Archive pour la catégorie 'Textes spirituels'

2020-97. Charité et humilité.

Méditation sur les textes de la Sainte Ecriture
lus à la Sainte Messe
du
10ème dimanche après la Pentecôte

Simon Vouet la Charité (vers 1640 - Louvre)

Simon Vouet : la Charité (vers 1640)

« 1 – La liturgie nous présente aujourd’hui, comme dans un tableau d’ensemble, à travers les textes de la Messe, les traits fondamentaux de l’âme chrétienne. Avant tout, elle nous montre cette âme vivifiée par l’Esprit-Saint qui répand en elle Ses dons (cf. Saint Paul dans l’épître de ce jour – 1 Cor. XII 2-11).
L’Apôtre nous parle des « charismes », c’est-à-dire de ces grâces spéciales, telles que le don des langues, de la science, des miracles, …etc. accordées par l’Esprit-Saint avec une particulière abondance à l’Eglise primitive. Bien qu’étant très précieux, ces dons sont cependant inférieurs à la grâce et à la charité, car celles-ci peuvent conférer à l’âme la vie surnaturelle, alors que les charismes peuvent être donnés ou non par surcroît, sans en augmenter ni diminuer pour autant l’intensité.
Saint Thomas fait observer que, tandis que la grâce et la charité sanctifient l’âme et l’unissent à Dieu, les charismes, par contre, sont ordonnés à l’utilité du prochain et peuvent subsister même en celui qui ne possède pas la grâce.
Du reste, Saint Paul aussi – et précisément dans la même épître dont nous lisons aujourd’hui un passage à la Messe – après avoir énuméré tous ces dons extraordinaires, conclut par la fameuse affirmation : tout cela n’est rien sans la charité. Celle-ci est toujours la vertu « centrale », la caractéristique fondamentale de l’âme chrétienne, et aussi le plus grand don que l’Esprit-Saint puisse répandre en nous.
Si le divin Paraclet ne vivifiait nos âmes par la charité et la grâce, qui lui est inséparablement unie, personne ne pourrait accomplir le moindre acte ayant valeur surnaturelle, même pas l’homme le plus vertueux : « Personne ne peut dire « Jésus est Seigneur », si ce n’est sous l’action de l’Esprit-Saint » affirme l’Apôtre.
De même que l’arbre privé de sève vitale ne peut donner des fruits, ainsi l’âme non vivifiée par l’Esprit-Saint ne peut poser des actions de valeur surnaturelle. Voilà, encore une fois, le grand prix de la grâce et de la charité, dont le moindre degré vaut plus que tous les dons extraordinaires qui, s’ils peuvent disposer les âmes au bien, n’ont cependant le pouvoir ni d’engendrer, ni d’augmenter en nous la vie divine ».

le pharisien et le publicain - fresque de l'abbaye d'Ottobeuren

Le pharisien et le publicain : fresque de l’abbaye d’Ottobeuren (Bavière)

« 2 – L’Evangile (Luc XVIII, 9-14) nous montre une autre caractéristique fondamentale de l’âme chrétienne : l’humilité. La charité, il est vrai, lui, est supérieure, parce qu’elle nous communique la vie divine ; toutefois, l’humilité a une très grande importance parce qu’elle débarrasse le terrain pour faire place à la grâce et à la charité. C’est l’enseignement que nous donne aujourd’hui Jésus, sous une forme très vive et concrète, dans la parabole du pharisien et du publicain. L’Evangile nous dit expressément que Jésus parlait en vue de quelques gens « persuadés de leur propre justice et pleins de mépris pour les autres » ; le pharisien en est le prototype et les représente à merveille. Le voici, assuré d’être juste et gonflé de ses mérites : je ne suis ni voleur, ni adultère, je jeûne et paie la dîme. Que peut-on prétendre de plus ? Mais cet homme superbe ne voit pas qu’il lui manque ce qu’il y a de meilleur : la charité, puisqu’il se déchaîne contre les autres, les accuse, les condamne : « je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont voleurs, injustes, adultères, ni non plus comme ce publicain ».
N’ayant pas de charité envers le prochain, il ne peut en avoir envers Dieu.
De fait, entré dans le temple pour prier, il a été incapable de formuler le moindre acte d’amour, d’adoration et, au lieu de louer Dieu pour Ses bienfaits, il n’a fait que se louer lui-même.
En réalité cet homme est incapable de prier parce qu’il n’a pas la charité, et il ne peut la posséder, parce qu’il est plein d’orgueil : « Dieu résiste aux superbes, et Il donne Sa grâce aux humbles » (Jac. IV, 6), c’est pourquoi le pharisien retourne chez lui condamné, moins par le Seigneur qui aime toujours user de miséricorde, que par son orgueil, qui empêche en lui l’œuvre de la miséricorde.
Tout autre est l’attitude du publicain : c’est un pauvre homme, il sait qu’il a péché, il est conscient de sa misère morale ; lui non plus ne possède pas la charité, parce que le péché suscite en lui un obstacle ; cependant, il est humble, très humble, et se confie dans la miséricorde de Dieu : « O Dieu, ayez pitié de moi qui suis un pécheur ! » Et Dieu qui aime Se pencher sur les humbles, le justifie à l’instant même : son humilité a attiré sur lui la grâce du Très-Haut.
Saint Augustin n’a-t-il pas dit que « Dieu aime mieux l’humilité dans les choses mal faites, que l’orgueil dans celles qui sont bien faites ! »
Ce ne sont pas nos vertus, nos bonnes actions, qui nous justifieront, mais la grâce et la charité que l’Esprit-Saint répand dans nos cœurs « comme Il veut », oui, mais toujours en proportion de notre humilité ». 

Rd. Père Gabriel de Sainte-Marie-Madeleine,
in « Intimité divine », vol. 2 pp.242-245

frise

2020-96. Où le Maître-Chat Lully revient pour rappeler quelques salutaires leçons sur les dangers du relâchement de ceux dont on devrait au contraire attendre davantage d’édification.

