Archive pour la catégorie 'Prier avec nous'

Neuvaine à l’intention des malades du 2 au 10 février pour préparer la fête de Notre-Dame de Lourdes.

       Nous vous proposons de préparer la fête de Notre-Dame de Lourdes, le 11 février, par une neuvaine du 2 au 10 février, spécialement adressée à la Vierge de Compassion, et spécialement offerte à l’intention des malades et des personnes en souffrance.

   Lors de son pèlerinage à Lourdes, au mois de septembre 2008, notre Saint-Père le Pape Benoît XVI nous avait donné – dans l’homélie prononcée le jour de la fête de Notre-Dame des Douleurs -, une très belle méditation sur la compassion aimante et souriante de notre Mère céleste (vous pouvez en retrouver le texte > ici). Ce texte peut être relu et médité pour stimuler notre dévotion et notre propre compassion, inspirée par la miséricordieuse compassion de la Très Sainte et Immaculée Mère de Dieu qui est, entre autres, venue à Lourdes pour qu’en ce sanctuaire des malades retrouvent l’espérance et la santé.
Dans cette perspective nous vous proposons la prière suivante (à réciter après le chapelet ou tout au moins la récitation d’une dizaine du chapelet) :

La compassion de Notre-Dame (enluminure)

Ô très douce et très pure Vierge Marie,

Notre-Dame de Compassion,

Mère debout au pied de la Croix que Jésus nous a donnée pour Mère : nous vous prions pour nos frères malades… (ici on peut les nommer).

Voyez en eux votre propre Fils
qui nous a enseigné à le reconnaître en tous ceux qui souffrent ;
soyez auprès d’eux comme vous vous êtes tenue auprès de Jésus, silencieuse consolatrice dans les tourments de Sa Passion.

Assistez et fortifiez les malades que nous vous présentons
et, s’il est possible, obtenez-leur la guérison.

Obtenez-leur du moins la santé de l’âme et le courage,
la patience et la persévérance,
afin qu’unissant leur épreuve aux mystères de Jésus Rédempteur
ils achèvent en leur chair ce qui manque à la Passion du Christ
pour la croissance et la vie de tout le Corps mystique,
la Sainte Eglise notre Mère.

Notre-Dame de Compassion,
soyez leur force et leur refuge :
nous les déposons entre vos bras maternels
et nous avons confiance en votre puissante intercession!

Ainsi soit-il.

(prière composée par frère Maximilien-Marie)

Prière au Cœur immaculé de Marie Refuge des pécheurs.

16 janvier,
Fête du Cœur immaculé de marie Refuge des pécheurs ;
Mémoire de Saint Marcel, pape et martyr.

   A l’occasion de la fête du Cœur immaculé de Marie Refuge des pécheurs, célébrée dans l’archidiocèse de Paris, et dans plusieurs autres diocèses et congrégations à la date du 16 janvier (qui est le jour de la fête patronale de l’archiconfrérie fondée par l’abbé Dufriche-Desgenettes dans l’église Notre-Dame des Victoires), pensons à prier avec ferveur la Très Sainte Vierge pour le soulagement et la délivrance de nos défunts, pour les pécheurs qui sont à l’agonie, et pour demander à notre Mère pleine de compassion de nous assister au moment de notre propre mort.

Notre-Dame des Victoires

       O Marie, Reine toute miséricordieuse, je viens vous offrir mes prières et mes sacrifices aux intentions des âmes qui souffrent dans le purgatoire : Mère toute compatissante, dont le Cœur douloureux et immaculé est le refuge des pécheurs, vous pouvez adoucir leurs souffrances, vous pouvez éteindre les flammes qui les dévorent, vous pouvez réduire le temps de leur purification, et leur ouvrir les portes du Ciel. Usez donc, je vous en supplie, de votre pouvoir en leur faveur, et tout particulièrement en faveur des âmes les plus délaissées.

   Vierge qu’on n’invoque jamais en vain, nous vous recommandons aussi tous les pécheurs qui sont en ce moment à l’agonie : obtenez à leurs coeurs ces grâces de conversion et de repentir qui les arracheront pour toujours aux liens du péché et les feront quitter cette terre portés par la divine charité.

   Et nous-mêmes, en cet instant où « maintenant » et « l’heure de notre mort » ne seront plus qu’un, nous vous demandons d’être à nos côtés pour nous assister, nous fortifier et nous défendre contre les ultimes assauts de l’ennemi. Soyez là pour recevoir notre âme : qu’elle soit présentée à Jésus par vos mains maternelles, qu’elle entende de Lui des paroles de miséricorde et de paix, et qu’elle soit introduite par vous dans le Royaume de l’Amour éternel.

Ainsi soit-il.

(prière composée par Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur)

NB. L’historique de la fondation de la Basilique Notre-Dame des Victoires se trouve > ici

2009-3. L’apparition de la Sainte Face sur le Voile de Sainte Véronique, le 6 janvier 1849.

       Le samedi 6 janvier 1849, se produisit dans la Basilique Saint-Pierre au Vatican un prodige qui a été relaté par le journal de la Basilique et fut confirmé par le Pape Léon XIII dans un bref daté du 1er octobre 1885.

* * * * * * *

   Pour bien comprendre ce qui se passa il importe d’abord d’en rappeler le contexte historique : puisque, à cette date, le Bienheureux Pape Pie IX se trouvait en exil à Gaëte, dans le Royaume de Naples.

Pie IX à Gaëte, gravure de l'Illustration du 9 décembre 1848

Pie IX à Gaëte, gravure de « L’Illustration » du samedi 9 décembre 1848

   L’année 1848, en effet, avait vu se succéder des révolutions dans toute l’Europe.
Rome – capitale des Etats de l’Eglise – n’avait pas été épargnée par le ferment révolutionnaire et par les troubles : c’est ainsi que le 15 novembre 1848, Pellegrino Rossi  – ministre de  l’intérieur et des finances, qui jouissait de l’entière confiance de Pie IX -,  avait été lâchement assassiné. Le Souverain Pontife voyait les troubles grandir et ne se sentait plus en sûreté. La volonté de poursuivre son ministère spirituel en toute indépendance l’avait finalement contraint à quitter Rome ; il était allé demandé protection et asile auprès des Souverains de Naples.
Cet exil dura 17 mois. Pendant ce temps, de manière assez fréquente, le clergé et les fidèles de Rome organisaient dans les diverses églises de la Ville Eternelle des cérémonies ferventes pour demander à Dieu la fin des troubles et le retour du Pape.

