Archive pour la catégorie 'De Maria numquam satis'

2016-89. « O Mère admirable, c’est bien avec raison que l’on vous appelle ainsi ! »

Extrait du « Coeur admirable de la Très Sainte Mère de Dieu »
de
Saint Jean Eudes

Basilique supérieure Lourdes - La Trinité et l'Immaculée

La Sainte Trinité et la Vierge immaculée
(vitrail de la basilique supérieure à Lourdes)

« O Mère admirable, c’est bien avec raison que l’on vous appelle ainsi ! Car véritablement vous êtes admirable en toutes choses et en toutes manières.

Admirable en la beauté angélique et en la pureté séraphique de votre corps virginal. Admirable en la sainteté très éminente de votre âme bienheureuse. Admirable en toutes les facultés de l’un et de l’autre, dont vous avez toujours fait un très saint usage pour la gloire du Saint des saints.

Admirable en toutes vos pensées, en toutes vos paroles, en toutes vos actions : en vos pensées, qui n’ont jamais eu d’autre but que de plaire à Dieu seul ; en vos paroles, qui ont toujours été comme les paroles de Dieu, conformément à ce divin précepte : « Si quelqu’un parle, que ses paroles soient comme les paroles de Dieu » (1 Petr. IV, 11) ; en vos actions, qui ont toutes été consacrées à sa divine Majesté.

Admirable en vos souffrances, qui vous ont rendue digne d’être associée avec le Sauveur en l’oeuvre de la Rédemption du monde.

Admirable en tous les états et en tous les mystères de votre vie, qui sont autant d’abîmes de merveilles.
Admirable en votre Conception immaculée, qui est pleine de merveilles.
Admirable en votre Naissance, qui a été le sujet d’une joie indicible et éternelle à tout l’univers.
Admirable en votre saint Nom de Marie.
Admirable en votre entretien avec l’Archange saint Gabriel, quand il vous a annoncé le mystère ineffable de l’Incarnation.
Admirable dans toutes les choses grandes qui se sont passées en vous, au moment heureux où ce mystère incomparable y a été accompli.
Admirable en tous les moments des neuf mois que le Verbe incarné a résidé en qualité de Fils unique de Marie dans vos bénites entrailles.
Admirable en toutes les paroles contenues dans le divin cantique que vous avez prononcé après avoir salué votre cousine Elisabeth.
Admirable en tous les pas que vous avez faits allant à Bethléem pour y enfanter le Sauveur du monde.
Admirable dans le mystère de son Epiphanie, c’est-à-dire de sa manifestation aux saints Rois qui ont trouvé l’Enfant de Bethléem avec Marie sa mère, et l’ont adoré avec elle.
Admirable dans la sainte conversation que vous avez eue avec ce Fils bien-aimé, spécialement durant les trente premières années de sa vie.
Admirable dans la part que votre charité vous a donnée dans le premier miracle qu’il a fait aux noces de Cana.
Admirable en la communication qu’il vous a faite de sa croix et de ses souffrances, et dans le sacrifice que vous avez fait de lui-même au pied de sa croix.
Admirable dans les choses qui se sont passées, lorsque étant ressuscité il vous a visitée.
Admirable dans les dispositions avec lesquelles vous avez reçu le Saint-Esprit au jour de la Pentecôte.
Admirable en votre sainte mort, en votre glorieuse Assomption, en la vie bienheureuse que vous avez dans le ciel.

Admirable en toutes les qualités dont Dieu vous a ornée, de Fille aimée du Père, de Mère du Fils de Dieu, d’Epouse du Saint-Esprit, de sanctuaire de la très sainte Trinité, de Reine des hommes et des Anges, de Mère des chrétiens, de Consolatrice des affligés, d’Avocate des pécheurs, de Refuge de tous les misérables. »

Saint Jean Eudes,
in « le Coeur admirable de la très sainte Mère de Dieu » (1681) – livre 1er, chapitre 1.

Trois lys blancs

Voir aussi :
- Tota pulchra es > ici
- Litanies du Saint Coeur de Marie > ici
- Prière du vénérable Pie XII à Marie, Mère immaculée > ici
- Saint Jean Eudes : « Le Coeur de Marie, rempli d’amour pour Dieu et de charité pour nous » > ici
- Saint Jean Eudes : « C’est dans son Coeur que Marie a porté le Christ et qu’elle Le porte pour l’éternité » > ici
- Origines de Notre-Dame selon la Légende Dorée > ici
- BD « La nouvelle Arche » > ici
- BD « Dans l’arche du Coeur immaculé » > ici

2016-88. « Je protégerai, dans l’arche de mon Coeur immaculé, ceux qui lui seront consacrés ».

7 décembre,
Fête de Saint Ambroise ;
Vigile de la Conception immaculée de la Bse Vierge Marie.

L'Immaculée Conception - Monastère de la Visitation rue de Vaugirard à Paris

L’Immaculée Conception
(tableau du Monastère de la Visitation de la rue de Vaugirard, Paris)

Trois lys blancs

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

En guise d’ultime préparation à la très grande et si belle fête de la Conception sans tache de la Très Sainte Mère de Dieu, je vous propose, ci-dessous, une autre des petites bandes dessinées de Frère Maximilien-Marie.
En réalité, elle était originellement la suite de celle qui s’intitule « la Nouvelle Arche » et que j’avais publiée à l’occasion de la fête de Notre-Dame de Pontmain, en 2014 (cf. > ici).
Je vous souhaite d’entrer saintement dans cette fête si chère à la piété catholique et d’honorer avec ferveur notre Mère céleste dans le mystère de sa conception immaculée.
Et si vous le pouvez, ne négligez pas d’illuminer vos fenêtres au soir du 8 décembre (explications > ici).

Patte de chat Lully.

Dans l'arche du Coeur immaculé recto

Dans l'arche du Coeur immaculé verso

Trois lys blancs

Autres publications en rapport avec le 8 décembre :
- Tota pulchra es > ici
- Origines de Notre-Dame selon la Légende Dorée > ici
- Le 8 décembre illuminons nos fenêtres > ici

Et retrouvez toutes les bandes dessinées de Frère Maximilien-Marie publiées dans ce blogue en cliquant > ici

2016-72. Prendre son chapelet, c’est aller à la bataille.

Octobre,
Mois du Très Saint Rosaire.

Lépante - tableau illustrant la bataille

Tableau de la bataille de Lépante représentant, au-dessus, des flottes chrétienne et mahométane,
la Très Sainte Vierge Marie, brandissant un glaive, intervenant avec l’armée des anges,
pour venir en aide aux combattants de la Chrétienté.

