Archive pour la catégorie 'Memento'

2026-75. De Saint Eutrope, premier évêque de Saintes, martyr.

30 avril,
Fête de Sainte Hildegarde de Vintzgau, Reine des Francs (cf. > ici) ;
C’est aussi la fête de Saint Eutrope, premier évêque de Saintes, martyr ;
Mémoire de la Vigile des Saints Apôtres Philippe et Jacques.

Saint Eutrope - détail d'un vitrail de 1872

Saint Eutrope, évêque et martyr,
avec les instruments de son martyre (détail d’un vitrail de 1872).

   Pour la présentation de la vie de Saint Eutrope de Saintes, nous avons préféré commencer par reproduire ci-dessous la notice que lui consacre le Révérend Père François Giry, minime.
Cette première publication en appellera d’autres…

       « Saint Eutrope, que les Saintongeois reconnaissent pour leur apôtre et leur premier évêque, était un de ces Bienheureux dont parle Notre-Seigneur, qui ont eu l’honneur de le voir sur la terre et de converser avec Lui, ce que tant de rois et de prophètes ont désiré si ardemment et qu’ils n’avaient pas obtenu. C’est ainsi que le porte la tradition des Eglises, au récit de Baronius. Elle nous apprend encore qu’il passa de Grèce à Rome sous Saint Clément ; ce pape voyant les talents que Dieu lui avait donnés pour la prédication de l’Evangile, l’ordonna évêque et l’envoya ensuit en Saintonge, province de France, pour y porter la lumière de l’Evangile.

   Il y prêcha d’abord avec beaucoup de zèle ; mais il y avait affaire à une terre ingrate et à un peuple difficile à gagner. Après avoir souffert avec joie plusieurs persécutions et des tourments très cruels, il s’en retourna à Rome trouver celui qui l’avait envoyé. Néanmoins, le saint pape, poussé d’un zèle apostolique en faveur de la France, exhorta Eutrope à reprendre courage et à se joindre aux autres missionnaires qui accompagnaient le Bienheureux Denis l’Aréopagite, qu’il envoyait en qualité d’Apôtre dans les Gaules.

Saint Clément Ier envoie Saint Eutrope dans les Gaules

Saint Clément envoie Saint Eutrope dans les Gaules.

   Eutrope donc suivit l’Aréopagite jusqu’à la ville d’Arles, en Provence, et de là il passa une seconde fois en Guyenne et retourna à Saintes, qu’il avait auparavant abandonnée. Ce voyage fut plus heureux que le premier, car il y travailla avec tant de succès par l’exemple de sa vie, par la grandeur de ses miracles et par la force de sa doctrine, que plusieurs, laissant le culte des idoles,embrassèrent la religion du vrai Dieu et reconnurent Jésus-Christ pour Sauveur du monde ; il baptisa, entre autres, la fille du gouverneur de la ville, appelée Estelle ; apprenant du saint évêque l’excellence de la virginité, elle consacra de bon cœur la sienne à l’Epoux des vierges, dont elle venait de recevoir la foi.

Saint Eutrope baptise Sainte Estelle

Baptême de Sainte Estelle.

   Son père en fut tellement irrité, qu’il envoya des soldats pour se saisir du Saint qui l’avait convertie. Il fut pris dans une caverne où il se retirait hors de la ville, et de là il fut d’abord brisé à coup de pierres. Ensuite on le battit avec des cordes et des fouets plombés ; enfin il eut la tête fendue avec une cognée, ce qui arriva le 30 avril de l’an 98 de Notre-Seigneur, selon Baronius.

   La vierge Estelle eut soin de son corps et lui donna la plus honorable sépulture qu’il lui fut possible selon le temps ; et, pour récompense de cette bonne œuvre, elle reçut la glorieuse couronne du martyre, par l’ordre de son propre père, environ trois semaines après la mort de Saint Eutrope.

Martyre de Saint  Eutrope

Martyre de Saint Eutrope.

   Saint Denis, apprenant ces nouvelles, les manda, à ce que quelques uns disent, à Saint Anaclet, qui était alors vicaire ou successeur de Saint Clément, dans une lettre où il en fait tout le détail ; il l’envoya ensuite en Grèce pour la consolation des chrétiens qu’il y avait laissés. Mais quoique la misère des siècles et le trouble des persécutions aient fait perdre, il y a longtemps, cet écrit, la victoire de ce saint martyr ne s’est point effacée de la pensée des fidèles de Saintes, puisqu’au rcit de Saint Grégoire de Tours, plusieurs années après, ils lui bâtirent une très-belle église, qui fut dédiée par Saint Palais, évêque de la même ville, assisté de deux abbés, vers la fin du VIème siècle ; et, en reconnaissance de ce bienfait et de ce qu’ils avaient fait mettre son corps dans un leiu plus décent qu’il n’avait été jusqu’alors, il apparut la nuit suivante à ces deux abbés, et leur dit que la cicatrice qu’ils avaient remarquée sur son crâne, était l’endroit par où il avait consommé son martyre.

Saint Palais fait placer le sarcophage de Saint Eutrop dans une belle église

Saint Palais (Pallade) de Saintes fait placer le sarcophage de Saint Eutrope,
renfermant son corps, à l’intérieur d’une église.

   Au XVIème siècle, avant que les hérétiques calvinistes prissent Saintes, et qu’ils en profanassent les églises et les saintes reliques, plusieurs ossements de ce Saint ont été portés à Vendôme et déposés dans l’église de la Très-Sainte-Trinité, où ils sont souvent honorés par un grand concours de peuple ; et pour son chef vénérable, ayant été porté à Bordeaux pour le sauver de la rage de ces Vandales, il a été rapporté à Saintes l’an 1601, avec beaucoup de pompe et de mangificence, comme l’assure du Saussay dans son Martyrologe des Saints de France.
Le prieuré de Saint-Pierre, à Dezize-sur-Loire, possédait aussi des reliques d’un Saint Eutrope, dont on trouvait l’office dans un vieux bréviaire manuacrit, au dernier jour d’avril ; mais il est probable qu’il ne s’agit pas ici de l’Apôtre de la Saintonge, car il y a plusieurs saints du même nom.

Translation des reliques de Saint Eutrope

Translation des reliques de Saint Eutrope.

