Archive pour la catégorie 'Textes spirituels'

2007-27. Des Saints et des animaux (2ème partie).

L’arrivée du petit chien de Saint Roch dans le beau Ciel de Dieu ne passa pas inaperçue, vous vous en doutez bien : les Saints Innocents tout spécialement – cette troupe de charmants bambins âgés de deux ans maximum – étaient tout à fait ravis d’avoir un compagnon de jeu comme ils n’en avaient encore jamais eu depuis les quelque quatorze siècles qu’ils étaient entrés dans la gloire céleste…

Mais il n’y avait pas qu’eux.
Tous les saints en effet sont un peu comme des enfants, puisqu’ils ont remporté la difficile épreuve en laquelle Notre-Seigneur Jésus-Christ a établi une condition essentielle pour l’accès au Ciel : « Si vous ne redevenez comme des petits enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume des Cieux! »

On vit donc par exemple le pauvre Lazare, dont Jésus a raconté l’histoire (cf. Luc XVI), venir caresser affectueusement le petit chien qui lui rappelait qu’au temps de sa détresse les chiens avaient été les seuls à soulager ses plaies.
Les deux Tobie, père et fils, s’attendrirent en regardant les joyeux battements de queue du toutou, et Saint Raphaël lui-même se plut à raconter à un parterre de chérubins qui ouvraient de grands yeux émerveillés, la mission que le Très-Haut lui avait confiée pour venir en aide à cette famille éprouvée, et comment leur petit chien avait été le premier à leur porter l’annonce de la fin de leurs malheurs.
Saint Jean Bosco était très heureux de croiser cet animal qui lui rappelait l’apparence que son Saint Ange Gardien avait prise pour le défendre des mauvaises rencontres dans les rues mal famées de Turin.
La Bienheureuse Aleth, mère de Saint Bernard, se réjouissait de voir courir dans les allées du Ciel un spécimen de la gent canine qui lui rappelait le songe par lequel Dieu lui avait fait comprendre qu’elle allait donner le jour à un prédicateur sans pareil, et on surprit même le très sérieux Saint Pie V jouant à la balle avec lui : les dominicains ne sont-ils pas les « domini-canes » – les chiens du Seigneur – chargés d’aboyer pour alerter les fidèles des dangers qui menacent leur foi?

Néanmoins, cet heureux précédent donna des idées à plus d’un.
Et c’est ainsi que l’on vit se succéder, dans le bureau du Seigneur Dieu, des Saints et des Saintes de plus en plus nombreux qui venaient, l’un après l’autre, demander la grâce de faire entrer aussi dans le Paradis, les animaux qui leur avaient été particulièrement proches sur la terre.

Le premier à entreprendre cette démarche fut Saint Bernard de Menthon :
« O mon Seigneur, oserai-je vous faire remarquer que mes disciples ont formé une race de chiens particulièrement dévoués et habiles pour venir en aide aux pauvres pélerins perdus dans les montagnes? Or n’avez-vous pas vous-même enseigné que ce qui était fait aux plus nécessiteux d’entre les vôtres vous le receviez comme vous étant fait à vous-même (Matth. XXV)? Je me permets donc très humblement de vous demander d’admettre au Ciel ces chiens courageux qui portent d’ailleurs un nom de saint… Car il convient que ce qui est appelé saint ait une place auprès de Vous…« 
Bref, il argumenta si bien que le Bon Dieu prit les chiens Saint-Bernard dans son Paradis.

Saint Bernard

Il y eut ensuite Saint François d’Assise qui vint plaider la cause des petits oiseaux qui avaient été si attentifs à sa prédication et qui sont, à n’en pas douter, des créatures célestes puisqu’ils ont des ailes?…
Et le Bon Dieu les prit dans son Paradis!

Sainte Solange et Sainte Germaine, qui avaient été des bergères sur la terre, vinrent ensemble prier celui qui s’est décrit lui-même comme le Bon Pasteur d’accepter aussi leurs charmants moutons, brebis et agneaux. Elles eurent la chance d’arriver dans l’antichambre en même temps que Saint Jean-Baptiste qui venait faire semblable demande en faveur de l’agneau avec lequel on ne manque jamais de le représenter. Le Précurseur déclara d’ailleurs tout de go à son cousin divin :
« Puisque vous m’avez inspiré de vous désigner comme l’Agneau de Dieu, il est impossible que nous n’ayons pas quelques spécimens de la race ovine au Ciel…« 
Et le Bon Dieu fit entrer moutons, brebis et agneaux dans son Paradis !

Ce fut ensuite le tour de Saint Antoine de Padoue, qui plaida éloquemment en faveur de la mule qui avait dû subir un jeûne rigoureux, avant d’être amenée par son propriétaire incrédule sur le parvis de la cathédrale où Antoine vint en portant solennellement le Très Saint-Sacrement ; négligeant le picotin d’avoine qu’on lui proposait, la sainte mule était d’abord venue se prosterner devant la blanche Hostie, prouvant à son maître la réalité de la présence du Seigneur dans la Sainte Eucharistie. Saint Antoine avait conclu son argumentation en disant :
« Vous ne pouvez donc exclure de l’adoration du Ciel, ô mon Dieu, l’animal qui vous a reconnu et adoré sur la terre, provoquant quantité d’âmes à vous mieux adorer ! »
Et le Bon Dieu prit la mule dans son Paradis!

Saint Eustache et Saint Hubert se présentèrent ensuite. L’un et l’autre avaient été convertis par l’apparition du Crucifix entre les bois d’un cerf, et ils supplièrent que ces animaux les rejoignent à leur tour.
Le Bon Dieu prit donc les cerfs dans son Paradis.

Saint Hubert

Vint ensuite Saint Gilles : puisque les cerfs avaient été admis, on ne pouvait lui refuser de faire entrer la biche qui l’avait généreusement nourri de son lait.

