Archive pour la catégorie 'Textes spirituels'

2007-18. De la Bienheureuse Agnès de Jésus, souvent appelée Agnès de Langeac.

19 octobre.

Si le calendrier liturgique de l’Eglise universelle fait aujourd’hui mention de Saint Pierre d’Alcantara (qui est l’une des très rares personnes dont il fut révélé à Sainte Thérèse d’Avila – qui l’avait eu pour confesseur et conseiller – qu’il était allé au Ciel sans passer par le Purgatoire), j’aimerais toutefois vous écrire quelque chose au sujet de la Bienheureuse Agnès de Jésus, plus souvent appelée Agnès de Langeac, du nom de la petite ville où elle fut moniale et où son corps repose dans l’attente de la résurrection.

En effet, Frère Maximilien-Marie a exposé aujourd’hui l’une de ses reliques dans notre oratoire du Mesnil-Marie parce c’est aussi le jour où les calendriers propres de l’Ordre des Prêcheurs et du diocèse du Puy marquent la célébration de sa fête.
Vous le savez, les chats monastiques ne consacrent pas tout leur temps à la chasse, mais ils ont aussi des moments d’étude et de lecture spirituelle… C’est ainsi que j’ai découvert avec émerveillement la vie de la Bienheureuse Agnès que je vais vous résumer ici.

* * * * * * *

Agnès Galand est née au Puy-en-Velay, le 18 novembre 1602, dans une famille de modestes artisans, pauvre de biens matériels mais riche d’une foi profonde et d’une pratique religieuse exemplaire.

Agnès fut donc élevée dans une piété simple, sans affectation, qui impliquait un véritable engagement du coeur et de la volonté.
Dès sa plus tendre enfance, elle aimait à passer de longs moments dans les églises du Puy, pour y adorer le Très Saint Sacrement ou pour se recueillir auprès des images de la Vierge Marie, et très spécialement dans la fameuse cathédrale où l’on vénère la statue miraculeuse de la Vierge Noire.

Habituée à se confesser très régulièrement dès l’âge de cinq ans, elle fut – fait tout à fait exceptionnel pour l’époque – admise à la Sainte Communion, qu’elle put dès lors recevoir une ou deux fois par quinzaine, à huit ans!

Profondément attirée par la retraite et la contemplation, elle a alors le désir de se consacrer totalement à Dieu dans la vie religieuse et prononce le voeu de virginité.

A partir de ce moment, sa vie intérieure s’intensifie et elle reçoit des grâces mystiques signalées, accompagnées de vexations diaboliques, de persécutions diverses, d’incompréhensions douloureuses et de calomnies… Mais elle a aussi la grâce de voir son Ange gardien et de vivre dans sa compagnie familière.

Reçue dans le Tiers-Ordre de Saint Dominique à l’âge de 19 ans, il lui faudra encore attendre deux années – remplies de difficultés et d’obstacles – avant de pouvoir réaliser son désir d’entrer au couvent.
Enfin, le 4 octobre 1623, elle fut reçue comme novice converse, sous le nom de Soeur Agnès de Jésus, dans le monastère placé sous le vocable de Sainte Catherine de Sienne qui venait d’être fondé dans la ville de Langeac, à une dizaine de lieues du Puy, mais qui appartenait alors à l’évêché de Saint-Flour.

Les grâces mystiques s’intensifièrent encore : si les saints et les anges lui apparaissaient familièrement pour l’encourager et éclairer sa conduite, le démon multipliait aussi les attaques – jusqu’aux coups physiques – pour l’empêcher d’accomplir son office…

A l’approche de sa profession solennelle (les voeux temporaires n’existaient pas en ce temps là et on faisait la profession perpétuelle à l’issue du noviciat), le diable déploya même des industries incroyables pour semer le trouble dans l’esprit de ses supérieures et la faire renvoyer.
Cependant le Ciel intervint lui aussi de manière si sensible qu’en définitive Soeur Agnès de Jésus, novice converse, fut non seulement admise à la profession solennelle mais le fut en tant que religieuse de choeur!
Le 28 septembre 1624, elle échangea donc le scapulaire noir des converses contre le blanc des choristes; elle dut accomplir quelques mois supplémentaires de noviciat pour recevoir la formation des religieuses de choeur, et fit profession solennelle en la fête de la Purification de Notre-Dame, 2 février 1625.

D’abord chargée de la porte et de la distribution des aumônes, elle fut ensuite promue maîtresse des novices et finalement élue prieure à la fin de l’année 1626, à l’âge de 24 ans!

Son gouvernement fut plein de sagesse et très profitable à la communauté, on s’en doute bien. Mais le renom de sa vertu et des grâces particulières qui lui étaient départies ne manquèrent pas non plus d’exciter l’incrédulité, l’incompréhension, la suspicion, voire la jalousie ou même la haine : cela aussi est malheureusement inévitable, car même dans l’univers des âmes pieuses il en est qui se révèlent soudain incroyablement mesquines et capables de méchanceté! Elle fut même un temps déposée de son priorat et suspectée, avant d’être rétablie dans sa charge.

Outre les apparitions des Saints, le commerce familier de son Ange gardien, et les tourments diaboliques devenus habituels, Mère Agnès de Jésus eut la grâce de lire dans les consciences, de prédire certains évènements à venir, de recevoir la communion de manière miraculeuse, de subir la transverbération mystique, de biloquer… etc.

Bse Agnès de Langeac

Son intervention fut particulièrement remarquable auprès d’un jeune clerc, qui sans avoir encore été ordonné prêtre avait reçu à dix-huit ans l’abbaye de Pébrac en commende et avait commencé par vivre une vie confortable d’abbé mondain : il se nommait Jean-Jacques Olier de Verneuil.

