Archive pour la catégorie 'Nos amis les Saints'

2010-23. Dimanche de la Sainte Trinité 1610 : fondation de l’Ordre de la Visitation.

Voici ce qu’on peut lire dans le coutumier des Religieuses de la Visitation Sainte-Marie: « La fête de la Sainte Trinité, jour auquel Dieu donna commencement à la Congrégation en l’an 1610…« 

Sainte Trinité 1610 : Saint François de Sales remet à la baronne de Chantal le livre de la Règle

Nous avons évoqué > ici , l’ouverture de l’année jubilaire du 4ème centenaire de la fondation de l’Ordre de la Visitation. Si le 6 juin de cette année 2010 en est bien l’anniversaire exact selon les éphémérides, les anciens livres de la Congrégation célèbrent à deux reprises la mémoire de cet évènement a) en l’associant à la fête de la Très Sainte Trinité, puis b) à la date du 6 juin (puisque le 6 juin 1610 était cette année-là celui du dimanche de cette fête), jour qui doit être chômé dans la Congrégation lorsqu’il tombe en semaine.

Initialement, Saint François de Sales et Sainte Jeanne-Françoise de Chantal avaient choisi la date hautement symbolique du dimanche de Pentecôte, 30 mai 1610, mais divers contretemps les obligèrent à sursoir d’une semaine. C’est ainsi que l’ouverture du premier monastère de l’ordre fut définitivement fixée au dimanche de la Sainte Trinité, qui coïncidait avec la fête de Saint Claude. Ce ne fut pas sans frapper Madame de Chantal qui se rappela qu’au tout début de sa rencontre avec le saint évêque de Genève, elle avait entendu dans un songe une voix mystérieuse qui lui annonçait son « entrée au repos des enfants de Dieu » par la « porte de Saint Claude » : la divine Providence avait de toute évidence prévu et voulu ce délai.

Le matin du dimanche 6 juin 1610 donc, Madame de Chantal et ses deux premières compagnes – Mesdemoiselles Favre et de Bréchard -, vinrent dans l’oratoire de l’évêché : elles y assistèrent à la Messe de Monseigneur et communièrent de sa main. Elles passèrent ensuite une partie du dimanche soit à prier dans les église d’Annecy, soit à visiter des familles pauvres. Elles soupèrent à l’évêché avec Monseigneur et ses frères, le chanoine Jean-François et les seigneurs Louis et Bernard de Sales. En sortant de table, on passa à l’oratoire.

« Vous êtes bien heureuses, vous que le Seigneur a sauvées, dit Monseigneur aux trois femmes agenouillées devant lui. Ayez un très grand et très humble courage, Dieu sera votre Dieu! » Puis il remit à Madame de Chantal l’ébauche de la Règle : « Suivez ce chemin, ma très chère fille, et le faites suivre à celles que le Ciel a destinées pour suivre vos traces« . Enfin, les yeux levés, il les bénit toutes les trois « au Nom du Père tout-puissant qui les attirait, du Fils éternelle Sagesse qui les régissait et du Saint-Esprit qui les animait de ses amoureuses flammes« .

Par cette belle et longue soirée dominicale, les promeneurs se dirigeaient en grand nombre vers la rive du lac. Ils s’arrêtèrent pour contempler un spectacle sans exemple : sur les neuf heures, la baronne de Chantal avait quitté l’évêché – donnant le bras à son gendre Bernard de Sales, frère puiné du saint évêque -, suivie de mesdemoiselles Jacqueline Favre et Charlotte de Bréchard, qu’entouraient le chanoine Jean-François et le seigneur Louis de Sales ainsi qu’un groupe d’amis, heureux de témoigner de leur sympathie à l’oeuvre naissante. Un murmure de louanges parcourut le peuple et des acclamations retentirent.

A la maison de la Galerie, Jacqueline Coste, déjà en fonction sous son costume de servante (en effet les Soeurs tourières porteront pendant longtemps l’habit ordinaire des domestiques de ce temps), ouvrit la porte aux arrivantes. Après s’être recueillies dans la petite chapelle, les nouvelles Religieuses montèrent dans leurs chambres. Jeanne-Françoise de Chantal s’écria alors : « Voici le lieu de nos délices et de notre repos! » A trois reprises elle entonna le Gloria Patri que ses compagnes chantèrent avec elle. Ensuite elle embrassa cordialement ses deux soeurs en religion qui, à genoux, firent entre ses mains promesse de fidèle obéissance. La prière du soir achevée, la Mère de Chantal – ce sera désormais son nom – lut à ses filles la Sainte Règle ; et dès lors – note la Mère de Chaugy dans ses mémoires – « le petit volume de cette grande loi ne bougea de sa bouche« .

Le lendemain matin, au lever, toutes trois revêtirent leur costume de noviciat : robe noire, collet blanc, bandeau noir au front, coiffe de taffetas noir nouée sous le menton, qu’elle garderont jusqu’au jour de leur profession où alors à proprement parler elles prendront le voile. Elles se mirent en oraison dans leur chapelle où, à huit heures, Monseigneur vint dire la Messe et établit la clôture. Il déclara qu’il n’avait plus désormais devant lui ni dame ni demoiselles, mais une Mère qui vivait parmi des Soeurs. Et l’on rapporte qu’en rentrant à l’évêché il dit à ses frères avec un sourire empreint d’une innocente malice : « Vraiment, nos dames n’ont pas pris une coiffure à leur avantage« …

(d’après Monseigneur Francis Trochu)

Lire aussi ici « les préludes à la fondation de l’Ordre de la Visitation », en cliquant > ici.

Publié dans:De liturgia, Memento, Nos amis les Saints |on 29 mai, 2010 |1 Commentaire »

Prière et litanies en l’honneur de Sainte Philomène.

Prière en l’honneur de Sainte Philomène:

Sainte Philomène, glorieuse vierge et invincible martyre, vous qui avez enduré sans faiblir de nombreux et terribles tourments, et qui avez préféré répandre votre sang plutôt que de renier la Foi véritable et l’Amour du Christ notre divin Rédempteur, obtenez à ceux qui vous invoquent avec confiance une Foi plus vive, une Espérance plus ferme et une plus ardente Charité.

Daignez intercéder pour moi et me procurer aide et assistance dans les nécessités de cette vie. Je vous prie en particulier de m’obtenir la grâce de …… , si cette requête est conforme au bien de mon âme et contribue à la gloire de Dieu.

Je vous demande votre secours et l’appui de vos prières pour que, servant Notre-Seigneur Jésus-Christ avec toujours plus de fidélité en cette vie passagère, et soutenu par votre assistance à l’heure de la mort, je puisse, auprès de vous, de Notre-Dame et de tous les Saints, avoir le bonheur de Le contempler, de Le louer et de L’aimer pour toute l’éternité.

Ainsi soit-il.

(prière composée par Frère Maximilien-Marie, reproduction autorisée à condition d’en indiquer la source)

Statue de Sainte Philomène vénérée au Mesnil-Marie

Statue de Sainte Philomène vénérée au Mesnil-Marie.

