Archive pour la catégorie 'Chronique de Lully'

2026-149. Deux interprétations du « Gloria » d’Antonio Vivaldi.

28 juillet,
Anniversaire de la mort de Don Antonio Vivaldi (+ 28 juillet 1741).

Ospedale della Pietà

Croquis figurant le célèbre « Pio ospedale della Pietà »
pour lequel Don Antonio Vivaldi composa son célèbre « Gloria » RV589

       Lorsque mon papa-moine travaille, il lui arrive – si cela ne nuit pas à sa concentration – de mettre un fond musical… dont je profite moi aussi : vous n’ignorez pas, je pense, que nous autres chats sommes naturellement mélomanes et très sensibles aux harmonies des sons.
Comme ma formation musicale n’est pas achevée (le sera-t-elle d’ailleurs un jour ?), je suis souvent curieux des explications que Frère Maximilien-Marie peut m’apporter au sujet de l’œuvre qu’il écoute ; je suis également désireux d’en mieux percevoir toutes les richesses : cela me permet de me mettre à l’unisson de l’âme de mon humain de compagnie. C’est important !

   A l’occasion de l’anniversaire de la (si triste) mort de Don Antonio Vivaldi (28 juillet 1741), comme, en notre Mesnil-Marie, nous avions à rendre à Dieu Notre-Seigneur quelque action de grâce pour des bienfaits reçus, Frère Maximilien-Marie m’a proposé d’écouter, en laissant s’élever nos âmes dans une écoute quasi extatique, le célèbre « Gloria » RV 589 composé entre 1713 et 1715 pour ce « Pio ospedale della Pietà » qu’il a rendu célèbre.

   En pratique nous en avons écouté plusieurs interprétations : et pour certaines mon très perfectionniste moine – qui était curieux d’entendre des enregistrements plus ou moins récents de cette œuvre emblématique et justement célèbre -, coupait rapidement court en me disant : « Ah non, Tolbiac ! cette façon de jouer est lourde, “pachydermique” !!! Il s’agit d’un “Gloria” qui fait exulter l’âme comme en un tourbillon sacré, pas un défilé de la Légion étrangère !!! Passons à une autre version !…» Moi j’étais bien d’accord : je raffole des rythmes entraînants et enlevés !

   Finalement nous avons retenu deux interprétations qui nous ont semblé très intéressantes et que j’ai décidé de vous livrer ci-dessous :

   1) La première a été enregistrée en mai 2015 dans « l’église du Christ – ChristusKirche » de Dresde. C’est un ensemble réduit de choristes et de musiciens qui l’interprète, sous la direction de Karl Hänsel :

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   2) La seconde a été enregistrée en octobre 2024 en concert dans la « Grande salle des fêtes - Großes Festspielhaus » de Salzburg : nous avons ici – au contraire de la version précédente – un grand ensemble tant pour les musiciens que pour les choristes, puisqu’il s’agit de l’Orchestre philharmonique de Salzburg avec son chœur, dirigés par la pétulante Elisabeth Fuchs :

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   Et vous, chers Amis, qu’en pensez-vous ?

Tolbiac.

puttis musiciens avec chat - blogue

2026-148. Le miracle de la liquéfaction du sang de Saint Pantaléon, à Ravello… et ailleurs.

27 juillet,
Fête de Saint Pantaléon de Nicomédie, médecin anargyre et mégalomartyr (cf. > ici) ;
Chez les Ermites de Saint Augustin, mémoire de la Bienheureuse Lucie de Bufalare, vierge de notre Ordre (cf. > ici) ;
Anniversaire de la victoire de Bouvines (27 juillet 1214 – cf. > ici & > ici) ;
Anniversaire de la mort de Turenne (27 juillet 1675 – cf. > ici) ;
Anniversaire de l’arrestation de Robespierre et de ses complices terroristes (27 juillet 1794).

Ravello - Campanie - province de Salerne

Sur la côte amalfitaine, en Campanie, la ville de Ravello (province de Salerne),
avec sa cathédrale fondée au XIème siècle.

       Ravello est une très ancienne cité de la côte amalfitaine, dans la province de Salerne. Sa cathédrale Notre-Dame de l’Assomption (Santa-Maria Assunta) a été fondée en 1087.
On ne sait pas précisément à quelle date y fut apportée une ampoule contenant du sang coagulé de Saint Pantaléon : il existe toutefois un document de 1112 attestant qu’à cette date le sang de Saint Pantaléon se trouvait déjà à Ravello.
Il ne saurait donc s’agir, comme l’ont avancé témérairement certains, de l’ampoule qui se trouvait à la basilique Sainte-Sophie de Constantinople, puisque nous savons aussi que sous le règne du Basileus Michel Paléologue (1259-1282), l’ampoule du sang de Saint Pantaléon s’y trouvait encore.

   C’était un usage fréquent à l’époque des persécutions – et l’on en trouve de multiples témoignages dans les actes des martyrs -, que les chrétiens recueillissent le sang des martyrs, soit dans des fioles de verre, soit au moyen de toiles qui l’absorbait lorsqu’on les posait au lieu où ce sang avait été répandu.
Les fioles étaient souvent déposées auprès du corps du martyr dans sa sépulture.

   Saint Pantaléon avait été enseveli à Nicomédie, mais lorsque la paix fut donnée à l’Eglise par l’Edit de Constantin, son tombeau devint un lieu de pèlerinage : un sanctuaire fut édifié au-dessus, puis, en raison de la popularité de son culte et des innombrables miracles qui étaient obtenus par son invocation, ses reliques furent dispersées : on trouve mention de son chef à Lyon, de l’un de ses bras à l’abbaye de Saint-Denys, d’autres fragments de ses os à Porto, à Lucques, à Venise… et la fameuse fiole contenant son sang coagulé à Ravello.

