Archive pour la catégorie 'Nos amis les Saints'

2021-8. « On ne transige pas avec une maladie : on en guérit ou on en meurt. »

Nous sommes infiniment reconnaissants à Monsieur l’Abbé Sébastien Dufour de nous avoir transmis et permis de publier ici le texte de sa très poignante et magnifique prédication de ce 21 janvier 2021, prononcée lors de la Sainte Messe de Requiem qu’il a célébrée en l’église Notre-Dame, à Valence.
Nous ne doutons pas qu’elle fera du bien à l’âme de beaucoup de nos lecteurs et qu’elle les fortifiera dans leur attachement à la Royauté traditionnelle et dans leur fidélité catholique et royale.

Valence - 21 janvier 2021

frise lys

On ne transige pas avec une maladie : on en guérit ou on en meurt.

L’exécution du Roi Louis XVI le 21 janvier 1793 est le symptôme le plus sensible de cette maladie mortelle qui s’est attaqué à tout le corps de notre pays, de l’Etat (en haut) jusqu’à la famille (en bas), je parle de la Révolution ; et la foi catholique, meilleure défense immunitaire contre cette maladie, ne protège plus qu’une minorité de Français.

Oui, la Révolution atteint tout le corps social jusqu’à la famille : éclatement de la famille ; destruction de l’autorité paternelle ; déchéance de la beauté maternelle ; profanation de la sainteté du lit conjugal ; disparition des traditions familiales ; vulgarité et corruption des enfants par l’impureté et l’ivresse ; infanticide de plus de 200 000 enfants chaque année par le crime odieux de l’avortement.

Tout ce que vit aujourd’hui la famille est déjà en germe dans la Révolution.

Car ce que vit aujourd’hui la famille, n’est-ce pas ce qui arriva d’une certaine manière à la famille royale de France ?

L’autorité du père fut abattue lorsque le Roi Louis XVI fut guillotiné.
Cette violence faite au père de la Patrie n’est d’ailleurs pas sans conséquence sur la religion, c’est-à-dire sur les rapports entre l’homme et ce Dieu trinitaire qui nous demande de l’appeler « Père ».
C’est ce dont témoigna le petit Dauphin lorsque sa mère, la Reine Marie-Antoinette vint le réveiller le jour du 21 janvier : « Mon enfant, il faut penser au Bon Dieu » ; « Maman, répondit le Dauphin, moi aussi, j’ai bien pensé au Bon Dieu, mais quand j’appelle la pensée du Bon Dieu, toujours l’image de mon père descend devant moi ».

La beauté de la figure maternelle est souillée en la personne de la Reine Marie-Antoinette qu’on insulta et calomnia sans mesure et, lors de son procès inique, qu’on accusa du pire des crimes que puisse commettre une mère à l’endroit de son enfant.
Finalement la Reine aussi sera guillotinée le 16 octobre 1793.

Après l’exécution de leur père et de leur mère, puis de leur sainte tante, Madame Elisabeth, le 10 mai 1794, les deux enfants royaux restent seuls, Marie-Thérèse n’a que 14 ans et le petit roi Louis XVII n’a que 8 ans.

Ce que l’on fit subir à cet enfant-roi résume toute l’ignominie de la Révolution.

Car que fit-on subir à cet enfant encombrant ?
Ne pouvant ni l’exiler, ni l’empoisonner, ni l’exécuter, on décide de « s’en défaire ».
Le procédé consistait à conduire à la mort, par un abrutissement lent, l’héritier du sang royal.
Le responsable des prisonniers affirme : « Je l’éloignerai de sa famille, pour lui faire perdre l’idée de son rang. »

Le 3 juillet 1793, le petit garçon déjà malade est arraché sans ménagement à l’amour de sa mère qui lui dit d’une voix douce : « Mon enfant, souvenez-vous de vos devoirs quand je ne serai plus auprès de vous pour vous les rappeler. N’oubliez jamais le bon Dieu qui vous met à l’épreuve, ni votre mère qui vous aime. Soyez sage, patient et honnête, et votre père vous bénira du haut du ciel. »

Ce petit Roi désormais solitaire est confié à la garde d’un cordonnier illettré appelé Simon et de sa femme, qui travaillent à sa dépravation morale : on lui apprend à jurer, à blasphémer, à renier son origine, on le coiffe du bonnet révolutionnaire, on l’abreuve d’alcool pour lui faire chanter la Carmagnole et lui faire dire des grossièretés.
Pour le faire obéir, Simon le gifle et le menace de la guillotine, menace qui, pour le fils de Louis XVI, n’a rien de théorique et qui le plonge dans une profonde terreur.

On empêche même le petit roi de prier.
Une nuit du mois de janvier, son geôlier le surprit les mains jointes et à genoux, priant Dieu.
Il se leva aussitôt et versa sur la tête de l’enfant une cruche remplie d’eau glacée : « Je t’apprendrai, lui dit-il, à faire tes patenôtres et à te lever la nuit comme un trappiste. »
Puis, s’armant de son soulier à gros clous, il frappa furieusement l’enfant.

Le 6 août, une ville s’était soulevée au cri de « vive le Roi Louis XVII ! », Simon se moqua du petit roi en annonçant : « Voici le Roi. Je m’en vais l’oindre, l’encenser et le couronner ! » ; et, joignant le geste à la parole, il l’oignit en lui renversant son verre sur la tête et en lui frottant cruellement les tempes, l’encensa en lui soufflant des bouffées de tabac au visage et le couronna en le coiffant du bonnet phrygien.
Devant la petite figure rouge de colère et de honte de Louis XVII, Simon demanda alors : « Que me ferais-tu, Capet, si tes amis te délivraient et si tu devenais Roi de France pour de vrai ? »
Et alors cet enfant imposa le silence et le respect à tout le monde en répondant : « Je vous pardonnerais ».

Malgré tout ce que Louis-Charles avait déjà subi, le pire n’arriva que le 19 janvier 1794, quand la Convention décida qu’elle avait assez perdu de temps avec le petit roi.
Commence alors la période de l’emmurement.

Le jeune roi, qui va sur ses neuf ans, est jeté au fond de sa chambre, dont on condamne porte et fenêtre.
Il vivra désormais dans cette pièce minuscule, où n’entre pas même la lumière.
La nourriture lui est passée à travers un guichet.L’enfant malade va vivre pendant six mois sans interruption au milieu des ordures, sans visite, ni lumière, ni livre, ni jouet pour se distraire.

Après la chute de Robespierre, le 27 juillet 1794, Barras se rend au Temple et découvre dans une chambre ténébreuse, un enfant de neuf ans, incapable de marcher, à demi enveloppé d’un linge crasseux et d’un pantalon en guenilles, et qui gisait, immobile sur un lit sale, le visage maigre et ravagé par la misère.
Sa tête et son cou étaient rongés par des plaies purulentes.
La vermine lui couvrait aussi tout le corps et la saleté collait ses beaux cheveux blonds qu’aurait du ceindre un jour la couronne de France.
Il était trop tard pour faire quoi que ce soit pour sauver l’enfant-roi qui disait : « Et pourtant, je n’ai fait de mal à personne ! ».

Dans la nuit du dimanche au lundi 8 juin 1795, l’enfant agonise. Au matin il prend la main de son gardien qui lui demande :
« J’espère que vous ne souffrez pas dans ce moment ?
- Oh, si ! je souffre encore, mais beaucoup moins : la musique est si belle !
- De quel côté entendez-vous cette musique ?
- De là-haut ! Est-ce que vous n’avez pas entendu ? Écoutez ! Écoutez ! »
Et l’enfant, d’un geste vif, indique le Ciel.
Puis, après quelques instants, l’enfant tressaille et s’écrie : « Au milieu de toutes les voix, j’ai reconnu celle de ma mère ! ».
Alors le petit roi rendit son âme angélique à Dieu et rejoignit le Ciel pour y retrouver et reformer sa royale famille.