Litanies de Sainte Philomène :

(pour la récitation privée)

Seigneur, ayez pitié de nous (bis)

Jésus-Christ, ayez pitié de nous (bis)

Seigneur, ayez pitié de nous (bis)

Jésus-Christ, écoutez nous (bis)

Jésus-Christ, exaucez nous (bis)

Père céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous

Fils Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous

Esprit-Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous

Trinité Sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous

Sainte Marie , Reine des Vierges, priez pour nous

Sainte Philomène, vierge sage, priez pour nous

Sainte Philomène, vierge fidèle, priez pour nous

Sainte Philomène, vierge digne de toutes louanges, priez pour nous

Sainte Philomène, lis parmi les épines, priez pour nous

Sainte Philomène, émule des anges, priez pour nous

Sainte Philomène, miroir de véritable piété, priez pour nous

Sainte Philomène, prodige d’innocence et de sainteté, priez pour nous

Sainte Philomène, prodige de patience dans les tourments, priez pour nous

Sainte Philomène, modèle de toutes les vertus, priez pour nous

Sainte Philomène, victorieuse des tyrans, priez pour nous

Sainte Philomène, modèle des vierges, priez pour nous

Sainte Philomène, appui des orphelins, priez pour nous

Sainte Philomène, consolation des cœurs affligés, priez pour nous

Sainte Philomène, que les malades aiment à invoquer, priez pour nous

Sainte Philomène, protectrice de tous ceux qui vous honorent, priez pour nous

Sainte Philomène, gloire de Jésus-Christ votre divin Epoux, priez pour nous


Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez nous Seigneur

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez nous, Seigneur

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous

V/ Priez pour nous, Vierge sainte et illustre Martyre

R/ Afin que nous devenions dignes des promesses de Jésus-Christ.

Oraison :

Daignez Seigneur Jésus, nous faire trouver, dans la protection de sainte Philomène, les secours que réclame notre indigence, afin que nous recevions par son intercession, les grâces dont vous êtes la source et qui nous sont nécessaires pour arriver à la sainteté. Nous vous en supplions, ô Dieu qui vivez et régnez dans les siècles de siècles.

Ainsi soit-il.

Faire un don en l’honneur de Sainte Philomène pour l’aménagement et l’entretien de la Crypte en son honneur au « Mesnil-Marie » >

Prière et  litanies en l'honneur de Sainte Philomène. dans Nos amis les Saints btn_donateCC_LG

Publié dans:Nos amis les Saints, Prier avec nous |on 15 mai, 2010 |5 Commentaires »

2010-19. « Le plus riche patrimoine de notre nation, la première de nos gloires et la première de nos nécessités sociales, c’est notre sainte religion… »

8 mai…

Le 8 mai 1429, Sainte Jeanne d’Arc fit son entrée triomphale dans la ville d’Orléans dont elle avait fait lever le siège mené depuis plusieurs mois par les troupes anglaises.
Cette date marque le renouveau de l’espérance pour les peuples de la France envahie, humiliée, désemparée… Chaque année, les fêtes johanniques d’Orléans célèbrent le souvenir de ce haut fait et du retentissement qu’il eut par tout le Royaume.

Le 24 juin 1920 – quelques semaines après la canonisation de Jehanne (16 mai 1920) – à l’initiative de Joseph Fabre, une loi fut adoptée qui instituait le deuxième dimanche du mois de mai comme fête nationale de Sainte Jeanne d’Arc.
Aussi lorsque en 1922 le Pape Pie XI la déclara patronne de la France en second (expression qui est préférable à celle de « patronne secondaire ») - la patronne principale étant Notre-Dame de l’Assomption – , la fête liturgique de Sainte Jeanne d’Arc (le 30 mai) devint une fête qui, dans toute la France, se devait d’avoir une célébration reportée au dimanche. La solennité en fut alors naturellement fixée non pas au dimanche qui suivait le 30 mai, mais également au deuxième dimanche de mai pour la faire correspondre à la fête nationale.

Nous ne pouvons que déplorer et réprouver la manière dont, dans le calendrier liturgique réformé, la célébration de la fête de Sainte Jeanne d’Arc a été rétrogradée par les instances épiscopales françaises au mépris de toutes les règles liturgiques, pour des raisons qui semblent tout à fait idéologiques. Le tristement célèbre Pierre Cauchon, vendu à l’envahisseur et ennemi de la légitimité dynastique, aurait-il eu une descendance dans les évêques du XXème siècle ?

Pour marquer la célébration de la fête nationale et la solennité de Sainte Jeanne d’Arc, je livre aujourd’hui à votre méditation ces lignes extraites de l’éloge de Jeanne d’Arc (elle n’était alors même pas béatifiée) prononcé dans la cathédrale Sainte-Croix d’Orléans le 8 mai 1844 par Monseigneur Louis-Edouard Pie, qui n’était encore que vicaire général du diocèse de Chartres, et deviendrait quelques années plus tard évêque de Poitiers.

2010-19. « Le plus riche patrimoine de notre nation, la première de nos gloires et la première de nos nécessités sociales, c'est notre sainte religion... » dans Lectures & relectures lenepveujeannedarcausigedorlanscopie

« Souffrez qu’en face des autels, je proclame ces grands principes qui seront toujours compris en France : que c’est la justice qui élève les nations, et que c’est le péché qui les fait descendre dans l’abîme ; qu’il est une Providence sur les peuples, et qu’en particulier il est une Providence pour la France ; Providence qui ne lui a jamais manqué, et qui n’est jamais plus près de se manifester avec éclat que quand tout semble perdu et désespéré ; que le plus riche patrimoine de notre nation, la première de nos gloires et la première de nos nécessités sociales, c’est notre sainte religion catholique, et qu’un Français ne peut abdiquer sa foi sans répudier tout le passé, sans sacrifier tout l’avenir de son pays.

(…) Jehanne d’Arc est de Dieu ; elle est l’envoyée de Dieu ; elle n’a cessé de le dire. Et quel Français se sentirait le triste courage de nier le témoignage des paroles de Jehanne, si magnifiquement confirmé par le témoignage de ses oeuvres et par le témoignage de sa vie et de sa mort? Et cela pour ne pas vouloir reconnaître cette vérité si consolante, savoir : que Dieu aime la France et qu’au besoin il la sauve par des miracles.

« Prince de Bourgogne, écrivait Jehanne à l’ennemi de son Roi, je vous fais asçavoir de par le Roy du Ciel, pour votre bien et votre honneur, que vous ne gaignerez point bataille à l’encontre des loyaulx Françoys et tous ceux qui guerroyent contre le Roy Jhésus, Roy du Ciel et de tout le monde ; s’il vous plaît aguerroyer, allez sur le Sarrazin.« 

Vous l’entendez, Messieurs, le saint royaume de France, le royaume des loyaux Français, c’est le royaume de Dieu-même ; les ennemis de la France, ce sont les ennemis de Jésus. Oui, Dieu aime la France, parce que Dieu aime son Eglise, rapporte tout à son Eglise, à cette Eglise qui traverse les siècles, sauvant les âmes et recrutant les légions de l’éternité ; Dieu, dis-je, aime la France, parce qu’il aime son Eglise, et que la France, dans tous les temps, a beaucoup fait pour l’Eglise de Dieu. Et nous, Messieurs, si nous aimons notre pays, si nous aimons la France, et certes nous l’aimons tous, aimons notre Dieu, aimons notre foi, aimons l’Eglise notre Mère, la nourrice de nos pères et la nôtre.

Le Français, on vous le dira du couchant à l’aurore, son nom est CHRETIEN, son surnom CATHOLIQUE. C’est à ce titre que la France est grande parmi les nations ; c’est à ce prix que Dieu la protège, et qu’il la maintient heureuse et libre. Et si vous voulez savoir en un seul mot toute la philosophie de son histoire, la voici : « Et non fuit qui insultaret populo isti, nisi quando recessit a cultu Domini Dei sui : et il ne s’est trouvé personne qui insultât ce peuple, sinon quand il s’est éloigné du Seigneur son Dieu » (Judith V, 17). »

blasonjdarc dans Memento

Voir aussi le discours du Cardinal Eugenio Pacelli sur la Vocation de la France, prononcé dans la chaire de Notre-Dame de Paris le 13 juillet 1937 > ici.

