Archive pour la catégorie 'Chronique de Lully'

2020-48. Simples réflexions sur le mystère de la Croix resplendissant de la Lumière de Pâques.

Jeudi de Pâques 16 avril 2020 ;
La fête de Saint Benoît-Joseph est empêchée liturgiquement, mais nous pensons néanmoins à lui (cf. > ici et > ici) ;
93ème anniversaire de Sa Sainteté le Pape Benoît XVI (cf. > ici).

Croix de pierre à Saint-Martial

L’une des antiques croix de pierre de la paroisse de Saint-Martial, en bordure de chemin

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Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

En ces jours radieux de l’octave de Pâques, contrairement à un certain nombre de chrétiens qui ne voient les choses que d’une manière très superficielle, nous devons nous attacher à contempler avec encore plus de ferveur, plus de reconnaissance et plus d’amour, la Croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Cette Croix qui fut voilée pendant le temps de la Passion, cette Croix qui a été solennellement dévoilée le Vendredi Saint pour que nous l’adorassions avec transport, cette Croix que désormais nous fleurissons et contemplons resplendissante de la gloire du divin Rédempteur ressuscité : « Crucem Tuam adoramus, Domine, et sanctam Resurrectionem Tuam laudamus et glorificamus : ecce enim propter lignum venit gaudium in universo mundo : Nous adorons Votre Croix, ô Seigneur, et nous louons et glorifions Votre sainte Résurrection, car, par le bois de la Croix, la joie est venue dans le monde entier ! » (liturgie du Vendredi Saint).

Ainsi la Croix est-elle explicitement désignée comme la source bénie de notre joie spirituelle.
Pâques n’évacue pas la Croix, mais la désigne avec une insistance renouvelée à nos regards et à notre contemplation dans toute sa puissance salvatrice, pour que la vénérions avec une ardeur surmultipliée, et nous attachions davantage à elle. 

Sur cette terre, le mystère de la souffrance est-il sans doute celui qui éloigne le plus de Dieu les âmes
La souffrance ne nous répugne pas seulement, elle suscite en nous des sentiments spontanés de révolte et de fuite : la Croix ne cessera jamais d’être un scandale et une folie, pour reprendre les expressions de Saint Paul (cf. 1 Cor. I, 22-25).

Mais le mystère de la souffrance est en même temps celui qui peut le plus rapprocher de Dieu et unir à Lui les âmes !
Malgré toutes les répugnances instinctives et l’horreur naturelle qu’elle provoque, il y a en elle quelque chose d’encore plus fort qui captive les âmes généreuses et bien disposées, et qui leur fait compter pour rien les répulsions de la sensibilité pour les faire adhérer à la Croix, « force de Dieu et sagesse de Dieu » (cf. 1 Cor. I, 24), par Notre-Seigneur Jésus-Christ, avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, en Notre-Seigneur Jésus-Christ : « Per Ipsum, et cum Ipso et in Ipso » !

Aujourd’hui, seul le mystère de la Croix, illuminé par notre foi en la Résurrection, peut éclairer et faire rayonner l’épreuve que traversent avec douleur nombre d’âmes d’authentiques fidèles de la Sainte Eglise de Dieu, en ces jours où ils sont contraints de jeûner des offices si réconfortants de la divine liturgie, où ils sont sevrés de la réception des sacrements, où – malgré la joie de Pâques – ils se sentent si tristement orphelins, parce qu’ils ressentent douloureusement la trahison des hiérarques qui, au lieu de donner au monde et à l’Eglise le témoignage d’une foi capable d’opérer les miracles promis par Notre-Seigneur Jésus-Christ, fuient tels de vils mercenaires à l’approche du danger et se claquemurent dans des obéissances de commis médiocres en distillant de mielleuses paroles soporifiques à ceux qui devraient au contraire être galvanisés et transportés par leurs exemples d’authentiques pasteurs dévorés par le zèle du Cœur du Bon Pasteur !

Dieu met Son Eglise à l’épreuve.
Et à travers l’épreuve présente, Dieu opère un tri. Un tri implacable !

Car l’épreuve, comme la Croix du Vendredi Saint, révèle ce qu’il y a dans le fond des cœurs.

L’épreuve révèle qui sont les couards, qui sont les traîtres, qui sont les pusillanimes, qui sont les lâches, qui sont les complices – actifs ou passifs – de l’iniquité, qui sont les vendus, qui sont les inconsistants qui suivent le mouvement imposé par ceux qui détiennent le pouvoir ou qui crient le plus fort, qui sont les ronds-de-cuir sans envergure, qui sont les fonctionnaires zélés désireux de ne pas déplaire à « César »…
Et l’épreuve aussi révèle qui sont les courageux, les authentiques disciples, les magnanimes, les vrais fidèles, les forts, les incorruptibles dans la foi et la charité, ceux qui mettent l’amour du Christ Sauveur au-dessus de leurs intérêts propres et de leur petit confort, ceux qui mettent leurs pas dans les pas sanglants de Jésus portant Sa Croix, ceux qui sont de nouveaux Simon de Cyrène, de nouvelles Véronique, de nouveaux Jean, de nouvelles Marie-Magdeleine, entourant la Très Sainte Mère de Dieu au pied de la Croix…
Oui, Dieu opère un tri !

A travers l’épreuve, Dieu fait grandir dans la foi, l’espérance et la charité Ses véritables fidèles, et – dans l’aridité du désert liturgique et sacramentel, où ils continuent à avancer à la suite de notre divin Rédempteur, colonne de nuée pendant le jour et colonne de feu pendant la nuit -, Il les conduit, en dehors de toute consolation sensible, jusqu’à la Sainte Montagne où Il Se révélera plus intimement à leurs âmes et Se les unira plus étroitement.
A travers l’épreuve de la maladie, et peut-être in extremis au seuil de la mort, nous devons espérer que Dieu ramènera à Lui, comme de nouveaux Dismas, les âmes de quelques larrons touchés par la grâce. Et nous prions pour cela.
Mais à travers l’épreuve aussi, ceux qui se cramponnent aux forces de mort spirituelle consommeront leurs forfaits, iront jusqu’au bout de leur iniquité et recevront le salaire de leurs trahisons

Ici, je ne peux m’empêcher de penser au contraste à la fois magnifique et terrifiant présenté d’une part par ces nombreux prêtres qui sont en quelque sorte « tombés au champ d’honneur » du combat pour le salut des âmes, victimes de leur zèle à visiter les malades et à leur apporter le secours des sacrements du salut ; et d’autre part par la veulerie de ces évêques, confinés dans leur confortable servilité, qui ne semblent avoir de zèle que pour blâmer et menacer les prêtres qui continuent à confesser, à donner la Sainte Communion, et à vouloir  nourrir, soigner et consoler les âmes commises à leur sollicitude pastorale…

Dieu est témoin, et Dieu est juste Juge !

O Croix resplendissante de Pâques !
O Croix bénie qui crucifie aujourd’hui l’âme des vrais fidèles et des authentiques pasteurs !
O Croix qui sera la condamnation des tièdes et des lâches !
O Croix, notre unique espérance, source de notre joie surnaturelle et de notre consolation, nous vous adorons et nous vous bénissons, malgré les ténèbres qui s’appesantissent sur notre terre désolée, parce que vous avez porté le Fils de Dieu béni et avez été imprégnée de Son Sang Précieux, et que, malgré notre faiblesse, vous nous attirez vers vous, unique signe du Salut !

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Crucifix chapelle Rome

2020-47. Message de Sa Majesté à l’occasion du premier anniversaire de l’incendie qui a dévasté Notre-Dame de Paris.

A l’occasion du premier anniversaire de l’incendie de la basilique-cathédrale Notre-Dame de Paris, ce mercredi 15 avril 2020 en fin d’après-midi, Monseigneur le Prince Louis de Bourbonde jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, a publié sur les réseaux sociaux le message suivant :

Incendie de Notre-Dame de Paris - 15 avril 2019

Il y a un an, Notre-Dame a failli disparaître dans un déluge de feu et d’eau, créant un véritable traumatisme non seulement chez tous les catholiques mais aussi chez toutes les personnes de cœur.
Grâce au professionnalisme des pompiers dont le courage et le sens du devoir méritent une nouvelle fois d’être salués, elle a pu être sauvée ainsi que les précieuses reliques qu’elle contenait.
Par la suite, les premiers travaux menés par les meilleurs spécialistes, ont pu commencer pour la faire progressivement revivre pendant que des milliers de dons affluaient. La première cérémonie s’y est tenue pour Pâques alors que la France était confrontée à une nouvelle épreuve.

Je salue tous ceux qui sont engagés dans cette oeuvre effectuée sous l’autorité et la compétence de l’Architecte en Chef des Monuments historiques. Aujourd’hui, je ne peux que reformuler le souhait exprimé en avril 2019 : que nos corps de métiers restaurent à présent patiemment Notre Dame, en prenant le temps comme meilleur allié, pour lui rendre sa splendeur, dans l’esprit de Foi qui était celui de ses bâtisseurs, nos ancêtres et dont notre siècle a tant besoin.

Louis de Bourbon,
Duc d’Anjou.

Grandes armes de France

2020-46. Un grand défenseur de la foi catholique : Monseigneur Louis-Gaston de Ségur.

1820 – 15 avril – 2020

Bicentenaire de la naissance
de
Mgr Louis-Gaston de Ségur

 frise

Ce mercredi 15 avril 2020 est l’exact deuxième centenaire de la naissance de Monseigneur de Ségur, dont les nombreuses publications demeurent d’une grande actualité en raison de leur sûreté doctrinale, de leur profondeur spirituelle et de la pertinence des réponses qu’elles apportent à nombre de sujets mis à mal par l’anticatholicisme et le modernisme.
Dans les pages de ce blogue, vous trouverez de sa plume l’explication de « Ce qu’est le droit divin » (cf. > ici) et le beau texte « Passion, Résurrection et triomphe final de Jésus-Christ en Son Eglise » (cf. > ici).
Nous sommes très reconnaissants à notre amie M.V. d’avoir bien voulu rédiger à l’intention de nos lecteurs (et à la mémoire de Monseigneur le Maître-Chat Lully pour lequel elle avait beaucoup d’affection) une présentation biographique de ce saint prélat.

frise

Mgr de Ségur est une figure marquante du catholicisme français de la deuxième moitié du XIXe siècle, mais le connaissons-nous vraiment ?
En ce jour, 15 avril 2020, où nous célébrons le deux-centième anniversaire de sa naissance, en voici un rapide portrait.

