Archive pour la catégorie 'De Maria numquam satis'

2014-88. De la « sainte ceinture de Notre-Dame de Consolation ».

Samedi dans l’octave de notre glorieux Père Saint Augustin :
Fête de Notre-Dame de Consolation.

Chez les Augustiniens, nous avons au calendrier liturgique une fête particulière de la Très Sainte Vierge Marie qui est célébrée au samedi dans l’octave de la fête de notre glorieux Père Saint Augustin et qui honore la Mère de Dieu sous le vocable de Notre-Dame de Consolation.

Je m’interrogeais sur l’origine de cette fête et sur le sens de ce titre donné à la Madone : j’ai fait une recherche sur Internet et n’y ai rien trouvé de satisfaisant, si ce n’est qu’il existe un certain nombre de chapelles et d’églises placées sous le vocable de Notre-Dame de Consolation, et que, souvent, ces églises ou chapelles, avaient été celles de couvents de moines de Saint Augustin ou de confréries liées à l’Ordre Augustinien.
Mes interrogations s’amplifièrent encore lorsque je lus que, sur certains tableaux encore présents dans ces églises ou chapelles, la Vierge était parfois appelée « Vierge de la Ceinture » ou encore « Notre-Dame de la Ceinture et de la Consolation »

Je suis donc allé interroger Frère Maximilien-Marie qui, au lieu de me donner une explication orale, m’a alors remis cette feuille, qui a répondu à toutes mes questions et que je m’empresse donc aussi de vous communiquer…

Lully.

ceinture gif

Ceinture de ND de Consolation B.D. - Copie

Blason de l'Ordre de Saint Augustin

Toutes les bandes dessinées de Frère Maximilien-Marie > www

2014-83. Le Coeur de Marie, rempli d’amour pour Dieu et de charité pour nous.

Extraits du « Coeur admirable de la Mère de Dieu »
et quelques autres écrits
de Saint Jean Eudes

vitrail du Coeur de Marie

Entre les fêtes de la Vierge Marie, celle de son Coeur est comme le cœur et la reine des autres, parce que le cœur est le siège de l’amour et de la charité. Quel est le sujet de cette solennité ? C’est le Coeur de la Fille unique et bien-aimée du Père Eternel ; c’est le Coeur de la Mère de Dieu ; c’est le Coeur de l’Epouse du Saint-Esprit ; c’est le Coeur de la Mère très bonne de tous les fidèles. C’est un Coeur tout embrasé d’amour envers Dieu, tout enflammé de charité pour nous.

Il est tout amour pour Dieu, car il n’a jamais rien aimé que Dieu seul, et ce que Dieu voulait qu’il aimât en Lui et pour Lui. Il est tout amour parce que la bienheureuse Vierge a toujours aimé Dieu de tout son cœur, de toute son âme et de toutes ses forces. Il est tout amour parce que, non seulement elle a toujours voulu tout ce que Dieu voulait, et n’a jamais rien voulu de ce qu’Il ne voulait pas, mais encore parce qu’elle a toujours mis toute sa joie en la très aimable volonté de Dieu.

Il est tout amour pour nous. Elle nous aime du même amour dont elle aime Dieu, car c’est Dieu qu’elle regarde et aime en nous. Et elle nous aime du même amour dont elle aime l’Homme-Dieu, qui est son Fils Jésus, car elle sait qu’Il est notre chef et que nous sommes Ses membres, et par conséquent que nous ne sommes qu’un avec Lui, comme les membres ne sont qu’un avec leur chef. C’est pourquoi elle nous regarde et nous aime en quelque sorte comme son Fils et comme ses propres enfants, qui portent cette glorieuse qualité pour deux raisons. En premier lieu, parce qu’étant Mère du chef, elle est par conséquent Mère des membres. En second lieu, parce que notre Sauveur, en la Croix, nous a donnés à Sa Mère en qualité d’enfants. Il nous l’a donnée, non seulement en qualité de Reine et de Souveraine, mais en la qualité la plus avantageuse pour nous qui puisse s’imaginer, c’est-à-dire en qualité de Mère, en disant à chacun de nous ce qu’Il dit à Son disciple bien-aimé : « Voilà votre Mère ». Et Il nous donne à elle, non pas seulement en qualité de serviteurs ou d’esclaves, ce qui serait un grand honneur pour nous, mais en qualité d’enfants : « Voilà votre fils », lui dit-Il, parlant de chacun de nous, en la personne de saint Jean, comme s’Il lui disait : « Voilà tous Mes membres que Je vous donne pour être vos enfants ; Je les mets en Ma place, afin que vous les regardiez comme Moi-même, et que vous les aimiez du même amour dont vous M’aimez ; aimez-les aussi comme Je les aime ».

O Mère de Jésus, vous nous regardez et nous aimez comme vos enfants, et comme les frères de votre Fils Jésus, et du même cœur, et vous nous aimez et aimerez éternellement du même amour de Mère dont vous L’aimez !

C’est pourquoi, dans toutes vos affaires, nécessités, perplexités et afflictions, ayez recours à ce Coeur de notre très charitable Mère. C’est un Coeur qui veille toujours sur nous et sur les plus petites choses qui nous touchent. C’est un Coeur si plein de bonté, de douceur, de miséricorde et de libéralité, que jamais aucun de ceux qui l’ont invoqué avec humilité et confiance, ne s’en est retourné sans consolation. C’est un Coeur très généreux, très fort et très puissant pour combattre nos ennemis, pour repousser et anéantir tout ce qui nous est contraire, pour obtenir de Dieu tout ce qu’il Lui demande, et pour nous combler de toutes sortes de biens.

Coeur de Marie Refuge de l'âme fidèle - détail

Litanies du Saint Coeur de Marie > www.
B.D. sur le Coeur de Marie > www.

« De ce trône de gloire où vous êtes assise, ne dédaignez pas d’abaisser encore sur nous vos regards… »

Prière à la Très Sainte Vierge
pour
la fête de sa glorieuse Assomption :

14 août, vigile de l’Assomption,
et mémoire de Saint Maximilien-Marie Kolbe, prêtre martyr.

