Archive pour la catégorie 'Textes spirituels'

2022-95. Les morts spirituels.

15ème dimanche après la Pentecôte :
Péricope évangélique : Luc, VII, 11-15.

Sermon XCVIII
de
notre Bienheureux Père Saint Augustin
sur
l’Evangile de la résurrection du fils de la veuve de Naïm

Sacristie de la cathédrale Saint-Louis Versailles - résurrection du fils de la veuve de Naïm - Jean Jouvenet (1708)

Jean Jouvenet : résurrection du fils de la veuve de Naïm (1708)
[sacristie de la cathédrale Saint-Louis, Versailles]

Résumé : Tous les miracles de Notre-Seigneur ont un sens caché que tous malheureusement ne comprennent pas, et si de toutes les nombreuses résurrections qu’Il a opérées durant le cours de Sa vie il n’est fait mention que de trois dans l’Évangile, c’est parce que ces trois résurrections sont une image de la résurrection spirituelle de tous les pécheurs.
Quelques-uns en effet n’ont fait que consentir intérieurement au péché ; d’autres ont uni l’action extérieure au consentement ; d’autres enfin sont écrasés sous le poids des habitudes coupables. Les premiers sont représentés par la fille du chef de la synagogue, que Jésus ressuscita dans la chambre même où elle venait d’expirer ; les seconds par le fils de la veuve de Naïm, qui était déjà sorti de sa demeure et que l’on portait en terre ; les troisièmes enfin, par Lazare, déjà couvert de la pierre sépulcrale, et enseveli depuis quatre jours. Ces quatre jours signifient les quatre degrés par lesquels on descend dans le tombeau des habitudes coupables.

   §1. Les miracles de Notre-Seigneur et Sauveur Jésus-Christ font des impressions, mais des impressions bien diverses, sur tous ceux qui en entendent le récit et qui y ajoutent foi. Les uns s’étonnent de ces prodiges corporels, mais sans y voir rien de plus grand ; d’autres, au contraire, contemplent avec plus d’admiration encore dans les âmes les merveilles qu’ils voient se produire dans les corps. Le Seigneur ne dit-Il pas Lui-même : « De même que le Père réveille les morts et leur rend la vie ; ainsi le Fils donne la vie à qui Il veut » (Jean V, 21) ? Ce n’est pas que le Fils ressuscite des morts que ne ressuscite point le Père ; le Père et le Fils ressuscitent les mêmes puisque le Père fait tout par le Fils ; mais c’est pour le chrétien une preuve indubitable qu’aujourd’hui encore Il ressuscite des morts. Mais, hélas ! si chacun a des yeux pour voir des morts ressusciter à la manière dont est ressuscité le fils de la veuve dont il vient d’être question dans l’Evangile, il n’y a pour voir les résurrections du cœur que ceux dont le cœur est ressuscité déjà. Il est plus grand de ressusciter pour vivre toujours, que de ressusciter pour mourir de nouveau.

   §2. Si la résurrection de ce jeune homme comble de joie la veuve, sa mère ; notre mère la Sainte Eglise se réjouit aussi en voyant chaque jour des hommes ressusciter spirituellement. L’un était mort de corps ; les autres l’étaient d’esprit. On pleurait visiblement la mort visible du premier ; on ne s’occupait, on ne s’apercevait même pas de la mort invisible des derniers. Mais quelqu’un connaissait ces morts, Il s’occupa d’eux ; et heureusement, Celui qui seul les connaissait, pouvait les rappeler à la vie. Si en effet le Seigneur n’était venu pour ressusciter ces morts, l’Apôtre ne dirait pas : « Lève-toi, ô toi qui dors ; lève-toi d’entre les morts et le Christ t’éclairera » (Eph. V, 14).
Quand tu entends ces mots : « Lève-toi, ô toi qui dors », tu te figures simplement un homme endormi ; mais ces autres mots : « Lève-toi d’entre les morts », doivent te faire entendre qu’il est réellement question d’un mort. Des morts, même ordinaires, ne dit-on pas qu’il dorment ? Oui, pour Celui qui peut les ranimer ils ne sont qu’endormis. Un mort est pour toi un mort, car il ne s’éveille point quoique tu fasses pour le secouer, pour le pincer, pour le mettre en pièces. Mais pour le Christ qui lui dit : « Lève-toi », ce jeune homme était simplement endormi, puisqu’il se leva aussitôt. Nul n’éveille aussi facilement un homme dans son lit, que le Christ ne tire un mort du tombeau.

   §3. L’Ecriture ne nous parle que de trois morts visibles ressuscités par le Christ.
Il est certain qu’il a ressuscité par milliers des morts invisibles ; mais qui sait combien Il en a ressuscités de visibles ? Car tout ce qu’il a fait n’est pas écrit. « Jésus a fait beaucoup d’autres choses, dit Jean en termes formels ; si elles étaient écrites, je ne pense pas que le monde entier pût contenir les livres qu’il faudrait composer » (Jean XXI, 27). Il est donc sûr que le Sauveur a ressuscité beaucoup d’autres morts ; mais ce n’est pas sans motif qu’il n’est fait mention que de trois.
Notre-Seigneur Jésus-Christ, en effet, voulait qu’on vît encore un sens spirituel dans ce qu’Il faisait sur les corps. Il ne faisait pas des miracles pour faire des miracles ; Il prétendait que, admirables à l’oeil, Ses œuvres fussent une instruction pour l’esprit. Un homme voit des caractères sur un livre magnifiquement écrit, mais il ne sait lire ; il loue l’adresse du copiste, il admire la beauté des traits, mais il en ignore la destination et le sens ; ses yeux s’extasient ainsi devant ce que ne comprend pas son esprit. Un autre au contraire admire et comprend, car il ne voit pas seulement ce que tous peuvent voir ; il sait lire encore, ce que ne sait le premier qui n’a point appris. Ainsi parmi les témoins des miracles du Christ, il y en eut qui ne saisissaient point ce qu’ils signifiaient, ce qu’ils révélaient en quelque sorte à l’intelligence ; ceux-là ne les admiraient que comme des faits extérieurs ; mais il y en eut d’autres qui en comprenaient le sens tout en les admirant, et c’est à ceux-ci que nous devons ressembler dans l’école du Sauveur.
Si l’on dit en effet qu’Il a fait des miracles pour faire des miracles, on peut avancer également qu’en cherchant à cueillir des figues sur le figuier, il ignorait que ce n’en était pas la saison. L’Evangéliste dit positivement que ce n’était pas le moment des figues ; le Sauveur toutefois en cherchait sur cet arbre pour apaiser Sa faim. Mais quoi ! le Christ ignorait-Il ce que savait un paysan ? Le Créateur de ces arbres méconnaissait-Il ce que savait le jardinier ? Il faut donc reconnaître qu’en cherchant des fruits sur cet arbre pour apaiser Sa faim, Il voulait faire entendre qu’Il avait faim d’autre chose et qu’Il cherchait une autre espèce de fruits. On Le vit de plus maudire ce figuier qu’Il trouva couvert de feuilles mais sans aucun fruit, et cet arbre se dessécha. Or comment avait-il démérité en ne portant pas de fruits ? (cf. Matth. XXI, 18-19). Quel crime peut commettre un arbre en demeurant stérile ? Ah ! c’est qu’il est des hommes dont la stérilité est volontaire, et la volonté les rendant féconds, ils sont coupables de ne pas l’être. Tels étaient les Juifs ; arbres chargés de feuilles et dénués de fruits, ils se vantaient de posséder la loi sans en faire les oeuvres.
J’ai voulu prouver, par ces développements, que Jésus-Christ Notre-Seigneur faisait des miracles pour nous instruire ; Il ne les donnait pas seulement comme des œuvres merveilleuses, magnifiques et divines, Il voulait encore nous donner par eux quelques leçons.

