Archive pour la catégorie 'Chronique de Lully'

2018-13. Du respect des grandeurs d’établissement.

Vous savez bien que, nous autres chats, sommes très attentifs à tout ce que font nos humains de compagnie et nous montrons toujours très vigilants dans l’observation de leur monde, de leurs manières de faire et de se comporter…
L’univers, principalement catholique et légitimiste, dans lequel la divine Providence m’a placé, s’il est relativement préservé n’en comporte pas moins ses fragilités et ses défaillances qui, pour la plupart du temps, sont dues aux influences de la décadence généralisée qui s’étale en ce siècle.
J’avais constaté en particulier, par des observations directes ou par les échos transmis par des personnes amies, combien certains légitimistes – dont l’attachement sincère et profond à la Légitimité ne peut être mis en doute – pouvaient parfois adopter un ton familier pour parler de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, notre Roi de jure
Si je suis absolument ennemi de toute forme de « culte de la personnalité » – ce que la saine révérence due au Souverain légitime n’est pas -, comme aussi de toute forme de politesse qui ne serait qu’un vernis de surface sans authenticité, je le suis tout autant des familiarités. J’aime en particulier à rappeler que, avant la funeste révolution, un sujet respectueux ne désignait même jamais son Souverain par un pronom : il était considéré comme irrespectueux de dire « je l’ai vu » mais il convenait de dire « j’ai vu le Roi » ou « j’ai vu Sa Majesté ». Les saints eux-mêmes ne dérogeaint pas à ces usages, ils s’en montraient au contraire les observateurs d’autant plus scrupuleux qu’ils voyaient toute la profonde réalité spirituelle qui s’y rattache.
Nous nous entretenions de cela avec mon papa-moine, et nous en avons également conféré avec notre excellent ami le Révérend Père Jean-François Thomas, qui partage nos sentiments, et comme il excelle à écrire les choses avec autant d’acuité quant au fond que d’élévation quant à la forme, je lui ai demandé s’il consentait à rédiger un article sur ce sujet.
Qu’il soit chat-leureusement remercié d’avoir accédé à ma demande et de s’en être acquitté avec autant de maestria !

Patte de chat Lully.

Fleur de lys

Louis XIII avec la France et la Navarre - Simon Vouet 1624

Louis XIII en majesté accompagné des figures allégoriques de la France et de la Navarre
(Simon Vouet – 1624)

Fleur de lys

Du respect des grandeurs d’établissement

Une des nombreuses destructions révolutionnaires, – présente aussi dans la Constitution américaine dont les pères maçons partageaient les mêmes convictions que les esprits des Lumières -, est celle de la politesse et du respect qui régissent les relations harmonieuses entre les êtres appartenant à différents groupes dans une même société. La révolution française imposa le tutoiement généralisé et pas seulement l’abandon des titres et des privilèges. Elle toucha ainsi au cœur ce que la langue française possédait de plus subtil et de plus raffiné. Certes, cette crise de folie où désormais tout le monde s’apostrophait par des « citoyen » et des « citoyenne » s’apaisa avec la naissance du premier Empire et surtout l’avènement de la Restauration, mais les peuples de France en demeurèrent profondément marqués, à jamais.

La vague révolutionnaire de mai 1968 reprit les mêmes slogans, les « camarades » remplaçant les « citoyens ». Le désir de faire table rase de toute autorité naturelle ou d’établissement fut identique à celui qui anima les sans-culottes. Depuis cette époque, l’usage du tutoiement universel s’imposa de nouveau, dans toutes les couches sociales, y compris dans l’Eglise où le bas et le haut clergé découvrit soudain les vertus d’une familiarité égalitaire, symptôme de la crise d’autorité qui rongeait le corps tout entier.

Notre héritage est donc lourd et débilitant en ce domaine. Nous avons oublié depuis bien longtemps la sage distinction pascalienne entre grandeurs naturelles et grandeurs d’établissement qu’il serait bien utile de se remémorer :

« Il y a dans le monde deux sortes de grandeurs ; car il y a des grandeurs d’établissement et des grandeurs naturelles. Les grandeurs d’établissement dépendent de la volonté des hommes, qui ont cru avec raison devoir honorer certains états et y attacher certains respects. Les dignités et la noblesse sont de ce genre. En un pays on honore les nobles, en l’autre les roturiers, en celui-ci les aînés, en cet autre les cadets. Pour quoi cela? Parce qu’il a plu aux hommes. La chose était indifférente avant l’établissement: après l’établissement elle devient juste, parce qu’il est injuste de la troubler
Les grandeurs naturelles sont celles qui sont indépendantes de la fantaisie des hommes, parce qu’elles consistent dans des qualités réelles et effectives de l’âme ou du corps, qui rendent l’une ou l’autre plus estimable, comme les sciences, la lumière de l’esprit, la vertu, la santé, la force.
Nous devons quelque chose à l’une et à l’autre de ces grandeurs; mais comme elles sont d’une nature différente, nous leur devons aussi différents respects.
Aux grandeurs d’établissement, nous leur devons des respects d’établissement, c’est-à-dire certaines cérémonies extérieures qui doivent être néanmoins accompagnées, selon la raison, d’une reconnaissance intérieure de la justice de cet ordre, mais qui ne nous font pas concevoir quelque qualité réelle en ceux que nous honorons de cette sorte. Il faut parler aux rois à genoux; il faut se tenir debout dans la chambre des princes. C’est une sottise et une bassesse d’esprit que de leur refuser ces devoirs 
» (Deuxième Discours sur la condition des grands).

Refuser de reconnaître et de respecter les grandeurs d’établissement est donc se condamner à négliger les grandeurs naturelles qui peuvent être présentes en un même homme. Rayer de la carte le respect dû à l’autorité selon son rang est se précipiter dans le chaos et le désordre de relations humaines où tous nagent dans un identique marigot.

Pourquoi donc rappeler ce qui semble couler de source ? Tout simplement parce que nous sommes tous touchés par cette habitude de familiarité dévastatrice, y compris au sein des chapelles catholiques traditionalistes et des Français légitimistes. La goujaterie et le laisser-aller dans les moindres rapports humains sont aujourd’hui monnaie courante. L’enfance et la jeunesse, qui reçoivent peu d’éducation en ce domaine, ne sont pas les seuls à souffrir de cette maladie transmise par leurs parents et par leurs familles. Comment nous adressons-nous à nos aînés, à ceux qui sont revêtus de quelque autorité humaine ou divine ? Que transmettons-nous à ceux qui dépendent de notre exemple et de notre enseignement ? De quelle façon parlons-nous des personnes auxquelles nous avons des devoirs de reconnaissance de grandeurs d’établissement, indépendamment de leurs qualités et de leurs vertus personnelles ? Il est par exemple préférable de parler de tout pape régnant comme du « Saint Père » ou du « Souverain Pontife ». Cette marque de respect n’est point lâcheté ou refus de reconnaître les limites humaines de tel ou tel de ces successeurs de Pierre. Elle permet au contraire, dans un second temps, de réfléchir calmement, sans passion et sans vulgarité, à ce qui mérite analyse ou désaccord.