Vous trouverez ci-dessous, chers Amis, le texte d’une très belle prière que l’un de nos amis vient de porter à ma connaissance et qui m’a véritablement ravi : elle est extraite du « Diurnal ou Office Complet – latin et français – pour les laïques, à l’usage du diocèse de Bayeux, imprimé par ordre de Mgr. Ch.-Fr. Duperrier, évêque de Bayeux », publié en 1825.
Cette prière fait suite aux prières prescrites pour la procession du renouvellement du Voeu de Louis XIII (sensiblement les mêmes que ce qui a été publié ici > www), et elle me semble toujours pertinente et conforme aux nécessités actuelles de notre pays

Ingres : le voeu de Louis XIII

Ingres : le Voeu de Louis XIII

O Marie, ô la plus pure, la plus sainte et la plus auguste de toutes les créatures ! de ce trône de gloire où vous êtes assise, ne dédaignez pas d’abaisser encore sur nous vos regards. Du milieu des concerts de louange que forment en votre honneur les esprits célestes dont vous êtes la Reine, souvenez-vous encore de ces pauvres exilés dont vous êtes la Mère.

Après nous être réjouis avec toute l’Eglise de votre triomphe, nous venons avec toute la France nous prosterner à vos pieds, nous consacrer à vous de nouveau, et vous conjurer de renouveler aussi l’adoption que vous avez faite de chacun de nous. Il nous semble en ce moment entendre notre divin Sauveur nous adresser cette consolante parole : « Enfants, voilà votre Mère! »
O mon Dieu ! nous la recevons avec action de grâces cette Mère si bonne, si tendre, si compatissante et si digne d’être aimée. Nous lui jurons un amour vraiment filial.
Mais vous aussi, Vierge Sainte, entendez votre Fils qui vous dit : « Femme, voilà vos enfants ! »
O Marie ! recevez-nous pour votre famille, aimez-nous, protégez-nous, comblez-nous de bienfaits.

Hélas ! nous ne méritons plus, nous n’avons jamais mérité votre protection. Mais quelque ingrats, quelque criminels que nous ayons été et que nous soyons encore, pouvez-vous oublier que vous êtes Mère, que vous nous avez enfantés dans la douleur, que vous avez sacrifié pour nous ce que vous aviez de plus cher, Jésus-Christ votre Fils bien-aimé ?
Faites donc éclater encore en faveur de ce Royaume les miracles de grâce et de miséricorde dont la piété de nos pères fut récompensée par votre intercession.
Obtenez-nous de les mériter comme eux, en marchant sur leurs traces dans la simplicité de la foi, dans l’attachement inviolable à l’Eglise, dans la soumission parfaite aux Pasteurs légitimes, dans l’éloignement absolu de toute nouveauté de doctrine, dans l’horreur du péché, dans l’union des coeurs, dans la paix et les saintes douceurs de la charité.
Ramenez à Dieu ceux qui l’ont oublié, convertissez à la Religion ceux qui la combattent, fortifiez dans les voies droites ceux qui sont demeurés fidèles.
Rendez-nous une nation sainte et un peuple choisi. Donnez au Roi la sagesse, aux dépositaires de son autorité l’intelligence et la justice, au peuple l’obéissance aux lois et l’amour pour son Prince, afin que la France soit toujours le Royaume Très Chrétien, et l’heureux apanage du Fils Aîné de l’Eglise.

Misérable pécheur, je n’oserais pas vous adresser ma prière : mais je m’unis à tant d’âmes ferventes qui redoublent aujourd’hui de dévotion pour vous, et qui se consacrent à votre Saint Coeur avec un zèle tout nouveau.
O Mère de miséricorde ! ô Refuge des pécheurs ! ne rejettez pas mon offrande. Je veux aussi désormais être tout à vous. Je vous consacre aujourd’hui ma vie et tout ce qui est en moi. Je vous consacre mes parents et mes amis. Je vous consacre mes biens, mon industrie, mes travaux. 
Je ne vous demande qu’une chose : c’est que vous me preniez sous votre protection ; alors je ne craindrai rien, ni du côté de mes péchés, parce que vous m’obtiendrez le remède aux maux qu’ils m’ont causé ; ni du côté des démons, puisque vous êtes plus puissante que tout l’enfer ; ni du côté de mon Juge, parce qu’une seule de vos prières suffit pour l’apaiser.

Ainsi soit-il !

Armes de France

Autres prières ou textes accordés à la fête du 15 août :
1 – Textes traditionnels
pour la procession du renouvellement du Voeu de Louis XIII > www

2 – Lettre apostolique du Pape Pie XI
proclamant N.D. de l’Assomption patronne principale de la France > www

3 – Célèbre prière de l’abbé H. Perreyve :
« Vierge Sainte, au milieu de vos jours glorieux… » > www

4 – Prière à N.D. de l’Assomption composée par le vénérable Pie XII > www
5 – Paraphrase du Salve Regina composée par Saint Bonaventure > www

Prière à la Très Sainte Vierge Marie, Reine.

Prière composée par
Sa Sainteté le Pape Pie XII

et qu’il récita en italien,
après avoir couronné l’icône de Marie « Salus Populi Romani »,
en la Basilique de Saint-Pierre au Vatican,
le 1er novembre 1954.

Le mois de mai, mois de Marie, s’achève par la fête de Marie, Reine.
Cette fête fut instituée afin de clore solennellement le mois de Marie, le 31 mai : c’est une initiative de Sa Sainteté le Pape Pie XII qui l’annonça dans l’encyclique « Ad caeli Reginam », en date du 11 octobre 1954
Vingt jours plus tard, le 1er novembre 1954 (jour du quatrième anniversaire de la proclamation du dogme de l’Assomption), dans la basilique Saint-Pierre, le Saint-Père couronnait solennellement la célèbre icône de Marie appelée « Salus Populi Romani », habituellement gardée dans la chapelle Borghèse de la basilique de Sainte Marie aux Neiges et qui, pour cette occasion, avait été portée en procession jusqu’au Vatican.
C’est en cette circonstance que le Vénérable Pie XII prononça la prière dont nous publions le traduction française ci-dessous, prière dont les termes conservent une pertinente actualité.

Pie XII couronnement de l'icône Salus Populi Romani

Sa Sainteté le Pape Pie XII
devant l’icône « Salus Populi Romani »
le 1er novembre 1954

* * * * * * *

Du fond de cette terre de larmes où l’humanité souffrante se traîne péniblement, dans les remous d’une mer sans cesse agitée par le vent des passions, nous levons les yeux vers vous, ô Marie, Mère très aimée, pour puiser le réconfort dans la contemplation de votre gloire et pour vous saluer Reine et Maîtresse des cieux et de la terre, notre Reine et notre Dame.

Votre Royauté, nous voulons l’exalter avec la légitime fierté des fils, et la reconnaître comme due à la suprême excellence de tout votre être, ô très douce et vraie Mère de Celui qui est Roi par droit propre, par héritage, par conquête.

Régnez, ô notre Mère et notre Dame, en nous montrant le chemin de la sainteté, en nous dirigeant et assistant, afin que nous ne nous en éloignions jamais.

