Archive pour la catégorie 'De Maria numquam satis'

2016-18. « Je puis bien dire avec vérité, ô Sainte Vierge, que votre âme fut transpercée de l’amour, de la douleur et des paroles de votre Fils… »

Vendredi de la Passion,
Fête de la Compassion de la Bienheureuse Vierge Marie.

Comme nous avons déjà eu l’occasion de l’écrire (en particulier ici), ce vendredi de la semaine de la Passion est le jour de la plus ancienne des fêtes des Douleurs – ou de la Compassion – de Notre-Dame, et c’est donc l’une des fêtes patronales du Refuge Notre-Dame de Compassion.
A cette occasion, voici un extrait du sermon de Saint François de Sales prononcé en l’église Saint-Jean-en-Grève, à Paris, pour la fête de l’Assomption de Notre-Dame de l’an 1602. Le saint évêque de Genève y  fait un long développement sur les douleurs de la Très Sainte Vierge dont voici quelques paragraphes.

Mater Dolorosa

Je puis bien dire avec vérité, ô Sainte Vierge, que votre âme fut transpercée de l’amour, de la douleur et des paroles de votre Fils…

« (…) Notre-Dame, Mère de Dieu, est morte de la mort de son Fils ; la raison fondamentale est parce que  Notre-Dame n’avait qu’une même vie avec son Fils, elle ne pouvait donc avoir qu’une même mort ; elle ne vivait que de la vie de son Fils, comment pouvait-elle mourir d’autre mort que de la Sienne ?
C’étaient à la vérité deux personnes, Notre-Seigneur et Notre-Dame, mais en un coeur, en une âme, en un esprit, en une vie ; car si le lien de charité liait et unissait tellement les chrétiens de la primitive Eglise que Saint Luc assure qu’ils n’avaient qu’un coeur et une âme, aux Actes deuxièmes, combien avons-nous plus de raison de dire et de croire que le Fils et la Mère, Notre-Seigneur et Notre-Dame, n’étaient qu’une âme et qu’une vie.
Oyez le grand apôtre Saint Paul, il sentait cette union et liaison de charité envers son Maître et lui, qu’il faisait profession de n’avoir point d’autre vie que celle du Sauveur : « Vivo ego, etc. Je vis, mais non jà moi, ains Jésus-Christ vit en moi ». O peuple ! cette union, ce mélange et liaison du coeur était grande, qui faisait dire telles paroles à Saint Paul ; mais non pas comparable avec celle qui était entre le coeur du Fils Jésus et celui de la Mère Marie ; car l’amour que Notre-Dame portait à son Fils surpassait celui que Saint Paul portait à son Maître, d’autant que les noms de mère et de fils sont plus excellents en matière d’affection, que les noms de maître et de serviteurs : c’est pourquoi si Saint Paul ne vivait que de la vie de Notre-Seigneur, Notre-Dame aussi ne vivait que de la même vie, mais plus parfaitement, mais plus excellement, mais plus entièrement que si elle vivait de sa vie ; aussi est-elle morte de Sa mort.

Et certes, le bon vieillard Siméon avait longtemps auparavant prédit cette sorte de mort à Notre-Dame quand tenant son enfant en ses bras il lui dit : « Tuam ipsius animam pertransibit gladius, Ton âme sera transpercée par le glaive, le glaive transpercera ton âme » ; car considérons ces paroles, il ne dit pas : Le glaive transpercera ton corps ; mais il dit : Ton âme. Quelle âme ? La tienne même, dit le prophète. L’âme donc de Notre-Dame devoit être transpercée, mais par quelle épée ? par quel couteau ? et le prophète ne le dit pas ; néanmoins puisqu’il s’agit de l’âme, et non pas du corps, de l’esprit, et non pas de la chair, il ne faut pas l’entendre d’un glaive matériel et corporel, ains d’un glaive spirituel et qui puisse atteindre l’âme et l’esprit.

Or je trouve trois glaives qui peuvent porter leurs coups en l’âme. Premièrement le glaive de la parole de Dieu, lequel, comme parle l’apôtre, est plus pénétrant qu’aucune épée à deux taillants. Secondement le glaive de douleur duquel l’Eglise entend les paroles de Siméon : « Tuam, dit-elle, ipsius animam doloris gladius pertransibit : cujus animam moerentem, contristatam et dolentem, pertransivit gladius ». Troisièmement le glaive d’amour, duquel Notre-Seigneur parle : « Non veni mittere pacem, sed gladium, Je ne suis pas venu mettre la paix mais le glaive », qui est le même que quand Il dit : « Ignem veni mittere, Je suis venu mettre le feu ». Et au Cantique des Cantiques, l’Epoux estime que l’amour soit une épée par laquelle il a été blessé, disant : « Tu as blessé mon coeur, ma soeur, mon épouse ».
De ces trois glaives fut transpercée l’âme de Notre-Dame en la mort de son Fils, et principalement du dernier qui comprend les deux autres.

Quand on donne quelque grand et puissant coup sur une chose, tout ce qui la touche de plus près en est participant et en reçoit le contre-coup : le corps de Notre-Dame n’était pas joint et ne touchait pas à celui de son Fils en la Passion ; mais quant à son âme, elle était inséparablement unie à l’âme, au coeur, au corps de son Fils, si que les coups que le béni corps du Sauveur reçu en la croix ne firent aucune blessure au corps de Notre-Dame, mais ils firent des grands contre-coups en son âme, dont il fut vérifié ce que Siméon avait prédit.

L’amour a accoutumé de faire recevoir les contre-coups des afflictions de ceux que l’on chérit : « Quis infirmatur, et ego non infirmor ? Qui est malade, que je ne le sois ? Qui reçoit un coup de douleur, que je n’en reçoive le contre-coup ? » dit le saint apôtre ; et néanmoins l’âme de Saint Paul ne touchait pas de si près au reste des fidèles, comme l’âme de Notre-Dame touchait et attouchait de fort près, et de si près que rien plus, à Notre-Seigneur, à Son âme et à Son corps, duquel elle était la source, la racine, la mère. Ce n’est donc pas merveille si je dis que les douleurs du Fils furent les épées qui transpercèrent l’âme de la Mère. Disons un peu plus clairement : une flèche dardée rudement contre une personne, ayant outre-percé son corps, percera encore celui qui se trouvera tout touchant et joint à lui. L’âme de Notre-Dame était jointe en parfaite union à la personne de son Fils, elle était collée sur elle (…) ; et partant les épines, les clous, la lance qui percèrent la tête, les mains, les pieds, le côté de Notre-Seigneur, passèrent encore et outre-percèrent l’âme de la Mère.

Or, je puis bien dire avec vérité, ô Sainte Vierge, que votre âme fut transpercée de l’amour, de la douleur et des paroles de votre Fils ; car quand à Son amour, ô comme il vous blessa, lorsque vous voyez mourir un Fils qui vous aimait tant, et que vous adoriez tant ? Quant à Sa douleur, comme elle vous toucha vivement, touchant si mortellement tout votre plaisir, votre joie, votre consolation ? Et quant à Ses paroles si douces et si aigres tout ensemble, hélas ! ce vous furent autant de vents et d’orages pour enflammer votre amour et vos douleurs, et pour agiter le navire de votre coeur presque brisé en la tempête d’une mer tant amère ! L’amour fut l’archer ; car sans lui la douleur n’eût pas eu assez de mouvement pour atteindre votre âme ; la douleur fut l’arc qui lançait les paroles intérieures et extérieures, comme autant de dards qui n’avaient d’autre but que votre coeur. Hélas ! Comme fut-il possible que des sagettes tant amoureuses fussent si douloureuses ? Ainsi les aiguillons emmiellés des abeilles font extrême douleur à ceux qui en sont piqués, et semble que la douceur du miel avive la douleur de la pointe. C’est la vérité, ô peuple ! plus les paroles de Notre-Seigneur furent douces, et plus furent-elles cuisantes à la Vierge Sa Mère, et le seraient à nous si nous aimions son Fils. Quelle plus douce parole que celle qu’Il dit à Sa Mère et à Saint Jean, paroles témoins assurés de la constance de Son amour, de Son soin, de Son affection à cette sainte Dame ; et néanmoins ce furent des paroles qui sans doute lui furent extrêmement douloureuses. (…) Ce fut donc alors que l’âme de Notre-Dame fut transpercée du glaive… »

Coeur douloureux et immaculé de Marie

Autres textes publiés dans ce blogue relatifs à la dévotion envers les Sept Douleurs et la Compassion de Notre-Dame :
–  « Ave, Maria » à la Vierge de Compassion www
– Méditations de Monsieur Olier sur « Marie au Calvaire » à partir d’ici www
– Neuvaine à Notre-Dame des Douleurs www
– Chapelet des Sept Douleurs www
– Confiante suppication à Notre-Dame de Compassion www
– Prières de St Alphonse pour honorer les Sept Douleurs de Notre-Dame www
- Texte du Rd Père Lépicier sur le mystère des Douleurs de Marie > www

Prière du vénérable Pie XII à Marie, Mère immaculée.

