Archive pour la catégorie 'Chronique de Lully'

2026-80. Marie, notre médiatrice.

8 mai,
En certains lieux, fête de Marie Médiatrice de toutes grâces (double de 2ème classe - cf > ici) ;
Mémoire de l’apparition de Saint Michel archange au Mont Gargan ;
Anniversaire de la délivrance d’Orléans par Sainte Jeanne d’Arc (cf. ici).

Marie Médiatrice de toutes grâces - blogue

L’intercession de Marie

nous est nécessaire pour nous sauver :

       La foi nous enseigne qu’il est, non seulement permis, mais encore utile et conforme à la piété, d’invoquer et de prier les saints, et principalement leur Reine, la Très Sainte Vierge Marie, afin d’obtenir la grâce divine par leur intercession.
Cette vérité, l’Eglise l’a définie en divers conciles, et elle a condamné comme hérétiques ceux qui réprouvaient l’invocation des saints comme injurieuse à Jésus-Christ, notre unique Médiateur.
Si, après sa mort, Jérémie prie pour Jérusalem ; si les vieillards de l’Apocalypse présentent à Dieu les prières des justes ; si Saint Pierre promet à ses disciples de se souvenir d’eux dans l’autre vie ; si Saint Étienne prie pour ses persécuteurs ; si Saint Paul prie pour ses compagnons et ses amis ; il est clair que les saints peuvent prier pour nous ; mais alors, pourquoi ne pourrions-nous pas supplier les saints d’intercéder en notre faveur ?
D’un autre côté, Saint Paul se recommande aux prières de ses disciples : Priez pour nous, dit-il aux Thessaloniciens ; Saint Jacques exhorte les fidèles en ces termes : Priez les uns pour les autres, afin que vous soyez sauvés. Nous pouvons donc, nous aussi, quêter les prières d’autrui, et en particulier celles des saints.

   Que Jésus-Christ soit notre unique Médiateur de justice ; que Lui seul nous ait obtenu par Ses mérites la réconciliation avec Dieu, qui le nie ?
Mais, d’autre part, c’est une impiété de nier que Dieu Se plaise à octroyer Ses grâces en ayant égard à l’intercession des saints, et surtout à celle de la divine Mère, Marie, que Jésus désire tant de voir aimée et honorée de nous.
Qui ne sait que l’honneur rendu aux parents rejaillit sur leurs enfants ? Les pères sont la gloire de leur fils, selon le Sage. Qu’on ne craigne donc pas d’obscurcir la gloire du Fils à force de louer la Mère, car honorer la Mère, c’est louer le Fils :  » Il n’est nullement douteux, dit Saint Bernard, que toutes les louanges que nous donnons à la Mère et à la Reine, retournent au Fils et au Roi ». En effet, personne n’en doute, c’est en considération des mérites de Jésus-Christ que Marie fut investie de ce grand pouvoir qui la constitue Médiatrice, disons-nous non pas à titre de justice, mais à titre de grâce et par intercession. Saint Bonaventure n’hésite pas à l’appeler ainsi ; et Saint Laurent Justinien demande : Comment ne serait-elle pas pleine de grâce, celle qui est devenue l’Echelle du paradis, la Porte du ciel, la véritable Médiatrice entre Dieu et les hommes ?

   A ce propos, Suarez observe avec raison que prier la Sainte Vierge de nous obtenir des grâces, c’est témoigner que nous nous défions, non pas de la miséricorde divine, mais de nous-mêmes et de notre indignité ; nous nous recommandons à Marie, afin que sa dignité supplée à notre misère.

   Ainsi, que ce soit une chose utile et sainte de recourir à l’intercession de Marie, ceux-là seuls peuvent le révoquer en doute qui renoncent à la foi. Mais le point que nous prétendons établir ici, c’est que l’intercession de Marie nous est même nécessaire pour le salut, c’est-à-dire, pour parler avec précision, non pas absolument, mais moralement nécessaire. Et nous disons que cette nécessité découle de la volonté de Dieu même, Lequel ne veut pas nous faire de grâces qui ne passent par les mains de Marie. C’est le sentiment de Saint Bernard ; et nous pouvons ajouter, avec l’auteur du Règne de Marie, que ce sentiment est communément suivi aujourd’hui par les théologiens et les docteurs. Ainsi ont enseigné Vega, Mendoza, Paciuchelli, Segneri, Poiré, Crasset et un très grand nombre d’autres savants écrivains. Le Père Noël Alexandre lui-même, pourtant si réservé dans ses propositions, affirme aussi que la volonté de Dieu est que nous attendions toutes les grâces par l’intercession de Marie ; et il cite à l’appui le mot célèbre de Saint Bernard : « La volonté de Dieu est que nous ayons tout par Marie ». Le Père Contenson soutient la même doctrine ; il explique en ce sens les paroles adressées par Jésus du haut de la croix à Saint Jean, et il les commente en ces termes : « Voilà votre Mère, comme si le Sauveur eût dit : Personne n’aura part aux mérites du sang que Je répands, si ce n’est par l’intercession de ma Mère. Mes plaies sont les sources de la grâce ; mais les ruisseaux n’en couleront sur aucune âme que par le canal de Marie. Jean, Mon cher disciple, vous serez aimé de moi en proportion de l’amour filial que vous aurez pour elle ».

   Selon Saint Bernard, Dieu a comblé Marie de toutes les grâces, afin que tous les biens destinés aux hommes leur arrivent par elle comme un canal céleste : « Pareil à un aqueduc plein jusqu’au bord, elle donne à tous sa plénitude ». Le saint fait en outre une réflexion bien remarquable ! Si, dit-il, avant la naissance de la bienheureuse Vierge, on ne voyait pas dans le monde ce courant de grâces qui s’épanchent aujourd’hui sur tous les hommes, c’est qu’alors cet Aqueduc si désirable y manquait. Marie a été donnée au monde afin que, par ce canal de grâces, les dons célestes descendent continuellement jusqu’à nous.

   Le démon le sait bien ; aussi, de même que, pour réduire la ville de Béthulie, Holopherne en fit couper les aqueducs, cet esprit malin s’attache de tout son pouvoir à détruire dans les âmes la dévotion envers la Mère de Dieu ; car, ce canal salutaire une fois fermé, il lui devient facile de les subjuguer. « Voyez donc, conclut le même Père, voyez, âmes fidèles avec quelle affectueuse dévotion le Seigneur veut que nous honorions notre Reine ! Il a mis en elle la plénitude de tous les biens, afin de nous obliger à recourir sans cesse à elle avec une entière confiance en sa protection, et à reconnaître ainsi que, désormais, s’il est pour nous quelque espérance d’obtenir la grâce et d’arriver à la gloire, nous ne pouvons la voir réaliser que par l’entremise de Marie ». – Saint Antonin dit pareillement : « Toutes les grâces qui ont jamais été départies aux hommes, leur sont venues par le moyen de Marie ».

