Archive pour la catégorie 'Nos amis les Saints'

2018-24. Vœux de Pâques 2018.

Χριστός Ανέστη !
Αληθώς Ανέστη !

Surrexit Dominus vere !

Le Seigneur est vraiment ressuscité !

CORNELISZ VAN OOSTSANEN, Jacob 1507

L’apparition à Sainte Marie-Magdeleine au matin de Pâques
(Jakob Cornelisz van Oostanen – 1507)

* * *

Saint Jour de Pâques 1er avril 2018,
à La Garde-Freinet.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Certains d’entre vous le savent déjà, mon papa-moine et moi-même n’avons pas passé la Semaine Sainte au Mesnil-Marie, mais, avec un petit groupe d’amis, nous sommes depuis le samedi de la Passion 24 mars en terre provençale et nous avons vécu toute cette semaine la plus importante de l’année chrétienne au rythme des offices célébrés dans le cadre du Monastère Saint-Benoît de La Garde-Freinet, avec la liturgie selon le Missel Romain de 1953, c’est-à-dire avec les rites antérieurs à la réforme survenue sous le pontificat de Pie XII.

J’ai à ma disposition aujourd’hui plusieurs centaines de photographies prises au cours de ces cérémonies tous les jours de cette Semaine Sainte, et dans les prochains jours je vous pourrai faire des comptes-rendus plus détaillés de ces moments non seulement très spirituels mais véritablement historiques, puisque c’est la première fois depuis 1955 que Rome a permis à plusieurs communautés et paroisses traditionnelles à travers le monde de reprendre cette liturgie plus que millénaire et donc véritablement traditionnelle.

Mais en cette fin d’après-midi, je viens vers vous aujourd’hui uniquement pour vous souhaiter de belles, joyeuses et saintes Pâques pendant les cinquante jours où la Sainte Eglise va maintenant exulter dans la contemplation de la glorieuse Résurrection de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Et puis je souhaite aussi vous annoncer que demain matin, lundi de Pâques 2 avril, sur la route du retour en Vivarais, nous ferons halte à la basilique royale de Sainte Marie-Magdeleine, à Saint-Maximin, où nous aurons une Sainte Messe solennelle dans la crypte devant le reliquaire du chef de celle qui, au matin de Pâques, fut la première – après Notre-Dame – à être gratifiée de l’apparition de Jésus ressuscité, et fut alors promue par Lui « apôtre des Apôtres ».

Vous pouvez dès à présent être assurés que nous porterons toutes les intentions de nos amis et bienfaiteurs auprès de Sainte Marie-Magdeleine, et que nous la prierons pour qu’elle vous accorde à tous et à chacun des grâces d’amour toujours plus grand et de ferveur toujours plus intense dans votre relation personnelle vivante avec le divin Coeur de Jésus !

Patte de chat Lully.

Joyeuses Pâques

2018-18. Un chef-d’œuvre de Poussin retrouvé : « Sainte Françoise Romaine annonçant à Rome la fin de la peste ».

9 mars,
Fête de Sainte Françoise Romaine.

A – Qui est Sainte Françoise Romaine ?

Sainte Françoise, communément appelée Françoise Romaine, née en 1384 de Paolo Bussa de Leoni et de Giacobella de Roffredeschi, appartient par sa naissance à la haute noblesse de Rome. Bien qu’attirée depuis l’enfance par la vie religieuse, elle est mariée à l’âge de 13 ans à Lorenzo Ponziani, lui aussi d’une grande famille romaine.
Epouse exemplaire et mère aimante (elle mettra au monde trois enfants), elle mêne une vie de grande piété et de pénitence tout en assurant parfaitement ses responsabilités domestiques et sociales.
A Rome, la seconde moitié du « trecento » et la première moitié du « quatrocento » constituent une période de grands troubles sociaux et politiques  (ceux-là même qui ont contraint les papes à fuir la Ville où ils ne s’estimaient plus en sécurité et où l’indépendance du pouvoir spirituel n’était plus garantie, pour s’installer en Avignon). Et comme un malheur n’arrive jamais seul, ces turbulences et ces violences sont accompagnées d’épidémies mortifères : à plusieurs reprises, la peste ravage la cité.
Françoise se dévoue auprès des malades et entraîne des dames de la haute société à se mettre au service des nécessiteux, vendant toilettes et parures pour subvenir à leurs besoins. Cette pratique de la charité va de pair avec un développement de la vie intérieure et de la ferveur. Ainsi, Françoise qui a des liens spirituels avec la congrégation bénédictine olivétaine et qui est favorisée de grâces mystiques très élevées (vision constante de son ange gardien, apparitions de saints, états d’oraison supérieurs, union transformante avec le Christ… ), se trouve-t-elle bientôt à la tête d’un groupe de femmes pour lesquelles elle fonde un couvent d’oblates bénédictines, dans lequel elle se retire à la mort de son époux (1436). Elle y passe les quatre dernières années de sa vie, s’adonnant avec prédilection aux tâches les plus humbles de la vie de communauté.
Elle rend son âme à Dieu le 9 mars 1440, et le peuple romain non seulement reconnaît en elle l’un de ses plus beaux fleurons de sainteté mais il la prend en outre d’une manière toute particulière comme protectrice : exemple d’une vie conjugale harmonieuse, les jeunes mariés se confient spécialement à sa prière ; modèle des mères, elle qui a perdu un enfant encore jeune, elle devient la consolatrice des familles éprouvées par le deuil ; active pour le soulagement des nécessiteux, son exemple stimule la pratique des œuvres de miséricorde ; se dépensant lors des épidémies, on l’invoque avec succès quand la peste réapparait ; éducatrice d’âmes tendues vers la perfection chrétienne, les religieux prennent exemple sur sa ferveur et ses vertus ; veuve courageuse, elle est le parangon des femmes auxquelles la mort a ravi l’époux très aimé…
Dès le moment de sa mort, le pape Eugène IV (pape de 1431 à 1447) va œuvrer pour sa glorification, mais sa canonisation ne sera finalement célébrée qu’en 1608.

Sainte Françoise Romaine - châsse

Châsse renfermant le squelette de Sainte Françoise Romaine
(crypte de l’église Santa Maria Novella, au forum, à Rome)

frise

B – Sainte Françoise Romaine annonçant à Rome la fin de la peste :

B1 – Contexte dans lequel l’œuvre voit le jour.

Au printemps de l’année 1656, la peste a fait sa réapparition dans la moitié sud de la péninsule italienne, remontant de la région napolitaine jusqu’à Rome.
La hiérarchie ecclésiastique a ordonné des prières publiques pour obtenir de Dieu la cessation de l’épidémie, et le peuple des fidèles s’est tourné avec un redoublement de ferveur vers ses saints intercesseurs de prédilection. A Rome même, la très populaire Sainte Françoise a été ardemment sollicitée, elle que les Romains surnomment « l’Avocate de Rome ».

La cessation du fléau a été relativement rapide et c’est pourquoi le cardinal secrétaire d’Etat Giulio Rospigliosi, futur pape Clément XI (de juin 1667 à décembre 1669), a commandé à Nicolas Poussin un ex-voto pour commémorer l’intercession bénéfique de la sainte protectrice de Rome.

Nicolas Poussin (1594-1667), après un court séjour en France est revenu vivre à Rome à l’automne 1642. Au moment de cette commande du cardinal Rospigliosi il est âgé de 60 ans, et bien qu’il lui reste encore onze années de vie il se trouve déjà, dans une phase déclinante. Déclin non de son art, qui est en pleine maturité, mais en raison de sa santé : il est en particulier affecté par un tremblement de la main qui s’accentue de mois en mois. Véritable drame pour un perfectionniste tel que lui, qui malgré ce handicap grandissant produit encore de purs chefs-d’œuvre !
Le tableau, intitulé « Sainte Françoise Romaine annonce à Rome la fin de la peste » (mais on lui trouve aussi parfois comme nom « la vision de Sainte Françoise Romaine ») mesure 1,21 m de hauteur et 1,02 m de largeur : il fut livré à son commanditaire en 1657 ou 1658, mais ne fut jamais exposé dans une église. Destiné à la collection particulière du cardinal Rospigliosi, ce dernier ne le fit pas entrer dans les collections pontificales lorsqu’il devint le pape Clément XI, et le tableau revint à ses parents et héritiers après sa mort. 

B2 – Histoire rocambolesque d’un chef-d’œuvre perdu pendant deux-cents ans.

