Archive pour la catégorie 'Nos amis les Saints'

2016-50. Du 30 juin, jour de la fête de Saint Martial et anniversaire de notre installation pérenne en ce village qui porte son nom.

Jeudi soir 30 juin 2016
Fête de Saint Martial, apôtre de l’Aquitaine,
et céleste protecteur de notre paroisse.

30 juin 2016 à la tombée du jour

Le campanile du Mesnil-Marie à la tombée du jour ce 30 juin 2016

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Il ne m’est pas possible de laisser passer complètement ce jour sans revenir vers vous pour partager l’action de grâces qui monte de nos coeurs, au Mesnil-Marie, en cette soirée du 30 juin.

C’est qu’en effet, il y a huit ans exactement, au soir du 30 juin 2008, Frère Maximilien-Marie arrivait ici depuis le Vexin français (cf. > ici), au volant d’un dernier camion de déménagement.
Pendant les quatre mois précédents, il avait effectué de nombreux allers et retours entre le Vexin et le Vivarais afin de préparer ici l’installation du Refuge Notre-Dame de Compassion : si vous vous reportez à mes chroniques des mois de mars, avril, mai et juin de l’année 2008, vous y retrouverez les récits de toutes ces péripéties…

Le 30 juin est donc l’anniversaire de notre implantation stable et pérenne en ces lieux, et nous faisons monter vers Dieu de très vifs et fervents remerciements pour la manière dont Sa Providence a conduit et dirigé toutes choses : « Deus, cujus Providentia in sui dispositione non fallitur : ô Dieu, dont la Providence ne faillit jamais en ses dispositions » proclame l’oraison du septième dimanche après la Pentecôte, oraison très particulièrement aimée et souvent répétée par Frère Maximilien-Marie.

L’une de ces admirables dispositions de la Providence ne réside-t-elle pas dans le fait que le 30 juin est justement le jour de la fête de Saint Martial ?
Ainsi donc, les circonstances extérieures qui imposaient à Frère Maximilien-Marie de rendre à cette date du 30 juin les clefs de la propriété que nous occupions auparavant dans le Vexin, faisaient-elles, du même coup, que l’installation permanente du Refuge Notre-Dame de Compassion dans un hameau de ce village, placé sous le vocable et la céleste protection de Saint Martial, s’accomplissait au soir de sa fête : prodigieuse coïncidence en laquelle nous ne voyons pas un hasard, mais un merveilleux « clin-Dieu » !

Saint-Martial et son lac - 30 juin 2016

Le village de Saint-Martial en Boutières se mirant dans son lac, ce 30 juin 2016.

Depuis, nous avons appris à mieux connaître et à mieux aimer ce saint dont, je dois bien l’avouer, nous ne savions pas grand chose à notre arrivée.

Quelle joie de découvrir les magnifiques traditions anciennes à son sujet !
Saint Martial est en effet cet enfant que Notre-Seigneur Jésus-Christ donna à Ses disciples comme modèle à imiter pour entrer dans le Royaume des Cieux (cf. Matth. XVIII, 1-5) ; il est ce jeune garçon qui, lors de la première multiplication des pains présenta à Jésus les cinq pains d’orge et les deux poissons (cf. Johan. VI, 9) ; attaché particulièrement à Saint Pierre, dont il était parent, il fut ordonné prêtre puis consacré évêque par lui et missionné dans les Gaules dont il évangélisa la grande province romaine d’Aquitaine (note 1), fondant le siège épiscopal de Limoges ; c’est lui aussi qui, après la première apparition de la Sainte Vierge au Puy, assura à Saint Georges, premier évêque du Velay, que c’était bien la Sainte Mère de Dieu qui  s’était manifestée et y apporta comme relique l’une des sandales de Notre-Dame…

Bien sûr, depuis une bonne centaine d’années, les rationalistes et les démolisseurs de tout poil se sont acharnés à démolir ces anciennes traditions, et ils ont repoussé au IIIe siècle l’existence de Saint Martial, au sujet duquel finalement on ne saurait quasi plus rien du tout !

Saint-Martial l'église - 30 juin 2016

L’église de Saint-Martial.

Avec de nombreux papes et avec quelques conciles sérieux des siècles passés, nous maintenons les traditions anciennes relatives à Saint Martial et à son apostolicité.

Nous le prions pour qu’il continue à protéger ce village et ses habitants, placés sous sa protection depuis près de dix-sept siècles (note 2).
Frère Maximilien-Marie a pris l’habitude de l’invoquer (avec l’ange gardien de la paroisse) à chaque fois que, s’étant absenté, il rentre dans les limites historiques du territoire de cette paroisse de Saint-Martial.

Nous déplorons au plus haut point le fait que, en raison de la raréfaction catastrophique des vocations de prêtres diocésains, la suppression de toutes les anciennes paroisses (fondues dans de « nouvelles paroisses » inhumaines, parce que surdimensionnées et artificielles) ait, de fait, entraîné l’abandon de la célébration des fêtes patronales et la désaffection envers ces saints dont le culte villageois avait contribué à façonner l’identité des communautés humaines naturelles, historiques et spirituelles.

Saint-Martial intérieur de l'église - 30 juin 2016

Intérieur de l’église de Saint-Martial.

Comme, traditionnellement, une indulgence plénière est concédée par la Sainte Eglise à celui qui accomplit une pieuse visite dans une église paroissiale au jour de la fête de son titulaire, notre Frère Maximilien-Marie n’a pas manqué de se rendre au village, cet après-midi, pour aller se recueillir dans l’église…

L’église actuelle de Saint-Martial est un édifice néo-roman du XIXe siècle sans grand caractère : la vétusté de l’ancienne église, très dégradée après la grande révolution, et l’accroissement de la population de la paroisse aux XVIIIe et XIXe siècles avaient alors rendu nécessaire la construction d’un édifice plus vaste.
Bien trop vaste aujourd’hui : juchée dans le fond de l’abside, la grande statue de Saint Martial, en pierre blanche, haute d’environ trois mètres, n’y est plus guère l’objet d’une dévotion empressée, et, sauf à l’occasion des funérailles et d’un dimanche par mois, son auguste dextre levée ne bénit plus guère qu’une grand’ nef vide !

Statue de Saint Martial

Statue de Saint Martial, en pierre de Saint-Paul-Trois-Châteaux, haute d’environ 3 m,
dans le fond du sanctuaire de l’église de Saint-Martial en Boutières.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion, à l’occasion de ce 30 juin, fête de Saint Martial et huitième anniversaire de notre arrivée en ces terres commises à sa garde et protection, n’était-il pas juste et bon que j’évoque avec vous la figure et la sainteté de ce très grand saint, égal aux Apôtres, et que je vous emmène virtuellement en cette église de notre paroisse territoriale qui lui est dédiée ?
Je me suis rendu compte, en effet, que je ne l’avais encore jamais fait, et j’espère que le grand Saint Martial ne m’en tiendra pas rigueur…

Patte de chat  Lully.

Saint-Martial le 30 juin 2016

Le village de Saint-Martial tel qu’il se découvre à la vue quand on arrive par l’est.

Note 1 : l’ancienne province romaine d’Aquitaine, nommée Gaule Aquitaine, est l’une des trois divisions de la Gaule romaine (les deux autres étant la Gaule Lyonnaise et la Gaule Belgique) : au nord elle s’étendait jusqu’à la Loire, englobant donc le Poitou, l’Aunis, la Saintonge, l’Angoumois, le Limousin, le Berry, le Bourbonnais, l’Auvergne, le Velay, la Guyenne, la Gascogne et le Béarn… et même, pendant un temps, le territoire de l’Helvie qui correspond à peu près à la superficie de l’actuel département de l’Ardèche.

Note 2 : Avec le docte Paul Camus (1874-1939), historien incomparable de Saint-Martial depuis les périodes les plus reculées jusqu’au XIXe siècle, on peut penser qu’il y eut ici dès le IIIe siècle un oratoire chrétien dédié à Saint Martial qui devint vers le VIe siècle le noyau autour duquel se constitua la paroisse de Saint-Martial en Boutières.

2016-48. Par leur trépas glorieux, ces deux Apôtres ont prouvé combien la mort des saints est précieuse devant Dieu.

29 juin,
Fête des Saints Apôtres Pierre et Paul.

La Sainte Eglise notre mère exulte aujourd’hui dans la célébration liturgique des Saints Apôtres Pierre et Paul, colonnes de l’Eglise de Rome où, selon la Tradition, ils ont versé leur sang le même jour de la même année, lors de la persécution déclanchée par Néron.
Profitons-en pou rappeler que la fête des Saints Apôtres Pierre et Paul est une fête de précepte, qui doit normalement être chômée et où l’assistance à la Messe est obligatoire (cf. > ici) : dans les pays tels que la France depuis la grande révolution, où ce jour n’est plus férié, la solennité doit en être reportée au dimanche suivant.

On trouve dans les oeuvres de notre glorieux Père Saint Augustin plusieurs sermons prononcés à l’occasion de cette fête. En voici un qui, quoique très court, n’en est néanmoins pas moins propre à alimenter nos méditations et notre action de grâces en ce jour.

Giuseppe Cesari 1608-09 vierge à l'enfant avec les sts Pierre et Paul

Giuseppe Cesari : les Saints Pierre et Paul entourant la Vierge à l’Enfant
(huile sur toile, 1608-1609)

« Par leur trépas glorieux, ces deux Apôtres ont prouvé combien la mort des saints est précieuse devant Dieu. »

Sermon de notre bienheureux Père Saint Augustin
sur
le martyre des Saints Apôtres Pierre et Paul.

§ 1. L’Eglise célèbre en une même fête les deux Apôtres Pierre et Paul : leurs vocations étaient différentes, mais ils ont été les serviteurs de la même foi.

