Archive pour la catégorie 'Chronique de Lully'

2020-74. Des Processions (3ème partie) : Règles liturgiques qui régissent les processions.

Après les deux articles précédents, consacrés le premier à des généralités (cf. ici) et le deuxième à leurs classifications (cf. > ici), voici les règles liturgiques traditionnelles qui régissent les processions, intégralement reprises de l’article « Procession » du « Dictionnaire pratique de liturgie romaine » du chanoine Robert Lesage (ed. Bonne Presse – 1952).

Procession des Rogations - image d'Epinal

Procession des Rogations (image d’Epinal)

Règles liturgiques :

I . La processio sacra se compose exclusivement des membres du Clergé. Les Laïques sont autorisés à précéder ou à suivre la procession, mais ils n’en font pas partie. Il leur est absolument interdit de marcher entre la croix et l’Officiant, c’est-à-dire parmi les membres du Clergé.
Il faut excepter, cela va sans dire, les Laïques qui remplissent les fonctions de Clercs et sont habillés comme eux ; les Chantres en surplis ; les Notables et les membres de la confrérie du Saint-Sacrement qui sont chargés de porter le dais (Rituel tit.IX, c. 1, n.1 ; can. 1290 §1).

II. Le sens unique est le principe qui prescrit au Célébrant de tourner toujours  sur sa droite. Il s’applique à toutes les processions. Ainsi, arrivée sous le porche de l’église, une procession doit tourner à droite ; de même si elle fait le tour de l’église, ou le tour du catafalque (aux funérailles ou autres services funèbres). Jamais ceux qui la composent ne se diviseront pour passer les uns à droite, les autres à gauche.

III. Tous les membres du Clergé doivent marcher deux à deux (presque coude à coude) et non se diviser pour former deux colonnes, entre lesquelles il n’y a que du vide. Ainsi dans une nef large ou dans une rue, on ne devrait jamais s’éloigner pour marcher en rangées parallèles.

IV. Si, dans une même catégorie, les participants de la procession sont en nombre impair, les trois derniers de chaque groupe marchent ensemble, le plus digne entre les deux autres. Ainsi trois Cardinaux, ou trois Evêques, ou trois Chanoines, etc…
Marchent seuls au milieu : le Thuriféraire, celui qui porte le Cierge pascal le Samedi saint et la veille de la Pentecôte, le Porte-croix, le Porte-bénitier en certains cas, le Porte-crosse, les Cérémoniaires au besoin. 

V. Au départ et au retour d’une procession, soit au chœur, soit dans une chapelle où se fait une station, tous les membres du Clergé font la génuflexion, si le Saint-Sacrement réside au tabernacle ; tous, sauf le Célébrant, les Prélats et les Chanoines, la font aussi lorsque le Saint-Sacrement n’y est pas conservé.
A l’exception des processions du Saint-Sacrement, où personne ne fait de révérence, il convient qu’on fasse :
1° la génuflexion à deux genoux, si la procession passe devant le Saint-Sacrement exposé ;
2° la génuflexion simple, si elle passe devant un autel au moment de l’élévation ou de la communion (S.R.C. n. 3814 ad. XXIX, 7), devant le tabernacle où réside la sainte Réserve (ibid.), devant l’autel majeur (sauf l’Officiant, les Prélats et les Chanoines), devant un Prêtre porteur du Saint-Sacrement ;
3° une inclinaison de tête en se découvrant, devant une relique insigne exposée ;
4° on se découvre seulement en passent devant une église ou une croix le long du chemin.

Prêtres chantant en procession

Costumes :

1. L’Officiant peut être revêtu soit simplement du surplis et de l’étole avec ou sans chape (Rub. gen. miss. tit. XIX, n.3 ; S.R.C. n.2302 ad 2), soit de l’amict, de l’aube, du cordon et de l’étole croisée. Ces vêtements et insignes sont obligatoires, ainsi que la chape, s’il y a un Diacre et un Sous-Diacre en aube, dalmatique et tunique.
La chape est prescrite aux processions du Saint-Sacrement (S.R.C. n.2067 ad 5, 2440, 2526 ad 1, 3039 ad 3).

2. D’autres Prêtres peuvent porter l’aube, l’étole et la chasuble (S.R.C. n.2973), les Diacres la dalmatique, les Sous-Diacrse la tunique (Rituel, tit. IX, c.1, n.3), sur le surplus ou sur l’aube (S.R.C. n.2562 ad 1). Aucun ne porte le manipule (Rb. gen. miss. tit. XIX n.4).

3. Les Clercs et les Chantres doivent revêtir le surplis (Rituel, tit. IX, c.1 n.3 ; S.R.C. n.931).

4. Les membres des Confréries laïques peuvent porter leur costume particulier, et ceux des Associations pieuses leurs insignes : croix, médailles et rubans, etc…

5. Les Laïques ne doivent pas se couvrir, sauf en cas de pluie (Rituel, tit.IX, c.1, n.3 ; S.R.C. n.1810, 1841 ad 2 et 3), à l’exception des magistrats, militaires, professeurs de faculté, et autres fonctionnaires revêtus de leurs insignes. Les militaires en armes qui escortent une procession, doivent se tenir sur les côtés (S.R.C. n.1633).

6. Les enfants (ou les adultes) ne peuvent être admis s’ils sont déguisés en Anges, en Vierges ou autrement, portant des symboles religieux, des vases sacrés, des fac-similés des instruments de la Passion, etc…, ou représentant des personnages de l’ancien ou du nouveau Testament, des scènes de la vie des Saints (S.R.C. nn.1348, 1361 ad 7, 1731 ad 1, 2879 ad 7).
L’Ordinaire du lieu peut cependant autoriser aux processions du Saint-Sacrement des enfants parés portant ou répandant des fleurs, de l’encens, des épis de blé ou des fruits devant la croix de procession (S.R.C. n.3324, 3935 ad 1).

Procession de la Fête-Dieu - image d'Epinal

Procession de la Fête-Dieu (image d’Epinal)

Ordre des processions :

I. Certains groupements laïques peuvent précéder une procession /
a) les sociétés de musique tolérées par l’Ordinaire du lieu (S.R.C. n.2869), mais il leur est interdit de jouer dans l’église (Pie X, motu proprio, S.R.C. n. 4121, art.19, 20, 21).
b) les associations pieuses sans costume long, avec leur bannière.
c) Les confréries avec leur bannière et leurs insignes particuliers (can. 718), les moins anciennes en avant ; elles peuvent aussi marcher derrière leur croix de bois, munie d’un voile de la couleur du jour.
d) Les tiers-ordres, dont les membres sont les plus dignes parmi les laïques, lorsqu’ils sont revêtus de leur costume spécial (S.R.C. n.3795, 3819 ad 2, 3951, 3968, 4173).

