Archive pour la catégorie 'Nos amis les Saints'

2008-4. La catéchèse de Benoît XVI sur Saint Augustin (1ère partie).

Jeudi 10 janvier 2008.

Notre Saint-Père le Pape Benoît XVI a consacré hier une première catéchèse hebdomadaire à Saint Augustin.
La Règle religieuse qui est en vigueur au Mesnil-Marie est celle qui a été écrite par le grand Docteur de l’Eglise latine, nous pensons qu’il est important de reproduire ici la traduction de l’intégralité de cet enseignement du Souverain Pontife
.

Saint Augustin enseignant (B. Gozzolli)

Chers frères et sœurs,

Après les grandes festivités de Noël, je voudrais revenir aux méditations sur les Pères de l’Eglise et parler aujourd’hui du plus grand Père de l’Eglise latine, saint Augustin : homme de passion et de foi, d’une très grande intelligence et d’une sollicitude pastorale inlassable, ce grand saint et docteur de l’Eglise est souvent connu, tout au moins de réputation, par ceux qui ne connaissent pas le christianisme ou ne le connaissent pas bien, car il a laissé une empreinte très profonde dans la vie culturelle de l’Occident et du monde entier. En raison de son importance particulière, saint Augustin a eu une influence considérable et l’on pourrait affirmer, d’une part, que toutes les routes de la littérature chrétienne latine mènent à Hippone (aujourd’hui Annaba, sur les côtes de l’Algérie), où il était évêque et, de l’autre, que de cette ville de l’Afrique romaine, dont Augustin fut l’évêque de 395 jusqu’à sa mort en 430, partent de nombreuses autres routes du christianisme successif et de la culture occidentale elle-même.

Rarement une civilisation n’a rencontré un aussi grand esprit, qui sache en accueillir les valeurs et en exalter la richesse intrinsèque, en inventant des idées et des formes dont la postérité se serait nourrie, comme le souligna également Paul VI : « On peut dire que toute la pensée de l’antiquité conflue dans son œuvre et que de celle-ci dérivent des courants de pensée qui parcourent toute la tradition doctrinale des siècles suivants » (AAS, 62, 1970, p. 426). Augustin est également le Père de l’Eglise qui a laissé le plus grand nombre d’œuvres. Son biographe Possidius dit qu’il semblait impossible qu’un homme puisse écrire autant de choses dans sa vie. Nous parlerons de ces diverses œuvres lors d’une prochaine rencontre. Aujourd’hui, nous réserverons notre attention à sa vie, que l’on reconstruit bien à partir de ses écrits, et en particulier des Confessions, son extraordinaire autobiographie spirituelle, écrite en louange à Dieu, qui est son œuvre la plus célèbre. Et à juste titre, car ce sont précisément les Confessions d’Augustin, avec leur attention à la vie intérieure et à la psychologie, qui constituent un modèle unique dans la littérature occidentale, et pas seulement occidentale, même non religieuse, jusqu’à la modernité. Cette attention à la vie spirituelle, au mystère du « moi », au mystère de Dieu qui se cache derrière le « moi », est une chose extraordinaire sans précédent et restera pour toujours, comme un « sommet » spirituel.

Mais pour en venir à sa vie, Augustin naquit à Taghaste – dans la province de Numidie de l’Afrique romaine – le 13 novembre 354, de Patrice, un païen qui devint ensuite catéchumène, et de Monique, fervente chrétienne. Cette femme passionnée, vénérée comme une sainte, exerça sur son fils une très grande influence et l’éduqua dans la foi chrétienne. Augustin avait également reçu le sel, comme signe de l’accueil dans le catéchuménat. Et il est resté fasciné pour toujours par la figure de Jésus Christ ; il dit même avoir toujours aimé Jésus, mais s’être éloigné toujours plus de la foi ecclésiale, de la pratique ecclésiale, comme cela arrive pour de nombreux jeunes aujourd’hui aussi.

Augustin avait aussi un frère, Navigio, et une sœur, dont nous ignorons le nom et qui, restée veuve, fut ensuite à la tête d’un monastère féminin. Le jeune garçon, d’une très vive intelligence, reçut une bonne éducation, même s’il ne fut pas un étudiant exemplaire. Il étudia cependant bien la grammaire, tout d’abord dans sa ville natale, puis à Madaura et, à partir de 370, la rhétorique à Carthage, capitale de l’Afrique romaine : maîtrisant parfaitement la langue latine, il n’arriva cependant pas à la même maîtrise du grec et n’apprit pas le punique, parlé par ses compatriotes. Ce fut précisément à Carthage qu’Augustin lut pour la première fois l’Hortensius, une œuvre de Cicéron qui fut ensuite perdue et qui marqua le début de son chemin vers la conversion. En effet, le texte cicéronien éveilla en lui l’amour pour la sagesse, comme il l’écrira, une fois devenu évêque, dans les Confessions : « Sa lecture changea mes sentiments », si bien que « je ne vis soudain que bassesse dans l’espérance du siècle, et je convoitai l’immortelle sagesse avec un incroyable élan de cœur » (III, 4, 7).

Mais comme il était convaincu que sans Jésus on ne peut pas dire avoir effectivement trouvé la vérité, et comme dans ce livre passionné ce nom lui manquait, immédiatement après l’avoir lu il commença à lire l’Ecriture, la Bible. Mais il en fut déçu. Non seulement parce que le style latin de la traduction de l’Ecriture Sainte était insuffisant, mais également parce que le contenu lui-même ne lui apparut pas satisfaisant. Dans les récits de l’Ecriture sur les guerres et les autres événements humains, il ne trouva pas l’élévation de la philosophie, la splendeur de la recherche de la vérité qui lui est propre. Toutefois, il ne voulait pas vivre sans Dieu et il cherchait ainsi une religion correspondant à son désir de vérité et également à son désir de se rapprocher de Jésus. Il tomba ainsi dans les filets des manichéens, qui se présentaient comme des chrétiens et promettaient une religion totalement rationnelle. Ils affirmaient que le monde est divisé en deux principes : le bien et le mal. Et ainsi s’expliquerait toute la complexité de l’histoire humaine. La morale dualiste plaisait aussi à saint Augustin, car elle comportait une morale très élevée pour les élus : et pour celui qui y adhérait, comme lui, il était possible de vivre une vie beaucoup plus adaptée à la situation de l’époque, en particulier pour un homme jeune. Il devint donc manichéen, convaincu à ce moment d’avoir trouvé la synthèse entre rationalité, recherche de la vérité et amour de Jésus Christ. Il en tira également un avantage concret pour sa vie : l’adhésion aux manichéens ouvrait en effet des perspectives faciles de carrière. Adhérer à cette religion qui comptait tant de personnalités influentes, lui permettait également de poursuivre une relation tissée avec une femme et d’aller de l’avant dans sa carrière. Il eut un fils de cette femme, Adéodat, qui lui était très cher, très intelligent, et qui sera ensuite très présent lors de sa préparation au baptême près du lac de Côme, participant à ces « Dialogues » que saint Augustin nous a légués. Malheureusement, l’enfant mourut prématurément. Professeur de grammaire vers l’âge de vingt ans dans sa ville natale, il revint bien vite à Carthage, où il devint un maître de rhétorique brillant et célèbre. Avec le temps, toutefois, Augustin commença à s’éloigner de la foi des manichéens, qui le déçurent précisément du point de vue intellectuel car ils ne furent pas capables de répondre à ses doutes, et il se transféra à Rome, puis à Milan, où résidait alors la cour impériale et où il avait obtenu un poste de prestige grâce à l’intervention et aux recommandations du préfet de Rome, le païen Simmaque, hostile à l’évêque de Milan saint Ambroise.

