Archive pour la catégorie 'De Maria numquam satis'

2025-154. Une célébration baroque de la victoire de Lépante (troisième partie) : la salle des paysages du Palais Colonna.

7 octobre,
Fête de Notre-Dame de la Victoire du Très Saint Rosaire (cf. ici),
Anniversaire de la victoire navale de Lépante (cf. ici) ;
Mémoire de Saint Marc, pape et confesseur ;
Mémoire des Saints Serge et Bacchus, Marcel et Apulée, martyrs.

blason de la famille Colonna - blogue -

       Pour conclure nos publications au sujet des somptueux décors baroques du palais romain des Princes Colonna célèbrant la victoire de Lépante, après avoir présenté la Grande Galerie (cf. > ici), puis l’antichambre de l’Est, qui permet d’y accéder et porte le nom de Salle de la colonne bellique (cf. > ici), présentons maintenant l’antichambre située à l’Ouest de la Grande Galerie, dite Salle des paysages, en raison des tableaux bucoliques de Gaspard Dughet (1615-1675, aussi appelé Gaspard Poussin ou encore Le Guaspre), qui en tapissent les murs.

   Franchissons donc son seuil, encadré, comme du côté Est, par deux colonnes en marbre jaune de Sienne.

Palais Colonna - salle des paysages

Rome, Palais Colonna : Salle des paysages

   A la voûte de cette antichambre, c’est la bataille de Lépante qui est peinte, une nouvelle fois, mais de façon davantage allégorique.
Cette œuvre, née des pinceaux de Luca Giordano (1634-1705) et Sebastiano Ricci (1659-1734), en 1693 et 1694 – c’est à dire moins d’une vingtaine d’années après les fresques de la Grande Galerie et peu d’années avant celle de la Salle de la colonne bellique – est bien caractéristique de la peinture baroque triomphale.

Sebastiano Ricci - allégorie de la bataille de Lépante

Sebastiano Ricci - allégorie de la bataille de Lépante

   Au-dessus de l’entrée, on a, encore une fois, une forme d’apothéose de Marc-Antoine Colonna : ici ce n’est pas la Très Sainte Vierge Marie qui le couronne, mais une victoire ailée.
Les nuées au faîte desquelles le vainqueur de Lépante est assis, sont un chef d’œuvre de trompe-l’œil parce qu’elles forment comme un arc au-dessus de la corniche de l’entrée de la salle pour aller ensuite se confondre avec la structure architectural du sommet des murs.

Sebastiano Ricci - Lépante détail - Marc-Antoine  - blogue

   Autour de Marc-Antoine, dont les traits sont ceux d’un très jeune homme, se livre un combat entre des anges et des démons, combat tel qu’on en voit plutôt habituellement sur les tableaux représentant Saint Michel.

Sebastiano Ricci - Lépante - Marc-Antoine

   En face de l’entrée, on peut admirer l’allégorie de la bataille : la composition de cette fresque fait que la victoire ailée, figure centrale de l’œuvre, et que l’on a vue ci-dessus dans une position descendante (tête vers le bas) vers Marc-Antoine Colonna, apparaît pour cette partie dans une position ascendante au-dessus de la scène de l’affrontement.

Sebastiano Ricci - la victoire volant au-dessus de la bataille

Sebastiano Ricci - l'affrontement

Sebastiano Ricci - Marc-Antoine à la bataille

Marc-Antoine Colonna au combat

   Sur le côté gauche de la salle, la fresque montre le héros sur un char de triomphe, roulant au milieu des nuées, entouré de figures symboliques qui l’acclament.

Sebastiano Ricci - côté gauche de la salle des paysages

   Tandis que sur le côté droit est figurée, dans une scène plutôt exotique, la malfaisance mahométane : on y voit un barbaresque qui violente de la main droite une femme dont il tire la chevelure, tandis qu’il tient fermement par la main gauche des chaînes auxquelles sont assujettis aussi bien des créatures humaines – soumises en esclavage, ou réduites à l’état de produits de consommation dans les harems -, que des bêtes fauves.

Sebastiano Ricci - côté droit - blogue

Sebastiano Ricci - détail du côté droit de la salle des paysages

   Au-dessus de cette scène, dans les airs, on assiste à un combat : la vérité, brandissant son flambeau, poursuit, avec une dague, l’erreur religieuse accompagnée d’une créature mi-homme mi-serpent.
La femme que le barbaresque saisit par les cheveux ainsi que l’esclave noir lèvent les yeux vers cette scène, symbolisant par là l’espérance d’être délivrés de la sujétion des païens par la victoire de la vérité catholique.