Au plus haut des cieux, vous exercez votre Royauté sur les armées des anges qui vous acclament comme leur Souveraine, sur les légions des Saints qui se délectent dans la contemplation de votre éclatante beauté ; régnez de même sur le genre humain tout entier, surtout en ouvrant le chemin de la foi à ceux qui ne connaissent pas encore votre divin Fils.

Régnez sur l’Eglise, qui professe et fête votre suave domination et qui recourt à vous comme à un sûr refuge au milieu des calamités de notre temps. Mais régnez spécialement sur cette portion de l’Eglise qui est persécutée et opprimée, lui donnant la force pour supporter les adversités, la constance pour ne pas plier sous les injustes oppressions, la lumière pour ne pas tomber dans les embûches de l’ennemi, la fermeté pour résister aux attaques ouvertes, et, à chaque instant, une inébranlable fidélité à votre Royaume.

Régnez sur les intelligences, afin qu’elles ne recherchent que la vérité ; sur les volontés, afin qu’elles ne suivent que le bien ; sur les coeurs, afin qu’ils aiment uniquement ce que vous aimez vous-même.

Régnez sur les individus et sur les familles comme sur les sociétés et les nations ; sur les assemblées des puissants, sur les conseils des sages, comme sur les modestes aspirations des petits.

Régnez sur les routes et les places publiques, dans les cités et les villages, dans les vallées et les montagnes, dans les airs, sur la terre et sur les mers.

Et accueillez la dévote prière de ceux qui savent que votre Royaume est un royaume de miséricorde, où toute supplication trouve accueil, toute douleur un réconfort, toute infortune un soulagement, toute infirmité la santé et où, comme sur un signe de vos très douces mains, de la mort même renaît la vie souriante.

Accordez-nous que ceux qui maintenant, dans toutes les parties du monde, vous acclament et vous reconnaissent pour Reine et Maîtresse, puissent un jour au ciel jouir de la plénitude de votre Royaume, dans la vision de votre Fils, qui, avec le Père et le Saint-Esprit, vit et règne, dans les siècles des siècles.

Ainsi soit-il !

On peut voir sur la vidéo ci-dessous une séquence filmée de cette cérémonie du 1er novembre 1954.

Image de prévisualisation YouTube

Armoiries de Pie XII

Nota bene : le 31 mai nous faisons aussi la mémoire de Sainte Pétronille,
céleste protectrice de la « noble nation des Francs », cf. > www

Prières de Saint Alphonse de Ligori pour honorer les Sept Douleurs de Notre-Dame :

La liturgie traditionnelle célèbre à deux reprises les Douleurs et la Compassion de Notre-Dame.

La première et la plus ancienne de ces deux fêtes est celle du vendredi de la Passion (vendredi avant le dimanche des Rameaux).
La seconde – celle du 15 septembre – est, à l’origine, une fête particulière à l’Ordre des Servites de Marie, ordre spécialement dévoué aux Douleurs de Notre-Dame ; en 1817, pour commémorer la fin des souffrances que l’Eglise venait de traverser (persécutions suscitées par la révolution française et l’empire napoléonien, captivité des papes Pie VI et Pie VII), le pape Pie VII étendit cette fête du mois de septembre à toute l’Eglise en la plaçant au 3e dimanche de ce mois (c’est ainsi qu’en 1846, lorsque la Sainte Mère de Dieu apparaît à La Salette, le samedi 19 septembre, elle apparaît de fait à l’heure des premières vêpres de la fête de Notre-Dame des Sept-Douleurs) ; la réforme de Saint Pie X, en 1914, a retiré la fête de Notre-Dame des Douleurs du dimanche pour la fixer au 15 septembre.

Ces deux fêtes sont, l’une comme l’autre, particulièrement importantes pour le Refuge Notre-Dame de Compassion, et nous invitons tous ceux qui nous sont unis par les liens de la prière à s’associer à nous avec une grande ferveur pour honorer les Sept Douleurs de Notre-Dame, et pour consoler son Coeur douloureux et immaculé en proie à une si grande désolation.

Nous avons déjà publié sur ce blogue le texte de l’ « Ave, Maria » de la Vierge de Compassion (parfois attribué à Saint Bonaventure, voir > ici), ainsi que la manière dont on peut réciter le « Chapelet des Sept Douleurs » (cf. > ici).
Voici maintenant ci-dessous un exercice pour honorer les Sept Douleurs de Notre-Dame dont les prières ont été rédigées par Saint Alphonse de Ligori.

Statue de N.D. de Compassion du Mesnil-Marie

Statue de Notre-Dame de Compassion au Mesnil-Marie

Première douleur :

Je compatis, ô Mère affligée, à la douleur que vous causa le premier glaive qui vous a transpercée, quand Siméon, dans le Temple, vous représenta les tourments que les hommes devaient faire endurer à votre bien-aimé Jésus (et que vous connaissiez déjà par les divines Écritures), jusqu’à Le faire mourir sous vos yeux, suspendu à un bois infâme, épuisé de sang et abandonné de tout le monde, sans pouvoir recevoir de vous ni défense ni secours.
Je vous prie donc, ma Reine, par ce souvenir amer qui affligea votre cœur pendant tant d’années, de m’obtenir la grâce de conserver toujours, à la vie à la mort, gravées dans mon cœur, la Passion de Jésus-Christ et vos Douleurs.

Pater, Ave Maria.

Coeur douloureux et immaculé de Marie

Deuxième douleur :

Je compatis, ô Mère affligée, à la douleur que vous causa le second glaive qui vous a transpercée lorsque vous avez vu votre Fils innocent, à peine né, persécuté à mort par ces mêmes hommes pour lesquels Il était venu dans le monde ; de sorte que vous avez été obligée de fuir en Égypte pendant la nuit et secrètement à l’insu du monde.
Par tant de peines que vous, Vierge délicate, avez endurées, conjointement avec votre petit Enfant exilé, dans ce long et pénible voyage, par des chemins déserts et difficiles, et dans votre séjour en Égypte, où étant inconnus et étrangers, vous avez vécu durant toutes ces années dans la pauvreté et le mépris, je vous prie ma bien-aimée Souveraine, de m’obtenir la grâce de souffrir avec patience dans votre compagnie, jusqu’à la mort, toutes les peines de cette misérable vie, afin que je puisse, dans l’autre, échapper aux peines éternelles de l’enfer que j’ai bien méritées.

Pater, Ave Maria.

