Archive pour la catégorie 'Nos amis les Saints'

2020-107. Message de Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX à l’occasion de la Saint-Louis.

Message pour la Saint-Louis 2020

Chers Amis, chers compatriotes,

Quelle tristesse de constater que d’année en année, la situation de la France se dégrade.
Fort de la responsabilité que m’imposent les huit siècles de royauté capétienne dont je suis l’héritier, la gravité actuelle de l’état de la France, m’amène à m’exprimer, en ce jour où l’Eglise fête Saint Louis, le modèle des gouvernants.

Force m’est de constater que notre pays s’enfonce vers des jours de plus en plus graves, alors que j’aimerais que mes déclarations puissent saluer le renouveau que tous les Français fidèles et qui croient en la destinée de leur pays, espèrent de tout leur cœur.

Atteinte depuis plusieurs années par une crise morale qui la fait douter d’elle-même, de sa mission, de son identité, la France doit aussi subir de nombreuses attaques venues de l’extérieur, tellement diffuses et perverses, qu’il est difficile de toujours bien les cerner, et de trouver les bonnes ripostes.

La difficulté est d’autant plus grande que la vérité n’est plus regardée en face et que les mots sont travestis par l’idéologie au point de perdre leur sens.

Ceux qui résistent vaillamment sans perdre confiance, souvent animés d’une foi profonde, ne suffisent pas à redresser la situation. Pareillement, nos militaires engagés sur de nombreux terrains au-delà de nos frontières, constatent que leur sacrifice et leur abnégation ne suffisent pas isolément à recréer une dynamique de vainqueur.
Les combats se gagnent certes sur le terrain, mais c’est d’abord dans les cœurs et les esprits que se forgent les conditions de la victoire qui doit trouver son expression politique.

Or, bien souvent, la France donne l’impression que cette volonté n’est plus là.

Pourtant il faudrait peu de choses : lui redonner le goût et le sens de la victoire qu’avait la France sûre d’elle-même et de sa mission ; et lui rappeler les grands moments de son passé qui demeurent des exemples pour demain.

Cet état d’esprit qui pourrait surgir à nouveau si les Français le veulent, semble oublié, annihilé.
Les « élites » depuis la Révolution n’ont agi que par intérêt. Quand reviendra-t-on au Bien Commun, à la justice, à la protection des plus faibles ? Quand acceptera-t-on de redonner aux mots leur sens et d’oublier qu’il n’y a ni incivilité, ni jeunes sauvageons mais violences gratuites et nouveaux barbares sans foi ni loi qu’il s’agit de combattre et de punir. En effet, chacun de leurs crimes ruine la vie sociale.

Or elle est déjà bien difficile pour de nombreux Français déjà confrontés à une situation économique et sociale souvent critique. Pourtant, la dernière crise sanitaire a montré combien nos compatriotes étaient capables de sursauts et d’initiatives quand l’Etat ne les oppresse pas ; quand il ne les accable pas d’une fiscalité de plus en plus lourde et injuste puisqu’elle n’assure plus les services publics même les plus essentiels ; quand l’Etat ne s’attaque pas aux libertés.

Les Français, en nombre toujours plus grand, se rendent compte que les institutions ne répondent plus à leurs attentes légitimes.

Combien de crises faudra-t-il encore ? combien de sacrifiés pour que les yeux s’ouvrent ? 

Il y a quelques mois, crise sanitaire aidant, des esprits lucides avaient posé la question de savoir si ces événements, dus largement au moins dans leurs conséquences, aux erreurs accumulées qui se traduisent par des centaines de milliers de mort, en France, en Europe et dans le monde entier, n’étaient pas l’occasion de réfléchir aux désordres des dernières décennies. Le beau symbole du « jour d’après » semblait porteur d’avenir.

En réalité quelques mois après, les mauvaises habitudes ont largement triomphé des bonnes résolutions et les jours d’après semblent encore plus catastrophiques que ceux d’avant. Le vote, devant une assemblée quasi déserte de la loi dite bio-éthique en est la plus éclatante manifestation… Elle est à la fois contraire à l’ordre naturel et à l’éthique. Elle cumule le déni du système représentatif actuel par la manière dont elle a été élaborée et la rupture avec les fondements de l’humanité. Les manipulations contre nature sont en train de franchir une nouvelle étape vers une société de chimère ou plus aucune limite ne semble retenir les hommes.
La société de la peur et des contraintes est aussi, désormais, celle de la mort planifiée.

Quel monde avons-nous devant nous ? Quel monde laisserons-nous à nos enfants ?

Je parle ici comme héritier et successeur des Rois de France mais aussi comme père et époux. Je sais combien de jeunes couples sont inquiets pour l’avenir de la société ; l’avenir de leurs enfants ; de nos enfants.

Heureusement les siècles d’histoire nous apprennent que les situations les plus terribles ne sont pas irréversibles. La France s’est sortie d’autres périls et cela même quand elle a failli perdre sa souveraineté comme au temps de Charles VII. La mission de Jeanne d’Arc l’a sauvé d’un péril d’autant plus éminent que l’ennemi était déjà installé sur notre sol. Celle qui est devenue en 1920 la patronne du Patriotisme a sauvé le pays et a restauré la monarchie légitime.

De tels exemples doivent nous redonner espoir et susciter de nouvelles initiatives pour reconstruire la France.

Puisse Saint Louis, modèle des souverains et des gouvernants, protéger la France et l’aider à retrouver le sens de sa mission.

Louis de Bourbon,
Duc d’Anjou.
Grandes armes de France

2020-106. 108ème Pèlerinage légitimiste à Sainte-Anne d’Auray

1820 – 2020
Bicentenaire de la naissance
de
Monseigneur le Comte de Chambord

Nous invitons tous nos amis et lecteurs à participer à ce pèlerinage institué dès l’origine à l’anniversaire de la naissance de l’ « enfant du miracle » : Henri d’Artois, « Comte de Chambord », de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Henri V.
En ce deuxième centenaire de sa naissance, il importe plus que jamais de montrer notre fidélité aux principes de la royauté capétienne traditionnelle que ce prince courageux a défendus malgré toutes les oppositions et contradictions, et de manifester notre attachement à son successeur légitime, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, Duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX.

Pèlerinage légitimiste 2020 1

Pèlerinage légitimiste 2020 2

Pèlerinage légitimiste 2020 3

Pèlerinage légitimiste 2020 4

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Publié dans:Annonces & Nouvelles, Chronique de Lully, Nos amis les Saints, Prier avec nous, Vexilla Regis |on 24 août, 2020 |Commentaires fermés

2020-102. Sentiments qu’il faut avoir dans la prière et dispositions qu’il faut y apporter.

20 août,
Fête de Saint Bernard, abbé, confesseur et docteur de l’Eglise (cf. > ici) ;
Mémoire de Saint Philibert, abbé et confesseur ;
Anniversaire de la mort de Saint Pie X (cf. > ici).

