Archive pour la catégorie 'Textes spirituels'

2007-16. Saint Michel au péril de la mer.

Le 16 octobre de l’an de grâce 708 (ou peut-être 709), l’évêque d’Avranches Saint Aubert, à la suite de l’apparition de l’archange Saint Michel, consacra sur le Mont Tombe, rocher de la côte normande, un premier sanctuaire en l’honneur du Prince de la Milice céleste.

Le Mont Tombe dominait alors de sa masse rocheuse une forêt et des landes qui furent peu après englouties par un raz de marée. Le Mont devint une île et fut dès lors souvent appelé « Saint-Michel-au-péril-de-la-mer« .

Abbaye puissante et lieu de pélerinage jadis renommé dans toute la Chrétienté, le Mont-Saint-Michel – bien qu’aujourd’hui dépouillé de ses moines, partiellement détruit, irrémédiablement affligé par les pillages de la révolution, souillé par de multiples profanations et livré à des hordes touristiques rarement intelligentes – ne cesse cependant pas de répèter à ceux qui sont capables d’ouvrir les oreilles de leur âme les leçons de son majestueux silence :

« Lorsque les flots menaçants montent inexorablement, lorsque la terre sous vos pas perd toute consistance, lorsque les éléments contraires vous encerclent, lorsque vos mains tremblantes ne trouvent plus rien de solide pour s’y cramponner… ne perdez cependant pas courage. Levez les yeux et appelez à votre aide l’Archange victorieux! Invoquez le Prince des armées célestes! Confiez-vous en sa sainte garde, et laissez-vous saisir par sa force invincible: la foi en Celui qui est le seul Fort, le seul Puissant, le seul Roi pour l’éternité; Celui qui n’a point d’égal – « Quis ut Deus? » – et qui est le Sauveur aimant de ceux qui se confient en Lui.« 

Nous sommes en effet tous menacés par des flots en furie, nous sommes tous exposés « au péril de la mer », une mer d’iniquité qui voudrait submerger le monde et engloutir les âmes dans d’effrayants abîmes.

Cartulaire du Mont Saint-Michel: la vision de Saint Aubert.

Collecte de la Messe propre de l’apparition de Saint-Michel au Mont Tombe :

« Dieu éternel et tout puissant qui, par un privilège sans pareil, avez daigné nous réconforter par la glorieuse apparition du Bienheureux Archange Michel, accordez-nous sur la terre le constant appui de son actuelle protection, et dans le Ciel la joie éternelle à ses côtés. Nous vous le demandons par Notre-Seigneur Jésus-Christ, votre Fils, qui vit et règne avec Vous dans l’unité du Saint-Esprit pour les siècles des siècles. Ainsi soit-il. »

Voir aussi les prières en l’honneur de Saint Michel publiées ici > www.

Publié dans:Nos amis les Saints, Prier avec nous |on 16 octobre, 2007 |Pas de commentaires »

2007-14. « Dies mali sunt ».

« Les jours sont mauvais : Dies mali sunt » (Eph.V,16). Trois petits mots qui m’ont frappé en écoutant la lecture de l’épître de la Sainte Messe de ce vingtième dimanche après la Pentecôte.

Pourquoi l’Apôtre fait-il cette remarque?

Parce qu’il invite avec insistance ses lecteurs à faire preuve d’une très grande circonspection et à ne pas agir en insensés, « non quasi insipientes, sed ut sapientes » : « Ayez soin, mes frères de vous conduire avec une grande prudence, non comme des imprudents mais comme des sages » (Eph.V,15-16). Ajoutant aussitôt: « redimentes tempus quoniam dies mali sunt. Rachetant le temps parce les jours sont mauvais ».

Les auditeurs de la Parole inspirée, en raison même de la malice inhérente au monde dans lequel ils vivent (1), sont exposés à de redoutables dangers. Des dangers plus redoutables que les malheurs et les souffrances physiques : le péril dans lequel les place la tentation, le péril de la séparation d’avec Dieu pour toujours!

Cette exposition continue aux attaques des « esprits de malice répandus dans les airs » (Eph.VI,12) constitue une véritable pollution spirituelle de l’environnement humain : de la même manière qu’un air infesté peut contaminer ceux qui le respirent, la malice des jours qui sont les nôtres peut nous affaiblir, miner la santé de nos âmes, ruiner la vigueur de nos esprits, frapper nos coeurs de mortelle langueur.