Avec la grâce de Dieu, nous célébrons aujourd’hui le martyre de saint Pierre et de saint Paul ; le monde entier solennise aujourd’hui leur mémoire, les unissant dans les mêmes cantiques, comme ils ont été unis par une même foi et couronnés par un même triomphe.
C’est la fête de Paul ; et, tous le proclament, c’est aussi la fête de Pierre. Comment garder le silence sur Pierre, quand on se rappelle avec quelle fermeté il a refoulé la rage de Simon le Magicien, lui a enseigné la saine doctrine et a confondu son orgueil (note) ?
Par leur trépas glorieux, ces deux Apôtres ont prouvé combien la mort des saints est précieuse devant Dieu.
Paul est un vase d’élection, Pierre tient les clefs de la maison du Seigneur ; l’un était pêcheur, l’autre a été persécuteur. Paul a été frappé d’aveuglement, afin de mieux voir ; Pierre a renié, afin de croire. Paul, embrassant la foi de Jésus-Christ après la résurrection de l’Eglise, s’est montré le disciple d’autant plus glorieux de la vérité, qu’il avait été plus obstiné dans son erreur. Pierre pêcheur n’a pas déposé ses filets, mais les a changés, parce qu’honoré le premier du sacerdoce, il préféra désormais les sources à la mer, et chercha les poissons, non pas pour les détruire, mais pour les purifier.
Tous deux furent heureux dans l’administration de la doctrine, mais la mort les confirma dans un bonheur plus grand encore. Sur la-terre, la gloire n’est qu’en désir ; au ciel, elle a toute sa réalité. Sur la terre, les tribulations se succèdent, la mort met les saints en possession de la véritable grandeur.
La voix de ces Apôtres se fait entendre jusqu’aux confins de la terre. Partout s’élève en leur faveur un concert de louanges ; partout la voix des fidèles redit la magnificence de leur triomphe.

§ 2. Sens mystique du martyre des deux Apôtres.

Comment appeler morts des hommes dont la foi est un principe de vie et de résurrection pour le monde entier ?
Pour arriver au glorieux séjour de l’éternelle lumière, que personne n’hésite à se confier en toute assurance à la direction de ces illustres docteurs ; à leur suite, la conquête du ciel n’est plus impossible. Paul est là pour seconder nos efforts, et Pierre pour ouvrir les portes de l’éternel séjour.
Du reste, il ne peut que nous être utile de rappeler le glorieux martyre de ces Apôtres. Paul fut décapité, Pierre fut crucifié la tête en bas. Ce genre de mort est plein de mystère.
Il convenait que Paul eût la tête tranchée, parce qu’il est pour les Gentils le chef ou la tête de la foi. Pierre avait reconnu que Jésus-Christ est la tête de l’homme, et comme Jésus-Christ était alors assis dans sa gloire, Pierre lui présenta d’abord sa tête, que les pieds devaient suivre, afin que dans ce nouveau genre de martyre, pendant que les pieds et les mains étaient enchaînés, la tête pût prier et prendre le chemin du ciel. Je ne suis pas digne, disait Pierre, d’être crucifié comme mon Seigneur. Par ce langage il ne refusait pas le martyre, mais il craignait de s’approprier le genre de mort du Sauveur, et ne se trouvait digne que de honte et de châtiment.
Bienheureux Pierre, quand nous vous voyons suspendu à la croix, combien vous l’emportez à nos yeux sur le Magicien aspirant à prendre son vol dans les airs (note) ! Il ne s’élève que pour tomber plus profondément, tandis que vous n’inclinez votre tête vers la terre que pour posséder le ciel après votre mort, par la grâce de Jésus-Christ qui vit et règne dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Tiare et clefs de Saint Pierre

Note :
Saint Augustin fait ici allusion à la très ancienne tradition, bien connue des chrétiens des premiers siècles et du Moyen-Age mais bien oubliée aujourd’hui, qui nous rapporte que Simon le Magicien – personnage que l’on trouve dans les Actes des Apôtres (VIII, 4-25) – est venu à Rome et que, possédé par le diable, il a tenté de séduire les foules par des prodiges pour les détourner de la prédication des Apôtres. Il s’est notamment élevé dans les airs, mais, à la prière de Saint Pierre a été précipité à terre. C’est de lui que vient le nom « simonie » qui désigne le péché consistant à monnayer les charges ecclésiastiques et à faire du commerce avec des choses bénites ou consacrées. 

2016-46. « Il n’est si élevé en gloire que parce qu’il a mené une vie intérieure. »

21 juin, fête de Saint Louis de Gonzague.

Ceux qui connaissent bien notre Frère Maximilien-Marie savent qu’en sus de Saint Maximilien-Marie Kolbe, il a pour célestes protecteurs de sa vie religieuse Saint Louis de Gonzague et Saint Gabriel dell’Addolorata : si l’on devait énoncer son nom complet de vie religieuse, il faudrait donc dire « Frère Maximilien-Marie Gabriel Gonzague du Sacré-Coeur », mais il faut bien reconnaître que ce serait un peu long… surtout pour l’appeler en cas d’urgence ou d’incendie !

Bien évidemment, chaque 21 juin est – vous le comprenez – un jour de particulières allégresse et ferveur en notre Mesnil-Marie. Dans notre oratoire, une veilleuse est allumée devant les reliques de Saint Louis de Gonzague, et aux prières habituelles nous ajoutons quelques exercices spécifiques en l’honneur de ce très grand saint.

J’ai décidé aujourd’hui de publier ci-dessous à votre intention la traduction en français d’un texte remarquable, transcrivant une vision de Sainte Marie-Madeleine de Pazzi qui eut lieu le 4 avril 1600, soit à peine neuf ans après la mort de Saint Louis de Gonzague (21 juin 1591).
C’est une traduction bien imparfaite, comme toute traduction : le texte original est en effet en dialecte florentin du XVIIe siècle et possède une saveur intraduisible.
Néanmoins il n’est pas inutile de savoir qu’à peine neuf ans après sa mort à Rome, Dieu a tenu à montrer à cette carmélite florentine l’incommensurable gloire de ce saint de 23 ans et à lui faire savoir ce qui était la cause d’une si grande gloire : sa vie intérieure.

J’ai illustré ce court texte avec des photographies prises par Frère Maximilien-Marie dans la chapelle de Saint Claude de La Colombière, à Paray-le-Monial, puisque, en effet, l’une des absidioles y est dédiée à Saint Louis de Gonzague et que son programme iconographique y conjugue la mosaïque et le vitrail pour représenter cette vision de Sainte Marie-Madeleine de’ Pazzi et la gloire du jeune saint. 

Lully.                  

Vision de Ste Marie-Madeleine de Pazzi - chapelle de La Colombière

« Qu’elle est grande la gloire de Louis, fils d’Ignace ! »
Vision de Sainte Marie-Madeleine de’ Pazzi
mosaïque et vitrail de la chapelle de La Colombière à Paray-le-Monial.

frise avec lys naturel

« Oh, quelle gloire est la gloire de Louis, fils d’Ignace ! 
Je ne l’aurais jamais cru si mon Jésus ne me l’avait fait voir !
Je n’aurais jamais imaginé qu’il y eût autant de gloire dans le Ciel que j’en vois dans Louis !

Je voudrais pouvoir parcourir tout l’univers et dire que Louis, fils d’Ignace, est un grand saint !
Et je voudrais faire connaître sa gloire à tout le monde, afin que Dieu en fût glorifié !

Il n’est si élevé en gloire que parce qu’il a mené une vie intérieure.
Qui pourrait apprécier le mérite et la vertu de la vie intérieure ?
Non ! Il n’y aura jamais aucune comparaison à faire entre les actes intérieurs et les extérieurs…

Louis fut un martyr inconnu : quiconque Vous aime, ô mon Dieu, Vous connaît si grand, si infiniment aimable !
Quel martyre ne fut-ce pas pour lui de voir qu’il ne pouvait Vous aimer autant qu’il désirait Vous aimer ; de voir que Vous n’étiez pas connu de toutes Vos créatures ; que Vous n’étiez pas aimé ; qu’au contraire Vous en étiez offensé !

Oh ! Combien Louis aima-t-il sur la terre ! Et maintenant, dans le Ciel, il jouit de Dieu dans une grande plénitude d’amour… »

Sainte Marie-Madeleine de’ Pazzi, in « Probatione », parte seconda.

Vitrail de St Louis de Gonzague -chapelle de La Colombière

Vitrail de Saint Louis de Gonzague
chapelle de La Colombière à Paray-le-Monial.

Voir aussi :
- « Saint Louis de Gonzague et la garde des sens » : BD et prière > ici
- Prière « O Domina mea » attribuée à Saint Louis de Gonzague > ici

2016-45. D’une délicate attention du Ciel dont a bénéficié l’un des participants au pèlerinage légitimiste au Puy-en-Velay…

Le mardi 7 juin dernier, l’un des participants au pèlerinage légitimiste au Puy-en-Velay, devait être opéré d’un glaucome dûment diagnostiqué, mais ce matin-là, lorsque le chirurgien a procédé aux ultimes examens préparatoires à l’intervention, il a constaté que l’opération n’était plus nécessaire et il l’a tout bonnement annulée…

En publiant le témoignage qui suit, nous n’entendons bien évidemment pas nous substituer au diagnostic des médecins ni au jugement de l’Eglise. Voilà pourquoi nous nous garderons d’utiliser le mot « miracle » puisque, pour l’heure, personne ne peut dire si cette notable amélioration constatée (au point, redisons-le, d’avoir eu pour effet immédiat l’annulation d’une intervention chirurgicale) est entière et définitive.
Toutefois, comme le disait l’ange Raphaël à Tobie, s’ « il est bon de cacher le secret du roi (…), révéler et publier les oeuvres de Dieu est une chose honorable » (Tob. XII, 7), car nous ne pouvons pas douter que c’est ici l’oeuvre de Dieu – par la médiation de Ses saints – , et nous ne voudrions pas manquer à notre devoir de reconnaissance envers le Dieu des miséricordes, sous le prétexte d’une prudence trop humaine.

