Archive pour la catégorie 'Chronique de Lully'

2018-74. De Simone Weil ; du témoignage que lui a rendu Gustave Thibon ; et de son baptême in articulo mortis.

1943 – 24 août – 2018

75ème anniversaire de la mort
de
Simone Weil

Simone Weil

Simone Adolphine Weil est née à Paris le 3 février 1909.
Son père, Bernard Weil est issue d’une famille israélite d’origine alsacienne installée à Paris depuis plusieurs générations.  Sa mère, Salomea, était née dans l’empire russe. Trois ans avant Simone, était né un garçon, André, qui sera l’un des plus célèbres mathématiciens du XXe siècle (mort à Princeton, aux Etats-Unis, en 1998).
Bernard Weil étant chirurgien militaire, sa famille le suivra dans ses diverses affectations au cours de la première guerre mondiale. Simone n’a reçu aucune éducation religieuse. Elle écrira plus tard : « J’ai été élevée par mes parents et par mon frère dans un agnosticisme complet ».
A l’âge de 16 ans, au mois de juin 1925, elle est reçue au baccalauréat de philosophie. Après trois ans de classes préparatoires au Lycée Henri IV, où elle suit les cours du philosophe Alain, elle entre à 19 ans (1928) à l’Ecole normale supérieure. Reçue à l’agrégation de philosophie à 22 ans (1931) elle commence alors à enseigner dans divers lycées de province, en particulier au Puy-en-Velay où elle va prendre fait et cause pour les ouvriers en grève et soutenir le mouvement syndicaliste marxiste, ce qui causera un scandale.
Au cours de l’été 1932, elle se rend en Allemagne pour étudier la montée en puissance du mouvement national-socialiste qu’elle analyse avec une grande lucidité. Pendant l’année universitaire 1934-1935, elle abandonne l’enseignement pour embrasser la condition ouvrière : travail à la chaîne, conditions de travail avilissantes, rebuffades, faim, épuisement… Elle en gardera des maux de tête qui ne la quitteront plus. Elle reprend l’enseignement, prend une part active aux grèves de 1936, puis – malgré un pacifisme déterminé – s’engage un temps aux côtés des « rouges » au début de la guerre civile en Espagne. Rien de tout cela ne le prédestinait à se rapprocher du christianisme, tout au contraire !

Pourtant, dès l’automne 1935, en voyage au Portugal, elle est bouleversée par les chants « d’une tristesse déchirante » d’une procession de femmes et elle en retire « la certitude que le christianisme est par excellence la religion des esclaves » (sic) et qu’elle ne peut pas faire autrement que d’y adhérer !
En 1937, alors qu’elle s’est rendue à Assise, dans la chapelle de la Portioncule (Notre-Dame des Anges), elle est saisie par « quelque chose de plus grand que moi » qui la contraint à se mettre à genoux pour la première fois de sa vie.
Enfin, pour la Semaine Sainte 1938, elle va suivre tous les offices à l’abbaye de Solesmes, découvrant la Passion du Christ qui entre en elle à travers la beauté des paroles et des chants de la liturgie. Peu de temps après, elle vit une véritable expérience mystique qu’elle décrit sans fioriture par ces mots :  « Le Christ lui-même est descendu et m’a prise ».
Elle prend alors contact avec des prêtres, des religieux, qu’elle interroge. Elle étudie aussi les autres religions, découvre et approfondit Saint Jean de la Croix et Saint Thomas d’Aquin…
Un dominicain de Marseille, le Rd. Père Joseph-Marie Perrin (1905-2002) devient l’un de ses interlocuteurs privilégiés et va jouer un rôle essentiel dans sa maturation spirituelle. C’est lui qui, en juin 1941, envoie un courrier à Gustave Thibon pour lui demander d’accueillir Simone au Mas de Libian, à Saint-Marcel d’Ardèche.

En effet, en juin 1940, la famille Weil a fui la capitale et a trouvé refuge à Marseille : c’est à ce moment que Simone a pris contact avec le Rd. Père Perrin pour l’interroger sur le dogme catholique, qui, d’une certaine manière, la rebute autant qu’il l’attire.
La demande du Père Perrin à Thibon n’enthousiasme pas ce dernier qui a raconté :
« La première rencontre s’est produite au carmel d’Avignon, dont j’étais l’ami à l’époque. Je lui ai donné rendez-vous pour discuter de son séjour chez moi, car le Père Perrin, un excellent ami, m’avait écrit au printemps de 1941 : « J’ai dans mon bureau une jeune fille israélite, agrégée de philosophie et militante d’extrême gauche, qui désirerait faire un  séjour à la campagne et participer aux travaux agricoles ». Elle était alors exclue de l’enseignement par les lois d’exception qui sévissaient à l’époque. Inutile de vous dire que je fus d’abord un peu alarmé à la pensée de garder quelqu’un chez moi pendant des semaines et peut-être des mois, mais, je ne sais pourquoi, pour obliger un ami, parce que les Juifs étaient repoussés ou persécutés à ce moment-là, j’ai cru devoir accepter et nous nous sommes donné rendez-vous à Avignon. Là, nous nous sommes mis d’accord sur les conditions de son séjour et, quelques jours après, elle est arrivée « avec armes et bagages », comme elle disait, à l’autobus du soir » (in « Entretiens avec Christian Chabanis » p.111).
Dans d’autres circonstances, notre cher Gustave racontait, non sans humour, que dès le premier coup d’œil lors de cette première rencontre, il avait été en quelque sorte choqué par le peu de soin que Simone accordait à sa tenue vestimentaire : « Mon Dieu, qu’elle était mal fagotée ! », nous disait-il avec une expression inimitable !!!
Il continue : « C’est ici que je l’ai accueillie. Elle a passé plusieurs semaines, participant aux travaux agricoles qu’elle faisait de son mieux, mais trouvant toujours qu’elle était trop bien traitée. Une très grande amitié s’est nouée entre nous immédiatement. Elle a demandé ensuite à travailler dans une équipe d’agriculteurs où elle serait inconnue, où elle pourrait partager le sort des travailleurs anonymes, car elle avait l’idée très ancrée – et c’était un des leitmotive de son existence – que pour connaître le réel dans son âpreté, dans sa crudité, il faut n’avoir aucun de ces « rembourrages » qui sont fournis par les titres, les diplômes, les amitiés, la fortune, etc., qui amortissent le choc de la dure nécessité, et par conséquent se trouver au plus bas de l’échelle sociale, de façon à recevoir toute la pesanteur de ce monde ; pour cela, être ouvrier anonyme lui paraissait la condition la plus favorable. C’est précisément ce qu’elle a fait. Mais, pendant le séjour de quelques semaines qu’elle a fait chez moi, je ne dirai pas que ce fut une rencontre, mais la rencontre. Nous parlions tout à l’heure de la communication : eh bien, je crois avoir éprouvé avec elle la communication intérieure à l’état pur. On m’a souvent reproché de majorer l’œuvre de Simone Weil par amitié. C’est exactement le contraire qui s’est produit. Au début, je n’ai éprouvé aucune espèce d’amitié, j’ai plutôt senti, je ne dirai pas de la répulsion – le mot serait beaucoup trop fort -, mais un manque alarmant de sympathie. L’amitié est venue ensuite de la révélation de la grandeur : je n’ai donc rien eu à majorer. J’ai été en quelque sorte vaincu malgré moi par la pureté de cette âme, par la qualité de cet esprit » (« Entretiens avec Christian Chabanis » pp.112-113).