Coeur douloureux et immaculé de Marie

Troisième douleur :

Je compatis, ma Mère affligée, à la douleur que vous causa le troisième glaive qui vous perça le cœur, quand vous avez perdu votre cher Fils Jésus, qui resta trois jours à Jérusalem, éloigné de vous.
Ne voyant plus alors votre amour auprès de vous, et ignorant la cause de Son éloignement, je pense, mon aimable Reine, que vous n’eûtes aucun repos pendant ces nuits, mais que vous ne fîtes que soupirer après Celui qui était tout votre bien : je vous prie donc, par les soupirs que vous avez poussés durant ces trois jours, bien longs et bien douloureux pour vous, de m’obtenir la grâce de ne jamais perdre mon Dieu, afin que je vive toujours uni à Lui et que je meure dans Ses embrassements.

Pater, Ave Maria.

Coeur douloureux et immaculé de Marie

Quatrième douleur :

Je compatis, ma Mère affligée, à la douleur que vous causa le quatrième glaive qui vous perça le cœur, lorsque vous avez vu votre Jésus condamné à mort, chargé de liens et de chaînes, couvert de sang et de plaies, couronné d’un faisceau d’épines, tombant en chemin sous Sa pesante Croix, qu’Il portait sur Ses épaules ensanglantées, allant comme un agneau innocent mourir pour notre amour. Vos yeux se rencontrèrent alors avec les Siens, et vos regards mutuels devinrent autant de traits dont vous blessâtes réciproquement vos cœurs amoureux.
Je vous prie donc par cette grande Douleur, de m’obtenir la grâce de vivre entièrement résigné à la volonté de mon Dieu, portant ma croix avec joie dans la compagnie de Jésus jusqu’au dernier soupir de ma vie.

Pater, Ave Maria.

Coeur douloureux et immaculé de Marie

Cinquième douleur :

Je compatis, ma Mère affligée, à la douleur que vous causa le cinquième glaive qui vous perça le cœur, lorsque, présente sur le mont Calvaire, vous avez vu de vos propres yeux, mourir peu à peu, au milieu de tant de tourments et de mépris, sur le lit douloureux de la Croix, votre bien-aimé Jésus, sans pouvoir même Lui donner le moindre des soulagements qu’au moment de la mort on accorde aux plus scélérats.
Et je vous prie, par l’agonie que vous, tendre Mère, avez soufferte avec votre Fils agonisant, et par la tendresse que vous avez éprouvée lorsque, pour la dernière fois, Il vous parla du haut de la Croix, et que Se séparant de vous, Il nous donna tous à vous pour fils dans la personne de Jean ; par la constance avec laquelle vous L’avez vu baisser la tête et expirer, je vous prie de m’obtenir de votre amour crucifié la grâce de vivre et de mourir crucifié à toutes les choses de ce monde, pour ne vivre toute ma vie que pour Dieu, et ainsi aller un jour jouir de lui face-à-face en paradis.

Pater, Ave Maria.

Coeur douloureux et immaculé de Marie

Sixième douleur :

Je compatis, ma Mère affligée, à la douleur que vous causa le sixième glaive qui vous perça le cœur lorsque que vous vîtes percer d’outre en outre le doux Cœur de votre Fils déjà mort, et mort pour ces ingrats qui, même après L’avoir fait mourir, n’était pas encore rassasiés de Le tourmenter.
Je vous prie donc par cette cruelle douleur que vous avez endurée toute seule, de m’obtenir la grâce d’habiter dans le Cœur de Jésus blessé et ouvert pour moi ; dans ce Cœur, dis-je, qui est la belle demeure d’Amour, où reposent toutes les âmes qui aiment Dieu et que là, passant moi-même ma vie, je ne pense qu’à Dieu et n’aime que Lui. Très Sainte Vierge, vous pouvez le faire, je l’espère de vous.

Pater, Ave Maria.

Coeur douloureux et immaculé de Marie

Septième douleur :

Je compatis, ma Mère affligée, à la douleur que vous causa le septième glaive qui vous perça le cœur, lorsque vous vîtes entre vos bras votre Fils mort, non plus dans l’éclat de Sa beauté, comme vous L’aviez autrefois reçu dans l’étable de Bethléem, mais ensanglanté, livide et tout déchiré des blessures qui avaient mis Ses os à découvert ; vous écriant alors : mon Fils, mon Fils, en quel état l’amour Vous a réduit !
Et lorsqu’on le porta au sépulcre, vous avez voulu encore L’accompagner, et L’y arranger de vos propres mains, jusqu’à ce qu’enfin, Lui disant le dernier adieu, vous y laissâtes votre cœur brûlant d’amour enseveli avec votre Fils. Par tant de martyres qu’a souffert votre belle âme, obtenez-moi, ô Mère du bel amour ! le pardon des offenses que j’ai commises contre mon Dieu bien-aimé ; je m’en repens de tout mon cœur. Défendez moi dans les tentations ; assistez-moi à l’heure de ma mort, afin que sauvé par les mêmes mérites de Jésus et les vôtres, je parvienne un jour avec votre assistance, après ce malheureux exil, à chanter dans le paradis les louanges de Jésus et les vôtres, pendant toute l’éternité. 
Ainsi soit-il.

Pater, Ave Maria.

Coeur douloureux et immaculé de Marie

V./: Priez pour nous, Vierge très affligée !
R./: Afin que nous soyons rendus dignes des promesses de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Prions :

O Dieu, dans la Passion duquel un glaive de douleur, suivant la prophétie du vieillard Siméon, a transpercé l’âme très douce de la glorieuse Vierge Marie, Votre Mère, accordez-nous, dans Votre bonté, que en vénérant son coeur transpercé et ses souffrances, nous méritions de recueillir les heureux fruits de Votre Passion ; ô Vous qui, étant Dieu, vivez et régnez pour les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Statue de N.D. de Compassion du Mesnil-Marie - détail

Statue de Notre-Dame de Compassion au Mesnil-Marie – détail.

Au sujet de la statue de Notre-Dame de Compassion,
voir le texte de présentation > ici

Prière de Sa Sainteté le Pape Pie XII à Notre-Dame de Lourdes.