A l’occasion de la fête de Saint Bernard, homme à la très riche personnalité dont l’activité s’est déployée de multiples façons – desquelles on retient volontiers les plus éclatantes sur la scène publique de son siècle -, il est toutefois bon de se souvenir qu’il fut d’abord et avant tout un chercheur de Dieu, un moine, un homme de prière et un contemplatif.
C’est pourquoi il nous a semblé utile de publier ci-dessous à l’intention de nos lecteurs un relativement court sermon (il porte le numéro cent-sept dans l’édition des sermons de Saint Bernard qui nous sont parvenus) qui traite de la prière et de la manière dont nous devons prier.
Huit siècles après avoir été prononcé, ce sermon reste d’une grande pertinence et garde toute sa valeur « éducative » pour les chercheurs de Dieu du siècle présent.

Saint Bernard de Clairvaux

Sentiments qu’il faut avoir dans la prière
et dispositions qu’il faut y apporter.

§ 1. Saint Bernard distingue quatre sortes de prière qu’il illustre par des exemples tirés de la Sainte Ecriture.

Il doit en être du pécheur par rapport à son Créateur, comme du malade par rapport à son médecin, et tout pécheur doit prier Dieu comme un malade prie son médecin.
Mais la prière du pécheur rencontre deux obstacles, l’excès ou l’absence de lumière. Celui qui ne voit ni ne confesse point ses péchés est privé de toute lumière ; au contraire celui qui les voit, mais si grands qu’il désespère du pardon, est offusqué par un excès de lumière : ni l’un ni l’autre ne prient.
Que faire donc ? Il faut tempérer la lumière, afin que le pécheur voie ses péchés, les confesse, et prie pour eux afin d’en obtenir la rémission. Il faut donc d’abord qu’il prie avec un sentiment de confusion, c’est ce qui a lieu quand le pécheur n’ose point encore s’approcher lui-même de Dieu et cherche quelque homme saint, quelque saint pauvre d’esprit qui soit comme la frange du manteau du Seigneur, et par qui il puisse s’approcher de Lui. Nous avons un exemple de cette sorte de prière, dans cette femme de l’Évangile qui souffrait d’un flux de sang : dans son désir d’être guérie, elle s’approche et se disait en elle-même : « Si je touche la frange de Son vêtement, je serai sauvée » (Matt. IX, 23).
La seconde sorte de prière est celle qui se fait avec une affection pure ; c’est ce qui a lieu quand le pécheur s’approche lui-même enfin, et confesse ses péchés de sa propre bouche. La pécheresse qui lavait de ses larmes les pieds du Seigneur, et les essuyait des cheveux de sa tête, et dont le Sauveur a dit : « Beaucoup de péchés lui sont remis parce que elle a beaucoup aimé » (Luc. VII, 47), nous a laissé un exemple de cette prière.
La troisième se fait avec une ample effusion de sentiments ; c’est quand celui qui avait commencé par prier pour lui-même, prie enfin pour les autres. Voilà comment les apôtres ont prié pour la Chananéenne qui priait elle-même pour sa fille : « Seigneur, disaient-ils, accordez-lui ce qu’elle demande, afin qu’elle s’en aille, car elle crie après nous » (Matt. XV, 23).
La quatrième sorte de prière est celle qui part d’un cœur pur sans hésitation, avec action de grâces, et dans un sentiment plein de dévotion. Telle fut la prière que fit le Seigneur quand Il ressuscita Lazare depuis quatre jours au tombeau : Il dit en effet : « Je vous rends grâce, mon Père, de ce que Vous M’avez écouté » (Joan. XI, 41). Telles sont aussi les prières que l’Apôtre veut que nous fassions fréquemment quand il dit : « Priez sans cesse, et rendez grâce en toute chose » (1 Thess. V, 17).
C’est de ces quatre sortes de prières, je veux dire de la prière humble, et de la pure, de la prière ample et de la dévote qu’il nous parle quand il nous excite en ces termes à prier : « Je vous conjure, avant tout, de faire des supplications, des prières, des demandes et des actions de grâces » (1 Tim. II, 1). En effet, les supplications se font dans un sentiment d’humilité, les prières dans un sentiment de pureté, les demandes se font dans un sentiment d’effusion, et les actions de grâces dans un sentiment de dévotion.

§ 2. Le saint abbé expose ensuite les trois dispositions fondamentales qu’il faut avoir pour faire monter vers Dieu une prière pure qui soit agréée de Dieu.

Je vous ai parlé des différents genres d’affections et de prières, il faut que je vous parle aussi de la pureté de la prière.
Et d’abord, il me semble qu’il y a trois choses nécessaires pour donner à la prière une direction ferme. En effet, celui qui prie doit considérer ce qu’il demande dans la prière, quel est Celui qu’il prie et quel il est, lui qui prie.
Or, dans l’objet de sa prière il a deux choses à observer, en premier lieu, de ne demander rien qui ne soit selon Dieu, et en second lieu, désirer avec la plus grande ardeur de sentiment ce qu’Il demande.
Prenons un exemple : demander la mort d’un ennemi, le mal ou la ruine du prochain, ce n’est point faire une prière qui soit selon Dieu, puisque Lui-même vous fait cette recommandation : « Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, bénissez ceux qui vous maudissent et priez pour ceux qui vous calomnient » (Luc. VI, 27). Mais si nous demandons la rémission de nos péchés, la grâce du Saint-Esprit, la vertu et la sagesse, la foi et la vérité, la justice et l’humilité, la patience, la douceur et tous les autres dons spirituels, si, dis-je, c’est là ce que nous avons en pensée et l’objet de nos plus ardents désirs, notre prière est bien selon Dieu, et mérite par dessus tout d’être exaucée. Voilà certainement la prière dont Dieu parle quand Il dit par la bouche d’Isaïe : « Avant qu’ils crient Je les exaucerai ; et lorsqu’ils parleront encore J’exaucerai leurs prières » (Is. LXV, 24).
Il y a d’autres choses encore qui, lorsqu’elles nous font défaut, nous sont accordées de Dieu et peuvent être ou n’être point selon Dieu, d’après la fin à laquelle nous les rapportons. Telle est la santé du corps, l’argent, et l’abondance des autres choses semblables. Toutes ces choses-là viennent bien de Dieu, néanmoins, il n’en faut pas faire trop de cas ni les posséder avec trop d’attachement.
De même, il y a deux choses aussi à considérer dans Celui que nous prions, Sa bonté et Sa majesté : Sa bonté par laquelle Il veut gratuitement, et Sa majesté par laquelle Il peut sans peine donner ce qu’on Lui demande. Quant à celui qui prie, il a aussi deux choses à considérer par rapport à lui, c’est qu’il ne mérite point d’être exaucé par lui-même, et qu’il n’a d’espoir d’obtenir ce qu’il demande que de la miséricorde de Dieu.
C’est enfin avoir un cœur pur que d’avoir présentes à l’esprit les trois choses dont je viens de parler et de la manière que je l’ai dit. Mais celui qui prie avec cette pureté et cette intention du cœur est sûr d’être exaucé, car, selon ce que dit saint Pierre : « Dieu ne fait acception de personne, mais en toute nation, celui qui Le craint et dont les oeuvres sont justes, Lui est agréable » (Act. X, 34).

mains jointes - prière

2020-101. Saint Jean Eudes, apôtre inlassable de la dévotion aux Sacrés Cœurs de Jésus et Marie.

