Archive pour la catégorie 'Chronique de Lully'

Recette du Mesnil-Marie : une quiche aux navets et aux champignons.

Samedi soir 15 novembre 2008.

On nous avait donné des navets, de cette espèce qu’on nomme aussi « rave d’Auvergne à collet rouge », et Frère Maximilien-Marie les a apprêtés d’une manière délicieuse qui nous a tous enchantés (je dis bien nous, parce que moi aussi j’ai voulu en goûter et j’ai vraiment énormément aimé). J’ai donc résolu de vous en livrer les secrets pour que vous vous régaliez aussi… et pour qu’on ne puisse pas dire que je ne  vous donne que des recettes de gâteaux! Servie chaude avec des crudités de saison, cette quiche aux navets et aux champignons, facile à réaliser,  sera une entrée originale et délicieuse dont vous me direz des nouvelles!…

Lully.

Recette du Mesnil-Marie : une quiche aux navets et aux champignons. dans Chronique de Lully navets

Ingrédients :

Une pâte brisée ; deux navets raves de taille moyenne ; des champignons (si on a la chance d’en avoir des frais, c’est merveilleux, sinon on peut toujours utiliser une boite de  400 gr. de champignons de Paris en lamelles) ; 25 cl de crème fraîche épaisse ; 3 oeufs ; sel ; poivre ; muscade et fromage râpé (Emmental par exemple).

Préparation :

Epluchez les navets, découpez-les en tranches de 3 à 4 mm d’épaisseur, divisées ensuite en quarts ; faites-les cuire à la vapeur (ils doivent être tendres mais ne doivent pas s’écraser).  Pendant que les navets cuisent, faites cuire les champignons dans une poêle, avec un peu de sel et  un soupçon de poivre : arrêtez la cuisson au moment où ils commencent à être légèrement grillés en surface. Préchauffez votre four (180°)  et disposez la pâte brisée dans un moule à tarte (n’oubliez de la piquer avec une fourchette) : on recommande de la faire pré-cuire « à vide », mais ce n’est pas indispensable. Garnissez le fond de la pâte avec les navets et les champignons (sur plusieurs épaisseurs). Dans un jatte battez les oeufs avec la crème fraîche, salez, poivrez et ajoutez une pointe de muscade rapée : versez sur les navets et les champignons en veillant bien à ce que le liquide pénêtre bien dans les interstices, recouvrez de fromage râpé et enfournez (environ 45 minutes). Servez de préférence chaud.

Quiche aux navets

(Là c’est une photo prise par notre amie Clara qui vit au Québec et qui l’a testée aujourd’hui même).

2008-62. Terrassement et livraison de bois.

Jeudi soir 13 novembre 2008.

Chers Amis du « Refuge Notre-Dame de Compassion« ,

Il y a dix jours (cf. www) je vous avais fait le compte-rendu des aventures aquatiques de notre « Mesnil-Marie » à l’occasion de cet « épisode cévenol » (le vétérinaire qui s’occupe de Chlôris et de moi-même a employé cette expression et je l’ai bien retenue) particulièrement violent qui s’est abattu sur notre région au moment de la Toussaint.

Monsieur Opsilos avait ajouté un commentaire à mon récit dans lequel il écrivait: « Urgence drainage! » Les chats et le Frère en sont parfaitement convaincus, mais il y a des choses qui ne dépendent pas d’eux. Le problème réside en premier lieu dans le fait que ces pluies, qui ont duré pendant pratiquement douze jours, ont bien évidemment mis en retard les menuisiers-couvreurs qui doivent intervenir sur notre toiture pour la réviser et mettre en place l’isolation ; or ils ne peuvent commencer chez nous que lorsqu’ils auront terminé la toiture sur laquelle ils travaillent actuellement… En deuxième lieu, on peut dire qu’il en est de même pour l’entrepreneur de maçonnerie qui doit venir achever les travaux d’écoulement des eaux : lui aussi, en raison du mauvais temps, a accumulé du retard sur les chantiers qui précèdent le nôtre dans son calendrier. En troisième lieu, le plombier ne pourra poser les chenaux et les gouttières que lorsque les deux artisans précédemment cités auront achevé leur travail… Une fois que ces trois étapes auront été franchies, un grand pas en avant aura été fait pour la mise hors d’eau de notre « Mesnil-Marie« . Frère Maximilien-Marie dit avec un brin d’ironie qu’il fait du harcèlement moral auprès des artisans parce qu’il se rappelle régulièrement « à leur bon souvenir« ! Nous avons maintenant bon espoir que ces travaux soient entrepris avant la fin du mois de novembre, mais je compte sur vos prières pour que de nouvelles pluies ne viennent pas mettre de nouveaux délais à leur mise en oeuvre.

En attendant, un de nos voisins – Bruno – , voyant que Frère Maximilien-Marie  – très affaibli par deux virus – est contraint à beaucoup de repos et ne doit pas faire d’efforts physiques), s’est généreusement offert pour venir pendant plusieurs jours piocher le long du mur de l’ancienne étable, dont je vous disais que les siècles avaient accumulé contre lui un tas de terre et de pierres, responsable des infiltrations qui se font à travers le mur. Nous ne pouvons donc que remercier chaleureusement notre ami Bruno pour son esprit de service et la générosité avec laquelle il s’est donné à ce travail pénible.

Travaux le long du mur ouest

Vous avez ci-dessus une juxtaposition de trois clichés qui vous montrent cette précieuse avancée (vous pouvez cliquer sur l’image pour la voir en grand) : 1) à gauche, une vue prise au mois d’août juste avant le premier coup de pioche : vous voyez l’amas de terre, soutenu par un muret de pierre sèches, et le frêne que l’on aperçoit au sommet plonge des racines dans l’épaisseur même du mur de la maison! 2) au centre, un cliché qui montre le travail commencé par Frère Maximilien-Marie : le frêne a été coupé et une partie de la terre et des pierres a été enlevée ; le rocher sur lequel la maison est édifiée commence à apparaître juste à côté de la pierre d’angle. 3) à droite, une photo prise après le travail de Bruno : le mur est dégagé jusqu’au rocher sur lequel il s’appuie et on voit sur les pierres les traces de la terre enlevée ; on aperçoit aussi dans le mur les restes du tronc du frêne!

J’ai encore une autre photographie à vous montrer ce soir : celle de la grosse livraison de bois de chauffage qui nous a été faite le jeudi 6 novembre. Cela n’a pas été facile de trouver un important stock de bois sec (de préférence du hêtre) et Frère Maximilien-Marie avait dû passer de nombreux appels téléphoniques. Déjà une première livraison avait pu être faite à la fin septembre mais bien insuffisante pour passer toute la mauvaise saison. Maintenant nous devrions être tranquilles. Néanmoins, comme vous le voyez, le camion n’a évidemment pas pu venir jusqu’à la maison : sa manoeuvre était rendue encore plus malaisée qu’à l’accoutumée parce que les grosses pluies avaient détrempé et raviné le chemin. Il est donc monté à reculons aussi haut qu’il l’a pu et il a tout déversé dans le chemin, à charge pour notre Frère d’achever le transport jusqu’à la maison!

2008-62. Terrassement et livraison de bois. dans Chronique de Lully dsc02950

Enfin, vous le voyez, malgré les ralentissements imposés d’un côté par les intempéries et de l’autre par l’état de santé de Frère Maximilien-Marie, il y a quand même des choses qui avancent : dans quelques jours je reviendrai pour vous parler de nos fenêtres, mais pour le moment Chlôris et moi devons aller nous mettre à l’affut d’une vilaine souris qui vient, sans autorisation et sans gêne, faire ses courses dans la réserve de farine destinée à la préparation du pain : cela ne peut durer!

Lully chasseur

Je vous salue donc avec toute ma féline majesté et vous assure de la prière de Frère Maximilien-Marie à vos intentions.

Lully.

Publié dans:Chronique de Lully |on 13 novembre, 2008 |4 Commentaires »

2008-61. Les intempéries du haut pays cévenol.

Lundi soir 3 novembre 2008.

Chers Amis du « Refuge Notre-Dame de Compassion« ,

Plusieurs d’entre vous ont essayé de contacter le « Mesnil-Marie » ces derniers jours, après avoir été un peu alarmés par les nouvelles météorologiques qu’ils avaient entendues dans les journaux radiophoniques ou télévisés : quelques uns ont réussi à les joindre, mais d’autres n’y sont pas parvenus parce que nous sommes restés longtemps sans téléphone et sans Internet. Comme, ce soir, tout semble rentré dans l’ordre, je m’empresse de venir vous rassurer.