Sa Sainteté le Pape Pie XII en prière

Cette prière constitue la péroraison du discours que prononça en français, le 28 avril 1935,
Son Eminence Révérendissime le Cardinal Eugenio Pacelli,
Secrétaire d’Etat et Légat a latere de Sa Sainteté le Pape Pie XI,
à Lourdes,
à l’occasion de la clôture du jubilé de la Rédemption (voir la note en bas de page).

l'apparition de ND de Lourdes

O Vierge immaculée, très clémente et très puissante, vous êtes notre Mère. De votre trône de Reine du Ciel, vous avez daigné venir parmi nous en ce coin fortuné de la terre de France ; et, à l’égal de la réalité de la foi, invisible au monde, mais non à l’innocente enfant choisie par vous comme confidente et colloboratrice des merveilles de votre amour pour nous, vous avez fait de cette roche de Massabielle une nouvelle montagne de la gloire de Dieu au milieu des ténèbres de l’incrédulité et du péché, un phare lumineux d’espérance pour le salut des peuples. Mais cette montagne et cette grotte bienheureuse évoquent en nous le souvenir d’une autre montagne et d’une autre grotte, le Golgotha et le Sépulcre, où votre douleur et vos larmes de Mère, à l’heure la plus terrible et la plus divine de la Rédemption, s’unissaient à la suprême torture, à la mort et à la sépulture de votre Fils crucifié, Rédempteur du monde.

Ce jour là, dans ces ténèbres, ô Reine des martyrs, votre foi, votre espérance, votre amour demeurèrent fermes et dirigés vers le ciel comme vous demeuriez vous-même debout auprès de la Croix ; là vous avez été proclamée notre Mère par la divine parole de votre divin Fils et par le sang qui de ses plaies descendait sur vous, pour empourprer et consacrer votre amour pour nous. De ces ténèbres a surgi le soleil de ce jour où nous commémorons l’accomplissement de notre Rédemption.

Vous, notre Corédemptrice, vous, prémices de la grâce et de la Rédemption, ayez pitié de nous, vos pauvres fils. Donnez-nous le courage de votre foi, l’inébranlable fermeté de votre espérance, l’ardeur de votre amour pour Jésus, Fils du Père et votre Fils, notre Rédempteur et notre Frère ; intercédez pour nous auprès de Lui, apaisez sa justice ; obtenez-nous la lumière de la vérité, et que celle-ci parvienne aussi aux esprits aveuglés de ceux dont l’orgueil se dresse contre l’Eternel ; que les dévoyés et les fourvoyés retrouvent le droit chemin, et que par vous, Reine de la paix, victorieuse de toute erreur, l’Eglise poursuive librement sa tâche et répande par le monde les fruits divins de la Rédemption. Protégez le troupeau béni de votre Fils, et le Pasteur auguste qui le conduit dans les pâturages du salut et qui est en esprit présent parmi nous. Protégez cette nation si chère à votre coeur et tout le peuple chrétien accouru ici à vos pieds de toutes les parties du monde, ou qui du moins est tourné vers ce lieu par le désir et nous est uni par la prière.

Que par vous, ô Vierge immaculée, ô Mère du Rédmpteur, notre espérance et notre salut, l’olivier de la concorde et de la paix refleurisse sur la terre, dans les coeurs la pureté, l’ardeur et la constance de la vertu et du sacrifice pour le bien ; et que par ses mérites le sang du Rédempteur nous ouvre les portes du ciel et nous plonge dans la joie de vous contempler, vous, ô Marie, et la Trinité bienheureuse, parmi les splendeurs des saints !

Ainsi soit-il !

Grotte de Lourdes état ancien

Lourdes : la Grotte des apparitions (avant les modifications de la seconde moitié du XXe siècle)

Note : Les « années saintes » ou « jubilés » ont lieu habituellement tous les 25 ans dans l’Eglise Catholique (1900, 1925, 1950, 1975, 2000, 2025). Il peut toutefois arriver que le Souverain Pontife décrète des années saintes  exceptionnelles : ce fut le cas par exemple en 1933, pour marquer le dix-neuvième centenaire de la Rédemption, ce fut le « Jubilé du Salut » qui commença le dimanche de Pâques 2 avril 1933.
Un usage très récent (cela date du pontificat de Jean-Paul II) fait qu’actuellement les jubilés sont célébrés simultanément à Rome et dans toute la Chrétienté, mais ce n’était pas le cas naguère.
En effet, le jubilé – dont l’une des principales démarches demeure l’obtention des indulgences, particulièrement à travers le pèlerinage à Rome et aux lieux saints – était traditionnellement célébré à Rome uniquement pendant l’année du jubilé, puis, une fois seulement qu’il avait été clos à Rome, le Pape l’étendait – pendant quelques mois ou pendant une année entière – au reste des sanctuaires de la Chrétienté.

Selon l’usage traditionnel donc, le jubilé de la Rédemption fut célébré à Rome de Pâques 1933 à Pâques 1934, puis étendu aux autres grands sanctuaires de la Chrétienté de Pâques 1934 à la fin avril 1935.

Deux cardinaux, Francis Bourne, archevêque de Westminster (qui décéda le 1er janvier 1935), et Jean Verdier, archevêque de Paris, émirent l’idée que pour la conclusion du Jubilé – le 28 avril 1935 – soit célébré un triduum continu de Messes, célébrées à l’autel de la grotte de Lourdes : c’est-à-dire que pendant trois jours et trois nuits, de manière ininterrompue, des prêtres se succèdent à l’autel pour offrir le Très Saint Sacrifice, actualisation et renouvellement du Sacrifice Rédempteur du Golgotha.
A cette époque, où les règles du jeûne eucharistique (il fallait être à jeun depuis minuit pour pouvoir célébrer et communier) ne permettaient pas de célébrations l’après-midi, cela demandait des autorisations spéciales que seul le Pape pouvait accorder. L’évêque de Lourdes, Monseigneur Pierre-Marie Gerlier, futur archevêque de Lyon et cardinal, soumit cette idée au Pape Pie XI qui l’accepta et donna les dérogations requises.
À Lourdes donc, des Messes furent donc célébrées sans interruption pendant ces trois journées : c’était quelque chose de jamais vu et ce sont environ 250 000 pèlerins qui, pour la circonstance, accoururent de toutes les parties du monde.

Ces circonstances expliquent le rappel incessant du mystère de la Rédemption et de la place qu’y occupe la Très Sainte Vierge Marie, dans la prière dont nous avons donné ici le texte ci-dessus.
Pour la circonstance, Sa Sainteté le Pape Pie XI envoya à Lourdes comme Légat a latere son Secrétaire d’Etat, S.Em. le cardinal Eugenio Pacelli, futur pape Pie XII.
Sur la photo ci-dessous, prise sur le parvis de la basilique du Rosaire, Son Eminence est entourée de cinq cardinaux, de soixante-dix archevêques et évêques, d’une très grande quantité prêtres, religieux, séminaristes, servants d’autels… etc.

Le Cardinal Pacelli et le clergé, à Lourdes le 28 avril 1935

(cliquer sur la photo pour la voir en grand format)

2014-7. Les plaies de la France pansées par Marie.

les plaies de la France pansées par Marie

« Les plaies de la France pansées par Marie »

C’est l’intitulé d’une image pieuse que j’ai trouvée dans la collection de Frère Maximilien-Marie. Elle date du milieu du dix-neuvième siècle.

