercredi 25 mars, nous fêterons l’Annonciation du Seigneur. Elle eut lieu à Nazareth, chez une jeune fille, Marie. Dans sa maison, le Ciel rencontre la terre ; dans sa maison, le salut du monde est conçu ; dans sa maison, une joie nouvelle apparaît, la joie de l’Évangile, une joie pour le monde: «Car rien n’est impossible à Dieu» (Lc 1, 37).

Cette année, sans l’avoir voulu, nous fêterons l’Annonciation, confinés, dans nos maisons ! Pouvons-nous célébrer cette fête plus en vérité, plus intensément, plus en communion?

Quand les cloches sonneront, le 25 mars, à 19h30, que chaque disciple de Jésus, dans sa maison, ouvre sa Bible (ou son ordinateur) et lise, seul ou en famille, le récit de l’Annonciation, dans l’Évangile selon saint Luc, chapitre 1, versets 26 à 38.

Et qu’au même moment chaque maison allume une ou plusieurs bougies, à sa fenêtre, pour dire son espérance et conforter celle de ses voisins.

Nous prierons en communion par l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie en nous unissant au chapelet récité, à Lourdes, chaque jour à 15h30. Nous demanderons à Marie de nous protéger et de nous aider à mieux accueillir Jésus dans nos maisons, dans nos cœurs, dans nos vies comme elle l’a fait elle-même pour nous: «Que tout m’advienne selon ta parole» (Lc 1, 38) – [1ère dizaine].

Nous confierons à Marie qui devient Mère du Sauveur et qui deviendra notre Mère, nos frères et sœurs malades, nos frères et sœurs soignants, notre communauté humaine éprouvée. Nous lui dirons que nous voulons les aimer comme nous aimons Jésus, «le fruit béni de ses entrailles» (cf. Lc 1, 42), Lui qui a pris sur lui nos souffrances et nos péchés [2ème dizaine].

Nous pourrons aussi confier nos craintes et nos doutes à celle qui fut toute bouleversée et s’interrogea: «Comment cela va-t-il se faire?» (Lc 1, 34). La peur d’une vie remise à Dieu, différente de celle dont nous rêvons, rejoint la peur de la mort. Marie la connaît de l’intérieur et nous pouvons lui dire sans cesse: «Prie pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort», comme l’Église nous l’a appris [3ème dizaine].

Enfin, poussés par l’Esprit, nous pourrons dire à Jésus: «Guéris-nous !» Nous ne savons pas quelle sera la réponse sinon que, dans quelques jours, nous fêterons la passion, la mort et la résurrection de Jésus, le premier-né d’une multitude de frères qu’il fait entrer dans la vie de Dieu [4ème dizaine.]

[5ème dizaine avec intentions particulières].

Ouvrir sa fenêtre, allumer une bougie est un geste de communion que nous voulons offrir à toute la nation pour qu’elle rende hommage aux défunts, victimes du Covid-19, et aussi à ceux qui donnent de l’espoir, soignants, autorités mais aussi famille, amis, voisins.

C’est pourquoi nous vous demandons de relayer ce message très largement autour de vous, par tous les moyens autorisés à votre disposition ! »

Les Évêques de France

l'apparition de ND de Lourdes

2020-33. Concession de l’indulgence plénière en ce temps d’épidémie mondiale.

Crucifix chapelle Rome

Alors que toute l’humanité est « menacée par une maladie invisible et insidieuse » et que nombre de fidèles vivent des angoisses et des incertitudes au quotidien, ainsi que « des souffrances physiques et morales », Son Eminence Révérendissime Monsieur le cardinal Mauro Piacenza, grand pénitencier, ce vendredi 20 mars 2020, a publié avec l’autorité du Siège Apostolique un décret qui accorde l’indulgence plénière aux fidèles affectés par le Conoravirus Covid-19 en quarantaine dans les hôpitaux ou chez eux, ainsi qu’au personnel de santé, à leurs proches et à ceux qui assistent les malades en s’exposant au risque de la contamination et à tous ceux qui prennent soin d’eux à quelque titre, y compris par la prière

Cette indulgence peut en effet être obtenue par les « fidèles qui offrent la visite au Saint-Sacrement, ou l’adoration eucharistique ou la lecture de la Bible durant au moins une demi-heure, ou la récitation du chapelet, ou le Chemin de croix, ou la récitation du chapelet de la Divine Miséricorde, pour implorer de Dieu Tout-Puissant la fin de l’épidémie, le soulagement pour ceux qui en sont affectés et le salut éternel de ceux que le Seigneur a appelés à lui ».