Louis-Gaston, Adrien de Ségur naquit à Paris le 15 avril 1820.
Son père, Eugène de Ségur, était le petit-fils de Louis-Philippe de Ségur, membre de l’Académie Française, et sa mère, la Comtesse Sophie de Ségur, née Rostopchine, était la fille de Fiodor Rostopchine, ancien ministre du tsar Paul Ier et ancien gouverneur de Moscou.

Il fut baptisé le 17 avril 1820 en l’église Saint-Thomas d’Aquin, paroisse de sa famille.
Son parrain était son arrière-grand-père paternel Louis-Philippe de Ségur, et sa marraine, sa grand-mère maternelle, Catherine Rostopchine.

La famille Ségur n’était pas réputée pour sa ferveur religieuse. Ils étaient ce qu’on appelait à l’époque des « libéraux ». Ils avaient servi l’empire, avec zèle pour certains, tel le général Philippe de Ségur, oncle d’Eugène de Ségur, qui fut aide de camp de Napoléon Ier et était présent à Moscou en 1812 lors de l’incendie de Moscou.
Même Sophie de Ségur, convertie au catholicisme sous l’influence de sa mère Catherine Rostopchine, ne faisait preuve que d’une piété très tiède.

Louis-Gaston grandit à Paris et en Normandie, au Château des Nouettes (Aube, Orne), acquis par ses parents en 1822, grâce à la générosité du Comte Rostopchine.

Il était très proche de sa mère et fut désespéré lorsque son père décida de le mettre en pension dans un collège de Fontenay-aux-Roses, alors qu’il n’avait que 6 ans.

De cette période, Mgr de Ségur conserva un très mauvais souvenir. La séparation d’avec sa mère les fit souffrir l’un et l’autre.
Son éducation religieuse fut très superficielle. Il fit sa première communion le 16 juin 1833 et fut confirmé une semaine plus tard. On ne sait pas grand-chose de la pratique religieuse de Mgr de Ségur pendant son enfance et son adolescence, mais il avouera beaucoup plus tard à son secrétaire, l’abbé Diringer : « Quand je pense que l’année qui a suivi ma première communion, personne ne nous a dit de faire nos pâques !».

Quand il eut 15 ans, le Comte de Ségur son père le changea d’école et le mit au Collège royal de Bourbon (maintenant Lycée Condorcet) à Paris. Il y obtint le baccalauréat en février 1838.

GASTON DE SEGUR AUTOPORTRAIT

Gaston de Ségur, jeune homme : Autoportrait

L’année 1838 est une année-clef pour Louis-Gaston de Ségur. C’est celle de sa conversion, certainement due en grande partie à sa grand-mère Rostopchine qui était venue en France voir sa fille et ses petits-enfants et resta 18 mois auprès d’eux. Cette dernière lui avait offert l’ « Introduction à la vie dévote » de St François de Sales.
Sur sa conversion elle-même, nous ne savons pratiquement rien. Seule une inscription de sa main au dos d’une image pieuse en fait foi « Souvenir de ma conversion à Aube, Notre Dame de Septembre 1838 (le 8)».

C’est à ce moment-là que Gaston de Ségur fit connaissance de son cousin le prince Augustin Galitzine, petit-fils de sa grand-tante Alexandra Galitzine, sœur aînée de sa grand-mère Rostopchine.
C’est Augustin qui le fit entrer dans la Conférence Saint-Vincent de Paul où il fit la connaissance de Pierre Olivaint, qui devint lui aussi prêtre et fut assassiné par les communards. Tous les trois exerçaient leur charité infatigable auprès des plus pauvres.

A la fin de l’été 1838, il commença les études de droit que son père avait choisies pour lui, car il le destinait à la carrière diplomatique. Il obtint sa licence en droit en mai 1841.

Parallèlement à ses études de droit, il fréquenta l’atelier du peinte Paul Delaroche. Mais il le quitta au bout de six mois, tant il était rebuté par la liberté de mœurs qui y régnait.

Dès la fin de ses études de droit, Eugène de Ségur fit entrer son fils dans la diplomatie, grâce à ses relations et en particulier avec son amitié avec le Comte de Latour-Maubourg qui était alors ambassadeur de France près le Saint-Siège. C’est ainsi que Gaston de Ségur fut nommé attaché d’ambassade à Rome au début de l’année 1842, Grégoire XVI étant alors le pape régnant.

Dès son arrivée à Rome le 1er mars 1842, il fit la connaissance du Père de Villefort, sj.
Ce dernier sut très vite discerner la vocation latente du jeune attaché d’ambassade. Il l’amena progressivement à accepter l’appel de Dieu et, à la fête de Noël 1842, le père de Villefort reçut dans la chapelle de Saint Ignace, au Gesu de Rome, son vœu de perpétuelle chasteté et sa promesse d’entrer dans les ordres.

Gaston de Ségur en informa rapidement ses parents.
Son père fut absolument furieux de sa décision et essaya par tous les moyens de le faire changer d’avis. Sa mère fut désespérée et essaya elle aussi de le faire changer d’avis, usant de sa tendresse comme moyen d’action. Mais il resta inébranlable et rentra au Séminaire de Saint-Sulpice à Issy en octobre 1843.
Gaston aurait voulu faire ses études à Rome, mais son père s’y opposa catégoriquement.

Le 18 décembre 1847, Louis-Gaston de Ségur fut ordonné prêtre à Saint-Sulpice par Mgr Affre, archevêque de Paris qui devait tomber l’année suivante sous les balles en se rendant comme médiateur de paix à la barricade du faubourg Saint-Antoine.

Des amis à qui il avait confié son secret rapportèrent plus tard que lors de sa première messe, dite le lendemain de son ordination à la chapelle de la Sainte Vierge, à Saint-Sulpice, et alors qu’il tenait pour la première fois dans ses mains le Corps de Jésus, il demanda à la Sainte Vierge de lui envoyer, comme grâce spéciale et bénédiction de son sacerdoce, l’infirmité qui le crucifierait le plus, sans nuire à la fécondité de son ministère.

Louis-Gaston de Ségur prêtre

Après son ordination, l’abbé de Ségur n’exerça pas de ministère en paroisse, mais auprès des pauvres, des enfants, des ouvriers, des soldats avec un groupe de prêtres réunis en communauté rue Cassette.
Tout en menant une vie austère, il se dépensa sans compter dans son apostolat, au point qu’au bout d’un an il tomba sérieusement malade. Il dut garder la chambre pendant six semaines. C’est pendant cette période de réclusion forcée qu’il rédigea le premier de ses ouvrages : « 
Réponses courtes et familières aux objections les plus répandues contre la religion ».
C’est ainsi qu’il se découvrit une nouvelle « vocation », celle de l’écriture. Tout au long de sa vie il rédigea de très nombreux ouvrages sur la doctrine catholique la plus rigoureuse s’adressant aux publics les plus divers.

Une fois guéri, il reprit son ministère à Paris.
De grands changements avaient eu lieu depuis son ordination : la « révolution » de 1848, l’élection du Prince Napoléon comme président de la république en décembre de la même année et le coup d’état de ce dernier le 2 décembre 1851, qui mit fin à la deuxième république et lui permit de rétablir l’empire l’année suivante.

Les Ségur qui avaient été bonapartistes sous Napoléon Ier, puis monarchistes sous Charles X et Louis-Philippe, redevinrent bonapartistes sous Napoléon III !
Mgr de Ségur avait pour règle de ne pas se mêler de politique. Mais il accueillit avec satisfaction le rétablissement de l’ordre en France qui devait permettre à l’Eglise d’être à l’abri des impiétés et des violences révolutionnaires. Il ignorait alors que ce coup d’état allait changer beaucoup de choses pour lui dans la poursuite de son ministère.

Peu après son arrivée au pouvoir, Napoléon III songea à envoyer un auditeur de Rote à Rome pour rétablir de bonnes relations avec la Papauté. Elu en 1846, Pie IX était alors le pape régnant.

Le choix de Napoléon III se porta sur l’abbé de Ségur en raison de ses qualités personnelles bien sûr, mais aussi de ses origines familiales, de sa formation juridique et de son expérience diplomatique à Rome dix ans auparavant. L’abbé de Ségur hésita longuement avant d’accepter, car il n’appréciait pas la vie mondaine, mais il y vit la main de Dieu qui lui permettait ainsi d’œuvrer pour le plus grand bien de l’Eglise.

Il partit donc pour Rome en mars 1852 et fut désigné depuis lors sous le nom de « Mgr de Ségur ».
Il fut accueilli à son arrivée par Mgr Xavier de Mérode, son cousin, qui était alors aumônier du pape. Il fut reçu immédiatement par Pie IX qui l’accueillit avec la plus grande bienveillance. De ce jour, Pie IX et Mgr de Ségur furent très proches et cette proximité perdura jusqu’à la mort du Souverain Pontife en 1878.

A Rome, Mgr de Ségur trouva en Mgr de Mérode et Mgr Bastide, chapelain de Saint-Louis des Français et attaché en qualité d’aumônier aux armées françaises et pontificales, de véritables amis.

Dès octobre 1852, Mgr de Ségur reçut la visite de sa mère et de ses sœurs Sabine, Henriette, accompagnée de son mari Armand Fresnaut, et Olga. C’est à cette occasion que la famille Ségur fit la connaissance de Louis Veuillot, journaliste ultramontain, qui devait reste leur ami jusqu’à la fin de ses jours.