II. Les membres du Clergé régulier marchent ensuite sous leur croix respective, les moins anciens en avant.

III. Le Clergé séculier, divisé, si c’est l’usage, en paroisses, instituts ecclésiastiques, collégiales, chaque groupe marchant sous sa propre croix, accompagnée de deux acolytes.
Le chapitre de la cathédrale est toujours le dernier, parce que le plus digne. Il est aussi précédé de sa croix. Dans chacun de ces corps on suit l’ordre des préséances officiellement établi.
Si ce chapitre est présent, c’est lui qui constitue réellement le centre de la procession.

a) Un Thuriféraire marche en tête pour purifier et embaumer la voie que suit le cortège liturgique et surtout pour honorer le divin Crucifié dont il précède l’image. Pendant le parcours, il tient l’encensoir de la main droite et le balance, le couvercle légèrement soulevé. Il ne se couvre jamais de la barette.
Ce clerc peut aussi précéder une châsse ou une statue ou une image vénérée, c’est-à-dire le centre même de la procession, mieux encore le dais sous lequel est porté le Saint-Sacrement, ou une relique insigne. Pour le Saint-Sacrement, il doit y avoir deux Thuriféraires, ni plus, ni moins.

b) Derrière le Thuriféraire, vient le Porte-croix. C’est un clerc en surplis, tête nue, qui est généralement chargé de cette fonction.
Dans les processions les plus solennelles, la croix est portée par le Sous-Diacre en aube et tunique, ou en chasuble pliée suivant le cas. Le Diacre marche alors à gauche du Célébrant. Quand l’Evêque officie, c’est un Sous-Diacre distinct de celui qui est d’office.

c) Deux Acolytes accompagnent toujours la croix de procession. Si l’espace est trop étroit, ils devancent le Porte-croix. Jamais ils ne doivent s’en séparer.
La croix archiépiscopale n’est pas accompagnée d’acolytes, lorsque l’Archevêque, en cappa, se rend à sa cathédrale ou en sort.

IV. Les Prélats marchent normalement devant l’Officiant ; mais si le Clergé est paré, ou, si le chapitre cathédral, paré ou non, est présent, ils marchent derrière l’Officiant, les plus dignes les premiers.

V. Les Maîtres de cérémonies ou Cérémoniaires n’ont pas de place fixe : ils se tiennent là où leur présence est utile, et ils s’assurent que tout se passe avec ordre. Ils ont toujours la tête découverte.
S’ils sont deux, le premier marche près de l’Officiant et le second derrière la croix.

VI. L’Officiant marche toujours le dernier, s’il n’y a pas de Prélat. L’Evêque diocésain se place derrière lui, accompagné de deux Chanoines en habit de chœur. Si le Prélat n’était qu’en mozette, il ne serait accompagné que d’un Cérémoniaire.
L’Officiant est toujours paré de la chape, assisté d’un Diacre et d’un Sous-Diacre qui soutiennent les bords de la chape. Un Evêque qui officie au faldistoire sera accompagné de même, mais l’Evêque diocésain aura auprès de lui deux Diacres assistants.

VII. Derrière l’Officiant, s’il est Evêque, prennent place son Caudataire, ses Porte-insignes et ses Familiers. Avec eux se termine la procession.
Si les Prélats marchent derrière l’Officiant, ils sont deux à deux, même les Cardinaux, sans être assistés de Chanoines ou de Prêtres.

VIII. Après la procession, les fidèles peuvent suivre. Il faut toutefois observer encore une préséance traditionnelle : les notables et les magistrats, s’ils ne sont pas en tête de la procession, devant la croix, doivent avoir la première place derrière l’Officiant.
Ensuite viennent les hommes, enfin les femmes.

Robert Lesage
in « Dictionnaire pratique de liturgie romaine », article « Procession », col. 844-847

dais du Saint-Sacrement

2020-73. Où, pour marquer le premier anniversaire du trépas de Monseigneur le Maître-Chat Lully, on publie une anecdote relative à la célébration de la première Messe dans l’oratoire du Mesnil-Marie.

Samedi 23 mai 2020,
Fête de Notre-Dame du Cénacle (cf. > ici) ;
Mémoire de Saint Didier, archevêque de Vienne et martyr ;
Mémoire de Sainte Jeanne-Antide Thouret, vierge ;
Mémoire du Bienheureux Bernard de Morlaas, confesseur (cf. > ici).

Lully portrait en reflet

Son souvenir et son image imprègnent indélébilement le Mesnil-Marie…

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Je n’ai pas à strictement parler le cœur à écrire ce matin, parce qu’il y a trop de choses – joyeuses et tristes – qui se bousculent dans mon âme et dans mes souvenirs, et qu’il m’est encore parfois bien difficile de maîtriser mes émotions…
Et cependant je ne puis pas non plus me taire !
Ce 23 mai 2020 est le premier anniversaire du trépas de mon très cher compagnon Monseigneur le Maître-Chat Lully, et je sais que ceux qui l’ont approché seront sensibles à cette date.

Lorsque, le vendredi 24 mai 2019, je vous ai fait part de sa mort (cf. > ici), je vous écrivais ces paroles : « Je pourrais écrire de très nombreuses choses : récits, anecdotes, facéties, leçons de sagesse et de vies apprises à son école. Il était véritablement un don de Dieu à mes côtés… »
Je mesure chaque jour la vérité de ces mots.
Un an après son trépas, je la mesure avec une intensité peut-être plus grande même que dans les jours qui l’ont suivi, et son absence n’en est pas moins une souffrance continue : je ris et je pleure tout à la fois au souvenir de nos jeux, au souvenir de notre complicité de tous les instants, au souvenir des milliers de détails de l’intimité qui était la nôtre, au souvenir de la manière dont – en véritable seigneur et prince du Mesnil-Marie -, il m’avait imposé sa merveilleusement despotique et jalouse amitié féline !

9- Lully à l'oratoire sur les genoux de Fr.Max.M.

Le Maître-Chat aimait beaucoup s’installer sur mes genoux pendant l’oraison, s’il arrivait que j’y fusse assis, ainsi qu’en témoigne la photo ci-dessus.

L’oratoire du Mesnil-Marie était un de ses lieux favoris et il m’y accompagnait fidèlement lorsque j’y montais pour mes temps de prière… En revanche, il aimait beaucoup moins lorsqu’il y venait du monde et si, mû par la curiosité du maître qui veut s’assurer que tout se passe bien, il y pointait les moustaches de l’inspecteur lorsque des personnes y venaient prier, il n’y restait alors pas très longtemps.

A ce propos, il est une anecdote que je veux vous livrer aujourd’hui et qui se rapporte à la première célébration d’une Sainte Messe dans notre oratoire, à l’occasion de la fête de Marie Auxiliatrice, le 24 mai 2011 : j’ai déjà évoqué cet événement (cf. > ici), mais je ne vous en avais alors pas livré tous les détails. 

C’est un prêtre ami, connu lorsque j’étais jeune religieux (cela fait donc si longtemps !!!) qui, étant de passage en Vivarais, nous avait fait l’honneur d’une étape chez nous et, en conséquence, de la première célébration de la Sainte Messe dans notre oratoire.
Cet oratoire du Mesnil-Marie, en attendant la construction d’une véritable chapelle, a été aménagé dans l’ancienne grange à foin, à l’étage de notre vieille bastide. On y monte par une sorte d’échelle meunière, et comme il n’y a jamais eu de porte qui lui en interdit l’accès, le Maître-Chat a toujours pu y aller à sa guise.