(à suivre > ici)

2007-26. De la commémoraison des trépassés.

2 novembre

Le 2 novembre est le jour de la commémoraison solennelle des fidèles défunts : il ne s’agit pas d’un jour de fête – comme l’était hier la fête de tous les Saints – mais d’une commémoraison, empreinte d’une sobre gravité.
Au Mesnil-Marie, nous ajoutons le jeûne et l’abstinence aux prières particulièrement instantes de ce jour pour le soulagement et la délivrance des âmes du Purgatoire.

La Sainte Eglise, en effet, dans une prière suppliante et encore plus ardente qu’à l’accoutumée (car c’est chaque jour qu’elle fait monter vers le Ciel ses prières pour les âmes du Purgatoire), implore le Dieu trois fois saint pour qu’il accorde une prompte délivrance à ses enfants que les conséquences de leurs fautes retiennent encore captifs dans le Purgatoire.

Frère Maximilien-Marie m’a raconté qu’à Rome, dans un local attenant à la sacristie de l’église du Sacré-Cœur du Suffrage, il y a le musée du Purgatoire (voir > ici). Ce terme est un peu grandiloquent puisque, en fait de musée, il s’agit d’une grande vitrine présentant une collection d’objets qui gardent les traces d’apparitions de défunts.
En effet, Dieu a parfois permis que des personnes mortes apparaissent pour demander des prières qui leur permettraient d’achever leur temps de purification ; et pour attester que leurs apparitions étaient bien réelles et non le produit de l’imagination ou de l’illusion, ces défunts ont laissé des preuves tangibles : brûlures sur des meubles, du linge, des livres, comme si ces objets avaient été touchés par des mains de feu…

La constitution de ce petit musée du Purgatoire a été expressément encouragée par le Saint Pape Pie X, pour que les fidèles soient confortés dans la Foi catholique.

Malheureusement, la réforme issue du second concile du Vatican a porté atteinte à la Foi, au point que les textes de la liturgie du 2 novembre dans le Missel de Paul VI ne présentent plus à Dieu des prières pour la délivrance des âmes du Purgatoire, mais demandent seulement de faire « grandir notre foi » (celle des vivants) dans le Christ ressuscité « pour que soit plus vive aussi notre espérance en la résurrection de nos frères défunts » !!!
Ces citations sont extraites de l’oraison de la messe et du bréviaire réformés, et donnent justement le sentiment que ce sont des conceptions protestantes qui ont prévalu ici, à l’encontre de la Foi catholique traditionnelle !

D’ailleurs, cette négation factuelle des purifications nécessaires – parfois longues – avant l’admission dans le Royaume céleste se retrouve dans nombre de célébrations des funérailles.
La plupart du temps, les gens ne viennent plus aux enterrements que pour « rendre hommage »  au défunt ; les pseudo-liturgies d’obsèques ne sont plus d’insistantes prières pour le repos de l’âme du disparu, mais une sorte d’apothéose où les éléments sentimentaux prédominent sur la prière et sur la Foi.
Facilement, on entend dire que le défunt est déjà « ressuscité »  ou bien qu’il a déjà été accueilli par Dieu à bras ouverts, ou encore qu’il est directement « entré dans la maison du Père »… etc.
On fait de ces funérailles des espèces de canonisations au rabais qui ne sont rien moins que mensongères 
!

Messe/Purgatoire

Bref ! Tout cela pour vous dire que, dans notre Mesnil-Marie, nous croyons à la réalité du Purgatoire et que notre prière de ce jour n’est pas un « hommage » aux défunts (ceux qui sont morts en état de grâce et qui se trouvent au Purgatoire, pas ceux qui sont morts en dehors de l’état de grâce pour lesquels on ne peut malheureusement plus rien), mais un « suffrage » pour que leurs âmes soient purifiées des conséquences de leurs fautes et soient rapidement introduites dans la béatitude du Paradis !

Lully.

2007-25. Des Saints et des animaux (1ère partie).

« Gaudeamus omnes in Domino! Réjouissons nous tous dans le Seigneur! »

Saints (Fra Angelico)

1er Novembre,
Fête de tous les Saints.

Toute la Sainte Eglise est dans une jubilation incomparable aujourd’hui en contemplant la gloire dont est revêtue la multitude de ses enfants (« une foule immense que nul ne pouvait dénombrer », comme le disait l’épître de la Messe – Apoc. VII,9) qui sont parvenus dans la Patrie céleste.

Frère Maximilien-Marie m’a expliqué qu’aucune représentation n’était véritablement apte à donner une idée juste du Ciel et de la béatitude dans laquelle sont plongés ceux qui y ont été introduits après leur passage sur cette terre.

Mais moi, je me demandais si les petits chats pourront aussi aller au Ciel et être heureux avec le Bon Dieu (car le Dieu qui a créé les hommes est aussi le Dieu qui a créé les chats, ainsi d’ailleurs que tous les autres animaux…) et j’ai donc interrogé mon papa à ce sujet. Comme toujours, il ne m’a pas répondu directement, mais il m’a raconté une belle histoire comme j’aime beaucoup les entendre. Je vais la retranscrire pour vous, mais je vous préviens tout de suite: je ne le ferai pas en une seule fois. Cela fera un peu comme un feuilleton pendant l’octave de la Toussaint…

* * * * * * *

Cette histoire commence le 16 août 1378, jour où s’éteignit – méconnu et méprisé – dans un cachot obscur, le glorieux Saint Roch. Son âme était si belle et si pure que Roch monta directement au Ciel…

