Archive pour la catégorie 'Prier avec nous'

2010-54. Du Bienheureux Urbain V (1310-1370).

Bx Urbain V

Cette année 2010 a marqué le 7ème centenaire de la naissance  (et aussi le 640ème anniversaire de la mort) du Bienheureux Urbain V. Sa mémoire liturgique se célèbre le 19 décembre et c’est la raison pour laquelle – même si elle est, cette année, occultée par le quatrième dimanche de l’Avent -  nous voulons que ce modeste blogue se fasse l’écho de cet anniversaire.

Né en 1310 au château de Grizac, près de Florac, Guillaume de Grimoard fit à Toulouse et à Montpellier de brillantes études en lettres, sciences, philosophie et droit, entrecoupées de séjours dans la demeure familiale, aux confins des Cévennes et du Gévaudan. Rentré comme simple moine à l’abbaye bénédictine Saint-Victor de Marseille, il fut très vite apprécié comme l’un des meilleurs maîtres de son temps et enseigna le droit à Montpellier, Paris, Avignon et Toulouse. « Une foule de disciples entourait sa chaire pour recueillir avidement la doctrine qui tombait à flots de ses lèvres. »

Il fut ensuite désigné par le Pape Clément VI comme abbé de Saint-Germain d’Auxerre dont il réforma et la règle et l’administration. Envoyé comme légat du Pape en Italie, il revint pour recevoir d’Innocent VI la charge d’abbé de Saint-Victor de Marseille, avant d’être élu Pape à l’unanimité en 1362 alors qu’il n’était ni cardinal ni même évêque.

Ses huit années de pontificat furent très remplies :  il sut se rapprocher de nos frères orthodoxes, ramena dans l’unité de l’Eglise des communautés séparées, envoya un légat à Pékin et fonda le premier évêché de Chine. Courageux réformateur, au coeur d’une époque extrêmement troublée, il astreint les évêques et abbés à résider dans leurs diocèses ou leurs abbayes et obligea ces dernières à revenir à l’observance de leurs règles (il fut en particulier le restaurateur du mont Cassin). Humaniste éclairé, intellectuel de grande envergure et juriste consulté dans toute la chrétienté, il correspondit avec les plus grands esprits de son temps (Pétrarque, Boccace, Sainte Brigitte de Suède…), participa au rayonnement du savoir et de la culture de l’Europe chrétienne tant par ses enseignements que par la création des universités de Genève, Cracovie, Vienne et Pecs (Hongrie) qu’il fonda et dota ; il encouragea de nombreux artistes. Selon son vœu le plus cher il fut le premier pape d’Avignon à revenir à Rome où il se dépensa sans compter à rétablir le prestige de la papauté. En tout cela, il resta un fidèle disciple de Saint Benoît car, homme de Dieu avant tout, il avait gardé l’humilité du moine et couchait revêtu de son habit de bénédictin dans un appentis de planches.

Après sa mort, de nombreuses demandes de canonisation parvinrent à son successeur, Grégoire XI, émanant de souverains et de prélats ; mais le grand schisme d’Occident qui survint bientôt après gela toute procédure et il fallut attendre 1870 pour que le Bienheureux Pape Pie IX  l’élevât aux honneurs des autels.

Madame Claire de Gatellier, qui nous honore de son amitié, nous a autorisés à publier ici l’article où elle fait à la fois la recension de la biographie que Yves Chiron a publiée à l’occasion de ce 7ème centenaire et un rapide compte-rendu du colloque qui s’est déroulé en octobre dernier à Paris à l’initiative de l’Association des Amis du Bienheureux Pape Urbain V ; qu’elle en soit vivement remerciée.

Yves Chiron Urbain V

Urbain V, le bienheureux

par Madame Claire de Gatellier.

Cette fois encore, Yves Chiron ne nous décevra pas. Après ses ouvrages passionnants sur les papes Pie IX, Saint Pie X, Pie XI et Paul VI, cet auteur spécialiste de l’histoire de l’Eglise remonte dans le temps – 7 siècles – puisque son dernier ouvrage concerne un pape encore trop méconnu quoique bienheureux : Urbain V, avant-dernier pape d’Avignon (1310-1370).

Pourquoi parler aujourd’hui d’un pape médiéval ? Il faut lire Yves Chiron pour saisir toute la modernité de ce grand juriste, réformateur et bâtisseur, bénédictin et mécène, diplomate et amoureux de la nature, cet illustre pape bien français a beaucoup à dire aujourd’hui…

Prenons par exemple l’Angleterre. Au lendemain du voyage étonnant de Benoît XVI, magnifique succès malgré les oracles catastrophistes de la plupart des media français, il est intéressant de découvrir qu’un grand archevêque de Cantorbery, Simon de Langham, promu cardinal par Urbain V, s’est ému de voir les deux universités d’Angleterre imprégnées de naturalisme et de pélagianisme et y a porté remède avec le soutien du pape… pour un temps.

Dans cette seconde moitié du XIVe siècle, désorganisé par les deux grandes pestes et par un relâchement général des idées et des mœurs, nous avons là un pape qui, par petites touches obstinées et judicieuses a jeté les bases d’un état pontifical moderne, cherché à élever toujours plus le niveau d’instruction des clercs aussi bien que des laïcs et donné l’exemple d’une vie de moine.

Il était en effet bénédictin. Remarqué pour ses talents de juriste et professeur recherché (il enseigna à Montpellier, Toulouse et Paris) il devint père abbé de la grande abbaye Saint-Victor de Marseille juste avant de devenir pape. Mais toute sa vie, il voulut garder l’habit bénédictin et sa frugalité coutumière est restée celle d’un moine, même à cette cour si brillante qu’était Avignon.

