Archive pour la catégorie 'Chronique de Lully'

2007-36. De la Présentation de Marie au Temple.

21 novembre.

La fête de la Présentation de la Vierge Marie au Temple est un jour particulièrement cher à ceux qui se consacrent à Dieu, en particulier dans « l’Ecole Française » de spiritualité : dans le sillage de Saint François de Sales, du Cardinal de Bérulle, de Monsieur Olier, de Saint Jean Eudes, de Saint Louis-Marie Grignon de Montfort et du Vénérable Père Libermann (pour ne citer que quelques un des plus grands noms) beaucoup de sociétés ecclésiastiques ou de congrégations placent en ce jours le renouvellement des voeux de religion ou des promesses cléricales.

Toute la Tradition, en Orient comme en Occident, honore en effet en ce jour – plus qu’un évènement extérieur qui pourrait paraître seulement anecdotique – le don plénier que la Vierge très pure fit d’Elle-même, en entrant dans cet espèce de « pensionnat » dans lequel des « jeunes filles de bonnes familles », particulièrement choisies, étaient admises pour – en sus de l’éducation soignée qui leur y était dispensée – oeuvrer à l’ornementation du Temple, travailler à la confection et à l’entretien des ornements sacrés, participer plus assidûment aux cérémonies du culte divin.

Les Saints et les mystiques de tous les temps, depuis les premiers siècles, ont développé de magnifiques considérations sur les dispositions intérieures de Notre-Dame en cette circonstance.

Cette fête d’une richesse spirituelle extraordinaire a aussi été illustrée par de nombreux artistes qui ont tenté de traduire dans leurs oeuvres la résolution ferme, la détermination courageuse et la maturité d’âme de cette toute petite fille qui est la véritable Arche d’Alliance.

Je veux retranscrire pour vous ci-dessous la traduction de l’hymne particulier qu’on trouve au propre de l’archidiocèse de Paris et dont Frère Maximilien-Marie a fait la base de sa méditation ce matin.
Nous restons bien évidemment unis par la ferveur et la joie spirituelle en cette belle fête, présentant au coeur très pur de Marie toutes les intentions que nous portons en nos propres coeurs, si souvent chargés de soucis et d’inquiétudes diverses…

Lully.                                       

Nota bene :
vous trouverez aussi dans ce blogue d’autres textes concernant cette fête :
1) la méditation de Jean-Jacques Olier pour la fête de la Présentation de la Vierge > ici.
2) un extrait des « Gloires de Marie » de Saint Alphonse de Ligori, dédié à ce mystère > ici.
3) un extrait d’un sermon de Saint François de Sales > ici.

Présentation de Marie (Le Titien-détail)

Comme elle est belle, la fille du Roi
s’avançant vers le seuil du Temple qu’elle a hâte d’atteindre !
Elle prélude ainsi à l’offrande qu’elle fera bientôt
d’une victime plus parfaite.

Des bras de sa mère, enfant,
d’un pas sûr elle vole vers le Coeur de Dieu.
Vierge qui sera l’autel de Dieu,
elle s’offre aux autels comme victime.

Elle consacre son jeune corps à Dieu qu’elle choisit comme Epoux,
Elle lui dédie l’intime de son coeur de vierge ;
Elle qui est réservée au Verbe, comme mère,
Elle consacre au Verbe ses entrailles.

Pendant que vous vous vouez à Dieu, Vous et tout ce que Vous avez,
ô Vierge qui tenez pour rien les biens de la terre,
avec quels intérêts Dieu qui est l’hôte de votre coeur
Vous rémunère-t-il !

Pourquoi de mauvais plaisirs nous enchaînent-ils ?
Pourquoi n’avons nous pas encore l’énergie pour briser nos liens ?
La Vierge Prêtre nous montre le chemin :
Elle se hâte vers Dieu, suivons-la !

Maintenant donc votre race choisie se consacre à Vous,
Vous demeurez donc notre part d’héritage,
ô Dieu, qui, né de la Vierge,
souvent par nous renaissez.

Gloire suprême soit au Père,
Gloire suprême soit au Fils,
Gloire égale à Vous, ô Saint-Esprit !
Si de votre amour vous enflammez nos coeurs,
d’un coeur pur nous offrirons le saint sacrifice !

Ainsi soit-il !

2007-35. « Personne n’en est jamais revenu pour nous en attester l’existence… »

Mardi 20 novembre 2007.

Frère Maximilien-Marie m’a raconté comment, dernièrement encore, il a dû « remettre les pendules à l’heure » auprès d’une personne – se prétendant chrétienne – qui se moquait de la croyance en l’enfer : elle affirmait que c’était complètement « ringard », qu’au XXIème siècle on ne pouvait pas reprendre tels quels les mythes du Moyen-Age qui procédaient d’une pédagogie dépassée, basée sur la crainte, qu’enfin nous étions affranchis de ces fariboles par la connaissance du Dieu-Amour, qu’il était grand temps de dépasser une conception de Dieu vétéro-testamentaire, et que d’ailleurs personne n’était jamais revenu de l’enfer pour nous en prouver l’existence… etc.

Je lui ai donc demandé ce qu’il fallait répondre à cela. Il m’a alors dit qu’un prêtre qu’il avait connu se contentait de répondre par l’histoire suivante :

Poissons

« Il y avait une fois deux jeunes poissons qui se promenaient ensemble.
Soudain, l’un d’eux s’écria : « Hé, dis donc, regarde un peu ce joli petit ver tout dodu… Nous allons nous faire un petit goûter bien sympa! »

- Non, non! répondit son compagnon. Ce joli petit ver appétissant est accroché à un hameçon ; l’hameçon est attaché à un fil invisible ; le fil invisible est retenu par une canne à pêche ; et au bout de la canne à pêche il y a un homme ! Si tu avales le petit ver, tu seras pris à l’hameçon et l’homme, tirant la canne à pêche, te sortira de l’eau et tu finiras dans une poêle à frire…

- Ha ha ha ! ricana le premier. Cette histoire de la poêle à frire, ma grand’mère me la racontait déjà quand j’étais petit pour me faire peur et m’empêcher ainsi de faire des bétises ! Mais ta poêle à frire n’est qu’une sorte de mythe moralisateur pour nous apprendre à rester dans le bon chemin, rien de plus… D’ailleurs aucun des poissons qui se sont affranchis de cette vieille histoire n’est jamais revenu pour nous en attester l’existence de ta fameuse poêle à frire ! Tu peux bien en rester à ces racontars de grand’mère, mais en ce cas tu ne seras jamais vraiment un poisson adulte, tu resteras dans un esprit de crainte puérile n’osant pas faire les expériences qui te permettent de juger par toi même…

Il alla donc croquer le petit ver dodu, fut tiré hors de l’eau, et finit lui aussi dans cette poêle à frire, dont il ne revint pas plus que les autres pour en attester l’existence à ses frères poissons. »

* * * * * * *

Dieu est amour, nous n’en doutons pas un seul instant.
C’est bien justement parce qu’Il nous aime qu’Il veut nous arracher au pouvoir de Satan et au péril de la damnation. Mais l’amour ne s’impose pas : Dieu nous a créés libres et, ce faisant, Il respecte notre liberté jusqu’à nous laisser le choix de refuser son amour en toute responsabilité et conscience.

