Archive pour la catégorie 'Memento'

2025-115. Les « sauvegardes du Sacré-Cœur ».

Premier vendredi du mois d’août.

Apparition du Sacré-Cœur à Sainte Marguerite-Marie - église de Bertrimoutier dans les Vosges

Apparition du Sacré-Cœur à Sainte Marguerite-Marie
(vitrail de l’église de Bertrimoutier)

        Au cours de la deuxième « grande apparition » du Sacré-Cœur à Sainte Marguerite-Marie, dans le courant de l’année 1674, il fut révélé à la sainte Visitandine de Paray-le Monial qu’

   « (…) il fallait honorer [l'amour de notre divin Rédempteur] sous la figure de ce Cœur de chair, dont il voulait l’image être exposée et portée sur soi, sur le cœur, pour y imprimer son amour et le remplir de tous les dons dont il était plein et pour y détruire tous les mouvements déréglés… » (voir le texte complet de cette révélation > ici).

   C’est absolument sans équivoque : Notre-Seigneur veut que nous portions l’image de Son Cœur adorable sur nos cœurs.

   Au cours de l’épidémie de peste qui, en 1720, ravagea Marseille, la Vénérable Anne-Madeleine Rémusat, Visitandine, exhorta les fidèles à se munir de petits rectangles d’étoffe, brodés à l’effigie du Cœur de Jésus, bénits et portés sur le cœur, que l’on nomma « sauvegardes du Sacré-Cœur », en signe du recours à la puissance protectrice du divin Cœur de Jésus, de la confiance avec laquelle on avait recours à Lui pour être protégé de la contagion.
A cette époque, la phrase qui avait été inscrite sur la « sauvegarde » était ​:

« O Cœur de Jésus, abîme d’amour et de miséricorde, je mets toute ma confiance en Vous ».

La Vénérable Anne-Madeleine Rémusat

Portrait de la Vénérable Anne-Madeleine Rémusat (1696-1730)

   La pratique du port de « sauvegardes » se propagea parmi les dévôts du Cœur de Jésus au-delà du temps de la contagion, mais Notre-Seigneur Lui-même voulait qu’elle se répandît plus largement encore, et Il le fit savoir à une autre religieuse de la Visitation, à Nantes cette fois : Sœur Marie-Anne Galipaud, que l’on surnommera bientôt « la sainte Sœur de Nantes ».

   Nous sommes alors en 1787, à la veille de la catastrophe spirituelle, sociétale, civilisationnelle et politique qui va engloutir l’ancien monde :

« Jésus-Christ, dans Sa sainte humanité, m’est apparu tenant en main un Cœur […] tout couvert d’épines aiguës… ».

   Ces apparitions vont se répéter cinq fois et Notre-Seigneur Jésus-Christ, en manifestant Son Cœur

« foulé aux pieds, bafoué, méprisé et oublié »,

rappelle ce qu’Il avait déjà demandé plus d’un siècle auparavant : 

   « Aime, adore, vénère ce Cœur. Fais ton possible pour le faire aimer, adorer, vénérer et vois si tu peux plonger tous les hommes dans cette ouverture sacrée ; mais, particulièrement, ranime, fortifie cette flamme dans Mon petit peuple de la Visitation. Mais cet amour, Je ne le veux pas en paroles, mais en imitation… »

   La Révérende Mère Claude-Marie de Bruc (1728-1812), supérieure, s’emploie alors à diffuser largement les demandes de Notre-Seigneur.
Les Sœurs de la Visitation de Nantes se mettent à l’ouvrage, peignant des images et cousant des scapulaires du Sacré-Cœur, appelés « sauvegardes » en raison des protections spirituelles et temporelles qu’elles procurent. 

Sauvegarde du Sacré-Cœur sur la poitrine d'un Vendéen

Sur les vitraux où sont figurés les héros et les événements du soulèvement vendéen
les « sauvegardes du Sacré-Cœur » sont représentées sur les poitrines des combattants et des fidèles.

   Lors des soulèvements populaires d’opposition à l’impie révolution, on verra les « sauvegardes du Sacré-Cœur » fièrement arborées sur les poitrines des comabattants et de leurs chefs, ainsi que sur celles de nombreux fidèles. Beaucoup de celles des Vendéens et des Chouans provenaient de la Visitation de Nantes.
Sous l’image du divin Cœur, furent souvent brodés ces mots : « Dieu – le Roy ».

   Au cours du XIXème siècle, notamment lorsque beaucoup de jeunes gens (et ils furent très nombreux des provinces de l’ouest de la France) s’enrolèrent pour la défense des Etats Pontificaux, soit dans l’éphémère groupe des « Croisés de Cathelineau » puis dans le corps des Zouaves Pontificaux (cf. ici et ici), l’inscription fut à nouveau modifiée, et on trouva sur les « sauvegardes » ce texte : « Arrête ! Le Cœur de Jésus est là. Que Votre règne arrive ! ». Texte dû, semble-t-il, à l’inspiration soudaine de la mère d’un jeune homme qui partait combattre pour la défense du Patrimoine de Saint Pierre, au moment où, agenouillé devant elle, il lui demandait sa bénédiction et recevait de ses mains une « sauvegarde ».

   Le Bienheureux Pie IX, recevant lui-même cette « sauvegarde », s’écria :

« Je désire que le Diable ne puisse faire aucun mal à ceux qui porteront cette sauvegarde, symbole du Cœur adorable de Jésus »

; et il ajouta même :

   « Je bénis ce Cœur et je veux que tous ceux qui seront faits selon ce modèle reçoivent cette même bénédiction, sans qu’il soit besoin qu’un autre prêtre la renouvelle ».

   A Pellevoisin, la Mère de Miséricorde, lors de l’apparition du 9 septembre 1876 (cf. > ici),  a retourné une petite pièce de laine qu’elle portait sur la poitrine, et Estelle Faguette, la voyante, y aperçut la représentation du Sacré-Cœur figuré comme sur les « sauvegardes ».
En le soulevant la Mère de Dieu dit : « J’aime cette dévotion », puis, après une pause, elle ajouta : « C’est ici que je serai honorée ».
De nombreux commantateurs ont fait valoir que ce n’est pas tant le lieu de l’apparition mais bien plutôt le Cœur de son divin Fils que Notre-Dame désignait par cet « ici », au moment où elle dévoilait Son image, qu’elle-même portait sur la poitrine.

Révélation du scapulaire du Sacré-Cœur

Vitrail de l’église paroissiale de Pellevoisin, représentant la révélation
du scapulaire du Sacré-Coeur, le 9 septembre 1876.

   Au cours des années terribles qui suivirent le second concile du Vatican, beaucoup de prêtres et de religieux se sont attaqués à la dévotion au Sacré-Cœur et aux manifestations de son culte : les « sauvegardes », pendant un temps, étaient mêmes devenues assez difficiles à trouver, mais – fort heureusement ! -, les Sœurs de la Visitation de Nantes, depuis le 16 octobre 2007, ont repris la confection et la distribution des « sauvegardes du Sacré-Cœur de Jésus», en reprenant exactement l’image conservée dans leurs archives datant de la Révolution.
Depuis lors, ce sont des dizaines de milliers de « sauvegardes » qui ont été répandues en France ainsi que dans de nombreux pays sur tous les continents.

   Il est possible de se procurer des « sauvegardes » au Monastère de la Visitation de Nantes (8 rue du Maréchal Joffre – 44000 Nantes / tél.: 02 40 74 15 78).
Les « sauvegardes » sont envoyées bénites : on ne les paye donc pas, mais en revanche il est juste, selon ses possibilités, de faire une offrande, ne serait-ce que pour les frais d’envoi, et, si on le peut, afin d’aider les Visitandines dans leur apostolat de fabrication et de diffusion. 

Sauvegarde du Sacré-Cœur Visitation de Nantes

2025-113. « Ne soyez pas inquiet de tout, mais abandonnez à la divine Providence ce que vous ne pouvez accomplir par vous-même. »

31 juillet,
Fête de Saint Germain d’Auxerre, évêque et confeseur (cf. > ici) ;
Mémoire de Saint Ignace de Loyola, confesseur, fondateur de la Compagnie de Jésus.

Blason compagnie de Jésus IHS

       Voici des extraits d’une lettre écrite par Saint Ignace de Loyola huit mois et demi avant son bienheureux trépas (+ 31 juillet 1556) ; les conseils spirituels qu’y prodigue cet éminent maître de vie spirituelle, au-delà de son correspondant particulier, seront, nous semble-t-il tout-à-fait profitables à nombres d’âmes désireuses de perfection, et qui, par le fait même, sont exposées à de nombreux troubles et inquiétudes.
Nous ne doutons pas que les lecteurs de ce modeste blogue sauront les méditer et en retirer de sages principes pour progresser dans les voies de la sainteté à laquelle Notre-Seigneur Jésus-Christ les appelle.
Nous les dédions particulièrement à ceux de nos amis qui, sur leur route, sont affrontés à de nombreuses difficultés et obstacles.

Saint Ignace de loyola écrivant

Saint Ignace de Loyola écrivant

   « Il me semble que vous devriez vous résoudre à faire avec calme ce que vous pouvez. Ne soyez pas inquiet de tout, mais abandonnez à la divine Providence ce que vous ne pouvez accomplir par vous-même.

   Sont agréables à Dieu notre soin et notre sollicitude raisonnables pour mener à bien les affaires dont nous devons nous occuper par devoir.
L’anxiété et l’inquiétude de l’esprit ne plaisent point à Dieu.

