Archive pour la catégorie 'Chronique de Lully'

2020-92. Mardi 11 août 2020 : fête de Sainte Philomène au Mesnil-Marie.

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Nous faisons chaque jour l’expérience de la puissance protection et de la très efficace intercession de Sainte Philomène, céleste protectrice du Refuge Notre-Dame de Compassion en second, après la Très Sainte Mère des Douleurs.
Nous constatons aussi avec émerveillement et action de grâces combien elle se plaît à exaucer les prières de ceux qui viennent la prier au Mesnil-Marie.
Voilà pourquoi, cette année encore, nous vous invitons à célébrer sa fête avec nous.

Gisant de Sainte Philomène au Mesnil-Marie - détail

Mardi 11 août 2020

Fête de Sainte Philomène

Programme :

- 10 h – 11 h : possibilité de confessions
- 11 h précises : Sainte Messe de la fête de Sainte Philomène
(célébrée évidemment dans le rite latin traditionnel)

- Repas tiré du sac (apporter autant que possibles vos sièges pliants – merci !)
- 15 h  : chapelet et vénération de la relique de Sainte Philomène

Attention ! Remarques importantes :
- En raison du contexte particulier lié à la crise sanitaire et à aux contraintes imposées par le pouvoir politique – et même si le Mesnil-Marie est une propriété privée et non un « lieu public » -, la Sainte Messe sera célébrée sous une grande tente (nous avons pu remplacer le barnum qui a été grandement endommagé par la tempête à la mi-juin, cf. > ici), apprêtée dignement pour cette célébration.
- Afin de prévoir un aménagement conforme aux recommandations de distanciation, nous invitons avec une certaine insistance les personnes qui souhaitent venir à la Messe à nous prévenir (en utilisant le formulaire de contact > ici, ou bien par téléphone).
- Des bancs seront disposés sous cette tente, mais nous recommandons en outre à ceux qui ne souhaitent pas s’agenouiller directement sur l’herbe d’apporter un coussin ou un linge qu’ils pourront poser au sol devant eux.

Préparation spirituelle à la fête de Sainte Philomène :
Que vous puissiez être présents physiquement ou que vous ne le puissiez pas, nous vous invitons quoi qu’il en soit à préparer la fête de Sainte Philomène par une neuvaine, du dimanche 2 au lundi 10 août.
Pour cette neuvaine, nous vous proposons les prières publiées > ici.

Reliquaire de Sainte Philomène au Mesnil-Marie

2020-91. Au Mesnil-Marie, au terme du Camp-chantier Saint-Constantin.

Mercredi 29 juillet 2020,
Fête de Sainte Marthe, vierge ;
Mémoire des Saints Simplicien, Faustin et Béatrix, martyrs ;
Mémoire du Bienheureux Urbain II, pape et confesseur.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Il y a 21 jours, en plein milieu du Camp-chantier Saint-Constantin (cf. > ici), je vous en donnais les premières nouvelles. Je me rends compte que je ne vous ai pas parlé de ses derniers jours et de sa conclusion : il est vrai qu’avec la publication de trois messages successifs de notre Roi (cf. > ici, > ici, et > ici), avec quelques journées où j’ai dû m’absenter et d’autres où j’ai été très pris par l’accueil de visiteurs, des lectures urgentes qu’il me faut parfois faire, de nombreux appels téléphoniques, les diverses responsabilités que j’assume localement (comme le fait d’être correspondant de presse pour mon village) … etc., je ne vois pas le temps passer et n’arrive pas à faire tout ce que je voudrais accomplir.

Il n’empêche : il est bien temps et plus que temps que je vous informe de l’état de la situation après cette semaine de travaux.

Ainsi que vous le pouvez voir sur les deux clichés publiés ci-dessous, après l’enlèvement des végétaux qui demeuraient suspendus en l’air comme cela vous a été rapporté dans la chronique du 8 juillet (cf. > ici), nos généreux bénévoles, au pic et à la pelle, ont dégagé pendant deux jours et demi les éboulis : c’est très simple à énoncer, ce l’est beaucoup moins à réaliser !

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Ils ont trié la terre, les gravats et les blocs de pierre (énormes et très lourds). Ils ont exhumé quantité de débris qui avaient été enfouis derrière ce mur : tessons de verre, fragments de vaisselle, vieux couverts, pièces métalliques rouillées, et autres détritus qui ne se dissolvent pas… Ils ont même retrouvé les ossements d’un chien !

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Bref ! Au terme de ces premiers travaux de nettoyage, on y voit bien plus clair et le lieu est beaucoup moins dangereux (même si l’on n’est pas à l’abri, à l’occasion d’un orage violent par exemple, de nouveaux effondrements).

Ce dernier samedi, l’un de nos fidèles amis, architecte à la retraite grand connaisseur du bâti traditionnel dans le massif du Mézenc, nous a fait la joie et l’honneur de venir voir le travail accompli, d’examiner attentivement les lieux, d’y prendre des mesures… etc., à fin de nous pouvoir proposer des solutions pérennes de reconstruction du mur de soutènement de la terrasse Saint-Constantin, en tenant compte de quelques données nouvelles de sécurisation, d’utilité et d’esthétique.

Ceux qui s’imaginaient, malgré les explications contraires que j’avais fournies, qu’à la fin de ce camp-chantier le mur serait à nouveau debout, ne réalisent sans doute pas toute la complexité de la situation !

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Comme je vous l’ai déjà expliqué, ce camp-chantier donnait aussi une part nécessaire à la formation spirituelle (avec des enseignements quotidiens) et à la prière.

L’heure d’adoration du jeudi soir en a été un très bel exemple :

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L’après-midi du vendredi 10 juillet a vu l’arrêt des travaux, imposé par de gros orages. Cela a donc permis, entre autres, de commencer les rangements du matériel et de la maison d’hôtes louée pour permettre le logement de tous nos bénévoles. Certains d’entre eux avaient dû repartir dès le jeudi, en raison d’autres obligations.

Le samedi 11 juillet, nous avons chanté la Messe de la Sainte Vierge, qui a été offerte à l’intention de tous les bienfaiteurs qui, par leurs offrandes généreuses, ont permis la location du gîte, l’achat du matériel et celui de la nourriture de cette semaine de travaux.

En outre, comme le 11 juillet est l’anniversaire de la dédicace de la cathédrale du Puy, consacrée par les Anges le 11 juillet de l’an 225, ce samedi après-midi a été occupé par un pèlerinage jusqu’à cette insigne basilique-cathédrale où nous avons encore une fois confié à la Sainte Mère de Dieu, au pied de la célèbre « Vierge Noire », les participants à ce camp-chantier et tous ceux qui ont permis sa réalisation.

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Je vous tiendrai bien évidemment au courant de la suite qui va être donnée à ces travaux, et, encore une fois, chers Amis, je tiens à vous remercier très chaleureusement pour votre soutien et votre générosité.

In Corde Iesu & Mariae.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

Pour continuer à apporter votre aide aux travaux du Mesnil-Marie > ici

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Publié dans:Annonces & Nouvelles, Chronique de Lully |on 29 juillet, 2020 |4 Commentaires »

2020-90. « Le roi saint inspire vos travaux. Il est votre modèle au plan divin comme terrestre » (Louis XX).

Vendredi 24 juillet 2020,
Vigile de Saint Jacques le Majeur, apôtre ;
Mémoire de Sainte Christine, vierge et martyre.

Cahiers de l'université d'été Saint-Louis

« (…) La place que vous donnez à l’étude vous a amené à publier plusieurs Cahiers de l’Université Saint Louis d’un grand intérêt. Chacun de ces Cahiers et le Site « bibliothèque » Vive Le Roy qui les prolonge et multiplie leur audience, forment en effet un corpus. Cette pensée bien étayée et cohérente guide ensuite votre action au sein des différents cercles. Grâce au partage par internet votre influence peut atteindre et inspirer tous ceux qui cherchent les voies d’un renouveau pour notre pauvre pays qui se défait, trahi par les porteurs d’idéologies pernicieuses. L’arbre se juge à ses fruits…Vous faites partie de ceux qui préparent les récoltes futures ».

Louis XX          

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Hier (cf. > ici), dans son très encourageant message à l’occasion de la trentième Université d’été Saint-Louis, dont la citation ci-dessus est extraite, notre Souverain Légitime a souligné la qualité des instruments d’étude et de formation développés par l’UCLF.
En effet, l’Union des Cercles Légitimistes de France propose – si vous ne l’aviez pas encore compris à la lecture de nombreuses publications dans ce modeste blogue, je vous le rappelle une fois de plus – un très important Programme d’études politiques qui est la base nécessaire de cette « pensée bien étayée et cohérente » louée par Sa Majesté.
Les Cahiers de l’Université Saint-Louis publiés chaque année, constituent une synthèse de la pensée royaliste facilement utilisable dans le cadre d’un travail en cellule d’étude.
A l’occasion de chacune de ces Universités d’été, de nouveaux textes illustrant la pensée légitimiste sont publiés.
L’édition de l’Université d’été 2020 est dès à présent disponible et téléchargeable : voir > ici.

Nous ne pouvons qu’encourager nos amis à les télécharger et à les étudier afin de « (faire) partie de ceux qui préparent les récoltes futures » eux aussi.

Couverture cahiers université d'été 2020

2020-89. « Cette fidélité nous permet d’être toujours présents et de témoigner de la France éternelle, afin de maintenir possible la voie de la restauration ».

Jeudi 23 juillet 2020,
Fête de Saint Jean Cassien, abbé et confesseur ;
Mémoire de Saint Apollinaire, évêque et martyr ;
Mémoire de Saint Liboire, évêque et confesseur.

Comme chaque année depuis 30 ans, l’Union des Cercles Légitimistes de France (UCLF) propose une université d’été qui, cette année, vient de recevoir un long message de félicitations et d’encouragement de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX.
Au delà de l’aspect circonstanciel de ce message, et c’est ce qui explique sa longueur, notre Souverain Légitime reconnaît l’importance et les qualités du travail accompli par l’Union des Cercles Légitimistes de France, en même temps qu’il en profite pour insister encore une fois sur la fidélité sans faille qu’il convient de garder à la pensée politique du Comte de Chambord, en laquelle l’UCLF s’est toujours inscrite.

On s’attachera donc à lire avec la plus grande attention ce nouveau message royal et à en bien comprendre toutes les composantes ainsi que les conséquences logiques… 

affiche de l'université d'été Saint-Louis 2020

Chers Amis de l’Université Saint Louis,

Je suis doublement heureux de vous adresser ce message aujourd’hui. Tout d’abord parce qu’il s’adresse à des jeunes dont le rôle de reconstruction sera si important pour l’avenir de notre pays ; ensuite parce que cette Université d’Été fête aujourd’hui ses trente ans, preuve de sa qualité comme de son utilité, et qu’il m’est agréable ainsi d’en féliciter les organisateurs.