En ce qui regarde notre manière de parler, en privé ou en public, du Prince légitime dont la république a confisqué le trône, le bilan n’est pas plus glorieux. Pourtant son nom est prononcé par le prêtre dans le Canon de la messe, au sein du silence sacré, après celui du Pape régnant et de l’évêque du lieu. Il est le roi que Dieu nous donne, et cette mission dépasse ses péchés personnels et ses manquements. Ce choix divin mérite respect, en toute occasion, et ne permet aucune familiarité, fût-elle enturbannée du prétexte d’un attachement affectueux. Le Roi n’est appelé par son prénom que dans la liturgie de l’Eglise car tous les baptisés sont égaux dans le cœur de Dieu et qu’elle parle alors au nom du Christ, comme le Christ lui-même s’adressant à ses apôtres par leurs prénoms.
Nous n’avons aucun droit, sous le couvert d’une amitié, d’une proximité, d’une affection, de déroger à ce principe régulant les grandeurs d’établissement.
Parler de « Louis », à plus forte raison de « Loulou », en public ou même dans un cercle restreint, est non seulement de très mauvais goût mais reflète à quel point l’influence de la révolution, qui avait fait du Roi un « Capet », a miné notre bon sens, notre respect des grandeurs et de l’autorité.

La paysannerie française du XVIII° siècle, – usage qui s’est poursuivi d’ailleurs très longtemps dans nos campagnes -, possédait une politesse royale lorsqu’il s’agissait de montrer le respect entre les générations : non seulement les enfants vouvoyaient leurs parents, mais les parents vouvoyaient leurs enfants. Cette noble distance permettait aux plus pauvres de garder la dignité dont ils étaient revêtus comme d’autres Christ.
Les apôtres n’appelèrent jamais Notre Seigneur par son nom, mais toujours par des titres révélant son autorité hors du commun. Dans les humbles tâches partagées par le Christ avec ses disciples, comme lorsqu’ils remontaient les filets ensemble, le Maître demeurait tel et la crainte respectueuse habitait ces futurs pêcheurs d’hommes.

Notre Roi terrestre, même s’il n’est pas couronné et ne siège pas sur son trône, mérite le respect qui lui est dû car il a été choisi par Dieu lui-même. Seul Dieu et son Eglise s’adressent à lui en l’appelant Louis. Puissions-nous retrouver, dans toute sa simplicité et sa pureté, cette politesse française exquise et mesurée qui fit la réputation de notre royaume pendant plusieurs siècles. Elle est un signe, certes très terrestre mais inspiré par le Ciel, de notre attachement à l’autorité de Dieu.

Père Jean-François Thomas s.j.
II° dimanche de Carême
25 février 2018

Fleur de lys

2018-12. Du Saint Mors de Constantin que l’on vénère en la cathédrale Saint-Siffrein de Carpentras.

Vendredi de la 1ère semaine de Carême,
Quatre-Temps de printemps,
Fête des Saints Clous et de la Sainte Lance de Notre-Seigneur.

Fleur de Lys

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Parmi les fêtes anciennes qui n’appartiennent pas au calendrier romain universel mais au calendrier propre de certains diocèses et congrégations, se trouve, assignée au vendredi de la première semaine de carême, la fête en l’honneur des Saints Clous et de la Sainte Lance qui transpercèrent le Corps de Notre-Seigneur en Sa douloureuse Passion.
C’est la raison pour laquelle j’ai résolu aujourd’hui de vous « emmener » jusqu’à Carpentras, capitale du Comtat Venaissin, cité jadis prestigieuse dans la cathédrale de laquelle on vénère depuis le XIIIème siècle l’un des Saints Clous de la Passion connu sous le nom de « Saint Mors de Carpentras » ou, mieux encore, « Saint Mors de Constantin ».

Carpentras les toits de la ville et le clocher de la cathédrale

Carpentras :
- Le clocher de la cathédrale Saint-Siffrein dominant les toits de la vieille ville ;
- Et les armoiries de la cité : « de gueules, au Saint Mors d’Argent ».

Sainte Hélène, impératrice mère de Saint Constantin 1er le Grand, avait retrouvé à Jérusalem, on le sait, le bois de la Sainte Croix et plusieurs autres instruments de la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Selon la leçon du bréviaire pour la fête de l’Invention de la Sainte Croix (3 mai), elle apporta à son fils les Clous qui avaient servi à fixer notre divin Rédempteur au bois de Son supplice : « Clavos etiam attulit filio ».
Avec l’un d’entre eux, elle fit réaliser une lame circulaire qui fut enchâssée dans la couronne impériale, et avec un deuxième elle fit fabriquer un mors pour le cheval de bataille de Constantin. Saint Ambroise lui-même l’atteste dans l’oraison funèbre de l’empereur Saint Théodose : « De uno clavo frœnos fieri praecipit, de altero diadema intexuit (…) utroque usus est Constantinus : De l’un des Clous elle ordonna de faire un mors de cheval ; elle en enchâssa un autre dans un diadème (…) Constantin se servit de l’un et de l’autre » (St Ambroise, « De obitu Theodosii oratio » 47).

Saint Ambroise, dans le même texte, à l’encontre de ceux qui trouveraient cette manière de procéder étrange ou qui se scandaliseraient de cette transformation des Clous sacrés de la Passion, loin d’en blâmer la sainte impératrice, l’exalte au contraire comme obéissant à une inspiration céleste et comme « visitée de Dieu pour relever les rois et pour les instruire : elle place la Croix sur leur front pour qu’elle y soit adorée, la Croix dans leurs mains pour qu’elle les dirige ; la couronne est faite de la Croix, afin que la foi resplendisse ; le frein (mors) est fait de la Croix, afin que la vraie puissance gouverne ; un Clou de Jésus-Christ sur le front, où est l’intelligence, un autre Clou de Jésus-Christ dans les mains, où est le commandement. (…) Les rois abusaient de leur indépendance pour courir au vice, ils s’y précipitaient comme des êtres sans raison ; voici la Croix du Seigneur qui les domptera et qui les relèvera de leurs chutes. (…) Cette transformation des Clous de Jésus-Christ n’est donc pas de l’insolence, elle est un acte de piété : non insolentia ista, sed pietas est ! » (St Ambroise, ibid. 47, 48, 51).

Le Saint Mors de Constantin - Carpentras

Carpentras, cathédrale Saint-Siffrein : le Saint Mors de Constantin.

Il est très probable que les successeurs de Saint Constantin n’utilisèrent plus le Saint Mors pour diriger leurs impériales montures mais qu’ils le conservèrent dans la chapelle palatine avec les autres précieuses reliques qui s’y trouvaient rassemblées.

Quoique rares, les autres citations antiques qui en parlent sont néanmoins remarquables.
Ainsi le pape Vigile (élu le 29 mars 537, mort le 7 juin 555), lors du deuxième concile de Constantinople (553) prête-t-il serment en présence du Saint Mors : « Et juravit Beatissimus Papa Vigilius (…) per virtutem sanctorum Clavorum ex quibus crucifixus est Dominus Deus noster, et per sancta quatuor Evangelia, ita per istam virtutem sancti Frœni : Et le Bienheureux Pape Vigile jura (…) par la vertu des saints Clous avec lesquels fut crucifié le Seigneur notre Dieu, et par les quatre saints Evangiles, de même par la vertu spéciale du saint Mors » (Act. conc. quint. – Baluze T.1).
Un autre témoignage se trouve chez Saint Grégoire de Tours (538-594) qui rapporte comment l’empereur Justin II le jeune (vers 520-578) fut délivré d’une obsession diabolique par l’imposition du Saint Mors : « Cum tertia die Frœnum capiti collocasset, locum insidiandi inimicus ultra non habuit : quand le troisième jour il eût placé le Mors sur sa tête, l’ennemi ne trouva plus moyen de le surprendre » (St Greg. de Tours, « De gloria martyrum », liv.1 chap.6).
La mention suivante ne paraît pas avant le XIIème siècle où un chroniqueur scandinave anonyme énumère, parmi les reliques vénérées à Constantinople, « le Mors du roi Constantin ».