   La deuxième chose qu’il faut savoir (ceux qui sont allés à Rome et ont eu une visite guidée de la Basilique Saint-Pierre s’en souviennent peut-être), c’est que la Basilique Saint-Pierre ne renferme pas seulement la tombe du Prince des Apôtres, mais qu’au cours des siècles son « trésor » a été enrichi d’importantes et précieuses reliques au nombre desquelles on compte une part importante du Bois de la Sainte Croix (apporté de Jérusalem par l’impératrice Sainte Hélène), le fer de la lance avec lequel le centurion a ouvert le côté du Christ mort (découvert grâce à un miracle, en 1099, par Adhémar de Monteil dans une église d’Antioche de Syrie où le reliquaire avait été emmuré par crainte des profanations sarrasines, puis oublié), et le voile de la pieuse femme qui, sur le chemin du Calvaire, avait essuyé le visage ensanglanté du Christ.

   Ce voile avait reçu le nom de « Veronica« , contraction et latinisation de veron ‘ikon, que l’on peut traduire par « image véritable ».
Malgré les assertions infondées d’un certain nombre d’historiens et de chercheurs qui veulent à tout prix – et au mépris d’une tradition fermement établie – que l’image qui se trouve sur le linceul de Turin soit à l’origine de la « légende » de Sainte Véronique, je persiste à affirmer qu’il s’agit bien de deux images miraculeuses différentes.

Sainte Véronique - Mattia Preti

Mattia Preti (1613-1699) : Sainte Véronique

   La tradition les distingue bien en effet :

1) d’une part, le linceul – actuellement conservé à Turin mais fut vénéré à Constantinople jusqu’au moment de l’odieuse mise à sac de la ville par les croisés (en avril 1204) – sur lequel se trouve une image en trois dimensions, « projetée » sur le linge, et qui reste totalement inexpliquée dans l’état actuel des sciences ;

2) et d’autre part le linge avec lequel cette courageuse hiérosolymite, prise de compassion, essuya la sueur, le sang et les crachats mêlés à la poussière qui souillaient le visage du Sauveur. Sur ce voile, il s’agissait probablement d’une empreinte laissée par  les matières épongées lors du contact direct (et non d’une projection). Il s’agissait de ce fait d’une image « déformée ». Vous obtiendrez quelque chose de semblable si vous vous barbouillez la figure avec de la suie et que vous vous essuyez ensuite avec un linge : en l’appliquant sur toute la surface du visage, vous obtiendrez  ensuite votre propre portrait, mais vos traits  seront déformés par une espèce d’amplification, puisque tous les contours de ce qui est en relief se retrouveront développés à plat.

   De très anciennes traditions, dont on ne veut plus tenir compte aujourd’hui, nous rapportent que l’empereur Tibère avait entendu rapporter certaines choses sur ce Jésus qui, même au-delà de la mort, recrutait des disciples et opérait des miracles. Alors qu’il se trouvait très malade et que ses médecins étaient impuissants à lui rendre la santé, il avait appris qu’une image réputée miraculeuse du Christ était en possession d’une femme, parmi ses disciples. Il la fit donc rechercher et venir à son chevet ; il entendit de sa bouche le récit de la Passion du Sauveur et recouvra la santé en contemplant son image, cette veron ‘ikon, dont le nom finit par être donné à la femme qui avait bénéficié du miracle.

   Le voile miraculeux resta donc à Rome où il est réputé demeurer aujourd’hui encore. De nos jours, il n’est plus autant exposé à la vénération des foules qu’autrefois, mais cela se produit néanmoins encore.
Lors d’un séjour romain, il y a quelques décennies de cela, j’avais eu l’occasion de rencontrer un vieux cordelier qui l’avait vu de près, sous le règne de Pie XII, et qui m’a expliqué que l’image figurant sur le voile était tellement estompée qu’elle était devenue presque imperceptible à l’œil.

Ostension de la Véronique - basilique Saint-Pierre du Vatican

Ostension de la relique de la « Véronique » dans la basilique Saint-Pierre au Vatican

   Le samedi 6 janvier 1849 donc, les chanoines de la Basilique Vaticane, ainsi qu’une foule de fidèles, étaient à genoux en présence des Reliques Majeures solennellement exposées. Tous purent soudain observer que sur la « Véronique », l’image estompée devenait de plus en plus nette et reformait le visage vivant de Notre-Seigneur Jésus-Christ : les déformations en avaient disparu, parce que les amplifications dues à l’aplatissement des traits avaient retrouvé leur relief ! C’était bien le visage de l’Homme des douleurs décrit par Isaïe, non pas dans l’apaisement de la mort comme il apparaît sur le linceul, mais saisi comme par un instantané dans le cours du chemin de la Croix.

   En 1849, les pèlerins présents dans la Basilique Saint-Pierre n’avaient bien évidemment pas avec eux d’appareils photographiques pour  immortaliser cette manifestation miraculeuse (j’emploie à dessein ce mot de manifestation, puisque le 6 janvier est la fête de l’Epiphanie, mot dérivé du grec et qui signifie justement  manifestation – au sens d’apparition -, et que nos frères chrétiens d’Orient nomment encore plus explicitement ce jour « Théophanie », c’est à dire manifestation de Dieu). Le seul moyen dont on disposait pour garder le souvenir et propager l’image de ce miracle fut donc la gravure : selon les descriptions données par les témoins, un graveur tenta de rendre les traits du visage qui s’était manifesté au cours de l’apparition, et l’on procéda à des impressions (non seulement sur papier mais aussi sur tissu) de l’image ainsi obtenue.
Ces reproductions furent distribuées par les chanoines de la Basilique Vaticane accompagnées d’un certificat d’authenticité portant le sceau de cire rouge du Chapitre.

La gravure de la Sainte Face diffusée après le miracle et vénérée par Monsieur Dupont

   En France, Monsieur Léon Papin-Dupont, surnommé le saint homme de Tours, reçut une de ces reproductions et l’installa à la place d’honneur dans son salon, bientôt converti en oratoire (cf. > ici). En effet les grâces, physiques et spirituelles, obtenues en priant devant cette image et en invoquant la Sainte Face de Notre-Seigneur Jésus-Christ, se multiplièrent rapidement, conformément aux révélations qu’avaient reçues, quelques années auparavant, dans cette même ville de Tours, une carmélite du nom de Sœur Marie de Saint-Pierre. Une confrérie de prière fut établie dans l’oratoire de Monsieur Dupont et il est intéressant de noter que la famille Martin se fit inscrire sur les registres de cette confrérie. La petite dernière, Thérèse, fut profondément marquée par cette dévotion, très implantée au Carmel de Lisieux, et choisit en conséquence de porter en religion le nom de Sœur Thérèse de l’Enfant Jésus de la Sainte Face…

   Nous terminerons donc l’évocation de ce miracle en publiant l’une des prières à la Sainte Face écrite par celle qu’un Pape a désignée comme « la plus grande sainte des temps modernes » :

   Ô Jésus, qui dans Votre cruelle Passion êtes devenu
’’l’opprobre des hommes et l’homme de douleurs’’,
je vénère Votre divin visage,
sur lequel brillaient la beauté et la douceur de la divinité,
maintenant devenu pour moi
comme le visage d’un ’’lépreux’’ !

