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2025-158. Des Saints Firmin, Aule, Eumachius et Longin, évêques de Viviers et confesseurs.

10 octobre,
Fête des Saints Firmin, Aule, Eumachius et Longin, évêques de Viviers et confesseurs ;
Mémoire de Saint François de Borgia, confesseur.

Viviers - beffroi de la cathédrale et toits de la cité

Viviers, capitale religieuse du Vivarais :
le beffroi de la cathédrale dominant les toits de la vieille cité.

       Le calendrier particulier du diocèse de Viviers mentionne, à la date du 10 octobre, Saint Firmin, évêque et confesseur, qu’il ne faut pas confondre avec Saint Firmin d’Uzès, lui aussi évêque et confesseur, fêté le lendemain.
Au Mesnil-Marie, avec un certain nombre d’anciens ouvrages hagiographiques, nous associons à Saint Firmin, en une même fête, ses trois successeurs : Saint Aule, Saint Eumachius et Saint Longin.
Nous allons brièvement présenter ces quatres saints évêques dont les quatre pontificats couvrent la presque totalité du VIIème siècle.

Blason Vivarais

   La fin du VIème siècle fut terrible dans le Vivarais, principalement en raison de plusieurs passages des troupes franques du Roi Gontran (futur Saint Gontran) avec leurs inévitables pillages et dévastations, puis épidémies et famines à partir de 590 : Saint Grégoire de Tours place Viviers parmi les villes les plus dépeuplées cette année-là.

   Saint Firmin était un noble gallo-romain, marié à Aula et père d’au moins un fils et une fille : Aulus – ou Aule – et Macedonia, laquelle épousa un patricien du nom d’Alcinius.
Firmin était donc engagé dans les liens du mariage lorsqu’il fut élevé à l’épiscopat, succédant à Saint Eucher (dont l’épiscopat dure une trentaine d’années, environ 580 à 610).
En accord avec son épouse, qui, alors, fit aussi ses adieux au monde, il disposa d’une partie de ses richesses et terres en faveur de l’Eglise de Viviers et de ses œuvres. Ses enfants ne furent pas en reste, et ils contribuèrent eux aussi à de généreuses dotations. Macedonia et Alcinius, en particulier, fondèrent l’église de Notre-Dame de Coussignac, sur le territoire de l’actuel Bourg-Saint-Andéol.
On estime que l’épiscopat de Saint Firmin couvre, plus ou moins, la deuxième partie du premier quart du VIIème siècle.

   Saint Aule, est le fils de Saint Firmin. Remarqué pour sa piété, sa ferveur, sa connaissance des Saintes Ecritures et des écrits des Pères dès son adolescence, il ajouta à sa sure doctrine une éloquence particulière qu’il utilisait, évidemment, pour prêcher inlassablement la bonne parole et répandre des consolations sur les affligés. Respecté des grands, en raison de sa noblesse et de son autorité naturelles, et aimé des humbles en raison de ses abondantes charités, il combattit l’esclavage et l’éradiqua des terres d’Eglise. Il travailla aussi à embellir les églises et à y faire célébrer des offices les plus solennels possibles.
A sa mort (vers 650), il fut enseveli dans une église édifiée hors-les-murs qui fut détruite par les Anglais lors de la guerre de Cent-Ans et ses reliques, alors mises en sûreté à la cathédrale, furent brûlées par les calvinistes deux siècles plus tard.

   Saint Eumachius, fut désigné par Saint Aule lui-même pour être son successeur. Il se montra en tout digne de la confiance de celui qui l’avait remarqué et désigné comme l’un des plus vertueux parmi ses clercs, et continua l’œuvre entreprise par ses deux prédécesseurs : évangélisation des campagnes, lutte contre l’esclavage, soin apporté aux œuvres de charité, embellisement des édifices du culte et  développement de la liturgie… etc.
Son épiscopat semble avoir duré une vingtaine d’années.

   Saint Longin, enfin, eut le malheur de régner à Viviers lorsque, en 673, le roi des Wisigoths, le terrible Wamba, ravagea la Septimanie qui avait voulu s’affranchir du joug des rois de Tolède. Wanda, ayant pris la ville de Nîmes, fit des incursions dans les territoires francs voisins. Viviers fut mise à sac, et c’était la cinquième ou sixième fois dans l’espace de deux-cents ans !
Le reste de son épiscopat fut employé à relever les ruines matérielles, morales et spirituelles.

Saint Firmin - Saint Aule - Saint Eumachius - Saint Longin

Saint Firmin, Saint Aule, Saint Eumachius et Saint Longin,
priez pour l’Eglise diocésaine de Viviers,
priez pour le Vivarais,
et priez pour ceux qui, à votre exemple, doivent en protéger les fidèles
contre les invasions, contre l’ignorance religieuse,
contre l’esprit du monde et contre les nouvelles hérésies !

2025-157. Saint Denis : son culte, ses reliques (l’abbaye), et ses écrits.

9 octobre,
– En France, fête de Saint Denis l’Aréopagite, premier évêque d’Athènes et de Paris, et de ses compagnons, Saint Rustique et Saint Eleuthère, martyrs (selon les diocèses, la fête est de rit semidouble, double ou double majeur – A Paris, où il est saint patron du diocèse, double de 1ère classe ; cf. ici) ;
– Anniversaire du mariage de SMTC le Roi Louis XIV avec Françoise d’Aubigné, marquise de Maintenon (9 octobre 1683) ;
– Anniversaire de la naissance de Charles-Philippe de France, futur Charles X (9 octobre 1757) ;
– Anniversaire de la reddition de Lyon après 50 jours de siège par les troupes de la Convention et début d’une sanglante répression (9 octobre 1793 – cf. ici) ;
– Anniversaire de la mort du Général-baron Athanase de Charette (+ 9 octobre 1911 – cf. ici) ;
– Anniversaire du rappel à Dieu du Vénérable Pie XII (+ 9 octobre 1958 – cf. ici).

Saint Denys céphalophore - fresque de l'église de la Sainte Trinité Paris

Saint Denys céphalophore (fresque de l’église de la Sainte-Trinité, à Paris)

Vignette typographique saint évêque

Culte et reliques de Saint Denys

Le texte qui suit reproduit dans son intégralité
les précisions données par Monseigneur Paul Guérin dans « Les Petits Bollandistes »
à la suite de la biographie de Saint Denys que nous avons déjà reproduite > ici
(mais les sous-titres sont de notre fait pour rendre la lecture plus aisée)

A – Sainte Geneviève et Dagobert :

   Sainte Geneviève, qui avait une dévotion merveilleuse envers les saints Martyrs et visitait souvent leurs sépultures, étant inspirée de Dieu et prévenue d’un secours extraordinaire de sa Providence, fit bâtir sur leurs tombeaux une chapelle de pierre, beaucoup plus ample que celle de bois qu’y avait fait bâtir Catulle. C’est celle où se réfugia Dagobert, encore jeune, pour éviter la colère de Clotaire II, son père, qui le cherchait pour le punir d’un outrage qu’il avait fait à son gouverneur. Pendant qu’il y fut, saint Denis lui apparut en songe, et lui promit de le tirer du danger où il était, s’il voulait s’obliger à faire bâtir en ce lieu une nouvelle église pour placer plus honorablement son corps et celui de ses compagnons. Dagobert s’y engagea, et, depuis, étant arrivé à la couronne, il s’acquitta de son vœu avec toute la magnificence que l’on pouvait attendre du zèle et de la ferveur d’un roi très-chrétien.

   Notre-Seigneur consacra lui-même cette église avec une troupe de bienheureux esprits, la nuit même que les évêques se disposaient à la cérémonie de la consécration, et il en fit donner l’assurance par un lépreux qui s’y était caché et qu’il guérit de sa lèpre pour rendre un témoignage assuré de cette insigne faveur (voir notre article > ici). Ce fut le 24 février 630, jour de la saint Mathias, selon la supputation de Guillaume de Nangis.
Ce prince fit aussi bâtir un monastère joignant cette église, qu’il donna à des religieux Bénédictins, pour être à perpétuité les dépositaires et les gardiens des reliques de son illustre bienfaiteur ; ainsi ce lieu, qui n’était auparavant qu’un petit bourg, appelé le bourg de Catulle, à cause de cette pieuse dame qui avait enseveli ces saints corps, est devenu une ville qui a pris le nom de Saint-Denis.

Vignette typographique saint évêque

B – Reconnaissance des reliques au XIème siècle et miracles les authentifiant :

   Au milieu du XIème siècle, les religieux de Saint-Emmeran, de Ratisbonne, ayant fait courir le bruit qu’ils possédaient le vénérable corps de saint Denis l’Aréopagite, et qu’il leur avait été donné par le roi Arnould, Henri Ier, qui était alors en France, fit faire une grande assemblée de prélats et de princes à Saint-Denis, pour visiter sa chasse et s’assurer de la vérité.
Odon, frère de Sa Majesté, la reine Adèle, les évêques de Meaux et d’Orléans, et quantité d’abbés y assistèrent ; la châsse fut ouverte, et l’on y trouva heureusement tous les ossements du bienheureux Martyr, à la réserve d’un que le pape Etienne III avait emporté.
Une odeur merveilleuse sortit de ces précieuses reliques, et parfuma toute l’église. Le roi, ayant appris ce qui s’était passé, vint lui-même nu-pieds de son palais de Paris à cette abbaye, pour honorer cet illustre patron de la France. Un des abbés obtint quelques restes déjà tout usés des voiles dont les ossements avaient été enveloppés, et, les ayants mis sur la tête d’un démoniaque furieux, il le guérit en un instant.