Déjà dans ma précédente chronique (ici > www), je vous disais que nous étions entrés dans une période pluvieuse… qui n’était pas tellement à mon goût. Mais au moment où je vous écrivais je n’imaginais pas ce qui allait nous arriver! Jamais je ne l’eusse cru si je ne l’eusse vu de mes propres yeux (Frère Maximilien-Marie insiste beaucoup pour que je m’exerce à une rigoureuse exactitude dans l’emploi des conjugaisons) : la neige est arrivée au matin du jeudi 30 octobre! Au début, j’ai cru que j’avais  été victime d’un enchantement – comme il en est question dans les livres de contes – et qu’ayant dormi environ deux mois je me réveillais à quelques jours de Noël. Cependant un coup d’oeil sur le calendrier m’a convaincu que ce n’était pas le cas.

Ainsi donc, la neige est tombée en abondance, serrée, pendant plus de trois heures, et – comme il avait gelé dans la nuit précédente -, nous craignions vraiment de la voir tenir au sol. Heureusement, il n’en a rien été! Les sommets environnants ont été saupoudrés de blanc et cela a fondu très rapidement. Lorsque, à la faveur d’une accalmie, Frère Maximilien-Marie est sorti pour faire quelques clichés, Chlôris et moi avons aussi fait quelques pas dehors : moi, je déteste la neige et je suis très vite rentré mettre mes pattes délicates au sec ; mais la petite Chlôris la découvrait pour la première fois et elle sautait pour attraper les flocons comme s’il se fût agi d’insectes, ce qui amusait beaucoup le Frère!

J’ai sélectionné quelques photos de ce premier jour de neige au « Mesnil-Marie » (comme d’habitude, il vous suffit de cliquer sur la vignette pour voir la photo en grand). Voici tout d’abord deux vues de notre maison : remarquez les flocons sur les troncs d’arbre et les plantes, et aussi la fumée qui sort de la cheminée, gage de siestes douillettes et prolongées auprès du poêle…

dsc02870.jpg     dsc02873.jpg

Les deux photos suivantes ont été prises depuis le « chambas » (c’est ainsi qu’en patois local on désigne les champs en terrasse étagés sur les flancs des montagnes) qui est juste au-dessus de chez nous :  sur la première, vous voyez notre toit et, au-delà, vous apercevez la forêt légèrement poudrée ; puis sur la seconde, vous voyez le tronc et les branches de l’un de nos noyers avec en arrière-plan la maison de notre voisine et amie, Pascale, qui régale ses hôtes avec de délicieuses recettes à base de plantes sauvages.

dsc02878.jpg     dsc02881.jpg

Mais ce fut une bien autre affaire le lendemain matin! En effet la pluie qui, dès le jeudi après-midi, avait succédé à la neige, est devenue véritablement diluvienne et quasi ininterrompue à partir du vendredi 31 octobre et pendant plus de deux jours. Le vent s’est mis à souffler avec une puissance de tempête, faisant voler des bâches de protection et même de vieilles portes qui protégeaient du bois de chauffage et du matériel de construction, alors qu’elles étaient pourtant lestées avec des lauzes ou des madriers! En entendant le mugissement des rafales, nous nous demandions si les cheminées et la toiture allaient tenir bon… Par les fenêtres, nous pouvions voir d’épais rideaux de pluie avançant en vagues successives, les arbres se tordre, et de lourds nuages sombres s’étirer, se déchirer et se recomposer à une vitesse folle.

Très rapidement, il fallut se mettre à écoper avec ténacité une eau qui s’infiltrait dans la maison avec encore plus de ténacité que Frère Maximilien-Marie n’en pouvait déployer. Pour comprendre ce phénomène, il faut bien vous rappeler que notre « Mesnil-Marie« , comme toutes les  maisons anciennes du hameau, est construit à flanc de montagne, directement sur le rocher qui affleure en de nombreux endroits.  Ainsi, dans le cas de précipitations abondantes et violentes, l’eau ruisselle sur la roche et par les veines de la roche. Notre « Mesnil-Marie » est une ancienne ferme qui a plus de 300 ans. L’ancienne étable, qui jouxte la grande pièce de vie et que l’on aménage peu à peu pour y installer les sanitaires dont la maison était totalement dépourvue à notre arrivée (vous avez une photo de cette pièce dans la chronique que j’avais rédigé à la fin du mois de septembre > www), est spécialement exposée aux inondations du fait que sur un côté entier c’est la roche qui sert de muraille et que sur une autre côté les siècles ont amassé, à l’extérieur, contre le mur une importante épaisseur de terre. L’eau  entre donc dans cette pièce par les veines du rocher et aussi en traversant le mur de pierre contre lequel la terre s’est accumulée. Les constructeurs avaient initialement prévu un système de drainage des eaux de ruissellement, mais des transformations successives et malheureuses l’ont rendu inopérant. Nous voulons bien sûr rétablir et améliorer ce drain, et aussi faire disparaître l’accumulation de la terre à l’extérieur du mur, mais jusqu’à présent nous n’avons pas eu le temps de le faire : Frère Maximilien-Marie a des problèmes de colonne vertébrale et son état de santé est assez précaire en ce moment.

Mais il faut que je reprenne mon récit au sujet de notre inondation. Frère Maximilien-Marie, à l’aide de pelles à balayures a donc dû remplir des seaux  qu’il fallait vider à l’extérieur. Un seau a une contenance de dix litres : il est donc assez facile de calculer – quand on remplit et vide des seaux par dizaines – que ce sont quelques milliers de litres qui ont ainsi été vidés… Toutefois cela ne pouvait suffire et l’ancienne étable avait, dès le vendredi soir, environ deux centimètres d’eau sur tout sa surface (fort heureusement, tout le matériel qui s’y trouve entreposé est déposé sur des palettes et il est donc resté  hors d’eau). Frère Maximilien-Marie s’est alors efforcé d’empêcher l’eau d’envahir la grande pièce  de vie qui est légèrement en contrebas de l’ancienne étable et il a effectivement réussi à la maintenir dans des limites raisonnables. Sur le cliché qui suit vous pourrez voir que, contrairement à la plupart de nos congénères, Chlôris ne craint pas l’eau et qu’elle profite de toutes les occasions pour patauger allègrement. Cette photo est prise au pied des deux marches qui font la communication entre l’ancienne étable et la salle à manger : à certains moments, l’eau coulait dans l’angle de la marche comme s’il s’était agi d’un robinet ouvert!

dsc02784.jpg

La petite rivière qui coule à une centaine de mètres en contrebas du « Mesnil-Marie » a pris très vite des proportions impressionnantes : son rugissement furieux emplissait le fond de la vallée, et nous pouvions apercevoir ses flots boueux roulant environ deux mètres au dessus de son niveau normal. Quant au tout petit ruisseau qui coule entre la maison de Pascale et la nôtre, et qui était quasi à sec depuis le mois de juillet, il est devenu un véritable torrent furieux. Le soir de la Toussaint, on ne pouvait plus le franchir, même en sautant, sinon chaussé de grandes bottes et en entrant dans l’eau qui, à l’endroit habituel du passage, s’étalait sur une largeur d’environs deux mètres.

Le matin de la Toussaint, il n’était évidemment pas question de parcourir une soixantaine de kilomètres dans de telles conditions pour aller assister à la Sainte Messe latine traditionnelle. Frère Maximilien-Marie a dû se contenter d’aller à la Messe paroissiale la plus proche, célébrée à B**** par un ancien missionnaire d’Afrique qui remplit les fonctions de « vicaire » dans la paroisse territoriale sur laquelle le « Mesnil-Marie » est implanté. Pour franchir les quelque sept kilomètres qui séparent le « Mesnil-Marie » de B****, il a fallu  plus de vingt minutes dans une ambiance qui avait un côté surréaliste. Le dimanche 2 novembre, pour aller à la messe dominicale Frère Maximilien-Marie n’a pu sortir du « Mesnil-Marie » et atteindre la voiture qu’à la condition d’avoir chaussé de grandes bottes de cahoutchouc, sans cela il lui était impossible de franchir le ruisseau!!! Voici justement une photo  qui réunit par juxtaposition deux prises de vues. A gauche, une photo prise le jeudi 30 en fin de matinée : on voit un peu de neige sur les troncs ; à droite, une vue de ce même ruisseau prise  à la faveur d’un rayon de soleil le dimanche 2 novembre en début d’après-midi. Le lieu où il faut le franchir pour arriver au « Mesnil-Marie » se situe au sommet de cette petite cascade.

dsc02869a.jpg

Bref, nous avons expérimenté ce que sont les grandes pluies d’automne en haut pays cévenol, et même  s’il y a eu pour nous quelque inconfort, je sais que cela n’est rien en comparaison des dégâts énormes qui ont été causés par les eaux en crue dans plusieurs villes et villages assez proches de chez nous.  Comme le dit Pascale : « Ici, l’eau ne fait que passer et nous ne sommes pas à plaindre en comparaison de ceux qui vivent dans les endroits où les eaux se rassemblent et s’accumulent. » Moi, de toute mon âme,  je rends grâces à Dieu pour les larges murs de pierre et la solide charpente de notre « Mesnil-Marie« , et je Le prie de venir en aide à tous les malheureuses victimes de ces intempéries, en suscitant les générosités et les aides dont elles ont besoin. 