A Milan, Augustin prit l’habitude d’écouter – tout d’abord dans le but d’enrichir son bagage rhétorique – les très belles prédications de l’évêque Ambroise, qui avait été le représentant de l’empereur pour l’Italie du Nord, et le rhéteur africain fut fasciné par la parole du grand prélat milanais et pas seulement par sa rhétorique ; c’est surtout son contenu qui toucha toujours plus son cœur. Le grand problème de l’Ancien Testament, du manque de beauté rhétorique, d’élévation philosophique se résolvait, dans les prédications de saint Ambroise, grâce à l’interprétation typologique de l’Ancien Testament : Augustin comprit que tout l’Ancien Testament est un chemin vers Jésus Christ. Il trouva ainsi la clef pour comprendre la beauté, la profondeur également philosophique de l’Ancien Testament et il comprit toute l’unité du mystère du Christ dans l’histoire et également la synthèse entre philosophie, rationalité et foi dans le Logos, dans le Christ Verbe éternel qui s’est fait chair.

Augustin se rendit rapidement compte que la lecture allégorique des Ecritures et la philosophie néoplatonicienne pratiquées par l’évêque de Milan lui permettaient de résoudre les difficultés intellectuelles qui, lorsqu’il était plus jeune, lors de sa première approche des textes bibliques, lui avaient paru insurmontables.

A la lecture des écrits des philosophes, Augustin fit ainsi suivre à nouveau celle de l’Ecriture et surtout des lettres pauliennes. Sa conversion au christianisme, le 15 août 386, se situa donc au sommet d’un itinéraire intérieur long et tourmenté dont nous parlerons dans une autre catéchèse, et l’Africain s’installa à la campagne au nord de Milan, près du lac de Côme – avec sa mère Monique, son fils Adéodat et un petit groupe d’amis – pour se préparer au baptême. Ainsi, à trente-deux ans, Augustin fut baptisé par Ambroise le 24 avril 387, au cours de la veillée pascale, dans la cathédrale de Milan.

Après son baptême, Augustin décida de revenir en Afrique avec ses amis, avec l’idée de pratiquer une vie commune, de type monastique, au service de Dieu. Mais à Ostie, dans l’attente du départ, sa mère tomba brusquement malade et mourut un peu plus tard, déchirant le cœur de son fils. Finalement de retour dans sa patrie, le converti s’établit à Hippone pour y fonder précisément un monastère. Dans cette ville de la côte africaine, malgré la présence d’hérésies, il fut ordonné prêtre en 391 et commença avec plusieurs compagnons la vie monastique à laquelle il pensait depuis longtemps, partageant son temps entre la prière, l’étude et la prédication. Il voulait uniquement être au service de la vérité, il ne se sentait pas appelé à la vie pastorale, mais il comprit ensuite que l’appel de Dieu était celui d’être un pasteur parmi les autres, en offrant ainsi le don de la vérité aux autres. C’est à Hippone, quatre ans plus tard, en 395, qu’il fut consacré évêque. Continuant à approfondir l’étude des Ecritures et des textes de la tradition chrétienne, Augustin fut un évêque exemplaire dans son engagement pastoral inlassable : il prêchait plusieurs fois par semaine à ses fidèles, il assistait les pauvres et les orphelins, il soignait la formation du clergé et l’organisation de monastères féminins et masculins. L’antique rhéteur s’affirma rapidement comme l’un des représentants les plus importants du christianisme de cette époque : très actif dans le gouvernement de son diocèse – avec également d’importantes conséquences au niveau civil – pendant ses plus de trente-cinq années d’épiscopat, l’évêque d’Hippone exerça en effet une grande influence sur la conduite de l’Eglise catholique de l’Afrique romaine et de manière plus générale sur le christianisme de son temps, faisant face à des tendances religieuses et des hérésies tenaces et sources de division telles que le manichéisme, le donatisme et le pélagianisme, qui mettaient en danger la foi chrétienne dans le Dieu unique et riche de miséricorde.

Et c’est à Dieu qu’Augustin se confia chaque jour, jusqu’à la fin de sa vie : frappé par la fièvre, alors que depuis presque trois mois sa ville d’Hippone était assiégée par les envahisseurs vandales, l’évêque – raconte son ami Possidius dans la Vita Augustini – demanda que l’on transcrive en gros caractères les psaumes pénitentiels « et il fit afficher les feuilles sur le mur, de sorte que se trouvant au lit pendant sa maladie il pouvait les voir et les lire, et il pleurait sans cesse à chaudes larmes » (31, 2). C’est ainsi que s’écoulèrent les derniers jours de la vie d’Augustin, qui mourut le 28 août 430, alors qu’il n’avait pas encore 76 ans. Nous consacrerons les prochaines rencontres à ses œuvres, à son message et à son parcours intérieur.

à suivre > ici

armoiries de Benoît XVI

2008-2. Réflexions à propos de Sainte Geneviève.

3 janvier ,
fête de Sainte Geneviève.

C’est aujourd’hui (dans les diocèses de France tout particulièrement) la fête de Sainte Geneviève.
Frère Maximilien-Marie nourrit envers elle une profonde dévotion, et dès le matin il m’a bien évidemment parlé d’elle avec ferveur.

Je ne viens pas vous faire le récit de sa vie, que vous connaissez déjà certainement bien mieux que moi, mais je voudrais vous faire part de quelques réflexions que j’ai eu tout le loisir de développer en méditant au coin du feu : plagiant ce bon vieux Jean de La Fontaine, j’oserai donc écrire : « Lully en son Mesnil songeait (car que faire en ce Mesnil, à moins que l’on ne songe?) ». Mes pensers ont repris bien sûr des éléments de ce que Frère Maximilien-Marie m’a raconté sur la vie de cette sainte, mais s’alimentent également de mes réflexions et observations quotidiennes, ainsi que de quelques lectures et conversations précédentes…

Sainte Geneviève

Sainte Geneviève a non seulement vécu en un siècle « charnière », mais son rôle à elle-même fut véritablement déterminant dans l’accomplissement des plans de la divine Providence sur la France.
Elle n’est pas seulement, d’une manière ponctuelle presque anecdotique, la pieuse femme dont la prière protégea Lutèce ; mais, avec d’autres grandes figures de la sainteté du Vème siècle (tels Saint Remi, Saint Vaast, Sainte Clotilde, comme aussi Saint Martin au siècle précédent), elle occupe une place de choix dans ce qu’il convient d’appeler la « naissance de la France ».

1 – Dès à présent une première affirmation s’impose : la France n’est pas née des « immortels principes de 89 » (phraséologie prétentieuse qui me donne envie de sortir mes griffes et de montrer les dents !) ; la France n’est pas fille du « siècle des lumières », elle ne doit rien aux prétendus philosophes ni aux loges maçonniques… sinon sa décadence !

2 – La France est née de la rencontre de deux éléments constitutifs : le catholicisme et la monarchie franque.
Cette rencontre se fait dans les Fonts Baptismaux de Reims, le 25 décembre 496. Avant cette date, il y a la Gaule romaine : décadente, envahie, divisée… A partir de cette date, il y a la véritable constitution de la France. Certes, le processus sera long et laborieux ; il couvrira des siècles, mais il peut être résumé par cinq mots : unification, pacification, organisation, croissance et rayonnement.
La foi catholique et la royauté sont les éléments essentiels (au sens fort de ce terme, c’est-à-dire appartenant à l’essence) de la France.

3 – En conséquence de quoi l’on peut affirmer aussi, en pleine logique, que porter atteinte en quelque manière à ces éléments constitutifs (en partie ou totalement), c’est porter atteinte à l’essence de la France.
L’idéologie des pseudo lumières, la révolution et la république (qui en est le fruit) sont fondamentalement destructrices de la nature même de la France, sont fondamentalement anti-françaises.

