Archive pour la catégorie 'Memento'

2021-3. Message de Sa Majesté le Roi Louis XX publié à l’heure même du martyre de Louis XVI.

Jeudi 21 janvier 2021.

frise lys deuil

Ce jeudi 21 janvier 2021, 228ème anniversaire du martyre de son prédécesseur le Roi Louis XVI, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, à l’heure même où le couperet tomba pour consommer le sacrifice du Roi-martyr, a publié sur les réseaux sociaux le message suivant :

Merci à tous ceux qui en ce 21 janvier, priant ou pensant au Roi Louis XVI, pensent et prient pour la France dont bien des maux actuels découlent de ce sacrifice.
Puisse la France retrouver les chemins de la tradition et de sa vocation.

Louis XVI

frise lys deuil

2021-2. « A quoi sert de lutter au-dehors contre les ennemis de notre foi si, sous l’étiquette chrétienne, nous partageons au-dedans leur matérialisme et leur culte des fausses valeurs ? »

2001 – 19 janvier – 2021

Vingtième anniversaire du rappel à Dieu
de

Gustave Thibon

frise

Entretien avec Gustave Thibon - sept 1962

Il y a quelques semaines, passant devant la vitrine d’un bouquiniste, j’y vis exposé un ouvrage d’histoire locale qui avait pour moi beaucoup d’intérêt : j’entrais pour l’acquérir.

Quelles ne furent pas ma surprise et mon immense émotion d’y trouver à l’intérieur quelques pages pliées, détachées d’une revue dont rien ne me permet l’identification aujourd’hui (mais dont il est aisé de donner la date puisqu’au verso de l’un des feuillets se trouve un programme de radio et de télévision pour la semaine du 23 au 29 septembre 1962).

Qu’est-ce qui suscita une telle émotion ?
Ces feuillets contiennent sur deux pages (de format A4) un entretien exclusif avec Gustave Thibon : mon cher Gustave Thibon, mon inclassable Gustave Thibon, mon grandissime et incommensurable Gustave Thibon, mon « maître » (qui m’eût sans nul doute vertement repris de lui donner ce titre), celui auquel, après Dieu, je puis affirmer sans hésitation que je dois d’avoir pu, à partir de l’âge de 14 ans, passer des bribes incomplètes d’un catholicisme pollué par les scories du modernisme – qui, dans les paroisses et les établissements scolaires catholiques, triomphait à la suite du concile vaticandeux – à la Foi complète et authentique de la Sainte Eglise, celui qui à la manière d’un Socrate contemporain, a été l’accoucheur de mon adhésion personnelle entière, volontaire, résolue et ferme au Christ Jésus Notre-Seigneur !

A l’occasion du vingtième anniversaire du rappel à Dieu de Gustave Thibon (19 janvier 2021), je suis heureux de pouvoir porter à votre connaissance le texte complet de cet article, signé seulement de ces deux initiales « G.M. ».
Cet entretien publié en septembre 1962 (juste avant l’ouverture du second concile du Vatican !) demeure d’une acuité et d’une pertinence inouïes.

Introduction entretien Thibon sept 1962

Intitulé de l'article

1° – Nous vous voyons vivre votre christianisme.
A quel moment de votre vie avez-vous pris conscience de sa richesse et des obligations qu’il entraîne ?

La révélation du christianisme, avec sa richesse et ses obligations, s’est offerte à moi relativement tard. Bien sûr, j’étais un enfant pieux ; j’ai toujours gardé un souvenir lumineux de ma première communion, mais j’ai cessé de pratiquer vers l’âge de quinze ans et j’ai vécu encsuite, pendant sept ou huit ans, dans une indifférence presque absolue à l’égard du problème religieux.

Je suis donc presque un converti. Et ma conversion a commencé par l’étude de la philosophie. La lecture des grands philosophes – de Hegel en particulier à qui je dois mon premier contact vécu avec la métaphysique – m’a révélé que l’univers avait un ordre et un sens et que j’étais solidaire d’une destinée qui transcendait à l’infini les vœux et les horizons de ma chétive personnalité. J’ai découvert ensuite saint Thomas d’Aquin dont la vision du monde et de Dieu a répondu pleinement à mes exigences intellectuelles, puis, à travers le thomisme et la grâce aidant, j’ai retrouvé la foi chrétienne.

Ce qui m’attache par-dessus tout au christianisme, c’est la personne et la présence du Christ, homme et Dieu et médiateur entre Dieu et l’homme. Je ne peux mieux préciser ma position qu’en citant ces quelques lignes écrites jadis en réponse à la question : « Pourquoi êtes-vous chrétien ? » « Je suis chrétien parce que j’ai soif d’un Dieu qui ne soit ni ténèbre pure ni moi-même – d’un être qui, tout en me ressemblant jusqu’au centre, soit aussi tout ce qui me manque. Parce qu’en ce monde je veux tout bénir et ne rien diviniser. Parce que je veux garder simultanément le regard clair et le cœur brûlant. Parce que je sens que l’aventure humaine débouche sur autre chose qu’un creux désespoir, une creuse interrogation ou une creuse insouciance. Parce que j’ai besoin de lumière dans le mystère et de mystère dans la lumière. Parce que je veux avoir la force de bâtir et de vivre et celle, plus grande encore, d’espérer dans l’éboulement et dans la mort. »

2° – Votre christianisme est-il un stimulant à votre action ou pensez-vous que, fixant des limites, il est une gêne pour l’action publique ?