Oratoire (provisoire) du Mesnil-Marie

L’oratoire du Mesnil-Marie le 24 mai 2011 pour la première fois qu’une Sainte Messe y fut célébrée

Lors donc que notre ami prêtre se préparait à revêtir les ornements sacrés pour la célébration de la Messe, Monseigneur le Maître-Chat vint, de sa démarche ondulante et souveraine, voir ce qui se passait à l’oratoire et l’Abbé marqua un certain étonnement en voyant que je le laissais faire.
Je lui répondis en souriant qu’il était toujours très sage et respectueux dans ce lieu de prière.
Pour corroborer mes dires, Lully monta sur une chaise et s’y installa, pour assister à la célébration du Saint Sacrifice qu’il suivit avec intérêt, ne perdant pas un instant le fil de ce qui se déroulait à l’autel.

Quand, à l’issue de la célébration, Monsieur l’Abbé eût déposé les ornements et se fut installé pour son action de grâces, Lully, quittant la chaise où il était jusqu’alors resté, alla, en ronronnant très fort pour manifester un contentement non équivoque, se placer à côté du prêtre qui, se tournant vers moi, s’écria : « Mais c’est incroyable ! on dirait qu’il sent la Présence de Notre-Seigneur… »
Avec un grand sourire je lui répondis : « Pour moi, cela ne fait aucun doute… et je vous rappelle que les hommes et les chats ont le même Dieu ! »

Comme cet ami prêtre est un fidèle lecteur de ce blogue, il pourra attester, s’il en est besoin, de la vérité de mes paroles.

Je dois ici ajouter une autre précision : pendant toute sa vie de chat monastique exemplaire, et alors qu’il lui arrivait régulièrement de s’aller blottir avec un bonheur manifeste contre le gisant de Sainte Philomène exposé dans notre oratoire sur un autel latéral, je puis certifier que Monseigneur le Maître-Chat n’est JAMAIS monté sur l’autel du Très Saint-Sacrement.
Je le puis affirmer non seulement parce que je ne l’ai jamais vu le faire, mais aussi parce que s’il l’eût fait pendant mon absence j’en eusse immanquablement vu les traces (ne serait-ce que par la présence de poils sur le tapis de l’autel : ceux qui ont un chat comprendront très bien ce que je veux dire !).
Au risque de passer pour un doux dingue ou un illuminé, j’ai toujours été persuadé que Monseigneur le Maître-Chat Lully percevait la Présence de son divin Créateur dans le saint tabernacle.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Lully et Sainte Philomène

2020-72. Vous avez dit : « ouverture au monde » ???

Mardi des Rogations 19 mai 2020,
Fête de Saint Yves Hélory de Kermartin, confesseur ;
Mémoire de Saint Pierre Célestin, pape et confesseur ;
Mémoire de Sainte Pudentienne, vierge ;
Mémoire du Bienheureux Alcuin, abbé et confesseur, conseiller de Saint Charlemagne.

Siège d'une ville au Moyen-Age

Siège d’une ville au Moyen-Age.

Il y a, ce me semble, pour ce qui touche à la Sainte Eglise de Dieu, autant de bon sens, de réalisme et de prudence (humaine et surnaturelle) à parler d’ « ouverture au monde » qu’il y en avait de la part du gouvernement de la république à signer les funestes accords de Munich avec Hitler en septembre 1938.

Alors que la Sainte Ecriture, que toute la Tradition spirituelle de l’Eglise – fondée sur l’enseignements des Saints Apôtres (relire les épîtres de Saint Paul, de Saint Jean et de Saint Jacques par exemple) -, que les exemples des saints et que la doctrine des grands maîtres spirituels, nous enseignent à ne pas nous conformer sur ce monde (cf. Rom. XII, 2a : « Nolite conformari huic saeculo – ne vous conformez point à ce siècle »), est-il seulement envisageable pour un catholique raisonnable, lucide, cohérent avec sa foi, de parler d’« ouverture au monde », de vouloir « s’ouvrir au monde », d’ambitionner (comme s’il s’agissait d’un authentique progrès spirituel) de « s’adapter au monde » ?
Car, concrètement, le solde de ce que l’on nomme « ouverture au monde », ne revient pas à autre chose qu’à accepter des modes de pensée et des comportements qui sont en opposition plus ou moins tranchée avec la Révélation divine, qui est LA Vérité, qui est infaillible, qui est unique, qui est pour tous, et qui s’impose à tous !
C’est ici qu’il convient de rappeler une nouvelle fois cette citation, attribuée (voir note) à notre Bienheureux Père Saint Augustin :

 « A force de tout voir on finit par tout supporter…
A force de tout supporter on finit par tout tolérer…
A force de tout tolérer on finit par tout accepter…
A force de tout accepter on finit par tout approuver ! »

St Augustin écrivant la Cité de Dieu - Bâle 1515

Saint Augustin écrivant « La Cité de Dieu »

L’authentique enseignement de l’Eglise dans sa grande tradition spirituelle a bien été synthétisé par notre Glorieux Père dans le justement fameux passage de « La Cité de Dieu » : « Deux amours ont donc bâti deux cités : l’amour de soi-même jusqu’au mépris de Dieu, celle de la terre, et l’amour de Dieu jusqu’au mépris de soi-même, celle du ciel. L’une se glorifie en soi, et l’autre dans le Seigneur ; l’une brigue la gloire des hommes, et l’autre ne veut pour toute gloire que le témoignage de sa conscience ; l’une marche la tête levée, toute bouffie d’orgueil, et l’autre dit-à Dieu : « Vous êtes ma gloire, et c’est Vous qui me faites marcher la tête levée » (Ps. III, 4) » (Saint Augustin, in « La Cité de Dieu » Livre XIV, citation plus complète > ici).

C’est également ce qu’a résumé Saint Ignace de Loyola dans la célèbre méditation sur les « Deux étendards » dans ses « Exercices spirituels ».

deux amours ont bâti deux cités

« Deux amours ont bâti deux cités… »

L’esprit de l’Evangile et l’esprit du monde sont incompatibles.
La doctrine du Saint Evangile et les doctrines du monde sont incompatibles.
Les modes de pensée qui président à une vie chrétienne véritable et les modes de pensée qui régissent le monde sont incompatibles.
Une vie réussie selon les critères divins de l’Evangile et une vie réussie selon les critères humains de ce monde ne sont pas du tout compatibles : elles ont pu l’être lorsque la société terrestre était la Chrétienté ; elles ne le sont plus aujourd’hui que les principes qui régissent la société et son organisation se revendiquent – sous le prétexte mensonger de la neutralité – affranchis de la loi divine, affranchis de l’idée même de Dieu.