Le tableau reste dans les collections privées des héritiers du pape Clément XI jusqu’à la fin du XVIIIe siècle où l’on perd sa trace :  au cours des XIXe et XXe siècles, il ne sera plus connu que grâce à deux gravures dues à Giacomo del Po et à Girard Audran.
Or, en 1998, l’œuvre réapparait sur le marché de l’art parisien : les experts l’identifient formellement. C’est alors que l’on va parvenir à reconstituer ce que fut son étonnant destin pendant exactement deux-cents ans.
En effet, en 1798 le tableau fut vendu avec une partie de la collection Rospigliosi-Pallavicini : le honteux traité de Tolentino imposé au Pape Pie VI et aux Etats de l’Eglise par le Directoire (cf. > ici) eut de telles conséquences pour les familles romaines que certaines en furent réduites à liquider une partie de leur patrimoine artistique.
On ne sait pas vraiment chez qui fut le tableau pendant la première moitié du XIXe siècle, mais on le retrouve dans la collection du secrétaire de l’Académie de France à Rome (Villa Médicis), Alexis Le Go, qui, en 1873, amène le tableau dans son château de Jean Val (commune de Le Val, au nord de Brignoles). Passant d’héritiers en héritiers, le chef-d’œuvre perd son identité et, à la fin du XXe siècle, n’est plus considéré par son détenteur que comme un « nid à poussière » encombrant, dont – sait-on jamais ? – on pourra peut-être tirer un peu d’argent…
C’est ainsi qu’il arrive entre les mains d’un expert qui le reconnaît parce qu’il connaît les gravures réalisées à la fin du XVIIe siècle par Giacomo del Po et Girard Audran.
Le musée du Louvre s’en porte alors acquéreur pour quelque 45 millions d’euros.
Restauré, le « Sainte Françoise Romaine annonçant à Rome la fin de la peste » se trouve désormais habituellement exposé dans le département des peintures de l’aile Richelieu (2ème étage, salle 12), y venant fort heureusement compléter la période de la maturité du peintre, assez faiblement représentée.

Sainte Françoise Romaine annonçant à Rome la fin de la peste - Nicolas Poussin

« Sainte Françoise Romaine annonçant à Rome la fin de la peste »
Nicolas Poussin (musée du Louvre)

B3 – Lecture de l’œuvre.

Nicolas Poussin a fait de cet ex-voto en l’honneur de Sainte Françoise Romaine une composition plutôt solennelle, dans laquelle on retrouve les références classiques – antiques ou modernes – qui sont l’une de ses caractéristiques.
La scène se déroule sur le devant d’une imposante architecture marquée par des pilastres classiques encadrant une grande arcade.
La peste y est personnifiée, au second plan sur le côté droit, et cette représentation reprend les traits du « Gladiateur emportant un enfant mort », célèbre statue antique des collections Farnèse (aujourd’hui au musée archéologique de Naples). Quant à la femme allongée en-dessous de la nuée qui porte la sainte et figurant l’une des victimes de l’épidémie, elle n’est ni plus ni moins qu’une citation de la très fameuse « Sainte Cécile » de Carlo Maderno réalisée en 1600 (église Sainte-Cécile au Transtévère, à Rome).

Le tableau représente les forces spirituelles qui ont concouru à obtenir du Ciel l’éloignement du fléau et, par delà l’épidémie, il célèbre la victoire sur le démon qui répand ou aggrave les maux qui affligent l’humanité.
La mise en scène est articulée autour d’une diagonale qui descend depuis l’angle supérieur gauche jusqu’à l’angle inférieur droit : c’est sur cette diagonale que se trouvent les deux personnages principaux, au premier plan.
On voit donc la sainte patronne et protectrice de Rome, Françoise Romaine, apparaître dans une nuée : elle tient en ses mains des flèches brisées, symbole de la défaite de la peste dont les traits frappaient le peuple romain. Ce message est adressé à un personnage féminin agenouillé à même le sol, qui personnifie Rome. Remarquez la correspondance des regards et des visages qui expriment avec une réelle intensité la compassion victorieuse de la sainte et la confiante imploration de la cité.
La plupart des commentateurs pense que la femme personnifiant la ville de Rome est probablement un portrait.
Certains avancent le nom de la princesse Anna Colonna, qui décéda en 1658 justement et qui était alliée à toutes les grandes familles romaines – dont les Rospigliosi-Pallavicini – en sus du fait qu’elle était apparentée au pape Urbain VIII Barberini (lequel avait lui-même été l’officiant de son mariage).
D’autres y voient une carmélite, qui personnifierait donc alors la prière d’intercession.
D’autres commentateurs en revanche voient dans la femme agenouillée la représentation de Sainte Françoise Romaine intercédant, et dans la femme qui apparaît dans la nuée soit la Vierge Marie soit la figure allégorique de la miséricorde divine.

En arrière des deux personnages principaux, on voit, bien séparées par la diagonale qui scinde le tableau en deux parties bien distinctes, en bas à gauche une victime qui a succombé à la peste et qui suggère donc la victoire (pour un temps du moins) du fléau, tandis que, dans la partie supérieure à droite, on voit la personnification de la peste qui fuit, chassée par un archange guerrier (ce qui n’est pas sans évoquer l’épisode de la peste qui ravageait Rome au début du pontificat de Saint Grégoire le Grand et qu’apparut Saint Michel rengainant son épée au sommet du môle d’Hadrien, appelé depuis lors « château Saint-Ange ») : la figure de l’épidémie entraîne dans sa fuite deux autres victimes : un jeune homme étendu à terre qu’elle tire par le pied, et un enfant qu’elle porte sur son épaule gauche.

Poussin - Sainte Françoise Romaine détail 1

Au-delà des querelles d’interprétation qui agitent les experts, ce qui nous importe à nous, et particulièrement en ce saint temps de carême, c’est la puissance avec laquelle le génie de Nicolas Poussin, malgré sa main malade, a exprimé la force de la prière et l’efficacité de l’intercession des saints, en même temps qu’il illustre magnifiquement ce que la liturgie nous fait répéter :
« O Dieu que la faute offense et que la pénitence apaise, jetez les yeux avec bonté sur Votre peuple en prière, et détournez les châtiments de Votre colère que nous méritons pour nos péchés : Deus, qui culpa offenderis, paenitentia placaris : preces populi tui supplicantis propitius respice, et flagella tuae iracundiae, quae pro peccatis nostris meremur, averte » (collecte du jeudi après les cendres).

pattes de chat Lully.

Poussin - Sainte Françoise Romaine détail 2

frise

2018-9. Des Sept Saints Fondateurs de l’Ordre des Servites de Marie et du scapulaire noir de Notre-Dame des Sept Douleurs.

12 février,
Fête des Sept Saints Fondateurs de l’Ordre des Servites de Marie.

Monogramme des Servites

Monogramme des Servites de Marie

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Vous ne serez sans doute pas étonnés si je vous dit que les Sept Saints Fondateurs de l’Ordre des Servites de Marie sont au nombre de nos saints de prédilection au Mesnil-Marie.
Parce que d’une part leur dévotion est peu répandue en France et que d’autre part l’Ordre des Servites est y également assez peu connu, je me propose aujourd’hui de vous en parler un peu.

- Qui étaient ils ?

Bonfilio [Bonfils] dei Monaldi (né probablement en 1198), Giovanni [Jean] di Buonagiunta (né en 1206), Benedetto [Benoît] – dit Manetto – dell’ Antella (né en 1203), Bartolomeo [Barthélémy] – dit Amadeo – degli Amidei (né en 1204), Ricovero [Ricover] – dit Uguccio [Hugues] – dei Lipi-Uguccioni (né en 1204),  Ghirardino [Girardin] – dit Sostène – Sostegni (né en 1205) et Alessio [Alexis] Falconieri (né en 1200) appartenaient aux meilleures familles de l’opulente cité commerçante de Florence, en Toscane :  en 1233, ils étaient tous âgés de 30 à 35 ans.

Pour avoir de bons repères chronologiques, il faut se souvenir qu’en 1233, nous sommes seulement la septième année après la mort de Saint François d’Assise (+ 3 octobre 1226).  C’est une période particulièrement riche et intense dans le domaine de la spiritualité et de la quête de Dieu, en cette période que l’on a appelée « l’Italie des communes » : de très nombreux laïcs des deux sexes, aspirent à une vie fervente et pénitente sans pour autant entrer dans les ordres monastiques traditionnels dont les grandes abbayes étendent leurs vastes domaines à l’extérieur des cités, tout en exerçant de véritables droits féodaux. C’est ce qui explique le succès des fondations de Saint François d’Assise et de Saint Dominique de Guznam et des Tiers-Ordres pour les fidèles laïcs rattachés à ces deux familles religieuses ; c’est ce qui explique également le souci de réforme des Ordres anciens qui se fait alors jour ; c’est ce qui explique aussi la multiplication des mouvements spirituels pénitents, sous forme de confréries ou de petites fraternités (avec de graves dérives parfois).

Florence vers 1493

Florence : représentation ancienne
(à l’époque où vécurent les Sept Saints Fondateurs, la coupole de la cathédrale n’existait évidemment pas)

- Leur vocation :

Le 15 août 1233 donc, ces sept très fervents laïcs participaient à une pieuse réunion de la confrérie mariale à laquelle ils appartenaient, lorsque la Sainte Mère de Dieu leur apparut à chacun séparément leur demandant, comme le dit la quatrième leçon du brévaire pour la fête de ce jour, « d’embrasser un genre de vie plus saint et plus parfait ».
La biographie rédigée à partir des documents anciens lors de leur canonisation, en 1888 [« Histoire des Sept Saints Fondateurs de l’Ordre des Servites de Marie » par le Père Sostène-Marie Ledoux – éd. Delhomme et Briguet, 1888], met dans la bouche de Notre-Dame les paroles suivantes :
« Quittez le monde, retirez-vous ensemble dans la solitude, afin d’y combattre contre vous-mêmes et d’y vivre entièrement pour Dieu. Vous jouirez ainsi de consolations toutes célestes. Ma protection et mon assistance ne vous manqueront jamais ».

