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2024-50. 28 février 1794 : le massacre du Petit Luc (Les Lucs-sur-Boulogne).

- 28 février 1794 -

Vignette Sacré-Cœur entouré de palmes - blogue

Chapelle Notre-Dame du Petit Luc - blogue

La chapelle Notre-Dame du Petit Luc
érigée au XIXème siècle à l’emplacement du chœur de l’église du Petit-Luc
où fut perpétrée la part la plus importante du massacre du 28 février 1794

       L’abominable événement que nous commémorons en ce jour fait figure de symbole et, en quelque manière, il synthétise, à lui seul et en un seul lieu, toute l’horreur des « colonnes infernales » en Vendée, et de l’impitoyable répression organisée, voire systématisée, des hommes de la révolution contre le peuple d’une manière générale.
Il représente de la sorte une espèce de prototype de tous les massacres de populations civiles perpétrés au nom des idéologies totalitaires qui se succèdent depuis la grande révolution en laquelle elles trouvent toutes leur origine, qu’elles soient dites « de droite » ou « de gauche ». 

  Cet horrible massacre – accompli au nom de la liberté, de l’égalité et de la fraternité, des droits de l’homme, et de ces « valeurs de la république » dont on nous rebat les oreilles – est parfaitement documenté, à la différence – malheureusement ! – de nombreux autres événements du même type, puisque il est très loin d’être un cas unique. J’insiste : non seulement en Vendée, mais sur toute la terre de France, et même au-delà puisque les « idéaux révolutionnaires » colportés dans toute l’Europe par le Buonaparte et ses troupes, y produisirent les mêmes effets, les mêmes atrocités.

Vitrail des Lucs sur Boulogne - détail 1

   On le sait, en janvier 1794, le Comité de salut public avait accordé au général Turreau l’autorisation de faire parcourir le territoire de la Vendée militaire par douze colonnes mobiles chargées de tout mettre à feu et à sang sur leur passage, même si, à cette date, les débris de la grande Armée catholique et royale de l’Ouest avaient été anéantis à Savenay. Mais le seul fait que le peuple catholique de ces provinces ait osé se révolter, au nom de sa foi persécutée, constituait un crime impardonnable aux yeux des fanatiques de l’ « ordre nouveau » fondé sur l’idéologie des « Lumières » - ces prétendues lumières allumées au feu de l’enfer puisqu’elles refusaient celles de la Révélation chrétienne et ne pouvaient tolérer qu’on affirmât le primat de la Loi divine sur les lois de la république !
S’opposer à la bienfaisante régénération révolutionnaire c’était (et demeure de nos jours) s’exclure  des cadres de la nation et de la liberté, cesser d’être un citoyen, et n’être plus qu’une forme de sous-homme, d’animal nuisible à éradiquer.
La logique révolutionnaire, aujourd’hui comme hier, est « sanitaire » ; elle est « hygiénique » ; elle ne fait que « nettoyer » le corps social de dangereux parasites. La manière de penser des « grands esprits » de la révolution est identique à celle des nazis ou des bolcheviques, et les incendiaires d’Oradour-sur-Glane ne sont en définitive que les petits frères des soldats de la révolution…

   Lorsque donc le 28 février 1794, deux colonnes placées sous les ordres du général Cordelier longent l’une la rive droite et l’autre la rive gauche de la Boulogne, fusillant hommes et bêtes, incendiant fermes isolées et hameaux, pillant, torturant et violant, ils ne font somme toute qu’une opération de « routine » révolutionnaire pour le bien de la nation.
Lorsqu’elles approchent des paroisses du Grand Luc et du Petit Luc (ce sont alors deux paroisses distinctes : la commune des Lucs-sur-Boulogne est le résultat de la fusion des deux), elles ont déjà des centaines et des centaines de morts et de crimes qui les recommandent à la reconnaissance de la nation.

Vitrail des Lucs sur Boulogne - martyre de l'abbé Voyneau

   Plus de cinq-cents fidèles des paroisses du Grand Luc et du Petit Luc (on ne parle jamais des Lucs, au pluriel, avant la révolution), absolument sans défense, ont couru chercher refuge aux pieds de la Très Sainte Vierge, dans l’église Notre-Dame du Petit Luc.
Se souvenant que le Bon Pasteur donne sa vie pour ses brebis, l’abbé Louis-Michel Voyneau, curé septuagénaire du Petit Luc, réfractaire dont la tête est mise à prix, s’avance alors au-devant des  Bleus offrant sa vie pour obtenir que ses paroissiens soient épargnés. Mais « la pitié n’est pas révolutionnaire »
Il est longuement torturé : en particulier on lui tranche les doigts qui ont reçu l’onction sacrée pour tenir la Sainte Hostie, pour absoudre et pour bénir ; on lui tranche la langue, dont la parole annonçait l’Evangile, enseignait les préceptes divins, faisait descendre le Bon Dieu sur l’autel ; enfin, à coups de sabre, on lui ouvre la poitrine pour en arracher le cœur…

   Son héroïque sacrifice ne sauvera toutefois pas son troupeau.
Cordelier et ses soudards montent jusqu’à l’église Notre-Dame, et, dans une lettre écrite par l’un des soldats au soir de cette journée : « Aujourd’hui journée fatigante, mais fructueuse. Pas de résistance. Nous avons pu décalotter à peu de frais toute une nichée de calotins. Nos colonnes ont progressé normalement ».
Rien n’a échappé au massacre, à balles et à coups de baïonnettes. Pas un survivant parmi ces centaines de vieillards, hommes, femmes et enfants, dont on retrouvera, avec leurs ossements, les insignes du fanatisme : croix, chapelets et scapulaires du Sacré-Cœur.
Pour terminer leur fructueuse besogne, les Bleus incendient l’église et tirent dessus au canon, pour être bien sûr que personne n’échappe au brasier. Ensuite, méticuleusement, ils écument toutes les maisons, tous les hameaux, toutes les fermes et métairies, battent les haies et massacrent encore et encore tout ce qu’ils peuvent trouver d’humains et d’animaux : la colonne a progressé normalement.

Vitrail des Lucs sur Boulogne - détail 2

   Quelques jours plus tard, le jeune curé du Grand Luc, l’abbé Charles-Vincent Barbedette, aumônier auprès des troupes du Chevalier de Charette, informé du massacre, revient dans sa paroisse et se rend sur les lieux : il se met en devoir de donner une sépulture aux 563 cadavres qu’il dénombre sur les lieux et dont il dresse une liste précise (on donne souvent le nom de 564, mais c’est parce qu’en fait l’abbé a mentionné deux fois la même personne), une liste qui nous est parvenue en grande partie.
En grande partie seulement car, aujourd’hui, un feuillet a été perdu et nous n’avons plus que 459 noms : ceux de 80 hommes et 127 femmes âgés de 10 à 49 ans, de 124 personnes de plus de 50 ans, et de 127 enfants de moins de 10 ans (« 110 tout petits enfants qui n’avaient pas l’âge de raison » écrit aussi l’Abbé). Le plus jeune avait 15 jours, le plus âgé 84 ans.
Des plaques de marbre, sur lesquelles ont été gravés tous ces noms, sont fixées sur les murs de la chapelle, construite dans la seconde moitié du XIXème siècle et qui occupe l’emplacement du chœur de l’église Notre-Dame du XIème siècle détruite ce 28 février 1794.

   Des démarches ont été entreprises, dans la première moitié du XXème siècle en vue d’une éventuelle béatification des « 110 tout petits enfants qui n’avaient pas l’âge de raison », ces « Saints Innocents de la Vendée martyre », massacrés ici uniquement en haine de la foi catholique, puisque on ne peut arguer de motifs politiques à la mise à mort d’enfants de moins de sept ans. Des âmes ardentes œuvrent de nous jour pour que soit relancée l’instruction de cette cause de béatification, un temps en sommeil, et, depuis plusieurs années déjà, un pèlerinage vers cette chapelle est maintenant organisé et se développe doucement, avec la bénédiction de Monseigneur l’Evêque de Luçon.

   Au jour anniversaire de leur martyre, prenons le temps de nous recueillir en méditant sur l’exemple que l’abbé Louis-Michel Voyneau et ses paroissiens donnent à nos temps : l’exemple qu’ils donnent à chacun de nous, catholiques qui souffrons aujourd’hui d’une autre forme de persécution, et demandons-leur de nous obtenir la grâce d’une totale cohérence et d’une absolue fidélité, quoi qu’il doive nous en coûter.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

PS : Feu le Maître-Chat Lully avait déjà évoqué ce massacre lors d’une chronique en 2014, vous pouvez retrouver ce texte > ici

Vignette Sacré-Cœur entouré de palmes - blogue

Prière pour demander leur béatification

       Seigneur Jésus, qui avez couronné de l’auréole des martyrs les petits enfants de Bethléem immolés à Votre place par Hérode, daignez nous accorder la Glorification des petits enfants des Lucs, victimes de l’impiété révolutionnaire.
N’est-ce pas en haine de Votre nom qu’ils furent eux aussi massacrés, nouveaux Saints Innocents de cette paroisse justement surnommée le Bethléem de la Vendée ?
Nous Vous supplions donc, ô Divin Ami des enfants, d’exaucer les prières que nous adressons à ces petits anges, afin que, bientôt, la Sainte Eglise puisse les donner pour modèles aux petits enfants de chez nous.
Nous Vous demandons encore, ô Jésus, que l’exemple de leur mort nous apprenne l’amour de Votre Sacré6Cœur et la vraie dévotion au Rosaire, et que leur céleste protection nous aide à montrer dans toutes les actes de notre vie une fidélité chrétienne digne de nos pères.

