Archive pour la catégorie 'Nos amis les Saints'

2020-27. Le 10 mars, nous fêtons Sainte Marie-Eugénie de Jésus.

10 mars,
Fête de Sainte Marie-Eugénie de Jésus, vierge ;
Commémoraison des Saints Quarante Martyrs de Sébaste.

Sainte Marie-Eugénie de Jésus Milleret de Brou

Sainte Marie-Eugénie de Jésus, jeune religieuse

Sainte Marie-Eugénie de Jésus est l’un des fleurons de la famille augustinienne sur la terre de France ; elle est aussi un magnifique exemple du grand renouveau catholique consécutif aux persécutions de la révolution et de l’empire. 

Anne-Eugénie Milleret de Brou est née à Metz le 25 Août 1817.
Son enfance se passe entre l’hôtel particulier des Milleret de Brou, dans cette ville, et leur vaste propriété de Preisch, aux frontières du Luxembourg, de l’Allemagne et de la France. Enfance insouciante et comblée, d
ans un milieu aisé et déchristianisé : son père, haut-fonctionnaire, est dit voltairien ; sa mère, excellente éducatrice sur le plan humain, ne pratique que par pur formalisme.
Toutefois Anne-Eugénie connaîtra une véritable rencontre mystique avec Notre-Seigneur Jésus Christ le jour de sa première Communion, à Noël 1829.

Après 1830, son père, ruiné, doit vendre la propriété de Preisch, puis l’hôtel particulier de Metz.
Ses parents se séparent et Anne-Eugénie suit sa mère à Paris. Mais en 1832, Madame Milleret de Brou est emportée par l’épidémie de choléra. La jeune fille est alors recueillie par de riches amis, à Châlons.

Elle a 17 ans et connaît alors le désarroi et la solitude dans les mondanités qui l’entourent : « Je passai quelques années à me questionner sur la base et l’effet des croyances que je n’avais pas comprises… Mon ignorance de l’enseignement de l’Église était inconcevable et pourtant j’avais reçu les instructions communes du catéchisme » (lettre au Rd Père Lacordaire, en 1841).

Finalement, son père la fait revenir à Paris.
Durant le  carême de 1836, elle va entendre les prédications du Père Lacordaire à Notre-Dame et c’est ce qui lui permet de retrouver la lumière : « Votre parole me donnait une Foi que rien ne devait plus faire vaciller » (ibid.). Plus tard elle dira : 
« Ma vocation date de Notre-Dame ».
Elle se passionne alors pour le mouvement de renouveau chrétien qui bouillonne autour des Lamenais, Montalembert et leurs amis. Parmi eux, l’abbé Théodore Combalot dont elle suit les prédications à Saint-Sulpice en mars 1837.

Ce prêtre rêvait de fonder une congrégation religieuse dédiée à Notre-Dame de l’Assomption dont le but serait de donner aux jeunes filles des milieux dirigeants, marqués par l’incroyance, une solide éducation humaine et chrétienne.
De son côté, Anne-Eugénie rêvait de réaliser une vocation religieuse : après quelques hésitations légitimes, elle accepte le projet de l’abbé Combalot, qui l’envoie en formation au monastère de la Visitation de la Côte Saint-André, en Dauphiné, à mi-chemin entre Vienne et Voiron. Elle s’y imprègne de manière durable de l’esprit et de la spiritualité de Saint François de Sales. 

Au mois d’octobre 1838, elle fait la connaissance de l’abbé Emmanuel d’Alzon (1810-1880) qui a été ordonné en 1834 et qui est vicaire général du diocèse de Nîmes. C’est la naissance d’une grande amitié spirituelle qui durera 40 ans.
Anne-Eugénie a déjà des idées très précises quant à la pédagogie qu’elle devra mettre en œuvre : elle ne veut pas d’une éducation mondaine sur laquelle la formation spirituelle ne serait qu’un vernis ; elle ne veut pas non plus d’une éducation essentiellement religieuse avec une formation humaine indigente. Elle entend donner aux jeunes filles une formation de tout l’être à la lumière du Christ.

Avril 1839 : elles sont deux jeunes filles à se réunir dans ce but, dans un petit appartement de la rue Férou, juste à côté de l’église Saint-Sulpice à Paris ; en octobre, elles sont quatre dans une maison de la rue de Vaugirard, étudiant la théologie, l’Écriture Sainte et les sciences profanes. Il y a là en particulier Kate O’Neill, une irlandaise qui prendra le nom de Sœur Thérèse-Emmanuel ; sa forte personnalité accompagnera celle qui devient Mère Marie-Eugénie de Jésus de son amitié et de son aide durant toute sa vie.
Mère Marie-Eugénie rédige les constitutions de la congrégation, destinées à compléter la Règle de Saint-Augustin sous laquelle elles sont réunies. Ces constitutions sont approuvées par l’archevêque de Paris en 1840.

En mai 1841, le sœurs se séparent définitivement de l’abbé Combalot dont la direction fantasque et le manque de discernement mettent en danger la jeune communauté. Marie-Eugénie se place sous la direction de l’abbé d’Alzon et Monseigneur Denis Affre, archevêque de Paris, leur offre l’appui de son vicaire général, Monseigneur Gros : c’est une véritable libération.
Les sœurs reprennent leurs études et, le 14 août 1841, elles font leur profession religieuse. Mère Marie-Eugénie a 24 ans.

Les débuts sont difficiles : elles sont dans une très grande pauvreté et les vocations peinent à venir.
Une première école est ouverte au printemps 1842, impasse des Vignes (aujourd’hui rue Rataud) dans le quartier du Val de Grâce.
Quelques années plus tard, la congrégation pourra acquérir le château de la Tuilerie, à Auteuil, où sera construit leur monastère et le pensionnat de jeunes filles. En 1849 les religieuses fondent en Afrique du Sud, en 1850 en Angleterre, puis ce sera l’Espagne, la Nouvelle Calédonie, l’Italie, le Nicaragua, les Philippines, le Salvador… etc. 
Rome approuve la congrégation des Religieuses de l’Assomption en 1867 ; les constitutions sont définitivement approuvées en avril 1888.

La collaboration avec l’abbé d’Alzon se traduit aussi par la fondation par ce dernier, en 1845, des Augustins de l’Assomption puis, en 1865, des Oblates de l’Assomption. Cette même année 1865, le Rd Père Pernet, assomptionniste, fonde encore les Petites Sœurs de l’Assomption. Enfin en 1896, un autre assomptionniste, le Rd Père Picard, fondera les Orantes de l’Assomption. Toutes ces congrégations constituent la famille spirituelle de l’Assomption

La mort du Rd Père Emmanuel d’Alzon, le 21 novembre 1880, sonne l’annonce du dépouillement qu’elle avait reconnu nécessaire en 1854 : « Dieu veut que tout tombe autour de moi ». Sœur Thérèse-Emmanuel disparaît à son tour le 3 mai 1888, et sa solitude se creuse davantage. La croissance de la congrégation est une lourde charge pour elle qui a dû enchaîner voyages, constructions, consultations, décisions… En 1894, elle doit déposer sa charge.

Quand elle découvre l’impuissance de la vieillesse, « un état où ne reste plus que l’Amour », elle s’efface peu à peu : « Je n’ai plus qu’à être bonne ». Sa santé s’altère. Vaincue par la paralysie en 1897, elle n’aura plus que son regard pour le dire.

Elle rend son âme à Dieu le 10 Mars 1898.
Béatifiée le 9 février 1975, elle a été canonisée par Sa Sainteté le Pape Benoît XVI le dimanche de la Sainte Trinité 3 juin 2007.
Son corps repose dans la chapelle de la maison-mère, rue de l’Assomption, à Paris.

* * * * * * *

On trouvera aussi dans ce blogue une instruction de Sainte Marie-Eugénie de Jésus
pour aider à la méditation des sept paroles de Jésus en Croix (extraits) > ici

Sainte Marie-Eugénie de Jésus âgée

Photo de Sainte Marie-Eugénie de Jésus vers la fin de sa vie

2020-26. « Votre foi est notre victoire ! »

13 février,
Au diocèse de Viviers, fête de Saint Avit de Vienne.

Sextus Alcimus Ecditius Avitus, en français Avit, né à Vienne vers 450, est issu d’une lignée de haute noblesse gallo-romaine d’origine arverne : il est le fils du sénateur Esychius (qui, vers 475, fut élu archevêque de Vienne à la mort de Saint Mamert), et le petit neveu de l’empereur Aparchus Avitus (455-456).
Avit fut d’abord marié et père de famille mais, veuf à 40 ans, il distribue ses biens aux pauvres et entre au monastère : on ne l’y laissera pas longtemps car en 490 il est élu pour succéder à son père à la tête de l’archidiocèse de Vienne où il demeurera une trentaine d’années environ. Théologien, lettré et poète, Avit fut un pasteur exemplaire. C’est lui qui présida en 517 le concile d’Epaone qui restaura la discipline ecclésiastique. Saint Avit est le frère de Saint Apollinaire, évêque de Valence (qu’il ne faut pas confondre avec Saint Sidoine Apollinaire évêque de Clermont, avec lequel il a aussi des liens de parenté).
Il eut à cœur de lutter contre l’arianisme alors triomphant dans le royaume burgonde auquel appartenait la province ecclésiastique de Vienne : s’il ne parvint pas à convertir le roi Gondebaud, il eut une influence décisive sur le fils de celui-ci, Sigismond, qu’il convertit à la foi de Nicée, et sur sa nièce, Clotilde, future reine des Francs.