Moine frugal pour lui-même, il n’était pourtant pas austère et s’il se nourrissait de peu et dormait « à la dure », rien n’était trop beau cependant pour les nombreuses églises ou cathédrales qu’il a richement dotées et embellies. Il aimait la nature, les oiseaux et les fleurs comme en témoignent les décorations murales du palais des papes et les vastes jardins qu’il y a fait créer. Mais toujours très pragmatique, concret et charitable, il fit en sorte que ces jardins et « vergers » « contribuent au ravitaillement des cuisines pontificales », Ils servaient aussi à alimenter la « pignotte ». Employant une bonne douzaine de personnes, cette « aumônerie du pape », selon Yves Chiron, s’occupait des largesses pontificales : « 355 repas étaient servis chaque jour » aux pauvres d’Avignon « auxquels s’ajoutaient la distribution quotidienne des petits pains d’un poids moyen de 60 grammes. Entre 6 000 et 10 000 pains étaient distribués chaque jour, parfois jusqu’à 30 000. » C’est aussi à ce pape écologiste que nous devons les jardins du Vatican.

Mais notre pape était aussi un grand réformateur. Réformateur, non pas par grands décrets, et conciles mais par des quantités de micro-décisions personnalisées. Anne-Marie Hayez, archiviste-paléographe, ingénieur au CNRS largement citée par Yves Chiron a dépouillé pas moins de 28 000 lettres d’Urbain V. Correspondances régulières avec tous les rois et empereurs de l’époque, avec les évêques, les pères abbés, les professeurs, les artistes de son temps.

Yves Chiron montre de façon fort intéressante comment, dès le début de son pontificat, Urbain V « a essayé de lutter contre le carriérisme des clercs, le cumul des bénéfices et la non-résidence, source de tant de maux spirituels. » Pour cela, il commença par commander à tous les évêques et archevêques de communiquer à ses services la liste de tous les titulaires de bénéfices. Rappelons qu’un bénéfice était une charge ecclésiastique qui permettait de recevoir des revenus même sans résider là où est cette charge. Puis il opère en trois points : réduire le cumul des bénéfices ; imposer la résidence pour les bénéfices avec « cura animarum », c’est-à-dire charge pastorale, et veiller à ce que les candidats aient les compétences requises. Avec menace d’excommunication s’il le faut…

Si, comme le dit Yves Chiron « la politique bénéficiale d’Urbain V est un premier indicateur de sa volonté de réformer l’Eglise », elle ne s’arrête pas là. Il combat aussi les Vaudois qui, en Provence et en Dauphiné préparaient les voies au protestantisme ; les Fraticelles de Naples et de Pérouse qui abusaient la bonne foi des gens par leur attitude humble et modeste ; les Sociniens de Venise qui croyaient à la parole d’Aristote plus qu’à celle du Christ, mais un Aristote revu par Averroès. Ils enseignaient l’éternité de la matière et le plus grossier panthéisme et persécutèrent Pétrarque ; le frère Denys, qui enseignait la théologie à Paris, fraticelle déguisé qui niait le droit de propriété au nom du Christ, sans parler des hérésies des universités Anglaises évoquées plus haut.

Les ordres religieux furent aussi une préoccupation constante de notre pape bénédictin. Il restaura la vie monastique qui s’était beaucoup relâchée en maints endroits. Citons simplement parmi d’autres, la restauration, au propre et au figuré du Mont Cassin, de Subiaco, la reprise en main des grands ordres dominicains, bénédictins et franciscains, la fondation suscitée et généreusement dotée par Urbain V de nombreux monastères… etc.

Bref ! si l’on veut tout savoir sur le bienheureux pape Urbain V, ses bienfaits dans le monde universitaire, ses missions et tentatives de croisade en Orient, la conversion de l’empereur Jean V Paléologue, son retour à Rome, sa sainteté même, alors il faut vraiment lire le livre. La préface, écrite par Mgr Jacolin, évêque de Mende (diocèse d’origine d’Urbain V) vaudrait à elle seule, s’il en était besoin, la lecture du livre. Résumant parfaitement la vie d’Urbain V en la replaçant dans son époque, elle resitue la vie de l’Eglise en ses fondements : les apôtres et les prophètes.

Pour conclure, citons Yves Chiron : « Sur la longue durée, est remarquable son souci de défendre les droits, spirituels et temporels de l’Eglise. Il n’a pas cherché à plaire aux princes de son temps, il n’a pas sacrifié les intérêts et la liberté de l’Eglise aux exigences des pouvoirs politiques de l’époque. Enfin, sur le plan personnel, « Ce bénédictin fut un des pontifes les plus savants, pieux et intègres de tout le XIVe siècle. »

L’association des Amis du Bienheureux pape Urbain V a commémoré le septième centenaire de sa naissance par un colloque au Collège des Bernardins, à Paris, le 9 octobre dernier. A cette occasion, Mgr Cattenoz, archevêque d’Avignon a souligné qu’à l’heure où l’Europe se cherche une identité, des racines, des raisons d’être, d’agir et d’espérer, Urbain V a beaucoup à dire.

Parvis de la cathédrale de Mende : statue du Bienheureux Urbain V

Statue du Bx Urbain V sur le parvis de la cathédrale de Mende.

Prière pour obtenir des grâces par l’intercession du Bienheureux Urbain V

Seigneur Notre Dieu, nous Vous rendons grâce pour le serviteur que Vous avez placé autrefois à la tête de l’Eglise, le Bienheureux Pape Urbain V, qui a vécu sous la motion de Votre Esprit Saint. Vous l’avez suscité pour qu’il soit le sage réformateur du clergé, qu’il défende les droits et la liberté de l’Eglise et propage l’évangile parmi les nations infidèles.

Faites que sa mission porte du fruit encore aujourd’hui ; nous Vous en supplions, accordez-nous la grâce que nous demandons par son intercession (…), et si telle est Votre volonté, daignez glorifier Votre serviteur par Jésus le Christ Notre-Seigneur,

Ainsi soit-il.

