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Méditation devant l’image de la Vierge Adolescente « Mater Admirabilis ».

Le 20 octobre 2007 déjà, dans les toutes premières semaines d’existence de mon blogue, j’avais tenu à vous parler de « la sainte image de Mater Admirabilis » (cf. > ici) dont la dévotion s’est répandue dans le monde entier, sous l’impulsion des Dames du Sacré-Coeur, à partir du couvent de la Trinité des Monts, à Rome.
En ce 20 octobre 2015, la découverte de deux belles images anciennes (vous savez que nous les aimons et en avons une petite collection au Mesnil-Marie), me donne l’occasion de vous rappeler cette belle dévotion envers la Mère Admirable, modèle et maîtresse de vie intérieure, et de vous recopier ci-dessous, le texte d’une belle méditation en rapport avec l’image de Mater Admirabilis : texte tiré d’un opuscule publié en 1865 (c’était alors sa troisième édition) par l’abbé Alfred Monnin (qui est aussi l’auteur d’une célèbre biographie du Saint Curé d’Ars) avec l’imprimatur de Son Excellence Monseigneur Pierre-Henri Gérault de Langalerie, évêque de Belley ; texte remarquable parce qu’il est nourrit et comme tissé de références bibliques ; texte remarquable aussi parce qu’il remet bien des choses à l’endroit pour nous qui vivons en un monde qui a oublié le sens véritable de la vie sur terre et de la vocation chrétienne…

Puisse la Mère Admirable vous envelopper tous dans sa propre contemplation pour vous introduire dans la douce intimité du Dieu Trois Fois Saint.

Lully.

Mater admirabilis - image dévotion XIXe siècle

Elévation à la Très Sainte Adolescente dans le Temple :

Vierge bénie entre toutes les vierges, c’est avec bonheur que je vous vois cacher dans le Temple de Jérusalem les grâces inestimables dont Dieu vous a remplie. Le monde n’était pas encore digne de les apercevoir. Je vénère, en vous, ce terrain virginal où Dieu va déposer le fruit divin de son amour.

Le Temple est pour vous le jardin fermé du Cantique. La rosée du Seigneur tombe sur vous, continue et féconde. Le Christ germe de vous comme un lis : sa racine pousse avec force comme celle des plantes du Liban ; ses branches s’étendent en vigoureux rameaux ; sa gloire est celle de l’olivier, son parfum celui de l’encens (cf. Os. XIV). Mère future et très admirable de mon Dieu, laissez-moi vous admirer de plus près. Laissez-moi dire un mot des secrets que vous me révélez ! Avant d’adorer Jésus dans vos bras, et penché sur votre Coeur, c’est votre Coeur que je vénère. Je le proclame après celui de Jésus le chef-d’oeuvre de la création. Tout ce qui avait été vertu avant vous, au ciel et sur la terre, vous le résumez en vous seule ; tout ce qui sera vertu après vous, seule vous l’exprimez déjà en une perfection sublime. Je vénère en vous la femme chrétienne par excellence, et je recueille près de vous tous ces fruits de vertu qui feront plus tard les jeunes filles, les mères, les veuves de la Sainte Eglise. Mais vous m’apparaissez plus belle encore : c’est comme Vierge des vierges que je vous salue dans le Temple, comme le type parfait des âmes consacrées à Dieu par les voeux de la Religion.

La première, vous avez fait entendre le cantique de la pauvreté, de la chasteté, de l’obéissance ; cantique qui permet aux hommes de louer Dieu comme le font les anges ! Près de vous tout ce que l’état religieux offre de charme, de sécurité et de paix se retrouve avec sa grâce primitive : la virginité avec ses isolements, la solitude avec ses silences, le désert sacré avec ses clôtures impénétrables, la modestie avec ses voiles, le recueillement avec ses prières, le travail avec ses saints offices… Tout ce qui assure l’innocence, tout ce qui entretient et calme à la fois ses pudiques alarmes, tout ce qui la fait courir dans les voies de la perfection !…

C’est vous, ô Enfant admirable, qui inaugurez cette nouvelle alliance qui s’appelle du doux nom de paix et qui est toute fondée sur l’amour ! Vous parlez avec Dieu la langue de l’amour, la langue de l’âme réparée, la langue de l’homme innocent, la langue des anges !

Femme incomparable de l’Ecriture, vous avez découvert la perle perdue depuis quatre mille ans ! Vous avez appelé vos voisines, et, dans votre joie, vous leur avez appris cette vie supérieure de la créature, qui croit n’en pouvoir jamais faire assez pour se séparer du créé et se mieux unir  à son Créateur… cette vie du véritable exil, où tout est compliqué, vide, froid et insipide, si ce n’est le souvenir et l’attente de Dieu !

Laissez-moi donc m’agenouiller devant votre Coeur virginal, sainte fileuse du Temple ! Laissez-moi admirer en vous ces grâces qui vont devenir le germe de tous les ordres de l’Eglise. De la surabondance de vos mérites, très-sainte Adolescente, l’Eglise constituera un trésor réservé, où toutes les âmes d’élite viendront puiser pour atteindre la plénitude de leur vocation.

Les pasteurs s’approcheront, et, comme les bergers de Bethléem, vous les consolerez et vous les fortifierez durant les longues veilles de la nuit qui semble près de s’étendre sur le monde…
Les religieux s’approcheront et ils trouveront en vous l’esprit d’immolation qui les fera demeurer sur l’autel comme des victimes qu’on égorge.
Les prêtres s’approcheront et vous leur apprendrez à offrir, dans la pureté, l’Agneau de Dieu.
Les hommes de la génération présente s’approcheront, et, dans ces temps laborieux, vous en ferez les ouvriers de la vérité et de la justice, pour mettre un terme  aux grandes iniquités, essuyer les larmes des faibles, et hâter cette moisson divine qui nourrira les âmes d’une plus abondate et plus efficace effusion de la lumière divine.
Les jeunes gens s’approcheront, et vous leur donnerez le courage de la lutte ; vous leur apprendrez l’emploi de la force, et, renonçant à cet avenir matériel de faux biens, de plaisirs décevants, de paresse immorale, d’ennuis et de désenchantements prévus, ils iront, eux aussi, travailler à la vigne du Maître.
Les mères s’approcheront, et elles sauront de vous comment on se rend apte à préparer, par le sublime devoir de l’éducation, les germes de l’avenir ; quelle est la force qui raffermit, bénit et glorifie la famille, et, par la famille, la société tout entière.
Les jeunes filles s’approcheront, et votre modestie, s’insinuant en elles, leur fera connaître ses charmes, mille fois plus aimables que tous les prestiges de la vanité et toutes les séductions du monde.
Les fidèles de tous les âges et de toutes les conditions accourront de toutes parts, et vous leur donnerez, en abondance, ces grâces de pureté, de dévoûment, de patience, de douceur et de force qui les feront passer, à leur tour, dans cette grande et unique oblation des élus que la sainte Epouse de Notre-Seigneur, depuis les jours du Calvaire, ne cesse d’offrir à son divin Epoux.

Mater admirabilis ora pro nobis canivet

Publié dans:De Maria numquam satis, Prier avec nous |on 20 octobre, 2015 |1 Commentaire »

2015-81. D’un pèlerinage accompli en l’honneur de la Mère des Douleurs au jour de l’Exaltation de la Sainte Croix.

Lundi 14 septembre 2015,
Fête de l’Exaltation de la Sainte Croix ;
Cinquième centenaire de la victoire de Marignan.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Ce lundi matin, tout comme un dimanche, Frère Maximilien-Marie est parti pour l’église de Ceyssac – notre église paroissiale – , à côté du Puy-en-Velay, afin d’y assister à la Sainte Messe de la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix : une fête qui nous est bien chère.

Après la Messe, il n’est pas rentré directement au Mesnil-Marie - mais comme j’étais prévenu je savais que je ne devais pas m’inquiéter de ne pas le voir revenir à l’heure habituelle -, car notre Frère a profité de ce jour pour accomplir un petit pèlerinage en un lieu dont notre amie Valérie lui avait parlé : un lieu dans lequel se trouvent réunis beaucoup d’éléments accordés à la spiritualité du Refuge Notre-Dame de Compassion, comme vous l’allez voir.
Frère Maximilien-Marie a en effet rapporté des clichés de sa pieuse escapade, afin que je puisse vous en faire un peu profiter…

Le Mézenc vu depuis la montagne de l'étoile

Le Mézenc vu du nord depuis la Montagne de l’étoile

A environ trois lieues au nord/nord-ouest du Mont Mézenc, se trouve le village de Montusclat, blotti dans une petite vallée, à quelque 1065 m d’altitude.