Lully.

Publié dans:Chronique de Lully |on 3 novembre, 2008 |5 Commentaires »

2008-60. Saint Glinglin : un Saint dont tout le monde parle mais dont on ne peut jamais célébrer la fête!

 

2008-60. Saint Glinglin : un Saint dont tout le monde parle mais dont on ne peut jamais célébrer la fête! dans Chronique de Lully dyn002original100160gif2582326252bfec892843f9590a88cd226fbca7f

Aujourd’hui, il fait ici un temps épouvantable ; un temps humide et froid : un temps à ne pas mettre un matou dehors !
Frère Maximilien-Marie essaie de me trouver quelques distractions pour que je trouve le temps un peu moins long. En faisant des rangements, il a retrouvé un gros livre de contes et il s’est écrié : « Ah, puisque nous sommes dans les jours proches de la fête de tous les Saints, voilà un livre qui est bien de circonstance ! » Et il me l’a tendu.
Le titre m’a étonné : « Les contes de la Saint Glinglin » (*).
Lorsque les hommes disent « à la Saint-Glinglin », ils veulent dire « jamais », et je me demandais bien pourquoi.
Alors je me suis assis près du poêle, j’ai ouvert le gros livre et j’ai lu à haute voix l’histoire de Saint Glinglin et de la belle Lurette :

livre000.gif

« De son vrai nom, saint Glinglin s’appelait Galahan O’Galahan. C’était un Irlandais. Il était moine au monastère du bon abbé saint Brandan qui découvrit l’Amérique bien des siècles avant Christophe Colomb. Ayant appris la maçonnerie dans son enfance, il était devenu le tailleur de pierre du couvent. C’est lui qui creusa de ses mains, dans le granit le plus fin et le plus dur, l’auge miraculeuse à bord de laquelle saint Brandan s’embarqua pour aller découvrir l’Amérique. On le considérait comme le plus habile sculpteur de toute l’Irlande. Il faisait des statues, des chapiteaux, des tables, des cheminées. Tout le monde l’admirait beaucoup.
Seulement il avait un grave défaut : il était épouvantablement étourdi. Il oubliait tout, sauf l’heure des repas, et encore c’est parce qu’il avait faim. Il oubliait jusqu’à son nom.

Même dans son métier, il avait des distractions lamentables. Un jour qu’on lui avait commandé une série de statues pour la nouvelle chapelle du couvent, il fit une grande barbe blanche à la Sainte Vierge et, à saint Pierre, il mit un chignon. Or, comme chacun le sait, saint Pierre est complètement chauve. Ce fut un beau scandale dans le chapitre, où les chauves ne manquaient pas. Galahan O’Galahan dut expier son double sacrilège par une pénitence de huit jours au pain et à l’eau.

Le bon saint Brandan, qui l’aimait bien, était fort attristé par ces incartades.
- Mon petit, disait-il, prends garde à ton étourderie. Elle te jouera un mauvais tour.
- Je sais, mon Père, soupirait-il. Je me dis toujours que je vais faire attention, que je vais me rappeler les choses mais cinq minutes après, j’ai tout oublié, j’ai même oublié que je n’ai pas de mémoire !
- Hélas ! mon petit, je crains fort que cette malheureuse infirmité ne t’empêche d’être jamais un saint !

Il faut vous dire qu’en Irlande, à cette époque, tous les gens qui se respectaient finissaient par devenir ou des rois ou des saints. Les autres étaient très mal considérés. C’est bien cela qui faisait souffrir Galahan. Il s’approchait de l’âge où un moine, conscient de ses devoirs, songeait à sa canonisation. Mais allez donc canoniser une tête de linotte pareille ! Le malheureux dépérissait à vue d’œil. Il ne se passait pas de semaines sans qu’il apprit qu’un des ses frères plus jeunes, parfois un de ceux qu’il avait connu moinillon, réussissait à faire son trou dans le calendrier. Chaque fois il passait la nuit en macérations et en prières, prenait de bonnes résolutions, jurait qu’il serait moins étourdi. Mais, le lendemain matin, il avait tout oublié.

Un jour saint Brandan lui dit : « Mon enfant, tu as mauvaise mine. Il faut changer d’air. D’ailleurs les voyages forment la jeunesse et un gamin de soixante ans, comme toi, devrait en tirer profit. Va au port préparer mon auge miraculeuse. Je t’emmène avec moi en Aquitaine ».

Saint Brandan avait en effet l’habitude d’aller chaque automne dans le Midi de la France pour y faire sa cure de raisin frais au moment de la vendange. Galahan O’Galahan ne se fit pas répéter deux fois l’ordre de son prieur. Il courut au port et passa l’auge à la pierre ponce afin qu’elle fendit mieux les flots. Sous le banc de granit, il logea le bissac qui contenait son maigre bagage et celui de saint Brandan. Il y ajouta les outils de son art, une gouge et un maillet, pour le cas où il rencontrerait quelque chose de pierre valant la peine d’être taillé.

Un beau jour donc, l’abbé et le moine débarquèrent de l’auge sur les rives de la Garonne. C’était la mi-septembre et les paysans étaient dans les vignes en train de vendanger. A peine débarqué, saint Brandan s’en fut voir son vieil ami, le prieur du couvent de Saint-Macaire. Il laissa son auge à la garde de Galahan et, avant de partir, il lui recommanda bien de songer à venir le prendre au couvent un peu avant l’heure de complies.

Il faisait un beau soleil, bien doré. Galahan fit quelques pas le long de la berge parmi les aubiers, puis soupirant d’aise, il s’étendit dans l’herbe. Trois minutes plus tard, il se relevait avec un cri de désespoir. Il avait tout oublié. Mais tout : les recommandations de l’abbé, l’heure où il devait aller le chercher, l’endroit où il avait amarré l’auge… Il avait même oublié le nom du pays où il se trouvait. La tête dans les mains, il se mit à pleurer.

Au bout d’un moment, un léger bruit lui fit lever la tête. Il vit devant lui une petite fille qui le regardait curieusement avec ses grand yeux noirs. Elle pouvait avoir neuf ans.
C’était une très gentille petite fille et elle habitait Saint-Macaire, où son papa était tonnelier ; elle s’appelait Lurette. Et comme elle était fort jolie, quand on parlait d’elle on disait «la belle Lurette». C’est même sous ce nom qu’elle est devenue célèbre.

Entre autres qualités, Lurette avait bon cœur. Elle s’assit à côté du moine.
- Pourquoi pleurez-vous ? dit-elle.
- Je… euh… j’ai oublié, répondit Galahan.

C’était vrai, il avait oublié pourquoi il pleurait. Mais comme Lurette lui avait parlé en français, il s’était ressouvenu qu’il était en France. Cela le consola un peu. Il essuya ses larmes avec la robe de bure ; Lurette sourit.
- Comment vous appelez-vous ? demanda-t-elle.
- Galahan O’Galahan.

Il faut dire qu’il parlait avec l’accent irlandais, qui tient un peu le milieu entre l’accent anglais et l’accent auvergnat. Lurette compris qu’il disait Glinglin.
- Glinglin, dit-elle, c’est un joli nom. On dirait une cloche du dimanche. La saint Glinglin sera une fête carillonnée.

A ces mots, le malheureux eut une nouvelle crise de larmes. Pressé de questions affectueuses, il finit par expliquer à la petite fille la cause et l’origine de tous ses malheurs.
- C’est une maudite distraction, Lurette, j’ai la cervelle comme une passoire.
- Il faut vous en corriger, Glinglin. C’est une question de volonté.

Elle répétait ce qu’elle avait entendu dire par sa maîtresse d’école. Lurette était une très bonne élève. Elle entreprit de faire l’éducation de son nouvel ami. Pour entraîner sa mémoire, elle lui apprenait la table de multiplication, la plus difficile, celle de sept. Pendant tout ce temps que les Irlandais restèrent en Aquitaine, le moine et la petite fille se retrouvèrent matin et soir. Glinglin, puisque c’était son nouveau nom, avait commencé une belle statue de Lurette et, tandis qu’il tapait à grands coups de maillet sur la gouge, ne s’interrompant que pour grappiller un raisin, elle lui posait des colles :
- Sept fois six, Glinglin ?
- Trente six… non, quarante deux, Lurette. Tourne un peu la tête à gauche.
- Sept fois neuf ?

Ça c’était plus dur. Il se grattait la tête d’un air penaud.
- Sept fois neuf ?…Malheur, j’ai encore oublié ! Tu vois, je ne suis bon à rien, Lurette.
- Mais si, Glinglin. Un petit effort, voyons. Sept fois neuf soixante trois. Répétez…
- Sept fois neuf soixante trois. Relève cette mèche de cheveux.