A Rome Mgr de Ségur remplit son rôle d’auditeur, c’est-à-dire de juge, avec une grande conscience de ses devoirs. Il put mener à bien l’une des difficiles négociations dont il s’était chargé, à savoir le rétablissement progressif de la liturgie romaine en France. Il réussit pleinement dans ses négociations entre le Saint-Siège et le Séminaire de Saint-Sulpice, qui devait l’introduire dans sa règle, et un accord fut signé en novembre 1853. L’autre grande négociation à laquelle il prit part n’aboutit jamais : le sacre de Napoléon III à Paris par le Pape.

C’est en cette année 1853 qu’un événement personnel changea pour toujours la destinée de Mgr de Ségur.
Le 1er
 mai, il sentit une sorte de voile rouge s’étendre sur son œil gauche. Il venait de perdre partiellement la vue. Devant ce malheur, Mgr de Ségur ne se révolta pas. Il était résigné et était persuadé que bientôt il perdrait totalement la vue.

Pendant l’année qui suivit la perte de son œil, Mgr de Ségur continua ses fonctions d’auditeur de Rote et et ses bonnes œuvres à Rome. Il s’appliqua à apprendre tous les gestes de la vie quotidienne, sans le secours de son œil droit encore valide. Il apprit par cœur le maximum de textes de la messe et de l’écriture sainte.
Le 2 septembre 1854, alors qu’il était en vacances au château des Nouettes avec sa famille, il perdit définitivement la vue. Sa mère et ses frères et sœurs en furent bouleversés, mais lui accepta cette infirmité avec une grande résignation.

Mgr de Ségur prélat

A l’automne 1854 il accepta de retourner à Rome, mais il savait que c’était provisoire. Il fut accueilli avec une grande bonté par le Pape Pie IX. Il eut le grand bonheur d’assister en décembre à la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception.
Il resta à Rome jusqu’à la fin 1855, tout en préparant son retour en France. De son côté, le Pape Pie IX cherchait tous les moyens de nommer Mgr de Ségur à une haute charge. Finalement il le nomma Chanoine du chapitre de Saint-Denis, honneur normalement réservé aux évêques en retraite, mais, à cause de sa cécité, un obstacle canonique empêchait de le sacrer évêque. Pie IX y suppléa en publiant le 4 janvier 1856 un bref enregistré au Conseil d’Etat qui disait : « Nous vous conférons et accordons les insignes et privilèges d’honneur qui sont propres aux évêques, de sorte que vous en puissiez user et jouir librement et licitement ».
Aussitôt après, il donna sa démission d’auditeur de Rote et reprit le chemin de la France.

Il revint à Paris pour reprendre son apostolat auprès de tous les déshérités. Il y joignit l’autre grande œuvre de sa vie : son combat contre l’erreur sous toutes ses formes, notamment contre la franc-maçonnerie et contre le protestantisme. Par ses écrits, ses prédications, il se dévoua totalement à cet apostolat. Il continua bien sûr ses œuvres de charité. C’est ainsi qu’ en 1859 il participa notamment à la fondation de l’Association catholique Saint François de Sales pour la défense et la conservation de la foi.
Il fut également l’un des initiateurs des Congrès Eucharistiques, dont le premier eut lieu en 1881, l’année de sa mort.

Mgr de Ségur s’éteignit à Paris le 9 juin 1881.
Ses funérailles furent célébrées le 13 juillet en l’église de Saint-Thomas d’Aquin, où il avait été baptisé. Le 19, son corps fut transporté en Bretagne, à Pluneret près de Sainte-Anne d’Auray, où il repose aux côtés de sa mère la Comtesse de Ségur.

M.V.

Pluneret - tombe de Mgr de Ségur

2020-45. Lettre du Prieur de la Confrérie Royale à l’occasion des fêtes pascales 2020 & Neuvaine pour notre Roi.

Voici la lettre adressée aux membres et sympathisants de la Confrérie Royale par Frère Maximilien-Marie à l’occasion des fêtes pascales :

Blason de la Confrérie Royale

Lettre du Prieur de la Confrérie Royale
à l’occasion des fêtes pascales
de
l’an de grâce 2020

Résurrection vitrail de Kempe  St Andrew, West Wratting, Cambridgeshire

Mardi de Pâques 14 avril 2020.

Chers membres et amis de la Confrérie Royale,

En tout premier lieu,  ces quelques lignes vous rejoindront pour vous souhaiter à chacun de belles, bonnes et ferventes fêtes pascales, malgré les difficultés (voire l’impossibilité) dans lesquelles se trouvent la plupart d’entre vous pour assister à la Sainte Messe et pour recevoir les sacrements.
Je prie ardemment Notre-Seigneur vainqueur de toutes les forces de mort et de toutes les puissances du mal, et Sa Très Sainte Mère, Notre-Dame de Compassion et de Consolation, de vous accorder toutes les grâces et bénédictions « supplétives » pour croître en profondeur spirituelle et ne pas céder aux insidieuses tentations du découragement qui peuvent s’immiscer dans ces confinements qu’il vous faut subir…       

J’espère, chers membres de notre chère petite – mais valeureuse – Confrérie Royale, que vous êtes tous en bonne santé, ainsi que vos proches : si, par malheur, il arrivait que l’un ou l’autre d’entre vous fût atteint par cette épidémie, n’hésitez surtout pas à nous le signaler afin que nous prions encore davantage pour vous !
N’hésitez pas non plus, en messagerie privée, à nous faire part de vos nouvelles : même si les réponses ne sont pas toujours rapides (faute d’un secrétariat [poste qui occuperait presque une personne à plein temps !]), il est toujours important pour votre Prieur et les fondateurs de la Confrérie de savoir comment vous allez et de maintenir un lien concret de nature quasi familiale à l’intérieur de notre Confrérie.

Je ne m’étendrai pas ici en commentaires sur l’actualité, tant dans la société que dans l’Eglise : il y aurait beaucoup à dire, certes, mais je ne suis pas certain que ce soit maintenant le moment pour le faire.

En revanche, j’insiste pour que chacun lise, RELISE et approfondisse les divers messages de notre Roi légitime, les reprenne, les médite et s’en nourrisse spirituellement.
Monseigneur le Prince Louis de Bourbonde jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, a une parole juste, forte, éclairante et stimulante qui nécessite, spécialement de notre part, la plus grande attention

N’hésitez pas à faire célébrer des Saintes Messes par les prêtres de la Confrérie (en raison du confinement et de l’interdiction pratique de la célébration des offices publics certains commencent à manquer d’honoraires de Messes et à sentir cruellement l’absence des quêtes qui leur permettent de subsister !) : Saintes Messes à l’intention de vos familles, à l’intention de vos défunts – ou des défunts morts sans les secours de la religion et pour lesquels personne ne prie -, à l’intention des malades, à l’intention des pauvres pécheurs à l’agonie, pour implorer de Dieu la cessation de l’épidémie ; et aussi Saintes Messes pour la France, pour la personne auguste de notre Roi légitime – n’oublions pas qu’il va fêter dans quelques jours son 46ème anniversaire -, pour la protection de notre belle Famille Royale… etc. … etc.

Je vous exhorte à profiter des temps « libres » que peuvent vous laisser la suppression de certaines activités pour intensifier votre vie de prière : redoublons de prières aux saints protecteurs de la France, aux saints thaumaturges dont la puissance dans les temps d’épidémie a été si souvent vérifiée par le passé, aux saints qui peuvent nous préserver de toutes les pestes du corps et plus encore de l’âme, à Messire Saint Michel, et bien sûr à notre très douce Dame et Reine Marie !   

Plus que jamais soyons ardents à sanctifier nos journées rythmées par la récitation de la prière pour le Roi à la suite du « Regina cœli » (qui remplace l’Angélus pendant le temps pascal), à marquer et à offrir avec toujours plus de zèle et de générosité la journée du 25 de chaque mois
Et en préparation de l’anniversaire de la naissance de notre bien-aimé Souverain, qui est aussi l’anniversaire de la naissance de son ancêtre Saint Louis pour lequel il nourrit une grande vénération, je vous invite à faire une neuvaine à son intention, du vendredi 17 au samedi 25 avril : pour cette neuvaine, je publie ci-dessous comme proposition de prière, une fameuse prière du Révérend Père Louis Bourdaloue, composée originellement pour Louis XIV, dont Louis XX est aujourd’hui l’aîné des descendants.      

Les circonstances actuelles, en particulier le prolongement du « confinement » jusqu’à la date du 11 mai (au moins… car nous ne sommes pas à l’abri de nouvelles rallonges  ou du moins de limitations imposées aux déplacements et rassemblements, aussi pieux qu’en soient les motifs !), nous contraignent à modifier les prévisions et annonces précédemment faites concernant le 5ème pèlerinage annuel au Puy-en-Velay, prévu du 21 au 23 mai.
Attention ! Je ne parle pas d’annulation pure et simple : à cette date-là, le pèlerinage aura bien lieu, mais d’une manière différente et vous recevrez dans quelques jours les modalités auxquelles vous pourrez TOUS y prendre part… sans bouger de chez vous !

En outre, nous sommes en train d’étudier la possibilité d’un rassemblement au Puy vers la fin de l’été (peut-être à l’occasion de la solennité de Saint Louis, c’est-à-dire le dimanche 30 août : tout ceci reste à organiser et à préciser).     

Enfin, je vous demande de diffuser largement ce message autour de vous, d’être vraiment des membres actifs de la Confrérie Royale, et « d’enrôler » un maximum d’âmes de bonne volonté pour cette neuvaine à l’intention de notre Roi légitime vénéré, afin d’obtenir du Ciel le maximum de grâces pour sa personne et pour l’assister dans la mission qui lui a été dévolue par la naissance.

Avec l’assurance de ma prière dévouée et de mes sentiments les plus religieusement chouans.  

Vive Dieu ! Vive le Roi !