Pierre des fièvres & chapelle du Crucifix

Cathédrale du Puy-en-Velay : la pierre des fièvres, dans la chapelle du Saint Crucifix.
C’est cette pierre qui fut désignée à deux reprises par la Sainte Mère de Dieu, aux origines du sanctuaire du Puy, comme lieu des guérisons qu’elle voulait accorder.

Laissons la parole à notre pèlerin qui, pour l’heure, entend rester dans l’ombre mais a consenti à nous écrire son témoignage :

« – MES YEUX : historique.

Vers le 22 avril 2015, je souffre de démangeaisons devenant brûlantes, avec l’impression de sable dans les yeux. Les paupières rougissent, enflent, s’infectent : le pharmacien consulté me donne une pommade  antibiotique…

30 avril 2015, je suis aux urgences du centre ophtalmologique de I.S. Diagnostic : inflammation aiguë avec chalazion ; on me prescrit une autre pommade antibiotique - anti inflamatoire, des lavages avec du sérum, des gouttes lubrifiantes.
Dans les jours qui suivent, les symptômes diminuent mais les paupières résistent en partie aux soins.

Je consulte trois ophtalmologistes : deux internes exerçant à ce cabinet médical pour les urgences à I.S., puis, le 27 mai 2015, un médecin à M…
Les internes ont  fait le bon diagnostic : blépharite aiguë infectée. 

Juillet 2015 : la même pommade antibiotique m’est prescrite par le généraliste, cette fois, en raison d’un orgelet énorme et d’une inflammation.

En septembre, de nouveau je souffre, je revois un interne qui renouvelle une ordonnance suivant un protocole classique : lavages avec sérum, compresses chaudes une fois par jour et massage des paupières, suivi d’application d’un gel stérile, gouttes lubrifiantes. 

5 octobre 2015. Consultation – prévue depuis six mois – avec le « patron », ophtalmologiste et chirurgien : toujours l’inflammation… C’est un médecin peu bavard : il me prescrit pour trois mois un antibiotique par voie buccale, en alternant trois jours par mois avec des gouttes oculaires et un autre antibiotique, et toujours le lavage avec du sérum, des compresses chaudes suivies d’un massage des paupières (glandes meibomius), le nettoyage avec un gel stérile et des gouttes lubrifiantes plusieurs fois par jour. Cela tous les jours.
Traitement « de routine » prescrit pour six mois, sauf que les antibiotiques sont au degré maximum.
Ma vie est rythmée par ces soins.  J’ai une surveillance régulière par le spécialiste.

Ce même 5 octobre 2015, on a même évoqué la pose de bouchons… 
Je réfléchis et m’interroge : « Jusqu’à quand mes yeux vont ils m’ennuyer ? Jusqu’à quand ces douleurs (jusqu’à ressentir l’impression que les yeux vont sortir de l’orbite), ces brûlures, ces démangeaisons intolérables ? »  
Pour conduire ou lire, c’est parfois difficile.  

Mars 2016 : contrôle. 
Le docteur est mécontent car l’inflammation a diminué, mais persiste. Il m’informe, avec insistance, que le traitement est très long : pathologie chronique avec des hauts et des bas. La prescription est à peu près la même, mais ce jour là : « Vos paupières sont correctes, mais vous avez encore des manifestations inflammatoires, alors j’ajoute « Ikervis » (ciclosporine), prévu pour les cas rebelles. En plus, soyez prudent les jours de vent… »

Un an de douleurs, de démangeaisons intolérables, de brûlures, d’impression de grains de sable, de traitement contraignant, avec en plus un nouveau diagnostic : glaucome !

Le spécialiste me dit : « Attention ! Lorsque vous prendrez des médicaments vous êtes concerné par les contre indications se référant au  glaucome : c’est pour vous ! » 

Ensuite, sortant une maquette, il m’explique que le liquide aqueux de l’oeil, subissant des pressions, déforme la cornée :   »Pour éviter les effets irréversibles (c’est-à-dire la cécité), je vais percer la cornée d’un trou microscopique à cet endroit précis, au moyen d’un rayon laser, pour permettre au liquide en trop de s’échapper et d’arriver dans la partie visible de vos yeux et d’être évacué ».

Je reste paralysé, sans défense. Cependant je l’interroge pour savoir si cette intervention sera unique et où ? 
- Cela se fait en une fois. 
Comme je me dirige vers la porte, il me demande de prendre rendez vous après avoir donné des instructions à la secrétaire.

Je suis ressorti très étourdi par cette consultation. 

Je réfléchis : laser = brûlure…
Impuissant, je patiente jusqu’au 7 juin, date qui a été fixée afin de me permettre de me rendre au pèlerinage légitimiste au Puy. 

Et je m’en remets au Seigneur.

Ce 7 juin je me rends donc au centre pour l’opération. 
Je passe plusieurs examens préparatoires. Puis le médecin scrute longuement les croquis, l’échographie, avec les résultats, et me dit :  »L’examen est bon ; il n’y a pas de tension ; je n’interviens pas. C’est bon ! » 
Un éclair me traverse : « Ça, c’est la Sainte Vierge ! Merci, Vierge Marie ! »

Le médecin ajoute :  »Cependant vous resterez sous surveillance pendant trois ans avec une consultation annuelle. D’ici là votre cataracte – légère – aura évolué, et peut-être aurai-je à intervenir si des modifications survenaient (glaucome). Pour l’instant, pas de problème ».

Je repars avec le sempiternel traitement quotidien pour les paupières, qui est un autre problème, indépendant du glaucome disparu.

Je suis libéré, échappant à une intervention délicate aux suites longtemps douloureuses.

En m’allongeant sur la pierre noire (note 1), samedi, j’ai dit intérieurement et avec confiance : « Sainte Vierge Marie : libérez mon corps et mon esprit de tous les maux qui m’envahissent et entravent ma vie ».   

Ce 7 juin au matin devant le médecin, j’ai immédiatement remercié mentalement la Vierge Marie. Est-ce elle ? Avec  le petit Roi Louis XVII intercédant aussi pour moi ? Je le prie souvent, à la messe et en privé. Après la bénédiction de l’icône (note 2), je l’ai embrassée justement là où est le petit Louis XVII, au coin en bas à gauche…

Je réalise peu à peu que je suis passé à travers une épreuve délicate qui m’inquiétait. Alors louons la Sainte Trinité, Marie, Joseph, St Michel, mon ange gardien : tous évoqués dans mes oraisons : le monde céleste. 
Rendons grâce : ALLELUIA ! »

icône des martyrs de la famille royale détail : Louis XVII dans son cachot

Sainte icône des martyrs de la famille royale, détail : Louis XVII dans son cachot.

Note 1 : il s’agit de la « pierre des fièvres », dans la cathédrale du Puy, sur laquelle lors des apparitions qui ont fondé le pèlerinage à Notre-Dame du Puy, la Sainte Mère de Dieu a opéré des guérisons miraculeuses.

Note 2 : l’icône représentant les martyrs de la famille royale (LL.MM. les Rois Louis XVI, Louis XVII et la Reine Marie-Antoinette, ainsi que Madame Elisabeth) qui a été présentée et bénite lors de la conclusion du pèlerinage légitimiste, le dimanche 5 juin : icône réalisée afin de « relancer » la cause de béatification de nos martyrs royaux et déposée dans l’oratoire du Mesnil-Marie (lire plus en détail ici).

Monogramme Marie 2

2016-43. De la sainte icône des martyrs de la famille royale désormais exposée dans l’oratoire du Mesnil-Marie.

Mercredi 8 juin 2016,
221e anniversaire du rappel à Dieu de S.M. le Roi Louis XVII (cf. > ici).

Armes de France gif

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

C’est très intentionnellement que j’ai choisi cette date du 8 juin pour vous dévoiler, après que Frère Maximilien-Marie l’a lui-même dévoilée dimanche dernier aux participants du pèlerinage jubilaire de la Légitimité au Puy-en-Velay (cf. > ici), une icône que nous avons commandée à une artiste, Madame Olga Platonova, iconographe originaire de Saint-Petersbourg, professeur d’iconographie à la paroisse orthodoxe russe de la Présentation de Marie (rue Olivier de Serre, Paris XVe).

Pour vous en parler, il faut que je revienne deux ou trois ans en arrière.
Romain, l’un de nos amis, et Frère Maximilien-Marie s’étaient demandé à plusieurs reprises comment il serait possible de relancer la cause de béatification des membres de la famille royale mis à mort pendant la grande révolution : Leurs Majestés les Rois Louis XVI, Louis XVII et la Reine Marie-Antoinette, ainsi que Madame Elisabeth, soeur du Roi. En effet, si diverses tentatives ont existé au cours des XIXe et XXe siècles, elles n’ont jusqu’ici pas abouti.

Il est bien certain que c’est principalement en haine de la foi catholique, en haine de l’Eglise catholique et en haine des desseins de Dieu sur la France, que le Roi Louis XVI, la Reine Marie-Antoinette et Madame Elisabeth ont été envoyés à la guillotine, et que le Roi Louis XVII a été condamné à des sévices physiques et psychologiques innommables, puis à une mort lente dans la plus dégradante des réclusions.
Mais il est tout aussi certain que, d’une part, ni la république, ni la maçonnerie – qui en est la pseudo religion officielle – ne souhaitent cette glorification qui mettrait davantage en lumière leurs actions diaboliques ; et que, d’autre part, un épiscopat d’une désolante inconsistance, continûment empêtré dans ses compromissions avec un régime impie, n’a ni la capacité spirituelle et intellectuelle ni la volonté d’entreprendre les démarches en vue de leurs béatifications, au contraire de l’Eglise russe qui a élevé sur les autels la famille impériale massacrée en 1917.