   §4. Qu’a-t-Il donc prétendu nous enseigner par les trois morts qu’Il a ressuscités ?
Il a ressuscité d’abord la fille du prince de synagogue qui Le priait de venir la délivrer de sa maladie. Or, lorsqu’Il y allait, on vint annoncer qu’elle était morte, et comme pour Lui épargner des fatigues désormais inutiles on disait au père : « Ta fille est morte, pourquoi tourmenter encore le Maître ? » Mais le Sauveur poursuivit Sa route : « Ne crains pas, dit-Il au père, crois seulement ». Il arriva à la maison, et trouvant déjà tout préparé pour 
l’accomplissement du devoir des funérailles : «Ne pleurez pas, dit-Il, car cette jeune fille n’est pas morte, elle dort ». Il disait vrai : cette fille était endormie, mais pour Celui-là seulement qui pouvait l’éveiller. Il l’éveilla et la rendit pleine de vie à ses parents (Marc, V, 22-43).
Il ressuscita aussi ce jeune homme, fils de veuve, qui nous a donné occasion de faire à votre charité ces réflexions, que le Sauveur Lui-même daigne nous inspirer. On vient de vous rappeler comment eut lieu cette résurrection. Le Sauveur approchait d’une ville : Il rencontra un convoi qui emportait un mort, et on était déjà sorti de la porte. Touché de compassion à la vue des larmes que répandait cette pauvre mère, déjà veuve et privée maintenant de son fils unique, Il fit ce que vous savez : « Jeune homme, dit-Il, Je te le commande, lève-toi ». Ce mort se leva, il se mit à parler, et Jésus le rendit à sa mère.
Il ressuscita enfin Lazare, dans le tombeau même. Les disciples savaient Lazare malade, et comme Jésus S’entretenait avec eux et qu’Il aimait Lazare : « Lazare, notre ami, dort », dit-il. Mais eux, considérant que le sommeil serait bon au malade : « Seigneur, répliquèrent-ils, s’il dort, il est guéri ».
« Je vous le déclare, reprit alors le Sauveur plus clairement, Lazare, notre ami, est mort » (Jean XI, 11-44). Ces deux expressions sont justes : Pour vous il est mort, et pour moi il est seulement endormi.

   §5. Ces trois mots désignent trois espèces de pécheurs, ressuscités par le Christ, maintenant encore.
La fille du chef de Synagogue était restée dans la maison de son père, elle n’en avait pas encore été tirée ni emportée publiquement, C’est dans l’intérieur de la demeure qu’elle fut ressuscitée et rendue vivante à ses parents.
Quant au jeune homme, il n’était plus dans sa maison, et pourtant il n’était pas encore dans le tombeau ; il avait quitté le foyer, mais il n’était pas encore déposé dans la terre ; et la même puissance qui avait ressuscité la jeune fille encore sur son lit, ressuscita ce jeune homme qu’on avait sorti du sien, sans l’avoir encore inhumé.
Une troisième chose restait à faire, c’était de ressusciter un mort dans le tombeau : Jésus fit ce miracle sur Lazare.
Venons à l’application.
Il y a des hommes qui ont le péché dans le cœur, quoiqu’il ne paraisse pas encore dans leur conduite. Ainsi quelqu’un ressent un mouvement de convoitise, et comme le Seigneur dit Lui-même : « Quiconque aura 
regardé une femme pour la convoiter, a déjà commis l’adultère dans son cœur » (Matth. V, 28) ; quoique le corps ne l’ait pas approché, dès que le cœur consent au crime, il est mort ; mais ce mort reste encore dans sa demeure, et on ne l’a point emporté. Or, il arrive quelquefois, nous le savons et plusieurs l’expérimentent chaque jour, que ce mort soit frappé en entendant la parole de Dieu, comme si le Seigneur lui disait en personne « Lève-toi ». Il condamne alors le consentement qu’il a donné au mal, et ne respire plus que salut et justice. C’est le mort qui ressuscite dans sa demeure, c’est un cœur qui recouvre la vie dans le sanctuaire de sa conscience, et cette résurrection de l’âme qui s’opère en secret, se produit en quelque sorte au foyer domestique.
Il en est d’autres qui après avoir consenti au mal l’accomplissent. Ne dirait-on pas qu’ils emportent un mort, et qu’ils montrent en public ce qui était dans le secret ? Faut-il, toutefois, désespérer d’eux ? Mais ce jeune homme n’a-t-il pas aussi entendu cette parole : « Lève-toi, je te le commande » ? N’a-t-il pas, lui aussi, été rendu à sa mère ? C’est ainsi que même après avoir commis le crime, on ressuscite à la voix du Christ, on revient à la vie, lorsqu’on se laisse toucher et ébranler par la parole de vérité. On a pu faire un pas de plus vers l’abîme, mais on ne saurait périr éternellement.
Il en est enfin qui, en taisant le mal, s’enchaînent dans des habitudes perverses ; ces habitudes ne leur laissent déjà plus voir la malice de leurs actes ; ils justifient le mal qu’ils font, et s’irritent quand on les reprend, comme ces Sodomites qui répondaient au juste censeur de leurs dispositions trop perverses : « Tu es venu chercher ici un asile, et non pas nous donner des lois » (Gen. XIX, 9). Tel était donc le honteux empire de la coutume, que la débauche leur paraissait vertu et qu’en la leur interdisant on était plutôt blâmé qu’en s’y abandonnant. Ceux qui sont ainsi accablés sous le poids de la coutume, sont déjà comme inhumés ; il y a plus, mes frères, on peut même dire d’eux, comme de Lazare, que déjà ils sentent mauvais. La pierre qui pèse sur le sépulcre est comme la tyrannie, de l’habitude qui pèse sur l’âme, sans lui permettre, ni de se relever, ni de respirer.