Au premier plan, on y voit la France, figurée par une femme allongée sur un lit d’épis de blé pourrissant et de ronces : son front est ceint d’épines, des larmes coulent de ses joues, son coeur est blessée. De sa main droite, on la voit égrener un chapelet, et ses yeux sont fixés sur la croix qu’elle tient dans la main gauche. Autour de cette croix un phylactère permet de lire ces mots : « Unica spes : unique espérance ».
Le linge qui la recouvre à demi, quand on l’observe attentivement, est en fait un drapeau blanc fleurdelysé.

plaies de la France pansées par Marie détail 1

Derrière elle, se tient la Très Sainte Vierge Marie qui la serre contre son Coeur maternel.
Dans chaque main, Marie tient un linge sur lequel figure une inscription : avec celui qu’elle a dans la main gauche – Fides : la foi – , elle panse les plaies de la tête, et avec celui qu’elle a dans la main droite – Caritas : la charité – , elle soigne le coeur de la France.

plaies de la France pansées par Marie détail 2

Marie pleure ; son regard implorant est tourné vers le Calice du Saint-Sacrifice qui reçoit les gouttes du Précieux Sang découlant des plaies du Sacré-Coeur qui le surmonte.
En arc de cercle au dessus de l’auréole qui nimbe le Coeur de Jésus, est écrit : « Amour à Mon Vicaire »
Deux faisceaux lumineux descendants encadrent le Calice : dans l’un est écrit « Observation du dimanche » et dans l’autre « Détestation du blasphème ». On reconnaît là deux points essentiels du message public délivré par la Très Sainte Vierge Marie lors de l’apparition du 19 septembre 1846 à La Salette.
Avec l’inscription qui se trouve au-dessus, on a des indications précieuses pour la datation de cette image : la diffusion du message de La Salette et la révolution romaine de 1848 qui contraignit le Bienheureux Pie IX à l’exil. Ce dernier évènement est en quelque sorte confirmé par un autre détail : la tiare déposée au pied de la Croix sur une sorte d’autel, juste au-dessous du Calice.

plaies de la France pansées par Marie détail 3

Sur le côté droit, partant d’une nuée sombre, on voit un éclair vengeur  qui, zébrant le ciel, tombe sur la terre à l’endroit où est écrit « France ».
Le message est explicite là encore : ce sont les menaces de châtiments qui risquent de frapper la France, infidèle aux lois divines, infidèle à sa vocation, infidèle à sa mission.

plaies de la France pansées par Marie détail 4

La France est blessée : sa tête, siège de la pensée, est certes blessée par les épines de cette couronne, symbole de l’orgueil de la révolte intellectuelle contre Dieu et contre Son Règne ; son coeur, symbole de ses affections, est certes lui aussi grièvement blessé parce qu’il s’est attaché à d’autres amours qu’à celles qui sont justes et saintes… Toutefois, une flamme ténue s’en échappe encore : tout n’est donc pas irrémédiablement perdu !

La légende de cette image nous délivre une leçon d’espérance.
C’est sans nul doute à Marie, Vierge de Compassion et « toute puissance suppliante » – ainsi que l’on appelée les saints – , qu’il faut attribuer ces mots (dont la formulation semble inspirée par la manière dont elle a intercédé à Cana : « ils n’ont plus de vin ») : « Son coeur bat encore » !
En dessous, la phrase : « J’ai péché, Seigneur… et j’ai fait le mal devant Vous ! » , est l’aveu de la France, contrite et humiliée. C’est la confession de son péché, qui reprend les expressions du « Miserere » (Psaume L), lequel développe l’aveu de David reconnaissant son adultère et son crime (3 Rois XII, 13).

plaies de la France pansées par Marie détail 5

Tant qu’il y aura un peu de flamme dans son coeur, et tant que ce coeur pourra être touché par la grâce du repentir, la France, en se recommandant à l’intercession de la Vierge Marie, sa Reine, aura le droit d’espérer dans sa guérison et dans son relèvement.

Mais si la France néglige la prière et la pénitence, si elle continue à contrevenir aux saintes lois de Dieu, si elle ne s’amende pas et ne convertit pas ses institutions et ses lois, non ! elle ne pourra se soustraire aux châtiments mérités, et devra alors tout craindre de la justice divine !

La leçon est de toujours à toujours.
La leçon est actuelle.
La leçon est d’une brûlante actualité…

Lully.                           

frise avec lys naturel

Ô Marie conçue sans péché, notre bonne Mère qui avez voulu que nous Vous invoquions sous le vocable, si consolant à nos cœurs, de Reine de France, voyez prosternés à Vos pieds vos Sujets malheureux.
Ayez pitié de nous : soyez notre Avocate auprès de Votre divin Fils, notre Roi bien aimé.
Nous savons que nous l’avons grandement offensé, outragé même, que nous avons méprisé Ses Commandements, foulé aux pieds les Saintes Lois de Son Eglise ; mais nous savons aussi, ô aimable Souveraine, que Vous êtes toute puissante sur le Cœur de ce Roi d’Amour qui ne demande Lui-même qu’à pardonner ; obtenez nous donc cette paix, nationale et individuelle, tant désirée de tous, pour la plus grande gloire de Votre cher Fils.

Ainsi soit il.

frise avec lys naturel

2014-5. La nouvelle arche.

17 janvier,
anniversaire de l’apparition de Notre-Dame de Pontmain.

Coeur de Marie Refuge de l'âme fidèle

Le 17 janvier, même si dans la liturgie la part principale revient à Saint Antoine le Grand, « père de tous les moines » (et protecteur des animaux > www), nous faisons néanmoins la mémoire de la très belle et émouvante apparition de la Très Sainte Mère de Dieu dans le ciel de Pontmain.

Nous avons vu (cf. > www) de quelle manière la Providence avait lié les supplications qui se faisaient pour la France à la basilique de Notre-Dame des Victoires au moment de l’apparition de la Vierge Marie dans le ciel du tout petit village du bas Maine.

