Archive pour la catégorie 'Memento'

2025-140. Première journée de représentation officielle pour la Princesse Eugénie de France.

Lundi 15 septembre 2025 au soir.

Prise d'armes au château de Bazoches 15 septembre 2025

       Ce lundi 15 septembre 2025 en fin d’après-midi, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, a publié sur les réseaux sociaux le message qui suit, ainsi que trois photographies prises lors d’une cérémonie militaire qui s’est déroulée au château de Bazoches, dans le Morvan.
On se souvient que Madame (Sa Majesté la Reine Marie-Marguerite) est marraine du 19ème Régiment du Génie, basé à Besançon : créé en 1935, le 19ème RG est l’héritier des traditions du Génie d’Afrique, et a d’ailleurs été longtemps appelé « les Sapeurs d’Afrique » ; fort de quelque 1.700 sapeurs, le 19ème RG est l’une des formations les plus importantes de l’Armée de Terre ; sa devise est « Entreprendre et réussir ».

Sa Majesté le Roi au milieu de Sapeurs 15 septembre 2025

Sa Majesté le Roi au milieu de Sapeurs ce 15 septembre 2025

   « Je suis très heureux d’avoir accompagné ma fille la Princesse Eugénie à la prise d’arme du 19ème Régiment de Génie à l’occasion des 90 ans de cette unité au château de Bazoches.
En effet mon épouse, la duchesse d’Anjou, marraine du régiment, ne pouvant se déplacer ce jour-là, notre fille l’a représentée.

  Je suis fier de voir que la Princesse Eugenie prend très à cœur son rôle au sein de la famille lors de cette première journée de représentation officielle pour elle.
De plus, je suis particulièrement sensible au fait que cette journée se soit déroulée auprès de nos armées, afin que la Princesse comprenne combien nous sommes redevables à l’ensemble de nos militaires.

   Je remercie en son nom les autorités civiles et militaires pour leur accueil et leur confiance.
Avec la Princesse Eugénie, nous saluons l’engagement de tous les militaires de ce régiment pour la France.

   Que vive encore longtemps l’esprit de Vauban dans le Génie ! »

Louis XX et la Princesse Eugénie - Bazoches 15 septembre 2025

Sa Majesté le Roi et la Princesse Eugénie assistant à la prise d’armes
au château de Bazoches ce lundi 15 septembre 2025.

2025.137. « Une loi, pour être obligatoire, doit être portée par un pouvoir légitime, elle doit être juste, et avoir pour fondement le bien public… »

5 septembre,
Dans l’Ordre de Saint Augustin, la fête de Saint Antonin de Pamiers, prêtre et martyr ;
Mémoire de Saint Laurent Justinien évêque et confesseur ;
Anniversaire de la naissance de Louis-Dieudonné de France, futur Louis XIV (5 septembre 1638 – cf. ici & > ici) ;
Anniversaire du martyre de l’abbé Claude-Sylvestre Allier, curé-prieur de Chambonas (+ 5 septembre 1793 – cf. aussi ici).

frise lys

       Nous avons déjà rapporté dans les pages de ce blogue, en particulier > ici, l’histoire des « Camps de Jalès » dont l’instigateur fut l’Abbé Claude Allier, Prieur de Chambonas, dont le 5 septembre vient ramener l’anniversaire du martyre (+ 5 septembre 1793, à Mende).
Les archives du département de l’Ardèche conservent, entre autres, le brouillon d’un sermon qu’il prononça en février 1791, lors du deuxième Camp de Jalès.

   La constitution civile du clergé commençait à entrer en application, et le fantasque et impie Charles de La Font de Savine, évêque-comte de Viviers, avait prêté le serment schismatique le dimanche 6 février 1791, en chaire dans sa cathédrale.
Quelques jours plus tard, des catholiques avaient été molestés par les sectateurs de Calvin à Uzès. Dans toutes les paroisses, les catholiques s’inquiétaient, alors que dans le même temps les protestants exerçaient des pressions sur les municipalités qu’ils trouvaient trop peu zélés pour forcer les prêtres à jurer à leur tour.

