2026-129. De Saint Michel Maleïnos, qui forma le fondateur de la « république monastique du Mont Athos », protecteur des Romanov.
12 juillet,
Fête de Saint Jean Gualbert, abbé et confesseur (cf. > ici) ;
Mémoire des Saints Nabor et Félix, martyrs ;
Mémoire de Saint Michel Maleïnos, abbé et confesseur ;
Anniversaire de la sauvage exécution du comte François de Saillans (cf. > ici, > ici, > ici et > ici).
Voici un très grand saint, commun aux Eglises d’Orient et d’Occident (puisqu’il est antérieur au dramatique schisme de 1054) et qui est, malheureusement, quasi inconnu du commun des fidèles dans l’Eglise latine : Saint Michel Maleïnos.
Il est né en 894 dans une puissante famille aristocratique, les Maleïnoï, famille qui s’était illustrée en particulier dans la lutte armée contre l’invasion mahométane.
Ainsi comptait-il dans sa parenté Saint Eudocime Maleïnos (probablement un grand oncle), officier mort à 33 ans en odeur de sainteté, et sur le tombeau duquel, à Constantinople, se multipliaient les miracles. Le père de notre futur saint se prénommait lui aussi Eudocime en honneur de ce saint membre de la famille, et sa mère Anastaso était parente de l’empereur Romain Ier Lecapène († 948).
Le couple était stérile, et ces deux pieux époux accomplirent un pèlerinage à un sanctuaire de la Mère de Dieu. C’est alors que – en 894 donc – naquit leur fils aîné qui reçut au saint baptême le prénom de Manuel (Μανουήλ Μαλείνος), puis cinq autres enfants. L’une de ses sœurs épousa Bardas Phocas l’Ancien, père de l’empereur Nicéphore II Phocas († 969) et l’un de ses frères, Constantin, fut un fameux général dans l’armée impériale.
Vers 909 (il avait donc une quinzaine d’années), il fut envoyé à la cour de Léon VI le Sage, à Constantinople, où il reçut la charge honorifique de spatharocandidat (ce mot désigne un grade dans la garde palatine).
Mais, en 912, la mort de l’empereur Léon VI produisit en lui un bouleversement profond : convaincu de la vanité des honneurs de ce monde, il résolut alors de se faire moine.
Manuel sollicite la tonsure et prend le nom de Michel.
Appelé en Cappadoce auprès de ses parents, alors qu’il traversait la Bythinie, Manuel faussa compagnie à son escorte pour se rendre auprès d’un saint moine dont il reçut la tonsure monastique ; il prit alors Michel pour prénom de consécration.
Eudocime, son père, furieux de cette décision, le fit rechercher et capturer par ses hommes et ramener à la maison paternelle sous la contrainte. Toutefois la détermination de Michel finit par vaincre l’opposition paternelle, et le jeune moine reprit la route de la Bithynie, où, pendant trois années, il servit humblement à la table d’un monastère.
En 915, il fut admis à la réception du grand habit : cette fois en présence de son père et de sa mère (laquelle, devenue veuve, se fit à son tour moniale). Michel passa quelques années dans la pratique de l’ascèse dans la région nord-ouest de l’Anatolie, près de Pruse de l’Olympe (aujourd’hui Bursa en langue turque), sur la Sainte Montagne de Kyminas, dont il s’absenta entre 921 et 925 pour fonder un petit monastère, un peu plus à l’est dans les Bucellaires.
Enfin, en 925, il revint sur le Mont Kyminas et y fonda une laure : on appelle ainsi est un établissement monastique où les moines vivent, durant la semaine, comme des ermites ; mais qui, le samedi soir, le dimanche et les jours de fête, se rassemblent pour chanter ensemble les offices, prendre les repas en commun et recevoir l’enseignement d’un ancien. Il s’agit d’un mode de vie monastique mixte directement inspiré du mode de vie des premiers Pères du désert : semi-cénobitique et semi-érémitique.
Ordonné prêtre, Michel Maleïnos fut élu pour être l’higoumène – l’abbé – de cette laure jusqu’à sa mort, survenue le 12 juillet 961, c’est-à-dire pendant quelque trente-six années.
L’empereur Saint Nicéphore II Phocas.
Sur la Sainte Montagne de Kyminas, Saint Michel Maleïnos fut visité à plusieurs reprises par ses neveux, l’empereur Saint Nicéphore II Phocas – surnommé « la Mort blanche des Sarrasins » – et son frère puiné Léon Phocas le Jeune, qui le pressaient de donner avis et conseils pour le gouvernement de l’Empire.
C’est également dans cette laure qu’il reçut et forma un lointain parent, Abramios de Trébizonde, qui reçut dans la vie monastique le nom d’Athanase. Ce disciple fervent et zélé deviendra Saint Athanase l’Athonite, puisqu’il ira par la suite fonder la république monastique du Mont Athos, sur le modèle de la Sainte Montagne de Kyminas.
Ainsi, alors qu’il ne reste aujourd’hui rien de la laure de Saint Michel Maleïnos, on peut dire que son héritage spirituel et les usages qu’il avait institués en Bythinie, se perpétuent sur la Sainte Montagne de l’Athos.
Mais il est encore un point qui marque la postérité et le rayonnement de Saint Michel Maleïnos : c’est le 12 juillet, jour de sa fête, que quelques siècles plus tard (en 1596) naquit Michel Fiodorovitch Romanov, futur Tsar Michel Ier de Russie, premier souverain de la dynastie des Romanov ; c’est en effet un usage fréquent en Russie de nommer l’enfant du nom du saint fêté le jour de sa naissance.
En conséquence, les Romanov nourrirent une dévotion particulière au saint higoumène, et ils lui dédièrent un grand nombre d’églises et de chapelles, tout au long du XVIIème siècle très spécialement.
Michel Fiodorovitch Romanov, Tsar Michel Ier de Russie,
né en la fête de Saint Michel Maleïnos le 12 juillet 1596,
ce qui fit de ce dernier l’un des saints protecteurs de la dynastie.






























