Archive pour la catégorie 'Textes spirituels'

Louange à la très sainte et toute glorieuse Croix de Notre-Seigneur.

Prière attribuée à Saint Anselme.

Relique de la Sainte Croix

Relique de la Sainte Croix – oratoire du Mesnil-Marie.

O Croix, choisie pour des bienfaits si ineffables, ta gloire est annoncée non point tant par l’esprit et la langue des hommes ou des anges que par les oeuvres dont tu as été l’instrument.
C’est en toi et par toi que me viennent le salut et la vie. C’est en toi et par toi que résident tout mon bien et tout bien.
Que me sert-il d’être conçu, de naître, de vivre, et de jouir de tous les bonheurs de cette vie, si c’est pour descendre ensuite au royaume de la mort ?
S’il devait en être ainsi, mieux vaudrait que je ne fusse point né. Et c’est bien sûr dans cet état que je me trouverais maintenant, si je n’avais pas été racheté grâce à toi.

Avec quels sentiments vais-je donc me glorifier en toi ?
Quelle ne doit pas être mon allégresse, puisque par toi l’esclavage de l’enfer se change en héritage du Royaume des Cieux !
Quelle ne doit pas être ma joie, puisque sans toi j’aurais en horreur cette existence temporelle jusque dans ses moindres moments, tandis que grâce à toi je sais que je jouirai d’un bonheur éternel, d’une existence admirable !

Car j’ai beau ne servir encore Dieu que dans l’espérance et dans la crainte, je possède néanmoins la certitude que j’atteindrai un jour ce bonheur, si je ne mets ma gloire qu’en toi, par l’action de grâces, l’amour, et par ma vie tout entière.

Ainsi soit-il !

Louange à la très sainte et toute glorieuse Croix de Notre-Seigneur. dans De liturgia nika

Voir aussi la B.D.  « Si la Croix vous fait peur » > ici.

Publié dans:De liturgia, Prier avec nous, Textes spirituels |on 14 septembre, 2012 |4 Commentaires »

2012-48. Un examen de conscience pour les prêtres.

Mardi 4 septembre 2012.

2012-48. Un examen de conscience pour les prêtres. dans Commentaires d'actualité & humeurs 60pxemblemofthepapacysesvg

Dans les derniers jours du mois d’avril de cette année 2012, la Congrégation pour le Clergé - c’est-à-dire l’organisme du Saint-Siège qui est particulièrement chargé de recueillir, suggérer et promouvoir « des initiatives pour la sainteté, la mise à jour intellectuelle et pastorale du Clergé (…) et sa formation permanente », qui « veille sur les Chapitres des Cathédrales, les Conseils Pastoraux, les Conseils Presbytéraux, les paroisses, les curés et tous les clercs en ce qui concerne leur ministère pastoral, etc… » (cf. > www) – a publié un texte qui, à la date où je vous écris, n’est toujours pas disponible dans les documents de la dite Congrégation sur la page qui lui est propre dans le site internet du Saint-Siège.

Il avait été mis en ligne dès le jour de sa publication sur ZENIT (cf. > www), et – à ma connaissance – il n’a pas été répercuté par beaucoup de sites diocésains francophones.
Il a été signalé sur un certains nombres de sites d’informations indépendants des diocèses ou de la conférence épiscopale française dès sa parution (par exemple sur Chrétienté.Info > www) et a finalement été publié le 17 juin suivant dans la Documentation Catholique (cf. > www), c’est-à-dire deux jours après la date en vue de laquelle il avait été diffusé par la Congrégation pour le Clergé.

On le voit, la transmission de certains documents du Saint-Siège aux diverses instances de « l’Eglise de France » ou aux diocèses français semblent bénéficier de délais plus importants qu’aux temps où des courriers à chevaux ou des malles-poste parcouraient de mauvais chemins tout au long de la péninsule italienne, à travers les Alpes, et dans les provinces de France…

Moi qui ne suis qu’un tout petit chat, mais soucieux d’être quotidiennement au courant des nouvelles de l’Eglise Catholique Romaine et des documents authentiques qui en émanent, j’avais retenu ce texte dès le moment de sa parution.
J’attendais de percevoir les échos qu’il recevrait en France… Force m’est de constater que, quatre mois après sa publication, ce document semble totalement ignoré de la majorité de ceux qu’il concerne pourtant le plus…
Comme je ne suis pas certain que les amis du Refuge Notre-Dame de Compassion en aient tous entendu parler, je me permets donc d’en copier le texte ci-dessous.

« Mais de quoi parle donc ce texte auquel tu accordes tant d’importance? » allez-vous me dire. 
Hé bien tout simplement d’un « examen de conscience pour les prêtres ».

L’occasion de sa publication était la fête du Sacré-Coeur de Jésus (qui était cette année le vendredi 15 juin), officiellement déclarée « journée mondiale pour la sanctification des prêtres », puisque – selon la belle formule du Saint Curé d’Ars : « le sacerdoce, c’est l’amour du Coeur de Jésus ».
Au fait, dans votre paroisse ou dans votre diocèse, vous a-t-il été demandé (je n’ose pas écrire « instamment demandé ») – à l’occasion de la fête du Sacré-Coeur – d’offrir des prières et des sacrifices pour la sanctification des prêtres, pour la sanctification de vos prêtres?

Peut-être certains d’entre vous vont-ils penser : « mais nous, nous sommes des laïcs, et donc cet examen de conscience pour les prêtres ne nous concerne pas! »
Certes, s’il n’est pas demandé aux fidèles de faire leur examen de conscience sur les mêmes points que les prêtres, toutefois ce texte concerne les laïcs, et il les concerne même au plus haut point.
En effet, à travers lui, dans ce temps de confusion et de diffusion d’idées fausses, en rappelant en quoi consiste le sacerdoce et de quelle manière les prêtres vraiment catholiques doivent se comporter, le Saint-Siège rappelle aussi en même temps ce que les fidèles sont en droit d’attendre et même d’exiger d’authentiques prêtres de l’Eglise Catholique!

Ainsi, avec ce texte entre les mains, chaque fidèle peut légitimement rappeler à son curé – voire à son évêque, parce que celui-ci est avant tout un prêtre, et un prêtre dont la fonction fait une référence et un modèle pour tous ses prêtres diocésains – qu’il doit avoir pour principal souci le salut des âmes (plutôt que des actions sociales voire socialistes), qu’il ne doit pas supprimer le nombre des Messes, qu’il doit être très rigoureux dans l’observation des règles liturgiques données par le Saint-Siège, qu’il doit être fidèle à la récitation du bréviaire, qu’il doit passer du temps en oraison et être vu dans son église (ou sa cathédrale) en adoration devant le Saint Tabernacle, qu’il doit observer la chasteté promise lors de son ordination et rayonner les vertus évangéliques, qu’il doit être en pleine communion avec le Souverain Pontife et lui obéir, qu’il ne doit pas transmettre ses opinions personnelles dans les sermons mais seulement et strictement les enseignements du Magistère, qu’il doit tenir des permanences au confessionnal, qu’il doit encourager la récitation du chapelet et en donner l’exemple, qu’il doit avertir ses fidèles du danger de la damnation éternelle, qu’il doit tout faire pour que les mourants ne partent pas sans les derniers sacrements et qu’il doit veiller à ce que les défunts bénéficient du secours de Messes offertes à leur intention… etc.

Que puis-je dire d’autre pour conclure avant de vous laisser à la lecture ou à la relecture de ce texte sinon ce simple impératif : Prions!

               Lully.

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Examen de conscience pour les prêtres :

1.  « Pour eux je me consacre moi-même, pour qu’ils soient eux aussi consacrés dans la vérité» (Joan. XVII,19)
Est-ce que j’envisage sérieusement la sainteté dans mon sacerdoce? Suis je convaincu que la fécondité de mon ministère sacerdotal vient de Dieu et que, avec la grâce du Saint Esprit, je dois m’identifier au Christ et donner ma vie pour le salut du monde?

2.  « Ceci est mon corps » (Matth. XXVI,26)
Le Saint Sacrifice de la Messe est-il le centre de ma vie intérieure? Est-ce que je me prépare bien, est-ce que je célèbre avec dévotion et après, est-ce que je me recueille pour rendre grâce? La Messe constitue-t-elle le point de référence habituelle dans ma journée pour louer Dieu, le remercier de ses bienfaits, recourir à sa bienveillance et réparer pour mes péchés et pour ceux de tous les hommes?

3.   « Le zèle pour ta maison me dévore » (Joan. II,17)
Est-ce que je célèbre la Messe selon les rites et les règles établies, avec une motivation authentique, avec les livres liturgiques approuvés? Suis-je attentif  aux saintes espèces conservées dans le tabernacle, en les renouvelant périodiquement? Quel est mon soin des vases sacrés? Est-ce que je porte avec dignité tous les vêtements sacrés prescrits par l’Église, en tenant compte du fait que j’agis in persona Christi Capitis?

4.   « Demeurez dans mon amour » (Joan. XV, 9)
Est-ce que je trouve de la joie à rester devant Jésus-Christ présent au Très Saint-Sacrement, ou dans ma méditation et mon adoration silencieuse? Suis-je fidèle à la visite quotidienne au Très Saint-Sacrement? Mon trésor est-il dans le Tabernacle?

5.  « Explique-nous la parabole » (Matth. XIII, 36)
Est-ce que je fais tous les jours ma méditation avec attention, en cherchant à dépasser toute sorte de distraction qui me séparerait de Dieu, en cherchant la lumière du Seigneur que je sers? Est-ce que je médite assidûment la Sainte Écriture? Est-ce que je récite avec attention mes prières habituelles?

6.  Il faut « prier sans cesse, sans se lasser » (Luc. XVIII,1)
Est-ce que je célèbre quotidiennement la Liturgie des Heures intégralement, dignement, attentivement et avec dévotion? Suis-je fidèle à mon engagement envers le Christ en cette dimension importante de mon ministère, en priant au nom de toute l’Église?

7.  « Viens et suis-moi » (Matth. XIX, 21)
Notre-Seigneur Jésus-Christ est-il le vrai amour de ma vie? Est-ce que j’observe avec joie l’engagement de mon amour envers Dieu dans la continence du célibat? Me suis-je arrêté consciemment sur des pensées, des désirs ou ai-je commis des actes impurs? ai-je tenu des conversations inconvenantes? Me suis-je mis dans l’occasion prochaine de pécher contre la chasteté? Ai-je gardé mon regard? Ai-je été prudent dans la manière de traiter avec les diverses catégories de personnes? Ma vie témoigne-t-elle, pour les fidèles, que la pureté est quelque chose de possible, de fécond et d’heureux?

8.  « Qui es-Tu ? » (Joan. I, 20)
Dans ma conduite habituelle, est-ce que je trouve des éléments de faiblesse, de paresse, de lassitude? Mes conversations sont-elles conformes au sens humain et surnaturel qu’un prêtre doit avoir? Suis-je attentif à faire en sorte que dans ma vie ne s’introduisent pas des aspects superficiels ou frivoles? Dans toutes mes actions suis-je cohérent avec ma condition de prêtre?

9.  « Le Fils de l’homme n’a pas où poser la tête » (Matth. VIII, 20)
Est-ce que j’aime la pauvreté chrétienne? Est-ce que je repose mon coeur en Dieu et suis-je détaché, intérieurement, de tout le reste? Suis-je disposé à renoncer, pour mieux servir Dieu, à mes commodités actuelles, à mes projets personnels, à mes affections légitimes? Est-ce que je possède des choses superflues, ai-je fait des frais inutiles ou est-ce que je me laisse prendre par l’anxiété des biens de consommation? Est-ce que je fais mon possible pour vivre les instants de repos et de congé en présence de Dieu, en me rappelant que je suis prêtre toujours et partout, même en ces instants?

10.  « Tu as tenu cachées ces choses aux savants et aux intelligents et tu les as révélées aux petits » (Matth. XI, 25)
Y a-t-il dans ma vie des péchés d’orgueil : des difficultés intérieures, des susceptibilités, de l’irritation, de la résistance à pardonner, une tendance au découragement, etc.? Est-ce que je demande à Dieu la vertu de l’humilité?