Celui qui sait qu’une épidémie d’influenza ou de choléra sévit dans la région où il se trouve prend tout naturellement des mesures de protection et d’hygiène pour échapper à la contagion. Il serait pour le moins insensé d’agir de façon contraire!

Et celui qui sait que l’air qu’il est exposé à respirer peut être saturé de microbes pernicieux, n’hésite pas à utiliser des moyens sanitaires pour purifier et assainir l’air des pièces où il vit.

Saint Paul aujourd’hui nous rappelait avec beaucoup d’à propos qu’il en était de même dans l’ordre de la santé de l’âme.

Puisque les jours de notre existence terrestre nous exposent au danger de la contagion du mal, nous devons « racheter le temps » c’est-à-dire appliquer au cadre spatio-temporel de notre existence les grâces de la rédemption que Notre-Seigneur Jésus-Christ nous a obtenues par Sa douloureuse Passion.

Dans sa sagesse inspirée, nourrie par des siècles d’expérience, la Sainte Eglise notre Mère a institué des sacramentaux qui sont une aide et une protection efficaces dans le combat que nous menons. Les sacramentaux sont des secours spirituels, souvent liés aux inspirations ou à l’expérience des Saints, que la puissance de la prière et des bénédictions de la Sainte Eglise attache à certains gestes et à certains objets matériels eux-mêmes. Il ne s’agit nullement de magie ou de superstition. Leur efficacité est conditionnée par l’exercice d’une authentique foi théologale dans un but de sanctification.

Le rituel traditionnel de la Sainte Eglise Romaine a réuni une somme extraordinaire de bénédictions : bénédictions d’objets de piété certes, bénédiction pour l’eau (qui devient eau bénite) bien évidemment… Mais tant de fidèles ignorent et tant de prêtres semblent eux aussi ignorer, ou du moins donnent l’impression d’ignorer (parce qu’ils n’y recourent pas ou pas assez), qu’il y a des bénédictions particulières liées à certaines fêtes liturgiques ou à certaines circonstances (comme par exemple la menace d’orage ou de tempête), qui concernent les lieux (maisons, étables, jardins, champs, pièces ou locaux affectés à une activité particulière…), mais aussi les aliments, les vêtements, les instruments de travail, les remèdes, les moyens de locomotion… etc.

Pourquoi donc le rituel est-il si peu exploité?

Pourquoi ce moyen si simple de « racheter le temps » et de contrer la malice des jours dans lesquels nous vivons est-il si méconnu et par suite si limité dans son usage habituel?

Sans vouloir porter de jugement, il semble cependant qu’on puisse répondre sans hésitation que c’est parce que l’esprit surnaturel, l’esprit de foi, est aujourd’hui profondément affaibli…

Le modernisme sourit avec commisération des sacramentaux, le progressisme les tourne en dérision, les supprime ou les dénature… Je ne veux pas me lancer ici dans des citations d’exemples, car il y en a malheureusement trop à déplorer.

Contentons-nous de relever que le « Livre des bénédictions » publié dans le contexte des réformes liturgiques consécutives au second concile du Vatican marque une régression théologique considérable et un alignement sur des conceptions directement inspirées par le protestantisme libéral, en contradiction avec des siècles de théologie et de pratique catholiques, en contradiction en particulier avec l’enseignement du concile de Trente. En effet ce pseudo-rituel dans les « prières de bénédiction » qu’il propose, dans la majorité des cas, ne bénit pas ni ne sanctifie pas les objets qui sont présentés, mais se contente d’appeler de ses voeux la faveur divine sur les personnes qui en feront usage, et se borne à en « dire du bien » (étymologie du verbe benedicere) sans leur attacher une grâce particulière.

Nous sommes très spécialement reconnaissants à notre Saint-Père le Pape Benoît XVI d’avoir précisé, dans le motu proprio « Summorum Pontificum cura », que les prêtres ont la liberté d’utiliser non seulement le missel, contenant le rite de la Sainte Messe antérieur à la réforme de Paul VI, mais également du rituel pour l’administration des sacrements et des sacramentaux dans une pleine continuité avec l’usage séculaire marqué par une authentique prudence surnaturelle et la sage expérience des saints : « Ut sapientes, non quasi insipientes »!

 

(1) « Parce que la création a été assujettie à la vanité, non parce qu’elle l’a voulue mais à cause de celui qui l’y a soumise… » (Rom. VIII,20) et aussi : « Mundus totus in maligno positus est : le monde tout entier est sous l’empire du Malin » (1 Joan.V,19).