   §6. Il est dit de Lazare : « C’est un mort de quatre jours ». C’est que réellement il y a comme quatre degrés qui conduisent l’âme à cette affreuse habitude dont je vous entretiens.
Le premier est comme un sentiment de plaisir qu’éprouve le cœur ; le second est le consentement ; l’action, le troisième ; et l’habitude enfin, 
le quatrième. De fait, il est des hommes qui rejettent si vigoureusement les pensées mauvaises qui se présentent à leur esprit, qu’ils n’y sentent aucune délectation. Il en est qui y goûtent du plaisir, mais sans consentement : ce n’est pas encore la mort, c’en est toutefois comme le commencement. Mais si au plaisir vient se joindre le consentement, on est coupable. Après avoir consenti au mal, on le commet ; puis le péché devient habitude ; on est alors comme dans un état désespéré, on est « un mort de quatre jours, sentant déjà mauvais ». C’est alors que vient le Seigneur. Tout Lui est facile, mais Il veut te faire sentir combien pour toi la résurrection est difficile. Il frémit en Lui-même, Il montre combien il faut de cris et de reproches pour ébranler une habitude invétérée. A Sa voix, néanmoins, se rompent les chaînes de la tyrannie, les puissances de l’enfer tremblent, Lazare revient à la vie. Le Seigneur, en effet, délivre de l’habitude perverse les morts même de quatre jours. Quand le Christ voulait le ressusciter, Lazare après ses quatre jours était-il pour Lui autre chose qu’un homme endormi ?
Mais que dit-Il ? Considérez les circonstances de cette résurrection.
Lazare sortit vivant du tombeau, mais sans pouvoir marcher. « Défiez-le, dit alors le Seigneur à Ses disciples, et laissez-le aller ». Ainsi le Sauveur ressuscita ce mort, et les disciples rompirent ses liens. Reconnaissez donc que la Majesté divine se réserve quelque chose dans cette résurrection. On est plongé dans une mauvaise habitude et la parole de vérité adresse de sévères reproches. Mais combien ne les entendent pas ! Qui donc agit intérieurement dans ceux qui les entendent ? Qui leur souffle la vie dans l’âme ? Qui les délivre de cette mort secrète et leur donne cette secrète vie ? N’est-il par vrai qu’après les reproches et les réprimandes le pécheur est livré à ses pensées et qu’il commence à se dire combien est malheureuse la vie qu’il mène, combien est déplorable l’habitude perverse qui le tyrannise ? C’est alors que honteux de lui-même il entreprend de changer de conduite. N’est-il pas alors ressuscité ? Il a recouvré la vie, puisque ses désordres lui déplaisent. Mais avec ce commencement de vie nouvelle, il ne saurait marcher ; il est retenu par les liens de ses fautes et il a besoin qu’on le délie et qu’on le laisse aller. C’est la fonction dont le Sauveur a chargé Ses disciples en leur disant : « Ce que vous délierez sur la terre, sera aussi délié dans le ciel » (Matth. XVIII, 18).

   §7. Ces réflexions, mes bien-aimés, doivent porter ceux qui ont la vie à l’entretenir en eux, et ceux qui ne l’ont pas à la recouvrer.
Le péché n’est-il que conçu dans le coeur sans s’être encore révélé par aucun acte ? Qu’on se repente, qu’on redresse ses idées. O mort, lève-toi dans le sanctuaire de la conscience.
A-t-on accompli déjà un dessein mauvais ? On ne doit pas désespérer non plus. Si le mort n’est pas ressuscité dans sa demeure, qu’il ressuscite quand il est sorti. Qu’il se repente de ses actes et recouvre au plus tôt la vie. O mort, ne descends pas dans les profondeurs du tombeau, ne te laisse pas recouvrir par la 
pierre sépulcrale de l’habitude.
Mais n’ai-je pas devant moi un malheureux déjà chargé de la froide et dure pierre, déjà accablé sous le poids de l’accoutumance, mort de quatre jours qui exhale l’infection ? Que lui non plus ne désespère pas. O mort, tu es enseveli bien bas, mais le Christ est grand. Il sait de Sa voix puissante entrouvrir les pierres tumulaires, rendre par Lui-même la vie intérieure aux morts et les faire délier par Ses disciples. O morts, faites donc pénitence, car en ressuscitant après quatre jours, Lazare ne conserva plus rien de l’infection première.
Ainsi donc, vivez, vous qui vivez, et vous qui êtes morts, quelle que soit celle de ces trois classes de morts où vous vous reconnaissiez, empressez-vous de ressusciter au plus tôt !

Jean Jouvenet - résurrection de Lazare (1706) - musée du Louvre

Jean Jouvenet : la résurrection de Lazare (1706)
[musée du Louvre]

2022-94. « Les catholiques vous regardent comme le réparateur de la foi ancienne, et tous les hérétiques vous détestent. »

4 septembre,
L’octave de notre Bienheureux Père Saint Augustin (double majeur) ;
Mémoire de Sainte Rosalie la Palermitaine, vierge, née du sang de France ;
Anniversaire du rappel à Dieu de la Vénérable Anne-Marie de Jésus Crucifié (cf. > ici).

   Au jour octave de Saint Augustin, nous vous proposons un texte court mais d’une grande densité qui constitue l’un des plus beaux parmi les éloges de notre Bienheureux Père, puisqu’il est de la plume de Saint Jérôme lui-même : ce grand défenseur de la vérité que fut le moine pugnace de Bethléem, rendant hommage à cet autre indéfectible défenseur de la vérité que fut le Docteur d’Hippone, pouvions-nous rêver mieux ?

Statue de Saint Augustin - oratoire du Mesnil-Marie

Statue de Saint Augustin dans l’oratoire du Mesnil-Marie

frise

Lettre de Saint Jérôme de Stridon, prêtre,
à
notre Bienheureux Père Saint Augustin
(en l’an 418)

   « J’ai toujours eu pour votre béatitude le respect qui lui est dû, me faisant un plaisir et un devoir d’aimer et de respecter une personne dont le cœur est la demeure de Jésus-Christ.
Mais aujourd’hui ces sentiments d’estime et de vénération que j’ai pour vous sont devenus encore plus vifs qu’ils n’étaient (si néanmoins cela est possible), de telle sorte que je ne puis être un moment sans parler de vous, et sans faire l’éloge de votre zèle et de la fermeté avec laquelle vous vous êtes opposé aux pernicieux desseins des ennemis de l’Eglise. Vous avez mieux aimé, autant qu’il a été en votre pouvoir, vous sauver seul du milieu de Sodome que de demeurer avec ceux qui périssaient, et de vous voir enveloppé dans leur ruine.
Fasse le ciel que ce beau zèle que vous avez pour les intérêts de Jésus-Christ, ne se refroidisse jamais !
Tout Rome vous applaudit. Les catholiques vous regardent comme le réparateur de la foi ancienne, et ce qui relève encore davantage votre gloire, tous les hérétiques vous détestent.
Ils ne me haïssent pas moins, et s’ils n’ont pas le pouvoir de nous tuer l’un et l’autre, ils en ont du moins la volonté.
Je prie Notre-Seigneur Jésus-Christ qu’il vous conserve, et je conjure votre béatitude de ne me point oublier ».

frise

Saint Augustin - canivet XIXe siècle

2022-93. Méditation sur l’Evangile de la guérison des dix lépreux (treizième dimanche après la Pentecôte).

13ème dimanche après la Pentecôte.