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur,
Prieur.
Armoiries Frère Maximilien Marie

 

 

 

 

Neuvaine à Saint Louis, à l’intention de Sa Majesté le Roi

du 17 au 25 avril 2020

« Regardez-nous du haut du Ciel, ô Saint Monarque !
Et dans cette félicité éternelle que vous possédez, soyez sensibles à nos misères : tout indignes que nous sommes de votre secours, ne nous le refusez pas. Regardez d’un œil favorable ce Royaume que vous avez si sagement gouverné, et si tendrement aimé. Si, par la corruption des vices qui s’y sont introduits depuis votre règne, la face vous en paraît défigurée, que cela même soit un motif pour vous intéresser, comme son roi, à le renouveler : si vous y voyez des scandales, aidez-nous à les retrancher.
Étendez surtout votre protection sur notre auguste Monarque. C’est votre fils, c’est le Chef de votre Maison, c’est l’imitation de vos vertus, c’est la vive image de vos héroïques et royales qualités : car il est comme vous le zèle de Dieu, il est comme vous le protecteur de la vraie religion, le restaurateur des autels, l’exterminateur de l’hérésie.
Obtenez-lui les grâces et les lumières dont il a besoin pour achever les grands desseins que Dieu lui inspire ; que cet esprit de sainteté qui vous a dirigé dans toutes vos voies vienne reposer sur lui ; qu’il nous anime nous-mêmes, et qu’il nous conduise tous à l’éternité bienheureuse.
Ainsi soit-il ! »
           

Saint Louis, priez pour nous !
Sainte Jeanne d’Arc, priez pour nous !
Saints et Saintes de France, priez pour nous !

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2020-44. « Voici le jour que le Seigneur a fait ; réjouissons-nous et tressaillons d’allégresse !»

Dans ce sermon qui, dans l’édition de ses « œuvres complètes » est classé comme le « premier sermon pour la fête de Pâques », notre Bienheureux Père Saint Augustin propose un développement de ce « Haec dies quam fecit Dominus… » que nous entonnons le jour de la Résurrection et que nous répétons à satiété pendant tout l’octave de Pâques.

Vitrail du Christ ressuscité - détail

Voici le jour que le Seigneur a fait ;
réjouissons-nous et tressaillons d’allégresse !

§1 - La fête de Pâques nous provoque à la joie, parce que tout y est nouveau.

Une lumière éclatante brille pour nous aujourd’hui, parce que le bon Larron est entré dans le ciel sur les pas du Roi des rois. La foule des morts s’est levée, et la conscience des vivants a triomphé.
Contemplez l’Eglise, voyez la multitude des élus, les légions des anges, l’armée des fidèles entourant le précieux autel du Seigneur. La foule est dans la joie, parce que le Seigneur des anges est ressuscité. Les morts sont sortis des enfers et sont redevenus vivants, les hommes sont sortis purifiés de la source d’eau vive et entièrement renouvelés ; Dieu, dans Sa bonté, a pris soin de ressusciter les morts et de renouveler en nous le vieil homme, selon cette parole de l’Ecriture : « L’ancien a disparu, tout est devenu nouveau » (2 Cor. V, 17). Voilà pourquoi nous nous écrions tous : « Voici le jour que le Seigneur a fait ; réjouissons-nous et tressaillons d’allégresse » (Ps. CXVII, 24).
Comment les morts se sont-ils réjouis en sortant de leur tombeau ? Comment ceux qui ont repris naissance ont-ils tressailli d’allégresse en sortant de la source sacrée ? Ceux-là ont chanté le cantique nouveau sur la vie nouvelle, et ceux-ci ont 
chanté l’Alleluia en recevant la grâce précieuse. Disons tous : C’est le jour de la lumière, le jour du pain, afin que nous ne soyons plus soumis ni à la faim ni aux ténèbres ; rassasions-nous, au contraire, du pain de la grâce, et non pas de l’obscurité des nations barbares, car aujourd’hui l’armée des Anges se réjouit avec nous. Que personne ne désire plus le pain matériel, car aujourd’hui est ressuscité « le Pain vivant qui est descendu du ciel » (Jean, VI, 51). Aujourd’hui les chaînes des enfers sont rompues, que les chaînes de tous les péchés se rompent également.

§2. La grâce de Jésus-Christ mourant, ressuscitant, montant au ciel.

Que notre mère la sainte Eglise surabonde de joie dans la personne de tous ses enfants. Venez , Seigneur , et dites-nous : « La paix soit avec vous , n’ayez aucune crainte » (Luc, IV, 36), et nous jouirons d’une grande sécurité, car en célébrant la loi nous posséderons en toutes choses la lumière éternelle et nous dirons : « Si je marche au milieu des ombres de la mort, je ne craindrai aucun mal, parce que vous êtes avec moi, Seigneur » (Ps. XXII, 4).
Soyez donc avec nous, Seigneur, afin que nous n’ayons plus à craindre les 
ombres de la mort et que nous nous réjouissions éternellement en Notre-Seigneur Jésus-Christ souffrant, ressuscitant et montant au ciel. Par Lui puissions-nous nous élever et nous convertir au Seigneur. Le Seigneur est né, et le monde a repris naissance ; Il a souffert, et l’homme a été sauvé ; Il est ressuscité, et l’enfer a gémi ; Il est monté au ciel, et le trône paternel a tressailli de joie. Pendant que le Sauveur souffrait, les morts ressuscitaient et les vivants se réjouissaient ; lorsqu’Il ressuscita, les captifs sentaient leurs chaînes disparaître, et les anges ne pouvaient contenir leur joie ; quand Il monta au ciel, les esprits célestes furent enivrés de bonheur, et les Apôtres furent attristés ; « mais leur tristesse se changea en joie » (Jean, XVI, 20), et dissipa les ténèbres qui les retenaient dans l’erreur. C’est ainsi que pour nous, après la nuit de labeur, rayonne la joie de la lumière à la splendeur du Dieu Sauveur, selon cette parole : « Vous avez changé ma tristesse en joie » (Ps. XXIX, 12).

§3. Jour de joie et de reconnaissance.

La mort de Jésus-Christ déchirait le voile du temple, brisait les cœurs les plus durs, couvrait la nature d’épaisses ténèbres et inondait nos visages de clartés spirituelles, afin « de nous faire contempler la gloire du Seigneur à visage découvert » (2 Cor. III, 18). Un voile mystique enveloppait la loi ancienne ; ce voile a été déchiré : « la nuit a précédé, le jour s’est approché » (Rom. XIII, 12). Car voici « le jour que le Seigneur a fait, qu’il soit pour nous un sujet de joie et d’allégresse » (Ps. CXVII, 24).
Tous les jours sont l’oeuvre de Dieu, mais celui-ci a été marqué de Son sang. Les morts ressuscités se sont réjouis, combien plus la joie de ce jour doit-elle nous faire tressaillir. Ces morts parcouraient la cité sainte ; pour nous, nous irons à la sainte Eglise ; ils se réunissaient au banquet des saints, pour nous, nous participerons à la table des mystères de Dieu. Que l’armée des anges s’associe à notre joie et à 
notre banquet, offrons nos présents, élevons nos cœurs et modulons sur nos cithares ce chant d’allégresse : « Je monterai à l’autel de Dieu, au Dieu qui réjouit ma jeunesse » (Ps. XLII, 4). Nos iniquités sont pardonnées, nos chaînes sont rompues ; car c’est Dieu Lui-même qui réjouit notre âme ; disons donc de nouveau : « Voici le jour que le Seigneur a fait, réjouissons-nous et tressaillons d’allégresse ».

§4. Voici le Jour que le Seigneur a fait, réjouissons-nous donc !

Que personne ne s’attriste s’il se sent pressé par de vives exhortations de perdre la vie plutôt que sa dignité. Quelle que soit, d’ailleurs, la simplicité de son vêtement, qu’il lui suffise de briller par les qualités de l’esprit et du cœur ; car il possédera de cette manière la plus belle gloire, celle de trouver sa joie, non pas dans un vêtement, mais dans la sainteté de ce grand jour. En effet, on ne nous dit pas : Tressaillons dans notre vêtement ; mais : « Réjouissons-nous en ce jour ». Ce jour ne connaît pas les ténèbres, parce que Lui-même le premier a dissipé les ténèbres ; il ne connaît pas l’obscurité, puisqu’Il a chassé toute obscurité ; il ne connaît pas la calomnie et la suggestion du mal, parce que sur la croix Il a détruit nos titres au châtiment. Par Son innocence le Rédempteur nous a mérité l’élection divine, le calomniateur s’est enfui, le père du mensonge a perdu sa cause.
Jour d’indulgence, jour de rémission, jour de délivrance ! La joie fait tressaillir les vivants, et les morts éprouvent un soulagement ineffable. Ce jour joyeux, large, libre et éclatant, a est comme mille années en présence de Dieu (cf. Ps. LXXXIX, 4) ; car « c’est vraiment le jour que Dieu a fait ». Celui qui, toute sa vie, persévérera dans l’amour de Dieu, méritera de se réjouir éternellement dans ce jour, dans lequel les saints feront entendre des chants d’allégresse , seront inondés de toutes les splendeurs, partageront les joies du Sauveur et diront et répéteront en choeur : « Voici le jour que le Seigneur a fait, réjouissons-nous et tressaillons d’allégresse » .

Haec dies

2020-43. « L’actuelle situation dramatique doit ouvrir sur une période de sursaut qui soignera après les corps, les âmes et l’esprit public. »

A minuit, en cette nuit du Samedi Saint au Dimanche de Pâques, alors que de nombreuses pieuses âmes veillent et prient en célébrant, dans le confinement la Sainte Résurrection de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, a publié sur les réseaux sociaux le message suivant à l’adresse des Français :

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Chers compatriotes,
Chers Français

Rappelons-nous : Pâques 2019 et la France pétrifiée par l’incendie qui venait de ravager la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Pâques 2020, une épreuve d’une toute autre nature dans un domaine où l’on ne l’attendait pas, atteint la France qui, avec l’Italie et l’Espagne, se partage le record des décès en Europe. Tous les continents sont frappés.
Une mondialisation du risque !