Montusclat vue du sud

Blotti dans sa vallée, aperçu depuis la Montagne de l’étoile, le village de Montusclat vu du sud.

Le village est  absolument remarquable, avec ses vieilles maisons typiques dans lesquelles ont été réutilisés des éléments de l’ancien château, détruit après que l’on en eût délogé les huguenots qui s’y étaient retranchés.
Mais c’est bien sûr vers l’église, dont les parties les plus anciennes datent des XIème et XIIème siècles, que Frère Maximilien-Marie a dirigé ses pas.

Montusclat l'église des XIe et XIIe siècles

Montusclat : l’église Saint-Pierre et Saint-Paul :
édifiée par les moines de l’abbaye Saint-Chaffre du Monastier aux XIème et XIIème siècles,
(toutefois le clocher actuel ne date que de 1704).

Saluons au passage le fait que cette église est ouverte, propre et accueillante.

Parmi les humbles merveilles de la dévotion populaire qu’elle renferme, se trouve une naïve, mais ô combien touchante, représentation de Notre-Dame de La Salette en conversation avec Mélanie et Maximin, probablement sculptée par un imagier local.

Montusclat - statue naïve de ND de La Salette dans l'église

Eglise de Montusclat : statue de Notre-Dame de La Salette.

Mais la piété de notre cher Frère a été particulièrement sensible à cette très émouvante petite Piéta du XVème siècle, que de fervents paroissiens cachèrent pendant la grande révolution afin de la soustraire aux profanations et au vandalisme des impies.

Montusclat - petite Piéta du XVe siècle dans l'église

Eglise de Montusclat : petite Piéta du XVème siècle
(la photo n’était pas facile à réaliser car cette statuette est bien protégée par une vitre épaisse…
mais une vitre occasionne toujours des reflets !)

La dévotion à la Mère des Douleurs a dû être particulièrement implantée dans cette paroisse aux temps de Chrétienté, puisqu’on retrouve sa représentation jusqu’au revers de certaines très anciennes croix de carrefour.

Montusclat - revers d'une croix de carrefour

Montusclat : naïve représentation de la Piéta au revers d’une grande croix de carrefour.

Je pense que vous commencez à comprendre, chers amis, les raisons qui ont attiré Frère Maximilien-Marie à Montusclat en ce jour de l’Exaltation de la Sainte Croix et veille de la fête de Notre-Dame des Douleurs
Mais vous n’avez pas encore tout vu !!!

Quittant le village, notre Frère a gravi la Montagne de l’étoile, qui domine le village au sud.
La journée était douce ; les nuages passant par toutes les nuances de gris et donnant parfois l’impresssion qu’il allait pleuvoir, se déchiraient par moments pour laisser passer les rayons du soleil…
Au terme de son ascension, au bout d’un chemin de terre, à l’orée d’un bois dont les teintes annoncent déjà l’automne, Frère Maximilien-Marie est arrivé à une chapelle : une toute petite chapelle – à peine cinq mètres de longueur et quatre mètres de largeur sans doute – , couverte en lauzes, avec un joli clocheton au-dessus de la porte… et une étoile qui rappelle le nom de la montagne sur laquelle on se trouve.

Montusclat, chapelle Saint-Joseph sur la montagne de l'étoile

Montusclat : chapelle Saint Joseph sur la Montagne de l’Etoile.

Cette chapelle est dédiée à Saint Joseph : la porte est fermée à clef, mais comme elle est vitrée, il est néanmoins possible d’en voir l’intérieur et d’adresser une prière au saint patriarche du Nouveau Testament.

Montusclat, chapelle Saint Joseph - l'intérieur

Intérieur de la chapelle Saint Joseph

Ce qui a spécialement ravi Frère Maximilien-Marie, c’est de voir qu’il y a, avec une autre statue de Saint Joseph sur la façade extérieure de la chapelle, une boite aux lettres pour déposer les messages par lesquels on lui recommande ses intentions.
Et moi je me demande si ceux qui sont loin et ne peuvent pas venir jusque là peuvent envoyer à Saint Joseph des lettres par la poste, que le facteur vient déposer dans cette boite aux lettres : je serais vraiment enchanté s’il en était ainsi…

Montusclat la boite aux lettres de Saint Joseph

La boite aux lettres du bon Saint Joseph

Derrière la chapelle, commence un sentier montant, assez large et bien entretenu, bordé de croix de trachyte.
Ces croix sont au nombre de sept et sur le socle de chacune est inscrite l’une des Sept Douleurs de Notre-Dame : ce sont des stations en l’honneur de Marie désolée.

Montusclat - Sentier des Sept Douleurs

Montusclat - croix des stations de Marie désolée

La distance entre chacune de ces croix est exactement celle qui est nécessaire pour réciter un « Ave, Maria » de la Compassion (cf. > ici) et la strophe « Sancta Mater, istud agas… »

Au terme du sentier, c’est-à-dire sur le sommet de la Montagne de l’étoile, est aménagée une espèce de petite esplanade sur laquelle ont été dressées des croix et des statues.

Montusclat - la croix de l'étoile

Au sommet de la Montagne de l’étoile, le lieu-dit « la croix de l’étoile » aménagé pour les pélerinages.

Il faut remonter près de trois siècles en arrière pour bien comprendre la raison de cette espèce de sanctuaire à ciel ouvert.

En mai 1721, une épidémie terriblement contagieuse ravageait la contrée. Les paroissiens de Montusclat prononcèrent alors un voeu : celui de se rendre chaque année en pèlerinage auprès de Notre-Dame  de Tout Pouvoir, à Araules (à trois lieues et demi au nord de Montusclat), si le village était préservé de cette peste.
Il semble bien qu’il le fut puisque l’étude des registres paroissiaux montre que le nombre des décès à Montusclat cette année-là ne dépasse pas le nombre des morts des années ordinaires !
Toutefois, au bout de quelques années, ce pèlerinage annuel à Notre-Dame de Tout Pouvoir, à pied par des sentiers de chèvres avec les gros sabots de l’époque, se révéla difficile à maintenir : Monseigneur l’Evêque du Puy, en vertu de son autorité spirituelle, commua donc le voeu de la paroisse de Montusclat en une procession solennelle qui serait célébrée chaque année au premier dimanche de juillet et qui devrait se rendre à la croix érigée au sommet de la Montagne de l’étoile qui domine le village.
Ainsi fut fait, et la procession du premier dimanche de juillet jusqu’à la Croix de l’étoile fut fidèlement accomplie d’année en année.

En 1882, la Croix de l’étoile allait connaître des changements : cette année-là, l’abbé Charre, prêtre particulièrement fervent et zélé, arriva comme curé à Montusclat. Il fut surpris de ne trouver qu’une simple croix sur le lieu du terme de la procession annuelle du voeu, et suggéra qu’on y érige quelque chose qui rappelerait de manière plus significative que c’était grâce à l’intercession de la Sainte-Vierge que Montusclat avait été préservé de l’épidémie.

Dans ce pays de montagne, peuplé de gens simples à la foi profonde, qui souvent récitaient leur chapelet en gardant leurs troupeaux, le récit de l’apparition de la Très Sainte Mère de Dieu sur la sainte montagne de La Salette revêtait un sens peut-être plus fort qu’ailleurs…
Alors, pourquoi ne pas ériger à la Croix de l’étoile une belle statue de Notre-Dame de La Salette, dont les graves avertissements et les sages conseils ne pouvaient qu’être profitables aux paroissiens de Montusclat ?

Montusclat - Croix de l'étoile, Vierge en pleurs

Montusclat : la Croix de l’étoile
statue de la Vierge en pleurs de La Salette

Mais une statue de Notre-Dame de La Salette convenable par la taille et pour une implantation extérieure, cela coûte cher.