Sebastiano Ricci - méfaits des mahométans - détail

   Mentionnons rapidement aussi, sans vraiment les détailler, que dans cette Salle des paysages se trouvent aussi un grand cabinet en bois d’ébène et ivoire, chef-d’œuvre des frères allemands Steinhart, orné de scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament (sur le côté gauche) et un autre cabinet, en bois de santal marqueté de pierres dures, figurant une villa romaine.

Cabinet d'ébène et d'ivoire

cabinet de santal

   Ces deux meubles précieux sont, remarquez-le, portés par des figures d’ottomans ou de barbaresques captifs.

2025-153. Une célébration baroque de la victoire de Lépante (deuxième partie) : la salle de la colonne bellique, au Palais Colonna.

7 octobre,
Fête de Notre-Dame de la Victoire du Très Saint Rosaire (cf. ici),
Anniversaire de la victoire navale de Lépante (cf. ici) ;
Mémoire de Saint Marc, pape et confesseur ;
Mémoire des Saints Serge et Bacchus, Marcel et Apulée, martyrs.

Palais Colonna - salle de la colonne bellique

Rome, Palais Colonna : la salle de la colonne bellique.

       De part et d’autre de la Grande Galerie – ou Grande Salle – du Palais Colonna, que nous avons précédemment présentée (cf. > ici), se trouvent deux antichambres, elles aussi richement ornées, qui communiquent l’une comme l’autre avec la Grande Galerie par une large ouverture à eux colonnes.

salle de la colonne bellique  avec le passage sur la Grande Galerie

Salle de la colonne bellique avec la perspective vers la Grande Galerie

   L’antichambre de l’est, est appelée « salle de la colonne bellique » (ou encore « salle de la colonne de la guere »), en raison du fait qu’y est placée en son centre une colonne antique : cette colonne de marbre rouge, posée sur un piédestal et ornée d’incrustations représentant des scènes de la vie romaine, est évidemment une allusion aux armoiries de la famille Colonna ; elle est surmontée statuette de femme casquée et armée qui pourrait être une représentation de Bellone, de Rome ou d’Athéna ; c’est cette figurine qui vaut à la colonne son qualificatif de « bellique ».

Sommet de la colonne bellique

   La fresque qui orne la voûte de cette salle a été peinte par Giuseppe Bartolomeo Chiari (1654-1727), élève de prédilection de Carlo Maratta, qui a travaillé avec lui à la préparation des cartons pour les mosaïques des nefs latérales de la Basilique vaticane.
Giuseppe Bartolomeo Chiari a peint cette voûte entre 1698 et 1700, soit un quart de siècle après le plafond de la Grande Galerie.

   Sans crainte de la redondance avec le programme pictural de la Grande Galerie, elle représente Marc-Antoine Colonna présenté à la Vierge dans les cieux, mais cette œuvre est la plupart du temps nommée : « Apothéose de Marc-Antoine Colonna ».

Giuseppe Chiari - Marc-Antoine Colonna présenté à la Vierge ou apothéose

   La Très Sainte Vierge Marie, entourée d’anges et de saints, occupe le centre de la composition, elle est nimbée d’une sorte de rayonnement de gloire. Elle tient dans sa main droite une couronne – semblable à celle qui était tenue au-dessus de la tête du chef victorieux lors des triomphes antiques -, dont elle s’apprête à couronner le vainqueur de Lépante, qui est introduit en sa présence par… Hercule lui-même, dont Marc-Antoine porte la massue, comme s’il s’agissait de son arme propre !!!

Giuseppe Bartolomeo Chiari - apothèose de Marc-Antoine Colonna détail

Giuseppe Bartolomeo Chiari - apothéose de Marc-Antoine Colonna - détail

Marc-Antoine Colonna conduit par Hercule

   Cette curieuse introduction d’un mythe païen à l’intérieur d’une scène aux références chrétiennes vaut également parfois à cette œuvre d’être appelée « Apothéose du jeune Hercule ».

   Sans entrer dans tous les détails des représentations périphériques de cette fresque, on s’arrêtera toutefois à admirer, au-dessus du passage vers la Grande Galerie, cet ange écrivant le nom de Marc-Antoine Colonna dans le Livre de Vie.