4 – De la même manière qu’aucun être n’est le créateur de sa propre nature, mais qu’il peut seulement travailler à accomplir et perfectionner celle-ci, les nations – qui ont chacune été voulues par Dieu pour un dessein particulier, et qui reçoivent donc de Dieu une vocation* – ne peuvent en aucune manière décider elles-mêmes de ce qui fait leur nature et de ce qui fait leur raison d’être ici-bas (fut-ce par le suffrage universel, car où a-t-on vu que ce qui est constitutif de la vérité est l’adhésion du plus grand nombre ?) : elles se doivent seulement de reconnaître le dessein divin et d’y collaborer humblement.

5 – Ces figures de sainteté, que j’évoquais ci-dessus, que la Providence a placées, comme un faisceau de concentration de la grâce en un temps donné, pour permettre la conversion du Roi Clovis 1er et le baptême de la France, furent des personnages qui agirent conjointement, et comme indissociablement, dans l’ordre spirituel et dans l’ordre temporel, dans l’ordre temporel et dans l’ordre spirituel, parce que même s’il y a une distinction nécessaire entre les deux, il ne peut y avoir de séparation à proprement parler.
L’Eglise doit être à la société temporelle ce que l’âme est au corps. Lorsque l’âme est le corps sont séparés, c’est la mort !
La théorie de la séparation de l’Eglise et de l’état est une doctrine mortifère : son application n’entraîne rien d’autre que la mort des nations. Et les clercs – prêtres voire évêques – qui aujourd’hui, malgré la voix des Pontifes qui ont parlé avec autorité (le Bienheureux Pie IX et Saint Pie X en particulier), admettent et prônent le principe de la séparation de l’Eglise et de l’Etat sont de faux prophètes, des prophètes de mort.

6 – Les Saints qui ont préparé et entouré le berceau de la France étaient majoritairement des personnes qui appartenaient à l’ancien monde, l’empire romain aux abois, et cependant ils n’étaient pas des passéistes, crispés sur des modèles qui avaient fait faillite ou sur des institutions qui étaient dans un tel état de décomposition qu’il était impossible de les restaurer… Ils ont eu l’intelligence clairvoyante et la sagacité éclairée qui leur ont permis de garder et de transmettre l’essentiel, sans édulcoration ni reniement, tout en tirant profit des circonstances (jamais idéales) dans lesquelles ils se trouvaient immergés, pour que le message évangélique soit transmis, reçu, assimilé, rayonné et amplifié.
Point de repliement amer dans leur attitude, mais une fermeté paisible, une foi pleine de zèle et sans compromission, une espérance pleinement surnaturelle et indéfectible, une charité conquérante et pacifiante… Ce sont bien là les caractères de l’authentique Tradition.

Lully.

* cf. Discours de S. Em. le Cardinal E. Pacelli à Notre-Dame de Paris le 13 juillet 1937 (le texte complet de ce discours est disponible ici > www) : « Car, mes frères, les peuples, comme les individus, ont leur vocation providentielle ; comme les individus, ils sont prospères ou misérables, ils rayonnent ou demeurent obscurément stériles, selon qu’ils sont dociles ou rebelles à leur vocation. »

Prières et litanies en l’honneur de Sainte Geneviève > www
Sainte Geneviève des Ardents, céleste protectrice de la Gendarmerie Française > www


2007-50. Princesse et carmélite : la vénérable Thérèse de Saint-Augustin.

Dimanche 23 décembre 2007.

Le 23 décembre 1787, il y a donc très exactement 220 ans en ce 23 décembre 2007, s’éteignait au Carmel de Saint-Denys, la Vénérable Thérèse de Saint-Augustin, qui avait été dans le siècle Madame Louise-Marie de France, dernière fille de Sa Majesté le Roi Louis XV.

Elle était née à Versailles le 5 juillet 1737. Envoyée très jeune pour son éducation à l’Abbaye royale de Fontevraud, avec les trois autres princesses nées avant elle, elle revint à la Cour en 1750, mais elle y restera toujours une princesse à part, fuyant le monde, cherchant réconfort et courage dans une vie de piété sincère et profonde.
Elle parvint à éviter plusieurs mariages et, en 1770,
à la stupéfaction générale, Louise obtint de son père l’autorisation de se faire religieuse et d’entrer au Carmel : elle choisit le monastère qui avait la réputation d’être le plus pauvre et le plus rigoureux du Royaume, celui de Saint-Denys, tout proche de la nécropole royale.
Cette phrase qu’on lui attribue : « Moi carmélite, et le Roy tout à Dieu! », est le témoignage d’une volonté et d’une détermination sans faille. Louise se fit religieuse dans l’intention de racheter par son sacrifice l’âme pécheresse de son père.

Maxime Le Boucher - 1822 - Louis XV rendant visite à Madame Louise au Carmel

Louis XV rendant visite à sa fille, Mère Thérèse de Saint-Augustin, au Carmel de Saint-Denys.
(tableau de Maxime Le Boucher – 1822)

Elle reçut l’habit le 10 octobre 1770 avec le nom de Soeur Thérèse de Saint-Augustin, prononça ses vœux le 12 septembre de l’année suivante et s’épanouit pleinement dans cette vie de solitude et d’austérité.
Elle fut élue prieure dès 1773, tâche qu’elle remplit avec zèle et fruit pendant six ans. Elle fut réélue en 1785 et son priorat fut interrompu par la mort, le 23 décembre 1787.
Ses derniers mots – dignes d’une fille de France qui avait aimé les courses à cheval, furent : « Au paradis ! Vite ! Au grand galop! »

Les carmélites de Saint-Denys furent persuadées, au vu de la brusque maladie qui l’emporta, que leur sainte Prieure avait été empoisonnée par les ennemis de l’autel et du trône qui oeuvraient dès ce moment-là et préparaient la grande révolution.

Sa cause de béatification fut instruite au XIXème siècle et aboutit à la proclamation de ses vertus héroïques par le Bienheureux Pie IX, en 1873 : dès lors elle fut invoquée comme « vénérable ».
Le procès, un temps en sommeil, fut repris en 1985 selon les nouvelles normes en vigueur et aboutit à une seconde déclaration des vertus héroïques, le 18 décembre 1997. Le Saint-Siège a affirmé solennellement dans ce nouveau décret que Louise de France “a exercé les vertus chrétiennes à un degré héroïque et s’est battue avec force contre le gallicanisme”, nous pourrions ajouter qu’elle a lutté avec les armes spirituelles propres à son état, mais aussi avec l’influence qu’elle gardait à la Cour, contre la Franc-Maçonnerie et la prétendue « philosophie des lumières ».

On peut lire sur le site du « Carmel en France », une biographie plus détaillée de la Vénérable Thérèse de Saint-Augustin et quelques textes spirituels rédigés par elle (cf. www).

Nous publions également ci-dessous une prière pour obtenir des grâces par son intercession, en vue de sa béatification.

« O Dieu, notre Père, qui avez établi Roi des nations Votre Fils bien-aimé, Jésus-Christ Notre-Seigneur ; à la prière de sa mère la Vierge Marie, Reine et Beauté du Carmel, accordez à votre Eglise de recevoir comme modèle la Vénérable Thérèse de Saint-Augustin - Madame Louise de France – en confirmant la sainteté de sa vie par les grâces que nous demandons par son intercession (…) .
A sa prière et par ses mérites, enseignez-nous la pratique de l’Evangile ; inspirez aussi aux responsables politiques les mesures sages qui favoriseront le bien des peuples ; développez en nous le zèle et l’ardeur dans le combat quotidien contre les forces du mal ; et donnez-nous de suivre ses exemples de ferveur et de vertu pour marcher à la suite du Christ notre Roi. Ainsi soit-il. »

Prier Notre-Dame avec Saint François de Sales.