11.  « Et aussitôt il en sortit du sang et de l’eau » (Joan. XIX, 34)
Ai-je la conviction que, en agissant « dans la personne du Christ », je suis directement impliqué dans le Corps même du Christ, l’Église? Puis-je dire sincèrement que j’aime l’Église et que je sers avec joie sa croissance, ses causes, chacun de ses membres, toute l’humanité?

12.  « Tu es Pierre » (Matth. XVI, 18)
Nihil sine Episcopo – rien sans l’Évêque – disait Saint Ignace d’Antioche : ces paroles sont-elles à la base de mon ministère sacerdotal? Ai-je reçu docilement des commandements, des conseils ou des corrections de mon Ordinaire? Est-ce que je prie spécialement pour le Saint-Père, en pleine union avec ses enseignements et ses intentions?

13.  « Aimez-vous les uns les autres » (Joan. XIII, 34)
Me suis-je comporté avec mes frères prêtres avec une charité empressée ou, au contraire, me suis-je désintéressé d’eux par égoïsme, apathie ou insouciance? Ai-je critiqué mes frères dans le sacerdoce? Ai-je été auprès de ceux qui souffrent physiquement ou moralement? Est-ce que je vis la fraternité pour que personne ne soit seul? Est-ce que je traite tous mes frères prêtres et aussi les fidèles laïcs avec la même charité et la même patience que le Christ?

14.  « Je suis le chemin, la vérité et la vie » (Joan. XIV, 6)
Est-ce que je connais en profondeur les enseignements de l’Église? Est ce que je les assimile et les transmets fidèlement? Suis-je conscient du fait qu’enseigner ce qui ne correspond pas au Magistère, tant solennel qu’ordinaire, constitue un grave abus, qui comporte des dommages pour les âmes?

15.  « Va et dorénavant ne pèche plus » (Joan. VIII, 11)
L’annonce de la Parole de Dieu conduit les fidèles aux sacrements. Est-ce que je me confesse régulièrement et fréquemment, conformément à mon état et aux choses saintes que je traite? Est-ce que je célèbre avec générosité le Sacrement de la Réconciliation? Suis-je largement disponible à la direction spirituelle des fidèles en y dédiant un temps particulier? Est-ce que je prépare avec soin la prédication et la catéchèse? Est-ce que je prêche avec zèle et amour de Dieu?

16. « Il appela à lui ceux qu’il voulut et ils vinrent à lui » (Marc. III, 13)
Suis-je attentif à percevoir les germes de vocation au sacerdoce et à la vie consacrée? Est-ce que je me préoccupe de répandre parmi tous les fidèles une plus grande conscience de l’appel universel à la sainteté? Est-ce que je demande aux fidèles de prier pour les vocations et pour la sanctification du clergé?

17.  « Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi mais pour servir » (Matth. XX, 28)
Ai-je cherché à me donner aux autres dans le quotidien, en servant évangéliquement? Est-ce que je manifeste la charité du Seigneur même à travers les oeuvres? Vois-je dans la Croix la présence de Jésus-Christ et le triomphe de l’amour? Est-ce que mon quotidien est caractérisé par l’esprit de service? Est-ce que je considère que l’exercice de l’autorité liée à mon office est aussi une forme indispensable de service?

18.  « J’ai soif » (Joan. XIX, 28)
Ai-je prié et me suis-je sacrifié vraiment et avec générosité pour les âmes que Dieu m’a confiées? Est-ce que j’accomplis mes devoirs pastoraux? Ai-je de la sollicitude aussi pour les âmes des fidèles défunts?

19.  « Voici ton fils ! Voici ta mère ! » (Joan. XIX, 26-27)
Fais-je recours, plein d’espérance, à la Sainte Vierge, la Mère des prêtres, pour aimer et faire aimer davantage son Fils Jésus? Est-ce que je cultive la piété mariale? Est-ce que je réserve un temps tous les jours pour le Saint Rosaire? Est-ce que j’ai recours à Sa maternelle intercession dans la lutte contre le démon, la concupiscence et l’esprit du monde?

20.  « Père, entre tes mains je remets mon esprit » (Luc. XXIII. 44)
Suis-je prompt pour assister et administrer les sacrements aux moribonds? Est-ce que je considère dans ma méditation personnelle, dans ma catéchèse et ma prédication ordinaire la doctrine de l’Église sur les fins dernières? Est-ce que je demande la grâce de la persévérance finale et invite les fidèles à en faire autant? Est-ce que j’offre fréquemment, et avec dévotion, les suffrages pour les âmes des défunts?

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Prière pour la sanctification du clergé, composée par le vénérable Pie XII > www.

2012-46. Les trois conversions de Saint Augustin.

Mardi 28 août 2012,
fête de notre glorieux Père Saint Augustin.

L’attachement de notre Saint-Père le Pape Benoît XVI à la figure et aux enseignements de Saint Augustin est bien connu.
Dans ce modeste blogue, nous avions déjà publié l’intégralité des textes des cinq catéchèses des audiences générales que le Souverain Pontife avait consacrées à la présentation de la personne et de la pensée du « Docteur de la Grâce », au début de l’année 2008 (cf. > ici ; ici et ici), ainsi que la catéchèse du mercredi 25 août 2010 au cours de laquelle le Pape avait à nouveau insisté sur l’actualité de son exemple pour les hommes en quête d’authentique profondeur spirituelle (cf. > ici).

Le 22 avril 2007, Sa Sainteté s’était rendue en visite pastorale à Pavie (Italie), ville dans laquelle sont conservées et honorées les reliques de saint Augustin.
En cette occasion, Benoît XVI évoqua bien évidemment la figure de l’illustre évêque d’Hippone. La totalité de ses interventions peut être retrouvée sur le site du Saint-Siège > ici.
Je vous propose de reprendre quelques points importants des enseignements du Pape donnés à cette occasion, car ils n’ont rien perdu de leur pertinence ni de leur actualité.

2012-46. Les trois conversions de Saint Augustin. dans De liturgia ago3

Pavie, dimanche 22 avril 2007 :
Sa Sainteté le Pape Benoît XVI se recueille devant les reliques de Saint Augustin.

Ainsi à l’occasion des vêpres célébrées dans la basilique San Pietro in Ciel d’Oro, le Saint-Père déclarait qu’il voulait « vénérer la dépouille mortelle de saint Augustin, en expression d’hommage de la part de toute l’Église catholique à l’un de ses Pères les plus importants, et aussi en expression personnelle de ma dévotion et de ma reconnaissance envers celui qui joua un si  grand rôle dans ma vie de théologien et de pasteur, et même, dirais-je dans ma vie d’homme et de prêtre ».

Cependant, c’est principalement dans l’homélie qu’il prononça au cours de la célébration de la sainte Messe dominicale de ce 22 avril que le Souverain Pontife s’est attaché à esquisser le portrait spirituel de saint Augustin, insistant sur les trois étapes de sa conversion.
Si son baptême pendant la sainte Nuit de Pâques de l’an 387 fut l’étape décisive, son cheminement ne fut pas terminé : « Comme elle l’avait été avant le baptême, la vie d’Augustin après le baptême (…) resta un chemin de conversion, jusqu’à l’ultime maladie quand il fit placarder sur le mur les psaumes de la pénitence, pour les avoir perpétuellement sous les yeux ; quand il se priva de la réception de l’eucharistie pour suivre encore une fois la voie pénitentielle et recevoir le salut des mains du Christ en don de miséricorde divine ».
Il paraît donc légitime de parler au pluriel des « conversions » de Saint Augustin. On peut y distinguer trois étapes principales, marquées par un degré nouveau d’approfondissement de l’humilité.

1. « La première et fondamentale conversion fut le cheminement intérieur vers le christianisme, vers le oui de la foi et du baptême » disait Benoît XVI.
Ce qui caractérise cette étape, c’est la passion  de la vérité, « mot-clef de sa vie », ainsi que la découverte du Verbe fait chair, vérité méconnue des philosophes platoniciens. La foi chrétienne consiste dans le consentement à l’humilité de Dieu.
Tirant la leçon  de cette première conversion, Benoît XVI ajoutait : « Il n’est pas possible d’expliciter ici combien tout cela nous concerne : demeurer des personnes en recherche, ne pas se contenter de ce que tous font et disent. Ne pas détacher le regard du Dieu éternel et de Jésus-Christ. Toujours ré-apprendre l’humilité de la foi dans l’Église corps de Jésus-Christ ».

2. La deuxième conversion de Saint Augustin correspond, en 391, à l’appel à « devenir pasteur d’âmes », l’obligeant à s’adapter au petit peuple d’Hippone. L’intellectuel dut se changer en humble prédicateur de la foi, se faisant tout à tous.
Saint Augustin décrit ainsi cette étape : « Plié sous le poids de mes péchés et le fardeau de ma misère, j’avais délibéré dans mon cœur et presque résolu de fuir au désert ; mais tu m’en as empêché, me rassurant par cette parole : ‘Le Christ est mort  pour tous, afin que ceux qui vivent ne vivent plus à eux-mêmes, mais à celui qui est mort pour eux’ (2 Co 5, 15) » (Confessions X, 43, 70).
Il sera désormais prêtre, et bientôt évêque au service de l’Église dans la ville d’Hippone, jusqu’à sa mort en 430, consacrant toutes ses forces à l’annonce de Jésus-Christ, un « lourd fardeau, une peine sans fin » (Sermon 339, 4).

3. « Il y a  encore une troisième étape décisive  sur le chemin de la conversion de saint Augustin », étape qui a résidé dans la découverte de l’appel à la perfection dont il avait célébré l’idéal dès le début de son ministère.
Mais, sur ce point, il a dû corriger sa manière de concevoir la perfection chrétienne : dans son livre intitulé Rétractations, il a écrit : « Depuis lors, j’ai compris qu’un seul est vraiment parfait (…) : Jésus-Christ ».
L’idéal de la perfection ne peut être atteint et réalisé qu’en Jésus-Christ, et en Lui seul, et il consiste à s’engager dans la voie de l’humilité.

Récapitulant les trois degrés d’humilité, Benoît XVI précisait ainsi sa pensée :
« Augustin avait appris un dernier degré d’humilité, pas seulement  l’humilité d’insérer sa profonde pensée dans la foi de l’Église, pas seulement l’humilité de traduire son grand savoir dans la simplicité de l’annonce, mais encore l’humilité de reconnaître que, à lui comme à toute l’Église pérégrinante, la bonté d’un Dieu qui pardonne est nécessaire ; et que nous, ajoutait-il
(il = Saint Augustin), nous nous faisons semblables au Christ, le Parfait, dans toute la mesure du possible, lorsque nous devenons comme lui des personnes de miséricorde ».

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Pavie, basilique de San Pietro in Ciel d’Oro : exposition des reliques de Saint Augustin.

Dans une autre intervention au cours de ce même pèlerinage, lors de sa rencontre avec les représentants du monde de la culture, Benoît XVI a développé un autre thème qui lui est particulièrement cher : le dialogue entre la raison et la foi, dont Saint Augustin nous offre un modèle tout à fait exemplaire.

Le Saint Père déclarait : « Le parcours existentiel et intellectuel d’Augustin  est de témoigner de l’interaction féconde entre foi et culture. Saint Augustin était un homme animé par un désir insatiable de trouver la vérité, de trouver ce qu’est la vie, de savoir comment vivre, de connaître l’homme. Et c’est justement à cause de sa passion pour l’homme qu’il a nécessairement cherché Dieu, car c’est seulement dans la lumière de Dieu que la grandeur de l’homme, la beauté et l’aventure d’être homme peuvent aussi apparaître pleinement (…).
Ainsi la foi dans le Christ n’a pas posé de limites à sa philosophie, à son audace intellectuelle (…).
C’était là sa philosophie : savoir vivre, avec toute la raison, avec toute la profondeur de sa pensée, de notre volonté, et se laisser guider sur le chemin de la vérité, qui est un chemin de courage, d’humilité, de purification permanente. La foi dans le Christ a donné son accomplissement à toute la recherche d’Augustin ».

Blason-Augustins Benoît XVI dans Nos amis les Saints

Blason de l’Ordre de Saint Augustin

Prière au Saint-Esprit tirée des oeuvres de Saint Augustin > ici.
Sermon de Saint Augustin sur l’obligation de faire pénitence > ici.