   Ce grand évêque a fait de tous côtés et dans tous les siècles des prodiges fort signalés. Il a tiré miraculeusement de l’eau et du feu ceux qui devaient y être ou noyés ou consumés. Il a délivré du fond des cachots des captifs et des prisonniers que leurs ennemis y avaient enfermés. Il en a même transporté un, en un instant, de Babylone à Saintes, avec la cage d’airain où les infidèles l’avaient enfermé. Il a guéri des malades, ressuscité des morts, chassé les démons des corps des possédés et opéré d’autres semblables merveilles, que l’on pourra voir dans un manuscrit des Pères Célestins de Paris, dont les continuateurs de Bollandus ont donné la copie au public. L’on y remarquera aussi des châtiments terribles que la justice de Dieu a exercés contre plusieurs personnes qui ont eu la témérité de profaner la fête de cet illustre prédicateur de l’Evangile.

   Baronius parle de lui dans ses Annales, et tous les Martyrologes en font mémoire. Son envoi en France, par Saint Clément, est attesté par tant d’auteurs, du nombre desquels est Saint Grégoire de Tours, quoiqu’il mette plus tard la mission de Saint Denis et de ses compagnons, que nous n’avons pas cru en devoir douter. On peut voir là-dessus la belle épître de Marca au célèbre Henri de Valois, laquelle se trouve au commencement de l’Histoire Ecclésiastique d’Eusèbe, traduite par le même Henri de Valois. »

in « Vie des Saints [...]«  par le Père François Giry,
réédition de 1859, tome II, colonnes 388-390. 

Sarcophage de Saint Eutrope - crypte de la basilique de Saint-Eutrope à Saintes

Sarcophage antique de Saint Eutrope
tel qu’il est présenté de nos jours dans la crypte de la basilique de Saint-Eutrope à Saintes.

2026-73. Lettre mensuelle de la Confrérie Royale : 25 avril 2026.

armoiries confrérie royale

Samedi 25 avril 2026.

Très Chers Membres et Amis de la Confrérie Royale,

   Dimanche dernier, 19 avril 2026, votre Prieur a été la victime d’un « stupide accident » (il a glissé dans l’herbe trempée de rosée alors qu’il se dirigeait vers son véhicule pour se rendre à la Sainte Messe et la manière dont s’est déroulée sa chute – et surtout la manière dont il a retrouvé le sol – a entraîné la rupture des ligaments croisés du genou droit et, en toute logique, l’intervention du SAMU et des pompiers, une hospitalisation et une opération programmée en urgence… etc.).
Bref ! Frère Maximilien-Marie, la jambe immobilisée dans une attelle contraignante, a fini par être ramené dans son ermitage vivarois, où il peut, avec l’aide ponctuelle d’amis généreux de leur temps et de leurs personnes, avec le passage quotidien de l’infirmière, avec un certain nombre d’aménagements, avec l’acceptation de nombreux contretemps, et avec de longues stations allongé – pour un rythme d’activité très allégé et ralenti -, continuer néanmoins sa vie de vieil ermite…
Et c’est lui-même qui vous écrit ce 25 avril au soir.

   J’espère que vous avez passé cette journée du 25 avril dans une ferveur particulière, pour l’anniversaire de la naissance de notre Roi bien-aimé, que nous servons dans le combat spirituel, la prière et les sacrifices, au jour le jour.

   A seule fin de vous « alimenter » de paroles fortes et tonifiantes, je mets, au-dessous de ces modestes lignes, la copie du message complet que Sa Majesté le Roi nous avait fait parvenir, au Puy-en-Velay, au début juin 2016 – cela fera bientôt 10 ans ! – à l’occasion du pèlerinage conjoint de l’UCLF (alors présidée par feu Monsieur Pierre Bodin) et de la toute jeune Confrérie Royale (dont nous avions publié la fondation le 25 août 2015 : 8 mois auparavant), dans la sainte cité de Notre-Dame du Puy, à l’occasion du jubilé qui ne se produit habituellement que deux fois par siècle (chaque fois que le Vendredi Saint coïncide avec le 25 mars) ; pèlerinage conjoint de l’UCLF et de la Confrérie Royale qui avait été source de grandes grâces…

   En relisant les lignes que notre Roi nous adressait alors (nous, c’est-à-dire aux deux mouvements [qui sont distincts, redisons-le, même s'ils sont très fraternellement unis] ), transmis au Président Pierre Bodin par le Secrétariat de Sa Majesté ; en relisant donc ces lignes royales en faisant abstraction des circonstances précises du jubilé de 2016, vous retrouvez, chers Amis, bien précisée par notre Souverain légitime, la nature de votre engagement…
A la limite, il serait quasi nécessaire que chacun d’entre nous apprenions par cœur ces lignes fermes et claires :

   « Vous prierez pour qu’un monde renaissant aux valeurs de la tradition de nos pères puisse redonner à la France et le sens de sa grandeur, et l’esprit de sa mission civilisatrice pour l’ensemble des nations et la puissance des grâces de son baptême… Que la ferveur de vos prières contribue à protéger la France » !

    Ayons à cœur de méditer souvent sur ces lignes inspirées !

   Et puisque, justement, ce message royal nous avait été adressé à l’occasion du premier pèlerinage annuel au Puy-en-Velay, « pour la France et le Roi », j’en viens au fait que, en raison de ce « stupide accident », en raison des conseils « énergiques » de plusieurs de mes conseillers personnels (auxquels j’objectais que le pèlerinage du Puy de cette année pouvait se dérouler sans moi – contraint à beaucoup de repos et à beaucoup d’immobilité -, mais qui n’en étaient pas d’accord), en raison d’autres facteurs aussi que je ne détaillerai pas, nous devons repenser l’organisation du pélerinage du « pont » de l’Ascension et lui donner, cette année, une nouvelle physionomie : d’ici quelques jours, vous recevrez une nouvelle circulaire exposant de quelle manière cette réorganisation va se faire, avec

1) d’un côté, pour les personnes dans un rayon relativement proche du Puy, une journée de pèlerinage (avec Sainte Messe, et prières dans les sanctuaires de la ville sainte), et
2) pour tous ceux qui le désirent, et dans tout le Royaume, de petits pèlerinages locaux (même avec seulement 2 ou 3 personnes : « Lorsque deux ou trois sont réunis en Mon Nom, Je suis au milieu d’eux »), ou – a minima – un temps de prière communautaire, accomplis en union avec ceux qui se trouveront au Puy… ou avec le Prieur qui se trouvera contraint de rester allongé en son ermitage !!!