Saint Avit mourut un 5 février (peut-être en l’an 518). C’est à ce jour qu’il figure au martyrologe romain.
Toutefois, dans le diocèse de Viviers, jadis suffragant de l’archevêché de Vienne et qui, lors de la suppression de ce siège épiscopal, a hérité de ses paroisses situées sur la rive droite du Rhône, le calendrier traditionnel le fête à la date du 13 février.

Saint Avit - Jörg Breu

Saint Avit de Vienne (œuvre de Jörg Breu).

On cite souvent la formule « votre foi est notre victoire » extraite de la lettre que Saint Avit écrivit au Roi Clovis, empêché qu’il fut alors de se rendre à Reims pour son baptême. Mais qui connaît l’intégralité de cette lettre ? Nous avons donc résolu de vous en donner le texte intégral ci-dessous.

« Les sectateurs de tous schismes se sont efforcés d’envelopper la finesse de votre discernement de l’ombre de leurs discours aux idées changeantes, divergents dans leur multitude, vides de la vérité du christianisme (note 1).Tandis que nous renvoyons ces disputes à l’éternité, tandis que nous réservons au jugement dernier de connaître le bien fondé de chaque opinion, dès à présent a jailli le trait de lumière de la vérité. Car c’est de nos jours que la divine Providence a trouvé un arbitre. En faisant votre choix, c’est pour tous que vous prononcez le jugement ; votre foi est notre victoire (note 2). Dans ces cas-là, d’ordinaire, la plupart des hommes objectent les coutumes nationales et l’observance religieuse de leurs pères, si par hasard ils sont poussés à rechercher la saine croyance par les encouragements des prêtres ou les suggestions de quelque compagnon. Ainsi préfèrent-ils coupablement le respect humain au salut, et, en observant, dans les chaînes de l’incrédulité, un vain respect de leurs ancêtres, avouent-ils en quelque sorte ne savoir quoi choisir ; que leur coupable retenue renonce donc à cette échappatoire après un tel miracle. Vous, ne gardant de toute une lignée d’antique origine que la seule noblesse, vous avez voulu extraire de vous-même, pour votre race, tout ce qui peut rehausser le rang d’une haute naissance. Vous avez des modèles du bien, vous avez voulu être celui du mieux (note 3). 

Vous êtes digne de vos ancêtres puisque vous régnez en ce monde ; vous avez fondé pour vos descendants afin de régner au ciel. Que la Grèce, évidemment, se réjouisse d’un prince de notre loi, mais non plus de ce qu’elle mérite seule la faveur d’un tel don. L’éclat en illumine aussi votre pays, et, du côté de l’occident, resplendit sur le roi la lumière de l’antique étoile du matin (note 4). Elle commença de luire à la bienvenue naissance de notre Sauveur. Que l’onde de la régénération vous dispose donc au salut en ce jour où le monde a reçu le maître du ciel né pour sa rédemption. Que ce jour soit votre anniversaire comme il est celui du Seigneur, le jour où vous êtes né au Christ, le jour où le Christ est né au monde, le jour où vous avez consacré votre âme à Dieu, votre vie aux hommes d’aujourd’hui, votre gloire à la postérité. Que dire donc de cette très glorieuse solennité de votre régénération ? Si, je ne me suis pas rendu personnellement à ses offices, je n’ai pourtant pas manqué de communier à ses joies, dès le moment où la bonté divine a envoyé cette grâce à vos pays et que, avant votre baptême, nous est parvenue la nouvelle de la très-sublime humilité avec laquelle vous faisiez profession de catéchumène ; en suite de quoi, après cette attente, la nuit sainte nous a trouvé sans inquiétude à votre sujet. Car nous parlions et nous discutions entre nous de l’événement, tandis qu’une troupe nombreuse d’évêques assemblés, ranimait les membres royaux avec les eaux de vie, dans la pompe du service divin, tandis que se courbait devant les serviteurs de Dieu cette tête terrible aux nations, tandis que, grandi sous un casque de cheveux, vous assumiez le casque du salut, l’onction sacrée, tandis que, ayant un instant déposé la protection des cuirasses, vos membres immaculés resplendissaient de la blancheur immaculée des vêtements (note 5). Elle fera, comme vous le croyez, ô le plus heureux des rois, elle fera dis-je, cette faiblesse de vos vêtements, que dorénavant s’accroisse la force de vos armes ; et tout ce qui avait fait jusqu’à présent la chance, c’est à la sainteté que vous le devez désormais. Je voudrais bien attacher à vos louanges quelque exhortation, si quelque chose échappait à votre science ou à votre attention (note 6). Mais faut-il que nous prêchions dans ses détails la foi, que vous avez aperçue sans prédicateur et sans exposé complet ? Ou peut-être l’humilité, que vous nous avez déjà manifestée par attachement et que vous nous devez désormais par votre profession de foi ? Ou bien la miséricorde qu’un peuple encore récemment captif, délivré par vous, manifeste au monde par sa joie, à Dieu par ses larmes ? (note 7) Il n’y a qu’une chose que nous désirions voir s’accroître, puisque, par vous, Dieu va faire votre nation toute sienne, répandez aussi, du trésor de votre cœur, des semences de foi vers les peuples d’au-delà, encore fixés dans l’ignorance naturelle et que n’ont pas corrompus les germes des fausses doctrines. N’ayez ni honte ni regret, même en envoyant des ambassades à ce sujet, de construire l’édifice du Dieu qui a tant élevé le vôtre » (note 8).  

Baptême de Clovis

Saint Avit, archevêque d’une métropole située à l’intérieur du royaume burgonde dont le roi arien Gondebaud était ennemi de Clovis, ne put se rendre au baptême de ce dernier, comme le firent de nombreux évêques gallo-romains, et c’est pourquoi il lui adressa cette lettre demeurée fameuse.

Notes : 

[1] « Les sectateurs de tous schismes se sont efforcés d’envelopper la finesse de votre discernement de l’ombre… » : Saint Avit fait allusion à toutes les manœuvres par lesquelles les hérétiques ariens ont essayé d’empêcher la conversion de Clovis à la foi de Nicée.

[2] « En faisant votre choix, c’est pour tous que vous prononcez le jugement ; votre foi est notre victoire » : Saint Avit note ici l’importance de la conversion de Clovis, dont la situation de roi et de fils de l’Eglise romaine fait désormais un arbitre dans les Gaules : c’est lui qui tranchera en cas de litige entre les diverses communautés, et il tranchera selon sa foi, la foi catholique. Ainsi la conversion de Clovis à la foi nicéenne est-elle la victoire de l’épiscopat catholique.

[3] Se réfugiant dans le respect des coutumes ancestrales, le roi burgonde Gondebaud ainsi que les autres rois ariens rejetaient toute idée de conversion. Le miracle de la conversion du roi païen des Francs saliens balaie les croyances païennes ou hérétiques et fait des autres souverains qui se partagent alors les terres de l’Empire d’Occident des coupables, puisqu’ils résistent à la grâce.

[4] Il est le premier roi germanique converti au catholicisme. Digne de ses ancêtres, car il règne, il offre par sa conversion le royaume de Dieu à ses descendants.

[5] Avit fait allusion à la cérémonie même du baptême qui eut lieu le jour de Noël. Toute la cérémonie est évoquée : le roi comme catéchumène (candidat au baptême), les eaux de la vie (le baptême d’eau), l’onction sainte (l’onction du saint Chrême, qui n’a rien à voir avec le sacre royal), la blancheur des vêtements (les vêtements blancs dont sont revêtus les nouveaux baptisés).

[6]  Le royaume, dirigé jusqu’alors sans ligne directrice, sans autre objectif que l’intérêt immédiat du roi, trouve à travers le baptême de celui-ci le chemin qui conduira son peuple au salut. Un lien est créé avec le Dieu chrétien, par la foi.

 [7] Avit fait probablement allusion à la libération des prisonniers de guerre gallo-romains auxquels Clovis a rendu la liberté. Mais cela peut aussi s’entendre plus largement du sentiment de libération éprouvé par tous les gallo-romains, catholiques, qui, se trouvant sous la domination de rois ariens ou païens, saluent la conversion du Roi des Francs (et ses victoires sur les rois ariens) comme une libération.

[8] Saint Avit invite Clovis à un véritable travail missionnaire : il lui suggère d’œuvrer à la conversion des peuples païens « les peuples d’au-delà, » en dehors de ceux qui sont corrompus par les fausses doctrines (arianisme). C’est une vue prophétique de l’œuvre missionnaire des Rois Francs.

Saint Avit entre Saint Mamert et Saint Apollinaire

Saint Avit de Vienne, représenté entre Saint Mamert et Saint Sidoine Apollinaire

2020-21. « O Jésus, avec les mains de Marie, je veux m’offrir aujourd’hui avec Vous au Père éternel. »

2 février,
Fête de la Purification de Notre-Dame.

Chandeleur - Purification - Présentation au temple

Elévation :
« O Seigneur, je viens à Vous et Vous supplie, par l’intercession de la Sainte Vierge Marie, de purifier mon âme… »

Méditation :

1er point :

La solennité de ce jour, qui clôt le temps de Noël, est une fête de Jésus aussi bien que de Marie : Jésus est présenté au temple par Sa Mère quarante jours après Sa naissance, selon la prescription de la loi ; Marie se soumet au rite de la purification.

La liturgie célèbre, avant tout, la première entrée de Jésus-Enfant dans le temple : « Voici que le Seigneur Dominateur vient dans Son saint temple : Réjouis-toi et sois dans l’allégresse, Sion, en accourant au-devant de ton Dieu » (bréviaire). Allons à Sa rencontre nous aussi ; que nos sentiments rivalisent avec ceux du vieillard Siméon qui « mû par l’Esprit-Saint, alla au temple » et, plein de joie, reçut l’Enfant Jésus dans ses bras.

