Archive pour la catégorie 'Prier avec nous'

2021-24. Vœux de Sa Majesté le Roi Louis XX aux Français à l’occasion de la fête de Pâques 2021.

Samedi Saint 3 avril 2021.

A la veille du Saint Jour de Pâques, ce Samedi Saint 3 avril 2021, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, a publié sur les réseaux sociaux, un peu après 22 h 30, ce message de Pâques à l’adresse des Français :

Illustration vœux royaux Pâques 2021

Chers Français,

Après 2019 où la France était meurtrie par l’incendie de Notre-Dame de Paris survenu durant la Semaine Sainte ; après 2020, où les fêtes de Pâques furent presque celles du retour à une Eglise des catacombes, voici qu’une nouvelle fois nous vivons une Semaine Sainte et une Fête de Pâques dans des conditions anormales.
Quand donc retrouverons nous la possibilité d’exprimer librement, en famille, dans la joie de la Résurrection, la Foi bi-milllénaire de la fille aînée de l’Eglise ?
Que l’on soit croyant ou non, les fêtes religieuses font partie de notre héritage et de la mémoire de la France. Ne pas pouvoir les vivre dans leur plénitude est une atteinte à ce qui unit tous les Français dans une histoire où tous puisent de communes racines.
Mes pensées et celles de la Princesse Marie-Marguerite se tournent vers toutes les familles et particulièrement les personnes seules et les malades afin que, malgré les conditions difficiles, elles puissent retrouver dans cette Fête de Pâques, l’Espérance dont elles ont toutes un si grand besoin.

Que Notre-Dame, que Saint-Louis et tous les saints et saintes de France protègent les familles.

Louis de Bourbon,
Duc d’Anjou.

grandes armes de France

2021-21. Faire connaître à notre France en péril les bienfaits qui découleraient d’un retour fidèle à sa tradition monarchique et à la foi de ses pères…

A l’occasion du début de son Priorat à la tête de la Confrérie Royale, ce 25 mars 2021, le Révérend Père Jean-François Thomas, a adressé à tous les membres une belle lettre que je ne peux manquer de publier aussi dans les pages de ce blogue.

 Blason de la Confrérie Royale

Lettre du Révérend Père Jean-François Thomas
aux membres de la
Confrérie royale
à l’occasion du début de son Priorat

Messieurs les Chanoines,
Mes Révérends Pères,
Messieurs les Abbés,
Mes Frères,
Chers Membres de la Confrérie Royale,

Par le Fiat de la Très Sainte Vierge au jour de l’Annonciation, s’ouvrit pour le monde une ère nouvelle. Son acceptation totale pour répondre à cette mission surnaturelle n’était que l’aboutissement d’une consécration personnelle dès sa naissance, en aval de sa conception immaculée. Les écrits apocryphes qui relatent la vie de la Sainte Vierge insistent sur cette préparation spirituelle de Marie au cours de son enfance. Ainsi, même pour Celle qui est l’Immaculée, choisie de toute éternité, il a été voulu par Dieu qu’Elle fût instruite peu à peu des mystères de la foi et qu’Elle grandît dans l’accueil de la grâce insigne qui lui était réservée. Personne d’autre qu’Elle ne connaîtra jamais plus une telle perfection sur cette terre, et aucun homme ne bénéficiera jamais plus de telles visites archangéliques. En revanche, chacun peut reconnaître soigneusement et avec reconnaissance les messages ordinaires que Dieu lui envoie, la protection quotidienne de son ange gardien, les grâces offertes jour après jour. Nos annonciations sont modestes mais elles n’en existent pas moins. Pour les reconnaître, les yeux du cœur doivent se dessiller.

L’Annonciation est le commencement, le basculement, la révolution copernicienne de la Révélation. Il est bon de la contempler sans cesse comme la source de notre salut puisque le portail royal s’ouvre alors, première étape menant jusqu’à la Résurrection de Notre Seigneur. Choisir cette date pour recevoir une nouvelle charge, avec humilité, est une bénédiction. Le cher Frère Maximilien-Marie a désiré passer le flambeau et je le reçois avec respect et crainte car notre petite confrérie est ambitieuse spirituellement. Il s’agit de prier pour la France comme royaume, pour son Roi légitime Louis, et d’offrir des sacrifices, des pénitences afin que ce règne soit réellement rétabli en notre pays. La tâche est rude et elle nous dépasse, mais nous avons choisi de suivre cet étendard, sachant que le monde le raille et que le Malin le méprise. Il faut le porter sans ostentation et sans timidité, sans se lasser lorsque objet de moquerie ou d’ironie. Il est nécessaire, dans ce domaine, d’être prosélyte, comme dans le domaine religieux. Si nous n’annonçons pas, beaucoup de personnes de bonne volonté ne connaîtront pas la richesse de l’histoire de leur terre paternelle et ne pourront pas se raccrocher à ses racines. Aujourd’hui, la plupart des hommes sont ignorants, involontairement. Il suffit qu’ils croisent sur leur route un témoin fidèle pour qu’ils découvrent ce qui se trouvait en eux à l’état de braises mourantes. La France atteint un état de déliquescence bien pire que celui de la révolution car, désormais, les pasteurs et les sages ont disparu, les foules sont manipulées avec des moyens sophistiqués, le terreau catholique a été emporté par les crises et les démissions. Une renaissance passera uniquement par des individus, souvent isolés, toujours en minorité. Cela demande de notre part une constance et une confiance décuplées.

Soyons donc des ferments, modestes, effacés mais efficaces. Le temps n’appartient qu’à Dieu et non point aux hommes, contrairement à ce qu’ils croient avec assurance. Le temps de Dieu n’a pas disparu, même s’il n’est reconnu que par une poignée. Ce temps divin demeure dans la pâte et la fera lever lorsque Dieu le jugera opportun. Auparavant, il est nécessaire de traverser une période de purification. Toute restauration a besoin de préparation qui nettoie, rabote.