   La connaissance de ce contexte n’est pas inutile pour comprendre le thème choisi par l’Abbé Claude Allier pour sa prédication, puisque, à partir du mystère de la Présentation de l’Enfant Jésus au Temple et de la Purification de Notre-Dame (fête de la Chandeleur, le 2 février), et « après avoir rapporté ce qu’étaient en usage de faire, le jour de la purification, les femmes relevées de couches, et ce que dit le vieillard Siméon ayant vu l’Enfant Jésus, il commença ainsi » (citation des documents conservés à Privas) :

   « Une loi, pour être obligatoire, doit être portée par un pouvoir légitime, elle doit être juste, et avoir pour fondement le bien public ; quand une de ces qualités manque, toutes les autres ne valent rien. Elle doit être portée par une personne qui a un pouvoir souverain et légitime, et non par des sujets : par exemple, si des enfants faisaient la loi à leur père, vous voyez bien qu’ils n’en auraient pas le pouvoir ; elle doit être portée par des gens qui en aient le droit, et non pas par des procureurs fondés, que l’on appelle autrement mandataires, gens qui n’ont d’autre pouvoir que de corriger certains abus. La loi doit être juste, c’est-à-dire elle ne doit ordonner que des choses permises. (…) Comme par exemple, une loi qui porterait qu’on dévastât vos biens, vos maisons, et qu’on enlevât ce que vous avez, vous voyez bien qu’elle ne serait pas juste ; à une telle loi on ne doit pas obéir quand même elle serait portée par un pouvoir suprême et légitime.
(…)
 On va vous enlever peu à peu vos propriétés, on détruit votre religion, on attaque son ministère ; vous obéissez à des lois portées par des gens qui n’ont pas le pouvoir de les porter, mais seulement la force de les faire exécuter : il ne faut pas lui obéir à cette loi, elle est injuste, elle est faite par des scélérats.
Je suis la lumière qui doit vous éclairer comme pasteur (…) 
Ne craignez point, Dieu défendra Son Eglise (…) Noli timere, pusillus grex (trad : n’aie pas peur, petit troupeau) ! »

(Source : conspiration de Saillans, pièces authentiques, imprimées par ordre du Département de l’Ardèche. Brouillon du prêche.)

frise lys

   Au jour anniversaire du martyre de ce prêtre zélé et courageux, que le Cercle légitimiste du Vivarais a choisi pour « saint patron » et modèle, et en un temps où la république maçonnique et anticatholique, par l’organe de plusieurs de ses représentants, attente gravement à la liberté des consciences en voulant faire passer ses propres lois au dessus des lois morales et divines, il est important de réaffirmer avec force les principes intangibles que proclamait en février 1791 notre cher et bon Abbé Claude-Sylvestre Allier.

La plaine de Jalès et les vestiges de la commanderie au second plan

La plaine de Jalès, au pied des contreforts cévenols,
et au second plan les vestiges de la Commanderie de Jalès (état actutel)

2025-133. Rapide compte-rendu en images de la fête de Saint Louis 2025 au Mesnil-Marie.

Mardi 26 août 2025.

Vitrail de Saint Louis avec la Sainte Couronne d'épines

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

       Ainsi que cela avait été annoncé (cf. > ici), nous avions hier en notre Mesnil-Marie la célébration de la fête de Saint Louis, ancêtre et saint patron de Sa Majesté le Roi et de Monseigneur le Dauphin.
Quelques personnes, bien que ce fût un jour de semaine et que les vacances tendissent vers leur fin pour la plupart de nos amis, sont venues et nous avons pu chanter la Sainte Messe, qui a été très fervente et recueillie

   Vous le voyez sur les clichés que je publie ici – sauf pour mon papa-moine, dont nul ne peut s’étonner qu’il soit en son ermitage (!) -, je garde une discrétion maximale en ce qui concerne l’identité des personnes qui viennent en notre Principauté monastique (et féline), et je me débrouille toujours en particulier pour préserver l’anonymat des prêtres qui nous donnent la joie de venir célébrer chez nous, en floutant ou masquant leurs visages.
Il y a en effet tellement de tordus ou de méchants qui sont prêts à tout pour nous nuire, et pour nuire à nos amis, que cette solution radicale m’apparaît en définitive la plus sûre.

Messe de la Saint Louis 25 août 2025 1

   Par ailleurs, cette manière de faire permet-elle à ceux qui regardent ces photographies de se concentrer sur la beauté de notre chapelle et des ornements plutôt que sur les personnes : voyez-y une transposition de la très pertinente ligne de conduite que nous a laissée Sa Majesté le Roi Henri V, dit « Comte de Chambord » : « Ma personne n’est rien, c’est mon principe qui est tout ! »
On ne rappelle jamais assez la vérité de cet adage, en une époque qui est justement caractérisée par l’abandon des principes ou leur dissolution dans le subjectivisme, le sentimentalisme, et quelques autres travers mentaux postrévolutionnaires et romantiques…

   La chasuble qui a été utilisée hier, était, tout naturellement, celle que Frère Maximilien-Marie a fait confectionner à partir de broderies récupérées sur un ornement ancien qui tombait en ruine : il y a, en particulier un médaillon central représentant Saint Louis portant la Sainte Couronne d’Epines.
C’est le style de cette broderie qui a déterminé la coupe de la chasuble, sur le modèle néo-gothique tel qu’on en a fabriqué à nouveau à partir de la première moitié du XXème siècle, au lieu de la coupe moderne qui s’était imposée à partir surtout du XVIIème siècle.