2012-45. De Notre-Dame de Pradelles, à l’occasion du cinquième centenaire de la découverte de sa statue miraculeuse.

Mercredi 22 août 2012, 
fête du Coeur immaculé de Marie.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

En ce beau jour octave de l’Assomption, marqué par la célébration de la fête du Coeur immaculé de Marie, j’ai résolu de vous faire découvrir un beau et ancien pèlerinage en l’honneur de notre Mère céleste : le sanctuaire de Notre-Dame de Pradelles, qui commémore, en cette année 2012, le cinquième centenaire de la découverte de la statue miraculeuse autour de laquelle s’est développé le pèlerinage.

Dans l’après-midi du 15 août dernier, Frère Maximilien-Marie s’y est rendu et a participé à la procession traditionnelle, qui s’est déroulée dans les ruelles de la cité médiévale, derrière Nos Seigneurs Hippolyte Simon, archevêque de Clermont et vice-président de la Conférence des Evêques de France, et Claude Feidt, archevêque émérite d’Aix-en-Provence et Arles.

2012-45. De Notre-Dame de Pradelles, à l'occasion du cinquième centenaire de la découverte de sa statue miraculeuse. dans De Maria numquam satis pradelles-1-300x90

Le village de Pradelles (cliquer sur l’image pour la voir en plus grand)

La petite ville de Pradelles, classée parmi les « plus beaux villages de France », bâtie à quelque 1145m d’altitude sur une éminence d’où elle domine la haute vallée de l’Allier, est aujourd’hui située dans le département de la Haute-Loire, aux confins du Vivarais, du Velay et du Gévaudan.
Historiquement, la cité appartient au Vivarais : Pradelles était le siège d’une officialité de l’ancien diocèse de Viviers qui s’étendait sur 27 paroisses alentour.
La cité a donné naissance, le 7 juin 1738, au Bienheureux Jean-Antoine-Hyacinthe Bouchareinc de Chaumeils, prêtre, vicaire général du diocèse de Viviers, martyrisé aux Carmes (Paris) le 2 septembre 1792 (cf. > www).

PRADELLES-43-Copie 500ème anniversaire dans Lectures & relectures

Trois demi-vols d’argent sur champ d’azur (blason de Pradelles)

En l’an 1512, est située la découverte de la statue de la Vierge.
Fortuitement, alors qu’il voulait relever un mur écroulé et qu’il creusait pour lui préparer de solides fondations, un hospitalier de la communauté de l’hôpital (cet hôpital était sis à l’extérieur des murailles de la ville et faisait fonction de maladrerie pour les pestiférés et les lépreux) découvrit un coffre enterré.
Dans ce coffre se trouvait une statue de la Vierge à l’Enfant…

D’où venait cette statue? Comment s’était-elle trouvée là? Pour quelles raisons avait-elle été ainsi enterrée? Nul ne peut le dire.
Les historiens n’ont pas d’autres documents que celui du récit de sa découverte, mis par écrit quelque 160 ans après l’évènement.

découverte-statue-2-175x300 Notre-Dame de Pradelles dans Memento

Vitrail représentant la découverte de la statue de N.D. de Pradelles (cliquer pour voir en grand)

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Plaque apposée à l’emplacement de la découverte de la statue.

La statue fut installée dans la petite chapelle de l’hôpital et la dévotion envers elle fut d’abord assez modeste et discrète.
Mais dans la deuxième moitié de ce XVIème siècle, marqué par les terribles guerres civiles dites de religion, quelques faits prodigieux attirèrent l’attention sur la statue et entraînèrent le développement  de son culte.

- En 1562, une première intervention fut jugée miraculeuse : une bande de pillards huguenots fut mise en déroute par une lueur aveuglante.

- En 1577, une épidémie de peste (qui aurait fait quelque 1200 victimes dans la contrée) fut éradiquée par le recours à Notre-Dame.

- En 1586, la peste encore s’abattit sur la région. Des étudiants en médecine appelés pour combattre l’épidémie ne trouvèrent rien de mieux que de nettoyer la ville par le feu : Pradelles fut livrée aux flammes!
Un seul quartier fut inexplicablement épargné, celui de la basse ville, autour du sanctuaire de la Madone. On vit là un signe manifeste de la protection de Marie.

- Deux ans plus tard, en mars 1588, Pradelles fut menacée par les troupes d’un chef huguenot réputé pour sa cruauté et ses exactions, Jacques de Chambaud (+ 1600).
A l’aube du 10 mars 1588, les redoutables soldats de Chambaud réussirent à faire sauter l’une des portes de la cité et ils criaient déjà « ville prise! », lorsqu’une femme, Jeanne La Verde dite la Verdette, leur répondit en patois : « pancaro! » (pas encore) en faisant tomber une énorme pierre du haut des remparts.
Cette pierre tomba sur le casque de Chambaud et, si elle ne le tua pas, elle le blessa néanmoins : les huguenots paniqués s’enfuirent et la ville fut sauvée.
Les Pradelains attribuèrent ce sauvetage, outre au courage de l’héroïne, à la protection de Notre-Dame.
A partir de ce jour, furent fondées une sainte messe d’action de grâces et une procession au jour anniversaire de cette délivrance : j’ignore si elles sont toujours célébrées en ce temps, mais j’ai vu, dans mes lectures, qu’elles l’étaient encore au début des « années 70  » du XXème siècle.

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Porte de la Verdette où Jacques de Chambaud fut mis en déroute par le courage de Jeanne La Verde
(cliquer sur la photo pour la voir en grand)

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Plaque et bas-relief commémoratifs du haut-fait de Jeanne La Verde, dite la Verdette
(cliquer pour voir en plus grand format) 

En 1610, les dominicains fondèrent une communauté à Pradelles et reçurent la charge de la chapelle de Notre-Dame : celle-ci étant petite et vétuste, il fut décidé qu’on la reconstruirait.
La première pierre fut posée le 8 mai 1613 et sans doute fut elle ouverte au culte au cours de l’année 1614.

Tout au long des XVIIème et XVIIIème siècles on a recueilli de nombreux témoignages de grâces extraordinaires, physiques et spirituelles, reçues par l’intercession de Notre-Dame de Pradelles.

L’un des miracles les plus certains obtenus grâce à l’intercession de Notre-Dame de Pradelles fut la guérison de la Bienheureuse Marie Rivier (1768-1838), qui fondera la congrégation des Soeurs de la Présentation de Marie en pleine tourmente révolutionnaire.
La petite Marie, née en 1768 à Montpezat, avait été, à l’âge d’un an et demi, victime d’une chute qui l’avait laissée infirme mais dont elle avait été miraculeusement guérie.
En 1777, dans sa neuvième année, elle se retrouva à nouveau gravement handicapée à la suite d’une seconde chute, et elle ne pouvait plus se déplacer sans deux lourdes béquilles.
La mère de la future bienheureuse résolut de faire sur la jambe de la jeune infirme des onctions avec de l’huile prélevée dans la lampe qui brûlait jour et nuit devant la statue de Notre-Dame de Pradelles : ces onctions quotidiennes étaient bien sûr accompagnées de ferventes prières. Elles furent pratiquées pendant une quinzaine de jours…
Le 15 août, sur les injonctions de l’un de ses oncles, Marie se leva sans ses béquilles et put marcher jusqu’à l’église.
La Bienheureuse Marie Rivier gardera toute sa vie une très grande confiance en l’intercession de Notre-Dame de Pradelles et, en plus d’une circonstance difficile, elle viendra à pied pour la supplier et lui recommander ses intentions.

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La Bienheureuse Marie Rivier, fondatrice des Soeurs de la Présentation de Marie,
miraculée de Notre-Dame de Pradelles. 

Les horreurs sacrilèges de la grande révolution n’épargnèrent pas Pradelles.
Le 27 juin 1793, les terroristes révolutionnaires voulurent faire un grand bûcher avec les « hochets du fanatisme et de la superstition ». Entendez par là les objets du culte et de la dévotion catholiques.
Ils arrachèrent la statue miraculeuse de la Madone à son autel et la jetèrent dans le brasier qu’ils avaient allumé sur la place.
Mais avant qu’elle n’ait pu être entièrement consummée, un homme plein de foi et de courage l’arracha aux flammes et s’enfuit en courant.
Sur l’un des murs du sanctuaire, un tableau (malheureusement très abîmé) perpétue le souvenir de ce sauvetage héroïque.

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27 juin 1793 : la statue miraculeuse de Notre-Dame de Pradelles est sauvée des flammes par un fidèle héroïque
(cliquer sur l’image pour la voir en plus grand) 

La statue de Notre-Dame de Pradelles, quoique gravement endommagée, était sauvée. Elle fut pieusement conservée dans la clandestinité jusqu’en 1802.
Grossièrement restaurée, elle fut d’abord placée dans l’église paroissiale, puis – dès qu’elle put être rendue au culte – dans sa chapelle de la basse ville… où elle est toujours.

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Sur le cliché ci-dessus, vous pouvez voir la statue de Notre-Dame de Pradelles telle qu’elle avait été rendue au culte après une réparation maladroite effectuée pendant le temps de la révolution où elle avait été gardée dans la clandestinité : cela avait consisté en fait à scier les parties brûlées par le bûcher de 1793 et à les remplacer par des pièces de pin plus ou moins bien ajustées aux parties préservées.

En 2001-2002 une restauration complète et sérieuse, rendue indispensable en raison de la grande vétusté de la vénérable statue a été menée à bien.
Voici la même Madone que ci-dessus, maintenant restaurée mais qu’il n’est plus permis de manipuler car elle reste très fragile :

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En outre il en a été réalisé une copie qui restitue les parties manquantes. C’est celle qui est habituellement exposée sur l’autel de la chapelle.
Cette restitution permet de comprendre que la statue originelle avait toutes les caractéristiques de ces antiques Vierges en majesté (certains historiens émettent même l’hypothèse que cela ait pu être une « Vierge Noire » à l’origine) que l’on trouve en si grand nombre en Auvergne et dans les provinces avoisinantes : Rouergue, Gévaudan, Vivarais, Velay, Forez, Lyonnais et Bourgogne…
Voici la photo qui a été prise par Frère Maximilien-Marie le 15 août dernier :

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Il existe une autre copie, un peu plus ancienne et beaucoup moins précise.
En réalité, seules les têtes de la Vierge et de l’Enfant y sont véritablement sculptées ; le corps de la statue est seulement ébauché parce que, en fait, elle a été réalisée pour ne paraître que recouverte de riches robes et parures.
C’est celle que l’on aperçoit ci-dessous, à droite dans le sanctuaire de la chapelle, prête à être portée dans la procession du 15 août :

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La statue miraculeuse de Notre-Dame de Pradelles a été solennellement couronnée le 18 juillet 1869 au nom de Sa Sainteté le Pape Pie IX au cours de cérémonies somptueuses.

Tout au long du XIXème siècle, et encore dans la première partie du XXème siècle, le sanctuaire fut très vivant et on compte de nombreuses grâces de protection, de guérison, de cessation d’épidémies… etc., sans compter les grâces spirituelles.
En revanche, la seconde moitié du XXème siècle avec ses mutations sociales et ses errements ecclésiastiques (et bien que cette contrée garde une piété traditionnelle assez solidement enracinée) a, ici aussi, entraîné une certaine désaffection religieuse dont le sanctuaire a grandement pâti tant spirituellement que matériellement.

La chapelle de Notre-Dame de Pradelles nécessite de gros travaux de restauration. Une grosse partie a déjà pu être menée à bien grâce à la diligence et aux efforts conjoints d’une association, de l’évêché et des pouvoirs publics, mais il y a encore beaucoup à faire.
Souhaitons que cette rénovation s’accompagne d’un profond renouveau spirituel et d’une restauration du grand élan de ferveur et de piété qui a parcouru les XVIIème, XVIIIème et XIXème siècles.

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Pradelles : la procession du 15 août 2012 dans les ruelles médiévales
(cliquer sur la photo pour la voir en plus grand) 

Prière traditionnelle à Notre-Dame de Pradelles :

Je vous salue, Reine de la Montagne, aimable et puissante Protectrice, Notre-Dame de Pradelles.