Ils se rendirent compte qu’ils étaient sept à avoir bénéficié de cette même grâce et de ce même appel, et ayant demandé conseil à l’archevêque de Florence, le 8 septembre suivant, en la fête de la Nativité de Notre-Dame,  « afin de débuter dans une vie plus sainte au jour même où la Mère de Dieu avait commencé sa vie très sainte parmi les mortels » (bréviaire – 4ème leçon de matines), ayant renoncé à leur rang et à leurs richesses et portant un rude cilice sous des habits de pauvres, ils commencèrent à mener la vie commune dans une humble masure accolée à un oratoire hors des murs de la ville.
« Dieu montra par un miracle combien cette résolution, Lui était agréable. Peu de temps après, comme ces sept hommes parcouraient la ville de Florence, en demandant l’aumône aux portes des maisons, il arriva tout à coup qu’ils furent acclamés Serviteurs de la bienheureuse Vierge Marie par la voix de petits enfants, et entre autres de Saint Philippe Beniti à peine âgé de quatre mois. Ce nom leur fut désormais toujours conservé » (bréviaire – 5ème leçon de matines)..

Il faut apporter ici une précision lexicale : en français, on parle des Servites de Marie, et on rapproche bien sûr le mot « servite » de celui de « serviteur ». En français, un « serviteur » est une personne qui est « au service » d’une autre, d’où le sens habituel de domestique, d’employé de maison. Même s’il se trouve dans un emploi subalterne, un « serviteur » demeure une personne qui jouit pleinement de ses droits civiques, qui est salariée mais juridiquement libre au regard de la loi.
En italien, comme en latin, on emploie le mot « servi ». Or « servi » est le pluriel de « servus » qui exprime en fait bien autre chose que notre moderne idée de « service ». Un « servus », en latin classique, c’est un esclave. Aussi pour bien comprendre en vérité le nom qui fut attribué miraculeusement à nos sept Florentins par les petits enfants il faut avoir bien présente à l’esprit cette notion d’esclavage : un « servus » ne s’appartient pas à lui-même, il est la propriété d’une autre personne qui a tous les droits sur lui. Les Servites de Marie sont les esclaves de la Sainte Mère de Dieu : ils ont abdiqué leur liberté entre ses mains, ils lui appartiennent en totalité, ils sont dans son entière dépendance, ils sont ses esclaves. Si l’on voulait rendre exactement en français tout ce que contient le mot – latin ou italien – « servi », il faudrait plutôt le traduire par « serf ». L’idée du « saint esclavage de Marie » n’est donc pas une notion inventée de toutes pièces par Saint Louis-Marie Grignion de Montfort.

C’est très probablement dès le début de leur vie commune aux portes de Florence que les Sept Saints Fondateurs adoptèrent la pratique de la récitation du chapelet des Sept Douleurs (voir > ici).
C’est là aussi qu’ils adoptèrent un règlement de vie commune et qu’ils décidèrent d’être des mendiants, dépendant totalement des aumônes et dons suscités par la divine Providence dans le coeur de charitables fidèles.

Sept Saints Fondateurs des Servites

Les Sept Saints Fondateurs de l’Ordre des Servites de Marie
recevant de la Très Sainte Vierge l’habit noir et le scapulaire noir en l’honneur de ses Sept Douleurs.

- La fondation de l’Ordre des Servites :

La cinquième leçon du bréviaire continue : « Voulant éviter le concours du peuple et pressés par l’amour de la solitude, ils se retirèrent tous au mont Sénar. Ils y commencèrent un genre de vie vraiment céleste. Habitant des cavernes, vivant d’eau et d’herbes sauvages, ils mortifiaient leur corps par des veilles et d’autres austérités. La passion du Christ et les douleurs de sa Mère affligée étaient l’objet de leurs continuelles méditations. Comme ils s’y livraient avec plus d’ardeur un jour de Vendredi Saint, la bienheureuse Vierge elle-même leur apparut à deux reprises, leur montrant l’habit sombre qu’ils devaient revêtir, et leur fit connaître qu’elle aurait pour très agréable qu’ils établissent dans l’Église un nouvel Ordre religieux, destiné à garder perpétuellement et à propager parmi les peuples la dévotion aux douleurs qu’elle a souffertes pour nous au pied de la croix du Seigneur… »

Le Mont Sénar – en italien Monte Senario – est une élévation qui se trouve à 4 lieues au nord de Florence et culmine à quelque 818 mètres.
C’était un endroit paisible et boisé relativement difficile d’accès, ce qui en faisait un lieu propice à la solitude et à une vie de recueillement, et il appartenait en partie à la mense épiscopale de Florence.
Nos sept pieux Florentins, dont la vie fervente et mortifiée aux portes de la cité attirait de plus en plus de visiteurs désireux de les interroger et de s’entretenir de spiritualité avec eux, aspirèrent rapidement à une plus grande solitude. S’ils ne possédaient rien, ils étaient toutefois les protégés de l’archevêque. Rien d’étonnant dès lors à ce que la Madone leur désignât elle-même ce mont pour qu’ils en fassent leur thébaïde et que le pieux archevêque ne s’empressât d’acquiescer à ce qu’ils s’y retirassent. C’était à la fin du mois de mai 1234.
Ils bâtirent une chapelle (un prêtre s’était adjoint à eux en qualité de chapelain) et aménagèrent pour eux-mêmes les grottes et cavités naturelles qui se trouvaient aux alentours : leur vie dès lors s’équilibra entre les offices en commun et les moments de prière et de travail en solitaires. A tour de rôle, ils allaient quêter dans les villages voisins.
Peu à peu, des jeunes gens vinrent les trouver et leur demandèrent de s’associer à leur vie si édifiante.

L’apparition de la Très Sainte Mère de Dieu authentifiée par l’Eglise et rappelée dans la cinquième leçon du bréviaire citée plus haut eut lieu le Vendredi Saint  13 avril 1240. Ils virent, au milieu d’une nuée d’anges dont certains portaient les instruments de la Passion, la Vierge Marie resplendissante qui portait en ses mains des vêtements de couleur noire. Tout près d’elle, un ange tenait un livre dans une main et une palme d’or dans l’autre. Elle leur adressa ces paroles :
« (…) Voyez le genre de vêtements dont je veux que vous soyez revêtus : ils indiquent par leur couleur sombre les douleurs que j’ai ressenties en ce jour par suite de la mort de mon Fils unique. Vous avez dédaigné les vêtements aux couleurs variées usités dans le monde ; aussi il vous sera désormais facile de porter ceux-ci, qui rappelleront extérieurement les douleurs que j’ai endurées dans mon cœur. Recevez également cette Règle d’Augustin, afin qu’ornés du titre d’or de mes Serviteurs, vous obteniez cette palme de la vie éternelle ».

L’archevêque de Florence, lui-même averti par une communication de la Mère de Dieu, fut heureux de présider lui-même à la cérémonie de vêture au cours de laquelle ils prirent le saint habit confectionné sur le modèle que leur avait montré la Bienheureuse Vierge, puis, après le temps du noviciat de recevoir leurs vœux de religion.

couvent et basilique du Monte Senario

Couvent et basilique du Monte Senario (état actuel)
lieu où se retirèrent les Sept Saints Fondateurs et où la Madone leur remit le scapulaire noir en l’honneur de ses Sept Douleurs

- Développement et approbation de l’Ordre – mort et canonisation des Sept Saints Fondateurs :

« Ces bienheureux Pères, auxquels de nombreux compagnons vinrent bientôt s’adjoindre, commencèrent alors à parcourir les villes et les bourgades de l’Italie, principalement celles de l’Étrurie ; ils prêchèrent partout Jésus crucifié, apaisant les discordes civiles et rappelant au sentier de la vertu une multitude presque infinie de pauvres égarés. La France, l’Allemagne et la Pologne, aussi bien que l’Italie, eurent part à leurs travaux évangéliques. Enfin, après avoir répandu au loin la bonne odeur du Christ et s’être rendus illustres par des miracles, ils quittèrent cette terre pour s’en aller au Seigneur. Comme la religion et la vraie fraternité les avaient réunis dans un seul et même amour pendant leur vie, ainsi, après leur mort, furent-ils ensevelis dans le même tombeau et entourés de la même vénération parmi les peuples.
Les souverains Pontifes Clément XI et Benoît XIII confirmèrent de leur autorité suprême le culte qui leur était constamment rendu depuis plusieurs siècles. Léon XIII ayant approuvé les miracles que Dieu avait opérés par leur intercession, après que, déclarés Vénérables, il eut été permis de les invoquer en commun, les inscrivit au catalogue des Saints dans la cinquantième année de son sacerdoce et régla qu’à l’avenir, un Office et une Messe seraient célébrés chaque année en leur honneur dans l’Église universelle »
(bréviaire – sixième leçon de matines).

Je n’entrerai pas dans les détails des développements de l’Ordre, ni des péripéties et controverses qui agitèrent l’Eglise à cette époque et suscitèrent quelques difficultés pour sa reconnaissance définitive par le Saint Siège comme Ordre mendiant de droit pontifical. Je n’entrerai pas davantage dans les détails de la vie et de la mort des Sept Saints Fondateurs : six d’entre eux furent ordonnés prêtres, mais Saint Alexis Falconieri, par humilité, refusa d’être élevé au sacerdoce et voulut s’attacher aux plus humbles tâches pour le service de ses frères. En revanche il survécut longuement à ses six compagnons puisqu’il s’éteignit le 17 février 1310 à l’âge de 110 ans !
Il fut le directeur spirituel de sa petite nièce, Sainte Julienne Falconieri (1270-1341), fondatrice des Soeurs Servites de Marie.