Martino Altomonte - Budapest - Immaculée Conception (1719)

La Vierge immaculée – Martino Altomonte, Budapest (1719).

O Marie, Mère immaculée de Jésus et notre Mère, ravis par la splendeur de votre céleste beauté et pressés par les angoisses de ce temps, nous nous jetons dans vos bras, certains de trouver dans votre Coeur très aimant le repos de nos ferventes aspirations et le refuge assuré dans les tempêtes qui de toutes parts nous assaillent.

Nous sommes accablés sous nos fautes et succombons sous le poids d’infinies misères, et pourtant nous admirons et chantons l’incomparable richesse des dons sublimes dont Dieu vous a comblée plus que toute autre créature, depuis le premier instant de votre Conception jusqu’au jour où, élevée au Ciel, Il vous a couronnée Reine de l’univers.

O limpide Source de foi, abreuvez nos esprits des vérités éternelles !
O Lis odorant de toute sainteté, captivez nos coeurs par votre céleste parfum !
O Triomphatrice du mal et de la mort, inspirez-nous une profonde horreur pour le péché qui rend l’âme abominable à Dieu et esclave de l’enfer !

Ecoutez, ô Bien-Aimée de Dieu, le cri fervent qui s’élève de chaque coeur fidèle (…).
Penchez-vous sur nos plaies douloureuses.
Changez le coeur des méchants, séchez les larmes des affligés et des opprimés, réconfortez les pauvres et les petits, éteignez les haines, adoucissez la dureté des moeurs, gardez à la jeunesse sa fleur de pureté, protégez la Sainte Eglise, faites que tous les hommes ressentent l’attrait de la bonté chrétienne.
Qu’en votre nom, qui retentit harmonieusement dans les Cieux, les hommes se reconnaissent frères et les nations membres d’une seule famille, sur laquelle resplendisse le soleil d’une paix sincère et universelle.

Accueillez, ô très douce Mère, nos humbles prières, et obtenez-nous par-dessus tout de pouvoir un jour, partageant votre bonheur, redire devant votre trône, l’hymne qui monte aujourd’hui sur la terre autour de vos autels : « Vous êtes toute belle, ô Marie ! Vous êtes la gloire, la joie, l’honneur de notre peuple. »

Ainsi soit-il.

Armoiries de Pie XII

(prière composée en italien pour l’Année Mariale, le 21 novembre 1953)

Méditation devant l’image de la Vierge Adolescente « Mater Admirabilis ».

Le 20 octobre 2007 déjà, dans les toutes premières semaines d’existence de mon blogue, j’avais tenu à vous parler de « la sainte image de Mater Admirabilis » (cf. > ici) dont la dévotion s’est répandue dans le monde entier, sous l’impulsion des Dames du Sacré-Coeur, à partir du couvent de la Trinité des Monts, à Rome.
En ce 20 octobre 2015, la découverte de deux belles images anciennes (vous savez que nous les aimons et en avons une petite collection au Mesnil-Marie), me donne l’occasion de vous rappeler cette belle dévotion envers la Mère Admirable, modèle et maîtresse de vie intérieure, et de vous recopier ci-dessous, le texte d’une belle méditation en rapport avec l’image de Mater Admirabilis : texte tiré d’un opuscule publié en 1865 (c’était alors sa troisième édition) par l’abbé Alfred Monnin (qui est aussi l’auteur d’une célèbre biographie du Saint Curé d’Ars) avec l’imprimatur de Son Excellence Monseigneur Pierre-Henri Gérault de Langalerie, évêque de Belley ; texte remarquable parce qu’il est nourrit et comme tissé de références bibliques ; texte remarquable aussi parce qu’il remet bien des choses à l’endroit pour nous qui vivons en un monde qui a oublié le sens véritable de la vie sur terre et de la vocation chrétienne…

Puisse la Mère Admirable vous envelopper tous dans sa propre contemplation pour vous introduire dans la douce intimité du Dieu Trois Fois Saint.

Lully.

Mater admirabilis - image dévotion XIXe siècle

Elévation à la Très Sainte Adolescente dans le Temple :

Vierge bénie entre toutes les vierges, c’est avec bonheur que je vous vois cacher dans le Temple de Jérusalem les grâces inestimables dont Dieu vous a remplie. Le monde n’était pas encore digne de les apercevoir. Je vénère, en vous, ce terrain virginal où Dieu va déposer le fruit divin de son amour.

Le Temple est pour vous le jardin fermé du Cantique. La rosée du Seigneur tombe sur vous, continue et féconde. Le Christ germe de vous comme un lis : sa racine pousse avec force comme celle des plantes du Liban ; ses branches s’étendent en vigoureux rameaux ; sa gloire est celle de l’olivier, son parfum celui de l’encens (cf. Os. XIV). Mère future et très admirable de mon Dieu, laissez-moi vous admirer de plus près. Laissez-moi dire un mot des secrets que vous me révélez ! Avant d’adorer Jésus dans vos bras, et penché sur votre Coeur, c’est votre Coeur que je vénère. Je le proclame après celui de Jésus le chef-d’oeuvre de la création. Tout ce qui avait été vertu avant vous, au ciel et sur la terre, vous le résumez en vous seule ; tout ce qui sera vertu après vous, seule vous l’exprimez déjà en une perfection sublime. Je vénère en vous la femme chrétienne par excellence, et je recueille près de vous tous ces fruits de vertu qui feront plus tard les jeunes filles, les mères, les veuves de la Sainte Eglise. Mais vous m’apparaissez plus belle encore : c’est comme Vierge des vierges que je vous salue dans le Temple, comme le type parfait des âmes consacrées à Dieu par les voeux de la Religion.

La première, vous avez fait entendre le cantique de la pauvreté, de la chasteté, de l’obéissance ; cantique qui permet aux hommes de louer Dieu comme le font les anges ! Près de vous tout ce que l’état religieux offre de charme, de sécurité et de paix se retrouve avec sa grâce primitive : la virginité avec ses isolements, la solitude avec ses silences, le désert sacré avec ses clôtures impénétrables, la modestie avec ses voiles, le recueillement avec ses prières, le travail avec ses saints offices… Tout ce qui assure l’innocence, tout ce qui entretient et calme à la fois ses pudiques alarmes, tout ce qui la fait courir dans les voies de la perfection !…

C’est vous, ô Enfant admirable, qui inaugurez cette nouvelle alliance qui s’appelle du doux nom de paix et qui est toute fondée sur l’amour ! Vous parlez avec Dieu la langue de l’amour, la langue de l’âme réparée, la langue de l’homme innocent, la langue des anges !

Femme incomparable de l’Ecriture, vous avez découvert la perle perdue depuis quatre mille ans ! Vous avez appelé vos voisines, et, dans votre joie, vous leur avez appris cette vie supérieure de la créature, qui croit n’en pouvoir jamais faire assez pour se séparer du créé et se mieux unir  à son Créateur… cette vie du véritable exil, où tout est compliqué, vide, froid et insipide, si ce n’est le souvenir et l’attente de Dieu !