O Marie, Vierge pleine de bonté, de charmes et de douceur, vous avez partout droit à mes hommages, mais il m’est doux de vous les offrir dans ce Sanctuaire, aux pieds de cette image auguste et vénérée, de cette statue couronnée que vous avez rendue célèbre par tant de prodiges.

Ici, vous avez répandu vos grâces sur la région, sur la ville, sur une multitude de pèlerins qui, depuis plusieurs siècles, viennent invoquer votre secours. Vous avez béni les pécheurs, consolé les affligés. Soyez notre Mère à tous;

En récompense de toutes vos bontés, recevez l’offrande de mon pauvre coeur ; gardez-le et ne me le rendez plus. Si le monde ou les passions me le réclament, je répondrai : Mon coeur n’est plus à moi, mon coeur est à Marie!

Lorsque viendra l’heure du dernier combat, soyez à mes côtés ; venez, ô tendre Mère, recueillir le dernier soupir de votre enfant.

Ainsi soit-il! 

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Photo ancienne de Notre-Dame de Pradelles avec sa robe d’apparat
(cliquer sur la photo pour la voir en plus grand) 

2012-44. Simples réflexions à propos du 10 août.

Vendredi 10 août 2012.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

     La date du 10 août est particulièrement riche en célébrations et commémorations.
Sans prétendre, ni même vouloir, tout épuiser, je m’autorise à vous rejoindre pour partager avec vous quelques réflexions qui me sont venues aujourd’hui à partir de mes lectures et des échanges que j’ai eus avec mon papa-moine.

A – De la fête de Saint Laurent et de la cohérence des fidèles.

   Au calendrier liturgique, nous fêtons aujourd’hui Saint Laurent, proto-diacre et martyr.
C’est même l’un des plus célèbres martyrs de Rome : il est d’ailleurs devenu l’un des célestes protecteurs de la Ville Eternelle, et la basilique qui a été élevée sur son tombeau est au nombre des « sept basiliques » auxquelles les pèlerins se rendent traditionnellement.

Le martyre de Saint Laurent, Pierre de Cortone - 1626

Le martyre de Saint Laurent (Pierre de Cortone – 1626)

   Je ne peux résister à la tentation de vous recopier quelques phrases d’un sermon que notre glorieux Père Saint Augustin a consacré à Saint Laurent :
   « C’est aujourd’hui, à Rome, un grand jour de fête, que célèbre une grande affluence de peuple. Unissons-nous à ce peuple : absents de corps, soyons néanmoins par l’esprit avec nos frères, en un même corps, et sous un même chef. La mémoire de ses mérites ne se borne point, pour notre martyr, à la terre où est le sépulcre de son corps. Partout on lui doit un saint respect. La chair n’occupe qu’un seul endroit, mais l’âme victorieuse est avec Celui qui est partout.
(…) L’Eglise, a établi ces anniversaires des glorieux martyrs, afin d’amener par la foi à les imiter, ceux qui ne les ont point vus souffrir, de les stimuler par ces solennités (…). A chaque solennité d’un martyr, préparons notre coeur à le fêter, de manière à n’être jamais sans l’imiter.
C’était un homme, et nous sommes des hommes. Celui qui l’a créé nous a créés aussi ; et nous sommes rachetés au même prix qu’il a été racheté. Nul homme chrétien dès lors ne saurait dire : Pourquoi moi? Encore moins, doit-il dire : Pour moi non. Mais bien : Pourquoi pas moi ? (…)
Dès lors, mes frères bien-aimés, puisque jamais nous ne sommes sans persécution, comme nous l’avons dit, et que le diable, ou nous tend des embûches, ou nous fait violence, nous devons être toujours prêts, ayant le coeur fixé en Dieu, et autant qu’il nous est possible, au milieu de ces embarras, de ces tribulations, de ces épreuves, demander la force au Seigneur, puisque de nous-mêmes nous sommes si faibles, nous ne pouvons rien (…) » (Saint Augustin, homélie pour la fête de Saint Laurent)

   En un temps où, très spécialement en France, l’anti-christianisme se fait de plus en plus agressif, la célébration des fêtes des martyrs ne doit-elle pas nous stimuler et nous encourager ?
L’Apôtre Saint Paul ne s’adressait pas qu’aux chrétiens de Rome du premier siècle lorsqu’il leur écrivait : « Nolite conformare huic saeculo : ne vous conformez pas à ce monde, mais réformez-vous par le renouvellement de votre esprit, afin que vous reconnaissiez combien la volonté de Dieu est bonne, agréable et parfaite » (Rom. XII, 2).

   Aujourd’hui, par tous les moyens, de multiples et incessantes pressions sont faites pour que les chrétiens en prennent à leur aise avec la loi divine – qui n’est rien d’autre que la pratique cohérente du véritable amour – , réinterprètent les commandements de Dieu et de Son Eglise, renoncent aux exigences de la sainteté et se calquent sur des modes comportementales qui ne sont rien d’autre que l’immoralité institutionnalisée…

   J’ai alors repensé à ce qu’écrivait Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de la Sainte Face :
« …si l’Amour venait à s’éteindre, les Apôtres n’annonceraient plus l’Evangile, les Martyrs refuseraient de verser leur sang… » (manuscrit B).
Et je me suis demandé : parmi tous ceux qui se déclarent chrétiens, aujourd’hui, en France, combien sont prêts à répandre leur sang pour défendre la loi morale, comme le fit Saint Jean-Baptiste ? combien sont prêts à payer de leur vie leur attachement à Jésus-Christ vrai Dieu et vrai homme, comme le fit Saint Etienne ? combien sont prêts à défendre toutes les Vérités révélées par Dieu et transmises infailliblement par Son Eglise, quoi qu’il puisse leur en coûter, comme le fit Saint Laurent ? combien sont prêts à se laisser torturer et mettre en pièces plutôt que d’abandonner un seul point du dogme, comme l’a fait la « foule immense que nul ne pouvait dénombrer » des fidèles mis à mort par les païens, par les hérétiques, par les mahométans, par les huguenots, par les révolutionnaires, par les marxistes et par les socialistes, par les athées et par les satanistes ?
La charité, capable d’aller jusqu’au bout du plus extrême don de soi, et la cohérence la plus rigoureuse de son comportement avec ce que l’on professe des lèvres ne font-elles pas cruellement défaut même dans les rangs des fidèles ? L’Amour, l’Amour vrai dont parlait Sainte Thérèse, n’est-il pas éteint ? L’Amour est-il encore aimé, vraiment aimé, aimé avec cette cohérence qui embrasse chaque détail de la vie ?

  J’ai lu dans « la Croix » – pardonnez-moi de citer un mauvais journal (« Lire ‘la Croix’, quelle croix ! » s’était un jour écrié le génial André Frossard) – le compte-rendu d’un sondage publié hier par « la Vie » (nul n’ignore que cet hebdomadaire n’est plus catholique depuis belle lurette), selon lequel seulement 56% des « catholiques pratiquants » croiraient en une vie après la mort, et seulement deux tiers d’entre eux adhèreraient aux dogmes les plus essentiels du christianisme (dont – excusez du peu – la création du monde par Dieu et la résurrection de N.S.J.C. !).
Sans doute conviendrait-il de définir ce qu’est pour « la Vie » un « catholique pratiquant » : à mon avis ce ne doit pas être quelqu’un qui va à la Messe tous les dimanches et fêtes d’obligation, qui prie quotidiennement, qui observe les commandements de Dieu et de l’Eglise, qui se confesse régulièrement, qui est attentif aux jours de pénitence et de jeûne, qui obéit au Pape… mais, bref, passons là-dessus pour en venir à cette conclusion : comment voulez-vous que ces prétendus catholiques soient capables de résister en face de la plus simple contradiction, des vexations de l’anti-christianisme militant, voire de la persécution – qu’elle soit psychologique ou physique – ?

   Sans doute voyons-nous ici les résultats de plus de cinquante ans de catéchèse et de prédication indigentes, rendues stériles par le modernisme et le relativisme des pasteurs eux-mêmes.
Une fois de plus, je n’hésite pas à l’écrire : il vaudrait certainement bien mieux que ces pseudo-catholiques, fussent-ils prêtres ou même évêques, quittent carrément l’Eglise et – si ça leur chante – fondent leurs petites sectes modernichonnes (et de toute façon sans avenir) plutôt que de continuer à affaiblir et polluer la véritable Eglise du Christ !

Triumphal Arch Mosaic

Rome, basilique de Saint-Laurent-hors-les-murs, mosaïque de l’arc triomphal :
Le Christ en gloire entouré des saints Apôtres Pierre et Paul, des saints diacres martyrs Laurent et Etienne, et de Saint Hippolyte .

B – Lacrymosa dies illa : 10 août 1792.

     Mais la joie spirituelle de la fête de l’un des plus glorieux martyrs de la Sainte Eglise est chaque année assombrie par l’anniversaire de la prise du palais des Tuileries, le 10 août 1792.
Cette date marque la chute de la royauté française. Et même si elle n’en est pas vraiment le début (voir par exemple ce que j’ai publié > ici), elle va entraîner un déchaînement de violences inouïes, être suivie par une quantité incroyables d’actes de vandalisme et de barbarie, une débauche de sacrilèges et de profanations, un invraisemblable déferlement de haine et de cruauté que personne n’eût pu imaginer dans un Royaume qui passait pour le plus chrétien d’Europe et le plus raffiné dans sa civilisation !

   J’avais publié l’année dernière le témoignage de Pauline de Tourzel sur la prise des Tuileries (cf. > ici).
Avec Frère Maximilien-Marie, nous avons lu ce matin la relation qui en a été faite par le colonel de Pfyffer d’Altischoffen (voir > ici).

Nous avons pleuré d’émotion et d’indignation à ce récit qui montre le courage et la fidélité sans faille des Gardes Suisses et des derniers défenseurs de la famille royale, mais aussi la bassesse et la félonie de ceux qui prétendaient agir pour la liberté, l’égalité et la fraternité, et qui ne furent en réalité que les instruments de la régression de la France.

10 août 1792 - les corps des Suisses outragés et brûlés

Après la prise du palais, les corps des Suisses sont défenestrés, dénudés, mutilés, brûlés…

   Frère Maximilien-Marie m’a dit (et j’adhère moi-même totalement à ses paroles) :
« Plus que jamais, plus fort que jamais, plus profondément et plus résolument que jamais, je déteste, je hais et j’exècre la révolution !
C’est en raison de l’amour que j’ai pour Dieu et pour Ses saintes lois, en raison de l’amour que je porte à la France telle que Dieu la veut, que je me suis voué et consacré à combattre la révolution : avec la grâce de Dieu, je la combattrai jusqu’à mon dernier souffle sur cette terre, et je la combattrai encore au-delà de ma mort… »

   A ceux qui s’étonneraient de lire que le verbe haïr est dans la bouche d’un religieux, il convient de préciser que si justement un moine est fait pour aimer – aimer selon Dieu s’entend -, cet amour exige nécessairement de repousser avec la dernière énergie tout ce qui est contraire à l’amour divin, de lutter contre tout ce qui s’oppose à cet amour, et de haïr tout ce qui tend à la destruction du règne d’amour du Coeur de Jésus.
Or la révolution n’est rien d’autre qu’une entreprise satanique, une manifestation de l’antéchrist, une tentative de faire échec aux desseins du Sacré-Coeur.

2012-44. Simples réflexions à propos du 10 août. dans Chronique de Lully fragement-drapeau-gardes-suisses-ramassé-aux-Tuileries-par-Cléry-Carnavalet-300x225

Lys d’un drapeau des Gardes Suisses qui fut ramassé par Cléry aux Tuileries
(Paris – musée Carnavalet) 

C - In memoriam : 10 août 1982.

     D’une manière très personnelle, ce 10 août marque cette année le trentième anniversaire du rappel à Dieu de la grand’mère paternelle de Frère Maximilien-Marie.
C’est par elle que notre Frère a des racines dans ce pays des Boutières où notre Mesnil-Marie est implanté.