   Le Seigneur veut que nos limites et nos faiblesses prennent appui en Sa force et en Sa toute-puissance ; Il veut nous voir croire que Sa bonté peut suppléer à l’imperfection de nos moyens.
Ceux qui se chargent d’affaires nombreuses, même avec une intention droite, doivent se résoudre à faire simplement ce qui est en leur pouvoir, sans s’affliger s’ils ne parviennent pas à tout réaliser comme ils le voudraient.
A condition toutefois qu’ils aient accompli tout ce que la nature humaine peut et doit faire selon les indications de la conscience.

   Si on doit laisser de côté certaines choses, il faut s’armer de patience, et ne pas penser que Dieu attend de nous ce que nous ne pouvons pas faire : Il ne veut pas davantage que l’homme s’afflige de ses limites.

   Pourvu que l’on donne satisfaction à Dieu, — ce qui est plus important que de donner satisfaction aux hommes — il n’est pas nécessaire de se fatiguer outre mesure.
Bien plus, lorsqu’on s’est efforcé d’agir de son mieux, on peut abandonner tout le reste à Celui qui a le pouvoir d’accomplir tout ce qu’il veut.

   Plaise à la divine Bonté de nous communiquer toujours la lumière de la Sagesse, pour que nous puissions voir clairement et accomplir fermement Son bon plaisir, en nous et dans les autres… pour que nous acceptions de Sa main ce qu’Il nous envoie, en faisant cas de ce qui a le plus d’importance : la patience, l’humilité, l’obéissance et la charité…

   Que Jésus-Christ soit seulement en nos âmes avec ses dons spirituels ! Amen. »

Saint Ignace de Loyola (1491-1556)
Lettre du 17 novembre 1555

Blason compagnie de Jésus IHS

2025-112. De Saint Germain, évêque d’Auxerre, le plus remarquable des évêques des Gaules en son temps et l’éradicateur du pélagianisme en Grande-Bretagne.

31 juillet,
Fête de Saint Germain d’Auxerre, évêque et confesseur ;
Mémoire de Saint Ignace de Loyola, confesseur, fondateur de la Compagnie de Jésus (cf. > ici) ;
Premier jour du carême de la Dormition de la Mère de Dieu (cf.
> ici).

Saint Germain d'Auxerre - vitrail de l'église de Saint-Etienne en Dévoluy - blogue

[vitrail de l'église de Saint-Etienne en Dévoluy]

Vignette typographique saint évêque

Vie de Saint Germain l’Auxerrois

(D’après M. Quantin [1814-1891], archiviste-paléographe, directeur de la Bibliothèque d’Auxerre, et les Mémoires de l’Abbé Lebeuf)

       Saint Germain fut sans contredit le plus célèbre prélat de son siècle : ardent défenseur de la foi, fléau de l’hérésie, père des peuples, refuge de tous les malheureux, parfait modèle de sainteté, il fut l’honneur et la consolation de l’Eglise de France à l’époque où il vécut.

   Fils de Rustique et de Germanille qui soutenaient par leur opulence, l’éclat de leur noblesse, il naquit vers l’an 380, dans la ville d’Auxerre, et, dès sa plus tendre jeunesse, il fut formé aux arts libéraux. On vit par l’éducation qu’il reçut, jointe à la bonté de son esprit, que l’art et la nature s’accordèrent admirablement pour en faire un homme supérieur.
Après avoir appris dans les Gaules tout ce qu’il était possible d’y apprendre alors, il se rendit à Rome pour se perfectionner dans la jurisprudence : il exerça ensuite, dans les tribunaux de la préfecture de cette ville, la profession d’avocat. Pendant qu’il s’en acquittait avec le plus grand éclat, il épousa Eustachie, femme distinguée par sa famille, ses richesses et ses vertus. L’empereur Honorius, l’éleva aux plus grands honneurs, en lui conférant le titre de duc et de gouverneur de plusieurs provinces, savoir, la première et la seconde Aquitaine, la seconde et la troisième Lyonnaise, et la Sénonaise. Ces cinq provinces formaient le duché de la Marche Armorique, qui fut donné à Germain.
Celui-ci résidait souvent à Auxerre, mais les historiens racontent que lorsqu’il se trouvait dans cette ville, il était plus appliqué aux divertissements de la chasse, qu’aux exercices de la religion chrétienne. Il y avait, au milieu de la cité, un poirier qui fournissait un très-bel ombrage et aux branches duquel il aimait, par vaine gloire, à suspendre les têtes de toutes les bêtes fauves qu’il avait tuées. Saint Amatre se plaignit de cette pratique qui venait des idolâtres, et pouvait scandaliser les chrétiens, mais comme ses reproches n’aboutissaient à aucun résultat, il profita de l’absence de Germain, coupa l’arbre, et se réfugia à Autun, près de Jules Agricole, préfet des Gaules, afin de se soustraire à la colère du gouverneur.

La Gaule romaine aux alentours de l'an 400

La Gaule romaine aux alentours de l’an 400 :
on y voit les provinces de première et seconde Aquitaine,
de seconde et troisième Lyonnaise, et la Sénonaise,
qui sont les cinq provinces formant le duché de Marche Armorique,
dont Germain avait été nommé duc par Honorius.

   Là, il demanda au préfet la permission de mettre Germain au nombre des clercs, parce que Dieu lui avait révélé qu’il serait son successeur. Cette permission lui ayant été accordée, il revint à Auxerre, assembla chez lui les principaux des fidèles et se rendit avec eux à l’église. Germain les y suivit, mais avant de laisser entrer qui que ce fût, il dit à la foule qui avait coutume de porter ses armes dans les assemblées : « Quittez, mes très-chers enfants, quittez toutes ces flèches, qu’on ne voie plus ces armes sur vos épaules ; après cela, vous entrerez dans la maison de Dieu, parce que c’est ici une maison d’oraison, et non pas la demeure d’un Mars toujours pétulant ». Tous alors se désarmèrent et entrèrent.
Le saint évêque, voyant que Germain n’avait plus rien qui put le rendre formidable, commanda aux portiers de fermer les portes, alla droit au gouverneur, se saisit de lui, invoqua le nom du Seigneur, lui coupa les cheveux, lui ôta ses habits du siècle, lui donna ceux de la cléricature. et le promut aux ordres en lui disant : « Travaillez, mon vénérable frère, à conserver pur et sans tache l’honneur que vous venez de recevoir, parce que Dieu veut qu’après ma mort, vous succédiez à la charge de pasteur de cette Eglise ».
L’ordination que saint Germain reçut de saint Amatre a souffert quelque difficulté parmi les savants, les uns prétendent que ce ne fut que le diaconat que le saint évêque lui conféra, et qu’une autre fois il le fit prêtre ; les autres soutiennent que ce fut la prêtrise. Quoi qu’il en soit, il est certain que Germain était prêtre, lorsqu’il célébra les funérailles de saint Amatre, et qu’il ne restait plus qu’à le faire évêque. Tout le clergé et la noblesse, le peuple de la ville et de la campagne le demandèrent alors pour être le successeur du pieux défunt ; on lui déclara une sorte de guerre, et il lui fut impossible de résister, parce que ceux sur lesquels il comptait comme devant le dispenser d’accepter cette dignité et empêcher son élection, se déclarèrent contre lui et l’engagèrent à se soumettre.
On croit que cette élection se fit le premier jour de juin ; c’est du moins le jour où l’on en célébrait la fête, de temps immémorial, dans l’abbaye qui portait son nom ; mais, par la supputation de la durée de son épiscopat, il parait qu’il ne fut ordonné évêque que le dimanche 7 juillet 418.

Vignette typographique saint évêque

   Sa promotion à l’épiscopat fut suivie d’un changement total de conduite. Il quitta le service de l’empereur pour ne plus s’occuper que de celui de Dieu, il foula aux pieds les pompes du siècle, sa femme devint sa sœur, et il distribua ses biens aux pauvres. Il ne mangea plus de pain de froment, se priva de vin toute sa vie, resta le plus souvent sept jours sans manger, porta constamment le cilice, coucha sur la dure, et pria nuit et jour. Grâce à ses exemples et à ses conseils, le clergé d’Auxerre devint le modèle de tous les autres.
Germain voulut encore que ses fidèles fussent animés à la vertu par la vue édifiante des moines. C’est pourquoi il fit bâtir vis-à-vis d’Auxerre, au delà de l’Yonne, le monastère de Saint-Côme qui porta plus tard le nom de Saint-Marien, et à la tête duquel il plaça pour premier abbé un saint homme appelé Alogius. Il fit présent à cette abbaye des terres de Monceaux, de Fontenoy et de Mézilles.
Germain ne faisait pas toujours sa demeure dans le logis qu’il avait à Auxerre, et qui était, on le croit, situé entre l’église de Saint-Etienne et les murs de la ville au-dessus de la Porte-Pendante. Il y demeurait le temps nécessaire pour animer son clergé par ses exemples, puis il allait habiter quelque temps au milieu de ses moines pour les exercer de plus en plus à la perfection chrétienne. Il avait fait pratiquer pour lui dans leur monastère, une petite cellule convenable à un pénitent et dont un ancien historien nous a laissé une description effrayante.

   Le saint évêque visitait avec soin son diocèse, et, dans cette circonstance, il aimait à loger chez les personnes d’une fortune médiocre, évitant tout ce qui ressentait le faste et l’éclat ; et lorsque la nuit le surprenait en route auprès de quelque vieille masure, il y entrait avec plaisir et y restait jusqu’au lendemain matin.