De prime abord, tout semble les opposer. Par leurs tempéraments aussi bien que par leur milieu respectif, leur manière de penser et de réagir. Là encore, Gustave Thibon avait quelques anecdotes qu’il résume ainsi : « Nous passions une partie de notre temps à nous disputer ». Mais il ajoute aussitôt : « Mais c’était en quelque sorte des disputes transparentes, car – et c’est un grand témoignage en faveur de la sainteté d’un être – je n’ai jamais observé chez elle, quelles que soient la divergence des opinions et la vivacité de la discussion, la moindre réaction d’un moi blessé, la moindre trace de susceptibilité. Elle affirmait fortement ses convictions, mais ignorait totalement la vanité littéraire » (« Entretiens avec Christian Chabanis » p.114).
Dans la préface à « La Pesanteur et la Grâce », le premier livre de Simone Weil dont il assurera la publication (1947),  Gustave Thibon affirme qu’il n’a jamais éprouvé chez aucun être la sensation d’un contact aussi tangible avec le surnaturel – une approche d’une évidence telle qu’il ne put s’y dérober -, et qu’il a réalisé avec elle la plus haute amitié de sa vie d’esprit.
En effet, lorsqu’elle quitte le Mas de Libian pour retourner à Marseille, à l’automne 1941, Simone laisse à Gustave ses cahiers, l’invitant à en publier la substance sous son nom à lui : « La main qui tient la plume avec le corps et l’âme qui y sont attachés sont des infinitésimaux de nième importance » lui écrit-elle en les lui confiant.
Thibon n’en fera rien : il fera un choix dans ces cahiers de manière à les rendre accessibles à un large public. De la sorte, « La Pesanteur et la Grâce » fut un succès et acquit une très grande audience, révélant une mystique de premier ordre.
Gustave Thibon, évoquant d’abord pour beaucoup d’auteurs qui ont publié des choses sublimes « le contraste décevant entre leurs œuvres où se jouent les reflets du ciel et la vanité de leur vie privée, captive des passions terrestres », ajoute : « Simone Weil fut un pur témoin – un être en qui le génie de l’expression s’unissait à une orientation inconditionnelle et permanente vers la perfection intérieure. Son œuvre écrite est la traduction fidèle de son âme ; rien dans son style de vie et dans sa conduite envers le prochain ne démentait son message. Je n’ai jamais connu d’être plus transparent, j’entends plus docile à la pénétration de la lumière (…). Simone Weil était de ces êtres prédestinés qui, selon le mot de l’Apôtre, vivent « comme s’ils voyaient l’invisible ». Et qui dit lumière dit vérité. La soif, l’exigence de vérité était la passion centrale de Simone Weil (…) » (in « Ils sculptent en nous le silence » pp. 199-200).
Un peu plus loin, il ajoute :
« Vraie devant Dieu, Simone Weil était véridique dans tous ses rapports avec les hommes. Aucune trace chez elle de ces combinaisons teintées de demi-mensonges qui sont l’étoffe de la plupart des bonnes relations sociales. Elle disait toute sa pensée à tout le monde, sans le moindre souci de déplaire, si durs que soient pour le prochain les effets de cette abrupte franchise. Un seul exemple : je lui avais donné à lire un de mes manuscrits. Et voici son jugement : « J’ai trouvé, dans tout ce que vous avez écrit, quatre ou cinq formules à peu près satisfaisantes ». Et elle ajoutait, consciente de la susceptibilité des écrivains : « Je suis presque certaine que cette sincérité me coûtera votre amitié, mais que vaudrait une amitié mêlée de mensonge ? » Cette absence totale de diplomatie lui valut d’ailleurs de solides inimitiés. Son conctact excluait toute demi-mesure : on n’avait le choix devant elle qu’entre l’éblouissement et le refus.
Et de cet être pur émanait une vertu purificatrice. On sentait, en sa présence, l’inconsistance des alliages trop humains de la vie religieuse. Après Saint Jean de la Croix qu’elle admirait sans réserve, elle affirmait que le cheminement de l’âme vers Dieu ne doit se confondre avec aucun état d’âme, positif ou négatif, et qu’il consiste au contraire dans une orientation permanente ves le « Bien pur et impossible » sans égard aux circonstances extérieures ou intérieures. Ainsi l’aiguille aimantée de la boussole marque invariablement le nord quelle que soit la température ambiante. L’accès au divin exige le dépassement de tout l’humain… »
(ibid. pp. 201-202).

C’est à Saint-Marcel d’Ardèche que Simone entreprend la lecture intégrale du Nouveau Testament. Toutefois, à ce moment-là, elle n’hésite pas à dire au Rd. Père Perrin que, bien que conquise par l’Amour du Christ, elle ne pense pas être appelée au baptême… Quelque chose lui manque encore qui ne s’accomplira que dans les ultimes jours de sa vie terrestre.

A la mi-mai 1942, la famille Weil s’embarque pour les Etats-Unis d’Amérique. Mais aussitôt arrivée à New-York, Simone est rongée par l’inquiétude intérieure que lui procure une situation qu’elle juge trop confortable en des temps où tant d’hommes vivent l’angoisse, la détresse, la misère, l’incertitude du lendemain, la terreur des horreurs liées à cette guerre : elle reprend donc le bâteau pour la Grande-Bretagne où elle arrive en novembre 1942. Elle s’engage activement dans la résistance mais, rapidement déçue par ce qu’elle constate auprès de Charles de Gaulle et dans son entourage, elle démissionne. Sa santé est gravement altérée par toutes les privations qu’elle s’impose et on découvre qu’elle est rongée par la tuberculose.
Le 15 avril 1943, Simone Weil est admise au Middlesex Hospital de Londres, puis transférée le 17 août au sanatorium d’Ashford, dans le Kent. C’est là qu’elle rend le dernier soupir, lors d’une crise cardiaque, le 24 août 1943, âgée de 34 ans et demi.
Elle est enterrée au cimetière catholique d’Ashford.

La plupart des notices biographiques qui lui sont consacrées affirment qu’elle est morte sans baptême.
Mais le Rd. Père Perrin et Georges Hourdin sont catégoriques, après avoir reçu le témoignage de Simone Deitz, une juive convertie au catholicisme, amie de Simone Weil présente à son chevet lors de ses derniers jours : Simone Weil a demandé à Simone Deitz de la baptiser, in articulo mortis.
Ce témoignage semble avoir été ignoré de Gustave Thibon.
Il n’y a toutefois aucune raison de douter des affirmations de Simone Deitz, et c’est donc revêtue de la robe immaculée des néophytes que l’âme de Simone Weil, au terme d’une vie aux rebondissements multiples et d’un cheminement spirituel tout-à-fait surprenant, s’est présentée aux portes du paradis ce 24 août 1943.

C’est à Thibon que nous empruntons la conclusion de cette modeste contribution au 75ème anniversaire du rappel à Dieu de cette femme d’exception : « Je tiens Simone Weil pour le plus grand auteur spirituel de notre époque. Ce qui m’alarme, c’est que notre époque ait accordé une plus large audience au message d’un Teilhard de Chardin qu’à celui d’une Simone Weil. Notre époque, a dit Debidour, avait à choisir entre le symptôme et le remède de son mal : elle a choisi le symptôme. Le diagnostic est exact » (in « Entretiens avec Christian Chabanis », p.115).