   Frère Maximilien-Marie m’a raconté que sa grand’mère avait demandé que le vieux cantique populaire « J’irai la voir un jour » fût chanté à ses funérailles.
En ce temps là, Monsieur l’archiprêtre de Saint-Martin de Valamas était l’un de ces bons prêtres qui avait gardé la foi, qui aimait Notre-Dame, dont le coeur cherchait à se modeler sur Celui du Bon Pasteur : il ne s’était, bien évidemment, pas opposé aux dernières volontés de la défunte, qui avait également précisé qu’elle voulait que l’on chantât la Messe des morts, c’est-à-dire les pièces grégoriennes de la liturgie des défunts.

   Trente ans après, la paroisse de Saint-Martin de Valamas a été supprimée (dissoute dans une « paroisse » qui couvre le territoire de deux cantons) et il n’y a évidemment plus d’archiprêtre ; le prieuré – magnifique presbytère du XVIe siècle – est inoccupé ; la plupart des fidèles meurt sans le secours des sacrements ; aux messes d’enterrement – quand il y a encore une messe – on n’offre pas des suffrages pour les défunts (et on ne parle pas du purgatoire bien sûr) , mais on vient faire un geste de solidarité envers une famille en deuil ; enfin il est interdit aux prêtres d’accompagner la dépouille du défunt au cimetière, d’y bénir la tombe et d’y diriger les ultimes recommandations de l’âme !!!

   Frère Maximilien-Marie a prévu d’être inhumé, normalement, dans la concession familiale où sa place est prête, au cimetière de Saint-Martin de Valamas.
Mais il est bien évidemment hors de question d’avoir à ses funérailles autre chose qu’une Sainte Messe de Requiem selon le rite latin traditionnel, et qui soit en outre célébrée par un prêtre vraiment catholique officiant habituellement avec cette liturgie.
Avec de telles exigences, notre Frère n’est pas certain qu’ « on » lui ouvre les portes de l’église de Saint-Martin de Valamas… du moins dans l’état actuel des choses.

   Mais ce n’est pas irréversible car – grâces en soient à Dieu! – Frère Maximilien-Marie se porte plutôt bien et, sauf accident, il bénéficie d’une espérance de vie plus importante que les opposants à la liturgie traditionnelle que seulement quelques années séparent de la retraite : nous le savons bien, une partie de la crise moderniste sera résolue de manière biologique !

   N’allez pas croire que mes pensées de ce soir sont morbides : finalement, la mort n’est un drame que pour ceux qui sont en dehors de la grâce de Notre-Seigneur et qui n’ont point d’espérance.
A quelques jours de la fête de l’Assomption, nous regardons plus que jamais avec ferveur vers le Ciel et vers l’Eternité qui nous est promise, et notre coeur chante avec une tendresse émue : 

J’irai la voir un jour, au Ciel dans ma Patrie :
Oui, j’irai voir Marie, ma joie et mon amour ;
Au Ciel, au Ciel, au Ciel, j’irai la voir un jour ! 

patteschats 10 août dans Commentaires d'actualité & humeursLully.                

Hugo van der Goes - dormition de Notre-Dame

Hugo van der Goes : la dormition de la Vierge

Pour aider le Refuge Notre-Dame de Compassion > ici

2012-43. Le Monastier-sur-Gazeille, un patrimoine d’exception.

Le Monastier sur Gazeille (plan)

Le Monastier-sur-Gazeille : plan

   La petite ville du Monastier-sur-Gazeille, comme son nom l’indique, s’est développée autour d’un monastère, qui fut même au Moyen-Age une abbaye très importante à la tête de prieurés et de dépendances dans tout le Royaume de France, et jusqu’au-delà de ses frontières.

   Cette importance spirituelle et historique, s’accompagne d’une importance patrimoniale et artistique de premier ordre : au Monastier, malgré les ravages des époques troublées et les destructions consécutives à la grande révolution, se dresse une très belle église abbatiale, en majeure partie romane.

Le Monastier : façade de l'église abbatiale

Le Monastier : façade de l’église abbatiale.

   Je ne vais pas réécrire ici ce que d’autres ont écrit bien que mieux moi et d’une manière bien plus complète que ce que je pourrais mentionner sur un simple blogue : tous ceux qui veulent en savoir plus sur l’histoire de l’abbaye (origines et développements), sur son architecture et ses sculptures, se reporteront avec grand profit à ce site > ici.

   A côté de l’abbatiale, se dressent d’une part les bâtiments abbatiaux reconstruits au XVIIIe siècle et d’autre part le château abbatial du XVIe siècle (dans les belles salles du rez-de-chaussée duquel on visitera avec intérêt le « Musée des Croyances Populaires », qui résulte d’un extraordinaire travail de collecte et de restitution scénographique des traditions du Velay).

Le Monastier : château abbatial

Le Monastier : château abbatial

   Il faudrait aussi mentionner nombre de vieilles maisons ou hôtels particuliers aux façades remarquables et l’église Saint-Jean, du XVe siècle.

   Les municipalités successives ont eu à coeur de préserver et/ou de restaurer autant qu’il était en leur pouvoir ce patrimoine d’exception.
En cette année 2012, a été inauguré l’ Espace Culturel Européen (nous avons évoqué cette inauguration > ici) à l’issue de longs, patients et – il faut le souligner – remarquables travaux de restauration et d’aménagement des anciens bâtiments claustraux du XVIIIe siècle, contigus à l’abbatiale, dont l’espace muséographique s’enrichit régulièrement de nouveaux objets et pièces intéressantes).

le Monastier : galerie du cloître du XVIIIe siècle

Le Monastier : galerie du cloître XVIIIe siècle

   L’unique galerie du XVIIIe siècle qui a succédé au quadrilatère du cloître roman est devenue un bel et lumineux espace permettant d’accéder, de plein pied, à droite de la grande entrée à une belle et agréable bibliothèque, et  sur la gauche à un vaste espace d’exposition.

   En contournant le bâtiment, on arrive sur la place du Vallat : c’est là que donne le perron de l’office du tourisme, par lequel on accède à la partie muséale de l’ Espace Culturel Européen.
Saluons au passage l’amabilité et la disponibilité de l’hôtesse d’accueil.

   Deux salles voûtées qui ont été réunies permettent de bénéficier, dans la première, d’explications claires sur les origines de l’abbaye et son histoire, dans la seconde, de renseignements intelligemment présentés sur la vie monastique et la manière dont elle est organisée.

Salle présentant l'histoire de l'abbaye

Salle présentant la vie monastique et son organisation

Salles présentant l’histoire de l’abbaye et la vie monastique

   On y est introduit par une salle de projection où est présenté le film documentaire (j’en ai déjà parlé > ici) qui permet de situer le Monastier non seulement dans l’ensemble du massif du Mézenc et de son patrimoine naturel et humain, mais encore à travers ses activités et sa vie présente…

   On accède ensuite dans l’espace où est désormais conservé la partie la plus précieuse et la plus fragile du trésor de l’abbatiale : au premier chef l’exceptionnel buste reliquaire de Saint Théofrède (populairement appelé Saint Chaffre) du XIe siècle…

Buste-reliquaire de Saint Théofrède

Le Monastier : buste-reliquaire de Saint Théofrède

… mais le trésor, ce sont aussi d’autres pièces d’orfèvrerie religieuse, de très belles toiles (du XVe au XVIIIe siècles, actuellement en restauration : des copies les remplacent) et de remarquables tissus précieux rapportés d’Ouzbékistan qui enveloppaient jadis les reliques.

   Enfin, cet Espace Culturel Européen comprend une vaste et très belle salle de musique : Le Monastier est le siège d’une école intercommunale de musique très dynamique, et, toutes les années depuis 1989, la ville accueille pendant l’été un Festival des Cuivres.

   Si cette présentation, de manière tout à fait délibérée, n’est pas entrée dans de nombreux détails, c’est parce que je souhaite vous avoir « mis l’eau à la bouche » et que j’espère susciter en vous, bien plus que l’envie, la ferme résolution d’aller – ou de retourner – passer au moins une demi-journée au Monastier : il faut en effet prendre le temps d’une visite guidée de l’abbatiale (monsieur le Maire s’y prête avec une vraie passion), découvrir posément les richesses offertes par l’ Espace Culturel Européen, et finir l’après-midi en déambulant dans les ruelles auxquelles les rayons du soleil couchant donnent une lumière incomparable…

Patte de chat Lully.

2012-41. Notre-Dame de la Délivrance, au hameau de Chapias (Vivarais).

Mercredi 18 juillet 2012.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Je vous avais annoncé la « journée de mémoire » organisée par Frère Maximilien-Marie le 14 juillet dernier à l’occasion du deux-cent-vingtième anniversaire de la tentative de soulèvement dirigée par le comte de Saillans et, consécutivement à son échec, du massacre d’une douzaine d’ecclésiastiques et d’un certain nombre de fidèles sujets du Roi (cf. > www).
Je vous ferai un peu plus tard le compte-rendu de cette journée, mais je veux profiter aujourd’hui de la fête de Notre-Dame de Bonne Délivrance (dont je vous avais entretenu ici > www) pour vous présenter un petit sanctuaire marial du bas Vivarais dont le nom est presque semblable : Notre-Dame de la Délivrance.
La chapelle dans laquelle notre douce Mère céleste est invoquée sous ce vocable, est sise au hameau de Chapias, qui appartient à la commune de Labeaume (07120 – site de la commune > www).
Nos pèlerins du 14 juillet dernier y ont fait une étape, parce que ce lieu est lié à la grande révolution, même s’il n’est pas directement en rapport avec les évènements de juillet 1792. En l’occurrence – et fort heureusement – on ne déplore ici ni massacre ni évènement malheureux…

2012-41. Notre-Dame de la Délivrance, au hameau de Chapias (Vivarais). dans Chronique de Lully hameau-de-Chapias-Copie-300x225

Le hameau de Chapias dans la garrigue
(cliquer sur la photo pour la voir en plus grand format)

Au centre du hameau de Chapias, on arrive sur une petite place ombragée qui sert de parvis à une chapelle de dimensions respectables.
En face de la porte d’entrée, au centre de la placette, a été érigée une croix de mission.
La chapelle, comme toutes les maisons du hameau, est construite avec les pierres calcaires dont la garrigue environnante n’est pas avare. Au dessus de la porte d’entrée, sur le linteau, est gravée la date 1814.
Au XIXème siècle, et jusqu’au milieu du XXème siècle, ce hameau, qui était assez peuplé et à une distance assez importante du chef-lieu, fut même érigé en paroisse indépendante, avec un curé résident : un presbytère est attenant à l’église.

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La chapelle de Chapias.

Gravissant les trois marches du perron, nous pouvons entrer dans la chapelle.

Aussitôt, nous pouvons constater avec plaisir que les fureurs iconoclastes qui, sous le fallacieux prétexte de l’aggiornamento - dans les années consécutives au second concile du Vatican – , ont dépouillé nos églises pour en faire des copies de sinistres temples huguenots, n’ont eu ici qu’une action limitée.
A Chapias, on peut seulement déplorer la disparition de la table de communion au niveau des degrés qui marquent la séparation entre le sanctuaire et la nef et l’ajout, tout à fait inutile, d’une espèce de meuble sans goût ni grâce – il a l’élégance d’une verrue! – pour servir, plus encore que d’autel face au peuple, d’impitoyable témoin à charge contre le mauvais goût et le manque de solide formation liturgique d’une part importante du clergé.
Cela mis à part, on ne peut que se réjouir de voir que toutes les statues, les stations du chemin de Croix, les ex-votos, les tableaux des saints, les autels de marbre recouverts de nappes et parés de chandeliers sont tous en place, comme attendant la véritable restauration d’un authentique culte catholique…
Dans la lumière doucement tamisée par les vitraux, la sérénité du lieu vous imprègne.

3-Intérieur-chapelle-Chapias-Copie-300x225 Chapias dans Nos amis les Saints

Intérieur de la chapelle de Chapias. 

