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2014-18. Courte biographie du Bienheureux Guillaume Repin.

1er février,
Fête du Bienheureux Guillaume Repin et de ses 98 compagnons martyrs.

Bx Guillaume Repin & socii image béatification

Le Bienheureux Guillaume Repin et ses compagnons martyrs
(image distribuée à Rome en 1984 à l’occasion de leur béatification)

       Guillaume Repin est le doyen d’âge des quatre-vingt-dix-neuf martyrs d’Angers et d’Avrillé béatifiés le 19 février 1984 et fêtés le 1er février.

   Né à Thouarcé (actuel département du Maine-et-Loire), le 26 août 1709, Guillaume Repin entra à l’âge de dix-neuf ans au séminaire d’Angers et fut ordonné prêtre pour ce diocèse.
De 1734 à 1749, il exerça son ministère sacerdotal à la paroisse de Saint-Julien d’Angers, puis fut nommé curé de Martigné-Briand, enfin il fut élévé au canonicat.
Pendant les longues années de son ministère, il fut un pasteur plein de ferveur et de zèle, très aimé de ses paroissiens

   Lorsque, le 10 février 1791, en application de la constitution civile du clergé, le maire de Martigné-Briand vint lui réclamer les clefs de l’église et lui demander la prestation de serment, le vieux chanoine Repin (il était dans sa quatre-vingt-deuxième année) refusa : il dut donc quitter sa paroisse et partit se réfugier à Angers.
Arrêté une première fois le 17 juin 1792, il fut emprisonné au séminaire, avec un très grand nombre de prêtres, comme lui réfractaires. Etant le plus âgé, c’est lui qui, le plus souvent, célébrait la Sainte Messe pour ses confrères.

   Le 14 août 1792, le serment dit « de liberté-égalité » fut rendu obligatoire pour les fonctionnaires puis, le 2 septembre suivant, cette obligation fut étendue à tous les citoyens. C’était le début de la grande Terreur.
Le chanoine Repin refusa évidemment ce second serment : il fut interné avec d’autres prêtres âgés dans une ancienne école des Frères de la Doctrine Chrétienne, surnommée la Rossignolerie.

   La colère des paysans du Bas-Poitou et de l’Anjou (ce que l’on appelera plus tard la Vendée militaire) éclate à la mi-mars 1793 et bientôt se forme la « Grande Armée Catholique et Royale ».
Le 17 juin 1793, les Vendéens s’emparent d’Angers. Le chanoine Repin, libéré, mais affaibli par l’âge et par deux années de captivité, ne peut suivre les Blancs ; néanmoins il s’efforce de se cacher des Bleus : ce sont six mois de vie errante et de cachettes au milieu des troubles que l’on sait.
Il fut pris, la veille de Noël, 24 décembre 1793, à Mauges, et conduit en prison à Chalonnes. Ensuite il fut déféré devant le comité révolutionnaire d’Angers où il subit des interrogatoires. Le 1er janvier 1794, la commission militaire le condamné à être guillotiné.

   La sentence fut exécutée, le 2 janvier 1794, sur la place Saint-Maurille, rebaptisée « du ralliement » depuis 1791. Avec lui, furent guillotinés l’abbé Laurent Batard, curé de la paroisse Notre-Dame de Chalonnes, et deux autres victimes.

   Ce sont environ cent-soixante-dix-sept condamnés qui furent guillotinés sur cette place pendant la Terreur, tandis que, ainsi que nous avons eu l’occasion de le dire, à Avrillé notamment, quelque deux mille victimes étaient fusillées.

Le Bx Guillaume Repin célébrant la Messe la nuit dans les bois

Le Bienheureux Guillaume Repin célébrant la Sainte Messe de nuit dans les bois.

Liste complète des 99 Martyrs d’Angers et d’Avrillé > ici
Discours de Mgr. le duc d’Anjou au Champ des Martyrs d’Avrillé > ici

2014-17. Le 1er février nous fêtons le Bienheureux Guillaume Repin et ses 98 compagnons martyrs.

1er février,
Fête du Bx Guillaume Repin et de ses 98 compagnons, martyrs à Angers et Avrillé ;
Mémoire de Saint Ignace d’Antioche, évêque et martyr.

Place du ralliement Angers

Angers : l’ancienne place Saint-Maurille, nommée place du ralliement depuis 1791,
sur laquelle la guillotine était dressée en 1793-1794

       Angers, 1793-1794 :
Les prisons sont pleines. D’ailleurs ce qui tient lieu de prisons, ce sont les couvents, les églises, et même – pendant un temps – la cathédrale Saint-Maurice. Les prisonniers y sont entassés. On trouve là de nombreux villageois originaires de la Vendée militaire, des prêtres réfractaires, des religieuses, quelques personnes de la bonne société.
En ce temps, il suffit de fort peu de chose pour être réputé suspect… et tout suspect est promptement emprisonné.
Malgré la guillotine, les prisons ne désemplissent pas. Une commission militaire tient lieu de tribunal : elle envoie à la mort des centaines et des centaines de « fanatiques » et d’ « aristocrates ».
La guillotine est installée sur la place que l’on appelle depuis 1791 « place du ralliement ».
Mais l’exécution au moyen de la guillotine est jugée trop lente et trop onéreuse, on ne la gardera que pour des exemples choisis : les prêtres, quelques nobles, quelques catholiques particulièrement actifs…
Pour tous les autres, envoyés à la mort par centaines, il faut quelque chose de plus expéditif ; on opte pour la fusillade.
Le fermier du Claux, à Avrillé, farouche patriote, met un champ à la disposition de la commission militaire : ce champ est idéalement situé, il n’est ni trop loin, ni trop près d’Angers. Des fosses y sont creusées. On fusillera les groupes devant elles, les victimes y tomberont directement (si nécessaire on les achèvera à la baïonnette), on jettera de la chaux sur les corps, puis on refermera : ce sera bien plus rapide !

   La commission militaire interroge sommairement les prisonniers. Il n’y a presque jamais d’acquittement. Le lendemain, les condamnés sont conduits, attachés deux par deux, en longue file sur la route de la Meignanne, jusqu’au champ, lieu de leur exécution.
Neuf fusillades ont lieu depuis le mois de janvier jusqu’au mois d’avril 1794. Selon une liste établie par l’abbé Gruget, ce sont quelque deux mille personnes qui furent fusillées à Avrillé.

Fusillade Avrillé

Fusillade au bord des fosses dans lesquelles les corps sont ensevelis à la hâte.

   Dès 1795, les Angevins viennent se recueillir dans ce champ : une croix de bois y est érigée. En 1816, les propriétaires font don du champ à la paroisse d’Avrillé, et comme les pèlerins affluent de plus en plus nombreux, en 1848 on commence la construction d’une chapelle : achevée en 1852, dédiée à Saint Louis, elle sera agrandie dans les dernières années du XIXe siècle.

   De 1863 à 1867, des fouilles sont réalisés et permettent de retrouver dix des douze fosses contenant les corps : ces dix fosses sont signalées par des croix ; les deux fosses qui n’ont pas été mises à jour se trouvent sous la chapelle

   En 1905, Son Excellence Monseigneur Joseph Rumeau, évêque d’Angers, introduit la cause d’un certain nombre de victimes, toutes celles dont les documents subsistants permettent d’affirmer qu’elles ont été clairement et indubitablement mises à mort en haine de la foi et de l’Eglise catholiques, indépendamment de toute cause politique.

Mgr Rumeau au Champ des Martyrs 30 août 1914

Pèlerinage au Champ des Martyrs d’Avrillé pour la solennité de Saint Louis (le 30 août 1914) :
S.Exc. Mgr. J. Rumeau bénit la foule des pèlerins après l’avoir haranguée depuis la porte de la chapelle.

   Le décret proclamant le martyre de quatre-vingt-dix neuf de ces victimes est rendu en 1983 et leur béatification est célébrée le 19 février 1984 : ces bienheureux martyrs sont au total douze prêtrestrois religieusesquatre hommes et quatre-vingt femmes ou jeunes filles.
Leur fête liturgique est fixée au 1er février - anniversaire de l’exécution de quarante-sept d’entre eux – et dans l’impossibilité de les nommer tous on parle du Bienheureux Guillaume Repin (qui était le plus âgé de tous les prêtres martyrisés) et de ses quatre-vingt-dix huit compagnons

   L’abbé Noël Pinot, curé réfractaire du Louroux-Béconnais, guillotiné le 21 février 1794 revêtu par dérision de ses ornements sacerdotaux, avait déjà été béatifié par le Pape Pie XI le 31 octobre 1926, et fait l’objet d’une fête particulière (cf. > ici et ici).

   Nous publions ci-après un résumé biographique pour le Bienheureux Guillaume Repin (cf.> ici).
Voici la liste des quatre-vingt-dix-neuf martyrs que nous célébrons en ce jour (par ordre chronologique d’exécution) :

Guillotiné à Angers, le 30 octobre 1793 :

1 – Abbé JEAN-MICHEL LANGEVIN, prêtre du diocèse d’Angers : 62 ans (né le 28 septembre 1731 à Ingrandes – Maine-et-Loire).

Guillotinés à Angers, le 1er janvier 1794 :

2 – Abbé RENÉ LEGO, prêtre du diocèse d’Angers : 29 ans (né le 5 octobre 1764 à La Flèche, Sarthe).
3 – Abbé JEAN LEGO, prêtre du diocèse d’Angers : 27 ans (né le 13 mai 1766 La Flèche, Sarthe).

Guillotinés à Angers, le 2 janvier 1794 :

4 – Chanoine GUILLAUME REPIN, prêtre du diocèse d’Angers : 85 ans (né le 26 août 1709 à Thouarcé, Maine-et-Loire).
5 – Abbé LAURENT BATARD, prêtre du diocèse d’Angers : 50 ans (né le 4 février 1744 à Saint-Maurille de Chalonnes-sur-Loire, Maine-et-Loire).