Cessons de donner de la prière du Saint Rosaire l’image d’un doux et pieux ronronnement de fidèles inoffensifs cantonnés dans leurs églises et leurs paisibles « groupes de prière »…

Non ! Le rosaire est une arme de guerre, un glaive meurtrier, un fléau d’arme, une « kalach » spirituelle.
Les fidèles qui le prient doivent l’avoir en main pour s’en servir comme d’une arme impitoyable.

Prendre son chapelet, c’est aller à la bataille !
Réciter son chapelet est un acte militant au sens étymologique du terme : un acte de militaire.
Et souvenons-nous bien que par le sacrement de la confirmation qu’il a reçu chacun d’entre nous a été fait combattant : « miles Christi ».
Eh bien ! la prière du rosaire est vraiment un acte de guerre, un acte combattant, un acte tout à la fois défensif et offensif qui blessera l’ennemi, qui l’empêchera de nuire, qui tâchera de le faire saigner, jusqu’à le vider de son sang et le faire mourir.

On doit dire le rosaire avec l’esprit du chevalier qui, après avoir revêtu cotte de maille et armure, enfourche son destrier caparaçonné et s’en va au combat pour en découdre sans ménagement, pour faire du mal à l’ennemi, pour le terrasser et le tuer, sans pitié.
Vaincre à tout prix et ne pas mourir n’ont pas d’autre alternative.

A chaque mystère, je suis dans un corps à corps avec l’ennemi.
Lutte sans merci contre le traître tapi au fond de moi ; lutte sans merci contre le monde, l’esprit du monde et tous leurs hideux sattelites : hérésies, maçonnerie, révolution, libéralisme, socialisme, capitalisme, sectes diaboliques, islamisme, hypersexualisme… etc. ; lutte sans merci contre l’enfer déchaîné, répandu sur la terre, et oeuvrant sans répît pour faire tomber les âmes en enfer.

A chaque « Ave, Maria », je suis dans la mêlée et je frappe – un coup après l’autre, inlassablement répété, continûment réitéré – sur l’ennemi, pour défoncer sa cuirasse, pour la percer, lui transpercer le corps et le mettre à mort.
Et il faudra recommencer, encore et encore : « Ou bien tu mets à mort l’iniquité, ou bien c’est l’iniquité qui te tue », disait notre bienheureux Père Saint Augustin. Trop de chrétiens l’ont oublié et négocient leurs petits arrangements avec l’ennemi pour mener une vie chrétienne sans gêne et sans combat ; c’est sans nul doute l’une des raisons pour laquelle la Chrétienté se porte si mal.

Rappelons nous que la fête de Notre-Dame du Très Saint Rosaire, a été originellement nommée Notre-Dame de la Victoire du Très Saint Rosaire, instituée comme une débordante action de grâce pour le salut de la Chrétienté, menacée par l’islam, obtenu de manière spectaculaire à la bataille de Lépante.
Ainsi la fête du 7 octobre n’est-elle pas une fête mineure de dévotion pour bigottes iréniques : elle est la célébration jubilatoire de la victoire, bien plus que ne peuvent l’être les commémorations civiles d’armistice !
Fête de la victoire contre tous les ennemis du règne du Christ, victoire de Son Eglise, victoire de la Chrétienté.
Chaque fois que je saisis mon chapelet, je ne dois pas seulement me souvenir de Lépante, mais je dois en vérité actualiser Lépante : je dois transposer la lutte acharnée de Lépante, et sa victoire, à tous les combats actuels de la Sainte Eglise.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur.

Lépante  - détail

Voir aussi la bande dessinée
« Du Saint Rosaire redoutable aux démons » > ici

Souvenez-vous et litanies en l’honneur de Notre-Dame de La Salette.

L’apparition de Notre-Dame, le 19 septembre 1846, à La Salette, est l’une des plus bouleversantes qui soit.

Nous avons déjà publié dans les pages de ce blogue plusieurs séries de réflexions sur l’actualité des graves paroles alors tombées des lèvres de Notre-Dame (par exemple > ici et ici), nous avons aussi publié les commentaires de Gustave Thibon à l’occasion du centenaire de l’apparition (> ici), nous avons surtout publié le texte complet des messages et des secrets confiés par la Sainte Mère de Dieu aux deux enfants (> ici), après la prière de Mélanie pour les temps de calamité (> ici), voici maintenant le texte de prières anciennes approuvées par l’Eglise en l’honneur de Notre-Dame de La Salette.

Apparition de La Salette, détail d'un vitrail de l'église de Massiac (diocèse de Saint-Flour)

L’apparition de Notre-Dame à La Salette le 19 septembre 1846
(détail d’un vitrail de l’église de Massiac, dans le diocèse de Saint-Flour)

« Souvenez-vous » en l’honneur de Notre-Dame de La Salette :

Souvenez-Vous, ô Notre-Dame de La Salette, véritable Mère de Douleurs, des larmes que Vous avez versées pour moi sur le Calvaire et dans Votre miséricordieuse Apparition ; souvenez-Vous aussi de la peine que Vous prenez toujours pour moi afin de me soustraire aux coups de la justice de Dieu ; et voyez si, après avoir tant fait pour Votre enfant, Vous pouvez maintenant l’abandonner.
Ranimé par cette consolante pensée, je viens me jeter à Vos pieds, malgré mes infidélités et mes ingratitudes.
Ne repoussez pas ma prière, ô Vierge Réconciliatrice, mais convertissez-moi, faites-moi la grâce d’aimer Jésus par-dessus tout, et de Vous consoler Vous-même par une vie sainte pour que je puisse un jour Vous voir au Ciel.

Ainsi soit-il. 

Vitrail de l'apparition de Notre-Dame de La Salette

Litanies en l’honneur de Notre-Dame de La Salette :

Seigneur, ayez pitié de nous.
Jésus-Christ, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous

Jésus-Christ, écoutez-nous.
Jésus-Christ, exaucez-nous.