   Que, dès à présent, ceux qui liront ces lignes, à Paris, à Versailles, en Anjou ou en Bretagne, en Auvergne ou en Franche-Comté, en Touraine ou en Alsace, en Provence ou en Picardie, en Guyenne ou en Lorraine, en Artois ou en Saintonge, en Limousin ou en Flandres, en Dauphiné ou en Poitou, en Bourgogne ou en Languedoc… etc… et ailleurs aussi, membres ou simplement sympathisants de la Confrérie Royale, nous contactent sans retard sur cette adresse électronique : pelerinage.confrerie@gmail.com

   Et que Dieu vous bénisse tous et vous protège à tout moment !
Merci pour votre attention. 

Lettre du Roy au pèlerinage du Puy 2016 - blogue

Le Puy-en-Velay

2026-71. « Il n’y a point d’autre justice que sa volonté…»

17 avril,
Fête de Saint Robert de Turlande, abbé et confesseur (cf. > ici) ;
Mémoire de Saint Anicet, pape et martyr ;
Anniversaire de la mort de Madame de Sévigné (cf. ici).

Louis-Ferdinand Elle l'aîné - Madame de Sévigné - Versailles - blogue

D’après Louis-Ferdinand Elle l’aîné : la marquise de Sévigné.
L’original de cette œuvre est perdu on n’en possède que cette copie (vers 1670)
qui se trouve au château de Versailles dans les salles dédiées au XVIIème siècle.

       Dans une lettre à sa fille en date du 14 juillet 1680 écrite au château des Rochers, Madame de Sévigné, à laquelle Madame de Grignan avait confié qu’elle lisait les épîtres de Saint Paul et certains écrits de Saint Augustin, se livre en réponse à un véritable petit « sermon » qui nous permet d’entrer un peu dans l’intimité de son âme et de découvrir certains des mouvements de sa vie spirituelle, en un siècle où les controverses sur la grâce et les querelles théologiques connexes ont déchiré la société française.

   « [...] Vous lisez donc saint Paul et saint Augustin ; voilà les bons ouvriers pour établir la souveraine volonté de Dieu. Ils ne marchandent point à dire que Dieu dispose de ses créatures, comme le potier (cf. Rom. X, 20-21) : il en choisit, il en rejette. Ils ne sont point en peine de faire des compliments pour sauver sa justice ; car il n’y a point d’autre justice que sa volonté : c’est la justice même ; c’est la règle même ; et après tout, que doit-il aux hommes ? que leur appartient-il ? Rien du tout. Il leur fait donc justice, quand il les laisse à cause du péché originel, qui est le fondement de tout, et il fait miséricorde au petit nombre de ceux qu’il sauve par son fils. Jésus-Christ le dit lui-même : « Je connois mes brebis, je les mènerai paître moi-même, je n’en perdrai aucune ; je les connois, elles me connoissent. Je vous ai choisis, dit-il à ses apôtres, ce n’est pas vous qui m’avez choisi « (cf. Jn. X, 11 et 14 ; et Jn XV, 16). Je trouve mille passages sur ce ton, je les entends tous ; et quand je vois le contraire, je dis : c’est qu’ils ont voulu parler communément ; c’est comme quand on dit que Dieu s’est repenti, qu’il est en furie ; et je me tiens à cette première et grande vérité, qui est toute divine, qui me représente Dieu comme Dieu, comme un maître, comme un souverain créateur et auteur de l’univers, et comme un être très parfait, comme dit votre père [par ce mot de « père » Madame de Sévigné désigne, non sans ironie, le philosophe Descartes dont Madame de Grignan s’était entichée]. Voilà mes petites pensées respectueuses, dont je ne tire point de conséquences ridicules, et qui ne m’ôtent point l’espérance d’être du nombre choisi, après tant de grâces qui sont des préjugés et des fondements de cette confiance. »

Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné,
extrait de la lettre du 14 juillet 1680 à Madame de Grignan,
in « Madame de Sévigné – Lettres » tome II pp. 779-780 éd. de La Pléiade.

Epistres de Saint Paul

2026-69. Sa Majesté le Roi entend insister sur l’importance du quatrième centenaire de « la Royale » dans une vision d’avenir.

Jeudi 16 avril 2026,
Fête de Saint Benoît-Joseph Labre, pèlerin, confesseur (cf. > ici) ;
Anniversaire de la mort de Sainte Marie-Bernard Soubirous, vierge (cf. > ici).

Richelieu à l'origine de la Royale

Octobre 1626 : les mesures prises par le Cardinal de Richelieu
sont aujourd’hui considérées par la Marine Nationale
comme la date de naissance d’une marine d’Etat, unifiée et permanente.  

       Dans la soirée du Mercredi Saint 1er avril 2026, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX de France, a annoncé, sur ses réseaux sociaux, la publication d’un article de sa plume qui venait de paraître dans la revue trimestrielle Marine & Océans (mars 2026), en ces termes :

   « En cette année 2026 où nous célébrons les 400 ans de la Marine française, il m’a semblé de mon devoir de prendre la parole sur un sujet aussi important de notre histoire mais aussi de notre avenir.

   En tant qu’hériter des Rois qui ont donné naissance à cette arme, j’ai eu à cœur de délivrer ma vision de la Marine tant dans sa profondeur historique que dans ses enjeux contemporains et à venir.

   Comme je le dis dans les colonnes de la revue Marine et Océans, « l’histoire nous apprend que la montée en puissance de flottes de haute mer est un effort long et coûteux.
Une Marine de guerre nécessite une vision à long terme et une volonté étatique constante tant pour former un personnel compétent que pour acquérir les bâtiments nécessaires.
Nos victoires dans la guerre d’indépendance américaine entre 1778 et 1783 n’auraient pu être rendues possibles sans une politique de redressement impulsée dès la fin des années 1760 par Louis XV puis maintenue par Louis XVI.
Il nous faut donc œuvrer dès maintenant à faire de notre Marine le bras armé de notre politique maritime et donc mondiale. »

   Retrouvez mon article entier dans la revue Marine & Océans magazine

armes de France et Navarre dessinées pour le Sacre de Charles X

   Notre Souverain légitime, dans sa communication du 20 janvier de cette année (cf. > ici) à l’occasion des célébrations anniversaires de la mort de Sa Majesté le Roi Louis XVI, avait déjà abordé ce sujet. L’article dont nous reproduisons ci-dessous l’intégralité développe une vision globale particulièreent lucide qui, en se fondant sur l’héritage de l’histoire et les expériences du passé, donne une vision à long terme sur la politique qui convient aujourd’hui à notre pays.