   Mais sous ses traits défigurés,
je reconnais Votre amour infini
et je me consume du désir de Vous aimer
et de Vous faire aimer de tous les hommes.
Les larmes qui coulèrent si abondamment de Vos yeux
m’apparaissent comme des perles précieuses
que j’aime à recueillir,
afin d’acheter avec leur valeur infinie
les âmes des pauvres pêcheurs.

   Ô Jésus, dont le visage est la seule beauté
qui ravit mon coeur,
j’accepte de ne pas voir ici-bas,
la douceur de Votre regard,
de ne pas sentir l’inexprimable baiser
de Votre bouche sainte ;
mais je Vous supplie d’imprimer en moi
Votre divine resemblance,
de m’embraser de Votre amour,
afin qu’il me consume rapidement
et que j’arrive bientôt à voir
Votre glorieux visage dans le Ciel.

   Ainsi soit-il.

Voir aussi la publication sur la dévotion à la Sainte Face > ici

Oratoire du Mesnil-Marie exposition de  la Sainte Face

Gravure de la Sainte Face avec le certificat d’authenticité
délivré par le Chapitre de la Basilique vaticane,
dans l’oratoire du Mesnil-Marie

Une belle prière à l’Enfant Jésus avant la nuit sainte de la Nativité.

Enfant Jésus vainqueur du mal

Divin Enfant Jésus,
ayez pitié des gens tout seuls,
ayez pitié des âmes solitaires.

Recueillez-les tous,
prenez-les toutes avec Vous en ce soir de fête,
en cette nuit d’Amour,
en cette aurore de paix et d’espérance,
afin que leur cœur endolori, leur âme en détresse
trouvent un refuge près du plus aimant,
du plus doux, du plus tendre,
du seul tout-puissant et vrai Ami.

Si je les sais,
si je les sens blottis près de Vous,
ô mon Roi !
toutes mes souffrances seront fondues, oubliées dans l’amour.

Saint Enfant de la crèche,
qui apportez la bénédiction sur la terre,
venez dans les âmes qui Vous attendent, Vous appellent,
faites briller en elles votre Ciel,
Votre demeure aimée, Votre maison de repos, Votre crèche bénie…

Voir aussi « Prières simples devant la crèche » > ici

Du 29 novembre au 7 décembre 2008 : Neuvaine de l’Immaculée Conception.

Bénie et encouragée par notre Saint Père le Pape Benoît XVI

Chaque jour une dizaine de chapelet, suivie de trois fois l’invocation : « Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous. »

La Sainte Communion, le jour du 8 décembre ou entre le 29 nov. et le 8 déc. Sacrement de pénitence  recommandé (dans la mesure du possible).

Le Saint Père Benoît XVI à Lourdes le 13 septembre 2008

O Marie, Reine du Ciel et de la terre, à Lourdes vous êtes apparue à Sainte Bernadette pour manifester votre sollicitude pour les pécheurs que nous sommes tous, pour les malades, les pauvres et les petits : tous ceux que le monde méprise.

Au terme de cette année Jubilaire qui a vu le Souverain Pontife en pèlerin à vos pieds, exaucez les prières que nous vous adressons, unis à tous ceux qui vous aiment dans le monde entier : nous voici devant vous pour vous louer et implorer vos grâces.

Nous voulons, selon votre exemple, accueillir Jésus en nos vies et mieux vivre des enseignements de l’Evangile, que vous êtes venue nous rappeler à Lourdes :

  • par les chemins de la prière et de la pénitence, pour la conversion des pécheurs.
  • par la fidélité à l’esprit des Béatitudes : esprit de pauvreté, de douceur, de miséricorde, d’humilité et de patience dans les épreuves…
  • par la charité et le service des plus nécessiteux, spécialement les infirmes et les malades.

Daignez, ô Vierge Immaculée, recevoir et garder dans votre Coeur maternel nos cœurs qui , plein d’espérance, se tournent vers vous ; daignez entendre et – s’il plaît à Dieu – exaucer toutes les intentions que nous confions à votre intercession bénie!

Ainsi soit-il.

Publié dans:De liturgia, De Maria numquam satis, Prier avec nous |on 28 novembre, 2008 |Commentaires fermés

2008-59. Saint Raphaël, l’archange des guérisons divines.

1. Saint Raphaël dans la Sainte Ecriture
et dans la tradition biblique :

       Le nom porté par cet Archange signifie « Dieu guérit« : on sait que dans la tradition biblique, le nom exprime et représente la personnalité – l’être profond – de celui, qui le porte. C’est essentiellement par le livre de Tobie que nous connaissons cet ange qui se présentera lui-même comme « l’un des sept qui se tiennent devant le Seigneur« (1).

   Tobie est le nom d’un pieux israélite captif à Ninive.  Le livre de la Sainte Ecriture qui porte son nom nous raconte une histoire touchante, pleine de délicatesse et d’enseignements spirituels : dans sa première partie (chapitres I à III), il nous présente deux personnes justes et bonnes, Tobie et Sara, éprouvées par la souffrance ; une deuxième partie (IV à XII) nous montre comment Dieu, par le moyen de l’ange Raphaël, va leur venir en aide : Tobie sera guéri de sa cécité et Sara libérée du pouvoir d’un démon ; enfin la troisième partie (XIII & XIV) conclut l’ouvrage par le cantique d’action de grâces de Tobie et les perspectives de relèvement d’Israël.

   L’archange Saint Raphaël est un personnage clef dans cet ouvrage : ayant pris une apparence humaine et sous le nom d’emprunt d’Azarias, il se présente au jeune Tobie (en effet deux hommes portent le nom de Tobie : le père et le fils ont le même prénom ; pour des raisons de commodité nous en parlerons donc en précisant « Tobie l’ancien » pour l’un et « le jeune Tobie » pour l’autre) ; il lui propose de le conduire en Mêdie, où son père l’envoie pour recouvrer une dette.
Après avoir inspiré confiance à Tobie l’ancien, il guidera donc le jeune Tobie et lui prodiguera de judicieux conseils ; il l’invite à s’arrêter à Ecbatane, chez Raguël – un de ses parents – et à demander la main de Sara, fille de son hôte. Pour déjouer les maléfices du démon Asmodée, qui a déjà tué, avant même que le mariage soit consommé, les sept précédents maris de Sara, Raphaël enseigne à Tobie un moyen infaillible : il faut brûler le coeur et le foie d’un certain poisson que Tobie a capturé grâce à lui, et la fumée écartera tout esprit mauvais.
Après le mariage de Tobie, Raphaël continuera seul le voyage jusqu’en Mêdie et reviendra avec l’argent dû à Tobie l’ancien.
A leur retour à Ninive, toujours sur les instructions de l’ange, Tobie le jeune oint les yeux de son père avec le fiel du même poisson, ce qui lui rend la vue. Le miracle illumine le coeur du pieux vieillard qui chante alors les louanges de Dieu et la splendeur de la Jérusalem à venir. Puis Raphaël « retourne vers Celui qui l’a envoyé« 
(2).