Hier c’était l’âme du pays qui était touchée, et aujourd’hui ce sont les hommes et les femmes ; les enfants et les vieillards. Selon les mots forts prononcés par le Saint-Père dans son homélie du 27 mars, « nous avons été pris au dépourvu par une tempête inattendue et furieuse ». Devant le danger saurons-nous réagir et à l’ombre de cette cruelle épreuve, refonder nos actions sur plus de bon sens et redonner du sens à nos vies ?

Réagir, au-delà de la compassion que l’on a vis-à-vis des milliers de victimes et de leurs familles affrontant la mort souvent en grande solitude et sans secours spirituel; au-delà de l’admiration vis-à-vis des soignants aux moyens parfois si dérisoires et de tous ceux qui se dévouent souvent en prenant des risques pour que le pays continue à vivre ; au-delà des encouragements adressés à ceux qui, confinés, doivent assumer une vie familiale bouleversée et exercer leurs activités dans des conditions précaires ; au-delà de l’angoisse face aux situations désespérées que nombre d’artisans, de commerçants, d’entrepreneurs auront à affronter après le brusque arrêt de la vie économique.

Les Français courageux et fidèles à l’image de l’idée qu’ils ont de leur pays –celui du baptême de Clovis, celui de la justice de Saint-Louis, celui des quinze siècles de gloire et d’honneur-, doivent faire front animés d’une énergie à toute épreuve. Ils doivent résister pour sauver leur pays, retrouver l’esprit de Bouvines. Si l’oriflamme de saint Denis n’est plus élevée pour précéder les combattants, son esprit doit être là. Vivant.

L’actuelle situation dramatique doit ouvrir sur une période de sursaut qui soignera après les corps, les âmes et l’esprit public. En effet, au-delà de la crise sanitaire n’est-ce pas toute notre société qui est malade depuis des années et qui a besoin de se retrouver à travers un grand dessein partagé par tous et des valeurs essentielles.

En France, déjà, plus de vingt-cinq évêques ont placé leur diocèse sous la protection divine par l’intercession du Sacré-Cœur, de la Vierge Marie, de Saint-Joseph ou encore de saints locaux ayant déjà été invoqués lors d‘épidémies plus anciennes. Je me plais à songer au poids qu’aurait une consécration solennelle de la France effectuée par l’ensemble de son épiscopat à laquelle s’associerait le maximum de fidèles. Pâques, la fête de la résurrection, pourrait en être l’occasion. En tant que successeur légitime des rois de France qui ont toujours compris leur fonction dans sa double dimension terrestre et divine, ce serait de mon devoir de m’y associer et je le ferais en mon âme et conscience.

Demandons, en cette fête de la Résurrection, le secours de Saint Louis, de Sainte Geneviève et de Sainte Jeanne d’Arc et leur protection sur la France.

Louis de Bourbon
Duc d’Anjou.
Pâques 2020.

grandes armes de France

2020-42. D’un grand chandelier des Ténèbres arrivé ce jour au Mesnil-Marie.

Vendredi de la Passion 3 avril, au soir ;
Fête de la Compassion de Notre-Dame ;
Anniversaire du rappel à Dieu de Madame Edith Royer (cf. > ici).

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Beaucoup d’entre vous le savent, ces dernières années, à l’occasion de la Semaine Sainte, je m’absentais du Mesnil-Marie, pour me rendre dans des lieux (monastères ou paroisses) où je pouvais profiter de la plénitude de la liturgie.

Depuis ces deux dernières années en outre, il était enfin possible d’avoir le déploiement de la véritable liturgie traditionnelle, c’est-à-dire antérieure aux réformes de la Vigile Pascale et de la Semaine Sainte accomplies sous le pontificat de Pie XII : ces réformes, fallacieusement qualifiées de « restauration de la Semaine Sainte », qu’avec un certain nombre d’amis ecclésiastiques et liturgistes nous considérons comme un « cheval de Troie » dans le missel habituellement utilisé dans les églises ou chapelles où l’on célèbre la Messe traditionnelle.

Et voici que, avec les mesures édictées par le gouvernement de la république sur lesquelles nombre d’évêques ont surenchéri de manière à rendre quasi impossible l’assistance à la Sainte Messe et la réception des sacrements, mes prévisions de cette année pour la Semaine Sainte sont « tombées à l’eau ».
Cependant la divine Providence – qui est pour moi pleine de prévenantes attentions – a voulu que l’un de mes amis prêtres se trouvât ici-même, au Mesnil-Marie, pour des motifs liés à sa santé, au moment du déclenchement du confinement. Le voilà donc cloîtré en ma petite « Principauté monastique »… Ce qui me vaut évidemment la grâce infinie de profiter de sa Messe privée quotidienne (au moment même où le plus grand nombre des fidèles se trouve contraint de « jeûner » de l’assistance à la Messe et des sacrements) : si les règles liturgiques du carême le permettaient, j’en chanterais d’interminables alléluias !

Le Mesnil-Marie le 25 mars 2020

Le Mesnil-Marie, en la fête de l’Annonciation de Notre-Dame
Mercredi 25 mars 2020

Le confinement se prolongeant – ce qui était une évidence dès le début, et il est fort probable qu’il se prolongera encore au-delà du 15 avril -, conformément aux dispositions prévues par la discipline ecclésiastique, nous nous apprêtons donc à célébrer, de notre mieux en ce confinement, les offices de la Semaine Sainte dans l’oratoire du Mesnil-Marie.

La Providence m’a permis, année après année, de recueillir, recevoir, racheter, rassembler à peu près tout le matériel liturgique nécessaire pour les célébrations très particulières de ces jours sacrés entre tous.
Il me manquait néanmoins un meuble très caractéristique des matines des Jeudi, Vendredi et Samedi Saints : le grand chandelier triangulaire dont on éteint un à un les cierges à la fin de chacun des psaumes (sauf le dernier au sommet), d’où le nom de « Ténèbres » donné à ces offices (je vous renvoie au « reportage » qui en avait été fait en 2018 et publié > ici).
Cela fait des années que je cherchais un chandelier des Ténèbres, en vain…

1 - début office

L’office des ténèbres en 2018

Lundi dernier, rentrant de faire les courses hebdomadaires, je suis passé devant l’atelier d’un jeune ferronnier auquel j’avais jadis eu recours : voyant qu’il s’y trouvait, je me suis arrêté et lui ai demandé (en gardant bien les distances de sécurité) s’il aurait le temps de réaliser un tel chandelier avant le Mercredi Saint. Ce jeune homme a été très intéressé, presque enthousiasmé, par ma demande au point qu’il a fait des recherches passionnées le soir chez lui, et que nous en avons reparlé plusieurs fois au téléphone, pour que l’œuvre fût conforme au symbolisme liturgique traditionnel.

Evidemment, il ne pouvait s’agir de confectionner un chandelier tel qu’on en trouve dans les cathédrales ou les grandes églises : il fallait qu’il soit proportionné à mon oratoire.
Nous nous sommes mis d’accord pour un triangle équilatéral (symbole trinitaire), portant un cercle (dont la forme évoque, entre autres, celle de la Sainte Hostie) dans lequel s’inscrit la Croix de Jérusalem, appelée aussi Croix de Terre-Sainte.

Il a travaillé avec tant d’ardeur et d’enthousiasme que le chandelier était achevé hier au soir et qu’en ce vendredi de la Passion, fête de la Compassion de Notre-Dame, juste avant le Chemin de Croix, il m’a été livré : il n’y a pas de hasard !

Pour vous le présenter, je l’ai placé là où il devra se trouver pour l’office des Ténèbres :

Chandelier des ténèbres 1

Les côtés du triangle mesurent 70 cm. Sa hauteur (jusqu’à la coupelle du pique-cierge du sommet) est de 1,82 m, ce qui portera la flamme du plus haut cierge à quelque 2,12 m au début de l’office.

chandelier des ténèbres 2

Son poids total est d’une trentaine de kilos.

chandelier des ténèbres 3

Je suis véritablement enchanté de ce travail, bien fait, et mené à son accomplissement en trois jours : je vous l’ai dit, il n’y a pas de hasard !

Evidemment, ce travail a un coût…
Aussi, si – pour la gloire de Dieu et l’amour de Notre-Dame de Compassion – certains d’entre vous veulent participer financièrement, même par une toute petite somme, au règlement de la facture de ce chandelier des ténèbres, nous leur en serons infiniment reconnaissants.
Pour faire un don via Paypal, aller > ici ; pour un virement ou une offrande par chèque, nous contacter > ici.

Je remercie par avance tous ceux qui se feront à leur tour les instruments de la Providence, et je les assure de ma prière à leurs intentions. Ce matin, la Sainte Messe a été offerte pour tous les bienfaiteurs et amis du Refuge Notre-Dame de Compassion, vivants et défunts.

Soyez bénis : que le Cœur de Jésus et Marie vous protège et vous garde !

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Statue de N.D. de Compassion du Mesnil-Marie

2020-41. Trois brefs messages de Sa Majesté.

Mardi 31 mars 2020,
Mardi de la Passion.

Armes de France & Navarre

Au cours de la semaine écoulée, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, a publié, par le moyen des réseaux sociaux trois communiqués dont vous trouverez ci-dessous les textes :

A – Le 24 mars 2020 – Hommage appuyé au Cercle Saint Louis Roi de France de Nîmes, membre de l’UCLF, pour son action caritative nommée « La Poule au pot d’Henri IV » :

« Je souhaitais, en ces temps de confinement et de difficultés, vous faire part d’une belle œuvre que je souhaiterais voir rayonner ! L’opération « la poule-au-pot d’Henri IV », à l’initiative du Cercle Saint-Louis, Roi de France réunit depuis le 1er décembre 2019, une équipe de 15 bénévoles qui accueille dans le centre-ville de Nîmes des personnes de la rue, des personnes âgées et isolées. Ils apportent réconfort aux personnes les plus fragiles en leur offrant un plat de cuisine familiale, chaud, à emporter, avec la possibilité de se recueillir en la chapelle voisine, d’être accompagnées dans les démarches administratives et d’avoir un vestiaire à disposition.

