Archive pour la catégorie 'Textes spirituels'

2026-157. Nous avons lu et nous recommandons instamment : « La Messe de Paul VI en question » (abbé Anthony Cekada).

6 août 2026,
Fête de la Transfiguration de NSJC ;
Mémoire de Saint Sixte II et de ses compagnons.

       Il n’est jamais trop tard pour bien faire ! L’ouvrage que nous recommandons ici – car il s’agit bien d’une recommandation instante – paru au début de l’automne 2021, nous paraît absolument indispensable pour tous ceux qui veulent approfondir en vérité ce qui se trouve en fond de la prétendue « réforme liturgique » accomplie sous le pape Montini à la suite du second concile du Vatican ; pour tous ceux qui veulent disposer d’arguments sérieux et irréfragables dans les actuels débats qui agitent la vie de l’Eglise catholique romaine, parce que la question liturgique n’est que la partie émergée de l’iceberg et que la question liturgique n’est que la façade d’une question doctrinale essentielle.

La Messe de Paul VI en question - Abbé Cékada

Sur le site des éditions « Via Romana » > ici.

Quatrième de couverture :

   Le Motu proprio Traditionis custodes du pape François du 16 juillet 2021 a rappelé brutalement que la liturgie est au cœur des controverses qui agitent l’Église catholique aujourd’hui. De fait l’intérêt pour la messe traditionnelle en latin n’a cessé de croître dans la nouvelle génération du clergé et des fidèles, surtout depuis la publication en 2007 du Motu proprio Summorum Pontificum de Benoît XVI. De nombreuses personnes expliquent désormais avoir redécouvert dans l’ancien rite la beauté, la révérence et la continuité avec la tradition qu’ils avaient perdues dans la « Messe de Paul VI », la norme liturgique apparue en 1969.
   Inévitablement, toutefois, des questions se posent au delà de l’esthétique, de la nostalgie ou du désir de mystère dans la religion.
   Pour y répondre, l’abbé Cekada a conduit une étude complète et approfondie de la Messe de Paul VI. Son ouvrage est le fruit de trente ans de recherches sur les origines, la nature et les présupposés théologiques de la réforme liturgique du XXe siècle.
   L’édition anglaise, parue en 2010, en est à son troisième tirage. Elle a été saluée dans le monde anglophone par les traditionalistes de tous bords comme « la critique traditionaliste définitive » de la Messe de Paul VI.

   L’abbé Anthony Cekada (1951-2020), de nationalité américaine, avait été ordonné prêtre en 1977 par Mgr Marcel Lefebvre. Il disait la messe traditionnelle en latin dans la region de Cincinnati à l’église St. Gertrude the Great, West Chester, Ohio, et enseignait la liturgie et le droit canonique au séminaire de la Très Sainte-Trinité à Brooksville, Floride. Il est l’auteur d’une traduction définitive en anglais du Bref examen critique du Novus Ordo Missae et a produit d’innombrables articles et vidéos sur la question traditionaliste.

Missel romain traditionnel

Notre avis :

   Ainsi que nous l’avons écrit en introduction de cette présentation, cet ouvrage est d’une importance capitale, et ses presque 500 pages ne doivent en aucune manière effrayer ou rebuter le lecteur :
1) d’abord parce que l’ouvrage ne présente aucune difficulté de lecture ;
2) ensuite parce que la manière dont l’étude est menée est finalement une véritable enquête – passionnante – qui fait ressortir avec une rigueur implacablement scientifique – une précision que l’on peut qualifier de chirurgicale – le caractère indubitablement pervers de la réforme imposée à la suite du second concile du Vatican.
De nombreux exemples sont cités, prouvant que le prétexte d’un « retour à la simplicité des origines » n’a jamais couvert que l’introduction systématique et généralisée des poisons du modernisme condamné par Saint Pie X, dans les textes scripturaires et liturgiques.

   Plus terrible qu’un plaisant « Cluedo », parce que nous ne sommes – hélas ! – pas dans une fiction ludique mais dans une réalité grandiose – qui confine aux combats décrits par l’Apocalypse – dont l’enjeu est la vie spirituelle, la vie selon la grâce, et même le salut éternel, de millions d’âmes.

Tolbiac.

Messe traditionnelle - Alice von Hildebrand

2026-156. Les Martyrs de Privas, guillotinés le 5 août 1794.

5 août,
Fête de la dédicace de la Basilique de Sainte-Marie aux Neiges (cf. , et > ici) ;
Anniversaire du martyre du Père Rouville et de ses compagnons (5 août 1794).

Rd.P.Rouville et martyrs de Privas du 5 août 1794

Prêtres et religieuses se rendant en chantant au lieu de leur martyre,
« la Placette », à Privas, le 5 août 1794.

       Le mardi 5 août 1794, à Privas, furent guillotinés cinq prêtres et trois religieuses : bien que l’on se trouvât après l’arrestation et l’exécution de Robespierre et de ses comparses terroristes (27 & 28 juillet 1794) – dont la nouvelle venait à peine de parvenir dans le département -, les révolutionnaires de la ville, dans l’incertitude de l’avenir et par crainte qu’on leur reprochât de s’être montrés de mauvais patriotes, préférèrent ne pas différer l’exécution de la sentence du tribunal révolutionnaire qui avait prononcé la peine de mort.

   Dans les pages de ce blogue, on trouve une présentation assez exhaustive de la vie et des persécutions auxquelles durent faire face ces cinq prêtres héroïques et ces religieuses. Voici les liens pour les retrouver :

1) La vie, l’arrestation et le procès du Révérend Père François-Augustin Roubaud (1734-1794), de la Compagnie de Jésus, qui prit le nom de Rouville, après la suppression de la Compagnie (pour contourner la loi interdisant l’enseignement aux anciens jésuites). Le « bon Père Rouville », comme l’appelaient avec vénération les gens du peuple, était âgé de 60 ans au moment de son martyre : il est le doyen, et en quelque manière, le « chef de file », des martyrs de Privas > ici.

2) La vie et l’arrestation des quatre autres prêtres martyrisés avec « le bon Père Rouville » : Messieurs les abbés Pierre-François Dulau d’Allemand de Montrigaud (1764-1794) – le plus jeune de ce groupe de prêtre -, Jean-Jacques André Bac (1751-1794), Louis Gardès (1754-1794) et Barthélémy Montblanc (1760-1794) > ici.

3) La présentation des trois Sœurs de Saint Joseph de Vernosc, qui, malgré la persécution, demeurèrent en communauté, ainsi que le récit circonstancié du martyre, enfin, pourront être lus > ici.

Les Soeurs de Saint Joseph au pied de l'échafaud - Privas 5 août 1794

Les Sœurs de Saint-Joseph au pied de l’échafaud.

2026-155. Leçons historiques des matines de la fête de Saint Dominique de Guzman au Bréviaire romain traditionnel.

4 août,
Fête de Saint Dominique de Guzman, confesseur, fondateur de l’Ordre des Prêcheurs.

Saint Dominique de Guzman

Leçons historiques des matines de la

fête de Saint Dominique de Guzman

au Bréviaire romain traditionnel.

Quatrième leçon :

   Dominique naquit à Caleruega en Espagne, de la noble famille des Guzmán.
A Palencia, il s’appliqua à l’étude de la littérature et de la théologie, et les grands succès qu’il y obtint lui valurent un bénéfice de chanoine régulier de l’église d’Osma.
Plus tard, il fonda l’Ordre des Frères Prêcheurs.
Sa mère avait eu un songe pendant sa grossesse : il lui semblait porter en elle un petit chien tenant dans sa gueule une torche allumée avec laquelle, une fois sorti de son sein, il embraserait tout l’univers. Ce songe présageait que la sainteté et la doctrine éclatantes de Dominique enflammeraient les populations d’une grande ardeur pour la pratique de la piété chrétienne. Ce qui arriva dans la suite vérifia le présage : lui-même en a commencé la réalisation, et il l’a continuée par les membres de son Ordre.