Le « sang » qui abreuve le sillon de notre hymne national, c’est celui d’un roi et d’une reine innocents, c’est celui de tout un peuple persécuté pour sa foi et sa fidélité à l’Eglise Catholique.
C’est aussi celui d’un petit enfant martyr, victime d’une révolution qui prétendait instaurer la fraternité, enfant qui n’avait commis d’autre crime que celui d’être un descendant de saint Louis.

Clémenceau a dit : « La Révolution c’est un bloc ». Il a raison. Et c’est parce que c’est un bloc qui nous la rejetons en bloc.
Alors non, non, non, nous n’irons pas jouer le jeu de la république laïque et révolutionnaire car on ne transige pas avec une maladie : on en guérit ou on en meurt.

Icône des martyrs royaux filigranée 421x600

La sainte icône de la famille royale martyre
(explication > ici)

frise lys

2021-5. « Si chaque baptisé était habité par la foi d’un Louis XVI, la morgue républicaine se serait effacée depuis longtemps.»

Prédication du Révérend Père Jean-François Thomas s.j.
à la Messe solennelle de Requiem
célébrée à la pieuse mémoire de Sa Majesté le Roi Louis XVI

Eglise Saint-Eugène-Sainte-Cécile
Paris

jeudi 21 janvier 2021

frise lys deuil

Nous sommes encore une fois infiniment reconnaissants envers le Révérend Père Thomas qui nous a adressé le texte de la prédication qu’il a donnée en l’église Saint-Eugène & Sainte-Cécile de Paris à l’occasion de la Sainte Messe solennelle de Requiem qui a été célébrée ce jeudi 21 janvier 2021, à l’occasion du 228ème anniversaire du martyre de SMTC le Roi Louis XVI, et qui nous a autorisés à le publier dans les pages de ce blogue.

apothéose de louis XVI

L’apothéose de Louis XVI
(gravure de l’époque de la Restauration)

 Trois lys blancs

Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

Mes chers Frères,

Le ciel est bas et gris en ce Paris du 21 janvier 1793. La foule est dense tout au long du sinistre cortège amenant le fils de saint Louis à l’échafaud. Elle l’est encore plus autour de cette guillotine dont le couperet tombe avec un bruit sec et sifflant à 10h 10. Louis-Marie Prudhomme, cet imprimeur et éditeur jacobin du journal Les Révolutions de Paris (qui mourra de sa belle mort à Paris sous la Restauration), écrit, lyrique et prophétique : « Un citoyen monta sur la guillotine, et plongeant son bras nu dans le sang de Capet qui s’était amassé en grande abondance, il en prit des caillots plein la main et en aspergea par trois fois la foule des assistants qui se pressaient au pied de l’échafaud pour en recevoir chacun une goutte sur le front. – Frères, disait le citoyen en faisant son aspersion, frères, on nous a menacés que le sang de Louis Capet retomberait sur nos têtes ; eh bien ! qu’il y retombe. » Quelques dix-huit cents ans auparavant, des mots semblables avaient été prononcés, -tant les hommes sont toujours et partout de la même étoffe, sous le ciel de Jérusalem : « Pilate voyant qu’il ne gagnait rien, mais que le tumulte augmentait, prit de l’eau et se lava les mains devant le peuple, disant : Je suis innocent du sang de ce juste : voyez vous-mêmes. Et tout le peuple répondant, dit : Son sang sur nous et sur nos enfants !» (Matthieu, XXVII.24-25). Le sang que les prêtres du Temple répandaient sur les têtes lors des sacrifices était purificateur, comme le sera, éminemment et de façon définitive, le Sang du Maître crucifié par et pour le péché des hommes. Sur la place de la Révolution, ancienne place Louis XV, en ce matin d’hiver, la singerie et la parodie sacrilèges des sans-culottes imitant diaboliquement l’aspersion sainte et trinitaire avec le sang du Lieutenant du Christ vont prendre la France dans l’étau de son propre parjure. Oui, le sang versé est retombé sur nos têtes, et il ne cesse d’y couler, non point pour notre rachat puisque la république n’a jamais fait acte de repentir, – elle qui pourtant a souvent la repentance à la bouche lorsqu’il s’agit de dégrader un peu plus l’honneur flétri de notre pays, mais pour notre terrible destinée d’héritiers dépouillés et errants, vivant dans les guenilles spirituelles d’un faste perdu. « Le sang de Louis Capet est de l’eau bénite » dira un des enragés assistant à l’exécution tandis que la foule bat des mains. La terre de France, celle qui avait reçu l’eau du baptême de Clovis et de ses guerriers, celle qui avait été purifiée par le sang de tant de martyrs, a bu le sang du Roi et des victimes de la Révolution. Ce sang innocent ne crie pas vengeance car telle n’est pas l’attitude du témoin qui donne sa vie pour la foi. La punition est celle que s’inflige notre pays en refusant de courber la tête et de tourner le dos à ses erreurs et à ses crimes. Les révolutionnaires voulurent réduire à néant l’âme millénaire de la France en créant un monde nouveau, libéré de Dieu, mais ils ne réussirent qu’à instaurer des ténèbres qui ne cessent de s’épaissir puisque les « valeurs républicaines » sont le plus souvent des armes contre le droit naturel et la grâce surnaturelle.

Il est légitime de s’appliquer à retracer le martyre de Louis XVI, vraiment tué par haine du divin. L’Église, en France, n’a guère combattu, sauf exceptions, pour canoniser le Roi, la Reine, le malheureux Dauphin, Madame Élisabeth et tous ceux assassinés eux aussi comme symboles d’une société, certes pécheresse, mais vivant sous le regard de Dieu. Notre Roi pourtant, sans calcul ni affectation, imita dans son abaissement la Passion de Notre Seigneur. L’abbé Edgeworth, accompagnant le condamné jusqu’au dernier instant, rapporta comment Louis XVI, refusant d’avoir les mains liés, se laissa faire lorsque son ultime confesseur lui dit, dans les larmes et au milieu des roulements de tambours : «  Sire, dans ce nouvel outrage, je ne vois qu’un dernier trait de ressemblance entre Votre Majesté et le Dieu qui va être sa récompense. » Et le Roi de répondre, les yeux vers le ciel : « Assurément, il ne faut rien de moins que son exemple pour que je me soumette à un pareil affront. » Puis, s’adressant aux bourreaux : «  Faites ce que vous voudrez, je boirai le calice jusqu’à la lie. » Une telle attitude de noblesse, de courage et d’abandon à la divine volonté n’est pas une posture, et ses ennemis eux-mêmes ne s’y sont point trompés car les bougres étaient tout entiers pétris de farine chrétienne. Le procureur-syndic de la Commune Pierre Manuel, qui participa aussi aux massacres de juin et de septembre 1792, et qui se repentira par la suite, déclara, pour s’en lamenter, au journal La Révolution de 92 le 18 janvier 1793, trois jours donc avant l’exécution : « Si Louis XVI subit son jugement, comme il n’est plus possible d’en douter, la mort de Louis de Louis XVI sera la mort d’un saint. » Prudhomme, dans Les Révolutions de Paris, écrira de même : « Les prêtres et les dévotes qui déjà cherchent sur le calendrier une place à Louis XVI parmi les martyrs, ont fait un rapprochement de son exécution et de la Passion de leur Christ. » Hébert, dans l’épouvantable publication Le Père Duchesne, partagera une prédiction semblable : « Le pape va en faire un nouveau saint ; déjà les prêtres achètent ses dépouilles et en font des reliques ; déjà les vieilles dévotes racontent des miracles de ce nouveau saint. » Hélas, si les petites gens et le bas clergé ne se trompèrent point sur la conformité étonnante, presque un décalque, entre la mort du Roi et la Passion du Sauveur, la prophétie des révolutionnaires, qui eurent là une conviction unanime, ne trouva aucun écho à Rome, ni alors, ni par la suite, et le haut clergé de la Restauration ne montra guère d’enthousiasme à élever le Roi martyr sur les autels car sa mort soulignait trop les lâchetés, les abandons et les apostasies de cette époque tragique. Le bourreau Sanson semble avoir reçu plus de lumière surnaturelle lorsqu’il envoie une lettre au journal Le Thermidor, publiée le 22 février 1793 : «  Et pour rendre hommage à la vérité, il (le roi) a soutenu tout cela avec un sang-froid et une fermeté qui nous a tous étonnés. Je reste très convaincu qu’il avait puisé cette fermeté dans les principes de la religion dont personne plus que lui ne paraissait pénétré ni persuadé. » La voix des ennemis et des persécuteurs fait plus autorité que les panégyriques faciles pour affirmer et révéler la vérité. Tel fut le cri du centurion et des soldats gardant les condamnés du Golgotha lorsque Notre Seigneur expira : « Vraiment, celui-ci était le fils de Dieu. »