Et ainsi de suite. Quand vint le moment de quitter Lurette et de rentrer en Irlande, Glinglin avait fait des progrès considérables. En fermant les yeux et en serrant les dents, il arrivait à se rappeler les choses quelques fois deux heures de suite. Le bon abbé saint Brandan en fut ravi. Il donna sa bénédiction à Lurette et promit de ramener le moine avec lui l’année suivante.

Pendant toute cette année là, Glinglin fut un modèle d’exactitude et d’attention ; il arrivait à l’heure aux offices. Il rangeait ses outils, le travail terminé, et se rappelait où il les avait mis le lendemain matin. En secret, il avait même appris la table de huit pour faire une surprise à Lurette.

Vint enfin la saison des vendanges. Au moins quinze jours à l’avance, l’auge était prête. Un bon vent poussa saint Brandan et Glinglin vers l’Aquitaine. Par un soir d’or et de pourpre, ils touchèrent la rive. Debout à l’avant de l’auge, Glinglin cherchait Lurette des yeux.

Hélas ! dans les vignes désertes, aucun vigneron ne chantait. A la chapelle du prieuré, une cloche sonnait le glas. Inquiets, les deux voyageurs mirent pied à terre et montèrent vers le village. A l’entrée du couvent, un moinillon tout en larmes leur conta la triste nouvelle : quelques jours plus tôt, Lurette avait été prise de fièvre et elle était morte le matin même en parlant de son grand ami Glinglin.

On l’enterra dans le jardin du monastère et Glinglin lui fit une belle tombe sur laquelle il plaça la statue qu’il avait exécutée l’année précédente. Les gens allaient souvent la voir les jours de promenade et y posaient des fleurs. Elle est restée là pendant des siècles. Elle n’y est plus maintenant, mais elle y est restée si longtemps qu’on a pris l’habitude de la voir ; si bien qu’aujourd’hui, quand on veut dire qu’une chose est très ancienne, on dit : « Il y a belle lurette ». Saint Brandan abrégea sa visite. Le retour en Irlande fut triste. Glinglin était inconsolable. Un temps, il essaya de se souvenir des leçons que lui donnait sa petite amie, mais sa nature oublieuse reprit le dessus. Six mois plus tard, c’est à peine s’il savait encore sept fois deux quatorze. Bientôt, il ne lui resta plus que son chagrin. Il était plus étourdi, plus distrait que jamais, et saint Brandan abandonna toute espérance de le voir canoniser de son vivant.

Il finit par mourir à son tour. Et, là encore, il fut victime de son incurable distraction. On lui avait pourtant bien expliqué le chemin du Paradis. Mais, au moment de partir, rien à faire, il avait tout oublié. Vers le haut ? vers le bas ? à droite ? à gauche ? au nord ? au sud ? Perdu dans l’espace immense, il erra des jours, des années, peut être des siècles. Il avait perdu tout espoir lorsqu’un beau matin, au détour d’un nuage, il tomba sur la porte du Paradis. Il sonna. Avec un grand bruit de clefs, saint Pierre vint lui ouvrir. Il le toisa sans aménité.
- Ha, ha ! s’écria-t-il d’une voix aigre-douce. Mais c’est Galahan O’Galahan, l’illustre sculpteur, qui nous fait enfin l’honneur d’une visite. Que viens-tu faire ici, songe creux ? Je te croyais au Purgatoire.

Rien qu’au ton du grand saint Pierre, Glinglin comprit qu’il n’avait pas oublié l’affaire du chignon. Fort gêné, il se gratta la tête. Saint Pierre se méprit sur le sens de son geste.
- Quoi ? gronda-t-il. Quoi ? Tête de linotte, tu as le toupet de venir me demander une auréole ? T’imagines-tu que nous manquions de saints au point de prendre des faibles d’esprit, des gâcheurs de pierre, des… des coiffeurs pour dames ?

Il s’étranglait d’indignation. Le pauvre moine ne savait que dire et regardait tristement la pointe de ses sandales quand soudain une voix claire lui fit lever les yeux comme jadis sur les bords de la Garonne.
- Glinglin, enfin vous voilà ! je commençais à m’ennuyer sans vous. Mais maintenant que vous êtes là, vous allez voir comme c’est amusant le Paradis. D’abord on va vous donner une auréole puisque vous êtes un saint, n’est ce pas bon saint Pierre ?
- Tu connais ce bon à rien, petite ? Eh bien, je ne te fais pas mon compliment. Quant à l’auréole, il peut se brosser, tu m’entends ?

Toute rouge, Lurette tapa du pied : « Vous êtes un méchant, saint Pierre. Glinglin n’est pas un bon à rien. Seulement il est un peu étourdi. Mais il fait tout ce qu’il peut pour s’en corriger. Il sait la table de sept sur le bout du doigt. Tenez, écoutez : sept fois neuf, Glinglin ? »
- Cinquante six, répondit Glinglin en baissant le nez.
- Tu vois, ricana saint Pierre, un bon à rien, c’est ce que je disais… Eh là , petite, tu ne vas pas pleurer maintenant.

Lurette était en larmes. Saint Pierre à gauche, Glinglin à droite essayaient vainement de la consoler. Quand elle fut un peu calmée, le porte-clefs du Paradis bougonna : « Bon, bon, ça va, je vais lui donner son auréole ».

Il fouilla dans un coffre et en tira une vieille auréole dont la dorure commençait à s’écailler.
- Tiens, prends ça, toi. Elle est un peu rouillée, mais tu n’auras qu’à y mettre de l’huile de coude. Tu peux écrire « saint » sur ta carte de visite, animal. Mais c’est bien pour la petite que je fais ça.

Le nouveau saint était radieux. L’auréole était un peu grande, mais il se garda bien de protester ; il lança un sourire de reconnaissance à Lurette. Déjà saint Pierre revenait avec un gros registre.
- Voyons un peu… il faut que je t’inscrive, maintenant. Nous disons, nom et qualité… Saint Galahan… sexe, masculin… Profession… hum, pas sculpteur tout de même… tailleur de pierre… nationalité, irlandaise. Bon. Maintenant, il te faut une fête. Ça va être commode, avec le calendrier chargé comme il l’est ! Enfin, voyons la date de ta mort ?

Saint Glinglin pâlit sous sa nouvelle auréole. Depuis le temps qu’il errait dans l’espace, il avait perdu le compte des jours et il était bien incapable de dire quand il était mort.
- Je… je ne sais pas, bon saint Pierre.
- Tu ne sais pas ? Et qui va le savoir alors ? C’est tout de même un peu fort! et ta date de naissance ?
- Je… j’ai oublié, bon saint Pierre
- Tu commences à m’énerver à la fin ! bon sang, quel empoté ! Alors il n’y a plus qu’une solution. Donne moi la date de ton baptême. Vite !

Saint Glinglin resta silencieux. Il avait aussi oublié la date de son baptême. Cette fois, saint Pierre se fâcha tout rouge : « Comment, mauvais chrétien ? Passe que tu oublies ta naissance et ta mort, qui ne sont d’ailleurs pas des événements bien remarquables ; mais ton baptême ! C’en est trop ! Tu as de la chance d’avoir déjà ton auréole. Les règlements ne me permettent pas de te la reprendre, sans cela ce serait déjà fait ! En tout cas pour la fête, tu attendras d’avoir retrouvé la mémoire ! Je t’ai assez vu ! »

D’un geste sec, il referma son registre et, prenant Lurette par la main, rentra dans le paradis, laissant saint Glinglin planté sur le seuil.
- Mais, protesta faiblement le malheureux, quand pourrai-je entrer au Paradis ?
- Le jour de la saint Glinglin, lui jeta saint Pierre en claquant la porte.

Et, depuis ce temps, assis sur un nuage à l’entrée du Paradis, le pauvre saint Glinglin essaie de retrouver le jour de son baptême qui sera aussi le jour de sa fête. Il n’y est pas encore parvenu ; de temps en temps, pour qu’il ne s’ennuie pas, Lurette lui porte un morceau d’étoile qu’il s’amuse à sculpter pour elle. Quand il n’est pas content de son travail, il jette les morceaux par dessus bord et ce sont les étoiles filantes… »

etoile019.gif

Voilà, j’espère que ce conte vous aura plu autant qu’à moi. Frère Maximilien-Marie aussi l’aime beaucoup (même s’il trouve que Monsieur Escarpit n’a pas été très gentil avec le bon saint Pierre en le dépeignant comme un horrible grincheux rancunier) ; d’ailleurs pendant que je lisais il a éclaté de rire à plusieurs reprises !
Et puis, même si l’histoire s’achève de manière un peu triste, je trouve qu’il y a beaucoup de bons éléments à en tirer. En particulier, soyons honnête, je sais  enfin – et vous aussi maintenant vous savez – pourquoi on dit « il y a belle lurette » et « à la saint-glinglin ».
Alors, pour en revenir à la fête de Toussaint toute proche, je me permets de vous faire un sermon de douze mots : « N’attendez pas la saint Glinglin pour travailler à devenir des saints ! »

pattes de chatLully.                    