L’abbaye de Pébrac ne se trouve pas très loin de Langeac, mais évidemment Mère Agnès de Jésus n’en connaissait pas l’abbé commendataire, qui vivait à Paris.
Cependant elle reçut de la Sainte Vierge elle-même la mission de prier pour la conversion de Jean-Jacques Olier, de le soutenir dans sa préparation aux Ordres Sacrés (préparation qu’il fit sous la conduite de Saint Vincent de Paul), de lui obtenir toutes les grâces de sanctification nécessaires à sa mission future – pendant trois années – et elle lui apparut même dans la cellule qu’il occupait dans la maison de Saint-Lazare…
Quand, après sa retraite à Saint-Lazare, Monsieur Olier vint à Pébrac pour s’occuper de son abbaye et évangéliser les paysans qui en dépendaient, il entendit vanter la vertu de la Prieure des Dominicaines de Langeac et il résolut de lui rendre visite.

Après plusieurs demandes restées sans réponse, Monsieur Olier obtint finalement un entretien avec Mère Agnès.
Conformément à l’usage, Mère Agnès de Jésus vint au parloir et commença à s’entretenir avec lui en ayant le voile baissé sur le visage… Le jeune abbé – attentif au son de sa voix – osa lui demander de relever son voile, et jeta un cri de surprise : « Ma Mère, je vous ai vue ailleurs! »
« Il est vrai, répondit humblement la moniale, vous m’avez vue deux fois à Paris dans votre retraite à Saint-Lazare où je vous suis apparue parce que j’avais reçu de la Très Sainte Vierge l’ordre de prier pour votre conversion, Dieu vous ayant destiné à jeter les fondements des premiers séminaires du Royaume de France… »

Dès lors, entre ces deux âmes, s’établit une relation privilégiée. Mère Agnès, durant les six mois que Monsieur Olier resta en Auvergne, paracheva son éducation dans les voies spirituelles, le forma pour sa mission, lui prédit les grandes étapes de son avenir et toutes les croix qu’il aurait à porter.

Le 12 octobre 1634, Monsieur Olier, rappelé à Paris, vint faire ses adieux à Mère Agnès.
Cette dernière sut alors que sa mission terrestre était achevée. Le soir même de ce jour, elle fut saisie par un mal violent et de fortes fièvres qui la mirent rapidement à toute extrémité.
Elle expira le jeudi 19 octobre 1634, vers dix heures du matin, et son corps apparut alors à tous ceux qui étaient là, resplendissant d’une beauté surnaturelle, tandis que pendant les cinq jours où il fut exposé à la grille du choeur des moniales, des milliers de témoins – attirés par la nouvelle de son bienheureux trépas et sa réputation de sainteté – purent constater que son corps répandait une chaleur merveilleuse et une odeur céleste.

Au moment même de cette mort, Monsieur Olier qui chevauchait vers Paris fut renversé de son cheval d’une manière inexplicable. Il était porté à s’humilier devant Dieu en pensant que cette chute incompréhensible était peut-être un châtiment pour quelque négligence, quand il vit fondre sur lui un ange d’une impressionnante majesté qui l’enveloppa de ses ailes, en même temps qu’il entendait la voix de son propre ange gardien lui dire: « Honore bien cet ange car c’est un des plus grands qui soit donné à la créature sur terre… »
Mais il ne comprit pas le sens de cette vision. Il n’en eut l’explication que quelques jours plus tard, arrivé à Paris, quand il reçut une lettre lui annonçant le décès de Mère Agnès.
Pénétré de douleur, il alla devant le Saint-Sacrement pour se recueillir, et là il entendit distinctement la voix de la sainte moniale qui lui disait: « Ne t’afflige donc pas, je t’ai laissé mon ange! »

Ainsi donc, la Bienheureuse Agnès de Langeac, du fait de la mission qui lui fut confiée auprès de Monsieur Olier, a-t-elle une grande part dans la réforme du clergé au XVIIème siècle, par la fondation des séminaires et, pour les siècles suivants, on peut ajouter que nous lui devons une bonne part de la solidité de la formation spirituelle et apostolique que dispensèrent « ces Messieurs de Saint-Sulpice » tant qu’ils furent fidèles à l’esprit de leur vénérable fondateur.

En achevant de vous faire partager le résumé de mes lectures, ce soir, je ne puis que relever les points de comparaison qui existent entre la décadence du clergé de France au début du XVIIème siècle et la situation actuelle et, par suite, appeler de mes voeux la présence en notre temps d’âmes ferventes comme le furent celles de la Bienheureuse Mère Agnès et de Monsieur Olier, pour travailler au relèvement spirituel de ce Royaume et de toute la Sainte Eglise.

Lully.

Prière et litanies en l’honneur de la Bse Agnès de Jésus > ici

Publié dans:De liturgia, Nos amis les Saints |on 19 octobre, 2007 |6 Commentaires »

Prière : Neuvaine de confiance adressée au Sacré-Coeur de Jésus.

Sacré-Coeur (parc de Paray)

(Statue du Sacré-Coeur, parc de Paray-le-Monial – photo frère Maximilien-Marie : reproduction autorisée à condition de mentionner la source)

* * * * * * * * *

O Jésus,

à votre coeur je confie :…

(ici on peut détailler les intentions que l’on recommande au Coeur de Jésus).

Regardez, puis faites ce que Votre Coeur vous dira :

Laissez agir Votre Coeur!

O Jésus,

je compte sur Vous; je me fie en Vous;

je m’abandonne à Vous; je suis sûr de Vous!

Coeur Sacré de Jésus, j’ai confiance en Vous!

Coeur Sacré de Jésus, je crois en Votre Amour pour moi!