Dieu ne ment pas : Il ne peut ni se tromper ni nous tromper.
Or la Révélation, contenue dans les Saintes Ecritures inspirées, nous enseigne de manière catégorique la réalité de l’enfer. Et si le Fils de Dieu S’est incarné, dans le but de souffrir la Passion ; s’Il est mort sur la Croix dans des tourments inouïs, c’est justement pour nous racheter par Son Sang précieux…
Etait-il besoin de toute cette souffrance et de ce sacrifice, sans cesse réactualisé et offert sur l’autel de la Sainte Messe, si tous les hommes étaient automatiquement sauvés ?

Les Saints Evangiles parlent en de nombreux endroits du « feu éternel préparé pour le démon et ses anges », de la « géhenne de feu », des « ténèbres extérieures, là où sont les cris et les grincements de dents » …etc.
Le Christ, en nous avertissant ainsi, ne nous prend pas pour des enfants, des éternels mineurs, des personnes incapables de choisir : bien au contraire, Il travaille à former notre jugement et à nous donner les éléments pour décider en toute liberté et responsabilité.

En ces dernières semaines de l’année liturgique, les textes que la Sainte Eglise soumet à notre méditation sont axés sur les fins dernières, non pour nous maintenir dans une crainte servile et paralysante, mais pour nous encourager à être pleinement adultes dans nos choix de vie, nos orientations, nos décisions quotidiennes, au regard de l’éternité…

Et Jésus lui-même a répondu à l’argument de ceux qui prétendent que personne n’est jamais revenu de l’enfer : « Ils ont Moïse et les prophètes, qu’ils les écoutent… S’ils n’écoutent ni Moïse ni les prophètes, quelqu’un pourrait bien revenir de chez les morts qu’ils ne le croiraient point » (Luc XVI, 29-31).

Lully.

2007-34. In memoriam : le Révérend Père Michel André.

17 novembre.

« Laudemus viros gloriosos, et parentes nostros in generatione sua : Louons ces hommes plein de gloire qui sont nos pères et dont nous sommes la race…«  (Eccli. XLIV, 1).

Avant même la fondation des divers instituts, séminaires, fraternités ou prieurés, à la fin des années soixante et au début des années soixante-dix du XXe siècle, alors qu’une espèce de frénésie révolutionnaire semblait secouer la Sainte Eglise et que, « démangés par un prurit aux oreilles », beaucoup « ne supportaient plus la saine doctrine » (cf. IIa Tim. IV, 3), il y eu des prêtres zélés et courageux qui se levèrent, et qui – méprisant les foudres et l’opprobre dont on les accabla – maintinrent la Sainte Messe latine traditionnelle (dite de Saint Pie V), contre vents et marées.

Sans eux, sans leur prétendue désobéissance, sans leur opposition courageuse aux mesures iniques d’interdiction assénées par leurs supérieurs ecclésiastiques – mesures dont il est maintenant affirmé au plus haut de la hiérarchie catholique qu’elles étaient nulles et sans valeur! – le maintien du rite latin traditionnel n’aurait pratiquement pas été possible.

Les actuels fidèles, séminaristes, prêtres et religieux qui n’ont pas connu la célébration de la Messe dans les paroisses avant les réformes post-conciliaires – tout simplement parce qu’ils n’étaient pas nés – , qui ont découvert la Sainte Messe catholique (et souvent aussi grâce à elle la foi catholique tout simplement), vers la fin des années soixante-dix ou au cours des années quatre-vingt et quatre-vingt-dix, doivent tout à ces résistants qu’on a pourtant souvent marqués du sceau de l’infamie, parce qu’ils ont osé tenir tête à une hiérarchie qui imposait des choses inacceptables.

Vere dignum et justum est!
En vérité il est digne et juste de ne pas perdre le souvenir de leur nom, de garder leur mémoire en bénédiction, de transmettre la connaissance de ce qu’ils ont fait à ceux qui ne les ont pas connus, de marquer leurs anniversaires par une prière qui monte vers Dieu en action de grâces et en profonde gratitude!
Oui, il nous faut louer ces hommes glorieux, parce que leur résistance courageuse a fait d’eux nos pères par l’esprit, et parce que nous sommes les héritiers qui récoltent dans la joie ce qu’ils ont semé dans la peine et les larmes.
Même les fraternités ou instituts qui s’enorgueillissent aujourd’hui de bénéficier de toutes les confortables reconnaissances canoniques sont redevables à ces « désobéissants »! Faisons donc ce soir oeuvre de justice en parlant de l’un d’eux au jour du septième anniversaire de son rappel à Dieu.

Le 17 novembre 2000, en effet, s’éteignit le Révérend Père Michel André : le bon Père André!

Le Rd Père Michel André

Né à Angers, le 13 mars 1915, il fit d’abord des études de droit et de commerce. Très lié au scoutisme, il fonda deux troupes où il excella comme éducateur humain et spirituel.
Il entra au noviciat des Pères du Saint-Esprit, en 1937, fut ordonné prêtre en 1944 et fut envoyé l’année suivante à la Martinique.
De 1947 à 1956, il enseigna dans diverses institutions spiritaines en France, repartit en mission en Guinée de 1956 à 1958, puis fut envoyé en Argentine de 1962 à 1971.
En 1971, sur les conseils de Son Excellence Monseigneur Marcel Lefèbvre (qui avait été supérieur général des Spiritains), il rentra en France pour travailler contre les forces de dissolution qui étaient à l’oeuvre dans l’Eglise.

Dans sa détermination de fidélité catholique en face de la crise qui fait rage, il fonde à Angers, en 1972, l’Association Noël Pinot (A.N.P.), pour la défense de la Sainte Messe traditionnelle et le soutien aux prêtres fidèles à sa célébration. Il fonde aussi en même temps le bulletin trimestriel « Introibo ». Ce bulletin de formation doctrinale et spirituelle connaîtra une grande diffusion (il atteindra 6000 exemplaires), et il a survécu à son fondateur.