Méditation sur l’Evangile de la guérison des dix lépreux

(Luc. XVII, 11-19)

Guérison des dix lépreux - détail la supplication

   Présence de Dieu :
« O Jésus Sauveur, j’ai besoin de Vous ! Guérissez-moi ! Ayez pitié de moi ! »

   Méditation :

1 – Dans le cycle des dimanches qui suivent la Pentecôte, l’Eglise continue à nous montrer, tantôt sous un aspect, tantôt sous un autre, l’œuvre miséricordieuse de Jésus envers nos âmes.
Il y a quinze jours, elle nous la montrait esquissée dans la guérison du sourd-muet ; dimanche dernier, dans l’acte miséricordieux du bon Samaritain, et aujourd’hui, dans la scène émouvante des dix lépreux guéris par le Seigneur.
De cette manière, l’Eglise veut nous empêcher de nous endormir, de perdre la conscience de notre misère et du besoin immense que nous avons continuellement de l’œuvre rédemptrice de Jésus. En même temps, elle veut nous faire sentir que cette œuvre est toujours en acte, que nous vivons sous son influence chaque jour et à chaque moment.
Le passage évangélique choisi pour la Messe de ce jour, a une efficacité toute particulière pour mettre en évidence l’aspect central de la Rédemption : la guérison de nos âmes de la lèpre du péché.
Dès l’antiquité, la lèpre a été considérée comme la figure la plus propre à nous donner une idée de la laideur du péché. Il serait difficile, en effet, d’imaginer quelque chose de plus horrible, de plus rebutant. Et cependant, alors que la lèpre du corps est réellement redoutée, quelle indifférence, quelle désinvolture, même parmi les chrétiens, envers la lèpre de l’âme. Comme nous sommes éloignés de ce sentiment profond et réaliste qui animait les saints à l’égard de l’offense de Dieu.
« Oh ! s’exclame Sainte Thérèse d’Avila, comme nous comprenons mal que le péché est une guerre ouverte, une guerre de tous nos sens et de toutes les puissances de notre âme, contre Dieu ! Celui qui est le plus puissant est celui qui ourdit les plus noires trahisons contre son souverain Roi » (Exclamations XIV).
Un des fruits de l’Evangile d’aujourd’hui, est précisément celui de réveiller en nous l’horreur du péché, d’exciter dans nos âmes un repentir vif et efficace pour les fautes commises, et un sentiment d’humilité profonde dans l’aveu de notre misère.
Allons nous aussi, avec les dix lépreux, à la rencontre du Seigneur, et crions : « Jésus, Maître, ayez pitié de nous ! »

Guérison des dix lépreux

2 – Dans l’Evangile, nous trouvons aussi les remèdes au péché.
Avant tout, une humilité sincère qui reconnaît sa misère personnelle ; mais l’humilité ne suffit pas, il faut qu’elle soit accompagnée d’un recours confiant à Dieu.
Conscients de leur état pitoyable, les pauvres lépreux ont mis leur confiance en Jésus en Lui adressant leur invocation pleine de foi : ce fut le premier pas vers la guérison. Certaines âmes pleurent leurs misères, s’en affligent, mais n’en guérissent pas, parce qu’elles ne savent pas recourir en toute confiance à Jésus, l’unique Médecin capable de les guérir. Les péchés commis les retiennent, elles n’osent presque pas approcher de Lui, ni se confier en Sa miséricorde. Ces âmes n’ont pas encore compris que c’est précisément parce que nous sommes pécheurs que nous devons aller à Jésus et que « ce ne sont pas les bien portants qui ont besoin du médecin mais les malades » (Luc. V, 31).
Le divin Maître n’a pas guéri directement les lépreux, mais les a renvoyés aux prêtres : « Allez vous montrer aux prêtres ». Ils ont obéi sans discuter, sans douter et, « comme ils y allaient, les voilà guéris ». Jésus agit de même à notre égard : c’est toujours Lui qui guérit, mais ordinairement, Il veut le faire par l’intermédiaire de Ses ministres.
Certaines âmes n’ont pas suffisamment foi dans la parole et l’œuvre du ministre de Dieu, elles ne croient pas assez à l’efficacité des sacrements, de l’absolution sacramentelle et vivent, dès lors, dans de continuelles angoisses.
Lorsqu’une âme a exposé avec sincérité l’état de sa conscience, c’est-à-dire qu’elle n’a eu aucune intention de tromper, elle doit demeurer en paix et s’en remettre pleinement au jugement du prêtre. En ce cas, douter de la parole du ministre de Dieu, de l’absolution reçue, c’est douter de Jésus Lui-même, car c’est Lui qui a décidé d’agir en nous moyennant Son représentant.
Des dix lépreux guéris, un seul a senti le devoir de revenir pour exprimer sa reconnaissance au Seigneur. « Heureuse l’âme, commente Saint Bernard, qui se tourne vers Dieu à chaque don de Sa grâce, vers Celui qui répond à notre gratitude pour les bienfaits reçus, par de nouveaux bienfaits. Ce qui nous empêche d’avancer dans la vie chrétienne, c’est l’ingratitude, car Dieu estime comme perdu ce que nous recevons sans reconnaissance, et Il S’abstient de nous accorder de nouvelles grâces ».

Guérison des dix lépreux - détail la reconnaissance

   Colloque :

« O Seigneur, Médecin des âmes, guérissez-moi, afin que je reconnaisse Vos dons, ô Santé de mon âme, et Vous remercie de tout mon cœur, des bienfaits dont Vous m’avez nourri dès ma jeunesse et continuerez à me nourrir jusque dans un âge avancé. Dans Votre bonté, ne m’abandonnez pas, je Vous prie. Vous m’avez créé lorsque je n’existais pas ; Vous avez voulu me racheter lorsque je périssais et étais mort ; Vous êtes descendu jusqu’à la mort et avez assumé la mortalité ; Roi, Vous êtes venu au serviteur pour le racheter et Vous Vous êtes donné Vous-même, afin que je vive ; Vous avez subi et vaincu la mort, et en Vous humiliant, Vous m’avez rétabli.
Je périssais, j’étais éloigné, plongé dans le péché ; Vous êtes venu à moi pour me racheter. Vous m’avez tant aimé que Vous avez donné Votre Sang pour moi. Vous m’avez aimé, Seigneur, plus que Vous-même, puisque Vous avez voulu mourir pour moi. A un prix si élevé Vous m’avez ramené de l’exil, délivré de la servitude, retiré du supplice, appelé de Votre Nom, marqué de Votre Sang, afin que Votre souvenir fût toujours auprès de moi et qu’Il ne Se retirât jamais de mon cœur Celui qui pour mon amour ne S’est pas retiré de la croix. Vous m’avez oint de cette huile avec laquelle Vous avez été oint, afin que par Vous, ô Christ, je sois appelé chrétien. Votre grâce et Votre miséricorde m’ont ainsi toujours devancé. Souvent, Vous m’avez délivré de dangers graves et nombreux, ô mon Libérateur ; lorsque j’errais, Vous m’avez reconduit sur la voie droite ; quand je gisais dans l’ignorance, Vous m’avez enseigné ; corrigé, quand je péchais ; consolé quand j’étais triste ; réconforté quand je désespérais ; relevé quand je tombais ; soutenu lorsque j’étais sur pied ; guidé lorsque je cheminais ; reçu quand je suis venu ; gardé quand je dormais ; exaucé quand je Vous invoquais » (Saint Augustin). 