Le fervent abbé Charre n’avait pas le premier sou pour réaliser un tel projet ; les caisses de la paroisse avaient été vidées par les dernières réparations opérées à l’église.
Mais si la Sainte Vierge le veut, après tout…
Le bon curé monta à la Croix de l’étoile et y déposa une petite statue de plâtre rapportée de La Salette : « Et maintenant, si vous voulez que je vous élève ici une statue convenable, débrouillez-vous pour me trouver l’argent nécessaire ! »

Or la Sainte Vierge devait bien le vouloir si on en juge par la suite des événements ; et puisqu’elle avait été priée de se débrouiller… elle se débrouilla !

Le lendemain même du jour où l’abbé Charre l’avait ainsi priée, il fut appelé auprès d’une femme malade qui voulait lui remettre de l’argent « pour ses bonnes oeuvres ».
S’étant rendu auprès d’elle, le zélé curé l’entretint donc de son projet pour la Croix de l’étoile, et reçut une somme qui lui permettrait de payer une statue en fonte d’une centaine de kilos !

Montusclat - la Croix de l'étoile, statue de la Vierge parlant aux enfants

Montusclat : la Croix de l’étoile
La conversation de Notre-Dame avec les petits bergers de La Salette

Ce premier don en suscita d’autres.
L’abbé Charre décida alors d’ériger à proximité de la statue de la Vierge en pleurs quatorze croix de trachyte qui formeraient un chemin de croix.
Et puisqu’il y avait une statue de la Vierge en pleurs, une famille offrit la statue représentant la conversation de la Mère des Douleurs avec les petits bergers ; puis les dons permirent aussi d’acquérir une statue de la Vierge qui s’élève vers les cieux à la fin de l’apparition.

Les quatorze croix figurant les stations du chemin de croix furent donc disposées de telle sorte qu’elles permettent en même temps de parcourir la représentation des trois phases de l’apparition.

Le dimanche 5 septembre 1886 eut lieu la bénédiction solennelle du chemin de croix et des statues de Notre-Dame de La Salette :  les chroniques de l’époque rapportent qu’il vint pour l’occasion plus de deux mille personnes, accourues de toutes les paroisses alentour.
L’année suivante (29 mai 1887) furent bénites les sept croix représentant les stations à Marie désolée qui jalonnent le sentier d’accès à la Croix de l’étoile.
La chapelle de Saint Joseph que l’on trouve en arrivant fut construite en dernier.

Montusclat - la Croix de l'étoile, groupe de la conversation détail

Montusclat : la Croix de l’étoile
détail du groupe de la conversation

N’était-ce donc pas un lieu magnifique pour accomplir un pèlerinage aujourd’hui, jour de la Sainte-Croix, et pour se préparer à la fête de Notre-Dame des Sept-Douleurs, fête patronale du Refuge Notre-Dame de Compassion ?

Vous savez que notre Frère vous a tous « emportés dans son sac à prières » (pour reprendre la belle expression de notre amie Béatrice) jusqu’au sommet de la Montagne de l’étoile, et qu’il a déposé toutes vos intentions dans le Coeur maternel de Notre-Dame, avec aussi tous les malades qui nous sont recommandés, toutes les situations de détresse spirituelle et morale qui constituent la croix portée par tant de personnes, sans oublier notre pauvre et chère France aux abois et son Roi légitime en qui nous plaçons de grandes et vives espérances surnaturelles… (cf. > ici)

Patte de chatLully. 

Montusclat - la Croix de l'étoile, Vierge remontant aux cieux

Montusclat : la Croix de l’étoile
statue de la Vierge remontant aux cieux à la fin de l’apparition

2015-73. Plus encore que dans sa chair, c’est dans son Coeur que Marie a porté le Christ et qu’elle Le porte pour l’éternité.

Extraits du « Coeur admirable de la Mère de Dieu »
de Saint Jean Eudes

Profitons de la fête du Coeur immaculé de Marie, au jour octave de sa glorieuse Assomption, pour contempler ce Coeur, et pour approfondir son admirable mystère sous la conduite de l’un des plus éminents maîtres spirituels de l’ « Ecole française » : Saint Jean Eudes.

le très saint et immaculé Coeur de Marie

Plus encore que dans sa chair, c’est dans son Coeur que Marie a porté le Christ et qu’elle Le porte pour l’éternité.

« Un témoignage de la dévotion particulière de Saint Augustin envers la Mère de Dieu, et qui contient une mention honorable de son saint Coeur, est marqué dans ces paroles tirées du livre qu’il a fait de la sainte Virginité : « La divine maternité n’aurait servi de rien à Marie, si elle n’avait porté Jésus-Christ plus heureusement dans son Coeur que dans sa chair ».
C’est ici l’un des plus dignes éloges qui se puissent donner au Coeur de la Reine du ciel, puisqu’il est préféré, en ces paroles de Saint Augustin, au sein béni de cette divine Mère. Et certes ce n’est pas sans raison.
Premièrement, parce que cette Vierge incomparable a conçu le Fils de Dieu dans son Coeur virginal, avant de Le concevoir en sa chair.
Secondement, parce qu’elle L’a conçu dans son sein, s’en étant rendue digne pour L’avoir conçu premièrement dans son Coeur.
Troisièmement, parce qu’elle ne L’a porté dans son sein que durant neuf mois seulement ; mais elle L’a porté dans son Coeur dès le premier moment de sa vie, et elle L’y portera éternellement.
Quatrièmement, parce qu’elle L’a porté plus dignement, plus saintement dans son Coeur que dans sa chair. Car ce Coeur est un ciel vivant, dans lequel le Roi du ciel et de la terre est aimé plus ardemment et glorifié plus parfaitement que dans le ciel.
Cinquièmement, parce que la Mère du Sauveur ne L’a porté dans son sein, que lorsqu’Il était encore dans un état passible et mortel, et dans les faiblesses de Son enfance ; mais elle Le portera à toute éternité dans son Coeur, glorieux, impassible et immortel.
C’est pourquoi Saint Augustin a bien raison de dire qu’elle L’a porté plus heureusement et plus excellement dans son Coeur que dans sa chair. »

frise avec lys naturel

Voir aussi :
- « Le Coeur de Marie, rempli d’amour pour Dieu et de charité pour nous » (St Jean Eudes) > ici
- « La nouvelle Arche » (B.D.) > ici
- Consécration du genre humain au Coeur immaculé de Marie (Pie XII) > ici
- Litanies du Saint Coeur de Marie > ici

2015-71. Compte-rendu photographique des cérémonies du 15 août 2015 à l’église de Ceyssac.

Lundi soir 17 août 2015,
dans l’Ordre de Saint Augustin la fête de Sainte Claire de la Croix.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Nous avons reçu aujourd’hui une assez grande quantité de photographies qui ont été prises ce 15 août dernier à l’occasion de la Sainte Messe de l’Assomption et de la procession du Voeu de Louis XIII, dans notre petite paroisse de rite latin traditionnel qui se réunit dans l’église du village de Ceyssac, à côté du Puy-en-Velay.

Beaucoup d’entre vous le savent déjà – mais comme j’ai toujours de nouveaux lecteurs je me dois de le préciser à leur intention – , le Refuge Notre-Dame de Compassion est implanté dans le diocèse de Viviers où les dispositions des papes Jean-Paul II et Benoît XVI en faveur des fidèles attachés à la Messe latine traditionnelle ne reçoivent pas d’application régulière (cf. > ici) : nous rejoignons donc de manière habituelle la communauté traditionnelle à laquelle feu Monseigneur Henri Brincard, évêque du Puy, avait attribué cette église du village de Ceyssac.

Frère Maximilien-Marie apporte tout le concours qu’il lui est possible de donner à la vie paroissiale, et, lorsque cela est possible, nous sommes heureux de faire profiter à la liturgie et à la ferveur de toute notre communauté les reliques ou ornements que nous conservons au Mesnil-Marie.
Ainsi, traditionnellement, pour la Sainte Messe du 15 août, notre Frère emporte-t-il à Ceyssac notre précieux ornement de l’Assomption :

Ornement de l'Assomption 1 détail

Broderie centrale sur le dos de la chasuble du Mesnil-Marie pour la fête de l’Assomption.