Coeur Sacré de Jésus, que Votre Règne arrive!

* * * * * * * * * 

Voir aussi l’acte d’offrande au Sacré-Coeur composé par Saint Claude de La Colombière, ici > www, le « Souvenez-vous » au Sacré-Coeur, ici > www ainsi que la prière au Coeur de Jésus composée par Sainte Madeleine-Sophie Barat ici > www.

Publié dans:Prier avec nous |on 18 octobre, 2007 |4 Commentaires »

2007-17. Sainte Marguerite-Marie.

Chers Amis du Mesnil-Marie,

la semaine que nous vivons est particulièrement riche en célébrations de saints qui ont une importance toute particulière pour le Mesnil-Marie

Moi, j’aime bien cela parce que le matin, à l’oratoire, Frère Maximilien-Marie relit les résumés des biographies des saints ; je lis par dessus son épaule et je trouve cela très intéressant.
En plus, quand il y a une relique de ce saint dans les « trésors » de la grande armoire de la sacristie, il l’expose toute la journée dans l’oratoire et il allume devant une petite lampe de couleur qui brûlera doucement toute la journée. C’est beau, dans la pénombre du matin, de voir les reflets de cette petite flamme danser sur les ors des reliquaires : je regarde avec fascination en pensant à ce que je viens de lire…

Aujourd’hui, 17 octobre, c’est donc la fête de Sainte Marguerite-Marie.

Frère Maximilien-Marie, depuis les débuts de sa vie religieuse, a été amené à porter une attention particulière aux messages inspirés que cette sainte religieuse de la Visitation a reçus du Sacré-Coeur, pour les transmettre à toute l’Eglise, pour les faire comprendre à toutes les âmes désireuses de perfection, afin que le divin Coeur de Jésus soit toujours plus connu et toujours mieux aimé.

Ste Marguerite-Marie

« Il règnera ce divin Coeur malgré Satan et tous ceux qui s’y voudront opposer! »
Cette phrase de Sainte Marguerite-Marie est d’ailleurs l’inspiratrice du petit mot latin qui est devenu en quelque sorte la devise de Frère Maximilien-Marie: Regnabit! Il règnera!
Sainte Marguerite-Marie écrivait ceci après en avoir reçu l’assurance dans sa prière, et alors même que ses efforts pour faire parvenir les messages du Sacré-Coeur à la hiérarchie ecclésiastique et au Roy de France semblaient battus en brèche…

Aujourd’hui encore, après plus de trois siècles, les demandes du divin Coeur de Jésus n’ont pas été totalement accomplies, malgré le travail d’innombrables saints, mystiques, pieux fidèles, pontifes courageux…
Le triomphe du Sacré-Coeur n’est pas encore une réalité : Il ne règne pas encore dans tous les coeurs (même dans ceux qui lui sont pourtant consacrés!), Il ne règne pas encore dans toute la Sainte Eglise, Il ne règne pas encore dans les sociétés et dans les institutions, alors que tous les hommes, tous les coeurs sont cependant créés pour Le servir et pour L’aimer!

La crise sans précédent qui afflige depuis plusieurs décennies la Sainte Eglise Catholique a eu pour conséquence de ruiner – totalement ou en partie – un grand nombre d’oeuvres qui avaient été fondées pour répondre aux demandes du Coeur de Jésus.
Je puis même écrire, parce que j’entends les conversations qui font état de certaines choses bien affligeantes (dans le monde et dans l’Eglise), que les plaintes que Notre-Seigneur faisait entendre à la sainte Visitandine de Paray-le-Monial ont reçu de notre époque un nouveau et bien triste caractère d’actualité et d’intensité!
L’un des motifs de la création du Refuge Notre-Dame de Compassion réside justement dans la volonté de répandre la connaissance des révélations du Sacré-Coeur, et de travailler à leur susciter des réponses.

Ainsi donc la fête de ce jour, en nous portant à honorer Sainte Marguerite-Marie, est une pressante invitation à centrer toujours plus notre attention sur le message céleste qu’elle dut transmettre à toute l’Eglise et à faire notre cette parole de Notre-Seigneur : « Je veux que tu me serves d’instrument pour attirer des coeurs à Mon Amour ».

2007-17. Sainte Marguerite-Marie. dans Nos amis les Saints patteschatsLully.

Voir aussi les B.D. suivantes :
-BD « Je veux que tu mes serves d’instrument… » > ici
- BD « Arrête ! le Coeur de Jésus est là » > ici
Les révélations du Sacré-Coeur à Ste Marguerite-Marie :
- la 1ère grande révélation > ici
- la 2ème grande révélation > ici
- la 3ème grande révélation > ici
- la grande révélation de 1675 > ici
- Les demandes du Sacré-Coeur au Roi Louis XIV > ici
- les Promesses du Sacré-Coeur > ici
Prières au Sacré-Coeur :
- Salutations au Sacré-Coeur composées par Ste Marguerite-Marie > ici
- Prières de Ste Marguerite-Marie > ici

Publié dans:Nos amis les Saints |on 17 octobre, 2007 |6 Commentaires »

2007-16. Saint Michel au péril de la mer.

Le 16 octobre de l’an de grâce 708 (ou peut-être 709), l’évêque d’Avranches Saint Aubert, à la suite de l’apparition de l’archange Saint Michel, consacra sur le Mont Tombe, rocher de la côte normande, un premier sanctuaire en l’honneur du Prince de la Milice céleste.

Le Mont Tombe dominait alors de sa masse rocheuse une forêt et des landes qui furent peu après englouties par un raz de marée. Le Mont devint une île et fut dès lors souvent appelé « Saint-Michel-au-péril-de-la-mer« .