Ensemble, sous le regard de Dieu, serrons-nous les coudes afin de faire connaître à notre France en péril les bienfaits qui découleraient d’un retour fidèle à sa tradition monarchique et à la foi de ses pères. Tant d’âmes attendent, assoiffées, curieuses, fatiguées. Il est toujours temps de retourner vers la maison paternelle abandonnée.

P. Jean-François Thomas s.j.
Dimanche de la Passion
21 mars 2021

Strozzi Bernardo - Annonciation 1643-44

Bernardo Strozzi : Annonciation (1643-44)

2021-20. A compter du 25 mars, la Confrérie Royale sera dirigée par un nouveau Prieur.

Vendredi 19 mars 2021,
Fête de Saint Joseph ;
Vendredi de la IVe semaine de Carême.

 armoiries confrérie royale

Messieurs les Chanoines,
Mes Révérends Pères,
Messieurs les Abbés,
Chers Membres de la Confrérie Royale,

La fête du grand Saint Joseph m’est l’occasion de vous annoncer que notre chère Confrérie Royale va avoir l’honneur et le bonheur d’avoir, à compter du 25 mars prochain, fête de l’Annonciation, un nouveau Prieur en la personne du Révérend Père Jean-François Thomas s.j., qui a accepté avec une générosité toute surnaturelle d’endosser cette responsabilité, en sus de ses travaux intellectuels et de ses responsabilités apostoliques.

Au bout de presque trois années de priorat, j’ai demandé à être remplacé, convaincu qu’un autre que moi pourrait contribuer davantage au rayonnement et au développement de la Confrérie Royale en portant ses membres à toujours plus de ferveur.

Faut-il présenter le Révérend Père Thomas ?
Je ne le pense pas : ses activités, ses publications, sa prédication et ses interventions, toujours sages, mesurées et percutantes, d’une absolue rigueur dogmatique et d’une extraordinaire profondeur spirituelle, sont déjà connues du plus grand nombre d’entre vous.
Une respectueuse amitié et une grande confiance me lient à lui, et ce m’est un véritable bonheur de remettre entre ses mains la charge spirituelle de notre chère Confrérie.
Pour la petite histoire, j’ajoute ici que lorsque, dans une publication faite sur « Le Blog du Mesnil-Marie » le 25 août 2015 (cf. > ici), j’ai annoncé la fondation de la Confrérie Royale, le Révérend Père Thomas a été d’une réactivité exceptionnelle, m’envoyant dès réception un message chaleureux pour me dire : je veux en être ! Il était le premier prêtre, le premier religieux, à répondre à cet appel, et à manifester sa ferme volonté de rejoindre le groupe des fondateurs !

J’ai évoqué ci-dessus les publications du Révérend Père Thomas : je n’en dresserai pas une liste, mais d’une manière très spéciale, à la veille d’entrer dans le temps de la Passion, je vous encourage à vous procurer et méditer avec son « Chemin de Croix » (éd. Via Romana – 2017).

Il me reste à vous remercier pour votre patience à me supporter , pour toutes les marques d’encouragement et de bienveillance témoignés dans le temps de ce priorat qui s’achève, et à me confier encore une fois à vos charitables prières, vous assurant des miennes, fidèles et amicales, pour nous soutenir et stimuler les uns les autres au service conjoint de Dieu, notre Roi céleste, et de son lieu-tenant en terre, notre Roi légitime : SMTC le Roi Louis XX.

« Domine, salvum fac Regem nostrum Ludovicum :
et exaudi nos in die qua invocaverimus Te ! »

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

Armoiries Frère Maximilien Marie

2021-19. Vie de foi de Saint Joseph.

10 mars,
Fête de Sainte Marie-Eugénie de Jésus, vierge (cf. > ici) ;
Commémoraison des Saints Quarante Martyrs de Sébaste ;
Commencement de la neuvaine préparatoire à la fête de Saint Joseph (cf. > ici).

Saint Joseph - vitrail

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A votre école, ô glorieux Saint Joseph, je désire apprendre à vivre de foi, me laissant guider en tout par la divine Providence.

Méditation :

1. – L’attitude fondamentale de la vie de Saint Joseph est toute de confiance et d’abandon à Dieu ; elle jaillit de sa foi. Saint Matthieu dit qu’il était « un homme juste » (Matth. I, 19) ; or la Sainte Ecriture enseigne que « le juste vit de foi » (Rom. I, 17), et on peut bien affirmer qu’aucune créature – après la Très Sainte Vierge – n’a vécu de foi autant que Joseph. Ayant passé sa vie, en effet, dans la sphère du mystère de l’Incarnation, il a dû nécessairement traverser toutes ces obscurités qui enveloppèrent l’accomplissement du grand mystère. Joseph eut donc besoin d’une grande foi, continuellement nourrie de souffrance et imprégnée d’angoisse. Les perplexités soulevées en lui par la maternité mystérieuse de Marie, la pauvreté extrême et les inquiétudes de Bethléem, les privations de la fuite en Egypte, firent gémir son âme délicate, au point qu’aux moments les plus graves, il eut besoin de l’intervention d’un Ange, pour le soutenir et l’introduire dans les profondeurs du mystère divin qui se déroulait sous ses yeux. Et Joseph se laissa guider avec la docilité et la confiance aveugle d’un enfant. L’Evangile rapporte quatre faits qui en témoignent :
1° L’Ange met fin à ses angoisses en lui ordonnant de prendre chez lui Marie, sa très sainte Epouse, « car ce qui est né en elle est l’œuvre de l’Esprit Saint ». Joseph n’hésite pas un instant et fait « ce que lui avait commandé l’Ange du Seigneur » (Matth. I, 20 et 24).
2° L’Ange l’avertit de « prendre l’Enfant et sa mère et de fuir en Egypte » (Matth. II, 13) : sans délai, au cœur de la nuit, le Saint se lève pour exécuter l’ordre. La fuite présentait objectivement d’énormes difficultés : les très grandes incommodités et les dangers du voyage, la pauvreté extrême, l’exil en terre étrangère. Mais l’Ange a parlé et Joseph obéit.
3° Après la mort d’Hérode, l’Ange lui ordonne de retourner dans la terre d’Israël.
4° L’Ange l’avise de se retirer en Galilée (cf. Matth. II, 19-23).
Nous avons ici quatre actes de foi et d’obéissance aveugle. Joseph n’hésite ni ne raisonne, il n’oppose aucune objection parce qu’il se confie totalement en Dieu, qu’il croit pleinement en Lui, en sa parole, en sa divine Providence.

