Archive pour la catégorie 'Memento'

2026-143. In memoriam : Louis Célestin Sapinaud de La Verrie (+ 25 juillet 1793).

25 juillet,
Fête de Saint Jacques le Majeur, apôtre (cf. > ici) ;
Mémoire de Saint Christophe, martyr ;
Anniversaire de la clôture du premier concile de Nicée (25 juillet 325 – cf. > ici) ;
Anniversaire de l’abjuration d’Henri IV (25 juillet 1593 – cf. > ici) ;
Anniversaire de la mort de Louis-Célestin Sapinaud de La Verrie (+ 25 juillet 1793) ;
« 25 du mois » qui, dans la Confrérie Royale » est dédié à prier davantage pour Sa Majesté le Roi et à offrir de plus généreux sacrifices à son intention.

       Ce texte constitue la lettre mensuelle adressée aux membres et amis de la Confrérie Royale pour le 25 juillet 2026.

Louis-Célestin Sapinaud de La Verrie - Blogue

Louis Célestin Sapinaud de La Verrie (1739-1793)

       Le général vendéen Louis Célestin Sapinaud de la Verrie n’est pas le plus illustre de tous les chefs de l’insurrection vendéenne. Même l’iconographie semble l’avoir malheureusement oublié car à part la gravure – dont on ne sait pas exactement si elle rapporte, plus ou moins fidèlement, ses traits – reproduite ci-dessus, on ne trouve pas de représentation de sa personne.
On n’est pas davantage chanceux avec les gravures ou photographies des lieux où il s’illustra : du « logis Sapinaud » où il habitait, et qui devint plus tard le presbytère de l’église Saint-Maixent de La Verrie (vaste édifice néo-gothique du XIXème siècle qui a remplacé l’église d’avant la révolution), il ne reste que deux arceaux de granit, quant à la petite ville de La Verrie, elle n’existe même  plus vraiment puisque, en 2019, elle a fusionné avec une bourgade voisine pour former la commune de Chanverrie !

Blason des Sapinaud de La Verrie

Famille Sapinaud de La Verrie :
d’argent à trois merlettes de sable.

   La famille Sapinaud comportait deux lignées : 1) celle de la Rairie (un manoir près de Bazoges-en-Paillers), de laquelle est issu Charles Henri Félicité Sapinaud de La Rairie (1760-1829) – neveu de celui qui nous intéresse aujourd’hui, et qui combattra sous les ordres de cet oncle – ; et 2) celle de Bois-Huguet, dont la terre se situait entre Mortagne et Le Puy-Saint-Bonnet, à laquelle échut aussi La Verrie au XVIIIème siècle.
La Verrie est à peu de chose près équidistante de Mortagne-sur-Sèvre et de La Gaubretière, à moins de deux lieues à l’ouest de Saint-Laurent-sur-Sèvre. 

   Louis-Célestin Sapinaud de La Verrie, comme son nom l’indique donc, appartenait à la seconde branche des barons de Sapinaud. Né le 6 novembre 1739 au domaine familial (paroisse de Saint-Hilaire-de-Mortagne), il était le fils de Charles-François de Bois-Huguet et de Charlotte-Angélique Imbert. Il épousa le 21 novembre 1775, à Thouarcé, en Anjou, Catherine du Verdier de La Sorinière (+ 1788) : cette dernière est la sœur, la belle-sœur et la tante de quatre Bienheureuses Martyres d’Angers et d’Avrillé (voir > ici).

   Louis-Célestin Sapinaud de Bois-Huguet, ou de La Verrie, avait servi pendant vingt-cinq années dans la Garde du Corps du Roi, mais en 1789 – âgé de 50 ans – il s’est retiré de la carrière militaire.
Comme nombre de nobles au début de la révolution, il avait d’abord placé quelque espoir dans les « nobles idéaux » de la révolution, mais le cours des événements lui avait ouvert les yeux : il avait été douloureusement blessé par le sort réservé à la Famille Royale, scandalisé par l’exécution du Roi, et n’approuvait évidemment pas la persécution contre les « bons prêtres ».
Il était aussi témoin de l’agitation qui sourdait dans le bocage à l’annonce de la conscription.

   Louis Célestin entre véritablement dans l’histoire le 11 mars 1793, lorsque une bande de paysans des environs, révoltés, viennent le chercher en son logis, le priant de se mettre à leur tête pour conduire leur soulèvement.

   Monsieur le Chevalier, ainsi que l’appelaient ses métayers, était un homme prudent : il mesura tout de suite les conséquences de cette révolte, appela les Bocains à la raison et… les pria de rentrer chez eux.
Mais ces valeureux paysans ne s’en tinrent pas là. Ils surveillèrent discrètement le logis durant la nuit, afin d’empêcher que son propriétaire ne se soustraie à ce qu’ils estimaient être son devoir.
Puis, dans la matinée du 12 mars, ils se présentèrent à nouveau à son portail.

Portail du logis Sapinaud à La Verrie

L’unique vestige du « Logis Sapinaud » à La Verrie : le double portail
(la grand arche servait aux voitures et cavaliers, la petite aux piétons) ;
et, ci-dessous, la plaque commémorative qui y a été apposée par
Le Souvenir Vendéen.

Plaque commémorative apposée aux vestiges du Logis Sapinaud

   Cette fois les paysans s’étaient rassemblés en plus grand nombre, au son du tocsin.
Monsieur de Sapinaud tenta de les apaiser, mais les gars de La Verrie l’interpelèrent : Ils refusaient la conscription et réclamaient leurs bons prêtres. Pourquoi aller se battre aux frontières pour les « patriotes » qui n’avaient pour eux, pour leur foi et leurs traditions, que du mépris ?
Louis Célestin les prévint : « C’est le pot de terre contre le pot de fer, nous serons écrasés ! »
Mais cette perspective n’effraya pas les insurgés, bien résolus à partir au combat.

   Monsieur le Chevalier finit par céder, mais à la condition que tous lui jurassent une obéissance aveugle.
« Nous le jurons ! » répondirent-ils. Alors Sapinaud leur commanda de se préparer à marcher vers la paroisse voisine : La Gaubretière. Là, les hommes s’étaient regroupés autour d’un notaire royal : Jacques Forestier.

   Comme à Saint-Florent-le-Vieil ce même jour, comme au Pin-en-Mauges, avec Jacques Cathelineau, et comme en de nombreux villages où sonnait le tocsin, tous les hommes en âge de prendre les armes quittèrent les champs et se cherchèrent des « chefs de paroisse » et des « Messieurs » pour les conduire : la guerre venait de commencer sur ces terres d’Anjou et du bas-Poitou dans lesquelles Saint Louis-Marie Grignon de Montfort, par sa prédication, avait enfoui en profondeur d’authentiques semences de foi et de vaillance…
Ainsi se fit le départ vers une aventure tragique, faite d’héroïsme : le jeune département de « Vendée », à la jonction des anciennes provinces, devint une entité redoutable qui aller faire trembler la république !