- Toc, toc, toc!
Il frappa avec beaucoup de douceur et d’humilité à la grande porte du Paradis. Saint Pierre entrouvrit l’huis avec prudence et jeta un oeil sourcilleux ; parce qu’en effet il y a beaucoup de personnes qui voudraient entrer au Ciel sans être vraiment prêtes, il lui faut être très vigilant. Mais, reconnaissant Saint Roch, son visage s’illumina et il ouvrit la porte toute grande :
- Entrez, entrez, cher saint Roch! On m’avait annoncé votre arrivée. Je vous attendais : j’étais justement en train d’achever la page de mon grand registre qui attestera de votre arrivée. Voilà, voilà : vous n’avez plus qu’à signer ici… Très bien! Et maintenant, je vais vous conduire moi-même jusqu’à votre appartement. Avez-vous des bagages? Oh! Mais, heu… heu…

Saint Pierre n’acheva pas sa phrase. Il était bouche bée et roulait des yeux hallucinés car en jetant un oeil machinal auprès de Saint Roch pour voir s’il y avait quelque bagage à faire prendre par un ange-groom, il venait d’apercevoir aux pieds du Saint – oh, stupéfaction! – un ravissant petit chien. Il toussota et se gratta le sommet du crâne avec sa grande clef, ce qui était chez lui le signe d’une grande perplexité. Enfin il articula :
- Heu, heu! Je ne voudrais pas vous faire de la peine, cher Saint Roch, mais il est absolument impossible, je dis bien im-pos-si-ble, de faire entrer un chien dans le Paradis… Le Paradis est fait pour les anges, qui sont de purs esprits, et pour les hommes, qui ont une âme immortelle… Les anges et les hommes peuvent donc, en raison de cela, contempler Dieu et participer à sa béatitude, ce qui est l’essence même de la vie du Paradis… Heu, heu! Mais un chien… un chien, fut-ce le vôtre, cher Saint Roch! Un chien, dis-je, n’a pas d’âme spirituelle qui puisse revêtir l’immortalité… Tous les enfants qui apprennent bien leur catéchisme le savent ; et vous aussi, vous le savez...

Saint Pierre s’interrompit en remarquant une détermination inébranlable dans les yeux de Saint Roch :
- Mais enfin, grand Saint Pierre, dit le saint pèlerin avec une voix pénétrée d’une irrésistible humilité, vous connaissez ma vie : vous savez bien quel rôle a joué ce chien auprès de moi, et vous savez très bien aussi que cet animal m’a été envoyé par Dieu Lui-même pour m’assister lorsque j’étais souffrant de la peste, seul au fond des bois. D’ailleurs cet aimable compagnon n’est-il pas désormais, pour tous les fidèles qui cherchent ma statue ou mon image dans les églises, le moyen voulu par la divine Providence pour m’identifier? N’est-ce pas la volonté de Dieu Notre-Seigneur que je sois à jamais accompagné par mon chien? Réfléchissez bien : si la Sainte Eglise militante, dont vous fûtes le premier Pape, autorise que mon image soit figurée avec ce chien à l’intérieur de ses temples, il n’est pas possible que dans la réalité de l’Eglise triomphante je sois privé de sa compagnie, ce serait sinon une incohérence, voire une injustice… et cela ne se peut! Si Saint Roch est représenté avec son petit chien sur toutes les images et statues que l’Eglise de la terre propose à la vénération des fidèles, il faut nécessairement que ce même chien, vivant, accompagne Saint Roch, vivant de la vie céleste!

Saint Pierre était de plus en plus perplexe et ne savait plus que dire. Il planta là le bon Saint Roch et s’en fut à toutes jambes vers le bureau du Bon Dieu… Il frappa avec fébrilité à la porte de la salle du trône divin, se précipita en entendant les Trois Personnes de la Sainte Trinité répondre « Entrez! » d’une seule voix, bouscula deux ou trois chérubins qui voletaient devant lui, se prit les pieds dans une ondulation du tapis de nuages, se redressa in extremis, mais finalement trébucha en faisant sa triple génuflexion. Il lui fallut donc reprendre son souffle en haletant avant de pouvoir exposer au Dieu trois fois saint le problème inédit que provoquait l’arrivée de Saint Roch.

Le Bon Dieu écouta avec beaucoup d’attention ; il souriait avec un sourire que Saint Pierre ne lui avait encore jamais vu. Il ne prit même pas le temps de réflexion, puisqu’il déclara aussitôt la fin de l’exposé de Saint Pierre :
- Hé bien, il me semble qu’en effet l’argumentation de notre cher Saint Roch est tout à fait valable. Point n’est donc besoin d’aller chercher l’avis de Saint Thomas d’Aquin. Je l’avais fait comprendre déjà aux rédacteurs inspirés de l’Ancien Testament : Je n’ai de mépris pour aucune de mes créatures et Je suis glorifié en chacune d’entre elles, lors même qu’elles sont des êtres inanimés, des phénomènes météorologiques ou des animaux. Il me plaît donc que Saint Roch entre au Ciel avec son ravissant petit chien… Va vite les faire entrer tous les deux et n’oublie pas de demander aux anges de la cuisine de lui préparer un bel os à moëlle!…

St Roch

Et c’est ainsi que le glorieux Saint Roch entra au Ciel avec son chien, et tous les choeurs des anges chantèrent :

Oeuvres du Seigneur, bénissez toutes le Seigneur :
Louez-Le et exaltez-Le à jamais!

Anges du Seigneur, bénissez le Seigneur :
Louez-Le et exaltez-Le à jamais!

Que la terre bénisse le Seigneur :
Qu’elle Le loue et L’exalte à jamais!

Monstres marins et tout ce qui s’agite dans les eaux,
Bénissez le Seigneur!
Louez-Le et exaltez-Le à jamais!

Oiseaux du Ciel, bénissez le Seigneur!
Louez-Le et exaltez-Le à jamais!

Bêtes sauvages et troupeaux, bénissez le Seigneur!
Louez-Le et exaltez-Le à jamais!