Domini canes - 1

Cinquième leçon :

   Ce en quoi son talent et sa vigueur se signalèrent le plus, ce fut à combattre les hérétiques, qui essayaient de pervertir les Toulousains par de pernicieuses erreurs. Il employa sept ans à cette œuvre, après quoi il se rendit à Rome, au concile de Latran, avec l’évêque de Toulouse, pour obtenir d’Innocent III la confirmation de l’Ordre qu’il avait institué.
Pendant qu’on en délibérait, Dominique retourna vers ses disciples, sur le conseil des pontifes, afin de choisir une règle.
Quand il revint à Rome, Honorius III, successeur immédiat d’Innocent, lui accorda la confirmation de l’Ordre des Prêcheurs.
Il établit à Rome deux couvents, l’un d’hommes, l’autre de femmes.
Il rappela trois morts à la vie et fit beaucoup d’autres miracles qui contribuèrent singulièrement à propager son Ordre.

Domini canes - 2

Sixième leçon :

   Grâce à lui, des couvents s’étaient élevés partout, et un très grand nombre de personnes réglaient leur vie selon la religion et la piété, lorsqu’il fut pris de la fièvre à Bologne, l’an du Christ mille deux cent vingt et un.
Comprenant qu’il allait mourir, il appela ses frères et ceux qui se formaient sous sa direction, et les exhorta à l’innocence et à l’intégrité des mœurs. Enfin, il leur laissa en testament, comme patrimoine assuré, la charité, l’humilité et la pauvreté.
Au moment où tous les frères en prières dirent ces mots : « Saints de Dieu, venez à son secours ; Anges, venez à sa rencontre », il s’endormit dans le Seigneur, le huitième jour des ides d’août.
Dans la suite, le Pape Grégoire IX le mit au nombre des Saints.

Bologne - châsse de Saint Dominique

Bologne, basilique Saint-Dominique : châsse de Saint Dominique.

2026-154. Entrée de Sa Majesté le Roi dans la Confrérie de Sainte Anne, qui vient d’être relevée.

Lundi 3 août 2026,
Chez les Ermites de Saint Augustin, fête du Bienheureux Jean Bufalari de Rieti (cf. > ici) ;
Mémoire de l’invention du corps de Saint Etienne, protomartyr, et des saints Gamaliel, Nicodème et Abibas (cf. > ici) ;
Mémoire de Sainte Lydie de Thyatire, première habitante d’Europe à accueillir les missionnaires de l’Evangile (cf. > ici) ;
Quatrième jour du Carême de la Dormition de la Mère de Dieu (cf. > ici) ;
Deuxième jour de na neuvaine préparatoire à la fête de Sainte Philomène (cf. > ici).

Statue de Sainte Anne d'Auray

Statue de Sainte Anne d’Auray,
conservant un fragment de la statue miraculeuse découverte par Yvon Nicolazic
mais malheureusement détruite à la révolution.

   Ce lundi 3 août 2026, en seconde partie de matinée, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX de France, a posté sur son compte « X » (ex-Twitter) le message suivant :

   « Le 25 juillet, à l’occasion du Grand Pardon de Sainte Anne d’Auray, j’ai été admis dans la Confrérie de Sainte Anne.

   Fondée en 1641 sous l’impulsion de la reine Anne d’Autriche, en remerciements de la naissance du Dauphin, cette confrérie a été relancée par des fidèles après une quarantaine d’année d’interruption.

   A cette occasion, un ex-voto rappelant la consécration que j’ai réalisée l’an dernier, pour les 400 ans du sanctuaire a été béni. Je remercie Monseigneur Centène, évêque de Vannes, le sanctuaire de Sainte-Anne d’Auray et les fidèles qui font revivre cette œuvre de spiritualité et de charité ».

   On se souvient qu’à la fin mai et début juin 2025, notre Souverain légitime s’était rendu en pèlerinage au sanctuaire de Sainte Anne d’Auray, à l’occasion d’une visite en Bretagne (cf. > ici), qui coïncidait avec l’ouverture du jubilé du quatrième centenaire de la découverte de la statue miraculeuse de Sainte Anne par Yvon Nicolazic ; on se souvient aussi que, lors de ce pèlerinage, le dimanche 1er juin 2025, Sa Majesté avait consacré à Sainte Anne Sa personne, Sa famille ainsi que tous ceux dont Elle a la charge.

   Ce samedi 25 juillet 2026 marque donc une nouvelle étape dans la dévotion de notre Roi envers la bonne Sainte Anne, puisque, à l’occasion de la refondation de la Confrérie de Sainte Anne (voir les engagements de la Confrérie > ici ; le compte-rendu de la presse > ici ; et les articles du site Ar Gedour > ici et > ici), Il a souhaité entrer Lui-même dans cette Confrérie qui Le relie directement à la naissance miraculeuse du Grand Roi Son ancêtre.

Le Comte Patrick de Sèze lisant le message de Sa Majesté 25 juillet 2026

Samedi 25 juillet 2026 : A Sainte-Anne-d’Auray, Patrick Comte de Sèze - représentant Sa Majesté
le Roi Louis XX – lit le message de ce dernier devant Son Excellence Monseigneur Centène, évêque de Vannes,
à l’occasion de l’adhésion du Roi à la Confrérie de Sainte Anne qui vient d’être relevée. 

   A cette occasion, Sa Majesté, représentée par le Comte Patrick de Sèze, a fait lire le message suivant :

Message du Roi 25 juillet 2026 - 1

Message du Roi 25 juillet 2026 - 2

   Puis, à l’intérieur même de la basilique, Son Excellence Monseigneur Centène a procédé à la bénédiction d’un ex-voto, posé le 16 juillet dernier :

Bénédiction de l'ex-voto royal

Ex-voto de Sa Majesté à Sainte-Anne d'Auray

2026-153. De l’Invention – ou découverte – du corps de Saint Etienne, protomartyr, au temps de l’empereur Honorius.

3 août,
Chez les Ermites de Saint Augustin, fête du Bienheureux Jean Bufalari de Rieti (cf. > ici);
Mémoire de l’invention du corps de Saint Etienne, protomartyr, et des saints Gamaliel, Nicodème et Abibas ;
Mémoire de Sainte Lydie de Thyatire, première habitante d’Europe à accueillir les missionnaires de l’Evangile (cf. > ici) ;
Quatrième jour du Carême de la Dormition de la Mère de Dieu (cf. > ici) ;
Deuxième jour de na neuvaine préparatoire à la fête de Sainte Philomène (cf. > ici).

Fra Filippo Lippi - funérailles de Saint Etienne

Fra Filippo Lippi (1406-1469) : funérailles de Saint Etienne (1452-1469)
[fresques de la cathédrale Saint-Etienne de Prato, Italie].

       Si la Sainte Eglise romaine célèbre principalement à la date du 26 décembre la fête de Saint Etienne, diacre et protomartyr, sa liturgie traditionnelle le célèbre aussi indirectement en faisant la station le vendredi de la Passion dans l’église dédiée à Saint Etienne, sur le Mont Cœlius, à Rome, mais elle le fête encore d’une manière très particulière le 3 août avec cette fête dite “de l’Invention de Saint Etienne ».
Vous ne l’ignorez pas, le mot “invention” utilisé par la liturgie, provenant directement du verbe latin “invenire » (trouver, découvrir), désigne spécifiquement le fait de retrouver le corps d’un saint ou de précieuses reliques. C’est ainsi qu’il existe, à la date du 3 mai, la fête de l’invention de la Sainte Croix, qui célèbre la découverte du bois de la Croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ, à Jérusalem, consécutivement aux recherches accomplies par l’impératrice-mère Sainte Hélène (cf. > ici).