Laissez-moi donc m’agenouiller devant votre Coeur virginal, sainte fileuse du Temple ! Laissez-moi admirer en vous ces grâces qui vont devenir le germe de tous les ordres de l’Eglise. De la surabondance de vos mérites, très-sainte Adolescente, l’Eglise constituera un trésor réservé, où toutes les âmes d’élite viendront puiser pour atteindre la plénitude de leur vocation.

Les pasteurs s’approcheront, et, comme les bergers de Bethléem, vous les consolerez et vous les fortifierez durant les longues veilles de la nuit qui semble près de s’étendre sur le monde…
Les religieux s’approcheront et ils trouveront en vous l’esprit d’immolation qui les fera demeurer sur l’autel comme des victimes qu’on égorge.
Les prêtres s’approcheront et vous leur apprendrez à offrir, dans la pureté, l’Agneau de Dieu.
Les hommes de la génération présente s’approcheront, et, dans ces temps laborieux, vous en ferez les ouvriers de la vérité et de la justice, pour mettre un terme  aux grandes iniquités, essuyer les larmes des faibles, et hâter cette moisson divine qui nourrira les âmes d’une plus abondate et plus efficace effusion de la lumière divine.
Les jeunes gens s’approcheront, et vous leur donnerez le courage de la lutte ; vous leur apprendrez l’emploi de la force, et, renonçant à cet avenir matériel de faux biens, de plaisirs décevants, de paresse immorale, d’ennuis et de désenchantements prévus, ils iront, eux aussi, travailler à la vigne du Maître.
Les mères s’approcheront, et elles sauront de vous comment on se rend apte à préparer, par le sublime devoir de l’éducation, les germes de l’avenir ; quelle est la force qui raffermit, bénit et glorifie la famille, et, par la famille, la société tout entière.
Les jeunes filles s’approcheront, et votre modestie, s’insinuant en elles, leur fera connaître ses charmes, mille fois plus aimables que tous les prestiges de la vanité et toutes les séductions du monde.
Les fidèles de tous les âges et de toutes les conditions accourront de toutes parts, et vous leur donnerez, en abondance, ces grâces de pureté, de dévoûment, de patience, de douceur et de force qui les feront passer, à leur tour, dans cette grande et unique oblation des élus que la sainte Epouse de Notre-Seigneur, depuis les jours du Calvaire, ne cesse d’offrir à son divin Epoux.

Mater admirabilis ora pro nobis canivet

Publié dans:De Maria numquam satis, Prier avec nous |on 20 octobre, 2015 |1 Commentaire »

2015-81. D’un pèlerinage accompli en l’honneur de la Mère des Douleurs au jour de l’Exaltation de la Sainte Croix.

Lundi 14 septembre 2015,
Fête de l’Exaltation de la Sainte Croix ;
Cinquième centenaire de la victoire de Marignan.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Ce lundi matin, tout comme un dimanche, Frère Maximilien-Marie est parti pour l’église de Ceyssac – notre église paroissiale – , à côté du Puy-en-Velay, afin d’y assister à la Sainte Messe de la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix : une fête qui nous est bien chère.

Après la Messe, il n’est pas rentré directement au Mesnil-Marie - mais comme j’étais prévenu je savais que je ne devais pas m’inquiéter de ne pas le voir revenir à l’heure habituelle -, car notre Frère a profité de ce jour pour accomplir un petit pèlerinage en un lieu dont notre amie Valérie lui avait parlé : un lieu dans lequel se trouvent réunis beaucoup d’éléments accordés à la spiritualité du Refuge Notre-Dame de Compassion, comme vous l’allez voir.
Frère Maximilien-Marie a en effet rapporté des clichés de sa pieuse escapade, afin que je puisse vous en faire un peu profiter…

Le Mézenc vu depuis la montagne de l'étoile

Le Mézenc vu du nord depuis la Montagne de l’étoile

A environ trois lieues au nord/nord-ouest du Mont Mézenc, se trouve le village de Montusclat, blotti dans une petite vallée, à quelque 1065 m d’altitude.

Montusclat vue du sud

Blotti dans sa vallée, aperçu depuis la Montagne de l’étoile, le village de Montusclat vu du sud.

Le village est  absolument remarquable, avec ses vieilles maisons typiques dans lesquelles ont été réutilisés des éléments de l’ancien château, détruit après que l’on en eût délogé les huguenots qui s’y étaient retranchés.
Mais c’est bien sûr vers l’église, dont les parties les plus anciennes datent des XIème et XIIème siècles, que Frère Maximilien-Marie a dirigé ses pas.

Montusclat l'église des XIe et XIIe siècles

Montusclat : l’église Saint-Pierre et Saint-Paul :
édifiée par les moines de l’abbaye Saint-Chaffre du Monastier aux XIème et XIIème siècles,
(toutefois le clocher actuel ne date que de 1704).

Saluons au passage le fait que cette église est ouverte, propre et accueillante.

Parmi les humbles merveilles de la dévotion populaire qu’elle renferme, se trouve une naïve, mais ô combien touchante, représentation de Notre-Dame de La Salette en conversation avec Mélanie et Maximin, probablement sculptée par un imagier local.

Montusclat - statue naïve de ND de La Salette dans l'église

Eglise de Montusclat : statue de Notre-Dame de La Salette.

Mais la piété de notre cher Frère a été particulièrement sensible à cette très émouvante petite Piéta du XVème siècle, que de fervents paroissiens cachèrent pendant la grande révolution afin de la soustraire aux profanations et au vandalisme des impies.

Montusclat - petite Piéta du XVe siècle dans l'église

Eglise de Montusclat : petite Piéta du XVème siècle
(la photo n’était pas facile à réaliser car cette statuette est bien protégée par une vitre épaisse…
mais une vitre occasionne toujours des reflets !)

La dévotion à la Mère des Douleurs a dû être particulièrement implantée dans cette paroisse aux temps de Chrétienté, puisqu’on retrouve sa représentation jusqu’au revers de certaines très anciennes croix de carrefour.

Montusclat - revers d'une croix de carrefour

Montusclat : naïve représentation de la Piéta au revers d’une grande croix de carrefour.

Je pense que vous commencez à comprendre, chers amis, les raisons qui ont attiré Frère Maximilien-Marie à Montusclat en ce jour de l’Exaltation de la Sainte Croix et veille de la fête de Notre-Dame des Douleurs
Mais vous n’avez pas encore tout vu !!!

Quittant le village, notre Frère a gravi la Montagne de l’étoile, qui domine le village au sud.
La journée était douce ; les nuages passant par toutes les nuances de gris et donnant parfois l’impresssion qu’il allait pleuvoir, se déchiraient par moments pour laisser passer les rayons du soleil…
Au terme de son ascension, au bout d’un chemin de terre, à l’orée d’un bois dont les teintes annoncent déjà l’automne, Frère Maximilien-Marie est arrivé à une chapelle : une toute petite chapelle – à peine cinq mètres de longueur et quatre mètres de largeur sans doute – , couverte en lauzes, avec un joli clocheton au-dessus de la porte… et une étoile qui rappelle le nom de la montagne sur laquelle on se trouve.

Montusclat, chapelle Saint-Joseph sur la montagne de l'étoile

Montusclat : chapelle Saint Joseph sur la Montagne de l’Etoile.

Cette chapelle est dédiée à Saint Joseph : la porte est fermée à clef, mais comme elle est vitrée, il est néanmoins possible d’en voir l’intérieur et d’adresser une prière au saint patriarche du Nouveau Testament.

