Archive pour la catégorie 'Chronique de Lully'

2007-32. Explication et origine de l’image de « Marie qui défait les noeuds ».

Mardi 13 novembre 2007.

Hier soir, comme vous avez pu le lire dans le précédent message, nous avons  donc commencé une neuvaine – c’est-à-dire neuf jours consécutifs où l’on récite une prière particulière – au cours de laquelle nous allons supplier particulièrement la Très Sainte Vierge sous le vocable de « Marie qui défait les noeuds »

Lorsque Frère Maximilien-Marie a déposé cette annonce sur mon blogue, j’ai été surpris par ce nom donné à Notre-Dame, et je lui ai donc demandé des explications sur cette appellation pas très ordinaire.

Il m’a alors expliqué que ce vocable tirait son origine d’un tableau intitulé « Maria Knotenlöserin« , peint par un inconnu (qui avait sans doute plus de piété que de talent), vénéré dans l’église de Sankt-Peter am Perlack, à Augsbourg, depuis l’année 1700.

Pour la réalisation de ce tableau, l’artiste s’est vraisemblablement inspiré d’un texte de Saint Irénée, évêque de Lyon et martyr en 208, qui déclare: « Par sa désobéissance, Eve a noué pour l’humanité un noeud de malheur que, par son obéissance au contraire, Marie a dénoué.« 

Maria Knotenlöserin

Sur cette toile, en effet, la Vierge Marie est représentée avec les symboles de la vision de Saint Jean au chapitre XII de l’Apocalypse (revêtue de soleil, la lune sous les pieds et une couronne de douze étoiles nimbant son visage), auxquels sont ajoutés d’une part la figuration du serpent de la Genèse – qu’elle écrase sous son pied (ce qui montre bien que Marie est en quelque sorte l’antidote d’Eve) -, et d’autre part la colombe du Saint-Esprit qui montre que Notre-Dame est son épouse, celle qu’il a comblée de la plénitude de ses grâces, celle qu’il a rendue féconde pour faire d’elle la Mère du Rédempteur. Jusqu’ici, en définitive, rien que de très habituel dans l’iconographie mariale, avec les incontournables angelots joufflus qui jouent à cache-cache dans les nuages!

Là où le peintre devient véritablement original, c’est lorsqu’il nous montre la Très Sainte Vierge absorbée dans un minutieux et patient travail: elle dénoue avec application les noeuds complexes d’un ruban qui lui est présenté sur sa gauche par un ange, tandis qu’un second ange reçoit – à droite de la Madonne – ce ruban parfaitement lisse, libéré de tout noeud… Ce ruban symbolise les situations, plus ou moins inextricables, dont nos vies sont encombrées – voire empoisonnées – et ce sont les mains très douces et maternelles de Notre-Dame qui travaillent à y remettre ordre et clarté.

Dans le bas du tableau, sombre, sont figurés un jeune homme et un ange qui le tient par la main et l’entraîne vers une église. Certains y voient la réprésentation du jeune Tobie et de son guide, l’archange Raphaël, car le livre de Tobie nous raconte en effet comment la divine Providence est intervenue dans cette famille pour dénouer des situations qui paraissaient absolument insolubles. Cette évocation de cette histoire biblique est justement bien propre à nous stimuler à la confiance et à la prière persévérante, afin d’obtenir l’heureux dénouement des problèmes et des difficultés qui nous affligent.

Moi, le petit chat, j’ai très bien compris le symbolisme de ce tableau, parce qu’il m’est déjà arrivé de jouer avec une pelote de ficelle et parce que j’ai ensuite vu Frère Maximilien-Marie – pas très content du résultat – qui passait du temps à tout déméler… Je sais bien aussi qu’il n’est pas du tout confortable d’être entravé par un lien noué: alors de tout mon coeur, je demande au Bon Dieu, par l’intercession de Marie qui défait les noeuds d’intervenir maternellement dans les paquets d’intentions embrouillées que nous remettons entre ses mains patientes et efficaces.

Bonne neuvaine à tous… Pour moi, je file dans les champs pour voir s’il reste quelque mulot qui serait volontaire pour me servir d’apéritif.

Lully.

Publié dans:Chronique de Lully, De Maria numquam satis |on 13 novembre, 2007 |2 Commentaires »

2007-31. Des Saints et des animaux (4ème et dernière partie).

lully.gifJ’étais véritablement enchanté d’entendre, moi le petit chat du Mesnil-Marie, l’histoire du chien de Saint Roch avec tous les développements qui s’en étaient suivis…
Mais arrivé à ce point du récit, je me suis permis d’interrompre mon papa et de lui demander : « Mais ceci est-il vraiment vrai? Ne s’agit-il pas d’un conte pour faire seulement rêver? Les animaux seront-ils bien admis un jour dans le Paradis de Dieu? Puis-je espérer, moi Lully, aller au Ciel avec toi?« 

Frère Maximilien-Marie m’a souri et il a ajouté:

« Vois-tu, Lully, Saint Thomas d’Aquin, dans la Somme Théologique, n’a fait qu’aborder ce sujet à la seule lumière de la science de son époque ; mais j’ose dire qu’il n’a pas vraiment répondu de manière satisfaisante à la question…
A l’exception de la grande école franciscaine, avec en particulier Saint Bonaventure – qui est lui aussi un Docteur de l’Eglise et qui répond de manière positive à cette question – , des générations de théologiens ont négligé de se poser les bonnes questions à propos du dessein de Dieu sur les animaux…

« Or nous lisons dans la Sainte Ecriture des affirmations très claires. Ainsi Dieu dit-il à Noé après le déluge : « Et moi, je vais établir mon Alliance avec vous et avec votre postérité après vous, avec tous les êtres vivants qui sont avec vous, oiseaux, animaux domestiques et toutes les bêtes de la terre, depuis ceux qui sont sortis de l’arche jusqu’à tout animal de la terre«  (Gen.IX, 9-11).
Dans le Psaume XXXV, au verset 7 nous lisons aussi: « Vous sauverez, Seigneur, les hommes et les bêtes ».
Et Saint Paul écrit aux Romains : « La création attend avec un ardent désir la manifestation des enfants de Dieu. La création, en effet, a été assujettie à la vanité – non de son gré mais par la volonté de celui qui l’y a soumise, – avec l’espérance qu’elle aussi sera affranchie de la servitude de la corruption, pour avoir part à la liberté glorieuse des enfants de Dieu. Car nous savons que, jusqu’à ce jour, la création tout entière gémit et souffre les douleurs de l’enfantement » (Rom.VIII, 19-22). Dans ce texte Saint Paul enseigne clairement que la faute d’Adam n’a pas introduit un désordre seulement dans l’âme de l’homme, par le péché, mais que tout l’ordre créé a été perturbé en conséquence du péché de l’homme ; cela lui permet d’affirmer que c’est donc l’ensemble de la création – et pas seulement l’humanité – qui est tendue vers la rédemption et à laquelle une régénération est promise.

