Archive pour la catégorie 'Chronique de Lully'

2019-59. Un 14 juillet de préparation du 220ème anniversaire de la mort de Sa Sainteté le Pape Pie VI.

Parce que cela va bientôt faire 220 ans…

Pie VI - portrait par Pompeo Batoni

Sa Sainteté le Pape Pie Vi : portrait par Pompeo Batoni

Enlevé de Rome le 20 février 1798 et emmené captif, ainsi que nous l’avons déjà expliqué (cf. > ici), Sa Sainteté le Pape Pie VI, dans sa quatre-vingt-deuxième année, arrive à Valence le 14 août 1799 et y meurt quinze jours plus tard : le 29 août. On lui fit des funérailles civiles !
Ce 29 août 2019 marquera donc le 220ème anniversaire de la mort de Pie VI, prisonnier de la révolution qui s’imaginait qu’elle enterrait le « ci-devant et dernier pape » !

Les Cercles Légitimistes du Vivarais (Abbé Claude Allier) et du Dauphiné (Crillon le Brave) ont l’habitude de se retrouver chaque année le 14 juillet pour commémorer, au rebours de l’histoire officielle qui colporte tant de mensonges, les méfaits de la grande révolution.
Il semble tout naturel cette année, en préparation du deux-cent-vingtième anniversaire de la mort à Valence du courageux Pontife qui y mourut captif de la révolution, de lui consacrer cette journée de mémoire et de vérité.
Nous vous invitons donc à nous retrouver tous, ce dimanche 14 juillet 2019, pour la Sainte Messe dominicale à l’église Notre-Dame, à Valence (rue Berthelot – messe célébrée dans le rite latin traditionnel) à 10 h 45.
Nous prendrons notre déjeuner ensemble (repas tiré du sac – prévoir aussi des sièges pliants), et après une causerie historique rappelant l’emprisonnement, la captivité et la mort de Sa Sainteté le Pape Pie VI, nous nous rendrons sur les lieux où se sont déroulés ces faits, avant d’aller à la cathédrale Saint-Apollinaire nous recueillir devant le monument dans lequel se trouvent le cœur et les entrailles du saint Pontife victime de l’impiété révolutionnaire.

armoiries de Pie VI

2019-58. « Dans ma cervelle se promène… »

« Dans ma cervelle se promène
Ainsi qu’en son appartement,
Un beau chat, fort, doux et charmant.
Quand il miaule on l’entend à peine… »

Bonnes lectures du Maître-Chat

Mercredi 10 juillet 2019 au soir,
Fête de Sainte Félicité et de ses sept fils, et des Saintes Rufine et Seconde, martyrs ;
Anniversaire du rappel à Dieu de l’abbé Henri Huvelin (+ 10 juillet 1910).

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Ce jour est celui du treizième anniversaire de la naissance de Son Altesse Sérénissime Monseigneur le Maître-Chat Lully, qui, en douze ans et neuf mois de vie commune, m’a donné tant d’affection, tant de joies, tant de belles leçons de vie et de sagesse… et qui – personnalité féline à l’importance indiscutée au Mesnil-Marie - a été également très présent au cœur de tant d’amis, lors même qu’ils ne l’ont parfois jamais rencontré, mais seulement en raison de sa « présence » sur Internet…

Je pourrais en ce jour reprendre mot à mot et sans y rien changer ce que j’écrivais l’an dernier à l’occasion de son douzième anniversaire (cf. > ici) ou redire, avec davantage encore de force et de pertinence qu’il y a cinq ans, ce que je lui avais écrit le jour de son huitième anniversaire (cf. > ici). 

Vous comprendrez sans peine que je n’ai guère le cœur à d’impudiques déballages affectifs en ce 10 juillet 2019. Mais, si vous le voulez bien, voici le rappel de quelques clichés, déjà publiés sur ce blogue et riches pour moi de merveilleux souvenirs.
Ainsi que l’écrivait le Bienheureux Vladimir Ghika : « Le souvenir d’une grâce est encore une grâce »

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Chat gif en marche

Lully à l’âge de deux mois (début septembre 2006) :

Lully, à un mois et demi

Lully à l’âge d’un an et demi, le 8 décembre 2007 :

8 décembre au soir: Lully aux lampions

Epiphanie 2009 :

Le Roi Lully

Avent 2010 : préparatifs de la Crêche.

Lully prépare la crèche

Juillet 2011 : découverte du gâteau de semoule aux fraises tagada !!!

Lully se précipite sur le gâteau de semoule aux fraises tagada dès qu'il est démoulé...

Eté 2012, avec sa grande amie Sainte Philomène :

Lully et Sainte Philomène

Lully et son chat de neige (fin février 2013) :

Lully et son chat de neige

Lully étudie la phytothérapie avec le « Livre des Simples » qui lui a été dédicacé par Madame Erika Laïs (janvier 2015) :

Lully lecteur attentif du Livre des Simples

Lully garde d’honneur du catafalque dressé dans notre oratoire pour la Sainte Messe de Requiem célébrée le jour du troisième centenaire de la mort de Sa Majesté le Roi Louis XIV (1er septembre 2015) :

Lully veille à l'exacte préparation de la cérémonie

En pèlerinage auprès des reliques de Saint Antoine le Grand (octobre 2016) :

Lully près des reliques de Saint Antoine 2

« Dis, tu viens me faire un gros câlin ? » (août 2018). 

Lully été 2018

Chat & croissant de lune.gif

2019-57. De quelques précisions concernant le vœu de Sa Majesté le Roi Louis XVI au Sacré-Cœur de Jésus.

Vendredi après l’octave du Saint-Sacrement,
Fête du Sacré-Cœur de Jésus.

A l’occasion de cette fête du Sacré-Cœur de Notre-Seigneur Jésus-Christ, je souhaite vous reparler du vœu de Sa Majesté le Roi Louis XVI au Sacré-Cœur.

La belle prière rédigée par le malheureux Souverain ainsi que, à la suite, les promesses solennelles qu’il adressait au divin Cœur de Notre-Seigneur, ont déjà été publiées dans les pages de ce blogue, et je vous y renvoie > ici.
En complément de la présentation qui en était alors faite, je souhaite vous recopier ici de larges extraits d’un texte que j’ai lu à ce sujet dans l’ouvrage intitulé « Le Sacré-Cœur de Jésus et la Tradition – documents recueillis ches les Pères, les Docteurs, les hagiographes, etc. par le R.P. Xavier de Franciosi de la Compagnie de Jésus » (2e édition – Casterman, éditeurs pontificaux – 1908).