Enfants des hommes, bénissez le Seigneur!
Louez-Le et exaltez-Le à jamais!

(d’après Daniel III, 57 & sq)

(à suivre > ici)

Publié dans:Chronique de Lully, Nos amis les Saints |on 1 novembre, 2007 |6 Commentaires »

La prière « Auguste Reine des Cieux ».

Statue de Notre-Dame du Refuge (Anglet)

Statue de Notre-Dame du Refuge
devant laquelle le Bienheureux Louis-Edouard Cestac eut la révélation de la prière « Auguste Reine des Cieux ».

La  prière

Historique :

Le Bienheureux Louis-Edouard Cestac (1801-1868) est un prêtre du diocèse de Bayonne qui fonda en 1842 la congrégation des Servantes de Marie, puis celle des Solitaires de Saint-Bernard ou Bernardines.
Sa vie toute donnée aux soulagement des misères, matérielles et spirituelles, a été aussi marquée par quelques expériences mystiques importantes. C’est ainsi que le 13 janvier 1864, alors qu’il était en prière aux pieds de la statue de Notre-Dame du Refuge, dans la chapelle de la maison-mère des Servantes de Marie, à Anglet, fut « subitement frappé comme d’un rayon de clarté divine ».
Il vit alors des démons répandus sur la terre, y causant des ravages inexprimables. En même temps, il eut une vision de la Très Sainte Vierge Marie, qui lui dit qu’en effet « les démons étaient déchaînés dans le monde, et que l’heure était venue de la prier comme Reine des Anges, et de lui demander d’envoyer les légions saintes pour combattre et terrasser les puissances de l’enfer”.
«  Ma Mère, dit le Prêtre, vous qui êtes si bonne, ne pourriez-vous pas les envoyer sans qu’on vous le demande ? »
- Non, répondit la Très Sainte Vierge, la prière est une condition posée par Dieu même pour l’obtention des grâces. 
– Eh bien ma Mère, reprit le Prêtre, voudriez-vous m’enseigner vous-même comment il faut prier ?
Et il reçut de la Très Sainte Vierge Marie la prière : « Auguste Reine des cieux ».
« Mon premier devoir, écrivit le Père Cestac, fut de présenter cette prière à Mgr Lacroix, évêque de Bayonne, qui daigna l’approuver. Ce devoir accompli, j’en fit tirer 500 000 exemplaires, j’eus soin de les envoyer partout ».

L’enfer semble s’être ligué pour empêcher l’impression de cette prière : par exemple l’encre ne tenait pas sur le papier, puis les presses se brisèrent à deux reprises.

Beaucoup de personnes qui ont été aux prises avec de violentes tentations ou avec des vexations diaboliques peuvent témoigner de « l’efficacité » de cette prière inspirée.

frise

statue de Notre-Dame du Refuge - Anglet

Texte authentique
de la prière inspirée au Bienheureux Louis-Edouard Cestac
le 13 janvier 1864

Auguste Reine des Cieux,

Souveraine Maîtresse des Anges,

Vous qui, dès le commencement, avez reçu de Dieu

le pouvoir et la mission d’écraser la tête de Satan,

nous Vous le demandons humblement :

envoyez vos légions célestes pour que,

sous vos ordres et par votre puissance,

elles poursuivent les démons, les combattent partout,

répriment leur audace et les refoulent dans l’abîme.

 * * * 

« Qui est comme Dieu ? »

O bonne et tendre Mère,

Vous serez toujours notre amour et notre espérance !

O divine Mère,

envoyez les Saints Anges pour me défendre

et repousser loin de moi le cruel ennemi!

Saints Anges et Archanges,

défendez-nous, gardez-nous !

frise avec lys naturel

Publié dans:De Maria numquam satis, Prier avec nous |on 31 octobre, 2007 |4 Commentaires »

2007-24. De la Royauté du Christ à la gloire de Ses élus.

Dernier dimanche du mois d’octobre.

Le dernier dimanche du mois d’octobre, la liturgie – dans son calendrier traditionnel auquel nous tenons d’une manière très spéciale – nous donne de fêter le Christ, Roi de l’univers.

Il y avait une volonté explicite du Pape Pie XI dans le choix spécial de ce dimanche, lorsqu’il institua cette fête, puisqu’il écrivait dans l’encyclique « Quas primas » du 11 décembre 1925 :
« …Plus que tout autre, le dernier dimanche d’octobre Nous a paru désigné pour cette solennité : il clôt à peu près le cycle de l’année liturgique ; de la sorte, les mystères de la vie de Jésus-Christ commémorés au cours de l’année trouveront dans la solennité du Christ-Roi comme leur achèvement et leur couronnement et, avant de célébrer la gloire de tous les Saints, la liturgie proclamera et exaltera la gloire de Celui qui triomphe en tous les Saints et tous les élus ».

2007-24. De la Royauté du Christ à la gloire de Ses élus. dans De liturgia christroi02

La réforme liturgique issue du second concile du Vatican a opéré un double déplacement de cette fête :

a) un déplacement de date : du dernier dimanche d’octobre au dernier dimanche de l’année liturgique,

et

b) un déplacement de sens : de la proclamation d’une royauté qui doit être universelle dès ici-bas – par une obéissance de tous les hommes et de toutes les sociétés à la loi d’amour et de sainteté du Christ, non seulement dans le domaine privé des consciences mais aussi dans le domaine public – , à une dimension uniquement eschatologique, c’est-à-dire une royauté qui ne s’exercera plus que dans le Royaume éternel, après le jugement dernier.

Ce changement de perspective correspondait à un abandon pur et simple de la doctrine de la Royauté Sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Cette mutation du sens donné à cette fête allait de pair, sous le règne de Paul VI, avec une véritable rupture dans la pratique multiséculaire du Saint-Siège cherchant à favoriser la reconnaissance, la garantie et l’institutionalisation, dans la sphère politique et sociale, des devoirs et des droits humains en pleine conformité avec la Loi divine.

