Archive pour la catégorie 'Chronique de Lully'

2008-1. Bonne et sainte année 2008!

Guirlande Noël

Au seuil de l’année nouvelle,

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur

me charge d’être son ambassadeur

et de vous présenter ses meilleurs voeux :

il prie le Saint Enfant Jésus,

Notre très douce Dame et Saint Joseph

de répandre sur vous,

sur vos familles et sur tous ceux qui vous sont chers,

de très abondantes grâces et bénédictions célestes

afin que 2008 soit de toutes manières

une très bonne et sainte année!

Couronne de Noël au chat

Lully.

 

Publié dans:Chronique de Lully |on 31 décembre, 2007 |Pas de commentaires »

2007-53. Marie est la Mère spirituelle de tous les chrétiens.

Dimanche 30 décembre 2007.

En ce dimanche dans l’Octave de la Nativité, nous pouvons méditer sur ce texte de Monsieur Olier, fondateur des Prêtres de Saint-Sulpice, extrait de l’opuscule : « Vie intérieure de la Très Sainte Vierge Marie« , au chapitre VII : Nativité de Jésus-Christ, § III Réflexions pratiques.

Vitrail de la Vierge à l'Enfant

« Considérez, avec reconnaissance et bonheur, que vous êtes l’enfant de Marie, non pas quant à votre corps, mais quant à la vie surnaturelle de votre âme, qui est la plus excellente portion de vous-même, ou plutôt la seule qui puisse attirer sur vous les regards et les complaisances de Dieu. Il est vrai que votre âme a en soi une vie propre et naturelle, mais la foi vous apprend que cette vie est corrompue par suite du péché d’Adam ; et qu’au lieu d’être un bien pour vous, elle aurait abouti à votre perte éternelle, si Dieu, pour vous rendre son enfant d’adoption, ne vous eût communiqué, au saint baptême, la vie de son propre Fils; vie divine qui vous donne le droit d’appeler Marie votre Mère, avec la même confiance que vous donnez à Dieu le titre de Père.

Vous devez savoir, en effet, que vous n’êtes devenu enfant de Dieu que par la communication qu’il vous a faite de la vie de Jésus-Christ, comme saint Paul nous l’enseigne (1). Mais ce bienfait ineffable ne le devez-vous pas à celle qui, en donnant son consentement pour devenir la Mère du Sauveur, a consenti aussi à devenir la vôtre, puisque ce n’était que pour vous rendre enfant de Dieu que dans ce moment le Verbe se fit chair et vint habiter parmi nous (2).

Marie ne conçut pas seulement Jésus-Christ dans le mystère de l’Incarnation, elle vous conçut aussi vous-même en votre qualité d’enfant de Dieu. Comme vous étiez renfermé dans le sein de Marie avec Jésus-Christ, dans lequel nous étions tous contenus quant à la vie divine, ainsi que nos corps avaient été contenus dans Adam, figure de Jésus-Christ. Quel n’est donc pas votre bonheur d’avoir été conçu par une telle Mère, d’avoir été porté dans son sein, d’avoir été dès lors l’objet de son amour maternel, et de sa plus vive comme de sa plus constante sollicitude ! Quelle confiance ne devez-vous pas avoir en elle! Son sein a été, pour ainsi dire, le lieu de votre première résidence dans ce monde, le temple où vous avez été offert à Dieu par elle des milliers de fois. Votre mère, selon la chair, lorsqu’elle vous portait dans son sein, ne vous connaissait pas encore; elle ne savait pas ce que vous seriez dans la suite, ni même si vous verriez le jour. Marie vous a connu à l’avance, elle vous a aimé; elle s’est occupée des moyens de vous retirer du péché, d’assurer votre sanctification sur la terre et votre bonheur dans le ciel.

Le malheur de votre naissance excita d’abord toute la compassion de Marie; les entrailles de cette vraie mère de votre âme s’émurent sur vôtre lamentable sort. Dans cet état, en effet, vous étiez bien plus à plaindre que ce pauvre infortuné de l’Évangile qui était tout à la fois aveugle, sourd et muet. Votre âme était aveugle aux beautés et aux vérités de Dieu, sourde à toutes ses invitations, muette à sa louange, et elle serait restée éternellement dans cet état déplorable si Dieu, par sa grande miséricorde, ne vous eût donné une nouvelle naissance, en répandant sa divine vie dans la partie supérieure de votre âme. Cette vie du Fils de Dieu, cette vie du Verbe, qui est la lumière éternelle du Père, éclaira les yeux de votre âme comme un flambeau ardent communique sa propre lumière à un flambeau éteint et le rend lumineux, Le Verbe, qui est la parole incréée et toute-puissante du Père, frappa efficacement l’oreille de votre cœur, et lui rendit l’ouïe, et enfin, prenant possession de votre âme, il commença à louer Dieu par elle et à publier ses grandeurs, versant en vous les vertus divines de Foi, d’Espérance et de Charité.

Marie n’en demeura pas là. Vous voyez dans l’Évangile, qu’après qu’elle eut mis au monde son premier-né, elle l’enveloppa de langes, elle le fit reposer dans la crèche, elle le nourrit de son lait, et lui procura tous les autres soulagements que réclamait l’état de faiblesse dans lequel il avait voulu naître. C’est une image de ce que cette tendre mère a fait pour développer et faire croître en vous la vie nouvelle et divine que vous aviez reçue par votre régénération. Ces langes, qu’elle avait si soigneusement préparés et avec lesquels elle enveloppa le petit corps de l’Enfant Jésus, sont la figure de ce qu’elle a fait pour préserver votre enfance de la contagion du siècle pervers où vous deviez vivre. La crèche où elle reposa l’Enfant Jésus est l’image de la sainte Église où, par la vigilance de Marie, et toujours sous ses yeux, vous deviez trouver un lieu d’assurance et de repos. Elle vous a nourri elle-même de son lait maternel, c’est-à-dire de la lumière et de l’amour divin, qui sont l’aliment des enfants de Dieu, et dont elle était remplie pour vous les communiquer selon, vos besoins dans les diverses rencontres de la vie. Elle a fait de ses mains la tunique dont elle couvrit le corps de l’Enfant Jésus, figure de son corps mystique, ou de son Église; ainsi elle nous revêt, chacun en particulier, des mérites de son Fils et des siens propres dans les divers états où la Providence nous place, se montrant à l’égard de tous la véritable mère des vivants.