Père céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Esprit Saint qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Trinité Sainte qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Notre Dame de la Salette, Réconciliatrice des pécheurs, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, Guérison des malades, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, Soutien des justes, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, Consolatrice des affligés, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, qui êtes apparue à de pauvres enfants des Alpes pour nous donner de graves avertissements, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, qui versiez des larmes en songeant aux péchés des hommes, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, qui nous avez fait entendre les menaces du Seigneur, afin que nous nous convertissions, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, qui par vos supplications retenez le bras du Seigneur irrité contre nous, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, qui avez dit : « Si mon peuple ne veut pas se soumettre, je suis forcée de laisser aller le bras de mon Fils », priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, qui priez continuellement votre divin Fils, afin qu’il nous fasse miséricorde, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, qui avez tant de peine à cause de nos péchés, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, qui méritez toute notre reconnaissance, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, qui après avoir donné vos avertissements aux enfants de la Montagne, leur avez dit : « Et bien, mes enfants vous le ferez passer à tout mon peuple », priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, Vous qui avez annoncé aux hommes des châtiments terribles, s’ils ne se convertissent pas, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, Vous qui leur annoncez la miséricorde et le pardon, s’ils reviennent à Dieu, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, Vous qui promettez des grâces abondantes, si l’on fait pénitence, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, Vous dont l’Apparition miraculeuse a retenti dans les deux mondes, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, Vous dont les prodiges s’étendent en tous pays, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, Vous dont le culte s’accroît chaque jour, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, Vous dont les bienfaits ravissent tous vos enfants, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, Vous qu’on invoque pas en vain, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, Vous qui avez fait jaillir à vos pieds une eau miraculeuse, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, Vous qui, à l’exemple de Jésus, rendez la vue aux aveugles, le mouvement aux paralytiques, la santé aux malades, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, Vous qui consolez toutes les infortunes, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, Vous qui êtes apparue resplendissante de clarté, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, Vous qui portiez sur la poitrine le Crucifix et les instruments de la Passion, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, Vous qui nous avez averti de sanctifier le jour du seigneur, si nous voulons éviter des châtiments terribles, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, Vous qui avez dit que le travail du dimanche et le blasphème excitent particulièrement la colère de Dieu, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, Vous qui nous avez reproché de ne point garder les jeunes et abstinences de l’Eglise, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, Vous qui nous avez annoncé les fléaux de Dieu, si l’on continuait à violer ses commandements, priez pour nous.
Notre Dame de la Salette, Vous qui avez recommandé la prière du matin et du soir, priez pour nous.

Par votre puissante protection, délivrez-nous des maux qui nous menacent, O Marie !
Pauvres pécheurs que nous sommes, convertissez-nous, O Marie !
Dans l’accomplissement de nos devoirs, aidez-nous, O Marie !
Dans la solide piété, affermissez-nous, O Marie !
Dans la pratique continuelle de toutes les vertus, encouragez-nous, O Marie !
Dans nos joies, soyez avec nous, O Marie !
Dans nos douleurs, soutenez-nous, O Marie !
Dans tous les événements de la vie, obtenez-nous une soumission entière à la volonté de Dieu, O Marie !

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous.

R.7 : Notre Dame de la Salette, priez pour nous ;
V.7 : Afin que nous soyons rendus dignes des promesses de Jésus-Christ.

Prions :

O Dieu, qui ne cessez de nous montrer combien la dévotion envers la Très Sainte Vierge Marie vous est agréable, par les prodiges multipliés que nous obtiennent son intercession, faites-nous la grâce d’être toujours fidèles aux enseignements qu’Elle nous donne, afin qu’après avoir observé vos commandements dans cette vie, nous ayons le bonheur de vous posséder pendant toute l’éternité.

Ainsi soit-il.

Approuvées et indulgenciées par Mgr de Bruillard, 15 janvier 1853

Notre-Dame de La Salette - Détail d'un vitrail de l'église de Suèvres

Publié dans:De Maria numquam satis, Prier avec nous |on 19 septembre, 2016 |Pas de commentaires »

2016-38. De la fête de Marie Auxiliatrice et de l’importance qu’elle revêt en notre Mesnil-Marie.

Mardi 24 mai 2016,
Fête de Marie Auxiliatrice.

Tableau de Marie Auxiliatrice - Turin

Célèbre tableau de Marie Auxiliatrice
dans la basilique du même nom édifiée par Saint Jean Bosco à Turin.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Chaque 24 mai ramène la fête de Marie Auxiliatrice : cette fête ne figure pas au calendrier universel mais, dans le missel de 1962, on la trouve parmi les formulaires des fêtes « pro aliquibus locis – propres à certains lieux ». 

Le nom de « Marie Auxiliatrice », popularisé par Saint Jean Bosco, est en réalité la transcription du vocable latin : Auxilium christianorum (secours des chrétiens) donné à la Très Sainte Vierge Marie depuis de très nombreux siècles.
En effet, la Sainte Mère de Dieu, a toujours été considérée par les fidèles comme une aide privilégiée, un secours efficace, une auxiliatrice puissante, dans leurs plus urgentes détresses, et très spécialement lorsque la Chrétienté se trouvait menacée par les invasions des cruels infidèles.
L’invocation « Auxilium christianorum, ora pro nobis » a été rajoutée au litanies de Lorette à la suite de la victoire de la flotte chrétienne sur celle du croissant, à Lépante, le 7 octobre 1571.

La fête du 24 mai est toutefois plus récente, puisqu’elle fut instituée par le pape Pie VII, en action de grâces pour la protection et le soutien qui lui avaient été accordés par la Madone, et pour sa délivrance des griffes du Buonaparte.

On se souvient en effet que, en représailles de la bulle d’excommunication fulminée contre lui à la suite de la spoliation des Etats de l’Eglise (10 juin 1809), le pseudo empereur des Français avait fait enlever le pape Pie VII et l’avait tenu prisonnier pendant cinq années, jusqu’à ce que sa situation politique et militaire le contraigne à restituer ses Etats au Souverain Pontife et à le libérer.
Le retour de Pie VII à Rome fut un véritable triomphe : lorsque son carosse arriva aux portes de la ville, le 24 mai 1814, les jeunes gens en dételèrent les chevaux et traînèrent eux-mêmes la voiture au milieu de la foule en liesse !
A peine dix mois plus tard, lorsque le Buonaparte, trahisant une fois de plus sa parole, quitta l’île d’Elbe, son affidé, Murat, roi de Naples, envahit les Etats Pontificaux et Pie VII dut à nouveau prendre la route de l’exil (22 mars 1815). Ces folies prirent heureusement fin avec la victoire de Waterloo, et Pie VII revint définitivement à Rome (7 juillet 1815) : c’est alors qu’il institua la fête de Marie Auxiliatrice, en lui assignant pour date le 24 mai, jour anniversaire de son premier retour à Rome.