Saint François de Sales aux pieds de la Très Sainte Vierge

Ayez mémoire et souvenance, très douce Vierge, que vous êtes ma Mère et que je suis votre fils ; et que vous êtes puissante et que je suis un pauvre homme, vil et faible.

Je vous supplie, très douce Mère, que vous me gouverniez dans toutes mes voies et actions.

Ne dites pas, gracieuse Vierge, que vous ne pouvez ! Car votre bien-aimé Fils vous a donné tout pouvoir, tant au ciel comme en terre.

Ne dites pas que vous ne devez ; car vous êtes la commune Mère de tous les pauvres humains et particulièrement la mienne.

Si vous ne pouviez, je vous excuserais disant : il est vrai qu’elle est ma Mère et qu’elle me chérit comme son fils, mais la pauvrette manque d’avoir et de pouvoir.

Si vous n’étiez ma Mère, avec raison je patienterais, disant : elle est bien assez riche pour m’assister ; mais, hélas ! n’étant pas ma Mère, elle ne m’aime pas.

Puis donc, très douce Vierge, que vous êtes ma Mère, et que vous êtes puissante, comment vous excuserais-je si vous ne me soulagez et ne me prêtez votre secours et assistance ?

Vous voyez, ma Mère, que vous êtes contrainte d’acquiescer à toutes mes demandes.

Pour l’honneur et la gloire de votre Fils, acceptez-moi comme votre enfant, sans avoir égard à mes misères et à mes péchés.

Délivrez mon âme et mon corps de tout mal et me donnez toutes vertus, surtout l’humilité.

Enfin, faites-moi présent de tous les dons, biens et grâces qui plaisent à la Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit.

Ainsi soit-il.

2007-37. Le 24 novembre, nous fêtons Saint Jean de la Croix.

Carme espagnol, Docteur de l’Église, figure essentielle de la réforme du Carmel, maître de la théologie dite négative, Saint Jean de la Croix enseigne une voie de dépouillement pour parvenir à l’union d’amour mystique avec Dieu.

Pour Jean, l’âme qui aime doit « travailler à se dépouiller et dénuer pour Dieu de tout ce qui n’est point Dieu« .
Souvent appelé le « Docteur des Nuits », ses écrits (qui ont pour titres : « La montée du Carmel », « La nuit obscure », « La vive flamme d’amour » & « Les cantiques spirituels ») ont profondément marqué la mystique chrétienne par leur intensité et par la sureté de leur doctrine : Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus – à une époque où les ouvrages de Saint Jean de la Croix étaient peu lus dans les Carmels (!!!) – y puisa de grandes lumières et forces spirituelles.
La radicalité de son enseignement et la rigueur de sa vie ont fait dire au philosophe Gustave Thibon qu’il fut le «plus extrémiste de tous les saints».
De fait, la réputation qui a été faite aux enseignements de Saint Jean de la Croix inspire parfois une certaine crainte, parce qu’on les a présentés comme une espèce d’ascétisme « effrayant », sans faire ressortir combien toute cette doctrine était fondée sur l’amour, et sur la recherche d’un amour toujours plus grand, plus beau, plus fort, plus pur, qui mérite qu’on fasse pour lui d’authentiques renoncements.
D’un autre côté, il n’est pas rare non plus de trouver de faux maîtres spirituels ou mystiques qui prétendent se couvrir de son autorité ou se référer à sa doctrine spirituelle!

St Jean de la Croix

Jean de Yépès est né en 1542, en vieille Castille, dans une famille noble mais pauvre, qui vivait du tissage. En 1545, la famille de Jean fut éprouvée par des deuils cruels: le père et l’un des garçons furent emportés soudainement. Ce fut alors le début d’une période de véritable misère pour Jean, sa mère et son autre frère. En 1551, ils s’installèrent à Médina del Campo, où ils avaient pu trouver un peu de travail. C’est à cette époque que les dons de Jean se manifestèrent : curiosité intellectuelle, amour du beau, piété, dévouement exceptionnel pour autrui.
En 1563, à l’âge de vingt ans, il prit l’habit chez les Carmes sous le nom de Frère Jean de Saint-Matthias.
Quatre ans plus tard, à Médina, il rencontra Thérèse d’Avila qui venait d’y fonder un Carmel de femmes selon l’ancienne observance. Elle convainquit Jean – qui était maintenant prêtre – de se joindre à elle dans sa réforme de l’Ordre. Il prit alors le nom de Jean de la Croix et devint un élément essentiel de la Réforme thérésienne, développant un lien privilégié avec Mère Thérèse de Jésus. Celle-ci, impressionnée par son sérieux et son zèle ascétique, l’appelait avec humour son «petit Sénèque».
En décembre 1577, le Père Jean de la Croix fut enlevé par des Carmes adversaires résolus de la réforme : ils l’enfermèrent pendant plusieurs mois dans un réduit du couvent de Tolède, le soumettant à toutes sortes de brimades et humiliations.
Toutefois, le 17 août 1578, Jean – aidé par la Sainte Vierge – parvint à s’évader. Durant cette captivité il avait reçu de grandes grâces d’union à Dieu et composé ses grands poèmes qui expriment cette expérience mystique de tout premier ordre.
En 1582, après la mort de Sainte Thérèse, il devint prieur du couvent de Grenade. Il rédigea alors ses traités « didactiques  » qui se présentent comme une sorte de commentaire des oeuvres poétiques. En 1589, il fut élu prieur du couvent de Ségovie. Il mourut le 14 décembre 1591, à l’âge de quarante-neuf ans.

Béatifié en 1675, canonisé en 1726 et proclamé Docteur de l’Église par le pape Pie XI en 1926, il fut en outre déclaré par Pie XII patron des poètes espagnols le 21 mars 1952, et par Jean-Paul II patron des poètes de langue espagnole le 8 mars 1993.

Voici justement l’un de ses poèmes, très connu, mais dont la lecture est toujours très émouvante :

Je la connais la source qui coule et se répand,
Quoique ce soit de nuit !

Cette fontaine éternelle est cachée,
Mais comme je sais bien où elle est,
Quoique ce soit de nuit !

Dans cette nuit obscure de cette vie
Comme je connais bien, par la foi, la fontaine,
Quoique ce soit de nuit !

Son origine, je l’ignore; elle n’en a pas
Mais je sais que tout être tire d’elle son origine,
Quoique ce soit de nuit !

Je sais qu’il ne peut y avoir chose plus belle,
Que la terre et les cieux vont s’y abreuver,
Quoique ce soit de nuit !

Je sais bien que c’est un abîme sans fond
Et que personne ne peut y passer à gué,
Quoique ce soit de nuit !

Sa clarté n’est jamais obscurcie
Et je sais que toute lumière vient d’elle,
Quoique ce soit de nuit !

Je sais que ses eaux coulent si abondantes
Qu’elles arrosent enfers, cieux et peuples,
Quoique ce soit de nuit !

Le ruisseau qui sort de cette source
Est, je le sais, aussi vaste et puissant qu’elle,
Quoique ce soit de nuit !

Le ruisseau qui procède de ces deux
N’est précédé ni par l’un ni par l’autre,
Quoique ce soit de nuit !

Je sais bien que les trois, dans une seule eau vive,
Résident, et que l’une dérive de l’autre,
Quoique ce soit de nuit !