Lettre d’outre-tombe
adressée par

Monseigneur le Maître-Chat Lully
à
celui qui fut ici-bas son humain de compagnie

Lully au crayon

Mon cher Papa-moine,

Ce sera demain le dixième dimanche après la Pentecôte et, avec tous les fidèles de la Sainte Eglise qui pratiquent le rite latin traditionnel, tu entendras le chant de la péricope évangélique dite « parabole du pharisien et du publicain » (Luc XVIII, 9-14).
Depuis le paradis des chats, où je suis établi en un poste d’observation privilégié qui me permet de pénétrer avec plus d’acuité encore que je n’en avais sur terre dans les replis – pas toujours édifiants – de la psychologie des hommes, il m’est permis de t’adresser, de temps en temps, quelques lignes, à fin, du moins l’espèré-je de tout cœur, de t’apporter consolation et force, et pour te stimuler dans tes bonnes dispositions.

Je te l’ai toujours dit, dans le temps où j’étais auprès de toi, et tu en avais de toute façon une compréhension plus aiguë qu’un très grand nombre de tes congénères, il faut craindre bien plus que la peste – et infiniment plus que ce coronavirus qui alimente aujourd’hui les peurs de tes contemporains et, surtout, les peu glorieuses manigances des hommes de l’ombre -, la mentalité pervertie d’un très grand nombre de fidèles et de clercs de la Sainte Eglise catholique, notre mère.
Nous savons bien que ce n’est ni la religion en sa réalité intrinsèque, ni la Foi révélée par le Christ, ni la Sainte Eglise par elle-même, qui sont les causes de ce que nous déplorons en ces fidèles et en ces clercs : cela tombe sous le sens pour tout homme intelligent, mais en ces temps de virulence accrue de l’antichristianisme il est toutefois bon de le redire.
C’est ici que se vérifie – une fois de plus, hélas ! – la vérité de l’antique adage latin attribué à Saint Grégoire le Grand : Corruptio optimi pessima - La corruption de ce qu’il y a de meilleur est la pire des choses.
Nous savons bien, nous ne savons que trop, que ce qui est ici en cause ce sont les tendances viciées de l’homme blessé par le péché originel.
Le drame survient lorsque des fidèles ou des clercs, qui devraient trouver dans la vertu de religion, dans la Foi divine reçue de Notre-Seigneur Jésus-Christ, dans tous les trésors de grâce, de purification et de sanctification offerts par la Sainte Eglise, les remèdes à leurs blessures et les forces pour vaincre les tentations, cessent d’avoir une conscience suraiguë de leur fragilité, se relâchent dans le combat spirituel, pactisent avec les subtiles et quasi insensibles séductions de l’esprit du monde, et s’imaginent plus ou moins consciemment qu’à partir du simple moment où ils sont catholiques pratiquants, religieux ou ministres ordonnés, ils se trouveraient établis de manière stable et définitive dans un état d’impeccabilité qui les exempterait de vigilance, d’effort et de lutte, alors qu’il est en tout autrement.
C’est bien parce qu’ils sont catholiques pratiquants, religieux ou clercs, que Dieu leur fait un devoir plus strict et une obligation très grave d’être encore davantage exigeants avec eux-mêmes !

C’est un sujet sur lequel il y aurait beaucoup à dire, beaucoup à écrire.
Et d’ailleurs, durant les quelque vingt siècles de la vie de l’Eglise, les prédicateurs, les moralistes, les saints et les docteurs ont insisté encore et encore sur les mille et un aspects de cette redoutable responsabilité qui est faite à tous les baptisés en général, mais d’une manière plus particulière encore aux consacrés, de ne jamais baisser la garde, et de se montrer toujours plus exigeants avec eux-mêmes et plus inexorablement méticuleux dans leur tendance à la perfection et leur recherche de la sainteté, se souvenant des graves avertissements de Notre-Seigneur Jésus-Christ : « Car à celui à qui on a donné beaucoup, on demandera beaucoup ; et de celui à qui on a confié beaucoup, on exigera davantage » (Luc XII, 48) ; et encore : « Vous êtes le sel de la terre. Que si le sel perd sa vertu, avec quoi le salera-t-on ? Il n’est plus bon qu’à être jeté dehors et foulé aux pieds par les hommes » (Matth. V, 13).

Maintenant que je ne suis plus constamment auprès de toi pour te rappeler sans cesse à ces exigences (puisque c’est la vocation spécifique que Dieu donne aux chats auprès de leurs humains de compagnie, et plus encore lorsque ce sont des religieux), j’espère que tu ne te relâches pas et que tu veilles chaque jour à mettre en pratique les exemples que je t’ai donnés quotidiennement pendant nos treize années de vie commune…
Il t’est bien assez donné à toi-même de souffrir de toutes les indélicatesses qui découlent de ces déplorables relâchements de la vigilance dans la très exigeante pratique des vertus que l’on constate avec grande tristesse chez de nombreux fidèles ou ecclésiastiques, pour que tu ne doives pas t’exciter chaque jour à davantage d’efforts et de fermeté dans une intraitable rigueur.

Tu as été avec douleur et affliction le témoin de la chute lamentable d’un certain nombre de religieux et de prêtres.
Déjà, dans ton enfance, dans ces désastreuses années qui ont suivi le concile vaticandeux, tu as vu des prêtres qui défroquaient, préférant l’amour d’une créature charnelle à celui qu’ils avaient exclusivement et solennellement promis à Dieu au pied de Ses autels !
Mais cela ne s’est pas limité à cette période de folie et de « remise en question » qui a accumulé les ruines ; tout au long de tes bientôt quarante années de vie religieuse, tu as appris les défections, les trahisons de tant de consacrés.
Aujourd’hui encore, tu reçois l’annonce de scandales et de chutes pitoyables de prêtres que tu as connus, aux Messes desquels tu as assisté, des mains desquels tu as reçu la sainte communion… En l’apprenant, il t’est donné de ressentir une infime part de la douleur du divin Cœur de Jésus dans Sa Passion, abandonné, délaissé et trahi par ceux auxquels Il avait accordé Ses prédilections.