Article de Louis XX Marine & Océans 1

Article de Louis XX Marine & Océans 2

Article de Louis XX Marine & Océans 3

Article de Louis XX Marine & Océans 4

2026-65. De l’anniversaire de la Confirmation de Sa Majesté le Roi.

15 avril,
Fête de Saint César de Bus, confesseur (cf. > ici) ;
Pieuse mémoire de Françoise d’Aubigné, marquise de Maintenon ;
Anniversaire de la naissance de Mgr Gaston de Ségur (cf. > ici) ;
Anniversaire de la confirmation de Sa Majesté le Roi (15 avril 1990).

Saint-Esprit - vignette blogue

       C’est le dimanche de Pâques 15 avril 1990 que Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX de France, a reçu le sacrement de confirmation, à Madrid, en l’église Saint-Louis des Français.

   Cette actuelle église Saint-Louis des Français de Madrid a été édifiée dans la seconde moitié du XXème siècle.
Située Calle Lagasca, 89 (pour ceux de nos lecteurs qui, de passage à Madrid, auraient la curiosité de l’aller visiter), elle est l’héritière de quatre siècles d’histoire, car la première chapelle française à Madrid a été fondée sous le vocable de Saint-Louis en 1613 par le chanoine Henri de Saulreux, un ecclésiastique qui avait été ligueur et qui – disons-le sans ambage car cela ne manque pas d’humour – ne s’était pas particulièrement réjoui de l’avènement des Bourbons sur le trône de France en la personne d’Henri III de Navarre – devenant Henri IV de France -, à la mort d’Henri III de Valois.

   L’architecture de cet édifice n’est pas vraiment accordé à nos goûts personnels (peut-être cela vous semblait-il une évidence sans que nous eussions besoin de l’écrire), mais il demeure, pour l’éternité, l’écrin dans lequel la personne de Louis XX a été investie par la plénitude des sept dons du Saint-Esprit, et dans lequel le sceau – en théologie on dit le caractère – sacré de soldat du Christ a été imprimé dans son âme royale.
Après tout, lorsqu’on vous offre un bijou de grand prix, je pense que vous attachez davantage d’importance au bijou lui-même qu’à l’écrin dans lequel il est placé…

église Saint-Louis des Français à Madrid

Madrid, actuelle église Saint-Louis des Français.

   Au moment de sa confirmation, notre jeune Roi – qui allait célébrer son seizième anniversaire dix jours plus tard – était devenu l’aîné de tous les Capétiens et Roi de France de droit, un peu plus de quatorze mois plus tôt, en raison du dramatique « accident » qui avait emporté son auguste père, notre regretté Roi Alphonse II, le 30 janvier 1989.

Louis XX adolescent - blogue

Louis XX aux alentours de sa seizième année

   Il n’est jamais inutile de rappeler que le sacrement de Confirmation a été institué par Notre-Seigneur Jésus-Christ pour conférer au baptisé les dons du Saint-Esprit et pour le fortifier dans la vie chrétienne.
En lui donnant le Saint-Esprit, il imprime dans son âme le caractère de soldat du Christ et il le rend parfait chrétien, puisqu’il perfectionne les vertus et dons reçus au baptême. 

   Ainsi, fait soldat du Christ, le confirmé est aussi combattant de la foi et défenseur de l’Eglise.
Si cela importe pour chaque chrétien, chacun comprendra que cela importe encore davantage pour celui que les Lois fondamentales du Royaume (cf. > ici) désignent comme légitime Roi de France, Fils aîné de la Sainte Eglise romaine et son porte-glaive, Défenseur-né de l’orthodoxie doctrinale et lieu-tenant du Roi du Ciel sur le Royaume des Lys.

   La célébration de l’anniversaire de la confirmation de Sa Majesté le Roi doit donc être pour chaque légitimiste l’occasion de prier avec encore davantage de ferveur qu’à l’accoutumée pour ce « Fils de Saint Louis », qui d’ailleurs ne manque jamais de dire combien il est heureux et fier d’avoir son saint ancêtre pour céleste protecteur et qui, dans la majorité de ses messages, insiste de manière récurrente sur les exemples de Saint Louis et leur actualité. 

« Domine, salvum fac Regem nostrum Ludovicum,
et exaudi nos in die qua invocaverimus Te ! »

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Statue de Saint Louis sur la façade de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre

Statue de Saint Louis sur la façade de la basilique de Montmartre.

2026-60. Toutes les publications de ce blogue relatives au Chanoine Antoine Crozier, l’ami stigmatisé de Saint Charles de Jésus.

10 avril,
Anniversaire du rappel à Dieu du Chanoine Antoine Crozier (+ 10 avril 1916).

chanoine antoine Crozier - blogue

Chanoine Antoine Crozier (1850-1916)

A – Résumé de la vie du Chanoine Antoine Crozier > ici

B – Textes du Chanoine Antoine Crozier :

- Citations remarquables extraites de la correspondance spirituelle du Chanoine Crozier > ici
-
 Texte intégral de l’opuscule « Vivons pour le Bon Dieu » du Chanoine Crozier > ici
- Texte intégral du « Chemin de Croix pour la France » écrit par le Chanoine Antoine Crozier > ici

C – Prière pour demander à Dieu la glorification de Son serviteur Antoine Crozier > ici

Le chanoine Antoine Crozier sur son lit de mort

Le Chanoine Antoine Crozier sur son lit de mort.

2026-59. « Que nous produisions nous-mêmes cette odeur de piété, de charité, de patience, d’obéissance et d’espérance, que nous aspirons dans la mort de Jésus-Christ !»

Vendredi dans l’Octave de Pâques.

vignette avec symboles augustiniens - blogue

       Le sixième sermon de notre Bienheureux Père Saint Augustin sur la fête de Pâques (qui porte le numéro XXVI dans le premier supplément des œuvres complètes [deuxième section : sur le propre du temps / temps pascal] ), étant composé de deux parties aux thématiques relativement distinctes, nous avons résolu de le publier en deux fois, afin de permettre à nos lecteurs de mieux savourer et assimiler les enseignements du Docteur de la grâce .

   Voici donc ci-dessous le premier thème développé par le grand évêque dans ses approfondissements, toujours très fouillis et subtils : la foi, parfum divin odorant, répandu dans l’allégresse de la Résurrection du Christ Jésus.

vase parfum odorant

« Votre nom, Seigneur, est un parfum répandu » ( Cant. I, 3 )

1. Introduction du propos : Saint Augustin invite ses auditeurs à une joie spirituelle renouvelée ; une joie spirituelle qui réside dans le Christ et dans le Règne de Dieu.