24 mai 1814

L’entrée triomphale de Pie VII à Rome le 24 mai 1814

En notre Mesnil-Marie, cette belle fête, qui rappelle combien la Très Sainte Vierge Marie est présente et agissante pour soutenir et fortifier ses fidèles dans les épreuves et persécutions d’ici-bas, est en outre associée à un bel anniversaire : c’est en effet le 24 mai 2011 (cela fait donc cinq ans cette année), que, à l’occasion de la visite d’un prêtre ami, la Sainte Messe a été célébrée pour la première fois dans notre oratoire.

J’ai retrouvé une photo de l’autel, prise par Frère Maximilien-Marie juste avant le début de cette Messe du 24 mai 2011 en l’honneur de Marie Auxiliatrice :

24 mai 2011 - 1ère messe célébrée au Mesnil-Marie

L’oratoire du Mesnil-Marie le 24 mai 2011.

C’est l’occasion d’établir une comparaison avec une autre photo de notre oratoire prise en ce 24 mai 2016 : vous pourrez apprécier les progrès réalisés dans son aménagement.

Nous n’avions alors que le petit autel provenant de l’oratoire du noviciat de la Visitation de Sorgues (monastère qui a fermé en 2010).
Depuis lors, nous avons pu installer l’autel en noyer donné par une Mère Abbesse de Clarisses, qui a toujours soutenu et encouragé Frère Maximilien-Marie ; lui fabriquer un marchepied ; installer un éclairage électrique ; acheter des tapis ; changer la courtine placée en arrière de l’autel ; mettre en place des bancs ; disposer le gisant de Sainte Philomène sur le côté… etc. jusqu’à ce que, tout dernièrement, soit achevée l’armoire aux reliques.
Tous ces aménagements, patients et minutieux, réalisés la plupart du temps par notre Frère tout seul (et quelques rares fois aidé par des amis), ont été possibles grâce aux dons providentiels et à la générosité de nos amis et bienfaiteurs !

24 mai 2016 - oratoire du Mesnil-Marie

L’oratoire du Mesnil-Marie le 24 mai 2016.

Que de motifs d’actions de grâces donc en ce beau jour !

Merci à tous nos amis fidèles et à nos bienfaiteurs ; merci aux prêtres qui nous honorent de leur confiance et de leur amitié (et aujourd’hui d’une manière toute spécialement à l’abbé qui est venu le premier en ce 24 mai 2011 pour offrir ici le Saint Sacrifice de la Messe) ; merci à notre Sainte Mère du Ciel, notre protectrice et notre secours, notre Auxiliatrice en tous temps ; et merci par dessus tout à Dieu – cujus Providentia in sui dispositione non fallitur : dont la Providence ne se trompe pas dans ses dispositions (oraison du 7e dimanche après la Pentecôte, que frère Maximilien-Marie aime particulièrement et répète souvent) – auquel soit honneur et gloire à jamais !

Lully.

Monogramme Marie 2

Et pour continuer à nous aider > ici

2016-20. Le Christ faisant Ses adieux à Sa Mère avant Sa Passion.

Mercredi Saint.

S’il y a une scène de la vie de Notre-Seigneur Jésus-Christ qui a été chère à la piété des fidèles, d’une manière très spéciale à la fin du Moyen-Age et jusqu’au XVIIe siècle, mais qui est bien souvent oubliée aujourd’hui, c’est celle des adieux de Jésus à Sa Mère avant la Passion.

Lorsque l’on parle des « Adieux du Christ à Sa Mère » ou du « Christ prenant congé de Sa Mère », il ne s’agit pas de la rencontre de Jésus et de Marie sur le chemin du Calvaire, scène absente des Saints Evangiles, mais rapportée par la Tradition, qui fait l’objet de la quatrième station du Chemin de la Croix.
Il ne s’agit pas davantage du moment où, déjà crucifié et avant de rendre le dernier soupir, Jésus a remis Saint Jean à Sa Mère et Sa Mère à Saint Jean, l’un et l’autre debouts au pied de Son gibet d’infamie, ainsi que cela nous est rapporté par le quatrième Evangile (Jean XIX, 26-27).

Selon une très antique tradition – car le fait ne se trouve pas non plus dans les Evangiles canoniques, mais il se trouve toutefois confirmé par les révélations dont furent gratifiés plusieurs grands mystiques (note 1) – , avant Sa Passion (le Mercredi Saint au soir où le Jeudi Saint au matin), Notre-Seigneur eut un entretien particulier avec Sa Sainte Mère : l’un et l’autre ayant pleinement conscience que désormais « Son heure » était maintenant venue (cf. Jean II, 4).

Evidemment, nous sommes bien loin des délires modernes et modernistes selon lesquels Jésus n’aurait pas su ce qui allait Lui arriver.
Non ! J’insiste fortement sur ce point : Jésus connaissait bien et dans tous les détails ce qui allait se passer ; Il le voulait (« C’est pour cette heure que Je suis venu » – Jean XII, 27 b), et Il S’avançait librement vers Sa douloureuse Passion.

De son côté, Notre-Dame aussi, depuis l’Annonciation, savait parfaitement – elle qui était remplie de la grâce du Saint-Esprit et qui connaissait très bien les prophéties par lesquelles Jérémie et Isaïe avaient annoncé les souffrances du Messie – à quels tourments et supplices son divin Fils était promis : lorsqu’elle a prononcé son « Fiat », elle l’a fait en pleine connaissance de tout ce à quoi cela l’engageait.
Il n’y a donc rien de plus normal à ce que, avant d’accomplir les mystères sacrés de notre rédemption, Notre-Seigneur ait voulu quelques instants d’intimité spirituelle avec Sa Très Sainte Mère, si parfaitement unie à Sa volonté et à Ses desseins salvateurs…

Le Greco - le Christ faisant Ses adieux à Sa Mère - Tolède 1595

Le Greco : le Christ faisant Ses adieux à Sa Mère (1595 – Tolède, musée de Santa Cruz)

La scène du Christ faisant Ses adieux à Sa Mère avant Sa Passion a été représentée par plusieurs artistes de renom : on pourrait citer pêle-mêle Albrecht Dürer, Cornelis Engelbrechtsz, l’Arétin, le Corrège, Albrecht Altdorfer, Bernhard Strigel,  Lorenzo Lotto, ou Federico Barocci.