On le sait bien, et Pie XII l’avait rappelé à plusieurs reprises de manière magistrale, la forme prise par la société temporelle, dans ses structures politiques et sociales, est véritablement déterminante pour le salut ou la perte de nombreuses âmes.
L’enjeu du salut éternel des âmes fait à l’Eglise une obligation d’intervenir
dans l’ordre temporel (sans confusion des pouvoirs toutefois), et de favoriser les structures sociétales qui sont le plus idoines à l’épanouissement de la sainteté. L’Eglise obéit en cela à la parole de Saint Paul : « Oportet illum regnare : il faut qu’Il règne! »

En plaçant la fête du Christ-Roi au dimanche précédant immédiatement la Toussaint, Pie XI rappelait que la Royauté Sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ s’épanouit logiquement en fruits de sanctification et prépare heureusement les âmes à la gloire céleste.
Tandis que la proclamation d’une royauté seulement eschatologique, à la fin des temps, allant de pair avec l’abandon des « revendications » traditionnelles de l’Eglise dans ses relations avec les états (par une sorte de « rousseauisme spirituel »), ne pouvait qu’entraîner une accélération du laïcisme, de l’indifférentisme, du relativisme… etc., ne pouvait que favoriser le développement de la propagation de doctrines contraires ou même foncièrement opposées à la Vérité révélée, ne pouvait être que très dangereux et dommageable pour les âmes, davantage exposées à l’erreur et aux multiples tentations du monde.

On a bien vu que le virage consécutif à la fameuse « ouverture au monde » en laquelle on a prétendu résumer « l’esprit du concile », loin de favoriser le développement de la vie chrétienne a tout au contraire produit un déficit considérable pour ce qui est de la pratique religieuse, de la vie spirituelle des fidèles, de leur formation intellectuelle, de l’efficience des mouvements d’apostolat, du recrutement des vocations… etc.

« Toute âme qui s’élève élève le monde »!
Et pour qu’une âme s’élève, il faut autant que possible favoriser des conditions propices à une élévation morale, intellectuelle, psychologique et spirituelle. Il faut que les cadres temporels eux-mêmes soient favorables à cette élévation.

N’importe quel jardinier intelligent sait qu’on ne peut permettre à une plante de croître et de s’épanouir dans un terrain inapproprié et dans des conditions d’ensoleillement et d’irrigation inadaptées à sa nature.
Ce qu’un jardinier pratique obligatoirement et comme par instinct, sous peine d’accumuler les échecs, pourquoi les conducteurs spirituels du « Peuple de Dieu » l’ont-ils oublié et nié dans les faits? Pourquoi se sont-ils comportés comme des jardiniers qui auraient détruit leurs serres et leurs systèmes d’arrosage en disant: « Ces structures sont d’un autre âge, il faut que les plantes soient responsables d’elles-mêmes et sachent mettre à profit les conditions, même défavorables, dans lesquelles elles se trouvent, afin de parvenir à leur état adulte libérées des structures étrangères à leur nature… »

Celui que se lamente parce que « les fumées de Satan se sont introduites dans le sanctuaire » alors qu’il a lui-même contribué à ouvrir les fissures par lesquelles ces fumées se sont infiltrées manifeste – pour le moins – un singulier déficit de lucidité et de responsabilité !

En fêtant, ensuite, tous les Saints, c’est-à-dire tous ceux qui sont parvenus à la gloire céleste – et souvent à travers des combats héroïques contre l’esprit du monde – nous n’omettrons pas de leur demander la grâce de nous donner à nous qui peinons, « gémissant et pleurant dans cette vallée de larmes », la force et le courage de travailler énergiquement au rétablissement du règne social de Notre-Seigneur Jésus-Christ, générateur de sainteté.
Et pour que le règne du Christ s’épanouisse dans la société, il faut travailler à ce que l’idée même triomphe des erreurs du temps dans l’intelligence et dans le coeur de nos contemporains, clercs et laïcs!

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur.

couronneroifrance Christ-Roi dans Vexilla Regis

Acte de consécration du genre humain au Sacré-Coeur du Christ-Roi prescrit pour cette fête (et assorti du don d’une indulgence plénière) > ici.

Publié dans:De liturgia, Textes spirituels, Vexilla Regis |on 31 octobre, 2007 |7 Commentaires »

2007-23. Notre-Dame des Victoires.

Quatrième samedi d’octobre.

Dans un certain nombre d’anciens missels, le « propre de France » désigne le 4ème samedi du mois d’octobre comme jour propre de la fête de Notre-Dame des Victoires.
Vous pensez bien que Frère Maximilien-Marie n’a pas manqué d’y penser dans sa prière, ce matin. Et comme je lui demandais quelques explications, il me les a volontiers données… vous n’en douterez pas!

J’ai donc ainsi appris une nouvelle page de l’histoire de France, et une nouvelle page de l’histoire des interventions de Notre-Dame en faveur du Royaume de France.

En 1629, le Roy Louis XIII fut sollicité par les pauvres moines Augustins déchaussés, à court d’argent pour construire la chapelle du couvent qu’ils venaient de fonder à Paris (dans ce qui est devenu depuis le deuxième arrondissement). Les religieux – qu’on surnommait « les petits Pères » depuis qu’Henry IV avait donné ce sobriquet aux premiers religieux de cet ordre arrivés à Paris, en raison de leur petite taille – reçurent effectivement du Souverain les subsides nécessaires aux travaux, à la condition que la nouvelle église soit placée sous le vocable de « Notre-Dame des Victoires ».

Pourquoi une telle dénomination?