   Outre cette ampoule, le trésor de la cathédrale de Ravello contient, entre autres pièces remarquables, un splendide buste-reliquaire baroque en argent et vermeil, qui  est porté en procession à travers la ville à plusieurs reprises dans l’année.

Reliquaire de Saint Pantaléon à Ravallo - blogue

Buste reliquaire de Saint Pantaléon
[cathédrale de Ravello, Campanie].

   Selon la tradition locale, l’ampoule (celle que l’on voit encore aujourd’hui est bien l’ampoule originelle, de forme ronde et applatie) a été apportée par des marchands amalfitains qui commerçaient avec Constantinople : revenant d’Orient avec la précieuse relique par voie maritime, leur navire fut pris dans une forte et longue tempête qui les obligea à mouiller dans les eaux de Ravello ; la durée inhabituelle de la tempête amena à penser que le sang de Saint Pantaléon ne voulait pas qu’on l’emportât ailleurs.
Le clergé et le peuple de la cité descendirent donc en procession jusqu’au rivage où la relique leur fut confiée. Ils remontèrent avec elle vers la cathédrale… et la tempête se calma
.

   La cité de Ravello a dès lors pris Saint Pantaléon pour saint patron, et lui attribue sa préservation lors de tremblements de terre consécutifs aux éruptions du Vésuve, ainsi que la protection dont elle bénéficia lors de raids mahométans : pour cette raison la cathédrale a rajouté le vocable de Saint Pantaléon à celui de la Madone de l’Assomption (Duomo Santa-Maria Assunta e San Pantaleone).
Le diocèse de Ravello a été fusionné avec celui d’Amalfi en 1818, et la co-cathédrale a été érigée en basilique mineure en 1918.

   Au XVIIème siècle, la sainte ampoule contenant le sang coagulé de Saint Pantaléon, qui était jusqu’alors conservée dans une niche pratiquée dans l’un des murs du sanctuaire, fut transférée dans une chapelle érigée spécialement pour elle : la chapelle Saint Pantaléon, merveille de style baroque, surmontée d’une coupole.

autel de la chapelle Saint-Pantéléon de la cathédrale de Ravello

Chapelle Saint-Pantaléon de la basilique-cathédrale de Ravello.

   On est frappé par la précieuse beauté du devant d’autel de cette chapelle Saint-Pantaléon, réalisé en mosaïque florentine : une sorte de marqueterie de marbres variés, d’albâtre et de nacre, assemblée pour former des thèmes floraux encadrés dans des figures géométriques complexes.
L’élévation de l’autel présente, entre des colonnes de marbre, un tableau central figurant l’une des séquences du martyre de Saint Pantaléon, et, de part et d’autre, des toiles de moindre taille montrant des « portraits » de l’apôtre Saint Thomas, pour le côté de l’Evangile, et, pour le côté de l’épître, de Sainte Barbe (ou Barbara) d’Héliopolis, elle aussi martyrisée à Nicomédie.

   Sous le tableau central, on remarque une sorte de grand tabernacle, encastré dans le retable et surmontant le tabernacle pour le Saint-Sacrement : c’est là qu’est conservée depuis 1643, la sainte ampoule du sang de Saint Pantaléon.
Lorsque les portes en sont ouvertes, on peut apercevoir cette ampoule derrière de lourdes grilles dorées.

Autel de la relique du sang de Saint Pantaléon - Ravello - Copie

   L’ouverture de ce tabernacle se fait par l’arrière de l’autel, où de non moins dissuasives grilles et une vitre de haute protection empêchent toute espèce d’effraction. La photo ci-dessous montre la sainte ampoule telle qu’on peut l’apercevoir au plus près au moment de la liquéfaction.

   Cette liquéfaction est absolument documentée depuis 1577 (mais cela ne signifie pas que cela ne se produisait pas auparavant : nous ne possédons simplement pas de documents l’attestant), les évêques, les chanoines de la cathédrale, le peuple de Ravello ainsi que les pèlerins (ou curieux) que cela attire, assistent de manière récurrente, depuis des siècles, à ce phénome étonnant : le 27 juillet, à l’occasion de la fête de Saint Pantaléon, le sang du martyr qui, d’ordinaire, se présente comme un amas coagulé et brunâtre, se liquéfie et redevient rouge vif, comme cela se produit à Naples avec le sang de Saint Janvier. Toutefois, à la différence du sang du célèbre évêque de Bénévent, il n’y a pas de « mauvaise surprise » à Ravello : le miracle se produit toujours, tous les 27 juillet (et, de ce fait, à sa non liquéfaction n’est pas attribué de mauvais présage).

   En outre, il n’est pas rare que cette liquéfaction se produise de manière inattendue, en présence de certains pèlerins, lorsque le saint médecin guérit l’un ou l’autre des fidèles venus l’implorer ; et cela quelle que soit la date.

Tabernacle grillé avec la relique du sang de Saint Pantaléon

   Nous avons aussi réussi à trouver une photographie (elle n’est malheureusement pas très nette, car ancienne) de la sainte ampoule du sang de Saint Pantaléon, sortie de son tabernacle de sécurité.
En effet, depuis 1643 le reliquaire n’est sorti que très exceptionnellement de ce tabernacle.
Il n’est pas extrait au moment du prodige pour être bougé, présenté au peuple, porté, brandi, et encore moins agité comme cela se fait à Naples avec l’ampoule du sang de Saint Janvier.
Ce fait rend très difficile la prise de photographies au moment du miracle, puisque cela ne se peut faire qu’au travers des grilles et vitres.