Les animaux, comme aussi les plantes, appartiennent à la perfection du monde matériel que Dieu a créé pour Sa gloire ainsi que pour le bien et le service des hommes. Nous savons aussi que Dieu n’a de mépris pour aucune de ses créatures, Lui qui nous donne l’exemple de sa propre sollicitude pour nourrir les oiseaux du ciel afin de nous porter à la confiance en Sa Providence paternelle (cf. Matth. VI, 26).
Il y a une véritable convenance à ce que les animaux, les plantes et tout ce qui fait la perfection de la création d’ici-bas, demeurent dans le monde nouveau, dans le monde renouvelé et transformé, qui subsistera après la fin des temps : en effet, selon une hiérarchie qui est adaptée au mode de chacun, tout être créé est appelé à atteindre sa fin, qui est Dieu. Les animaux et les plantes appartiennent donc très logiquement à la perfection de la création renouvelée.

Le Christ nous donne un « moyen théologique » très simple pour résoudre certains problèmes: en demander la solution à un enfant. Ne souriez pas! « Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits, car je vous dis que leurs anges dans le Ciel contemplent sans cesse la face de mon Père qui est dans les Cieux » (Matth. XVIII, 10).
Si donc l’on demande à un enfant qui, dans la mouvance des dons reçus reçus au Baptême, a conservé son âme limpide: « Si tu étais à la place de Dieu tout-puissant, à la fin des temps, pour orner le monde nouveau, redonnerais-tu la vie aux animaux, étant bien entendu qu’alors ils n’auraient plus le pouvoir de faire aucun mal, ou bien ne placerais-tu dans ce monde nouveau que les anges et les hommes? »
La réponse ne fait pas l’ombre d’un doute et se passe de toute forme de démonstration.

Pourquoi a-t-on pendant des siècles (sous le fallacieux prétexte que ce serait là l’enseignement de la Révélation transmis par notre Mère la Sainte Eglise), répondu – et fait de la peine – à des milliers d’enfants qui ont un jour ou l’autre demandé si leur animal de compagnie irait au Ciel, que les animaux n’ont pas d’âme et qu’en conséquence ils rentrent dans le néant au moment de leur mort?

Si les animaux meurent, c’est justement qu’ils ont une âme puisque la définition de la mort c’est précisément la séparation de l’âme et du corps! L’âme est immatérielle, elle est le principe de la vie. Les animaux ont un psychisme, siège des facultés vitales, ils ont une intuition, une sensibilité, une mémoire et une certaine forme d’imagination ; ils sont capables de développer une affectivité et même – pour les plus développés – d’avoir une forme de réflexion intelligente et une véritable « personnalité ».
Le fait qu’ils ne soient pas capables de spéculer sur les réalités immatérielles, qu’ils n’aient pas une volonté dotée de libre-arbitre, qu’ils ne soient pas appelés à vivre de la grâce surnaturelle ni à jouir de la vision béatifique, signifie-t-il pour autant qu’ils sont « néantisés » quand leur corps meurt?
L’affirmer paraît singulièrement simpliste et bien peu en accord avec tout ce que les sciences de la nature nous révèlent sans cesse de l’inouïe richesse, complexité et diversité de la création, qui témoigne de l’intelligence et de la sagesse infinies du Créateur.
Pourquoi limiterait-on, sur la base d’une logique aristotélicienne purement humaine – donc très limitée – la puissance de Dieu?

Cette espérance de « l’affranchissement de la servitude de la corruption pour avoir part à la liberté glorieuse des enfants de Dieu » dont parle Saint Paul se trouve dans toute la création ici-bas. Il y a en tout être vivant un appétit naturel à exister perpétuellement, sinon comme individu au moins en tant qu’espèce (la génération tend à cela). Il ne convient pas qu’un appétit naturel soit frustré. En outre, rappelons-le, tout être créé est ordonné à une fin, qui est Dieu, et qu’il doit atteindre selon une hiérarchie et des modes divers. Rien ne s’oppose à ce que les animaux soient « glorifiés » au temps de la régénération : c’est-à-dire que la puissance divine les revête d’incorruptibilité et de clarté. Leur recherche de nourriture n’aura plus lieu d’être, et donc il n’y aura plus de plus fort dévorant un plus faible (tu n’auras plus besoin ni envie de croquer les souris, mon Lully!), comme il n’y aura plus de génération. Les animaux et les plantes seront présents en raison de leur beauté, vivant une vie commune paisible, jouissant – selon la capacité de chacun – d’une certaine béatitude sensible en laquelle leur appétit naturel sera comblé.

Alors on verra la réalisation de ce qui a été prophétisé par Isaïe : « Le loup habitera avec l’agneau, la panthère reposera sur le chevreau; le veau, le lion et le boeuf gras vivront ensemble, et un jeune enfant les conduira. La vache et l’ourse auront même pâturage, leurs petits un même gîte, et le lion mangera du fourrage comme le boeuf. Le nourrisson s’ébattra sur le trou de la vipère, et l’enfant à peine sevré mettra sa main sur la prunelle du basilic. On ne fera point de mal et on ne causera point de dommage sur toute ma montagne sainte; car le pays sera rempli de la connaissance du Seigneur, comme le fond des mers par les eaux qui le couvrent » (Is.XI, 6-9). »

C’est ainsi que Frère Maximilien-Marie a achevé l’histoire des Saints et des animaux, et moi je me suis endormi sur ses genoux en ronronnant… Et tous les battements de mon petit coeur de chat étaient une louange amoureuse au Créateur tandis que je voyais en rêve le beau Ciel du Bon Dieu.