   Voilà pourquoi elle est comparée à la lune. Placée entre le soleil et la terre, dit Saint Bonaventure, la lune renvoie à cette dernière la lumière qu’elle-même reçoit du soleil ; et Marie reçoit du soleil divin les célestes influences de la grâce, pour nous les transmettre ici-bas.

   C’est pour le même motif que la Sainte Eglise l’invoque sous le titre de Porte du ciel : Felix coeli porta. Toute lettre de grâce émanée du roi passe par la porte de son palais ; ainsi, remarque Saint Bernard, nulle grâce ne descend du ciel sur la terre, sans passer par les mains de Marie. Et, rendant raison de la même appellation, Saint Bonaventure ajoute que nul ne peut entrer dans le ciel, sans passer par cette bienheureuse Porte qui est Marie.

   Nous sommes encore confirmés dans notre sentiment par Saint Jérôme, ou, comme certains le veulent, par un autre auteur ancien, dont le sermon sur l’Assomption a été inséré parmi les œuvres de ce Père. On lit dans ce sermon que la plénitude de la grâce est en Jésus-Christ comme dans la tête, d’où découlent et se répandent en nous, ses membres, tous les esprits vitaux, c’est-à-dire, les secours divins nécessaires au salut ; et que la même plénitude se trouve en Marie comme dans le cou par lequel les esprits vitaux descendent dans les membres.
Saint Bernardin s’empare de cette pensée et la développe : « C’est par la Bienheureuse Vierge, dit-il, que toutes les grâces de la vie spirituelle descendent de Jésus-Christ, Chef sacré de l’Eglise, dans Son corps mystique, c’est-à-dire dans les fidèles ». Et, rendant compte de cette prérogative de la divine Mère, il ajoute : « Depuis qu’il a plu au Seigneur d’habiter dans le sein de la Bienheureuse Vierge, elle a en quelque sorte acquis une certaine juridiction sur toutes les grâces ; car Jésus-Christ, en sortant de ses chastes entrailles, fit en même temps sortir d’elle, comme d’un céleste réservoir, tous les courants des dons divins ».
Le saint répète la même chose ailleurs, et en tire cette conclusion qu’à partir de l’Incarnation du Verbe, « nulle créature n’a obtenu de Dieu une grâce quelconque, si ce n’est par les mains de notre bonne et tendre Mère ».

   Un auteur interprète dans le sens de notre thèse, le passage où Jérémie prédit, à propos de l’Incarnation du Verbe dans le sein de Marie, qu’une Femme environnera l’Homme-Dieu. « De même, dit-il, qu’une ligne tirée du centre d’un cercle ne peut en sortir sans passer par la circonférence, ainsi aucune grâce ne peut nous venir de Jésus-Christ, centre de tout bien, sans passer par Marie, qui, en recevant le Fils de Dieu dans son sein, l’a réellement environné de toute part ».

   Il résulte de là, selon Saint Bernardin, que tous les dons, toutes les vertus et toutes les grâces, sont dispensés par les mains de Marie, à qui elle veut, quand elle veut, et comme elle veut.

   Richard de Saint-Laurent dit pareillement : « Dieu n’accorde aucun bien à Ses créatures sans le faire passer par les mains de la Vierge Mère ». Aussi le vénérable abbé de Celles exhorte chacun de nous à recourir à cette Trésorière des grâces, comme il l’appelle, assurant qu’elle est le seul canal par où le monde et chaque homme en particulier puissent recevoir les faveurs qu’ils attendent de Dieu.

   On le voit clairement : en affirmant que toutes les grâces nous viennent par l’entremise de Marie, tous ces saints, tous ces pieux auteurs n’ont pas voulu attacher à leurs paroles ce sens restreint, à savoir : que de Marie nous avons reçu Jésus-Christ, la source de tout bien. Ils nous déclarent en termes formels, qu’à partir de la naissance de Jésus-Christ, et cela en vertu d’un décret divin, toutes les grâces provenant de Ses mérite furent distribuées aux hommes, le sont actuellement, et le seront jusqu’à la fin du monde par les mains et moyennant l’intercession de Marie.

   Pour conclure, nous dirons avec le Père Suarez que, selon le sentiment aujourd’hui universel de l’Eglise, l’intercession de Marie ne nous est pas seulement utile, mais encore nécessaire.
Il ne s’agit pas ici, nous le répétons, d’une nécessité absolue : la médiation de Jésus nous est seule absolument nécessaire ; nous parlons d’une nécessité morale fondée sur cette raison que, comme le pense l’Eglise, d’accord avec Saint Bernard, Dieu a décrété de ne nous accorder aucune grâce, si ce n’est par l’entremise de Marie.
Et avant Saint Bernard, Saint Ildephonse avec affirmé la même chose, en parlant ainsi à la glorieuse Vierge : « O Marie ! il a plu au Seigneur de remettre entre vos mains tous les biens qu’il a préparés aux hommes ; Il vous a confié tous les trésors et toutes les richesses de Ses grâces ».
Selon Saint Pierre Damien, si Dieu n’a pas voulu Se faire homme sans le consentement de Marie, c’est pour deux raisons : premièrement, afin de nous obliger à une extrême reconnaissance envers cette divine Mère ; secondement, pour nous apprendre que le salut de tous les hommes est remis à sa décision.

   Saint Bonaventure considère le passage où le prophète Isaïe annonce, sous l’emblême d’une tige et de sa fleur, la naissance de Marie et celle du Verbe fait chair : il sortira une tige de la Racine de Jessé, et une fleur s’élèvera de sa racine, et sur cette fleur reposera l’Esprit du Seigneur ; or voici la réflexion que lui inspire ce beau texte : « Quiconque désire obtenir la grâce du Saint-Esprit, doit chercher la Fleur sur la Tige, c’est-à-dire Jésus en Marie : car par la Tige nous arrivons à la Fleur, et par la Fleur nous arrivons à Dieu. Et voulez-vous, ajoute-t-il, avoir cette Fleur ? tâchez, à force de prières, d’incliner vers vous la Tige, et vous l’aurez ». Le Docteur Séraphique appuie ce conseil sur le texte de l’Evangile : Les Mages trouvèrent l’Enfant avec Marie Sa Mère. Jamais, dit-il, on ne trouve Jésus qu’avec Marie et par Marie ; ainsi donc, conclut-il, celui-là cherche en pure perte Jésus-Christ, qui ne cherche pas à le trouver avec Marie ». De là ce mot de Saint Ildephonse : « Pour être serviteur du Fils, je veux l’être de la Mère ». J’aspire à être le serviteur du Fils ; et, comme cela est impossible à quiconque ne l’est pas de la Mère, toute mon ambition est de mériter le titre de serviteur de Marie.

