Archive pour la catégorie 'Prier avec nous'

2020-74. Des Processions (3ème partie) : Règles liturgiques qui régissent les processions.

Après les deux articles précédents, consacrés le premier à des généralités (cf. ici) et le deuxième à leurs classifications (cf. > ici), voici les règles liturgiques traditionnelles qui régissent les processions, intégralement reprises de l’article « Procession » du « Dictionnaire pratique de liturgie romaine » du chanoine Robert Lesage (ed. Bonne Presse – 1952).

Procession des Rogations - image d'Epinal

Procession des Rogations (image d’Epinal)

Règles liturgiques :

I . La processio sacra se compose exclusivement des membres du Clergé. Les Laïques sont autorisés à précéder ou à suivre la procession, mais ils n’en font pas partie. Il leur est absolument interdit de marcher entre la croix et l’Officiant, c’est-à-dire parmi les membres du Clergé.
Il faut excepter, cela va sans dire, les Laïques qui remplissent les fonctions de Clercs et sont habillés comme eux ; les Chantres en surplis ; les Notables et les membres de la confrérie du Saint-Sacrement qui sont chargés de porter le dais (Rituel tit.IX, c. 1, n.1 ; can. 1290 §1).

II. Le sens unique est le principe qui prescrit au Célébrant de tourner toujours  sur sa droite. Il s’applique à toutes les processions. Ainsi, arrivée sous le porche de l’église, une procession doit tourner à droite ; de même si elle fait le tour de l’église, ou le tour du catafalque (aux funérailles ou autres services funèbres). Jamais ceux qui la composent ne se diviseront pour passer les uns à droite, les autres à gauche.

III. Tous les membres du Clergé doivent marcher deux à deux (presque coude à coude) et non se diviser pour former deux colonnes, entre lesquelles il n’y a que du vide. Ainsi dans une nef large ou dans une rue, on ne devrait jamais s’éloigner pour marcher en rangées parallèles.

IV. Si, dans une même catégorie, les participants de la procession sont en nombre impair, les trois derniers de chaque groupe marchent ensemble, le plus digne entre les deux autres. Ainsi trois Cardinaux, ou trois Evêques, ou trois Chanoines, etc…
Marchent seuls au milieu : le Thuriféraire, celui qui porte le Cierge pascal le Samedi saint et la veille de la Pentecôte, le Porte-croix, le Porte-bénitier en certains cas, le Porte-crosse, les Cérémoniaires au besoin. 

V. Au départ et au retour d’une procession, soit au chœur, soit dans une chapelle où se fait une station, tous les membres du Clergé font la génuflexion, si le Saint-Sacrement réside au tabernacle ; tous, sauf le Célébrant, les Prélats et les Chanoines, la font aussi lorsque le Saint-Sacrement n’y est pas conservé.
A l’exception des processions du Saint-Sacrement, où personne ne fait de révérence, il convient qu’on fasse :
1° la génuflexion à deux genoux, si la procession passe devant le Saint-Sacrement exposé ;
2° la génuflexion simple, si elle passe devant un autel au moment de l’élévation ou de la communion (S.R.C. n. 3814 ad. XXIX, 7), devant le tabernacle où réside la sainte Réserve (ibid.), devant l’autel majeur (sauf l’Officiant, les Prélats et les Chanoines), devant un Prêtre porteur du Saint-Sacrement ;
3° une inclinaison de tête en se découvrant, devant une relique insigne exposée ;
4° on se découvre seulement en passent devant une église ou une croix le long du chemin.

Prêtres chantant en procession

Costumes :

1. L’Officiant peut être revêtu soit simplement du surplis et de l’étole avec ou sans chape (Rub. gen. miss. tit. XIX, n.3 ; S.R.C. n.2302 ad 2), soit de l’amict, de l’aube, du cordon et de l’étole croisée. Ces vêtements et insignes sont obligatoires, ainsi que la chape, s’il y a un Diacre et un Sous-Diacre en aube, dalmatique et tunique.
La chape est prescrite aux processions du Saint-Sacrement (S.R.C. n.2067 ad 5, 2440, 2526 ad 1, 3039 ad 3).

2. D’autres Prêtres peuvent porter l’aube, l’étole et la chasuble (S.R.C. n.2973), les Diacres la dalmatique, les Sous-Diacrse la tunique (Rituel, tit. IX, c.1, n.3), sur le surplus ou sur l’aube (S.R.C. n.2562 ad 1). Aucun ne porte le manipule (Rb. gen. miss. tit. XIX n.4).

3. Les Clercs et les Chantres doivent revêtir le surplis (Rituel, tit. IX, c.1 n.3 ; S.R.C. n.931).

4. Les membres des Confréries laïques peuvent porter leur costume particulier, et ceux des Associations pieuses leurs insignes : croix, médailles et rubans, etc…

5. Les Laïques ne doivent pas se couvrir, sauf en cas de pluie (Rituel, tit.IX, c.1, n.3 ; S.R.C. n.1810, 1841 ad 2 et 3), à l’exception des magistrats, militaires, professeurs de faculté, et autres fonctionnaires revêtus de leurs insignes. Les militaires en armes qui escortent une procession, doivent se tenir sur les côtés (S.R.C. n.1633).

6. Les enfants (ou les adultes) ne peuvent être admis s’ils sont déguisés en Anges, en Vierges ou autrement, portant des symboles religieux, des vases sacrés, des fac-similés des instruments de la Passion, etc…, ou représentant des personnages de l’ancien ou du nouveau Testament, des scènes de la vie des Saints (S.R.C. nn.1348, 1361 ad 7, 1731 ad 1, 2879 ad 7).
L’Ordinaire du lieu peut cependant autoriser aux processions du Saint-Sacrement des enfants parés portant ou répandant des fleurs, de l’encens, des épis de blé ou des fruits devant la croix de procession (S.R.C. n.3324, 3935 ad 1).

Procession de la Fête-Dieu - image d'Epinal

Procession de la Fête-Dieu (image d’Epinal)

Ordre des processions :

I. Certains groupements laïques peuvent précéder une procession /
a) les sociétés de musique tolérées par l’Ordinaire du lieu (S.R.C. n.2869), mais il leur est interdit de jouer dans l’église (Pie X, motu proprio, S.R.C. n. 4121, art.19, 20, 21).
b) les associations pieuses sans costume long, avec leur bannière.
c) Les confréries avec leur bannière et leurs insignes particuliers (can. 718), les moins anciennes en avant ; elles peuvent aussi marcher derrière leur croix de bois, munie d’un voile de la couleur du jour.
d) Les tiers-ordres, dont les membres sont les plus dignes parmi les laïques, lorsqu’ils sont revêtus de leur costume spécial (S.R.C. n.3795, 3819 ad 2, 3951, 3968, 4173).

II. Les membres du Clergé régulier marchent ensuite sous leur croix respective, les moins anciens en avant.

III. Le Clergé séculier, divisé, si c’est l’usage, en paroisses, instituts ecclésiastiques, collégiales, chaque groupe marchant sous sa propre croix, accompagnée de deux acolytes.
Le chapitre de la cathédrale est toujours le dernier, parce que le plus digne. Il est aussi précédé de sa croix. Dans chacun de ces corps on suit l’ordre des préséances officiellement établi.
Si ce chapitre est présent, c’est lui qui constitue réellement le centre de la procession.

a) Un Thuriféraire marche en tête pour purifier et embaumer la voie que suit le cortège liturgique et surtout pour honorer le divin Crucifié dont il précède l’image. Pendant le parcours, il tient l’encensoir de la main droite et le balance, le couvercle légèrement soulevé. Il ne se couvre jamais de la barette.
Ce clerc peut aussi précéder une châsse ou une statue ou une image vénérée, c’est-à-dire le centre même de la procession, mieux encore le dais sous lequel est porté le Saint-Sacrement, ou une relique insigne. Pour le Saint-Sacrement, il doit y avoir deux Thuriféraires, ni plus, ni moins.

b) Derrière le Thuriféraire, vient le Porte-croix. C’est un clerc en surplis, tête nue, qui est généralement chargé de cette fonction.
Dans les processions les plus solennelles, la croix est portée par le Sous-Diacre en aube et tunique, ou en chasuble pliée suivant le cas. Le Diacre marche alors à gauche du Célébrant. Quand l’Evêque officie, c’est un Sous-Diacre distinct de celui qui est d’office.

c) Deux Acolytes accompagnent toujours la croix de procession. Si l’espace est trop étroit, ils devancent le Porte-croix. Jamais ils ne doivent s’en séparer.
La croix archiépiscopale n’est pas accompagnée d’acolytes, lorsque l’Archevêque, en cappa, se rend à sa cathédrale ou en sort.