(prière éditée avec la permission de Mgr Cattenoz, archevêque d’Avignon)

Armoiries d'Urbain V

Les personnes qui reçoivent des grâces par l’intermédiaire du bienheureux Pape Urbain V, sont priées de les faire connaître à l’Association des Amis du Bienheureux Pape Urbain V, (www.pape-urbain-v.org) château de Grizac, 48220 Le Pont de Montvert. On lira également avec intérêt le travail effectué par Monsieur Antoine de Rosny, « Urbain V, un pape du Gévaudan », disponible à la Maison de la Lozère, 1 bis rue Hautefeuille, 75006 Paris, ou dans les librairies de la Lozère.

2010-50. De la fête de Sainte Geneviève des Ardents.

Sainte Geneviève des Ardents,
céleste protectrice de la Gendarmerie Française :

origines de cette fête et précisions sur le culte de Sainte Geneviève. 

* * * * * * *

Depuis l’année 1131, le diocèse de Paris célèbre dans son calendrier propre, à la date du 26 novembre, une fête particulière qui porte le nom de « Sainte Geneviève des Ardents« .
Cette célébration fut instituée par le Pape Innocent II pour commémorer dans l’action de grâces la cessation d’une épidémie du « mal des ardents » par le recours à de ferventes prières publiques à Sainte Geneviève, céleste patronne de Paris et protectrice du Royaume.

l'intercession de Sainte Geneviève.

G.F. Doyen, toile de 1767 : l’intercession de Sainte Geneviève délivrant la France du mal des ardents
(Paris – église Saint-Roch).

Le « mal des ardents » (nommé également « feu Saint-Antoine » ou  aussi « feu sacré ») est plus couramment appelé de nos jours « ergotisme« : il est en effet dû à l’ingestion de farines contaminées par l’ergot de seigle.

L’ergot du seigle est une espèce de champignon parasite de certaines graminées qui se présente sous forme de minces bâtonnets de deux à trois centimètres accolés à la tige de l’épi. Il peut se trouver mêlé au grain et moulu avec lui. C’est un toxique responsable au cours des temps de nombreuses épidémies. Les symptômes sont essentiellement neurologiques et entrainent  des infirmités graves et incurables, et même fréquemment la mort : frissons suivis de chaleurs, douleurs violentes à la tête et aux reins, abcès des glandes axillaires et inguinales, maux de ventre, brûlures internes, convulsions, délires, prostration, gangrène des membres… Il n’existe pas d’antidote.
Très fréquentes au Moyen-Age, les épidémies du « mal des ardents » ont à peu près disparu du fait des traitements fongicides. Notons toutefois que la
dernière épidémie recensée en France a eu lieu à Pont-Saint-Esprit en 1951. Actuellement l’ergot de seigle est utilisé en pharmacie : sous forme d’une molécule nommée  dihydroergotamine, il entre dans la composition de médicaments contre la migraine.

En l’an 1130, une terrible épidémie du « mal des ardents » ravagea Paris et une partie de la France, où elle fit des milliers de victimes.
Pour conjurer le fléau, l’évêque de Paris ordonna des jeûnes et des prières publiques, puis il demanda que l’on transportât les malades sur le chemin de la procession solennelle qu’il conduirait depuis la basilique Sainte-Geneviève (ancienne basilique des Saints Apôtres construite par Clovis à la demande de Sainte Geneviève, où la Sainte avait été enterrée et dont le nom avait fini par supplanter celui des Apôtres) jusqu’à Notre-Dame : c’était le 26 novembre.
Les malades qui touchèrent la châsse furent immédiatement guéris et, de tous ceux qui étaient à Paris, les chroniques du temps nous disent que seuls trois sceptiques moururent. Ensuite le mal commença à décroître rapidement et disparut.

Procession de la châsse de Sainte Geneviève et guérisons

Miracles pendant la procession de la châsse de Sainte Geneviève.

L’année suivante, comme nous l’écrivions au début, le pape Innocent II institua la fête de « Sainte Geneviève des Ardents », à cette date du 26 novembre où elle est restée dans le calendrier propre de Paris. 

Au XXème siècle, le 18 mai 1962, le Pape Jean XXIII déclara Sainte Geneviève «Patronne céleste principale auprès de Dieu des Gendarmes français, gardiens de l’ordre public»; il assigna alors, comme fête propre de ce patronage, la fête du 26 novembre : voilà donc la raison pour laquelle l’Evêque aux Armées Françaises célèbre normalement  une Messe « officielle » pour la gendarmerie ce jour-là, et pour laquelle dans toute la France, autour de cette date, les gendarmes honorent leur céleste protectrice, et non à l’occasion de la fête du 3 janvier.

Une petite église Sainte Geneviève des Ardents existait sur ce qui est maintenant la place du parvis de Notre-Dame (son emplacement a été marqué sur le dallage moderne et on en voit quelques vestiges dans la crypte archéologique). Contrairement à ce que des auteurs trop peu documentés ont écrit elle n’avait pas de rapport direct avec ce miracle : elle existait antérieurement à l’épidémie de 1130. D’abord connue sous le nom de « Sainte Geneviève la Petite » (pour la différencier de la basilique Sainte Geneviève) ce n’est qu’à partir de 1518 qu’elle est nommée église Sainte-Geneviève des Ardents (peut-être à l’instigation d’un curé soucieux de promouvoir le sanctuaire dont il avait la charge?).
Selon une antique tradition, difficile à prouver, cette église aurait occupé l’emplacement de la maison de Sainte Geneviève. Elle jouait un rôle important dans les coutumes ecclésiastiques parisiennes de l’Ancien Régime, puisque c’est là que l’évêque de Paris nouvellement élu (le siège épiscopal de Paris n’a été promu au rang d’archevêché qu’en 1622) était présenté à son Chapitre et c’est de là que l’abbé de Sainte-Geneviève le conduisait à sa cathédrale pour y faire sa première entrée. Cette petite église fut démolie en 1747 pour permettre l’agrandissement de l’Hospice des Enfants Trouvés. (*)