   Le jour de la Résurrection du Seigneur, la joie des fidèles doit en quelque sorte ressusciter et se renouveler ; laissez donc notre esprit se pénétrer de l’allégresse de ce jour, afin que par une foi vive nous placions en nous le règne de Dieu auquel nous sommes appelés avec Jésus-Christ et par Jésus-Christ.
Ces joies chrétiennes ne sont pas de celles qui s’usent par la jouissance ; la jouissance, au contraire, nous enflamme pour la vertu.
Qu’on est heureux de se réjouir en Jésus-Christ !

2. La foi est comparable à un parfum de grand prix : les citations de la Sainte Ecriture dont le sens symbolique et mystique corroborent cette affirmation.

   Je crois donc pouvoir comparer la foi aux parfums d’agréable odeur.
Tel est ce parfum dont se sentait pénétré le Prophète, quand il s’écriait : « Vous avez plongé ma tête dans l’huile » ( Ps. XXII, 5b ). Tel est le parfum dont il est dit aux pieux fidèles : « Oignez vos têtes » ( Matth. VII, 17 ). Tel est le parfum que les vierges sages portent avec elles pour entretenir le feu de leurs lampes. Tel est le parfum dont il est écrit : « Le parfum qui descend de la tête sur la barbe » ( Ps. CXXXII, 2 ), lequel est le signe de l’âge parfait de l’homme, comme le parfum semble indiquer que la 
foi est arrivée à la perfection de sa splendeur et de son épanouissement.
Comparons donc la foi au parfum d’agréable odeur.
Quiconque possède de ces parfums précieux les conserver avec une extrême sollicitude. Tant que ces parfums restent en repos, ils semblent annihilés et endormis. Mais s’ils doivent concourir à la joie d’une fête ou à l’embellissement d’un festin, ils recouvrent par une prudente agitation ce que le repos leur avait fait perdre, c’est-à-dire leur odeur et leur prix.
Ainsi en est-il, dans chaque fidèle, du parfum de la foi : il a besoin d’être librement reçu dans des cœurs généreux ; Cependant, il semble perdre de son prix tant qu’il n’est pas agité par la discussion.

3. Jésus-Christ est le véritable parfum reçu par l’Église.

   C’est dans ce mais que nous vous adressons ce discours.
Vos esprits, comme autant de vases précieux, me paraissent avoir reçu ce parfum de la foi que Dieu n’accorde qu’à Ses courtisans.
Je m’accuserais d’une négligence coupable, si je n’agitais pas ce parfum jusqu’à ce que sa suave odeur se soit répandue dans tout le corps de l’Eglise et ait dissipé les miasmes fétides que respirent parfois encore ceux qui vivent au sein de la foi.
Quel est donc ce parfum ? « Jésus-Christ est mort et Il est ressuscité » (Rom. XIV, 9) ; tel est le prix et la rédemption du monde tout entier.
Goûtez maintenant, si vous le voulez, la suavité de ce parfum dont vous connaissez le prix et la dignité. C’est Dieu Lui-qui nous l’a même apporté du haut du ciel.
Et qui donc l’a reçu ? Voyons si ce n’est pas cette Eglise si bien figurée par cette femme qui versa sur la tête du Sauveur ce parfum qui, selon la parole de Jésus-Christ Lui-même, annonçait Sa sépulture.
L’Eglise, mes frères, l’Eglise a reçu le parfum de ce sacrement ; et tout ce qu’elle reçoit de Jésus-Christ retourne à Jésus-Christ.
Cependant ce parfum n’est point attribué à tous et ne leur est point attribué dans la même mesure. En effet, l’Apôtre a dit de la Croix même de Jésus-Christ : « Elle est pour les uns une odeur de vie pour la vie, et pour les autres une odeur de mort pour la mort » ( 2 Cor. II, 16 ) ; en d’autres termes, « elle est un scandale pour ceux qui périssent, tandis qu’elle est la vertu de Dieu pour ceux qui opèrent leur salut » ( cf. 1 Cor. I, 18 ).

4. Ce parfum n’a rien qui déplaise, car c’est le parfum de la piété.

   Cependaut cette odeur déplaît à quelques-uns ; je voudrais qu’ils disent ce qui  dans la mort de Jésus-Christ ne envoyé pas la vie ? ce qui ne respire pas la résurrection dont Jésus-Christ nous fournit le modèle ?
« Il est mort et Il est ressuscité » (cf. Rom. VIII, 34 ) : C’est donc là ce qui leur déplaît ?
Est-il un seul homme qui ne se sente très-avide de respirer ces suaves odeurs ? S’il en est un seul, je demanderai alors à ce sophiste du siècle, à cet habile appréciateur de semblables parfums, ce qui peut lui déplier dans la composition de ce parfum ; voyons quels éléments il est formé. Et enfin, quel est son prix ? Nous pouvons affirmer que tant vaut la piété, tant vaut ce parfum.
Nous demandons peut-être si la piété se trouve dans la mort de Jésus-Christ, et quelle est son importance ; l’Apôtre nous répond : « Manifestement c’est un grand sacrement de piété, Celui qui a été manifesté dans la chair » -  il parle de la chair revêtue par le Verbe Eternel -, « qui a été justifié dans l’Esprit »  – lorsque le péché de la chair est vaincu dans la chair -, et « qui est apparu aux anges » ( 1 Tim. III, 16) , soit lorsqu’une multitude d’esprits célestes fit entendre ce chant de joie : « Gloire à Dieu au plus haut des ciels et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté » ( Luc, XII, 19 ) ; soit encore lorsque nous-mêmes, sondant les profondeurs de ce mystère et l’annonçant au monde, nous nous trouvons associés au ministère des anges.
« Il a été prêché aux Gentils » , afin que dans tout l’univers le nom chrétien devînt commun à toutes les nations : « Il a été cru dans le monde, Il est devenu un principe de gloire » ( 1 Tim. III, 16 ). Ce qui a été cru dans le monde, n’est-ce pas le mystère du Verbe divin revêtant un corps auquel Il a conféré plus tard les gloires de la résurrection ?
Connaissant donc ce prix infini de la piété, l’Apôtre en a fait l’objet spécial des instructions qu’il s’adresse à son disciple. Parlant à son cher fils Timothée, il lui dit : « Exercice-vous à la piété ; car la piété est utile à tout, puisqu’elle a la promesse de la vie présente et de la vie future » ( Ibid. IV, 7, 8 ).
Pouvait-on nous faire mieux sentir le prix de ce parfum de la piété, qui n’est autre pour nous que le mystère de l’Incarnation dont la valeur est infinie ?