Souvent dans mes interventions je salue la fidélité qui s’écrit en termes d’années. Persévérer au milieu des difficultés, sans se décourager est la preuve d’une vraie fidélité reposant sur des convictions fortes qui font qu’aucune embûche n’arrête ni l’espérance, ni l’engagement. Cette fidélité est celle que vous avez vis-à-vis de la royauté qui a fait la France. Fidélité à la dynastie capétienne dont il me revient, aujourd’hui, d’être le successeur légitime et à la royauté traditionnelle d’où nous tirons notre force. Cette fidélité nous permet, notamment depuis 1883, d’être toujours présents et de témoigner de la France éternelle, afin de maintenir possible la voie de la restauration. Elle nous distingue des autres types de régimes qui, ne reposant pas sur l’onction sacrée, c’est-à-dire sur un principe supérieur aux hommes et à leur égoïsme, ne peuvent ni durer d’où la succession ininterrompue de régimes depuis 1830, ni encore moins, garantir le bien commun et la souveraineté sans lesquels il n’y a pas de société politique. L’un et l’autre furent les fondements de l’œuvre des Capétiens.  Ces fondements gardent au 21ème siècle leur force. Il n’y aura pas de société stable, de progrès, permettant l’épanouissement de tous et en particulier des familles, sans un retour aux fondamentaux. Le Comte de Chambord l’avait compris et c’est pourquoi il a refusé, en son temps, le programme que certains voulaient lui imposer au nom d’une modernité qu’il aurait fallu accepter sans bénéfice d’inventaire. Ce ne fut pas la démarche du Comte de Chambord.  En effet, au dernier quart du dix-neuvième siècle, il en percevait déjà les méfaits. Contrairement à la société ordonnée de l’Ancien Régime, celle issue de la Révolution n’avait plus de limites. Cette société sans ordre et où la transcendance est bannie, est rapidement devenue une société désordonnée où les plus forts dominent. Ce que nous vivons actuellement n’en est que le prolongement que le Comte de Chambord aurait voulu voir éviter à la France : l’homme déshumanisé, la vie comptant pour rien, les familles sacrifiées, le mariage galvaudé, les enfants à l’éducation et à l’instruction négligées voire perverties, les manipulations des esprits comme des corps n’ayant que pour but de briser les lois de la vérité et de la nature.

Cette société, vous le refusez et pour cela, vous vous formez tant spirituellement qu’intellectuellement. Votre Université d’été, la trentième, s’inscrit dans cette si nécessaire démarche de réflexion. N’est-il pas symbolique qu’à l’origine votre rencontre se soit intitulée « camp chouan », c’est-à-dire le camp du refus et de la rupture, le camp de ceux qui s’engagent. Depuis 2000, vous parlez d’Université Saint Louis pour bien montrer que vous placez le combat encore plus haut, c’est celui des principes. Le roi saint inspire vos travaux. Il est votre modèle au plan divin comme terrestre.

La place que vous donnez à l’étude vous a amené à publier plusieurs Cahiers de l’Université Saint Louis d’un grand intérêt. Chacun de ces Cahiers et le Site « bibliothèque » Vive Le Roy qui les prolonge et multiplie leur audience, forment en effet un corpus. Cette pensée bien étayée et cohérente guide ensuite votre action au sein des différents cercles. Grâce au partage par internet votre influence peut atteindre et inspirer tous ceux qui cherchent les voies d’un renouveau pour notre pauvre pays qui se défait, trahi par les porteurs d’idéologies pernicieuses. L’arbre se juge à ses fruits…Vous faites partie de ceux qui préparent les récoltes futures.

Je ne peux terminer ce message sans des mots d’encouragement. Les premiers s’adressent aux participants à l’Université Saint-Louis qui prennent de leur temps pour parfaire leur formation. Elle vous permettra de prendre des responsabilités dans la société. C’est la meilleure voie pour faire refleurir les lys.  Nous n’avons pas besoin de nostalgie, mais d’engagements. Cela, je le redis chaque fois qu’il m’est demandé, en tant que chef de Maison et héritier des rois de France, ce qu’il faut faire. Ma réponse est toujours la même, quelle que soit votre vocation, engagez-vous pleinement au service du bien commun, avec conscience, en ayant le sens des responsabilités, sociales, familiales, éducatives, économiques et le souci de remplir votre devoir d’état. C’est de cela que la France a besoin ; avoir des éveilleurs pour la guider et montrer les chemins. La France capétienne s’est constituée ainsi au cours des siècles. Il nous appartient à tous de faire que, notre volonté aidant et avec le secours de Dieu, ce soit de nouveau le vrai combat pour l’avenir.  En retrouvant confiance en elle, la France pourra aussi rayonner et apporter au monde qui en manque tant actuellement, le nécessaire supplément d’âme.

Les seconds encouragements que j’adresse vont à vos responsables, tout d’abord et en général, à ceux de l’Union des Cercles légitimistes pour qu’ils continuent à être une des nombreuses composantes de notre famille de pensée riche d’expériences variées et complémentaires ; et, ensuite, plus spécialement, à ceux qui animent l’Université Saint-Louis. Ils accomplissent un remarquable travail de méthode et de doctrine qu’ils savent confronter aux besoins de notre temps. Le programme de cette année en est une nouvelle preuve puisqu’il porte, notamment, sur les dérives totalitaires, ou des régimes dits « forts », bien éloignés, malgré les formes qu’ils se donnent parfois, de la royauté. Loin des propos superficiels, dont nous sommes tous abreuvés, cette connaissance fine est essentielle. Elle n’est pas aisée car elle va à contre-courant du prêt à penser. Elle demande beaucoup de travail en amont. Elle fait partie de l’acte de transmettre qui est au cœur de la démarche capétienne : que chaque génération transmette non seulement ce qu’elle a reçu et qui ne doit pas être dilapidée, mais, en plus, qu’elle apporte sa pierre à l’édifice. Moi-même, père de famille, voulant  transmettre à mes enfants, je sais combien cette tâche est difficile. Elle demande beaucoup de patience et d’humilité nécessaire pour attendre, avec persévérance et sans se lasser, de voir la graine germer. Ces qualités sont celles dont les organisateurs de l’Université Saint-Louis font preuve. Qu’ils en soient remerciés et que leur exemple donne envie à d’autres de développer et de poursuivre ce modèle. Le trentième anniversaire est l’occasion pour moi de le leur dire.

Que Saint Louis vous inspire et protège la France.

Louis,
Duc d’Anjou

Armes de France & Navarre

2020-88. « Pour nous catholiques, la conversion sincère des cœurs et des âmes demeure la priorité. »

Dimanche soir 19 juillet 2020,
7ème dimanche après la Pentecôte ;
Mémoire de Saint Vincent de Paul (cf. > ici, > ici et > ici).

A la fin de l’après-midi de ce dimanche, au lendemain même de l’incendie qui a ravagé une partie de la cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul de Nantes, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, a publié sur les réseaux sociaux un nouveau message relatif à ce dramatique événement.

En voici le texte, dans lequel nous nous permettons de mettre en caractères gras quelques passages particulièrement forts :

Incendie de la cathédrale de Nantes - 18 juillet 2020

Passée la première stupeur devant un nouveau lieu de culte détruit par les flammes, le temps de la réflexion arrive avec la publication par le diocèse de Nantes des photos du terrible incendie qui vient de frapper la Cathédrale Saint Pierre et Saint Paul.
C’est une vision comme on ne les voit que dans les pays en guerre, comme chez nos chers et si persécutés frères Chrétiens d’Orient.

Ma première pensée se tourne vers les catholiques atteints en leur cœur.
Au-delà des dégâts matériels qui pourront être réparés, c’est surtout toute la vie sacramentelle du diocèse qui est atteinte, désorganisée.
L’Eglise de France n’a pas besoin d’épreuves de ce genre.
Ce nouveau drame arrive à un bien mauvais moment puisque les chrétiens n’étaient pas encore remis du confinement qui leur avait été imposé pour des raisons sanitaires, limitant grandement la pratique religieuse et l’accès au culte.

Avec cette nouvelle épreuve est-ce le temps d’une remise en cause profonde à opérer pour enfin répondre à la phrase si prophétique de Saint Jean Paul II, « France qu’as-tu fais des promesses de ton baptême ? ».
Pour nous catholiques, la conversion sincère des cœurs et des âmes demeure la priorité.
La France peu à peu n’a-t-elle pas perdu le sens de ses cathédrales, parce que l’histoire a voulu, qu’elles soient les plus belles du monde, en ne les appréciant plus qu’uniquement comme des témoignages culturels ?
En les voyant brûler nous sommes pourtant confrontés à une toute autre réalité. Une cathédrale qui brûle c’est avant tout un chemin vers Dieu, vers l’espérance et vers le salut des hommes qui se brouille.

En cette année johannique cette nouvelle épreuve par le feu est un symbole fort.

Que Saint-Pierre et Saint Paul, fondateurs de l’Eglise, et que Sainte Jeanne d’Arc, patronne secondaire de la France, soutiennent les catholiques éprouvés et ouvrent les yeux aux Français.

intérieur de la cathédrale de Nantes après l'incendie

Que l’on nous permette quelques mots de commentaires :

Notre Roi légitime montre une fois de plus en ce communiqué à quel point il est conscient de la charge et des responsabilités que la Providence, par le moyen des Lois fondamentales du Royaume, a placées sur ses épaules : il est le « Fils aîné de l’Eglise » et s’exprime en cette qualité.

Le Roi est catholique, et il affirme clairement sa foi catholique.
Le Roi est, selon l’expression consacrée par les siècles, l’ « Evêque du dehors » : cela signifie que s’il n’appartient pas à la hiérarchie consacrée par le sacrement de l’Ordre chargée du gouvernement de l’Eglise, sa mission temporelle de Roi Très Chrétien à la tête du Royaume des Lys est néanmoins ordonnée au salut des âmes de ses sujets.
A ce titre, suivant en cela l’exemple de Saint Louis, son ancêtre et son saint patron, Sa Majesté, au-delà de l’expression de son indignation et de sa souffrance en face des graves dégâts matériels causés à la cathédrale de Nantes, manifeste une fois de plus sa capacité à prendre du recul par rapport à l’émotion du moment, pour nous amener à réfléchir sur les causes profondes, les causes morales et spirituelles, qui favorisent la genèse de semblables drames, non seulement préjudiciables au patrimoine architectural et artistique, mais plus encore dommageables au patrimoine spirituel et à la vie cultuelle et sacramentelle des catholiques.

Voilà pourquoi les appels de notre Roi à « une remise en cause profonde », la mention de la « priorité » de « la conversion sincère des cœurs et des âmes », l’invocation des saints Pierre et Paul et de sainte Jeanne d’Arc afin que leurs prières « ouvrent les yeux des Français », sont ce qu’il nous faut non seulement retenir, mais méditer, approfondir, et par dessus tout concrétiser dans chacune de nos existences afin d’œuvrer efficacement à une authentique restauration royale, qui ne peut passer que par les voies d’une fidélité renouvelée à l’alliance scellée dans les fonts baptismaux de Reims, ainsi que l’avait rappelé le pape Jean Paul II lors de son premier voyage apostolique en France en juin 1980. 

Notre Roi a témoigné a plusieurs reprises déjà que la question de Jean Paul II, citée ici encore une fois, – « France, qu’as-tu fait des promesses de ton baptême ? » - est fondamentale pour lui.
Dans la continuité de son précédent message publié à l’occasion de la fête de Saint Henri (cf. > ici et > ici), Sa Majesté montre à l’évidence que, comme Henri V l’avait exprimé : « Il faut pour que la France soit sauvée que Dieu y entre en Maître, pour que j’y puisse régner en Roi ».

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

Tribune du Grand Orgue de la cathédrale de Nantes après l'incendie

2020-87. En quelques phrases concises, Sa Majesté nous a donné une grande leçon politique dont il convient de bien comprendre toute la portée…

Jeudi 16 juillet 2020,
Fête de Notre-Dame du Mont Carmel (cf. > ici).