Songe de Saint Joseph - église Notre-Dame de Sablé-sur-Sarthe

Songe de Saint Joseph
(détail d’un vitrail de l’église Notre-Dame de Sablé-sur-Sarthe)

2. – Toute la vie de Saint Joseph se résume en une adhésion ininterrompue au plan divin, même si celui-ci comporte pour lui des situations fort mystérieuses et obscures.
Dans notre vie aussi, il y a toujours un peu de mystère, soit parce que Dieu aime travailler d’une manière cachée, secrète, soit parce que son action est toujours impénétrable à notre pauvre intelligence humaine. Il y faut donc ce regard de foi, cette confiance totale qui, en s’appuyant sur la bonté infinie de Dieu, nous convainc que toujours, et à travers toutes les circonstances, Il veut notre bien et dispose tout à cette fin. Seule cette confiance nous permettra, comme Saint Joseph, de dire toujours oui à quelque manifestation que ce soit de la volonté divine, un oui humble, prompt, confiant, malgré les obscurités, les difficultés, le mystère… Dieu s’est servi des Anges pour manifester sa volonté à Joseph ; pour nous, Il se sert de nos supérieurs qui, comme les Anges, sont ses messagers, ses envoyés. Obéissons avec la simplicité de Joseph, assurés que Dieu peut se servir de n’importe quelle personne, de n’importe quelle circonstance, pour nous faire connaître et réaliser son divin vouloir, exactement comme Il s’est servi de l’édit de César pour conduire Joseph à Bethléem où devait naître Jésus. L’empereur romain avait bien d’autres intentions, mais Dieu s’est servi de cet acte politique pour effectuer le plan de l’Incarnation. Il est toujours vrai que Dieu gouverne et dirige tout vers l’accomplissement de sa volonté.
Une autre caractéristique de la vie de Saint Joseph est de s’être consacré entièrement à la mission confiée par Dieu à ses soins : être le gardien et le soutien de Jésus et de sa Mère. Joseph ne vit pas pour lui-même, pour ses intérêts personnels, mais uniquement pour Dieu qu’il sert en Jésus et Marie. Saint Joseph est ainsi le vrai modèle des âmes intérieures, des âmes qui aspirent à vivre totalement pour et avec Dieu, dans l’accomplissement de la mission qu’elles ont reçue de Lui.

St Joseph charpentier -  This splendid stained glass window is by Sir Ninian Comper and is in the Lady chapel of Downside Abbey church.  - 4215794179_bf3edea644_o

L’atelier de Saint Joseph
(vitrail de Sir Ninian Comper – chapelle de la Vierge, église de Downside Abbey)

Colloque :

« O Joseph, combien je vous aime ! Comme j’aime à penser à votre vie toute simple et si humble ! Comme nous, vous avez vécu de foi. Je vous contemple dans la petite maison de Nazareth, à côté de Jésus et de Marie, tout occupé à travailler pour eux. Il me semble vous voir raboter, puis vous essuyer le front de temps en temps, et vous hâter pour terminer à temps le travail à remettre aux clients. Bien que vivant à côté du Fils de Dieu, votre vie a été tout ordinaire, car Jésus ne faisait certainement pas de miracles inutiles. Dans votre vie, tout s’est passé comme dans la nôtre. Et que de peines, de fatigues, de périls ! Oh ! Comme on serait étonné si on savait tout ce que vous avez souffert ! » (cf. Ste Thérèse de l’Enfant Jésus in « Conseils et Souvenirs » et « Novissima Verba »).
« Je ne sais comment on peut penser à la Reine des Anges et à toutes les souffrances qu’elle a endurées en compagnie de l’Enfant Jésus, sans penser à vous, glorieux Saint Joseph, sans vous remercier de les avoir si bien aidés ! Il me semble que, pour ce motif, les personnes d’oraison vous doivent une affection toute spéciale…
Une longue expérience m’a montré les grâces que vous nous obtenez de Dieu, c’est pourquoi je voudrais convaincre toutes les âmes qu’elles doivent vous porter une grande dévotion. Je n’ai pas connu une seule personne, ayant une vraie dévotion pour vous, et vous honorant d’un culte particulier, qui n’ait fait de sensibles progrès dans la vertu. Vous aidez d’une manière toute spéciale les âmes qui se recommandent à vous…
J’ai vu clairement que votre secours a été toujours plus grand que ce que j’aurais espéré. Je ne me souviens pas d’avoir jamais imploré de vous une grâce sans l’avoir obtenue immédiatement. Le Seigneur veut nous faire comprendre par là que, s’Il vous a été soumis sur la terre, où en votre qualité de Père et de gardien, vous pouviez Lui commander, Il répond également au ciel à toutes vos suppliques » (cf. Ste Thérèse de Jésus, in « Vie » aux chap. V et VI).
O cher Saint Joseph, c’est donc avec une pleine confiance que je me mets sous votre protection ; enseignez-moi à vivre comme vous, de foi et d’abandon à Dieu, apprenez-moi à vivre uniquement pour Lui, en me consacrant tout entier à son service.

Rd Père Gabriel de Sainte Marie-Madeleine, ocd.
in « Intimité divine », sanctoral du mois de mars.