Prière (pour neuvaine) et cantique en l’honneur de Sainte Jeanne d’Arc > ici.

2010-15. Une semaine marquée par les pèlerinages avant d’entrer dans la Semaine Sainte.

Samedi soir 27 mars 2010.

Chers Amis du « Refuge Notre-Dame de Compassion« ,

Avant d’entrer dans la Semaine Sainte, je veux vous relater les évènements  de ces derniers jours en notre « Mesnil-Marie« .  Ma chronique de ce soir sera très illustrée : j’espère que vous ne vous en plaindrez pas! Et pour commencer laissez-moi vous offrir nos toutes premières fleurs : des crocus qui ont fait surgir de la terre une touche de soleil le 21 mars.

Nos premiers crocus

Nous nous sommes vraiment réjouis de ce signe évident de l’arrivée du printemps et tout au long de la semaine qui vient de s’écouler nous avons assisté, émerveillés, à la  floraison des violettes ainsi qu’à la croissance très rapide des pousses de jonquilles et de tulipes. Nous sommes impatients, après ce long hiver, de voir leurs vives couleurs éclater sous les rayons du soleil!

Depuis ma dernière chronique (cf.> www), notre actualité a été très marquée par les grandes fêtes de notre liturgie catholique. En effet il y a d’abord eu la fête de Saint Joseph, le vendredi 19 mars, et Frère Maximilien-Marie s’est rendu en pèlerinage au sanctuaire de Saint-Joseph de Bon Espoir, à Espaly-Saint-Marcel, près du Puy. Voici une vue générale de ce sanctuaire, surmonté par une énorme statue de Saint Joseph, puis un cliché pris dans la grotte-chapelle qui est à l’origine de ce pèlerinage (cliquer sur les vues pour les agrandir).

Sanctuaire Saint Joseph de Bon Espoir à Espaly saint-Marcel       Grotte chapelle de Saint Joseph de Bon Espoir

Les circonstances actuelles nous poussent bien sûr à prier très spécialement Saint Joseph à l’intention de notre Saint Père le Pape : Joseph est son prénom de baptême, ne l’oublions pas, et il a bien besoin que Saint Joseph, invoqué comme « Protecteur de la Sainte Eglise » (par décision du Bienheureux Pie IX le 8 décembre 1870), l’assiste et lui obtienne courage et force dans les attaques presque continuelles dont il est la cible…

Tout de suite après la fête de Saint Joseph, il y a eu l’entrée dans le temps de la Passion : avec Chlôris, nous avons aidé à recouvrir de voiles violets les croix, les statues et les icônes dans toute la maison.

En ce premier dimanche de la Passion, Frère Maximilien-Marie est parti de très bonne heure pour se rendre à Ars. Il y allait précisément ce dimanche parce qu’un groupe d’amis du Village d’Enfants de Riaumont y venait en pèlerinage depuis l’Artois et les Flandres, à l’occasion de l’année jubilaire du 150ème anniversaire de la mort du Saint Curé. C’est cet anniversaire qui a poussé notre Saint-Père le Pape a décréter pour toute l’Eglise une année sacerdotale (voir ici > www, et ici > www). C’était donc l’occasion pour notre Frère non seulement de se rendre dans les lieux sanctifiés par Saint Jean-Marie Vianney et d’y prier spécialement pour tous les prêtres qu’il connaît, mais aussi celle de retrouver un certain nombre de personnes pour lesquelles il a beaucoup d’estime et d’amitié et qu’il n’avait pas revues depuis longtemps en raison des centaines de kilomètres qui nous éloignent d’elles. Il a été très ému par la célébration de la Sainte Messe à l’autel où se trouve la châsse dans laquelle est conservée la dépouille mortelle du Saint Curé.

Messe à l'autel de la chasse du Saint Curé d'Ars

Et comme on ne peut pas parler de Saint Jean-Marie Vianney sans évoquer sa « chère petite Sainte » – comme il l’appelait avec une affectueuse émotion -, Frère Maximilien-Marie en a aussi profité pour photographier tout ce qui, à Ars, se rapporte au culte de Sainte Philomène, à laquelle nous nous intéressons beaucoup, vous vous en souvenez (cf.> www). Voici en particulier ci-dessous (cliquer sur les vignettes pour voir les photos en grand) un tableau en forme d’ex-voto qui relate la guérison miraculeuse du Saint Curé par Sainte Philomène, puis le bas-relief sculpté sur l’autel du Très Saint Sacrement représentant les anges sauvant Sainte Philomène de la noyade (remarquez aussi la mosaïque du marchepied de l’autel reproduisant l’inscription gravée sur les briques qui fermaient le loculus où l’on découvrit les reliques de Sainte Philomène dans les catacombes), et enfin l’autel de Sainte Philomène dans la chapelle latérale que Saint Jean-Marie Vianney fit édifier dans sa petite église.

Ex-voto de la guérison miraculeuse du Saint Curé d'Ars par Sainte Philomène       Sainte Philomène sauvée de la noyade par les anges - maître autel de la basilique d'Ars       Autel de Sainte Philomène dans l'église du Saint Curé d'Ars

Je vous parlerai un autre jour des travaux de notre Crypte Sainte Philomène : ils avancent tout doucement, en fonction des intempéries, parce que les maçons viennent y travailler surtout les jours de pluie puisque alors ils ne peuvent pas s’occuper des chantiers extérieurs.

Enfin, il y a eu la grande et belle fête de l’Annonciation de la Très Sainte Vierge : la cathédrale du Puy est placée sous ce vocable (et vous savez qu’il y a un jubilé particulier au Puy chaque fois que le 25 mars coïncide avec le Vendredi Saint). Jeudi soir, Frère Maximilien-Marie a donc participé à la procession aux flambeaux qui, derrière la Croix des Pénitents Blancs, montait vers la magnifique cathédrale où fut ensuite célébrée une belle et fervente Messe.

Montée de nuit vers la cathédrale du Puy       Départ de la procession avec les pénitents blancs       Notre-Dame du Puy

Hier, vendredi de la Passion, c’était la commémoraison solennelle de la compassion et des douleurs de Notre-Dame : je suis bien convaincu qu’un jour, lorsque le Refuge Notre-Dame de Compassion se sera développé et que la chapelle de Notre-Dame de Compassion aura été élevée de terre, cette célébration verra des pèlerins venir ici…

En terminant ma chronique de ce soir, permettez-moi de vous présenter un des rameaux que Frère Maximilien-Marie a préparé pour la bénédiction et la procession de demain.

Rameau prêt à être bénit

Je dois vous avouer que Chlôris et moi n’avons pas été très sages tandis que notre papa s’appliquait à entrelacer palmes et branches d’olivier : Chlôris – c’est bien une fille! – voulait absolument s’emparer des rubans tandis que moi j’ai voulu goûter et machouiller les feuilles de palmier, si bien que Frère Maximilien-Marie a dû élever la voix et faire les gros yeux!!!

Je vous souhaite à tous une très belle et très fervente Semaine Sainte, en accompagnant par beaucoup d’amour Notre-Seigneur Jésus-Christ dans les étapes de sa douloureuse Passion jusqu’à la gloire de sa Résurrection.

Lully.

2010-14. Le miracle de l’osier sanglant (25 mars 1649).