Publié dans:De liturgia, Textes spirituels |on 14 octobre, 2007 |Pas de commentaires »

2007-10. Sermon de la solennité de Ste Thérèse.

Voici le sermon prononcé par Monsieur l’Abbé Paul Aulagnier en cet dimanche 30 septembre 2007 à l’occasion de la solennité de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face, patronne de la France en second :

« Nos credidimus caritati quam habet Deus in nobis. Nous avons cru – nous croyons – à la charité que Dieu a pour nous ».

On sent, en lisant ces mots de Saint Jean, le tressaillement de son âme.

C’est un vrai cri de joie, de triomphe, qui s’échappe du coeur de l’Apôtre: « Moi je crois à l’amour de Dieu pour moi! »

C’est avec un accent identique, passionné, que Sainte Thérèse dira sa foi en l’amour de Dieu.

Toute sa vie, toute sa sainteté, toute sa doctrine, seront l’expérience passionnée de cette foi. La foi en l’amour de Dieu est le fond de l’âme de Sainte Thérèse. C’est son secret.

Cette foi – simple, ferme, naïve même – en l’amour de Dieu explique tout dans Sainte Thérèse. Et sans cela rien ne s’explique.

Pour Sainte Thérèse la certitude de l’amour de Dieu est le premier ressort de la perfection et de la sainteté. C’est son originalité, sa spécificité. Thérèse, c’est la certitude de l’amour de Dieu, et sa réciprocité – amour pour amour. Elle dira souvent: « Je n’ai jamais donné à Dieu que de l’amour ». Ou encore:  » J’ai tout dit : c’est l’amour seul qui compte ».

Ce sont presque ses dernières paroles. C’est la veille de sa mort, le 29 septembre, qu’elle disait cela à sa soeur, Soeur Geneviève de la Sainte Face, qui lui demandait un mot d’adieu.

Se savoir aimée, être assurée et porter en soi la certitude d’être aimée par le Dieu tout puissant; croire – et croire de foi divine – croire fermement à l’amour de Dieu pour elle, voilà Sainte Thérèse, voilà sa contemplation, voilà son oraison, voilà l’objet de son commerce avec Dieu : se savoir aimée de Dieu!

Je crois que Sainte Thérèse n’a jamais conçu Dieu que sous sa notion la plus vraie, telle qu’Il a voulu – de fait – nous apparaître : comme l’amour de charité. « Deus caritas est » (1 Joan. IV,10).

Il y a certes l’Evangile qui le lui enseigne. Mais aussi une circonstance providentielle.

Elle est très jeune privée de sa mère. Alors son enfance se résumera toute dans la personne de son père. Sa jeunesse fut une expérience prolongée de l’amour paternel le plus tendre et le plus vigilant. Ainsi dès qu’on parla à Thérèse de Dieu, du Bon Dieu, dès qu’on lui apprit à dire à Dieu « Notre Père », cette âme d’enfant fut amenée, naturellement, à se représenter Dieu à l’image de son père de la terre.

Elle porta alors à l’extrême, à l’excès, à l’infini, la bonté, la tendresse, la sollicitude, en un mot l’amour dont son père l’entourait.

Le Bon Dieu se présente à son esprit et surtout à son coeur, comme le Père, comme son Père, comme le plus aimant, le plus tendre des pères. Bref, comme l’amour paternel et l’amour paternel à sa plus haute puissance. Comme le dit Tertulien « nemo tam pater »… « Le Père de qui toute paternité tire son nom au ciel et sur la terre »(Eph. III,14).

Et que Dieu soit notre père… c’est tout l’Evangile.

Et c’est pourquoi Sainte Thérèse a compris la substantifique moëlle de l’Evangile. Elle est l’Evangile en acte. Elle en a compris toute la substance.

Ainsi, très jeune, Sainte Thérèse vécut de cette atmosphère évangélique.

C’est de là, de cette racine, de ce principe que germe toute la vie spirituelle de Sainte Thérèse. Vous comprendrez alors que sa vie spirituelle soit faite de confiance, d’abandon, de joie.

Ces vertus naissent auprès d’un bon père. Comment ne naitraient-elles pas auprès du Bon Dieu – Père… ?

Ce principe de l’amour paternel, de la certitude d’être aimé d’un tel Père, ne peut être que le « grain de sénevé » dont nous parle l’Evangile. Elle est la plus petite des plantes, mais elle devient vite un arbre aux mille vertus.

