Archive pour la catégorie 'Chronique de Lully'

2018-65. « Frère, que faisiez-vous à 15 ans ? »

Mercredi 8 août 2018,
Fête de Saint Venance, évêque de Viviers et confesseur ;
Commémoraison des Saints Cyriaque, Large et Smaragde, martyrs.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Pendant quelques jours, Jean-Baptiste, filleul de Frère Maximilien-Marie, est resté avec nous au Mesnil-Marie. Il aura 16 ans dans deux mois, et il y a toujours eu une grande complicité entre le filleul et le parrain.
En septembre dernier, à l’occasion du repas d’anniversaire de ses 15 ans, Jean-Baptiste avait interrogé Frère Maximilien-Marie : « Frère, que faisiez-vous à 15 ans, vous ? », obligeant ainsi notre Frère à remonter quarante ans en arrière…

A la suite de cela, comme j’avais noté les réponses de Frère Maximilien-Marie, je lui ai moi-même posé d’autres questions afin d’obtenir quelques précisions supplémentaires : j’ai pensé qu’un certain nombre d’entre vous aurait quelque plaisir à cette parenthèse que je vous propose aujourd’hui.
Pour certains – qui ont à peu près le même âge que Frère Maximilien-Marie ou quelques années de plus – cela fera sans doute remonter à la surface quelques souvenirs personnels ; d’autres y trouveront l’occasion de connaître un peu mieux mon papa-moine ; pour d’autres encore, ce sera aussi l’opportunité – derrière ces souvenirs personnels – d’en apprendre un peu plus sur une période de l’histoire de l’Eglise dans le mi-temps de la seconde moitié du XXème siècle…

pattes de chat Lully.

Jean-Baptiste photographe du rétroviseur

Jean-Baptiste, le filleul de Frère Maximilien-Marie,
lui a demandé de regarder dans le rétroviseur de sa vie pour remonter 40 ans en arrière…

« Frère, que faisiez-vous à 15 ans ? »

Fr.Mx.M. :
« Ayant eu 15 ans après la fin de ma classe de seconde (mais nous préférions garder l’usage ancien et dire que nous avions fait nos « humanités »), je suis entré en première (mais nous préférions dire en classe de « rhétorique ») : je n’étais pas tout-à-fait le plus jeune de la classe, puisque l’une de mes camarades était née encore quelques semaines après moi et entrait en première alors qu’elle n’avait pas 15 ans accomplis.

J’étais dans une série littéraire, qui portait alors le nom  de « série A ». Si nous devions étudier l’anglais et une autre langue vivante, j’attachais cependant beaucoup plus d’importance à l’étude des langues anciennes : le latin, que je choisis alors de présenter comme première langue au bac, et le grec, dont je ferai ma seconde langue au bac.
Peux-tu alors imaginer que j’avais une chevelure abondante et plutôt longue qui me couvrait la nuque ? Souvent, pour aller en cours, je portais un bandeau de cuir large d’environ 2 cm qui me ceignait le front et était lacé à l’arrière de la tête !
Je n’aimais pas porter de « bloudjine », ni aucun vêtement trop standardisé : j’affectionnais les pantalons de velours noir et portais peu de chemises achetées dans le commerce – lorsque c’était le cas, je nouais alors un foulard de soie autour de mon cou – , mais la plupart du temps je dessinais mes chemises que ma mère confectionnait spécialement : chemises inspirées du style troubadour ou imitant celles du XVIIIème siècle…
Je ne portais jamais de couleurs vives, et marquais déjà une prédilection pour le noir.
En hiver, je portais rarement de manteau, mais j’avais réussi à me procurer une grande cape de laine noire qui avait appartenu à un prêtre !
Je n’avais pas davantage de cartable ou de sac à dos, mais c’est une malette de médecin de la fin du XIXème siècle qui m’en tenait lieu. »

malette de docteur

Question :
Et votre tenue ne vous attirait pas des réflexions ou des moqueries ?

Fr.Mx.M. :
« Parfois, si. En particulier de la part des lycéens des séries non littéraires. Mais d’une part je m’en fichais complètement et n’en tenais pas plus compte que s’il s’était agi des aboiements d’un chien derrière une clôture : les lycéens des séries scientifiques étaient à nos yeux des barbares voués à la bassesse des sciences positives ! Et d’autre part, dans ma classe, il y avait pas mal d’autres originaux : cette classe littéraire était composée d’élèves qui, pour la grande majorité, avaient véritablement choisi les lettres en raison d’une profonde motivation personnelle qui les portait vers l’art, la poésie, la littérature, les débats d’idée… etc.
Nous étions une vingtaine d’élèves dans cette classe, à part à peu près égales filles/garçons, et l’ambiance y était bonne. Rien à voir avec ces classes dites littéraires qui ne sont en réalité que le « fourre-tout » des élèves incapables de suivre une formation scientifique considérée comme unique sérieuse voie d’avenir.
Donc, pour en revenir à ta question, ces réflexions nous glissaient dessus comme l’eau sur les plumes d’un canard, seule comptait l’affirmation de notre individualité.
En revanche, ce qui m’attirait le plus de remarques blessantes, voire insultantes ou méchantes, et de moqueries, c’était le fait que je sois royaliste et fermement attaché à l’Ancien Régime. J’avais annoncé la couleur depuis déjà plusieurs années, et je commençais à avoir une argumentation, mais la plupart de ceux qui me critiquaient ou m’attaquaient ne voulaient pas d’une discussion sur le fond. Ils étaient formatés par l’enseignement de l’histoire officielle, et la remise en question de ces fausses vérités était tout simplement impossible pour eux. »

Question :
Et avec vos professeurs ?

Fr.Mx.M. :
« Dans ma classe, les relations avec les professeurs étaient généralement bonnes. Certes, nous en préférions certains à d’autres, et pour ce qui me concerne j’avais quelques difficultés avec ceux de mathématiques et de sport. Pour moi, il s’agissait davantage d’une attitude d’opposition à ces matières qu’aux personnes elles-mêmes.
J’aimais beaucoup mon professeur d’allemand, bien que n’étant pas un très bon germaniste, mais nous avions, en dehors des cours, de très longues et passionnantes discussions. Toutefois, mon professeur de prédilection était celui de grec classique : c’était un prêtre érudit, avec lequel j’ai beaucoup appris et bien au-delà des limites de sa matière. Les élèves de grec étaient si nombreux (!!!) qu’il s’agissait de fait d’un cours particulier. J’avais de fréquents contacts avec lui, en dehors des cours : histoire générale, politique, histoire de l’Eglise, histoire locale, musique, architecture, peinture, poésie étaient des sujets inépuisables et les heures filaient à la vitesse de l’éclair en sa compagnie !
J’avais aussi été profondément marqué par un autre prêtre, qui avait été mon professeur de français et de latin en classe de seconde, mais qui était mort prématurément à l’âge de 59 ans à la fin du mois d’août 1977 : lui aussi était un érudit, un humaniste, dont les cours subjuguaient les élèves qui en demandaient toujours davantage et eussent souhaité passer des heures et des heures avec lui. J’avais fermement espéré l’avoir encore en cours de latin et de français pour cette année de première, et sa mort nous avait profondément impressionés et peinés. C’est aussi avec cet abbé que j’avais commencé les cours de théâtre et l’année où je fus son disciple m’a marqué pour toute ma vie.
Il y avait enfin un autre prêtre professeur que je fréquentais assidûment : il enseignait la musique et était un virtuose à l’orgue. Mais dans ce contexte de l’après-concile et de l’après-68, c’était un prêtre en pleine crise « d’identité sacerdotale », tourmenté, déstabilisé, sans plus aucun repère doctrinal ni spirituel : si nous avions de longs échanges sur la musique, il y avait également de très longues heures pendant lesquelles j’essayais de lui tenir la tête hors de l’eau : te rends-tu compte ? J’avais 15 ans ; il avait 30 ans de plus que moi, il était prêtre… et c’était moi qui était son confident et qui le soutenait ! » 

Bédoin Sainte-Madeleine

Bédoin, sur les flancs du Mont Ventoux, la chapelle Sainte-Madeleine
autour de laquelle Dom Gérard Calvet commença la fondation monastique qui est aujourd’hui l’abbaye du Barroux.

Question :
Vous fréquentiez beaucoup de prêtres. Vous pensiez déjà à la vocation ?