Messe de la Saint Louis 25 août 20252

   En bon chat monastique et légitimiste, j’ai assisté à cette belle Messe de la fête de Saint Louis, au cours de laquelle, cela va de soi, a été chantée la « Messe royale » d’Henri du Mont (1610-1684).

   Cette journée paisible et réconfortante s’est achevée avec le Salut du Très Saint-Sacrement, au cours duquel a été chanté le Te Deum en action de grâces pour le dixième anniversaire de la Confrérie Royale, dont mon papa-moine est l’un des co-fondateurs, ainsi que, présentement – je le rappelle -, le Prieur pour un deuxième mandat (cf. > ici).

Salut du Saint-Sacrement fête de Saint Louis 25 août 2025

   Au nom de tous les membres présents dans notre Oratoire, mais aussi au nom de tous ceux qui sont dispersés par tout le Royaume – et, pour certains mêmes, au-delà -, devant le Très Saint Sacrement a été relue la formule de consécration des membres pléniers de la Confrérie, qu’ils ont prononcée au pied des saints autels lors de leur engagement : que Dieu accorde à chacun la grâce d’une persévérante fidélité !

   Puisse Dieu bénir notre Souverain légitime, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX !
Puisse-t-Il aussi combler de grâces Monseigneur le Dauphin Louis, ainsi que toute notre chère Famille Royale !
Qu’Il touche les cœurs des Français, pour les ramener à la foi de Clovis, de Saint Charlemagne, de Saint Louis, d’Henri IV, de Louis XIV, de Louis XVI et d’Henri V ; qu’Il les garde dans la fidélité à « l’alliance avec la Sagesse éternelle » scellée dans le baptistère de Reims ; qu’Il les éclaire et les purifie par la conversion de leurs intelligences et de leurs consciences et, par dessus tout, par la conversion de leurs mœurs !
Qu’Il dessille à jamais leurs yeux afin de les prémunir à jamais contre les absurdités et monstruosités du système oppresseur qui, de nos jours, les exploite tout autant qu’il les abêtit !
Qu’enfin, grâce aux prières et sacrifices des membres de la Confrérie Royale, et de ceux de tous les hommes de bonne volonté qui aspirent aux bienfaits du Règne de Dieu, les chemins de la grâce soient à nouveau largement ouverts et que se renouvellent les merveilles de la « geste de Dieu par les Francs – gesta Dei per Francos ». Ainsi soit-il !

Tolbiac.

Salut du Saint-Sacrement fête de Saint Louis 25 août 2025

Domine, salvum fac Regem,

et exaudi nos in die qua invocaverimus Te !

Trois lys blancs

2025-126. « D’où provient donc ce symptôme si grave de l’affaiblissement des caractères ? »

11 août,
Fête de Sainte Philomène, vierge et martyre (cf. > ici) ;
Sixième jour de la neuvaine préparatoire à la fête de l’Assomption (cf. > ici).

182_GA_BD.jpg

       En complément des prières que nous faisons monter vers Dieu, particulièrement à l’intention de la France, en préparation de la fête de l’Assomption, sa fête patronale (cf. ici), voici encore un magnifique texte de Monseigneur Louis-Edouard Pie, évêque de Poitiers, afin d’alimenter notre réflexion et de nourrir notre ferveur.
L’extrait que nous vous proposons aujourd’hui est tiré du très long « Discours pour la solennité de la réception des reliques de Saint Emilien, évêque de Nantes, prononcé dans l’église cathédrale de Nantes le 8 novembre 1859″.

Blason de Monseigneur Louis-Edouard Pie

       « Quand je demande aux sages de ce temps qu’elle est la plus grande plaie de la société actuelle, j’entends répondre de toutes parts que c’est le dépérissement des caractères, l’amollissement  des âmes. Il y a sur ce thème des phrases toute faites, et qui sont à l’usage de tous.
Mais cette réponse provoque elle-même une question ultérieure. Car enfin la race française est énergique de son propre fonds, elle est courageuse de sa nature, et elle n’a pas tellement perdu son tempérament natif qu’elle puisse être accusé trop légèrement de mollesse et de lâcheté. Pas plus aujourd’hui qu’autrefois, la bravoure ne lui fait défaut sur les champs de bataille.