Par sa mort ignominieuse, Louis XVI scelle de façon glorieuse sa vocation de Lieutenant du Christ. Il n’est jamais aussi grand, – lui qui, contrairement à la légende entretenue y compris parmi les nobles de la Cour, ne fut jamais médiocre et petit, que lorsqu’il offre sa vie pour son Dieu et pour ses peuples. Lorsque le 2 septembre 1792, furent massacrés, au couvent des Carmes de la rue de Vaugirard, bien des prêtres et des religieux, dont le père général des Eudistes, Hébert qui était le confesseur de Louis XVI, les révolutionnaires trouvèrent sur tous les corps une image au double Cœur, Celui Sacré de Jésus et Celui Immaculé de Marie, et une prière à la Très Sainte Vierge « que les personnes pieuses sont invitées à réciter tous les jours pour le Roi. » Elle commence par ces mots : « Divine mère de mon Sauveur, qui, dans le temple de Jérusalem avez offert à Dieu le Père, Jésus-Christ son fils et le vôtre, je vous offre à vous-même notre roi bien-aimé Louis XVI. C’est l’héritier de Clovis, de sainte Clothilde, de Charlemagne, le fils de la pieuse Blanche de Castille, de saint Louis, de Louis XIII, de la vertueuse Marie de Pologne et du religieux prince Louis dauphin, que je vous présente. » Voici donc le roi présenté par ses sujets au Maître de tous, ceci dans un acte d’offrande qui ne peut conduire qu’au sacrifice suprême car, comme Jésus dans le temple des holocaustes, tout agneau doit finir égorgé. Sur l’échafaud, Louis XVI connaît le dernier rite de son sacre de Reims. Celui qui fut oint doit verser son sang, non point pour la malédiction des bourreaux mais pour le pardon de ceux qui ne savent ce qu’ils font. La garde révolutionnaire eut ordre de couvrir toute tentative de prise de parole du Roi près de la guillotine. Il parla cependant mais ne fut entendu que de quelques-uns, qui rapportèrent tous les mêmes paroles : « Je meurs innocent de tous les crimes qu’on m’impute, je pardonne à mes ennemis, et je prie Dieu que le sang que vous allez répandre ne retombe jamais sur la France. » Puis, plaçant la tête sous le couperet : « Je remets mon âme à Dieu. »

Le Roi a pardonné, comme Notre Seigneur a pardonné, mais nous sommes marqués comme Caïn car l’orgueil du régime politique dans lequel nous essayons de survivre n’a jamais voulu fléchir. Depuis plus de deux siècles, malgré quelques éclaircies trop brèves, la révolution philosophique et bourgeoise, a poursuivi ses méfaits, vidant peu à peu de sa substance l’âme de la France en légalisant tous les crimes, toutes les immoralités, en imposant sa marque sur tout être et sur toute chose. La république installée dans les palais royaux croit sans doute que son règne durera mille ans. Elle se trompe, car les colosses ont toujours des pieds d’argile. Elle n’est qu’une pauvresse face à l’héritage des siècles et ses géants sont lilliputiens comparés à nos ancêtres les plus humbles. Il est tentant de la moquer et de la mépriser, en rejetant sur elle toutes les causes de nos maux, mais nous ne devons pas oublier que nous participons de son jeu, ne serait-ce que par notre silence et notre inaction. Dédaigner ne suffit pas. Louis XVI a été roi jusqu’au bout, même dépouillé de ses titres, de son pouvoir, de sa liberté. Il le fut car d’abord chrétien. Georges Bernanos s’adressait ainsi aux Français durant la dernière guerre : « Le grand malheur de ce monde, la grande pitié de ce monde, ce n’est pas qu’il y ait des impies, mais que nous soyons des Chrétiens si médiocres, car je crains de plus en plus que ce soit nous qui perdions le monde, que ce soit nous qui attirions sur lui la foudre. »

Si chaque baptisé était habité par la foi d’un Louis XVI, la morgue républicaine se serait effacée depuis longtemps. Le Roi ne s’est pas contenté de demeurer sur la défensive. Il a vécu et parlé en lieutenant du Christ jusqu’à la fin. Ceux qui approchaient Notre Seigneur lui donnaient le titre de « Fils de David ». Louis XVI fut fils de saint Louis, et plus encore, fils du Christ après avoir été son serviteur et son lieutenant. À l’image de son Souverain, il s’humilia lui-même en se faisant obéissant jusqu’à la mort. Qu’il intercède pour nous, pauvres soldats toujours dans la tourmente et sous la mitraille.

 Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

P.Jean-François Thomas s.j.
Cœur Immaculé de Marie, Refuge des pécheurs, s. Marcel
16 janvier 2021

Pour revoir l’intégralité de la Messe solennelle de Requiem
célébrée ce jeudi 21 janvier 2021
en l’église Saint-Eugène & Sainte-Cécile à Paris,
faire un clic droit sur l’image ci-dessous,
puis « ouvrir dans un nouvel onglet »

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2021-4. « Que le pardon, donné par le Roi à ses bourreaux et à ses peuples sur l’échafaud, soit accordé à notre pauvre France contemporaine et qu’il lui permette de se convertir… »

Martyre de Louis XVI

Prône du Révérend Père Jean-François Thomas s.j.,
à l’occasion de la

Prière pour le roi Louis XVI

sur la Place Royale (de la Concorde),
à Paris,
ce 21 janvier 2021
à l’heure de la mort du Roi-martyr

Nous sommes très reconnaissants envers le Révérend Père Thomas de nous avoir communiqué et autorisé à reproduire le texte de cette exhortation prononcée sur le lieu même du martyre de SM le Roi Louis XVI.

frise lys deuil

 Au Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi-soit-il.

Ce qui se joua en ce sinistre jour du 21 janvier 1793 fut l’acte final d’une destruction programmée depuis l’éruption des dites Lumières. Comme l’a bien vu Honoré de Balzac, « le jour où on a coupé la tête du roi, on a coupé la tête de tous les pères de famille ». Une caricature représenta bientôt le bourreau brandissant la tête du roi martyr avec ces mots sacrilèges singeant la Parole divine : « Ecce Veto » (de l’horrible surnom donné à Louis XVI par les révolutionnaires). Cette exécution fut bien guidée par la haine de Dieu s’en prenant au Lieutenant du Christ dans ce royaume de France. Il faut se souvenir des paroles de saint Cyprien, à l’époque des martyrs : « Comment se fait-il que les Chrétiens soient jugés par des hérétiques, les hommes sains par des malades … les juges par des coupables, les prêtres par des sacrilèges ? »

