Archive pour la catégorie 'Memento'

2018-35. Centenaire de l’ordination sacerdotale de Saint Maximilien-Marie Kolbe.

1918 – 28 avril – 2018

Le dimanche 28 avril 1918, qui était cette année-là le quatrième dimanche après Pâques, fut célébrée, à Rome, l’ordination sacerdotale de celui qui deviendrait Saint Maximilien-Marie Kolbe.

Le jeune religieux avait atteint son vingt-quatrième anniversaire le 7 janvier précédent : entré au séminaire franciscain conventuel à l’âge de treize ans, Raimond Kolbe avait reçu, à l’âge de seize ans et demi, le 4 septembre 1910, en même temps que le saint habit, le nom de religion de Frère Maximilien ; deux ans plus tard (1912), il était envoyé à Rome pour ses études : il y resta sept ans.
Docteur en philosophie à l’âge de vingt-et-un ans et neuf mois (22 octobre 1915), il sera également reçu docteur en théologie à l’âge de vingt-quatre ans et demi (22 juillet 1919), juste à la veille de prendre le train pour rentrer dans son pays natal.

Notons au passage cette particularité : par sa naissance en 1894 dans la voïvodie de Lodz, Raimond Kolbe était de fait sujet de Sa Majesté Impériale le Tzar de toutes les Russies ; entré dans un couvent de Galicie – dans l’empire austro-hongrois, parce qu’il n’y avait pas de couvents franciscains pour le noviciat et les études dans l’Empire Russe -, puis placé dans un couvent de Cracovie pour le début de ses études religieuses, tout en restant sujet de l’empereur Nicolas II, c’est avec un des documents administratifs autrichiens qu’il prit la route pour Rome ; enfin, pour son retour, le Père Maximilien-Marie bénéficia de papiers polonais puisque le 11 novembre 1918, après cent-vingt-trois ans de partition entre la Russie, la Prusse et l’Autriche, la Pologne avait été reconstituée  en véritable état indépendant.

Saint Maximilien-Marie Kolbe jeune religieux

Le jeune Père Maximilien-Marie Kolbe

A propos de son accession au sacerdoce, le Père Maximilien-Marie Kolbe écrivit le 26 septembre 1918 à sa mère : « L’ordination sacerdotale est arrivée pour moi à l’improviste ». Cette expression a de quoi surprendre : n’était-il pas à Rome justement afin de s’y préparer au sacerdoce ?
Mais pour quelqu’un qui est bien au courant des usages ecclésiastiques traditionnels, il saute aux yeux que cette date d’ordination présente un caractère insolite : un dimanche – le quatrième après Pâques -, et non à l’occasion d’un samedi des Quatre-Temps, de la fête des Saints apôtres Pierre et Paul ou de quelque autre apôtre (l’usage de célébrer les ordinations le dimanche n’est en effet pas du tout traditionnel mais appartient aux modes qui ont prévalu seulement depuis les réformes postérieures au second concile du Vatican).
Ceci demande donc quelques explications.

Frère Maximilien avait prononcé à la fin du mois de juin 1914 le serment antimoderniste – prescrit par le motu proprio « Sacrorum antistitum » du 1er septembre 1910 (cf. > ici) – nécessaire pour accéder aux ordres sacrés, puis il avait été tonsuré par le cardinal Basil Pompilj, vicaire de Rome, le 28 octobre 1914, en la fête des Saints apôtres Simon et Jude : c’est à cette occasion qu’il rajouta le nom de Marie à celui de Maximilien reçu lors de sa prise d’habit. Quelques jours après, pour la fête de la Toussaint (1er novembre 1914), jour où il fit sa profession perpétuelle, il fut ordonné portier et lecteur par le même cardinal-vicaire ; enfin pour la vigile de Saint André (29 novembre 1914) il reçut les ordres d’exorciste et d’acolyte, toujours des mains du même cardinal.
Il fut ordonné sous-diacre le 16 juillet 1916, en la fête de Notre-Dame du Mont Carmel, et diacre le 28 octobre 1917, à nouveau en la fête des Saints apôtres Simon et Jude.
Mais pour l’ordination sacerdotale, initialement prévue le vendredi dans l’octave de la Pentecôte 24 mai 1918, il y eut des changements qui donnent à l’événement un aspect quasi rocambolesque.

Le Code de Droit Canonique voulu et préparé par le pape Saint Pie X avait été promulgué par son successeur, Benoît XV, le 27 mai 1917 et il devait entrer en vigueur à la Pentecôte 1918 (dimanche 19 mai 1918).
Or en vertu du canon 976, le Code dont les dispositions devraient être mises en application à partir de ce 19 mai 1918 interdisait d’ordonner prêtre un homme qui n’aurait pas atteint le milieu de sa quatrième année de théologie, et le Frère Maximilien-Marie n’en était qu’à la troisième année.

Qu’à cela ne tienne ! Si l’on veut échapper à une loi qui contrarie nos desseins, il n’y a finalement rien de plus simple que de se placer dans un cadre légal où elle n’a pas, ou plus, ou pas encore d’autorité.
Vivement désireux de ne pas retarder l’accès au sacerdoce de plusieurs jeunes lévites franciscains, le recteur du Collège Séraphique (faculté de théologie des Franciscains conventuels à Rome) demanda au cardinal Pompilj que les ordinations fussent avancées à une date précédant la Pentecôte… et le cardinal-vicaire acquiesça à une requête qui ne lui provenait d’ailleurs pas uniquement des franciscains mais également de plusieurs autres supérieurs ecclésiastiques.

Le 9 avril, Frère Maximilien-Marie fut informé qu’il devait se préparer aux examens finaux en vue du sacerdoce qui allaient donc être anticipés eux aussi ; examens auxquels il fut reçu, évidemment.
Le 20 avril, il commença les exercices spirituels de préparation à l’ordination.

Basilique Sant'Andrea della Valle

Rome : basilique Sant’ Andrea della Valle.
Edifiée de 1591 à 1663, elle est l’une des plus grandes églises de Rome après la basilique vaticane.
C’est l’église de la maison-mère de l’Ordre des Théatins.
C’est dans cette basilique que fut ordonné prêtre Saint Maximilien-Marie Kolbe.

Au matin du dimanche 28 avril 1918, en la basilique de Sant’ Andrea della Valle, au milieu d’une centaine d’autres ordinands, séculiers et réguliers de tous ordres et de tous pays, Frère Maximilien-Marie devint pour l’éternité prêtre de la Sainte Eglise Catholique.

On notera qu’à l’heure du sacrifice, lorsque le Lagerführer d’Auschwitz lui posera la question : « Qui es-tu ? », le Père Maximilien-Marie répondra simplement par ces deux mots : « Prêtre catholique ».
Au moment de rendre le témoignage suprême, la seule identité qu’il a mise en avant fut celle de son sacerdoce.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur.

Basilique Sant' Andrea della Valle intérieur

Basilique sant’Andrea della Valle : intérieur.
Un décor fait pour magnifier la grandeur du Saint Sacrifice de la Messe
et la beauté du sacerdoce catholique.

Basilique Sant' Andrea della Valle sanctuaire

Basilique sant’Andrea della Valle : le sanctuaire.
Les trois panneaux peints qui l’ornent sont l’œuvre du napolitain Mattia Preti (1613-1699)
et représentent des scènes du martyre de l’apôtre Saint André, titulaire de cette église.

A suivre :
Centenaire de la première Messe de Saint Maximilien-Marie Kolbe > ici.

Dans les pages de ce blogue vous trouverez aussi :
- Prières en l’honneur de Saint Maximilien-Marie Kolbe > ici
- Catéchèse de Sa Sainteté le pape Benoît XVI sur Saint Maximilien-Marie > ici
- Récit du martyre de Saint Maximilien-Marie Kolbe > ici
- Témoignage d’un rescapé d’Auschwitz sur le martyre de Saint Maximilien-Marie > ici
- Centenaire de la fondation de la Militia Immaculatae (16 octobre 1917) > ici

palmes

Publié dans:De liturgia, Memento, Nos amis les Saints |on 27 avril, 2018 |4 Commentaires »

2018-11. Nous avons lu et nous avons aimé : « Un Pape dans la tourmente – Pie VI, de Rome à Valence ».

* * *

Serge Stolf Pie VI éditions Delatour

Quatrième de couverture :

« Pie VI est le dernier pape du XVIIIe siècle, mort en 1799 en déportation à Valence, dans la Drôme. Son long pontificat a été marqué par la montée grandissante de la philosophie des Lumières dans son offensive antichrétienne et antiromaine, et par la Révolution française qui bouleversa les rapports anciennement établis entre monarchie et Eglise.
L’année 2017 marque le tricentenaire de la naissance de ce pape italien et fournit l’occasion à la présente biographie d’évoquer la personnalité d’un homme confronté à la tourmente où risqua d’être emportée la papauté.
Cet ouvrage restitue les grands moments de cet affrontement idéologique et politique qui met en jeu une conception nouvelle de la liberté et des rapports entre le pouvoir laïque et l’Eglise.

Serge Stolf est professeur émérite de l’Université Grenoble Alpes. Ses travaux portent principalement sur l’humanisme italient et latin à la Renaissance. Ses thèmes de recherche sont orientés vers l’éthique humaniste, et les liens entre culture profane et culture chrétienne. Il est l’auteur d’une biographie sur le pape Pie II qui a été primée par l’Académie française, Les lettres et la tiare : E.S. Piccolomini, un humaniste au XVe siècle. »

* * *

Commentaires de Lully :

C’est avec un immense intérêt que nous avons appris la publication de cet ouvrage, et c’est avec un plaisir encore plus grand que nous en avons fait une lecture attentive en notre Mesnil-Marie.
D’abord parce qu’il est bien écrit.
Et ensuite parce qu’en à peine 160 pages ce livre donne une idée exacte de la personnalité du pape Pie VI et des luttes qu’il eut à soutenir : le ton est juste, précis ; la présentation des faits est rigoureuse ; de très intéressantes citations  de textes majeurs aujourd’hui malheureusement méconnus (voire totalement ignorés) apportent au récit une grande richesse, et donnent envie d’approfondir ces enseignements de Pie VI relatifs à la révolution.
Le récit des derniers jours du « ci-devant pape » (!!!) sont sobres, sans exaltation romantique, ils ne donnent que plus de force à la réalité profonde de ce drame.
Cela nous a donné le goût d’en lire davantage et c’est ainsi que, nous avons eu la bonne fortune de trouver chez un bouquiniste une édition ancienne de l’ « Histoire de l’enlèvement et de la captivité de Pie VI », de l’abbé Baldassari. C’est en résumant les récits de ce dernier, certaines indications données par Monsieur Serge Stolf dans l’ouvrage que nous présentons ici, complétés par des précisions que nous sommes allés chercher dans des ouvrages généraux d’histoire de l’Eglise et de la papauté, que nous avons pu vous présenter le récit du départ de Rome de Pie VI captif publié > ici.