Basilique du Monte Senario - châsse des Sept Saints Fondateurs

Basilique du Monte Senario :
en arrière de l’autel majeur, sous le ciborium, la châsse qui renferme les corps des Sept Saints Fondateurs

- Le scapulaire noir des Sept Douleurs de Notre-Dame :

Le scapulaire noir des Sept Douleurs de Notre-Dame, est un scapulaire approuvé par l’Eglise qui y a attaché des grâces spirituelles et des indulgences.
Comme tous les scapulaires, il se compose de deux rectangles de laine noire reliés entre eux par des cordons. Bien qu’elles ne soient pas nécessaires, sur ces rectangles d’étoffe sont souvent cousues des représentations pieuses de la Piéta ou du Coeur de Marie transpercé de sept glaives.
Ce scapulaire noir est la « réduction » du grand scapulaire des religieux tel qu’il fut donné par la Mère de Dieu elle-même aux Sept Saints Fondateurs de l’Ordre des Servites le Vendredi Saint 13 avril 1240.
Originellement, le scapulaire noir des Sept Douleurs était donné aux membres des confréries de la Vierge des Douleurs et du Tiers Ordre des Servites de Marie comme signe de leur lien avec l’Ordre. Les personnes qui le portent doivent s’engager à réciter quotidiennement au moins sept Pater noster et sept Ave Maria en l’honneur des Sept Douleurs de Notre-Dame et à les honorer par une vie chrétienne exemplaire, la pratique de la pénitence et la méditation assidue des souffrances de Marie.
Autrefois, seuls les Servites étaient habilités à les bénir et à les imposer, mais à l’heure actuelle le code de droit canonique en vigueur autorise tout prêtre à administrer tous les sacramentaux dont les scapulaires font partie.

Il ne faut pas confondre le scapulaire noir des Sept Douleurs de Notre-Dame avec le scapulaire noir de la Passion dont l’origine se trouve dans la congrégation des Passionistes.

Sept Saints Fondateurs - détail

«Voyez le genre de vêtements dont je veux que vous soyez revêtus :
ils indiquent par leur couleur sombre les douleurs que j’ai ressenties en ce jour par suite de la mort de mon Fils unique.»

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2018-6. De la Bienheureuse Marie-Christine de Savoie, reine des Deux-Siciles.

31 janvier,
Fête de la Bienheureuse Marie-Christine de Savoie, Reine ;
Mémoire de Saint Jean Bosco, confesseur.

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Avec la Bienheureuse Marie-Christine de Savoie, nous est donnée une preuve supplémentaire de l’extraordinaire fécondité spirituelle des royautés catholiques traditionnelles – dans les membres des familles que Dieu choisit pour perpétuer l’institution royale aussi bien que dans leurs oeuvres – à partir du moment où elles correspondent en vérité aux grâces que Dieu leur confère et fait passer par elles.

La Bienheureuse Marie-Christine appartient en outre à la prodigieuse cohorte des « jeunes saints » qui, tels Saint Louis de Gonzague, Saint Gabriel de l’Addolorata, Saint Dominique Savio, Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et plusieurs centaines d’autres, sont parvenus à la plénitude de leur sainteté avant d’avoir atteint l’âge de 25 ans !

Armes de la Maison de Savoie

Blason de la Maison de Savoie

Une illustre parentèle :

La Bienheureuse Marie-Christine de Savoie est, ainsi que son nom l’indique, issue de la lignée des comtes de Savoie-Piémont, lignée qui régna depuis 1263 sur le comté puis duché souverain de Savoie et sur la Principauté du Piémont, ainsi que, à partir de 1720, sur le royaume de Sardaigne.
Les Savoie-Piémont descendent du Bienheureux Amédée IX de Savoie (1435-1472) – élevé sur les autels en 1677 grâce à l’initiative et aux efforts qu’avait entrepris Saint François de Sales – , et de Yolande de France (1434-1478), fille de Charles VII le victorieux. De ce fait, les princes de la maison de Savoie-Piémont portent aussi dans leurs veines du sang de Saint Louis.

En outre, fille du Roi Victor-Emmanuel 1er  de Sardaigne (1759-1824), dont la mère était Marie-Antoinette d’Espagne, Marie-Christine est une arrière-petite-fille de Philippe V d’Espagne (1683-1746) et descend donc du Roi-Soleil.
Son père, Victor-Emmanuel 1er, a succédé à son frère aîné Charles-Emmanuel IV (1741-1819) lequel avait été l’époux de la Vénérable Marie-Clotilde de France (1759-1802) ; il est également le frère des princesses Marie-Josèphe et Marie-Thérèse de Savoie, épouses respectives des comtes de Provence et d’Artois, frères puînés du Roi Louis XVI.
Dans un arbre généalogique Marie-Christine de Savoie est donc nièce par alliance des Rois de France Louis XVI, Louis XVIII et Charles X.

Enfin, par sa mère, Marie-Thérèse d’Autriche-Este (1773-1832), Marie-Christine de Savoie est une arrière petite-fille de François-Etienne de Lorraine, empereur germanique sous le nom de François 1er (1708-1765), et de Marie-Thérèse de Habsbourg, impératrice consort, roi de Bohème, roi de Hongrie et archiduchesse d’Autriche (1717-1780).
Notre Reine Marie-Antoinette (1755-1793) est donc la grand-tante de la princesse Marie-Christine de Savoie.

La vue d’un tel tableau d’alliances illustres – illustres par la sainteté, illustres par le zèle catholique et illustres par la défense des valeurs traditionnelles de la royauté – , ne peut que nous porter à déplorer que, après l’abdication du Roi Victor-Emmanuel 1er (en 1821) et la mort sans postérité de son successeur le Roi Charles-Félix (1765-1831), la branche cadette des Savoie-Carignan, devenue l’héritière des duché de Savoie, principauté de Piémont et royaume de Sardaigne, ait adopté des idées libérales et se soit ensuite compromise de la manière que l’on sait, dans l’aventure de l’unité italienne avec ses dérives anticatholiques et ses alliances maçonniques !

Bienheureuse Marie-Christine de Savoie

La Bienheureuse Marie-Christine de Savoie,
reine des Deux-Siciles (1812-1836)

Biographie :

Mais revenons à la Bienheureuse Marie-Christine.

Dernière des sept enfants de Victor-Emmanuel 1er de Sardaigne et de Marie-Thérèse d’Autriche-Este, Marie-Christine naît le 14 novembre 1812 à Cagliari, en Sardaigne.
En effet, en raison de l’occupation par les troupes révolutionnaires puis napoléoniennes de la Savoie et du Piémont, la cour de Turin avait dû se réfugier sur ses terres insulaires sardes.
A la chute de l’empire baudruche de Napoléon, le Roi Victor-Emmanuel 1er récupère la partie continentale de son royaume (duché de Savoie, comté de Nice, Pas de Suse, marquisat de Saluces et principauté de Piémont) que le Congrès de Vienne augmente même du territoire de la défunte république de Gênes.

Déjà enfant, la personnalité de Marie-Christine peut être caractérisée par deux points principaux : une force d’esprit hors du commun et une grande foi.
A l’occasion de l’Année Sainte de 1825 (elle est alors âgée de treize ans), à Rome, où elle rencontre à plusieurs reprises Sa Sainteté le Pape Léon XII, elle attire l’attention et impressionne tant par ses qualités que par sa beauté.

En 1821, son père, le Roi Victor-Emmanuel 1er a préféré abdiquer plutôt que d’octroyer une constitution libérale sous la pression d’une insurrection révolutionnaire ; il meurt en 1824. Son successeur, son frère puîné le Roi Charles-Félix, moyennant quelques réformes, parviendra à maintenir la constitution traditionnelle de ses Etats.

Pendant toutes ces années, la cour de Turin est réputée austère et profondément imprégnée de ferveur religieuse, mais cela ne suffit pas à Marie-Christine dans le coeur de laquelle croît le désir d’être religieuse cloîtrée. Toutefois, écoutant l’avis de son directeur spirituel et du Roi, elle accepte de se marier avec son lointain cousin, le Roi Ferdinand II des Deux-Siciles.
Elle dira : « Je ne sais comment j’ai pu changer d’opinion et dire « oui » alors que j’étais totalement inclinée vers la vie religieuse. Je ne peux que le voir comme la volonté de Dieu. »
Le mariage est célébré au printemps 1832.

Après l’arrivée de Marie-Christine, la cour de Naples se rendit rapidement compte que Ferdinand II n’avait pas seulement une reine à ses côtés, mais également une conseillère de grande valeur.
Le peuple napolitain acclamait déjà son immense générosité : en guise de cadeau de mariage, n’avait-elle pas partagé sa propre dot entre 240 jeunes femmes napolitaines pour qu’elles puissent se marier ? N’était-ce pas aussi elle qui, avec le produit de la vente des cadeaux qu’elle avait reçus pour ses noces, avait payé l’emprunt de tant de gages au Mont de Piété ?
Voilà pourquoi la pluie qui avait accueilli les nouveaux époux dans le port le jour de leur arrivée, était interprétée par beaucoup comme un signe de prospérité et de bénédictions célestes pour tout le Royaume.