Le Coeur douloureux et immaculé de Marie, nous n’en doutons pas, sera toujours le refuge et le secours de ceux qui l’invoqueront avec ferveur et confiance.
Dans le déluge d’iniquités qui submerge le monde, il sera l’arche protectrice qui recueillera les vrais fidèles et les préservera des flots montants de la subversion diabolique.
Aimons à redire souvent cette belle invocation, si répandue jadis :

Doux Coeur de Marie, soyez mon refuge !

frise

La nouvelle arche 1

La nouvelle arche 2

Coeur de Marie Refuge de l'âme fidèle - détail

Fervente invocation pour demander à  Marie de trouver refuge en son Coeur :

O Marie, Mère immaculée de Jésus et notre Mère, ravis par la splendeur de votre céleste beauté, et pressés par les angoisses de ce temps, nous nous jetons dans vos bras, certains de trouver dans votre Coeur très aimant le repos de nos ferventes aspirations et le refuge assuré dans les tempêtes qui de toutes parts nous assaillent !

(Vénérable Pie XII)

frise

2014-4. Le 17 janvier 1871 à Notre-Dame des Victoires.

Le 16 janvier l’archiconfrérie du Coeur immaculé de Marie Refuge des pécheurs, établi dans la basilique de Notre-Dame des Victoires à Paris, célèbre sa fête patronale.
Je veux en profiter pour publier aujourd’hui un texte qui m’a été adressé par un ami et qui établit en quelque sorte un lien entre la basilique de Notre-Dame des Victoires et l’apparition de la Très Sainte Vierge Marie à Pontmain, le 17 janvier 1871.

Autel de ND des Victoires

Autel de l’archiconfrérie du Coeur immaculé de Marie Refuge des pécheurs
(basilique Notre-Dame des Victoires – Paris)

Le 17 janvier 1871 à Notre-Dame des Victoires
récit de Louis Colin 
(*)

in « Notre-Dame de Pontmain – Son message à la France»
(1894 réédité en 2011 - 
pp. 97-101 ; 221-223 )

Notre-Dame des Victoires, érigée en ex-voto pour remercier la Mère de Dieu de la défaite des protestants qui menaçaient alors de faire passer à l’hérésie la nation prédestinée, est sortie du cœur de Louis XIII en même temps et par le même mouvement que la consécration solennelle de son royaume à Marie.
Celui-ci, glorieux et victorieux autrefois dans le monde, maintenant broyé sous le talon de la protestante Allemagne et livré sans merci à ses innombrables armées, n’a plus qu’une seule ressource, celle d’y demander à genoux sa délivrance. Elle sera la victoire de Notre-Dame, à laquelle, par droit de naissance et de consécration nationale, appartient la France qui, par elle et avec elle, ne saurait ni devenir protestante ni mourir.

Le 15 janvier, une neuvaine y fut annoncée qui devait s’ouvrir le 17, à huit heures du soir, et qui ne s’ouvrit pas ce jour-là sans difficultés.
Mgr Darboy, pour des raisons personnelles sans doute, voulut avoir une autre date qui fût sienne.
Quelles étaient les pensées de l’Archevêque ? Pourquoi ce retard ? Les événements peuvent seuls expliquer les lenteurs qu’il voulut y mettre ; car ce ne fut pas le 17, mais le 20 janvier, c’est-à-dire trois jours après, que la neuvaine devait officiellement commencer.

La poussée des fidèles avait pourtant quelque chose de si extraordinaire et de si irrésistible que, craignant de mécontenter les foules qui, depuis l’annonce du 17, accouraient déjà de tout Paris, M. Chanal, curé de la paroisse, délégua un de ses vicaires, l’abbé Laurent Amodru, auprès de l’archidiacre Surat, pour lui exposer la situation difficile et imprévue dans laquelle on allait forcément se trouver.
« Continuez, répondit à celui-ci Mgr Surat, continuez les exercices préparatoires, comme s’il ne s’agissait de rien. »
Réponse qui fut un blanc-seing donné au curé pour en agir comme il était convenu.

Bien qu’elle eût changé son nom primitif contre celui, plus modeste et plus accommodant, d’exercices préparatoires, la neuvaine du 17 s’ouvrit à point nommé, et lorsque huit heures de la nuit eurent sonnées à la grande horloge, dans la nef de la petite église un millier de fidèles, pliés sous les maux de la patrie, assistaient aux prières plus ardentes ce soir-là de l’Archiconfrérie.

Un prédicateur monta en chaire, et ce prédicateur était l’abbé Laurent Amodru, revenu de l’archevêché.
De quoi pouvait-il entretenir les âmes, sinon des douleurs communes à tous ?
Le voilà qui parle de nos humiliations, de nos soldats, de nos défaites, du péril que court la France penchée au bord de l’abîme.
Puis subitement, comme s’il fût transporté et hors de lui-même, sous l’action d’un souffle inconnu, il demande que chacun fasse un vœu pour obtenir la cessation du fléau qui pèse sur le pays.
Ce vœu, c’est un cœur d’argent qui sera solennellement offert à Notre-Dame des Victoires, à la clôture de la neuvaine qui va commencer.

L’auditoire à cette proposition se sent tressaillir, et les cœurs se réveillent à la douce espérance.
Du banc d’œuvre où il est assis, M. l’abbé Chanal, curé de la paroisse, se lève à son tour comme électrisé. Debout et d’une voix forte, tremblante aussi d’émotion et de larmes, il s’écrie :
« C’est de tout mon cœur, mes frères, que j’approuve l’ex-voto dont vient de vous parler le prédicateur. Oui, nous l’offrirons tous à Notre-Dame des Victoires pour qu’elle nous accorde la cessation de la guerre et arrête les châtiments du ciel. Nous jurerons en même temps de servir Dieu par la sanctification du dimanche, ainsi que vous venez de l’entendre. Ce cœur d’or et d’argent rappellera nos promesses, en même temps qu’il sera le témoignage de notre reconnaissance envers la sainte Vierge ! »

Après quoi, une multitude de fidèles se presse aux bureaux de l’Archiconfrérie pour y déposer son obole.
La commotion produite sur tous était si visible que l’abbé François Amodru, [le frère de Laurent qui avait pris la parole], à la vue du mouvement extraordinaire qui agitait la foule, fut pris d’inquiétude.
Il se précipita vers son frère, et avec l’accent d’un homme tout troublé :
« Qu’avez-vous fait, mon frère, lui dit-il, qu’avez-vous fait ? Vous n’êtes comme moi qu’un simple vicaire, et voilà que du haut de la chaire vous avez mis tout le monde sur pied par une initiative qui n’appartient qu’à M. le curé ! Comment, sans vous être entendu au préalable avec lui, avez-vous osé émettre la proposition d’un ex-voto général ? Nos confrères en sont aussi surpris que moi. Voyez cette foule qui accourt… Comment y suffire ? »
II continuait… 

Mais le frère, l’arrêtant d’un geste, lui dit avec douceur :
Mon ami, soyez en paix ; ce que j’ai fait, je devais le faire, puisque M. le curé l’a grandement et solennellement approuvé.
Mais, s’il ne l’avait pas approuvé ?
S’il n’avait pas dû l’approuver, je n’aurais peut-être pas dit ce que j’ai dit.
Alors vous avez donc eu…
Ne me parlez pas de cela et soyez en paix. Les prières de l’Archiconfrérie et des milliers d’âmes qui sont venues ici pour y prier durant tout le siège ont fait violence au ciel.
Sur ce, le frère étonné regarda son frère, et leur dialogue palpitant s’arrêta là.

