Archive pour la catégorie 'Textes spirituels'

Prière au Cœur immaculé de Marie Refuge des pécheurs.

16 janvier,
Fête du Cœur immaculé de marie Refuge des pécheurs ;
Mémoire de Saint Marcel, pape et martyr.

   A l’occasion de la fête du Cœur immaculé de Marie Refuge des pécheurs, célébrée dans l’archidiocèse de Paris, et dans plusieurs autres diocèses et congrégations à la date du 16 janvier (qui est le jour de la fête patronale de l’archiconfrérie fondée par l’abbé Dufriche-Desgenettes dans l’église Notre-Dame des Victoires), pensons à prier avec ferveur la Très Sainte Vierge pour le soulagement et la délivrance de nos défunts, pour les pécheurs qui sont à l’agonie, et pour demander à notre Mère pleine de compassion de nous assister au moment de notre propre mort.

Notre-Dame des Victoires

       O Marie, Reine toute miséricordieuse, je viens vous offrir mes prières et mes sacrifices aux intentions des âmes qui souffrent dans le purgatoire : Mère toute compatissante, dont le Cœur douloureux et immaculé est le refuge des pécheurs, vous pouvez adoucir leurs souffrances, vous pouvez éteindre les flammes qui les dévorent, vous pouvez réduire le temps de leur purification, et leur ouvrir les portes du Ciel. Usez donc, je vous en supplie, de votre pouvoir en leur faveur, et tout particulièrement en faveur des âmes les plus délaissées.

   Vierge qu’on n’invoque jamais en vain, nous vous recommandons aussi tous les pécheurs qui sont en ce moment à l’agonie : obtenez à leurs coeurs ces grâces de conversion et de repentir qui les arracheront pour toujours aux liens du péché et les feront quitter cette terre portés par la divine charité.

   Et nous-mêmes, en cet instant où « maintenant » et « l’heure de notre mort » ne seront plus qu’un, nous vous demandons d’être à nos côtés pour nous assister, nous fortifier et nous défendre contre les ultimes assauts de l’ennemi. Soyez là pour recevoir notre âme : qu’elle soit présentée à Jésus par vos mains maternelles, qu’elle entende de Lui des paroles de miséricorde et de paix, et qu’elle soit introduite par vous dans le Royaume de l’Amour éternel.

Ainsi soit-il.

(prière composée par Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur)

NB. L’historique de la fondation de la Basilique Notre-Dame des Victoires se trouve > ici

2009-3. L’apparition de la Sainte Face sur le Voile de Sainte Véronique, le 6 janvier 1849.

Le samedi 6 janvier 1849, se produisit dans la Basilique Saint-Pierre au Vatican un prodige qui a été relaté par le journal de la Basilique et fut confirmé par le Pape Léon XIII dans un bref daté du 1er octobre 1885.

* * * * * * *

Pour bien comprendre ce qui se passa il importe d’abord de se remettre dans le contexte historique.

A cette date, le Bienheureux Pape Pie IX se trouvait en exil à Gaëte, dans le Royaume de Naples. L’année 1848, en effet, avait vu se succéder des révolutions dans toute l’Europe. Rome – capitale des Etats de l’Eglise – n’avait pas été épargnée par le ferment révolutionnaire et par les troubles : c’est ainsi que le 15 novembre 1848, Pellegrino Rossi  – ministre de  l’intérieur et des finances, qui jouissait de l’entière confiance de Pie IX -,  avait été lâchement assassiné. Le Souverain Pontife voyait les troubles grandir et ne se sentait plus en sûreté. La volonté de poursuivre son ministère spirituel en toute indépendance l’avait finalement contraint à quitter Rome ; il était allé demandé protection et asile auprès des Souverains de Naples. Cet exil dura 17 mois. Pendant ce temps, de manière assez fréquente, le clergé et les fidèles de Rome organisaient dans les diverses églises de la Ville Eternelle des cérémonies ferventes pour demander à Dieu la fin des troubles et le retour du Pape.

La deuxième chose qu’il faut savoir (ceux qui sont allés à Rome et ont eu une visite guidée de la Basilique Saint-Pierre s’en souviennent peut-être), c’est que la Basilique Saint-Pierre ne renferme pas seulement la tombe du Prince des Apôtres, mais qu’au cours des siècles son « trésor » a été enrichi d’importantes et précieuses reliques au nombre desquelles on compte une part importante du Bois de la Sainte Croix (amené de Jérusalem par l’impératrice Sainte Hélène), le fer de la lance avec lequel le centurion a ouvert le côté du Christ mort (découvert grâce à un miracle, en 1099, par Adhémar de Monteil dans une église d’Antioche de Syrie où le reliquaire avait été emmuré par crainte des profanations sarrasines, puis oublié), et le voile de la pieuse femme qui, sur le chemin du Calvaire, avait essuyé le visage ensanglanté du Christ.

Ce voile avait reçu le nom de « veronica« , contraction et latinisation de veron ‘ikon, que l’on peut traduire par « image véritable ».
Malgré les assertions infondées d’un certain nombre d’historiens et de chercheurs qui veulent à tout prix – et au mépris d’une tradition fermement établie – que l’image qui se trouve sur le linceul de Turin soit à l’origine de la « légende » de Sainte Véronique, je persiste à affirmer qu’il s’agit bien de deux images miraculeuses différentes.

La tradition les distingue bien en effet :
1) d’une part, le linceul – actuellement conservé à Turin mais fut vénéré à Constantinople jusqu’au moment de l’odieuse mise à sac de la ville par les croisés (en avril 1204) – sur lequel se trouve une image en trois dimensions, « projetée » sur le linge, et qui reste totalement inexpliquée dans l’état actuel des sciences ;
2) et d’autre part le linge avec lequel cette courageuse hiérosolymite, prise de compassion, essuya la sueur, le sang et les crachats mêlés à la poussière qui souillaient le visage du Sauveur. Sur ce voile, il s’agissait probablement d’une empreinte laissée par  les matières épongées lors du contact direct (et non d’une projection). Il s’agissait de ce fait d’une image « déformée ». Vous obtiendrez quelque chose de semblable si vous vous barbouillez la figure avec de la suie et que vous vous essuyez ensuite avec un linge : en l’appliquant sur toute la surface du visage, vous obtiendrez  ensuite votre propre portrait, mais vos traits  seront déformés par une espèce d’amplification, puisque tous les contours de ce qui est en relief se retrouveront développés à plat.