Nous espérons très fermement, en 2019, pouvoir commémorer comme il convient le 220ème anniversaire de la mort de Pie VI à Valence, survenue le 29 août 1799.

« Un Pape dans la tourmente – Pie VI, de Rome à Valence »
est publié aux éditions Delatour, et peut être commandé en ligne > ici

armoiries de Pie VI

2018-10. Il y a 220 ans, le 20 février 1798, le Pape Pie VI était emmené captif par les révolutionnaires français.

1798 – 20 février – 2018

Départ de Pie VI de Rome le 20 février 1798

Départ de Rome de Sa Sainteté Pie VI escorté par les dragons français
survenu dans la nuit du 20 février 1798

Le 20 février 1798, bien avant l’aube, une voiture attelée fut amenée aux portes du palais apostolique du Vatican, un octogénaire malade et affaibli y monta avec beaucoup de peine. Bientôt l’équipage s’enfoncerait dans la nuit, en direction du nord.

Le vieillard perclus qui était emmené ainsi sous bonne escorte était Sa Sainteté le Pape Pie VI, captif des troupes françaises, contraint de quitter Rome, livrée à l’invasion, au pillage, à la révolution et au sacrilège.
Dix-huit mois plus tard (le 29 août 1799), le « ci-devant pape » – ainsi que le désignait la langue officielle – rendrait l’âme à Valence, en Dauphiné, au terme d’un incroyable chemin de croix.

tiare et clefs.gif

Né à Césène, en Romagne, le 25 décembre 1717, Jean-Ange Braschi, avait été élu au souverain pontificat le 15 février 1775 et avait choisi de prendre le nom de Pie VI, en hommage à Saint Pie V, pape de de la mise en oeuvre du concile de Trente et de la victoire de Lépante.
Son pontificat de vingt-quatre années et demi reste l’un des plus longs de l’histoire. Il en est aussi l’un des plus mouvementés et des plus dramatiques, puisqu’il vit l’aboutissement des funestes idées du « siècle des lumières » se concrétiser dans l’effroyable tourbillon de violence, de sang versé et d’impiété de la révolution.

Au-delà de tous les bouleversements politiques, le but ultime de la révolution était l’anéantissement du catholicisme.
Louis XVI aurait conservé et sa couronne et sa tête s’il avait souscrit aux mesures anti-catholiques de la révolution, et la monarchie capétienne traditionnelle n’a été combattue et abattue que parce que le Roi Très Chrétien était le rempart de la Sainte Eglise.

Il n’est évidemment pas possible de détailler ici tout ce qu’entreprit la révolution à l’encontre de l’Eglise catholique, et il faut bien garder à l’esprit que, même si pour des raisons tactiques elle a parfois fait semblant de revenir sur ses mesures persécutrices et accordé une certaine forme de liberté de culte (comme par exemple lors du traité de La Jaunaye signé avec Charette et Sapinaud en 1795), la révolution n’en poursuit pas moins l’éradication de la foi chrétienne et tend toujours et par tous les moyens à la destruction de l’Eglise.

Le Directoire (26 octobre 1795 – 9 novembre 1799) – l’histoire officielle a tendance à le faire oublier – , fut une période d’acharnement anti-catholique qui à bien des égards n’a rien à envier à la terreur robespierriste. En France, la traque contre les prêtres réfractaires y connaît un regain d’énergie, leurs emprisonnements et déportations sont remis à l’ordre du jour.
Et hors de France, le général Bonaparte reçoit du gouvernement de la première république la mission de se rendre à Rome pour y éteindre « le flambeau du fanatisme ».

En mai 1796, les troupes françaises envahirent donc la Romagne.
Pie VI, qui se savait dans l’incapacité absolue de soutenir une guerre et qui voulait par-dessus tout éviter des effusions de sang, se vit imposer par Bonaparte l’armistice de Bologne (23 juin 1796) dont les conditions étaient exhorbitantes, mais conservaient – théoriquement – au Souverain Pontife sa souveraineté territoriale et sa liberté spirituelle. Toutefois, le Directoire augmentant sans cesse ses prétentions et le peuple romain se soulevant contre les conditions exigées par les Français, Pie VI, soutenu par le Sacré-Collège unanime, rejeta les conditions de l’armistice de Bologne et tenta de trouver des soutiens du côté de l’empereur François II et du roi Ferdinand de Naples.

Lorsque Bonaparte eut connaissance des négociations entamées entre le Saint-Siège et Vienne, il envahit les Marches, s’empara d’Ancône et de Lorette (dont il pilla le trésor pour l’envoyer à Paris), et imposa aux plénipotentiaires envoyés par Pie VI – auxquels le pape avait donné la consigne de « faire tous les sacrifices, sauf en ce qui concerne la religion » – le traité de Tolentino (19 février 1797) aux termes duquel le Saint-Siège reconnaissait la république française, abandonnait ses droits sur Avignon et le Comtat venaissin, cédait à la France d’importants territoires des Etats pontificaux, s’engageait à lui payer en quatre mois la somme de 32.700.000 francs et à lui livrer des quantités d’objets d’art et de manuscrits.

Le traité de Tolentino marquait, du moins en apparence, la fin du conflit entre la France et le Saint-Siège. Les relations diplomatiques furent rétablies, et la France désigna comme ambassadeur à Rome l’un des frères du général victorieux : Joseph Bonaparte.
Ce dernier arriva dans la Ville Eternelle accompagné du général Léonard Duphot.

Or, comme dans tous les pays qui avaient été plus ou moins subjugués par les victoires françaises, à Rome même l’agitation était à son comble : des partisans des idées révolutionnaires multipliaient les troubles et fomentaient des émeutes. Le 28 décembre 1797, à l’occasion de l’une d’elles, le général Duphot qui tentait d’empêcher une bataille de rues entre les factieux et les troupes pontificales, reçut une balle qui lui fut fatale.
Joseph Bonaparte prétendit alors que l’ambassade de France avait été violée et le Directoire ordonna aux troupes françaises d’envahir l’Etat pontifical.  

Pie VI reçoit l'ordre du Directoire

Le 15 février 1798, le général Cervoni, envoyé par Berthier, présente à Sa Sainteté le Pape Pie VI l’ordre du Directoire
lui signifiant sa destitution et lui enjoignant de quitter Rome où la république a été proclamée

Le 10 février 1798, un corps de 15.000 hommes placé sous le commandement du général Louis-Alexandre Berthier, marcha sur Rome. Pie VI, qui n’était pas en mesure de repousser l’invasion, capitula. De nouvelles conditions accablantes furent imposées au Saint-Siège.
Les troupes françaises entrèrent dans la ville le 11 février.
C’était la première fois depuis le mémorable sac de 1527 perpétré par les troupes de l’empereur Charles Quint (cf. > ici) que la Ville Eternelle se trouvait envahie.
Le 15 février 1798, la république était proclamée à Rome et l’on planta, sur le Capitole, un « arbre de la liberté » surmonté du bonnet rouge. Le pape, dont on célébrait ce jour-là les cérémonies anniversaires de l’élection, déclaré déchu, était « invité » à partir. C’est le général Cervoni, envoyé par Berthier, qui avait été chargé de cette mission.
Le 16 février, les troupes françaises bivouaquèrent sur la place Saint-Pierre et prirent le contrôle de toutes les issues du Vatican. Ils allèrent même jusqu’à hisser le drapeau tricolore sur les palais apostoliques.
Berthier institua un gouvernement provisoire composé de sept consuls à la tête desquels il plaça un prêtre apostat nommé Bassal, ancien curé de Versailles.
Dès lors, les militaires français multiplièrent les vexations à l’encontre du Souverain Pontife dont on commença à préparer le départ en répandant peu à peu le bruit qu’il le ferait de son plein gré et en faisant même courir le bruit que le pape avait résolu d’abandonner l’état ecclésiastique !