Aujourd’hui, pour mieux célébrer cette rencontre, l’Eglise bénit les cierges et nous les remet ; en procession, cierges allumés, nous entrons dans le temple. Le cierge allumé est le symbole de la vie chrétienne, de la foi et de la grâce qui doivent resplendir dans notre âme. Mais il est aussi l’image du Christ, lumière du monde, « lumière qui doit éclairer les nations », tel que L’a salué Siméon. Le cierge allumé nous rappelle que nous devons toujours porter avec nous le Christ, source de notre vie, auteur de la foi et de la grâce. Jésus Lui-même, par Sa grâce, nous dispose à aller à Sa rencontre avec une foi plus vive et un plus grand amour. Puisse, en ce jour, notre rencontre avec Lui être particulièrement intime et sanctifiante !

Jésus est présenté au temple pour être offert au Père. Le rachat n’a pas d’effet sur Lui comme sur les autres premiers-nés des Hébreux. Il est la Victime qui devra être immolée pour le salut du monde. Sa présentation au temple est, pour ainsi dire, l’offertoire de Sa vie, le sacrifice s’accomplira plus tard sur le Calvaire. Offrons-nous en même temps que Jésus.

Chandeleur - Vieillard Siméon

2ème point :

Jésus est présenté au temple par Sa Mère : contemplons donc aujourd’hui Marie dans sa fonction de Co-Rédemptrice.
La Vierge n’ignorait pas que Jésus était le Sauveur du monde et, à travers le voile de la prophétie, elle sentait que Sa mission s’accomplirait dans une mystère de douleur auquel elle aurait à participer, en sa qualité de Mère. La prophétie de Siméon : « Quant à toi, un glaive de douleur transpercera ton âme » (Luc II, 35), confirma son intuition. Dans le secret de son cœur, Marie dut répéter en cet instant son fiat : « Voici la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon votre parole » (Luc I, 38). En offrant son Fils, elle s’offre elle-même, toujours intimement unie à Son sort à Lui.

Mais avant d’entrer dans le temple pour y présenter Jésus, Marie veut se soumettre à la loi de la purification légale. Bien qu’elle soit consciente de sa virginité, elle se met au rang de toutes les autres mères juives et, confondue avec elles, elle attend humblement son tour, portant « une paire de tourterelles », l’offrande des pauvres. Nous voyons Jésus et Marie se soumettre à des lois auxquelles ils n’étaient pas tenus : Jésus ne devait pas être racheté, Marie ne devait pas être purifiée. Leçon d’humilité et de respect envers la loi de Dieu.

Il y a des lois auxquelles nous sommes tenus et auxquelles notre amour-propre nous soustrait sous de faux prétextes : ce sont des dispenses abusives réclamées au nom de droits en réalité inexistants. Humilions-nous et, alors que Marie n’avait nullement besoin d’être purifiée, reconnaissons notre extrême besoin de purification intérieure.

Chandeleur - Purification - Présentation au temple

Colloque :

« O Jésus, Vous êtes allé Vous offrir au temple. Qui Vous a offert ? La Vierge Marie qui n’a jamais eu d’égale, et n’en aura jamais. Marie Vous a offert, elle qui, par la bouche de la sagesse, fut appelée par Votre Père la « toute belle »…
A qui Vous a-t-elle offert ? A Dieu, essence infinie, sublime dans Sa création, fécond dans Son héritage, insondable dans Ses desseins, gracieux et suave dans l’amour.
Et qu’a-t-elle offert ? Vous, Verbe éternel, substance de l’Essence divine, Fils du Très-Haut, Législateur de l’univers, Vous, qui avez reçu tant de noms illustres et choisis : ô Clef de David, ô Roi des nations, ô Emmanuel !

« Que m’enseignez-Vous, ô Seigneur, en Vous offrant au temple ? Vous me montrez Votre respect pour la loi en voulant l’observer ; Vous m’enseignez l’adoration, car Vous Vous êtes offert au Père, non comme Son égal, quoique Vous le fussiez vraiment, mais comme homme. Vous m’avez donné ici le modèle du respect que je dois à Votre loi, car je n’ai pas seulement pour loi les dix commandements, mais aussi la Règle et les Constitutions. Cette loi m’est toute douceur et suavité, mais je me la rends amère quand je ne renonce pas à moi-même, car alors, au lieu de la porter suavement, la loi est obligée de me porter » (Sainte Marie-Madeleine de Pazzi).

O Jésus, avec les mains de Marie, je veux m’offrir aujourd’hui avec Vous au Père éternel. Mais Vous êtes l’Hostie pure, sainte, immaculée, tandis que je suis plein de souillures, de misères, de péchés.
O Marie, ma Mère, vous qui avez voulu être purifiée, bien qu’exempte de la moindre ombre d’imperfection, purifiez, je vous prie, ma pauvre âme, afin qu’elle soit moins indigne d’être offerte au Père en même temps que Son Jésus qui est aussi le vôtre.
O Vierge très pure, acheminez-moi vers une purification intérieure et profonde et puis, accompagnez-moi vous-même afin que ma pusillanimité ne me fasse pas défaillir devant l’âpreté du chemin.

Père Gabriel de Sainte Marie-Madeleine, ocd,
in « Intimité divine – méditations sur la vie intérieure pour tous les jours de l’année » (1957).

Coeur douloureux et immaculé de Marie

Autres publications relatives à la fête de la Chandeleur :
- Des adieux à la Crèche et de la Crèche blanche > ici
- « Des chats et des crêpes » > ici

2020-17. Où, en la fête de Saint François de Sales, on célèbre aussi le jubilé d’argent d’une affiliation à l’Ordre de la Visitation.

Mercredi 29 janvier 2020,
Fête de Saint François de Sales (cf. > ici, > ici, et > ici).

Saint François de Sales

Saint François de Sales
(ce tableau se trouvait naguère dans la chapelle de l’ancien monastère de la Visitation au Puy-en-Velay
dont les bâtiments ont été vendus il y a peu par le diocèse au Conseil départemental de la Haute-Loire)

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Il y a dix ans exactement, le 29 janvier 2010, le Maître-Chat Lully, vous parlait de l’ouverture de l’année jubilaire du quatrième centenaire de la fondation de l’Ordre de la Visitation par Saint François de Sales et Sainte Jeanne-Françoise de Chantal (cf. > ici) et, à cette occasion, il vous entretenait du quinzième anniversaire de mon affiliation à cet Ordre.

Comme il me semble savoir encore un peu compter [15 + 10 = 25, n'est-ce pas ?], cela signifie que je suis parvenu au vingt-cinquième anniversaire de cette affiliation : un quart de siècle !
D’une certaine manière donc, je célèbre aujourd’hui, dans l’intimité de mon cœur, un jubilé : un jubilé d’argent, pour reprendre l’attribution symbolique des matériaux et métaux que l’on associe aux anniversaires.

Dans sa publication du 29 janvier 2010, Monseigneur le Maître-Chat vous expliquait en quoi consiste l’affiliation à l’Ordre de la Visitation et reproduisait le texte du dialogue qui eut lieu au monastère de la Visitation de Chartres (monastère hélas fermé depuis !) ce 29 janvier 1995 (aller voir > ici) en présence du tableau intitulé « Le Rêve de l’Enfant Jésus » peint par Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de la Sainte Face (présenté > ici).
Au terme des six mois de ce « quasi noviciat » (c’est l’expression utilisée à la Visitation pour parler du temps de préparation spirituelle à cette affiliation pratiqué sous la direction de l’une des Chères Mères), la présence de ce tableau, apporté spécialement à la chapelle pour l’occasion, était évidemment chargée d’une très forte valeur symbolique que vous comprendrez aisément.

Cela fait donc un quart de siècle que je suis devenu fils spirituel de Saint François de Sales et de Sainte Jeanne de Chantal ; un quart de siècle que je suis humblement fier de porter cette croix d’argent qui me fut alors remise, et dans laquelle j’ai placé des reliques (de troisième classe) de ces saints fondateurs, ainsi que de Sainte Marguerite-Marie, Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de la Sainte Face, Sœur Marie-Marthe Chambon (cf. > ici) et d’une autre mystique du XXe siècle à laquelle je dois beaucoup ; un quart de siècle que, plusieurs fois par jour, je vénère cette croix par un baiser, dont je puis certifier qu’il n’est jamais accompli par routine.

Croix de l'Ordre de la Visitation

Croix de l’Ordre de la Visitation
reçue le dimanche 29 janvier 1995

Permettez-moi, chers et fidèles Amis, à l’occasion de ce jubilé d’argent, d’offrir à votre lecture et à votre méditation quelques lignes des notes abondantes que j’avais prises lors de ma préparation de cette affiliation sous la direction de la Révérende Mère Supérieure du monastère de Chartres :

- La « spiritualité » n’est rien d’autre que la connaissance de la voie et des moyens qui conduisent à la perfection.
Quelle voie ? « Je suis la voie – Ego sum via » ; « Nul ne vient au Père que par Moi » ; « Celui qui Me suit ne marchera pas dans les ténèbres » : il ne peut y avoir d’autre voie que Jésus Lui-même.
Quels moyens ? fondamentalement la Loi et les préceptes, perfectionnés par les « conseils évangéliques » : ce sont les guides infaillibles de la vie parfaite. Mais « la plénitude de la loi, c’est l’amour » (Rom. XIII, 10). Il ne faut jamais confondre les moyens et la fin : préceptes et conseils ne sont pas une fin en eux-mêmes ; leur raison d’être, c’est la perfection de la charité. La charité surnaturelle – et non ses déformations humaines – est le but, la fin dont les yeux ne se doivent jamais détacher.  