Guillotinés à Angers, le 5 janvier 1794 :

6 – Abbé JACQUES LEDOYEN, prêtre du diocèse d’Angers : 34 ans (né le 3 avril 1760 à Rochefort-sur-Loire, Maine-et-Loire).
7 – Abbé FRANÇOIS PELTIER, prêtre du diocèse d’Angers : 66 ans (né le 26 avril 1728 à Savennières, Maine-et-Loire).
8 – Abbé PIERRE TESSIER, prêtre du diocèse d’Angers : 28 ans (né le 11 mai 1766 à La Trinité-d’Angers, Maine-et-Loire).

Avrillé champ des martyrs début XXe siècle

Avrillé : le Champ des Martyrs avec le grand calvaire au fond de l’enclos au début du XXe siècle.

Fusillé à Avrillé, le 12 janvier 1794 :

9 – ANTOINE FOURNIER, laïc : 58 ans (né le 26 janvier 1736 à La Poitevinière, Maine-et-Loire).

Fusillés à Avrillé, le 18 janvier 1794 :

10 – VICTOIRE GUSTEAU, laïque : environ 49 ans (née vers 1745 à Châtillon-sur-Sèvre, Deux-Sèvres).
11 – CHARLOTTE LUCAS, laïque : 42 ans (née le 1er avril 1752 à Chalonnes-sur-Loire, Maine-et-Loire).
12 – MONIQUE PICHERY, laïque : 32 ans (née le 4 avril 1762 Chalonnes-sur-Loire, Maine-et-Loire).
13 – FÉLICITÉ PRICET, laïque : environ 49 ans (née vers 1745 à Châtillon-sur-Sèvre, Maine-et-Loire).

Guillotinée à Angers, le 26 janvier 1794 :

14 – MARIE DE LA DIVE, veuve DU VERDIER DE LA SORINIÈRE, laïque : 71 ans (née le 18 mai 1723 à Saint-Crespin-sur-Moine, Maine-et-Loire).

Guillotinée à Angers, le 27 janvier 1794 :

15 – Mère ROSALIE DU VERDIER DE LA SORINIÈRE, moniale Bénédictine de Notre-Dame du Calvaire : 49 ans (née le 12 août 1745 à Saint-Pierre de Chemillé, Maine-et-Loire). 

Angers Bénédictines du Calvaire

Angers : vue aérienne du Monastère des Bénédictines du Calvaire,
dont la Bienheureuse Rosalie du Verdier de la Sorinière était religieuse.
Pendant la terreur le monastère était transformé en prison.

Fusillées à Avrillé, le 1er février 1974  :

16 – Soeur MARIE-ANNE VAILLOT, Fille de la Charité de Saint Vincent de Paul : 58 ans (née le 13 mai 1736 à Fontainebleau).
17 – Soeur ODILE BAUMGARTEN, Fille de la Charité de Saint Vincent de Paul : 44 ans (née le 15 novembre 1750 à Gondrexange, Moselle).
18 – GABRIELLE ANDROUIN, laïque : 39 ans (née le 6 septembre 1755 à Saint-Lambert-du-Lattay, Maine-et-Loire).
19 – PERRINE ANDROUIN, laïque : 34 ans (née le 31 août 1760 à Saint-Lambert-du-Lattay, Maine-et-Loire).
20 – SUZANNE ANDROUIN, laïque : 37 ans (née le 16 mars 1757 à Saint-Lambert-du-Lattay, Maine-et-Loire).
21 – VICTOIRE BAUDUCEAU épouse RÉVÉLIÈRE, laïque : 49 ans (née le 20 septembre 1745 à Thouars, Deux-Sèvres).
22 – FRANÇOISE BELLANGER, laïque : 59 ans (née le 24 juin 1735 à La Trinité-d’Angers, Maine-et-Loire).
23 – PERRINE BESSON, laïque : environ 52 ans (née vers 1742 à Essarts, Vendée).
24 – MADELEINE BLOND, laïque : environ 31 ans (née vers 1763 à Angers, Maine-et-Loire).
25 – FRANÇOISE BONNEAU, laïque : environ 31 ans (née vers 1763 à Saint-Léger-en-Anjou, Maine-et-Loire).
26 – JEANNE BOURIGAULT, laïque : 37 ans (née le 24 octobre 1757 à Chaudefonds, Maine-et-Loire).
27 – RENÉE CAILLEAU épouse GIRAULT, laïque : 42 ans (née le 6 juillet 1752 à Saint-Aubin-de-Luigné, Maine-et-Loire).
28 – MARIE CASSIN épouse MOREAU, laïque : 44 ans (née le 21 janvier 1750 à Chanteloup, Maine-et-Loire).
29 – SIMONE CHAUVIGNÉ veuve CHARBONNEAU, laïque : 66 ans (née le 12 mars 1728 à Chaudefonds, Maine-et-Loire).
30- MARIE-JEANNE CHAUVIGNÉ épouse RORTEAU, laïque : 39 ans (née le 21 février 1755 à La Jumellière, Maine-et-Loire).
31 – CATHERINE COTTANCEAU, laïque : environ 61 ans (née vers 1733 à Bressuire, Deux-Sèvres).
32 – CHARLOTTE DAVY, laïque : 34 ans (née le 19 octobre 1760 à Chalonnes-sur-Loire, Maine-et-Loire).
33 – LOUISE DÉAN DE LUIGNÉ, laïque : 37 ans (née le 17 novembre 1757 à Argeton-Notre-Dame, Mayenne).
34 – ANNE-FRANÇOISE DE VILLENEUVE, laïque : 53 ans (née le 11 septembre 1741 à Seiches-sur-le-Loir, Maine-et-Loire).
35 – MARIE FAUSSEUSE épouse BANCHEREAU, laïque : environ 54 ans (née vers 1740 à Boësse, Deux-Sèvres).
36 – JEANNE FOUCHARD épouse CHALONNEAU, laïque : 47 ans (née le 10 septembre 1747 à Chalonnes-sur-Loire, Maine-et-Loire).
37 – MARIE GALLARD épouse QUESSON, laïque : environ 55 ans (née vers 1739 à Saint-Laurent-de-la-Plaine, Maine-et-Loire).
38 – MARIE GASNIER épouse MERCIER, laïque : 38 ans (née le 8 novembre 1756 à Ménil, Mayenne).
39 – MARIE GRILLARD, laïque : 41 ans (née le 5 octobre 1753 à Saint-Pierre de Cholet, Maine-et-Loire).
40 – RENÉE GRILLARD, laïque : 28 ans (née le 10 février 1766 à Saint-Pierre de Cholet, Maine-et-Loire).
41 – PERRINE GRILLE, laïque : 52 ans (née le 6 février 1742 à Rochefort-sur-Loire, Maine-et-Loire).
42 – JEANNE GRUGET veuve DOLY, laïque : environ 49 ans (née vers 1745 à Châtillon-sur-Sèvre, Deux-Sèvres). 
43 – ANNE HAMARD, laïque : environ 52 ans (née vers 1742 à Saint-Clément, Maine-et-Loire).
44 - PERRINE LEDOYEN, laïque : 30 ans (née le 16 septembre 1764 à Saint-Aubin-de Luigné, Maine-et-Loire).
45 – MARIE LENÉE épouse LEPAGE DE VARANCÉ, laïque : 65 ans (née le 14 juillet 1729 à Saint-Nicolas de Saumur, Maine-et-Loire).
46 – MARIE LEROY épouse BREVET, laïque : environ 39 ans (née vers 1755 – lieu inconnu).
47 – MARIE LEROY, laïque : 23 ans (née le 19 mai 1771 à Montilliers, Maine-et-Loire).
48 – RENÉE MARTIN épouse MARTIN, laïque : environ 42 ans (née vers 1752 – lieu inconnu).
49 – FRANÇOISE MICHAU, laïque : environ 29 ans (née vers 1765 – lieu inconnu).
50 – JACQUINE MONNIER, laïque : 68 ans (née le 16 janvier 1726 à Saint-Melaine, Maine-et-Loire).
51 – FRANÇOISE PAGIS épouse RAILLEAU, laïque : 62 ans (née le 14 octobre 1732 à Gouis, Maine-et-Loire).
52 – MADELEINE PERROTIN veuve ROUSSEAU, laïque : 50 ans (née le 30 mars 1744 à Saint-Germain-des-Prés, Maine-et-Loire).
53 – PERRINE-CHARLOTTE PHELIPPEAUX épouse SAILLAND D’EPINATZ, laïque : 54 ans (née le 13 mai 1740 à Saint-Nicolas de Saumur, Maine-et-Loire).
54 – MARIE ANNE PICHERY épouse DELAHAYE, laïque : 40 ans (née le 30 juillet 1754 à Chalonnes-sur-Loire, Maine-et-Loire).
55 – ROSE QUENION, laïque : 30 ans (née le 20 janvier 1764 à Mozé-sur-Louet, Maine-et-Loire).
56 – LOUISE OLYMPE RALLIER DE LA TERTINIÈRE veuve DÉAN DE LUIGNÉ, laïque : 62 ans (née le 24 avril 1732 à Château-Gontier, Mayenne).
57 – MARGUERITE RIVIÈRE épouse HUAU, laïque : 38 ans (née le 20 août 1756 à La Ferrière-de-Flée, Maine-et-Loire).
58 – MARIE ROUAULT épouse BOUJU, laïque : 50 ans (née le 26 octobre 1744 à Vezins, Maine-et-Loire).
59 – PERRINE SAILLAND D’EPINATZ, laïque : 26 ans (née le 24 mars 1768 à Saint-Nicolas de Saumur, Maine-et-Loire).
60 – JEANNE SAILLAND D’EPINATZ, laïque : 25 ans (née le 3 juillet 1769 à Saint-Nicolas de Saumur, Maine-et-Loire).
61 – MADELEINE SAILLAND D’EPINATZ, laïque : 24 ans (née le 9 août 1770 à Saint-Nicolas de Saumur, Maine-et-Loire).
62 – RENÉE VALIN, laïque : 34 ans (née le 8 mars 1760 à Chaudefonds, Maine-et-Loire).