Fr.Mx.M. :
« Oui et non ! Maintenant, je peux affirmer que l’appel de Dieu, pour moi, remonte très tôt dans mon enfance (autour de l’âge de 4 ans au moins), et lorsque je suis entré en sixième je parlais de manière certaine de mon attrait pour la vie religieuse.
Mais dans ce contexte difficile des années de l’après-concile et de l’après-68, tout ce que je voyais de l’Eglise catholique et de la plupart des prêtres me choquait, me dégoûtait et avait fini par m’éloigner de l’Eglise puisque tout ce à quoi j’aspirais pour la liturgie, la spiritualité et la doctrine, et qui appartenait à un passé encore proche, était ouvertement renié par la majorité du clergé que fréquentaient mes parents.
On ne cessait de me dire que ce pour quoi j’exprimais mon attachement était définitivement révolu, qu’il fallait tourner la page et évoluer… etc. Toutes mes aspirations spirituelles étaient brimées et pendant un temps je n’avais plus eu aucune espérance du côté de cette « Eglise moderne » dont la nouvelle liturgie et l’attitude de rupture avec sa Tradition multiséculaire étaient pour moi inconsistantes et repoussantes.
Lors de l’été 1976, quand éclata « l’affaire Lefèbvre », je découvris avec bonheur que la Tradition liturgique, doctrinale et spirituelle authentiquement catholique subsistait, malgré la persécution ouverte et injuste dont elle était accablée.
Au cours de ma classe de seconde, j’avais rencontré des lycéens qui partageaient ces mêmes aspirations ; j’avais aussi découvert le catéchisme traditionnel que l’on m’avait refusé quand j’étais allé au « caté » paroissial et aux cours de « catéchèse » du collège ; j’avais redécouvert la Sainte Messe latine traditionnelle, célébrée plus ou moins clandestinement par de vieux prêtres dans des chapelles de fortune : à cette époque, il n’y avait en effet les prêtres d’aucune « fraternité » pour perpétuer la Messe traditionnelle, et moi-même j’assistais de temps en temps à ces Messes clandestines en cachette de mes parents ; dans les couloirs du lycée, ancien petit séminaire, nous chantions à tue-tête la chanson de Georges Brassens « Sans le latin, sans le latin, la messe nous em….. », pour faire enrager les prêtres progressistes !
Au mois de février 1977, il y avait eu la « prise » de Saint-Nicolas du Chardonnet, à Paris, et nous étions impatients de voir se multiplier, dans toutes les régions, de tels coups d’éclat, pour le rétablissement du culte traditionnel.
Le 8 septembre 1977, en compagnie de ce prêtre dont je t’ai parlé qui était mon professeur de grec, je me suis rendu à la prise d’habit monastique d’un garçon un peu plus âgé que moi – puisqu’il venait de passer son bac – avec lequel j’avais fait du théâtre pendant mon année de seconde. Le monastère dans lequel il prenait l’habit était une petite communauté bénédictine traditionnelle qui se développait autour d’une petite chapelle édifiée au XIème siècle et placée sous le vocable de Sainte Marie-Magdeleine, à 3 km du village de Bédoin, sur les pentes du Mont Ventoux. Cette petite communauté fervente pratiquait la liturgie latine grégorienne et gardait les usages de la vie bénédictine traditionnelle : aussi les moines étaient-ils qualifiés d’ « intégristes ». Ces moines, qui faute de place, vivaient dans des caravanes, étaient jeunes, rayonnants de spiritualité et de joie intérieure, et leur supérieur, Dom Gérard Calvet, lors de cette prise d’habit, prêcha sur la grande apostasie qui affligeait l’Eglise. Quarante ans plus tard, j’ai encore dans l’oreille la mémoire vive de la force convaincante avec laquelle il parlait.
Cette découverte du petit monastère de Bédoin – qui allait quelques années plus tard déménager au Barroux – fut un véritable électrochoc spirituel et m’amena à me remettre à l’écoute de l’appel intérieur qui existait en moi depuis ma petite enfance et qui avait été étouffé par tant de voix étrangères et de vacarmes dévastateurs : cela ne se fit pas du jour au lendemain, d’autant qu’à cette époque je nourrissais de tendres sentiments pour une jeune fille de ma classe avec laquelle je passais aussi de longs moments… »

Souvenirs recueillis et transcrits par le Maître-Chat Lully.

chat internaute

Publié dans:Chronique de Lully, Memento |on 8 août, 2018 |11 Commentaires »

2018-64. « Etre offert pour la victoire » – Abbé Christian-Philippe Chanut.

In memoriam :

1948 – 7 août – 2018
70ème anniversaire de la naissance
de
Monsieur l’abbé Christian-Philippe Chanut
et
5ème anniversaire de son rappel à Dieu
2013 – 17 août – 2018

frise lys deuil

Monsieur l’abbé Christian-Philippe Chanut est né le 7 août 1948, à Talence. Il fut rappelé à Dieu le 17 août 2013.
Même si ces lignes sont beaucoup trop modestes pour saluer comme il convient la pieuse mémoire de ce prêtre dont nous étions honorés de la délicate amitié (ainsi que nous l’avions exprimé > ici), il nous est toutefois impossible de ne pas marquer dans ces pages ce double anniversaire : à quelques jours d’intervalle, le 70ème anniversaire de sa naissance et le 5ème anniversaire de sa mort.

Celui qui tentera un jour d’écrire une biographie véritablement exhaustive et totalement juste de l’abbé Chanut aura fort à faire s’il veut rendre dans toute sa vérité la figure d’un savant rigoureux et nuancé et d’un prêtre à la qualité spirituelle incomparable, sans exclure évidemment le rôle unique qu’il a joué dans le mouvement légitimiste sous les règnes de nos Souverains Alphonse II et Louis XX en sa qualité de Grand Aumônier de France.

Pour nous, aujourd’hui, relisons et méditons les paroles profondes qu’il prononça lors d’une méditation à l’occasion d’un pèlerinage de Paris à Chartres pour la Pentecôte. Ce qu’il enseigna, il le mit lui aussi en pratique dans cette longue maladie qui nous l’a ravi trop tôt.

Ce texte est extrait du précieux ouvrage publié par notre ami Jean de Waifhari : « Anthologie in memoriam – Abbé Christian-Philippe Chanut, le premier Grand Aumônier de France du XXIe siècle », aux éditions Exaltare Saint-Louis.
C’est nous qui nous permettons, dans le cours du texte, d’en marquer quelques passages en caractères gras, parce qu’il nous semble plus particulièrement important d’en souligner l’actualité pérenne et l’absolue nécessité en ces temps…

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

anthologie in memoriam -abbé Christian-Philippe Chanut

« Etre offert pour la victoire »

« Chacun de nous, sans doute depuis longtemps déjà, connaît nombre de ces beaux et admirables textes qui nous parlent de la vocation de la France. Nous aimons, à des moments privilégiés, les lire et les entendre, et alors, se produit parfois en nous comme une sorte de bouleversement intérieur qui envahit tout notre être d’un étrange enthousiasme. Mais, après que ces textes si forts et si grands nous ont comme élevés sur une montagne merveilleuse, force nous est de redescendre dans notre ordinaire vallée de larmes où toutes ces belles et formidables pensées nous apparaissent obsolètes, voire déplacées. La meilleure et la plus efficace manœuvre du démon est précisément de nous transporter bien haut avant de nous laisser retomber au plus bas pour nous ronger de toutes les ressources du pessimisme qui, après nous avoir désespérés sur les autres que nous finissons par ne plus vouloir aimer, nous fait désespérer sur Dieu qui nous abandonne aux mains des impies.

Or, le chrétien, configuré au Christ, lucide sur le monde comme le Christ, rejeté, moqué, torturé et tué avec le Christ, n’a pas d’autres armes que celles du Christ : la prière, le jeûne et l’aumône, c’est-à-dire le don de soi pour que nos ennemis deviennent nos frères. Avec la Vierge Marie, notre Mère et notre modèle, près du Christ en croix, unissons-nous à Ses souffrances et à Ses pensées pour être associés à Sa victoire. C’est assurément ce que fit la France, dans les terribles heures de la guerre de Trente Ans, lorsqu’elle se consacra à la Sainte Vierge Victorieuse de l’Assomption, en priant face et devant la statue de Notre-Dame des Douleurs.
Où que nous nous tournions dans l’histoire sainte de notre patrie, nous ne trouverons de résurrection qu’après que de pieuses âmes aient assumé les grandes tribulations dans la prière, la pénitence et la charité : voilà ce qui soutint les Gaules chrétiennes lors des invasions barbares et qui culmine dans l’exemple de Sainte Geneviève contre le péril Hun ; voilà d’où jaillit la France au baptême de Clovis ; voilà les saintes reines des terreurs mérovingiennes ; voilà les saints moines, avec les pèlerins des siècles de fer ; voilà le saint Roy Louis avec sa couronne d’épines ; voilà Sainte Jeanne d’Arc jusqu’au bûcher ; voilà les massacrés des guerres religieuses ; voilà les martyrs de la Révolution…
Comprenons, enfin, que si Dieu nous a déjà donné la victoire, c’est pour autant que, comme Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte Face, nous saurons nous offrir en holocauste, souffrant en nous, comme dit Saint Paul, ce qui reste à souffrir des souffrances du Christ.
Les voyons-nous, ces saints, au jour de la victoire ?
L’Apocalypse nous les montre autour du trône de l’Agneau immolé, attachés à Lui par la clarté fulgurante de sa parole et par toutes les grâces reçues du sacerdoce, vêtus de la robe blanche et portant à la main leurs palmes : ce sont les palmes du sang versé des martyrs, et ce sont aussi les palme œuvres secrètes des fidèles.

Ô Seigneur, par le ministère de votre Saint Archange Michel, apprenez-nous à combattre avec vos armes, assurez-nous de votre grâce, afin et pour, que nous sachions, au-delà des impressions et des sensations, que nous ne gagnons avec Vous qu’en priant, en nous mortifiant et aimant par amour de Vous ! Ainsi soit-il. »

Jean de Waifhari :
« Anthologie in memoriam – Abbé Christian-Philippe Chanut, le premier Grand Aumônier de France du XXIe siècle »,
Editions Exaltare Saint-Louis – pp. 217-218

frise lys deuil

2018-63. « Ainsi tu parviendras à l’inaltérable paix de l’éternité ».

Sermon LXXVIII de
notre Bienheureux Père Saint Augustin
sur
la Transfiguration de NSJC

Transfiguration - église Saint-Rémi - Bruxelles

Vitrail de la Transfiguration
(église Saint-Rémi, Bruxelles)

fleur de lys gif2

 § 1 – Dans cet événement, Notre-Seigneur a voulu nous donner une idée de Son Royaume, et Son Royaume désigne les fidèles prédicateurs de Sa parole.