Vœu de Louis XVI - basilique de Montmartre

Louis XVI prononçant son vœu à l’adresse du Sacré-Cœur de Jésus :
on reconnaît, blottis contre Sa Majesté, Madame Royale et le petit Dauphin,
tout de suite derrière le Roi, son confesseur, le Bienheureux François-Louis Hébert, à côté de Sa Majesté la Reine,
et enfin au dernier rang, Madame Elisabeth, sœur du Roi
(mosaïque de l’abside de la basilique du Vœu national au Sacré-Cœur à Montmartre)

Scapulaire Sacré-Coeur

Louis XVI et le Sacré-Cœur :

« On connaît les malheurs de Louis XVI , sa captivité et sa mort. Dans sa détresse, l’infortuné Prince (…) se tourna vers le Cœur adorable de Jésus. Voici ce qu’on lit à ce propos dans la correspondance de Madame la Marquise de Carcado, et de Mesdames les Comtesses de Lastic et de Saisseval, témoins oculaires.
Le 10 février 1790, Le Roi, déjà prisonnier dans son propre palais des Tuileries, se rendit sous prétexte d’une promenade du côté de Notre-Dame. Il était accompagné de la Reine Marie-Antoinette, de Madame Elisabeth, de Madame Royale, du petit Dauphin, âgé de cinq ans, et de plusieurs dames de la Cour, parmi lesquelles se trouvaient Mesdames de Carcado, de Lastic et de Saisseval.
Arrivé sur le parvis, le Roi témoigna à ses gardes, devenu ses geôliers, le désir d’entrer quelques instants dans l’église métropolitaine. L’ayant obtenu, il s’avança jusqu’au sanctuaire avec les personnes de sa maison, s’agenouilla devant la statue de la Sainte Vierge, et consacra sa personne, sa famille et son royaume au Sacré-Cœur de Jésus. Puis voulant joindre l’aumône à la prière, le pieux monarque, le jeune Dauphin, la Reine, les princesses et leurs dames d’honneur firent vœu de donner chaque année une offrande en l’honneur du Sacré-Cœur de Jésus pour le salut de la France. Deux cœurs furent faits de l’or le plus pur, on y mit les noms des associés. Le premier représentait le Cœur miséricordieux de Jésus, le second le Cœur immaculé de Marie. Plus tard ces deux Cœurs furent envoyés à Notre-Dame de Chartres ; il est probable qu’ils y sont encore aujourd’hui (source : Messager du Cœur de Jésus, tome XXXIX, page 460).
Quoi qu’il en soit, Louis ne s’en tint pas là : dans les premiers mois de 1792, après le funeste retour de Varennes, il fit un nouvel effort auprès du Sacré-Cœur. Sous l’inspiration de Monsieur Hébert, son confesseur et l’un des successeurs du Vénérable Père Eudes, il écrit de sa propre main un projet de vœu qu’on a retrouvé dans ses papiers. »

Ici le Père de Franciosi met le texte intégral du vœu que nous avons déjà publié > ici, puis il poursuit :

« Après avoir écrit cette consécration de sa main, Louis XVI, le 21 juin 1792, la remit au Père Hébert, supérieur général des Eudistes et son confesseur, lequel, craignant qu’un tel acte ne se perdit, en fit tirer incessamment plusieurs copies. Il en portait toujours une sur lui. Les autres se dispersèrent, à travers mille périls, au milieu des familles chrétiennes. Grâce à cette précaution, le pieux confesseur de Louis XVI put mourir héroïquement, enveloppé quelques jours après dans les massasres du 2 septembre, sans que son martyre entraînât la perte d’un monument si précieux. La plus célèbre des copies du vœu de Louis XVI est due à Mademoiselle Adélaïde de Cicé, elle avait caché cette copie dans la fente d’une muraille, et elle se plaisait à la communiquer à des personnes amies » (sources : Bougaud « Vie de la Bse Marguerite-Marie », chap. XVI ; Messager du Sacré-Cœur, tome XXXIX pp. 418 et 460 ; Alet « La France et le Sacré-Cœur » 2e partie, chap. VII ; R.P. Letierce « Mois du Sacré-Cœur », 22e jour).

« A l’appui de ce qui vient d’être dit, voici ce que nous lisons dans « l’Ami de la Religon et du Roi », année 1815, tome IIIe page 77 : « On nous a communiqué une prière et un vœu de Louis XVI, qui ont droit d’intéresser les âmes religieuses et sensibles. Il paraît que l’une et l’autre sont du commencement de 1792. Cet infortuné Prince ne se dissimulait pas toute l’étendue des maux qui le menaçaient. touché des malheurs de sa famille et de ceux de son Etat, il rédigea une prière et fit un vœu pour apaiser la colère divine sur la France. Il n’y a pas de doute que la prière et le vœu furent dressés de concert avec M. Hébert, général des Eudistes, son confesseur. Du moins nous connaissons un estimable ecclésiastique, M. l’abbé D., V. de S.L. en L., qui avait des relations avec M. Hébert, et qui fut chargé par lui de transcrire la prière et le vœu. C’est de lui que nous tenons la copie que nous en avons. Il a été appelé dernièrement chez une pieuse princesse qui recueille avec un soin religieux des débris sur une victime chère à sa sensibilité. Interrogé par elle il n’a pas pu assurer si les deux écrits étaient de la main de Louis XVI dont il  ne connaissait pas l’écriture, mais il a certifié qu’ils lui avaient été remis par son confesseur, avec lequel il vivait dans l’intimité. Il paraît même que ces deux pièces ont déjà vu le jour, et qu’elles ont été insérées dans un recueil de prières, imprimé sans nom d’année. Au surplus, elles sont rares et peu connues. Elles donneront une haute idée de la piété de leur auguste auteur. Elles peuvent presque marcher de pair avec ce testament sublime dans sa simplicité, où ce Prince a si bien peint la beauté de ses vues et la religieuse sévérité avec laquelle il se jugeait lui-même. Mais il est temps d’écouter ce vertueux monarque parlant de lui-même… [ici aussi donc, se place le texte déjà publié > ici].
Nous apprenons qu’un autre ecclésiastique, aujourd’hui curé d’une des paroisses de la capitale, M. l’abbé C. curé de B.N., fut chargé par M. Hébert de faire, au nom du Roi, une neuvaine relativement à son vœu. Il la fit en effet dans une maison retirée. Il se rappelle parfaitement le fait, et l’atteste. Nous avons du plaisir à consigner ici ces témoignages et ces détails, qui seront recueillis avec intérêt par les personnes zélées pour la mémoire de l’auguste victime, et empressées de rassembler tout ce qui peut faire éclater ses vertus et constater sa piété. »

Ex-voto de Madame Elisabeth - cathédrale de Chartres

Les deux Cœurs de Jésus et Marie :
ex-voto de Madame Elisabeth de France offert à la cathédrale de Chartres

Addenda – Quelques commentaires personnels sur la publication du R.P. de Franciosi :