IV. Les Prélats marchent normalement devant l’Officiant ; mais si le Clergé est paré, ou, si le chapitre cathédral, paré ou non, est présent, ils marchent derrière l’Officiant, les plus dignes les premiers.

V. Les Maîtres de cérémonies ou Cérémoniaires n’ont pas de place fixe : ils se tiennent là où leur présence est utile, et ils s’assurent que tout se passe avec ordre. Ils ont toujours la tête découverte.
S’ils sont deux, le premier marche près de l’Officiant et le second derrière la croix.

VI. L’Officiant marche toujours le dernier, s’il n’y a pas de Prélat. L’Evêque diocésain se place derrière lui, accompagné de deux Chanoines en habit de chœur. Si le Prélat n’était qu’en mozette, il ne serait accompagné que d’un Cérémoniaire.
L’Officiant est toujours paré de la chape, assisté d’un Diacre et d’un Sous-Diacre qui soutiennent les bords de la chape. Un Evêque qui officie au faldistoire sera accompagné de même, mais l’Evêque diocésain aura auprès de lui deux Diacres assistants.

VII. Derrière l’Officiant, s’il est Evêque, prennent place son Caudataire, ses Porte-insignes et ses Familiers. Avec eux se termine la procession.
Si les Prélats marchent derrière l’Officiant, ils sont deux à deux, même les Cardinaux, sans être assistés de Chanoines ou de Prêtres.

VIII. Après la procession, les fidèles peuvent suivre. Il faut toutefois observer encore une préséance traditionnelle : les notables et les magistrats, s’ils ne sont pas en tête de la procession, devant la croix, doivent avoir la première place derrière l’Officiant.
Ensuite viennent les hommes, enfin les femmes.

Robert Lesage
in « Dictionnaire pratique de liturgie romaine », article « Procession », col. 844-847

dais du Saint-Sacrement

2020-68. Nous avons écouté et nous avons aimé : les « Te Deum » qui furent interprétés pour célébrer la victoire de Fontenoy.

11 mai,
Fête de Saint Mamert, archevêque de Vienne et confesseur, instituteur des Rogations ;
Anniversaire de la victoire de Fontenoy (11 mai 1745).

frise lys

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

En octobre 1740, la mort de l’empereur Charles VI du Saint-Empire sans héritier mâle entraîne la guerre de succession d’Autriche. La France, d’abord simple soutien militaire dans la coalition anti-autrichienne, va bientôt devenir un belligérant à part entière, puis la clef de voûte de cette coalition. Pris dans l’engrenage de la guerre, Louis XV ne désire qu’une seule chose : en sortir ! Mais la paix ne peut être proposée qu’en position de force : il veut donc frapper un grand coup dans les Pays-Bas autrichiens (actuelle Belgique) et décide de s’emparer de Tournai, bastion de la barrière des Flandres. Il confie le commandement des troupes au Maréchal Maurice de Saxe, qui s’est déjà brillamment illustré dans cette guerre, et se rend en personne sur le front, accompagné par le Dauphin (qui paraît pour la première fois sur un champ de bataille).
Le 11 mai 1745, dans la plaine de Fontenoy, les troupes françaises subissent un assaut féroce des troupes anglo-austro-hanovriennes, qui peu après midi, semblent l’emporter ; mais dans un sursaut héroïque, l’armée française transforme une défaite quasi-assurée en une victoire éclatante, provoquant la retraite anglaise : le Royaume des Lys vient de remporter la plus grande bataille du XVIIIème siècle, la dernière grande victoire terrestre de l’Ancien Régime.

Horace Vernet - Louis XV à Fontenoy - château de Versailles

Le Maréchal de Saxe présentant à Louis XV et au Dauphin les prisonniers et les drapeaux pris à l’ennemi
à l’issue de la victoire de Fontenoy, le 11 mai 1745
(Horace Vernet – 1828 -  « galerie des batailles », au château de Versailles)

La nouvelle parvint rapidement à Versailles et dès le lendemain, 12 mai, un Te Deum fut chanté à la Chapelle Royale. Mais le grand hymne d’action de grâces à Dieu pour la victoire du Roi fut l’occasion de ce que l’on a appelé « la querelle des Te Deum« .

Le Surintendant le la Musique de la Chambre du Roi était, depuis 1719, François Colin de Blamont (1690-1760) et, se prévalant d’un usage ancien selon lequel en cette occurrence la direction du Te Deum à la Chapelle Royale lui revenait à lui et non aux Sous-Maîtres de la Chapelle, il se rendit en hâte à la chapelle. Mais Esprit Joseph Antoine Blanchard (1696-1770), l’un des Sous-Maîtres de la Chapelle, l’avait devancé, avait déjà distribué aux musiciens et chanteurs les partitions d’un « Cantique d’action de grâces pour les conquêtes de Louis XV » qu’il avait composé l’année précédente, et lança la musique sitôt que la Reine prit place, sans laisser à Colin de Blamont le temps d’intervenir.

L’affaire remonta jusqu’au front, et le duc de Richelieu, au nom du Roi, écrivit à Blanchard pour blâmer sa conduite. Aussi, quelques jours plus tard, ce fut le Te Deum de Colin de Blamont qui fut interprété à la Chapelle Royale pendant la Messe du Roi (qui était donc absent) pour célébrer la victoire de Tournai, tandis qu’à la Messe de la Reine, qui le soutenait, était redonné le Te Deum de Blanchard, lequel, depuis, reste souvent nommé « Te Deum de Fontenoy » !

La Guerre des Te Deum - CD

Dans un concert enregistré à la Chapelle Royale du château de Versailles le 30 juin 2018, l’ensemble Stradivaria, dirigé par Daniel Cuiller, et le Chœur Marguerite Louise ont interprété ces deux Te Deum concurrents pour célébrer la victoire de Fontenoy.
C’est un CD de la collection « Château de Versailles – spectacles » que nous avons fort prisé…
Nous espérons que, dans leur éternité, Blanchard et Colin de Blamont sont aujourd’hui réconciliés (!!!) et nous, ici-bas, sommes heureux d’élever notre âme à Dieu dans la louange et l’action de grâces en écoutant ces deux œuvres qui ne sont pas antagonistes dans notre cœur et notre prière…

Les deux Te Deum peuvent être également écoutés sur un site de vidéos à la demande très connu.
Vous pouvez donc entendre ici le « Cantique d’action de grâces pour les conquêtes de Louis XV » d’Esprit-Antoine Blanchard > ici
Et le Te Deum de François Colin de Blamont > ici

 » Si on veut connaître un peuple, il faut écouter sa musique « , a dit Platon.
En glosant sur cette réflexion du philosophe, et pour contrer les images calomnieuses que l’histoire républicaine a colportées et largement répandues, je veux simplement conclure en disant que si l’on veut en vérité connaître nos Rois, il faut écouter la musique sur laquelle ils priaient et faisaient prier le Dieu des Victoires au cœur de leur palais.  

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur 

Maurice Quentin de La Tour - Louis XV en armure

Louis XV en armure (Maurice Quentin de La Tour – 1748)

frise lys

2020-67. Message de Sa Majesté à l’occasion de la fête nationale de Sainte Jeanne d’Arc.

Dimanche 10 mai 2020,
Fête nationale de Jeanne d’Arc ;
Solennité liturgique de Sainte Jeanne d’Arc (cf. > ici) ;
Anniversaire du martyre de Madame Elisabeth de France (cf. > ici).

Ce dimanche 10 mai au matin, deuxième dimanche du mois de mai, à l’occasion de la fête nationale et solennité liturgique de Sainte d’Arc, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, a publié sur les réseaux sociaux une vidéo sur laquelle il a enregistré un message à l’adresse de tous les Français.
Vous trouverez ci-dessous le texte de ce message et le lien vers cette enregistrement.