Le 14 août, vigile de l’Assomption (et mémoire de Saint Maximilien-Marie Kolbe, cf. > ici), le grand ménage de l’église avait été mené à bien et tout avait été soigneusement préparé.

En ce matin du 15 août, le sanctuaire de notre modeste église était donc resplendissant : nous en avons d’autant plus conscience que lorsque notre communauté a pris possession de cette église, elle était très loin d’être aussi belle !
C’est là que nous pouvons apprécier le chemin parcouru en nous souvenant du temps qu’il a fallu pour nettoyer, décaper, remettre en ordre, réparer ce qui était détérioré (par les outrages du temps ou par ceux des sinistres années post-concilaires), retrouver ce qui avait été mis aux oubliettes, remplacer ce qui avait disparu. Une paroissienne habile et dévouée a confectionné les conopées et les parements du sanctuaire, taillé les nappes qui manquaient ; nous avons « recollé » le maître-autel qui avait été stupidement coupé en deux ; nous avons replacé dans le ciborium la reproduction de la fameuse Vierge Noire du Puy avec laquelle le village de Ceyssac a un lien privilégié (cf. note en bas de page) et nous lui avons remis sa couronne sur la tête ; nous avons décollé une moquette infame et misérable qui recouvrait les dalles du sanctuaire… etc.

Ceyssac 15 août 2015 1 - le sanctuaire

Comme je vous l’écrivais en commençant, nous avons donc reçu ce jour d’hui une abondante série de photographies prises à l’occasion de ce 15 août.
Je ne peux pas toutes les publier et j’ai dû opérer une sélection (cela fait parfois un peu mal au coeur de devoir choisir !). Celles qui suivent, me semble-t-il, vous donneront un aperçu de l’ensemble de la cérémonie : Messe et procession.
Vous comprendrez aussi que, pour des raisons de discrétion, j’ai parfois dû flouter des visages…

Voici par exemple une photographie prise pendant le chant de la préface :

Ceyssac 15 août 2015 2 - à la préface

Puis deux beaux clichés réalisés lors de l’élévation du Corps adorable de Notre-Seigneur et de Son Très Précieux Sang :

Ceyssac 15 août 2015 3 - à l'élévation du Corps du Christ

Ceyssac 15 août 2015 4 - à l'élévation du Précieux Sang

Ci-dessous, une vue générale de la nombreuse assistance. Photographie réalisée lors des purifications, alors que les fidèles sont en action de grâces silencieuse :

Ceyssac 15 août 2015 5 - l'assistance vue du fond de l'église

Certains fidèles d’ailleurs n’avaient pas trouvé place dans l’église et ont suivi la Sainte Messe depuis le parvis avec une édifiante ferveur :

Ceyssac 15 août 2015 6 - des fidèles qui ont suivi la Messe sur le parvis

Afin de permettre aux fidèles qui le souhaitent de participer à la procession de la Vierge Noire, qui se déroule dans les rues du Puy l’après-midi, nous accomplissons la procession du Voeu de Louis XIII immédiatement après la Messe.
Lors de cette procession, la statue de la Madone est portée sur un brancard fleuri, sur lequel est également placé un reliquaire – apporté du Mesnil-Marie - dans lequel est renfermé un fragment du Voile de la Très Sainte Vierge Marie (Voile que portait Notre-Dame lors de l’Annonciation, offert par l’impératrice Irène de Constantinople au Bienheureux Charlemagne, puis donné par Charles le Chauve à la cathédrale de Chartes).
Au chant des litanies de la Sainte Vierge, les fidèles, suivant la croix de procession, sortent de l’église, puis viennent le brancard et enfin Monsieur l’Abbé.

Ceyssac 15 août 2015 7 - procession sortie de la Vierge

La procession descend vers la place du village dont elle fera le tour.

Après le chant des litanies, ce sont des cantiques populaires en français qui sont repris avec flamme.

Ceyssac 15 août 2015 8 - procession dans le village

La statue de la Madone et le reliquaire pendant la procession :

Ceyssac 15 août 2015 9 - le brancard avec la Vierge et le reliquaire

Détail du reliquaire :

Ceyssac 15 août 2015 10 - le reliquaire du Voile de la Vierge

Au retour dans l’église, le brancard de procession est déposé dans le sanctuaire.
C’est alors qu’est lu le texte complet de l’Edit de Saint-Germain, publié le 10 février 1638, par lequel Sa Majesté le Roi Louis XIII a consacré sa personne, sa couronne et le royaume de France tout entier à la Très Sainte Vierge Marie, ordonnant que désormais cette consécration soit renouvelée tous les ans, à l’occasion de la fête de l’Assomption.

Ornement de l'Assomption 2 détail

Chasuble de l’Assomption du Mesnil-Marie (détail de la Madone)

Après le chant du « Sub tuum praesidium » et les oraisons d’usage renouvelant cette consécration, la cérémonie s’est achevée sur un vibrant « Salve Regina », la très populaire antienne du Puy - antiphona de Podio - que, ce soir,  je me permets de paraphraser ainsi :

« Nous vous saluons, ô Reine de la France,
Mère de miséricorde, qui êtes la vie, et la douce espérance de ce Royaume à la dérive !
Vers vous, le peuple français dans la détresse crie,
vous suppliant de faire cesser son errance pécheresse :

Vers vous, les Français, gémissant et pleurant sur l’apostasie officielle de ce pays,
élèvent les soupirs de leurs âmes endolories !
O v
ous à qui ce Royaume a été solennellement consacré,
soyez son inlassable avocate auprès du divin Juge :
Fléchissez Son Coeur et obtenez de Lui les grâces d’une conversion profonde et générale,
afin que cette France, pénitente et reconnaissante,
retrouvant la fidélité aux grâces de sa vocation,

chante à la face de toutes les nations la gloire du Christ-Roi,
et votre toute puissante intercession :
ô clémente, ô toute bonne, ô douce Vierge Marie ! »

Lully.

Ornement de l'Assomption 3 détail

Chasuble de l’Assomption du Mesnil-Marie (détail d’une broderie).

Note : Selon la tradition, c’est à « la dame de Ceyssac » que la Très Sainte Vierge Marie est apparue, lorsque, pour la seconde fois, elle s’est manifestée au Puy, enjoignant de lui dédier un sanctuaire sur le Mont Anis et opérant, pour preuve de son intervention céleste, des guérisons miraculeuses.

Prière à Notre-Dame des Neiges :

miracle de la neige 5 août

Leçons du bréviaire
pour le deuxième nocturne des matines
de la fête du 5 août :

Quatrième leçon : 
Sous le pontificat de Libère (1), le patricien romain Jean et sa noble épouse, n’ayant point d’enfants pour hériter de leurs biens, vouèrent leurs possessions à la très sainte Vierge Mère de Dieu, et ils lui demandèrent instamment, par des prières multipliées, de leur faire connaître, d’une manière ou d’une autre, à quelle œuvre pie elle voulait que ces richesses fussent employées. La bienheureuse Vierge Marie écouta favorablement des supplications et des vœux si sincères et y répondit par un miracle.

Cinquième leçon :
Aux nones d’août, époque où les chaleurs sont très grandes à Rome, une partie du mont Esquilin fut couverte de neige pendant la nuit. Cette nuit même, tandis que Jean et son épouse dormaient, la Mère de Dieu les avertit séparément d’élever une église à l’endroit qu’ils verraient couvert de neige, et de dédier cette église sous le nom de la Vierge Marie ; c’est ainsi qu’elle voulait être instituée leur héritière. Jean rapporta la chose au Pontife Libère, qui affirma avoir eu la même vision pendant son sommeil.