Lully.

Chat coussin

Publié dans:Chronique de Lully, Nos amis les Saints |on 10 novembre, 2007 |1 Commentaire »

2007-30. Des Saints et des animaux (3ème partie).

Mercredi 7 novembre.

Le Ciel avait donc déjà vu l’arrivée du chien de Saint Roch, des Saint-Bernard qui portent le nom de Saint Bernard de Menthon, des oiseaux qui avaient été attentifs à la prédication de Saint François d’Assise, des moutons, brebis et agneaux des Saintes Solange et Germaine, dont les revendications avaient été soutenues par Saint Jean-Baptiste, de la mule de Saint Antoine de Padoue, des cerfs de Saint Hubert et de Saint Eustache, de la biche de Saint Gilles…
Mais vous pensez bien que les choses n’allaient pas en rester là.

On vit donc Sainte Scholastique et Saint Grégoire le Grand venir demander l’introduction des colombes avec lesquelles ils sont toujours représentés ; et le Bon Dieu les prit dans son Paradis.
Saint Benoît de Nursie, Saint Paul ermite et le Saint Prophète Elie vinrent tout de suite après pour plaider la cause des corbeaux qui les avaient nourris dans leurs déserts ; et le Bon Dieu les prit dans son Paradis.
Puis Saint Antoine le Grand, qui avait suivi Saint Paul ermite avec lequel il était ami, demanda bien sûr qu’on reçoive son célèbre cochon ; Balaam, revenu de son aveuglement et voulant réparer l’injustice avec laquelle il l’avait traitée, sollicita l’admission de son ânesse ; Saint Jérôme intercéda en faveur de son lion et Saint Martin de Porrès pour ses souris ; Saint Jean l’Evangéliste proposa son aigle et Sainte Oringa le lièvre qui la guidait la nuit ; Saint Joseph suggéra l’introduction du Saint Âne et du Saint Boeuf de Bethléem – ce n’était que justice! – , ce que voyant les Saints Rois Gaspard, Melchior et Balthazar obtinrent de faire entrer leurs caravanes de chameaux et de dromadaires que les Saintes Ecritures avaient magnifiquement prophétisées comme signe de la Jérusalem messiannique…
Et le Bon Dieu les prit tous dans son paradis.
Saint Corbinien fit accepter l’ours qui avait tué sa monture et l’avait ensuite remplacée, en arguant du fait que cet ours figurerait un jour dans les armoiries d’un Souverain Pontife ; et le Bon Dieu le prit donc lui aussi dans son Paradis.

Armoiries de Benoît XVI

Le vieux Noé se frottait les mains d’enthousiasme. Vraiment, il semblait avoir pris une nouvelle jeunesse et, pour l’organisation et l’entretien de toute cette ménagerie, il avait formé une joyeuse cohorte d’angelots.

Saint François d’Assise et Saint Antoine de Padoue tentèrent alors une seconde chance : le premier pour faire admettre le fameux loup de Gubbio (n’a-t-il pas une place de choix dans le scoutisme catholique puisqu’il est le « saint patron » de tous les louveteaux et louvettes?), et le second pour demander si – après tout – on ne pourrait pas creuser un grand étang céleste pour y placer les poissons du littoral de Rimini qui étaient accourus afin d’entendre sa prédication…
Et le Bon Dieu, bien sûr, acquiesça et les prit dans son Paradis.

Le bon Saint Pierre avait alors senti vibrer sa fibre professionnelle et il se voyait déjà, pendant ses RTT, au bord de l’étang une canne à pêche à la main et un grand chapeau de paille sur la tête…

Mais l’arrivée de Saint Brendan et de Saint Malo jeta le trouble dans sa paisible rêverie : vous savez peut-être (mais peut-être aussi ne le savez-vous pas?) que Saint Brendan est l’un de ces intrépides moines irlandais qui vécut à la fin du Vème siècle et au début du VIème siècle ; avec son disciple et ami, Saint Malo – appelé aussi Maclou ou Machut – , il parcourut les mers (certains historiens très sérieux pensent même qu’il découvrit l’Amérique) et il lui arriva une aventure véritablement… formidable!

En effet, étant en mer avec quelques autres moines, Saint Brendan et Saint Malo, parce que c’était le Saint Jour de Pâques souhaitaient pouvoir célébrer la Sainte Messe : mais l’exigüité de leur fragile esquif ballotté sur les flots ne permettait évidemment pas de le faire à bord. Ils cherchaient donc une terre pour accoster… et virent justement un îlot dénudé sur lequel ils descendirent, dressèrent un autel et chantèrent joyeusement la Messe de la Résurrection : « Haes dies quam fecit Dominus, exultemus et laetemur in ea, alleluia! » Toutefois, vers la fin de l’office, les bons moines furent effrayés en constatant que l’îlot bougeait. Regagnant à la hâte leur embarcation, ils n’eurent que le temps de dire « ouf! » car ce qu’ils avaient pris pour une petite île n’était rien d’autre qu’une baleine qui faisait la sieste et que l’allégresse pascale avait réveillée!
Bref, Saint Brendan et Saint Malo demandaient que le mammifère marin qui leur avait permis de célébrer la Sainte Messe de Pâques, soit à son tour admis au Ciel : il suffirait juste d’agrandir un peu le bassin creusé pour les poissons de Saint Antoine, et la baleine serait très justement récompensée d’avoir prêté non pas le flanc mais un dos hospitalier à la célébration du plus auguste des mystères!
Le prophète Jonas, toujours un peu porté à la ralerie, n’était pas des plus enthousiastes à la pensée de l’arrivée d’une baleine, mais le Bon Dieu n’en fit pas cas et il la prit aussi dans son Paradis.

Saint Malo

(à suivre, ici > www)

Publié dans:Chronique de Lully, Nos amis les Saints |on 6 novembre, 2007 |1 Commentaire »

Recette du Mesnil-Marie : un délicieux gâteau d’automne.

Mardi 6 novembre 2007.