   La liturgie de la Sainte Messe de ce 3 août, est la même que celle du 26 décembre, sauf pour la collecte qui est propre : « Da nobis, quǽsumus, Dómine, imitári quod cólimus : ut discámus et inimícos dilígere ; quia ejus inventiónem celebrámus, qui novit étiam pro persecutóribus exoráre Dóminum nostrum Jesum Christum, Fílium tuum… etc. » : Nous Vous en prions, Seigneur, donnez-nous d’imiter celui que nous célébrons : afin que nous apprenions à aimer nos ennemis puisque nous fêtons l’invention de celui qui, même pour ses bourreaux, a su prier Notre-Seigneur Jésus-Christ Votre Fils, Lui qui… etc.

   Cette collecte est explicite. Nous célébrons donc en ce jour la découverte – l’invention – du corps de Saint Etienne, qui est due à une intervention merveilleuse de la divine Providence, car le lieu de sa sépulture avait été oublié.

Michael Pacher - Apparition de Gamaliel au prêtre Lucien - vers 1470

Michael Pacher (vers 1435 – 1498) : apparition de Gamaliel au prêtre Lucien (vers 1470)
[retable de Saint Etienne - Musée d'Art et d'Archéologie, Moulins].

   Au temps de l’empereur Honorius (qui régna de 395 à 423), fils de Saint Théodose Ier le Grand, il y avait à Caphargamalia (ce qui signifie : villa de Gamaliel), dans le voisinage de Jérusalem, une église desservie par un prêtre nommé Lucien.
Gamaliel est ce célèbre docteur de la loi qui avait instruit le futur Saint Paul, et qui, touché déjà de la grâce, avait donné une sépulture honorable au saint diacre et martyr dans sa propriété. Dans ce même tombeau il avait ensuite enseveli Nicodème – le sanhédrite dont il est question dans l’Evangile -, ainsi que son propre fils, Abibas ; lui-même y fut également déposé à sa mort.

   Gamaliel apparut à trois reprises au prêtre Lucien et lui indiqua l’endroit où se trouvait ce tombeau perdu. Ce n’est qu’après la troisième apparition que Lucien se décida à obéir. C’était le 5 décembre de l’an 415.
Le patriarche de Jérusalem, qui avait été averti par Lucien, vint sur les lieux avec deux autres évêques ainsi que d’autres membres du clergé. Au lieu désigné par l’apparition, on trouva, en effet, les ossements du saint protomartyr : il s’en exhala un parfum si délicieux, qu’on eût cru respirer l’air embaumé du paradis. Cette odeur se répandit même assez loin, si bien que, en la sentant, soixante-treize malades en furent immédiatement guéris. Les évêques, après avoir respectueusement baisé les reliques du Bienheureux Etienne, les enfermèrent dans une châsse, afin de l’emporter à Jérusalem.
Alors, une pluie bienfaisante commença à tomber et mit fin à la sécheresse qui désolait depuis plusieurs mois la Terre Sainte.

Michael Pacher - Apparition de Gamaliel au prêtre Lucien - détail

   La nouvelle de la découverte des reliques de Saint Etienne eut un immense retentissement dans toute l’Eglise. Beaucoup d’évêques sollicitèrent alors la faveur d’en recevoir quelques fragments, et des miracles nombreux accompagnèrent ces translations.
Notre Bienheureux Père Saint Augustin, qui était alors en vie, nous a conservé le récit de plusieurs de ces miracles : « Qui ne connaît, disait-il, les merveilles inouïes opérées à la face du monde par le premier martyr Etienne ? Son tombeau, si longtemps inconnu, nous a été manifesté au temps marqué par la Providence. Quelle lumière projetée sur notre monde ! Que de miracles ! Mort, Étienne ressuscite les morts. C’est que les Saints vivent pour de perpétuelles éternités dans le royaume de Dieu ».

   Saint Augustin eut lui-même la joie de recevoir des reliques du premier martyr, en 425, qu’il plaça dans une chapelle richement ornée de sa cathédrale.
Un Syrien, nommé Bassus, alla faire toucher à ce reliquaire la robe de sa fille mourante. Lorsqu’il revint chez lui, il entendit les lamentations de la famille : sa fille était morte ! Mais il se rendit plein de foi auprès du cadavre et le couvrit de la robe qu’il apportait. Sa fille, ressuscita aussitôt et lui tendit les bras.

   La plus grande partie du corps de Saint Etienne fut transférée à Rome, dans la basilique de Saint-Laurent-hors-les-Murs, où elle fut déposée dans le tombeau où reposait déjà son émule, Saint Laurent, diacre et martyr comme lui.
C’est vraisemblablement à la date anniversaire de l’une ou l’autre des translations des reliques que cette découverte occasionna que la fête de leur invention a été établie alors que, comme nous l’avons vu plus haut, elle avait eu lieu au début de décembre.

       On peut aussi lire ou relire les sermons de Saint Augustin au sujet du martyre de Saint Etienne que nous avons déjà publiés :
« La lutte pour lui ne pouvait être timide, elle fut celle d’un héros ! » > ici.
« Il reçut la couronne rappelée par le nom glorieux d’Etienne » > ici.

Pau Vergos - Invention du corps de Saint Etienne - blogue

Pau Vergos (vers 1465 – 1495) : Invention du corps de Saint Etienne (vers 1495)
[Musée national d'art de Catalogne, Barcelone].

* * *

Leçons du deuxième nocturne

des matines de la fête de

l’Invention de Saint Etienne :

Quatrième leçon :

   Les corps des Saints Etienne, premier Martyr, de Gamaliel, de Nicodème et d’Abibas restèrent longtemps cachés dans un lieu obscur et indigne d’eux.
Sur une indication céleste donnée au prêtre Lucien, ils furent enfin trouvés près de Jérusalem, sous l’empereur Honorius. Gamaliel apparut en songe au prêtre Lucien, sous la figure d’un vieillard à l’aspect grave et majestueux, et lui montrant où gisaient les corps, il lui ordonna d’aller trouver Jean, évêque de Jérusalem, et de traiter avec lui des moyens de donner une sépulture plus honorable à leurs dépouilles.

Pau Vergos - Invention du corps de Saint Etienne - détail 1

Cinquième leçon :

   A cette information, l’évêque de Jérusalem convoqua les évêques et les prêtres des villes voisines et se rendit sur les lieux. Il découvrit et fit ouvrir les sépulcres, d’où s’exhala une odeur très suave.
Le bruit de cet événement s’étant répandu, une grande foule se rassembla, et beaucoup des assistants, qui étaient affligés de diverses maladies, retournèrent chez eux complètement guéris.
Le corps sacré de Saint Etienne fut alors déposé avec la plus grande pompe dans la sainte église de Sion, d’où on le transporta à Constantinople, sous Théodose le Jeune. Apporté à Rome, au temps du Souverain Pontife Pélage Ier, il fut placé dans le sépulcre de Saint Laurent, martyr, dans l’Agro Verano.

Pau Vergos - Invention du corps de Saint Etienne - détail 2

Sixième leçon :

   Du livre de saint Augustin, évêque, “De la cité de Dieu” :

   Lorsque l’évêque Project apportait à Tibilis des reliques du très glorieux martyr Etienne, il y eut un grand concours de peuple sur le passage de la châsse. C’est alors qu’une femme aveugle, ayant demandé qu’on la fît approcher de l’évêque qui portait les restes sacrés, donna des fleurs qu’elle tenait à la main, pour les faire toucher aux reliques ; et quand on les lui eut rendues, elle se les appliqua sur les yeux, et aussitôt elle recouvra la vue. A la stupéfaction de ceux qui étaient présents, elle se mit à marcher toute joyeuse en avant du cortège, alerte et n’ayant plus besoin de guide.
Une autre châsse renfermant des reliques du même martyr était en vénération tout près d’Hippone, au bourg de Sinite ; Lucillus, évêque de ce lieu, qui la portait solennellement, précédé et suivi de la population, fut soudainement guéri, par la vertu de ce précieux fardeau, d’une fistule dont il était incommodé depuis longtemps et qu’il était prêt à faire ouvrir par un médecin de ses amis.