Montusclat, chapelle Saint Joseph - l'intérieur

Intérieur de la chapelle Saint Joseph

Ce qui a spécialement ravi Frère Maximilien-Marie, c’est de voir qu’il y a, avec une autre statue de Saint Joseph sur la façade extérieure de la chapelle, une boite aux lettres pour déposer les messages par lesquels on lui recommande ses intentions.
Et moi je me demande si ceux qui sont loin et ne peuvent pas venir jusque là peuvent envoyer à Saint Joseph des lettres par la poste, que le facteur vient déposer dans cette boite aux lettres : je serais vraiment enchanté s’il en était ainsi…

Montusclat la boite aux lettres de Saint Joseph

La boite aux lettres du bon Saint Joseph

Derrière la chapelle, commence un sentier montant, assez large et bien entretenu, bordé de croix de trachyte.
Ces croix sont au nombre de sept et sur le socle de chacune est inscrite l’une des Sept Douleurs de Notre-Dame : ce sont des stations en l’honneur de Marie désolée.

Montusclat - Sentier des Sept Douleurs

Montusclat - croix des stations de Marie désolée

La distance entre chacune de ces croix est exactement celle qui est nécessaire pour réciter un « Ave, Maria » de la Compassion (cf. > ici) et la strophe « Sancta Mater, istud agas… »

Au terme du sentier, c’est-à-dire sur le sommet de la Montagne de l’étoile, est aménagée une espèce de petite esplanade sur laquelle ont été dressées des croix et des statues.

Montusclat - la croix de l'étoile

Au sommet de la Montagne de l’étoile, le lieu-dit « la croix de l’étoile » aménagé pour les pélerinages.

Il faut remonter près de trois siècles en arrière pour bien comprendre la raison de cette espèce de sanctuaire à ciel ouvert.

En mai 1721, une épidémie terriblement contagieuse ravageait la contrée. Les paroissiens de Montusclat prononcèrent alors un voeu : celui de se rendre chaque année en pèlerinage auprès de Notre-Dame  de Tout Pouvoir, à Araules (à trois lieues et demi au nord de Montusclat), si le village était préservé de cette peste.
Il semble bien qu’il le fut puisque l’étude des registres paroissiaux montre que le nombre des décès à Montusclat cette année-là ne dépasse pas le nombre des morts des années ordinaires !
Toutefois, au bout de quelques années, ce pèlerinage annuel à Notre-Dame de Tout Pouvoir, à pied par des sentiers de chèvres avec les gros sabots de l’époque, se révéla difficile à maintenir : Monseigneur l’Evêque du Puy, en vertu de son autorité spirituelle, commua donc le voeu de la paroisse de Montusclat en une procession solennelle qui serait célébrée chaque année au premier dimanche de juillet et qui devrait se rendre à la croix érigée au sommet de la Montagne de l’étoile qui domine le village.
Ainsi fut fait, et la procession du premier dimanche de juillet jusqu’à la Croix de l’étoile fut fidèlement accomplie d’année en année.

En 1882, la Croix de l’étoile allait connaître des changements : cette année-là, l’abbé Charre, prêtre particulièrement fervent et zélé, arriva comme curé à Montusclat. Il fut surpris de ne trouver qu’une simple croix sur le lieu du terme de la procession annuelle du voeu, et suggéra qu’on y érige quelque chose qui rappelerait de manière plus significative que c’était grâce à l’intercession de la Sainte-Vierge que Montusclat avait été préservé de l’épidémie.

Dans ce pays de montagne, peuplé de gens simples à la foi profonde, qui souvent récitaient leur chapelet en gardant leurs troupeaux, le récit de l’apparition de la Très Sainte Mère de Dieu sur la sainte montagne de La Salette revêtait un sens peut-être plus fort qu’ailleurs…
Alors, pourquoi ne pas ériger à la Croix de l’étoile une belle statue de Notre-Dame de La Salette, dont les graves avertissements et les sages conseils ne pouvaient qu’être profitables aux paroissiens de Montusclat ?

Montusclat - Croix de l'étoile, Vierge en pleurs

Montusclat : la Croix de l’étoile
statue de la Vierge en pleurs de La Salette

Mais une statue de Notre-Dame de La Salette convenable par la taille et pour une implantation extérieure, cela coûte cher.

Le fervent abbé Charre n’avait pas le premier sou pour réaliser un tel projet ; les caisses de la paroisse avaient été vidées par les dernières réparations opérées à l’église.
Mais si la Sainte Vierge le veut, après tout…
Le bon curé monta à la Croix de l’étoile et y déposa une petite statue de plâtre rapportée de La Salette : « Et maintenant, si vous voulez que je vous élève ici une statue convenable, débrouillez-vous pour me trouver l’argent nécessaire ! »

Or la Sainte Vierge devait bien le vouloir si on en juge par la suite des événements ; et puisqu’elle avait été priée de se débrouiller… elle se débrouilla !

Le lendemain même du jour où l’abbé Charre l’avait ainsi priée, il fut appelé auprès d’une femme malade qui voulait lui remettre de l’argent « pour ses bonnes oeuvres ».
S’étant rendu auprès d’elle, le zélé curé l’entretint donc de son projet pour la Croix de l’étoile, et reçut une somme qui lui permettrait de payer une statue en fonte d’une centaine de kilos !

Montusclat - la Croix de l'étoile, statue de la Vierge parlant aux enfants

Montusclat : la Croix de l’étoile
La conversation de Notre-Dame avec les petits bergers de La Salette

Ce premier don en suscita d’autres.
L’abbé Charre décida alors d’ériger à proximité de la statue de la Vierge en pleurs quatorze croix de trachyte qui formeraient un chemin de croix.
Et puisqu’il y avait une statue de la Vierge en pleurs, une famille offrit la statue représentant la conversation de la Mère des Douleurs avec les petits bergers ; puis les dons permirent aussi d’acquérir une statue de la Vierge qui s’élève vers les cieux à la fin de l’apparition.

Les quatorze croix figurant les stations du chemin de croix furent donc disposées de telle sorte qu’elles permettent en même temps de parcourir la représentation des trois phases de l’apparition.

Le dimanche 5 septembre 1886 eut lieu la bénédiction solennelle du chemin de croix et des statues de Notre-Dame de La Salette :  les chroniques de l’époque rapportent qu’il vint pour l’occasion plus de deux mille personnes, accourues de toutes les paroisses alentour.
L’année suivante (29 mai 1887) furent bénites les sept croix représentant les stations à Marie désolée qui jalonnent le sentier d’accès à la Croix de l’étoile.
La chapelle de Saint Joseph que l’on trouve en arrivant fut construite en dernier.

Montusclat - la Croix de l'étoile, groupe de la conversation détail

Montusclat : la Croix de l’étoile
détail du groupe de la conversation

N’était-ce donc pas un lieu magnifique pour accomplir un pèlerinage aujourd’hui, jour de la Sainte-Croix, et pour se préparer à la fête de Notre-Dame des Sept-Douleurs, fête patronale du Refuge Notre-Dame de Compassion ?

Vous savez que notre Frère vous a tous « emportés dans son sac à prières » (pour reprendre la belle expression de notre amie Béatrice) jusqu’au sommet de la Montagne de l’étoile, et qu’il a déposé toutes vos intentions dans le Coeur maternel de Notre-Dame, avec aussi tous les malades qui nous sont recommandés, toutes les situations de détresse spirituelle et morale qui constituent la croix portée par tant de personnes, sans oublier notre pauvre et chère France aux abois et son Roi légitime en qui nous plaçons de grandes et vives espérances surnaturelles… (cf. > ici)

Patte de chatLully. 

Montusclat - la Croix de l'étoile, Vierge remontant aux cieux

Montusclat : la Croix de l’étoile
statue de la Vierge remontant aux cieux à la fin de l’apparition

2015-73. Plus encore que dans sa chair, c’est dans son Coeur que Marie a porté le Christ et qu’elle Le porte pour l’éternité.

Extraits du « Coeur admirable de la Mère de Dieu »
de Saint Jean Eudes

Profitons de la fête du Coeur immaculé de Marie, au jour octave de sa glorieuse Assomption, pour contempler ce Coeur, et pour approfondir son admirable mystère sous la conduite de l’un des plus éminents maîtres spirituels de l’ « Ecole française » : Saint Jean Eudes.

le très saint et immaculé Coeur de Marie

Plus encore que dans sa chair, c’est dans son Coeur que Marie a porté le Christ et qu’elle Le porte pour l’éternité.