Très souvent, ces peintres ont donné une dimension un peu spectaculaire, pathétique, à la représentation de ces adieux : c’est  la douleur naturelle à la perspective de la séparation et de la souffrance qui s’y exprime, parfois jusqu’aux larmes ou à l’évanouissement, comme un écho de la « pâmoison » de Notre-Dame au moment de la rencontre sur le chemin du Golgotha (note 2).

Tel n’est pas le cas du tableau de Domínikos Theotokópoulos (Δομήνικος Θεοτοκόπουλος : car pendant toute sa vie il signera ses œuvres de son nom complet en caractères grecs), plus connu sous son surnom de Le Greco (1541-1614), intitulé « Le Christ faisant Ses adieux à Sa Mère », tableau conservé au musée Santa-Cruz de Tolède et daté de 1595.

Merveilleux tableau, rayonnant d’une profonde compréhension spirituelle du mystère qui se joue en cet instant !
Le Greco n’y a fait figurer que Jésus et Marie : point d’apôtres étonnés ou de disciples émus, point de Madeleine éplorée ou de saintes femmes larmoyantes.
Les visages du Christ et de Sa Mère sont d’une expressive beauté. Une beauté qui semble provenir du plus intime de leur être pour s’épanouir à l’extérieur. Une beauté surnaturelle.
L’intensité des regards – plongés l’un dans l’autre – est si éloquente qu’on comprend bien qu’ils n’ont pas besoin d’entrouvrir les lèvres pour communiquer et pour se comprendre.

Le Greco - le Christ faisant Ses adieux à Sa Mère - détail les regards

Point de pathos romantique ni de gestuelle spectaculaire.
Les sentiments sont spiritualisés : le tableau ne laisse aucune place à la sentimentalité ni à la sensiblerie, mais il nous introduit dans une espèce de dialogue sans paroles qui n’en est pas moins d’une exceptionnelle qualité et profondeur d’échanges.

Dans le clair obscur du tableau, après les deux visages, les mains du Christ et de Sa Mère sont ce à quoi il importe de prêter une attention maximale.
De Sa main droite, le Christ fait un geste d’une sobre éloquence. L’index pointé vers le haut désigne-t-il le Ciel, la ville de Jérusalem ou bien encore la proche colline du Golgotha ?
De toute manière, il dit : « Mère, l’heure qui n’était pas encore venue lorsque nous étions à Cana, l’heure d’être totalement livré aux affaires de Mon Père et que mes trois jours d’absence à l’âge de douze ans préfiguraient, l’heure de l’immolation du véritable Agneau Pascal – Mon heure ! – est advenue… »
A la main droite du Christ, répond la main droite de la Vierge posée sur le haut de sa poitrine. A sa manière, elle dit : « Mon Enfant, n’est-ce pas pour cette heure que je Vous ai conçu en mon sein virginal par la seule action de l’Esprit de Dieu ? N’est-ce pas pour cette heure que je Vous ai porté pendant neuf mois, que je Vous ai mis au monde dans l’étable de Bethléem, que je Vous ai allaité et que j’ai veillé sur Votre petite enfance comme aucune mère ne l’a jamais fait ici-bas pour aucun des fils des hommes ? Je Vous ai accompagné jusqu’à cette heure pendant les années de Votre vie cachée et de Votre vie publique : jamais je ne me suis mise en travers de Votre chemin, pourtant souvent incompréhensible selon les manières humaines de penser et d’agir, et, quoi qu’il puisse en coûter à ma nature, à ma sensibilité et à mon coeur de mère, ce n’est pas aujourd’hui que je vais opposer la moindre réticence aux desseins de Dieu. Je suis la servante du Seigneur, que tout s’accomplisse selon Votre parole… »

Le Greco - le Christ faisant Ses adieux à Sa Mère - détail les mains droites

Le nimbe lumineux qui entoure la tête de Jésus, qui n’est même pas une auréole mais un simple halo dans lequel est exquissée la forme de la Croix, peut signifier tout à la fois l’espèce d’effacement de la puissance divine du Christ dans Sa Passion et l’annonce du caractère glorieux de cette dernière.
La tête de Notre-Dame, elle, n’est pas nimbée, mais son contour est juste mis en valeur par une espèce de rayonnement discret dans lequel on peut voir signifiée la lumière indéfectible de la foi qui n’abandonnera jamais l’âme de Marie, même au plus fort de sa déréliction.

Comme dans les icônes de la « Mère de Dieu de la Passion », les manteaux sombres qui enveloppent le Christ et Sa Mère symbolisent la souffrance, la mort, l’humilité de leur humanité qui dérobait aux regards des humains la grandeur de leurs vertus et de leur sainteté, tandis que le rouge de leur tunique exprime tout à la fois l’ardeur de leur charité et le sang du martyre.

Enfin, il y a les deux mains gauches : la main du Christ dans laquelle on peut déjà deviner la crispation douloureuse que produira l’enfoncement du clou, et la main délicate de Marie qui soutient le poignet de son Fils comme pour dire mieux que ne le peuvent faire tous les mots de la terre : « Je serai là ! Je ne Vous suivrai jusqu’au bout, et Vous pourrez toujours puiser dans mon âme unie à la Vôtre, la compassion et la consolation que Vous refuseront alors les coeurs des hommes, ô mon divin Fils ! »
L’index gauche de la Mère de Dieu, pointé vers le bas, veut-il dire : « Votre sang ne sera pas répandu en vain sur cette terre : de cette divine semence lèveront jusqu’à la fin des temps des générations de rachetés et de saints » ? Ou bien constitue-t-il une sorte de signe à l’adresse de celui qui regarde le tableau pour lui dire : « Si bas que tu sois tombé, la Passion de mon Fils peut te relever » ?

Quant à l’index gauche de Jésus ne semble-t-il pas me dire personnellement ce que Saint Jean entendra dans quelques heures : « Voici ta mère » ?

Le Greco - le Christ faisant Ses adieux à Sa Mère - détail

Note 1 : Quand je parle de mystiques, je ne fais pas référence à de pseudo visionnaires qui ont publié des espèces de pieux romans fleuves dégoulinants de sentimentalisme, mais à des saints canonisés dont l’Eglise – sans toutefois obliger les fidèles à y adhérer – reçoit avec une respectueuse vénération les révélations privées : citons par exemple Sainte Gertrude de Helfta, Sainte Brigitte de Suède et Sainte Françoise Romaine, Sainte Angèle de Foligno et Sainte Thérèse d’Avila, Saint Denys l’Aréopagyte et Saint Bernard de Clairvaux, le Bienheureux Henri Suso et Saint Jean de la Croix… etc.