Tombe de Simone Weil - Ashford (Kent)

Tombe de Simone Weil
cimetière catholique d’Ashford (Kent)

2018-73. « L’incomparable vertu du support des maussades et fâcheux prochains ».

21 août,
Fête de Sainte Jeanne-Françoise de Chantal ;
Mémoire de Saint Privat, premier évêque du Gévaudan et martyr ;
7ème jour dans l’octave de l’Assomption ;
Anniversaire de la naissance de Saint François de Sales (cf. > ici).

Vray portrait de la Rde Mère de Chantal

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Je vous ai déjà entretenu du gros volume des « Epistres spirituelles de la Mère Jeanne-Françoise Frémiot baronne de Chantal Fondatrice et première Supérieure de l’Ordre de la Visitation Saincte Marie » (1644), que nous possédons dans notre bibliothèque et dont j’avais eu l’occasion d’extraire pour vous une très belle lettre (cf. > ici).

Je voudrais aujourd’hui, livrer à votre lecture – et surtout à votre méditation – une autre lettre de cette très grande sainte. Je pense, en effet, qu’elle peut être utile à beaucoup d’âmes, car au-delà des circonstances particulières en lesquelles se trouvait la destinataire de cette missive (il s’agissait de la supérieure d’un monastère, qui se trouvait attaquée et calomniée par une personne extérieure), chacun peut profiter des sages conseils et avis que Sainte Jeanne-Françoise de Chantal prodigue ici : n’arrive-t-il pas très souvent que ceux qui veulent avancer dans les voies de la perfection et le service de Dieu se trouvent eux aussi en butte aux calomnies et aux propos malveillants de personnes – et même de très pieuses personnes -, aveuglées ou égarées par la passion ?
C’est d’ailleurs une réalité d’une constance absolue depuis Notre-Seigneur Lui-même, Lequel a été critiqué, rejeté, calomnié, livré aux païens et aux tourments de la Passion par les princes des prêtres et les plus rigoureux observateurs des préceptes religieux.
Il en sera ainsi pour Ses fidèles disciples jusqu’à la fin des temps…

Lully.

Note :
Sans rien altérer du style de Madame de Chantal, pour des raisons de compréhension nous avons travaillé à rendre la ponctuation et l’orthographe conformes aux règles actuelles de la langue française.

Epitre 101 Sainte Jeanne de Chantal

« Ma très chère fille, vous voilà en un exercice tout propre à vous faire devenir sainte : certes vous avez bon besoin d’un grand courage, mais j’espère que Dieu vous le fortifiera tous les jours davantage : ne vous abattez point, je vous en conjure : faites profit de ces riches occasions que Dieu vous présente pour acquérir la vraie humilité, douceur et patience ; et surtout cette grande leçon des saints, qui est l’incomparable vertu du support des maussades et fâcheux prochains.
Ma fille, regardez souvent notre Sauveur, parmi les diverses souffrances de Sa Passion : voyez comme on le baffoue, méprise et vilipande. Et enfin, Père, dit-Il, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu’ils font.
Cette pauvre chère personne ne sait certes que c’est qu’elle fait, car la passion la transporte : mais patience ! Allez avec Notre-Seigneur : remettez entièrement entre Ses mains sacrées la charge qu’Il vous a commise, et particulièrement celle ce cette pauvre âme, et vous y confiez. Vous verrez bientôt le calme et votre Maison pleine de bénédictions ; comme certes elle est, puisque la sainte union règne en toute la famille.
Cela n’est rien d’avoir une brebis qui s’écarte du troupeau. Portez votre Croix, généreusement : supportez avec une gaie douceur et patience tout ce que l’on dit de vous et de votre Maison : étant sans fondement, ni vérité, il passera et s’étouffera, et la bonne renommée subsistera.
Cependant profitez de cette occasion, je vous en conjure, car jamais peut-être n’en aurez-vous une semblable, pour vous conformer à Notre-Seigneur. Embrassez et chérissez tous ces mépris : cachez-les dans votre sein et vous enrichissez d’un si précieux trésor. Ne regardez ni la langue ni la main qui vous frappe, mais voyez en tout cela la seule très sainte volonté de Dieu, qui vous veut rendre conforme à Lui par cette tribulation.
Mais tenez-vous ferme et constante dans l’enclos d’une très humble générosité et d’une extraordinaire douceur, charité, égalité et modestie : ne laissez échapper une seule parole de ressentiment, et parlez sobrement avec support et charité.
Je vous prie, que chacun connaisse que l’esprit de Dieu habite en vous, et en vos filles. Ne refusez aucune soumission, s’il en faut faire, et dites toujours que vous ferez tout ce qui vous sera conseillé, et que Monseigneur l’Evêque ordonnera, que tout votre désir est de vivre en onbservance et paisible en votre Communauté.
Dieu soit votre Protecteur, ma très chère fille, et vous tienne en Sa main. »

armoiries de l'ordre de la visitation.gif

2018-72. 106ème pèlerinage légitimiste à Sainte-Anne d’Auray

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Nous vous invitons – si vous n’êtes pas déjà avertis – à prendre connaissance du programme suivant, et, en particulier si vous habitez dans l’Ouest de la France (mais pas que : il y aura des pèlerins du Sud-Est qui se rendront en Bretagne pour la circonstance !) à ne pas manquer de participer à ce pèlerinage légitimiste : une date importante dans le calendrier annuel des manifestations de la Légitimité !

Pèlerinage légitimiste Sainte-Anne d'Auray 2018

Pèlerinage légitimiste Sainte-Anne d'Auray 2018

Pèlerinage légitimiste Sainte-Anne d'Auray 2018

Pèlerinage légitimiste Sainte-Anne d'Auray 2018

Fleur de lys

2018-71. Echos de l’université d’été légitimiste Saint-Louis.

Vendredi 17 août 2018,
Dans l’Ordre de Saint-Augustin, fête de Sainte Claire de Montefalco, vierge ;
Mémoire de Saint Carloman, confesseur ;
Mémoire de Saint Hyacinthe, confesseur ;

Mémoire de Sainte Jeanne Delanoüe, vierge ;
Mémoire du 3ème jour dans l’octave de l’Assomption ;
5ème anniversaire du rappel à Dieu de M. l’Abbé C.-P. Chanut (cf. > ici).

Logo UCLF

L’Union des Cercles Légitimistes de France (UCLF) est aujourd’hui l’unique structure à proposer une université d’été authentiquement légitimiste, baptisée « Université Saint-Louis ». Cette institution s’est développée malgré de nombreuses attaques, critiques et basses manœuvres, et perdure lors même que ceux qui ont tenté de la mettre à bas ont jeté l’éponge…
L’édition 2018 a été un réel succès et nous vous invitons à en lire un compte-rendu ici.

Quel est le « secret » de sa réussite ?
La solidité d’un enseignement rigoureusement fidèle aux principes de la royauté capétienne traditionnelle.
Tandis que certains ne voient dans la Légitimité qu’un prétexte à des mondanités et que d’autres voudraient faire le tri dans la doctrine monarchique traditionnelle et composer avec les idées de la révolution, l’UCLF tient fermement et inébranlablement la ligne de la continuité : celle tenue par Monseigneur le comte de Chambord, de jure Sa Majesté le Roi Henri V, et dont Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, avait rappelé la pertinence et l’actualité lors de son déplacement à Sainte-Anne d’Auray en 2015 (cf. > ici)

Les « cahiers » de cette Université Saint-Louis 2018 sont déjà disponibles et téléchargeables gratuitement : il ne faut surtout pas se priver de les enregistrer et de les étudier. C’est > ici.
Excellente occasion aussi pour recommander très instamment l’ « Introduction à la Légitimité » qui peut elle aussi être téléchargée gratuitement > ici.