Puisque vous tenez de ses mains tout ce que vous avez reçu de grâces, pour entretenir et augmenter en vous la vie de Jésus-Christ, voyez quelle ne doit pas être votre reconnaissance envers une mère si bonne et si généreuse, et quel amour, quel dévouement vous lui devez en retour! Pour essayer donc de lui rendre quelque chose des hommages sans nombre dont vous lui êtes redevable, proposez-vous dans cette solennité :

- 1° De lui témoigner votre reconnaissance du bonheur que vous avez de lui appartenir en qualité d’enfant. Les trois messes qu’on célèbre le jour de Noël ont pour objet d’honorer les trois naissances de Notre-Seigneur : sa naissance du sein de son Père éternel, sa naissance de Marie à Bethléem, sa naissance spirituelle dans nos âmes. Pendant la première messe, adorez le Fils de Dieu: naissant du sein du Père, et adorez le Père éternel comme votre vrai Père, et la source première de tous les biens que vous avez reçus et que vous recevrez jamais. Dans la deuxième, adorez Notre-Seigneur naissant de sa Mère, selon son humanité, se faisant par là votre frère, et vous mettant en part de tous ses biens, spécialement du privilége magnifique de donner vous-même à Dieu, ainsi qu’il vous l’a appris dans l’Évangile, le doux nom de père. Remerciez-le, enfin , de tous les biens sans nombre qu’il a faits à la très Sainte Vierge, en l’élevant par l’Incarnation à la dignité incomparable de sa vraie Mère. Dans la troisième messe, témoignez votre reconnaissance à Marie de vous avoir fait naître en Jésus-Christ, et par là d’être véritablement votre mère pour le temps et pour l’éternité. Lorsque vous eûtes le bonheur de devenir son enfant, vous n’étiez pas capable de lui témoigner vos sentiments de gratitude; aujourd’hui que vous connaissez quelque chose de ses miséricordes à votre égard, acquittez-vous envers elle, autant que vous le pourrez , et invitez les saints Anges à s’unir à vous pour vous aider à lui témoigner votre reconnaissance.

- 2° Cette divine mère a voulu vous avoir pour enfant, afin que vous lui donniez la joie de voir Jésus-Christ grandir, se fortifier et se développer dans votre âme. Elle a nourri et fait croître le corps du Sauveur par les soins qu’elle a pris de son enfance; et elle veut développer sa vie en vous jusqu’à ce que vous, arriviez à la perfection de cette vie à laquelle Dieu le père vous appelle. La vie de Jésus croît et augmente dans les chrétiens lorsque ce divin Sauveur ne trouvant point en eux de résistance, il fait paraître ses vertus divines et sa sainteté dans leurs oeuvres. Quelle douce et vive satisfaction ne procureriez-vous pas à Marie si, à l’occasion de cette solennité, vous triomphiez de ces défauts dans lesquels vous retombez si souvent, et qui, empêchant Jésus-Christ d’agir en vous, le tiennent comme dans un état habituel d’impuissance et de faiblesse! Conjurez donc Marie d’ôter de ce coeur toutes les affections qui ne seraient pas pour Jésus. Priez-le avec ferveur de vous aider à les arracher, et d’en faire comme un petit faisceau de myrrhe pour l’offrir à l’Enfant Jésus dans sa crèche. Oseriez-vous aller à lui les mains vides, tandis que les bergers et les mages s’empressent de lui porter chacun leurs présents ? Tels sont ceux que Jésus et Marie attendent de votre amour; votre coeur pourrait-il les lui refuser? Prenez donc la résolution de réprimer en vous les mouvements de votre impatience naturelle, pour laisser à Jésus la facilité de faire paraître sa patience en vous; d’étouffer les saillies de votre amour-propre, pour qu’il puisse montrer en vous son humilité et sa douceur; de surmonter vos antipathies ou vos affections trop sensibles, afin de lui donner lieu de manifester pour vous sa divine charité; enfin d’attaquer de front tous vos défauts, pour qu’il fasse éclater en vous et par vous toutes ses aimables vertus, et qu’ainsi il grandisse et se développe dans votre âme.

- 3° Pour vous maintenir dans des dispositions si nécessaires, consacrez-vous tout de nouveau à Marie en qualité d’enfant, et promettez-lui de vivre à son égard dans l’abandon le plus filial et la dépendance la plus absolue. Elle étend sa sollicitude maternelle sur tous vos besoins, sur ceux du corps aussi bien que sur ceux de l’âme. Recevez donc comme de sa main la nourriture que vous prenez tous les jours, les vêtements nouveaux dont vous usez, tous les autres soulagements nécessaires ou utiles à votre conservation, en un mot, tout ce que la divine Providence met à votre disposition pour vous aider à passer la vie présente. Cette fidélité à tout recevoir comme de la main de cette aimable mère, entretiendra en vous les sentiments de piété filiale que vous lui devez, et contribuera puissamment à vous faire user de toutes ces choses d’une manière très-pure et très chrétienne.

- 4° Avant de rien entreprendre de tant soit peu considérable, ayez soin de lui en demander la permission comme ferait un enfant à sa mère. L’Enfant Jésus, le plus parfait modèle en ce genre qui puisse jamais être proposé, nous a donné cet exemple de soumission à Marie, et nous a mérité la grâce de la pratiquer. Quoiqu’il fût toujours éclairé par la lumière de son Père, qui lui montrait ce qu’il avait à faire, il ne laissait pas, comme un enfant très soumis à sa mère, de ne se porter à rien sans son agrément ; combien plus convient-il que vous vous conformiez à cette sainte pratique, pour trouver la lumière dans vos obscurités et éviter les piéges et les illusions de l’amour-propre. Ayez donc soin, avant de rien entreprendre, de lui demander son agrément; et cela : 1° en renonçant à vos vues propres; 2° en vous unissant à ses intentions très-pures et très-saintes; 3° en la priant, si la chose qu’il s’agit de faire est conforme à son bon plaisir, d’y donner sa sainte bénédiction, ou d’en empêcher l’exécution si elle ne lui était pas agréable; 4° mais un moyen de fixer alors vos incertitudes, ce serait de consulter une personne sage et désintéressée, et si vous êtes membre d’une communauté, la personne qui vous gouverne, en regardant dans sa décision la volonté de Marie qui se fera connaître à vous par ce moyen.

- 5° Une autre pratique qui nourrira en vous cette piété. filiale, ce sera de lui demander sa sainte bénédiction à genoux, et, si vous le pouvez, devant quelqu’une de ses images, le matin, dès votre lever, le soir, immédiatement avant de prendre votre repos. Servez-vous alors, à l’imitation de l’Église, de ces paroles qui lui sont familières : Que la Vierge Marie, avec son doux Enfant, nous bénisse: Nos, cum prole pia benedicat Virgo Maria. En vous consacrant à elle le matin, demandez-lui de vous revêtir tout de nouveau de la vie de Jésus-Christ, son Fils; priez-la de vous obtenir la fidélité nécessaire pour la faire croître et se développer en vous, et enfin pour vous renouveler dans ces dispositions durant le jour, demandez-lui encore sa bénédiction maternelle en entrant dans votre chambre et lorsque vous en sortez, si votre position vous permet de vous assujettir à cette sainte pratique. »

Fleur de lys bleu

1. Galat., cap. IV, 6. Quoniam autem estis filiii Dei, misit Deus Spiritum Filii sui in corda vestra.

2. S. Joann., cap. I, 12, 13. Dedit eis potestatem filios Dei fieri, his qui credunt in nomine ejus, qui… ex Deo nati sunt. Et verbum caro factun est, et habitavit in nobis.