Note 2 : La « pâmoison » ou le « spasme » de Notre-Dame pendant la Passion (soit au moment de la rencontre avec son Fils pendant le chemin de la Croix, soit sur le Calvaire, ou soit enfin au moment de la déposition de Croix) ont été illustrés par de nombreuses représentations aux XVe et XVe siècles : cela permettait aux artistes (peintres ou sculpteurs) une certaine théâtralité dans la mise en scène des douleurs de la Vierge. Toutefois, l’Eglise est intervenue pour mettre fin à ce type de représentation. L’Evangile en effet ne dit pas que Marie s’est évanouie ou qu’elle a perdu connaissance, mais qu’elle était debout au pied de la Croix – « Stabat » (cf. Jean XIX, 25) - attitude exprimant une certaine fermeté dans son extrême douleur et une pleine conscience.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur.

nika

2016-18. « Je puis bien dire avec vérité, ô Sainte Vierge, que votre âme fut transpercée de l’amour, de la douleur et des paroles de votre Fils… »

Vendredi de la Passion,
Fête de la Compassion de la Bienheureuse Vierge Marie.

Comme nous avons déjà eu l’occasion de l’écrire (en particulier ici), ce vendredi de la semaine de la Passion est le jour de la plus ancienne des fêtes des Douleurs – ou de la Compassion – de Notre-Dame, et c’est donc l’une des fêtes patronales du Refuge Notre-Dame de Compassion.
A cette occasion, voici un extrait du sermon de Saint François de Sales prononcé en l’église Saint-Jean-en-Grève, à Paris, pour la fête de l’Assomption de Notre-Dame de l’an 1602. Le saint évêque de Genève y  fait un long développement sur les douleurs de la Très Sainte Vierge dont voici quelques paragraphes.

Mater Dolorosa

Je puis bien dire avec vérité, ô Sainte Vierge, que votre âme fut transpercée de l’amour, de la douleur et des paroles de votre Fils…

« (…) Notre-Dame, Mère de Dieu, est morte de la mort de son Fils ; la raison fondamentale est parce que  Notre-Dame n’avait qu’une même vie avec son Fils, elle ne pouvait donc avoir qu’une même mort ; elle ne vivait que de la vie de son Fils, comment pouvait-elle mourir d’autre mort que de la Sienne ?
C’étaient à la vérité deux personnes, Notre-Seigneur et Notre-Dame, mais en un coeur, en une âme, en un esprit, en une vie ; car si le lien de charité liait et unissait tellement les chrétiens de la primitive Eglise que Saint Luc assure qu’ils n’avaient qu’un coeur et une âme, aux Actes deuxièmes, combien avons-nous plus de raison de dire et de croire que le Fils et la Mère, Notre-Seigneur et Notre-Dame, n’étaient qu’une âme et qu’une vie.
Oyez le grand apôtre Saint Paul, il sentait cette union et liaison de charité envers son Maître et lui, qu’il faisait profession de n’avoir point d’autre vie que celle du Sauveur : « Vivo ego, etc. Je vis, mais non jà moi, ains Jésus-Christ vit en moi ». O peuple ! cette union, ce mélange et liaison du coeur était grande, qui faisait dire telles paroles à Saint Paul ; mais non pas comparable avec celle qui était entre le coeur du Fils Jésus et celui de la Mère Marie ; car l’amour que Notre-Dame portait à son Fils surpassait celui que Saint Paul portait à son Maître, d’autant que les noms de mère et de fils sont plus excellents en matière d’affection, que les noms de maître et de serviteurs : c’est pourquoi si Saint Paul ne vivait que de la vie de Notre-Seigneur, Notre-Dame aussi ne vivait que de la même vie, mais plus parfaitement, mais plus excellement, mais plus entièrement que si elle vivait de sa vie ; aussi est-elle morte de Sa mort.

Et certes, le bon vieillard Siméon avait longtemps auparavant prédit cette sorte de mort à Notre-Dame quand tenant son enfant en ses bras il lui dit : « Tuam ipsius animam pertransibit gladius, Ton âme sera transpercée par le glaive, le glaive transpercera ton âme » ; car considérons ces paroles, il ne dit pas : Le glaive transpercera ton corps ; mais il dit : Ton âme. Quelle âme ? La tienne même, dit le prophète. L’âme donc de Notre-Dame devoit être transpercée, mais par quelle épée ? par quel couteau ? et le prophète ne le dit pas ; néanmoins puisqu’il s’agit de l’âme, et non pas du corps, de l’esprit, et non pas de la chair, il ne faut pas l’entendre d’un glaive matériel et corporel, ains d’un glaive spirituel et qui puisse atteindre l’âme et l’esprit.

Or je trouve trois glaives qui peuvent porter leurs coups en l’âme. Premièrement le glaive de la parole de Dieu, lequel, comme parle l’apôtre, est plus pénétrant qu’aucune épée à deux taillants. Secondement le glaive de douleur duquel l’Eglise entend les paroles de Siméon : « Tuam, dit-elle, ipsius animam doloris gladius pertransibit : cujus animam moerentem, contristatam et dolentem, pertransivit gladius ». Troisièmement le glaive d’amour, duquel Notre-Seigneur parle : « Non veni mittere pacem, sed gladium, Je ne suis pas venu mettre la paix mais le glaive », qui est le même que quand Il dit : « Ignem veni mittere, Je suis venu mettre le feu ». Et au Cantique des Cantiques, l’Epoux estime que l’amour soit une épée par laquelle il a été blessé, disant : « Tu as blessé mon coeur, ma soeur, mon épouse ».
De ces trois glaives fut transpercée l’âme de Notre-Dame en la mort de son Fils, et principalement du dernier qui comprend les deux autres.

Quand on donne quelque grand et puissant coup sur une chose, tout ce qui la touche de plus près en est participant et en reçoit le contre-coup : le corps de Notre-Dame n’était pas joint et ne touchait pas à celui de son Fils en la Passion ; mais quant à son âme, elle était inséparablement unie à l’âme, au coeur, au corps de son Fils, si que les coups que le béni corps du Sauveur reçu en la croix ne firent aucune blessure au corps de Notre-Dame, mais ils firent des grands contre-coups en son âme, dont il fut vérifié ce que Siméon avait prédit.