A partir de cet épisode du mal des ardents, des processions solennelles de la châsse de Sainte Geneviève (distinctes des processions annuelles ordinairement programmées) furent organisées chaque fois que de graves nécessités publiques semblaient imposer un recours solennel et officiel à Sainte Geneviève : inondations, pluies dévastatrices, sécheresse, épidémies, guerres, calamités publiques, maladie du Souverain …etc.
Ces processions solennelles eurent lieu 77 fois. Elles résultaient d’une demande du peuple chrétien, transmise par les officiers municipaux au Parlement de Paris : après une concertation dans laquelle intervenaient l’Evêque, l’Abbé de Sainte-Geneviève et la Cour, le Parlement promulguait un arrêt. L’Evêque ordonnait alors une journée de jeûne général pour la veille de la procession (les Génovéfains – c’est-à-dire les moines de l’abbaye Sainte-Geneviève – , eux, devaient jeûner trois jours consécutifs) et pendant tous les jours précédant la procession les paroisses parisiennes venaient en procession à tour de rôle jusqu’au tombeau de la Sainte. La veille de la procession, la  précieuse châsse était descendue du monument au sommet duquel elle était juchée, tandis qu’on chantait les psaumes de la pénitence : on la déposait sur un reposoir et une garde d’honneur et de prières l’entourait toute la nuit. La procession se déroulait selon un cérémonial précis et immuable : tous les corps constitués – civils autant qu’ecclésiastiques – , toutes les confréries, corporations et congrégations religieuses étaient tenus d’y assister ; les châsses de Saint Marcel et d’autres saints dont les reliques étaient conservées à Paris étaient également apportées pour entourer celle de la Protectrice de la capitale. Selon un parcours inchangé, la procession se rendait à Notre-Dame où une Messe solennelle était chantée avant de remonter sur la Montagne Sainte-Geneviève.
La dernière procession solennelle fut célébrée en juin 1765.

Gravure datée probablement de 1709 : ordre de procession de la châsse de Ste Geneviève

Ordre de la Procession de la Châsse de Sainte Geneviève (1709).

On sait que malheureusement, en 1793, les révolutionnaires dans leur volonté d’effacer par tous les moyens l’imprégnation du catholicisme dans la société française, détruisirent la châsse de Sainte Geneviève : les joyaux qui l’ornaient furent volés et les saintes reliques profanées et brûlées en place de Grève.
La confrérie des porteurs de la châsse de Sainte Geneviève subsiste cependant et, depuis quelques années à l’occasion de la fête de Sainte Geneviève et de la neuvaine solennelle dont elle est entourée à Paris, une procession – qui n’a certes pas tout le lustre des cérémonies de jadis – est à nouveau organisée dans les rues de la capitale avec les reliques qui ont échappé au vandalisme révolutionnaire.

Nous terminerons cette « excursion historique » dont la fête de Sainte Geneviève des Ardents nous a donné l’occasion en priant avec la collecte propre de ce jour:

O Dieu, qui avez illustré notre protectrice, la Bienheureuse Vierge Geneviève, par la gloire de nombreux miracles, faites, nous Vous le demandons, que par ses prières nous soyons délivrés du feu des passions, puisque, par votre grâce, elle éteignit en ce jour le feu dévorant qui brûlait les membres des hommes. Nous vous le demandons par Jésus-Christ votre Fils et Notre-Seigneur, qui vit et règne avec Vous dans l’unité du Saint-Esprit pour les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

(En latin : Deus, qui beatæ Genovefæ Virginis patrocinium multiplici virtutum gloria decorasti : concede nobis, quæsumus ; ut ejus precibus a vitiorum æstu liberemur, quæ hodie per gratiam tuam in membris humanis ignis devorantis extinxit incendium. Per Dominum …)

Blason de Paris

(*) Notons aussi, pour la petite histoire, que cette église Sainte-Geneviève des Ardents présentait sous son porche une statue de sainte Geneviève, ce qui semble tout à fait normal, mais aussi, dans une petite niche, une statue du célèbre alchimiste Nicolas Flamel qui avait été un bienfaiteur de cette paroisse.

- Voir également :
« Réflexions à propos de Sainte Geneviève » publiées > ici
Prières et litanies en l’honneur de Sainte Geneviève > ici

Acte de consécration du genre humain au Sacré-Coeur du Christ Roi.

La prière de consécration du genre humain au Sacré-Coeur a d’abord été promulguée par le Pape Léon XIII en complément de l’encyclique « Annum Sacrum » du 25 mai 1899 dans laquelle il prescrivait que cette consécration devait être faite dans toutes les églises de l’univers catholique à l’occasion d’un triduum solennel célébré à l’occasion de la fête du Sacré-Coeur de Jésus, les 9, 10 et 11 juin suivants. Par la suite , Saint Pie X décréta que cette consécration devait être renouvelée chaque année, devant le Saint Sacrement exposé, à l’occasion de la fête du Sacré-Coeur.

Le 11 décembre 1925, par l’encyclique « Quas Primas », le Pape Pie XI institue la fête du Christ Roi et il prescrit que dorénavant c’est à ce jour – dernier dimanche d’octobre – que sera lu dans toutes les églises cet acte de consécration qui reçoit une nouvelle formulation (celle que nous publions ci-dessous) : « En vertu de notre autorité apostolique, nous instituons la fête du Christ-Roi. Et nous ordonnons qu’elle soit célébrée le dernier dimanche d’octobre, dimanche qui précède immédiatement la fête de tous les saints. Nous ordonnons également que soit renouvelée chaque année et ce même jour de la fête du Christ-Roi la consécration du genre humain au Sacré-Cœur, dont notre prédécesseur de sainte mémoire Pie X avait déjà ordonné le renouvellement annuel… »  Et ce même Pie XI (encyclique « Miserentissimus Redemptor » du 8 mai 1928) accentua le caractère de réparation de la fête du Sacré Coeur en prescrivant ce jour-là en remplacement de l’acte de consécration une « amende honorable » solennelle.