Tout simplement parce que le Roy Louis XIII, aidé du célèbre Cardinal de Richelieu, venait de préserver l’unité et la paix du Royaume en réduisant la puissance militaire du parti huguenot – qui mettait en péril la sécurité de l’Etat par ses alliances et incessantes conspirations avec l’Angleterre – , et parce que Sa Majesté ainsi d’ailleurs que tous les catholiques attribuaient le succès des armées royales (en particulier dans la reddition de La Rochelle) aux prières adressées avec ferveur à la Reine du Ciel.

Louis XIII présente à Marie les plans de N.D. des Victoires

Sur ce tableau de Carl Van Loo, exécuté plus tard pour garder le souvenir de cette fondation royale (tableau qui se trouve aujourd’hui encore au dessus du maître-autel de la Basilique de Notre-Dame des Victoires), on voit en effet le Roy à genoux présentant à Marie le plan de l’église, dont il posera lui-même la première pierre le 9 décembre 1629. A gauche du Roy est figuré le Cardinal de Richelieu, et à sa droite un des échevins de La Rochelle lui présentant les clefs de la ville, que l’on aperçoit dans le lointain. Derrière le Souverain sont plusieurs officiers et grands du Royaume, tandis que devant lui est étendu un soldat mort, avec le drapeau blanc fleurdelysé…

Mais le personnage principal, c’est la Très Sainte Vierge Marie, assise, portée sur un nuage : tous les regards convergent vers elle, et même le défunt n’est pas étendu face contre terre mais tourné vers elle. C’est tout le monde des vivants et des morts qui est tourné vers Marie, qui a placé sa confiance en Marie.
Vêtue d’une robe au ton rouge passé et d’un manteau bleu, tandis qu’elle entoure de son bras gauche l’Enfant Jésus debout, de sa main droite elle présente à Louis XIII la palme de la victoire.

Frère Maximilien-Marie m’a ensuite raconté l’histoire du Frère Fiacre de Sainte-Marguerite, qui a vécu dans ce couvent de Notre-Dame des Victoires et qui, quelques années plus tard, eut l’apparition de la Vierge Marie lui montrant l’enfant royal qu’elle voulait donner à la France : la Très Sainte Vierge venait indiquer les moyens spirituels par lesquels on obtiendrait la naissance de l’héritier du trône, tellement espéré par tout le Royaume.
Cet enfant royal naquit effectivement neuf mois jour pour jour après la fin des neuvaines demandées par Notre-Dame, il fut baptisé Louis-Dieudonné et il deviendrait un jour Louis XIV.

J’aime beaucoup quand mon papa m’explique ainsi ces évènements de l’histoire de France, en me montrant les « dessous » spirituels de cette histoire.

Malheureusement, je comprends bien, à la manière un peu empreinte de tristesse dont Frère Maximilien-Marie me parle de ces choses, que ce passé est révolu.

Le rappel de ces pages glorieuses ne peut en aucune façon justifier une certaine forme d’orgueil dans le coeur des vrais Français, parce que la France est maintenant dans une profonde et triste décadence, en conséquence d’une terrible apostasie. Le souvenir doit au contraire nourrir leur gratitude pour les dons – absolument gratuits – de Dieu mais encore plus maintenant alimenter l’humilité et le repentir d’y avoir été infidèles.
Je sais que malgré les innombrables motifs de découragement, le coeur de mon papa garde confiance dans la puissance du Coeur de Jésus et de Marie, et qu’il espère surnaturellement dans un renouveau, qui ne sera pas une « reconstitution » du passé, mais une vraie renaissance spirituelle – avec évidemment des conséquences sociales et temporelles – qui découlera de la conversion authentique des coeurs à l’esprit de l’Evangile.

Alors de tout mon coeur, je me suis uni à Frère Maximilien-Marie pour réciter la collecte propre de la Messe de Notre-Dame des Victoires :

« Dieu très clément, qui accordez tous les biens à vos fidèles par la Mère de votre Fils unique, Notre-Seigneur Jésus-Christ, accordez-nous, grâce à ses mérites et ses prières, de vivre dans la fidélité, pour qu’après avoir triomphé des pièges de tous nos ennemis, nous puissions dans la joie parvenir victorieux jusqu’à vous. Nous vous le demandons par Jésus-Christ, votre Fils, Notre-Seigneur, qui vit et règne avec vous dans l’unité du Saint-Esprit pour les siècles des siècles. Ainsi soit-il. »

2007-23. Notre-Dame des Victoires. dans De Maria numquam satis patteschatsLully.

 Augustins déchaussés dans De Maria numquam satis

Litanies de Notre-Dame des Victoires > ici

Publié dans:De Maria numquam satis |on 27 octobre, 2007 |2 Commentaires »

2007-22. De Saint Raphaël et des Anges…

Mercredi 24 octobre 2007.

C’était aujourd’hui la fête de Saint Raphaël, comme c’est un archange, il n’y a pas vraiment de « vie » écrite à son sujet que j’aurais pu lire par dessus l’épaule de mon papa : ce que l’on sait de lui se trouve essentiellement dans le livre de Tobie, dont l’épître de la Messe de ce jour nous donnait un extrait.

J’ai en effet été très attentif aux lectures de la Messe, puisque nous avons eu la joie de recevoir aujourd’hui un prêtre ami (vraiment un prêtre très gentil et très bien puisqu’il aime les chats !), ce qui fait que la Sainte Messe a été célébrée dans l’oratoire du Mesnil-Marie.

Je sais que notre Frère a prié tout particulièrement pour les malades, pour tous ceux qui ont besoin d’être guéris par Dieu dans leur âme ou dans leur corps, car on recommande souvent à l’intercession de cet archange des malades ou des personnes qui subissent diverses épreuves ou difficultés.