Un ange écrit le nom de Marc-Antoine Colonna dans le Livre de Vie

   Pour passer de cette Salle de la Colonne Bellique à la Grande Gallerie, il faut descendre quelques marches de marbre : or, au centre des degrés se trouve un boulet de canon.
Celui-ci n’a rien à voir avec la victoire de Lépante, mais nous renvoie à des événements dramatiques plus récents : la révolution romaine de 1848-1849, pendant laquelle le Bienheureux Pape Pie IX avait dû fuir Rome et se trouvait de ce fait en exil à Gaëte.
Des troupes françaises commandées par le Général Oudinot avaient été envoyées pour rétablir le Souverain Pontife dans ses Etats, et, depuis la colline du Janicule, les Français tirèrent sur le centre historique pour en chasser les insurgés républicains : c’est alors que, le 24 juin 1849, ce boulet, en raison d’une erreur de tir, entra dans le palais Colonna pour tomber exactement à cet endroit. Il n’en fut jamais retiré.

Marches entre la Salle de la colonne bellique et la Grande Galerie

Boulet français du 24 juin 1849

Prière à la Mère des Douleurs : « Nous voulons être en Votre compagnie auprès de la Croix… » (Cardinal Pie).

Vierge au cœur transpercé - Notre-Dame des Douleurs

       O Vierge Marie, par la vertu de tant de Douleurs, faites que nous moissonnions enfin la joie dans le Royaume céleste !
Sachant que la plus solide substance de la piété chrétienne consiste dans la méditation profonde et assidue des mystères du Calvaire, nous voulons, durant notre carrière mortelle, tenir les yeux de notre esprit et de notre cœur attachés à la Passion de Jésus-Christ et à la Vôtre. C’est pourquoi le plus familier et le plus doux de nos exercices pieux, sera de témoigner souvent à votre Cœur douloureux notre amour et notre compassion.

   Nous voulons observer à la lettre la recommandation divine qui nous a été faite de ne pas oublier les gémissements de notre Mère, et de Lui rendre honneur tous les jours de notre vie au souvenir de tout ce qu’Elle a enduré pour nous dans Son sein.

   Comme prix de tant et de si grandes Douleurs, qui ne peuvent être sans effets et sans résultats, obtenez-nous, ô Vierge, de partager Vos consolations et Votre gloire.
C’est cet espoir, ô Marie, qui nous fait accepter avec résignation, avec soumission, que dis-je ! avec amour, avec gratitude, les peines et les souffrances de notre pauvre vie.
C’est cet espoir qui nous porte à Vous demander la faveur de pleurer avec Vous et comme Vous, et de partager nous-mêmes le sort de Jésus crucifié aussi longtemps que nous vivrons.

   Oui, nous voulons être en Votre compagnie auprès de la Croix, nous associer à Vous dans toute l’étendue du deuil et des amertumes de Votre âme.
Mais, en échange de toutes nos souffrances, sanctifiées et fécondées par leur union avec les Vôtres, faites que nous goûtions comme Vous, après les tristesses de cette vallée de larmes, la jouissance éternelle de la Patrie.

Ainsi soit-il ! 

Louis-Edouard cardinal Pie (1815-1880),
évêque de Poitiers.

Cœur douloureux et immaculé de Marie

2025-143. Deux versions du « Stabat Mater » de Vivaldi.

22 septembre,
Octave des Sept-Douleurs de Notre-Dame ;
Mémoire de Saint Maurice et de ses compagnons, martyrs.

José Maria Vazquez dolorosa 1810 - blogue

José Maria Vazquez (vers 1765 – vers 1826) : « Dolorosa » (1810)
[huile sur cuivre, collection privée]

       Don Antonio Vivaldi s’est vu confier en 1711 la composition d’une œuvre en l’honneur de la Vierge par la paroisse Santa Maria della Pace (Sainte Marie de la Paix) de Brescia, ville natale de son père. La première de l’œuvre fut donnée dans cette église le 18 mars 1712, vendredi de la Passion, à l’occasion de la fête de la Compassion de la Très Sainte Vierge Marie.
Comme la majorité des œuvres du compositieur, ce Stabat Mater tomba ensuite dans l’oubli pour être redécouvert dans la première moitié du XXème siècle, et fut redonné, pour la première fois depuis 1712, en septembre 1939 par Alfredo Casella, à Sienne dans le cadre de la Settimana Vivaldiana (la « semaine vivaldienne »).