   D’où provient donc ce symptôme si grave de l’affaiblissement des caractères ?

   Ah ! ne serait-il pas vrai qu’il est la conséquence naturelle et inévitable de l’affaiblissement des doctrines, de l’affaiblissement des croyances, et, pour dire le mot propre, de l’affaiblissement de la foi ?

   Le courage, après tout, n’a sa raison d’être qu’autant qu’il est au service d’une conviction. La volonté est une puissance aveugle lorsqu’elle n’est pas éclairée par l’intelligence. On ne marche pas d’un pied ferme quand on marche dans les ténèbres, ou seulement dans le demi-jour.
Or, si la génération actuelle a toute l’incertitude et l’indécision de l’homme qui avance à tâtons, ne serait-ce pas, ô Seigneur, que Votre parole n’est plus le flambeau qui guide nos pas, ni la lumière qui éclaire nos sentiers (Ps. CXVIII, 105) ?

   Nos pères, en toutes choses, cherchaient leur direction dans l’enseignement de l’Evangile et de l’Eglise : nos pères marchaient dans le plein jour. Ils savaient ce qu’ils voulaient, ce qu’ils repoussaient, ce qu’ils aimaient, ce qu’ils haïssaient, et, à cause de cela, ils étaient énergiques dans l’action.
Nous, nous marchons dans la nuit ; nous n’avons plus rien de défini, rien d’arrêté dans l’esprit, et nous ne nous rendons plus compte du but où nous tendons.
Par suite, nous sommes faibles, hésitants.

   Comment se pourrait-il que la chaleur de la résolution fût dans la volonté, et la vigueur de l’exécution dans le bras, quand il n’y a dans l’entendement, au lieu de la claire lumière du oui, que le nuage ou le brouillard du peut-être ? »

Louis-Edouard cardinal Pie (1815-1880)
In « Œuvres de Monseigneur l’Evêque de Poitiers »,
tome III, pp. 519-520

chevaliers francs - blogue

2025-125. Récapitulatif des publications de ce blogue relatives à Sainte Philomène.

10 août,
Fête de Saint Laurent, diacre et martyr ;
Anniversaire du martyre de Sainte Philomène (+ 10 août 304).

       Veuillez trouver ci-dessous la liste (et les liens pour y accéder) des publications de ce blogue concernant notre chère Sainte Philomène, céleste protectrice en second du Refuge Notre-Dame de Compassion.

nouvelle présentation châsse Sainte Philomène

Gisant de Sainte Philomène dans l’oratoire du Mesnil-Marie.

A – Prières en l’honneur de Sainte Philomène :

- Prières et litanies > ici
- Neuvaine à Sainte Philomène > ici
-

B – Sainte Philomène au Mesnil-Marie :

   Attention ! Les deux articles suivants ont une valeur « historique » pour notre Mesnil-Marie : ils expliquent comment Sainte Philomène s’est invitée dans la vie du Refuge Notre-Dame de Compassion et décrivent ce que nous pensions pouvoir réaliser à notre arrivée en Vivarais (2008) alors que nous travaillions aux travaux les plus urgents de la restauration…
Ces deux articles datent de 2010 : nous les conservons à titre de témoignage, mais, depuis, Sainte Philomène a su bouleverser nos projets originaux et nous montrer qu’elle désirait autre chose…

- Nos projets de Crypte Sainte Philomène au Mesnil-Marie – résumé de la vie de Sainte Philomène – brève histoire du gisant que nous possédons au Mesnil-Marie > ici
- Les travaux commencés pour la Crypte Sainte Philomène > ici

Pour l’heure, il y a toute une histoire à écrire, et il faudra bien que nous nous y mettions ! En attendant : patience…

C – La Vénérable Mère Marie-Louise de Jésus et le récit de la vie de Sainte Philomène qui lui fut révélé :

- Vie de la Vénérable Marie-Louise de Jésus > ici
- Récit de la vie de Sainte Philomène dicté par elle-même à Mère Marie-Louise de Jésus > ici

D – Objets autour desquels se concrétise la dévotion à Sainte Philomène :

- La statue miraculeuse de Sainte Philomène à Mugnano del Cardinale > ici
- Le cordon de Sainte Philomène > ici

E – Chapelles et lieux de culte en l’honneur de Sainte Philomène :

- La première chapelle érigée en France en l’honneur de Sainte Philomène par la Bienheureuse Pauline Jaricot sur les pentes de la colline de Fourvière > ici
-

portrait-sainte-philomene-xixe - Copie

Effigie de Sainte Philomène figurant sur la bannière de pèlerinage
exposée dans la chapelle du Mesnil-Marie.