Il nous faut contempler, mes bien-aimés, et expliquer le spectacle saint que le Seigneur présenta sur la sainte montagne. C’est de cet évènement qu’Il avait dit : « Je vous le déclare, en vérité, il y en a quelques-uns ici présents qui ne goûteront pas la mort qu’ils n’aient vu le Fils de l’homme dans son royaume » (Matth. XVI, 28).

Voici le commencement de la lecture qui vient de nous être faite. « Six jours après avoir prononcé ces paroles, Il prit avec Lui trois disciples, Pierre, Jean et Jacques, et alla sur la montagne ». Ces disciples étaient ceux dont Il avait dit : « Il y en a ici quelques-uns qui ne goûteront point la mort qu’ils n’aient vu le Fils de l’homme dans Son royaume ».
Qu’est-ce que ce royaume ? Question assez importante. Car l’occupation de cette montagne n’était pas la prise de possession de ce royaume. Qu’est-ce en effet qu’une montagne pour qui possède le ciel ? Non-seulement les Écritures nous enseignent cette différence, mais nous la voyons en quelque sorte des yeux de notre coeur.

Or Jésus appelle Son royaume ce que souvent Il nomme le royaume des cieux. Mais le royaume des cieux est le royaume des saints ; car il est dit : « Les cieux racontent la gloire de  Dieu » ; et aussitôt après : « Il n’y a point de langues ni d’idiomes qui n’entendent leurs voix » ; les voix de ces mêmes cieux. « L’éclat s’en est répandu sur toute la terre, et leurs paroles ont retenti jusqu’aux extrémités de l’univers » (Ps. XVIII, 4-5). N’est-ce donc pas des Apôtres et de tous les prédicateurs fidèles de la parole de Dieu qu’il est fait ici mention ? Ces mêmes cieux régneront avec le Créateur du ciel, et voici ce qui s’est fait pour le démontrer.

§ 2 – Ses vêtements sont la figure de Son Eglise qu’Il doit associer à Sa gloire et où règne l’unité représentée par Moïse et Elie.

Le Seigneur Jésus en personne devint resplendissant comme le soleil, Ses vêtements blancs comme la neige, et avec Lui s’entretenaient Moïse et Elie.
Jésus Lui-même, Jésus en personne parut resplendissant comme le soleil, marquant ainsi qu’Il était la lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde (Jean I, 9). Ce qu’est ce soleil pour les yeux de la chair, Jésus l’est pour les yeux du coeur ; L’un est pour les âmes ce que l’autre est pour les corps.

Ses vêtements représentent ici Son Eglise ; car ils tombent s’ils ne sont portés et maintenus.
Paul était dans ces vêtements comme l’extrémité de la frange ; aussi dit-il. « Je suis le moindre des Apôtres » (1 Cor. XV, 9) ; et ailleurs : « Je suis le dernier des Apôtres » (ibid. IV, 19). Or la frange est ce qu’il y a de moindre et d’extrême dans le vêtement. Aussi, comme cette femme qui souffrait d’une perte de sang fut guérie en touchant la frange de la robe du Seigneur (Luc VII, 44), ainsi l’Église des gentils se convertit à la prédication de Paul. Eh ! qu’y a-t-il d’étonnant que l’Église soit figurée par de blancs vêtements, puisque nous entendons le prophète Isaïe s’écrier : « Vos péchés fussent-ils rouges comme l’écarlate, Je vous blanchirai comme la neige » (Isaïe I, 18) ?

Que peuvent Moïse et Elie, la loi et les prophètes, s’ils ne communiquent avec le Seigneur ? Qui lira la loi ? qui lira les prophètes, s’ils ne rendent témoignage au Fils de Dieu ? C’est ce que l’Apôtre exprime en peu de mots. « La loi dit-il, fait seulement connaître le péché, tandis qu’aujourd’hui, saris la loi, la justice de Dieu a été manifestée » : voilà le soleil ; « annoncée par la loi et les prophètes » : voilà l’aurore.

§ 3 – Il convient qu’il y ait une tente unique sur la sainte montagne.

Pierre est, témoin de ce spectacle, et goûtant les choses humaines à la manière des hommes : « Seigneur, dit-il, il nous est bon d’être ici ». Il s’ennuyait de vivre au milieu de la foule, il avait trouvé la solitude sur une montagne où le Christ servait d’aliment à son âme. Pourquoi en descendre afin de courir aux travaux et aux douleurs, puisqu’il se sentait envers Dieu un saint amour et conséquemment des moeurs saintes ?
Il cherchait son propre bien ; aussi ajouta-t-il : « Si vous voulez, dressons ici trois tentes : une pour vous, une pour Moïse et  une autre pour Elie ». Le Seigneur ne répondit rien à cette demande, et toutefois il y fut répondu.
En effet, comme il parlait encore, une nuée lumineuse descendit et les couvrit de son ombre. Pierre demandait trois tentes, et la réponse du ciel témoigna que nous n’en avons qu’une, celle que le sens humain voulait partager. Le Christ est la Parole de Dieu, la Parole de Dieu dans la loi, la Parole de Dieu dans les prophètes. Pourquoi, Pierre, chercher à la diviser ? Cherche plutôt à t’unir à elle. Tu demandes trois tentes : comprends qu’il n’y en a qu’une !

§ 4 - Jésus seul est appelé le Fils unique de Dieu. 

Pendant que la nuée les couvrait et formait comme une seule tente au dessus d’eux, une voix sortit de son sein et fit.entendre ces paroles : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ! »  Là se trouvaient Moïse et Elie. La voix ne dit pas : Ceux-ci sont mes Fils bien-aimés.
Autre chose est d’être le Fils unique, et autre chose des enfants adoptifs.
Celui qui Se trouve aujourd’hui signalé est Celui dont Se glorifient la loi et les prophètes : « Voici, est-il dit, Mon Fils bien-aimé, en qui J’ai mis mes douces complaisances ; écoutez-Le » ; car c’est Lui que vous avez entendu dans les prophètes, Lui aussi que vous avez entendu dans la loi ; et où ne L’avez-vous pas entendu ?

Ils tombèrent à ces mots la face contre terre.
Voilà donc dans l’Eglise le royaume de Dieu. Là en effet nous apparaissent le Seigneur, la loi et les prophètes : le Seigneur dans la personne du Seigneur même, la loi dans la personne de Moïse et les prophètes dans celle d’Elie. Ces deux derniers figurent ici comme serviteurs et comme ministres, comme des vaisseaux que remplissait une source divine ; car si Moïse et les prophètes parlaient et écrivaient, c’est qu’ils recevaient du Seigneur ce qu’ils répandaient dans autrui.

§ 5 – En relevant Ses Apôtres il annonce qu’Il ressuscitera Ses fidèles pour leur faire partager Sa félicité suprême.

Le Seigneur ensuite étendit la main et releva Ses disciples prosternés. « Ils ne virent plus alors que Jésus resté seul ».
Que signifie cette circonstance?

Vous avez entendu, pendant la lecture de l’Apôtre, que « nous voyons maintenant à travers un miroir, en énigme, mais que nous verrons alors face à face », et que les langues cesseront lorsque nous posséderons l’objet même de notre espoir et de notre foi (1 Cor. XIII, 12, 8-9). Les Apôtres en tombant symbolisent donc notre mort – car il a été dit à la chair : « Tu es terre et tu retourneras en terre » (Gen. III, 19) -, et notre résurrection quand le Seigneur les relève.
Mais après la résurrection, à quoi bon la loi ? à quoi bon les, prophètes ? Aussi ne voit-on plus ni Elie ni Moïse. Il ne reste que Celui dont il est écrit : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était Dieu » (Jean I, 1).
Il ne reste plus que Dieu, pour être tout en tous (1 Cor. XV, 28). Là sera Moïse, mais non plus la loi. Nous y verrons aussi Elie, mais non plus comme prophète. Car la loi et les prophètes devaient seulement rendre témoignage au Christ, annoncer qu’Il devrait souffrir, ressusciter d’entre les morts le troisième jour et entrer ainsi dans Sa gloire (Luc XXIV, 44-47) ; dans cette gloire où se voit l’accomplissement de cette promesse adressée à ceux qui L’aiment : « Celui qui M’aime, dit-Il, sera aimé de Mon Père, et Moi aussi Je l’aimerai ». Et comme si on Lui eût demandé : Que lui donnerez-Vous en témoignage de Votre amour ? « Et Je Me  montrerai à lui » poursuit-Il (Jean XIV, 21).
Quelle faveur ! Quelle magnifique promesse ! Dieu te réserve pour récompense, non pas quelque don particulier, mais Lui-même. Comment, ô avare, ne pas te contenter des promesses du Christ ? Tu te crois riche, mais qu’as-tu si tu n’as pas Dieu ? et si ce pauvre l’a, que ne possède-t-il point ?

§ 6 -  Mais avant de connaître la gloire, il faut d’abord travailler à la mériter.

Descends, Pierre ! tu voulais te reposer sur la montagne : descends ! annonce la parole ! insiste à temps, à contre-temps ! reprends, exhorte, menace, en toute patience et doctrine (2 Tim. IV, 2) ! travaille ! sue ! souffre des supplices, afin de parvenir par la candeur et la beauté des bonnes oeuvres accomplies avec charité, à posséder ce que figurent les blancs vêtements du Seigneur ! L’Apôtre ne vient-il pas de nous dire, à la gloire de la charité : « Elle ne cherche point son propre intérêt » (1 Cor. XIII, 6) ?