De très anciennes traditions, dont on ne veut plus tenir compte aujourd’hui, nous rapportent que l’empereur Tibère avait entendu rapporter certaines choses sur ce Jésus qui, même au-delà de la mort, recrutait des disciples et opérait des miracles. Alors qu’il se trouvait très malade et que ses médecins étaient impuissants à lui rendre la santé, il avait appris qu’une image réputée miraculeuse du Christ était en possession d’une femme, parmi ses disciples. Il la fit donc rechercher et venir à son chevet ; il entendit de sa bouche le récit de la Passion du Sauveur et recouvra la santé en contemplant son image, cette veron ‘ikon, dont le nom finit par être donné à la femme qui avait bénéficié du miracle.

Le voile miraculeux resta donc à Rome où il est réputé demeurer aujourd’hui encore. Il n’est plus guère exposé à la vénération des foules de nos jours, mais j’ai eu l’occasion de rencontrer un vieux cordelier qui l’avait vu de près sous le règne de Pie XII et m’a expliqué que l’image figurant sur le voile était tellement estompée qu’elle était devenue presque imperceptible à l’oeil.

* * * * * * *

Le samedi 6 janvier 1849 donc, les chanoines de la Basilique Vaticane, ainsi qu’une foule de fidèles, étaient à genoux en présence des Reliques Majeures solennellement exposées. Tous purent soudain observer que sur la « véronique », l’image estompée devenait de plus en plus nette et reformait le visage vivant de Notre-Seigneur Jésus-Christ : les déformations en avaient disparu, parce que les amplifications dues à l’applatissement des traits avaient retrouvé leur relief ! C’était bien le visage de l’Homme des douleurs décrit par Isaïe, non pas dans l’apaisement de la mort comme il apparaît sur le linceul, mais saisi comme par un instantané dans le cours du chemin de la Croix.

En 1849, les pèlerins présents dans la Basilique Saint-Pierre n’avaient bien évidemment pas avec eux d’appareils photographiques pour  immortaliser cette manifestation miraculeuse (j’emploie à dessein ce mot de manifestation, puisque le 6 janvier est la fête de l’Epiphanie, mot dérivé du grec et qui signifie justement  manifestation – au sens d’apparition -, et que nos frères chrétiens d’Orient nomment encore plus explicitement ce jour « Théophanie », c’est à dire manifestation de Dieu). Le seul moyen dont on disposait pour garder le souvenir et propager l’image de ce miracle fut donc la gravure : selon les déclarations des témoins, un graveur tenta de rendre les traits de l’apparition et l’on procéda à des impressions (non seulement sur papier mais aussi sur tissu) de l’image ainsi obtenue. Ces reproductions furent données par les chanoines de la Basilique Vaticane avec un certificat d’authenticité portant le sceau de cire rouge du Chapitre.

La gravure de la Sainte Face diffusée après le miracle et vénérée par Monsieur Dupont

En France, Monsieur Léon Papin-Dupont, surnommé le saint homme de Tours, reçut une de ces reproductions et l’installa à la place d’honneur dans son salon, bientôt converti en oratoire (cf. > ici). En effet les grâces, physiques et spirituelles, obtenues en priant devant cette image et en invoquant la Sainte Face de Notre-Seigneur Jésus-Christ, se multiplièrent rapidement, conformément aux révélations qu’avaient reçues, quelques années auparavant, dans cette même ville de Tours, une carmélite du nom de Soeur Marie de Saint-Pierre. Une confrérie de prière fut établie dans l’oratoire de Monsieur Dupont et il est intéressant de noter que la famille Martin se fit inscrire sur les registres de cette confrérie. La petite dernière, Thérèse, fut profondément marquée par cette dévotion, très implantée au Carmel de Lisieux, et choisit en conséquence de porter en religion le nom de Soeur Thérèse de l’Enfant Jésus de la Sainte Face…

Nous terminerons donc l’évocation de ce miracle en publiant l’une des prières à la Sainte Face écrite par celle qu’un Pape a désignée comme « la plus grande sainte des temps modernes » :

Ô Jésus, qui dans votre cruelle Passion êtes devenu
’’l’opprobre des hommes et l’homme de douleurs’’,
je vénère votre divin visage,
sur lequel brillaient la beauté et la douceur de la divinité,
maintenant devenu pour moi
comme le visage d’un ’’lépreux’’ !

Mais sous ses traits défigurés,
je reconnais votre amour infini
et je me consume du désir de vous aimer
et de vous faire aimer de tous les hommes.
Les larmes qui coulèrent si abondamment de vos yeux
m’apparaissent comme des perles précieuses
que j’aime à recueillir,
afin d’acheter avec leur valeur infinie
les âmes des pauvres pêcheurs.

Ô Jésus, dont le visage est la seule beauté
qui ravit mon coeur,
j’accepte de ne pas voir ici-bas,
la douceur de votre regard,
de ne pas sentir l’inexprimable baiser
de votre bouche sainte ;
mais je vous supplie d’imprimer en moi
votre divine resemblance,
de m’embraser de votre amour,
afin qu’il me consume rapidement
et que j’arrive bientôt à voir
votre glorieux visage dans le Ciel.
Ainsi soit-il.

Voir aussi la publication sur la dévotion à la Sainte Face > ici

Publié dans:Memento, Prier avec nous |on 5 janvier, 2009 |5 Commentaires »

2009-2. Le « Saint d’Anjou », Jacques Cathelineau.

2009-2. Le

Le 5 janvier 1759 naquit, dans la paroisse du Pin-en-Mauges (diocèse d’Angers), Jacques Cathelineau.

L’anniversaire de la naissance de ce héros, qui est en même temps une authentique et haute figure de sainteté, n’est honoré d’aucune commémoration officielle, mais nous ne saurions nous en étonner (!!!) ; il nous paraîtrait même injurieux que les actuelles autorités de notre pays – puisqu’elles revendiquent haut et fort l’héritage de la grande révolution – veuillent s’acquitter d’un « devoir de mémoire » envers celui dont la vie et les engagements dénoncent l’impiété des fondements idéologiques et la vacuité des principes auxquels elles se réfèrent…
Puissent du moins les coeurs loyaux et fidèles ne pas manquer de célébrer dans la reconnaissance et la fidélité la mémoire de celui qui, très tôt de son vivant déjà, fut surnommé « le Saint d’Anjou« !

* * * * * * *

Jacques était le second d’une famille de cinq enfants. Son père, Jean Cathelineau, exerçait  le métier de tailleur de pierres, mais s’acquittait aussi de manière exemplaire des fonctions de sacristain. Le petit Jacques grandit d’une certaine manière à l’ombre du sanctuaire : les exemples de ses parents et les enseignements de son curé, firent croître en lui  et lui permirent de personnaliser une foi profonde et une piété sincère, ancrées dans une compréhension véritablement surnaturelle des choses d’ici-bas.