L’archange Saint Raphaël porte un nom qui signifie « Dieu guérit« . En effet, Dieu par son ministère a guéri la cécité du vieux Tobie, il a aussi combattu victorieusement le démon qui affligeait la pauvre Sarah. Pour cette raison, Monsieur l’Abbé a également procédé à une nouvelle bénédiction de notre Mesnil-Marie, pour en éloigner toutes les influences malfaisantes et le mettre sous la protection très spéciale des Saints Anges de Dieu.

* * * * * *

Moi, ce soir, j’ai demandé à mon papa si les petits chats avaient un ange gardien comme les hommes… et comme Milou (vous savez le chien de Tintin).

Frère Maximilien-Marie m’a d’abord fait un grand sourire, puis il m’a dit que le Bon Dieu qui a créé les chats aussi bien que les hommes, aimait et protégeait chacune de ses créatures avec beaucoup de tendresse mais que la Révélation contenue dans les Saintes Ecritures ne permettait pas de répondre à ma question, toutefois il m’a donné une très belle image qui m’a rempli de joie, et que je vous communique volontiers à mon tour :

2007-22. De Saint Raphaël et des Anges... dans Chronique de Lully chatange

Chers Amis lecteurs, n’oubliez jamais de vous recommander avec grande ferveur à la protection de votre Saint Ange Gardien ; ouvrez tout grand les oreilles de votre âme pour écouter attentivement dans le silence ses bonnes inspirations et les conseils qu’il vous prodigue avec une tendre sollicitude!

Lully.

Voir aussi l’article consacré à Saint Raphaël en 2008, en cliquant > ici.

2007-21. L’armure de Dieu.

Dans l’épître du XXIème dimanche après la Pentecôte, nous entendons Saint Paul employer à deux reprises l’expression « armure de Dieu« :

- « Induite vos armaturam Dei » : revêtez-vous de l’armure de Dieu (Eph. VI, 11).

- « Accipite armaturam Dei » : prenez l’armure de Dieu (Eph.VI,13).

Il décrit même l’équipement dont cette armure est constituée : le baudrier de la vérité, la cuirasse de la justice, les chaussures (j’oserais presque écrire : les rangers !) du zèle pour l’annonce de l’Evangile, le bouclier de la foi, le casque du salut et le glaive de l’esprit qui est la Parole de Dieu.

Cette insistance de l’Apôtre justifie l’insistance que je mets moi-même à répéter ce que j’écrivais déjà > ici  : Nous sommes engagés dans un combat sans merci « contre les princes et les puissances, contre ceux qui gouvernent ce monde de ténèbres, contre les esprits de malice répandus dans les airs » (Eph.VI, 12).

A tous les lecteurs de ce blogue, je voudrais aujourd’hui recommander d’une manière instante et très spéciale la lecture de l’ouvrage de Monseigneur Tournyol du Clos intitulé : « Le combat avancé de l’Eglise » (publié aux éditions de l’Archistratège : 21, rue des Acacias – 66680 Canohès – France. tél.: (00 33) 06 10 77 63 57).

Le-combat-avancé-de-l-Eglise - Tournyol du Clos

Voici ce qu’on peut lire en quatrième de couverture :
« L’exorcisme est perçu aujourd’hui comme une pratique marginale, spéciale et négligeable que l’on voudrait cacher ou faire oublier. En fait, il est une participation de l’Église au combat que le Christ eut à mener au seuil de sa mission, contre la triple séduction. Il fait partie de cet achèvement dans la chair des souffrances du Christ pour son Corps qui est l’Église.  
Prière spécifique, l’exorcisme ne conduit pas à l’obsession du mal, au soupçon paranoïaque, à la tristesse ou à la méfiance. Il est un acte surnaturel de participation à l’œuvre de la rédemption, à l’établissement du royaume de Dieu dans les âmes. Il est fondamentalement un hommage rendu à la puissance de Dieu et, par là, un singulier moyen de sanctification au sein de l’Église.
Lorsqu’il est prié ici ou là par un baptisé, le Corps entier en bénéficie, et le soulagement que l’on tente d’apporter à l’un de ses membres peut libérer de l’emprise maligne d’autres personnes, donner plus d’aise à la hiérarchie de l’Église elle-même pour l’accomplissement de sa mission. La communion des saints se vérifie ici et nous engage dans un élan de piété et de charité à recourir à lui.
La présentation du combat exorciste ainsi que le témoignage de l’auteur, fondé sur son expérience, invitent les prêtres et les âmes de bonne volonté à entrer dans cette voie: à la suite du Christ, rejoindre la perspective grandiose de l’histoire du salut qui se réfère à ces temps de la fin, tels que les évoque le livre de l’Apocalypse.
Un ensemble rare, minutieusement collecté, de prières d’origine éprouvée telles que nous les offrent l’Écriture, les Pères, les saints ou encore les traditions de l’Orient et de l’Occident chrétiens est heureusement réuni dans cet ouvrage »
.

Et il ne s’agit pas seulement de lire cet ouvrage, mais ensuite de le mettre en application.
Dans la préface, Monseigneur Michel Kassarji, évêque catholique Chaldéen de Beyrouth, rappelle fort opportunément :

« Le chrétien doit savoir sans l’ombre d’un doute que le Diable est une créature réelle, qu’il est le Prince de ce monde. C’est lui qui sème le mal dans l’univers. Il est à l’origine du péché, de la maladie, de la souffrance et de la mort. La doctrine chrétienne est claire : le Christ est venu en ce monde pour sauver l’homme du péché de sa rébellion et lui rendre sa relation privilégiée avec Dieu. Son oeuvre sur terre a consisté en une lutte permanente contre le démon. Or cette lutte, qui se poursuit dans le temps, a changé de pôle : elle s’est transformée en un affrontement permanent entre l’homme et le diable (…).