« Un témoignage de la dévotion particulière de Saint Augustin envers la Mère de Dieu, et qui contient une mention honorable de son saint Coeur, est marqué dans ces paroles tirées du livre qu’il a fait de la sainte Virginité : « La divine maternité n’aurait servi de rien à Marie, si elle n’avait porté Jésus-Christ plus heureusement dans son Coeur que dans sa chair ».
C’est ici l’un des plus dignes éloges qui se puissent donner au Coeur de la Reine du ciel, puisqu’il est préféré, en ces paroles de Saint Augustin, au sein béni de cette divine Mère. Et certes ce n’est pas sans raison.
Premièrement, parce que cette Vierge incomparable a conçu le Fils de Dieu dans son Coeur virginal, avant de Le concevoir en sa chair.
Secondement, parce qu’elle L’a conçu dans son sein, s’en étant rendue digne pour L’avoir conçu premièrement dans son Coeur.
Troisièmement, parce qu’elle ne L’a porté dans son sein que durant neuf mois seulement ; mais elle L’a porté dans son Coeur dès le premier moment de sa vie, et elle L’y portera éternellement.
Quatrièmement, parce qu’elle L’a porté plus dignement, plus saintement dans son Coeur que dans sa chair. Car ce Coeur est un ciel vivant, dans lequel le Roi du ciel et de la terre est aimé plus ardemment et glorifié plus parfaitement que dans le ciel.
Cinquièmement, parce que la Mère du Sauveur ne L’a porté dans son sein, que lorsqu’Il était encore dans un état passible et mortel, et dans les faiblesses de Son enfance ; mais elle Le portera à toute éternité dans son Coeur, glorieux, impassible et immortel.
C’est pourquoi Saint Augustin a bien raison de dire qu’elle L’a porté plus heureusement et plus excellement dans son Coeur que dans sa chair. »

frise avec lys naturel

Voir aussi :
- « Le Coeur de Marie, rempli d’amour pour Dieu et de charité pour nous » (St Jean Eudes) > ici
- « La nouvelle Arche » (B.D.) > ici
- Consécration du genre humain au Coeur immaculé de Marie (Pie XII) > ici
- Litanies du Saint Coeur de Marie > ici

2015-71. Compte-rendu photographique des cérémonies du 15 août 2015 à l’église de Ceyssac.

Lundi soir 17 août 2015,
dans l’Ordre de Saint Augustin la fête de Sainte Claire de la Croix.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Nous avons reçu aujourd’hui une assez grande quantité de photographies qui ont été prises ce 15 août dernier à l’occasion de la Sainte Messe de l’Assomption et de la procession du Voeu de Louis XIII, dans notre petite paroisse de rite latin traditionnel qui se réunit dans l’église du village de Ceyssac, à côté du Puy-en-Velay.

Beaucoup d’entre vous le savent déjà – mais comme j’ai toujours de nouveaux lecteurs je me dois de le préciser à leur intention – , le Refuge Notre-Dame de Compassion est implanté dans le diocèse de Viviers où les dispositions des papes Jean-Paul II et Benoît XVI en faveur des fidèles attachés à la Messe latine traditionnelle ne reçoivent pas d’application régulière (cf. > ici) : nous rejoignons donc de manière habituelle la communauté traditionnelle à laquelle feu Monseigneur Henri Brincard, évêque du Puy, avait attribué cette église du village de Ceyssac.

Frère Maximilien-Marie apporte tout le concours qu’il lui est possible de donner à la vie paroissiale, et, lorsque cela est possible, nous sommes heureux de faire profiter à la liturgie et à la ferveur de toute notre communauté les reliques ou ornements que nous conservons au Mesnil-Marie.
Ainsi, traditionnellement, pour la Sainte Messe du 15 août, notre Frère emporte-t-il à Ceyssac notre précieux ornement de l’Assomption :

Ornement de l'Assomption 1 détail

Broderie centrale sur le dos de la chasuble du Mesnil-Marie pour la fête de l’Assomption.

Le 14 août, vigile de l’Assomption (et mémoire de Saint Maximilien-Marie Kolbe, cf. > ici), le grand ménage de l’église avait été mené à bien et tout avait été soigneusement préparé.

En ce matin du 15 août, le sanctuaire de notre modeste église était donc resplendissant : nous en avons d’autant plus conscience que lorsque notre communauté a pris possession de cette église, elle était très loin d’être aussi belle !
C’est là que nous pouvons apprécier le chemin parcouru en nous souvenant du temps qu’il a fallu pour nettoyer, décaper, remettre en ordre, réparer ce qui était détérioré (par les outrages du temps ou par ceux des sinistres années post-concilaires), retrouver ce qui avait été mis aux oubliettes, remplacer ce qui avait disparu. Une paroissienne habile et dévouée a confectionné les conopées et les parements du sanctuaire, taillé les nappes qui manquaient ; nous avons « recollé » le maître-autel qui avait été stupidement coupé en deux ; nous avons replacé dans le ciborium la reproduction de la fameuse Vierge Noire du Puy avec laquelle le village de Ceyssac a un lien privilégié (cf. note en bas de page) et nous lui avons remis sa couronne sur la tête ; nous avons décollé une moquette infame et misérable qui recouvrait les dalles du sanctuaire… etc.

Ceyssac 15 août 2015 1 - le sanctuaire

Comme je vous l’écrivais en commençant, nous avons donc reçu ce jour d’hui une abondante série de photographies prises à l’occasion de ce 15 août.
Je ne peux pas toutes les publier et j’ai dû opérer une sélection (cela fait parfois un peu mal au coeur de devoir choisir !). Celles qui suivent, me semble-t-il, vous donneront un aperçu de l’ensemble de la cérémonie : Messe et procession.
Vous comprendrez aussi que, pour des raisons de discrétion, j’ai parfois dû flouter des visages…

Voici par exemple une photographie prise pendant le chant de la préface :

Ceyssac 15 août 2015 2 - à la préface

Puis deux beaux clichés réalisés lors de l’élévation du Corps adorable de Notre-Seigneur et de Son Très Précieux Sang :

Ceyssac 15 août 2015 3 - à l'élévation du Corps du Christ

Ceyssac 15 août 2015 4 - à l'élévation du Précieux Sang

Ci-dessous, une vue générale de la nombreuse assistance. Photographie réalisée lors des purifications, alors que les fidèles sont en action de grâces silencieuse :

Ceyssac 15 août 2015 5 - l'assistance vue du fond de l'église

Certains fidèles d’ailleurs n’avaient pas trouvé place dans l’église et ont suivi la Sainte Messe depuis le parvis avec une édifiante ferveur :

Ceyssac 15 août 2015 6 - des fidèles qui ont suivi la Messe sur le parvis

Afin de permettre aux fidèles qui le souhaitent de participer à la procession de la Vierge Noire, qui se déroule dans les rues du Puy l’après-midi, nous accomplissons la procession du Voeu de Louis XIII immédiatement après la Messe.
Lors de cette procession, la statue de la Madone est portée sur un brancard fleuri, sur lequel est également placé un reliquaire – apporté du Mesnil-Marie - dans lequel est renfermé un fragment du Voile de la Très Sainte Vierge Marie (Voile que portait Notre-Dame lors de l’Annonciation, offert par l’impératrice Irène de Constantinople au Bienheureux Charlemagne, puis donné par Charles le Chauve à la cathédrale de Chartes).
Au chant des litanies de la Sainte Vierge, les fidèles, suivant la croix de procession, sortent de l’église, puis viennent le brancard et enfin Monsieur l’Abbé.

Ceyssac 15 août 2015 7 - procession sortie de la Vierge

La procession descend vers la place du village dont elle fera le tour.

Après le chant des litanies, ce sont des cantiques populaires en français qui sont repris avec flamme.