Drapeau de l'armée vendéenne

   Au nord de Chantonnay, près du château de l’Hébergement, au Camp de l’Oie, Sapinaud rassemble des troupes qui forment « l’Armée du Centre », qui, grâce aux armes et munitions prises aux Bleus, parvient à empêcher les troupes républicaines de pénétrer par le sud dans le bocage.
Toutefois, le 28 juin, Sapinaud et ses hommes échouent à s’emparer de Luçon, tout comme, dans le même temps, la « Grande Armée catholique et royale » commandée par Jacques Cathelineau échoue à Nantes.

   Après l’élection de Monsieur d’Elbée comme généralissime en remplacement de Cathelineau (+ 14 juillet 1793) le commandement de l’ « Armée du Centre » est donné à Charles Aimé de Royrand de La Roussière, dit Royrand, et non à Sapinaud, qui se plie aux ordres donnés pour faire une nouvelle tentative à Luçon.
Cependant, l
e 25 juillet 1793, les républicains regroupés à Luçon lancent une attaque nocturne vers Chantonnay : l’affrontement a lieu au sud de la ville, au Pont-Charron : le chevalier de la Verrie est tué au cours du combat, et sa sépulture est demeurée inconnue jusqu’à ce jour.

   Il nous est toujours bon et profitable, spirituellement autant que politiquement, de nous replonger dans les exemples que, comme Sapinaud aujourd’hui, nous ont laissés les glorieux combattants du trône et de l’autel !
Il nous est toujours bon et profitable de nous souvenir que la victoire n’est pas nécessairement matérielle et physique, mais que, en dépit des échecs terrestres et humains, il y a une victoire surnaturelle supérieure obtenue par la foi, par le don de soi jusqu’au sacrifice de sa propre vie, par la générosité et la fidélité dans les combats qui nous sont proposés ou ménagés par la divine Providence.
Nous n’y gagnons certainement pas une notoriété mondaine, ni une place aux côtés immédiats d’un souverain terrestre dans sa gloire (comme la demandait à Jésus la mère des « fils de Zébédée », ainsi que nous le lisons dans la péricope évangélique lue en cette fête de Saint Jacques le Majeur – cf. Matth. XX, 20-23), mais nous y trouverons immanquablement une part au Calice de Notre-Seigneur Jésus-Christ, puis une couronne immarcescible et éternelle dans le Royaume des Cieux.

Domine, salvum fac Regem,
et exaudi nos in die qua invocaverimus Te !

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur,
prieur de la Confrérie Royale.

Blason de la Confrérie Royale

2026-139. Des Saints Bénigne et Carus, ermites de l’Ordre de Saint Augustin.

21 juillet,
Fête de Saint Laurent de Brindes, docteur de l’Eglise (cf. > ici) ;
Chez les Ermites de Saint Augustin, mémoire des Saints Bénigne et Carus, confesseurs de notre Ordre ;
Mémoire de Sainte Praxède, vierge.

Carte Malcesine - lac de Garde - Mont Baldo - Vérone

Carte permettant de situer les lieux de l’histoire des Saints Bénigne et Carus :
Le Mont Baldo, dominant le lac de Garde, la ville de Malcesine et celle de Vérone.

       Sur le territoire de Malcesine, ville sise au bord du lac de Garde au pied du Mont Baldo, se trouve un ermitage où vécurent, au début du IXème siècle, deux saints : Saint Bénigne et Saint Carus (en italien : Benigno et Caro).

   Originellement, les deux anachorètes vivaient dans une grotte creusée dans la roche, dans une position panoramique à quelque 830 mètres d’altitude. Ils vivaient des produits de leur petit jardin, de fruits et de baies sauvages, ainsi que de la traite de leurs quelques chèvres à partir du lait desquelles ils confectionnaient quelques fromages.
Selon la tradition locale, Bénigne était le plus ancien et Carus l’avait rejoint en qualité de disciple. La sœur de ce dernier, prénomée Oliveta, s’était elle aussi installée à proximité et leur rendait quelques services.

   Comme tous les ermites sérieux, ils menaient une vie de prière contemplative et de pénitence, sur la base de la Règle de Saint Augustin.
Mais il arriva aussi – comme cela s’est vu si souvent dans l’histoire de l’Eglise – que l’ermitage attira des fidèles, de plus en plus nombreux, venant chercher des conseils spirituels et confier leurs intentions.
Le roi Pépin lui-même (il s’agit du deuxième fils de Saint Charlemagne et de Sainte Hildegarde de Vintzgau, dit Pépin d’Italie [777-810]) venait régulièrement consulter Bénigne.

L'ermitage du Mont Baldo

L’ermitage du Mont Baldo, où vécurent les Saints Bénigne et Carus
(dans son état actuel).

   Au lieu où vécurent il y a douze siècles les Saints Bénigne et Carus, existe aujourd’hui une petite église dédiée à Saint Zénon : Saint Zénon, né en Mauritanie aux alentours de l’an 300, fut le huitième évêque de Vérone (de 362 à sa mort qui survint le 12 avril 371).
Cette petite église a été rénovée à maintes reprises au cours des siècles. En 1969, un petit refuge lui a été accolé, car l’ascension du Mont Baldo et la visite de l’ermitage sont très prisées des randonneurs.

   L’intérieur, assez rustique, de l’église, est un hâvre de recueillement et de silence. Le retable, assez complexe, de l’autel, présente les statues des Saints Bénigne et Carus entourant celle de Saint Zénon de Vérone.

intérieur de l'église Saint Zénon de l'ermitage du Mont Baldo

Intérieur de la petite église Saint-Zénon du Mont Baldo (état actuel).

   Le culte des Saints Bénigne et Carus est – on le voit – assez lié à celui de Saint Zénon de Vérone, bien que plus de quatre siècles séparent leur vie sur cette terre. Voici comment cela se fait.

   Saint Zénon, nous l’avons dit, avait rendu son âme à Dieu le 12 avril 371. A l’époque où vivaient les Saints Bénigne et Carus, Vérone avait entrepris de construire une cathédrale plus grande et plus belle et d’y transférer le corps de Saint Zénon.
Cependant, lorsqu’on voulut retirer son corps du tombeau où il avait reposé jusqu’alors, il se montra si lourd qu’il fut impossible de le soulever, bien que les Véronais employassent pour cela les plus forts parmi les chevaliers, et même la traction de robustes chevaux.

   L’évêque de Vérone, Saint Rathold (en italien Ratoldo, né vers 770, et mort vers 840), qui était également chapelain du roi Pépin et avait commandité la reconstruction de la cathédrale, ordonna alors à un prélat et à un diacre de se rendre auprès des deux ermites du Mont Baldo avec mission de les ramener à Vérone : il était certain que la pureté de leur foi et leur vertu seraient en mesure d’accomplir la translation que tout le clergé, le peuple et le roi lui-même attendaient.

Vérone basilique Saint Zénon état actuel

Vérone, basilique Saint-Zénon (état actuel) :
elle a été plusieurs fois reconstruite ou restaurée depuis la translation de 807.