- Le propre de Saint François de Sales est d’avoir mis en valeur le concept d’amour : son titre est d’ailleurs « Docteur de l’Amour divin ». Tout son enseignement spirituel tend à établir cet amour divin dans les cœurs et à l’y faire croître. Il insiste pour que cet amour soit non seulement au terme de la vie spirituelle, mais pour qu’il en soit le moteur constant, pour qu’il soit tout en tout, et pour que cet amour soit filial, confiant et paisible, joyeux, aimable et énergique [...].

- En réaction contre l’hérésie calviniste, lourde de conséquences désastreuses pour la vie intérieure, puis du jansénisme naissant, Saint François de Sales ne préconise en fait de crainte et de tremblement devant Dieu, que la peur de l’enfant qui aime son Père et qui, à tout prix, ne veut ni le contrister, ni désirer ou penser que ce qu’Il veut ou pense.
C’est ainsi que notre Bienheureux Père « faisait toutes ses actions purement et simplement pour le seul amour de Dieu, Lequel il craignait parce qu’il L’aimait, et L’aimait pour Lui-même » (déposition au procès de béatification).

- La spiritualité de Saint François de Sales produit un profond équilibre : la constatation des misères humaines est portée par lui à produire non seulement le sentiment de l’infinie perfection divine, mais aussi de Son Amour méconnu ou offensé, et partant au désir de la réparation par la pénitence, ou de la prévention par la mortification.
Mais loin de plonger l’âme dans un repliement sur soi, après sa faute, il va jusqu’à lui faire trouver sans ses chutes le moyen d’intensifier son amour filial !

Saint François de Sales (image d'Epinal)

Saint François de Sales, Docteur de l’Amour divin
(image d’Epinal du XIXème siècle)

En conclusion, s’il m’est permis de formuler un souhait, c’est celui-ci : que chacun d’entre vous connaisse toujours davantage l’esprit de Saint François de Sales ; que vous lisiez et relisiez ses œuvres – en particulier l’incontournable « Introduction à la vie dévote » et le non moins important « Traité de l’Amour de Dieu » – œuvres en lesquelles on trouve constamment de nouveaux trésors ; et que, nourris de cette nourriture substantielle, remède puissant contre nombre d’erreurs et spiritualités frelatées répandues à notre époque, vous marchiez joyeusement sous sa conduite dans les voies d’une authentique sainteté.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

Et dans les pages de ce blogue vous trouverez aussi :
- La présentation de Saint François de Sales par Benoît XVI > ici
- Les litanies de Saint François de Sales > ici
- Quelques bons ouvrages d’introduction à Saint François de Sales > ici
- Une prière célèbre de Saint François de Sales à la Très Sainte Vierge > ici
- Les préludes de la fondation de l’Ordre de la Visitation > ici
- Le récit de la journée de la fondation de la Visitation > ici
- La fin et l’esprit de l’Ordre de la Visitation > ici

Armoiries de Saint François de Sales

2020-15. « Paul a été fait apôtre sans l’avoir mérité, et il ne sera pas couronné qu’il ne l’ait mérité.»

Dans l’état actuel de nos connaissances (car il arrive que près de seize siècles plus tard on retrouve encore des textes inédits ou que l’on croyait perdus), il existe cinq sermons de Saint Augustin ayant trait à la conversion de Saint Paul. Voici celui qui, dans la catégorie des « sermons détachés » porte le numéro cinquante-deux.

Vitrail de la conversion de Saint Paul

 Sermon LII
de notre Bienheureux Père Saint Augustin
sur la conversion de Saint Paul

§1. Les deux noms de Saint Paul et sa conversion :

Mes frères, essayons de parler un peu de l’apôtre saint Paul.
Arrêtons-nous d’abord à son nom ; car il s’est appelé Saul avant de s’appeler Paul ; le premier nom symbolisait l’orgueil, comme le second symbolise l’humilité ; le premier était bien le nom d’un persécuteur. Saul vient du mot Saül. Saül fut ainsi désigné parce qu’il persécuta David, figure de Jésus-Christ qui devait sortir de la famille de David, par la Vierge Marie, selon la chair. Saul remplit le rôle de Saül, lorsqu’il persécuta les chrétiens ; il était animé d’une haine violente contre les disciples du Sauveur, comme il le prouva au moment du martyre de saint Etienne ; car il voulut garder les vêtements de ceux qui le lapidaient, comme pour faire entendre qu’ils n’étaient tous que ses propres instruments. Après le martyre de saint Etienne, les chrétiens de Jérusalem se dispersèrent portant partout la lumière et le feu dont le Saint-Esprit les embrasait. Paul, voyant la diffusion de l’Evangile de Jésus-Christ, fut rempli d’un zèle amer. Muni de pleins pouvoirs de la part des princes des prêtres et des docteurs, il se mit en mesure de châtier sévèrement tous ceux qui lui paraîtraient invoquer le nom de Jésus-Christ, et il allait respirant le meurtre et altéré de sang.

§2.  Effet admirable de la grâce de Dieu dans cette conversion : 

Ainsi désireux de s’emparer des chrétiens et de verser leur sang, il parcourait le chemin de Jérusalem à Damas, à la tête d’un certain nombre de ses complices, lorsqu’il entendit une voix du ciel.
Mes frères, quels mérites avait acquis ce persécuteur ? Et cependant cette voix qui le frappe comme persécuteur, le relève apôtre ; voici Paul après Saul ; le voici qui prêche l’Evangile et il décline lui-même ses titres : « Je suis », dit-il, « le plus petit d’entre les Apôtres » (1 Cor. XV, 9). Que ce nom de Paul est bien choisi ! Ce mot, en latin, ne signifie-t-il pas petit, modique, moindre ? et cette signification, l’Apôtre ne craint pas de se l’appliquer à lui-même. Il se nomme le plus petit, rappelant ainsi la frange du vêtement de Jésus-Christ, que toucha une femme malade. Cette femme, affligée d’une perte de sang, figurait l’Eglise des Gentils ; et c’est vers ces Gentils que Paul, le plus petit des Apôtres, a été envoyé, car il est la frange du vêtement, la partie la plus petite et la dernière.
En effet, ce sont là les qualités que l’Apôtre se donne ; il s’appelle le plus petit et le dernier : « Je suis le dernier des Apôtres » (1 Cor. IV, 9) ; « je suis le plus petit des Apôtres » (1 Cor. XV, 9). Ce sont là ses propres paroles, et s’il en a prononcé d’autres, qu’il veuille bien nous les rappeler ; car nous ne voulons pas lui faire injure, quoique ce ne soit pas faire injure à Paul que d’exalter la grâce de Dieu.
Toutefois, écoutons-le : « Je suis », dit-il, « le plus petit des Apôtres, je ne suis pas digne d’être appelé apôtre » ; voilà ce qu’il était. « Je ne suis pas digne d’être appelé apôtre » : pourquoi ? « Parce que j’ai persécuté l’Eglise de Dieu ». Et d’où lui est venu l’apostolat ? « Mais c’est par la grâce de Dieu que je suis ce que je suis ; et la grâce de Dieu n’a pas été vaine en moi, car j’ai plus travaillé que tous les Apôtres ».

§3.  De la grâce et des mérites dans la personne de saint Paul : 

Mais, ô grand Apôtre, voici que des hommes inintelligents se figurent que c’est encore Saul qui parle et qui dit : « J’ai plus travaillé qu’eux tous ». Il semble se louer, et cependant son langage est plein de vérité. Il a remarqué lui-même que ce qu’il venait de dire pouvait tourner à sa louange ; aussi, après avoir dit : « J’ai plus travaillé qu’eux tous », s’empresse-t-il d’ajouter : « Non pas moi, mais la grâce de Dieu avec moi ».
Son humilité a connu, sa faiblesse a tremblé, sa parfaite charité a confessé le don de Dieu.
O vous qui êtes rempli de grâce, qui êtes un 
vase d’élection, et qui avez été élevé à un rang dont vous n’étiez pas digne, dites-nous les secrets de la grâce en votre personne ; écrivez à Timothée et annoncez le jour de la justice : « Je suis déjà immolé », dit-il.
Nous venons de lire l’épître de saint Paul ; ce sont bien là ses propres paroles : « Je suis déjà immolé ». En d’autres termes : l’immolation m’attend, car la mort des saints est un véritable sacrifice offert à Dieu. « Je suis immolé, et le moment de ma dissolution approche. J’ai combattu le bon combat, j’ai consommé ma course, j’ai conservé la foi ; il ne me reste plus qu’à attendre la couronne de la justice, que Dieu me rendra en ce jour, en sa qualité de souverain juge ».
Celui par qui nous avons mérité nous rendra selon nos mérites ; Paul a été fait apôtre sans l’avoir mérité, et il ne sera pas couronné qu’il ne l’ait mérité. Parlant de la grâce qu’il avait reçue d’une manière absolument gratuite, il s’écrie : « Je ne suis pas digne d’être appelé apôtre, mais c’est par la grâce de Dieu que je suis ce que je suis ». Au contraire, quand il exige ce qui lui est dû, il s’exprime en ces termes : « J’ai combattu le bon combat ; j’ai consommé ma course, j’ai conservé la foi, il ne me reste plus qu’à attendre la couronne de la justice ». Cette couronne m’est due ; et afin que vous sachiez qu’elle m’est due, je déclare « que Dieu me la rendra ». Il ne dit pas : Dieu me la donne, ou m’en gratifie, mais : « Dieu me la rendra en ce jour, en sa qualité de souverain juge ». Il m’a tout donné dans sa miséricorde, il me rendra dans sa justice.