   Saint Germain fonda aussi le monastère de Coucy-les-Saints, en Puisaye, dans un endroit où il avait découvert de nombreuses reliques ; l’église de Saint-Prix, en l’honneur de ce martyr dont il trouva le chef à deux lieues d’Auxerre, à l’endroit où se forma depuis le village de Saint-Bris ; la chapelle de Saint-Alban, et enfin l’oratoire de Saint-Maurice qui devint le berceau de la célèbre abbaye de Saint-Germain, et auquel il donna les terres de Guerchy, de Corvol et de Moulins.
Son église cathédrale ne fut point oubliée elle reçut la terre d’Appoigny, patrimoine et lieu de la sépulture de ses ancêtres, Varzy et ses dépendances, Vercise ou Vergers qui était un château remarquable près de Donzy, PoiIly ou Marnay, Toucy, Perrigny et Cussy.
On ignore comment il dota l’oratoire de Saint-Alban, mais on sait qu’il l’enrichit des reliques du saint de ce nom, qu’il avait apportées de la Grande-Bretagne où il avait été envoyé par les évêques des Gaules. Voici dans quelles circonstances.

Statue de Saint Germain à l'abbaye Saint-Germain à Auxerre - détail

Statue de Saint Germain,
conservée dans l’abbatiale Saint-Germain à Auxerre

   Il y avait environ dix ans que saint Germain gouvernait son diocèse, lorsque des envoyés de la Grande-Bretagne dans les Gaules y annoncèrent que l’hérésie de Pélage se propageait déjà beaucoup dans leur pays et que la foi catholique y demandait un prompt secours. On tint à ce sujet, en 429, un nombreux concile à Troyes, et, de l’avis unanime des prélats, il fut convenu que saint Germain et saint Loup, évêque de Troyes, iraient défendre la foi et combattre l’erreur dans la Grande-Bretagne. Ce fut aux approches de l’hiver que les deux saints se mirent en route.
Comme ils traversaient le territoire de Paris, la fatigue les obligea de s’arrêter à Nanterre. Les habitants du lieu vinrent en foule demander leur bénédiction. Germain aperçut alors, au milieu de la multitude, une jeune fille nommée Geneviève, et, connaissant par révélation les hautes destinées de cette humble vierge, il la fit approcher de lui et s’écria en s’adressant à ses parents : « Vous êtes heureux, leur dit-il, d’avoir engendré une telle enfant, dont la naissance a causé de la joie, même aux anges. Car sachez, ajoutat-il, qu’un jour ses mérites seront précieux aux yeux de Dieu, et que les hommes mêmes pourront se la proposer à imiter pour arriver à la perfection spirituelle ». Enfin, se tournant vers Geneviève, il lui demanda si elle voulait embrasser la vie religieuse et devenir l’épouse de Jésus-Christ. Geneviève répondit avec joie que c’était son plus vif désir, et saint Germain la bénit en l’exhortant à persévérer dans sa résolution. Il prit ensuite le chemin de l’église, suivi de tous les fidèles et au chant des psaumes. Pendant tout le trajet, Germain ne cessa d’avoir la main étendue sur la tête de la jeune vierge. Le lendemain, à la pointe du jour, Geneviève se rendit auprès des deux évêques. Celui d’Auxerre lui demanda si elle se souvenait du dessein qu’elle avait formé la veille. Geneviève répondit d’une manière affirmative et franche, en se recommandant aux prières de saint Germain qui, regardant à terre, y aperçut une pièce de monnaie de cuivre marquée d’une croix, la ramassa la donna à la jeune vierge, et lui commanda de la porter toujours attachée à son cou en mémoire de lui : « Souvenez-vous, lui dit-il, quand je serai parti, de percer cette pièce et de porter toujours devant vous le gage de mon amitié. Ne souffrez jamais qu’où vous mette au cou ni aux doigts ces vains ornements du monde garnis d’or ou de pierres précieuses; laissez cela aux filles du siècle. Pour vous qui êtes du nombre des épouses de Jésus-christ, n’ayez de désirs que pour les ornements spirituels ». Et il lui dit adieu.
La pièce que saint Germain trouva à terre, dit l’abbé Lebeuf, n’était autre qu’une pièce de monnaie ayant cours alors. Bien que la croix ne fut pas marquée sur toutes les monnaies, il y en avait cependant certaines sur lesquelles on la voyait. Telles étaient celles de l’empereur Théodose, dont le revers portait les mots Gloria Romanorum avec la figure d’un soldat tenant un Labarum et ayant deux croix à ses côtés, et les monnaies qui représentaient l’impératrice Eudoxie avec une renommée accompagnée d’une croix.

Louis Jean François Lagrenée - église Saint-Thomas-d'Aquin Paris - Saint Germain remettant une médaille à Sainte Geneviève

Louis Jean-François Lagrenée (1725-1805) :
Saint Germain d’Auxerre remettant une médaille à Sainte Geneviève (1771)
[Paris : église Saint-Thomas d'Aquin]

   Saint Germain et saint Loup s’embarquèrent peu après. La traversée fut d’abord heureuse, mais bientôt le démon mit tout en oeuvre pour faire périr les deux apôtres. Germain apaisa miraculeusement la tempête, et le navire toucha au port où l’attendait une multitude de peuples accourus de divers endroits de l’île. Dès leur arrivée, les deux prélats se rendirent vénérables par leurs prédications et leurs miracles. Les pélagiens furent obligés d’accepter une conférence, dans laquelle la foi catholique resta victorieuse et fut cimentée par un éclatant miracle de saint Germain qui, séance tenante, et aux acclamations de la foule, rendit la vue à la fille d’un tribun.
Pleins de reconnaissance envers Dieu des merveilles que le ciel opérait par leur ministère, Germain et Loup voulurent visiter Vérulam où reposait le corps de saint Alban afin de prier sur son tombeau. L’évêque d’Auxerre prit alors, du lieu même où le sang du martyr avait été répandu, une masse de terre pour l’emporter avec lui.
Ce jour-là, beaucoup de personnes se convertirent au Seigneur.

   Saint Germain, à son retour, venait de traverser les Gaules et de se rendre à Arles pour solliciter un dégrèvement d’impôts en faveur de son peuple, lorsqu’il entreprit un second voyage en Angleterre. Traversant alors Paris de nouveau, il y rendit visite à Geneviève dont la vertu portait ombrage à quelques-uns de ses compatriotes, et profita de l’occasion pour faire connaître au peuple de la cité combien la vierge de Nanterre était grande devant Dieu.
A son retour à Auxerre, après son voyage d’outremer, les habitants de l’Armorique, coupables de révolte, le supplièrent d’aller intercéder pour eux auprès de l’empereur Valentinien. L’infatigable apôtre de la charité y consentit et se mit on route pour Ravenne. Il y fut accueilli et vénéré par la Cour et par le peuple comme le grand thaumaturge des Gaules.
Rien n’égale le respect dont l’empereur, sa mère Placidie et l’évêque saint Pierre Chrysologue l’entourèrent avec un pieux empressement. Le peuple ne cessait d’accourir au devant de lui dans les rues et sur les places; les prisonniers étaient délivrés, et les malades guéris. Les miracles suivaient pas à pas le grand évêque d’Auxerre.
Malheureusement, les Armoricains se révoltèrent de nouveau, et Germain ne put alors calmer la colère de l’empereur. Le saint prélat, rempli de l’esprit de Dieu, était au-dessus du chagrin qu’aurait pu lui causer l’inutilité de sa démarche.

Vignette typographique saint évêque

   L’heure de sa mort était arrivée, et il en avait eu des pressentiments. Il en eut une révélation plus sensible à la fête de saint Apollinaire, premier évêque de Ravenne, laquelle se célébrait le 23 juillet. Ce jour, après avoir célébré l’office du matin, il dit à quelques évêques qui lui tenaient compagnie : « Je vous recommande, mes très-chers frères, l’heure de mon trépas. La nuit dernière, il m’a paru que Notre Seigneur me donnait le viatique pour un voyage qu’il me proposait de faire. Et, comme je lui demandais l’objet de ce voyage : « Ne craignez rien, m’a-t-il dit, ce n’est pas sur la terre que je vous propose de voyager, mais je veux vous conduire à la patrie céleste où vous jouirez du repos éternel ».
Les évêques cherchèrent à donner une autre explication au songe qu’il avait eu, mais Germain persista à dire que c’était un pronostic de sa mort.

   En effet, Germain tomba malade quelques jours après. A cette nouvelle, Ravenne fut dans la consternation ; l’impératrice vint visiter le saint qui lui demanda, comme unique grâce, de faire transporter ses restes mortels à Auxerre. Enfin, Germain rendit son âme à Dieu le 31 juillet 448, après trente ans et vingt-cinq jours d’épiscopat. L’empereur lui fit faire des funérailles magnifiques, et son corps fut ramené comme en triomphe dans la ville d’Auxerre, où il arriva le 22 septembre suivant. Il y demeura exposé à la vénération des fidèles durant six jours dans l’église de Saint-Etienne, et fut inhumé le premier jour d’octobre dans l’oratoire de Saint-Maurice, qui, rebâti par sainte Clotilde, prit le nom de Saint-Germain, et devint, un siècle après environ, l’une des plus célèbres abbayes du royaume.