Vitrail Sainte Jeanne d'Arc - église Saint-Georges de Néris-les-Bains

Lorsque Jeanne d’Arc élève son étendard au ciel bleu,
la France sait dans quelle direction diriger ses voix et ses prières

Chers Français,

Aujourd’hui, alors que nous commémorons le centenaire de sa canonisation, comme beaucoup de Français, je veux rendre hommage à Jeanne d’Arc. Elle est une des héroïnes les plus authentiques de l’histoire de France, puisqu’elle associe à sa sainteté, l’affirmation de ce qui représente le mieux le devenir d’un peuple, sa volonté de liberté et du bien commun.

Dès lors, on comprend l’identification de tous les Français, à la patronne extraordinaire de la France. Jeanne d’Arc, la Pucelle, apparaît à un moment crucial pour notre patrie.

Cette époque présente de nombreuses similitudes avec la nôtre : la France et les Français semblaient avoir perdu une grande partie de leur espoir, se sentant dépassés par les forces supérieures et diffuses qui leur inoculent l’incertitude de l’avenir, s’installant le doute puis le renoncement.

Heureusement, la fille aînée de l’Eglise n’est pas seule. La Providence s’est manifestée avec une force inhabituelle au cours de l´histoire de notre nation, depuis le baptême et le couronnement de Clovis, la sainteté de Louis IX, l’onction du sacre, l’ardente volonté de Louis XIII de consacrer la France à Notre-Dame de l’Assomption.

Avec Jeanne d’Arc, le destin élira une personne humble, pour que la France puisse tenir ses promesses de fidélité. Une paysanne, sans expérience militaire ou politique, pour réaliser un double exploit inexplicable : chasser les ennemis du royaume en redonnant à tous les Français la dignité perdue et la foi.

À l’heure dramatique actuelle, certains souhaitent que cet anniversaire passe inaperçu, mais la France, toujours fidèle à ses traditions et, les Français voulant retrouver confiance dans leur avenir, ne peuvent manquer d’exprimer leur attachement à la Sainte. Lorsque Jeanne d’Arc élève son étendard au ciel bleu, la France sait dans quelle direction diriger ses voix et ses prières.

Comme elle disait : « les hommes combattent et Dieu seul, donne la victoire », voilà le plus grand héritage et la référence sans équivoque de notre histoire, nécessaire pour construire l’avenir.

Vive Sainte Jeanne d´Arc, vive les Français, vive la France.

 Louis,
Duc d’Anjou.

Pour visionner l’enregistrement vidéo de ce message :
Faire un « clic » droit sur l’image ci-dessous, puis « ouvrir dans un nouvel onglet »

Image de prévisualisation YouTube

grandes armes de France

2020-66. Appel pour l’Eglise et pour le monde aux fidèles Catholiques et aux hommes de bonne volonté.

Depuis ce jeudi 7 mai en fin d’après-midi en Italie, puis ce vendredi 8 mai dans la journée, plusieurs médias catholiques ont diffusé le texte d’un « Appel » pressant relatif à l’état de l’Eglise et du monde dans la crise actuelle. Nous estimons qu’il n’est pas inutile que ce texte, important figure aussi dans les pages de ce blogue, vous invitant à le lire avec la plus grande attention et à réfléchir sur les graves avertissements dont il est porteur, qui sont très proches de l’analyse que nous faisons sur la situation présente.
A titre personnel, j’ai ajouté ma signature à cet appel. Vous-mêmes, Amis lecteurs, ferez en votre âme et conscience ce qu’il vous semble juste et bon.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

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Mater Ecclesiae

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Appel pour l’Eglise et pour le monde
aux fidèles Catholiques
et aux hommes de bonne volonté

En ce temps de très grave crise, nous, Pasteurs de l’Église Catholique, en vertu de notre mandat, considérons comme notre devoir sacré de lancer un Appel à nos Confrères dans l’Épiscopat, au Clergé, aux Religieux, au Peuple de Dieu et à tous les hommes de bonne volonté. Cet Appel est également signé par des intellectuels, des médecins, des avocats, des journalistes et des professionnels, qui en partagent le contenu. Il est ouvert à la signature de ceux qui voudront en partager le contenu.

Les faits ont montré que, sous prétexte de l’épidémie de Covid-19, en bien des cas les droits inaliénables des citoyens ont été violés, en limitant d’une manière disproportionnée et injustifiée leurs libertés fondamentales, y compris l’exercice de la liberté de culte, d’expression et de mouvement. La santé publique ne doit pas et ne peut pas devenir une excuse pour bafouer les droits de millions de personnes dans le monde, et encore moins pour exonérer l’autorité civile de son devoir d’agir avec sagesse pour le bien commun; cela est d’autant plus vrai que les doutes croissent quant à l’effective contagiosité, à la dangerosité et à la résistance du virus: de nombreuses voix faisant autorité dans le monde de la science et de la médecine confirment que l’alarmisme à propos du Covid-19 amplifié par les médias ne semble absolument pas justifié.

Nous avons des raisons de croire – sur la base des données officielles relatives à l’incidence de l’épidémie, et sur celle du nombre de décès – qu’il existe des pouvoirs fort intéressés à créer la panique parmi la population dans le seul but d’imposer de façon permanente des formes de limitation inacceptables de la liberté, de contrôle des personnes, de suivi de leurs mouvements. Ces formes de limitations liberticides sont un prélude inquiétant à la création d’un Gouvernement Mondial hors de tout contrôle.

Nous croyons aussi que dans certaines situations les mesures de confinement prises, y compris la fermeture des activités commerciales, ont conduit à une crise qui a submergé des secteurs entiers de l’économie, ce qui favorise l’ingérence des puissances étrangères, avec des répercussions sociales et politiques graves. Ces formes d’ingénierie sociale doivent être empêchées par ceux qui ont la responsabilité du gouvernement, en adoptant des mesures pour protéger les citoyens, dont ils sont les représentants et pour les intérêts desquels ils ont l’obligation de s’engager. Il est également nécessaire d’aider la famille, cellule de base de la société, en évitant de pénaliser déraisonnablement les personnes faibles et âgées par la séparation forcée et douloureuse de leurs proches. La criminalisation des relations personnelles et sociales doit également être jugée comme une partie inacceptable du projet de ceux qui favorisent l’isolement des individus afin de mieux les manipuler et les contrôler.

Nous demandons à la communauté scientifique de veiller à ce que les soins pour le Covid-19 soient promus honnêtement pour le bien commun, en évitant scrupuleusement que des intérêts iniques influencent les choix des gouvernements et des organismes internationaux. Il n’est pas raisonnable de pénaliser des remèdes qui se sont révélés efficaces, souvent peu coûteux, uniquement parce qu’on veut donner la priorité à des traitements ou des vaccins qui ne sont pas aussi fiables mais qui garantissent aux sociétés pharmaceutiques des bénéfices bien plus importants, qui pèsent sur la santé publique. Nous rappelons également, en tant que Pasteurs, que pour les Catholiques, il est moralement inacceptable de recevoir des vaccins dans lesquels du matériau provenant de fœtus avortés est utilisé.

Nous demandons également aux Gouvernements de veiller afin d’éviter de la manière la plus rigoureuse toute forme de contrôle des personnes, à la fois par le biais de systèmes de suivi et par toute autre forme de localisation : la lutte contre le Covid-19 – aussi grave soit-il – ne doit pas être le prétexte pour approuver des projets douteux d’entités supranationales nourrissant de très forts intérêts commerciaux et politiques. En particulier, les citoyens doivent avoir la possibilité de refuser ces limitations de la liberté personnelle, sans qu’il soit imposé aucune forme de sanction à ceux qui ne veulent pas recourir aux vaccins, ni accepter des méthodes de suivi et tout autre instrument similaire. Il faut considérer également la contradiction flagrante dans laquelle se trouvent ceux qui poursuivent des politiques de réduction drastique de la population et qui se présentent en même temps comme des bienfaiteurs de l’humanité sans aucune légitimité politique ou sociale. Enfin, la responsabilité politique de ceux qui représentent le peuple ne peut absolument pas être confiée à des techniciens qui vont jusqu’à revendiquer pour eux-mêmes des formes inquiétantes d’immunité pénale.