Découverte de la crypte du martyrium de Saint Denys

Découverte de la crypte du martyrium de Saint Denys

C – Le Martyrium de Saint Denys à Montmartre et l’abbaye des Bénédictines :

   Outre la célèbre église dont nous venons de parler, on en bâtit une autre au lieu même où les Saints avaient été décapités, que l’on nomma pour cela les Martyrs, sur la pente de la colline appelée Montmartre, du côté nord de Paris.
C’était au commencement un prieuré de l’Ordre de Cluny, dépendant de celui de Saint-Martin des Champs ; mais le roi Louis le Gros, à la persuasion de la pieuse reine Adèle, son épouse, transféra les religieux de ce monastère à Saint-Denis de la Chartre, dans l’enceinte de Paris, et mit à Montmartre, en leur place, des religieuses Bénédictines, pour lesquelles il fit élever une grande et riche abbaye, qui a toujours été gouvernée par des abbesses illustres par leur piété et par leur naissance.
La nouvelle église de ce couvent fut dédiée par le pape Eugène III, qui avait été disciple de saint Bernard et qui eut en cette cérémonie le même saint Bernard pour diacre, et saint Pierre le Vénérable, abbé de Cluny, pour sous-diacre.

   On ne peut croire le concours de peuple qui allait autrefois continuellement à ce sanctuaire pour y rendre ses vœux au glorieux saint Denis, et pour y baiser la terre qui a été baignée de son sang.
Ce fut là que saint Ignace de Loyola mena ses premiers compagnons pour s’y consacrer à Jésus-Christ, et y commencer son Ordre.

   Les religieux de la grande abbaye de Saint-Denis y portèrent, tous les sept ans, le chef de leur patron avec beaucoup de pompe et de magnificence.

Vignette typographique saint évêque

D – Dévotion des Papes et des Rois envers Saint Denys :

   Les Papes, les Rois de France et plusieurs autres princes ont rendu de grands honneurs à la mémoire de ce glorieux apôtre des Gaules.
Saint Zacharie, confirmant de son pouvoir apostolique l’exemption que Saint Landry, évêque de Paris, avait donnée à son abbaye, dit expressément qu’il le fait pour l’amour et en considération d’un si grand martyr. Eugène III ne dédia l’église de Montmartre que par un profond respect envers ce saint évêque qui en devait être le patron. Alexandre III, étant venu en France, visité avec beaucoup de dévotion toutes les chapelles et les reliques de l’abbaye de Saint-Denis ; ce qui donna occasion au remuement prodigieux des ossements de Saint Hippolyte. Enfin, le pape Etienne III, s’étant réfugié en France, pour éviter l’oppression des Lombards, choisit sa demeure dans cette abbaye ; puis, y étant tombé si malade que ses propres domestiques commençaient déjà à l’abandonner, il y fut guéri par le même Saint Denis, qui lui apparut avec Saint Pierre et Saint Paul, et le toucha de ses mains sacrées. Une si grande faveur augmenta beaucoup sa dévotion envers ce médecin céleste. Ainsi, il demanda un ossement de son corps, et l’ayant obtenu et emporté à Rome, il y fit bâtir en son honneur une belle église qu’il destina pour les religieux grecs. Il est vrai qu’il n’eut pas le temps de l’achever ; mais Paul Ier, son frère, y mit la dernière main, et, pour satisfaire à l’intention d’Etienne, il en mit les Grecs en possession. On l’appelait communément l’école ou le collège des Grecs.

   Nos Rois ont commencé à honorer Saint Denis dès qu’ils ont commencé d’être chrétiens.
Clovis le Grand apprit cette dévotion de son épouse, Sainte Clotilde, et l’on tient que c’est de lui qu’est venu cet ancien cri : Mon jou saint Denis, qui veut dire : je ne connais plus Jupiter, mais mon Jupiter est saint Denis. Il a été depuis changé en cet autre : Monjoie-Saint-Denis.
Clotaire II pardonna à son fils Dagobert, contre lequel il était extrêmement indigné, en considération de Saint Denis, à qui il avait eu recours. Le même Dagobert ne se contenta pas de bâtir une superbe basilique en son honneur ; mais il fit faire aussi trois châsses d’or fin et enrichies d’une infinité de perles précieuses, dont on croit que Saint Eloi fut l’ouvrier, pour enfermer ses reliques et celles de Saint Rustique et de Saint Eleuthère, ses compagnons. Il fit couvrir d’argent la partie du toit de l’église qui devait répondre à ces châsses. Et pour témoigner davantage son respect envers son bienheureux protecteur, il lui fit concession de son royaume, ne voulant plus le tenir qu’en fief et en hommage de lui. En foi de quoi, il mit sa propre couronne sur l’autel de sa chapelle, avec quatre besans d’or, comme un tribut qu’il lui devait en qualité de vassal.
Pépin le Bref, premier roi de la seconde race, avait tant d’estime et de vénération pour ses mérites, qu’il ne voulut pas être enterré dans son église, mais seulement au dehors, à l’exemple de Constantin le Grand, qui, au rapport de Saint Jean Chrysostome, choisit sa sépulture à la porte d’une église où il y avait des reliques de Saint Pierre.
Charlemagne, son fils, et le plus glorieux de nos rois, imita la piété de Dagobert ; car, avant de sortir de France pour aller à Aix-la-Chapelle, en Allemagne, il lui fit hommage de ses Etats par quelques pièces d’argent qu’il lui offrit, et par un ordre qu’il donna à ses trésoriers de lui payer tous les ans la même redevance.
On ne peut rien ajouter aux éloges que Louis le Débonnaire lui donne dans sa lettre à l’abbé Hilduin. Il y fait un dénombrement des grâces que les rois, ses prédécesseurs, avaient reçues de sa bienveillance, et il avoue que c’est par son pouvoir que lui-même avait recouvré son royaume, dont les princes, ses enfants, l’avaient dépossédé.
Charles le Chauve, dernier fils de Louis le Débonnaire, qu’il avait mis en mourant sous la tutelle de Saint Denis, ne fut pas moins héritier de cette insigne piété que de sa couronne. Il eut toute sa vie une affection très-tendre pour notre Saint, auquel il eut recours dans toutes les nécessités de son Etat, et, ayant dissipé par son assistance une armée formidable de Danois qui venaient saccager la France, il fit en reconnaissance de grands présents à son abbaye.
Le saint roi Robert, dans un acte authentique de plusieurs donations qu’il fait à ce monastère, assure qu’il y a longtemps qu’il a mis toute sa confiance dans l’intercession de ce Saint et de ses compagnons.
Nous avons déjà remarqué que Louis le Gros fit construire en son honneur l’abbaye de Montmartre, près de Paris, et qu’il alla nu-pieds à Saint-Denis pour y vénérer ses reliques ; mais ce qui est plus remarquable, c’est qu’il présenta lui-même ses épaules royales pour les porter, et qu’il ne crut pas faire tort à la majesté de son empire de se charger de ces précieux ossements qui doivent un jour participer à la gloire que l’âme de ce bienheureux Martyr possède déjà dans le ciel.
Louis VII, dit le Jeune, fils et successeur de Louis le Gros, se chargea du même fardeau ; et, sachant combien le secours d’un si grand serviteur de Dieu est puissant dans les armées, il ne voulut point quitter la France pour marcher contre les Sarrasins, sans avoir imploré par beaucoup de larmes sa puissante intercession au pied de ses autels et sans avoir reçu au même lieu les étendards bénits qui devaient servir de signal à son armée.
Philippe-Auguste fit la même chose ; et, attribuant à Saint Denis tous les avantages qu’il avait eus depuis dans la Terre Sainte, il lui en vint rendre des actions de grâces dans sa propre église.
Saint Louis, qui avait réuni en lui seul toute la piété de ses ancêtres, ne leur céda point en ces pratiques. Dès qu’il fut sacré, il apporta sa couronne sur l’autel de Saint Denis, et, avant de passer en Palestine et en Afrique, il vint dans son abbaye l’intéresser par son humilité et par ses prières dans ces glorieuses entreprises.
Enfin, pour ne pas nous étendre davantage, presque tous nos rois de la troisième race et beaucoup de rois des deux précédentes, ont choisi leur sépulture dans cette célèbre basilique de Saint-Denis, et ils lui ont donné tant d’objets sacrés d’un prix inestimable, qu’ils composaient, au XVIIIème siècle, un des plus riches trésors qui fût en Europe.

   Le monastère de Saint-Denis avait en dépôt l’Oriflamme, ce célèbre étendard de couleur de feu et parsemé de flammes d’or, que l’on croit avoir été envoyé du ciel, qui était originairement la bannière de l’abbaye de Saint-Denis, et qui, après l’avènement des Capétiens, devint la bannière de la France ; c’est elle qui guidait les Français à la victoire au vieux cri de guerre : Mont-joie et Saint-Denis.

Oriflamme de Saint-Denis - blogue

E – Eléments divers de l’histoire de l’abbaye de Saint-Denys :

   Non-seulement les rois de France, mais des princes et d’autres personnages furent aussi inhumés à Saint-Denis. Des évêques se retirèrent souvent dans ses cloîtres pour y finir leurs jours. Nos rois y firent souvent leur séjour.

   Il se tint plusieurs assemblées ou conciles à Saint-Denis, savoir, en 997, en 1052, pour constater l’authenticité du corps de saint Denis. En 1382, on tint sous les voûtes de l’abbaye une conférence au sujet des impôts dont l’augmentation avait excité une sédition dans Paris.
Le pape Alexandre III permit à l’abbé, vers l’an 1179, de faire usage de la mitre, de l’anneau et des sandales. Guillaume de Gap s’en servit le premier.
L’abbé de Saint-Denis était un des principaux seigneurs de France. Hugues Capet était abbé de Saint-Denis et de Saint-Riquier.