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On trouvera aussi dans les pages de ce blogue :
- les prières de Saint François de Sales, du Bienheureux Pie IX et de Léon XIII > ici :
- une proposition de neuvaine pour préparer la fête de St Joseph > ici ;
- les salutations de Saint Jean Eudes à Saint Joseph > ici ;
- une prière à Saint Joseph de Bon Espoir > ici ;
- le cantique « Saint Joseph, ô pur modèle » > ici ;
- « De Saint Joseph et de Sainte Thérèse de Jésus » > ici ;
Plus plaisamment, vous pourrez aussi vous reporter aux deux petites B.D. consacrées à Saint Joseph :
« Saint Joseph et le placage » > ici,
et « Ite ad Ioseph ! » > ici .

2021-17. Retour à Dieu, avec Saint François de Sales pour guide.

Lettre mensuelle aux membres et amis
de la
Confrérie Royale

- 25 février 2021 -

Blason de la Confrérie Royale

Les amis du Refuge Notre-Dame de Compassion, même s’ils ne sont pas membres de la Confrérie Royale, peuvent trouver un vrai profit spirituel à lire et méditer cette lettre mensuelle.

Rappel :

Les membres de la Confrérie Royale s’engagent à sanctifier d’une manière particulière le 25 de chaque mois en redoublant de prières, en offrant avec encore davantage de ferveur qu’à l’accoutumée les exercices du devoir d’état, les peines et les joies de ce jour, en travaillant plus méticuleusement à sa sanctification, lorsque cela est possible en assistant à la Sainte Messe et en offrant la sainte communion à l’intention du Roi, ou encore en accomplissant quelque petit pèlerinage ou acte de dévotion supplémentaire offert à l’intention de Sa Majesté et du Royaume des Lys.
La lettre mensuelle, envoyée à tous les membres ainsi qu’aux amis qui ont manifesté le désir de la recevoir, à l’occasion de ce 25 de chaque mois, est écrite par les prêtres, religieux ou clercs membres de la Confrérie Royale. Son but est de raviver la ferveur et la détermination des membres, en leur proposant des réflexions et approfondissements toujours nécessaires.

* * * * * * *

Saint François de Sales

Saint François de Sales (21 août 1567 – 28 décembre 1622)
Docteur de l’Amour divin

frise

Sur le Carême

Nous voilà une semaine après le mercredi des Cendres, quoi de mieux que d’écrire sur ce temps liturgique qui va durer 40 jours et qui usera toute notre attention afin d’arriver à Pâques plein d’une joie toute spirituelle et renforcée dans notre corps par le jeûne. 

Si l’on veut une ligne de conduite en ce saint temps, il est possible et recommandé de suivre certains livres ou spiritualités particulières, et peut être sera-t-il possible de faire un carême dans l’esprit de Saint François de Sales, Docteur de l’Amour divin et auteur de spiritualité classique française. C’est ce que je vous propose aujourd’hui en quelques citations.

« Ne veuillez pas tout faire, mais seulement quelque chose, et, sans doute, vous ferez beaucoup. »

Tout d’abord cette citation de ce grand Saint (lors d’une conférence spirituelle à Sœur Favre) est typique d’une spiritualité qui reste dans le milieu et non dans les extrêmes. « In medio stat virtus » (la vertu se trouve dans le milieu). Une spiritualité qui demeure ferme mais adaptée et surtout adaptable à toutes les conditions humaines.

Ainsi notre saint demande de ne pas réformer tout d’un coup et en peu de temps mais peu à peu et sur le temps d’une vie entière, sur le long terme. Qui ne peut suivre cette spiritualité sans être touché par la douceur des réflexions et tout de même avec force dans les actes et l’activité spirituelle ? Nous devons donc travailler sur nous-mêmes mais avec amour et non par force, comme il aimait répéter, nous montrant ainsi que l’amour est bien l’inverse de la force. Changez une seule mauvaise habitude durant ce Carême et vous arriverez meilleurs à Pâques. Mieux que dix résolutions dans le futur, une seule accomplie dans le présent suffit.

«  C’est une grande partie de notre perfection que de nous supporter les uns les autres en nos imperfections ; car, en quoi pouvons-nous exercer l’amour du prochain, sinon en ce support ?»

Le Carême est aussi la recherche de la perfection dans les imperfections des autres et de soi-même. L’homme est fait pour vivre en société, aussi diverse soit la société en question. Ainsi la vie avec son prochain, avec son époux ou épouse, avec ses enfants avec ses amis et surtout avec l’inconnu que l’on rencontre dans les marchés et autres endroits publics, nous fait penser qu’il faut travailler en nous ce côté extérieur que règle aussi la Charité. Vivre en société nous permet d’apprendre beaucoup de nous et des autres. À travers les autres pourquoi ne pas réfléchir sur soi-même, et pourquoi ne pas utiliser ce temps de pénitence, que l’Église dans sa grande sagesse nous propose, afin de grandir dans cette vertu que Saint Paul nous dit la première, la Charité ? 

« Il faut avoir une longue haleine, les grands desseins ne se font qu’à force de patience et de longueur de temps. »

Voilà la spiritualité salésienne récapitulée. Mais cela peut être aussi pris pour nos résolutions de Carême. Tout changement en l’homme prend du temps. Rien ne change du jour au lendemain à part peut-être nos infimes imperfections qui n’ont pas eu le temps de s’encrer et de devenir des habitudes. Une habitude, rappelons-le est une disposition acquise par répétition d’actes ; elle est ni bonne, ni mauvaise. Si elle est bonne elle devient une vertu, et si elle est mauvaise alors ce sera un vice. Bien entendu tout n’est pas noir ni blanc. Nous avons des habitudes qui sont neutres comme se lever à telle heure tous les matins ou encore se coiffer etc… Toute mauvaise habitude en nous n’est pas forcément un vice et toute bonne habitude une vertu, il faut encore que le sujet, ou la matière de l’habitude, nous élève ou nous rabaisse soit dans notre âme soit dans notre humanité. En bref, un vice nous fait déchoir de l’ordre moral et la vertu au contraire nous rend plus homme et nous rapproche du dessein de Dieu pour nous, et donc nous sanctifie. Mais il est vrai aussi qu’il est plus aisé pour l’homme de déchoir dans le vice que de monter dans la vertu. Car l’un ne demande pas de travail tandis que l’autre s’acquiert par un travail de longue haleine.