Aujourd’hui, il y avait de la gelée blanche, quand j’ai fait ma première sortie ce matin. Les feuilles des quatre gros tilleuls qui sont devant notre « Mesnil-Marie » tombent très rapidement et notre Frère les met en tas, mais c’est un travail qu’il faut recommencer sans cesse. Il y a aussi les autres travaux de saison: rentrer les pots de fleurs, couper du bois et le rentrer, émonder certains arbustes, ramasser encore quelques fruits… En effet il y a encore des noisettes à ramasser, et aussi quelques pommes. C’est bien les pommes, parce qu’avec on fait de la compote, et – je crois vous l’avoir déjà dit – j’aime bien la compote!

On peut également aussi se servir des pommes pour faire des gâteaux, et justement cet après-midi j’ai aidé mon papa à préparer un gâteau avec des pommes et des noix: un délicieux gâteau d’automne! Je me répète mais vraiment je puis vous garantir qu’il est absolument dé-li-ci-eux (oui, oui, c’est vrai je suis un chat qui aime aussi les gâteaux!).

Lully gourmand

Et comme il est vraiment très simple à préparer, je ne puis que vous encourager à le préparer aussi chez vous et à inviter vos amis pour les régaler et passer un moment agréable en leur compagnie…

En voici la recette (pour 6 personnes environ) :

- 1 tasse de farine, 1 tasse de sucre, 2 oeufs, 1/2 tasse de lait, 1/2 tasse d’huile, 1 sachet de levure, 1 cuiller à soupe d’extrait de vanille, 1 cuiller à café de cannelle, 1 tasse de noix, 2 ou 3 pommes.

Vous mélangez tous les ingrédients (sauf les pommes et les noix) pour obtenir une pâte liquide, vous y ajoutez les noix et les pommes (coupées en dés), vous mélangez doucement et vous faites cuire au four préchauffé (thermostat 6-7) pendant 45 mn environ. Vers la fin de la cuisson vous pouvez badigeonner la surface avec du miel et remettre au four un tout petit moment pour qu’il fonde et pénètre bien.

Mia-a-a-ou-ou! Mi-a-a-am-am!

Lully.

2007-28. Des Saintes Reliques.

Le 5 novembre.

Dans un certain nombre de calendriers propres, l’un des premiers jours « libres » (c’est-à-dire sans célébration particulière) après la fête de tous les Saints – souvent le 5 novembre -, est un jour consacré à honorer les Saintes Reliques conservées dans l’église ou dans l’oratoire.

Vous pensez bien que Frère Maximilien-Marie n’a pas manqué la chose aujourd’hui, puisque je vous ai déjà signalé sa vénération pour elles.

Si notre situation actuelle ne nous permet pas de faire, dans l’oratoire du Mesnil-Marie, une exposition solennelle de toutes les reliques qui sont conservées dans la grande armoire de la sacristie, afin qu’une communauté ou un groupe de fidèles se relaye devant elles toute la journée dans une espèce de « garde d’honneur », notre Frère a tout de même tenu à les vénérer ce matin à la fin de l’oraison…

Frère Maximilien-Marie m’a expliqué que dès les premiers temps de l’Eglise, dans les catacombes, on avait pris l’habitude de célébrer les Saints Mystères sur la tombe des martyrs, particulièrement au jour anniversaire de leur glorieux trépas.
La foi de l’Eglise manifestait ainsi que le sacrifice des martyrs était uni à celui de leur divin Rédempteur et que si « aux yeux des insensés ils ont paru mourir, et leur départ de ce monde a semblé un malheur… ils sont dans la paix. Alors même que, devant les hommes, ils ont subi des châtiments, leur espérance était pleine d’immortalité… Car Dieu les a éprouvés et les a trouvés dignes de Lui : il les a éprouvés comme l’or dans la fournaise et les a agréés comme un parfait holocauste » 
(Sap. III, 2-5).

Dès les premiers temps aussi, les fidèles conservaient avec ferveur les objets qui avaient trait aux supplices des martyrs (on voit ainsi dans le récit du martyre de Sainte Cécile, par exemple, que les gens de sa maison imbibent des toiles avec le sang que la Sainte est en train de répandre).

Après la pacification qui suivit l’édit de Milan (en 313), le culte se développa et on éleva de grandes églises sur les tombes des Apôtres Pierre et Paul, et sur celles d’autres saints particulièrement vénérés comme Saint Sébastien, Sainte Agnès… etc.
Sainte Hélène, mère de Saint Constantin 1er le Grand, fit rechercher en Terre Sainte les lieux et les objets qui étaient liés à la vie et à la mort de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Les basiliques qu’on éleva à cette époque furent donc comme de grands reliquaires dans lesquels étaient conservés les tombeaux des Saints ou des objets particulièrement précieux pour la foi chrétienne (la Sainte Croix et les objets de la Passion, le Saint Sépulcre, la grotte de la Nativité… etc.).

Dès ce moment-là aussi on procéda à des « translations » de corps ou d’objets saints : lorsque le lieu de la sépulture ne se prêtait pas à la construction du lieu de culte envisagé, ou quand (en raison de la longueur et des difficultés des voyages) on préféra dédoubler les lieux de vénération et que l’on commença pour cela à partager les reliques.

Un peu plus tard, au moment des invasions barbares ou normandes, les craintes liées aux destructions et aux pillages furent également l’occasion de translations des reliques, donnant parfois lieu à des processions solennelles, à des miracles retentissants aussi, et à une extension de la dévotion envers le saint dont on avait transporté le corps.

La célébration des Saints Mystères sur la tombe même des martyrs est aussi à l’origine de l’usage de la translation des reliques pour les cérémonies de consécration des églises et des autels : il devint même obligatoire d’insérer des reliques des saints dans la table de pierre consacrée, au creux d’une petite cavité (appelée tombeau) que l’évêque consécrateur scelle solennellement.

Le développement des fruits de sainteté dans l’Eglise et l’accroissement du nombre des Saints entrainèrent aussi bien sûr le développement du culte des reliques.

On a distingué les reliques par « classes » :
a) sont considérées comme reliques de « première classe » les corps des saints ou les fragments importants de ces corps (crâne – on parle du chef – , ossements entiers) ;
b) les reliques de « deuxième classe » sont les fragments d’os, les parcelles des cendres funéraires, les cheveux, ou encore les objets qui ont appartenu aux saints – comme leurs vêtements – ou enfin les instruments mêmes de leur martyre ;
c) les reliques de « troisième classe » sont des objets qu’on a mis en contact avec le corps du saint, son tombeau ou sa châsse, ou encore le liquide parfumé (souvent appelé myrrhe) qui coule parfois de leur dépouille mortelle.