   Cette antique abbaye subit plusieurs Réformes, mais son voisinage de la capitale et la protection spéciale des souverains la préservèrent de ces affreux désastres dont tant d’autres monastères furent victimes. Nous voyons seulement les moines de Saint-Denis s’exiler de leur cloître, au temps des guerres des Normands, et se réfugier à Reims (de 887 à 890) avec les reliques de leur saint patron.

   Le rétablissement des commendes dans Saint-Denis au début du XVIème siècle plaça successivement dans la chaire abbatiale du monastère neuf princes de l’Eglise, dont le cardinal de Retz devait être le dernier.
Dans cette période de plus d’un siècle, les deux palais abbatiaux de Bourbon et de Lorraine furent construits dans la clôture ; dans le même intervalle aussi la mense abbatiale s’accrut aux dépens de celle des religieux, le monastère s’appauvrit, et la discipline monastique ne garda plus de sectateurs dans l’abbaye dégénérée.

   En 1633, la Réforme de Saint-Maur raviva, mais tardivement, l’esprit de la Règle et le goût des lettres. Cependant, à raison de son contact perpétuel avec le roi et la cour, le monastère, déjà ravagé par les Huguenots pendant la guerre des trois Henri, fut de nouveau presque ruiné durant les troubles de la Fronde. Il aliénait ses domaines pour couvrir ses nombreux emprunts, et ses édifices tombaient en ruines à la mort de l’abbé cardinal de Retz.

   L’événement qui influa alors davantage sur l’avenir de Saint-Denis ne fut point le report de sa mense abbatiale sur celle de la maison de Saint-Cyr, mais la suppression du titre et de la dignité de l’abbé en 1691. En détachant du monastère tout ce que, depuis tant de siècles, cette dignité avait réuni de prérogatives, de privilèges, de juridiction extérieure, de suprématie et d’autorité sur cette abbaye souveraine, cet arrêt ne lui ôtait qu’un éclat toujours fatal à sa discipline et à sa régularité ; mais, en lui enlevant son chef, il la privait subitement de son protecteur obligé et de la puissance la plus intéressée et la plus apte à défendre.
Du reste, son temps était fini. La Révolution fançaise, qui déjà grondait sourdement, décida la chute de cet arbre chargé de siècles, mais bouillonnant de jeune sève à cette heure où il reverdissait.

   C’est à l’expiration du XVIIème siècle que les Bénédictins de Saint-Denis s’occupèrent sérieusement de démolir leur abbaye pour accomplir la reconstruction de ses édifices. La démolition du vieux monastère commença en 1700, sous le grand priorat de Dom Augustin de Loo, et les travaux se poursuivent sous seize autres grands prieurs successifs, dont les plus actifs furent Dom de Saint-Marthe, Dom du Biez et Dom de Malaret.
Le plan du nouveau monastère est l’œuvre de Robert de Cotte, élève du Hugues Mansart ; celui des bâtiments circulaires qui environnent la cour d’honneur est dû à un autre architecte son successeur, Christofle père. Les dortoirs du sud et de l’est, la salle capitulaire, le parlement et le réfectoire furent inaugurés en décembre 1718 ; l’hôtellerie, après sept ans seulement avant l’époque où les maîtres de ces demeures subirent l’exil et la mort.

bâtiments abbatiaux du XVIIIe siècle

Les magnifiques bâtiments abbatiaux du XVIIIème siècle

F – La grande révolution :

   L’année 1789 fut l’époque des premiers effets des passions populaires dans la ville de Saint-Denis.
Le 16 septembre 1792, la basilique fut déclarée église paroissiale par l’autorité séculière, et reçut un clergé étranger. C’est un an plus tard seulement qu’eurent lieu le pillage et l’enlèvement du trésor, le dépôt le plus rare et le plus magnifique qui fût alors en France.
Un mois après , un décret émané de l’autorité déclarait que la ville de Saint-Denis s’appellerait dorénavant Denis-Franciade.
Le 6 août 1793, commença la violation et la spoliation des tombes royales. Ce sacrilège sans exemples se prolongea plus de deux mois. Dans le cours de cette année désastreuse, la basilique profanée avait vu substituer dans ses murs les fêtes décadaires aux cérémonies chrétiennes. Tour à tour temple de la Raison, dépôt d’artillerie, théâtre de saltimbanques, magasin de fourrages, dépouillée de ses vitraux, de ses monuments et de sa toiture, elle recéla quelque temps des moulins à bras. On en établit simultanément dans l’intérieur de l’abbaye, devenue le siège du club révolutionnaire et des administrateurs du district.
L’année 1795 balaya ces envahisseurs, et le monastère fut transformé en hôpital militaire pour les blessés des armées républicaines.

   Aujourd’hui les anciens bâtiments claustraux sont occupés par la maison d’éducation des filles des membres de la légion d’honneur, et la vénérable basilique de Saint-Denis brille à son tour d’un nouvel éclat. Grâce à une habile restauration, à laquelle se sont empressés de concourir tous les gouvernements qui se sont succédé depuis cinquante années, elle rappelle aujourd’hui son ancienne magnificence. Un illustre Chapitre de Chanoines, attaché à ce poste d’honneur est chargé de prier sur les tombes de nos rois.

Hubert Robert - Violation des sépultures royales à Saint-Denis

Hubert Robert (1733-1808) : Violation des sépultures royales à Saint-Denis.

G – Autres éléments signalés du culte de Saint Denys :

   Saint Suibert, apôtre des Frisons, le bienheureux Notger, évêque aux Pays-Bas, et sainte Edith, sœur de Saint Edouard, roi d’Angleterre et martyr, firent tous trois bâtir des églises magnifiques en son honneur.
Un autre Saint Edouard, aussi roi d’Angleterre et confesseur, fit présent à son abbaye de France d’une seigneurie fort considérable au comté d’Oxford ; Sainte Brigitte mérita que ce glorieux apôtre des Gaules apparût pour lui déclarer les volontés de Dieu sur sa personne et sur celle du prince Wulfon, son mari ; la vénérable Adèle, femme de Louis le Gros, étant devenue veuve de ce roi, se retira à Montmartre, où elle passa le reste de sa vie dans le service du Saint.

   Plusieurs martyrologues, entre autres ceux d’Usuard et l’ancien romain de Rosweide, marquent deux fois la mémoire de Saint Denis, à savoir : le 3 octobre à Athènes, et le 9 du même mois à Paris.
Mais il ne faut pas inférer de là que celui d’Athènes et celui de Paris sont deux Saints différents, comme on ne distingue pas beaucoup d’autres Saints qui sont marqués deux fois dans un même martyrologe. Usuard en a usé ainsi, parce qu’il a trouvé la fête de cet illustre Martyr célébrée par les Grecs et les Latins en divers jours ; ce qui n’est que trop ordinaire en une infinité d’autres Saints.

Vignette typographique saint évêque

H – Reliques de Saint Denys sauvées de la révolution :

   On gardait, avant la révolution française, les reliques de saint Denis, de saint Rustique et de saint Eleuthère dans trois châsses d’argent, à l’abbaye de Saint-Denis. A cette époque, le trésor de l’abbaye fut pillé, mais les saintes reliques furent sauvées de la profanation par dom Warenflot, religieux de la maison, cachées avec soin et déposées ensuite dans l’église paroissiale de Saint-Denis, en 1795.
Elles furent transférées avec beaucoup de solennité dans l’église de l’ancienne abbaye, le 26 mai 1819, et elles y sont maintenant conservées dans des châsses de bronze doré.

   L’église métropolitaine de Paris possède un ossement de son saint fondateur.

Châsses des Saints Denys, Rustique et Eleuthère - blogue

Châsses des Saints Denys, Rustique et Eleuthère.

I – La relique du chef de Saint Denys à Longpont :

   Dans le diocèse de Soissons, au village de Longpont (Longus pons), à trois lieus de Villers-Cotterets, se conserve religieusement, non pas caput integrum, comme le disent peu exactement les Bollandites, mais le crâne tout entier de Saint Denis l’Aréopagite, et cela depuis l’année 1205, sans interruption ni conteste.

   Voici l’origine et les preuves de son existence dans l’abbaye des Bernardins de Longpont. Nivelon Ier de Cherizy, cinquante-neuvième ou soixantième évêque de Soissons (1175-1207) et ancien chanoine de la cathédrale de la même ville, se croisa en 1202, sous le règne de Philippe-Auguste, accompagna les croisés à Constantinople et joua un grand rôle dans cette expédition qui est la quatrième croisade. Après la prise de Constantinople, il présida l’assemblée des douze électeurs qui choisirent pour empereur latin de cette ville le seigneur Baudouin, comte de Flandre et de Hainaut. Ce fut l’évêque de Soissons qui le couronna dans l’église de Sainte-Sophie.
Nivelon profita de cette circonstance pour enrichir de diverses reliques sa cathédrale et plusieurs églises de son diocèse. Il apporta lui-même à l’abbaye, apud Longum pontem : Caput beati Dionysii Areopagitae, cum unâ cruce de ligno Domini. Tels sont les propres termes qu’on peut lire encore à la bibliothèque impériale de Paris, dans un manuscrit du XIIIème siècle, appelé Rituel de Nivelon. La société archéologique de Soissons l’a fait imprimer en 1856. Il forme un magnifique vol. in-4° rouge et noir.

