Archive pour la catégorie 'Textes spirituels'

2011-72. Chevaliers des temps modernes.

Jeudi 22 septembre 2011,
fête de Saint Maurice et ses compagnons martyrs de la légion thébaine.

J’ai une dévotion particulière pour les « saints qui ont manié le glaive » : Saint Michel, Saint Maurice – que nous célébrons aujourd’hui -, Saint Georges, Saint Martin, le Bienheureux Charlemagne, Saint Louis et Sainte Jehanne d’Arc… Et je ne veux pas omettre ceux qui ne sont pas officiellement béatifiés ou canonisés mais qui donnèrent de si beaux exemples de courage chrétien dans l’adversité : de Godefroy de Bouillon à Baudoin IV de Jérusalem, de Jacques Cathelineau à Louis-Marie de Lescure et à Maurice d’Elbée, d’Andreas Hofer à notre « Grand Chanéac » local, de nos chers Zouaves Pontificaux au Maréchal de Lattre de Tassigny… etc.

Toutefois – faut-il le préciser? – ce sont moins les faits d’armes que les vertus humaines autant que surnaturelles qu’ils sous entendent qui me fascinent en tous ces héros : tant d’illusions concernant l’amour et la vie – je ne dis pas « la vie chrétienne » mais bien « la vie » d’une manière générale – ont cours en nos temps où sont largement répandues une mauvaise compréhension de la paix et de ses véritables qualités!

Que nous le voulions ou non, la vie de l’homme est un combat (cf. > www) et ceux qui refusent cette évidence ne peuvent aller que d’échecs en échecs.

J’ai donc été particulièrement heureux, ce matin, de recevoir le texte si lucide et si vrai écrit par Isabelle, une amie qui a connu beaucoup d’épreuves et de souffrances : texte qu’elle a intitulé « Chevaliers des temps modernes » et auquel je souscris pleinement. Elle m’a autorisé à le reproduire ici, et je l’en remercie très chaleureusement.

Je souhaite que les mots d’Isabelle – qu’il faut savourer lentement et méditer longuement – soient pour chacun de vous lumière et force.

 Frère Maximilien-Marie.

le combat de St Georges contre le dragon (bréviaire de Martin d'Aragon - XVe siècle)

St Georges combattant le dragon : miniature du bréviaire de Martin d’Aragon (XVème siècle)

Chevaliers des temps modernes.

« Je m’insurge toujours contre tous les discours trop mielleux qui veulent faire croire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Ce sont là paroles pour endormir. Comme si l’on pouvait tout bonnement endormir la douleur ; en réalité de tels discours endorment l’esprit!

La souffrance sera toujours un élément de ce monde. Personne ne peut y échapper.
Toutefois c’est apprendre à l’affronter, autrement, qui nous grandit, dans un combat spirituel et non pas uniquement par l’une ou l’autre méthode, technique, croyance toute limitée par nos limites humaines.
J’utilise sciemment le terme « combat » en parlant de cette confiance en plus grand que nos seules forces humaines, cette foi, car la foi n’est pas facile, faire confiance est difficile, c’est même la « chose » la plus difficile qui soit. Ce n’est pas un élan naturel de l’homme. C’est pourtant vers cela que nous sommes appelés : à cet abandon confiant en ce qui nous dépasse et dont nous sommes.
Ainsi, je m’aperçois que je reviens toujours à ce que j’ai écrit au coeur de l’épreuve du deuil : ne pas esquiver nos peurs, les épreuves, la souffrance mais sans s’y arrimer. Sans s’y attacher…  Les laisser s’exprimer pour les écouter et en apprendre qu’il y a là une marche à gravir, une nouvelle marche, une de plus, du grand escalier de la vie et que l’on doit accepter de la gravir, faute de stagner ou de redescendre.
Parfois, oui, bien sûr, il arrive de descendre, de faire du sur place, le temps de reprendre son souffle, mais ce n’est jamais pour en rester là ; sinon à quoi servirait l’escalier?

Me reviennent les paroles de mon mari : il faut parfois descendre bien bas pour grimper plus haut. Handicapé, il savait ce que voulait dire monter les marches…
Monter est un effort, une énergie à déployer, et pour la personne malade – et nous sommes tous des malades en voie (quête) de guérison –  c’est un « combat » POUR monter.
C’est ce combat POUR cette ascension qui permet de CONTRER tout ce qui s’y oppose.

Je pense aux contes de notre jeunesse, aux grands mythes universels, mythes « fondateurs » : les héros sont toujours ceux qui n’esquivent pas l’obstacle, qui prennent le temps de s’y confronter avant d’engager la lutte et vaincre en sachant perdre…
Forêts obscures des egos ignorés, de notre néant, départs impromptus, abandon de tout le connu derrière soi, rencontre de l’étrange(r), anges et démons, bêtes féroces, elfes et génies, du mystère (ce « noir » de nos enfances) qui effraie, plaies et blessures qui suppurent l’oubli, l’aveuglement, fin’amor qui ouvre la fine pointe de l’âme, conquête de La Dame d’Amour, de la Lumière, de Vérité, de la Beauté (intérieure), de le Sagesse, Source de jouvence qui est Source de Vie guérissant les plaies dont la cicatrice rappelle la lutte menée jusqu’au bout.
La victoire est toujours de « haute lutte », loin des chemins d’un bien-être mollasson parcouru à coups de pratiques méditatives en « groupe » (encore la peur de la solitude au combat), de paroles usées, de croyances en kits, de thérapies à la petite semaine.
Les mythes nous exhortent à être ces Gilgamesh, Ulysse, Jacob, Job, Jonas, Chevaliers de la Table Ronde…
C’est un chemin héroïque, qui exige persévérance et humilité : le chevalier est celui qui est capable de s’agenouiller devant plus grand que lui (c’est apprendre à connaître son petit moi et le quitter pour trouver l’Autre), il est celui qui n’a pas peur de s’incliner sachant qu’il sera invité à se relever, à s’élever. C’est le mouvement de l’adoubement…

Est chevalier celui qui passe les épreuves une à une, armé du silence et de la patience, armé de confiance, de foi… »

chevalier gif

2011-70. Cappuccino et croissants…

12 septembre,
fête du Saint Nom de Marie.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

La liturgie célèbre en ce jour le Saint Nom de Marie (que j’avais déjà évoqué > ici).
Cette fête, qui appartenait auparavant au propre de certains diocèses ou congrégations religieuses, fut instituée dans l’Eglise universelle par le Bienheureux Innocent XI en action de grâces pour la victoire de Vienne, qui advint le 12 septembre 1683.
Supprimée dans le calendrier de la liturgie réformée de 1969, elle y a été réintroduite par Jean Paul II dans l’édition de l’année 2002 du missel pour la « forme ordinaire du rite romain » (*), alors qu’elle est toujours restée – bien entendu! – dans les fêtes de la messe latine traditionnelle.

L’expansion de l’empire ottoman :

Disons-le sans détour : la « religion » mahométane a toujours été un danger pour la chrétienté et, depuis son origine, l’islam, à des degrés divers, a toujours persécuté les chrétiens.