Le christianisme n’a jamais apporté la moindre gêne à ma pensée et à mon action. Il admet dans son sein les opinions et les tendances les plus diverses, à condition qu’elles ne s’opposent pas à la vérité révélée. Dans bien des pays et face aux menaces des totalitarismes, l’Eglise constitue le dernier refuge social de la liberté. Sans doute faut-il distinguer entre les aspects temporels et locaux du christianisme et sa tradition éternelle. C’est la même différence qu’entre l’écorce et la sève d’un arbre. Les écorces sont caduques et se renouvellent, mais la sève reste identique à elle-même et demeure. Et comme la sève m’intéresse infiniment plus que l’écorce, la fidélité à ma foi n’a jamais été pour moi une contrainte.
Certes, le christianisme ne permet pas tout. Mais les défenses qu’il nous impose sont des garde-fous qui nous permettent d’avancer plus vite sur le chemin de la vérité et de l’amour. La « voie étroite » n’est pas une impasse ; elle est bornée à droite et à gauche, mais elle débouche sur l’infini.
Un christianisme bien compris et pleinement vécu, n’entrave à aucun degré le développement de la personnalité : il lui fournit, au contraire, un cadre organique et un but. Un peu comme les artères qui, loin d’être une prison pour le sang, assurent partout sa libre circulation. Les liens qui nous attachent à Dieu ne sont pas des chaînes, mais des instruments de délivrance. Le mot de Sénèque résume tout : parere Deo libertas est, obéir à Dieu, c’est la liberté.

3° – Certains pays vivent à l’heure des Catacombes.
Croyez-vous que la conception du monde proposée par Jésus-Christ doive et puisse s’imposer à l’humanité ?

Je ne serais pas chrétien si je ne pensais pas que la religion du Christ peut et doit s’imposer à l’humanité tout entière. Mais quant à savoir où, quand et comment elle s’imosera en fait, c’est là un problème qui me dépasse totalement. Je n’ai aucune vocation pour la prophétie, et, par ailleurs, les enseignements de l’histoire doivent nous rendre très circonspects dans nos anticipations sur l’avenir.
Il est possible que l’Eglise de Dieu doive traverser une longue période de nuit et d’épreuve. Les voies de Dieu ne sont pas nos voies. Au IVe siècle de notre ère, après la paix de Constantin, l’avenir de l’humanité semblait appartenir au christianisme. Qui aurait pu prévoir alors que l’Empire romain et chrétien allait s’effondrer et surtout que l’Islam étenrait son ombre pour de longs siècles sur la moitié de la chrétienté ?

Nous devons lutter de toutes nos forces pour le triomphe temporel et social du christianisme, mais sans verser dans la religion du succès extérieur et sans oublier, en cas d’échec, que notre Dieu est un « Dieu caché dont les œuvres les plus hautes s’accomplissent dans l’invible ». Le Christ n’a-t-il pas dit : « Mon royaume n’est pas de ce monde » et : « Je ne donne pas comme le monde donne » ? Si Dieu veut que sonne pour nous l’heure des catacombes, cette perspective ne doit pas nous effrayer, car l’Eglise qui souffre gagne souvent en pureté intérieure ce qu’elle perd en puissance temporelle.
Je ne prédis pas de tels malheurs et je souhaite qu’ils ne se produisent pas. J’exprime seulement ma confiance à l’égard d’une certaine vision optimiste et progressiste de l’histoire qui, lorsqu’elle est démentie par l’événement (comme nous en avons eu plusieurs fois la preuve depuis le début du siècle), plonge ses fidèles dans le désarroi et les incline à douter de la puissance ou de la bonté divines. Je crois qu’il est dangereux de prévoir et de prédire une évolution de l’humanité par laquelle l’Eglise militante s’acheminerait graduellement vers un état analogue à celui de l’Eglise triomphante. L’Evangile nous enseigne que le bon grain et l’ivraie resteront toujours ici-bas mêlés l’un à l’autre et mystérieusement solidaires l’un de l’autre et qu’ils ne seront séparés que dans la vie éternelle. La seule chose dont nous soyons certains, c’est que, quelles que soient les épreuves qui nous attendent, le Christ n’abandonnera jamais ceux qui croient en lui. « La puissance divine est capable d’inventer un espoir là où il n’y a plus d’espoir et une voie dans l’impossible », disait saint Grégoire de Nysse…