Jeudi 25 mars 2010.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Aujourd’hui, fête de l’Annonciation de la Bienheureuse Vierge Marie, nous avons un temps qui est à proprement parler épouvantable pour les chats : de très fortes rafales de vent du sud, qui ont commencé hier soir pendant les premières vêpres, nous ont amené de la pluie dont les grosses gouttes s’écrasent sur la façade du Mesnil-Marie. Pas question donc d’aller se promener à l’extérieur ni d’aller à la chasse aux mulots!
Voyant que je me morfondais, Frère Maximilien-Marie m’a  donné de la lecture : une histoire en rapport avec la fête de ce jour, celle de Notre-Dame de l’Osier. Cela m’a vivement intéressé et je vais à mon tour vous en faire le récit.

 * * * * * * *

Remontons dans le temps… jusqu’au premières années du règne de Louis XIV : nous voici au jeudi 25 mars 1649, aux Plantées, obscur village du mandement de Vinay, dans le diocèse de Grenoble. Ce hameau est situé à une lieue du bourg, une vingtaine de personnes y vivent parmi lesquelles Pierre Port-Combet. Pierre est huguenot tandis que son épouse Jeanne Pélion est catholique.

En ce temps-là, les grandes fêtes religieuses sont obligatoirement chômées par tout le Royaume : c’est le cas du 25 mars, fête de l’Annonciation de la Bienheureuse Vierge Marie.

Mais Pierre n’a que faire de cette grande fête mariale et, passant outre à la stricte défense du travail, malgré les supplications de son épouse, il prend sa serpette et entreprend de tailler l’amarinier (osier) qui se trouve devant sa maison.
Après quelques instants de labeur, il constate que sa serpette et ses vêtements sont couverts de sang. Croyant s’être blessé, il rentre chez lui et, aidé par Jeanne, se nettoie… Mais il ne se trouve point de blessure.
Accompagné de son épouse il retourne près de l’arbre, reprend son travail : l’un comme l’autre constatent alors que le sang coule des coupures de l’osier.
Un voisin qui passe est témoin de la scène. La rumeur de ce fait extraordinaire se répand.

Le miracle de l'osier sanglant

Pierre est poursuivi et condamné par la justice du Roi pour avoir bravé l’interdiction de travailler en ce jour de fête. Il sera ensuite interrogé par une commission d’enquête religieuse diligentée par Monseigneur Scarron, Prince-Evêque de Grenoble.

L’événement est jugé d’importance par les autorités religieuses, et il va largement dépasser les frontières de la région. Un an plus tard il fera même l’objet d’une publication dans la « Gazette parisienne » de Théophraste Renaudot (le père de nos journalistes), sous le titre « Nouvelle Extraordinaire ».
Les pèlerins commencent à venir prier autour de l’osier miraculeux.

Mars 1657 : huit années ont passé.
Ce matin-là, Pierre laboure son champ, au sud du hameau. Le dit hameau s’est déjà pourvu d’une chapelle… et de quelques estaminets !

Tandis donc qu’il est à son labour, Pierre est interpellé par une belle dame qu’il ne connaît pas mais qui va lui montrer qu’elle le connaît bien : elle l’interroge sur la fréquentation du petit sanctuaire, puis elle lui reproche sa religion et lui annonce une mort prochaine qu’elle « ne pourra protéger, s’il ne change pas ». Elle demande aussi des prières plus ferventes de la part de ceux qui viennent à la chapelle de l’Osier.

Quelques semaines plus tard Pierre tombe malade ; il comprend que sa fin est proche et se remémore le message et l’avertissement de la belle inconnue (« la plus belle créature qui se puisse jamais voir au monde » selon ses propres termes), il abjure les erreurs calvinistes et se convertit au catholicisme avant de mourir, le 21 août 1657.
Une croix et une chapelle sont alors érigées à l’emplacement de la rencontre avec la belle Dame.

L’apparition de 1657, la conversion de Pierre Port-Combet, les nombreux miracles attestés qui se produisent dans les semaines et les mois suivants, établissent la notoriété du sanctuaire. On y vient en pèlerinage de tout le diocèse mais aussi des provinces avoisinantes. En 1663, on ne dénombre pas moins de onze hôtels ou logis payant patente. Il y a jusqu’à dix prêtres résidant à l’Osier, mais leur conduite n’est pas toujours édifiante si bien qu’on en vient à les surnommer les « malandrins de l’Ozier » !!!

Devant les plaintes répétées des habitants et des pèlerins, Monseigneur Scarron vient y mettre bon ordre : dès 1664, les Augustins de Vinay sont appelés à remplacer les séculiers, ils prennent  sérieusement en charge le pèlerinage et construisent, entre 1668 et 1673, un grand couvent (qui sera malheureusement totalement détruit dans un incendie à Noël 1948).

Les miracles se succèdent au rythme des pèlerinages : 27 reconnus entre 1656 et 1660, 9 entre 1661 et 1670. Ainsi le sanctuaire, terre de miracles, va-t-il connaître plus de 100 ans d’une intense activité religieuse.

Le 18 novembre 1790, les moines Augustins sont chassés de l’Osier. La révolution, ici comme ailleurs, va bouleverser la vie du village. L’église est pillée, et bon nombre des objets de culte détruits. Les morceaux de la statue de la Vierge et les restes de l’osier sanglant sont cachés dans les bois par les habitants.
La Restauration verra le retour de quelques prêtres, mais le sanctuaire ne retrouvera pas sa fréquentation passée.

En 1830, Notre-Dame-de-l’Osier est érigée en paroisse. Puis, en 1834, la toute jeune Congrégation des Oblats de Marie Immaculée est appelée pour s’occuper du pèlerinage.
Les Oblats construisent l’Hospice de Bon-Rencontre en 1840 et créent une communauté d’Oblates chargée de l’hospitalité des pèlerins lors de leurs séjours à l’Osier. En 1841, ils ouvrent un noviciat qui recevra jusqu’à 70 pensionnaires par an. Cette maison de formation religieuse donnera à l’Afrique, aux Indes et à l’Amérique du Nord bon nombre de missionnaires.
La révolution de 1848 épargnera le sanctuaire.
En 1856, l’inauguration de la tour jointe à la chapelle de Bon-Rencontre (lieu d’apparition de la Vierge) attire 30 000 pèlerins. Le 17 mai 1858, les Pères Oblats posent la première pierre d’une nouvelle église, l’actuelle basilique, sur les plans d’Alfred Berruyer. Sa construction durera 10 ans, mais elle ne sera jamais terminée, faute d’argent ! Elle restera sans les flèches de ses clochetons et sans le campanile qui, sur sa droite, devait supporter les cloches. Inaugurée en 1868, consacrée le 8 septembre 1873, elle sera érigée en Basilique Mineure par Pie XI en 1924.

Basilique Notre-Dame de l'Osier

Les décrets de 1880 contre les congrégations religieuses, entraîneront, le 4 novembre, l’expulsion des Oblats de Marie Immaculé, mais, avec la complicité des habitants, ils resteront dans le village. La laïcisation de l’école communale, en 1895, les conduira à ouvrir une école libre, tenue par les soeurs de l’hospice. Après le vote de la loi contre les congrégations religieuses du 1er juillet 1901, le noviciat quittera définitivement l’Osier pour l’Italie : 62 générations, soit 1346 novices auront été formés à l’Osier, 542 resteront Oblats jusqu’à leur mort, 12 deviendront évêques, 3 supérieurs généraux, et un, Joseph Girard, sera canonisé. L’école libre sera fermée le 20 avril 1903, les soeurs expulsées. Les Oblats subiront le même sort le 16 juin 1903.