Un temps de réconfort où la charité chrétienne, inspirée par Saint Louis, et le service du bien commun ont trouvé toute leur expression. Mettons-nous ainsi à la suite d’Henri IV pour offrir aux peuples de France la fameuse poule-au-pot !Dans la situation actuelle, avec le COVID-19, où les personnes de la rue sont encore plus dans le besoin, et avec les encouragements des autorités civiles, ils continuent leur service d’accueil des personnes les plus fragiles pendant la période de confinement, bravo pour ce dévouement !
Les Lys servent le bien commun. »

Pour plus de renseignements sur cette belle œuvre – et éventuellement pour lui adresser des dons pour soutenir son action -, voir > ici

La Poule au pot - Cercle légitimiste de Nîmes

frise lys

B – 26 mars 2020 – Mort de la Princesse Marie-Thérèse de Bourbon-Parme :

Troisième enfant du Prince François-Xavier de Bourbon-Parme et de Madeleine de Bourbon-Busset, née à Paris le 28 juillet 1933, la Princesse Marie-Thérèse de Bourbon-Parme était la filleule de sa tante paternelle l’Impératrice et Reine Zita de Bourbon-Parme (cf. > ici). Célibataire et connue pour des engagements que nous pouvons qualifier de non conformistes qui lui ont parfois valu le surnom de « princesse rouge », la Princesse Marie-Thérèse s’est éteinte à Paris ce 26 mars 2020 dans sa 87ème année : elle est le premier membre d’une famille royale à succomber à l’épidémie de COVID-19.
A l’annonce de sa mort Monseigneur le Prince Louis de Bourbon a publié le 28 mars le communiqué suivant :

« J’apprends avec regret le décès jeudi de ma cousine la Princesse Marie-Thérèse de Bourbon-Parme, atteinte par le covid-19. J’assure sa famille et ses proches de mes prières et de ma sympathie dans ce deuil. »

Princesse Marie-Thérèse de Bourbon-Parme

frise lys

C – 26 mars 2020 au soir – Libération des bénévoles de l’association SOS Chrétiens d’Orient retenus captifs en Irak depuis le 20 janvier :

La belle association SOS Chrétiens d’Orient (que nous avions évoquée > ici) et tous ses amis qui priaient en union avec elle depuis l’enlèvement à Bagdad de trois de ses bénévoles français et de leur accompagnateur irakien, le 20 janvier dernier, a eu la très grande joie d’apprendre, le 26 mars au soir, leur libération. Ce fut une explosion d’action de grâces à Dieu pour cet heureux dénouement.
Le 29 mars, Monseigneur a publié le communiqué suivant :

Grande joie d’avoir appris la libération jeudi des quatre otages de l’association SOS Chrétiens d’Orient enlevés à Bagdad le 20 janvier dernier. La France a déployé tous ses efforts pour parvenir à ce dénouement avec le soutien des autorités irakiennes.
En ces jours de prière intense pour les catholiques et à l’aube de Pâques, n’oublions pas les chrétiens d’Orient et leur espérance obstinée. N’oublions pas ces communautés qui ont pratiquement l’âge du Christ et qui sont très souvent les otages d’une politique qui les dépasse et qui les broie.
Leur courage reste extraordinaire.
Que Saint Louis les protège !

Louis,
Duc d’Anjou

SOS Chrétiens d'Orient

Nous nous permettons de recommander chaleureusement à votre générosité, particulièrement en ces jours où il faut concrétiser nos offrandes de carême, cette association amie.

frise lys

2020-40. « L’épidémie de coronavirus est sans aucun doute une intervention divine pour châtier et purifier le monde pécheur et aussi l’Église. »

Il y a quelques jours, Son Excellence Monseigneur Athanasius Schneider a accordé un nouvel et important entretien à Diane Montagna, publié ce 28 mars par The Remnant. Il y répond à ses questions sur la cessation quasi globale de la célébration publique de la Messe, et sur les ordres donnés aux prêtres par de nombreux évêques de ne pas donner les sacrements aux fidèles. Et de mettre tout cela en perspective avec les nombreuses profanations de la Sainte Eucharistie et le manque de foi en la Présence réelle qui a envahi l’Eglise depuis cinquante ans. Il n’hésite pas à faire le lien avec les annonces de l’Apocalypse. C’est un appel à la pénitence et à la foi en ce temps de « dictature sanitaire », selon l’expression déjà employée par Son excellence dans le précédent entretien que nous avons reproduit.
Les prêtres doivent-ils obéir aux ordres qui leur sont donnés de fermer leurs églises ? Non, répond Monseigneur Schneider, qui les invite à la « créativité » pour célébrer publiquement la Messe en respectant les précautions d’hygiène liées à l’épidémie du coronavirus.

En voici la traduction intégrale réalisée par Madame Jeanne Smits (à laquelle nous devons également le texte que nous avons reproduit > ici) et mise en ligne sur son blogue ce même 28 mars [source].
Nous nous permettons de mettre en caractères gras des passages particulièrement forts et importants de ce long texte qui mérite d’être lu et médité avec la plus grande attention.

Mgr Atnanasius Schneider

Son Excellence Monseigneur Athanasius Schneider,
évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Sainte-Marie à Astana (Kazakhstan)

Diane Montagna : Excellence, quelle est votre impression générale sur la manière dont l’Eglise gère l’épidémie de coronavirus ?

Mgr Schneider : J’ai l’impression que la majorité des évêques a réagi de façon précipitée et par panique en interdisant toutes les messes publiques et – ce qui est encore plus incompréhensible – en fermant les églises. Ces évêques ont réagi davantage comme des bureaucrates civils qu’en pasteurs. En se concentrant trop exclusivement sur toutes les mesures de protection hygiénique, ils ont perdu une vision surnaturelle et ont abandonné la primauté du bien éternel des âmes.

Le diocèse de Rome a rapidement suspendu toutes les messes publiques pour se conformer aux directives du gouvernement. Les évêques du monde entier ont pris des mesures similaires. Les évêques polonais, en revanche, ont demandé que davantage de messes soient célébrées afin que les congrégations soient plus petites. Que pensez-vous de la décision de suspendre les messes publiques pour empêcher la propagation du coronavirus ?

Tant que les supermarchés sont ouverts et accessibles et que les gens ont accès aux transports publics, on ne voit pas de raison plausible d’interdire aux gens d’assister à la messe dans une église. On pourrait garantir dans les églises des mesures de protection hygiénique identiques, voire meilleures. Par exemple, avant chaque messe, on pourrait désinfecter les bancs et les portes, et tous ceux qui entrent dans l’église pourraient se désinfecter les mains. D’autres mesures similaires pourraient également être prises. On pourrait limiter le nombre de participants et augmenter la fréquence de la célébration des messes. L’exemple de vision surnaturelle en temps d’épidémie donné par le président tanzanien John Magufuli devrait nous inspirer (cf. notre publication > ici). Le président Magufuli, catholique pratiquant, a déclaré le dimanche 22 mars 2020 (dimanche de Laetare), à la cathédrale de Saint-Paul, dans la capitale tanzanienne de Dodoma : « J’insiste auprès de vous, mes frères chrétiens et même auprès de vous, les musulmans : n’ayez pas peur, ne cessez pas de vous rassembler pour glorifier Dieu et le louer. C’est pourquoi, en tant que gouvernement, nous n’avons pas fermé d’églises ou de mosquées. Au contraire, elles devraient toujours être ouvertes pour que les gens puissent chercher refuge auprès de Dieu. Les églises sont des lieux où les gens peuvent chercher la vraie guérison, car c’est là que réside le vrai Dieu. N’ayez pas peur de louer et de chercher le visage de Dieu dans l’église. »

Faisant référence à l’Eucharistie, le Président Magufuli a également prononcé ces mots encourageants : « Le coronavirus ne peut pas survivre dans le corps eucharistique du Christ ; il sera bientôt brûlé. C’est exactement pour cela que je n’ai pas paniqué en recevant la sainte communion, parce que je savais qu’avec Jésus dans l’Eucharistie, je suis en sécurité. C’est le moment de renforcer notre foi en Dieu ».

Pensez-vous qu’un prêtre agirait de manière responsable en célébrant une messe privée en présence de quelques fidèles laïcs, tout en prenant les précautions sanitaires nécessaires ?

Ce serait responsable, mais aussi méritoire ; cela constituerait un acte pastoral authentique, à condition bien sûr que le prêtre prenne les précautions sanitaires nécessaires.

Les prêtres sont dans une position difficile dans cette situation. Certains bons prêtres sont critiqués pour avoir obéi aux directives de leur évêque de suspendre les messes publiques (alors qu’ils continuent à célébrer une messe privée). D’autres cherchent des moyens créatifs d’entendre les confessions tout en cherchant à préserver la santé des gens. Quels conseils donneriez-vous aux prêtres pour vivre leur vocation en ces temps difficiles ?

Les prêtres doivent se rappeler qu’ils sont avant tout pasteurs des âmes immortelles. Ils doivent imiter le Christ, qui a dit : « Je suis le bon pasteur. Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis. Mais le mercenaire, et celui qui n’est pas pasteur, à qui les brebis n’appartiennent pas, voit venir le loup, et abandonne les brebis, et s’enfuit ; et le loup ravit et disperse les brebis. Le mercenaire s’enfuit, parce qu’il est mercenaire, et qu’il ne se met pas en peine des brebis. Je suis le bon pasteur, et je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent » (Jean 10, 11-14) Si un prêtre observe de manière raisonnable toutes les précautions sanitaires nécessaires et fait preuve de discernement, il n’est pas tenu d’obéir aux directives de son évêque ou du gouvernement lui ordonnant de suspendre la Messe pour les fidèles. De telles directives sont une pure loi humaine, alors que la loi suprême dans l’Église est le salut des âmes. Les prêtres dans une telle situation doivent être extrêmement créatifs pour assurer aux fidèles, même pour un petit groupe, la célébration de la sainte messe et la réception des sacrements. Tel était le comportement pastoral de tous les prêtres confesseurs et martyrs au temps des persécutions.