Henri V comte de Chambord

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Ainsi que je vous l’écrivais hier (cf. > ici), le communiqué de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, notre Souverain légitime, publié à l’occasion de la fête de Saint Henri est un message d’une portée politique absolument remarquable dont il convient de bien prendre la mesure et de comprendre toute la portée.

Commençons donc, si vous le voulez bien, par relire avec attention ces phrases qui ont trait au Comte de Chambord :
« (…) Peu de princes sont aussi méconnus que ce dernier et voient leur pensée pareillement travestie.
Pourtant, alors que la France se défait un peu plus chaque jour, que les Français sont toujours plus mis à la peine et voient leurs libertés chaque jour plus bafouées, la pensée de ce roi apparaît dans toute sa force et son originalité.
Le Comte de Chambord a refusé avec courage et abnégation de « couronner la Révolution ». Il avait déjà largement perçu les effets néfastes des nouvelles institutions basées sur un droit dévoyé au profit des majorités changeantes et pour lesquelles la souveraineté n’est plus un absolu.
Pour Henri V il était encore temps, par la restauration de la monarchie traditionnelle, de ne pas accepter les fausses valeurs issues d’idéologies qui ne mènent qu’à la mort et à la disparition de la société.
Le drapeau blanc était le signe de cette rupture nécessaire. Sans doute moins perceptible à son époque, cette rupture nécessaire est aujourd’hui d’une profonde actualité.
Pour Henri V, à la suite de tous les rois de France, la fonction royale avait d’abord pour mission de contribuer au bien commun sans lequel il n’y a pas d’avenir possible. Cela est toujours vrai (…). »

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Soyons donc très attentifs aux mots et recevons ce que nous dit Sa Majesté :

1) Le Comte de Chambord est un prince « méconnu » et sa pensée est « travestie » :

« Peu de princes sont aussi méconnus que ce dernier et voient leur pensée pareillement travestie », nous dit notre Roi.
En commençant l’évocation de son prédécesseur, Louis XX ne veut-il pas nous faire comprendre qu’il est temps de cesser une bonne fois pour toutes de rabâcher les poncifs véhiculés au sujet de ce Prince dont l’histoire officielle fait un être borné et rétrograde, et que – c’est bien plus grave, hélas ! – un certain nombre de royalistes rendent responsable de l’échec de la restauration monarchique après l’écroulement du second empire et avant l’installation de la troisième république ?
Pour ces derniers, il eût importé de rétablir institutionnellement la royauté à tout prix, et plus encore à n’importe quel prix, c’est-à-dire en sacrifiant les principes mêmes de la royauté traditionnelle. Mais sacrifier les principes, c’est condamner inéluctablement à mort l’institution monarchique qui repose sur eux !

Bien souvent, ceux qui accablent de reproches le Comte de Chambord en le rendant définitivement coupable de l’échec de la restauration, s’attachent davantage au décorum et aux apparences de la royauté qu’à son essence ; ils seraient prêts à de nombreuses compromissions (en particulier en ce qui concerne le lien intrinsèque et substantiel de la monarchie française avec la Foi catholique et à ce qui en découle, spécialement la morale familiale, économique et sociale) pour sauver les apparences, et s’accommoderaient très facilement d’une forme de gouvernement comparable aux systèmes « couronnés » que l’on trouve aujourd’hui en Belgique, en Hollande, en Espagne… etc.
Ainsi, même s’ils nient de l’être, ces censeurs de l’attitude du Comte de Chambord ne sont en réalité rien moins que des libéraux qui ne font pas grand cas des principes fondamentaux de la royauté traditionnelle.

Par ces quelques mots : « Peu de princes sont aussi méconnus que ce dernier et voient leur pensée pareillement travestie », notre Roi légitime nous invite donc à approfondir notre connaissance du véritable Comte de Chambord et nous encourage, de ce fait, à étudier sa pensée, car il y a bien une pensée construite et raisonnée du Comte de Chambord : une pensée qui « apparaît dans toute sa force et son originalité », une pensée qui n’a rien à voir avec les caricatures simplistes qui en sont faites par des ignorants suffisants et satisfaits de leur crasse inculture.

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2) L’attitude du Comte de Chambord fut toute de « courage et abnégation » :

Sa Majesté se propose en quelques mots de nous éclairer sur l’attitude du Comte de Chambord : « Le Comte de Chambord a refusé avec courage et abnégation de « couronner la Révolution »

- « Couronner la révolution », c’est ce qu’ont fait à leur manière les usurpateurs – les deux Buonaparte et Louis-Philippe d’Orléans – et l’histoire nous montre où cela les a conduits…
« Couronner la révolution », c’est ce que voudraient les insensés – combien de fois n’ai-je pas entendu pareille sornette dans la bouche de certains royalistes ! – qui aujourd’hui réclament que le Prince Louis de Bourbon se présente aux élections républicaines pour recueillir une majorité de suffrages et restaurer ensuite la royauté sur la base d’une pseudo-légitimité qui lui viendrait des urnes, consacrant le faux principe – blasphématoire et étranger à la monarchie traditionnelle – selon lequel l’autorité serait une délégation de la « nation » ou une émanation de la « souveraineté populaire » !!!
« Couronner la révolution », ce serait encore accepter une couronne sous laquelle on ne remettrait pas en question la « déclaration des droits de l’homme et du citoyen » de 1789, ni les lois contraire à la morale catholique (divorce, contraception, avortement, euthanasie, reconnaissance d’unions civiles contraires à la nature rendues équivalentes au mariage…) ni la « séparation de l’Eglise et de l’Etat » …etc.
« Couronner la révolution », c’est ce qu’accepterait sans difficulté le Prince Jean d’Orléans qui, en octobre 2018 dans un entretien accordé à un grand quotidien parisien (cf. note en bas de page), s’affirmait grand admirateur de la constitution de la cinquième république et se verrait bien à la tête de la France avec un type de gouvernement semblable, à la seule différence qu’un roi héréditaire y remplacerait un président élu.
« Couronner la révolution », c’est, cela ressort à l’évidence de la manière dont Sa Majesté énonce les choses, ce que ne veut pas Louis XX.

- Courage : En employant ce mot, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon fait ressortir que c’eût été lâcheté et trahison pour le Comte de Chambord que recevoir la couronne qui lui était due au prix de l’acceptation des faux principes issus de la philosophie du siècle des « lumières », de la révolution et du parlementarisme.

- Abnégation : parce que renonçant à l’exercice du pouvoir plutôt que de trahir les justes principes de ce pouvoir, le Comte de Chambord a en même temps renoncé à être bien vu de ses contemporains, bien vu de l’histoire officielle, et bien vu même d’une partie des légitimistes (ou prétendus tels).
Il a renoncé à une forme de gloire terrestre, et il a renoncé à quantité d’avantages personnels, pour vivre en exil, incompris du plus grand nombre et moqué de beaucoup, plutôt que de trahir sa conscience, plutôt que de trahir la doctrine royale héritée de ses prédécesseurs Hugues Capet, Saint Louis, Henri IV, Louis XIV…  plutôt que de trahir la confiance et l’espérance des authentiques légitimistes, plutôt que de trahir la pureté de l’héritage remis par la divine Providence entre ses mains !

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3) L’attitude du Comte de Chambord est le fait d’une profonde lucidité politique :

« Il avait déjà largement perçu les effets néfastes des nouvelles institutions basées sur un droit dévoyé au profit des majorités changeantes et pour lesquelles la souveraineté n’est plus un absolu.
Pour Henri V il était encore temps, par la restauration de la monarchie traditionnelle, de ne pas accepter les fausses valeurs issues d’idéologies qui ne mènent qu’à la mort et à la disparition de la société » continue Louis XX.
Plusieurs expressions fortes émaillent ces deux phrases magnifiques :
- Parler d’ « un droit dévoyé au profit des majorités changeantes », c’est condamner les lamentables pantomimes électorales avec leurs pitoyables cortèges de flagorneries, de « promesses qui n’engagent que ceux qui y croient », et de mensonges qui tissent les courses aux mandats républicains.
Cette condamnation se fonde sur un droit pérenne, stable, immuable, fondé sur la Vérité.
La juste souveraineté, la juste autorité sont les émanations d’un droit divin, d’un droit objectif, délié (c’est le sens du mot « absolu » : qu’on pense à ce qu’est l’absolution qui délie une âme du joug de ses péchés) des fluctuations humaines qui sont les conséquences des « majorités changeantes », conséquences des troubles des passions, et conséquences du conflit entre les intérêts subjectifs.
- « La restauration de la monarchie traditionnelle » est l’unique moyen d’échapper aux « fausses valeurs issues d’idéologies qui ne mènent qu’à la mort et à la disparition de la société » : constat sans appel, puisque l’histoire même nous démontre par les faits que les idéologies mortifères des XIXe et XXe siècles (capitalisme, marxisme et ses avatars, nazisme, nationalisme, libéralisme… etc.) sont toutes filles de la révolution qui mit à bas la « monarchie traditionnelle ».

Ces paroles de notre Roi sont sans équivoque. En rendant justice à la lucidité du Comte de Chambord, elles nous rappellent qu’il ne faut point faire de concessions ni de compromissions avec la révolution mais que le combat légitimiste n’a qu’un seul but : « la restauration de la monarchie traditionnelle »

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4) L’attitude du Comte de Chambord non seulement n’est pas dépassée mais, avec le temps, elle a gagné en pertinence et en actualité :

« Alors que la France se défait un peu plus chaque jour, que les Français sont toujours plus mis à la peine et voient leurs libertés chaque jour plus bafouées, la pensée de ce roi apparaît dans toute sa force et son originalité ».
Monseigneur le Duc d’Anjou affirme sans ambiguïté qu’il y a une solution forte et originale capable d’enrayer le processus de décadence de notre France et d’enfermement des Français dans les liens d’une dictature qui ne dit pas son nom mais s’exerce de manière de plus en plus coercitive : « la pensée de ce roi », la pensée d’Henri V. « Pour Henri V, à la suite de tous les rois de France, la fonction royale avait d’abord pour mission de contribuer au bien commun sans lequel il n’y a pas d’avenir possible. Cela est toujours vrai. »
Une autorité souveraine indépendante des « majorités changeantes », déliée (absolue) de la tyrannie d’un « droit dévoyé » et des « idéologies qui ne mènent qu’à la mort » peut seule « contribuer au bien commun » sur des principes objectifs découlant de la nature des choses voulue par Dieu.

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5) « L’affaire du drapeau blanc » n’est pas un détail insignifiant lié à une « crispation » engendrée par une excessive étroitesse d’esprit, mais elle est le signe d’une attitude politique éclairée et « nécessaire » que Louis XX justifie pleinement :

« Le drapeau blanc était le signe de cette rupture nécessaire. Sans doute moins perceptible à son époque, cette rupture nécessaire est aujourd’hui d’une profonde actualité », ajoute encore notre Roi.
Cette phrase est tellement limpide et forte qu’elle se passe de tout commentaire : l’acceptation du drapeau tricolore repose sur l’abandon des principes de la monarchie traditionnelle, ce pourquoi le remplacement du drapeau de la république par le drapeau blanc de la Restauration s’impose aujourd’hui avec encore davantage de nécessité qu’en 1873 !

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Ainsi, par ce message de la Saint-Henri 2020, à l’occasion de la fête patronale de son prédécesseur Henri V en l’année du bicentenaire de sa naissance, Monseigneur le duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, se place clairement dans la parfaite continuité de la ligne politique du Comte de Chambord.