Ceyssac 15 août 2015 8 - procession dans le village

La statue de la Madone et le reliquaire pendant la procession :

Ceyssac 15 août 2015 9 - le brancard avec la Vierge et le reliquaire

Détail du reliquaire :

Ceyssac 15 août 2015 10 - le reliquaire du Voile de la Vierge

Au retour dans l’église, le brancard de procession est déposé dans le sanctuaire.
C’est alors qu’est lu le texte complet de l’Edit de Saint-Germain, publié le 10 février 1638, par lequel Sa Majesté le Roi Louis XIII a consacré sa personne, sa couronne et le royaume de France tout entier à la Très Sainte Vierge Marie, ordonnant que désormais cette consécration soit renouvelée tous les ans, à l’occasion de la fête de l’Assomption.

Ornement de l'Assomption 2 détail

Chasuble de l’Assomption du Mesnil-Marie (détail de la Madone)

Après le chant du « Sub tuum praesidium » et les oraisons d’usage renouvelant cette consécration, la cérémonie s’est achevée sur un vibrant « Salve Regina », la très populaire antienne du Puy - antiphona de Podio - que, ce soir,  je me permets de paraphraser ainsi :

« Nous vous saluons, ô Reine de la France,
Mère de miséricorde, qui êtes la vie, et la douce espérance de ce Royaume à la dérive !
Vers vous, le peuple français dans la détresse crie,
vous suppliant de faire cesser son errance pécheresse :

Vers vous, les Français, gémissant et pleurant sur l’apostasie officielle de ce pays,
élèvent les soupirs de leurs âmes endolories !
O v
ous à qui ce Royaume a été solennellement consacré,
soyez son inlassable avocate auprès du divin Juge :
Fléchissez Son Coeur et obtenez de Lui les grâces d’une conversion profonde et générale,
afin que cette France, pénitente et reconnaissante,
retrouvant la fidélité aux grâces de sa vocation,

chante à la face de toutes les nations la gloire du Christ-Roi,
et votre toute puissante intercession :
ô clémente, ô toute bonne, ô douce Vierge Marie ! »

Lully.

Ornement de l'Assomption 3 détail

Chasuble de l’Assomption du Mesnil-Marie (détail d’une broderie).

Note : Selon la tradition, c’est à « la dame de Ceyssac » que la Très Sainte Vierge Marie est apparue, lorsque, pour la seconde fois, elle s’est manifestée au Puy, enjoignant de lui dédier un sanctuaire sur le Mont Anis et opérant, pour preuve de son intervention céleste, des guérisons miraculeuses.

Prière à Notre-Dame des Neiges :

miracle de la neige 5 août

Leçons du bréviaire
pour le deuxième nocturne des matines
de la fête du 5 août :

Quatrième leçon : 
Sous le pontificat de Libère (1), le patricien romain Jean et sa noble épouse, n’ayant point d’enfants pour hériter de leurs biens, vouèrent leurs possessions à la très sainte Vierge Mère de Dieu, et ils lui demandèrent instamment, par des prières multipliées, de leur faire connaître, d’une manière ou d’une autre, à quelle œuvre pie elle voulait que ces richesses fussent employées. La bienheureuse Vierge Marie écouta favorablement des supplications et des vœux si sincères et y répondit par un miracle.

Cinquième leçon :
Aux nones d’août, époque où les chaleurs sont très grandes à Rome, une partie du mont Esquilin fut couverte de neige pendant la nuit. Cette nuit même, tandis que Jean et son épouse dormaient, la Mère de Dieu les avertit séparément d’élever une église à l’endroit qu’ils verraient couvert de neige, et de dédier cette église sous le nom de la Vierge Marie ; c’est ainsi qu’elle voulait être instituée leur héritière. Jean rapporta la chose au Pontife Libère, qui affirma avoir eu la même vision pendant son sommeil.

Sixième leçon :
En conséquence, Libère, accompagné de son clergé et de son peuple, vint, au chant des litanies, à la colline couverte de neige, et il y marqua l’emplacement de l’église, qui fut construite aux frais de Jean et de son épouse.
Sixte III restaura plus tard cette église (2). On la désigna d’abord sous divers noms : basilique de Libère, Sainte-Marie-de-la Crèche (3). Mais comme il existait déjà à Rome beaucoup d’églises consacrées à la sainte Vierge, on finit par l’appeler église de Sainte-Marie-Majeure, pour que, venant s’ajouter à la nouveauté du miracle et à l’importance de la basilique, cette qualification même de majeure la mît au-dessus de toutes les autres ayant le même vocable. L’anniversaire de la dédicace de cette église, rappelant la neige qui tomba miraculeusement en ce jour, est célébré solennellement chaque année.

ange du miracle de la neige

Notes :
(1) - Libère, pape de 352 à 366. La date communément admise aujourd’hui pour le miracle de la neige célébré en ce jour est celle du 5 août 358.
(2) - Saint Sixte III, pape de 432 à 440 (il est mentionné au martyrologe à la date du 19 août). La restauration et les embellissements qu’il fait entreprendre sur la basilique libérienne dédiée à la Sainte Mère de Dieu s’inscrivent dans la continuité du concile d’Ephèse (431). Les extraordinaires mosaïques que l’on admire aujourd’hui encore à l’arc triomphal de la basilique datent de son pontificat. 
(3) - On n’a pas de certitude sur la date exacte à laquelle les reliques de la Crèche de Notre-Seigneur furent apportées à Rome et déposées dans l’oratoire de la crèche édifié à côté de la basilique. Pour de plus amples informations historiques, se reporter à l’article publié ici dans ce blogue > Histoire de la dévotion à la Crèche.

Niccolò Soggi - Miracle de la neige 1520-24 -Musée diocésain d'Arezzo

Niccolo Soggi  (1479-1551) : le miracle de la neige
(musée diocésain d’Arezzo)

Prière à Notre-Dame des Neiges :

I. Par la très sainte résolution que vous avez vous-même inspirée dans les âmes du patricien romain Jean et de sa digne épouse, afin de leur faire consacrer à votre honneur tous leurs biens, puisque privés d’héritier par une stérilité invétérée, obtenez-nous, ô très Sainte Mère de Dieu, de savoir toujours tirer profit des contraditions et oppositions qui nous assaillent sur cette terre pour travailler plus ardemment à l’acquisition des biens éternels du Ciel, spécialement en soutenant les œuvres qui concourrent à votre gloire.

Je vous salue, Marie…

II. Vous avez révélé au même moment, tant au saint patricien Jean, à son épouse stérile et et au pape Libère, votre souhait de voir une église érigée en votre honneur, là où l’on trouverait le sol couvert de la neige miraculeusement envoyée par vous au plus fort de la chaleur estivale : par cette illustre révélation, obtenez-nous, ô très illustre Vierge, de toujours reconnaître clairement vos très saintes volontés pour que nous nous y conformions avec exactitude dans toute notre conduite.

Je vous salue, Marie…

III. Sous les yeux de Rome toute entière, vous avez recouvert d’une neige miraculeuse le sommet du Mont Esquilin, et vous l’avez conservée intacte sous l’ardent soleil d’août, afin d’indiquer le lieu et les dispositions du sanctuaire que vous demandiez en votre honneur : par ce miracle inédit, obtenez-nous, ô puissante Reine céleste, de ne jamais douter de l’ampleur de votre pouvoir, aussi bien dans l’ordre de la nature que dans celui de la grâce, et de nous confier toujours en votre toute puissance.

Je vous salue, Marie…

IV. Par cette leçon mystérieuse que vous avez donnée au monde entier en envoyant de la neige au mois d’août sur une des collines de Rome, vous avez symboliquement manifesté le devoir qui nous incombe de garder nos âmes pures, afin de bénéficier de votre sainte protection : obtenez-nous donc, ô Sainte Vierge des vierges, de nous préserver toujours des souillures de l’âme et de garder intacte la chasteté de notre état, afin d’avoir par aux bénédictions célestes que Dieu se plaît à répandre par vos mains.