Nous demandons instamment aux médias de s’engager activement dans une information objective qui ne pénalise pas la dissidence en recourant à des formes de censure, comme cela se produit couramment sur les réseaux sociaux, dans la presse et à la télévision. L’information correcte exige qu’un espace soit accordé aux voix qui ne sont pas alignées sur la pensée unique, permettant aux citoyens d’évaluer consciemment la réalité, sans être indûment influencés par des interventions partisanes. Une confrontation démocratique et honnête est le meilleur antidote au risque de voir imposées des formes subtiles de dictature, vraisemblablement pires que celles que notre société a vu naître et mourir dans un passé récent.

Enfin, Nous rappelons, en tant que Pasteurs responsables du Troupeau du Christ, que l’Église revendique fermement son autonomie dans le gouvernement, dans le culte, dans la prédication. Cette autonomie et cette liberté sont un droit inhérent que le Seigneur Jésus-Christ lui a donné pour la poursuite de ses propres fins. Pour cette raison, en tant que Pasteurs, Nous revendiquons fermement le droit de décider de manière indépendante de la célébration de la Messe et des Sacrements, tout comme nous exigeons une autonomie absolue dans les questions qui relèvent de notre juridiction immédiate, telles que les normes liturgiques et les méthodes d’administration de la Communion et des Sacrements. L’État n’a pas le droit de s’ingérer, pour quelque raison que ce soit, dans la souveraineté de l’Église. La collaboration de l’Autorité ecclésiastique, qui n’a jamais été refusée, ne peut impliquer de la part de l’Autorité civile des formes d’interdiction ou de limitation du culte public ou du ministère sacerdotal. Les droits de Dieu et des fidèles sont la loi suprême de l’Église à laquelle elle ne veut ni ne peut déroger. Nous demandons que les limitations à la célébration des fonctions publiques du culte soient supprimées.

Nous invitons les personnes de bonne volonté à ne pas se soustraire à leur devoir de coopérer en vue du bien commun, chacune selon son état et ses possibilités et dans l’esprit d’une sincère Charité fraternelle. Cette coopération, souhaitée par l’Église, ne peut cependant être dissociée du respect de la Loi naturelle, ni de la garantie des libertés des individus. Les devoirs civils auxquels les citoyens sont tenus impliquent la reconnaissance par l’État de leurs droits.

Nous sommes tous appelés à évaluer les faits actuels conformément à l’enseignement de l’Évangile. Cela implique de choisir son camp : avec le Christ, ou contre le Christ. Ne soyons pas intimidés ou effrayés par ceux qui nous font croire que nous sommes une minorité : le Bien est beaucoup plus répandu et puissant que ce que le monde veut nous faire croire. Nous nous trouvons en train de lutter contre un ennemi invisible, qui sépare les citoyens entre eux, les enfants des parents, les petits-enfants des grands-parents, les fidèles de leurs pasteurs, les étudiants des enseignants, les clients des vendeurs. Ne permettons pas que des siècles de civilisation chrétienne soient anéantis sous le prétexte d’un virus, en laissant s’établir une tyrannie technologique haineuse dans laquelle des personnes anonymes et sans visage peuvent décider du sort du monde en nous confinant dans une réalité virtuelle. Si tel est le plan auquel les puissants de la terre entendent nous plier, sachez que Jésus-Christ, Roi et Seigneur de l’Histoire, a promis que « les portes des Enfers ne prévaudront pas » (Mt 16, 18).

Confions à Dieu Tout-Puissant ceux qui gouvernent les nations, afin qu’Il les éclaire et les guide dans ces moments de grande crise. Qu’ils se souviennent que, tout comme le Seigneur jugera les Pasteurs pour le troupeau qui leur a été confié, de même Il jugera ceux qui détiennent le pouvoir et qui ont le devoir de préserver et de gouverner leurs peuples.

Prions avec foi le Seigneur pour qu’Il protège l’Église et le monde. Que la Très Sainte Vierge, Auxiliatrice des Chrétiens, écrase la tête de l’ancien Serpent, confonde et déroute les plans des enfants des ténèbres.

8 Mai 2020
Vierge du Rosaire de Pompéi

Source > ici

Prélats qui ont signé cet appel :

Mgr Carlo Maria Viganò, archevêque, nonce apostolique
Cdl Joseph Zen Ze-kiun, évêque émérite de Hong Kong
Cdl Janis Pujats, archevêque émérite de Riga
Cdl Gerhard Ludwig Mueller, préfet émérite de la Congrégation de la Doctrine de la foi
Mgr Luigi Negri, archevêque émérite deFerrara-Comacchio
Mgr Joseph Strickland, évêque de Tyler, Texas
Mgr Thomas Peta, archevêque métropolitain d’Astana
Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire d’Astana
Mgr Jan Pawel Lenga, archevêque émérite de Karaganda
Mgr Rene Henry Gracida, évêque émérite de Corpus Christi
Mgr Andreas Laun, évêque auxiliaire de Salzbourg
Mgr Robert Muetsaerts, évêque auxiliaire de Den Bosch

Si vous désirez vous aussi signer, c’est > ici

Archange Saint Michel

Litanies de Sainte Monique.

Sainte Monique, mère de notre Bienheureux Père Saint Augustin, est un modèle pour les épouses, les veuves, les mères inquiètes pour le salut éternel de leurs enfants… Elle est aussi un modèle de vie religieuse car, même si elle n’a pas à proprement parler fait une profession monastique, la tradition augustinienne la représente avec raison revêtue de l’habit religieux des moniales augustines, parce qu’elle prit une part discrète mais active à la maturation de la vie monastique augustinienne lors du séjour de Saint Augustin et des ses proches à Cassiciacum (cf. > ici), alors que le jeune converti se préparait à recevoir le saint baptême.
Ainsi, tous les états de vie trouvent-ils en Sainte Monique un modèle en même temps qu’une intercessrice (cf. note en bas de page) d’autant plus puissante qu’elle est capable de comprendre leurs besoins et de compatir à leurs nécessités spirituelles.

Sainte Monique fortifiée par l'apparition d'un ange - Pietro Maggi 1714 - église St Marc Milan

Sainte Monique encouragée et fortifiée par l’apparition d’un ange
(Pietro Maggi, 1714 – église Saint-marc, à Milan)

Seigneur, ayez pitié de nous.
Ô Christ, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, écoutez-nous.
Jésus-Christ, exaucez-nous.

Père céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Fils, rédempteur du monde qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Esprit-Saint qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Trinité Sainte qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous.
Sainte Marie, Reine des Cieux, priez pour nous.
Sainte Marie, Mère de conversion, priez pour nous.

Saint Augustin, priez pour nous.

Sainte Monique, qui avez mis à profit les rigueurs salutaires d’une éducation chrétienne, priez pour nous.
Sainte Monique, modèle des épouses, priez pour nous.
Sainte Monique, modèle des femmes chrétiennes, priez pour nous.
Sainte Monique, qui avez procuré par l’exemple de vos vertus, la conversion de votre mari infidèle, priez pour nous.
Sainte Monique, modèle des mères et des veuves, priez pour nous.
Sainte Monique, mère de Saint Augustin, priez pour nous.
Sainte Monique, qui l’avez pleuré dans ses égarements, priez pour nous.
Sainte Monique, qui avez persévéré dans vos brûlantes prières, priez pour nous.
Sainte Monique, aussi discrète que zélée dans la poursuite du Salut de votre fils, priez pour nous.
Sainte Monique, qui étiez la sauvegarde de votre fils absent, priez pour nous.
Sainte Monique, qui avez obtenu pour votre fils la guérison d’une maladie mortelle, priez pour nous.
Sainte Monique, dont l’espérance a été soutenue par les paroles prophétiques d’un saint évêque, priez pour nous.
Sainte Monique, dont les larmes ont acheté la conversion de votre fils, priez pour nous.
Sainte Monique, qui avez joui de la consolation de le voir fidèle, priez pour nous.
Sainte Monique, qui vous êtes saintement entretenue avec lui des choses du Salut, priez pour nous.
Sainte Monique, qui vous êtes paisiblement endormie dans le Seigneur, priez pour nous.
Sainte Monique, sur qui a rejailli la gloire de votre fils, priez pour nous.
Sainte Monique, qui ne pouvez refuser votre suffrage aux mères qui prient et pleurent comme vous, priez pour nous.
Sainte Monique, qui en avez écouté plusieurs dans leurs angoisses, priez pour nous.

Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous.

V/ Priez pour nous, Sainte Monique,
R/ Afin que nous soyons rendus dignes des promesses de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Prions :

Ô Dieu qui avez écouté les prières et les larmes de Sainte Monique, et qui avez accordé à ses supplications, non seulement la conversion, mais encore l’éclatante sainteté de son fils, daignez nous accorder la grâce de Vous implorer avec tant de ferveur et d’humilité, et que, comme elle, nous obtenions et le salut de nos enfants, et notre propre sanctification.
Nous Vous le demandons par Jésus-Christ Notre-Seigneur qui vit et règne avec Vous et le Saint-Esprit, pour les siècles des siècles.

R./ Ainsi soit-il.

Tiré du « Litaniaire, ou Recueil complet de litanies et de divers exercices de piété »,
du Frère Anicet de Sainte-Suzanne,
(éd. Aubanel Frères, Avignon – 1879)

S. Agostino Roma - Urna di S.Monica

Rome, basilique de Saint Augustin : sarcophage renfermant le corps de Sainte Monique

Voir aussi :
- Récit de la mort de Sainte Monique par Saint Augustin > ici
- La Sainte Ceinture de Notre-Dame de Consolation > ici 

frise

Note :
Le mot intercessrice ici employé comme féminin d’intercesseur n’est pas un néologisme d’inspiration féministe ni un barbarisme. Quoique d’un usage relativement rare, ce féminin, formé sur le même principe que le féminin du mot acteur, se trouve au XVIIIe siècle (par exemple dans le Journal des principales audiences du Parlement de Paris, en 1757) ainsi qu’aux XIXe et XXe siècles chez plusieurs écrivains amoureux de termes recherchés, tels François-Emmanuel d’Emskerque, vicomte de Toulongeon (1748-1812) ou Emmanuel Berl (1892-1976) qui écrit : « Comme on voyait sans cesse surgir le diable, on voyait sans cesse les anges descendre du ciel, pour secourir le chrétien aux abois ; et à la tête de ces légions célestes, l’intercessrice suprême : la Vierge. » (in « Histoire de l’Europe : L’Europe classique » p.48).

2020-61. La Procession dominicale telle qu’elle se trouve prescrite dans les livres liturgiques traditionnels du diocèse de Viviers.

3 mai,
Fête de l’Invention de la Sainte Croix ;
Anniversaire du massacre des clercs de Lamastre par les huguenots en 1587 (voir > ici et > ici).

Blason Vivarais

Dans la liste des processions énumérées à l’article précédent (cf. > ici), par le chanoine Lesage, se trouve la Procession dominicale, au sujet de laquelle il écrit (en 1952) : « qui, en plusieurs diocèses, se fait encore tous les dimanches avant la grand’Messe ».
De fait, si elle était autrefois d’un usage général dans une majorité de diocèses – tout spécialement les diocèses de forte ruralité -, au début des années cinquante du précédent siècle la Procession dominicale avait tendance à disparaître.
L’une (mais pas l’unique) des raisons de cette disparition se trouve dans le fait que la baisse des vocations sacerdotales a peu à peu obligé de confier plusieurs villages à un même prêtre, lequel – devant célébrer deux, voire trois, messes dominicales -, a progressivement « allégé » le programme des cérémonies qu’ils assuraient le dimanche matin…

J’ai connu quelques personnes qui se souvenaient très bien de ces processions d’avant la grand’Messe. Elles sont aujourd’hui de moins en moins nombreuses.
Ainsi que le rappelle le chanoine Lesage dans l’article sus-cité, la Procession dominicale avant la grand’Messe a subsisté dans beaucoup de monastères traditionnels et quelques communautés religieuses.

Dans le diocèse de Viviers, sur le territoire duquel nous nous trouvons, elle était prescrite entre les deux fêtes de la Sainte Croix : depuis le 3 mai (fête de l’Invention de la Sainte Croix) jusqu’au 14 septembre (fête de l’Exaltation de la Sainte Croix).
C’est d’ailleurs à l’occasion de la procession du 3 mai 1587 que plusieurs ecclésiastiques massacrés par les huguenots à Lamastre, à une dizaine de lieues du Mesnil-Marie, ont subi le martyre (cf. > ici et > ici).

La Procession dominicale ne s’accomplit par sur un long parcours : elle ne sort généralement pas de l’enclos paroissial (quand il en existe encore un) et son unique station se fait soit au Calvaire qui y est érigé, soit devant une Croix de mission à proximité de l’église : elle est l’occasion d’implorer la protection et bénédiction de Dieu Notre-Seigneur sur la communauté paroissiale et ses biens, en demandant en particulier l’éloignement des catastrophes naturelles, épidémies, disettes… etc.
Cela demeure donc d’une constante actualité !

Voici recopié ci-dessous le rite particulier de cette Procession dominicale prescrit pour le diocèse de Viviers dans le supplément au Rituel Romain publié par l’ordre de l’un de nos anciens évêques.

Manuale sacerdotum - Viviers 1928

« Manuale sacerdotum » : Manuel des prêtres, ou supplément au Rituel Romain pour l’usage du diocèse de Viviers
publié en 1928 par ordre de Monseigneur Etienne-Joseph Hurault, évêque de Viviers

- Procession dominicale -

Cette procession se fait du 3 mai au 14 septembre, mais peut-être omise aux fêtes de 1ère classe.

Le célébrant et tous les assistants se mettent à genoux, et on chante la 1ère strophe de l’hymne suivante. Cette strophe chantée, tous se lèvent et on se rend processionnellement au lieu désigné pour la station. 

Veni Creator Spiritus
mentes tuorum visita :
imple superna gratia
quae tu creasti pectora.

Qui diceris Paraclitus,
Altissimi donum Dei,
Fons vivus, ignis, caritas
Etspiritalis unctio.

Tu septiformis munere,
Digitus paternae dexterae.
Tu rite promissum Patris,
Sermone ditans guttura

Accende lumen sensibus
Infunde amorem cordibus,
Infirma nostri corporis
Virtute firmans perpeti.

Hostem repellas longius
Pacemque dones protinus ;
Ductore sic te praevio
Vitemus omne noxium.

Per te sciamus da Patrem,
Noscamus atque Filium;
Tequutriusque Spiritum
Credamus omni tempore

Deo Patri sit gloria,
Et Filio, qui a mortuis
SurrexitacParaclito
In saeculorum saecula. Amen

V./ Emitte Spiritum tuum et creabuntur.
R./ Et renovabis facien terrae.

Oremus :

Deus qui corda fidelium Sancti Spiritus illustratione docuisti : da nobis in eodem Spiritu recta sapere et de ejus semper consolatione gaudere. Per Christum Dominum nostrum.

R./ Amen.

Venez, Esprit Créateur,
Visiter les esprits de ceux qui Vous appartiennent ;
Emplisssez de la grâce d’en-haut
Les cœurs que Vous avez créés.

Vous qui êtes nommé le Paraclet,
Don du Dieu très-haut
Source vive, feu, charité
Et onction spirituelle.

Vous le don qui se manifeste en sept,
Doigt de la droite du Père,
Vous qui fûtes avec faveur promis par le Père,
Rendant nos bouches disertes

Allumez Votre lumière en nos sens,
Répandez l’amour en nos cœurs ;
L’infirmité de notre corps
Affermissez-la par une force perpétuelle.

Repoussez au loin l’ennemi,
Afin de nous donner bientôt la paix ;
Que marchant sous Votre conduite
Nous évitions toute souillure.

Par Vous que nous soit donné de connaître le Père,
Et que nous connaissions aussi le Fils;
Vous qui êtes l’Esprit de l’Un et de l’Autre,
Auquel nous soit donné de croire en tout temps.