   Le nom de cet ange n’apparaît pas ailleurs dans la Bible, mais on le trouve dans le Livre d’Hénoch (un apocryphe qui avait une grande audience chez les Juifs et – semble-t-il aussi – chez les premiers chrétiens puisque Saint Jude y fait allusion dans son épître au verset 14).

   Au temps de Notre-Seigneur, l’ange de la piscine probatique venait agiter l’eau à certains jours et le premier malade qui descendait dans la piscine après cette agitation mystérieuse était toujours guéri (3). Cet Ange, croit-on, était Saint Raphaël et c’est la raison pour laquelle l’Eglise a choisi ce récit évangélique pour la Messe propre de la fête de l’archange, le 24 octobre.

(1) Tobie XII,15.
(2) Tobie XII,20.
(3) Jean, V,4.

2. L’Archange Saint Raphaël dans la tradition chrétienne :

       L’archange Saint Raphaël est souvent considéré comme appartenant à l’ordre des séraphins. Il est aussi considéré par un certain nombres d’auteurs spirituels comme le chef des anges gardiens, et aussi comme l’ange de la Providence qui veille sur toute l’humanité.

   On le représente habituellement avec un bâton, des sandales, une gourde et une besace retenue par une bandoulière autour de son épaule : il marche en compagnie d’un jeune homme, le jeune Tobie, et de son chien ; c’est tout naturellement qu’on l’invoque comme le céleste protecteur des voyageurs et des pèlerins : et pas seulement ceux qui sont en déplacement physique mais  aussi de ceux dont la démarche intérieure est en quête de Dieu.

Saint Raphaël peint par Verrocchio

   On le prie bien évidemment pour la guérison des malades, pour être délivré des vexations diaboliques et pour être préservé de la cécité, aussi bien physique que spirituelle.

   Le culte de saint Raphaël Archange existe dans l’Eglise depuis les premiers siècles et il s’intensifia à la suite d’interventions jugées miraculeuses. En voici un exemple : Saint Magnus, évêque d’Héraclée, fuyant les barbares  à travers les lagunes, eut une apparition de Saint Raphaël qui lui promit sa protection mais lui demanda « en échange » d’ériger une église dans un lieu qui devint plus tard un quartier de Venise nommé Dorso duro, et le saint Archange fut depuis lors invoqué comme l’un des protecteurs particuliers de Venise.

3. Prières à l’Archange Saint Raphaël :

3a – Pour demander une grâce particulière :

   Glorieux Archange Saint Raphaël,
Prince de la cour céleste, très illustre par les dons de Conseil et de Sagesse, Guide des voyageurs, Consolation de ceux qui souffrent ou que la maladie tourmente, je vous supplie de m’assister dans toutes mes nécessités et dans les peines de cette vie, de la même manière que vous avez jadis secouru la famille de Tobie dans ses tribulations.
Puisque – selon votre nom – vous êtes « Remède de Dieu », je vous supplie humblement de guérir mon âme de ses nombreuses infirmités, et mon corps des maux qui l’affligent. Je vous demande en particulier……
(nommer ici la grâce particulière que l’on confie à l’intercession de l’Archange).
Soutenez-moi dans le périlleux voyage de cette vie, préservez-moi des attaques démoniaques et du découragement, en sorte que je parvienne sous votre conduite jusqu’à la céleste patrie où je pourrai avec vous et tous les Choeurs des Anges chanter éternellement les miséricordes du Seigneur.

Ainsi soit-il.

3b – Pour être préservé de la cécité physique et spirituelle
(d’après un manuscrit du XIème siècle) :

   Venez à mon secours, je vous en supplie, glorieux Prince Saint Raphaël, médecin des âmes et des corps ! O vous qui avez guéri les yeux du vieux Tobie, donnez à mes yeux la lumière physique et à mon âme la lumière spirituelle ; et par vos célestes supplications, éloignez de moi toutes ténèbres.

Ainsi soit-il.

* * * * * * *

Texte publié par  Lully en 2007 au sujet de la fête du 24 octobre et de Saint Raphaël > ici.

2008-58. Le 23 octobre, nous fêtons les Bienheureuses Ursulines martyres de Valenciennes :

23 octobre,
Fête de la Bienheureuse Marie-Clotilde de Saint-François-Borgia
et ses dix compagnes, ursulines de Valenciennes, vierges et martyres.

Les Ursulines martyres de Valenciennes - Diogène maillard

Diogène Maillart (1840-1926) : le martyre des Ursulines de Valenciennes

frise avec lys naturel

       En 1790, trente-deux religieuses habitaient le couvent des Ursulines de Valenciennes : conformément à leur vocation, elles se consacraient à l’éducation des jeunes filles.
Quand, le 18 août 1792, les congrégations religieuses enseignantes furent contraintes de se disperser, les Ursulines durent abandonner leur maison et s’exilèrent en Belgique, à Mons (deux religieuses Brigittines, chassées de leur couvent, s’intégrèrent alors à la communauté).

   Au printemps 1793, les troupes autrichiennes occupèrent Valenciennes.
Les religieuses revinrent alors dans leur couvent, rouvrirent leurs classes et reprirent leur apostolat auprès de la jeunesse de la ville.
Cette situation dura plus d’un an.

   Mais, en août 1794, l’armée autrichienne dut abandonner la ville qui fut investie par les troupes révolutionnaires.
Les « patriotes » valenciennois s’empressèrent d’incarcérer plus d’un millier de personnes, considérées comme ennemies de la république et accusées – selon la terminologie en vogue – d’être des « aristocrates » et des « fanatiques ». Parmi elles, dix religieuses Ursulines (dont les deux anciennes Brigittines) et une ancienne Clarisse qui avait rejoint la communauté des Ursulines, où sa soeur de sang était religieuse, parce que son monastère était supprimé : arrêtées le 3 septembre 1794, elles furent emprisonnées… dans leur propre couvent !
Notons au passage que la tête de Robespierre était tombée depuis déjà plusieurs semaines et que les livres d’histoire nous enseignent que, depuis lors, la « Terreur » était terminée…

   Néanmoins, quelques jours après, les habitants de la place d’armes virent se dresser une guillotine à l’endroit traditionnel des exécutions capitales, soit, à quelques mètres près, entre l’entrée de la rue de Paris et celle de la ruelle Burianne.
Les Ursulines furent tenues au courant ; Soeur Anne-Marie Erraux avoua avoir une grande frayeur à se présenter devant le bourreau si cela devait se produire. La Mère Supérieure lui rétorqua : « Je passerai devant vous pour vous montrer l’exemple ».