Le pape Pie VI, lors du Consistoire secret qu’il tint le 11 juin 1793, déclara clairement : « Le principal reproche qu’on ait élevé contre lui (le Roi), portait sur l’inaltérable fermeté avec laquelle il refusa d’approuver et de sanctionner le décret de déportation des prêtres, et la lettre qu’il écrivit à l’Évêque de Clermont pour lui annoncer qu’il était bien résolu de rétablir en France, dès qu’il le pourrait, le culte catholique. Tout cela ne suffit-il pas pour qu’on puisse croire et soutenir, sans témérité, que Louis fut un martyr ? » Dans le même discours, le Souverain Pontife souligna la perversité de la Convention Nationale qui jugea son Roi : « [...] Après avoir aboli la monarchie, le meilleur des gouvernements, elle (la Convention nationale) avait transporté toute la puissance publique au peuple, qui ne se conduit ni par raison, ni par conseil, ne se forme sur aucun point des idées justes, apprécie peu de chose par la vérité et en évalue un grand nombre d’après l’opinion ; qui est toujours inconstant, facile à être trompé, entraîné à tous les excès, ingrat, arrogant, cruel… » Ce jugement pontifical s’applique toujours à notre société et à ses gouvernements successifs qui n’émirent jamais aucun acte de regret et de repentir. Ce Pape, persécuté lui aussi par la Révolution s’écrie, douloureux : « Ah ! France ! Ah ! France ! toi que nos prédécesseurs appelaient le miroir de la chrétienté et l’inébranlable appui de la foi, toi qui, par ton zèle pour la croyance chrétienne et par ta piété filiale envers le siège apostolique, ne marche pas à la suite des autres nations, mais les précède toutes, que tu Nous es contraire aujourd’hui ! De quel esprit d’hostilité tu parais animée contre la véritable religion ! »

En fait, lors de cet assassinat, le vrai peuple demeura terré dans ses foyers car l’âme française n’avait point péri, celle qui tremblait en entendant les furieux appeler sur eux et sur leurs enfants le sang du juste mis à mort. D’ailleurs lors du procès expéditif, une complainte, sur l’air du « Pauvre Jacques », circula, distribuée et chantée par des milliers de Parisiens angoissés et éplorés. En voici quelques extraits, bouleversants :

« O mon peuple ! que vous ai-je donc fait ?
J’aimais la vertu, la justice ;
Votre bonheur fut mon unique objet ;
Et vous me traînez au supplice ! (bis)

Français, Français, n’est-ce pas parmi vous
Que Louis reçut la naissance ?
Le même ciel nous a vu naître tous ;
J’étais enfant dans votre enfance.

O mon peuple, ai-je donc mérité
Tant de tourments et tant de peines !
Quand je vous ai donné la liberté,
Pourquoi me chargez vous de chaînes ? (bis)

Tout jeune, encor, tous les Français en moi
Voyaient leur appui tutélaire ;
Je n’étais pas encore votre Roi,
Et déjà j’étais votre père.
O mon peuple ! Que vous ai-je donc fait.. etc.

Si ma mort peut faire votre bonheur,
Prenez mes jours, je vous les donne.
Votre bon Roi, déplorant votre erreur,
Meurt innocent et vous pardonne.

O mon peuple ! recevez mes adieux ;
Soyez heureux, je meurs sans peine.
Puisse mon sang, en coulant sous vos yeux,
Dans vos cœurs éteindre la haine. (bis) »

Honorons en ce jour la mémoire de notre Roi, prions pour le repos de son âme si, d’aventure, il n’était point déjà dans le sein de Dieu, lui qui s’était consacré avec sa famille au Sacré Cœur de Jésus grâce à son confesseur, le Père Général des Eudistes François-Louis Hébert, béatifié puisque un des prêtres assassinés en septembre 1792 au couvent des Carmes. Le texte en est conservé, dans lequel le Roi promet de rétablir tout ce qui a déjà été entamé ou détruit dans la religion par la Révolution. Il se termine ainsi :
« 
Je ne puis aujourd’hui prononcer qu’en secret cet engagement, mais je le signerais de mon sang s’il le fallait, et le plus beau jour de ma vie sera celui où je pourrai le publier à haute voix dans le temple.
Ô Cœur adorable de mon Sauveur ! Que j’oublie ma main droite et que je m’oublie moi-même, si jamais j’oublie vos bienfaits et mes promesses, et cesse de vous aimer et de mettre en vous ma confiance et toute ma consolation. Ainsi soit-il. » 

Ecoutons ces vers profonds du grand poète catholique oublié, Armand Godoy, dans Ite Missa est :

« Ce n’est pas pour moi que je demande ta miséricorde.
Ce n’est pas pour moi : c’est pour les autres, pour mes pauvres frères.
J’attends à genoux que ta clémence, Agneau de Dieu, m’accorde
La fin de tous leurs désespoirs et de toutes leurs colères.

J’attends à genoux que le souffle infernal de la Discorde
Devienne azuré baiser de violettes printanières
Et que l’Angoisse aux voix multiples et l’Ennui monocorde
Se taisent à jamais sous le chant lumineux des rosaires.

J’attends à genoux que la sinistre et ténébreuse horde
Des crimes soit le clair essaim des caresses tutélaires.
J’attends à genoux que ta clémence, Agneau de Dieu, m’accorde

La fin de tous les tourments, la fin de toutes les misères.
Ce n’est pas pour moi que je demande ta miséricorde.
Ce n’est pas pour moi : c’est pour les autres, pour mes pauvres frères. »

Que le pardon, donné par le Roi à ses bourreaux et à ses peuples sur l’échafaud, soit accordé à notre pauvre France contemporaine et qu’il lui permette de se convertir, de revenir vers son Dieu et vers son Roi. Que la Très Sainte Vierge nous enveloppe tous dans son manteau de miséricorde en compagnie de tous les martyrs et de tous les saints de France au sein desquels Louis XVI veille sur nous.

Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Ainsi-soit-il.

P. Jean-François Thomas s.j.
Sainte Agnès
21 janvier 2021

frise lys deuil

Nota bene :
On trouvera > ici, le texte de l’allocution consistoriale au cours de laquelle le pape Pie VI a affirmé sans équivoque le martyre de Louis XVI, et > ici le texte complet de la complainte sur le procès du Roi, l’une et l’autre évoquées par le Rd Père Thomas dans ce prône.

2020-119. « Dans les temps durs, l’exercice de la religion ne peut ni ne doit pas être limité.»

A l’occasion de la fête de la Toussaint, ce dimanche 1er novembre 2020, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, Duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, s’est encore une fois adressé aux Français avec la sollicitude d’un authentique souverain catholique soucieux du bien de ses sujets : non seulement le bien temporel, mais aussi le bien spirituel, puisque être un roi catholique, c’est avoir charge d’âmes.

Le Christ en sa gloire entouré des saints

Le Christ glorieux entouré de saints

Armes de France gif

Message de Monseigneur le Duc d’Anjou,
de jure SMTC le Roi Louis XX
à l’occasion de la Toussaint

Alors que la France est troublée par la crise sanitaire et celle des attentats islamistes, la fête de la Toussaint nous apporte le réconfort dont nos familles ont besoin.

Chacun peut prier les saints et saintes comme, demain, chacun pourra aussi honorer ses morts dans les cimetières.

Mais il faut aussi voir plus loin.

Ainsi je salue et je félicite les jeunes catholiques et les communautés qui demandent à ce que soit maintenu l’accès à la Sainte messe et aux célébrations. Dans les temps durs, l’exercice de la religion ne peut ni ne doit pas être limité.
Je me réjouis d’entendre plusieurs de nos évêques, successeurs des apôtres, prendre la défense de la Foi et de leur pays et s’opposer à des mesures sanitaires restrictives.

Puisse la France, née au baptême de Clovis, compter sur tous les Saints qu’elle a vu naître, à commencer par Saint Louis, mon ancêtre, le modèle des gouvernants.

Louis,
Duc d’Anjou

Vitrail de Saint Louis avec la Sainte Couronne d'épines

Quelques réflexions :

Chacun s’en souvient, le deuxième confinement décidé par le gouvernement républicain a prohibé la célébration publique de la Sainte Messe, tolérant seulement les cérémonies des 1er et 2 novembre, fête de la Toussaint et Commémoraison solennelle des Trépassés.