Sixième leçon :
En conséquence, Libère, accompagné de son clergé et de son peuple, vint, au chant des litanies, à la colline couverte de neige, et il y marqua l’emplacement de l’église, qui fut construite aux frais de Jean et de son épouse.
Sixte III restaura plus tard cette église (2). On la désigna d’abord sous divers noms : basilique de Libère, Sainte-Marie-de-la Crèche (3). Mais comme il existait déjà à Rome beaucoup d’églises consacrées à la sainte Vierge, on finit par l’appeler église de Sainte-Marie-Majeure, pour que, venant s’ajouter à la nouveauté du miracle et à l’importance de la basilique, cette qualification même de majeure la mît au-dessus de toutes les autres ayant le même vocable. L’anniversaire de la dédicace de cette église, rappelant la neige qui tomba miraculeusement en ce jour, est célébré solennellement chaque année.

ange du miracle de la neige

Notes :
(1) - Libère, pape de 352 à 366. La date communément admise aujourd’hui pour le miracle de la neige célébré en ce jour est celle du 5 août 358.
(2) - Saint Sixte III, pape de 432 à 440 (il est mentionné au martyrologe à la date du 19 août). La restauration et les embellissements qu’il fait entreprendre sur la basilique libérienne dédiée à la Sainte Mère de Dieu s’inscrivent dans la continuité du concile d’Ephèse (431). Les extraordinaires mosaïques que l’on admire aujourd’hui encore à l’arc triomphal de la basilique datent de son pontificat. 
(3) - On n’a pas de certitude sur la date exacte à laquelle les reliques de la Crèche de Notre-Seigneur furent apportées à Rome et déposées dans l’oratoire de la crèche édifié à côté de la basilique. Pour de plus amples informations historiques, se reporter à l’article publié ici dans ce blogue > Histoire de la dévotion à la Crèche.

Niccolò Soggi - Miracle de la neige 1520-24 -Musée diocésain d'Arezzo

Niccolo Soggi  (1479-1551) : le miracle de la neige
(musée diocésain d’Arezzo)

Prière à Notre-Dame des Neiges :

I. Par la très sainte résolution que vous avez vous-même inspirée dans les âmes du patricien romain Jean et de sa digne épouse, afin de leur faire consacrer à votre honneur tous leurs biens, puisque privés d’héritier par une stérilité invétérée, obtenez-nous, ô très Sainte Mère de Dieu, de savoir toujours tirer profit des contraditions et oppositions qui nous assaillent sur cette terre pour travailler plus ardemment à l’acquisition des biens éternels du Ciel, spécialement en soutenant les œuvres qui concourrent à votre gloire.

Je vous salue, Marie…

II. Vous avez révélé au même moment, tant au saint patricien Jean, à son épouse stérile et et au pape Libère, votre souhait de voir une église érigée en votre honneur, là où l’on trouverait le sol couvert de la neige miraculeusement envoyée par vous au plus fort de la chaleur estivale : par cette illustre révélation, obtenez-nous, ô très illustre Vierge, de toujours reconnaître clairement vos très saintes volontés pour que nous nous y conformions avec exactitude dans toute notre conduite.

Je vous salue, Marie…

III. Sous les yeux de Rome toute entière, vous avez recouvert d’une neige miraculeuse le sommet du Mont Esquilin, et vous l’avez conservée intacte sous l’ardent soleil d’août, afin d’indiquer le lieu et les dispositions du sanctuaire que vous demandiez en votre honneur : par ce miracle inédit, obtenez-nous, ô puissante Reine céleste, de ne jamais douter de l’ampleur de votre pouvoir, aussi bien dans l’ordre de la nature que dans celui de la grâce, et de nous confier toujours en votre toute puissance.

Je vous salue, Marie…

IV. Par cette leçon mystérieuse que vous avez donnée au monde entier en envoyant de la neige au mois d’août sur une des collines de Rome, vous avez symboliquement manifesté le devoir qui nous incombe de garder nos âmes pures, afin de bénéficier de votre sainte protection : obtenez-nous donc, ô Sainte Vierge des vierges, de nous préserver toujours des souillures de l’âme et de garder intacte la chasteté de notre état, afin d’avoir par aux bénédictions célestes que Dieu se plaît à répandre par vos mains.

Je vous salue, Marie…

V. L’église qui vous fut ainsi dédiée sous le vocable de Sainte-Marie aux Neiges, rendue encore plus illustre par les saintes reliques de la Crèche de Notre-Seigneur rapportées de Bethléem et pour le titre de Sainte-Marie-Majeure qu’elle reçut enfin, fut de tout temps l’objet d’une sollicitude particulière des pontifes romains et de la dévotion de nombreux saints : par la gloire particulière que vous avez procurée à cette basilique, obtenez-nous, ô notre Mère et notre Souveraine, de toujours travailler à votre gloire, de nous dédier, autant qu’il est en notre pouvoir, à l’entretien et à l’ornementation de vos sanctuaires et de vos autels, afin que nous puissions, au terme de cette vie, être introduits auprès de vous dans le Temple du Ciel, pour y chanter avec vous un « Magnificat » éternel.

Je vous salue, Marie…

Oraison :
Accordez à Vos serviteurs, nous Vous en prions, Seigneur notre Dieu, de jouir toujours de la santé de l’âme et du corps : et par la glorieuse intercession de la Bienheureuse Marie toujours Vierge, d’être délivrés des tristesses du temps présent et d’avoir part aux joies de l’éternité.
Nous Vous le demandons par Jésus-Christ Notre-Seigneur.

Ainsi soit-il.

Icône Salus populi romani Sainte Marie aux Neiges à Rome

Icône miraculeuse « Salus populi romani », attribuée à Saint Luc
(chapelle Borghese de la basilique Sainte-Marie-aux-Neiges, Rome)

2015-43. Si vous aimez Jésus, vous aimerez Sa croix.

Lundi Saint 30 mars 2015.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Ceux qui connaissent bien Frère Maximilien-Marie ne seront nullement étonnés si je leur dis que notre Frère a rassemblé une assez importante collection d’ « images pieuses », parmi lesquelles se trouvent quelques très beaux canivets.
Parmi ceux-ci, il y en a un que j’avais mis en réserve à votre intention pour ce commencement de la Semaine Sainte : vous trouverez ci-dessous les reproductions du recto et du verso.
Comme les textes qui y sont imprimés sont inspirés de « L’Imitation de la Sainte Vierge » (*), je vous recopie aussi, en dessous le chapitre complet auquel ces citations renvoient.

« Ô ma mère, le motif qui m’animera désormais et me consolera dans toutes mes souffrances, sera de penser que je porte ma croix avec Jésus et pour Jésus… »

Lully.

(*) L’ « Imitation de la Sainte Vierge sur le modèle de l’Imitation de Jésus-Christ » est un petit ouvrage de spiritualité paru au XIXe siècle sans nom d’auteur et qui connut une assez grande diffusion dans les milieux fervents jusque dans le premier tiers du XXe siècle : je n’ai pas trouvé trace de réimpression après 1935.

canivet Vierge des Douleurs

canivet verso

Que celui qui aime Jésus doit monter avec Jésus au Calvaire,
et y souffrir avec Lui.

(Imitation de la Sainte Vierge – Livre III, chapitre 1)

Marie :

Jésus monte au Calvaire. Venez, mon fils ; Il nous invite à y monter avec Lui. Si vous L’aimez vous ne L’abandonnerez pas.
Notre amour pour Jésus serait-il digne de Lui, si nous Le délaissions dans Ses douleurs, et lorsque tous les homme Le méconnaissent et L’outragent ?
Nous ne pouvons Lui donner aucun secours ; mais du moins nous prendrons part à Ses souffrances en mêlant nos larmes avec Son Sang, et nous Lui donnerons la consolation de voir que nous sommes prêts à souffrir pour Son amour tout ce qu’Il ordonnera.

Le serviteur :

Mais, Vierge généreuse, ne saurait-on témoigner son amour à Jésus que dans les souffrances ? Ne le peut-on dans le calme et la paix ?

