Archive pour la catégorie 'Chronique de Lully'

Neuvaine du 21 au 29 janvier pour le trentième anniversaire de l’avènement de Louis XX :

Ce 30 janvier 2019 ramène le tragique souvenir de la disparition de Monseigneur le Prince Alphonse de Bourbon, duc d’Anjou et de Cadix, de jure Sa Majesté le Roi Alphonse II de France, le 30 janvier 1989, et donc, en vertu des Lois fondamentales du Royaume selon laquelle la succession à la Couronne est immédiate et automatique, c’est aussi le trentième anniversaire de l’avènement de Sa Majesté le Roi Louis XX.

Louis XX

Nous invitons donc tous les membres et sympathisants de la Confrérie Royale, tous les Légitimistes, à préparer cet anniversaire par une neuvaine de prièredu 21 au 29 janvier, à l’intention de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, pour Sa personne, pour Sa famille, pour Sa mission au service de la France.

Pour cette neuvaine nous vous proposons de réciter (ou de chanter) l’hymne « Veni Creator » et d’y rajouter trois oraisons : celles du Saint-Esprit, de la procession du Vœu de Louis XIII et celle pour le Roi.

Vous trouverez ces textes (latin et français) ci dessous, mais également sous forme de fichier pdf aisément imprimable> ici 

Texte latin :
     
Veni, creator Spiritus,
Mentes tuorum visita,
Imple superna gratia
Quae tu creasti pectora.
     
Qui diceris Paraclitus,
Altissimi donum Dei,
Fons vivus, ignis, caritas
Et spiritalis unctio.
     
Tu septiformis munere,
Digitus paternae dexterae,
Tu rite promissum Patris,
Sermone ditans guttura.
     
Accende lumen sensibus,
Infunde amorem cordibus,
Infirma nostri corporis
Virtute firmans perpeti.
     
Hostem repellas longius
Pacemque dones protinus;
Ductore sic te praevio
Vitemus omne noxium.
     
Per te sciamus da Patrem,
Noscamus atque Filium;
Teque utriusque Spiritum
Credamus omni tempore.
     
Deo Patri sit gloria,
Et Filio, qui a mortuis
Surrexit, ac Paraclito
In saeculorum saecula.
     
Amen.
     
V. : Emitte Spiritum tuum et creabuntur.
R. : Et renovabis facien terrae.
     
V. : Ora pro nobis, Sancta Regina Galliae.
R. : Ut digni efficiamur promissionibus Christi.
     
V. : Domine, salvum fac Regem.
R. : Et exaudi nos in die qua invocaverimus Te.
   
         
            
Oremus :
       
Deus, qui corda fidelium Sancti Spiritus illustratione docuisti, da nobis in eodem Spiritu recta sapere, et de ejus semper consolatione gaudere. Per Christum Dominum nostrum,
Amen.
       
Deus qui sanctissimam Virginem Mariam, genitricem tuam, super choros angelorum exaltatam fidelibus tuis patronam providisti : oculis misericordiae Francorum respicere digneris imperium : quod tutelae ejusdem Virginis Rex piissimus voto perpetuo commendavit : Qui vivis et regnas per omnia saecula saeculorum.
Amen.
Quaesumus, omnipotens Deus, ut famulus Tuus Ludovicus Rex noster, qui Tua miseratione suscepit regni gubernacula, virtutum etiam omnium percipiat incrementa quibus decenter ornatus, et vitiorum monstra devitare, hostes superare, et ad Te, Qui via, veritas et vita es, gratiosus valeat pervenire. Per Christum Dominum nostrum.
Amen.
Traduction :
     
Venez, Esprit créateur,
Visitez les esprits de ceux qui sont à Vous :
Emplissez de la grâce d’en haut
Les cœurs que Vous avez créés.
     
Vous qui êtes appelé Consolateur,
Don du Dieu très-haut,
Source de vie, feu, amour
Et onction spirituelle,
     
Vous, septiforme par la fonction,
Doigt de la droite du Père,
Vous, à juste titre promesse du Père,
Inspirant nos langues dans leurs discours,
     
Allumez la lumière en nos sens,
Infusez l’amour en nos cœurs,
En la faible force de notre corps
Donnant force pour résister. 
     
Repoussez au loin l’ennemi
Et donnez-nous la paix sans cesse,
Qu’ainsi par Vous, guide conducteur,
Nous évitions toute chose mauvaise.
     
Faites que par Vous nous sachions (qui est) le Père,
Et que nous connaissions le Fils,
Et que nous croyions en tout temps
Que Vous êtes l’Esprit des deux.
     
A Dieu le Père soit la gloire,
Et au Fils, qui des morts
Est ressuscité, et au Consolateur
Dans les siècles des siècles.       
Ainsi soit-il.
     
V. Envoyez Votre Esprit et il se fera une création nouvelle.
R. Et vous renouvellerez la face de la terre.
V. Priez pour nous, Sainte Reine de France.
R. Afin que nous soyons rendus dignes des promesses de NSJC.
V. Seigneur, sauvez le Roi.
R. Et exaucez-nous au jour où nous Vous invoquerons.
        
Prions :
      
O Dieu, qui avez instruit les cœurs des fidèles par la lumière du Saint-Esprit, donnez-nous par ce même Esprit, de comprendre et d’aimer ce qui est bien, et de jouir sans cesse de ses divines consolations. Par Jésus-Christ, notre Seigneur.
Ainsi soit-il. 
O Dieu , qui après avoir élevé au-dessus des chœurs des anges la Très Sainte Vierge Marie Votre Mère, l’avez donnée comme patronne à Vos fidèles, daignez jeter des regards de miséricorde sur le Royaume de France, que la piété d’un de ses Rois a mis par un vœu perpétuel sous la protection de cette même Vierge : ô Vous qui vivez et régnez pour les siècles des siècles.
Ainsi soit-il.
Nous Vous prions, ô Dieu tout puissant, pour Votre serviteur notre Roi Louis, qui par Votre miséricorde a reçu le gouvernement de ce Royaume : qu’il reçoive aussi l’accroissement de toutes les vertus par lesquelles, ennobli comme il convient à son état, il évitera la laideur des vices, sera vainqueur des ennemis, et Vous soit assez agréable pour parvenir jusqu’à Vous qui êtes la Voie, la Vérité et la Vie. Nous Vous le demandons par Jésus-Christ Notre-Seigneur.
Ainsi soit-il.