Peu à peu, Marie-Christine, par sa délicatesse et sa constance, conquit la cour de Naples.
La première à ressentir le changement fut sa belle-mère, qui avait depuis longtemps une relation difficile avec son fils. La patience et la délicate sollicitude de Marie-Christine permirent la réconciliation de la mère et du fils.
Ses exemples de foi et de cohérence chrétienne influèrent aussi sur la cour de Naples qui n’était pas particulièrement connue pour sa bonne conduite : elle introduisit la prière et la Sainte Messe dans la vie de la cour, et entraîna son époux – d’un tempérament exubérant et parfois fantasque – dans une vie plus fervente.

La Reine Marie-Christine avait un très grand souci des pauvres, nous l’avons déjà souligné, mais elle manifesta en outre une attention toute spéciale aux condamnés à mort. Elle sauva la vie de beaucoup de condamnés, même celle de l’un d’entre eux qui avait attenté à la vie de son époux. On a écrit que pendant ses trois années de règne à Naples, l’échafaud ne fut pas utilisé. Pour celle que le peuple napolitain surnomma très rapidement « la Reginella santa », la loi la plus grande était la miséricorde.

Avant chaque conseil d’Etat, Ferdinand II passait chez son épouse et récitait avec elle trois Ave Maria, invoquait l’Esprit-Saint puis demandait la bénédiction de sa femme. Pendant que se déroulait le conseil d’Etat, Marie-Christine continuait de prier dans la chapelle du palais.
Le Roi Ferdinand II se souviendra, ému, de ces moments, et dira que beaucoup de décisions justes et prudentes furent dues à son épouse.

L’attention de la Reine se porta également sur le travail de ses sujets, en particulier les femmes. Elle créa et développa pour elles la « Colonia San Leucio » où furent produites des soieries qui étaient exportées dans toute l’Europe.
Le statut de cette « Colonia » était très avancé pour l’époque : droits héréditaires égaux pour les hommes et les femmes, éducation scolaire obligatoire, gestion collective du travail et des bénéfices, prise en charge des orphelins, …etc.

En 1835, enfin, la Reine put annoncer au Roi Ferdinand II qu’elle allait être mère : tous deux avaient multiplié les pèlerinages et les supplications pour obtenir un héritier au trône de Naples.
Mais cette joie fut bientôt marquée par l’inquiétude et la souffrance en raison des difficultés des derniers mois de la grossesse.

Le 6 janvier 1836, naquit l’héritier du trône, prénommé François – le futur François II des Deux-Siciles.
Mais la Reine Marie-Christine était rongée par une infection généralisée et se trouva bientôt à toute extrémité.
Le 31 janvier, elle demanda à embrasser une dernière fois son petit François, puis elle déclara au Roi : « Maintenant vous répondrez de lui devant Dieu et devant le peuple… Quand il sera grand, vous lui direz que sa mère est morte pour lui. »

Ce même jour, 31 janvier 1836, à Casertes, elle rendit sa belle âme à Dieu, Souverain des Rois de la terre : elle était âgée de 23 ans deux mois et 15 jours.
L’annonce de sa maladie et de sa mort produisirent une consternation générale. Elle n’avait été Reine que pendant trois années, mais ces trois années avait profondément impressionné et marqué tout son peuple.

Bienheureuse Marie-Christine de Savoie

Vingt-trois ans plus tard, en 1859, le Bienheureux Pie IX la déclare vénérable.
En cette même année 1859, a lieu, à la mort de Ferdinand II, son père, l’avènement du très pieux Roi François II qui vient d’épouser Marie-Sophie, duchesse en Bavière, soeur cadette de l’impératrice Elisabeth (« Sissi »).
François II a été le dernier souverain régnant sur les Deux-Siciles, puisqu’en 1860 et 1861 son royaume fut envahi par les troupes de Garibaldi puis par l’armée piémontaise…

Les remous politiques de la deuxième moitié du XIXème siècle et du XXème siècle n’ont pas facilité l’avancement du procès en béatification de la Reine Marie-Christine.
Enfin, en 2013, a été officiellement reconnu un miracle survenu par son intercession et le Saint-Siège donna son aval pour sa béatification.
Celle-ci a été célébrée à Naples le samedi 25 janvier 2014, dans la basilique Santa-Chiara (Sainte-Claire), nécropole des Rois de Naples.

Trois lys blancs

Publié dans:De liturgia, Nos amis les Saints, Vexilla Regis |on 31 janvier, 2018 |2 Commentaires »

2018-2. Du somptueux reliquaire renfermant les corps des trois Saints Rois Mages, à Cologne.

Châsse des Saints Rois Mages - cathédrale de Cologne

Cathédrale de Cologne : châsse renfermant les corps des trois Saints Rois Mages.

La châsse des Saints Rois Mages est le plus important des grands reliquaires du Moyen-Âge qui subsitent, tant par ses dimensions (longueur : 2,20 m ; largeur : 1,10 m ; hauteur : 1,53 m) et par sa richesse ornementale que par son contenu.

Réalisée entre (environ) 1190 et 1220 pour recevoir les corps des trois Saints Rois Gaspard, Melchior et Balthasar, transférés de Milan à Cologne en 1164, elle est l’oeuvre de l’orfèvre Nicolas de Verdun, puis des ateliers colonais et mosans qui lui ont succédé.
Cette œuvre maîtresse met en scène un ensemble de personnages réalisés en or et en argent repoussés, dorés à chaud, de plaques filigranes à pierres enchâssées (précieuses, fines, gemmes au clivage antique, camées), d’émaux sur ses piliers, arcatures et profilés. Les scènes en relief relatent ensemble l’histoire du salut, depuis le commencement des temps jusqu’au Jugement Dernier.

Mise à l’abri du pillage des troupes révolutionnaires françaises en 1794, la châsse dut cependant être restaurée au début du XIXème siècle, mais elle fut alors modifiée.
La dernière restauration, réalisée entre 1961 et 1973, lui a permis de recouvrer la quasi-intégralité de sa forme originelle, bien que certains éléments aient été à jamais perdus.

Cette grande châsse est exposée à la vénération des fidèles en proéminence derrière le maître-autel médiéval de la cathédrale de Cologne et constitue ainsi le centre de cette majestueuse et imposante cathédrale, elle-même conçue comme un grandiose reliquaire de pierre construit spécialement pour elle.

Châsse des Saints Rois Mages - cathédrale de Cologne

Cathédrale de Cologne : face antérieure de la châsse des Saints Rois Mages

La partie antérieure de la châsse a été réalisée à partir d’un don de l’empereur Otton IV de Brunswick au tout début du XIIIème siècle.
Cette face avant de la châsse est la seule à avoir été ouvrée à l’or pur. C’est également ici que sont réunis les gemmes et camées les plus précieux.

Le bas relief supérieur montre le Christ en majesté entre deux anges : cette représentation du Christ-Roi rappelle évidemment que l’autorité royale des souverains chrétiens de la terre émane de la Royauté divine.
Le bas relief inférieur présente deux des aspects du mystère liturgique de l’Epiphanie : à gauche, les trois Saints Rois - suivis par un quatrième personnage portant lui-aussi une cassette et qui n’est probablement autre qu’Otton IV lui-même – s’avancent vers la Vierge Marie, assise sur un trône et couronnée, présentant l’Enfant Jésus à leur adoration ; à droite, c’est la scène du baptême de Notre-Seigneur Jésus-Christ par Jean-Baptiste.

Châsse des Rois Mages - détail l'adoration des Rois

Châsse des Saints Rois Mages (cathédrale de Cologne)
Détail de la face antérieure : l’Adoration des Rois Mages.

Châsse des Rois Mages - détail Otton IV derrière les Rois Mages

Châsse des Saints Rois Mages (cathédrale de Cologne)
Détail de la face antérieure : Otton IV à la suite des Rois Mages.

Châsse des Rois Mages - détail le baptême de NS

Châsse des Saints Rois Mages (cathédrale de Cologne)
Détail de la face antérieure : le baptême de Notre-Seigneur.

La partie trapézoidale intermédiaire entre les bas-reliefs du bas et du haut de cette face antérieure de la châsse  constitue en réalité une espèce de volet qui peut être retiré : en l’ôtant on dévoile une grille derrière laquelle sont les crânes des trois Saints Rois.
Ce dispositif permettait non seulement aux regards des pélerins de les apercevoir, mais également, à travers cette grille et à l’aide d’une pince, de faire toucher aux saintes reliques de petits morceaux de toile ou des images de papier portant une prière ainsi que, bien souvent, une représentation des Saints Rois Mages.
Ces reliques de contact, étaient ensuite emportées par les pélerins et attestaient de leur pélerinage à Cologne.

Châsse des Saints Rois Mages ouverte

Châsse des Saints Rois Mages ouverte.
A travers la grille on aperçoit les noms des Saints Rois Mages :
- à gauche Gaspard, au centre Melchior et à droite Balthasar -
juste en arrière se trouvent leurs chefs (têtes).

Au Mesnil-Marie, à défaut de posséder un fragment des ossements des Saints Rois Mages (ce que nous souhaiterions beaucoup !), nous conservons précieusement plusieurs de ces images qui ont été mises en contact avec leurs chefs et qui ont valeur de reliques de troisième classe (cf. explication > ici). 

Relique de contact Saints Rois Mages

Image-relique des Saints Rois Mages provenant de Cologne conservée au Mesnil-Marie
Traduction :

Trois Saints Rois
Gaspard – Melchior – Balthasar
Priez pour nous maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.
* * *
Depuis les temps anciens les trois Saints Rois sont vénérés comme des modèles de foi,
et protecteurs contre les dangers des voyages ainsi que contre beaucoup de maladies.
Cette image a touché aux reliques des trois Saints Rois dans la cathédrale de Cologne.