1) – Au premier paragraphe cité ci-dessus, il est question de la visite de Leurs Majestés et de leurs proches à la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 10 février 1790. Cette visite est en effet bien attestée par plusieurs personnes qui furent présentes.
Il faut noter que ce 10 février était l’anniversaire de la publication de l’Edit de Saint-Germain (cf. > ici), par lequel Sa Majesté le Roi Louis XIII avait annoncé la consécration de la France à la Très Sainte Vierge Marie. Quand on y réfléchit bien, il paraît tout-à-fait raisonnable de penser que Sa Majesté le Roi Louis XVI savait pertinemment quel anniversaire ramenait ce 10 février et que la « promenade » qui a conduit la Famille Royale jusqu’à Notre-Dame de Paris n’était en rien fortuite. D’autant qu’on voit le Roi s’avancer résolument vers le sanctuaire pour s’aller agenouiller devant la statue de la Très Sainte Vierge Marie.
Quelle prière fut lue par le Roi et les assistants ce jour là ? Ici, les écrits diffèrent.
Certains auteurs disent que c’est Madame Elisabeth qui fit alors distribuer aux assistants une prière copiée sur plusieurs papiers et en concluent qu’il s’agirait donc d’une prière composée par cette sainte princesse elle-même pour demander la conservation de la foi catholique en France.
D’autres écrivent que le Roi prit le texte d’une prière que proposait aux fidèles de passage dans la cathédrale une pieuse femme qui se trouvait là, et qu’il s’agissait d’une prière de consécration au Cœur de Marie.
D’autres enfin, tels les auteurs que cite ici le R.P. de Franciosi, parlent de consécration au Sacré-Coeur de Jésus.
Nous ne pouvons en fait rien assurer de façon absolue, car ce qui est en revanche tout-à-fait certain c’est que le texte de cette prière ne nous est pas parvenu.

2) – L’ex-voto des deux Cœurs de Jésus et Marie conservé au trésor de la cathédrale de Chartres, dont il est également fait mention dans le premier paragraphe ci-dessus, n’est pas en or, mais en vermeil. Il fut commandé par Madame Elisabeth et envoyé par elle à Notre-Dame de Chartres pour concrétiser sa supplication pour la conservation de la foi catholique dans le Royaume.
Cet ex-voto s’ouvre en effet, comme le montre la photographie ci-dessous, et on y voit écrit non pas tous « les noms des associés » comme le dit le texte cité par le R.P. de Franciosi, mais d’un côté : « le Roi et la famille Royale » et de l’autre « L’Eglise de France ».

intérieur de l'ex-voto de Madame Elisabeth

Intérieur de l’ex-voto de Madame Elisabeth

3) – Enfin la longue citation de « L’Ami de la Religion et du Roi » apporte le témoignage de deux ecclésiastiques, vivants en 1815 et ayant tous deux connu le Bienheureux François-Louis Hébert (on est alors 23 ans après les événements), en faveur de l’authenticité du vœu de Louis XVI au Sacré-Cœur, niée aujourd’hui par quelques historiens.
Il est tout-à-fait vraisemblable que la « pieuse princesse qui recueille avec un soin religieux des débris sur une victime chère à sa sensibilité » est la fille du Roi-martyr, Marie-Thérèse Charlotte de France, alors duchesse d’Angoulème, dont on sait par de nombreux autres témoignages qu’elle s’est en effet attachée à faire chercher tous les objets ayant appartenus à ses parents qui avaient échappé aux destructions des fanatiques et qui avaient été recueillis par des fidèles. De là l’intérêt qu’elle porte spécialement à savoir si les copies du vœu en possession de ce prêtre, qui n’est mentionné que par ses initiales, sont de la main du feu Roi son père.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Voeu de Louis XVI - église du Sacré-Coeur de Douarnenez

Vœu de Sa Majesté le Roi Louis XVI
(détail d’un vitrail de l’église du Sacré-Cœur de Douarnenez)

Scapulaire Sacré-Coeur

2019-56. De la conjuration sans fin.

Jeudi 27 juin 2019,
Fête de Notre-Dame du Perpétuel Secours (cf. > ici et > ici) ;
Octave de la fête du Très Saint-Sacrement.

Notre excellent et fidèle ami, le Révérend Père jean-François Thomas sj., déjà plusieurs fois cité dans les pages de ce blogue (cf. > ici, > ici, > ici et > ici) est l’auteur de la lettre mensuelle aux membres et amis de la Confrérie Royale, publiée à l’occasion de ce 25 juin 2019 [note : en effet, chaque « 25 du mois », est un jour plus particulier que les membres de la Confrérie Royale, dont j’ai l’insigne honneur et la lourde responsabilité d’être présentement le Prieur, sanctifient et offrent plus encore que les jours habituels, pour le Roi et pour la France, et donne l’occasion à une « lettre » destinée à l’édification et à l’instruction spirituelle de nos membres].
Plus encore qu’à l’accoutumée la lettre de ce 25 juin 2019 peut être utile à la réflexion et à la conduite de tous les fidèles, bien au-delà des cadres de la Confrérie Royale. Voilà pourquoi nous la reproduisons également ci-dessous…

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Blason de la Confrérie Royale

De la conjuration sans fin.

L’état présent du monde, de l’Eglise, de notre pays ne manque pas d’attrister nos cœurs et d’obscurcir nos esprits. Comment garder la tête froide, conserver l’espérance, faire grandir la foi lorsque tout semble s’écrouler par pans entiers dans le fracas des rumeurs et des mensonges ? La tentation est de se recroqueviller en de petites chapelles, de cultiver son quant-à-soi, d’entretenir son pessimisme, d’annoncer l’apocalypse tout en demeurant les bras ballants. Pour ne pas sombrer, il faut regarder en arrière, se souvenir de l’histoire, celles qu’ont écrite nos aïeux, pour le meilleur et pour le pire. Car, dans le passé, se trouve la racine du mal moderne. En comprendre les ressorts permet d’être moins désarmé, de repérer l’ennemi, d’échapper à ses stratagèmes et d’organiser la contre-attaque. 