Ceux donc qui, tout en affirmant la légitimité dynastique de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon et ses droits à la Couronne, critiquent la monarchie capétienne traditionnelle, et voudraient la moderniser, la transformer en royauté constitutionnelle, ou encore conserver le drapeau tricolore – sur lequel par exemple on ajouterait les armes de France au centre -, se trouvent ici totalement désavoués par quelques phrases remarquablement ciselés, puisque leur habile concision est riche d’une portée infinie.

Nous sommes donc dans une profonde gratitude à l’adresse de Sa Majesté pour ce message qui vaut un manifeste politique, qui réjouit les cœurs de tous ceux qui sont investis dans la défense et la promotion de la monarchie traditionnelle et œuvrent à sa pleine restauration, et qui les remplit d’une magnifique espérance, car « la fonction royale (a) pour mission de contribuer au bien commun sans lequel il n’y a pas d’avenir possible ».

Que Dieu bénisse et protège Sa Majesté !

Vive le Roi Louis XX !

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

Louis de Bourbon 19 janvier 2020

Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX
(à la Chapelle expiatoire en janvier 2020)

Note :
« Le Figaro » - 9 octobre 2018 : entretien accordé par le Prince Jean d’Orléans > ici, où l’on peut lire par exemple « Il faut rétablir la Constitution dans la perspective tracée par de Gaulle » ou encore « (…) notre Constitution n’est pas à abolir mais à transformer et à accomplir dans la perspective, inaboutie, que le général de Gaulle avait tracée au cours de son long dialogue avec mon grand-père« .

2020-85. Nous avons lu et nous avons aimé « Les Martyres d’Orange », par Alexis Neviaski.

9 juillet,
Fête des Bienheureuses Martyres d’Orange ;
Au couvent de Picpus, à Paris, la fête de Notre-Dame de Paix.
palmes
Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,
Dans les pages de ce blogue (très précisément > ici), feu le Maître-Chat Lully avait déjà succinctement évoqué les trente-deux religieuses guillotinées à Orange du 6 au 26 juillet 1794 : religieuses appartenant à plusieurs Ordres monastiques, mais pour le plus grand nombre Religieuses du Très Saint-Sacrement (appelées de ce fait « Sacramentines »), et provenant de plusieurs monastères ou couvents du Comtat ou de Provence.
Toutes furent jugées et exécutées à Orange, d’où le nom de « Martyres d’Orange » qui leur est habituellement donné.
Liturgiquement, on parle de la Bienheureuse Madeleine de la Mère de Dieu et de ses trente-et-une compagnes, vierges et martyres.
Cette année 2020 est celle du 95ème anniversaire de leur béatification (qui fut célébrée à Rome le 10 mai 1925), et nous nous réjouissons grandement de ce que, depuis plusieurs mois déjà, leur cause de canonisation a été réactivée par l’archidiocèse d’Avignon.
C’est dans la nouvelle dynamique insufflée à leur culte que les éditons Artège ont publié il y a quelques mois (novembre 2019), un nouvel ouvrage intitulé « Les Martyres d’Orange », que nous avons lu avec le plus grand intérêt et (en particulier parce que d’autres ouvrages plus anciens sont aujourd’hui difficiles à trouver) que nous nous permettons de recommander à nos amis.
Nous émettons seulement une réserve pour la postface, dont la lecture ne présente de toute manière pas grand intérêt, car sa creuse redondance semble vouloir à tout prix et à n’importe quel prix en profiter pour nous refourguer un concile vaticandeux et ses pseudo-prophètes, qui n’ont pas grand’chose à voir avec le très édifiant martyre de ces religieuses qui n’eussent sans aucun doute pas davantage souscrit à « Gaudium et Spes » et à « Dignitatis humanae » qu’elles ne le firent au serment de « liberté-égalité » !
Cela mis à part, le corps de l’ouvrage est un bon résumé de ce que fut la réalité de la révolution et nous fait entrer dans la très belle histoire de ces martyres, racontée dans un style alerte et vivant qui nous les rend extraordinairement proches et attachantes.
Vous trouverez donc ci-dessous, pour achever cette rapide présentation, le texte de la « quatrième de couverture » et une brève notice sur leur auteur que, à plusieurs détails significatifs dans la lecture de cet ouvrage, l’on comprend familier de la pratique de la liturgie latine traditionnelle : la liturgie intensément vécue et aimée des ces moniales exemplaires.
Les Bienheureuses Martyres d'Orange au pied de l'échafaud
Quatrième de couverture :
Le rideau s’ouvre en 1788 : une nouvelle supérieure vient d’être élue au monastère du Saint-Sacrement de Bollène. Madeleine de la Fare, en religion Sœur du Coeur du Marie, est une femme de caractère. Et il en faudra pour mener la communauté à travers la tourmente révolutionnaire qui s’annonce…
Bientôt rattachées à la France, les terres pontificales du Comtat Venaissin sont touchées par les lois qui persécutent l’Église, et somment les religieuses d’apostasier. Mais celles-ci répondent : « La loi humaine ne peut me commander des choses opposées à la loi divine.» En refusant de prêter le serment de « liberté-égalité » devant la commission populaire d’Orange, elles savent leur mort certaine. Cependant, aucune des détenues n’hésite et leur courage édifie jusque sur l’échafaud.
Les 32 martyres d’Orange ont été béatifiées en 1925. Alors que s’ouvre leur procès de canonisation, ces religieuses témoignent de la fécondité de l’attachement au Christ envers et contre tout. Disposant de sources parfois inédites, Alexis Neviaski nous entraîne dans une fresque historique captivante, qui fera référence sur ces héroïnes de la Révolution.

Les martyres d'Orange - Alexis Neviaski

L’auteur :
Conservateur général du patrimoine, Alexis Neviaski est docteur en histoire. Son dernier livre, « Le père Jacques. Carme, éducateur, résistant », est paru chez Tallandier en 2015.

2020-84. Quelques nouvelles du « camp-chantier Saint Constantin » à mi-course.

Mercredi 8 juillet 2020,
Dans le diocèse de Viviers, fête du Bienheureux Pierre Vigne (cf. > ici) ;
Mémoire de Sainte Elisabeth du Portugal, reine et veuve ;
Anniversaire du rappel à Dieu de Sœur Marie de Saint-Pierre, carmélite de Tours (+ 8 juillet 1848).

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Voici, dans le mi-temps de notre « camp-chantier Saint Constantin », quelques rapides nouvelles : qu’à travers elles, soient en particulier remerciés très chaleureusement ceux qui, répondant à notre appel, nous ont adressé de généreuses offrandes pour l’achat de matériel et pour tous les frais d’hébergement de nos sympathiques bénévoles.

L’arrivée des participants s’est étalée entre samedi soir et lundi matin.
La présence de deux prêtres nous permet d’avoir deux Saintes Messes quotidiennes : une très matinale, à laquelle participent la plupart de ceux qui effectuent les travaux de force, et une seconde en milieu de matinée à laquelle assistent l’amie venue assurer à temps plein le service si nécessaire de la préparation des repas, ainsi que les quelques autres personnes ponctuellement de passage qui viennent l’aider…

Les travaux de force ont lieu essentiellement dans la matinée, quand les températures sont encore raisonnables.
L’une des premières nécessités a consisté à débroussailler, car aux alentours du Mesnil-Marie et de la zone d’éboulement la végétation a énormément crû ces dernières semaines…

Camp-chantier Saint Constantin - débroussaillage

Ensuite il a fallu faire tomber, sans cependant accentuer l’effondrement du mur et de la terre, l’énorme motte constituée par un lilas, avec ses racines inextricables, qui était comme suspendue en l’air depuis l’éboulement du 21 décembre dernier.
Vous vous souvenez peut-être de ce cliché (déjà publié > ici), sur lequel on distingue bien cette espèce de corniche constituée par les racines du lilas dans lesquelles étaient retenus de la terre, des pierres… et le fil de « mise à la terre » de l’installation électrique de la maison :

Le Mesnil-Marie 21 décembre 2019 - 2

De prudents coups de pioche et des manœuvres de levier réalisées avec les pelles et barres à mine sont venus à bout de la résistance de ces racines :

Camp-chantier Saint Constantin - dégagement de l'éboulis

Après quoi, nos experts de la pioche se sont mis à creuser le long du mur ouest du Mesnil-Marie, pour préparer la réalisation d’un drain, indispensable pour empêcher dorénavant les infiltrations d’eau à travers les murs lors des épisodes cévenols :

Camp-chantier Saint Constantin - préparation du drain

Enfin, nos généreux costauds se sont appliqués à monter jusqu’à la terrasse Saint-Charlemagne, les quinze stères de bois de chauffage qui nous ont été livrés en fin de semaine dernière.
Les véhicules ne pouvant monter jusqu’au Mesnil-Marie, le stock de bûches a été déversé le plus haut possible dans le chemin et il a fallu terminer son acheminement à la brouette…

Camp-chantier Saint Constantin - transport de bûches

Sur la terrasse Saint-Charlemagne, afin de faciliter son complet séchage, selon la méthode éprouvée des anciens, il a été disposé en « tortue »…

Camp-chantier Saint Constantin - rangement du bois

Après le déjeuner, très joyeux et animé comme vous vous en doutez, comme c’est le moment de la pleine chaleur, ceux qui le souhaitent peuvent prendre un temps de repos ou de détente : la rivière qui traverse le hameau et sa cascade ne manquent pas d’amateurs, vous l’imaginerez sans peine !

A 17 h 30, un enseignement spirituel est donné par les ecclésiastiques présents : lundi, il avait pour thème la prière et l’oraison et mardi celui de la vertu de pureté ; ce soir il sera consacré à la vie liturgique.
A 18 h 30, ceux qui le souhaitent peuvent assister aux vêpres, qui sont suivies du dîner (lequel n’est pas facultatif !). La journée se termine ordinairement avec le chant des complies.

Encore mille mercis, chers Amis, pour l’aide et le soutien apportés à ce camp-chantier !
Je puis vous assurer de ma prière à vos intentions : une Sainte Messe sera célébrée pour tous nos bienfaiteurs, que nous emmènerons aussi dans notre petit pèlerinage auprès de Notre-Dame du Puy, samedi, en conclusion de cette laborieuse semaine de travaux.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Camp-chantier Saint Constantin  - oratoire du Mesnil-Marie le 8 juillet 2020

Et si vous voulez aider au travaux du Mesnil-Marie,
et participer aux frais d’hébergement des bénévoles :
- Soit par Paypal > ici
- Soit par chèque à l’ordre du Refuge Notre-Dame de Compassion.

Chat noir et blanc merci

Publié dans:Chronique de Lully, Prier avec nous |on 8 juillet, 2020 |3 Commentaires »

2020-83. De Saint Martial, apôtre & premier évêque de Limoges.

30 juin,
Fête de Saint Martial, apôtre, évangélisateur de l’Aquitaine et confesseur,
Céleste protecteur du village de Saint-Martial et titulaire de son église.

