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2008-23. De l’image miraculeuse de Notre-Dame du Bon Conseil.

Genazzano, est une petite ville du Latium, à près de quarante kilomètres de Rome, où la Très Sainte Vierge est honorée sous le vocable de Notre-Dame du Bon Conseil.

On est certain qu’une petite église dédiée à la Madone existait déjà en ce lieu au Xème siècle. Mais c’est en 1356, par un acte notarié qui attribue cette église aux religieux augustiniens, que nous apprenons que l’église est paroissiale et qu’apparaît aussi pour la première fois le vocable de Notre-Dame du Bon Conseil.

Dans la seconde moitié du XVème siècle, une pieuse veuve du nom de Petruccia – tertiaire augustinienne – donna tous ses biens pour que l’église, qui était en fort mauvais état, puisse être agrandie, restaurée et embellie.
Mais sa fortune fut rapidement engloutie par les travaux sans qu’on puisse les achever. Le chantier fut interrompu et Petruccia fut en butte à quelques sarcasmes de la part de la population qui lui reprochait d’avoir vu trop grand.
La vieille femme (elle était déjà octogénaire) répondit simplement, sans perdre sa sérénité : « Mes enfants, ne soyez pas inquiets car avant que je meure la Vierge Très Sainte et Saint Augustin oeuvreront pour terminer l’église… »

Le 25 avril 1467, à l’heure des vêpres, une nuée lumineuse se manifesta dans l’église tandis que toutes les cloches de la ville se mettaient à sonner sans que personne ne les eût mises en branle : lorsque la nuée se dissipa, elle laissa place, sur l’un des murs de l’église, à une image de la Vierge à l’Enfant.

arrivée de la sainte image à Genazzano

Arrivée de la sainte image à Genazzano le 25 avril 1467

L’émoi fut grand dans la population, et encore plus quand, en examinant l’image de la Madonne, on se rendit compte que – peinte a fresca sur un enduit – elle était comme « suspendue », sans appui ni support naturel, en avant du mur.
Le fait fut dûment constaté et il fut consigné de façon très officielle dans un document, ainsi que les miracles qui ne tardèrent pas à se produire (du 27 avril au 14 août 1467 un notaire local en a répertorié 161, et l’on ne peut dénombrer les grâces spirituelles qui se produisirent dès lors).

Le Pape Paul II envoya deux évêques se rendre compte de ces faits dont la notoriété s’était répandue très rapidement, et ils en attestèrent la réalité.
Ainsi, comme Petruccia l’avait annoncé, en raison de la renommée de ce miracle et de l’afflux des pèlerins, de nombreuses offrandes permirent bientôt l’achèvement des travaux du sanctuaire.

Ajoutons dès à présent qu’il a été constaté encore très récemment et de manière très rigoureuse, que la Sainte Image (qui mesure environ 39,5 cm x 44,4 cm) se trouve toujours en avant de la paroi sur laquelle elle semble peinte : les hommes de science chargés de l’examiner ont pu attester qu’ils ont fait passer depuis le haut jusqu’en bas, entre le mur et la fresque, un fil très fin tendu et tenu de chaque côté de l’image, sans que celui-ci ne rencontre aucun obstacle à sa libre circulation !

Mais d’où provenait cette image de la Madonne ?
Des pèlerins qui avaient connu un sanctuaire de la Vierge situé à Scutari, en Albanie, reconnurent la fresque et racontèrent qu’elle avait disparu de l’église où elle était vénérée, ce qui fut effectivement constaté un peu plus tard.
On a pensé que la divine Providence avait voulut soustraire cette image vénérée aux profanations et destructions que les Turcs, alors maîtres de l’Albanie, multipliaient à cette époque.

Les Souverains Pontifes ont montré en tous temps une singulière vénération pour cette image miraculeuse :
- Urbain VIII, le Bienheureux Pie IX, Jean XXIII et Jean-Paul II sont venus en pèlerinage à ses pieds.
- Innocent XI et le chapitre de la Basilique Vaticane firent couronner solennellement la Sainte Image.
- Benoît XIV approuva l’institution de la Confrérie de Notre-Dame du Bon Conseil dans laquelle il se fit inscrire.
- Paul IV approuva l’office propre de la fête de Notre-Dame du Bon Conseil.
- Enfin Léon XIII érigea le sanctuaire au rang de basilique et ajouta l’invocation « Mater Boni Consilii » aux litanies de la Sainte Vierge.

 

sainte image de Notre-Dame du Bon Conseil

Prière à Notre-Dame du Bon Conseil :

O très glorieuse Vierge Marie, choisie par le Conseil éternel pour être la Mère du Verbe Incarné, la Trésorière des grâces divines et l’Avocate des pécheurs, moi, le plus indigne de vos serviteurs, je recours à Vous, afin que Vous daigniez être mon guide et mon conseil dans cette vallée de larmes. Obtenez-moi par le très précieux Sang de votre divin Fils le pardon de mes péchés, le salut de mon âme et les moyens nécessaires pour l’acquérir. Obtenez à la sainte Eglise le triomphe sur ses ennemis et la propagation du règne de Jésus-Christ sur la terre.

Ainsi soit-il.

frise avec lys naturel

2008-22. Des pérégrinations de la statue de Notre-Dame de Compassion.

Lundi soir 21 avril 2008.

Chers Amis du Mesnil-Marie,

Je ne vous ai pas beaucoup écrit, ces derniers temps, parce que – vous vous en doutez bien un peu – nous sommes en plein dans les préparatifs de notre prochain déménagement.

Pour le chat que je suis, la perspective du changement a quelque chose de traumatisant, mais Frère Maximilien-Marie m’a expliqué que les perturbations que nous devons endurer en ce moment nous vaudront dans quelques semaines d’être vraiment chez nous dans un endroit magnifique…

Il a déjà rempli quantité de cartons dans lesquels ont été bien rangés du linge, de la vaisselle, et presque toute la bibliothèque (il n’a conservé que quelques livres qu’il est important de garder à portée de main ou d’usage très courant).
Tout au long de la semaine dernière, j’ai assisté (avec une certaine inquiétude malgré tout) à ces préparatifs et même au démontage de certains meubles. Puis, grâce à une aide providentielle, le Frère a déjà pu faire partir un camion de déménagement à la fin de la semaine dernière…
Même la grande statue de
Notre-Dame de Compassion a ainsi pu prendre la route : vous savez, il s’agit de cette statue qui devait trouver sa place dans la chapelle que nous avions prévu d’aménager ici (le permis de construire avait été obtenu) et dont nous n’avons finalement pas pu entreprendre les travaux, puisque c’est à ce moment là que Frère Maximilien-Marie fut informé que nous ne pourrions rester en ces lieux… En attendant de trouver place dans une chapelle digne de ce nom, cette grande Piéta était installée dans un garage sommairement aménagé, et Frère Maximilien-Marie la surnommait « Notre-Dame du Garage« !

Cette statue a été donnée au Refuge Notre-Dame de Compassion par des religieuses amies, contraintes de fermer la Communauté du lieu où elles avaient été fondées.
Je veux d’ailleurs profiter des circonstances présentes pour mettre noir sur blanc toute la gratitude de notre toute petite fondation envers ces religieuses, et aussi pour m’étendre un peu sur l’histoire de cette statue et de ses pérégrinations…

Statue de Notre-Dame de Compassion au Mesnil-Marie

Les Soeurs de ******* avaient été fondées au moment de la Restauration pour s’occuper des malades mentaux : leur Père Fondateur, qui était un saint prêtre pénétré de la plus délicate compassion pour les souffrances des hommes, s’était en effet rendu compte avec effroi que depuis la grande révolution, par suite de la suppression des ordres religieux hospitaliers, les malades mentaux (les aliénés, comme on disait alors) étaient enfermés dans les prisons, avec les détenus de droit commun et les criminels, dans des conditions épouvantables… Je n’hésite pas à écrire que c’est à cette sorte de « détails » que l’on peut apprécier le véritable humanisme de l’idéologie révolutionnaire!

A ses religieuses, le bon Père donna pour modèle la Compassion de Notre-Dame et cette Piéta trôna dans la chapelle de leur maison de fondation pendant près d’un siècle et demi, jusqu’à ce qu’une autre idéologie, sous prétexte de renouveau conciliaire, culpabilise les religieuses de leur dévotion envers la Mère des Douleurs – dévotion qualifiée de dolorisme suranné – et leur enjoigne de reléguer la grande Piéta, loin des regards, dans une tribune fermée par une grille…
Cela se passe de commentaires, et je retiendrai seulement que des générations de religieuses ont prié devant cette statue : elles ont puisé dans cette dévotion la force quotidienne de leur consécration au service de ceux qui sont atteints dans leur psychisme par des maladies terribles et humiliantes ; elles ont trouvé auprès de la Vierge des Douleurs l’énergie pour vivre le don d’elles-mêmes, dans la patience, la générosité, le partage des épreuves d’autrui, et pour travailler autant que possible au bien et à la consolation des âmes qui leur étaient confiées.

Obligées de partir, les Soeurs craignaient que cette statue ne soit détruite ou vendue à quelque brocanteur, et elles furent véritablement heureuses de l’offrir pour notre fondation.

L’enlèvement de cette Piéta donna bien des soucis à Frère Maximilien-Marie, parce que les portes de la tribune où elle se trouvait avaient été modifiées et ne permettaient plus son passage.
Après avoir bien étudié le problème, la seule solution qui permettait de la sortir était de la faire passer par l’ouverture de la grille de cette tribune, qui – par chance! – correspondait, à quelques centimètres près, aux dimensions imposantes de la statue. Mais cette tribune se trouvait à plus de dix mètres au-dessus du sol de la chapelle, et il fallut se résoudre à faire appel à un déménageur, que l’on fit venir de loin parce que lui seul avait le matériel adapté.
C’est ainsi qu’avec des forts-à-bras, et surtout avec l’aide d’un monte-charge (qu’il fallait entièrement démontable en raison des difficultés d’accès à la chapelle), la statue de Notre-Dame de Compassion fut descendue, soigneusement enveloppée, puis embarquée dans un camion en vue de présider à notre fondation.

La voici aujourd’hui repartie sur les routes… Et, tout comme vous je pense, je souhaite maintenant que le lieu de notre prochaine installation soit celui où le Refuge Notre-Dame de Compassion pourra s’enraciner, se développer et rayonner… Le lieu où ceux qui prieront devant cette Vierge de Pitié et de Consolation recevront d’abondantes grâces et bénédictions du Ciel.