Ainsi soit-il.

Cœur Sacré de Jésus, ayez pitié de nous !
Notre-Dame du Petit-Luc, Reine des Martyrs, priez pour nous !

Imprimatur : Luçon, le 22 décembre 1961.  + A.M. Cazaux, Evêque de Luçon.

Image de dévotion 1961

2024-49. De la Bienheureuse Julie de Certaldo, vierge de l’Ordre de Saint Augustin, qui vécut trente ans dans une stricte réclusion.

25 février (le 26 les années bissextiles),
Dans l’Ordre de Saint Augustin, fête de la Bienheureuse Julie de Certaldo, vierge ;
En France, fête de la Bienheureuse Isabelle de France, vierge.

Certaldo - vue actuelle - blogue

Certaldo, en Toscane (état actuel)

       A environ neuf lieues au sud-ouest de Florence, Certaldo est une très ancienne ville de Toscane, d’origine étrusque. C’est aussi la ville où l’on peut visiter la maison familiale de l’une des figures les plus importantes du paysage littéraire européen du XIVème siècle, le poète Boccace (Giovanni Boccacio 1313-1375) dont la tombe se trouve dans l’église des Saints Jacques et Philippe, église qui fut celle d’un couvent d’Ermites de Saint-Augustin jusqu’au XVIIIème siècle.

   Or, dans cette même église, se trouvent également les restes mortels de la céleste protectrice de la cité : la Bienheureuse Julie de Certaldo (Beata Giulia da Certaldo), qui est l’exacte contemporaine de Boccace, puisqu’elle est née en 1319 ou 1320, et qu’elle a rendu son âme à Dieu le 9 janvier 1367.
Toutefois les calendrier et bréviaire traditionnels de l’Ordre de Saint Augustin n’ont pas retenu le 9 janvier pour la fête liturgique de cette Bienheureuse tout-à-fait exceptionnelle, mais l’ont assignée au 25 février.

   La cité de Certaldo, elle, préfère fêter solennellement sa sainte patronne aux beaux jours : c’est donc le premier dimanche de septembre qu’est célébrée sa solennité, avec une procession au cours de laquelle « i Cavalieri di Beata Giulia : les Chevaliers de la Bienheureuse Julie » (de fondation relativement récente) portent sa châsse dans les rues de la vieille ville au milieu d’un assez grand concours de peuple, jusqu’à une grande église de la ville basse où elle fait l’objet d’une vénération solennelle jusqu’au mercredi, jour où la procession se reforme pour ramener la châsse dans son église des Saints Jacques et Philippe.

Certaldo - autel de la Bienheureuse Julie dans l'église des Saints Michel et Jacques - blogue

Autel de la Bienheureuse Julie au-dessus de la châsse dans laquelle est exposé son corps,
dans l’église des Saints Jacques et Philippe, à Certaldo

   On sait peu de choses sur l’enfance et la jeunesse de la Bienheureuse Julie : une tradition constante affirme qu’elle est issue de la famille della Rena, une famille de très ancienne noblesse originaire du duché de Ferrare qui avait essaimé dans la république de Florence, mais la branche dont est issue Julie était tombée dans la pauvreté, et était venue s’enfouir dans un hameau proche de Certaldo.
Orpheline de père et de mère assez tôt, Julie dut, vers l’âge de 18 ans, entrer au service d’une famille aisée de Florence avec laquelle elle était apparentée : les Tinolfi.

   C’est à Florence, que Julie, effrayée par les tentations et occasions de péché qu’une telle ville présentait en continu, se rapprocha des Ermites de Saint Augustin, dont le couvent du Saint-Esprit était un intense foyer de spiritualité et de ferveur : elle entra dans le tiers-ordre et y fit profession alors qu’elle était âgée d’à peine vingt ans. Revêtue de l’habit des professes Augustines séculières elle fut alors poussée à revenir à Certaldo pour embrasser une vie de prière et d’austérités radicale dans une réclusion stricte.

   Son arrivée à Certaldo cependant fut marquée par un prodige : le sauvetage d’un jeune garçon prisonnier d’un bâtiment en feu. Sans se laisser effrayer par l’incendie, Julie se précipita dans les flammes et ressortit indemne en portant l’enfant, lui aussi totalement sauf et sans brûlures.

   Ce fut le moyen que Dieu avait choisi pour la signaler à l’attention de ses concitoyens qui, apprenant à quelle vie l’appelait sa vocation propre, construisirent pour elle et selon ses indications, une cellule accolée à la sacristie de l’église des Saints Jacques et Philippe.
Cette cellule n’avait que deux ouvertures, munies de grilles : l’une donnait sur le sanctuaire de l’église et lui permettait de suivre les fonctions sacrées qui y étaient accomplies, et l’autre donnait à l’extérieur, aménagée comme une sorte de tour de monastère, pour recevoir la nourriture dont la piété populaire lui ferait l’aumône.

   Julie fit placer un crucifix sur le mur de cette cellule, et, une fois qu’elle y fut entrée, les maçons murèrent la porte, l’enfermant dans cet espace restreint pour le restant de ses jours.

Reconstitution de la cellule de recluse de la Bienheureuse Julie

Certaldo : les restes de la cellule de la Bienheureuse Julie.

   Pendant une trentaine d’années, la Bienheureuse Julie ne quitta jamais son petit « ermitage ». Pendant une trentaine d’années, elle y mena dans une héroïque persévérance cette vie de prière et d’ascèse à laquelle Dieu l’avait appelée. Une trentaine d’années ! On ne peut pas envisager que cela ait pu se faire autrement qu’avec le soutien de grâces mystiques particulières.

   Les Chartreux sont enfermés dans une maisonnette à laquelle est accolé un jardinet, qu’ils peuvent cultiver s’ils le souhaitent ; ils traversent le grand cloître pour se rendre à l’église ; ils ont une forme d’exercice physique lorsqu’ils coupent le bois avec lequel ils se chauffent ; et ils sont tenus à une promenade hebdomadaire en communauté. Les carmélites et autres moniales cloîtrées ont les arcades d’un cloître, un verger, un jardin depuis lesquels, même s’ils sont clos de hauts murs, elles peuvent contempler le ciel, et dans lesquels elles peuvent recevoir les caresses du vent et du soleil…

   Julie, pendant une trentaine d’années, n’eut rien de cela.
Confinée dans quelques mètres carrés, pendant une trentaine d’années elle ne put apercevoir le ciel qu’à travers l’espace restreint et grillagé du tour par lequel elle recevait quelque nourriture. Point d’exercice, point de promenade, point de jardinage…
Rien d’autre que quatre murs, avec un grand crucifix, et un plafond bas. Rien d’autre que deux petites ouvertures lui permettant d’entrevoir d’un côté le saint autel et, de l’autre, les silhouettes à contre jour de ceux qui lui faisaient la charité d’une pauvre pitance pour soutenir la vie d’un corps auquel ne fut, pendant une trentaine d’années, accordé que le strict minimum…
Quel équilibre psychologique et surnaturel cela ne révèle-t-il pas !

Bienheureuse Julie de Certaldo - blogue

   Dieu a gardé pour Lui, et pour Lui seul, jusqu’au jour du Jugement général où tout sera dévoilé à la claire vue de tous, les trente années de prière et de pénitence, et, sans nul doute aussi, de combats contre les tentations et les illusions diaboliques, de la vie de la Bienheureuse Julie : c’est le secret du Roi qu’il est bon de cacher (cf. Tobie XII, 7).

   Il est néanmoins un fait révélateur que la tradition nous a conservé, un fait en apparence anecdotique qui en dit cependant beaucoup sur l’intimité amoureuse qui unissait Julie à Notre-Seigneur Jésus-Christ, ainsi que sur les délicatesses avec lesquelles Il répondait à l’héroïsme et à la persévérante fidélité de Son épouse : aux bienfaiteurs qui lui venaient, par charité, apporter quelque nourriture, la Bienheureuse Julie, qui n’avait pas de jardin, offrait en retour, en toutes saisons, de magnifiques fleurs fraîches.

tableau de la mort de la Bienheureuse Julie

Tableau anonyme du XVIIe siècle, récemment restauré,
désormais exposé au-dessus de l’autel de la Bienheureuse Julie
dans l’église des Saints Jacques et Philippe à Certaldo,
et représentant la découverte du corps mort de la sainte recluse,
le 9 janvier 1367

   Le 9 janvier de l’an de grâce 1367 [d’autres parlent de 1370], sans qu’il y eût le moindre clocheron ou carillonneur, bedeau ou sacristain pour les mettre en branle, toutes les cloches de Certaldo se mirent à sonner en même temps forçant les habitants et les gens des hameaux proches à sortir de chez eux, se demandant ce qui se passait.
Point d’incendie, point de bande armée en vue, point de menace d’orage ou de tempête… : ils comprirent vite que c’était un signe surnaturel, et qu’il devait être en rapport avec la sainte recluse.

   Ils se précipitèrent donc vers l’ermitage, appelèrent la Sœur Julie, et, n’obtenant pas de réponse, entreprirent de pratiquer un trou dans la muraille.
Ils trouvèrent la Bienheureuse sans vie : son corps n’était pas affaissé mais demeurait à genoux devant son crucifix, et de son visage des rayons semblaient émaner.
Un vase de fleurs fraîches se trouvait à ses côtés.