Elle est sainte – c’est vrai -; elle fut une âme privilégiée – sans doute -; mais son privilège a été de comprendre mieux que nous et d’avoir la mission de nous faire comprendre que nous avons le même privilège qu’elle : le privilège d’être les enfants de Dieu; et donc, d’être come elle infiniment aimés, aimés d’amour paternel par Dieu notre Père.

Sa vie fut une vie de foi, de foi en l’amour de Dieu pour nous, une vie de foi telle que l’Evangile nous le demande.
Son âme se sait, se croit aimée… infiniment aimée.

Etonnez-vous alors qu’elle réponde à cet appel de l’amour par un élan, par un désir tout simple d’aimer… Et elle va, elle marche sans souci, sans inquiétude, dans cette lumière, dans cette clarté. Tout s’éclaire pour elle, tout s’illumine de cette fi, de cette certitude de l’amour…

Même quand Dieu la fait marcher par des chemins obscurs – et ce fut presque l’état continuel de son âme – même alors, c’est sa foi, sa foi assurée à l’amour de son Père qui la guide et la soutient.

Sainte Thérèse se révèle toute dans cette parole: « Il est si doux de servir le Bon Dieu dans la nuit et dans l’épreuve. Nous n’avons que cette vie pour vivre de foi ».

Dans son « Histoire d’une âme », elle dira: « Je sais que, par delà les tristes nuages mon doux soleil brille encore. »

Son doux soleil, quel est-il?

Elle le dit à la ligne précédente: « l’astre de l’amour ».

Et comment sait-elle cela? Par la foi!

Et cela est pour nous souverainement instructif. Sa foi évangélique est un regard simple et ferme pour l’amour de Dieu.

Mais pour être complet, il faudrait – me semble-t-il – ajouter une précision : l’amour auquel Thérèse croit de toute son âme a un nom; c’est l’amour miséricordieux.

Mais c’est bien là encore le dernier mot de l’Evangile.

Dans l’état actuel, Dieu nous a aimés non seulement gratuitement, sans mérite de notre part, mais il nous a aimés et nous aime tels que nous sommes, c’est-à-dire misérables, et sans tenir compte de notre misère. Ou, mieux: à cause de notre misère, parce que nous sommes misérables.

C’est là sa gloire!

C’est pour manifester son amour miséricordieux qu’il choisi, décrété, créé le monde tel qu’il est, le monde où nous vivons, avec le péché prévu et toutes les misères qui en sont la suite.

Et la gloire de Dieu, c’est que nous croyons à cet amour-là, à cet amour purement miséricordieux. Il veut que nous y croyons.

Et voilà ce que notre orgueil ne veut pas admettre : il ne veut pas être que misère. Il ne veut pas être l’objet de la pure miséricorde de Dieu. Il ne comprend pas l’amour miséricordieux.

Mais il ne s’agit pas de comprendre cet amour. Il s’agit d’y croire, d’y croire simplement, fermement, comme Sainte Thérèse ; d’y croire et de s’y plonger, comme Sainte Thérèse.

Sainte Thérèse est très claire. Dans une lettre à Soeur Marie du Sacré-Coeur – la lettre 6 – elle écrit : « Ce qui plaît au Bon Dieu dans ma petite âme, c’est de me voir aimer ma petitesse et ma pauvreté, c’est l’espérance aveugle que j’ai en sa miséricorde. »

Que ce mot est profond!… et combien instructif pour nous.

C’est du pur Evangile.

L’Evangile nous propose un amour de Dieu purement miséricordieux pour notre absolue misère. C’est cela Sainte Thérèse.

Sainte Thérèse a osé aimer son Dieu en enfant. Elle a osé, avec ses misères, entrer en relation très simple, familière, avec le Bon Dieu.

Et pourquoi?

Parce qu’elle s’est sentie aimée. Elle s’est crue aimée, aimée par Dieu qui est amour. Elle s’est crue, sans hésitation, infiniment aimée par l’infini amour. Elle s’est crue miséricordieusement aimée par le Dieu qui est – et qui est jaloux de ce titre – le Père des miséricordes.

Et la foi, en nous proposant Dieu comme l’amour miséricordieux, attire, invite, sollicite notre coeur à oser l’aimer; et c’est là, alors, que l’âme trouve la paix et le principe de la sainteté.

Ainsi soit-il.

Publié dans:Nos amis les Saints, Textes spirituels |on 1 octobre, 2007 |1 Commentaire »

2007-9. Solennité de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus.

Décidément, cette période est riche en fêtes!