La vénération des saintes reliques appartient au culte de « dulie » - ce n’est pas un culte d’adoration mais de vénération, l’adoration n’étant due qu’à Dieu seul – , mais c’est en outre un culte que l’on dit « relatif », parce que, à travers la relique, il s’adresse en réalité à la personne du Saint, et non à l’objet lui-même.

La vérification de l’authenticité des reliques est indispensable avant de les proposer à la vénération des fidèles : cette authentification est confiée aux cardinaux, aux évêques, à certains prêtres spécialement autorisés (supérieurs majeurs des religieux ou vicaires généraux dans certains cas).
Cette authenticité est certifiée par un document écrit – qu’on nomme  un « authentique« - et par les sceaux qui ferment le reliquaire.
Il est admis que l’on peut continuer à proposer des reliques à la vénération des fidèles lorsque ce certificat d’authenticité a été détruit ou perdu, à la condition que les sceaux du reliquaire soient intacts.

Reliquaire

Reliquaire de la sacristie du Mesnil-Marie dans lequel se trouvent plusieurs petites reliques de deuxième classe appartenant à plusieurs saints de l’Ordre Capucin

Nous possédons au Mesnil-Marie un certain nombre de reliquaires : la plupart se présentent comme des médaillons, quelques autres ont la forme de monstrances destinées à être posées sur les gradins de l’autel les jours des grandes fêtes.

Beaucoup de ces reliquaires que nous possédons ici ont été sauvés de la destruction ou de la profanation : la crise doctrinale, spirituelle et liturgique qui a suivi le second concile du Vatican – une espèce de vent de folie ! – a poussé des prêtres ou des communautés religieuses à se débarrasser de ce qu’ils se sont mis à considérer comme des vieilleries ou des superstitions d’un autre âge. C’est ainsi qu’on a retrouvé des reliquaires aux puces, dans des brocantes, voire dans des tas de détritus ou des poubelles !!!
D’autres fois encore ce sont des congrégations qui, ne se renouvelant plus, ont dû fermer certaines de leurs maisons et ont « liquidé » le contenu des sacristies…
Enfin Frère Maximilien-Marie, à la suite de récentes béatifications ou lors de ses pèlerinages à Rome, a pu obtenir dans certains couvents ou auprès de certains prélats des reliquaires de saints 
récents avec leurs certificats d’authenticité.

C’est donc ainsi que nous conservons au Mesnil-Marie des reliques de la Sainte Croix, du voile de la Très Sainte Vierge, de Saint François de Sales, de Sainte Jeanne de Chantal et de Sainte Marguerite-Marie, de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, de Sainte Thérèse d’Avila et de Saint Jean de la Croix, des Visitandines Martyres de Madrid – tuées par les « rouges » en 1936 – et de la Bienheureuse Marie de Jésus Deluil-Martiny, du Bienheureux Charles de Foucauld et de la Bienheureuse Anne-Marie Taïgi, de Saint Gabriel dell’Addolorata et de Saint Paul de la Croix, de Sainte Gemma Galgani et de Sainte Maria Goretti, des Saints Apôtres Pierre et Paul, du Bienheureux Pie IX et de Saint Benoît, de Saint François d’Assise et de Saint Dominique… etc …etc.

Toutes ces reliques constituent comme une « présence » de tous ces Saints dans notre Mesnil-Marie, et c’est un vrai bonheur de redire aujourd’hui la collecte de la messe propre en leur honneur :

Augmentez en nous, Seigneur, la foi en la résurrection, ô Vous qui opérez des merveilles par les reliques de vos Saints : et rendez-nous participants de la gloire immortelle dont nous vénérons le gage dans leurs cendres : nous Vous le demandons par Notre-Seigneur Jésus-Christ, votre Fils, qui vit et règne avec Vous dans l’unité du Saint-Esprit pour les siècles des siècles.

Ainsi soit-il !

2007-27. Des Saints et des animaux (2ème partie).

Samedi 3 novembre.

L’arrivée du petit chien de Saint Roch dans le beau Ciel de Dieu ne passa pas inaperçue, vous vous en doutez bien : les Saints Innocents tout spécialement – cette troupe de charmants bambins âgés de deux ans maximum – étaient tout à fait ravis d’avoir un compagnon de jeu comme ils n’en avaient encore jamais eu depuis les quelque quatorze siècles qu’ils étaient entrés dans la gloire céleste…
Mais il n’y avait pas qu’eux.
Tous les saints en effet sont un peu comme des enfants, puisqu’ils ont remporté la difficile épreuve en laquelle Notre-Seigneur Jésus-Christ a établi une condition essentielle pour l’accès au Ciel : « Si vous ne redevenez comme des petits enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume des Cieux! »

On vit donc par exemple le pauvre Lazare, dont Jésus a raconté l’histoire (cf. Luc XVI), venir caresser affectueusement le petit chien qui lui rappelait qu’au temps de sa détresse les chiens avaient été les seuls à soulager ses plaies.
Les deux Tobie, père et fils, s’attendrirent en regardant les joyeux battements de queue du toutou, et Saint Raphaël lui-même se plut à raconter à un parterre de chérubins qui ouvraient de grands yeux émerveillés, la mission que le Très-Haut lui avait confiée pour venir en aide à cette famille éprouvée, et comment leur petit chien avait été le premier à leur porter l’annonce de la fin de leurs malheurs.
Saint Jean Bosco était très heureux de croiser cet animal qui lui rappelait l’apparence que son Saint Ange Gardien avait prise pour le défendre des mauvaises rencontres dans les rues mal famées de Turin.
La Bienheureuse Aleth, mère de Saint Bernard, se réjouissait de voir courir dans les allées du Ciel un spécimen de la gent canine qui lui rappelait le songe par lequel Dieu lui avait fait comprendre qu’elle allait donner le jour à un prédicateur sans pareil, et on surprit même le très sérieux Saint Pie V jouant à la balle avec lui : les dominicains ne sont-ils pas les « domini-canes » – les chiens du Seigneur – chargés d’aboyer pour alerter les fidèles des dangers qui menacent leur foi?