   Le 13 octobre, sept personnes (dont trois prêtres) furent condamnées à mort.
Le 15 octobre, sept autres prêtres furent guillotinés.
Enfin, le 17 octobre, cinq Ursulines et trois prêtres comparurent devant le tribunal.

   Mère Marie-Clotilde avait donné ordre à ses Sœurs de déclarer qu’elles n’avaient pas émigré, puisqu’elles étaient allées à Mons avec un laisser-passer en règle et qu’elles n’étaient rentrées que pour rendre service aux habitants qui leur avaient demandé de reprendre l’instruction de leurs enfants.
Elles s’en tinrent à cette défense face au président qui les interrogeait. Puisqu’elles étaient sorties du territoire avec des papiers en règle, que pouvait-on encore leur reprocher ? Rien … et le tribunal ne pourrait que les relâcher.
Mais la « justice » révolutionnaire ne voyait pas les choses de la même façon et, surtout, elle ne pouvait admettre que les Ursulines eussent repris leur vie communautaire et réorganisé l’enseignement catholique dans une ville occupée par les Autrichiens.

   Le Tribunal voulait donc leur mort ; aussi rédigea-t-il une sentence où l’injuste se mêlait à l’infâme : « Les susnommées se sont rendues coupables du crime d’émigration en abandonnant, de leur propre et entière volonté, le territoire de la République. Au mépris des lois elles y sont revenues exercer, sous la protection de l’ennemi, des fonctions qui leur avaient été interdites. Nous avons jugé à l’unanimité qu’elles ont encouru la peine de mort prononcée par les décrets des 23 et 25 octobre 1792 ».

On peut imaginer l’émotion qui étreignit les cinq Ursulines en retrouvant leurs sœurs dans la prison et en leur apprenant la condamnation dont elles venaient d’être frappées.
L’éxécution eut lieu le même jour…

guillotine

   Simplement vêtues d’un jupon et d’une chemise, les cheveux coupés courts pour faciliter le travail du couperet, elles s’avancèrent vers la guillotine en priant à haute voix avec une dignité et un calme qui impressionnèrent tous les spectateurs. A leur vue, la foule ne proféra ni cris de mort ni insultes. Des témoins déclarèrent ensuite avoir vu des gens pleurer, d’autres dirent avoir entendu ces paroles d’une religieuse à ses compagnes : « Courage, mes Sœurs, nous allons au ciel ! »

   Les cinq autres Ursulines et la Clarisse ne doutaient point du sort qui les attendait.
Mère Marie-Clotilde put faire passer à l’une de ses nièces une lettre, conservée depuis lors avec piété par sa famille, dans laquelle elle exprimait les sentiments qui l’animaient à l’approche de la mort. Elle y disait notamment que le moment lui tardait de verser son sang pour sa Foi et ajoutait : « Prenez part à mon bonheur ! »

   Le 23 octobre, elles furent convoquées devant la commission militaire.
Même interrogatoire, mêmes réponses, même sentence.
La supérieure eut beau vouloir tout prendre sur elle, les juges demeurèrent implacables.

  Elles aussi furent exécutées le jour même.
Mère Marie-Clotilde déclara aux soldats de l’escorte : « Citoyens, nous vous sommes fort obligées, ce jour est le plus beau de notre vie ! »
Elle monta la première sur l’échafaud, en chantant le Magnificat, et montra, en ce suprême instant, toute la force d’âme dont elle avait donné tant de preuves durant sa vie.

   Les corps des victimes furent transportés au cimetière Saint-Roch, récemment créé, mais on n’a jamais pu retrouver le lieu exact de leur inhumation.

   Ces onze religieuses martyrisées furent béatifiées le 13 juin 1920 par le pape Benoît XV.
Voici les noms de ces femmes héroïques :

1 – Mère Marie-Clotilde de Saint-François-Borgia (née Clotilde-Angèle Paillot),  guillotinée à l’âge de 55 ans ;
2 – Sœur Marie-Ursule de Saint-Bernardin (née Hyacinthe-Augustine Bourla), 48 ans ;
3 – Sœur Marie-Cordule de Saint-Dominique (née Jeanne-Louise Barré), 44 ans ;
4 – Sœur Marie-Augustine du Sacré-Coeur (née Marie-Madeleine Déjardins), 34 ans ;
5 – Sœur Marie-Louise de Saint-François-d’Assise (née Marie-Geneviève Ducrez), 38 ans ;
6 – Sœur Anne-Marie (née Augustine Erraux), ancienne Brigittine, 32 ans ;
7 – Sœur Marie-Françoise (née Liévine Lacroix), ancienne Brigittine, 41 ans ;
8 – Sœur Marie-Scholastique de saint-Jacques (née Marie-Marguerite Leroux), 43 ans ;
9 – Sœur Marie-Laurentine de Saint-Stanislas (née Marie-Reine Prin), 47 ans ;
10 – Sœur Marie-Nathalie de Saint-Louis (née Marie-Louise Vanot), 66 ans,
11 – Sœur Joséphine (née Anne-Joseph Leroux), Clarisse, âgée de 47 ans.

Oraison : 

       Seigneur notre Dieu, Vous avez été glorifié par le martyre la Bienheureuse Marie-Clotilde et de ses compagnes ; faites, nous Vous en prions, que suivant l’exemple de leur foi et de leur charité apostolique, nous soyons affermis dans Votre amour de sorte que rien ne puisse nous séparer de Vous. Nous Vous le demandons par Jésus, Christ, Notre-Seigneur.
Ainsi soit-il.

Ursulines martyres de Valenciennes

Prières et litanies en l’honneur de Saint Michel Archange.

       Nous avions déjà brièvement évoqué (cf. > ici) les origines de la fondation de l’abbaye du Mont Saint-Michel, mais nous ne pouvons ni ne devons passer sous silence, en cette année 2008, le treizième centenaire de la consécration du premier sanctuaire élevé sur le « Mont Tombe » par Saint Aubert, le 16 octobre 708.

   En cette circonstance, nous vous proposons quelques textes de prières à Saint Michel, toujours utiles dans les combats de notre vie spirituelle…

St  Michel au péril de la mer

Prière de Saint Louis de Gonzague à Saint Michel :

       O Prince invincible, gardien fidèle de l’Eglise de Dieu et des âmes justes, vous qui, animé d’une si grande charité et d’un si grand zèle, avez livré tant de batailles et accompli d’entreprises, non pour vous acquérir à vous-même renommée et réputation comme le font les capitaines de ce monde, mais pour accroître et défendre la gloire et l’honneur que nous devons tous à notre Dieu en même temps que pour satisfaire au désir que vous aviez du salut des hommes, venez, je vous en prie, au secours de mon âme qui est attaquée continuellement et mise en danger par ses ennemis : la chair, le monde et le démon. Vous avez conduit jadis le peuple d’Israël dans le désert, veuillez aussi être mon guide et mon compagnon dans le désert de ce monde, jusqu’à ce que vous m’ayez conduit hors de tout danger dans la terre des vivants, dans cette bienheureuse patrie d’où nous sommes tous exilés.