   Voici donc cette photo prise à l’occasion d’une très rare sortie de son tabernacle :

ampoule du sang de Saint Pantaléon

   La partie principale du reliquaire évoque bien un objet d’orfèvrerie médiévale, peut-être byzantine, sur laquelle a été ajouté postérieurement une espèce de pinacle de type gothique flamboyant surmonté d’une statuette de Saint Pantaléon.
Lorsque le sang est « inactif », il n’occupe qu’un peu plus de la moitié de la fiole. Il semble qu’il soit disposé en quatre strates : le niveau le plus bas, dense et sombre, semble être constitué de sable ou de terre mêlée de sang ; la deuxième strate semble être faite de terre, avec une plus grande quantité de sang ; la troisième est faite de sang pur, coagulé en temps ordinaire, mais qui prend une couleur rubis lorsqu’il se liquéfie ; enfin la strate supérieure semble faite d’une espèce de mousse blanchâtre.

   Ceux qui ont pu examiner de très près la liquéfaction rapportent qu’au moment de celle-ci, la strate de sang pur devient véritablement comme du sang frais, et que de petites bulles se forment, remontant à travers lui, en même temps que son volume augmente puisqu’il arrive que son niveau parvienne parfois presque jusqu’au sommet de l’ampoule.
Quant au dépôt de mousse blanchâtre qu’on observe ordinairement en surface, il fait alors penser à du lait. Saint Alphonse de Ligori, qui fut témoin oculaire du miracle, parle de sang entrecoupé de lait : ce qui correspond évidemment bien à Saint Pantaléon dont les actes du martyre rapportent que lorsqu’on le décapita il répandit non seulement du sang mais aussi du lait (sans doute la raison qui l’a fait choisir pour saint patron par les nourrices).

Liquéfaction du sang de Saint Pantaléon à Ravello

Liquéfaction du sang de Saint Pantaléon dans son ampoule, à l’intérieur de son tabernacle.

Liquéfaction du sang de Saint Pantaléon

   Les évêques de Ravello se sont montrés généreux, au cours des siècles, et ils ont profité de ces liquéfactions pour prélever quelques gouttes de ce sang et les enfermer dans des fioles de cristal qui furent offertes à d’autres diocèses : ainsi en trouve-t-on à Padoue et à Venise (Vénétie), à Lanciano (Abruzzes), à Martignano (Pouilles), à Crema (Lombardie), à Limbadi (Calabre), à Montauro (Calabre)… et peut-être en d’autres endroits ; et enfin aussi à Madrid.

   Pour ce dernier lieu, ce fut un présent accordé à Sa Majesté Catholique le Roi Philippe III d’Espagne, qui le confia aux moniales augustines récollettes du monastère de l’Incarnation qu’il a fondé dans sa capitale en 1611. Le sang du martyr y a rejoint un prodigieux trésor de plus de sept-cents reliques de saints.

   Dans tous les lieux où l’on conserve du sang de Saint Pantaléon le miracle de la liquéfaction est observé, le jour de sa fête ou en d’autres occasions.
A Ravello même, il n’est pas rare que le sang commence à se liquéfier dès la mi-juillet, et cela peut durer pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines après la fête.

   En revanche, on ne sait pas ce qu’est devenue l’ampoule du sang de Saint Pantaléon vénérée à la basilique Sainte-Sophie de Constantinople : attestée en 1057, on sait que sous le règne de Michel Paléologue, déjà cité ci-dessus, dans le troisième quart du treizième siècle, le miracle de la liquéfaction se produisit à Constantinople.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Madrid monastère royal de l'Incarnation sang de Saint Pantaléon - blogue

Reliquaire du sang de Saint Pantaléon
au Monastère royal de l’Incarnation à Madrid,
où le miracle de la liquéfaction se produit chaque année.

2026-147. Saint Pantaléon de Nicomédie, médecin anargyre et mégalomartyr.

27 juillet,
Fête de Saint Pantaléon de Nicomédie, médecin anargyre et mégalomartyr ;
Chez les Ermites de Saint Augustin, mémoire de la Bienheureuse Lucie de Bufalare, vierge de notre Ordre (cf. > ici) ;
Anniversaire de la victoire de Bouvines (27 juillet 1214 – cf. > ici & > ici) ;
Anniversaire de la mort de Turenne (27 juillet 1675 – cf. > ici) ;
Anniversaire de l’arrestation de Robespierre et de ses complices terroristes (27 juillet 1794).

cathédrale de Porto - statue de Saint Pantaléon

Statue de Saint Pantaléon dans la cathédrale de Porto (Portugal) :
elle représente le saint martyr dans l’un des très nombreux supplices qu’il endura.

     Saint Pantaléon naquit à Nicomédie en Bythinie (aujourd’hui Izmit en Turquie), dans la seconde moitié du IIIème siècle.

Son père était païen, mais sa mère était chrétienne et lui inculqua les premières notions du christianisme ; elle ne le fit cependant pas baptiser. Malheureusement, elle mourut alors que Pantaléon était encore enfant, et son père prit alors en charge l’éducation de son garçon auquel il fit oublier les principes que sa mère lui avait inculqués.
Pantaléon grandit et fit de brillantes études de médecine qui lui valurent d’être remarqué par l’empereur Maximien-G
alère qui se l’attacha comme médecin personnel et voulut l’avoir à sa cour.