Est-il jamais légitime que les prêtres défient l’autorité, en particulier l’autorité ecclésiastique (par exemple, si un prêtre se voit enjoindre de ne pas aller rendre visite aux malades et aux mourants) ?

Si une autorité ecclésiastique interdit à un prêtre d’aller rendre visite aux malades et aux mourants, il ne peut pas obéir. Une telle interdiction constitue un abus de pouvoir. Le Christ n’a pas donné à l’évêque le pouvoir d’interdire la visite des malades et des mourants. Un vrai prêtre fera tout ce qu’il peut pour rendre visite à un mourant. De nombreux prêtres l’ont fait même lorsque cela signifiait mettre leur vie en danger, soit en cas de persécution, soit en cas d’épidémie. Nous avons de nombreux exemples de tels prêtres dans l’histoire de l’Église. Saint Charles Borromée, par exemple, donnait la sainte communion de ses propres mains sur la langue de mourants infectés par la peste. À notre époque, nous avons l’exemple émouvant et édifiant de prêtres, en particulier de la région de Bergame, dans le nord de l’Italie, qui ont été infectés et sont morts parce qu’ils s’occupaient de patients mourants atteints de coronavirus. Un prêtre de 72 ans atteint de coronavirus est mort il y a quelques jours en Italie, après avoir abandonné le respirateur, dont il avait besoin pour survivre, et avoir permis qu’il soit donné à un patient plus jeune. Ne pas aller rendre visite aux malades et aux mourants est un comportement qui relève plus du mercenaire que du bon pasteur.

Vous avez passé vos premières années dans l’église clandestine soviétique. Quel point de vue ou perspective aimeriez-vous partager avec les fidèles laïcs qui ne peuvent pas assister à la messe, et dans certains cas, ne peuvent même pas passer du temps devant le saint sacrement parce que toutes les églises de leur diocèse ont été fermées ?

J’encouragerais les fidèles à faire des actes fréquents de communion spirituelle. Ils pourraient lire et contempler les lectures quotidiennes de la Messe et l’ordo entier de la Messe. Ils pourraient envoyer leur saint Ange gardien pour adorer Jésus-Christ dans le tabernacle en leur nom. Ils pourraient s’unir spirituellement à tous les chrétiens qui sont en prison au nom de leur foi, à tous les chrétiens qui sont malades et alités, à tous les chrétiens mourants qui sont privés des sacrements. Dieu remplira de nombreuses grâces ce temps de privation temporelle de la Sainte Messe et du Saint-Sacrement.

Le Vatican a récemment annoncé que les liturgies de Pâques seront célébrées en l’absence des fidèles. Il a précisé par la suite qu’il étudie « des moyens de mise en œuvre et de participation qui respectent les mesures de sécurité mises en place pour prévenir la propagation du coronavirus ». Quel est votre avis sur cette décision ?

Étant donné la stricte interdiction des rassemblements de masse par les autorités gouvernementales italiennes, on peut comprendre que le pape ne puisse pas célébrer les liturgies de la Semaine Sainte en présence d’un grand nombre de fidèles. Je pense que les liturgies de la Semaine Sainte pourraient être célébrées par le Pape en toute dignité et sans qu’on les abrège, par exemple dans la Chapelle Sixtine (comme c’était la coutume des papes avant le Concile Vatican II), avec la participation du clergé (cardinaux, prêtres) et d’un groupe choisi de fidèles, auxquels des mesures de protection hygiénique seraient préalablement appliquées. On ne voit pas la logique d’interdire l’allumage du feu, la bénédiction de l’eau et le baptême lors de la Veillée pascale, comme si ces actions risquaient de propager un virus. Une peur quasi-pathologique a vaincu la raison commune et la vision surnaturelle.

Votre Excellence, que révèle la gestion de l’épidémie de coronavirus par l’Église sur l’état de l’Église et en particulier de sa hiérarchie ?

Elle révèle la perte d’une vision surnaturelle. Au cours des dernières décennies, de nombreux membres de la hiérarchie de l’Église ont été surtout immergés dans les affaires séculières, intérieures et temporelles et sont ainsi devenus aveugles aux réalités surnaturelles et éternelles. Leurs yeux ont été remplis de la poussière des occupations terrestres, comme l’a dit un jour saint Grégoire le Grand (voir Regula pastoralis II, 7). Leur réaction face à l’épidémie du coronavirus a révélé qu’ils accordent plus d’importance au corps mortel qu’à l’âme immortelle des hommes, oubliant les paroles de notre Seigneur : « En effet, que servirait à l’homme de gagner le monde entier et de perdre son âme ? » (Marc 8, 36). Les mêmes évêques qui tentent aujourd’hui de protéger (parfois par des mesures disproportionnées) le corps de leurs fidèles de la contamination par un virus matériel, ont tranquillement laissé le virus des enseignements et pratiques hérétiques se répandre parmi leur troupeau.

Le cardinal Vincent Nichols a récemment déclaré que nous aurons une faim nouvelle de l’Eucharistie après la disparition de l’épidémie du coronavirus ? Êtes-vous d’accord avec cela ?

J’espère que ces paroles se vérifieront chez de nombreux catholiques. C’est une expérience humaine commune que la privation prolongée d’une réalité importante enflamme le cœur des gens qui la désirent ardemment. Cela s’applique, bien sûr, à ceux qui croient et aiment vraiment l’Eucharistie. Une telle expérience aide également à réfléchir plus profondément sur la signification et la valeur de la sainte Eucharistie. Peut-être que les catholiques qui étaient si habitués au Saint des Saints qu’ils en sont venus à le considérer comme quelque chose d’ordinaire et de commun connaîtront une conversion spirituelle et comprendront et traiteront désormais la sainte Eucharistie comme extraordinaire et sublime.

Le dimanche 15 mars, le pape François est allé prier devant l’image « Salus Populo Romani » à Santa Maria Maggiore et devant le Crucifix miraculeux qui se trouve dans l’église de San Marcelo al Corso. Pensez-vous qu’il soit important que les évêques et les cardinaux réalisent des actes de prière publique semblables pour que prenne fin l’épidémie du coronavirus ?

L’exemple du pape François peut encourager de nombreux évêques à accomplir des actes semblables de témoignage public de foi et de prière, et à donner des signes concrets de pénitence qui implorent Dieu de mettre fin à l’épidémie. On pourrait recommander que les évêques et les prêtres traversent régulièrement leurs villes et villages avec le Saint-Sacrement dans l’ostensoir, accompagnés d’un petit nombre de clercs ou de fidèles (un, deux ou trois), selon les réglementations gouvernementales. De telles processions avec le Seigneur Eucharistique transmettront aux fidèles et aux citoyens la consolation et la joie de ne pas être seuls au moment de la tribulation, de savoir que le Seigneur est vraiment avec eux, que l’Église est une mère qui n’a ni oublié ni abandonné ses enfants. Une chaîne mondiale d’ostensoirs portant le Seigneur eucharistique dans les rues de ce monde pourrait être lancée. De telles mini processions eucharistiques, même si elles ne sont réalisées que par un évêque ou un prêtre seul, imploreront des grâces de guérison physique et spirituelle, et de conversion.

Le coronavirus a fait son apparition en Chine peu de temps après le synode de l’Amazonie. Certains médias croient fermement qu’il s’agit d’une punition divine après les épisodes de la Pachamama au Vatican. D’autres croient qu’il s’agit d’un châtiment divin à la suite de l’accord entre le Vatican et la Chine. Pensez-vous que l’une ou l’autre de ces positions soit tenable ?

L’épidémie de coronavirus est sans aucun doute, à mon avis, une intervention divine pour châtier et purifier le monde pécheur et aussi l’Église. Nous ne devons pas oublier que Notre Seigneur Jésus-Christ considérait les catastrophes physiques comme des châtiments divins. Nous lisons, par exemple : « En ce même temps, il y avait là quelques hommes, qui lui annonçaient ce qui était arrivé aux Galiléens dont Pilate avait mêlé le sang avec celui de leurs sacrifices. Et prenant la parole, il leur dit : Pensez-vous que ces Galiléens fussent plus pécheurs que tous les autres Galiléens, parce qu’ils ont souffert de telles choses ? Non, je vous le dis ; mais, si vous ne faites pénitence, vous périrez tous pareillement. Comme ces dix-huit personnes sur lesquelles est tombée la tour de Siloé, et qu’elle a tuées : pensez-vous que leur dette fût plus grande que celle de tous les habitants de Jérusalem ? Non, je vous le dis ; mais, si vous ne faites pénitence, vous périrez tous pareillement » (Luc 13, 1-5)

La vénération cultuelle de l’idole païenne de la Pachamama à l’intérieur du Vatican, avec l’approbation du Pape, était à coup sûr un grand péché d’infidélité au Premier Commandement du Décalogue, c’était une abomination. Toute tentative de minimiser cet acte de vénération ne peut résister au barrage des preuves évidentes et de la raison. Je pense que ces actes d’idolâtrie ont été le point culminant d’une série d’autres actes d’infidélité par rapport à la sauvegarde du dépôt divin de la Foi par de nombreux membres de haut rang de la hiérarchie de l’Église au cours des décennies passées. Je n’ai pas la certitude absolue que l’apparition du coronavirus est une rétribution divine pour les événements de la Pachamama au Vatican, mais envisager une telle possibilité ne serait pas tiré par les cheveux. Déjà au début de l’Église, le Christ a réprimandé les évêques (les « anges ») des églises de Pergame et de Thyatire en raison de leur connivence avec l’idolâtrie et l’adultère. La figure de « Jézabel », qui séduisait l’Église pour l’amener à l’idolâtrie et à l’adultère (voir Apocalypse 2, 20), pourrait également être comprise comme un symbole du monde d’aujourd’hui – avec lequel flirtent de nombreuses personnes ayant des responsabilités au sein de l’Église.