Cette fontaine éternelle est cachée
Dans ce pain vivant pour nous donner vie,
Quoique ce soit de nuit !

Elle est là appelant toutes les créatures
Et elles vont s’y abreuver dans les ténèbres,
Parce qu’il fait nuit.

Cette source vive, vers laquelle je soupire,
Je la vois dans ce pain de vie,
Quoique ce soit de nuit !

* * * * * * *

Voir aussi la B.D. « Libérer le vol de l’âme » > ici
Et le texte de Gustave Thibon > ici

2007-33. Lorsque la charité du monde alangui ira se refroidissant…

16 novembre.

C’est aujourd’hui la fête de Sainte Gertrude d’Helfta. Bien que le prénom Gertrude prête un peu à sourire en France (il y a même des amis du Mesnil-Marie dont l’automobile est ainsi nommée!), Frère Maximilien-Marie m’a expliqué que c’est une très grande sainte ; d’ailleurs on l’appelle Sainte Gertrude la Grande!
Comme je lui demandai pour quelle raison elle était ainsi surnommée, il m’a expliqué que c’était pour la distinguer de plusieurs autres saintes (au moins cinq) qui ont porté le même prénom – dont une qui fut sa contemporaine et vécut dans le même monastère qu’elle – et aussi parce que les révélations dont elle fut gratifiée par Notre-Seigneur Jésus-Christ la mettent à une place éminente dans l’histoire de la sainteté et de la spiritualité.

Ces quelques mots me donnèrent envie d’en savoir davantage, et je priais donc Frère Maximilien-Marie de me raconter la vie de cette Sainte Gertrude :
Oh, me répondit-il, on ne sait finalement pas beaucoup de choses sur sa vie elle-même. Née probablement en 1256, dans une famille noble, elle fut confiée dès l’âge de cinq ans aux moniales de l’abbaye cistercienne d’Helfta – près d’Eisleben, en Saxe – qui était alors dirigée par l’abbesse Sainte Gertrude de Hackeborn (une puissante famille apparentée aux Hohenstoffen). La soeur de Sainte Gertrude de Hackeborn est aussi une sainte: Sainte Mechtilde, qui sera la maîtresse des novices et l’amie de Sainte Gertrude d’Helfta… Tu ne t’embrouilles pas trop dans toutes ces Gertrude, mon petit Lully?

Il est vrai que ce n’était pas très facile à suivre toutes ces généalogies de saintes moniales, d’autant plus que – je l’avoue – mon attention avait été un peu distraite par un petit mouvement de fierté en pensant que, moi, j’étais entré au couvent encore plus jeune que Sainte Gertrude : je n’avais qu’un mois et demi!…
Bref, j’ai demandé à Frère Maximilien-Marie de continuer la suite de l’histoire.

Ste Gertrude

Donc, la petite Gertrude – qui deviendra la Grande Sainte Gertrude – a passé toute sa vie, depuis l’âge de cinq ans, dans ce monastère dont elle n’est jamais sortie, jusqu’à sa mort qui survint le 17 novembre de l’année 1302: elle avait donc environ 46 ans!
Sa vie avait été tout ordonnée à l’étude et à la contemplation. Elle acquit une science tout à fait hors du commun et fut favorisée de visions qu’elle consigna par écrit en cinq volumes. On peut dire à juste titre qu’elle fut l’une des plus grandes mystiques du XIIIème siècle…
Les biographes ne peuvent guère dire davantage. Le plus important est ce qu’elle a rapporté dans ses ouvrages, dans lesquels la dévotion au Coeur de Jésus – telle que Notre-Seigneur viendra en demander l’établissement officiel dans l’Eglise quatre siècles plus tard – se trouve en quelque sorte annoncée et préparée. Ecoute bien

Sainte Gertrude, le jour de la fête de Saint Jean l’Evangéliste (27 décembre), reçut dans sa prière la visite de ce « disciple que Jésus aimait », et il l’entraîna dans une expérience mystique peu commune : il lui fit partager ce qu’il avait vécu et éprouvé le soir de la Sainte Cène quand il reposa sur la poitrine de Notre-Seigneur.
Gertrude rapporte elle-même qu’il lui fut donné de goûter d’ineffables délices en percevant les pulsations du Sacré-Coeur. Elle demanda à Saint Jean s’il avait ressenti cela au soir du Jeudi Saint, et l’Apôtre lui répondit que oui.
Alors elle se permit de lui faire une sorte de reproche 
: « Pourquoi donc avez-vous gardé un tel silence sur ce mystère, et n’en avez-vous pas écrit un seul mot pour notre profit spirituel? »
Et Saint Jean de répondre : « Ma mission fut d’écrire, pour l’Eglise naissante, au sujet du Verbe incréé de Dieu le Père, une seule parole: une parole qui suffirait jusqu’à la fin du monde pour nourrir l’intelligence humaine, bien qu’elle ne puisse jamais être parfaitement entendu de quiconque… Mais de dire la suavité de ces battements a été mis en réserve pour les derniers temps, afin que lorsque la charité du monde alangui ira se refroidissant, il éprouve un renouveau de ferveur à la révélation de semblables merveilles… »

Moi, je sais bien ce que c’est que d’être tenu tout contre le coeur plein d’amour de quelqu’un qu’on aime passionnément parce que je demande souvent à Frère Maximilien-Marie de me prendre dans ses bras où j’aime à me blottir en ronronnant voluptueusement… Alors je n’ai pas de difficulté à imaginer ce que ce doit être auprès du Coeur de Jésus qui est la source de tout amour, un amour brûlant et infini, dont les litanies nous disent qu’il est comparable à une fournaise ardente!
Mais Frère Maximilien-Marie a continué son récit :

Ainsi donc, à la fin du XIIIème siècle, Sainte Gertrude a reçu l’annonce que la révélation du Coeur de Jésus était réservée pour les derniers temps comme un remède au refroidissement de la charité dans le monde.
C’est ce qui s’est passé, en effet : au XVIIème siècle, Sainte Marguerite-Marie (cf. > www), au Monastère de la Visitation de Paray-le-Monial, a reçu de Jésus la mission de transmettre au Roy de France et à toute l’Eglise Ses demandes concernant l’établissement du culte de Son Sacré-Coeur. Il disait que par cette dévotion il tentait « un dernier effort » pour retirer les hommes du chemin de la perdition. S’il est intervenu à la fin du XVIIème siècle, ainsi qu’il l’avait fait savoir à sainte Gertrude, c’est bien parce que nous sommes entrés dans une phase déterminante de l’histoire du monde et de l’Eglise, une période particulièrement importante « en ces temps qui sont les derniers »(Heb. I,2), qui sont tellement perturbés par un assaut plus intense des forces d’opposition à l’oeuvre divine.
Vois-tu, l’esprit qui tend à dominer le monde depuis la fin du Moyen-Age – cet esprit qui a paru triompher dans les périodes troubles et violentes, marquées par de nouvelles persécutions comme on n’imaginait plus qu’il puisse y en avoir depuis la conversion de l’Empire – est fondamentalement destructeur pour les valeurs spirituelles. Seul l’amour véritable, puisé à la Fontaine de grâce et de charité qu’est le Coeur de notre divin Sauveur, permet de résister et de s’opposer aux flots corrupteurs et destructeurs par lesquels l’enfer déchaîné voudrait engloutir l’humanité. Aujourd’hui, donc, nous demanderons à Sainte Gertrude d’Helfta de nous aider à être attentifs aux suaves pulsations du Sacré-Coeur de Jésus, de nous apprendre à recevoir de Lui une plus grande charité, et d’être ainsi de bons et fidèles chevaliers au service du Règne de Dieu dans les coeurs!