Je vous salue, Marie…

V. L’église qui vous fut ainsi dédiée sous le vocable de Sainte-Marie aux Neiges, rendue encore plus illustre par les saintes reliques de la Crèche de Notre-Seigneur rapportées de Bethléem et pour le titre de Sainte-Marie-Majeure qu’elle reçut enfin, fut de tout temps l’objet d’une sollicitude particulière des pontifes romains et de la dévotion de nombreux saints : par la gloire particulière que vous avez procurée à cette basilique, obtenez-nous, ô notre Mère et notre Souveraine, de toujours travailler à votre gloire, de nous dédier, autant qu’il est en notre pouvoir, à l’entretien et à l’ornementation de vos sanctuaires et de vos autels, afin que nous puissions, au terme de cette vie, être introduits auprès de vous dans le Temple du Ciel, pour y chanter avec vous un « Magnificat » éternel.

Je vous salue, Marie…

Oraison :
Accordez à Vos serviteurs, nous Vous en prions, Seigneur notre Dieu, de jouir toujours de la santé de l’âme et du corps : et par la glorieuse intercession de la Bienheureuse Marie toujours Vierge, d’être délivrés des tristesses du temps présent et d’avoir part aux joies de l’éternité.
Nous Vous le demandons par Jésus-Christ Notre-Seigneur.

Ainsi soit-il.

Icône Salus populi romani Sainte Marie aux Neiges à Rome

Icône miraculeuse « Salus populi romani », attribuée à Saint Luc
(chapelle Borghese de la basilique Sainte-Marie-aux-Neiges, Rome)

2015-43. Si vous aimez Jésus, vous aimerez Sa croix.

nika

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Ceux qui connaissent bien Frère Maximilien-Marie ne seront nullement étonnés si je leur dis que notre Frère a rassemblé une assez importante collection d’ « images pieuses », parmi lesquelles se trouvent quelques très beaux canivets.
Parmi ceux-ci, il y en a un que j’avais mis en réserve à votre intention pour ce commencement de la Semaine Sainte : vous trouverez ci-dessous les reproductions du recto et du verso.
Comme les textes qui y sont imprimés sont inspirés de « L’Imitation de la Sainte Vierge » (*), je vous recopie aussi, en dessous le chapitre complet auquel ces citations renvoient.

« Ô ma mère, le motif qui m’animera désormais et me consolera dans toutes mes souffrances, sera de penser que je porte ma croix avec Jésus et pour Jésus… »

Lully.

(*) L’ « Imitation de la Sainte Vierge sur le modèle de l’Imitation de Jésus-Christ » est un petit ouvrage de spiritualité paru au XIXe siècle sans nom d’auteur et qui connut une assez grande diffusion dans les milieux fervents jusque dans le premier tiers du XXe siècle : je n’ai pas trouvé trace de réimpression après 1935.

canivet Vierge des Douleurs

canivet verso

Que celui qui aime Jésus doit monter avec Jésus au Calvaire,
et y souffrir avec Lui.

(Imitation de la Sainte Vierge – Livre III, chapitre 1)

Marie :

Jésus monte au Calvaire. Venez, mon fils ; Il nous invite à y monter avec Lui. Si vous L’aimez vous ne L’abandonnerez pas.
Notre amour pour Jésus serait-il digne de Lui, si nous Le délaissions dans Ses douleurs, et lorsque tous les homme Le méconnaissent et L’outragent ?
Nous ne pouvons Lui donner aucun secours ; mais du moins nous prendrons part à Ses souffrances en mêlant nos larmes avec Son Sang, et nous Lui donnerons la consolation de voir que nous sommes prêts à souffrir pour Son amour tout ce qu’Il ordonnera.

Le serviteur :

Mais, Vierge généreuse, ne saurait-on témoigner son amour à Jésus que dans les souffrances ? Ne le peut-on dans le calme et la paix ?

Marie :

Mon fils, dans le calme et la paix, il est facile de donner des témoignages de cet amour ; mais on ne peut bien juger de sa solidité que dans un temps d’orage.
Jésus a dit : Celui qui ne porte pas sa croix et ne Me suit pas, ne saurait être Mon disciple.
Vous devez donc mettre au nombre des jours heureux ceux où vous avez des occasions d’endurer quelque chose pour l’amour de Lui.
Bien des chrétiens n’aiment guère le divin Bienfaiteur qu’à cause de Ses bienfaits, et ressemblent aux amis de la terre, qui n’aiment point gratuitement.
Ils disent qu’ils aiment Jésus de tout leur coeur ; cependant ils n’ont pas le courage de veiller seulement une heure avec Lui dans le jardin de Son agonie.
Ils protestent qu’ils Le suivront partout, même à la mort ; mais la crainte des souffrances affaiblit bientôt en eux l’amour, et ils ne suivent plus Jésus que de loin.
Pour vous, mon fils, si vous aimez Jésus, vous aimerez Sa croix ; et, si vous L’aimez de tout votre coeur, vous embrasserez de tout votre coeur les différentes croix qu’Il vous enverra.
Celui qu’il ne faut pas forcer, comme Simon de Cyrène, à porter la croix de Jésus, et qui participe volontiers à l’amertume du fiel qui Lui fut présenté sur le Calvaire, celui-là aime Jésus véritablement.
Le feu de la tribulation éprouve l’or de l’amour ; il le purifie, il le perfectionne.
Jésus a vécu dans les larmes. Devez-vous vous attendre, et pourriez-vous vous résoudre à vivre dans les délices ?
Un véritable chrétien est un homme formé sur Jésus souffrant, mourant et mort en croix.
Vous Le trouvez si aimable quand vous pensez aux souffrances qu’Il a endurées pour votre amour ; ah ! combien ne devez-vous pas aimer ce qui Le rend un si digne objet de vos affections, ces souffrances même dont Il ne vous fait part que parce qu’Il vous aime !
Des hommes rachetés par la croix doivent regarder la croix comme leur partage et leur gloire.
Jésus n’est entré dans Sa gloire que par la voie des souffrances. Il n’y a pas eu pour moi une voie différente, ni pour les Saints. Il faut que vous y marchiez, si vous voulez parvenir au même terme.

Le serviteur :

Ô Vierge, mère d’un Dieu, si vous avez enduré tant de souffrances, si vous en avez conçu tant d’estime, c’est que vous aimiez Dieu plus que tous les martyrs, plus que tous les Saints ensemble.
Aidez-moi par votre intercession à vaincre ma délicatesse, ma sensibilité, l’horreur naturelle que j’ai de la croix, afin que mon coeur, mon esprit et tout ce qui est en moi prouve à mon Dieu que je L’aime.
Vous avez été la vierge la plus sainte et néanmoins la plus affligée. Je consens de participer à vos souffrances, pourvu que je participe à votre amour.
Faites que j’aime la croix de Jésus, que je mette mes délices dans la croix, afin qu’à ma mort Jésus en croix soit ma force et ma consolation.

Marie :

Comment, en effet, pourrez-vous à la mort embrasser avec confiance le crucifix, si vous avez vécu en ennemi de la croix ?
A la mort, bien loin d’être fâché d’avoir souvent été sur la croix, on voudrait y avoir été toujours, parce que’on aurait eu continuellement l’avantage de ressembler à Jésus par où Il veut surtout qu’on Lui soit conforme.
Mon fils, si, exposé aux mépris, aux mauvais traitements, aux sanglantes persécutions, vous les enduriez avec soumission, avec patience, avec constance, je verrais en vous une ravissante image de Jésus.

Le serviteur :

Ô ma mère, le motif qui m’animera désormais et me consolera dans toutes mes souffrances, sera de penser que je porte ma croix avec Jésus et pour Jésus ; mais en même temps quel avantage pour moi que celui de penser que mon état et mes dispositions m’attireront d’une manière spéciale votre protection et votre amour !

Blason du Refuge Notre-Dame de Compassion

2015-41. « Crucifiée dans son amour pour Jésus, et crucifiée avec Lui par son amour pour nous ! »

Vendredi de la Passion,
Commémoraison solennelle de la compassion de Notre-Dame.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Ce vendredi dans la semaine de la Passion a été consacré, depuis de très nombreux siècles, à honorer les douleurs de la Très Sainte Vierge Marie, et à célébrer liturgiquement sa compassion.