Notre Seigneur ne nous a jamais promis un parcours de santé. Il ne nous a pas annoncé le plaisir à chaque tournant du chemin. Bien au contraire, Il n’a cessé de nous avertir sur ce qui attendait le disciple fidèle : renoncement, croix, rejet, persécution, mort. Pas de quoi enthousiasmer les foules, pas même celles qui se disent aujourd’hui « catholiques » et pour lesquelles la foi se résume à un menu relativiste et personnalisé où la tolérance et le vivre-ensemble prennent plus de place que l’amour de la vérité et l’exercice héroïque de la charité. Il n’a jamais proclamé que la récompense serait donnée en ce monde, et si Il a bien déclaré que les puissances de l’enfer ne prévaudraient pas contre l’Eglise, Il n’a jamais sous-entendu que cette dernière serait couronnée de lauriers par le monde qui ne pouvait et qui ne peut que la haïr. Comme nous ne sommes pas des catholiques des âges d’or de l’Église et que nous ne connaissons pas encore de persécution sanglante, nous avons pris l’habitude de nous être installés confortablement dans une foi qui ne dérange guère, qui n’est souvent que la cerise sur le gâteau, ou, pire, la cinquième roue du carrosse. Le moindre effort nous coûte et le mot même de sacrifice nous épouvante et nous dégoûte. Que nous le voulions ou non, nous sommes bien embourbés dans le monde. Un chrétien du XIIIème siècle serait bien surpris de nous découvrir car nous n’avons pas beaucoup de points communs avec lui. Y compris dans les milieux de la « tradition », les fidèles présentent souvent un vernis qu’ils confondent avec l’essence. Les structures sont faibles, la colonne vertébrale inexistante, tout l’édifice est fragilisé. A la moindre épreuve, voilà que tout s’écroule. Nous nous consumons aussi rapidement que l’étrange incendie de Notre-Dame a dévoré la cathédrale. Pourquoi donc sommes-nous si vulnérables alors que nous avons la prétention de confesser une foi identique à celle de nos pères ?                       

Nous sommes en grande partie des héritiers inconscients du contenu de l’héritage que nous avons reçu. Tout est pêle-mêle dans le coffret remis entre nos mains, le pire et le meilleur. Nous savons bien que lorsque ces deux-là sont mélangés, le pire finit toujours par l’emporter, d’autant plus que le monde environnant n’aide pas à résister, à réfléchir, à discerner. Alors nous pataugeons comme nous pouvons, esseulés et abandonnés que nous sommes, alors que le phare romain, qui avait brillé pendant deux millénaires, s’essouffle soudain et ne brille plus que par intermittence. Il nous faut comprendre de qui et de quoi nous sommes les héritiers pour pouvoir réagir comme il se doit. Il ne s’agit pas d’être grand clerc et de décortiquer l’histoire pour que la vérité saute aux yeux. Le poète Lamartine écrivait : « Toute civilisation qui ne vient pas de l’idée de Dieu est fausse. Toute civilisation qui n’aboutit pas à l’idée de Dieu est courte. Toute civilisation qui n’est pas pénétrée de l’idée de Dieu est froide et vide. La dernière expression d’une civilisation parfaite, c’est Dieu mieux vu, mieux adoré, mieux servi par les hommes. » Cette vision est certes un peu romantique et les termes mériteraient des éclaircissements et des précisions, mais l’intuition est juste. Depuis que la civilisation n’a plus Dieu comme assise, comme guide et comme but, elle erre et elle s’étiole. Encore faut-il qu’il s’agisse du vrai Dieu, celui révélé par le Christ, et non point une mauvaise et fausse copie, une singerie diabolique, comme les dieux adorés dans les fausses religions. Nous allons dire que nous adorons vraiment Dieu, celui de la Révélation. Cela est possible, mais nous devrions y regarder à deux fois car ce Dieu a été tellement défiguré depuis plusieurs siècles dans notre pays et sur le continent européen. Robespierre lui-même croyait en Dieu et lutta contre l’athéisme révolutionnaire. Mais quel Dieu ? Un mot ne suffit pas à établir la vérité. Si l’objet de l’intelligence est mauvais, le vocabulaire aura beau être pieux, l’ensemble ne sera pas simplement vide mais également néfaste et faux. Beaucoup de personnes parlent aujourd’hui de Dieu, y compris dans les loges maçonniques. Nous ne sommes pas à une époque de vide religieux, mais plutôt de trop-plein qui est du poison. Or, la confusion semée dans les esprits en ce qui concerne Dieu ne date pas d’hier. Elle est ancienne et, comme elle vient du diable, elle a tissé patiemment sa toile, durant des siècles, passant inaperçue très longtemps, puis s’imposant tout à fait. En fait, il existe une conjuration qui a pris racine dès la fin du Moyen Age et qui n’a cessé de prendre de l’embonpoint. Certaines saines réactions l’ont parfois réduite au silence quelque temps, la poussant à un régime amaigrissant, mais, rapidement elle a repris du poids dès que l’occasion s’en présentait. Cette conjuration est celle dirigée contre la religion catholique (pas d’abord le christianisme mais le catholicisme romain). Deux civilisations sont face à face : la catholique, et l’autre qui n’existe qu’en opposition avec la première et toujours sur les ruines de la première car elle est incapable de créer quoi que ce soit par elle-même. Le Malin ne peut rien inventer, rien produire, rien construire. Il singe et il parasite. La civilisation moderne a surgi et n’a survécu, grassement, que comme corps étranger s’incrustant dans un corps sain, la civilisation chrétienne (catholique uniquement, puisque toute l’Europe n’est ce qu’elle est que grâce au travail de l’Église, de ses moines, de ses théologiens, de ses artistes).                             

La fin dernière de l’homme est la félicité, comme l’a si bien décrit Bossuet dans sesMéditations sur l’Evangile. Ce bonheur ne se trouve qu’en Dieu, tel est le programme des Béatitudes. L’Église n’a jamais enseigné un autre message, jusqu’à ce qu’elle se laisse séduire par les sirènes de la civilisation moderne qui, elle, affirme que le bonheur est dans la jouissance personnelle. D’un côté, le mérite pour le salut éternel, de l’autre, le plaisir éphémère pour une satisfaction terrestre. Il faut choisir entre les deux. Le problème est que, surtout depuis la Renaissance, puis la secousse de l’hérésie protestante, et encore plus la Révolution fille des Lumières et de la franc-maçonnerie, le message est brouillé au sein de l’Église où tant se sont laissé tromper et ont décidé, d’abord avec le modernisme puis avec le concile Vatican II, de rendre hommage au monde et de déposer les armes. Ce furent les épousailles de la carpe et du lapin. Un tel couple est stérile et celui des deux qui est pur perd son innocence en se livrant à l’autre. Le Syllabus de Pie IX a parfaitement souligné ces aberrations et il est plus que jamais d’actualité car il dénonce les erreurs qui ont fructifié à notre époque. Le P. Pierre de Clorivière, jésuite de l’ancienne Compagnie survivant dans le tumulte de la Révolution, écrivait en 1794 dans ses Vues sur l’avenir : « Le grand effort de l’enfer, maintenant surtout, tend à séparer l’homme de Jésus-Christ, à le mettre dans l’inimitié de Jésus-Christ. Tous les biens que Dieu a faits à l’homme, c’est en vue de Jésus-Christ qu’Il les a faits. Jésus-Christ est le flambeau du monde. En s’écartant de Lui, les peuples, comme les individus, se replongent dans les ténèbres. Il en sera toujours ainsi. » Du trouble intellectuel causé par la querelle des universaux à la fin du Moyen-Age, à l’amour immodéré de l’antique et de l’homme à la Renaissance avec Pétrarque, Alberti, Erasme même, à l’hérésie de Luther et de Calvin, aux philosophes des Lumières, Rousseau aussi bien que Voltaire, à l’instauration des loges maçonniques, à la grande Révolution et aux petites qui vont suivre, tout se tient par un fil invisible au début, puis de plus en plus net : la haine du catholicisme et le souhait de le remplacer par une nouvelle religion, au départ encore chrétienne par certains aspects, puis totalement étrangère. Notre religion moderne, héritière de cette conspiration, est le moi, d’ailleurs souvent et de plus en plus indifférencié dans la masse, dans la nasse des moi qui s’additionnent, se confondent mais qui ont la prétention de se suffire à eux-mêmes, d’être maîtres de leur origine et de leur fin. Le bonheur n’est plus réduit qu’à une somme indéfinie, infinie de plaisirs médiocres ou franchement mauvais qui sont déclinés jusqu’à la nausée. L’homme moderne est riche et malheureux. Ce n’est même plus la civilisation moderne, qui comportait en elle des idées chrétiennes devenues débridées, mais une société post-contemporaine composée d’invertébrés déprimés parce que gavés.