Ces prêtres, ces consacrés qui défaillent n’avaient-ils pas la vocation ?
Les longues années passées au séminaire ou dans leurs maisons de formation auraient probablement débusqué de fausses vocations. Du moins se prend-on à le croire pour ne pas désespérer complètement du discernement et du bon sens de ceux qui dirigent ces établissements…
Or donc, si la vocation était authentique à l’origine et que cependant ces prêtres ou religieux ont failli, la seule explication à leur chute réside dans leur attiédissement, dans leur manque de ferveur, dans leur relâchement dans le combat spirituel, et dans leur accoutumance coupable à cet état de tiédeur et de médiocrité.
Certes, seul Dieu, qui sonde les reins et les cœurs, peut être leur juste Juge et, à nous Ses créatures, il n’est pas donné de connaître ce qui n’appartient qu’à Dieu.
En revanche, constatant objectivement les faits de l’extérieur, cela doit porter tout fidèle, tout religieux et tout prêtre à davantage de générosité et d’ardeur dans sa vie personnelle, pour que, se sachant lui aussi faillible et pécheur, il se livre avec plus de pugnacité et d’acharnement aux combats qu’il lui appartient de soutenir en propre.

J’aurais encore beaucoup de choses à t’écrire, mon cher Papa-moine, mais il y a déjà là matière à de longues réflexions et méditations. Je te laisse donc t’y livrer avec assiduité et t’adresse avec ces lignes un chat-leureux ronronnement du paradis.

pattes de chatLully.  

mains jointes - prière

2020-95. Réception d’un ancien ornement blanc qui vient d’être restauré.

Vendredi 7 août 2020,
Premier vendredi du mois, dédié à la réparation envers le divin Cœur de Jésus ;
Fête de Saint Gaëtan de Thiène, confesseur ;
Mémoire de Saint Donat, évêque et martyr ;
Huitième jour du carême de la Mère de Dieu (cf. > ici).

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Je pourrais reprendre ici aujourd’hui sans en changer un iota ce que je vous écrivais il y a exactement un an et deux jours (le 5 août 2019, cf. > ici) en introduction de la présentation du bel ornement vert qui venait de nous revenir remis à neuf par les soins de Guillaume qui travaille en son « Atelier Corneille » pour réaliser ou restaurer des vêtements et ornements liturgiques.
La même série d’ornements sacrés que nous avions recueillis, il y a plusieurs années, après qu’ils avaient échappé au bûcher iconoclaste ordonné par un curé moderniste, contenait un ornement blanc complet qui, bien qu’il eût subi les outrages du temps, n’en était cependant pas moins magnifique.
De même que l’ornement vert restauré que je vous présentais il y a un an (cf. > ici), il avait subi lui aussi un essai de restauration qui, s’il avait eu le mérite de conserver tant bien que mal cette chasuble blanche et ses accessoires, avait toutefois fort mal vieilli.
Le talent et la patience de Guillaume, pendant de longues semaines de travail minutieux, viennent de lui rendre sa beauté et lui permettront désormais de resservir au culte et à la glorification de Dieu Notre-Seigneur.

De nombreux indices nous donnent à penser que cet ornement pourrait avoir été confectionné sous le règne de Charles X : tous les galons et orfrois (voir la note en bas de page) ont été confectionnés à la main, ils sont, en certains endroits, surchargés de fausses pierres serties.
Le tissu d’origine était une moire blanche qui subsistait en certains endroits, jaunie, mais qui, lors de l’essai de restauration (dans la première moitié du XXe siècle peut-être) évoqué ci-dessus, avait été majoritairement remplacée par une soie unie, laquelle, avec le temps, s’était rétractée et occasionnait de disgracieuses déformations.
Guillaume a donc dû procéder à un démontage complet pour récupérer tous les galons et orfrois, qui sont magnifiques malgré l’usure qu’ils présentent en certains endroits ; il lui a ensuite fallu changer tout ce qui devait l’être, puis retendre une moire blanche et enfin y recoudre les galons et orfrois d’origine.
Je tiens à le remercier vivement, et publiquement, pour ce beau travail de restauration.

Mais je vous laisse maintenant admirer de vos propres yeux la beauté de cet ornement remis à neuf, par l’intermédiaire de douze clichés que j’ai sélectionnés pour vous permettre d’avoir une vue de son ensemble et de ses détails.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

Pour nous aider à continuer à entretenir, faire restaurer ou confectionner d’autres ornements sacrés, nous permettre d’acheter ou faire restaurer  du mobilier liturgique ou des parements d’autel, et participer aux frais des luminaires (veilleuses du Saint-Sacrement et cierges)   > ici

Chasuble blanche restaurée 1

Voici donc tout d’abord des vues d’ensemble du dos et du devant de la chasuble…

Chasuble blanche restaurée 2

… et de ses accessoires : bourse, voile de calice, étole et manipule :

Chasuble blanche restaurée 3

Détail de la croix précieuse qui orne le dos de la chasuble :

Chasuble blanche restaurée 4

Quadrilobe central de la Croix, au centre duquel figure le monogramme IHS sur des pampres, feuilles de vigne et raisins :

Chasuble blanche restaurée 5

Motif  répétitif des orfrois :

Chasuble blanche restaurée 6

Extrémité des bras de la Croix :

Chasuble blanche restaurée 7

Orfroi de l’encolure :

Chasuble blanche restaurée 8

Galon du pourtour :

Chasuble blanche restaurée 9

Etole (détail) :

Chasuble blanche restaurée 10

Croix du voile de calice :

Chasuble blanche restaurée 11

L’une des grappes de raisin du quadrilobe central de la Croix :

Chasuble blanche restaurée 12

Note :
« On entend par orfrois les parements, broderies et franges d’or et même, dans certains textes, le tissu d’or. (…) On entend aussi par orfrois, mais dans un sens impropre, les parements, broderies et franges d’argent, ou d’une autre couleur, et le drap d’argent… » [Dom Joannès Roux, article "Orfroi", in "Dictionnaire pratique de liturgie romaine" publié sous la direction du chanoine Robert Lesage - éd. Bonne Presse 1952].

2020-94. Solennité de la Saint Louis au Puy-en-Velay avec la Confrérie Royale.