La Pénitencerie Apostolique rappelle en même temps que les conditions pour obtenir cette indulgence sont : le détachement du péché, l’union spirituelle à la messe, au chapelet, au Chemin de croix ou à d’autres dévotions grâce aux moyens de communication, ou au moins la prière du Credo, du Notre Père et une invocation à la Vierge Marie, « en offrant cette épreuve dans un esprit de foi en Dieu et de charité envers les frères, avec la volonté de réaliser les conditions habituelles (confession sacramentelle, communion eucharistique et prière aux intentions du pape), dès que cela sera possible ».

L’Eglise, conclut le décret, prie pour ceux qui sont dans l’impossibilité de recevoir le sacrement des malades, en les confiant à la Miséricorde divine. Elle accorde l’Indulgence plénière aux fidèles à l’article de la mort, s’ils y sont « disposés » et s’ils avaient l’habitude de réciter quelque prière dans leur vie : l’Eglise supplée alors aux trois conditions de l’indulgence, mais elle préconise d’avoir un crucifix avec soi.

tiare et clefs.gif

2020-32. Après les ténèbres du Vendredi Saint il y aura toujours la douce clarté du matin de Pâques.

Samedi 21 mars 2020,
Fête de Saint Benoît de Nursie, abbé et confesseur, céleste protecteur de l’Europe ;
Samedi de la 3ème semaine de Carême ;
Commémoraison de Saint Nicolas de Flüe ;
Anniversaire du rappel à Dieu de Sœur Marie-Marthe Chambon (cf. > ici).

campanile du Mesnil-Marie samedi 21 mars 2020

Ce samedi 21 mars en début d’après-midi
le campanile du Mesnil-Marie se détache sur un ciel radieux…

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Dans la continuité du magnifique message de foi, d’espérance et de charité, mais aussi de lucidité humaine publié par notre Souverain bien-aimé dans la matinée du 19 mars (cf. > ici), je désire vous rejoindre par quelques mots amicaux.

Oh ! Pas pour vous parler du virus en lui-même ni pour spéculer sur le présent ou l’avenir…
Je peux lire en ce moment de multiples commentaires – et commentaires de commentaires -, parce que l’on m’envoie quantité de textes, de vidéos, d’articles relatifs aux circonstances inhabituelles dans lesquelles nous sommes plongés : je ne veux pas en rajouter ici !
Tout d’abord parce qu’il y a des domaines de compétence qui ne sont pas les miens et parce que je ne suis donc pas en mesure d’apporter un avis éclairé permettant de trancher entre les déclarations de tel médecin, de tel spécialiste, de tel chercheur ou de tel professeur. Je constate que tous ne sont pas du même avis sur l’origine réelle, les facteurs de développement, les modes de transmission et la dangerosité de ce fameux coronavirus, et surtout sur les solutions à apporter pour faire cesser cette épidémie. Certains se montrent très alarmistes, d’autres se veulent plus rassurants, et entre les deux on a droit à tous les camaïeux d’opinions… Qui croire ? à qui faire confiance ? En vérité, je n’ai ni les connaissances ni le recul nécessaires pour en juger !
Je n’ai, d’autre part, pas davantage d’avis autorisé sur le bien fondé du confinement et des mesures un peu coercitives imposées par un gouvernement, dont il est vrai que le moins qu’on puisse dire c’est qu’il ne brille ni par sa cohérence d’action, ni par sa capacité à anticiper les problèmes. Néanmoins, puisque confinement il y a, en l’occurrence il m’incombe de m’y conformer au mieux.