19 août,
Fête de Saint Jean Eudes.

Le mercredi 19 août 2009, sans se livrer à un exposé aussi développé qu’il le faisait au cours des audiences générales publiques comme pendant le reste de l’année, Sa Sainteté le Pape Benoît XVI a dressé un portrait de Saint Jean Eudes et, profitant de l’année sacerdotale qu’il avait promulguée, à contre-courant des divers mouvements progressistes, il a insisté sur l’actualité des exemples qu’il a laissés. 

Saint Jean Eudes - vitrail basilique Sacré-Cœur Marseille

Saint Jean Eudes fait célébrer pour la première fois l’office liturgique du Sacré-Cœur de Jésus
le 20 octobre 1672, à Caen
(vitrail de la basilique du Sacré-Cœur à Marseille)

Sacré-Coeur

Saint Jean Eudes,
apôtre inlassable de la dévotion aux Sacrés Cœurs de Jésus et Marie

Catéchèse de Sa Sainteté le Pape Benoît XVI
donnée à l’occasion de l’audience générale
du mercredi 19 août 2009

Chers frères et sœurs!

C’est aujourd’hui la mémoire liturgique de saint Jean Eudes, apôtre inlassable de la dévotion aux Sacrés Cœurs de Jésus et Marie, qui vécut en France à la fin du XVIIème siècle, un siècle marqué par des courants religieux opposés et également par de graves problèmes politiques. C’est l’époque de la guerre de Trente ans, qui a non seulement dévasté une grande partie du centre de l’Europe, mais qui a également dévasté les âmes.
Pendant que se diffusait le mépris pour la foi chrétienne de la part de certains courants de pensée alors dominants, l’Esprit-Saint suscitait un renouveau spirituel plein de ferveur, avec des personnalités de grande envergure comme de Bérulle, saint Vincent de Paul, saint Louis-Marie Grignon de Montfort et saint Jean Eudes. Cette grande « école française » de sainteté porta parmi ses fruits également saint Jean-Marie Vianney. Par un mystérieux dessein de la providence, mon vénéré prédécesseur Pie XI proclama saints ensemble, le 31 mai 1925, Jean Eudes et le curé d’Ars, offrant à l’Eglise et au monde entier deux exemples extraordinaires de sainteté sacerdotale.

Dans le contexte de l’Année sacerdotale, j’ai à cœur de m’arrêter pour souligner le zèle apostolique de saint Jean Eudes, particulièrement tourné vers la formation du clergé diocésain.
Les saints sont la véritable interprétation de l’Ecriture Sainte. Les saints ont éprouvé, dans l’expérience de leur vie, la vérité de l’Evangile; ainsi, ils nous introduisent dans la connaissance et la compréhension de l’Evangile.
En 1563, le Concile de Trente avait promulgué des normes pour l’érection des séminaires diocésains et pour la formation des prêtres, dans la mesure où le Concile était tout à fait conscient que toute la crise de la réforme était également conditionnée par une formation insuffisante des prêtres, qui n’étaient pas préparés pour le sacerdoce de manière juste, intellectuellement et spirituellement, dans leur cœur et dans leur âme. Nous étions en 1563 ; mais comme l’application et la réalisation des normes tardaient aussi bien en Allemagne qu’en France, saint Jean Eudes comprit les conséquences de ce retard. Animé par la conscience lucide du grave besoin d’aide spirituelle, dont les âmes étaient victimes également en raison du manque de préparation d’une grande partie du clergé, le saint, qui était un curé, institua une Congrégation consacrée de manière spécifique à la formation des prêtres. Il fonda son premier séminaire dans la ville universitaire de Caen, une expérience extrêmement appréciée, qui se diffusa très vite dans d’autres diocèses. Le chemin de sainteté, qu’il parcourut et qu’il proposa à ses disciples, avait pour fondement une solide confiance dans l’amour que Dieu a révélé à l’humanité dans le Cœur sacerdotal du Christ et dans le Cœur maternel de Marie. A cette époque de cruauté, de perte d’intériorité, il s’adressa au cœur, pour dire au cœur une parole des Psaumes très bien interprétée par saint Augustin. Il voulait attirer à nouveau au cœur les personnes, les hommes et surtout les futurs prêtres, en montrant le cœur sacerdotal du Christ et le cœur maternel de Marie. Chaque prêtre doit être témoin et apôtre de cet amour du cœur du Christ et de Marie. Et nous arrivons ainsi à notre époque.

Aujourd’hui aussi, on ressent le besoin que les prêtres témoignent de l’infinie miséricorde de Dieu à travers une vie entièrement « conquise » par le Christ, et apprennent cela dès les années de leur préparation dans les séminaires. Le Pape Jean-Paul II, après le synode de 1990, a publié l’Exhortation apostolique Pastores dabo vobis dans laquelle il reprend et met à jour les règles du Concile de Trente et souligne en particulier la nécessaire continuité entre le moment initial et celui permanent de la formation ; pour lui, pour nous, cela est un véritable point de départ pour une authentique réforme de la vie et de l’apostolat des prêtres, et c’est également le point central afin que la « nouvelle évangélisation » ne soit pas simplement un slogan attrayant, mais se traduise dans la réalité. Les fondements établis dans la formation au séminaire, constituent l’« humus spirituale » irremplaçable, dans lequel on peut « apprendre le Christ » en se laissant progressivement configurer à Lui, unique prêtre suprême et bon pasteur. Le temps du séminaire doit donc être considéré comme la réalisation du moment où le Seigneur Jésus, après avoir appelé les apôtres et avant de les envoyer prêcher, leur demande de rester avec Lui (cf. Marc III, 14). Lorsque saint Marc raconte la vocation des douze apôtres, il nous dit que Jésus avait un double objectif : le premier était qu’ils soient avec Lui, le second qu’ils soient envoyés pour prêcher. Mais, allant toujours avec Lui, ils annoncent réellement le Christ et apportent la réalité de l’Evangile au monde.

Au cours de cette Année sacerdotale, je vous invite à prier, chers frères et sœurs, pour les prêtres et pour tous ceux qui se préparent à recevoir le don extraordinaire du sacerdoce ministériel. Pour conclure, j’adresse à tous l’exhortation de saint Jean Eudes qui dit ceci aux prêtres : « Donnez-vous à Jésus, pour entrer dans l’immensité de Son grand Cœur, qui contient le Cœur de Sa Sainte Mère et de tous les saints, et pour vous perdre dans cet abîme d’amour, de charité, de miséricorde, d’humilité, de pureté, de patience, de soumission et de sainteté » (Le Cœur admirable, III, 2).