Saint Alphonse-Marie de Ligori, docteur de l’Eglise,
in « Les Gloires de Marie », chapitre V, 1ère partie.

Monogramme de Marie vitrail avec anges - blogue

2026-79. Pour le pèlerinage annuel de la Confrérie Royale à l’intention du Roi et de la France auprès de Notre-Dame du Puy, et pour les pèlerinages associés.

Jeudi 7 mai 2026.

Blason Confrérie Royale petite taille

Très Chers Membres et Amis de la Confrérie Royale,

       Ainsi que cela vous a été annoncé, un accident handicapant ayant rendu inopérant Frère Maximilien-Marie, il a semblé plus raisonnable de réduire les dimensions du pèlerinage annuel pour le Roi et la France au Puy-en-Velay au seul jour de l’Ascensionjeudi 14 mai 2026 : nous n’oublierons d’ailleurs pas que, en 1643 également, le 14 mai coïncidait avec le jeudi de l’Ascension, et que c’est ce jour-là que notre très pieux Roi Louis XIII rendit sa belle âme à Dieu (cf. > ici) et que c’était exactement trente-trois années après son accession au trône, le 14 mai 1610, jour de l’assassinat de son père, Henri IV le Grand, notre premier Roi Bourbon.

Saint Vincent de Paul assistant Louis XIII en son agonie - vitrail de l'église Saint-Séverin à Paris

Louis XIII mourant dans les bras de Saint Vincent de Paul
[vitrail de l'église Saint-Séverin, à Paris].

   En parallèle avec ce pèlerinage aux pieds de Notre-Dame du Puy, nous invitons tous ceux qui avaient prévu de venir de loin, même si c’est en petits groupes de deux ou trois seulement, d’accomplir le même jour, une démarche spirituelle d’union avec les pèlerins qui se trouveront au Puy-en-Velay.

I – Pèlerinage aux pieds de Notre-Dame du Puy :

   Jeudi de l’Ascension 14 mai 2026, donc, un prêtre membre de la Confrérie Royale dirigera la démarche du pèlerinage au Puy-en-Velay : pour connaître les horaires (Sainte Messe en particulier), le lieu de rendez-vous et le déroulement du pèlerinage, nous contacter au moyen de l’adresse électronique : pelerinage.confrerie@gmail.com.
A noter 1) que chacun prévoit son pique-nique pour le déjeuner, et que 2) le pèlerinage n’est pas réservé aux membres de la Confrérie Royale, mais qu’il est ouvert à toute personne de bonne volonté qui veut prier pour le Roi et la France.

Notre-Dame du Puy - Vierge Noire - 12 mai 2018

II – Pèlerinages associés :

   Ce même jour, nous invitons tous les membres de la Confrérie Royale, où qu’ils se trouvent, à se retrouver avec d’autres personnes, membres ou amis de la Confrérie, ou simplement désireuses d’accomplir quelque démarche spirituelle pour le Roi et la France, et d’organiser, selon les lieux et les opportunités soit un petit pèlerinage, soit un moment de prière, en sus de la Sainte Messe du jour de l’Ascension (fête d’obligation, il n’est jamais inutile de le rappeler).
Nous invitons nos amis de l’Union des Cercles Légitimistes de France (UCLF) et du Cercle d’Action Légitimiste (CAL) à faire de même.

- De quelle manière ?
En se retrouvant si possible pour la Messe, puis – pourquoi pas ? – en déjeunant ensemble (pique-nique), enfin en se rendant soit dans un lieu de pèlerinage, pas forcément un « grand » pèlerinage, ce peut être une belle chapelle en l’honneur de la Madone ou d’un saint, un sanctuaire dans lequel se trouve une statue particulière ou lié à notre histoire, ou encore le lieu du martyre ou de la sépulture de quelque victime de la révolution… etc. (les villes et les campagnes de notre beau Royaume n’en manquent pas : c’est à chaque groupe de choisir celui qui lui semble le plus adapté).
Vous manquez d’idée ? Contactez-nous, et nous pourrons peut-être vous aider.
Si les lieux s’y prêtent – je pense en particulier dans les campagnes – ce peut-être l’occasion de faire une petite marche en récitant le chapelet ou le saint rosaire, et en chantant nos beaux cantiques traditionnels.
S’il y a dans le groupe quelque personne capable, elle peut, bien sûr, dispenser aux autres un enseignement spirituel…

   Le seul « impératif » c’est que la démarche et les prières soient offertes pour notre Roi et pour la France. Autour de cela, chaque groupe peut adapter son « pèlerinage associé » en fonction de ses possibilités. Ce n’est pas plus compliqué que cela !

   Certaines personnes se sont déjà manifestées à nous, et nous les remercions. S’il y a des personnes qui seraient désireuses de s’unir à cette démarche mais ne connaissent pas de groupe, elles peuvent nous contacter et nous pouvons les mettre en contact avec les groupes qui se sont signalés à nous s’il s’en trouve dans leurs parages… 

   Nous souhaitons seulement que les groupes se fassent connaître à nous, pour que les pèlerins qui seront au Puy puissent les présenter à Notre-Dame, dans ce sanctuaire où une vingtaine de nos souverains est venue se recueillir et prier.
Là encore, une adresse électronique de contact : pelerinage.confrerie@gmail.com.

Pèlerins en procession

2026-78. Du Bienheureux Louis Doumain, prêtre du diocèse de Viviers, martyr du régime nazi.

5 mai,
Chez les Ermites de Saint Augustin, la fête de la conversion de notre Bienheureux Père Saint Augustin (double majeur) ;
Au calendrier romain traditionnel, la fête de Saint Pie V, pape et confesseur ;
En certains lieux, la fête des Bienheureux Martyrs français du nazisme, dont, au diocèse de Viviers, le Bienheureux Louis Doumain, prêtre.

Bx Louis Doumain

Le Bienheureux Louis Doumain (1920-1944)

Présentation du Bienheureux Louis Doumain sur le site officiel du diocèse de Viviers (cf. > ici) :

       Né le 7 février 1920 à Cardiff-Edmonton, au Canada, dans une famille ardéchoise émigrée, Louis Doumain revient en France avec ses parents en 1926. Après quelques années à Montpezat puis à Nîmes, il est orienté par son curé, l’abbé Chaudouard, vers le petit séminaire d’Aubenas en 1929.
A seulement 16 ans, il entre au grand séminaire de Viviers où il prend la soutane. Naturalisé français en 1941 tout en gardant la double nationalité, il est ordonné prêtre le 19 décembre 1942, à 22 ans.
Trop jeune pour une charge paroissiale, il devient professeur et surveillant au petit séminaire d’Annonay.