Personne ne peut dire qu’il n’est pas, peu ou prou, tributaire de cette nouvelle manière d’être (ou de ne pas être). Nous sommes tous touchés par le poison ; le seul remède est une vigilance de chaque instant et une exigence envers soi-même qui ne laisse la porte ouverte aux influences pourries. Travail titanesque, héroïque ? Plus que cela : travail de la sainteté, c’est-à-dire l’abandon de sa volonté propre à l’oeuvre de la grâce. La seule richesse qui importe est l’homme intérieur. Tout le reste passe et ne laisse aucune trace. Quelle est notre priorité ? Celle de plaire au monde ou celle de vivre déjà de la vie éternelle ? Le choix demande des sacrifices. Le royaume des cieux n’est pas de ce monde, mais nous pouvons vivre ici-bas comme un préambule pour le royaume qui ne passe pas.

P. Jean-François Thomas s.j.
S. François Caracciolo - 4 juin 2019

Le Greco - adoration du Saint Nom de Jésus

Le Greco : l’adoration du Saint Nom de Jésus

2019-53. Du caractère sacré naturellement inhérent à la royauté.

« L’idée royale est en dernière analyse une idée religieuse. »
Gustave Thibon

Couronne

Voici quelques réflexions que le Maître-Chat Lully avait commencé à noter en vue d’une publication qu’il n’a pas eu le temps de mener à bien lui-même. Nul doute qu’il souhaitait approfondir encore un sujet qui retenait toute son attention et nourrissait ses méditations. J’ai choisi de vous les livrer telles qu’il les a laissées.

Lully défenseur de la couronne

Quelques réflexions félines  sur le caractère sacré naturellement inhérent à la royauté :

- « Le Royaume des Cieux est comparable à un roi… »
Dans le Saint Evangile, Notre-Seigneur Jésus-Christ introduit à plusieurs reprises des paraboles par ces mots. D’ailleurs Il ne parle jamais que du « Royaume des Cieux », et non de la « république des Cieux » ou de la « démocratie des Cieux » !!!
L’un de nos chers amis prêtres faisait remarquer avec beaucoup de justesse que, contrairement à ce que pourraient imaginer quelques esprits ignorants de la réalité historique, au temps de Notre-Seigneur il n’y avait pas que des rois, et que ce n’est donc pas parce qu’il n’y aurait eu que cet unique mode d’organisation politique que notre divin Rédempteur, lorsqu’Il établit des paraboles mettant en scène une forme de gouvernement, parle exclusivement de « roi » et de « royaume ».
L’antiquité avait connu toutes les formes de gouvernement possibles et imaginables : des démocraties directes, des démocraties représentatives, diverses formes de républiques, des gouvernements oligarchiques, des aristocraties, des empires plus ou moins centralisés, des royautés monarchiques ou des royautés que l’on appelerait aujourd’hui « parlementaires », des monarchies héréditaires ou des monarchies électives, des dictatures ou des tyrannies… etc. Mais le seul et unique système de gouvernement qu’Il a trouvé parfaitement idoine à représenter l’autorité divine et la réalité spirituelle inaugurée par Son œuvre rédemptrice est la royauté héréditaire, de type paternel, absolue et de droit divin.

Couronne

- La notion de « Roi » est quasi naturelle et spontanée à l’homme pour exprimer l’excellence : une excellence exemplaire, une excellence qui attire les cœurs et qui génère l’amour, une excellence qui suscite l’enthousiasme, une excellence porteuse d’idéal, une excellence capable de fédérer les énergies, d’unir les volontés et de porter jusqu’au sublime tout ce qu’il y a de meilleur dans l’homme, une excellence porteuse de beauté et de gloire.

C’est bien pour cela que l’on dit de manière naturelle et spontanée que le lion est « le roi des animaux », que le Rhône est un « fleuve-roi », que le Mont Mézenc est « le roi des Boutières », qu’un repas fin et succulent est « royal »… etc. …etc.
Personne n’aurait l’idée de dire que le lion est le président de la république des animaux, que le Rhône est un fleuve-présidentiel, que le Mézenc est le président des Boutières, et je ne suis pas certain que ce serait un compliment que de dire à une maîtresse de maison qu’elle vous a servi un repas présidentiel… 

Et par ailleurs, les enfants, même élevés et formatés à « l’école de la république », ne cessent néanmoins pas de jouer spontanément avec des rois et des princesses.
Je n’en ai encore jamais vu qui, dans leurs jeux, lorsqu’ils veulent être un grand personnage auréolé de prestige, de courage et de vaillance, et investi d’une autorité incontestable, veuillent s’identifier à l’un ou l’autre des présidents de la république.
Quant aux petites filles, lorsqu’elles rêvent d’être belles et admirées, elles choisissent spontanément d’être des princesses. Je n’ai encore jamais entendu parler qu’elles aient pour ambition de ressembler à quelque Carla, Julie ou Brigitte !!!

Couronne

- Il existe un lien véritablement ontologique entre la royauté et le sacré.
La royauté est une institution humaine en laquelle se trouve quelque chose qui dépasse infiniment le caractère simplement naturel de toutes les autres institutions humaines.
L’idée du roi est inséparable d’une forme de transcendance : il en a été ainsi depuis la nuit des temps, chez tous les peuples, et bien avant le judaïsme et la révélation chrétienne définitive.
L’idée de royauté est naturellement inséparable d’une vision sacrale de l’univers et de la société. Un roi est le signe visible d’une conception de l’univers et de la société soumis l’un et l’autre à la divinité.
Un roi est toujours bien plus qu’un simple gouvernant, bien plus qu’un simple chef politique ou qu’un simple conducteur d’homme, parce que le roi occupe toujours une place de médiation entre une portion de l’humanité, confiée à sa garde, et la divinité.