Ceux qui disposent de beaucoup de temps peuvent également réciter, s’ils le souhaitent, ces  Litanies royales >  ici

Lys du Mesnil-Marie

2019-7. De la discussion, la lumière ???

Samedi 19 janvier 2019,
Au diocèse de Viviers, fête de Saint Arconce, évêque et martyr ;
18ème anniveraire du rappel à Dieu de Gustave Thibon.

Gustave Thibon

Comme très souvent à cette date du 19 janvier, c’est pour moi un impérieux devoir de reconnaissance et de fidélité que de rappeler la mémoire de Gustave Thibon, entré dans son éternité il y a 18 ans, le 19 janvier 2001.

Or, en ces semaines où l’on a entendu des politiques de profession se lamenter de ce que ceux qui les contestent et chahutent refusaient de « s’assoir à la table des négociations » – présentée comme un lieu essentiel de la « démocratie » – , en ces jours où le gouvernement cherche à provoquer un  « grand débat national » paré de vertus quasi miraculeuses pour la guérison des malaises sociaux, je voudrais simplement et brièvement évoquer des propos – non écrits et non enregistrés – de Gustave Thibon, tenus au cours de l’hiver 1979-1980, alors que nous étions un petit nombre d’étudiants réunis autour de lui, dans une conversation familière.

Je ne garantis pas l’absolue littéralité des paroles qui vont suivre, mais je peux certifier que toute la substance de la pensée qu’il énonça se touve rigoureusement rendue dans cette transcription que j’en ai réalisée un peu plus tard.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

frise  

De la discussion, la lumière ???

« On vous rebat les oreilles de ce poncif : « De la discussion jaillit la lumière », mais c’est faux et archi-faux ! De la discussion ne jaillissent bien souvent que le chaos et la confusion, parce que chacun y vient avec le seul dessein de faire valoir son opinion personnelle, et non avec un authentique désir de quête de vérité objective, reposant sur les bases objectives d’un raisonnement rigoureux et d’une analyse juste, dépouillée de l’opinion subjective.
On n’enseigne plus la saine philosophie, on n’apprend plus à raisonner de manière saine, on ne veut précisément pas des fondements naturels objectifs du raisonnement et de l’analyse. Mais tout est fait au contraire pour exacerber la subjectivité et les réactions du « complexe d’excellence » qui va avec.
C’est ainsi que l’on sème le chaos mental et la confusion, dans la société et dans l’Eglise, en jouant subtilement sur les ressorts de la vanité de chacun et de l’émotion.
La lumière ne jaillit pas de la discussion, mais de l’attention à l’ordre naturel et de la contemplation des vérités éternelles ! »

aurore d'un matin d'hiver au Mesnil-Marie

Aurore d’un matin d’hiver sur le campanile du Mesnil-Marie

2019-6. Où, à la suite de la fête de Saint Antoine le Grand, le Maître-Chat vous fait part de quelques réflexions sur la place des animaux dans le mystère de la Rédemption.

Vendredi 18 janvier 2019,
Fête de la Chaire de Saint Pierre à Rome (cf. > ici).

Lully et Saint Antoine le Grand

Le Maître-Chat Lully avec la statuette de Saint Antoine le Grand

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Nous fêtions hier Saint Antoine le Grand, abbé, pour lequel – ainsi que j’ai déjà eu l’occasion de vous le dire – nous avons une grande dévotion au Mesnil-Marie.

J’ai instamment encouragé Frère Maximilien-Marie à marquer une pause dans ses innombrables activités, et à se rendre en pèlerinage auprès des précieuses reliques du « Père de tous les moines d’Orient et d’Occident », à l’abbaye de Saint-Antoine en Dauphiné.
C’est une sainte escapade qu’il accomplit habituellement une fois par an, parce qu’il y a toujours de très nombreuses intentions à recommander au pouvoir thaumaturgique particulier de Saint Antoine, et parce qu’il puise toujours pour lui-même de grandes grâces et forces spirituelles dans ce sanctuaire où le corps du saint anachorète a été ramené il y a presque mille ans.

Ce 17 janvier 2019 donc, les chaussées étant praticables – ce qui n’est pas toujours le cas en cette saison en nos contrées -, notre Frère a pris la route un peu après 6 h du matin, de manière à bénéficier de la Sainte Messe de la fête du saint à l’église Notre-Dame de Valence, où Monsieur l’abbé Dufour la célébrait à 8 h 30.

Je n’ai pas pris part moi-même à ce pèlerinage : j’ai vénéré affectueusement la petite statue du grand Saint Antoine que nous gardons au Mesnil-Marie, puis je me suis consciencieusement adonné à un véritable repos pendant l’absence de Frère Maximilien-Marie : je l’avais confié à la garde des saints anges, et ils ont bien fait « leur boulot ».
En son absence, je pouvais bénéficier d’un peu de quiétude bien méritée car je dois vous dire que, en effet, lorsqu’il est ici, je ne puis jamais être vraiment en repos avec mon papa-moine ; je ne peux jamais dormir que d’un œil… Je vous l’assure en toute connaissance de cause : ce n’est pas exactement une sinécure que de vivre avec un moine aux multiples responsabilités. S’il n’était pas aussi un authentique contemplatif, je serais parfois tenté de dire qu’il est un hyperactif !!!

Bref ! J’ajoute que toutefois, ainsi que je vous l’avais raconté in illo tempore (cf. ici), j’ai déjà eu moi-même l’occasion de me rendre dans l’abbatiale de Saint-Antoine en Dauphiné, en octobre 2016 au retour d’un petit séjour à La Salette, et de m’approcher au plus près des reliques de Saint Antoine du désert, saint auquel dans Son immense sollicitude pour Ses créatures le Bon Dieu a confié le ministère d’une particulière protection de nous autres animaux, protection sanctionnée par une bénédiction de notre Mère la Sainte Eglise (cf. > ici).

Et ce n’est que justice !
Laissez-moi, je vous prie, vous faire part aujourd’hui de quelques réflexions que j’ai mûries hier à propos de la place des animaux dans le mystère de la Rédemption.