«  Tenez votre cœur proche de Dieu. C’est le moyen d’être simple, puisque Dieu est un Esprit simplificateur. »

Enfin finissons sur cette citation qui doit récapituler toutes nos œuvres de Carême : Tenir son cœur proche de Dieu. Ceci doit être le but de notre travail de Carême. 

Le cœur est l’un des endroits où toutes nos actions commencent. On dit bien, quand quelque chose nous intéresse beaucoup, que l’on « prend à cœur » quelque chose. Nous devons nous intéresser beaucoup à notre changement et à installer la grâce en nous afin qu’elle demeure pour toujours. Nous sommes faits pour la vie de la grâce et le malin, lui, prendra « à cœur » de s’empresser de nous faire chuter et de nous montrer l’inverse, et le désintéressement pour ce qui est des « choses de Dieu ». Ainsi si l’on tient son cœur proche de Dieu, rien ne peut nous arriver et en plus c’est une véritable assurance pour nous. Assurance de grandir en Lui, assurance de son soutient par sa Grâce, assurance de son amour et de sa protection dans les épreuves. Mais quand on a son cœur proche de Dieu nous devenons un en Lui. Être en Dieu exprime non seulement une proximité mais aussi une unité. L’homme est sorti de Dieu et son objectif sur terre est d’y retourner. Voila ce que l’on peut souhaiter de mieux pour le Carême. Que toutes nos actions, nos pénitences et nos résolutions soient accomplies dans l’objectif d’un retour à Dieu. Il faut par tout cela retrouver la simplicité de notre vocation commune : le Ciel. 

Ainsi formons ce désir d’être toujours plus proches de Dieu en ce temps Sacré qui nous est donné afin de préparer, à l’exemple de Notre Seigneur au désert, l’Événement des événements : la mort et Passion de Jésus sur le bois de la Croix et sa sainte Résurrection qui suivra. Si elle est bien préparée et prise au sérieux, prise « à cœur », elle nous procurera davantage de grâces, et une joie qu’aucune créature ne saura nous prendre et nous voler, afin d’attendre et d’atteindre l’union de l’âme à Dieu, avec paix et sérénité, malgré les tribulations de ce siècle. Amen

Semper laetus in Deo !

Abbé Hubert S.

Armoiries de Saint François de Sales

2021-16. Messe propre de la Sainte Couronne d’Epines de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Vendredi après les cendres,
Fête de la Sainte Couronne d’Epines.

Dans le Missel Romain traditionnel (c’est-à-dire antérieur aux réformes liturgiques qui se sont succédé depuis 1950), figure depuis plusieurs siècles, dans le supplément au sanctoral intitulé « Missae pro aliquibus locis », assigné à la date du vendredi après les cendres la fête de la Sainte Couronne d’Epines de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Chez nous, conformément aux indications de nos anciens livres liturgiques, elle est célébrée sous le rit double majeur.
Vous trouverez ci-dessous les textes de cette messe propre et la traduction que nous en avons faite.

Quentin Massys - Ecce Homo - 1520

Quentin Massys – Christ aux outrages, détail (1520)
[Palais des Doges - Venise]

Feria VI post Cineres

SACRAE SPINAE CORONAE D.N.J.C.

Introitus (cf. Cant. III, 11)
Egredimini et videte, filiae Sion, regem Salomonem in diademate, quo coronavit eum mater sua, parans crucem Salvatori suo. Ps. VIII, 6-7. Gloria et honore coronasti eum, Domine : et constituisti eum super opera manuum tuarum. V./ Gloria Patri. Egredimini.

Sortez et voyez, filles de Sion, le roi Salomon avec le diadème dont le couronna sa mère, préparant une croix pour son Sauveur. De gloire et d’honneur vous l’avez couronné, ô Seigneur : et vous l’avez établi sur les œuvres de vos mains. Gloire au Père.

Oratio
Praesta, quaesumus, omnipotens Deus : ut, qui in memoriam passionis Domini Nostri Jesu Christi Coronam ejus spineam veneramur in terris, ab ipso gloria et honore coronari mereamur in caelis : Qui tecum vivit.

Accordez, nous vous le demandons, ô Dieu tout-puissant, que nous qui, en mémoire de la passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ, vénérons sur la terre sa Couronne d’épines, nous méritions d’être couronnés de gloire et d’honneur dans les cieux par lui, qui avec vous vit… 

Lectio libri Sapientiae (Cant. III 7-11 ; IV, 1 et 8)

Lectulum Salomonis sexaginta fortes ambiunt ex fortissimis Israël : omnes tenentes gladios, et ad bella doctissimi : uniuscujusque ensis super femur suum propter timores nocturnos. Ferculum fecit sibi rex Salomon de lignis Libani : columnas ejus fecit argenteas, reclinatorium aureum, ascensum purpureum : media caritate constravit propter filias Jerusalem. Egredimini et videte, filiae Sion, regem Salomonem in diademate, quo coronavit illum mater sua in die desponsationis illius, et in die laetitiae cordis ejus. Quam pulchra es, amica mea, quam pulchra es ! Oculi tui columbarum, absque eo quod intrinsecus latet. Veni de Libano, sponsa mea, veni de Libano, veni : coronaberis.

Soixante puissants (guerriers) parmi les plus vaillants d’Israël environnent la couche de Salomon : tous portant des glaives, et très habiles à la guerre : chacun a son glaive sur sa cuisse en raison des craintes de la nuit. Le roi Salomon s’est fait une litière en bois du Liban : il en a fait les colonnes d’argent, le dossier d’or, le siège de pourpre : il a orné le milieu de tout ce qu’il y a de plus aimable à cause des filles de Jérsalem. Sortez et voyez, filles de Sion, le roi Salomon avec le diadème dont le couronna sa mère au jour de ses noces, et au jour de la joie de son cœur. Que tu es belle, ô mon amie, que tu es belle ! Tes yeux sont (comme les yeux) des colombes, sans parler de ce qui est caché au-dedans. Viens du Liban, ô mon épouse, viens du Liban, viens : tu seras couronnée.