Ce sont là de véritables trésors qui sont à votre disposition.
Et que l’on ne me dise pas que c’est difficile à lire et à comprendre ! Je comprendrais à la limite que des collégiens de « banlieue défavorisée » émettent semblable objection, mais pas mes lecteurs !
Dans un monde où de moins en moins de personnes font l’effort de lire en s’attachant à comprendre ce qu’ils lisent, c’est certes aller à contre-courant, mais j’espère que mes lecteurs ne manquent ni de caractère ni de volonté tenace pour cela, et c’est cette volonté seule – une vraie volonté pas des sentiments velléitaires – qui est nécessaire à l’intelligence de ces textes, au risque de rester dans la superficialité et de n’avoir aucune véritable racine en Légitimité !

Ainsi que le dit le fameux encouragement faussement attribué à Virgile : « Macte animo, generose puer, sic itur ad astra : Allez, courage, noble enfant, c’est ainsi qu’on s’élève vers les étoiles ! »

lys 2

2018-70. De la restauration de notre statue du Saint Enfant Jésus de Prague.

Jeudi 16 août 2018,
Fête de Saint Roch (cf. > ici) ;
Mémoire de Saint Joachim, père de la Bse Vierge Marie ;
Mémoire du 2e jour dans l’octave de l’Assomption.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Vous savez – du moins pour ceux qui ne nous connaissent pas uniquement par le moyen de ce blogue et qui sont déjà venus en notre Mesnil-Marie – que nous avons la joie d’y posséder une reproduction du Saint Enfant Jésus de Praque qui bénéficie du statut de relique. J’ai déjà eu l’occasion de vous expliquer pour quelles raisons > ici.
Dans cet article, je vous donnais aussi l’historique de cette statue qui a été offerte à Frère Maximilien-Marie par les religieuses de la Visitation de Chartres, au temps où il a été affilié à ce monastère (aujourd’hui fermé, malheureusement).
Lorsque ma Très Honorée Mère Anne-Françoise, alors supérieure du couvent de Chartres, a donné la statue à notre Frère, elle lui a expliqué – j’en parlais dans cette publication dont vous trouvez le lien ci-dessus – que cette sainte image avait souffert lors de l’expulsion des religieuses au début du XXème siècle : en particulier les doigts de la main droite, qui bénit, avaient été abîmés et à la base du cou il se trouvait une large fissure, comme en témoignent les clichés ci-dessous.

Voici d’abord la statue tout entière, sans ses parures :

Statue de l'Enfant Jésus avant restauration

Voici le détail des mains abîmées.
Remarquez aussi la fissure au niveau du cou, la peinture écaillée en plusieurs endroits et l’absence de la croix sur le globe impérial :

mains abîmées

Et voici la partie arrière de la tête où l’on voit bien la grande fissure, prolongée par plusieurs petites :

cou abîmé arrière

Or, d’excellents amis et authentiques bienfaiteurs de notre Mesnil-Marie, connaissant un monsieur dont la profession est la restauration de décors peints et de statues dont ils avaient pu eux-mêmes apprécier l’excellence du travail, ont proposé à Frère Maximilien-Marie d’emporter notre cher Enfant Jésus de Prague pour qu’il bénéficie des bons soins de l’homme de l’art.

C’est ainsi que, dûment empaquetée, notre statue est partie pour un nouveau voyage à travers la France… et nous a été rapportée le samedi 11 août à l’occasion de la fête de Sainte Philomène, où, puisqu’elle avait fait l’objet d’une restauration, après la Sainte Messe, elle a reçu une nouvelle bénédiction.

Presque dans le même temps, notre chère amie M., qui nous avait fait la joie de confectionner la parure verte de l’Enfant Jésus il y a deux ans (cf. > ici) est venue nous rendre visite et nous a rapporté les vêtements bleu ciel qu’elle a très minutieusement restaurés, parce qu’ils avaient souffert des outrages du temps : des coutures avaient lâché, et la dentelle au point d’Alençon (une vraie merveille !) des manchettes et de la colerette présentaient des déchirures…
Bref ! Pour ces fêtes de l’Assomption, notre Saint Enfant Jésus de Prague restauré a repris sa place dans notre oratoire revêtu de la parure qui convient pour les grandes fêtes de Sa Très Sainte Mère.
Je vous laisse l’admirer :

Statue et parure restaurées

Vous pouvez donc voir que l’Enfant Jésus peut à nouveau bénir de toute Sa main, et vous remarquez également que son globe impérial, débarrassé de la peinture dorée maladroite qui l’affligeait a retrouvé sa croix. Quant au cou il a été parfaitement restauré et tous les accrocs de peinture ont été réparés. 

Statue restaurée détail

Nous sommes infiniments reconnaissants à nos amis et à l’artiste qui ont pris en charge cette restauration et à notre amie M. dont les doigts de fée ont fait merveille pour que la parure bleu ciel de l’Enfant Jésus puisse à nouveau lui être enfilée, et nous prions avec une immense gratitude pour que le divin Sauveur les bénisse et les comble de grâces !

Lully.

frise avec lys naturel

Publié dans:Chronique de Lully, Prier avec nous |on 16 août, 2018 |7 Commentaires »

2018-69. « Réco-royco » à l’occasion de la Saint-Louis (25 août 2018).

Vitrail de Saint Louis avec la Sainte Couronne d'épines

Samedi 25 août 2018 :
Fête de Saint Louis, Roi de France

Saint Patron de notre Roi et de Monseigneur le Dauphin,
Céleste protecteur de tous les Capétiens et de la Royauté française.

fleur de lys gif2

Le Cercle Légitimiste du Vivarais abbé Claude Allier, auquel s’associe le Cercle Légitimiste du Dauphiné Crillon le Brave, vous invite à une journée de récollection et d’approfondissement spirituel au Mesnil-Marie, animée par le Prieur de la Confrérie Royale.
Cette journée marquera la reprise des activités de nos cercles après la (relative) pause estivale : les membres ou sympathisants de la Confrérie Royale qui se trouvent dans les environs géographiques, sont également chaleureusement invités à prendre part à cette « réco-royco ».

Programme de la journée (susceptible de légères modifications sauf en ce qui concerne l’heure de la Messe) :

10 h : Sainte Messe
– 11 h : 1er enseignement
– 12 h 30 : Repas tiré du sac
– 14 h : 2e enseignement
– 16 h : chapelet et vénération de la relique de Saint Louis

Pour participer :

L’inscription à cette journée est nécessaire (pour des raisons d’organisation pratique). Merci d’y procéder sans retard !
Courriel :  vivarais.legitimiste@gmail.com

Reliquaire de Saint Louis - Le Mesnil-Marie

Reliquaire de Saint Louis dans l’oratoire du Mesnil-Marie.

2018-68. Des chanoines pour la France.

Lundi 13 août 2018,
Fête de Sainte Radegonde, reine des Francs et veuve ;
Commémoraison des Saints Hippolyte et Cassien, martyrs ;
Commémoraison de Saint Jean Berchmans.