Plus que jamais, depuis que notre société prétendument laïque s’est donné des fondements qui sont en une radicale opposition avec les principes de la Révélation et de la Sainte Eglise (c’est-à-dire depuis la blasphématoire proclamation des « droits de l’homme et du citoyen » du 26 août 1789), il est impossible d’établir une conciliation de l’esprit du monde et de l’esprit de l’Evangile.

Il n’existe que deux possibilités :
1) la conversion profonde et radicale du monde, qui est ce que la Tradition de l’Eglise préconise depuis le jour où notre divin Maître, montant aux Cieux, lui a ordonné : « Allez donc, enseignez toutes les nations les baptisant au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ; leur apprenant à garder Mes commandements » (Matth. XXVIII, 19), et : « Allez dans tout l’univers, et prêchez l’Evangile à toute créature. Celui qui croira se sera baptisé sera sauvé ; mais celui qui ne croira pas sera condamné » (Marc XVI, 15-16).
2) l’abandon des préceptes énoncés ci-dessus, au nom de l’acceptation de toutes les opinions et de toutes les religions (ou non-religions) mises sur un pied d’égalité : ce qui constitue de fait le refus de travailler à la conversion de tous les hommes et de toutes les sociétés, et constitue donc également une désobéissance à l’ordre explicitement donné par Notre-Seigneur.

Convertir le monde ou apostasier soi-même en pactisant avec le monde et ses doctrines, il n’existe en définitive pas d’autre alternative.

siège d'une cité

Depuis plus d’un demi-siècle, il ne s’est pas manqué d’ecclésiastiques pour déclarer, à grand renfort de slogans aux accents pacifiques et humanistes, qu’il fallait cesser de concevoir l’Eglise comme une forteresse assiégée.
Ils ont bénéficié d’une large audience ; mais il n’étaient rien d’autre que des faux prophètes : l
es faux prophètes de « l’ouverture au monde » ; les faux prophètes d’une « paix universelle » et d’une « fraternité universelle » établies sur un détournement des maximes du Saint Evangile récupérées par les Loges…

Parler « d’ouverture au monde » pour la Sainte Eglise catholique revient exactement à la même chose que si, dans un pays, on prônait le désarmement et la totale ouverture des frontières au moment même où le pays voisin, dirigé par des chefs animés d’intentions expansionnistes belliqueuses, serait en train de sur-entraîner et de sur-armer ses troupes !
Les clercs qui – jusqu’au plus haut de la hiérarchie – ont prêché de telles stupidités devraient être, comme cela doit être fait pour les officiers qui ont manqué à leurs devoirs, qui ont œuvré pour la défaite, qui ont trahi et qui ont travaillé pour l’ennemi, traduits devant une cour martiale et fusillés… et non pas canonisés !!!
Il ne peut en effet y avoir d’indulgence ou de miséricorde pour des traîtres lorsqu’ils sont impénitents.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

Prise d'une ville

Note à propos de la citation attribuée à Saint Augustin : cette célèbre citation est toujours donnée comme étant de Saint Augustin sans qu’il soit jamais indiqué d’où elle est tirée. Si quelqu’un de nos lecteurs le savait et nous le pouvait préciser, il nous obligerait grandement.

2020-71. « Je dénonce l’atteinte aux droits des fidèles catholiques de participer librement à la messe ! »

Quelle joie de lire cette lettre d’un évêque territorial français en exercice !

Quelle joie de lire autre chose que des platitudes consensuelles sous la plume d’un évêque, en dehors de la « sphère tradi » !
Monseigneur Bernard Ginoux a publié hier, lundi 11 mai 2020, une lettre ouverte à ses fidèles, et il ne se contente pas de menacer « d’aboyer » avant de retourner à la niche : il met les mots justes sur la réalité qui est celle de notre pauvre France, livrée aux mains de misérables sectaires, et il exprime une véritable compréhension de la souffrance de ses fidèles.

Merci, Monseigneur, pour votre compassion authentiquement paternelle et votre véritable sollicitude pastorale !

Theas - Bénédiction de la chapelle par MGR Ginoux - 17 seoptembre 2015

Son Excellence Monseigneur Bernard Ginoux, évêque de Montauban.

blason Mgr Bernard Ginoux

Lettre de Son Excellence Monseigneur Bernard Ginoux
à ses diocésains de Montauban

- 11 mai 2020 -

(Nous nous sommes permis de souligner ou de mettre en caractères gras
les passages qui nous semblent tout spécialement importants)

Le 11 mai 2007 j’étais nommé évêque de Montauban et, depuis mon ordination, le 2 septembre 2007, je me suis efforcé de remplir ma mission avec dévouement et souci du bien commun. Cette mission va sur sa fin, l’âge canonique de la retraite approchant.
Les semaines que nous venons de vivre ont été une épreuve qui, pour certains aura entraîné la mort et pour d’autres la lutte avec la maladie. Beaucoup ont souffert d’une protection tellement rigoureuse que leur santé mentale a été plus ébranlée que leur santé physique. Je pense à toutes les personnes âgées qui n’étaient pas affectées par ce virus. Il fallait, bien sûr, les en protéger mais était-il nécessaire de les couper de leurs liens naturels au point que des grands-parents ont été interdits de voir leurs petits-enfants ?
Si des mesures préventives cohérentes avaient été prises et si les outils nécessaires (comme les masques) avaient été donnés dès le début, des drames familiaux auraient été évités. Nous savons bien aussi que parmi ces personnes certaines se sont laissé mourir. Chez des plus jeunes des suicides ont été causés par la tension accumulée.
Il faudra établir un bilan honnête de ces réalités.

Mais ces faits n’enlèvent pas le travail accompli par les soignants, les vies données au service des autres, les efforts faits par beaucoup d’anonymes dans la volonté de combattre le Covid-19.

L’Eglise Catholique n’a pas manqué d’être présente sur les fronts les plus exposés et dans son service permanent de la charité, particulièrement auprès des populations en difficulté comme les migrants.
Elle a aussi accepté les mesures draconiennes qui n’ont pas permis de vivre les grands moments de notre foi chrétienne : du dimanche des Rameaux au dimanche de Pâques la Semaine Sainte, cœur et fondement de la foi au Christ mort et ressuscité.
Nous l’avons accepté malgré l’immense renoncement que nos fidèles ont dû connaître. Leur souffrance a été modestement atténuée par les retransmissions et toutes les techniques audio-visuelles.
Il reste que notre foi n’est pas nourrie par ces moyens : la foi catholique se nourrit de la présence réelle de Jésus-Christ. L’Eglise se réalise sans cesse par le sacrifice de la messe où s’actualise l’unique sacrifice du Christ sur la croix. La messe nous y introduit, nous le rend présent et nous fait participer à ce qui est le « banquet du Seigneur » : nous prenons place réellement à sa table. Il ne s’agit pas d’un temps de prière ou même d’une simple écoute de la Parole de Dieu, encore moins d’un rassemblement fraternel. De tout cela on peut se passer mais de l’eucharistie nous ne le pouvons pas comme nous avons besoin des autres sacrements. La messe est la vie de l’Eglise Catholique. Même si nous sommes unis au Christ de bien des manières nous en vivons par l’eucharistie.