En effet, nous autres animaux, ainsi que le rappelle Saint Paul de manière non équivoque, sans que nous en fussions en quelque manière responsables, mais par la seule faute de l’homme, nous avons été entraînés dans les conséquences de sa chute et nous en subissons les contrecoups, répercussions, résultats, fruits, prolongements et autres catastrophiques enchaînements alors que nous ne l’avons pas mérité :
« Aussi la créature attend d’une vive attente la manifestation des enfants de Dieu, car elle est assujettie à la vanité, non point volontairement, mais à cause de celui qui l’y a assujettie, dans l’espérance qu’elle-même, créature, sera aussi affranchie de la servitude de la corruption pour passer à la liberté de la gloire des enfants de Dieu, car nous savons que toutes les créatures gémissent et sont dans le travail de l’enfantement jusqu’à cette heure. Et non seulement elles, mais aussi nous-mêmes qui avons les prémices de l’Esprit. Oui, nous-mêmes nous gémissons au-dedans de nous, attendant l’adoption des enfants de Dieu, la rédemption de notre corps ! » (Rom. VIII, 19-23).

Je sais bien que Saint Paul n’est pas toujours facile à comprendre (Saint Pierre lui-même en faisait la réflexion aux destinataires de sa seconde épître – cf. 2 Petr. III, 16), mais il ne faut tout de même pas être sorti de Saint-Cyr pour voir que dans la citation de l’épître aux Romains reproduite ci-dessus l’Apôtre, lorsqu’il emploie le terme « créature » (au singulier ou au pluriel) veut désigner ce qui n’est pas humain, ce qui n’est pas appelé à l’adoption divine, à l’inhabitation du Saint-Esprit et à la vie surnaturelle, mais qui est néanmoins appelé – c’est écrit en toutes lettres – à participer selon son ordre propre au mystère du relèvement et à être un jour « affranchi de la corruption » dans le sillage de la rédemption des hommes.
Car – j’insiste – nous autres, pauvres animaux, nous subissons les suites de la faute de l’homme alors que nous n’avons pris aucune part à sa révolte, puisque nous ne sommes pas en mesure de commettre des péchés, comme vous autres hommes en accomplissez et nous en faites subir les conséquences…

Notre divin Créateur est juste et Il n’a de mépris pour aucune de Ses créatures : il est donc parfaitement conforme à Sa justice miséricordieuse que nous ayons nous aussi quelque part au mystère de la Restauration de toutes choses dans le Christ, vers lequel nous gémissons avec vous dans le travail de l’enfantement !

pattes de chat Lully.

PS : Je publierai d’ici peu quelques nouvelles photos de l’abbaye de Saint-Antoine en Dauphiné en sus de celles que j’avais déjà mises en ligne > ici.

Saint Antoine le Grand

2019-5. Voir Dieu en toutes choses et toutes choses en Dieu.

Mercredi 16 janvier 2019,
en la fête du Cœur immaculé de Marie refuge des pécheurs 
(cf. > ici) ;
mémoire de Saint Marcel 1er, pape et martyr.

Notre-Dame des Victoires

« La foi est un rayon du Ciel
qui nous fait voir Dieu en toutes choses
et toutes choses en Dieu »
St François de Sales

 Bien chers Amis et Bienfaiteurs,

Une fois encore, une fois de plus, le passage d’une année civile à une autre me ramène vers vous. Deux semaines se sont déjà largement écoulées depuis que la date si populaire du 1er janvier a entraîné des rafales de messages de « Bonne année ! », que les catholiques les plus consciencieux complètent pieusement d’un autre adjectif : « Bonne et sainte année ! ».

Je remercie très chaleureusement ceux qui m’ont adressé de belles cartes par la poste, ceux qui m’ont envoyé des vœux personnels par internet, ceux qui m’ont téléphoné… Je devrais presque écrire : « qui ont réussi à m’attraper de manière quasi miraculeuse au téléphone » !!!
J’en profite au passage pour vous remercier également de votre patience : l’ensemble des messages que je reçois par tous ces divers moyens occuperait à temps plein au moins un secrétaire, si ce n’est deux ! J’arrive à lire chaque jour à peu près tout ce que l’on m’adresse, mais il m’est habituellement impossible d’y répondre rapidement, sauf urgence absolue. Chaque jour ajoute un nouvel empilement à la strate de la veille : mon bureau et ma boite aux lettres électroniques se peuvent comparer à un espace archéologique… dans lequel les archéologues ne se pressent d’ailleurs pas !

A l’heure où ce tourbillon s’apaise, c’est-à-dire au moment où la plupart des gens ont déjà tourné la page des vœux, c’est à mon tour de vous rejoindre au moyen de ces quelques lignes : les lecteurs de ce Blogue du Maître-Chat Lully ont reçu, dès le jour de l’an (cf. > ici), un bref message de cette extraordinaire majesté féline – si populaire auprès de ceux qui gravitent dans l’orbite du Refuge Notre-Dame de Compassion – exprimant l’essentiel de ce que je vous peux moi-même souhaiter en sus des vœux conventionnels : la grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ, la paix et la lumière célestes, la force et le courage à l’heure de l’épreuve… qui ne nous est jamais épargnée tant que nous cheminons « in hac lacrymarum valle ».

Or justement parce qu’est maintenant passée l’euphorie (souvent très artificielle) des « fêtes », et parce que l’on peut déjà prendre du recul par rapport aux soubresauts de la vie politique et sociale des deux mois qui se sont écoulés, sans me prendre en aucune manière pour Cassandre, je ne vous cèlerai pas que – tout en priant pour qu’il y ait le moins de « dégâts » possible – je n’ai pas une vision très optimiste pour l’avenir.

Entre un clergé dont la plupart des membres n’a qu’un comportement de fonctionnaires gérant de manière très humaine une espèce d’entreprise chargée de « parler de Jésus », mais en ayant semble-t-il oublié les dramatiques réalités du salut des âmes – qui tombent en enfer serrées comme des flocons de neige pendant une tempête hivernale -, et des hommes politiques qui sont, dans leur majorité, d’une part dirigés par le dieu de l’argent (« mammon d’iniquité »), à travers tous les lobbies financiers et économiques mondialistes, et d’autre part téléguidés par les idéologies antichrétiennes (maçonnerie et tous les avatars de l’« esprit des lumières »), les peuples ne perçoivent plus les réalités surnaturelles éternelles et ne vivent que le regard rivé sur un bien-être matériel immédiat (qui n’est certes pas négligeable mais qui n’est en rien leur fin ultime) sans avoir conscience qu’ils sont appelés à la Cité de Dieu.
De fait, au lieu de travailler à se conformer à elle autant qu’il est possible ici-bas, la cité terrestre ne peut que dramatiquement en devenir l’antithèse, faite d’égoïsmes, de haines, de violences, de stupre, de mensonges, d’injustice et de crimes, ainsi que nous le voyons de plus en plus se réaliser sous nos yeux.