L’Association Noël Pinot (placée sous le patronage de cet héroïque prêtre angevin qui – revêtu par dérision des ornements sacerdotaux pour le faire monter à la guillotine – gravit les marches de l’échafaud en récitant les prières au bas de l’autel : Introibo ad altare Dei… cf. > www) a compté jusqu’à deux milles prêtres adhérents. Aujourd’hui encore ils sont plusieurs centaines, adhérents ou sympathisants, en France et dans le monde.
L’A.N.P. diffuse également de bons ouvrages et des objets de dévotion, permet la « récupération » d’ornements, statues, objets de culte qui seraient sans cela livrés aux brocanteurs. Elle transmet aussi des intentions et des honoraires de Messe à des prêtres qui en sont dépourvus.

Le Père André fut un infatigable apôtre, son ministère – contredit et diffamé – gagna de nombreuses âmes au Christ. Il fonda plusieurs chapelles pour assurer la continuité de la Messe traditionnelle bannie des églises, fonda une école, des troupes de scouts, et une petite communauté féminine : les Servantes du Divin Crucifié.
Alors que « d’autres » voudraient post-mortem s’accaparer sa mémoire et son héritage spirituel, ce sont elles qui, dans une humble discrétion et un fidèle attachement à son esprit, continuent en vérité l’oeuvre du bon Père André. Les personnes qui veulent avoir contact avec l’Association Noël Pinot peuvent le faire par courrier à cette adresse : 54, rue Delaâge – 49100 Angers.

Monsieur Claude Mouton, bien connu dans les milieux traditionnels français pour ses ouvrages, a publié une belle biographie détaillée: « Un prêtre vrai, le Père André » (éditions de Chiré).
A Angers, les Servantes du Divin Crucifié ont également constitué un petit « musée », dans lequel sont réunis de précieux souvenirs permettant de découvrir de manière vivante et émouvante la grande figure de cet humble prêtre, vrai serviteur du Christ et de son Eglise.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur.

Publié dans:Lectures & relectures, Memento |on 17 novembre, 2007 |1 Commentaire »

2007-33. Lorsque la charité du monde alangui ira se refroidissant…

16 novembre.

C’est aujourd’hui la fête de Sainte Gertrude d’Helfta. Bien que le prénom Gertrude prête un peu à sourire en France (il y a même des amis du Mesnil-Marie dont l’automobile est ainsi nommée!), Frère Maximilien-Marie m’a expliqué que c’est une très grande sainte ; d’ailleurs on l’appelle Sainte Gertrude la Grande!
Comme je lui demandai pour quelle raison elle était ainsi surnommée, il m’a expliqué que c’était pour la distinguer de plusieurs autres saintes (au moins cinq) qui ont porté le même prénom – dont une qui fut sa contemporaine et vécut dans le même monastère qu’elle – et aussi parce que les révélations dont elle fut gratifiée par Notre-Seigneur Jésus-Christ la mettent à une place éminente dans l’histoire de la sainteté et de la spiritualité.

Ces quelques mots me donnèrent envie d’en savoir davantage, et je priais donc Frère Maximilien-Marie de me raconter la vie de cette Sainte Gertrude :
Oh, me répondit-il, on ne sait finalement pas beaucoup de choses sur sa vie elle-même. Née probablement en 1256, dans une famille noble, elle fut confiée dès l’âge de cinq ans aux moniales de l’abbaye cistercienne d’Helfta – près d’Eisleben, en Saxe – qui était alors dirigée par l’abbesse Sainte Gertrude de Hackeborn (une puissante famille apparentée aux Hohenstoffen). La soeur de Sainte Gertrude de Hackeborn est aussi une sainte: Sainte Mechtilde, qui sera la maîtresse des novices et l’amie de Sainte Gertrude d’Helfta… Tu ne t’embrouilles pas trop dans toutes ces Gertrude, mon petit Lully?

Il est vrai que ce n’était pas très facile à suivre toutes ces généalogies de saintes moniales, d’autant plus que – je l’avoue – mon attention avait été un peu distraite par un petit mouvement de fierté en pensant que, moi, j’étais entré au couvent encore plus jeune que Sainte Gertrude : je n’avais qu’un mois et demi!…
Bref, j’ai demandé à Frère Maximilien-Marie de continuer la suite de l’histoire.

Ste Gertrude

Donc, la petite Gertrude – qui deviendra la Grande Sainte Gertrude – a passé toute sa vie, depuis l’âge de cinq ans, dans ce monastère dont elle n’est jamais sortie, jusqu’à sa mort qui survint le 17 novembre de l’année 1302: elle avait donc environ 46 ans!
Sa vie avait été tout ordonnée à l’étude et à la contemplation. Elle acquit une science tout à fait hors du commun et fut favorisée de visions qu’elle consigna par écrit en cinq volumes. On peut dire à juste titre qu’elle fut l’une des plus grandes mystiques du XIIIème siècle…
Les biographes ne peuvent guère dire davantage. Le plus important est ce qu’elle a rapporté dans ses ouvrages, dans lesquels la dévotion au Coeur de Jésus – telle que Notre-Seigneur viendra en demander l’établissement officiel dans l’Eglise quatre siècles plus tard – se trouve en quelque sorte annoncée et préparée. Ecoute bien

Sainte Gertrude, le jour de la fête de Saint Jean l’Evangéliste (27 décembre), reçut dans sa prière la visite de ce « disciple que Jésus aimait », et il l’entraîna dans une expérience mystique peu commune : il lui fit partager ce qu’il avait vécu et éprouvé le soir de la Sainte Cène quand il reposa sur la poitrine de Notre-Seigneur.
Gertrude rapporte elle-même qu’il lui fut donné de goûter d’ineffables délices en percevant les pulsations du Sacré-Coeur. Elle demanda à Saint Jean s’il avait ressenti cela au soir du Jeudi Saint, et l’Apôtre lui répondit que oui.
Alors elle se permit de lui faire une sorte de reproche 
: « Pourquoi donc avez-vous gardé un tel silence sur ce mystère, et n’en avez-vous pas écrit un seul mot pour notre profit spirituel? »
Et Saint Jean de répondre : « Ma mission fut d’écrire, pour l’Eglise naissante, au sujet du Verbe incréé de Dieu le Père, une seule parole: une parole qui suffirait jusqu’à la fin du monde pour nourrir l’intelligence humaine, bien qu’elle ne puisse jamais être parfaitement entendu de quiconque… Mais de dire la suavité de ces battements a été mis en réserve pour les derniers temps, afin que lorsque la charité du monde alangui ira se refroidissant, il éprouve un renouveau de ferveur à la révélation de semblables merveilles… »