2007-33. Lorsque la charité du monde alangui ira se refroidissant... dans De liturgia patteschatsLully.                        

Voir aussi la B.D. et la prière tirée des oeuvres de Sainte Gertrude publiés > ici 

sacrec15 Coeur de Jésus dans Lectures & relectures

N.B. : Il ne faut pas confondre Sainte Gertrude d’Helfta – appelée aussi « la Grande » – avec une autre sainte qui porte le même prénom et qui est la céleste protectrice des chats : Sainte Gertrude de Nivelles > www.

2007-31. Des Saints et des animaux (4ème et dernière partie).

lully.gifJ’étais véritablement enchanté d’entendre, moi le petit chat du Mesnil-Marie, l’histoire du chien de Saint Roch avec tous les développements qui s’en étaient suivis…
Mais arrivé à ce point du récit, je me suis permis d’interrompre mon papa et de lui demander : « Mais ceci est-il vraiment vrai? Ne s’agit-il pas d’un conte pour faire seulement rêver? Les animaux seront-ils bien admis un jour dans le Paradis de Dieu? Puis-je espérer, moi Lully, aller au Ciel avec toi?« 

Frère Maximilien-Marie m’a souri et il a ajouté:

« Vois-tu, Lully, Saint Thomas d’Aquin, dans la Somme Théologique, n’a fait qu’aborder ce sujet à la seule lumière de la science de son époque ; mais j’ose dire qu’il n’a pas vraiment répondu de manière satisfaisante à la question…
A l’exception de la grande école franciscaine, avec en particulier Saint Bonaventure – qui est lui aussi un Docteur de l’Eglise et qui répond de manière positive à cette question – , des générations de théologiens ont négligé de se poser les bonnes questions à propos du dessein de Dieu sur les animaux…

« Or nous lisons dans la Sainte Ecriture des affirmations très claires. Ainsi Dieu dit-il à Noé après le déluge : « Et moi, je vais établir mon Alliance avec vous et avec votre postérité après vous, avec tous les êtres vivants qui sont avec vous, oiseaux, animaux domestiques et toutes les bêtes de la terre, depuis ceux qui sont sortis de l’arche jusqu’à tout animal de la terre«  (Gen.IX, 9-11).
Dans le Psaume XXXV, au verset 7 nous lisons aussi: « Vous sauverez, Seigneur, les hommes et les bêtes ».
Et Saint Paul écrit aux Romains : « La création attend avec un ardent désir la manifestation des enfants de Dieu. La création, en effet, a été assujettie à la vanité – non de son gré mais par la volonté de celui qui l’y a soumise, – avec l’espérance qu’elle aussi sera affranchie de la servitude de la corruption, pour avoir part à la liberté glorieuse des enfants de Dieu. Car nous savons que, jusqu’à ce jour, la création tout entière gémit et souffre les douleurs de l’enfantement » (Rom.VIII, 19-22). Dans ce texte Saint Paul enseigne clairement que la faute d’Adam n’a pas introduit un désordre seulement dans l’âme de l’homme, par le péché, mais que tout l’ordre créé a été perturbé en conséquence du péché de l’homme ; cela lui permet d’affirmer que c’est donc l’ensemble de la création – et pas seulement l’humanité – qui est tendue vers la rédemption et à laquelle une régénération est promise.

Les animaux, comme aussi les plantes, appartiennent à la perfection du monde matériel que Dieu a créé pour Sa gloire ainsi que pour le bien et le service des hommes. Nous savons aussi que Dieu n’a de mépris pour aucune de ses créatures, Lui qui nous donne l’exemple de sa propre sollicitude pour nourrir les oiseaux du ciel afin de nous porter à la confiance en Sa Providence paternelle (cf. Matth. VI, 26).
Il y a une véritable convenance à ce que les animaux, les plantes et tout ce qui fait la perfection de la création d’ici-bas, demeurent dans le monde nouveau, dans le monde renouvelé et transformé, qui subsistera après la fin des temps : en effet, selon une hiérarchie qui est adaptée au mode de chacun, tout être créé est appelé à atteindre sa fin, qui est Dieu. Les animaux et les plantes appartiennent donc très logiquement à la perfection de la création renouvelée.

Le Christ nous donne un « moyen théologique » très simple pour résoudre certains problèmes: en demander la solution à un enfant. Ne souriez pas! « Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits, car je vous dis que leurs anges dans le Ciel contemplent sans cesse la face de mon Père qui est dans les Cieux » (Matth. XVIII, 10).
Si donc l’on demande à un enfant qui, dans la mouvance des dons reçus reçus au Baptême, a conservé son âme limpide: « Si tu étais à la place de Dieu tout-puissant, à la fin des temps, pour orner le monde nouveau, redonnerais-tu la vie aux animaux, étant bien entendu qu’alors ils n’auraient plus le pouvoir de faire aucun mal, ou bien ne placerais-tu dans ce monde nouveau que les anges et les hommes? »
La réponse ne fait pas l’ombre d’un doute et se passe de toute forme de démonstration.

Pourquoi a-t-on pendant des siècles (sous le fallacieux prétexte que ce serait là l’enseignement de la Révélation transmis par notre Mère la Sainte Eglise), répondu – et fait de la peine – à des milliers d’enfants qui ont un jour ou l’autre demandé si leur animal de compagnie irait au Ciel, que les animaux n’ont pas d’âme et qu’en conséquence ils rentrent dans le néant au moment de leur mort?

Si les animaux meurent, c’est justement qu’ils ont une âme puisque la définition de la mort c’est précisément la séparation de l’âme et du corps! L’âme est immatérielle, elle est le principe de la vie. Les animaux ont un psychisme, siège des facultés vitales, ils ont une intuition, une sensibilité, une mémoire et une certaine forme d’imagination ; ils sont capables de développer une affectivité et même – pour les plus développés – d’avoir une forme de réflexion intelligente et une véritable « personnalité ».
Le fait qu’ils ne soient pas capables de spéculer sur les réalités immatérielles, qu’ils n’aient pas une volonté dotée de libre-arbitre, qu’ils ne soient pas appelés à vivre de la grâce surnaturelle ni à jouir de la vision béatifique, signifie-t-il pour autant qu’ils sont « néantisés » quand leur corps meurt?
L’affirmer paraît singulièrement simpliste et bien peu en accord avec tout ce que les sciences de la nature nous révèlent sans cesse de l’inouïe richesse, complexité et diversité de la création, qui témoigne de l’intelligence et de la sagesse infinies du Créateur.
Pourquoi limiterait-on, sur la base d’une logique aristotélicienne purement humaine – donc très limitée – la puissance de Dieu?

Cette espérance de « l’affranchissement de la servitude de la corruption pour avoir part à la liberté glorieuse des enfants de Dieu » dont parle Saint Paul se trouve dans toute la création ici-bas. Il y a en tout être vivant un appétit naturel à exister perpétuellement, sinon comme individu au moins en tant qu’espèce (la génération tend à cela). Il ne convient pas qu’un appétit naturel soit frustré. En outre, rappelons-le, tout être créé est ordonné à une fin, qui est Dieu, et qu’il doit atteindre selon une hiérarchie et des modes divers. Rien ne s’oppose à ce que les animaux soient « glorifiés » au temps de la régénération : c’est-à-dire que la puissance divine les revête d’incorruptibilité et de clarté. Leur recherche de nourriture n’aura plus lieu d’être, et donc il n’y aura plus de plus fort dévorant un plus faible (tu n’auras plus besoin ni envie de croquer les souris, mon Lully!), comme il n’y aura plus de génération. Les animaux et les plantes seront présents en raison de leur beauté, vivant une vie commune paisible, jouissant – selon la capacité de chacun – d’une certaine béatitude sensible en laquelle leur appétit naturel sera comblé.