Graduale (Eccli. XLV, 14)
Corona aurea super caput ejus : expressa signo sanctitatis, gloria honoris, et opus fortitudinis. V./ Ps. XX,4. Quoniam praevenisti eum in benedictionibus dulcedinis : posuisti in capite ejus coronam de lapide pretioso.
Tractus (Is. LXI, 10)
Induit eum Dominus vestimentis salutis, et indumento justitiae, quasi sponsum decoratum corona. V./ Is. XXVIII, 5. Corona tribulationis effloruit in coronam gloriae et sertum exsultationis. V./ Sap. V, 17. Accepit regnum decoris, diadema speciei.

Une couronne d’or (est) sur sa tête : marquée du signe de la sainteté, de la gloire de l’honneur, ouvrage de puissance. Puisque vous l’avez prévenu des bénédictions les plus douces : vous avez posé sur sa tête une couronne de pierres précieuses.
Le Seigneur l’a revêtu des vêtements du salut, et du manteau de la justice, comme l’époux paré de sa couronne. La couronne de tribulation s’est épanouie en couronne de gloire et en bouquet d’exultation. Il a reçu un royaume de splendeur, un diadème d’éclat.

+ Sequentia Sancti Evangelii secundum Ioannem (Joann. XIX, 1-5).
In illo tempore : Apprehendit Pilatus Jesum, et flagellavit. Et milites plectentes coronam de spinis, imposuerunt capiti ejus : et veste purpurea circumdederunt eum. Et veniebant ad eum, et dicebant : Ave, Rex Judaeorum : et dabant ei alapas. Exivit ergo iterum Pilatus foras, et dicit eis : Ecce adduco vobis eum foras, ut cognoscatis quia nullam invenio in eo causam. Exivit ergo Jesus portans coronam spineam et purpureum vestimentum.

En ce temps là : Pilate prit Jésus, et le fit flageller. Et les soldats ayant tressé une couronne avec des épines, la posèrent sur sa tête : et il l’enveloppèrent avec un vêtement de pourpre. Et ils venaient à lui, et ils disaient : « Salut, Roi des Juifs » : et ils lui donnaient des soufflets. Pilate sortit donc de nouveau, et il leur dit : « Voici que je vous l’amène dehors, afin que vous sachiez que je ne trouve en lui aucune cause (de mort) ». Jésus sortit donc portant la couronne d’épines et le vêtement de pourpre.

Credo. 

Offertorium.
Tuam Coronam adoramus, Domine : tuam gloriosam recolimus passionem.

Nous adorons votre Couronne, ô Seigneur : nous honorons votre glorieuse passion.

Secreta.
Tuorum militum, Rex omnipotens, virtutem robora : ut, quos in hujus mortalitatis stadio unigeniti Filii tui Corona laetificat ; consummato cursu certaminis, immortalitatis bravium apprehendant. Per eumdem Dominum.

Roi tout puissant, affermissez la force de vos soldats : afin que ceux que réjouit la Couronne de votre Fils unique dans l’arène de cette vie mortelle, après l’achèvement de leur combat, ils reçoivent le trophée de l’immortalité. Par le même Seigneur…

Préface de la Croix.

Communio (Prov. IV, 9)
Laetare, mater nostra, quia dabit Dominus capiti tuo augmenta gratiarum, et corona inclyta proteget te.

Réjouis-toi, ô notre mère, car le Seigneur donnera  à ta tête un accroissement de grâces, et d’une éclatante couronne il te protègera.

Postcommunio.
Supplices te rogamus, omnipotens Deus : ut haec sacramenta quae sumpsimus, per sacrosanctae Filii tui Coronae, cujus solemnia recensemus, virtutem, nobis proficiant ad medelam. Per eumdem Dominum.

Supliants, nous vous prions, ô Dieu tout-puissant : que ces sacrements que nous avons reçus, par la vertu de la sacrosainte Couronne de votre Fils, dont nous avons célébré la solennité, soient pour nous profitables en œuvrant à notre guérison. Par le même Seigneur.

 Présentation de la Sainte Couronne d'Epines

Cathédrale Notre-Dame de Paris : présentation de la Sainte Couronne d’Epines aux fidèles
(avant l’incendie d’avril 2019, cette vénération avait lieu tous les premiers vendredis du mois et tous les vendredis de carême)

2021-13. « Militia est vita hominis super terram ».

Samedi dans la Sexagésime 13 février 2021,
Fête de Saint Avit de Vienne (cf. > ici).

légion romaine en marche

frise

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion

« Militia est vita hominis super terram ; et sicut dies mercenarii, dies ejus : c’est une milice que la vie de l’homme sur la terre, et ses jours sont comme les jours du mercenaire ». Ces paroles sorties de la bouche du saint homme Job (Job VII, 1) prennent une actualité nouvelle à la veille du grand et saint carême, qui est par excellence le temps du combat spirituel.

Il arrive que l’on trouve des traductions qui rendent ce passage par « la vie de l’homme sur la terre est un combat ».
Sans être complètement inexacte, cette façon de traduire est néanmoins insuffisante.

En effet, en français, le mot combat désigne le plus souvent l’action de se battre (à deux ou à plusieurs), avec ou sans arme, mais d’une manière relativement circonscrite dans le temps : un combat de rue, un combat de boxe, le combat de Thésée contre le Minotaure ou celui de Tancrède et Clorinde. Une guerre est une succession de combats, et la fin de la guerre sera dite « arrêt des combats », au pluriel.
Les synonymes de combat sont : bataille, mêlée, rixe, bagarre, engagement, rencontre, échauffourée, accrochage, escarmouche, joute, pugilat… etc., en fonction du contexte et des nuances que l’on veut apporter au récit.