Enfin, le mardi 20 février 1798, qui était la veille du mercredi des cendres, à peu près trois heures avant le lever du jour, un détachement militaire français entra dans la cour principale du palais.
L’abbé Baldassari, témoin de ces événements, raconte :
« Deux officiers français chefs de bataillon, réunirent les autres officiers qui étaient de garde au Vatican, et ils allèrent ensemble à l’appartement de Sa Sainteté ; ils témoignèrent un grand désir qu’on hâtât le départ, qui cependant avait été fixé à deux heures avant la pointe du jour. Pie VI aurait pu se rendre à leurs sollicitations ; il était prêt avant qu’on vinsse l’importuner ; mais il était impossible de partir avant que les chevaux de poste fussent arrivés. Cette raison, toute décisive qu’elle était, ne put satisfaire les officiers français ; ils s’emportèrent en blasphèmes, et leur colère ne s’apaisa que lorsqu’on vint les avertir que tout était prêt pour le départ.
Le saint Père, vêtu de la simarre blanche, avait déjà entendu la messe, à genoux, dans sa chapelle particulière, avec cette piété qu’on avait toujours admirée en lui. En sortant de l’oratoire, il prit le manteau rouge et le chapeau papal ; puis tenant d’une main la canne dont il avait coutume de se servir dans ses promenades à la campagne, et appuyé de l’autre sur le bras de son maître de chambre, il s’avança vers sa voiture de voyage. Sa figure respirait un courage tranquille. Ceux de sa maison qui se trouvaient au Vatican l’accompagnèrent silencieux et consternés ; je le suivis aussi (…).
Le saint Père étant monté dans la voiture qui lui était destinée, Mgr Caracciolo et le médecin et camérier secret de’ Rossi, tous deux en habits de prélats, se placèrent en face de Sa Sainteté ; en même temps les autres personnes de la suite montèrent dans les autres voitures, et on n’attendait plus que le moment de se mettre en route, quand les deux chefs de bataillon qui avaient eu constamment l’oeil sur Sa Sainteté, demandèrent la voiture dont ils comptaient se servir eux-mêmes. Comme on ignorait que ces deux Français eussent été choisis pour diriger le voyage, personne ne répondait. Voyant qu’on restait muet et qu’on ne leur amenait pas de voiture, ils se mirent à crier et à tempêter. Le majordome essaya de les calmer et leur dit avec douceur : qu’on avait préparé autant de voitures qu’il en fallait pour la suite du saint Père, et cela au su et avec l’approbation du gouvernement romain, et de l’autorité militaire française ; qu’on avait fait venir de la poste le nombre de chevaux accordé par le gouvernement, et nécessaire pour le voyage ; que pour ce qui les regardait, il semblait assez naturel que d’autres que le Pape et ses serviteurs eussent songé à les pourvoir de voiture. A des paroles si polies et si raisonnables, les deux officiers ne répondirent que par des gestes et des propos furibonds ; ils voulurent qu’on leur donnât sur-le-champ une voiture qui se trouvait dans la remise du palais, et ils firent dételer les chevaux d’une des voitures de la suite de Sa Sainteté pour les appliquer à leur usage. Ce furent de nouveaux frais que le Pape eut à supporter ; et les personnes de sa suite, qui occupaient la voiture dont on prit les chevaux, furent obligées de suspendre leur départ, jusqu’à ce qu’on leur permît d’en avoir d’autres, permission qui se fit attendre pendant plus d’une demi-journée.
Les deux officiers français ayant enfin commandé de partir, il survint un nouvel incident qui causa quelque trouble au saint Père. Les dragons français qui composaient l’escorte, au lieu de se tenir prêts à marcher, curieux, sans doute, de voir le Pape, se groupèrent autour du carrosse de Sa Sainteté. Au même moment on entendit de toutes parts des cris confus. Pie VI témoigna de l’inquiétude, et il tournait ses regards de côté et d’autre, pour voir d’où provenaient ces clameurs. C’étaient les deux commissaires, et ensuite tous les officiers qui éclataient en reproches et en menaces contre les soldats, dont le désordre et l’indiscipline retardaient ainsi le départ. Ces cris cessèrent enfin, et la voiture du Pape s’avança précédée et suivie d’un fort détachement de dragons. O séparation douloureuse ! il nous sembla qu’on nous arrachait le coeur ; nous nous mîmes à genoux pour recevoir la bénédiction apostolique, et le 20 février de l’année 1798, une heure environ avant le jour, Pie VI abandonna pour toujours le palais du Vatican et la ville de Rome » (« Histoire de l’enlèvement et de la captivité de Pie VI » par Monsieur l’abbé Baldassari).

Départ de Pie VI de Rome le 20 février 1798 - détail

Pie VI emmené captif par les troupes françaises le 20 février 1798
(détail de la gravure publiée en haut de page)

Pie VI, qui avait eu 80 ans le 25 décembre 1797, et qui était déjà affaibli physiquement par la maladie, commençait ainsi l’ultime étape de son pélerinage terrestre, lui auquel on attribue la sentence de la « prophétie » de Saint Malachie : « Peregrinus apostolicus – le pélerin apostolique ».
Au cours des dix-huit mois qui lui restent à vivre, il va être d’abord être emmené à Sienne, puis à la chartreuse de Florence, et enfin, par Bologne, Parme, Turin, le col du Mont-Cenis, Briançon et Grenoble, il arrivera à Valence, où il mourra d’épuisement le 29 août 1799.

armoiries de Pie VI

2018-8. Edit de Saint-Germain par lequel Sa Majesté le Roi Louis XIII a publié et ordonné la consécration du Royaume de France à la Très Sainte Vierge Marie sous le vocable de son Assomption.

- 10 février 1638 -

lys.gif

En l’an 1636, la Très Sainte Vierge Marie fit savoir à la Révérende Mère Anne-Marie de Jésus Crucifié (de Goulaine), religieuse stigmatisée que Monsieur le Cardinal de Richelieu tenait en très haute estime, qu’elle désirait que la France lui soit solennellement consacrée par le Roi. L’année suivante, Sa Majesté le Roi Louis XIII, « dans le secret de son coeur », consacra sa personne et son Royaume à Notre-Dame. Dans le même temps, par tout le Royaume, montaient vers le Ciel d’ardentes prières pour qu’un Dauphin fût donné à la France. Leurs Majestés elles-mêmes, multipliaient les prières, les pèlerinages et les pieuses donations afin d’obtenir un héritier, attendu depuis vingt-deux années.
La Sainte Mère de Dieu répondit en apparaîssant à un religieux augustin du couvent de Notre-Dame des Victoires, dnt l’église venait d’être fondée depuis peu par le Roi, en action de grâces pour la victoire sur les protestants. La Très Sainte Vierge Marie demandait en particulier trois neuvaines réalisées successivement en son sanctuaire de Cotignac en Provence, à Notre-Dame de Paris et dans l’église Notre-Dame des Victoires.
Ces faits mystiques furent portés à la connaissance de Sa Majesté la Reine Anne. Le religieux, frère Fiacre de Sainte-Marguerite, acheva les trois neuvaines demandées par la Madone le 5 décembre 1637 et c’est très exactement neuf mois après jour pour jour, le 5 septembre 1638, que naquit le Dauphin Louis Dieudonné, futur Louis XIV (cf. > ici).
Dès que la Reine fut certaine de sa grossesse, et sans attendre la naissance pour savoir si l’enfant royal serait garçon ou fille, Sa Majesté le Roi Louis XIII publia, le 10 février 1638, cet Edit de Saint-Germain, acte officiel par le moyen duquel il fait connaître au Royaume de France la consécration qu’il fait de sa personne, de sa couronne et de tout son Royaume à Notre-Dame et promulgue la manière dont cette consacration devra être solennellement renouvelée chaque année à la date du 15 août.

Louis XIII offrant sa couronne à Notre-Dame - Nicolas Coustou

Louis XIII offrant sa couronne à Notre-Dame
(oeuvre de Nicolas Coustou – détail du monument du Vœu de Louis XIII à Notre-Dame de Paris)

lys.gif

Louis, par la grâce de Dieu, Roi de France et de Navarre,
à tous ceux qui ces présentes lettres verront,
salut.

Dieu, qui élève les rois au trône de leur grandeur, non content de nous avoir donné l’esprit qu’Il départ à tous les princes de la terre pour la conduite de leurs peuples, a voulu prendre un soin si spécial et de notre personne et de notre Etat, que nous ne pouvons considérer le bonheur du cours de notre règne sans y voir autant d’effets merveilleux de Sa bonté que d’accidents qui nous menaçaient.
Lorsque nous sommes entré au gouvernement de cette couronne, la faiblesse de notre âge donna sujet à quelques mauvais esprits d’en troubler la tranquillité ; mais cette main divine soutint avec tant de force la justice de notre cause que l’on vit en même temps la naissance et la fin de ces pernicieux desseins.
En divers autres temps, l’artifice des hommes et la malice du démon ayant suscité et fomenté des divisions non moins dangereuses pour notre couronne que préjudiciables à notre maison, Il lui a plu en détourner le mal avec autant de douceur que de justice ; la rébellion de l’hérésie ayant aussi formé un parti dans l’Etat, qui n’avait d’autre but que de partager notre autorité, Il S’est servi de nous pour en abattre l’orgueil, et a permis que nous ayons relevé Ses saints autels, en tous les lieux où la violence de cet injuste parti en avait ôté les marques.
Si nous avons entrepris la protection de nos alliés, iI a donné des succès si heureux à nos armes qu’à la vue de toute l’Europe, contre l’espérance de tout le monde, nous les avons rétablis en la possession de leurs Etats dont ils avaient été dépouillés. Si les plus grandes forces des ennemis de cette couronne se sont ralliées pour conspirer sa ruine, Il a confondu leurs ambitieux desseins, pour faire voir à toutes les nations que, comme Sa Providence a fondé cet Etat, Sa bonté le conserve, et Sa puissance le défend.
Tant de grâces si évidentes font que pour n’en différer pas la reconnaissance, sans attendre la paix, qui nous viendra de la même main dont nous les avons reçues, et que nous désirons avec ardeur pour en faire sentir les fruits aux peuples qui nous sont commis, nous avons cru être obligés, nous prosternant aux pieds de Sa Majesté divine que nous adorons en trois Personnes, à ceux de la Sainte Vierge et de la sacrée Croix, où nous vénérons l’accomplissement des mystères de notre Rédemption par la vie et la mort du Fils de Dieu en notre chair, de nous consacrer à la grandeur de Dieu par Son Fils rabaissé jusqu’à nous et à ce Fils par Sa mère élevée jusqu’à Lui ; en la protection de laquelle nous mettons particulièrement notre personne, notre état, notre couronne et tous nos sujets pour obtenir par ce moyen celle de la Sainte Trinité, par son intercession et de toute la cour céleste par son autorité et exemple, nos mains n’étant pas assez pures pour présenter nos offrandes à la pureté même, nous croyons que celles qui ont été dignes de Le porter, les rendront hosties agréables, et c’est chose bien raisonnable qu’ayant été médiatrice de ces bienfaits, elle le soit de nos actions de grâces.

A ces causes, nous avons déclaré et déclarons que, prenant la très sainte et très glorieuse Vierge pour protectrice spéciale de notre royaume, nous lui consacrons particulièrement notre personne, notre Etat, notre couronne et nos sujets, la suppliant de nous vouloir inspirer une sainte conduite et défendre avec tant de soin ce royaume contre l’effort de tous ses ennemis, que, soit qu’il souffre le fléau de la guerre, ou jouisse de la douceur de la paix que nous demandons à Dieu de tout notre cœur, il ne sorte point des voies de la grâce qui conduisent à celles de la gloire.
Et afin que la postérité ne puisse manquer à suivre nos volontés à ce sujet, pour monument et marque immortelle de la consécration présente que nous faisons, nous ferons construire de nouveau le grand autel de l’église cathédrale de Paris, avec une image de la Vierge qui tienne entre ses bras celle de son précieux Fils descendu de la Croix ; nous serons représenté aux pieds du Fils et de la Mère, comme leur offrant notre couronne et notre sceptre [note].