2007-52. La Crèche du Mesnil-Marie, version 2007.

Vendredi 28 décembre 2007.

Le jour de la fête de la Nativité de Notre-Seigneur est passée, mais les grandes fêtes de l’année liturgique sont continuées par un octave : c’est à dire qu’elles sont célébrées pendant huit jours consécutifs qui gardent le même degré solennel de célébration. Nous sommes donc pleinement dans la joie de Noël et, comme je vous avais promis des photos de notre crèche, il est donc tout à fait opportun que je vous permette de « profiter » – même à distance – de cette représentation qui enchante tous ceux qui viennent dans notre oratoire, et qui sert de support à notre contemplation en ces jours marqués par la méditation du grand mystère de l’Incarnation du Verbe de Dieu.

Voici tout d’abord la mise en place de la « géographie » des lieux : le ciel de Bethléem et les reliefs dans lesquels la sainte grotte va trouver sa place (cliquer sur les vignettes pour voir les photos en grand):

7lecielestenplace.jpg       dsc00055.jpg

Je dois aussi vous donner une précision d’ordre « technique »: la longueur totale de la crèche est de 3,50m (elle occupe presque toute la longueur de l’oratoire sur le côté de l’Evangile), la taille des personnages debouts est de 12cm.

imgp3459.jpg

Frère Maximilien a ramené de Rome ces personnages qui sont vraiment charmants.  Après beaucoup de travail, la crèche a été mise en place dans l’après-midi du 24 décembre et a été dûment bénite par Monsieur l’Abbé avant le dîner qui a précédé notre départ pour la veillée de Noël et la Messe de Minuit. 

img8983copy.jpg

Que la paix et la joie annoncées par les Anges dans la Sainte Nuit soient dans vos coeurs et dans vos familles! Que le coeur de tous les hommes de « bonne volonté » soit touché par la grâce et que l’Amour du Dieu Sauveur règne sur toute la terre… Ainsi soit-il!

Lully.

Publié dans:Chronique de Lully |on 28 décembre, 2007 |Pas de commentaires »

2007-48. Où il est question des préparatifs de Noël.

Samedi 22 décembre 2007.

Holala lala lala…!

Il y a bien longtemps que je ne suis pas venu vous écrire quelques lignes ici, chers Amis du « Mesnil-Marie« . Ce n’est pas parce que je ne pense pas à vous, mais ces jours qui précèdent Noël sont vraiment très chargés et je ne sais où donner de la tête…

D’abord, je dois vous dire qu’en ce moment il fait vraiment très froid dans notre Vexin: tous ces derniers jours la température est descendue de façon impressionnante et le thermomètre que Frère Maximilien-Marie a installé dans la petite cour devant la maison est même arrivé ces derniers matins à -9°… Les températures restent souvent négatives tout au long de la journée et il y a même des endroits peu ensoleillés qui sont couverts d’une telle couche de givre que l’on pourrait penser qu’il est tombé de la neige!

Mais la rigueur du climat ne nous empêche nullement d’avoir bien de l’occupation:

- Depuis plusieurs jours, il faut travailler intensément à la confection de la crèche dans notre oratoire…

- Mais en même temps, Frère Maximilien-Marie doit continuer à couper et rentrer le bois avec lequel nous alimentons la cheminée et le poële qui nous permettent d’avoir bien chaud dans notre « Mesnil-Marie« , 

- En outre il doit aussi prévoir les ornements de fête qui pareront l’autel,  et enfin organiser l’accueil des amis qui viendront passer Noël avec nous…

Pour vous faire patienter, en attendant que la crèche 2007 soit prête, je vous envoie une photo prise l’an dernier: les personnages étaient grands (40 cm), vêtus de tissus chatoyants, et très attirants… Tellement attirants que je suis monté dans la crèche à plusieurs reprises, mais cela ne faisait pas du tout plaisir au Frère… Pourtant il ne faisait aucun reproche à l’âne, au boeuf, au mouton, au lapin et à quelques autres animaux qui y étaient: ce n’est vraiment pas juste!!! Un chat est tout à fait à sa place auprès de l’Enfant Jésus, soyez en bien convaincus…

Lully.

Crèche Mesnil-Marie 2006

 

Publié dans:Chronique de Lully |on 22 décembre, 2007 |Pas de commentaires »

2007-47. « Ero cras! »

16 décembre.

J’étais un peu intrigué par l’insistance de Frère Maximilien-Marie à vouloir intégrer dans la neuvaine préparatoire à la fête de Noël (cf.> www), les grandes antiennes qu’on chante à Magnificat tous ces jours-ci, et je lui en ai demandé la raison.

Bien sûr, il s’est empressé de m’expliquer la chose : j’ai ainsi appris que ces sept antiennes qui se chantent au Magnificat du 17 au 23 décembre sont une sorte d’introduction solennelle à la grande fête de Noël.
Leur caractère tout à fait exceptionnel mérite que tous les fidèles qui veulent se préparer au grand mystère qui sera célébré le 25 décembre, et pas seulement les prêtres ou les religieux qui récitent les heures canoniales, puissent en profiter.

Ces antiennes commencent toutes par l’interjection « O » et on les appelle grandes en raison de leur solennité et des sublimes mystères qu’elles expriment. Ces invocations datent, pour le moins, du VIème siècle, et primitivement, il y en avait douze que l’on les chantait au Benedictus des Laudes. Au IXème siècle, on commença de les chanter au Magnificat des Vêpres.
Dans certaines églises, elles étaient répétées après chaque verset. On les chante debout, et l’habitude veut même qu’on sonne les cloches à la volée à ce moment-là. Aux vêpres des fêtes dont la liturgie prime sur celle du temps de l’Avent, elles sont chantées après l’oraison du jour, comme mémoire du temps de l’Avent.