   Un prêtre chrétien, nommé Hermolaüs, résolut de ramener à la foi chrétienne un homme qui avait de si brillantes qualités ; il s’introduisit dans sa confiance et en vint à lui rappeler les vérités de la religion : « A quoi, lui dit-il en substance, vous serviront vos connaissances, si vous ignorez la science du salut ? ».
Saint Hermolaüs (dont on fête le martyre en ce même jour), voyant que ses paroles faisaient impression sur Pantaléon, le pressa davantage, et celui-ci commença à laisser son cœur et son esprit revenir vers l’unique Sauveur, dont Hermolaüs lui avait déclaré que le Nom très saint était une source de guérison non seulement physique mais aussi et surtout spirituelle.

Résurrection de l'enfant tué par une vipère - église Saint Pantaléon Troyes

Saint Pantaléon ressuscite un enfant tué par une vipère ;
en arrière-plan Saint Pantaléon instruit et baptisé par Saint Hermolaüs
[Anonyme - église Saint-Pantaléon, à Troyes].

   Les heureuses dispositions dans laquelle Pantaléon commençait à avancer s’affermirent par un miracle qu’il opéra en invoquant justement le Saint Nom de Jésus-Christ : un jour qu’il se promenait dans la campagne, il rencontra un enfant qui venait de mourir d’une morsure de vipère, laquelle se trouvait encore près de lui.
Inspiré par la grâce qui travaillait son âme, il s’adressa donc, plein de confiance, à Notre-Seigneur Jésus-Christ, et dit : « Enfant, lève-toi, au Nom de Jésus-Christ ! » Puis, se tournant vers la vipère : « Et toi, méchante bête, reçois le mal que tu as fait ».
Sur le champ, l’enfant se releva vivant, et la vipère demeura inerte sur le sol. Pantaléon n’hésita plus à se faire baptiser.

   Le salut de son père était sa première préoccupation : par d’habiles conversations avec lui, il s’efforçait de le gagner au Christ, employant pour cela tant des arguments de raison, le levier des sentiments et de la piété filiale, mais surtout d’ardentes prières. Il acheva sa conquête par un miracle.
Un jour, qu’un aveugle était venu le trouver en disant : « J’ai depuis longtemps employé sans effet tous les remèdes ; on m’a dit que vous êtes très habile médecin ; pourriez-vous me secourir ? », le zélé néophyte lui répondit : « Je vous guérirai si vous vous engagez à devenir chrétien ». L’aveugle y consenti et fut aussitôt guéri par l’invocation du Saint Nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Son père, témoin de ce miracle, fut définitivement gagné à la foi, et, en même temps que l’aveugle guéri, il se fit baptiser.

   Saint Pantaléon devint de plus en plus un apôtre de la foi chrétienne. A la mort de son père, il vendit tous ses biens et en employa le prix en bonnes œuvres, ne se réservant que le minimum pour vivre car, il exerçait gratuitement son art – c’est le sens du mot « anargyre » -, pour l’amour de Dieu et de ceux que les souffrances amenaient à lui.
En soignant les corps, il apporta aussi la lumière du salut éternel à d’innombrables âmes !

Paul Véronèse - Saint Pantaléon

Paul Véronèse (1528-1588) : Saint Pantaléon (1587-88)
[église Saint-Pantaléon, Venise].

   Mais c’était le temps où Dioclétien et Maximien déchaînèrent la dernière grande persécution impériale, et des médecins jaloux le dénoncèrent comme chrétien. 
S’étant informé, Maximien-Galère fit même venir devant lui l’aveugle guéri par Saint Pantaléon et entendit de sa bouche le récit du miracle : l’homme témoigna de sa guérison rapide par l’invocation du Saint Nom de Jésus, et de sa foi, au contraire de la vénalité et de l’impuissance des médecins païens, dévots d’Asclépios (Esculape en latin). L’empereur accepta même une sorte de duel entre Pantaléon et les médecins païens, à la manière de l’affrontement d’Elie et des prophètes de Baal sur le mont Carmel, puisqu’il s’agissait de guérir un paralytique devant le tyran : les médecins et prêtres païens n’y parvinrent évidemment pas, mais, au Nom de Jésus-Christ, Pantaléon rendit la santé au grabataire.

   Imitant Pharaon dans son endurcissement, Maximien, furieux, ordonna des supplices pour faire fléchir et apostasier celui qui avait été son médecin favori : ongles de fer, brûlures, exposition aux bêtes, tentatives de noyade ; en définitive, après lui avoir cloué les bras sur la tête, le bourreau la lui trancha.
Tous les anciens martyrologes ont retenu la date du 27 – ou parfois celle du 28 – juillet comme celle de son dies natalis. C’était, selon toute vraisemblance, en l’an 303 (année retenue par la tradition, mais plusieurs auteurs contemporains opinent plutôt pour l’année 305).

   Saint Pantaléon, à l’instar des Saints Côme et Damien, est l’un des saints patrons des médecins ; il l’est aussi des assistantes maternelles et des nourrices. Vénéré dans les Eglises d’Orient comme l’un des mégalomartyrs, son culte, qui s’est aussi considérablement répandu en Occident, l’a fait placer au nombre des Quatorze Saints Auxiliateurs, invoqué spécialement contre la tuberculose, les maux de tête et le strabisme.

A suivre : La liquéfaction du sang de Saint Pantaléon à Ravello, et ailleurs > ici.

martyre de Saint Pantaléon - Commercy église Saint-Pantaléon

Saint Pantaléon est décapité devant l’empereur Maximien (anonyme)
[église Saint-Pantaléon de Commercy].

2026-146. Message de Sa Majesté le Roi alors que de terribles incendies ravagent la France.

Dimanche 26 juillet 2026.