Basilique de Saint-Laurent-hors-les-murs - tombe des Saints Etienne et Laurent - blogue

Rome, basilique de Saint-Laurent-hors-les-murs :
au dessous de l’autel majeur, dans la confession, recouverte d’un tissu de velours rouge,
la tombe des Saints Etienne et Laurent, diacres et martyrs.

2026-152. Le 3 août, les Ermites de Saint Augustin fêtent le Bienheureux Jean Bufalari de Rieti.

3 août,
Chez les Ermites de Saint Augustin, fête du Bienheureux Jean Bufalari de Rieti ;
Mémoire de l’invention du corps de Saint Etienne, protomartyr, et des saints Gamaliel, Nicodème et Abibas (cf. > ici) ;
Mémoire de Sainte Lydie de Thyatire, première habitante d’Europe à accueillir les missionnaires de l’Evangile (cf. > ici) ;
Quatrième jour du Carême de la Dormition de la Mère de Dieu (cf. > ici) ;
Deuxième jour de na neuvaine préparatoire à la fête de Sainte Philomène (cf. > ici).

Bienheureux Jean de Rieti

       Le Bienheureux Jean Bufalari - ou de Bufalare -, dit aussi Jean de Rieti, est l’un de ces merveilleux exemples de maturité spirituelle dans la vie religieuse acquise en peu de temps à un âge encore jeûne, tel qu’on en trouve également en Saint Louis de Gonzague (cf. > ici), Saint Jean Berchmans ou Saint Stanislas Kostka – tous trois de la Compagnie de Jésus -, en Saint Gabriel de l’Addolorata – chez les Passionistes – (cf. > ici), en Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de la Sainte Face – au Carmel -, …etc., puisqu’il mourut à l’âge de 17 ans, jeune moine profès, au couvent de Rieti.

   Selon une tradition pluriséculaire, bien que nous n’en possédions pas une preuve documentée formelle, il serait le frère puîné de la Bienheureuse Lucie Bufalari, augustine elle aussi, dont nous célébrons la fête le 27 juillet (cf. > ici). Ainsi, comme cette dernière, il serait né à Porchiano del Monte, près d’Amelia, en Ombrie, dans une famille de la petite noblesse, riche de piété et de ferveur, et peut-être est-ce la Bienheureuse Lucie qui l’a formé dans la vie spirituelle et qui lui a communiqué le désir d’entrer chez les Ermites de Saint Augustin, dont un couvent avait été fondé à Amelia dans la seconde moitié du XIIIème siècle.

   Né en 1329 ou 1330, Jean (Giovanni en italien), dont on ne sait rien de l’enfance, a dû entrer au couvent d’Amelia aux alentours de ses 13 ou 14 ans, puis fut transféré au couvent de Rieti, ville du Latium, à une vingtaine de lieues au nord-est de Rome, où il rendit sa belle âme à Dieu le 1er août 1347 (toutefois certains historiens modernes inclinent plustôt vers la date de 1336, ce qui alors placerait sa naissance en 1318 ou 1319).
Son corps est conservé dans la basilique Saint-Augustin de Rieti (fondée avant 1252), et, comme celui de la Bienheureuse Lucie, son culte fut confirmé le 3 août 1832 par le pape Grégoire XVI.

Couvent Saint-Augustin de Rieti cloître état actuel

Rieti : cloître du couvent des Ermites de Saint Augustin dans son état actuel.

   Le Bienheureux Jean a frappé ses contemporains par sa joyeuse simplicité, son humilité sans apprêt, sa jovialité charmante, sa chaleur spontanée et naturelle envers tous, son affabilité délicate et son attention aux autres, sa prévenance active envers tous, son inaltérable et souriante patience, sa cordialité envers tous – même les grincheux et les moins affables, au point que les fidèles le surnommaient affectueusement « Fra Giovannino ».
On sait qu’il aimait se rendre utile au jardin, où il ne ménageait pas sa peine, mais où, aussi, il se perdait en contemplation et en action de grâces au spectacle des merveilles de la création… 

   Ces aspects visibles de sa personnalité étaient, on s’en doute, le fruit d’une profonde vie spirituelle, de longues heures d’oraison et de contemplation nocturnes, d’une ferveur eucharistique qui forçait l’admiration, d’une ardente dévotion à la Passion – qui lui faisait voir le Christ souffrant en tous les malades au service desquels il se dépensait sans compter -, d’une mortification et d’une pénitence sans concession, quoique discrètes, ainsi que d’une tendre et filiale dévotion envers la Bienheureuse Vierge Marie.

   C’est la Madone, semble-t-il, qui l’avertit de sa fin prochaine : vivant déjà dans l’au-delà, il envisageait la mort sans appréhension ; il l’attendait sereinement.
Pendant les six mois de maladie qui le conduisirent à une mort prématurée, il parlait joyeusement avec ses frères de son prochain trépas, et il rendit son âme à Dieu le sourire aux lèvres, heureux d’aller retrouver Dieu auquel il avait entièrement consacré sa vie.
Sa mort, aussitôt qu’elle fut connue dans la ville, y suscita une grande émotion, davantage d’enthousiasme et d’action de grâces à Dieu que de tristesse, et sa tombe attira naturellement les fidèles qui le vénéraient comme un saint, d’autant que de nombreux malades y trouvèrent consolation et guérison.

Bienheureux Jean de Rieti - détail de la châsse

Portrait (imaginaire) du Bienheureux Jean de Rieti
peint au XIXème siècle sur l’autel renfermant ses reliques.

   Il est impossible de ne pas citer ici son contemporain, le Révérend Père Jourdain de Saxe, un Ermite de Saint Augustin du XIVème siècle, qu’il ne faut pas confondre avec son homonyme, le Bienheureux dominicain mort en 1237, successeur de Saint Dominique à la tête de l’Ordre des Prêcheurs :

   « A Rieti vivait un jeune frère nommé Giovanni, simple, humble, toujours joyeux, égal aux autres dans le manger, le boire et dans tous les autres aspects de la vie commune des frères ; irréprochable dans ses relations humaines, il était véritablement unique dans son cœur.
Il aimait tendrement ses frères et les traitait avec une telle charité que jamais une parole ne lui échappait, jamais un geste qui contredise la loi de l’amour fraternel. Il traitait chacun avec bonté, surtout les malades et les invités ; il leur lavait les pieds et nettoyait leurs vêtements, mettant même les siens à leur disposition ; il les comblait de toutes sortes de bontés et faisait toujours tout avec la plus grande joie. A tous les prêtres, sans exception et spontanément, chaque fois qu’il le pouvait, il servait la messe avec une grande dévotion.
Il se rendait souvent seul au jardin du couvent et, à sa sortie, on remarquait souvent qu’il avait beaucoup pleuré. Lorsqu’on lui demanda un jour pourquoi il pleurait, il répondit : “Parce que je vois que l’herbe, les arbres, les oiseaux et la terre avec ses fruits obéissent à Dieu, tandis que les hommes, à qui la vie éternelle a été promise en récompense de leur obéissance, transgressent la loi de leur Créateur. C’est pourquoi je gémis et je pleure”.