Couronne

- L’homme est naturellement religieux, et lors même qu’il fait la part entre le domaine à strictement parler religieux et le domaine de la vie ordinaire avec ses contingences triviales et matérielles, son univers n’est cependant jamais totalement profane : tout, dans l’univers et dans sa vie, lui parle de l’ordre voulu par Dieu ; tout, dans l’univers et dans sa vie, lui est occasion d’élever son coeur et son esprit vers Dieu…
Et celui qui est le chef de la société civile est naturellement le garant de l’ordre divin et des lois données par Dieu à Sa création.
Voilà pourquoi le roi est un intermédiaire entre Dieu et l’homme ; voilà pourquoi le pouvoir du roi est une délégation divine ; voilà pourquoi il y a un caractère quasi sacerdotal en tout roi.

Je parle de ce qui est normal, dans l’ordre naturel.
La Révélation divine et l’épanouissement du christianisme vont apporter un caractère surnaturel à cette compréhension naturelle de l’ordre du monde, et vont élever la royauté à un degré de perfection inégalé, capable aussi d’élever la société tout entière à un degré de civilisation incomparable.

Couronne

- La perte de l’esprit chrétien, le rejet du christianisme, l’apostasie massive des sociétés autrefois chrétiennes – à partir de la pseudo réforme protestante puis de la grande révolution -, ont dénaturé la compréhension profonde de ce qu’est la royauté, ont dénaturé jusqu’à la compréhension du caractère sacré naturel de la royauté qui existait déjà avant la Révélation chrétienne, et se sont employés à mettre à bas toutes les royautés chrétiennes ou à les vider de leur sens lorsqu’elles ont survécu.

C’est ainsi qu’actuellement, malheureusement, toutes les royautés contemporaines, en Europe notamment, ont perdu leur dimension sacrée, même lorsqu’elles ont conservé certaines apparences traditionnelles : elles ne vivent plus du tout de la verticalité qui est inhérente au pouvoir royal…
Et d’ailleurs, il n’y a plus de pouvoir royal à proprement parler puisque ces fantômes de monarchie ont rejeté la transcendance, ou du moins l’ignorent, et se prosternent devant ces idoles modernes que sont « la souveraineté populaire », la « démocratie », la « représentation nationale », la « majorité » obtenue par tel ou tel parti, l’ « alternance électorale », le « parlementarisme »… et autres foutaises héritées du nominalisme, du protestantisme, du jansénisme, des pseudo « lumières » et de la révolution.
Toutes les royautés européennes qui subsistent aujourd’hui ne sont plus – hélas ! – que des royautés profanées.

Le Roi est mort. Vive le Roi !

Publié dans:Lectures & relectures, Vexilla Regis |on 22 juin, 2019 |2 Commentaires »

2019-51. D’un très touchant pèlerinage auprès des Saintes Hosties de Pézilla-la-Rivière.

Mercredi 19 juin 2019,
Fête de Sainte Julienne Falconiéri, vierge ;
Mémoire des Saints Gervais et Protais, martyrs ;
Vigile de la Fête du Très Saint Sacrement.

Pézilla la Rivière vue aérienne

Vue aérienne de Pézilla-la-Rivière
avec au centre l’église des Saintes Hosties

blason de Pézilla la Rivière

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Dans sa dernière chronique, au début du mois d’avril (cf. > ici), le Maître-Chat Lully vous parlait de mon déplacement en Roussillon à l’invitation du Cercle Légitimiste Hyacinthe Rigaud.
Après le temps des célébrations pascales, à partir du début mai, la maladie de mon très aimé félin puis son trépas ont considérablement perturbé les prévisions qu’il avait établies pour ses publications dans ce blogue : il avait en effet projeté de partager avec vous quelques unes des meilleures photographies que j’ai prises lors des visites et pèlerinages que j’ai accomplis aux alentours de Perpignan et de vous les commenter. Il m’incombe donc, avec du retard, de m’en acquitter maintenant.

* * * * * * *

La fête du Très Saint Sacrement (cf. > ici), me donne donc aujourd’hui l’occasion de vous parler de ma visite à l’église des Saintes Hosties de Pézilla-la-Rivière.
Dans les pages de ce blogue, Lully vous a déjà raconté de manière précise et détaillée l’histoire des Saintes Hosties et du petit sucrier qui fut miraculeusement doré par Notre-Seigneur Lui-même (voir > ici), je n’ai donc pas lieu d’y revenir.

Pour moi, connaissant de manière livresque depuis près de quarante ans l’existence de ce prodige, j’aspirais depuis fort longtemps à me rendre à Pézilla-la-Rivière pour vénérer les Saintes Hosties et le sucrier doré : je suis donc infiniment reconnaissant à nos amis du Cercle Hyacinthe Rigaud de m’y avoir conduit le mercredi 3 avril dernier et de m’y avoir permis de rencontrer Monsieur l’abbé Benoît de Roeck, actuel curé, qui m’a réservé un accueil des plus sympathiques, et auquel je tiens à adresser publiquement ici mes plus chaleureux remerciements.

Pézilla-la-Rivière - église intérieur

Intérieur de l’église des Saintes Hosties à Pézilla-la-Rivière

L’excellente surprise que j’ai eue en entrant dans l’église de Pézilla-la-Rivière a été de constater, au premier coup d’œil, que les Saintes Hosties, qui depuis des décennies étaient assez rarement visibles, conservées à part dans un tabernacle, depuis le 23 avril 2017, ont été replacées dans le ciborium du retable du maître-autel qui avait été édifié pour les recevoir, avec le sucrier miraculeusement doré.

Il faut remercier Son Excellence Monseigneur l’Evêque d’Elne et Perpignan d’avoir nommé expressément Monsieur l’abbé de Roeck à Pézilla-la-Rivière pour y relancer le culte des Saintes Hosties et en refaire un pôle de dévotion eucharistique.

Pézilla-la-Rivière 23 avril 2017

Cérémonie du 23 avril 2017, présidée par Son Excellence Monseigneur l’Evêque d’Elne et Perpignan,
au cours de laquelle les Saintes Hosties et le sucrier miraculeux ont été placés dans le trône d’exposition
du retable du maître-autel de l’église de Pézilla-la-Rivière 

Ce trône d’exposition, bien sécurisé et bien mis en valeur, attire automatiquement le regard dès que l’on entre dans l’église, et, de ce fait attire également l’élan de l’âme fidèle : cette mise en valeur favorise donc de manière évidente la contemplation des Saintes Hosties et du sucrier miraculeux, contribuant à susciter l’intériorisation, la prière, l’adoration…

Pézilla-la-Rivière maître-autel et exposition

Pézilla-la-Rivière ciborium

Cette très intelligente et dévote mise en valeur m’a donc permis de réaliser de nouveaux clichés très précis de l’ostensoir des Saintes Hosties et du sucrier miraculeux que je suis heureux de vous présenter ci-dessous en complément de celles qui avaient été publiées en 2014 avec l’article relatant le miracle (cf. > ici).