Alors que lors du premier confinement l’ensemble des évêques de France s’est lamentablement aplati devant l’ordre inique et injuste des autorités de la république (certains d’entre eux devançant même les ordres et les outrepassant), nous avons cette fois-ci eu l’agréable surprise de voir quelques évêques, puis le président de la Conférence épiscopale de France, entreprendre des démarches pour tenter d’obtenir le maintien de la célébration des Messes en présence des fidèles : ils avaient été devancés par un nombre assez important de responsables d’instituts ou associations traditionnels.
Nous avons vu de quelle manière ils ont été déboutés et comment, alors que ceux qui devraient être des pasteurs à l’image du Bon Pasteur semblaient se résigner, les prêtres les plus zélés et les fidèles les plus fervents se sont noblement et généreusement mobilisés pour manifester leur droit le plus strict à des célébrations publiques de la Sainte Messe.

Devançant les manifestations de plus en plus nombreuses organisées dans les rues, malgré les tracasseries mesquines et, parfois, la réprobation de certains prêtres et évêques remarquables autant par leur traîtrise que par leur lâcheté, il est extrêmement consolant et fortifiant de lire, dans ce message de Toussaint, les encouragements et les félicitations de notre Souverain légitime, qui, cette fois encore, s’inscrit sans ambiguïté dans la ligne des Rois Très Chrétiens ses ancêtres et prédécesseurs.  

frise lys

2020-114. Prier Saint Remi pour obtenir par son intercession la conservation du Royaume et le maintien de la foi catholique.

1er octobre,
Fête de Saint Remi de Reims, apôtre des Francs.

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St Remi baptisant Clovis - vitrail église Maisons-Alfort

Saint Remi baptisant le Roi Clovis
(détail d’un vitrail de l’église de Maisons-Alfort)

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Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

En recherchant dans les numéros de « L’Ami de la Religion et du Roi » l’article publié hier > ici, j’ai aussi découvert que la naissance de « l’Enfant du miracle », ce 29 septembre 1820, était arrivée alors qu’une neuvaine était en cours à travers tout le Royaume, à l’adresse de Saint Remi de Reims, apôtre des Francs et protecteur de nos Rois.
Je ne résiste donc pas, en cette fête de Saint Remi, à la « tentation » de vous livrer le texte de présentation de cette neuvaine – texte que je trouve des plus pertinents et particulièrement adapté à nos temps -, et je vous encourage même à en reprendre la pratique à partir de ce 1er octobre et pendant tous les jours de l’octave de Saint Remi, en redoublant de ferveur pour implorer de Dieu Sa paternelle protection sur le Trône et l’Autel, contre lesquels l’enfer est déchaîné…

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

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Prière à St Remi - 1Prière à St Remi - 2Prière à St Remi - 3Prière à St Remi - 4Prière à St Remi - 5

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Tombeau de Saint Remi - basilique Saint-Remi à Reims

Tombeau de Saint Remi
(Basilique Saint-Remi – Reims)

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2020-111. La vie et l’enseignement de Saint Cyprien de Carthage présentés par Sa Sainteté le Pape Benoît XVI.

16 septembre,
Fête des Saints Corneille et Cyprien, pontifes et martyrs ;
Anniversaire de la mort de SMTC le Roi Louis XVIII (cf. > ici).

Saint Cyprien de Carthage - Eglise Saint-Cyprien de Londres

Saint Cyprien de Carthage
(détail d’un vitrail de l’église Saint-Cyprien de Londres)

* * * * * * *

Catéchèse de Sa Sainteté le pape Benoît XVI
à l’occasion de l’audience générale du
mercredi 6 juin 2007

Chers frères et sœurs,

Dans la série de nos catéchèses sur les grandes personnalités de l’Eglise antique, nous arrivons aujourd’hui à un éminent évêque du IIIème siècle, saint Cyprien, qui « fut le premier Evêque en Afrique à recevoir la couronne du martyre ». Sa réputation est également liée – comme l’atteste le diacre Pontius, qui fut le premier à écrire sa vie – à la production littéraire et à l’activité pastorale des treize années qui s’écoulèrent entre sa conversion et le martyre (cf. Vie 19, 1 ; 1, 1).

Né à Carthage dans une riche famille païenne, après une jeunesse dissipée, Cyprien se convertit au christianisme à l’âge de 35 ans. Il raconte lui-même son itinéraire spirituel :  « Alors que je gisais encore comme dans une nuit obscure », écrit-il quelques mois après son baptême, « il m’apparaissait extrêmement difficile et pénible d’accomplir ce que la miséricorde de Dieu me proposait… J’étais lié aux très nombreuses erreurs de ma vie passée et je ne croyais pas pouvoir m’en libérer, tant je secondais mes vices et j’encourageais mes mauvais penchants… Mais ensuite, avec l’aide de l’eau régénératrice, la misère de ma vie précédente fut lavée ; une lumière souveraine se diffusa dans mon cœur ; une seconde naissance me transforma en un être entièrement nouveau. De manière merveilleuse, chaque doute commença alors à se dissiper… Je comprenais clairement que ce qui vivait auparavant en moi, dans l’esclavage des vices de la chair, était terrestre, et que ce que l’Esprit Saint avait désormais engendré en moi était, en revanche, divin et céleste » (A Donat, 3-4).

Immédiatement après sa conversion, Cyprien – non sans être envié et en dépit de ses résistances – fut élu à la charge sacerdotale et à la dignité d’évêque.
Au cours de la brève période de son épiscopat, il affronta les deux premières persécutions ratifiées par un édit impérial, celle de Dèce (250) et celle de Valérien (257-258). Après la persécution particulièrement cruelle de Dèce, l’évêque dut s’engager vaillamment pour rétablir la discipline dans la communauté chrétienne. En effet, de nombreux fidèles avaient abjuré, ou bien n’avaient pas adopté une attitude correcte face à l’épreuve. Il s’agissait des lapsi – c’est-à-dire de ceux qui étaient « tombés » -, qui désiraient ardemment revenir au sein de la communauté. Le débat sur leur réadmission finit par diviser les chrétiens de Carthage en laxistes et en rigoristes.
Il faut ajouter à ces difficultés une grave épidémie de peste, qui ravagea l’Afrique et qui fit naître des interrogations théologiques angoissantes, tant au sein de la communauté, que dans la confrontation avec les païens. Il faut rappeler, enfin, la controverse entre Cyprien et l’évêque de Rome, Etienne, à propos de la validité du baptême administré aux païens par des chrétiens hérétiques.

Dans ces circonstances réellement difficiles, Cyprien révéla de grands talents pour gouverner :  il fut sévère, mais non inflexible avec les lapsi, leur accordant la possibilité du pardon après une pénitence exemplaire ; il fut ferme envers Rome pour défendre les saines traditions de l’Eglise africaine ; il se démontra très humain et empli de l’esprit évangélique le plus authentique en exhortant les chrétiens à apporter une aide fraternelle aux païens durant la peste ; il sut garder une juste mesure en rappelant aux fidèles – qui craignaient trop de perdre la vie et leurs biens terrestres – que pour eux la véritable vie et les véritables biens ne sont pas ceux de ce monde ; il fut inébranlable dans sa lutte contre les mœurs corrompus et les péchés qui dévastaient la vie morale, en particulier l’avarice. « Il passait ainsi ses journées », raconte alors le diacre Pontius, « lorsque voilà que – sur ordre du proconsul – le chef de la police arriva à l’improviste dans sa villa » (Vie 15, 1). Le jour même, le saint évêque fut arrêté et, après un bref interrogatoire, il affronta avec courage le martyre entouré de son peuple.