5. C’est aussi le parfum de la charité.

   Allons plus loin, car à la piété s’ajoute la charité.
Ou, la croix du Sauveur n’est-elle pas la preuve évidente de l’amour infini de 
Dieu pour les hommes ? « C’est ainsi que Dieu a aimé le monde jusqu’à lui envoyer Son Fils unique » ( Je an, III, 16 ) pour lui communiquer Sa vie.
Et pourquoi ce miracle de charité divine ? Afin de vous faire mieux sentir la grandeur de l’amour qu’Il nous témoignerait.
Mais, enfin, quel est le prix de la charité ? « La plénitude de la loi » , dit l’Apôtre, « c’est la charité » ( Rom. XIII, 10 ) ; et encore : « La fin du précepte, c’est la charité » ( 1 Tim. I, 5 ).
La charité est donc le bien par excellence, puisqu’elle résume en elle tous les préceptes.
Or, cette charité se trouve par excellence dans la mort et la Résurrection du Seigneur.

6. C’est le parfum de la vertu, de l’obéissance et de l’espérance.

   C’est une longue tâche d’énumérer chacune des espèces de parfum qui nous occupent, et ce travail nous expose à de nombreuses répétitions. Contentons-nous donc de signaler les autres espèces, sans nous obliger à en faire ressortir toute l’importance.
Dans cette composition se trouve d’abord la vertu à laquelle se mêle la force de la patience.
Nous trouvons aussi l’obéissance , « car Jésus-Christ S’est fait obéissant à Son Père jusqu’à la mort et à la mort de la croix » ( Philipp. II, 8 ).
Une odeur suave est aussi produit par l’espérance qui étend son influence au-delà de la mort, et attend la résurrection, non-seulement de l’esprit, mais aussi du corps après la Résurrection de Jésus-Christ.
Tous ces parfums se confondent pour moi dans celui que j’ai signalé par ces paroles : « Jésus-Christ est mort et est ressuscité » ( cf. Rom. VIII, 34 ). Toutes ces espèces de parfum réunies forment une odeur de vie pour la vie ; quelle n’est pas la corruption de ceux pour qui tout cela ne produit qu’une odeur de mort pour la mort.
Pour nous, nous disons : « Votre nom, Seigneur, est un parfum répandu » ( Cant. I, 3 ) ; et encore : « Nous courrons sur Vos traces à l’odeur de Vos parfums » ( Ibid. ) ; notre seul désir est d’être pénétré de cette odeur que nous suivons, afin que nous produisions nous-mêmes cette odeur de piété, de charité, de patience, d’obéissance et d’espérance, que nous aspirons dans la mort de Jésus-Christ.

Suite du sermon > ici

Gravure typographique - le Christ ressuscité bénissant

2026-54. Récapitulatif des publications de ce blogue relatives à la fête de l’Annonciation :

25 mars,
L’Annonciation de la Bienheureuse Vierge Marie (double de 1ère classe),
Au Royaume de France, la fête de l’Annonciation était une fête chômée.

Luca Giordano -Annunciation 1672

Luca Giordano (1634-1705) : Annonciation (1672)
[Musée métropolitain de New-York].

A – Neuvaine préparatoire à la fête de l’Annonciation > ici

B – Textes pour approfondir et méditer :

- « O Annonciation miraculeuse » (Saint Augustin) > ici
- Sermon de Saint Pierre Chrysologue sur l’Annonciation à la Bienheureuse Vierge Marie > ici
- La première oblation du Verbe Incarné : commentaires de Pierre cardinal de Bérulle sur le psaume XXXIX > ici
- Avant l’Annonciation, les Epousailles de Notre-Dame avec Saint Joseph > ici

C – Dans les lettres mensuelles de la Confrérie Royale :

- Le trésor de l’Angélus > ici
- « Marie, notre Amour, notre Vocation, notre Protection » > ici
- Marie, protectrice de la France royale > ici
- L’Annonciation méditée par l’Ecole française de spiritualité > ici

D – Apparitions, sanctuaires et pèlerinages :

- Le miracle de l’osier sanglant (Notre-Dame de l’Osier – 25 mars 1649) > ici

E – Autres événements liés à la date du 25 mars :

- Le 25 mars est le « dies natalis » du saint Bon Larron > ici
- 25 mars 1794 : massacre perpétré dans la forêt de Vezins par les colonnes infernales > ici

Vignette Ave Maria blogue

2026-49. Du « saint homme de Tours », le Vénérable Léon Papin-Dupont.

18 mars,
Fête de Saint Cyrille de Jérusalem, évêque et confesseur, docteur de l’Eglise (cf. > ici) ;
Mémoire de la férie de Carême ;
Anniversaire de la sainte mort du « saint homme de Tours » (+ 18 mars 1876).

Image de dévotion Léon Papin-Dupont - blogue

       Né le 24 janvier 1797 au Lamentin (Martinique), de Jean Papin l’Epine du Pont (+ 1803) et de Philippine Gaigneron Jollimon de Marolles, Bretons installés aux Antilles pour des raisons liées au contexte politique (en France métropolitaine c’est la fin de la révolution et les étapes qui conduiront à l’établissement du premier en-pire), Léon – qui sera en définitive appelé d’un patronyme simplifié : Papin-Dupont – est encore davantage connu comme « le saint homme de Tours ».

A – Enfance et jeunesse :

   Léon suivit l’école primaire au Lamentin, mais, en raison des événements (les Anglais occupèrent la Martinique de 1809 à 1814), il ne put partir en France pour y continuer ses études : sa mère l’envoya donc aux Etats-Unis en 1809, puis, de là, en 1811, malgré la guerre, il put rejoindre la France et le collège de Pontlevoy, fréquenté par les fils des familles royalistes (son oncle maternel, le comte Gaigneron de Marolles habitait le proche château de Chissay).
En 1815, âgé de 18 ans, il retourna un peu en Martinique où sa mère, veuve en 1803, s’était remariée en 1809 avec Pierre-Grégoire d’Arnaud.
Pourvus d’une rente confortable, Léon et son frère puiné Théobald
 revinrent à Paris en 1818.
Dans le Paris de la Restauration, Léon, inscrit à la faculté de droit, tenait son rang et menait une vie relativement mondaine.