Armes de France & Navarre

       Alors qu’en de nombreux points du territoire français des incendies d’une ampleur et d’une intensité rares occasionnent des ravages immenses, ce samedi soir 25 juillet, sur ses réseaux sociaux, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, a publié un message faisant part de sa sollicitude pour ses peuples, de son soutien à ceux qui luttent contre les flammes, de sa compassion pour les sinistrés et de sa prière :

   J’adresse ma solidarité à tous les pompiers de France, sur terre et dans les airs.

   J’assure de ma plus vive compassion tous les Français touchés dans leur chair, leur famille, leur patrimoine et leur environnement par cette terrible vague de feux.

   Je prie pour que l’ensemble des foyers d’incendie soit maîtrisé, que les conditions s’améliorent et que le Ciel protège la France !

incendies de forêt en France

2026-145. Récapitulatif de nos publications en rapport avec Sainte Anne.

26 juillet,
fête de Sainte Anne, mère de la Bienheureuse Vierge Marie

Sainte Anne et la Vierge Marie - Murillo

Bartolomé Esteban Murillo (1617-1682) : Sainte Anne et la Vierge (vers 1655)
[Musée du Prado, Madrid].

A – Histoire de Sainte Anne et du développement de son culte :

- Origines de Notre-Dame selon la « Légende dorée » > ici.
- La découverte des reliques de Sainte Anne à Apt, à Pâques 792, en présence de Saint Charlemagne > ici.
- La découverte de la statue miraculeuse de Sainte Anne à Auray en 1625 > ici.
- Le relèvement de la Confrérie de Sainte Anne, le 25 juillet 2026, et l’entrée de Sa Majesté le Roi Louis XX dans cette Confrérie > ici.
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B – Prier Sainte Anne :

- Leçons du deuxième nocturne des matines de la fête de Sainte Anne au Bréviaire romain traditionnel > ici.
- Prière très efficace à Sainte Anne > ici.
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C – Lieux de pèlerinage et œuvres d’art :

- La « Sainte Parenté » de l’église Notre-Dame la Grande, à Poitiers > ici.
- .

gravure Sainte Anne Bonne Presse - blogue

2026-144. Redécouverte des reliques de Sainte Anne à Apt, en présence de Saint Charlemagne (Pâques 792).

26 juillet,
fête de Sainte Anne, mère de la Bienheureuse Vierge Marie (cf. > ici).

Cathédrale d'Apt - chapelle royale Sainte-Anne reliques

Cathédrale d’Apt : chapelle royale Sainte-Anne
(la grille de l’armoire des reliques est ouverte et le buste reliquaire de Sainte Anne en a été extrait
pour être porté en procession dans les rues de la ville)

Apt - Buste reliquaire de Sainte Anne

       « Le corps de la Bienheureuse Anne, mère de la Vierge Marie, transporté en France par la barque de Provence de la chapelle sépulcrale de Notre-Dame de Josaphat où il reposait près de celui de Saint Joachim, fut remis, d’après une antique tradition, à l’église d’Apta Julia, par une faveur insigne de Dieu. Le très ancien martyrologe d’Apt mentionne cette translation [...].

   Mais le temps des persécutions s’avançant à grands pas, le Bienheureux Auspice, premier évêque d’Apt, le cacha dans une sorte d’armoire pratiquée dans le mur de la crypte la plus basse, qui existe encore aujourd’hui. Il plaça devant les reliques une lampe allumée qui ne s’éteignit qu’en 792, le jour de leur découverte.
Je saint évêque ayant ensuite très diligemment muré la crypte, de manière à la rendre impénétrable, et les confidents du secret, qui avaient connaissance du lieu, étant morts, la crypte resta inconnue aux hommes pendant sept siècles, et les reliques de Sainte Anne furent préservées ainsi, grâce à la prévoyance de Saint Auspice, dans les irruptions des Alains, des Suèves, des Vandales et autres barbares qui ravagèrent la Provence, et les dévastations horribles des Sarrasins, après la défaite totale desquels le glorieux Charlemagne eut le bonheur de les découvrir.

Cathédrale d'Apt - entrée des cryptes

Cathédrale d’Apt : l’entrée des cryptes (état actuel)

   Charlemagne vint séjourner à Apt aux approches de la fête pascale, après avoir pacifié la Provence par la défaite des Sarrasins, dans la plaine qui s’étend entre la montagne de Cordes et la colline de Montmajour. Le souvenir de cette bataille, où la dernière espérance de l’islamisme fut détruite, s’est conservé dans une inscription de l’église de Montmajour-lez-Arles.

   Le premier soin de Charlemagne, après son arrivée à Apt, fut de faire reconsacrer par Turpin l’église cathédrale qui avait été polluée par un culte impie. Tandis qu’un concours extraordinaire de grands seigneurs et de peuple assistait à cette solennité, et pendant que la population répandue à l’entour rendait à Dieu, dans son ravissement, des louanges à l’occasion de son sanctuaire restitué, le Seigneur, enveloppant de son amour les vœux pieux de la cité et la foi ardente de Charlemagne, découvrit, par un miracle éclatant et une faveur inespérée, le trésor inconnu des reliques de Sainte Anne.

   Un jeune homme du nom de Jean, âgé de quatorze ans, aveugle, sourd et muet de naissance, fils du baron de Caseneuve, était présent dans le sanctuaire. Pendant quelque temps, on vit ce jeune homme paraître écouter un certain avertissement céleste. Bientôt il commença, en frappant sur une levée de degrés menant au maître-autel, à faire signe qu’on creusât profondément le sol, afin que, les degrés enlevés, on vit ce qui était peut-être caché dessous. L’office divin était troublé par là, sans qu‘il fut au pouvoir des gardes ni des autres officiers de retenir ce jeune homme. Cependant, tous les assistants étant surpris par la nouveauté du fait, le prince, présageant un miracle, donna ordre de se conformer aux vœux si vivement exprimés par l’adolescent.