Saint Jean Eudes - église du Sacré-Cœur Nice - détail

Saint Jean Eudes
(détail d’un vitrail de l’église du Sacré-Cœur de Nice)

Textes de Saint Jean Eudes publiés dans les pages de ce blogue :
- Salutations à Saint Joseph > ici
- Le Cœur de Marie rempli d’amour pour Dieu et pour nous > ici
- Texte sur le sacerdoce et ses exigences de sainteté > ici
- La maternité du Cœur de Marie > ici
- Louanges de la Mère admirable > ici

2020-98. Sainte Claire d’Assise, épouse vierge du Christ humble et pauvre.

12 août,
Fête de Sainte Claire d’Assise.

Isidore Arredondo - Sainte Claire met en fuite les sarrasins - 1693 Musée du Prado Madrid

Sainte Claire mettant en fuite les païens mahométans en brandissant devant eux  la Sainte Eucharistie
(Isidore Arredondo – 1693 – Madrid, musée du Prado)

Sainte Claire d’Assise,
épouse vierge du Christ humble et pauvre

Catéchèse de Sa Sainteté le Pape Benoît XVI
à l’occasion de l’audience générale
du mercredi 15 septembre 2010

Chers frères et sœurs,

L’une des saintes les plus aimées est sans aucun doute sainte Claire d’Assise, qui vécut au XIIIe siècle, et qui fut contemporaine de saint François. Son témoignage nous montre combien l’Eglise tout entière possède une dette envers des femmes courageuses et riches de foi comme elle, capables d’apporter une impulsion décisive au renouveau de l’Eglise.

Qui était donc Claire d’Assise ?
Pour répondre à cette question, nous possédons des sources sûres : non seulement les anciennes biographies, comme celles de Thomas de Celano, mais également les Actes du procès de canonisation promu par le Pape quelques mois seulement après la mort de Claire et qui contiennent les témoignages de ceux qui vécurent à ses côtés pendant longtemps.

Née en 1193, Claire appartenait à une riche famille aristocratique. Elle renonça à la noblesse et à la richesse pour vivre dans l’humilité et la pauvreté, adoptant la forme de vie que François d’Assise proposait. Même si ses parents, comme cela arrivait alors, projetaient pour elle un mariage avec un personnage important, à 18 ans, Claire, à travers un geste audacieux inspiré par le profond désir de suivre le Christ et par son admiration pour François, quitta la maison paternelle et, en compagnie de son amie, Bona de Guelfuccio, rejoignit en secret les frères mineurs dans la petite église de la Portioncule. C’était le soir du dimanche des Rameaux de l’an 1211. Dans l’émotion générale, fut accompli un geste hautement symbolique : tandis que ses compagnons tenaient entre les mains des flambeaux allumés, François lui coupa les cheveux et Claire se vêtit d’un habit de pénitence en toile rêche. A partir de ce moment, elle devint l’épouse vierge du Christ, humble et pauvre, et se consacra entièrement à Lui. Comme Claire et ses compagnes, d’innombrables femmes au cours de l’histoire ont été fascinées par l’amour pour le Christ qui, dans la beauté de Sa Personne divine, remplit leur cœur. Et l’Eglise tout entière, au moyen de la mystique vocation nuptiale des vierges consacrées, apparaît ce qu’elle sera pour toujours : l’Epouse belle et pure du Christ.

L’une des quatre lettres que Claire envoya à sainte Agnès de Prague, fille du roi de Bohême, qui voulut suivre ses traces, parle du Christ, son bien-aimé Epoux, avec des expressions nuptiales qui peuvent étonner, mais qui sont émouvantes : « Alors que vous Le touchez, vous devenez plus pure, alors que vous Le recevez, vous êtes vierge. Son pouvoir est plus fort, Sa générosité plus grande, Son apparence plus belle, Son amour plus suave et Son charme plus exquis. Il vous serre déjà dans Ses bras, Lui qui a orné votre poitrine de pierres précieuses… Lui qui a mis sur votre tête une couronne d’or arborant le signe de la sainteté » (Première Lettre : FF, 2862).

En particulier au début de son expérience religieuse, Claire trouva en François d’Assise non seulement un maître dont elle pouvait suivre les enseignements, mais également un ami fraternel. L’amitié entre ces deux saints constitue un très bel et important aspect. En effet, lorsque deux âmes pures et enflammées par le même amour pour le Christ se rencontrent, celles-ci tirent de leur amitié réciproque un encouragement très profond pour parcourir la voie de la perfection. L’amitié est l’un des sentiments humains les plus nobles et élevés que la Grâce divine purifie et transfigure.
Comme saint François et sainte Claire, d’autres saints également ont vécu une profonde amitié sur leur chemin vers la perfection chrétienne, comme saint François de Sales et sainte Jeanne-Françoise de Chantal. Et précisément saint François de Sales écrit : « Il est beau de pouvoir aimer sur terre comme on aime au ciel, et d’apprendre à s’aimer en ce monde comme nous le ferons éternellement dans l’autre. Je ne parle pas ici du simple amour de charité, car nous devons avoir celui-ci pour tous les hommes ; je parle de l’amitié spirituelle, dans le cadre de laquelle, deux, trois ou plusieurs personnes s’échangent les dévotions, les affections spirituelles et deviennent réellement un seul esprit » (Introduction à la vie de dévotion, III, 19).

Après avoir passé une période de quelques mois auprès d’autres communautés monastiques, résistant aux pressions de sa famille qui au début, n’approuvait pas son choix, Claire s’établit avec ses premières compagnes dans l’église Saint-Damien où les frères mineurs avaient préparé un petit couvent pour elles. Elle vécut dans ce monastère pendant plus de quarante ans, jusqu’à sa mort, survenue en 1253.

Une description directe nous est parvenue de la façon dont vivaient ces femmes au cours de ces années, au début du mouvement franciscain. Il s’agit du compte-rendu admiratif d’un évêque flamand en visite en Italie, Jacques de Vitry, qui affirme avoir trouvé un grand nombre d’hommes et de femmes, de toute origine sociale, qui « ayant quitté toute chose pour le Christ, fuyaient le monde. Ils s’appelaient frères mineurs et sœurs mineures et sont tenus en grande estime par Monsieur le Pape et par les cardinaux… Les femmes… demeurent ensemble dans divers hospices non loin des villes. Elle ne reçoivent rien, mais vivent du travail de leurs mains. Et elles sont profondément attristées et troublées, car elles sont honorées plus qu’elles ne le voudraient, par les prêtres et les laïcs » (Lettre d’octobre 1216 : FF, 2205.2207).