Pèlerinage légitimiste au Puy - message du Prince 4 juin 2016

Communiqué du secrétariat de la Confrérie Royale :

Le cinquième pèlerinage annuel de la Confrérie Royale au Puy-en-Velay, pour le Roi et la France, a été empêché par les restrictions de déplacement et de rassemblement, imposées par les autorités civiles et ecclésiastiques, conséquentes à l’épidémie du Covid-19.
Les 21, 22 et 23 mai, nous avons néanmoins pu en maintenir l’esprit et la démarche de manière uniquement spirituelle puisque quelques dizaines de membres et sympathisants de la Confrérie Royale se sont pliés, depuis leur lieu de résidence, à des exercices communs de prière et d’approfondissement, en se transportant par le cœur et la prière jusqu’à la ville sainte du Puy (cf. > ici).

Voici toutefois qu’une opportunité nous est donnée d’organiser un petit rassemblement au Puy les 29 et 30 août prochains, afin d’y célébrer la solennité de Saint Louis, saint patron de notre Roi légitime et de Monseigneur le Dauphin.

Nous venons d’obtenir l’accord du Lycée qui nous avait accueillis en 2019 pour y être hébergés cette fois encore : la nuitée est à 18 euros (petit-déjeuner compris) et les repas à 12 euros.

Monsieur le Recteur de l’insigne basilique-cathédrale Notre-Dame de l’Annonciation nous permet de célébrer la Sainte Messe au maître-autel, au-dessus duquel trône la célèbre Vierge Noire (copie de celle qui avait été offerte par Saint Louis, malheureusement brûlée à la révolution), le samedi 29 août à 9 h.
Nous devrions pouvoir célébrer la Sainte Messe du dimanche 30, solennité de Saint Louis, à la chapelle des Pénitents blancs.

Notre-Dame du Puy - Vierge Noire - 12 mai 2018

Pour ceux qui viennent de loin, il y a donc possibilité d’être accueillis à partir du vendredi 28 en fin d’après-midi : un programme détaillé sera communiqué aux inscrits, avec toutes les indications de lieux et d’horaires.

Il est aussi possible de nous rejoindre seulement pour la Sainte Messe du samedi (9h), ou de ne participer qu’à la journée du samedi.
En sus des Saintes Messes et autres temps de prière, il y aura quelques visites et temps d’enseignement spirituel.

Enfin, si certains souhaitent profiter de ce pèlerinage pour faire leur entrée dans la Confrérie, qu’ils se signalent sans aucun retard.

Si vous désirez prendre part à ce pèlerinage, merci de nous le signifier le plus rapidement possible
1) d’abord par courriel à l’adresse suivante : pelerinage@confrerieroyale.com
2) et en nous renvoyant également le bulletin d’inscription (à télécharger ici > fichier pdf Bulletin d’inscription au pèlerinage de la solennité de Saint Louis août 2020) rempli le plus exactement possible avec votre chèque d’acompte (à l’ordre du Cercle Légitimiste du Vivarais) à l’adresse qui s’y trouve mentionnée.

Statue de Saint Louis - Le Puy

Statue de Saint Louis dans la cathédrale Notre-Dame de l’Annonciation du Puy-en-Velay

2020-93. Saint Alphonse a eu une vision à la fois réaliste et optimiste des ressources de bien que le Seigneur donne à chaque homme et il a donné importance aux élans et aux sentiments du cœur, ainsi qu’à ceux de l’esprit, pour pouvoir aimer Dieu et son prochain.

2 août,
Fête de Saint Alphonse-Marie de Liguori, évêque et confesseur ;
Fête de Notre-Dame des Anges et indulgence de la Portioncule (cf. > ici).

St Alphonse-Marie de Liguori - vitrail de la cathédrale de Carlow

Saint Alphonse-Marie de Liguori en prière
(détail d’un vitrail de la cathédrale de Carlow – Irlande)

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Saint Alphonse a eu une vision à la fois réaliste et optimiste des ressources de bien que le Seigneur donne à chaque homme et il a donné importance aux élans et aux sentiments du cœur, ainsi qu’à ceux de l’esprit, pour pouvoir aimer Dieu et son prochain.

Catéchèse de Sa Sainteté le Pape Benoît XVI
délivrée le mercredi 30 mars 2011
à l’occasion de l’audience pontificale générale.

Chers frères et sœurs,

Je voudrais aujourd’hui vous présenter la figure d’un saint docteur de l’Eglise à qui nous devons beaucoup, car ce fut un éminent théologien moraliste et un maître de vie spirituelle pour tous, en particulier pour les personnes simples. Il est l’auteur des paroles et de la musique de l’un des chants de Noël les plus populaires en Italie et pas seulement : Tu descends des étoiles.

Appartenant à une noble et riche famille napolitaine, Alphonse Marie de Liguori naquit en 1696. Doté de nombreuses qualités intellectuelles, il obtint à seulement 16 ans une maîtrise de droit civil et canonique. Il était l’avocat le plus brillant du barreau de Naples : pendant huit ans il gagna toutes les causes qu’il défendit.
Toutefois, dans son âme assoiffée de Dieu et désireuse de perfection, le Seigneur le conduisait à comprendre que la vocation à laquelle il l’appelait était une autre. En effet, en 1723, indigné par la corruption et l’injustice qui viciaient le milieu juridique, il abandonna sa profession — et avec elle la richesse et le succès — et il décida de devenir prêtre, malgré l’opposition de son père.
Il eut d’excellents maîtres, qui l’initièrent à l’étude de l’Ecriture Sainte, de l’histoire de l’Eglise et de la mystique. Il acquit une vaste culture théologique, qu’il mit à profit quand, quelques années plus tard, il entreprit son œuvre d’écrivain.
Il fut ordonné prêtre en 1726 et il se lia, pour l’exercice de son ministère, à la Congrégation diocésaine des Missions apostoliques. Alphonse commença une action d’évangélisation et de catéchèse dans les couches les plus humbles de la société napolitaine, auxquelles il aimait prêcher, et qu’il instruisait sur les vérités fondamentales de la foi. Un grand nombre de ces personnes, pauvres et modestes, auxquelles il s’adressait, s’adonnaient souvent aux vices et accomplissaient des actes criminels. Il leur enseignait avec patience à prier, les encourageant à améliorer leur façon de vivre. Alphonse obtint d’excellents résultats : dans les quartiers les plus misérables de la ville se multipliaient les groupes de personnes qui, le soir, se réunissaient dans les maisons privées et dans les échoppes, pour prier et pour méditer la Parole de Dieu, sous la direction de plusieurs catéchistes formés par Alphonse et par d’autres prêtres, qui rendaient visite régulièrement à ces groupes de fidèles. Quand, suivant le désir de l’archevêque de Naples, ces réunions furent tenues dans les chapelles de la ville, elles prirent le nom de « chapelles du soir ». Elles furent de véritables sources d’éducation morale, d’assainissement social, d’aide réciproque entre les pauvres : les vols, les duels, la prostitution finirent presque par disparaître.