Aujourd’hui la liturgie de ce dimanche 30 septembre 2007, normalement 18ème dimanche après la Pentecôte, cédait le pas à la solennité de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, parce qu’elle est protectrice de la France en second avec Sainte Jehanne d’Arc, après Notre-Dame de l’Assomption.
Monsieur l’Abbé Paul Aulagnier nous a fait l’immense grâce de venir célébrer la Sainte Messe au Mesnil-Marie, et je sais qu’il a offert le Saint-Sacrifice à l’intention de tous les bienfaiteurs de notre fondation, vivants et défunts.

Après son départ, notre Frère s’est activé à ses derniers préparatifs de départ : je me mettais un peu dans ses pattes parce que je croyais qu’il s’agissait d’un nouveau jeu, mais j’ai bien vite vu qu’il y avait des valises qu’on remplissait, et cela m’a rendu un peu triste parce que je n’aime pas le voir partir… Frère Maximilien-Marie m’a pris dans ses bras et il m’a bien expliqué que j’allais rester au Mesnil-Marie et que la maman de mon ami Locky (une dame très gentille qui m’aime bien) s’occuperait de moi, et que je pourrais même aller dormir chez Locky si j’en avais envie, que j’avais une mission très importante – la garde du Mesnil-Marie - et que c’était bien de rester ici plutôt que d’aller en pension ailleurs, dans une maison qui ne serait pas la mienne avec des gens que je ne connais pas bien… Je comprends très bien ces choses, néanmoins c’est toujours un peu triste de devoir quitter son papa-moine pour une période un peu longue…

Mais au fait, je ne vous ai pas dit où le Frère part…
Vous le savez déjà, vous ? Vous l’avez deviné ? Non ?
Il va à Rome.

Rome, la capitale du monde catholique, la « Ville Eternelle », la cité des Saints Apôtres Pierre et Paul, la ville dont le sol a été fécondé par le sang de milliers de martyrs, la ville dont les rues ont été arpentées par des centaines de saints tout au long des siècles, la ville qui renferme des trésors d’histoire et d’art !
Il part en avion demain matin, et il ne rentrera que dimanche 7 octobre au soir.

StPierre Vatican

Frère Maximilien-Marie connaît assez bien Rome et il organise autant que possible chaque année un séjour pour un petit groupe de pèlerins. Bien que le Dieu des chats soit le même que celui des hommes, je ne peux pas les accompagner là-bas.

Pourtant j’aurais bien aimé aller voir les lieux où a vécu Saint Philippe Néri, un saint très sympathique dont mon papa m’a parlé. Saint Philippe aimait beaucoup les chats, et il en avait un très beau qui avait le droit de rentrer dans son oratoire privé et qui se plaçait – tout tranquille – sur les gradins de l’autel lorsque le bon « Padre Neri » célébrait la Sainte Messe. Il y a bien eu alors quelques esprits chagrins pour s’en scandaliser, mais Saint Philippe leur a fait comprendre qu’un beau chat, qui est une créature de Dieu pleine de grâce et de distinction, par le fait même qu’il est dans l’ordre des choses voulu par le Créateur, rend gloire à Dieu tout autant qu’un beau bouquet de fleurs ; or il n’est personne, que je sache, qui se scandalise de voir des fleurs par brassées placées sur les autels!…

Quoi qu’il en soit, ce n’est pas encore aujourd’hui que je prendrai l’avion pour aller vénérer à Rome le saint ami des chats. Donc je continuerai à glorifier Dieu en étant ici même un bon chat accomplissant ce pour quoi Dieu l’a créé : dormir, jouer, chasser les souris et les dévorer consciencieusement…

Pour vous faire patienter, puisqu’en l’absence de Frère Maximilien-Marie je ne pourrai pas me servir de l’ordinateur, je vous recopie ( ici > www) le sermon que Monsieur l’Abbé Aulagnier a prononcé ce soir en l’honneur de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus.

A la semaine prochaine…

pattes de chatLully.

Publié dans:Chronique de Lully, Nos amis les Saints |on 30 septembre, 2007 |Pas de commentaires »

2007-8. Nous sommes en guerre…

Réflexions faites au soir de la fête de St Michel.

Saint Michel gif

Oui, nous sommes en guerre !

Ce n’est pas moi qui l’affirme, c’est Saint Thomas d’Aquin qui l’écrit : « Jusqu’au jour du jugement, nous sommes en guerre ».
Et il ne fait que résumer ce que les Saintes Ecritures ont dit et répété à l’envie :

- Saint Paul à Timothée : « Nul ne sera couronné s’il n’a légitimement combattu » (2 Tim.II, 5).