Il est temps pour nous, pasteurs et fidèles, de considérer sérieusement et d’être convaincus de ce que nous devons faire. Le démon existe et nous avons l’obligation de lutter contre lui de toutes nos forces. Il est aussi de notre devoir de connaître notre adversaire ainsi que les moyens efficaces de le combattre… »

2007-21. L'armure de Dieu. dans Chronique de Lully stgeorgesbrviairedemartindaragon

L’ouvrage de Monseigneur Tournyol du Clos constitue un excellent résumé de la doctrine catholique et de la pratique séculaire de l’Eglise ; il s’alimente aux meilleures sources spirituelles d’Orient et d’Occident pour mettre entre nos mains des armes efficaces et éprouvées ; il nous aide à revêtir cette armure de Dieu sans laquelle nous serons gravement blessés et risquons d’être vaincus.
Aux chapitres « théoriques » de cette petite somme de théologie doctrinale et spirituelle sont adjoints des textes de prière qui seront des plus utiles à tous, prêtres et fidèles, surtout dans le contexte actuel…

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

2007-19. De la sainte image de « Mater Admirabilis ».

20 Octobre.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Nous sommes dans le mois du Saint Rosaire , c’est donc déjà un peu une fête de Notre-Dame chaque jour…
Mais il y a un fête particulière à ce vingtième jour d’octobre que nous ne manquons jamais de célébrer au Mesnil-Marie, et c’est d’elle que je veux vous entretenir.

Le 20 octobre, en effet, depuis l’année 1846, est le jour de la fête d’une représentation de la Vierge Marie vénérée à Rome sous le vocable de « Mater Admirabilis ».

Il ne s’agit pas de ce que l’on appelle habituellement, avec une certaine emphase, une image miraculeuse, ce n’est pas l’une de ces icônes que la tradition attribue à Saint Luc, ni une Vierge noire aux origines mystérieuses ; ce n’est pas non plus un tableau achéropoïté (c’est-à-dire non fait de main d’homme) et on ne parle pas beaucoup de prodiges retentissants survenus devant elle (et pourtant il y a bien eu de véritables guérisons et de soudaines conversions…).
Mais alors, me direz-vous, de quoi s’agit il donc?

Si vous êtes allés à Rome, vous connaissez bien évidemment l’église de la Trinité des Monts, l’une des églises françaises de Rome.
Fondés par Saint François de Paule, au XV ème siècle, grâce au Roi de France (et de fait les portraits de tous nos Souverains, depuis Pharamond jusqu’à Charles X, sont peints dans le cloître attenant à l’église), le couvent et son sanctuaire furent, en 1828, confiés aux Dames du Sacré-Coeur, de Sainte Madeleine-Sophie Barat, pour qu’elles y ouvrent l’une de leurs maisons d’éducation.

En 1844, Pauline Perdreau était l’une des pensionnaires confiées aux religieuses (elle entrera plus tard dans cet Institut).
Cette jeune fille avait quelques aptitudes pour la peinture et elle proposa, selon son expression, « de faire venir la Sainte Vierge » dans l’une des galeries du couvent en y peignant son image.

Mater Admirabilis - Trinité des Monts Rome

Rome, couvent de la Trinité des Monts : oratoire de « Mater admirabilis »

Elle représenta la jeune Vierge Marie, avant l’Annonciation, dans les derniers temps de sa vie au Temple, assise dans une attitude de profond recueillement contemplatif, les yeux baissés, le visage paisible, comme rayonnant discrètement d’une plénitude intérieure. A ses côtés, le lys de la pureté, la quenouille qu’elle a laissée en repos et le livre ouvert (celui des Saintes Ecritures peut-être) dans lequel elle a puisé l’aliment spirituel de sa contemplation.

Loin de l’académisme et du néo-classicisme qui triomphaient alors, l’oeuvre de la jeune Pauline plut aux religieuses et à leurs élèves qui prirent l’habitude d’aller prier devant cette image, et reçurent auprès d’elle des grâces d’intensification de leur vie intérieure.

On l’appelait simplement la « Madone du lys »…

Jusqu’au jour où le jeune Pape Pie IX (il était élu depuis moins de 5 mois) vint en visite au couvent de la Trinité des Monts.
C’était le 20 octobre 1846.
On conduisit le Pontife dans la galerie jusque devant l’image vénérée. En la voyant, il s’exclama : « 
Elle est vraiment Mater Admirabilis ! » Nom qu’elle garda…
Des indulgences furent accordées à ceux qui priaient devant cette image ; des personnes de l’extérieur vinrent prier devant le tableau, et leurs prières furent exaucées ; comme je le signalais plus haut, on compta des conversions et des guérisons…
Si bien que le Bienheureux Pie IX accorda que l’on érige un autel dans cette galerie et qu’on la transforma en oratoire, dont les murs se couvrirent rapidement d’ex-voto.

Reproduite dans toutes les maisons d’éducation tenues par les Dames du Sacré-Coeur à travers le monde, « Mater admirabilis » en devint la protectrice et multiplia ses grâces.
Sa fête fut tout naturellement fixée au jour où elle avait reçu son nom de la bouche même du Bienheureux Pie IX : le 20 octobre.

Puisse donc la Mère Admirable intercéder  à toutes les intentions que nous portons et obtenir de son Divin Fils les grâces qui sont nécessaires à chacun…

Lully.

2007-19. De la sainte image de

« Mère Admirable, Trésor de calme et de sérénité,
nous vous supplions:
aides-nous à nous détacher de ce qui se voit,
et conduisez-nous, fixez-nous sur l’invisible…
L’invisible Présence,
l’invisible Amour que vos yeux contemplent!
A travers l’accessoire qui nous sollicite sans cesse
et qui nous séduit si souvent,
donnez-nous le sens et la faim de l’Essentiel… »

Voir aussi la méditation proposée > ici.

frise avec lys naturel

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