Lors de sa création, au XIIIème siècle, la châsse des Saints Rois Mages fut ornée de 222 pierres précieuses, semi-précieuses et camées antiques. De ces 222 originelles seulement 138 sont encore en place.
Aujourd’hui, toutefois, les pierres qui s’y trouvent serties sont au nombre de 304. Les 166 pierres qui sont en sus des 138 originelles correspondent à des dons, des rajouts ou des restaurations effectués tout au long des siècles.

La présence de ces pierres et camées est liée, certes, à un désir d’ornementation avec le dessein de faire de la châsse une oeuvre particulièrement riche et précieuse, mais ce niveau de compréhension, le plus basique, ne suffit pas : il y a en effet un aspect symbolique qui, au Moyen-Âge, est absolument prioritaire et fondamental.
La forme architecturale de la châsse, est celle d’un édifice religieux : une basilique chrétienne à trois nefs. En cela la châsse représente la Ville Sainte, la Jérusalem céleste, dont nos églises d’ici-bas sont une préfiguration. Or la Cité céleste est peuplée par les saints, et Saint Jean, dans l’Apocalypse, nous la décrit en des termes qui ne sont pas sans rappeler l’orfèvrerie, d’autant qu’il précise qu’elle est construite d’or pur et de jaspe, et que ses murailles sont constellées de pierres précieuses dont il dresse la liste (cf. Apoc. XXI).

Camée antique sur la châsse des Saints Rois

L’un des camées antiques qui est serti sur la châsse des Saints Rois Mages.

Les deux côtés de la châsse sont habituellement désignés par les appelations « côté de David » et « côté de Salomon » : un même programme iconographique s’y développe.
Au niveau inférieur, sous une série de sept arcatures trilobées, sont représentés quatorze prophètes, parmi lesquels se trouve, à chaque fois au centre, d’un côté le roi David et de l’autre le roi Salomon (ce qui explique les noms donnés à chacune de ces faces). Comme les Saints Rois Mages, David et Salomon sont des modèles pour tous les souverains chrétiens.
Sur la toiture en pente de ce niveau inférieur se trouvaient (elles ont aujourd’hui disparu) des scènes de la vie du Christ.
Au niveau supérieur, sous sept arcatures encore, sont représentés les douze apôtres et, au centre, d’un côté un chérubin et de l’autre un séraphin. Chacun des apôtres est figuré avec la représentation d’une ville : celle dans laquelle il a établi son siège épiscopal.
Sur la toiture du niveau supérieur, elles aussi disparues, se trouvaient des représentations relatives à la fin du monde et au Jugement Dernier.

De la sorte, de bas en haut, se trouvaient figurés, dans une sorte de progression chronologique autant que théologique, le temps des préparations (Ancien Testament, temps de la synagogue), l’avènement du Christ Sauveur, le temps de l’Eglise (symbolisée par les apôtres) et la fin des temps.

Dans les écoinçons, en outre, se trouvent ou se trouvaient des représentations des vertus (en partie disparues ou ayant changé de place) dont le Christ a été le modèle, et que ses fidèles doivent imiter pour parvenir à la sainteté.

Châsse des Saints Rois - côté de David

Châsse des Saints Rois Mages (cathédrale de Cologne)
Le « côté de David » : le saint roi prophète se trouve au centre des sculptures du niveau inférieur.

Châsse des Saints Rois - côté de Salomon

Châsse des Saints Rois Mages (cathédrale de Cologne)
Le « côté de Salomon » : le roi pacifique, figure du Christ-Roi, se trouve au centre des sculptures du niveau inférieur.

Enfin, examinons la face arrière de la châsse : plus que la face antérieure, elle donne l’impression de deux sarcophages accolés l’un à l’autre au niveau inférieur, et par dessus lesquels on en a posé un troisième.

Dans son niveau supérieur, on y voit la représentation du Christ, au centre, qui couronne, à sa droite et à sa gauche, les Saints Félix et Nabor, représentés en costume de soldats du début du XIIIème siècle, avec leurs côtes de maille.
En effet, en 1164, ce ne furent pas seulement les corps des trois Saints Rois Mages qui furent rapportés de Milan (où ils se trouvaient depuis que la sainte Basilissa Hélène, mère de Saint Constantin le Grand, les y avaient déposées) par Renaud de Dassel (+ 1167), archevêque de Cologne et chancelier de l’Empire, mais aussi celles de ces deux soldats maures de l’armée de Maximien, martyrisés probablement en 303, et dont les reliques jusqu’alors se trouvaient également à Milan. Leurs ossements furent placés avec les corps des trois Saints Rois dans cette châsse.

L’effigie de l’archevêque Renaud de Dassel, auquel Cologne doit d’avoir bénéficié de la translation de ces saintes reliques, se trouve, en buste, en dessous des pieds du Christ rémunérateur.

Châsse des Saints Rois Mages - face arrière

Cathédrale de Cologne : face arrière de la châsse des Saints Rois Mages

Au niveau inférieur de cette face arrière de la châsse, sont représentés deux épisodes de la Passion du Christ, grâce à laquelle les hommes peuvent être sauvés et accéder à la Jérusalem céleste : à gauche, la Flagellation et, à droite, la Crucifixion.
Entre les deux scènes est figuré Isaïe qui, plus que tous les autres prophètes, a décrit prophétiquement avec une précision quasi chirurgicale la Passion du divin Rédempteur.

Châsse des Saints Rois face arrière détail - la Flagellation

Châsse des Saints Rois Mages (cathédrale de Cologne)
Détail de la face arrière : la Flagellation ;
au-dessus de la scène se trouve la représentation de la Patience entre deux anges qui compatissent.

Châsse des Saints Rois face arrière détail - la Crucifixion

Châsse des Saints Rois Mages (cathédrale de Cologne)
Détail de la face arrière : la Crucifixion ;
au-dessus de la scène un ange tient l’Ancien Testament qui annonçait le Saint Sacrifice rédempteur,
il est entouré des représentations du soleil et de la lune.

Il y aurait sans nul doute encore de très nombreux détails de cette merveilleuse châsse des Saints Rois Mages que l’on pourrait expliquer et commenter, mais je crois vous avoir donné ici, chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion, un aperçu déjà exhaustif du trésor artistique et spirituel qu’elle représente, et j’espère qu’à travers ces quelques lignes, c’est une sorte de petit « pélerinage par la pensée » que vous aurez accompli avec moi jusqu’à Cologne auprès des précieuses reliques des Saints Gaspard, Melchior et Balthasar.

Lully.

On pourra aussi lire ou relire ce qui concerne
l’Etoile miraculeuse des Saints Mages > ici

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Publié dans:De liturgia, Nos amis les Saints |on 12 janvier, 2018 |6 Commentaires »

Prières à Saint Nicolas de Myre.

Je ne publie pas seulement de belles images anciennes à la gloire de Saint Nicolas (cf. > ici et > ici) mais je vous invite à le prier avec ferveur. Pour vous aider en cela, je vous recopie ci-dessous deux belles prières héritées de la tradition des chrétiens orientaux.

St Nicolas de Myre - vitrail de la cathédrale de Newcastle - détail 1

Saint Nicolas de Myre
(vitrail de la cathédrale Saint-Nicolas de Newcastle – détail)

Prière au grand thaumaturge Saint Nicolas pour toutes les nécessités du peuple fidèle :

Ô Saint Nicolas, hiérarque digne de toute louange et de tout honneur, grand thaumaturge et saint du Christ, homme de Dieu et fidèle serviteur, homme de désir, vase élu, ferme pilier de l’Eglise, flambeau très brillant, étoile qui illumine et éclaire l’univers entier : vous êtes un juste florissant comme le palmier planté dans les parvis de votre Seigneur.
Vivant à Myre, vous avez répandu le parfum de la myrrhe et vous avez déversé la myrrhe jaillissante de la Grâce Divine. Par votre présence, très saint père, la mer fut bénie lorsque vos reliques très miraculeuses furent transférées à la ville de Bari, de l’orient à l’occident, pour louer le Nom du Seigneur.