Dès qu’on parle des dangers qui menacent le christianisme, chacun pense aussitôt à un triomphe éventuel du marxisme qui se présente non seulement comme une révolution sociale, mais comme une vision globale de l’univers et une religion athée. Mais le seul péril n’est pas là ; il est aussi à l’intérieur de la civilisation occidentale elle-même, dans son matérialisme grandissant, dans son culte presque exclusif du plaisir, du confort, de la facilité, de la sécurité et de la vie extérieure, dans cette érosion générale de la substance humaine qui se traduit par l’oubli des valeurs vitales et spirituelles. L’expérience nous montre que c’est dans les pays qui se situent à la pointe du progrès technique, économique et social qu’on observe les plus grands déséquilibres biologiques et moraux : lassitude de vivre, crise familiales, névroses, suicides, etc.
C’est là que doit porter d’abord notre effort, car à quoi sert de lutter au-dehors contre les ennemis de notre foi si, sous l’étiquette chrétienne, nous partageons au-dedans leur matérialisme et leur culte des fausses valeurs ?
Bergson disait que « le corps de l’homme, démesurément agrandi par la technique, avait besoin d’un supplément d’âme ». En fait, la science est en voie de nous affranchir de la pesanteur matérielle, mais nous restons soumis, comme nos aïeux, à une pesanteur plus cruelle : celle de nos passions et de nos péchés.
Un surcroît de vie spirituelle est donc plus nécessaire que jamais pour rétablir l’équilibre entre notre réalité intérieure et notre pouvoir sur les choses, et je crois de toute mon âme que le christianisme seul est capable de nous l’apporter.

signature de Gustave Thibon

Gustave Thibon - 1962

Détail de la photographie de Gustave Thibon en 1962 qui illustre l’article ici reproduit

2020-124. Rappel à Dieu de Monsieur Daniel Hamiche.

Lundi soir 30 novembre 2020,
fête de Saint André le Protoclite, apôtre et martyr ;
lundi de la 1ère semaine de l’Avent.

Nous avons appris hier, dimanche 29 novembre en milieu d’après-midi, la mort de Monsieur Daniel Hamiche (pour lire une courte notice biographique voir > ici), connu de beaucoup de nos amis qui l’ont entendu sur les ondes ou ont lu ses publications variées.

A titre personnel, et sans vouloir m’étendre sur les détails, j’ai connu Daniel lorsque je vivais à Paris : il m’avait invité dans son émission radiodiffusée à plusieurs reprises, m’accueillait toujours avec une joyeuse cordialité rue Didot, dans le XIVe arrondissement, où se trouvait alors le siège du « Légitimiste », participait de temps en temps aux réunions informelles qui se tenaient dans l’appartement que j’occupais in illo tempore dans le XVe, au cours desquelles ses interventions étaient toujours percutantes et stimulantes…
A l’occasion de son 55ème anniversaire, le 1er octobre 2002, il nous avait invités, le baron Pinoteau, Guillaume de T. et moi-même : c’est ainsi que j’ai rencontré pour la première fois Monsieur le Chancelier de France, récemment rappelé à Dieu lui aussi (cf. > ici).
Nous nous retrouvions aussi, évidemment, lors de cérémonies religieuses ou manifestations, militantes ou culturelles.
Mon départ de Paris avait distendu nos relations, qui sont restées néanmoins amicales jusqu’à la fin.
De loin, informé de son état de santé, j’ai prié pour lui, me suis réjoui de le savoir entouré de la prière de prêtres amis et accompagné par leurs visites, incommensurables sources de bénédictions et de grâces en ces derniers moments si redoutables.
Maintenant qu’il est entré dans son éternité, je continue mon humble prière fraternelle à son intention.

Quelques heures seulement après l’annonce du décès de Daniel, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, a publié le message suivant.

Daniel Hamiche

Daniel Hamiche (1er octobre 1947 – 29 novembre 2020)

frise lys deuil

Quelques jours après la disparition du baron Pinoteau, j’apprends avec beaucoup de tristesse le rappel à Dieu d’une autre grande figure de la Légitimité, Daniel Hamiche, qui, du jour où il rencontra la Foi catholique, devint aussitôt comme par voie de conséquence, un fervent défenseur de la royauté légitime. Cofondateur avec Philippe Montillet en 1984 de la Feuille d’Information Légitimiste puis du Légitimiste, il avait consacré sa vie à la lutte contre la déchristianisation et les persécutions faites aux catholiques et aux chrétiens.

Que son âme repose en paix et qu’il ait à présent le bonheur ineffable de contempler la Face de Dieu pour l’éternité !

frise lys deuil

2020-122. « Je prie Dieu de nous offrir une longue vie pour continuer ce bonheur.»

Vendredi 27 novembre 2020,
Fête de la manifestation de la Médaille miraculeuse (cf. > ici) ;
Anniversaire de la mort du Roi Clovis 1er le Grand (cf. > ici et > ici).

Achevons ce soir la publication des messages que Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, a publiés au cours des mois d’octobre et novembre 2020.
Les deux, assez courts, qui suivent, ont été rendus publics sur les réseaux sociaux le 21 octobre, pour l’anniversaire de la naissance de la Princesse Marie-Marguerite, et le 6 novembre, pour le seizième anniversaire du mariage de nos Souverains légitimes.

Dans l’un comme dans l’autre, Monseigneur le Duc d’Anjou témoigne publiquement de son amour pour son épouse et pour sa famille : de fait, ces deux messages n’ont rien d’anecdotique puisque, dans la famille royale, les Légitimistes reconnaissent spirituellement leur propre famille, ainsi qu’un modèle pour leurs propres familles et pour toutes les familles du Royaume.
C’est d’ailleurs une grande consolation, dans une société où l’institution familiale et particulièrement mise à mal et dénaturée, de voir que nos Souverains donnent l’exemple d’une famille unie, rayonnante d’amour.