Cyprien rédigea de nombreux traités et lettres, toujours en rapport avec son ministère pastoral. Peu enclin à la spéculation théologique, il écrivait surtout pour l’édification de la communauté et pour le bon comportement des fidèles. De fait, l’Eglise est le thème qui lui est, de loin, le plus cher. Il fait la distinction entre l’Eglise visible, hiérarchique, et l’Eglise invisible, mystique, mais il affirme avec force que l’Eglise est une seule, fondée sur Pierre. Il ne se lasse pas de répéter que « celui qui abandonne la chaire de Pierre, sur laquelle l’Eglise est fondée, se donne l’illusion de rester dans l’Eglise » (L’unité de l’Eglise catholique, 4). Cyprien sait bien, et il l’a exprimé à travers des paroles puissantes, que, « en dehors de l’Eglise il n’y a pas de salut » (Epistola 4, 4 et 73, 21), et que « celui qui n’a pas l’Eglise comme mère ne peut pas avoir Dieu comme Père » (L’unité de l’Eglise catholique, 4).
Une caractéristique incontournable de l’Eglise est l’unité, symbolisée par la tunique sans coutures du Christ (ibid., 7) :  une unité dont il dit qu’elle trouve son fondement en Pierre (ibid., 4) et sa parfaite réalisation dans l’Eucharistie (Epistola 63, 13). « Il n’y a qu’un seul Dieu, un seul Christ », admoneste Cyprien, « une seule est son Eglise, une seule foi, un seul peuple chrétien, liés en une solide unité par le ciment de la concorde :  et on ne peut pas diviser ce qui est un par nature » (L’unité de l’Eglise catholique, 23).

Nous avons parlé de sa pensée concernant l’Eglise, mais il ne faut pas oublier, enfin, l’enseignement de Cyprien sur la prière. J’aime particulièrement son livre sur le « Notre Père » qui m’a beaucoup aidé à mieux comprendre et à mieux réciter la « prière du Seigneur »:  Cyprien enseigne comment, précisément dans le « Notre Père », la juste façon de prier est donnée aux chrétiens ; et il souligne que cette prière est au pluriel, « afin que celui qui prie, ne prie pas uniquement pour lui. Notre prière – écrit-il – est publique et communautaire et, quand nous prions, nous ne prions pas pour un seul, mais pour tout le peuple, car nous ne formons qu’un avec tout le peuple » (L’oraison du Seigneur, 8). Ainsi, la prière personnelle et la prière liturgique apparaissent solidement liées entre elles. Leur unité provient du fait qu’elles répondent à la même Parole de Dieu. Le chrétien ne dit pas « Mon Père », mais « Notre Père », même dans l’intimité d’une pièce close, car il sait bien qu’en chaque lieu, en chaque circonstance, il est le membre d’un même Corps.

« Prions donc, mes frères très aimés », écrit l’évêque de Carthage, « comme Dieu, le Maître, nous l’a l’enseigné ». C’est une prière confidentielle et intime que celle de prier Dieu avec ce qui est à Lui, d’élever vers Ses oreilles la prière du Christ. Que le Père reconnaisse les paroles de Son Fils, lorsque nous récitons une prière :  que celui qui habite intérieurement dans l’âme soit présent également dans la voix… En outre, lorsque l’on prie, il faut avoir une façon de s’exprimer et de prier qui, avec discipline, maintienne le calme et la discrétion. Pensons que nous nous trouvons devant le regard de Dieu. Il faut être agréables aux yeux de Dieu, aussi bien à travers l’attitude du corps que le ton de la voix… Et lorsque nous nous réunissons avec nos frères, et que nous célébrons les sacrifices divins avec le prêtre de Dieu, nous devons nous rappeler de la crainte référentielle et de la discipline, ne pas disperser aux quatre vents nos prières avec des voix altérées, ni lancer avec un verbiage impétueux une requête qui doit être demandée à Dieu avec modération, car Dieu est l’auditeur non de la voix, mais du cœur : « non vocis sed cordis auditor est » (3-4). Il s’agit de paroles qui restent valables aujourd’hui aussi et qui nous aident à bien célébrer la Sainte Liturgie.

En définitive, Cyprien se situe aux origines de cette tradition théologique et spirituelle féconde, qui voit dans le « cœur » le lieu privilégié de la prière.
En effet, selon la Bible et les Pères, le cœur est au plus profond de l’homme, le lieu où Dieu habite. C’est en lui que s’accomplit la rencontre au cours de laquelle Dieu parle à l’homme, et l’homme écoute Dieu ; l’homme parle à Dieu, et Dieu écoute l’homme :  le tout à travers l’unique Parole divine. C’est précisément dans ce sens – faisant écho à Cyprien – que Smaragdus, abbé de Saint-Michel sur la Meuse au cours des premières années du IX siècle, atteste que la prière « est l’œuvre du cœur, non des lèvres, car Dieu ne regarde pas les paroles, mais le cœur de l’orant » (Le diadème des moines, 1).

Très chers amis, faisons nôtre ce « cœur à l’écoute », dont nous parlent la Bible (cf. 1 R 3, 9) et les Pères :  nous en avons tant besoin ! Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons pleinement faire l’expérience que Dieu est notre Père, et que l’Eglise, la sainte Epouse du Christ, est véritablement notre Mère.

Armoiries de Benoît XVI

2020-110. Grand Dieu sauvez la France !

Le 13 décembre 1908, furent signés les décrets autorisant la béatification de plusieurs Serviteurs de Dieu, parmi lesquels plusieurs français : Jeanne d’Arc, Jean Eudes, et Théophane Vénard.
A cette occasion, répondant au discours que venait de lui adresser Monseigneur Stanislas Touchet, évêque d’Orléans (et futur cardinal), le Pape Saint Pie X prononça en italien le discours suivant, publié dans les Acta Apostolicis Sedis du 15 janvier 1909.
On trouve fréquemment des extraits ou des citations de ce discours, mais il est plus rare de le trouver dans son intégralité. Le voici donc ci-dessous.

Ce texte, quoique de circonstance, comporte de nombreux éléments d’une valeur pérenne, et – d’une manière véritablement prophétique – le saint pontife nous y rappelle des choses très importantes pour les temps actuels, dans un contexte toujours plus hostile au catholicisme et à la doctrine traditionnelle de l’Eglise. C’est pourquoi nous nous sommes permis de mettre en caractères gras quelques passages particulièrement forts.. 

Paul Sibra - les voix de la France

Paul Sibra (1889 – 1951) : « Les Voix de la France »

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Discours prononcé par Sa Sainteté le Pape Pie X
le 13 décembre 1908
après la lecture des décrets de béatification des Vénérables
Jeanne d’Arc, Jean Eudes,
François de Capillas, Théophane Vénard et ses compagnons.

Armoiries de Saint Pie X

Je suis reconnaissant, Vénérable Frère [note : il s’agit de Monseigneur Stanislas Touchet, évêque d’Orléans], à votre cœur géné­reux qui voudrait me voir travailler clans le champ du Seigneur toujours à la lumière du soleil, sans nuage ni bourrasque. Mais vous et moi, nous devons adorer les dispositions de la divine Providence qui, après avoir établi son Église ici-bas, permet qu’elle rencontre sur son chemin des obstacles de tout genre et des résistances formidables. La raison en est, d’ailleurs évi­dente : l’Église est militante et par conséquent dans une lutte continuelle. Cette lutte fait du monde un vrai champ de bataille et de tout chrétien un soldat valeureux qui combat sous l’éten­dard de la croix. Cette lutte a commencé avec la vie de notre Très Saint Rédempteur et elle ne finira qu’avec la fin même des temps. Ainsi, il faut tous les jours, comme les preux de Juda au retour de la captivité, d’une main repousser l’ennemi, et de l’autre élever les murs du Temple saint, c’est-à-dire travailler à se sanctifier.

Nous sommes confirmés dans cette vérité par la vie même des héros auxquels sont consacrés les décrets qui viennent d’être publiés. Ces héros sont arrivés à la gloire, non seulement à tra­vers de noirs nuages et des bourrasques passagères, mais à tra­vers des contradictions continuelles et de dures épreuves qui sont allées jusqu’à exiger d’eux pour la foi le sang et la vie.