Avrillé champ des martyrs chapelle St Louis

Chapelle Saint-Louis au Champ des Martyrs d’Avrillé – début XXe siècle.

Fusillés à Avrillé, le 10 février 1794 :

63 – LOUISE BESSAY DE LA VOUTE, laïque : 73 ans (née le 22 août 1721 à Saint-Mars-des-Prés, Vendée).
64 – CATHERINE DU VERDIER DE LA SORINIÈRE,  laïque : 36 ans (née le 29 juin 1758 à Saint-Pierre de Chemillé, Maine-et-Loire).
65 – MARIE-LOUISE DU VERDIER DE LA SORINIÈRE, laïque : 29 ans (née le 27 juin 1765 à Saint-Pierre de Chemillé, Maine-et-Loire).
66 – PIERRE FRÉMOND, laïc : 40 ans (né le 16 septembre 1754 à Chaudefonds, Maine-et-Loire).
67 – MARIE-ANNE HACHER DU BOIS, laïque : 29 ans (née le 3 avril 1765 à Jallais, Maine-et-Loire).
68 – LOUISE POIRIER épouse BARRÉ, laïque : 40 ans (née le 22 février 1754 au Longeron, Maine-et-Loire).

Guillotiné à Angers, le 22 mars 1794 : 

69 – Abbé FRANÇOIS CHARTIER, prêtre du diocèse d’Angers : 42 ans (né le 6 juin 1752 à Marigné, Maine-et-Loire).

Guillotinée à Angers, le 28 mars 1794 :

70 – RENÉE MARIE FEILLATREAU épouse DUMONT, laïque : 43 ans (née le 8 février 1751 à Angers, Maine-et-Loire).

Avrillé chapelle St Louis intérieur vers 1940

Avrillé : chapelle Saint-Louis du Champ des Martyrs (intérieur vers 1940)

Fusillés à Avrillé, le 16 avril 1794 :

71 – PIERRE DELÉPINE, laïc : 62 ans (né le 24 mai 1732 à Marigné, Maine-et-Loire).
72 – JEAN MÉNARD, laïc marié : 58 ans (né le 16 novembre 1736 à Andigné, Maine-et-Loire).
73 – RENÉE BOURGEAIS veuve JURET, laïque : 43 ans (née le 12 novembre 1751 à Montjean, Maine-et-Loire).
74 – PERRINE BOURIGAULT, laïque : 51 ans (née le 7 août 1743 à Montjean, Maine-et-Loire).
75 – MADELEINE CADY épouse DESVIGNES, laïque : 38 ans (née le 7 avril 1756 à Saint-Maurille de Chalonnes-sur-Loire, Maine-et-Loire).
76 – MARIE FORESTIER, laïque : 26 ans (née le 16 janvier 1768 à Montjean, Maine-et-Loire).
77 – MARIE GINGUENEAU veuve COIFFARD, laïque : environ 55 ans (née vers 1739 – lieu inconnu).
78 – JEANNE GOURDON veuve MOREAU, laïque : 61 ans (née le 8 octobre 1733 à Sainte-Christine, Maine-et-Loire).
79 – MARIE LARDEUX, laïque : environ 46 ans (née vers 1748 – lieu inconnu).
80 – PERRINE LAURENT, laïque : 48 ans (née le 2 septembre 1746 à Louvaines, Maine-et-Loire).
81 – JEANNE LEDUC épouse PAQUIER, laïque : 40 ans (née le 10 février 1754 à Chalonnes-sur-Loire, Maine-et-Loire).
82 – ANNE MAUGRAIN, laïque : 34 ans (née le 12 avril 1760 à Rochefort-sur-Loire, Maine-et-Loire).
83 – FRANÇOISE MICHENEAU veuve GILLOT, laïque : 57 ans (née le 19 mai 1737 à Chanteloup-les-Bois, Maine-et-Loire).
84 – JEANNE ONILLON veuve ONILLON, laïque : 41 ans (née le 19 avril 1753 à Montjean, Maine-et-Loire).
85 – MARIE PIOU épouse SUPIOT, laïque : 39 ans (née le 19 mai 1755 à Montrevault, Maine-et-Loire).
86 – PERRINE POTTIER épouse TURPAULT, laïque : 44 ans (née le 26 avril 1750 à Cléré-sur-Layon, Maine-et-Loire).
87 – MARIE GENEVIEVE POULAIN DE LA FORESTRIE, laïque : 53 ans (née le 3 janvier 1741 au Lion-d’Angers, Maine-et-Loire).
88 – MARTHE POULAIN DE LA FORESTRIE, laïque : 51 ans (née le 2 octobre 1743 au Lion-d’Angers, Maine-et-Loire).
89 – RENÉE RIGAULT épouse PAPIN, laïque : 44 ans (née le 14 mai 1750 à Saint-Florent-le-Vieil, Maine-et-Loire).
90 – MARGUERITE ROBIN, laïque mariée : 69 ans (née le 22 décembre 1725 à Montjean, Maine-et-Loire).
91 – MARIE RECHARD, laïque : 31 ans (née le 29 avril 1763 à Montjean, Maine-et-Loire).
92 – MARIE ROGER veuve CHARTIER, laïque : 67 ans (née le 14 janvier 1727 à Montjean, Maine-et-Loire).
93 – MADELEINE SALLÉ épouse HAVARD, laïque : environ 43 ans (née vers 1751 – lieu inconnu).
94 – RENÉE SECHET veuve DAVY, laïque : 41 ans (née le 28 décembre 1753 à Montjean, Maine-et-Loire).
95 – FRANÇOISE SUHARD veuve MÉNARD, laïque : 63 ans (née le 5 février 1731 à Saint-Gemmes-d’Andigné, Maine-et-Loire).
96 – JEANNE THOMAS veuve DELAUNAY, laïque : environ 64 ans (née vers 1730 – lieu inconnu).

Avrillé champ des martyrs calvaire et fosses

Avrillé : le Champ des Martyrs, état actuel.
Calvaire du fond de l’enclos – les croix sur les côtés indiquent les lieux des fosses.

Guillotiné à Angers, le 18 avril 1794 :

97 – Abbé JOSEPH MOREAU, prêtre du diocèse d’Angers : 31 ans (né le 21 octobre 1763 à Saint-Laurent-de-la-Plaine, Maine-et-Loire).

Guillotiné à Angers, le 24 août 1794 :

98 – Abbé ANDRÉ FARDEAU, prêtre du diocèse d’Angers : 33 ans (né le 19 novembre 1761 à Soucelles, Maine-et-Loire).

Guillotiné à Angers, le 14 octobre 1794 :

99 – Abbé JACQUES LAIGNEAU DE LANGELLERIE, prêtre du diocèse d’Angers : 47 ans (né le 17 Avril 1747 à La Flèche, Sarthe).

   A la fin de cette impressionnante liste de martyrs, je veux ajouter ci-dessous le cantique « Je mets ma confiance » : les paroles en sont attribuées à Saint Louis-Marie Grignon de Montfort. Sur le chemin du martyre, c’était l’un des cantiques qui été le plus souvent chanté par ceux qui allaient donner leur vie par fidélité à Notre-Seigneur et à Son Eglise :

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Image de prévisualisation YouTube

Une autre version de ce cantique peut également être entendue > ici

Courte biographie du Bienheureux Guillaume Repin > ici.
Discours prononcé par Mgr. le duc d’Anjou, au Champ des Martyrs d’Avrillé > ici.

2014-15. A notre regretté Prince Alphonse.

- 30 janvier 1989 -

Armes de France

       Le triste anniversaire de la mort officiellement « accidentelle » de notre regretté Prince Alphonse de Bourbon, de jure Roi Alphonse II de France, est l’occasion de relire certains beaux témoignages qui lui ont été rendus.
Cette publication permettra à nos amis, grâce aux liens que nous plaçons ci-dessous, de s’y reporter :

   1) le blogue du Cercle Légitimiste de Lorraine Robert de Baudricourt, reproduit ainsi un témoignage de Monsieur le duc de Baufremont, rédigé à l’occasion du vingtième anniversaire de la mort du Prince, et une lettre-préface de feue Madame la duchesse de Ségovie rédigée quelques semaines après le tragique accident qui causa la mort de son fils. C’est à lire ici .
La Province Légitimiste de Provence reproduit également cette lettre-préface de Madame la duchesse de Ségovie en publiant en outre un résumé rappelant les circonstances de la mort du Prince, ses funérailles et en publiant la photo de sa sépulture > ici.

   2) Le témoignage, déjà ancien, du Baron Pinoteau, intitulé : « Le Prince que j’ai servi », est toujours intéressant à relire > ici.

   3) Différent et beaucoup plus court, le texte d’hommage de Jean Raspail peut également être lu > ici.

Prince Alphonse de Bourbon duc d'Anjou

Monseigneur le Prince Alphonse de Bourbon,
duc d’Anjou et de Cadix (1936 -1989)

   4) Et puis il y a ce toujours très émouvant enregistrement de l’oraison funèbre que feu Monsieur l’Abbé Chanut - aumônier du Prince retourné à Dieu l’été dernier –  prononça lors de la Sainte Messe de Requiem célébrée en la basilique nécropole royale de Saint-Denys le 9 février 1989,  dans laquelle il dévoile le dessein qu’avait formé Monseigneur le Prince Alphonse de consacrer sa personne, sa famille et la France au Sacré-Coeur de Jésus > ici.