Il s’exprime ailleurs autrement, et il est fort dangereux de ne pas le comprendre.
Expliquant donc les devoirs de la charité aux membres fidèles du Christ : « Que personne, dit-il, ne cherche son bien propre, mais le bien d’autrui ». Or en entendant ces mots, l’avare prépare ses artifices ; il veut dans les affaires, pour rechercher le bien d’autrui, tromper le prochain, et ne pas chercher son bien propre, mais celui des étrangers. Arrête, ô avarice ! justice, montre-toi ! écoutons et comprenons ! C’est de la charité qu’il a été dit : « Que personne ne cherche son bien propre, mais le bien d’autrui ». Toi donc, ô avare, si tu résistes à ce conseil, si tu veux y trouver l’autorisation de convoiter le bien d’autrui, sacrifie d’abord le tien. Mais je te connais, tu veux à la fois et ton bien et le bien étranger. Tu emploies l’artifice pour t’approprier ce qui n’est pas à toi ; souffre donc que le vol te dépouille de ce qui t’appartient. Tu ne veux pas chercher ton bien, mais tu prends le bien d’autrui. Cette conduite est inique Ecoute, ô avare, prête l’oreille. Ces mots : « Que personne ne cherche son bien propre, mais le bien d’autrui » te sont expliqués ailleurs plus clairement par le même Apôtre. Il dit de lui-même : « Pour moi je cherche, non pas ce qui m’est avantageux, mais ce qui l’est au grand nombre, afin de les  sauver » (1 Cor. X, 24, 33).

C’est ce que ne comprenait pas encore Pierre, lorsqu’il désirait rester avec le Christ sur la montagne.
Le Christ, ô Pierre, te réservait ce bonheur après la mort. Pour le moment Il te dit : Descends travailler sur la terre, servir sur la terre, et sur la terre être livré aux mépris et à la croix. La Vie même n’y est elle pas descendue pour subir la mort, le Pain, pour endurer la faim, la Voie, pour se fatiguer dans la marche, la Fontaine éternelle pour souffrir la soif ? Et tu refuses le travail ? Ne cherche pas ton intérêt propre. Aie la charité ! annonce la vérité ! ainsi tu parviendras à l’inaltérable paix de l’éternité.

Transfiguration - église Saint-Rémi - Bruxelles - détail

2018-62. Chronique du Mesnil-Marie pour les mois de juin et juillet 2018.

Vendredi 3 août 2018,
Fête de l’invention du corps de Saint Etienne protomartyr ;
1er vendredi du mois dédié à la réparation envers le divin Coeur de Jésus (cf. > ici).

Le Mesnil-Marie - 3 août 2018

Le Mesnil-Marie en ce matin du 3 août 2018

Chat gif en marche

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Ainsi que je vous l’écrivais hier (cf. > ici), nous ne sommes actuellement pas en mesure  de vous envoyer une « infolettre » – forme française infiniment préférable à l’expression anglaise « niouzelaiteur » - comme naguère pour vous adresser les chroniques de la vie au Mesnil-Marie.
Tandis donc qu’en ce début d’après-midi la plus grande partie du Royaume est accablée par de fortes chaleurs qualifiées de caniculaires, dans la quiétude de notre hameau qui s’assoupit, bercé par l’ostinato furioso d’une cigale que l’on entend aujourd’hui pour la première fois, je me remets au clavier pour vous donner un rapide compte-rendu des événements les plus marquants des mois de juin et juillet touchant la vie en notre thébaïde.

Le premier dimanche du mois de juin (3 juin), fut celui de la solennité de la Fête-Dieu (cf. > ici).
Comme il n’est pas possible d’accomplir une procession, même minime, dans notre quasi-paroisse habituelle au Puy-en-Velay, notre Frère Maximilien-Marie s’est rendu à Valence, à l’église Notre-Dame, où Monsieur l’abbé Dufour lui avait d’ailleurs demandé d’aider à la réalisation du reposoir.
Même lorsqu’elle ne peut pas être très importante en decorum et en longueur, la procession du Très Saint-Sacrement est toujours une cérémonie qui est source de grandes grâces et qui occasionne une croissance de ferveur dans les âmes des fidèles. Aussi lorsque l’on constate, dans la très grande majorité des paroisses (en dehors de celles où est célébrée la Sainte Messe latine traditionnelle), une ignorance obstinée – quand il ne s’agit pas d’une opposition ouverte voire véhémente – à l’accomplissement de ce rite, on ne peut que se demander si ces prêtres et « laïcs engagés » ont la foi catholique…
Mais poser la question, peut-être est-ce déjà y répondre en quelque manière ?

Fête-Dieu - Valence 3 juin 2018

Le reposoir dans le jardin de l’église Notre-Dame, à Valence,
le dimanche de la solennité de la Fête-Dieu 3 juin 2018

Au cours de l’hiver passé, le « couvent » de nos sœurs les poules s’était vraiment retrouvé réduit à presque rien : deux survivantes seulement (et ce sont les poules les plus anciennes). Frère Maximilien-Marie s’est employé à recruter de nouvelles « novices ». C’est ainsi que nous avons vu arriver une poule rousse, dite « fermière », une « cou nu », deux jeunes « Wyandottes » – particulièrement belles – et enfin trois « Lohmann », lesquelles se montrent particulièrement familières et affectueuses (tellement familières qu’elles ont même essayé de picorer les orteils de notre Frère !).
Nos sœurs les poules sont donc maintenant au nombre de neuf.

Poule Wyandotte

L’une des nouvelles « novices » au « couvent » de nos sœurs les poules :
jeune poule de race Wyandotte.

Vous le savez, Frère Maximilien-Marie a été élu président d’une association dénommée la « Ronde des Sucs », qui promeut la randonnée et la découverte du patrimoine naturel et humain des trois plus hautes communes des hautes Boutières : Borée, La Rochette et Saint-Martial.
S’il n’avait pas accepté cette charge, l’association aurait été pour le moins mise en sommeil, sinon dissoute : notre Frère a su redonner de l’élan aux bénévoles et en recruter d’autres, ce qui fait que l’association a pu redémarrer en organisant « la Ronde des Sucs au printemps », dans le cadre du « Printemps de la randonnée », ensemble de manifestations étalées d’avril à juin sur la totalité du territoire des Boutières. Cette « Ronde des Sucs au printemps » fut d’ailleurs la dernière de toutes les manifestations de ce « Printemps de la Randonnée » et elle a eu lieu le samedi 16 juin.
Le samedi précédent, Frère Maximilien-Marie s’était rendu dans les studios de la Radio des Boutières (RDB) – radio locale très écoutée – pour l’y présenter.

Pour un redémarrage après une période dificile, cette journée du 16 juin fut une réussite.
Il faut dire que le ciel y avait mis du sien : une journée radieuse, mais pas trop chaude, avec une brise légère. Les randonneurs, venus nombreux et parfois de fort loin (région stéphanoise, région lyonnaise, Dauphiné, basse vallée du Rhône…), ont apprécié la splendeur des paysages à travers lesquels nos bénévoles avaient balisé deux itinéraires : l’un de 13 km, et l’autre de 27 km (celui-ci avec un dénivelé de 1100 m !). Il y eut 102 participants sur le petit parcours, et 105 sur le grand (sur ce dernier, le plus jeune était âgé de 12 ans seulement). Et le casse-croute offert aux randonneurs à leur retour a remporté tous les suffrages et a suscité de nombreux éloges.

Cette journée a donc été très bénéfique et, le soir du samedi suivant, qui était le 23 juin, Frère Maximilien-Marie avait invité tous les bénévoles à venir au Mesnil-Marie pour un repas amical, afin de les remercier pour leur investissement.
Ce fut une belle et joyeuse soirée. C’était aussi le jour du feu de la Saint-Jean, mais un vent très fort soufflait ce soir-là et il ne pouvait être question d’allumer un feu, sauf un petit feu très symbolique, dans une grosse cuvette de métal, afin d’éviter tout risque d’embrasement de l’herbe sèche et, à partir de là, de toute la montagne !

Saint-Martial : le village en balcon au-dessus de son lac

Le village de Saint-Martial, en balcon au-dessus de son lac.
C’est de là que partaient les circuits de randonnée organisés par la « Ronde des Sucs ».

Toujours dans le cadre des activités associatives, le 30 juin, à l’occasion de l’assemblée générale de l’APPEM (Association de Protection des Paysages Exceptionnels du Mézenc), Frère Maximilien-Marie a été réélu au conseil d’administration : à la vérité, il avait demandé à ne plus faire partie du conseil, arguant de trop de travail et de responsabilités, et craignant de ne pouvoir être un administrateur assez assidu aux réunions et séances de travail… Mais le président de l’association ne lui a pas laissé le choix (de manière très amicale évidemment) et a fait mine de se fâcher tout rouge en protestant qu’il était absolument hors de question que notre Frère ne fût plus membre du conseil !
C’est donc ainsi qu’il a été réélu… 

Evénement beaucoup moins plaisant et qui eût pu tourner à la tragédie, le soir même de l’anniversaire de Frère Maximilien-Marie (3 juillet), sa maman a fait une chute sur les pavés inégaux d’un village médiéval où elle était en visite avec quelques amis et Monsieur l’Archiprêtre de Privas : double fracture du crâne et gros œdème cérébral (mais cela on ne l’a pas su tout de suite, en revanche les témoins ont été impressionés – pour ne pas dire traumatisés – par la quantité de sang qu’elle perdait). 
Intervention des pompiers, transport aux urgences de l’hôpital local, puis dans la soirée transfert au centre hospitalier de Valence où elle est restée presque deux semaines, et enfin séjour en maison de convalescence dont elle va bientôt sortir, la maman de Frère Maximilien-Marie s’en tire finalement très bien, au-delà de toutes les inquiétudes que ce gros traumatisme a occasionnées.