Abbaye puissante et lieu de pélerinage jadis renommé dans toute la Chrétienté, le Mont-Saint-Michel – bien qu’aujourd’hui dépouillé de ses moines, partiellement détruit, irrémédiablement affligé par les pillages de la révolution, souillé par de multiples profanations et livré à des hordes touristiques rarement intelligentes – ne cesse cependant pas de répèter à ceux qui sont capables d’ouvrir les oreilles de leur âme les leçons de son majestueux silence :

« Lorsque les flots menaçants montent inexorablement, lorsque la terre sous vos pas perd toute consistance, lorsque les éléments contraires vous encerclent, lorsque vos mains tremblantes ne trouvent plus rien de solide pour s’y cramponner… ne perdez cependant pas courage. Levez les yeux et appelez à votre aide l’Archange victorieux! Invoquez le Prince des armées célestes! Confiez-vous en sa sainte garde, et laissez-vous saisir par sa force invincible: la foi en Celui qui est le seul Fort, le seul Puissant, le seul Roi pour l’éternité; Celui qui n’a point d’égal – « Quis ut Deus? » – et qui est le Sauveur aimant de ceux qui se confient en Lui.« 

Nous sommes en effet tous menacés par des flots en furie, nous sommes tous exposés « au péril de la mer », une mer d’iniquité qui voudrait submerger le monde et engloutir les âmes dans d’effrayants abîmes.

Cartulaire du Mont Saint-Michel: la vision de Saint Aubert.

Apparition de Saint Michel à Saint Aubert

Collecte de la Messe propre de l’apparition de Saint-Michel au Mont Tombe :

« Dieu éternel et tout puissant qui, par un privilège sans pareil, avez daigné nous réconforter par la glorieuse apparition du Bienheureux Archange Michel, accordez-nous sur la terre le constant appui de son actuelle protection, et dans le Ciel la joie éternelle à ses côtés. Nous vous le demandons par Notre-Seigneur Jésus-Christ, votre Fils, qui vit et règne avec Vous dans l’unité du Saint-Esprit pour les siècles des siècles. Ainsi soit-il. »

Voir aussi les prières en l’honneur de Saint Michel publiées > ici.

Publié dans:Nos amis les Saints, Prier avec nous |on 16 octobre, 2007 |Pas de commentaires »

2007-14. « Dies mali sunt ».

« Les jours sont mauvais : Dies mali sunt » (Eph.V,16). Trois petits mots qui m’ont frappé en écoutant la lecture de l’épître de la Sainte Messe de ce vingtième dimanche après la Pentecôte.

Pourquoi l’Apôtre fait-il cette remarque?

Parce qu’il invite avec insistance ses lecteurs à faire preuve d’une très grande circonspection et à ne pas agir en insensés, « non quasi insipientes, sed ut sapientes » : « Ayez soin, mes frères de vous conduire avec une grande prudence, non comme des imprudents mais comme des sages » (Eph.V,15-16). Ajoutant aussitôt: « redimentes tempus quoniam dies mali sunt. Rachetant le temps parce les jours sont mauvais ».

Les auditeurs de la Parole inspirée, en raison même de la malice inhérente au monde dans lequel ils vivent (1), sont exposés à de redoutables dangers. Des dangers plus redoutables que les malheurs et les souffrances physiques : le péril dans lequel les place la tentation, le péril de la séparation d’avec Dieu pour toujours!

Cette exposition continue aux attaques des « esprits de malice répandus dans les airs » (Eph.VI,12) constitue une véritable pollution spirituelle de l’environnement humain : de la même manière qu’un air infesté peut contaminer ceux qui le respirent, la malice des jours qui sont les nôtres peut nous affaiblir, miner la santé de nos âmes, ruiner la vigueur de nos esprits, frapper nos coeurs de mortelle langueur.

Celui qui sait qu’une épidémie d’influenza ou de choléra sévit dans la région où il se trouve prend tout naturellement des mesures de protection et d’hygiène pour échapper à la contagion. Il serait pour le moins insensé d’agir de façon contraire!

Et celui qui sait que l’air qu’il est exposé à respirer peut être saturé de microbes pernicieux, n’hésite pas à utiliser des moyens sanitaires pour purifier et assainir l’air des pièces où il vit.

Saint Paul aujourd’hui nous rappelait avec beaucoup d’à propos qu’il en était de même dans l’ordre de la santé de l’âme.

Puisque les jours de notre existence terrestre nous exposent au danger de la contagion du mal, nous devons « racheter le temps » c’est-à-dire appliquer au cadre spatio-temporel de notre existence les grâces de la rédemption que Notre-Seigneur Jésus-Christ nous a obtenues par Sa douloureuse Passion.

Dans sa sagesse inspirée, nourrie par des siècles d’expérience, la Sainte Eglise notre Mère a institué des sacramentaux qui sont une aide et une protection efficaces dans le combat que nous menons. Les sacramentaux sont des secours spirituels, souvent liés aux inspirations ou à l’expérience des Saints, que la puissance de la prière et des bénédictions de la Sainte Eglise attache à certains gestes et à certains objets matériels eux-mêmes. Il ne s’agit nullement de magie ou de superstition. Leur efficacité est conditionnée par l’exercice d’une authentique foi théologale dans un but de sanctification.

Le rituel traditionnel de la Sainte Eglise Romaine a réuni une somme extraordinaire de bénédictions : bénédictions d’objets de piété certes, bénédiction pour l’eau (qui devient eau bénite) bien évidemment… Mais tant de fidèles ignorent et tant de prêtres semblent eux aussi ignorer, ou du moins donnent l’impression d’ignorer (parce qu’ils n’y recourent pas ou pas assez), qu’il y a des bénédictions particulières liées à certaines fêtes liturgiques ou à certaines circonstances (comme par exemple la menace d’orage ou de tempête), qui concernent les lieux (maisons, étables, jardins, champs, pièces ou locaux affectés à une activité particulière…), mais aussi les aliments, les vêtements, les instruments de travail, les remèdes, les moyens de locomotion… etc.