   On a fait à diverses époques l’ouverture du tombeau du saint évêque d’Auxerre, afin de détacher quelques portions de ses reliques. En septembre 1567, les huguenots, ayant pris la ville, en pillèrent les églises et notamment celle de Saint-Germain qu’ils savaient être la plus riche de toutes. Ils prirent la châsse et jetèrent les précieuses dépouilles sur le pavé. Quelques fidèles en recueillirent la plus grande partie qui fut ensuite déposée entre les mains d’Edme Martin, abbé de Saint-Marien. Elles furent retrouvées en 1717 et vérifiées ; toutefois le promoteur du diocèse, en 1751, n’osa prononcer sur leur authenticité, et la châsse ou boite contenant ces ossements existe encore de nos jours, à l’église Saint-Eusèbe. Elle est scellée des sceaux du chapitre et de l’évêque.
Un grand nombre d’églises en France ont été mises sous l’invocation de cet illustre évêque d’Auxerre. Les deux plus célèbres sont Saint-Germain l’Auxerrois, à Paris, et Saint-Germain à Montpellier, aujourd’hui la cathédrale Saint-Pierre de cette ville.

   La Vie de saint Germain a été écrite par un prêtre nommé Constance, auteur contemporain, à la prière de saint Patient, archevêque de Lyon ; elle se trouve dans Surius.

Apothéose de Saint Germain église de Marolles sur Seine

Apothéose de Saint Germain
[église Saint-Germain de Marolles-sur-Seine]

Vignette typographique saint évêque

2025-110. 27 juillet 1675 : la mort d’Henri de La Tour d’Auvergne-Bouillon, vicomte de Turenne.

27 juillet,
Anniversaire de la mort de Turenne (27 juillet 1675).

Maurice Leloir - la mort de Turenne

Maurice Leloir (1853-1940) : la mort de Turenne.

       Henri de la Tour d’Auvergne-Bouillon, vicomte de Turenne, était né à Sedan le 11 septembre 1611. Deuxième fils du duc Henri de Bouillon, prince de Sedan, et d’Elisabeth de Nassau, elle-même fille de Guillaume le Taciturne, fondateur de la république des Provinces-Unies de Hollande, il avait fait ses premières armes au service des princes de Nassau.

   En 1630, à la suite d’un traité conclu par sa mère avec Louis XIII, il passa au service du Roi de France d’abord comme colonel : c’est la guerre de Trente-Ans qui désole alors l’Europe.
Ses exploits et sa bravoure, autant que son art de stratège lui valurent alors d’être promu maréchal par Mazarin, en 1643, âgé de seulement trente-deux ans !
A la tête de l’armée d’Allemagne, il remporta ensuite une série de victoires qui aboutirent, en 1648, à la paix de Westphalie, qui mit un terme à la guerre de Trente-Ans.

Portrait équestre de Turenne maréchal

   Au cours de la Fronde, il s’engagea d’abord avec les ennemis de Mazarin, mais se rangea finalement résolument au service du Roi en 1651.
Avec les troupes royales, menant campagne contre Condé et les Espagnols, il permit au roi de reconquérir Paris et délivra Arras en 1654. 
En 1658, il prit Dunkerque et envahit la Flandre, ce qui eut pour conséquence la signature de la paix des Pyrénées en 1659.

   Nommé gouverneur du Limousin, puis, en 1660, maréchal général des camps et armées du Roi, il fut alors chargé de réorganiser l’armée. Puis vint la Guerre de Dévolution (1661-1668) – au cours de laquelle il s’empara de Charleroi et de Tournai -, et enfin celle de Hollande (1672-1678) : il franchit le Rhin, occupa le Palatinat, tint l’Alsace avec des forces réduites, fut un temps obligé de se replier sur les Vosges quand les Impériaux, repassant le Rhin, s’installèrent à Strasbourg.
C’est au cours de ces opérations militaires qui – après la victoire de Turckheim – lui permirent de franchir à nouveau le Rhin, qu’il fut inopinément tué par un boulet à Sasbach (Principauté épiscopale de Strasbourg), le 27 juillet 1675.

   Né dans une famille qui professait la religion prétendue réformée, Turenne embrassa la foi catholique (en grande partie grâce à Bossuet) en 1668. Dans sa lettre 437 du 28 août 1675, ayant appris les détails de la mort du héros au cours d’un dîner chez le cardinal de Bouillon (neveu de Turenne), Madame de Sévigné note : « Il vouloit se confesser le soir [note : du jour où il fut tué], et en se cachotant il avoit donné les ordres pour le soir, et devoit communier le lendemain, qui étoit le dimanche… ».

Marche du régiment de Turenne de Jean-Baptiste Lully
(faire un clic droit sur l’avatar ci-dessous, puis « ouvrir dans un nouvel onglet »)

Image de prévisualisation YouTube

Le funeste samedi 27 juillet 1675 :

   Ce jour-là, ayant prévu de livrer bataille dans l’après-midi, Turenne, d’habitude calme et réservé mais qui augurait le succès parce qu’il avait réussi à amener les Impériaux sur le terrain qu’il avait choisi, laissa éclater sa joie : « Je les tiens, ils ne m’échapperont plus… ».
Il voulut une dernière fois parcourir le champ de bataille où il se promettait de remporter la victoire et monta à cheval à deux heures, se dirigeant vers les lignes ennemies.
Monsieur d’Hamilton, qui le rencontra près du lieu où il allait, lui dit : « Monsieur, venez par ici, on tirera du côté où vous allez. »
Turenne se rendit à cet avis : « Vous avez raison, je ne veux point du tout être tué aujourd’hui… »

   Il se retirait, lorsque Monsieur de Saint Hilaire, qui commandait l’artillerie, arriva pour lui montrer une batterie placée d’après ses ordres sur une hauteur. Ce léger contretemps fut fatal au grand stratège, car au moment où Saint-Hilaire étendait le bras, en lui indiquant la direction de la batterie, un boulet tiré au hasard, emportant du même coup le bras de Saint-Hilaire, vint frapper dans la poitrine le Maréchal qui revenait sur ses pas ; son cheval ne fut même pas arrêté, et l’entraîna au galop tandis qu’il était tombé sur l’arçon de la selle.

   Sur le moment, on ne s’aperçut pas de la perte immense que l’armée et la France tout entière venaient de faire :  « (…) dans ce moment, le cheval s’arrête, il tomba entre les bras de ses gens ; il ouvrit deux fois de grands yeux et la bouche et puis demeura tranquille pour jamais : songez qu’il étoit mort et qu’il avoit une partie du cœur emportée. On crie, on pleure… » (Marquise de Sévigné, lettre du 28 août 1675).
On recouvre son corps d’un manteau, puis on le met à couvert sous une haie ; un carrosse arrive et on emmène les restes de Turenne.

   A ce moment, le fils de Saint-Hilaire, voyant que son père a le bras arraché, se jette sur sa poitrine en fondant en larmes. Mais celui-ci : « Ce n’est pas moi qu’il faut pleurer, c’est ce grand homme. »

   Dès que l’armée apprend la mort de son héros, stupeur, douleur, colère et désir de vengeance s’expriment sans retenue :
« On dit que les soldats faisoient des cris qui s’entendoient de deux lieues ; nulle considération ne les pouvoit retenir : ils crioient qu’on les menât au combat ; qu’ils vouloient venger la mort de leur père, de leur général, de leur protecteur, de leur défenseur ; qu’avec lui ils ne craignoient rien, mais qu’ils vengeroient bien sa mort ; qu’on les laissât faire, qu’ils étoient furieux, et qu’on les menât au combat…
(Marquise de Sévigné, lettre du 2 août 1675).

Pompe funèbre de Turenne

   Lorsque la nouvelle parvint à Versailles, le Grand Roi, sincèrement affligé, s’écria : « Hélas : nous perdons tout aujourd’hui ; Monsieur de Turenne est mort ! »

   Le retour du corps de Turenne à Paris, fut une marche à la fois funèbre et triomphale, et les chroniqueurs comparent les hommages formulés sur le passage du convoi mortuaire à ceux adressés autrefois à Du Guesclin lorsque du château de Randon il fut conduit à Paris.
En chaque ville, les magistrats et les citoyens en habit de deuil se rendaient au devant du cortège qu’ils accompagnaient dans un solennel recueillement ; partout le clergé honorait de ses prières et de ses bénédictions le cercueil de l’illustre triomphateur.

   A Paris, les obsèques furent célébrées avec une magnificence royale.
Comme cela s’était fait pour le Connétable de Charles V, de par la volonté de Louis XIV, le Maréchal de Turenne fut enseveli à Saint-Denis, où il demeura jusqu’aux mauvais jours de 1793.
S
a tombe fut alors brisée, et son corps, arraché à son glorieux repos, fut trouvé dans un remarquable état de conservation : il ne fut pas saccagé et jeté dans les fosses communes, mais un des gardiens se l’appropria… et vendit ses dents l’une après l’autre !
Pendant quelque trois ans, la dépouille du héros resta sans sépulture, puis, en 1796, elle
 fut déposée au « Musée des monuments français », où elle demeura quatre années, jusqu’à ce que, sur les ordres du premier consul Buonaparte, le 23 septembre 1800, elle fût transportée dans l’église des Invalides, où elle repose encore aujourd’hui.

   Les habitants de la Souabe laissèrent longtemps sans la cultiver la place même où il était mort, et ils ne voulurent pas détruire l’arbre sous lequel il avait reposé quelques instants : touchant hommage qui montre que le grand Turenne avait laissé un impérissable souvenir, même dans la vénération de ceux qui n’étaient point Français.
En 1781, on éleva un monument au lieu où il avait été mortellement blessé : détruit ou endommagé à plusieurs reprises, il a toujours été relevé.
Aujourd’hui c’est un obélisque dont la stèle porte des inscriptions française : « Ici fut tué Turenne », allemande : « Hier ist Turennius vertrœtet worden », et latine : « Hic cecidit Turennius die 27 julii anni 1675″
.