Nous en sommes donc arrivés à formuler ce raisonnement :
1 – puisque nous avons les plus solides raisons de penser que Leurs Majestés les Rois Louis XVI, Louis XVII, la Reine Marie-Antoinette et Madame Elisabeth sont au Ciel, rien ne nous empêche de les invoquer pour obtenir des grâces par leur intercession (sans que cela prenne les formes d’un « culte public » tel que défini par le droit canonique) ;
2 – puisque en guise de preuve qu’ils sont au Ciel, l’Eglise demande toujours des grâces et des miracles par l’intercession des « serviteurs de Dieu », rien ne s’oppose à ce que l’on diffuse une prière pour demander l’intercession de nos martyrs royaux ;
3 – puisque, dans l’état actuel des choses, nous ne pouvons pas attendre de la timorée hiérarchie de l’Eglise, leur béatification, ce doivent être les grâces et les miracles obtenus par les fidèles qui doivent en quelque manière « forcer » cette hiérarchie à sortir de sa langueur ;
4 – il nous faut donc diffuser une image permettant de matérialiser – si l’on peut dire – ou de concentrer ces prières et supplications ; toutefois ni les portraits de cour réalisés de leur vivant, ni les représentations plus ou moins romantiques postérieures à la révolution ne conviennent à une saine démarche religieuse : il serait donc opportun de proposer une représentation strictement religieuse et spirituelle qui mette en valeur leur martyre ;
5 – une icône, comme les russes en ont fait réaliser pour la famille impériale martyre, possède toutes les caractéristiques voulues pour cette expression spirituelle et permettrait la mise en évidence de la mise à mort en haine de la religion ; en sus, outre le fait que les icônes sont de plus en plus comprises et vénérées par la piété latine, cette représentation facilitera aussi la dévotion des fidèles des rites orientaux dont un très grand nombre – en France mais pas uniquement – sont royalistes et légitimistes…

Après quelques tâtonnements, grâce à une religieuse orthodoxe sympathisante de la Confrérie Royale, nous avons été mis en relation avec Madame Olga Platonova qui a parfaitement compris notre dessein et y a adhéré de toute son âme et de tout son talent.
Madame Platonova a travaillé pendant plusieurs mois – mettant en oeuvre les canons de l’iconographie sacrée – , et notre Frère Maximilien-Marie, dans le même temps, économisait sou par sou afin de pouvoir la rétribuer en toute justice.

Enfin, grâce à une amie proche qui devait se rendre à Paris et se l’est vue remettre par Madame Platonova, l’icône est arrivée au Mesnil-Marie le dimanche de la Sainte Trinité 22 mai 2016.
Frère Maximilien-Marie l’a déposée dans l’oratoire, mais elle y est restée voilée tant qu’elle n’était pas bénite : c’est ce dernier dimanche, 5 juin 2016, que, après avoir été dévoilée aux participants du pèlerinage jubilaire légitimiste au Puy, elle a reçu cette bénédiction.

Icône des martyrs royaux filigranée 421x600

Comme je l’ai expliqué plus haut, ce sont les canons de la représentation sacrée dans les Eglises d’Orient qui ont présidé à la réalisation de cette icône : loin des portraits de cour et des figurations réalistes ou sentimentalo-romantiques, l’icône exprime une réalité spirituelle et montre symboliquement les serviteurs de Dieu dans leur éternité de gloire. En cela, elle tire celui qui la contemple et qui prie devant elle hors des contingences terrestres pour l’amener à un contact spirituel avec les saints.
Sur cette icône, Leurs Majestés les Rois Louis XVI, Louis XVII et la Reine Marie-Antoinette sont donc figurés portant les insignes canoniques de leur royauté (avec le manteau fleurdelysé propre à la royauté française), et Madame Elisabeth est représentée en princesse de sang royal : leur appartenance à une race royale particulièrement favorisée des dons divins subsiste dans l’éternité, spiritualisée.
Chacun d’un porte à la main une croix, symbole de leur martyre qui les a unis d’une manière spéciale au Christ, Roi des martyrs.

En arrière-plan sont peints les lieux de leur chemin de croix : les Tuileries, le donjon du Temple et la Conciergerie, tandis que dans les angles sont évoquées les scènes de leurs morts.
Leurs noms sont écrits en toutes lettres : Louis-Auguste Roi de France, Louis-Charles Roi de France, Marie-Antoinette Reine de France, Elisabeth-Philippine Fille de France.

Des reproductions de cette sainte icône de nos martyrs royaux, portant au verso une prière pour demander des grâces par leur intercession, ont été imprimées afin d’être exposées dans les oratoires particuliers et largement répandues.
Les modalités pour les commander sont à consulter ici.

Lully.

Trois lys blancs

2016-40. Déposition de frère Jean Pasquerel au procès de Jeanne d’Arc.

30 mai,
Fête de Sainte Jeanne d’Arc.

Nous avons déjà publié dans les pages de ce blogue les témoignages de Jean Massieu sur la mort de Sainte Jeanne d’Arc (cf. > ici) et des dominicains qui assistèrent Jeanne en son supplice (cf. > ici). Voici aujourd’hui la déposition de Frère Jean Pasquerel, de l’Ordre des Ermites de Saint-Augustin, lorsqu’il fut interrogé par les juges de Jeanne lors du procès de Rouen, à la fin du mois de février 1431.
Frère Jean Pasquerel entendit parler de Jeanne alors qu’il s’était rendu au Grand Pardon du Puy-en-Velay, le Vendredi-Saint 25 mars 1429, jubilé auquel participait également Isabelle Romée, mère de Jeanne. Tout ce que l’on sait de lui est contenu dans cette déposition au procès : il était « lecteur » – c’est-à-dire professeur – au couvent des Ermites de Saint-Augustin de Tours et se mit au service de Jeanne qui fit de lui son aumônier et confesseur.

Maurice Denis - Communion de Jeanne d'Arc avant le combat

Maurice Denis (1870-1943) : Sainte Jeanne d’Arc communiant avant le combat

Déposition de frère Jean Pasquerel, ermite de Saint-Augustin et aumônier de Jeanne, à son procès :

J’étais au Puy (note 1), où se trouvait la mère de Jeanne, ainsi que quelques-uns de ceux qui l’avaient menée au roi quand j’ouïs parler pour la première fois de Jeanne et de sa venue à la cour. Ces gens, ayant fait connaissance avec moi, me dirent : « Il faut venir avec nous près de Jeanne. Nous ne vous laisserons que quand nous vous aurons conduit auprès d’elle ». Je vins donc avec eux à Chinon, puis à Tours.

J’étais précisément lecteur dans un couvent de cette ville. A Tours, Jeanne demeurait pour lors au logis de Jean Dupuy, bourgeois de la ville. Nous l’y rencontrâmes. Mes compagnons lui dirent : « Jeanne, nous vous avons amené ce bon Père. Quand vous le connaîtrez bien, vous l’aimerez bien ». Jeanne leur répondit : « Le bon Père me rend bien contente. J’ai déjà entendu parler de lui et dès demain je me veux confesser à lui ». Le lendemain je l’ouïs en confession, et je chantai la messe devant elle. Depuis cette heure, j’ai toujours suivi Jeanne et n’ai cessé d’être son chapelain jusqu’à Compiègne.

On m’a dit que quand Jeanne vint au roi, elle fut, à deux reprises, visitée par des femmes. On voulait savoir ce qu’il en était d’elle, si elle était homme ou femme, déshonorée ou vierge. Elle fut trouvée femme, mais vierge et pucelle. Elle fut notamment visitée, paraît-il, par la dame de Gaucourt et par la dame de Trèves.

Au moment où Jeanne entrait au château de Chinon pour aller parler au roi, un cavalier se mit à dire : « N’est-ce pas là la Pucelle ? Jarnidieu ! si je l’avais une nuit, je ne la rendrais pas telle que je l’aurais prise. —Ha ! lui dit Jeanne, en nom Dieu, tu Le renies et tu es si près de la mort ! »
Moins d’une heure après, cet homme tomba dans l’eau et se noya. Je tiens ce fait de la bouche de Jeanne et de plusieurs autres personnes qui déclaraient avoir été présentes.

Le seigneur comte de Vendôme introduisit Jeanne dans la chambre du roi. Le roi l’apercevant lui demanda son nom. Elle dit : « Gentil dauphin, j’ai nom Jeanne la Pucelle, et vous mande le Roi des cieux par moi que vous serez sacré et couronné à Reims, et que vous serez le lieutenant du Roi des cieux qui est roi de France ».
Après beaucoup de questions du roi, Jeanne reprit : « Je te dis de la part de Messire que tu es vrai héritier de France et fils du roi, et Il m’envoie à toi pour te conduire à Reims afin que tu y reçoives ton couronnement et ton sacre, si tu en as la volonté ».
A la suite de cet entretien, le roi dit à son entourage que Jeanne lui avait parlé de certaines choses secrètes que nul ne savait ni ne pouvait savoir hormis Dieu, et qu’ainsi il avait bien confiance en elle.
Tout ce que je viens de dire je le tiens de Jeanne, car je ne fus témoin de rien.

Jeanne me disait qu’elle était vexée de tant d’interrogatoires ; qu’on l’empêchait de faire sa besogne, qu’elle était impatiente d’agir, qu’il en était temps.