   A partir de Constantin, les empereurs grecs avaient réuni beaucoup de reliques dans la chapelle impériale. C’est de cette chapelle même que Nivelon a tiré le chef de Saint Denis l’Aréopagite, et c’est l’empereur Baudouin qui, par un sentiment de reconnaissance, le lui a cédé avec beaucoup d’autres reliques.

   La relique de Longpont est le crâne, c’est-à-dire le sinciput ou le front, l’occiput et les deux côtés sans aucune fracture (sine ullâ fracturâ) de Saint Denis. Les mots grecs suivants se lisent sur le crâne : Keyxah tom agiou Dionmsiom ‘ Dreopagit (ce dernier mot n’est pas achevé). L’écriture paraît très-ancienne. Il n’est pas étonnant que Longpont ait eu la préférence pour la possession de cette relique, les père et mère de Nivelon étant seigneurs de ce village.

   Il est fait mention de cette portion de tête dans tous les ouvrages qui parlent de l’abbaye de Longpont. On lit dans une ancienne prose : Nostri tenent coenobitae caput Areopagitae. Mudrac, dans son Chronicon, imprimé en 1652, dit : Coenobium Longipontis parte notabili capitis S. Dionysii Areopagitae exornavit (Nivelo). Or, Muldrac était religieux de Longpont depuis l’âge de seize ans. Dans son Valois-Royal, édité en 1662, il dit : « Longpont se console encore de posséder une bonne partie du chef de saint Denis, Aréopagite ». Les bréviaires du diocèse, celui de Charles Bourlon, sous Louis XIV ; celui de M. de Fitzjames en 1742 ; le bréviaire de Paris en 1700, constatent le même fait. De plus, le général de l’Ordre de Cîteaux ayant demandé, en 1690, qu’on fit une reconnaissance authentique de cette relique, la châsse fut ouverte et on trouva que tout était conforme à ce que nous avons indiqué plus haut.
Les Bollandistes, dans le 2ème tome d’octobre, édité en 1780, transcrivaient en entier le procès-verbal dressé à cette occasion, et qui est signé de noms connus dans la contrée : MM. Quinquet et Lallouette. L’Histoire du Valois, par Carlier, fait également mention de cette relique comme existant à l’abbaye de Longpont.

   A l’époque désastreuse de la révolution de 1793, le chef de saint Denis et la petite châsse ou coffret qui le renfermait ont été sauvés du pillage, cachés soigneusement par la famille du sacristain et portier du couvent. C’est un fait qui est de notoriété publique dans le pays. Au rétablissement du culte ce précieux trésor fut remis au curé chargé de desservir la paroisse de Longpont, lequel l’a transmis religieusement à ses successeurs.

   Le petit coffret qui renferme encore aujourd’hui le crâne de saint Denis l’Aréopagite est celui-là même qui l’a renfermé depuis le xiiie siècle. Sa structure porte tous les caractères de cette époque. Il est en argent damasquiné, d’un travail exquis, long de vingt-deux centimètres sur treize de large. Avant la révolution, ce coffret d’argent était renfermé dans une autre châsse d’ivoire artistement travaillée et ornée de cristaux et de statuettes en argent. Aujourd’hui ce même coffret est au milieu d’une châsse de bois doré, de cinquante-six centimètres de long sur trente-neuf de large. Le comble est surmonté d’un clocheton terminé par une croix.

   Le dimanche 4 octobre 1846, Mgr Jules-François de Simony, quatre-vingt-treizième évêque de Soissons, s’est transporté lui-même à Longpont, et là, en présence d’un nombreux clergé et des divers membres de la famille de M. le comte de Montesquiou, il procéda à la reconnaissance solennelle de la relique. Après l’audition des témoins qui l’avaient vénérée avant la révolution et de ceux dont les parents avaient contribué à la soustraire à la profanation, le chef de saint Denis l’Aréopagite fut déclaré authentique, procès-verbal fut dressé et signé par l’évêque et par toute sa noble assistance ; enfin le sceau épiscopal fut apposé sur la double châsse que l’on peut voir exposée, près de celle de Jean de Montmirail, dans l’église du château qui sert au culte paroissial. La magnifique église du monastère était presque aussi vaste que la cathédrale de Soissons. Elle avait trois cent vingt-huit pieds de long, quatre-vingt-deux de large, quatre-vingt-quatre d’élévation et cent cinquante-cinq pieds à la croisée. Ses majestueuses ruines et les curiosités du château attirent chaque année à Longpont de nombreux visiteurs.

Reliquaire de St Denis à Longpont - blogue

Châsse du Chef de Saint Denys à Longpont.

J – Les écrits de Saint Denys :

   Les écrits qui nous restent de Saint Denis sont : Ses livres de la Hiérarchie céleste, de la Hiérarchie ecclésiastique, des Noms divins et de la Théologie mystique, avec huit lettres à diverses personnes ; mais nous avons perdu ce qu’il avait écrit de la théologie symbolique, de l’âme, des hymnes sacrées, des informations de la théologie, du juste jugement de Dieu et des choses qui se connaissent par le sens ou par l’intelligence.

   Le cardinal Bellarmin, parlant de ceux qui restent, ne fait point difficulté de dire que les hommes doctes et catholiques tiennent indubitablement qu’ils sont de Saint Denis l’Aréopagite, et qu’il n’y a que les hérétiques avec quelques demi-savants qui le nient.
Ce n’est pas ici le lieu d’établir cette vérité historique : disons seulement que les papes Saint Grégoire le Grand, Saint Martin, Saint Agathon, Adrien et Nicolas 1er, et plusieurs conciles généraux avec un grand nombre de Pères et de Docteurs, entre autres Saint Sophrone, patriarche de Jérusalem, Saint Anastase le Sinaïte, le bienheureux Albert le Grand, Saint Thomas et Saint Bonaventure lui ont attribué ces ouvrages.

   Il semble même que Dieu ait voulu confirmer cette vérité par des miracles : car, lorsque ces précieux livres, dont l’empereur Michel le Bègue envoya les manuscrits à Louis le Débonnaire, furent apportés à Saint-Denis par un de ses légats, Théodore, diacre et économe de l’Eglise de Constantinople, la nuit même il se fit, par leur vertu, dix-neuf guérisons miraculeuses sur des personnes fort connues et qui ne demeuraient pas loin de l’abbaye.
Deux siècles après, Saint Mayeul, abbé de Cluny, étant venu à Saint-Denis, et ayant demandé le livre de la Hiérarchie céleste pour le lire, la bougie qu’il tenait à la main, et qu’il laissa tomber dessus par assoupissement, s’usa et se consuma entièrement, non-seulement sans le brûler, mais même sans y laisser aucune tache.

   Les ouvrages de Saint Denis ont été traduits par Mgr Darboy, archevêque de Paris.

Manuscrit de Denis l'Aréopagite, recouvert d'une reliure sertissant deux feuillets d'un diptyque de la Passion

Manuscrit des œuvres de Saint Denis
(fin XIVème siècle – premières années du XVème siècle)
recouvert d’une reliure sertissant deux feuillets d’un diptyque de la Passion
provenant du trésor de l’abbaye de Saint-Denis, aujourd’hui conservé au Louvre,
et portant cette mention :

« Ce livre a été envoyé de la part du très haut basileus et autocrator des Romains, Manuel Paléologue, au monastère de Saint-Denis de Paris en France ou en Gaule depuis Constantinople, par moi, Manuel Chrysoloras, ambassadeur délégué par ledit basileus, l’an 6916 de la création du monde et l’an 1408 de l’Incarnation du Christ ; ledit basileus était venu à Paris quatre ans auparavant ».

2025-156. Pie XII : une béatification discutée…

9 octobre,
– En France, fête de Saint Denis l’Aréopagite, premier évêque d’Athènes et de Paris, et de ses compagnons, Saint Rustique et Saint Eleuthère, martyrs (selon les diocèses, la fête est de rit semidouble, double ou double majeur – A Paris, où il est saint patron du diocèse, double de 1ère classe ; cf. > ici) ;
– Anniversaire du mariage de SMTC le Roi Louis XIV avec Françoise d’Aubigné, marquise de Maintenon (9 octobre 1683) ;
– Anniversaire de la naissance de Charles-Philippe de France, futur Charles X (9 octobre 1757) ;
– Anniversaire de la reddition de Lyon après 50 jours de siège par les troupes de la Convention et début d’une sanglante répression (9 octobre 1793 – cf. ici) ;
– Anniversaire de la mort du Général-baron Athanase de Charette (+ 9 octobre 1911 – cf. ici) ;
– Anniversaire du rappel à Dieu du Vénérable Pie XII (+ 9 octobre 1958 – cf. ici).

Armoiries et devise de Pie XII

   L’article qui suit, signé de Monsieur Pierre Gelin, a été publié en 2008 dans la perspective des célébrations du cinquantième anniversaire de la mort du Vénérable Pie XII (cf. ) et se trouvait originellement, dans ce blogue, à la suite de l’homélie prononcée le 9 octobre 2008 par feu le pape Benoît XVI. La conséquence en était que, en définitive, très peu de personnes ne le lisaient, alors que sa pertinence et son impirtance ne se sont jamais démenties : nous prenons donc le parti de l’extraire de la page où il se trouvait pour lui consacrer une page spéciale, qui, je l’espère, sera profitable à beaucoup.

Tolbiac.

Vénérable Pie XII

Pie XII photographié lors de l’un de ses messages radiodiffusés

Tiare et clefs de Saint Pierre

Pie XII : une béatification discutée.

par Pierre Gelin.