Guérison des dix lépreux - détail le Christ médecin des âmes et des corps

Voir aussi :
- La lèpre est la figure des fausses doctrines > ici

2022-92. Soyons des Mousquetaires spirituels !

Mercredi 24 août 2022,
139ème anniversaire de la sainte mort de Henri V, « Comte de Chambord ».

Domine salvum fac Regem - fresque au dessus de l'orgue de la chapelle royale à Versailles

« Domine, salvum fac Regem ! »
au-dessus de l’orgue à la voûte de l’abside de la Chapelle Royale de Versailles

Blason de la Confrérie Royale

2015 – 25 août – 2022

septième anniversaire de la fondation
de la
Confrérie Royale

Bien chers membres et amis de la Confrérie Royale,

   Ce 25 août 2022 marque donc le septième anniversaire de la fondation de notre si chère Confrérie Royale : l’usage associe au septième anniversaire des personnes l’expression d’ « âge de raison », et j’espère qu’il en est bien ainsi pour cette Confrérie dont les membres s’engagent solennellement, et certains par un vœu – ce qui est loin d’être anodin – à prier quotidiennement, et plusieurs fois par jour, pour notre Roi légitime, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX.

   Qu’il me soit permis, en ma qualité de cofondateur de la Confrérie (mais ce titre de « cofondateur » n’est pas un motif d’orgueil, car nous avons bien conscience que nous avons été mus et poussés par une inspiration et une détermination qui ne sont pas de notre fait, mais nous poussent à n’être toujours davantage que d’humbles et dociles instruments entre les mains de la divine Providence), de vous renvoyer à l’annonce que j’en avais faite dans le modeste « Blogue du Mesnil-Marie » le 25 août 2015, et de vous inviter avec une certaine insistance à relire la présentation de Monsieur l’Abbé Louis de Saint-Taurin qui y était publiée et qui a marqué le commencement de cette aventure (voir > ici).
   Il est important que nous revenions souvent aux fondamentaux de ce qui nous anime et que nous en ravivions la ferveur et l’enthousiasme des débuts !
   Il est important que nous nous efforcions de lutter, de toutes les manières possibles, contre les habitudes qui ont tendance à se transformer en ronronnements affadis et en routines mortifères !
   Il ne serait pas superflu qu’à l’occasion de ce septième anniversaire de notre fondation, chacun des membres de la Confrérie, dans son cœur, en présence de Dieu Trois Fois Saint, en présence de notre très douce Mère et Reine – Notre-Dame de l’Assomption -, et en présence des Saints protecteurs de la France, renouvelle son engagement, et prie pour qu’en lui le sel ne s’affadisse pas, afin de ne pas mériter d’être jeté dehors et foulé aux pieds par les passants (cf. Matth. V, 13).

   Je reviens maintenant sur le mot principal qui se trouve dans l’expressions « âge de raison » : notre attachement à la Monarchie capétienne traditionnelle de droit divin, et à Celui qui aujourd’hui en incarne les Principes, c’est-à-dire l’Aîné des Capétiens, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, n’est pas un attachement de sensiblerie ni de sentiment ; il est fondé dans des faits solides, attestés par l’histoire la plus certaine, et dans une logique rationnelle imparable qui découle de ces événements, qui ne sont pas de fumeuses légendes.

   Quels sont ces événements ?
-         C’est la fondation de la Royauté franque indissociablement unie à la foi catholique romaine, en la personne de Clovis, entouré de saints et de circonstances où il est impossible de ne pas voir le doigt de Dieu : Sainte Geneviève et Sainte Clotilde, Saint Remi et Saint Vaast, la miraculeuse victoire de Tolbiac et le don surnaturel du Chrême céleste apporté par une colombe qui n’était pas de la terre, pour ne citer que les principaux.
-         C’est la manière dont Dieu a suscité tout au long de l’histoire des deux premières races de nos Rois, des nuées de saints, dont la prière et les sacrifices ont, malgré les infidélités et les péchés malheureusement liés à nos vies humaines grevées par l’héritage d’Adam, enraciné en profondeur la foi chrétienne et sa pratique assidue dans ce Royaume des Lys.
-         C’est enfin l’aboutissement et la plénitude apportées par les Capétiens qui ont fait de la Royauté franque la plus achevée, la plus équilibrée, la plus sage et la plus rayonnante de toutes les monarchies, montrée en exemple et soutenue par les exhortations des plus grands hommes de Dieu.
-         C’est la geste johannique qui vint, en un temps de crise et de désarroi profond, faire briller au sommet du firmament les principes de la Légitimité, leur conférant un éclat incomparable pour la suite des siècles !
-         C’est aussi, a contrario, l’acharnement de tout ce qu’il y a d’impie et de révolté contre l’ordre divin pour détruire cette Monarchie capétienne de droit divin dont la fondation n’appartient pas aux hommes mais à Dieu : la révolution, par ses principes, par ses hommes, par ses actes, et par ce qu’elle a mis en œuvre depuis la fin du XVIIIème siècle et jusqu’à ces jours que nous vivons, prouve de manière évidente combien cette Royauté qu’elle abhorre est de Dieu ! Car ce que la révolution a combattu, en 1789 et en 1830, et depuis à travers toutes les institutions républicaines, ce ne sont pas les imperfections inhérentes à toute société terrestre, mais bien ce que la Monarchie traditionnelle de droit divin avait de plus pur et de plus saint, pour y substituer les faux principes de l’ange révolté et de ses suppôts !

   Les légitimistes d’aujourd’hui ne sont pas des irréalistes perdus dans d’évanescentes rêveries, ne sont pas d’inconsistants nostalgiques des perruques poudrées et des chaises à porteurs, ne sont pas d’inconséquents déconnectés du monde où la Providence a permis qu’ils naquissent : leurs convictions sont enracinées dans ce qu’il y a de plus raisonnable au regard de l’histoire et du plan de Dieu, leur action est ce qui est aujourd’hui de plus conforme à la raison quand on veut bien se donner la peine d’être pleinement cohérent.

   Puisse la lumière immarcescible de cette raison divine et royale non seulement habiter en nous, mais rayonner à travers nous, par notre vie de cohérence totale avec les principes de la Royauté traditionnelle auxquels nous adhérons de tout notre cœur, de toute notre âme et de tout notre esprit !

   Nous sommes indubitablement à une heure grave, très grave, pour la France, pour l’Eglise, pour l’humanité tout entière.
C’est l’heure de la puissance des ténèbres.
C’est l’heure où les forces du mal sont coalisées dans un assaut peut-être jamais vu encore dans l’histoire humaine pour achever le triomphe de la révolution.
C’est l’heure où ceux qui veulent être du côté de Dieu et de Sa loi, du côté de Ses desseins de salut, du côté de Ses projets miséricordieusement grandioses sur la France à travers l’institution et la conservation de sa Royauté sacrée, ne doivent pas s’assoupir, mais redoubler de générosité et de zèle, redoubler de ferveur et de don d’eux-mêmes, redoubler de vigilance et d’ardeur au combat !