Pourquoi donc le rituel est-il si peu exploité?

Pourquoi ce moyen si simple de « racheter le temps » et de contrer la malice des jours dans lesquels nous vivons est-il si méconnu et par suite si limité dans son usage habituel?

Sans vouloir porter de jugement, il semble cependant qu’on puisse répondre sans hésitation que c’est parce que l’esprit surnaturel, l’esprit de foi, est aujourd’hui profondément affaibli…

Le modernisme sourit avec commisération des sacramentaux, le progressisme les tourne en dérision, les supprime ou les dénature… Je ne veux pas me lancer ici dans des citations d’exemples, car il y en a malheureusement trop à déplorer.

Contentons-nous de relever que le « Livre des bénédictions » publié dans le contexte des réformes liturgiques consécutives au second concile du Vatican marque une régression théologique considérable et un alignement sur des conceptions directement inspirées par le protestantisme libéral, en contradiction avec des siècles de théologie et de pratique catholiques, en contradiction en particulier avec l’enseignement du concile de Trente. En effet ce pseudo-rituel dans les « prières de bénédiction » qu’il propose, dans la majorité des cas, ne bénit pas ni ne sanctifie pas les objets qui sont présentés, mais se contente d’appeler de ses voeux la faveur divine sur les personnes qui en feront usage, et se borne à en « dire du bien » (étymologie du verbe benedicere) sans leur attacher une grâce particulière.

Nous sommes très spécialement reconnaissants à notre Saint-Père le Pape Benoît XVI d’avoir précisé, dans le motu proprio « Summorum Pontificum cura », que les prêtres ont la liberté d’utiliser non seulement le missel, contenant le rite de la Sainte Messe antérieur à la réforme de Paul VI, mais également du rituel pour l’administration des sacrements et des sacramentaux dans une pleine continuité avec l’usage séculaire marqué par une authentique prudence surnaturelle et la sage expérience des saints : « Ut sapientes, non quasi insipientes »!

 

(1) « Parce que la création a été assujettie à la vanité, non parce qu’elle l’a voulue mais à cause de celui qui l’y a soumise… » (Rom. VIII,20) et aussi : « Mundus totus in maligno positus est : le monde tout entier est sous l’empire du Malin » (1 Joan.V,19).

Publié dans:De liturgia, Textes spirituels |on 14 octobre, 2007 |Pas de commentaires »

2007-10. Sermon de la solennité de Ste Thérèse.

Voici le sermon prononcé par Monsieur l’Abbé Paul Aulagnier en cet dimanche 30 septembre 2007 à l’occasion de la solennité de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face, patronne de la France en second :

« Nos credidimus caritati quam habet Deus in nobis. Nous avons cru – nous croyons – à la charité que Dieu a pour nous ».

On sent, en lisant ces mots de Saint Jean, le tressaillement de son âme.

C’est un vrai cri de joie, de triomphe, qui s’échappe du coeur de l’Apôtre: « Moi je crois à l’amour de Dieu pour moi! »

C’est avec un accent identique, passionné, que Sainte Thérèse dira sa foi en l’amour de Dieu.

Toute sa vie, toute sa sainteté, toute sa doctrine, seront l’expérience passionnée de cette foi. La foi en l’amour de Dieu est le fond de l’âme de Sainte Thérèse. C’est son secret.

Cette foi – simple, ferme, naïve même – en l’amour de Dieu explique tout dans Sainte Thérèse. Et sans cela rien ne s’explique.

Pour Sainte Thérèse la certitude de l’amour de Dieu est le premier ressort de la perfection et de la sainteté. C’est son originalité, sa spécificité. Thérèse, c’est la certitude de l’amour de Dieu, et sa réciprocité – amour pour amour. Elle dira souvent: « Je n’ai jamais donné à Dieu que de l’amour ». Ou encore:  » J’ai tout dit : c’est l’amour seul qui compte ».

Ce sont presque ses dernières paroles. C’est la veille de sa mort, le 29 septembre, qu’elle disait cela à sa soeur, Soeur Geneviève de la Sainte Face, qui lui demandait un mot d’adieu.

Se savoir aimée, être assurée et porter en soi la certitude d’être aimée par le Dieu tout puissant; croire – et croire de foi divine – croire fermement à l’amour de Dieu pour elle, voilà Sainte Thérèse, voilà sa contemplation, voilà son oraison, voilà l’objet de son commerce avec Dieu : se savoir aimée de Dieu!

Je crois que Sainte Thérèse n’a jamais conçu Dieu que sous sa notion la plus vraie, telle qu’Il a voulu – de fait – nous apparaître : comme l’amour de charité. « Deus caritas est » (1 Joan. IV,10).

Il y a certes l’Evangile qui le lui enseigne. Mais aussi une circonstance providentielle.

Elle est très jeune privée de sa mère. Alors son enfance se résumera toute dans la personne de son père. Sa jeunesse fut une expérience prolongée de l’amour paternel le plus tendre et le plus vigilant. Ainsi dès qu’on parla à Thérèse de Dieu, du Bon Dieu, dès qu’on lui apprit à dire à Dieu « Notre Père », cette âme d’enfant fut amenée, naturellement, à se représenter Dieu à l’image de son père de la terre.

Elle porta alors à l’extrême, à l’excès, à l’infini, la bonté, la tendresse, la sollicitude, en un mot l’amour dont son père l’entourait.