       Le cinquantenaire de la mort de Pie XII, le 9 octobre prochain (note : comme dit dans l’introduction, cet article date de 2008), promet de nouveaux bras de fer entre les partisans de sa « culpabilité » et ceux de sa béatification. La moindre annonce, même infondée, est un prétexte pour relancer la polémique du vide.

   A ce sujet, l’année 2007 peut être considérée comme « l’année Pie XII » tant les « révélations » se sont multipliées en dépit du bon sens historique. Afin de bien comprendre la situation actuelle, il convient de revenir sur ces temps forts qui ont amené le pape Benoît XVI à retarder la béatification de son prédécesseur

Beaucoup de bruit pour rien :

   En janvier 2007, le général Ion Pacepa, ancien haut dirigeant du KGB, révèle que les communistes ont créé de toutes pièces la légende noire autour de Pie XII : la pièce « Le Vicaire », écrite par Rolf Hochhut, participerait de cette campagne des services secrets visant à briser l’influence d’un pape profondément anticommuniste. Si des soupçons existaient déjà dans les années soixante sur le rôle du KGB dans la parution de cette pièce, jamais une telle preuve n’avait été apportée. Deux mois plus tard éclate la polémique entre Israël et le Saint-Siège – via Mgr Antonio Franco, nonce en Terre Sainte – à propos d’une présentation critique de Pie XII par le Mémorial de Yad Vashem en mars de la même année. La venue du prélat ne s’est faite qu’à la condition de réexaminer les propos tenus sur le pape Pacelli. En avril, le cardinal Bertone publie une circulaire de Pie XII, dont fait mention le père Pierre Blet dans son ouvrage (1), adressée aux instituts religieux et datée du 25 octobre 1943, demandant aux religieux d’accueillir et de sauver tous les Juifs qui le demandent.

   Les mois de mai et juin furent particulièrement denses : Pie XII fut au centre de nombreux débats. Tout d’abord, le mardi 15 mai 2007, la Congrégation pour la cause des saints a approuvé à l’unanimité une déclaration sur les vertus du pape Pie XII, laissant dorénavant au pape le soin de reconnaître l’héroïcité de ses vertus. La réaction fut immédiate : la fin du mois de mai vit ressurgir une polémique qui ne fut pas sans rappeler l’affaire de « l’encyclique cachée »… texte qui n’était ni encyclique, ni cachée : Emma Fattorini, historienne reconnue, aurait découvert un discours qu’aurait dû prononcer Pie XI s’il n’était pas mort la veille. Pie XII se serait empressé, sitôt son élection au siège de Pierre, de faire disparaître ce texte dénonçant violemment l’antisémitisme. Bien entendu, cette affaire n’était qu’un vaste tissu d’erreurs ; la première d’entre toutes fut que ce texte avait déjà été publié par… Jean XXIII dans « la Documentation catholique ».

   Le 5 juin 2007, Andrea Tornielli publia la première biographie complète de Pie XII, qui fit l’objet d’une présentation officielle au Vatican (2). Cet ouvrage, considéré comme le travail le plus sérieux réalisé jusqu’à présent, souligne tous les aspects de la personnalité du pape Pacelli et de son pontificat. Quelques jours plus tard, le 21 juin, parut en France l’étude du rabbin David Dalin sur l’attitude de Pie XII envers les Juifs (3). La conclusion est sans appel : le pape mériterait d’être « Juste parmi les nations », haute distinction d’un peuple outragé envers ceux qui l’ont aidé.

   Cette énumération fastidieuse est destinée à rappeler que la situation, sur le plan international, est tendue dès qu’il s’agit d’aborder le pontificat de Pie XII. C’est cet enchaînement de faits qui a influencé Benoît XVI et l’a amené à reporter la promulgation reconnaissant l’héroïcité des vertus de Pie XII, ouvrant ainsi la voie à sa possible béatification. Avant de porter tout jugement sur cet acte, il nous faut examiner la raison pour laquelle Benoît XVI a agi de la sorte, le 17 décembre dernier : Pie XII ne figurait pas dans la liste des huit personnes promises à une béatification prochaine, avec la grâce de Dieu. Parallèlement, Benoît XVI nomma une commission pour étudier le dossier de son prédécesseur. Il n’en fallut pas plus pour que certains journaux, notamment français, interprètent outrancièrement cette décision, en évoquant une « remise en question », voire « l’enterrement du dossier ». Le journaliste Hervé Yannou compara subtilement, et de manière détournée, ce cas avec celui du père Léon Dehon dont le procès de béatification fut suspendu par Benoît XVI suite à la découverte d’écrits antisémites de ce prêtre français. Le pape demanda à une commission d’étudier la question, qui remit un rapport négatif amenant Benoît XVI à classer le dossier. À première vue, que de points communs entre le père Léon Dehon et le pape Pie XII ! Mais que de raccourcis également ! Tout d’abord, il n’y a strictement aucune trace d’antisémitisme dans les écrits de Pie XII, même lorsqu’il n’était encore que l’abbé ou le cardinal Eugenio Pacelli. De plus, la commission qui a été nommée par le pape pour étudier le cas de cette béatification ne laisse aucune ambiguïté sur les intentions de Benoît XVI : il s’agit d’une commission interne à la Secrétaire d’Etat.

   Précisons, pour qui n’est pas habitué des procédés du Vatican, qu’il s’agit d’une décision diplomatique et non théologico-spirituelle ; le vote de la Congrégation pour la cause des saints n’est pas abrogé. Ainsi que l’explique le père Peter Gumpel, jésuite et relateur de la cause (l’équivalent du juge d’instruction) : « Ce ne sont pas les vertus héroïques de Pie XII qui sont en cause, car, de ce point de vie, la Secrétairie d’Etat, qui est l’organisme diplomatique du Saint-Siège, n’est pas compétente. [C’est donc] une décision sage qui devrait permettre d’évaluer les conséquences d’une béatification de Pie XII à la lumière des relations entre Israël et le Saint-Siège ».

La voie de la prudence :

   Loin de remettre en cause l’action de son prédécesseur, ainsi que ses vertus, Benoît XVI choisit la voie de la prudence. L’affaire, certes inhabituelle, est diplomatique, politique et contemporaine. Nous pouvons l’approuver ou la déplorer. La récente parution, en mars dernier, de l’ouvrage de Saul Friedländer (4), relayé par tous les grands médias nationaux et internationaux, tend à donner raison au Pape. En effet Saul Friedländer n’est pas un inconnu ; grand historien du nazisme, mondialement connu, ce rescapé de la Shoah s’est fait connaître par un livre publié dès 1964, intitulé « Pie XII et le IIIe Reich », et qui connut un très vif succès, malgré la fragilité de ses sources. Son nouvel ouvrage évoque de nouveau et à plusieurs reprises l’attitude négative du Vatican avec, en première ligne, Pie XII. Un excellent article de Frédéric Le Moal revient longuement sur cette récente parution (5).

   Mais Pie XII a agi. Jean-Marie Mayer, Philippe Levillain, Andrea Tornielli, David Dalin, Pierre Blet, Jean Chaunu, Jean Chélini, Philippe Chenaux, etc., sont autant d’historiens qui, par leurs études, confirment l’action bénéfique de Pie XII, de son ordination sacerdotale à sa mort. Son influence fut palpable sur tous les plans : politique, culturel, humain, théologique, spirituel. Il n’est pas un domaine qui n’ait été traité par ce grand pape.

Sagesse de Benoît XVI :

   Face à ces témoignages et à ce foisonnement de documents, la thèse d’un « silence » de Pie XII est un mythe qui ne puise sa force que dans la répétition assourdissante menée par des moyens de communication modernes étouffant réflexion et esprit critique. Mais le mal est fait. Benoît XVI, en retardant l’échéance, ne choisit plus seulement une voie de prudence, mais une voie de sagesse. Certes nous aurions aimé une béatification retentissante pour le 50e anniversaire de la mort de Pie XII ; mais le pape sait que les médias se nourrissent de polémiques pour faire éclore le mensonge et la calomnie. La vérité sur Pie XII ne naîtra pas d’une provocation : elle sera le fruit de l’attitude sapientale de l’Eglise.

S.S. Pie XII médaille commémorative année sainte 1950

Notes de l’article :

(1) Pierre Blet, s.j., Pie XII et la Seconde Guerre mondiale d’après les archives du Vatican, Perrin, 1997.
(2) Andrea Tornielli, Pio XII. Eugenio Pacelli. Un uomo sul trono di Pietro, Mondadori, 2007.
(3) David Dalin, Pie XII et les Juifs, Tempora, 2008.
(4) Saul Friedländer, L’Allemagne nazie et les Juifs. Les années d’extermination, 1939-1945, Seuil, 2008.
(5) Frédéric Le Moal, « Saul Friedländer et Pie XII », sur www.pie12.com, 7 avril 2008.

Pie XII - Couronnement

2025-154. Une célébration baroque de la victoire de Lépante (troisième partie) : la salle des paysages du Palais Colonna.

7 octobre,
Fête de Notre-Dame de la Victoire du Très Saint Rosaire (cf. ici),
Anniversaire de la victoire navale de Lépante (cf. ici) ;
Mémoire de Saint Marc, pape et confesseur ;
Mémoire des Saints Serge et Bacchus, Marcel et Apulée, martyrs.

blason de la famille Colonna - blogue -

       Pour conclure nos publications au sujet des somptueux décors baroques du palais romain des Princes Colonna célèbrant la victoire de Lépante, après avoir présenté la Grande Galerie (cf. > ici), puis l’antichambre de l’Est, qui permet d’y accéder et porte le nom de Salle de la colonne bellique (cf. > ici), présentons maintenant l’antichambre située à l’Ouest de la Grande Galerie, dite Salle des paysages, en raison des tableaux bucoliques de Gaspard Dughet (1615-1675, aussi appelé Gaspard Poussin ou encore Le Guaspre), qui en tapissent les murs.