- Notre-Seigneur Jésus-Christ : « Le Royaume des cieux souffre violence, et ce sont les violents qui s’en emparent » (Matth. XI,12) ; « Je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive » (Matth. X,34) ; « Que celui qui n’a point d’épée vende sa tunique pour en acheter une » (Luc. XXII,36)…

– Déjà dans l’Ancien Testament, le Saint homme Job s’était exclamé : « Vraiment, la vie de l’homme sur la terre est un combat » (Job VII,1).

Bien sûr le glaive, l’épée, la violence, le combat, la lutte sans merci dont il est ici question sont essentiellement d’ordre spirituel. La pugnacité qui nous est recommandée n’a rien à voir avec les conséquences peccamineuses de la colère, de l’orgueil, de la jalousie ou de la cupidité… Et la violence nécessaire à ceux qui veulent faire leur salut est une vertu.

Ce mot de vertu a, si souvent en français, perdu son sens originel de force, qu’on en oublie l’origine militaire et que, d’une qualité « quasi musculaire » du caractère éprouvé par la violence des contradictions, on en est arrivé à désigner par lui la mièvrerie d’une inconsistante sainteté de vitrail aux tons pastels !

Mais le christianisme n’est pas une religion à l’eau de rose faite pour des émasculés !
Le Christ, s’Il est le « Prince de la Paix » n’est cependant pas « le doux rêveur de Galilée », préfigurateur des adeptes du « peace and love » : Sa doctrine est forte, virile, militante…
Sa vie terrestre, pourtant remplie de scènes profondément attendrissantes, n’est en rien puérilement fade et affectée, et elle s’achève dans un spectaculaire et sanglant combat. Combat en grec, se dit « agônè ».

L’Eglise, qu’Il a fondée, tant qu’elle est en chemin sur la terre, est militante.
Le sacrement de la Confirmation, qui communique à l’âme la plénitude des dons du Saint-Esprit, fait du chrétien un soldat du Christ. Le Chrême dont le fidèle est marqué rappelle l’huile dont les gladiateurs et les athlètes s’enduisaient pour fortifier leurs muscles et offrir moins de prise à l’adversaire…

Comment a-t-on pu dénaturer la doctrine chrétienne au point d’en faire une sorte d’humanitarisme gélatineux qui ne peut nullement s’identifier à la vertu de charité ?
Comment est-il possible d’avoir trahi le message évangélique au point de le ravaler à une sorte de fraternité universelle post-romantique qui n’a plus rien de surnaturel ?
La charité chrétienne n’est pas la « solidarité » : elle est plus grande, plus large, plus profonde ; elle est surtout d’une autre nature !
Le respect chrétien n’est pas la « tolérance » : il est bien plus en accord avec la véritable dignité de l’homme créé libre, à l’image et à la ressemblance de Dieu, et il n’est en rien une couverture servant à justifier l’indifférentisme et l’absence de ferveur !

« La vie de l’homme sur la terre est un combat : militia est vita hominis super terram » (Job VII,1).
Beaucoup de traductions françaises édulcorent cette affirmation du Saint-Esprit.
Militia : le mot latin est difficile à rendre en français, il ne désigne pas seulement l’engagement sanglant du combat, il signifie aussi le « service militaire », l’entrainement et la vie de caserne dans toute la rigueur de la discipline des armées antiques.

Cette fête du saint Archange Michel est là pour nous le rappeler.
En contemplant la haute et pure figure de l’ange chevalier, nous sommes invités à retremper notre courage et à fortifier notre zèle dans le combat de chaque jour, dans le combat de chaque heure, dans le combat de chaque instant, pour l’établissement du règne de la charité dans nos coeurs, dans nos comportements, dans nos vies, dans nos sociétés… qu’elles soient religieuses ou civiles !
Parce que le règne de la charité n’est pas une chose facile et sans obstacles.

Celui qui refuse de combattre est vaincu d’avance.
Celui qui pense être dispensé du combat est souvent un lâche qui se berce d’outrecuidantes illusions sur son propre compte.
Car, selon la percutante parole de notre bienheureux Père Saint Augustin : « Ou bien tu mets à mort l’iniquité, ou bien c’est l’iniquité qui te tue ! »

Il n’y a pas de troisième voie.

Publié dans:Textes spirituels |on 29 septembre, 2007 |1 Commentaire »

Prières pour demander l’assistance de Saint Michel.