Marie :

Mon fils, dans le calme et la paix, il est facile de donner des témoignages de cet amour ; mais on ne peut bien juger de sa solidité que dans un temps d’orage.
Jésus a dit : Celui qui ne porte pas sa croix et ne Me suit pas, ne saurait être Mon disciple.
Vous devez donc mettre au nombre des jours heureux ceux où vous avez des occasions d’endurer quelque chose pour l’amour de Lui.
Bien des chrétiens n’aiment guère le divin Bienfaiteur qu’à cause de Ses bienfaits, et ressemblent aux amis de la terre, qui n’aiment point gratuitement.
Ils disent qu’ils aiment Jésus de tout leur coeur ; cependant ils n’ont pas le courage de veiller seulement une heure avec Lui dans le jardin de Son agonie.
Ils protestent qu’ils Le suivront partout, même à la mort ; mais la crainte des souffrances affaiblit bientôt en eux l’amour, et ils ne suivent plus Jésus que de loin.
Pour vous, mon fils, si vous aimez Jésus, vous aimerez Sa croix ; et, si vous L’aimez de tout votre coeur, vous embrasserez de tout votre coeur les différentes croix qu’Il vous enverra.
Celui qu’il ne faut pas forcer, comme Simon de Cyrène, à porter la croix de Jésus, et qui participe volontiers à l’amertume du fiel qui Lui fut présenté sur le Calvaire, celui-là aime Jésus véritablement.
Le feu de la tribulation éprouve l’or de l’amour ; il le purifie, il le perfectionne.
Jésus a vécu dans les larmes. Devez-vous vous attendre, et pourriez-vous vous résoudre à vivre dans les délices ?
Un véritable chrétien est un homme formé sur Jésus souffrant, mourant et mort en croix.
Vous Le trouvez si aimable quand vous pensez aux souffrances qu’Il a endurées pour votre amour ; ah ! combien ne devez-vous pas aimer ce qui Le rend un si digne objet de vos affections, ces souffrances même dont Il ne vous fait part que parce qu’Il vous aime !
Des hommes rachetés par la croix doivent regarder la croix comme leur partage et leur gloire.
Jésus n’est entré dans Sa gloire que par la voie des souffrances. Il n’y a pas eu pour moi une voie différente, ni pour les Saints. Il faut que vous y marchiez, si vous voulez parvenir au même terme.

Le serviteur :

Ô Vierge, mère d’un Dieu, si vous avez enduré tant de souffrances, si vous en avez conçu tant d’estime, c’est que vous aimiez Dieu plus que tous les martyrs, plus que tous les Saints ensemble.
Aidez-moi par votre intercession à vaincre ma délicatesse, ma sensibilité, l’horreur naturelle que j’ai de la croix, afin que mon coeur, mon esprit et tout ce qui est en moi prouve à mon Dieu que je L’aime.
Vous avez été la vierge la plus sainte et néanmoins la plus affligée. Je consens de participer à vos souffrances, pourvu que je participe à votre amour.
Faites que j’aime la croix de Jésus, que je mette mes délices dans la croix, afin qu’à ma mort Jésus en croix soit ma force et ma consolation.

Marie :

Comment, en effet, pourrez-vous à la mort embrasser avec confiance le crucifix, si vous avez vécu en ennemi de la croix ?
A la mort, bien loin d’être fâché d’avoir souvent été sur la croix, on voudrait y avoir été toujours, parce que’on aurait eu continuellement l’avantage de ressembler à Jésus par où Il veut surtout qu’on Lui soit conforme.
Mon fils, si, exposé aux mépris, aux mauvais traitements, aux sanglantes persécutions, vous les enduriez avec soumission, avec patience, avec constance, je verrais en vous une ravissante image de Jésus.

Le serviteur :

Ô ma mère, le motif qui m’animera désormais et me consolera dans toutes mes souffrances, sera de penser que je porte ma croix avec Jésus et pour Jésus ; mais en même temps quel avantage pour moi que celui de penser que mon état et mes dispositions m’attireront d’une manière spéciale votre protection et votre amour !

Blason du Refuge Notre-Dame de Compassion

2015-41. « Crucifiée dans son amour pour Jésus, et crucifiée avec Lui par son amour pour nous ! »

Vendredi de la Passion,
Commémoraison solennelle de la compassion de Notre-Dame.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Ce vendredi dans la semaine de la Passion a été consacré, depuis de très nombreux siècles, à honorer les douleurs de la Très Sainte Vierge Marie, et à célébrer liturgiquement sa compassion.

Historiquement c’est la première, et donc en un sens la plus importante, des deux fêtes de Notre-Dame des Douleurs célébrées au calendrier liturgique traditionnel. Celle que l’on trouve actuellement fixée au 15 septembre est, en effet, d’institution récente.
Aussi ne peut-on qu’être étonné par le fait que ceux qui, à partir du milieu du XXe siècle, ont prétendu réaliser un travail de « restauration de la liturgie » se sont employés à minimiser (jusqu’à faire la disparaître totalement dans le calendrier liturgique de la réforme consécutive au second concile du Vatican) la fête de la compassion de la Vierge célébrée le vendredi de la Passion.

Au Refuge Notre-Dame de Compassion, nous maintenons bien sûr cette célébration, la considérant comme l’une de nos fêtes patronales.

A cette occasion, je veux proposer à votre réflexion un très bel extrait d’un ouvrage qu’il est aujourd’hui devenu assez difficile – voire quasi impossible – de trouver : « Mater Dolorosa », du Révérend Père Augustin-Marie Lépicier (1880-1963) de l’Ordre des Servites de Marie, livre publié en 1948.
Chacune des phrases, chacun des mots de ce texte doivent être approfondis, longuement médités, lentement assimilés et compris avec le coeur de notre âme.

Nota bene : les phrases ou extraits de phrases qui sont en caractères gras dans le texte ci-dessous, l’ont été mis par nous, parce qu’ils nous semblaient particulièrement importants.

Statue de N.D. de Compassion du Mesnil-Marie

Notre-Dame de Compassion
(Piéta de taille naturelle conservée au Mesnil-Marie)

fleur de lys gif2

« Crucifiée dans son amour pour Jésus, et crucifiée avec Lui par son amour pour nous ! »

Quiconque a tant soit peut médité « le mystère de Marie » n’ignore rien de la tragique réalité de la souffrance dans sa vie – de la cause et des sources de ses souffrances – de l’immensité de cet océan d’amertume dont les flots inondèrent son âme. Il sait que depuis le Fiat de l’Annonciation auquel devait faire écho le Fiat du Calvaire, la vie de la Mère du Rédempteur fut surtout une suite de jours dont l’angoisse enveloppa de brumes ses heures les plus heureuses.
Ne devait-il pas en être ainsi ? La Toute Sainte, Celle que les générations proclameront bienheureuse ne devait-Elle pas être plongée dans l’abîme de toutes les afflictions ?
Car la sainteté est faite d’amour et le degré de sainteté est en proportion du degré d’amour pour Dieu. Or, ici-bas, la mesure de notre amour pour Dieu c’est la somme de souffrances que nous endurons par amour pour Lui.

Puisque Marie fut prédestinée, en tant que Mère du Verbe Incarné, à aimer Dieu comme jamais créature ne pourra L’aimer, il fallait, dans son amour pour Celui qui devait, par Sa Passion et par Sa Croix, sauver le monde, qu’Elle endurât une somme de souffrances supérieure à celle de toutes les créatures.
Aussi la dévotion à ses douleurs est-elle la « reine des dévotions envers Marie », comme l’assure le Père Faber : elle est à la base de ses grandeurs, le témoignage de son amour et de sa sainteté.

Quand on pense à tout cela, on se demande comment ils se fait que la dévotion aux Douleurs de Marie n’est pas mieux comprise et davantage pratiquée dans le monde foncièrement chrétien, voire dans le monde sacerdotal ; qu’elle n’occupe pas l’une des premières places dans les associations mariales et que, dans la plupart des ouvrages de mariologie, l’on en fassse, trop souvent, si peu mention…
« Enfermons-nous donc dans le jardin secret des Douleurs de Marie. C’est un des plus chers paradis de Dieu » (Père Faber).

Mais avant d’aller plus loin, répondons à une objection qui se présente peut-être, naturellement, à l’esprit de beaucoup : ne devons-nous pas croire que les joies de Marie compensèrent largement ses Douleurs ?
Tout d’abord, qui pénétrera assez intimement dans le mystère de Marie pour les départager et établir dans quelles proportions les joies contrebalancèrent ses souffrances ?
Certes, l’amour de Dieu est le suprême bonheur et, dès ici-bas, depuis Saint Paul (cf. 2 Cor. VII, 4), que de saints n’ont pas laissé échapper le cri de leur surabondante allégresse au milieu de leurs tribulations ?