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

Saintes Hosties

Sucrier miraculeux

Angelorum esca nutrivisti populum tuum,
et Panem de cœlo praestitisti eis, alleluia !
Vous avez nourri votre peuple de la nourriture des anges,
et Vous lui avez donné le Pain du ciel, alléluia !

(2ème antienne de l’office du Très Saint-Sacrement)

frise avec lys naturel

2019-50. Simples questions au jour anniversaire de la victoire de Patay.

Mardi 18 juin 2019,
Fête de Saint Ephrem, confesseur et docteur de l’Eglise ;
590ème anniversaire de la victoire de Patay (18 juin 1429).

18 juin 1429 - bataille de Patay

La victoire de Patay (Lionel Royer – basilique du Bois-Chenu, à Domremy)

Imaginez un seul instant que, au lieu de prendre l’épée et d’entraîner les hommes d’armes à la bataille, Jeanne ait voulu susciter un grand défilé pacifiste « Je suis Charlie (VII) »
Imaginez un seul instant que, au lieu de flanquer de bonnes déculottées aux Godons et aux Bourguignons, elle ait organisé des « meetings » pour la paix, au nom de la fraternité universelle (obligatoire et laïque)…
Imaginez un seul instant que, au lieu de proclamer : « Les hommes d’armes combattront et Dieu donnera la victoire », elle ait lancé des débats télévisés sur une chaîne d’information continue avec les représentants du « Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples », de la « Ligue des droits de l’homme », du « Conseil pontifical justice et paix » et de « l’Ordre indépendant du B’nai B’rith »
Imaginez un seul instant qu’au lieu de renvoyer de l’armée les ribaudes et d’inciter les guerriers à la confession, elle ait établi des « marches des fiertés » festives et colorées pour que tous les types de sexualité puissent s’épanouir librement parmi les soldats…
Imaginez un seul instant qu’au lieu d’entendre dévotement la Sainte Messe les deux genoux en terre et d’y communier, elle ait préféré participer à des rencontres œcuméniques où chacun serait venu dire son sentiment avec la certitude que l’Esprit-Saint lui parle directement au cœur…
Imaginez un seul instant qu’au lieu de s’obstiner à vouloir conduire à Reims pour y être sacré un Roi qui doutait de sa propre légitimité, elle ait coordonné un référendum d’initiative populaire où chacun se serait exprimé sur la forme du gouvernement à donner à la France…
Imaginez un seul instant qu’au lieu de rappeler que le Roi légitime est lieu-tenant de Dieu en France, elle ait institué le suffrage universel  (à la proportionnelle) en affirmant que « le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation »
Imaginez qu’au lieu de s’acharner à « bouter l’Anglois hors de France », elle se soit érigée en prophétesse de l’accueil indifférencié de tous les hommes et de toutes les différences…

C’est en se posant de semblables questions, qui pourraient alors donner lieu à la rédaction d’époustoufflantes uchronies que nous pouvons mesurer à quel point Chesterton était un véritable prophète lorsqu’il écrivait en 1908 : « Le monde moderne n’est pas méchant ; sous certains aspects, le monde moderne est beaucoup trop bon. Il est plein de vertus désordonnées et décrépites. Quand un certain ordre religieux est ébranlé (comme le fut le christianisme à la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices que l’ont met en liberté. Les vices, une fois lâchés, errent à l’aventure et ravagent le monde. Mais les vertus, elles aussi, brisent leur chaînes, et le vagabondage des vertus n’est pas moins forcené et les ruines qu’elles causent sont plus terribles. Le monde moderne est plein d’anciennes vertus chrétiennes devenues folles… » (Gilbert Keith Chesterton, « Orthodoxie »).

C’est en se posant de semblables questions que l’on réalise la décadence absolue de notre époque, tant sur le plan intellectuel que spirituel, la décadence de la pensée politique et de la pensée religieuse.

C’est en se posant de semblables questions que l’on perçoit de manière irréfragable que si Jeanne avait agi ainsi elle ne serait pas devenue sainte, la sainte que nous aimons, admirons et vénérons.

C’est en se posant de semblables questions que l’on réalise que s’il en eût été ainsi en 1429, nous ne serions sans doute aujourd’hui ni français ni catholiques, parce qu’il n’y aurait probablement plus depuis belle lurette ni France ni catholicisme !

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

Blason de Sainte Jeanne d'Arc

2019-49. Réchauffement climatique et printemps de l’Eglise.

Vendredi dans l’octave de Pentecôte 14 juin 2019 ;
Anniversaire du massacre des capucins et des catholiques de Nîmes (cf. > ici).

Commandant

Je ne sais pas s’il en est de même chez vous, mais la météo de ce début juin est des plus… déconcertante. C’est là une litote !
Figurez-vous, par exemple que ce jeudi 13 juin au matin, à 7 h (heure officielle) le thermomètre affichait ici 2,5° et que l’on apercevait même des traces de gelée blanche sur le toit du poulailler !
Si, lorsqu’il y a du soleil (ce qui est loin d’être le cas de la majorité des jours), les températures sont agréables, dès que le vent se lève ou que les nuages dominent, il fait vraiment frais.
A l’intérieur de notre Mesnil-Marie, dans la grande pièce de vie, je dois maintenir un radiateur électrique pour assurer une température raisonnable qui ne descende point trop la nuit et, lorsque le soleil brille, il n’est point suffisant encore pour réchauffer assez nos gros murs de pierre…
Bref, on ne s’est jamais autant gelé au mois de juin que depuis qu’on nous rebat les oreilles de ce fameux « réchauffement climatique », brandi comme la menace suprême du péril de la planète !!!

Alors que j’en faisais réflexion à quelques personnes proches, une amie m’a expliqué que, dans les médias, ils appellent cela « le paradoxe du réchauffement climatique ».
Je ne suis pas climatologue et si j’ai commencé par vous entretenir de météorologie, c’est parce que cette expression – « paradoxe du réchauffement climatique » – m’a donné à réfléchir.
Je me suis demandé ce que le très sage et très sagace Maître-Chat Lully en aurait pensé et dit…

Mais, à la vérité, je ne me suis pas posé la question très longtemps : on ne vit pas près de douze ans et demi avec un Maître-Chat sans avoir été imprégné de son esprit.
C’est ainsi que m’est presque aussitôt venue à l’idée que ce « paradoxe » pouvait être aisément mis en correspondance avec une autre expression qui a fait florès après le concile vaticandeux, expression dont les chantres et thuriféraires dudit concile se sont largement gargarisés mais qui ne résiste plus guère désormais à la réalité factuelle de notre époque, à la réalité factuelle de la vie de l’Eglise, sinon chez quelques idéalistes dont on se demande s’ils ne sont pas atteints d’une cécité volontaire et obstinée.
Je veux parler de l’expression « printemps de l’Eglise ».