Le 27 juillet 1908, les Oblats reprennent possession du sanctuaire et redonnent au pèlerinage tout son éclat. En 1923, 10 000 pèlerins assistent au cinquantenaire du Couronnement de la Vierge.

De nouveaux miracles sont signalés : 8 sont recensés entre 1834 et 1939. Signalons particulièrement celui-ci, le dernier à avoir été officiellement enregistré : en 1915, Paul Brichet, de Saint-Jean-en-Royans, invalide de guerre, réformé pour rhumatismes articulaires contractés dans les tranchées, vient en pèlerinage à l’Osier, il repart guéri, laissant ses béquilles et un ex-voto en remerciement.

Aujourd’hui, le sanctuaire de Notre-Dame de l’Osier a malheureusement perdu beaucoup de sa notoriété : le modernisme, le rationalisme, le faux oecuménisme qui se sont introduits dans l’Eglise catholique au cours de la seconde moitié du XXe siècle ont contribué à laisser de côté cette apparition et le message de la Très Sainte Vierge demandant la conversion du huguenot… On ne peut donc que saluer les efforts actuels entrepris pour redonner vie au sanctuaire.

Bonne et fervente fête de l’Annonciation, chers Amis de notre Mesnil-Marie, et que notre très douce Mère céleste vous enveloppe de son manteau de grâces et vous bénisse, vous et tous ceux qui vous sont chers !

Lully.

2010-13. Des raisons pour lesquelles la crypte du Mesnil-Marie sera placée sous le vocable de Sainte Philomène.

Mercredi 17 mars 2010.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

J’ai commencé à vous parler hier des travaux en vue de la transformation de notre vieille cave voûtée en oratoire intérieur pour notre Mesnil-Marie (cf. > www). Vous le savez peut-être déjà, cet oratoire portera le nom de Crypte Sainte Philomène, et il me faut maintenant vous en expliquer les raisons.

L’essentiel de ce que je vais vous raconter concernant Sainte Philomène, je l’ai lu dans un excellent ouvrage que l’auteur, Monsieur Jean-Louis Picoche, a envoyé à Frère Maximilien-Marie avec une belle dédicace très amicale. Je ne peux que vous recommander chaleureusement d’acquérir et de lire vous aussi ce petit livre qui, dans un style simple et agréable, se présente comme une enquête très minutieuse et rigoureuse, sous la forme d’un dialogue entre un grand père et son petit fils.
Les ouvrages consacrés à Sainte Philomène qui ont été réédités en nos temps, ont en effet été originellement publiés entre 1890 et 1930,  et ils ne collent plus vraiment à l’actualité. Le livre de Jean-Louis Picoche est donc venu à point pour actualiser nos connaissances, pour mettre un terme aux polémiques que le mystère de la jeune martyre a pu soulever, et pour renforcer notre dévotion.

Sainte Philomène par Jean-Louis Picoche

Sainte Philomène (éditions Elor)

En 1802, on découvrit dans les catacombes de Sainte Priscille, à Rome, un loculus encore inviolé qui pouvait peut-être dater du premier siècle de notre ère. Trois plaques de terre cuite fermaient ce tombeau et portaient (en les remettant en ordre) l’inscription « Pax Tecum Filumena » (« Que la paix soit avec toi Philomène ») ainsi que les dessins d’une palme, d’une fleur, de deux ancres et de trois flèches. Les ossements retirés de cette tombe étaient ceux d’une personne très jeune, de sexe féminin ; l’inscription et les symboles gravés sur les plaques de terre cuite laissaient penser qu’il s’agissait d’une martyre, sans qu’on puisse rien ajouter de plus précis.
Dûment étiquetées, ces reliques furent enfermées dans une caissette et restèrent « en attente » dans un dépôt pendant près de trois années. En 1805, elles furent concédées au curé de Mugnano del Cardinale (petite ville située à  quelque 30 km de Naples) qui avait demandé au Saint-Siège des reliques pour son église.

Pax tecum Filumena

Fac similé des plaques de terre cuite fermant le loculus où les reliques furent découvertes

Or, dès le début du voyage au cours duquel ces reliques étaient transférées depuis Rome jusqu’à Mugnano del Cardinale, « la martyre dont on ne savait rien » commença à se manifester et à attirer l’attention non seulement des passagers de la diligence mais aussi des villages qu’elle traversait : une série de miracles, principalement des guérisons soudaines et inexpliquées, jalonnèrent sa route, si bien que son arrivée à Mugnano prit l’allure d’un cortège triomphal.
Le pèlerinage commença aussitôt et la réputation de Sainte Philomène se répandit comme une trainée de poudre.
Une religieuse napolitaine aurait alors fort opportunément reçu des révélations sur la vie de cette thaumaturge dont on ignorait tout… Cette biographie devint très populaire mais elle semble aujourd’hui peu satisfaisante.
Quoi qu’il en soit, la palme et les flèches gravées sur sa tombe attestent qu’il s’agit d’une martyre, de même que le flacon contenant du sang coagulé retrouvé avec les ossements. D’autre part l’avalanche de miracles prouve que l’intercession de Sainte Philomène est puissante auprès de Dieu, et que Celui-ci se plaît à accorder des grâces signalées, des guérisons prodigieuses et des miracles spectaculaires par l’intercession de cette jeune et « célèbre inconnue » !

Autel des reliques de Sainte Philomène à Mugnano del Cardinale

Autel des reliques de Sainte Philomène (Mugnano del Cardinale)

Le miracle le moins contestable est la guérison de Pauline Jaricot, fondatrice de l’œuvre de la Propagation de la Foi et du Rosaire vivant (on trouvera sa biographie ici > www).
En 1834, Pauline, qui a 35 ans, tombe très gravement malade ; son état est jugé désespéré par les médecins. La jeune femme a entendu parler de Sainte Philomène et des miracles qui ont lieu au sanctuaire de Mugnano, elle est remplie de confiance dans l’intercession de la jeune martyre et, trompant la vigilance des médecins et de sa famille, elle part en Italie.
A Rome, elle semble à toute extrémité à tel point que le Pape Grégoire XVI, qui est venu lui rendre visite au couvent de la Trinité des Monts, lui demande de prier pour lui lorsqu’elle sera au ciel. Pleine d’une sainte audace, Pauline lui assure qu’elle va obtenir sa guérison par l’intercession de Sainte Philomène et elle fait promettre au Pape qu’il approuvera le culte de Sainte Philomène pour toute l’Eglise si elle revient guérie.
Grégoire XVI promet… convaincu qu’il n’aura pas à s’exécuter !!! Aussi quelle ne sera pas sa stupéfaction en voyant Pauline se présenter à lui, totalement et durablement guérie à son retour de Mugnano del Cardinale. Ses propres médecins examinent Pauline, la Congrégation des Rites possède déjà un dossier très volumineux sur les miracles de Sainte Philomène : Grégoire XVI confirme donc son culte pour l’Eglise universelle et fixe la date de sa fête au 11 août.
Les trois successeurs de Grégoire XVI, c’est à dire le Bienheureux Pie IX, Léon XIII et Saint Pie X, confirmèrent aussi le culte de Sainte Philomène. De très nombreux Saints (je ne peux en faire une liste complète, mais je citerai Saint Pierre-Julien Eymard, Sainte Madeleine-Sophie Barat, Saint Damien de Veuster, Saint Pierre Chanel et surtout le Saint Curé d’Ars) obtiennent d’innombrables grâces par l’intercession de Sainte Philomène et en diffusent le culte.