   Parvenus à l’ermitage en fin de journée, les émissaires de Saint Rathold transmirent aux deux anachorètes les ordres de l’évêque et du roi : après un repas frugal et une courte nuit passée à l’ermitage, ils prirent donc la route au petit matin.

   Le démon, qui voulait les empêcher d’aller à Vérone, prit la forme d’un merle qui, battant furieusement des ailes et poussant des cris effrayants, attaqua les pèlerins pour les empêcher d’avancer. Bénigne comprit que le diable possédait l’oiseau et, d’un simple signe de croix, il l’immobilisa dans l’air au-dessus du chemin, lui ordonnant d’y rester jusqu’à leur retour.
La suite de leur voyage se passa sans encombre, et ils arrivèrent au soir à Vérone.

   Le lendemain, qui était le 21 mai 806 (ou 807), une impressionnante procession de clercs, de prélats, de notables, de chevaliers et de barons, ainsi que le roi Pépin, suivis par la foule en prière, conduisit les deux ermites jusqu’au tombeau dont on n’avait pu extraire le corps du saint.
Les deux moines s’agenouillèrent et se mirent en prière, puis, avec autant de facilité que s’il se fût agi d’un fétu de paille (une vieille chronique précise même que ce fut du bout de deux doigts seulement), ils soulevèrent le corps de Saint Zénon et le transportèrent dans le nouveau tombeau qui lui avait été préparé dans la crypte de la nouvelle basilique.

translation de Saint Zénon

Fresque médiévale représentant les Saints Bénigne et Carus
accomplissant la translation de Saint Zénon.

   Dès le lendemain, voulant échapper à l’enthousiasme de la foule, ils reprirent le chemin de leur ermitage, où  ils « retrouvèrent leur humilité » comme l’écrit joliment le chroniqueur.
A l’endroit où le merle possédé était censé les attendre, ils le trouvèrent mort, mais toujours dans la position immobile, dans les airs, au-dessus du chemin, où ils l’avaient laissé. Ils pleurèrent le pauvre animal, victime du diable, et, ayant repris leur vie solitaire, ils jeûnèrent quarante jours.

   Parmi les autres anecdotes qui sont restées célèbres à propos de ces deux saints anachorètes, mentionnons les calomnies que certains mauvais esprits firent circuler, en raison du fait que la sœur de Carus, Oliveta, comme nous l’avons vu ci-dessus, vivait proche d’eux et s’occupait de certaines tâches ancillaires pour leur laisser plus de temps pour la prière. Il n’en fallait pas tant pour que certains criassent au scandale et fissent des insinuations qui alertèrent l’évêque : un diacre vint donc les sommer de se rendre auprès de Sa Grandeur pour qu’ils répondissent à ses questions et se disculpassent.
Ne voulant pas se présenter les mains vides, ils semèrent des navets dans leur jardin avant d’aller se coucher, et, bien que ce ne fût pas la saison, au petit matin avant de se mettre en route ils récoltèrent deux navets de plus de trois livres chacun, qu’ils emportèrent. En chemin, ils furent surpris par une pluie battante si bien qu’ils arrivèrent au palais épiscopal trempés jusqu’aux os.

Eglise Saint-Etienne de Malcesine au-dessus du lac de Garde

Malcesine : au pied du Mont Baldo, l’église Saint-Etienne domine le lac de Garde ;
c’est là que sont conservées depuis 1314 les reliques des Saints Bénigne et Carus.

   Ayant obtenu la permission de se sécher avant de répondre aux accusations, ils suspendirent leurs vêtements, comme s’il se fût agi d’un fil d’étendage, sur un rayon de lumière qui filtrait par une fenêtre. Voyant cela, et entendant aussi de la bouche du diacre l’histoire des navets, l’évêque les innocenta aussitôt. Il les pria de retourner à leur ermitage, et, dorénavant, il se fit leur défenseur contre les calomniateurs. 

   Ils vécurent dès lors paisiblement dans leur thébaïde jusqu’à ce que le divin Sauveur vînt les chercher.
On ignore l’année de leur mort, mais la tradition assure qu’ils s’en allèrent tous les deux le même jour, un 26 juillet.

   Dès qu’il apprit leur bienheureux trépas, l’évêque de Vérone proclama leur sainteté, et, en 1314, l’évêque Teobaldo Favri fit translater leurs précieux restes dans l’église Saint-Etienne de Malcesine, où ils sont toujours vénérés.

   A Malcesine même, leur fête est célébrée le 26 juillet – leur dies natalis – parce qu’elle y prime sur la fête de Sainte Anne ; mais au martyrologe propre des Ermites de Saint Augustin, elle est mentionnée à ce jour, 21 juillet.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur. 

fresque baroque des Saints Bénigne et Carus à la voûte du sanctuaire de l'église de Malcésine

Eglise Saint-Etienne de Malcesine : fresque baroque de la voûte du sanctuaire,
représentant les Saints Bénigne et Carus.

2026-136. Récapitulatif de toutes les publications de ce blogue au sujet de Saint Vincent de Paul.

19 juillet,
Fête de Saint Vincent de Paul ;
Anniversaire de la première apparition de Notre-Dame à Sainte Catherine Labouré (19 juillet 1830 – cf. > ici).

Châsse de Saint Vincent de Paul

A – En rapport avec la biographie de Saint Vincent de Paul :

- Ouvrages biographiques de Madame Marie-Joëlle Guillaume > ici.
- Monsieur Vincent à la cour d’Henri IV et le mûrissement de sa vocation > ici.
- Monsieur Vincent assistant S.M. le Roi Louis XIII à son lit de mort > ici.
- Histoire des reliques de Saint Vincent de Paul > ici.
- .

B – Prières à Saint Vincent de Paul :

- Litanies de Saint Vincent de Paul > ici.
- Trois prières en l’honneur de Saint Vincent de Paul > ici.
- Prière à Saint Vincent de Paul pour la Famille Royale et pour la France > ici.
- .

C – Saint Vincent de Paul et la France :

- Le cœur de Saint Vincent de Paul et la France > ici.
- Saint Vincent de Paul, saint éminemment politique > ici.
- .

Saint Vincent de Paul - basilique Saint-Pierre Vatican

2026-127. De Sainte Olga de Kiev, qui reçut au saint baptême le nom d’Hélène, « égale aux Apôtres », et fut pour la Russie comme l’aurore annonçant la lumière.

11 juillet,
Dans l’Ordre de Saint Augustin, la fête de Sainte Véronique Giuliani, vierge (cf. > ici) ;
Fête de Sainte Hélène (née Olga) de Kiev ;
Mémoire de Saint Pie 1er, pape et martyr ;
Au diocèse du Puy, la dédicace de la cathédrale Notre-Dame de l’Annonciation (11 juillet 225 – cf. > ici).