Au moment des réformes promulguées sous les pontificats de Jean XXIII et de Paul VI, la fête du Christ Roi fut déplacée au dernier dimanche de l’année liturgique (voir ce que nous avons écrit sur ce déplacement qui marque aussi un déplacement du sens de la fête > ici) et l’acte de consécration du genre humain au Sacré-Coeur est demeuré attaché à cette fête, mais amputé de la partie que nous signalons ci-dessous entre [...].

A la récitation publique de cette prière devant le Très Saint Sacrement exposé, le jour de la fête du Christ-Roi, la Sainte Eglise attache le don d’une indulgence plénière, aux conditions habituelles.

Christ Roi

Très doux Jésus, Rédempteur du genre humain, jetez un regard sur nous qui sommes humblement prosternés devant votre autel. Nous sommes à vous, nous voulons être à vous, et afin de vous être plus fermement unis, voici que chacun d’entre nous se consacre spontanément à votre Sacré Cœur.

Beaucoup ne vous ont jamais connu, beaucoup ont méprisé vos commandements et vous ont renié. Miséricordieux Jésus, ayez pitié des uns et des autres et ramenez-les tous à votre Sacré Cœur.

Seigneur, soyez le roi, non seulement des fidèles qui ne se sont jamais éloignés de vous, mais aussi des enfants prodigues qui vous ont abandonné ; faites qu’ils rentrent bientôt dans la maison paternelle pour qu’ils ne périssent pas de misère et de faim.

Soyez le roi de ceux qui vivent dans l’erreur ou que la discorde a séparés de vous ; ramenez-les au port de la vérité et à l’unité de la foi, afin que bientôt il n’y ait plus qu’un seul troupeau et qu’un seul pasteur.

[Soyez le roi de tous ceux qui sont encore égarés dans les ténèbres de l’idolâtrie ou de l’islamisme, et ne refusez pas de les attirer tous à la lumière de votre royaume.

Regardez enfin avec miséricorde les enfants de ce peuple qui fut jadis votre préféré ; que sur eux aussi descende, mais aujourd’hui en baptême de vie et de Rédemption, le sang qu’autrefois ils appelaient sur leurs têtes.]

Accordez, Seigneur, à votre Eglise une liberté sûre et sans entraves ; accordez à tous les peuples l’ordre et la paix. Faites que d’un pôle du monde à l’autre une seule voix retentisse : « Loué soit le divin Cœur qui nous a acquis le salut! A lui, honneur et gloire dans tous les siècles des siècles! »

Ainsi soit-il. 

2010-40. Du Saint Rosaire redoutable aux démons.

 

Rosaire & Lépante - église ND de la Victoire à Londres

Vitrail de l’église Notre-Dame de la Victoire à Londres

Il y aurait une véritable témérité à tenir pour négligeable l’insistance avec laquelle la Très Sainte Vierge rappelle l’importance de la prière du Rosaire, pour obtenir aussi bien de nombreuses grâces personnelles que des grâces de paix pour le monde tout entier, des grâces de victoire pour la Chrétienté sur les forces du mal qui l’assaillent, des grâces de fécondité spirituelle pour l’Eglise et des grâces de salut pour les âmes.

Les Saints, les Pontifes, les grands auteurs spirituels depuis plus de 500 ans ont eux aussi parlé avec enthousiasme des fruits spirituels et des grâces temporelles qui sont dus à la prière du Rosaire.
Le dimanche 10 octobre 2010, à la suite de très nombreux papes qui l’ont précédé, au moment de la prière de l’Angélus, le Souverain Pontife Benoît XVI déclarait encore :
« 
… Je voudrais rappeler que le Rosaire est une prière biblique, toute remplie de la Sainte Ecriture. Elle est une prière du coeur, dans laquelle la répétition de l’ Ave Maria oriente la pensée et l’affection vers le Christ, et se fait ainsi prière confiante à Sa et notre Mère. C’est une prière qui aide à méditer la Parole de Dieu et à assimiler la Communion Eucharistique, sur le modèle de Marie qui gardait dans son coeur tout ce que Jésus faisait et disait et même Sa Présence… »

Selon la célèbre phrase du saint homme Job : « La vie de l’homme sur la terre est un combat » (Job VII,1).
Qui dit combat, dit aussi armes.
L’expérience de l’Eglise place le Saint Rosaire parmi les armes spirituelles les plus efficaces, parce que c’est une arme particulièrement redoutée des ennemis de la Foi, une arme qui – en raison du recours constant à Marie, « forte comme une armée rangée en bataille » – est terrible aux démons et fait trembler l’enfer tout entier.

En continuant mes investigations dans les albums de ces modestes bandes dessinées que Frère Maximilien-Marie avait jadis réalisées pour illustrer ses enseignements catéchétiques, j’en ai trouvé une qui illustre bien mes propos de ce jour et que je vous reproduis ci-dessous.

Continuons avec ferveur notre parcours spirituel et nos invocations à Notre-Dame en ce mois du Très Saint Rosaire.

Lully.

Chapelet

« Un seul ‘Je vous salue, Marie’ bien dit fait trembler l’enfer tout entier. »
(Saint Curé d’Ars)

2010-40. Du Saint Rosaire redoutable aux démons. dans Bandes dessinées rosaire1rosaire2 dans De liturgia

NB. : On trouvera > ici , des prières qui conviennent particulièrement au Mois du Saint Rosaire pour accompagner la récitation du chapelet.

Chapelet

Prière de Mélanie Calvat, bergère de La Salette, pour les temps de calamités :

Nous avons déjà parlé de l’apparition de La Salette et publié les « secrets » qui furent confiés aux deux enfants (voir > ici et > ici).
Parce que l’Eglise et la société sont aujourd’hui affrontées à de multiples attaques d’inspiration diabolique -  qui viennent tant de l’extérieur que de l’intérieur – nous vous invitons aussi à prier avec les mots  qui jaillirent sous la plume de la sainte voyante, au spectacle de tant de maux :

Apparition de La Salette

La Salette : apparition de la Vierge en pleurs.