C’est lors de l’odieux sac de Constantinople perpétré par les croisés en 1204 que le Saint Mors disparaît de la capitale impériale.
On ne possède aucun détail sur les circonstances du larcin ni sur son auteur. Tout ce que l’on sait, c’est que le Saint Mors réapparaît vingt-deux ans plus tard dans la capitale du Comtat Venaissin, puisque en 1226 il figure sur le sceau de l’évêque Isnard.
A partir de 1260, il devient l’emblème de la ville dont les armes sont désormais : « de gueules, au Saint Mors d’argent »
.

Peut-être des documents attestant de l’authenticité du Saint Mors et racontant de quelle manière il avait été apporté à Carpentras existaient-ils dans les archives de l’évêché ou de la cathédrale, mais celles-ci furent en bonne partie détruites en 1314 dans l’incendie qui fut allumé lors de l’attaque du conclave qui suivit la mort de Clément V (nota : de ce fait le conclave, qui avait débuté le 1er mai 1314 à Carpentras, fut interrompu le 24 juillet de cette même année et ne se réunit à nouveau qu’au début du mois de mars 1316, à Lyon, et aboutit à l’élection laborieuse de Jean XXII le 7 août 1316 : l’Eglise était restée sans pape pendant deux ans et un peu plus de trois mois !).

Reliquaire du Saint Mors de Constantin

Le reliquaire du Saint Mors de Constantin dans son tabernacle
(Carpentras – cathédrale Saint Siffrein)

Le Saint Mors pèse 350 grammes. C’est, écrit Rohault de Fleury, « un véritable mors de cheval, semblable à ceux dont les Romains avaient coutume de se servir. (…) La partie intérieure, que les éperonniers appelent canon ou embouchure, est longue de 17 centimètres. Le mors est entier : c’est un filet en deux parties qui se pénètrent en formant une espèce de charnière ; l’une des boucles est entièrement soudée, l’autre est fermée à chaud et non soudée ; au canon sont attachées deux branches qui ont chancune 160 millimètres de long et 11 millimètres de diamètre. On remarque à chaque extrémité un fourreau en argent doré de 50 millimètres de long ; à l’extrémité de l’embouchure, c’est-à-dire vers le milieu des branches, pendent deux anneaux assez longs et de deux grandeurs différentes. La forge de cette pièce est difficile par son ajustement avec l’appendice des branches ; elle est soignée et apparente. On ne voit pas de trace de lime » (Rohault de Fleury, in « Mémoire sur les instruments de la Passion »).
Tous les historiens qui ont examiné le Saint Mors de près s’accordent pour affirmer qu’il s’agit bien d’un mors byzantin réalisé au IVème siècle.

Le reliquaire médiéval dans lequel il était conservé jusqu’à la révolution était en vermeil : il a – évidemment ! (c’est presque un pléonasme que de le dire) – été détruit par les patriotes qui faisaient main basse sur les métaux précieux en même temps qu’ils s’acharnaient à profaner tout ce qu’il y avait de plus saint dans tout le Royaume.
Fort heureusement, le Saint Mors lui-même échappa à la destruction ou au vol, et fut simplement déposé à la bibliothèque de la ville, où il demeura à titre de « curiosité » jusqu’à la fin de la tourmente.

Le reliquaire actuel, de style néo-byzantin en bronze doré, a été réalisé en 1872 par l’orfèvre lyonnais Thomas Joseph Armand-Calliat.
Sur un pied circulaire, orné de quatre chevaux, est érigée une tige cylindrique munie d’un nœud, comme les calices ou les ostensoirs. Sur ce nœud sont fixés quatre médaillons en émail champlevé représentant les principaux épisodes de l’histoire de la relique.
La custode dans laquelle est enfermé le Saint Mors est tapissée d’un fond damassé, blanc nacré et rouge, constellé de petits clous d’or. Elle est entourée de rinceaux entrelacés dans lesquels sont représentés quatre chérubins aux six ailes émaillées.
Le bord de la custode déroule, en lettres d’or sur un fond d’émail noir, une citation du prophète Zacharie : « In die illa erit, quod super Frœnum equi sanctum Domino omnipotenti : en ce jour-là, le Mors du cheval sera consacré au Seigneur tout-puissant » (Zach. XIV, 20).
Sur le pied est inscrite la citation de Saint Ambroise que nous avons déjà raportée au commencement de cette notice : « De uno clavo frœnos fieri prœcepit, de altero diadema intexuit ; utroque usus est Constantinus ».

autel du Saint Mors

Autel du Saint Mors
(Carpentras – cathédrale Saint Siffrein)

Je n’ai pas trouvé de prière particulière en l’honneur du Saint Mors, sinon ces versets et cette oraison liturgiques que le clergé de la cathédrale Saint-Siffrein rajoutait à l’office des laudes et des vêpres  pour célébrer la commémoraison de l’insigne relique :

Verset et oraison pour la commémoraison du Saint Clou

Pour nous, en sus, nous nous inspirerons des splendides paroles de Saint Ambroise pour supplier le Roi des rois à l’intention de Son lieutenant au Royaume des Lys :

O Dieu, dont la Providence a permis que le Saint Mors du premier empereur chrétien, Saint Constantin le Grand, forgé à partir de l’un des Clous sacrés par lesquels Vous fûtes attaché à la Croix, soit recueilli en ce Comtat qui est aujourd’hui terre de France, nous Vous prions de regarder avec miséricorde le Royaume des Lys égaré loin de Vous : daignez Vous souvenir de toutes les grâces, faveurs et promesses que Vous avez accordées à ses peuples, et, par les mérites de Votre bienheureuse Passion dont nous vénérons avec ferveur ici-bas les précieuses reliques, par l’intercession de Notre-Dame, Votre Mère très sainte debout au pied de la Croix, et à la prière de tous les saints de France, ramenez ce Royaume dans les voies de la conversion, de la pénitence et de la fidélité à Vos desseins ; rendez-lui son Souverain légitime, et donnez-lui de marcher dignement sous l’étendard sacré de la Croix.
Que Votre sainte Croix soit sur son front pour y être adorée ; que Votre sainte Croix soit dans ses mains pour les diriger ; que sa couronne soit faite de la Croix, afin que la foi resplendisse ; que son pouvoir découle de la Croix, afin que la vraie puissance gouverne ; afin qu’à sa suite, les peuples de France, soumis à Vous dans leur intelligence comme dans leurs actes, vivent dans le rayonnement de paix et d’amour de Votre divin Coeur !

Ainsi soit-il.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur.

Reliquaire du Saint Mors - la custode

Fleur de Lys

2018-11. Nous avons lu et nous avons aimé : « Un Pape dans la tourmente – Pie VI, de Rome à Valence ».