Qu’à Dieu le Père soit la gloire,
Et au Fils, qui des morts
Est ressuscité, et au Paraclet
Dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

V./ Envoyez Votre Esprit et ils seront créés.
R./ Et Vous renouvellerez la face de la terre.

Prions :
O Dieu qui avez instruit les cœurs de Vos fidèles par l’illumination du Saint Esprit : donnez-nous en ce même Esprit de goûter ce qui est droit et de jouir toujours de Sa consolation. Par Jésus-Christ Notre-Seigneur.
R./ Ainsi soit-il.

Ensuite le célébrant dit à genoux le Munda cor meum… Jube domne benedicere etc. Puis il se lève et chante l’Evangile (s’il est assisté d’un diacre, celui-ci demande la bénédiction au célébrant en disant : Jube, domne, benedicere. Le célébrant dit : Dominus sit in corde tuo… etc).

V./ Dominus vobiscum.
R./ Et cum spiritu tuo.

Sequentia sancti Evangelii secundum Mattheum.

In illo tempore : Ascendente Jesu in naviculam, secuti sunt eum discipuli ejus. Et ecce motus magnus factus est in mari, ita ut navicula operiretur fluctibus, ipse vero dormiebat. Et accesserunt ad eum discipuli ejus, et suscitaverunt eum dicentes : Domine, salva nos, perimus. Et dicit eis Jesus : Quid timidi estis, modicae fidei ? Tunc surgens imperavit ventis et mari, et facta est tranquillitas magna. Porro homines mirati sunt dicentes : Qualis est hic, quia venti et mare obediunt ei ?

V./ Le Seigneur soit avec vous.
R./ Et avec votre esprit.

Suite du saint Evangile selon Matthieu.

En ce temps là : Jésus étant monté dans la barque, Ses disciples Le suivirent. Et voilà qu’une grande tempête s’éleva sur la mer, de sorte que la barque était couverte par les flots ; Lui-même cependant dormait. Et Ses disciples s’approchèrent de Lui, et ils L’éveillèrent en disant : Seigneur, sauvez-nous, nous périssons ! Et Jésus leur dit : Pourquoi êtes-vous craintifs, hommes de peu de foi ? Alors Se levant il commanda aux vents et à la mer, et il se fit un grand calme. Or, saisis d’admiration, ces hommes se disaient : Quel est Celui-ci, parce que les vents et la mer Lui obéissent ?

Le célébrant ou les chantres entonnent ensuite, selon le temps, l’une des antiennes suivantes de la Sainte Croix :

Au temps pascal : 

Ant. Crucem sanctam subiit, qui infernum confregit : accinctus est potentia, surrexit die tertia, alleluia.

V./ Dicite in nationibus, alleluia.
R./ Quia Dominus regnavit a ligno, alleluia.

Oremus :

Deus, qui pro nobis Filium tuum Crucis patibulum subire voluisti, ut inimici a nobis expelleres potestatem : concede nobis, famulis tuis, ut resurrectionis gratiam consequamur. Per eumdem Christum…
R./ Amen.

Hors le temps pascal :

Ant. Per signum Crucis de inimicis nostris libera nos, Deus noster.

V./ Omnis terra adoret te, et psallat tibi.
R./ Psalmum dicat nomini tuo, Domine.

Oremus :

Perpetua nos, quaesumus, Domine, pace custodi : quos per lignum Sanctae Crucis redimere dignatus es. Per Christum…
R./ Amen.

Il a subi la Croix sainte, Celui qui a abattu l’enfer : Il est ceint de puissance, Il est ressuscité le troisième jour, alléluia ! 

V./ Dites parmi les nations, alléluia.
R./ Que le Seigneur a régné par le bois, alléluia.

Prions :
O Dieu, qui avez voulu que pour nous Votre Fils subît le gibet de la Croix, pour que Vous nous arrachiez à la puissance de l’ennemi : accordez-nous, à nous qui sommes Vos serviteurs, que nous obtenions la grâce de la résurrection. Par ce même Jésus-Christ…
R./ Ainsi soit-il.

Par le signe de la Croix, libérez-nous de nos ennemis, ô notre Dieu !

V./ Que toute la terre Vous adore et qu’elle psalmodie pour Vous.
R./ Qu’elle dise un psaume à Votre Nom, ô Seigneur.

Prions :
O Seigneur, nous Vous le demandons, gardez-nous dans une paix perpétuelle : nous qui sommes ceux que Vous avez daigné racheter par le bois de la Sainte Croix. Par Jésus-Christ…
R./ Ainsi soit-il.

L’oraison terminée, le célébrant jette de l’eau bénite dans la direction des quatre points cardinaux, en chantant successivement :

Ter :
V./ A fulgure et tempestate,
R./ Libera nos, Domine.

Ter :
V./ Ab omni pestilentia et fame,
R./ L
ibera nos, Domine.

Ter :
V./
Ut fructus terrae dare et conservare digneris,
R./ Te rogamus, audi nos.

3 fois :
V./ De la foudre et de la tempête,
R./ Délivrez-nous, Seigneur.

3 fois :
V./ De toute épidémie et famine,
R./ Délivrez-nous, Seigneur.

3 fois :
V./ Pour que Vous daigniez nous donner et conserver les fruits de la terre.
R./ Nous Vous en prions, exaucez-nous.

Le célébrant, sans chanter, donne ensuite la bénédiction de la Croix ; après quoi tous se lèvent et l’on rentre à l’église en chantant l’hymne :

Ave, maris Stella,
Dei mater alma
Atque semper virgo
Felix caeli porta !

Sumens illud ave
Gabrielis ore,
Funda nos in pace
Mutans Evae nomen.

Solve vincla reis,
Profer lumen caecis ;
Mala nostra pelle
Bona cuncta posce.

Monstra te esse matrem,
Sumat per te preces
Qui pro nobis natus
Tulit esse tuus.

Virgo singularis
Inter omnes mitis,
Nos culpis solutos
Mites fac et castos.

Vitam praesta puram,
Iter para tutum
Ut videntes Jesum
Semper collaetemur.

Sit laus Deo Patri
Summo Christo decus
Spiritui sancto
Tribus honor unus. Amen

V./ Ora pro nobis, Sancta Dei Genitirix.
R./ Ut digni efficiamur promissionibus Christi.

Oremus :

Concede nos, famulos tuos, quaesumus, Domine Deus, perpetua mentis et corporis sanitate gaudere : et gloriosa Beatae Mariae semper Virginis intercessione, a praesenti liberari tristitia et aeterna perfrui laetitia. Per Christum…

R./ Amen.

Salut, Etoile de la mer,
Auguste Mère de Dieu
Et toujours vierge,
Bienheureuse porte du Ciel !

En recevant ce salut
De la bouche de Gabriel
Etablissez-nous dans la paix
En changeant le nom d’Ève.

Déliez les liens des coupables,
Apportez la lumière aux aveugles ;
Chassez nos maux
Obtenez-nous tous les biens.

Montrez-vous notre mère,
Qu’Il accueille par vous nos prières
Celui qui, né pour nous,
Voulut être votre fils.

Vierge sans égale,
Douce entre tous,
Qu’après nous avoir libérés de nos fautes
Vous nous rendiez doux et chastes.

Accordez-nous une vie pure
Rendez notre chemin sûr
Pour que, voyant Jésus,
Nous nous réjouissions éternellement.

Qu’à Dieu le Père soit la louange,
L’honneur au Christ élevé au-dessus de tout,
Et à l’Esprit saint,
Aux Trois un unique honneur.  Ainsi soit-il.

V./ Priez pour nous, Sainte Mère de Dieu.
R./ Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.

Prions :
Accordez, nous Vous en prions, Seigneur, à nous qui sommes Vos serviteurs, de jouir d’une perpétuelle santé de l’esprit et du corps : et par la glorieuse intercession de la Bienheureuse Marie toujours Vierge, que nous soyons libérés de la tristesse du temps présent et jouissions de la joie éternelle. Par Jésus-Christ…
R./ Ainsi soit-il.

