2025-194. De l’anniversaire de l’encyclique « Quas primas » publiée le 11 décembre 1925.
11 décembre,
Fête de Saint Damase 1er, pape et confesseur (cf. > ici) ;
Mémoire du 4ème jour dans l’octave de l’Immaculée Conception (cf. > ici) ;
Mémoire de la férie de l’Avent ;
Anniversaire de la publication de l’encyclique « Quas primas » (11 décembre 1925 – texte complet > ici).

S’il est certains anniversaires de publications de documents qui n’ont « qu’un » intérêt historique, ou d’autres pour lesquels prévaut surtout le caractère anecdotique, ce n’est pas le cas de ce 11 décembre, jour anniversaire de la publication de l’encyclique de Pie XI « Quas primas » sur la Royauté universelle de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Il ne manquera certes pas de « spécialistes » – ecclésiastiques ou pas – (ah ! ces fameux « spécialistes » que les médias ont l’art de faire apparaître à la demande sur les plateaux télévisuels ou radiophoniques pour débiter avec un ton assuré – à défaut d’être véritablement docte – des leçons bien apprises afin qu’elles tiennent lieu de nouveaux dogmes !) pour vous dire que ce texte est « daté », qu’il dépend d’un contexte historique certain qui n’est plus le nôtre, ou je ne sais quoi d’autre encore, pourvu que leurs auditeurs en viennent à être convaincus que cette encyclique n’a plus aucune actualité réelle ou que, du moins, elle a besoin d’une « relecture » ou d’une « réinterprétation », à la lumière « des joies et des espoirs, des tristesses et des angoisses des hommes de ce temps »…
On trouvera même des théologiens, voire des hiérarques de la Sainte Eglise, pour affirmer, comme cela avait été rétorqué in illo tempore à Son Excellence Monseigneur Marcel Lefebvre lors de discussions un peu tendues, à Rome, dans le milieu des « années 80 » du précédent siècle, que, de nos jours, un pape ne signerait plus pareille encyclique…
Singulier aveu, profondément révélateur !

Bref ! Ce 11 décembre est l’anniversaire de la parution de l’encyclique « Quas primas », et, qu’on le veuille ou non, ce texte appartient au Magistère ordinaire de la Sainte Eglise catholique romaine.
Le texte tel qu’il est écrit, et non ses relectures ou réinterprétations.
Le texte tel qu’il a voulu être publié par le Pontife qui y a apposé sa signature, et non tel que le voudraient de prétendus exégètes postconciliaires du Magistère antérieur.
N’en déplaise aux thuriféraires de la « laïcité », le Christ unique Rédempteur, est le Seigneur des sociétés et des peuples dès ici-bas. Il est Roi universel dès à présent ; et les nations en tant que telles, avec leurs gouvernants et gouvernements doivent se soumettre à Lui.
Sa Royauté ne procède pas de ce monde, mais elle doit s’exercer sur ce monde, et non pas uniquement quand « Il reviendra pour juger les vivants et les morts », à la consommation des siècles ! « Opportet illum regnare » (1 Cor. XV, 25).
A deux semaines des célébrations de la naissance du Verbe incarné, il n’est pas inutile de redécouvrir et d’approfondir (car on n’aura jamais fini d’approfondir ce mystère !) la Royauté universelle de Notre-Seigneur Jésus-Christ – puisque l’Incarnation et la venue de la Deuxième Personne de la Très Sainte Trinité dans notre chair constituent une partie des titres sur lesquels se fonde la doctrine de la Royauté du Christ – et d’affirmer « à temps et à contre-temps » que cette Royauté ne peut en aucune manière être exclue de la sphère publique.
Royauté universelle.
Royauté qui doit s’exercer sur tous les hommes et toutes les sociétés.
Royauté qui se doit déployer dans les sphères législative, judiciaire et exécutive de tous les Etats !
L’hymne des vêpres de cette fête le chante sans aucune ambiguité :
« Te natiónum prǽsides honóre tollant público, colant magístri, júdices, leges et artes éxprimant. / Submíssa regum fúlgeant Tibi dicáta insígna : mitíque sceptro pátriam domósque subde cívium ! »
Que les chefs des nations Vous rendent des honneurs publics, que les maîtres et les juges Vous adorent, que les lois et les arts Vous expriment. / Que soumis et consacrés à Vous resplendissent les insignes des rois : et soumettez à Votre doux sceptre la patrie aussi bien que les demeures des citoyens !
Or ce sont justement ces strophes-là que la néoliturgie issue du concile vaticandeux a supprimées de l’offices réformé de la fête du Christ-Roi, fête détournée de son sens et de son esprit originel, ainsi que nous n’avons de cesse de le rappeler depuis de nombreuses années (cf. > ici).
C’est, ne manquons pas l’occasion de le redire au passage, la preuve en acte – s’il en était besoin – que la pseudo réforme liturgique a bien réellement voulu opérer un changement doctrinal, et qu’elle récuse les leçons voulues par Pie XI lorsqu’il institua cette fête comme un remède à la sécularisation, une réparation de l’apostasie publique, et le moyen d’accélérer le retour des âmes vers le Christ par l’accroissement de Son Règne.