Sainte Hélène de Kiev - Olga

 Source > ici     

       Née païenne dans la région de Pskov, Olga – dont le nom d’origine scandinave est le féminin d’Oleg et dérive du vieux norrois Helge (« saint ») – épousa le souverain varègue Igor Ier, second grand prince de Kiev en 913.
Grande princesse de Kiev, elle dut assurer la régence de l’état russe en 945 à la mort de son époux. Elle inaugure sa régence avec quatre célèbres vengeances d’une rare cruauté, envers la tribu voisine des Drevlyans qui avaient assassiné son mari, ce qui témoigne de la fermeté de son caractère.
En 955, poursuivant la politique entamée par son défunt mari, elle décide de se rendre à Constantinople afin de nouer des échanges politiques avec l’Empire romain d’Orient, que les Varègues de Kiev avaient précédemment affronté au cours de plusieurs raids.

   A Byzance, Olga est accueillie avec faste par l’empereur Constantin VII Porphyrogénète qui lui demande de l’épouser.
Celle-ci souligne qu’un empereur se doit d’épouser une souveraine chrétienne et demande alors le baptême. Elle prend l’empereur pour parrain et reçoit en 957 le saint baptême des mains du patriarche Polyeucte, prenant alors son nom chrétien d’Hélène en l’honneur de la sainte mère de saint Constantin Ier.
Lorsque l’empereur renouvelle sa demande, elle argue alors de sa désormais parenté spirituelle avec lui, qui interdit canoniquement leur mariage. L’empereur accepte gracieusement sa défaite et laisse repartir Olga avec des présents et la bénédiction du patriarche.
Une fois revenue à Kiev, aux demandes de Constantin de respecter leur promesse d’un échange d’esclaves, de cire, de fourrures et d’assistance militaire, elle répond qu’il faudra que l’empereur vienne lui-même à Kiev et attende autant de temps qu’elle avait dû attendre dans le port de Constantinople !

   En 959, Olga fait appel à des missionnaires latins venus d’Allemagne pour l’aider à implanter le christianisme dans ses états, mais le premier évêque des Russes, Saint Adalbert (futur premier archevêque de Magdebourg), se décourage devant les difficultés de la mission et les massacres de ses assistants, et finit par quitter à grand peine la Russie en 962.
De cette période datent les toutes premières églises de Russie qu’Olga fait construire en bois [...].

   En 964, son fils majeur Sviatoslav monte sur le trône de Kiev, mais laisse sa mère continuer à gouverner de fait, préférant se consacrer à des campagnes militaires aux frontières de son état.
Olga fut une souveraine sage et efficace mais demeura impuissante à arracher son fils Sviatoslav des griffes du paganisme ; c’est son petit-fils Saint Vladimir le Grand qui deviendra le premier prince chrétien de Kiev par son baptême en 988 et assurera l’implantation définitive de la foi chrétienne chez les peuples de Russie.

   En 969, elle tombe malade et tente une dernière fois de convertir le grand prince Sviatoslav son fils, mais elle se heurte à son refus obstiné.
La sainte prédit la prochaine conversion de la Russie au Christianisme, ainsi que la triste fin de son fils, qui fut assassiné trois ans après par les Petchénègues.
Elle remet son âme à Dieu le 11 juillet 969, non sans avoir exigé de son fils et des ses petits fils qu’aucun rite païen ne soit accompli pour ses funérailles, qui furent conduites de façon chrétienne par le prêtre Grégoire qui l’accompagnait depuis son retour de Constantinople.

   Ses reliques furent ultérieurement déposées sur ordre de son petit-fils Saint Vladimir le Grand dans l’église de la Dormition de la Mère de Dieu (église de la Dîme) de Kiev puis cachées lors des fréquents pillages de la ville, et l’on ignore où elles se trouvent.

   Canonisée peu après sa mort, Sainte Olga est la première sainte russe ; les livres liturgiques la déclarent égale-aux-Apôtres, puisqu’elle est la première à avoir apporté la lumière de l’Evangile sur ces terres.
Elle reçut très tôt les honneurs liturgiques non seulement en Orient chez les Russes, mais très vite aussi chez les Bulgares et chez les Serbes, et même en Occident latin dans le royaume de Bohème.

Ste Olga-Hélène de Kiev

2026-125. Du Bienheureux Pierre de Luxembourg, évêque et cardinal, confesseur.

2 juillet,
Fête de la Visitation de Notre-Dame (cf. > ici) ;
Mémoire des Saints Processus et Martinien, martyrs ;
Mémoire du Bienheureux Pierre de Luxembourg, évêque et confesseur ;
Mémoire du 4ème jour dans l’octave des Saints Apôtre Pierre et Paul ;
Mémoire du 3ème jour dans l’octave de Saint Martial.

Blason de Pierre de Luxembourg

       Pierre était, semble-t-il, le deuxième fils parmi les six ou sept enfants (ou plus) de Guy de Luxembourg, comte de Ligny – cousin de l’empereur Venceslas Ier de Luxembourg -, et de Mahaut de Châtillon.
Il naquit le 20 juillet 1369, en Lorraine, à Ligny-en-Barrois, à une dizaine de lieues à l’ouest de Nancy.

Il perdit son père à l’âge de deux ans, puis sa mère à l’âge de quatre ans, et fut alors confié à sa tante  maternelle, Jeanne de Châtillon, comtesse d’Orgières, qui pourvut à son éducation.

   En 1377, il s’installa à Paris, où il fut l’élève et l’ami du célèbre théologien Pierre d’Ailly, son professeur au collège de Navarre.
A l’âge de neuf ans, en 1378, il fut élu chanoine de Notre-Dame de Paris. Trois ans plus tard, en 1381, il fut également pourvu d’un canonicat de la cathédrale Notre-Dame de Chartres, puis le pape avignonais Clément VII (né Robert de Genève, élu par le conclave de Fondi en 1378, contre l’occupant du siège romain, Urbain VI, dont l’élection avait été faite sous les menaces de la foule romaine) le nomma lui-même, en 1382, archidiacre de Dreux et archidiacre de Cambrai.
Pierre de Luxembourg, quoique très jeune, était très préoccupé de devenir un prêtre exemplaire. Il nourrissait une fervente dévotion à la Passion de Notre-Seigneur et à la Sainte Croix.

Le Bienheureux Pierre de Luxembourg par le Maître de l'Ecole d'Avignon - blogue

   Le 10 février 1384, alors que Pierre n’avait pas encore quinze ans, Clément VII l’éleva à l’épiscopat et le nomma archevêque de Metz, un siège prestigieux et un diocèse-clef ; le 15 avril de cette même année, sur les instances du Roi Charles VI et du duc Jean Ier de Berry (celui qui commandera les fameuses « Très riches heures »), il le créa cardinal-prêtre du titre de Saint-Georges-au-Vélabre.

   Le siège archiépiscopal de Metz faisait alors l’objet d’une lutte âpre entre les deux obédiences qui déchiraient la Chrétienté : Pierre de Luxembourg, nommé par le pape d’Avignon, était soutenu, entre autres, par le Roi Charles VI de France, cependant que son propre cousin, l’empereur Venceslas de Bohème – dit l’Ivrogne (c’est lui qui ordonna l’assassinat de Saint Jean Népomucène), partisan d’Urbain VI – avait fait nommer par ce dernier au même archevêché un homme à sa botte : Thilmann Vuss de Bettenburg.