C’est par Pauline Jaricot que Saint Jean-Marie Vianney connut Sainte Philomène, qui devint sa sainte de prédilection. Pauline lui offrit une statue de Sainte Philomène en forme de gisant pour qu’elle soit vénérée dans la petite église d’Ars. Le prolongement de l’église d’Ars, rendu nécessaire par l’afflux des pèlerins et réalisé sur les plans de Pierre Bossan, est tout consacré à Sainte Philomène.

La famille Jaricot était également amie depuis fort longtemps avec un autre saint prêtre qui fonda au début du XIXème siècle une congrégation de religieuses hospitalières. Lui aussi connut Sainte Philomène grâce à Pauline, lui aussi reçut de Pauline une statue de la Sainte qu’il institua à perpétuité assistante générale de sa jeune congrégation : et les grâces de la jeune martyre se répandirent à profusion sur les religieuses et sur les malades…

Cette statue offerte par une miraculée de Sainte Philomène, dont le procès en béatification est engagé, à un prêtre, dont la cause est également instruite en Cour de Rome, est – selon une expression de Frère Maximilien-Marie – une « quasi relique ». Or elle se trouve aujourd’hui en notre possession!

Gisant de Sainte Philomène

La raison pour laquelle je ne vous donne pas ici le nom de ce saint prêtre ni celui des religieuses, c’est que ces dernières ont subi de nombreuses critiques et malveillances de la part d’un certain clergé. Contraintes de fermer une de leurs maisons, ce sont elles qui ont offert à Frère Maximilien-Marie cette précieuse statue, mais elles ne souhaitent pas qu’on puisse les reconnaître…

En 1961, la Congrégation des Rites retira Sainte Philomène du calendrier de l’Eglise universelle. Il semblait alors que l’absence de sources biographiques historiquement certaines était un empêchement à un culte trop développé. Bonne aubaine pour les détracteurs du culte des saints et pour ceux qui nient le merveilleux et les miracles : ils se hâtèrent de répandre la rumeur selon laquelle le culte de Sainte Philomène était désormais interdit et proclamèrent que son existence n’avait été qu’une pieuse invention…
Nos chères religieuses subirent des pressions inimaginables de la part de certaines autorités ecclésiastiques pour abandonner le culte de Sainte Philomène et  – sous le fallacieux prétexte de l’obéissance (car ce n’était pas légitime) – elles durent retirer sa statue de leur chapelle !

Une fois de plus nous nous trouvons ici en face d’un véritable abus de pouvoir de la part des prêtres dont la foi a sombré dans le modernisme.
Sainte Philomène a certes été retirée du calendrier liturgique universel, mais cela ne veut pas dire qu’elle n’a pas existé ou que l’Eglise condamne son culte. Lorsqu’une personne a été déclarée sainte, il n’est plus possible pour l’Eglise de lui retirer cette qualité. Le 13 janvier 1837, le Pape Grégoire XVI avait élevé la petite Philomène aux honneurs des autels : elle est donc bien sainte pour l’éternité.
Comme pour tous les autres saints qui ne figurent pas au calendrier universel, on peut tout à fait légitimement continuer à la vénérer en tout lieu où la dévotion envers elle est implantée. Si, effectivement, on ne sait rien de certain sur sa vie et sur les circonstances de son martyre, l’incroyable abondance des miracles obtenus par son intercession a fait d’elle l’une des plus célèbres et des plus remarquables thaumaturges des XIXème et XXème siècles.
Le XXIème siècle est à peine engagé que les grâces et les prodiges se multiplient encore lorsqu’on l’invoque, à tel point qu’aujourd’hui le sanctuaire d’Ars, qui s’était d’abord aligné sur une position de prudent retrait du culte de la « chère petite Sainte », demande à la Congrégation pour la Cause des Saints de réviser le cas de Sainte Philomène, en estimant que la réalité des miracles l’emporte sur les incertitudes de l’histoire.

Sainte Philomène - statue du Mesnil-Marie

Retirée de la chapelle des religieuses, la vénérable statue de Sainte Philomène fut littéralement « mise au placard », puisque pendant près de 40 ans (le temps de la traversée du désert) elle fut enfermée dans une armoire de sacristie. Une religieuse âgée a confié un jour à Frère Maximilien-Marie qu’elle avait toujours gardé une très grande dévotion à Sainte Philomène et qu’elle avait continué à la prier et à obtenir des grâces par son intercession ; pour cela elle se rendait devant la porte du placard où elle savait que la statue était reléguée, mais elle n’osait l’ouvrir par crainte de désobéir aux prêtres !!!…

C’est l’arrivée de cette belle statue, avec son histoire émouvante, qui a déterminé Frère Maximilien-Marie a placer sous le vocable de Sainte Philomène notre future « crypte ».  Il y a là une forme de protestation contre les abus de pouvoir qui ont conduit à jeter le discrédit sur l’existence même de la jeune martyre, et ce sera aussi une espèce de réparation pour l’injustice qu’elle a subie. Nous avons hâte que les travaux d’aménagement de cette ancienne cave soient achevés et d’y placer  la châsse de Sainte Philomène, confiants en sa très puissante intercession et sûrs qu’elle ne manquera pas de répandre ici d’abondantes grâces sur ceux qui viendront la prier avec ferveur.

Lully.

Nota :
- Prière et litanies en l’honneur de Sainte Philomène ici > www ;
- Exposé des travaux de transformation de notre ancienne cave voûtée en Crypte Sainte Philomène ici > www.

On peut aider aux travaux de la Crypte Sainte Philomène
par un don ou une offrande en son honneur > ici.

Neuvaine du 10 au 18 mars pour préparer la fête de Saint Joseph.

Saint Joseph

Saint Joseph, père nourricier si fidèle de l’Enfant divin, époux virginal de la Mère de Dieu, puissant protecteur de la sainte Eglise, nous venons vers vous pour nous recommander à votre protection spéciale.

Vous n’avez rien cherché en ce monde sinon la gloire de Dieu et le bien du prochain.
Tout donné au Sauveur, c’était votre joie de prier, de travailler, de vous sacrifier et d’endurer pour Lui les difficultés de la vie.
Vous étiez inconnu en ce monde et cependant connu de Jésus : ses regards reposaient avec complaisance sur votre vie simple et cachée en Lui !

Saint Joseph, vous avez déjà aidé tant d’hommes, nous venons vers vous avec une grande confiance.
Vous voyez dans la lumière de Dieu ce qui nous manque, vous connaissez nos soucis, nos difficultés, nos peines.

Nous recommandons à votre sollicitude paternelle cette (ces) affaire(s) particulière(s)…… (on peut mentionner ici nos intentions particulières, nos soucis de santé, de famille ou de travail).
Nous la (les) mettons entre vos mains qui ont sauvé Jésus Enfant.

Mais avant tout, obtenez-nous la grâce de ne jamais  être séparés de Jésus par le péché, de Le connaître et de L’aimer toujours plus, ainsi que sa Très Sainte Mère.
Accordez-nous de vivre toujours en présence de Dieu, de tout faire pour sa gloire et le bien des âmes, et d’arriver un jour à la vision bienheureuse de Dieu pour le louer éternellement avec vous.

Ainsi soit-il.

(prière composée par Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur)

frise avec lys naturel

On trouvera > ici d’autres prières en l’honneur de Saint Joseph,
et > ici les « Salutations à Saint Joseph » composées par Saint Jean Eudes,
et encore > ici une prière à Saint Joseph de Bon Espoir
et enfin > ici le cantique « Saint Joseph, ô pur modèle ».

2010-11. Alter Christus.

Mercredi 3 mars 2010.