Cette doctrine de la Royauté sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ, outre ses dimensions théologique, liturgique et pastorale, est bien véritablement politique.
Il n’est pas exact de prétendre que les religieux ne « doivent pas faire de politique ».
Ils ont, au contraire, l’obligation de s’en mêler activement parce que 1) foi et morale ne peuvent être dissociées, et que 2) la politique est, dans la conception philosophique classique – héritée du Stagirite [Aristote] -, la science morale de la vie en société, la morale de l’ordre social, la nécessaire science des voies relatives au bien commun.
A ce titre, « dans l’ordre pratique et sur le plan naturel (et non sur le plan surnaturel de la morale révélée), la morale personnelle et la morale familiale sont ordonnées à la politique » (Manifeste légitimiste de l’UCLF, 2004 p. 4).
A ce titre, la politique est le degré le plus élevé de la morale naturelle. Il est donc de la plus extrême importance que les religieux qui, par état, ont mission de transmettre la saine morale naturelle sur laquelle peut se fonder ensuite solidement l’édifice de la morale surnaturelle, s’occupent de politique.
Les structures sociales et politiques qui doivent aider, régir et guider l’homme vers sa fin temporelle, tout en étant légitimement dans un mode d’action et un domaine de compétence distincts, sont ordonnées à sa fin surnaturelle : cette fin surnaturelle d’ailleurs purifie et sublime la fin temporelle.
Sans renier en aucune manière le droit naturel et sans opérer de confusion, les institutions politiques qui reconnaissent le rôle public et fondateur de l’authentique Révélation, de la foi catholique et donc aussi de la Sainte Eglise catholique, ne peuvent qu’y gagner en solidité et prospérité.
L’Etat confessionnel, tel qu’il a été vécu dans ce qu’il convient d’appeler la Chrétienté, permet au Christ Rédempteur de donner aux sociétés humaines leur ordre final et parfait.
Au contraire, la sécularisation et le laïcisme sont des facteurs de désordre, de déstabilisation, de déséquilibre, de perte de repères, de crises répétées et sans cesse agravées, et finalement de désintégration de l’ordre social, ainsi que nous en voyons de nos jours le lamentable et douloureux spectacle.

Remarquons, pour terminer, que la publication de l’encyclique « Quas Primas », le 11 décembre 1925, est arrivée le lendemain de l’apparition de Pontevedra, au cours de laquelle le Saint Enfant Jésus et Sa Très Sainte Mère ont révélé à Sœur Lucie, l’aînée des voyants de Fatima, les desseins divins liés à l’institution de la dévotion du premier samedi de chaque mois (10 décembre 1925).
Ne peut-on, de la manière la plus évidente qui soit – en définitive – voir dans cette « coïncidence » une forme d’indication providentielle particulièrement forte pour nous faire davantage savoir et comprendre (ce que nous savons par ailleurs par d’autres canaux, tels les enseignements des grands apôtres de la dévotion mariale) que Notre-Dame de Fatima, la dévotion au Cœur douloureux et immaculé de Marie, la spiritualité réparatrice, la pratique plus intense du sacrement de pénitence et de la sainte communion, l’oraison silencieuse et la consécration au Cœur de notre Mère céleste intimement associée à l’œuvre de la Rédemption, sont les moyens privilégiés qui nous sont donnés aujourd’hui pour travailler – selon notre modeste mesure personnelle – à restaurer la Royauté sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Roi par nature et par droit de conquête, mais auxquels tant de cœurs aujourd’hui opposent le même « nous ne voulons pas qu’Il règne sur nous ! Nous n’avons pas d’autres rois que les puissances apostates d’ici-bas… » que les princes des prêtres, les pharisiens et leurs affidés crièrent jadis devant le prétoire de Pilate.
Cœur Sacré de Jésus, que Votre Règne arrive,
par le Cœur douloureux et immaculé
de Votre Très Sainte Mère !
Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.



