   Il se trouve que cette année 2022 est aussi celle du quatrième centenaire de la création, par SM le Roi Louis XIII, de la Compagnie des Mousquetaires du Roi.
Je ne vais pas entreprendre ici une histoire, même résumée, de ce que fut ce corps d’élite. Nous essaierons toutefois de nous extraire des fantaisies romanesques par lesquelles le génial Alexandre Dumas a conféré une aura légendaire à ces soldats, en prenant malheureusement des libertés coupables avec l’histoire, pour nous attacher à la réalité :

-         Les Mousquetaires étaient un corps d’élite : nous devons aspirer à l’être nous aussi !
-         Les Mousquetaires étaient prioritairement au service de la Personne auguste du Souverain : nous devons l’être aussi !
-         Les Mousquetaires étaient réputés pour leur intrépidité, leur vaillance, leur courage : nous devons l’être aussi !
-         Les Mousquetaires ne se ménageaient pas : nous ne le devons pas non plus !
-         Les Mousquetaires se sont distingués en de nombreuses batailles : distinguons-nous aujourd’hui dans les batailles qu’il faut soutenir pour Dieu et pour le Roi !
-         Les Mousquetaires étaient des hommes au mérite reconnu : que nos exemples de fidélité et d’exactitude dans l’accomplissement de nos devoirs de bons et authentiques catholiques, et de loyaux sujets de Sa Majesté soient notre meilleure recommandation !

   Oui, chers membres de la Confrérie Royale, soyons aujourd’hui, et chaque jour, ces Mousquetaires spirituels qui luttent par la prière, la pratique fervente des sacrements et l’usage assidu des sacramentaux que la Sainte Eglise met à notre disposition, et qui tiennent à distance de la Personne aimée de notre Souverain légitime, tout ce qui cherche à Lui nuire et à entraver Son action.

Domine, salvum fac Regem nostrum Ludovicum !
Domine, salvum fac Regem,
et exaudi nos in die qua invocaverimus Te !

   Je vous souhaite à tous un joyeux et saint anniversaire, puisque nous sommes les membres du corps spirituel de la Confrérie Royale,

Vôtre, in Corde Iesu & Mariae.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Mousquetaires du Roi

Citations et prières de Sainte Jeanne-Françoise de Chantal :

21 août,
Fête de Sainte Jeanne-Françoise Frémyot de Chantal ;
Anniversaire de la naissance de Saint François de Sales (21 août 1567 – cf. > ici).

Ste Jeanne de Chantal et St François de Sales - vitrail au monastère de la Visitation de Paris

Saint François de Sales donnant à Sainte Jeanne-Françoise de Chantal le blason de la Visitation
(vitrail du monastère de la Visitation de Paris)

Citation de Sainte Jeanne de Chantal (extraite des entretiens spirituels au Filles de la Visitation) :

    »Ne pensez point à ce que vous ferez et à ce qui vous arrivera ; abandonnez toute votre âme, votre esprit, et même votre corps dans le sein de la Divine Providence ; car Notre-Seigneur en aura assez ayant plus d’amour et de soin pour nous, que la mère la plus passionnée n’a de nourrir et élever son enfant. oui, certainement, Dieu pense plus par le menu à nos nécessités pour petites et minces qu’elles soient, en a plus de soin qu’une tendre mère et nourrice ne fait de son petit qu’elle aime tendrement. »

Prière du matin extraite d’une lettre de Sainte Jeanne de Chantal à son frère Monseigneur André Frémyot :

   O très sainte Volonté de mon Dieu, qui m’avez environnée de Vos Miséricordes, je Vous en rends infinies grâces : je Vous adore du profond de mon âme ; et, de toutes mes forces et affections, j’unis dès maintenant et pour toujours ma volonté à la Vôtre, particulièrement en tout ce que je ferai, et en tout ce qu’il Vous plaira de m’envoyer cette journée, consacrant de nouveau à Votre souveraine Gloire mon âme, mon esprit, mon corps, et toutes mes actions et pensées, paroles, œuvres, et tout mon être, Vous suppliant de toute l’humilité de mon cœur d’accomplir en moi Vos éternels Desseins, sans me permettre que j’y donne aucun empêchement. Vos yeux qui pénètrent les plus intimes replis de mon cœur, voient que tout mon désir est d’accomplir cette sainte Volonté ; mais ils voient aussi ma faiblesse et mon impuissance : c’est pourquoi, prosterné aux pieds de votre infinie Miséricorde, je Vous conjure mon Sauveur, de m’octroyer la grâce de l’accomplir parfaitement, afin que, comme un feu de votre céleste Amour, je Lui sois un sacrifice agréable, qui sans fin Vous loue et bénisse avec la glorieuse Vierge et tous les saints.
Ainsi soit-il. 

Ste Jeanne de Chantal et St François de Sales - détail du vitrail

Citation (extraite des entretiens spirituels aux Filles de la Visitation) :

    »Sachez que la mesure de la Providence de Dieu sur nous, est la même que celle de la confiance que nous avons pour Lui, et que son soin est d’autant plus achevé que notre abandon entre ses Mains sacrées est plus parfait et plus entier. »

Prière d’abandon à la divine  Providence :

   O Bonté souveraine de la souveraine Providence de mon Dieu, je me délaisse pour jamais entre Vos bras ; soit que Vous me soyez douce ou rigoureuse, menez-moi désormais par où il Vous plaira. Je ne regarderai point les chemins par où Vous me ferez passer, mais Vous, ô mon Dieu, qui me conduisez ; mon cœur ne trouve point de repos hors des bras et du sein de cette céleste Providence, ma vraie mère, ma force et mon rempart ; c’est pourquoi je me résous, moyennant Votre aide divine, ô mon Sauveur, de suivre Vos désirs et ordonnances sans jamais regarder où éplucher les causes de pourquoi Vous faites ceci plutôt que cela, mais à yeux clos je Vous suivrai selon Vos volontés divines sans rechercher mon propre goût ; c’est à quoi je me détermine de laisser tout faire à Dieu, ne me mêlant que de me tenir en repos entre Ses bras, sans désirer chose quelconque, que selon qu’Il m’incitera à désirer, à vouloir et à souhaiter. Je Vous offre ce désir, ô mon Dieu, Vous suppliant de le bénir, entreprenant le tout appuyé sur Votre bonté, libéralité et miséricorde, en la totale confiance en Vous et défiance de moi et de mon infinie misère et infirmité.
Ainsi soit-il.

anges adorant le Sacré-Cœur - détail du vitrail

Vous pouvez aussi lire ou relire dans ce blogue :
- Lettre de Sainte Jeanne de Chantal après la mort de Saint François de Sales > ici
- Lettre de Sainte Jeanne de Chantal sur le support des imperfections du prochain > ici

2022-90. Ce n’est qu’après avoir nous-mêmes observé la parole de Dieu que nous avons le droit de l’annoncer à notre prochain.

Onzième dimanche après la Pentecôte ;
Evangile : Marc VII, 31-37.