Remarquons toutefois qu’entre Marie et les saints la distance est immense. Car la cause principale des souffrances de la Mère des Douleurs fut précisément Celui qui était aussi l’objet de son incomparable amour – Celui dont Elle était, d’une façon ineffable, la Mère et l’Epouse, comme Elle en était la sublime rachetée – , tandis que les saints mettaient leur joie dans la souffrance, par imitation et en esprit d’amoureuse immolation pour le Christ qui S’était immolé par amour pour eux.
Ensuite, si la présence de Jésus, depuis la Crèche jusqu’à ce qu’Il la quittât pour sauver Ses frères, fut pour Sa divine Mère une source de fréquentes joies, elle Lui fut aussi source de douleurs qui assombrissaient singulièrement ses instants de bonheur. Car, en ces moments, son âme profonde ne pouvait oublier le souvenir des douleurs passées et la certitude de plus grandes douleurs à venir.
Enfin, graduellement, tandis qu’Elle voyait sous ses yeux grandir l’Agneau pour le sacrifice, la souffrance s’implantait en son âme d’une façon de plus en plus permanente, ne lui laissant guère, surtout au cours de la douloureuse Passion, pendant et après la mort effroyable de son Fils et de son Dieu, que l’ineffable, mais aussi bien amère jouissance de réaliser dans son coeur tout ce que réalisait dans Son corps comme dans Son âme sainte le Divin Rédempteur.

Joie toute surnaturelle qui se nourrit de larmes et de souffrances : joie faite d’admiration pour le courage de son Divin Fils ; joie aussi dans l’union du martyre de Jésus à son propre martyre – du partage de Son immolation expiatrice, pour venger l’honneur dû à Dieu et réhabiliter, par son courage maternel, joint à celui du Christ, toute l’humanité.

Marie est heureuse, enfin, car c’est dans cette union de ses souffrances avec celles de Jésus, qu’Elle devient, au pied de la Croix, la Mère de tous les rachetés.
C’est ainsi qu’il faut entendre certains auteurs qui nous assurent que Marie, au pied de la Croix, connut plus grande joie qu’aux jours de l’Annonciation et de Noël. N’offrit-Elle pas de grand coeur, et même « avec joie », comme l’asssure Sainte Mechtilde, « son Fils bien-aimé à l’immolation pour le salut du monde » ?

D’autre part, nouvelle Eve du nouvel Adam, Elle devait être aussi, dans son amour sublime pour son divin Fils comme pour l’humanité qu’Elle enfantait à la grâce, par son offrande et son sacrifice, la Mère des Douleurs de l’Homme des Douleurs, Sa Co-Rédemptrice dans l’oeuvre de la Rédemption.

Elle fut donc doublement Mater Dolorosa : crucifiée dans son amour pour Jésus, et crucifiée avec Lui par son amour pour nous !

Rd.P. Augustin-Marie Lépicier, « Mater Dolorosa » p.2 et suivantes.

Statue de N.D. de Compassion du Mesnil-Marie - détail

Pour honorer Notre-Dame de Compassion :
-  « Ave, Maria » à la Vierge de Compassion > www
- Méditations de Monsieur Olier sur « Marie au Calvaire » à partir d’ici > www
- Neuvaine à Notre-Dame des Douleurs > www
- Chapelet des Sept Douleurs > www
- Confiante suppication à Notre-Dame de Compassion > www
- Prières de St Alphonse pour honorer les Sept Douleurs de Notre-Dame > www

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2014-110. Le fac-similé de la Sainte Maison de Lorette à La Flocellière.

10 décembre 2014,
fête de Notre-Dame de Lorette.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Ceux qui connaissent bien le Mesnil-Marie savent que nous y nourrissons une fervente dévotion à la Santa Casa de Lorette, dont je vous avais entretenus au tout début de mon blogue (ici > « De la translation de la Sainte Maison de Lorette »).

Frère Maximilien-Marie a eu l’immense bonheur de s’y rendre en pèlerinage à plusieurs reprises et aujourd’hui il n’a pas manqué de me faire remarquer que nous étions exactement au sept-cent-vingtième anniversaire de son arrivée à Loreto  – le 10 décembre 1294 – , après avoir au préalable fait escale en Illyrie, puis dans deux autres lieux du territoire de Recanati.

Comme nous sommes encore dans l’année jubilaire du huitième centenaire de la naissance de Saint Louis, notre Frère m’a également montré une photo (malheureusement pas très nette) qu’il a prise lors de son dernier pèlerinage à Lorette, en avril 2010, et qui montre, dans la chapelle française de la basilique (qui est aussi la chapelle du Très Saint Sacrement), au-dessus de l’autel, la représentation de la communion de Saint Louis dans la Sainte Maison (qui se trouvait alors encore à Nazareth) :

Lorette, chapelle française - St Louis recevant la communion dans la Ste Maison

Basilique de Lorette (Loreto), chapelle française :
Saint Louis recevant la sainte communion dans la sainte maison de Nazareth.

Il y a en France plusieurs chapelles ou sanctuaires qui sont placés sous le vocable de Notre-Dame de Lorette.
L’un des plus célèbres aujourd’hui, entré dans l’histoire en raison des combats acharnés dont il fut le théâtre au cours de la première guerre mondiale, se situe en Artois, près d’Ablain-Saint-Nazaire : la colline de Lorette est maintenant une immense nécropole où se perpétue le souvenir des soldats tombés lors des épisodes sanglants de 1914-1918 ; au milieu des étendues de croix blanches, la chapelle dédiée à Notre-Dame de Lorette a été rebâtie.

Mais c’est d’un autre sanctuaire, tout à fait remarquable, que je voudrais vous parler en ce jour : il est sis sur la paroisse de La Flocellière, au pied de Saint-Michel Mont-Mercure, en bas-Poitou, aux confins de l’Anjou, actuel département de la Vendée.
Là se trouve en effet un fac-similé d’une minutieuse exactitude de la Santa Casa de Lorette.

Façade de la chapelle ND de Lorette à La Flocellière (vue ancienne)

A l’origine de cette chapelle, il y eut une histoire d’amour un peu rocambolesque, puisque, au début du XVIIe siècle, le marquis de La Flocellière, Jacques de Maillé-Brezé, enleva, pour l’emmener dans son château de La Flocellière, la princesse écossaise Elizabeth Hamilton, dont il s’était follement épris et qui avait jusqu’alors repoussé ses avances.
Las ! alors qu’elle avait enfin consenti à l’épouser, mais avant que ne fussent célébrées les noces, la belle Elizabeth tomba gravement malade et trépassa.
Parmi ses dernières volontés, il y avait celle de doter la construction d’un couvent et d’une église dédiés à Notre-Dame de Lorette.
En juin 1617, Jacques de Maillé-Brezé passa contrat avec les Carmes pour qu’ils construisent, sur les terres qu’il leur donnait, une église conventuelle, un cimetière et un cloître avec ses bâtiments attenant. Il leur assurait aussi un revenu fixe.
Jacques de Maillé-Brezé mourut avant de voir l’oeuvre achevée (dans la dernière moitié du XVIIe s).

Les Carmes restèrent à La Flocellière quelque cent-cinquante ans. A la veille de la grande révolution, on dit qu’ils n’étaient plus que quatre. Les lois impies les forcèrent à quitter les lieux ; le couvent et l’église furent vendus comme biens nationaux ; puis le passage des colonnes infernales les réduisit à l’état de ruines fumantes.

En 1828, un médecin de La Flocellière racheta ce qui restait de l’église, en fit relever les murs et y fit poser un toit pour la transformer en… grange à foin et remise à bois.
Cela dura une quarantaine d’années.

C’est alors que fut nommé à la cure de La Flocellière l’abbé Joseph Dalin, un prêtre au zèle infatigable et au coeur rempli d’audace.

Abbé Joseph Dalin curé de La Flocellière

L’abbé Joseph Dalin (1800-1884), curé de la Flocellière.

Non content de racheter l’ancienne église conventuelle, en 1867, et de la faire restaurer pour la rendre au culte (1869), l’abbé Dalin conçut une idée que nombre de pieuses personnes « sérieuses » et « raisonnables » ne pouvaient manquer de qualifier de pure folie : au chevet de la chapelle restaurée de Notre-Dame de Lorette de La Flocellière, et communiquant avec elle, édifier une chapelle qui soit la réplique à l’identique de l’intérieur de la Sainte Maison de Lorette.
Et quand je dis « à l’identique », je ne veux pas parler d’une approximative ressemblance, mais bien d’un fac-similé des plus exacts, des plus rigoureux, des plus précis : au millimètre près et dans les moindres détails !