   Franchissons donc son seuil, encadré, comme du côté Est, par deux colonnes en marbre jaune de Sienne.

Palais Colonna - salle des paysages

Rome, Palais Colonna : Salle des paysages

   A la voûte de cette antichambre, c’est la bataille de Lépante qui est peinte, une nouvelle fois, mais de façon davantage allégorique.
Cette œuvre, née des pinceaux de Luca Giordano (1634-1705) et Sebastiano Ricci (1659-1734), en 1693 et 1694 – c’est à dire moins d’une vingtaine d’années après les fresques de la Grande Galerie et peu d’années avant celle de la Salle de la colonne bellique – est bien caractéristique de la peinture baroque triomphale.

Sebastiano Ricci - allégorie de la bataille de Lépante

Sebastiano Ricci - allégorie de la bataille de Lépante

   Au-dessus de l’entrée, on a, encore une fois, une forme d’apothéose de Marc-Antoine Colonna : ici ce n’est pas la Très Sainte Vierge Marie qui le couronne, mais une victoire ailée.
Les nuées au faîte desquelles le vainqueur de Lépante est assis, sont un chef d’œuvre de trompe-l’œil parce qu’elles forment comme un arc au-dessus de la corniche de l’entrée de la salle pour aller ensuite se confondre avec la structure architectural du sommet des murs.

Sebastiano Ricci - Lépante détail - Marc-Antoine  - blogue

   Autour de Marc-Antoine, dont les traits sont ceux d’un très jeune homme, se livre un combat entre des anges et des démons, combat tel qu’on en voit plutôt habituellement sur les tableaux représentant Saint Michel.

Sebastiano Ricci - Lépante - Marc-Antoine

   En face de l’entrée, on peut admirer l’allégorie de la bataille : la composition de cette fresque fait que la victoire ailée, figure centrale de l’œuvre, et que l’on a vue ci-dessus dans une position descendante (tête vers le bas) vers Marc-Antoine Colonna, apparaît pour cette partie dans une position ascendante au-dessus de la scène de l’affrontement.

Sebastiano Ricci - la victoire volant au-dessus de la bataille

Sebastiano Ricci - l'affrontement

Sebastiano Ricci - Marc-Antoine à la bataille

Marc-Antoine Colonna au combat

   Sur le côté gauche de la salle, la fresque montre le héros sur un char de triomphe, roulant au milieu des nuées, entouré de figures symboliques qui l’acclament.

Sebastiano Ricci - côté gauche de la salle des paysages

   Tandis que sur le côté droit est figurée, dans une scène plutôt exotique, la malfaisance mahométane : on y voit un barbaresque qui violente de la main droite une femme dont il tire la chevelure, tandis qu’il tient fermement par la main gauche des chaînes auxquelles sont assujettis aussi bien des créatures humaines – soumises en esclavage, ou réduites à l’état de produits de consommation dans les harems -, que des bêtes fauves.

Sebastiano Ricci - côté droit - blogue

Sebastiano Ricci - détail du côté droit de la salle des paysages

   Au-dessus de cette scène, dans les airs, on assiste à un combat : la vérité, brandissant son flambeau, poursuit, avec une dague, l’erreur religieuse accompagnée d’une créature mi-homme mi-serpent.
La femme que le barbaresque saisit par les cheveux ainsi que l’esclave noir lèvent les yeux vers cette scène, symbolisant par là l’espérance d’être délivrés de la sujétion des païens par la victoire de la vérité catholique.

Sebastiano Ricci - méfaits des mahométans - détail

   Mentionnons rapidement aussi, sans vraiment les détailler, que dans cette Salle des paysages se trouvent aussi un grand cabinet en bois d’ébène et ivoire, chef-d’œuvre des frères allemands Steinhart, orné de scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament (sur le côté gauche) et un autre cabinet, en bois de santal marqueté de pierres dures, figurant une villa romaine.

Cabinet d'ébène et d'ivoire

cabinet de santal

   Ces deux meubles précieux sont, remarquez-le, portés par des figures d’ottomans ou de barbaresques captifs.

2025-153. Une célébration baroque de la victoire de Lépante (deuxième partie) : la salle de la colonne bellique, au Palais Colonna.

7 octobre,
Fête de Notre-Dame de la Victoire du Très Saint Rosaire (cf. ici),
Anniversaire de la victoire navale de Lépante (cf. ici) ;
Mémoire de Saint Marc, pape et confesseur ;
Mémoire des Saints Serge et Bacchus, Marcel et Apulée, martyrs.

Palais Colonna - salle de la colonne bellique

Rome, Palais Colonna : la salle de la colonne bellique.

       De part et d’autre de la Grande Galerie – ou Grande Salle – du Palais Colonna, que nous avons précédemment présentée (cf. > ici), se trouvent deux antichambres, elles aussi richement ornées, qui communiquent l’une comme l’autre avec la Grande Galerie par une large ouverture à eux colonnes.

salle de la colonne bellique  avec le passage sur la Grande Galerie

Salle de la colonne bellique avec la perspective vers la Grande Galerie

   L’antichambre de l’est, est appelée « salle de la colonne bellique » (ou encore « salle de la colonne de la guere »), en raison du fait qu’y est placée en son centre une colonne antique : cette colonne de marbre rouge, posée sur un piédestal et ornée d’incrustations représentant des scènes de la vie romaine, est évidemment une allusion aux armoiries de la famille Colonna ; elle est surmontée statuette de femme casquée et armée qui pourrait être une représentation de Bellone, de Rome ou d’Athéna ; c’est cette figurine qui vaut à la colonne son qualificatif de « bellique ».

Sommet de la colonne bellique

   La fresque qui orne la voûte de cette salle a été peinte par Giuseppe Bartolomeo Chiari (1654-1727), élève de prédilection de Carlo Maratta, qui a travaillé avec lui à la préparation des cartons pour les mosaïques des nefs latérales de la Basilique vaticane.
Giuseppe Bartolomeo Chiari a peint cette voûte entre 1698 et 1700, soit un quart de siècle après le plafond de la Grande Galerie.

   Sans crainte de la redondance avec le programme pictural de la Grande Galerie, elle représente Marc-Antoine Colonna présenté à la Vierge dans les cieux, mais cette œuvre est la plupart du temps nommée : « Apothéose de Marc-Antoine Colonna ».

Giuseppe Chiari - Marc-Antoine Colonna présenté à la Vierge ou apothéose

   La Très Sainte Vierge Marie, entourée d’anges et de saints, occupe le centre de la composition, elle est nimbée d’une sorte de rayonnement de gloire. Elle tient dans sa main droite une couronne – semblable à celle qui était tenue au-dessus de la tête du chef victorieux lors des triomphes antiques -, dont elle s’apprête à couronner le vainqueur de Lépante, qui est introduit en sa présence par… Hercule lui-même, dont Marc-Antoine porte la massue, comme s’il s’agissait de son arme propre !!!

Giuseppe Bartolomeo Chiari - apothèose de Marc-Antoine Colonna détail

Giuseppe Bartolomeo Chiari - apothéose de Marc-Antoine Colonna - détail

Marc-Antoine Colonna conduit par Hercule

   Cette curieuse introduction d’un mythe païen à l’intérieur d’une scène aux références chrétiennes vaut également parfois à cette œuvre d’être appelée « Apothéose du jeune Hercule ».

   Sans entrer dans tous les détails des représentations périphériques de cette fresque, on s’arrêtera toutefois à admirer, au-dessus du passage vers la Grande Galerie, cet ange écrivant le nom de Marc-Antoine Colonna dans le Livre de Vie.

Un ange écrit le nom de Marc-Antoine Colonna dans le Livre de Vie

   Pour passer de cette Salle de la Colonne Bellique à la Grande Gallerie, il faut descendre quelques marches de marbre : or, au centre des degrés se trouve un boulet de canon.
Celui-ci n’a rien à voir avec la victoire de Lépante, mais nous renvoie à des événements dramatiques plus récents : la révolution romaine de 1848-1849, pendant laquelle le Bienheureux Pape Pie IX avait dû fuir Rome et se trouvait de ce fait en exil à Gaëte.
Des troupes françaises commandées par le Général Oudinot avaient été envoyées pour rétablir le Souverain Pontife dans ses Etats, et, depuis la colline du Janicule, les Français tirèrent sur le centre historique pour en chasser les insurgés républicains : c’est alors que, le 24 juin 1849, ce boulet, en raison d’une erreur de tir, entra dans le palais Colonna pour tomber exactement à cet endroit. Il n’en fut jamais retiré.

Marches entre la Salle de la colonne bellique et la Grande Galerie

Boulet français du 24 juin 1849

2025-149. Les traductions françaises de la Sainte Bible dont disposait Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de la Sainte Face.

3 octobre,
fête de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de la Sainte Face, vierge, céleste patronne de la France en second et patronne des missions catholiques (en France, double de 2ème classe).