   Ayant besoin d’un jeune valet, il embaucha un petit ramoneur savoyard qui préparait sa communion avec un prêtre zélé dont Léon fit la connaissance et grâce auquel se produisit une sorte de « conversion », puisque Léon découvrit alors que la foi impliquait des exigences plus hautes que la seule pratique hebdomadaire, même régulière, des sacrements.
Il rejoignit la Congrégation (fondée en 1801 par l’ancien jésuite Jean-Baptiste Bourdier-Delpuits, chanoine de Paris, cette organisation de piété et de charité réunissait des personnalités laïques et religieuses qui voulaient défendre la religion : très active sous le Directoire et l’en-pire, elle fut dissoute une première fois en 1809 par décret impérial en raison de son opposition à la politique religieuse menée par l’Usurpateur ; elle se reconstitua en 1814 et fut active pendant toute la Restauration : de nombreux proches du Comte d’Artois [plus tard S.M. le Roi Charles X] en étaient membres. La Congrégation est souvent associée aux Ultras, et, de ce fait, est honnie des libéraux et révolutionnaires. Elle fut dissoute à nouveau après la révolution de 1830).

Léon Papin-Dupont

Léon Papin-Dupont (1797-1876)

B – Retour à la Martinique : mariage et veuvage.

   En 1821, licencié en droit, Léon regagna la Martinique : il fut d’abord nommé conseiller-auditeur à la Cour Royale de Saint-Pierre, puis, en avril 1830 sera conseiller au Conseil de Martinique.
Il était fidèle à l’évolution spirituelle qui l’avait marqué grâce à la Congrégation : il assistait à la Saint Messe tous les jours, avait de plus en plus le souci de son prochain – tant sur le plan spirituel que matériel -, et c’est dans ce but qu’il fut le parrain de nombreux enfants de familles en difficultés.

   En 1827, âgé de 30 ans, il épousa une de ses cousines, Caroline d’Audiffrédi (qui avait fait ses études chez les Ursulines de Tours), dont la santé était fragile.
Le 4 octobre 1832, Caroline mit au monde Marie-Caroline-Henriette ; mais le 1er août 1833, la jeune mère décéda – probablement de la tuberculose -, et Léon resta seul pour élever l’enfant, dont la santé à elle aussi suscita des inquiétudes : il fut alors conseillé au jeune veuf de rentrer en métropole où le climat lui serait plus favorable.

   En 1834, Léon quitta donc la Martinique, emmenant non seulement sa fille, mais aussi sa mère et trois serviteurs créoles.

C – Installation à Tours.

   Il choisit de s’installer à Tours pour deux principales raisons, toutes deux en rapport avec sa fillette : en cette ville exerçait un médecin réputé qui obtenait d’excellents résultats, et il souhaitait confier son éducation aux Ursulines, qui avaient auparavant si bien éduquée sa défunte épouse.

   Léon Papin-Dupont est très choqué par l’esprit libéral et irréligieux qui se répand dans la société, et par les attaques contre l’Eglise. Lui, au contraire édifie très rapidement la bonne société tourangelle par sa vie exemplaire de piété et de charité : toujours fidèle à la Sainte Messe quotidienne, il rejoint la Conférence de Saint Vincent de Paul, pour servir les pauvres ; il multiplie les pèlerinages, intensifie sa dévotion à la Passion.
Il se lamente aussi sur les ruines accumulées par la révolution en de nombreux sanctuaires anciens, voire leur disparition : c’est ainsi qu’il commence à nourrir le projet de retrouver le tombeau de Saint Martin, dont l’antique basilique a été entièrement détruite, et dont on a cherché à effacer tous les vestiges
Anticipons un peu pour signaler que, finalement, dans la nuit du 14 décembre 1860, grâce à la ténacité de Léon Papin-Dupont, on retrouvera enfin, dans une cave murée, le tombeau de Saint Martin, ce qui déterminera plus tard la reconstruction d’une basilique sur une partie de l’emplacement du grand sanctuaire  détruit.

   « Monsieur Dupont », comme on finira par l’appeler par simplification, va contribuer à l’installation des Petites Sœurs des Pauvres à Tours, instaurer des classes d’adultes pour remédier à l’analphabétisme des pauvres gens, favoriser l’apprentissage des adolescents, étendre son apostolat auprès des soldats, polémiquer avec des anticléricaux qui trouveront en lui un redoutable adversaire, s’employer à ramener à l’Eglise romaine des anglicans, développer l’adoration nocturne… et entrer en relation avec le monastère des Carmélites.

Sœur Marie de Saint-Pierre carmélite de Tours

Sœur Marie de Saint-Pierre, carmélite de Tours (1816-1848)

D – Le Carmel de Tours et Sœur Marie de Saint-Pierre.

   Le 22 juillet 1837 eut lieu ce qu’il considèrera comme sa seconde conversion. En cette fête de Sainte Marie-Magdeleine, il reçut une grâce intérieure d’exception dont il célèbrera depuis lors chaque année l’anniversaire avec émotion, sans toutefois donner de grandes précisions à son sujet.
Vingt-six ans plus tard, dans son testament, il écrira : 

    »Je termine aujourd’hui, 22 juillet 1863, fête de sainte Madeleine, vingt-sixième anniversaire du jour où je compris la nécessité de vivre dans la voie de la pénitence. C’était peu après la sainte communion au château de Chissay, où je me trouvais avec ma mère et ma fille en 1837, et à la vue d’une petite image de sainte Thérèse. » 

Il dit plus tard : 

    »Je déclare que je n’ai commencé à comprendre les choses du salut que le jour où je me déterminai à ne point avoir d’égards pour mon corps… J’avais quarante ans ; j’aurais pu mieux vivre ; et me voilà honteux de n’avoir à présenter au souverain Juge qu’une vie pauvre et tiède… »

   A compter de ce 22 juillet 1837, Léon Papin-Dupont décide de ne plus vivre que pour Dieu, et de ne plus se laisser guider que par l’amour.

   Dans une France où la déchristianisation s’accélère, où l’apostasie va de plus en plus s’officialiser, où la sanctification du dimanche est en régression, où le blasphème se généralise, de nombreuses âmes éprouvent un attrait de plus en plus fort et pressant à la réparation : l’apparition de la Très Sainte Mère de Dieu en pleurs à La Salette (19 septembre 1846 – cf. > ici) va en quelque manière confirmer toutes ces intuitions.