Moi, je sais bien ce que c’est que d’être tenu tout contre le coeur plein d’amour de quelqu’un qu’on aime passionnément parce que je demande souvent à Frère Maximilien-Marie de me prendre dans ses bras où j’aime à me blottir en ronronnant voluptueusement… Alors je n’ai pas de difficulté à imaginer ce que ce doit être auprès du Coeur de Jésus qui est la source de tout amour, un amour brûlant et infini, dont les litanies nous disent qu’il est comparable à une fournaise ardente!
Mais Frère Maximilien-Marie a continué son récit :

Ainsi donc, à la fin du XIIIème siècle, Sainte Gertrude a reçu l’annonce que la révélation du Coeur de Jésus était réservée pour les derniers temps comme un remède au refroidissement de la charité dans le monde.
C’est ce qui s’est passé, en effet : au XVIIème siècle, Sainte Marguerite-Marie (cf. > www), au Monastère de la Visitation de Paray-le-Monial, a reçu de Jésus la mission de transmettre au Roy de France et à toute l’Eglise Ses demandes concernant l’établissement du culte de Son Sacré-Coeur. Il disait que par cette dévotion il tentait « un dernier effort » pour retirer les hommes du chemin de la perdition. S’il est intervenu à la fin du XVIIème siècle, ainsi qu’il l’avait fait savoir à sainte Gertrude, c’est bien parce que nous sommes entrés dans une phase déterminante de l’histoire du monde et de l’Eglise, une période particulièrement importante « en ces temps qui sont les derniers »(Heb. I,2), qui sont tellement perturbés par un assaut plus intense des forces d’opposition à l’oeuvre divine.
Vois-tu, l’esprit qui tend à dominer le monde depuis la fin du Moyen-Age – cet esprit qui a paru triompher dans les périodes troubles et violentes, marquées par de nouvelles persécutions comme on n’imaginait plus qu’il puisse y en avoir depuis la conversion de l’Empire – est fondamentalement destructeur pour les valeurs spirituelles. Seul l’amour véritable, puisé à la Fontaine de grâce et de charité qu’est le Coeur de notre divin Sauveur, permet de résister et de s’opposer aux flots corrupteurs et destructeurs par lesquels l’enfer déchaîné voudrait engloutir l’humanité. Aujourd’hui, donc, nous demanderons à Sainte Gertrude d’Helfta de nous aider à être attentifs aux suaves pulsations du Sacré-Coeur de Jésus, de nous apprendre à recevoir de Lui une plus grande charité, et d’être ainsi de bons et fidèles chevaliers au service du Règne de Dieu dans les coeurs!

2007-33. Lorsque la charité du monde alangui ira se refroidissant... dans De liturgia patteschatsLully.                        

Voir aussi la B.D. et la prière tirée des oeuvres de Sainte Gertrude publiés > ici 

sacrec15 Coeur de Jésus dans Lectures & relectures

N.B. : Il ne faut pas confondre Sainte Gertrude d’Helfta – appelée aussi « la Grande » – avec une autre sainte qui porte le même prénom et qui est la céleste protectrice des chats : Sainte Gertrude de Nivelles > www.

2007-32. Explication et origine de l’image de « Marie qui défait les noeuds ».

Mardi 13 novembre 2007.

Hier soir, comme vous avez pu le lire dans le précédent message, nous avons  donc commencé une neuvaine – c’est-à-dire neuf jours consécutifs où l’on récite une prière particulière – au cours de laquelle nous allons supplier particulièrement la Très Sainte Vierge sous le vocable de « Marie qui défait les noeuds »

Lorsque Frère Maximilien-Marie a déposé cette annonce sur mon blogue, j’ai été surpris par ce nom donné à Notre-Dame, et je lui ai donc demandé des explications sur cette appellation pas très ordinaire.

Il m’a alors expliqué que ce vocable tirait son origine d’un tableau intitulé « Maria Knotenlöserin« , peint par un inconnu (qui avait sans doute plus de piété que de talent), vénéré dans l’église de Sankt-Peter am Perlack, à Augsbourg, depuis l’année 1700.

Pour la réalisation de ce tableau, l’artiste s’est vraisemblablement inspiré d’un texte de Saint Irénée, évêque de Lyon et martyr en 208, qui déclare: « Par sa désobéissance, Eve a noué pour l’humanité un noeud de malheur que, par son obéissance au contraire, Marie a dénoué.« 

Maria Knotenlöserin

Sur cette toile, en effet, la Vierge Marie est représentée avec les symboles de la vision de Saint Jean au chapitre XII de l’Apocalypse (revêtue de soleil, la lune sous les pieds et une couronne de douze étoiles nimbant son visage), auxquels sont ajoutés d’une part la figuration du serpent de la Genèse – qu’elle écrase sous son pied (ce qui montre bien que Marie est en quelque sorte l’antidote d’Eve) -, et d’autre part la colombe du Saint-Esprit qui montre que Notre-Dame est son épouse, celle qu’il a comblée de la plénitude de ses grâces, celle qu’il a rendue féconde pour faire d’elle la Mère du Rédempteur. Jusqu’ici, en définitive, rien que de très habituel dans l’iconographie mariale, avec les incontournables angelots joufflus qui jouent à cache-cache dans les nuages!

Là où le peintre devient véritablement original, c’est lorsqu’il nous montre la Très Sainte Vierge absorbée dans un minutieux et patient travail: elle dénoue avec application les noeuds complexes d’un ruban qui lui est présenté sur sa gauche par un ange, tandis qu’un second ange reçoit – à droite de la Madonne – ce ruban parfaitement lisse, libéré de tout noeud… Ce ruban symbolise les situations, plus ou moins inextricables, dont nos vies sont encombrées – voire empoisonnées – et ce sont les mains très douces et maternelles de Notre-Dame qui travaillent à y remettre ordre et clarté.

Dans le bas du tableau, sombre, sont figurés un jeune homme et un ange qui le tient par la main et l’entraîne vers une église. Certains y voient la réprésentation du jeune Tobie et de son guide, l’archange Raphaël, car le livre de Tobie nous raconte en effet comment la divine Providence est intervenue dans cette famille pour dénouer des situations qui paraissaient absolument insolubles. Cette évocation de cette histoire biblique est justement bien propre à nous stimuler à la confiance et à la prière persévérante, afin d’obtenir l’heureux dénouement des problèmes et des difficultés qui nous affligent.