Il n’y avait pas d’école au Pin-en-Mauges, mais le curé, qui lui avait inculqué les premiers éléments de l’instruction et avait remarqué l’intelligence et les qualités du petit Jacques, proposa à ses parents de lui faire poursuivre ses études chez l’un des ses confrères, dans une paroisse des environs. C’est ainsi que Jacques Cathelineau acquit des connaissances supérieures à celles de la moyenne des gens du peuple.

Il travailla d’abord comme tailleur de pierres, ainsi que son père, mais au moment où la révolution éclate il exerce le métier de colporteur. A l’âge de 18 ans, le 4 février 1777, il a épousé Louise Godin, qui est de 9 ans son aînée. De leur union naîtront dix enfants, dont cinq mourront avant d’achever leur première année. Jacques avait aussi succédé à son père dans ses fonctions de sacristain et de chantre à l’église du Pin.

Le 12 mars 1793, en application de la loi qui a décrété la « levée en masse », a lieu le tirage aux sort des conscrits à Saint-Florent le Vieil. La population angevine, déjà profondément indisposée par l’exécution du Roi et par la persécution contre ses « bons prêtres », n’a aucune envie de voir partir ses jeunes gens aux frontières pour défendre une république qui n’est absolument pas aimée. Ce jour là donc, toute la ville de Saint-Florent exaspérée s’est rassemblée pour s’opposer à la conscription ; elle va le faire d’une manière expéditive : les agents de la conscription et les patriotes sont lynchés. Ceux qui ne sont pas tués ne doivent leur salut qu’à la fuite. Désormais les évènements sont engagés, la guerre est inéluctable.

Jacques Cathelineau, âgé de 35 ans et qui a la charge d’une famille, n’est pas concerné par la conscription. Il n’a pas fait partie des émeutiers, mais maintenant que la guerre est là, avec les encouragements de son curé, il s’est décidé à rassembler autour de lui les hommes du village : on était au temps de la Passion, et c’est au chant du Vexilla Regis (cf. > ici) qu’ils prirent les armes et se mirent en route, pour défendre leurs autels et leurs foyers.

Un peu partout dans les Mauges, des paysans et des artisans,  munis comme eux de leurs fourches et de leurs faux, chassent les « patriotes ». Les paysans cherchent ceux qu’ils croient les plus qualifiés pour prendre la tête du mouvement ; ils vont donc dans les gentilhommières de leurs villages et ils supplient leurs « Messieurs »  de les organiser et de les entraîner : un grand nombre d’entre eux n’a-t-il d’ailleurs pas un passé militaire? Jean-Nicolas Stofflet et Jacques Cathelineau  seront les deux seuls roturiers portés à la tête d’une armée.

Je ne vais pas refaire ici l’histoire détaillée du début des « Guerres de Vendée », mais  je me contenterai de noter que lorsque – au bout d’un mois de combats dispersés -  la Grande Armée Catholique et Royale est constituée, la stature de chef et le charisme  de Jacques Cathelineau sont pleinement reconnus. Ils le seront de plus en plus, à tel point que lorsqu’il s’agira de nommer un Généralissime, c’est sur lui que se porteront unanimement les suffrages des autres chefs de l’insurrection (12 juin 1793). Tous reconnaissent et saluent en lui une piété éclairée, inspiratrice de décisions pratiques aussi audacieuses que pertinentes, et une intégrité parfaite : il n’agit jamais par ambition personnelle et il est irréprochable. On peut dire qu’il symbolise et représente parfaitement le soulèvement  populaire vendéen dans ses idéaux spirituels.

Mortellement blessé le 29 juin, lors du siège de Nantes, Jacques Cathelineau rendit sa belle âme à Dieu le 14 juillet 1793 à Saint-Florent le Vieil. Sa cause de béatification fut introduite dès la fin du XIXème siècle mais la plus grande partie des pièces informatives  du procès diocésain ont péri dans l’incendie des archives de l’évêché d’Angers, en 1944, et  l’instruction s’en trouve, de ce fait, bloquée. Cependant que cela ne nous empêche pas de prendre modèle sur lui et de l’invoquer en privé, lorsque nous prions pour la France…

Publié dans:Memento, Nos amis les Saints, Vexilla Regis |on 4 janvier, 2009 |4 Commentaires »

2009-1. Voeux pour l’année 2009.

Vitrail de la Vierge à l'Enfant

Chers, bien chers Amis,

« Saluons l’année nouvelle avec joie et confiance, elle est un présent de la bonté de Dieu »… En ce dernier jour de l’année 2008, je n’hésite pas à faire miennes ces paroles de Saint François de Sales et à vous les adresser.

Malgré toutes les inquiétudes dont l’ombre pèse  – parfois si lourdement – sur nos familles et sur nos pays, malgré la crise grave qui secoue notre monde, malgré la tristesse des maladies et des deuils qui ont éprouvé un si grand nombre d’entre vous, je viens vers vous à travers ces quelques modestes lignes afin de vous souhaiter une bonne et heureuse année 2009… Oh, oui! je vous la souhaite la meilleure possible, même si nous avons  conscience que le bonheur parfait ne sera jamais atteint ici-bas, et même si nous pressentons que les semaines et les mois à venir – comme ceux de l’année qui s’achève – ne seront pas exempts de peines et de souffrances.

Cependant – malgré et au-delà de toutes les difficultés de cette condition terrestre -, ayant bien présent à l’esprit et au coeur  chacun de vos visages, chacune de vos intentions,  de vos joies et de vos peines, de vos espérances et de vos attentes, je vous présente ces voeux fervents, profondément enracinés dans l’amitié. Ce ne sont pas de simples « voeux pieux », énoncés de façon formelle : c’est par-dessus tout une prière que je dépose dans le Coeur de Jésus et de Marie.

De toute la ferveur de mon âme, je vous recommande - vous-mêmes et tous les vôtres, tous ceux qui vous sont chers, tous ceux que vous portez dans vos coeurs – au divin Roi d’Amour et à sa très Sainte Mère, je vous confie à leur bénédiction aimante : qu’ils vous accordent chaque jour la force,  physique et morale, pour avancer et persévérer dans la voie montante et difficile du quotidien ; qu’ils vous donnent le courage et la consolation intérieure, nécessaires pour ne pas céder aux tentations du découragement ; qu’ils emplissent vos coeurs de paix et de lumière; qu’ils vous conduisent dans la voie de la plénitude intérieure dans l’amour, qui seul est grand, qui seul est fécond, qui est la source de toute vraie richesse et de tout vrai bonheur!

Bonne, très bonne et surtout sainte année 2009!

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur.

Publié dans:Annonces & Nouvelles, Textes spirituels |on 31 décembre, 2008 |19 Commentaires »

Une belle prière à l’Enfant Jésus avant la nuit sainte de la Nativité.

Enfant Jésus vainqueur du mal

Divin Enfant Jésus,
ayez pitié des gens tout seuls, ayez pitié des âmes solitaires.