Plusieurs jours avant sa mort, un rossignol vint chanter doucement devant la fenêtre de ce moine. Les frères furent stupéfaits, et lui demandèrent des explications. Lui, souriant et plaisantant, répondit que c’était son épouse qui venait l’inviter au ciel.
Un jour, alors qu’il servait la messe, il aperçut une lumière céleste sur l’autel et tomba aussitôt malade. Puis, rempli de piété, il rendit son âme à Dieu. Immédiatement, des miracles se produisirent par l’intercession de ce saint moine, à tel point que la première année, on en compta près de 150, comme je l’appris des frères de ce couvent lors de ma visite personnelle au tombeau de ce saint frère à Rieti » (Jourdain de Saxe, in “Liber Vitasfratrum”, II, 5).

 Autel dans lequel est conservé le corps du Bienheureux Jean de Rieti

Rieti, basilique Saint-Augustin :
autel dans lequel sont conservées les reliques du Bienheureux Jean Bufalari.

2026-150. Les 64 prêtres et religieux Martyrs des Pontons de Rochefort et de l’Ile Madame qui ont été élevés sur les autels.

28 juillet,
Au Mesnil-Marie, nous célébrons en ce jour les Bienheureux Martyrs des pontons de Rochefort ;
Mémoire des Saints Nazaire et Celse, martyrs, Saint Victor 1er, pape et martyr, et Innocent 1er, pape et confesseur ;
Anniversaire du sacre de Pépin le Bref à Saint-Denis par le pape Etienne II (28 juillet 754) ;
Anniversaire de la mort de Don Antonio Vivaldi (+ 28 juillet 1741 – cf. > ici & > ici) ;
Anniversaire de la mort de Jean Cottereau, dit Jean Chouan (+ 28 juillet 1794).

Bienheureux Martyrs des pontons de Rochefort et de l'Ile Madame - livret de la béatification couverture

Illustration de la couverture du livret de la
cérémonie de béatification (Rome, le 1er octobre 1995)
des 64 Bienheureux Martyrs
des Pontons de Rochefort et de l’Ile Madame.

       Refusant de prêter le serment schismatique à la constitution civile du clergé du 12 juillet 1790, au moins 829 prêtres et religieux (chiffre de ceux qui ont été identifiés, mais il se peut qu’il y en ait en réalité mille à deux milles car nous ne possédons pas tous les documents), venus de Lorraine, de Normandie, du Limousin, de Guyenne, de la Marche, du Poitou… etc., ont été déportés à Rochefort, à partir d’avril 1794, et embarqués sur deux anciens vaisseaux négriers français – les « Deux Associés » et le « Washington » -, en vue d’être envoyés en Guyane.
Ces navires, ancrés dans la rade de l’Île d’Aix, ne partirent jamais d’une part en raison de leur état de vétusté qui les rendait véritablement impropres à la navigation, et d’autre part à caise du blocus anglais qui interdisait la sortie en haute mer.

   Dans le but inavoué de les faire disparaître sans faire trop d’éclat, les équipages de ces navires devenus de véritables « camps de concentration » firent subir les pires souffrances à ces héroïques confesseurs de la foi : tortures – physiques et morales -, maladies, menaces, avanies… La plupart des prêtres déportés décéderont du typhus dû à l’insalubrité extrême, à l’absence totale d’hygiène, à la nourriture rare et très malsaine et aux mauvais traitements.
En dix mois, 547 d’entre eux moururent de ces mauvais traitements qui leurs furent infligés.
La majorité d’entre eux fut enterrée sur l’Île d’Aix et sur l’Île Madame.
Après la chute de Robespierre et la fin de la grande Terreur, la Convention, à partir de février 1795, libéra ceux qui restaient en vie, au nombre de 282 !

   Les procès canoniques, diocésains et romains, ont finalement retenu 64 d’entre eux, pour lesquels on avait suffisamment de documentation et la certitude absolue qu’ils avaient été mis à mort en haine de la foi et de l’Eglise catholiques : leur béatification a été célébrée à Rome le 1er octobre 1995.
On trouvera ci-dessous les noms de ces 64 Bienheureux : nous les avons classés selon l’ordre hiérarchique, et à l’intérieur de chaque catégorie selon la date de leur trépas.

   Dans les diocèses, instituts ou congrégations dont ils sont issus, leur fête est célébrée à des dates différentes, souvent en fonction de la date de la mort de ceux qui appartiennent à ces diocèses ou congrégations.
Au Mesnil-Marie, où nous vivons selon la Règle de Saint Augustin, nous plaçons en “première ligne” le seul de ce groupe à avoir vécu sous cette même Règle que nous, à savoir le Bienheureux Gabriel Pergaud (29 octobre 1752 – 21 juillet 1794), puisqu’il était génovéfain (chanoine régulier de Saint Augustin de la Congrégation de France), et nous célébrons donc leur fête à tous au jour de notre calendrier qui était disponible au plus près du 21 juillet, dies natalis du Bienheureux Gabriel Pergaud.  

Sur l'Île Madame, oratoire de la Reine des martyrs

Sur l’Île Madame, oratoire de la Reine des Martyrs.

A – Morts en 1794 :

A1 -Du clergé séculier : 

Un prélat domestique :

- Monseigneur Raymond Pétiniaud de Jourgnac, vicaire général de l’évêque de Limoges. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 26 juin 1794.

Cinq chanoines de cathédrales :

- Le chanoine Pierre-Joseph Le Groing de La Romagère, chanoine à la cathédrale de Bourges. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 26 juillet 1794.
- Le chanoine Scipion-Jérôme Brigeat de Lambert, doyen du chapitre d’Avranches. Déporté sur le Washington ; mort le 4 septembre 1794.
- Le chanoine François d’Oudinot de La Boissière, chanoine du diocèse de Limoges. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 7 septembre 1794.

- Le chanoine François Mayaudon, chanoine à Saint-Brieuc puis à Soissons. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 11 septembre 1794.
- Le chanoine Jean-Baptiste Laborie du Vivier, chanoine de la cathédrale de Mâcon. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 27 septembre 1794.

Douze chanoines de collégiales :

- Le chanoine Jean-Baptiste Vernoy de Montjournal, chanoine à Moulins. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 1er juin 1794.
- Le chanoine Pierre-Yrieix Labrouhe de Laborderie, du chapitre collégial de Saint-Yrieix (Limousin). Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 1er juillet 1794.
- Le chanoine Jean-Baptiste de Bruxelles, du chapitre collégial de Saint-Léonard (Limousin) : déporté sur les Deux-Associés, mort le 18 juillet 1794.
- Le chanoine Jean-François Jarrige de la Morelie du Breuil, du chapitre collégial de Saint-Yrieix (Limousin) ; déporté sur les Deux-Associés ; mort le 31 juillet 1794.
- Le chanoine Pierre Jarrige de La Morelie de Puyredo, du chapitre collégial de Saint-Yrieix (Limousin) ; déporté sur les Deux-Associés ; mort le 12 août 1794.
- Le chanoine Jean-Baptiste Ménestrel, chanoine à Remiremont (Lorraine). Déporté sur le Washington ; mort le 16 août 1794.
- Le chanoine Charles-Arnould Hanus, curé et doyen du chapitre de Ligny (Barrois). Déporté sur le Washington ; mort le 28 août 1794.
- Le chanoine Claude-Barnabé Laurent de Mascloux, du chapitre collégial du Dorat (Limousin). Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 7 septembre 1794.
- Le chanoine Georges-Edme René, chanoine à Vézelay. Déporté sur le Washington ; mort le 2 octobre 1794.
- Le chanoine François Hunot, chanoine de Brienon-l’Archevêque (Bourgogne). Déporté sur le Washington ; mort le 6 octobre 1794.
- Le chanoine Jean Hunot, chanoine à Brienon-l’Archevêque (Bourgogne). Déporté sur le Washington ; mort le 7 octobre 1794.
- Le chanoine Sébastien-Loup Hunot, chanoine à Brienon-l’Archevêque (Bourgogne). Déporté sur le Washington ; mort le 17 novembre 1794.           