Moi, le petit chat, j’ai très bien compris le symbolisme de ce tableau, parce qu’il m’est déjà arrivé de jouer avec une pelote de ficelle et parce que j’ai ensuite vu Frère Maximilien-Marie – pas très content du résultat – qui passait du temps à tout déméler… Je sais bien aussi qu’il n’est pas du tout confortable d’être entravé par un lien noué: alors de tout mon coeur, je demande au Bon Dieu, par l’intercession de Marie qui défait les noeuds d’intervenir maternellement dans les paquets d’intentions embrouillées que nous remettons entre ses mains patientes et efficaces.

Bonne neuvaine à tous… Pour moi, je file dans les champs pour voir s’il reste quelque mulot qui serait volontaire pour me servir d’apéritif.

Lully.

Publié dans:Chronique de Lully, De Maria numquam satis |on 13 novembre, 2007 |2 Commentaires »

2007-31. Des Saints et des animaux (4ème et dernière partie).

lully.gifJ’étais véritablement enchanté d’entendre, moi le petit chat du Mesnil-Marie, l’histoire du chien de Saint Roch avec tous les développements qui s’en étaient suivis…
Mais arrivé à ce point du récit, je me suis permis d’interrompre mon papa et de lui demander : « Mais ceci est-il vraiment vrai? Ne s’agit-il pas d’un conte pour faire seulement rêver? Les animaux seront-ils bien admis un jour dans le Paradis de Dieu? Puis-je espérer, moi Lully, aller au Ciel avec toi?« 

Frère Maximilien-Marie m’a souri et il a ajouté:

« Vois-tu, Lully, Saint Thomas d’Aquin, dans la Somme Théologique, n’a fait qu’aborder ce sujet à la seule lumière de la science de son époque ; mais j’ose dire qu’il n’a pas vraiment répondu de manière satisfaisante à la question…
A l’exception de la grande école franciscaine, avec en particulier Saint Bonaventure – qui est lui aussi un Docteur de l’Eglise et qui répond de manière positive à cette question – , des générations de théologiens ont négligé de se poser les bonnes questions à propos du dessein de Dieu sur les animaux…

« Or nous lisons dans la Sainte Ecriture des affirmations très claires. Ainsi Dieu dit-il à Noé après le déluge : « Et moi, je vais établir mon Alliance avec vous et avec votre postérité après vous, avec tous les êtres vivants qui sont avec vous, oiseaux, animaux domestiques et toutes les bêtes de la terre, depuis ceux qui sont sortis de l’arche jusqu’à tout animal de la terre«  (Gen.IX, 9-11).
Dans le Psaume XXXV, au verset 7 nous lisons aussi: « Vous sauverez, Seigneur, les hommes et les bêtes ».
Et Saint Paul écrit aux Romains : « La création attend avec un ardent désir la manifestation des enfants de Dieu. La création, en effet, a été assujettie à la vanité – non de son gré mais par la volonté de celui qui l’y a soumise, – avec l’espérance qu’elle aussi sera affranchie de la servitude de la corruption, pour avoir part à la liberté glorieuse des enfants de Dieu. Car nous savons que, jusqu’à ce jour, la création tout entière gémit et souffre les douleurs de l’enfantement » (Rom.VIII, 19-22). Dans ce texte Saint Paul enseigne clairement que la faute d’Adam n’a pas introduit un désordre seulement dans l’âme de l’homme, par le péché, mais que tout l’ordre créé a été perturbé en conséquence du péché de l’homme ; cela lui permet d’affirmer que c’est donc l’ensemble de la création – et pas seulement l’humanité – qui est tendue vers la rédemption et à laquelle une régénération est promise.

Les animaux, comme aussi les plantes, appartiennent à la perfection du monde matériel que Dieu a créé pour Sa gloire ainsi que pour le bien et le service des hommes. Nous savons aussi que Dieu n’a de mépris pour aucune de ses créatures, Lui qui nous donne l’exemple de sa propre sollicitude pour nourrir les oiseaux du ciel afin de nous porter à la confiance en Sa Providence paternelle (cf. Matth. VI, 26).
Il y a une véritable convenance à ce que les animaux, les plantes et tout ce qui fait la perfection de la création d’ici-bas, demeurent dans le monde nouveau, dans le monde renouvelé et transformé, qui subsistera après la fin des temps : en effet, selon une hiérarchie qui est adaptée au mode de chacun, tout être créé est appelé à atteindre sa fin, qui est Dieu. Les animaux et les plantes appartiennent donc très logiquement à la perfection de la création renouvelée.

Le Christ nous donne un « moyen théologique » très simple pour résoudre certains problèmes: en demander la solution à un enfant. Ne souriez pas! « Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits, car je vous dis que leurs anges dans le Ciel contemplent sans cesse la face de mon Père qui est dans les Cieux » (Matth. XVIII, 10).
Si donc l’on demande à un enfant qui, dans la mouvance des dons reçus reçus au Baptême, a conservé son âme limpide: « Si tu étais à la place de Dieu tout-puissant, à la fin des temps, pour orner le monde nouveau, redonnerais-tu la vie aux animaux, étant bien entendu qu’alors ils n’auraient plus le pouvoir de faire aucun mal, ou bien ne placerais-tu dans ce monde nouveau que les anges et les hommes? »
La réponse ne fait pas l’ombre d’un doute et se passe de toute forme de démonstration.

Pourquoi a-t-on pendant des siècles (sous le fallacieux prétexte que ce serait là l’enseignement de la Révélation transmis par notre Mère la Sainte Eglise), répondu – et fait de la peine – à des milliers d’enfants qui ont un jour ou l’autre demandé si leur animal de compagnie irait au Ciel, que les animaux n’ont pas d’âme et qu’en conséquence ils rentrent dans le néant au moment de leur mort?