Elle avait demandé aux messagers de son Seigneur — son Seigneur c’était Dieu — ce qu’elle devait faire. Ils lui dirent de prendre l’étendard. Elle se fit donc faire un étendard où était représenté notre Sauveur assis en jugement sur les nuées du ciel, et où figurait un ange, tenant en ses mains une fleur de lis que le Sauveur bénissait. J’étais à Tours quand cet étendard y fut bénit.

Jeanne était très dévote envers Dieu et la bienheureuse Marie. Elle se confessait presque chaque jour et communiait fréquemment. Quand elle était en un lieu où il y avait un couvent de mendiants, elle me disait de lui remémorer les jours où les petits enfants des mendiants (note 2) recevaient le sacrement de l’Eucharistie, pour qu’elle communiât avec eux. Et c’était son plaisir de communier avec les petits enfants des mendiants. Quand elle se confessait, elle pleurait.

Ayant quitté Tours pour aller à Orléans, nous fûmes à Blois deux ou trois jours environ, attendant les vivres qu’on y chargeait sur les bateaux.
A Blois, Jeanne me dit de faire faire une bannière autour de laquelle se rassembleraient les prêtres et d’y faire peindre l’image de Notre-Seigneur crucifié. La bannière une fois terminée, Jeanne, chaque jour, matin et soir, me faisait convoquer tous les prêtres. Ceux-ci, réunis, chantaient des antiennes et des hymnes en l’honneur de la bienheureuse Marie.
Jeanne était avec eux. Elle ne permettait à aucun homme d’armes d’y être s’il ne s’était confessé le jour même, et elle les avisait tous de se confesser pour venir à la réunion, vu que tous les prêtres qui en étaient se tenaient prêts à recevoir tout pénitent de bonne volonté.
Le jour où on quitta Blois pour aller à Orléans, Jeanne fit rassembler tous les prêtres. La bannière en tête, ils ouvrirent la marche. Les hommes d’armes suivaient. Le cortège sortit de la ville, par le côté de la Sologne, en chantant : Veni creator Spiritus, et plusieurs autres antiennes.

Ce Jour-là et le lendemain on coucha dans les champs.
Le troisième jour, on arriva en vue d’Orléans. Les gens d’armes du roi, qui menaient un convoi de vivres, s’avancèrent jusque dans le voisinage de l’ennemi, si bien que Français et Anglais pouvaient, avec leurs yeux, se dévisager mutuellement. Mais la rivière était en ce moment si basse que les bateaux ne pouvaient monter ni venir jusques à la rive où étaient les Anglais. Heureusement, comme par un coup soudain, une crue d’eau se fit. Les bateaux purent aborder. Jeanne y entra avec des hommes d’armes et pénétra dans Orléans.

Pour moi, sur l’ordre de Jeanne, je retournai à Blois avec les prêtres et la bannière.
Peu de jours après, à la suite d’une quantité d’hommes d’armes, je vins à Orléans, par la Beauce, avec la bannière et les prêtres, sans aucun empêchement. Jeanne vint à notre rencontre et nous entrâmes tous ensemble dans la ville. Il n’y eut pas de résistance : nous fîmes entrer le convoi sous les yeux mêmes des Anglais. C’était merveilleux.
Les Anglais étaient en grande puissance et en grande multitude, excellemment armés et prêts au combat ; ils voyaient bien que ces gens du roi faisaient maigre figure vis-à-vis d’eux. Ils nous voyaient, ils entendaient chanter nos prêtres au milieu desquels je me trouvais portant la bannière. Eh bien ! ils demeurèrent tous impassibles et n’attaquèrent ni les clercs ni les hommes d’armes.
A peine étions-nous à Orléans que, pressés par Jeanne, les hommes d’armes sortirent de la ville pour aller attaquer les Anglais et donner l’assaut à la bastille Saint-Loup.
Ce jour-là, d’autres prêtres et moi, nous rendîmes après dîner, au logis de Jeanne. Au moment où nous arrivions, nous l’entendîmes qui criait : « Ou sont ceux qui me doivent armer ? Le sang de nos gens coule à terre ». Ayant été armée, elle sortit précipitamment et courut à la bastille Saint-Loup où avait lieu l’attaque. En route, Jeanne rencontra plusieurs blessés ; elle en eut très grande douleur. Peu après, elle marcha avec les autres à l’assaut et fit si bien que, violemment et par force, la bastille fut prise. Ceux qui s’y trouvaient furent faits prisonniers.
Je me rappelle que cet assaut eut lieu la veille de l’Ascension. Il y eut là force Anglais mis à mort. Jeanne s’en affligeait beaucoup, parce que, disait-elle, ces pauvres gens avaient été tués sans confession ; et elle les plaignait fort.
Sur place elle se confessa à moi. En même temps elle me prescrivit d’avertir publiquement tous les hommes d’armes de confesser leurs péchés et de rendre grâces à Dieu de la victoire obtenue ; sinon, elle ne les aiderait plus et même ne resterait pas en leur compagnie.

Ce même jour, veille de l’Ascension, Jeanne dit que dans cinq jours le siège d’Orléans serait levé et qu’il ne resterait plus un seul Anglais devant la ville. Or tel fut l’événement.

Ainsi, comme je l’ai dit, nous prîmes ce jour-là la bastille de Saint-Loup. Elle renfermait plus de cent hommes d’élite et bien armés. Il n’y en eut pas un qui ne fût tué ou pris.
Le soir de ce jour, étant en mon logis, Jeanne me dit que le lendemain, qui était le jour de l’Ascension de Notre-Seigneur, elle s’abstiendrait de guerroyer et de s’armer par révérence de cette fête solennelle ; et que ce jour-là elle voulait se confesser et communier. Ce qu’elle fit.
Elle ordonna que nul ne sortît le lendemain de la ville et allât attaquer ou faire assaut, qu’il ne se fût préalablement confessé.
Elle dit encore qu’on veillât que les femmes dissolues ne fissent partie de sa suite, car, à cause de leurs péchés, Dieu permettrait qu’on eût le dessous.

C’est en ce jour de l’Ascension que Jeanne écrivait aux Anglais retranchés en leurs bastilles en cette manière (5 mai 1429) :
« Vous, hommes d’Angleterre, qui n’avez aucun droit en ce royaume de France, le Roi des cieux vous mande et ordonne par moi Jehanne la Pucelle, que vous quittiez vos bastilles et retourniez en vos pays. Sinon je ferai de vous un tel hahu (note 3) qu’il y en aura perpétuelle mémoire. Voilà ce que je vous écris pour la troisième et dernière fois, et je ne vous écrirai plus ». Ainsi signé : « JHÉSUS MARIA, Jehanne la Pucelle ».
« Je vous aurais envoyé mes lettres plus honnêtement ; mais vous retenez mes hérauts ; vous avez retenu mon héraut Guyenne. Veuillez me le renvoyer et je vous renverrai quelques-uns de vos gens qui ont été pris à la bastille Saint-Loup ; car ils ne sont pas tous morts ».
La lettre écrite, Jeanne prit une flèche, attacha au bout la missive avec un fil et ordonna à un archer de la lancer aux Anglais en criant : « Lisez, ce sont nouvelles». La flèche arriva aux Anglais avec la lettre. Ils lurent la lettre, puis ils se mirent à crier avec très, grandes clameurs : « Ce sont nouvelles de la putain des Armagnacs ».
A ces mots Jeanne se mit à soupirer et à pleurer beaucoup, invoquant le Roi des cieux à son aide. Bientôt elle fut consolée, parce que, disait-elle, elle avait eu des nouvelles de son Seigneur.

Le soir, après souper, Jeanne me dit qu’il faudrait le lendemain me lever plus tôt que je n’avais fait le jour de l’Ascension et que je la confesserais de très grand matin.
En conséquence, le lendemain vendredi, je me levai dès la pointe du jour ; je confessai Jeanne et je chantai la messe devant elle et tous ses, gens. Puis, elle et les hommes d’armes allèrent à l’attaque, qui dura du matin jusqu’au soir.
Ce jour-là, la bastille des Augustins fut prise après un grand assaut.
Jeanne, qui avait l’habitude de jeûner tous les vendredis, ne le put cette fois parce qu’elle avait, eu trop à faire. Ainsi elle soupa. Elle venait d’achever son repas lorsque vint à elle un noble et vaillant capitaine dont je ne me rappelle pas le nom. Il dit à Jeanne : « Les capitaines ont tenu leur conseil. Ils ont reconnu qu’on était bien peu de Français, eu égard au nombre des Anglais, et que c’était par une grande grâce de Dieu qu’ils avaient obtenu quelques avantages. La ville étant pleine de vivres, nous pouvons tenir en attendant le secours du roi. Dès lors le conseil ne trouve pas expédient que les hommes d’armes fassent demain une sortie ». Jeanne répondit : « Vous avez été à votre conseil ; j’ai été au mien. Or, croyez que le conseil de mon Seigneur s’accomplira et tiendra et que le vôtre périra ». Et s’adressant à moi qui étais près d’elle : « Levez-vous demain de très grand matin, encore plus, que vous ne l’avez fait aujourd’hui, et agissez le mieux que vous pourrez. Il faudra vous tenir toujours près de moi, car demain j’aurai fort à faire et plus ample besogne que je n’ai jamais eue. Et il sortira demain du sang de mon corps au-dessus du sein ».
Donc, le lendemain samedi, dès la première heure, je me levai et célébrai la messe. Puis Jeanne alla à l’assaut de la bataille du Pont où était l’Anglais Clasdas (Glasdale).
L’assaut dura depuis le matin jusqu’au coucher du soleil sans interruption. A cet assaut, l’après-dîner, Jeanne, comme elle l’avait prédit, fut frappée d’une flèche au-dessus du sein. Quand elle se sentit blessée, elle craignit et pleura, et puis fut consolée, comme elle disait.
Quelques hommes d’armes la voyant ainsi blessée voulurent la charmer. Mais elle refusa, et dit : « J’aimerais mieux mourir que de faire chose que je susse être un péché ou contraire à la volonté de Dieu. Je sais, bien que je dois mourir un jour ; mais je ne sais ni quand, ni où, ni comment, ni à quelle heure. S’il peut être apporté remède à ma blessure sans péché, je veux bien être guérie ».
On appliqua sur la blessure de l’huile d’olive dans du lard ; et ce pansement fait, Jeanne se confessa à moi en pleurant et se lamentant. Ensuite, elle retourna derechef à l’assaut, en criant : « Clasdas, Clasdas, ren-ti, ren-ti au Roi des cieux ! Tu m’as appelée putain ; j’ai grand’pitié de ton âme et de celle des tiens ».
A cet instant, Clasdas, armé de la tête aux pieds, tomba dans le fleuve de la Loire et fut noyé, Jeanne, émue de pitié, se mit à pleurer fortement pour l’âme de Clasdas et des autres, noyés là en grand nombre.