Le seul et unique moyen d’enrayer cet entraînement diabolique vers le chaos, est la conversion.
Conversion toujours plus profonde – car jamais achevée – des chrétiens eux-mêmes au véritable esprit évangélique (qui n’a rien à voir avec une pseudo spiritualité de bisounours ou de ravi de la crèche) et à ses exigences de prière, de pénitence, et de sacrifices volontaires et généreux.
Conversion de tous ceux qui ne croient pas – ou plus – à Notre-Seigneur Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, unique Sauveur : conversion des pécheurs, conversion des hérétiques, conversion des juifs, conversion des païens et mahométans, conversion des francs-maçons et autres sectaires grenouillant dans l’ombre, conversion des capitalistes, conversion des marxistes, conversion des hommes politiques, conversion des libertins et débauchés, conversion des matérialistes, conversion des satanistes…
En tous et en chacun : conversion des intelligences, des cœurs… et, par conséquent, des mœurs !

S’il n’y a pas de conversion entière, véritablement amoureuse, à Dieu et à Sa Loi de sainteté dans les faits concrets, dans la vie pratico-pratique de chacun et des sociétés, le monde périra misérablement (cf. Luc XIII, 3).
Il n’y a pas de voie médiane.

En définitive, mes vœux pour chacun d’entre vous se résument en ceci : qu’en chacun de ces jours de l’année 2019, vous viviez toujours plus, toujours mieux, et toujours plus intensément, dans la Vérité et la Charité de Notre-Seigneur pour étendre, à l’intérieur de vous comme autour de vous, le Règne de l’unique Rédempteur !

Et au cours de cette année qui vient de commencer, ne vous attendez à rien d’autre de ma part qu’à encore davantage de « rabâchage » des exigences d’une vie authentiquement chrétienne, de « rabâchage » des vérités spirituelles et historiques aujourd’hui combattues, et de « rabâchage » légitimiste.
Car si les domaines spirituels et temporels sont distincts, ils ne sont en aucune manière séparés, et mes responsabilités, notamment en qualité de Prieur de la Confrérie Royale, exigent de moi que je rappelle à temps et à contre-temps les desseins de Dieu sur ce Royaume de France et la mise en œuvre d’une contre-révolution autant spirituelle que sociale.

Et pour terminer :

  1. Je tiens à remercier TRES chaleureusement tous nos bienfaiteurs qui par leurs oboles, régulières ou ponctuelles, permettent au Refuge Notre-Dame de Compassion d’exister et à moi-même de vivre et d’œuvrer : des travaux nécessaires sont toujours à envisager ici pour l’achèvement des restaurations du Mesnil-Marie et prévoir la construction d’une chapelle ; j’ai aussi dû commander la confection d’une nouvelle soutane (plus exactement, pour l’habit augustin on parle de tunique)…

  2. Rappel : Nos chers amis les chanoines de l’Ordre de Saint-Remi dont la fondation a reçu sa première approbation épiscopale en octobre dernier, organisent un pèlerinage pour la France à Cotignac le samedi 9 février prochain (cf. > ici); j’espère que vous serez nombreux à y prendre part.

En vous renouvelant l’assurance de ma religieuse amitié et de mes prières à toutes vos intentions, je vous reste uni

in Corde Iesu & Mariae.

 Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.     

Pour aider le Refuge Notre-Dame de Compassion  ici

Blason du Refuge Notre-Dame de Compassion

2019-4. Allons prier pour la France à Cotignac !

Mardi 15 janvier 2019,
Fête de Saint Paul, premier ermite ;
Mémoire de Saint Maur, abbé et confesseur ;
Mémoire de Sainte Tarsitie, fille de France et vierge.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Parmi les anniversaires importants de cette année 2019 en laquelle nous venons d’entrer, il y a le cinquième centenaire de l’apparition de la Très Sainte Mère de Dieu à Cotignac, dans le comté de Provence à quelque cinq lieues au nord de Brignoles.

C’est en effet les 10 et 11 août de l’an 1519, que la Bienheureuse Vierge Marie, portant l’Enfant Jésus dans ses bras et accompagnée de l’archange Saint Michel et de Saint Bernard, se manifesta à un pieux bûcheron, Jean de la Baume lui confiant ce message : « Je suis la Vierge Marie. Allez dire au clergé et aux Consuls de Cotignac de me bâtir ici même une église, sous le vocable de Notre-Dame de Grâces et qu’on y vienne en procession pour recevoir les dons que je veux y répandre ».

Vous savez très certainement que, en 1637, lorsque la Très Sainte Vierge apparut à Paris au Frère Fiacre de Sainte-Marguerite, moine augustin, pour lui demander trois neuvaines afin d’obtenir la naissance d’un Dauphin qui serait un véritable don de Dieu pour la France, elle désigna ce sanctuaire de Notre-Dame de Grâces en Provence pour l’accomplissement de l’une de ces neuvaines.
Ce pourquoi, le 21 février 1660, Sa Majesté le Roi Louis XIV vint à Cotignac pour rendre grâce de sa naissance, accompagé de la Reine-mère Anne d’Autriche.

« Qu’on y vienne en procession pour recevoir les dons que je veux y répandre » : les demandes de Notre-Dame ne sont pas compliquées et ne requièrent pas une exégèse particulière. Elle a choisi ce lieu ; on lui a construit là un sanctuaire conformément à sa requête ; elle veut répandre ses dons en ce lieu de manière spéciale (et depuis cinq siècles elle l’a fait en abondance) : à nous, il incombe de nous y rendre en procession pour les recevoir.
C’est aussi simple que cela !

Nous invitons donc très instamment tous nos amis qui en ont la possibilité à nous rejoindre pour un pèlerinage à Cotignac le samedi 9 février prochain.
Pèlerinage organisé, à la demande explicite de Son Excellence Monseigneur l’Evêque de Fréjus & Toulon, par nos très chers amis Messieurs les Chanoines de l’Ordre de Saint-Remi (cf. > ici et > [au § E] ici).
Pèlerinage accompli spécialement pour la France, en ces jours de crise qui nécessitent plus que jamais nos prières et nos sacrifices.