Statue de Saint Martial

Grande statue de Saint-Martial (elle mesure 3,20 m de hauteur)
sculptée en pierre de Saint-Paul-Trois-Châteaux, placée en 1876 dans l’église de Saint-Martial

J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer la figure de notre cher Saint Martial, que nous fêtons en ce 30 juin (voir > ici ou > ici). Je dois à la vérité de dire que j’ai de plus en plus de dévotion et d’amour pour lui ; aussi ai-je résolu, quoique le texte en soit un peu long, de copier ici l’intégralité de la notice historique qui lui est consacrée dans « Les Petits Bollandistes », notice qui, tout en rappelant les traditions les mieux établies concernant sa vie et son apostolat, fait également justice des attaques qui se sont élevées contre son apostolicité.
Puisse le grand Saint Martial, auquel j’ai appris – grâce à ce texte très riche – que l’on pouvait en toute vérité, selon l’affirmation des Souverains Pontifes, donner le titre d’Apôtre, nous combler tous d’abondantes grâces et bénédictions célestes.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

frise lys

La vie de Saint Martial, apôtre, premier évêque de Limoges et confesseur.

in « Les Petits Bollandistes – Vies des saints«  (tome 7 p. 516 à 527)

Nous ne pouvons être repris de donner à saint Martial le titre d’Apôtre, après que le pape Jean XIX et les conciles de Limoges et de Bourges, dans le IXe siècle lui ont donné ce titre, après que tout récemment encore, la sacrée congrégation des Rites et le pape Pie IX l’ont maintenu dans ce titre d’honneur. C’était aussi l’usage des Églises d’Aquitaine, de France, d’Angleterre, de Constantinople et du Mont Sinaï, où, de temps immémorial, on l’invoquait dans les litanies et les autres prières publiques, au rang des apôtres et avant tous les martyrs, comme il fut vérifié dans ces conciles et surtout au second de Limoges. Ce n’est pas qu’il soit du nombre des douze qui ont composé le collège apostolique ; car c’est à tort que quelques-uns l’ont voulu confondre avec saint Matthias ; mais il est appelé apôtre, parce que, d’après les traditions immémoriales de l’Aquitaine, étant disciple de Notre-Seigneur, et ayant reçu de Lui sa mission, il a travaillé avec les principaux apôtres, de même que saint Barnabé, saint Luc et saint Marc, à la conversion des infidèles, à la destruction de l’idolâtrie, à l’établissement du royaume de Jésus Christ, et à la fondation de l’Église chrétienne. Une ancienne légende de saint Martial, récemment publiée, ne renferme qu’un abrégé des principaux traits de sa vie, savoir : sa mission du temps de saint Pierre, la résurrection de saint Austriclinien, son compagnon d’apostolat, le baptême et le martyre de sainte Valérie, la conversion des habitants de Limoges, la mort bienheureuse du saint évêque, et le récit de quelques miracles opérés à son tombeau. Il existe une légende plus étendue, qui a été faussement attribuée à saint Aurélien, son successeur, mais qu’on peut considérer néanmoins comme un recueil des anciennes traditions du pays, sur la vie et les miracles de l’apôtre de l’Aquitaine. Cette légende a été acceptée, en effet, comme l’expression de la croyance publique, par les évêques et les abbés, qui siégeaient dans les divers conciles où l’on décida la question de l’apostolat de saint Martial. Nous allons en donner le résumé, en y ajoutant d’autres traditions qui avaient cours dans ces siècles de foi qu’on appelle le moyen-âge.

Prédication du Christ devant Saint Martial - chapelle Saint-Martial palais des papes

Prédication de Notre-Seigneur Jésus-Christ en présence de Saint Martial et de ses parents
(fresque de la chapelle Saint-Martial au palais des Papes – Avignon)

Saint Martial était hébreu d’origine et de la tribu de Benjamin. Le poète Fortunat, dans des vers qu’il a composés à sa louange, lui adresse ces paroles : «La tribu de Benjamin vous vit naître d’un sang illustre» ; et Grégoire de Tours lui-même, qui s’est mépris sur la véritable époque de sa mission, reconnaît qu’il «était venu d’Orient», avec les deux prêtres qui l’accompagnèrent dans la Gaule.
D’après quelques anciens manuscrits de la légende d’Aurélien, il naquit à Rama,1 petite ville de Palestine dont il est souvent parlé dans l’Écriture. Son père et sa mère, qui vivaient, dans l’observance exacte de la loi de Moïse, l’élevèrent dans la crainte de Dieu ; et quand Jésus Christ commença à prêcher et à faire de grands miracles dans la Galilée et dans la Judée, il eut le bonheur de Le voir et de L’entendre avec ses parents. La parole de ce grand Maître opéra si puissamment dans leur cœur, qu’ils crurent en Lui et Le reconnurent pour le Sauveur et pour le Messie, et ils furent du nombre de ceux dont il est parlé dans l’Évangile, qu’Il baptisa, non pas par Lui-même, mais par Ses disciples. On dit que ce fut saint Pierre qui leur administra ce sacrement, aussi différent du baptême de saint Jean que l’ombre est différente du corps, la figure de la vérité et l’ébauche de l’ouvrage parfait et achevé. Martial, après son baptême, quelque jeune qu’il fût, s’attacha inséparablement à Notre-Seigneur.
Plusieurs docteurs du moyen âge, parmi lesquels nous citerons Albert le Grand et saint Thomas d’Aquin,2 disent que saint Martial était ce petit enfant que notre Seigneur mit au milieu de Ses disciples, pour leur apprendre à être humbles, lorsqu’ils vinrent Lui demander qui d’entre eux serait le plus grand dans le royaume des cieux ; d’autres écrivains du moyen-âge, rapportent que c’était lui qui apportait les cinq pains d’orge et les deux poissons que Notre-Seigneur multiplia si miraculeusement dans le désert, selon cette parole de saint Philippe : «Il y a ici un jeune garçon qui a cinq pains d’orge et deux poissons ; mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ?» Toutefois ces deux traditions ne sont point rapportées dans la légende écrite sous le nom d’Aurélien.
Ce que cette légende rapporte et ce qu’on trouve aussi dans la bulle du pape Jean XIX, c’est que saint Martial eut l’honneur de servir Notre-Seigneur à table, lorsqu’Il mangea pour la dernière fois l’Agneau pascal, et qu’après avoir lavé les pieds de Ses disciples, Il institua le sacrement adorable de l’Eucharistie.
Disciple du Fils de Dieu, il Le vit après Sa Résurrection, assista au glorieux triomphe de Son Ascension, reçut le Saint-Esprit au jour de la Pentecôte, puis s’attacha à saint Pierre, dont il était le parent selon la chair et le fils spirituel.

Baptême de Saint Martial et de ses parents par Saint Pierre - palais des papes

Baptême de Saint Martial et de ses parents par Saint Pierre
(fresque de la chapelle Saint-Martial au palais des Papes – Avignon)

Saint Abbon, abbé de Fleury au Xe siècle, a chanté, dans une Séquence, ces pieuses traditions : «Dans la scène mystique, Martial fut le convive du Christ, et prit ce qui resta du pain céleste ; et, joyeux, il présenta les linges quand le Sauveur Se lava pour essuyer les pieds à Ses disciples ; et loin de s’enfuir de leur réunion sacrée, il fut un membre pieux de cette troupe timide dans laquelle Thomas ne se trouva point ; bien plus, quand le Christ remonta vers le ciel, il mérita d’être béni avec la foule des assistants ; et il ne méprisa point le chœur des apôtres qui louaient Dieu ; mais il reçut avec eux les grâces du Saint-Esprit et le don des langues, et ainsi fortifié, il parvint à Antioche dans la compagnie de Pierre : de là il se rendit dans la grande ville de Rome».
Rome a conservé le souvenir du passage et des prédications de saint Martial. Une tradition de la plus haute antiquité, consignée dans l’ancien bréviaire de Sainte-Marie in Via Lata, lui attribue la fondation de l’Oratoire souterrain de cette église, un des sanctuaires primitifs de Rome chrétienne.
Nous lisons dans cette légende que «saint Pierre étant venu à Rome, fut accompagné entre autres du bienheureux Martial, disciple de Jésus Christ, qui prêchait avec lui la foi chrétienne par les rues et les places publiques, et faisait beaucoup de conversions ; et ainsi le nombre des fidèles augmentait de plus en plus dans la ville. Et parce que saint Pierre demeurait assidûment avec les principaux de Rome, qui admiraient sa nouvelle doctrine, saint Martial demeurait dans un autre quartier de la ville, dans le lieu qui est appelé Via Lata, où il construisit un petit oratoire, dans lequel il célébrait les saints mystères, et répandait des prières avec les autres fidèles du Christ ; et faisant jaillir de son cœur des paroles suaves sur la foi du Christ, il baptisait un grand nombre de néophytes. Quelque temps après, l’apôtre saint Paul vint à Rome, avec un grand nombre de disciples, parmi lesquels se trouvait l’évangéliste saint Luc, et la ville de Rome fut éclairée admirablement par leurs prédications, ainsi que par un soleil resplendissant. Mais saint Pierre, voyant que la foi était fondée et affermie dans Rome, et que la ville était déjà remplie de pieux docteurs, résolut de faire annoncer l’évangile aux provinces adjacentes et d’amener les infidèles à la foi. C’est pourquoi il envoya le bienheureux Martial à Ravenne et «dans les pays au-delà des Monts», pour y prêcher la foi du Christ».
Un commentaire de cette légende, imprimé à Rome au XVIIe siècle, dit que saint Martial, fondateur de l’Oratoire de Sainte-Marie in Via Lata, est le même saint Martial qui a prêché l’évangile aux habitants de Limoges, de Toulouse et de Bordeaux.

Envoi de Saint Martial dans les Gaules - palais des papes Avignon

Saint Martial et ses compagnons sont envoyés dans les Gaules par Saint Pierre
(fresque de la chapelle Saint-Martial au palais des Papes – Avignon)

Le zèle que saint Martial avait déployé, dans la compagnie de saint Pierre, pour la propagation de la foi, détermina donc ce grand apôtre, dont la vue s’étendait sur toute, la terre, à le choisir pour porter la connaissance de Jésus Christ dans les Gaules. Il partit de Rome, accompagné de saint Austriclinien et de saint Alpinien, que saint Pierre lui donna pour collègues, portant dans sa bouche le glaive de la parole de Dieu, pour combattre les philosophes, la superstition des Druides, la puissance des princes et des démons, et, en même temps, pour éclairer les âmes et les embraser du feu de la charité.
Mais après quelques jours de voyage, il se vit privé du secours que l’apôtre lui avait donné, par la mort d’un de ses compagnons, saint Austriclinien, à Cracchianum, sur la rivière. d’Else, aujourd’hui Granciano, près de la ville de Colle di Val d’Elza, en Toscane. Cet accident imprévu la troubla d’abord, et servit d’épreuve à son généreux courage. Il se décida alors à retourner sur ses pas, pour en informer saint Pierre, et le prier de suppléer au dommage qu’il souffrait par la perte d’un secours si considérable. L’apôtre le consola et le fortifia dans sa première résolution ; et, pour lui rendre le secours qu’il avait perdu, il lui donna son bâton, lui recommandant de le mettre sur le corps du mort, avec une ferme confiance qu’il ressusciterait. Martial le prit avec beaucoup de respect, obéit sans résistance à la voix de son maître, s’en revint promptement à Gracchianum, et toucha Austriclinien avec ce bâton. Comme sa foi était incomparablement plus grande que celle de Giézi, serviteur d’Elisée, qui avait eu un ordre semblable d’appliquer le bâton de ce prophète sur le cadavre du fils de la Sunamite, son action fut aussi plus heureuse et plus efficace : Austriclinien en sentit aussitôt la vertu ; il ouvrit les yeux, se leva et pleine santé, et se trouva en état de continuer son voyage, apostolique.
Les anciens actes de saint Martial, en rapportant cette résurrection, s’expriment de la sorte : «La chose arriva comme saint Pierre l’avait annoncé, ainsi que l’atteste la renommée populaire. À peine saint Martial eut-il touché avec le bâton de saint Pierre le cadavre de son compagnon, que les membres que la chaleur du sang avait abandonnés, furent rendus sur le champ, à une nouvelle vie ; Austriclinien commença à voir de ses propres yeux la lumière dont il avait perdu la jouissance en mourant. Pourquoi ce miracle, sinon pour faire briller dans tout son éclat la foi de Pierre au nom duquel il se fit ?»