Le Bon Dieu se présente à son esprit et surtout à son coeur, comme le Père, comme son Père, comme le plus aimant, le plus tendre des pères. Bref, comme l’amour paternel et l’amour paternel à sa plus haute puissance. Comme le dit Tertulien « nemo tam pater »… « Le Père de qui toute paternité tire son nom au ciel et sur la terre »(Eph. III,14).

Et que Dieu soit notre père… c’est tout l’Evangile.

Et c’est pourquoi Sainte Thérèse a compris la substantifique moëlle de l’Evangile. Elle est l’Evangile en acte. Elle en a compris toute la substance.

Ainsi, très jeune, Sainte Thérèse vécut de cette atmosphère évangélique.

C’est de là, de cette racine, de ce principe que germe toute la vie spirituelle de Sainte Thérèse. Vous comprendrez alors que sa vie spirituelle soit faite de confiance, d’abandon, de joie.

Ces vertus naissent auprès d’un bon père. Comment ne naitraient-elles pas auprès du Bon Dieu – Père… ?

Ce principe de l’amour paternel, de la certitude d’être aimé d’un tel Père, ne peut être que le « grain de sénevé » dont nous parle l’Evangile. Elle est la plus petite des plantes, mais elle devient vite un arbre aux mille vertus.

Elle est sainte – c’est vrai -; elle fut une âme privilégiée – sans doute -; mais son privilège a été de comprendre mieux que nous et d’avoir la mission de nous faire comprendre que nous avons le même privilège qu’elle : le privilège d’être les enfants de Dieu; et donc, d’être come elle infiniment aimés, aimés d’amour paternel par Dieu notre Père.

Sa vie fut une vie de foi, de foi en l’amour de Dieu pour nous, une vie de foi telle que l’Evangile nous le demande.
Son âme se sait, se croit aimée… infiniment aimée.

Etonnez-vous alors qu’elle réponde à cet appel de l’amour par un élan, par un désir tout simple d’aimer… Et elle va, elle marche sans souci, sans inquiétude, dans cette lumière, dans cette clarté. Tout s’éclaire pour elle, tout s’illumine de cette fi, de cette certitude de l’amour…

Même quand Dieu la fait marcher par des chemins obscurs – et ce fut presque l’état continuel de son âme – même alors, c’est sa foi, sa foi assurée à l’amour de son Père qui la guide et la soutient.

Sainte Thérèse se révèle toute dans cette parole: « Il est si doux de servir le Bon Dieu dans la nuit et dans l’épreuve. Nous n’avons que cette vie pour vivre de foi ».

Dans son « Histoire d’une âme », elle dira: « Je sais que, par delà les tristes nuages mon doux soleil brille encore. »

Son doux soleil, quel est-il?

Elle le dit à la ligne précédente: « l’astre de l’amour ».

Et comment sait-elle cela? Par la foi!

Et cela est pour nous souverainement instructif. Sa foi évangélique est un regard simple et ferme pour l’amour de Dieu.

Mais pour être complet, il faudrait – me semble-t-il – ajouter une précision : l’amour auquel Thérèse croit de toute son âme a un nom; c’est l’amour miséricordieux.

Mais c’est bien là encore le dernier mot de l’Evangile.

Dans l’état actuel, Dieu nous a aimés non seulement gratuitement, sans mérite de notre part, mais il nous a aimés et nous aime tels que nous sommes, c’est-à-dire misérables, et sans tenir compte de notre misère. Ou, mieux: à cause de notre misère, parce que nous sommes misérables.

C’est là sa gloire!

C’est pour manifester son amour miséricordieux qu’il choisi, décrété, créé le monde tel qu’il est, le monde où nous vivons, avec le péché prévu et toutes les misères qui en sont la suite.

Et la gloire de Dieu, c’est que nous croyons à cet amour-là, à cet amour purement miséricordieux. Il veut que nous y croyons.

Et voilà ce que notre orgueil ne veut pas admettre : il ne veut pas être que misère. Il ne veut pas être l’objet de la pure miséricorde de Dieu. Il ne comprend pas l’amour miséricordieux.

Mais il ne s’agit pas de comprendre cet amour. Il s’agit d’y croire, d’y croire simplement, fermement, comme Sainte Thérèse ; d’y croire et de s’y plonger, comme Sainte Thérèse.

Sainte Thérèse est très claire. Dans une lettre à Soeur Marie du Sacré-Coeur – la lettre 6 – elle écrit : « Ce qui plaît au Bon Dieu dans ma petite âme, c’est de me voir aimer ma petitesse et ma pauvreté, c’est l’espérance aveugle que j’ai en sa miséricorde. »

Que ce mot est profond!… et combien instructif pour nous.

C’est du pur Evangile.

L’Evangile nous propose un amour de Dieu purement miséricordieux pour notre absolue misère. C’est cela Sainte Thérèse.

Sainte Thérèse a osé aimer son Dieu en enfant. Elle a osé, avec ses misères, entrer en relation très simple, familière, avec le Bon Dieu.

Et pourquoi?

Parce qu’elle s’est sentie aimée. Elle s’est crue aimée, aimée par Dieu qui est amour. Elle s’est crue, sans hésitation, infiniment aimée par l’infini amour. Elle s’est crue miséricordieusement aimée par le Dieu qui est – et qui est jaloux de ce titre – le Père des miséricordes.

Et la foi, en nous proposant Dieu comme l’amour miséricordieux, attire, invite, sollicite notre coeur à oser l’aimer; et c’est là, alors, que l’âme trouve la paix et le principe de la sainteté.

Ainsi soit-il.

Publié dans:Nos amis les Saints, Textes spirituels |on 1 octobre, 2007 |1 Commentaire »

2007-9. Solennité de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus.