Ô très gracieux et merveilleux thaumaturge, prompt secours, fervent intercesseur, bon berger qui sauvez votre troupeau spirituel de toutes sortes de maux, nous vous glorifions et vous magnifions comme l’espoir de tous les chrétiens, la source de miracles, le protecteur des fidèles, le très sage docteur, le nourricier des affamés, la joie des affligés, le vêtement de ceux qui sont nus, le guérisseur des malades, le pilote de ceux qui voguent en mer, le libérateur des prisonniers, le nourricier et défenseur des veuves et des orphelins, le gardien de la chasteté, le doux tuteur des enfants, le support des vieillards, le guide de ceux qui jeûnent, le repos de ceux qui peinent, la richesse abondante des pauvres et des nécessiteux.
Ecoutez-nous qui vous prions et qui avons recours à votre protection : intercèdez en notre faveur auprès du Très-Haut et obtenez par vos puissantes prières tout ce qui est utile pour le salut de nos âmes et de nos corps.
Par votre puissant secours, protègez de tout mal cette (selon le cas) [famille - communauté - chapelle - église - paroisse], ainsi que toute ville, tout village et tout pays chrétien et le peuple ici présent. Car nous savons que la prière d’un juste est une grande et puissante force pour le bien. Et après la Toute bénie Vierge Marie, nous vous avons comme juste intercesseur auprès de Dieu très miséricordieux, et nous avons humblement recours à votre fervente intercession et protection, très gracieux Père.
Sous votre houlette, comme un berger attentif et bon, gardez-nous de tous les ennemis, des fléaux, des tremblements de terre, de la grêle, de la famine, de l’inondation, du glaive, de l’invasion étrangère, de la guerre civile et de toutes nos adversités et afflictions.
Tendez-nous une main secourable et ouvrez-nous les portes de la miséricorde divine, car nous sommes indignes de contempler les hauteurs célestes à cause de la multitude de nos iniquités ; nous sommes garrottés par les liens du péché et nous n’avons pas accompli la volonté de notre Créateur, ni gardé Ses commandements. C’est pourquoi dans la pénitence et l’humilité nous fléchissons les genoux de notre coeur devant notre Créateur et nous sollicitons votre intercession paternelle auprès de Lui.
Secourez-nous, Saint de Dieu, afin que nous ne périssions pas dans nos péchés ; délivrez-nous de tout mal et de toute puissance hostile, dirigez notre esprit et affermissez notre cœur dans la vraie foi qu’avec votre médiation et votre intercession, ni les plaies, ni les menaces, ni les fléaux, ni la colère de notre Créateur ne diminueront ; mais accordez-nous de pouvoir mener une vie paisible ici-bas et de contempler les biens dans la terre des vivants, glorifiant le Père, le Fils et le Saint Esprit, un seul Dieu glorifié dans la Trinité, maintenant et toujours et pour les siècles des siècles.

Ainsi soit-il.

St Nicolas de Myre - vitrail de la cathédrale st Nicolas de Newcastle

Saint Nicolas de Myre
(vitrail de la cathédrale Saint-Nicolas de Newcastle)

Prière pour les enfants et pour tout le peuple chrétien :

Saint Père et Pontife Nicolas, vous nous enseignez la douceur et l’humilité du Christ notre Dieu ; vous Lui présentez nos prières, nos supplications et nos chants de gratitude. Par votre vie, vous nous donnez l’exemple d’un vrai disciple de Jésus Christ, en proclamant la vérité de Dieu et en vous montrant tendre et compatissant avec tous, riches et pauvres. Vous êtes aussi, par votre puissante prière, celui qui protège, qui garde les enfants et les inspire pour tout ce qui est bien, bon et beau.
En ce jour et à cette heure, nous vous prions pour les enfants du monde entier, ceux qui connaissent Dieu et ceux qui ne le connaissent pas encore, en particulier pour… (les nommer).
Nous te prions également pour nos évêques… , pour nos prêtres… , pour nos diacres… , pour notre Roi… , pour nos parents… , pour nos parrains…, et pour tous nos frères dans la vraie foi.
Nous vous prions pour nous-mêmes… (si l’on a quelque intention particulière on la cite ici).
Et nous vous prions enfin pour tous ceux qui se sont endormis dans la foi, en premier lieu pour les membres de notre famille, et pour tous les défunts du monde entier.
Saint Père Nicolas, glorifiez et priez avec nous le Père, le Fils et le Saint-Esprit, unique et seul Dieu, Trinité dans l’Unité, pour les siècles des siècles.

Ainsi soit-il.

St Nicolas de Myre - vitrail de la cathédrale de Newcastle - détail 2

Saint Nicolas de Myre
(vitrail de la cathédrale Saint-Nicolas de Newcastle – détail)

2017-93. Et quand revient la fête du grand Saint Nicolas, le Maître-Chat Lully offre quelques belles images aux enfants sages qui sont ses lecteurs…

5 décembre au soir.

mitre de saint Nicolas

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Si vous n’avez pas encore compris que Saint Nicolas est un saint pour lequel nous avons une très très très grande affection et dévotion au Mesnil-Marie, c’est que vous n’avez jamais rien lu de mes précédentes publications (en particulier > ici et > ici) !!!
Bref ! Saint Nicolas est un très grand saint que nous aimons beaucoup et dont la fête nous réjouit au-delà de ce que les mots peuvent dire. Alors, comme l’année dernière (cf. > ici), et parce que je sais qu’il y a parmi vous une majorité d’enfants sages, dans ma publication de ce jour je veux seulement faire briller vos yeux d’un éclat enfantin avec quelques images que j’ai extraites de la réserve de mon papa-moine…

Bonne, belle et fervente fête de Saint Nicolas !

pattes de chatLully.

St Nicolas 2017-93 1

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St Nicolas 2017-93 2

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St Nicolas 2017-93 3

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St Nicolas 2017-93 4

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St Nicolas 2017-93 5

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St Nicolas 2017-93 6

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St Nicolas 2017-93 7

mitre de saint Nicolas

Autre série d’images de Saint Nicolas > ici
Prières en l’honneur de Saint Nicolas > ici

Publié dans:De liturgia, Nos amis les Saints |on 5 décembre, 2017 |6 Commentaires »

2017-87. O felix Caecilia !

22 novembre,
fête de Sainte Cécile.

Ste Cécile - Vitrail de la chapelle des Marins à Cayeux-sur-Mer

Sainte Cécile touchant l’orgue
accompagnée par des anges musiciens et chanteurs
(chapelle des marins, à Cayeux-sur-Mer – Picardie)

notes de musiques animées

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

J’avais déjà eu l’occasion de vous parler de cette hymne du XVème siècle en l’honneur de Sainte Cécile (cf. > ici) et je me permets d’y revenir aujourd’hui encore : vous savez que nous avons une grande dévotion pour cette vaillante martyre en notre Mesnil-Marie, et que nous ne pouvons qu’exhorter nos amis à l’aimer, à la vénérer et à se confier en son intercession.

Sainte Cécile a failli être « dégagée » du calendrier liturgique du missel réformé de 1969 et n’a dû qu’au fait de la dévotion populaire à son endroit d’y subsister, comme « mémoire facultative » et en se voyant privée de la mention de sa virginité dans sa collecte !!!.
En effet, les rationalistes et iconoclastes promotteurs de cette sinistre réforme ne croyaient pas aux traditions concernant Sainte Cécile, et ils eussent volontiers remisés aux oubliettes la sainte et son culte. Mais, comme je l’écrivais ci-dessus, il y avait la dévotion populaire et l’attachement des musiciens à leur céleste protectrice, ainsi que toutes les manifestations artistiques organisées autour de sa fête : une fête qui est la véritable « fête de la musique », plutôt que ce 21 juin où de trop nombreux braillards et cogneurs de casseroles font tant souffrir nos oreilles !
Dans le missel et le bréviaire traditionnels, évidemment, rien n’a changé et la liturgie de Sainte Cécile nourrit notre âme et notre ferveur de merveilleux textes que nous avons une joie incommensurable à retrouver chaque année.

Si je reviens aujourd’hui sur l’hymne du XVème siècle « Tubas cum cytharis » que j’avais déjà publié il y a quatre ans, c’est parce qu’en sus de la partition et de la traduction que je vous en avais déjà donné, j’en ai découvert un enregistrement.
Je vous livre donc à nouveau tout ceci ci-dessous avec en sus le dit enregistrement (en cliquant sur la fenêtre où vous voyez la partition encadrée de noir) :

Tuba cum cytharis - Sancta Caecilia

notes de musiques animées

Image de prévisualisation YouTube

1. Tubas cum cytharis jam nunc assumite, Emparez-vous maintenant de trompettes et de cithares :
2. Triumphum Mártyris jam nunc celebráte, Célébrez maintenant le triomphe d’une martyre,
3. Angelórum et Vírginum ágmina, O choeurs des anges et des vierges,
4. Et cum voce lætítiæ dícite : Et dites avec la voix de l’allégresse :
O felix Cæcília ! O felix Cæcília ! O heureuse Cécile !
5. Præclára sítiens illa victóriæ, Cette (vierge) glorieuse étant assoiffée de la victoire,
6. In corpus sæviens virtúte grátiæ En son corps souffrant par la force de la grâce,
7. Tradit furéntibus A livré
8. Membra mucrónibus. Ses membres aux impitoyables instruments de supplice.
O felix Cæcília ! O felix Cæcília ! O heureuse Cécile !
9. Et nos qui gémimus favens nos respíce ; Et nous qui gémissons, regardez-nous favorablement ;
10. Sæpe quem læsimus sta coram Júdice. Tenez-vous devant le Juge que nous avons souvent offensé !
11. Líberis det méntibus ad cælum téndere. Qu’Il donne à nos âmes, lorsqu’elles seront détachées de leurs corps, d’aller vers le ciel.
12. Purgatósque sórdibus fac tecum vívere. Purifiés de leurs souillures, faites qu’elles vivent en votre compagnie.
O felix Cæcília ! O felix Cæcília ! O heureuse Cécile !

notes de musiques animées

Eh bien voilà, vous avez maintenant tout ce qu’il faut pour célébrer dignement la céleste patronne des chanteurs et des musiciens, en chantant avec moi à pleine voix…

pattes de chatLully.

IMG_3686

notes de musiques animées

Voir aussi :
- L’extase de Sainte Cécile, peinte par Raphaël > ici

2017-84. Centenaire de la fondation de la « Militia Immaculatae » par Saint Maximilien-Marie Kolbe.