   Autour de son corps exposé dans l’église, puis lors des funérailles, suivies par une multitude de fidèles, des miracles se produisirent. Elle fut inhumée dans l’église et, dès 1372, un autel fut érigé au-dessus de sa tombe.

   A de nombreuses reprises, jusqu’à nos jours, le recours officiel de la municipalité de Certaldo à la protection de la Bienheureuse Julie a éloigné de la ville les pestes et épidémies, et son invocation a conjuré les dangers météorologiques qui menaçaient les cultures.
Lorsque des pluies risquent de devenir dévastatrices ou que la grêle paraît imminente, l’usage est de sonner les cloches de l’église des Saints Jacques et Philippe, et, partout où le son de la cloche est entendu, les champs, les vergers et les jardins ne subissent aucun dommage.

Buste reliquaire de la Bienheureuse Julie 1652-53 - blogue

Buste reliquaire en argent de la Bienheureuse Julie
(œuvre de l’orfèvre florentin Paolo Laurentini en 1652-53) 

     Le culte immémorial et continu de la Bienheureuse Julie della Rena de Certaldo a été confirmé par le pape Pie VII le 18 mai 1819.

Châsse de la Bienheureuse Julie - blogue

Châsse de la Bienheureuse Julie della Rena
dans l’église des Saints Jacques et Philippe de Certaldo

2024-46. La légende de la consécration miraculeuse de la Basilique royale de Saint-Denis par Notre-Seigneur Jésus-Christ.

24 février,
Fête de Saint Mathias, apôtre ;
Anniversaire de la dédicace de la Basilique royale de Saint-Denis.

Martyre de Saint Denis et de ses compagnons - blogue

Le martyre de Saint Denis et de ses compagnons
(manuscrit de la vie de Saint Denis – XIIIe siècle)

       A la date du 24 février, Monseigneur Paul Guérin, dans « Les Petits Bollandistes », après avoir cité le martyrologe romain, mentionne cet ajout du martyrologe des Eglises des Gaules :

« A Saint-Denis, en France, la dédicace miraculeuse de l’église abbatiale, faite par Notre-Seigneur Jésus-Christ, prêtre éternel ».

   Bien évidemment, cette consécration miraculeuse est aujourd’hui qualifiée de légendaire, au sens de « fantaisiste » et de « sans aucune consistance historique », alors que, vous ne l’ignorez pas, je pense, le mot latin « legenda », d’où vient notre mot français légende, signifie originellement : « choses qui doivent être lues » (sous entendu, parce que cela est authentique).
« Legenda » servait, entre autres, à indiquer au clerc chargé de lire (dans les chapitres canoniaux ou monastères) le commencement des textes résumant la vie des saints pendant l’office divin le jour de leur fête, ou bien les récits plus étendus – lus par exemple au réfectoire – de ces vies où très souvent abondent les miracles, apparitions et autres événements prodigieux accomplis par Dieu, la Très Sainte Vierge, les Anges ou les Saints eux-mêmes.

   Or ce sont justement, et a priori, tous les faits miraculeux qui paraissent irrecevables aux incrédules, mécréants, rationalistes et ennemis de la foi de tout poil, pour lesquels tout ce qui n’est pas strictement conforme aux lois de la nature, et à leur scientisme d’esprit positiviste, n’existe pas, ne peut pas exister, et ne peut donc être que le fruit de l’affabulation, du mensonge, de la supercherie ou de l’illusion.
La conséquence en est qu’ils éliminent tout le surnaturel, ou qu’ils n’en parlent que pour s’en moquer (prétextant la naïve crédulité des fidèles et son exploitation par l’Eglise, dont il est évident pour eux qu’elle ne cherchait qu’à asservir les « masses populaires »).
Puis des clercs, influencés par l’esprit du monde, finissent eux-mêmes par en douter, par s’en gausser, ou par envoyer ces récits aux oubliettes.

   Ce faisant, ils n’ont même pas l’honnêteté de faire remarquer que ces « légendes » (au sens étymologique) expliquent pourquoi les foules se pressaient en tel endroit, pourquoi les pèlerins y accourraient – parfois de fort loin -, pourquoi la ferveur des fidèles s’y était attachée plus qu’à d’autres lieux.
Sans compter le fait qu’en persiflant ou taisant les dites « légendes », on perd les clefs de lecture et de compréhension d’un grand nombre de détails architecturaux ou artistiques, et même d’événements tout ce qu’il y a de plus historiques, qui n’ont existé que parce que la « légende » était fermement crue, entraînant par exemple des développements de monastères ou d’abbayes, et dans leur rayonnement des croissances économique ou des influences politiques… etc.

   Mais je ne veux pas m’éterniser en vains débats sur la réalité historique de ce qui suit : vains parce que, à mes yeux, il bien préférable d’y adhérer avec Saint Fulrad (cf. > ici) ou l’abbé Suger, avec des siècles de foi et des générations de croyants, avec nos Princes et nos Rois qui ont choisi de reposer ici, plutôt que de jouer au « chrétien rationnel » et me trouver en communion d’impiété avec les ennemis du Christ et de l’Eglise.
De toute façon, quoi qu’il en soit de l’authenticité historique factuelle, la réalité spirituelle, elle, est absolument véridique, et elle n’est pas moins historique.

Dagobert visitant le chantier de l'abbatiale de Saint-Denis - blogue

Le Roi Dagobert 1er visitant le chantier de l’abbatiale de Saint-Denis
(miniature des Grandes Chroniques de France – 1471 – Bibliothèque nationale de France)

   Bref ! Dans l’état actuel de nos connaissances, nous avons la certitude, documentée, que, au IXème siècle, la dédicace de l’abbatiale de Saint-Denis était célébrée à cette date du 24 février. Les documents écrits actuellement connus (car il ne faut jamais oublier que beaucoup ont disparu) parlant de la consécration de la basilique nécropole royale par Notre-Seigneur Lui-même sont plus tardifs : cela signifie-t-il que cette histoire a été inventée de toutes pièces tardivement ? En toute honnêteté et rigueur, rien n’autorise à l’affirmer. 

   Le célèbre Roi Dagobert 1er, dont le règne ne se résume pas à une chanson enfantine apparue à la veille de la grande révolution dans un esprit parodique antimonarchique et anticlérical, fit édifier une église abbatiale à la place du lieu de dévotion envers le premier évêque de Paris originellement voulu par Sainte Geneviève.
Les travaux débutèrent autour de l’année 632 et se seraient achevés en 635, raison pour laquelle la consécration de l’abbatiale fut fixée au jour de la fête de Saint Mathias, le 24 février 636.

   La « légende » (au sens étymologique) fut insérée, par ordre de Suger, en 1233, dans les Vita et actus beati Dyonisii, version officielle en latin de ce qu’il fallait croire au sujet de Saint Denis et de sa basilique.
Elle explique que, pendant la nuit qui précéda la dédicace solennelle de la nouvelle église, Notre-Seigneur Jésus-Christ Lui-même descendit dans la basilique, accompagné par les saints apôtres Pierre et Paul, par les saints Denis, Rustique et Eleuthère, ainsi que par une multitude d’anges, et qu’Il accomplit Lui-même tous les rites de la consécration.
La foule avait été expulsée de l’église la veille au soir (il ne faut pas oublier qu’au Moyen-Age on ne fermait habituellement pas les églises la nuit et que, en de nombreux lieux de pèlerinage, les fidèles dormaient dans l’église : mais, en l’occurrence, les préparatifs de la cérémonie ne pouvaient le permettre). Toutefois un pauvre lépreux, qui craignait de ne pas être admis dans l’église le lendemain, s’était caché dans un recoin sombre : c’est ainsi qu’il fut témoin de cette dédicace nocturne miraculeuse.

le lépreux caché dans la basilique - blogue

   Cet homme pauvre et méprisé du fait de sa terrible maladie contempla avec émerveillement les lumières célestes qui illuminèrent la basilique, les ornements pontificaux dont Notre-Seigneur était revêtu, les aspersions et les onctions avec une huile céleste… etc.  

   Bien sûr, Notre-Seigneur connaissait la présence du pauvre lépreux dans l’église et, s’approchant de lui, Il lui enjoignit d’aller trouver le Roi et les évêques pour les avertir en Son nom qu’il n’était plus nécessaire de procéder à la dédicace de l’église, puisque Lui-même s’en était acquitté.
Le lépreux, saisi de crainte, voulut échapper à cette mission en arguant de sa maladie et de la « vilité » de sa personne. Mais alors le divin Sauveur S’approcha de lui et « prenant ce pauvre infecté par le haut de la tête, lui osta toute ceste peau couverte de lèpre, et la jeta contre la paroy, où elle demeura miraculeusement attachée, représentant le visage et face d’où elle était tirée, le malade demeurant sain et net, et sa peau aussi belle et nette que celle d’un jeune jouvenceau ».

   Au matin, celui qui avait été lépreux demanda à être conduit au Roi, car il avait un secret à lui communiquer. D’abord incrédule, Dagobert fut convaincu que le pauvre homme disait vrai à la vue du masque de lèpre ; il interdit donc aux évêques de procéder à une dédicace devenue inutile.

   Cette date de la première consécration de l’abbatiale était si importante que, lorsque Saint Fulrad (cf. > ici), dans la seconde moitié du VIIIème siècle, fit reconstruire, plus grande et plus somptueuse l’abbatiale de Saint-Denis, il tint à garder dans le nouvel édifice, certains des murs de l’église précédente, et qu’il voulut que sa dédicace fut célébrée à la même date : le 24 février. C’est donc le 24 février 775, et semble-t-il en présence de Saint Charlemagne, que fut célébrée cette seconde consécration de la basilique reconstruite et considérablement agrandie.