Prise de Constantinople par le sultan Mehmet II en 1453

La chute de Constantinople le 29 mai 1453.

Après la prise et le saccage de Constantinople, le 29 mai 1453 (dont l’anniversaire devrait être à perpétuité célébré par une journée de deuil européen), les Turcs n’ont jamais cessé de se lancer à la conquête de l’Occident et de vouloir le soumettre à leur cruelle domination.

Trois ans plus tard, ayant soumis la Grèce, l’Albanie et la Serbie, les Ottomans furent stoppés devant Belgrade par l’armée des va-nu-pieds commandée par Jean Hunyadi et animée par le franciscain Saint Jean de Capistran. C’était le 22 juillet 1456.
Le sultan Mahomet II, de sinistre mémoire puisque c’est lui qui s’était emparé de Constantinople et en avait ordonné la mise à sac, fut lui-même blessé dans cette bataille et s’enfuit.
Par la suite, il réussira néanmoins à conquérir la Bosnie et l’Herzégovine.

Saint Jean de Capistran

Saint Jean de Capistran (1386-1456)
acteur spirituel de la victoire de Belgrade par l’invocation du Saint Nom de Jésus.

En apprenant la victoire de Belgrade, le pape Callixte III déclara que cette bataille avait « décidé du sort de la Chrétienté » et, en action de grâces, il institua pour toute l’Eglise la fête de la Transfiguration de Notre-Seigneur, à la date du 6 août.

Il est à noter qu’en cette année 2011, le 4 juillet, le parlement hongrois a adopté à la demande du premier ministre Victor Orban, une motion faisant de l’anniversaire de cette victoire, le 22 juillet donc, une journée de commémoration nationale.
La république française instituera-t-elle un jour une fête nationale à la date du 25 octobre pour commémorer la fameuse victoire de Charles Martel en 732?

Dans la seconde moitié du XVème siècle, toujours par la guerre et le pillage, l’empire ottoman conquit l’Iraq, la Perse et l’Egypte.
Vient ensuite le règne de celui qui est entré dans nos livres d’histoire sous le nom de Soliman le magnifique (1520-1566) : il soumit à nouveau la Serbie en s’emparant de Belgrade en 1521, prit Rhodes en 1522, conquit une partie de la Hongrie en 1526, mit le siège devant Vienne à trois reprises, étendit son empire sur l’Anatolie, l’Azerbaïdjan, le Yémen et toute l’Afrique du Nord… etc.

Le successeur de Soliman, Sélim II, attaqua Malte, sans pouvoir s’en emparer, mais il soumit Chypre.
C’est alors que la célèbre bataille de Lépante, le 7 octobre 1571, mit un terme à l’expansion ottomane vers l’Occident et amorça le déclin de cet empire fanatique.

St Pie V en prière reçoit la révélation de la victoire de Lépante

Lazzaro Baldi : Saint Pie V en prière reçoit la révélation de la victoire de Lépante.

Je ne m’étendrai pas ici sur les détails de cette bataille. Je rappellerai seulement que, obtenue en particulier par une mobilisation de prière – spécialement la prière du Rosaire -, la fête de Notre-Dame de la Victoire du Très Saint Rosaire, aujourd’hui plus simplement nommée fête de Notre-Dame du Rosaire et célébrée à la date du 7 octobre (mais solennisée le premier dimanche d’octobre), fut alors instituée en action de grâces par le Pape Saint Pie V.

La Victoire de Vienne :

Après leur défaite à Lépante, les Turcs ne se calmèrent toutefois pas tout de suite : à plusieurs reprises au cours du XVIIème siècle, ils tentèrent de nouvelles avancées en Europe centrale.

En 1683, c’est une armée de quelque trois cent mille hommes commandée par le grand vizir Kata Mustapha Pacha – particulièrement cruel : il avait fait exécuter quelque 25.000 otages chrétiens -, et guidée par le comte hongrois Tököly (qui était protestant et dont la haine du catholicisme lui faisait préférer soutenir les mahométans), qui vint mettre le siège devant Vienne à partir du 14 juillet.
L’empereur Léopold et son beau-frère, Charles V de Lorraine, avaient quitté la ville, dans laquelle seulement treize mille hommes restaient sous les ordres du comte Sarhenberg.

Le Bienheureux Innocent XI espérait constituer une nouvelle ligue des princes et souverains catholiques contre les Turcs, mais en définitive il ne put compter que sur le roi de Pologne Jean III Sobieski  (1624-1696).
Jean III était d’abord réticent et voulait imposer des conditions exorbitantes à sa participation : le Bienheureux Marc d’Aviano, un prêtre capucin envoyé par le Pape Innocent XI, vint le trouver alors qu’il se trouvait en pèlerinage à Chestochowa.
Le capucin l’exorta, le poussa à la réflexion et à la prière et… le roi de Pologne se mit en route avec ses troupes le 15 août.

Bienheureux Marc d'Aviano

Bienheureux Marc d’Aviano (1631-1699)
Prêtre capucin et acteur spirituel de la victoire de Vienne.

Le roi Sobieski arriva sur les collines au nord de Vienne le 10 septembre. Le Bienheureux Marc d’Aviano s’employa alors à confesser et à encourager les combattants.

Le dimanche 12 septembre 1683, Jean Sobieski servit la messe célébrée par le Bienheureux Marc d’Aviano : il y communia, arma son fils chevalier et prit le commandement de l’armée catholique où, en plus de ses troupes polonaises, il y avait celles du duc de Lorraine et du prince de Waldeck.
«Aujourd’hui, s’écria-t-il, il y va tout ensemble de la délivrance de Vienne, de la conservation de la Pologne et du salut de la chrétienté entière!»

Le Père Marc bénit les troupes, en leur prophétisant une grande victoire (on rapporte même qu’il remplaça l’ Ite missa est par ces mots : Ioannes vincet! Jean vaincra).
Puis Jean III se mit à la tête des coalisés et chargea en criant : «Non nobis, Domine, non nobis, sed nomini tuo da gloriam! Non pas à nous, Seigneur, non pas à nous, mais à Votre Nom donnez la gloire (
ps. CXIII)».
Les Ottomans furent battus sur le site de Kahlenberg et, dans Vienne délivrée, Jean Sobieski vint se prosterner avec ses généraux devant la statue de Notre-Dame de Lorette, vénérée dans l’église des Augustins où l’on chanta un Te Deum.

Ce jour-là, on avait fait dans Rome une grande procession que, malgré une crise de goutte, le Bienheureux Innocent XI avait tenu à suivre en personne ; le 24 septembre, le cardinal-vicaire prescrivit des sonneries de cloches et des prières d’action de grâces et, le 25 novembre, un décret établissait la fête du Saint Nom de Marie, l’assignant au dimanche dans l’octave de la Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie. Par la suite, elle fut fixée au jour anniversaire de la bataille : le 12 septembre.

Cappuccino et croissants : 

Alors que – dans l’ignorance crasse des évènements du passé qui semble caractériser notre époque et favoriser de ce fait toute sorte d’imprudences politiques et religieuses – la grande victoire de Vienne paraît oubliée : il n’en demeure pas moins qu’un très grand nombre de nos contemporains la célèbrent sans le savoir, parfois même de manière quotidienne en… savourant un croissant et en buvant un cappuccino!!!