Obélisque du lieu de la mort de Turenne

Obélisque érigé au lieu de la mort de Turenne.

2025-108. Le 25 juillet de l’an 325 fut conclu le premier concile de Nicée.

25 juillet,
Fête de Saint Jacques le Majeur, apôtre (cf. > ici) ;
Mémoire de Saint Christophe, martyr ;
Anniversaire de la clôture du premier concile de Nicée (25 juillet 325) ;
Anniversaire de l’abjuration d’Henri IV (25 juillet 1593 – cf. > ici) ;

Anniversaire de la mort de Louis-Célestin Sapinaud de La Verrie (+ 25 juillet 1793) ;
« 25 du mois » qui, dans la Confrérie Royale » est dédié à prier davantage pour Sa Majesté le Roi et à offrir de plus généreux sacrifices à son intention.

       Ce texte est, à l’origine, la lettre mensuelle aux membres et amis de la Confrérie Royale pour le 25 juillet 2025, à l’occasion du dix-septième centenaire de la clôture du concile de Nicée.

frise lys

20 mai – 25 juillet 325 :

le concile de Nicée

       Du 20 mai au 25 juillet 325, pendant trois mois et cinq jours donc, dans la ville de Nicée, au nord-ouest de l’Anatolie – aujourd’hui occupée par la Turquie d’Asie -, dans les locaux du palais d’été de l’empereur Saint Constantin 1er le Grand, se tint le premier concile œcuménique de l’Eglise : un concile absolument déterminant pour l’histoire chrétienne, un concile essentiel pour la foi chrétienne.

   Ce sont quelque trois-cents évêques (trois-cent-dix-huit selon une ancienne tradition, mais ce chiffre semble avoir été retenu pour faire référence aux trois-cent-dix-huit serviteurs d’Abraham, cf. Gen. XIV, 14) qui y prirent part : ces évêques étaient pour une écrasante majorité les chefs de communautés chrétiennes du pourtour de la moitié est de la Méditerranée ; il ne s’y trouvait que cinq évêques de l’Eglise latine, venus d’Occident, et le premier d’entre eux, le Pontife romain – qui était alors Saint Sylvestre 1er – en fut absent.

   Du mot latin concilium, qui signifie « assemblée », le mot concile désigne une assemblée d’évêques réunis pour délibérer et statuer sur des questions dogmatiques et de discipline ecclésiastique.
L’historien Yves Chiron écrit que le but d’un concile est de « définir, préciser ou réaffirmer la doctrine de la foi, et de redresser ou réformer la discipline de l’Eglise ». On entend par « discipline de l’Eglise » toute l’organisation ecclésiastique ainsi que tout ce qui doit régler ou régir le comportement des fidèles, des clercs ou des évêques.
Les conciles produisent des textes, plus ou moins longs, qui contiennent le résultat de leurs décisions, et ces actes doivent être validés par le pape pour être promulgués. Les canons d’un concile sont les règles qu’il a édictées.

   Tous les premiers conciles de l’Eglise furent convoqués par les empereurs à la suite de Saint Constantin 1er qui convoqua celui de Nicée.

St Constantin et les Pères du Concile de Nicée - blogue

Icône de facture moderne (probablement XVIIème siècle – auteur inconnu)
avec la représentation traditionnelle du concile de Nicée dans l’iconographie des Eglises d’Orient :
au centre, l’empereur Saint Constantin 1er le Grand ; il est entouré des Pères du concile,
et ils tiennent le texte du symbole de Nicée (le Credo) écrit en grec.

   La tâche assignée à ce premier concile de l’Eglise n’était pas de peu d’importance : il fallait en effet répondre au mieux à des questions concernant la foi authentique de l’Eglise, fixer la date de Pâques, définir des juridictions épiscopales et élaborer des protocoles pour faire face aux schismes et dissidences qui menaçaient çà et là… etc.
Mais la question la plus pressante concernait les enseignements d’Arius (vers 250-336), éminent prêtre d’Alexandrie entré en conflit avec son évêque, Saint Alexandre d’Alexandrie (vers 250-326).

   Contrairement à certaines idées reçues, Arius et Alexandre affirmaient tous deux que Jésus est le Fils de Dieu et qu’il est divin. Tous deux s’accordaient pour dire – conformément à ce qui est proclamé dans le prologue de l’Evangile selon Saint Jean – que le Verbe divin était présent à la création de l’Univers.
Leur désaccord n’avait pas trait au caractère divin de Jésus mais à la modalité de ce caractère divin, et à sa relation à Dieu le Père.
Arius soutenait qu’il « fut un temps où [Jésus] n’était pas » : un bref instant primordial où le Fils n’existait pas encore. Cette position implique que le Fils est subordonné au Père ou du moins que la divinité du Fils est contingente par rapport à celle du Père.
Saint Alexandre, en revanche, affirmait que le Fils a de toute éternité coexisté avec Dieu le Père et qu’Il lui est pleinement égal.

   Les représentants de chaque faction proposaient un terme différent pour exprimer la relation entre le Père et le Fils.
Arius et ses partisans soutenaient homoiousiosmot signifiant « de substance similaire », tandis que le camp d’Alexandre exigeait homoousiosmot signifiant « de la même substance ».
On peut résumer la controverse dans son intégralité sur l’inclusion ou non d’une seule lettre grecque : la lettre iota.

   On notera au passage que la traduction française officielle du symbole de Nicée, dans la liturgie réformée après le second concile du Vatican, a comporté une formulation proche de la conception arienne – « de même nature » (homoiousios) - au lieu d’utiliser le mot français « consubstantiel » - qui a été rétabli depuis peu – et qui correspond exactement à ce qu’exprime la formulation grecque homoousios.
Nous renvoyons à ce que nous avions écrit à ce sujet > ici.

   Saint Constantin n’était pas un théologien mais un politique, cependant il avait embrassé avec sincérité et zèle la foi chrétienne, et en bon pragmatique il avait besoin (et tous ses peuples aussi) d’avoir une formulation exacte de la foi.
Avec les chefs ecclésiastiques d’ailleurs, il était convaincu que l’expression de la foi ne pouvait en aucune manière souffrir d’ambiguïté, et que, selon ses propres mots, « la division au sein de l’Eglise est pire que la guerre ».

   Les délibérations du concile de Nicée furent marquées par de fortes tensions.
A l’occasion de la fête de Saint Nicolas (cf. >
ici), nous avons rappelé cette tradition pluriséculaire selon laquelle le saint évêque de Myre, dans son zèle pour la foi exacte, aurait giflé Arius.
Nombre d’historiens modernes nient la factualité historique de cet épisode, mais ils admenttent qu’il reflète néanmoins assez fidèlement la véhémence des débats.

Concile de Nicée avec Saint Constantin et Arius terrassé

Représentation du concile de Nicée, avec Saint Constantin le Grand au centre
et montrant l’hérésiarque Arius terrassé

   Finalement, le concile se prononça contre Arius et produisit une déclaration théologique formelle : le symbole de Nicée (plus tard complété ou précisé par les conciles qui suivirent, notamment ceux de Constantinople et de Chalcédoine), qui porte le texte original de « Expositio fidei CCCXVIII patrum : exposition de la foi des 318 Pères « .

   Le vote fut massivement favorable au symbole, puisque seuls une vingtaine d’évêques s’abstinrent initialement de lui accorder leurs suffrages et qu’il n’y eut finalement qu’Arius et deux de ses alliés qui refusèrent de le signer.
Les derniers dissidents furent par la suite contraints d’y adhérer sous la pression de l’empereur Saint Constantin qui était intervenu dans sa rédaction et avait insisté sur l’inclusion du terme homoousios (« d’une même substance ») dans le texte final : notre « consubstantiel » français, via le texte latin.

Texte grec :

   « Πιστεύω εἰς ἕνα Θεόν, Πατέρα, Παντοκράτορα, ποιητὴν οὐρανοῦ καὶ γῆς, ὁρατῶν τε πάντων καὶ ἀοράτων.

Καὶ εἰς ἕνα Κύριον Ἰησοῦν Χριστόν, τὸν Υἱὸν τοῦ Θεοῦ τὸν μονογενῆ, τὸν ἐκ τοῦ Πατρὸς γεννηθέντα πρὸ πάντων τῶν αἰώνων· φῶς ἐκ φωτός, Θεὸν ἀληθινὸν ἐκ Θεοῦ ἀληθινοῦ, γεννηθέντα οὐ ποιηθέντα, ὁμοούσιον τῷ Πατρί, δι’ οὗ τὰ πάντα ἐγένετο. Τὸν δι’ ἡμᾶς τοὺς ἀνθρώπους καὶ διὰ τὴν ἡμετέραν σωτηρίαν κατελθόντα ἐκ τῶν οὐρανῶν καὶ σαρκωθέντα ἐκ Πνεύματος Ἁγίου καὶ Μαρίας τῆς Παρθένου καὶ ἐνανθρωπήσαντα. Σταυρωθέντα τε ὑπὲρ ἡμῶν ἐπὶ Ποντίου Πιλάτου, καὶ παθόντα καὶ ταφέντα. Καὶ ἀναστάντα τῇ τρίτῃ ἡμέρα κατὰ τὰς Γραφάς. Καὶ ἀνελθόντα εἰς τοὺς οὐρανοὺς καὶ καθεζόμενον ἐκ δεξιῶν τοῦ Πατρός. Καὶ πάλιν ἐρχόμενον μετὰ δόξης κρῖναι ζῶντας καὶ νεκρούς, οὗ τῆς βασιλείας οὐκ ἔσται τέλος.