Terminons cette évocation dans le recueillement, en nous laissant porter dans la prière de l’introït du « Requiem des Roys de France » d’Eustache du Caurroy (1549-1609) :

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Note : la « Missa pro defunctis » à cinq voix de du Caurroy, composée en 1606, fut chantée aux funérailles de Sa Majesté le Roi Henry IV en 1610, et par la suite, selon le chanoine et musicologue Sébastien de Brossard, elle aurait été interprétée aux funérailles royales au cours des deux siècles qui suivirent, d’où son surnom qui lui est resté attaché.

frise lys

2014-14. Du Bienheureux Charlemagne dans quelques représentations sacrées.

28 janvier,
Fête du Bienheureux Charlemagne.

Ainsi que je vous l’ai annoncé dans ma précédente publication (cf. > ici), je souhaite vous donner un aperçu iconographique du Bienheureux Charlemagne.
Je ne veux pas, et de toute façon je ne peux pas, reproduire ici des tableaux de type historique ou destinés à un usage profane, mais je voudrais vous présenter quelques oeuvres qui appartiennent spécifiquement au patrimoine religieux, voire liturgique.

Je dois avant tout préciser, car beaucoup l’ignorent aujourd’hui (où l’on se permet de placer dans les églises de prétendues oeuvres d’art qui non seulement ne sont pas belles et ne portent pas à la piété, mais qui en outre ne correspondent pas aux règles traditionnelles de l’art religieux, conforme à la rectitude de la foi), que, jusqu’à une date relativement récente, les représentations admises dans les édifices religieux étaient soumises à des règles très strictes et que, par exemple, jamais il n’eût été admis d’y faire figurer un personnage avec un nimbe (auréole) si son culte public n’avait pas été officiellement autorisé.

Commençons notre aperçu iconographique à Rome :

Dans le nartex de la basilique de Saint-Pierre au Vatican, faisant face à une autre statue équestre – celle de l’Empereur Constantin 1er le Grand, due au ciseau du Bernin – se trouve une statue équestre du Bienheureux Charlemagne, qui fut ici couronné Empereur d’Occident à la Noël de l’an 800.
Cette oeuvre a été réalisée en 1725-1735 par Agostino Cornacchini :

Basilique St Pierre Charlemagne par Cornacchini

Sur la façade de la principale église française de Rome, Saint-Louis des Français, le Bienheureux Charlemagne est représenté en parallèle avec Saint Louis.
Voici un gros plan de détail de cette statue particulièrement belle, où, comme pour la précédente, le Bienheureux Charlemagne est en costume d’Empereur antique :

église Saint Louis des Français - façade - Rome

Une troisième représentation romaine : celle qui se trouve dans le cloître de l’église de la Trinité-des-Monts.  
On sait que cette église et le couvent auquel elle est rattachée furent voulus par le Roi Charles VIII et qu’ils eurent toujours un lien privilégié avec  les Rois de France.
De fait, on trouve dans le cloître les portraits peints de tous les souverains français légitimes, depuis Pharamond jusqu’à Charles X.

On remarquera que le visage du Bienheureux Charlemagne est auréolé :

Rome cloître de la Trinité des Monts

Venons maintenant à Paris.
Tout le monde connaît – on ne peut pas la manquer – la monumentale (et fantaisiste) statue de bronze du Bienheureux Charlemagne, accompagné de ses preux, Olivier et Roland, qui a été installée sur le parvis de Notre-Dame de Paris – après une histoire mouvementée qu’il serait trop long de raconter ici – dans les toutes dernières années du XIXe siècle…

Statue du parvis de Notre-Dame gravure

… toutefois, bien peu savent qu’à l’intérieur même de la Cathédrale, une chapelle et un autel du déambulatoire sont dédiés au Bienheureux Charlemagne et à quelques autres saints de souche royale.
Le saint Empereur y est représenté dans une peinture murale ; là aussi, il est nimbé :

Cathédrale ND de Paris - chapelle du déambulatoire

On trouve aussi une représentation du Bienheureux Charlemagne sur un bas relief de la cathédrale Saint-Louis de Versailles.
L’Empereur, siégeant casqué, foule d’un pied la dépouille de l’hérésie et se trouve encadré par les figures allégoriques de la vertu théologale de foi (portant la croix et le calice eucharistique) et de la vertu cardinale de force (tenant la palme de la victoire) :

Cathédrale de versailles - bas relief

On trouve également une sculpture du Bienheureux Charlemagne, à la cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul de Nantes.
Comme à la façade de Saint-Louis des Français à Rome, il y est mis en parallèle avec Saint Louis :

Cathédrale de Nantes St Charlemagne & St Louis

Sur la façade de la double église Saint-Louis des Invalides (Paris), on retrouve encore la statue du Bienheureux Charlemagne :

Façade église St-Louis - du dôme - aux Invalides

Mais ce qui en surprendra plus d’un sans doute, c’est que le Bienheureux Charlemagne est aussi représenté dans… la chapelle du palais de l’Elysée !

Cette chapelle avait été créée sous le second empire.
Sous l’actuelle république, des Messes y furent célébrées au temps du général de Gaulle, mais il n’y en a pas eu depuis. Elle fut toutefois gardée en l’état, entretenue – voire restaurée – par Messieurs Pompidou, Giscard d’Estaing, Mitterrand et Chirac… Sous le président Sarkozy elle fut utilisée pour y entreposer des cadeaux de Noël, puis aménagée en salon d’attente où, parait-il, un grand portrait de ce président avait été mis à la place de l’autel : excusez du peu !

Je ne pense pas que l’actuel occupant de l’Elysée ait rendu le lieu à sa destination cultuelle…
Il n’empêche, le lieu a gardé ses peintures d’origine, dues à un certain Sébastien Cornu (1804-1870), bien oublié aujourd’hui, mais dont on trouve d’autres oeuvres à Saint-Germain l’Auxerrois et à saint Roch.
Faisant toujours le parallèle avec Saint Louis, le Bienheureux Charlemagne figure donc en bonne place dans le décor de cette chapelle :

Chapelle de l'Elysée - oeuvre de Sébastien Cornu

Pour terminer, je veux faire place à la magnifique représentation du Bienheureux Charlemagne qui figure au sommet du sceptre de Charles V (1364), couronnant une fleur de Lys au naturel.
Ce sceptre, dit de Charlemagne, se voit aujourd’hui au musée du Louvre : c’est l’un des rares objets liturgiques du sacre de nos Rois qui soit parvenu jusqu’à nous :

Sceptre dit de Charlemagne

Conservé dans le trésor de l’abbaye de Saint-Denys, il en sortait pour être apporté à Reims chaque fois qu’un Roi était sacré. Il ne fut pas détruit en 1793, ce qui est quasi miraculeux…
Sur le noeud qui soutient le Lys sont représentées des apparitions de l’apôtre Saint Jacques au Bienheureux Charlemagne.

Que le Bienheureux Charlemagne continue d’intercéder pour la France et nous tienne en sa sainte garde. Ainsi soit-il !

Lully.

Armoiries de Charlemagne

Publié dans:Memento, Nos amis les Saints, Vexilla Regis |on 28 janvier, 2014 |5 Commentaires »

2014-13. De Saint Charlemagne, Roi des Francs et Empereur d’Occident.

28 janvier,
Fête de Saint Charlemagne.

Fête du Bx Charlemagne

Cathédrale d’Aix-la-Chapelle : fête de Saint Charlemagne – encensement du reliquaire du Chef de l’Empereur.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

       Au Mesnil-Marie, nous n’en faisons pas un mystère – et nous en sommes même très fiers ! – , chaque 28 janvier, nous célébrons la fête liturgique du Bienheureux Charlemagne, Roi des Francs et Empereur d’Occident.
Le 28 janvier de l’an de grâce 2014, nous avons marqué cette fête avec d’autant plus de ferveur que c’était le jour exact du douzième centenaire de la mort du grand Souverain.

   Malgré l’épouvantable ignorance qui désole nos temps (car les jeunes générations, en particulier, ne savent pas toujours le situer chronologiquement ni même citer quelques grands événements de son règne), la haute figure du grand Roi Franc domine l’histoire de l’Occident chrétien et rayonne encore aujourd’hui sur l’Europe, puisque certains n’hésitent pas à dire qu’il en est l’un des pères : Pater Europae.

   Bien sûr, de modernes historiens – qui voudraient nous faire croire qu’ils sont bien plus au courant de la vie de Charlemagne que ceux qui ont vécu à ses côtés et qui lui ont rendu témoignage ! – , des ecclésiastiques retors et complexés – dont le prurit oecuménique et le souci du dialogue inter-religieux supportent mal l’idée que l’on puisse vouloir étendre le Règne du Christ – , et quelques autres inquisiteurs de la bien-pensance démocratique auxquels la seule idée d’un Royaume chrétien déclenche des éruptions de furoncles, ont mené de véritables campagnes de dénigrement pour salir sa mémoire. 
Et les voilà (eux qui ne sont pourtant habituellement pas très regardants sur le respect de la morale imposée par l’Eglise et se feraient volontiers les chantres de la libération des moeurs) qui, avec des airs de rosière offusquée, décrètent de manière dogmatique (eux, les ennemis du dogme) que l’Empereur aurait été polygame !
Et les voilà (eux, les thuriféraires de la révolution qui voudraient minimiser les épouvantables massacres qu’elle généra, en France et jusqu’au bout de l’Europe) qui dépeignent les guerres contre les Saxons ou contre les mahométans dans de noires couleurs qui, en réalité, n’appartiennent qu’aux seules démocraties populaires du XXe siècle !