Pèlerinage à Cotignac 9 février 2019

Vous trouvez sur l’affiche reproduite ci-dessus le programme et les horaires de ce pèlerinage, qui est aussi annoncé sur le site internet du diocèse de Fréjus & Toulon (cf. > ici).
Ajoutons en outre que l’indulgence plénière, aux conditions habituelles, peut-être obtenue à cette 
occasion.

J’en profite aussi d’ailleurs pour vous signaler la récente mise en ligne d’un site internet propre pour l’Ordre de Saint-Remi : voir > ici.

Allons donc prier ensemble à Cotignac ce 9 février prochain : date choisie en lien avec l’Edit de Saint-Germain (10 février 1638) par lequel Sa Majesté le Roi Louis XIII a rendu publique la consécration de sa personne et du Royaume de France à la Très Sainte Vierge Marie.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.   

Cotignac Notre-Dame de Grâce - gravure ancienne

Gravure ancienne représentant le tableau miraculeux de
Notre-Dame de Grâces

2019-3. Nos valeurs puisent au plus profond de notre histoire !

Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou,

Adresse aux Français
à l’occasion de la Fête des Rois

6 janvier 2019

Lundi 7 janvier 2019,
2ème jour dans l’octave de l’Epiphanie.

Après le bref message que Sa Majesté avait publié au soir du 31 décembre sur Twitter et que nous avions répercuté (cf. > ici), nous savions bien que notre Souverain légitime nous donnerait un texte plus important en ce début d’année, et nous l’attendions avec impatience.
D’une manière très éloquente dont le symbolisme ne peut échapper à personne, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, a rendu public  ce message hier, jour de l’Epiphanie, fête des Rois.
Ce texte, qu’il convient de lire avec la plus grande attention, de relire et de méditer, nous est parvenu alors que nous étions justement en train de fêter les Rois ensemble, les deux Cercles Légitimistes du Dauphiné et du Vivarais : nous en avons entendu la lecture avec émotion et nous avons tout aussitôt rendu grâces à Dieu pour la sollicitude de notre Roi et la profondeur de cette adresse aux Français qui est un excellent rappel de l’essentiel…

En Nom Dieu, vive le Roi !

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

SMTC le Roi Louis XX

Chers Français,

Votre immense cri de désespoir a marqué la fin de l’année écoulée. Désespoir de n’être plus entendus, ni écoutés comme si vos souffrances avaient moins d’importance que les normes et les règlements. Comme si votre vie quotidienne ne comptait pas ou plus. Comme si des mots pouvaient suffire à nier les réalités.

Ce cri ne doit pas demeurer vain, mais il ne s’agit pas non plus de se tromper d’objectif. Certes, si des rattrapages en de nombreux domaines, et notamment, en matière de niveau de vie sont nécessaires, ils ne doivent pas être une fin en soi cachant l’essentiel. Les mesures ne doivent pas être uniquement conjoncturelles et sectorielles.

Ce qui manque à la France depuis des dizaines d’années, c’est un projet de société partagé par tous. Un projet commun qui soude les uns et les autres et qui respecte sa souveraineté. Un projet qui réunit et entraîne sans privilégier certains aux dépens de tous les autres. L’équilibre social a été progressivement brisé parce que le bien commun a été oublié au profit des intérêts individuels ou des mirages. Prenons garde que ce ne soit pas les intérêts et les passions communautaristes qui les remplacent ! Le mal serait encore plus grand et le cri de la France serait étouffé. L’histoire rappelle que les Français ont toujours accepté les sacrifices lorsqu’ils servaient la cause commune. Ils rejettent au contraire tout ce qui est injuste.

L’histoire, heureusement, comme une bonne fée veillant sur la France, est là pour nous faire souvenir qu’il n’y a pas à désespérer. Les situations les plus catastrophiques trouvent toujours un dénouement — pensons à la Guerre de Cent Ans, aux guerres de Religion, aux revers militaires qui ont pu faire douter du destin de la Fille aînée de l’Église. Le sursaut vient chaque fois d’un retour aux sources, en cherchant à retrouver les fondements de ce qui fait notre cher et vieux pays plus que millénaire.

Le mot « valeurs » a beaucoup été employé ces derniers temps, mais il ne faut pas le contrefaire. Les valeurs ne se trouvent ni dans l’éphémère ni dans le contingent, ni dans ce qui porte atteinte à la nature humaine. Les nôtres puisent au plus profond de notre histoire. Ce sont d’abord les valeurs de l’héritage gréco-romain. Il a apporté la citoyenneté, c’est-à-dire le sens de la vie en commun tempéré par le droit. Cet immense héritage fait accepter les différences des uns et des autres dès lors que tous se retrouvent sur un projet d’avenir partagé. Il a nom : RoyaumeCouronneÉtat. Chaque génération l’a adapté. À la nôtre de le faire en s’appuyant sur les familles.

Le second fondement nous vient de la chrétienté qui a forgé l’âme de l’Europe et de la France. Elle a créé son unité, elle a fondé la grandeur de sa civilisation en faisant de chaque être humain la mesure de toute chose. Elle a libéré les esclaves, tempéré les riches, réconforté les pauvres, les malades et les sans-abris, donné du sens à l’existence.

Le socle est encore là. Il appartient à chacun de le faire vivre. Ainsi la société redonnera espoir à ceux qui souffrent. Tel est ce que je souhaite à tous en ce début d’année et notamment aux familles. Que saint Louis et sainte Jeanne d’Arc veillent sur la France et apportent aux Français l’espérance qu’ils méritent et qu’ils attendent. Ainsi notre pays retrouvera la route de l’avenir.

Louis de Bourbon,
Duc d’Anjou.

grandes armes de France

2019-2. Vœux de Monseigneur le duc d’Anjou pour la nouvelle année.

Sur les réseaux sociaux, Monseigneur le duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, a publié dans la nuit du 31 décembre 2018 au 1er janvier 2019 ce message de vœux pour l’année nouvelle :

LouisXX - vœux nouvel an 2019

Chacun remarquera que ces vœux, dont la brièveté rend d’une certaine manière plus percutante la pertinence et la profondeur spirituelle, vont à l’essentiel, et contrastent admirablement avec les discours arrogants en forme de leçons amères de « l’élu de la république », bien plus préoccupé de faire entrer les Français dans le moule des directives économiques européistes et mondialistes que de leur bonheur véritable…

En sa qualité de Prieur de La Confrérie Royale et de sénéchal du Cercle Légitimiste du Vivarais, à son tour, Frère Maximilien-Marie a répondu à Sa Majesté sur Twitter pour La remercier et Lui présenter des vœux fervents et respectueux.