Si les animaux meurent, c’est justement qu’ils ont une âme puisque la définition de la mort c’est précisément la séparation de l’âme et du corps! L’âme est immatérielle, elle est le principe de la vie. Les animaux ont un psychisme, siège des facultés vitales, ils ont une intuition, une sensibilité, une mémoire et une certaine forme d’imagination ; ils sont capables de développer une affectivité et même – pour les plus développés – d’avoir une forme de réflexion intelligente et une véritable « personnalité ».
Le fait qu’ils ne soient pas capables de spéculer sur les réalités immatérielles, qu’ils n’aient pas une volonté dotée de libre-arbitre, qu’ils ne soient pas appelés à vivre de la grâce surnaturelle ni à jouir de la vision béatifique, signifie-t-il pour autant qu’ils sont « néantisés » quand leur corps meurt?
L’affirmer paraît singulièrement simpliste et bien peu en accord avec tout ce que les sciences de la nature nous révèlent sans cesse de l’inouïe richesse, complexité et diversité de la création, qui témoigne de l’intelligence et de la sagesse infinies du Créateur.
Pourquoi limiterait-on, sur la base d’une logique aristotélicienne purement humaine – donc très limitée – la puissance de Dieu?

Cette espérance de « l’affranchissement de la servitude de la corruption pour avoir part à la liberté glorieuse des enfants de Dieu » dont parle Saint Paul se trouve dans toute la création ici-bas. Il y a en tout être vivant un appétit naturel à exister perpétuellement, sinon comme individu au moins en tant qu’espèce (la génération tend à cela). Il ne convient pas qu’un appétit naturel soit frustré. En outre, rappelons-le, tout être créé est ordonné à une fin, qui est Dieu, et qu’il doit atteindre selon une hiérarchie et des modes divers. Rien ne s’oppose à ce que les animaux soient « glorifiés » au temps de la régénération : c’est-à-dire que la puissance divine les revête d’incorruptibilité et de clarté. Leur recherche de nourriture n’aura plus lieu d’être, et donc il n’y aura plus de plus fort dévorant un plus faible (tu n’auras plus besoin ni envie de croquer les souris, mon Lully!), comme il n’y aura plus de génération. Les animaux et les plantes seront présents en raison de leur beauté, vivant une vie commune paisible, jouissant – selon la capacité de chacun – d’une certaine béatitude sensible en laquelle leur appétit naturel sera comblé.

Alors on verra la réalisation de ce qui a été prophétisé par Isaïe : « Le loup habitera avec l’agneau, la panthère reposera sur le chevreau; le veau, le lion et le boeuf gras vivront ensemble, et un jeune enfant les conduira. La vache et l’ourse auront même pâturage, leurs petits un même gîte, et le lion mangera du fourrage comme le boeuf. Le nourrisson s’ébattra sur le trou de la vipère, et l’enfant à peine sevré mettra sa main sur la prunelle du basilic. On ne fera point de mal et on ne causera point de dommage sur toute ma montagne sainte; car le pays sera rempli de la connaissance du Seigneur, comme le fond des mers par les eaux qui le couvrent » (Is.XI, 6-9). »

C’est ainsi que Frère Maximilien-Marie a achevé l’histoire des Saints et des animaux, et moi je me suis endormi sur ses genoux en ronronnant… Et tous les battements de mon petit coeur de chat étaient une louange amoureuse au Créateur tandis que je voyais en rêve le beau Ciel du Bon Dieu.

Lully.

Chat coussin

Publié dans:Chronique de Lully, Nos amis les Saints |on 10 novembre, 2007 |1 Commentaire »

2007-30. Des Saints et des animaux (3ème partie).

Mercredi 7 novembre.

Le Ciel avait donc déjà vu l’arrivée du chien de Saint Roch, des Saint-Bernard qui portent le nom de Saint Bernard de Menthon, des oiseaux qui avaient été attentifs à la prédication de Saint François d’Assise, des moutons, brebis et agneaux des Saintes Solange et Germaine, dont les revendications avaient été soutenues par Saint Jean-Baptiste, de la mule de Saint Antoine de Padoue, des cerfs de Saint Hubert et de Saint Eustache, de la biche de Saint Gilles…
Mais vous pensez bien que les choses n’allaient pas en rester là.

On vit donc Sainte Scholastique et Saint Grégoire le Grand venir demander l’introduction des colombes avec lesquelles ils sont toujours représentés ; et le Bon Dieu les prit dans son Paradis.
Saint Benoît de Nursie, Saint Paul ermite et le Saint Prophète Elie vinrent tout de suite après pour plaider la cause des corbeaux qui les avaient nourris dans leurs déserts ; et le Bon Dieu les prit dans son Paradis.
Puis Saint Antoine le Grand, qui avait suivi Saint Paul ermite avec lequel il était ami, demanda bien sûr qu’on reçoive son célèbre cochon ; Balaam, revenu de son aveuglement et voulant réparer l’injustice avec laquelle il l’avait traitée, sollicita l’admission de son ânesse ; Saint Jérôme intercéda en faveur de son lion et Saint Martin de Porrès pour ses souris ; Saint Jean l’Evangéliste proposa son aigle et Sainte Oringa le lièvre qui la guidait la nuit ; Saint Joseph suggéra l’introduction du Saint Âne et du Saint Boeuf de Bethléem – ce n’était que justice! – , ce que voyant les Saints Rois Gaspard, Melchior et Balthazar obtinrent de faire entrer leurs caravanes de chameaux et de dromadaires que les Saintes Ecritures avaient magnifiquement prophétisées comme signe de la Jérusalem messiannique…
Et le Bon Dieu les prit tous dans son paradis.
Saint Corbinien fit accepter l’ours qui avait tué sa monture et l’avait ensuite remplacée, en arguant du fait que cet ours figurerait un jour dans les armoiries d’un Souverain Pontife ; et le Bon Dieu le prit donc lui aussi dans son Paradis.

Armoiries de Benoît XVI

Le vieux Noé se frottait les mains d’enthousiasme. Vraiment, il semblait avoir pris une nouvelle jeunesse et, pour l’organisation et l’entretien de toute cette ménagerie, il avait formé une joyeuse cohorte d’angelots.

Saint François d’Assise et Saint Antoine de Padoue tentèrent alors une seconde chance : le premier pour faire admettre le fameux loup de Gubbio (n’a-t-il pas une place de choix dans le scoutisme catholique puisqu’il est le « saint patron » de tous les louveteaux et louvettes?), et le second pour demander si – après tout – on ne pourrait pas creuser un grand étang céleste pour y placer les poissons du littoral de Rimini qui étaient accourus afin d’entendre sa prédication…
Et le Bon Dieu, bien sûr, acquiesça et les prit dans son Paradis.