Viviers : la cathédrale Saint-Vincent au coeur de la "ville-haute"

Viviers, le rocher fortifié sur lequel se trouvent l’ancien quartier canonial, l’évêché médiéval et la cathédrale Saint-Vincent

Blason Vivarais

2020-60. Des processions (2ème partie) : Classification des processions.

Après l’introduction que nous en avons faite (cf. > ici), il me semble intéressant de recopier ci-dessous dans son intégralité la partie de l’article « Procession » du « Dictionnaire pratique de liturgie romaine » du chanoine Robert Lesage (ed. Bonne Presse – 1952) intitulée « Classification ».

Gentile Bellini Procession avec la relique de la Sainte Croix à Venise 1496

Gentile Bellini : Procession à Venise avec la relique de la Vraie Croix (1496)

nika

Classification :

Il faut distinguer :

I. Les processions ordinaires de l’année liturgique, qui se font chaque année, à date fixe, conformément aux prescriptions des livres liturgiques : à la Purification, aux Rameaux, le Jeudi et le Vendredi Saints, aux Rogations et à la fête du Corpus Christi.

II. Les processions ordinaires prescrites par le cérémonial pour le chant de l’Evangile à la Messe solennelle, pour les funérailles et l’absoute, pour la réception de l’Evêque diocésain et la visite pastorale, pour la Messe pontificale.

III. Les processions locales, autorisées en certains lieux par un long usage :

- La procession du Saint Jour de Pâques pendant les Vêpres ; les processions du Saint-Sacrement qui se font à date fixe à l’instar de celle du Corpus Christi ; la procession du Rosaire, au premier dimanche d’octobre ; celles qui se font annuellement à l’occasion de la fête du Patron d’une localité ou du Titulaire d’une église, etc…

- La procession dominicale, qui, en plusieurs diocèses, se fait encore tous les dimanches avant la grand’Messe, tire son origine des églises stationnales, où le Clergé et le peuple se rendaient pour la célébration de la Messe, ou de l’usage monastique de l’aspersion des lieux claustraux : cloître, réfectoire, puits, voire cuisine. Dans les villes, le Célébrant aspergeait aussi les maisons des fidèles et autres lieux, pour exprimer les bienfaits que Notre-Seigneur répandait de tous côtés, dans ses voyages. Le bénitier que l’on porte encore à cette procession, même si l’on n’y asperge plus, est un vestige de cet usage ancien.

- La procession solennelle du Vœu de Louis XIII se fait encore chaque année à l’issue des Vêpres du 15 août, dans toute la France.
Elle date de 1638, date de la consécration que fit le roi Louis XIII à la Reine du ciel, de sa personne et de son royaume, à la fois pour remercier Marie des victoires qu’il avait remportées par son intercession contre les hérésies, les fauteurs de troubles et les ennemis de la France, et pour lui demander un héritier. La déclaration royale (Lettres patentes expédiées de Saint-Germain-en-Laye le 10 février 1638 – [note : dans ce blogue on le trouve > ici]) constitue la 4ème leçon de la fête de la B.V.Marie selon le Vœu de Louis XIII, inscrite encore aujourd’hui à la date du 18 août dans le propre de Paris, au bréviaire.
A cette procession on porte la statue de la Sainte Vierge, on y chante le répons Félix es et les litanies de Lorette, et, au retour, l’antienne Sub tuum avec son verset et l’oraison Protege, enfin le psaume Exaudiat [note : dans ce blogue on trouve tous les textes de cette cérémonie > ici].

IV. Des processions extraordinaires peuvent être ordonnées par l’Evêque, après avis du chapitre cathédral, pour un motif d’intérêt public (can. 1292 ; S.R.C. nn. 217, 394, 1444), comme la translation d’une relique insigne, pour demander la pluie ou le beau temps, pour repousser la tempête, en temps de disette ou d’épidémie, en temps de guerre ou pour éloigner une calamité publique ou encore en action de grâces. Elles sont décrites au Rituel (tit. IX, c. VI à XIV).

Robert Lesage
in « Dictionnaire pratique de liturgie romaine », article « Procession », col. 847-849

A suivre : les Règles liturgiques qui régissent les processions > ici.

Gravure datée probablement de 1709 : ordre de procession de la châsse de Ste Geneviève

Procession de la châsse de Sainte Geneviève, à Paris, au début du XVIIIème siècle

nika

2020-59. Des processions (1ère partie) : Généralités et réflexions au sujet des processions. .

2 mai,
Fête de Saint Athanase, évêque, confesseur et docteur de l’Eglise (cf. > ici) ;
Anniversaire du rappel à Dieu de Madame la Duchesse de Ségovie (cf. > ici).

nika

Vassili Grigoriévitch Perov - procession villageoise le jour de Pâques 1861

Vassili Grigoriévitch Perov : Procession villageoise le jour de Pâques (1861)

A – Qu’est-ce qu’une procession ?
C’est un cortège religieux qui se rend d’un lieu à un autre avec des chants et des prières.

B – La procession, un rite universel :
Tous les pays, toutes les époques ont connu le rite sacré des processions : on le trouve dans les « religions primitives » et le paganisme antique ; on en voit de nombreuses représentations sur les bas-reliefs et les peintures murales de Chaldée ou d’Egypte, par exemple, bien avant les prescriptions du culte de l’Ancien Testament.
Dans son Dictionnaire pratique de liturgie romaine (éd. Bonne Presse, 1952), le chanoine Robert Lesage, cérémoniaire du cardinal-archevêque de Paris, écrit : « La procession était à l’origine théophanique, tirant son nom du rôle que la divinité y joue, et non du rôle de l’homme. C’est Dieu qui sort, se manifeste, procède. Le Clergé l’accompagne, les fidèles lui font cortège, mais ne sont en réalité que des accessoires dans la cérémonie ».

C – La procession acte théophanique et politique :
Cette remarque du chanoine Lesage n’est pas dépourvue d’intérêt et il me semble qu’il nous faut nous en bien pénétrer : une procession n’est pas à proprement parler une action humaine, mais elle est une manifestation de Dieu à l’extérieur des lieux qui Lui sont consacrés.
Une procession est en premier lieu et par essence une action divine au cours de laquelle Dieu – présent d’une manière particulière dans le lieu sacré où Il Se plaît à être honoré et à communiquer Ses grâces – montre que Son influence et Ses bienfaits s’étendent aussi loin que Sa présence : c’est-à-dire partout !
En effet, Dieu n’est pas confiné dans les églises qui Lui sont consacrées : infini et omniprésent, Il est en tout lieu et dans tous les êtres, comme nous l’enseigne la saine théologie. Le rite sacré de la procession manifeste en quelque manière cette présence universelle, Son empire total et absolu, Sa puissance qui ne peut être limitée par les murs de Ses sanctuaires, et Son action, laquelle n’est pas circonscrite au seul domaine des consciences et de l’intimité personnelle mais s’exerce sur la société et sur la vie publique.
De ce point de vue, processionner a une portée éminemment « politique », non pas, bien sûr, dans le sens partisan et « politicien » qui prévaut de nos jours, mais dans son sens premier, dérivé du mot grec « polis » qui désigne la cité avec son organisation, ordonnée à la vie des hommes et au bon fonctionnement des relations entre eux, au service du bien commun.
Ce dernier point explique d’ailleurs pour quelle raison les opposants de tout poil à la religion et à l’Eglise ont toujours combattu les processions, et ont toujours voulu les interdire ou les limiter (par exemple sous les prétextes de l’ « ordre public », des « normes sanitaires », de la « neutralité » civile et de la « laïcité », et toutes autres pseudo-raisons aux apparences très « raisonnables »).
A contrario, accomplir une procession a souvent été pour les chrétiens – surtout dans les périodes de contestation ou de persécution plus ou moins violente – le signe fort d’une résistance à l’esprit du siècle, à la sécularisation, à la tyrannie anticatholique, aux limitations qu’un pouvoir dévoyé opposait aux droits de Dieu… etc. Je connais par exemple le cas de plusieurs paroisses où, sitôt la fin de la grande terreur robespierriste, alors que le culte catholique n’était pas rétabli – loin s’en faut -, et que les paroisses se trouvaient encore sans prêtres, sans messe et sans sacrements, les fidèles sont sortis dans les rues avec les croix, bannières et statues de saints qui avaient échappé aux destructions pour processionner dans les rues de leurs villes ou villages.