Châsse de St Charlemagne

Châsse renfermant la plus grande partie du corps de Saint Charlemagne
(cathédrale d’Aix-la-Chapelle)

   D’autres plus savants que moi, ont su faire justice de ces accusations : je me contenterai de vous renvoyer, par exemple, à la notice que lui a consacré Dom Guéranger dans sa célèbre « Année liturgique » (ici > 28 janvier, le Bienheureux Charlemagne).

   Pour moi, j’ai sorti mes griffes et j’ai poussé un miaulement de (sainte) colère, l’autre jour, en lisant, sur les pages d’un site Internet que je ne nommerai pas (sur lequel sévit un « professeur de religion » à la théologie douteuse), que Charlemagne aurait été « décanonisé » (sic) par l’Eglise Romaine !

   Ceux qui, tétanisés par les critiques modernes, se dandinent d’un pied sur l’autre en parlant à demi-mots gênés de la canonisation de Charlemagne, s’empressent généralement d’ajouter, comme pour s’excuser eux-mêmes et pour disculper l’Eglise, que cette canonisation aurait été prononcée par l’antipape Pascal III…
Ce qui est faux !

   Si Frédéric Barberousse fut bien le promoteur de la cause de canonisation de Charlemagne, si Frédéric Barberousse soutenait effectivement l’antipape Pascal III, et si Frédéric Barberousse voyait dans cette canonisation un geste d’une grande portée politique en sa faveur, il n’en demeure pas moins que la canonisation de Charlemagne fut accomplie d’une manière tout à fait conforme au droit de l’époque, par des pasteurs légitimes.
En effet, jusqu’à ce moment-là, les canonisations n’étaient pas réservées au Saint-Siège et n’étaient pas accomplies selon les procédures que nous connaissons aujourd’hui (lesquelles ont été définitivement fixées au XVIIIe siècle par le pape Benoît XIV, et ont été ensuite simplifiées à la fin du XXe siècle).

   Au XIIe siècle donc encore, comme pendant tous les premiers siècles de la Chrétienté, ce que nous appelons aujourd’hui une « canonisation » consistait en une cérémonie solennelle que l’on appelait souvent « élévation (ou exaltation) des reliques », puisque il y était procédé, par l’évêque du lieu (ou le métropolitain), en reconnaissance de la sainteté d’un personnage et des miracles accomplis sur sa tombe, au placement de ses restes mortels dans une châsse que l’on disposait sur un autel.
Dès lors, ces reliques seraient publiquement honorées et le saint auquel elles avaient appartenu ferait l’objet d’un culte officiel, ce qui était confirmé par la proclamation de la date à laquelle on célébrerait dorénavant sa fête.
A cette époque, il n’y avait pas non plus de distinction entre « bienheureux » et « saint ».

   L’élévation des reliques de Charlemagne eut lieu le 29 décembre 1165, et fut accomplie de manière régulière (cf. > ici) par l’archevêque Renaud de Dassel, de Cologne, et par l’évêque Alexandre II, de Liège, qui, redisons-le, étaient des évêques légitimes de la Sainte Eglise Catholique Romaine, et qui jouissaient de la pleine autorité pour le faire.
Il est vrai qu’ils reçurent pour cela l’aval d’un décret de l’antipape Pascal III ; mais quand bien même Pascal III eut-il été un pape légitime, son décret n’aurait rien ajouté à la régularité de l’acte accompli.

Reliquaire du bras

Reliquaire du bras du Bienheureux Charlemagne
(cathédrale d’Aix-la-Chapelle)

   Comme l’a très bien fait observer Dom Guéranger dans la notice qu’il a consacrée au Bienheureux Charlemagne (cf. supra), les contestations ne se firent jour que sous l’influence et en conséquence du poison que l’hérésie protestante distilla dans la Chrétienté…
Et le culte séculaire que l’on rendait publiquement à Saint Charlemagne dans de très nombreux diocèses de France et d’Allemagne, s’estompa, perdit en popularité, passa au second plan et, au fur et à mesure des réformes liturgiques de l’époque moderne (un peu selon la technique dite « du voleur chinois »), ne subsista pratiquement plus qu’à Aix-la-Chapelle et dans quelques diocèses voisins.

Mais de « décanonisation », point !

   Bien au contraire, au XVIIIe siècle, le pape Benoît XIV (celui-là même qui fixa les règles des béatifications et des canonisations telles qu’elles ont été observées jusqu’au XXe siècle) - grand canoniste et aussi « spécialiste » du culte des saints - , auquel on soumit le cas de Charlemagne, car certains le jugeaient litigieux en raison du soutien apporté par l’antipape Pascal III à sa canonisation, trancha de manière non équivoque : là où ce culte était établi, on ne pouvait ni le blâmer ni l’éradiquer ; et il fut statué très officiellement que l’on pouvait l’honorer et l’invoquer comme « Bienheureux Charlemagne ».
Fin de la contestation.

   Pour terminer, je vous propose d’écouter le « Planctus de obitu Karoli : lamentation sur la mort de Charles », texte remarquable comprenant vingt distiques qui alternent avec un refrain, composé très probablement par un moine de l’abbaye de Bobbio en 814-815, c’est à dire au moment où la nouvelle du trépas du Souverain se répandit à travers l’empire.

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   Dès que je le pourrai, je ferai suivre cet article par un autre qui sera uniquement dédié à des représentations - que j’aime particulièrement – de notre cher Saint Charlemagne.

   Pour l’heure, prions-le avec ferveur d’intercéder pour l’Europe, pour la France, et spécialement pour l’héritier légitime du Royaume de France.
Déjà, au XVe siècle, c’était le rôle particulier qui lui était assigné dans le Ciel, puisque Sainte Jeanne d’Arc put dire à Charles VII : « Sire, je vous dis que Dieu a pitié de vous, de votre royaume et de votre peuple, car Saint Louis et Saint Charlemagne sont à genoux devant Lui, faisant prière pour vous ».

Lully.

Armoiries de Charlemagne

Du Bienheureux Charlemagne dans quelques représentations sacrées > ici
La séquence « Urbs aquensis » et l’anniversaire de la canonisation de Saint Charlemagne > ici

2014-12. Les Saintes Hosties et le « ciboire » miraculeux de Pézilla-la-Rivière.

Pézilla la Rivière

Pézilla-la-Rivière : vue aérienne du centre ville – l’église des Saintes Hosties.

Dans la vallée de la Têt, à une dizaine de kilomètres à l’ouest de Perpignan, Pézilla-la-Rivière (en catalan Pesillà de la Ribera) est aujourd’hui une petite ville peuplée d’un peu plus de trois-mille habitants, mais qui à la fin du XVIIIe siècle comptait à peine 900 âmes.
Au centre du bourg ancien, se dresse une imposante église de briques et de pierres qui, à la fin du XIXe siècle, a remplacé un édifice plus ancien.
Le vocable de cette église est peu courant : en effet, elle ne porte pas le nom d’un saint, ou de la Vierge Marie, mais elle est dédiée aux « Saintes Hosties », dont la fête est célébrée de manière très solennelle chaque année au premier dimanche après Pâques (appelé aussi dimanche de Quasimodo).
Cette dédicace se rapporte à un évènement miraculeux, qui s’est passé lors de la sinistre révolution, dont je veux vous entretenir aujourd’hui…

blason de Pézilla la Rivière

Armoiries de Pézilla-la-Rivière.

Il y a 220 ans : en pleine Terreur…

1793 : la Terreur.
En Roussillon, comme partout, les « patriotes » font la guerre au catholicisme et à ses ministres sacrés : les églises sont fermées, le culte (même celui des prêtres jureurs schismatiques) est officiellement aboli, les prêtres fidèles – pour échapper à la mort – n’ont pas eu d’autre recours que l’exil ou une clandestinité pleine de dangers.

Il arrivait cependant que la vigilance des révolutionnaires se relâchât parfois quelques jours, laissant croire à une accalmie. L’abbé Jacques Pérone, curé légitime de Pézilla, se hasardait alors à reparaître dans sa paroisse, et, en bon pasteur soucieux de leur salut, il administrait les sacrements à ses fidèles.
C’est ainsi que, le dimanche 15 septembre 1793, il osa même célébrer la Sainte Messe dans son église, en présence de nombreux paroissiens.
Le bon prêtre était tellement convaincu que la persécution allait prendre fin qu’il avait replacé le Très Saint Sacrement dans le tabernacle, à savoir quatre petites Hosties dans un ciboire – pour le cas où il eût dû administrer un malade en urgence – et la grande Hostie réservée pour les saluts du Saint Sacrement.

Las ! Les espérances du zélé pasteur furent déçues : apprenant son retour et ce qu’il avait osé faire, les révolutionnaires des environs s’émurent et s’agitèrent ; dès le mardi 17 septembre, prévenu in extremis avant qu’ils ne l’appréhendent, l’abbé Pérone dut s’enfuir et prendre précipitamment le chemin de l’exil.
Il était à environ une lieue de Pézilla lorsque, en présence d’un petit groupe de paroissiens qui l’accompagnait, il laissa s’échapper cette plainte émue : « Ah ! Que ne donnerais-je pour revenir à Pézilla et y passer ne fut-ce qu’un quart d’heure !… »

Une pieuse jeune fille, Rose Llaurens, qui avait entendu cette plainte et vu le trouble de son curé, s’interrogea sur ce qui en pouvait être le motif, et elle finit par penser que c’était la crainte de voir la profanation des Saintes Espèces qui était la cause du trouble et des soupirs du bon prêtre. Il lui était toutefois impossible d’en avoir la certitude : les révolutionnaires étaient à nouveau maîtres de Pézilla, l’église était fermée, et les clefs étaient entre les mains d’un maire dont elle ne pouvait rien espérer.

délivrance des Saintes Hosties

Délivrance des Saintes Hosties :

Un trimestre s’écoula. Le 26 décembre 1793 la municipalité fut changée. Celui auquel la charge de maire fut imposée, Monsieur Jean Bonafos, était fondamentalement un homme droit : si les idées libérales l’avaient un peu entraîné, il était néanmoins resté sincèrement chrétien dans son cœur et il s’affligeait des excès des « patriotes ».
Rose Llaurens ne craignit alors pas d’aller le trouver discrètement et de lui faire part de ses inquiétudes, puis – non sans audace – elle lui demanda de pouvoir s’assurer qu’aucune Hostie consacrée n’avait été laissée dans le tabernacle.