Apt - crypte supérieure

Cathédrale d’Apt, crypte supérieure.

   On enlève à l’heure même les marches de la montée indiquée, et on découvre aussitôt une porte fermée de grosses pierres qui fait présager quelque chose de remarquable. Les ouvriers ayant ouvert cette porte à coups de marteau, on vit une entrée et une descente de degrés qui conduisit dans une grotte souterraine artistement travaillée. C’était la crypte où le bienheureux Auspice, apôtres des Aptésiens, avait coutume de nourrir par la parole sainte et les Sacrements le peuple qui lui était confié.

   L’aveugle Jean marchait le premier, indiquant le chemin avec une telle sûreté, que Charlemagne fut obligé de le faire tenir près de lui pour qu’il ne fût pas foulé aux pieds des curieux. Le jeune homme faisait toujours comprendre du geste qu’on creusât plus avant la terre à la partie du mur qu’il signalait. On descendit enfin dans un souterrain long et étroit ; mais là une lumière extraordinaire apparaissant entoura les assistants. La crypte inférieure étant enfin ouverte, tandis que tous, pleins d’admiration, regardent une lampe ardente placée devant une sorte d’armoire murée, le roi lui-même, le clergé et les grands de la cour, accourent tout joyeux vers la mystérieuse clarté, qui s’éteignit aussitôt au contact de l’air.

   Chose admirable ! Voilà que Jean, ayant tout à coup les yeux ouverts, ainsi que les oreilles, et la langue déliée, s’écrie : « Dans cette ouverture est le corps de Sainte Anne, mère de la Très-Sainte Vierge Marie, Mère de Dieu ».

Apt - crypte

   Tous les spectateurs, remplis d’étonnement, poussent mille acclamations de joie. Cependant le très-pieux roi ordonne d’ouvrir la niche. Aussitôt une odeur semblable à celle d’un baume de répand, et le dépôt sacré, attesté par un si grand miracle, apparaît renfermé dans une caisse de cyprès, enveloppé d’un voile précieux, et certifié par cette inscription : « Ici est le corps de la Bienheureuse Anne, mère de la Vierge Marie ». La caisse ouverte, une odeur suave se répandit dans l’une et l’autre crypte pour la confirmation du miracle. L’archevêque Turpin, ayant pris la caisse, la mit entre les bras de Charlemagne pour la lui faire baiser en signe de joie et de consolation.

   Le pontife rendit grâces à Dieu, auteur de cette miraculeuse invention, qui avait manifesté le corps de l’aïeule du Christ pour être la protection et le secours de la ville d’Apt.

   Charlemagne ordonna de faire consigner dans des écrits le récit de tous les faits, tels qu’ils s’étaient passés, et d’en référer au souverain pontife, de qui ils furent approuvés par un diplôme qu’il délivra. L’empereur, voulant néanmoins en instruire le premier pape Adrien, lui écrivit une lettre que l’on possède encore.

   Pendant la Révolution, les précieuses reliques conservées à Apt ne furent pas profanées. Une partie des dons offerts par les pèlerins échappèrent au bouleversement social et sont aujourd’hui l’ornement de la gloire de cette église.

   C’est de la ville d’Apt que sont sorties toute les reliques de Sainte Anne, que l’on peut voir et vénérer maintenant ailleurs… »

Monseigneur Paul Guérin,
in « Les Petits Bollandistes » tome IX, pp. 39-40.

Apt - procession des reliques de Sainte Anne

Apt : procession avec le chef reliquaire de Sainte Anne le 26 juillet.

2026-143. In memoriam : Louis Célestin Sapinaud de La Verrie (+ 25 juillet 1793).

25 juillet,
Fête de Saint Jacques le Majeur, apôtre (cf. > ici) ;
Mémoire de Saint Christophe, martyr ;
Anniversaire de la clôture du premier concile de Nicée (25 juillet 325 – cf. > ici) ;
Anniversaire de l’abjuration d’Henri IV (25 juillet 1593 – cf. > ici) ;
Anniversaire de la mort de Louis-Célestin Sapinaud de La Verrie (+ 25 juillet 1793) ;
« 25 du mois » qui, dans la Confrérie Royale » est dédié à prier davantage pour Sa Majesté le Roi et à offrir de plus généreux sacrifices à son intention.

       Ce texte constitue la lettre mensuelle adressée aux membres et amis de la Confrérie Royale pour le 25 juillet 2026.

Louis-Célestin Sapinaud de La Verrie - Blogue

Louis Célestin Sapinaud de La Verrie (1739-1793)

       Le général vendéen Louis Célestin Sapinaud de la Verrie n’est pas le plus illustre de tous les chefs de l’insurrection vendéenne. Même l’iconographie semble l’avoir malheureusement oublié car à part la gravure – dont on ne sait pas exactement si elle rapporte, plus ou moins fidèlement, ses traits – reproduite ci-dessus, on ne trouve pas de représentation de sa personne.
On n’est pas davantage chanceux avec les gravures ou photographies des lieux où il s’illustra : du « logis Sapinaud » où il habitait, et qui devint plus tard le presbytère de l’église Saint-Maixent de La Verrie (vaste édifice néo-gothique du XIXème siècle qui a remplacé l’église d’avant la révolution), il ne reste que deux arceaux de granit, quant à la petite ville de La Verrie, elle n’existe même  plus vraiment puisque, en 2019, elle a fusionné avec une bourgade voisine pour former la commune de Chanverrie !