§4. Conclusion en forme de prière :

Je vois, ô bienheureux Paul, à quels mérites vous est due la couronne ; en regardant ce que vous avez été, reconnaissez que vos mérites eux-mêmes ne sont que des dons de Dieu. Vous avez dit : « Je rends grâces à Dieu, qui nous donne la victoire par Notre-Seigneur Jésus-Christ. J’ai combattu le bon combat ; mais tout me vient de Dieu, qui fait miséricorde ». Vous avez dit : « J’ai conservé la foi » ; mais vous avez dit également : « J’ai obtenu miséricorde, afin que je sois fidèle ». Nous voyons donc que vos mérites ne sont que des dons de Dieu, et voilà pourquoi nous nous réjouissons de votre couronne.

Vitrail de la conversion de Saint Paul - détail

2020-14. Pèlerinage à Domremy à l’occasion du centenaire de la canonisation de Sainte Jeanne d’Arc.

Pèlerinage Donremy mai 2020 - 1

Dans le message qu’il a délivré ce 19 janvier 2020 à l’occasion de la Messe commémorative célébrée à la Chapelle Expiatoire à Paris (cf. > ici), notre Souverain légitime a terminé en nous souhaitant « une bonne et sainte année 2020 sous la protection de Sainte-Jeanne d’Arc. »

C’est qu’en effet, cette année 2020 est celle du centenaire de la canonisation de celle dont on ne redira jamais assez que plutôt que « la sainte de la patrie » – ainsi qu’a voulu la récupérer une certaine phraséologie à tendance nationaliste – Sainte Jeanne d’Arc est avant tout la sainte de la Légitimité, puisque son rôle premier et principal a été de faire reconnaître la légitimité d’un prince qui en avait lui-même douté et, en conséquence de cette légitimité, de l’amener à recevoir son « digne sacre ». Ses victoires militaires ne furent que les preuves tangibles de cette mission que lui confia le Roi du Ciel.

Il importe donc de prier et d’invoquer Sainte Jeanne d’Arc avec une ferveur renouvelée tout au long de cette année.
Voilà pourquoi, l’Ordre de Saint Remi organise un pèlerinage à Domremy au jour même du centenaire de la canonisation de Jeanne. Vous en trouverez ci-dessous le programme et les indications.

Pèlerinage Donremy mai 2020 - 2

Renseignements et inscriptions : ordredesaintremi@gmail.com

Blason de Sainte Jeanne d'Arc

2020-12. Où, à l’occasion de la fête de Saint Antoine le Grand, nous sommes invités à découvrir le monastère implanté au lieu où vécut le « Père de tous les moines ».

17 janvier,
Fête de Saint Antoine le Grand (cf. > ici, > ici et > ici) ;
Mémoire de Saint Théodose 1er le Grand, empereur ;
Mémoire de Sainte Roseline de Villeneuve, vierge (cf. > ici) ;
Anniversaire de l’apparition de Notre-Dame à Pontmain (cf. > ici et > ici).

Icône copte 1777 détail - St Antoine le grand & St Paul ermite

Saint Antoine le Grand (à gauche) et Saint Paul ermite (à droite)
Détail d’une icône copte de 1777 (musée copte du Caire)

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Si, fréquentant ce blogue depuis un certain temps, vous ne vous êtes pas encore rendus compte que, au Mesnil-Marie, nous avons une immense vénération et un amour très fort pour Saint Antoine le Grand, « père de tous les moines d’Orient et d’Occident », j’en conclurai que vous ne savez peut-être pas lire !!!

Je vous ai entretenus (cf. > ici) de Saint Paul, premier ermite, dont nous célébrons la fête le 15 janvier. Deux jours après, c’est la fête de Saint Antoine le Grand.
Après vous avoir « emmenés » l’année dernière à l’abbatiale de Saint-Antoine en Dauphiné (cf. > ici) où sont conservées les reliques du « Père des moines », j’ai le plaisir de vous faire voyager aujourd’hui jusqu’en Egypte, jusqu’au Monastère Saint-Antoine, construit dès après la mort du Saint à proximité de son ermitage.
Ce « voyage » est possible grâce à Benjamin Blanchard, cofondateur et directeur général de SOS Chrétiens d’Orient, dont l’amitié nous a valu les magnifiques clichés qui vont suivre, et grâce à Jérôme Cochet, chef de mission en Egypte pour cette association (que nous recommandons chaleureusement), rédacteur du texte que nous publions ci-dessous : qu’ils soient l’un et l’autre très vivement remerciés !

Ainsi que vous le verrez en lisant cette présentation du Monastère Saint-Antoine, ce lieu historique de la première communauté de moines, qui a fait l’objet de huit années de restauration (2002-2010), est aussi le lieu d’un intense renouveau spirituel. Ce nous est une grande joie que de l’apprendre.

Dieu est admirable en tous Ses saints. Mais Il l’est d’une manière très spéciale en Saint Antoine le Grand dont la postérité spirituelle ne se dément pas depuis plus de seize siècles et demi !

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur  

Monastère Saint Antoine 1

Monastère de Saint-Antoine le Grand,
le phénix originel du monachisme chrétien.

A 3h de route du Caire, la capitale-mégalopole de l’Egypte et ses 23 millions d’habitants, le silence demeure roi en plein désert de la Mer Rouge.

Entre la ville tentaculaire et les plages bariolées d’hôtels et de résidences de villégiatures, se dresse à flanc de montagne un éden de murailles, de jardins, de clochers et d’églises millénaires. L’immensité aride du désert joue bien sûr sur l’isolement du lieu, mais plus encore les prières continuelles et mystiques ont rendu le Monastère de Saint-Antoine le Grand, un lieu incontournable pour toute la chrétienté !

Monastère Saint Antoine 2

Ici, dans le père de tous les monastères du monde chrétien, la quiétude et la beauté du lieu sont saisissantes dans une terre pourtant si inhospitalière : le thermomètre indique cinquante degrés à l’ombre l’été et peut descendre en dessous du 0 en hiver ; aucune végétation ne pousse hormis dans l’enceinte du monastère dans le potager et dans les jardins des moines.

C’est toutefois ici qu’Antoine le Grand, également connu comme Antoine l’Ermite ou Antoine d’Égypte s’isola au début du IVème siècle et devint le premier ermite, ou plutôt le second après Paul de Thèbes, un autre copte (voir la note en bas de page) de Haute-Egypte qui partit hors du monde pour contempler, comprendre, prier et adorer Dieu.

Si Antoine est vu comme le premier ermite moine dans la tradition chrétienne, c’est parce qu’à la mort de Paul, Antoine sur les conseils de ce dernier, commença à organiser la vie des premiers ermites qui étaient venus le rejoindre. Par ses conseils oraux, ses prières et surtout ses écrits sur des parchemins et des papyrus, il développa sans le savoir les premières règles du monachisme chrétien.

Monastère Saint Antoine 3

Ainsi et de manière chronologique, le monachisme s’est donc tout d’abord développé en Egypte dès le début du IVème siècle sous la forme érémitique avec saint Paul de Thèbes (234-347), la forme anachorétique avec saint Antoine le Grand (251-356) et la forme cénobitique avec saint Pacôme (276-439), disciple de saint Antoine le Grand et qui, le premier, institua la règle monastique laquelle, traduite par saint Jérôme, servit de base à saint Benoît pour les premières fondations monastiques en Europe. Rappelons aussi que c’est saint Athanase d’Alexandrie qui importa le premier le monachisme au sein de la ville de Rome ou encore que les premiers monastères d’Irlande furent fondés par sept moines venus d’Egypte…

L’âge d’or du monastère Saint-Antoine se situe entre 1230 et 1300, car c’est durant ce laps de temps que l’on y copie ou compose le plus de manuscrits en copte, grec, syriaque et arabe et que l’on consigne et retranscrit fidèlement les paroles et les papyrus anciens laissés par saint Antoine, saint Pacôme, saint Athanase ou encore saint Evagre.

En parallèle du cheminement monastique, l’Egypte, pays des pharaons subit la conquête arabo-musulmane dès le VIIème siècle. Relativement épargné, le monastère résiste à plusieurs attaques sporadiques de bandes armées mais connaît une période de déclin puis d’abandon total entre le XIVème et le XVIème siècles, suite aux pillages successifs puis aux massacres sans pitié des moines et à l’occupation des lieux par les troupes islamiques.

De nos jours, ce sont 120 moines et quelques 30 novices qui continuent de vivre selon l’exemple de saint Antoine. Accueillant pèlerins et visiteurs, ils travaillent à faire de ce lieu un havre de paix et de prières verdoyant et cela malgré toutes les périodes de déclin et de massacres.

Monastère Saint Antoine 4

Si nous faisons un petit retour en arrière, nous pouvons constater que le renouveau actuel prend racine au cours du XXème siècle : la communauté copte s’est peu à peu investie dans la vie politique du pays. En effet, en s’engageant de manière précoce dans l’indépendance de l’Egypte, les chrétiens d’Egypte ont pu obtenir une reconnaissance sociale et politique, tandis que dans le même temps, d’autres ont préféré participer à un renouveau spirituel global. Complété par la découverte de l’histoire copte en Europe et grâce à l’intérêt porté par l’archéologie égyptienne, les coptes ont entamé dès les années 20-30 leur renaissance identitaire. Cependant, la communauté copte n’a jamais été pleinement reconnue en Egypte : elle fait l’objet de discriminations et d’attaques régulières et, même si certains de ses membres ont acquis une relative célébrité, elle demeure peu représentée politiquement.

Dans les années 50-60, qui marquent l’apogée du renouveau spirituel pour la religion copte, une renaissance globale s’effectue sous les patriarcats des papes saint Cyril VI puis Chenouda III ; cela a une influence sur la vie quotidienne des coptes mais aussi sur l’art et l’architecture ecclésiastiques : la période est marquée par un retour aux origines.