L’amour a accoutumé de faire recevoir les contre-coups des afflictions de ceux que l’on chérit : « Quis infirmatur, et ego non infirmor ? Qui est malade, que je ne le sois ? Qui reçoit un coup de douleur, que je n’en reçoive le contre-coup ? » dit le saint apôtre ; et néanmoins l’âme de Saint Paul ne touchait pas de si près au reste des fidèles, comme l’âme de Notre-Dame touchait et attouchait de fort près, et de si près que rien plus, à Notre-Seigneur, à Son âme et à Son corps, duquel elle était la source, la racine, la mère. Ce n’est donc pas merveille si je dis que les douleurs du Fils furent les épées qui transpercèrent l’âme de la Mère. Disons un peu plus clairement : une flèche dardée rudement contre une personne, ayant outre-percé son corps, percera encore celui qui se trouvera tout touchant et joint à lui. L’âme de Notre-Dame était jointe en parfaite union à la personne de son Fils, elle était collée sur elle (…) ; et partant les épines, les clous, la lance qui percèrent la tête, les mains, les pieds, le côté de Notre-Seigneur, passèrent encore et outre-percèrent l’âme de la Mère.

Or, je puis bien dire avec vérité, ô Sainte Vierge, que votre âme fut transpercée de l’amour, de la douleur et des paroles de votre Fils ; car quand à Son amour, ô comme il vous blessa, lorsque vous voyez mourir un Fils qui vous aimait tant, et que vous adoriez tant ? Quant à Sa douleur, comme elle vous toucha vivement, touchant si mortellement tout votre plaisir, votre joie, votre consolation ? Et quant à Ses paroles si douces et si aigres tout ensemble, hélas ! ce vous furent autant de vents et d’orages pour enflammer votre amour et vos douleurs, et pour agiter le navire de votre coeur presque brisé en la tempête d’une mer tant amère ! L’amour fut l’archer ; car sans lui la douleur n’eût pas eu assez de mouvement pour atteindre votre âme ; la douleur fut l’arc qui lançait les paroles intérieures et extérieures, comme autant de dards qui n’avaient d’autre but que votre coeur. Hélas ! Comme fut-il possible que des sagettes tant amoureuses fussent si douloureuses ? Ainsi les aiguillons emmiellés des abeilles font extrême douleur à ceux qui en sont piqués, et semble que la douceur du miel avive la douleur de la pointe. C’est la vérité, ô peuple ! plus les paroles de Notre-Seigneur furent douces, et plus furent-elles cuisantes à la Vierge Sa Mère, et le seraient à nous si nous aimions son Fils. Quelle plus douce parole que celle qu’Il dit à Sa Mère et à Saint Jean, paroles témoins assurés de la constance de Son amour, de Son soin, de Son affection à cette sainte Dame ; et néanmoins ce furent des paroles qui sans doute lui furent extrêmement douloureuses. (…) Ce fut donc alors que l’âme de Notre-Dame fut transpercée du glaive… »

Coeur douloureux et immaculé de Marie

Autres textes publiés dans ce blogue relatifs à la dévotion envers les Sept Douleurs et la Compassion de Notre-Dame :
–  « Ave, Maria » à la Vierge de Compassion www
– Méditations de Monsieur Olier sur « Marie au Calvaire » à partir d’ici www
– Neuvaine à Notre-Dame des Douleurs www
– Chapelet des Sept Douleurs www
– Confiante suppication à Notre-Dame de Compassion www
– Prières de St Alphonse pour honorer les Sept Douleurs de Notre-Dame www
- Texte du Rd Père Lépicier sur le mystère des Douleurs de Marie > www

Prière du vénérable Pie XII à Marie, Mère immaculée.

Martino Altomonte - Budapest - Immaculée Conception (1719)

La Vierge immaculée – Martino Altomonte, Budapest (1719).

O Marie, Mère immaculée de Jésus et notre Mère, ravis par la splendeur de votre céleste beauté et pressés par les angoisses de ce temps, nous nous jetons dans vos bras, certains de trouver dans votre Coeur très aimant le repos de nos ferventes aspirations et le refuge assuré dans les tempêtes qui de toutes parts nous assaillent.

Nous sommes accablés sous nos fautes et succombons sous le poids d’infinies misères, et pourtant nous admirons et chantons l’incomparable richesse des dons sublimes dont Dieu vous a comblée plus que toute autre créature, depuis le premier instant de votre Conception jusqu’au jour où, élevée au Ciel, Il vous a couronnée Reine de l’univers.

O limpide Source de foi, abreuvez nos esprits des vérités éternelles !
O Lis odorant de toute sainteté, captivez nos coeurs par votre céleste parfum !
O Triomphatrice du mal et de la mort, inspirez-nous une profonde horreur pour le péché qui rend l’âme abominable à Dieu et esclave de l’enfer !

Ecoutez, ô Bien-Aimée de Dieu, le cri fervent qui s’élève de chaque coeur fidèle (…).
Penchez-vous sur nos plaies douloureuses.
Changez le coeur des méchants, séchez les larmes des affligés et des opprimés, réconfortez les pauvres et les petits, éteignez les haines, adoucissez la dureté des moeurs, gardez à la jeunesse sa fleur de pureté, protégez la Sainte Eglise, faites que tous les hommes ressentent l’attrait de la bonté chrétienne.
Qu’en votre nom, qui retentit harmonieusement dans les Cieux, les hommes se reconnaissent frères et les nations membres d’une seule famille, sur laquelle resplendisse le soleil d’une paix sincère et universelle.

Accueillez, ô très douce Mère, nos humbles prières, et obtenez-nous par-dessus tout de pouvoir un jour, partageant votre bonheur, redire devant votre trône, l’hymne qui monte aujourd’hui sur la terre autour de vos autels : « Vous êtes toute belle, ô Marie ! Vous êtes la gloire, la joie, l’honneur de notre peuple. »

Ainsi soit-il.

Armoiries de Pie XII

(prière composée en italien pour l’Année Mariale, le 21 novembre 1953)

Méditation devant l’image de la Vierge Adolescente « Mater Admirabilis ».