Lully.

Nota bene :
depuis cette chronique, rédigée en avril 2008, la grande statue de Notre-Dame de Compassion, est bien arrivée en Vivarais, lieu désormais de l’implantation du Refuge Notre-Dame de Compassion, où nous espérons construire – pour la recevoir –  une chapelle proche du Mesnil-Marie où pourront venir se recueillir et prier tous ceux qui veulent se confier au Coeur douloureux et immaculé de Notre-Dame.

2008-15. Marie au Calvaire (3ème et dernière Partie).

RÉFLEXIONS PRATIQUES

(Suite et fin du texte de Monsieur Olier, in « Vie intérieure de la Très-Sainte Vierge Marie« , chapitre XII)

Mater Dolorosa

 

 » Quelle reconnaissance ne devez-vous pas à Marie pour l’amour qu’elle vous a témoigné en endurant tant de tourments, afin de donner la vie à votre âme! Il est vrai que Jésus-Christ, père du siècle futur, est seul la source de notre vie ; mais ne pensez pas que vous puissiez pour cela vous dispenser de donner aussi à Marie des témoignages de sincère reconnaissance pour le bienfait de votre régénération? Par la volonté de Dieu, elle a été associée à Jésus-Christ, nouvel Adam, afin qu’elle contribuât de sa part à votre naissance spirituelle, en l’offrant elle-même et en s’offrant aussi de son côté avec lui comme hostie pour votre salut. Dans l’ordre naturel, vous êtes redevable de votre naissance à votre mère comme à votre père ; ainsi en a-t-il été de votre régénération. C’est pourquoi le Sage, après avoir dit : « Honorez votre père« , ajoute aussitôt, en parlant mystérieusement de Marie : « Et n’oubliez pas les gémissements de votre mère ; souvenez-vous que sans eux vous ne seriez pas né ». Votre mère, selon la chair, s’est sans doute acquis des droits à votre reconnaissance par les douleurs qu’elle a endurées pour vous ; mais ces douleurs, quelque violentes qu’elles aient pu être, n’ont été qu’une figure et une ombre légère de celles que Marie a souffertes, par amour pour vous, au pied de la Croix.

Pour vous mériter le pardon de vos péchés, il a fallu que Jésus-Christ les connût, qu’il les confessât et les détestât intérieurement devant son Père, et qu’enfin il s’abandonnât à la rigueur de sa justice, afin de recevoir sur lui les châtiments qui auraient dû tomber sur vous ; et c’est aussi ce que Marie a fait de son côté dans l’oeuvre de votre réconciliation. De quelle douleur n’a-t-elle pas été accablée à la pensée de tant de fautes que son Fils avait à expier! Pour la comprendre, il faudrait sonder la profondeur de sa charité, celle de sa sainteté incomparable, la connaissance qu’elle avait de la grandeur de Dieu que le péché outrage, et de la bassesse de la créature qui ose bien se révolter contre cette adorable Majesté. Si l’on a vu de saintes âmes verser des torrents de larmes, exercer sur leur corps d’affreuses pénitences pour des fautes très légères, à cause de la vivacité de leur amour pour Dieu, quelle idée pourrons-nous donc nous former de la componction et de la douleur de Marie, élevée à la sainteté la plus éminente qui puisse être après celle de Dieu!

Pour nous donner quelque idée de la douleur de Marie, le Saint-Esprit, par l’organe du saint vieillard Syméon, l’a comparée à celle qu’eût pu produire un coup d’épée, qui eût percé d’outre en outre le coeur de cette divine Mère. Mais cette comparaison, prise des choses sensibles, est plutôt pour aider votre imagination que pour vous donner la mesure exacte des tourments qu’elle a endurés : jamais vous ne les connaîtrez. L’Église, comme pour expliquer et commenter les paroles du saint vieillard Syméon, représente Marie le coeur percé de sept glaives. Par ce nombre de sept, qui est mystérieux, elle veut dire que cette divine Mère a souffert pour expier tous les péchés sans exception, qu’on rapporte ordinairement à sept, appelés capitaux, parce qu’ils sont la source de tous les autres ; et c’est ce qui lui fait justement appliquer ces paroles : « O vous qui passez par le chemin, venez et considérez s’il est une douleur comparable à la mienne » ; et encore ces autres paroles : « Votre contrition est vaste comme la mer« .

Savez-vous quelle était la considération qui soutenait Marie au milieu des ces angoisses inexprimables, et qui les lui faisait endurer pour votre amour avec tant de constance et de générosité? La pensée qu’un jour vous la dédommageriez en vous appropriant sa propre pénitence, c’est-à-dire en recevant dans votre coeur ces sentiments d’humiliation, de componction et d’abandon à la justice divine auxquels elle se livrait alors pour vous. Ah! si vous avez eu le bonheur de vous humilier devant Dieu et d’être touché du véritable esprit de pénitence, c’est à Marie, l’avocate des pécheurs, que vous le devez. C’est elle qui, par le grand désir qu’elle a de votre salut, a communiqué à votre âme les sentiments qu’elle avait conçus dans son coeur pour vous aider à pleurer, à détester et à expier toutes vos offenses. Sa pénitence, si agréable à Dieu et si puissante sur son coeur, est, en effet, un immense trésor qu’elle est ravie de mettre à notre disposition pour subvenir à nos nécessités. Aussi n’avez-vous jamais reçu le sacrement de Pénitence, qu’en même temps l’Église ne vous ait fait une application spéciale, non-seulement des mérites de la Passion de Notre-Seigneur, mais encore de ceux que la Très-Sainte Vierge a acquis pour vous.

Ouvrez donc votre coeur à Marie, et priez-la de le remplir de ces saintes dispositions d’humiliation, de componction et d’abandon de tout vous-même à la justice divine. Entrez dans ces sentiments toutes les fois que, récitant : Je confesse à Dieu, vous arrivez à ces paroles : la bienheureuse Marie toujours vierge ; mais spécialement lorsque vous approchez du saint Tribunal ou que vous recevez l’absolution. Rappelez-vous dans ce moment que, si Jésus-Christ est la source de toute vraie pénitence, Marie est le canal qui en amène les eaux jusqu’à nous. Recourez donc à elle comme à une fontaine intarissable et vivifiante, c’est-à-dire unissez-vous intimement à Marie, désirant d’être pénétré de ses sentiments intérieurs, d’attirer en vous son esprit pénitent, et d’être tout transformé en lui-même. Par là, vous consolerez le coeur de cette tendre Mère, vous réjouirez celui de Dieu, et vous sentirez s’augmenter dans le vôtre la confiance et l’amour, toujours inséparables d’une âme qui a le bonheur d’être en paix avec Dieu et avec soi-même.

Considérez l’amour que Marie vous a témoigné sur le Calvaire, en substituant Jésus à votre place pour l’exposer à tous les traits de la justice de son Père qui n’auraient dû tomber que sur vous. Vit-on jamais une mère sacrifier son propre fils par amour pour un enfant étranger? Marie seule en est venue à cet excès. Quoique vous fussiez alors un étranger pour elle et de plus l’enfant du démon, et par conséquent l’ennemi de Dieu et de Marie elle-même, elle n’a pas hésité à livrer à la justice divine son Fils unique, l’objet de ses complaisances, pour vous acquérir à ce prix comme son enfant d’adoption. Eussiez-vous pensé qu’elle pût avoir pour vous une telle prédilection? Y aura-t-il jamais rien de comparable? En vérité, son amour pour vous ne saurait être comparé qu’à celui du Père éternel ; mais cette comparaison est juste, puisque si Jésus est le Fils de Dieu le Père, il est également le Fils de Marie, sa véritable Mère selon la chair. Il faut donc dire d’elle, comme du Père éternel, qu’elle vous a aimé jusqu’à donner pour vous son Fils unique; qu’elle n’a pas épargné son propre Fils, et l’a livré pour vous à la mort.

En le sacrifiant ainsi, elle vous a montré qu’elle vous aimait mille fois plus qu’elle-même. N’est-il pas certain que par l’amour incompréhensible qu’elle portait à Jésus, Marie aurait été ravie de donner sa propre vie des milliers et des millions de fois pour lui si elle l’eût pu? Si donc elle a livré ce même Fils à la justice divine pour vous procurer le salut, un pareil excès d’amour vous dit assez hautement que pour vous elle se serait livrée à la mort mille fois elle-même ; peut-il y avoir rien de plus incompréhensible? Jugez par là de l’estime qu’elle fait de vous, et si elle est jalouse de posséder votre coeur tout entier.

Que pouvez-vous lui refuser après un pareil sacrifice? N’est-il pas vrai que la moindre réserve ne pourrait manquer de blesser et d’affliger la générosité, la grandeur et la délicatesse de son amour? Prenez donc la résolution de ne lui rien refuser de ce que vous savez qu’elle demande de vous, dans l’état où elle vous a placé, et de désirer toujours de faire toutes vos actions par amour pour elle. Par là, vous serez assuré de n’agir que pour le pur amour de Jésus, à qui elle serait ravie de donner et de consacrer tous les coeurs. C’est le seul moyen que vous ayez pour la dédommager du sacrifice qu’elle a fait sur-le Calvaire ; c’était la seule espérance qui pût la soutenir debout au pied de la Croix, et c’est le seul retour qu’elle attend de votre coeur s’il est reconnaissant et sensible. »

2008-14. Marie au Calvaire (2ème Partie).

Voici la suite du texte de Monsieur Olier (in « Vie intérieure de la Très Sainte Vierge Marie« , chapitre XII) :

IIIème Point :

« Sur le Calvaire, Marie se voit bien différente de ce qu’elle était à Bethléem, Là, comme Mère de celui qui est l’innocence même, Mère du Saint des saints, elle participait à la gloire que l’on rendait à son Fils ; elle prenait part aux adorations des hommes et aux acclamations des anges. Comme la Mère du Juste par essence, elle ne sentait aucun des effets de l’arrêt porté contre les mères des pécheurs. Mais sur le Calvaire, où elle est faite la mère des pécheurs, la mère des criminels, elle enfante dans la douleur et dans les angoisses, et saint Jean est le premier fruit de cette maternité, le premier-né de l’adoption, figure et symbole de tous les enfants de l’Église. En sa qualité de nouvelle Ève, pendant que le sacrifice universel est offert sur la croix en la personne de Jésus-Christ, la Très-Sainte Vierge, offrant de son côté pour les hommes cette divine Hostie, se sent aussi elle-même chargée de leurs péchés et obligée de satisfaire pour leurs crimes. Elle peut bien dire, en imitant le langage de Noémi : « Ne me regardez plus maintenant comme au jour où je mis au monde mon Fils à a Bethléem, ce paradis de volupté; en engendrant l’auteur de toute sainteté, j’étais alors la mère des saints; mais à présent que je suis la mère des pécheurs, regardez-moi au contraire comme couverte de confusion, comme noyée dans un océan d’amertume et de douleur».