   C’est dans ses homélies sur le prophète Ezéchiel que le pape Saint Grégoire le Grand a donné un commentaire de la péricope évangélique proclamée à la Sainte Messe de ce onzième dimanche après la Pentecôte dont certains extraits sont donnés à méditer au troisième nocturne des matines de ce jour. Voici, ci-dessous, le passage complet duquel sont tirées les leçons de ce troisième nocturne (cf. Saint Grégoire le Grand, Homélies sur Ezéchiel I, 10 – PL LXXVI, 893-894).

Bartholomeus Breenbergh - la guérison du sourd-muet de la Décapole 1635 - Louvre

La guérison du sourd-muet de la Décapole
(Bartholomeus Breenbergh – 1635 – Musée du Louvre)

frise

Ce n’est qu’après avoir nous-mêmes observé la parole de Dieu
que nous avons le droit de l’annoncer à notre prochain.

§ 1 – La guérison du sourd-muet :

   Il faut noter avec soin que le Seigneur ordonne au prophète [Ezéchiel] d’écouter d’abord Ses paroles et de ne parler qu’ensuite (cf. Ezech. III, 10). En effet, nous écoutons la parole de Dieu si nous l’observons. Et ce n’est qu’après l’avoir nous-mêmes premièrement observée, que nous avons le droit de l’annoncer à notre prochain. C’est ce que nous confirme l’Evangéliste Marc, lorsqu’il nous raconte ce miracle du Seigneur : « On Lui présenta un sourd-muet, en Le priant de lui imposer les mains » (Mc. VII, 32). Il nous décrit ensuite les actes successifs de cette guérison : « Le Seigneur lui mis les doigts dans les oreilles, puis avec un peu de salive, lui toucha la langue. Levant ensuite les yeux vers le ciel, Il soupira et lui dit : Ephpheta, c’est-à-dire : ouvre-toi ! Et aussitôt les oreilles de l’infirme s’ouvrirent, le lien qui retenait sa langue se dénoua et il parlait correctement » (Mc. VII, 33-35).

§ 2 – Les doigts :

   Or pourquoi Dieu, qui a créé toutes choses, a-t-Il voulu, pour guérir ce sourd-muet, lui mettre les doigts dans les oreilles, et lui toucher la langue avec un peu de salive ?
Que figurent les doigts du Rédempteur sinon les dons du Saint-Esprit ?
C’est pourquoi Il dit ailleurs, après avoir chassé un démon : « Si c’est par le doigt de Dieu que J’expulse les démons, c’est donc que le royaume de Dieu commence à se réaliser parmi vous » (cf. Lc, XI, 20). Et comme un autre Evangéliste, à propos de la même scène, Le fait S’exprimer ainsi : « Si c’est par l’Esprit de Dieu que J’expulse les démons, c’est donc que le Royaume de Dieu est déjà venu à vous » (cf. Matth. XII, 28) ; de la comparaison de ces deux passages nous pouvons conclure que l’Esprit est appelé le doigt de Dieu. 

Mettre les doigts dans l’oreille d’un sourd, c’est donc ouvrir son âme à l’obéissance par les dons de l’Esprit-Saint.

§ 3 – La salive :

   Mais que signifie toucher la langue de l’infirme avec un peu de salive ?
La salive qui sort de la bouche du rédempteur, c’est la Sagesse divine que nous recevons dans la parole de Dieu. Car la salive descend de la tête dans la bouche, et lorsque le Christ, qui est cette Sagesse, touche notre langue, Il la dispose promptement à l’office de la prédication.

§ 4 – Un soupir :

   « Et levant les yeux vers le ciel, Il soupira ». Ce n’est pas qu’Il eût besoin de soupirer, puisqu’Il donnait Lui-même ce qu’Il demandait ; mais Il nous apprenait à soupirer vers Celui qui règne dans le ciel, afin qu’Il ouvre nos oreilles par les dons de l’Esprit-Saint, et qu’Il délie notre langue pour la prédication, par la salive de Sa bouche, c’est-à-dire par la science de la parole divine.

§ 5 – « Ouvre-toi » :

    »Jésus dit ensuite : Ephpheta, c’est-à-dire : ouvre-toi ! Et à l’instant même les oreilles de l’infirme s’ouvrirent et le lien qui retenait sa langue se dénoua ».
Il faut ici remarquer que s’il est dit : « Ouvre-toi », c’est parce que ses oreilles étaient fermées. Mais une fois les oreilles de son cœur ouvertes pour obéir, sa langue devait assurément par une suite logique être aussi déliée, afin qu’il pût exhorter le prochain à le suivre dans la pratique du bien. Ainsi le texte ajoute-t-il avec raison : « Et il parlait correctement ». Car celui-là parle correctement, qui réalise d’abord dans l’obéissance, ce que par la parole il recommande d’observer.

Saint Grégoire le Grand - Matthias Stom

Matthias Stom (v. 1589 – ap. 1650) : Saint Grégoire le Grand

2022-89. Prédication de Monsieur l’Abbé Christian-Philippe Chanut à l’occasion de la fête de l’archange Saint Michel.

17 août,
Dans l’Ordre de Saint-Augustin, la fête de Sainte Claire de Montefalco, vierge ;
Mémoire de Saint Carloman, fils aîné de Charles Martel et frère de Pépin le Bref, confesseur ;
Mémoire de Saint Hyacinthe, confesseur ;
Mémoire de Sainte Jeanne de la Croix, vierge ;
Mémoire du 3ème jour dans l’octave de l’Assomption ;
Anniversaire du rappel à Dieu de Monsieur l’Abbé Christian-Philippe Chanut (+ 17 août 2013).

Abbé Chanut et Duchesse d'Anjou et de Ségovie

Madame la Duchesse d’Anjou et de Ségovie accompagnée de Monsieur l’Abbé Chanut
en 1995 à l’occasion d’une cérémonie royale commémorative

frise lys

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

   A l’occasion de l’anniversaire du rappel à Dieu de Monsieur l’Abbé Christian-Philippe Chanut, notre ami regretté (cf. > ici), Grand Aumônier de France et fondateur des Compagnons de Saint Michel archange, nous avons la joie de vous proposer l’enregistrement de l’une de ses prédications, dans laquelle il commente la péricope évangélique Jean I, 45-51.
C’est le passage où l’apôtre Philippe vient trouver Nathanaël pour lui dire « nous avons trouvé le Messie » : Monsieur l’Abbé développe donc plusieurs points de réflexion au sujet de Nathanaël, futur apôtre Saint Barthélémy, avant d’arriver à l’archange Saint Michel, puisque la conclusion de la présentation de Nathanaël à Jésus se termine sur cette sentence de Notre-Seigneur : « En vérité, en vérité, Je vous le dis : vous verrez le ciel ouvert, et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l’homme ».
En effet, ce qui nous est donné d’entendre ici avec bonheur est une homélie prononcée à l’occasion de la fête de Saint Michel archange, en 2002. 