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Serge Stolf Pie VI éditions Delatour

Quatrième de couverture :

« Pie VI est le dernier pape du XVIIIe siècle, mort en 1799 en déportation à Valence, dans la Drôme. Son long pontificat a été marqué par la montée grandissante de la philosophie des Lumières dans son offensive antichrétienne et antiromaine, et par la Révolution française qui bouleversa les rapports anciennement établis entre monarchie et Eglise.
L’année 2017 marque le tricentenaire de la naissance de ce pape italien et fournit l’occasion à la présente biographie d’évoquer la personnalité d’un homme confronté à la tourmente où risqua d’être emportée la papauté.
Cet ouvrage restitue les grands moments de cet affrontement idéologique et politique qui met en jeu une conception nouvelle de la liberté et des rapports entre le pouvoir laïque et l’Eglise.

Serge Stolf est professeur émérite de l’Université Grenoble Alpes. Ses travaux portent principalement sur l’humanisme italient et latin à la Renaissance. Ses thèmes de recherche sont orientés vers l’éthique humaniste, et les liens entre culture profane et culture chrétienne. Il est l’auteur d’une biographie sur le pape Pie II qui a été primée par l’Académie française, Les lettres et la tiare : E.S. Piccolomini, un humaniste au XVe siècle. »

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Commentaires de Lully :

C’est avec un immense intérêt que nous avons appris la publication de cet ouvrage, et c’est avec un plaisir encore plus grand que nous en avons fait une lecture attentive en notre Mesnil-Marie.
D’abord parce qu’il est bien écrit.
Et ensuite parce qu’en à peine 160 pages ce livre donne une idée exacte de la personnalité du pape Pie VI et des luttes qu’il eut à soutenir : le ton est juste, précis ; la présentation des faits est rigoureuse ; de très intéressantes citations  de textes majeurs aujourd’hui malheureusement méconnus (voire totalement ignorés) apportent au récit une grande richesse, et donnent envie d’approfondir ces enseignements de Pie VI relatifs à la révolution.
Le récit des derniers jours du « ci-devant pape » (!!!) sont sobres, sans exaltation romantique, ils ne donnent que plus de force à la réalité profonde de ce drame.
Cela nous a donné le goût d’en lire davantage et c’est ainsi que, nous avons eu la bonne fortune de trouver chez un bouquiniste une édition ancienne de l’ « Histoire de l’enlèvement et de la captivité de Pie VI », de l’abbé Baldassari. C’est en résumant les récits de ce dernier, certaines indications données par Monsieur Serge Stolf dans l’ouvrage que nous présentons ici, complétés par des précisions que nous sommes allés chercher dans des ouvrages généraux d’histoire de l’Eglise et de la papauté, que nous avons pu vous présenter le récit du départ de Rome de Pie VI captif publié > ici.

Nous espérons très fermement, en 2019, pouvoir commémorer comme il convient le 220ème anniversaire de la mort de Pie VI à Valence, survenue le 29 août 1799.

« Un Pape dans la tourmente – Pie VI, de Rome à Valence »
est publié aux éditions Delatour, et peut être commandé en ligne > ici

armoiries de Pie VI

2018-10. Il y a 220 ans, le 20 février 1798, le Pape Pie VI était emmené captif par les révolutionnaires français.

1798 – 20 février – 2018

Départ de Pie VI de Rome le 20 février 1798

Départ de Rome de Sa Sainteté Pie VI escorté par les dragons français
survenu dans la nuit du 20 février 1798

Le 20 février 1798, bien avant l’aube, une voiture attelée fut amenée aux portes du palais apostolique du Vatican, un octogénaire malade et affaibli y monta avec beaucoup de peine. Bientôt l’équipage s’enfoncerait dans la nuit, en direction du nord.

Le vieillard perclus qui était emmené ainsi sous bonne escorte était Sa Sainteté le Pape Pie VI, captif des troupes françaises, contraint de quitter Rome, livrée à l’invasion, au pillage, à la révolution et au sacrilège.
Dix-huit mois plus tard (le 29 août 1799), le « ci-devant pape » – ainsi que le désignait la langue officielle – rendrait l’âme à Valence, en Dauphiné, au terme d’un incroyable chemin de croix.

tiare et clefs.gif

Né à Césène, en Romagne, le 25 décembre 1717, Jean-Ange Braschi, avait été élu au souverain pontificat le 15 février 1775 et avait choisi de prendre le nom de Pie VI, en hommage à Saint Pie V, pape de de la mise en oeuvre du concile de Trente et de la victoire de Lépante.
Son pontificat de vingt-quatre années et demi reste l’un des plus longs de l’histoire. Il en est aussi l’un des plus mouvementés et des plus dramatiques, puisqu’il vit l’aboutissement des funestes idées du « siècle des lumières » se concrétiser dans l’effroyable tourbillon de violence, de sang versé et d’impiété de la révolution.

Au-delà de tous les bouleversements politiques, le but ultime de la révolution était l’anéantissement du catholicisme.
Louis XVI aurait conservé et sa couronne et sa tête s’il avait souscrit aux mesures anti-catholiques de la révolution, et la monarchie capétienne traditionnelle n’a été combattue et abattue que parce que le Roi Très Chrétien était le rempart de la Sainte Eglise.

Il n’est évidemment pas possible de détailler ici tout ce qu’entreprit la révolution à l’encontre de l’Eglise catholique, et il faut bien garder à l’esprit que, même si pour des raisons tactiques elle a parfois fait semblant de revenir sur ses mesures persécutrices et accordé une certaine forme de liberté de culte (comme par exemple lors du traité de La Jaunaye signé avec Charette et Sapinaud en 1795), la révolution n’en poursuit pas moins l’éradication de la foi chrétienne et tend toujours et par tous les moyens à la destruction de l’Eglise.

Le Directoire (26 octobre 1795 – 9 novembre 1799) – l’histoire officielle a tendance à le faire oublier – , fut une période d’acharnement anti-catholique qui à bien des égards n’a rien à envier à la terreur robespierriste. En France, la traque contre les prêtres réfractaires y connaît un regain d’énergie, leurs emprisonnements et déportations sont remis à l’ordre du jour.
Et hors de France, le général Bonaparte reçoit du gouvernement de la première république la mission de se rendre à Rome pour y éteindre « le flambeau du fanatisme ».

En mai 1796, les troupes françaises envahirent donc la Romagne.
Pie VI, qui se savait dans l’incapacité absolue de soutenir une guerre et qui voulait par-dessus tout éviter des effusions de sang, se vit imposer par Bonaparte l’armistice de Bologne (23 juin 1796) dont les conditions étaient exhorbitantes, mais conservaient – théoriquement – au Souverain Pontife sa souveraineté territoriale et sa liberté spirituelle. Toutefois, le Directoire augmentant sans cesse ses prétentions et le peuple romain se soulevant contre les conditions exigées par les Français, Pie VI, soutenu par le Sacré-Collège unanime, rejeta les conditions de l’armistice de Bologne et tenta de trouver des soutiens du côté de l’empereur François II et du roi Ferdinand de Naples.