Je ne puis nier pourtant que ma joie est, en effet, bien grande en ce moment : car, en glorifiant tant de saints, Dieu manifeste ses miséricordes à une époque de grande incrédulité et d’indif­férence religieuse ; car, au milieu de l’abaissement si général des caractères, voici que s’offrent à l’imitation ces âmes reli­gieuses qui, pour témoigner de leur foi, ont donné leur vie ; car, enfin, ces exemples viennent, en effet, pour la plus grande part, Vénérable Frère, de votre pays, où ceux qui détiennent les pouvoirs publics ont déployé ouvertement le drapeau de la rébellion et ont voulu rompre à tout prix tous les liens avec l’Église.

Oui, nous sommes à une époque où beaucoup rougissent de se dire catholiques, beaucoup d’autres prennent en haine Dieu, la foi, la révélation, le culte et ses ministres, mêlent à tous leurs discours une impiété railleuse, nient tout et tournent tout en dérision et en sarcasmes, ne respectant même pas le sanctuaire de la conscience. Mais il est impossible que devant ces manifestations du surnaturel, quelle que soit leur volonté de fermer les yeux en face du soleil qui les éclaire, un rayon divin ne finisse pas par pénétrer jusqu’à leur conscience, et, serait-ce même par la voie du remords, les ramener à la foi.

Ce qui fait encore ma joie, c’est que la vaillance de ces héros doit ranimer les cœurs alanguis et timides, peureux dans la pratique des doctrines et des croyances chrétiennes, et les rendre forts dans la foi. Le courage, en effet, n’a de raison d’être que s’il a pour base une conviction. La volonté est une puissance aveugle quand elle n’est pas illuminée par l’intelligence, et on ne peut marcher d’un pas sûr au milieu des ténèbres. Si la géné­ration actuelle a toutes les incertitudes et toutes les hésitations de l’homme qui marche à tâtons, c’est le signe évident qu’elle ne tient plus compte de la parole de Dieu, flambeau qui guide nos pas et lumière qui éclaire nos sentiers : Lucerna pedibus meis verbum tuum et lumen semitis meis [Traduction : Votre parole est une lampe pour mes pas et une lumière pour mes sentiers – Psaume CXVIII, 105].

Il y aura du courage quand la foi sera vive dans les cœurs, quand on pratiquera tous les préceptes imposés par la foi ; car la foi est impossible sans les œuvres, comme il est impossible d’imaginer un soleil qui ne donnerait point de lumière et de chaleur. Cette vérité a pour témoins les martyrs que nous venons de célébrer. Car il ne faut pas croire que le martyre soit un acte de simple enthousiasme qui consiste à mettre la tète sous la hache pour aller tout droit en paradis. Le martyre suppose le long et pénible exercice de toutes les vertus. Omnimoda et immaculata munditia [Traduction : une pureté immaculée et de toutes les manières].

Et, pour parler de celle qui vous est connue plus que tous les autres – la Pucelle d’Orléans, – dans son humble pays natal comme parmi la licence des armes, elle se conserve pure comme les anges ; fière comme un lion dans tous les périls de la bataille, elle est remplie de pitié pour les pauvres et pour les malheu­reux. Simple comme un enfant dans la paix des champs et dans le tumulte de la guerre, elle demeure toujours recueillie en Dieu et elle est tout amour pour la Vierge et pour la sainte Eucha­ristie, comme un chérubin, vous l’avez bien dit. Appelée par le Seigneur à défendre sa patrie, elle répond à sa vocation pour une entreprise que tout le monde, et elle tout d’abord, croyait impossible ; mais ce qui est impossible aux hommes est toujours possible avec le secours de Dieu.

Que l’on n’exagère pas par conséquent les difficultés quand il s’agit de pratiquer tout ce que la foi nous impose pour accom­plir nos devoirs, pour exercer le fructueux apostolat de l’exemple que le Seigneur attend de chacun de nous : Unicuique mandavit de proximo suo [Traduction : Dieu a chargé chaque homme du soin de son prochain – Ecclésiastique XVII, 12]. Les difficultés viennent de qui les crée et les exagère, de qui se confie en lui-même et non sur les secours du ciel, de qui cède, lâchement intimidé par les railleries et les dérisions du monde : par où il faut conclure que, de nos jours plus que jamais, la force principale des mauvais c’est la lâcheté et la faiblesse des bons, et tout le nerf du règne de Satan réside dans la mollesse des chrétiens.

Oh ! S’il m’était permis, comme le faisait en esprit le prophète Zacharie, de demander au divin Rédempteur : « Que sont ces plaies au milieu de vos mains ? Quid sont istæ plagæ in medio manuum tuarum ? » la réponse ne serait pas douteuse : « Elles m’ont été infligées dans la maison de ceux qui m’aimaient. His plagatus sum in domo eorum qui diligebant me » : par mes amis qui n’ont rien fait pour me défendre et qui, en toute rencontre, se sont rendus complices de mes adversaires. Et à ce reproche qu’encourent les chrétiens pusillanimes et intimidés de tous les pays ne peuvent se dérober un grand nombre de chrétiens de France.

Cette France fut nommée par mon vénéré prédécesseur, comme vous l’avez rappelé, Vénérable Frère, la très noble nation, mis­sionnaire, généreuse, chevaleresque. A sa gloire, j’ajouterai ce qu’écrivait au roi saint Louis le pape Grégoire IX : « Dieu, auquel obéissent les légions célestes, ayant établi, ici-bas, des royaumes différents suivant la diversité des langues et des cli­mats, a conféré à un grand nombre de gouvernements des mis­sions spéciales pour l’accomplissement de ses desseins. Et comme autrefois il préféra la tribu de Juda à celles des autres fils de Jacob, et comme il la gratifia de bénédictions spéciales, ainsi choisit la France de préférence à toutes les autres nations de la terre pour la protection de la foi catholique et pour la défense de la liberté religieuse. Pour ce motif, continue le Pontife, la France est le royaume de Dieu même, les ennemis de la France sent les ennemis du Christ. Pour ce motif, Dieu aime la France parce qu’il aime l’Eglise qui traverse les siècles et recrute les légions pour l’éternité. Dieu aime la France, qu’aucun effort n’a jamais pu détacher entièrement de la cause de Dieu. Dieu aime la France, où en aucun temps la foi n’a perdu de sa vigueur, où les rois et les soldats n’ont jamais hésité à affronter les périls et à donner leur sang pour la conservation de la foi et de la liberté religieuse. » Ainsi s’exprime Grégoire IX.

Aussi, à votre retour, Vénérable Frère, vous direz à vos com­patriotes que s’ils aiment la France ils doivent aimer Dieu, aimer la foi, aimer l’Église, qui est pour eux tous une mère très tendre comme elle l’a été de vos pères. Vous direz qu’ils fassent trésor des testaments de saint Remi, de Charlemagne et de saint Louis – ces testaments qui se résument dans les mots si sou­vent répétés par l’héroïne d’Orléans : « Vive le Christ qui est Roi des Francs ! »

A ce titre seulement, la France est grande parmi les nations ; à cette clause, Dieu la protégera et la fera libre et glorieuse ; à cette condition, on pourra lui appliquer ce qui, dans les Livres Saints, est dit d’Israël : « Que personne ne s’est rencontré qui insultât à ce peuple, sinon quand il s’est éloigné de Dieu : Et non fuit qui insultaret populo istinisi quando recessit a culto Domini Dei sui. »

Ce n’est donc pas un rêve que vous avez énoncé, Vénérable Frère, mais une réalité ; je n’ai pas seulement l’espérance, j’ai la certitude du plein triomphe.