   En juillet 1943, il est réquisitionné pour le Service du Travail Obligatoire et envoyé en Allemagne, au camp du « Lager Marie » et dans une usine chimique de Bitterfeld, près de Leipzig. Malgré les conditions inhumaines, il garde sa soutane, ce qui lui vaut le surnom de « bagnard ». Privé de paroisse, il exerce néanmoins un ministère clandestin : messes, confessions, rencontres d’études, cercles de prière, préparation aux sacrements. Avec des jeunes ouvriers, notamment des jocistes, il anime une véritable vie chrétienne dans la clandestinité.

   Rapidement repéré, il devient une cible de la Gestapo.
Le 19 septembre 1944, après une messe célébrée en secret dans les bois, il est arrêté avec une quarantaine de prêtres et de militants chrétiens. Interrogé, on lui propose la liberté en échange de l’engagement de ne plus célébrer la messe. Il refuse :

« Tout ce que vous voudrez, mais pas ça. C’est pour cela qu’on m’a fait prêtre. »

   Déporté ensuite dans plusieurs camps disciplinaires où les conditions étaient plus rudes encore que dans les camps de concentration, il tombe malade et meurt à l’infirmerie de Spergau le 20 décembre 1944, à l’âge de 24 ans.
Sa tombe, marquée seulement d’un numéro matricule, fut heureusement identifiée par un compagnon.

   En 1949, son corps est rapatrié en France et inhumé à Saint-Quentin-la-Poterie, dans le Gard, en présence de Mgr Couderc, évêque de Viviers.
En 1988, le diocèse de Paris ouvre officiellement la cause de béatification collective des martyrs français de la Seconde Guerre mondiale, dans laquelle figure le nom de l’abbé Louis Doumain.

   Il a été béatifié à Notre-Dame de Paris, avec 49 autres prêtres, religieux, séminaristes ou laïcs catholiques, le 13 décembre 2025 et leur fête commune a été fixée au 5 mai.

Messe clandestine dans les bois prêtre français sto

Messe clandestine célébrée en Allemagne dans les bois
par un prêtre français pour des jeunes réquisitionnés pour le Service du Travail obligatoire.

2026-77. « Avec Louis XVIII, et plus que jamais dans l’histoire de France, le roi a alors parfaitement incarné sa fonction de père pour nombre de Français qui aspiraient à la stabilité et à la prospérité.»

2 mai,
Fête de Saint Athanase d’Alexandrie :
Anniversaire de la déclaration de Saint-Ouen (2 mai 1814 – cf. > ici).

Monogramme de louis XX - blogue

   Au mois de mars 2026 est paru, aux éditions Via Romana, un ouvrage collectif publié sous la direction de Monsieur Jean-Michel Leniaud, directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études et dircteur honoraire de l’Ecole des Chartes, intitulé « Le Règne de Louis XVIII – Restauration & Modernité ».

   Ce livre est préfacé par Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX.
Il y a un réel intérêt à lire avec attention cette préface royale qui manifeste une intelligence poussée de ce pragmatisme capétien qui a caractérisé la royauté française traditionnelle et lui a permis d’affronter de nombreux périls, de s’adapter à des situations complexes multiples, sans trahir son essence. Ainsi, au-delà de l’aspect circonstancié de sa rédaction, est-elle le témoin d’un véritable programme politique de notre Souverain légitime…

le règne de Louis XVIII - Restauration et Modernité

       L’Institut de la Maison de Bourbon a eu l’heureuse initiative de vouloir commémorer, à l’occasion du bicentenaire de sa mort, le roi Louis XVIII et, plus particulièrement, son règne effectif de 1814 à 1824. Initiative d’autant plus importante que ce souverain est très méconnu. Souvent, en effet, il est décrit à travers quelques clichés ou d’autres éléments anecdotiques, de peu d’intérêt pour ce qu’est un souverain.

   Pourtant, quel règne fécond ! D’autant plus qu’il devait faire face à la vague révolutionnaire loin d’être éteinte quand il est arrivé au pouvoir en 1814. Ce fut un règne charnière. Les années 1814-1824 font partie de celles qui ont compté pour la France qui devait reprendre le chemin de la tradition dans un monde totalement nouveau.
Le titre de votre ouvrage collectif est bien choisi puisque pour Louis XVIII il fallait concilier restauration et modernité. Plusieurs rois, avant lui, avaient eu à faire face à de tels enjeux, pensons à François Ier ou encore à Henri IV. Des souverains qui ont compté parce qu’ils surent adapter la France aux mutations de leur époque. Louis XVIII s’inscrit dans cette démarche.

   Vingt-cinq ans d’errements avaient mis la France à genoux, saignée à blanc par des guerres intérieures et extérieures continues. Lorsque Louis XVIII accéda à la réalité du pouvoir, il put reprendre consciencieusement le travail multiséculaire des Capétiens et des Bourbons : redonner à la France une place dans le concert européen grâce à une diplomatie audacieuse, œuvrer au maintien de la paix sur le continent tout en ramenant la prospérité, la concorde et l’unité dans un pays déchiré. Ainsi la figure royale allait de nouveau s’imposer comme un vecteur de paix sociale, d’harmonie européenne, en adaptant la monarchie aux exigences du temps, comme cela se fit depuis les origines capétiennes. Avec Louis XVIII, et plus que jamais dans l’histoire de France, le roi a alors parfaitement incarné sa fonction de père pour nombre de Français qui aspiraient à la stabilité et à la prospérité.

   Tous les travaux des historiens réunis dans ce volume permettent de comprendre la richesse de ce règne et ce qui fait son originalité. Il marque véritablement un temps de l’histoire qui, sur bien des points, a été positif. Au-delà des institutions elles-mêmes et des relations internationales, pensons à la technologie comme aux Beaux-Arts. Louis XVIII, comme ses prédécesseurs, avait une vision globale de la fonction royale.

   Ce bicentenaire et les études menées par les chercheurs et historiens depuis plusieurs décennies doivent nous encourager à être humbles devant l’histoire et savoir nous rappeler que le passé peut-être un flambeau qui éclaire notre marche du temps présent, résolument tournée vers l’avenir.

   Je remercie tous les auteurs qui ont cntribué à cet ouvrage. Il donnera bien du plaisir à ses lecteurs qui connaîtront ainsi mieux l’œuvre du roi Louis XVIII.

Louis de Bourbon
Duc d’Anjou

Trois lys blancs

2026-76. Nous avons lu et nous recommandons chaleureusement : « L’Evangélisation des Gaules au Ier siècle », d’Arnaud Boüan du Chef du Bos.