   Aux siècles suivants, dans l’ignorance du nom du lépreux, les gens l’appelèrent en latin Peregrinus, c’est-à-dire « l’Étranger », et, à cause du miracle dont il avait bénéficié, la voix populaire le canonisa, faisant de lui Saint Pérégrin.

   Cette magnifique « légende » porte en elle-même bien plus qu’un caractère anecdotique : elle marque une fois de plus, et de manière forte, les liens surnaturels extraordinaires et uniques qui unissent la Monarchie franque au catholicisme, et, au-delà de l’Eglise visible de la terre, à l’Ordre divin lui-même.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur 

Le Christ en majesté - heures de Charles d'Angoulème fin XVe siècle - blogue

Le Christ en majesté
(miniature des Grandes heures de Charles d’Angoulême – fin XVe siècle – Bibliothèque nationale de France)

2024-45. L’État totalitaire et antireligieux qui exige une Église qui affaiblit la loi de Dieu, en l’adaptant au goût des volontés humaines…

20 février.

Claves Petri - blogue

Très chers Amis,

   En triant des notes, j’en ai retrouvé une sur laquelle j’avais griffonné des citations du Vénérable Pie XII relevées à l’occasion d’une lecture, et leur teneur m’a poussé à rechercher l’intégralité du texte qui est un discours daté du dimanche 20 février 1949, prononcé devant la foule des fidèles de Rome réunis sur la Place Saint-Pierre. Ce discours ne se trouve qu’en langue italienne sur le site du Saint-Siège, vous en trouverez ci-dessous une traduction.

   Ce 20 février 1949, Sa Sainteté le Pape Pie XII protestait solennellement contre la condamnation inique qui venait de frapper, au terme d’un procès ignoble, le Vénérable Joseph cardinal Mindszenty, archevêque métropolitain d’Esztergom et primat de Hongrie (1892-1975). C’était un temps de persécutions terribles pour les catholiques dans tous les pays d’Europe et d’Asie tombés sous le joug communiste.

   Au-delà des circonstances historiques de cette courageuse prise de parole du « Pasteur Angélique », nous trouvons dans ce texte des phrases remarquables (nous nous sommes permis d’en mettre certaines en caractères gras) qui sont absolument intemporelles… et qui se trouvent aussi particulièrement adaptées à nos temps où, sous une autre forme que la persécution qui sévissait en 1949, des formes totalitaires de l’Etat, soutenu par une opinion désormais majoritaire – chez nous, en France, en particulier ! – habilement manipulée, s’acharnent à faire passer pour coupables et méprisables la foi et l’Eglise catholiques.

   Mais il y a pis encore.
Ce 20 février 1949, le peuple romain avait interrompu par de vibrants et énergiques « No ! » le discours de Pie XII, dont les questions présentaient des situations qui paraissaient alors impossibles et impensables, ces mêmes questions, lues aujourd’hui, nous permettent de prendre la mesure de la décadence inouïe dans laquelle s’enlisent l’Eglise et la société : un Pontife romain, fort et fidèle, qui poseraient aujourd’hui les mêmes questions entendrait-il la foule répondre un « Non » unanime et vigoureux ? Les situations morales les plus évidemment contraires aux commandements de Dieu sont considérées comme quasi normales, ou du moins devant être tolérées, par une majorité de prétendus catholiques (en dehors des églises et chapelles traditionnelles) ; tandis que les hiérarques eux-mêmes, jusqu’à des degrés très élevés de la hiérarchie – je l’écris dans les larmes et l’effroi ! -, se comportent comme les représentants de commerce d’« une Église qui affaiblit la loi de Dieu, en l’adaptant au goût des volontés humaines, alors qu’elle devrait la proclamer et la défendre » !

Parce, Domine ! Parce populo tuo !
ne in aeternum irascaris nobis !

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

Sa Sainteté le pape Pie XII - blogue

Romains! Fils et filles bien-aimés !

   Une fois de plus, en une heure grave et douloureuse, le peuple fidèle de la Ville éternelle a afflué vers son évêque et Père.
Une fois de plus, cette superbe colonnade semble pouvoir difficilement étreindre de ses bras gigantesques les foules qui, comme des vagues mues par une force irrésistible, se sont pressées au seuil de la basilique vaticane, pour assister à la Messe d’expiation, au point central de tout le monde catholique, et pour répandre les sentiments dont leurs âmes débordent.

   La condamnation infligée, au milieu de la condamnation unanime du monde civilisé, sur les bords du Danube, à un éminent cardinal de la Sainte Église romaine, a soulevé sur les bords du Tibre un cri d’indignation digne de la ville.
Mais le fait qu’un régime hostile à la religion ait frappé cette fois un prince de l’Église, vénéré par l’immense majorité de son peuple, n’est pas un cas isolé ; c’est l’un des maillons de la longue chaîne de persécutions que certains États dictatoriaux mènent contre la doctrine et la vie chrétiennes.
Une caractéristique bien connue des persécuteurs de tous les temps est que, non contents de tuer physiquement leurs victimes, ils veulent aussi les rendre méprisables et haineuses pour la patrie et la société.

   Qui ne se souvient des protomartyrs romains, dont parle Tacite (Annal. 15, 44), immolés sous Néron et représentés comme des incendiaires, des malfaiteurs abominables, des ennemis du genre humain ?
Les persécuteurs modernes se montrent des disciples dociles de cette école peu glorieuse.
Ils copient, pour ainsi dire, leurs maîtres et leurs modèles, s’ils ne les surpassent pas en grossièreté, habiles qu’ils sont dans l’art d’utiliser les progrès les plus récents de la science et de la technique dans le but de dominer et d’asservir le peuple, tels qu’ils n’auraient pas été concevables autrefois.

   Romains ! L’Église du Christ suit le chemin tracé pour elle par le divin Rédempteur. C’est éternel ; elle sait qu’elle ne peut périr, que les tempêtes les plus violentes ne pourront pas la submerger. Elle ne mendie pas de faveurs ; les menaces et les malheurs des puissances terrestres ne l’effraient pas. Elle ne se mêle pas de questions purement politiques ou économiques, et ne se soucie pas non plus de contester l’utilité ou le mal de l’une ou l’autre forme de gouvernement. Elle désire toujours, dans la mesure où cela dépend d’elle, avoir la paix avec tous (cf. Rom. XII, 18), elle donne à César ce qui lui revient de droit, mais elle ne peut ni trahir ni abandonner ce qui est à Dieu.

   On sait maintenant ce que l’État totalitaire et antireligieux exige et attend de vous comme prix de sa tolérance ou de sa reconnaissance problématique. C’est-à-dire qu’il voudrait une Église qui se tait quand elle devrait parler ; une Église qui affaiblit la loi de Dieu, en l’adaptant au goût des volontés humaines, alors qu’elle devrait la proclamer et la défendre avec tant d’importance ; une Église qui se détache du fondement inébranlable sur lequel le Christ l’a bâtie, pour s’étendre confortablement sur le sable mouvant des opinions du jour ou pour s’abandonner au courant qui passe ; une Église qui ne résiste pas à l’oppression des consciences et qui ne protège pas les droits légitimes et les justes libertés du peuple ; une Église qui, avec une servilité inconvenante, reste enfermée entre les quatre murs du temple, oublieuse du mandat divin reçu du Christ : Allez à la croisée des chemins (Matth. XXII, 9) ; instruisez toutes les nations (Matth. XXVIII, 19).

   Fils et filles bien-aimés ! Héritiers spirituels d’une légion innombrable de confesseurs et de martyrs ! Est-ce là l’Église que vous vénérez et aimez ? Reconnaîtriez-vous dans une telle Église les traits du visage de votre Mère ? Pouvez-vous imaginer un successeur du premier Pierre qui se plierait à de telles exigences ?

   Le Pape a des promesses divines ; même dans sa faiblesse humaine, il est invincible et inébranlable ; Proclamateur de la vérité et de la justice, principe de l’unité de l’Église, sa voix dénonce les erreurs, l’idolâtrie et les superstitions, condamne les iniquités et fait aimer la charité et la vertu.
Peut-il donc garder le silence, lorsque, dans une nation, les Églises qui lui sont unies sont arrachées par la violence ou par la ruse au centre de la chrétienté, à Rome, lorsque tous les évêques gréco-catholiques sont emprisonnés parce qu’ils refusent d’apostasier leur foi, que les prêtres et les fidèles sont persécutés et arrêtés parce qu’ils refusent de se séparer de leur véritable Mère l’Église ?
Le Pape peut-il garder le silence quand le droit d’éduquer ses enfants est retiré aux parents par un régime minoritaire qui veut les éloigner du Christ ?
Le Pape peut-il garder le silence lorsqu’un État, dépassant les limites de sa compétence, s’arroge le pouvoir de supprimer des diocèses, de déposer des évêques, de bouleverser l’organisation ecclésiastique et de la réduire au-dessous des exigences minimales pour le soin efficace des âmes ?
Le Pape peut-il garder le silence lorsqu’il s’agit de punir d’emprisonnement un prêtre coupable de ne pas vouloir violer le plus sacré et le plus inviolable des secrets, le secret de la confession sacramentelle ?
S’agit-il d’une ingérence illégitime dans les pouvoirs politiques de l’État ? Qui pourrait honnêtement dire cela ? Vos exclamations ont déjà donné la réponse à ces questions et à bien d’autres semblables.