On voit encore, près le pont de Granciano, une ancienne église dédiée sous l’invocation de saint Martial, et élevée sur le tombeau d’Austriclinien ; on y lit une inscription qui rappelle les traditions les plus glorieuses pour le saint apôtre ; et tout près de là, la ville de Colle a été érigée en titre épiscopal en l’honneur du disciple de Jésus-Christ.

Saint Pierre remet son bâton à Saint Martial - palais des Papes Avignon

Saint Pierre remet son bâton à Saint Martial
(fresque de la chapelle Saint-Martial au palais des Papes – Avignon)

Le pays que saint Martial avait reçu la mission d’évangéliser s’étendait entre le Rhône, la Loire et l’Océan atlantique, et comprenait cette grande partie des Gaules que les anciens appelaient l’Aquitaine.
Après avoir traversé de vastes contrées en semant sur son chemin la parole divine, l’apôtre arriva, avec ses deux disciples, sur les frontières du Limousin. Il entra dans la ville de Toulx, qui n’est aujourd’hui qu’une bourgade située sur une montagne,3 mais qui alors était un château ou ville fortifiée, dont la triple enceinte et les ruines, qui subsistent encore, attestent l’ancienne étendue.
On lit dans la légende d’Aurélien qu’un homme riche de cette ville, qui eut le bonheur de recevoir saint Martial et de le loger plusieurs jours dans sa maison, ne fut pas privé de la récompense de son hospitalité ; il avait une fille unique, possédée d’un furieux démon qui lui faisait souffrir de grands maux et la réduisait à un état déplorable : le saint en eut pitié, et, la délivrant de ce terrible ennemi, la rendit saine et sauve à son père ; il ressuscita aussi le fils du prince, ou gouverneur romain de cette ville, et après avoir conféré le baptême à ce jeune, homme et à un grand nombre d’habitants, il alla au temple des faux dieux et en abattit les statues.

De Toulx, l’Apôtre se rendit dans le bourg d’Abun4 avec l’espérance d’y travailler avec le même succès ; mais les prêtres des idoles, ne pouvant souffrir que le culte qui leur faisait gagner leur vie fût aboli, le frappèrent cruellement, lui et ses bienheureux compagnons. Par un juste châtiment du ciel, ils devinrent aveugles, et, reconnaissant leur crime, ils demandèrent pardon à saint Martial, qui leur rendit la vue. Après que sur une parole de l’apôtre, la statue de Jupiter eut été réduite en poussière, un grand nombre de païens, convertis par ses miracles, reçurent le baptême et brisèrent les images sculptées des démons. Saint Martial guérit encore en ce lieu un paralytique ; et, ayant fait connaître à ceux qu’il avait baptisés qu’il avait reçu l’ordre d’aller plus loin, il se sépara de ses néophytes après les avoir recommandés à Dieu, et se rendit à la cité de Limoges, la principale et la plus peuplée de toutes les villes du Limousin.

Voici ce que nous lisons dans l’ancienne vie de saint Martial :
«À son arrivée à Limoges, il trouva la multitude adonnée au culte des idoles ; il se mit à prêcher avec tant d’instance la parole de Dieu, qu’il fit sur le peuple l’impression la plus salutaire ; au bout de peu de temps, un grand nombre de païens demandèrent à être régénérés dans les eaux du baptême, et à recevoir sur le front l’impression sacrée de la croix de Jésus Christ ; par ses exhortations fréquentes l’homme de Dieu produisit, au lieu de cette cité, des fruits abondants de salut.
Une jeune fille, nommée Valérie, plus noble par sa foi que par son illustre origine, eut le bonheur de plaire à Dieu par ses vertus. Elle était déjà fiancée, elle devait contracter un mariage en rapport avec sa haute naissance ; mais en écoutant fréquemment la parole divine, elle préféra le céleste Époux à un époux terrestre, et, à la voix de Martial, elle parvint à la grâce du baptême ; et l’on rapporte que, comme elle était devenue chrétienne et n’avait pas voulu contracter le mariage projeté, elle fut mise à mort par son fiancé, encore païen».
C’est ainsi que s’exprime cette ancienne vie.

Saint Martial présenté sous les traits de Clément VI - palais des papes Avignon

Saint Martial représenté sous les traits du pape Clément VI, commanditaire des fresques
(fresque de la chapelle Saint-Martial du palais des papes – Avignon)

La légende d’Aurélien entre dans de plus grands détails. Saint Martial et ses compagnons, entrant dans la cité de Limoges, reçurent l’hospitalité chez une noble dame, dont la fille unique se nommait Valérie. Il y avait dans la maison un homme si furieux, qu’on était obligé de le tenir lié de beaucoup de chaînes : mais saint Martial ayant fait sur cet homme le signe de la croix, ses chaînes se brisèrent et il fut entièrement guérie. La noble matrone, en voyant ce miracle, pria l’homme de Dieu de la baptiser ; et elle reçut le baptême avec sa fille et la troupe nombreuse de ses serviteurs.
Puis Martial s’étant rendu avec ses disciples dans la vaste enceinte du théâtre, où le peuple était assemblé, pour y prêcher l’évangile du royaume de Dieu, les prêtres des idoles, craignant que ces heureux commencements ne fussent suivis d’une prompte conversion de toute la ville, conçurent une telle rage contre nos saints, qu’ils se saisirent d’eux, les firent battre de verges et les jetèrent en prison. Mais le lendemain, Martial s’étant mis en prière, il parut au milieu du cachot une lumière céleste qui en éclaira les ténèbres et le changea en un temple de gloire ; et, en même temps, les fers tombèrent des pieds et des mains de ces bienheureux prisonniers, et les portes s’ouvrirent pour leur donner la liberté de se retirer. Cependant toute la ville fut agitée d’un furieux tremblement de terre, accompagné d’un tonnerre épouvantable qui la mit en feu ; on vit que Dieu tirait vengeance de l’affront fait à ses serviteurs ; bien plus, les deux principaux prêtres des idoles, qui avaient mis la main sur eux, furent trouvés morts sur la place par la violence de cette tempête, sans que ni leurs vœux sacrilèges, ni leurs sacrifices impies eussent pu les sauver de la justice divine. Les habitants, touchés de ces prodiges, et craignant d’être enveloppés dans cette terrible punition, coururent promptement à la prison pour implorer le secours des saints apôtres. Martial leur promit qu’ils n’éprouveraient point de mal, pourvu qu’ils voulussent croire en Jésus-Christ, et s’offrit même de ressusciter les deux prêtres frappés du tonnerre, afin de leur faire voir la puissance infinie du Dieu qu’il leur prêchait. En effet, à peine leur eut-il commandé de se lever et de dire publiquement au peuple ce qu’il fallait faire pour être sauvé, qu’ils revinrent tous deux en vie, et devinrent en même temps les prédicateurs de la vérité. Ils détestèrent l’erreur dans laquelle ils avaient vécu jusque-là, et où ils avaient entretenu tant de malheureux qui s’étaient perdu et protestèrent qu’il n’y avait point d’autre Dieu, ni au ciel ni sur la terre, que celui que Martial était venu leur annoncer. L’ un d’eux, nommé Aurélien, fut plus tard le successeur de saint Martial. Un si grand miracle fit un merveilleux changement dans toute la ville ; la plupart des idolâtres se convertirent, les statues des faux dieux furent renversées et mises en pièces, et le temple des idoles, où se trouvaient les statues de Jupiter, de Mercure, de Diane et de Vénus, fut changé en une église pour honorer le vrai Dieu. C’est aujourd’hui l’église cathédrale, dédiée en l’honneur du premier martyr saint Étienne. On dit que les personnes qui furent baptisées montèrent jusqu’au nombre de vingt-deux mille : ce qui ne doit pas paraître incroyable, puisque nous voyons qu’en d’autres lieux le nombre des martyrs a souvent été plus grand.

Cependant la pieuse matrone, qui avait donné l’hospitalité à saint Martial et à ses compagnons, vint à mourir. Sa fille, Valérie, était fiancée au gouverneur de la province, que la légende d’Aurélien appelle le due Étienne, sans doute parce que ce nom lui fut donné lorsque plus tard il reçut le baptême à son tour. La jeune vierge méprisa cet époux terrestre pour mériter d’être l’épouse du roi du ciel, et, ayant appris de saint Martial, son maître, les avantages de la virginité sur le mariage, elle consacra la sienne à Jésus-Christ, et fit vœu de la garder inviolablement toute sa vie. Son fiancé, étant de retour à Limoges, et connaissant cette résolution, en fut touché d’une extrême douleur ; puis la fureur succédant à la tristesse, il résolut de se venger, par la mort de cette innocente vierge, de l’affront qu’il prétendait recevoir de ce refus. Il la fit conduire hors de la cité, et ordonna à un de ses officiers de lui trancher la tête.5
On lit dans la légende de sainte Valérie, une particularité qu’on trouve aussi dans les légendes de quelques autres martyrs des premiers siècles — c’est que cette glorieuse vierge, ayant été décapitée, prit sa tête entre ses mains et la porta comme en triomphe jusqu’à l’autel où saint Martial célébrait les saints mystères.
La légende d’Aurélien raconte que, au moment du supplice de Valérie, on vit son âme sainte monter au ciel dans un globe de feu, accompagnée par le concert harmonieux des anges : «Vous êtes heureuse, martyre du Christ : venez dans la splendeur qui ne connaît pas de fin !»
Surpris de ces prodiges, l’officier qui avait tranché la tête à Valérie courut les raconter à son maître. À peine en eut-il fait le récit, qu’il tomba mort à ses pieds, afin que sa mort fît voir à ce seigneur la grandeur du crime qu’il avait commis. Étienne, épouvanté, fit venir Martial en son palais, et, lui ayant promis de faire pénitence s’il rendait la vie à son officier, il fut témoin de cette résurrection et exécuta solennellement la promesse qu’il avait faite. Sa conversion fut suivie de celle d’un grand nombre de soldats de son armée et d’habitants de la ville qui ne s’étaient pas rendus aux premiers miracles de notre saint. Et pour réparer dignement ses fautes passées, le gouverneur aida Martial à étendre et à propager le christianisme dans tout le pays.

Montée au ciel de l'ame de ste Valérie - palais des papes Avignon

Montée au ciel de l’âme de Sainte Valérie
(fresque de la chapelle Saint-Martial au palais des Papes – Avignon)

Notre apôtre, après avoir travaillé avec de si heureux succès à réduire la ville de Limoges sous le joug de Jésus-Christ, entreprit la conquête des autres villes et provinces de cette partie des Gaules, qu’on appelait alors l’Aquitaine ; nous citerons parmi ces villes Angoulême, Bordeaux, Toulouse, Poitiers.
Le titre glorieux qui lui est demeuré, d’Apôtre de l’Aquitaine, fait assez voir que ses courses apostoliques ne furent pas inutiles, qu’il y alluma de tous côtés le flambeau de la foi, qu’il y fit connaître et aimer Jésus-Christ, qu’il y établit des Églises, ordonna des prêtres et des évêques, et fit les autres fonctions de son apostolat.