Recueillez-les tous,
prenez-les toutes avec Vous en ce soir de fête,
en cette nuit d’Amour, en cette aurore de paix et d’espérance,
afin que leur cœur endolori, leur âme en détresse
trouvent un refuge près du plus aimant, du plus doux, du plus tendre,
du seul tout-puissant et vrai Ami.

Si je les sais,
si je les sens blottis près de Vous,
ô mon Roi !
toutes mes souffrances seront fondues, oubliées dans l’amour.

Saint Enfant de la crèche,
qui apportez la bénédiction sur la terre,
venez dans les âmes qui Vous attendent, Vous appellent,
faites briller en elles votre Ciel,
Votre demeure aimée, Votre maison de repos, Votre crèche bénie…

Voir aussi « Prières simples devant la crèche » > ici

Publié dans:Prier avec nous |on 29 décembre, 2008 |2 Commentaires »

2008-70. Message de notre Saint-Père le Pape Benoît XVI prononcé le saint Jour de Noël 2008 à l’occasion de la bénédiction Urbi et Orbi :

Noël 2008 : bénédiction Urbi et Orbi.

« Apparuit gratia Dei Salvatoris nostri omnibus hominibus » (Tit. II, 11).

Chers frères et Soeurs,

par les paroles de l’apôtre Paul, je renouvelle la joyeuse annonce de la naissance du Christ : oui, aujourd’hui, « la grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes » !

Elle s’est manifestée! C’est ce que l’Église célèbre aujourd’hui. La grâce de Dieu, riche en bonté et en tendresse, n’est plus cachée, mais «elle s’est manifestée», elle s’est manifestée dans la chair, elle a montré son visage. Où? À Bethléem. Quand? Sous César Auguste, durant le premier recensement, auquel fait même allusion l’évangéliste Luc. Et qui est celui qui la révèle? Un nouveau-né, le Fils de la Vierge Marie. En Lui s’est manifestée la grâce de Dieu notre Sauveur. C’est pourquoi cet Enfant s’appelle Jehoshua, Jésus, ce qui signifie « Dieu sauve ».

La grâce de Dieu s’est manifestée : voilà pourquoi Noël est une fête de lumière. Non pas une lumière totale, comme celle qui enveloppe toute chose en plein jour, mais une clarté qui s’allume dans la nuit et se répand à partir d’un point précis de l’univers : de la grotte de Bethléem, où l’Enfant-Dieu est « venu au jour ». En réalité, c’est Lui la lumière même qui se propage, comme le représentent bien de nombreux tableaux de la Nativité. Il est la lumière, qui en apparaissant dissout la brume, rompt les ténèbres et nous permet de comprendre le sens et la valeur de notre existence et de l’histoire. Chaque crèche est une invitation simple et éloquente à ouvrir notre coeur et notre esprit au mystère de la vie. Elle est une rencontre avec la Vie immortelle, qui s’est faite mortelle dans la scène mystique de Noël ; une scène que nous pouvons admirer ici aussi, sur cette place, comme en d’innombrables églises et chapelles du monde entier, et dans toutes les maisons où le Nom de Jésus est adoré.
La grâce de Dieu s’est manifestée à tous les hommes. Oui, Jésus, le visage du Dieu-qui-sauve, ne s’est pas manifesté seulement pour quelques-uns, pour certains, mais pour tous. C’est vrai que, dans l’humble et austère demeure de Bethléem, peu de personnes l’ont rencontré, mais Lui est venu pour tous : juifs et païens, riches et pauvres, proches et lointains, croyants et non croyants… tous. La grâce surnaturelle, par la volonté de Dieu, est destinée à toute créature. Il faut cependant que l’être humain l’accueille, prononce son « oui », comme Marie, afin que son coeur soit illuminé par un rayon de cette lumière divine. Ceux qui accueillirent le Verbe incarné, cette nuit-là, ce furent Marie et Joseph qui l’attendaient avec amour et les bergers qui veillaient auprès de leurs troupeaux
(cf. Luc  II, 1-20). Une petite communauté, donc, accourue pour adorer l’enfant Jésus ; une petite communauté qui représente l’Église et tous les hommes de bonne volonté. Aujourd’hui encore, ceux qui dans la vie L’attendent et Le cherchent rencontrent le Dieu qui, par amour, s’est fait notre frère ; tous ceux qui ont le coeur tendu vers Lui, désirent connaître son visage et contribuer à l’avènement de son Règne. Jésus lui-même le dira dans sa prédication : ce sont les pauvres de coeur, les affligés, les doux, les affamés de justice, les miséricordieux, les purs de coeur, les artisans de paix, les persécutés pour la justice (cf. Matth. V, 3-10). Ce sont eux qui reconnaissent en Jésus le visage de Dieu et repartent, comme les bergers de Bethléem, avec un coeur renouvelé par la joie de son amour.

Frères et Soeurs qui m’écoutez, c’est à tous les hommes qu’est destinée l’annonce d’espérance qui constitue le coeur du message de Noël. Jésus est né pour tous et, comme à Bethléem Marie l’offrit au regard des bergers, en ce jour, l’Église le présente à l’humanité entière, afin que toute personne et toute situation humaine, puisse faire l’expérience de la puissance de la grâce salvatrice de Dieu, qui, seule, peut transformer le mal en bien, qui, seule, peut changer le coeur de l’homme et en faire une « oasis » de paix.

Puissent les nombreuses populations qui vivent encore dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort (cf. Luc I, 79), faire l’expérience de la puissance de la grâce salvatrice de Dieu ! Que la lumière divine de Bethléem se répande en Terre Sainte, où l’horizon semble redevenir sombre pour les Israéliens et les Palestiniens ; qu’elle se répande au Liban, en Irak et partout au Moyen-Orient. Qu’elle féconde les efforts de tous ceux qui ne se résignent pas à la logique perverse de l’affrontement et de la violence et qui privilégient au contraire la voie du dialogue et de la négociation, pour apaiser les tensions internes à chaque pays et trouver des solutions justes et durables aux conflits qui tourmentent la région. C’est à cette lumière qui transforme et renouvelle qu’aspirent les habitants du Zimbabwe, en Afrique, pris depuis trop de temps dans l’étreinte d’une crise politique et sociale qui, malheureusement, continue de s’aggraver, comme aussi les hommes et les femmes de la République Démocratique du Congo, spécialement dans la région tourmentée du Kivu, et encore du Darfour, au Soudan, et de la Somalie, dont les souffrances interminables sont une tragique conséquence de l’absence de stabilité et de paix. Cette lumière, ce sont surtout les enfants de ces pays et de tous les pays en difficulté qui l’attendent, afin qu’une espérance soit rendue à leur avenir.