Ainsi soit-il.

* * *    * * *    * * *

Litanies de saint Michel

(pour la récitation privée)

Seigneur, ayez pitié de nous.
Christ, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, écoutez-nous.
Jésus-Christ, exaucez-nous.

Père céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Fils rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Esprit-Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Trinité Sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Marie, Reine des Anges, priez pour nous.
Saint Michel Archange, priez pour nous.
Saint Michel, princes très glorieux, priez pour nous.
Saint Michel, fort dans le combat, priez pour nous.
Saint Michel, vainqueur de Satan, priez pour nous.
Saint Michel, terreur des démons, priez pour nous.
Saint Michel, prince de la milice céleste, priez pour nous.
Saint Michel, héraut de la gloire divine, priez pour nous.
Saint Michel, joie des Anges, priez pour nous.
Saint Michel, honoré des Elus, priez pour nous.
Saint Michel, qui présentez au Très-Haut nos prières, priez pour nous.
Saint Michel, défenseur des âmes justes, priez pour nous.
Saint Michel, messager de Dieu, priez pour nous.
Saint Michel, dont la prière conduit aux cieux, priez pour nous.
Saint Michel, soutien du peuple de Dieu, priez pour nous.
Saint Michel, gardien et patron de l’Eglise, priez pour nous.
Saint Michel, bienfaiteur des peuples qui vous honorent, priez pour nous.
Saint Michel, porte-étendard du salut, priez pour nous.
Saint Michel, notre défenseur dans le combat, priez pour nous.
Saint Michel, ange de la paix, priez pour nous.
Saint Michel, introducteur des âmes dans la lumière sainte, priez pour nous.
Saint Michel, prévôt du Paradis, priez pour nous.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous, Seigneur.

V./ Priez pour nous, saint Michel Archange.
R./ Afin que nous soyons rendus dignes des promesses de Jésus-Christ.

Oraison :

   Dieu tout puissant et éternel, qui avez établi saint Michel gardien de l’Eglise et prévôt du paradis, accordez par son intercession, à l’Eglise la prospérité et la paix, à nous la grâce en cette vie et la gloire dans l’éternité. Par Jésus-Christ, Notre Seigneur.

Ainsi soit-il.

Imprimatur : Coutances, le 9 mars 1929. Théophile-Marie, évêque de Coutances et Avranches.

* * *    * * *    * * *

Prière à saint Michel, pour tous nos besoins :

   O bienveillant Archange, votre puissance est si grande sur le Cœur de Dieu qu’il ne vous a jamais rien refusé, et votre charité pour nous est telle que tous ceux qui vous invoquent sont assurés de votre perpétuel secours. Pleins de confiance en votre protection, nous venons vous exposer humblement nos besoins. Vous savez s’ils sont nombreux et pressants. Dissipez nos ténèbres, conduisez-nous dans la voie, défendez-nous contre nos ennemis, guérissez nos plaies et prodiguez-nous toutes les tendresses qu’un saint amour peut vous inspirer envers vos fidèles clients.

Ainsi soit-il.

Voir aussi les prières en l’honneur de Saint Michel publiées > ici.

2008-56. Célébration du cinquantième anniversaire de la mort de Pie XII (+ 9 octobre 1958).

       En ce jeudi 9 octobre 2008, à 11h30, notre Saint-Père le Pape Benoît XVI entouré des Cardinaux et des participants au Synode consacré à la Parole de Dieu, a célébré une Sainte Messe de suffrage à l’occasion du cinquantième anniversaire du rappel à Dieu de son prédécesseur le Pape Pie XII.

   Des fidèles nombreux et recueillis, certains venus à Rome de très loin pour cette circonstance, remplissaient la Basilique de Saint-Pierre au Vatican. La vénération envers le Pape Pie XII, malgré les campagnes de calomnies, grandit dans le monde et sa cause de béatification est en très bonne voie. On peut même affirmer que tous les efforts de ceux qui ont tenté de flétrir son nom et sa mémoire, ont finalement contribué à mieux étudier et à faire mieux connaître la personne et l’œuvre de ce grand Pape !

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Pour la Sainte Messe du cinquantième anniversaire du rappel à Dieu de son prédécesseur
le vénéré Pape Pie XII,
Sa Sainteté Benoît XVI portait une chasuble rouge de coupe romaine par dessus la dalmatique.

   Le chant d’entrée qui accompagnait les rites d’introduction de la Célébration eucharistique était: « In pace factus est locus eius, et in Sion habitatio eius : son repos est dans la paix et son habitation en Sion ».
L’évangile qui a été lu avant l’homélie du Saint-Père est un extrait de l’évangile selon Saint Jean (Jean V, 24-27):  » En vérité, en vérité, je vous le dis : celui qui écoute ma parole et croit au Père qui m’a envoyé, celui-là obtient la vie éternelle et il échappe au Jugement, car il est déjà passé de la mort à la vie. En vérité, en vérité, je vous le dis : l’heure vient – et c’est maintenant – où les morts vont entendre la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l’auront entendue vivront. Comme le Père a la vie en lui-même, ainsi a-t-il donné au Fils d’avoir la vie en lui-même, et il lui a donné le pouvoir de prononcer le Jugement, parce qu’il est le Fils de l’homme ».

   Après la Sainte Messe (célébrée en rouge conformément à la tradition liturgique), le Saint-Père Benoît XVI est descendu dans les « Grottes Vaticanes » pour se recueillir sur la tombe du Pape Pie XII.

   Voici maintenant le texte de l’homélie prononcée par Benoît XVI en cette circonstance :

Messieurs les Cardinaux,
Vénérés Frères dans l’Épiscopat et le Sacerdoce,
Chers frères et sœurs,

   Le passage du livre du Siracide et le prologue de la Première Lettre de saint Pierre, proclamés comme première et deuxième lecture, nous offrent de significatives occasions de réflexion dans le cadre de cette célébration eucharistique, au cours de laquelle nous faisons mémoire de mon vénéré prédécesseur, le Serviteur de Dieu Pie XII. Cinquante ans se sont exactement écoulés depuis sa mort, survenue aux premières heures du 9 octobre 1958. Le Siracide, comme nous l’avons écouté, a rappelé à ceux qui veulent suivre le Seigneur qu’ils doivent se préparer à affronter des épreuves, des difficultés et des souffrances. Pour ne pas succomber à ces dernières – exhorte-t-il – il faut un cœur qui soit droit et constant, une fidélité à Dieu et une patience qui soient unies à une inflexible détermination à avancer sur le chemin du bien. La souffrance affine le coeur du disciple du Seigneur, comme l’or est purifié dans la fournaise. “Tout ce qui t’advient, accepte-le et, dans les vicissitudes de ta pauvre condition, montre-toi patient, car l’or est éprouvé dans le feu, et les élus dans la fournaise de l’humiliation(II, 4-5).