Croix mutilée sculptée par un prêtre

Cette croix est conservée à l’évêché de La Rochelle :
elle a été sculptée par l’un des prêtres déportés.
Mutilée, elle est l’un des symboles forts et émouvants
du calvaire enduré par les confesseurs de la foi.

Cinq curés ou prieurs :

- L’Abbé Philippe Papon, curé de Contigny (Bourbonnais). Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 17 juin 1794.
- L’Abbé Jacques Lombardie, curé de Saint-Hilaire-Foissac (Limousin). Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 22 juillet 1794.
- L’Abbé Pierre Gabilhaud, curé de Saint-Christophe (Limousin) ; déporté sur les Deux-Associés ; mort le 13 août 1794.
- L’Abbé Antoine Banassat, curé de Saint-Fiel (Limousin) : déporté sur les Deux-Associés ; mort le 18 août 1794.
- L’Abbé Elie Leymarie de Laroche, prieur de Coutras (Guyenne). Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 22 août 1794.
- L’Abbé Joseph Marchandon, curé de Marsac (Limousin). Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 22 septembre 1794.

Onze vicaires et ecclésiastiques exerçant divers emplois :

- L’Abbé Antoine Auriel-Constant, vicaire à Calviac et Sainte-Mondane (Gascogne). Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 16 juin 1794.
– L’Abbé Jacques-Morelle Dupas, vicaire à Ruffec (Berry). Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 21 juin 1794.
- L’Abbé Michel-Bernard Marchand, prêtre du diocèse de Rouen. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 15 juillet 1794.
- L’Abbé Marcel-Gaucher de La Biche de Reignefort, missionnaire à Limoges. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 26 juillet 1794.
- L’Abbé Pierre-Michel Noël, prêtre du diocèse de Rouen. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 5 août 1794.
- L’Abbé Noël-Hilaire Le Conte, ancien musicien de la cathédrale de Bourges où il portait le titre de « vicaire de résidence ». Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 17 août 1794.

- L’Abbé Jean-Baptiste Étienne Souzy, prêtre du diocèse de La Rochelle : déporté sur les Deux-Associés, mort le 27 août 1794.
- L’Abbé Louis-Wulphy Huppy, prêtre du diocèse de Limoges ; déporté sur les Deux-Associés ; mort le 29 août 1794.
- L’Abbé Florent Dumontet de Cardaillac, aumônier de la comtesse de Provence ; déporté sur les Deux-Associés ; mort le 5 septembre 1794.
- L’Abbé Claude Dumonet, professeur au collège de Mâcon. Déporté sur le Washington ; mort le 13 septembre 1794.
- L’Abbé Claude Laplace, prêtre à Moulins. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 14 septembre 1794.

Trois Sulpiciens :

- Monsieur Charles-René Collas du Bignon, supérieur du petit séminaire de Bourges. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 3 juin 1794.
- Monsieur Joseph Juge de Saint-Martin, directeur de séminaire ; déporté sur les Deux-Associés ; mort le 7 juillet 1794.

Monsieur Claude-Joseph Jouffret de Bonnefont, supérieur du petit séminaire d’Autun. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 10 août 1794.

Un Eudiste :

- Le Père Charles-Antoine-Nicolas Ancel, eudiste à Lisieux. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 29 juillet 1794.

Île Madame - la Croix de galets

Sur l’Île Madame, la célèbre « Croix de galets » :
au lieu où furent découverts en 1913 plusieurs cadavres de prêtres,
les pèlerins ont peu à peu apporté des galets qui ont formé cette
impressionnante croix à la mémoire des prêtres martyrs.

A2 – Du clergé régulier :

Un chanoine régulier de Saint Augustin de la Congrégation de France :

- Le Rd. Père Gabriel Pergaud, génovéfain de l’abbaye Notre-Dame de Beaulieu (dans le diocèse de Saint-Malo). Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 21 juillet 1794.

Quatre Carmes :

- Le Rd. Père Léonard (né Jean-Baptiste) Duverneuil, carme de la maison d’Angoulême ; déporté sur les Deux-Associés ; mort le 1er juillet 1794.
- Le Rd. Père Michel-Louis Brulard, carme de la maison de Charenton. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 25 juillet 1794.
– Le Rd. Père Jacques Retouret, carme de la maison de Limoges. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 26 août 1794.
– Le Rd. Père Hubert de Saint-Claude (né Jacques Gagnot), carme de la maison de Nancy. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 10 septembre 1794.

Trois Bénédictins :

- Dom Barthélemy Jarrige de La Morelie de Biars, clunisien de l’abbaye Saint-Antoine et Saint-Pierre de Lezat (diocèse de Couserans) ; déporté sur les Deux-Associés ; mort le 13 juillet 1794.
- Dom Claude Richard, bénédictin de la Congrégation de Saint-Vanne et Saint-Hydulphe, à l’abbaye Saint-Hydulphe de Moyenmoutier (Lorraine). Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 9 août 1794.
Dom Louis-François Le Brun, bénédictin de la congrégation de Saint-Maur. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 20 août 1794.

Trois Cisterciens :

- Le Rd. Père Paul (né Paul-Jean) Charles, moine cistercien de l’abbaye de Sept-Fons (Bourbonnais). Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 25 août 1794.
- Le Frère Elie (né Augustin-Joseph) Desgardin, frère convers de l’abbaye de Sept-Fons (Bourbonnais). Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 6 juillet 1794.
– Le Rd. Père Gervais-Protais Brunel, moine cistercien de la stricte observance de la Grande-Trappe (Perche). Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 20 août 1794.

Deux Chartreux :

- Dom Claude Béguignot, de la Chartreuse Saint-Julien du Petit-Quevilly (Normandie). Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 16 juillet 1794.
Dom Lazare Tiersot, de la Chartreuse Notre-Dame de Fontenay-lès-Beaune (Bourgogne). Déporté sur le Washington ; mort le 10 août 1794.

Île d'Aix monument aux prêtres déportés

Sur l’Île d’Aix : monument à la mémoire des prêtres déportés.

Franciscains :

a) Deux Cordeliers :

- Le Rd. Père Louis-Armand-Joseph Adam, cordelier à Rouen. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 13 juillet 1794.
- Le Rd. Père Nicolas Sauvouret, cordelier à Moulins. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 16 juillet 1794.

b) Trois Capucins :

- Le Rd. Père Jean-Baptiste-Xavier (né Jean-Louis) Loir, capucin du couvent du Petit-Forez de Lyon. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 19 mai 1794.
– Le Rd. Père Sébastien (né François) François, capucin. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 10 août 1794.
- Le Rd. Père Protais (né Jean) Bourdon, capucin à Sotteville, près de Rouen. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 23 août 1794.

Un Dominicain :

- Le Rd. Père Thomas (né Jean-Georges) Rehm, dominicain au couvent de Schlestadt (Alsace). Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 11 août 1794.

Deux Jésuites :

- Le Rd. Père Joseph Imbert, jésuite. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 9 juin 1794.
– Le Rd. Père Jean-Nicolas Cordier, jésuite. Déporté sur le Washington ; mort le 30 septembre 1794.

Trois Frères des Ecoles chrétiennes :

- Le Cher Frère Léon (Jean) Mopinot, des frères des écoles chrétiennes à Moulins. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 21 mai 1794.
- Le Cher Frère Uldaric (né Jean-Baptiste) Guillaume, des frères des écoles chrétiennes à Nancy. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 27 août 1794.
- Le Cher Frère Roger (né Pierre-Sulpice-Christophe) Faverge [ou Favergne], des frères des écoles chrétiennes à Moulins. Déporté sur les Deux-Associés ; mort le 12 septembre 1794.