Là où la dignité et les droits de la personne humaine sont piétinés ; là où les égoïsmes personnels ou de groupe prévalent sur le bien commun ; là où l’on risque de s’habituer à la haine fratricide et à l’exploitation de l’homme par l’homme ; là où des luttes intestines divisent groupes et ethnies et déchirent la vie en commun ; là où le terrorisme continue à frapper ; là où manque le nécessaire pour survivre ; là où l’on regarde avec appréhension vers un avenir qui devient toujours plus incertain, même dans les Nations qui sont dans l’aisance : que là resplendisse la Lumière de Noël et qu’elle encourage chacun à faire son propre devoir, dans un esprit d’authentique solidarité. Si chacun pense uniquement à ses propres intérêts, le monde ne peut qu’aller à sa ruine.

Chers frères et Soeurs, aujourd’hui « la grâce de Dieu Sauveur s’est manifestée » (cf. Tit. II, 11), dans notre monde, qui a ses potentialités et ses faiblesses, ses progrès et ses crises, ses espoirs et ses angoisses. Aujourd’hui, resplendit la lumière de Jésus Christ, Fils du Très-Haut et fils de la Vierge Marie : « Dieu né de Dieu, lumière née de la lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu. Pour nous les hommes et pour notre salut, il descendit du ciel ». Nous l’adorons en ce jour, en tous les coins de la terre, emmailloté et déposé dans une pauvre mangeoire. Nous l’adorons en silence tandis que Lui, encore bébé, semble nous dire pour notre consolation : N’ayez pas peur ! « C’est moi qui suis Dieu, il n’y en a pas d’autre » (Is. XLV, 22). Venez à moi, hommes et femmes, peuples et nations, venez à moi, ne craignez pas : je suis venu vous apporter l’amour du Père, vous montrer le chemin de la paix.

Allons, donc, frères ! Pressons-nous, comme les bergers dans la nuit de Bethléem. Dieu est venu à notre rencontre et nous a montré son visage, riche en grâce et en miséricorde ! Que sa venue ne soit pas vaine pour nous ! Cherchons Jésus, laissons-nous attirer par sa lumière, qui efface du coeur de l’homme la tristesse et la peur; approchons-nous avec confiance ; prosternons-nous avec humilité, pour l’adorer. Bon Noël à tous !

Publié dans:De liturgia, Textes spirituels |on 25 décembre, 2008 |Commentaires fermés

2008-67. Notre Saint-Père le Pape Benoît XVI nous rappelle la spiritualité de l’Avent…

       A l’occasion du 1er dimanche de l’Avent, notre Saint Père le Pape Benoît XVI s’est rendu le dimanche 30 novembre 2008 à la basilique de Saint-Laurent hors les murs. Il y accomplissait une visite pastorale – comme évêque de Rome – mais venait aussi y célébrer « l’année laurentienne » (c’est à dire l’année jubilaire en l’honneur de Saint Laurent), promulguée pour honorer le 1750ème anniversaire du martyre du saint diacre. Le Pape Benoît XVI a rappelé le sens de l’Avent, et a aussi évoqué les figures de Pie XII et du Bienheureux Pie IX dont le corps repose dans la basilique et devant lequel le Souverain Pontife est allé se recueillir à l’issue de la Sainte Messe (cf. photo ci-dessous).

Benoît XVI se recueille devant la chasse de son prédécesseur le Bx Pie IX - 30 nov. 2008

Chers frères et sœurs,

       Avec ce premier dimanche de l’Avent, nous entrons dans cette période de quatre semaines par laquelle commence une nouvelle année liturgique et qui nous prépare immédiatement à la fête de Noël, mémoire de l’Incarnation du Christ dans l’histoire. Le message spirituel de l’Avent est toutefois plus profond et nous projette déjà vers le retour glorieux du Seigneur, à la fin de l’histoire. Adventus est le terme latin qui pourrait être traduit par «arrivée», «venue», «présence». Dans le langage du monde antique, il s’agissait d’un terme technique qui indiquait l’arrivée d’un fonctionnaire, en particulier la visite de rois ou d’empereurs dans les provinces, mais qui pouvait également être utilisé pour l’apparition d’une divinité, qui sortait de sa demeure cachée et manifestait ainsi sa puissance divine : sa présence était célébrée solennellement dans le culte.

   En adoptant le terme d’Avent, les chrétiens voulaient exprimer la relation particulière qui les unissait au Christ crucifié et ressuscité. Il est le Roi, qui, étant entré dans cette pauvre province dénommée terre, nous a fait don de sa visite, et, après sa Résurrection et son Ascension au ciel, a voulu dans tous les cas rester avec nous : nous percevons sa présence mystérieuse dans l’assemblée liturgique. En célébrant l’Eucharistie, nous proclamons en effet qu’Il ne s’est pas retiré du monde, et qu’il ne nous a pas laissés seuls, et, même si nous ne pouvons pas le voir et le toucher comme c’est le cas avec les réalités matérielles et sensibles, Il est toutefois avec nous et parmi nous ; il est même en nous, car il peut attirer à lui et communiquer sa vie à tout croyant qui lui ouvre son cœur. L’Avent signifie donc faire mémoire de la première venue du Seigneur dans la chair, en pensant déjà à son retour définitif et, dans le même temps, cela signifie reconnaître que le Christ présent parmi nous devient notre compagnon de voyage dans la vie de l’Église qui en célèbre le mystère. Chers frères et sœurs, cette conscience nourrie dans l’écoute de la Parole de Dieu devrait nous aider à voir le monde avec un regard différent, à interpréter les différents événements de la vie et de l’histoire comme des paroles que Dieu nous adresse, comme des signes de son amour qui nous assure de sa proximité dans chaque situation ; en particulier, cette conscience devrait nous préparer à l’accueillir lorsque « Il reviendra dans la gloire, pour juger les vivants et les morts ; et son règne n’aura pas de fin« , comme nous le répéterons d’ici peu dans le Credo. Dans cette perspective, l’Avent devient pour tous les chrétiens un temps d’attente et d’espérance, un temps privilégié d’écoute et de réflexion, à condition de se laisser guider par la liturgie qui nous invite à aller à la rencontre du Seigneur qui vient.