Décidément, cette période est riche en fêtes!

Aujourd’hui la liturgie de ce dimanche 30 septembre 2007, normalement 18ème dimanche après la Pentecôte, cédait le pas à la solennité de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, parce qu’elle est protectrice de la France en second avec Sainte Jehanne d’Arc, après Notre-Dame de l’Assomption.
Monsieur l’Abbé Paul Aulagnier nous a fait l’immense grâce de venir célébrer la Sainte Messe au Mesnil-Marie, et je sais qu’il a offert le Saint-Sacrifice à l’intention de tous les bienfaiteurs de notre fondation, vivants et défunts.

Après son départ, notre Frère s’est activé à ses derniers préparatifs de départ : je me mettais un peu dans ses pattes parce que je croyais qu’il s’agissait d’un nouveau jeu, mais j’ai bien vite vu qu’il y avait des valises qu’on remplissait, et cela m’a rendu un peu triste parce que je n’aime pas le voir partir… Frère Maximilien-Marie m’a pris dans ses bras et il m’a bien expliqué que j’allais rester au Mesnil-Marie et que la maman de mon ami Locky (une dame très gentille qui m’aime bien) s’occuperait de moi, et que je pourrais même aller dormir chez Locky si j’en avais envie, que j’avais une mission très importante – la garde du Mesnil-Marie - et que c’était bien de rester ici plutôt que d’aller en pension ailleurs, dans une maison qui ne serait pas la mienne avec des gens que je ne connais pas bien… Je comprends très bien ces choses, néanmoins c’est toujours un peu triste de devoir quitter son papa-moine pour une période un peu longue…

Mais au fait, je ne vous ai pas dit où le Frère part…
Vous le savez déjà, vous ? Vous l’avez deviné ? Non ?
Il va à Rome.

Rome, la capitale du monde catholique, la « Ville Eternelle », la cité des Saints Apôtres Pierre et Paul, la ville dont le sol a été fécondé par le sang de milliers de martyrs, la ville dont les rues ont été arpentées par des centaines de saints tout au long des siècles, la ville qui renferme des trésors d’histoire et d’art !
Il part en avion demain matin, et il ne rentrera que dimanche 7 octobre au soir.

StPierre Vatican

Frère Maximilien-Marie connaît assez bien Rome et il organise autant que possible chaque année un séjour pour un petit groupe de pèlerins. Bien que le Dieu des chats soit le même que celui des hommes, je ne peux pas les accompagner là-bas.

Pourtant j’aurais bien aimé aller voir les lieux où a vécu Saint Philippe Néri, un saint très sympathique dont mon papa m’a parlé. Saint Philippe aimait beaucoup les chats, et il en avait un très beau qui avait le droit de rentrer dans son oratoire privé et qui se plaçait – tout tranquille – sur les gradins de l’autel lorsque le bon « Padre Neri » célébrait la Sainte Messe. Il y a bien eu alors quelques esprits chagrins pour s’en scandaliser, mais Saint Philippe leur a fait comprendre qu’un beau chat, qui est une créature de Dieu pleine de grâce et de distinction, par le fait même qu’il est dans l’ordre des choses voulu par le Créateur, rend gloire à Dieu tout autant qu’un beau bouquet de fleurs ; or il n’est personne, que je sache, qui se scandalise de voir des fleurs par brassées placées sur les autels!…

Quoi qu’il en soit, ce n’est pas encore aujourd’hui que je prendrai l’avion pour aller vénérer à Rome le saint ami des chats. Donc je continuerai à glorifier Dieu en étant ici même un bon chat accomplissant ce pour quoi Dieu l’a créé : dormir, jouer, chasser les souris et les dévorer consciencieusement…

Pour vous faire patienter, puisqu’en l’absence de Frère Maximilien-Marie je ne pourrai pas me servir de l’ordinateur, je vous recopie ( ici > www) le sermon que Monsieur l’Abbé Aulagnier a prononcé ce soir en l’honneur de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus.

A la semaine prochaine…

pattes de chatLully.

Publié dans:Chronique de Lully, Nos amis les Saints |on 30 septembre, 2007 |Pas de commentaires »

2007-8. Nous sommes en guerre…

Réflexions faites au soir de la fête de St Michel.

Saint Michel gif

Oui, nous sommes en guerre !

Ce n’est pas moi qui l’affirme, c’est Saint Thomas d’Aquin qui l’écrit : « Jusqu’au jour du jugement, nous sommes en guerre ».
Et il ne fait que résumer ce que les Saintes Ecritures ont dit et répété à l’envie :

- Saint Paul à Timothée : « Nul ne sera couronné s’il n’a légitimement combattu » (2 Tim.II, 5).

- Notre-Seigneur Jésus-Christ : « Le Royaume des cieux souffre violence, et ce sont les violents qui s’en emparent » (Matth. XI,12) ; « Je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive » (Matth. X,34) ; « Que celui qui n’a point d’épée vende sa tunique pour en acheter une » (Luc. XXII,36)…

– Déjà dans l’Ancien Testament, le Saint homme Job s’était exclamé : « Vraiment, la vie de l’homme sur la terre est un combat » (Job VII,1).

Bien sûr le glaive, l’épée, la violence, le combat, la lutte sans merci dont il est ici question sont essentiellement d’ordre spirituel. La pugnacité qui nous est recommandée n’a rien à voir avec les conséquences peccamineuses de la colère, de l’orgueil, de la jalousie ou de la cupidité… Et la violence nécessaire à ceux qui veulent faire leur salut est une vertu.

Ce mot de vertu a, si souvent en français, perdu son sens originel de force, qu’on en oublie l’origine militaire et que, d’une qualité « quasi musculaire » du caractère éprouvé par la violence des contradictions, on en est arrivé à désigner par lui la mièvrerie d’une inconsistante sainteté de vitrail aux tons pastels !