   Cette œuvre est de dimensions plus réduites que le très célèbre Stabat Mater de Pergolèse (cf. ici et aussi > ici) puisqu’elle est chantée par un unique soliste (contralto), et que seules dix des vingt strophes de la séquence attribuée à Jacopone da Todi ont été mises en musique par le sublime Maestro vénitien.

   Selon l’abbé Carl de Nys (1917-1996), musicologue belge de grande notoriété qualifié de « personnage incontournable de la vie musicale en France durant la seconde moitié du XXème siècle » : « une page comme ce Stabat Mater suffirait à elle seule pour témoigner de la foi profonde et de la spiritualité authentique du célèbre abbé vénitien sur lequel courent toujours quelques ragots malveillants qui déforment la vérité de sa biographie ».
C’est donc à juste titre que cette œuvre constitue désormais, dans le domaine de la musique sacrée baroque, l’une des compositions les plus connues de Vivaldi. Nous en donnons ci-dessous deux enregistrements réalisés avec deux des plus talentueux contre-ténors contemporains.

Pour écouter ces deux enregistrements, faire un clic droit sur les images ci-dessous, puis « ouvrir dans un nouvel onglet ».

- Enregistrement avec Andreas Scholl et le Bach Consort Wien Orchestra dirigé par Rubén Dubrovsky :

Image de prévisualisation YouTube

- Enregistrement aveJakub Jozef Orlinski et la Capella Cracoviensisa : 

Image de prévisualisation YouTube

Cœur de Marie avec le glaive - vignette blogue

2025-138. Le cent-treizième pèlerinage légitimiste à Sainte-Anne-d’Auray.

       Comme chaque année, au dimanche le plus proche du 29 septembre (jour anniversaire de la naissance de SMTC le Roi Henri V, dit « Comte de Chambord »), se déroulera le pèlerinage légitimiste à Sainte-Anne-d’Auray.
Veuillez trouver ci-dessous le programme de ce cent-treizième pèlerinage avec toutesles indications pratiques pour y participer :

Capture d’écran (53)

Capture d’écran (54)

lys.gif

2025-136. Fête de Notre-Dame des Douleurs, lundi 15 septembre 2025.

Statue de N.D. de Compassion du Mesnil-Marie

Lundi 15 septembre 2025

au Mesnil-Marie

Fête de Notre-Dame des Douleurs

(fête patronale du Refuge Notre-Dame de Compassion
pour la seconde fois dans l’année liturgique)

Programme :

10 h 30 très précises (ce qui signifie que l’on est arrivé un peu avant !) : Sainte Messe chantée
- 12 h : repas tiré du sac
– Après-midi : Chapelet des Sept-Douleurs et vénération de la relique de la Sainte Croix

Inscriptions obligatoires soit au moyen de l’espace prévu ci-dessous pour les commentaires [ce ne sera pas publié] soit par courriel.

Cœur de Marie avec le glaive - vignette blogue

2025-135. Du « carême » de la Sainte Croix et de la Mère des Douleurs que nous pratiquons du 30 août au 13 septembre.

29 août,
Au soir de la fête de la décollation de Saint Jean-Baptiste.

Blason du Refuge Notre-Dame de Compassion

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

   En notre Mesnil-Marie, après les complies du 29 août, nous entrons dans le dernier de nos sept carêmes de l’année : mon papa-moine, dans une précédente publication (que vous pourrez relire > ici) vous a déjà expliqué les raisons pour lesquelles nous avons ces temps de pénitence, ces temps de jeûne et d’abstinence, récurrents… et tellement bénéfiques, à l’âme comme au corps.

   Ce septième carême, de l’année, nommé « Carême de la Sainte Croix et de la Mère des Douleurs » ne dure que 15 jours, du 30 août inclus au 13 septembre inclus, et, comme son nom l’indique, il est une préparation aux deux fêtes subséquentes de l’Exaltation de la Sainte Croix et de la seconde fête des Douleurs de la Très Sainte Vierge Marie (la première étant celle du vendredi de la semaine de la Passion, que nous appelons plus volontiers fête de la Compassion de la Bienheureuse Vierge Marie).