De son côté Jésus, du haut de la croix, en lui adressant ces paroles : « Femme, voilà votre fils », semble lui dire : « Je ne suis pas ici comme à Bethléem, où ma naissance vous donnait tant de joie et de consolation : alors, sortant du sein du Père pour m’unir à votre âme, je portais avec moi ses parfums, ses délices et ses douceurs. Ici que vous enfantez l’Église et que je deviens un Époux de sang pour vous (1), vous êtes chargée de confusion et de honte, et vous sentez les tranchées des crimes de vos enfants». Au Calvaire, pour gage précieux de l’amour de son divin Fils, Marie reçoit le glaive de douleur, qui le fait mourir lui-même : la douleur qui perce Jésus perce aussi le coeur de sa sainte Mère. C’est aussi ce que reçoit l’Église, épouse de Jésus-Christ sur la croix. Comme les sentiments doivent être communs entre les époux, il ne lui donne non plus ici-bas d’autre partage que ses souffrances. Voilà pourquoi il disait lui-même au premier-né de la très-sainte Vierge, à saint Jean, figure de l’Église: « Pouvez-vous boire le calice que je boirai? Vous boirez mon calice, et vous serez baptisé du baptême dont je dois être moi-même baptisé » (2) ; c’est-à-dire le calice de mes souffrances et le baptême de ma mort et de ma sépulture. C’est là toute la dot qu’il fait ici-bas à son épouse, pour la rendre ensuite participante de sa gloire dans le ciel; ce qui fait dire à saint Pierre, parlant à l’Église: « Réjouissez-vous de communier aux souffrances de Jésus-Christ, afin que vous surabondiez de joie au jour de la révélation de sa gloire » (3).

Mais ce n’était pas assez pour nous que sur le Calvaire Marie devînt la mère de tous les coupables, en sa qualité de nouvelle Ève, il fallait encore qu’elle contribuât à nous réconcilier avec Dieu le Père, en détournant de dessus nos têtes les châtiments que nous méritions, et en attirant sur nous ses bénédictions et ses complaisances.

Nous avons dit que les actions du Sauveur étaient pleines de mystères, et figuraient des choses sublimes : telle fut, en particulier, l’action de Jésus, donnant saint Jean pour Fils à Marie. Ce disciple, image de tous les chrétiens, se trouvait substitué déjà à la place de Jésus-Christ, qui l’avait rempli à la Cène de son propre intérieur et de sa vie divine. Au moment donc où Marie entend prononcer ces paroles : « Voilà votre Fils« , nous considérant comme substitués à Jésus-Christ dans la personne de saint Jean, elle nous offre tous au Père éternel; et, de son côté, Dieu le Père, qui nous regarde comme ses fils adoptifs, dans la personne de ce disciple, nous comble de ses bénédictions, fulminant sur son propre Fils l’anathème et la malédiction que nous méritions tous pour nos crimes.

Sur le Calvaire, en effet, il ne traite plus Jésus comme son Fils bien-aimé. Le considérant comme criminel à cause de nous, il lui a retiré l’usage sensible de tous les dons qu’il possédait, et de tous ces augustes privilèges qu’il ne devait pas porter sur un gibet. On ne mène point à la mort un Fils de France avec ses livrées ; on lui ôte auparavant son apanage et toutes les marques de la royauté. Avant de supplicier les prêtres, on les dégrade, on les dépouille extérieurement des insignes d’une si haute dignité, de peur d’en profaner la sainteté au milieu d’un appareil de choses si criminelles. Ainsi, le Père éternel semble avoir dégradé notre Sauveur et lui avoir ôté ses marques augustes de Fils de Dieu, quoique le fond de sa dignité ne lui soit point ôté, non plus que le caractère à un prêtre; c’est-à-dire que Jésus-Christ recevant sur lui les châtiments qui nous étaient dus, le Père éternel lui retire les biens et les dons si magnifiques dont il avait comblé la partie inférieure de son âme, et qui ne devaient pas être le partage des pécheurs auxquels Jésus-Christ était alors substitué.

Si Notre-Seigneur se punit lui-même dans toute l’étendue de son zèle, comme tenant la place d’Adam et de sa postérité, qui a perverti toute sa voie ; s’il se fait, à notre place, objet de malédiction à l’égard de son Père, c’est afin de nous revêtir de son innocence, comme d’autres Jacob, et d’attirer sur nous la bénédiction qui lui était due comme Fils de Dieu. Voilà donc pourquoi, à l’heure de son agonie, il donne pour fils à sa sainte Mère ce même disciple transformé en lui ; et nous substituant tous à sa propre place dans la personne de saint Jean, il dit à Marie: « Femme, voilà votre Fils ». Il ne la nomme plus sa Mère, ayant transféré sa qualité de Fils à saint Jean, comme s’il lui répugnait, vu l’état si déplorable, si malheureux, si plein d’ignominie où il se trouve, de l’appeler la Mère d’un pendu. »

1. Exod., chap. IV, 25.

2. S. Matth., chap. XX, 22. S. Marc, chap. X, 38.

3. I. Pierre, chap. IV, 13.

Crucifixion (gravure de Missel du XVIIème siècle)

IVème Point :

« Alors fut réalisée la figure de la substitution de Jacob à Ésaü, son frère aîné, procurée par les industries de Rébecca, leur mère. Isaac était le symbole de Dieu le Père, et Rébecca, née au milieu de la Gentilité, représentait la Très-Sainte Vierge, issue d’Adam pécheur, quoique non comprise dans la malédiction, et qui devait être Mère de Jésus-Christ et de l’Église tout ensemble, signifiées par Ésaü et Jacob.

Au Calvaire, Marie accomplit en notre faveur cette figure, nous substituant nous-mêmes dans la personne de saint Jean à son Fils premier-né ; et nous revêtant dans ce moment des mérites de Jésus-Christ, elle nous présente à Dieu le Père, ainsi que Rébecca couvrit Jacob des habits précieux d’Ésaü. Il est expressément marqué dans l’Écriture que Rébecca avait les habits d’Ésaü en sa garde : c’est que les mérites de Jésus-Christ, notre aîné, sont confiés à la Très-Sainte Vierge, sa Mère et la nôtre, qui est la dépositaire de ses richesses et de ses trésors; et que, par la cession que Jésus-Christ lui a faite de tous ses droits sur ses mérites infinis, elle en devient la maîtresse et en dispose en notre faveur.

Alors Dieu le Père, à qui Marie nous présente ainsi revêtus de Jésus-Christ, nous prenant pour son propre Fils, l’objet de ses complaisances, nous bénit dans la personne de saint Jean, qui devient le sujet de la bénédiction de tout le monde. C’est Isaac qui, en bénissant Jacob son fils puîné, bénit en lui les douze tribus, c’est-à-dire toute l’Église, et qui n’a plus de bénédiction pour son fils aîné. Ou plutôt, Dieu le Père le voyant chargé de nos péchés, et étant alors son juge, ne le regarde plus comme un fils, comme un fils unique et bien-aimé, il le traite comme un étranger, comme un criminel, qui a commis lui seul les péchés les plus abominables du monde, et fait tomber sur lui toutes les injures, toutes les malédictions, tous les rebuts, tous les mépris, tous les mauvais traitements que méritaient tous les pécheurs ensemble. Dieu le Père ne semble plus connaître Jésus-Christ, son aîné. Il le traite avec la même rigueur que si c’eût été nous-mêmes, l’accablant de châtiments, le chargeant de supplices, et punissant en lui notre péché dans toute la rigueur de sa vengeance et de son courroux. Dans cette extrémité, Jésus-Christ voyant la colère et la fureur de Dieu ainsi allumées sur lui, se sert de ce qui lui reste de voix pour lui dire : « Eh! mon Dieu! mon Dieu! vous m’avez donc délaissé ». C’est ce qui le met aux derniers excès de la douleur, le noie dans les larmes, et le fait s’écrier à son Père avec de puissantes clameurs.

C’est donc l’amour de Marie pour les hommes qui la conduit au Calvaire. Aussi quelle constance ne fait-elle pas paraître ! Pour exprimer la force de son cœur et la fermeté de son âme dans la tribulation de la croix, l’Écriture sainte nous marque qu’elle était debout : « La Mère de Jésus était debout à côté de la croix ». Agar, voyant son fils aux abois, le délaisse ; elle dit qu’elle n’a pas le courage de le voir expirer, et a besoin d’un ange qui la ramène à lui, et Marie voyant son Fils sur la croix, souffrir intérieurement et extérieurement, voyant allumées contre lui la colère de Dieu et sa fureur, ce qui était pour elle un coup d’épée qui lui perçait le coeur de part en part, elle assiste courageusement et le sacrifie pour le salut du monde. La force de la vertu divine en Marie est en proportion avec celle de Jésus-Christ. Elle montre plus de force de Dieu en elle qu’il n’en a jamais paru dans toutes les créatures. Elle porte les tentations, les peines, les tribulations et les langueurs qui l’accablent de toutes parts sans faire paraître aucune sorte d’infirmité ou ces faiblesses ordinaires qui abattent le corps. Généreuse, forte et vigoureuse, malgré l’accablement des douleurs de son Fils, elle l’offre pour nous à Dieu en sacrifice, comme une mère pleine de compassion et d’amour pour ses enfants. Alors que tous les apôtres l’ont abandonné, hormis saint Jean, elle qui n’a jamais manqué de foi pour confesser le saint nom de son Fils et pour le publier le Messie, paraît ici comme la reine de Confesseurs et la reine des Martyrs; et c’est avec beaucoup de raison que l’Église lui applique en cette circonstance les paroles de l’Ecclésiastique : « Comme un cyprès j’ai été élevée sur la montagne de Sion » (1). Le cyprès est l’image de la mort, parce que, une fois coupé, il ne repousse plus ; et, pour cela, on s’en servait autrefois dans les funérailles, et on l’attachait même à la maison des morts. Sur le Calvaire, cette Mère de douleur, se tenant debout, était là comme un cyprès attaché à la maison, c’est-à-dire à l’humanité de son divin Fils, et y servait d’ornement pour signaler ses funérailles.