* * * * * * *

B – Mort en 1795 :

- L’Abbé Nicolas Tabouillot, curé de Méligny-le-Grand (diocèse de Verdun). Déporté sur le Washington ; mort le 23 février 1795.

Sanctuaire des prêtres déportés à Port-des-Barques

A l’estuaire de la Charente, la commune de Port-des-Barques possède l’Île Madame dans son territoire :
on y trouve un sanctuaire des prêtres déportés où est érigé cette croix
entourée des statues des Saints Apôtres Pierre et Paul.

2026-149. Deux interprétations du « Gloria » d’Antonio Vivaldi.

28 juillet,
Anniversaire de la mort de Don Antonio Vivaldi (+ 28 juillet 1741).

Ospedale della Pietà

Croquis figurant le célèbre « Pio ospedale della Pietà »
pour lequel Don Antonio Vivaldi composa son célèbre « Gloria » RV589

       Lorsque mon papa-moine travaille, il lui arrive – si cela ne nuit pas à sa concentration – de mettre un fond musical… dont je profite moi aussi : vous n’ignorez pas, je pense, que nous autres chats sommes naturellement mélomanes et très sensibles aux harmonies des sons.
Comme ma formation musicale n’est pas achevée (le sera-t-elle d’ailleurs un jour ?), je suis souvent curieux des explications que Frère Maximilien-Marie peut m’apporter au sujet de l’œuvre qu’il écoute ; je suis également désireux d’en mieux percevoir toutes les richesses : cela me permet de me mettre à l’unisson de l’âme de mon humain de compagnie. C’est important !

   A l’occasion de l’anniversaire de la (si triste) mort de Don Antonio Vivaldi (28 juillet 1741), comme, en notre Mesnil-Marie, nous avions à rendre à Dieu Notre-Seigneur quelque action de grâce pour des bienfaits reçus, Frère Maximilien-Marie m’a proposé d’écouter, en laissant s’élever nos âmes dans une écoute quasi extatique, le célèbre « Gloria » RV 589 composé entre 1713 et 1715 pour ce « Pio ospedale della Pietà » qu’il a rendu célèbre.

   En pratique nous en avons écouté plusieurs interprétations : et pour certaines mon très perfectionniste moine – qui était curieux d’entendre des enregistrements plus ou moins récents de cette œuvre emblématique et justement célèbre -, coupait rapidement court en me disant : « Ah non, Tolbiac ! cette façon de jouer est lourde, “pachydermique” !!! Il s’agit d’un “Gloria” qui fait exulter l’âme comme en un tourbillon sacré, pas un défilé de la Légion étrangère !!! Passons à une autre version !…» Moi j’étais bien d’accord : je raffole des rythmes entraînants et enlevés !

   Finalement nous avons retenu deux interprétations qui nous ont semblé très intéressantes et que j’ai décidé de vous livrer ci-dessous :

   1) La première a été enregistrée en mai 2015 dans « l’église du Christ – ChristusKirche » de Dresde. C’est un ensemble réduit de choristes et de musiciens qui l’interprète, sous la direction de Karl Hänsel :

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   2) La seconde a été enregistrée en octobre 2024 en concert dans la « Grande salle des fêtes - Großes Festspielhaus » de Salzburg : nous avons ici – au contraire de la version précédente – un grand ensemble tant pour les musiciens que pour les choristes, puisqu’il s’agit de l’Orchestre philharmonique de Salzburg avec son chœur, dirigés par la pétulante Elisabeth Fuchs :

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   Et vous, chers Amis, qu’en pensez-vous ?

Tolbiac.

puttis musiciens avec chat - blogue

2026-148. Le miracle de la liquéfaction du sang de Saint Pantaléon, à Ravello… et ailleurs.

27 juillet,
Fête de Saint Pantaléon de Nicomédie, médecin anargyre et mégalomartyr (cf. > ici) ;
Chez les Ermites de Saint Augustin, mémoire de la Bienheureuse Lucie de Bufalare, vierge de notre Ordre (cf. > ici) ;
Anniversaire de la victoire de Bouvines (27 juillet 1214 – cf. > ici & > ici) ;
Anniversaire de la mort de Turenne (27 juillet 1675 – cf. > ici) ;
Anniversaire de l’arrestation de Robespierre et de ses complices terroristes (27 juillet 1794).

Ravello - Campanie - province de Salerne

Sur la côte amalfitaine, en Campanie, la ville de Ravello (province de Salerne),
avec sa cathédrale fondée au XIème siècle.

       Ravello est une très ancienne cité de la côte amalfitaine, dans la province de Salerne. Sa cathédrale Notre-Dame de l’Assomption (Santa-Maria Assunta) a été fondée en 1087.
On ne sait pas précisément à quelle date y fut apportée une ampoule contenant du sang coagulé de Saint Pantaléon : il existe toutefois un document de 1112 attestant qu’à cette date le sang de Saint Pantaléon se trouvait déjà à Ravello.
Il ne saurait donc s’agir, comme l’ont avancé témérairement certains, de l’ampoule qui se trouvait à la basilique Sainte-Sophie de Constantinople, puisque nous savons aussi que sous le règne du Basileus Michel Paléologue (1259-1282), l’ampoule du sang de Saint Pantaléon s’y trouvait encore.

   C’était un usage fréquent à l’époque des persécutions – et l’on en trouve de multiples témoignages dans les actes des martyrs -, que les chrétiens recueillissent le sang des martyrs, soit dans des fioles de verre, soit au moyen de toiles qui l’absorbait lorsqu’on les posait au lieu où ce sang avait été répandu.
Les fioles étaient souvent déposées auprès du corps du martyr dans sa sépulture.

   Saint Pantaléon avait été enseveli à Nicomédie, mais lorsque la paix fut donnée à l’Eglise par l’Edit de Constantin, son tombeau devint un lieu de pèlerinage : un sanctuaire fut édifié au-dessus, puis, en raison de la popularité de son culte et des innombrables miracles qui étaient obtenus par son invocation, ses reliques furent dispersées : on trouve mention de son chef à Lyon, de l’un de ses bras à l’abbaye de Saint-Denys, d’autres fragments de ses os à Porto, à Lucques, à Venise… et la fameuse fiole contenant son sang coagulé à Ravello.

   Outre cette ampoule, le trésor de la cathédrale de Ravello contient, entre autres pièces remarquables, un splendide buste-reliquaire baroque en argent et vermeil, qui  est porté en procession à travers la ville à plusieurs reprises dans l’année.

Reliquaire de Saint Pantaléon à Ravallo - blogue

Buste reliquaire de Saint Pantaléon
[cathédrale de Ravello, Campanie].

   Selon la tradition locale, l’ampoule (celle que l’on voit encore aujourd’hui est bien l’ampoule originelle, de forme ronde et applatie) a été apportée par des marchands amalfitains qui commerçaient avec Constantinople : revenant d’Orient avec la précieuse relique par voie maritime, leur navire fut pris dans une forte et longue tempête qui les obligea à mouiller dans les eaux de Ravello ; la durée inhabituelle de la tempête amena à penser que le sang de Saint Pantaléon ne voulait pas qu’on l’emportât ailleurs.
Le clergé et le peuple de la cité descendirent donc en procession jusqu’au rivage où la relique leur fut confiée. Ils remontèrent avec elle vers la cathédrale… et la tempête se calma
.

   La cité de Ravello a dès lors pris Saint Pantaléon pour saint patron, et lui attribue sa préservation lors de tremblements de terre consécutifs aux éruptions du Vésuve, ainsi que la protection dont elle bénéficia lors de raids mahométans : pour cette raison la cathédrale a rajouté le vocable de Saint Pantaléon à celui de la Madone de l’Assomption (Duomo Santa-Maria Assunta e San Pantaleone).
Le diocèse de Ravello a été fusionné avec celui d’Amalfi en 1818, et la co-cathédrale a été érigée en basilique mineure en 1918.