Blason des Sapinaud de La Verrie

Famille Sapinaud de La Verrie :
d’argent à trois merlettes de sable.

   La famille Sapinaud comportait deux lignées : 1) celle de la Rairie (un manoir près de Bazoges-en-Paillers), de laquelle est issu Charles Henri Félicité Sapinaud de La Rairie (1760-1829) – neveu de celui qui nous intéresse aujourd’hui, et qui combattra sous les ordres de cet oncle – ; et 2) celle de Bois-Huguet, dont la terre se situait entre Mortagne et Le Puy-Saint-Bonnet, à laquelle échut aussi La Verrie au XVIIIème siècle.
La Verrie est à peu de chose près équidistante de Mortagne-sur-Sèvre et de La Gaubretière, à moins de deux lieues à l’ouest de Saint-Laurent-sur-Sèvre. 

   Louis-Célestin Sapinaud de La Verrie, comme son nom l’indique donc, appartenait à la seconde branche des barons de Sapinaud. Né le 6 novembre 1739 au domaine familial (paroisse de Saint-Hilaire-de-Mortagne), il était le fils de Charles-François de Bois-Huguet et de Charlotte-Angélique Imbert. Il épousa le 21 novembre 1775, à Thouarcé, en Anjou, Catherine du Verdier de La Sorinière (+ 1788) : cette dernière est la sœur, la belle-sœur et la tante de quatre Bienheureuses Martyres d’Angers et d’Avrillé (voir > ici).

   Louis-Célestin Sapinaud de Bois-Huguet, ou de La Verrie, avait servi pendant vingt-cinq années dans la Garde du Corps du Roi, mais en 1789 – âgé de 50 ans – il s’est retiré de la carrière militaire.
Comme nombre de nobles au début de la révolution, il avait d’abord placé quelque espoir dans les « nobles idéaux » de la révolution, mais le cours des événements lui avait ouvert les yeux : il avait été douloureusement blessé par le sort réservé à la Famille Royale, scandalisé par l’exécution du Roi, et n’approuvait évidemment pas la persécution contre les « bons prêtres ».
Il était aussi témoin de l’agitation qui sourdait dans le bocage à l’annonce de la conscription.

   Louis Célestin entre véritablement dans l’histoire le 11 mars 1793, lorsque une bande de paysans des environs, révoltés, viennent le chercher en son logis, le priant de se mettre à leur tête pour conduire leur soulèvement.

   Monsieur le Chevalier, ainsi que l’appelaient ses métayers, était un homme prudent : il mesura tout de suite les conséquences de cette révolte, appela les Bocains à la raison et… les pria de rentrer chez eux.
Mais ces valeureux paysans ne s’en tinrent pas là. Ils surveillèrent discrètement le logis durant la nuit, afin d’empêcher que son propriétaire ne se soustraie à ce qu’ils estimaient être son devoir.
Puis, dans la matinée du 12 mars, ils se présentèrent à nouveau à son portail.

Portail du logis Sapinaud à La Verrie

L’unique vestige du « Logis Sapinaud » à La Verrie : le double portail
(la grand arche servait aux voitures et cavaliers, la petite aux piétons) ;
et, ci-dessous, la plaque commémorative qui y a été apposée par
Le Souvenir Vendéen.

Plaque commémorative apposée aux vestiges du Logis Sapinaud

   Cette fois les paysans s’étaient rassemblés en plus grand nombre, au son du tocsin.
Monsieur de Sapinaud tenta de les apaiser, mais les gars de La Verrie l’interpelèrent : Ils refusaient la conscription et réclamaient leurs bons prêtres. Pourquoi aller se battre aux frontières pour les « patriotes » qui n’avaient pour eux, pour leur foi et leurs traditions, que du mépris ?
Louis Célestin les prévint : « C’est le pot de terre contre le pot de fer, nous serons écrasés ! »
Mais cette perspective n’effraya pas les insurgés, bien résolus à partir au combat.

   Monsieur le Chevalier finit par céder, mais à la condition que tous lui jurassent une obéissance aveugle.
« Nous le jurons ! » répondirent-ils. Alors Sapinaud leur commanda de se préparer à marcher vers la paroisse voisine : La Gaubretière. Là, les hommes s’étaient regroupés autour d’un notaire royal : Jacques Forestier.

   Comme à Saint-Florent-le-Vieil ce même jour, comme au Pin-en-Mauges, avec Jacques Cathelineau, et comme en de nombreux villages où sonnait le tocsin, tous les hommes en âge de prendre les armes quittèrent les champs et se cherchèrent des « chefs de paroisse » et des « Messieurs » pour les conduire : la guerre venait de commencer sur ces terres d’Anjou et du bas-Poitou dans lesquelles Saint Louis-Marie Grignon de Montfort, par sa prédication, avait enfoui en profondeur d’authentiques semences de foi et de vaillance…
Ainsi se fit le départ vers une aventure tragique, faite d’héroïsme : le jeune département de « Vendée », à la jonction des anciennes provinces, devint une entité redoutable qui aller faire trembler la république !

Drapeau de l'armée vendéenne

   Au nord de Chantonnay, près du château de l’Hébergement, au Camp de l’Oie, Sapinaud rassemble des troupes qui forment « l’Armée du Centre », qui, grâce aux armes et munitions prises aux Bleus, parvient à empêcher les troupes républicaines de pénétrer par le sud dans le bocage.
Toutefois, le 28 juin, Sapinaud et ses hommes échouent à s’emparer de Luçon, tout comme, dans le même temps, la « Grande Armée catholique et royale » commandée par Jacques Cathelineau échoue à Nantes.