(*) Robert Escarpit : « Les contes de la Saint Glinglin ».

Nota bene :
M. Rat, dans son « Dictionnaire des locutions françaises » explique que les étudiants en droit apprennaient (l’apprennent-ils toujours ?) l’anecdote suivante : à une époque où les échéances de paiement étaient en référence avec les fêtes religieuses (par exemple « à la Saint-Michel »), un débiteur malicieux avait promis à son créancier (sans doute pas très avisé) qu’il le paierait le jour de la saint Glinglin. Le créancier ne voyant rien venir avait fini par porter l’affaire devant la justice et le tribunal avait, non sans humour (une fois n’est pas coutume), rendu le jugement suivant : 
« Attendu que la Saint-Glinglin ne figure pas dans le calendrier, mais qu’il existe à la date du 1er novembre une fête collective de tous les saints qui n’ont pu y trouver place ; attendu, en conséquence, qu’il y a lieu de fixer au 1er novembre la date de la Saint-Glinglin ; par ces motifs, contradictoirement et en dernier ressort, condamne le débiteur à payer la somme réclamée avant le 1er novembre ». Selon la jurisprudence française donc, la Saint Glinglin est reportée à la Toussaint !!!

Publié dans:Chronique de Lully, Nos amis les Saints |on 29 octobre, 2008 |10 Commentaires »

Recette du Mesnil-Marie : un gâteau aux mûres.

animauxchats00330.gif   » Je vous l’écrivais la semaine dernière (cf.> www) : l’automne est bien installé… L’an dernier, dans cette même saison, je vous avais donné une recette de gâteau d’automne avec des noix et des pommes (cf. > www), qui est particulièrement délicieux et qui est toujours très apprécié  de nos convives. Aujourd’hui, je vais vous livrer les secrets d’un  autre délicieux dessert : il s’agit d’un gâteau aux mûres que nous avons savouré à l’occasion de la fête de Saint François d’Assise. En effet, Frère Maximilien-Marie a cherché longtemps avant de trouver une recette – autre que la tarte et qui soit facile à réaliser – avec ces petits fruits sauvages. Comme je vous l’ai déjà expliqué (cf.> www), il a cueilli de délicieuses mûres sur les ronces qui ont envahi nos « chambas » restés à l’abandon pendant des années. Depuis la mi-septembre, il a pu en récolter à plusieurs reprises, et il y en a encore quelques unes qui parviennent à maturité ces jours-ci. Si donc vous aussi vous en trouvez encore près de chez vous, n’hésitez pas à vous lancer dans leur cueillette et dans la réalisation de cette recette : vous ne le regretterez pas, même si vous vous êtes un peu piqué les doigts en les récoltant…

Je vous souhaite à tous une bonne semaine. »

Lully.

les mûres de Condas

Ingrédients:

125 grammes de beurre ; 125 grammes de sucre en poudre ; 1 verre de lait ; 1 cuiller à café d’extrait liquide de vanille ; 3 oeufs ; 200 grammes de farine ; 1 sachet de levure chimique ; et bien sûr… des mûres (autant que vous voudrez!).

Préparation:

Mélangez tous les ingrédients sus-cités dans l’ordre donné.Versez la pâte obtenue dans un moule à manqué, préalablement beurré et fariné, et  incorporez y alors les mûres. Mettez au four (thermostat 4 pendant environ 30 minutes)… Surveillez la cuisson!

Ce gâteau prendra toute sa saveur si vous le dégustez accompagné d’un flan aux oeufs, d’une crème à la vanille ou même d’un fromage blanc battu.

Publié dans:Recettes du Mesnil-Marie |on 12 octobre, 2008 |Pas de commentaires »

2008-55. Où Lully vous parle de l’arrivée de l’automne, puis relate un pèlerinage à Saint Michel.

Mercredi soir 8 octobre 2008.

Chers Amis du « Refuge Notre-Dame de Compassion« ,

Voici presque trois semaines que je ne vous ai pas écrit pour vous donner les nouvelles du « Mesnil-Marie » (cf.> www). Ne pensez surtout pas que je vous oublie : mais il y a  d’une part notre Frère Maximilien-Marie sur lequel je dois veiller attentivement et dont il me faut superviser les travaux, et d’autre part la petite Chlôris, à l’éducation de laquelle je préside. Avec cela, je puis vous assurer que j’ai des journées bien chargées *. Aujourd’hui il pleut, il pleut, il pleut sans interruption depuis quatre heures du matin (je vous raconterai un peu plus loin les évènements de la nuit) : nous sommes confinés à l’intérieur et j’en profite pour jouer avec la souris de l’ordinateur, faute de pouvoir chasser celles qui courent encore à travers champs…

L’automne est bien installé : si nous avons eu la plupart du temps de très belles journées ensoleillées, nous avons eu en même temps des températures matinales avoisinant le zéro ou même en dessous pendant une bonne dizaine de jours.

Frère Maximilien-Marie s’extasie sur les couleurs que prennent les arbres, vraiment splendides – c’est un lieu commun de le dire! – et qui vont du jaune éclatant des érables champêtres au rouge vif des cerisiers sauvages en passant par mille et une nuances d’orange et de brun. Notre Frère ramasse les noix qui tombent, quand les écureuils ne sont pas plus rapides que lui pour les emporter!

La petite Chlôris s’est-elle elle-même prise pour un écureuil? Elle nous en a donné l’impression, il y a quelques jours, quand elle est montée sans la moindre hésitation jusqu’aux plus hautes branches d’un noyer : j’en étais tout ébaubi car je ne suis pas moi-même un grand adepte de l’escalade des arbres… Bref! la minette en haut du noyer s’est tout de même trouvée un peu confuse et un peu moins adroite quand il s’est agi de redescendre : les lois de l’attraction terrestre l’ont finalement bien aidée car, avant que Frère Maximilien-Marie ait eu le temps de faire quoi que ce soit pour la tirer de ce mauvais pas, nous la vîmes dégringoler d’environ 3 mètres et rebondir comme une balle en caoutchouc sur l’herbe qui  est heureusement fort épaisse à cet endroit-là. L’audacieuse n’a même pas semblé avoir eu peur!

Mercredi dernier, nous avons été emmenés chez le vétérinaire:  il s’agissait de me faire un rappel de vaccination, tandis que pour Chlôris c’était sa première piqûre. Pendant une bonne partie du trajet en voiture, tous les deux, nous faisions connaître notre réprobation en alternant des miaulements plaintifs, si bien que Frère Maximilien-Marie a fini par nous demander si nous nous entraînions pour chanter le célèbre « Duetto dei gatti » de Rossini (cf.> www)!!!

dsc02199.jpg

Je vous disais plus haut que la pluie aujourd’hui avait commencé à tomber de manière très violente vers 4h du matin : il y a eu des éclairs et du tonnerre. Frère Maximilien-Marie s’est levé et a allumé un cierge bénit (parce que souvent tout disjoncte chez nous au moment des orages, donc en sus de la protection du sacramental le cierge présente l’avantage d’assurer un peu de clarté quand tout est soudain plongé dans l’obscurité) ; puis il s’est mis en devoir de disposer des cuvettes et de grandes poubelles à certains endroits stratégiques pour éviter autant que possible – où du moins pour limiter – les inondations. Mais l’orage était si violent que ce ne fut pas suffisant et qu’il lui fallut très vite recourir aux serpillières pour tenter d’opposer des barrages absorbants aux infiltrations qui se faisaient par dessous les portes. Il dût même se mettre à quatre pattes pour écoper et remplir des seaux en se servant d’une pelle à balayures.

Chlôris et moi trouvions cela  vraiment très amusant d’autant plus que, lorsqu’il a déplacé une malle, Frère Maximilien-Marie nous a retrouvé une balle de ping-pong que nous cherchions depuis plusieurs jours. Aussitôt Chlôris a sauté dessus, l’a faite rebondir et, en voulant la rattraper au vol, s’est retrouvée au beau milieu de la cuvette que Frère Maximilien-Marie était en train de remplir. La minette s’est enfuie sans demander son reste et sans plus se préoccuper de sa balle! Elle est terriblement espiègle, mais on ne peut lui en tenir rigueur: ce n’est qu’une enfant! Et lorsqu’elle nous regarde avec ses grands yeux dorés, elle nous fait tous fondre d’attendrissement…

dsc02196.jpg

En ce qui concerne les travaux de notre « Mesnil-Marie« , le Frère a reçu la visite du menuisier-couvreur et de l’entrepreneur de maçonnerie : les travaux de révision et d’isolation de la toiture devraient normalement commencer vers le 25 octobre. En prévision de cela, on nous a livré ce matin même 110 paquets de plaques de chanvre isolant. Le camion ne pouvait monter jusqu’à la maison ; il a donc fallu tout décharger – sous une pluie battante – sur un petit terrain en bord de route,  puis recouvrir cet énorme tas d’une bâche protectrice en attendant que Frère Maximilien-Marie puisse monter  les paquets un à un jusque chez nous (chaque paquet contient 4 plaques de 1,20m x 0,60 : ce n’est pas très lourd mais c’est très encombrant).