Jacques de Vitry avait saisi avec une grande perspicacité un trait caractéristique de la spiritualité franciscaine à laquelle Claire fut très sensible : la radicalité de la pauvreté associée à la confiance totale dans la Providence divine. C’est pour cette raison qu’elle agit avec une grande détermination, en obtenant du Pape Grégoire IX ou, probablement déjà du Pape Innocent III, celui que l’on appela le Privilegium Paupertatis (cf. FF, 3279). Sur la base de celui-ci, Claire et ses compagnes de Saint-Damien ne pouvaient posséder aucune propriété matérielle. Il s’agissait d’une exception véritablement extraordinaire par rapport au droit canonique en vigueur et les autorités ecclésiastiques de cette époque le concédèrent en appréciant les fruits de sainteté évangélique qu’elles reconnaissaient dans le mode de vie de Claire et de ses consœurs. Cela montre que même au cours des siècles du Moyen-Age, le rôle des femmes n’était pas secondaire, mais considérable. A cet égard, il est bon de rappeler que Claire a été la première femme dans l’histoire de l’Eglise à avoir rédigé une Règle écrite, soumise à l’approbation du Pape, pour que le charisme de François d’Assise fût conservé dans toutes les communautés féminines qui étaient fondées de plus en plus nombreuses déjà de son temps et qui désiraient s’inspirer de l’exemple de François et de Claire.

Dans le couvent de Saint-Damien, Claire pratiqua de manière héroïque les vertus qui devraient distinguer chaque chrétien : l’humilité, l’esprit de piété et de pénitence, la charité.
Bien qu’étant la supérieure, elle voulait servir personnellement les sœurs malades, en s’imposant aussi des tâches très humbles : la charité en effet, surmonte toute résistance et celui qui aime accomplit tous les sacrifices avec joie. Sa foi dans la présence réelle de l’Eucharistie était si grande que, par deux fois, un fait prodigieux se réalisa. Par la seule ostension du Très Saint-Sacrement, elle éloigna les soldats mercenaires sarrasins, qui étaient sur le point d’agresser le couvent de Saint-Damien et de dévaster la ville d’Assise.

Ces épisodes aussi, comme d’autres miracles, dont est conservée la mémoire, poussèrent le Pape Alexandre IV à la canoniser deux années seulement après sa mort, en 1255, traçant un éloge dans la Bulle de canonisation, où nous lisons : « Comme est vive la puissance de cette lumière et comme est forte la clarté de cette source lumineuse. Vraiment, cette lumière se tenait cachée dans la retraite de la vie de clôture et dehors rayonnaient des éclats lumineux ; elle se recueillait dans un étroit monastère, et dehors elle se diffusait dans la grandeur du monde. Elle se protégeait à l’intérieur et elle se répandait à l’extérieur. Claire en effet, se cachait: mais sa vie était révélée à tous. Claire se taisait mais sa renommée criait » (FF, 3284).
Et il en est véritablement ainsi, chers amis : ce sont les saints qui changent le monde en mieux, le transforment de manière durable, en insufflant les énergies que seul l’amour inspiré par l’Evangile peut susciter. Les saints sont les grands bienfaiteurs de l’humanité !

La spiritualité de sainte Claire, la synthèse de sa proposition de sainteté est recueillie dans la quatrième lettre à sainte Agnès de Prague.
Sainte Claire a recours à une image très répandue au Moyen âge, d’ascendance patristique, le miroir. Et elle invite son amie de Prague à se refléter dans ce miroir de perfection de toute vertu qu’est le Seigneur Lui-même. Elle écrit : « Heureuse certes celle à qui il est donné de prendre part au festin sacré pour s’attacher jusqu’au fond de son cœur [au Christ], à Celui dont toutes les troupes célestes ne cessent d’admirer la beauté, dont l’amitié émeut, dont la contemplation nourrit, dont la bienveillance comble, dont la douceur rassasie, dont le souvenir pointe en douceur, dont le parfum fera revivre les morts, dont la vue en gloire fera le bonheur des citoyens de la Jérusalem d’en haut. Tout cela puisqu’Il est la splendeur de la gloire éternelle, l’éclat de la lumière éternelle et le miroir sans tache. Ce Miroir, contemple-Le chaque jour, ô Reine, épouse de Jésus Christ, et n’arrête d’y contempler ton apparence afin que… tu puisses, intérieurement et extérieurement, te parer comme il convient… En ce Miroir brillent la bienheureuse pauvreté, la sainte humilité et l’ineffable charité » (Quatrième lettre FF, 2901-2903).

Reconnaissants à Dieu qui nous donne les saints qui parlent à notre cœur et nous offrent un exemple de vie chrétienne à imiter, je voudrais conclure avec les mêmes paroles de bénédiction que sainte Claire composa pour ses consœurs et qu’aujourd’hui encore les Clarisses, qui jouent un précieux rôle dans l’Eglise par leur prière et leur œuvre, conservent avec une grande dévotion. Ce sont des expressions où émerge toute la tendresse de sa maternité spirituelle : « Je vous bénis dans ma vie et après ma mort, comme je peux et plus que je le peux, avec toutes les bénédictions par lesquelles le Père des miséricordes pourrait bénir et bénira au ciel et sur la terre les fils et les filles, et avec lesquelles un père et une mère spirituelle pourraient bénir et béniront leurs fils et leurs filles spirituels. Amen » (FF, 2856).

Voir aussi le testament de Sainte Claire > ici

Corps de Sainte Claire - Assise

Corps de Sainte Claire (Assise, basilique Sainte-Claire)

2020-93. Saint Alphonse a eu une vision à la fois réaliste et optimiste des ressources de bien que le Seigneur donne à chaque homme et il a donné importance aux élans et aux sentiments du cœur, ainsi qu’à ceux de l’esprit, pour pouvoir aimer Dieu et son prochain.

2 août,
Fête de Saint Alphonse-Marie de Liguori, évêque et confesseur ;
Fête de Notre-Dame des Anges et indulgence de la Portioncule (cf. > ici).

St Alphonse-Marie de Liguori - vitrail de la cathédrale de Carlow

Saint Alphonse-Marie de Liguori en prière
(détail d’un vitrail de la cathédrale de Carlow – Irlande)

* * * * * * *

Saint Alphonse a eu une vision à la fois réaliste et optimiste des ressources de bien que le Seigneur donne à chaque homme et il a donné importance aux élans et aux sentiments du cœur, ainsi qu’à ceux de l’esprit, pour pouvoir aimer Dieu et son prochain.

Catéchèse de Sa Sainteté le Pape Benoît XVI
délivrée le mercredi 30 mars 2011
à l’occasion de l’audience pontificale générale.

Chers frères et sœurs,

Je voudrais aujourd’hui vous présenter la figure d’un saint docteur de l’Eglise à qui nous devons beaucoup, car ce fut un éminent théologien moraliste et un maître de vie spirituelle pour tous, en particulier pour les personnes simples. Il est l’auteur des paroles et de la musique de l’un des chants de Noël les plus populaires en Italie et pas seulement : Tu descends des étoiles.