C’est une tradition immémoriale dans la province d’Angoumois, que saint Martial, se rendant à Bordeaux pour y prêcher l’évangile, passa par la cité d’Angoulême, y séjourna quelque temps, y convertit le peuple à la foi du vrai Dieu, y baptisa saint Ausone et l’ordonna premier évêque de cette ville.
La ville de Bordeaux se reconnaît redevable à saint Martial des premières annonces de la foi. C’est une tradition recueillie dans la légende d’Aurélien, que l’apôtre d’Aquitaine y a prêché l’évangile et opéré des miracles. Un archevêque de Bordeaux, au Xe siècle, disait dans une éloquente prière : «Ne croyons-nous pas que notre ville épiscopale, la cité de Bordeaux, a été par vous acquise à Jésus Christ, et qu’une femme que vous aviez baptisée, imposant votre bâton pastoral sur le prince de la cité, le guérit d’une maladie invétérée ?» Nous voyons encore, dans l’épître aux Bordelais, que les autels des démons furent réduits en poussière, et que le souverain prêtre des idoles, converti à la foi, fut consacré par saint Martial, premier prêtre de cette Église naissante. De Bordeaux, le saint apôtre alla prêcher l’évangile à Mortagne, dans la Saintonge : on y voit encore, en face de la Gironde, un ermitage creusé dans le rocher, dont la chapelle est dédiée sous son invocation, et où l’on dit qu’il résida quelque temps.
Pierre le Vénérable, parlant des premiers apôtres de la Gaule, assure que saint Martial a prêché à Limoges, à Bordeaux et à Poitiers. On dit que lorsqu’il se trouvait dans cette dernière cité, le Sauveur lui apparut, et lui dit : «Sache que, à cette heure même, Pierre est crucifié pour la gloire, de mon nom : c’est pourquoi fonde ici une église en son honneur».
La chronique composée au moyen âge sous le nom de Dexter, l’ami et le contemporain de saint Jérôme, dit que saint Martial a été l’apôtre des habitants de Limoges, de Cahors et de Toulouse. Cette dernière ville avait écrit sa tradition sur la façade de Saint-Sernin, où l’on voyait autrefois une statue de l’apôtre de l’Aquitaine, avec une inscription qui lui donnait pour auxiliaire saint Saturnin ; enfin, l’épître aux habitants de Toulouse est un autre monument du moyen âge qui montre l’antiquité de cette tradition.

D’anciens documents du diocèse de Mende représentent saint Sévérien, premier évêque du Gévaudan, comme disciple de saint Martial ; de vieilles légendes assurent qu’il a dédié des autels à la Vierge Marie, au Puy-en-Velay, à Rodez, à Mende, à Clermont et à Rocamadour : en un mot, toutes les églises de l’Aquitaine le regardent comme leur apôtre et leur fondateur.

Basilique Notre-Dame de Ceignac - diocèse de Rodez

Basilique Notre-Dame de Ceignac (diocèse de Rodez)

Des manuscrits anciens, que l’on conservait autrefois à Ceignac, constatent que saint Martial vint dans ce lieu, à peu de distance de Rodez, qu’il y dressa une croix et y fit bâtir un sanctuaire en l’honneur de la Vierge. Ce sanctuaire, l’un des plus anciens et des plus vénérés du diocèse de Rodez, s’appela Notre-Dame des Monts, à raison des montagnes qui l’entourent, ou Notre-Dame de Ceignac. Peu à peu, un village se forma autour de ce sanctuaire ; puis une paroisse y fut érigée ; et, la chapelle primitive se trouvant insuffisante, on bâtit à côté une plus grande église, sous le vocable de Sainte-Madeleine. Plus tard, le temps ayant ruiné ces deux églises, on les remplaça par une nouvelle, sous l’invocation de la Sainte Vierge ; c’est l’église actuelle, sauf d’abord le sanctuaire et la première travée, qui, refaits en 1455, si l’on en croit les notices historiques, sont du style ogival secondaire, ainsi que les trois premières chapelles, tandis que le reste de la nef, en style roman, accuse le XIIIe siècle ; sauf, en second lieu, les deux dernières chapelles, qui ont été ajoutées postérieurement, et la voûte de la partie de la nef faite en berceau, ouvrage du XVIIIe siècle ; sauf, enfin, les beaux vitraux modernes, qui forment la rosace de la façade, et qui présentent, dans les autres ouvertures, des médaillons à personnages, d’un goût exquis et d’un effet ravissant.
Au plus haut du retable qui couvre l’abside circulaire, est une Assomption, où l’on a fait figurer, dans un coin du tableau, le duc d’Arpajon, comme un des principaux bienfaiteurs de l’église ; et, dans la partie inférieure du retable, sont trois niches, dont celle du milieu, surmontée d’une couronne fleurdelisée, contient une très grande Vierge avec l’Enfant Jésus sur le bras gauche ; celle de droite renferme l’ancienne Vierge miraculeuse de Coignac, tenant aussi sur le bras gauche son divin Enfant, et au-dessus on lit : Antiquæ imagini Virginis deiparæ miraculis insigni. D. D. D. ; enfin, celle de gauche montre sainte Anne ayant sur les bras, d’un côté l’Enfant Jésus, et de l’autre la Vierge Marie, avec l’inscription Inclitæ parentis Dei genitricis imagini. D. D. D.
La première chapelle à droite présente, d’une part, les douleurs de Marie au saint sépulcre, et, de l’autre, sur le gradin de l’autel, son couronnement dans le ciel. La seconde s’appelle la chapelle de Rodez, à raison du tableau placé au-dessus de l’autel, et qu’offrit la ville de Rodez, en 1653, pour avoir été sauvée de la peste.
Le trésor de Notre-Dame de Ceignac n’est pas moins curieux que l’église même. On y voit une statuette de la Vierge, en argent, ayant à sa base un verre arrondi qu’on applique sur les yeux malades ; un coffret renfermant plusieurs reliques, sur le devant duquel est une figure de la Vierge en relief, qu’on fait baiser aux pèlerins ; vingt lampes d’argent avec des rentes pour leur entretien ; deux calices en vermeil ; deux autres en argent ; une croix avec deux chandeliers, un ciboire, un ostensoir, quatre burettes avec leurs bassins ; le tout également en argent et d’une valeur de plus de cent mille francs. La plus grande partie de ces richesses venaient des seigneurs d’Arpajon, dont le château était voisin. Ces hauts et puissants seigneurs avaient une dévotion spéciale pour Notre-Dame de Ceignac ; ils l’honoraient pendant leur vie, aspiraient à reposer dans son sanctuaire après leur mort ; l’église renferme encore plusieurs de leurs tombeaux. Jean III, baron d’Arpajon, est remarquable entre tous : il institua un chapelain dans l’église, pour y dire la messe chaque vendredi et chaque samedi après les fêtes de la Sainte Vierge, et à chaque anniversaire de son décès ; il donna un canon pour y faire, une cloche ; il obtint du Saint-Siège une indulgence plénière, valable pendant cent ans, pour la visite de l’église, accompagnée de la communion, à une des fêtes de la Sainte Vierge ; enfin, il prescrivit, par son testament du 22 janvier 1516, de l’enterrer dans Notre-Dame de Ceignac et d’y placer sa statue sur son tombeau, entre celles de saint Jean-Baptiste et de saint Christophe, l’y représentant à genoux, les mains jointes, vêtu et armé comme il l’était lorsqu’il fut pris par les Anglais en Picardie.
Les simples fidèles, comme les grand seigneurs, aimaient à déposer leur humble offrande aux pieds de Notre-Dame de Ceignac et ne croyaient jamais pouvoir assez lui exprimer leur reconnaissance. C’est qu’en effet, on ne saurait dire le nombre de miracles opérés par l’invocation de Notre-Dame de Ceignac. Le premier que racontent les notices historiques, et qu’elles placent en 1150, est la guérison d’un prince de Hongrie, seigneur palatin. Privé de la vue, il demandait depuis de longues années sa guérison à la sainte Vierge, lorsque celle-ci, dit la tradition, lui apparut et lui annonça qu’il recouvrerait la vue à Notre-Dame des Monts, près de Rodez. Le prince aussitôt se met en marche avec une escorte de cent hommes ; assailli en route par la tempête, il perd son escorte et arrive à Notre-Dame des Monts, accompagné seulement de trois hommes. Il y fait célébrer la messe, et, entendant derrière lui un bruit d’armes, il se retourne instinctivement, et voit sa bannière avec ses fidèles Hongrois qu’il croyait perdus : un cri de bonheur lui échappe. Grâce à Marie, il a recouvré la vue, il a recouvré son escorte ; en reconnaissance de ces deux bienfaits, il donne sept lampes à l’église avec un vase précieux, où étaient gravés son nom et la date du pèlerinage, et obtient de l’évêque que Notre-Dame des Monts s’appellera désormais Notre-Dame de Ceignac, en mémoire des cent hommes miraculeusement retrouvés en ce lieu. Encore aujourd’hui, il y a dans l’église un monument de ce fait : ce sont trois statues en bois, représentant la Vierge, devant elle le prince à genoux ; derrière le prince, son écuyer, et, au dessus, une inscription rappelant le miracle.

Statue de Notre-Dame de Ceignac

Statue actuelle de Notre-Dame de Ceignac

En 1604, vers la Saint-Jean, un orage des plus menaçants s’annonçant dans les airs, le clergé de Ceignac parcourt en procession le village, en conjurant Marie de protéger une terre qui lui était consacrée ; et, tandis que toutes les paroisses voisines sont horriblement ravagées par la grêle, Ceignac seul n’éprouve aucun dommage ; ce qui frappa tellement l’évêque qu’il ordonna que toutes les paroisses du diocèse y iraient en procession ; et son ordre fut fidèlement exécuté. Le récit de tous ces faits se conservait autrefois dans les archives de Ceignac, écrit de la main du prêtre qui avait dirigé la procession.