2025-124. « Le jour où la France entière aura rappris à se mettre à genoux… »

10 août,
Fête de Saint Laurent, diacre et martyr ;
Cinquième jour de la neuvaine préparatoire à la fête de l’Assomption (cf. > ici).

Blason de Monseigneur Louis-Edouard Pie

       Voici la dernière partie de ce discours que Monseigneur Louis-Edouard Pie prononça le 11 avril 1848 et dont nous avons déjà publié deux extraits (cf. > ici & > ici) ci-avant.
Cette péroraison, elle aussi, est intemporelle et nous ramène à l’essentiel en nous rappelant les grandes vérités concernant la France et son avenir, la restauration de sa grandeur et les conditions de l’authentique bonheur de ses peuples :

       « (…) Sachez-le, vous avez, nous avons tous, une magnifique mission à remplir, la plus heureuse et la plus féconde des restaurations à accomplir. Tous tant que nous sommes, enlaçons nos bras, unissons nos efforts pour replacer Dieu triomphalement sur les autels de la patrie ; et, dans cette fin, rendons-Lui avant tout, chacun en ce qui nous concerne, la place qui Lui appartient dans notre cœur et dans notre vie.

   Croyez-moi, mes Frères : ce ne sera donner tort à personne que de donner raison à Dieu !

   L’œuvre de nos pères, dites-vous quelquefois ?
Eh ! c’est précisément elle que je vous recommande, cette œuvre qui compte parmi nous quatorze cents ans de durée, cette alliance de la liberté et de l’Evangile, du Franc et du Chrétien, qu’un instant de délire est venu passagèrement interrompre.

   Alors que l’Eglise catholique, en la personne de Saint Remi, baptisait le peuple français représenté par Clovis et les chefs de son armée, elle disait : « Fier Sicambre, baisse la tête ! adore ce que tu as brûlé, brûle ce que tu as adoré ».
Mes Frères, avouons-le, car ce fait appartient à l’histoire : nous sommes les fils d’un siècle où, dans certains jours mauvais, le Sicambre avait reparu. Je vous dirai donc : Enfants de ce siècle, baissez la tête ; adorez ce que vous avez brûlé, cette croix, cet Evangile ; brûlez ce que vous avez adoré, ces blasphèmes contre Dieu et Son Christ.
Mais pour vous, ce ne sera pas rompre avec le passé ; ce sera adorer ce que pendant quatorze siècles ont adoré vos pères, rejeter ce que pendant quatorze siècles ils ont rejeté ; ce sera redevenir les hommes de votre pays, les enfants de Dieu et les maitres du monde.

   Le jour où la France entière aura rappris à se mettre à genoux (je veux dire à genoux devant Dieu, car certes nous l’avons vue s’agenouiller assez devant toutes ses rivales) ; le jour où la France aura rappris à se mettre à genoux, Dieu lui rendra le sceptre de l’univers, un instant tombé de ses mains. Elle reprendra sa magnifique destinée parmi les peuples, procurant à ses enfants ici-bas la paix, la liberté, la gloire, et députant des légions d’élus vers l’immuable et éternelle patrie ».

Louis-Edouard cardinal Pie (1815-1880)
In « Œuvres de Monseigneur l’Evêque de Poitiers »,
tome I, pp. 88-89

Jean Hélart vers 1670 Baptême de Clovis

Jean Hélart (1618-1685) : Baptême de Clovis (1676)
[musée des Beaux-Arts, Reims].

2025-122. Courte biographie de Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix.

9 août,
Fête de Saint Jean-Marie Vianney, confesseur (cf. ici) ;
Mémoire de Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix, vierge et martyre, copatronne de l’Europe (cf. ici) ;
Mémoire de Saint Romain, martyr ;
Mémoire de la vigile de Saint Laurent ;
Anniversaire de l’Edit de Roussillon (9 août 1564 – cf. > ici) ;
Anniversaire du commencement du siège de Lyon par les troupes de la Convention (9 août 1793 – cf. ici) ;
Quatrième jour de la neuvaine pour la France en préparation de la fête de l’Assomption (cf. ici).