En revanche le terme « militia » par lequel Saint Jérôme, dans la Vulgate, a traduit de manière exacte le mot que l’on trouve à cet endroit dans les textes hébreu et grec, porte une signification bien plus large sur laquelle insistaient les exégètes et commentateurs auxquels je dois ma formation biblique : la « militia » est une réalité plus étendue qu’un simple « combat », et aussi plus vaste que ce que signifie habituellement le mot français milice qui en découle : une milice est un groupe armé (constitué souvent en dehors d’une armée régulière, voire en dehors de la légalité).
Tout au contraire, le mot latin « militia » désigne, au sens premier et originel, le métier de soldat, le fait d’être militaire de carrière, voire encore le service militaire.

Cette précision étant apportée, l’affirmation du Saint-Esprit par la bouche du saint homme Job apparaît avec une épaisseur tout autre que ce qu’une oreille superficielle comprend en entendant cette citation, dont la deuxième partie renforce pourtant le réalisme.
En vérité, la vie de l’homme sur la terre est une carrière militaire qui commence dès sa naissance et dure jusqu’à son dernier soupir. Chacun des jours de l’homme ici-bas, tous ses jours – et sans répit aucun – sont ceux de la discipline, de l’entraînement au combat, des efforts et des renoncements indispensables pour se montrer efficace dans les batailles, et pour ne pas succomber sous les assauts de l’ennemi.

« La vie de l’homme sur la terre est un engagement militaire, et ses jours sont comme les jours du mercenaire » : il ne s’agit point là d’une vie de parade en uniforme rutilant, mais bien plutôt du quotidien des « gros durs » de la Légion  Etrangère, puisque par définition un mercenaire est un soldat du rang qui, en échange d’un salaire, se met au service d’une puissance étrangère. Il n’y a point de place ici pour les « états d’âme » et la sensiblerie : on est là pour se battre et pour sauver sa peau, en servant loyalement un chef qui nous paye afin de faire du dégât – le maximum de dégâts – dans les rangs ennemis.
C’est très réaliste et pragmatique : il n’y a point là de quoi dissoudre lamentablement ses forces en niaiseries romantiques et autres mièvreries sentimentalistes.

En de nombreux textes de la liturgie quadragésimale et des Pères ou auteurs spirituels qui s’adressent aux fidèles pour les exhorter à bien vivre le carême, ce dernier est aussi appelé « militia ».
Ici encore, il faut donner à ce mot toute l’acception qui se trouve dans la citation de Job commentée ci-dessus.
Je déplore vivement que dans les traductions proposées par plusieurs missels à l’usage des fidèles, « militia » soit traduit par des mots tels que « entrainement », « lutte » ou « exercice ».
Singulière édulcoration !

Si déjà « la vie de l’homme » est une carrière militaire, à combien plus forte raison la vie chrétienne prise au sérieux, à combien plus forte raison l’engagement cohérent à la suite du Christ, à combien plus forte raison le temps du carême !
Ceux qui rêvent d’une vie chrétienne tranquille et égale, tout imprégnée d’un irénisme béat à la manière des « baba-cool » des années soixante du précédent siècle, sont dans une illusion dramatique à l’opposé des paroles fortes de Notre-Seigneur Jésus-Christ : « Regnum caelorum vim patitur, et violenti rapiunt illud : le Royaume des cieux souffre violence, et ce sont les violents qui s’en emparent ! » (Matth. XI, 12b).
Il n’est pas besoin de préciser de quelle nature est cette « violence » et de quelle façon elle s’exerce : cela tombe sous le sens.

A quelques jours de l’entrée solennelle dans la sainte milice quadragésimale, il me semblait important de vous le redire avec une certaine insistance.

En union de cœur et d’âme, tous enrolés sous les étendards du Christ-Roi.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

Labarum de Constantin

Quelques avis pratiques :

- Cette année, je ne propose pas de méditations quotidiennes pendant le carême : plusieurs Fraternités ou Congrégations en proposent dont je ne doute pas de l’excellence de la doctrine spirituelle et je vous encourage à faire votre choix parmi ces propositions et à vous y inscrire.
- J’ai adressé le 29 janvier à toutes les personnes  inscrites à ce blogue un courriel avec un formulaire de réinscription tenant compte des exigences de la législation actuellement en vigueur pour ce qui concerne la consevation des coordonnées personnelle : si vous n’y avez pas encore répondu, et que vous souhaitez continuer à recevoir par courriel le lien vers les mises à jour du blogue, merci de ne pas tarder à nous adresser votre réponse.

frise

2021-12. Nous tendons encore une fois la main, pour l’amour de Notre-Seigneur Jésus-Christ…

Mardi de la Sexagésime 9 février 2021,
Commémoraison solennelle de la Passion de NSJC ;
Commémoraison de St Cyrille d’Alexandrie, évêque et docteur de l’Eglise ;
Commémoraison de Ste Apolline d’Alexandrie, vierge et martyre ;
Commémoraison de la Bse Anne-Catherine Emmerich, vierge.

Gisant de NSJC 1

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

La photographie publiée ci-dessus a été prise ce premier samedi du mois 6 février 2021 dans l’oratoire du Mesnil-Marie après que, avec l’aide précieuse d’amis venus rendre service (qu’ils soient au passage chaleureusement remerciés), nous y avons installé ce gisant de Notre-Seigneur Jésus-Christ que j’avais rapporté la veille – premier vendredi du mois – en auto, mais dans laquelle j’avais dû le laisser, ne pouvant le transporter tout seul en raison de sa taille et de son poids.

J’ai acquis ce gisant auprès d’un antiquaire que je vois assez souvent et qui, au cours de l’été dernier, m’avait annoncé qu’il obtiendrait peut-être cette pièce unique : je lui avais demandé de me tenir informé,  car j’ai depuis toujours désiré qu’il y ait au Refuge Notre-Dame de Compassion un semblable gisant de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Lors de mon pèlerinage en Terre Sainte, au printemps de 1994, je me trouvais à Jérusalem au moment de la Semaine Sainte des Chrétiens d’Orient qui suivent le comput byzantin, et j’ai été profondément marqué par les liturgies de la déposition de Croix et de l’ensevelissement de notre divin Rédempteur.
Ces liturgies existaient jadis aussi dans les liturgies d’Occident, et on en trouve la survivance dans les cérémonies qui existent encore en divers lieux, sous forme de processions, le Vendredi Saint, souvent maintenues par des confréries de pénitents.