Nous admonestons le sieur archevêque de Paris, et néanmoins lui enjoignons, que tous les ans, le jour et fête de l’Assomption, il fasse faire commémoration de notre présente déclaration à la Grand’ Messe qui se dira en son église cathédrale, et qu’après les vêpres dudit jour il soit fait une procession en ladite église, à laquelle assisteront toutes les compagnies souveraines, et le corps de la ville, avec pareille cérémonie que celle qui s’observe aux processions générales plus solennelles.
Ce que nous voulons aussi être fait en toutes les églises tant paroissiales, que celles des monastères de ladite ville et faubourgs ; et en toutes les villes, bourgs et villages dudit diocèse de Paris.

Exhortons pareillement tous les archevêques et évêques de notre royaume, et néanmoins leur enjoignons de faire célébrer la même solennité en leurs églises épiscopales, et autres églises de leurs diocèses ; entendant qu’à ladite cérémonie les cours de parlement, et autres compagnies souveraines, et les principaux officiers des villes y soient présents.
Et d’autant qu’il y a plusieurs églises épiscopales qui ne sont point dédiées à la Vierge, nous exhortons lesdits archevêques et évêques en ce cas, de lui dédier la principale chapelle desdites églises, pour y être faite ladite cérémonie ; et d’y élever un autel avec un ornement convenable à une action si célèbre, et d’admonester tous nos peuples d’avoir une dévotion toute particulière à la Vierge, d’implorer en ce jour sa protection, afin que, sous une si puissante patronne, notre royaume soit à couvert de toutes les entreprises de ses ennemis, qu’il jouisse longuement d’une bonne paix ; que Dieu y soit servi et révéré si saintement que nous et nos sujets puissions arriver heureusement à la dernière fin pour laquelle nous avons tous été créés ; car tel est notre bon plaisir.

Donné à Saint-Germain-en-Laye, le dixième jour de février, l’an de grâce mil-six-cent-trente-huit, et de notre règne le vingt-huitième.

signature de Louis XIII

Armes de France & Navarre

[note] Louis XIII mourut sans avoir pu réaliser ce dessein mais Louis XIV se chargea d’acquitter le monument prévu par le vœu de son père. La décoration du chœur de Notre-Dame, entreprise par le Grand Roi, ne fut achevée qu’en 1714 : la Très Sainte Vierge Marie y est représentée assise au pied de la croix, tenant le Christ mort sur ses genoux ; du côté de l’épître Louis XIII, et du côté de l’Evangile Louis XIV – puisqu’il voulut se réunir à son père dans cet acte solennel – offrent leur couronne à la Vierge. Malgré les saccages et pillages des révolutions et troubles politiques de la fin du XVIIIe siècle et du XIXe siècle, et malgré le démantèlement du maître-autel de la cathédrale lors de la réforme liturgique postérieure au second concile du Vatican, ces œuvres sont encore à leur place dans le fond du sanctuaire de Notre-Dame de Paris, ainsi qu’on peut le voir ci-dessous.

Voir aussi dans les pages de ce blogue :
- Manière d’accomplir la procession du Vœu de Louis XIII > ici
- Décret de Pie XI proclamant ND de l’Assomption patronne principale de la France > ici

P1080750 France, Paris, «le voeu de Louis XIII» dans le fond du choeur de la cathédrale Notre-Dame; Louis XIII et Louis XIV entourent la Vierge de pitié «Pieta»

Monument du Vœu de Louis XIII (cathédrale Notre-Dame de Paris)

2017-95. Où, à propos de l’anniversaire de la naissance de Sa Majesté le Roi Henri IV, le Maître-Chat Lully répond à quelques objections qui sont souvent opposées aux Légitimistes.

13 décembre,
Fête de Sainte Lucie, vierge et martyre ;
6ème jour dans l’octave de la Conception immaculée de Notre-Dame ;
Anniversaire de la naissance de SM le Roi Henri IV le Grand (13 décembre 1553).

Carapace berceau de Henri IV au château de Pau

Chambre natale de SM le Roi Henri IV au château de Pau :
selon la tradition, cette carapace de tortue de mer fut utilisée comme berceau pour Henri de Navarre à sa naissance ;
objet d’un véritable culte jusqu’à la révolution, ce berceau-carapace échappa à la fureur des « patriotes »;
à la Restauration (1822), il fut entouré de six lances en bois doré surmontées d’une couronne de lauriers et d’un casque superbement empanaché de plumes blanches, pour figurer les hauts faits d’armes du premier Roi Bourbon.

Armes de France & Navarre

Roi de France et de Navarre

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Je vous ai déjà entretenus de la célébration traditionnelle qui se déroule à Rome, dans l’archibasilique-cathédrale du Latran, chaque 13 décembre (ou parfois à une date proche) : la Messe « pro felici ac prospero statu Galliae : pour le bonheur et la prospérité de la France », à l’occasion de l’anniversaire de la naissance de Sa Majesté le Roi Henri IV le Grand (13 décembre 1553 – voir > ici et > ici).

Je voudrais aujourd’hui profiter de cet anniversaire pour, une fois de plus, réfuter l’une de ces objections qui sont relativement fréquemment opposées aux légitimistes au sujet de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX.
Il y a quelques mois (cf. > ici), j’ai argumenté sur les raisons pour lesquelles il est préférable que, quoique étant de plein droit Français, Monseigneur le duc d’Anjou et sa famille ne résident pas de manière habituelle sur le sol français.
Aujourd’hui, je voudrais répondre à la critique suivante, que je rapporte à peu de choses près dans les termes où je l’ai lue ou entendue à plusieurs reprises :
« Quoi qu’il en soit des côtés sympathiques ou attachants de sa personne, le Prince Louis de Bourbon n’est pas de culture française, il parle le français avec un fort accent espagnol, et son français est même parfois approximatif. Quelle différence avec, par exemple, le Prince Reza Pahlavi, l’un des fils du Shâh, qui parle le français à la perfection et sans accent !… »

fleur de lys gif2

1) La première remarque qu’il convient de faire ici, c’est que cet argument fallacieux dérive plus ou moins de ce pseudo « principe de nationalité », fréquemment invoqué par les orléanistes – mais pas uniquement eux – pour dénier au Prince Louis de Bourbon tout droit dynastique.
Je dis bien « pseudo principe ».
En effet, d’une part la « nationalité » n’a jamais fait partie des Lois fondamentales qui règlent la succession à la Couronne de France (cf. > ici) parce que c’est le fait d’être « du Sang de France », c’est-à-dire descendant de Hugues Capet par les mâles, qui fait qu’un homme est dynaste ; et d’autre part parce que la « nationalité » est une invention révolutionnaire et républicaine qui n’a pas beaucoup de sens pour le droit traditionnel de l’Ancien Régime.
Cela permet au passage de faire ressortir combien, sur ce point particulier comme pour beaucoup d’autres, les opposants à la Légitimité sont en fait, à des degrés divers, pénétrés par les idées de la révolution.

fleur de lys gif2

2) Ma deuxième remarque consiste à mettre en évidence que ceux qui mettent en avant ces prétendues objections placent de fait leurs appréciations humaines subjectives au-dessus des règles objectives traditionnelles de la royauté capétienne.
Aujourd’hui on récusera les droits dynastiques d’un Prince au prétexte de l’éducation qu’il a reçue, de son accent, ou de sa manière de s’exprimer, et demain – parce que, ce faisant, on ouvre la porte à toutes espèces de dénégations au nom de ce qui ne nous plaît pas – on s’insurgera contre la légitimité du Prince qui ne sera pas assez grand, ou qui n’aura pas les yeux de la couleur que l’on aime, ou qui sera bègue (mais cela s’est déjà vu d’avoir un roi bègue : ce fut le cas de Louis II [846-879]), boiteux ou contrefait (en ce cas Louis XI n’eût jamais pu régner !), ou bien qui n’aura pas eu les maîtres et éducateurs que l’on eût souhaités pour lui, ou qui ne sera pas né au bon endroit, ou que sais-je encore ?
De telles objections n’ont finalement plus de limites et peuvent donner lieu à tous les abus et dérives de la subjectivité. Cela revient en effet à « choisir son roi » en fonction de critères personnels, et l’on arrive rapidement aux mêmes dérives que sous cette république où l’on a vu récemment des électeurs urner en faveur d’un candidat à la présidence non parce qu’ils avaient lu son programme (et y avaient adhéré) mais seulement parce qu’ils lui trouvaient un joli minois !
On ne choisit pas son Roi : le Roi est donné par Dieu ! Et ce sont les Lois fondamentales qui le désignent indubitablement et objectivement en dehors de tous les critères humains.
Qu’on me permette ici de faire remarquer que, selon les appréciations actuelles de ces crypto-nationalistes, Henri III de Navarre n’eût jamais dû accéder au trône de France et devenir Henri IV : en effet, il n’avait pas la « nationalité française » ; il était souverain d’un royaume étranger ; il parlait plus volontiers le patois béarnais que la langue française ; il avait un accent épouvantable qui devait tour à tour faire se gausser ou choquer les très suffisantes et minaudantes cocottes – mâles et femelles – de la Cour ; son éducation et sa culture s’apparentaient à celles des jeunes rustres avec lesquels il avait joué et s’était roulé par terre dans son adolescence ; et – c’est bien là sans aucun doute le plus fort de tous les arguments contre son accession au trône – il puait l’ail !
J’exagère à peine. Mais cela met bien en évidence l’inconsistance et l’inanité de ces objections adressées aux légitimistes à propos de ces « défauts » de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon que l’on monte en épingle.
Pour clore ce chapitre, je veux renvoyer mes lecteurs au chapitre XVI du 1er livre des Rois (selon la Vulgate) où l’on lit comment le prophète Samuel fut envoyé à Bethléem pour y donner l’onction royale à l’un des fils de Jessé. Samuel, impressionné par la beauté, la taille et la force de l’aîné, entend le Seigneur lui dire : « Ne regarde point son visage, ni la hauteur de sa stature, parce que Je l’ai rejeté et que Moi Je ne juge point selon le regard de l’homme ; car l’homme voit ce qui paraît, mais le Seigneur regarde le coeur » (1 Reg. XVI, 7).
Ainsi en est-il de nos jours encore, car c’est bien la Sainte Providence de Dieu qui a donné à la Royauté française ses Lois fondamentales réglant la succession au trône, et le Seigneur par la voix de ces Lois nous dit aujourd’hui : « Ne regardez pas à l’accent, à la culture ou à l’élocution du Prince : ce ne sont là que des apparences qui arrêtent vos regards et les empêchent de voir la réalité profonde et objective qui, elle, vous est accessible par les Lois fondamentales que j’ai voulues pour ce Royaume, et dont les siècles ont démontré le bien-fondé, la pertinence et la sagesse ! Il vaut mieux un Prince qui parle le français avec un accent espagnol mais dont les paroles énoncent fidèlement les principes traditionnels de la sainte Royauté héritée de Clovis, de Saint Charlemagne, de Saint Louis, de Louis XIV, d’Henri V qu’un autre prince qui parlerait peut-être impeccablement le français mais pour tenir un discours pénétré par les idées de la révolution et de la maçonnerie, hérité de Louis-Philippe… »