Frère Maximilien-Marie a été particulièrement sensible au fait que notre glorieux Père Saint Augustin est représenté par l’un des vitraux du sanctuaire, et en outre qu’il y a un beau tableau représentant Saint François de Sales :

Chapias-St-Augustin-Copie-144x300 Notre-Dame de la Délivrance dans Prier avec nous   Chapias-St-françois-de-Sales-229x300 pèlerinage dans Vexilla Regis

Mais surtout, dès le moment où le visiteur entre, son oeil est attiré par le grand tableau qui est accroché au fond du sanctuaire, bien au centre :

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Le voeu des abbés Sévenier
(cliquer sur la photo pour la voir en grand)

Regardons le tableau plus en détail :

Voeu-des-abbés-Sévenier-Copie-2-300x246 prêtres réfractaires

Le voeu des abbés Sévenier (détail)

Aux pieds d’une Vierge assise, tenant en sa main droite un sceptre fleurdelisé, portant sur ses genoux un Enfant Jésus qui bénit de la main droite tandis que de la gauche il s’enveloppe dans le manteau protecteur de sa mère, deux ecclésiastiques sont à genoux.
Celui de gauche, comme en témoigne sa chevelure blanche, est plus âgé. Leur attitude à tous deux et leurs regards montrent qu’ils prient, qu’ils se recommandent avec ferveur (il y a même une nuance d’inquiétude sur leurs visages) à l’intercession de Notre-Dame.
Le geste de bénédiction de l’Enfant Jésus, la tête tendrement inclinée de la Madone et le sourire qu’on lit sur ses lèvres laissent entendre que la requête des deux prêtres est agréée, que leur prière est exaucée.
Sur la droite du tableau, en haut de la montée d’escalier, ont été figurés des soldats (ou des gardes nationaux) les armes à la main, effectuant une perquisition. 

Ces deux prêtres sont les deux abbés Sévenier
Le plus âgé – né en 1733 – était en 1789 curé-prieur de la petite ville de Valgorge, dans les Cévennes vivaroises.  Le plus jeune – il était né en 1760 – était le neveu et le vicaire du premier.
L’un comme l’autre refusèrent le serment schismatique à la constitution civile du clergé et devinrent donc des réfractaires, c’est-à-dire de dangereux hors-la-loi aux yeux des révolutionnaires : s’ils ne faisaient pas le choix de l’exil volontaire, ils étaient passibles de la déportation ou de la mort.
Dans un premier temps, ils se cachèrent chez certains de leurs paroissiens, et continuèrent à exercer leur ministère clandestinement. Mais le danger grandissant auquel ils exposaient ceux-là même qui les protégeaient les détermina à quitter le territoire de leur paroisse et à se retirer dans leur famille, au hameau de Chapias.

La famille Sévenier possédait une propriété relativement importante et devait faire appel à de la main d’oeuvre extérieure.
Les deux abbés – en habits civils – pouvaient donc se faire passer pour des domestiques, mais il fallut rapidement multiplier les mesures de discrétion pour que des employés à la langue trop bien pendue (et ce d’autant plus que des récompenses étaient promises aux délateurs) ne divulgassent point des informations susceptibles de mettre les deux prêtres et leur famille en danger.

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Chapias : la « maison Sévenier » où les abbés se cachaient dans leur famille.

Un jour, la garde nationale pénétra à l’improviste dans la maison alors que Madame Sévenier était auprès du feu avec son neveu, le plus jeune des prêtres ; elle eut alors la promptitude d’esprit de lui tendre un sac en lui disant sur le ton avec lequel on s’adresse à un domestique : « Prends ton goûter et va garder le troupeau! » Les soldats laissèrent partir le « berger » ne se doutant pas de son identité et leur perquisition s’avéra, bien évidemment, infructueuse.
Une autre fois, les soldats vinrent en pleine nuit : à peine eurent-ils commencé de tambouriner à la porte que Madame Sévenier fit entrer les abbés dans une cache aménagée derrière une armoire, puis elle vida un seau d’eau sur le sol et alla se coucher dans le lit précédemment occupé par les prêtres. Pendant ce temps, Monsieur Sévenier, à la porte, avait un peu retardé l’entrée des révolutionnaires : ils fouillèrent la maison sans rien trouver, car – à cause du sol mouillé – ils ne mirent pas les genoux à terre pour se pencher et regarder sous l’armoire, se contentant d’y faire passer la baïonnette d’un fusil : cette fois encore la famille Sévenier avait eu chaud!

Les alentours de Chapias sont hérissés de rochers calcaires aux formes bizarres et la garrigue est un enchevêtrement d’arbustes méditerranéens, de haies épineuses, de sentiers tortueux, de petits clos entourés de murailles de pierres sèches, au milieu desquels il est bien malaisé à quelqu’un qui n’en est pas familier de ne pas se perdre.
En raison de la surveillance toujours plus suspicieuse et des perquisitions, il fut donc convenu que les deux abbés se réfugieraient pendant la journée à l’intérieur de l’un de ces gros rochers, situé à quelque 400 mètres de la maison : en effet, la Providence a fait que ce rocher est creux!
Depuis lors cette cachette naturelle est restée dans la mémoire collective comme « le rocher des curés » et sur le cliché ci-dessous vous apercevez sur l’avant (à hauteur de visage d’homme, car ce rocher mesure près de 4m de hauteur) une ouverture allongée par laquelle on pouvait faire passer de la nourriture aux deux réfractaires.

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Le « rocher des curés » (cliquer pour agrandir)

Lors de leur passage, 14 juillet dernier, Frère Maximilien-Marie et ses amis sont allés le visiter, bien sûr.
C’est le filleul de notre Frère qui, à l’arrière du rocher, a découvert le passage étroit à travers lequel il faut ramper pour entrer dans la  cachette.

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L’entrée de la cache.

Si un enfant de dix ans peut s’y faufiler sans problème, notre Frère – qui n’a ni la même souplesse ni la même circonférence (!!!) – a eu un peu plus de mal pour s’y faufiler et, lui qui n’aime pas les espaces étroits et confinés, n’a pas eu l’envie de demeurer très longtemps dans ce rocher, qui fut cependant sanctifié par les longues heures de prière et de véritable pénitence des deux abbés Sévenier.
Voici un cliché pris lorsqu’on est accroupi à l’intérieur de la cachette et qui montre la seule chose que l’on peut voir en levant la tête : le ciel à travers les branches…

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Lorsque Frère Maximilien-Marie m’a montré cette photo, j’ai pensé que lorsqu’on est en butte à un monde hostile, nous n’avons plus qu’à lever les yeux et à crier vers le Ciel…
C’est ce que firent nos bons abbés : redoublant de confiance et de ferveur, ils se mirent sous la protection très spéciale de la Très Sainte Vierge et firent le voeu de lui bâtir une chapelle, s’ils sortaient saufs de la persécution révolutionnaire.
Cette scène, outre le tableau sus-cité, est sculptée en bas-relief sur le maître-autel de la chapelle :

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Le voeu des abbés Sévenier, bas-relief du maître-autel de la chapelle.

Le 28 septembre 1798, le plus âgé des abbés, alors qu’il se dégourdissait un peu les jambes en dehors de la cache, se trouva nez à nez avec un révolutionnaire qui le fit prisonnier : emmené d’abord à Joyeuse, il fut transféré à Privas le 2 octobre, puis enfin à Orange où il devait comparaître devant le tribunal révolutionnaire.
Mais Notre-Dame de la Délivrance veillait! La révolution s’épuisait et le procès traîna en longueur… Des négociations eurent lieu et le vieil abbé fut libéré en échange de 1400 livres!
Il revint à Chapias.
Peu à peu les prêtres réfractaires pouvaient sortir de la clandestinité et reprendre leur ministère sans rien craindre : sitôt le concordat signé, les deux abbés Sévenier reprirent leurs postes à Valgorge. 

Ils n’oublièrent pas leur promesse et, dès que ce fut possible, ils s’acquittèrent de la construction de la chapelle qu’ils avaient promise à la Madone.
Elle fut achevée en 1814, année du décès du plus âgé des deux prêtres.
Elle fut agrandie à deux reprises par la suite, et le plus jeune des abbés Sévenier en fut officiellement nommé chapelain, fonction qu’il exerça jusqu’à sa mort, en 1841.
Il fut inhumé aux pieds de Notre-Dame de la Délivrance.

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Tombe du plus jeune des abbés Sévenier dans la chapelle.

Dès que la chapelle fut ouverte au culte, un véritable pèlerinage se développa : les fidèles des paroisses alentours vinrent de plus en plus nombreux se confier à la Très Sainte Vierge Marie, solliciter son intercession dans leurs nécessités spirituelles et temporelles, et la remercier lorsqu’ils étaient exaucés.
Cela rendit nécessaire la présence à temps plein d’un prêtre pour accueillir les pèlerins, diriger les exercices de dévotions, célébrer la Sainte Messe et administrer le sacrement de pénitence… 
De là, dans un premier temps, la nomination de l’abbé Pierre Sévenier comme chapelain, puis, dans la seconde partie du XIXème siècle, l’érection du hameau en paroisse, comme je l’ai signalé plus haut.

En 1884, à quelques centaines de mètres du hameau, sur une petite éminence de ce plateau calcaire (à 252 m. d’altitude, pour être précis), fut construite une tour crénelée de 12 mètres de haut, au sommet de laquelle fut placée une statue de pierre représentant la Vierge, couronnée, portant le Saint Enfant Jésus sur son bras gauche.
En ces temps de grande foi populaire, la tour devint le but vers lequel se rendaient les processions qui se faisaient à l’extérieur à l’occasion de toutes les grandes fêtes mariales.

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Chapias : la tour de la Vierge à l’extérieur du hameau.

Frère Maximilien-Marie et ses amis s’y sont bien évidemment rendus et en ont fait l’ascension (du sommet on découvre, à 360°, un somptueux panorama) ; son filleul a même compté les marches : il y en a 53, comme le nombre des « Ave, Maria » d’un chapelet.
Au dessus de la porte d’entrée, le linteau porte gravé le monogramme de Marie, accompagné de cette inscription : 12 octobre 1884 – Notre-Dame du Très Saint Rosaire, priez pour nous.

Voilà donc, chers Amis, la présentation et l’histoire du sanctuaire de Notre-Dame de la Délivrance, au hameau de Chapias, en notre bas Vivarais, et j’espère qu’elles vous ont touchés autant que j’en fus ému lorsque notre Frère m’en a fait le récit.

Je ne veux pas terminer ma publication de ce jour sans vous avoir invités à prier Notre-Dame de la Délivrance avec beaucoup de confiance et d’amour, en contemplant la statue qui la représente dans le transept droit de la chapelle…

Lully.

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Statue de N.D. de la Délivrance dans la chapelle de Chapias
(cliquer sur l’image pour la voir en grand)

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O très Sainte Vierge Marie,
dont Jésus a fait notre Mère dans l’ordre de la grâce,
convaincu qu’une Mère est
 capable de tout
pour délivrer son enfant du mal et du danger,
je me présente devant Vous :

Notre-Dame de la Délivrance,
délivrez, si cela est possible, mon corps de toute atteinte de la maladie ;
 délivrez-moi surtout des atteintes de ce mal suprême qu’est le péché ;
délivrez-moi de tout ce qui m’est un obstacle
pour vivre pleinement en enfant de Dieu !

 Délivrez aussi, je Vous en supplie,
mon esprit de toute forme d’erreur, de mensonge et de mauvais jugement ;
délivrez enfin mon coeur de toute affection désordonnée,
de toute forme d’égoïsme, de jalousie, de rancune,
d’amertume et d’orgueil !

De même que Vous avez autrefois protégé ces bons prêtres
qui se confièrent à Vous au temps de la persécution,
daignez aujourd’hui tendre une oreille favorable
aux supplications que je fais monter vers Vous ;
daignez regarder favorablement les intentions dont mon coeur est rempli (…)
et Vous faire mon Ambassadrice devant le trône de la Très Sainte Trinité !
Ainsi soit-il.

(prière composée par Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur)

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2012-39. Les Capucins de Nîmes, premiers martyrs de la révolution.

14 juin.

Il convient, chaque année à cette date du 14 juin, de commémorer l’anniversaire du massacre des premiers religieux victimes de la révolution, et cela est d’autant plus nécessaire que le souvenir de ces faits est occulté ou du moins minimisé, à tel point que l’histoire officielle n’en parle que sous le nom de « bagarre de Nîmes ».