   Saint Pierre, de son côté, dans la péricope qui a été proposée, en s’adressant aux chrétiens des communautés d’Asie mineure qui étaient “affligés par diverses épreuves”, va encore plus loin : malgré tout, leur demande-t-il, “Vous en tressaillez de joie”(1P 1, 6). L’épreuve est en effet nécessaire, observe-t-il, “afin que, bien éprouvée, votre foi, plus précieuse que l’or périssable que l’on vérifie par le feu, devienne un sujet de louange, de gloire et d’honneur, lors de la Révélation de Jésus Christ”(1P I, 7). Ensuite, pour la deuxième fois, il les exhorte à être joyeux, et même à exulter “d’une joie indicible et pleine de gloire”(v, 8 ). La raison profonde de cette joie spirituelle réside dans l’amour envers Jésus et dans la certitude de sa présence invisible. C’est Lui qui rend inébranlable la foi et l’espérance des croyants, même au cours des phases les plus complexes et les plus dures de l’existence.

   A la lumière de ces textes bibliques, nous pouvons lire le parcours terrestre du Pape Pacelli et son long service envers l’Église, commencé sous Léon XIII et poursuivi sous Pie X, Benoît XV et Pie XI. Ces textes bibliques nous aident surtout à comprendre la source à laquelle il a puisé son courage et sa patience au cours de son ministère pontifical qui s’est déroulé durant les douloureuses années du second conflit mondial et la période suivante, non moins complexe, de la reconstruction et des difficiles rapports internationaux, passés à l’histoire sous la significative appellation de “guerre froide”.

   “Miserere mei Deus, secundum magnam misericordiam tuam” : c’est avec cette invocation extraite du Psaume 50 que Pie XII débutait son testament. Et il poursuivait : “Ces mots que je prononçai, conscient d’être sans mérites et non à la hauteur, au moment où je donnai, en tremblant, mon acceptation à l’élection comme Souverain Pontife, je les répète maintenant avec plus de raison”. Deux années manquaient alors à sa mort. S’abandonner dans les mains miséricordieuses de Dieu : telle fut l’attitude que cultiva constamment mon Prédécesseur vénéré, le dernier des Papes nés à Rome, appartenant à une famille en relation avec le Saint-Siège depuis de nombreuses années.

   En Allemagne, où il exerça les fonctions de Nonce Apostolique, d’abord à Munich puis à Berlin jusqu’en 1929, il laissa derrière lui un souvenir emplit de gratitude, surtout pour avoir collaboré avec Benoît XV à la tentative de mettre fin à l’“inutile massacre” de la Grande Guerre, et pour avoir décelé, dès son avènement, le danger constitué par la monstrueuse idéologie nationale-socialiste, avec ses pernicieuses racines antisémite et anti-catholique. Créé Cardinal en décembre 1929, et devenu peu après Secrétaire d’État, il fut un fidèle collaborateur de Pie XI pendant neuf ans, à une époque caractérisée par les totalitarismes : le fascisme, le nazisme et le communisme soviétique, condamnés respectivement par les Encycliques Non abbiamo bisogno, Mit Brennender Sorge et Divini Redemptoris.

   “Celui qui écoute ma parole et croit (…) a la vie éternelle” (Jn V, 24). Cette assurance de Jésus, que nous avons écoutée dans l’Évangile, nous fait penser aux moments les plus durs du pontificat de Pie XII lorsque, sentant s’évanouir toute sécurité humaine, il ressentait fortement le besoin d’adhérer au Christ, unique certitude qui ne passe pas, et ce aussi au travers d’un constant effort ascétique. La Parole de Dieu devenait ainsi lumière sur son chemin, un chemin sur lequel le Pape Pacelli dut consoler les réfugiés et les persécutés, essuyer les larmes de douleur et pleurer les innombrables victimes de la guerre. Seul le Christ est la véritable espérance de l’homme; seulement en se confiant en Lui, le coeur humain peut s’ouvrir à l’amour qui gagne sur la haine. Cette conscience accompagna Pie XII au cours de son ministère de Successeur de Pierre, ministère commencé justement alors que s’accumulaient sur l’Europe et sur le reste du monde les nuages menaçants d’un nouveau conflit mondial qu’il tenta d’éviter par tous les moyens : “Le péril est imminent, mais il est encore temps. Rien n’est perdu avec la paix. Tout peut l’être avec la guerre”, s’était-il écrié dans son radio-message du 24 août 1939 (Acta Apostolici Sedis, XXXI, 1939, p. 334).

   La guerre mit en évidence l’amour qu’il nourrissait pour sa “Rome bien-aimée”, un amour témoigné par son intense oeuvre de charité qu’il accomplissait en faveur des persécutés, sans tenir compte d’aucune distinction de religion, d’ethnie, de nationalité, d’appartenance politique. Lorsqu’à maintes reprises, on lui conseilla de laisser le Vatican pour se mettre à l’abri, la ville étant occupée, sa réponse fut toujours la même, identique et décisive : “Je ne laisserai pas Rome et mon poste, même si je devais en mourir” (cf. Summarium, p. 186). Ses familiers et autres témoins firent, en outre, part de ses privations de nourriture, de chauffage, de vêtements, de commodités, qu’il s’imposait volontairement pour partager la condition de la population durement éprouvée par les bombardements et par les conséquences de la guerre (cf. A. Tornielli, Pie XII, Un uomo sul trono di Pietro). Et comment oublier son radio-message pour Noël, en décembre 1942 ? Avec une voix brisée par l’émotion, il déplora la situation des “centaines de milliers de personnes qui, sans aucune culpabilité de leur part, mais seulement pour des raisons de nationalité ou de race, sont destinées à la mort ou à un progressif dépérissement” (AAS, XXXV, 1943, p.23), se référant très clairement à la déportation et à l’extermination perpétrée contre les juifs. Souvent, c’est dans le secret et le silence qu’il a agi parce que, justement, à la lumière des situations concrètes de la complexité de ce moment historique, il avait eu l’intuition que c’est seulement de cette manière que l’on pouvait éviter le pire et sauver le plus grand nombre possible de juifs. Pour ses interventions, de nombreuses et unanimes attestations de reconnaissances lui furent adressées à la fin de la guerre, ainsi qu’au moment de sa mort, par les plus importantes autorités du monde juif, comme par exemple, par le Ministre des Affaires Extérieures d’Israël Golda Meir, qui écrivit : “Quand le martyre le plus épouvantable a frappé notre peuple, durant les dix années de terreur du nazisme, la voix du Souverain Pontife s’est élevée en faveur des victimes”, concluant avec émotion : “Nous pleurons la perte d’un grand serviteur de la paix”.