A l’heure où un très grand nombre d’activités reprend, où l’on peut se retrouver les uns à côté des autres dans un avion, dans les grandes surfaces, ou dans des activités de plein air comme les champs de courses, une partie des citoyens libres de pratiquer leur religion en participant à la messe est empêchée de le faire sous le prétexte d’une pandémie dont les chiffres disent la diminution. Les chiffres parlent. De plus, la plupart de nos églises sont très grandes et nous avons tous les moyens de respecter les mesures sanitaires.
Notre liberté est en jeu et il y est gravement porté atteinte. J’ai recueilli le témoignage de beaucoup de personnes qui en souffrent et je me fais leur porte-parole.

Je suis évêque en un lieu où un jour d’août de l’année 1942, l’évêque, Mgr Pierre-Marie Théas osa à peu près seul dénoncer les atteintes à la liberté et à la dignité que connaissaient des citoyens français.
Nous n’en sommes pas à cette ignominie. Mais je dénonce l’atteinte aux droits des fidèles catholiques de participer librement à la messe, je dénonce le rejet qui est fait de ce droit.
La loi civile, dont il resterait à prouver l’obligation en la matière, ne peut s’imposer à ma conscience de pasteur quand elle m’empêche d’accomplir mon devoir. Je suis prêtre et évêque pour donner le Christ aux fidèles qui en ont besoin. C’est ma mission et je veux leur en faire part.
L’Eglise Catholique a toujours rappelé le droit de la personne humaine à pratiquer sa religion. Empêcher d’exercer ce droit est une atteinte aux droits humains fondamentaux qui pourrait entraîner d’autres dérives.
Cette lettre est un appel à la conscience des catholiques de ce diocèse de Montauban qui m’est cher et dont je suis depuis treize ans le pasteur. Savoir que vous pouvez vivre librement votre foi me sera une forte joie pastorale car, même dans les moments de grandes épidémies, l’Eglise avec les précautions a toujours offert au Peuple de Dieu la présence du Sauveur par un culte public.

Je confie à la Bienheureuse Vierge Marie, honorée en la Cathédrale de Montauban sous le vocable de Notre-Dame de l’Assomption, le diocèse et tous ses habitants. Qu’elle veille sur nous et nous garde sous sa protection.

+ Bernard Ginoux,
Evêque de Montauban.

Ingres : le voeu de Louis XIII

Cathédrale de Montauban :
Le célèbre tableau de Jean-Auguste Dominique Ingres
représentant le Vœu de Louis XIII (1824)

Publié dans:Chronique de Lully |on 12 mai, 2020 |1 Commentaire »

2020-70. Juste pour information…

Oh ! c’est juste une information, comme ça…
Pour le cas où vous ne l’auriez pas reçue : je ne pense pas, en effet, que les grands médias vous le retransmettent de cette manière, en présentant les chiffres dans les perspectives qui pourraient s’imposer.
Et ces chiffres sont ceux communiqués par l’ONU et l’Organisation Mondiale de la Santé.

Pour moi, cela se passe de commentaires.

décès dans le monde 1er janvier-1er mai 2020

2020-69. Le 12 mai, nous fêtons Saint Jean Stone, prêtre de l’Ordre de Saint Augustin et martyr.

12 mai,
Dans l’Ordre de Saint Augustin, fête de Saint Jean Stone, prêtre martyr ;
Commémoraison des Saints Nérée, Achille, Domitille et Pancrace.

Saint Jean Stone

Dans le calendrier traditionnel de l’Ordre de Saint Augustin, on trouve à la date du 12 mai la fête de Saint Jean Stone, prêtre et martyr (dans le calendrier réformé il a été déplacé au 25 octobre ou bien au 23 décembre).

Nous ne connaissons pas la date de sa naissance et ne savons rien de sa famille, de son enfance, de sa jeunesse, de son éducation et de sa vocation… En revanche nous sommes certains qu’il était prêtre, docteur en théologie  et qu’il avait exercé des responsabilités comme professeur, puis comme prieur du couvent de Droitwuitch dans le Worcestershire, avant d’être appelé au couvent de Canterbury, probablement sa communauté d’origine, où nous le trouvons au moment où le roi Henri VIII tente de faire déclarer nul son mariage avec Catherine d’Aragon.

C’est en 1527 qu’Henri VIII a entamé les procédures et tenté de mobiliser en sa faveur tout ceux qui comptaient dans l’univers des juristes et des théologiens.
Le Père Jean Stone fut approché par les agents du roi, afin de soutenir les prétentions royales et justifier le divorce d’avec la Reine Catherine, mais ce fut en vain : le Père Stone dénonça l’injustice d’une procédure contraire à la morale et à la justice. Dès ce moment-là, il dénonça aussi publiquement la volonté du roi de se proclamer chef suprême de l’Eglise d’Angleterre. Ce qui arriva bientôt.

Le 3 novembre 1534 est promulgué « l’Acte de Suprématie » qui donne au roi et à ses successeurs le titre de « Chef unique et suprême de l’Eglise d’Angleterre ». Henri VIII, déjà excommunié, est maintenant schismatique. Cet « Acte de Suprématie » est suivi d’une série de mesures sévères à l’encontre des opposants, en particulier la déclaration comme coupable de haute trahison toute personne qui n’y souscrirait pas. Les prêtres, religieux, évêques doivent signer un document officiel reconnaissant le roi comme chef de l’Eglise d’Angleterre.
Henri VIII décide aussi de supprimer monastères et couvents et de confisquer leurs biens. C’est en décembre 1538 que l’évêque Richard Yngworth, agent dévoué du roi, vint au couvent des Augustins de Canterbury pour demander aux religieux de signer, chacun individuellement, deux documents : le premier reconnaissant Henri VIII comme unique et suprême chef de l’Eglise en Angleterre, et le second attestant que les religieux cèdent leur couvent de plein gré…
Seul de tous ses frères, le Père Stone refuse de signer et exprime sans ambiguïté ses objections aux prétentions du roi sur l’Église. Il est immédiatement séparé du reste de la communauté, afin de prévenir toute influence sur les autres moines, et on tente par des menaces de le faire changer d’attitude.
Comme il demeure ferme, on l’envoie à Londres où Thomas Cromwell lui-même s’efforce de le faire plier… en vain. Il est alors emprisonné à la Tour de Londres.

Saint Jean Stone en prison

En octobre 1539, il est renvoyé à Canterbury pour y être jugé, accusé de haute trahison…
Le Père Stone n’a aucune illusion sur l’issue du procès, et il a passé tout le temps de sa captivité à prier afin de se préparer au martyre.
La sentence est rendue le 6 décembre 1539 et normalement l’exécution suit de peu.
Mais un événement va la différer : Anne de Clèves, qui va devenir la quatrième épouse d’Henri VIII, doit passer par Canterbury, normalement le 7 décembre, mais son arrivée a été retardée par le mauvais temps. L’exécution du Père Jean Stone était programmée pour faire partie des festivités organisée en l’honneur de la future (et très éphémère) souveraine.
C’est très probablement le samedi 27 décembre 1539 (tous les historiens ne sont pas d’accord) qu’eurent lieu le passage d’Anne de Clèves et l’exécution de l’héroïque et inébranlable moine de Saint Augustin.
En revanche on est certain que cette exécution ne se fit pas au lieu ordinaire, mais dans un endroit où pouvait se rassembler un grand concours de peuple, et où le supplice pouvait être très bien vu de tous.