Alors on verra la réalisation de ce qui a été prophétisé par Isaïe : « Le loup habitera avec l’agneau, la panthère reposera sur le chevreau; le veau, le lion et le boeuf gras vivront ensemble, et un jeune enfant les conduira. La vache et l’ourse auront même pâturage, leurs petits un même gîte, et le lion mangera du fourrage comme le boeuf. Le nourrisson s’ébattra sur le trou de la vipère, et l’enfant à peine sevré mettra sa main sur la prunelle du basilic. On ne fera point de mal et on ne causera point de dommage sur toute ma montagne sainte; car le pays sera rempli de la connaissance du Seigneur, comme le fond des mers par les eaux qui le couvrent » (Is.XI, 6-9). »

C’est ainsi que Frère Maximilien-Marie a achevé l’histoire des Saints et des animaux, et moi je me suis endormi sur ses genoux en ronronnant… Et tous les battements de mon petit coeur de chat étaient une louange amoureuse au Créateur tandis que je voyais en rêve le beau Ciel du Bon Dieu.

Lully.

Chat coussin

Publié dans:Chronique de Lully, Nos amis les Saints |on 10 novembre, 2007 |1 Commentaire »

2007-30. Des Saints et des animaux (3ème partie).

Mercredi 7 novembre.

Le Ciel avait donc déjà vu l’arrivée du chien de Saint Roch, des Saint-Bernard qui portent le nom de Saint Bernard de Menthon, des oiseaux qui avaient été attentifs à la prédication de Saint François d’Assise, des moutons, brebis et agneaux des Saintes Solange et Germaine, dont les revendications avaient été soutenues par Saint Jean-Baptiste, de la mule de Saint Antoine de Padoue, des cerfs de Saint Hubert et de Saint Eustache, de la biche de Saint Gilles…
Mais vous pensez bien que les choses n’allaient pas en rester là.

On vit donc Sainte Scholastique et Saint Grégoire le Grand venir demander l’introduction des colombes avec lesquelles ils sont toujours représentés ; et le Bon Dieu les prit dans son Paradis.
Saint Benoît de Nursie, Saint Paul ermite et le Saint Prophète Elie vinrent tout de suite après pour plaider la cause des corbeaux qui les avaient nourris dans leurs déserts ; et le Bon Dieu les prit dans son Paradis.
Puis Saint Antoine le Grand, qui avait suivi Saint Paul ermite avec lequel il était ami, demanda bien sûr qu’on reçoive son célèbre cochon ; Balaam, revenu de son aveuglement et voulant réparer l’injustice avec laquelle il l’avait traitée, sollicita l’admission de son ânesse ; Saint Jérôme intercéda en faveur de son lion et Saint Martin de Porrès pour ses souris ; Saint Jean l’Evangéliste proposa son aigle et Sainte Oringa le lièvre qui la guidait la nuit ; Saint Joseph suggéra l’introduction du Saint Âne et du Saint Boeuf de Bethléem – ce n’était que justice! – , ce que voyant les Saints Rois Gaspard, Melchior et Balthazar obtinrent de faire entrer leurs caravanes de chameaux et de dromadaires que les Saintes Ecritures avaient magnifiquement prophétisées comme signe de la Jérusalem messiannique…
Et le Bon Dieu les prit tous dans son paradis.
Saint Corbinien fit accepter l’ours qui avait tué sa monture et l’avait ensuite remplacée, en arguant du fait que cet ours figurerait un jour dans les armoiries d’un Souverain Pontife ; et le Bon Dieu le prit donc lui aussi dans son Paradis.

Armoiries de Benoît XVI

Le vieux Noé se frottait les mains d’enthousiasme. Vraiment, il semblait avoir pris une nouvelle jeunesse et, pour l’organisation et l’entretien de toute cette ménagerie, il avait formé une joyeuse cohorte d’angelots.

Saint François d’Assise et Saint Antoine de Padoue tentèrent alors une seconde chance : le premier pour faire admettre le fameux loup de Gubbio (n’a-t-il pas une place de choix dans le scoutisme catholique puisqu’il est le « saint patron » de tous les louveteaux et louvettes?), et le second pour demander si – après tout – on ne pourrait pas creuser un grand étang céleste pour y placer les poissons du littoral de Rimini qui étaient accourus afin d’entendre sa prédication…
Et le Bon Dieu, bien sûr, acquiesça et les prit dans son Paradis.

Le bon Saint Pierre avait alors senti vibrer sa fibre professionnelle et il se voyait déjà, pendant ses RTT, au bord de l’étang une canne à pêche à la main et un grand chapeau de paille sur la tête…

Mais l’arrivée de Saint Brendan et de Saint Malo jeta le trouble dans sa paisible rêverie : vous savez peut-être (mais peut-être aussi ne le savez-vous pas?) que Saint Brendan est l’un de ces intrépides moines irlandais qui vécut à la fin du Vème siècle et au début du VIème siècle ; avec son disciple et ami, Saint Malo – appelé aussi Maclou ou Machut – , il parcourut les mers (certains historiens très sérieux pensent même qu’il découvrit l’Amérique) et il lui arriva une aventure véritablement… formidable!

En effet, étant en mer avec quelques autres moines, Saint Brendan et Saint Malo, parce que c’était le Saint Jour de Pâques souhaitaient pouvoir célébrer la Sainte Messe : mais l’exigüité de leur fragile esquif ballotté sur les flots ne permettait évidemment pas de le faire à bord. Ils cherchaient donc une terre pour accoster… et virent justement un îlot dénudé sur lequel ils descendirent, dressèrent un autel et chantèrent joyeusement la Messe de la Résurrection : « Haes dies quam fecit Dominus, exultemus et laetemur in ea, alleluia! » Toutefois, vers la fin de l’office, les bons moines furent effrayés en constatant que l’îlot bougeait. Regagnant à la hâte leur embarcation, ils n’eurent que le temps de dire « ouf! » car ce qu’ils avaient pris pour une petite île n’était rien d’autre qu’une baleine qui faisait la sieste et que l’allégresse pascale avait réveillée!
Bref, Saint Brendan et Saint Malo demandaient que le mammifère marin qui leur avait permis de célébrer la Sainte Messe de Pâques, soit à son tour admis au Ciel : il suffirait juste d’agrandir un peu le bassin creusé pour les poissons de Saint Antoine, et la baleine serait très justement récompensée d’avoir prêté non pas le flanc mais un dos hospitalier à la célébration du plus auguste des mystères!
Le prophète Jonas, toujours un peu porté à la ralerie, n’était pas des plus enthousiastes à la pensée de l’arrivée d’une baleine, mais le Bon Dieu n’en fit pas cas et il la prit aussi dans son Paradis.

Saint Malo

(à suivre, ici > www)

Publié dans:Chronique de Lully, Nos amis les Saints |on 6 novembre, 2007 |1 Commentaire »

2007-28. Des Saintes Reliques.

Le 5 novembre.

Dans un certain nombre de calendriers propres, l’un des premiers jours « libres » (c’est-à-dire sans célébration particulière) après la fête de tous les Saints – souvent le 5 novembre -, est un jour consacré à honorer les Saintes Reliques conservées dans l’église ou dans l’oratoire.

Vous pensez bien que Frère Maximilien-Marie n’a pas manqué la chose aujourd’hui, puisque je vous ai déjà signalé sa vénération pour elles.