   «Viens, Seigneur Jésus» : chers amis, cette invocation ardente de la communauté chrétienne des débuts doit également devenir notre aspiration constante, l’aspiration de l’Église de tout temps, qui désire et se prépare à la rencontre avec son Époux. «Seigneur, fais resplendir ton visage et nous serons sauvés» : c’est la prière que nous avons élevée, il y a peu de temps, à travers les paroles du Psaume responsorial. Et le prophète Isaïe nous a révélé, dans la première lecture, que le visage de notre Sauveur est celui d’un père tendre et miséricordieux, qui prend soin de nous en toute circonstance car nous sommes l’œuvre de ses mains : «Toi, Seigneur, tu es notre Père, notre rédempteur, tel est ton nom depuis toujours» (Is. LXIII, 16). Notre Dieu est un père disposé à pardonner les pécheurs repentis et à accueillir tous ceux qui ont confiance dans sa miséricorde (cf. Is. LXIV, 4). Nous nous étions éloignés de Lui à cause du péché en tombant sous la domination de la mort, mais Il a eu pitié de nous et de sa propre initiative, sans aucun mérite de notre part, Il a décidé de venir à notre rencontre, en envoyant son Fils unique comme notre Rédempteur. Face à un si grand mystère d’amour, notre action de grâce s’élève spontanément, et notre invocation devient plus confiante : «Montre nous, Seigneur, ta miséricorde et donne-nous ton salut» (cf. verset d’acclamation de l’Evangile).

   Chers frères et sœurs, la pensée de la présence du Christ et de son retour certain quand les temps seront accomplis est plus que jamais significative dans votre Basilique qui jouxte l’imposant cimetière monumental du Verano, où reposent, dans l’attente de la Résurrection, un grand nombre de nos défunts. Combien de fois dans ce temple sont célébrées des liturgies d’obsèques ; combien de fois retentissent pleines de réconfort les paroles de la liturgie : «Dans le Christ ton Fils, notre Sauveur, resplendit devant nous l’espérance de la bienheureuse résurrection, et si la certitude de devoir mourir nous attriste, nous sommes réconfortés par la promesse de l’immortalité future!» (cf. 1ère préface pour les défunts).

   Mais votre Basilique monumentale, qui nous conduit par la pensée à celle des origines qui fut construite par l’empereur Constantin, puis transformée jusqu’à prendre sa forme actuelle, parle surtout du martyre glorieux de saint Laurent, archidiacre du Pape saint Sixte II et son délégué dans l’administration des biens communs de la communauté. Je suis venu aujourd’hui célébrer la Sainte Eucharistie pour m’unir à vous pour lui rendre hommage dans une circonstance véritablement particulière, à l’occasion de l’année jubilaire de saint Laurent, proclamée pour commémorer les 1750 ans de la naissance au ciel du saint diacre. L’histoire nous confirme combien le nom de ce saint, sur le tombeau duquel nous sommes réunis, est glorieux. Sa sollicitude pour les pauvres, le service généreux qu’il rendit à l’Église de Rome dans le domaine de l’assistance et de la charité, la fidélité au Pape, qu’il a poussée jusqu’à vouloir le suivre dans l’épreuve suprême du martyre, et le témoignage héroïque du sang, rendu peu de jours auparavant seulement, sont des faits universellement connus. Saint Léon le Grand, dans une belle homélie, commente ainsi l’atroce martyre de cet «illustre héros» : «Les flammes ne purent vaincre la charité du Christ ; et le feu qui le brûlait à l’extérieur fut plus faible que celui qui l’animait à l’intérieur». Et il ajoutait : «Le Seigneur a voulu exalter à ce point son nom glorieux dans le monde entier que de l’Orient à l’Occident, dans la splendeur infiniment vive de la lumière irradiée par les plus grands diacres, la même gloire qui est venue à Jérusalem à travers Etienne est échue également à Rome grâce à Laurent» (St Léon le Grand, homélie N° 85, 4).

   Nous célébrons cette année le 50e anniversaire de la mort du Serviteur de Dieu, le Pape Pie XII, et cela rappelle à notre mémoire un événement particulièrement dramatique dans l’histoire pluriséculaire de votre basilique, qui a eu lieu lors du second conflit mondial lorsque, exactement le 19 juillet 1943, un violent bombardement provoqua des dommages très graves au bâtiment et à tout le quartier, semant la mort et la destruction. On ne pourra jamais effacer de la mémoire de l’histoire le geste généreux accompli à cette occasion par mon vénéré prédécesseur, qui courut immédiatement porter secours et réconforter la population durement frappée, parmi les décombres encore brûlants. Je n’oublie pas, en outre, que cette même Basilique accueille les urnes de deux autres grandes personnalités : en effet, dans l’hypogée sont placées à la vénération des fidèles les dépouilles mortelles du bienheureux Pie IX, tandis que, dans l’atrium, est située la tombe d’Alcide de Gasperi, guide sage et tempéré de l’Italie dans les difficiles années de la reconstruction de l’après-guerre et, dans le même temps, éminent homme d’État capable de contempler l’Europe à travers une ample vision chrétienne.

   Tandis que nous sommes réunis ici en prière, je suis heureux de vous saluer tous avec affection, en commençant par le cardinal-vicaire, par Mgr le vice-gérant, qui est également l’Abbé commendataire de la basilique, par l’évêque auxiliaire du secteur Nord et par votre curé, le père Bruno Mustacchio, que je remercie pour les aimables paroles qu’il m’a adressées au début de la célébration liturgique. Je salue le ministre général de l’ordre des capucins, ainsi que les confrères de la communauté qui accomplissent leur service avec zèle et dévouement, en accueillant les nombreux pèlerins, en assistant avec charité les pauvres et en témoignant de l’espérance dans le Christ ressuscité à tous ceux qui se rendent en visite au cimetière du Verano. Je désire vous assurer de ma reconnaissance, et, surtout, de mon souvenir dans la prière. Je salue en outre les nombreux groupes engagés dans l’animation de la catéchèse, de la liturgie, de la charité, les membres des deux chœurs polyphoniques, le tiers-ordre franciscain local et régional. J’ai appris ensuite avec plaisir que ce lieu abrite depuis quelques années l’«atelier missionnaire diocésain», pour éduquer les communautés paroissiales à la conscience missionnaire, et je m’unis volontiers à vous pour souhaiter que cette initiative de notre diocèse contribue à susciter une courageuse action pastorale missionnaire, qui apporte l’annonce de l’amour miséricordieux de Dieu partout dans chaque lieu de Rome, en touchant en particulier les jeunes et les familles. Je voudrais enfin étendre ma pensée aux habitants du quartier, en particulier aux personnes âgées, aux malades, aux personnes seules et en difficulté. Je rappelle tous et chacun au cours de cette messe.