Le maire se laissa convaincre et, avec la pieuse jeune fille, ils élaborèrent un plan. Quelques semaines plus tard (dans les derniers jours de janvier ou les premiers jours de février 1794), en grand secret, Monsieur Bonafos et Rose Llaurens s’en furent de nuit dans l’église ; ils ouvrirent le tabernacle et y découvrirent les Saintes Hosties : quatre petites Hosties – dont l’une divisée en deux parcelles – dans le ciboire, et la grande Hostie dans son soleil d’argent (car à cette époque, les ostensoirs n’avaient pas forcément une lunule : la grande Hostie pour l’exposition du Saint Sacrement était placée directement entre les deux verres du « soleil » et ce dernier, qui se détachait du pied de l’ostensoir, était conservé ainsi dans le tabernacle).

Aussitôt, ils résolurent de soustraire les Saintes Espèces à toute éventualité de profanation : le maire, qui voulait « avoir sa part du Bon Dieu », emporterait le soleil d’argent avec la grande Hostie, tandis que Rose garderait les petites Hosties, enveloppées dans un purificatoire. Ils laissèrent en effet dans le tabernacle le ciboire et le pied de l’ostensoir qui avaient été inventoriés par l’administration au début de la révolution.

Jean Bonafos, de retour chez lui, enferma le soleil qui contenait la grande Hostie, dans un coffret que l’on dissimula sous un plancher : il y demeura depuis le 7 février 1794 jusqu’au 9 décembre 1800.
On ne l’en retira qu’en quelques très rares occasions, par crainte des visites domiciliaires. La position de Monsieur Bonafos, premier magistrat de la commune, ne lui permettait pas de faire savoir à d’autres ce qu’il cachait dans sa demeure ; toutefois il réussit à faire parvenir un message à l’abbé Pérone, alors en exil à Gérone dans le Royaume d’Espagne, l’informant du sauvetage des Saintes Hosties. Il lui demandait même de célébrer une Sainte Messe d’action de grâces.

Tout autre fut la destinée des quatre petites Hosties confiées à Rose Llaurens : la jeune fille avait mis dans la confidence sa mère et une religieuse Augustine que la suppression des ordres monastiques avait contrainte à rentrer dans sa famille, Mère Joséphine de Romaya. Les trois pieuses femmes voulurent que les Saintes Espèces fussent conservées avec le plus d’honneur possible, et que l’on pût convenablement les adorer…

Les Saintes Hosties chez les Llaurens

Les Saintes Hosties chez les Llaurens :

Comme elles n’avaient pas de ciboire, elles les déposèrent – toujours enveloppées du purificatoire – dans un sucrier de cristal : c’était le récipient le plus précieux de leur humble demeure.
Ce petit sucrier était en cristal ordinaire, uni et transparent, sans dorure ni aucun ornement, avec un couvercle de cristal lui aussi sans aucun ornement. Avec un petit coupon de soie rouge, Mère Joséphine lui fabriqua un pavillon. Tel sera le ciboire improvisé de Jésus-Eucharistie jusqu’au mois de décembre 1800.

Le sucrier des Llaurens

Le petit sucrier de cristal de Rose Llaurens.

En guise de tabernacle, on lui aménagea un petit placard mural dans lequel on suspendit une veilleuse.
Moins exposée aux soupçons que celle du maire, la maison Llaurens devint le lieu de rendez-vous d’un certain nombre de fidèles que l’on mit dans la confidence. Il fallait toutefois user de discrétion, voire de ruse, pour s’approcher du divin Maître sans éveiller la sourcilleuse surveillance des révolutionnaires et des traitres.
Les âmes pieuses qui étaient dans le secret s’abordaient dans la rue en se demandant quelque objet ou aliment – une marmite, du persil ou des oeufs par exemple -, et si la réponse était affirmative on entrait chez Rose… pour adorer et prier devant le tabernacle clandestin.
Tous les ans, le Jeudi-Saint, les fidèles dressaient devant cette armoire un reposoir aussi solennel et beau que les circonstances le leur permettaient, et rendaient au Dieu de l’Eucharistie des actions de grâces et des réparations que le climat de persécution rendait encore plus ferventes.

Plus d’une fois, malgré les précautions prises, la famille Llhaurens fut l’objet de suspicions de la part des enragés : un jour, menacée par une visite domiciliaire, Rose n’eut pas d’autre recours que de sortir juste à temps le sucrier de l’armoire pour le cacher dans un sac de farine ! Une autre fois, l’un des plus farouches révolutionnaires de la ville monta sur le toit des Llaurens afin d’écouter, par le conduit de cheminée, ce qui se passait dans la maison… Cependant, à n’en pas douter, une grâce toucha son coeur puisque l’homme rencontrant ensuite Rose Llaurens lui déclara : « Je sais que tu caches chez toi les Saintes Hosties, mais je te jure de n’en rien dire… »

Il est un point sur lequel il faut insister ici : pendant tout le séjour des Saintes Espèces chez Rose, dans leur petit « ciboire » de fortune, ce dernier resta couvert du pavillon de soie rouge qu’avait confectionné Mère Joséphine de Romaya ; les fidèles ne pouvaient donc pas le voir directement, non plus que les Saintes Hosties qu’il contenait et qui étaient toujours enveloppées dans le purificatoire avec lequel Rose les avait rapportées de l’église.

Retour des Saintes Hosties à l'église

Fin de la persécution, retour des Saintes Hosties à l’église ;
leur conservation miraculeuse :

Enfin l’aurore de jours meilleurs se leva pour l’Eglise de France. Au cours de l’année 1800, les églises furent rendues au culte ; les prêtres qui avaient survécu sortirent de la clandestinité ou revinrent d’exil. 
Le premier prêtre qui rentra à Pézilla fut le vicaire, l’abbé Honoré Siuroles : c’est lui qui vint chercher chez Rose Llaurens les Saintes Hosties, le 5 décembre 1800, pour les ramener dans le tabernacle de l’église.
Quelques jours plus tard, l’abbé Jacques Pérone, curé, rentra à son tour, et c’est lui qui, le 9 décembre – comme nous l’avons écrit plus haut – , alla sortir la grande Hostie de sa cachette chez le maire, pour la ramener solennellement à l’église, dans une procession que l’on fit la plus belle possible.

Le premier point sur lequel il convient d’insister tout d’abord, c’est que, les quatre petites Hosties conservées chez Rose et la grande Hostie gardée par Jean Bonafos étaient absolument intactes et ne présentaient aucun signe de corruption : cette conservation parfaite des Saintes Hosties pendant plus de sept ans était déjà en elle-même un prodige, car qu’y a-t-il de plus fragile et de plus périssable que les Espèces Eucharistiques
Ramenées dans le tabernacle de l’église, elles ne furent pas consommées à ce moment, et, depuis, jamais l’autorité ecclésiastique – pourtant très vigilante sur ce point – n’a donné l’ordre de les consommer.
Des enquêtes canoniques furent diligentées par les évêques de Perpignan en 1804, 1845 et 1874, reconnaissant la permanence du miracle de leur conservation.
A partir du milieu du XXe siècle, des marques de corruption furent constatées sur les petites Hosties et, dès lors, ne furent-elles plus exposées au regard des fidèles, mais l’autorité ecclésiastique ne demanda toujours pas qu’elles fussent consommées.
A l’heure actuelle, nous avons appris, lors d’un entretien avec l’actuel curé de Pézilla, qu’il n’en subsiste plus qu’une « poussière » d’Hosties, conservée comme une sorte de « relique ».

Il n’en est pas de même pour la grande Hostie, que l’on peut toujours voir, comme en témoigne cette photo récente envoyée par une amie roussillonaise :

La grande Hostie miraculeuse de Pézilla

Le « ciboire » miraculeusement doré :

Mais il est un autre miracle, lui aussi toujours visible, qui fut constaté par l’abbé Siuroles et toutes les personnes présentes chez Rose Llaurens dès le 5 décembre 1800.
On se souvient, bien sûr, que Rose avait déposé les quatre petites Hosties enveloppées d’un purificatoire dans un petit sucrier de cristal ordinaireuni et transparentsans dorure ni aucun ornement : or lorsque l’abbé Siuroles souleva le pavillon de soie rouge confectionné par la Mère de Romaya, ce petit sucrier présentait une teinte dorée qu’on ne lui connaissait pas…

Lui aussi fit l’objet d’examens attentifs : les parties dorées sont celles, et uniquement celles, qui ont été en contact avec le purificatoire enveloppant les Saintes Hosties, c’est-à-dire la coupe et une bande circulaire de la partie inférieure du couvercle.
Cette dorure est humainement inexplicable : elle ne consiste pas, en effet, en un placage déposé à la surface extérieure du cristal ; si l’on touche cette surface, on ne touche que le cristal, et si l’on essaie de gratter, on ne peut rien enlever car il semblerait que cette dorure consiste en une espèce de paillettes introduites dans l’épaisseur, dans la texture même du cristal !

Le sucrier miraculeusement doré

Le sucrier miraculeusement doré exposé dans un reliquaire.

Monseigneur Anatole de Cabrières, évêque de Montpellier et futur cardinal, dans le discours qu’il prononça en 1893 à l’occasion des fêtes du centenaire de la consécration des Saintes Hosties, décrivit ce miracle comme « le procès verbal de Jésus-Christ Lui-même reconnaissant avec joie qu’Il avait trouvé là un refuge de piété et de tendresse ».