C’est ainsi que par sa charité, Marie, en sa qualité de nouvelle Ève, contribue à la naissance de l’Église que Jésus-Christ engendre sur la croix. La fin qu’il s’était proposée dans son Incarnation était de s’associer tous les peuples de la terre qui adoraient chacun à part quelque fausse divinité, et de ne faire qu’un seul cœur du sien propre et de tous les autres coeurs, afin de louer et de glorifier son Père dans l’unité d’un même esprit qui est le sien. Car l’Église n’est que la diffusion de la religion du cœur de Jésus-Christ ; elle est son supplément, l’explication et l’exposition des sentiments renfermés dans son coeur, l’expression des devoirs qu’il rend à Dieu son Père. Aussi sur la croix était-elle censée comprise et reposer dans son coeur, comme Ève au côté d’Adam avant qu’elle fût créée. Cette unité d’esprit avec lui était l’objet de son travail en croix, et c’est ce qui lui fait verser la dernière goutte de sang qui lui reste. Ce sang le plus cher, le plus précieux de son corps, qui avait maintenu sa vie jusqu’au moment où il expira ; ce sang, que quelques-uns disent qu’il avait gardé depuis son Incarnation, le même qu’il tira du sein de Marie, il le verse sur la Croix comme la chose la plus chère qui lui restât pour mériter de ramener à Dieu, dans une même foi et un même amour toutes les nations de la terre.

L’eau et le sang sorti de son côté signifièrent, en effet, qu’il répandrait la religion de son cœur par les sacrements spécialement par le Baptême et l’Eucharistie, qui sont le commencement et la consommation de la religion de Jésus-Christ ; celui qui est baptisé commence à vivre de la vie de Jésus, et celui qui communie à son corps et à son sang est dans la consommation de cette vie. Comme donc ces deux sacrements servent à Jésus-Christ pour engendrer et pour nourrir son Église, et qu’ils furent figurés par l’eau et le sang, sortis de son côté, les Pères disent qu’il engendra l’Église elle-même sur la Croix par cette ouverture; ce qui avait été exprimé d’avance dans la personne d’Adam ravi en extase, lorsque Dieu lui tira, d’auprès du coeur, une partie de lui-même pour lui en former une aide semblable à lui, Ève figure de l’Église. »

1. Eccli., chap. XXIV, 17.

(à suivre > ici)

2008-13. Marie au Calvaire (1ère Partie).

Vendredi de la Passion, 14 mars 2008.

Le Vendredi de la semaine de la Passion, huit jours donc avant le Vendredi Saint, c’est le jour où – en plus de la fête du 15 septembre – , on célèbre une commémoration solennelle des Douleurs de la Très Sainte Vierge Marie. Voici pourquoi nous proposons ce très beau texte à votre méditation.

Vénérable Jean-Jacques Olier,
fondateur de la Compagnie de Saint-Sulpice,

in
« Vie intérieure de la Très Sainte Vierge Marie » (chapitre XII).

Ier Point :

« Quoique Marie eût consenti à l’immolation de Jésus-Christ, en l’offrant extérieurement à Dieu dans le Temple au jour de la Purification, il était nécessaire qu’elle fût présente à son immolation sanglante, soit pour témoigner de nouveau de son consentement, soit pour accomplir les desseins de Dieu, indiqués par la prophétie que lui avait faite le saint vieillard Syméon. Mais cette fois ce n’est plus au Temple qu’elle doit se rendre, c’est hors de ce lieu et même hors de la Ville Sainte. Jérusalem, le siège de la vraie religion, figurait et rappelait aux hommes le paradis terrestre et le Ciel, d’où ils se trouvaient exclus par le péché; et comme Adam était mort hors du paradis, que d’ailleurs rien de souillé n’a d’entrée dans le ciel, Jésus-Christ, qui portait sur lui les crimes d’Adam et de tout le monde, devait être immolé hors de l’enceinte de cette ville. Voilà pourquoi, au milieu de la dispersion des apôtres, Marie, inébranlable dans la foi de Jésus-Christ et dans l’estime de sa grandeur, l’accompagne au Calvaire avec saint Jean. Elle se tient auprès de la croix, et là Jésus, qui au temps de sa vie avait semblé ne reconnaître ni père ni mère, comme lorsqu’on lui dit : « Votre mère et vos parents sont là » (1), à sa mort reconnaît publiquement sa Mère en Marie. Du haut de sa croix, la voyant près de lui avec le disciple qu’il aimait, il lui dit ces paroles: « Femme, voilà votre Fils » ; et à saint Jean : « Voilà votre mère« . Par ces paroles, voilà votre Fils, il semble dire à Marie : « Voilà une personne qui est pure, vierge et sainte, et qui pendant le reste de votre vie mortelle vous représentera quel je suis en vérité, et même quel je serai après ma résurrection, dans ma vie immortelle. Pour cela, la veille de ma mort, j’ai voulu qu’il reposât sur ma poitrine; je l’ai fait héritier de ma vie ressuscitée, que je lui ai communiquée d’avance, ainsi que de mon application intérieure à Dieu; il vous parlera donc continuellement de mes vérités, de mes lumières et de mon amour; et, vous représentant mon extérieur, il suppléera aux accidents du pain dans l’Eucharistie qui vous déroberont mes beautés extérieures. » Comme les paroles de Jésus-Christ produisent ce qu’elles expriment, par celles-ci : Voilà votre Fils, la très-sainte Vierge reçut un coeur de mère pour saint Jean; et par celles-ci : Voilà votre Mère, saint Jean reçut un coeur d’enfant pour Marie, ainsi que le remarquent les docteurs (2).

Ainsi, après avoir été sur le Calvaire semblable à l’ange confortant Notre-Seigneur au jardin des Oliviers, saint Jean devient l’ange visible de la Très-Sainte Vierge, dont il doit être le gardien et la protection, après la perte de son fils. En outre ces mêmes paroles, voilà votre fils, renfermaient pour nous un grand mystère, que nous avons à expliquer.

Dieu, voulant réformer le monde et faire une génération nouvelle, avait donné au genre humain un nouvel Adam dans la personne de Jésus-Christ. Or, pour être époux, Notre-Seigneur ne pouvait être seul. Il fallait qu’il eût une compagne, une aide ; et comme Adam, dans le paradis terrestre, avait reçu Ève pour épouse, le Fils de Dieu devait recevoir sur le Calvaire l’Église pour la sienne. Toutefois, au temps de la Passion du Sauveur, l’Église n’était point parvenue encore à l’âge nubile. Elle devait être d’abord la fille et devenir ensuite l’épouse de Jésus-Christ, comme Ève, figure expresse de l’Église, avait été la fille d’Adam, de qui elle fut tirée, et son épouse tout ensemble. Ainsi Jésus-Christ devait d’abord donner la vie à son Église, et l’ayant formée parfaite, comme Ève l’avait été, en faire aussitôt son épouse, afin de donner par elle des enfants à Dieu. »


1. Matth., chap. XII, 46; Marc, chap.
III, 32; Luc, chap. VIII, 20.

2. S. Paulini. Nol. Opera, tom. 1, 1685; in-4°. Ecce mater tua. Jam scilicet ab humana fragilitate, qua erat natus ex femina, per crucis mortem demigrans in aeternitatem Dei, ut esset in gloria Dei Patris, delegat homini jura pietatis humanne… atque fili vicissim novum filium, vice corporis sui traderet, immo, ut ita dixerim, gigneret.
Arnoldi Carnuten. Abbat. Bonoe Vallis. Biblioth. Patr. tom. XXII, p. 1268. Vices filii naturalis filius accipit adoptivus, et transfunditur in ministrum filialis affectas : formaturque et firmatur in ambobus, pietatis unicae gratus concorsque amplexus, non ex traduce naturae, sed ex munere grade.
S. Thom. a Villanov., p. 728. Pendebat Christus in cruce, moriturus, disposuit testamentum electis suis : Patri spiritum, Ecclesiae corpus, Petro Ecclesiam. Quid vero, o dilecte ! legabo tibi, ait? Ecce mater tua ! hac omnium quae possideo charissima et pretiosissima gemina. hanc tibi trado, hanc dono. O magnum dilectionis indicium! suo loco apud Matrem substituit eum, et pro se in filium, Virgini reliquit eum. Huic gratiae, quid amplius addi potest? impressit in hoc verbo Dominus statim cordi virgineo amorem quemdam maternum, in Joannem fortiorem et ardentiorem, quam solent matribus natura tribuere. Visceribus etiam Apostoli reverentiam filialem in Virginem inseruit, qualem nullus filius natura habet in matrem.
B. Petri Damian., Serm. LXIV, de S. Joanne Ev.Illa verba : Mulier, ecce filius tuus : Ecce mater tua, prorsus efficacia sunt et divinis virtutibus fulta, atque inevitabilis veritatis auctoritate subnixa. Illud enim unicum Patris Verbum, quod in cruce pendebat, substantivum et consubstantiale Patri ac sempiternum est; atque idcirco verba, quoe locutus est, quia spiritus et vita sunt, inaniter transire non potuerunt. Coelum, inquit ipse Jesus, et terra transibunt, verba autem mea non transibunt. Sicut enim dixit Matri : Hic est filius tuus; ita dixit discipulis: Hoc est corpus meum; et tantus fuit in illis verbis effectus, ut illico panis ille quem dabat, Dominicum fieret corpus. Dixit enim, et omnia facta sunt; mandavit, et creata sunt. Ex quadam itaque similitudine, si dicere audeamus, et B. Joannes non solum filii potitus est nomine; sed propter verba illa Dominica, quoddam majus necessitudinis sacramentum, apud Virginem, meruit obtinere.

Retable d'Isenheim

IIème point :

« C’est dans la personne de la Très-Sainte Vierge que le Fils de Dieu reçoit l’Église pour épouse, car Marie en était le membre le plus auguste, et elle en possédait en éminence toutes les grâces et toutes les perfections, ainsi qu’il a été dit. Aussi sur le Calvaire, comme à Cana, Marie n’apparaît que comme épouse : Femme, voilà votre fils ; comme aussi Jésus semble perdre sa qualité de fils, qu’il donne à saint Jean, pour prendre uniquement celle d’époux. Il ne la nomme donc pas sa mère, mais femme, parce qu’il s’adresse à l’Église elle-même dans la personne de Marie, comme, dans celle de saint Jean, il s’adresse à tous les chrétiens. Il faut savoir, en effet, que saint Jean, outre qu’il était à l’égard de Marie le substitut de Jésus-Christ ressuscité, à cause des dons magnifiques qu’il avait reçus à la Cène, figurait de plus tous les enfants que Jésus-Christ devait engendrer avec elle sur la Croix, contenant en abrégé toutes les prérogatives de l’Église, en sa qualité de prophète, d’apôtre, d’évangéliste, de martyr, de confesseur, de vierge.