Le bon Saint Pierre avait alors senti vibrer sa fibre professionnelle et il se voyait déjà, pendant ses RTT, au bord de l’étang une canne à pêche à la main et un grand chapeau de paille sur la tête…

Mais l’arrivée de Saint Brendan et de Saint Malo jeta le trouble dans sa paisible rêverie : vous savez peut-être (mais peut-être aussi ne le savez-vous pas?) que Saint Brendan est l’un de ces intrépides moines irlandais qui vécut à la fin du Vème siècle et au début du VIème siècle ; avec son disciple et ami, Saint Malo – appelé aussi Maclou ou Machut – , il parcourut les mers (certains historiens très sérieux pensent même qu’il découvrit l’Amérique) et il lui arriva une aventure véritablement… formidable!

En effet, étant en mer avec quelques autres moines, Saint Brendan et Saint Malo, parce que c’était le Saint Jour de Pâques souhaitaient pouvoir célébrer la Sainte Messe : mais l’exigüité de leur fragile esquif ballotté sur les flots ne permettait évidemment pas de le faire à bord. Ils cherchaient donc une terre pour accoster… et virent justement un îlot dénudé sur lequel ils descendirent, dressèrent un autel et chantèrent joyeusement la Messe de la Résurrection : « Haes dies quam fecit Dominus, exultemus et laetemur in ea, alleluia! » Toutefois, vers la fin de l’office, les bons moines furent effrayés en constatant que l’îlot bougeait. Regagnant à la hâte leur embarcation, ils n’eurent que le temps de dire « ouf! » car ce qu’ils avaient pris pour une petite île n’était rien d’autre qu’une baleine qui faisait la sieste et que l’allégresse pascale avait réveillée!
Bref, Saint Brendan et Saint Malo demandaient que le mammifère marin qui leur avait permis de célébrer la Sainte Messe de Pâques, soit à son tour admis au Ciel : il suffirait juste d’agrandir un peu le bassin creusé pour les poissons de Saint Antoine, et la baleine serait très justement récompensée d’avoir prêté non pas le flanc mais un dos hospitalier à la célébration du plus auguste des mystères!
Le prophète Jonas, toujours un peu porté à la ralerie, n’était pas des plus enthousiastes à la pensée de l’arrivée d’une baleine, mais le Bon Dieu n’en fit pas cas et il la prit aussi dans son Paradis.

Saint Malo

(à suivre, ici > www)

Publié dans:Chronique de Lully, Nos amis les Saints |on 6 novembre, 2007 |1 Commentaire »

Recette du Mesnil-Marie : un délicieux gâteau d’automne.

Mardi 6 novembre 2007.

Aujourd’hui, il y avait de la gelée blanche, quand j’ai fait ma première sortie ce matin. Les feuilles des quatre gros tilleuls qui sont devant notre « Mesnil-Marie » tombent très rapidement et notre Frère les met en tas, mais c’est un travail qu’il faut recommencer sans cesse. Il y a aussi les autres travaux de saison: rentrer les pots de fleurs, couper du bois et le rentrer, émonder certains arbustes, ramasser encore quelques fruits… En effet il y a encore des noisettes à ramasser, et aussi quelques pommes. C’est bien les pommes, parce qu’avec on fait de la compote, et – je crois vous l’avoir déjà dit – j’aime bien la compote!

On peut également aussi se servir des pommes pour faire des gâteaux, et justement cet après-midi j’ai aidé mon papa à préparer un gâteau avec des pommes et des noix: un délicieux gâteau d’automne! Je me répète mais vraiment je puis vous garantir qu’il est absolument dé-li-ci-eux (oui, oui, c’est vrai je suis un chat qui aime aussi les gâteaux!).

Lully gourmand

Et comme il est vraiment très simple à préparer, je ne puis que vous encourager à le préparer aussi chez vous et à inviter vos amis pour les régaler et passer un moment agréable en leur compagnie…

En voici la recette (pour 6 personnes environ) :

- 1 tasse de farine, 1 tasse de sucre, 2 oeufs, 1/2 tasse de lait, 1/2 tasse d’huile, 1 sachet de levure, 1 cuiller à soupe d’extrait de vanille, 1 cuiller à café de cannelle, 1 tasse de noix, 2 ou 3 pommes.

Vous mélangez tous les ingrédients (sauf les pommes et les noix) pour obtenir une pâte liquide, vous y ajoutez les noix et les pommes (coupées en dés), vous mélangez doucement et vous faites cuire au four préchauffé (thermostat 6-7) pendant 45 mn environ. Vers la fin de la cuisson vous pouvez badigeonner la surface avec du miel et remettre au four un tout petit moment pour qu’il fonde et pénètre bien.

Mia-a-a-ou-ou! Mi-a-a-am-am!

Lully.

2007-28. Des Saintes Reliques.

Le 5 novembre.

Dans un certain nombre de calendriers propres, l’un des premiers jours « libres » (c’est-à-dire sans célébration particulière) après la fête de tous les Saints – souvent le 5 novembre -, est un jour consacré à honorer les Saintes Reliques conservées dans l’église ou dans l’oratoire.

Vous pensez bien que Frère Maximilien-Marie n’a pas manqué la chose aujourd’hui, puisque je vous ai déjà signalé sa vénération pour elles.

Si notre situation actuelle ne nous permet pas de faire, dans l’oratoire du Mesnil-Marie, une exposition solennelle de toutes les reliques qui sont conservées dans la grande armoire de la sacristie, afin qu’une communauté ou un groupe de fidèles se relaye devant elles toute la journée dans une espèce de « garde d’honneur », notre Frère a tout de même tenu à les vénérer ce matin à la fin de l’oraison…

Frère Maximilien-Marie m’a expliqué que dès les premiers temps de l’Eglise, dans les catacombes, on avait pris l’habitude de célébrer les Saints Mystères sur la tombe des martyrs, particulièrement au jour anniversaire de leur glorieux trépas.
La foi de l’Eglise manifestait ainsi que le sacrifice des martyrs était uni à celui de leur divin Rédempteur et que si « aux yeux des insensés ils ont paru mourir, et leur départ de ce monde a semblé un malheur… ils sont dans la paix. Alors même que, devant les hommes, ils ont subi des châtiments, leur espérance était pleine d’immortalité… Car Dieu les a éprouvés et les a trouvés dignes de Lui : il les a éprouvés comme l’or dans la fournaise et les a agréés comme un parfait holocauste » 
(Sap. III, 2-5).

Dès les premiers temps aussi, les fidèles conservaient avec ferveur les objets qui avaient trait aux supplices des martyrs (on voit ainsi dans le récit du martyre de Sainte Cécile, par exemple, que les gens de sa maison imbibent des toiles avec le sang que la Sainte est en train de répandre).