Nous sommes donc heureux du bonheur familial de Leurs Majestés et nous nous unissons avec ferveur à leur prière d’action de grâces à Dieu, Le priant de les combler d’une surabondance de bénédictions afin que, comme le dit notre Roi, Dieu leur accorde « une longue vie pour continuer ce bonheur ».

couple royal - anniversaire de mariage

Message du 21 octobre, jour anniversaire de la naissance de la Princesse Marie-Marguerite : 

Toutes mes félicitations à ma chère épouse, avec qui je me suis uni il y a bientôt 16 ans, qui m’a offert quatre enfants merveilleux, et avec qui j’espère célébrer toujours plus unis beaucoup d’anniversaires.

Message du 6 novembre, jour anniversaire du mariage de Leurs Majestés :

Chère Marguerite,
Merci beaucoup pour ces 16 années à tes côtés, pour ton support inconditionnel, ta compréhension, ta complicité, ton amour et nos quatre enfants qui complètent notre belle Famille.
Je remercie et prie Dieu de nous offrir une longue vie pour continuer ce bonheur.

Trois lys blancs

 

2020-120. Rappel à Dieu du baron Hervé Pinoteau, chancelier de France.

Mardi soir 24 novembre 2020

Nous avons appris cet après-midi le rappel à Dieu dans sa 94e année du baron Hervé Pinoteau.
Héraldiste, vexillologiste et phalériste français d’envergure internationale, membre de nombreuses sociétés savantes, cet érudit est l’auteur d’une œuvre prolifique (une trentaine d’ouvrages, 900 articles) et notamment de « Monarchie et Avenir » (1960) et de L’ »État présent de la Maison de Bourbon » (1975).
Décidé, par le lamentable spectacle de la guerre de 1940, à relever la France, il fut de bonne foi Blanc d’Eu avant de découvrir la Légitimité. Mettant ses pas dans ceux de Raoul de Warren, travaillant avec une nouvelle génération de légitimistes (Pierre de La Forest-Divonne, Patrick Esclafer de la Rode et Michel Josseaume), Hervé Pinoteau se mit au service d’Henri VI dès 1955. Il en fut le chancelier ainsi que de son fils Alphonse II et de son petit-fils Louis XX.
Dans l’édition, la presse, la correspondance et en Justice, il a défendu les droits des Bourbons-Anjou à la Couronne de France. Il prit part à la fondation du secrétariat d’Alphonse II en 1962 et de l’Institut de la Maison de Bourbon en 1973.
Il était décoré, entre autres, de l’ordre du Saint-Esprit, de l’ordre sacré et militaire constantinien de Saint-Georges, de l’ordre d’Alphonse X le Sage et de l’ordre de l’Infant Henri.
Miséricordieux Jésus, donnez-lui le repos éternel !

Hervé baron Pinoteau

Hervé, baron Pinoteau
Chancelier de France (19 juillet 1927 – 24 novembre 2020)

frise lys deuil

Message publié sur les réseaux sociaux
au soir du 24 novembre 2020
par
Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, Duc d’Anjou,
de jure SMTC le Roi Louis XX

Très affectés par la nouvelle du rappel à Dieu de notre chancelier, le baron Pinoteau, qui nous a quittés la nuit dernière après tant d’années au service de Dieu, de la France et de la Légitimité, nous tenions, la Princesse et moi-même, à témoigner notre reconnaissance à celui qui a tellement œuvrė aux côtés de mon grand père, le Prince Jacques Henri, de mon père, le Prince Alphonse, puis auprès de moi.
Nous nous unissons à la prière de ses enfants, petits enfants, nombreux et tous fidèles aux engagements de leur père et les assurons de notre affection.

obiit baron Pinoteau

Nota :
Nous avions évoqué > ici, à l’occasion de l’anniversaire de la mort du Prince Alphonse de Bourbon, de jure Alphonse II de France, le témoignage que lui a rendu le Baron Hervé Pinoteau.

2020-118. « Le seul barrage efficace contre l’islamisation de notre société, contraire à notre histoire, notre héritage et à nos valeurs profondes ! »

Le jeudi 29 octobre 2020, au tout début de la matinée, un fanatique mahométan a tué trois catholiques dans la basilique Notre-Dame de l’Assomption de Nice.
Dans la journée de ce même jeudi, le Secrétariat de Monseigneur le Duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, publia le communiqué suivant, par lequel, une fois encore, notre Souverain légitime, avec une compatissante humanité et une lucide gravité, énonce les vérités qui conviennent en pareille circonstance.

Nous prenons la liberté de publier en caractères gras les passages les plus importants de ce message, et nous nous permettons ensuite d’y ajouter quelques commentaires… 

frise lys deuil

Nice basilique Notre-Dame de l'Assomption

Nice, basilique Notre-Dame de l’Assomption
dans laquelle un fanatique mahométan a tué trois personnes
le jeudi 29 octobre 2020

frise lys deuil

Un nouvel attentat terroriste vient de se dérouler ce matin dans la cathédrale de Nice, faisant trois victimes supplémentaires, qui viennent s’ajouter à une liste déjà longue. Trois martyrs, dois je plutôt dire, car assassinés lâchement, de manière barbare, parce que Français et Catholiques.