Le sucrier miraculeux de Pézilla

Le sucrier miraculeux de Pézilla dans son état actuel.

Nota bene :
Nous adressons nos plus vifs remerciements à Monsieur l’abbé Joël Adoue, qui est en cette année 2014 curé de la communauté de paroisses à laquelle Pézilla-la-Rivière est actuellement intégrée, qui a fort aimablement répondu à nos questions et nous a donné un beau témoignage de foi dans le miracle des Saintes Hosties, ainsi qu’à Madame Anne-Marie Cortade pour les très belles photos qu’elle nous a envoyées et dont nous nous sommes servis pour illustrer cette brève notice historique.

Addenda 2019 :
Nous vous renvoyons aussi aux photographies publiées en 2019, montrant la nouvelle présentation des Saintes Hosties et du sucrier miraculeux accomplie en 2017 > ici.

Lully.

Sacré-Coeur de Jésus.jpg

Publié dans:Lectures & relectures, Memento, Vexilla Regis |on 24 janvier, 2014 |14 Commentaires »

2014-10. Des Bienheureux Martyrs de Laval.

- 21 janvier 1794 -

Les Bienheureux Prêtres martyrs de Laval

            Au mois d’octobre 1792, quatorze prêtres qui refusaient de prêter serment à la constitution civile du clergé furent emprisonnés à Laval, dans le couvent de Patience ; ils n’étaient autorisés à recevoir que deux heures de visite par mois, et seulement de leurs frères ou sœurs ; ces visites se passaient obligatoirement en présence du concierge. Leur nourriture ne se composait pratiquement que de ce que leur faisaient apporter leurs anciens paroissiens, fidèles à leurs pasteurs légitimes. La plupart de ces prêtres étaient âgés ; quelques uns étaient même malades ou infirmes. 

   C’étaient l’Abbé Jean-Baptiste Turpin du Cormier, 64 ans, curé de la paroisse de la Sainte- Trinité à Laval, qui fut comme l’âme et le catalyseur des énergies spirituelles du petit groupe, le Révérend Père Jean-Baptiste Triquerie, 57 ans, moine cordelier, les Abbés Jean-Marie Gallot, 46 ans, aumônier des Bénédictines, Joseph-Marie Pellé, 74 ans, aumônier des Clarisses, René-Louis Ambroise, 74 ans, Julien-François Morin de la Gérardière, 64 ans, prêtre à Saint-Vénérand, François Duchesne, 58 ans, chapelain du chapitre Saint-Michel, Jacques André, 50 ans, curé de Rouessé-Vassé, André Dulion, 66 ans, curé de Saint-Fort, Louis Gastineau, 66 ans, chapelain de Port-brillet, François Migoret-Lambarière, 65 ans, curé de Rennes-en-Grenouilles, Julien Moulé, 77 ans, curé de Saulges, Augustin-Emmanuel Philippot, 78 ans, curé de Bazouges-des-Alleux, et Pierre Thomas, 75 ans , aumônier de l’hôpital des Augustines à Château-Gontier.

   Le 13 décembre 1793, la guillotine arriva à Laval. Elle fut installée, sur la « place du blé » (actuelle place de La Trémoille), à proximité du tribunal révolutionnaire : ainsi les condamnés n’auraient-ils pas à faire un long trajet et, en outre, pour les révolutionnaires cela réduisait les risques de voir ceux qui marchaient au supplice libérés par la foule, majoritairement hostile à la révolution.
A partir du 9 janvier 1794, tous les cultes sont interdits en France : l’église de la Sainte-Trinité de Laval est transformée en étable et magasin de fourrage pour l’armée…

plaque-apposée-place-de-la-trémoille-en-1989-en-souvenir-des-14-prêtres-martyrs

Plaque commémorative des exécutions de la Terreur à Laval posée en 1989 Place de La Trémoille
par l’Association du Souvenir de la Chouannerie Mayennaise

  Le 21 janvier 1794, à 8h30, formant un cortège émouvant (cinq d’entre eux ont plus de 70 ans, dix marchent péniblement et quatre sont dans une charrette), les quatorze prêtres furent amenés à comparaître devant la commission révolutionnaire, établie le 22 décembre précédent, normalement pour un mois…
En réalité elle sera active jusqu’au 1er avril 1794 et, au total, elle enverra à la guillotine 359 hommes et 102 femmes. Après chaque verdict de condamnation, le président concluait par cette formule : « La commission ordonne que les condamnés soient livrés sur le champ au vengeur du peuple… »
 

   L’accusateur public était un prêtre apostat, du nom de Volcler. Ce triste individu avait diffusé dans le département de la Mayenne une circulaire qui commençait ainsi : « Citoyens, ils sont passés ces temps de modération et d’insouciance où vous laissâtes les ennemis de la patrie tranquillement vaquer sur le sol de la liberté. L’instant de la justice nationale est à l’ordre du jour pour faire tomber la hache sur la tête du traître et du parjure… »  

   A ses anciens confrères dans le sacerdoce, Volcler demanda de prêter le serment constitutionnel qu’ils avaient déjà refusé, et que, bien évidemment, ils refusèrent encore. L’Abbé Philippot, âgé de 78 ans, répondit noblement : « Aidé de la grâce de Dieu, je ne salirai pas ma vieillesse ».
Ce nouveau refus était suffisant pour qu’ils fussent déclarés coupables : ordre fut donc donné pour qu’ils soient immédiatement conduits à l’échafaud. Après avoir prononcé la sentence, Volcler avait menacé les assistants : « Le premier qui bronche ou qui pleure marchera après eux ! »

   Leurs gardiens les empêchèrent de chanter ensemble le « Salve Regina » sur le chemin de l’échafaud. En revanche, une phrase est demeurée célèbre, celle de l’Abbé Pellé qui, après avoir assisté héroïquement au supplice de ses premiers confrères déclara avant d’être décapité : « Nous vous avons appris à vivre, apprenez de nous à mourir ! ».
L’Abbé Turpin du Cormier, désigné comme responsable, fut exécuté le dernier à la demande de Volcler.

   Après ces quatrorze prêtres furent également suppliciés ce même jour cinq Vendéens, condamnés comme ennemis de la république.

   Les quatre juges, parmi lesquels se trouvaient deux prêtres renégats, assistèrent à l’exécution depuis la fenêtre d’un immeuble voisin, et fêtèrent leur « triomphe patriotique » en buvant un verre de vin à chaque tête qui tombait. Ils encourageaient la foule à crier avec eux : « Vive la république, à bas la tête des calotins ! ».

bas-relief-des-quatorze-prêtres-martyrs-de-laval

Bas-relief représentant le martyre des quatorze prêtres
(église de la Sainte-Trinité de Laval, devenue cathédrale au XIXe siècle)

   Au cours de cette année 1794 furent aussi suppliciées cinq autres martyrs, qui ont été béatifiés en même temps que ces quatorze prêtres, le 19 juin 1955, par le Vénérable Pie XII. Ce sont :
Françoise Mézière, pieuse femme qui s’était donnée tout entière à l’instruction des enfants et aux soins des malades. Guillotinée à Laval le 5 février (voir > ici).
– Le 13 mars, Sœur Françoise Tréhet, guillotinée à Ernée, et le 20 mars Sœur Jeanne Véron, âgée de 29 ans, guillotinée à Ernée : c’étaient deux Sœurs de la Charité de Notre-Dame d’Évron. A noter que la sœur de Sœur Jeanne Véron, prénommée Anne, a elle aussi été guillotinée, à Laval, le 25 avril 1794 à l’âge de 41 ans, mais n’a pas été béatifiée.
– Le 25 juin, Sœur Marie Lhuilier, sœur converse des Augustines de la Miséricorde. Toute dévouée aux malades.
– Et le 17 octobre : l’Abbé Jacques Burin, prêtre, curé de St-Martin de Connée. Il avait été arrêté une première fois en raison de son refus du serment schismatique, et condamné à s’exiler. Entré dans la clandestinité, il continua son ministère mais fut trahi en octobre 1794 par deux femmes qui l’avaient fait appeler pour se confesser : c’était en réalité un traquenard et il fut tué d’un coup de fusil.

basilique-notre-dame-d-avesnières-dalle-recouvrant-les-corps-des-martyrs-depuis-leur-béatification-en-1955

Pierre recouvrant la tombe des quatorze prêtres martyrs de Laval
dans le chœur de la basilique Notre-Dame d’Avesnières.

2014-9. Oraison funèbre de Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XVI

Roi de France et de Navarre

prononcée à Rome

en présence de Sa Sainteté le Pape Pie VI

Sa Majesté le Roi Louis XVI ayant été mise à mort le 21 janvier 1793, il fallut dix jours à un courrier extraordinaire pour porter jusqu’à Rome la nouvelle de ce crime.
Le 1er février, l’annonce en fut faite dans la presse : l’assassinat du Roi était qualifié de « più enorme de’ deliti » (le plus énorme des délits). Les circonstances et les détails de son exécution furent racontés le 15 février, et le testament du Roi publié le 22 février.