Monastère Saint Antoine 5

En 1968, la Vierge Marie apparait au Caire pour plusieurs jours dans le quartier populaire de Zeitoun. Les apparitions sont reconnues par l’Eglise copte et l’Eglise catholique mais aussi par les musulmans d’Egypte… elles seront le point d’orgue de la renaissance copte. Les monastères du désert sont à nouveau habités et de nombreux coptes se font moines et prêtres. Ainsi, tandis qu’une partie de la communauté copte s’implique dans la vie publique du pays, une autre rejoint les anciens monastères et mène une vie ascétique dans le désert. Rappelons en effet que pour la majorité des coptes, la vie monacale est considérée comme moralement et spirituellement supérieure à toute autre vie. Mais ce mode de vie n’est pas le seul effet du renouveau religieux : les coptes redécouvrent d’anciennes traditions chrétiennes : le culte des saints antiques est renforcé par la découverte de reliques (en mai 1968, notamment, une partie des reliques de saint Marc sont rendues par l’Eglise romaine et de Venise sont déposées dans la crypte de la nouvelle cathédrale Saint-Marc d’Abbassiya au Caire), les monastères sont rénovés, embellis et agrandis pour accueillir les nouveaux moines, des cours de langue copte, d’iconographie et d’études bibliques sont crées par centaines à travers le pays pour former cette nouvelle génération de consacrés et de laïcs coptes…

Bénéficiant de ce renouveau et de cette renaissance, le monastère Saint-Antoine va dès les premiers temps attirer de nombreux nouveaux moines. De 10 moines dans les années 50, on en dénombre le double une décennie plus tard et donc plus de 120 de nos jours.

Monastère Saint Antoine 6

L’explosion des vocations sacerdotales et monastiques remplit séminaires et monastères et dure à présent sur trois générations. Les monastères quasi abandonnés où végétaient cinq à six moines il y a un demi-siècle en comptent maintenant en moyenne cent, cent cinquante ou même trois cents pour les plus imposants.

Partout, on agrandit avec de nouvelles ailes de cellules, de nouvelles églises et chapelles ou encore de nouveaux lieux d’accueils pour les pèlerins et autres personnes de passage. On relève des monastères en ruines depuis des siècles. Dans une Eglise où la hiérarchie épiscopale se compose uniquement de moines, il était vital et primordial d’assister à ce renouveau identitaire et spirituel, et sous l’impulsion donnée par le pape Chenouda III, les efforts soutenus quant à la formation des nouveaux moines portent désormais leurs fruits, l’Egypte, terres sacrée du christianisme et de l’humanité est toujours bénie, prête à accueillir de nouvelles vocations et de nouveaux prêtres.

Jérôme Cochet,
chef de mission en Egypte de SOS Chrétiens d’Orient

Jeunes en mission avec SOS Chrétiens d'Orient avec Jérôme Cochet

Jérôme Cochet, rédacteur de cet article (au second rang le 3ème en partant de la droite), chef de mission en Egypte, avec des jeunes bénévoles de SOS Chrétiens d’Orient

Note :
Le mot « copte » tire son origine de l’arabe « qibt », un mot lui-même issu d’une forme abrégée et altérée du grec « Aïgyptios » qui signifie « égyptien ». Les Coptes sont donc appelés « les Egyptiens ». Cette particularité linguistique s’est opérée lors du passage de l’Egypte sous la domination arabe en 641 : les Arabes se servaient de ce mot pour se distinguer, dans leur langue, des autochtones nouvellement conquis.
Toutefois, les envahisseurs Arabes étant de confession musulmane et les Coptes chrétiens, le mot « copte » a fini par désigner les Chrétiens égyptiens. D’un sens ethnique, le mot « copte » est donc progressivement passé à un sens religieux.
Par extension, le terme a été appliqué à tout ce qui ressortait de la vie religieuse des chrétiens d’Egypte. Aujourd’hui, même s’il est difficile d’avoir des statistiques fiables, on peut estimer que les Coptes représentent à peu près 15 à 20 % de la population égyptienne qui compte en 2019 plus de 100 millions d’habitants.

Monastère Saint Antoine 7

2020-11. De Saint Paul, premier ermite.

15 janvier,
Fête de Saint Paul, premier ermite.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

La Sainte Eglise nous donne de célébrer, à la date du 15 janvier, la fête de Saint Paul, premier ermite. Il est aussi appelé Saint Paul de Thèbes.

C’est un saint aujourd’hui peu ou mal connu.
L’une des raisons en est, à notre époque de rationalisme où l’on remet très souvent en doute tout ce qu’il y a de merveilleux en le mettant sur le compte d’affabulations, que la vie de Saint Paul nous est connue essentiellement par le récit qu’en a fait Saint Jérôme (cf. > ici et > ici) et que ce récit contient des choses extraordinaires qui semblent totalement impossibles aux mentalités prétendument modernes.
Pensez donc : un homme qui vit dans le désert jusqu’à l’âge de cent-dix-huit ans ! Auquel un corbeau apporte quotidiennement pendant soixante ans un demi pain pour sa nourriture ! Et lorsque Saint Antoine le vient visiter, celui-ci rencontre en chemin un centaure puis un faune !
Aux âges de foi, cela ne posait pas de problèmes à ceux qui sont sûrs, selon la parole de l’ange Gabriel à la Très Sainte Vierge Marie, que « rien n’est impossible à Dieu ».
Je me souviens moi-même, lorsque j’étais jeune religieux et que j’avais découvert le récit de Saint Jérôme, avoir été copieusement moqué par un supérieur – lequel passait pour un homme de tradition ! – parce que j’accordais ma créance à ce récit ! Je lui avais alors demandé s’il considérait que Saint Jérôme, docteur de l’Eglise, était un menteur…

J’ai résolu de vous livrer ci-dessous ce texte de Saint Jérôme : j’en ai seulement omis l’introduction et la conclusion qui n’ont pas directement trait à la vie de Saint Paul.
En effet, Saint Jérôme commence par donner quelques anecdotes concernant les persécutions de Dèce (en 250) et de Valérien (en 257), qui déterminèrent le jeune Paul de Thèbes à partir dans le désert, et il termine par une exhortation au mépris des richesses et des mondanités.

Vous noterez que les détails du texte de Saint Jérôme ont été particulièrement bien retenus et illustrés par les peintres de la période baroque, dont j’ai reproduit ci-dessous quelques unes de mes toiles préférées représentant le premier ermite de l’histoire de l’Eglise.
Si l’on ne connaît pas la vie de Saint Paul écrite par Saint Jérôme (et résumée par Jacques de Voragine dans sa « Légende dorée »), ces tableaux sont pratiquement incompréhensibles à celui qui les regarde aujourd’hui.

Je souhaite qu’ils vous plaisent autant qu’à moi et qu’ils vous aideront à vénérer, aimer et développer quelque dévotion envers le grand et admirable Saint Paul ermite.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.   

Saint Paul ermite - José de Ribera

Saint Paul ermite, par José de Ribera (1591-1652)

« (…) Paul, n’étant âgé que de quinze ans et n’ayant plus ni père ni mère mais seulement une sœur déjà mariée, se trouva maître d’une grande succession en la basse Thébaïde. Il était fort savant dans les lettres grecques et égyptiennes, de fort douce humeur et plein d’un grand amour de Dieu.

La tempête de cette persécution éclatant de tous côtés, il se retira en une maison des champs assez éloignée et assez à l’écart.
Son beau-frère résolut de dénoncer celui qu’il était si obligé de cacher, sans que les larmes de sa femme, les devoirs d’une si étroite alliance ni la crainte de Dieu, qui du haut du ciel regarde toutes nos actions, fussent capables de le détourner d’un si grand crime ; et la cruauté qui le portait à cela se couvrait même d’un prétexte de religion.
Ce jeune garçon qui était très sage, ayant appris ce dessein et se résolvant à faire volontairement ce qu’il était obligé de faire par force, s’enfuit dans les déserts des montagnes pour y attendre que la persécution cessât. En s’y avançant peu à peu, et puis encore davantage, et continuant souvent à faire la même chose, enfin il trouva une montagne pierreuse au pied de laquelle était une grande caverne dont l’entrée était fermée avec une pierre, qu’il retira : regardant attentivement de tous côtés par cet instinct naturel qui porte l’homme à désirer de connaître les choses cachées, il aperçut au-dedans comme un grand vestibule qu’un vieux palmier avait formé de ses branches en les étendant et les entrelaçant les unes dans les autres, et qui n’avait rien que le ciel au-dessus de soi.
Il y avait là une fontaine très claire d’où il sortait un ruisseau, qui à peine commençait à couler qu’on le voyait se perdre dans un petit trou, et être englouti par la même terre qui le produisait. Il y avait aussi aux endroits de la montagne les plus difficiles à aborder diverses petites maisonnettes où l’on voyait encore des burins, des enclumes et des marteaux dont on s’était autrefois servi pour faire de la monnaie ; quelques mémoires égyptiens portent que ç’avait été une fabrique de fausse monnaie, durant le temps des amours d’Antoine et de Cléopâtre.

Saint Paul ermite - Carlo Dolci

Saint Paul ermite recevant son demi-pain quotidien d’un corbeau, par Carlo Dolci (1616-1686)

Notre saint, concevant de l’attrait pour cette demeure qu’il considérait comme lui ayant été présentée de la main de Dieu, y passa toute sa vie en oraisons et en solitude. Le palmier dont j’ai parlé lui fournissait tout ce qui lui était nécessaire pour sa nourriture et son vêtement ; ce qui ne doit pas passer pour impossible, puisque je prends à témoin Jésus-Christ et Ses anges que, dans cette partie du désert qui en joignant la Syrie tient aux terres des Arabes, j’ai vu parmi des solitaires un frère qui, étant reclus il y avait trente ans, ne vivait que de pain d’orge et d’eau bourbeuse, et un autre qui, étant enfermé dans une vieille citerne, vivait de cinq figues par jour. Je ne doute pas néanmoins que cela ne semble incroyable aux personnes qui manquent de foi parce « qu’il n’y a que ceux qui croient, à qui telles choses soient possibles ».