Il ne fut pas seulement pendu, mais aussi éventré et écartelé. Son cœur et ses entrailles furent jetés dans un bûcher et sa tête, coupée, fut exposée avec les restes de son corps, à l’une des entrées les plus fréquentées de la ville, pour servir d’avertissement à tous ceux qui seraient tentés de se rebeller.

« Voici que je signe mon apostolat avec mon sang. Dans la mort, je trouverai la vie, car je mourrai pour une cause sainte : la défense de l’Église de Dieu, infaillible et immaculée », avait-il déclaré au moment d’être supplicié.

Le pape Grégoire XIII (élu le 13 mai 1572 – mort le 10 avril 1585) avait voulu qu’une fresque représentant son martyre fut réalisée au Collège Anglais de Rome, puis qu’une gravure soit imprimée.
Le nom du Père Jean Stone fut placé en tête de la liste des martyrs de la persécution anglicane lorsqu’on commença à instruire leur cause de béatification.
Le Père Jean Stone fut béatifiée par le pape Léon XIII le 9 décembre 1886, et canonisé par Paul VI le 25 octobre 1970 avec trente-neuf autres martyrs d’Angleterre et du Pays de Galles de la période 1535-1679.

palmes

2020-68. Nous avons écouté et nous avons aimé : les « Te Deum » qui furent interprétés pour célébrer la victoire de Fontenoy.

11 mai,
Fête de Saint Mamert, archevêque de Vienne et confesseur, instituteur des Rogations ;
Anniversaire de la victoire de Fontenoy (11 mai 1745).

frise lys

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

En octobre 1740, la mort de l’empereur Charles VI du Saint-Empire sans héritier mâle entraîne la guerre de succession d’Autriche. La France, d’abord simple soutien militaire dans la coalition anti-autrichienne, va bientôt devenir un belligérant à part entière, puis la clef de voûte de cette coalition. Pris dans l’engrenage de la guerre, Louis XV ne désire qu’une seule chose : en sortir ! Mais la paix ne peut être proposée qu’en position de force : il veut donc frapper un grand coup dans les Pays-Bas autrichiens (actuelle Belgique) et décide de s’emparer de Tournai, bastion de la barrière des Flandres. Il confie le commandement des troupes au Maréchal Maurice de Saxe, qui s’est déjà brillamment illustré dans cette guerre, et se rend en personne sur le front, accompagné par le Dauphin (qui paraît pour la première fois sur un champ de bataille).
Le 11 mai 1745, dans la plaine de Fontenoy, les troupes françaises subissent un assaut féroce des troupes anglo-austro-hanovriennes, qui peu après midi, semblent l’emporter ; mais dans un sursaut héroïque, l’armée française transforme une défaite quasi-assurée en une victoire éclatante, provoquant la retraite anglaise : le Royaume des Lys vient de remporter la plus grande bataille du XVIIIème siècle, la dernière grande victoire terrestre de l’Ancien Régime.

Horace Vernet - Louis XV à Fontenoy - château de Versailles

Le Maréchal de Saxe présentant à Louis XV et au Dauphin les prisonniers et les drapeaux pris à l’ennemi
à l’issue de la victoire de Fontenoy, le 11 mai 1745
(Horace Vernet – 1828 -  « galerie des batailles », au château de Versailles)

La nouvelle parvint rapidement à Versailles et dès le lendemain, 12 mai, un Te Deum fut chanté à la Chapelle Royale. Mais le grand hymne d’action de grâces à Dieu pour la victoire du Roi fut l’occasion de ce que l’on a appelé « la querelle des Te Deum« .

Le Surintendant le la Musique de la Chambre du Roi était, depuis 1719, François Colin de Blamont (1690-1760) et, se prévalant d’un usage ancien selon lequel en cette occurrence la direction du Te Deum à la Chapelle Royale lui revenait à lui et non aux Sous-Maîtres de la Chapelle, il se rendit en hâte à la chapelle. Mais Esprit Joseph Antoine Blanchard (1696-1770), l’un des Sous-Maîtres de la Chapelle, l’avait devancé, avait déjà distribué aux musiciens et chanteurs les partitions d’un « Cantique d’action de grâces pour les conquêtes de Louis XV » qu’il avait composé l’année précédente, et lança la musique sitôt que la Reine prit place, sans laisser à Colin de Blamont le temps d’intervenir.

L’affaire remonta jusqu’au front, et le duc de Richelieu, au nom du Roi, écrivit à Blanchard pour blâmer sa conduite. Aussi, quelques jours plus tard, ce fut le Te Deum de Colin de Blamont qui fut interprété à la Chapelle Royale pendant la Messe du Roi (qui était donc absent) pour célébrer la victoire de Tournai, tandis qu’à la Messe de la Reine, qui le soutenait, était redonné le Te Deum de Blanchard, lequel, depuis, reste souvent nommé « Te Deum de Fontenoy » !

La Guerre des Te Deum - CD

Dans un concert enregistré à la Chapelle Royale du château de Versailles le 30 juin 2018, l’ensemble Stradivaria, dirigé par Daniel Cuiller, et le Chœur Marguerite Louise ont interprété ces deux Te Deum concurrents pour célébrer la victoire de Fontenoy.
C’est un CD de la collection « Château de Versailles – spectacles » que nous avons fort prisé…
Nous espérons que, dans leur éternité, Blanchard et Colin de Blamont sont aujourd’hui réconciliés (!!!) et nous, ici-bas, sommes heureux d’élever notre âme à Dieu dans la louange et l’action de grâces en écoutant ces deux œuvres qui ne sont pas antagonistes dans notre cœur et notre prière…

Les deux Te Deum peuvent être également écoutés sur un site de vidéos à la demande très connu.
Vous pouvez donc entendre ici le « Cantique d’action de grâces pour les conquêtes de Louis XV » d’Esprit-Antoine Blanchard > ici
Et le Te Deum de François Colin de Blamont > ici

 » Si on veut connaître un peuple, il faut écouter sa musique « , a dit Platon.
En glosant sur cette réflexion du philosophe, et pour contrer les images calomnieuses que l’histoire républicaine a colportées et largement répandues, je veux simplement conclure en disant que si l’on veut en vérité connaître nos Rois, il faut écouter la musique sur laquelle ils priaient et faisaient prier le Dieu des Victoires au cœur de leur palais.  

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur 

Maurice Quentin de La Tour - Louis XV en armure

Louis XV en armure (Maurice Quentin de La Tour – 1748)

frise lys

2020-67. Message de Sa Majesté à l’occasion de la fête nationale de Sainte Jeanne d’Arc.