Cappuccino et croissant

Le croissant fut en effet créé par les boulangers de Vienne à la suite de cette victoire : selon la tradition, pendant le siège et avant la délivrance accomplie par Jean III Sobieski, les Ottomans avaient tenté de s’emparer de la ville par surprise en creusant la nuit des galeries passant sous les remparts.
Mais les boulangers, qui travaillaient justement la nuit dans leurs fournils, entendirent le bruit des travaux de sape organisés par les envahisseurs et donnèrent l’alarme, ce qui permit de déjouer leur ruse.
En récompense, l’empereur Léopold leur accorda le privilège d’immortaliser l’évènement par la réalisation d’une pâtisserie dont la forme fut inspirée par le croissant de lune placé par les mahométans sur leurs étendards.
A l’origine, ces viennoiseries étaient réalisées avec une pâte à pain briochée. Elles furent importées en France par la Reine Marie-Antoinette, et c’est seulement en 1920 que les boulangers parisiens commencèrent à les confectionner avec une pâte au beurre feuilletée.

Quand au cappuccino, dont se délectent les amateurs de café, son nom lui vient directement du Bienheureux Marc d’Aviano, qui était, je vous l’ai dit, prêtre capucin (cappuccino en italien) : les armées ottomanes en s’enfuyant avaient laissé des sacs plein de café dont le bon religieux fit faire une boisson réconfortante pour ceux qui avaient victorieusement combattu. La manière dont il le fit apprêter, encore inconnue à Vienne, connut un si vif succès qu’elle lui valut de garder le nom de son ordre religieux!

En cette fête du Saint Nom de Marie, et avant que des esprits tordus – comme on peut en trouver si souvent parmi ceux qui veulent imposer à l’Occident le renoncement à ses racines et traditions – ne les fassent interdire, rendez donc gloire à Dieu en savourant quelques croissants et un bon cappuccino, tout en vous réjouissant de la musique composée par Jean-Baptiste Lully pour la burlesque cérémonie des Turcs du « Bourgeois gentilhomme »!

Lully.

Voir aussi :
Les réflexions et citations publiées > ici

(faire un clic droit sur l’image ci-dessous, puis « ouvrir le lien dans un nouvel onglet »)

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(*) Je ne suis pas certain que presque 10 ans après sa publication officielle en langue latine cette édition du missel pour la forme ordinaire, qui a pourtant valeur normative, ait été publiée pour les diocèses de France!

2011-68. Décret du Saint-Siège concernant le martyre des victimes des massacres de septembre 1792 à Paris.

La date du 2 septembre ramène le souvenir et la fête liturgique des Bienheureux Martyrs de Septembre 1792.

Si ces Bienheureux ont été massacrés à Paris, si la majorité de ces Martyrs appartient au clergé parisien, il n’en demeure pas moins aussi qu’un certain nombre d’entre eux sont soit membres de congrégations religieuses soit originaires d’autres diocèses de France. Ce pourquoi cette fête est célébrée dans un grand nombre de diocèses.

Deux prêtres du diocèse de Viviers sont au nombre de ces glorieux martyrs, sauvagement assassinés en haine de l’Eglise Catholique Romaine, ce sont :
1) l’abbé Jean-Antoine Hyancinthe Boucharenc de Chaumeils : né en 1738 à Pradelles (cette ville appartenait à l’ancien diocèse de Viviers mais a été rattachée à celui du Puy à la révolution), vicaire général de Viviers, martyrisé aux Carmes le 2 septembre ;
2) l’abbé Jean-Joseph de Lavèze-Bellay : né en 1745 à Gluiras, en Vivarais, il fut prêtre incardiné à l’archidiocèse de Paris où il était confesseur des malades de l’Hôtel-Dieu ; il fut martyrisé au séminaire Saint-Firmin le 3 septembre.

On trouvera ci-dessous le décret du Saint-Siège qui permit la béatification de 191 des victimes mais différa celle de vingt-deux autres ecclésiastiques (surtout en raison du défaut de renseignements certains).
Si ce décret, que nous publions dans son intégralité, présente un aspect « juridique » très marqué en certains de ces passages, nous retiendrons spécialement les paragraphes introductifs dans lesquels fut exprimé par le Saint-Siège un jugement sans ambiguïté sur la révolution, son inspiration, ses acteurs et ses oeuvres ; ce sont ces lignes mêmes qui nous portent aujourd’hui à la reproduction de ce texte dans ce blogue.

Nota Bene:
Voir aussi le texte que nous avions publié le 2 septembre 2008 > ici.

St Joseph des Carmes (Paris) reliques des bienheureux martyrs de septembre 1792

L’une des vitrines des cryptes de l’église Saint-Joseph des Carmes, à Paris,
présentant les restes des prêtres et religieux massacrés les 2 et 3 septembre 1792.

Rome 1er Octobre 1926,
Fête de saint Rémy, évêque de Reims.

On ne pourra jamais assez déplorer ce noir et misérable fléau qui, à la fin du XVIII° siècle, caché sous le nom mensonger de philosophie, avait perverti les esprits et corrompu les mœurs, et rempli avant tout la France de meurtres et de ruines.
L’âme est émue d’horreur au souvenir des inexprimables spectacles de cruauté et de barbarie qu’exhibèrent, pendant la révolution française, des hommes impies et scélérats, à peine dignes de ce nom d’hommes : les temples sacrés dépeuplés, les signes sacrés de la religion catholique violés, des évêques, des prêtres, de pieux laïques immolés arbitrairement, pour avoir refusé de prononcer une formule de serment décrétée par la puissance laïque et ouvertement opposée aux droits de l’Eglise, à la liberté de la conscience, ou pour s’être montrés moins bienveillants envers ces nouvelles institutions politiques.

Parmi tant de prêtres illustres et de chrétiens remarquables, qui durant cette noire tempête furent livrés à la mort, brille certes au premier rang cette insigne légion d’hommes, qui, à Paris, au mois de septembre 1792 furent immolés avec une souveraine injustice et une infâme barbarie.
Deux-cent-treize d’entre eux ont paru digne d’être décorés comme de courageux soldats du Christ de l’honneur que l’Eglise a l’habitude de décerner à ses martyrs, et la cause de leur martyre a été déférée au Siège Apostolique.
Leur mort fut exécutée au lieu même où ils étaient gardés prisonniers, c’est-à-dire au Couvent des Carmes pour cent-dix dont les noms suivent fidèlement transcrits, soixante-dix-sept furent massacrés au Séminaire Saint-Firmin, vingt-trois serviteurs de Dieu parmi les prisonniers écroués à la prison de l’Abbaye Saint-Germain, trois également dans la prison appelée La Force.