fleur de lys gif2

3) La troisième et dernière réflexion que je veux vous livrer aujourd’hui se place dans la continuité de la précédente mais la développe d’une autre manière. Voici :
S’ils étaient vraiment cohérents avec cette espèce de crypto-nationalisme qui leur fait traiter Monseigneur le Prince Louis de Bourbon d’ « espagnol », ils devraient, en toute logique, refuser de voir monter sur le trône de France tout descendant d’un souverain étranger au Royaume de France, tout descendant de Henri III de Navarre à quelque degré que ce soit, et ils devraient contester la légitimité pour la France de tous les princes de la Maison de Bourbon, puisque tous descendants du Roi béarnais : les diverses formes d’invocation d’un prétendu « principe de nationalité » - même lorsqu’elle se fait au travers du reproche de l’imparfaite maîtrise d’une langue ou d’un accent qui n’a pas l’heur de plaire à des oreilles nationalistes – conduisent le plus logiquement du monde à exclure aussi de la Couronne de France les princes de la Maison d’Orléans et de la Maison de Parme qui, de nos jours, voudraient la revendiquer pour leurs personnes.
Toutefois, je crains qu’aveuglés par la passion et par leur sujectivisme, ils ne parviennent pas à s’établir dans une logique objective et sereine !

fleur de lys gif2

Henri IV & Louis XX

Pour nous, sans sentimentalisme, sans recourir à des critères de pure apparence et subjectifs, nous nous attachons fermement et paisiblement à l’objectivité des Lois fondamentales du Royaume de France, rempart et force de la Légitimité, et nous chantons avec une joie et une ferveur indicibles ainsi que nos ancêtres :

Chantons l’antienne qu’on chantera dans mille ans :
Que Dieu maintienne en paix ses descendants
Jusqu’à ce qu’on prenne la lune avec les dents !

Vive la France, vive le Roi Henri !
Qu’à Reims on danse en disant comme Paris :
Vive la France, vive le roi Henri !

Pour écouter l’hymne « Vive Henri IV » somptueusement  harmonisé par Tchaikovsky
faire un clic droit sur l’image ci-dessous puis « ouvrir dans un nouvel onglet >

Image de prévisualisation YouTube

fleur de lys gif2

2017-90. Quand nos chouans des hautes terres tenaient la république en échec : la bataille du Clapas.

- 21 novembre 1797 -

Scapulaire Sacré-Coeur

Ce 21 novembre 2017 a marqué le deux-cent-vingtième anniversaire de ce que les ouvrages d’histoire locale appellent « la bataille du Clapas ».

Le Clapas est le nom d’un suc volcanique, situé entre le Mont Gerbier de Jonc (au pied duquel sont les sources de la Loire) et la ferme de Bourlatier (localement bien connue parce qu’elle est aujourd’hui un lieu emblématique du tourisme aux confins des Boutières et du plateau). En raison de l’amoncellement des blocs volcaniques qui le composent, se suc peut donner l’impression, de loin, de ruines antiques. C’est d’ailleurs l’explication de son nom : un « clapas », en patois, c’est un gros tas de cailloux.
Au milieu du XVIIe siècle, les seigneurs de Fourchades et Saint-Martial firent construire une grande ferme au pied du Clapas. A moins de 500 mètres de la ferme de Bourlatier, elle fut d’abord appelée « grange neuve de Bourlatier » ; mais bientôt le suc qui la domine lui donna son nom et on ne la connut plus guère que comme la ferme du Clapas.

Au moment de la grande révolution, François Chanéac, dit « le Grand Chanéac » (cf. > ici) en était le fermier, à la suite de son père.
Les Chanéac en effet, quoique propriétaires aisés de plusieurs domaines, étaient également fermiers du Clapas, propriété seigneuriale.
Cette ferme, située sur le territoire de la paroisse de Saint-Martial, se trouve en même temps aux confins de celle de Saint-Andéol de Fourchades (Bourlatier appartient à Saint-Andéol) et du mandement de Goudoulet : cette situation fait d’elle un point stratégique, idéalement situé, entre plateau vivarois et vallées profondes des hautes Boutières.

Saint-Martial - le suc du Clapas et la ferme du même nom

Saint-Martial : le suc du Clapas et, à son pied, la ferme à laquelle il donne son nom.
Pendant la grande révolution, le Grand Chanéac était fermier du Clapas
qui était l’un des lieux stratégiques de la chouannerie vivaroise.

Alors que le soulèvement vendéen ne dure qu’un peu plus de 9 mois (de mars à décembre 1793), la résistance du Vivarais à la révolution s’étale sur presque 10 ans : d’août 1790 jusqu’au début de l’année 1800.

Cette résistance a commencé avec les « Camps de Jalès » (cf. > ici), qui tendaient d’abord à la constitution d’une « armée catholique et royale d’Orient », mais l’échec du soulèvement du comte de Saillans, en juillet 1792 (cf. > ici), entraîne un changement de méthode : de la constitution d’une armée qui devait mener campagne à la manière des troupes régulières on passe à une guérilla, faite de mouvements sporadiques nombreux, rondement menés, accomplis par de petites troupes à géométrie variable conduites par des chefs locaux déterminés, en lien les uns avec les autres. C’est donc à proprement parler une chouannerie, qui bénéficie du soutien actif d’une grande partie de la population, surtout dans les campagnes, mais très spécialement sur le plateau vivarois et dans les hautes Boutières, zones difficiles d’accès.
Cette opposition est motivée par une fervente fidélité à la religion catholique – qui se trouve alors persécutée et dont les biens ont été spoliés -, par le refus de la conscription militaire, par le mécontentement de l’augmentation continue des impôts depuis le début de la révolution, et par l’attachement aux traditions et particularismes locaux contre le nivellement centralisateur jacobin.

François Chanéac, dit « le Grand Chanéac » (1759-1841), demeure encore dans les mémoires comme l’une des figures les plus populaires parmi les chefs de la chouannerie vivaroise, aux côtés d’une dizaine d’autres meneurs.
Doté d’un charisme particulier, chevauchant sa jument noire à laquelle il a donné le nom symbolique de « la Vendée », il peut très rapidement rassembler sa troupe qui, selon les besoins, peut se composer de quelques dizaines à plusieurs centaines de combattants.
Les révolutionnaires les qualifient de « brigands », car le terme de chouans ne leur sera appliqué qu’au XXème siècle, mais il s’agit bien d’une chouannerie en tout comparable à celles de Bretagne, de Normandie ou du Maine.

Au cours des années 1795 à 1799, loin de s’essouffler, la chouannerie du plateau vivarois décuple son activité, jusqu’à faire des incursions dans les petites villes des vallées, où les révolutionnaires sont les maîtres, et jusqu’à inspirer des craintes à Paris, car le Directoire reçoit régulièrement des comptes-rendus qui le navrent…

C’est donc ainsi qu’à l’automne 1797, le Directoire confie au général Boisset la mission d’en finir avec les « brigands » du plateau ardéchois.

Chouans en embuscade

Joseph-Valérian de Boisset (1750-1824), natif de Montélimar, a commencé sa carrière militaire sous l’Ancien Régime, mais il s’est mis au service de la révolution (et a alors abandonné sa particule). En 1794, il a été promu général de brigade à l’armée du Nord, et après avoir servi dans l’armée de Sambre-et-Meuse puis dans celles des Pyrénées, en 1796 il est nommé commandant des forces armées des départements du Gard et de l’Ardèche.

Le 19 novembre 1797 (29 brumaire de l’an VI selon le ridicule calendrier révolutionnaire), il quitte Privas à la tête de troupes de lignes et de forces de gendarmerie en direction du Mont Gerbier de Jonc.
Des ordres ont été envoyés aux gardes nationales d’Antraïgues et de Burzet, bourgades où les révolutionnaires sont plus zélés, pour qu’elles le rejoignent.
C’est ainsi que la garde nationale de Burzet, composée d’une trentaine d’hommes, se porte sur place et y arrive avant Boisset et ses troupes.
Avant donc que la jonction ne soit réalisée, les chouans de François Chanéac, embusqués et maîtres du terrain, tombent sur la garde nationale de Burzet et la mettent en déroute ; trois de ses hommes sont tués dans la bagarre. Les « crapauds bleus » (c’est par ce surnom infamant que les gens des hautes Boutières et du Plateau appellent les gardes nationaux) s’enfuient à toutes jambes, poursuivis par les chouans.
Ce combat a lieu dans l’après-midi et la soirée du 21 novembre 1797 (1er frimaire de l’an VI).