   Il est émouvant de retrouver la voix de notre ami dans cet enregistrement, et nous sommes plein de reconnaissance envers les éditions Exaltare de l’avoir mis en ligne il y a tout juste une semaine.

(faire un clic droit sur l’image ci-dessous, puis : ouvrir dans un nouvel onglet)

Image de prévisualisation YouTube

Saint Michel gif

2022-88. Une pensée réconfortante en regard des menaces de tous ordres auxquelles notre pays semble devoir faire face…

15 août 2022,
Fête de l’Assomption de Notre-Dame,
Fête patronale du Royaume de France.

   Un peu avant le milieu de la matinée de cette fête de l’Assomption, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, a publié sur les réseaux sociaux un court message à l’adresse de ses sujets, à l’occasion de la fête patronale du Royaume.
   Encore une fois, à travers quelques phrases lourdes de sens, Sa Majesté nous livre des éléments de méditation et d’action importants, si on ne se contente pas d’une lecture superficielle.

Champaigne - Vœu de Louis XIII - musée des beaux-arts Caen

Le vœu de Louis XIII
(Philippe de Champaigne – musée des beaux-arts de Caen)

fleur de lys gif2

   En consacrant la France à la Vierge Marie, le 10 février 1638, et en formulant le vœu que cette consécration soit renouvelée, le 15 août de chaque année, mon aïeul, Louis XIII, a placé notre pays dans une situation de dévotion religieuse qui perdure au-delà des aléas de l’histoire.

   Tant que continueront à se dérouler dans notre pays, les messes, cérémonies, et processions qui marquent le 15 août, cette bienveillance divine continuera d’être manifestée à l’égard de la France, pour tous ceux qui se reconnaissent en elle.

   Cette pensée réconfortante ne doit-elle pas être présente tout particulièrement en ce moment de notre histoire, en regard des menaces de tous ordres auxquelles notre pays semble devoir faire face ?

Trois lys blancs

Litanies de Saint Jean-Marie Vianney.

9 août,
Fête de Saint Jean-Marie Vianney, prêtre et confesseur,
céleste protecteur de tous les curés de l’univers et de tout le clergé de France.

Nota bene:
Au Mesnil-Marie, nous suivons le calendrier liturgique en vigueur avant toutes les réformes intervenues dans la seconde partie du XXème siècle, et nous célébrons donc la fête de Saint Jean-Marie Vianney à la date qui lui a été assignée lors de sa béatification et de sa canonisation, c’est-à-dire le 9 août, quand bien même a-t-elle été déplacée depuis à d’autres dates…

Châsse dans laquelle est exposé le corps incorrompu de Saint Jean-Marie Vianney (basilique d'Ars)

Basilique d’Ars-sur-Formans :
châsse présentant le corps incorrompu de Saint Jean-Marie Vianney

Sainte Eucharistie

Litanies de Saint Jean-Marie Vianney

Seigneur, ayez pitié de nous.
Jésus-Christ, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus, écoutez-nous.
Jésus, exaucez-nous.

Père céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Esprit-Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Trinité Sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Marie, priez pour nous.

Saint Jean-Marie Vianney, prévenue de la grâce dès votre enfance, priez pour nous.
Saint Jean-Marie Vianney, modèle de piété filiale, priez pour nous.
Saint Jean-Marie Vianney, dévot serviteur du Coeur Immaculé de Marie, priez pour nous.
Saint Jean-Marie Vianney, lis de pureté, priez pour nous.
Saint Jean-Marie Vianney, vaillant imitateur des souffrances du Christ, priez pour nous.
Saint Jean-Marie Vianney, abîme d’humilité, priez pour nous.
Saint Jean-Marie Vianney, séraphin dans la prière, priez pour nous.
Saint Jean-Marie Vianney, fidèle adorateur du Très Saint Sacrement, priez pour nous.
Saint Jean-Marie Vianney, amant de la sainte pauvreté, priez pour nous.
Saint Jean-Marie Vianney, tendre ami des pauvres, priez pour nous.
Saint Jean-Marie Vianney, pénétré de la crainte des Jugements de Dieu, priez pour nous.
Saint Jean-Marie Vianney, fortifié par les missions divines, priez pour nous.
Saint Jean-Marie Vianney, tourmenté par l’enfer, priez pour nous.
Saint Jean-Marie Vianney, modèle des vertus sacerdotales, priez pour nous.
Saint Jean-Marie Vianney, pasteur ferme et prudent, priez pour nous.
Saint Jean-Marie Vianney, dévoré de zèle, priez pour nous.
Saint Jean-Marie Vianney, assidu au chevet des malades, priez pour nous.
Saint Jean-Marie Vianney, catéchiste infatigable, priez pour nous.
Saint Jean-Marie Vianney, prédicateur aux paroles de flamme, priez pour nous.
Saint Jean-Marie Vianney, sage directeur des âmes, priez pour nous.
Saint Jean-Marie Vianney, doué de l’esprit de conseil, priez pour nous.
Saint Jean-Marie Vianney, éclairé de célestes lumières, priez pour nous.
Saint Jean-Marie Vianney, redouté du démon, priez pour nous.
Saint Jean-Marie Vianney, compatissant à toutes les misères, priez pour nous.
Saint Jean-Marie Vianney, providence des orphelins, priez pour nous.
Saint Jean-Marie Vianney, favorisé du don des miracles, priez pour nous.
Saint Jean-Marie Vianney, qui avez réconcilié tant de pécheurs avec Dieu, priez pour nous.
Saint Jean-Marie Vianney, qui avez affermi tant de justes dans le bien, priez pour nous.
Saint Jean-Marie Vianney, qui avez goûté les délices de la mort, priez pour nous.
Saint Jean-Marie Vianney, qui jouissez de la gloire du Ciel, priez pour nous.
Saint Jean-Marie Vianney, secourable à tous ceux qui vous invoquent, priez pour nous.
Saint Jean-Marie Vianney, patron du clergé de France et de tous les curés de l’univers, priez pour nous.
Saint Jean-Marie Vianney, protecteur de nos soldats, priez pour nous.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur,
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous, Seigneur.

Jésus-Christ, écoutez-nous.
Jésus-Christ, exaucez-nous.

V./ : Priez pour nous, saint Jean-Baptiste-Marie Vianney.
R./ : Afin que nos soyons rendus dignes des promesses de Jésus-Christ.

Prions :
Dieu tout-puissant et miséricordieux, qui avez rendu Saint Jean-Baptiste-Marie Vianney admirable par son zèle pastoral et par son constant amour de la prière et de la pénitence, faites-nous la grâce, nous vous en supplions, de gagner au Christ, à son exemple et par son intercession, les âmes de nos frères et de parvenir avec eux à la gloire éternelle. Par Jésus-Christ Notre-Seigneur.
Ainsi soit-il.

Sainte Eucharistie

Autres publications de ce blogue relatives à Saint Jean-Marie Vianney :
– Un très important discours de Sa Sainteté le Pape Benoît XVI > ici
– « Il est là dans le Sacrement de Son Amour » (enseignement du Saint Curé d’Ars) > ici
– Attitudes du fidèle à l’église (sermon du Saint Curé d’Ars) > ici

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