Les listes judiciaires établies et examinées devant le tribunal ecclésiastique de Paris par l’Autorité de l’Ordinaire et par celle du Siège Apostolique, sur le martyre et la cause du martyre, et les signes ou miracles, et leur forme légitime approuvée, une Congrégation Antépréparatoire fut tenue dans la demeure du Révérendissime Cardinal Vincent Vannutelli, Ponent de la Cause, le 23 octobre 1923 : il y fut traité du martyre, de la cause du martyre et des signes ou miracles de tous ces serviteurs de Dieu.
L’Assemblée Préparatoire fut convoquée deux années après au Vatican dans la Salle des Congrégations, le 15 novembre.
Cette année courante, le 13 juillet, les Comices Généraux ont été célébrés devant Notre Très Saint-Père le Pape Pie XI : Le Cardinal Vannutelli y proposa à la discussion le doute suivant : “Qu’en est-il du martyre, de la cause du martyre, et des signes ou miracles des susnommés deux-cent-treize Serviteurs de Dieu ? »

Les suffrages des Révérendissimes Cardinaux et des Pères Consulteurs furent écoutés avec attention par le Très Saint Père ; il différa cependant l’expression de son sentiment ; il fut d’avis qu’il fallait prier Dieu et implorer une plus grande abondance de lumière divine dans une affaire si grave.
Lorsque, tout bien pesé dans un examen mûr et sérieux, il fut décidé d’ouvrir sa pensée, il désigna ce jour présent où l’on célèbre le souvenir solennel de Saint-Rémy, évêque de Reims ; et, après avoir très dévotement offert l’Hostie de la Paix, il commanda d’appeler les Révérendissimes Cardinaux Antoine Vico, Evêque de Porto et de Sainte-Rufine, Préfet de la Sacrée Congrégation des Rites, et Vincent Vannutelli, Evêque d’Ostie et de Préneste, Doyen du Sacré Collège et Ponent de la Cause, avec le R.P. Charles Salotti, Promoteur Général de la Foi, et moi Secrétaire soussigné, et séant sur le trône Pontifical, il édicta par un décret solennel : «Le martyre et la cause du martyre pour cent-quatre-ving-onze des Vénérables Serviteurs de Dieu énumérés ci-dessus, apparaît de manière assez claire pour qu’on puisse procéder aux formalités suivantes dans le cas et à l’effet dont il s’agit ; quant aux vingt-deux autres il apparaît que plus raisonnable que leur cause soit différée et que les preuves soient fortifiées. »
Ce sont (ceux dont la cause a été différée) : François GUILLAUMOT – Jean, Charles LEBRETON – GUESDON prêtre – Pierre Alexandre de LANGLADE – François Louis LAUGER de LAMANON – Michel Joseph LEMERCIER – Jean MASSIN – Jean-Marie MONGE – Louis PELLIER – Augustin PORLIER – Louis François ROSE – Jean César ROSTAING – Joseph Martial TEXIER – Jean Joseph THIERRY – Joseph VOLONDAT – Antoine Claude Auguste BEAUPOIL de Saint AULAIRE – Salvator COSTA – Jacques FANGOUSSE DE SARTRET – Marie Antoine Philippe FAUCONNET – Guillaume VIOLARD – Thomas Pierre Antoine de BOISGELIN – le prêtre MARTIN.

Et il ordonna que le décret soit de droit public et inséré dans les Actes de la Sacrée Congrégation des Rites, le jour des Kalendes d’Octobre de l’année 1926

A. Card. VICO
Portuen et S.Rufine, S.R.C. Prefectus
Angelus Mariani, S.R.C. Secretarius

Eglise Saint Joseph du couvent des Carmes rue de Vaugirard - Paris

Eglise Saint-Joseph du couvent des Carmes, rue de Vaugirard à Paris.

Nota : on trouve sur le site de l’association du Souvenir des Bienheureux Martyrs de Septembre 1792 (> ici) , la liste complète de toutes les victimes, béatifiées ou « différées ».

2011-64. Enseignements de Saint Louis à son fils le Prince Philippe.

Le 25 août, nous fêtons Saint Louis IX. Au Mesnil-Marie, nous avons l’immense grâce de conserver l’une de ses reliques que nous exposons ce jour dans notre oratoire.
Surtout, profitons de cette fête pour méditer les exemples et les enseignements du plus grand et du plus saint de nos Rois.
Nous reproduisons ci-dessous le texte habituellement reçu (en français contemporain) des fameux « Enseignements » que le saint monarque mit par écrit à l’intention de son fils, le Prince Philippe, qui lui succédera comme Philippe III le Hardi.

Simon Vouet - St Louis recevant du Christ la Ste Couronne d'épines

Le Christ remettant à Saint Louis la Sainte Couronne d’Epines
(Simon Vouet – église Saint Paul Saint Louis, au Marais)

Cher fils, je t’enseigne premièrement que tu aimes Dieu de tout ton cœur et de tout ton pouvoir, car sans cela personne ne peut rien valoir.

Tu dois te garder de toutes choses que tu penseras devoir lui déplaire et qui sont en ton pouvoir, et spécialement tu dois avoir cette volonté que tu ne fasses un péché mortel pour nulle chose qui puisse arriver, et qu’avant de faire un péché mortel avec connaissance, que tu souffrirais que l’on te coupât les jambes et les bras et que l’on t’enlevât la vie par le plus cruel martyre.

Si Notre Seigneur t’envoie persécution, maladie ou autre souffrance, tu dois la supporter débonnairement, et tu dois l’en remercier et lui savoir bon gré, car il faut comprendre qu’il l’a fait pour ton bien. De plus, tu dois penser que tu as mérité ceci (et encore plus s’il le voulait) parce que tu l’as peu aimé et peu servi, et parce que tu as fait beaucoup de choses contre sa volonté.

Si Notre Seigneur t’envoie prospérité, santé du corps ou autre chose, tu dois l’en remercier humblement, et puis prendre garde qu’à cause de cela il ne t’arrive pas de malheur causé par orgueil ou par une autre faute, car c’est un très grand péché de guerroyer Notre Seigneur de ses dons.

Cher fils, je t’enseigne que tu entendes volontiers le service de la sainte Église, et quand tu seras à l’église, garde-toi de perdre ton temps et de parler vaines paroles. Dis tes oraisons avec recueillement ou par bouche ou de pensée, et spécialement sois plus recueilli et plus attentif à l’oraison pendant que le corps de Notre Seigneur jésus Christ sera présent à la messe, et puis aussi pendant un petit moment avant.

Cher fils, je t’enseigne que tu aies le cour compatissant envers les pauvres et envers tous ceux que tu considéreras comme souffrants ou de cour ou de corps ; et selon ton pouvoir soulage-les volontiers ou de soutien moral ou d’aumônes.

Prends garde que tu sois si bon en toutes choses qu’il soit évident tu reconnaisses les générosités et les honneurs que Notre Seigneur t’a faits de sorte que, s’il plaisait à Notre Seigneur que tu aies l’honneur de gouverner le royaume, tu sois digne de recevoir l’onction avec laquelle les rois de France sont sacrés.

Cher fils, s’il advient que tu deviennes roi, prends soin d’avoir les qualités qui appartiennent aux rois, c’est-à-dire que tu sois si juste que, quoi qu’il arrive, tu ne t’écartes de la justice. Et s’il advient qu’il y ait querelle entre un pauvre et un riche, soutiens de préférence le pauvre contre le riche jusqu’à ce que tu saches la vérité, et quand tu la connaîtras, fais justice.