30 avril,
fête de Sainte Hildegarde de Vintzgau, Reine des Francs (cf. ici) ;
Mémoire de Saint Eutrope, premier évêque de Saintes, martyr (cf. > ici) ;
Mémoire de la Vigile des Saints Apôtres Philippe et Jacques.

angelot baroque - vignette blogue

   Nous profitons de la fête de Saint Eutrope (voir ci-dessus) pour recommander avec chaleur un petit ouvrage, très facile de lecture et très agréablement illustré, de Monsieur Arnaud Boüan du Chef du Bos, qui vient très opportunément jeter un pavé dans la mare des prétendus historiens contemporains lesquels, à la manière de stupides perroquets, répètent les poncifs anti-catholiques forgés – à l’encontre de siècles et de siècles de tradition – depuis le XVIIIème siècle.
Ce livre, intitulé « L’Evangélisation des Gaules au Ier siècle », est paru à l’automne 2025 : on le trouve à la vente sur internet, en faisant une petite recherche.
Son auteur nous avait précédemment « régalés » avec deux ouvrages dont on peut dire qu’ils sont complémentaires : 1) « Saint Martial, l’Apôtre des Gaules », et 2) « L’Evangélisation de la Bretagne au premier siècle ».

   « Si la France est née en 496, elle fut conçue dès le premier siècle, dans la bonne terre de Gaule, évangélisée par des témoins du Christ en Galilée et des disciples des Apôtres ! Il est temps aujourd’hui de retrouver cette histoire oubliée pour rendre aux Français la vérité de notre histoire, et de gonfler notre espérance ! Tant de bénédictions originelles ne peuvent s’achever dans notre triste actualité : il nous faut retrouver nos racines, prier ces saints fondateurs, et restaurer l’union de tous ceux qui ne veulent pas voir périr notre si belle Patrie ! »

Présentation de l’ouvrage sur « Le Salon Beige » en octobre 2025.

L'évangelisation des Gaules au 1er siecle -Arnaud Boüan du Chef du Bos

Quatrième de couverture :

   « Découvrez plus de soixante témoins directs des faits et miracles de Jésus-Christ parmi lesquels ses plus proches amis, missionnés pour l’évangélisation des Gaules :

• Marie-Madeleine, la pénitente de Magdala ;
• Lazare de Marseille, le ressuscité de Béthanie ;
• Marthe de Tarascon, sœur de Marie-Madeleine et Lazare ;
• Martial de Limoges, l’enfant de la multiplication des pains ;
• Amadour, Zachée de Jéricho, l’ermite de Rocamadour ;
• Véronique de Soulac, l’héroïne du calvaire ;
• Ursin de Bourges, Nathanaël de Cana ;
• Denys de Paris, l’Aréopagite d’Athènes…

   Relégués par les historiens « rationalistes » au IIIème siècle, ils sont pourtant bien attestés par la Tradition de l’Eglise catholique et confirmés par la science archéologique la plus sûre.
Ce court livret démontre la prédilection de Dieu pour la France qui a reçu plus de 150 disciples dès le premier siècle et fait s’interroger : comment expliquer une telle concentration des personnages clés de l’Evangile dans ce tout petit bout de coin du monde qui deviendra la France ? »

   L’ouvrage bénéficie d’une préface de Monseigneur Dominique Le Tourneau, chapelain de Sa Sainteté, membre de nombreuses associations ou sociétés des plus recommendables, telle l’Association Universelle des Amis de Jeanne d’Arc, la Société des Gens de Lettre, l’Association des Ecrivains catholiques, la Societas Internationalis Iuris Canonici Promovendo… etc. C’est avant tout un canoniste, professeur de Droit canonique et juge au tribunal ecclésiastique de Lille, qui est en outre vice-postulateur de la cause de doctorat de Saint Césaire d’Arles.

angelot baroque - vignette blogue

2026-75. De Saint Eutrope, premier évêque de Saintes, martyr.

30 avril,
Fête de Sainte Hildegarde de Vintzgau, Reine des Francs (cf. > ici) ;
C’est aussi la fête de Saint Eutrope, premier évêque de Saintes, martyr ;
Mémoire de la Vigile des Saints Apôtres Philippe et Jacques.

Saint Eutrope - détail d'un vitrail de 1872

Saint Eutrope, évêque et martyr,
avec les instruments de son martyre (détail d’un vitrail de 1872).

   Pour la présentation de la vie de Saint Eutrope de Saintes, nous avons préféré commencer par reproduire ci-dessous la notice que lui consacre le Révérend Père François Giry, minime.
Cette première publication en appellera d’autres…

       « Saint Eutrope, que les Saintongeois reconnaissent pour leur apôtre et leur premier évêque, était un de ces Bienheureux dont parle Notre-Seigneur, qui ont eu l’honneur de le voir sur la terre et de converser avec Lui, ce que tant de rois et de prophètes ont désiré si ardemment et qu’ils n’avaient pas obtenu. C’est ainsi que le porte la tradition des Eglises, au récit de Baronius. Elle nous apprend encore qu’il passa de Grèce à Rome sous Saint Clément ; ce pape voyant les talents que Dieu lui avait donnés pour la prédication de l’Evangile, l’ordonna évêque et l’envoya ensuit en Saintonge, province de France, pour y porter la lumière de l’Evangile.

   Il y prêcha d’abord avec beaucoup de zèle ; mais il y avait affaire à une terre ingrate et à un peuple difficile à gagner. Après avoir souffert avec joie plusieurs persécutions et des tourments très cruels, il s’en retourna à Rome trouver celui qui l’avait envoyé. Néanmoins, le saint pape, poussé d’un zèle apostolique en faveur de la France, exhorta Eutrope à reprendre courage et à se joindre aux autres missionnaires qui accompagnaient le Bienheureux Denis l’Aréopagite, qu’il envoyait en qualité d’Apôtre dans les Gaules.

Saint Clément Ier envoie Saint Eutrope dans les Gaules

Saint Clément envoie Saint Eutrope dans les Gaules.

   Eutrope donc suivit l’Aréopagite jusqu’à la ville d’Arles, en Provence, et de là il passa une seconde fois en Guyenne et retourna à Saintes, qu’il avait auparavant abandonnée. Ce voyage fut plus heureux que le premier, car il y travailla avec tant de succès par l’exemple de sa vie, par la grandeur de ses miracles et par la force de sa doctrine, que plusieurs, laissant le culte des idoles,embrassèrent la religion du vrai Dieu et reconnurent Jésus-Christ pour Sauveur du monde ; il baptisa, entre autres, la fille du gouverneur de la ville, appelée Estelle ; apprenant du saint évêque l’excellence de la virginité, elle consacra de bon cœur la sienne à l’Epoux des vierges, dont elle venait de recevoir la foi.

Saint Eutrope baptise Sainte Estelle

Baptême de Sainte Estelle.

   Son père en fut tellement irrité, qu’il envoya des soldats pour se saisir du Saint qui l’avait convertie. Il fut pris dans une caverne où il se retirait hors de la ville, et de là il fut d’abord brisé à coup de pierres. Ensuite on le battit avec des cordes et des fouets plombés ; enfin il eut la tête fendue avec une cognée, ce qui arriva le 30 avril de l’an 98 de Notre-Seigneur, selon Baronius.