Sainte Bible et Saint-Esprit - vignette

       Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de la Sainte Face était avide de lire la Sainte Ecriture. Elle a écrit préférer en lire directement les textes plutôt que les commentaires, ce qui se comprend aisément pour une âme pure et contemplative entre laquelle et les paroles inspirées il ne se trouve point d’obstacle.
Pour le commun des pauvres pécheurs, en revanche, il faut bien le dire, l’accès aux textes sacrés est habituellement grandement facilité par les introductions, explications et commentaires donnés par les Pères et Docteurs de l’Eglise, mais, évidemment, les commentaires ne dispensent pas de lire ensuite – et surtout de méditer – le texte biblique lui-même.

   On trouve plus de mille citations de la Sainte Ecriture dans les écrits de la sainte carmélite de Lisieux, et les minutieux « décortiqueurs » de textes se sont demandé de quelle traduction française de la Bible sont tirées les citations qu’elle en fait (puisque en effet elle ne comprenait pas le latin et lisait donc la Sainte Ecriture dans une traduction en langue vernaculaire).
De fait, il n’est pas très difficile de répondre à cette question : Sœur Thérèse de l’Enfant Jésus avait à son usage un « Manuel du Chrétien ». Pour ceux qui l’ignorent, il s’agit d’un petit volume, facile à garder dans une poche, dans lequel se trouvent le Nouveau Testament, quelques prières, et « L’Imitation de Jésus-Christ ».

Manuel du chrétien

Une édition du « Manuel du chrétien » de 1887

A – La traduction dite « de Lallemand » :

   Dans le « Manuel du Chrétien » utilisé par la jeune carmélite, édité en 1864, la traduction française du Nouveau Testament est celle dite « de Lallemant » : selon son nom complet « Le Nouveau Testament de Notre-Seigneur Jésus-Christ, traduit en français selon la Vulgate par le R.P. Dominique Bouhours, revue par le R.P. Lallement ».

   Le Révérend Père Dominique Bouhours a été un célèbre jésuite du Grand Siècle (1628-1702) qui fut, entre autres, précepteur de Jean-Baptiste Colbert fils, marquis de Seignelay, dont notre chère marquise de Sévigné disait : « L’esprit lui sort de tous côtés », que La Fontaine et Boileau tenaient en très haute estime, et auquel Jean Racine soumettait certains de ses vers afin qu’il en corrigeât « les fautes contre la langue ».
Quant au Révérend Père Jacques-Philippe Lallemant (1660-1748), il fut un autre grand jésuite, théologien, exégète et polémiste, recteur du Collège Louis le Grand, à Paris, adversaire redouté des jansénistes.

   Ainsi, on le voit, cette traduction du Nouveau Testament, que Sœur Thérèse portait pratiquement toujours sur elle, est faite à partir de la Vulgate par des prêtres réputés pour leur science et la sûreté de leur doctrine, dans un souci de rigoureuse orthodoxie.

Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus de la Sainte Face

B – La traduction de l’abbé Jean-Baptiste Glaire :

   Au Carmel de Lisieux, à l’époque de Thérèse, on trouvait aussi – et là il ne s’agit pas de livres au format « de poche » – plusieurs exemplaires de « La Sainte Bible selon la Vulgate traduite en français avec des notes par l’Abbé J.B. Glaire ».
Sainte Thérèse la cite souvent, et elle lui est en effet très familière. Les traductions des textes liturgiques, en particulier ceux du Bréviaire romain, qui étaient lues le soir au réfectoire, provenaient de cette édition française de la Sainte Bible.

   Prêtre, professeur d’Ecriture Sainte à la Sorbonne, l’Abbé Jean-Baptiste Glaire (1798-1879), ordonné en 1822, fut aussitôt nommé professeur d’hébreu au séminaire de Saint-Sulpice. Il garda cette charge jusqu’en 1831, où il fut promu à la faculté de théologie de la Sorbonne : professeur titulaire d’hébreu à partir de 1333, professeur d’Ecriture Sainte de 1842 à 1854, doyen de 1841 à 1851.
Il se retira en 1854 au séminaire d’Issy où il continua de publier. Depuis 1840 il était chanoine de la cathédrale-métropole Notre-Dame de Paris.

   Le travail exégétique du chanoine Glaire faisait autorité dans l’Eglise de France au XIXème siècle. Sa traduction de la Bible en français d’après la Vulgate fut présentée au Saint-Siège par 56 évêques français désireux de faire pièce à la diffusion des Bibles protestantes : c’est dire son caractère rigoureusement orthodoxe, sanctionné par les approbations de cardinaux en vue.
Cette traduction tend à être davantage littérale que celle de Louis-Isaac Le Maistre de Sacy (voir ci-dessous), et ses textes d’introduction aux Livres Saints furent traduits en italien et en espagnol. D’un point de vue linguistique son travail de traduction fit l’objet d’une appréciation très élogieuse d’Etienne Quatremère, l’un des plus réputés parmi les orientalistes de la première moitié du XIXème siècle, professeur d’hébreu et de syriaque au Collège de France, puis de persan à l’Ecole des Langues Orientales.

   Le chanoine Jean-Baptiste Glaire a également travaillé à la rédaction de l’Encyclopédie catholique, avec le vicomte Joseph-Alexis Walsh (1782-1860), et à celle du Dictionnaire des sciences ecclésiastiques, monument incontournable tout particulièrement en raison des renseignements biographiques qu’il fournit sur un très grand nombre de personnages antérieurs à la révolution qu’il est difficile de trouver dans les modernes encyclopédies.

Abbé Glaire 1ère édition de luxe 1865

« La Sainte Bible selon la Vulgate » traduite par le chanoine Jean-Baptiste Glaire
première édition de luxe en 1865

C- La traduction du Maistre de Sacy :

   La bibliothèque du Carmel de Lisieux possédait aussi en deux exemplaires la traduction de la Bible de Louis-Isaac Le Maistre de Sacy (1613-1684), intitulée « La Sainte Bible contenant l’Ancien et le Nouveau Testament traduite sur la Vulgate », mais aussi surnommée « La Bible de Port-Royal ».

   Né d’un père huguenot, mais, par sa mère, neveu de la Mère Angélique Arnault, il fut ordonné prêtre en 1649, à 36 ans, ce qui est fort tard pour l’époque : il vit alors à Port-Royal des Champs, parmi les « Solitaires » depuis onze années.
Théologien et bibliste qui a été formé à l’Université de Paris, il est ami avec Blaise Pascal, Pierre Nicole et les Arnauld. Il appartient donc au « noyau dur » des jansénistes du milieu du XVIIème siècle ; cela lui vaudra d’ailleurs d’être embastillé pendant près de deux ans et demi (mai 1666 – novembre 1668).

   Sa traduction de la Sainte Bible ne comporte à l’origine que les livres rédigés en hébreu (dits « protocanoniques », ce qui en un sens témoigne des influences protestantes sous-jacentes au jansénisme) ; par la suite il révisera cette traduction, aidé en cela par ses amis sus-cités, et y adjoindra dans un premier temps les « deutérocanoniques » du Nouveau Testament (1667), puis ceux de l’Ancien Testament (entre 1672 et 1684, date de sa mort).

   En résumé, la « Bible du Maistre de Sacy », qui est véritablement remarquable par son admirable français classique, alors qu’elle se prétend une traduction de la Vulgate, n’en est toutefois pas strictement la transposition, parce qu’en plusieurs points elle préfère les variantes présentées par les manuscrits hébreux dont disposait Louis-Isaac aux leçons du texte de Saint Jérôme devenu officiel dans l’Eglise latine.
En outre le choix « des explications du sens littéral et du sens spirituel tirées des Saints Pères » (sic) données en commentaire, n’est pas exempt des orientations de la théologie janséniste.

Bible du Maistre de Sacy

2025-147. Saint Prince ou Principe, frère aîné de Saint Remi, évêque de Soissons et confesseur.

25 septembre,
Fête de Saint Prince – ou Principe – de Soissons, évêque et confesseur ;
Chez les Ermites de Saint Augustin, l’octave de Saint Thomas de Villeneuve ;
Anniversaire de la prise de Jérusalem par les troupes de Titus (25 septembre 70).

Saint Principe de Soissons - blogue

Saint Prince ou Principe

Douzième évêque de Soissons et confesseur

Notice biographique rédigée par le chanoine Henri Congnet du Chapitre cathédral de Soissons,
pour « Les Petits Bollandistes », tome XI p. 390 et sv.

Vignette typographique saint évêque

       « Prince ou Principe (Principius), était fils d’Emile, comte de Laon, et de Sainte Céline ou Célinie, d’une famille sénatoriale de la même ville. Il eu pour frère Remi, qui fut archevêque de Reims ; mais il y avait entre eux une grande différence d’âge ; Prince était né dans les premiers temps du mariage d’Emile avec Célinie, tandis que Remi fut un fruit miraculeux de la vieillesse de ces deux époux.

   Notre saint s’était marié et avait eu un fils, nommé Loup, qui entra dans la cléricature. Saint Edibe, évêque de Soissons, étant mort (10 décembre 462), le clergé et le peuple jetèrent les yeux sur Prince pour le remplacer. Ce ne fut pas sans peine qu’on parvint à le décider à accepter la lourde charge de l’épiscopat. En tout temps, les plus saints et les plus dignes s’effraient et détournent la tête à la vue de la mitre et du bâton pastoral ; les moins habiles et les présomptueux, au contraire, acceptent sans sourciller l’honneur qui leur est offert ; les ambitieux l’obtiennent à force d’intrigues sans songer que par là ils mettent en péril leur salut éternel et s’exposent sur la terre à ne ceindre qu’une couronne d’épines, source de peines cuisantes et d’amères déceptions.