Nous remercions très chaleureusement ceux qui, ayant appris cet accident, ont prié à son intention.

Messe de Requiem du 14 juillet

Messe de Requiem du 14 juillet 2018

C’est maintenant une tradition bien établie, tous les 14 juillet, chez nous jour anniversaire du massacre de neuf prêtres réfractaires au serment schismatiques (14 juillet 1792 – cf. > ici, > ici et > ici), les membres et amis du Cercle Légitimiste du Vivarais se retrouvent pour une journée de mémoire contre-révolutionnaire.
Ils étaient plus d’une vingtaine cette année (certains ayant fait 3 h de route pour venir) à se retrouver sur le plateau vivarois, qui fut un lieu d’intense et durable résistance à l’esprit et aux forces armées de la révolution.

Après une Sainte Messe de Requiem chantée à la mémoire des victimes de la révolution, Frère Maximilien-Marie a conduit nos pèlerins (car c’en étaient) jusqu’aux ruines de la Chartreuse de Bonnefoy (cf. > ici et > ici).
Fondée au milieu du XIIème siècle, elle fut le plus haut monastère d’Europe (à 1310 m d’altitude) et, malgré le pillage perpétré par les grandes compagnies puis le massacre des religieux par les sectateurs de Calvin, elle perdura jusqu’à la révolution. Les Chartreux refusèrent les lois iniques et les serments imposés par cette dernière et, contraint d’abandonner leur monastère, s’exilèrent en Suisse… dont ils ne revinrent jamais.

Au cours des XIXème et XXème siècles, la Chartreuse – encore intacte en 1820 – servit de carrière de pierres, jusqu’à ne plus être aujourd’hui qu’à l’état de ruines : des ruines qui expriment finalement de manière très éloquente et bien plus que de longs discours ce que la révolution et la république font de la France…
L’après-midi fut consacrée à évoquer, in situ la figure et l’épopée de notre Grand Chanéac, notre chef chouan local de prédilection (cf. > ici et > ici). 

Vitrail Lys - oratoire du Mesnil-Marie

Petit vitrail dans l’oratoire du Mesnil-Marie

Le dimanche 15 juillet, jour anniversaire de son baptême, alors qu’il avait déjà servi une première Sainte Messe à la chapelle Notre-Dame de la Rose, à Montélimar, pendant la Grand’Messe à l’église Notre-Dame, à Valence, Frère Maximilien-Marie a ressenti une très vive douleur dans le genou gauche, dont il n’a pas voulu tenir compte d’abord. Mais à l’agenouillement de l’ « Et incarnatus est » pendant le chant du Credo, cette douleur s’est manifestée de manière tellement vive qu’il en est devenu blême et qu’il s’est mordu les lèvres pour ne pas hurler. Après s’être péniblement relevé, il est parti clopin-clopan vers la sacristie.
Un médecin qui se trouvait dans l’assistance lui a immobilisé la jambe, enveloppant le genou dans une serviette imbibée d’eau très froide, et lui a administré des anti-douleurs. Ce médecin, puis le « kiné » qui suit de manière très régulière notre Frère, pensaient qu’il s’agissait d’un problème de ménisque.
Frère Maximilien-Marie a gardé pendant plusieurs jours une attelle, a dû pendant un temps s’appuyer sur une canne et, bien sûr, a consulté un médecin qui lui a prescrit radio et IRM. 
Grâces en soient à Dieu, il n’a pas eu à attendre trop longtemps pour la radio et pour l’IRM. Ces dernières n’ont pas confirmé les soupçons qui se portaient sur une lésion du ménisque (une opération ne sera donc pas nécessaire), mais ont révélé d’une part un « pincement du compartiment médial » et d’autre part un « épanchement articulaire avec une petite chondropathie rotulienne et condylienne fémorale », ainsi qu’un « œdème en avant du tendon rotulien ».

D’emblée, il est apparu que Frère Maximilien-Marie devrait « faire une croix » sur les randonnées auxquelles il avait prévu – et se réjouissait – de participer au cours de cet été.
Pour ne pas risquer d’affaiblir le quadriceps, son « kiné » lui a conseillé de ne plus porter d’attelle que lorsqu’il doit marcher sur un « terrain inégal » (sic) : nous en avons bien ri, car il est bien connu que nous habitons… un rez-de-chaussée au milieu de la plaine de Beauce !!!
Et moi, j’ai découvert une gravure du XVIIIème siècle que je me suis empressé d’offrir à mon papa-moine, puisqu’elle représente un ermite de Saint Augustin avec une grande canne et – dirait-on – un problème à la jambe :

Ermite de Saint-Augustin

Toutefois, n’allez pas imaginer que Frère Maximilien-Marie reste assis ou allongé sur une chaise-longue tout le jour, la jambe immobilisée ; ni non plus qu’il commette des imprudences. Je veille à ce qu’il reste raisonnable dans ses activités, lesquelles sont bien nécessaires.

Il y a en particulier en cette période de nombreux événements culturels et associatifs, et une vie villageoise plus intense dont il s’efforce de rendre compte en sa qualité de correspondant local de presse : dernières activités de l’année scolaire pour la classe unique de l’école du village (je vous reparlerai de cette dernière) ; colonies de vacances présentes à Saint-Martial pendant l’été ; activités organisées par les diverses associations ou les commerçants ; réussites scolaires ou estudiantines des jeunes du village ; petit festival qui a eu lieu sur les bords du lac au cours duquel des comédiens, chanteurs, conteurs… etc, ont enchanté leur public ; faits marquants de la vie locale…

Cette période est aussi riche en visites : des personnes (individus ou petits groupes) demandent à rencontrer Frère Maximilien-Marie, soit pour parler d’histoire ou de patrimoine, soit pour lui confier des intentions de prière ou lui exposer certains problèmes personnels et solliciter ses avis ou conseils.

coquelicots du Mesnil-Marie juin-juillet 2018

Coquelicots du Mesnil-Marie en juin et juillet

Enfin je voudrais signaler que nous sommes entrés en carême…
En lisant ces mots je suis sûr que certains d’entre vous ont sursauté : carême ? qu’est-ce qu’est donc que cette histoire de carême au plein milieu de l’été ?

Eh bien oui, vous avez bien lu ; et non, je ne me suis pas trompé.
La tradition des Eglises d’Orient comporte plusieurs carêmes dans l’année, temps de jeûne préparatoires à la célébration de certaines très grandes fêtes. C’est ainsi que, en prélude à la fête de la Dormition de Notre-Dame, les chrétiens d’Orient observent le « Carême de la Mère de Dieu ».

En Grèce, les orthodoxes le pratiquent à partir du 1er et jusqu’au 14 août.
Nous, nous avons décidé de le commencer le 31 juillet, de manière à avoir 15 jours complets de jeûne, afin d’honorer les 15 années que Notre-Dame a passées sur la terre après l’Ascension de son divin Fils avant d’être elle-même élevée dans la gloire.
En outre, c’est aussi exactement le temps que le saint patron de Frère Maximilien-Marie, Saint Maximilien-Marie Kolbe, a passé dans le bunker de la faim à Auschwitz, du 31 juillet au 14 août 1941 (cf. > ici et > ici).

Il me reste à vous souhaiter à tous et à chacun une sainte période de préparation à cette grande fête du 15 août qui, en outre, est la seule véritable « fête nationale » du Royaume de France (cf. > ici, > ici et > ici).
Ce pourquoi, en sus de la neuvaine préparatoire à la fête de Sainte Philomène commencée hier (cf. > ici), je vous encourage également à préparer la fête de l’Assomption de Notre-Dame par une autre neuvaine, du 6 au 14 août (par exemple > ici).

Sursum corda, mes bien chers Amis !

Patte de chat  Lully.

Oratoire du Mesnil-Marie

L’oratoire du Mesnil-Marie en cette fin du mois de juillet 2018

Et pour soutenir le Refuge Notre-Dame de Compassion > ici

Publié dans:Chronique de Lully |on 3 août, 2018 |7 Commentaires »

2018-61. Quelques annonces relatives à la vie du Mesnil-Marie, spécialement en ce qui concerne la préparation spirituelle et matérielle de la fête de Sainte Philomène.

Jeudi 2 août 2018,
Fête de Saint Alphonse-Marie de Ligori, docteur de l’Eglise ;
Commémoraison de Saint Etienne, pape et martyr ;
Dans l’Ordre de Saint François, fête de Notre-Dame des Anges,
avec, dans tout l’univers catholique, la possibilité d’obtenir l’indulgence de la Portioncule (cf. > ici).