Boisset apprend la nouvelle le lendemain, alors qu’il se trouve à Antraïgues. Il accélère la marche de ses troupes auxquelles il fait mener une véritable battue, le 23 novembre et les jours suivants, aux alentours de Lachamp-Raphaël, des Sagnes, de Bourlatier, du Clapas et du Gerbier.
Il a même installé son QG dans la ferme du Clapas : dans le lieu habituel de la vie du Grand Chanéac et de sa famille (qui ont évidemment pris le maquis).
Mais tout ce déploiement de forces armées n’aboutit à rien : les chouans et la plus grande partie de la population des villages ont tous disparu. On ne retrouve que les trois cadavres des malheureux gardes nationaux de Burzet.

En cette fin novembre, le brouillard, le vent, le froid se font en outre complices des chouans.
Boisset et ses troupes n’ont nulle envie de s’éterniser dans ces contrées où non seulement les hommes mais la nature elle-même leur sont hostiles. Il se retirent bredouilles.

Quelques jours plus tard, le général Boisset est réformé : son échec est interprété par certains comme une trahison ; on le soupçonne de connivence avec les contre-révolutionnaires !

Véritable événement historique, quoique bien oubliée, « la bataille du Clapas est une victoire de la chouannerie et de François Chanéac… », écrit Régis Dallard qui, dans son ouvrage « Le Grand Chanéac, de l’histoire à la mémoire » (Prix Marcel Boulle 2001 – Mémoire d’Ardèche et Temps Présent, p.94) a établi la réalité de ces faits que les gens du haut pays se racontaient jadis avec fierté à la veillée.

pattes de chatLully.

Mont Gerbier de Jonc un soir d'automne

Le Mont Gerbier de Jonc dans la lumière d’un soir d’automne menaçant.

Scapulaire Sacré-Coeur

Publié dans:Memento, Vexilla Regis |on 23 novembre, 2017 |1 Commentaire »

2017-88. Poésie : Vitrail (José-Maria de Hérédia).

22 novembre 2017.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

La nuit tombe ; au-dehors le vent du sud affole la girouette ; le feu ronronne dans notre gros poêle…
Douce quiétude des soirs d’automne en notre Mesnil-Marie.

Si, en cette journée du 22 novembre, nous avons célébré la fête de Sainte Cécile (cf. > ici), je reviens auprès de vous pour encore quelques autres lignes qui, d’une certaine manière, ne nous éloignerons pas du thème de cette musique sur laquelle la vierge martyre Cécile exerce son beau patronage.

C’est qu’en effet je voudrais, ce soir, dans l’ambiance chat-l’heureuse et feutrée de notre thébaïde, partager un peu de poésie avec vous.
La poésie est musique. La poésie est harmonie.
Non seulement harmonie et musique des ryhtmes et des rimes, des mots et des sons, mais aussi harmonie et musique des images et des couleurs intérieures qu’elle enfante.

Nous autres, chats, sommes de purs poètes : tout lieu dans lequel nous vivons est un petit Parnasse !
C’est bien là, ce qui explique ma publication de ce soir : ce 22 novembre 2017 a marqué le cent-septante-cinquième anniversaire de la naissance d’un poète à la lyre enchanteresse : José-Maria de Hérédia.

Né à Cuba le 22 novembre 1842, sujet de la Couronne espagnole, José-Maria a des ascendances françaises (sa mère est née Girard d’Houville) et a suivi une partie de ses études en France, où il s’installe définitivement à l’âge de 19 ans (1861).
Fin lettré et esthète raffiné, le jeune Hérédia va être rapidement en relation avec les fondateurs du mouvement parnassien dont il deviendra l’une des figures de proue.

En 1893 – il a donc 51 ans -, il publie son unique recueil : « Trophées », qui comprend cent-dix-huit sonnets et quatre poèmes plus longs. C’est également l’année où il reçoit la nationalité française.
L’année suivante, il est élu à l’Académie Française.
Il s’est éteint le 2 octobre 1905, alors qu’il approchait de son soixante-troisième anniversaire.

J’ai donc choisi de relire avec vous ce pur et sublime joyau qu’est le poème intitulé « Vitrail », ciselé comme une minutieuse merveille d’orfèvrerie, dont la puissance évocatrice a charmé mon papa-moine lorsqu’il avait 11 ans, qui ne l’a, depuis lors, jamais oublié, et qui le récite encore avec délices, comme une intemporelle incantation à la plus pure beauté… 

pattes de chatLully.

Vitrail & gisants - basilique de Saint-Denis

* * * * * * *

Vitrail

Cette verrière a vu dames et hauts barons 
Étincelants d’azur, d’or, de flamme et de nacre, 
Incliner, sous la dextre auguste qui consacre, 
L’orgueil de leurs cimiers et de leurs chaperons ;

Lorsqu’ils allaient, au bruit du cor ou des clairons, 
Ayant le glaive au poing, le gerfaut ou le sacre, 
Vers la plaine ou le bois, Byzance ou Saint-Jean d’Acre, 
Partir pour la croisade ou le vol des hérons.

Aujourd’hui, les seigneurs auprès des châtelaines, 
Avec le lévrier à leurs longues poulaines, 
S’allongent aux carreaux de marbre blanc et noir ;

Ils gisent là sans voix, sans geste et sans ouïe, 
Et de leurs yeux de pierre ils regardent sans voir 
La rose du vitrail toujours épanouie.

                                                    José-Maria de Hérédia.

* * * * * * *

Gisants - Basilique de Saint-Denis

2017-86. « Nous sommes tous prêtres catholiques mais nous n’avons pas la même religion. »

Jeudi 16 novembre 2017,
Fête de Sainte Gertrude la Grande (voir > ici et > ici).

Ce dimanche qui vient, 19 novembre 2017, sera l’exact vingt-cinquième anniversaire du rappel à Dieu de Monsieur l’abbé Bryan Houghton (+ 19 novembre 1992) dont je vous ai déjà entretenus à plusieurs reprises (voir les liens en bas de cette page).
Notre Frère Maximilien-Marie se rendra donc dimanche prochain à la Sainte Messe à la chapelle Notre-Dame de la Rose, à Montélimar, puis, avec la communauté traditionnelle de ce lieu qui nous est si cher, il ira en pèlerinage sur la tombe de l’abbé au cimetière de Viviers.

Cet anniversaire est l’occasion de se replonger dans l’ouvrage magnifique et poignant intitulé « Prêtre rejeté », dans lequel, outre des éléments biographiques importants, l’abbé Houghton nous livre de fort judicieuses réflexions sur la crise de l’Eglise et de la liturgie, sur le concile vaticandeux et sur la messe ancienne.

Je vous ai déjà cité (cf. > ici) un extrait du douzième chapitre de ce livre, intitulé « L’Eglise du bavardage ».
Je voudrais en publier aujourd’hui un autre extrait dans lequel, avec son style inimitable et la sous-jacence de son humour si particulier, Monsieur l’abbé Houghton oppose « le vieux curé » d’autrefois et les prêtres « post-conciliaires »
C’est à peine caricatural, et cela met en évidence d’une manière en vérité bien douloureuse combien, depuis la révolution qui s’est fait jour à la faveur du second concile du Vatican, au-delà de ces apparences que sont la soutane, le latin et la manière ancienne de célébrer, ce sont deux réalités religieuses différentes qui sont vécues d’une part par les « tradis » et d’autre part par le plus grand nombre des prêtres et des fidèles des paroisses ordinaires : sous les mêmes mots, il n’y a plus le même sens !
Ce pourquoi l’abbé Bryan Houghton s’écriait : « Nous sommes tous prêtres catholiques mais nous n’avons pas la même religion » !

Nous l’avons nous-mêmes expérimenté à de très nombreuses reprises avec certains de ces prêtres de « l’Eglise ordinaire », avec lesquels Frère Maximilien-Marie a parfois des discussions.
Ce ne ne sont, pour la plupart, pas nécessairement de mauvaises personnes, mais, dans le fond, comme ils vivent coupés de la Tradition authentique (dont la plupart n’ont d’ailleurs même pas idée de ce qu’elle est) et qu’ils ne savent pas grand chose de ce qu’il y a eu « avant le concile », ils sont tout à fait semblables à ces élèves aujourd’hui décérébrés par la pseudo « éducation nationale » qui n’ont que des vues partielles et partiales de ce qu’a été l’histoire de France avant 1789 et qui sont en définitive convaincus que la France a commencé avec la prétendue prise de la Bastille.
Il en est exactement ainsi pour une majorité de prêtres actuels en dehors des instituts et communautés traditionnels : ils n’ont qu’une connaissance partielle et partiale de ce qu’a été la Tradition vivante pendant vingt siècles et vivent inconsciemment avec la persuasion que l’Eglise n’a vraiment commencé qu’avec le dit concile.
Et d’ailleurs la comparaison entre le concile vaticandeux et la révolution française n’est pas le fait du hasard : un certain cardinal Joseph Ratzinger l’avait lui-même jadis reprise après que Monseigneur Lefèbvre l’avait développée dans sa fameuse homélie fleuve de Lille (le 29 août 1976 – cf. > ici), et Monsieur l’abbé Houghton la fait sienne lui aussi au terme de l’extrait reproduit ci-dessous.

Je vous invite donc, pour l’heure, à réfléchir sur le texte ci-joint, et, dimanche prochain, à vous unir à nous par la prière dans le souvenir fervent et reconnaissant de Monsieur l’abbé Bryan Houghton au jour du vingt-cinquième anniversaire de son trépas.

Lully.

abbé Bryan Houghton

Monsieur l’Abbé Bryan Houghton

 « Nous sommes tous prêtres catholiques mais nous n’avons pas la même religion. » 

« Par le simple fait que je vis dans une ville épiscopale, je suis à même de faire la connaissance d’un assez grand nombre de prêtres. D’autre part, mes déplacements à travers la France pendant les vacances m’avaient permis de rencontrer autrefois un grand nombre de curés de village, là où je m’arrêtais pour dire la messe. J’ai du mal à croire qu’il s’agit, au moins grosso modo, du même genre de gens.