Καὶ εἰς τὸ Πνεῦμα τὸ Ἅγιον, τὸ κύριον, τὸ ζωοποιόν, τὸ ἐκ τοῦ Πατρὸς ἐκπορευόμενον, τὸ σὺν Πατρὶ καὶ Υἱῷ συμπροσκυνούμενον καὶ συνδοξαζόμενον, τὸ λαλῆσαν διὰ τῶν προφητῶν. Εἰς μίαν, Ἁγίαν, Καθολικὴν καὶ Ἀποστολικὴν Ἐκκλησίαν. Ὁμολογῶ ἓν βάπτισμα εἰς ἄφεσιν ἁμαρτιῶν. Προσδοκῶ ἀνάστασιν νεκρῶν. Καὶ ζωὴν τοῦ μέλλοντος αἰῶνος. Ἀμήν. »

Traduction latine :

   « Credimus in unum Deum Patrem omnipotentem visibilium et invisibilium factorem.
Et in unum Dominum Jesum Christum Filium Dei, natum de Patre, hoc est de substantia Patris, Deum de Deo, Lumen de Lumine, Deum verum de Deo vero, natum non factum, unius substantiae cum Patre, quod Graeci dicunt homousion, per quem omnia factum sunt sive quae in caelo sive quae in terra ; qui propter nos homines et propter nostram salutem descendit, incarnatus est, homo factus est, passus est et resurrexit tertia die, ascendit in caelos, venturus judicare vivos et mortuos.
Et in Spiritum Sanctum.

Eos autem qui dicunt : erat quando non erat, et  : priusquam nasceretur non erat, et quia ex nullis extantibus factus est, quod Graeci exuconton dicunt, vel alia substantia, dicentes mutabilem et convertibilem Filium Dei, hos anathemizat catholica et apostolica ecclesia. »

Traduction française :

   « Nous croyons en un seul Dieu, Père Tout-Puissant, créateur de tous les êtres visibles et invisibles.
Et en un seul Seigneur Jésus-Christ, le Fils de Dieu, engendré du Père, unique engendré, c’est-à-dire de la substance du Père, Dieu de Dieu, Lumière de Lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, engendré non pas créé, consubstantiel au Père, ce que les Grecs disent homoousios, par qui tout a été fait, ce qui est dans le ciel et ce qui est sur la terre, qui à cause de nous les hommes et à cause de notre salut est descendu et s’est incarné, s’est fait homme, a souffert et est ressuscité le troisième jour, est monté aux cieux, viendra juger les vivants et les morts.
Et en l’Esprit-Saint.
Ceux qui disent : il était un temps où il n’était pas, et avant d’avoir été engendré, il n’était pas, et qu’il est devenu à partir de ce qui n’était pas, ou d’une autre hypostase ou substance, ou qui affirment que le Fils de Dieu est susceptible de changement ou d’altération, ceux-là l’Eglise catholique et apostolique les anathématise.

Plus ancien papyrus avec le texte de l'exposition de la foi de Nicée - blogue

La plus ancienne copie du Symbole de Nicée actuellement conservée
est un papyrus du VIème siècle qui se trouve
dans les collections de la John Rylands Library à Manchester.

Faisons aussi mention de quelques autres canons :

   Outre l’Exposition de la foi des trois-cent-dix-huit Pères, le concile de Nicée a édicté vingt canons (ou règles) disciplinaires afin de réguler divers aspects de la vie ecclésiastique et administrative de l’Eglise. Nous ne les détaillerons pas tous ici.

   Néanmoins nous voulons signaler particulièrement le canon III qui interdit aux membres du clergé (évêques, prêtres et diacres) de cohabiter avec des femmes, à moins qu’il ne s’agisse de très proches parentes comme une mère, une sœur ou une tante. Cette règle voulait ainsi prévenir les scandales et maintenir la réputation et la discipline des membres du clergé ; elle induit, de fait, que le célibat sacerdotal était une règle bien antérieure, nonobstant les affirmations de plusieurs schismatiques, hérétiques et modernistes qui prétendent que la règle du célibat ne vint que progressivement et ne fut généralisée que tardivement.

   Citons aussi le canon VI qui reconnaît la prééminence régionale de certains sièges épiscopaux, tels Alexandrie, Antioche et Rome.

   Enfin, mentionnons le canon XX qui rappelle qu’il n’est pas traditionnel de s’agenouiller pour la prière « le dimanches et pendant les jours de la Pentecôte » ; il ordonne « que tous les usages soient gardés de la même façon dans tous les diocèses », et donc « qu’on adresse les prières au Seigneur en restant debout ».

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

2025-107. In mémoriam : l’Abbé François de Langlade du Chayla, mis à mort par les sectateurs de Calvin le 24 juillet 1702.

24 juillet,
Chez les Ermites de Saint Augustin, la fête du Bienheureux Antoine de l’Aquila, confesseur (cf. > ici) ;
Mémoire de la vigile de Saint Jacques le Majeur, apôtre ;
Mémoire de Sainte Christine de Tur, vierge et martyre ;
Anniversaire de l’assassinat de l’Abbé François de Langlade du Chayla (+ 24 juillet 1702).

vignette croix et palmes des martyrs

       L’horrible assassinat de l’abbé François de Langlade du Chayla, au Pont-de-Monvert, le 24 juillet 1702, marque le commencement de la révolte dite des camisards, ces protestants fanatiques qui commirent d’innombrables exactions, destructions, pillages et meurtres, au nom de la « pureté évangélique » dont ils prétendaient faire profession !!!
Evidemment, « l’histoire officielle » actuellement répandue fait de ces séditieux obstinés des héros, tandis que les catholiques ne sont, eux, par principe, que de cruels bourreaux, des pervers et des monstres.
L’Abbé du Chayla est du nombre officiel de ces « tortionnaires » exécrés par l’opinion générale. 
Voila pourquoi, à fin de rétablir la réalité des faits, nous sommes heureux d’offrir à nos lecteurs la « version non officielle » de l’histoire, celle présentée par les historiens catholiques à partir des témoignages authentiques des contemporains des faits.

Abbé François de Langlade du Chayla - anonyme

Anonyme : portrait de l’abbé François de Langlade du Chayla
[Mende, musée Ignon-Fabre]

       « L’Abbé François de Langlade du Chaila naquit en 1648, au château du Chayla-d’Ance, paroisse de Saint-Paul-le-Froid. Il était le cinquième enfant de Balthazar de Langlade, seigneur du Chaila, et de Françoise d’Apchier, veuve en premières noces et sans enfant de Charles de Louet de Calvisson.
Il entra, jeune encore au séminaire des Missions étrangères à Paris. Au bout de quelques mois, il fut envoyé aux missions de Siam. Ses forces furent vite épuisées. Il dût venir se reposer au sein de sa famille. Il était au château du Chaila lors de l’incendie qui dévora cet immeuble, en juillet 1683.

   Dès qu’il fut remis de ses fatigues, Mgr de Piencourt [note : François-Placide de Baudry de Piencourt, évêque de Mende et comte du Gévaudan de 1677 à 1707] le nomma inspecteur des missions du Gévaudan, curé de Saint-Germain-de-Calberte et archiprêtre des Cévennes.
M. du Chaila n’eut désormais qu’un but : ramener à la foi catholique les populations dissidentes des Cévennes.

   L’abbé du Chaila était d’une taille élevée, d’un maintien digne et aisé, d’un caractère avenant quoique vif, et avait une conversation riche, et enjouée. Il était, par contre, affligé d’une pénible myopie.
Sa charité était admirable. « Je l’ai vu, dit M. Mingaud, tirer ses habits de dessous pour en revêtir les pauvres ».

   Ses pénitences effrayantes : longtemps, il ne fit qu’un repas par jour, coucha tout vêtu sur la dure, prit fréquemment la discipline et porta haire et cilice. Il ne buvait presque pas de vin, mangeait surtout des châtaignes.
On lui a reproché sa sévérité parfois excessive à l’égard des fanatiques rebelles. Son austérité personnelle l’explique en partie et la mentalité de son époque.

   L’abbé du Chaila avait acheté en 1687 un vaste bâtiment où il avait fondé un séminaire destiné à former les prêtres et les instituteurs nécessaires à l’enseignement public dans les Cévennes. Le clergé des environs y venait faire des retraites.

   Sur la fin de 1701, quelques prédicants étrangers envahirent la contrée pour essayer de ressusciter le vieux fanatisme.
Du Chaila redoubla d’activité. Il appela auprès de lui de nouveaux missionnaires. En même temps, il priait le comte de Broglie de retirer les troupes cantonnées dans diverses localités.

   Le lundi 24 juillet 1702, il était au Pont-de-Montvert, où il présidait les exercices d’une grande mission prêchée par une douzaine de prêtres, dont trois pères capucins du couvent de Florac : Ignace de Beaujeu, Alexandre de Miribel et Claude de Montfaucon.

   Le 22 juillet, il écrivit à M. Castanet, prieur des Balmes et à M. Mingaud, curé de Saint-Etienne, pour les prier de se rendre chez lui, au Pont-de-Montvert, le lundi suivant 24, parce qu’il avait d’importantes communications à leur faire. Avant de congédier ses visiteurs, M. du Chaila voulut se confesser à M. Mingaud.