   La vierge Estelle eut soin de son corps et lui donna la plus honorable sépulture qu’il lui fut possible selon le temps ; et, pour récompense de cette bonne œuvre, elle reçut la glorieuse couronne du martyre, par l’ordre de son propre père, environ trois semaines après la mort de Saint Eutrope.

Martyre de Saint  Eutrope

Martyre de Saint Eutrope.

   Saint Denis, apprenant ces nouvelles, les manda, à ce que quelques uns disent, à Saint Anaclet, qui était alors vicaire ou successeur de Saint Clément, dans une lettre où il en fait tout le détail ; il l’envoya ensuite en Grèce pour la consolation des chrétiens qu’il y avait laissés. Mais quoique la misère des siècles et le trouble des persécutions aient fait perdre, il y a longtemps, cet écrit, la victoire de ce saint martyr ne s’est point effacée de la pensée des fidèles de Saintes, puisqu’au rcit de Saint Grégoire de Tours, plusieurs années après, ils lui bâtirent une très-belle église, qui fut dédiée par Saint Palais, évêque de la même ville, assisté de deux abbés, vers la fin du VIème siècle ; et, en reconnaissance de ce bienfait et de ce qu’ils avaient fait mettre son corps dans un leiu plus décent qu’il n’avait été jusqu’alors, il apparut la nuit suivante à ces deux abbés, et leur dit que la cicatrice qu’ils avaient remarquée sur son crâne, était l’endroit par où il avait consommé son martyre.

Saint Palais fait placer le sarcophage de Saint Eutrop dans une belle église

Saint Palais (Pallade) de Saintes fait placer le sarcophage de Saint Eutrope,
renfermant son corps, à l’intérieur d’une église.

   Au XVIème siècle, avant que les hérétiques calvinistes prissent Saintes, et qu’ils en profanassent les églises et les saintes reliques, plusieurs ossements de ce Saint ont été portés à Vendôme et déposés dans l’église de la Très-Sainte-Trinité, où ils sont souvent honorés par un grand concours de peuple ; et pour son chef vénérable, ayant été porté à Bordeaux pour le sauver de la rage de ces Vandales, il a été rapporté à Saintes l’an 1601, avec beaucoup de pompe et de mangificence, comme l’assure du Saussay dans son Martyrologe des Saints de France.
Le prieuré de Saint-Pierre, à Dezize-sur-Loire, possédait aussi des reliques d’un Saint Eutrope, dont on trouvait l’office dans un vieux bréviaire manuacrit, au dernier jour d’avril ; mais il est probable qu’il ne s’agit pas ici de l’Apôtre de la Saintonge, car il y a plusieurs saints du même nom.

Translation des reliques de Saint Eutrope

Translation des reliques de Saint Eutrope.

   Ce grand évêque a fait de tous côtés et dans tous les siècles des prodiges fort signalés. Il a tiré miraculeusement de l’eau et du feu ceux qui devaient y être ou noyés ou consumés. Il a délivré du fond des cachots des captifs et des prisonniers que leurs ennemis y avaient enfermés. Il en a même transporté un, en un instant, de Babylone à Saintes, avec la cage d’airain où les infidèles l’avaient enfermé. Il a guéri des malades, ressuscité des morts, chassé les démons des corps des possédés et opéré d’autres semblables merveilles, que l’on pourra voir dans un manuscrit des Pères Célestins de Paris, dont les continuateurs de Bollandus ont donné la copie au public. L’on y remarquera aussi des châtiments terribles que la justice de Dieu a exercés contre plusieurs personnes qui ont eu la témérité de profaner la fête de cet illustre prédicateur de l’Evangile.

   Baronius parle de lui dans ses Annales, et tous les Martyrologes en font mémoire. Son envoi en France, par Saint Clément, est attesté par tant d’auteurs, du nombre desquels est Saint Grégoire de Tours, quoiqu’il mette plus tard la mission de Saint Denis et de ses compagnons, que nous n’avons pas cru en devoir douter. On peut voir là-dessus la belle épître de Marca au célèbre Henri de Valois, laquelle se trouve au commencement de l’Histoire Ecclésiastique d’Eusèbe, traduite par le même Henri de Valois. »

in « Vie des Saints [...]«  par le Père François Giry,
réédition de 1859, tome II, colonnes 388-390. 

Sarcophage de Saint Eutrope - crypte de la basilique de Saint-Eutrope à Saintes

Sarcophage antique de Saint Eutrope
tel qu’il est présenté de nos jours dans la crypte de la basilique de Saint-Eutrope à Saintes.

2026-74. Pour quelles raisons spéciales Saint Joseph a‑t-il été nominativement déclaré Patron de l’Eglise ?

Le mercredi de la troisième semaine après le dimanche de Quasimodo :
Octave de la fête du Patronage de Saint Joseph
appelé aussi Octave de la solennité de Saint Joseph (double majeur).

Monogramme Saint Joseph vignette

   Nous connaissons tous (je l’espère du moins !) la prière « Nous recourons à vous dans notre tribulation… etc. » dite « Prière de Léon XIII à Saint Joseph », ou encore « Prière à Saint Joseph pour le mois du Rosaire » (cf. > ici) ; ce que l’on sait souvent moins, c’est que le dit pape Léon XIII a publié cette prière à l’occasion d’une encyclique, intitulée « Quamquam pluries », et que c’est au moyen de cette encyclique qu’il en a ordonné « à perpétuité » la récitation quotidienne à la fin du rosaire pendant le mois d’octobre.

   Un peu moins de dix-neuf ans après la proclamation de Saint Joseph comme « Patron de l’Eglise universelle » par son Bienheureux Prédécesseur sur le trône de Saint Pierre (Bienheureux Pie IX, décret « Quemadmodum Deus » du 8 décembre 1870), Léon XIII dans cette encyclique « Quamquam pluries » (15 août 1889) revenait sur l’importance de ce Patronage et en développait les raisons.
Nous en donnons les extraits les plus importants ci-dessous.

Protecteur de l'Eglise universelle - Saint Joseph - blogue

       « Pour quelles raisons spéciales Saint Joseph a‑t-il été nominativement déclaré Patron de l’Eglise ?
Pour quels motifs, en retour, l’Eglise espère-t-elle beaucoup de sa protection et de son patronage ?

   Les voici : Saint Joseph a été l’époux de Marie et il a été réputé le père de Jésus-Christ.
De là, sa dignité, sa faveur, sa sainteté, sa gloire.