Tous les légitimistes prient avec ardeur et amour pour Sa Personne Royale, pour Sa chère famille, pour l’heureux terme de la grossesse de la Reine Marie-Marguerite, pour les Enfants de France et à toutes les intentions de leur Souverain vénéré. 

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2019-1. Où Son Altesse Sérénissime Monseigneur le Maître-Chat Lully présente à ses amis et lecteurs ses vœux pour l’an nouveau…

Mardi 1er janvier 2019,
Fête de la Circoncision de Notre-Seigneur
et octave de Sa Nativité.

Vœux de Lully 2019

Bel Ange de la Crèche,
Ange qui avez chanté dans la sainte nuit de Noël la paix divine promise aux hommes de bonne volonté,
Ange qui avez fait resplendir aux yeux des saints Rois Mages la lumière surnaturelle d’une étoile miraculeuse pour les conduire vers Jésus et Marie,
je vous en prie humblement en ce jour de l’an :
Portez à tous nos amis
nos vœux fervents de bonne, heureuse et sainte année 2019,
avec l’assurance de nos humbles prières
pour que la grâce, la paix et la lumière du Roi du Ciel Notre-Seigneur
leur soient données sans limite,
et que la force et le courage qui viennent d’en-haut leur soient aussi communiqués quand viendra l’heure de l’épreuve !

pattes de chat Lully

ange avec agneau

Pieuses invocations pour le commencement d’une année nouvelle > ici

2018-101. Noël, fête royale, ou le lien entre le mystère de l’Incarnation et la Monarchie à travers l’histoire.

Lettre aux membres et amis
de la
Confrérie Royale
pour le saint jour de Noël 2018

Trois lys blancs

Mercredi 26 décembre 2018,
Fête de Saint Etienne, diacre et protomartyr (cf. > ici et > ici).

Voici la plus que très intéressante lettre mensuelle qui a été adressée aux membres et amis de la Confrérie Royale à l’occasion de la fête de Noël : ce texte – à la fois très riche de rappels historiques et très profondément spirituel – ne manquera pas, j’en suis certain, de passionner plus d’un de mes lecteurs…

En ce 25 décembre, comme chacun sait, nous n’accueillons pas le père Noël en chantant du Tino Rossi (pour ceux qui s’en souviennent encore en 2018) ni en arrachant voracement le papier cadeau entourant ces futilités matérielles qui voudraient nous faire oublier la terrible crise économique qui menace notre société… Non ! Au risque de décevoir la majorité de nos contemporains, nous célébrons aujourd’hui le grand mystère de l’Incarnation, ce jour où Dieu a de nouveau rendu visite à l’humanité pour la sauver en se manifestant aux yeux des hommes sous les traits d’un petit enfant. Bref, le plus beau cadeau que Dieu pouvait faire à chacun d’entre nous !

La relation entre le mystère de l’Incarnation et la doctrine monarchique est absolument capitale dans la religion catholique, apostolique et romaine, et spécialement en terre de France, royaume du « fils aîné de l’Église ». N’est-ce pas un 25 décembre 496 (ou 498, mais qu’importe !) que Clovis reçut le baptême dans les fonts de Reims, des mains de saint Rémi ? N’est-ce pas un 25 décembre 800 que le roi franc Charlemagne, le bras armé et vengeur des droits de l’Église et de la liberté de la Chrétienté, se vit offrir la couronne impériale de l’ancien Empire romain d’occident par le pape Léon III ? Ces deux éléments fondateurs de la monarchie chrétienne, en France et en Occident, ne sont pas anodins. Noël est une fête monarchique par excellence, une élément fondamental de la royauté sacrée.

- L’Incarnation : un fondement doctrinal de la monarchie :

Le mystère de l’Incarnation possède évidemment une dimension avant tout spirituelle. En prenant chair, le Verbe de Dieu, Fils unique du Père, vient réconcilier l’humanité déchue avec son Créateur. « Et homo factus est » (Jn I, 14), Dieu s’abaisse jusqu’à nous pour nous élever jusqu’à Lui, Dieu vient nous sauver – le prénom Jésus signifie « Dieu sauve » – et nous placer dans un état de relation avec Dieu beaucoup plus grand, beaucoup plus noble que l’état originel perdu par le péché. Par sa venue et par son œuvre de Rédemption, Jésus-Christ nous a donné un esprit filial, un « esprit d’adoption » (Rom. VIII, 15), il a fait de nous les « héritiers de Dieu et cohéritiers du Christ », mais bien sûr « si toutefois nous souffrons avec lui, pour être glorifiés avec lui. » (Rom. VIII, 17)

Noël vient manifester pleinement ce salut, car la Rédemption ne commence pas au Calvaire, mais dans la grotte de Bethléem. Ce petit enfant blotti auprès de sa sainte Mère, de son père nourricier, avec pour simple compagnie le bœuf et l’âne et pour premiers visiteurs de pauvres pâtres de Judée, est déjà là pour nous sauver. Il est le Fils de Dieu fait homme. S’il attendra le jour de l’Épiphanie pour manifester, pour la première fois, sa divinité aux Mages, il ne se montre pas aux bergers comme s’il était un enfant comme les autres. L’étoile guidée par Dieu a conduit ces bergers jusque dans cette modeste étable : ce n’est pas anodin ! Un enfant, oui, mais pas n’importe quel enfant. Et si les bergers ne lisent pas, au premier instant, en raison de la simplicité de leur condition – bien que la sagesse de Dieu se manifeste d’abord aux pauvres et aux simples – les traits de la divinité dans ce frêle enfant, ils entrevoient néanmoins une réalité que tout sujet peut saisir. Laquelle ? La royauté.

 Noël Coypel Nativité

Noël Coypel, La Nativité,1665, Musée des Beaux-arts de Rennes.