Mais pour retourner à ce que j’avais commencé de dire, il y avait déjà cent treize ans que le bienheureux Paul menait sur la terre une vie toute céleste. Antoine, âgé de quatre-vingt-dix ans (comme il l’assurait souvent), demeurant dans une autre solitude, il lui vint en pensée que nul autre que lui n’avait passé dans le désert la vie d’un parfait et véritable solitaire ; mais, alors qu’il dormait, il lui fut, la nuit, révélé en songe qu’il y en avait un autre, plus avant dans le désert, meilleur que lui, et qu’il se devait hâter d’aller voir.

Dès la pointe du jour ce vénérable vieillard, soutenant son corps faible et exténué avec un bâton qui lui servait aussi à se conduire, commença à marcher sans savoir où il allait ; et déjà le soleil, arrivé à son midi, avait échauffé l’air de telle sorte qu’il paraissait tout enflammé, sans que néanmoins il se pût résoudre à différer son voyage, disant en lui-même : « Je me confie en mon Dieu, et ne doute point qu’il ne me fasse voir son serviteur ainsi qu’il me l’a promis ».
Comme il achevait ces paroles, il vit un homme qui avait en partie le corps d’un cheval et était comme ceux que les poètes nomment hippocentaures. Aussitôt qu’il l’eut aperçu il arma son front du signe salutaire de la croix et lui cria : « Holà! en quel lieu demeure ici le serviteur de Dieu ?» Alors ce monstre, marmottant je ne sais quoi de barbare et entrecoupant plutôt ses paroles qu’il ne les proférait distinctement, s’efforça de faire sortir une voix douce de ses lèvres toutes hérissées de poil, et, étendant sa main droite, lui montra le chemin tant désiré. Puis en fuyant il traversa avec une incroyable vitesse toute une grande campagne, et s’évanouit devant les yeux de celui qu’il avait rempli d’étonnement. Quant à savoir si le diable pour épouvanter le saint avait pris cette figure, ou si ces déserts si fertiles en monstres avaient produit celui-ci, je ne saurais en rien assurer.

Francesco Guarino - 1642 - Saint Antoine et le centaure

Saint Antoine et le centaure, par Francesco Guarino (1611-1654)

Antoine, pensant tout étonné à ce qu’il venait de voir, ne laissa pas de continuer son chemin ; et à peine avait-il commencé à marcher qu’il aperçut dans un vallon pierreux un fort petit homme qui avait les narines crochues, des cornes au front et des pieds de chèvre. Ce nouveau spectacle ayant augmenté son admiration, il eut recours, comme un vaillant soldat de Jésus-Christ, aux armes de la foi et de l’espérance ; mais cet animal, pour gage de son affection, lui offrit des dattes pour le nourrir durant son voyage. Le saint s’arrêta et lui demanda qui il était. Il répondit : « Je suis mortel et l’un des habitants des déserts que les païens, qui se laissent emporter à tant de diverses erreurs, adorent sous le nom de faunes, de satyres et d’incubes. Je suis envoyé vers vous comme ambassadeur par ceux de mon espèce, et nous vous supplions tous de prier pour nous celui qui est également notre Dieu, lequel nous avons su être venu pour le salut du monde, et dont le nom et la réputation se sont répandus par toute la terre ».
A ces paroles ce sage vieillard et cet heureux pèlerin trempa son visage des larmes que l’excès de sa joie lui faisait répandre en abondance, et qui étaient des marques évidentes de ce qui se passait dans son cœur, car il se réjouissait de la gloire de Jésus-Christ et de la destruction de celle du diable, et admirait en même temps comment il avait pu entendre le langage de cet animal et être entendu de lui.
En cet état, frappant la terre de son bâton, il disait : « Malheur à toi, Alexandrie, qui adores des monstres en qualité de dieux ! malheur à toi, ville adultère qui es devenue la retraite des démons répandus en toutes les parties du monde. De quelle sorte t’excuseras-tu maintenant ? Les bêtes parlent des grandeurs de Jésus-Christ, et tu rends à des bêtes les honneurs et les hommages qui ne sont dus qu’à Dieu seul ! »
A peine avait-il achevé ces paroles que cet animal si léger s’enfuit avec autant de vitesse que s’il avait eu des ailes. S’il se trouve quelqu’un à qui cela semple si incroyable qu’il fasse difficulté d’y ajouter foi, il en pourra voir un exemple dont tout le monde a été témoin et qui est arrivé sous le règne de Constance, car un homme de cette sorte ayant été mené vivant à Alexandrie, fut vu avec admiration de tout le peuple ; et, étant mort, son corps, après avoir été salé, de crainte que la chaleur de l’été ne le corrompit, fut porté à Antioche pour le faire voir à l’empereur.

Mais, pour revenir à mon discours, Antoine, continuant à marcher dans le chemin où il s’était engagé, ne considérai autre chose que la piste des bêtes sauvages et la vaste solitude de ce désert, sans savoir ce qu’il devait faire ni de quel côté il devait tourner.
Déjà le second jour était passé depuis qu’il était parti, et il en restait encore un troisième afin qu’il acquit par cette épreuve une entière confiance de ne pouvoir être abandonné de Jésus-Christ. Il employa toute cette seconde nuit en oraisons, et à peine le jour commençait à poindre qu’il aperçut de loin une louve qui, toute haletante de soif, se coulait le long du pied de la montagne. Il la suivit des yeux et, lorsqu’elle fut fort éloignée, s’étant approché de la caverne et voulant regarder dedans, sa curiosité lui fut inutile, à cause de son obscurité qui était si grande que ses yeux ne la pouvaient pénétrer. Mais, comme dit l’Écriture « le parfait amour bannissant la crainte »,  après s’être un peu arrêté et avoir repris haleine, ce saint et habile espion entra dans cet antre en s’avançant peu à peu et s’arrêtant souvent pour écouter s’il n’entendrait point de bruit.
Enfin, à travers l’horreur de ces épaisses ténèbres, il aperçut de la lumière assez loin de là. Alors, redoublant ses pas et marchant sur des cailloux, il fit du bruit.
Paul l’ayant entendu, il tira sur lui sa porte qui était ouverte, et la ferma au verrou.

Visite de Saint Antoine à Saint Paul - David II Teniers

Visite de Saint Antoine à Saint Paul, par David II Teniers dit le jeune (1610-1690)

Antoine, se jetant contre terre sur le seuil de la porte, y demeura jusqu’à l’heure de sexte et davantage, le conjurant toujours de lui ouvrir et lui disant : « Vous savez qui je suis, d’où je viens, et le sujet qui m’amène. J’avoue que je ne suis pas digne de vous voir, mais je ne partirai néanmoins jamais d’ici jusqu’à ce que j’aie reçu ce bonheur. Est-il possible que, ne refusant pas aux bêtes l’entrée de votre caverne, vous la refusiez aux hommes ? Je vous ai cherché, je vous ai trouvé, et je frappe à votre porte afin qu’elle me soit ouverte : que si je ne puis obtenir cette grâce, je suis résolu de mourir en la demandant ; et j’espère qu’au moins vous aurez assez de charité pour m’ensevelir ».
« Personne ne supplie en menaçant et ne mêle des injures avec des larmes », lui répondit Paul. « Vous étonnez-vous donc si je ne veux pas vous recevoir, puisque vous dites n’être venu ici que pour mourir ?»

Ainsi Paul en souriant lui ouvrit la porte.
Alors, s’étant embrassés à diverses fois, ils se saluèrent et se nommèrent tous deux par leurs propres noms. Ils rendirent ensemble grâces à Dieu, et après s’être donné le saint baiser, Paul s’étant assis auprès d’Antoine, li lui parla en cette sorte : 
« Voici celui que vous avez cherché avec tant de peine, et dont le corps flétri de vieillesse est couvert par des cheveux blancs tout pleins de crasse ; voici cet homme qui est sur le point d’être réduit en poussière ; mais, puisque la charité ne trouve rien de difficile, dites-moi, je vous supplie, comment va le monde : fait-on de nouveaux bâtiments dans les anciennes villes ? Qui est celui qui règne aujourd’hui ? et se trouve-t-il encore des hommes si aveuglés d’erreur que d’adorer les démons ? »

Panneau central de retable - Saint-Antoine l'abbaye

Le corbeau apportant un pain entier à Saint Paul et Saint Antoine
(panneau central d’un retable du XVIIe siècle – église abbatiale, à Saint-Antoine l’abbaye – voir > ici)

Comme ils s’entretenaient de la sorte ils virent un corbeau qui, après s’être reposé sur une branche d’arbre, vint de là, en volant tout doucement, apporter à terre devant eux un pain tout entier. Aussitôt qu’il fut parti Paul commença à dire : « Voyez, je vous supplie, comme Dieu, véritablement tout bon et tout miséricordieux, nous a envoyé à dîner. Il y a déjà soixante ans que je reçois chaque jour de cette sorte une moitié de pain ; mais depuis que vous êtes arrivé, Jésus-Christ a doublé ma portion, pour faire voir par là le soin qu’Il daigne prendre de ceux qui, en qualité de Ses soldats, combattent pour Son service ».