Historiquement c’est la première, et donc en un sens la plus importante, des deux fêtes de Notre-Dame des Douleurs célébrées au calendrier liturgique traditionnel. Celle que l’on trouve actuellement fixée au 15 septembre est, en effet, d’institution récente.
Aussi ne peut-on qu’être étonné par le fait que ceux qui, à partir du milieu du XXe siècle, ont prétendu réaliser un travail de « restauration de la liturgie » se sont employés à minimiser (jusqu’à faire la disparaître totalement dans le calendrier liturgique de la réforme consécutive au second concile du Vatican) la fête de la compassion de la Vierge célébrée le vendredi de la Passion.

Au Refuge Notre-Dame de Compassion, nous maintenons bien sûr cette célébration, la considérant comme l’une de nos fêtes patronales.

A cette occasion, je veux proposer à votre réflexion un très bel extrait d’un ouvrage qu’il est aujourd’hui devenu assez difficile – voire quasi impossible – de trouver : « Mater Dolorosa », du Révérend Père Augustin-Marie Lépicier (1880-1963) de l’Ordre des Servites de Marie, livre publié en 1948.
Chacune des phrases, chacun des mots de ce texte doivent être approfondis, longuement médités, lentement assimilés et compris avec le coeur de notre âme.

Nota bene : les phrases ou extraits de phrases qui sont en caractères gras dans le texte ci-dessous, l’ont été mis par nous, parce qu’ils nous semblaient particulièrement importants.

Statue de N.D. de Compassion du Mesnil-Marie

Notre-Dame de Compassion
(Piéta de taille naturelle conservée au Mesnil-Marie)

fleur de lys gif2

« Crucifiée dans son amour pour Jésus, et crucifiée avec Lui par son amour pour nous ! »

Quiconque a tant soit peut médité « le mystère de Marie » n’ignore rien de la tragique réalité de la souffrance dans sa vie – de la cause et des sources de ses souffrances – de l’immensité de cet océan d’amertume dont les flots inondèrent son âme. Il sait que depuis le Fiat de l’Annonciation auquel devait faire écho le Fiat du Calvaire, la vie de la Mère du Rédempteur fut surtout une suite de jours dont l’angoisse enveloppa de brumes ses heures les plus heureuses.
Ne devait-il pas en être ainsi ? La Toute Sainte, Celle que les générations proclameront bienheureuse ne devait-Elle pas être plongée dans l’abîme de toutes les afflictions ?
Car la sainteté est faite d’amour et le degré de sainteté est en proportion du degré d’amour pour Dieu. Or, ici-bas, la mesure de notre amour pour Dieu c’est la somme de souffrances que nous endurons par amour pour Lui.

Puisque Marie fut prédestinée, en tant que Mère du Verbe Incarné, à aimer Dieu comme jamais créature ne pourra L’aimer, il fallait, dans son amour pour Celui qui devait, par Sa Passion et par Sa Croix, sauver le monde, qu’Elle endurât une somme de souffrances supérieure à celle de toutes les créatures.
Aussi la dévotion à ses douleurs est-elle la « reine des dévotions envers Marie », comme l’assure le Père Faber : elle est à la base de ses grandeurs, le témoignage de son amour et de sa sainteté.

Quand on pense à tout cela, on se demande comment ils se fait que la dévotion aux Douleurs de Marie n’est pas mieux comprise et davantage pratiquée dans le monde foncièrement chrétien, voire dans le monde sacerdotal ; qu’elle n’occupe pas l’une des premières places dans les associations mariales et que, dans la plupart des ouvrages de mariologie, l’on en fassse, trop souvent, si peu mention…
« Enfermons-nous donc dans le jardin secret des Douleurs de Marie. C’est un des plus chers paradis de Dieu » (Père Faber).

Mais avant d’aller plus loin, répondons à une objection qui se présente peut-être, naturellement, à l’esprit de beaucoup : ne devons-nous pas croire que les joies de Marie compensèrent largement ses Douleurs ?
Tout d’abord, qui pénétrera assez intimement dans le mystère de Marie pour les départager et établir dans quelles proportions les joies contrebalancèrent ses souffrances ?
Certes, l’amour de Dieu est le suprême bonheur et, dès ici-bas, depuis Saint Paul (cf. 2 Cor. VII, 4), que de saints n’ont pas laissé échapper le cri de leur surabondante allégresse au milieu de leurs tribulations ?

Remarquons toutefois qu’entre Marie et les saints la distance est immense. Car la cause principale des souffrances de la Mère des Douleurs fut précisément Celui qui était aussi l’objet de son incomparable amour – Celui dont Elle était, d’une façon ineffable, la Mère et l’Epouse, comme Elle en était la sublime rachetée – , tandis que les saints mettaient leur joie dans la souffrance, par imitation et en esprit d’amoureuse immolation pour le Christ qui S’était immolé par amour pour eux.
Ensuite, si la présence de Jésus, depuis la Crèche jusqu’à ce qu’Il la quittât pour sauver Ses frères, fut pour Sa divine Mère une source de fréquentes joies, elle Lui fut aussi source de douleurs qui assombrissaient singulièrement ses instants de bonheur. Car, en ces moments, son âme profonde ne pouvait oublier le souvenir des douleurs passées et la certitude de plus grandes douleurs à venir.
Enfin, graduellement, tandis qu’Elle voyait sous ses yeux grandir l’Agneau pour le sacrifice, la souffrance s’implantait en son âme d’une façon de plus en plus permanente, ne lui laissant guère, surtout au cours de la douloureuse Passion, pendant et après la mort effroyable de son Fils et de son Dieu, que l’ineffable, mais aussi bien amère jouissance de réaliser dans son coeur tout ce que réalisait dans Son corps comme dans Son âme sainte le Divin Rédempteur.

Joie toute surnaturelle qui se nourrit de larmes et de souffrances : joie faite d’admiration pour le courage de son Divin Fils ; joie aussi dans l’union du martyre de Jésus à son propre martyre – du partage de Son immolation expiatrice, pour venger l’honneur dû à Dieu et réhabiliter, par son courage maternel, joint à celui du Christ, toute l’humanité.

Marie est heureuse, enfin, car c’est dans cette union de ses souffrances avec celles de Jésus, qu’Elle devient, au pied de la Croix, la Mère de tous les rachetés.
C’est ainsi qu’il faut entendre certains auteurs qui nous assurent que Marie, au pied de la Croix, connut plus grande joie qu’aux jours de l’Annonciation et de Noël. N’offrit-Elle pas de grand coeur, et même « avec joie », comme l’asssure Sainte Mechtilde, « son Fils bien-aimé à l’immolation pour le salut du monde » ?

D’autre part, nouvelle Eve du nouvel Adam, Elle devait être aussi, dans son amour sublime pour son divin Fils comme pour l’humanité qu’Elle enfantait à la grâce, par son offrande et son sacrifice, la Mère des Douleurs de l’Homme des Douleurs, Sa Co-Rédemptrice dans l’oeuvre de la Rédemption.

Elle fut donc doublement Mater Dolorosa : crucifiée dans son amour pour Jésus, et crucifiée avec Lui par son amour pour nous !

Rd.P. Augustin-Marie Lépicier, « Mater Dolorosa » p.2 et suivantes.

Statue de N.D. de Compassion du Mesnil-Marie - détail

Pour honorer Notre-Dame de Compassion :
-  « Ave, Maria » à la Vierge de Compassion > www
- Méditations de Monsieur Olier sur « Marie au Calvaire » à partir d’ici > www
- Neuvaine à Notre-Dame des Douleurs > www
- Chapelet des Sept Douleurs > www
- Confiante suppication à Notre-Dame de Compassion > www
- Prières de St Alphonse pour honorer les Sept Douleurs de Notre-Dame > www

fleur de lys gif2

12345...12

A tempo di Blog |
Cehl Meeah |
le monde selon Darwicha |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | mythologie
| jamaa
| iletaitunefoi