Ce que je vais publier ci-dessous est essentiellement le résumé d’un opuscule que nous avons dans la bibliothèque du Mesnil-Marie et qui est intitulé « Premières victimes religieuses de la révolution ». Il avait été publié à Valence en 1916 avec l’imprimatur de l’évêque du lieu.
Tout en le résumant, j’ai dû aussi toutefois le compléter  par des recherches personnelles dans les sources historiques les plus fiables.

Lully.

2012-39. Les Capucins de Nîmes, premiers martyrs de la révolution. dans Memento lys

A – Les Capucins à Nîmes.

Les Capucins étaient déjà présents à Nîmes au XVIème siècle, mais leur couvent avait été dévasté par les protestants en décembre 1561.
L’ « Edit de grâce » signé le 28 juin 1629, appelé aussi Paix d’Alais (aujourd’hui orthographié Alès), avait marqué la véritable fin de ces guerres civiles dites « guerres de religion » : tout en confirmant la liberté de culte pour les huguenots, il permettait enfin le rétablissement du culte catholique dans tous les endroits dont les protestants l’avaient jusqu’alors banni, et il mettait fin à la puissance politique du parti protestant qui menaçait l’unité et la paix du Royaume.

Quinze jours après l’ « Edit de grâce », par un brevet du 13 juillet 1629, Louis XIII rappelait les Capucins à Nîmes. Les travaux du couvent ne purent commencer qu’en 1631 alors que déjà ces religieux particulièrement fervents et zélés rayonnaient vers les Cévennes, et travaillaient à ramener à la plénitude de la vérité chrétienne les esprits égarés par le calvinisme.
Cette fondation entrait dans le plan de nouvelle évangélisation du Royaume conçu par le célèbre (et très injustement calomnié) Père Joseph de Paris  - né François Leclerc du Tremblay – , capucin et conseiller du Cardinal de Richelieu.

Le Révérend Père Joseph de Paris (né François Leclerc du Tremblay)

Le Révérend Père Joseph de Paris, capucin, né François Leclerc du Tremblay

B – Situation au début de la révolution.

Cent cinquante ans plus tard, à la veille de la révolution, les Capucins de Nîmes formaient toujours une communauté prospère et fervente, gardienne de l’orthodoxie et foyer de vitalité catholique pour la ville et ses environs.
En 1789, on estime la population catholique nîmoise à environ 40 000 âmes, tandis que les protestants étaient environ 14 000. Ces derniers compensaient leur infériorité numérique par leur situation sociale : l’industrie et le commerce étant pour une très grande part entre leurs mains.

Le couvent des Capucins consistait en un ensemble relativement spacieux situé à l’extrémité de ce que l’on appelle l’Esplanade.
Il abritait, si mes comptes sont exacts, vingt-trois religieux, très estimés de la population : lorsque, en application des décrets de l’assemblée dite nationale, les officiers municipaux se présentèrent à la fin  de l’année 1789 pour procéder à l’interrogation des Capucins et à l’inventaire du couvent, ils se heurtèrent – nous disent les témoins - « à une barrière vivante de poitrines humaines ».
La délégation du conseil municipal avait donc dû rebrousser chemin, par crainte d’être molestée par la foule.

Le 10 mai 1790, les représentants de la loi revinrent et, employant des formes plus respectueuses, pénétrèrent à l’intérieur du couvent. Tous les religieux comparurent et furent unanimes pour déclarer leur intention de rester fidèles à leur profession et à la vie commune.

Or, dès l’édit de tolérance de 1787, les protestants avaient convoité le couvent pour y établir un temple et une école de prédicants : ils pensaient pouvoir réaliser leur dessein en 1789, après les premières mesures de l’assemblée qui tendaient à l’extinction de la vie religieuse, et ils offrirent d’acheter l’église et le couvent pour la somme de 200 000 livres. Leur proposition fut rejetée avec indignation, si bien que, blessés dans leur orgueil, ils résolurent de s’approprier les lieux par tous les moyens. C’est aussi cela qui explique la fureur et la cruauté des évènements que nous détaillerons plus loin.

Nîmes, détail de la carte de Cassini

Nîmes, détail de la carte de Cassini :
l’implantation des Capucins y est marquée sous le « N » de « Nismes »


C – Protestantisme et maçonnerie.

Avant de poursuivre, il faut faire remarquer que, à Nîmes, comme en beaucoup d’autres lieux, les idées révolutionnaires étaient professées majoritairement par des hommes issus du protestantisme.
C’est ici qu’il faut en particulier signaler la famille Rabaut.

Le père, Paul Rabaut (1718 – 1794), ministre calviniste, était pénétré de « l’esprit des lumières » et, quoique ayant démissionné en 1785, il restait une personnalité influente.
Sous son apparent esprit de tolérance et d’humanité, il dissimulait un anti-catholicisme virulent. C’est lui qui avait été à l’origine de la première des loges maçonniques de Nîmes, la « loge de la bienfaisance », dont il avait présidé la première séance le 15 juin 1749.
Il signait ses lettres « le chevalier de l’Etoile » (« l’Etoile » étant une société fondée à Lausanne par Antoine Court de Gébelin).
Ses trois fils avaient continué dans son sillage.

L’aîné, Jean-Paul Rabaut (1743 – 1793), est entré dans l’histoire sous le nom de Rabaut Saint-Etienne. Pasteur adjoint de son père en 1764, il lui avait succédé en 1785.
Député du Tiers-Etat aux Etats généraux, membre particulièrement agissant de l’assemblée dite Constituante (il travailla sur l’un des projets de la « constitution civile du clergé »), il sera ensuite député à la Convention où il siégera avec les Girondins (ce qui lui vaudra finalement la guillotine).
A Paris, Rabaut Saint-Etienne avait retrouvé Court de Gébelin à la fameuse « loge des neuf soeurs », qui était celle où Voltaire avait été initié.

Le second, Jacques-Antoine Rabaut (1744 – 1820), dit Rabaut-Pommier, fut lui aussi ministre calviniste. Elu à la Convention (où il vota la mort du Roi avec sursis), proche des Girondins, il échappa toutefois à la guillotine.

Le troisième, Pierre-Antoine Rabaut (1745 – 1808), appelé Rabaut-Dupuis (ou Dupuy), n’embrassa pas la carrière de pasteur comme ses frères mais fut d’abord commerçant.
Il était vénérable de la « loge de la bienfaisance », fondée par son père, et avait en outre oeuvré à la fondation, en 1783, d’une deuxième loge : la « loge philanthropique ».
Une troisième loge fut créée en 1788, la « loge d’Henri IV et Sully ».

Lorsque les troubles commencèrent, les loges furent les pourvoyeuses des membres des clubs révolutionnaires.
Le « club des amis de la constitution » de Paris avait de nombreuses ramifications en province, parmi lesquelles le « club des amis de la constitution » de Nîmes, extrêmement agissant, qui se composait de 417 citoyens ainsi répartis : 354 d’origine huguenote et 63 d’origine catholique (et dans ceux-ci une majorité étaient des apostats ou d’anciens repris de justice, c’est donc dire que ces clubistes n’appartenaient pas d’âme au catholicisme).

L’examen des discours prononcés au sein du club et de la correspondance échangée avec Paris démontre que francs-maçons, protestants et clubistes voulaient le triomphe de l’anti-catholicisme.
Rabaut Saint-Etienne, bien que n’étant pas à Nîmes au moment des faits, peut cependant, par l’influence de sa correspondance sur ses coreligionnaires nîmois et confrères maçons, être considéré comme l’un des principaux instigateurs et responsables du massacre.

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Jean-Paul Rabaut, dit Rabaut Saint-Etienne.

D. Les prémices de la « Bagarre ».

Le 13 avril 1790 avait été déposée à l’assemblée une motion en vue d’obtenir que le catholicisme fût déclaré religion de l’Etat, mais les efforts du parti révolutionnaire avaient conduit à l’ajournement puis au rejet de cette motion.
L’émotion fut grande dans la France entière et de nombreuses protestations furent envoyées à l’assemblée.
Les catholiques de Nîmes se réunirent le 20 avril et envoyèrent à l’assemblée une adresse signée par quelque 6000 personnes demandant que la religion catholique, apostolique et romaine fût, par un décret solennel, proclamée religion d’Etat et qu’elle seule jouît des honneurs du culte public.

Cette adresse des catholiques nîmois eût un retentissement considérable, d’autant qu’elle ne fut pas seulement envoyée à l’assemblée mais diffusée dans toute la France pour que d’autres municipalités y souscrivent et que le plus grand nombre de fidèles s’unisse à cette protestation.

Les révolutionnaires, les clubistes, les francs-maçons et les protestants se déchaînèrent : ils crièrent au fanatisme et, à grand renfort de mensonges et de subversion, entreprirent une vaste campagne d’opinion pour déconsidérer les catholiques, suscitèrent troubles et désordres, et agitèrent le spectre des plus criminelles intolérances… 

La tension monta d’un cran lorsque les élections donnèrent la majorité aux catholiques au sein du conseil municipal. Les protestants s’agitèrent plus violemment et intriguèrent pour renverser cette municipalité.
Au cours du mois de mai, un premier incident grave eut lieu : des soldats du régiment de Guyenne (au sein duquel l’influence maçonnique était très forte), poussés par des gardes nationaux protestants, s’en prirent à des catholiques.
Le baron de Marguerittes, maire de Nîmes, parvint à juguler les troubles pour un temps : par un décret municipal du 31 mai, le port d’armes fut interdit en ville.

Pendant ce temps, le Roi avait rejeté l’adresse des catholiques nîmois, mais ceux-ci, faisant remarquer que la décision royale portait l’empreinte de la contrainte, se réunirent à nouveau et signèrent une nouvelle déclaration, le 1er juin 1790
Peu s’en fallut que ce jour-là Nîmes ne fût ensanglantée : la municipalité dut réquisitionner près de 600 soldats pour maintenir l’ordre et spécialement pour sécuriser le parcours de la procession de la Fête-Dieu.

« On ne peut pas en rester là, il faut se réunir, s’armer et se disposer à partir au premier moment ; il faut que les communautés protestantes se procurent des armes, de la poudre et des balles… » Tel était le mot d’ordre qui circulait depuis le mois de mai, relayé par les ministres calvinistes et les révolutionnaires.

E – La « Bagarre ».

Le dimanche 13 juin 1790, à partir du milieu de l’après-midi, des protestants en armes confluèrent massivement vers Nîmes, certains venant de communes éloignées de huit, dix, voire douze lieues. 
En fin de journée, ces protestants armés commencèrent à s’en prendre aux catholiques qui, pour la plupart, étaient désarmés en raison de l’arrêté municipal du 31 mai. Il y eût des troubles dans toute la ville et déjà plusieurs morts.
Le comble est que des huguenots allèrent se poser en victimes auprès des soldats du régiment de Guyenne et qu’on leur remit des pièces d’artillerie !
La tombée de la nuit vint interrompre les troubles et la municipalité crut qu’on en resterait là…

Les huguenots venus de l’extérieur allèrent camper sur l’Esplanade, en face du couvent des Capucins, et pendant la nuit leur nombre s’augmenta.
Certains historiens n’hésiteront pas à parler d’un total de 15 000 huguenots armés présents à Nîmes pour la journée du 14.

m500202_atpico070742_p francs-maçons dans Prier avec nous

Le lundi 14 juin, comme d’habitude, les Capucins ouvrirent les portes de leur église à 5 h du matin, psalmodièrent l’office divin et assistèrent à la Messe conventuelle.
Un peu après celle-ci, une compagnie de gardes nationaux se présenta au couvent pour s’assurer qu’il n’y avait pas d’armes ou de « ligueurs » cachés : ils se livrèrent à une fouille minutieuse et furent forcés de reconnaître qu’il n’y avait rien de suspect dans le couvent.
Le chef de la compagnie recommanda aux religieux de tenir closes portes et fenêtres, ce qui fut fait.

Les choses restèrent en l’état jusque vers midi où quelques coups de feu furent tirés sur l’Esplanade. Personne ne fut blessé, car c’était en réalité un signal.
Environ deux heures plus tard, prétextant que les coups de feu avaient été tirés depuis le couvent (ce qui était impossible puisque la visite domiciliaire avait démontré qu’il n’y avait point d’armes !), les huguenots se ruèrent à l’attaque et commencèrent à enfoncer les portes à coup de hache. 
Au moment de l’attaque, les religieux étaient pour la plupart au choeur, achevant le chant des vêpres. Je détaillerai plus loin ce qu’ils eurent à subir.