   Que le Seigneur Dieu, fils et filles bien-aimés, récompense votre fidélité. Puisse-t-Il vous donner de la force dans les luttes présentes et futures. Qu’Il vous rende vigilants contre les coups de Ses ennemis et les vôtres. Qu’Il éclaire de Sa lumière l’esprit de ceux dont les yeux sont encore fermés à la vérité. Puisse-t-Il accorder à tant de cœurs, encore loin de Lui aujourd’hui, la grâce d’un retour sincère à cette foi et à ces sentiments fraternels dont la négation menace la paix de l’humanité.

   Et maintenant, que Notre Bénédiction apostolique descende largement, paternellement et affectueusement sur vous tous, sur la Cité et sur le monde.

Sa Sainteté le Pape Pie XII,
discours aux fidèles de Rome réunis sur la Place Saint-Pierre,
le dimanche 20 février 1949
in « Discours et messages radiophoniques du Pape Pie XII », tome X, dixième année de pontificat pp. 389 – 391

(Typographie polyglotte du Vatican)

Pie XII face à la foule de la place Saint-Pierre - blogue

2024-38. Le 16 février est l’anniversaire du rappel à Dieu du Frère Fiacre de Sainte-Marguerite, Augustin déchaussé.

16 février,
Fête de Sainte Julienne de Nicomédie, vierge et mégalomartyre ;
En Carême, mémoire de la férie ;
Anniversaire de la mort du Frère Fiacre de Sainte Marguerite ;
Anniversaire du martyre de l’Abbé Claude de Bernard de Talode du Graïl (cf. > ici).

Vignette Lys - blogue

Bien chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

       J’ai le ferme dessein de publier plusieurs articles concernant le Frère Fiacre de Sainte-Marguerite, gloire de l’Ordre de Saint Augustin en France, et exceptionnel soutien de la Couronne des Lys, au point qu’il a parfois été surnommé « le Prieur des Rois » en raison de la mission divine que la Providence lui assigna auprès de Leurs Majestés Très Chrétiennes les Rois Louis XIII et Louis XIV, et les Reines Anne et Marie-Thérèse d’Autriche.
Il faut avoir bien présent à l’esprit, en effet, que l’humble religieux – qui resta toute sa vie frère convers du couvent de Notre-Dame des Victoires (cf. > ici) à Paris, connu pour le rôle qu’il joua pour la naissance du Dauphin Louis-Dieudonné, futur Louis XIV, en 1637 et 1638, eût ensuite à remplir d’autres missions auprès de nos Princes, qui lui furent dictées par le Ciel, et ce jusqu’à sa mort qui survint le 16 février 1684.

   En, ce 16 février, jour anniversaire de son bienheureux trépas, j’ai justement résolu de commencer les publications que je lui consacrerai par le récit des derniers jours de ce très grand serviteur du trône et de l’autel, qui mériterait depuis bien longtemps d’être élevé sur les autels.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Frère Fiacre de Sainte-Marguerite portait en pied - blogue

Gravure publiée après la mort du Frère Fiacre de Sainte-Marguerite

Vignette Lys - blogue

« Le saint est mort ! »

       « (…) Le premier janvier 1684, l’humble frère écrit au Roi avec la tranquille audace de ceux qui possèdent la Vérité :

       « Sire,

   Le pauvre Frère Fiacre, religieux Augustin déchaussé des Petits Pères du couvent de Paris, supplie très humblement votre Sacrée Majesté de permettre à ses supérieurs de faire porter son cœur après son décès, en l’église des RR.PP. de l’Oratoire de Notre-Dame de Grâces, proche Cotignac en Provence pour être mis et posé dessous le marchepied de l’autel de la Sainte Vierge, en action de grâces de l’heureuse naissance de Votre Majesté, et je prierai Notre-Seigneur pour Elle en reconnaissance de cette faveur, s’il Lui plaît l’accorder à mes supérieurs. »

   La Dauphine (note : il s’agit de Marie Anne de Bavière, épouse de Monseigneur le Grand Dauphin) venait d’accoucher d’un second fils (note : Philippe de France duc d’Anjou, futur Roi  Philippe V d’Espagne, né le 19 décembre 1683 - cf. > ici) et réclamait le Frère Fiacre. L’hiver était extrêmement rigoureux (…). Frère Fiacre, n’écoutant que sa merveilleuse générosité, partit pour Versailles, resta une heure auprès de la Dauphine, salua le Roi qu’il aimait tant et rentra à Paris, le samedi 12 février 1684.

   Le 13, il demanda à faire une confession générale pour se préparer à bien mourir, il communia ; puis il se coucha. Ses frères inquiets allèrent chercher le médecin qui diagnostiqua une fluxion avec une grosse fièvre. Le lundi après une bien pénible nuit, Frère Fiacre demanda le viatique, que, par un suprême effort, il voulut recevoir dans sa cellule à genoux, la corde au cou, après avoir demandé pardon de ses offenses à toute la communauté assemblée. L’abbé de Vassé (note : Louis-François de Vassé, né en 1634, chanoine de la cathédrale Notre-Dame de Paris, directeur et visiteur des Carmélites, lié d’amitié avec les plus saints personnages de son temps ; il refusa à plusieurs reprises l’épiscopat), qui lui devait sa vocation, accourut lui demander une dernière fois sa bénédiction et remplir auprès de lui les devoirs de charité que Frère Fiacre avait si souvent remplis durant sa vie. Le Frère Fiacre indiqua où se trouvaient ses dernières volontés et en révéla déjà l’essentiel : le don qu’il avait fait de son cœur, et l’endroit qu’il avait choisi pour y attendre la résurrection. Le Prieur, plus timide, le trouva bien hardi, mais Frère Fiacre, déjà dans la paix et la certitude, lui assura que le Roi consentirait à tout. Le mardi, il reçut humblement l’extrême-onction et passa la journée en prières. Le mercredi matin on lui apporta les cendres et, vers midi, Frère Fiacre mourut sans agonie, « en priant comme un homme qui s’endort ».

Frère Fiacre de Sainte-Marguerite sur son lit de mort - blogue

Gravure publiée après la mort du Frère Fiacre de Sainte-Marguerite

   La nouvelle se répandit comme une traînée de poudre. Les femmes s’accostaient dans la rue, pleurant et répétant sans cesse : le saint est mort !

   On avait exposé son corps dans le chœur de l’église de son couvent et, jour et nuit, les peintres se succédèrent à son chevet pour fixer ses traits. La foule défila sans arrêt, essayant de le toucher avec des chapelets ; on dut même fermer les grilles, car certains voulaient couper ses vêtements pour en faire des reliques.

   Le Mercure de février faisait paraître la note suivante :

   « La perte du vénérable Frère Fiacre de Sainte-Marguerite, du couvent des Augustins déchaussés, dits Petits Pères, a fait trop de bruit pour me permettre de la passer sous silence. Il est mort le 16 de ce mois âgé de 75 ans, après en avoir passé 53 dans la religion (note : c’est-à-dire dans la vie religieuse) avec un très grand exemple. Comme il était en réputation de sainteté, on a vu un concours extraordinaire de peuple à son enterrement. Tous ceux qui l’ont pratiqué, témoignent qu’il a été gratifié de plusieurs dons de Dieu et élevé dans un éminent degré d’oraison. Il a laissé quelques manuscrits cachetés avec prière de ne les ouvrir que dix ans après sa mort ».

   Et Frère Fiacre, que l’on avait mis dans un cercueil, ce « qui est inouï dans son Ordre » (note : parce que les Augustins, traditionnellement, étaient mis en terre ou déposés dans un caveau, simplement enveloppés d’un linceul), fut inhumé dans la crypte de l’église Notre-Dame des Victoires. [...] On croit que le cercueil inviolé est resté là depuis 1684… »

José Dupuis,
in « Frère Fiacre de Sainte-Marguerite, Prieur des Rois »
[éditions des Presses Modernes, au Palais-Royal Paris - 1939] pp. 122-126 

Basilique Notre-Dame des Victoires chœur et sanctuaire avant la réforme - blogue

Basilique Notre-Dame des Victoires (Paris)
ancienne église conventuelle des Augustins déchaussés, dits Petits Pères :

le chœur et le sanctuaire avant les modifications consécutives au concile vaticandeux.

Vignette Lys - blogue

2024-32. Le 31 janvier, nous fêtons aussi Saint Véron de Lembecq, qui, selon la tradition, était un arrière-petit-fils de Saint Charlemagne.

31 janvier,
Fête de la Bienheureuse Marie-Christine de Savoie, Reine des Deux-Siciles (cf. > ici) ;
Mémoire de Saint Véron de Lembecq, confesseur ;
Mémoire de Saint Jean Bosco.

Statue de Saint Véron à Lembecq - blogue

Statue de Saint Véron (en flamand : Veronus van Lembeek)
dans l’église de Lembecq (en flamand Lembeek) en Brabant flamand

       Le premier document nous rapportant des éléments concernant Saint Véron est une chronique écrite entre 1015 et 1020 par Olbert, abbé de Gembloux : il raconte qu’en 1004 (donc seulement une grosse dizaine d’années auparavant), le curé de Lembecq (Lembeek), paroisse proche de Hal (Halle) en Brabant, eut des apparitions d’un saint inconnu, lui demandant que son tombeau soit vénéré ; tombeau dont il lui indiquait l’emplacement.
A force d’insistance, le saint inconnu obtint gain de cause, et le curé fit creuser dans son église à l’endroit qu’il lui avait désigné.
On y trouva, en effet, la sépulture d’un homme, avec un écriteau portant son nom, la date du 31 janvier, et, vraisemblablement, quelques autres détails dont Olbert de Gembloux fit une « Vita »

   Comme cette découverte fut accompagnée de miracles, le saint nouvellement découvert fut évidemment mis à l’honneur, et le nouveau sépulcre qu’on lui bâtit devint rapidement un lieu de pèlerinage.