   Pierre dut être aidé par les soldats de son frère Waléran III de Luxembourg-Ligny, pour prendre possession de son évêché, en septembre 1384 : aussitôt, il entreprit une réforme de son diocèse, manifestant en particulier une profonde sollicitude pour les pauvres et les miséreux.
Toutefois, alors qu’il avait été contraint de se rendre à Ligny, au chevet d’un autre de ses frères, Robert, qui était mourant, son adversaire profita de cette circonstance pour tenter de s’emparer de Metz.

L’intervention de son frère Waléran III fut alors à nouveau nécessaire, mais ce conflit provoqua d’importants ravages dans les environs de Metz, et Pierre de Luxembourg en éprouva une immense peine, si bien que, en 1385, il jugea qu’il était plus bénéfique pour son diocèse qu’il démissionnât.

   Il se retira d’abord à Ligny, puis à Paris, mais, le 23 septembre 1386, le pape Clément VII le pria de rejoindre la cour pontificale en Avignon.

Reliques du Bienheureux Pierre de Luxembourg

Tunique, galero et étole du Bienheureux Pierre de Luxembourg,
conservés dans la basilique Saint-Pierre en Avignon.

   En Avignon, le jeune cardinal, bien qu’il ne lui fût pas totalement possible de se soustraire aux responsabilités politiques qui lui incombaient tant en raison de sa famille que de son appartenance au Sacré-Collège, crût en amour de la pénitence, en pratique de l’ascèse la plus austère, et dans les plus hautes sphères de la vie intérieure.
Il s’efforça d’user de son influence et de ses relations pour mettre fin au conflit entre les royaumes de France et d’Angleterre.
Il œuvra aussi, mais ici avec succès, à la diffusion de la fête de la Présentation de la Très Sainte Vierge Marie dans toute la Chrétienté.

   En mars 1387, atteint de phtisie, et épuisé par ses austérités, il se retira à la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon, où il s’éteignit le 2 juillet, à l’âge de dix-sept ans, onze mois et dix-sept jours.
Conformément aux volontés qu’il avait exprimées, il fut enterré au cimetière des pauvres de Saint-Michel, à Avignon, le 5 juillet.

   Dès l’annonce de sa mort prématurée, le peuple avignonais, le vénéra et l’invoqua comme un saint : aussitôt les miracles se produisirent en cascade sur sa tombe. Dès le lendemain de son inhumation, décision fut prise de consigner les miracles dans des registres, et dès 1389 Clément VII fit commencer le procès canonique en vue de sa canonisation.
Ces démarches furent interrompues puis reprises – en 1390, en 1433, en 1435 -, et c’est finalement un autre Clément VII (Jules de Médicis), régnant à Rome celui-là, qui présida à sa béatification, dans la Basilique vaticane, le 9 avril 1527, quelques semaines avant le sac de la Ville éternelle par les troupes de Charles Quint.
Sa fête est fixée au jour anniversaire de sa mort : le 2 juillet.
Clément VII (d’Avignon) avait fondé un couvent de Célestins sur sa tombe en 1395, mais son tombeau et son corps furent détruits lors de la grande révolution : il ne reste que quelques parcelles de ses ossements, que l’on trouve 
dans l’église Saint-Didier d’Avignon, ainsi qu’à Châteauneuf-du-Pape – où son culte demeure très vivant -, et à Ligny, paroisse de sa naissance.

Procession du Bienheureux Pierre de Luxembourg à Câteauneuf-du-Pape

Procession dans les rues de Châteauneuf-du-Pape avec la relique et la statue
du Bienheureux Pierre de Luxembourg, le 2 juillet 2024.

2026-122. Récapitulatif de toutes les publications de ce blogue relatives au Très Précieux Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Juillet : mois dédié au Très Précieux Sang ;
1er juillet : fête du Très Précieux Sang ;
Vendredi de la 4ème semaine de Carême : commémoraison solennelle du Précieux Sang.

Dévotion au Très Précieux Sang

A – Prières en l’honneur du Précieux Sang :

- Litanies du Très Précieux Sang et supplique au Père Eternel > ici
- Sept offrandes du Précieux Sang au Père Eternel > ici
- Chemin de Croix du Très Précieux Sang > ici
-

B – Textes pour méditer ou approfondir la dévotion au Très Précieux Sang :

- Méditation pour la fête du Précieux Sang > ici
- Introduction à la dévotion au Précieux Sang par l’abbé Christian-Philippe Chanut > ici
- Conseils du Bienheureux Pie IX à des séminaristes > ici
- Mois de juillet : dévotion au Précieux Sang et prière pour la France apostate > ici
- Sermon de notre Bienheureux Père Saint Augustin pour la Vigile de Pâques, où il met en valeur la puissance du Sang rédempteur de l’Agneau de Dieu > ici

Précieux Sang

2026-121. De Saint Crescent, compagnon d’apostolat de Saint Paul et fondateur de l’Eglise de Vienne en Dauphiné.

27 juin,
Fête de Notre-Dame du Perpétuel Secours (cf. > ici & > ici) ;
Fête de Saint Crescent, évêque et martyr ;
4ème jour dans l’octave de Saint Jean-Baptiste ;
11ème jour du Jeûne des Apôtres (cf. > ici).

Saint Paul envoie des disciples en mission - blogue

Saint Paul envoie des disciples en mission,
parmi lesquels se trouve Saint Crescent, futur évêque de Vienne.

       « [...] Ceux qui font cette injure au pays des Gaules, de dire que ni les Apôtres, ni les premiers successeurs de Saint Pierre n’ont point pensé à sa conversion ; que Saint Paul n’y a point passé et n’y a point envoyé de ses disciples, et que, pendant que ces divins missionnaires se répandaient si heureusement par toute l’Asie et toute l’Afrique, un royaume aussi florissant et aussi proche de l’Italie et de Rome en était abandonné, sans qu’il eût aucune part au bonheur de la prédication de l’Evangile ; ceux-là, disons-nous, n’ont garde de reconnaître ce glorieux évêque de Vienne pour disciple des Apôtres, ni d’avouer qu’il soit ce Saint Crescent dont parle Saint Paul dans sa seconde épître à Timothée.
Nous avons néanmoins de puissants témoignages dans l’antiquité, qui nous assurent que Saint Paul est venu dans les Gaules en allant prêcher en Espagne, et qu’il y a envoyé Saint Crescent, son disciple, pour y répandre la semence de l’Evangile.