Le 20 octobre 2007 déjà, dans les toutes premières semaines d’existence de mon blogue, j’avais tenu à vous parler de « la sainte image de Mater Admirabilis » (cf. > ici) dont la dévotion s’est répandue dans le monde entier, sous l’impulsion des Dames du Sacré-Coeur, à partir du couvent de la Trinité des Monts, à Rome.
En ce 20 octobre 2015, la découverte de deux belles images anciennes (vous savez que nous les aimons et en avons une petite collection au Mesnil-Marie), me donne l’occasion de vous rappeler cette belle dévotion envers la Mère Admirable, modèle et maîtresse de vie intérieure, et de vous recopier ci-dessous, le texte d’une belle méditation en rapport avec l’image de Mater Admirabilis : texte tiré d’un opuscule publié en 1865 (c’était alors sa troisième édition) par l’abbé Alfred Monnin (qui est aussi l’auteur d’une célèbre biographie du Saint Curé d’Ars) avec l’imprimatur de Son Excellence Monseigneur Pierre-Henri Gérault de Langalerie, évêque de Belley ; texte remarquable parce qu’il est nourrit et comme tissé de références bibliques ; texte remarquable aussi parce qu’il remet bien des choses à l’endroit pour nous qui vivons en un monde qui a oublié le sens véritable de la vie sur terre et de la vocation chrétienne…

Puisse la Mère Admirable vous envelopper tous dans sa propre contemplation pour vous introduire dans la douce intimité du Dieu Trois Fois Saint.

Lully.

Mater admirabilis - image dévotion XIXe siècle

Elévation à la Très Sainte Adolescente dans le Temple :

Vierge bénie entre toutes les vierges, c’est avec bonheur que je vous vois cacher dans le Temple de Jérusalem les grâces inestimables dont Dieu vous a remplie. Le monde n’était pas encore digne de les apercevoir. Je vénère, en vous, ce terrain virginal où Dieu va déposer le fruit divin de son amour.

Le Temple est pour vous le jardin fermé du Cantique. La rosée du Seigneur tombe sur vous, continue et féconde. Le Christ germe de vous comme un lis : sa racine pousse avec force comme celle des plantes du Liban ; ses branches s’étendent en vigoureux rameaux ; sa gloire est celle de l’olivier, son parfum celui de l’encens (cf. Os. XIV). Mère future et très admirable de mon Dieu, laissez-moi vous admirer de plus près. Laissez-moi dire un mot des secrets que vous me révélez ! Avant d’adorer Jésus dans vos bras, et penché sur votre Coeur, c’est votre Coeur que je vénère. Je le proclame après celui de Jésus le chef-d’oeuvre de la création. Tout ce qui avait été vertu avant vous, au ciel et sur la terre, vous le résumez en vous seule ; tout ce qui sera vertu après vous, seule vous l’exprimez déjà en une perfection sublime. Je vénère en vous la femme chrétienne par excellence, et je recueille près de vous tous ces fruits de vertu qui feront plus tard les jeunes filles, les mères, les veuves de la Sainte Eglise. Mais vous m’apparaissez plus belle encore : c’est comme Vierge des vierges que je vous salue dans le Temple, comme le type parfait des âmes consacrées à Dieu par les voeux de la Religion.

La première, vous avez fait entendre le cantique de la pauvreté, de la chasteté, de l’obéissance ; cantique qui permet aux hommes de louer Dieu comme le font les anges ! Près de vous tout ce que l’état religieux offre de charme, de sécurité et de paix se retrouve avec sa grâce primitive : la virginité avec ses isolements, la solitude avec ses silences, le désert sacré avec ses clôtures impénétrables, la modestie avec ses voiles, le recueillement avec ses prières, le travail avec ses saints offices… Tout ce qui assure l’innocence, tout ce qui entretient et calme à la fois ses pudiques alarmes, tout ce qui la fait courir dans les voies de la perfection !…

C’est vous, ô Enfant admirable, qui inaugurez cette nouvelle alliance qui s’appelle du doux nom de paix et qui est toute fondée sur l’amour ! Vous parlez avec Dieu la langue de l’amour, la langue de l’âme réparée, la langue de l’homme innocent, la langue des anges !

Femme incomparable de l’Ecriture, vous avez découvert la perle perdue depuis quatre mille ans ! Vous avez appelé vos voisines, et, dans votre joie, vous leur avez appris cette vie supérieure de la créature, qui croit n’en pouvoir jamais faire assez pour se séparer du créé et se mieux unir  à son Créateur… cette vie du véritable exil, où tout est compliqué, vide, froid et insipide, si ce n’est le souvenir et l’attente de Dieu !

Laissez-moi donc m’agenouiller devant votre Coeur virginal, sainte fileuse du Temple ! Laissez-moi admirer en vous ces grâces qui vont devenir le germe de tous les ordres de l’Eglise. De la surabondance de vos mérites, très-sainte Adolescente, l’Eglise constituera un trésor réservé, où toutes les âmes d’élite viendront puiser pour atteindre la plénitude de leur vocation.

Les pasteurs s’approcheront, et, comme les bergers de Bethléem, vous les consolerez et vous les fortifierez durant les longues veilles de la nuit qui semble près de s’étendre sur le monde…
Les religieux s’approcheront et ils trouveront en vous l’esprit d’immolation qui les fera demeurer sur l’autel comme des victimes qu’on égorge.
Les prêtres s’approcheront et vous leur apprendrez à offrir, dans la pureté, l’Agneau de Dieu.
Les hommes de la génération présente s’approcheront, et, dans ces temps laborieux, vous en ferez les ouvriers de la vérité et de la justice, pour mettre un terme  aux grandes iniquités, essuyer les larmes des faibles, et hâter cette moisson divine qui nourrira les âmes d’une plus abondate et plus efficace effusion de la lumière divine.
Les jeunes gens s’approcheront, et vous leur donnerez le courage de la lutte ; vous leur apprendrez l’emploi de la force, et, renonçant à cet avenir matériel de faux biens, de plaisirs décevants, de paresse immorale, d’ennuis et de désenchantements prévus, ils iront, eux aussi, travailler à la vigne du Maître.
Les mères s’approcheront, et elles sauront de vous comment on se rend apte à préparer, par le sublime devoir de l’éducation, les germes de l’avenir ; quelle est la force qui raffermit, bénit et glorifie la famille, et, par la famille, la société tout entière.
Les jeunes filles s’approcheront, et votre modestie, s’insinuant en elles, leur fera connaître ses charmes, mille fois plus aimables que tous les prestiges de la vanité et toutes les séductions du monde.
Les fidèles de tous les âges et de toutes les conditions accourront de toutes parts, et vous leur donnerez, en abondance, ces grâces de pureté, de dévoûment, de patience, de douceur et de force qui les feront passer, à leur tour, dans cette grande et unique oblation des élus que la sainte Epouse de Notre-Seigneur, depuis les jours du Calvaire, ne cesse d’offrir à son divin Epoux.

Mater admirabilis ora pro nobis canivet

Publié dans:De Maria numquam satis, Prier avec nous |on 20 octobre, 2015 |1 Commentaire »
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