Dimanche 10 mai 2020,
Fête nationale de Jeanne d’Arc ;
Solennité liturgique de Sainte Jeanne d’Arc (cf. > ici) ;
Anniversaire du martyre de Madame Elisabeth de France (cf. > ici).

Ce dimanche 10 mai au matin, deuxième dimanche du mois de mai, à l’occasion de la fête nationale et solennité liturgique de Sainte d’Arc, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, a publié sur les réseaux sociaux une vidéo sur laquelle il a enregistré un message à l’adresse de tous les Français.
Vous trouverez ci-dessous le texte de ce message et le lien vers cette enregistrement.

Vitrail Sainte Jeanne d'Arc - église Saint-Georges de Néris-les-Bains

Lorsque Jeanne d’Arc élève son étendard au ciel bleu,
la France sait dans quelle direction diriger ses voix et ses prières

Chers Français,

Aujourd’hui, alors que nous commémorons le centenaire de sa canonisation, comme beaucoup de Français, je veux rendre hommage à Jeanne d’Arc. Elle est une des héroïnes les plus authentiques de l’histoire de France, puisqu’elle associe à sa sainteté, l’affirmation de ce qui représente le mieux le devenir d’un peuple, sa volonté de liberté et du bien commun.

Dès lors, on comprend l’identification de tous les Français, à la patronne extraordinaire de la France. Jeanne d’Arc, la Pucelle, apparaît à un moment crucial pour notre patrie.

Cette époque présente de nombreuses similitudes avec la nôtre : la France et les Français semblaient avoir perdu une grande partie de leur espoir, se sentant dépassés par les forces supérieures et diffuses qui leur inoculent l’incertitude de l’avenir, s’installant le doute puis le renoncement.

Heureusement, la fille aînée de l’Eglise n’est pas seule. La Providence s’est manifestée avec une force inhabituelle au cours de l´histoire de notre nation, depuis le baptême et le couronnement de Clovis, la sainteté de Louis IX, l’onction du sacre, l’ardente volonté de Louis XIII de consacrer la France à Notre-Dame de l’Assomption.

Avec Jeanne d’Arc, le destin élira une personne humble, pour que la France puisse tenir ses promesses de fidélité. Une paysanne, sans expérience militaire ou politique, pour réaliser un double exploit inexplicable : chasser les ennemis du royaume en redonnant à tous les Français la dignité perdue et la foi.

À l’heure dramatique actuelle, certains souhaitent que cet anniversaire passe inaperçu, mais la France, toujours fidèle à ses traditions et, les Français voulant retrouver confiance dans leur avenir, ne peuvent manquer d’exprimer leur attachement à la Sainte. Lorsque Jeanne d’Arc élève son étendard au ciel bleu, la France sait dans quelle direction diriger ses voix et ses prières.

Comme elle disait : « les hommes combattent et Dieu seul, donne la victoire », voilà le plus grand héritage et la référence sans équivoque de notre histoire, nécessaire pour construire l’avenir.

Vive Sainte Jeanne d´Arc, vive les Français, vive la France.

 Louis,
Duc d’Anjou.

Pour visionner l’enregistrement vidéo de ce message :
Faire un « clic » droit sur l’image ci-dessous, puis « ouvrir dans un nouvel onglet »

Image de prévisualisation YouTube

grandes armes de France

2020-66. Appel pour l’Eglise et pour le monde aux fidèles Catholiques et aux hommes de bonne volonté.

Depuis ce jeudi 7 mai en fin d’après-midi en Italie, puis ce vendredi 8 mai dans la journée, plusieurs médias catholiques ont diffusé le texte d’un « Appel » pressant relatif à l’état de l’Eglise et du monde dans la crise actuelle. Nous estimons qu’il n’est pas inutile que ce texte, important figure aussi dans les pages de ce blogue, vous invitant à le lire avec la plus grande attention et à réfléchir sur les graves avertissements dont il est porteur, qui sont très proches de l’analyse que nous faisons sur la situation présente.
A titre personnel, j’ai ajouté ma signature à cet appel. Vous-mêmes, Amis lecteurs, ferez en votre âme et conscience ce qu’il vous semble juste et bon.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

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Mater Ecclesiae

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Appel pour l’Eglise et pour le monde
aux fidèles Catholiques
et aux hommes de bonne volonté

En ce temps de très grave crise, nous, Pasteurs de l’Église Catholique, en vertu de notre mandat, considérons comme notre devoir sacré de lancer un Appel à nos Confrères dans l’Épiscopat, au Clergé, aux Religieux, au Peuple de Dieu et à tous les hommes de bonne volonté. Cet Appel est également signé par des intellectuels, des médecins, des avocats, des journalistes et des professionnels, qui en partagent le contenu. Il est ouvert à la signature de ceux qui voudront en partager le contenu.

Les faits ont montré que, sous prétexte de l’épidémie de Covid-19, en bien des cas les droits inaliénables des citoyens ont été violés, en limitant d’une manière disproportionnée et injustifiée leurs libertés fondamentales, y compris l’exercice de la liberté de culte, d’expression et de mouvement. La santé publique ne doit pas et ne peut pas devenir une excuse pour bafouer les droits de millions de personnes dans le monde, et encore moins pour exonérer l’autorité civile de son devoir d’agir avec sagesse pour le bien commun; cela est d’autant plus vrai que les doutes croissent quant à l’effective contagiosité, à la dangerosité et à la résistance du virus: de nombreuses voix faisant autorité dans le monde de la science et de la médecine confirment que l’alarmisme à propos du Covid-19 amplifié par les médias ne semble absolument pas justifié.

Nous avons des raisons de croire – sur la base des données officielles relatives à l’incidence de l’épidémie, et sur celle du nombre de décès – qu’il existe des pouvoirs fort intéressés à créer la panique parmi la population dans le seul but d’imposer de façon permanente des formes de limitation inacceptables de la liberté, de contrôle des personnes, de suivi de leurs mouvements. Ces formes de limitations liberticides sont un prélude inquiétant à la création d’un Gouvernement Mondial hors de tout contrôle.

Nous croyons aussi que dans certaines situations les mesures de confinement prises, y compris la fermeture des activités commerciales, ont conduit à une crise qui a submergé des secteurs entiers de l’économie, ce qui favorise l’ingérence des puissances étrangères, avec des répercussions sociales et politiques graves. Ces formes d’ingénierie sociale doivent être empêchées par ceux qui ont la responsabilité du gouvernement, en adoptant des mesures pour protéger les citoyens, dont ils sont les représentants et pour les intérêts desquels ils ont l’obligation de s’engager. Il est également nécessaire d’aider la famille, cellule de base de la société, en évitant de pénaliser déraisonnablement les personnes faibles et âgées par la séparation forcée et douloureuse de leurs proches. La criminalisation des relations personnelles et sociales doit également être jugée comme une partie inacceptable du projet de ceux qui favorisent l’isolement des individus afin de mieux les manipuler et les contrôler.