1917 – 16 octobre – 2017

16 octobre 2017,
En France, fête de l’apparition de Saint Michel au Mont Tombe (cf. > ici)
Anniversaire de l’assassinat de SM la Reine Marie-Antoinette (cf. > ici, ou > ici et > ici)

médaille miraculeuse

C’est au soir du 16 octobre 1917 que Saint Maximilien-Marie Kolbe, alors dans sa vingt-quatrième année, fonda la « Militia Immaculatae » (la Milice de l’Immaculée, en abrégé MI). 

Le jeune franciscain se trouvait alors à Rome pour ses études (il y sera ordonné prêtre l’année suivante : le 28 avril 1918).
Il écrit lui-même :
« Lorsque les francs-maçons commencèrent à se démener de plus en plus effrontément et qu’ils eurent dressé leur étendard sous les fenêtres mêmes du Vatican, cet étendard où, sur un fond noir, Lucifer foulait sous ses pieds l’archange Michel, lorsqu’ils se mirent à distribuer des tracts invectivant contre le saint Père, l’idée se fit jour de fonder une association ayant pour but de combattre les francs-maçons et d’autres suppôts de Lucifer ».

Ce qu’écrit ici le futur Saint Maximilien-Marie n’est pas une exagération : à l’occasion du deuxième centenaire de la fondation de la maçonnerie moderne, en cette année 1917, les francs-maçons se livraient à Rome-même à de sacrilèges parodies.
Sur la place Saint-Pierre, des énergumènes – c’est bien le terme qui convient – brandissaient cette bannière diabolique que décrit le jeune franciscain polonais, et que l’on a aussi vue en France en 1996 lorsque les libres-penseurs ont manifesté à Reims et à Valmy pour protester contre la venue du pape Jean-Paul II en France pour les célébrations du quinzième centenaire du baptême de Clovis.

En 1917, les francs-maçons qui s’exhibaient à Rome avaient aussi des banderoles proclamant : « Satan doit régner au Vatican. Le pape sera son esclave ! ». Chaque jour des incidents se produisaient dans la Ville éternelle dont la spoliation – il ne faut pas l’oublier – remontait à moins de 50 ans (20 septembre 1870 – cf. > ici) et où le Souverain Pontife se trouvait prisonnier de la royauté impie de la Maison de Savoie, cette dernière ayant été l’instrument de la maçonnerie pour détruire les Etats de l’Eglise.

C’est bien le spectacle direct de ces manifestations blasphématoires qui inspira à Saint Maximilien-Marie l’idée « de fonder une association ayant pour but de combattre les francs-maçons et d’autres suppôts de Lucifer » pour reprendre ses propres termes.

Ayant mûri ce dessein pendant les heures de repos auquel il fut contraint en raison de la tuberculose dont il ressentit les premières atteintes au cours de l’été 1917, le Frère Maximilien-Marie Kolbe, avec la permission de son directeur spirituel et de ses supérieurs, réunit donc, à Rome, dans une modeste cellule de la maison romaine de formation des franciscains conventuels, six autres jeunes religieux qu’il avait gagné à ce projet pour fonder la Militia Immaculatae : ce fut au soir du 16 octobre 1917.

Cette date ne fut pas choisie au hasard ; elle porte une signification bien précise : le 16 octobre au soir, c’est donc après la célébration des premières vêpres de la fête du 17 octobre, et le 17 octobre est le jour de la fête de Sainte Marguerite-Marie (en 1917 elle n’était encore que bienheureuse).
C’est dire que, pour le futur Saint Maximilien-Marie Kolbe, cette fondation de la Milice de l’Immaculée est placée dans la perspective du règne du divin Coeur de Jésus, Lui qui a promis à Sainte Marguerite-Marie : « Je régnerai malgré Satan et tous ceux qui s’y voudront opposer ! ».

Ainsi donc il est très clair que Saint Maximilien-Marie Kolbe est dans la parfaite continuité de Saint Louis-Marie Grignon de Montfort : « A Jésus par Marie ! » ; « C’est par Marie que le salut du monde a commencé et c’est par Marie qu’il doit être consommé » ; « Pour qu’advienne le règne du Coeur de Jésus, il faut travailler au règne du Coeur de Marie » …etc.

Saint Maximilien-Marie Kolbe jeune religieux

Saint Maximilien-Marie Kolbe
jeune religieux franciscain conventuel

Voici le texte de la « charte fondamentale » (entendre fondamentale en son sens étymologique : « qui est au fondement », c’est-à-dire que cette charte est à la Militia Immaculatae ce que les fondations sont à une maison) par laquelle Saint Maximilien-Marie Kolbe a résumé le but, les conditions et les moyens de la Milice de l’Immaculée :

 « Elle t’écrasera la tête ». (Genèse 3,15)
« Par toi, toutes les hérésies du monde ont été vaincues ». 

I. But :
     Chercher la conversion des pécheurs, hérétiques, schismatiques, etc… et particulièrement des francs-maçons, et la sanctification de tous sous la protection et par le moyen de la Vierge Immaculée.

II. Conditions :
     1) Consécration totale de soi-même à l’Immaculée, comme instrument dans ses mains immaculées.
     2) Porter la Médaille miraculeuse.

III. Moyens :
     1) Autant que possible dire chaque jour l’invocation : « O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous et pour tous ceux qui ne recourent pas à vous, spécialement pour les francs-maçons »
     2) Utiliser tous les moyens légitimes dans la mesure du possible, selon la diversité des états de vie, conditions et circonstances de chacun, et cela avec zèle et prudence. Et surtout porter la Médaille miraculeuse.

médaille miraculeuse

Malheureusement, opérant une véritable trahison de la pensée de Saint Maximilien-Marie Kolbe, dans la continuité des apostasies consécutives au concile vaticandeux, l’actuelle branche officielle de la Militia Immaculatae en France, contaminée par le venin moderniste et considérant que le terme est par trop combatif et militaire, ne veut plus se présenter comme une « Milice » et a choisi de changer son nom en « Mission de l’Immaculée« .
De la même manière, l’invocation particulière de la MI a été modifiée de telle sorte que les francs-maçons n’y sont plus nommément désignés !!!

C’est oublier totalement que Saint Maximilien-Marie voulait explicitement une référence militaire, employait un langage militaire, usait de comparaisons militaires, présentant le chapelet comme une arme, les médailles miraculeuses comme des munitions, et voulant que ceux qui s’agrègent à la MI soient des chevaliers.
Ainsi au nom d’un pacifisme idiot trahit-on la pensée du fondateur pour lequel la Militia Immaculatae était une machine de guerre opposée aux forces du mal à l’oeuvre contre la Sainte Eglise, et qui désignait clairement la maçonnerie comme l’instrument de choix de Satan dans son combat contre le règne de Dieu !

Fort heureusement, il n’en est pas ainsi en Pologne, à Niepokalanow, la « Cité de l’Immaculée », fondée par Saint Maximilien-Marie Kolbe.
Chaque nuit du 16 au 17 de chaque mois, les franciscains conventuels y organisent des prières « pour la conversion des pécheurs, en particulier des juifs et des francs-maçons » : cela commence à 17h dans la basilique et se termine à 5h par une messe.
En outre, chaque association locale de la Militia Immaculatae est encouragée à organiser semblable veillée dans sa propre paroisse.

Niepokalanow - prière pour les francs-maçons

En Pologne, à l’entrée de Niepokalanow,
la Cité de l’Immaculée fondée par Saint Maximilien-Marie Kolbe,
un grand panneau invite à venir prier pour la conversion des francs-maçons.

En France, en réaction aux dévoiements modernistes du mouvement, il existe une branche traditionnelle de la Militia Immaculatae, fidèle aux objectifs et consignes de Saint Maximilien-Marie Kolbe, sous l’égide de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X (cf. > ici).

Membres ou non de la Militia Immaculatae, tout fidèle catholique qui a pris conscience de ce qu’est la réalité profonde de la lutte qui se déroule sous nos yeux, et de ses enjeux, ne peut qu’adhérer, dans son for interne et dans ses engagements externes, à la désignation claire de l’ennemi accomplie par Saint Maximilien-Marie Kolbe et vouloir, à son exemple et à sa suite, combattre les forces diaboliques à l’oeuvre sur cette terre, forces diaboliques dont la maçonnerie est l’un des principaux organes.

On se reportera avec fruit aux études que nous avons déjà publiées :
– Un catholique ne peut appartenir à la franc-maçonnerie > ici
– Pourquoi catholicisme et maçonnerie sont incompatibles (1ère partie) > ici
- Pourquoi catholicisme et maçonnerie sont incompatibles (2ème partie) ici
- La question des infiltrations maçonniques dans l’Eglise > ici
- Lucifer, ange tutélaire de la république maçonnique > ici
- La maçonnerie, religion officielle de la république française > ici
- Prière pour la conversion des francs-maçons > ici

Le Chevalier de l'Immaculée - couverture du premier numéro

Couverture du premier numéro de la revue « Le Chevalier de l’Immaculée »,
fondée par Saint Maximilien-Marie Kolbe en janvier 1922,
sur laquelle on peut nettement voir :
- les glaives qui illustrent sans ambiguité le caractère « militaire » de la Militia Immaculatae
- l’hérésie et la maçonnerie clairement désignées comme les ennemis à combattre avec l’aide de la Vierge Immaculée.

« O Marie conçue sans péché,
priez pour nous qui avons recours à vous
et pour tous ceux qui ne recourent pas à vous,
spécialement pour les francs-maçons »

médaille miraculeuse

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