Même si le contexte social et religieux de l’époque de saint Alphonse étaient bien différent du nôtre, les « chapelles du soir » apparaissent comme un modèle d’action missionnaire auquel nous pouvons nous inspirer également aujourd’hui pour une « nouvelle évangélisation », en particulier des plus pauvres, et pour construire une coexistence humaine plus juste, fraternelle et solidaire. Une tâche de ministère spirituel est confiée aux prêtres, alors que des laïcs bien formés peuvent être des animateurs chrétiens efficaces, un authentique levain évangélique au sein de la société.

Après avoir pensé partir pour évangéliser les peuples païens, Alphonse, à l’âge de 35 ans, entra en contact avec les paysans et les pasteurs des régions intérieures du royaume de Naples et, frappé par leur ignorance religieuse et par l’état d’abandon dans lequel ils se trouvaient, il décida de quitter la capitale et de se consacrer à ces personnes, qui étaient pauvres spirituellement et matériellement.
En 1732, il fonda la Congrégation religieuse du Très Saint Rédempteur, qu’il plaça sous la protection de l’évêque Tommaso Falcoia, et dont par la suite il devint lui-même le successeur.
Ces religieux, guidés par Alphonse, furent d’authentiques missionnaires itinérants, qui atteignaient aussi les villages les plus reculés en exhortant à la conversion et à la persévérance dans la vie chrétienne, en particulier au moyen de la prière. Aujourd’hui encore les Rédemptoristes, présents dans de nombreux pays du monde, avec de nouvelles formes d’apostolat, continuent cette mission d’évangélisation. Je pense à eux avec reconnaissance, en les exhortant à être toujours fidèles à l’exemple de leur saint fondateur.

Estimé pour sa bonté et pour son zèle pastoral, en 1762 Alphonse fut nommé évêque de Sant’Agata dei Goti, un ministère qu’il quitta en 1775 avec l’autorisation du Pape Pie VI, à la suite des maladies dont il était atteint.
Ce même Pape, en 1787, en apprenant la nouvelle de sa mort, qui eut lieu après de grandes souffrances, s’exclama : « C’était un saint ! ». Et il ne se trompait pas : Alphonse fut canonisé en 1839, et en 1871 il fut déclaré Docteur de l’Eglise.
Ce titre lui convient pour de nombreuses raisons. Tout d’abord parce qu’il a proposé un riche enseignement de théologie morale, qui exprime de manière adaptée la doctrine catholique, au point qu’il fut proclamé par le Pape Pie XII « Patron de tous les confesseurs et moralistes ». A son époque, s’était diffusée une interprétation très rigoriste de la vie morale également en raison de la mentalité janséniste qui, au lieu d’alimenter la confiance et l’espérance dans la miséricorde de Dieu, fomentait la peur et présentait un visage de Dieu revêche et sévère, bien éloigné de celui que nous a révélé Jésus. Saint Alphonse, en particulier dans son œuvre principale intitulée Théologie morale, propose une synthèse équilibrée et convaincante entre les exigences de la loi de Dieu, gravée dans nos cœurs, pleinement révélée par le Christ et interprétée de manière faisant autorité par l’Eglise, et les dynamismes de la conscience et de la liberté de l’homme, qui précisément dans l’adhésion à la vérité et au bien permettent la maturation et la réalisation de la personne. Alphonse recommandait aux pasteurs d’âmes et aux confesseurs d’être fidèles à la doctrine morale catholique, en assumant, dans le même temps, une attitude charitable, compréhensive, douce, pour que les pénitents puissent se sentir accompagnés, soutenus, encouragés dans leur chemin de foi et de vie chrétienne. Saint Alphonse ne se lassait jamais de répéter que les prêtres sont un signe visible de la miséricorde infinie de Dieu, qui pardonne et illumine l’esprit et le cœur du pécheur afin qu’il se convertisse et change de vie. A notre époque, où on voit de clairs signes d’égarement de la conscience morale et — il faut le reconnaître — un certain manque d’estime envers le sacrement de la confession, l’enseignement de saint Alphonse est encore de grande actualité.

A côté des œuvres de théologie, saint Alphonse rédigea de très nombreux écrits, destinés à la formation religieuse du peuple. Le style est simple et plaisant. Lues et traduites dans un grand nombre de langues, les œuvres de saint Alphonse ont contribué à façonner la spiritualité populaire des deux derniers siècles. Certaines d’entre elles sont des textes à lire avec un grand intérêt encore aujourd’hui, comme Les Maximes éternellesLes gloires de MarieLa pratique d’amour envers Jésus Christ, une œuvre — cette dernière — qui représente la synthèse de sa pensée et son chef-d’œuvre. Il insiste beaucoup sur la nécessité de la prière, qui permet de s’ouvrir à la Grâce divine pour accomplir quotidiennement la volonté de Dieu et poursuivre la sanctification personnelle.
Au sujet de la prière, il écrit : « Dieu ne refuse à personne la grâce de la prière, par laquelle on obtient l’aide pour vaincre les concupiscences et les tentations. Et je dis, et je réponds et je répondrai toujours, tant que j’aurai vie, que tout notre salut réside dans la prière ». De là vient son célèbre axiome : « Qui prie se sauve » (Grand moyen de la prière et opuscules semblables. Œuvres ascétiques II, Rome 1962, p. 171). Il me revient à l’esprit, à cet égard, l’exhortation de mon prédécesseur, le vénérable serviteur de Dieu Jean-Paul II : « Nos communautés chrétiennes doivent devenir d’authentiques “écoles” de prière… Il faut alors que l’éducation à la prière devienne en quelque sorte un point déterminant de tout programme pastoral » (Lett. ap. Novo Millennio ineunte, nn. 33.34).