Cependant je ne veux céder ni à la panique ni à la paranoïa, dans lesquels certains semblent trouver une espèce de plaisir morbide, et je veux me garder du catastrophisme autant que d’un optimisme naïf.
Il faut garder la tête sur les épaules, les pieds sur la terre… et notre cœur près du Bon Dieu, dont la divine Providence, qui jamais ne se trompe en ses desseins, permet l’épreuve pour des raisons qui n’appartiennent qu’à Lui et dont Il n’a pas à nous rendre compte.
Ne me demandez donc pas – car je n’ai pas de révélations du Ciel à ce sujet – si ce que nous vivons est la réalisation de tel « secret » donné par la Très Sainte Mère de Dieu à l’occasion de telle apparition, ou si nous sommes proches de la fin du monde…

Notre-Dame du Perpétuel Secours dans l'entrée du Mesnil-Marie

La sainte image de Notre-Dame du Perpétuel Secours
dans l’entrée du Mesnil-Marie

Ce dont il faut être certain, c’est que ce temps de confinement qui nous est imposé sera encore long et que nous connaîtrons selon toute vraisemblance quelques moments difficiles : sur ce point il ne faut pas se faire d’illusions.

Et alors qu’ici, après un hiver particulièrement clément, nous connaissons les jours d’un printemps précoce et radieux, je jouis des joies simples que procure la vie dans une nature retirée et relativement préservée, je pense avec une véritable compassion aux citadins enfermés dans des espaces restreints.
Je pense évidemment à toutes les victimes de cette peste moderne, aux souffrances de leurs proches, et à tous ceux qui se dévouent dans les hôpitaux…

Je pense surtout et plus que jamais à toutes ces âmes qui entrent dans leur éternité sans le secours des sacrements, sans aucune préparation spirituelle, sans contrition de leurs fautes, sans regret de leurs péchés, sans demande de pardon à Dieu, sans état de grâce… et de ce fait menacées de l’éternelle damnation.
En ces jours du carême, où nous méditons plus assidûment sur les souffrances salvatrices de Notre-Seigneur Jésus-Christ, je suis plus encore qu’à l’accoutumée saisi d’effroi et pénétré de douleur en pensant à ces âmes pour lesquelles l’effusion du Précieux Sang rédempteur aura été vaine ; et je pense avec non moins d’effroi et de douleur à tous ces prêtres et évêques qui, vivant avec la conviction hérétique selon laquelle pratiquement tous les hommes sont sauvés, ne sont pas tourmentés par l’obsession du salut des âmes !…

A moi, pauvre petit moine insignifiant au fond de mon ermitage vivarois, il incombe de prier, d’offrir des sacrifices, de jeûner et de supplier Notre-Seigneur pour que ceux qui vont mourir aient la grâce d’un moment de lucidité, la grâce de se convertir, la grâce de se repentir, la grâce de se tourner intérieurement vers Dieu avant qu’il ne soit trop tard….

Je me permets de vous recopier ici quelques lignes qu’a envoyées à ses ouailles, un excellent prêtre de mes amis : « Dans ce que nous vivons en ce moment, le plus important est de considérer les choses avec foi, avec un regard surnaturel, en n’oubliant jamais que le bien des âmes et leur Salut éternel dépassent infiniment les plus grands bien naturels dont fait partie la santé du corps. Ce qu’il faut craindre au dessus de tout ce n’est pas la mort de notre enveloppe corporelle, mais la mort de l’âme qu’est le péché grave ainsi que l’oubli de Dieu et de sa Loi sainte. »

statue et relique de Saint Roch dans l'oratoire du Mesnil-Marie

Statue et relique de Saint Roch exposées dans l’oratoire du Mesnil-Marie
en ces jours d’épidémie :
J’invoque quotidiennement Saint Roch pour qu’il protège tout particulièrement nos amis fidèles !

Il faut ici préciser quelques points à l’intention de ceux qui se désolent de ne pouvoir se rendre à l’église et de ne pouvoir assister à la Sainte Messe, puisque, en raison des mesures prises par le pouvoir civil et les autorités religieuses, l’assistance à la Messe est devenue quasi impossible pour beaucoup de fidèles.