   Saint Prince fut un grand et pieux évêque, et sa réputation s’étendit au loin dans les Gaules. Sans connaître personnellement Sidoine Apollinaire, évêque d’Avernum (Clermont-Ferrand), il entretenait avec ce célèbre poëte un commerce épistolaire… [Note : nous omettons ici les longues citations que fait la notice du chanoine Congnet des lettres de Saint Sidoine Apollinaire, qui montrent quelle estime les deux prélats avaient l'un pour l'autre].

Clovis et le vase de Soissons

L’épisode fameux du « Vase de Soissons »
- mis en avant par les livres d’histoire de la troisième république
afin de donner de Clovis l’image d’un roi juste et implacable -,
concerne l’un des vases sacrés de la cathédrale de Soissons
placé dans le butin 
après la défaite de Syagrius (486)
et la prise de possession de la ville de Soissons par les Francs.

Si Saint Remi le réclama à Clovis, ce n’était toutefois pas pour l’Eglise de Reims
mais pour qu’il fût restitué à Saint Principe.

   C’est sous le long épiscopat de Saint Prince, que s’accomplirent à Soissons, et dans les pays voisins les événements les plus importants : la fin de la domination romaine dans les Gaules et l’établissement de la domination des Francs.
Saint Prince fut témoin de la mort d’Aegidius, comte de Soissons (464), et de la défaite de Syagrius, son fils, qui fut vaincu par Clovis, alors âgé de vingt-deux ans (486). Soissons tomba entre les mains du vainqueur et devint ainsi le berceau de la monarchie française. Syagrius qui, après la perte de son armée, s’était enfui à Toulouse, chez Alaric II, roi des Visigoths, fut livré à Clovis par ce prince barbare, et égorgé secrètement dans la prison du château d’Albâtre où avaient été renfermés Saint Crépin et Saint Crépinien.

   Les vertus de Prince lui attirèrent le respect de Clovis qu’elles contribuèrent à rendre meilleur. Les entretiens du saint évêque avec Clotilde, épouse du roi, encouragèrent cette princesse et la soutinrent dans les tentatives qu’elle faisait constamment pour vaincre la résistance de son mari et lui faire embrasser le christianisme.
La gloire de le baptiser en même temps que les principaux des Francs, était, dans les desseins de Dieu, réservée au frère de Saint Prince, à l’illustre Saint Remi, archevêque de Reims. Mais Saint Prince assista indubitablement aux cérémonies de ce baptême solennel avec la plupart des évêques de la Gaule septentrionale, et, de retour à Soissons, il aida les nombreux néophytes de la cour et de l’armée à mener une vie conforme à la doctrine évangélique dont ils venaient de faire hautement profession.

   Les faveurs de Clovis devenu chrétien ne firent pas défaut à Saint Prince, qui en profita pour étendre davantage l’influence de la religion et adoucir le sort des peuples.
Il bâtit des églises nouvelles, multiplia les autels ou paroisses, pour rendre l’instruction des populations plus faciles. On pense qu’il transféra le siège épiscopal de l’abbaye de Saint-Crépin le Grand en l’église de Saint-Gervais et de Saint-Protais, située dans l’intérieur de la ville.

Vignette typographique saint évêque

   Saint Prince mourut fort âgé, le 25 septembre, vers l’an 505, et fut inhumé par Saint Remi, son frère, dans la chapelle de Sainte-Thècle, hors des murs de Soissons.
Ses reliques ont été dans la suite transférées à la cathédrale, mais les hérétiques les ont livrées aux flammes et réduites en cendres en 1567. Le Gallia Christiana dit qu’à Douai on vénérait son bras, dans la collégiale de Saint-Amé. »

Vignette SP cul de lampe

2025-146. Abbaye de Saint-Denis, 24 septembre 768 : le Roi Pépin le Bref rend son âme à Dieu.

24 septembre,
Fête de Notre-Dame de la Merci (cf. > ici, et > ici) ;
Anniversaire de la mort de Sa Majesté le Roi Pépin le Bref.

Médaille commémorative de Pépin le Bref (XXe siècle)

       Figure particulièrement marquante de l’histoire de France, Pépin III, dit le Bref, Roi des Francs, premier souverain de la dynastie carolingienne, a rendu son âme à Dieu le 24 septembre de l’an 768.

   La vie de Pépin le Bref a quelque chose de fascinant et si son surnom stigmatise en quelque sorte sa petite taille, il ne correspond en revanche pas du tout à la grandeur des dix-sept années de son règne (751-768).

   Véritable génie politique, sa stature a réellement façonné l’avenir de l’Europe en raison des accomplissements considérables dont il fut l’ouvrier

- en consolidant le pouvoir royal ;
- en établissant la dynastie carolingienne sur le trône ;
- en travaillant à la réforme de l’Eglise avec l’aide de Saint Boniface de Mayence (680-754) ;
- en plaçant de manière systématique la cérémonie du Sacre au début du règne de chaque souverain ;
- en mettant en évidence que le Roi de France est fils aîné de l’Eglise romaine ;
- en défendant les intérêts de la papauté ;
- en favorisant le développement des abbayes ;
- en soutenant l’évangélisation de la Germanie ;
- en taillant au centre de l’Italie un territoire permettant d’assurer l’indépendance temporelle du Saint-Siège apostolique, les Etats de l’Eglise, qui subsisteront jusqu’en la seconde moitié du XIXème siècle ;
- en réformant la monnaie ;
- en instituant la dîme ;
- … etc.

   Au début de l’été 768, Pépin le Bref s’est rendu maître de l’Aquitaine.
Mais il a cinquante-quatre ans et ses forces déclinent. Il reprend la route vers le nord des Gaules.

   A Saintes, où il fait étape, il ressent les symptômes de la maladie qui va l’emporter : l’hydropisie.
Il ordonne qu’
on le transporte à l’abbaye de Saint-Denis, là où il passé sa jeunesse et reçu la base de son éducation, là où, en 754, il a été confirmé Roi des Francs et sacré pour la seconde fois par le pape Etienne II. C’est là qu’il veut se préparer à la mort et mourir en bon chrétien, auprès de son ami, l’abbé Fulrad.
Son seul regret : la nouvelle église abbatiale, puisqu’il en a décidé la réédification – la voulant la plus grande et la plus somptueuse des Gaules -, n’est pas terminée. Elle ne sera consacrée (pour la seconde fois) que le 24 février 775 par Saint Fulrad (cf. > ici).

   Sa route vers Saint-Denis va passer par Poitiers (la ville de Saint Hilaire et de Sainte Radegonde, où est conservée une précieuse relique de la Sainte Croix – cf. > ici et > ici), puis par Tours (la ville de Saint Martin).

   Arrivé à Saint-Denis, il réunit les grands du royaume et leur fait accepter le partage de ce royaume à ses deux fils, Charles 1er (futur Charlemagne) et Carloman 1er.
Puis il fait ses adieux à son épouse, Bertrade de Laon (dite Berthe au grand pied) et dicte ses dernières volontés (dont plus tard l’abbé Suger rapportera la substance dans ses Chroniques de Saint-Denis). En particulier, en signe d’humilité, et pour expier les fautes perpétrées par ses prédécesseurs envers l’Eglise (le clergé reprochait tout particulièrement à Charles Martel de l’avoir spolié d’une partie de ses biens), il souhaite être inhumé face contre terre, sous le porche de l’abside orientale de la basilique de Saint-Denis.

   Le 24 septembre 768, Pépin le Bref, premier roi « oint de Dieu » et sacré par le pape, rend son dernier souffle.
Sa disparition marque la fin d’un règne difficile, qui a cependant grandement préparé l’œuvre de son fils, Charles 1er le Grand – Saint Charlemagne -, le grand Empereur d’Occident.

Basilique de Saint-Denis gisants de Pépin le Bref et Bertrade de Laon

Basilique-nécropole royale de Saint-Denis :
gisants de Pépin III dit le Bref et de son épouse Bertrade de Laon

2025-145. « Qu’il prenne sa croix et qu’il Me suive » : une lettre de Saint Pie de Pietrelcina.

23 septembre,
Fête de Sainte Thècle, protomartyre, « égale aux Apôtres » (cf. > ici) ;
Mémoire de Saint Pie de Pietrelcina, confesseur (cf. aussi > ici) ;
Mémoire de Saint Lin de Volterra, pape et martyr.

Saint Pie de Pietrelcina

« Qu’il prenne sa croix et qu’il Me suive »

extrait d’une lettre de Saint Pie de Pietrelcina à l’une de ses dirigées

    »Pendant ta vie, le Christ ne te demande pas de porter avec Lui Sa lourde croix, mais juste un petit morceau, en acceptant tes souffrances. Tu n’as rien à craindre. Estime-toi au contraire très heureuse d’avoir été jugée digne d’avoir part aux souffrances de l’Homme-Dieu. Il ne s’agit pas, de la part du Seigneur, d’un abandon ni d’une punition ; au contraire, Il te témoigne de l’amour, un grand amour.

   Tu dois en rendre grâce à Dieu et te résigner à boire le calice de Gethsémani. Parfois le Seigneur te fait sentir le poids de la croix. Ce poids te semble insupportable, et pourtant tu le portes parce que le Seigneur, qui est plein d’amour et de miséricorde, te tend la main et te donne la force nécessaire.

   Le Seigneur a besoin de personnes qui souffrent avec Lui devant le manque de piété des hommes. C’est pour cette raison qu’Il me mène sur les voies douloureuses dont tu me parles dans ta lettre. Mais qu’il soit toujours béni, parce que Son amour apporte la douceur au milieu de l’amertume ; Il change les souffrances passagères de cette vie en mérites pour l’éternité. »

fin de texte croix glorieuse 1 - blogue

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