Lorsque Bonaparte eut connaissance des négociations entamées entre le Saint-Siège et Vienne, il envahit les Marches, s’empara d’Ancône et de Lorette (dont il pilla le trésor pour l’envoyer à Paris), et imposa aux plénipotentiaires envoyés par Pie VI – auxquels le pape avait donné la consigne de « faire tous les sacrifices, sauf en ce qui concerne la religion » – le traité de Tolentino (19 février 1797) aux termes duquel le Saint-Siège reconnaissait la république française, abandonnait ses droits sur Avignon et le Comtat venaissin, cédait à la France d’importants territoires des Etats pontificaux, s’engageait à lui payer en quatre mois la somme de 32.700.000 francs et à lui livrer des quantités d’objets d’art et de manuscrits.

Le traité de Tolentino marquait, du moins en apparence, la fin du conflit entre la France et le Saint-Siège. Les relations diplomatiques furent rétablies, et la France désigna comme ambassadeur à Rome l’un des frères du général victorieux : Joseph Bonaparte.
Ce dernier arriva dans la Ville Eternelle accompagné du général Léonard Duphot.

Or, comme dans tous les pays qui avaient été plus ou moins subjugués par les victoires françaises, à Rome même l’agitation était à son comble : des partisans des idées révolutionnaires multipliaient les troubles et fomentaient des émeutes. Le 28 décembre 1797, à l’occasion de l’une d’elles, le général Duphot qui tentait d’empêcher une bataille de rues entre les factieux et les troupes pontificales, reçut une balle qui lui fut fatale.
Joseph Bonaparte prétendit alors que l’ambassade de France avait été violée et le Directoire ordonna aux troupes françaises d’envahir l’Etat pontifical.  

Pie VI reçoit l'ordre du Directoire

Le 15 février 1798, le général Cervoni, envoyé par Berthier, présente à Sa Sainteté le Pape Pie VI l’ordre du Directoire
lui signifiant sa destitution et lui enjoignant de quitter Rome où la république a été proclamée

Le 10 février 1798, un corps de 15.000 hommes placé sous le commandement du général Louis-Alexandre Berthier, marcha sur Rome. Pie VI, qui n’était pas en mesure de repousser l’invasion, capitula. De nouvelles conditions accablantes furent imposées au Saint-Siège.
Les troupes françaises entrèrent dans la ville le 11 février.
C’était la première fois depuis le mémorable sac de 1527 perpétré par les troupes de l’empereur Charles Quint (cf. > ici) que la Ville Eternelle se trouvait envahie.
Le 15 février 1798, la république était proclamée à Rome et l’on planta, sur le Capitole, un « arbre de la liberté » surmonté du bonnet rouge. Le pape, dont on célébrait ce jour-là les cérémonies anniversaires de l’élection, déclaré déchu, était « invité » à partir. C’est le général Cervoni, envoyé par Berthier, qui avait été chargé de cette mission.
Le 16 février, les troupes françaises bivouaquèrent sur la place Saint-Pierre et prirent le contrôle de toutes les issues du Vatican. Ils allèrent même jusqu’à hisser le drapeau tricolore sur les palais apostoliques.
Berthier institua un gouvernement provisoire composé de sept consuls à la tête desquels il plaça un prêtre apostat nommé Bassal, ancien curé de Versailles.
Dès lors, les militaires français multiplièrent les vexations à l’encontre du Souverain Pontife dont on commença à préparer le départ en répandant peu à peu le bruit qu’il le ferait de son plein gré et en faisant même courir le bruit que le pape avait résolu d’abandonner l’état ecclésiastique !

Enfin, le mardi 20 février 1798, qui était la veille du mercredi des cendres, à peu près trois heures avant le lever du jour, un détachement militaire français entra dans la cour principale du palais.
L’abbé Baldassari, témoin de ces événements, raconte :
« Deux officiers français chefs de bataillon, réunirent les autres officiers qui étaient de garde au Vatican, et ils allèrent ensemble à l’appartement de Sa Sainteté ; ils témoignèrent un grand désir qu’on hâtât le départ, qui cependant avait été fixé à deux heures avant la pointe du jour. Pie VI aurait pu se rendre à leurs sollicitations ; il était prêt avant qu’on vinsse l’importuner ; mais il était impossible de partir avant que les chevaux de poste fussent arrivés. Cette raison, toute décisive qu’elle était, ne put satisfaire les officiers français ; ils s’emportèrent en blasphèmes, et leur colère ne s’apaisa que lorsqu’on vint les avertir que tout était prêt pour le départ.
Le saint Père, vêtu de la simarre blanche, avait déjà entendu la messe, à genoux, dans sa chapelle particulière, avec cette piété qu’on avait toujours admirée en lui. En sortant de l’oratoire, il prit le manteau rouge et le chapeau papal ; puis tenant d’une main la canne dont il avait coutume de se servir dans ses promenades à la campagne, et appuyé de l’autre sur le bras de son maître de chambre, il s’avança vers sa voiture de voyage. Sa figure respirait un courage tranquille. Ceux de sa maison qui se trouvaient au Vatican l’accompagnèrent silencieux et consternés ; je le suivis aussi (…).
Le saint Père étant monté dans la voiture qui lui était destinée, Mgr Caracciolo et le médecin et camérier secret de’ Rossi, tous deux en habits de prélats, se placèrent en face de Sa Sainteté ; en même temps les autres personnes de la suite montèrent dans les autres voitures, et on n’attendait plus que le moment de se mettre en route, quand les deux chefs de bataillon qui avaient eu constamment l’oeil sur Sa Sainteté, demandèrent la voiture dont ils comptaient se servir eux-mêmes. Comme on ignorait que ces deux Français eussent été choisis pour diriger le voyage, personne ne répondait. Voyant qu’on restait muet et qu’on ne leur amenait pas de voiture, ils se mirent à crier et à tempêter. Le majordome essaya de les calmer et leur dit avec douceur : qu’on avait préparé autant de voitures qu’il en fallait pour la suite du saint Père, et cela au su et avec l’approbation du gouvernement romain, et de l’autorité militaire française ; qu’on avait fait venir de la poste le nombre de chevaux accordé par le gouvernement, et nécessaire pour le voyage ; que pour ce qui les regardait, il semblait assez naturel que d’autres que le Pape et ses serviteurs eussent songé à les pourvoir de voiture. A des paroles si polies et si raisonnables, les deux officiers ne répondirent que par des gestes et des propos furibonds ; ils voulurent qu’on leur donnât sur-le-champ une voiture qui se trouvait dans la remise du palais, et ils firent dételer les chevaux d’une des voitures de la suite de Sa Sainteté pour les appliquer à leur usage. Ce furent de nouveaux frais que le Pape eut à supporter ; et les personnes de sa suite, qui occupaient la voiture dont on prit les chevaux, furent obligées de suspendre leur départ, jusqu’à ce qu’on leur permît d’en avoir d’autres, permission qui se fit attendre pendant plus d’une demi-journée.
Les deux officiers français ayant enfin commandé de partir, il survint un nouvel incident qui causa quelque trouble au saint Père. Les dragons français qui composaient l’escorte, au lieu de se tenir prêts à marcher, curieux, sans doute, de voir le Pape, se groupèrent autour du carrosse de Sa Sainteté. Au même moment on entendit de toutes parts des cris confus. Pie VI témoigna de l’inquiétude, et il tournait ses regards de côté et d’autre, pour voir d’où provenaient ces clameurs. C’étaient les deux commissaires, et ensuite tous les officiers qui éclataient en reproches et en menaces contre les soldats, dont le désordre et l’indiscipline retardaient ainsi le départ. Ces cris cessèrent enfin, et la voiture du Pape s’avança précédée et suivie d’un fort détachement de dragons. O séparation douloureuse ! il nous sembla qu’on nous arrachait le coeur ; nous nous mîmes à genoux pour recevoir la bénédiction apostolique, et le 20 février de l’année 1798, une heure environ avant le jour, Pie VI abandonna pour toujours le palais du Vatican et la ville de Rome » (« Histoire de l’enlèvement et de la captivité de Pie VI » par Monsieur l’abbé Baldassari).

