9 août,
Fête de Saint Jean-Marie Vianney, confesseur (cf. > ici) ;
Mémoire de Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix, vierge et martyre, copatronne de l’Europe (cf. > ici) ;
Mémoire de Saint Romain, martyr ;
Mémoire de la vigile de Saint Laurent ;
Anniversaire de l’Edit de Roussillon (9 août 1564 – cf. > ici) ;
Anniversaire du commencement du siège de Lyon par les troupes de la Convention (9 août 1793 – cf. > ici) ;
Quatrième jour de la neuvaine pour la France en préparation de la fête de l’Assomption (cf. > ici).

Edith Stein infirmière en 1915 (24 ans)
Edith Stein, née à Breslau [aujourd'hui Wroclaw en Pologne, mais alors capitale de la Silésie prussienne], le 12 octobre 1891, était la dernière des onze enfants de Siegfried Stein (1844-1893) et Augusta Courant (1849-1936), juifs allemands. Elle n’a pas encore atteint l’âge de 3 ans, lorsque Edith est orpheline de père ; sa mère, femme très pieuse, va alors subvenir aux besoins de la famille et diriger l’entreprise familiale; c’est une femme rigoureuse et courageuse, qui s’efforce d’inculquer son judaïsme sévère à ses enfants. Mais à l’âge de 15 ans Edith cesse de prier et se déclare agnostique.
Enfant précoce, au caractère entier, fier, volontaire, colérique parfois, elle abandonne un temps ses études, puis découvre la philosophie, termine ses études au lycée et entre à l’université : elle étudie de front plusieurs domaines (langues indo-européennes, allemand ancien, grec ancien, littérature, histoire, psychologie, politique…) et prend des engagements de type « féministe » (pour une stricte égalité sociale et politique des hommes et des femmes), en même temps qu’à visée humanitaire et éducative, en donnant des cours gratuits dans des milieux défavorisés.
A ce moment là, elle ne se déclare plus agnostique mais athée.
Un condisciple lui fait découvrir la phénoménologie d’Edmund Husserl, et elle se rend à l’université de Göttingen pour approfondir les perspectives que cette découverte lui ouvre.
Le déclanchement de la première guerre mondiale l’incite aussi à prendre des cours d’infirmière. Ce sont des années difficiles, qui ne l’empêchent cependant pas de passer l’examen d’Etat qui lui ouvre la voie du doctorat.
1917 : année des apparitions de Notre-Dame à Fatima, année de la fondation de la Milice de l’Immaculée par Saint Maximilien-Marie Kolbe, année de la révolution bolchevique dans l’empire des Tsars, année décisive dans l’évolution du conflit qui ensanglante l’Europe… et année charnière pour Edith qui est reçue au doctorat avec un summa cum laude et suit Husserl, dont elle est désormais l’assistante, à Fribourg-en-Brisgau.
Autour d’elle, il y a de plus en plus d’intellectuels issus du judaïsme qui se font baptiser, il y a de plus en plus de catholiques. Edith traverse une crise intellectuelle et spirituelle profonde, encore incapable de « se décider pour Dieu », alors qu’elle est de plus en plus considérée comme une philosophe brillante.
Un facteur décisif va être la lecture de la vie de Sainte Thérèse d’Avila, que cette âme tatonnant dans les ténèbres découvre un soir de l’été 1921.
Edith était seule dans la maison de campagne dun couple d’amis, absents ce soir là. Elle n’arrivait pas à dormir. Elle raconte :
« J’ai pris par hasard un livre à la bibliothèque ; il s’intitulait “La vie de Sainte Thérèse racontée par elle-même”. J’ai commencé à le lire et je n’ai pas pu le lâcher avant de l’avoir terminé. En le refermant, je me suis dit : voilà la vérité ».
Elle avait longtemps cherché la vérité et la trouve dans le mystère de la Croix.
Elle découvre surtout que la vérité n’est pas une idée, un concept, mais une personne : « la » Personne par excellence.
Elle est baptisée le 1er janvier 1922, reçoit la communion le lendemain, est confirmée le 2 février suivant.
Elle aspire à entrer aussitôt au Carmel, mais son conseiller spirituel lui demande un temps d’épreuve : pendant huit année elle va enseigner dans un lycée et une « école normale » catholiques, établis dans un couvent de dominicaines, à Spire (1923-1931). En 1932, elle fut nommée professeur à l’Institut pédagogique de Münster, en Westphalie, mais son enseignement est suspendu au bout d’environ un an en raison des lois raciales.
En 1933, elle réalise enfin son souhait le plus ardent et elle est reçue comme postulante au Carmel de Cologne : elle a 41 ans.
A sa prise d’habit, le 14 avril 1934, elle reçoit le nom de Sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix.
Première profession (temporaire) le 21 avril 1935, elle prononce enfin ses vœux perpétuels le 21 avril 1938.
Mais à la fin de cette année 1938, ses supérieures, tant pour la protéger elle-même que pour protéger le monastère, l’envoie au Carmel d’Echt, aux Payx-Bas.
Pendant toute sa vie religieuse, ses supérieurs lui demandent de continuer à écrire : elle n’est plus vraiment philosophe au sens où elle l’entendait avant sa conversion, elle est devenue une métaphysicienne qui a beaucoup à transmettre sur l’expérience de Dieu, et une théologienne de la mystique.
Le 2 août 1942, les Pays-Bas ayant été annexés par le Reich, alors que les évêques hollandais ont fait lire dans les églises une courageuse lettre de protestation condamnant l’antisémitisme et l’idéologie de la race, elle est arrêtée par la Gestapo, en même temps que quelque 1.200 israélites convertis au catholicisme.
Déportée au camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau, elle y achève sa vie dans une chambre à gaz le 9 août. Elle n’a pas encore 51 ans.
Le 1er mai 1987, elle est béatifiée comme vierge et martyre (car c’est bien « in odio fidei » qu’elle a été mise à mort), à Cologne, puis canonisée, à Rome, le 11 octobre 1998. Enfin, le 1er octobre 1999, avec Sainte Brigitte de Suède et Sainte Catherine de Sienne, elle est proclamée copatronne de l’Europe.

Sœur Thérèse-Bénédicte à la fin de l’année 1938
peu de temps avant son départ de Cologne pour les Pays-Bas.