Appartenant à une noble et riche famille napolitaine, Alphonse Marie de Liguori naquit en 1696. Doté de nombreuses qualités intellectuelles, il obtint à seulement 16 ans une maîtrise de droit civil et canonique. Il était l’avocat le plus brillant du barreau de Naples : pendant huit ans il gagna toutes les causes qu’il défendit.
Toutefois, dans son âme assoiffée de Dieu et désireuse de perfection, le Seigneur le conduisait à comprendre que la vocation à laquelle il l’appelait était une autre. En effet, en 1723, indigné par la corruption et l’injustice qui viciaient le milieu juridique, il abandonna sa profession — et avec elle la richesse et le succès — et il décida de devenir prêtre, malgré l’opposition de son père.
Il eut d’excellents maîtres, qui l’initièrent à l’étude de l’Ecriture Sainte, de l’histoire de l’Eglise et de la mystique. Il acquit une vaste culture théologique, qu’il mit à profit quand, quelques années plus tard, il entreprit son œuvre d’écrivain.
Il fut ordonné prêtre en 1726 et il se lia, pour l’exercice de son ministère, à la Congrégation diocésaine des Missions apostoliques. Alphonse commença une action d’évangélisation et de catéchèse dans les couches les plus humbles de la société napolitaine, auxquelles il aimait prêcher, et qu’il instruisait sur les vérités fondamentales de la foi. Un grand nombre de ces personnes, pauvres et modestes, auxquelles il s’adressait, s’adonnaient souvent aux vices et accomplissaient des actes criminels. Il leur enseignait avec patience à prier, les encourageant à améliorer leur façon de vivre. Alphonse obtint d’excellents résultats : dans les quartiers les plus misérables de la ville se multipliaient les groupes de personnes qui, le soir, se réunissaient dans les maisons privées et dans les échoppes, pour prier et pour méditer la Parole de Dieu, sous la direction de plusieurs catéchistes formés par Alphonse et par d’autres prêtres, qui rendaient visite régulièrement à ces groupes de fidèles. Quand, suivant le désir de l’archevêque de Naples, ces réunions furent tenues dans les chapelles de la ville, elles prirent le nom de « chapelles du soir ». Elles furent de véritables sources d’éducation morale, d’assainissement social, d’aide réciproque entre les pauvres : les vols, les duels, la prostitution finirent presque par disparaître.

Même si le contexte social et religieux de l’époque de saint Alphonse étaient bien différent du nôtre, les « chapelles du soir » apparaissent comme un modèle d’action missionnaire auquel nous pouvons nous inspirer également aujourd’hui pour une « nouvelle évangélisation », en particulier des plus pauvres, et pour construire une coexistence humaine plus juste, fraternelle et solidaire. Une tâche de ministère spirituel est confiée aux prêtres, alors que des laïcs bien formés peuvent être des animateurs chrétiens efficaces, un authentique levain évangélique au sein de la société.

Après avoir pensé partir pour évangéliser les peuples païens, Alphonse, à l’âge de 35 ans, entra en contact avec les paysans et les pasteurs des régions intérieures du royaume de Naples et, frappé par leur ignorance religieuse et par l’état d’abandon dans lequel ils se trouvaient, il décida de quitter la capitale et de se consacrer à ces personnes, qui étaient pauvres spirituellement et matériellement.
En 1732, il fonda la Congrégation religieuse du Très Saint Rédempteur, qu’il plaça sous la protection de l’évêque Tommaso Falcoia, et dont par la suite il devint lui-même le successeur.
Ces religieux, guidés par Alphonse, furent d’authentiques missionnaires itinérants, qui atteignaient aussi les villages les plus reculés en exhortant à la conversion et à la persévérance dans la vie chrétienne, en particulier au moyen de la prière. Aujourd’hui encore les Rédemptoristes, présents dans de nombreux pays du monde, avec de nouvelles formes d’apostolat, continuent cette mission d’évangélisation. Je pense à eux avec reconnaissance, en les exhortant à être toujours fidèles à l’exemple de leur saint fondateur.

Estimé pour sa bonté et pour son zèle pastoral, en 1762 Alphonse fut nommé évêque de Sant’Agata dei Goti, un ministère qu’il quitta en 1775 avec l’autorisation du Pape Pie VI, à la suite des maladies dont il était atteint.
Ce même Pape, en 1787, en apprenant la nouvelle de sa mort, qui eut lieu après de grandes souffrances, s’exclama : « C’était un saint ! ». Et il ne se trompait pas : Alphonse fut canonisé en 1839, et en 1871 il fut déclaré Docteur de l’Eglise.
Ce titre lui convient pour de nombreuses raisons. Tout d’abord parce qu’il a proposé un riche enseignement de théologie morale, qui exprime de manière adaptée la doctrine catholique, au point qu’il fut proclamé par le Pape Pie XII « Patron de tous les confesseurs et moralistes ». A son époque, s’était diffusée une interprétation très rigoriste de la vie morale également en raison de la mentalité janséniste qui, au lieu d’alimenter la confiance et l’espérance dans la miséricorde de Dieu, fomentait la peur et présentait un visage de Dieu revêche et sévère, bien éloigné de celui que nous a révélé Jésus. Saint Alphonse, en particulier dans son œuvre principale intitulée Théologie morale, propose une synthèse équilibrée et convaincante entre les exigences de la loi de Dieu, gravée dans nos cœurs, pleinement révélée par le Christ et interprétée de manière faisant autorité par l’Eglise, et les dynamismes de la conscience et de la liberté de l’homme, qui précisément dans l’adhésion à la vérité et au bien permettent la maturation et la réalisation de la personne. Alphonse recommandait aux pasteurs d’âmes et aux confesseurs d’être fidèles à la doctrine morale catholique, en assumant, dans le même temps, une attitude charitable, compréhensive, douce, pour que les pénitents puissent se sentir accompagnés, soutenus, encouragés dans leur chemin de foi et de vie chrétienne. Saint Alphonse ne se lassait jamais de répéter que les prêtres sont un signe visible de la miséricorde infinie de Dieu, qui pardonne et illumine l’esprit et le cœur du pécheur afin qu’il se convertisse et change de vie. A notre époque, où on voit de clairs signes d’égarement de la conscience morale et — il faut le reconnaître — un certain manque d’estime envers le sacrement de la confession, l’enseignement de saint Alphonse est encore de grande actualité.

A côté des œuvres de théologie, saint Alphonse rédigea de très nombreux écrits, destinés à la formation religieuse du peuple. Le style est simple et plaisant. Lues et traduites dans un grand nombre de langues, les œuvres de saint Alphonse ont contribué à façonner la spiritualité populaire des deux derniers siècles. Certaines d’entre elles sont des textes à lire avec un grand intérêt encore aujourd’hui, comme Les Maximes éternellesLes gloires de MarieLa pratique d’amour envers Jésus Christ, une œuvre — cette dernière — qui représente la synthèse de sa pensée et son chef-d’œuvre. Il insiste beaucoup sur la nécessité de la prière, qui permet de s’ouvrir à la Grâce divine pour accomplir quotidiennement la volonté de Dieu et poursuivre la sanctification personnelle.
Au sujet de la prière, il écrit : « Dieu ne refuse à personne la grâce de la prière, par laquelle on obtient l’aide pour vaincre les concupiscences et les tentations. Et je dis, et je réponds et je répondrai toujours, tant que j’aurai vie, que tout notre salut réside dans la prière ». De là vient son célèbre axiome : « Qui prie se sauve » (Grand moyen de la prière et opuscules semblables. Œuvres ascétiques II, Rome 1962, p. 171). Il me revient à l’esprit, à cet égard, l’exhortation de mon prédécesseur, le vénérable serviteur de Dieu Jean-Paul II : « Nos communautés chrétiennes doivent devenir d’authentiques “écoles” de prière… Il faut alors que l’éducation à la prière devienne en quelque sorte un point déterminant de tout programme pastoral » (Lett. ap. Novo Millennio ineunte, nn. 33.34).