   Certes, la dignité de la Mère de Dieu est si élevée qu’elle ne peut être surpassée par aucune autre. Toutefois, Joseph ayant été uni à la Bienheureuse Vierge par le lien du mariage, il n’est pas douteux qu’il n’ait approché plus que personne de la dignité suréminente au nom de laquelle la Mère de Dieu surpasse de si haut toutes les natures créées. En effet, de tous les genres de société et d’union, le mariage est le plus intime, et il entraîne essentiellement la communauté de biens entre les deux conjoints. Aussi, en assignant Joseph pour époux à la Vierge, Dieu lui donna non seulement d’être le compagnon de sa vie, le témoin de sa virginité, le gardien de son honneur, mais encore, en vertu même du pacte conjugal, d’avoir part à sa sublime dignité.
De même, Joseph brille entre tous par la dignité la plus auguste, parce que, de par la volonté divine, il a été établi le gardien du Fils de Dieu et regardé par les hommes comme Son père. D’où il résultait que le Verbe de Dieu était humblement soumis à Joseph, qu’Il lui obéissait et qu’Il lui rendait tous les devoirs que les enfants sont obligés de rendre à leurs parents.

   De cette double dignité découlaient d’elles-mêmes les charges que la nature impose aux pères de famille ; ainsi, Joseph était le gardien, l’administrateur et le défenseur légitime et naturel de la maison divine dont il était le chef. Il exerça de fait ces charges et ces fonctions pendant tout le cours de sa vie mortelle. Il s’appliqua à protéger avec un souverain amour et une sollicitude quotidienne son épouse et le divin Enfant ; il gagna régulièrement par son travail ce qui était nécessaire à l’un et à l’autre pour la nourriture et le vêtement ; il préserva de la mort l’Enfant menacé par la jalousie d’un roi, en lui procurant un refuge ; dans les incommodités des voyages et les amertumes de l’exil, il fut constamment le compagnon, l’aide et le soutien de la Vierge et de Jésus.
Or, la sainte famille, que Joseph gouvernait avec un pouvoir en quelque sorte paternel, contenait en elle-même les prémices de l’Eglise naissante. De même que la Très Sainte Vierge est la Mère de Jésus-Christ, elle est aussi la Mère de tous les chrétiens qu’elle a enfantés sur la montagne du Calvaire, au milieu des suprêmes souffrances du Rédempteur crucifié ; Jésus-Christ est aussi comme le premier-né des Chrétiens, lesquels, par l’adoption et par la rédemption, sont Ses frères.

   Telles sont les raisons pour lesquelles le bienheureux Patriarche regarde comme lui étant particulièrement confiée la multitude des Chrétiens dont se compose l’Eglise, à savoir cette immense famille répandue par toute la terre, sur laquelle, en sa qualité d’époux de Marie et de père de Jésus-Christ, il possède une autorité quasi paternelle.
Il est donc naturel et très digne du Bienheureux Joseph que, de même qu’il subvenait autrefois à tous les besoins de la famille de Nazareth et l’entourait de sa très sainte protection, il couvre maintenant de son céleste patronage et défende l’Eglise de Jésus-Christ [...].

   En outre, il y a des raisons pour que tous les fidèles, à quelque condition qu’ils appartiennent, se recommandent au crédit et se confient à la garde du Bienheureux Joseph. En lui, les pères de famille trouvent la plus belle personnification de la vigilance et de la sollicitude paternelle ; les époux, un parfait exemple d’amour, d’union des cœurs et de fidélité conjugale ; les vierges, tout à la fois le modèle et le protecteur de la pureté virginale. Ceux qui sont de noble naissance apprendront de Joseph à garder la dignité au sein même de l’infortune ; les riches comprendront, par ses leçons, quels sont les biens qui méritent le plus d’être désirés et acquis au prix de tous les efforts. Quant aux prolétaires, aux ouvriers, aux hommes de condition médiocre, c’est pour eux comme un droit spécial de recourir à Joseph et de se proposer son imitation. En effet, Joseph, de race royale, uni par le mariage à la plus grande et à la plus sainte des femmes, regardé comme le père du Fils de Dieu, a néanmoins passé sa vie dans le travail et a demandé à son labeur d’artisan tout ce qui était nécessaire à l’entretien de sa famille. Il est donc vrai que la condition des humbles n’a rien d’abject, et non seulement le travail de l’ouvrier n’a rien de déshonorant mais, si la vertu vient s’y joindre, il peut être grandement ennobli. Content du peu qu’il possédait, Joseph supporta les difficultés inhérentes à sa médiocre fortune avec grandeur d’âme, à l’exemple de son Fils, lequel, après avoir accepté la condition d’esclave, lui qui était le Seigneur de toutes choses, embrassa volontairement l’extrême pauvreté et voulut manquer de tout.

   Appuyés sur ces considérations, les pauvres et tous ceux qui vivent du travail de leurs mains doivent élever leurs cœurs et se pénétrer de sentiments équitables. S’ils ont le droit de chercher à sortir de la pauvreté et à s’établir dans une meilleure situation par des moyens légitimes, la raison et la justice leur défendent de renverser l’ordre établi par la Providence de Dieu. Bien plus, l’emploi de la force et les tentatives séditieuses et violentes sont des moyens insensés ; ils aggravent la plupart du temps les maux pour la suppression desquels on a recours à eux. Que les pauvres donc, s’ils ont du bon sens, ne mettent pas leur confiance dans les promesses des hommes de désordre, mais dans l’exemple et le patronage du Bienheureux Joseph, et aussi dans la maternelle charité de l’Eglise, dont la sollicitude pour leur sort augmente de jour en jour… »

Léon XIII, extrait de l’encyclique « Quamquam pluries » du 15 août 1889.

Saint Joseph patron de l'Eglise universelle - blogue

« Je Vous demande, pour l’amour de Jésus-Christ, la sainte persévérance jusqu’à la mort…»

27 avril,
Fête de Saint Pierre Canisius, confesseur et docteur de l’Eglise (cf. > ici).

Saint Pierre Canisius - blogue

   Voici le texte d’une prière extraite des écrits de Saint Pierre Canisius et qu’il est aisé à chacun d’entre nous de faire sienne :

       Dieu suprême et éternel, je Vous remercie de m’avoir créé, de m’avoir racheté par Jésus-Christ, de m’avoir fait chrétien en m’appelant à la vraie foi, et de m’avoir attendu à la pénitence après tant de péchés.

   Bonté infinie, je Vous aime par-dessus toutes choses ; et toutes ces offenses que je Vous ai faites, je m’en repens de toute mon âme.
J’ai la confiance que Vous m’avez déjà pardonné, mais je suis toujours en danger de retomber dans le mal.
Je Vous demande, pour l’amour de Jésus-Christ, la sainte persévérance jusqu’à la mort.

   Vous connaissez ma faiblesse !
Secourez-moi, Seigneur !
Ne permettez pas que je sois encore séparé de Vous ; faites-moi mourir mille fois plutôt que d’avoir encore le malheur de perdre Votre grâce.
O Marie, ma Mère, obtenez-moi la sainte persévérance.