Monaco procession du Christ mort

Monaco : procession du Christ mort

A Monaco par exemple, le Vendredi Saint, la procession du Christ mort est toujours suivie avec ferveur. En Belgique, à Lessines, existe depuis le XVème siècle une très populaire procession de la mise au tombeau du divin Crucifié. On connaît aussi les grandes processions de la Semaine Sainte en Espagne, où des représentations des diverses scènes de la Passion – et donc aussi des gisants de Notre-Seigneur – sont portées en des cortèges solennels. A Perpignan, la célèbre « Procession de la Sanch » attire chaque année une grande foule : on y voit aussi le Christ gisant qu’on va ensevelir.
Souvent moins connues, les processions des pénitents se sont aussi plus ou moins maintenues dans le Velay, si proche de nous : certaines confréries ont disparu, d’autres ont de la peine à survivre ; les Pénitents Blancs du Puy-en-Velay jouent toujours un rôle actif et remarqué dans les cérémonies de la Semaine Sainte de la cathédrale et, eux aussi, ils exposent le Vendredi Saint un très ancien gisant du Christ mort.

Le gisant que je viens d’acquérir pour notre Mesnil-Marie provient d’une confrérie de pénitents qui a disparu, et dont une partie des effets et ornements ont été « liquidés ».
Il ne faut pas oublier que dans les années qui ont suivi le concile vaticandeux, sous l’influence d’un clergé en folie qui voulait se débarrasser de tout ce qu’il qualifiait de « doloriste » (terme qui fut par exemple employé par un évêque pour intimer à des religieuses l’ordre de faire disparaître de leur chapelle une grande Piétà), ou de « vestiges d’une piété médiévale » empreinte de « superstition »

Il est important que je précise ici (à l’intention de quelques esprits malveillants qui feraient tout pour me dénoncer comme receleur d’objets volés), que ce gisant a été acquis de manière très légitime par un laïc collectionneur, horrifié par ces liquidations. Après l’avoir conservé pendant des années, il a résolu de s’en défaire ; et c’est ainsi que, par l’entremise de notre ami antiquaire, j’ai pu le racheter afin qu’il soit à nouveau entouré d’une religieuse vénération.

Gisant de NSJC 2

Depuis mon arrivée ici, j’ai le dessein de construire une véritable chapelle, dans laquelle sera exposée la grande statue de Notre-Dame de Compassion (explications > ici) et dans la crypte de laquelle se trouvera une représentation du Saint Sépulcre. Ce gisant y aura tout naturellement sa place.

En attendant, avec les amis qui m’ont aidé à le monter depuis l’auto jusqu’à l’oratoire, nous l’avons déposé de manière tout-à-fait provisoire, sur un lit funèbre réalisé à la hâte au milieu du chœur, en avant du sanctuaire. Comme l’oratoire n’est pas immense, cela n’est pas très pratique pour la circulation (en particulier s’il devait y avoir des célébrations de Messes), mais en cette période d’avant carême cette place est particulièrement idoine à nous faire entrer dans la grande période liturgique de contemplation et d’approfondissement de la douloureuse Passion.
Je dois néanmoins envisager de manière assez urgente une autre disposition. Tout comme il me faut aussi prévoir de faire venir un ébéniste pour réaliser une petite réparation, car les chevilles qui servent à l’assemblage du bras gauche avec l’épaule doivent être remplacées…

Gisant de NSJC 3

Ce gisant semble avoir été sculpté au XVIIIème siècle ou, au plus tard, au début du XIXème siècle, lorsque la restauration religieuse allait de pair avec la Restauration monarchique. Il est en bois plein, mesure environ 1,75 m, avec une polychromie discrète.
Le sculpteur était probablement un imagier local, qui, s’il n’était pas un artiste de renom, a su néanmoins avec piété donner une belle expression au visage de Notre-Seigneur.

L’antiquaire m’a proposé de l’emporter alors que je n’ai pu lui donner qu’une faible part du prix qu’il m’en a demandé.
Un prix, certes, relativement élevé pour les finances du Refuge Notre-Dame de Compassion, mais, compte-tenu de ce que je peux voir sur le marché de l’art religieux, tout-à-fait raisonnable pour une pièce de cette importance et de cette qualité… L’antiquaire sait qu’il peut me faire confiance, et moi je sais que je peux faire confiance en la divine Providence ! 

En fait, il suffit que 120 personnes donnent chacune 10 € et l’antiquaire sera promptement payé
Et si je récolte davantage, cela servira à régler le travail de réparation de l’ébéniste ainsi que les aménagements de l’oratoire. 
Je m’engage à calligraphier la liste des donateurs et à la déposer à l’intérieur du coussin sur lequel Notre-Seigneur repose Sa Tête.

Gisant de NSJC 4

Je remercie par avance tous ceux qui voudront prendre part au règlement de ce très beau gisant et les assure dès à présent de ma prière pleine de gratitude à leurs intentions.

In Corde Iesu & Mariae.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Pour participer :
- don via Paypal > ici

- autres moyens (virements ou chèques) > nous contacter

Sacré-Coeur gif

2021-10. Deuxième anniversaire de Monseigneur le Duc de Touraine.

Lundi 1er février 2021.

Ce 1er février, sur les réseaux sociaux, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, à l’occasion du deuxième anniversaire de la naissance (cf. > ici) de son troisième fils, Monseigneur le duc de Touraine, a publié la photographie suivante accompagnée de ces quelques lignes :

2 ans du Prince Henri de France

« Avec mon épouse Marie-Marguerite, nous souhaitons un joyeux anniversaire à notre fils Henri qui nous comble de joie depuis 2 ans.
Nous t’aimons et te souhaitons une belle journée d’anniversaire en ces temps difficiles. »

duc de Touraine

 

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