Marie paraît donc au Calvaire auprès de Jésus-Christ comme Ève dans le paradis terrestre auprès d’Adam, pour être la mère des croyants. Mais qu’elle y parait dans une condition différente de celle d’Ève! Celle-ci se trouvait dans un lieu de délices et de voluptés : le paradis terrestre, le séjour et la couche de l’innocence, où elle était dans l’extase et l’abondance de la joie ; au lieu que la nouvelle Ève est mise avec le nouvel Adam, réparateur des pécheurs sur le Calvaire, dont Dieu le Père veut faire le lieu de leurs noces. Il les place dans le lieu des supplices, dans la demeure des criminels, dans un lieu de sang, de douleur et de délaissement, et par conséquent pour y souffrir et y être abîmés dans l’amertume. C’est, en effet, par sa pénitence, par son sang, par sa mort, que Jésus-Christ doit engendrer des enfants à Dieu ; et comme il veut que sa Sainte Mère participe à ce mystère, qu’il y ait entre elle et lui union parfaite de sentiments et de dispositions, pour tout partage c’est la douleur que Marie reçoit de son Fils, qui lui est donné sur le Calvaire, comme l’homme de douleurs.

Pour comprendre la douleur de Marie, il faut considérer l’excès de celle de Jésus-Christ. Les douleurs les plus accablantes du Sauveur naissaient, non des souffrances corporelles qu’il endurait sur la croix ; mais de la vue nette et distincte de la multitude et de la diversité des crimes dont il était chargé, et qu’il devait expier par sa pénitence. Hélas! qui saurait concevoir à quoi s’étend cette douleur! Jésus-Christ était en proie aux peines les plus sensibles qui affligent le coeur, et aux plus mortelles angoisses intérieures qui accablent l’esprit. « Nous l’avons vu, dit Isaïe, comme celui qui avait reçu sur lui les coups, qui portait les marques de la vengeance divine ; et il n’y avait rien en son corps depuis la plante des pieds jusqu’à la tête qui fût exempt de maux. »

Et toutefois, quelque grands que fussent ses tourments, ils étaient peu de chose, comparés à l’affliction, que causait à son âme la vue de son Père irrité contre lui. Jésus-Christ tenant la place des pécheurs, et s’exposant en cette qualité à son Père, pour recevoir de lui ce que chacun de nous méritait, il se voyait comme le sujet sur lequel Dieu le Père déchargeait tout son courroux. Quel tourment plus rigoureux que de savoir qu’un père est en colère contre nous, qu’il ne peut plus nous supporter, qu’il ne peut nous souffrir davantage, surtout quand nous avons été longtemps l’objet de son amour, et que nous avons reçu de lui les témoignages d’affection les plus continuels et les plus touchants !

Ce tourment était extrême pour Jésus, dont l’amour envers son Père n’avait point de bornes. Mais le voyant justement irrité contre lui, il s’abandonne entre ses mains pour porter tous les effets de sa colère et de sa vengeance, et cherche, dans la tendresse de sa Mère, ce qu’il ne rencontre plus dans celle de son Père éternel. Hélas! Marie, qui semblait seule pouvoir le consoler, lui cause une seconde mort par la vue des douleurs qu’elle éprouve elle-même des tourments de son Fils. On dit communément que Jésus-Christ souffrait de très-grandes peines par la présence de sa Mère au Calvaire; je crois qu’intérieurement il supportait avec une joie incroyable ses tourments propres, en voyant qu’ils devaient se changer pour elle-même en repos, en délices et en gloire ; mais qu’il souffrait cruellement de la vue de sa Mère, par ressentiment et par rejaillissement de ses douleurs! Ces douleurs de Marie, chargée de nos péchés, percée par la componction qu’elle ressentait de nos crimes et par la vue de son Fils en proie aux horreurs de la mort, étaient donc autant de glaives qui, sortant de son coeur, allaient traverser celui de Jésus. Le glaive de douleur qui pénétrait le coeur de la Mère faisait, en effet, mille plaies sur celui de son Fils, et les blessures que son amour pour elle lui faisait ressentir dans le fond de l’âme étaient tout autres que celles que lui portaient la haine et la cruauté des bourreaux. Ce contre-coup des douleurs de Marie lui causa une douleur plus grande que toutes les autres douleurs qu’il souffrit dans sa passion, parce que le plus grand amour fait les plus grandes plaies et les peines les plus véhémentes. Ainsi Notre-Seigneur, qui, dans sa Passion, a voulu souffrir toutes les peines possibles, a enduré dans cette occasion même les douleurs de cette Mère bien-aimée, qui étaient pour lui les plus sensibles et les plus violentes du monde. »

(à suivre > ici)

Neuvaine à Notre-Dame de Lourdes, du 2 au 10 février 2008, pour préparer le 150ème anniversaire de sa première apparition.

Sa Sainteté le Pape Benoît XVI accorde l’indulgence plénière pour l’année jubilaire marquant le 150ème anniversaire des apparitions de Lourdes. Un décret de la Pénitencerie apostolique, signé du Cardinal James Francis Stafford, Grand Pénitencier, et de Mgr.Gianfranco Girotti, OFM.Conv., Régent de la Pénitencerie apostolique, fixe les modalités selon lesquelles on peut obtenir cette indulgence.

Ainsi, outre les conditions habituelles (c’est-à-dire le repentir, la confession, la sainte communion et la prière aux intentions du Souverain Pontife), pour obtenir le don de l’indulgence plénière les fidèles devront :

A – A Lourdes même, à partir du 8 décembre 2007 et jusqu’au 8 décembre 2008 compris : accomplir dans un esprit de pèlerinage et selon un ordre préférentiel les visites suivantes : 1) aux fonts baptismaux de la paroisse de Lourdes où Bernadette fut baptisée, 2) à la maison Soubirous dite « le Cachot », 3) à la grotte de Massabielle, 4) à la chapelle de l’hospice où elle fit sa première communion. A chaque fois il est demandé de prendre un moment de recueillement et de méditation conclu par le Pater, la Profession de foi (Credo) , la prière jubilaire ou une autre prière mariale.

B – Dans tout l’univers catholique, à partir du 2 février 2008 et jusqu’au 11 février suivant, fête liturgique de Notre-Dame de Lourdes et 150 anniversaire de la première apparition, s’acquitter de la visite spirituelle de toute église, chapelle ou oratoire consacré à l’Immaculée : en y accomplissant quelque exercice de dévotion mariale devant son image ou en se recueillant et en méditant selon les mêmes conditions qui ont été précisées en A.

En cas de maladie ou d’empêchement légitime de quitter sa résidence, tout fidèle peut obtenir l’indulgence plénière chez lui après un acte de contrition et un engagement à accomplir dès que possible les conditions habituelles entre le 2 et le 11 février : visite spirituelle des lieux indiqués, récitation de prières et offrande de ses souffrances à Dieu par l’intercession de Marie.

Pour préparer la fête du 11 février par une neuvaine, nous vous proposons le texte suivant, qui sera précédé de la récitation du chapelet (ou au moins d’une dizaine) :

La grotte de Massabielle à l'époque des apparitions

Notre-Dame de Lourdes, qui avez voulu apparaître dans la grotte de Massabielle pour nous témoigner votre bonté maternelle, pour ramener les coeurs des hommes vers Celui de votre divin Fils, et pour nous rappeler la pratique de la prière et de la pénitence, en ces temps où, avec toute l’Eglise, nous célébrons dans la joie et la ferveur le 150ème anniversaire de vos apparitions, écoutez nos supplications, et exaucez-les si elles doivent, en se réalisant, procurer la gloire de votre divin Fils et le salut de nos âmes.

Notre-Dame de Lourdes, nous voici à vos pieds pour solliciter tout particulièrement la grâce de…………

Notre confiance en votre pouvoir est inébranlable, vous pouvez tout obtenir de votre divin Fils : Vous qui avez daigné descendre sur la terre pour nous apporter les grâces de ce même Fils, obtenez-nous la grâce de les mériter.

Notre-Dame de Lourdes, santé des infirmes, vous qui guérissez les corps afin de mieux guérir les âmes, soyez l’espoir de nos chers malades : que leur confiance en vous soit couronnée de succès. Vierge toute miséricordieuse, dont le nom seul évoque de merveilleuses guérisons, montrez-nous encore votre pouvoir. Intercédez pour nous et pour les êtres qui nous sont chers.
Notre-Dame de Lourdes, notre Mère Immaculée : les affligés, les malheureux, ceux qui souffrent, dans leur âme ou dans leur corps, se tournent vers vous avec confiance et ils espèrent vos bienfaits ! O puissante Reine, usez en leur faveur de la puissance que vous avez sur le Cœur de votre Fils : comme autrefois à Cana, commandez, et vous serez écoutée. Voyez notre pauvreté, nos nécessités et nos misères et laissez parler votre coeur, Mère pleine de tendre compassion! Puisez à pleine mains dans les trésors célestes et répandez-les sur ceux qui vous prient : si vous le voulez, aucun de ceux qui vous invoquent ne s’en ira sans avoir éprouvé l’effet de votre puissante intercession. 

Notre-Dame de Lourdes, priez pour nous!
O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous!
Sainte Bernadette, priez pour nous!

* * * * * * *

Vous trouverez ici > www une autre neuvaine préparatoire à la fête de Notre-Dame de Lourdes, spécialement à l’intention des malades.

Publié dans:De Maria numquam satis, Prier avec nous |on 26 janvier, 2008 |1 Commentaire »

2007-53. Marie est la Mère spirituelle de tous les chrétiens.

Dimanche 30 décembre 2007.

En ce dimanche dans l’Octave de la Nativité, nous pouvons méditer sur ce texte de Monsieur Olier, fondateur des Prêtres de Saint-Sulpice, extrait de l’opuscule : « Vie intérieure de la Très Sainte Vierge Marie« , au chapitre VII : Nativité de Jésus-Christ, § III Réflexions pratiques.