   II se met au lit vers dix heures.
Il n’est pas encore endormi qu’il entend des cris confus accompagnés de jurements et de coups de fusil. Ce sont des fanatiques, au nombre de deux cents environ, qui viennent pour l’exécuter, selon un plan qu’ils ont concerté ensemble deux jours auparavant, à la foire de Barre. Ils s’avancent sous la conduite des prophètes Abraham Mazel, paysan des environs de Saint-Jean-du-Gard, de Pierre Séguier dit Esprit, de Salomon Couderc, de Laporte et d’André Noguier. Ils obéissent à une sorte de général en chef dit le commandant des Routières, de son vrai nom Saint-Jean, originaire des montagnes du Vivarais.
Ils entrent tumultueusement au Pont-de-Montvert, en chantant les psaumes de Marot, et en fanatisant, c’est-à-dire en poussant des cris stridents accompagnés de contorsions. Ils vont droit à la maison de la veuve André, où loge l’abbé du Chaila, tout près et sur la rive droite du Rieumalet, maison qui appartient, de nos jours, à Mme de Rouville, et dans laquelle se trouvent installés les bureaux de la poste et du percepteur. Ils la cernent de toutes parts, et, à l’instant, les vitres volent en éclats, sous les coups de fusil.
L’abbé du Chaila croit d’abord que ces forcenés veulent l’élargissement de quelques prisonniers détenus dans une salle basse de la maison, et il les leur fait remettre. C’étaient trois jeunes gens et trois jeunes filles travesties en garçons, de la paroisse de Moissac, avec un étranger, qui leur servait de guide pour sortir du royaume : on les avait surpris et arrêtés.
Mais l’abbé du Chaila ne tarde pas à comprendre qu’il en veulent à sa vie.

   Dès que la porte est ouverte, ils se précipitent dans la maison et s’efforcent de pénétrer dans sa chambre située au premier étage. La Violette, son valet, tire sur les envahisseurs. Il tue le premier qui se présente, blesse le second et fait reculer toute la bande.
Le chef, pensant que l’abbé a du monde pour le défendre et qu’il peut leur résister longtemps, ordonne à ses gens de battre en retraite. Ils obéissent tout penauds. Ils brisent ensuite à coups de hache la porte d’une pièce placée au-dessous de la chambre de l’abbé, et lui servant d’oratoire et de chapelle.

   Au bruit de leur tumulte, le régent de l’école de l’endroit, l’acolyte Roux, de la paroisse d’Albaret-le-Comtal, accourt précipitamment pour ne pas laisser dans l’abandon son supérieur, et veut se frayer un passage jusqu’à lui. Cet acolyte, âgé de 25 ans, couchait dans une chambre à côté de l’oratoire, en compagnie d’un jeune garçon de 12 ans, qui était, d’après P. L’Ouvreleul, de la suite de l’abbé et chantait bien le plain-chant.
L’enfant, du nom de Mide, se sauva par une petite fenêtre, tandis que l’abbé Roux fut appréhendé et traîné sur le marchepied de l’autel, où on le massacra à coups de hache. Le lendemain ses restes furent inhumés dans le cimetière de Frutgères.
Quant aux assassins, après avoir pillé la petite chapelle, ils entassent, au milieu, tout ce qu’ils peuvent trouver de combustible et y mettent le feu. Le locataire de Mme André, qui se présente à ce moment pour s’opposer à l’incendie de la maison, reçoit un coup de fusil et tombe raide mort.

   De son côté, l’abbé du Chaila, voyant les flammes monter vers sa chambre pleine de fumée, cherche à se sauver par une fenêtre, à laquelle il attache les draps de son lit. Au moyen de cette corde improvisée, il descend dans le jardin situé derrière la maison, sur les bords du Tarn, “pieds nus, avec sa seule culotte sur sa chemise, et un bonnet de futaine sur la tête”. Son cuisinier, Michel Ravajat, de Florac, descend après lui et ne veut point le quitter, bien que son maître lui dise de s’enfuir. Ils se cachent tous deux dans un accul du jardin, d’après L’Ouvreleul, derrière un pied d’arbre ; ou dans l’oseraie de la rive, suivant d’autres.

   La Violette, ayant ramassé quelques hardes, traverse, en courant, les flammes ; il est pris et mené devant le chef de l’expédition, mais un des prisonniers délivrés demande sa grâce, disant qu’il l’a bien traité lui-même et ses compagnons, sur quoi, le prophète Séguier lève les yeux au ciel, et prononce son pardon au nom du Saint-Esprit.

   Dans le même instant, quelqu’un a aperçu l’abbé. Les flammes de l’incendie, qui achève de dévorer la maison, l’ont trahi dans sa retraite. On se précipite sur lui. Michel Ravajat, qui a refusé tout à l’heure de l’abandonner, s’enfuit maintenant par son ordre. Mais il est atteint au côté droit, d’un coup de fusil dont il meurt le 7 août suivant. II fut enseveli dans l’église de Fraissinet-de-Lozère.

   Cependant l’abbé du Chaila est entouré d’une douzaine de fanatiques, les autres étant occupés à le chercher ailleurs. Il leur demande la vie, et ils la lui promettent, à condition qu’il renoncera à sa foi et qu’il se fera ministre huguenot. Sur son refus énergique, on l’entraîne sur le petit pont de Rieumalet, par la porte qui, du jardin, y donne accès, comme cela se voit encore. Et là, auprès d’une croix qui n’y est plus, on le maltraite à l’envie.

Les Huguenots, maintenant tous assemblés, le somment à nouveau d’ajurer sa religion, s’il veut la vie sauve.
- Plutôt mourir mille fois !
- Eh bien ! tu mourras, riposte Séguier, car ton péché est contre toi.

   “Dès lors, dit L’Ouvreleul, ils le percèrent de cinquante-deux coups de poignard, qui lui firent cinq blessures à la tête, onze au visage, vingt-six à la poitrine et au ventre, et dix aux côtes et au dos, desquelles vingt-quatre étaient mortelles, suivant le rapport du chirurgien qui visita le corps avant d’être inhumé. Son supplice dura quatre longues heures. Ses bourreaux célébrèrent ensuite leur triomphe par plusieurs décharges de fusil et une prédication, et ne se retirèrent qu’au point du jour”.

   Dès l’aurore du mardi, 25 juillet, après le départ des ennemis, les trois religieux capucins, qui étaient logés dans une maison bourgeoise, aux extrémités du bourg, et n’avaient échappé à la mort qu’en se cachant dans un blé, s’empressèrent de recueillir les restes de la victime, qu’ils transportèrent dans la boutique d’un nommé Pons. Après quoi, le Père de Miribel partit en diligence informer l’évêque de Mende.

   Un autre exprès se rendit à Saint-Germain où devait avoir lieu l’inhumation. Le curé de cette paroisse était le Père L’Ouvreleul. Il disposa toutes choses pour des funérailles solennelles. Il y invita tous les curés et consuls du voisinage.
Le corps de la victime fut porté le 26 à Saint-Germain, par deux mulets, sur un brancard, escorté de vingt fusiliers et accompagné de trois ecclésiastiques.

   “Il n’y eut personne, dit le Père L’Ouvreleul, qui ne fût attendri et ne versât des larmes, à la vue du défunt, quand il arriva à Saint-Germain, le jour de Sainte-Anne, nullement changé, ayant la bouche ouverte et les yeux fixés vers le ciel, le front un peu sanglant, avec un air de douceur qui effaçait les horreurs de la mort, en sorte qu’il semblait vivant”.

On le revêtit de ses habits sacerdotaux, et on l’exposa dans l’église qui fut aussitôt remplie de monde.
L’abbé du Chaila fut inhumé dans le caveau qu’il s’était fait aménager quatre ans auparavant. Il avait 54 ans. »

Abbé Achille Foulquier,
in Notes historiques sur les paroisses des Cévennes comprises dans le diocèse de Mende,
tome 2. p. 80 (extraits).

palmes

2025-105. Un « attrape-soleil » à la mémoire de feu le Maître-Chat Lully.

Dimanche 20 juillet 2025,
fête du Saint Prophète Elie ;
Sixième dimanche après la Pentecôte.

Tolbiac devant l'attrape-soleil de Lully

Chers Amis de notre Refuge Notre-Dame de Compassion,

       Après le trépas de mon illustre prédécesseur le Maître-Chat Lully (+ 23 mai 2019), mon papa-moine s’était promis de réaliser en sa mémoire un vitrail, de la même manière qu’il en avait réalisé un pour la petite fenêtre de sa cellule (c’était son coup d’essai) pour commémorer la mort du Grand Roi (1er septembre 1715 – 1er septembre 2015), puis à l’été suivant pour les deux petites fenêtres carrées qui se trouvent de part et d’autre de l’autel, à l’Oratoire.
Ce vitrail dédié à feu le Maître-Chat, Frère Maximilien-Marie l’avait même commencé ; mais, affectivement et psychologiquement, il lui fut vraiment très dur d’y travailler, et le travail resta inachevé.

   A la mi-mai 2022, je m’installais au Mesnil-Marie ; je n’ai pas remplacé Lully, je lui ai succédé : nous sommes très différents, mais il est pour moi une source d’inspiration, et je profite de ses leçons de sagesse.
C’est ce qui m’autorise à proposer à mon papa-moine des suggestions au nom de Lully. Ainsi, au mois de mai dernier, lors de l’anniversaire de sa mort, j’ai doucement insisté auprès de Frère Maximilien-Marie pour qu’il achève le vitrail en sa mémoire bénie, et je l’ai finalement convaincu.