Si notre situation actuelle ne nous permet pas de faire, dans l’oratoire du Mesnil-Marie, une exposition solennelle de toutes les reliques qui sont conservées dans la grande armoire de la sacristie, afin qu’une communauté ou un groupe de fidèles se relaye devant elles toute la journée dans une espèce de « garde d’honneur », notre Frère a tout de même tenu à les vénérer ce matin à la fin de l’oraison…

Frère Maximilien-Marie m’a expliqué que dès les premiers temps de l’Eglise, dans les catacombes, on avait pris l’habitude de célébrer les Saints Mystères sur la tombe des martyrs, particulièrement au jour anniversaire de leur glorieux trépas.
La foi de l’Eglise manifestait ainsi que le sacrifice des martyrs était uni à celui de leur divin Rédempteur et que si « aux yeux des insensés ils ont paru mourir, et leur départ de ce monde a semblé un malheur… ils sont dans la paix. Alors même que, devant les hommes, ils ont subi des châtiments, leur espérance était pleine d’immortalité… Car Dieu les a éprouvés et les a trouvés dignes de Lui : il les a éprouvés comme l’or dans la fournaise et les a agréés comme un parfait holocauste » 
(Sap. III, 2-5).

Dès les premiers temps aussi, les fidèles conservaient avec ferveur les objets qui avaient trait aux supplices des martyrs (on voit ainsi dans le récit du martyre de Sainte Cécile, par exemple, que les gens de sa maison imbibent des toiles avec le sang que la Sainte est en train de répandre).

Après la pacification qui suivit l’édit de Milan (en 313), le culte se développa et on éleva de grandes églises sur les tombes des Apôtres Pierre et Paul, et sur celles d’autres saints particulièrement vénérés comme Saint Sébastien, Sainte Agnès… etc.
Sainte Hélène, mère de Saint Constantin 1er le Grand, fit rechercher en Terre Sainte les lieux et les objets qui étaient liés à la vie et à la mort de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Les basiliques qu’on éleva à cette époque furent donc comme de grands reliquaires dans lesquels étaient conservés les tombeaux des Saints ou des objets particulièrement précieux pour la foi chrétienne (la Sainte Croix et les objets de la Passion, le Saint Sépulcre, la grotte de la Nativité… etc.).

Dès ce moment-là aussi on procéda à des « translations » de corps ou d’objets saints : lorsque le lieu de la sépulture ne se prêtait pas à la construction du lieu de culte envisagé, ou quand (en raison de la longueur et des difficultés des voyages) on préféra dédoubler les lieux de vénération et que l’on commença pour cela à partager les reliques.

Un peu plus tard, au moment des invasions barbares ou normandes, les craintes liées aux destructions et aux pillages furent également l’occasion de translations des reliques, donnant parfois lieu à des processions solennelles, à des miracles retentissants aussi, et à une extension de la dévotion envers le saint dont on avait transporté le corps.

La célébration des Saints Mystères sur la tombe même des martyrs est aussi à l’origine de l’usage de la translation des reliques pour les cérémonies de consécration des églises et des autels : il devint même obligatoire d’insérer des reliques des saints dans la table de pierre consacrée, au creux d’une petite cavité (appelée tombeau) que l’évêque consécrateur scelle solennellement.

Le développement des fruits de sainteté dans l’Eglise et l’accroissement du nombre des Saints entrainèrent aussi bien sûr le développement du culte des reliques.

On a distingué les reliques par « classes » :
a) sont considérées comme reliques de « première classe » les corps des saints ou les fragments importants de ces corps (crâne – on parle du chef – , ossements entiers) ;
b) les reliques de « deuxième classe » sont les fragments d’os, les parcelles des cendres funéraires, les cheveux, ou encore les objets qui ont appartenu aux saints – comme leurs vêtements – ou enfin les instruments mêmes de leur martyre ;
c) les reliques de « troisième classe » sont des objets qu’on a mis en contact avec le corps du saint, son tombeau ou sa châsse, ou encore le liquide parfumé (souvent appelé myrrhe) qui coule parfois de leur dépouille mortelle.

La vénération des saintes reliques appartient au culte de « dulie » - ce n’est pas un culte d’adoration mais de vénération, l’adoration n’étant due qu’à Dieu seul – , mais c’est en outre un culte que l’on dit « relatif », parce que, à travers la relique, il s’adresse en réalité à la personne du Saint, et non à l’objet lui-même.

La vérification de l’authenticité des reliques est indispensable avant de les proposer à la vénération des fidèles : cette authentification est confiée aux cardinaux, aux évêques, à certains prêtres spécialement autorisés (supérieurs majeurs des religieux ou vicaires généraux dans certains cas).
Cette authenticité est certifiée par un document écrit – qu’on nomme  un « authentique« - et par les sceaux qui ferment le reliquaire.
Il est admis que l’on peut continuer à proposer des reliques à la vénération des fidèles lorsque ce certificat d’authenticité a été détruit ou perdu, à la condition que les sceaux du reliquaire soient intacts.

Reliquaire

Reliquaire de la sacristie du Mesnil-Marie dans lequel se trouvent plusieurs petites reliques de deuxième classe appartenant à plusieurs saints de l’Ordre Capucin

Nous possédons au Mesnil-Marie un certain nombre de reliquaires : la plupart se présentent comme des médaillons, quelques autres ont la forme de monstrances destinées à être posées sur les gradins de l’autel les jours des grandes fêtes.

Beaucoup de ces reliquaires que nous possédons ici ont été sauvés de la destruction ou de la profanation : la crise doctrinale, spirituelle et liturgique qui a suivi le second concile du Vatican – une espèce de vent de folie ! – a poussé des prêtres ou des communautés religieuses à se débarrasser de ce qu’ils se sont mis à considérer comme des vieilleries ou des superstitions d’un autre âge. C’est ainsi qu’on a retrouvé des reliquaires aux puces, dans des brocantes, voire dans des tas de détritus ou des poubelles !!!
D’autres fois encore ce sont des congrégations qui, ne se renouvelant plus, ont dû fermer certaines de leurs maisons et ont « liquidé » le contenu des sacristies…
Enfin Frère Maximilien-Marie, à la suite de récentes béatifications ou lors de ses pèlerinages à Rome, a pu obtenir dans certains couvents ou auprès de certains prélats des reliquaires de saints 
récents avec leurs certificats d’authenticité.

C’est donc ainsi que nous conservons au Mesnil-Marie des reliques de la Sainte Croix, du voile de la Très Sainte Vierge, de Saint François de Sales, de Sainte Jeanne de Chantal et de Sainte Marguerite-Marie, de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, de Sainte Thérèse d’Avila et de Saint Jean de la Croix, des Visitandines Martyres de Madrid – tuées par les « rouges » en 1936 – et de la Bienheureuse Marie de Jésus Deluil-Martiny, du Bienheureux Charles de Foucauld et de la Bienheureuse Anne-Marie Taïgi, de Saint Gabriel dell’Addolorata et de Saint Paul de la Croix, de Sainte Gemma Galgani et de Sainte Maria Goretti, des Saints Apôtres Pierre et Paul, du Bienheureux Pie IX et de Saint Benoît, de Saint François d’Assise et de Saint Dominique… etc …etc.

Toutes ces reliques constituent comme une « présence » de tous ces Saints dans notre Mesnil-Marie, et c’est un vrai bonheur de redire aujourd’hui la collecte de la messe propre en leur honneur :

Augmentez en nous, Seigneur, la foi en la résurrection, ô Vous qui opérez des merveilles par les reliques de vos Saints : et rendez-nous participants de la gloire immortelle dont nous vénérons le gage dans leurs cendres : nous Vous le demandons par Notre-Seigneur Jésus-Christ, votre Fils, qui vit et règne avec Vous dans l’unité du Saint-Esprit pour les siècles des siècles.

Ainsi soit-il !

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