Vitrail de la Vierge à l'Enfant

« Considérez, avec reconnaissance et bonheur, que vous êtes l’enfant de Marie, non pas quant à votre corps, mais quant à la vie surnaturelle de votre âme, qui est la plus excellente portion de vous-même, ou plutôt la seule qui puisse attirer sur vous les regards et les complaisances de Dieu. Il est vrai que votre âme a en soi une vie propre et naturelle, mais la foi vous apprend que cette vie est corrompue par suite du péché d’Adam ; et qu’au lieu d’être un bien pour vous, elle aurait abouti à votre perte éternelle, si Dieu, pour vous rendre son enfant d’adoption, ne vous eût communiqué, au saint baptême, la vie de son propre Fils; vie divine qui vous donne le droit d’appeler Marie votre Mère, avec la même confiance que vous donnez à Dieu le titre de Père.

Vous devez savoir, en effet, que vous n’êtes devenu enfant de Dieu que par la communication qu’il vous a faite de la vie de Jésus-Christ, comme saint Paul nous l’enseigne (1). Mais ce bienfait ineffable ne le devez-vous pas à celle qui, en donnant son consentement pour devenir la Mère du Sauveur, a consenti aussi à devenir la vôtre, puisque ce n’était que pour vous rendre enfant de Dieu que dans ce moment le Verbe se fit chair et vint habiter parmi nous (2).

Marie ne conçut pas seulement Jésus-Christ dans le mystère de l’Incarnation, elle vous conçut aussi vous-même en votre qualité d’enfant de Dieu. Comme vous étiez renfermé dans le sein de Marie avec Jésus-Christ, dans lequel nous étions tous contenus quant à la vie divine, ainsi que nos corps avaient été contenus dans Adam, figure de Jésus-Christ. Quel n’est donc pas votre bonheur d’avoir été conçu par une telle Mère, d’avoir été porté dans son sein, d’avoir été dès lors l’objet de son amour maternel, et de sa plus vive comme de sa plus constante sollicitude ! Quelle confiance ne devez-vous pas avoir en elle! Son sein a été, pour ainsi dire, le lieu de votre première résidence dans ce monde, le temple où vous avez été offert à Dieu par elle des milliers de fois. Votre mère, selon la chair, lorsqu’elle vous portait dans son sein, ne vous connaissait pas encore; elle ne savait pas ce que vous seriez dans la suite, ni même si vous verriez le jour. Marie vous a connu à l’avance, elle vous a aimé; elle s’est occupée des moyens de vous retirer du péché, d’assurer votre sanctification sur la terre et votre bonheur dans le ciel.

Le malheur de votre naissance excita d’abord toute la compassion de Marie; les entrailles de cette vraie mère de votre âme s’émurent sur vôtre lamentable sort. Dans cet état, en effet, vous étiez bien plus à plaindre que ce pauvre infortuné de l’Évangile qui était tout à la fois aveugle, sourd et muet. Votre âme était aveugle aux beautés et aux vérités de Dieu, sourde à toutes ses invitations, muette à sa louange, et elle serait restée éternellement dans cet état déplorable si Dieu, par sa grande miséricorde, ne vous eût donné une nouvelle naissance, en répandant sa divine vie dans la partie supérieure de votre âme. Cette vie du Fils de Dieu, cette vie du Verbe, qui est la lumière éternelle du Père, éclaira les yeux de votre âme comme un flambeau ardent communique sa propre lumière à un flambeau éteint et le rend lumineux, Le Verbe, qui est la parole incréée et toute-puissante du Père, frappa efficacement l’oreille de votre cœur, et lui rendit l’ouïe, et enfin, prenant possession de votre âme, il commença à louer Dieu par elle et à publier ses grandeurs, versant en vous les vertus divines de Foi, d’Espérance et de Charité.

Marie n’en demeura pas là. Vous voyez dans l’Évangile, qu’après qu’elle eut mis au monde son premier-né, elle l’enveloppa de langes, elle le fit reposer dans la crèche, elle le nourrit de son lait, et lui procura tous les autres soulagements que réclamait l’état de faiblesse dans lequel il avait voulu naître. C’est une image de ce que cette tendre mère a fait pour développer et faire croître en vous la vie nouvelle et divine que vous aviez reçue par votre régénération. Ces langes, qu’elle avait si soigneusement préparés et avec lesquels elle enveloppa le petit corps de l’Enfant Jésus, sont la figure de ce qu’elle a fait pour préserver votre enfance de la contagion du siècle pervers où vous deviez vivre. La crèche où elle reposa l’Enfant Jésus est l’image de la sainte Église où, par la vigilance de Marie, et toujours sous ses yeux, vous deviez trouver un lieu d’assurance et de repos. Elle vous a nourri elle-même de son lait maternel, c’est-à-dire de la lumière et de l’amour divin, qui sont l’aliment des enfants de Dieu, et dont elle était remplie pour vous les communiquer selon, vos besoins dans les diverses rencontres de la vie. Elle a fait de ses mains la tunique dont elle couvrit le corps de l’Enfant Jésus, figure de son corps mystique, ou de son Église; ainsi elle nous revêt, chacun en particulier, des mérites de son Fils et des siens propres dans les divers états où la Providence nous place, se montrant à l’égard de tous la véritable mère des vivants.

Puisque vous tenez de ses mains tout ce que vous avez reçu de grâces, pour entretenir et augmenter en vous la vie de Jésus-Christ, voyez quelle ne doit pas être votre reconnaissance envers une mère si bonne et si généreuse, et quel amour, quel dévouement vous lui devez en retour! Pour essayer donc de lui rendre quelque chose des hommages sans nombre dont vous lui êtes redevable, proposez-vous dans cette solennité :

- 1° De lui témoigner votre reconnaissance du bonheur que vous avez de lui appartenir en qualité d’enfant. Les trois messes qu’on célèbre le jour de Noël ont pour objet d’honorer les trois naissances de Notre-Seigneur : sa naissance du sein de son Père éternel, sa naissance de Marie à Bethléem, sa naissance spirituelle dans nos âmes. Pendant la première messe, adorez le Fils de Dieu: naissant du sein du Père, et adorez le Père éternel comme votre vrai Père, et la source première de tous les biens que vous avez reçus et que vous recevrez jamais. Dans la deuxième, adorez Notre-Seigneur naissant de sa Mère, selon son humanité, se faisant par là votre frère, et vous mettant en part de tous ses biens, spécialement du privilége magnifique de donner vous-même à Dieu, ainsi qu’il vous l’a appris dans l’Évangile, le doux nom de père. Remerciez-le, enfin , de tous les biens sans nombre qu’il a faits à la très Sainte Vierge, en l’élevant par l’Incarnation à la dignité incomparable de sa vraie Mère. Dans la troisième messe, témoignez votre reconnaissance à Marie de vous avoir fait naître en Jésus-Christ, et par là d’être véritablement votre mère pour le temps et pour l’éternité. Lorsque vous eûtes le bonheur de devenir son enfant, vous n’étiez pas capable de lui témoigner vos sentiments de gratitude; aujourd’hui que vous connaissez quelque chose de ses miséricordes à votre égard, acquittez-vous envers elle, autant que vous le pourrez , et invitez les saints Anges à s’unir à vous pour vous aider à lui témoigner votre reconnaissance.

- 2° Cette divine mère a voulu vous avoir pour enfant, afin que vous lui donniez la joie de voir Jésus-Christ grandir, se fortifier et se développer dans votre âme. Elle a nourri et fait croître le corps du Sauveur par les soins qu’elle a pris de son enfance; et elle veut développer sa vie en vous jusqu’à ce que vous, arriviez à la perfection de cette vie à laquelle Dieu le père vous appelle. La vie de Jésus croît et augmente dans les chrétiens lorsque ce divin Sauveur ne trouvant point en eux de résistance, il fait paraître ses vertus divines et sa sainteté dans leurs oeuvres. Quelle douce et vive satisfaction ne procureriez-vous pas à Marie si, à l’occasion de cette solennité, vous triomphiez de ces défauts dans lesquels vous retombez si souvent, et qui, empêchant Jésus-Christ d’agir en vous, le tiennent comme dans un état habituel d’impuissance et de faiblesse! Conjurez donc Marie d’ôter de ce coeur toutes les affections qui ne seraient pas pour Jésus. Priez-le avec ferveur de vous aider à les arracher, et d’en faire comme un petit faisceau de myrrhe pour l’offrir à l’Enfant Jésus dans sa crèche. Oseriez-vous aller à lui les mains vides, tandis que les bergers et les mages s’empressent de lui porter chacun leurs présents ? Tels sont ceux que Jésus et Marie attendent de votre amour; votre coeur pourrait-il les lui refuser? Prenez donc la résolution de réprimer en vous les mouvements de votre impatience naturelle, pour laisser à Jésus la facilité de faire paraître sa patience en vous; d’étouffer les saillies de votre amour-propre, pour qu’il puisse montrer en vous son humilité et sa douceur; de surmonter vos antipathies ou vos affections trop sensibles, afin de lui donner lieu de manifester pour vous sa divine charité; enfin d’attaquer de front tous vos défauts, pour qu’il fasse éclater en vous et par vous toutes ses aimables vertus, et qu’ainsi il grandisse et se développe dans votre âme.

- 3° Pour vous maintenir dans des dispositions si nécessaires, consacrez-vous tout de nouveau à Marie en qualité d’enfant, et promettez-lui de vivre à son égard dans l’abandon le plus filial et la dépendance la plus absolue. Elle étend sa sollicitude maternelle sur tous vos besoins, sur ceux du corps aussi bien que sur ceux de l’âme. Recevez donc comme de sa main la nourriture que vous prenez tous les jours, les vêtements nouveaux dont vous usez, tous les autres soulagements nécessaires ou utiles à votre conservation, en un mot, tout ce que la divine Providence met à votre disposition pour vous aider à passer la vie présente. Cette fidélité à tout recevoir comme de la main de cette aimable mère, entretiendra en vous les sentiments de piété filiale que vous lui devez, et contribuera puissamment à vous faire user de toutes ces choses d’une manière très-pure et très chrétienne.