Nous avons aussi reçu il y a quelques jours une livraison de bois de chauffage, et le lendemain des matériaux de construction (sacs de ciment, briques, sable…) . A chaque fois c’est la même chose : les camions ne peuvent arriver jusqu’à la maison et il faut achever le transport à la brouette ou à la seule force des bras.  Avec ces matériaux, certaines transformations ont été réalisées dans l’ancienne étable : un mur de pierre d’un mètre de haut a été édifié, pour délimiter le lieu de passage et l’endroit où seront les sanitaires  ; il sera complété plus tard par une cloison plus légère au dessus. Ensuite les menuisiers sont intervenus et ont mis en place une splendide ancienne poutre de châtaignier, récupérée sur un chantier de démolition : cette poutre, vous le verrez sur la photo ci-dessous, complète le mur de pierre dont je vous parlais et assure le renforcement nécessaire de la poutre maîtresse de l’étable.

dsc02209.jpg

Ensuite les menuisiers ont pu achever la réfection de la première moitié du plancher (entre l’étable et le grenier) commencée à la fin du mois de juillet (cf > www).  Enfin, pour clore le chapitre des travaux en cours, Frère Maximilien-Marie a commencé le décapage de vieilles portes, récupérées sur un chantier**, et à faire sur le terrain qui entoure immédiatement la maison un traitement contre les mauvaises herbes : bientôt il lui faudra se lancer dans le bêchage et les plantations de bulbes et d’arbustes.

Je terminerai ma chronique de ce soir en vous disant que, à l’occasion de la fête de l’Archange Saint Michel, Frère Maximilien s’est rendu en pèlerinage au sanctuaire de Saint Michel d’Aiguilhe, au Puy-en-Velay.  Il s’est confié lui-même à la protection du Prince des armées célestes et il lui a également recommandé toutes les intentions qui lui sont confiées. Ce petit sanctuaire, juché sur son rocher volcanique, est accessible par 268 marches – pour la plupart taillées dans le roc – ce qui représente un effort certain: mais en haut c’est l’éblouissement d’une architecture étonnante et le saisissement par une atmosphère de recueillement et de paix. Le temps de prière qu’il a passé là l’a profondément marqué : il nous en a fait un récit enthousiaste si bien que même nous, les  chats nous en avons été enchantés et fortifiés. Il en a ramené ce cliché qui vous donnera peut-être le désir d’y faire un pèlerinage un jour à votre tour!

Lully.

stmicheldaiguilhe40.jpg

Prière à Saint Michel, écrite en 1962 par Monseigneur Jean Dozolme, évêque du Puy , à l’occasion du millénaire de la chapelle de Saint-Michel d’Aiguilhe (962) :

 » Saint Michel qui, avec tous les Anges, habitez l’inaccessible lumière de la gloire divine, depuis un millénaire vous nous donnez, dans le sanctuaire aérien du rocher d’Aiguilhe, le gage d’une présence d’aide et d’amour. Vous prenez ainsi place auprès de l’Eglise angélique de Notre-Dame du Puy, la Reine céleste que les Anges ont saluée dans son Annonciation et élevée au Ciel dans son Assomption. Défenseur de l’Eglise, soyez son soutien contre toutes les forces du mal. Protecteur de la France, à qui vous avez envoyé Sainte Jeanne d’Arc pour la rétablir dans sa liberté, l’unir aux autres nations chrétiennes et la faire mieux servir avec elles au rayonnement de l’Evangile, guidez-la dans son rôle de Fille Aînée de l’Eglise. Gardien des âmes dans leur labeur terrestre, leur résistance au démon et leur sortie de ce monde, assistez-nous. Rendez-nous fidèles à la vérité, ennemis du péché, confiants en la Vierge Marie et attachés au Christ qui nous conduit au Père. Ainsi soit-il.« 

* * * * * * *

* N’oubliez surtout pas que la journée d’un chat se compose obligatoirement de 15 à 18 h de sommeil.

** Ce sont les portes d’un ancien presbytère, vide de présence sacerdotale depuis des années, et que la municipalité a récupéré pour en faire un centre de remise en forme avec salle de musculation, hammam et sauna!…

Publié dans:Chronique de Lully |on 8 octobre, 2008 |1 Commentaire »

Recette du Mesnil-Marie : Purée de courgettes et pommes de terre à la menthe.

Samedi 20 septembre 2008.

Chers Amis du « Refuge Notre-Dame de Compassion« ,

lully.gif Quelles nouvelles vous donnerai-je ce soir? Rien de bien sensationnel à la vérité. La vie ici se poursuit tranquillement, même si la petite Chlôris met parfois une animation un peu turbulente dans notre « Mesnil-Marie« !

Frère Maximilien-Marie, à plusieurs reprises, a cueilli des mûres sur les buissons  qui se sont développés depuis des années sur les « chambas » (c’est ainsi qu’on appelle ici les échamps, les champs en terrasse) laissés à l’abandon. Il les transforme ensuite en confitures dont l’odeur alléchante se répand dans la maison, tandis que Chlôris et moi rivalisons de ronronnements avec le gros poêle qu’il faut désormais allumer une partie de la journée. L’automne est là ; c’est demain – 21 septembre – la fête de Saint Matthieu et le dicton populaire ne se trompe pas: « A la Saint Matthieu, l’été il faut dire adieu« . En effet les températures, après le coucher du soleil et surtout le matin, sont maintenant bien fraîches: il a même gelé en milieu de semaine dans les villages voisins!

Frère Maximilien-Marie a presque terminé de débiter et de mettre en un tas  bien ordonné, afin qu’il sèche toute une année, le bois des frênes qui s’étaient développés de manière anarchique devant la façade sud de notre « Mesnil-Marie » et qui ont été coupés au printemps. Il n’a pas besoin d’aller dans un centre de « remise en forme » pour faire de la musculation, et il se demande même si les gens qui payent assez cher des abonnements pour aller soulever des poids dans une salle de gymnastique ne pourraient pas prendre chez nous une carte d’abonnement à un tarif préférentiel pour venir transporter et couper du bois  dans le bon air de nos montagnes… C’est un concept qui pourrait devenir « furieusement tendance » après tout si nous trouvions une star qui accepte d’en faire la promotion à la télévision!!!

Enfin, comme cela fait quelques semaines que je ne vous ai pas suggéré quelque bonne idée gourmande, je vais me rattraper ce soir en vous donnant la recette d’une délicieuse purée de courgettes et pommes de terre à la menthe que Frère Maximilien-Marie a confectionnée cette semaine. C’est très facile, et on peut même – en fonction des légumes dont on dispose – en faire une quantité importante que l’on congèlera pour s’en régaler encore plus tard. Je vous souhaite à tous un excellent « ouiquinde » gourmand!

Lully.

Courgettes Préparation : 20 mn. Cuisson : 20 mn

Ingrédients (pour 6 personnes) :

– 3 courgettes moyennes (ou une très grosse)
– 3-4 pommes de terre (moyennes) en sorte que la proportion de courgettes soit environ le double de la quantité de pommes de terre.

- Au choix et selon les goûts : 2 cuillères à soupe de mascarpone, ou bien simplement 25cl de crème fraîche ou encore un quart de litre de lait et dans ces deux derniers cas je vous recommande d’ajouter une grosse poignée de fromage râpé (Emmental par exemple)…

- sel et poivre – quelques feuilles de menthe (fraîches de préférence et coupées en petits morceaux pour qu’elles libèrent bien tout leur arôme).


Préparation :

Laver et éplucher les courgettes (en laissant une lanière de peau sur deux) et les pommes de terre, les découper en cubes et les faire cuire à la vapeur (séparément). Quand elles sont cuites, les écraser ensemble, ajouter le mascarpone (ou la crème fraîche ou le lait & le fromage râpé), la menthe, le sel et le poivre. Bien mélanger: on peut évidemment tout mixer, mais c’est meilleur à mon avis si les légumes sont seulement bien écrasés à la fourchette et qu’il reste quelques morceaux. On peut servir ainsi pour manger tout de suite ou bien – si on a pris un peu d’avance sur l’heure du repas – mettre dans un plat à gratin et faire réchauffer au four (en ayant encore rajouté un peu de fromage râpé à la surface pour laisser doucement gratiner).