Parmi les formes de prière conseillées avec ferveur par saint Alphonse se détache la visite au Très Saint Sacrement ou, comme nous l’appellerions aujourd’hui, l’adoration, brève ou prolongée, personnelle ou communautaire, devant l’Eucharistie. « Assurément — écrit Alphonse — parmi toutes les dévotions celle d’adorer Jésus sacrement est la première après les sacrements, la plus chère à Dieu, et celle qui nous est la plus utile… Oh, quel délice d’être devant un autel plein de foi… et lui présenter nos nécessités, comme fait un ami avec un autre ami intime !» (Visites au Saint Sacrement et à la Sainte Vierge pour chaque jour du mois. Introduction).
La spiritualité alphonsienne est en effet éminemment christologique, centrée sur le Christ et son Evangile. La méditation du mystère de l’Incarnation et de la Passion du Seigneur sont fréquemment l’objet de sa prédication. Dans ces événements en effet la Rédemption est offerte « copieusement » à tous les hommes.
Et précisement parce qu’elle est christologique, la piété alphonsienne est aussi absolument mariale. D’une grande dévotion pour Marie, il en illustre le rôle dans l’histoire du salut : associée à la Rédemption et Médiatrice de grâce, Mère, Avocate et Reine. En outre, saint Alphonse affirme que la dévotion à Marie nous sera d’un grand réconfort au moment de notre mort. Il était convaincu que la méditation sur notre destin éternel, sur notre appel à participer pour toujours à la béatitude de Dieu, tout comme sur la tragique possibilité de la damnation, contribue à vivre avec sérénité et engagement, et à affronter la réalité de la mort en conservant toujours toute sa confiance dans la bonté de Dieu.

Saint Alphonse de Liguori est un exemple de pasteur zélé, qui a conquis les âmes en prêchant l’Evangile et en administrant les sacrements, s’unissant à une façon d’agir marquée par une bonté sereine et douce, qui naissait de l’intense rapport avec Dieu, qui est la Bonté infinie. Il a eu une vision à la fois réaliste et optimiste des ressources de bien que le Seigneur donne à chaque homme et il a donné importance aux élans et aux sentiments du cœur, ainsi qu’à ceux de l’esprit, pour pouvoir aimer Dieu et son prochain.

En conclusion, je voudrais rappeler que notre saint, de manière analogue à saint François de Sales — dont j’ai parlé il y a quelques semaines — insiste pour nous dire que la sainteté est accessible à chaque chrétien : « Le religieux comme religieux, le séculier comme séculier, le prêtre comme prêtre, le mari comme mari, le marchand comme marchand, le soldat comme soldat, et ainsi de suite pour tout autre statut » (La pratique de l’amour envers Jésus Christ. Œuvres ascétiques I, Rome 1933, p. 79).
Rendons grâce au Seigneur qui, avec sa Providence, suscite des saints et des docteurs en des lieux et en des temps différents, qui parlent le même langage pour nous inviter à croître dans la foi et à vivre avec amour et avec joie notre être chrétiens dans les actions simples de chaque jour, pour avancer sur le chemin de la sainteté, sur la route vers Dieu et vers la joie véritable. Merci.

châsse de Saint Alphonse-Marie de Ligori

Châsse de Saint Alphonse-Marie de Liguori
(Pagani – Campanie)

2020-92. Mardi 11 août 2020 : fête de Sainte Philomène au Mesnil-Marie.

palmes

Nous faisons chaque jour l’expérience de la puissance protection et de la très efficace intercession de Sainte Philomène, céleste protectrice du Refuge Notre-Dame de Compassion en second, après la Très Sainte Mère des Douleurs.
Nous constatons aussi avec émerveillement et action de grâces combien elle se plaît à exaucer les prières de ceux qui viennent la prier au Mesnil-Marie.
Voilà pourquoi, cette année encore, nous vous invitons à célébrer sa fête avec nous.

Gisant de Sainte Philomène au Mesnil-Marie - détail

Mardi 11 août 2020

Fête de Sainte Philomène

Programme :

- 10 h – 11 h : possibilité de confessions
- 11 h précises : Sainte Messe de la fête de Sainte Philomène
(célébrée évidemment dans le rite latin traditionnel)

- Repas tiré du sac (apporter autant que possibles vos sièges pliants – merci !)
- 15 h  : chapelet et vénération de la relique de Sainte Philomène

Attention ! Remarques importantes :
- En raison du contexte particulier lié à la crise sanitaire et à aux contraintes imposées par le pouvoir politique – et même si le Mesnil-Marie est une propriété privée et non un « lieu public » -, la Sainte Messe sera célébrée sous une grande tente (nous avons pu remplacer le barnum qui a été grandement endommagé par la tempête à la mi-juin, cf. > ici), apprêtée dignement pour cette célébration.
- Afin de prévoir un aménagement conforme aux recommandations de distanciation, nous invitons avec une certaine insistance les personnes qui souhaitent venir à la Messe à nous prévenir (en utilisant le formulaire de contact > ici, ou bien par téléphone).
- Des bancs seront disposés sous cette tente, mais nous recommandons en outre à ceux qui ne souhaitent pas s’agenouiller directement sur l’herbe d’apporter un coussin ou un linge qu’ils pourront poser au sol devant eux.

Préparation spirituelle à la fête de Sainte Philomène :
Que vous puissiez être présents physiquement ou que vous ne le puissiez pas, nous vous invitons quoi qu’il en soit à préparer la fête de Sainte Philomène par une neuvaine, du dimanche 2 au lundi 10 août.
Pour cette neuvaine, nous vous proposons les prières publiées > ici.

Reliquaire de Sainte Philomène au Mesnil-Marie

2020-88. « Pour nous catholiques, la conversion sincère des cœurs et des âmes demeure la priorité. »

Dimanche soir 19 juillet 2020,
7ème dimanche après la Pentecôte ;
Mémoire de Saint Vincent de Paul (cf. > ici, > ici et > ici).

A la fin de l’après-midi de ce dimanche, au lendemain même de l’incendie qui a ravagé une partie de la cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul de Nantes, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, a publié sur les réseaux sociaux un nouveau message relatif à ce dramatique événement.