 Jésus est Dieu et homme ; et, en tant qu’homme, il est le premier homme, l’homme qui va guider le peuple pour le conduire vers le salut, l’homme qui va montrer l’exemple de la sainteté, de la vertu, de la justification à tous les autres hommes. Un guide, un modèle, un roi. Oui, cet Enfant divin est « le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs » (I Tim. VI, 15), il est le « prince de la Paix » annoncé par Isaïe, et « l’empire a été posé sur ses épaules » (Is. IX, 9). La prophétie d’Isaïe, cette grande annonce méditée dans le Bréviaire romain pendant l’Avent, insiste sur la royauté du Messie tant attendu. Il est venu d’abord « pour étendre l’empire et pour donner une paix sans fin au trône de David et à sa royauté, pour l’établir et l’affermir dans le droit et dans la justice, dès maintenant et à toujours. » (Is. IX, 6)

Cette royauté du Christ, proclamée au jour des Rameaux à Jérusalem, glorifiée par la liturgie de la fête du Christ Roi instaurée par Pie XI en 1925, commence donc à Bethléem. Cette royauté humaine, il la tient de son héritage, comme descendant de David. L’ascendance davidique justifie la légitimité du Christ à accéder à cette dignité suprême sur le Peuplé élu de l’antique alliance. D’ailleurs Jésus est le « Christ », l’oint, qui a reçu l’onction du sacre, l’onction royale. Mais attention ! De qui vient cette onction ? Qui confirme la légitimité royale de Jésus ? Qui, en plus de cette royauté locale, hébraïque, va accorder à Jésus une royauté universelle, une domination sur l’humanité entière, cette fois en tant que « primogenitus », le « premier-né d’un grand nombre de frères » (Rom. VIII, 29) ? Eh bien, c’est Dieu. La royauté du Christ dépasse la royauté politique d’un peuple : elle est la royauté Politique au sens premier, la domination légitime et plénière sur la Cité des hommes – la Polis avec un grand p. Et ce n’est pas juste en vertu de son humanité que Jésus est le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs ; ce n’est pas aussi uniquement en tant que choisi par Dieu, comme oint à la manière de David, que Jésus peut imposer son « imperium » sur l’ensemble de la Création : c’est en tant que Fils de Dieu, en tant que Dieu, en tant que Créateur au même titre que le Père et l’Esprit saint. La royauté de Jésus est la royauté suprême de Dieu. Cela, il ne faut pas l’oublier, même au milieu des « gazouillis » de la Crèche !

- Noël, fête royale :

Si la royauté de Jésus dépasse toute royauté humaine en force et en légitimité, cette royauté en est le modèle, l’archétype. En se faisant homme, Jésus rend accessible, à travers sa nature humaine, la pratique de la vertu, le cheminement spirituel vers Dieu. Il rend aussi accessible à tout un chacun, en fonction de sa position sociale et politique, l’accomplissement des vertus associées à une charge, à une responsabilité. Bref, la royauté de Jésus est le modèle de la royauté humaine. Nous n’allons pas ici gloser sur tous les beaux traités médiévaux, ceux de l’époque carolingienne en particulier, qui ont insisté sur cette puissante analogie, en partant même de la royauté davidique, pour donner à la doctrine royale toute sa sacralité, pour rappeler aussi et surtout aux princes quels sont leurs devoirs et prérogatives.

La monarchie sacrée tire ses origines de la monarchie davidique, mais d’une monarchie davidique surélevée par l’Incarnation rédemptrice. Le mystère de Noël est donc un élément fondateur de la sacralité monarchique. Toute la cérémonie du sacre vient magnifier cette doctrine royale qui est au fond pleinement tirée des Écritures. Nous n’entrerons pas ici dans les détails des prières et des rituels de cette grande cérémonie, mais leur enracinement biblique est incontestable. 

Serment du marquis de Dangeau - Copie

Antoine Pezey, Serment du marquis de Dangeau comme grand maître des ordres de Notre-Dame du Mont-Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem le 18 décembre 1695, Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, MV 164. © RMN (château de Versailles) / Gérard Blot

À l’image du Christ, le roi de France est choisi par Dieu : sa légitimité familiale – la primogéniture mâle – est complétée par la légitimité religieuse, par la voix de l’Église. Depuis Pépin le Bref, en 751 et 754, le sacre manifeste en France, dans la lignée du baptême fondateur de Clovis, la prise de possession par Dieu du prince, qui est élevé à une dignité mystique qui le place mutatis mutandis au rang des évêques. Nous ne gloserons pas ici sur le grand débat concernant la valeur ontologique du sacre. Toujours est-il qu’à l’issue de la cérémonie, le prince n’est pas un chef politique ordinaire, garanti par la simple vox populi – modèle dont on voit de plus en plus les limites en notre époque de la démocratie triomphante (sic) – mais il est un élu de Dieu, l’oint du Seigneur, un « christ ». Privilège insigne, mais responsabilité écrasante, car son salut dépendra de sa correspondance à cette lourde mission déposée sur ses épaules. Il est devenu le « très chrétien », le monarque « par la grâce de Dieu », chargé d’assurer avant tout la protection de l’Église, donc son salut temporel. Ainsi le sacre est fondamentalement imprégné de la dimension de Noël.

La célébration de la fête de Noël donnait lieu à des usages particuliers dans le cadre de la monarchie française. La dimension liturgique occupait une place essentielle, comme en témoigne l’étiquette de Versailles sous Louis XIV, et Noël faisait partie de ces « bons jours » où le monarque communiait et s’adonnait particulièrement à la dévotion 1 :

« Pour la fête de Noël, le roi communiait le 24 décembre au matin : il assistait alors à deux messes basses successives. Il retournait à la chapelle dans l’après-midi pour les premières vêpres, et de nouveau à 10 heures du soir pour assister à l’office des matines de Noël. À minuit, les trois messes basses de Noël (messe de minuit, messe de l’aurore et messe du jour) étaient célébrées successivement, pendant que les effectifs de la Chapelle-Musique exécutaient des motets, puis chantaient l’office des laudes à partir de l’élévation de la deuxième messe. [...] Le roi quittait la chapelle un peu avant 2 heures du matin et y retournait pour assister à la messe chantée en milieu de matinée, ainsi qu’à la prédication, suivie des vêpres du roi en milieu d’après-midi. En deux jours, Louis XIV avait assisté à non moins de six messes ! »2

Bref, une continuité quasi-ininterrompue de la splendeur du culte divin à laquelle le Fils aîné de l’Église se faisait un devoir d’assister. Écoutons Saint-Simon qui, pour une fois, faisait certainement preuve d’objectivité :

« [...] il n’y avoit rien de si magnifique que l’ornement de la chapelle et que la manière dont elle étoit éclairée. Tout y étoit plein [...]. Il n’y avoit donc rien de si surprenant que la beauté du spectacle et les oreilles y étoient charmées. » 3

Parfois, à l’occasion de la grande fête, le roi procédait au toucher des écrouelles, ce pouvoir thaumaturgique communiqué au souverain au jour de son sacre. Ainsi, en 1714, « le roy, après une seconde messe dite par un chapelain, est allé toucher les malades des écrouelles au nombre de près de 400, assemblez par les soins du grand prévost dans la gallerie dite des princes. [...] Le grand aumosnier, en camail et rochet, a distribué l’aumosne aux malades à mesure que le roy les a touchez [...] » 4 Noël n’est-il pas un jour propice à la guérison des corps et des âmes ?