Père Éternel, voici Votre Fils, Jésus-Christ, mis en croix pour nous! En Son Nom et par Ses mérites, ayez pitié de nous, pauvres pécheurs, parce que repentants, nous recourons à Votre infinie miséricorde. Laissez-Vous toucher, ayez pitié de nous qui sommes Votre héritage. Ne violez pas, Seigneur, le pacte que Vous avez fait d’exaucer la prière que Vous font Vos enfants.

Il est vrai que par nos grandes iniquités nous avons irrité Votre Justice, mais Vous, mon Dieu, qui êtes bon par nature, faites resplendir la grandeur de Votre infinie miséricorde. Seigneur, si Vous voulez faire attention à nos iniquités, qui pourra subsister en Votre présence? Seigneur, nous confessons que nous sommes très coupables et que ce sont nos péchés qui ont attirés ces fléaux sur nous.

Mais Vous, Seigneur, qui avez bien voulu que tous les jours nous Vous appelions Notre Père, regardez à présent la grande affliction de Vos enfants, et épargnez de si grands fléaux. Oh! faites grâce, ô mon Dieu, par les mérites de Jésus-Christ, faites grâce par l’amour que Vous avez pour Vous-même, par l’amour de la Vierge Marie, « notre Maman », pardonnez-nous!

Souvenez-vous, ô Seigneur, que nous sommes appelés Votre peuple, ayez pitié de la folie humaine. Envoyez un rayon de Votre divine lumière qui dissipe les ténèbres de notre intelligence et que notre âme amendée change ses voies et ne sature plus d’amertume le Cœur de son Dieu! Seigneur, la main seule de Votre infinie miséricorde peut nous sauver de tant de fléaux. Seigneur, nous sommes enivrés d’afflictions intérieures et extérieures, ayez pitié de nous! Détournez, ô Seigneur, Votre face de nos péchés et regardez Jésus-Christ qui Vous a donné satisfaction en souffrant et en mourant pour nous, Il est Votre Fils! Et ainsi nous célébrons Votre infinie miséricorde.

Vite, exaucez-nous, Seigneur, autrement notre courage sera bien amoindri, car nous sommes tombés dans un état si misérable! Vite, Seigneur, faites sentir Votre miséricorde, car nous n’espérons plus qu’en Vous seul, qui êtes Notre Père, Notre Créateur, et qui devez conserver et sauver ceux qui sont Vôtres pour toujours.

(Sœur Marie de la Croix, née Mélanie Calvat, bergère de La Salette)

Soeur Marie de la Croix (Mélanie Calvat)

Bien volontiers j’enrichis cette dévote prière de la pieuse Mélanie Calvat de 4O jours d’indulgence chaque fois qu’on voudra bien la réciter.            

Acquaviva, le 8 septembre 1905,
+ Fr. Carlo-Giuseppe Cecchini, o.p.
Évêque du Titre d’Alicarnasse, Prélat ordinaire d’Altamura et d’Acquaviva delle Fonti.

Publié dans:Memento, Nos amis les Saints, Prier avec nous |on 18 septembre, 2010 |3 Commentaires »

Confiante supplication à Notre-Dame de Compassion.

Statue de N.D. de Compassion du Mesnil-Marie

Statue de Notre-Dame de Compassion de taille naturelle au Mesnil-Marie

Ô Notre-Dame de Compassion, je me présente humblement devant Vous pour implorer votre secours.

Vous êtes toute puissante auprès du Dieu d’Amour dont la dépouille mortelle repose sur vos genoux : son front blessé par les épines, son visage meurtri, ses yeux éteints, ses lèvres livides, son corps horriblement lacéré, les plaies de ses mains et de ses pieds, la blessure béante de son côté, indiquent ce qu’Il a souffert pour le salut de nos âmes.

Debout au pied de sa croix, Vous avez partagé son sacrifice et Vous êtes devenue, à un titre nouveau, Médiatrice de toutes grâces. C’est là, en effet, que Jésus notre Sauveur nous a confiés à votre maternelle sollicitude lorsqu’Il Vous a dit : « Voici votre fils » et qu’Il a ajouté en Vous montrant à Saint Jean : « Voilà votre Mère »!

Ô Marie, bénissez-moi, puisque donc je suis votre enfant! Obtenez-moi de vivre dans une conformité toujours plus grande avec les préceptes de vie et d’amour que Jésus nous a enseignés, et qu’Il soit toujours davantage le Roi de mon coeur.

Et puisque la Croix est le don le plus précieux qu’Il puisse partager avec ceux qu’Il appelle à devenir ses amis, apprenez-moi à sanctifier mes souffrances et à les unir au Saint Sacrifice de l’Agneau divin.

Votre regard tourné vers le Ciel m’enseigne que, loin de Vous replier sur votre souffrance, ô Vierge des Douleurs, Vous êtes parfaitement associée aux intentions rédemptrices de Jésus et que Vous priez pour moi, Vous intercédez pour moi, Vous offrez le martyre de votre Coeur pour moi…

Oui, ô Mère bien-aimée, Vous que la Sainte Eglise proclame Refuge des pécheurs et Consolatrice des affligés, priez, priez pour moi!

Priez pour les membres de ma famille, et en particulier pour ceux que la mort a ravis à notre affection (…). Priez pour nos malades (…) : adoucissez leurs souffrances, apaisez les inquiétudes de leurs coeurs et, s’il se peut, ramenez les à la pleine santé… Priez aussi pour tous ceux qui se recommandent à ma pauvre prière (…) : prenez et gardez dans votre Coeur compatissant toutes ces intentions que je porte devant Vous!