Après la mise à sac du couvent des Capucins, les bandes protestantes se répandirent par la ville et s’y livrèrent au pillage et au massacre : « Plus de trois-cents citoyens ont péri », écrivit le maire, Monsieur de Marguerittes, et ce chiffre n’est certainement pas exagéré. Pour certains historiens, on pourrait monter jusqu’à cinq cent.
Pour empêcher l’identification des victimes et leur dénombrement précis, les massacreurs jetèrent de la chaux vive sur les cadavres entassés dans la grande fosse commune de l’Hôtel-Dieu.

Les survivants ont témoigné des atrocités inouïes qui furent commises, et ont donné des détails épouvantables sur la manière dont certains cadavres furent mutilés et outragés.
On a même parlé d’un repas qui eût lieu le soir dans la maison d’un révolutionnaire et au cours duquel les mâchoires inférieures et les barbes des capucins immolés auraient été exposées sur un plat au milieu de la table !

G – Le martyre des Capucins.

Au moment où les portes du couvent commencèrent à être attaquées à coups de hache, nous l’avons vu, les Capucins achevaient les vêpres au choeur.
La plupart des religieux (dix-neuf) parvint à s’enfuir : certains coururent se cacher au dessus de l’église, entre la voûte et la toiture, et d’autres dans le clocher ; plusieurs parvinrent à se blottir au-dessus des lambris du plafond des cellules, de la bibliothèque… etc. ; enfin quelques autres parvinrent à s’enfuir dans les champs après avoir escaladé les murs du jardin… On relate même le cas d’une famille protestante des environs du couvent qui, émue de compassion, sauva la vie de l’un des pères en le faisant monter sur le toit de sa maison.

Pillage d'une église pendant la révolution

Pillage d’une église pendant la révolution

L’église et la sacristie furent pillées et saccagées, le tabernacle profané. La bibliothèque, riche de précieux volumes (Antoine-Balthazar Fléchier – neveu de l’illustre évêque et prédicateur qui avait illustré le siège épiscopal de Nîmes au XVII ème siècle – avait légué quelque deux mille volumes à la bibliothèque du couvent), fut dévastée. La pharmacie, une des plus belles du Royaume grâce à laquelle d’abondants secours étaient dispensés aux pauvres, fut entièrement détruite. Toutes les représentations du Crucifix, toutes les images ou statues de la Vierge et des Saints qui se trouvaient dans le couvent furent lacérées, brisées ou mutilées…
On a recueilli des témoignages selon lesquels, dans les jours qui suivirent, des protestants dansaient à Massillargues, vêtus en Capucins ou arborant des surplis, des étoles ou des chapes, et buvant « à la santé de la nation » (!!!) dans des vases sacrés.

Cinq religieux subirent le martyre. Ce sont :

1) Le Père Benoît de Beaucaire, âgé de 58 ans, qui fut massacré dans l’église. 
En entendant les coups de hache à la porte de l’église, il se munit d’une étole et se précipita pour soustraire le Saint-Sacrement à la profanation. Il n’en eut pas le temps car déjà un huguenot se jetait sur lui ; il l’implora : « Laissez-moi le temps d’achever ma prière ! ».
« Je t’accorde cinq minutes… »
Alors le Père s’inclinant vers l’autel entreprit de consommer les Saintes Espèces. Mais à peine les cinq minutes étaient-elles écoulées qu’il fut abattu à bout portant, sur l’autel, par un coup de fusil puis transpercé de baïonnettes : il avait la bouche encore pleine d’Hosties et son cadavre fut traîné dans l’église et la sacristie.

2) Le Père Siméon de Sanilhac, âgé de 44 ans, fut trouvé agenouillé en prière dans sa cellule, et transpercé d’un nombre incalculable de coups de fourche et de baïonnettes.

3) Le Père Séraphin de Nîmes, âgé d’environ 27 ans, n’appartenait pas à la communauté de Nîmes mais au couvent du Pont-Saint-Esprit. Il était arrivé la veille pour rendre visite à sa famille. La tradition familiale rapporte qu’il était chez ses parents, le 13 juin au soir, lorsque les troubles commencèrent ; sa famille voulut le retenir en lui présentant les dangers qu’il encourrait, mais il s’y refusa énergiquement : « Mon devoir est de rentrer au couvent ». Il fut lui aussi trouvé dans sa cellule et subit d’horribles mutilations.

4) Le Frère Célestin de Nîmes, âgé de 22 ans, novice clerc, fut ensuite massacré avec une grande sauvagerie dans sa cellule après avoir été torturé pour lui faire dire où se cachaient les autres membres de la communauté : « Dis-nous donc où sont les autres! Allons, ils sont bien plus nombreux ! Il faut bien en finir avec tous ces jean-foutre… »

5) Le Frère Fidèle d’Annecy, âgé de 82 ans, infirme, sourd et aveugle, ne pouvait plus quitter sa paillasse : il y fut démembré et découpé à la hache, puis ses bourreaux tentèrent de mettre le feu à son grabat. C’est après ce meurtre que les barbares pillèrent la pharmacie ; ils s’enivrèrent avec les potions à base d’alcool, en particulier avec de l’ « eau d’angélique », et ils se félicitaient mutuellement en riant : « Le barbu, l’avons-nous assez bien traité ? Buvons à sa santé ! »

Les Capucins cachés dans les lambris des plafonds entendirent les massacreurs ricaner : « C’est être bons patriotes et bons amis de la constitution que de faire ce que nous faisons ! »

couvent des capucins Nîmes

L’ancien couvent des Capucins à Nîmes 

H – Après le massacre.

Les massacres auraient pu se continuer encore plusieurs jours après le 14 juin si des troupes de Montpellier n’étaient arrivées, avec une artillerie imposante, pour assurer le maintien de l’ordre. Néanmoins les meurtriers ne furent pas arrêtés.

Dans la soirée du 14 juin, alors que les protestants continuaient leurs exactions dans d’autres quartiers de la ville, quelques catholiques s’introduisirent discrètement dans le couvent : ils purent plus tard témoigner de l’état des lieux et des corps des martyrs. Ils en firent sortir les survivants et les cachèrent dans leurs maisons.
Les corps des suppliciés furent ensuite ensevelis à la hâte dans un caveau situé devant l’autel de l’Immaculée Conception.

Au lendemain de la « Bagarre », parce qu’on était en plein dans les préparatifs de la Fête de la Fédération qui devait être célébrée exactement un mois plus tard à Paris, tout fut fait pour minimiser ce massacre et pour étouffer l’affaire.
On insista pour que les religieux survivants réintègrent le couvent, et « on » exerça des pressions sur Monsieur Henri-Claude Clémenceau de La Bouillerie, curé de la cathédrale et vicaire général de Nîmes, pour qu’il rédige un certificat relativisant les faits…

Néanmoins la nouvelle de ces atrocités se répandit et ne laissa pas d’inquiéter les catholiques de toute la région : ce fut même l’un des motifs qui suscita le rassemblement du 18 août 1790 entré dans l’histoire comme le « premier camp de Jalès », réuni à l’instigation de Monsieur Louis Bastide de Malbosc, maire de Berrias (dans l’actuel département de l’Ardèche) dont le frère n’avait trouvé le salut qu’en s’enfuyant de Nîmes pendant la « Bagarre ».
Quant à l’abbé Clémenceau de La Bouillerie, il est le grand oncle du célèbre Georges Clémenceau et nous le retrouverons parmi les prêtres martyrisés aux Vans, le 14 juillet 1792.

Les dix-neuf Capucins de Nîmes survivants commençaient à peine à remettre leur couvent en état lorsque, en mars 1791, ils furent frappés par les décrets de l’assemblée qui interdisaient les voeux monastiques et supprimaient les ordres religieux. Malgré leur volonté ferme de persévérer dans leur vocation, ils furent expulsés et dispersés. L’un d’eux, le Père Bruno de Carpentras, sera guillotiné à Orange pendant la grande terreur.
Les protestants ne purent cependant s’approprier le couvent et l’église, qui devint pour un peu de temps le siège de la paroisse constitutionnelle Saint-Denis.
La terreur installa la guillotine sur l’Esplanade et transforma l’église et le couvent en prison : huit-cent prisonniers y étaient entassés à la chute de Robespierre.

I – Au XIX ème siècle.

Rendue au culte par le concordat, l’église des Capucins fut ensuite érigée en paroisse sous le vocable des Saintes Perpétue et Félicité et fit l’objet d’une reconstruction totale de 1852 à 1862. Ce qui subsistait du couvent fut détruit en 1857 pour laisser place à d’autres bâtiments.

Nîmes église Ste Perpétue

Nîmes : l’Esplanade et la nouvelle église Sainte Perpétue
(photo du début du XXème siècle)

Les restes de ces glorieux martyrs furent déposés dans la chapelle de cette nouvelle église dédiée aux âmes du Purgatoire.

A la fin du XIXème siècle, l’Ordre Capucin se préoccupa d’introduire leur cause de béatification et c’est dans cette perspective que fut édité l’opuscule que nous avons résumé ici, mais nous ne savons pas si cette volonté fut suivie d’effets et s’il y eût un commencement d’instruction.

Voici toutefois la prière qui avait été composée alors « pour qu’il plaise à Dieu d’accélérer l’heure de la glorification de Ses serviteurs » :

O Dieu tout puissant qui, dans le gouvernement du monde, atteignez vos fins avec force et suavité, nous Vous demandons, pour la glorification de Votre Nom, que Vos serviteurs Benoît et ses compagnons, de l’Ordre des Frères Mineurs Capucins, massacrés par les ennemis de la religion catholique, soient, après mûr examen, jugés dignes des honneurs réservés aux véritables martyrs morts pour la défense de la Foi.
Nous Vous le demandons par Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui vit et règne avec Vous en l’unité du Saint-Esprit, dans les siècles des siècles.

Ainsi soit-il. 

Piéta Ste perpétue Nîmes

Nîmes : Piéta dans l’église Sainte Perpétue 

Salutations au Sacré-Coeur de Jésus

composées par Sainte Marguerite-Marie

in « Vie et oeuvres », édition du monastère de la Visitation de Paray-le-Monial, 1920
( tome II, p.779) 

Salutations au Sacré-Coeur de Jésus dans De liturgia apparition-Ste-Marguerite-Marie-Alacoque-Copie

Je Vous salue, Coeur de mon Jésus,
sauvez-moi!

Je Vous salue, Coeur de mon Créateur,
perfectionnez-moi!

Je Vous salue, Coeur de mon Sauveur,
délivrez-moi!

Je Vous salue, Coeur de mon Juge,
pardonnez-moi!

Je Vous salue, Coeur de mon Père,
gouvernez-moi!

Je Vous salue, Coeur de mon Maître,
enseignez-moi!

Je Vous salue, Coeur de mon Pasteur,
gardez-moi!

Je Vous salue, Coeur de mon Jésus Enfant,
attirez-moi!

Je Vous salue, Coeur de Jésus mourant en Croix,
payez pour moi!

Je Vous salue, Coeur de mon Frère,
demeurez avec moi!

Je Vous salue, Coeur charitable,
opérez en moi!

Je Vous salue, Coeur miséricordieux,
répondez pour moi!

Je Vous salue, Coeur très humble,
reposez en moi!

Je Vous salue, Coeur très patient,
supportez-moi!

Je Vous salue, Coeur très fidèle,
payez pour moi!

Je Vous salue, Coeur pacifique,
calmez-moi!

Je Vous salue, Coeur de Jésus, consolation des affligés,
consolez-moi!

Je Vous salue, Coeur tout aimant, fournaise ardente,
consumez-moi!

Je vous salue, Coeur de Jésus, modèle de perfection,
éclairez-moi!

Je Vous salue, Coeur divin, origine de tout bonheur,
fortifiez-moi!

coeurdejsuscopie prière dans Prier avec nous

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et le texte des Promesses du Sacré-Coeur > www.

Publié dans:De liturgia, Prier avec nous |on 1 juin, 2012 |3 Commentaires »
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