   Salut, Salut du monde !
Salut, Verbe éternel du Père, Hostie vivante, Vie sans fin !
Salut, ô très précieux trésor des cœurs purs, ô la nourriture vivante des anges, ô le pain très excellent du ciel !
Vous êtes, ô mon Dieu, Vous êtes le solide espoir des fidèles, le secours des pénitents, le médecin des malades, la très douce consolation des malheureux et des pauvres.
Soyez donc béni, très-aimé Seigneur Jésus !

   A Vous, les Anges, à Vous, les Chérubins, à Vous, les Séraphins, avec toutes les créatures, chantent un cantique d’action de grâces.
Parce que Vous êtes descendu du Ciel par amour pour nous.
Parce que Vous Vous êtes offert pour nous, offert en sacrifice sur l’autel de la Croix.
Parce qu’enfin, Vous avez pour nous, de retour en Votre ciel, laissé ici-bas Votre Corps vivant et immortel comme une consolation, comme un salut, comme un gage de Votre extrême amour.

   Et nous aussi, nous crions, à cause de cette grande miséricorde : Gloire à Dieu, mille et mille fois, gloire à Dieu !

Ainsi soit-il.

Saint Pierre Canisius vitrail

2026-73. Lettre mensuelle de la Confrérie Royale : 25 avril 2026.

armoiries confrérie royale

Samedi 25 avril 2026.

Très Chers Membres et Amis de la Confrérie Royale,

   Dimanche dernier, 19 avril 2026, votre Prieur a été la victime d’un « stupide accident » (il a glissé dans l’herbe trempée de rosée alors qu’il se dirigeait vers son véhicule pour se rendre à la Sainte Messe et la manière dont s’est déroulée sa chute – et surtout la manière dont il a retrouvé le sol – a entraîné la rupture des ligaments croisés du genou droit et, en toute logique, l’intervention du SAMU et des pompiers, une hospitalisation et une opération programmée en urgence… etc.).
Bref ! Frère Maximilien-Marie, la jambe immobilisée dans une attelle contraignante, a fini par être ramené dans son ermitage vivarois, où il peut, avec l’aide ponctuelle d’amis généreux de leur temps et de leurs personnes, avec le passage quotidien de l’infirmière, avec un certain nombre d’aménagements, avec l’acceptation de nombreux contretemps, et avec de longues stations allongé – pour un rythme d’activité très allégé et ralenti -, continuer néanmoins sa vie de vieil ermite…
Et c’est lui-même qui vous écrit ce 25 avril au soir.

   J’espère que vous avez passé cette journée du 25 avril dans une ferveur particulière, pour l’anniversaire de la naissance de notre Roi bien-aimé, que nous servons dans le combat spirituel, la prière et les sacrifices, au jour le jour.

   A seule fin de vous « alimenter » de paroles fortes et tonifiantes, je mets, au-dessous de ces modestes lignes, la copie du message complet que Sa Majesté le Roi nous avait fait parvenir, au Puy-en-Velay, au début juin 2016 – cela fera bientôt 10 ans ! – à l’occasion du pèlerinage conjoint de l’UCLF (alors présidée par feu Monsieur Pierre Bodin) et de la toute jeune Confrérie Royale (dont nous avions publié la fondation le 25 août 2015 : 8 mois auparavant), dans la sainte cité de Notre-Dame du Puy, à l’occasion du jubilé qui ne se produit habituellement que deux fois par siècle (chaque fois que le Vendredi Saint coïncide avec le 25 mars) ; pèlerinage conjoint de l’UCLF et de la Confrérie Royale qui avait été source de grandes grâces…

   En relisant les lignes que notre Roi nous adressait alors (nous, c’est-à-dire aux deux mouvements [qui sont distincts, redisons-le, même s'ils sont très fraternellement unis] ), transmis au Président Pierre Bodin par le Secrétariat de Sa Majesté ; en relisant donc ces lignes royales en faisant abstraction des circonstances précises du jubilé de 2016, vous retrouvez, chers Amis, bien précisée par notre Souverain légitime, la nature de votre engagement…
A la limite, il serait quasi nécessaire que chacun d’entre nous apprenions par cœur ces lignes fermes et claires :

   « Vous prierez pour qu’un monde renaissant aux valeurs de la tradition de nos pères puisse redonner à la France et le sens de sa grandeur, et l’esprit de sa mission civilisatrice pour l’ensemble des nations et la puissance des grâces de son baptême… Que la ferveur de vos prières contribue à protéger la France » !

    Ayons à cœur de méditer souvent sur ces lignes inspirées !

   Et puisque, justement, ce message royal nous avait été adressé à l’occasion du premier pèlerinage annuel au Puy-en-Velay, « pour la France et le Roi », j’en viens au fait que, en raison de ce « stupide accident », en raison des conseils « énergiques » de plusieurs de mes conseillers personnels (auxquels j’objectais que le pèlerinage du Puy de cette année pouvait se dérouler sans moi – contraint à beaucoup de repos et à beaucoup d’immobilité -, mais qui n’en étaient pas d’accord), en raison d’autres facteurs aussi que je ne détaillerai pas, nous devons repenser l’organisation du pélerinage du « pont » de l’Ascension et lui donner, cette année, une nouvelle physionomie : d’ici quelques jours, vous recevrez une nouvelle circulaire exposant de quelle manière cette réorganisation va se faire, avec

1) d’un côté, pour les personnes dans un rayon relativement proche du Puy, une journée de pèlerinage (avec Sainte Messe, et prières dans les sanctuaires de la ville sainte), et
2) pour tous ceux qui le désirent, et dans tout le Royaume, de petits pèlerinages locaux (même avec seulement 2 ou 3 personnes : « Lorsque deux ou trois sont réunis en Mon Nom, Je suis au milieu d’eux »), ou – a minima – un temps de prière communautaire, accomplis en union avec ceux qui se trouveront au Puy… ou avec le Prieur qui se trouvera contraint de rester allongé en son ermitage !!!

   Que, dès à présent, ceux qui liront ces lignes, à Paris, à Versailles, en Anjou ou en Bretagne, en Auvergne ou en Franche-Comté, en Touraine ou en Alsace, en Provence ou en Picardie, en Guyenne ou en Lorraine, en Artois ou en Saintonge, en Limousin ou en Flandres, en Dauphiné ou en Poitou, en Bourgogne ou en Languedoc… etc… et ailleurs aussi, membres ou simplement sympathisants de la Confrérie Royale, nous contactent sans retard sur cette adresse électronique : pelerinage.confrerie@gmail.com

   Et que Dieu vous bénisse tous et vous protège à tout moment !
Merci pour votre attention. 

Lettre du Roy au pèlerinage du Puy 2016 - blogue

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