Mes pensées, ma compassion et ma prière sont d’abord pour eux, pour leurs familles et leurs proches, mais aussi pour le clergé, celui de la cathédrale et celui de toute la France, ainsi que pour tous les Français catholiques ainsi menacés.

Au moment où la messe dominicale s’avère plus que jamais indispensable au soutien de leur Foi et de leur moral, et malgré le durcissement des mesures sanitaires, je demande avec force aux autorités responsables de leur garantir la liberté de culte chaque dimanche dans des conditions de sécurité renforcée.

Plus que jamais, la France a besoin de retrouver le fil et la fierté de son identité chrétienne. C’est le seul barrage efficace contre l’islamisation de notre société, insidieuse ou violente, mais dans tous les cas contraire à notre Histoire, notre héritage et à nos valeurs profondes.

Continuons à prier et implorer inlassablement Marie Reine de France, St Michel Archange et tous les Saints et Saintes de France de protéger notre pays et de nous donner toujours plus de courage, de Force et de Foi, dans l’espérance, face aux épreuves qui viennent.

Louis,
Duc d’Anjou

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frise lys deuil

Quelques réflexions et commentaires
au sujet de cette déclaration royale du 29 octobre 2020 :

1 – Monseigneur le Duc d’Anjou va à l’essentiel en mettant en évidence, dès sa deuxième phrase, que les trois personnes tuées dans cet attentat l’ont été en haine de la France et de la religion catholique.
Car même si, dans les faits, la France officielle est apostate et beaucoup de Français sans religion, voire animés de sentiments hostiles envers l’Eglise, dans la mentalité de beaucoup de mahométans il y a malgré tout une identification entre la France et le catholicisme.
En soi, cela n’est pas faux puisque la France est née au baptême de Clovis de la rencontre, de l’union, de l’alliance du peuple Franc et de la foi catholique : la France est par essence catholique et royale.
L’assassin, venu sur notre sol à seule fin de commettre ces crimes abominables, s’est dirigé vers une église, et s’y est attaqué à trois individus « parce que Français et Catholiques ».
Etonnante « profession de foi » de l’enfer peut-on dire (puisque c’est le démon qui inspire de tels actes de haine sanglante), après toutes les grandes et larmoyantes déclarations sur la « laïcité » qui avaient suivi l’exécution de Monsieur Samuel Paty : à travers ces assassinats niçois, il manifeste qu’il sait bien, lui, que l’essence de la France est issue du catholicisme et que c’est justement pour cela qu’il a tant de haine contre elle !

2 – La lucidité de Monseigneur le Duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, lui permet aussitôt de prendre du recul et de l’altitude par rapport à l’émotion superficielle du moment, et, après les familles et les proches de ceux auxquels il n’hésite pas à attribuer le titre de martyrs, de manifester son soutien à tout le clergé de France, à tous les Français catholiques, parce que, comme nous l’avons souligné, la haine qui s’est exprimée dans cet acte terroriste est par essence anticatholique et antifrançaise.
Alors même que, la veille au soir, les annonces de l’occupant de l’Elysée, complétées peu après par celles de son premier ministre, laissaient prévoir de nouvelles restrictions imposées à l’exercice du culte catholique, notre Roi, tout au contraire, affirme de manière péremptoire l’importance de la Sainte Messe dominicale et l’impérieux devoir qui incombe aux responsables de l’ordre public de garantir la liberté et la sécurité du culte catholique.
Les paroles de Sa Majesté sont fortes et sans ambiguïté. Ce n’est pas la « laïcité » qui fera la force et l’unité de la France, mais c’est en renouant le fil de l’histoire sainte de notre pays, rompu par la satanique révolution : « Plus que jamais, la France a besoin de retrouver le fil et la fierté de son identité chrétienne » !

3 – Monseigneur le Prince Louis, à rebours de la langue de bois des politiciens républicains, et à rebours de la langue de buis de certains hommes d’Eglise toujours prompts à se faire des lèche-babouches, dénonce « l’islamisation de notre société ». Il en voit tous les dangers, et tire avec insistance la sonnette d’alarme. Il en va de la survie et de la permanence de la France, puisque l’islam est « contraire à notre Histoire, notre héritage et à nos valeurs profondes ». Contraire, et donc incompatible.

4 – Tous les messages de notre Roi légitime se terminent par une note spirituelle et un appel à prier pour la France, et ce message n’échappe pas à la règle : Louis XX se place résolument dans la lignée des Rois Très Chrétiens ses ancètres et prédécesseurs. Cette fois, outre l’invocation de Notre-Dame et des Saints de France, il nous exhorte à recourir particulièrement à la prière à Saint Michel archange, le grand vainqueur du démon.