Départ de Pie VI de Rome le 20 février 1798 - détail

Pie VI emmené captif par les troupes françaises le 20 février 1798
(détail de la gravure publiée en haut de page)

Pie VI, qui avait eu 80 ans le 25 décembre 1797, et qui était déjà affaibli physiquement par la maladie, commençait ainsi l’ultime étape de son pélerinage terrestre, lui auquel on attribue la sentence de la « prophétie » de Saint Malachie : « Peregrinus apostolicus – le pélerin apostolique ».
Au cours des dix-huit mois qui lui restent à vivre, il va être d’abord être emmené à Sienne, puis à la chartreuse de Florence, et enfin, par Bologne, Parme, Turin, le col du Mont-Cenis, Briançon et Grenoble, il arrivera à Valence, où il mourra d’épuisement le 29 août 1799.

armoiries de Pie VI

2018-7. Réponse faite à un « anarcho-syndicaliste stalinien autonome »…

Jeudi 1er février 2018,
Fête du Bienheureux Guillaume Repin et de ses 98 compagnons martyrs (cf. > ici) ;
Mémoire de Saint Ignace d’Antioche, évêque et martyr ;
Mémoire de Saint Sigebert III, roi d’Austrasie et martyr.

Angers - Apocalypse - cavaliers exterminateurs

Angers, tenture de l’Apocalypse : les myriades de cavaliers exterminateurs.

* * * * *

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Sur la page Facebook de la Confrérie Royale, à l’occasion de la publication faite par l’un des administrateurs d’un document sur la crise de l’Eglise en France – crise très grave à n’en pas douter – , un monsieur a publié ce commentaire : « Il nous aura fallu plusieurs siècles, mais ça y est, la fin de l’Eglise ! Enfin ! »

Pour les naïfs ou les utopistes qui s’imagineraient encore que l’Eglise du Christ peut être dans des relations fraternelles avec « le monde » (dans la plénitude du sens évangélique du terme), ce genre de réflexions et de remarques peu amènes est, à mon avis, toujours bénéfique : il faut espérer qu’elles pourront un jour dessiller les yeux de ces pigeons, et qu’elles les feront revenir de leurs illusions de « joie et d’espoir » godiches (en latin : gaudium et spes !).

La Sainte Eglise, déjà en la Personne divine de son Fondateur – Notre-Seigneur Jésus-Christ – , en ses colonnes – les Saints Apôtres -, et en ses enfants jusqu’à la consommation des siècles qui verra le moment de la victoire finale sur l’Antéchrist, sera en butte aux contradictions, oppositions et persécutions du monde.
Notre-Seigneur nous l’a assuré ; et Notre-Seigneur ne peut ni Se tromper ni nous tromper.

Mais si le Seigneur Jésus nous a infailliblement promis des persécutions, Il nous a tout aussi infailliblement prédit la victoire finale de Son Eglise : « Non praevalebunt ! Les portes de l’enfer ne l’emporteront pas sur elle… » (cf. Matth. XVI, 18).

Notre espérance ultime se fonde donc sur la parole infaillible de Notre-Seigneur, en dépit de tous les constats décourageants que nous pouvons faire sur l’état présent de l’Eglise, sur la médiocrité et la décadence généralisées du clergé, sur l’apostasie pratique (et probablement inconsciente) d’une écrasante majorité de ceux qui se prétendent catholiques, sur les ravages du modernisme, sur la persécution larvée menée par les instances politiques à l’encontre des restes de Chrétienté qui subsistent en Occident… etc.

Ni optimistes ni pessimistes, nous sommes des réalistes, et des réalistes chrétiens : cela nous garantit tout à la fois du découragement et de l’illusion béate. 
Du découragement, parce que nous savons que Dieu aura le dernier mot.
De l’illusion béate, parce que – ainsi que l’affirmait magnifiquement Gustave Thibon« (…) la vertu d’espérance (…) n’a rien à voir avec cet optimisme aveugle et béat qui se voile les yeux devant le mal et s’imagine que, quoi qu’il arrive, tout ira fatalement de mieux en mieux ; elle consiste plutôt à ne jamais se décourager ni perdre pied, quelles que soient l’épaisseur du mal et la gravité du péril » (voir le texte complet > ici).

Mais il est temps que je vous laisse prendre connaissance de l’échange avec cet « anarcho-syndicaliste stalinien autonome » (sic) venu sur la page Facebook de la Confrérie Royale et de la réponse qui lui fut faite par mon papa-moine.

pattes de chatLully.

* * * * *

Angers - Apocalypse - Ange annonçant la chute de Babylone

Angers, tenture de l’Apocalypse : un ange annonce la chute de Babylone.

* * * * *

 Réponse faite à un « anarcho-syndicaliste stalinien autonome » :

- Il nous aura fallu plusieurs siècles mais ça y est, la fin de l’Eglise ! Enfin !

- « Il NOUS aura fallu ». « Nous » ? Qui est-ce « nous » ?

- Les anarcho-syndicalistes stalinistes autonomes.

- Bah, vous n’existez pas depuis très longtemps, moins de deux-cents ans… L’Eglise a vingt siècles d’existence. Les empereurs romains pendant trois siècles, Julien l’Apostat, les divers hérétiques tout au long des siècles, les massacres et les guerres, les mahométans, les protestants, les philosophes et encyclopédistes du XVIIIème siècle, les francs-maçons, les révolutionnaires de 1789, Napoléon, les bolcheviks, les anarchistes, les nazis, les maoïstes, les khmers, les syndicalistes stalinistes – autonomes ou pas – , … etc. … etc., j’en passe des fêlés du ciboulot et des gros méchants qui avaient une puissance, militaire ou politique, inouïe, sans compter les hommes d’Eglise pervertis eux-mêmes : tous ceux-là n’y sont jamais arrivés !
N’ayez pas la prétention d’être à vous seuls aussi efficaces que vingt siècles d’ennemis acharnés réunis : ce serait un peu trop présumer de vos forces réelles.
Que l’Eglise traverse aujourd’hui une crise, une crise grave : c’est un fait.
Qu’elle disparaisse totalement, cela ne sera pas !
Vous pourrez tuer des chrétiens, détruire des églises et des couvents, confisquer nos biens, nous envoyer en camps de concentration ou de rééducation, nous torturer, en faire apostasier certains, bombarder le Vatican et zigouiller un pape ou deux… etc.
L’Eglise subsistera !

* * * * *

Angers - Apocalypse - Victoire de Saint Michel

Angers, tenture de l’Apocalypse : victoire de Saint Michel et de ses anges sur le dragon et les anges rebelles.