Chartres - procession ND du Pilier 6 juin 1927

D – Processions et crise de l’Eglise :
Influencés par l’esprit du monde, il ne s’est pas manqué – en particulier dans les décennies qui ont suivi le concile vaticandeux – de clercs (parfois très haut placés dans la hiérarchie ecclésiastique) et de fidèles pour se faire les contempteurs des processions et œuvrer à leur abandon, les qualifiant de pratiques surannées ou de triomphalisme déplacé puisque désormais contraire au fameux « esprit du concile ».
Et c’est ainsi que l’on a vu détruit par les flammes ou livré aux brocanteurs tout l’appareil ornemental dont les paroisses s’enorgueillissaient naguère (même s’il n’était pas forcément de très grande valeur artistique comme cela était le cas dans les villages pauvres) parce qu’il était l’expression de la foi, au service de la manifestation du Dieu grand et rédempteur dans la cité terrestre, ordonnée à l’édification de la Cité céleste.
Dans le même temps, certains clercs violemment opposés aux processions, ne manquaient pas de participer aux « défilés » ou « manifestations » des syndicats ou mouvements d’inspiration marxiste, ne semblant pas se rendre compte que ce qu’ils condamnaient dans la pratique multiséculaire de l’Eglise se retrouvait là dans sa version laïciste dévoyée !
On remarque enfin que, sauf en quelques grands centres de pèlerinage (Lourdes ou Sainte-Anne d’Auray par exemple), après avoir souvent vivoté ou subsisté comme des anachronismes attirant les touristes, les processions qui ont survécu à la crise post-conciliaire reprennent de la vigueur depuis quelques années et attirent de plus en plus de catholiques « décomplexés » et fervents, et que le jeune clergé – moins intoxiqué par l’idéologie mortifère qui a dévasté la Chrétienté dans la deuxième moitié du XXe siècle – se montre plutôt favorable à la reprise des processions. C’est un signe de renouveau qui ne trompe pas.

E – Retrouver le sens et l’esprit de nos processions :
Comment la Sainte Eglise, si passionnément éprise de vie et de mouvement, si profondément amoureuse de la gloire de Dieu et de Sa louange, si viscéralement animée par un esprit missionnaire, si ardemment enthousiaste pour conquérir les cœurs et les esprits, pourrait-elle négliger ce moyen éminent de se manifester à l’extérieur et de faire connaître Celui qu’elle adore ?
« L’Eglise marche en chantant. Toute son histoire est là. Les processions traduisent d’ailleurs à merveille sa vie ordonnée, calme, confiante et joyeuse, son besoin de la prière collective et son allégresse dans le triomphe du Rédempteur. La liturgie, qui utilise tous les arts pour la gloire de Dieu, ne saurait laisser de côté l’art du mouvement, la chorégraphie, digne et mesurée, qui fait appel à tous les membres du corps humain » (chanoine R. Lesage, in « Dictionnaire pratique de liturgie romaine », article « procession »).
En bien des endroits, après plusieurs décennies d’oubli, on a aujourd’hui perdu le sens et l’esprit des processions authentiquement catholiques, et là où on les rétablit on est parfois dans l’ignorance totale des règles qui les régissent traditionnellement : ce pourquoi je me propose, en de futures publications, de rappeler ces règles et leur ordonnancement.
Pour l’heure actuelle, il me paraît toutefois essentiel – spécialement au sortir de l’éclipse du culte catholique subie au cours de ce printemps 2020 sous prétexte d’état d’urgence sanitaire – de faire un véritable travail de restauration des processions extérieures, des processions publiques – quand bien même ne réuniraient-elles que très peu de personnes -, manifestations de l’action du Dieu Tout-Puissant qui ne peut en aucune manière être confiné par les craintes, les prudences et les règlements humains.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

A suivre  : « Classification des processions » > ici.

Jules Breton  la procession de bénédiction des blés en Artois

Jules Breton : « La bénédiction des blés en Artois » (toile présentée au Salon en 1857)

nika

2020-58. Pour bien commencer le « mois de Marie », comprenons toute l’importance de la place et du rôle de Notre-Dame et de son culte.

1er mai,
Fête des Saints Apôtres Philippe et Jacques ;
Commencement du mois de Marie.

Madone à l'Enfant

frise

A toute vraie dévotion il faut des bases solides. Rien ne nous est donc plus opportun, que de nous convaincre tout d’abord du caractère sérieux du culte professé à l’égard de notre bonne Mère du ciel.
Saint Augustin nous enseigne que « la vertu de religion, c’est celle qui nous relie au Dieu tout puissant » (De vera relig. III, 113). Un acte n’est religieux que dans la mesure où il nous unit à notre Père qui est aux cieux : Si elle ne produisait pas ce résultat, notre dévotion à Marie serait vaine, illusoire, par conséquent inutile. Or, précisément, le meilleur moyen de nous approcher de Dieu, c’est notre piété envers la Reine du ciel. Nous la lui manifestons, en effet, par les prières que nous lui adressons et l’imitation que nous nous proposons de ses vertus ? Or tout cela réalise pleinement le but de la religion.

La prière unit le cœur et l’esprit à celui auquel on l’offre. Nous adressant à Marie, nous nous unissons à elle, créature excellente, très intimement unie à Dieu, par Notre-Seigneur Jésus-Christ. Elle est unie à Jésus par l’unité du sang : elle est mère, il est fils.
Elle est unie à Jésus par l’unité des souffrances : ils ont la même vie cachée, obscure, de pauvreté et de labeur ; à l’heure du sacrifice rédempteur de l’Agneau de Dieu, ils ont même martyre ; les mêmes coups tombent, à la fois, sur le corps du Fils, sur l’âme de la Mère, et si, pour celle-ci, l’effusion du sang n’est pas réelle ni visible, elle n’en est pas moins douloureuse.

Marie, enfin, est unie à Jésus par la plénitude de la gloire. Si le Maître a promis de partager son trône avec nous, combien plus et mieux le donne-t-il à sa Mère : Adstitit Regina a dextris tuis (Ps. XLIV, 10). Le Christ est assis à la droite du Père, la Reine du ciel à la droite du Christ, et cette expression : « être assis », signifiant, participation à l’autorité suprême, au ciel, sur la terre, Jésus et Marie ne font qu’un.

Tout ce que la nature a de plus tendre, tout ce que la grâce a de plus puissant, concourt à fusionner l’âme de Marie et l’âme de Jésus. Il est donc hors de doute que la piété de nos vœux cherche Jésus en Marie, et que nos prières, nous unissant à la Mère, par le fait même, nous unissent au Fils.

C’est encore le résultat de l’imitation des vertus de la très sainte Vierge. Saint Paul disait (Galat., II, 20) : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi ». Et il ajoutait (1 Cor., IV) : « Soyez mes imitateurs, comme je le suis du Christ ». Notre-Seigneur est tout entier dans ses saints. Alors, que penser de la Reine de tous les saints ? Elle est la traduction, aussi parfaite qu’elle est humainement possible, des vertus du divin modèle. Comme il pense, elle pense ; comme il aime, elle aime ; comme il agit, elle agit. La suivre, c’est suivre Jésus ; l’imiter, c’est imiter Jésus ; l’atteindre, c’est atteindre Jésus.

Rien donc de plus sérieux que le culte de Marie, rien de plus intelligent que la piété envers cette bonne Mère ! Que nos cœurs se réjouissent d’avoir, durant ce mois béni, l’occasion en exerçant leur dévotion, de la réchauffer, de la rendre plus fervente, de la montrer plus délicatement généreuse : qu’ils fassent dans ce but, les efforts les plus aimants : Jésus, par Marie, les en bénira.

Résolution : Etre fidèle à l’exercice chaque jour durant ce mois consacré à la sainte Vierge.
Bouquet spirituel : A Jésus par Marie ! Ad Jesum per Mariam !

Monseigneur Augustin Gonon, évêque de Moulins (1869-1942)
in « Un mois à la Sainte Vierge »
Chapitre introductif : « ouverture des exercices »

Trois lys blancs

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