En 1628, la ville d’Albi fut délivrée de la peste, qui déjà était à ses portes, par le vœu qu’elle fit d’aller visiter, en corps, Notre-Dame de Ceignac ; et elle exécuta ce vœu, le 26 mars de l’année suivante.
En 1653, la ville de Rodez avait déjà perdu, par le même fléau, plusieurs de ses habitants ; elle fait vœu d’aller, aussi en corps, visiter Notre-Dame de Ceignac, et de lui donner deux cents livres pour l’ornement de l’église. Son vœu est aussi exaucé ; et, l’année suivante, non seulement elle l’accomplit fidèlement, mais elle voulut rendre perpétuel le souvenir du miracle par un tableau qui se voit encore dans l’église de Ceignac, et qui représente le Père éternel lançant un javelot, au dessous la Vierge, l’Enfant Jésus, la croix et saint Amand.
À ces miracles publics s’ajoutèrent d’autres en faveur des particuliers, surtout pour obtenir la contrition de leurs fautes, la réconciliation entre les époux divisés, la fécondité des femmes stériles, et l’heureuse issue des embarras qu’on rencontre si souvent dans la vie.
De nos jours encore, on visite avec fruit Notre-Dame de Ceignac. Le séminaire de philosophie, qui est à Rodez, y va, tous les deux ans, en chantant des cantiques ou récitant des prières pendant toute la route. Le petit séminaire de Saint-Pierre s’y rend également. Près de vingt paroisses y vont professionnellement chaque année ; et, de plus, il y vient de douze à quinze mille pèlerins, soit des diverses parties du diocèse, soit des diocèses voisins. On y fait célébrer douze à quinze cents messes par an ; et les ex-voto appendus aux murs de l’église attestent le nombre des bienfaits qui y ont été obtenus.
Indépendamment des grâces que Notre-Dame de Ceignac accordait à ses visiteurs, on était encore attiré à son sanctuaire par deux autres motifs : le premier était, sans parler d’une foule d’autres reliques, des morceaux du vêtement, du voile et de la pierre du sépulcre de la Sainte Vierge, de la crèche de Notre-Seigneur et de Son berceau, de Ses vêtements, de la table où Il mangea avec Ses disciples, du pain de la dernière Cène, de la pierre sur laquelle Il pria à Gethsémani, du roseau de Sa passion, du fiel qu’on Lui offrit à boire et de l’éponge imbibée de vinaigre, enfin de la vraie Croix.
Le second motif était les indulgences dont jouissait ce sanctuaire dès 1420 ; une indulgence plénière, appelée de temps immémorial le grand Pardon, était attachée à la visite de Notre-Dame de Ceignac pour toutes les fêtes chômées de la sainte Vierge, ainsi que pour le dimanche dans l’octave de l’Assomption, qui est la fête patronale ; et Grégoire XVI, en renouvelant cette indulgence en 1837, l’a étendue au jour de l’Ascension. En 1655, Alexandre VII attacha à la visite des sept autels de l’église les indulgences des sept stations de Rome pour douze fois par an. En 1843, Notre-Dame de Ceignac, par son affiliation à Notre-Dame des Victoires, de Paris, participa aux mêmes privilèges ; et en 1854, affiliée à Notre-Dame de Lorette, elle fut mise en possession de toutes les indulgences attachées à la Santa Casa.

Cortège des anges aux funérailles de Saint Martial - palais des papes Avignon

Le cortège des anges aux funérailles de Saint Martial
(fresque de la chapelle Saint-Martial du palais des papes – Avignon)

L’ancienne vie de saint Martial n’indique pas d’une manière précise l’année de son bienheureux trépas ; mais on lit dans la légende d’Aurélien, que l’an 40, après la Résurrection de Notre-Seigneur, qui était la soixante-quatorzième année du salut, saint Martial, après vingt-huit ans d’épiscopat, se trouvant à Limoges, y reçut l’heureuse nouvelle des approches de sa mort, qui devait le faire jouir de la récompense de ses travaux. Il le fit aussitôt savoir à ses disciples et à ses diocésains, et les ayant assemblés, il les exhorta à persévérer constamment dans la foi et dans la confession de la vérité qu’il leur avait enseignée, et leur donna sa bénédiction. Ensuite, ayant prié pour eux, et ayant imploré pour lui-même la miséricorde de Celui qu’il avait servi avec tant de fidélité, il remit son âme entre Ses mains, pour être couronnée de la gloire qui lui avait été préparée dès le temps de la création du monde.

On dit que, sur le point d’expirer, entendant éclater autour de lui les gémissements et les sanglots, il leva sa main défaillante, et dit à ses disciples : «Silence ! n’entendez-vous pas les beaux chants qui viennent du ciel ? Assurément le Seigneur vient, ainsi qu’il l’a promis». Et, en ce moment, le lieu où il était fut inondé comme par des flots de soleil, et on entendit une voix qui disait : «Âme bénie, sors de ton corps, viens jouir avec moi des douceurs d’une lumière immortelle !» Et lorsque l’âme de Martial montait au ciel au milieu de ces clartés, on entendit un chœur d’esprits bienheureux qui répétait ce verset d’un psaume : «Heureux celui que vous avez choisi et que vous avez appelé à vous : il habitera dans vos parvis éternels».

grande châsse de Saint Martial - limoges église Saint-Michel

La grande châsse de Saint Martial (église Saint-Michel, à Limoges)

Son corps fut inhumé dans le lieu même où sainte Valerie avait reçu la sépulture, et où s’éleva plus tard la basilique de Saint-Pierre-du-Sépulcre, premier fondement de la célèbre abbaye de Saint-Martial.
Il s’y fit dans la suite de nombreux miracles : Grégoire de Tours en rapporte deux. Le premier fut opéré sur une fille, dont les doigts, en punition de quelque péché, s’étaient tellement attachés à la paume de la main, qu’il lui était impossible de les redresser. Elle vint au sépulcre du glorieux Apôtre ; elle y veilla et pria avec beaucoup de ferveur, et, la nuit même du jour de sa fête, elle obtint la guérison de son infirmité. Le second miracle fut opéré sur un homme qui était devenu muet pour avoir fait un faux serment dans l’église ; il se rendit au tombeau du saint, et, ayant longtemps gémi dans son cœur, pour obtenir le pardon de sa faute, il sentit comme une main qui lui touchait la langue et le gosier et répandait une vertu secrète ; ce qui fut si efficace, qu’après qu’il eut fait faire par un prêtre, le signe de la Croix sur sa bouche, il commença à parler comme auparavant.
Un miracle bien plus célèbre, c’est celui de la guérison du mal des Ardents. En 994 une contagion, appelée la peste du feu, exerçait d’affreux ravages dans l’Aquitaine. C’était un feu invisible et secret, qui dévorait les membres auxquels il était attaché, et les faisait tomber du corps. Cette putréfaction des corps vivants répandait dans les airs une odeur insupportable. Les pestiférés mouraient par milliers. Les évêques de l’Aquitaine s’assemblèrent à Limoges, afin d’obtenir de Dieu, par l’intercession de saint Martial, la cessation de ce fléau terrible. Arrivé l’un des premiers, l’archevêque Gombaud alla s’agenouiller devant le tombeau de l’apôtre vénéré, et là, éclatant en larmes et en sanglots, et étendant des mains suppliantes, il fit à haute voix cette éloquente prière, que l’histoire nous a conservée :
«Ô pasteur de l’Aquitaine, vous qui l’avez éclairée des lumières de la foi, levez-vous pour secourir votre peuple !… Ne permettez pas que ces tortures infernales règnent auprès de votre corps sacré ! Ô Martial ! miroir des vertus, ô prince des pontifes, où est donc ce que nous lisons de vous, que vous avez été dans la cène le ministre du Sauveur, quand il lavait les pieds à ses disciples ?… Certainement la tradition de nos anciens pères nous a transmis que vous aviez reçu le don des langues avec les autres disciples … Montrez-vous donc le disciple de Celui qui est la source de la miséricorde ! Oui, j’en prends à mon tous ceux qui m’écoutent, si avant que je m’éloigne de cette ville, vous n’éteignez pas cette flamme dévorante dans le cœur de ceux qui sont ici, si je ne vous vois pas guérir cette multitude, je ne croirai plus rien des choses admirables qu’on dit de vous ! Jamais plus je ne reviendrai dans cette cité pour implorer votre patronage ! C’est en vain qu’on me dira que vous vous appelez le disciple du Seigneur ! C’est en vain qu’on me dira que Dieu vous a envoyé comme apôtre aux nations de l’Occident ! C’est en vain qu’on me dira que vous avez baptisé le peuple de Bordeaux, dont je suis l’évêque, je ne le croirai plus, si je n’obtiens pas la faveur que j’implore pour le salut de cette multitude affligée. Et votre bâton pastoral, que l’on conservait jusqu’à présent dans ma ville épiscopale comme un précieux trésor, cette relique sera vile à mes yeux si vous ne réjouissez pas mon cœur par la guérison de tous ces pauvres malades !»
Une prière faite avec tant de foi méritait d’être exaucée. En effet, la contagion cessa ses ravages, et une joie immense se répandit dans les cœurs.

Ostension du chef de Saint Martial

Ostension du Chef de Saint Martial
(église Saint Michel – Limoges)

Nous avons dit, en commençant, de quelles sources nous tirerions les principales actions de saint Martial. Il y a deux siècles, on rejeta comme apocryphe la légende composée sous le nom d’Aurélien, successeur de saint Martial dans l’épiscopat, l’un des deux prêtres des idoles qui moururent d’un coup de foudre et qu’il avait rendus à la vie. En rejetant cette légende, on ne se contenta pas de contester au saint évêque le titre d’apôtre, comme on avait fait dans le XIe siècle, mais on combattit encore l’antiquité de sa mission et sa qualité de disciple de Jésus-Christ. Mais quoique cet écrit ne soit pas d’Aurélien, disciple et successeur de saint Martial, comme le montrent certaines manières de parler qui sont beaucoup plus récentes, cela ne doit point préjudicier à la vérité de l’histoire que nous avons racontée. Cet écrit est au moins un recueil des anciennes traditions du pays sur saint Martial : car la biographie d’un saint que tout un pays connaît est nécessairement conforme à ce que la tradition locale dit de ce saint. D’ailleurs les discussions et les définitions des divers conciles qui ont recherché les titres de l’apostolat de saint Martial, la déclaration de deux souverains pontifes, Jean XIX et Clément VI, les témoignages de tant de Martyrologes, de Rituels et de Litanies qu’on lisait publiquement dans l’Église, il y a plus de huit cents ans, nous doivent suffire pour croire indubitablement que saint Martial est un des disciples de Notre-Seigneur, et qu’il est venu dans les Gaules envoyé par saint Pierre.
Il est vrai que Grégoire de Tours a mis plus tard sa mission, mais on a réfuté le texte de cet historien d’une façon si péremptoire, qu’il n’est plus permis de s’en servir pour combattre l’antiquité du premier établissement des Églises de France. Et en effet, s’il fallait y déférer, les évêques des conciles que nous avons cités, qui n’ont pu ignorer le texte de cet historien, n’auraient eu garde de définir, au contraire, que saint Martial doit être apôtre, parce qu’étant des soixante-douze disciples de Notre Seigneur, il a reçu de Lui mission de prêcher l’évangile et de coopérer avec les douze apôtres à la conversion du monde : ce que nous voyons, néanmoins, qu’ils ont fait sans contestation. D’ailleurs la découverte récente des anciens actes de saint Martial est venue démontrer que la tradition immémoriale du Limousin, écrite avant Grégoire de Tours, était que saint Martial avait reçu, du temps de saint Pierre, sa mission apostolique.

fermeture et scellement de la coupe reliquaire du chef après ostension et bras reliquaire de Saint Martial

L’évêque de Limoges, assisté d’un représentant de la Confrérie de Saint-Martial,
procède à la fermeture et au scellement de la coupe reliquaire contenant le Chef de Saint Martial
après son ostension & bras reliquaire de Saint Martial


1 Un cosmographe du 16 e siècle, André Thêvet, dit avoir vu à trois lieues de Rama, au village d’Arouha, une église bâtie en l’honneur de saint Martial, que l’on disait natif de ce lien. (Cosmog,. Univers., t. 1, P. 169.)

2 Nous pouvons citer encore Anselme de Laon, Pierre Comestor, Gérald de Fratchet, Adam de Clermont, Durand de Mende, Nicolas de Lyre, Ludolphe le Chartreux etc.

3 Toulx-Sainte-Croix, canton de Boussac (Creuse), et non pas Tulle (Corrèze), comme l’ont avancé quelques auteurs peu versés dans les traditions du pays. Voir sur les ruines et les monuments de la ville celtique de Toulx les Recherches de M. Barailon, membre correspondant de l’institut, p. 316 et 331.

4 Chef-lieu de canton (Creuse), sur la voie romaine de Lyon à Limoges.

5 Sainte Valérie est honorée comme première martyre de l’Aquitaine dans le diocèse de Limoges, où l’on célèbre en son honneur, le 10 décembre, un office double de second classe.

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