Sois bien diligent de protéger dans tes domaines toutes sortes de gens, surtout les gens de sainte Église ; défends qu’on ne leur fasse tort ni violence en leurs personnes ou en leurs biens.

Cher fils, je t’enseigne que tu sois toujours dévoué à l’Église de Rome et à notre saint-père le Pape, et lui portes respect et honneur comme tu le dois à ton père spirituel.

Mets grande peine à ce que les péchés soient supprimés en ta terre, c’est-à-dire les vilains serments et toute chose qui se fait ou se dit contre Dieu ou Notre-Dame ou les saints : péchés de corps, jeux de dés, tavernes ou autres péchés. Fais abattre tout ceci en ta terre sagement et en bonne manière.

Cher fils, je te donne toute la bénédiction qu’un père peut et doit donner à son fils, et je prie Notre Seigneur Dieu Jésus-Christ que, par grande miséricorde et par les prières et par les mérites de sa bienheureuse Mère, la Vierge Marie, et des anges et et des archanges, de tous les saints et de toutes les saintes, il te garde et te défende que tu ne fasses chose qui soit contre sa volonté, et qu’il te donne grâce de faire sa volonté afin qu’il soit servi et honoré par toi ; et puisse-t-il accorder à toi et à moi, par sa grande générosité, qu’après cette mortelle vie nous puissions venir à lui pour la vie éternelle afin de le voir, aimer et louer sans fin. Amen.

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Récit de la mort de Saint Louis > ici
Prières et litanies en l’honneur du Roi Saint Louis > ici

Litanies du Saint Coeur de Marie :

La dévotion a inspiré plusieurs formules de litanies en l’honneur du Coeur de Marie : aucunes d’entre elles ne font partie des litanies officielles de l’Eglise (qui peuvent être utilisées lors des cérémonies liturgiques), toutefois celles dont nous reproduisons le texte ci-dessous ont été publiées dans le « Manuel de piété à l’usage des élèves du Sacré-Coeur » qui avait reçu l’approbation de l’évêque du Mans en 1835.

Saint Coeur de Marie

Seigneur, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, ayez pitié de nous.
Jésus-Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, écoutez-nous.
Jésus-Christ, écoutez-nous.

Jésus-Christ, exaucez-nous.
Jésus-Christ, exaucez-nous.

Père céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Esprit-Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Trinité Sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Coeur de Marie conçue sans péché,priez pour nous!
Coeur de Marie, objet des complaisances du coeur de Dieu, priez pour nous!
Coeur de Marie, uni au Coeur de Jésus, priez pour nous!
Coeur de Marie, organe du Saint-Esprit, priez pour nous!
Coeur de Marie, sanctuaire de l’adorable Trinité, priez pour nous!
Coeur de Marie, tabernacle du Verbe incarné, priez pour nous!
Coeur de Marie, immaculé dès le commencement, priez pour nous!
Coeur de Marie, rempli de grâce, priez pour nous!
Coeur de Marie, béni entre tous les coeurs, priez pour nous!
Coeur de Marie, trône de gloire, priez pour nous!
Coeur de Marie, abîme d’humilité, priez pour nous!
Coeur de Marie, holocauste du divin amour, priez pour nous!
Coeur de Marie, fixé à la croix avec Jésus crucifié, priez pour nous!
Coeur de Marie, consolation des affligés, priez pour nous!
Coeur de Marie, refuge des pécheurs, priez pour nous!
Coeur de Marie, espérance des agonisants, priez pour nous!
Coeur de Marie, siège de la miséricorde, priez pour nous!

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur!
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur!
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous!

V/. Marie immaculée, douce et humble de coeur,
R/. Rendez mon coeur semblable au Coeur de Jésus!

Oraison :

Dieu très clément, qui, pour donner le salut aux pécheurs et un refuge aux miséreux, avez voulu que le Coeur immaculé de la Bienheureuse Vierge Marie soit semblable par la charité et la miséricorde au divin Coeur de Jésus-Christ votre Fils, accordez à ceux qui honorent ce Coeur très doux et très aimant de parvenir, par l’intercession et les mérites de cette Bienheureuse Vierge, à une parfaite conformité avec le Coeur de Jésus, Lui qui vit et règne avec Vous dans l’unité du Saint-Esprit, Dieu, pour les siècles des siècles.

Ainsi soit-il.

Sacrés Coeurs de Jésus et Marie

Quelques autres prières que nous avons publiées : « Prière de Saint François de Sales à Notre-Dame » > ici ; « Prière au Coeur immaculé de Marie, refuge des pécheurs » > ici ; « Confiante supplication à Notre-Dame de Compassion » > ici ; « Prière du Rd. Père de Grandmaison » > ici.

2011-63. Légende du Roi Robert de Sicile.

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Vendredi soir 19 août 2011.

Aujourd’hui, dans nos montagnes, il faisait une chaleur caniculaire qui rendait impossible de travailler dehors au débroussaillage. Alors, j’ai aidé Frère Maximilien-Marie à classer et à ranger des documents. C’est ainsi que je suis tombé sur un classeur contenant des textes qu’il avait rédigés, ou bien adaptés à partir d’anciennes légendes, pour en faire des saynètes jouées lors de petits spectacles de camps de vacances ou de soirées scoutes.

J’ai donc décidé de recopier pour vous la « Légende du Roi Robert de Sicile ».

Lully.

Palerme - le palais royal dit palais des Normands

Il y a bien des siècles, au temps où la Sicile était un royaume indépendant, elle eut pour souverain un roi puissant et redouté qui avait pour nom Robert.
Il était d’un caractère fier et ombrageux. Victorieux en toutes ses batailles, il avait pris l’habitude de voir toutes les volontés soumises à la sienne et toute chose s’incliner sous son sceptre. On le craignait plus qu’on ne l’aimait.

Un jour où il faisait célébrer dans la somptueuse chapelle palatine un office solennel pour magnifier l’une de ses victoires, il remarqua une phrase qui revenait d’une manière régulière dans le chant.
Comme il n’entendait point la langue latine, il fit signe à l’un des chapelains qui entourait son trône :
« - Mon Père, dites-moi donc : quel est le sens de cette parole qui revient si souvent, comme une espèce de refrain, dans le chant du choeur?
- Sire, répondit l’ecclésiastique, c’est un verset du « Magnificat » : « Deposuit potentes de sede et exaltavit humiles », et cela signifie : « Le Seigneur a déposé des puissants de leurs trônes et il a exalté les humbles »…
- Comment? s’indigna Robert. Qu’est ce que cela veut dire? Se moque-t-on de moi jusque dans mon propre palais?… Mon trône à moi est ferme, et personne ne me l’enlèvera! J’en suis l’héritier légitime par droit de naissance, et je travaille chaque jour à le rendre plus glorieux par mes conquêtes! Dieu serait bien injuste s’il me l’ôtait! »

L’orgueil de Robert avait été touché au vif. Contrarié, mécontent, il se renfrogna. L’office était long, sa beauté lui devint insipide et ennuyeuse… au point qu’il s’assoupit.