Tombeau de Saint Véron dans l'église de Lembecq - blogue

Tombeau actuel de Saint Véron dans l’église de Lembecq

   En résumé, Saint Véron (qui aurait eu une sœur jumelle prénommée Vérone [Verona]) était un fils de Louis II, dit le Germanique, Roi de Francie orientale, donc petit-fils de Louis 1er dit le Pieux, et arrière-petit-fils de Saint Charlemagne.
Il serait né dans les premières années du IXème siècle.

   Véron, que l’imitation de la vie humble et cachée de Notre-Seigneur Jésus-Christ à Nazareth attirait davantage que la vie de cour et le mariage, s’enfuit de la maison paternelle à l’âge de 16 ans, et vint vivre cet attrait spirituel pour « la dernière place » – qui un peu plus de mille ans plus tard fascinera le vicomte Charles de Foucauld – en se cachant près de Hal (Halle) dans un emploi de valet de ferme.

   Il est à remarquer que, dans cet admirable foisonnement de sainteté que l’on découvre avec émerveillement dans nos dynasties souveraines, on trouve – évidemment – des princes, rois, et empereurs, qui ont fait resplendir les idéaux évangéliques sur des trônes et dans des cours ; qui ont illustré les vertus chevaleresques sur les champs de bataille, à la suite de l’archistratège Saint Michel ; qui, délaissant leur condition de princes terrestres sont devenus des princes de la Sainte Eglise, à la tête d’évêchés et d’abbayes ; ou encore qui ont porté les vertus domestiques, celles des pères et mères de famille, à un degré d’exemplarité que leur position rendait encore plus éclatante pour l’édification et l’entrainement des familles de leurs royaumes… etc. mais qu’il n’y manque pas non plus d’une pléiade d’âmes éprises d’humilité qui se sont attachées à fuir le monde pour s’ensevelir dans les cloîtres, les ermitages et la recherche d’une parfaite abnégation.
La Rome impériale finissante eut Saint Alexis, la famille carolingienne eut Saint Véron.

Saint Véron - blogue

   Dans cette très humble condition de service et de tâches méprisées, Véron travailla de ses mains pour imiter Notre-Seigneur, ne manquant pas d’édifier les âmes qui savent voir au-delà des apparences et acquérant une grande réputation de vertu, sans faits exceptionnels qui attirassent les applaudissements du monde…
On raconte néanmoins que, plantant son bâton en terre, il fit jaillir une source, qui existe toujours sous le nom de « puits Saint Véron ».
Il rendit sa belle âme à Dieu un 31 janvier, probablement en 863, âgé donc d’une soixantaine d’années.

   Les dernières années de sa vie connaissent les raids vikings. Est-ce la raison pour laquelle son tombeau restera caché et oublié pendant une quarantaine d’années ?
Dans une période de troubles, une part importante de ses reliques sera transportée dans la collégiale de Sainte Waudru, à Mons. C’est probablement cette translation qui est la cause de la célébration de la fête de Saint Véron le 30 mars en Hainaut, tandis qu’elle est le 31 janvier en Brabant et dans le propre de Malines.

Châsse et statue de Saint Véron - blogue

Châsse d’argent et statue de Saint Véron préparés pour la marche du lundi de Pâques

Marche de Saint Véron le lundi de Pâques - blogue

   Le culte de Saint Véron reste encore bien vivant, en particulier à Lembecq, en Brabant, mais aussi à Ragnies, en Hainaut : dans l’une comme l’autre de ces paroisses, le lundi de Pâques, a lieu une marche, procession à la fois religieuse et patrimoniale, au cours desquelles les reliques sont portées au milieu d’un assez grand concours de peuple.

   Saint Véron est invoqué contre le typhus, les fièvres malignes, les maladies contagieuses, les ulcères, les migraines et maux de tête, les névralgies et les rhumatismes. Quant à sa sœur jumelle, Sainte Vérone, on raconte qu’il lui avait fait savoir où il serait enseveli, prédisant des signes qui s’accomplirent ; toutefois on ne sait pas grand chose d’elle, sinon qu’elle-même mourut à Leefdael, en Brabant : un oratoire en bois fut aussitôt édifié sur sa tombe, remplacé par une église en pierre au XIème siècle : à côté, une source a la réputation de guérir les fièvres. Ses reliques auraient, au moins en partie, été elles aussi transportées à Mons, dans la collégiale Sainte Waudru, et on la fête le même jour que son frère.

image de dévotion ancienne attestation de pèlerinage

2024-31. Nous avons lu et nous avons aimé : « Prier avec Madame Elisabeth ».

30 janvier 2024.

Médaillon de marbre de Madame Elisabeth

       Cette année 2024 est celle du deux-cent-trentième anniversaire de la mort ou du martyre d’un très grand nombre de personnes de toutes conditions dans le cadre de la grande révolution et de la Terreur : rien qu’en ce mois de janvier, nous avons déjà commémoré l’exécution du Comte d’Elbée (cf. > ici), puis le Bienheureux Jean-Baptiste Turpin du Cormier et ses compagnons, martyrs de Laval (cf. > ici), le Prince de Talmont (cf. > ici) et « Monsieur Henri » (cf. > ici) ; après-demain, ce sera la fête du Bienheureux Guillaume Repin et de ses compagnons, martyrs d’Angers et d’Avrillé (cf. > ici), puis, au cours de ce mois de février, sans prétendre être exhaustif, la Bienheureuse Françoise Mézière (cf. > ici), l’abbé Claude de Bernard de Talode du Graïl, que nous vénérons spécialement au Mesnil-Marie (cf. > ici), le Bienheureux Noël Pinot (cf. > ici), l’anniversaire du massacre des Lucs-sur-Boulogne (28 février 1794)… etc … etc.

   Au mois de mai, et nous y accordons une importance très spéciale, ce sera le deux-cent trentième anniversaire de l’exécution de Madame Elisabeth de France (+ 10 mai 1794), dont nous espérons la béatification.

   Dans cette perspective, nous avons été heureux de recevoir au Mesnil-Marie, le petit livre (moins de 120 pages) publié par les éditions Salvator au printemps 2023, qui permet en quelque sorte de « réviser » la vie de Madame Elisabeth – car l’ouvrage n’a pas la prétention d’être un biographie – dans une démarche d’intériorisation, de méditation et de prière, d’où son titre : « Prier avec Madame Elisabeth ».
En 15 très courts chapitres, un point particulier de la vie ou de la spiritualité de la sainte Princesse est rappelé et un paragraphe donne des indications pour prier sur ce thème.

Prier avec Madame Elisabeth - éditions Salvator

Quatrième de couverture :

En pleine tourmente révolutionnaire, Madame Élisabeth de France (1764-1794), sœur de Louis XVI, apparaît comme une figure lumineuse qui tranche avec la violence de son temps. Personnalité très ouverte aux autres, elle frappe ses contemporains par sa pratique de la prière, sa charité envers les pauvres, sa joie et sa simplicité de cœur.
Dans les terribles événements qui emporteront sa famille, Madame Élisabeth, très attachée au Sacré-Cœur de Jésus et au Cœur immaculé de Marie, fait preuve d’une vraie force d’âme, jusqu’à l’épreuve ultime de l’exécution.
C’est cette vie spirituelle intense que Dominique Sabourdin-Perrin et le père Xavier Snoëk nous font partager ici, tout en nous invitant à prier en communion avec Madame Élisabeth.

Auteurs :

- Dominique Sabourdin-Perrin, historienne, est l’auteur de plusieurs ouvrages parus chez Salvator dont Marie-Clotilde de France, la sœur oubliée de Louis XVI (2020), Les oubliés du Temple (2022) et Louis XVII, une disparition programmée (2022).
- Le père Xavier Snoëk, postulateur de la cause de béatification de Madame Élisabeth, est chapelain de l’ordre de Malte et curé de la paroisse Notre-Dame-de-Lourdes à Paris.

Ex-voto envoyé par Madame Elisabeth à la cathédrale de Chartres - 1791

2024-30. De Sainte Aldegonde de Maubeuge, que l’on fête le 30 janvier.

30 janvier,
Fête de Sainte Bathilde, Reine des Francs, veuve et moniale (cf. > ici) ;
Fête de Sainte Aldegonde de Maubeuge, vierge et abbesse ;
Anniversaire du rappel à Dieu de SM le Roi Alphonse II (cf. > ici),
et de l’avènement de SMTC le Roi Louis XX.

Sainte Aldegonde gravure XVIIe siècle - blogue

Sainte Aldegonde
représentée sur une gravure du XVIIème siècle

       En sus de la fête de Sainte Bathilde, Reine des Francs, le 30 janvier est, localement, le jour de la fête de Sainte Aldegonde, vierge et abbesse, fondatrice d’une abbaye de chanoinesses à double cloître (c’est-à-dire que l’abbaye des femmes avait à côté d’elle un prieuré de chanoines dont le ministère sacerdotal s’exerçait auprès des Dames chanoinesses, et qui était sous l’autorité de l’abbesse) qui sera à l’origine de la ville de Maubeuge.
La vie de Sainte Aldegonde ne nous révèle pas seulement une âme privilégiée, favorisée de grandes grâces mystiques, mais nous montre aussi de quelle admirable manière la conversion de Clovis et de son peuple a été suivie d’une floraison de très grands saints, qui forment parfois de véritables « dynasties » : Sainte Aldegonde, sœur puinée de Sainte Waudru, est fille de Saint Walbert et de Sainte Bertille ; ses nièces Aldetrude et Madelberte qui lui succédèrent comme abbesses sont aussi des saintes !