Le célèbre restaurateur de la vie bénédictine en France, Dom Guéranger, disait que ces antiennes «contiennent toute la moelle de la liturgie de l’Avent».
Elles sont toutes bâties de la même manière et on y retrouve deux parties faciles à distinguer.
La première est tirée de la sainte Écriture, non pas toujours textuellement, mais en des termes qui en font bien reconnaître l’origine : O Sagesse (Ecclésiastique, XXIV & Sag., VIII) ; O Adonaï et Chef de la maison d’Israël (cf.Exode III, 14; VI, 3 & Deut. XXXII, 12) ; O Rejeton de Jessé (Isaïe XI, 1) ; O Clef de la maison de David (Isaïe, XXII, 22) ; O Orient (Luc, I, 78) ; O Roi des nations (cf.
Ps.CI, 23); O Emmanuel (Isaïe VII, 14).
Dans la seconde partie, on répète, comme dans une litanie, le même appel : « Veni : venez », suivi d’une invocation qui varie avec chaque strophe et produit une sorte de développement du titre donné au Messie en début de phrase. La mélodie sur laquelle elles sont chantées possède en outre un caractère d’ardente supplication.

Ce que trop peu de personnes savent, c’est que ces antiennes sont aussi une réponse du Christ Sauveur aux appels qui lui sont faits. Mais pour pouvoir connaître cette réponse, il faut avoir chanté les sept antiennes, et reprendre la lettre initiale du titre donné au Messie par chacune d’entre elles.
Nous n’avons alors plus qu’à lire, en commençant par la dernière strophe, en remontant, et nous pouvons former ces mots : «
Ero cras : demain je serai (sous entendu : parmi vous) ». La réponse nous est donnée le 23 décembre à la fin des vêpres sous la forme d’un acrostiche.

On remarquera par ailleurs que ce « jeu » littéraire n’empêche pas un certain ordre logique, une véritable progression, dans la suite de ces pièces remarquables : la naissance éternelle du Verbe est d’abord proclamée, puis ses rapports spéciaux avec le peuple élu, et enfin ses droits sur toutes les nations. Je ne résiste donc pas au plaisir de vous les retranscrire à nouveau, pour que vous puissiez, comme moi vous en émerveiller en les méditant…

Lully.            

 * * *

Texte des grandes antiennes  » O  » :


17 déc

O Sapientia, quæ ex ore Altissimi prodisti, attingens a fine usque ad finem, fortiter suaviter disponensque omnia: veni ad docendum nos viam prudentiæ.

2007-47.

O Sagesse, sortie de la bouche du Très-Haut, qui enveloppez toutes choses d’un pôle à l’autre et les disposez avec force et douceur, venez nous enseigner le chemin de la prudence.

18 déc

O Adonai, et Dux domus Israel, qui Moysi in igne flammæ rubi apparuisti, et ei in Sina legem dedisti : veni ad redimendum nos in bracchio extento.

_clear dans De liturgia

O Adonaï, guide du peuple d’Israël, qui êtes apparu à Moïse dans le feu du buisson ardent, et lui avez donné vos commandements sur le mont Sinaï, armez votre bras, et venez nous sauver.

19 déc

O Radix Iesse, qui stas in signum populorum, super quem continebunt reges os suum, quem gentes deprecabuntur : veni ad liberandum nos, iam noli tardare.

_clear

O Fils de la race de Jessé, signe dresse devant les peuples, vous devant qui les souverains resteront silencieux, vous que les peuples appelleront au secours, délivrez-nous, venez, ne tardez plus !

20 déc

O Clavis David, et sceptrum domus Israel ; qui aperis, et nemo claudit ; claudis, et nemo aperit : veni, et educ vinctum de domo carceris, sedentem in tenebris et umbra mortis.

_clear

O Clef de la cité de David, sceptre du royaume d’Israël, vous ouvrez, et personne alors ne peut fermer ; vous fermez, et personne ne peut ouvrir ; venez, faites sortir du cachot le prisonnier établi dans les ténèbres et la nuit de la mort.

21 déc

O Oriens, splendor lucis æternæ, et sol iustitiæ : veni, et illumina sedentes in tenebris et umbra mortis.

_clear

O Orient, splendeur de la Lumière éternelle, Soleil de justice, venez, illuminez ceux qui sont assis dans les ténèbres et la nuit de la mort.

22 déc

O Rex gentium, et desideratus earum, lapisque angularis, qui facis utraque unum : veni, et salva hominem, quem de limo formasti.

_clear

O Roi des nations, objet de leur désir, clef de voûte qui unissez les peuples opposés, venez sauver l’homme que vous avez façonné d’argile.

23 déc

O Emmanuel, Rex et legifer noster, exspectatio gentium, et Salvator earum : veni ad salvandum nos, Domine, Deus noster.

_clear

O Emmanuel, notre roi et législateur, que tous les peuples attendent comme leur Sauveur, venez nous sauver, Seigneur notre Dieu !

Guirlande de Noël

Publié dans:Chronique de Lully, De liturgia |on 18 décembre, 2007 |Pas de commentaires »

2007-46. Pro felici ac prospero statu Galliae.

13 décembre,
fête de Sainte Lucie,
6e jour dans l’octave de l’Immaculée Conception.

Chaque année, le 13 décembre, en la fête de sainte Lucie, le Cardinal Vicaire (c’est-à-dire celui qui administre le diocèse de Rome au nom du Pape, véritable évêque de Rome) célèbre dans l’archibasilique du Latran – « Mère et tête de toutes les Eglises » – une Messe à l’intention du bonheur et de la prospérité de la France : Pro felici ac prospero statu Galliae.
L’origine de cette messe remonte à l’année 1604, sous le règne de Henri IV le Grand, et c’est justement au jour anniversaire de sa naissance qu’elle est célébrée (13 décembre 1553).

Les difficiles commencements du règne d’Henri IV :

On sait que le Roi Henri III, dernier souverain de la branche capétienne des Valois, périt assassiné sous le couteau du dominicain Jacques Clément et qu’il n’avait pas de descendance.
La première des lois fondamentales du Royaume (ainsi nomme-t-on les lois qui règlent la succession au trône, voir > ici), qui est la loi de « primogéniture mâle« , désignait comme Roi l’aîné de la branche collatérale la plus proche, c’est-à-dire Henri de Navarre, descendant en ligne directe de mâle en mâle, du dernier fils de Saint Louis.
Toutefois Henri de Navarre était de confession calviniste, et la quatrième de ces mêmes lois fondamentales est la « règle de catholicité » qui n’admet au trône que des princes de confession catholique.
Il y avait donc là un épineux problème successoral, puisque pour être dynaste il faut que le Prince remplisse toutes les conditions exigées par les lois fondamentales!

La France était alors profondément divisée entre catholiques et protestants, et d’ailleurs tout le XVIe siècle avait été ensanglanté par des luttes acharnées entre les tenants des deux confessions. Ce problème successoral ranima la lutte.
Henri de Navarre comprit qu’il ne pourrait régner qu’en rentrant dans le giron de l’Eglise Catholique : bien qu’elle fut motivée par des raisons politiques, il serait toutefois faux de penser que sa conversion fut seulement opportuniste, qu’elle était feinte ou qu’elle manquait de loyauté.
L’abjuration du Roi fut acceptée par le Clergé français, ce qui permit son sacre, à Chartres, le 27 février 1594. Toutefois il fallut attendre encore l’année suivante pour qu’elle soit véritablement acceptée par le Saint-Siège (avec la levée de l’excommunication).