Edith Stein infirmière en 1915

Edith Stein infirmière en 1915 (24 ans)

       Edith Stein, née à Breslau [aujourd'hui Wroclaw en Pologne, mais alors capitale de la Silésie prussienne], le 12 octobre 1891, était la dernière des onze enfants de Siegfried Stein (1844-1893) et Augusta Courant (1849-1936), juifs allemands. Elle n’a pas encore atteint l’âge de 3 ans, lorsque Edith est orpheline de père ; sa mère, femme très pieuse, va alors subvenir aux besoins de la famille et diriger l’entreprise familiale; c’est une femme rigoureuse et courageuse, qui s’efforce d’inculquer son judaïsme sévère à ses enfants. Mais à l’âge de 15 ans Edith cesse de prier et se déclare agnostique.

   Enfant précoce, au caractère entier, fier, volontaire, colérique parfois, elle abandonne un temps ses études, puis découvre la philosophie, termine ses études au lycée et entre à l’université : elle étudie de front plusieurs domaines (langues indo-européennes, allemand ancien, grec ancien, littérature, histoire, psychologie, politique…) et prend des engagements de type « féministe » (pour une stricte égalité sociale et politique des hommes et des femmes), en même temps qu’à visée humanitaire et éducative, en donnant des cours gratuits dans des milieux défavorisés.
A ce moment là, elle ne se déclare plus agnostique mais athée.

   Un condisciple lui fait découvrir la phénoménologie d’Edmund Husserl, et elle se rend à l’université de Göttingen pour approfondir les perspectives que cette découverte lui ouvre.
Le déclanchement de la première guerre mondiale l’incite aussi à prendre des cours d’infirmière. Ce sont des années difficiles, qui ne l’empêchent cependant pas de passer l’examen d’Etat qui lui ouvre la voie du doctorat.

   1917 : année des apparitions de Notre-Dame à Fatima, année de la fondation de la Milice de l’Immaculée par Saint Maximilien-Marie Kolbe, année de la révolution bolchevique dans l’empire des Tsars, année décisive dans l’évolution du conflit qui ensanglante l’Europe… et année charnière pour Edith qui est reçue au doctorat avec un summa cum laude et suit Husserl, dont elle est désormais l’assistante, à Fribourg-en-Brisgau.
Autour d’elle, il y a de plus en plus d’intellectuels issus du judaïsme qui se font baptiser, il y a de plus en plus de catholiques. Edith traverse une crise intellectuelle et spirituelle profonde, encore incapable de « se décider pour Dieu », alors qu’elle est de plus en plus considérée comme une philosophe brillante.
Un facteur décisif va être la lecture de la vie de Sainte Thérèse d’Avila, que cette âme tatonnant dans les ténèbres découvre un soir de l’été 1921.
Edith était seule dans la maison de campagne dun couple d’amis, absents ce soir là. Elle n’arrivait pas à dormir. Elle raconte :

   « J’ai pris par hasard un livre à la bibliothèque ; il s’intitulait “La vie de Sainte Thérèse racontée par elle-même”. J’ai commencé à le lire et je n’ai pas pu le lâcher avant de l’avoir terminé. En le refermant, je me suis dit : voilà la vérité ».

   Elle avait longtemps cherché la vérité et la trouve dans le mystère de la Croix.
Elle découvre surtout que la vérité n’est pas une idée, un concept, mais une personne : « la » Personne par excellence.
Elle est baptisée le 1er janvier 1922, reçoit la communion le lendemain, est confirmée le 2 février suivant.
Elle aspire à entrer aussitôt au Carmel, mais son conseiller spirituel lui demande un temps d’épreuve : pendant huit année elle va enseigner dans un lycée et une « école normale » catholiques, établis dans un couvent de dominicaines, à Spire (1923-1931). En 1932, elle fut nommée professeur à l’Institut pédagogique de Münster, en Westphalie, mais son enseignement est suspendu au bout d’environ un an en raison des lois raciales.
En 1933, elle réalise enfin son souhait le plus ardent et elle est reçue comme postulante au Carmel de Cologne : elle a 41 ans.
A sa prise d’habit, le 14 avril 1934, elle reçoit le nom de Sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix.
Première profession (temporaire) le 21 avril 1935, elle prononce enfin ses vœux perpétuels le 21 avril 1938.
Mais à la fin de cette année 1938, ses supérieures, tant pour la protéger elle-même que pour protéger le monastère, l’envoie au Carmel d’Echt, aux Payx-Bas.
Pendant toute sa vie religieuse, ses supérieurs lui demandent de continuer à écrire : elle n’est plus vraiment philosophe au sens où elle l’entendait avant sa conversion, elle est devenue une métaphysicienne qui a beaucoup à transmettre sur l’expérience de Dieu, et une théologienne de la mystique.