Palerme - chapelle palatine

Quand il se réveilla, il fut bien étonné de se retrouver tout seul, dans la pénombre de la chapelle où seule la flamme tremblotante des veilleuses se reflétait dans l’or des somptueuses mosaïques.

Il bondit : « Quoi? On m’a laissé tout seul, moi, le Roi! Et dans le noir… »
Il était furieux et se précipita vers la porte, qu’il trouva close : « Et on m’a enfermé qui pis est! »
Il s’étranglait d’indignation et se mit à crier, à hurler, si bien qu’un sacristain finit par se montrer : « Que se passe-t-il, l’homme? Que fais-tu là? Pourquoi troubles-tu la quiétude du lieu saint?… »

Robert lui sauta dessus : « C’est ainsi que tu parles à ton Roi? »
Le sacristain éclata de rire : « Tu as trop bu, ou tu es fou… Mon roi! Ah!Ah!Ah!… Regarde-toi donc, gueux! En voilà des atours de roi!… »

Robert, baissant les yeux, se rendit alors compte qu’il portait des haillons, sales et déchirés, qu’il était pieds nus et n’arborait plus ni pierreries ni dague précieuse au côté.
Il n’en hurla que davantage, si bien que le sacristain perdit patience et appela les gardes qui se saisirent de lui et le jetèrent dehors sans ménagement.

Main de mendiant

Robert ne décolérait pas. Et cependant ne lui faudrait-il pas se rendre à l’évidence? Méconnaissable sous ses haillons, réduit à la mendicité comme tout le cortège des gueux qui trouvait refuge sous les arcades des rues ou sous les porches des églises, personne ne prêtait attention à lui, à ses protestations et à ses cris. Quant à ses menaces et ses vociférations elles n’inspiraient que rires!

Les semaines passaient. Chaque jour, il se présentait à la porte de son propre palais et réclamait avec arrogance qu’on le rétablît dans ses droits.
Les gardes se moquaient de lui puis, lassés, finirent par le molester.
Robert n’y comprenait rien. Souvent il se disait qu’il était en train de faire un horrible cauchemar, qu’il allait se réveiller… mais il se réveillait chaque matin dans ses guenilles et dans sa crasse. Non seulement il ne parvenait pas à se faire reconnaître, mais force lui fut de constater que le trône de Sicile était occupé par un autre roi!

Mais était-ce bien un autre? Robert l’apercevait, caracolant à la tête de ses hommes d’armes, quand il sortait du palais.
Ce roi était en tous points semblable à lui, comme s’il s’était agi d’un frère jumeau. Les rumeurs de la rue rapportaient que ce roi, qui occupait son trône et qu’on appelait aussi Robert, gouvernait dans la justice et l’équité, qu’il était doux et compatissant, bon et courtois avec tous…

Fou de rage et de dépit, Robert le rejeté, Robert le méprisé, Robert le méconnu n’était toutefois pas au bout de ses humiliations…

Grands de la terre fin du Moyen-Age

Ce fut encore plus terrible en effet, le jour où son frère aîné, l’empereur germanique, et son cousin, le Pape, vinrent en Sicile.

Il y eut des festivités extraordinaires et de splendides cortèges à travers toute la ville pavoisée. Il y eut des cérémonies somptueuses et de mirifiques cavalcades. Il y eut des festins et des tournois…
L’empereur germanique semblait véritablement reconnaître son frère dans l’usurpateur du trône de Robert : lorsqu’il avait été accueilli à la porte de la ville, il n’avait point marqué d’hésitation mais l’avait embrassé avec la plus vive affection.
Quant au Pape, qui était du même âge que Robert et dont il avait été l’inséparable compagnon de jeux pendant l’enfance et l’adolescence, il ne semblait pas non plus avoir le moindre doute sur l’identité de celui qui le recevait avec autant de chaleur que de fastes!

Au dernier jour des fêtes, alors que toute la cité en liesse se rendait à la cathédrale pour la grande cérémonie d’action de grâces célébrée par le Pape lui-même devant l’empereur et le roi, Robert, au comble de l’indignation, n’y tint plus. Il parvint à fendre la foule des courtisans et des soldats au moment où Sa Sainteté et leurs Majestés saluaient longuement le bon peuple depuis le parvis, avant d’entrer en procession solennelle dans la grand’nef : « Très Saint Père! Majesté!… Mon frère! Mon cousin! Je suis le roi Robert et cet homme est un imposteur… Rendez-moi justice! Je suis Robert, Robert de Sicile!… »

Le roi qui n’était pas Robert mais qui était si semblable à lui fit un geste en direction des gardes qui repoussèrent Robert promptement et sans ménagement, tandis qu’il déclarait à ses hôtes : « Ne prêtez point attention à ce pauvre homme : il mérite plus de pitié que de colère pour ses propos insensés! »

Palermo Duome de Montreale

Sous les ors des mosaïques, la cérémonie se déroulait avec une magnificence sans pareille. Après l’entrée des cortèges et des fidèles, malgré l’affluence, Robert l’humilié avait réussi à se faufiler dans la cathédrale et à se blottir derrière un pilier, tout au fond… Des trompettes d’argent alternaient avec les voix puissantes des choeurs, tandis que des volutes d’encens s’élevaient jusqu’à la représentation du Pantocrator triomphant de l’abside.

Alors il entendit à nouveau s’élever le chant du « Magnificat » dont les versets, d’abord chantés par le choeur étaient repris avec une joyeuse ferveur par la foule : « Deposuit potentes de sede et exaltavit humiles! Il a déposé des puissants de leurs trônes et il a exalté les humbles… »
Cette parole lui pénétra le coeur, et il se souvint du jour où il s’était révolté contre elle.

Il comprit que Dieu l’avait dépossédé, lui, Robert l’orgueilleux qui s’était insurgé contre les vérités proclamées par les Saintes Ecritures. Il réalisa qu’il s’était attribué à lui-même les mérites des dons du Tout-Miséricordieux. Il vit toute la grandeur de sa faute et il fut pris de repentir.

Robert le contrit pleura… et ses larmes qui coulaient en abondance lui firent du bien à l’âme.

L’office était terminé depuis longtemps. La foule s’était retirée. Robert prosterné le front contre terre était là, dans la pénombre, à pleurer et à demander pardon.

Pantocrator Duomo de Montreale Palerme

Un pas résonna sur les dalles. Quelqu’un s’approcha de lui. Une main le releva.