Le Roi rétablit ensuite la paix dans le Royaume par le célèbre édit de tolérance de 1598 (Edit de Nantes).
Cette pacification devait s’accompagner aussi d’une oeuvre de reconstruction effective, longue et patiente : il fallait rétablir des droits légitimes qui avaient été spoliés, restaurer des établissements ruinés… remettre de l’ordre partout.

Henri IV le Grand

L’abbaye de Clairac et le chapitre du Latran:

Or il se trouvait que le chapitre de la Cathédrale de Rome – l’archibasilique du Très-Saint-Sauveur au Latran – en vertu d’une donation faite en 1482 par le Roi Louis XI, avait des droits sur une puissante abbaye d’Aquitaine : Clairac.

Fondée en 767 par Pépin le Bref, en bordure du Lot, l’abbaye bénédictine de Clairac connut des développements et une prospérité enviée.
Au XIIIème siècle, elle était occupée par quelque 150 religieux ; l’abbé était également à la tête de 5 prieurés et de 50 paroisses. Si neuf moines seulement occupaient les lieux, après les vicissitudes de la guerre de Cent Ans, l’abbaye avait ensuite rapidement repris son essor et reconquis sa prospérité.

Pour la petite histoire, il me faut signaler que les fameux « pruneaux d’Agen » ont été inventés par les moines de Clairac à partir de plants ramenés du Moyen Orient, et aussi qu’en 1556, soit cinq ans avant Jean Nicot, le moine André Thevet avait rapporté d’un voyage au Brésil des graines de tabac qu’il avait semées dans les jardins de l’abbaye!…

Mais Clairac fut également le creuset des idées de la réforme et devint une citadelle du protestantisme : dès 1530 l’Abbé Roussel accueillit des prédicants et en 1534 ce fut Calvin lui-même qui fut invité à prêcher.
Théophile de Viau naquit à Clairac…

Pendant toute la période des troubles religieux le chapitre de la cathédrale de Rome fut donc privé de ses revenus.

En 1604, Henri IV rétablit le chapitre de la cathédrale du Latran dans ses droits et s’employa pour que les bénéfices qui lui étaient dus fussent désormais versés. En contrepartie il était stipulé que le Chapitre de l’archibasilique-cathédrale de Rome devrait célébrer chaque année et à perpétuité une Sainte Messe au jour de l’anniversaire du roi – le 13 décembre donc – , pour demander à Dieu la prospérité de la France.
Cette clause se trouve encore rigoureusement observée de nos jours.

A la vérité, on ne connaît pas d’exemple d’une Messe célébrée de manière aussi solennelle dans la capitale de la Chrétienté en faveur d’autres nations. D’autant que cette fonction liturgique présente cet autre aspect insolite : elle est célébrée « pour le bonheur et la prospérité » d’une nation actuellement régie par une république qui se considère avec beaucoup d’orgueil et d’arrogance comme “laïque”, et qui s’est acharnée à couper violemment tous les liens qui l’unissaient à la Papauté!
Mais la situation actuelle ne rend-elle pas encore plus nécessaires ces prières solennelles pour la France ?

Pendant presque deux siècles donc, les énormes revenus de l’abbaye de Clairac assurèrent la subsistance du chapitre de la cathédrale du Pape (Louis XV les augmenta même en 1729, ce qui lui valut l’érection d’un monument de reconnaissance sculpté par A. Corsini à l’entrée de la chapelle Sainte Anne, dans la basilique).
La grande révolution supprima l’abbaye, spolia ses immenses propriétés et mit fin au versement des bénéfices.
Louis XVIII et Charles X relevèrent la tradition rompue en s’acquittant du versement d’une rente fixe au vénérable chapitre.
Si Louis-Philippe ne s’en préoccupa guère, Napoléon III la rétablit à son tour…
Quoique la rente fut supprimée à nouveau en 1871, le chapitre du Latran a, lui, conservé fidèlement la tradition de la Messe du 13 décembre.

Le Roi de France, proto-chanoine d’honneur…
le président de la république aussi :

Il y a une autre contrepartie à cette dotation du chapitre du Latran assurée par les libéralités des Rois de France.
Pour les remercier de cette générosité et pour illustrer en même temps le lien particulier qui existe entre l’Eglise Romaine (dont – redisons-le – la basilique du Latran est la cathédrale) et la France*, le Roi de France fut créé premier (et unique) chanoine d’honneur du Latran de façon statutaire et héréditaire.

Sous l’Ancien Régime, on accordait parfois ce titre de chanoines, à titre héréditaire, à des laïcs : c’était un privilège honorifique attribué à de hauts personnages en échange de protections spéciales. Le Roi de France était ainsi depuis des siècles chanoine de Saint-Martin de Tours ; depuis Louis XI, chanoine de la cathédrale d’Embrun ;  depuis François Ier, chanoine de la cathédrale de Saint-Jean de Maurienne… et donc depuis Henri IV, proto-chanoine de l’archibasilique du Latran.

Lorsqu’il rétablit la rente annuelle versée par la France au chapitre du Latran, Napoléon III revendiqua le titre de chanoine honoraire et il lui fut confirmé, ainsi que les privilèges inhérents, par un bref pontifical.

Les usages de la république font que le chef de l’Etat est considéré comme l’héritier des privilèges religieux accordés aux chefs d’État des régimes antérieurs (Charles de Gaulle y tenait beaucoup).
C’est donc par héritage de Henri IV et de Napoléon III, que le président de la république française** se retrouve officiellement aujourd’hui chanoine honoraire de la basilique du Latran. Le Général de Gaulle prit possession de sa stalle, Messieurs Chirac et Sarkozy aussi… 

2007-46. Pro felici ac prospero statu Galliae. dans Chronique de Lully tiarepie9

* On notera aussi justement qu’un autre roi de France, Charles V, avait fait restaurer la basilique au XIVe siècle et fait construire le ciborium monumental qui surmonte l’autel et abrite les reliquaires des têtes des Saints Apôtres Pierre et Paul, raison pour laquelle les lys de France sont représentés au sommet de l’arc triomphal

** qui est par ailleurs co-prince d’Andorre, dans les Pyrénées.

Publié dans:Chronique de Lully, Memento |on 13 décembre, 2007 |6 Commentaires »

2007-44. De la translation de la Sainte Maison de Lorette.

10 décembre,
fête de Notre-Dame de Lorette.