Sainte Radégonde vitrail de l'église Saint-Laon de Thouars - détail

Sainte Radegonde, reine des Francs,
fondatrice de monastères et moniale,
portant le reliquaire de la Sainte Croix
(détail d’un vitrail de l’église Saint-Laon de Thouars)

Fleur de Lys

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

A l’occasion de ma chronique relatant notre séjour en Provence pour la Semaine Sainte, je vous ai raconté notre visite à l’église Sainte-Thérèse du Trayas (cf. > ici). Je vous annonçai alors la prochaine parution d’un entretien avec nos très chers amis Messieurs les Chanoines Frédéric et Sébastien Goupil, accueillis dans son diocèse par Son Excellence Monseigneur l’Evêque de Fréjus et Toulon afin d’y mener à bien la fondation d’un Ordre de chanoines séculiers voués à la prière pour la France : l’Ordre de Saint-Remi.

La fête de Sainte Radegonde me paraît tout indiquée pour porter à votre connaissance l’ « intervioue » que je vous promettais il y a quatre mois :  comme la très grande majorité de nos souveraines, et avant d’entrer elle-même dans la vie monastique, cette sainte Reine a en effet  toujours encouragé les fondations religieuses et soutenu les œuvres vouées à obtenir du Ciel des grâces pour le Royaume.

Il y a toutefois un changement dont je dois vous informer tout de suite : depuis notre visite du 26 mars au Trayas, Monseigneur l’Evêque a un peu rapproché « nos » deux chanoines de Toulon – où l’un et l’autre travaillent à l’évêché quelques jours par semaine – ; au début du mois de juin, ils ont donc laissé le presbytère du Trayas et l’église Sainte-Thérèse que je vous avais présentée, pour résider au presbytère du Val.
Le Val est une petite ville de plus de 4.000 âmes, voisine de Brignoles, à quatre lieues à peine de la basilique royale de Sainte Marie-Magdeleine à Saint-Maximin.

S’ils habitent (pour l’heure, car ce n’est encore qu’une étape) au presbytère du Val, ils ne sont néanmoins pas en charge de la paroisse, qui a son propre curé.
Il est en effet important d’insister sur le fait que Messieurs les Chanoines n’ont pas vocation à prendre en charge un ministère curial (même s’il peut arriver qu’ils rendent service occasionnellement dans des paroisses) : la vocation canoniale est une vocation particulière, différente de l’appel au ministère paroissial. Le code de droit canonique actuellement en vigueur (canon 510) demande d’ailleurs à ce que les paroisses ne soient plus unies à un chapitre de chanoines.

Le texte qui suit a d’abord été publié dans le bulletin mensuel du diocèse de Fréjus-Toulon n°226 (mars 2018) dans une forme plus brève et repris sur plusieurs sites d’information (par exemple > ici).
J’ai expressément souhaité que ce texte court soit un peu plus développé et j’ai demandé à nos amis de le compléter afin de bien préciser certains points : le résultat est ce que vous allez découvrir ci-dessous, que j’ai reçu ces jours-ci, car ce texte mûri a été dûment vérifié par les autorités dont dépendent Messieurs les Chanoines.
Il m’apparaît d’autant plus important de le publier que je sais que diverses erreurs ont circulé au sujet de nos amis Messieurs les Chanoines Goupil. On a entendu dire qu’ils auraient abandonné la célébration de la Sainte Messe latine traditionnelle : c’est faux ! On a prétendu qu’ils seraient devenus « biritualistes » : c’est également faux ! On a raconté qu’ils ne seraient plus chanoines : c’est archi-faux, puisqu’ils le sont même davantage qu’ils ne l’étaient auparavant ! On a même contesté leur droit à une tenue de chœur spécifique : c’est encore une grossière erreur ! …etc. … etc.
Ceux qui colportent de telles rumeurs feraient mieux de se renseigner avant de raconter n’importe quoi, ou bien l’on finira par penser qu’ils se livrent à des calomnies volontaires (faut-il rappeler que la calomnie est un péché contraire au huitième commandement de Dieu, et que ce n’est pas parce qu’on est prêtre que cela donnerait un droit à y contrevenir ?).

Mais je vous laisse découvrir le texte de cet entretien, auquel je vous demande d’accorder une attention profonde.

Lully.

Fleur de Lys

chanoines-frederic-et-sebastien-goupil

Messieurs les Chanoines Frédéric et Sébastien Goupil,
fondateurs de l’Ordre de Saint-Remi

Fleur de Lys

« Des chanoines pour la France »

- Messieurs les Chanoines, pouvez-vous vous présenter ?

Nous sommes les chanoines Frédéric et Sébastien Goupil, deux Normands, frères de sang et de sacerdoce, âgés de 37 et 35 ans, ordonnés par S.Em. le cardinal Burke respectivement en 2009 (Année du Sacerdoce) et 2012 (Année de la Foi).

- Pourquoi dit-on « chanoines » ? Présentez-nous votre fondation de l’Ordre de saint Remi ?

Nous avons été formés et ordonnés dans l’Institut du Christ Roi, dont « les membres vivent à la manière des chanoines » (cf. > ici) selon ses Constitutions approuvées par Rome en 2008. En juin 2017, après deux ans de réflexion sur notre projet de fondation, nos supérieurs ont jugé qu’il ne correspondait pas aux buts et structure de l’Institut, et nous ont autorisés à rencontrer des évêques. Nous avons été accueillis en octobre avec grande bienveillance par Mgr Rey, évêque de Fréjus-Toulon, devenu le 1er janvier dernier notre Ordinaire – c’est-à-dire notre supérieur ecclésiastique – pour nous aider à mener à bien la fondation de l’Ordre de saint Remi (cf. > ici), dont le cœur serait un collège de chanoines séculiers. Il nous a confié : « L’objet – la prière pour la France – me paraît très-fondé, et répondre à une heureuse intuition ».

Il existe encore aujourd’hui beaucoup de chanoines réguliers, des religieux qui vivent en communauté, menant une vie et exerçant un apostolat selon la Règle de Saint-Augustin : les Prémontrés en sont les plus célèbres.

Les seuls chanoines séculiers qui subsistent en France sont les chanoines de cathédrale. Avec la raréfaction du clergé, les prêtres honorés d’un canonicat ont souvent par ailleurs une charge pastorale dans une paroisse, et n’habitent plus le quartier des chanoines qui entourait jadis l’église cathédrale. Peu de cathédrales ont donc encore des offices réguliers au chœur, ce qui est pourtant la raison d’être des chapitres cathédraux : porter la prière du diocèse dans la liturgie solennelle quotidienne.

Nos ancêtres connaissaient un autre type de chanoines séculiers : les chanoines attachés aux églises collégiales, celles-ci étant fondées à une intention particulière, comme le salut des fondateurs et de leur famille, mais aussi pour le pays tout entier, les Rois Très-Chrétiens ayant parsemé le sol de France de fondations monastiques ou canoniales dans ce but.

Attaché à une église par sa prébende, chaque chanoine habitait sa propre maison et rejoignait ses confrères plusieurs fois au cours de la journée pour chanter l’Office divin et participer aux célébrations solennelles de la Liturgie. Le gouvernement était collégial, d’où le nom de « collège » porté par la société desdits chanoines, au contraire des abbayes et monastères, au gouvernement monarchique (par un abbé ou prieur). Il n’y avait pas normalement de vie communautaire stricte. La formation était soignée : beaucoup de saints ou de grands évêques passèrent par les écoles cathédrales ou collégiales dans leur enfance.