   Malheureusement, le débat historique, qui n’a pas toujours été serein, sur la figure du Serviteur de Dieu Pie XII, a oublié de mettre en lumière tous les aspects de son polyédrique pontificat. Très nombreux ont été les discours, les allocutions et les messages qu’il a adressés aux scientifiques, aux médecins, aux responsables des plus diverses catégories de travailleurs, dont certains d’entre eux sont, encore aujourd’hui, d’une extraordinaire actualité et qui continuent d’être un point ferme de référence. Paul VI, qui fut son fidèle collaborateur pendant de nombreuses années, le décrivit comme un érudit, un chercheur attentif, ouvert aux voies modernes de la recherche et de la culture, restant fermement, et avec cohérence, fidèle tant aux principes de la rationalité humaine, qu’à l’intangible dépôt des vérités de la foi. Il le considérait comme un précurseur du Concile Vatican II (cf. Angelus du 10 mars 1974). Dans cette perspective, un grand nombre de ses documents mériteraient d’être rappelés, mais je me limiterai à n’en citer que quelques-uns. Avec l’Encyclique « Mystici Corporis », publiée le 29 juin 1943 alors que la guerre faisait encore rage, il décrivait les rapports spirituels et visibles qui unissent les hommes au Verbe incarné, et proposait d’intégrer, dans cette perspective, tous les principaux thèmes de l’ecclésiologie, offrant pour la première fois une synthèse dogmatique et théologique sur laquelle se baserait la Constitution dogmatique conciliaire  « Lumen Gentium ».

   Quelques mois après, le 20 septembre 1943, avec l’Encyclique « Divino Afflante Spiritu », il fixait les normes doctrinales pour l’étude des Saintes Écritures, en mettant en relief son importance et son rôle dans la vie chrétienne. Il s’agit d’un document qui témoigne d’une grande ouverture à la recherche scientifique sur les textes bibliques. Comment ne pas rappeler cette Encyclique, alors que se déroulent les travaux du Synode qui a justement pour thème “La Parole de Dieu dans la vie et la mission de l’Eglise”? C’est à l’intuition prophétique de Pie XII que nous devons la première étude sérieuse des caractéristiques de l’historiographie antique, pour mieux comprendre la nature des livres sacrés, sans en affaiblir ou en nier leur valeur historique. L’approfondissement des “genres littéraires”, pour mieux comprendre ce que l’auteur sacré avait voulu dire, avait été, jusqu’en 1943, considéré comme suspect, du fait aussi des abus qui y avaient été commis. L’Encyclique ne reconnaissait pas sa juste application, déclarant illégitime son usage pour l’étude non seulement de l’Ancien mais aussi du Nouveau Testament. “Aujourd’hui, cet art – explique le Pape – que l’on a l’habitude d’appeler critique textuelle et qui est, valablement et fructueusement, utilisée dans les éditions des auteurs profanes, s’applique de plein droit aux Livres Sacrés en fonction justement du respect qui est dû à la Parole de Dieu”. Et, il ajoute : “Son objectif est, en effet, de restituer, avec toute la précision possible, sa première teneur au texte sacré, le débarrassant des déformations introduites par les fautes des copistes et le libérant des gloses et des lacunes, des transpositions de mots, des répétitions et des défauts similaires de tout ordre, qui dans les écrits transmis à la main pendant de nombreux siècles, s’infiltraient couramment” (AAS, XXXV, 1943, p.336).

   La troisième Encyclique que je voudrais mentionner est « Mediator Dei », consacrée à la liturgie, publiée le 20 novembre 1947. Avec ce Document, le Serviteur de Dieu donna l’impulsion au mouvement liturgique, insistant sur l’ « élément essentiel du culte », qui “doit être celui interne : il est, en effet, nécessaire – écrit-il – de vivre toujours en Christ, de se dédier à Lui, afin qu’en Lui, avec Lui et pour Lui on glorifie le Père. La sainte Liturgie exige que ces deux éléments soient intimement liés… Autrement, la religion devient un formalisme sans fondement et sans contenu”. Ensuite, nous ne pouvons pas, non plus, ne pas évoquer l’importante impulsion que ce Souverain Pontife donna à l’activité missionnaire de l’Église avec les Encycliques « Evangelii praecones » (1951) et « Fidei donum » (1957), mettant en relief le devoir pour chaque communauté d’annoncer l’Évangile aux personnes, comme le fera, avec une courageuse vigueur, le Concile Vatican II. L’amour pour les missions, le Pape Pacelli l’avait, du reste, manifesté dès le début de son pontificat quand, au mois d’octobre 1939, il avait voulu consacrer personnellement douze évêques provenant de pays de mission, dont un indien, un chinois, un japonais, le premier évêque africain et le premier évêque de Madagascar. Enfin, l’une des ses constantes préoccupations pastorales fut la promotion du rôle des laïcs, pour que la communauté ecclésiale puisse compter sur toutes les énergies et les ressources disponibles. Pour cela aussi, l’Église et le monde lui sont reconnaissants.

   Chers frères et sœurs, alors que nous prions pour que la cause de béatification du Serviteur de Dieu, Pie XII, se poursuive normalement, il est bon de rappeler que la sainteté fut son idéal, un idéal qu’il ne manqua pas de proposer à tous. Pour cela, il donna une forte impulsion aux causes de béatification et de canonisation de personnes appartenant à des populations diverses, de représentants de tous les états de vie, fonctions et professions, réservant une vaste place aux femmes. C’est Marie justement, la Femme du salut, qu’il montre à l’humanité comme signe de ferme espérance, en proclamant le dogme de l’Assomption durant l’Année Sainte de 1950. À notre époque qui est, comme alors, assaillie de préoccupations et d’angoisse pour son avenir ; en ce monde où, peut-être encore plus qu’alors, l’éloignement de tant de personnes de la vérité et de la vertu laisse entrevoir des scénarios privés d’espérance, Pie XII nous invite à tourner notre regard vers Marie qui est montée dans la gloire céleste. Il nous invite à l’invoquer avec confiance, pour qu’elle nous fasse apprécier toujours plus la valeur de la vie sur la terre et nous aide à diriger notre regard vers le vrai but auquel nous sommes tous destinés : cette vie éternelle qui, comme Jésus nous l’assure, est déjà possédée par celui qui écoute et suit sa parole. Amen !

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