Néanmoins, cet heureux précédent donna des idées à plus d’un.
Et c’est ainsi que l’on vit se succéder, dans le bureau du Seigneur Dieu, des Saints et des Saintes de plus en plus nombreux qui venaient, l’un après l’autre, demander la grâce de faire entrer aussi dans le Paradis, les animaux qui leur avaient été particulièrement proches sur la terre.

Le premier à entreprendre cette démarche fut Saint Bernard de Menthon :
« O mon Seigneur, oserai-je vous faire remarquer que mes disciples ont formé une race de chiens particulièrement dévoués et habiles pour venir en aide aux pauvres pélerins perdus dans les montagnes? Or n’avez-vous pas vous-même enseigné que ce qui était fait aux plus nécessiteux d’entre les vôtres vous le receviez comme vous étant fait à vous-même (Matth. XXV)? Je me permets donc très humblement de vous demander d’admettre au Ciel ces chiens courageux qui portent d’ailleurs un nom de saint… Car il convient que ce qui est appelé saint ait une place auprès de Vous… »
Bref, il argumenta si bien que le Bon Dieu prit les chiens Saint-Bernard dans son Paradis.

Saint Bernard

Il y eut ensuite Saint François d’Assise qui vint plaider la cause des petits oiseaux qui avaient été si attentifs à sa prédication et qui sont, à n’en pas douter, des créatures célestes puisqu’ils ont des ailes?…
Et le Bon Dieu les prit dans son Paradis!

Sainte Solange et Sainte Germaine, qui avaient été des bergères sur la terre, vinrent ensemble prier celui qui s’est décrit lui-même comme le Bon Pasteur d’accepter aussi leurs charmants moutons, brebis et agneaux. Elles eurent la chance d’arriver dans l’antichambre en même temps que Saint Jean-Baptiste qui venait faire semblable demande en faveur de l’agneau avec lequel on ne manque jamais de le représenter. Le Précurseur déclara d’ailleurs tout de go à son cousin divin :
« Puisque vous m’avez inspiré de vous désigner comme l’Agneau de Dieu, il est impossible que nous n’ayons pas quelques spécimens de la race ovine au Ciel… »
Et le Bon Dieu fit entrer moutons, brebis et agneaux dans son Paradis!

Ce fut ensuite le tour de Saint Antoine de Padoue, qui plaida éloquemment en faveur de la mule qui avait dû subir un jeûne rigoureux, avant d’être amenée par son propriétaire incrédule sur le parvis de la cathédrale où Antoine vint en portant solennellement le Très Saint-Sacrement ; négligeant le picotin d’avoine qu’on lui proposait, la sainte mule était d’abord venue se prosterner devant la blanche Hostie, prouvant à son maître la réalité de la présence du Seigneur dans la Sainte Eucharistie. Saint Antoine avait conclu son argumentation en disant :
« Vous ne pouvez donc exclure de l’adoration du Ciel, ô mon Dieu, l’animal qui vous a reconnu et adoré sur la terre, provoquant quantité d’âmes à vous mieux adorer! »
Et le Bon Dieu prit la mule dans son Paradis!

Saint Eustache et Saint Hubert se présentèrent ensuite. L’un et l’autre avaient été convertis par l’apparition du Crucifix entre les bois d’un cerf, et ils supplièrent que ces animaux les rejoignent à leur tour.
Le Bon Dieu prit donc les cerfs dans son Paradis.

Saint Hubert

Vint ensuite Saint Gilles : puisque les cerfs avaient été admis, on ne pouvait lui refuser de faire entrer la biche qui l’avait généreusement nourri de son lait.

(à suivre, ici > www)

2007-26. De la commémoraison des trépassés.

Vendredi 2 novembre 2007.

Le 2 novembre est le jour de la commémoraison solennelle des fidèles défunts : il ne s’agit pas d’un jour de fête – comme l’était hier la fête de tous les Saints – mais d’une commémoraison, empreinte d’une sobre gravité.

La Sainte Eglise, dans une prière suppliante et encore plus ardente qu’à l’accoutumée (car c’est chaque jour qu’elle fait monter vers le Ciel ses prières pour les âmes du Purgatoire), implore le Dieu trois fois saint pour qu’il accorde une prompte délivrance à ses enfants que les conséquences de leurs fautes retiennent encore captifs dans le Purgatoire.

Frère Maximilien-Marie m’a raconté qu’à Rome, dans un local attenant à la sacristie de l’église du Sacré-Coeur du Suffrage, il y a le musée du Purgatoire (voir ici > www). Ce terme est un peu grandiloquent puisque, en fait de musée, il s’agit d’une grande vitrine présentant une collection d’objets qui gardent les traces d’apparitions de défunts.
En effet, Dieu a parfois permis que des personnes mortes apparaissent pour demander des prières qui leur permettraient d’achever leur temps de purification ; et pour attester que leurs apparitions étaient bien réelles et non le produit de l’imagination ou de l’illusion, ces défunts ont laissé des preuves tangibles : brûlures sur des meubles, du linge, des livres, comme si ces objets avaient été touchés par des mains de feu…

La constitution de ce petit musée du Purgatoire a été expressément encouragée par le Saint Pape Pie X, pour que les fidèles soient confortés dans la Foi catholique.

Malheureusement, la réforme issue du second concile du Vatican a porté atteinte à la Foi, au point que les textes de la liturgie du 2 novembre dans le Missel de Paul VI ne présentent plus à Dieu des prières pour la délivrance des âmes du Purgatoire, mais demandent seulement de faire « grandir notre foi« (celle des vivants) dans le Christ ressuscité « pour que soit plus vive aussi notre espérance en la résurrection de nos frères défunts« !!!
Ces citations sont extraites de l’oraison de la messe et du bréviaire réformés, et donnent justement le sentiment que ce sont des conceptions protestantes qui ont prévalu ici, à l’encontre de la Foi catholique traditionnelle!