Chers Amis du « Refuge Notre-Dame de Compassion« ,

Vous le savez, vous qui êtes en lien de foi et de spiritualité avec nous, notre Saint-Père le Pape Benoît XVI a voulu que l’Eglise catholique vive, depuis le 19 juin 2009 et jusqu’au 19 juin 2010, une « année sacerdotale« : je vous en avais parlé au mois d’avril dernier, peu de temps après que le Souverain Pontife en a fait l’annonce (cf.> www).

Notre bien-aimé Pape a voulu que la célébration du 150ème anniversaire de la mort du Saint Curé d’Ars soit pour tous les fidèles une occasion d’approfondir le mystère du sacerdoce. En effet, la crise qui a ravagé et ravage encore une grande partie du monde catholique, a eu pour effet qu’un très grand nombre de prêtres et de fidèles ont – en partie ou totalement – perdu le sens de la vocation et du ministère des prêtres.

2010-11. Alter Christus. dans Commentaires d'actualité & humeurs rencontre1

« Tu m’a montré le chemin d’Ars, je te montrerai le chemin du Ciel! »

Parmi les excellentes initiatives de cette « année sacerdotale », il faut faire une mention spéciale du film de 30 minutes qui a été réalisé à la demande de la Congrégation pour le Clergé (c’est-à-dire l’organisme du Saint-Siège qui s’occupe de tout ce qui concerne le clergé catholique). Ce court-métrage est intitulé « Alter Christus ». Ces deux mots latins  qui signifient « autre Christ » sont extraits d’un adage très ancien : « Sacerdos alter Christus. Le prêtre est un autre Christ ». En effet le prêtre n’est pas seulement un « représentant » du Christ à la manière dont un ambassadeur représente le gouvernement d’un pays mais, par la grâce du sacrement de l’Ordre, il est configuré au Christ dans son être profond. C’est le Christ Lui-même qui agit en lui et à travers lui quand le prêtre célèbre les sacrements.

Il est possible de visionner ce film, découpé en trois parties d’une dizaine de minutes, grâce à « You Tube » où il est disponible en italien, en français, en espagnol, en allemand et en anglais. Outre des extraits particulièrement bien ciblés de discours des Papes Jean-Paul II et Benoît XVI, sont présentés les interventions et témoignages de nombreux prêtres, évêques et cardinaux tels que Monsieur le Cardinal Claudio Hummes (préfet de la congrégation pour le clergé), Monsieur le Cardinal Antonio Canizares (préfet de la congrégation pour le culte divin), Monsieur le Cardinal Julian Herranz (président émérite de la commission pour l’interprétation des textes législatifs), Monseigneur Maura Piacenza (archevêque secrétaire de la congrégation pour le clergé), Monseigneur Guido Marini (Maître des cérémonies liturgiques du Souverain Pontife)… etc.

En trente minutes sont rappelées des vérités essentielles et absolument vitales pour l’Eglise, des vérités que les fidèles n’entendent encore malheureusement pas dans un trop grand nombre de paroisses françaises, paroisses sclérosées et mourantes parce qu’elles sont encore aux mains de dangereux intégristes bloqués sur une idéologie qui se croyait d’avant-garde dans les années 1960-1970.

Ainsi donc, le prêtre n’est pas « un homme comme les autres » : son ordination en fait quelqu’un d’à part. Le prêtre doit être clairement reconnu par un habit spécifique. Le prêtre n’est pas un « modérateur » gérant une structure plus ou moins démocratique : il est investi d’une autorité divine et irremplaçable pour oeuvrer au salut et à la sanctification des âmes. Le prêtre est ordonné pour être l’homme des sacrements, et en tout premier lieu pour célébrer la Sainte Messe et administrer le sacrement de pénitence. La Messe est le renouvellement non-sanglant du Saint Sacrifice du Calvaire, sa célébration obéit à des règles strictes auxquelles les prêtres n’ont pas le droit de toucher… etc.

La Sainte Messe

La réalité de l’autel, c’est celle du Calvaire.

Les images qui accompagnent ces témoignages sont pleines de beauté et laissent clairement transparaître le sens du sacré, la beauté et la solennité qui doivent entourer la célébration des sacrements. Les « eucharisties » zim-boum-boum, les autels en contreplaqué sur lesquels on accroche des pantins fabriqués avec des rouleaux de papier toilette, les « ornements » sans tenue que l’on croyait découpés dans les drapeaux de la gay-pride, les « vases sacrés » en poterie, la distribution de la sainte communion faite n’importe comment, les prêtres aux allures de clochards avec leurs pantalons tombant en accordéons sur les chevilles …etc., la Congrégation pour le Clergé nous montre sans détours que tout cela est indigne du mystère de l’Eucharistie et du sacerdoce qui en est indissociable! Il est d’ailleurs tout à fait remarquable que certaines prises de vues sont faites lors de célébration de la Sainte Messe selon la « forme extraordinaire du rite romain ».

Je vous encourage donc à visionner ce film et, plus qu’à en être des spectateurs passifs, à en faire le support d’une véritable méditation et d’une fervente prière.

Rendons grâces à Dieu de nous avoir donné le sacerdoce, rendons grâces à Dieu pour l’exemple du Saint Curé d’Ars, rendons grâces à Dieu pour notre Saint-Père le Pape Benoît XVI qui travaille avec patience, douceur, humilité et courage à la restauration de Son Eglise!

Frère Maximilien-Marie.

Voir le film « Alter Christus »: 1ère partie, ici > www. 2ème partie, ici> www. 3ème partie, ici> www.

2010-6. Saint Claude de La Colombière : sa biographie et sa prière de confiance en Dieu.

Saint Claude de La Colombière (dont le nom se trouve aussi parfois sous les formes suivantes : Colombier ou du Colombier ou La Colombière) est né le 2 février 1641 dans une famille aisée et profondément religieuse. Il est le troisième enfant des sept que comptera le foyer : deux mourront en bas âge, deux de ses frères deviendront prêtres, et sa soeur Marguerite sera religieuse à la Visitation.

On sait peu de chose sur sa première enfance. A l’âge de neuf ans, il part faire ses études au collège des Jésuites de Lyon ; le 25 octobre 1658 il entre au noviciat de la Compagnie ; il prononce ses premiers voeux le 26 octobre 1660. Quelque temps après il est envoyé au collège d’Avignon pour compléter ses études de philosophie. Il y reste comme professeur, jusqu’en 1666.
L’estime qu’on lui porte est telle qu’en cette dernière année de « régence », il est choisi pour représenter le collège et prononcer le panégyrique de François de Sales à l’occasion des célébrations organisées en Avignon lors de sa canonisation.
Il est ensuite envoyé à Paris pour les études de théologie, et devient précepteur des fils du ministre Colbert.

Le 6 avril 1669, il est ordonné prêtre. L’année suivante, il est rappelé à Lyon, où il enseigne la rhétorique au collège de la Trinité. En 1673, il est nommé au poste de prédicateur de la chapelle du collège. Le 2 février 1675, il prononce ses derniers voeux, et quelques jours après, est envoyé à Paray-le-Monial en qualité de recteur du collège de la Compagnie de Jésus. A l’occasion des confessions des Quatre-temps de carême, il est sollicité par les supérieures du monastère de la Visitation.
C’est alors que Sainte Marguerite-Marie, qui le voit pour la première fois, entend Notre-Seigneur lui dire  : «Voilà celui que je t’envoie».