C’était le roi qui lui ressemblait, le roi qui avait pris sa place, le roi qui avait pris son nom, le roi qu’il ne connaissait pas et que tous prenaient pour lui. Et ce roi inconnu, qui lui ressemblait tant mais qui n’était pas lui, lui demanda : « Qui es tu? »

- Je ne sais plus qui je suis, murmura Robert. Je croyais être le glorieux roi Robert de Sicile, mais je ne suis qu’un pauvre pécheur qui a offensé la Majesté divine…
Il y eut un silence d’une étrange plénitude. Puis l’inconnu reprit:
- Et moi, sais-tu qui je suis?
- Peut-être est-ce vraiment toi Robert de Sicile?…
- Non. Je suis un ange de Dieu, l’ange gardien de ton royaume, et Dieu a voulu que par moi tu reçoives cette salutaire leçon. Tu es le roi Robert ; tu es Robert de Sicile. J’ai pris ton apparence et ton trône pour que tu puisses apprendre combien l’humilité seule est agréable au coeur de Dieu. Mais maintenant que ton orgueil a été abaissé et que tu as reconnu ta faute, maintenant que tu t’es humilié devant le Seul Puissant et Glorieux, Dieu m’envoie te rendre ton nom, ton trône et les insignes de cette majesté dont tu lui es redevable et qui ne doit rien à tes propres mérites…

L’ange remit donc à Robert sa couronne et ses vêtements royaux, il lui restitua son épée et son sceptre, puis il le bénit avant de disparaître : « Souviens-toi que l’orgueil fait le malheur des hommes, et qu’il fait aussi le malheur des peuples lorsque celui qui les gouverne lui a livré son coeur. Sois désormais un roi selon le Coeur du Dieu qui déploie la puissance de son bras pour disperser les superbes en la pensée de leur coeur, qui dépose des puissants de leurs trônes mais qui exalte les humbles… »

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Litanies de Saint Roch.

  En notre diocèse – comme en de nombreux diocèses du sud de la France -, et en notre Mesnil-Marie, dont il est l’un des célestes protecteurs, nous célébrons le 16 août la fête de Saint Roch (qui supplante celle de Saint Joachim): la statue de ce grand thaumaturge, originaire de Montpellier, se trouve dans un très grand nombre d’églises car son intercession fut sollicitée contre les épidémies et tout particulièrement celles de la peste.
Pas très loin de notre Mesnil-Marie, existe un pèlerinage séculaire en son honneur que nous aimons beaucoup (cf.
> ici).
Nous publions ci-dessous des litanies de Saint Roch, approuvées pour la récitation privée, et nous vous encourageons à prier avec ferveur ce très grand saint pour qu’il nous préserve tous non seulement de la contagion des maladies corporelles mais plus encore de la peste du péché.
Nous recommandons aussi à Saint Roch tous les malades, tous ceux que nous connaissons, mais aussi ceux que nous ne connaissons pas et qui sont isolés, physiquement et moralement ; nous prions aussi pour tous les visiteurs des malades et les « professionnels de la santé » : médecins, infirmiers, aide-soignants…

Voir aussi la « Prière par l’intercession de Saint Roch pour les temps d’épidémie » > ici.

St Roch intercédant pour la cessation de la peste (David - 1780)

Saint Roch intercédant pour la cessation de la peste (J.L. David – 1780)

Seigneur , ayez pitié de nous.
Jésus-Christ, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, écoutez-nous.
Jésus-Christ, exaucez-nous.

Père céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Esprit-Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Sainte Trinité, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Marie, priez pour nous.
Saint Roch, issu de parents nobles, priez pour nous.
Saint Roch, qui avez méprisé le monde avec tant de générosité, priez pour nous.
Saint Roch, fidèle disciple de Jésus-Christ, priez pour nous.
Saint Roch, imitateur constant de la mortification de Jésus-Christ, priez pour nous.
Saint Roch, qui, pour l’amour de Jésus-Christ, avez chéri les opprobres,
Saint Roch, qui, quoique innocent, avez enduré les mépris et les fers, priez pour nous.
Saint Roch, embrasé des feux de l’amour divin, priez pour nous.
Saint Roch, qui avez distribué vos biens aux pauvres, et qui vous êtes si généreusement sacrifié pour eux, priez pour nous.
Saint Roch, qui avez exposé votre vie au service des malades, priez pour nous.
Saint Roch, qui avez servi les pestiférés avec un zèle si héroïque, priez pour nous.
Saint Roch, rendu miraculeusement à la vie, priez pour nous.
Saint Roch, le salut des plus illustres cités, priez pour nous.
Saint Roch, qui avez guéri les pestiférés par le signe de la Croix, priez pour nous.
Saint Roch, dont le nom a été célébré par les oracles de l’Eglise, priez pour nous.
Saint Roch, notre protecteur, priez pour nous.
Saint Roch, couronné de gloire et d’honneur par Jésus-Christ, priez pour nous.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous.

V/. Priez pour nous, bienheureux saint Roch,
R/. Afin que nous méritions d’être délivrés des maladies de notre âme et de notre corps.

Oraison :

Nous vous supplions, Seigneur, de veillez sur votre peuple avec un amour continuel ; et, par les suffrages et les mérites de saint Roch, préservez-nous des fléaux de l’âme et du corps. Par Jésus-Christ Notre-Seigneur. Ainsi soit-il.

Vu et approuvé, Aix, le 14 août 1839.
Jacquemet, vicaire général.

Reliquaire de Saint Roch (le Mesnil-Marie)

Reliquaire de Saint Roch conservé au Mesnil-Marie.

Kyrie eleison.
Christe eleison.
Kyrie eleison.

Christe audi nos.
Christe exaudi nos.

Pater de coelis Deus, miserere nobis.
Fili Redemptor mundi Deus, miserere nobis.
Spiritus Sancte Deus, miserere nobis.
Sancta Trinitas unus Deus, miserere nobis.

Sancta Maria, ora pro nobis.
Sancte Roche, nobili sanguine nate, ora pro nobis.
Sancte Roche, generose mundi contemptor, ora pro nobis.
Sancte Roche, fidelis Christi assecla, ora pro nobis.
Sancte Roche, mortificationem Jesu jugiter portans, ora pro nobis.
Sancte Roche, pro Christo opprobria mendicans, ora pro nobis.
Sancte Roche, vincula et ludibria insons experte, ora pro nobis.
Sancte Roche, charitatis flamma succense, ora pro nobis.
Sancte Roche, pauperibus impendens tua et teipsum super impendens, ora pro nobis.
Sancte Roche, aegris propriam vitam profundens, ora pro nobis.
Sancte Roche, peste laborantibus invicta cura inserviens, ora pro nobis.
Sancte Roche, vitae divinitus reddite, ora pro nobis.
Sancte Roche, insignium urbium salus, ora pro nobis.
Sancte Roche, Crucis signo luem fugans, ora pro nobis.
Sancte Roche, Ecclesiae oraculis celebrate, ora pro nobis.
Sancte Roche, protector noster, ora pro nobis.
Sancte Roche, gloria et honore a Christo coronate, ora pro nobis.

Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, parce nobis Domine.
Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, exaudi nos Domine.
Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, miserere nobis.

V/. Ora pro nobis, beate Roche.
R/. Ut a malis mentis et corporis liberari mereamur.

Oremus : Populum tum, quaesumus, Domine, continua pietate custodi ; et beati Rochi suffragantibus meritis, ab omni fac animae et corporis contagione securum. Per Dominum… Amen.

2011-61. Du martyre de Saint Maximilien-Marie Kolbe.

Ce 14 août 2011.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Le 14 août est, bien sûr, la Vigile de l’Assomption de Notre-Dame, mais au Mesnil-Marie – vous devinez bien pourquoi – cette vigile n’est qu’une commémoraison puisque nous fêtons un premier lieu Saint Maximilien-Marie Kolbe : en outre, en cette année 2011, nous célébrons aujourd’hui l’exact soixante-dixième anniversaire de son entrée dans la gloire.