   Nous sommes infiniment reconnaissants à Monsieur Patrick Martin, jeune historien namurois qui nous honore de son amitié et auquel nous devons déjà la publication d’un article sur Sainte Begge, trisaïeule de Saint Charlemagne (cf. > ici), de nous avoir communiqué l’article suivant, d’abord destiné à la revue « Pour qu’Il règne » (revue du district du Bénélux de la Fraternité St-Pie X), qu’il nous a fort aimablement autorisés à reproduire dans les pages de notre modeste blogue.

Sainte Aldegonde - détail d'un tableau de 1658 au trésor de la collegiale de Mons

Sainte Aldegonde,
représentée sur une toile de 1658
conservée au trésor de la collégiale de Mons (Belgique)

Vie et gloire d’une grande sainte du Hainaut :
sainte Aldegonde (630-684),
la fondatrice de Maubeuge

par Patrick Martin, historien

       Le 30 janvier, le calendrier ecclésiastique mentionne la fête de sainte Martine, une grande martyre de Rome, décédée en 228. Cependant, dans les calendriers particuliers aux diocèses de Cambrai et Tournai, nous trouvons la fête de sainte Aldegonde, patronne de la ville de Maubeuge (dans le Nord de la France). Cette grande sainte du VIIe siècle, très vénérée dans nos régions, est également la patronne de plusieurs paroisses belges, citons, par exemple, celles de As, Baisieux, Balâtre, Ecaussinnes, Feluy, Froidchapelle, Mont-Saint-Aldegonde, Ophain, Pecq, Recht, etc. Ajoutons également le fait que cette année 2024 marque le 1340ème anniversaire du rappel à Dieu de cette grande sainte hainuyère. C’est donc pour nous l’occasion de revenir sur la vie de celle qui, à l’instar de sa contemporaine Gertrude  de Nivelles, se détacha résolument des biens de ce monde pour l’amour de Jésus-Christ et embrassa la vie monastique.

   Aldegonde naquit, vers 630, à Cousolre (Nord de la France)[1]. Ses parents, Walbert et Bertille, étaient issus de la noblesse mérovingienne. Avant notre sainte, le couple avait eu la joie d’accueillir, dix ans auparavant, une première fille, Waudru. Les premières années de la vie d’Aldegonde furent marquées par l’exemple de ses parents qui cherchaient à plaire au Seigneur en toute chose. Arrivée à l’adolescence, sa mère Bertille lui parla d’un projet de mariage mais Aldegonde y répondit par son idéal de consécration total d’elle-même à Dieu dans la virginité. Sa sœur Waudru, quant à elle, s’était mariée, quelque temps auparavant, avec un noble aristocrate du nom de Madelgaire, duquel elle eut quatre enfants dont deux filles, Aldetrude et Madelberte. Après plusieurs années de mariage, les deux époux décidèrent d’un commun accord de se retirer dans la vie religieuse. Madelgaire, prit le nom de Vincent et, après avoir reçu la tonsure et l’habit monastique, fonda un premier monastère à Hautmont, puis un second à Soignies (Prov. du Hainaut). Sous la conduite de saint Ghislain, Waudru fonda un monastère à Castrilocus, qui devint le berceau de l’actuelle ville de Mons. Aldegonde se rendit, à plusieurs reprises, chez sa sœur afin d’obtenir d’elle aide et conseil dans le choix de sa vocation.

   Rentrée à Cousolre, dans la demeure familiale, Aldegonde commença à mener une intense vie de prière. A trois reprises, elle eut un songe dans lequel elle voyait la vanité des biens de ce monde et la vraie richesse que constituaient les biens du Ciel. Elle reçut du saint apôtre Jean l’assurance qu’elle serait consacrée vierge. Dans une autre vision, Notre-Seigneur lui-même daigna visiter sa future épouse et la ceindre d’une couronne sertie de pierres précieuses. Mais Aldegonde dut aussi supporter avec courage les assauts du démon, auxquels elle répondit par la fermeté dans ses résolutions et une intense prière. Finalement, la jeune femme quitta la maison de ses parents, s’enfuyant à travers bois, et arriva à l’emplacement actuel de la ville de Maubeuge.

voile de Sainte Aldegonde

Détail du reliquaire de Sainte Aldegonde (XVème siècle), à Maubeuge,
montrant la précieuse relique elle-même
surmontée d’une sculpture d’orfèvrerie représentant le Saint-Esprit donnant le voile à Sainte Aldegonde

   Pendant son séjour dans la forêt, elle apprit la présence de saint Amand, l’évêque de Maastricht, et de saint Aubert, l’évêque de Cambrai, à l’abbaye de Hautmont, fondée par son beau-frère Madelgaire. Elle se résolut donc à s’y rendre afin de faire part aux deux prélats de son désir de se consacrer au Christ. Saint Amand l’écouta attentivement et, devant la fermeté de ses résolutions et l’exemple de sa modestie, il décida de lui donner solennellement le voile des vierges, assisté par saint Aubert. D’après une tradition, au cours de la cérémonie de consécration, le Saint-Esprit apparut sous la forme d’une colombe s’empara du voile béni avec son bec pour le déposer sur la tête de la sainte. Ce voile est encore aujourd’hui conservé dans un reliquaire, datant du XVe siècle, qui se trouve aujourd’hui dans l’église paroissiale de Maubeuge.

Maubeuge - reliquaire du voile de Sainte Aldegonde

Reliquaire du voile de Sainte Aldegonde (XVème siècle)
pieusement conservé et vénéré dans l’église des Saint-Pierre et Saint-Paul à Maubeuge

   Aldegonde retourna à Maubeuge et reçut alors la visite de plusieurs jeunes filles désireuses, comme elle, de se consacrer à Dieu dans la vie monastique. Parmi celles-ci, il faut mentionner plus spécialement ses deux nièces, Aldetrude et Madelberte, qui succéderont toutes les deux à leur tante sur le trône abbatial de Maubeuge. La tradition rapporte que la nièce de saint Ursmer, évêque et abbé de Lobbes (Prov. du Hainaut), était également parmi les premières compagnes d’Aldegonde. L’abbatiat de notre sainte est marqué par de fréquentes rencontres avec sa sœur Waudru ainsi que de nombreux miracles et grâces mystiques. Aldegonde se distinguait par sa grande charité et ses larges aumônes à l’égard des plus pauvres. Elle se contentait de vêtements grossiers et délaissait les riches étoffes. Son premier biographe, au VIIIe siècle, qui fut un de ses contemporains, précise que notre sainte en vint à délaisser toute nourriture charnelle pour se nourrir uniquement de la sainte communion.

   La vie spirituelle d’Aldegonde fut émaillée, dès son plus jeune âge, d’éminentes grâces mystiques, comme nous l’avons vu. Au cours de sa contemplation, notre sainte goûtait les réalités surnaturelles et vivait en compagnie des saints du Ciel. Un jour, elle vit une jeune vierge lui dire : “Sœur très pure, la Mère du Sauveur Jésus m’envoie pour m’enquérir de tes plus chers désirs”. “O fleur admirable venue du jardin des roses, répondit Aldegonde, je ne demande rien d’autre que de pouvoir en toutes choses accomplir la volonté du Maître, cat n’a-t-il pas lui-même enseigner que pour posséder la vie éternelle, il ne fallait qu’aimer le Seigneur notre Dieu de tout son cœur, de toute son âme, de toutes ses forces et le prochain comme soi-même. A cet amour, je désire être par-dessus tout fidèle, sarment de pureté jailli des vignes éternelles !” Plaire à Dieu et garder les commandements du Seigneur, tels sont les deux principes qui régirent toute la vie d’Aldegonde. Suite à cela, l’apôtre saint Pierre lui assura que son nom était inscrit au Livre de Vie. Elle apprit également de manière miraculeuse le décès du saint évêque Amand qu’elle vit entrer dans la béatitude, parmi la joie des anges et des saints pour recevoir du Seigneur la couronne glorieuse. Les années passent, Aldegonde sent ses forces diminuer. Elle reçoit du Christ, son céleste époux, l’annonce d’une “prochaine affliction” qu’elle devra subir patiemment avant de recevoir de ce même Seigneur la récompense promise. Cette affliction prit la forme d’une tumeur au sein droit. Encore aujourd’hui, sainte Aldegonde est particulièrement invoquée par les personnes atteintes d’un cancer. Au milieu de ses souffrances, elle prit la décision de confier le récit de ses visions à un prêtre du monastère de Nivelles, dans lequel elle avait passé une partie de sa jeunesse et reçut son instruction religieuse. Aldegonde s’endormit dans le Seigneur le Samedi-Saint de l’année 684. Sa mort fut entourée de plusieurs manifestations surnaturelles. Ainsi, au moment même où l’épouse du Christ passait de cette vallée de larmes à une vie meilleure, une religieuse de Nivelles entendit comme un chœur d’anges entonner des psaumes dans l’église Saint-Pierre où se trouvait le tombeau de sainte Gertrude. Waudru raconta au premier biographe de sa sœur qu’elle reçut elle-même l’annonce du trépas d’Aldegonde par l’apparition d’une lumière luisant au-dessus de la cellule de la sainte.