D’ailleurs, cette négation factuelle des purifications nécessaires – parfois longues – avant l’admission dans le Royaume céleste se retrouve dans nombre de célébrations des funérailles.
La plupart du temps, les gens ne viennent plus aux enterrements que pour « rendre hommage » au défunt ; les pseudo-liturgies d’obsèques ne sont plus d’insistantes prières pour le repos de l’âme du disparu, mais une sorte d’apothéose où les éléments sentimentaux prédominent sur la prière et sur la Foi.
Facilement, on entend dire que le défunt est déjà « ressuscité » ou bien qu’il a déjà été accueilli par Dieu à bras ouverts, ou encore qu’il est « entré dans la maison du Père« … etc.
On fait de ces funérailles des espèces de canonisations au rabais qui ne sont rien moins que mensongères
!

Messe/Purgatoire

Bref! Tout cela pour vous dire que dans notre Mesnil-Marie, nous croyons à la réalité du Purgatoire et que notre prière de ce jour n’a pas été un « hommage » aux défunts, mais un « suffrage » pour que leurs âmes soient purifiées des conséquences de leurs fautes et soient rapidement introduites dans la béatitude du Paradis!

Bien que l’assistance soit malheureusement peu nombreuse dans la petite église de T****, où sont célébrés les offices dans le rite latin traditionnel, la Messe de Requiem qui a été chantée ce soir a été belle et solennisée du mieux qu’il a été possible.
Mercredi dernier, notre Frère était allé faire de la quasi archéologie de sacristie, puisque pour préparer la Messe de ce soir, il avait sorti du réduit où il avait été relégué depuis quelques lustres, le grand drap mortuaire, brodé de fils d’argent, et les chapes noires : il lui a fallu brosser énergiquement les tissus de velours pour les débarrasser de la poussière et des toiles d’araignées dont ils étaient saturés! Et puis, comme il n’y avait plus de catafalque, il leur a fallu en reconstituer un avec des moyens de fortune… Et finalement, tout cela avait fort belle allure, ce soir.

Lully.

Publié dans:Chronique de Lully, De liturgia |on 3 novembre, 2007 |Pas de commentaires »

2007-25. Des Saints et des animaux (1ère partie).

« Gaudeamus omnes in Domino! Réjouissons nous tous dans le Seigneur! »

Saints (Fra Angelico)

Jeudi 1er Novembre 2007.

Toute la Sainte Eglise est dans une jubilation incomparable aujourd’hui en contemplant la gloire dont est revêtue la multitude de ses enfants (« une foule immense que nul ne pouvait dénombrer », comme le disait l’épître de la Messe – Apoc. VII,9) qui sont parvenus dans la Patrie céleste.

Frère Maximilien-Marie m’a expliqué qu’aucune représentation n’était véritablement apte à donner une idée juste du Ciel et de la béatitude dans laquelle sont plongés ceux qui y ont été introduits après leur passage sur cette terre.

Mais moi, je me demandais si les petits chats pourront aussi aller au Ciel et être heureux avec le Bon Dieu (car le Dieu qui a créé les hommes est aussi le Dieu qui a créé les chats, ainsi d’ailleurs que tous les autres animaux…) et j’ai donc interrogé mon papa à ce sujet. Comme toujours, il ne m’a pas répondu directement, mais il m’a raconté une belle histoire comme j’aime beaucoup les entendre. Je vais la retranscrire pour vous, mais je vous préviens tout de suite: je ne le ferai pas en une seule fois. Cela fera un peu comme un feuilleton pendant l’octave de la Toussaint…

* * * * * * *

Cette histoire commence le 16 août 1378, jour où s’éteignit – méconnu et méprisé – dans un cachot obscur, le glorieux Saint Roch. Son âme était si belle et si pure que Roch monta directement au Ciel…

- Toc, toc, toc!
Il frappa avec beaucoup de douceur et d’humilité à la grande porte du Paradis. Saint Pierre entrouvrit l’huis avec prudence et jeta un oeil sourcilleux ; parce qu’en effet il y a beaucoup de personnes qui voudraient entrer au Ciel sans être vraiment prêtes, il lui faut être très vigilant. Mais, reconnaissant Saint Roch, son visage s’illumina et il ouvrit la porte toute grande :
- Entrez, entrez, cher saint Roch! On m’avait annoncé votre arrivée. Je vous attendais : j’étais justement en train d’achever la page de mon grand registre qui attestera de votre arrivée. Voilà, voilà : vous n’avez plus qu’à signer ici… Très bien! Et maintenant, je vais vous conduire moi-même jusqu’à votre appartement. Avez-vous des bagages? Oh! Mais, heu… heu…

Saint Pierre n’acheva pas sa phrase. Il était bouche bée et roulait des yeux hallucinés car en jetant un oeil machinal auprès de Saint Roch pour voir s’il y avait quelque bagage à faire prendre par un ange-groom, il venait d’apercevoir aux pieds du Saint – oh, stupéfaction! – un ravissant petit chien. Il toussota et se gratta le sommet du crâne avec sa grande clef, ce qui était chez lui le signe d’une grande perplexité. Enfin il articula :
- Heu, heu! Je ne voudrais pas vous faire de la peine, cher Saint Roch, mais il est absolument impossible, je dis bien im-pos-si-ble, de faire entrer un chien dans le Paradis… Le Paradis est fait pour les anges, qui sont de purs esprits, et pour les hommes, qui ont une âme immortelle… Les anges et les hommes peuvent donc, en raison de cela, contempler Dieu et participer à sa béatitude, ce qui est l’essence même de la vie du Paradis… Heu, heu! Mais un chien… un chien, fut-ce le vôtre, cher Saint Roch! Un chien, dis-je, n’a pas d’âme spirituelle qui puisse revêtir l’immortalité… Tous les enfants qui apprennent bien leur catéchisme le savent ; et vous aussi, vous le savez...

Saint Pierre s’interrompit en remarquant une détermination inébranlable dans les yeux de Saint Roch :
- Mais enfin, grand Saint Pierre, dit le saint pèlerin avec une voix pénétrée d’une irrésistible humilité, vous connaissez ma vie : vous savez bien quel rôle a joué ce chien auprès de moi, et vous savez très bien aussi que cet animal m’a été envoyé par Dieu Lui-même pour m’assister lorsque j’étais souffrant de la peste, seul au fond des bois. D’ailleurs cet aimable compagnon n’est-il pas désormais, pour tous les fidèles qui cherchent ma statue ou mon image dans les églises, le moyen voulu par la divine Providence pour m’identifier? N’est-ce pas la volonté de Dieu Notre-Seigneur que je sois à jamais accompagné par mon chien? Réfléchissez bien : si la Sainte Eglise militante, dont vous fûtes le premier Pape, autorise que mon image soit figurée avec ce chien à l’intérieur de ses temples, il n’est pas possible que dans la réalité de l’Eglise triomphante je sois privé de sa compagnie, ce serait sinon une incohérence, voire une injustice… et cela ne se peut! Si Saint Roch est représenté avec son petit chien sur toutes les images et statues que l’Eglise de la terre propose à la vénération des fidèles, il faut nécessairement que ce même chien, vivant, accompagne Saint Roch, vivant de la vie céleste!