   Le 2 août 1942, les Pays-Bas ayant été annexés par le Reich, alors que les évêques hollandais ont fait lire dans les églises une courageuse lettre de protestation condamnant l’antisémitisme et l’idéologie de la race, elle est arrêtée par la Gestapo, en même temps que quelque 1.200 israélites convertis au catholicisme.
Déportée au camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau, elle y achève sa vie dans une chambre à gaz le 9 août. Elle n’a pas encore 51 ans.

   Le 1er mai 1987, elle est béatifiée comme vierge et martyre (car c’est bien « in odio fidei » qu’elle a été mise à mort), à Cologne, puis canonisée, à Rome, le 11 octobre 1998. Enfin, le 1er octobre 1999, avec Sainte Brigitte de Suède et Sainte Catherine de Sienne, elle est proclamée copatronne de l’Europe.

Sœur Thérèse-Bénédicte au moment de son départ de Cologne fin 1938

Sœur Thérèse-Bénédicte à la fin de l’année 1938
peu de temps avant son départ de Cologne pour les Pays-Bas
.

2025-121. La seule pierre solide sur laquelle on puisse fonder durablement la société, c’est Jésus-Christ !

9 août,
Fête de Saint Jean-Marie Vianney, confesseur (cf. ici) ;
Mémoire de Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix, vierge et martyre (cf. > ici etici) ;
Mémoire de Saint Romain, martyr ;
Mémoire de la vigile de Saint Laurent ;
Anniversaire de l’Edit de Roussillon (9 août 1564 – cf. > ici) ;
Anniversaire du commencement du siège de Lyon par les troupes de la Convention (9 août 1793 – cf. > ici) ;
Quatrième jour de la neuvaine pour la France en préparation de la fête de l’Assomption (cf. > ici).

Blason de Monseigneur Louis-Edouard Pie

       Toujours en vue de la préparation spirituelle et politique à la fête de l’Assomption, fête patronale du Royaume, voici un autre extrait du discours de Monseigneur Louis-Edouard Pie, alors vicaire général à Chartres, prononcé le 11 avril 1848, et dont nous avons déjà publié un passage > ici.
Là encore, ces quelques phrases sont riches d’une grande et intemporelle leçon politique, qu’il serait bon que les hommes politiques de notre temps, quelque sincères qu’ils soient, et quelle que soit la bonne volonté qui les anime, médite et s’approprie.  

       « Quand Dieu n’est pas reconnu pour maître, nul n’a plus le droit de commander ; et toute société en proie à l’anarchie tombe aussitôt dans l’esclavage.
L’Esprit-Saint l’a dit :
« Là où règnent les impies, il n’y a que des ruines » (Prov. XXVIII, 12).
Mais attendez, ajoute le Seigneur ; ceux qui croient se préparer une domination plus facile en pervertissant les hommes, trouveront leur perdition dans leur calcul infâme (cf. Eccli. XXXVI, 11).
Ils ont régné, et ce n’était pas en Mon nom ; ils étaient les premiers du peuple, et Je ne les voyais jamais en face de Mes autels ; ils se sont fait leur dieu de leur or et de leur puissance : divinité fragile et périssable (cf. Osée VIII, 4).
Un jour ils se sont endormis, et à leur réveil ils n’ont plus rien trouvé de leurs richesses et de leur autorité dans leurs mains vides (cf. Ps. LXXV, 6).

   Mes Frères, ces divers oracles des prophètes se sont accomplis. Ne considérez pas les causes secondes ; ce qui vient d’être renversé par la main des hommes [note : il s’agit de la « Monarchie de juillet »], c’est Dieu qui l’a renversé.
Mais, de grâce, ce que vous allez reconstruire, ah ! que Dieu le reconstruise avec vous et par vous ! Car, hélas ! si cette fois encore le suprême Ouvrier n’était pour rien dans la reconstitution du monde social, législateurs impuissants, vous vous épuiseriez en efforts inutiles ; vous ne vous succéderiez les uns aux autres que pour mourir à la peine comme vos devanciers ; et le jour où vous croiriez poser le faîte de l’édifice, serait celui de sa chute et de votre confusion (cf. Ps. CXXVI, 1).