Rappelons donc qu’il faut distinguer :

  • le commandement de Dieu, qui est général (« Tu sanctifieras le jour du Seigneur »),
  • et le commandement de l’Église qui vient préciser le commandement de Dieu en imposant l’assistance au Saint Sacrifice de la Messe.

En temps normal, l’observance du commandement de Dieu et du commandement de l’Eglise s’imposent, sous peine de faute grave, à tout baptisé ayant atteint l’âge de raison.
Cependant, l’Eglise a aussi toujours enseigné que certaines circonstances peuvent dispenser du commandement de l’assistance à la messe, sans que cela dispense du commandement de Dieu.

Quand l’assistance à la messe est impossible, ainsi que c’est le cas en ces jours d’épidémie, il faut sanctifier le dimanche autrement, en donnant du temps à la prière et à l’instruction chrétienne : c’est-à-dire qu’il faut prendre au moins le temps équivalent à celui de l’assistance à une Messe basse dominicale (qui comprend, normalement, un sermon) pour prier et approfondir sa connaissance de la doctrine du salut.
Pour cela, on prendra son missel : on y lira avec attention les textes de la Messe du jour en s’unissant aux Messes qui sont célébrées en ce moment à travers le monde ; on pourra aussi se « déplacer » par la pensée dans une église auprès du Saint Tabernacle où Notre-Seigneur réside pour L’adorer et pour faire la communion spirituelle ; on relira quelque passage du catéchisme ou quelque texte des Pères de l’Eglise ou des saints papes expliquant la doctrine catholique… etc.

Bien évidemment, on a tout avantage aussi à réciter quotidiennement son chapelet, si possible en famille.
Et puisque le temps du confinement laisse à quelques uns davantage de « temps libre », qu’ils en profitent pour s’adonner chaque jour à de saintes lectures, à l’oraison, à la méditation de la Passion, et à prier plus assidûment pour les malades, les pauvres pécheurs à l’agonie, le personnel soignant, les prêtres qui peuvent encore aller exercer leur ministère de salut auprès des malades au péril de leur vie (il y en a tout de même quelques uns).

Compte-tenu des circonstances particulières dans lesquelles nous nous trouvons plongés, on fera aussi de ferventes prières pour demander à Dieu la cessation de l’épidémie, par la médiation de Sa Très Sainte Mère et des saints, nos grands et puissants intercesseurs (Saint Roch et Saint Sébastien tout particulièrement dont les siècles de foi nous ont montré leur « efficacité » en pareilles occurrences).

Veilleuse devant les saintes reliques conservées dans l'oratoire du Mesnil-Marie

Veilleuse devant les saintes reliques conservées dans l’oratoire du Mesnil-Marie

Des diocèses, des paroisses, des instituts (et en particulier beaucoup d’instituts traditionnels ou de prêtres responsables de chapellenies pour la Sainte Messe latine traditionnelle) ont mis en place des diffusions d’offices, de prédications et de Messes par le moyen d’internet.
Malgré la privation de la communion sacramentelle, il ne faut pas négliger ces propositions qui peuvent être une aide puissante pour maintenir vie spirituelle et ferveur…
Ces moyens modernes de communication, ne sont pas uniquement des sources de distractions et de péchés, mais ils se révèlent également des instruments au service du maintien d’une forme de Chrétienté, à l’heure où la visibilité de celle-ci s’estompe.

Pour terminer, en guise de message d’amitié et d’espérance, permettez-moi de vous offrir ces quelques jonquilles du Mesnil-Marie : leur couleur éclatante n’est-elle pas là pour nous rappeler qu’après l’hiver le printemps revient toujours, qu’après l’épreuve il y a la consolation, et qu’après les ténèbres du Vendredi Saint il y aura toujours la douce clarté du matin de Pâques ?

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

jonquilles du Mesnil-Marie 21 mars 2020

Jonquilles du Mesnil-Marie ce 21 mars 2020 

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