5 – Enfin, sans se départir d’une profonde espérance surnaturelle, il est à noter que Monseigneur le Prince Louis achève cette fois son communiqué par la mention des « épreuves qui viennent ».
Comme toutes les personnes intelligentes et lucides, Sa Majesté voit clairement que nous allons au-devant de grandes difficultés, voire tribulations, et Elle ne nous berce pas d’illusions : nous vivons des temps durs, nous allons en connaître de plus durs encore peut-être. Mais en disant cela, Louis XX nous exhorte paternellement en même temps au courage et à la force, en nous indiquant la source à laquelle nous les puiserons : les vertus théologales. 

Saint Michel gif

2020-116. Fidèle aux principes de la royauté française sans tomber dans les excès de toutes les apparentes modernités parées du nom de progrès, là où il n’y a souvent que travestissement de l’ordre naturel.

Au début du mois d’octobre 2020, s’est tenu à Vannes un colloque historique organisé par un cercle légitimiste non-adhérent à l’UCLF, consacré au bicentenaire de la naissance du Comte de Chambord, de jure SMTC le Roi Henri V.
A l’occasion d’une cérémonie d’hommage qui s’est déroulée au monument érigé en l’honneur d’Henri V en face de la basilique de Sainte-Anne d’Auray, a été lu ce message de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure SMTC le Roi Louis XX, son successeur légitime.

Dans ce message, comme dans les précédents que Sa Majesté a déjà consacrés cette année à l’évocation de la grande figure de son prédécesseur, Louis XX insiste une fois de plus sur la fidélité aux principes de la monarchie traditionnelle : voilà pourquoi, au-delà du caractère circonstanciel de ce message, il nous faut à notre tour recevoir et transmettre cette insistance, à travers laquelle notre Roi légitime nous montre la voie que doivent suivre les Légitimistes, et la voie du seul redressement possible pour notre France.

Henri V - monument Sainte Anne d'Auray

Le Comte de Chambord, de jure SMTC le Roi Henri V,
représenté en costume de sacre,
Monument élevé à Sainte-Anne d’Auray

lys.gif

Chers Amis, Chers fidèles du Comte de Chambord et de la Légitimité

Nous commémorons à quelques jours près le 200e anniversaire de sa naissance le 29 septembre 1820 au Palais des Tuileries à Paris.

29 septembre 1820 – 3 octobre 2020. Deux siècles que l’on aborde avec une certaine émotion.

Deux siècles, cela peut paraître long et pourtant comme le Comte de Chambord est proche de nous, pour ce qu’il représente, comme héraut de la légitimité monarchique, mais aussi pour ce dont témoignent ses actions et ses écrits.

Deux siècles après sa naissance, Henri, duc de Bordeaux, Comte de Chambord, l’enfant du miracle, demeure un des personnages incontournables de l’histoire de France. Ce monument en témoigne. Souvent, il est qualifié de seul monument élevé à la mémoire du Comte de Chambord. Il me semble qu’il serait plus juste de dire qu’il s’agit du seul monument élevé en France en souvenir d’un roi qui n’a pas régné… pour montrer toute la place qu’il tient dans l’histoire… Sur ce monument c’est bien le roi qui est figuré et non le Prince. Il est représenté en costume de sacre, c’est-à-dire en dépositaire de la royauté légitime qui trouve son pouvoir dans la conjonction de l’hérédité et de l’onction. Quel symbole !

N’est-ce pas ainsi qu’il était considéré par nombre de ses contemporains, qui l’appelaient avec révérence Henri V. Ce Roi sans couronne exerçait un grand pouvoir moral. Rien ne pouvait se faire sur le plan intérieur comme extérieur, sans que les regards se tournent vers lui. « Qu’allait dire ou penser le Comte de Chambord ? ».

Il était présent dans tous les grands débats de son époque : politique religieuse à travers ses rapports avec la Papauté et avec nombre d’Évêques ; politique internationale face aux nationalités naissantes ; réorganisation de l’agriculture confrontée aux nouvelles techniques, aux engrais industriels et au début de la mécanisation ; questions institutionnelles avec le grand débat du moment entre centralisation et décentralisation ; sans oublier la politique coloniale, qui s’ouvrait dans un contexte nouveau sous la pression anglaise et pour laquelle la France devait marquer son originalité, c’est-à-dire ne pas tout sacrifier au commerce et à la finance, mais veiller aussi au respect des hommes.

Son message, sur bien des points, demeure toujours actuel. En effet, né dans un siècle qui a connu beaucoup de changements, il a su rester fidèle aux principes de la royauté française sans tomber dans les excès de toutes les apparentes modernités parées du nom de progrès, là où il n’y a souvent que travestissement de l’ordre naturel. Au contraire, le Comte de Chambord a su faire le tri entre le bon grain et l’ivraie au service de la Vérité et du Bien commun.

Le voici ici entouré de sainte Jeanne d’Arc dont on commémore également cette année le centenaire de la canonisation, de sainte-Geneviève, de Du Guesclin et de Bayard. La Foi et le courage. Il ne pouvait être mieux entouré !