   Au XVIIème siècle, la sainte ampoule contenant le sang coagulé de Saint Pantaléon, qui était jusqu’alors conservée dans une niche pratiquée dans l’un des murs du sanctuaire, fut transférée dans une chapelle érigée spécialement pour elle : la chapelle Saint Pantaléon, merveille de style baroque, surmontée d’une coupole.

autel de la chapelle Saint-Pantéléon de la cathédrale de Ravello

Chapelle Saint-Pantaléon de la basilique-cathédrale de Ravello.

   On est frappé par la précieuse beauté du devant d’autel de cette chapelle Saint-Pantaléon, réalisé en mosaïque florentine : une sorte de marqueterie de marbres variés, d’albâtre et de nacre, assemblée pour former des thèmes floraux encadrés dans des figures géométriques complexes.
L’élévation de l’autel présente, entre des colonnes de marbre, un tableau central figurant l’une des séquences du martyre de Saint Pantaléon, et, de part et d’autre, des toiles de moindre taille montrant des « portraits » de l’apôtre Saint Thomas, pour le côté de l’Evangile, et, pour le côté de l’épître, de Sainte Barbe (ou Barbara) d’Héliopolis, elle aussi martyrisée à Nicomédie.

   Sous le tableau central, on remarque une sorte de grand tabernacle, encastré dans le retable et surmontant le tabernacle pour le Saint-Sacrement : c’est là qu’est conservée depuis 1643, la sainte ampoule du sang de Saint Pantaléon.
Lorsque les portes en sont ouvertes, on peut apercevoir cette ampoule derrière de lourdes grilles dorées.

Autel de la relique du sang de Saint Pantaléon - Ravello - Copie

   L’ouverture de ce tabernacle se fait par l’arrière de l’autel, où de non moins dissuasives grilles et une vitre de haute protection empêchent toute espèce d’effraction. La photo ci-dessous montre la sainte ampoule telle qu’on peut l’apercevoir au plus près au moment de la liquéfaction.

   Cette liquéfaction est absolument documentée depuis 1577 (mais cela ne signifie pas que cela ne se produisait pas auparavant : nous ne possédons simplement pas de documents l’attestant), les évêques, les chanoines de la cathédrale, le peuple de Ravello ainsi que les pèlerins (ou curieux) que cela attire, assistent de manière récurrente, depuis des siècles, à ce phénome étonnant : le 27 juillet, à l’occasion de la fête de Saint Pantaléon, le sang du martyr qui, d’ordinaire, se présente comme un amas coagulé et brunâtre, se liquéfie et redevient rouge vif, comme cela se produit à Naples avec le sang de Saint Janvier. Toutefois, à la différence du sang du célèbre évêque de Bénévent, il n’y a pas de « mauvaise surprise » à Ravello : le miracle se produit toujours, tous les 27 juillet (et, de ce fait, à sa non liquéfaction n’est pas attribué de mauvais présage).

   En outre, il n’est pas rare que cette liquéfaction se produise de manière inattendue, en présence de certains pèlerins, lorsque le saint médecin guérit l’un ou l’autre des fidèles venus l’implorer ; et cela quelle que soit la date.

Tabernacle grillé avec la relique du sang de Saint Pantaléon

   Nous avons aussi réussi à trouver une photographie (elle n’est malheureusement pas très nette, car ancienne) de la sainte ampoule du sang de Saint Pantaléon, sortie de son tabernacle de sécurité.
En effet, depuis 1643 le reliquaire n’est sorti que très exceptionnellement de ce tabernacle.
Il n’est pas extrait au moment du prodige pour être bougé, présenté au peuple, porté, brandi, et encore moins agité comme cela se fait à Naples avec l’ampoule du sang de Saint Janvier.
Ce fait rend très difficile la prise de photographies au moment du miracle, puisque cela ne se peut faire qu’au travers des grilles et vitres.

   Voici donc cette photo prise à l’occasion d’une très rare sortie de son tabernacle :

ampoule du sang de Saint Pantaléon

   La partie principale du reliquaire évoque bien un objet d’orfèvrerie médiévale, peut-être byzantine, sur laquelle a été ajouté postérieurement une espèce de pinacle de type gothique flamboyant surmonté d’une statuette de Saint Pantaléon.
Lorsque le sang est « inactif », il n’occupe qu’un peu plus de la moitié de la fiole. Il semble qu’il soit disposé en quatre strates : le niveau le plus bas, dense et sombre, semble être constitué de sable ou de terre mêlée de sang ; la deuxième strate semble être faite de terre, avec une plus grande quantité de sang ; la troisième est faite de sang pur, coagulé en temps ordinaire, mais qui prend une couleur rubis lorsqu’il se liquéfie ; enfin la strate supérieure semble faite d’une espèce de mousse blanchâtre.

   Ceux qui ont pu examiner de très près la liquéfaction rapportent qu’au moment de celle-ci, la strate de sang pur devient véritablement comme du sang frais, et que de petites bulles se forment, remontant à travers lui, en même temps que son volume augmente puisqu’il arrive que son niveau parvienne parfois presque jusqu’au sommet de l’ampoule.
Quant au dépôt de mousse blanchâtre qu’on observe ordinairement en surface, il fait alors penser à du lait. Saint Alphonse de Ligori, qui fut témoin oculaire du miracle, parle de sang entrecoupé de lait : ce qui correspond évidemment bien à Saint Pantaléon dont les actes du martyre rapportent que lorsqu’on le décapita il répandit non seulement du sang mais aussi du lait (sans doute la raison qui l’a fait choisir pour saint patron par les nourrices).

Liquéfaction du sang de Saint Pantaléon à Ravello

Liquéfaction du sang de Saint Pantaléon dans son ampoule, à l’intérieur de son tabernacle.

Liquéfaction du sang de Saint Pantaléon

   Les évêques de Ravello se sont montrés généreux, au cours des siècles, et ils ont profité de ces liquéfactions pour prélever quelques gouttes de ce sang et les enfermer dans des fioles de cristal qui furent offertes à d’autres diocèses : ainsi en trouve-t-on à Padoue et à Venise (Vénétie), à Lanciano (Abruzzes), à Martignano (Pouilles), à Crema (Lombardie), à Limbadi (Calabre), à Montauro (Calabre)… et peut-être en d’autres endroits ; et enfin aussi à Madrid.

   Pour ce dernier lieu, ce fut un présent accordé à Sa Majesté Catholique le Roi Philippe III d’Espagne, qui le confia aux moniales augustines récollettes du monastère de l’Incarnation qu’il a fondé dans sa capitale en 1611. Le sang du martyr y a rejoint un prodigieux trésor de plus de sept-cents reliques de saints.

   Dans tous les lieux où l’on conserve du sang de Saint Pantaléon le miracle de la liquéfaction est observé, le jour de sa fête ou en d’autres occasions.
A Ravello même, il n’est pas rare que le sang commence à se liquéfier dès la mi-juillet, et cela peut durer pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines après la fête.

   En revanche, on ne sait pas ce qu’est devenue l’ampoule du sang de Saint Pantaléon vénérée à la basilique Sainte-Sophie de Constantinople : attestée en 1057, on sait que sous le règne de Michel Paléologue, déjà cité ci-dessus, dans le troisième quart du treizième siècle, le miracle de la liquéfaction se produisit à Constantinople.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Madrid monastère royal de l'Incarnation sang de Saint Pantaléon - blogue

Reliquaire du sang de Saint Pantaléon
au Monastère royal de l’Incarnation à Madrid,
où le miracle de la liquéfaction se produit chaque année.

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