Gisant de Sainte Philomène au Mesnil-Marie - détail

Gisant de Sainte Philomène dans l’oratoire du Mesnil-Marie (détail)

frise avec lys naturel

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Certains d’entre vous – en particulier ceux qui s’y étaient abonnés – ont pu constater que le site internet propre du Refuge Notre-Dame de Compassion est actuellement inacessible et qu’il n’y a plus de lettres d’information de cette provenance qui vous soient adressées : Frère Maximilien-Marie est trop pris par ses multiples responsabilités pour s’en occuper à l’heure actuelle et la personne qui l’avait créé s’étant éloignée, nous ne sommes pas en mesure d’en assurer la maintenance et les mises à jour. C’est certainement très regrettable, mais il difficile qu’il en soit autrement dans ces conditions.
En attendant que, peut-être, un jour, ce site soit à nouveau en service, je vais reprendre dans les pages de ce blogue les nouvelles, informations, annonces et compte-rendus d’activités de notre Mesnil-Marie.
Ce soir, en particulier, j’ai cinq informations à vous communiquer :

A – Du 2 au 10 août, neuvaine préparatoire à la fête de Sainte Philomène :

Ce 2 août commence la neuvaine préparatoire à la fête de Sainte Philomène : vous savez à quel point cette jeune martyre et très grand thaumaturge compte dans notre dévotion, et ceux qui sont venus au Mesnil-Marie savent aussi comment elle se plaît à accorder des grâces – parfois de véritables petits miracles – à ceux qui l’invoquent et la vénèrent dans notre modeste oratoire, où sont exposés son gisant et sa relique.

Nous vous invitons à vous unir à nous dans cette neuvaine du 2 au 10 août, et nous vous demandons de prier en particulier à l’intention de l’un de nos amis, prénommé Emmanuel, père de famille hospitalisé depuis le début juin et dont la santé nous cause d’assez vives inquiétudes.

Pour cette neuvaine, nous proposons les prières publiées > ici ; mais, cela n’a rien de contraignant : si certains préfèrent d’autres prières plus à leur goût, qu’ils les utilisent. Ce qui importe ce n’est pas la formule utilisée, mais la ferveur et la confiance avec lesquelles on recourt à sa puissante intercession.

B – Samedi 11 août, fête de Sainte Philomène :

Comme tous les ans, nous célèbrerons le 11 août au Mesnil-Marie la fête de Sainte Philomène. Cette année, c’est un samedi.

La Sainte Messe sera célébrée dans notre oratoire à 10 h précises.
Tous nos amis et tous ceux qui souhaitent honorer cette très grande sainte sont évidemment les bienvenus.

Après la Sainte Messe, aura lieu le repas – tiré du sac – et nous prévoyons un espace pique-nique à l’ombre d’un grand barnum qui nous a été prêté : les personnes qui possèdent tables et chaises pliantes et qui prévoient de rester pour le pique-nique, sont invitées à les apporter. Merci !
L’après-midi, un temps de prière aura encore lieu à l’oratoire et la relique de Sainte Philomène pourra être vénérée.

Pour information (1) : comme l’année dernière l’oratoire était archi-plein, nous avons respectueusement demandé à Monsieur l’Archiprêtre – selon les dispositions prévues par le motu proprio « Summorum Pontificum » (qu’il semblait ignorer) s’il accepterait de nous accorder l’usage de l’église d’un village voisin pour la célébration de la Sainte Messe.
Cette démarche a suscité quelques « complications » – je vous passe les détails – et s’est en définitive soldée par un refus. Plus exactement « on » nous a fait répondre que cette église nous serait volontiers prêtée à la condition que le prêtre célébrât cette Messe selon le missel de 1969, ce qui est évidemment et absolument inenvisageable pour ce qui nous concerne…
Vous le voyez, les attitudes sectaires à l’encontre des fidèles attachés à la Sainte Messe latine traditionnelle sont loin d’appartenir au passé.
Nous avons donc travaillé avec des amis pour augmenter au maximum le nombre de places dans notre oratoire… mais nous ne pouvons pas pousser les murs.

Pour information (2) : Pour préparer matériellement cette journée de prière et d’amitié, ce samedi 4 août est organisée une journée de travaux au Mesnil-Marie… Toutes les bonnes volontés – et tous les bras – sont les bienvenus !
Merci de nous contacter pour connaître les modalités pratiques de cette journée absolument nécessaire… 

Reliquaire de Sainte Philomène au Mesnil-Marie

Reliquaire de Sainte Philomène dans l’oratoire du Mesnil-Marie

frise avec lys naturel

C - Aide pour les travaux du Mesnil-Marie :

Nous avons dû faire remplacer une fenêtre qui avait été gravement endommagée lors d’un épisode de tempête hivernale, au mois de décembre 2016, et qui depuis n’assurait plus correctement son rôle d’isolation.
Profitant de la venue du menuisier pour son remplacement, nous lui avons également demandé quelques autres petites interventions telles que la consolidation d’une poutre et la pose d’une planche de châtaignier – soutenant un rembourrage de laine de chanvre – au-dessus de la porte-fenêtre de l’oratoire, afin d’obstruer une longue et profonde cavité qui datait de l’époque où ce qui est maintenant notre oratoire était une grange à foin et où à la place de cette porte-fenêtre se trouvait un antique portail.
Ces travaux ont un coût… et nous tendons une fois de plus la main afin de pouvoir honorer la facture du menuisier. Si vous souhaitez participer au règlement de ces travaux, vous pouvez le faire en cliquant > ici.

Dès à présent, nous remercions nos amis et bienfaiteurs pour leur généreux soutien, et nous les assurons de notre prière reconnaissante à toutes leurs intentions.

Chat noir et blanc merci

2018-60. La famille royale attend une nouvelle naissance.

31 juillet,
Fête de Saint Germain d’Auxerre, évêque et confesseur ;
Commémoraison de Saint Ignace de Loyola, confesseur.

Grandes armes de France

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

En ce dernier jour du mois de juillet, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, a annoncé vers 16 h (heure de Paris) par une publication sur les réseaux sociaux, une naissance dans la famille royale pour 2019.
Nous reproduisons ci-dessous la photo et le texte mêmes publiés par notre Souverain légitime, et dès à présent nous allons prier pour cet Enfant de France, et confier très particulièrement à Notre-Dame la grossesse de notre Reine, afin qu’elle se passe sans difficultés et parvienne heureusement à terme.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur.

annonce naissance royale

Texte publié par Monseigneur le Duc d’Anjou :

« Ma chère femme et moi sommes heureux d’annoncer que nous serons parents pour la quatrième fois. Nous sommes très excités de l’arrivée d’un nouveau membre dans la famille et nous remercions Dieu de nous avoir offert ce cadeau. »

Trois lys blancs

2018-59. Christianisme et liberté (7ème et dernière partie).

- Christianisme et liberté -
7ème et dernière partie

L’avenir de la liberté

Pour retrouver les parties précédentes de cette conférence de Gustave Thibon donnée en 1952
1ère partie : « Déclin des libertés » > ici
2ème partie : « Nature de la liberté » > ici
3ème partie : « Esclavage et rupture des liens » > ibid.
4ème partie : « Le christianisme et la liberté » > ici
5ème partie : « Le christianisme et les libertés » > ibid.
6ème partie : « L’éducation chrétienne de la liberté » > ici

frise

L’avenir de la liberté :

« Les jeux sont clairs : la régression de la liberté coïncide avec la régression du christianisme vécu, avec l’effacement de la notion du prochain et de la fraternité humaine fondée sur la paternité divine. Les divers types d’humanité sur lesquels s’étend l’ombre de l’esclavage – le prolétaire dont le travail s’achète comme une marchandise, le contribuable cracheur d’impôts et l’assuré budgétivore, l’homme économique considéré sous le seul angle de la production ou de la consommation, l’électeur anonyme qui n’est plus qu’une unité dans une addition, le pantin humain dont la propagande tire les ficelles – se ramènent tous à un type unique : l’homme vidé du respect et de l’amour qu’on doit à une personne et traité comme une chose.
Le mot féroce de Bernanos vient ici à point : « le jour où tous les rapports entre les hommes seront réglés par la stricte justice administrative, la viande de pauvre ne vaudra pas cher sur tous les marchés de l’univers ».

La pente même du mal nous indique la voie du salut. Seul, l’avènement d’une structure sociale chrétienne peut nous apporter le maximum de liberté dans la vie individuelle, économique et politique, parce qu’il apporte en même temps ce contre-poids de morale et de charité qui équilibre et harmonise les libertés.
Il y a exactement un siècle, Donoso Cortès prononçait ces paroles prophétiques : « La liberté est morte ! Elle ne ressuscitera ni dans trois jours, ni dans trois ans, ni peut-être même dans trois siècles. Vous vous effrayez de la tyrannie que nous souffrons ? Vous vous effrayez de peu ; ce qui vous attend est bien pire… Le monde s’achemine à pas de géants vers le despotisme le plus colossal et le plus dévastateur que l’histoire ait jamais connu… Il n’y a que deux répressions possibles : l’une est intérieure et l’autre extérieure, l’une est religieuse et l’autre politique. Leurs rapports sont tels que, lorsque la température religieuse s’élève, le thermomètre de la répression tend à baisser et que, lorsque la température religieuse baisse, le thermomètre politique, la répression politique, la tyrannie montent… Or donc, si le thermomètre religieux continue à baisser, je ne sais pas où nous nous arrêterons… »

Il n’y a pas de liberté sans liens vivants, et la religion, comme l’étymologie du mot le révèle, est le lien vivant par excellence.
Si nous ne reconstruisons pas la Cité avec ce ciment de spontanéité créatrice et d’amour, il se trouvera toujours une tyrannie pour nous imposer du dehors cette unité que nous aurons perdu du dedans.
Nous sommes embarqués, dirait Pascal, et l’alternative est limpide : nous serons dem
ain ou bien les membres d’un même équipage, animés par le même amour, ou bien des forçats qui, courbés sous le même fouet, rameront sur la même galère. »

Gustave Thibon,
février 1952.