Ce matin au moment de son oraison, Frère Maximilien-Marie m’a dit : « Aujourd’hui, Lully, nous partons en Italie ! »
Je l’ai regardé avec des grands yeux étonnés parce que je ne l’avais pas vu préparer des valises et qu’il n’avait pas non plus sorti mon panier de voyage…
Voyant mon incompréhension, il a ajouté en souriant : « Nous y allons par le coeur et par la prière, pour faire un petit pèlerinage spirituel dans la Sainte Maison de Lorette. »

Moi, cela me convenait bien de « voyager » sans sortir du Mesnil-Marie car vous savez que nous, les chats, nous détestons changer d’habitudes et de cadre de vie.
J’étais néanmoins intrigué et j’ai demandé à Frère Maximilien-Marie qui était cette « Lorette » et pourquoi sa maison était particulièrement sainte, ce qui a eu pour effet de le faire rire et m’a tout de même valu quelques explications fort intéressantes que je vous retranscris ici :
« Lorette – en italien Loreto - est une petite ville de la Marche d’Ancône, située sur une éminence proche de la côte adriatique, en Italie. On dit que ce nom est dérivé de « laureus » qui signifie en latin : laurier, parce que – jusqu’au XIIIème siècle – cette colline était recouverte par un petit bois de lauriers. Cette ville s’est développée en raison et autour d’un sanctuaire qui renferme la Sainte Maison de Nazareth, cette maison dans laquelle la Vierge Marie a reçu la visite de l’Archange Gabriel, cette maison dans laquelle donc s’est accompli le mystère de l’Incarnation du Verbe de Dieu, cette maison dans laquelle la Sainte Famille a vécu au retour de l’exil en Egypte. »

Je me demandais bien pourquoi la Sainte Maison de Nazareth n’était pas à Nazareth, comment il se faisait qu’elle se trouvât maintenant en Italie (parce que je sais bien moi que Nazareth se trouve en Palestine !), et qui avait osé la démonter pour la transporter et la reconstruire à cet endroit : j’ai en effet lu que les Américains avaient démonté des monuments anciens qu’ils avaient achetés en Europe, pour les transporter et les reconstruire outre-Atlantique.

Mais Frère Maximilien-Marie qui a deviné mes pensées s’est empressé d’ajouter :
« Non, non! Tu te trompes… La Sainte Maison n’a pas été démontée et reconstruite par des moyens humains : elle a été miraculeusement transportée dans les airs par les Anges, et elle est arrivée à Lorette le 10 décembre 1294, alors qu’elle avait quitté Nazareth depuis environ trois années! C’est la raison pour laquelle nous célébrons aujourd’hui la fête de la Translation de la Sainte Maison de la Vierge Marie, Notre-Dame de Lorette ».

2007-44. De la translation de la Sainte Maison de Lorette. dans Chronique de Lully saturninogatti

la Translation de la Santa Casa (tableau de Saturnino Gatti)

Cette histoire de « maison volante » m’intriguait décidément de plus en plus, alors Frère Maximilien-Marie m’a tout raconté en détail :
- la disposition de la maison de Marie, à Nazareth, qui n’avait que trois côtés construits puisqu’elle était adossée à la colline et que l’arrière de la maison était en fait constitué par une grotte creusée dans le roc ;
- la transformation de cette humble maison en sanctuaire par les Apôtres ;
- l’édification d’une basilique autour d’elle par Sainte Hélène ;
- la destruction de cette basilique – mais pas de la maison elle-même – par les musulmans et sa reconstruction par les croisés ;
- les nouvelles destructions occasionnées par de nouveaux envahisseurs encore plus terribles et « l’envol » de la Sainte Maison en 1291, tandis que la petite grotte restait à Nazareth ;
- les diverses étapes qu’elle fit en Dalmatie avant de se poser à Loreto, le 10 décembre 1294 ;
- puis les apparitions de la Madone pour attester de l’identité de cette construction ;
- et enfin, à de nombreuses reprises, les affirmations sans équivoque des Pontifes Romains en faveur de cette tradition (sans toutefois que ce soit un article de foi).

Au XVème siècle, sous la direction de Bramante, la Sainte Maison fut enchâssée dans un somptueux écrin de marbre blanc sculpté, mais cet « écrin de marbre » n’est pas collé aux murs de pierre de l’édifice lui-même : il y a entre les deux une espèce de galerie étroite qui permet toujours  la circulation et les investigations des scientifiques.

Justement, Frère Maximilien-Marie m’a ensuite fait l’exposé des « preuves tangibles » qui attestent de la vérité de ce miracle (parce que les historiens modernes en contestent pour la plupart la réalité, et que – même lorsqu’ils admettent qu’il s’agit bien des pierres de la maison de Marie à Nazareth -,  ils ne croient pas à son transport miraculeux par les Anges mais voudraient qu’une famille noble du nom de « de Angelis » soit responsable d’un démontage et d’un transport par bateau… La crédulité populaire aurait ensuite transformé cet évènement en miracle en raison d’une méprise facile liée au nom des auteurs du transfert !).
Mais non ! Il faut bien savoir que :
1) les dimensions de la maison et les pierres dont elle est construite sont tout à fait identiques à celles des fondations demeurées à Nazareth ;
2) le mortier qui lie les pierres entre elles est bien celui de Nazareth, et d’ailleurs on ne trouve ni ses composants ni la même manière de le préparer dans cette région d’Italie : or si la maison avait été démontée et reconstruite au XIIIème siècle, le mortier ne serait pas celui d’origine, identique à celui qu’on retrouve dans les fondations de Nazareth ;
3) les fresques que Saint Louis fit exécuter dans la Sainte Maison de Nazareth en 1251, lors de son pèlerinage dans la Sainte Maison de l’Incarnation, se retrouvent à Lorette : il est certes techniquement possible de détacher une fresque d’un mur pour la transférer sur un autre support, mais c’est une technique qui demande l’intervention d’une équipe de spécialistes d’une compétence très particulière et présente des risques certains ;
4) le « démontage » de la maison, au lieu de se faire pierre par pierre, aurait certes pu s’opérer par pans de murs entiers, mais en ce cas on retrouverait bien évidemment des traces d’assemblage avec un mortier différent : alors qu’en réalité on ne trouve pas de traces de reconstruction ;
5) la Sainte Maison de Lorette n’a pas de fondations : elle est simplement posée sur un terrain qui présente des inégalités, ce qui fait qu’à certains endroits la base des murs ne touche pas le sol ! On voit mal des hommes procédant à un « remontage » sans prendre un minimum de précautions humaines pour assurer la stabilité de l’édifice…

Tous ces éléments ont été soigneusement étudiés au cours des siècles, et encore récemment, de manière rigoureusement scientifique, et corroborent la tradition.

basilique 10 décembre dans De liturgia

santacasa Loreto dans De Maria numquam satis

La Basilique et l’intérieur de la Sainte Maison.