   En ce carême-ci, le jeûne est un peu moins rigoureux que pendant le grand carême pascal, puisque, à certains jours, les œufs, ou bien un peu de fromage, peuvent y être autorisés en raison des nombreuses fêtes occurrentes.
Au cours de cette période en effet nous trouvons :
1) la fête de Notre-Dame de Consolation (double de 2ème classe – cf. > ici), sauf si la fête de notre Bienheureux Père Saint Augustin arrive un vendredi, auquel cas elle est célébrée le samedi 29 août ;
2) celle du Cœur immaculé de Marie (double de 2ème classe) célébrée chez nous le 31 août et non le 22 ;
3) les octaves de Saint Louis et de Saint Augustin (respectivement les 1er et 4 septembre qui sont célébrées sous le rit double majeur) ;
4)  la Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie (double de 2ème classe), le 8 septembre ;
5) la fête de Notre-Dame de Miséricorde de Pellevoisin (double majeur) le 9 septembre ;
6) la fête de Saint Nicolas de Tolentino, le grand thaumaturge des Augustins (double de 2ème classe), le 10 septembre ;
7) et enfin la fête du Très Saint Nom de Marie (double majeur), le 12 septembre, jour où il est même permis de dévorer un croissant à belles dents (cf. > ici) pour se réjouir très concrètement de la victoire des troupes chrétiennes sur celles du croissant mahométan…

   Seule la journée du 13 septembre, qui est comme une double vigile, est assortie d’un « grand jeûne » strict.

Canivet de Notre-Dame des Sept-Douleurs

   Les notes spirituelles propres à ce « Carême de la Sainte Croix et de la Mère des Douleurs », qui vient opérer une sorte de transition entre la période estivale et l’arrivée de l’automne, sont un recentrage sur les pôles majeurs de la vocation religieuse au sein de notre ermitage : la Croix du Verbe de Dieu incarné et la Compassion de Sa Très Sainte Mère.

   La méditation quotidienne du Chemin de la Croix (mais on n’est pas tenu de faire un Chemin de Croix en totalité chaque jour ni d’utiliser des « formulaires » puisés dans des ouvrages de piété : il est non seulement permis mais même encouragé de consacrer les méditations et oraisons quotidiennes à l’approfondissement de deux ou trois stations seulement, voire d’une seule), à travers ou – mieux encore – dans le Cœur douloureux de la Vierge très affligée, est le centre autour duquel nos journées gravitent, avec, évidemment, la récitation du chapelet des Sept-Douleurs (cf. > ici).

   N’hésitez pas, bien chers Amis de notre Mesnil-Marie, à nous accompagner spirituellement dans ces deux semaines qui nous conduisent à ces deux sublimes fêtes des 14 et 15 septembre : je vous assure que vous en retirer de grands et précieux fruits de grâce.

Tolbiac.

Coeur douloureux et immaculé de Marie

2025-129. Message de Sa Majesté le Roi à l’occasion de la fête de l’Assomption 2025.

15 août 2025,
Fête de l’Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie,
Principale fête patronale du Royaume de France.

Grandes armes de France

   Au début de la soirée de cette fête de l’Assomption de Notre-Dame, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, aîné des descendants de SMTC le Roi Louis XIII qui a consacré son auguste personne, sa couronne et son Royaume à la Très Sainte Vierge Marie sous le vocable de son Assomption, et de jure Roi Louis XX de France, a publié sur les réseaux sociaux le court message suivant :

       « En ce jour de la fête de l’Assomption de Sainte Marie au Ciel, je confie à la Très Sainte Vierge notre pays et tous les Français :
que par son intercession et sa prière, son divin Fils bénisse et protège la France qu’Il a tant aimée. »

Assomption des Frari - Le Titien Venise - blogue

Tiziano Vecelli, dit Le Titien (vers 1488 – 1576) :
Assomption dite « des Frari » (1515-1518)
[maître-autel de la basilique Santa Maria Gloriosa dei Frari, Venise].
C’est l’illustration choisie par Sa Majesté le Roi cette année
pour illustrer sur les réseaux sociaux les vœux qu’il a publiés
à l’occasion de la fête de l’Assomption de Notre-Dame.

2025-123. La Mère de Dieu nous a précédés…

9 août,
Fête de Saint Jean-Marie Vianney, confesseur (cf. ici) ;
Mémoire de Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix, vierge et martyre, copatronne de l’Europe (cf. > ici, etici) ;
Mémoire de Saint Romain, martyr ;
Mémoire de la vigile de Saint Laurent ;
Anniversaire de l’Edit de Roussillon (9 août 1564 – cf. > ici) ;
Anniversaire du commencement du siège de Lyon par les troupes de la Convention (9 août 1793 – cf. ici) ;
Quatrième jour de la neuvaine pour la France en préparation de la fête de l’Assomption (cf. ici).