   Eclairés par l’expérience, vous voulez asseoir la société, non plus sur le sable mouvant des systèmes, mais sur la pierre solide de la vérité. Eh bien ! cette pierre, c’est Jésus-christ : Petra autem erat Christus (1 Cor X, 4 : Et la pierre était le Christ).
Que Jésus-Christ et Son Evangile soient la base de votre constitution, et cette constitution ne périra pas !… »

Louis-Edouard cardinal Pie (1815-1880)
In « Œuvres de Monseigneur l’Evêque de Poitiers »,
tome I, pp. 86-87

Le Christ Roi des nations - blogue

2025-120. Quand Dieu ne règne pas par les bienfaits attachés à Sa présence, Il règne par toutes les calamités inséparables de Son absence.

8 août,
Fête de Saint Venance de Viviers, évêque et confesseur (cf. > ici) ;
Troisième jour de la neuvaine de l’Assomption à l’intention de la France (cf. > ici) ;
Anniversaire du rappel à Dieu du Rd. Pèr Jean Charles-Roux (+ 8 août 2014 – cf. > ici).

Lys couronné - vignette blogue

       Au cours de cette neuvaine de prières pour la France en préparation de la fête de l’Assomption, afin de nous stimuler dans ce devoir de la prière pour notre Royaume terrestre, il est bon de relire quelques textes aux fortes leçons : c’est le cas de ces quelques lignes, extraites d’un discours de Monseigneur Louis Edouard Pie, alors vicaire général de Son Excellence Monseigneur Claude-Hippolyte Clausel de Montals, évêque de Chartres.

Jérôme Bosch - jugement dernier

Jérôme Bosch (+ 1516) : jugement dernier
[musée Suermondt-Ludwig, Aix-la-Chapelle]

Lys couronné - vignette blogue

Quand Dieu ne règne pas par les bienfaits attachés à Sa présence,

Il règne par toutes les calamités inséparables de Son absence.

       « Savez-vous, mes Frères, pourquoi depuis plus d’un demi-siècles [note : ces paroles sont prononcées le 11 avril 1848] nous avons vu périr au milieu de nous toutes les formes de gouvernement, sans excepter celle-là même à laquelle nous revenons aujourd’hui ? [note : il s’agit de la république succédant alors à la Monarchie de Juillet]. Je vais vous le dire.

   Toutes les formes dont s’est revêtue la société ont péri, parce que sous ces formes il manquait une âme.
Or, si heureusement pourvu qu’il soit d’articulations, de ressorts et de muscles, un corps sans une âme, c’est un cadavre ; et le propre d’un cadavre est de tomber bientôt en dissolution.

   L’âme de toute société humaine, c’est la croyance, c’est la doctrine, c’est la religion, c’est Dieu.
Or les sociétés modernes ont trop longtemps divorcé avec Dieu.
Je le dis sans amertume et sans récrimination, mes Frères ; car, en ces jours difficiles qui succèdent à des crises violentes qu’avaient provoquées des torts communs à toutes les conditions, certes, nous avons mieux à faire que de nous adresser de mutuels reproches : c’est de nous éclairer réciproquement sur les véritables besoins du présent et de l’avenir. Et c’est à ce titre de concours et de sympathie pour la chose publique, que je me permets d’interroger ici le passé pour en faire sortir des lumières et des avertissements.

   Je le répète donc : nos pères, entraînés par de lamentables préjugés, ont eu le malheur de croire qu’ils pouvaient rejeter tous les jougs, y compris celui du Maître souverain qui habite dans les cieux. Ils ont adressé à Dieu cette parole coupable : « Retire-Toi loin de nous ; nous ne voulons pas de la science de Tes voies » (cf. Job XXI, 14).
Et Dieu a obéi, Il S’est retiré.

   Mais il est écrit que, bon gré mal gré, et nonobstant le frémissement orgueilleux des peuples, Dieu régnera ; c’est Son droit : « Dominus regnavit, irascantur populi » (Ps. XCVIII, 1 : « Dieu a établi son règne, que les peuples frémissent de colère »).
Et quand Il ne règne pas par les bienfaits attachés à Sa présence, Il règne par toutes les calamités inséparables de Son absence.
Voilà, dans ce peu de mots, mes Frères, toute une période de notre histoire… »

Louis-Edouard cardinal Pie (1815-1880)
In « Œuvres de Monseigneur l’Evêque de Poitiers »,
tome I, pp. 85-86

Blason de Monseigneur Louis-Edouard Pie

Blason de Monseigneur Pie

123456...64

A tempo di Blog |
Cehl Meeah |
le monde selon Darwicha |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | mythologie
| jamaa
| iletaitunefoi