Cette tradition est confirmée, pour les croyants, par l’expérience des Saints et des mystiques : ainsi, par exemple, Saint Nicolas de Tolentino (Tolentino se trouve à quelques kilomètres de Lorette) a été le « témoin » de l’arrivée de la Sainte Maison à Lorette dans une vision.
Dans les siècles suivants ont vit parmi les pèlerins de la Sainte Maison de Lorette de nombreux Saints qui y reçurent des grâces signalées : Sainte Catherine de Sienne, Saint François de Paule, Saint Ignace de Loyola et Saint François Xavier, Saint François de Borgia, Saint Louis de Gonzague, Saint Charles Borromée, Saint Louis-Marie Grignon de Montfort, Saint Benoît-Joseph Labre, le Bienheureux Pie IX et Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus pour ne citer que les plus célèbres.

J’étais donc émerveillé par ce récit et – tout en regardant les photographies que me montrait mon papa-moine – je me suis « transporté en esprit » dans cette Sainte Maison pour y présenter à Notre-Seigneur et à Sa très Sainte Mère mes actions de grâces et mes louanges…

Lully.

Et savez-vous qu’il existe en Vendée un exact fac-similé de la Sainte Maison de Lorette ?
Voir ici > La Flocellière : le fac-similé de la Sante Casa.

2007-43. Où l’on fait un petit tour d’horizon de la fête du 8 décembre.

La fête du 8 décembre, si chère au coeur des catholiques, a été – cette année encore – célébrée avec ferveur.

A Rome, notre Saint-Père le Pape Benoît XVI s’est rendu, comme il est de tradition, aux pieds de la « colonne de l’Immaculée », sur la place d’Espagne, pour se recueillir et offrir une énorme gerbe de fleurs blanches à la Madone… Il y a encore peu, le Souverain Pontife offrait une couronne que les pompiers de Rome, avec leur grande échelle, allaient accrocher au bras de la statue même de Marie, ce qui donnait un côté un peu amusant à cette cérémonie! Benoît XVI a semble-t-il préféré quelque chose de moins spectaculaire mais favorisant le recueillement et l’intériorité…

Colonne de l'Immaculée, place d'Espagne        le Saint-Père, place d'Esapgne ce 8 XII 2007

(cliquer sur les images pour les voir en taille réelle)

Le Souverain Pontife, s’est également adressé en direct, relayé par des écrans géants, aux pèlerins de Notre-Dame de Fourvière – à Lyon – et aux pèlerins de Lourdes (pour lire le texte du message de Benoît XVI cliquer ici : www).

Pour la cité mariale des Pyrénées, ce 8 décembre en effet a marqué l’ouverture de l’année jubilaire du cent-cinquantième anniversaire de l’apparition de la Vierge Immaculée, et pour cette occasion, notre Saint-Père le Pape a accordé de précieuses indulgences pour tous les fidèles qui se rendront à Lourdes, du 8 décembre 2007 au 8 décembre 2008, et pour les fidèles du monde entier pour la neuvaine préparatoire à la fête de la première apparition de Notre-Dame de Lourdes, du 2 au 11 février 2008 (texte du décret pontifical ici : www ).

A Versailles, dans l’église Sainte Jeanne d’Arc, Son Eminence Monsieur le Cardinal Dario Castrillon Hoyos, président de la Commission Pontificale Ecclesia Dei, est venu célébrer par une Sainte Messe solennelle le 25ème anniversaire de Notre-Dame de Chrétienté et des pèlerinages traditionnels que cette association organise à Chartres pour la Pentecôte (reportage photographique ici : www). On retiendra cette affirmation du Cardinal au sujet de la Fraternité Saint Pie X : « Il n’y a pas schisme mais une attitude schismatique« . La nuance est d’importance…

Et chez nous, en notre Mesnil-Marie, nous avons aussi honoré de notre mieux notre Mère céleste. Un prêtre tout récemment ordonné est venu pour célébrer une Sainte Messe de prémices: quelle grâce pour nous et pour les quelques amis qui nous ont rejoints pour cette belle cérémonie!

Malgré la pluie et le vent qui se sont déchaînés une grande partie de la journée, une lumière de grâce a resplendi en nos coeurs et nous l’avons manifesté en illuminant le Mesnil-Marie : reprenant la tradition lyonnaise, j’avais aidé Frère Maximilien à préparer des petits lumignons colorés que nous avons placés sur toutes les fenêtres de la maison, que le vent et la pluie ont finalement respectés (!!!) et qui se sont consumés joyeusement en l’honneur de notre Reine Immaculée!

8 décembre au soir: Lully aux lampions

Lully.

2007-42. A propos de « Spe salvi »… Un commentaire d’Antonio Socci.

Ce que signifie la très belle encyclique de Benoît XVI sur l’espérance.

Article d’Antonio Socci paru dans le journal « Libero » du 1er décembre 2007

(article envoyé en italien par un ami résidant à Bologne, et traduit par nos soins).

 » Une bombe! C’est la nouvelle encyclique de Benoît XVI « Spe salvi » où il n’y a pas la moindre citation du concile (choix d’une signification énorme), où il est finalement parlé de l’Enfer, du Paradis et du Purgatoire (et même de l’Antéchrist à travers une citation de Kant), où les horreurs sont appelées par leur nom (par exemple « communisme », qu’il fut interdit de citer et de condamner au concile), où au lieu de faire de l’œil aux puissants de ce monde est retenu le poignant témoignage des martyrs chrétiens, les victimes, où est balayée au loin la rhétorique des « religions » en affirmant qu’il y a un seul Sauveur, où Marie est désignée comme « Etoile d’espérance » et où il est montré que la confiance aveugle dans le (seul) progrès et dans la (seule) science conduit au désastre et au désespoir.

Du concile, Benoît XVI ne cite nullement « Gaudium et spes », qui avait pourtant le mot espérance dans son titre, mais envoie au loin justement l’équivoque introduite de manière désastreuse dans le monde catholique par ce qui fut la principale constitution conciliaire: « l’Eglise dans le monde de ce temps ». Le Pape invite en fait, au § 22, à « une autocritique du christianisme moderne« . Spécialement sur le concept de « progrès ». Pour dire avec Charles Péguy, « le christianisme n’est pas la religion du progrès, mais du salut« .