Mais le christianisme n’est pas une religion à l’eau de rose faite pour des émasculés !
Le Christ, s’Il est le « Prince de la Paix » n’est cependant pas « le doux rêveur de Galilée », préfigurateur des adeptes du « peace and love » : Sa doctrine est forte, virile, militante…
Sa vie terrestre, pourtant remplie de scènes profondément attendrissantes, n’est en rien puérilement fade et affectée, et elle s’achève dans un spectaculaire et sanglant combat. Combat en grec, se dit « agônè ».

L’Eglise, qu’Il a fondée, tant qu’elle est en chemin sur la terre, est militante.
Le sacrement de la Confirmation, qui communique à l’âme la plénitude des dons du Saint-Esprit, fait du chrétien un soldat du Christ. Le Chrême dont le fidèle est marqué rappelle l’huile dont les gladiateurs et les athlètes s’enduisaient pour fortifier leurs muscles et offrir moins de prise à l’adversaire…

Comment a-t-on pu dénaturer la doctrine chrétienne au point d’en faire une sorte d’humanitarisme gélatineux qui ne peut nullement s’identifier à la vertu de charité ?
Comment est-il possible d’avoir trahi le message évangélique au point de le ravaler à une sorte de fraternité universelle post-romantique qui n’a plus rien de surnaturel ?
La charité chrétienne n’est pas la « solidarité » : elle est plus grande, plus large, plus profonde ; elle est surtout d’une autre nature !
Le respect chrétien n’est pas la « tolérance » : il est bien plus en accord avec la véritable dignité de l’homme créé libre, à l’image et à la ressemblance de Dieu, et il n’est en rien une couverture servant à justifier l’indifférentisme et l’absence de ferveur !

« La vie de l’homme sur la terre est un combat : militia est vita hominis super terram » (Job VII,1).
Beaucoup de traductions françaises édulcorent cette affirmation du Saint-Esprit.
Militia : le mot latin est difficile à rendre en français, il ne désigne pas seulement l’engagement sanglant du combat, il signifie aussi le « service militaire », l’entrainement et la vie de caserne dans toute la rigueur de la discipline des armées antiques.

Cette fête du saint Archange Michel est là pour nous le rappeler.
En contemplant la haute et pure figure de l’ange chevalier, nous sommes invités à retremper notre courage et à fortifier notre zèle dans le combat de chaque jour, dans le combat de chaque heure, dans le combat de chaque instant, pour l’établissement du règne de la charité dans nos coeurs, dans nos comportements, dans nos vies, dans nos sociétés… qu’elles soient religieuses ou civiles !
Parce que le règne de la charité n’est pas une chose facile et sans obstacles.

Celui qui refuse de combattre est vaincu d’avance.
Celui qui pense être dispensé du combat est souvent un lâche qui se berce d’outrecuidantes illusions sur son propre compte.
Car, selon la percutante parole de notre bienheureux Père Saint Augustin : « Ou bien tu mets à mort l’iniquité, ou bien c’est l’iniquité qui te tue ! »

Il n’y a pas de troisième voie.

Publié dans:Textes spirituels |on 29 septembre, 2007 |1 Commentaire »

Prières pour demander l’assistance de Saint Michel.

* * * * * * * * *

O Marie, Reine des Anges,
daignez envoyer le Saint Archange Michel
pour me secourir et me défendre dans le cours de cette vie
et pour m’assister à ma dernière heure!

Ainsi soit-il.

Combat de St Michel et des anges.

* * * * * * * * *

Puissante Vierge immaculée, Reine du ciel et de la terre,
nous vous en supplions très humblement,
intercédez en notre faveur :
demandez à Saint Michel et à ses saintes légions
de nous assister et de nous soutenir dans les combats de cette vie!
Qu’ils viennent fortifier nos coeurs et nos corps dans la lutte
pour écarter et pour vaincre tous les obstacles
au règne du divin Coeur de votre Fils,
dans nos âmes et dans la société tout entière!

Ainsi soit-il.

* * * * * * * * *

Saint Michel Archange,
défendez-nous dans le combat ;
soyez notre secours contre la malice et les embûches du démon.
Que Dieu exerce sur lui son empire,
nous vous le demandons en suppliant!
Et vous, Prince de la milice céleste,
repoussez en enfer, par la force divine,
Satan et les autres esprit mauvais
qui rodent dans le monde pour la perte des âmes.

Ainsi soit-il.

 * * * * * * * * *

Prière à Saint Michel composée par Saint Louis de Gonzague :

« Ô prince invincible, gardien fidèle de l’Église de Dieu et des âmes justes, vous qui, animé d’une si grande charité et d’un si grand zèle, avez livré tant de batailles et accompli d’entreprises, non pour vous acquérir à vous-même renommée et réputation, comme le font les capitaines de ce monde, mais pour accroître et défendre la Gloire et l’Honneur que nous devons tous à notre Dieu, en même temps que pour satisfaire au désir que vous aviez du salut des hommes, venez, je vous en prie, au secours de mon âme qui est attaquée continuellement et mise en danger par ses ennemis : la chair, le monde et le démon. Vous avez conduit jadis le peuple d’Israël dans le désert, veuillez aussi être mon guide et mon compagnon dans le désert de ce monde, jusqu’à ce que vous m’ayez conduit hors de tout danger dans la terre des vivants, dans cette bienheureuse patrie d’où nous sommes tous exilés. »

Voir aussi les prières en l’honneur de Saint Michel publiées > ici.

Publié dans:Prier avec nous |on 29 septembre, 2007 |3 Commentaires »
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