* * * * * * * * *

O Marie, Reine des Anges,
daignez envoyer le Saint Archange Michel
pour me secourir et me défendre dans le cours de cette vie
et pour m’assister à ma dernière heure!

Ainsi soit-il.

Combat de St Michel et des anges.

* * * * * * * * *

Puissante Vierge immaculée, Reine du ciel et de la terre,
nous vous en supplions très humblement,
intercédez en notre faveur :
demandez à Saint Michel et à ses saintes légions
de nous assister et de nous soutenir dans les combats de cette vie!
Qu’ils viennent fortifier nos coeurs et nos corps dans la lutte
pour écarter et pour vaincre tous les obstacles
au règne du divin Coeur de votre Fils,
dans nos âmes et dans la société tout entière!

Ainsi soit-il.

* * * * * * * * *

Saint Michel Archange,
défendez-nous dans le combat ;
soyez notre secours contre la malice et les embûches du démon.
Que Dieu exerce sur lui son empire,
nous vous le demandons en suppliant!
Et vous, Prince de la milice céleste,
repoussez en enfer, par la force divine,
Satan et les autres esprit mauvais
qui rodent dans le monde pour la perte des âmes.

Ainsi soit-il.

 * * * * * * * * *

Prière à Saint Michel composée par Saint Louis de Gonzague :

« Ô prince invincible, gardien fidèle de l’Église de Dieu et des âmes justes, vous qui, animé d’une si grande charité et d’un si grand zèle, avez livré tant de batailles et accompli d’entreprises, non pour vous acquérir à vous-même renommée et réputation, comme le font les capitaines de ce monde, mais pour accroître et défendre la Gloire et l’Honneur que nous devons tous à notre Dieu, en même temps que pour satisfaire au désir que vous aviez du salut des hommes, venez, je vous en prie, au secours de mon âme qui est attaquée continuellement et mise en danger par ses ennemis : la chair, le monde et le démon. Vous avez conduit jadis le peuple d’Israël dans le désert, veuillez aussi être mon guide et mon compagnon dans le désert de ce monde, jusqu’à ce que vous m’ayez conduit hors de tout danger dans la terre des vivants, dans cette bienheureuse patrie d’où nous sommes tous exilés. »

Voir aussi les prières en l’honneur de Saint Michel publiées ici > www.

Publié dans:Prier avec nous |on 29 septembre, 2007 |2 Commentaires »

2007-5. Ce que représente chez nous le 24 septembre.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

La fête de Notre-Dame de la Merci, qui est célébrée le 24 septembre, n’est pas vraiment une fête populaire en France : ce vocable de la Vierge paraît même un peu étrange à beaucoup de fidèles… Mais notre Frère Maximilien-Marie l’aime particulièrement, et il y a deux raisons à cela :

1) Quand il avait quatre ans et quelques semaines, le samedi 24 septembre 1966 (donc jour dont on pourrait écrire qu’il était doublement placé sous la protection de Notre-Dame), il fut protégé d’une manière singulière : percuté par une automobile qui lui fit faire un vol plané avant de lui passer sur le corps, il sortit absolument indemne de cet accident, et – dès ce moment-là – il affirma que c’était la Sainte Vierge qui l’avait sauvé. Il demanda à ses parents un pèlerinage d’action de grâces à la basilique de Notre-Dame de Bon Secours, sanctuaire marial du Bas Vivarais, et à cette occasion il se donna sans retour à cette Mère de Miséricorde.

Voici la statue du XVIIème siècle, sculptée en bois de noyer par un imagier local, aux pieds de laquelle il fit cette offrande de lui-même dans laquelle il reconnaît l’origine de sa vocation :

la statue de la Vierge telle qu'elle était présentée avant les saccages modernistes

Lablachère (Vivarais) : statue de Notre-Dame de Bon Secours  dans la basilique du même nom
telle qu’elle était présentée  avant le vandalisme postconcilaire.

2) C’est encore un 24 septembre – en 1989 – qu’il prononça ses voeux perpétuels. Frère Maximilien-Marie en célèbre l’anniversaire avec une grande ferveur intérieure chaque année.

Contrairement à ce que certains se sont plu à raconter, il n’a jamais été relevé de ses voeux mais, lorsque sa communauté d’origine changea de statuts et modifia ses constitutions, s’engageant dans des orientations qui ne correspondaient plus exactement aux textes sur lesquels il avait prononcé ses voeux ni aux aspirations qui l’avaient amené à entrer dans cette communauté, l’Eglise – par l’intervention de l’Evêque du lieu – prit la chose en considération et octroya à Frère Maximilien-Marie un « indult d’exclaustration » tout à fait régulier.
Ainsi il lui était permis en conservant ses voeux et le droit de porter l’habit religieux, de vivre en dehors de son institut de profession. C’est un devoir de vérité de le rappeler parce que, bien évidemment, on a fait circuler des versions bien différentes de ces événements.