   Mais il y a désormais des difficultés qui sont apparues depuis dix ans : en particulier, acheter du ruban de plomb adhésif pour réaliser des vitraux chez soi, est devenu impossible dans les boutiques spécialisées pour les « loisirs créatifs » (je crois qu’il s’agit d’une interdiction imposée par les parasites et les sangsues de la Commission Européenne) ; puis l’accident d’auto de Frère Maximilien-Marie, qui a eu pour conséquence une perte d’agilité du bras et de la main droits avec des douleurs persistantes pendant des semaines, ont eu pour conséquence de le contraindre à trouver une autre solution.
Et voici le résultat : c’est un « attrape-soleil » que nous avons pu commander à un artisan (grâce au don que la maman de Frère Maximilien-Marie lui a fait à l’occasion de son anniversaire) et qui nous est arrivé ce samedi 19 juillet.

   Voici donc l’accroche-soleil Lully : mon « saint » prédécesseur y est figuré les yeux fermés (puisque ses yeux se sont fermés à la lumière de ce monde), couché sur un croissant de lune.
Ceux qui suivent l’éphéméride publié chaque jour par mon papa-moine savent bien que, au Mesnil-Marie, nous portons la plus grande attention aux cycles lunaires et à leurs influences.
L’astre des nuits est riche de très nombreux symbolismes, parmi lesquels se trouvent aussi les veilles et la prière nocturne des contemplatifs, ainsi que la foi en laquelle nous marchons ici-bas en attendant la claire vision de l’au-delà…

   En ce dimanche, en se rendant à la Sainte Messe, Frère Maximilien-Marie a donc emporté l’accroche-soleil à l’effigie de Lully et il l’a fait bénir.
Et nous, nous sommes dans une action de grâces émue.

Tolbiac.

Attrape-soleil du Maître-Chat Lully - blogue

2025-102. Ce n’est pas le Sacre qui fait le Roi !

17 juillet,
Fête de Sainte Thérèse de Saint-Augustin et de ses 15 compagnes, carmélites de Compiègne, vierges & martyres (cf. > ici) ;
Mémoire de Saint Alexis de Rome, confesseur ;
Anniversaire du Sacre de Sa Majesté le Roi Charles VII (17 juillet 1429 – cf. > ici) ;

Anniversaire du massacre de la famille impériale russe (17 juillet 1918 – cf. > ici).

Sacre de Charles VII - chromo debut XXe siècle

Le Sacre de Charles VII figuré sur une chromolithographie du début du XXème siècle
pour la diffusion populaire

   Combien de fois faudra-t-il dire, redire et rappeler que ce n’est pas le Sacre qui fait le Roi de France ?

   Combien de fois faudra-t-il dire, redire et rappeler que le Roi de France n’est pas roi en vertu du Sacre mais en vertu de la coutume royale exprimée par les Lois fondamentales du Royaume ?

   Combien de fois faudra-t-il dire, redire et rappeler que le Sacre royal de Reims n’est pas constitutif de la royauté, mais qu’il est déclaratif ?

   Combien de fois faudra-t-il dire, redire et rappeler que le Roi de France ne tient pas son pouvoir de l’Eglise et de ses rites, mais qu’il le tient immédiatement de Dieu en raison de l’hérédité et des règles de primogéniture mâle, d’indisponibilité de la Couronne et d’instantanéité de sa dévolution ?

frise lys

   Et pourtant, on entend encore de manière récurrente des personnes, au demeurant plutôt favorables à la monarchie, affirmer péremptoirement – et d’autant plus péremptoirement qu’elles semblent ignorantes des principes solides et pérennes de la royauté capétienne traditionnelle – qu’un Prince qui remplit toutes les conditions de la royauté ne sera en vérité Roi de France que le jour où il recevra les onctions du Sacre.

   Et pourtant, on entend encore de manière récurrente des personnes au demeurant plutôt favorables à la monarchie (et je l’ai même entendu de la bouche de prêtres !!!), mais désireuses de ne pas s’engager dans le soutien d’un Prince qui remplit pourtant toutes les conditions de la royauté, qu’ils se soumettront à celui d’entre les prétendants « qui arrivera le premier à Reims ».

frise lys

   Il y en a même qui, faisant du tri dans les paroles de Sainte Jeanne d’Arc et ne retenant que celles qui vont dans le sens de leur théorie, prétendent qu’elle n’a reconnu Charles VII comme Roi qu’une fois qu’il a reçu à Reims son « digne Sacre », et que, auparavant, elle ne l’aurait jamais appelé que « gentil Dauphin ».

    C’est en effet un abus total car ils se gardent bien de relever que, dès l’entrevue de Chinon, la Pucelle a affirmé sans détour à Charles VII qu’elle lui était envoyée « de par le Roi du Ciel » afin de lui « faire assavoir » qu’il était « bien Roi et vrai fils de Roi » : non pas seulement « vrai fils de Roi », qui sera un jour Roi lui aussi, mais qu’il est bien déjà véritablement Roi.
Et lors de l’acte que l’on appelle par simplification « triple donation », près d’un mois avant le Sacre (cf. > ici), elle l’appelle « Sire » et demande de lui un acte qui n’est pas d’un futur roi mais bien d’un roi véritable.

   Certes, pendant une période, au Moyen-Age – et il semblerait que Sainte Jeanne d’Arc participait encore à certains moments de cette approximation populaire -, beaucoup de petites gens s’imaginaient que c’était le Sacre qui faisait le Roi ; mais dans le même temps, les juristes royaux, les savants, les théologiens, ainsi que les rois eux-mêmes étaient formels et catégoriques : ce n’est pas le Sacre qui est constitutif de la royauté.

   Sous le Roi Charles VI, en 1403 et 1407, des ordonnances royales viendront rappeler la doctrine monarchique traditionnelle et, en particulier, que l’héritier du trône doit être fermement tenu pour roi dès la mort de son prédécesseur.
C’est ce que résument de manière laconique et sans ambiguité les adages suivants : « Le Roi est mort, vive le Roi ! » et « En France, le roi ne meurt pas », formules qui excluent explicitement l’existence d’un interrègne entre la mort d’un souverain et le Sacre de son successeur.

   D’ailleurs, si c’était le Sacre qui était constitutif de la royauté, il faudrait retirer tous les Mérovingiens de la liste de nos Rois, puisque l’histoire n’a retenu l’existence de Sacre pour aucun d’entre eux.
Ce serait même le cas pour Clovis 1er le Grand lui-même qui a reçu les onctions du saint baptême avec le chrême miraculeux de la Sainte Ampoule (cf. > ici), mais dont il n’est dit nulle part que Saint Remi l’a sacré roi en une autre cérémonie que celle du baptême.  

frise lys

   Qu’apporte donc le Sacre à la royauté franque puis française, si ce n’est pas lui qui « fait le Roi » ?

   Il adjoint à la légitimité dynastique une légitimité spirituelle ; il élève la royauté naturelle à un degré surnaturel ; il retire le souverain du domaine profane pour le revêtir d’une sacralité quasi sacramentelle (certains théologiens médiévaux ont tendance à considérer que le Sacre serait un huitième sacrement : la Sainte Eglise  néanmoins ne les suivra pas jusque-là mais rangera le Sacre dans la catégorie des plus élevés parmi les sacramentaux) ; par les onctions saintes, il élève celui qui est déjà roi par la force de la coutume, à un état particulier de consécration qui l’établit à une degré intermédiaire entre l’état laïc et l’état clérical, fait de lui un médiateur entre Dieu et le peuple sur lequel il a été établi roi, et lui confére des grâces spirituelles très spéciales pour l’accomplissement de sa mission royale (y compris pour ce qui concerne la gestion temporelle de l’Eglise dans son royaume).
Attenter au Roi sacré devient dès lors, au sens propre et plénier, un sacrilège.

   Dans une société profondément religieuse, profondément spirituelle, profondément catholique, le Sacre, en vertu de l’infaillibilité de l’Eglise, scelle la légitimité indubitable du souverain et assure aux yeux de ses peuples la pleine authenticité de sa charge.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Cathédrale de Reims - spectacle son et lumière Regalia

La façade occidentale de la cathédrale de Reims
lors de l’une des scènes du spectacle son et lumière intitulé « Regalia »

2025-101. Message de Sa Majesté le Roi à l’occasion de la mort de Monsieur Thierry Ardison.

       Ce 15 juillet 2025 en fin d’après-midi, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, a publié sur les réseaux sociaux le message suivant :

Armes de France

       C’est avec une tristesse sincère que j’ai appris la disparition de Thierry Ardisson.

   Il fut un homme d’esprit libre et de verbe acéré, dont la silhouette a marqué plusieurs générations de téléspectateurs. Interviewer sans concessions, il savait mêler avec un équilibre rare l’impertinence à l’élégance, et la culture à la provocation, sans jamais céder à la facilité.
   Au-delà de son talent télévisuel, Thierry Ardisson portait en lui une fidélité discrète mais profonde à certaines valeurs intemporelles — notamment son attachement assumé à la tradition monarchique, qu’il évoquait sans dogme mais avec conviction, comme un contrepoint aux dérives du monde moderne.
   Pour moi, il fut aussi un ami. Le temps avait mis un peu de distance entre nous, sans rien entamer de l’estime ni de l’affection que je lui portais.

   J’adresse à sa famille mes pensées fidèles en ces moments douloureux. Qu’il repose en paix.

Thierry Ardisson

Publié dans:Chronique de Lully, Intentions de priere, Memento, Prier avec nous |on 15 juillet, 2025 |Commentaires fermés
1...34567...64

A tempo di Blog |
Cehl Meeah |
le monde selon Darwicha |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | mythologie
| jamaa
| iletaitunefoi