   Du voyage de Saint Paul en Espagne, il est aisé de conclure qu’il passa en France. Tous les Pères des premiers siècles qui ont eu l’occasion de parler de ce voyage en demeurent d’accord : tels sont, parmi les Grecs, Saint Athanase, Saint Cyrille de Jérusalem et Saint Chrysostome, et, parmi les Latins, Saint Jérôme, Saint Grégoire le Grand et Saint Isidore de Séville, dont on pourra voir les paroles rapportées par les interprètes sur le chap. XV de l’épître aux Romains ; et, pour ce qui est de la mission de Saint Crescent dans les Gaules, nous avons le témoignage de Saint Dorothée, de Saint Jérôme, d’Eusèbe de Césarée, un des plus anciens et des plus célèbres historiens de l’Eglise, au livre IV de son Histoire, chap. 4, selon le véritable texte grec et la version de Valois. Saint Epiphane qui, dans l’Hérésie 51, parlant de Saint Luc, dit qu’il prêcha dans la Dalmatie, dans l’Italie, dans la Macédoine, mais surtout dans les Gaules, assure aussi que Saint Paul y envoya quelques-uns de ses disciples, entre autres Saint Crescent. Théodoret ajoute que, lorsque cet Apôtre dit qu’il a envoyé Saint Crescent en Galatie, par ce mot de Galatie il entend les Gaules, que l’on appelait autrefois de ce nom. Enfin sans parler de Sophrone au livre des Historiens ecclésiastiques et de la Chronique d’Alexandrie, qui enseignent la même chose, Adon, archevêque de Vienne, qui devait être parfaitement informé de l’ancienne tradition de son Eglise, dit en termes exprès, dans son martyrologe, que Saint Crescent, disciple de Saint Paul, étant venu dans les Gaules, y convertit plusieurs infidèles à la foi de Jésus-Christ, qu’il tient quelques années son siège épiscopal à Vienne, et qu’ayant ordonné en sa place Saint Zacharie, il s’en retourna au pays des Galates (les Gaulois orientaux, comme les Gaulois étaient les Galates occidentaux), et employa le reste de sa vie à les fortifier dans la foi et la religion chrétienne.

Sanctus Crescentius - blogue

Sanctus Crescentius

   Cet homme apostolique fut un des assistants de l’apôtre Saint Paul ; il travailla longtemps avec lui à la conversion des infidèles et souffrit comme lui la fatigue des voyages, la pauvreté, la nudité, le froid, le chaud, les contradictions, les persécutions et tous les maux qui étaient inséparables de la prédication de l’Evangile ; après avoir été son disciple, il fut jugé digne d’être maître et de travailler de lui-même à ce grand ouvrage.
L’Apôtre le fit donc évêque de la Galatie, province d’Asie-Mineure, dont la capitale est Ancyre et qui est aussi appelée Gallo-Grèce, parce qu’elle était habitée par des colonies de Gaulois et de Grecs ; mais, comme le petit nombre des ouvriers évangéliques qu’il y avait en ce temps-là obligeait les évêques des principaux sièges, après avoir mis un bon règlement dans leurs Eglises, de porter la lumière de la foi dans des pays plus éloignés, Saint Paul ne fit point difficulté de tirer Saint Crescent de Galatie pour le faire prêcher en d’autres lieux, et surtout il l’envoya dans nos Gaules, qui étaient sans contredit le plus beau gouvernement de l’empire.
Ce saint missionnaire y fit en peu de temps de grands progrès, et, s’étant principalement arrêté à Vienne, en Dauphiné, ville très considérable, qui donnait des sénateurs à Rome et avait elle-même un illustre sénat, il y convertit assez d’infidèles pour y établir son siège épiscopal, que l’Eglise romaine a toujours extrêmement considéré. Le pape Paul Ier, écrivant à Charlemagne, lui dit que cette Eglise a eu pour fondateur et pour maître Saint Crescent, collègue des Apôtres.

   Après s’être acquitté de sa mission avec beaucoup de succès, il nomma Saint Zacharie pour évêque à sa place, commenous l’avons déjà rapporté d’Adon, l’un de ses successeurs, et, s’il faut en croire la tradition du diocèse de Mayence, vint prêcher dans les environs de cette ville.
Serrarius, dans son Histoire, présente comme authentique la fondation de l’Eglise de Mayence et de Cologne : il s’appuie sur le témoignage de Saint Rupert, qui assure que Saint Crescent a prêché dans ces deux villes. Il roduit des catalogues manuscrits très anciens, qui confirment cette tradition ; il cite l’autorité d’Adon, de Bède, d’Usuard, et de plusieurs autres écrivains. Dans la Vie de Saint Maxime, évêque de Mayence, il dit que « le corps de ce saint pontifie fut inhumé dans l’église de Saint-Hilaire, près du tombeau de Saint Crescent, premier évêque de cette ville, et qu’il y demeura cinq-cent cinquante-sept ans, jusqu’au temps d’Hildebert, l’an 935 de Jésus-Christ, époque à laquelle on en fit la translation » solennelle dans l’église de Saint-Albain, martyr. D’où l’on doit conclure que l’an 400 de jésus-Christ, les habitants de Mayence étaient généralement persuadés de la vérité de cette tradition, puisqu’ils possédaient son corps et son tombeau.

Saint Crescent apportant l'Evangile à Vienne - blogue

Saint Crescent apportant la lumière de l’Evangile à Vienne.

   Saint Crescent, dans ses courses évangéliques, a opéré des miracles extraordinaires. Les martyrologes attestent qu’il a été martyrisé sous l’empire de Trajan ; mais ils ne disent pas en quel lieu il a souffert pour la foi.
L’Eglise de Mayence, qui se dit en possession de ses reliques, affirme en même temps que ce saint martyr a été mis à mort par les païens dans cette ville. On y a érigé en son honneur une église remarquable par sa beauté.

   Toutefois, cela n’empêche pas de croire que cet Apôtre zélé, comme le rapportent certaines traditions, ne soit retourné, au moins durant quelque temps, des lieux de sa mission occidentale, dans la Gallo-Grèce ou la Galatie, située dans l’Asie-Mineure, et qu’il n’ait encore gouverné comme évêque cette Eglise orientale, qu’il avait fondée en partie avec Saint Paul. C’est pourquoi les Grec disent qu’il fut, durant un temps, évêque de Chalcédoine ou de Chalcis, en Chalcide.

  Il est marqué deux fois au Martyrologe romain, mais l’une et l’autre fois comme disciple de Saint Paul et comme premier évêque de Vienne ; savoir : ence jour, 27 juin, et le 29 décembre. Les autres martyrologes en parlent aussi et lui donnent tous cette qualité de disciple de l’Apôtre, ce qui confirme encore ce que nous avons dit de sa mission. Du Saussay en parle amplement, non-seulement en son martyrologe, mais aussi dans son traîté des Soixante-douze Disciples, et dans le livre Ier des Ecrivains mystiques des Gaules.

   Les Mayençais l’ont parfois représenté portant une église sur la main, pour marquer qu’il fut le fondateur de leur siège épiscopal. »

Acta Sanctorum.
Histoire des Soixante-Douze Disciples, par l’abbé Maistre.
In « Les Petits Bollandistes », par Mgr. Paul Guérin, tomeVII, pp. 387-389.