Les collégiales furent bien évidemment saccagées – voire détruites – par les révolutionnaires de 1789. Soulignons d’ailleurs que nombreux furent les chanoines séculiers à donner leur sang pour « Dieu et le Roi » : jusqu’à un tiers (18 sur 64) des martyrs de l’Île-Madame ! Cela n’est pas anodin, et manifeste l’importance non négligeable qu’ils eurent dans l’histoire de la France catholique.

Si les collégiales sont désormais vides ou transformées en églises paroissiales, c’est à Napoléon Bonaparte qu’on le doit malheureusement. Dans son souci de centralisation, ce dernier voulut calquer l’organisation des diocèses sur celle des départements. Aux préfets devaient correspondre les évêques (ainsi surnommés les « préfets violets »…), et aux maires : les curés. Il ne put mettre fin aux chapitres de cathédrale, constituant comme le sénat de l’évêque, mais refusa de laisser se reformer les autres, considérés trop indépendants.

Je n’ai pas connaissance de tentative de restauration des chapitres collégiaux en France depuis 200 ans… C’est le projet que nous portons, à la disposition des successeurs des Apôtres. Sans nous figer pour l’instant sur une église particulière, la structure d’Ordre permettrait de réunir, en une société de chanoines, des prêtres séculiers qui pourraient être attachés aux églises ou chapelles qui lui seraient confiées. Dépassant le collège canonial, nous envisageons d’accepter également d’autres membres :

  • des bénéficiers – ecclésiastiques ou laïcs – engagés au service actif des chanoines ;

  • des ecclésiastiques affiliés, tout en appartenant à une autre communauté ou diocèse ;

  • des membres simples, vivant à distance de notre esprit axé sur l’École française de spiritualité,

épanouis dans la célébration de la Liturgie latine traditionnelle qui nous est consubstantielle, et ancrés dans le désir primordial et « non négociable » de vraie sainteté, grâce à l’émulation et la communion des Saints.

- Comment cette vocation  s’est-elle imposée à vous ?

C’est une bien longue et complexe histoire ! Depuis mon enfance brûle au fond de mon âme le désir de contribuer à la fidélité de la France à sa vocation spéciale de Fille aînée de l’Eglise, héritée de ses Rois (car n’oublions pas que c’est pour notre pays un titre « consort »… je vous renvoie aux nombreuses interventions papales depuis que la Gaule est devenue France). Il faudrait un livre entier pour tout relater (rires), mais pour résumer, je voudrais prendre une image concrète, qui pour moi illustre cette vocation soumise au discernement de l’Église enseignante.

Depuis des siècles, se trouve dans la basilique Saint-Pierre de Rome, au cœur de la Chrétienté, une chapelle (cf. > ici), anciennement appelée « Capella regum Francorum », dédiée à la prière pour la France, et consacrée à sainte Pétronille (fille de saint Pierre et patronne de nos rois) et où j’eus d’ailleurs l’émouvante grâce l’an dernier d’offrir le Saint-Sacrifice ; quelle insigne grâce pour notre Patrie : connaît-on pareil privilège ?! Une Messe y est célébrée chaque 31 mai pour la France, tous les Français de Rome y étant invités. Et le reste de l’année, c’est un autel très demandé par les prêtres de passage. Pour la petite histoire, la Pieta de Michel-Ange avait même été commandée pour cette chapelle…

En 1889, le pape Léon XIII offrit une lampe d’argent, suspendue devant l’autel et dont l’inscription dédicatoire porte : « Elle semblera prier sans cesse pour la France ». Mon âme de jeune Français, et qui plus est de prêtre, fond de tristesse de voir dans cette belle lampe, dans ce lieu – pardonnez le mot – fatidique, « sembler briller »… une ampoule électrique !!! La France (l’ambassade, le clergé, chaque Français) n’a-t-elle pas les moyens d’entretenir une vraie flamme, quand on ne connaît pas d’autre nation honorée d’un tel privilège ?! L’Ordre de saint Remi veut s’offrir comme huile de cette lampe votive, afin de brûler liturgiquement dans le sanctuaire mystique et extraterritorial de la prière pour la France.

Plusieurs (familles, clercs) nous ont déjà encouragés : qu’ils soient ici chaleureusement remerciés. L’amitié dans le Clergé nous tient à cœur, et je suis frappé de constater que les Saints français du Siècle des Saints (le XVIIe…) étaient tous amis, ou du moins se connaissaient tous ou presque !

- Votre arrivée en Provence est-elle une étape pour de futurs développements ?

Mgr l’Évêque a bien saisi qu’il s’agirait d’une « base arrière » : nous avons vocation à servir là où les évêques de France feront appel à nous. Mais un indéfectible lien nous attachera toujours à cette province bénie, berceau de la Chrétienté européenne et racine de la Fille aînée de l’Église, les plus proches disciples de Notre-Seigneur y ayant débarqué miraculeusement, en premier lieu desquels sainte Marie-Madeleine évidemment, saint Lazare et sainte Marthe, sainte Marie de Cléophas et sainte Salomé, etc.

- En quoi consistera votre vie canoniale ?

Nous avons pour charisme la présence chorale qui est le cœur de notre vocation centrée sur la sainte Liturgie, « source et sommet de la vie de l’Église » (Sacrosanctum Concilium, 10). Le reste de la journée doit se passer dans une relative retraite, favorisant une vie nourrie d’étude – nous travaillons chacun une licence ecclésiastique – et de prière personnelle. Nous ne sommes pas faits pour gérer des paroisses, et le Droit de l’Église sépare bien désormais chapitre et paroisse (canon 510 § 1) ; notre ministère est complémentaire de celui des autres prêtres séculiers (diocésains ou de communautés), que nous sommes d’ores et déjà appelés à seconder par des confessions, prédications, directions spirituelles, etc. ainsi que par le service des Curies diocésaines (chancellerie, secrétariat).

Nous avons à cœur également, plusieurs fois par an, d’assurer l’aumônerie de pèlerinages et de retraites spirituelles dans le but de faire prendre conscience à nos contemporains de la si belle vocation et mission qui incombe à notre pays, comme l’ont souligné tant de saints et de papes au cours de l’histoire. Nous espérons que de nombreux autres jeunes clercs auront dans leur pays le même élan : le salut d’un pays et de tous ses habitants est chose trop sérieuse et même cruciale pour ne pas avoir des ecclésiastiques consacrés à cette œuvre… au moins dans chaque capitale ! Mais cela dépasse notre propre mission : à bon entendeur…

Saint Remi nous a portés mystiquement sur les fonts baptismaux de Reims en la personne de Clovis Ier, Fils aîné de l’Église. Il lui revenait de recevoir le patronage de cette petite œuvre consacrée à la prière – principalement liturgique – pour la fidélité de la France aux promesses de son Baptême. Lorsque le pape Jean-Paul II adressa ses mémorables paroles, en juin 1980, j’avais deux semaines. Devenus des hommes, nous voulons répondre à cet appel solennel lancé par le Père commun de la Chrétienté.

- Comment vous aider ?

En priant sérieusement pour nous, saint François de Sales enseignant que toute œuvre inspirée de Dieu connaît la Croix. Et pour que nous soyons bien dociles à la divine grâce.

En nous faisant dire des Messes pour le salut de la France, ce qui est la plus efficace des prières.