En voici le texte, dans lequel nous nous permettons de mettre en caractères gras quelques passages particulièrement forts :

Incendie de la cathédrale de Nantes - 18 juillet 2020

Passée la première stupeur devant un nouveau lieu de culte détruit par les flammes, le temps de la réflexion arrive avec la publication par le diocèse de Nantes des photos du terrible incendie qui vient de frapper la Cathédrale Saint Pierre et Saint Paul.
C’est une vision comme on ne les voit que dans les pays en guerre, comme chez nos chers et si persécutés frères Chrétiens d’Orient.

Ma première pensée se tourne vers les catholiques atteints en leur cœur.
Au-delà des dégâts matériels qui pourront être réparés, c’est surtout toute la vie sacramentelle du diocèse qui est atteinte, désorganisée.
L’Eglise de France n’a pas besoin d’épreuves de ce genre.
Ce nouveau drame arrive à un bien mauvais moment puisque les chrétiens n’étaient pas encore remis du confinement qui leur avait été imposé pour des raisons sanitaires, limitant grandement la pratique religieuse et l’accès au culte.

Avec cette nouvelle épreuve est-ce le temps d’une remise en cause profonde à opérer pour enfin répondre à la phrase si prophétique de Saint Jean Paul II, « France qu’as-tu fais des promesses de ton baptême ? ».
Pour nous catholiques, la conversion sincère des cœurs et des âmes demeure la priorité.
La France peu à peu n’a-t-elle pas perdu le sens de ses cathédrales, parce que l’histoire a voulu, qu’elles soient les plus belles du monde, en ne les appréciant plus qu’uniquement comme des témoignages culturels ?
En les voyant brûler nous sommes pourtant confrontés à une toute autre réalité. Une cathédrale qui brûle c’est avant tout un chemin vers Dieu, vers l’espérance et vers le salut des hommes qui se brouille.

En cette année johannique cette nouvelle épreuve par le feu est un symbole fort.

Que Saint-Pierre et Saint Paul, fondateurs de l’Eglise, et que Sainte Jeanne d’Arc, patronne secondaire de la France, soutiennent les catholiques éprouvés et ouvrent les yeux aux Français.

intérieur de la cathédrale de Nantes après l'incendie

Que l’on nous permette quelques mots de commentaires :

Notre Roi légitime montre une fois de plus en ce communiqué à quel point il est conscient de la charge et des responsabilités que la Providence, par le moyen des Lois fondamentales du Royaume, a placées sur ses épaules : il est le « Fils aîné de l’Eglise » et s’exprime en cette qualité.

Le Roi est catholique, et il affirme clairement sa foi catholique.
Le Roi est, selon l’expression consacrée par les siècles, l’ « Evêque du dehors » : cela signifie que s’il n’appartient pas à la hiérarchie consacrée par le sacrement de l’Ordre chargée du gouvernement de l’Eglise, sa mission temporelle de Roi Très Chrétien à la tête du Royaume des Lys est néanmoins ordonnée au salut des âmes de ses sujets.
A ce titre, suivant en cela l’exemple de Saint Louis, son ancêtre et son saint patron, Sa Majesté, au-delà de l’expression de son indignation et de sa souffrance en face des graves dégâts matériels causés à la cathédrale de Nantes, manifeste une fois de plus sa capacité à prendre du recul par rapport à l’émotion du moment, pour nous amener à réfléchir sur les causes profondes, les causes morales et spirituelles, qui favorisent la genèse de semblables drames, non seulement préjudiciables au patrimoine architectural et artistique, mais plus encore dommageables au patrimoine spirituel et à la vie cultuelle et sacramentelle des catholiques.

Voilà pourquoi les appels de notre Roi à « une remise en cause profonde », la mention de la « priorité » de « la conversion sincère des cœurs et des âmes », l’invocation des saints Pierre et Paul et de sainte Jeanne d’Arc afin que leurs prières « ouvrent les yeux des Français », sont ce qu’il nous faut non seulement retenir, mais méditer, approfondir, et par dessus tout concrétiser dans chacune de nos existences afin d’œuvrer efficacement à une authentique restauration royale, qui ne peut passer que par les voies d’une fidélité renouvelée à l’alliance scellée dans les fonts baptismaux de Reims, ainsi que l’avait rappelé le pape Jean Paul II lors de son premier voyage apostolique en France en juin 1980. 

Notre Roi a témoigné a plusieurs reprises déjà que la question de Jean Paul II, citée ici encore une fois, – « France, qu’as-tu fait des promesses de ton baptême ? » - est fondamentale pour lui.
Dans la continuité de son précédent message publié à l’occasion de la fête de Saint Henri (cf. > ici et > ici), Sa Majesté montre à l’évidence que, comme Henri V l’avait exprimé : « Il faut pour que la France soit sauvée que Dieu y entre en Maître, pour que j’y puisse régner en Roi ».

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

Tribune du Grand Orgue de la cathédrale de Nantes après l'incendie

2020-86. A l’occasion de la fête de Saint Henri, Sa Majesté le Roi Louis XX met en valeur son prédécesseur Henri V et souligne la justesse et l’actualité de son attitude.

15 juillet 2020,
Fête du Saint-Sépulcre de NSJC (cf. > ici),
Commémoraison de Saint Henri, empereur et confesseur ;
Commémoraison de Saint Basile (Vladimir), prince de Kiev, confesseur « égal aux Apôtres ».

St Henri - détail d'un vitrail de l'église Sainte Marie-Madeleine - Gennevilliers

Saint Henri
(détail d’un vitrail de l’église Sainte Marie-Madeleine de Genevilliers)

Lundi 13 juillet, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, a publié, sur les réseaux sociaux, le message suivant, à l’occasion de la fête de Saint Henri (date à laquelle il est fêté dans le calendrier réformé, car dans le calendrier traditionnel sa fête est célébrée au 15 juillet), fête patronale de son troisième fils, Monseigneur le duc de Touraine.
Voici le texte de ce message qui va bien au-delà de simples vœux de fête à un enfant : la Saint-Henri n’est finalement ici qu’un prétexte pour délivrer un message d’une portée politique absolument remarquable, sur laquelle nous reviendrons.
Nous nous permettons de reproduire en caractères gras les passages de ce texte qui nous paraissent particulièrement importants.