Nous demandons à la communauté scientifique de veiller à ce que les soins pour le Covid-19 soient promus honnêtement pour le bien commun, en évitant scrupuleusement que des intérêts iniques influencent les choix des gouvernements et des organismes internationaux. Il n’est pas raisonnable de pénaliser des remèdes qui se sont révélés efficaces, souvent peu coûteux, uniquement parce qu’on veut donner la priorité à des traitements ou des vaccins qui ne sont pas aussi fiables mais qui garantissent aux sociétés pharmaceutiques des bénéfices bien plus importants, qui pèsent sur la santé publique. Nous rappelons également, en tant que Pasteurs, que pour les Catholiques, il est moralement inacceptable de recevoir des vaccins dans lesquels du matériau provenant de fœtus avortés est utilisé.

Nous demandons également aux Gouvernements de veiller afin d’éviter de la manière la plus rigoureuse toute forme de contrôle des personnes, à la fois par le biais de systèmes de suivi et par toute autre forme de localisation : la lutte contre le Covid-19 – aussi grave soit-il – ne doit pas être le prétexte pour approuver des projets douteux d’entités supranationales nourrissant de très forts intérêts commerciaux et politiques. En particulier, les citoyens doivent avoir la possibilité de refuser ces limitations de la liberté personnelle, sans qu’il soit imposé aucune forme de sanction à ceux qui ne veulent pas recourir aux vaccins, ni accepter des méthodes de suivi et tout autre instrument similaire. Il faut considérer également la contradiction flagrante dans laquelle se trouvent ceux qui poursuivent des politiques de réduction drastique de la population et qui se présentent en même temps comme des bienfaiteurs de l’humanité sans aucune légitimité politique ou sociale. Enfin, la responsabilité politique de ceux qui représentent le peuple ne peut absolument pas être confiée à des techniciens qui vont jusqu’à revendiquer pour eux-mêmes des formes inquiétantes d’immunité pénale.

Nous demandons instamment aux médias de s’engager activement dans une information objective qui ne pénalise pas la dissidence en recourant à des formes de censure, comme cela se produit couramment sur les réseaux sociaux, dans la presse et à la télévision. L’information correcte exige qu’un espace soit accordé aux voix qui ne sont pas alignées sur la pensée unique, permettant aux citoyens d’évaluer consciemment la réalité, sans être indûment influencés par des interventions partisanes. Une confrontation démocratique et honnête est le meilleur antidote au risque de voir imposées des formes subtiles de dictature, vraisemblablement pires que celles que notre société a vu naître et mourir dans un passé récent.

Enfin, Nous rappelons, en tant que Pasteurs responsables du Troupeau du Christ, que l’Église revendique fermement son autonomie dans le gouvernement, dans le culte, dans la prédication. Cette autonomie et cette liberté sont un droit inhérent que le Seigneur Jésus-Christ lui a donné pour la poursuite de ses propres fins. Pour cette raison, en tant que Pasteurs, Nous revendiquons fermement le droit de décider de manière indépendante de la célébration de la Messe et des Sacrements, tout comme nous exigeons une autonomie absolue dans les questions qui relèvent de notre juridiction immédiate, telles que les normes liturgiques et les méthodes d’administration de la Communion et des Sacrements. L’État n’a pas le droit de s’ingérer, pour quelque raison que ce soit, dans la souveraineté de l’Église. La collaboration de l’Autorité ecclésiastique, qui n’a jamais été refusée, ne peut impliquer de la part de l’Autorité civile des formes d’interdiction ou de limitation du culte public ou du ministère sacerdotal. Les droits de Dieu et des fidèles sont la loi suprême de l’Église à laquelle elle ne veut ni ne peut déroger. Nous demandons que les limitations à la célébration des fonctions publiques du culte soient supprimées.

Nous invitons les personnes de bonne volonté à ne pas se soustraire à leur devoir de coopérer en vue du bien commun, chacune selon son état et ses possibilités et dans l’esprit d’une sincère Charité fraternelle. Cette coopération, souhaitée par l’Église, ne peut cependant être dissociée du respect de la Loi naturelle, ni de la garantie des libertés des individus. Les devoirs civils auxquels les citoyens sont tenus impliquent la reconnaissance par l’État de leurs droits.

Nous sommes tous appelés à évaluer les faits actuels conformément à l’enseignement de l’Évangile. Cela implique de choisir son camp : avec le Christ, ou contre le Christ. Ne soyons pas intimidés ou effrayés par ceux qui nous font croire que nous sommes une minorité : le Bien est beaucoup plus répandu et puissant que ce que le monde veut nous faire croire. Nous nous trouvons en train de lutter contre un ennemi invisible, qui sépare les citoyens entre eux, les enfants des parents, les petits-enfants des grands-parents, les fidèles de leurs pasteurs, les étudiants des enseignants, les clients des vendeurs. Ne permettons pas que des siècles de civilisation chrétienne soient anéantis sous le prétexte d’un virus, en laissant s’établir une tyrannie technologique haineuse dans laquelle des personnes anonymes et sans visage peuvent décider du sort du monde en nous confinant dans une réalité virtuelle. Si tel est le plan auquel les puissants de la terre entendent nous plier, sachez que Jésus-Christ, Roi et Seigneur de l’Histoire, a promis que « les portes des Enfers ne prévaudront pas » (Mt 16, 18).

Confions à Dieu Tout-Puissant ceux qui gouvernent les nations, afin qu’Il les éclaire et les guide dans ces moments de grande crise. Qu’ils se souviennent que, tout comme le Seigneur jugera les Pasteurs pour le troupeau qui leur a été confié, de même Il jugera ceux qui détiennent le pouvoir et qui ont le devoir de préserver et de gouverner leurs peuples.

Prions avec foi le Seigneur pour qu’Il protège l’Église et le monde. Que la Très Sainte Vierge, Auxiliatrice des Chrétiens, écrase la tête de l’ancien Serpent, confonde et déroute les plans des enfants des ténèbres.

8 Mai 2020
Vierge du Rosaire de Pompéi

Source > ici

Prélats qui ont signé cet appel :

Mgr Carlo Maria Viganò, archevêque, nonce apostolique
Cdl Joseph Zen Ze-kiun, évêque émérite de Hong Kong
Cdl Janis Pujats, archevêque émérite de Riga
Cdl Gerhard Ludwig Mueller, préfet émérite de la Congrégation de la Doctrine de la foi
Mgr Luigi Negri, archevêque émérite deFerrara-Comacchio
Mgr Joseph Strickland, évêque de Tyler, Texas
Mgr Thomas Peta, archevêque métropolitain d’Astana
Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire d’Astana
Mgr Jan Pawel Lenga, archevêque émérite de Karaganda
Mgr Rene Henry Gracida, évêque émérite de Corpus Christi
Mgr Andreas Laun, évêque auxiliaire de Salzbourg
Mgr Robert Muetsaerts, évêque auxiliaire de Den Bosch

Si vous désirez vous aussi signer, c’est > ici

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