Le vaisseau de l'Eglise - Saint-Etienne du Mont

Le vaisseau de l’Eglise
(détail d’un vitrail du « cloître » de Saint-Etienne du Mont – Paris)

2018-58. Christianisme et liberté (6ème partie).

- Christianisme et liberté -
6ème partie

L’éducation chrétienne de la liberté

Pour retrouver les parties précédentes de cette conférence de Gustave Thibon donnée en 1952
1ère partie : « Déclin des libertés » > ici
2ème partie : « Nature de la liberté » > ici
3ème partie : « Esclavage et rupture des liens » > ibid.
4ème partie : « Le christianisme et la liberté » > ici
5ème partie : « Le christianisme et les libertés » > ibid.

Le Bon Pasteur mausolée de Galla Placidia Ravenne

Le Bon Pasteur
(mosaïque du mausolée de Galla Placidia – Ravenne)

frise

L’éducation chrétienne de la liberté :

« Cette thèse appelle immédiatement une série d’objections. L’histoire en main, on pourra nous rappeler la rigueur dogmatique de l’Eglise et ses luttes séculaires contre la libre pensée. Dans l’ordre social et politique, on soulignera les innombrables alliances entre l’autorité ecclésiastique et certains pouvoirs temporels qui firent bon marché de la liberté des hommes.
Tout cela est à la fois vrai et faux. Vrai dans l’immédiat et dans le détail, faux à longue échéance et dans l’ensemble.

Deux éléments essentiels nous paraissent caractériser l’action du christianisme dans la culture et la défense de la liberté.
L’Eglise cultive avant tout la liberté intérieure. Pour elle, les libertés extérieures découlent de cette délivrance de l’âme ; elles doivent suivre et non précéder. Sa mission primordiale n’est pas de briser les chaînes sociales, mais de donner aux hommes cette richesse spirituelle, ces réserves de moralité et d’amour qui rendent possible et fécond l’exercice extérieur de la liberté. En d’autres termes, au lieu de s’attaquer directement au pouvoir de César, elle développe d’abord en nous la part de Dieu.
La conquête chrétienne de la liberté revêt en effet deux aspects à la fois distincts et solidaires :
a) l’élan qui jaillit du fond des âmes au contact de la Révélation évangélique. L’homme, racheté par le Christ et promis à la vie éternelle, se sent et se veut libre.
b) l’homologation de cet élan par l’Eglise en tant que magistère théologique et qu’autorité sociale, la traduction de cette aspiration intérieure en termes institutionnels.
Ce second mouvement est toujours en retard sur le premier. Et il doit l’être. Le climat spirituel du christianisme favorise l’éclosion secrète des libertés, mais l’Eglise, avant de cueillir une liberté, de l’engranger et de lui donner son estampille officielle, la laisse patiemment mûrir dans les âmes et dans les mœurs. Un fruit cueilli trop vert sèche ou pourrit. Et si l’autorité religieuse freine parfois la marche en avant des éclaireurs, c’est pour laisser au gros des troupes le temps de les rejoindre. Car, dans la conquête de la liberté, il ne suffit pas de pousser des pointes, il faut aussi que les arrières soient assurés.
L’attitude de l’Eglise chrétienne en face de l’esclavage antique illustre admirablement ce point de vue. En soi, rien n’était plus directement opposé à l’idéal d’égalité et de fraternité de l’Evangile que l’institution de l’esclavage. L’Eglise naissante n’a pourtant pas attaqué de front cette institution inhumaine : elle a commencé par recommander aux esclaves d’obéir à leurs maitres et aux maitres d’être bons pour leurs esclaves, en soulignant que, devant Dieu, il n’y a ni esclaves ni maitres. Mais que signifie ce conseil, sinon ceci : obéissez et commandez dans la liberté de l’amour ; supprimez dans vos rapports la soumission servile de l’esclavage et la brutalité dominatrice du maître, c’est-à-dire détruisez au fond de vous-même la réalité invisible de l’esclavage ? Cet état d’esprit bn’a pénétré que partiellement dans les âmes ; il a suffi cependant pour modifier les mœurs et pour que l’institution de l’esclavage se détachât peu à peu comme une écorce caduque. Aussi bien, l’abolition de l’esclavage a tenu ; elle constitue un des rares progrès positifs de l’histoire, à la différence de tant d’autres révolutions qui, faute de préparation intérieure, n’ont abouti qu’à un changement d’esclavage. C’est en grande partie le cas de la Révolution française qui a remplacé le privilège du sang par le privilège de l’argent et c’est par excellence celui de la Révolution russe. Péguy parlait déjà de « ces retournements qui reviennent au même, des révolutions plus mortes que des trônes, des progrès plus cassés que la vieille habitude… » C’est là l’ornière où versent toutes les révoltes contre l’oppression extérieure qui ne s’appuient pas sur une ascension morale et une délivrance intérieure. L’histoire nous montre assez que les révoltes d’esclaves n’ont jamais servi la cause de la liberté. Enchaîné ou déchaîné, un esclave reste toujours un esclave. Le Christ mourant nous délivre, mais Spartacus, vainqueur ou vaincu, n’abolit pas l’esclavage : il arrive tout au plus à le déplacer.
Saint Pierre condense, dans un texte souverain, la distinction chrétienne entre la fausse liberté, qui n’est qu’un esclavage déchaîné, et la vraie liberté, fondée sur l’obéissance à la loi divine : « comportez-vous en hommes libres, sans faire de la liberté un voile dont se recouvre la malice, mais en agissant comme des serviteurs de Dieu ».
Cette fonction d’éducatrice de la liberté, qui est essentielle à l’Eglise chrétienne, apparaît ici dans sa plénitude. La prudence de l’Eglise en face de tant de mouvements d’émancipation intellectuelle ou sociale – cette réserve, si irritante pour les esprits d’avant-garde, tient précisément à son souci de préserver et d’accroître ces réserves de vie intérieure et de discipline morale qui, comme nous l’avons vu, constituent le socle et le garde-fou de la liberté d’action. Le christianisme s’oppose non à l’usage mais au gaspillage de la liberté. L’Enfant prodigue, après avoir dévoré sa liberté en herbe, devient un esclave gardien de pourceaux. L’apologue s’applique à merveille à l’humanité moderne : elle a gaspillé, en débordements anarchiques, son héritage de liberté et n’a plus le choix qu’entre l’esclavage absolu et le retour dans la maison du Père où l’obéissance et la liberté ne font qu’un. L’Eglise, en veillant sur notre héritage, sauve aussi notre liberté.

Le christianisme – et c’est là peut-être ce qui le distingue le plus de tous les autres courants religieux ou sociaux – est comme un creuset où la liberté, loin de se durcir dans des moules temporels, reste toujours à l’état de fusion et de disponibilité. En dépit de ses lenteurs et de ses tâtonnements (qui tiennent précisément à la vie : une mécanique serait plus rapide et plus sûre), l’Eglise chrétienne représente une puissance indéfinie de renouvellement et d’adaptation. Sa fidélité à l’éternel lui assure une liberté perpétuelle vis-à-vis du temporel. D’autres religions, d’autres civilisations ont connu des phases d’épanouissement merveilleux, mais, tôt ou tard, elles se sont figées en hiératismes ou dégradées en conformismes. Le christianisme seul, parce qu’il émane de ce lien divin qui noue la gerbe des siècles, ne s’est jamais identifié à telle ou telle forme bornée et caduque de civilisation ; il a su assimiler les unes et rejeter les autres, mais il a gardé vis-à-vis de toutes cette liberté dominatrice de l’organisme devant l’aliment ou le poison. Sans doute a-t-il connu (au moins dans son côté trop humain, car le courant de sainteté invisible n’a jamais tari dans l’Eglise) des périodes d’éclipse et de sclérose, mais il les a toujours surmontées pour retrouver, en face de circonstances et de nécessités imprévues, la même fraîcheur virginale et la même ouverture maternelle. C’est Paul, Apôtre des gentils, c’est Benoît adaptant le monachisme aux exigences du monde occidental, c’est François d’Assise ressuscitant l’idéal de pauvreté évangélique, c’est l’assimilation de Platon par les Pères de l’Eglise et d’Aristote par Thomas d’Aquin, c’est Pascal sublimant en espérance le scepticisme de Montaigne, c’est Jean de la Croix qui, dans l’Espagne de Philippe II et de l’Inquisition, jette pour toujours un pont entre la pensée chrétienne et la mystique universelle, c’est enfin (en dépit de ses déviations et de ses dangers, mais les hérésies aussi ont leur fécondité et il n’appartient qu’aux vivants d’être malades) la prodigieuse vitalité du christianisme moderne dans tous les domaines de la pensée, de l’art et de l’action. La preuve est faite depuis vingt siècles et elle se refait chaque jour sous nos yeux : à travers le désert des conformismes et le maquis de l’anarchie, le christianisme ouvre sans cesse à la liberté de nouveaux chemins – et des chemins qui mènent quelque part. Il nous impose un minimum de discipline pour nous assurer un maximum d’indépendance. Il n’est pas un frein, mais une boussole pour la liberté. Ce n’est pas voguer librement que de voguer sans boussole : la barque est d’abord le jouet des vents et des récifs jusqu’au jour où, échouée sur un écueil ou engloutie dans les flots, elle s’immobilise dans un esclavage définitif ».