Saint Maximilien-Marie Kolbe

Nous sommes à Auschwitz, à la fin du mois de juillet 1941.
Dans le bloc 14, celui du Père Maximilien-Marie, un homme manque à l’appel : il s’est évadé.
Les prisonniers se rappellent avec effroi de la menace du chef de camp : pour un évadé, vingt hommes de son bloc seront condamnés à mourir de faim.
La peur les tenaille tous cruellement, eux qui, dans les tortures les plus raffinées auxquelles ils sont soumis chaque jour, ont pu désirer la mort comme une délivrance…
La mort, oui, mais pas cette mort-là : agoniser pendant des jours, au compte-gouttes ; la faim et la soif qui vous dessèchent les entrailles, vous remplissent les veines de feu et vous conduisent à la folie…
Tous savent quels hurlements terrifiants retentissent du côté du « bloc de la mort ». Les geôliers eux-mêmes ne cachent pas qu’ils en sont terrorisés.

Le lendemain, après l’appel, les prisonniers du bloc 14 doivent rester debout, au garde à vous, en plein soleil. De toute la journée, on ne leur donne rien.
Des SS les surveillent et « maintiennent » l’ordre à coups de crosse. Lorsqu’un prisonnier tombe d’épuisement et que les coups ne le ramènent pas de son évanouissement, on le traîne hors des rangs : les corps sont entassés…
Les visages de ceux qui tiennent sont tuméfiés par la chaleur.
Le Père Maximilien-Marie, ce malade vingt fois condamné par les médecins, ne tombe pas, reste lucide…
Comme Marie sous la croix, avec Marie sous la croix, il est debout.

En son for intérieur, il est étrangement paisible : résolu comme jamais, il sait que la grâce qui lui a été prophétisée et à laquelle il a librement consenti lorsqu’il avait dix ans, vient à lui dans le silence.
Elle est toute proche. Elle est là.
Et si son corps est contraint de rester immobile, son âme se précipite pour l’embrasser.

Au soir, le chef de camp revient : « L’évadé n’a pas été retrouvé. Dix d’entre vous mourront à sa place dans le bunker de la faim. La prochaine fois, il y en aura vingt… Toi… Toi… Et encore toi… « 
En savourant la terreur qu’il inspire, l’officier prend son temps pour parcourir les rangs et désigner ceux qu’il envoie à la mort.

- Ooooh… ma pauvre femme… mes enfants! sanglote l’un des désignés.

Et c’est là que, à la stupéfaction de tous – prisonniers et bourreaux -, le Père Maximilien-Marie s’avance.

- Que me veut ce cochon de polonais? hurle le Lagerführer.
- Je voudrais mourir à la place d’un de ces condamnés.

le SS est abasourdi. Il cherche à comprendre.
- Et pourquoi?
- Je suis vieux ; je ne suis plus bon à rien
- Pour qui veux tu mourir?
- Celui-ci : il a une femme et des enfants.
- Qui es-tu?
- Prêtre catholique.

La grâce passe malgré lui dans la tête du SS qui ne comprend rien, qui est dépassé et qui cède à la volonté de ce prêtre, lui lui qui ne revient jamais sur les ordres qu’il a donné : « Soit! va avec eux… »

Les prisonniers sont emmenés. 
Ils doivent se mettre totalement nus et on referme sur eux la porte.
Père Maximilien-Marie peut dire en toute vérité : « O ma Reine, ô ma Mère : Vous avez tenu parole! Et c’est pour cette heure ci que je suis né! »

Dans le bloc de la mort, enfer en miniature qui ne retentissait jusqu’alors que des hurlements de désespoir, des voix s’élèvent : ces hommes épuisés, ces condamnés à mort chantent et prient…
Depuis la cellule où sont enfermés le Père Kolbe et ses neuf compagnons, la prière se répand : de cellule en cellule les prières et les chants gagnent tout le bloc de la mort.
Les gardiens sont médusés : jamais le terme de « chapelle ardente » n’a été si adapté pour désigner un lieu de mort!

Chaque jour, les voix se font plus faibles, moins nombreuses… mais pas moins ferventes.

Chaque jour des prisonniers sont commis pour enlever les cadavres. L’un d’eux témoignera : le Père Maximilien était toujours debout ou à genoux, priant à haute voix, lors même que tous les autres gisaient comme des loques.
Les SS qui président à l’enlèvement des cadavres ne supportent pas le regard que le Père pose sur eux : « Détourne les yeux! Ne nous regarde pas ainsi! »

Les jours passent.
Le 14 août, il n’y a plus que 4 survivants, mais seul Père Maximilien-Marie est conscient : le bon pasteur arrive au terme de la mission que lui a confiée la Vierge Immaculée.
Il a accompagné tout son petit troupeau jusqu’à la porte de l’éternité, jusqu’à l’entrée dans le Coeur de Jésus.
Il est assis, sans force, appuyé au mur.

A ceux qui viennent l’achever par une piqûre de phénol, il tend lui-même son bras décharné.

Un peu plus tard on vient chercher son corps qui sera brûlé le lendemain, 15 août.
Le détenu chargé d’enlever les corps témoignera : les autres cadavres étaient sales, avaient les traits ravagés… Mais lui, on eût dit qu’il répandait de la lumière : ses yeux grands ouverts donnaient l’impression d’une extase.

« A celui qu’il aime, Dieu envoie la croix pour qu’il ait la possibilité de rendre à Dieu l’amour qu’il a eu pour nous…«  avait écrit le Père Maximilien-Marie en 1938.

Bunker de la faim - 14 août 1941

Lui qui aimait tant le vieux cantique français « J’irai la voir un jour » s’en est allé, comme le dit le dernier couplet : « loin de la terre sur le Coeur de sa Mère reposer sans retour », et celà au moment où l’Eglise dans sa liturgie commençait à célébrer le grand triomphe de Marie sur la mort et sur le mal.

(récit établi en bonne partie d’après Maria Winowska)

palmes

De la Procession du Voeu de Louis XIII et de quelle manière il convient qu’elle soit célébrée le 15 août.

le voeu de Louis XIII

Ingres : Le Voeu de Louis XIII.

En 1638, Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XIII, en reconnaissance des grâces qu’il avait reçues par son intercession, consacra sa personne et son Royaume à la Très Sainte Vierge Marie, la choisit comme Patronne de la France sous le vocable de son Assomption, et lui fit l’offrande de son sceptre, de sa couronne et de tous ses sujets.
Le texte auquel on donne ordinairement le nom de
Voeu de Louis XIII n’est pas à proprement parler celui d’un voeu, mais il est plus exactement un édit, daté du 10 février 1638, par lequel le Souverain réglemente le renouvellement annuel de cette consécration qui devra se faire par une procession solennelle, après la célébration des vêpres de l’Assomption, dans toutes les églises et couvents du Royaume, et à laquelle toutes les autorités religieuses et civiles devront prendre part.

Nous publions ci-dessous la manière dont doit être faite cette procession et le texte des oraisons qui doivent y être récitées.

Textes pour la procession du voeu de Louis XIII

Textes pour la procession du voeu de Louis XIII

Voir aussi la prière publiée > ici

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