Il mourait, le Pape martyr de Valence [note : il s’agit du Pape Pie VI, cf. dans ce blogue > ici et > ici], quand la France, après avoir méconnu et anéanti l’autorité, proscrit la religion, abattu les temples et les autels, exilé, poursuivi et décimé les prêtres, était tombée dans la plus détestable abomination. Deux ans ne s’étaient pas écoulés depuis la mort de celui qui devait être le dernier Pape, et la France, coupable de tant de crimes, souillée encore du sang de tant d’innocents, tourne, dans sa détresse, les yeux vers celui qui, élu Pape par une sorte de miracle, loin de Rome, prend à Rome possession de son trône et la France implore avec le pardon l’exercice du divin pouvoir que, dans le Pape, elle avait si souvent contesté ; et la France est sauvée. Ce qui parait impossible aux hommes est possible à Dieu. Je suis affermi dans cette certitude par la protection des martyrs qui ont donné leur sang pour la foi et par l’intercession de Jeanne d’Arc, qui, comme elle vit dans le cœur des Français, répète aussi, sans cesse, au ciel la prière : « Grand Dieu, sauvez la France ! »

Saint Pie X (2)

Autres textes publiés sur ce blogue :
- Prophétie et prière de St Pie X pour la France > ici
- Allocution consistoriale condamnant la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat > ici
- La mort de St Pie X et le discours de Pie XII pour sa canonisation > ici
- Prières de Pie XII à St Pie X > ici 

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2020-109. « Domine, noverim Te, noverim me ! »

27 août,
Vigile de notre Bienheureux Père Saint Augustin.

Au Mesnil-Marie, la fête de notre glorieux Père Saint Augustin, fête de première importance pour nous qui suivons sa Règle et nous efforçons de vivre de son esprit et de ses enseignements, est naturellement précédée d’une vigile, destinée à nous préparer au mieux à la joie et aux grâces de la fête.

A l’occasion de cette vigile, je souhaite vous offrir la copie de l’un des « petits trésors » de notre collection de canivets : une image de Saint Augustin gravée en taille douce, entourée d’une délicate dentelle de papier malheureusement un peu endommagée par endroits.

Il est fort probable qu’il s’agisse de l’une de ces images qui étaient distribuées aux religieux dans certains couvents ou noviciats au début de chaque mois : portant l’effigie d’un saint au recto et une consigne spirituelle au verso, ce saint devenait en quelque sorte le « saint patron du mois » pour le religieux auquel elle était donnée, et la consigne spirituelle imprimée au verso devait faire l’objet particulier de ses efforts et approfondissements pendant le mois qui suivait…

Saint Augustin - canivet

« Seigneur, que je Vous connaisse, et que je me connaisse ! »

Au verso de l’image figure ce texte :

Saint Augustin (28 août)

Quand vous n’auriez reçu de Dieu aucune grâce, Il mérite toujours, par Ses perfections infinies, d’être aimé de tout votre esprit, de tout votre cœur et de toutes vos forces. Saint Augustin le comprenait lorsqu’il disait en versant des larmes : O mon Dieu, beauté toujours ancienne, toujours nouvelle, c’est bien tard que je Vous ai connu, c’est bien tard que je Vous ai aimé ! Saint Augustin passait les nuits à contempler les beautés et les perfections de Dieu. Au sortir des ténèbres de la nuit, voyant l’astre du jour : Beau soleil, s’écriait-il, tu viens me distraire ; tu m’empêches de goûter tranquillement les amabilités de mon Dieu !
C’est l’amour de Dieu qui fait les saints sur la terre ; c’est l’amour et la possession de Dieu qui fait le bonheur des élus dans le Ciel. Quand vous auriez toutes les autres vertus, et que vous feriez des miracles, sans l’amour de Dieu vous ne seriez jamais sauvé. Si je n’ai pas la charité, c’est-à-dire l’amour de Dieu, je ne suis rien, dit Saint Paul, parce que, sans la charité, on ne peut ni mériter, ni acquérir le Ciel, et qu’il vaudrait mieux n’être rien, n’avoir jamais été, que d’être exclu du Ciel et de ne pas aimer Dieu dans l’éternité.
Aimez-Le, bénissez-Le, réjouissez-vous de Ses perfections : vous L’aimerez dans le Ciel, vous L’y posséderez, si vous L’aimez pendant votre vie.

Prière favorite de Saint Augustin :

« Faites, Seigneur, que je Vous connaisse et que je me connaisse ; en Vous connaissant je Vous aimerai et Vous glorifierai en toutes choses ; en me connaissant je ne compterai pas sur mes forces, et je ne m’attribuerai aucun bien. »

Domine, noverim te, noverim me ! 

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2020-108. Sans piété filiale, il ne peut exister de société durable.

A l’occasion des destructions et actes de vandalisme qui se sont produits aux Etats-Unis et un peu partout dans le monde, sous le prétexte du respect dû aux « hommes de couleur », des émeutiers ont voulu s’en prendre à la magnifique statue équestre de Saint Louis qui trône au centre de la ville de Saint-Louis du Missouri. Un prêtre courageux, l’abbé Stephen Schumacher a été l’une des figures majeures des défenseurs – dont un grand nombre de catholiques – qui ont protégé la statue du saint Roi et l’on nettoyée des insanités dont elle avait été souillée.
A l’occasion de la fête de Saint Louis, ce 25 août 2020, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, dont on sait qu’il nourrit une très grande dévotion envers son saint patron et ancêtre, a adressé à ces courageux défenseurs un message de remerciement qui, au-delà des propos simplement circonstanciels, énonce une fois de plus de grandes et belles vérités qui constituent une nouvelle leçon politique universelle

Statue de Saint Louis - Saint-Louis du Missouri

Statue de Saint Louis à Saint-Louis du Missouri

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Sans piété filiale, il ne peut exister de société durable.

Message de Sa Majesté le Roi Louis XX
adressé
aux défenseurs de la statue de Saint Louis
à Saint-Louis du Missouri

25 août 2020

En cette fête de Saint Louis, mon aïeul et mon saint patron, mes pensées et mes prières se tournent avec reconnaissance vers ces Américains courageux qui ont empêché la destruction de la statue du saint roi à Saint-Louis du Missouri. Je pense tout particulièrement à l’abbé Stephen Schumacher, mais aussi à tous les laïcs anonymes qui ont fait bloc autour de lui.

Les violences contre le patrimoine et contre notre histoire participent toujours du même processus révolutionnaire et totalitaire qui coûta la vie à Louis XVI à qui les États-Unis doivent tant, et, depuis, à des dizaines de millions d’êtres humains. Ce processus vise à faire table rase du passé pour créer un « homme nouveau ».
Mais les hommes sont davantage que leur propre nature biologique : ils sont façonnés par l’œuvre des générations précédentes et ils ont une destinée surnaturelle. Nos saints et nos héros nous sont nécessaires pour mener une vie réellement humaine en nous offrant des modèles. Sans eux, nous ne sommes plus que des objets que les puissants du jour peuvent aisément réduire en esclavage.
Ce n’est pas en vain que la piété filiale, le respect de ce que nous ont transmis nos ancêtres, l’amour de la patrie constituent le quatrième commandement du Décalogue : sans piété filiale, il ne peut exister de société durable.

Aussi, je voudrais associer à ma prière reconnaissante tous ceux qui travaillent, dans les familles, les écoles, les universités – et partout ailleurs dans nos sociétés –, à transmettre la culture occidentale qui puise aux sources gréco-romaines et chrétiennes. Seuls des barbares irresponsables pourraient vouloir jeter aux orties ce trésor si riche et si essentiel à l’épanouissement de l’homme. 

Puisse Saint Louis, saint patron des chefs d’État, veiller sur leur mission et bénir une nouvelle floraison de la culture chrétienne pour le XXIème siècle ! 

Louis,
Duc d’Anjou

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Défenseurs de la statue de Saint Louis à Saint-Louis du Missouri

Les défenseurs de la statue de Saint Louis fermes et paisible en face de la fureur des émeutiers

Abbé Stephen Shumacher et fidèles

Avec d’autres prêtres et de nombreux fidèles, chapelets en mains,
le jeune et courageux abbé Stephen Schumacher a défendu la statue de Saint Louis
contre la violence destructrice des émeutiers

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