Après la pacification qui suivit l’édit de Milan (en 313), le culte se développa et on éleva de grandes églises sur les tombes des Apôtres Pierre et Paul, et sur celles d’autres saints particulièrement vénérés comme Saint Sébastien, Sainte Agnès… etc.
Sainte Hélène, mère de Saint Constantin 1er le Grand, fit rechercher en Terre Sainte les lieux et les objets qui étaient liés à la vie et à la mort de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Les basiliques qu’on éleva à cette époque furent donc comme de grands reliquaires dans lesquels étaient conservés les tombeaux des Saints ou des objets particulièrement précieux pour la foi chrétienne (la Sainte Croix et les objets de la Passion, le Saint Sépulcre, la grotte de la Nativité… etc.).

Dès ce moment-là aussi on procéda à des « translations » de corps ou d’objets saints : lorsque le lieu de la sépulture ne se prêtait pas à la construction du lieu de culte envisagé, ou quand (en raison de la longueur et des difficultés des voyages) on préféra dédoubler les lieux de vénération et que l’on commença pour cela à partager les reliques.

Un peu plus tard, au moment des invasions barbares ou normandes, les craintes liées aux destructions et aux pillages furent également l’occasion de translations des reliques, donnant parfois lieu à des processions solennelles, à des miracles retentissants aussi, et à une extension de la dévotion envers le saint dont on avait transporté le corps.

La célébration des Saints Mystères sur la tombe même des martyrs est aussi à l’origine de l’usage de la translation des reliques pour les cérémonies de consécration des églises et des autels : il devint même obligatoire d’insérer des reliques des saints dans la table de pierre consacrée, au creux d’une petite cavité (appelée tombeau) que l’évêque consécrateur scelle solennellement.

Le développement des fruits de sainteté dans l’Eglise et l’accroissement du nombre des Saints entrainèrent aussi bien sûr le développement du culte des reliques.

On a distingué les reliques par « classes » :
a) sont considérées comme reliques de « première classe » les corps des saints ou les fragments importants de ces corps (crâne – on parle du chef – , ossements entiers) ;
b) les reliques de « deuxième classe » sont les fragments d’os, les parcelles des cendres funéraires, les cheveux, ou encore les objets qui ont appartenu aux saints – comme leurs vêtements – ou enfin les instruments mêmes de leur martyre ;
c) les reliques de « troisième classe » sont des objets qu’on a mis en contact avec le corps du saint, son tombeau ou sa châsse, ou encore le liquide parfumé (souvent appelé myrrhe) qui coule parfois de leur dépouille mortelle.

La vénération des saintes reliques appartient au culte de « dulie » - ce n’est pas un culte d’adoration mais de vénération, l’adoration n’étant due qu’à Dieu seul – , mais c’est en outre un culte que l’on dit « relatif », parce que, à travers la relique, il s’adresse en réalité à la personne du Saint, et non à l’objet lui-même.

La vérification de l’authenticité des reliques est indispensable avant de les proposer à la vénération des fidèles : cette authentification est confiée aux cardinaux, aux évêques, à certains prêtres spécialement autorisés (supérieurs majeurs des religieux ou vicaires généraux dans certains cas).
Cette authenticité est certifiée par un document écrit – qu’on nomme  un « authentique« - et par les sceaux qui ferment le reliquaire.
Il est admis que l’on peut continuer à proposer des reliques à la vénération des fidèles lorsque ce certificat d’authenticité a été détruit ou perdu, à la condition que les sceaux du reliquaire soient intacts.

Reliquaire

Reliquaire de la sacristie du Mesnil-Marie dans lequel se trouvent plusieurs petites reliques de deuxième classe appartenant à plusieurs saints de l’Ordre Capucin

Nous possédons au Mesnil-Marie un certain nombre de reliquaires : la plupart se présentent comme des médaillons, quelques autres ont la forme de monstrances destinées à être posées sur les gradins de l’autel les jours des grandes fêtes.

Beaucoup de ces reliquaires que nous possédons ici ont été sauvés de la destruction ou de la profanation : la crise doctrinale, spirituelle et liturgique qui a suivi le second concile du Vatican – une espèce de vent de folie ! – a poussé des prêtres ou des communautés religieuses à se débarrasser de ce qu’ils se sont mis à considérer comme des vieilleries ou des superstitions d’un autre âge. C’est ainsi qu’on a retrouvé des reliquaires aux puces, dans des brocantes, voire dans des tas de détritus ou des poubelles !!!
D’autres fois encore ce sont des congrégations qui, ne se renouvelant plus, ont dû fermer certaines de leurs maisons et ont « liquidé » le contenu des sacristies…
Enfin Frère Maximilien-Marie, à la suite de récentes béatifications ou lors de ses pèlerinages à Rome, a pu obtenir dans certains couvents ou auprès de certains prélats des reliquaires de saints 
récents avec leurs certificats d’authenticité.

C’est donc ainsi que nous conservons au Mesnil-Marie des reliques de la Sainte Croix, du voile de la Très Sainte Vierge, de Saint François de Sales, de Sainte Jeanne de Chantal et de Sainte Marguerite-Marie, de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, de Sainte Thérèse d’Avila et de Saint Jean de la Croix, des Visitandines Martyres de Madrid – tuées par les « rouges » en 1936 – et de la Bienheureuse Marie de Jésus Deluil-Martiny, du Bienheureux Charles de Foucauld et de la Bienheureuse Anne-Marie Taïgi, de Saint Gabriel dell’Addolorata et de Saint Paul de la Croix, de Sainte Gemma Galgani et de Sainte Maria Goretti, des Saints Apôtres Pierre et Paul, du Bienheureux Pie IX et de Saint Benoît, de Saint François d’Assise et de Saint Dominique… etc …etc.

Toutes ces reliques constituent comme une « présence » de tous ces Saints dans notre Mesnil-Marie, et c’est un vrai bonheur de redire aujourd’hui la collecte de la messe propre en leur honneur :

Augmentez en nous, Seigneur, la foi en la résurrection, ô Vous qui opérez des merveilles par les reliques de vos Saints : et rendez-nous participants de la gloire immortelle dont nous vénérons le gage dans leurs cendres : nous Vous le demandons par Notre-Seigneur Jésus-Christ, votre Fils, qui vit et règne avec Vous dans l’unité du Saint-Esprit pour les siècles des siècles.

Ainsi soit-il !

1...7172737475

A tempo di Blog |
Cehl Meeah |
le monde selon Darwicha |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | mythologie
| jamaa
| iletaitunefoi