Saint Pierre était de plus en plus perplexe et ne savait plus que dire. Il planta là le bon Saint Roch et s’en fut à toutes jambes vers le bureau du Bon Dieu… Il frappa avec fébrilité à la porte de la salle du trône divin, se précipita en entendant les Trois Personnes de la Sainte Trinité répondre « Entrez! » d’une seule voix, bouscula deux ou trois chérubins qui voletaient devant lui, se prit les pieds dans une ondulation du tapis de nuages, se redressa in extremis, mais finalement trébucha en faisant sa triple génuflexion. Il lui fallut donc reprendre son souffle en haletant avant de pouvoir exposer au Dieu trois fois saint le problème inédit que provoquait l’arrivée de Saint Roch.

Le Bon Dieu écouta avec beaucoup d’attention ; il souriait avec un sourire que Saint Pierre ne lui avait encore jamais vu. Il ne prit même pas le temps de réflexion, puisqu’il déclara aussitôt la fin de l’exposé de Saint Pierre :
- Hé bien, il me semble qu’en effet l’argumentation de notre cher Saint Roch est tout à fait valable. Point n’est donc besoin d’aller chercher l’avis de Saint Thomas d’Aquin. Je l’avais fait comprendre déjà aux rédacteurs inspirés de l’Ancien Testament : Je n’ai de mépris pour aucune de mes créatures et Je suis glorifié en chacune d’entre elles, lors même qu’elles sont des êtres inanimés, des phénomènes météorologiques ou des animaux. Il me plaît donc que Saint Roch entre au Ciel avec son ravissant petit chien… Va vite les faire entrer tous les deux et n’oublie pas de demander aux anges de la cuisine de lui préparer un bel os à moëlle!…

St Roch

Et c’est ainsi que le glorieux Saint Roch entra au Ciel avec son chien, et tous les choeurs des anges chantèrent :

Oeuvres du Seigneur, bénissez toutes le Seigneur :
Louez-Le et exaltez-Le à jamais!

Anges du Seigneur, bénissez le Seigneur :
Louez-Le et exaltez-Le à jamais!

Que la terre bénisse le Seigneur :
Qu’elle Le loue et L’exalte à jamais!

Monstres marins et tout ce qui s’agite dans les eaux,
Bénissez le Seigneur!
Louez-Le et exaltez-Le à jamais!

Oiseaux du Ciel, bénissez le Seigneur!
Louez-Le et exaltez-Le à jamais!

Bêtes sauvages et troupeaux, bénissez le Seigneur!
Louez-Le et exaltez-Le à jamais!

Enfants des hommes, bénissez le Seigneur!
Louez-Le et exaltez-Le à jamais!

(d’après Daniel III, 57 & sq)

(à suivre, ici > www)

Publié dans:Chronique de Lully, Nos amis les Saints |on 1 novembre, 2007 |3 Commentaires »

2007-22. De Saint Raphaël et des Anges…

Mercredi 24 octobre 2007.

C’était aujourd’hui la fête de Saint Raphaël, comme c’est un archange, il n’y a pas vraiment de « vie » écrite à son sujet que j’aurais pu lire par dessus l’épaule de mon papa… Ce que l’on sait de Saint Raphaël se trouve essentiellement dans le livre de Tobie, dont l’épître de la Messe de ce jour nous donnait un extrait.

J’ai en effet été très attentif aux lectures de la Messe, puisque nous avons eu la joie de recevoir aujourd’hui un prêtre ami (vraiment un prêtre très gentil et très bien puisqu’il aime les chats!), ce qui fait que la Sainte Messe a été célébrée dans l’oratoire du Mesnil-Marie.

Je sais que notre Frère a prié tout particulièrement pour les malades, pour tous ceux qui ont besoin d’être guéris par Dieu dans leur âme et/ou dans leur corps, car on recommande souvent à l’intercession de cet archange des malades ou des personnes qui subissent diverses épreuves ou difficultés.

L’archange Saint Raphaël porte un nom qui signifie « Dieu guérit« . En effet, Dieu par son ministère a guéri la cécité du vieux Tobie, il a aussi combattu victorieusement le démon qui affligeait la pauvre Sarah. Pour cette raison, Monsieur l’Abbé a également procédé à une nouvelle bénédiction de notre Mesnil-Marie, pour en éloigner toutes les influences malfaisantes et le mettre sous la protection très spéciale des Saints Anges de Dieu.

* * * * * *

Moi, ce soir, j’ai demandé à mon papa si les petits chats avaient un ange gardien comme les hommes… et comme Milou (vous savez le chien de Tintin).

Frère Maximilien-Marie m’a d’abord fait un grand sourire, puis il m’a dit que le Bon Dieu qui a créé les chats aussi bien que les hommes, aimait et protégeait chacune de ses créatures avec beaucoup de tendresse mais que la Révélation contenue dans les Saintes Ecritures ne permettait pas de répondre à ma question, toutefois il m’a donné une très belle image qui m’a rempli de joie, et que je vous communique volontiers à mon tour :

2007-22. De Saint Raphaël et des Anges... dans Chronique de Lully chatange

Chers Amis lecteurs, n’oubliez jamais de vous recommander avec grande ferveur à la protection de votre Saint Ange Gardien ; ouvrez tout grand les oreilles de votre âme pour écouter attentivement dans le silence ses bonnes inspirations et les conseils qu’il vous prodigue avec une tendre sollicitude!

Lully.

Voir aussi l’article consacré à Saint Raphaël en 2008, en cliquant ici > www.

Publié dans:Chronique de Lully, Nos amis les Saints |on 24 octobre, 2007 |1 Commentaire »
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