- Le rituel de la bénédiction du Casque et de l’Épée dans la tradition papale :

Pour conclure cette brève analyse, qui mériterait bien sûr des approfondissements que nous n’avons pas le temps de faire ici, il est opportun de mettre en valeur un usage de la Cour papale qui concerne de près la royauté chrétienne. Il s’agit, au jour de Noël, de la bénédiction par le Souverain Pontife de l’épée et du « chapeau ducal 5 ». Cette tradition s’appuie sur le récit des Macchabées 6 et remonte à l’époque d’Urbain VI (1378-1389), après le retour de la Papauté à Rome. Avant le chant des matines de Noël, le pape bénissait, revêtu de l’aube et de l’étole, une épée et un chapeau qui étaient ensuite offerts à un prince ou à un chef militaire chrétien particulièrement méritant en raison de sa piété et d’une aide particulière apportée à la défense de l’Église catholique et de la Chrétienté 7. Il s’agissait

« [d’une] épée garnie d’un pommeau d’or, et enrichie de pierreries disposées en forme de colombe, avec le foureau et le baudrier enrichis de même, et le Chapeau Ducal posé sur la pointe de l’épée. Ce Chapeau est de soie violette, fourré d’hermines et entouré d’un cordon en forme de Couronne chargée de bijoux. Le Pape envoie l’Épée et le Chapeau à quelque Prince qu’il affectionne particulièrement, ou à quelque grand Capitaine qui mérite cette distinction pour s’être signalé contre les Ennemis de la foi Chrétienne. » 8

 épée et chapeau du Roi Sobiesky

L’épée et le chapeau offerts par Innocent XI au roi de Pologne Jean III Sobieski après la victoire de Vienne sur les Turcs en 1683.

  clerc de la chambre apostolique aux matines de Noël

 Un clerc de la Chambre apostolique portant l’épée et le chapeau lors de la procession des Matines de Noël.

Ces deux ornements étaient portés en procession devant le pape, par un clerc de la Chambre, jusqu’à la chapelle où étaient chantées les matines. Lorsque le Souverain Pontife remettait lui-même ces distinctions au dux élu, il lui disait cette formule introduite par Sixte IV :

« c’est par ce glaive que nous vous déclarons le défenseur de cette puissance et de la Souveraineté Pontificale, le Protecteur du S. Siège contre les ennemis de la foi, et le boulevard de l’Église. Que par ce glaive votre bras triomphe des ennemis du S. Siège et du nom de Jésus-Christ, que le S. Esprit descende sur votre tête, et vous protège contre ceux à qui Dieu prépare ses jugemens devant la Sainte Église Romaine et le S. Siège Apostolique [...] » 9

Le rapport de cette cérémonie avec le sacre royal et la mission de défense de l’Église assumé par le monarque de droit divin est évident. On me dira peut-être que le rapport avec Noël, la grande fête de la paix, est moins patent. N’est-il pas contradictoire de bénir des symboles de guerre avant de chanter « paix aux hommes de bonne volonté » ? En l’occurrence, la remise de ces insignes a lieu à la suite d’une victoire – la guerre semble donc être terminée – et à l’occasion d’une guerre juste – contre les ennemis de l’Église, souvent contre les Turcs ottomans à l’époque moderne. La morale de l’Église n’est aucunement remise en question, et la plus grande victoire du prince ou du chef chrétien honoré par ce rituel est d’avoir apporté la paix, d’avoir, en fin de compte, rétabli « Noël » sur le monde chrétien !

monarchie britannique - épée et chapeau

La monarchie britannique a conservé l’usage de faire porter l’épée (sword of state) et le chapeau (cap of maintenance) devant le souverain, notamment lors de l’ouverture solennelle du Parlement.

Noël vient donc ici rappeler les obligations du roi très chrétien. Il est d’abord le protecteur de l’Église et le bras séculier la justice de Dieu dans l’étendue de son royaume. Il ne doit pas se servir de sa puissance militaire et coercitive pour des fins contraires au bien commun voulu par Dieu ou pour son intérêt propre. Les serments du sacre lui ont rappelé avec instance cette impérieuse responsabilité, qu’il se doit de respecter tout au long de son règne. Noël, fête de la paix de Dieu venue sur terre, est la fête des rois qui sont garants de cette paix, cette paix dont notre monde, et la France en particulier, ont tant besoin ; cette paix qui vient de Dieu et non des hommes ; cette paix que seule la Chrétienté traditionnelle peut restaurer.

Sainte fête de Noël !

Mathias Balticensis

1 Voir Alexandre Maral, La Chapelle royale de Versailles sous Louis XIV, Wavre, Mardaga, 2010, p. 260, note 40.
2 Alexandre Maral, Le Roi-Soleil et Dieu, Paris, Perrin, 2012, p. 65.
3Ibid.
4 Maral, La Chapelle royaleop. cit., p. 379.
5 Ducal, de dux, chef.
6 Lorsque Judas Macchabée alla combattre l’armée d’Antiochus, il vit en songe le prophète Jérémie qui lui présenta une épée en lui disant : « Prends cette sainte épée, c’est un don de Dieu ; avec elle tu briseras tes ennemis. » (II Macc. XV, 16).
7 Voir Gaetano Moroni, Histoire des chapelles papales, trad. A. Manavit, Paris, Sagnier et Bray, 1846, p. 385-386.
8 Jean-Baptiste Lucotte Du Tillot, Cérémonies et coutumes religieuses de tous les peuples du monde, Amsterdam, J. F. Bernard, 1739, t. II, p. 87.
9Ibid.

Trois lys blancs

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