J’ai souvent ouï Jeanne assurer qu’il n’y avait dans son fait qu’un pur ministère ; et quand on lui disait : « Mais rien de tel ne s’est vu comme ce qui se voit en votre fait : en aucun livre on ne lit telles choses », elle répondait : « Mon Seigneur a un livre dans lequel onques nul clerc n’a lu, tant soit-il parfait en cléricature ».

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Note 1 : Frère Jean Pasquerel s’était rendu au Puy-en-Velay pour le Grand Pardon du Vendredi-Saint 25 mars 1429 (pour le Jubilé du Puy, voir > ici).
Note 2 : « les petits enfants des mendiants » : les enfants catéchisés par les religieux mendiants.
Note 3 : « un tel hahu » ou « un tel hahaye » : le mot est difficilement lisible dans les minutes du procès… et s’il s’agit bien de « hahu » ou de « hahaye », on ne connaît pas ce mot, si bien que beaucoup de ceux qui reproduisent cette lettre de Jeanne prennent le parti d’omettre cette phrase. S’agit-il d’une espèce d’onomatopée ? S’agit-il d’un mot dialectal plus ou moins déformé ? De toute façon, on comprend très bien l’idée que Jeanne a voulu exprimer…

Blason de Sainte Jeanne d'Arc

Lire aussi :
- « A Jeanne d’Arc » : cantique du Père Donceur et prière pour la France > ici
- Jeanne d’Arc, sainte de la Légitimité dynastique > ici

2016-39. « Il est là dans le Sacrement de Son amour… »

A l’occasion de la fête du Très Saint-Sacrement qui, rappelons-le, dans l’Eglise universelle est célébrée, selon les demandes mêmes de Notre-Seigneur, le jeudi de la semaine qui suit le dimanche de la Sainte Trinité, et dont la solennité, dans les pays où ce jeudi n’est pas férié, est reportée au dimanche suivant, il est bon de relire et de méditer les paroles si simples et si profondes par lesquelles le Saint Curé d’Ars enseignait à ses ouailles l’amour et la dévotion envers la Sainte Eucharistie.

Rappels :
- Le miracle de Bolsena > ici
- Sainte Julienne du Mont-Cornillon et l’institution de la Fête-Dieu > ici
- Institution de la Fête-Dieu dans le diocèse de Liège > ici
- Institution de la Fête-Dieu par Urbain IV > ici
- Constitution apostolique « Transiturus » > ici
- Le Pain des forts > ici

frise avec lys naturel

Ciboire du Saint Curé d'Ars

Tabernacle et ciboire du Saint Curé d’Ars

« Il est là dans le Sacrement de Son amour… »

« Notre-Seigneur est là, caché, qui attend que nous venions Le visiter et Lui faire nos demandes… Voyez comme Il est bon ! Il S’accomode à notre faiblesse.

Dans le Ciel, où nous serons triomphants et glorieux, nous Le verrons dans toute Sa gloire ; s’Il se fût présenté maintenant avec cette gloire devant nous, nous n’aurions pas osé L’approcher ; mais Il Se cache comme une personne qui serait dans une prison et nous dit : « Vous ne Me voyez pas, mais ça ne fait rien. Demandez-Moi tout ce que vous voudrez, Je vous l’accorderai. »

Il est là dans le Sacrement de Son amour, qui soupire et intercède sans cesse auprès de Son Père pour les pécheurs.
A quels outrages n’est-Il pas exposé pour rester au milieu de nous ?

Il est là pour nous consoler ; aussi devons-nous Lui rendre visite souvent.
Combien un petit quart d’heure que nous dérobons à nos occupations, à quelques inutilités, pour venir Le prier, Le visiter, Le consoler de toutes les injures qu’Il reçoit, Lui est agréable !
Lorsqu’Il voit venir avec empressement les âmes pures, Il leur sourit. Elles viennent, avec cette simplicité qui Lui plaît tant, Lui demander pardon pour tous les pécheurs des insultes de tant d’ingrats…

Tenez, mes enfants, quand vous vous éveillez dans la nuit, transportez-vous vite en esprit devant le tabernacle, et dites à Notre-Seigneur : « Mon Dieu, me voilà. Je viens Vous adorer, Vous louer, Vous bénir, Vous remercier, Vous aimer, Vous tenir compagnie avec les anges. »
Dites les prières que vous savez et, si vous vous trouvez dans l’impossibilité de prier, cachez-vous derrière votre ange gardien, et chargez-le de prier à votre place.

Quand vous entrez à l’église et que vous prenez de l’eau bénite, quand vous portez la main à votre front pour faire le signe de la Croix, regardez le tabernacle : Notre-Seigneur Jésus-Christ l’entrouvre au même moment pour vous bénir.

Si nous avions les yeux des anges, en voyant Notre-Seigneur Jésus-Christ qui est ici présent sur cet autel, et qui nous regarde, comme nous L’aimerions !
Nous ne voudrions plus nous en séparer ; nous voudrions toujours rester à Ses pieds : ce serait un avant-goût du Ciel ; tout le reste nous deviendrait insipide.
Mais voilà ! C’est la foi qui manque. Nous sommes de pauvres aveugles ; nous avons un brouillard devant les yeux. La foi seule pourrait dissiper ce brouillard…
Demandez-Lui donc qu’Il vous ouvre les yeux du coeur ; dites-Lui comme l’aveugle de Jéricho : « Seigneur, faites que je voie !… »

Lorsque nous sommes devant le Saint-Sacrement, au lieu de regarder autour de nous, fermons nos yeux et ouvrons notre coeur : le Bon Dieu ouvrira le Sien.
Nous irons à Lui, Il viendra à nous ; l’un pour demander, l’Autre pour recevoir : ce sera comme un souffle de l’un à l’Autre.
Que de douceur ne trouvons-nous pas à nous oublier pour chercher Dieu !

C’est comme dans les premiers temps que je me trouvais à Ars. 
il y avait un homme qui ne passait jamais devant l’église sans y entrer : le matin quand il allait au travail, le soir quand il en revenait, il laissait à la porte sa pelle et sa pioche, et il restait longtemps en adoration devant le Saint-Sacrement.
J’aimais bien ça !
Je lui ai demandé ce qu’il disait à Notre-Seigneur pendant ces longues visites qu’il Lui faisait… Savez-vous ce qu’il m’a répondu ? « Monsieur le curé, je ne Lui dis rien. Je L’avise et Il m’avise : je Le regarde et Il me regarde ».
Que c’est beau !… »

Extrait des sermons de Saint Jean-Marie Vianney, curé d’Ars.

le Saint Curé d'Ars en adoration

Le Saint Curé d’Ars en adoration

frise avec lys naturel

2016-35. Du saint abbé Blachère, curé de Saint-Andéol de Fourchades.

1741 – 6 mai – 2016

275e anniversaire du rappel à Dieu
de
l’abbé Noël-André Blachère

Saint-Andéol de Fourchades

Saint-Andéol de Fourchades : l’église et les quelques maisons qui l’entourent dans le grandiose panorama des sucs volcaniques des hautes Boutières.

A trois lieues à peine de notre Mesnil-Marie se trouve l’église de Saint-Andéol de Fourchades et je ne peux laisser s’achever cette journée du 6 mai sans vous y emmener faire un tour.

Très ancienne paroisse des hautes Boutières, jadis très étendue (elle a été scindée en deux paroisses au milieu du XIXe siècle, puis en deux communes en 1904), dont la population dépassa 1100 habitants à la fin du XIXe siècle, Saint-Andéol de Fourchades est aujourd’hui un tout petit village qui compte à peine 60 habitants.
Le « chef-lieu », où se trouvent la mairie et l’église, compte moins de dix maisons (la population se trouve en effet répartie dans de nombreux hameaux) et la plupart d’entre elles sont des constructions du XIXe siècle.
Avant la révolution, il n’existait sans doute pas plus de trois maisons autour de l’église.

Saint-Andéol de Fourchades fut une très ancienne seigneurie – antérieure à l’an mil – dont la juridiction s’étendait bien au-delà des limites actuelles de la commune.