   Après l’élection de Monsieur d’Elbée comme généralissime en remplacement de Cathelineau (+ 14 juillet 1793) le commandement de l’ « Armée du Centre » est donné à Charles Aimé de Royrand de La Roussière, dit Royrand, et non à Sapinaud, qui se plie aux ordres donnés pour faire une nouvelle tentative à Luçon.
Cependant, l
e 25 juillet 1793, les républicains regroupés à Luçon lancent une attaque nocturne vers Chantonnay : l’affrontement a lieu au sud de la ville, au Pont-Charron : le chevalier de la Verrie est tué au cours du combat, et sa sépulture est demeurée inconnue jusqu’à ce jour.

   Il nous est toujours bon et profitable, spirituellement autant que politiquement, de nous replonger dans les exemples que, comme Sapinaud aujourd’hui, nous ont laissés les glorieux combattants du trône et de l’autel !
Il nous est toujours bon et profitable de nous souvenir que la victoire n’est pas nécessairement matérielle et physique, mais que, en dépit des échecs terrestres et humains, il y a une victoire surnaturelle supérieure obtenue par la foi, par le don de soi jusqu’au sacrifice de sa propre vie, par la générosité et la fidélité dans les combats qui nous sont proposés ou ménagés par la divine Providence.
Nous n’y gagnons certainement pas une notoriété mondaine, ni une place aux côtés immédiats d’un souverain terrestre dans sa gloire (comme la demandait à Jésus la mère des « fils de Zébédée », ainsi que nous le lisons dans la péricope évangélique lue en cette fête de Saint Jacques le Majeur – cf. Matth. XX, 20-23), mais nous y trouverons immanquablement une part au Calice de Notre-Seigneur Jésus-Christ, puis une couronne immarcescible et éternelle dans le Royaume des Cieux.

Domine, salvum fac Regem,
et exaudi nos in die qua invocaverimus Te !

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur,
prieur de la Confrérie Royale.

Blason de la Confrérie Royale

2026-142. Protestation de Sa Majesté au sujet de l’acte de vandalisme perpétré sur le monument du Comte de Chambord.

Jeudi 23 juillet 2026 au soir.

Vandalisme monument du Comte de Chambord - 1

       Dans la nuit du 12 au 13 juillet derniers, le monument élevé en 1891 à Sainte-Anne d’Auray pour célébrer la mémoire de S.M.T.C. le Roi Henri V de France, communément appelé « Comte de Chambord », a été vandalisé.
Des « tags » supposés représenter des cocardes tricolores ont été grossièrement figurés sur le socle et les statues, tandis que le mur d’enceinte a été chargé de cette inscription : « Que demande le peuple ? Qu’on lui coupe la tête ».

   Certains y voient l’œuvre d’ « antifas », d’autres attribuent le fait à quelques « républicains de gauche » locaux. Nous n’avons pas de certitude pour l’instant évidemment.
La nouvelle n’a vraisemblablement pas été très répandue jusqu’à ce jour : les premiers à l’avoir fait – le 20 juillet – sont les responsables du site intitulé « L’Observatoire des Violences Politiques » qui ont également publié une courte vidéo (
malheureusement pleine d’exclamations grossières et vulgaires) que l’on peut retrouver > ici.
Ensuite l’hebdomadaire « Valeurs Actuelles » a publié ce 22 juillet en milieu de journée un article un peu plus circonstancié, que l’on pourra retrouver > ici, qui cite deux phrases – ou bribes de phrases – de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, contacté par le journaliste ou la rédaction de cet organe de presse.
A ce jour, nous ignorons si Sa Majesté envisage de publier un communiqué sur ses propres réseaux sociaux.

   Voici, quoi qu’il en soit, ces deux citations :

   « J’admets avoir été choqué par cet acte de vandalisme aussi inutile qu’irrespectueux. La profanation d’un monument dédié à la mémoire de mon grand-oncle le Comte de Chambord n’atteint pas seulement la pierre : elle blesse notre patrimoine et notre histoire. Les convictions politiques ne sauraient jamais justifier le vandalisme, car une nation qui ne laisse plus le repos aux morts et ne respecte plus son patrimoine s’appauvrit elle-même », déplore Louis de Bourbon, duc d’Anjou,

   « Cessons les actes de division, et respectons la mémoire des lieux, et le débat civilisé », implore Louis de Bourbon.

   Si Sa Majesté a profondément raison sur le fond, nous ne pouvons néanmoins nous empêcher de penser que les responsables de tels actes sont en fait à mille lieues de la capacité d’envisager de se comporter avec des manières respectueuses du patrimoine, de l’histoire, des lieux et des personnes, et que le « débat civilisé » est le dernier de leurs soucis…

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Vandalisme monument du Comte de Chambord - 2

2026-141. 15 août 2026 : fête de l’Assomption au Mesnil-Marie.

Samedi 15 août 2026

Fête de l’Assomption de Notre-Dame

Fête patronale de la France

Champaigne - Vœu de Louis XIII - musée des beaux-arts Caen

       Très chers Amis,

   L’un des prêtres de la Confrérie Royale sera présent au Mesnil-Marie les vendredi 14, samedi 15 et dimanche 16 août prochains, ce qui nous permet d’envisager la célébration ici-même des fêtes de l’Assomption de la Très Sainte Mère de Dieu, de la manière la plus exacte possible en conformité avec la tradition catholique française et légitimiste.

   Les personnes qui sont intéressées voudront bien se mettre en contact avec nous dans les meilleurs délais pour se faire connaître et parler des modalités pratiques de ces journées : il suffit pour cela de nous envoyer un message au moyen de l’espace des « commentaires » ci-dessous (ce ne sera pas publié).
Nous vous en remercions !

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