Non que le progrès soit une chose négative, bien au contraire il doit beaucoup au christianisme comme le démontrent aussi des livres récents (je pense à ceux de Rodney Stark, « La Victoire de la raison« , et de Thomas Woods, « Comment l’Eglise Catholique a construit la civilisation occidentale« ). Le problème est « l’idéologie du progès », sa transformation en utopie.Le grave inconvénient de « Gaudium et spes » et du concile fut de changer la vertu théologale d’espérance dans la notion mondaine d’optimisme. Deux choses radicalement antithétiques, parce que, comme l’écrivait Ratzinger, alors cardinal, dans son livre « Regarder le Christ« : « Le fondement de l’optimisme est l’utopie », tandis que l’espérance est « un don qui a déjà été donné et que nous attendons de celui qui seul peut vraiment faire des dons: de ce Dieu qui, avec Jésus, a déjà planté sa tente dans l’histoire. »Dans l’Eglise post-conciliaire l’ « optimisme » devint un devoir et un nouveau superdogme. Le pire péché devint celui du « pessimisme ». Pour donner le « la », il y eut aussi l’ « ingénu » discours d’ouverture du concile prononcé par Jean XXIII, dans lequel, au milieu de ce siècle qui fut le plus grand abattoir de chrétiens de l’histoire, il « voyait rose » et s’en prenait à ceux qu’il appela « des prophètes de malheur« : « Dans les conditions actuelles de la société humaine, déclara-t-il, ils ne sont pas capables de voir autre chose que des ruines et des inconvénients; ils vont en disant que nos temps, si on les confronte aux siècles passés, se révèlent pire en tout; et ils arrivent jusqu’au point de ce comporter comme s’ils n’avaient rien à apprendre de l’histoire… A Nous il apparaît qu’il faut résolument ne pas être d’accord avec ces prophètes de malheur, qui annoncent toujours le pire, comme si la fin du monde menaçait.« 

Roncalli fut reconnu, par l’apologétique progressiste, dépositaire d’un véritable « esprit prophétique« , chose qui est niée – par exemple – par la Madone de Fatima, laquelle au contraire, en 1917, mettait en garde contre d’horribles malheurs, annonçant la gravité du moment et le péril mortel représenté par le communisme qui arrivait (après trois mois) en Russie. En fait un océan d’horreur et de sang se produisit. Mais 40 ans après, en 1962, allègrement – pendant que le Vatican donnait à Moscou l’assurance qu’au concile ne serait pas explicitement condamné le communisme et pendant que des saints comme Padre Pio étaient condamnés à mille vexations – Jean XXIII annonça publiquement que l’Eglise du concile préférait éviter les condamnations parce que même si « les doctrines fausses ne manquent pas… désormais les hommes semblent d’eux-mêmes portés à les condamner. »

Et en fait à peu de temps de là eut lieu le maximum de l’expansion communiste dans le monde, non seulement avec des régimes qui allaient de Trieste à la Chine et ensuite Cuba et l’Indochine, mais avec l’explosion de mai 68 dans les pays occidentaux qui furent dévastés pour des décennies par les idéologies de la haine. Peu d’années après la fin du concile Paul VI tirait le tragique bilan, pour l’Eglise, du « prophétique » optimisme roncallien et convenait que: « On croyait qu’après le concile serait venue une journée de soleil pour l’histoire de l’Eglise. Au contraire est venue une journée de nuages, de tempête, d’obscurité, de recherche, d’incertitude… L’ouverture au monde est devenue une invasion véritable et caractérisée dans l’Eglise de la pensée du siècle. Nous avons sans doute été trop faibles et imprudents« , « l’Eglise est dans une difficile période d’autodémolition« , « par quelque endroit la fumée de Satan est entrée dans le temple de Dieu« .

Parce qu’il avait admis loyalement cela, le même Paul VI fut isolé comme « pessimiste » par l’establishment clérical pour lequel la religion de l’optimisme « faisait oublier toute décadence et toute destruction » (outre qu’elle faisait oublier l’énormité des périls qui pesaient sur l’humanité, ainsi que les dogmes tels que le péché originel et l’existence de Satan et de l’enfer).

Ratzinger, dans le livre déjà cité, a des paroles de feu contre cette substitution de « l’espérance » avec « l’optimisme ». Il dit que « cet optimisme méthodique avait été produit par ceux qui désiraient la destruction de la vieille Eglise, sous couvert de réforme« , « l’optimisme affiché était une espèce de tranquillisant… dans le but de créer le climat adapté pour si possible démolir tranquillement l’Eglise et ainsi acquérir la domination sur elle. »

Ratzinger donnait aussi un exemple personnel. Quand parut de manière explosive son livre d’entretiens avec Vittorio Messori « Entretiens sur la foi« , où était clairement décrite la situation de l’Eglise et du monde, il fut accusé d’avoir fait « un livre pessimiste ». « En quelque manière » écrivait le cardinal, « on a tenté d’interdire la vente, parce qu’une hérésie de cet ordre de grandeur ne pouvait simplement pas être tolérée. Les détenteurs du pouvoir d’opinions mirent le livre à l’index. La nouvelle inquisition fit sentir sa force. Il fut encore une fois démontré qu’il n’existait pas de plus grand péché contre l’esprit de l’époque que de devenir coupable d’un manque d’optimisme. »

Aujourd’hui Benoît XVI, avec cette encyclique à la pensée puissante, a mis finalement au grenier le fondant « optimisme » roncallien et conciliaire, celui de l’idéologisme trop facile et conformiste qui a fait s’agenouiller l’Eglise devant le monde et l’a livrée à une des plus terribles crises de son histoire.

Ainsi la critique implicite ne va plus seulement à l’après-concile, aux « mauvaises interprétations » du concile, mais aussi à quelques fondements du concile. Du reste déjà un théologien du concile comme le fut Henri de Lubac (d’ailleurs cité dans l’encyclique) écrivait à propos de « Gaudium et spes »: « On parle encore de ‘conception chrétienne » mais bien peu de foi chrétienne. Tout un courant, en ce moment, cherche à accrocher l’Eglise, par le moyen du concile, à une petite ‘mondanisation’ « . Et enfin Karl Rahner disait que le « schéma 13″, qui est devenu « Gaudium et spes », « réduisait la portée surnaturelle du christianisme« . Absolument Rahner!

Ratzinger a vécu le concile: il est l’auteur du discours avec lequel le cardinal Frings a démoli le vieux Saint Office ce qui n’a pas fait peu de dommages. Et aujourd’hui le pontificat de Benoît XVI est considéré comme la fermeture de la saison obscure qui, faisant un trésor des bonnes choses du concile, nous rend la beauté bimillénaire de la tradition de l’Eglise. Ce n’est pas un hasard si dans l’encyclique le concile n’est pas cité, mais que le sont Saint Paul et Saint Grégoire de Nazianze, Saint Augustin et Saint Ambroise, Saint Thomas et Saint Bernard. Une encyclique belle, très belle. Poétique aussi, qui parle au cœur de l’homme, à sa solitude et à ses désirs les plus profonds. Il est recommandé de la lire et de la méditer attentivement. « 

Publié dans:Lectures & relectures |on 6 décembre, 2007 |5 Commentaires »
1...7071727374...76

A tempo di Blog |
Cehl Meeah |
le monde selon Darwicha |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | mythologie
| jamaa
| iletaitunefoi