Je vous souhaite à tous une bonne journée sous la protection de Notre-Dame de la Merci, la Vierge compatissante qui brise les chaînes des esclavages, qu’ils soient physiques ou spirituels, psychologiques ou affectifs…

Lully.

Voir aussi :
- Origines du Refuge ND de Compassion > ici
- Comment le Refuge ND de Compassion est arrivé en Vivarais > ici
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Publié dans:Chronique de Lully, De Maria numquam satis |on 24 septembre, 2007 |11 Commentaires »

2007-4. De Notre-Dame de La Salette.

Encore ce mercredi 19 septembre 2007.

N’ayant pas obtenu de Frère Maximilien-Marie qu’il m’autorise à sortir de la maison, j’ai bien été contraint de faire contre mauvaise fortune bon coeur et d’employer mon temps à d’autres activités que la chasse aux mulots, musaraignes, rats des moissons, et autres campagnols.

Ainsi donc, comme Frère Maximilien-Marie avait dit que nous fêtions ce 19 septembre le 161ème anniversaire de l’apparition de la Très Sainte Vierge Marie à La Salette, j’en ai profité pour faire quelques recherches qui m’ont beaucoup intéressé.

Je vous recommande donc de lire ou de relire le récit de l’apparition de Notre-Dame, mais plus encore le texte du secret confié à la petite Mélanie, puisque d’assez récentes recherches dans les archives du Saint-Siège ont démontré de manière péremptoire que ce qui avait été publié en 1879 par la voyante était bien conforme à ce qu’elle avait rédigé à l’intention du Bienheureux Pie IX en 1846, donnant un démenti irréfragable aux négations d’une partie importante du clergé français dès 1879 et jusqu’à nos jours puisque au sanctuaire même de La Salette les prêtres le tiennent encore aujourd’hui le silence là-dessus (vous trouverez ces textes ici > www).

Vierge en pleurs

La Vierge Marie annonçait le relâchement des prêtres et des consacrés, jusqu’au reniement ; elle prophétisait l’apostasie des nations chrétiennes, gouvernées par des chefs ayant perdu le sens du bien ; elle prédisait la crise de l’Eglise, la perte de la Foi, la raréfaction des vocations religieuses ; elle décrivait à l’avance les vices et les crimes d’une société qui a renié les valeurs morales et spirituelles, ainsi que les malheurs conséquents par lesquels elle se châtiera elle-même…

Comment rester insensible aux larmes de cette Vierge de Compassion et de Pitié venue avertir les hommes et leur rappeler la voie du Salut?

Comment aussi ne pas penser que ce que Notre-Dame de La Salette annonçait a trouvé une réalisation certaine depuis le milieu du XXème siècle? Paul VI lui-même n’avait-il pas fini par reconnaître que « les fumées de satan » s’étaient introduites dans le sanctuaire?

Ce « pressant appel » – selon les termes mêmes employés par Notre-Dame – lancé à la terre le 19 septembre 1846 est toujours d’une brûlante actualité… Y a-t-il parmi ceux qui liront les lignes que je trace ce soir des « enfants chéris » de Marie et des « combattants de la lumière » qui aideront à mettre un terme à l’éclipse que subit la Sainte Eglise et se donneront généreusement pour que « tout soit renouvelé et que Dieu soit servi et glorifié » en vérité?

Lully.

Prière : « Ave Maria » en l’honneur de la Vierge de Compassion:

Je vous salue, Marie, pleine de douleurs;
Jésus crucifié est avec vous;
Vous êtes digne de compassion entre toutes les femmes
et digne de compassion est Jésus, le fruit de vos entrailles.

Sainte Marie, Mère de Jésus crucifié,
c’est nous qui avons attaché à la Croix votre divin Fils :
Obtenez-nous des larmes de repentir et d’amour,
maintenant et à l’heure de notre mort.

Ainsi soit-il.

 Prière :

 On trouvera ici > www des explications sur le chapelet des Sept Douleurs de Notre-Dame et ici > www une neuvaine en l’honneur de Notre-Dame des Douleurs.

Publié dans:De Maria numquam satis, Prier avec nous |on 15 septembre, 2007 |1 Commentaire »
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