Publié dans:Chronique de Lully, Recettes du Mesnil-Marie |on 20 septembre, 2008 |4 Commentaires »

2008-51. A Lourdes, notre Saint-Père le Pape Benoît XVI nous a parlé de la Compassion aimante et souriante de Notre-Dame:

Nous ne publions pas ici l’intégralité des textes (discours, messages & homélies) que notre Saint-Père le Pape Benoît XVI nous a donnés à l’occasion de son voyage apostolique en France – vous pouvez les retrouver > ici - mais en cette fête de Notre-Dame des Douleurs – fête patronale du Refuge Notre-Dame de Compassion - , au cours de la Sainte Messe qu’il a célébrée sur le parvis de la basilique du Rosaire à l’intention des personnes qui souffrent, il a prononcé une homélie qui nous touche particulièrement puisqu’elle met en valeur la Compassion aimante et souriante de Notre-Dame. Ce pourquoi nous en retranscrivons le texte intégral ci-dessous.

Piéta de Villeneuve les Avignon par Enguerrand Quarton (XVème siècle)

Chers frères dans l’Épiscopat et dans le Sacerdoce,
Chers malades, chers accompagnateurs et hospitaliers,
Chers frères et sœurs !

Nous avons célébré hier la Croix du Christ, l’instrument de notre Salut, qui nous révèle dans toute sa plénitude la miséricorde de notre Dieu. La Croix est en effet le lieu où se manifeste de façon parfaite la compassion de Dieu pour notre monde. Aujourd’hui, en célébrant la mémoire de Notre-Dame des Douleurs, nous contemplons Marie qui partage la compassion de son Fils pour les pécheurs. Comme l’affirme saint Bernard, la Mère du Christ est entrée dans la Passion de son Fils par sa compassion(cf. Homélie pour le dimanche dans l’Octave de l’Assomption). Au pied de la Croix se réalise la prophétie de Syméon : son cœur de mère est transpercé(cf. Lc 2, 35)par le supplice infligé à l’Innocent, né de sa chair. Comme Jésus a pleuré(cf. Jn 11,35), Marie a certainement elle aussi pleuré devant le corps torturé de son enfant. La discrétion de Marie nous empêche de mesurer l’abîme de sa douleur ; la profondeur de cette affliction est seulement suggérée par le symbole traditionnel des sept glaives. Comme pour son Fils Jésus, il est possible de dire que cette souffrance l’a conduite elle aussi à sa perfection (cf. Hb 2, 10), pour la rendre capable d’accueillir la nouvelle mission spirituelle que son Fils lui confie juste avant de « remettre l’esprit » (cf. Jn 19, 30) : devenir la mère du Christ en ses membres. En cette heure, à travers la figure du disciple bien-aimé, Jésus présente chacun de ses disciples à sa Mère en lui disant : « Voici ton Fils » (cf. Jn 19, 26-27).

Marie est aujourd’hui dans la joie et la gloire de la Résurrection. Les larmes qui étaient les siennes au pied de la Croix se sont transformées en un sourire que rien n’effacera tandis que sa compassion maternelle envers nous demeure intacte. L’intervention secourable de la Vierge Marie au cours de l’histoire l’atteste et ne cesse de susciter à son égard, dans le peuple de Dieu, une confiance inébranlable : la prière du « Souvenez-vous » exprime très bien ce sentiment. Marie aime chacun de ses enfants, portant d’une façon particulière son attention sur ceux qui, comme son Fils à l’heure de sa Passion, sont en proie à la souffrance;  elle les aime tout simplement parce qu’ils sont ses fils, selon la volonté du Christ sur la Croix. Le psalmiste, percevant de loin ce lien maternel qui unit la Mère du Christ et le peuple croyant, prophétise au sujet de la Vierge Marie que « les plus riches du peuple … quêteront ton sourire » (Ps 44, 13). Ainsi, à l’instigation de la Parole inspirée de l’Écriture, les chrétiens ont-ils depuis toujours quêté le sourire de Notre Dame, ce sourire que les artistes, au Moyen-âge, ont su si prodigieusement représenter et mettre en valeur. Ce sourire de Marie est pour tous ; il s’adresse cependant tout spécialement à ceux qui souffrent afin qu’ils puissent y trouver le réconfort et l’apaisement. Rechercher le sourire de Marie n’est pas le fait d’un sentimentalisme dévot ou suranné, mais bien plutôt l’expression juste de la relation vivante et profondément humaine qui nous lie à celle que le Christ nous a donnée pour Mère.

Désirer contempler ce sourire de la Vierge, ce n’est pas se laisser mener par une imagination incontrôlée. L’Écriture elle-même nous le dévoile sur les lèvres de Marie lorsqu’elle chante le Magnificat : « Mon âme exalte le Seigneur, mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur » (Lc 1, 46-47). Quand la Vierge Marie rend grâce au Seigneur, elle nous prend à témoin. Marie partage, comme par anticipation, avec ses futurs enfants que nous sommes, la joie qui habite son cœur, pour qu’elle devienne la nôtre. Chaque récitation du Magnificat fait de nous des témoins de son sourire. Ici à Lourdes, au cours de l’apparition qui eut lieu le mercredi 3 mars 1858, Bernadette contempla de manière toute particulière ce sourire de Marie. Celui-ci fut la première réponse que la Belle Dame donna à la jeune voyante qui voulait connaître son identité. Avant de se présenter à elle, quelques jours plus tard, comme « l’Immaculée Conception », Marie lui fit d’abord connaître son sourire, comme étant la porte d’entrée la plus appropriée à la révélation de son mystère.

Dans le sourire de la plus éminente de toutes les créatures, tournée vers nous, se reflète notre dignité d’enfants de Dieu, cette dignité qui n’abandonne jamais celui qui est malade. Ce sourire, vrai reflet de la tendresse de Dieu, est la source d’une espérance invincible. Nous le savons malheureusement : la souffrance endurée rompt les équilibres les mieux assurés d’une vie, ébranle les assises les plus fermes de la confiance et en vient parfois même à faire désespérer du sens et de la valeur de la vie. Il est des combats que l’homme ne peut soutenir seul, sans l’aide de la grâce divine. Quand la parole ne sait plus trouver de mots justes, s’affirme le besoin d’une présence aimante : nous recherchons alors la proximité non seulement de ceux qui partagent le même sang ou qui nous sont liés par l’amitié, mais aussi la proximité de ceux qui nous sont intimes par le lien de la foi. Qui pourraient nous être plus intimes que le Christ et sa sainte Mère, l’Immaculée ? Plus que tout autre, ils sont capables de nous comprendre et de saisir la dureté du combat mené contre le mal et la souffrance. La Lettre aux Hébreux dit à propos du Christ, qu’il « n’est pas incapable de partager notre faiblesse ; car en toutes choses, il a connu l’épreuve comme nous » (cf. Hb 4, 15). Je souhaiterais dire, humblement, à ceux qui souffrent et à ceux qui luttent et sont tentés de tourner le dos à la vie : tournez-vous vers Marie ! Dans le sourire de la Vierge se trouve mystérieusement cachée la force de poursuivre le combat contre la maladie et pour la vie. Auprès d’elle se trouve également la grâce d’accepter, sans crainte ni amertume, de quitter ce monde, à l’heure voulue par Dieu.

Comme elle était juste l’intuition de cette belle figure spirituelle française, Dom Jean-Baptiste Chautard, qui, dans L’âme de tout apostolat, proposait au chrétien ardent de fréquentes « rencontres de regard avec la Vierge Marie » ! Oui, quêter le sourire de la Vierge Marie n’est pas un pieux enfantillage, c’est l’aspiration, dit le Psaume 44, de ceux qui sont « les plus riches du peuple » (v. 13). « Les plus riches », c’est-à-dire dans l’ordre de la foi, ceux qui ont la maturité spirituelle la plus élevée et savent précisément reconnaître leur faiblesse et leur pauvreté devant Dieu. En cette manifestation toute simple de tendresse qu’est un sourire, nous saisissons que notre seule richesse est l’amour que Dieu nous porte et qui passe par le cœur de celle qui est devenue notre Mère. Quêter ce sourire, c’est d’abord cueillir la gratuité de l’amour ; c’est aussi savoir provoquer ce sourire par notre effort pour vivre selon la Parole de son Fils Bien-aimé, tout comme un enfant cherche à faire naître le sourire de sa mère en faisant ce qui lui plaît. Et nous savons ce qui plaît à Marie grâce aux paroles qu’elle adressa aux serviteurs à Cana : « Faites tout ce qu’il vous dira »(cf. Jn 2, 5).