Les paroles suivantes du Christ restent valables pour notre époque également : « Voici, je vais la jeter sur un lit de douleur, et ceux qui commettent l’adultère avec elle seront dans une très grande tribulation, s’ils ne font pénitence de leurs œuvres. Je frapperai de mort ses enfants, et toutes les Eglises sauront que je suis celui qui sonde les reins et les cœurs, et je rendrai à chacun de vous selon ses œuvres » (Apocalypse 2, 22-23). Le Christ a menacé de châtiment, et Il a appelé les églises à la pénitence : « Mais j’ai quelque peu de chose contre toi : c’est que tu as là des hommes qui tiennent à l’enseignement… pour les faire manger la nourriture sacrifiée aux idoles et les faire tomber dans la fornication… Fais pareillement pénitence ; sinon je viendrai bientôt à toi, et je combattrai contre eux avec l’épée de ma bouche. » Je suis convaincu que le Christ répéterait les mêmes paroles au pape François et aux autres évêques qui ont permis la vénération idolâtre de la Pachamama et qui ont implicitement approuvé les relations sexuelles en dehors d’un mariage valide, en permettant aux personnes dites « divorcées et remariées » qui sont sexuellement actives de recevoir la sainte communion.

Vous avez cité les Évangiles et le Livre de l’Apocalypse. La façon dont Dieu a traité son peuple élu dans l’Ancien Testament nous permet-elle de mieux comprendre la situation actuelle ?

L’épidémie de coronavirus a provoqué une situation au sein de l’Église qui, à ma connaissance, est unique, c’est-à-dire une interdiction quasi mondiale de toutes les messes publiques. Cette situation est en partie analogue à l’interdiction du culte chrétien dans la quasi totalité de l’Empire romain au cours des trois premiers siècles. La situation actuelle est cependant sans précédent, car dans notre cas, l’interdiction du culte public a été prononcée par des évêques catholiques, devançant même les ordres gouvernementaux correspondants.

D’une certaine manière, la situation actuelle peut également être comparée à la cessation du culte sacrificiel du Temple de Jérusalem pendant la captivité babylonienne du peuple élu de Dieu. Dans la Bible, le châtiment divin était considéré comme une grâce, par exemple : « Heureux l’homme qui est châtié par Dieu. Ne rejette donc pas la correction du Seigneur. Car c’est lui qui blesse et qui donne le remède ; il frappe, et ses mains guérissent » (Job 5, 17-18), et : « Ceux que j’aime, je les reprends et les châtie ; aie donc du zèle, et fais pénitence » (Ap. 3, 19). La seule réaction adéquate face à la tribulation, aux catastrophes, aux épidémies et autres situations similaires – qui sont autant d’instruments entre les mains de la Providence divine pour réveiller les gens du sommeil du péché et de l’indifférence envers les commandements de Dieu et la vie éternelle – est la pénitence et la conversion sincère à Dieu. Dans la prière suivante, le prophète Daniel donne aux fidèles de tous les temps un exemple du juste état esprit qu’ils doivent avoir, et de la façon dont ils doivent se comporter et prier en temps de tribulation : « Tout Israël a transgressé votre loi et s’est détourné pour ne pas entendre votre voix… Abaissez, mon Dieu, votre oreille et écoutez ; ouvrez vos yeux, et voyez notre désolation et cette ville sur laquelle votre nom a été invoqué ; car ce n’est pas à cause de notre justice que nous vous présentons humblement nos prières, mais à cause de vos abondantes miséricordes. Exaucez-nous, Seigneur ; apaisez-vous, Seigneur ; soyez attentif et agissez ; ne tardez pas, mon Dieu, pour vous-même, parce que votre nom a été invoqué sur cette ville et sur votre peuple » (Dan 9, 11,18-19).

Saint Robert Bellarmin a écrit : « Signes sûrs concernant la venue de l’Antéchrist… la plus grande et la dernière persécution ; et le sacrifice public (de la Messe) cessera complètement » (La prophétie de Daniel, pages 37-38).

Pensez-vous que ce qu’il évoque là est ce à quoi nous assistons actuellement ? Est-ce le début du grand châtiment prophétisé dans le livre de l’Apocalypse ?

La situation actuelle offre suffisamment de motifs raisonnables pour penser que nous sommes au début d’un temps apocalyptique, qui comprend des châtiments divins. Notre Seigneur s’est référé à la prophétie de Daniel : « Quand donc vous verrez l’abomination de la désolation, dont a parlé le prophète Daniel, établie dans le lieu saint, que celui qui lit comprenne » (Mt 24,15). Le livre de l’Apocalypse dit que l’Église devra pendant un certain temps fuir dans le désert (voir Ap 12, 14). L’arrêt presque total du Sacrifice public de la Messe pourrait être interprété comme une fuite dans un désert spirituel. Ce qui est regrettable dans notre situation est le fait que de nombreux membres de la hiérarchie de l’Église ne voient pas la situation actuelle comme une tribulation, comme un châtiment divin, c’est-à-dire comme une « visitation divine » au sens biblique. Ces paroles du Seigneur s’appliquent également à de nombreux membres du clergé au milieu de l’épidémie physique et spirituelle actuelle : « Tu n’as pas connu le temps où tu as été visitée » (Luc 19, 44). La situation actuelle de cette « épreuve du feu » (cf 1 Pierre 4:12) doit être prise au sérieux par le pape et les évêques afin de conduire à une profonde conversion de l’Eglise entière. Si cela ne se produit pas, alors le message de cette histoire de Søren Kierkegaard sera également applicable à notre situation actuelle : « Un incendie éclate dans les coulisses d’un cirque. Le clown apparaît et tente d’avertir le public. Chacun croit à une blague et rit. Il répète, on rigole encore plus fort. Ainsi la fin du monde se produira au milieu des vivats et chacun pensera : Quelle bonne blague ! »

Excellence, quel est le sens profond de tout cela ?

La situation de la cessation de la célébration publique de la messe et de la sainte communion sacramentelle est si unique et si grave que l’on peut découvrir derrière tout cela une signification plus profonde. Cet événement survient près de cinquante ans après l’introduction de la communion dans la main (en 1969) et une réforme radicale du rite de la Messe (en 1969/1970) avec ses éléments protestants (prière de l’Offertoire) et son style de célébration horizontal et axé sur l’instruction (moments de liberté, célébration en cercle fermé et vers le peuple). La pratique de la communion dans la main au cours des cinquante dernières années a conduit à des profanations involontaires et volontaires du Corps eucharistique du Christ à une échelle sans précédent. Pendant plus de cinquante ans, le Corps du Christ a été (la plupart du temps involontairement) piétiné par les pieds du clergé et des laïcs dans les églises catholiques du monde entier. Le vol des Hosties consacrées a également augmenté à un rythme alarmant. La pratique consistant à communier directement avec ses propres mains et doigts ressemble de plus en plus au geste par lequel on prend la nourriture ordinaire. Chez de nombreux catholiques, la pratique de recevoir la communion dans la main a affaibli la foi en la Présence réelle et en la transsubstantiation, la foi au caractère divin et sublime de la sainte Hostie. La présence eucharistique du Christ est devenue, au fil du temps, inconsciemment, pour ces fidèles une sorte de pain ou de symbole sacré. Maintenant, le Seigneur est intervenu et a privé presque tous les fidèles d’assister à la sainte messe et de recevoir sacramentellement la Sainte Communion.

Les innocents et les coupables endurent ensemble cette tribulation, puisque dans le mystère de l’Église, tous sont mutuellement unis en tant que membres : « Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui » (1 Co 12, 26). La cessation actuelle de la sainte messe publique et de la sainte communion pourrait être comprise par le pape et les évêques comme une réprimande divine pour les cinquante dernières années de profanations et de banalisations de l’Eucharistie et, en même temps, comme un appel miséricordieux à une authentique conversion eucharistique de toute l’Église. Que l’Esprit Saint touche le cœur du Pape et des évêques et les pousse à édicter des normes liturgiques concrètes afin que le culte eucharistique de toute l’Église soit purifié et orienté à nouveau vers le Seigneur.

On pourrait suggérer que le Pape, avec les cardinaux et les évêques, réalise un acte public de réparation à Rome pour les péchés contre la sainte Eucharistie, et pour le péché des actes de vénération religieuse des statuettes de la Pachamama. Une fois la tribulation actuelle terminée, le pape devrait édicter des normes liturgiques concrètes, dans lesquelles il invitera toute l’Église à se tourner à nouveau vers le Seigneur dans la manière de célébrer, c’est-à-dire que célébrants et fidèles soient tournés dans la même direction pendant la prière eucharistique. Le Pape devrait également interdire la pratique de la communion dans la main, car l’Église ne peut pas continuer à traiter le Saint des Saints dans la petite Hostie consacrée de manière aussi minimaliste et l’exposant ainsi au danger.

La prière suivante d’Azariah dans la fournaise ardente, que chaque prêtre dit pendant le rite de l’Offertoire de la Messe, pourrait inspirer le Pape et les évêques à des actions concrètes de réparation et de restauration de la gloire du sacrifice eucharistique et du Corps eucharistique du Seigneur : « En esprit d’humilité et le cœur contrit, puissions-nous être accueillis par vous, Seigneur : et que notre sacrifice ait lieu aujourd’hui devant vous de telle manière qu’il vous soit agréable, Seigneur Dieu. Car ceux qui ont confiance en vous ne seront jamais confondus. Et maintenant, nous nous consacrons à vous de tout notre cœur, nous vous craignons, et nous cherchons votre visage. Ne nous couvrez pas de honte ; mais traitez-nous selon votre mansuétude et selon l’abondance de voire miséricorde. Délivrez-nous par un de vos prodiges, et donnez la gloire à votre nom, ô Seigneur ! » (Dn 3, 39-43, Septante).

Exposition Saint-Sacrement

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