2018-3. Que vous ne laissiez jamais en vous diminuer ou se corrompre vos idéaux les plus purs et les plus nobles…

A l’occasion de mes « voeux félins » du 1er janvier (cf. > ici), je vous promettais ceux de Frère Maximilien-Marie ;
mais notre Frère voulait que ma présentation de la châsse des Saints Rois Mages à Cologne fût publiée avant que de
 vous écrire à l’occasion de notre entrée dans l’an de grâce 2018…

Fleur de Lys

Samedi 13 janvier 2018,
Octave de l’Epiphanie,
1485ème anniversaire de la mort de Saint Remi de Reims (+ 13 janvier 533).

Cathédrale de Cologne - châsse des Saints Rois Mages

Cathédrale de Cologne : exposition de la châsse renfermant les corps des Saints Rois Mages

 Fleur de Lys

Bien chers Amis, 

Même si nous allons rester encore dans le temps de la contemplation du mystère de Bethléem jusqu’au jour de la Purification de Notre-Dame, le 2 février, ce jour de l’octave de l’Epiphanie met en réalité un terme aux célébrations liturgiques de Noël : dès ce dimanche 14 janvier nous retrouvons les ornements de couleur verte pour un peu de temps, et le dimanche 28janvier nous entrerons déjà dans le cycle de Pâques avec le temps de la Septuagésime.
Il est donc bien temps que je vous adresse mes vœux de

« Bonne, heureuse et sainte année 2018 !»

Pourtant l’esprit dont le Cœur de Notre-Seigneur Jésus-Christ donne l’exemple à la Crèche doit demeurer dans nos âmes et dans notre vie quotidienne tout au long de l’année et doit transcender la routine des jours, des semaines et des mois qui se suivent : cette terrible routine qui menace impitoyablement d’éroder et de ruiner les meilleures de nos résolutions, les plus généreuses de nos dispositions et les volontés les plus déterminées !

Avec les souhaits – qui, bien davantage que de simples souhaits, sont des prières déposées à votre intention dans le Cœur de Jésus et Marie – traditionnels pour une « bonne santé » (laquelle est si nécessaire pour mener à bien les tâches de chaque jour), ou du moins de force – physique, morale et spirituelle – pour avancer sans cesse malgré les épreuves qui, inéluctablement, se présenteront, je forme des vœux fervents, et je prie, pour que vous viviez toujours davantage et plus intensément de toutes ces vertus qui donnent tant de paix intérieure, en dépit de toutes les tempêtes extérieures, et qui procurent tant de bonheur à tous ceux qui nous entourent ou nous approchent.

Surtout je souhaite que vous ne laissiez jamais en vous diminuer ou se corrompre vos idéaux les plus purs et les plus nobles, que vous n’abdiquiez jamais votre quête de sagesse et que vous ne commettiez jamais l’erreur de cesser de vouloir progresser encore et toujours !

De ces dispositions, les saints et fascinants Rois Mages sont un merveilleux exemple qu’il est bon et consolant de garder bien présent à l’esprit et au cœur.

Trois saints Rois

Pour le reste, beaucoup d’entre vous suivent déjà de manière plus ou moins régulière les nouvelles du Refuge Notre-Dame de Compassion, soit au moyen des « infolettres », soit grâce à ce blogue du Maître-Chat Lully, soit par les publications quotidiennes sur ma page Facebook (visible même par ceux qui ne possèdent pas de compte sur ce réseau social), pour les autres je résumerai l’année 2017 qui s’est achevée par ces quelques notations :

- Ma santé, celle d’un vieillard qui se trouve dans sa 56ème année, sans jamais être flamboyante (problèmes hépatiques et digestifs récurrents, grande vulnérabilité à la fatigue, nécessité de séances de kiné régulières en raison du mauvais état de ma colonne…) se maintient pour me permettre de faire tant bien que mal ce que j’ai à faire. Vers la fin du dernier carême, une chute alors que je travaillais à construire un muret, m’a valu la « joie » de me casser trois côtes, et un examen réalisé cet automne a confirmé que je faisais des apnées du sommeil (moyenne de 36 apnées/h).

- Mes activités monastiques habituelles de prière et d’étude sont « complétées » par énormément de contacts : gens de passage qui viennent chercher une écoute ou des conseils ; associations en lien avec le patrimoine et la culture dans lesquelles je suis investi ; activité de correspondant local de presse pour le village de Saint-Martial ; soins aux brûlés ou personnes en traitement de radiothérapie…

- Le « combat légitimiste » – qui est une composante essentielle de ma vocation, me prend également pas mal de temps : à la responsabilité du Cercle Légitimiste du Vivarais, fondé en 2015 et érigé en association de droit (association loi 1901) à l’automne, s’ajoute désormais ma désignation comme prieur de la Confrérie Royale, laquelle se développe paisiblement et rayonne chaque jour davantage, malgré les oppositions et contradictions qu’elle suscite parfois.

Je demande pardon à ceux qui ne reçoivent pas de réponse rapide à leurs courriers ou courriels et les prie de bien vouloir faire preuve encore de patience : je ne vous oublie pas, mais tout s’accumule de manière exponentielle et il y aurait actuellement du travail pour plusieurs secrétaires, que je n’ai évidemment pas !!! Certains jours je reçois plus de 200 messages qu’il faut lire, trier selon les urgences… etc.

Je remercie très chaleureusement tous ceux qui, par leurs dons ponctuels ou réguliers, me permettent de vivre, de me déplacer (l’entretien et le carburant de la voiture – indispensable – sont de plus en plus coûteux), d’assurer quelques travaux à l’intérieur ou à l’extérieur du Mesnil-Marie (toujours en chantier) : parmi les dépenses à venir se trouvent la commande d’une nouvelle soutane, une intervention sur le démarreur de l’auto qui donne des signes de faiblesse, une intervention du menuisier au niveau de l’oratoire, des travaux d’abattage d’arbres pour lesquels je dois faire appel à un élagueur professionnel… et, si possible, des travaux de forage pour le captage d’une source repérée à la fin de l’été. Pour tout cela, une fois encore : « Providence divine du Cœur de Jésus, pourvoyez-y ! »

En vous redisant mes vœux et mon amitié fidèle, je vous reste uni,
in Corde Iesu & Mariae.

                                             Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur.

Pour aider le Refuge ND de Compassion > ici

Blason Frère Maximilien-Marie

2018-1. Voeux du Maître-Chat Lully pour l’an de grâce 2018.

Lundi 1er janvier 2018,
Fête de la Circoncision de NSJC.

SAS Mgr le Maître-Chat Lully 1er janvier 2018

Son Altesse Sérénissime Monseigneur le Maître-Chat Lully
(photo officielle du Jour de l’An 2018)

houx guirlande.gif

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

« ♫ ♪ ♫ Bon jour, bon mois, bon an et bonne estraine… ♪ ♫ ♪ » : c’est en fredonnant ce fameux rondeau de Guillaume du Faÿ que Frère Maximilien-Marie m’a soulevé de terre, serré tendrement dans ses bras, tout en esquissant de petis pas de danse médiévale et me câlinant pour me souhaiter la bonne année, lorsqu’il s’est levé ce matin.

Un peu plus tard dans la matinée il m’a dit : « Maître-Chat, je serais ravi si c’était toi le premier à adresser nos voeux à tous nos amis. Pour moi, je compte leur écrire un peu plus tard. Si tu le veux, pour illustrer tes propos, tu iras choisir des images anciennes dans ma collection ».
Je ne me le suis pas fait dire deux fois, parce que je raffole explorer les dossiers dans lesquels mon papa-moine range les innombrables images anciennes qu’il collecte avec autant de patience que de passion.