- 4° Avant de rien entreprendre de tant soit peu considérable, ayez soin de lui en demander la permission comme ferait un enfant à sa mère. L’Enfant Jésus, le plus parfait modèle en ce genre qui puisse jamais être proposé, nous a donné cet exemple de soumission à Marie, et nous a mérité la grâce de la pratiquer. Quoiqu’il fût toujours éclairé par la lumière de son Père, qui lui montrait ce qu’il avait à faire, il ne laissait pas, comme un enfant très soumis à sa mère, de ne se porter à rien sans son agrément ; combien plus convient-il que vous vous conformiez à cette sainte pratique, pour trouver la lumière dans vos obscurités et éviter les piéges et les illusions de l’amour-propre. Ayez donc soin, avant de rien entreprendre, de lui demander son agrément; et cela : 1° en renonçant à vos vues propres; 2° en vous unissant à ses intentions très-pures et très-saintes; 3° en la priant, si la chose qu’il s’agit de faire est conforme à son bon plaisir, d’y donner sa sainte bénédiction, ou d’en empêcher l’exécution si elle ne lui était pas agréable; 4° mais un moyen de fixer alors vos incertitudes, ce serait de consulter une personne sage et désintéressée, et si vous êtes membre d’une communauté, la personne qui vous gouverne, en regardant dans sa décision la volonté de Marie qui se fera connaître à vous par ce moyen.

- 5° Une autre pratique qui nourrira en vous cette piété. filiale, ce sera de lui demander sa sainte bénédiction à genoux, et, si vous le pouvez, devant quelqu’une de ses images, le matin, dès votre lever, le soir, immédiatement avant de prendre votre repos. Servez-vous alors, à l’imitation de l’Église, de ces paroles qui lui sont familières : Que la Vierge Marie, avec son doux Enfant, nous bénisse: Nos, cum prole pia benedicat Virgo Maria. En vous consacrant à elle le matin, demandez-lui de vous revêtir tout de nouveau de la vie de Jésus-Christ, son Fils; priez-la de vous obtenir la fidélité nécessaire pour la faire croître et se développer en vous, et enfin pour vous renouveler dans ces dispositions durant le jour, demandez-lui encore sa bénédiction maternelle en entrant dans votre chambre et lorsque vous en sortez, si votre position vous permet de vous assujettir à cette sainte pratique. »

Fleur de lys bleu

1. Galat., cap. IV, 6. Quoniam autem estis filiii Dei, misit Deus Spiritum Filii sui in corda vestra.

2. S. Joann., cap. I, 12, 13. Dedit eis potestatem filios Dei fieri, his qui credunt in nomine ejus, qui… ex Deo nati sunt. Et verbum caro factun est, et habitavit in nobis.

2007-49. Préparation spirituelle au mystère de Noël : Contemplons Jésus dans le sein de Marie.

Daniel Hallé La vierge enceinte, tableau de l'église de Saint-Pierre-lès-Nemours.

La Vierge enceinte entourée d’anges adorateurs :
tableau de Daniel Hallé (1614-1675) dans l’église de Saint-Pierre-lez-Nemours.

« Le Verbe, venant au monde, a trouvé, dans le sein de la bienheureuse Vierge, un séjour de sainteté, semblable, autant qu’il pouvait l’être par l’opération du Saint-Esprit, à celui de son Père. Là il vit dans un état de plus parfaite sainteté que dans tout autre mystère de sa vie mortelle. Tandis que, sur la terre, il vivra au milieu des créatures maudites à cause du péché, au milieu des pécheurs, dont les vices lui causeront des peines intolérables ; dans Marie, qui est, après Dieu, ce qu’il y a de plus saint, il est comme dans un monde de sainteté. Cette demeure tient le milieu entre son séjour dans la gloire, dans la sainteté du ciel, et le séjour qu’il fera sur la terre, couverte des horreurs abominables du péché. Sa demeure au sein de Marie tempère cette immense opposition, il y vit séparé de tout usage des créatures, ou plutôt il n’use d’aucune d’elles que par Marie. Par elle, il use de la lumière ; par elle, il use des aliments : en un mot, tout se convertit en Marie pour Jésus : Elle lui est toutes choses : elle est sa lumière, sa force, sa nourriture, sa demeure, son temple. Là il bénit et loue la Majesté divine ; là il sanctifie sa Mère et la remercie de lui aider à servir Dieu, et de lui être un moyen de le glorifier. Aussi y demeure-t-il tout le temps qu’il peut y faire sa résidence sans en perdre un seul moment ; et, pour en partir, attend-il jusqu’au dernier instant marqué par son Père.

Quoique saint et la sainteté même, Jésus se trouvait chargé de nos péchés qu’il venait expier par sa pénitence et par sa mort ; il était donc innocent et criminel tout ensemble : innocent en sa propre personne, criminel dans la personne du genre humain. Comme portant sur lui la figure du péché et l’image de notre chair criminelle, il devait être traité comme s’il eût été criminel et véritablement revêtu de la chair du péché. C’est pourquoi la Très Sainte Vierge, sa Mère, aurait dû endurer à Bethléem les douleurs que souffrent les mères à la naissance de leurs enfants, ou plutôt elle devait en éprouver plus que n’en ressentent toutes les mères des hommes ensemble, puisque son Fils portait sur lui les péchés de tous. Mais parce qu’à Bethléem il allait naître comme innocent, ayant été conçu par l’opération du Saint-Esprit, il allait naître comme saint, selon la parole de l’Ange : il ne convenait pas qu’il fît souffrir à sa Mère aucune douleur. Le Fils de Dieu n’avait, en effet, que la ressemblance du péché, et si sa Mère eût souffert pour sa naissance, il eût paru être pécheur comme nous. Pour cette raison donc, elle le met au monde sans douleur ; et Dieu remet à l’heure de la mort de Jésus-Christ la peine que Marie aurait dû souffrir à sa naissance. Ainsi Bethléem est pour elle un paradis de délices, parce qu’elle y est mère de celui qui est saint essentiellement. Elle l’avait conçu la nuit du 25 mars, dans la ferveur de la prière ; elle le met au monde le 25 décembre, dans un transport de la gloire de Dieu. L’ayant conçu par la pensée, comme dans l’éternité le Père éternel le conçoit, comme lui elle ne souffre point de déchet en sa pureté en l’engendrant. Elle l’avait conçu, et elle l’enfante, comme le verre conçoit et renvoie hors de lui les rayons du soleil, qui, au lieu de le rompre et de le ternir, l’éclairent, l’embellissent et le rendent semblable à cet astre. »

Jean-Jacques Olier, fondateur des prêtres de Saint-Sulpice,
in « Vie intérieure de la Très Sainte Vierge » (Chap. VII « Nativité de Notre-Seigneur Jésus-Christ », §1)
.

* * * * * * *

O Jesu vivens in Maria

Veni et vive in famulis tuis,

In spiritu sanctitatis tuae,

In plenitudine virtutis tuae,

In perfectione viarum tuarum,

In veritate virtutum tuarum,

In communione mysteriorum tuorum;

Dominare omni adversae potestati,

In Spiritu tuo ad gloriam Patris.

Amen.

Traduction : Ô Jésus, vivant en Marie, venez et vivez en vos serviteurs: dans l’esprit de votre sainteté, dans la plénitude de votre force, dans la perfection de vos voies, dans la vérité de vos vertus, dans la communion de vos mystères; dominez sur toute puissance ennemie, en votre Esprit à la gloire du Père. Ainsi soit-il.

(Prière de l’Ecole Française)

4ème de l'avent

2007-45. Des miracles de Notre-Dame de Guadalupe.

12 décembre,
fête de Notre-Dame de Guadalupe.

Décidément, le mois de décembre est rempli de fêtes en l’honneur de la Très Sainte Vierge !
Mais je ne m’en plains pas du tout… Bien au contraire, je m’en émerveille et j’en rends à Dieu de ferventes actions de grâces.

En ce 12 décembre donc, nous honorons Notre-Dame de Guadalupe, céleste protectrice du Mexique et de toute l’Amérique latine.
J’ai bien sûr demandé à Frère Maximilien-Marie de me donner des explications sur ce vocable de la Vierge Marie, et il m’a raconté l’histoire de cette apparition et du prodige qui la continue aujourd’hui encore…

* * * * * * *

Le samedi neuf décembre 1531, un pieux Indien prénommé Juan Diego se rendait depuis son village jusqu’à Mexico afin d’y assister à la Sainte Messe.
Comme il passait au pied du Mont Tepeyac (la plus haute des collines qui entourent la ville), il entendit tout à coup une musique céleste qui l’attira vers le sommet. Il en fit l’ascension et là, dans une lumière resplendissante, il aperçut une Dame incomparablement belle, souriante et radieuse de bonté qui lui demanda :
«Juan, mon fils bien-aimé, où vas-tu?
— Madame, je vais à Mexico entendre la messe en l’honneur de la Vierge.
Ta dévotion m’est agréable, reprit l’Inconnue ; je suis cette Vierge, Mère de Dieu. Je désire que l’on me bâtisse ici un temple magnifique d’où je répandrai mes faveurs et où je ferai voir ma compassion envers tous ceux qui m’invoqueront avec confiance. Va trouver l’évêque de Mexico pour l’instruire de ma volonté ».

Juan Diego se hâta de transmettre le message, mais le prélat le tint pour un illuminé et le congédia.
Diego retourna sur le Tepeyac, y retrouva la Très Sainte Vierge qui lui enjoignit de retourner auprès de l’évêque. Ce dernier le reçut un peu mieux mais exigea un témoignage certain de la volonté du ciel.

Le dimanche dix décembre, Juan Diego revit la Vierge qui promit le signe demandé pour le lendemain.
Toutefois l’Indien ne put se rendre sur le Tepeyac le lundi onze décembre, car il dut rester tout le jour au chevet de son oncle gravement malade.

Le mardi douze décembre, pressé de trouver un prêtre à Mexico pour administrer les derniers sacrements au moribond, Diego avait résolu de passer rapidement devant la colline, mais au détour de la route, il se trouva subitement en présence de l’Apparition qui lui dit :
«Ton oncle est guéri! Mais va en haut de la colline et tu y cueilleras des roses que tu donneras à l’évêque de Mexico.»

Ce n’était pas la saison des fleurs et on n’avait jamais vu la roche nue du Tepeyac produire des roses, mais l’humble paysan obéit sans hésiter : il gravit la colline et il trouva effectivement un merveilleux parterre de roses fraîches au sommet. Il en cueillit une brassée, les cacha dans son manteau – plus exactement un poncho léger tissé à base de fibres de cactus – , puis se rendit à l’évêché.

Lorsque Juan Diego fut introduit, il déploya son manteau pour présenter les roses à l’évêque.
Mais ce sont en réalité deux miracles et pas seulement un seul qui stupéfièrent tous ceux qui se trouvaient là : il y avait non seulement la brassée de roses – des roses de Castille fraîches et odorantes, qui disparurent lorsqu’on voulut les saisir – , mais il y avait aussi, miraculeusement imprimée sur le manteau de Juan Diego, l’image de l’Apparition elle-même!
Tous les témoins du prodige tombèrent à genoux, sans pouvoir faire autre chose qu’admirer et rendre grâce.
Se relevant, l’évêque ôta le poncho des épaules du pieux Mexicain et l’exposa dans sa chapelle en attendant d’élever un sanctuaire qui puisse renfermer cette image miraculeuse.