Avant de déposer une gerbe en hommage au Comte de Chambord, je voudrais ajouter une chose : quelques jours avant d’entrer dans l’année du bicentenaire, ce monument a bénéficié de la protection des Monuments Historiques. Comment ne pas y voir le signe que le Comte de Chambord fait bien partie de ce qui constitue l’histoire de France. Ainsi en ce jour je tiens à exprimer tous mes remerciements à ceux qui ont contribué à cette reconnaissance. Ma gratitude va en particulier au baron d’Audiffret, propriétaire des lieux qui les entretient avec grande fidélité.

A tous et à vous ici présents, merci de votre fidélité au Comte de Chambord et à ce qu’il incarne.

Louis, Duc d’Anjou

Monument comte de Chambord

Sainte-Anne d’Auray : Détail du monument du Comte de Chambord
sous les feux du soleil levant :
statues de Du Guesclin, Bayard et Sainte Jeanne d’Arc
(la statue de Sainte Geneviève se trouve à l’arrière)

grandes armes de France

2020-113. Une des marques les plus éclatantes que j’ai reçues de la protection de Dieu…

Mercredi 30 septembre 2020,
Dans l’Eglise universelle, fête de St Jérôme, docteur de l’Eglise (cf. > ici, > ici et > ici) ;
Fête de St Grégoire l’Illuminateur, apôtre de l’Arménie.

1820 – 30 septembre – 2020

Médaille frappée pour la naissance du duc de Bordeaux

L’une des nombreuses médailles frappées à l’occasion de la naissance du duc de Bordeaux
le 29 septembre 1820 :
1 – A l’avers : « Il renaît pour consoler sa patrie »
H.C.F.M. Dieudonné duc de Bordeaux né le 29 sept. 1820
[Note : H.C.F.M. sont les initiales de Henri Charles Ferdinand Marie] ;
2 – Au revers : « De cette tige antique s’il tombe une fleur une autre renaît ».

Trois lys blancs

Dans sa parution du samedi 30 septembre 1820 (N°641), le bulletin catholique et légitimiste « L’Ami de la Religion et du Roi » annonça en ces termes la naissance de « l’Enfant du miracle » qui était survenue la veille (cf. > ici).
Cette courte publication nous permet de lire avec édification les lignes par lesquelles, dans les heures qui suivirent cette heureuse naissance, cause de tant de consolations et de tant d’espérances, SMTC le Roi Louis XVIII annonça la nouvelle à Son Eminence le Cardinal Archevêque de Paris, Monseigneur Alexandre-Angélique de Talleyrand-Périgord.
La lecture de ces lignes ne cesse pas d’être pour nous la source d’une profonde édification.

Ami de la Religion et du Roi 30 septembre 1820 - 1

Ami de la Religion et du Roi 30 septembre 1820 - 2

Ami de la Religion et du Roi 30 septembre 1820 - 3

Médaille pour la naissance du duc de Bordeaux

Une autre des médailles frappées à l’occasion de la naissance du duc de Bordeaux
le 29 septembre 1820 :
« Fata aspera vinces » que l’on peut rendre par : « tu vaincras les rigueurs de la fatalité ».
A l’avers, cette médaille représente les profils superposés du duc et de la duchesse de Berry, sans légende ;
le revers, ici reproduit, montre le jeune duc de Bordeaux, nu, étranglant dans chaque main un serpent ailé.
Cette représentation reprend la figure mythologique d’Hercule, fils de Jupiter, à la naissance duquel Junon jalouse avait envoyé des serpents pour le tuer dans son berceau, allusion évidente à l’acharnement des méchants contre la race bénie des Bourbons qui,
malgré l’assassinat du duc de Berry destiné à ruiner la dynastie, a reçu en cette naissance un providentiel don divin.

Trois lys blancs

2020-112. « Il est né l’enfant du miracle ! »

1820 – 29 septembre – 2020

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Claude-Marie Dubufe - Naissance du duc de Bordeaux

La naissance d’Henri-Dieudonné d’Artois, duc de Bordeaux
Tableau de Claude-Marie Dubufe

Sept mois et demi après l’assassinat de son père, événement dramatique que nous avons évoqué > ici, naquit « l’enfant du miracle » : Henri-Dieudonné d’Artois, titré duc de Bordeaux à sa naissance, plus connu sous le nom de « Comte de Chambord », de jure SMTC le Roi Henri V.
Cette naissance fut célébrée par tout le Royaume avec une liesse que nous pouvons difficilement imaginer aujourd’hui : tous les arts la magnifièrent, les prédicateurs rivalisèrent d’éloquence pour exhorter les fidèles à l’action de grâces et pour stimuler leur ferveur « catholique et royale », les démonstrations de joie populaire se multiplièrent… Vraiment ce 29 septembre 1820 fut la démonstration que la royauté des Bourbons est bien d’essence paternelle, et que sous leur sceptre la France est une famille de familles.
Dans l’abondante production littéraire et poétique que suscita l’enthousiasme joyeux de la naissance du futur  Henri V, j’ai choisi de vous livrer aujourd’hui en premier lieu, cette ode d’Alphonse de Lamartine.

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Ode sur la naissance du duc de Bordeaux

par Alphonse de Lamartine

Versez du sang ! frappez encore !
Plus vous retranchez ses rameaux,
Plus le tronc sacré voit éclore
Ses rejetons toujours nouveaux !
Est-ce un dieu qui trompe le crime ?
Toujours d’une auguste victime
Le sang est fertile en vengeur !
Toujours échappé d’Athalie
Quelque enfant que le fer oublie
Grandit à l’ombre du Seigneur !