Bien sûr, je n’ai pas boudé mon plaisir en trouvant un dossier de petites cartes anciennes sur lesquelles ce sont les plus nobles et les plus parfaites de toutes les créatures animales – non, ce n’est pas de l’orgueil, c’est simplement la juste reconnaissance des merveilles que le divin Créateur a accomplies en nous et le reconnaître n’est qu’une marque de notre humilité – qui illustrent les voeux du nouvel an.
Et puisque la journée avait commencé par des réminiscences de musique ancienne, j’ai jeté mon dévolu sur les cartes qui montraient des chats faisant de la musique.
Ce seront donc en quelque sorte les étrennes du Mesnil-Marie que ces images choisies à votre intention, accompagnées de modestes quatrains décasyllabiques que j’ai inventés pour vous en m’inspirant des chants populaires que l’on interprêtait jadis au jour de l’an en se rendant par petits groupes de porte en porte…

pattes de chat Lully.

Chats Bonne Année 1

Pour qu’elle vous soit bonne et heureuse,
Très chers Amis, cette nouvelle année,
Ce sont moultes grâces précieuses
Que j’implore Dieu de vous accorder.

Quand de la cloche la voix bénite
Vers notre oratoire nous fait monter,
Vos intentions en nos coeurs habitent
Et sont au Dieu tout-puissant présentées : 

Chats Bonne Année 2

A nos amis, Seigneur, faîtes grâce !
Pour que leurs vies soient comme un beau concert
Dans lequel votre puissance efface
Les notes fausses, les notes de travers !

Chats Bonne Année 3

Que règne une juste et pure harmonie
Dans leurs coeurs, dans leurs âmes, dans leurs corps ;
Qu’ils mênent une heureuse et féconde vie ;
Que, contre le mal, ils se montrent forts !

Chats Bonne Année 4

La farandole des jours qui passent
Parfois lourde de si cruels chagrins
Ne pourra entamer leur audace
Si les soutient votre puissante main !

Chats Bonne Année 5

Toujours, qu’un  mâle et ardent courage
Les affermisse et fortifie leurs coeurs ;
Grandissant en grâce autant qu’en âge,
Qu’ils marchent vers votre éternel bonheur.

Chats Bonne Année 6

Et dans votre Cité du Ciel, un jour,
Nous espérons être tous réunis,
Chantant avec les anges votre amour
Et votre miséricorde infinie !

Chats Bonne Année 7

houx guirlande.gif

Invocations pour le début de l’année nouvelle > ici

2017-99. La préférée de Dieu.

Que Jésus embaume notre âme des vertus de la Crèche

« Que Jésus embaume notre âme des vertus de la Crèche. »
Mgr de Ségur

Voici une petite bande dessinée qui fut réalisée par Frère Maximilien-Marie à la fin du mois de décembre de l’année 1990. Il me semble que je n’ai pas besoin d’y ajouter de commentaires…

Patte de chat Lully.

Guirlande de Noël

La préférée de Dieu (1ère partie)

La préférée de Dieu (2nde partie)

Lanterne de Noël

Voir aussi :
- Quand l’année s’achève : « Dialogue d’une âme fatiguée avec son Seigneur » (Marie Noël) > ici
- Pour le dernier jour de l’année civile : « Te hominem laudamus » (Marie Noël) > ici
- Conte de Noël : « Le Noël de celui qui n’est pas venu » (Marie Noël) > ici
- Conte de Noël : « La dernière visiteuse » (Frères Tharaud) > ici
« A l’an que vèn, se sian pas mai que sian pas mens ! » > ici
- Invocations pour le début de l’année nouvelle > ici
- Etrennes sous forme d’images pieuses « vintage » > ici
- Et la série de réflexions intitulée « Métaphysique des voeux » à partir d’ > ici

Publié dans:Bandes dessinées, Lectures & relectures |on 30 décembre, 2017 |4 Commentaires »

2017-98. Rappel à Dieu de la grand’mère maternelle de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon.

Deuil de Madame la Duchesse de Franco

Vendredi 29 décembre 2017.

Nous avons appris en fin de matinée, ce vendredi 29 décembre 2017, le rappel à Dieu de Madame la Duchesse de Franco, Grande d’Espagne, veuve du marquis de Villaverde, et grand’mère maternelle de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, Duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX.

Avec la Confrérie Royale,
avec l’Union des Cercles Légitimistes de France,
avec le Cercle Légitimiste du Vivarais Abbé Claude Allier,
avec tous les fidèles serviteurs de la Royauté capétienne traditionnelle
et tous les Légitimistes de France et de Navarre,

le Refuge Notre-Dame de Compassion
s’associe à la peine de la Famille Royale,
lui adresse ses plus profondes et respectueuses condoléances
et prie pour le repos de l’âme de Madame la Duchesse.

Madame la Duchesse de Franco

Fille unique du Généralissime Francisco Franco, née à Oviedo le 14 septembre 1926, Maria del Carmen Franco y Polo, première duchesse de Franco, Grande d’Espagne, épouse (et veuve) du marquis de Villaverde, est décédée ce vendredi matin 29 décembre 2017 à son domicile madrilène. 

Il y a quelques semaines, avait été annoncé que Madame la Duchesse souffrait d’un cancer en phase terminale.
Elle a reçu les derniers sacrements le jeudi 28 décembre, alors que la Princesse Marie-Marguerite de Bourbon, Duchesse d’Anjou, se trouvait auprès d’elle.

Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, son petit-fils, de jure SMTC le Roi Louis XX, qui a vécu chez elle pendant une dizaine d’années et se trouvait affectivement très proche d’elle, a lui-même annoncé son décès en ces termes :

« Dieu a rappelé Man (Note : Man était le surnom affectueux donné à Madame la Duchesse dans l’intimité familiale), Paix à son âme ; mais elle n’est pas partie : elle sera toujours dans mon cœur. Elle est passée discrètement durant 91 ans laissant des souvenirs fabuleux à toutes les personnes l’ayant connue et à moi, un grand vide.
Chère Man, vous serez toujours ma super grand-mère, ma deuxième mère, un de mes piliers et un exemple à suivre.
Vous avez été une grande chrétienne avec beaucoup de valeurs et d’une grande bonté ; vous aimiez voyager et découvrir d’autres lieux, vous étiez une des personnes des plus cultivées que j’ai pu connaître, d’une grande mémoire et toujours informée de tout ce qui se passe. [...] ; m’impressionnait la grande dame que vous avez toujours été, avec votre sang-froid, votre élégance, votre intégrité, votre sérénité, votre joie, votre patience, votre sincérité, votre force et votre ouverture d’esprit.
S’il fallait vous définir vous-même, je répéterais ce que mon cousin a dit : « Man est Man ».
Je vous aime. »

Louis de Bourbon, Duc d’Anjou.

[Texte traduit et diffusé par le Secrétariat de Monseigneur le Duc d'Anjou]

Prince Louis & Enfants de France avec la Duchesse de Franco

Madame la Duchesse de Franco, en compagnie de son petit-fils, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon
et de ses arrière-petits-enfants : (de gauche à droite) Monseigneur le Prince Alphonse, Duc de Berry, Monseigneur le Prince Louis, Dauphin de France et Duc de Bourgogne, et Madame la Princesse Eugénie.

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