   Chers frères et sœurs, en ce début de l’Avent, quel meilleur message recueillir de saint Laurent que celui de la sainteté ? Il nous répète que la sainteté, c’est-à-dire aller à la rencontre du Christ qui vient continuellement nous rendre visite, ne passe pas de mode, et, avec le temps, resplendit même de façon lumineuse et manifeste la tension permanente de l’homme vers Dieu. Que cette célébration jubilaire soit donc l’occasion pour votre communauté paroissiale d’une adhésion renouvelée au Christ, d’un plus grand approfondissement du sens d’appartenance à son Corps mystique qui est l’Église, et d’un engagement constant d’évangélisation à travers la charité. Que Laurent, témoin héroïque du Christ crucifié et ressuscité, soit pour chacun un exemple d’adhésion docile à la volonté divine afin que, comme nous avons entendu l’apôtre Paul le rappeler aux Corinthiens, nous vivions nous aussi de façon à être «irréprochables» le jour du Seigneur (cf. 1 Cor. I, 7-9).

   Nous préparer à l’avènement du Christ est également l’exhortation que nous recueillons de l’Evangile d’aujourd’hui : «Veillez», nous dit Jésus dans la brève parabole de Luc du maître de la maison qui part, mais ne sait pas s’il reviendra (cf. Marc XIII, 33-37). Veiller signifie suivre le Seigneur, choisir ce qu’il a choisi, aimer ce qu’il a aimé, conformer sa vie à la sienne ; veiller signifie passer chaque instant de notre temps dans l’horizon de son amour sans se laisser abattre par les inévitables difficultés et problèmes quotidiens. C’est ce qu’a fait saint Laurent, et c’est ce que nous devons faire, et nous demandons au Seigneur de nous donner sa grâce afin que l’Avent soit un encouragement pour tous à marcher dans cette direction. Que l’humble Vierge de Nazareth, Marie, élue par Dieu pour devenir la Mère du Rédempteur, saint André, dont nous célébrons aujourd’hui la fête et saint Laurent, exemple d’intrépide fidélité chrétienne jusqu’au martyre, nous guident et nous accompagnent de leur intercession. Amen !

Guirlande de sapin - gif

Du 29 novembre au 7 décembre 2008 : Neuvaine de l’Immaculée Conception.

Bénie et encouragée par notre Saint Père le Pape Benoît XVI

Chaque jour une dizaine de chapelet, suivie de trois fois l’invocation : « Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous. »

La Sainte Communion, le jour du 8 décembre ou entre le 29 nov. et le 8 déc. Sacrement de pénitence  recommandé (dans la mesure du possible).

Le Saint Père Benoît XVI à Lourdes le 13 septembre 2008

O Marie, Reine du Ciel et de la terre, à Lourdes vous êtes apparue à Sainte Bernadette pour manifester votre sollicitude pour les pécheurs que nous sommes tous, pour les malades, les pauvres et les petits : tous ceux que le monde méprise.

Au terme de cette année Jubilaire qui a vu le Souverain Pontife en pèlerin à vos pieds, exaucez les prières que nous vous adressons, unis à tous ceux qui vous aiment dans le monde entier : nous voici devant vous pour vous louer et implorer vos grâces.

Nous voulons, selon votre exemple, accueillir Jésus en nos vies et mieux vivre des enseignements de l’Evangile, que vous êtes venue nous rappeler à Lourdes :

  • par les chemins de la prière et de la pénitence, pour la conversion des pécheurs.
  • par la fidélité à l’esprit des Béatitudes : esprit de pauvreté, de douceur, de miséricorde, d’humilité et de patience dans les épreuves…
  • par la charité et le service des plus nécessiteux, spécialement les infirmes et les malades.

Daignez, ô Vierge Immaculée, recevoir et garder dans votre Coeur maternel nos cœurs qui , plein d’espérance, se tournent vers vous ; daignez entendre et – s’il plaît à Dieu – exaucer toutes les intentions que nous confions à votre intercession bénie!

Ainsi soit-il.

Publié dans:De liturgia, De Maria numquam satis, Prier avec nous |on 28 novembre, 2008 |Commentaires fermés

2008-63. Le 18 novembre nous fêtons les Bienheureuses Visitandines de Madrid martyrisées en 1936.

Croix de la Bienheureuse Maria Cecilia

Croix de la Bienheureuse Maria-Cecilia, déformée par les balles de la fusillade

Rappel historique :

   La monarchie espagnole a été abolie en 1931.
L’hostilité des républicains envers la religion catholique va devenir de plus en plus virulente à partir de 1933, après des élections favorables à la gauche. Rapidement une législation anticléricale est instaurée : interdiction  faite aux religieux d’enseigner et d’avoir des activités leur permettant de vivre, suppression des jésuites… et déjà, des églises sont incendiées.
La gauche républicaine a mal calculé ; il faut peu connaître le peuple espagnol pour penser qu’il accepte cette violence anti-religieuse sans réaction : les élections de décembre 1933 ramènent au pouvoir une majorité de droite. Peut-être la crise aurait-elle pu être terminée si, à ce moment, des solutions inspirées du catholicisme social avaient été mises en œuvre :  il n’en est malheureusement rien et les conservateurs paralysent les plans de réforme nécessaires.

   L’été 1934 voit éclater la « révolution des Asturies » : des prêtres et des religieuses sont assassinés.
La gauche, jusqu’alors dispersée, se regroupe en un « frente popular » qui arrive au pouvoir lors des élections de février 1936 : composé de communistes, de socialistes et d’anarchistes d’opinions souvent divergentes, ce front populaire trouve son unité dans un anti-catholicisme haineux, et cela bien que les évêques espagnols aient – au début – reconnu sa légitimité.
Les violences éclatent dès juin 1936 : ce gouvernement républicain de style révolutionnaire se lance dans une sanglante persécution qui va faire une foule de victimes en quelques semaines. Bien évidemment, tout le peuple ne soutient pas cette persécution, mais  la terreur est à l’ordre du jour : à la chambre, un député monarchiste proteste et, dès le lendemain – 14 juillet 1936 – , il est assassiné.

   Les différents partis de droite, apeurés, se regroupent dans un parti unique : la « Phalange ». Désormais, tous les ingrédients sont prêts pour une guerre civile.
Le général Francisco Franco se révolte et lance, le 18 Juillet, l’ « Alziamento Nacional » (souvent traduit par « Mouvement national » alors que littéralement cela signifie : soulèvement national). Il est suivi par une grande partie de l’armée.
L’Espagne entre  alors dans une terrible guerre civile : les « républicains » (appelés aussi – et à juste titre – « rouges » car leur but est de faire de l’Espagne un état satellite de l’URSS), renforcés par des « brigades internationales », et les « nationalistes » (ou « franquistes »), aidés en finale par la Wehrmacht allemande et les fascistes italiens, vont s’affronter sans merci pendant trente-deux mois (1936-1938).