Parmi les formes de prière conseillées avec ferveur par saint Alphonse se détache la visite au Très Saint Sacrement ou, comme nous l’appellerions aujourd’hui, l’adoration, brève ou prolongée, personnelle ou communautaire, devant l’Eucharistie. « Assurément — écrit Alphonse — parmi toutes les dévotions celle d’adorer Jésus sacrement est la première après les sacrements, la plus chère à Dieu, et celle qui nous est la plus utile… Oh, quel délice d’être devant un autel plein de foi… et lui présenter nos nécessités, comme fait un ami avec un autre ami intime !» (Visites au Saint Sacrement et à la Sainte Vierge pour chaque jour du mois. Introduction).
La spiritualité alphonsienne est en effet éminemment christologique, centrée sur le Christ et son Evangile. La méditation du mystère de l’Incarnation et de la Passion du Seigneur sont fréquemment l’objet de sa prédication. Dans ces événements en effet la Rédemption est offerte « copieusement » à tous les hommes.
Et précisement parce qu’elle est christologique, la piété alphonsienne est aussi absolument mariale. D’une grande dévotion pour Marie, il en illustre le rôle dans l’histoire du salut : associée à la Rédemption et Médiatrice de grâce, Mère, Avocate et Reine. En outre, saint Alphonse affirme que la dévotion à Marie nous sera d’un grand réconfort au moment de notre mort. Il était convaincu que la méditation sur notre destin éternel, sur notre appel à participer pour toujours à la béatitude de Dieu, tout comme sur la tragique possibilité de la damnation, contribue à vivre avec sérénité et engagement, et à affronter la réalité de la mort en conservant toujours toute sa confiance dans la bonté de Dieu.

Saint Alphonse de Liguori est un exemple de pasteur zélé, qui a conquis les âmes en prêchant l’Evangile et en administrant les sacrements, s’unissant à une façon d’agir marquée par une bonté sereine et douce, qui naissait de l’intense rapport avec Dieu, qui est la Bonté infinie. Il a eu une vision à la fois réaliste et optimiste des ressources de bien que le Seigneur donne à chaque homme et il a donné importance aux élans et aux sentiments du cœur, ainsi qu’à ceux de l’esprit, pour pouvoir aimer Dieu et son prochain.

En conclusion, je voudrais rappeler que notre saint, de manière analogue à saint François de Sales — dont j’ai parlé il y a quelques semaines — insiste pour nous dire que la sainteté est accessible à chaque chrétien : « Le religieux comme religieux, le séculier comme séculier, le prêtre comme prêtre, le mari comme mari, le marchand comme marchand, le soldat comme soldat, et ainsi de suite pour tout autre statut » (La pratique de l’amour envers Jésus Christ. Œuvres ascétiques I, Rome 1933, p. 79).
Rendons grâce au Seigneur qui, avec sa Providence, suscite des saints et des docteurs en des lieux et en des temps différents, qui parlent le même langage pour nous inviter à croître dans la foi et à vivre avec amour et avec joie notre être chrétiens dans les actions simples de chaque jour, pour avancer sur le chemin de la sainteté, sur la route vers Dieu et vers la joie véritable. Merci.

châsse de Saint Alphonse-Marie de Ligori

Châsse de Saint Alphonse-Marie de Liguori
(Pagani – Campanie)

2020-92. Mardi 11 août 2020 : fête de Sainte Philomène au Mesnil-Marie.

palmes

Nous faisons chaque jour l’expérience de la puissance protection et de la très efficace intercession de Sainte Philomène, céleste protectrice du Refuge Notre-Dame de Compassion en second, après la Très Sainte Mère des Douleurs.
Nous constatons aussi avec émerveillement et action de grâces combien elle se plaît à exaucer les prières de ceux qui viennent la prier au Mesnil-Marie.
Voilà pourquoi, cette année encore, nous vous invitons à célébrer sa fête avec nous.

Gisant de Sainte Philomène au Mesnil-Marie - détail

Mardi 11 août 2020

Fête de Sainte Philomène

Programme :

- 10 h – 11 h : possibilité de confessions
- 11 h précises : Sainte Messe de la fête de Sainte Philomène
(célébrée évidemment dans le rite latin traditionnel)

- Repas tiré du sac (apporter autant que possibles vos sièges pliants – merci !)
- 15 h  : chapelet et vénération de la relique de Sainte Philomène

Attention ! Remarques importantes :
- En raison du contexte particulier lié à la crise sanitaire et à aux contraintes imposées par le pouvoir politique – et même si le Mesnil-Marie est une propriété privée et non un « lieu public » -, la Sainte Messe sera célébrée sous une grande tente (nous avons pu remplacer le barnum qui a été grandement endommagé par la tempête à la mi-juin, cf. > ici), apprêtée dignement pour cette célébration.
- Afin de prévoir un aménagement conforme aux recommandations de distanciation, nous invitons avec une certaine insistance les personnes qui souhaitent venir à la Messe à nous prévenir (en utilisant le formulaire de contact > ici, ou bien par téléphone).
- Des bancs seront disposés sous cette tente, mais nous recommandons en outre à ceux qui ne souhaitent pas s’agenouiller directement sur l’herbe d’apporter un coussin ou un linge qu’ils pourront poser au sol devant eux.

Préparation spirituelle à la fête de Sainte Philomène :
Que vous puissiez être présents physiquement ou que vous ne le puissiez pas, nous vous invitons quoi qu’il en soit à préparer la fête de Sainte Philomène par une neuvaine, du dimanche 2 au lundi 10 août.
Pour cette neuvaine, nous vous proposons les prières publiées > ici.

Reliquaire de Sainte Philomène au Mesnil-Marie

2020-86. A l’occasion de la fête de Saint Henri, Sa Majesté le Roi Louis XX met en valeur son prédécesseur Henri V et souligne la justesse et l’actualité de son attitude.

15 juillet 2020,
Fête du Saint-Sépulcre de NSJC (cf. > ici),
Commémoraison de Saint Henri, empereur et confesseur ;
Commémoraison de Saint Basile (Vladimir), prince de Kiev, confesseur « égal aux Apôtres ».