église Saint-Pierre et Saint-Paul de Maubeuge avant 1940

L’abbaye de Maubeuge fut presque intégralement détruite à la révolution et dans les années qui suivirent
les reliques de Sainte Aldegonde, sauvées du vandalisme révolutionnaire,
furent pendant près d’un siècle et demi vénérées dans l’église paroissiale Saint-Pierre et Saint-Paul
dont on voit l’intérieur sur cette photographie antérieure à la seconde guerre mondiale :
cette église a été à son tour détruite par les bombardements et a fait place a un édifice de béton,
mais les précieuses reliques de la fondatrice de Maubeuge ont été préservées.

   Aldegonde fut inhumée d’abord à Cousolre, auprès de ses parents. Le monastère fondé par ses soins se transforma, au fil des ans, en un chapitre séculier de chanoinesses. Les reliques d’Aldegonde furent, ensuite, élevées et translatées à Maubeuge, le 30 janvier d’une année que les historiens ne peuvent déterminer avec précision mais que l’on peut situer au début du VIIIe siècle, très peu de temps donc après le décès de la sainte. La date de l’élévation et de la première translation des reliques de sainte Aldegonde fut retenue pour être celle de sa commémoration liturgique. En 1039, ses reliques furent placées dans une première châsse qui fut remplacée, en 1439, puis aux XVIe et XIXe siècles. Lors de la suppression du chapitre de Maubeuge, à la fin du XVIIIe s, les reliques furent cachées et confiées à la paroisse. Malgré les guerres et les destructions, nous conservons encore les reliques de la sainte, qui se trouvent aujourd’hui dans le trésor de l’église des Saints-Pierre-et-Paul de Maubeuge. Sainte Aldegonde est encore très populaire et vénérée aujourd’hui. Chaque année, aux environs du mois de mai/juin, une grande procession rassemblant les délégations des différentes paroisses placées sous le patronage de la sainte, parcourt les rues de Maubeuge en présence d’un grand nombre de fidèles.

   Que sainte Aldegonde nous aide à rester fermes dans la foi, à repousser efficacement les tentations et à choisir résolument le Christ, “la lumière du monde” (Jn 8, 12), qu’elle intercède pour nous afin “qu’au milieu des changements de ce monde, nos cœurs demeurent fixés là où sont les joies véritables” (Oraison du 4e dimanche après Pâques).

[1] Cet article est un résumé d’un ouvrage rédigé par un moine bénédictin de l’abbaye de Wisques, intitulé Vie et gloire de sainte Aldegonde, Loos-lez-Lille, 1966 (Impr. J Wattel v.g. Cameracensi, 23 a novembris 1964), que nous avons complété par l’édition de la Prima Vita de sainte Aldegonde (VIIIe siècle) réalisée par Michel ROUCHE (Maubeuge, 1988).

Prière à Sainte Aldegonde pour demander la guérison du cancer > ici

Statue de Sainte Aldegonde dans l'église Saint-Pierre et Saint-Paul de Maubeuge - détail

Statue récente de Sainte Aldegonde
(église Saint-Pierre et Saint-Paul de Maubeuge)

2024-27. « Il était victorieux de la victoire elle-même, il ne lui permettait point de dénaturer son propre caractère, noble et chevaleresque ».

28 janvier,
Fête de Saint Charlemagne (cf. ici) ;
Anniversaire de la mort d’Henri de La Rochejaquelein (cf. aussi ici).

cul-de-lampe aux 3 lis

- 28 janvier 1794 -

Mort au combat d’Henri du Vergier de La Rochejaquelein
« Monsieur Henri »

Henri de La Rochejacquelein par Pierre-Narcisse Guérin - détail

Henri de La Rochejaquelein
détail du célèbre tableau de Pierre-Narcisse baron Guérin (1774-1833)
exposé au musée d’art et d’histoire de Cholet

cul-de-lampe aux 3 lis

« Il était victorieux de la victoire elle-même,
il ne lui permettait point de dénaturer son propre caractère, noble et chevaleresque ».

       « [...] LE courage excite l’admiration, impose le respect, donne du prestige au commandement. Mais, dans une guerre, alors surtout que se succèdent d’inévitables alternatives de victoires et de défaites, la vaillance seule ne suffit pas. Il y faut joindre ces qualités maîtresses de sang-froid, d’intelligence, de soudaine résolution, de prévoyance et d’habileté, qui donnent aux troupes le sentiment de leur propre sécurité. Elles se confient volontiers à un chef, dont la sollicitude ne s’endort point, et qui est assez sûr de lui-même pour ne pas redouter les surprises, soit parce qu’il les évite, soit parce qu’il les tourne à son avantage. Ainsi en était-il de Henri de La Rochejaquelein. Comme soldat, il avait une fougue, une témérité, devant lesquelles rien ne tenait. Il se faisait un jeu des plus extrêmes périls. Mais, comme chef, et surtout après avoir été proclamé généralissime de la grande armée Vendéenne, il était d’une grande prudence, ne laissant rien au hasard, embrassant d’un coup d’œil toutes les péripéties de chaque combat, afin de préserver le plus possible ses paysans. Tantôt, c’était à l’avant-garde qu’il se plaçait, pour amortir en quelque manière le premier élan des Bleus, et les décourager devant son imperturbable opiniâtreté. D’autres fois, il jugeait que l’ardeur des siens faiblissait, qu’ils se retiraient en désordre, et que ce mouvement en arrière allait devenir une débâcle : il se plaçait alors entre ses propres soldats et les soldats ennemis. Ceux-ci le rencontraient comme un rempart d’airain ; il était pour ceux-là un bouclier, derrière lequel ils reprenaient haleine et se reprochaient leurs hésitations [...].

   Il est donc vrai, Messieurs et mes Frères, que, par son héroïque valeur comme par son opiniâtreté soutenue à ne point désespérer de sa cause, Monsieur Henri — parlons comme ses fidèles compatriotes — a triomphé des difficultés les plus ardues : il a fait accepter son autorité, il a justifié le choix, qui le donnait comme successeur à Cathelineau et à d’Elbée, il a conduit ses bataillons au-delà de la Loire jusqu’à Granville, il les a reconduits jusqu’aux portes de leur province : et tout cela, sans faiblir un instant, sans cesser d’être « le » coup d’œil, l’épée, l’âme même » de ses troupes, sans laisser se voiler ce rayonnement du génie, dont, au seul nom de la religion ou du patriotisme, s’éclairait l’azur de son regard.

   Ce n’est pas tout ; et une belle expression de saint Ambroise nous permettra d’ajouter un trait à nos éloges. Le sage archevêque de Milan loue le sublime désintéressement du soldat, qui se sacrifie pour son pays. Mais, dit-il, « cette force d’âme, précisément parce qu’elle demande un plus difficile effort, ne va jamais seule : elle a toujours un cortège d’autres vertus, qui l’accompagnent : praeliaris fortitudo, velut excelsior caeteris, nunquam est incomitata virtus » (S. Ambroise, cité par Mascaron, Oraison funèbre du duc de Beaufort, p. 175).

   Voyez quelles douces et aimables vertus relèvent encore le noble caractère de La Rochejaquelein ! Il est modeste et presque timide, même après les plus brillants succès. Loin de s’enorgueillir du prestige, que sa vaillance inouïe a conquis à son nom, il se met toujours à l’arrière-plan dans les conseils ; comme Charette, il n’ambitionne le premier rang, que si ce poste d’honneur le met de plus près, face à face avec l’ennemi. Dès qu’il le peut, il reprend la gaîté, l’enjouement de son âge [...].

   Ainsi, bien loin d’avoir contracté, au milieu des camps, une dureté inaccessible à la pitié, Henri de La Rochejaquelein, comme la plupart des chefs Vendéens, fut aussi terrible dans le combat que doux et miséricordieux après la lutte finie. Tous avaient pris pour devise ces trois mots, si chrétiens : « Se battre avec courage, souffrir avec patience, mourir en pardonnant ». Henri, en particulier, ne savait point haïr. Il ne voyait dans les ennemis que des hommes égarés. Leur fureur inconsciente persécutait, avec ce qui lui était cher, ce qui lui paraissait être indispensable à la prospérité de la France. C’était cette criminelle erreur, contre laquelle il tirait son glaive redoutable ; mais, dès que ses adversaires étaient désarmés, ce n’étaient plus à ses yeux que des frères qu’il aurait embrassés sans effort [...].

   Il est donc bien vrai d’affirmer que si, « d’ordinaire la victoire est insolente, cruelle, injuste », entre les mains de ce héros de vingt ans, « elle était douce, juste et toujours modérée ». Il était victorieux de la victoire elle-même, il ne lui permettait point de dénaturer son propre caractère, noble et chevaleresque [...].

Tel était ce La Rochejaquelein, dont on peut dire « qu’il a rempli la vaste idée du nom de grand homme, parce qu’il a combattu pour le prince, auquel il faut obéir sur la terre, et pour le Seigneur, qu’il faut adorer dans le ciel » (Mascaron, Oraison funèbre du duc de Beaufort, p. 171)

Son Exc. Monseigneur Anatole de Cabrières
évêque de Montpellier (et futur cardinal),
extraits de son « Eloge de Monsieur Henri de La Rochejaquelein »
prononcé à Saint-Aubin de Baubigné le 26 septembre 1845.

drapeau de La Rochejaquelein - collection privée

Photographie de l’authentique étendard de « Monsieur Henri » (propriété privée)

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