Pour cela, l’abbé Dalin envoya à Loreto un artiste nantais, Félix Benoist, peintre, dessinateur et lithographe.
Félix Benoist rapporta de Lorette les plans détaillés et millimétrés de l’intérieur de la Santa Casa.

Cette construction à l’identique eut lieu au cours de l’année 1873, si bien que le jour de la fête de Notre-Dame de Lorette, 10 décembre 1873, Son Excellence Monseigneur Charles-Théodore Colet, évêque de Luçon (et archevêque de Tours moins d’un an plus tard), vint bénir le fac-similé de la Sainte Maison au cours d’une grandiose cérémonie.

Sainte Maison de Lorette - La Flocellière carte ancienne

Pendant trois-quarts de siècle environ, la reproduction de la Sainte Maison de Lorette à La Flocellière fut un lieu de pélerinage des plus fréquentés : on y dénombra plus de cinq mille pélerins en une seule journée (22 août 1944).

Mais la deuxième moitié du XXe siècle vit disparaître processions et pélerinages : le clergé moderniste, le clergé « recyclé » dans « l’esprit du concile » n’apprécie pas trop les récits de miracles (« La translation de la Sainte Maison de Nazareth jusqu’à Lorette : quelle pieuse blague ! »), ni les démonstrations de la dévotion populaire…

Lorsque notre Frère Maximilien-Marie a visité les lieux, dans les dernières années du XXe siècle, la chapelle Notre-Dame de Lorette de La Flocellière était rarement ouverte, et seulement en été ; elle ne servait plus au culte et présentait des signes de détérioration bien inquiétants. A son chevet, le fac-similé de la Santa Casa donnait une désolante impression d’abandon et de tristesse.

Fort heureusement, nous avons appris qu’il n’en est plus ainsi : la commune de La Flocellière, ayant pris conscience qu’elle possédait là un trésor, aidée par des subventions et des dons de particuliers, a fait procéder à une belle restauration.
Par ailleurs, l’édifice a été inscrit à l’inventaire des Monuments Historiques.

Le site du diocèse de Luçon, de son côté, présente ce sanctuaire comme « un lieu spirituel très fort qui n’attend plus qu’un nouveau pèlerinage ! ». Puisse-t-il en être ainsi !

Fac-similé de la Santa Casa à La Flocellière

La Flocellière : fac-similé de la Santa Casa après restauration.

Ceux qui ont eu la grâce de se rendre en pèlerinage à Lorette m’objecteront peut-être :
« Mais, Lully, sur les photos que vous publiez ci-dessus, je ne reconnais pas exactement l’intérieur de la Sainte Maison tel que j’ai pu le voir de mes propres yeux ! »

En effet, le fac-similé de La Flocellière n’est pas conforme à l’état actuel de la Santa Casa, à Loreto.
Mais cela ne signifie pas que la copie est infidèle : c’est tout simplement parce qu’en 1921 un incendie a ravagé le sanctuaire de Loreto, et a même détruit le mobilier intérieur de la Santa Casa, au point que l’antique statue de cèdre de la Madone qui y était exposée et vénérée a été entièrement consumée (la statue actuelle a été refaite en 1922 dans le bois d’un cèdre des jardins du Vatican donné par Pie XI).

La restauration de l’intérieur de la Santa Casa, après 1921, si elle n’a pas modifié substantiellement la disposition des lieux n’a néanmoins pas consisté en une réhabilitation exacte de ce qui y existait avant l’incendie.
Ainsi donc, le fac-similé de La Flocellière nous donne-t-il un précieux et fidèle témoignage de ce qu’était la Sainte Maison de Lorette exactement telle que l’ont vue et y ont prié Saint Louis-Marie Grignon de Montfort, Saint Benoît-Joseph Labre, le Bienheureux Pie IX, Saint Pie X, Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus ou Saint Maximilien-Marie Kolbe, pour ne citer, parmi tous les illustres saints pélerins de Lorette, que quelques uns qui nous sont particulièrement chers.

Fac-similé Santa Casa - La Flocellière

La Flocellière : fac-similé de la Santa Casa, le rétable après restauration.

Voilà donc une petite merveille de notre patrimoine religieux que je voulais vous faire découvrir (ou redécouvrir peut-être), chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion.
Si vous êtes de passage en bas-Poitou, n’hésitez pas à faire un petit détour, à seulement quelques kilomètres au Sud-Est des Herbiers, pour aller visiter la chapelle Notre-Dame de Lorette de La Flocellière et vous recueillir dans cette reproduction exacte de la Sainte Maison dans laquelle le Verbe s’est fait chair et a habité parmi nous. 

Lully.

Translation de la Sainte Maison - image de dévotion populaire

Selon les indications que nous avons recueillies, la chapelle Notre-Dame de Lorette de La Flocellière est maintenant ouverte tous les jours de 9 h. à 19 h. – Visites guidées sur rendez-vous. Tél. : 02 51 57 27 05 > Association La Boulite.

Publié dans:De liturgia, De Maria numquam satis, Memento |on 10 décembre, 2014 |3 Commentaires »

Tota pulchra es, o Maria !

- 8 décembre -

fête de la conception sans tache
de la
Bienheureuse Vierge Marie

Martino Altomonte - Budapest (1719)

La Vierge immaculée – Martino Altomonte (1719)

Juste quelques lignes pour vous rejoindre en cette très belle fête du 8 décembre, chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion. Nous l’avons préparée par la neuvaine recommandée par l’Eglise, et aujourd’hui nos coeurs sont remplis d’allégresse et de ferveur filiale, afin de rendre grâces à Dieu pour le chef d’oeuvre de Sa création, afin de chanter les louanges de la Vierge sans tache qui fut conçue en ce jour, afin d’exulter dans la reconnaissance…

Comme notre Frère Maximilien-Marie, depuis qu’il est levé ce matin, ne cesse de chanter cet ancien cantique latin extrait des « Cantus Mariales », appris lorsqu’il était jeune religieux : « Tota pulchra es, o Maria ! Tota pulchra es ! Vous êtes toute belle, ô Marie, vous êtes toute belle ! », j’ai résolu de vous en adresser ci-dessous le texte complet (inspiré par le cantique des cantiques) avec la partition, et même un enregistrement. Ainsi pourrez-vous le chanter en union avec nous.

Bonne, belle et par dessus tout très fervente
fête de l’Immaculée Conception !

Lully.      

Tota pulchra es, o Maria

3 – Sicut lilium inter spinas : inter filias sic tu Virgo benedicta.
Tuum refulget vestimentum ut nix candidum ;
sicut sol facies tua.

Comme le lis entre les épines : ainsi êtes vous entre les jeunes filles, ô Vierge bénie.
Votre vêtement resplendit blanc comme la neige ;
votre visage est semblable au soleil.

4 – In te spes vitae et virtutis, omnis gratia et viae et veritatis.
Post te curremus in odorem suavissimum
trahentium unguentorum.

En vous réside l’espoir de la vie et de la vertu, toute grâce de conduite et de vérité.
A votre suite nous courrons à l’odeur très suave
de vos parfums qui nous attirent.

5 – Hortus conclusus, fons signatus, Dei Genitrix, et gratiae paradisus.
imber abiit et recessit, hiems transiit,
jam flores apparuerunt.

Jardin clos, fontaine scellée, ô Mère de Dieu, paradis de la grâce.
La pluie a cessé et s’en est allée, l’hiver est passé,
déjà les fleurs sont apparues.

6 – In terra nostra vox audita, vox dulcissima : vox turturis, vox columbae.
Assume pennas, o columba, formosissima !
Surge, propera et veni.

Sur notre terre, une voix s’est fait entendre, une très douce voix : voix de la tourterelle, voix de la colombe.
Prenez votre vol, ô colombe infiniment belle !
Levez-vous, hâtez-vous et venez.

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Et n’oubliez pas :
- l’illumination de vos fenêtres ce soir du 8 décembre > www
- et ici, le rappel des origines de Notre-Dame > www

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