   A la faveur de la guerre, les « rouges » se livrent à la plus grande persécution religieuse qu’ait jamais connu l’Espagne : à cause de sa brièveté dans le temps et de son intensité, c’est un ouragan révolutionnaire comparable à celui de la révolution française, qui s’abat sur toutes les régions où domine leur influence politique.
Sur la liste noire des personnes à abattre, les ecclésiastiques figurent en tout premier lieu.
Les exactions se multiplient : incendies de couvents, d’évêchés, d’églises, destruction du patrimoine artistique sacré… etc.
Les républicains procèdent à des exécutions massives, accompagnées d’une férocité inouïe. Malheureusement, il y eut aussi des violences injustifiées et condamnables dans l’autre parti.

   On dénombre parmi les victimes : 13 évêques, 4184 prêtres, 2385 religieux, 283 religieuses et des milliers de fidèles laïcs.

Ceux que l’Église béatifie sont vraiment martyrs car ils ont été tués en haine de la Foi : ce ne sont pas de simples « victimes de guerre », car ils n’étaient pas engagés dans les combats, ni dans les luttes partisanes.
Le Pape Jean-Paul II a tenu à le préciser le 11 mars 2001 : « Les bienheureux qui sont élevés à l’honneur des autels n’étaient pas impliqués dans des luttes politiques ou idéologiques, et ne voulaient pas y entrer. (…) Ils ont vécu en aimant et sont morts en pardonnant ».

Autel où sont conservées les reliques des Sept Bienheureuses Visitandines Martyres

Autel dans lequel sont conservées les reliques des sept Bienheureuses

Les sept Visitandines Martyres :

   Le premier monastère de la Visitation en Espagne fut établi à Madrid en 1748. C’est à cette communauté qu’appartiennent les sept martyres que l’on célèbre le 18 novembre.

   Lorsque éclate la guerre civile, les  moniales Visitandines se rendent rapidement compte qu’il est dangereux de rester en ville et décident de se retirer dans un petit village de Navarre, Oronoz. Toutefois un groupe de sept religieuses va rester sur place parce que l’église du couvent est encore ouverte au culte.
Avant de partir, la Mère Supérieure leur prépare – en cas de danger – un appartement où elle pourront trouver refuge, à proximité du monastère. Sœur Marie du Refuge est désignée pour diriger cette petite communauté : en vraie Visitandine, elle anime le courage, la confiance et la foi des autres sœurs.
Toutes sont conscientes d’être exposées à des sévices et à la mort violente mais, dans la prière et le silence, elles intensifient le don généreux d’elles-mêmes qu’elles ont déjà fait à Dieu par leur profession monastique, et elles s’offrent pour que la grâce de la paix soit rendue à l’Eglise d’Espagne.

   Le 18 juillet 1936, le monastère est attaqué, pillé, incendié…
Les Visitandines ont eu le temps de fuir, mais elles ne peuvent plus quitter l’appartement en sous-sol où elles sont réfugiées : il est devenu un minuscule couvent où l’on prie constamment pour l’Espagne. Quelques prêtres, lorsque cela est possible, leur rendent visite et célèbrent pour elles la Sainte Messe. Lorsque le risque est plus important ils s’abstiennent de venir, mais la sœur d’une des religieuses leur apporte la sainte communion.
Leur présence est connue de leurs voisins, qui les aiment… à l’exception de deux personnes qui habitent l’immeuble et qui vont les dénoncer par haine de la religion.
Une période d’incertitude et d’angoisse commence alors : les sœurs subissent plusieurs fouilles au cours desquelles elles sont insultées et dépouillées de leurs biens. Lors de la fouille du 17 novembre, les miliciens annoncent qu’ils reviendront le lendemain.
Sœur Marie du Refuge propose à ses soeurs de les conduire dans des consulats où elles seront hors d’atteinte. Mais la ferveur des Filles de Saint François de Sales est plus forte que la crainte de la mort et elles s’écrient : « Quelle joie, le martyre va arriver bientôt! (…) Si l’Espagne doit être sauvée en versant notre sang, que ce soit le plus tôt possible!« 
Elles passent la nuit à prier.

   Le 18 novembre 1936, vers 19h, une patrouille de la F.A.I (Fédération Anarchiste Ibérique) fait irruption dans l’appartement. On oblige toutes les religieuses à sortir, même Sœur Maria-Inès, malade, atteinte d’une forte fièvre.
Dans la rue on entend les cris de la populace. En voyant les Sœurs faire le signe de croix, une voix s’élève : « C’est ici qu’il faut les tuer, car se signer est une provocation! »
La sérénité des moniales contraste avec ce vacarme.
Elles sont fusillées quelques minutes plus tard, se tenant toutes par la main.

   Cependant la plus jeune des religieuses – Soeur Maria-Cecilia, âgée de 26 ans – ne fut pas  atteinte par les balles et, prise de panique, lâchant la main de la soeur morte à côté d’elle, elle partit en courant dans la nuit. Un peu plus loin, croisant des policiers et reprenant courage, elle leur cria : « Je suis l’une des religieuses… »
Elle fut à nouveau arrêtée et on la conduisit dans l’une des innombrables prisons improvisées de la ville, dans lesquelles siégeaient des « tribunaux populaires ». Interrogée, elle témoigna sans faiblir de son identité et de sa foi et fut condamnée à mort.
On la fusilla au matin du 23 novembre, avec une autre femme et une dizaine de jeunes gens, contre un mur du cimetière. On peut donc dire qu’elle a subi le martyre à deux reprises.
Son corps, jeté dans une fosse commune, put être identifié, après la guerre, grâce à sa croix de Visitandine, tordue par les balles (vous pouvez en voir une photographie au commencement de cet article)
.

Ces 7 Bienheureuses Visitandines sont :

1) Sœur Marie du Refuge (Maria-Gabriela) de Hinojasa y Naveros, qui était née le 24 juillet 1872 à Alhama (Grenade) et était la responsable du groupe ;
2) Sœur Josefa-Maria (Maria del Carmen) Barrera y Izaguirre, née le 23 mai 1881 à El Ferrol (La Coruna) ;
3) Sœur Teresia-Maria (Laura) Cavestany y Anduaga, née le 30 juillet 1888 à Puerto Real (Cadix) ;
4) Sœur Maria-Angela (Martina) Olaizola y Garagarça, née le 12 novembre 1893 à Azpeitia (Guipuzcoa) ;
5) Sœur Maria-Engracia (Josepha-Joachima) Lecuona y Aramburu, née le 02 juillet 1897 à Oyarzun (Guipuzcoa) ;
6) Sœur Maria-Inès (Agnès) Zudaire y Galdeano, née le 28 janvier 1900 à Echavarri (Navarre) ;
7) Sœur Maria-Cecilia (Maria-Félicité) Cendoya y Araquistain, née le 10 janvier 1910 à Azpeitia (Guipuzcoa), celle qui fut exécutée le 23 novembre.

Elles ont été béatifiées, à Rome, le 10 mai 1998.

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