Le sourire de Marie est une source d’eau vive. « Celui qui croit en moi, dit Jésus, des fleuves d’eau vive jailliront de son cœur » (Jn 7, 38). Marie est celle qui a cru, et, de son sein, ont jailli des fleuves d’eau vive qui viennent irriguer l’histoire des hommes. La source indiquée, ici, à Lourdes, par Marie à Bernadette est l’humble signe de cette réalité spirituelle. De son cœur de croyante et de mère, jaillit une eau vive qui purifie et qui guérit. En se plongeant dans les piscines de Lourdes, combien n’ont-ils pas découvert et expérimenté la douce maternité de la Vierge Marie, s’attachant à elle pour mieux s’attacher au Seigneur ! Dans la séquence liturgique de cette fête de Notre-Dame des Douleurs, Marie est honorée sous le titre de « Fons amoris », «Source d’amour ». Du cœur de Marie, sourd, en effet, un amour gratuit qui suscite en réponse un amour filial, appelé à s’affiner sans cesse. Comme toute mère et mieux que toute mère, Marie est l’éducatrice de l’amour. C’est pourquoi tant de malades viennent ici, à Lourdes, pour se désaltérer auprès du « Fons amoris » et pour se laisser conduire à l’unique source du salut, son Fils, Jésus le Sauveur.

Le Christ dispense son Salut à travers les Sacrements et, tout spécialement, aux personnes qui souffrent de maladies ou qui sont porteuses d’un handicap, à travers la grâce de l’onction des malades. Pour chacun, la souffrance est toujours une étrangère. Sa présence n’est jamais domesticable. C’est pourquoi il est difficile de la porter, et plus difficile encore – comme l’ont fait certains grands témoins de la sainteté du Christ – de l’accueillir comme une partie prenante de notre vocation, ou d’accepter, comme Bernadette l’a formulé, de « tout souffrir en silence pour plaire à Jésus ». Pour pouvoir dire cela, il faut déjà avoir parcouru un long chemin en union avec Jésus. Dès à présent, il est possible, en revanche, de s’en remettre à la miséricorde de Dieu telle qu’elle se manifeste par la grâce du Sacrement des malades. Bernadette, elle-même, au cours d’une existence souvent marquée par la maladie, a reçu ce Sacrement à quatre reprises. La grâce propre à ce Sacrement consiste à accueillir en soi le Christ médecin. Cependant, le Christ n’est pas médecin à la manière du monde. Pour nous guérir, il ne demeure pas extérieur à la souffrance éprouvée ; il la soulage en venant habiter en celui qui est atteint par la maladie, pour la porter et la vivre avec lui. La présence du Christ vient rompre l’isolement que provoque la douleur. L’homme ne porte plus seul son épreuve, mais il est conformé au Christ qui s’offre au Père, en tant que membre souffrant du Christ, et il participe, en Lui, à l’enfantement de la nouvelle création.

Sans l’aide du Seigneur, le joug de la maladie et de la souffrance est cruellement pesant. En recevant le Sacrement des malades, nous ne désirons porter d’autre joug que celui du Christ, forts de la promesse qu’il nous a faite que son joug sera facile à porter et son fardeau léger (cf. Mt 11, 30). J’invite les personnes qui recevront l’onction des malades au cours de cette messe à entrer dans une telle espérance.

Le Concile Vatican II a présenté Marie comme la figure en laquelle est résumé tout le mystère de l’Église (cf. « Lumen Gentium »  n. 63-65). Son histoire personnelle anticipe le chemin de l’Église, qui est invitée à être tout aussi attentive qu’elle aux personnes qui souffrent. J’adresse un salut affectueux à toutes les personnes, particulièrement le corps médical et soignant, qui, à divers titres dans les hôpitaux ou dans d’autres institutions, contribuent aux soins des malades avec compétence et générosité. Je voudrais également dire à tous les hospitaliers, aux brancardiers et aux accompagnateurs qui, provenant de tous les diocèses de France et de plus loin encore, entourent tout au long de l’année les malades qui viennent en pèlerinage à Lourdes, combien leur service est précieux. Ils sont les bras de l’Église servante. Je souhaite enfin encourager ceux qui, au nom de leur foi, accueillent et visitent les malades, en particulier dans les aumôneries des hôpitaux, dans les paroisses ou, comme ici, dans les sanctuaires. Puissiez-vous, en étant les porteurs de la miséricorde de Dieu (cf. Mt 25, 39-40), toujours ressentir dans cette mission importante et délicate le soutien effectif et fraternel de vos communautés !

Le service de charité que vous rendez est un service marial. Marie vous confie son sourire, pour que vous deveniez vous-mêmes, dans la fidélité à son Fils, source d’eau vive. Ce que vous faites, vous le faites au nom de l’Église, dont Marie est l’image la plus pure. Puissiez-vous porter son sourire à tous !

En conclusion, je souhaite m’unir à la prière des pèlerins et des malades et reprendre avec vous un extrait de la prière à Marie proposée pour la célébration de ce Jubilé : « Parce que tu es le sourire de Dieu, le reflet de la lumière du Christ, la demeure de l’Esprit Saint, parce que tu as choisi Bernadette dans sa misère, que tu es l’étoile du matin, la porte du ciel, et la première créature ressuscitée, Notre-Dame de Lourdes », avec nos frères et sœurs dont le cœur et le corps sont endoloris, nous te prions ! Amen.

2008-49. Le blogue de Lully souffle sa première bougie!

Mercredi 10 septembre 2008.

Chers Amis du « Refuge Notre-Dame de Compassion« ,

Aujourd’hui, ce modeste blogue – par lequel j’avais décidé de vous tenir informés des nouvelles de la fondation et de la vie du « Mesnil-Marie »  – fête son premier anniversaire…

Lully internaute

Quand j’ai commencé cette aventure (cf. www) – un peu par jeu -, je n’imaginais pas quelles proportions seraient les siennes aujourd’hui.  Pour vous permettre de vous en faire une idée, je vais laisser parler les chiffres : dans l’espace exact d’une année, il y a eu un total de 33500 visiteurs et le nombre de pages lues (les « hits ») s’élève à plus de 68300; chaque jour le nombre moyen de visiteurs oscille habituellement entre 100 et 150; il tombe très rarement au dessous de cent visites quotidiennes (même pendant l’été)… Au mois d’août dernier, nous avons enregistré plus de 4500 visiteurs.  Je noterai même qu’il y a eu, cet été, une journée où l’une de mes chroniques a été lue par plus de 400 visiteurs! D’une manière générale, mes pages sont assez vite et bien référencées par Google, ce qui amène sur le blogue un grand nombre de visiteurs qui n’appartiennent pas au cercle habituel des amis du « Refuge Notre-Dame de Compassion ». C’est ainsi que les articles sur « Marie qui défait les noeuds » ou la « neuvaine à Notre-Dame de Lourdes« , certaines prières – au Sacré-Coeur de Jésus, à Saint Antoine de Padoue… -  ou mêmes certaines recettes (bienheureuse gourmandise!!!), nous valent quotidiennement de nombreux passages sur le blogue.

Je profite donc de ce premier anniversaire pour remercier mes lecteurs, qu’ils soient fidèles et réguliers ou seulement occasionnels.

Je remercie également ceux qui ont réagi à l’appel que j’avais lancé il y a quelques jours (cf. www) et qui ont, d’une manière ou d’une autre manifesté leur soutien amical à notre cher Frère. Je tiens même à vous signaler quelques exemples touchants : la semaine dernière un jeune homme est venu passer quelques jours chez nous, acceptant les conditions un peu spartiates de notre hébergement (un matelas au sol dans le grenier), puis ces jours ci c’est un couple qui – ayant décidé de prendre une quinzaine de jours de « vacances » -  a loué un gîte dans la commune même où est installé notre « Mesnil-Marie » ; ces amis généreux de leurs temps et de leurs personnes aident Frère Maximilien-Marie pour quelques travaux (en ce moment transport et découpe de bois de chauffage) et ils en profitent aussi pour découvrir notre merveilleuse région… Nous prions Dieu de leur rendre en grâces, pour eux et pour leur famille, cette amicale sollicitude!

J’imagine enfin que vous serez contents d’avoir quelques nouvelles de Chlôris : la minette croît en taille et en poids (1 kilo et 135 grammes hier soir), mais pas toujours en sagesse! C’est une petite chatte très vive et dynamique, joueuse et espiègle, drôle et avide de découvrir les recoins et alentours de notre « Mesnil-Marie« . Nous faisons ensemble des parties de cache-cache véritablement… endiablées! Et figurez-vous qu’au grand étonnement de tous, alors qu’elle n’avait pas encore deux mois, elle nous a ramené la semaine dernière sa première proie : une toute petite musaraigne! Cet exploit nous a tous remplis d’admiration et lui a valu de chaleureuses félicitations. Je n’ai malheureusement pas de photos de ce premier trophée de chasse à vous présenter ; je termine néanmoins  ma chronique de ce soir par une très belle photo de Chlôris qui vous montrera que le titre d’archiduchesse, que Ioanna lui décernait dans un commentaire à l’une de mes précédentes chroniques, n’est pas du tout usurpé…

Lully.

Chlôris en majesté

 

Publié dans:Chronique de Lully |on 10 septembre, 2008 |4 Commentaires »
1...96979899100...108

A tempo di Blog |
Cehl Meeah |
le monde selon Darwicha |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | mythologie
| jamaa
| iletaitunefoi