« On croyait qu’après le concile le soleil aurait brillé sur l’histoire de l’Église. Mais au lieu de soleil, nous avons eu les nuages, la tempête, les ténèbres, la recherche, l’incertitude… »
Ce n’est pas moi qui l’affirme, c’est le pape Montini qui en faisait le constat avec une certaine amertume dans une fameuse homélie du 29 juin 1972 où il avait aussi commencé par dire : « Devant la situation de l’Église d’aujourd’hui, nous avons le sentiment que par quelque fissure la fumée de Satan est entrée dans le peuple de Dieu. Nous voyons le doute, l’incertitude, la problématique, l’inquiétude, l’insatisfaction, l’affrontement… »

Etrange lucidité puisqu’elle ne semble toutefois pas l’avoir déterminé à s’opposer de manière efficace à cette invasion de « la fumées de Satan », laquelle ne s’est plus seulement subrepticement infiltrée par « quelque fissure », mais à laquelle « on » a largement ouvert portes et fenêtres !
Et pendant des années, malgré la désillusion du pontife qui se hasardait à cet accablant constat, on a continué à bazarder l’authentique spiritualité, à bazarder les dogmes, à bazarder la liturgie, à bazarder la morale, à bazarder la discipline ecclésiastique, à bazarder l’ascèse et les pratiques de la nécessaire pénitence, à bazarder le catéchisme, et à bazarder tout ce qui était par trop catholique.
De la même manière que, lorsque l’on porte un coup de ciseaux dans un pull-over et que l’on se met à tirer sur l’un des fils de laine que l’on vient de sectionner on parvient très facilement à tout détricoter, ainsi aussi a-t-on fait avec ce qui restait encore de Chrétienté : le coup de ciseaux avait été porté, on a tiré sur le fil rompu, et on a tout détricoté !

Et de la même façon qu’à ceux qui se gèlent, renfilent des pulls et allument leur chauffage au mois de juin, on continue à asséner péremptoirement qu’on est en plein « réchauffement climatique », ainsi aussi a-t-on entendu prêtres et évêques rabâcher à longueur d’homélies creuses et de rassemblements festifs redondant d’outrecuidante fatuité, que « notre Eglise n’a jamais été aussi belle », « jamais été aussi jeune », « jamais été aussi dynamique », et autres formules dont on se demande si elles tiennent de la méthode Coué ou d’une simple aliénation.

Devant leurs paroisses dévastées, leurs églises vides, leurs équipes liturgiques ou pastorales majoritairement composées de têtes chenues, leurs catés désertés, leurs séminaires fermés, leurs presbytères repris par les communes, et leurs couvents vendus ; devant leurs baptêmes de plus en plus rares, leurs mariages en chute libre, leurs confessions raréfiées, leurs vocations sacerdotales dont les chiffres continuent de décroître, leurs « fidèles » qui n’ont plus vraiment la foi dans des vérités qui, me semble-t-il, sont tout de même essentielles (la Sainte Trinité, la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Sa Résurrection, la transubstantiation… etc. – ou bien, lorsqu’ils emploient encore ces mots, ils n’y mettent plus du tout le sens défini par la Sainte Eglise dans ses anciens conciles et catéchismes), il en est encore qui s’obstinent à vouloir parler de « printemps de l’Eglise ».
Le font-ils avec une réelle conviction, ou bien seulement de la manière dont les apparatchiks soviétiques désabusés du début des années 80 du précédent siècle continuaient à prêcher « le grand soir » ?
Dieu seul le sait, Lui qui seul peut voir clair au tréfonds des plus noires consciences !

Sans doute y en aura-t-il encore quelques uns pour nous affirmer magistralement que, comme le « réchauffement climatique », le « printemps de l’Eglise » est un « paradoxe ».
Va pour le paradoxe !
Le printemps paradoxal des diocèses de France ressemble majoritairement à une période de glaciation…

Sauf dans les lieux où l’on est resté fidèle à la Tradition, où l’on redécouvre la Tradition, où l’on approfondit la Tradition, où l’on se greffe à nouveau sur la Tradition, où l’on se dégrise des divagations conciliaires et postconciliaires, où l’on ferme les portes et fenêtres aux courants d’air porteurs de la fumée de Satan, où l’on colmate les fissures, et où, écoutant et mettant en application la mise en garde de Saint Paul, on cesse de vouloir se modeler sur ce monde-ci (cf. « Nolite conformari huic saeculo : ne vous conformez pas au monde présent » – Rom. XII, 2) pour vouloir à nouveau être pleinement et intégralement catholique.
Mais là, il n’y a alors plus de « paradoxe » et on voit sans ambiguïté apparaître les authentiques bourgeons et fleurs du printemps !

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.    

nika

 

2019-48. Samedi 29 juin : fête médiévale à Saint-Martial.

IMG_6655 - Copie

Oyez ! Oyez, gentes dames et beaux seigneurs !

Nous vous mandons ici une nouvelle d’importance qui vous peut bien faire esbaudir : le samedi 29 juin, sur les berges de notre lac de Saint-Martial, une fête médiévale vous attend.

Fête médiévale recto

Cette manifestation d’exception, se déroulera à l’issue d’une semaine d’une grande richesse culturelle organisée par l’Ecole Saint-Martial, à laquelle participeront plusieurs autres écoles primaires voisines (Borée, Sainte-Eulalie et Saint-Martin de Valamas), au cours de laquelle interviendront des compagnies du spectacle vivant (« Petits bâtons production » et « Zazie 7″) et des membres de l’ « Escadron de By », fameux pour ses animations médiévales de qualité.

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Cette semaine de découverte de la richesse du Moyen-Age est soutenue par la commune de Saint-Martial et la communauté de communes Montagne d’Ardèche dans le cadre de la convention territoriale d’éducation artistique et culturelle.

fête médiévale verso

Les bénéfices de cette fête sont destinés au soutien financier de notre Ecole Saint-Martial : excellente occasion donc de se distraire tout en accomplissant une bonne action !

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Nota bene :
Les photos qui, en sus de l’affichette, illustrent cette publication, ont été prises le 29 juin 2017 à l’occasion d’une « petite après-midi récréative de fin d’année » (sic) organisée pour l’Ecole Saint-Martial par les parents d’élèves membres de l’Escadron de By.

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