Plusieurs services funèbres furent célébrés à Saint-Louis des Français, et les tantes du Roi – Mesdames Adélaïde et Victoire, réfugiées à Rome depuis 1791 -, menèrent le deuil.
Il faudra toutefois attendre le 28 septembre 1793 pour qu’un service funèbre solennel soit célébré à la chapelle Pauline du Quirinal (le Quirinal était alors la résidence pontificale), en présence du Souveraint Pontife, du Sacré-Collège, de toute la prélature romaine et de Mesdames Tantes.
C’est Monsieur le cardinal de Bernis qui célébra, entouré des cardinaux Carafa, Altieri et Livizzani.
L’oraison funèbre fut prononcée (en latin) par Monseigneur Paolo Leardi, camérier secret de Sa Sainteté. C’est ce texte que l’on pourra lire et méditer ci-dessous.

frontispice oraison funèbre Louis XVI

Au frontispice de l’édition qui fut faite de cette oraison funèbre, une vignette – reproduite ci-dessus – représente un monstre à sept têtes – la révolution – qui renverse les grandes armes de Frances, usurpe leur place, en dévore les lauriers ainsi que le contenu des cornes d’abondance qui les entouraient. Les symboles des arts et des sciences, qui s’étaient épanouies sous la protection de la monarchie, sont pareillement renversés ; la balance de la justice est brisée…
Dans l’angle droit de la vignette, perçant de sombres nuées, on voit une représentation de la divinité dont une main vengeresse brandit la foudre en direction du monstre, tandis que l’autre main semble accueillir un oiseau qui vole vers Elle : peut-être la représentation de l’âme du Roi martyr…

Avant le texte de la traduction de cette oraison funèbre, l’ouvrage est introduit par une dédicace à Mesdames, puis au Pape Pie VI.

L’oraison funèbre est construite autour du thème de la bienfaisance du Roi – qui sacrifia son repos au bien de son Royaume – , et de l’exaltation de sa religion, plus forte que ses hésitations politiques et que la malice de ses ennemis.
Monseigneur Leardi donne un tableau générale du règne de Louis XVI :
Monté sur le trône à l’âge de vingt ans, il a reçu une France en mauvais état politique, économique et moral (la mémoire de Louis XV se trouve donc en quelque manière flétrie…). Louis XVI a relancé le commerce en reconstituant une flotte importante, et a protègé les initiatives de Monsieur de La Peyrouse. La guerre d’Amérique est clairement présentée comme une erreur, parce qu’elle a été la cause de troubles économiques pour le pays, et de troubles politiques en Europe. Contraint par l’état des finances à convoquer les États Généraux, voici que ces hommes censés conseiller le Roi se sont imposés à lui, avec une « multitude nourrie par le vice et l’iniquité de la philosophie ». Au sujet de la constitution civile du clergé que le Roi finit par signer, le prédicateur fait état des pressions subies par le monarque, et fait observer que, s’il avait conservé son autorité, il serait revenu sur la mise en application des réformes. Le Roi se dépouilla de tout : il refusa la guerre, s’enfuit avec sa famille dans le but de calmer les puissances et de reprendre le contrôle de la situation pacifiquement. Il se laissa couronner du bonnet phrygien, car « l’innocence ne craint rien ». Oui, il se dépouilla de tout, sauf de la religion. Le veto du Roi aux décrets de déportation des prêtres est lié à sa prise de conscience du courage des martyrs de l’Église. Il signa là son arrêt de mort, car c’est au titre de sa défense du clergé qu’il fut poursuivi par la Convention. Alors vient le récit de la mort du Roi (avec la mention du rôle de son confesseur), et l’évocation de son testament. Puis, en déplorant le triste état de la France, car l’oeuvre de la république n’est que désolation et ruine, le prédicateur lance un appel aux souverains, non pour une vengeance – selon les vœux du Roi – , mais pour libérer la famille royale. Enfin, le Pape Pie VI est félicité pour avoir défendu l’intégrité de la discipline de l’Église. La conclusion montre, du haut du ciel, Le Roi Louis XVI intercèdant pour le rétablissement de la religion en France.

Je vous laisse donc, si vous le souhaitez, lire l’intégralité de cette oraison funèbre, grâce à l’insertion, ci-dessous, d’un lecteur permettant de feuilletter l’intégralité de l’ouvrage qui en est conservé à la Bibliothèque Nationale.

Lully.

On trouvera aussi dans ce blogue :
Le discours du Pape Pie VI proclamant que Louis XVI est un martyr www
Le récit des dernières heures du Roi martyr www
Le testament de Louis XVI www
Le voeu de Louis XVI au Sacré-Coeur de Jésus www
Des Maximes écrites par le Roi Louis XVI www
La Messe de Requiem composée par Cherubini
pour le service funèbre à la mémoire de Louis XVI www
La complainte de Louis XVI aux Français > www
Publié dans:Lectures & relectures, Memento, Vexilla Regis |on 21 janvier, 2014 |2 Commentaires »

2014-8. «O mon peuple, que vous ai-je donc fait ? »

Complainte

Complainte Louis XVI

       Chaque année, à l’approche du 21 janvier, triste anniversaire du martyre de Sa Majesté le Roi Louis XVI, je publie quelque texte en rapport avec ce monarque ou avec sa passion.
Cette année, j’ai choisi ce chant, intitulé « Complainte de Louis XVI aux Français », que sans doute beaucoup d’entre vous connaissent déjà.

   On ne connaît pas l’auteur des paroles de cette complainte, mais il est certain qu’elle fut écrite dans le temps même du procès de l’infortuné monarque.

   La citation qui lui est mise en exergue, est constituée par les premiers mots des Impropères, ce chant de la liturgie du Vendredi Saint dans lequel le Christ Sauveur adresse des reproches au peuple d’Israël, lequel, en échange de tous les bienfaits reçus de Dieu au cours de son histoire, Lui a infligé les ignominies de la Passion.
C’est une manière non équivoque de rappeler que le Roi de France est un « christ » – mot qui signifie « oint » – , puisqu’il a reçu l’onction sainte du Sacre (cf. notre publication sur la sainte Ampoule > ici).
Par cette onction, le Souverain est devenu un personnage sacré, le lieu-tenant de Dieu dans l’ordre temporel pour le gouvernement du Royaume de France.
La révolution, par les ignominies qu’elle a infligées au Roi Très Chrétien, a encore davantage identifié le Roi Louis XVI au Christ Sauveur : comme Lui, le Prince innocent a été trahi, abandonné, emprisonné, iniquement jugé, condamné au mépris de la justice, alors qu’il n’avait fait que du bien… 

   La première publication de cette complainte que j’ai trouvée, est aux pages 257 et 258 dans le tome premier du « Dernier tableau de Paris, ou récit historique de la révolution du 10 août 1792 , des causes qui l’ont produite, des évènements qui l’ont précédée, et des crimes qui l’ont suivie », publié à Londres par J. Peltier en septembre 1793.
Voici la photographie de la note qui introduit le texte de cette complainte :

note complainte

« La romance qui suit a été distribuée par milliers, et chantée publiquement à Paris,
le jour même que la défense du Roi a été prononcée. Cela prouve bien clairement que c’est la faction, et non la nation, qui accuse son Roi. »

   J’ai ensuite retrouvé le texte de cette complainte dans « l’Almanach des gens de bien pour l’année 1797 », publié à Paris par le fameux polémiste monarchiste Christophe Félix Louis Ventre de La Touloubre, dit Galart de Montjoie.
Après quoi, tout au long du XIXe siècle et jusqu’à nos jours, on la retrouve dans nombre de publications monarchistes, jusqu’à avoir même été chantée dans une émission de télévision : c’est l’enregistrement que l’on trouvera ci-après, lequel, toutefois, n’est pas exactement conforme, en ce qui concerne les reprises, avec le premier texte publié par J. Peltier, qui est celui que je reproduis textuellement ci-dessous (j’en ai seulement modernisé la graphie, mais conservé scrupuleusement la ponctuation).

Lully.

frise lys

O mon peuple ! que vous ai-je donc fait ?
J’aimais la vertu, la justice ;
Votre bonheur fut mon unique objet ;
Et vous me traînez au supplice ! (bis)

Français, Français, n’est-ce pas parmi vous
Que Louis reçut la naissance ?
Le même ciel nous a vu naître tous ;
J’étais enfant dans votre enfance.

O mon peuple, ai-je donc mérité
Tant de tourments et tant de peines !
Quand je vous ai donné la liberté,
Pourquoi me chargez vous de chaînes ? (bis)

Tout jeune, encor, tous les Français en moi
Voyaient leur appui tutélaire ;
Je n’étais pas encore votre Roi,
Et déjà j’étais votre père.
O mon peuple ! Que vous ai-je donc fait.. etc.

Quand je montai sur ce Trône éclatant
Que me destina ma naissance,
Mon premier pas dans ce poste brillant
Fut un Edit de bienfaisance.
O mon peuple ! Ai-je donc mérité… etc.

Le bon Henry, longtemps cher à vos cœurs,
Eut cependant quelques faiblesses ;
Mais Louis XVI, ami des bonnes mœurs,
N’eut ni favoris, ni maîtresses.
O mon peuple ! Que vous ai-je donc fait… etc.

Nommez les donc, nommez moi les sujets
Dont ma main signa la sentence !
Un seul jour vit périr plus de Français
Que les vingt ans de ma puissance !
O mon peuple ! Ai-je donc mérité… etc.

Si ma mort peut faire votre bonheur,
Prenez mes jours, je vous les donne.
Votre bon Roi, déplorant votre erreur,
Meurt innocent et vous pardonne.

O mon peuple ! recevez mes adieux ;
Soyez heureux, je meurs sans peine.
Puisse mon sang, en coulant sous vos yeux,
Dans vos coeurs éteindre la haine. (bis)

Pour entendre l’enregistrement faire un clic droit sur l’image ci-dessous puis « ouvrir dans un nouvel onglet »

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frise lys

On trouvera aussi dans ce blogue :
Le discours du Pape Pie VI proclamant que Louis XVI est un martyr > ici
Le récit des dernières heures du Roi martyr > ici
Le testament de Louis XVI > ici
Le voeu de Louis XVI au Sacré-Coeur de Jésus > ici
Des Maximes écrites par le Roi Louis XVI > ici

La Messe de Requiem composée par Cherubini
pour le service funèbre à la mémoire de Louis XVI > ici

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