Saint Crescent

Saint Crescent, fondateur et premier évêque de l’Eglise de Vienne, martyr.

2026-114. « Son œuvre s’apparente merveilleusement aux splendeurs de l’apothéose de Louis XIV ; elle transpose en musique les nobles architectures de Versailles ».

18 juin,
Fête de Saint Ephrem de Nisibe, diacre et confesseur, docteur de l’Eglise (cf. > ici et > ici ) ;
Mémoire de la Bienheureuse Marine de Spolète, vierge de l’Ordre de Saint Augustin ;
Mémoire des Saints Marc et Marcellien, martyrs ;
Anniversaire de la victoire de Patay (18 juin 1429 – cf. > ici) ;
Aniversaire de la mort de Michel-Richard de Lalande (+ 18 juin 1726).

Versailles - intérieur de la Chapelle Royale

Palais de Versailles : intérieur de la Chapelle Royale.

       Nous reproduisons ci-dessous la quasi intégralité de l’article du musicologue Jules Combarieu (+ 1919) publié dans l’ « Histoire de la musique des origines au début du XXe siècle », parce qu’il nous semble présenter un assez bon résumé de la carrière du musicien dont ce 18 juin ramène l’anniversaire du trépas : Michel-Richard de Lalande, musicien que nous goûtons très particulièrement au Mesnil-Marie.

   Sans doute les appréciations et comparaisons de Monsieur Combarieu datent-elles quelque peu et peuvent-elles être sujettes à discussion, surtout après l’heureuse redécouverte et mise en valeur de la musique du Grand Siècle accomplie depuis la fin du XXème siècle ; mais la dernière phrase de cet article – phrase dont nous avons fait le titre de cette publication -, à elle seule, en rachète-t-elle toutes les imperfections !

Michel-Richard de Lalande estampe à partir du portrait réalisé par Jean-Baptiste Santerre

Michel-Richard de Lalande

[estampe réalisée à partir de l’unique portrait peint de son vivant
par Jean-Baptiste Santerre (1641-1717), portrait aujourd’hui perdu,
mais reproduit en gravure par Simon Thomassin (1655-1733)]

né à Paris le 15 décembre 1657,

mort à Versailles, le 18 juin 1726.

       « Michel Richard de Lalande est un Parisien. Il naquit dans la paroisse Saint-Germain-l’Auxerrois, d’un marchand tailleur dont il était le quinzième enfant.
Vers sa quinzième année, c’était un organiste habile, un accompagnateur excellent, violoniste, et maître dans l’art de la composition telle qu’on l’entendait en France.
Lalande fut assez vite connu. Si Lulli, lors de l’établissement de l’Opéra, refusa de le prendre parmi les violons de son orchestre, il fut bientôt appelé aux orgues de Saint-Gervais, de Saint-Jean, des Jésuites de la maison professe et du Petit-Saint-Antoine, qu’il servit en même temps. En 1673, il concourut pour l’orgue de la Chapelle du Roi et son 
âge seul l’empêcha d’être choisi. Peu après, le duc de Noailles lui confiait l’éducation musicale de sa fille.
Bientôt, Lalande fut choisi pour montrer à jouer du clavecin aux deux filles de Louis XIV et de Madame 
de Montespan, Mademoiselle  de Nantes et Mademoiselle  de Blois. En même temps, dit son biographe, « Sa Majesté lui faisait composer de petites musiques françaises qu’Elle venait examiner elle-même plusieurs fois  le jour et qu’Elle lui faisait retoucher jusqu’à ce qu’Elle fut contente ».
Ces compositions, divertissements, cantates, ballets, pièces instrumentales, dont beaucoup ne subsistent plus, firent de Lalande, à qui la faveur royale ne manqua jamais, un compositeur très à la mode.

Michel-Richard de Lalande : Chaconne
(faire un clic droit sur l’avatar ci-dessous, puis ouvrir dans un nouvel onglet)

Image de prévisualisation YouTube

   En 1683, la maîtrise de la Chapelle du Roi venant à vaquer par la retraite de Du Mont et Robert, la place fut mise en quartier et, après un concours très solennel, quatre maîtres furent choisis, entre autres Lalande. Peu à peu il arrive à réunir sur sa tête les quatre quartiers et il exerce cette charge jusqu’à sa mort.
Sa vie désormais s’écoula tout entière à Versailles, entre les devoirs de ses charges (il est aussi Surintendant de la musique de la
Chambre à partir de 1689) et ses travaux de compositeur.
D’abord marié, en 1684, à Anne Rebel, la sœur du violoniste compositeur Jean-Féry Rebel, qui lui donna deux filles chanteuses excellentes mais qui moururent toutes deux très jeunes en 1712 ; il devint veuf en 1723. Il se remaria l’année suivante avec Mademoiselle 
de Cury, fille d’un chirurgien de la princesse de Conti, et aussi cantatrice distinguée.

   Nous n’avons pas à nous occuper ici de son œuvre profane dont une partie subsiste manuscrite dans diverses bibliothèques. Il suffira de citer (au Conservatoire de Paris, collection Philidor) les pièces instrumentales Musique pour les soupers du Roy, et aussi le ballet des Éléments (1721), écrit en collaboration avec Destouches, qui se trouve réédité par M. d’Indy dans la collection Michaëlis.
Malgré le grand mérite de ces compositions, le titre de gloire le plus solide de Lalande est dans ses 40
Motets à grand chœur et orchestre, publiés en cinq livres, en 1729, par les soins de sa veuve. En même temps paraissaient Trois Leçons de Ténèbres avec un Miserere à voix seule. Ce sont là les seules de ses œuvres imprimées. Avec un Laudate Dominum (deux voix, à instruments à vent et basse-continue) et un court Domine Salvum (Bibl. de Versailles, ms. music. n° 18), c’est tout ce qui reste de l’œuvre religieuse de Lalande.

Michel-Richard de Lalande : Concert de trompettes
(faire un clic droit sur l’avatar ci-dessous, puis ouvrir dans un nouvel onglet)

Image de prévisualisation YouTube

   Voici le titre du recueil manuscrit de Versailles (n° 18) : Motets de Messieurs de Lalande, Mathau, Marchand l’aisné, Couperin et Dubuisson, qui servent dans les départs de Sa Majesté de Versailles à Fontainebleau, et de Fontainebleau à Versailles, avec une petite musique qui reste pour les Messes des derniers jours pendant que toute la musique prend les devants afin de se trouver tous à la messe du premier jour. Recueillis par Philidor l’aisné… fait à Versailles, 1697. Ce sont des pièces à 3 voix, deux dessus et basse, ordinairement accompagnées de deux violons avec basse continue. Un motet de Lalande, Laudate dominum, est pour 2 voix, dessus et basse, avec flûtes, hautbois, trompettes, timbales et basse continue.