Le vieux curé en soutane constellée de taches, qui parcourait son village sur une bicyclette de dame, se serait cru déshonoré s’il s’était rasé plus de deux fois par semaine et vivait dans un presbytère rempli de livres, de bouteilles de vin, de chats et d’un invraisemblable bric-à-brac, était extérieurement très différent du monsieur soigné, rasé de frais, en col et cravate, costume beige et chaussures astiquées, qui claque la portière de sa voiture en criant : « Bonjour ! »
Sont-ils aussi différents qu’on pourrait le penser à s’en tenir aux apparences ? A la vérité, je n’en sais rien mais je soupçonne que le vieux curé était beaucoup plus pieux et considérablement plus cultivé.
Pour commencer, il priait et lisait au lieu de regarder la télévision, mais cela mis de côté, il aimait Dieu et désirait approfondir sa religion. Ses homologues contemporains sont terriblement affables mais leur piété ne frappe pas. A la cathédrale de Viviers, par exemple, je n’ai jamais trouvé un prêtre disant la messe ou priant devant le Saint-Sacrement depuis la suppression du chapitre en 1973. Sans doute disent-ils la messe chez eux dans leur salle à manger et prient-ils dans leur bureau, mais ce n’est pas tout à fait pareil. Les prêtres d’autrefois disaient leur messe et leur chapelet à l’église.
Il en va de même de leurs lectures. Le vieux curé ne pensait à rien d’autre qu’à se plonger dans saint Augustin ou Bossuet ; s’ils lisent quoi que ce soit, ses homologues contemporains lisent une revue progressiste.

Comme je l’ai dit, je vis dans une ville épiscopale et suis donc environné d’ecclésiastiques : l’évêque, le vicaire général, le chancelier, l’official, le vice-official, l’administrateur, deux autres prêtres et le dernier chanoine survivant, âgé de quare-vingt-seize ans, qui est déterminé à ce que l’évêque s’en aille le premier. Tous se mettront en quatre pour être gentils avec moi et me faciliter la vie. Je les apprécie beaucoup en tant qu’hommes et j’ai même de la gratitude envers eux, mais je n’oserais parler de « religion » à aucun d’entre eux. C’est un sujet tabou. Nous sommes tous prêtres catholiques mais nous n’avons pas la même religion. C’est navrant !

Je retrouvais donc en France le problème qui se posait à moi en Angleterre : qu’est-ce qui a conduit le clergé à adopter les idées nouvelles ? Je persistais à penser – et je pense toujours – que le fond du problème réside dans la prière (…).
Mais qu’est-ce qui a conduit les prêtres à cesser de prier – autrement dit comment ont-ils perdu la foi ?
Un fait m’a paru assez frappant : la France perdait la foi pour la seconde fois. Avant 1969, il y avait eu 1789. Peut-être la machine était-elle en route ? (…) »

Abbé Bryan Houghton,
in « Prêtre rejeté », chap. XII : « L’Eglise du bavardage »
Editions Dominique Martin Morin, 2005, pp. 127-128.

Cimetière de Viviers - tombe abbé Bryan Houghton

Tombe de Monsieur l’abbé Bryan Houghton
au cimetière de Viviers

Autres textes de ce blogue relatifs à l’abbé Bryan Houghton :
– Biographie publiée à l’occasion du centenaire de sa naissance > ici
– Annonce de la journée célébrant le 20ème anniversaire de son rappel à Dieu > ici
– Compte-rendu de la journée célébrant le 20ème anniversaire de son rappel à Dieu > ici
– « Le Dieu crucifié » > ici
– « L’Eglise est devenue une masse informe de groupes de discussion…» > ici
– Restauration de la chapelle ND de la Rose, que l’abbé Houghton avait rendue au culte > ici

2017-85. Du véritable visage de Luther.

Contribution féline très incorrecte aux commémorations du
cinquième centenaire
de l’officialisation de la révolte de Martin Luther

1517 – 31 octobre – 2017

* * * * *

Luther affichant ses thèses hérétiques 31 octobre 1517

Martin Luther clouant le placard de ses thèses hérétiques sur les portes de l’église de la Toussaint
à Wittemberg le 31 octobre 1517

* * * * *

Tandis que, jusqu’aux plus hauts degrés de la hiérarchie de l’Eglise en crise, un certain nombre de catholiques multiplient gestes symboliques et prises de parole pour « célébrer » ce que l’on appelle (d’ailleurs à tort) le « cinquième centenaire de la réforme » - car il n’y a pas une « réforme » monolithique, mais il y a un ensemble complexe de révoltes successives et inflationnistes contre l’Eglise catholique, menées par de pseudo réformateurs qui n’étaient pas d’accord entre eux, ne parlaient donc pas d’une seule voix, et se sont parfois contredits eux-mêmes – , je voudrais porter à votre connaissance d’autres « sons de cloche » que ceux donnés par les déclarations officielles, lesquelles ne sont habituellement nullement conformes à la réalité historique mais constituent un extraordinaire florilège de mensonges, d’approximations, de tromperies, de répétitions de poncifs injustifiés… etc.

Veuillez donc trouvez ci-dessous, chers Amis, quelques réflexions et remarques qui n’ont d’autre but que celui de rappeler ou rétablir quelques vérités, au jour anniversaire de l’affichage des thèses de Luther à la porte de l’église de la Toussaint à Wittenberg (31 octobre 1517), qui n’est pas le commencement de la prétendue réforme, mais l’officialisation de la révolte d’un homme contre Dieu et contre Son Eglise, révolte qui couvait et s’envenimait depuis déjà longtemps dans l’âme tourmentée de ce personnage sulfureux.

Patte de chat   Lully.

* * * * *

- Luther : un  meurtrier entré au couvent sans vocation.

Dietrich Emme est un protestant allemand, juriste de formation, qui a mené depuis des années de très importantes recherches et études sur la vie de Martin Luther, parce qu’il a constaté qu’il n’existe pas de biographie répondant à toutes les exigences véritablement scientifiques de la rigueur historique.
Le Docteur Emme s’est ainsi rendu compte que, loin de la version « hagiographique » répandue depuis des siècles, en réalité l’étudiant d’Erfurt n’est pas devenu moine à la suite de la formulation d’un voeu à Sainte Anne lors d’un orage effrayant, mais qu’il est entré au couvent des Augustins pour échapper à la justice.

Dietriech Emme a sorti des oubliettes les témoignages croisés des plus anciens biographes protestants de Luther (Mathesius, Melanchthon et Seinecker) et certaines déclarations de Luther lui-même, qui permettent d’affirmer que, depuis peu diplomé comme « maître es arts », Martin Luther a causé la mort de l’un de ses condisciples lors d’un duel : il s’est donc d’abord rendu coupable d’un duel (sévèrement interdit et sanctionné), puis d’un homicide. Son entrée au couvent des Ermites de Saint-Augustin d’Erfurt, couvent qui était exempt de la justice locale qui aurait pu l’envoyer à la potence, le mettait à l’abri des poursuites et d’un procès.
En d’autres occasions, Luther a aussi affirmé que pendant les six premiers mois qu’il a passés au couvent, il n’y suivait pas la vie des frères mais qu’il était commis à des emplois subalternes et ingrats tels que le nettoyage des latrines, choses qui n’étaient pas demandées aux postulants et aux novices – qui étudiaient – mais à des domestiques du plus bas échelon. Ce n’est qu’au terme de ces six mois que Luther a demandé à recevoir l’habit monastique : ce faisant, il échappait non seulement à la justice mais aussi à ces travaux serviles qui lui répugnaient. C’est ainsi qu’il put reprendre des études, au terme desquelles il fut ordonné prêtre et employé à l’enseignement.

On le voit, Martin Luther n’a jamais eu la vocation : son entrée au couvent n’a été qu’une fuite de ses responsabilités. Il n’échappa toutefois jamais aux reproches de sa conscience, et c’est pour tenter de les apaiser que son cerveau perturbé par la culpabilité inventera de toutes pièces cette fausse « doctrine de la justification par la foi » dont il fera l’une de ses machines de guerre contre la Sainte Eglise, contre toute la Tradition des Pères de l’Eglise et de quinze siècles de magistère, et contre la Sainte Ecriture elle-même puisque pour l’imposer il bannira de la Bible certains textes (l’épître de Saint Jacques par exemple) !

Faut-il s’étonner du fait que les publications de Dietrich Emme sont quasi impossibles à trouver en langue française ?
Déjà en Allemagne, pour pouvoir publier le résultat de ses travaux scientifiques sur Luther, le Docteur Emme a dû créer sa propre maison d’édition, parce que tous les éditeurs lui fermaient leurs portes. Grâce à internet, certains textes sont aujourd’hui accessibles… uniquement en langue allemande.
Et c’est ainsi que, malgré les témoignages anciens de Luther lui-même et de ses premiers historiens, mis en lumière par Dietrich Emme, on continue de colporter des fables et à présenter ce meurtrier comme un homme exemplaire à la conscience droite.

- Une grave responsabilité qui incombe aussi aux supérieurs du couvent d’Erfurt.

On doit regretter au plus haut point que les supérieurs ecclésiastiques du couvent des Augustins d’Erfurt se soient faits les complices de cette fausse vocation.
Ont-ils été abusés par un sujet intelligent qui a rusé pour éviter de se retrouver dans le siècle et d’y tomber sous les coups de la justice, ou bien se sont-ils rendus coupables d’une peccamineuse faiblesse en fermant les yeux ? Dieu seul le dira au jour du Jugement dernier !
Néanmoins il faut affirmer qu’en lui permettant de prendre le saint habit puis en l’admettant au sacerdoce, ils sont chargés devant Dieu et devant les hommes d’une partie de la culpabilité de Luther. Ils portent une partie de la responsabilité des fausses doctrines que ce moine sans vocation a professées et répandues et, de ce fait, ils portent aussi une partie de la responsabilité de Luther qui a fait basculer la Chrétienté dans des conflits sanglants pour plusieurs siècles, et qui – ce qui est le plus dramatique – a entraîné à n’en pas douter d’innombrables âmes en enfer avec lui…

* * * * *

Martin Luther

Portrait de Martin Luther

- Un piètre théologien, nourri de doctrines manichéennes et gnostiques.