   C’est aussi l’époque où une jeune artiste peintre, Théodelinde Dubouché (qui deviendra Mère Marie-Thérèse du Cœur de Jésus et fondera la congrégation des Sœurs de l’Adoration Réparatrice) reçoit en février 1847 la grâce d’une vision du Christ souffrant : elle va peindre ce visage de Notre-Seigneur dont la reproduction va être largement diffusée.

Le Christ souffrant peint par Théodelinde Dubouché

Le visage du Christ souffrant
peint par Théodelinde Dubouché.

   Léon Papin-Dupont a, en cette même année, l’immense douleur de voir mourir sa fille unique (14 décembre 1847) dans une épidémie de fièvre typhoïde.

   La Prieure du Carmel de Tours, avec lequel il a contact depuis quelques années, va lui remettre une des reproductions du tableau de Théodelinde Dubouché : c’est grâce à cette image que Léon va commencer à approfondir les mystères contenus dans la Sainte Face de Jésus.
La Mère Prieure va le mettre aussi dans la confidence des grâces mystiques dont est favorisée l’une de ses religieuses : Sœur Marie de Saint-Pierre (1816-1848) ; « Monsieur Dupont », va dorénavant devenir l’ardent propagandiste des appels de Notre-Seigneur à la réparation et de la dévotion réparatrice à la Sainte Face (cf. > ici).

 E – L’apôtre de la Sainte Face.

   Le mercredi saint 16 avril 1851, la Mère Prieure remet à Léon Papin-Dupont un fac-similé, qui a valeur de relique de troisième classe, de la « Véronique » de Saint-Pierre du Vatican telle qu’on l’a reproduite à la suite du miracle du 6 janvier 1849 (cf. > ici) : il l’installe dans son salon et va faire brûler jour et nuit devant elle une lampe à huile, semblable à la veilleuse que l’on place dans les églises auprès du tabernacle et des images saintes.
Trois jours plus tard, le Samedi Saint, un premier miracle de guérison se produit grâce à un peu d’huile prélevée dans cette veilleuse.

   Dès lors, les pèlerins vont affluer, on en verra bientôt des centaines chaque mois : ils viennent solliciter une guérison intérieure ou un mieux physique, se confier à la miséricorde de l’Homme des Douleurs en se recueillant devant l’image de la Sainte Face.

   L’huile est prélevée dans la veilleuse et envoyée à ceux qui sont loin et ne se peuvent déplacer… Et les grâces pleuvent !

La gravure de la Sainte Face diffusée après le miracle et vénérée par Monsieur Dupont

   Le salon devient sanctuaire.
L’Œuvre de la Sainte Face naît et se développe et Léon, surnommé « l’Apôtre de la Sainte Face », se retrouve, bien malgré lui, célèbre pour son rayonnement et pour les grâces qui se multiplient grâce à lui.
Il est en relation avec toutes les grandes âmes contemporaines éprises de réparation : citons par exemple le pianiste juif converti Hermann Cohen, fondateur de l’Adoration Nocturne à Paris, qui va entrer au Carmel en 1849 et devenir le Père Augustin-Marie du Saint-Sacrement, Saint Pierre-Julien Eymard, fondateur des congrégations des Prêtres du Saint-Sacrement et des Servantes du Saint-Sacrement, Dom Prosper Guéranger, Sainte Madeleine-Sophie Barat, ou Louis Veuillot… etc.

F – Les dernières années et la mort :

   Atteint de rhumatismes et affecté par des crises de goutte, Léon Papin-Dupont portera de plus en plus dans sa propre chair une forme d’union physique aux souffrances du divin Rédempteur.

   A partir de 1866 il va sentir de manière éprouvante le déclin de ses forces ; à compter de 1869, il est atteint d’une extinction de voix chronique ; 1872 va lui apporter une quasi impossibilité de sortir de chez lui : la paralysie va progressivement s’installer, sa vue s’altérer, sa mémoire faiblir. Après 1874, il ne quittera plus sa chambre.
C’est dans le contexte de ce déclin physique, qu’il vivra intérieurement comme une forme de participation aux affres de la Passion, les épreuves de la France en 1870 et 1871.

   Il acceptait tout sans jamais se plaindre. Pour lui, l’essentiel était de connaître et d’accomplir la sainte volonté de Dieu, et de L’aimer :

« Le principal et l’essentiel, c’est d’arriver à la connaissance amoureuse de Dieu. »

   Sa plus grande privation sera de ne plus pouvoir aller à la Messe et d’y communier chaque matin. Il ne fut bientôt que souffrance, ne pouvant plus recevoir personne, mais il priait de manière presque continue :

« Évidemment, je suis entré dans la voie des infirmités, vraie voie de pénitence, où, bon gré, mal gré, l’on fait la volonté de Dieu.  Demandez pour moi la grâce de recevoir cette pénitence amoureusement. »

Masque mortuaire de Léon Papin-Dupont

Masque mortuaire de Léon Papin-Dupont.

   L’une des dernières paroles qu’il put articuler fut pour demander la sainte communion, dont il était si souvent privé.
Son agonie dura huit jours ; il ne pouvait plus parler, et ne s’exprimait presque plus que par des gestes. Seule Adèle, la vieille servante créole qui était venue avec lui en 1834 et qui l’assistait fidèlement, pouvait comprendre les quelques mots qu’il tentait d’articuler. 

   Sa lucidité dura jusqu’à la fin. Jamais il ne s’est plaint pendant ces jours de douleur, mais aussi de mérites, de patience, de conformité à Jésus qu’il aimait tant…
Son cousin, Léon de Marolles, qui ne le quittait pas, reçut son dernier soupir le samedi 18 mars 1876, à quatre heures du matin.

   Dès que sa mort fut connue, des milliers de personnes affluèrent pour se receuillir une dernière fois auprès de lui, et vénérer sa dépouille mortelle. Celle-ci a été rapportée dans sa maison après que son salon – transformé en oratoire avec la Sainte Présence Eucharistique trois mois et demi après sa mort -, a été, en 1884, canoniquement érigé en siège de l’Archiconfrérie réparatrice de la Sainte Face.

   En 1891, le pape Léon XIII permit l’ouverture du procès en béatification, et, depuis, la promulgation d’un décret de reconnaissance de l’héroïcité de ses vertus, permet qu’il soit désormais invoqué comme « Vénérable ».

Oratoire de la Sainte Face à Tours dans son état originel

L’Oratoire de la Sainte Face,
aménagé dans le salon de Léon Papin-Dupont,
et tel qu’il se trouvait avant les modifications intervenues au milieu du XXème siècle.

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