   Les motets à grand chœur sont un des monuments les plus caractéristiques de l’art français. Ils attestent à la fois la haute valeur de Lalande et l’originalité de la culture musicale de son temps, beaucoup plus variée, plus forte et plus profonde que ne le révèle l’opéra de Lulli où l’on croit voir à tort le plus bel effort de l’art du XVIIème  siècle. Les contemporains mettaient au même rang Lalande et Lulli ; il faut voir dans ce rapprochement une forme de louange plutôt que l’expression d’une similitude de style ou d’inspiration.
La forme du grand motet — suite de morceaux divers, indépendants quoique exécutés sans interruption à l’ordinaire — ne répugne pas sans doute à l’esthétique lulliste. Comme à l’Opéra, si l’on veut, les chœurs ou les morceaux d’ensemble y succèdent aux airs. Mais la conception et la réalisation sont différentes dans les deux genres.
L’écriture de Lalande, dans les morceaux polyphoniques, est beaucoup plus figurée. Du style fugué — à la française — il fait un usage habituel. Alors même qu’il n’y a point de recours, il ne se contente qu’exceptionnellement de l’homophonie chère au Florentin. La trame de ses ensembles s’étoffe constamment d’imitations, très courtes sans doute, souvent à peine esquissées, mais qui les animent singulièrement. Rien de plus étranger à Lulli que ce genre de contrepoint, traditionnel chez les Français depuis Du Caurroy et qui, chez Lalande, se complète par l’emploi régulier d’une ou deux parties obligées de violon ayant leur dessin propre et circulant infatigablement au travers des chœurs.
II est facile de trouver dans l’œuvre de Du Mont le modèle immédiat sur lequel le compositeur s’est formé. II n’a fait qu’étendre les procédés dont le vieux maître de Liège lui avait fourni les premiers essais.

Michel-Richard de Lalande : Te Deum
(faire un clic droit sur l’avatar ci-dessous, puis ouvrir dans un nouvel onglet)

Image de prévisualisation YouTube

   Dans les airs à une ou deux voix, Lalande innove davantage. On lui doit les premières tentatives en France de l’air concerté, où un ou deux instruments dialoguent en imitation avec la voix. S’il demeure loin de ce que Bach fera en ce genre vingt ou trente ans plus tard, sa conception est tout à fait du même ordre. Peut-être au surplus l’emprunta-t-il aux maîtres italiens dont nous savons que les œuvres lui furent familières.

   Au point de vue strictement harmonique, Lalande est encore plus éloigné de Lulli. Il est certain que l’influence de celui-ci contribue grandement à appauvrir la technique. Il est non moins sûr que le matériel dont Lalande fait usage est exactement celui de Rameau. Toutes les combinaisons de fils qui se retrouvent dans l’œuvre de Rameau (…), sont employées, chez Lalande ; et si celui-ci — comme divers de ses contemporains d’ailleurs — était moins ignoré, il ne viendrait à personne l’idée de faire honneur à Rameau d’une foule d’inventions sonores usuelles dans l’école musicale française bien avant lui, encore que l’art de Lulli les ait tout à fait ignorées.
Les mêmes observations s’imposent pour l’orchestre. 
Quoique celui de Lalande nous soit parvenu sous la forme schématique des publications de ce temps, il est facile d’observer au moins des recherches de détail significatives. L’emploi des instruments solos, flûtes, hautbois, violon ou basson, y est extrêmement ingénieux et devait s’opposer heureusement aux massives sonorités du quatuor et de l’orgue soutenant, en les doublants, les grands ensembles.

Michel-Richard de Lalande : Regina cœli
(faire un clic droit sur l’avatar ci-dessous, puis ouvrir dans un nouvel onglet)

Image de prévisualisation YouTube

   Il est plus malaisé de caractériser en peu de mots la valeur expressive et proprement musicale de l’œuvre.
Tout d’abord, notre conception de l’art religieux ne s’accorde que très mal avec celle de ces motets, écrits sur le texte des psaumes et faits pour être exécutés, sans souci des convenances liturgiques, au cours d’un office auquel ils demeuraient pour ainsi dire étrangers. Puissamment décoratifs, les musiques de Lalande concèdent assez peu à l’onction et à la piété ; en revanche, le musicien s’y montre fort exact à traduire, sans exagération, tout ce qui est pittoresque ou dramatique. Cependant il est beaucoup d’airs ou de duos comprenant (…) une expression touchante ou pathétique de la plus grande beauté.
Il est tels ensembles enfin qui valent — et grandement — par la splendeur des sonorités et la magnificence des formes. Sous ce rapport, Lalande pourrait très justement être rapproché de Hændel qui n’a pas moins que lui recherché ces effets grandioses ; et quelque difficulté que puisse éprouver un moderne à sentir pleinement le prix de cet art majestueux, d’une noblesse et d’une pompe presque constamment soutenues, il convient d’admirer en ce très grand maître un des musiciens les plus représentatifs de la tradition française.

   Son œuvre s’apparente merveilleusement aux splendeurs de l’apothéose de Louis XIV ; elle transpose en musique les nobles architectures de Versailles. »

Jules Combarieu (1859-1916),
musicologue, docteur ès lettres,
dans Histoire de la musique des origines au début du XXe siècle,
tome III ( Paris Librairie Armand Colin, n° 743, 1919 )

 Michel-Richard de Lalande : Grande pièce royale
« Fantaisie ou caprice que le Roy demandoit souvent »
(faire un clic droit sur l’avatar ci-dessous, puis ouvrir dans un nouvel onglet)

Image de prévisualisation YouTube

Armoiries de Michel-Richard de Lalande - blogue

Armoiries de Michel-Richard de Lalande

2026-107. Historique de l’Institution de la fête du Très-Saint-Sacrement.

Mercredi après le dimanche de la Sainte Trinité.
Veille de la fête du Très-Saint-Sacrement.

       A la veille de la fête du Très-Saint-Sacrement, il n’est pas inutile d’y préparer nos intelligences en se replongeant dans l’historique de son institution, d’autant que cette histoire est riche d’éléments aptes à nourrir nos cœurs et nos âmes d’éléments spirituels forts qui nous stimuleront à célébrer cette fête avec toujours plus de ferveur et d’amour.

   Voici donc le récapitulatif des textes que nous avons publiés à ce sujet, avec les liens pour les atteindre :

Pierre-Paul Rubens - les défenseurs de l'Eucharistie

Pierre-Paul Rubens (1577-1640) : les défenseurs de l’Eucharistie (1625)
[Musée du Prado, Madrid].

1 – Sainte Julienne du Mont-Cornillon : sa vie et sa mission pour toute l’Eglise > ici.

2 – La première célébration de la Fête-Dieu, à Liège, en 1246 > ici

3 – Le miracle eucharistique de Bolsena, en décembre 1263 > ici

4 – L’institution de la Fête-Dieu pour l’Eglise universelle, en 1264 > ici

4 – Le texte de la Bulle « Transiturus » (1264) du pape Urbain IV : un texte magnifique à méditer > ici

-

gravure de missel - fête-Dieu

12345...70

A tempo di Blog |
Cehl Meeah |
le monde selon Darwicha |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | mythologie
| jamaa
| iletaitunefoi