Au même moment un chrétien, aux oreilles duquel le nom de Pontmain n’avait jamais retenti, s’était recueilli en sa demeure. Profondément bouleversé par ce qu’il venait de voir, d’ouïr et de sentir à Notre-Dame des Victoires, il prenait une feuille de papier pour y laisser déborder le trop plein de son cœur.
Lui aussi était sous le charme intime d’une espérance soudaine, et tandis que la bienheureuse Apparition s’évanouissait lentement au ciel des cieux, un rayon lointain de ses étoiles lui tomba sous la plume qui d’un seul trait, à neuf heures du soir, écrivit à l’abbé Amodru la lettre mémorable que voici :

« Paris 17 janvier 1871

 « Monsieur l’Abbé,

 « Je reviens de Notre-Dame des Victoires, profondément ému des paroles que, dans une improvisation évidemment inspirée, vous avez adressées ce soir aux nombreux fidèles réunis au pied de l’autel de Marie.
 Déjà bien souvent, en dépit de nos rêves et malgré les nuages sombres dont notre horizon se voile de plus en plus, vous avez ranimé notre foi chancelante, et, puisant dans votre cœur une inaltérable confiance en la très sainte Vierge, vous nous avez répété ce cri que vos lèvres articulent avec une émotion si communicative :
Non, Paris ne tombera pas au pouvoir de l’ennemi et ne périra pas. Une barrière infranchissable s’élève entre lui et la capitale menacée. Notre-Dame des Victoires nous garde et nous défend.

Mû, j’allais dire entraîné, par une confiance qui semble puiser une force nouvelle dans le péril qui grandit d’heure en heure, vous venez ce soir même, dans un langage aussi pieux qu’émouvant, de faire passer en nos âmes attristées la sainte conviction qui anime la vôtre !

Une pensée, avez-vous dit, se présente en ce moment à mon esprit. Nous allons tous publiquement et solennellement supplier la Très Sainte Vierge de nous venir en aide, et nous ne franchirons pas le seuil de ce saint temple consacré à sa gloire sans lui avoir non moins solennellement promis de lui offrir un cœur d’argent qui apprendra aux générations futures qu’aujourd’hui, ENTRE HUIT ET NEUF HEURES DU SOIR, tout un peuple s’est prosterné aux pieds de Notre-Dame des Victoires et a été sauvé par elle !

Un tel discours prononcé dans un semblable moment, appuyé, sanctionné, d’ailleurs, d’une exhortation véhémente de M. le Curé, devait aller directement au cœur de chacun des assistants. Un long frémissement s’empara, en effet, de la pieuse assemblée qu’un souffle divin venait de transformer tout à coup. L’émotion qui s’est emparée de moi s’est produite dans toutes les âmes. C’est avec bonheur que je le constate, et chacun voudra, je n’en doute pas, réaliser au plus tôt un vœu à la fois si saint et si consolant.

Je m’empresse, quant à moi, de venir, dès ce soir même, vous prier d’en recevoir ici l’expression solennelle. Veuillez, s’il se peut, l’offrir demain matin à Notre-Dame des Victoires, la suppliant de daigner l’accueillir comme un encens d’agréable odeur, composé des prières aussi bien que des voeux de ses plus fidèles sujets.

Et maintenant, monsieur l’Abbé, laissez-moi vous le dire, avec le respect dû à votre personne aussi bien qu’à votre caractère, vous avez su, en ces temps de défaillance et de découragement, maintenir en nous, vos fidèles auditeurs, la foi qui soutient et l’espérance qui fortifie. Ce double sentiment, je dirais cette double vertu, si je ne parlais ici que des autres, a été le partage de tous ceux qui ont écouté votre voix. Je n’en veux d’autre preuve que cette parole dite à mon oreille au moment de la sortie du temple : « La sainte Vierge ne saurait se montrer insensible à une foi si vive, AVANT HUIT JOURS, LA PAIX SERA SIGNÉE. »

Nous aurons donc, grâce à vous et à Notre-Dame des Victoires, attendu avec un calme égal à notre résignation l’heure fixée par la Providence pour le salut de notre malheureux pays. Cette heure bénie et si souvent attendue A SONNÉ CE SOIR, quelque chose me le dit. A l’exemple du saint vieillard Siméon, nous pourrons bientôt entonner le cantique d’allégresse : Nunc, dimittis servum suum, Domine,et les Annales de l’Archiconfrérie, déjà si riches en pieux souvenirs, s’illustreront encore de cette date à jamais mémorable du 17 janvier 1871.

Daignez, etc.,

Signé : Martel, Contrôleur des Monnaies

Apparition de ND à Pontmain 17 janvier 1871

Pontmain : 17 janvier 1871, entre 8h et 9h du soir…

(*) Louis Frédéric Colin, né à Lignières (département du Cher) le 14 janvier 1835, fit ses études au séminaire de Saint Sulpice à Paris, où il fut ordonné prêtre le 17 décembre 1859. Il choisit alors d’intégrer la compagnie des Prêtres de Saint-Sulpice et un professeur de la Compagnie de Saint-Sulpice, occupa postes de professeur en France de 1860 à 1862, avant d’être envoyé au Québec : curé de Notre-Dame des Neiges à Montréal (1862-1863), professeur de droit canonique au grand séminaire (1863-1864), vicaire à Notre-Dame (1864-1874) et à nouveau professeur de droit canonique au grand séminaire (1874-1875), il devient directeur du grand séminaire de Montréal (1875-1881) puis supérieur des Sulpiciens du Canada (1881-1902). Il rendit son âme à Dieu le 27 novembre 1902. Une école et une avenue portent son nom à Montréal.

frise avec lys naturel

Concernant Notre-Dame des Victoires voir aussi :
- Historique de la basilique Notre-Dame des Victoires > www
- Prière au Coeur immaculé de Marie Refuge des pécheurs > www
- Litanies de Notre-Dame des Victoires > www

Concernant Notre-Dame de Pontmain, voir aussi :
- Récit de l’apparition > www
- Le cantique « Mère de l’Espérance » > www

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