Aidé de votre secours, fortifié par votre exemple, j’élève moi aussi mon regard vers le Ciel et, dans les peines et les luttes, dans les souffrances et les épreuves de cette vie, je veux avec Vous redire la prière de Jésus agonisant : « Que votre volonté soit faite, ô mon Dieu, et non la mienne! » Cet abandon plein de confiance et cette foi pleine d’espérance seront pour mon âme une force ici-bas et la voie pour atteindre à votre suite le bonheur éternel dans lequel Vous régnez à jamais au sein de la Trinité Bienheureuse.

Ainsi soit-il.

Notre-Dame de Compassion, soyez notre refuge! (3 fois)

(Prière composée par Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur)

Sacrés Coeurs de Jésus et Marie

On trouvera > ici, l’histoire de la statue de Notre-Dame de Compassion vénérée au Mesnil-Marie.

Voici aussi quelques autres prières pour honorer la Compassion et les Douleurs de Notre-Dame :
- l’ Ave Maria de Notre-Dame des Douleurs > ici,
- une prière à la Vierge de Compassion pour les âmes du Purgatoire > ici,
- une neuvaine pour préparer la fête de Notre-Dame de Compassion > ici,
- et le chapelet des Sept Douleurs > ici.

2010-36. Prophétie et prière de Saint Pie X pour la France.

3 septembre, fête du saint Pape Pie X.

Profitons de la fête de ce jour pour publier un texte très célèbre mais qu’il est toujours bon et réconfortant de lire, particulièrement en nos temps de décadence sociale et spirituelle, temps d’incertitudes et de crise profonde pour notre Patrie.

Saint Pie X, qui aimait beaucoup la France et fut très affecté par les évènements douloureux qui affectèrent les catholiques français au cours de son pontificat (expulsion des congrégations, loi dite de « séparation des églises et de l’état », inventaires et vexations contre le clergé…), prononça un jour ces paroles que l’on considère comme une prophétie sur l’avenir de la France :

Saint Pie X

« Le peuple qui a fait alliance avec Dieu aux Fonts Baptismaux de Reims se repentira et retournera à sa première vocation.
Les mérites de tant de ses Fils qui prêchent la vérité de l’Evangile dans le monde presque entier et dont beaucoup l’ont scellée de leur sang, les prières de tant de Saints qui désirent ardemment avoir pour compagnons dans la Gloire Céleste les frères bien-aimés de leur patrie, la piété généreuse de tant de ses Fils, qui, sans s’arrêter à aucun sacrifice, pourvoient à la dignité du clergé et à la splendeur du culte catholique, et, par dessus tout, les gémissements de tant de petits enfants qui, devant les Tabernacles répandent leur âme dans les expressions que Dieu même met sur leurs lèvres, appelleront certainement sur cette nation les miséricordes Divines. Les fautes ne resteront pas impunies, mais elle ne périra jamais, la Fille de tant de mérites, de tant de soupirs et de tant de larmes.
Un jour viendra, et nous espérons qu’il n’est pas très éloigné, où la France, comme Saül sur le chemin de Damas, sera enveloppée d’une Lumière Céleste et entendra une voix qui lui répètera : « Ma Fille, pourquoi Me persécutes-tu ? » . Et, sur sa réponse : « Qui es-tu, Seigneur ? », la voix répliquera : « Je suis Jésus, que tu persécutes. Il t’est dur de regimber contre l’aiguillon, parce que, dans ton obstination, tu te ruines toi-même « . Et elle, tremblante, étonnée, dira : »Seigneur, que voulez-vous que je fasse ? ». Et Lui : « Lève-toi, lave-toi des souillures qui t’ont défigurée, réveille dans ton sein les sentiments assoupis et le pacte de notre alliance, et va, Fille Aînée de l’Eglise, nation prédestinée, vase d’élection, va porter, comme par le passé, Mon Nom devant tous les peuples et devant les rois de la Terre ».

A l’occasion de la béatification de Jeanne d’Arc, le saint Pontife prononça aussi les paroles suivantes :

« Je n’ai pas seulement l’espérance, j’ai la certitude du plein Triomphe… Je suis affermi dans cette certitude par la protection des martyrs qui ont donné leur sang pour la foi, et par l’intercession de Jeanne d’Arc, qui, comme elle vit dans le Coeur des Français, répète aussi sans cesse au Ciel la prière : Grand Dieu, sauvez la France ! ».

Avec les mots mêmes de Saint Pie X, prions aujourd’hui pour la France:

« Ô Marie, conçue sans péché, regardez la France, priez pour la France, sauvez la France!  Plus la France est coupable, plus elle a besoin de votre intercession : un mot à Jésus reposant dans vos bras, et la France est sauvée! Ô Jésus, obéissant à Marie, sauvez la France! »

Armoiries de Saint Pie X

Le discours prononcé par Sa Sainteté le Pape Pie XII à l’occasion
de la canonisation de Saint Pie X se trouve ici > www

Prières et litanies en l’honneur du Roi Saint Louis.

La fête de Saint Louis IX est l’occasion de prier d’une manière toute particulière pour la France et pour la famille royale : demandons au saint Roi de veiller du haut du Ciel sur le Royaume des Lys et de protéger sa descendance.
Notons au passage que Monseigneur le Duc d’Anjou, de droit Louis XX, est né 760 ans jour pour jour après son saint ancêtre.

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Regardez-nous du haut du Ciel, Ô Saint monarque ! Et dans cette félicité éternelle que vous possédez, soyez sensibles à nos misères : tout indignes que nous sommes de votre secours, ne nous le refusez pas.

Regardez d’un œil favorable ce royaume que vous avez si sagement gouverné, et si tendrement aimé. Si, par la corruption des vices qui s’y sont introduits depuis votre règne, la face vous en paraît défigurée, que cela même soit un motif pour vous intéresser, comme son roi, à le renouveler : si vous y voyez des scandales, aidez-nous à les retrancher.

Étendez surtout votre protection sur notre auguste monarque. C’est votre fils, c’est le chef de votre maison, c’est l’imitation de vos vertus, c’est la vive image de vos héroïques et royales qualités : car il est comme vous le zèle de Dieu, il est comme vous le protecteur de la vraie religion, le restaurateur des autels, l’exterminateur de l’hérésie.