Un autre historien chercheur a consacré plusieurs décennies à l’étude de Luther : Monseigneur Theobald Beer (1902-2000), prêtre catholique du diocèse de Dresde-Meissen, docteur honoris causa de l’université de Ratisbonne, prélat de Sa Sainteté.

Theobald Beer a été reconnu comme le « meilleur connaisseur de Luther de notre époque » (Hans Urs von Balthasar). Il a travaillé sur les milliers d’annotations autographes de Luther en marge des oeuvres de Saint Augustin, de Pierre Lombard et autres théologiens et philosophes, et il a pu établir que Luther n’était pas un disciple de Saint Augustin mais qu’il était un anti-augustinien acharné, professant une forme de manichéisme (il écrit :  « on doit concéder au diable une heure de divinité et je dois attribuer à Dieu la nature diabolique »), et nourri de thèses gnostiques puisées dans le « Livre des 24 philosophes » du pseudo Hermès Trismégiste [note : au IIIe S. av. J.-C., un corpus d’ouvrages au contenu occultiste et astrologique qui se voulaient révélés par le dieu Hermès (Mercure) « trois fois très grand » (trismégiste) commença à circuler sous le nom de Hermès Trismégiste. Ce corpus, pour le moins ce qui en était resté, fut à nouveau publié en 1471 par l’humaniste néo-platonicien Marsile Ficin et remporta un grand succès dans les milieux érudits du XVIe siècle].

Au début des années 1980, après la publication d’un énorme volume fruit de plus de 35 ans de travaux rigoureux (« Der fröhliche Wechsel und Streit »), Theobald Beer a reçu les lignes suivantes d’un certain cardinal Joseph Ratzinger : « Je trouve votre travail vraiment stimulant. L’influence du néo-platonisme, de la littérature pseudo-hermétique et de la gnose, dont vous prouvez l’importance chez Luther, fait voir sa polémique contre la philosophie grecque et contre la Scolastique sous un éclairage tout à fait neuf ».

Cependant l’ouvrage de Mgr Beer, quoique accueilli avec respect par les protestants, a subi les foudres et les anathèmes des « spécialistes » catholiques de Luther !
Aujourd’hui encore, à ma connaissance, l’oeuvre de Mgr Beer est maintenue dans l’ombre et elle n’est évidemment pas traduite en français ; elle est même généralement exclue des bibliographies consacrées à Luther.

C’est que Theobald Beer a fait ressortir, d’après les propres citations de Luther, combien ce dernier a une conception du Christ Lui-même étrangère à toute la Tradition authentique reçue des Apôtres, mais complètement déformée par le néo-platonisme et le néo-pythagoricisme, par des délires manichéens et par des affabulations de type gnostique.
Je ne peux pas publier ici, car c’est un texte long et très « pointu », l’entretien que Mgr Beer avait accordé au mensuel catholique italien « 30 giorni » (entretien publié dans le numéro de février 1992), mais je peux le communiquer (sous forme de document pdf envoyé par courriel) à toutes les personnes désireuses de le lire et de l’approfondir qui m’en feront la demande.

* * * * *

- Luther, blasphémateur et profanateur, porte la responsabilité d’innombrables blasphèmes et sacrilèges.

Non seulement Luther a violé les voeux monastiques qu’il avait prononcés et les engagements pris en accédant à l’état sacerdotal, a célébré les saints mystères en état de péché grave et a débauché une religieuse dont il a fait sa concubine – ce en quoi il est personnellement sacrilège – ; non seulement Luther a enseigné d’épouvantables blasphèmes contre Notre-Seigneur Jésus-Christ écrivant, par exemple, que le Christ « S’est soumis au diable » (sic) et qu’Il a été « consentant envers le diable » (re-sic) ; mais il a en outre été, selon l’expression évangélique, une pierre de scandale, une occasion de chute, un « modèle » négatif qui a entraîné des milliers d’âmes dans de semblables péchés.

L’enseignement et les exemples de Luther ont été la cause d’innombrables trahisons de prêtres ou de religieux qui ont rompu leurs engagements sacrés et solennels ; la cause d’innombrables sacrilèges commis contre les Saintes Espèces eucharistiques ; la cause d’innombrables outrages envers les saintes reliques ; la cause d’innombrables profanations de sanctuaires dédiés à Dieu ; la cause d’innombrables violations des biens que de pieux donateurs avaient voués à Dieu par Son Eglise afin qu’elle puisse assurer la célébration des messes de fondations, assurer la vie de ses serviteurs dans leur mission d’enseignement et d’assistance spirituelle, ou encore assurer toutes ses oeuvres de soulagement des misères humaines ; la cause d’innombrables attentats – jusqu’à la torture, le viol et la mise à mort dans des « raffinements » inouïs de cruauté – contre les personnes consacrées à Dieu qui voulaient rester fidèles à leurs voeux… etc.

Luther le scandaleux a encouru les condamnations formelles de Notre-Seigneur rapportées dans le Saint Evangile (cf.  Matth. XVIII, 6 et sv. , Marc IX, 42 et sv., Luc XVII, 1 et sv.) et il eût mieux valu qu’on lui attachât une meule de pierre au cou et qu’on le jetât dans la mer avant que d’être la cause de telles abominations !

* * * * *

Luther brûlant la bulle pontificale

Martin Luther brûle la bulle pontificale qui condamne ses erreurs

- Luther peut être appelé le père de la plupart des dérives intellectuelles du monde moderne.

Luther, révolté contre la Vérité révélée infailliblement transmise aux hommes par la Sainte Eglise, disciple d’ « Hermès Trismégiste » et professant un dualisme manichéen, est en grande partie responsable de toutes les erreurs intellectuelles et idéologiques des cinq siècles qui se sont écoulés depuis sa révolte.
Il est comparable à une source abondante de laquelle jaillit un grand fleuve : mais la source est empoisonnée et les eaux de ce fleuve sont corruptrices et mortifères !

En effet, les idées de Luther ne sont pas seulement la cause de la surenchère d’hérésies et de contestations des autres prétendus réformateurs, mais elles portent aussi en germe toutes les déviations et dérives de la fausse philosophie de Kant, de Hegel et de leurs successeurs, et, par là, elles sont la genèse des grandes idéologies meurtrières de l’époque moderne, en particulier le marxisme et le nazisme avec leurs sanglants cortèges de guerres.
Les idées de Luther ont aussi préparé la naissance de la franc-maçonnerie (fondée par des pasteurs) ainsi que nombre d’idées théorisées ensuite par le protestant Rousseau : de ce fait, Luther est bien l’une des sources de la révolution française, de ses massacres en France, et des guerres qu’elle a exportées dans toute l’Europe.

Luther est également à l’origine directe de l’exégèse rationaliste, qui détruit l’autorité des Saintes Ecritures : née et développée dans les milieux protestants allemands, elle s’est s’infiltrée dans l’Eglise catholique où elle a stérilisé la vie spirituelle et engendré le modernisme qui, bien que condamné par Saint Pie X, continue de nos jours ses ravages à l’intérieur de l’Eglise.

* * * * *

- Luther devrait faire l’objet d’une condamnation unanime pour crimes contre l’humanité.

Outre les abominables conflits armés et massacres, dont les idées de Luther sont la cause dans la suite des siècles, de son vivant même le moine révolté a encouragé, approuvé et cautionné les troubles civils et les guerres qu’ont suscités ses sectateurs, les tortures et les supplices, les viols et les sévices épouvantables qui ont été commis à une grande échelle par ses disciples et au nom de sa pseudo réforme !
A ce sujet, l’un de nos amis a employé, à juste titre, le néologisme « lutherrorisme », car les exactions menées par les adeptes et partisans de Luther dans les années qui ont suivi sa révolte, n’ont rien à envier, quant à la cruauté et à l’horreur, à la barbarie islamiste dont nous avons en nos temps les épouvantables exemples.
Quant à l’inquisition protestante, elle fut mille et mille fois plus impitoyable et assassine que l’inquisition catholique si noircie et décriée.

A ce titre, au lieu de faire l’objet de « commémorations » et de « célébrations », le cinquième centenaire de la révolte de Luther devrait faire l’objet d’une condamnation unanime pour crimes contre l’humanité.

* * * * *

- Syndrome de Stockholm ou aveuglement volontaire ?

Après ces mises au point nécessaires, il reste à poser une question : les catholiques qui s’associent aux « célébrations » liées au cinquième centenaire de l’officialisation de la révolte de Martin Luther contre l’Eglise, sont-ils réellement conscients de ce qu’ils font ?
Sont-ils les victimes plus ou moins consentantes d’un enseignement qui, depuis quelque deux siècles, déforme la vérité historique au point qu’ils sont devenus incapables de remettre en question le prêt-à-penser que leur prodigue un système hostile à l’Eglise catholique ?
Sont-ils secrètement convaincus que Luther était un homme de bien, à la conscience droite, dont la révolte a finalement une valeur exemplaire et que c’est l’Eglise catholique la grande coupable ?
Sont-ils devenus idiots au point de se comporter comme une personne violée et suppliciée qui fêterait chaque année l’anniversaire de son agression ?
Ont-ils succombé à une espèce de syndrome de Stockholm, ou bien sont-ils dans une sorte d’aveuglement volontaire qui leur fait oublier ou se maintenir dans une ignorance volontaire de la vérité historique ? 

En décembre 1525, Luther écrivait à Érasme de Rotterdam en le remerciant de « ne pas l’avoir ennuyé avec des questions dilatoires, comme la papauté, le purgatoire, les indulgences ou autres blagues avec lesquelles presque tout le monde a tenté de me duper ». Et il ajoutait : «Toi seul as bien vu le point crucial ».
Puissent ces quelques réflexions permettre à mes lecteurs de bien voir où, dans le fatras de bêtises aujourd’hui racontées de toutes parts, se situe le « point crucial » et s’attacher avec toujours plus d’ardeur à la Vérité révélée et à la vérité historique. 

* * * * *

Statue de Luther Vatican

Statue de l’abominable Martin Luther
que le pape François a accepté au Vatican à l’occasion du « 5ème centenaire de la réforme »

feu gif

12345...26

A tempo di Blog |
Cehl Meeah |
le monde selon Darwicha |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | mythologie
| jamaa
| iletaitunefoi