A suivre :
7ème et dernière partie : « L’avenir de la liberté » >

frise

2018-57. Christianisme et liberté (4ème et 5ème parties).

- Christianisme et liberté -
4ème partie

Le Christianisme et la liberté

Pour lire ou relire les 1ère, 2ème et 3ème parties de cette conférence de Gustave Thibon ici puis > ici.

« Le type humain déshumanisé qui s’élabore peu à peu dans le creuset des totalitarismes et des technocraties se situe aux antipodes de l’homme chrétien. Partout, le déclin des libertés accompagne comme une ombre le recul du christianisme. La simple constatation de ce fait suffit à nous montrer que le « chemin de la liberté » s’identifie à la voie tracée par le Christ.

La démonstration est simple. Si, comme nous l’avons dit, toute liberté repose sur un lien vivant et sur un amour, le christianisme nous apporte la suprême liberté parce qu’il nous apporte le suprême amour. En lui, nous trouvons le lien absolu qui délivre. Quel est en effet l’élément, jusque là inconnu dans le monde, qui confère à la révélation chrétienne son originalité irréductible, si ce n’est la reconnaissance du rapport à la fois intime et transcendant qui lie la personne de l’homme à la personne de Dieu ?
Les Anciens avaient conçu tous les modes de retour du particulier à l’universel, du multiple à l’Un : ils n’avaient jamais pressenti ce mystères des noces de l’âme et de Dieu.
Dieu m’a créé, Dieu me connaît et Dieu m’aime électivement ; je suis unique pour cet être unique ; le lien qui nous unit n’a pas d’équivalent. Dieu ne s’est pas incarné, Dieu n’est pas mort pour l’humanité, mais pour chaque homme en particulier (j’ai pensé à toi dans mon agonie, lui fait dire Pascal, j’ai versé telle goutte de sang pour toi…). Dieu nous a aimés le premier, il est descendu jusqu’à nous, et cette quête de la créature par le Créateur qui confère à la personne humaine une valeur infinie est le grand ferment libérateur du christianisme. « Vous avez été achetés d’un grand prix, ne vous rendez pas esclaves des hommes », nous dira l’Apôtre. Mais ici encore, ici surtout, cette libération naît d’un lien et exige une obéissance. « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait », c’est-à-dire attachez-vous à Dieu, imprégnez-vous de sa plénitude, ne faites qu’un avec lui et, par la vertu de cet attachement au Bien absolu et éternel, vous serez souverainement libres à l’égard des biens relatifs et temporels. C’est le grand paradoxe apparent du christianisme de nous convier à la fois au plus complet épanouissement et à la perte totale de nous-mêmes. Mais ces deux exigences ne font qu’une, car mon moi le plus profond réside dans le Dieu qui m’a créé et, en me perdant en lui, je suis souverainement libre, souverainement moi-même, parce que, alors, ma volonté épouse le jaillissement même de mon être. L’équivalence est rigoureuse : c’est celui qui nous a appelés à la « sainte liberté des enfants de Dieu », qui s’est fait « obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix ».

Ce lien vivant et personnel entre l’homme et Dieu fonde le rapport des hommes entre eux, car le second commandement est semblable au premier. Aimer son prochain comme soi-même, c’est respecter avant tout cette liberté qu’il tient de Dieu. Nous arrivons ainsi à la conception évangélique et paulinienne du Corps mystique du Christ dont chaque cellule est unique (le salut est personnel : on mourra seul, dit Pascal) et soutient en même temps des échanges à la fois vierges et intimes avec les autres cellules (personne ne vit pour soi et ne meurt pour soi, dit saint Paul).
C’est l’échange intérieur qui porte sur l’être et non sur l’avoir ; c’est l’épanouissement de la solitude au cœur même de la communion : plus on est lié, plus on est libre ; plus on est aux autres plus on est soi-même.
La comparaison biologique est parfaite : chaque membre d’un organisme vivant s’épanouit d’autant plus librement qu’il est plus intimement lié, dans son être et dans ses fonctions, à l’ensemble du corps, et le cancer, prolifération anarchique, détruit d’abord le libre fonctionnement de l’organe révolté.
La notion chrétienne de prochain, le commandement qui nous enjoint d’aimer l’autre comme nous-même (ce qui signifie l’intériorité absolue de l’échange : je t’aime, non parce que tu me donnes ceci en contrepartie de cela, comme dans l’échange de type égoïste et commercial, mais parce que je suis toi et que tu es moi à travers notre source unique qui est Dieu) constitue le foyer commun et le centre régulateur de toutes les libertés individuelles ».

Véronèse - la foi guidant l'homme vers l'éternité - villa Barbaro à Maser fresque (1560-61)

Paul Véronèse : la foi guidant l’homme mortel vers la divine éternité
(fresque de la villa Barbaro, à Maser)

frise

- Christianisme et liberté -
5ème partie

Le Christianisme et les libertés

« On pourra objecter que cette libération chrétienne n’intéresse que le côté éternel et transcendant de l’être humain : le Royaume du Christ n’est pas de ce monde…
Mais l’homme est un – et c’est un fait historique incontestable que la Révélation métaphysique et religieuse du christianisme a pénétré, malgré la résistance de la matière et du péché, jusque dans les couches de la vie temporelle et a renouvelé les diverses structures sociales. 

Un exposé complet et cohérent ne saurait trouver sa place ici. Mais une constation globale s’impose : à la conception trop souvent pharaonique et totalitaire de la Cité antique, pyramide où chaque pierre n’avait de sens et de but qu’en fonction de la pierre terminale, on a vu se substituer peu à peu, sous l’influence du christianisme, une conception organique où chaque cellule vit de sa vie propre dans son rapport à l’ensemble du corps.
Depuis la Rome impériale jusqu’à nos jours – et en dépit des obstacles que n’ont jamais cessé de lui opposer tant de membres morts du corps de l’Eglise – la diffusion du christianisme a eu pour effet direct ou indirect de développer la liberté des individus et des groupes vivants (familles, communautés) en face des tyrannies exercées par les individus ou les collectivités.

La notion chrétienne de l’égalité des âmes devant Dieu a conduit graduellement à la suppression de l’esclavage ; elle a atténué toutes les formes d’oppression de l’homme par l’homme (rappelons pour mémoire la libération de la femme et la reconnaissance des droits de l’enfant, la formation des communautés locales et professionnelles du moyen âge, la défense des populations indigènes contre les envahisseurs coloniaux et des prolétaires contre les abus du capitalisme) ; elle a brisé les cadres rigides et les cloisons étanches des vieilles castes et favorisé, à tous les degrés de l’échelle sociale, la promotion individuelle.
Il n’est pas une seule liberté humaine (droit de posséder et droit de transmettre, droit d’entreprendre, droit de penser, etc.) que le christianisme n’ait pas stimulé, et cette immense éclosion des libertés – grâces auxquelles l’homme a pu assumer son propre destin (avec tout ce que cela comporte de risques et de chances, d’enrichissement intérieur et de contact avec le réel) – constitue l’âme de cette civilisation occidentale dont le déclin nous emplit aujourd’hui d’une angoisse encore imprégnée d’espérance.
La personne humaine, délivrée par le Christ, a pu déployer ses plus hautes possibilités : nous en voyons les fruits dans l’ordre économique, juridique, politique, culturel. Cette civilisation est indéfiniment créatrice parce qu’elle est fondée sur la liberté. L’esclave ne crée pas : il partage l’inertie de la matière inanimée. L’absence de force créatrice est commune à tous les mouvements totalitaires. Leur puissance est immense : elle est avant tout matérielle comme celle du raz de marée ou de l’avalanche. Elle construit comme on détruit : dans la matière et dans la mort. Une avanlanche peut emporter une forêt, mais non pas faire jaillir de la terre une seule herbe vivante. Camus a dit qu’il faut choisir entre l’efficacité du typhon et celle de la sève. Mais la sève de l’homme vient de Dieu…

Que cet essor du monde occidental procède avant tout de la sève chrétienne et non d’une coïncidence fortuite, deux faits globaux suffisent à l’établir.
Un simple coup d’œil sur la carte nous montre que le maximum de prospérité matérielle et d’épanouissement spirituel coïncide rigoureusement avec la zone d’expansion du christianisme.
La tension, qu’on peut vérifier tout au long de l’histoire, entre les pouvoirs totalitaires et l’Eglise du Christ nous apporte une preuve non moins convaincante de cette option fondamentale en faveur de la liberté.
Exception faite de quelques ententes toujours locales et provisoires entre l’Eglise et certaines puissances temporelles plus ou moins oppressives (lesquelles pouvaient d’ailleurs, étant donné les temps et les lieux, représenter un moindre mal), les tyrans de tout ordre ne s’y sont jamais trompés : depuis Caïphe et les Césars jusqu’aux maîtres de l’Allemagne d’hier et de la Russie d’aujourd’hui, un instinct très sûr leur a fait voir dans le christianisme leur  ennemi le plus intime et le plus dangereux. Et, dans la conjoncture présente face aux totalitarismes qui, tandis qu’ils assassinent la liberté, se parent hypocritement de son nom, alibi pour les tyrans et mirage pour les esclaves, l’Eglise constitue le dernier refuge des libertés menacées. N’est-ce pas elle qui défent pied à pied, contre la poussée envahissante du monstre anonyme, les droits irréductibles de l
a personne, de la famille et du travail ? »

A suivre :
6ème partie : « L’éducation chrétienne de la liberté » > ici

nika

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