Le site du diocèse de Fréjus-Toulon organise aussi une récolte de dons pour les questions plus matérielles, soutien inévitable du spirituel (voir > ici)… « la grâce ne détruisant pas la nature » mais au contraire s’appuyant sur elle « et l’achevant » (S. Thomas d’Aquin : Somme de théologie ; I, q. 1, a. 8, sol. 2) !

Et enfin en nous rejoignant dans cette grande aventure, car c’en est une !

Je tiens cependant à préciser, à souligner, à marteler – comme nous le dîmes à Mgr Rey lors de notre première rencontre – que l’Ordre de saint Remi n’a pas vocation à avoir le monopole de la prière pour la France. Nous sommes prêts à nous associer à toute initiative de bonne volonté et fidèle aux principes chrétiens, à la doctrine sociale de la Sainte Église et au « génie français » évoqué par saint Pie X, loin de tout chauvinisme ou nationalisme. Mais nous avons un charisme propre, qui n’est par définition pas l’apanage ou la vocation de tout un chacun : appartenir à un chapitre séculier de chanoines (ou le servir et seconder), dans une liturgie particulière, selon un esprit particulier, avec une histoire spéciale également. Au nom de l’Église, Mgr Rey a courageusement pris sur lui de nous conduire dans l’étape si spéciale d’une institution qu’est la période de fondation, et qui demande d’en bien soigner les bases afin de fonder sur le roc (cf. Matth. VII, 25). Priez pour nous, mais priez aussi pour lui !

Quelques précisions importantes – à noter :
- En sus des dons, qui leur sont nécessaires pour vivre et pour développer la fondation (voir > ici), il n’est pas inutile de préciser que Messieurs les Chanoines de l’Ordre de Saint-Remi reçoivent volontiers des offrandes de Messes : pour vos intentions particulières et familiales bien sûr, mais il faut aussi souligner qu’il est particulièrement indiqué de s’adresser à eux lorsque l’on souhaite offrir des Saintes Messes pour la France, pour la Famille Royale, à l’occasion des grandes fêtes du Royaume ou pour les anniversaires importants de notre histoire royale… etc.
Pour les contacter : 
courriel : ordredesaintremi@gmail.com
adresse postale : Ordre de Saint Remi
                             Presbytère - Rue du Prieuré
                         
   83413 Le Val
Site de la paroisse du Val : leval.frejustoulon.fr

- En ce qui concerne les dons :
Les dons permettent de recevoir une déduction fiscale (reçu fiscal sur demande) de l’association diocésaine de Fréjus-Toulon (ADFT) dont dépend l’Ordre.
Les chèques de dons sont à libeller au nom de ADFT ORDRE DE SAINT REMI.
L’argent récolté est bien entièrement reversé à l’Ordre.
 
- En ce qui concerne les offrandes de Messes :
En accord avec le diocèse de Fréjus-Toulon, les chèques de Messes sont à libeller au nom du prêtre célébrant (> « M. le chanoine Goupil » peut suffire ») en précisant bien l’intention exacte sur une feuille les accompagnant. 
   > Pour un défunt, merci d’ajouter une croix à son nom ; exemple : Alphonse de Bourbon (+). 
   > Pour un vivant ou un défunt, merci de toujours indiquer au moins le prénom, afin qu’il soit prononcé en latin au Memento.
Si vous libellez ADFT ORDRE DE SAINT REMI, l’offrande sera ensuite reversée à l’un des prêtres de l’Ordre.
Contrairement aux dons, les offrandes de Messes ne peuvent pas donner lieu à une déduction fiscale, étant le règlement contractuel d’un service.
Les offrandes recommandées par la Conférence des évêques de France sont de :
   > 17 euros pour une Messe
   > 55 euros pour un triduum de Messes
   > 170 euros pour une neuvaine de Messes.
Les trentains grégoriens (30 Messes d’affilée pour un défunt) sont également acceptés : merci de contacter l’Ordre.
Les Messes pour la propre sanctification du donateur sont à recommander, même si bien oubliées.

Blason Ordre de Saint-Remi

Blason de l’Ordre de Saint-Remi

2018-67. Non, il n’y a pas eu de dégâts dans notre Principauté…

Vendredi 10 août 2018,
Fête de Saint Laurent, diacre et martyr ;
Triste anniversaire de la prise des Tuileries…

Chers Amis du Refuge Notre-dame de Compassion,

Quelques uns d’entre vous, entendant parler des dégâts occasionnés par l’épisode cévenol de ce jeudi 9 août dans le département de l’Ardèche, nous ont adressé quelques très gentils messages en nous demandant si nous n’avions pas été sinistrés : qu’ils soient remerciés pour leur sollicitude !
Non ! Il n’y a eu aucun dommage dans notre « Principauté », soyez tout-à-fait rassurés. Les pluies y ont été violentes et abondantes mais n’ont causé aucun dommage, fort heureusement. Ni grêle, ni coupure d’électricité, ni inondation chez nous.
Les zones sinistrées se situent bien plus au sud.

Je profite simplement de ces quelques lignes pour vous adresser trois photographies prises hier en début de soirée par Frère Maximilien-Marie : elles vous suggèreront peut-être quelques impressions au sujet de la magnificence de ces hautes Boutières au cœur desquelles nous sommes établis, et dont la grandeur sauvage et la puissante sublimité sont, en toutes saisons et par tous les temps, bien propres à élever l’âme vers notre divin Créateur.

Après les orages - depuis le col de la Croix de Boutières

Depuis le col de la Croix de Boutières (1505 m d’altitude)
une vue des vallées et des sucs des hautes Boutières

Après les orages - Saint-Martial et son lac

Saint-Martial et son lac (environ 850 m d’altitude)

Après les orages - lac de Saint-Martial

Le lac de Saint-Martial après les orages, lorsque les brumes se dissipent…

Je profite également de cette courte publication pour vous rappeler que, en ce triste anniversaire de la prise des Tuileries et des infamies perpétrées à l’encontre de la famille royale, vous pouvez trouver dans les pages de ce blogue :
- Simples réflexions à propos du 10 août > ici
- Ainsi finit le régiment des Gardes Suisses du Roi de France > ici
- Témoignage de Pauline de Tourzel sur la prise des Tuileries et les événements qui suivirent > ici

Prions de tout notre cœur et de toute notre âme pour que cesse l’ignominie républicaine, fondée sur de telles abominations !

Lully.

Lys d'un drapeau des Gardes Suisses qui fut ramassé aux Tuileries par Cléry (Paris - musée Carnavalet)

Fragment d’un drapeau de la Garde Suisse
ramassé aux Tuileries par Cléry après les massacres et le pillage…

2018-66. « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté ! »

9 août,
Fête de Saint Jean-Marie Vianney, confesseur (cf. > ici) ;
Mémoire de Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix, vierge et martyre (cf. > ici) ;
Mémoire de Saint Romain, martyr ;
Mémoire de la vigile de Saint Laurent ;
225ème anniversaire du commencement du siège de Lyon par les troupes de la Convention (9 août 1793).