Le 13 juillet, l’Eglise catholique honore Saint Henri.
Au-delà de la pensée et des vœux que la Princesse Marie-Marguerite et moi-même adressons à notre troisième fils, cette fête me ramène au souvenir des rois qui ont porté ce prénom ponctuant l’histoire capétienne depuis le XIème siècle.
Je pense notamment au grand Henri IV, le premier monarque de la branche des Bourbons, mais aussi en cette année qui est celle du bicentenaire de sa naissance, au Comte de Chambord qui aurait dû devenir Henri V.

Peu de princes sont aussi méconnus que ce dernier et voient leur pensée pareillement travestie.
Pourtant, alors que la France se défait un peu plus chaque jour, que les Français sont toujours plus mis à la peine et voient leurs libertés chaque jour plus bafouées, la pensée de ce roi apparaît dans toute sa force et son originalité.
Le Comte de Chambord a refusé avec courage et abnégation de « couronner la Révolution ». Il avait déjà largement perçu les effets néfastes des nouvelles institutions basées sur un droit dévoyé au profit des majorités changeantes et pour lesquelles la souveraineté n’est plus un absolu.
Pour Henri V il était encore temps, par la restauration de la monarchie traditionnelle, de ne pas accepter les fausses valeurs issues d’idéologies qui ne mènent qu’à la mort et à la disparition de la société.
Le drapeau blanc était le signe de cette rupture nécessaire. Sans doute moins perceptible à son époque, cette rupture nécessaire est aujourd’hui d’une profonde actualité.
Pour Henri V, à la suite de tous les rois de France, la fonction royale avait d’abord pour mission de contribuer au bien commun sans lequel il n’y a pas d’avenir possible. Cela est toujours vrai.

Bonne fête de Saint Henri à tous.

Henri, comte de Chambord de jure Henri V

Henri V, dit « le Comte de Chambord »

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2020-85. Nous avons lu et nous avons aimé « Les Martyres d’Orange », par Alexis Neviaski.

9 juillet,
Fête des Bienheureuses Martyres d’Orange ;
Au couvent de Picpus, à Paris, la fête de Notre-Dame de Paix.
palmes
Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,
Dans les pages de ce blogue (très précisément > ici), feu le Maître-Chat Lully avait déjà succinctement évoqué les trente-deux religieuses guillotinées à Orange du 6 au 26 juillet 1794 : religieuses appartenant à plusieurs Ordres monastiques, mais pour le plus grand nombre Religieuses du Très Saint-Sacrement (appelées de ce fait « Sacramentines »), et provenant de plusieurs monastères ou couvents du Comtat ou de Provence.
Toutes furent jugées et exécutées à Orange, d’où le nom de « Martyres d’Orange » qui leur est habituellement donné.
Liturgiquement, on parle de la Bienheureuse Madeleine de la Mère de Dieu et de ses trente-et-une compagnes, vierges et martyres.
Cette année 2020 est celle du 95ème anniversaire de leur béatification (qui fut célébrée à Rome le 10 mai 1925), et nous nous réjouissons grandement de ce que, depuis plusieurs mois déjà, leur cause de canonisation a été réactivée par l’archidiocèse d’Avignon.
C’est dans la nouvelle dynamique insufflée à leur culte que les éditons Artège ont publié il y a quelques mois (novembre 2019), un nouvel ouvrage intitulé « Les Martyres d’Orange », que nous avons lu avec le plus grand intérêt et (en particulier parce que d’autres ouvrages plus anciens sont aujourd’hui difficiles à trouver) que nous nous permettons de recommander à nos amis.
Nous émettons seulement une réserve pour la postface, dont la lecture ne présente de toute manière pas grand intérêt, car sa creuse redondance semble vouloir à tout prix et à n’importe quel prix en profiter pour nous refourguer un concile vaticandeux et ses pseudo-prophètes, qui n’ont pas grand’chose à voir avec le très édifiant martyre de ces religieuses qui n’eussent sans aucun doute pas davantage souscrit à « Gaudium et Spes » et à « Dignitatis humanae » qu’elles ne le firent au serment de « liberté-égalité » !
Cela mis à part, le corps de l’ouvrage est un bon résumé de ce que fut la réalité de la révolution et nous fait entrer dans la très belle histoire de ces martyres, racontée dans un style alerte et vivant qui nous les rend extraordinairement proches et attachantes.
Vous trouverez donc ci-dessous, pour achever cette rapide présentation, le texte de la « quatrième de couverture » et une brève notice sur leur auteur que, à plusieurs détails significatifs dans la lecture de cet ouvrage, l’on comprend familier de la pratique de la liturgie latine traditionnelle : la liturgie intensément vécue et aimée des ces moniales exemplaires.
Les Bienheureuses Martyres d'Orange au pied de l'échafaud
Quatrième de couverture :
Le rideau s’ouvre en 1788 : une nouvelle supérieure vient d’être élue au monastère du Saint-Sacrement de Bollène. Madeleine de la Fare, en religion Sœur du Coeur du Marie, est une femme de caractère. Et il en faudra pour mener la communauté à travers la tourmente révolutionnaire qui s’annonce…
Bientôt rattachées à la France, les terres pontificales du Comtat Venaissin sont touchées par les lois qui persécutent l’Église, et somment les religieuses d’apostasier. Mais celles-ci répondent : « La loi humaine ne peut me commander des choses opposées à la loi divine.» En refusant de prêter le serment de « liberté-égalité » devant la commission populaire d’Orange, elles savent leur mort certaine. Cependant, aucune des détenues n’hésite et leur courage édifie jusque sur l’échafaud.
Les 32 martyres d’Orange ont été béatifiées en 1925. Alors que s’ouvre leur procès de canonisation, ces religieuses témoignent de la fécondité de l’attachement au Christ envers et contre tout. Disposant de sources parfois inédites, Alexis Neviaski nous entraîne dans une fresque historique captivante, qui fera référence sur ces héroïnes de la Révolution.

Les martyres d'Orange - Alexis Neviaski

L’auteur :
Conservateur général du patrimoine, Alexis Neviaski est docteur en histoire. Son dernier livre, « Le père Jacques. Carme, éducateur, résistant », est paru chez Tallandier en 2015.
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