Saint Claude de La Colombière

A cette époque, Sainte Marguerite-Marie, en raison de sa vie mystique, est suspectée à l’intérieur de sa communauté : ses supérieures sont profondément perplexes, craignant qu’elle ne soit l’objet d’illusions diaboliques ou menées par l’orgueil.
Le Père de La Colombière dès qu’il s’est trouvé en présence de la communauté – par une inspiration céleste – a été amené à remarquer la moniale. Il demande à la rencontrer : il authentifie l’origine divine des manifestations mystiques dont elle lui parle, la rassure ainsi que ses supérieures.
C’est alors que se place la manifestation du Sacré-Coeur qu’on appelle « la grande révélation » (celle qui commence par ces mots « Voilà ce Coeur qui a tant aimé les hommes… »), révélation dans laquelle est faite la demande de l’institution de la fête du Sacré-Coeur. Dès le 21 juin, avec Sainte Marguerite-Marie, le Père de la Colombière se consacre au Sacré-Coeur.

Mais le Père Claude de La Colombière ne reste pas longtemps à Paray-le-Monial : au mois d’octobre 1676, il est désigné pour une mission de confiance fort délicate : il est envoyé à Londres, où il doit assumer les fonctions d’aumônier et de prédicateur de Marie-Béatrix d’Este, duchesse d’York, future reine d’Angleterre parce qu’elle a épousé le futur Jacques II.
L’Angleterre est à cette époque profondément antipapiste : le Père de La Colombière est doublement surveillé, en sa qualité de français tout autant qu’en tant que membre de la Compagnie de Jésus, réputée pour sa fidélité à la papauté. Il poursuit par courrier la direction spirituelle de Sainte Marguerite-Marie, et travaille à la diffusion discrète mais efficace de la dévotion au Sacré-Coeur auprès de la population catholique de Londres. Mais il commence à cracher du sang, et il ne reste à Londres que sur l’ordre des médecins, qui le dissuadent de partir dans cet état.

En août 1678 éclate ce qu’un biographe de Charles II appellera la « terreur papiste », où conspirations et calomnies entraînent, rien que dans les rangs des Jésuites, vingt-trois prêtres au supplice et cent quarante-sept autres à la mort en prison. Le Père Claude reste quelque temps à l’écart de la tourmente, mais trahi par un jeune homme qu’il croyait avoir converti, il est arrêté le 14 novembre, et transféré le 17 à la prison de King’s Bech. Il y restera trois semaines. L’état des geôles empire son état physique, et il subit une violente crise de phtisie.
Banni du royaume par Charles II, il lui est accordé dix jours pour retrouver les forces nécessaires au voyage. Il quitte Londres le 28 décembre 1678,  dans un état de faiblesse extrême. Il reste quelques jours à Paris au début de janvier 1679, avant de repartir pour Lyon. En chemin, il s’arrête à Paray-le-Monial, où il séjourne une dizaine de jours : il s’entretient longuement avec Sainte Marguerite-Marie et avec la Mère Greyfié, sa Supérieure. Il arrive enfin à Lyon le 11 mars.

Sur les conseils des médecins, il retourne à Saint-Symphorien d’Ozon,  son pays natal : il y reste près de deux mois, rentre brièvement à Lyon, puis est de nouveau envoyé à Saint-Symphorien au mois d’août, où il demeure encore un mois. Sa santé s’améliore alors suffisamment pour qu’à son retour au collège de la Trinité de Lyon, il soit nommé Père spirituel des jeunes étudiants de la Compagnie de Jésus. C’est à ce moment qu’il a comme disciple le Père Joseph de Gallifet, dont il va faire un ardent apôtre de la dévotion au Sacré-Coeur.

Au cours de l’été 1680, il écrit à Marguerite-Marie : « Remerciez Dieu, s’il vous plaît, de l’état où il m’a mis. La maladie était pour moi absolument nécessaire ; sans cela je ne sais pas ce que je serais devenu ; je suis persuadé que c’est une des plus grandes miséricordes que Dieu ait exercées sur moi« .
A l’automne 1680, puis au printemps 1681, de nouvelles rechutes l’obligent à ralentir ses travaux, et sur les conseils des médecins le Père provincial l’envoie au mois d’août en résidence à Paray. Au terme de souffrances renouvelées et d’une agonie d’une semaine, il y meurt le 15 février 1682.

La publication posthume de ses sermons et de ses notes spirituelles, dans lesquelles il a noté la « grande révélation » de 1675, entraineront la fin des suspicions que Sainte Marguerite-Marie subissait encore dans sa communauté.

Le Père Claude de La Colombière a été béatifié le 16 juin 1929 et canonisé le 31 mai 1992.

Gisant du reliquaire de Saint Claude de La Colombière à Paray le Monial

La texte de la prière qui suit, appelée « Acte de confiance en Dieu » est extraite d’un sermon dont le thème est la confiance envers la divine Providence (sermon n°68:

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« Mon Dieu, je suis si persuadé que Vous veillez sur ceux qui espèrent en Vous, et qu’on ne peut manquer de rien quand on attend de Vous toutes choses, que j’ai résolu de vivre à l’avenir sans aucun souci, et de me décharger sur Vous de toutes mes inquiétudes : in pace in idipsum dormiam et requiescam, quoniam Tu, Domine, singulariter in spe constituisti me (Ps. IV, 9).
Les hommes peuvent me dépouiller et des biens et de l’honneur, les maladies peuvent m’ôter les forces et les moyens de Vous servir, je puis même perdre Votre grâce par le péché ; mais jamais je ne perdrai mon espérance, je la conserverai jusqu’au dernier moment de ma vie, et tous les démons de l’enfer feront à ce moment de vains efforts pour me l’arracher : in pace in idipsum dormiam et requiescam.
D’aucuns peuvent attendre leur bonheur de leurs richesses ou de leurs talents, d’autres s’appuyer sur l’innocence de leur vie, ou sur la rigueur de leur pénitence, ou sur le nombre de leurs aumônes, ou sur la ferveur de leurs prières ; Tu, Domine, singulariter in spe constituisti me : pour moi, Seigneur, toute ma confiance, c’est ma confiance même ; cette confiance ne trompa jamais personne : nullus, nullus speravit ira Domino et confusus est (
Eccl. II, 11). Je suis donc assuré que je serai éternellement heureux, parce que j’espère fermement de l’être, et que c’est de Vous, ô mon Dieu que je l’espère : in Te, Domine, speravi, non confùndar in aeternum (Ps. XXX, 2).
Je connais, hélas ! je ne connais que trop que je suis fragile et changeant, je sais ce que peuvent les tentations contre les vertus les mieux affermies, j’ai vu tomber les astres du ciel et les colonnes du firmament, mais tout cela ne peut m’effrayer : tant que j’espérerai je me tiens à couvert de tous les malheurs, et je suis assuré d’espérer toujours parce que j’espère encore cette invariable espérance.
Enfin, je suis sûr que je ne puis trop espérer en Vous, et que je ne puis avoir moins que ce que j’aurai espéré de Vous. Ainsi, j’espère que Vous me tiendrez dans les penchants les plus rapides, que Vous me soutiendrez contre les plus furieux assauts, et que Vous ferez triompher ma faiblesse de mes plus redoutables ennemis ; j’espère que Vous m’aimerez toujours, et que je Vous aimerai aussi sans relâche ; et, pour porter tout d’un coup mon espérance aussi loin qu’elle peut aller, je Vous espère Vous-même de Vous-même, ô mon Créateur, et pour le temps et pour l’éternité. »

Ainsi soit-il !

Voir aussi l’acte d’offrande de soi-même au Sacré-Coeur de Jésus composé par Saint Claude de La Colombière, en cliquant > ici.

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