St-Andéol de Fourchades au milieu du XXe siècle

Saint-Andéol de Fourchades : le « chef-lieu » au milieu du XXe siècle

L’église actuelle, qui remonte au XVe siècle, a été pratiquement reconstruite au XIXe siècle.
Au milieu du XXe siècle, elle est restée fermée une quinzaine d’années car les voûtes menaçaient de s’effondrer, et ce ne fut pas une petite victoire de la municipalité et du comité paroissial d’alors de réunir les sommes nécessaires et de s’employer aux travaux indispensables pour la consolider et en permettre la réouverture.
Malheureusement les aménagements intérieurs « post-conciliaires » n’ont pas laissé susbsister grand’chose de ce qui faisait le charme des petites églises de nos villages, si bien que lorsqu’on en franchit le seuil aujourd’hui on est frappé par son absolu manque de caractère et d’harmonie…

Mais l’on ne vient pas à Saint-Andéol de Fourchades pour l’esthétique intérieure de son église : au-delà des très regrettables misères que les hommes sont capables d’infliger aux lieux, il y a des éléments invisibles sur lesquels ils n’ont heureusement pas de prise.
En l’occurrence, ce qui attire les âmes à Saint-Andéol de Fourchades c’est, malgré la mort et malgré les siècles qui passent, la sainteté d’un prêtre qui est resté ici comme vicaire puis curé pendant quelque quarante-six ans, depuis 1695 jusqu’à sa mort en 1741.
C’était un temps où les évêques n’avaient pas encore adopté la ridicule manie de changer leurs curés de paroisse tous les 6 ans…

Ce saint prêtre – « saint Blachère » comme l’appellent encore de nombreuses personnes – est l’abbé Noël-André Blachère : né le jour de Noël 25 décembre 1663, au hameau de Laval, paroisse de Sanilhac, près de Largentière, dans les Cévennes vivaroises.
Il était issu d’une honnête et pieuse famille paysanne.

Sa vie ne nous est connue que de manière fragmentaire par les traditions consignées dans un opuscule, publié en 1877, réédité en 1997.
La plupart des documents le concernant ont malheureusement disparu, soit au moment de la révolution, soit dans deux incendies successifs qui ont ravagé le presbytère de Saint-Andéol de Fourchades à la fin du XIXe siècle.

Eglise de St-Andéol de F. photo ancienne

Saint-Andéol de Fourchades : photo de l’église avec le presbytère sur sa droite (milieu du XXe siècle).

Attiré par le sacerdoce dès avant son adolescence, Noël-André Blachère, dont les parents soutinrent la vocation, fut élève au collège des jésuites d’Aubenas.
Il fut ensuite admis au séminaire de Viviers (un des premiers en France à avoir été confié aux prêtres de Saint-Sulpice) et élevé à la grâce insigne du sacerdoce par Monseigneur Louis-François de la Baume de Suze (1602-1690), le grand évêque de Viviers au XVIIe siècle, protagoniste d’un magnifique renouveau spirituel de ce diocèse pendant ses soixante-et-onze ans d’épiscopat ; il est – rappelons-le – l’évêque qui missionna Saint Jean-François Régis

Après quelques années de vicariat à Baix, village vivarois de la vallée du Rhône, l’abbé Blachère fut nommé curé de Juvinas – paroisse de moyenne montagne au nord de Vals-les-Bains – , puis, à l’âge de 32 ans, envoyé comme curé à Saint-Andéol-de-Fourchades, poste qu’il occupa jusqu’à la fin de ses jours.

A la vérité, lorsque l’abbé Blachère arriva à Saint-Andéol de Fourchades, il y avait déjà un curé-prieur dans cette paroisse qui devait compter alors quelque 500 âmes : l’abbé de Tautilhac ; mais ce prêtre était âgé et infirme.
L’abbé Noël Blachère lui servit de vicaire « avec droit de succession » pendant quelques mois, avant que le prieur ne se retire dans le manoir famillial, à une lieue et demi de là, sur la paroisse de Saint-Martial.

Monsieur Blachère – c’est ainsi que l’on nommait les prêtres au grand siècle – pendant le temps de son ministère, fut un curé exemplaire dans l’accomplissement de tous ses devoirs : il fit arranger l’église et la dota de trois autels de bois avec des retables dans le goût de l’époque ; il pourvut la sacristie d’ornements convenables, et s’appliqua à rendre les cérémonies du culte les plus belles possibles et les plus exactement conformes aux prescriptions reçues du saint concile de Trente dont Monseigneur de la Baume de Suze avait introduit la discipline dans le diocèse de Viviers ; il forma des chantres et des servants d’autel ; il s’appliqua à instruire tous les fidèles dans la vérité catholique nécessaire à leur salut ; il les forma à la prière et à la pratique des vertus chrétiennes, et pour cela il promut la confession et la communion fréquentes ; il s’appliqua fidèlement à la visite des pauvres et des malades, ainsi qu’au soulagement des nécessiteux ; il développa la confrérie des pénitents et tout ce qui pouvait concourir à la ferveur et à la pratique de la charité…

En toutes ces choses, l’abbé Blachère prêcha d’exemple et édifia sa paroisse, tant par son caractère que par ses vertus ; il ne ménagea pas sa peine et transforma sa paroisse, qui devint un modèle de ferveur et de régularité chrétienne.

St-Andéol de F. Croix de l'ancien cimetière

Saint-Andéol de Fourchades : croix qui se dressait jadis au centre du cimetière jouxtant l’église.

Plein de miséricorde et de charité pastorale, doux et patient avec les autres, l’abbé Blachère était dur avec lui-même : il menait une vie pénitente et mortifiée.
Autant veillait-il avec un soin scrupuleux sur tout ce qui touchait au culte et à la gloire de Dieu, autant négligeait-il tout ce qui touchait à sa personne : sa nourriture était frugale, son vêtement était pauvre, et toute espèce de luxe était bannie de son presbytère, à tel point que son évêque se mit un jour en devoir de lui intimer l’ordre de prendre un plus grand soin de lui-même et de son intérieur !

Les hautes vertus et l’exemplarité de Monsieur Blachère ne manquèrent pas de susciter des jalousies et quelques acrimonies sacerdotales chez ses confrères moins édifiants : il eut à souffrir de certains de leurs procédés peu évangéliques.

Surtout, sa sainteté éclata à travers des dons de thaumaturge : sans doute, sa connaissance des plantes et de leurs vertus médicinales l’aida-t-elle à soigner certaines affections, mais beaucoup de guérisons qu’il opéra de son vivant ne se peuvent expliquer naturellement.
Ajoutons à cela une connaissance de certaines choses cachées qu’il ne put apprendre que par une révélation céleste.

La tradition locale nous rapporte que la Très Sainte Vierge Marie, à laquelle il vouait évidemment une très profonde dévotion, se manifesta à lui à plusieurs reprises, et que c’est d’elle qu’il reçut les indications pour découvrir une source dans la cave du presbytère qu’il avait fait reconstruire.
Depuis presque trois siècles, l’eau de cette source a été maintes et maintes fois l’instrument de guérisons inexplicables…

A deux-cents toises environ de l’église de Saint-Andéol, au pied d’un bloc d’orgues basaltiques, un minuscule oratoire dédié à la Très Sainte Vierge perpétue le souvenir du lieu où l’abbé Blachère aimait à se retirer dans la contemplation et l’oraison, et où la Sainte Mère de Dieu l’aurait comblé de ses grâces.

St Andéol de F. oratoire de l'abbé Blachère

Saint-Andéol de Fourchades : l’oratoire du saint abbé Blachère, lieu d’une intensité spirituelle palpable.

Monsieur Blachère s’éteignit dans sa paroisse de Saint-Andéol de Fourchades le 6 mai 1741 dans sa soixante-dix-huitième année.

Au début de cette année 1741, en considération du fait qu’il avait mal aux jambes, l’évêque de Viviers lui avait adjoint un vicaire, Monsieur Riffard : c’était un enfant de la paroisse, qu’il avait catéchisé et instruit, et dont la vocation était redevable des exemples de son saint curé.
Le mercredi qui suivit le troisième dimanche après Pâques, 26 avril 1741, Monsieur Blachère dut s’aliter : il fut pris de vomissements et s’affaiblit rapidement, puisqu’il ne pouvait garder aucune nourriture.
Ce qui lui fut le plus douloureux sans doute fut de ne pouvoir, en raison de ses nausées, recevoir la sainte communion en viatique, lui qui avait été si fidèle à la célébration de la Sainte Messe et si dévot envers le Saint Sacrement.

Il demanda à se confesser et à recevoir l’extrême-onction, et finalement, ce samedi 6 mai 1741 - redisons-le : le samedi est le jour dédié à la Vierge Marie dans la piété catholique – , vers les sept heures du soir, il rendit sa belle âme à Dieu.

Ses funérailles furent célébrées le lundi 8 mai parmi un grand concours de peuple et il fut inhumé dans l’église.
A partir de ce moment, sa tombe devint un lieu de pèlerinage : les gens des alentours – mais parfois aussi de loin – vinrent de manière régulière dans l’église de Saint-Andéol de Fourchades pour se confier à son intercession… et ils revinrent pour remercier puisque des grâces spirituelles et des guérisons advenaient en réponse à leurs prières.
Tout au long des XVIIIe et XIXe siècles, le récit de toutes ces grâces fut consigné dans des cahiers conservés au presbytère. En 1877 on estimait que cela représentait un volume d’environ 600 pages. Malheureusement, comme nous l’avons dit plus haut, ces documents ont disparu dans l’incendie du presbytère à la fin du XIXe siècle.

Le 27 septembre 1874, S. Exc. Mgr. Louis Delcusy, évêque de Viviers, manda son grand vicaire pour procéder, en présence du clergé local, à l’ouverture de la tombe de l’abbé Blachère et à la reconnaissance de ses restes. Un procès-verbal fut dressé.

En 1881, l’incendie du presbytère, qui se communiqua en partie à l’église, n’endommagea pas les restes de l’abbé Blachère qui, après les réparations, furent placés dans un caveau spécial, aménagé au pied  de la marche du sanctuaire, du côté de l’épître.
Lors des travaux de restauration du XXe siècle, une nouvelle pierre tombale a été placée au-dessus du caveau du saint prêtre.

St-Andéol de F. tombe de l'abbé Blachère

Saint-Andéol de Fourchades : actuelle pierre tombale de l’abbé Noël Blachère dans l’église.