Ensuite, ayant tous deux rendu grâces à Dieu, ils s’assirent sur le bord d’une fontaine aussi claire que du cristal, et voulant se déférer l’un à l’autre l’honneur de rompre le pain, cette dispute dura quasi jusqu’à vêpres : Paul insistant sur ce que l’hospitalité et la coutume l’obligeaient à cette civilité, et Antoine la refusant à cause de l’avantage que l’âge de Paul lui donnait sur lui. Enfin ils résolurent que chacun de son côté, prenant le pain et le tirant à soi, en retiendrait la portion qui lui demeurerait entre les mains. Après, en se baissant sur la fontaine et mettant leur bouche sur l’eau, ils en burent chacun un peu, et puis, offrant à Dieu un sacrifice de louanges, ils passèrent toute la nuit en prières.

Visite de Saint Antoine à Saint Paul - Diego Velasquez

Visite de Saint Antoine à Saint Paul, par Diego Velasquez (1599-1660)

Le jour étant venu, Paul parla ainsi à Antoine : « Il y a longtemps, mon frère, que je savais votre séjour en ce désert ; il y a longtemps que Dieu m’avait promis que vous emploieriez comme moi votre vie à Son service ; mais parce que l’heure de mon heureux sommeil est arrivé, et qu’ayant toujours désiré avec ardeur d’être délivré de ce corps mortel pour m’unir à Jésus-Christ, il ne me reste plus, après avoir achevé ma course, que de recevoir la couronne de justice, Notre-Seigneur vous a envoyé pour couvrir de terre ce pauvre corps, ou, pour mieux dire, pour rendre la terre à la terre ».
A ces paroles Antoine, fondant en pleurs et jetant mille soupirs, le conjurait de ne le point abandonner et de demander à Dieu qu’il lui tint compagnie en ce voyage ; à quoi il lui répondit : «Vous ne devez pas désirer ce qui vous est plus avantageux, mais ce qui est plus utile à votre prochain : il n’y a point de doute que ce ne vous fût un extrême bonheur d’être déchargé du fardeau ennuyeux de cette chair pour suivre l’agneau sans tache, mais il importe au bien de vos frères d’être encore instruits par votre exemple. Ainsi, si ce ne vous est point trop d’incommodité, je vous supplie d’aller quérir le manteau que l’évêque Athanase vous donna, et de me l’apporter pour m’ensevelir ».
Or si le bienheureux Paul lui faisait cette prière, ce n’est pas qu’il se souciât beaucoup que son corps fût plutôt enseveli que de demeurer nu, puisqu’il devait être réduit en pourriture, lui qui depuis tant d’années n’était revêtu que de feuilles de palmier entrelacées, mais afin que, Antoine étant éloigné de lui, il ressentit avec moins de violence l’extrême douleur qu’il recevrait de sa mort.

Antoine fut rempli d’un merveilleux étonnement de ce qu’il lui venait de dire de saint Athanase et du manteau qu’il lui avait donné ; et, comme s’il eût vu Jésus-Christ dans Paul et adorant Dieu résidant dans son cœur, il n’osa plus lui rien répliquer ; mais, pleurant sans dire une seule parole, après lui avoir baisé les yeux et les mains il partit pour s’en retourner à son monastère, qui fut depuis occupé par les Arabes ; et, bien que son esprit fit faire à son corps affaibli de jeûnes et cassé de vieillesse une diligence beaucoup plus grande que son âge ne le pouvait permettre, il s’accusait néanmoins de marcher trop lentement. Enfin après avoir achevé ce long chemin, il arriva tout fatigué et tout hors d’haleine à son monastère.

Deux de ses disciples qui le servaient depuis plusieurs années ayant couru au-devant de lui et lui disant : « Mon père, où avez-vous demeuré si longtemps ?» Il leur répondit : « Malheur à moi, misérable pécheur, qui porte si indignement le nom de solitaire ! J’ai vu Elie, j’ai vu Jean dans le désert, et, pour parler selon la vérité, j’ai vu Paul dans un paradis ».
Sans en dire davantage et en se frappant la poitrine il tira le manteau de sa cellule ; et ses disciples le suppliant de les informer plus particulièrement de ce que c’était, il leur répondit : « Il y a temps de parler et temps de se taire ».
Sortant ainsi de la maison sans prendre aucune nourriture, il s’en retourna par le même chemin qu’il était venu, ayant le cœur tout rempli de Paul, brûlant d’ardeur de le voir et l’ayant toujours devant les yeux et dans l’esprit, parce qu’il craignait, ainsi qu’il arriva, qu’il ne rendit son âme à Dieu durant son absence.

Saint Paul ermite - Mattia Preti

Saint Paul ermite, par Mattia Preti (1613-1699)

Le lendemain au point du jour, lorsqu’il y avait déjà trois heures qu’il était en chemin, il vit au milieu des troupes des anges et entre les chœurs des prophètes et des apôtres Paul, tout éclatant d’une blancheur pure et lumineuse, monter dans le ciel.
Soudain, se jetant le visage contre terre, il se couvrit la tête de sable et s’écria en pleurant : « Paul, pourquoi m’abandonnez-vous ainsi ? pourquoi partez-vous sans me donner le loisir de vous dire adieu ? Vous ayant connu si tard, faut-il que vous me quittiez si tôt ? »

Le bienheureux Antoine contait, depuis, qu’il acheva avec tant de vitesse ce qui lui restait de chemin qu’il semblait qu’il eût des ailes, et non sans sujet puisque, étant entré dans la caverne, il y vit le corps mort du saint qui avait les genoux en terre, la tête levée et les mains étendues vers le ciel.
Il crut d’abord qu’il était vivant et qu’il priait, et se mit de son côté en prières ; mais, ne l’entendant point soupirer ainsi qu’il avait coutume de le faire en priant, il s’alla jeter à son cou pour lui donner un triste baiser, et reconnut que, par une posture si dévote, le corps de ce saint homme, tout mort qu’il était, priait encore Dieu auquel toutes choses sont vivantes.

Ayant roulé et tiré ce corps dehors, et chanté des hymnes et des psaumes selon la tradition de l’Eglise catholique, il était fort fâché de n’avoir rien pour fouiller la terre, et pensant et repensant à cela avec inquiétude d’esprit, il disait : « Si je retourne au monastère il me faut trois jours pour revenir, et si je demeure ici, je n’avancerai rien : il vaut donc beaucoup mieux que je meure et que, suivant votre vaillant soldat, ô Jésus-Christ, mon cher maître, je rende auprès de lui les derniers soupirs ».
Comme il parlait ainsi en lui-même, voici deux lions qui, sortant en courant du fond du désert, faisaient flotter leurs longs crins dessus le cou. Ils lui donnèrent d’abord de la frayeur, mais, élevant son esprit à Dieu, il demeura aussi tranquille que s’ils eussent été des colombes.
Ils vinrent droit au corps du bienheureux vieillard et, s’arrêtant là et le flattant avec leurs queues, ils se couchèrent à ses pieds, puis jetèrent de grands rugissements pour lui témoigner qu’ils le pleuraient en la manière qu’ils le pouvaient. Ils commencèrent ensuite à gratter la terre avec leurs ongles, en un lieu assez proche de là, et, jetant, à l’envi le sable de côté et d’autre, firent une fosse capable de recevoir le corps d’un homme.
Aussitôt après, comme s’ils eussent demandé récompense de leur travail, ils vinrent, en remuant les oreilles et la tête basse, vers Antoine, et lui léchaient les pieds et les mains. Il reconnut qu’ils lui demandaient sa bénédiction, et soudain, rendant des louanges infinies à Jésus-Christ de ce que même les animaux irraisonnables avaient quelque sentiment de la divinité, il dit : « Seigneur, sans la volonté duquel il ne tombe pas même une seule feuille des arbres ni le moindre oiseau ne perd la vie, donnez à ces lions ce que vous savez leur être nécessaire ». Après, leur faisant signe de la main, il leur commanda de s’en aller.

Velasquez - Détail - funérailles de Saint Paul

Vélasquez : Saint Antoine prépare la sépulture de Saint Paul tandis que deux lions creusent la tombe
(détail de l’arrière-plan de la visite de Saint Antoine à Saint Paul)

Lorsqu’ils furent partis il courba ses épaules affaiblies par la vieillesse sous le fardeau de ce saint corps, et, l’ayant porté dans la fosse, jeta du sable dessus pour l’enterrer selon la coutume de l’Eglise.
Le jour suivant étant venu, ce pieux héritier, ne voulant, rien perdre de la succession de celui qui était mort sans faire de testament, prit pour soi la tunique qu’il avait tissue de ses propres mains avec des feuilles de palmier, en la même sorte qu’on fait des paniers d’osier, et retournant ainsi à son monastère, il conta particulièrement à ses disciples tout ce qui lui était arrivé.
Et aux jours solennels de Pâques et de la Pentecôte, il se revêtait toujours de la tunique du bienheureux Paul (…)».

 Saint Jérôme, in « Vie de Saint Paul ermite »

Saint Paul ermite - José de Ribera 1647

Saint Paul ermite, par José de Ribera (1591-1652)

2020-10. Samedi 18 janvier 2020 : Messe commémorative de la mort du Roi-Martyr.

annonce Messe de Requiem Louis XVI Montélimar 2020

Le Cercle Légitimiste du Dauphiné « Crillon le Brave » et le Cercle Légitimiste du Vivarais « abbé Claude Allier », vous encouragent à venir nombreux, ou à défaut à vous unir par la prière, à cette cérémonie qui constitue toujours un moment important en lequel s’exprime d’une manière suréminente notre devoir de fidélité filiale, en même temps qu’il est une protestation surnaturelle contre l’abomination révolutionnaire.

Chapelle Notre-Dame de la Rose
36 Avenue Saint-Martin
26200 Montélimar

Fleur de Lys

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