Siège de Lyon août-octobre 1793

Le siège de Lyon par les troupes envoyées par la Convention
9 août – 9 octobre 1793

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

A partir du 9 août 1793, la ville de Lyon, en révolte ouverte contre la Convention depuis la fin du mois de mai, fut assiégée par une armée de quelque 65.000 hommes. Les défenseurs de la ville, eux, sont estimés à moins de 10.000 combattants.
Le siège lui-même, qui allait durer exactement deux mois, puisque la reddition eut lieu le 9 octobre 1793, fit un nombre inconnu de victimes (tuées au combat ou victimes de la faim et de la misère).
La répression impitoyable qui suivit, elle, dirigée principalement par Collot-d’Herbois et Fouché, fut l’occasion du massacre de presque 2.000 personnes : quelques unes furent guillotinées (mais cela était jugé trop long et trop coûteux), une centaine d’entre elles fut fusillée (mais cela aussi n’allait pas assez vite) et la très grande majorité fut l’objet de mitraillades collectives dans la plaine des Brotteaux.

On connaît le fameux décret de la Convention en date du 12 octobre 1793, voté à l’instigation de Barère : « Lyon perdra son nom, elle sera appelée Ville-Affranchie. Elle sera détruite. Tout ce qui fut habité par le riche sera démoli, il ne restera que la maison du pauvre, les habitations des patriotes égarés ou proscrits, les édifices spécialement employés à l’industrie et les monuments consacrés à l’humanité et à l’instruction publique. Il sera élevé sur les ruines de Lyon une colonne qui attestera à la postérité les crimes et la punition des royalistes de cette ville avec cette inscription : « Lyon fit la guerre à la liberté ; Lyon n’est plus. » »
C’est en effet une chose bien connue : « La pitié n’est pas révolutionnaire » (Westermann) !

Crypte de la chapelle expiatoire des Brotteaux

Crypte de la chapelle expiatoire des Brotteaux (Lyon)
dans laquelle sont conservés une partie des ossements des victimes de la répression du soulèvement de la ville contre la Convention

Mais je ne veux pas aujourd’hui m’étendre davantage sur cet épisode – qui nécessiterait à lui seul des pages et des pages d’études – : ce rappel n’est pour moi que l’occasion, le tremplin, pour quelques réflexions plus générales, et toujours très actuelles.

Au temps de la grande révolution, c’est au nom de la liberté, de l’égalité et de la fraternité que l’on a commis des milliers et des milliers d’assassinats et que l’on a justifié des actes d’une barbarie qui dépasse tout ce que l’on peut imaginer. Et cela a continué bien au-delà des limites officielles de ladite révolution, puisque – c’est une évidence pour qui veut bien y réfléchir (voir par exemple > ici) – la révolution a continué bien au-delà, s’est étendue, s’est diversifiée, a opéré des changements d’apparence (mais non de substance)…
La révolution se perpétue et dure encore.

La révolution poursuit ses incommensurables ravages, dans l’ordre temporel… et dans la Sainte Eglise elle-même.
Oh ! Bien sûr, à l’intérieur de l’Eglise, il n’existe pas – au sens physique et matériel – de guillotine, de fusillades, de mitraillades, d’exécutions sommaires, de tribunaux d’exception, de comités de salut public, de loi des suspects, d’obligation de prêter les serments révolutionnaires, de déportations ou de camps de concentration…
Mais ils existent au sens psychologique et spirituel, et ce terrorisme-là n’est pas moins criminel et n’est pas moins dévastateur.

Ossuaire de la crypte de la chapelle expiatoire des Brotteaux - détail

Ossuaire de la crypte de la chapelle expiatoire des Brotteaux – détail.

Si, officiellement, un certain nombre de dispositions et de lois émanant du Saint-Siège Apostolique – notamment les mesures en faveur de la célébration de la Sainte Messe latine traditionnelle – garantissent les droits des fidèles ; si des évêques, encore trop rares, se démarquent de la « ligne du parti » (pardon, de l’inertie d’un consensus épiscopal figé par les toujours très prégnantes idéologies ecclésiastiques qui se sont imposées à l’occasion du concile vaticandeux) ; il n’en demeure pas moins toutefois que, mis à part en quelques oasis où l’on respire un air plus catholique, le terrorisme révolutionnaire ecclésiastique persiste, subsiste, se maintient, et prolonge son action mortifère.

A l’intérieur de la Sainte Eglise comme en politique, les libéraux ne l’ont jamais été que de nom et, en vérité je vous le dis, ils sont de très proches parents de Saint-Just (quelle sinistre ironie qu’un tel patronyme pour un tel personnage !) lorsqu’il  martelait : « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté ! ».

Malheureusement, les exemples actuels ne manquent pas pour illustrer mon propos.
Ils sont encore très nombreux, au Royaume de France, les prêtres et les fidèles qui, tout simplement parce qu’ils tentent de restaurer, parce qu’ils demandent, ou seulement parce qu’ils désirent l’enseignement d’une doctrine authentiquement catholique, la célébration des sacrements de manière authentiquement catholique, la transmission d’une spiritualité authentiquement catholique, sont méprisés, brimés, marginalisés, critiqués, suspectés, ignorés, rejetés, persécutés, exécutés dans leur réputation, guillotinés dans leurs moyens d’action, fusillés dans leurs initiatives, mitraillés dans leur aspirations et achevés sans ménagement à coups de crosse (car lorsque ce n’est plus celle des fusils de la liberté, il reste toujours celle des évêques).
Quant aux qualificatifs de « fanatiques », « aristocrates », « liberticides » ou « brigands » qui fleurissaient dans la bouche ou sous la plume des terroristes de 1793, ils existent toujours remis au goût du jour avec toutes les déclinaisons d’acception que l’on peut trouver pour « rétrogrades » et « intégristes », sans oublier, sous l’actuel pontificat, le terme « pharisien » par lequel il faut entendre le reproche d’être tout simplement et véritablement catholique dans sa doctrine et dans ses mœurs !

11 février 2013 - foudre sur la basilique Saint-Pierre

La spectaculaire photographie prise sur la place Saint-Pierre au Vatican le 11 février 2013

La révolution continue dans la Sainte Eglise, et malgré certaines tentatives pour en limiter la progression et les dégats, menées par exemple par Sa Sainteté le pape Benoît XVI et par quelques autres prélats qui ont vraiment pris la mesure de la gravité et des enjeux des combats présents, elle étend son œuvre de dévastation et de mort, orchestrée par ces modernes Saint-Just ecclésiastiques qui grenouillent à la Curie, dans les diocèses, dans les séminaires et dans les paroisses, et qui s’acharnent toujours, parfois sous des apparences conservatrices, à pratiquer et enseigner une exégèse, une liturgie, une doctrine et une morale polluées par tout ce que Grégoire XVI, le Bienheureux Pie IX et Saint Pie X ont fermement condamné.
Oui, ces Saint-Just-là sont toujours en place, et ils veulent substituer la fausse « liberté » révolutionnaire à la véritable liberté des enfants de Dieu, pleinement accordée à la Révélation divine (cf. conférence de Gustave Thibon publiée à partir d’ > ici).

Mais contre ceux qui s’opposent à la liberté surnaturelle des authentiques et fidèles croyants, la liberté surnaturelle de ceux auxquels il a été donné le pouvoir d’être faits enfants de Dieu, qui ne sont point nés du sang ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu (cf. Johan. I 12-13), il y aura toujours des Vendées immatérielles et des chouanneries spirituelles, héroïques dans leurs combats malgré tous les moyens colossaux et acharnés mis en œuvre afin de les détruire, pour faire triompher dans l’invisible le Sacré-Coeur et la glorieuse Croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ !

pattes de chatLully.

Scapulaire Sacré-Coeur

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