Malgré la déchristianisation galopante de nos contrées, encore si ferventes il y a seulement six décennies, la mémoire de l’abbé Blachère se perpétue et, même ténu, le mouvement de piété et de confiance qui porte des âmes à venir se recommander à son intercession n’a pas disparu.

La dévotion envers le saint curé de Saint-Andéol de Fourchades et les prières faites sur sa tombe vont de pair avec le recours priant aux bienfaits de la source miraculeuse qu’il avait fait sourdre.

Les analyses pratiquées sur cette eau ont montré qu’il s’agit d’une eau très pure qui ne possède pas de propriétés chimiques particulières mais, par ailleurs, plusieurs géobiologistes consultés ont pu attester de son intensité énergétique.
Hélas, trois fois hélas ! une pollution des terres environnantes a entraîné la pollution de cette source miraculeuse, dont l’accès a été condamné, il y a 4 ans, par décision conjointe des autorités municipales et religieuses, comme le montrent deux avis placardés sur la porte cadenassée qui permettait naguère d’accéder à la cave du presbytère depuis l’église de Saint-Andéol de Fourchades
Plusieurs démarches ont été entreprises de divers côtés afin que ce problème de pollution soit résolu et pour que la source puisse être rendue à la dévotion des fidèles, mais elles sont restées infructueuses jusqu’à ce jour.
Aussi ne pouvons-nous que supplier le saint abbé Blachère d’intercéder puissamment pour que cesse ce déplorable état de fait, et pour que nous puissions à nouveau bénéficier des vertus surnaturelles de cette source que la divine Providence a voulu en ce lieu pour le soulagement des malades et la consolation des âmes affligées.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur

L'oratoire de l'abbé Blachère

Saint-Andéol de Fourchades : l’oratoire du saint abbé Blachère
un lieu extraordinaire où l’on a l’impression que le Ciel et la terre se rejoignent
et dont on ne s’arrache jamais qu’avec peine…

Publié dans:Memento, Nos amis les Saints |on 6 mai, 2016 |1 Commentaire »

Litanies et prières à Saint Louis-Marie Grignion de Montfort.

Gisant de cire de St Louis-Marie - détail

Détail du gisant de cire de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort
à Saint-Laurent-sur-Sèvvre (maison-mère des Filles de la Sagesse),
montrant le saint au moment de son dernier soupir.

frise

Litanies de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort
(pour la récitation privée)

Seigneur, ayez pitié de nous (bis). 
Jésus-Christ, ayez pitié de nous (bis). 
Seigneur, ayez pitié de nous (bis). 

Jésus-Christ, écoutez-nous (bis). 
Jésus-Christ, exaucez-nous (bis).

Père céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous 
Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous 
Esprit-Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous 

Sainte Marie, priez pour nous. 
Médiatrice de toutes les grâces, priez pour nous. 
Reine des coeurs, priez pour nous. 

Saint Louis-Marie de Monfort, priez pour nous. 
Saint Louis-Marie de Monfort, fidèle imitateur de Jésus-Christ, priez pour nous. 
Saint Louis-Marie de Monfort, prédicateur éloquent de la Croix, priez pour nous. 
Saint Louis-Marie de Monfort, chantre du Sacre-Coeur, priez pour nous. 
Saint Louis-Marie de Monfort, dévot esclave de Jésus en Marie, priez pour nous. 
Saint Louis-Marie de Monfort, apôtre du très saint Rosaire, priez pour nous. 
Saint Louis-Marie de Monfort, homme d’oraison, priez pour nous. 
Saint Louis-Marie de Monfort, prodige de mortification, priez pour nous. 
Saint Louis-Marie de Monfort, amant passionné de la pauvreté, priez pour nous. 
Saint Louis-Marie de Monfort, champion intrépide de la vérité, priez pour nous. 
Saint Louis-Marie de Monfort, défenseur ardent de la foi catholique, priez pour nous. 
Saint Louis-Marie de Monfort, zélateur infatigable de la gloire de Dieu et du salut des âmes, priez pour nous. 
Saint Louis-Marie de Monfort, restaurateur des temples du Seigneur, priez pour nous. 
Saint Louis-Marie de Monfort, père des pauvres, priez pour nous. 
Saint Louis-Marie de Monfort, secours des infirmes et des malades, priez pour nous. 
Saint Louis-Marie de Monfort, instituteur de l’enfance et de la jeunesse, priez pour nous. 
Saint Louis-Marie de Monfort, fondateur de congrégation religieuses, priez pour nous. 
Saint Louis-Marie de Monfort, modèle des prêtres et des missionnaires, priez pour nous.

Obtenez-nous la véritable sagesse, saint Louis-Marie de Monfort. 
Obtenez-nous l’esprit de foi, saint Louis-Marie de Monfort. 
Obtenez-nous l’esprit de prière, saint Louis-Marie de Monfort. 
Obtenez-nous l’esprit d’humilité, saint Louis-Marie de Monfort. 
Obtenez-nous l’amour de la croix, saint Louis-Marie de Monfort. 
Obtenez-nous votre vraie dévotion à Marie, saint Louis-Marie de Monfort. 
Obtenez-nous votre amour pour l’Église, saint Louis-Marie de Monfort. 
Obtenez-nous votre dévouement au Vicaire de Jésus-Christ, saint Louis-Marie de Monfort. 
Obtenez-nous votre obéissance filiale au Pape infaillible, saint Louis-Marie de Monfort. 
Obtenez-nous votre courage dans les épreuves, saint Louis-Marie de Monfort. 
Obtenez-nous votre amour de la vie cachée, saint Louis-Marie de Monfort. 
Obtenez-nous votre zèle pour la conversion des pécheurs, saint Louis-Marie de Monfort. 
Obtenez-nous la persévérance dans le bien, saint Louis-Marie de Monfort. 
Obtenez-nous la grâce d’une bonne mort, saint Louis-Marie de Monfort. 
Obtenez-nous le règne de Jésus par Marie, saint Louis-Marie de Monfort.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur. 
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur. 
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous.

V/. Saint Louis-Marie de Monfort 
R/. Intercédez pour nous.

Prions :

Ô Dieu, qui avez fait de saint Louis-Marie un prédicateur éminent du Règne de votre Fils unique, et par lui avez suscité dans votre Église une double famille religieuse ; daignez nous accorder, selon son enseignement et à son exemple, la grâce de servir toujours sous le joug suave de la bienheureuse Vierge Mère, ce même Fils bien-aimé qui vit et règne avec vous en l’unité du Saint-Esprit dans les siècles des siècles.

Ainsi soit-il.

Chapelet

Collecte de la messe propre de Saint Louis-Marie :

O Dieu, qui avez fait du Bienheureux Louis-Marie, Votre confesseur, le héraut merveilleux du mystère de la Croix et du très saint Rosaire, et donné par lui à l’Eglise une famille nouvelle : accordez-nous, grâce à ses mérites et à son intercession, d’arriver aux récompenses du salut éternel par la vie, la mort et la résurrection de Votre Fils unique. Nous Vous le demandons par le même Jésus-Christ, Votre Fils, qui vit et règne avec Vous dans l’unité du Saint-Esprit, pour les siècles des siècles.

Ainsi soit-il.

Deus, qui beatum Ludovicum-Mariam, confessorem tuum, Crucis mysterii et sanctissimi Rosarii praeconem exinium effecisti, ac nova per eum familia Ecclesiam fecundasti : ejus meritis et intercessione concede : ut per Unigeniti Filii tui vitam, mortem ac resurrectionem, salutis aeternae praemia consequamur. Per eumdem Dominum…

Amen.

Saint Louis-Marie

frise

Prière pour demander à Saint Louis-Marie
la grâce de la parfaite dévotion à la Sainte Vierge :

Saint Louis-Marie de Montfort, qui avez si admirablement enseigné, par votre vie autant que par vos écrits, de quelle manière il nous faut aimer la Bienheureuse Mère de Dieu, je vous demande humblement de m’assister par votre prière et par votre bienveillante intercession, pour que j’obtienne la grâce de vivre moi aussi, en esprit et en vérité, cette parfaite dévotion à la Sainte Vierge, de sorte qu’en lui étant totalement et pleinement consacré, je puisse être toujours plus totalement et plus pleinement à Jésus mon divin Sauveur.
Saint Louis-Marie de Montfort, qui avez si merveilleusement montré, par votre vie autant que par vos écrits, ce qu’est le véritable amour de la Croix, je vous demande humblement de m’assister par votre prière et par votre bienveillante intercession, pour que j’obtienne la grâce de renoncer à moi-même et d’embrasser généreusement la pauvreté, les humiliations et les douleurs de la Croix, en ne me dérobant jamais aux mille et un petits sacrifices quotidiens, de sorte qu’en portant fidèlement le joug de Jésus-Christ, je puisse oeuvrer, à Sa suite et selon mon humble mesure, au salut et à la sanctification des âmes.
Saint Louis-Marie de Montfort, qui avez si extraordinairement contribué, par votre vie autant que par vos écrits, à faire aimer la Sagesse Eternelle, le Verbe divin par qui tout a été créé, qui est venu en notre chair, qui a souffert la Passion et qui demeure mystérieusement au milieu de nous dans la Sainte Eucharistie, Jésus-Christ Notre-Seigneur, je vous demande humblement de m’assister par votre prière et par votre bienveillante intercession, pour que j’obtienne la grâce d’appartenir sans réserve au Christ Sagesse Eternelle, goûtant Son ineffable douceur et marchant dans la douceur de Ses voies, pour parvenir, au terme de cet exil, à Le posséder dans l’éternité bienheureuse.

Ainsi soit-il.

(Prière composée par Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur)

A Jésus par Marie

A Jésus par Marie !

Publié dans:Nos amis les Saints, Prier avec nous |on 27 avril, 2016 |4 Commentaires »
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