Il est né l’enfant du miracle !
Héritier du sang d’un martyr,
Il est né d’un tardif oracle,
Il est né d’un dernier soupir !
Aux accents du bronze qui tonne
La France s’éveille et s’étonne
Du fruit que la mort a porté!
Jeux du sort ! merveilles divines !
Ainsi fleurit sur des ruines
Un lis que l’orage a planté.

Il vient, quand les peuples victimes
Du sommeil de leurs conducteurs,
Errent aux penchants des abîmes
Comme des troupeaux sans pasteurs !
Entre un passé qui s’évapore,
Vers un avenir qu’il ignore,
L’homme nage dans un chaos !
Le doute égare sa boussole,
Le monde attend une parole,
La terre a besoin d’un héros !

Courage ! c’est ainsi qu’ils naissent !
C’est ainsi que dans sa bonté
Un dieu les sème ! Ils apparaissent
Sur des jours de stérilité !
Ainsi, dans une sainte attente,
Quand des pasteurs la troupe errante
Parlait d’un Moïse nouveau,
De la nuit déchirant le voile,
Une mystérieuse étoile
Les conduisit vers un berceau !

Sacré berceau ! frêle espérance
Qu’ une mère tient dans ses bras !
Déjà tu rassures la France,
Les miracles ne trompent pas !
Confiante dans son délire,
A ce berceau déjà ma lyre
Ouvre un avenir triomphant;
Et, comme ces rois de l’Aurore,
Un instinct que mon âme ignore
Me fait adorer un enfant !

Comme l’orphelin de Pergame,
Il verra près de son berceau
Un roi, des princes, une femme,
Pleurer aussi sur un tombeau !
Bercé sur le sein de sa mère,
S’il vient à demander son père,
Il verra se baisser leurs yeux !
Et cette veuve inconsolée,
En lui cachant le mausolée,
Du doigt lui montrera les cieux !

Jeté sur le déclin des âges,
Il verra l’empire sans fin,
Sorti de glorieux orages,
Frémir encor de son déclin.
Mais son glaive aux champs de victoire
Nous rappellera la mémoire
Des destins promis à Clovis,
Tant que le tronçon d’une épée,
D’un rayon de gloire frappée,
Brillerait aux mains de ses fils !

Sourd aux leçons efféminées
Dont le siècle aime à les nourrir,
Il saura que les destinées
Font roi, pour régner ou mourir ;
Que des vieux héros de sa race
Le premier titre fut l’audace,
Et le premier trône un pavois,
Et qu’en vain l’humanité crie
Le sang versé pour la patrie
Est toujours la pourpre des rois !

Tremblant à la voix de l’histoire,
Ce juge vivant des humains,
Français ! il saura que la gloire
Tient deux flambeaux entre ses mains
L’un, d’une sanglante lumière
Sillonne l’horrible carrière
Des peuples par le crime heureux ;
Semblable aux torches des furies
Que jadis les fameux impies
Sur leurs pas traînaient après eux !

L’autre, du sombre oubli des âges.
Tombeau des peuples et des rois.
Ne sauve que les siècles sages,
Et les légitimes exploits :
Ses clartés immenses et pures,
Traversant les races futures,
Vont s’unir au jour éternel ;
Pareil à ces feux pacifiques,
Ô Vesta ! que des mains pudiques
Entretenaient sur ton autel !

Il saura qu’aux jours où nous sommes,
Pour vieillir au trône des rois,
Il faut montrer aux yeux des hommes
Ses vertus auprès de ses droits ;
Qu’assis à ce degré suprême,
Il faut s’y défendre soi-même,
Comme les dieux sur leurs autels ;
Rappeler en tout leur image,
Et faire adorer le nuage
Qui les sépare des mortels !

Au pied du trône séculaire
Où s’assied un autre Nestor,
De la tempête populaire
Le flot calmé murmure encor !
Ce juste, que le ciel contemple,
Lui montrera par son exemple
Comment, sur les écueils jeté,
On élève sur le rivage,
Avec les débris du naufrage,
Un temple à l’immortalité !

Ainsi s’expliquaient sur ma lyre
Les destins présents à mes yeux ;
Et tout secondait mon délire,
Et sur la terre, et dans les cieux !
Le doux regard de l’espérance
Eclairait le deuil de la France :
Comme, après une longue nuit,
Sortant d’un berceau de ténèbres,
L’aube efface les pas funèbres
De l’ombre obscure qui s’enfuit.

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Médaille commémorative de la naissance du duc de Bordeaux

L’une des nombreuses médailles commémoratives de la naissance du duc de Bordeaux,
futur Henri V, dit le « Comte de Chambord » :
L’avers représente Saint Michel archange, fêté le 29 septembre par la liturgie catholique,
et le revers représente la duchesse de Berry présentant son fils nouveau-né, « l’enfant du miracle »,
avec cette légende :
« Dieu nous l’a donné , nos cœurs et nos bras sont à lui »

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