Vision d'Elie sur le Mont Carmel

Vision d’Elie sur le Mont Carmel

       Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix, célèbre convertie (cf. > ici), après avoir erré dans les ténèbres en quête de la Vérité, et après avoir été mise à l’épreuve pendant huit années après avoir reçu le saint baptême, a pu entrer au Carmel de Cologne.
Le choix du Carmel n’est pas uniquement dû à l’importance de l’autobiographie de Sainte Thérèse d’Avila dans sa conversion, mais aussi en raison de l’antiquité de l’Ordre, remontant au prophète Saint Elie et à la dévotion mariale de l’Ordre, dévotion antérieure à la naissance de la Très Sainte Vierge Marie puisqu’il remonte à la vision d’Elie sur le Mont Carmel.
Le « féminisme » militant d’Edith Stein, israélite par le sang et athée revendiquée, après sa conversion s’est en quelque manière pleinement épanoui en une profonde compréhension de la place suréminente de la Bienheureuse Vierge dans le plan du salut : Sœur Thérèse-Bénédicte, dans cet extrait des entretiens spirituels qu’elle était appelée à donner en communauté, nous montre la Très Sainte Mère de Dieu comme le parfait modèle de la vie donnée à Dieu, le parfait modèle de la vie consacrée, le parfait modèle de la vie monastique.

       « De la Bienheureuse Vierge-Marie, seules quelques brèves paroles nous sont rapportées dans l’Evangile. Cependant ces quelques paroles sont aussi denses que des pépites d’or pur. En fondant dans le creuset ardent de la contemplation aimante, elles couleront en abondance, et revêtiront toute notre vie, du lumineux éclat de l’or.

   La première parole que nous entendons Marie prononcer dans son entretien avec l’Ange de l’Annonciation est la suivante : « Comment cela va-t-il se faire puisque je ne connais point d’homme ? ». C’est l’aveu tout simple de sa pureté virginale.
Dans le don sans partage, elle a consacré au Service de Dieu tout son cœur et toutes ses forces. C’est ainsi qu’elle a plu au Très-Haut, Il a accueilli son don d’elle-même et l’a récompensé en lui accordant une fécondité prodigieuse, en l’élevant à la maternité divine.
Elle a contemplé en profondeur le mystère de la virginité, dont son divin Fils dira plus tard : « celui qui peut comprendre, qu’il comprenne ».
Elle ne peut faire à ses amis privilégiés, de plus beau présent, que l’appel à suivre cette voie sur laquelle ils parviendront aussi, à une fécondité prodigieuse, à une joie au delà de tout entendement.

   L’obéissance a conduit la Fille du Roi de la Maison de David, dans la modeste maisonnette du pauvre charpentier de Nazareth et entraîna les deux êtres les plus saints du monde hors de l’enceinte protectrice de leur humble foyer, sur les grands-routes, jusque dans l’étable de Bethléem.
L’obéissance a déposé le Fils de Dieu dans la crèche, dans une pauvreté librement choisie, le Sauveur et Sa Mère ont parcouru les routes de Judée et de Galilée ont vécu de l’aumône des croyants.
Nu et dépouillé, le Seigneur a été suspendu à la Croix et a remis le soin de Sa Mère, à l’amour de Son disciple.
Voilà pourquoi Il demande la pauvreté à ceux qui veulent Le suivre. Le cœur doit être libre de l’attachement aux biens terrestres. Il ne doit pas s’en soucier, ni en être dépendant, ni les désirer.

   La Mère de Dieu nous a précédés sur ce chemin, et veut y être votre guide. Faites confiance dans un amour filial, à cette mère pleine d’amour.
Vous ne devez pas non plus vous effrayer de la sublime grandeur de ce que vous promettez, le Seigneur qui vous a appelée et qui vous prend aujourd’hui pour épouse, veut vous donner la grâce de persévérer fidèlement dans votre vocation, Il veut vous la donner des mains de Sa Mère Marie ».

in « Edith Stein, Source Cachée, Œuvres spirituelles »,
éditions du Cerf – 1998, pp. 250-256
conférence spirituelle à l’occasion de
 la première profession de Sœur Myriam de Sainte-Thérèse (16 juillet 1940).

Le Carmel Ordre marial par excellence

Carmélites aux pieds de la Très Sainte Vierge Marie

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