Obtenez-lui les grâces et les lumières dont il a besoin pour achever les grands desseins que Dieu lui inspire ; que cet esprit de Sainteté qui vous a dirigé dans toutes vos voies vienne reposer sur lui ; qu’il nous anime nous-mêmes, et qu’il nous conduise tous à l’éternité bienheureuse. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur.

Ainsi soit-il.

(Bourdaloue – Péroraison du sermon pour la fête de Saint-Louis)

Saint Louis adorant l'Enfant Jésus que lui présente la Vierge

St Louis faisant hommage de sa couronne et de ses armes à l’Enfant Jésus.

Litanies de Saint Louis

 (extraites du Manuel du Tiers Ordre de Saint François)

Seigneur, ayez pitié de nous (bis)
Jésus-Christ, ayez pitié de nous (bis)
Seigneur, ayez pitié de nous (bis)
Jésus-Christ, écoutez-nous (bis)
Jésus-Christ, exaucez-nous (bis)

Père céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous
Fils rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous
Esprit-Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous
Trinité Sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous

Sainte Marie, conçue sans péché, priez pour nous
Sainte Mère de Dieu,
Sainte Vierge des Vierges,

Saint Louis, prince admirable, priez pour nous
Saint Louis, lis de pureté,
Saint Louis, exemple d’humilité,
Saint Louis, image de vertu,
Saint Louis, prodige de pénitence,
Saint Louis, flamme d’amour et d’oraison,
Saint Louis, lampe ardente et brillante,
Saint Louis, vase d’élection,
Saint Louis, vase insigne de religion,
Saint Louis, miroir de la perfection chrétienne,
Saint Louis, très dévot à notre Père saint François,
Saint Louis, contempteur du monde et de ses honneurs,
Saint Louis, plein de zèle pour la maison de Dieu,
Saint Louis, tendre père des pauvres,
Saint Louis, remède des malades,
Saint Louis, appui de la veuve et de l’orphelin,
Saint Louis, juge béni des peuples,
Saint Louis, rédempteur des captifs,
Saint Louis, prédicateur des infidèles,
Saint Louis, deux fois victime pour les Lieux saints,
Saint Louis, terrible dans les combats,
Saint Louis, puissant dans les fers,
Saint Louis, gardien de la France,
Saint Louis, modèle des rois,
Saint Louis, digne de la couronne des rois sur la terre,
Saint Louis, plus digne de la couronne des saints dans le ciel,
Saint Louis, protecteur des armées françaises,
Saint Louis, protecteur du Tiers-Ordre séraphique , priez pour nous

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous, Seigneur

V. Priez pour nous, glorieux saint Louis
R. Afin que nous devenions dignes des promesses de N.-.S.J.-C.

Oraison :

Ô Dieu, qui avez transféré votre confesseur saint Louis d’un royaume terrestre à la gloire céleste, rendez-nous, par ses mérites et son intercession, participants du bonheur du Roi des rois, Jésus-Christ, votre Fils, qui vit et règne avec Vous dans l’unité du Saint Esprit pour les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

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Sire le Roi, qui envoyiez vos plus beaux chevaliers en escoutes à la pointe de l’armée chrétienne, daignez vous souvenir d’un fils de France qui voudrait se hausser jusqu’à vous pour mieux servir sire Dieu et dame sainte Eglise. Donnez-moi du péché mortel plus d’horreur que n’en eut Joinville qui pourtant fut bon chrétien, et gardez-moi pur comme les lys de votre blason.
Vous qui teniez votre parole, même donnée à un infidèle, faites que jamais mensonge ne passe ma gorge, dût franchise me coûter la vie.
Preux inhabile aux reculades, coupez les ponts à mes feintises, et que je marche toujours au plus dru.
O le plus fier des barons français, inspirez-moi de mépriser les pensées des hommes et donnez-moi le goût de me compromettre et de me croiser pour l’honneur du Christ.
Enfin, Prince, Prince au grand coeur, ne permettez pas que je sois jamais médiocre,mesquin ou vulgaire, mais partagez-moi votre coeur royal et faites qu’à votre exemple je serve à la française, royalement.

Ainsi soit-il.

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Récit de la mort de Saint Louis > ici
Texte des Enseignements de Saint Louis à son fils >
ici

Prière très efficace à Sainte Anne

pour recommander une intention particulière. 

Sainte Anne, la Vierge Marie et l'Enfant Jésus

Sainte Anne, la Sainte Vierge et l’Enfant Jésus.

Très glorieuse Sainte Anne, qui êtes pleine de bonté pour tous ceux qui vous invoquent et pleine de compassion pour tous ceux qui souffrent, me trouvant aux prises avec l’inquiétude et la peine, je viens me jeter à vos pieds et je vous supplie humblement d’intercéder en faveur de cette intention que je vous recommande avec ferveur (…).

Ô Vous qui en apparaissant à Yvon Nicolazic lui avez assuré que tous les trésors du Ciel sont entre vos mains, je vous demande avec une très grande confiance de présenter  mes nécessités à votre Fille très sainte, la Vierge pleine de grâces, et à Jésus,  le Fils de Dieu qui s’est fait votre petit-fils, pour qu’ils me fassent miséricorde.

Ne cessez pas, je vous en supplie, de vous faire mon avocate et d’intercéder pour moi, jusqu’à ce que ma demande obtienne une réponse favorable, si elle est conforme à la toute sainte et adorable Volonté de Dieu et au bien de mon âme. Obtenez-moi par-dessus tout, glorieuse Sainte Anne, d’entrer un jour dans le face à face éternel avec mon divin Sauveur pour le louer, le bénir et l’aimer avec vous et avec Marie dans la famille de tous les saints.

Ainsi soit-il.

(prière composée par Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur)

Publié dans:De liturgia, Nos amis les Saints, Prier avec nous |on 26 juillet, 2010 |Commentaires fermés
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