St Henri - détail d'un vitrail de l'église Sainte Marie-Madeleine - Gennevilliers

Saint Henri
(détail d’un vitrail de l’église Sainte Marie-Madeleine de Genevilliers)

Lundi 13 juillet, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, a publié, sur les réseaux sociaux, le message suivant, à l’occasion de la fête de Saint Henri (date à laquelle il est fêté dans le calendrier réformé, car dans le calendrier traditionnel sa fête est célébrée au 15 juillet), fête patronale de son troisième fils, Monseigneur le duc de Touraine.
Voici le texte de ce message qui va bien au-delà de simples vœux de fête à un enfant : la Saint-Henri n’est finalement ici qu’un prétexte pour délivrer un message d’une portée politique absolument remarquable, sur laquelle nous reviendrons.
Nous nous permettons de reproduire en caractères gras les passages de ce texte qui nous paraissent particulièrement importants.

Le 13 juillet, l’Eglise catholique honore Saint Henri.
Au-delà de la pensée et des vœux que la Princesse Marie-Marguerite et moi-même adressons à notre troisième fils, cette fête me ramène au souvenir des rois qui ont porté ce prénom ponctuant l’histoire capétienne depuis le XIème siècle.
Je pense notamment au grand Henri IV, le premier monarque de la branche des Bourbons, mais aussi en cette année qui est celle du bicentenaire de sa naissance, au Comte de Chambord qui aurait dû devenir Henri V.

Peu de princes sont aussi méconnus que ce dernier et voient leur pensée pareillement travestie.
Pourtant, alors que la France se défait un peu plus chaque jour, que les Français sont toujours plus mis à la peine et voient leurs libertés chaque jour plus bafouées, la pensée de ce roi apparaît dans toute sa force et son originalité.
Le Comte de Chambord a refusé avec courage et abnégation de « couronner la Révolution ». Il avait déjà largement perçu les effets néfastes des nouvelles institutions basées sur un droit dévoyé au profit des majorités changeantes et pour lesquelles la souveraineté n’est plus un absolu.
Pour Henri V il était encore temps, par la restauration de la monarchie traditionnelle, de ne pas accepter les fausses valeurs issues d’idéologies qui ne mènent qu’à la mort et à la disparition de la société.
Le drapeau blanc était le signe de cette rupture nécessaire. Sans doute moins perceptible à son époque, cette rupture nécessaire est aujourd’hui d’une profonde actualité.
Pour Henri V, à la suite de tous les rois de France, la fonction royale avait d’abord pour mission de contribuer au bien commun sans lequel il n’y a pas d’avenir possible. Cela est toujours vrai.

Bonne fête de Saint Henri à tous.

Henri, comte de Chambord de jure Henri V

Henri V, dit « le Comte de Chambord »

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2020-85. Nous avons lu et nous avons aimé « Les Martyres d’Orange », par Alexis Neviaski.

9 juillet,
Fête des Bienheureuses Martyres d’Orange ;
Au couvent de Picpus, à Paris, la fête de Notre-Dame de Paix.
palmes
Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Dans les pages de ce blogue (très précisément > ici), feu le Maître-Chat Lully avait déjà succinctement évoqué les trente-deux religieuses guillotinées à Orange du 6 au 26 juillet 1794 : religieuses appartenant à plusieurs Ordres monastiques, mais pour le plus grand nombre Religieuses du Très Saint-Sacrement (appelées de ce fait « Sacramentines »), et provenant de plusieurs monastères ou couvents du Comtat ou de Provence.
Toutes furent jugées et exécutées à Orange, d’où le nom de « Martyres d’Orange » qui leur est habituellement donné.
Liturgiquement, on parle de la Bienheureuse Madeleine de la Mère de Dieu et de ses trente-et-une compagnes, vierges et martyres.

Cette année 2020 est celle du 95ème anniversaire de leur béatification (qui fut célébrée à Rome le 10 mai 1925), et nous nous réjouissons grandement de ce que, depuis plusieurs mois déjà, leur cause de canonisation a été réactivée par l’archidiocèse d’Avignon.

C’est dans la nouvelle dynamique insufflée à leur culte que les éditons Artège ont publié il y a quelques mois (novembre 2019), un nouvel ouvrage intitulé « Les Martyres d’Orange », que nous avons lu avec le plus grand intérêt et (en particulier parce que d’autres ouvrages plus anciens sont aujourd’hui difficiles à trouver) que nous nous permettons de recommander à nos amis.

Nous émettons seulement une réserve pour la postface, dont la lecture ne présente de toute manière pas grand intérêt, car sa creuse redondance semble vouloir à tout prix et à n’importe quel prix en profiter pour nous refourguer un concile vaticandeux et ses pseudo-prophètes, qui n’ont pas grand’chose à voir avec le très édifiant martyre de ces religieuses qui n’eussent sans aucun doute pas davantage souscrit à « Gaudium et Spes » et à « Dignitatis humanae » qu’elles ne le firent au serment de « liberté-égalité » !

Cela mis à part, le corps de l’ouvrage est un bon résumé de ce que fut la réalité de la révolution et nous fait entrer dans la très belle histoire de ces martyres, racontée dans un style alerte et vivant qui nous les rend extraordinairement proches et attachantes.

Vous trouverez donc ci-dessous, pour achever cette rapide présentation, le texte de la « quatrième de couverture » et une brève notice sur leur auteur que, à plusieurs détails significatifs dans la lecture de cet ouvrage, l’on comprend familier de la pratique de la liturgie latine traditionnelle : la liturgie intensément vécue et aimée des ces moniales exemplaires.

Les Bienheureuses Martyres d'Orange au pied de l'échafaud

Quatrième de couverture :

Le rideau s’ouvre en 1788 : une nouvelle supérieure vient d’être élue au monastère du Saint-Sacrement de Bollène. Madeleine de la Fare, en religion Sœur du Coeur du Marie, est une femme de caractère. Et il en faudra pour mener la communauté à travers la tourmente révolutionnaire qui s’annonce…

Bientôt rattachées à la France, les terres pontificales du Comtat Venaissin sont touchées par les lois qui persécutent l’Église, et somment les religieuses d’apostasier. Mais celles-ci répondent : « La loi humaine ne peut me commander des choses opposées à la loi divine.» En refusant de prêter le serment de « liberté-égalité » devant la commission populaire d’Orange, elles savent leur mort certaine. Cependant, aucune des détenues n’hésite et leur courage édifie jusque sur l’échafaud.

Les 32 martyres d’Orange ont été béatifiées en 1925. Alors que s’ouvre leur procès de canonisation, ces religieuses témoignent de la fécondité de l’attachement au Christ envers et contre tout. Disposant de sources parfois inédites, Alexis Neviaski nous entraîne dans une fresque historique captivante, qui fera référence sur ces héroïnes de la Révolution.

Les martyres d'Orange - Alexis Neviaski

L’auteur :
Conservateur général du patrimoine, Alexis Neviaski est docteur en histoire. Son dernier livre, « Le père Jacques. Carme, éducateur, résistant », est paru chez Tallandier en 2015.
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