Le jour suivant, treize décembre, il se rendit sur la colline de l’Apparition suivi d’un grand concours de peuple, voulant voir l’endroit exact où la Très Sainte Vierge S’était montrée à Juan Diego.
Comme ce dernier ne semblait pas pouvoir le déterminer avec précision, la Vierge Marie le tira d’embarras par un nouveau miracle : une source jaillit soudain, désignant le lieu précis de l’Apparition. Depuis, cette source n’a cessé de couler et d’opérer des guérisons miraculeuses.

La Reine du Ciel Se montra une cinquième fois à Son humble serviteur et lui révéla le titre sous lequel Elle désirait être invoquée : «On m’appellera : Notre-Dame de Guadalupe».
Ce nom venu d’Espagne, mais d’origine arabe, signifie : Fleuve de Lumière.

Conformément à la demande de la Mère de Dieu, on éleva une basilique sur la colline du Tepeyac et la sainte image de Marie imprimée sur le manteau du voyant y fut dès lors exposée et vénérée, tandis que d’innombrables et éclatants miracles témoignèrent de l’inépuisable bonté de Notre-Dame de Guadalupe, dont la fête fut fixée à l’anniversaire du miracle.

Notrre-Dame de Guadalupe

Toutefois les choses ne s’arrêtent pas là et on peut dire que cet humble poncho de Juan Diego entraîne une véritable « cascade de miracles ».
Jugez-en vous-mêmes :

1) Le premier miracle du manteau de la Vierge Marie a été réalisé par la Mère de Dieu le 12 décembre 1531, comme nous venons de le raconter ci-dessus.

2) Dès le 26 décembre 1531, il y eut une procession au Mont Tepeyac et de nombreux indiens chichimèques y participèrent : ils jouaient avec leurs arcs et leurs flèches en dansant selon leur coutume. Malheureusement une flèche tirée au hasard transperça la gorge d’un indien qui accompagnait le manteau. Il mourut sur le champ. Mais lorsqu’on retira la flèche, on vit aussitôt se former une cicatrice et l’indien ressuscita. A partir de ce moment là, les indiens se convertirent au catholicisme en très grand nombre (environ neuf millions).

3) En 1751, deux scientifiques, Michel Cabrera et Joseph Ibarra, examinèrent très soigneusement ce poncho et ils certifièrent que l’image ne portait aucune marque de pinceau.

4) En 1791, de l’acide muriatique tombé sur le côté droit supérieur avec une proportion de 50 % d’acide nitrique et 50 % d’acide chlorhydrique, fit un trou de 10 cm de diamètre. Trente jours après le tissu était reformé sans que personne ne soit intervenu pour réparer l’accident. Aujourd’hui encore, il reste une marque de la tache et c’est seulement au moyen d’un instrument de précision qu’on peut observer la trace de la brûlure.

5) Au cours du XVIIIe siècle, on fit une copie de l’image sainte très semblable à l’originale sur un même tissu de maguey (fibres végétales de cactus) : malgré toutes les précautions prises, la copie fut réduite en poussière au bout d’une quinzaine d’années, tandis que l’original, qui n’a fait l’objet d’aucune mesures conservatoires particulières, est demeuré absolument incorrompu, alors qu’il a déjà près de 500 ans, ce qui est un phénomène inexplicable. Le poncho mesure 1.71 de haut sur 1.05 de large.

6) Le 14 novembre 1921, l’anarchiste Lucien Perez, déposa au pied du poncho miraculeux un bouquet de fleurs dans lequel il avait mis une charge de dynamite : tout ce qui était alentour fut détruit, tandis que le manteau et la vitre qui le recouvrait demeuraient intacts.

7) En 1929, le photographe Alfonso Marcué Gonzalez découvrit qu’on apercevait une figure humaine dans l’œil droit de la Vierge.

8 ) En 1936, l’évêque de Mexico fit analyser trois fibres du manteau (ce qui sera à l’origine des prix Nobel de chimie pour les années 1938 et 1949). Le Dr. Richard Khun, d’origine juive, établit que la peinture de l’image n’avait aucune origine végétale, minérale ni même animale, ni aucun élément des 111 pigments connus dans le monde. Khun en déduisit que l’image ne peut être d’origine humaine.

9) En 1956, l’ophtalmologue Torruela Bueno découvrit qu’en approchant l’œil de la Vierge pour réaliser un fond d’œil, comme on le fait pour un être vivant, la pupille se ferme et que lorsqu’on retire la lumière, la pupille se dilate de nouveau, absolument comme cela se produit avec un œil humain. En juillet 1956, le Dr. Lavoignet, après huit mois d’intense travail, découvre le phénomène optique de la triple image de Purkinge-Samson, qui correspond à ce que perçoit l’œil humain, c’est-à-dire les trois réfractions de l’objet vu.

10) En février 1979, le Dr. José Aste Tonsmann, chef du Centre Scientifique d’IBM à Mexico, découvre à son tour, grâce à de puissants ordinateurs, des phénomènes inexplicables : dans les pupilles des yeux de la Vierge Marie, qui ont un diamètre de 8 mm, sous forme digitalisée, on peut voir douze personnages qui regardent l’image de la Vierge de Guadalupe. Mais ce n’est pas tout : en agrandissant la pupille de l’un des personnages de la scène, c’est-à-dire de l’évêque Juan de Zumárraga (en faisant donc un agrandissement qui atteint quelque 2500 fois la pupille de la Vierge), on aperçoit aussi Juan Diego montrant le poncho portant l’image de la Vierge! Ainsi, en un quart de micron qui est la π partie de millionième de millimètre, le Professeur Aste Tonsmann put voir une scène extraordinaire, découverte qui lui ôta le sommeil pendant plusieurs nuits.

11) Le 7 mai 1979, les scientifiques Jody Brand Smith, professeur d’esthétique et de philosophie, et Philipp Serna Callahan, biophysicien de l’Université de Floride et spécialiste en peinture, tous deux membres de la NASA, établirent scientifiquement qu’il n’y a pas de peinture pour produire l’image du manteau. Ils attestent également que ce n’est pas une photographie qui aurait imprimé le tissu. Ils découvrirent en outre que ce poncho conserve, sans qu’on puisse fournir aucune explication, la température du corps humain, c’est-à-dire autour de 36,6°/ 37°.

12) Le 22 décembre 1981, le R.P. Mario Rojas, découvrit à son tour, à l’Observatoire « Laplace » de Mexico, que les étoiles qui sont figurées sur le manteau de la Vierge correspondent exactement à la carte du ciel telle qu’elle était au solstice d’hiver du 12 décembre 1531, à 10h26 sur le territoire de Mexico, c’est-à-dire à l’heure précise où Juan Diego déploya son poncho devant l’évêque. Les astronomes ont vérifié le fait.

13) Deux anges avaient été peints (sans doute au XVIIIème siècle) de chaque côté de la Vierge, en dehors des rayons, mais trente jours après ils avaient disparus. Aujourd’hui, grâce à des outils très spécialisés et sophistiqués, on peut retrouver la trace de ces peintures et aussi celle d’une couronne peinte sur le chef de la Vierge. Mais l’image miraculeuse elle-même ne s’estompe pas malgré les siècles.

14) Une peinture avait aussi été appliquée sur l’ange de la partie inférieure, sur l’or des rayons et l’argent du cordon, ainsi que sur le serpent au-dessous des pieds de la Vierge. Cette peinture est en train de disparaître et les couleurs originales du 12 décembre 1531 reparaissent dans une fraîcheur intouchée.

15) Si l’on s’approche à moins de 10 cm de la toile on ne voit que les fibres du manteau sans aucune couleur. Les scientifiques de la NASA ont découvert en outre qu’en passant un rayon laser sur la toile, mais de façon latérale, ce rayon passe sans toucher la peinture ni la toile ce qui montre qu’en réalité l’image est « suspendue en l’air » à trois dixième de millimètres au-dessus du tissu.

16) Un gynécologue, posant son stéthoscope sur la ceinture de la Sainte Vierge (car l’image de Marie est celle d’une femme enceinte), entendit le bruit de battements de cœur et put établir qu’ils s’élevaient à 115-120 pulsations à la minute, ce qui correspond aux battements cardiaques d’un foetus dans le sein de sa mère.

17) Enfin, le 24 avril 2007, à la fin d’une messe offerte pour les enfants avortés (alors que le conseil municipal de Mexico venait de légaliser l’avortement), tandis que beaucoup de fidèles priaient devant le manteau miraculeux, on a vu l’image de la Vierge rayonner d’une lumière intense qui émanait de son ventre. Des photos furent prises ; avec des examens précis, il est possible d’apprécier la position de la lumière : elle provient réellement du ventre de l’image de la Sainte Vierge et ce n’est ni un reflet, ni un artéfact. L’ingénieur Luis Girault, qui a étudié l’image ainsi réalisée, a confirmé l’authenticité du négatif et a pu préciser qu’il n’avait été ni modifié ni altéré, par superposition d’un autre image par exemple. Il a découvert que ce rayonnement lumineux ne provient d’aucun reflet, mais sort littéralement de l’intérieur de l’image de la Vierge. La lumière produite est très blanche, pure, intense, différente des lueurs photographiques habituelles produites par les flashes. Cette lumière est entourée d’un halo et paraît flotter à l’intérieur de l’abdomen de la Vierge. Ce halo possède la forme et les mesures d’un embryon. En effet si on examine plus précisément encore cette image, on distingue à l’intérieur du halo certaines zones d’ombre qui ont les caractéristiques d’un embryon humain dans le sein maternel. Ce dernier phénomène n’a pas encore fait l’objet d’une déclaration de l’autorité ecclésiastique, et nous le rapportons parce qu’il a connu déjà un grand retentissement et que des photos ont circulé sur Internet, mais nous ne voulons pas anticiper le jugement de l’Eglise à son sujet.

Quoi qu’il en soit, la formation de l’image de Notre-Dame de Guadalupe reste totalement inexplicable aujourd’hui scientifiquement.

Lully.

Publié dans:De liturgia, De Maria numquam satis |on 12 décembre, 2007 |2 Commentaires »
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