Archive pour la catégorie 'Chronique de Lully'

2010-13. Des raisons pour lesquelles la crypte du Mesnil-Marie sera placée sous le vocable de Sainte Philomène.

Mercredi 17 mars 2010.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

       J’ai commencé à vous parler hier des travaux en vue de la transformation de notre vieille cave voûtée en oratoire intérieur pour notre Mesnil-Marie (cf. > ici). Vous le savez peut-être déjà, cet oratoire portera le nom de Crypte Sainte Philomène, et il me faut maintenant vous en expliquer les raisons.

   L’essentiel de ce que je vais vous raconter concernant Sainte Philomène, je l’ai lu dans un excellent ouvrage que l’auteur, Monsieur Jean-Louis Picoche, a envoyé à Frère Maximilien-Marie avec une belle dédicace très amicale. Je ne peux que vous recommander chaleureusement d’acquérir et de lire vous aussi ce petit livre qui, dans un style simple et agréable, se présente comme une enquête très minutieuse et rigoureuse, sous la forme d’un dialogue entre un grand père et son petit fils.
Les ouvrages consacrés à Sainte Philomène qui ont été réédités en nos temps, ont en effet été originellement publiés entre 1890 et 1930,  et ils ne collent plus vraiment à l’actualité. Le livre de Jean-Louis Picoche est donc venu à point pour actualiser nos connaissances, pour mettre un terme aux polémiques que le mystère de la jeune martyre a pu soulever, et pour renforcer notre dévotion.

Sainte Philomène par Jean-Louis Picoche

Sainte Philomène (éditions Elor)

   En 1802, on découvrit dans les catacombes de Sainte Priscille, à Rome, un loculus encore inviolé qui pouvait peut-être dater du premier siècle de notre ère. Trois plaques de terre cuite fermaient ce tombeau et portaient (en les remettant en ordre) l’inscription « Pax Tecum Filumena » (« Que la paix soit avec toi Philomène ») ainsi que les dessins d’une palme, d’une fleur, de deux ancres et de trois flèches. Les ossements retirés de cette tombe étaient ceux d’une personne très jeune, de sexe féminin ; l’inscription et les symboles gravés sur les plaques de terre cuite laissaient penser qu’il s’agissait d’une martyre, sans qu’on puisse rien ajouter de plus précis.
Dûment étiquetées, ces reliques furent enfermées dans une caissette et restèrent « en attente » dans un dépôt pendant près de trois années. En 1805, elles furent concédées à Don Francesco de Lucia, prêtre résidant à Mugnano del Cardinale (petite ville située à  quelque 30 km de Naples) qui avait demandé au Saint-Siège des reliques pour sa chapelle privée.

Pax tecum Filumena

Fac similé des plaques de terre cuite fermant le loculus où les reliques furent découvertes

   Or, dès le début du voyage au cours duquel ces reliques étaient transférées depuis Rome jusqu’à Mugnano del Cardinale, « la martyre dont on ne savait rien » commença à se manifester et à attirer l’attention non seulement des passagers de la diligence mais aussi des villages qu’elle traversait : une série de miracles, principalement des guérisons soudaines et inexpliquées, jalonnèrent sa route, si bien que son arrivée à Mugnano prit l’allure d’un cortège triomphal ; au lieu d’être déposées dans la chapelle personnelle de Don Francesco, les reliques furent alors placées (disposées à l’intérieur d’un gisant) dans une chapelle de l’église paroissiale de Mugnagno del Cardinale.

   Le pèlerinage commença aussitôt, et la réputation de Sainte Philomène se répandit comme une trainée de poudre.
Une religieuse napolitaine, la Vénérable Marie-Louise de Jésus (cf. > ici) reçut alors des révélations sur la vie de cette thaumaturge dont on ignorait tout… Cette biographie, « dictée » par la jeune martyre et revêtue des autorisations ecclésiastiques, devint très populaire et fut traduite dans presque toutes les langues.

   Beaucoup d’esprits critiques manifestent des doutes quant à cette révélation privée. Cependant, quoi qu’il en soit, la palme et les flèches gravées sur sa tombe attestent qu’il s’agit d’une martyre, de même que le flacon contenant du sang coagulé retrouvé avec les ossements.
D’autre part l’avalanche de miracles prouve que l’intercession de Sainte Philomène est puissante auprès de Dieu, et que Celui-ci se plaît à accorder des grâces signalées, des guérisons prodigieuses et des miracles spectaculaires par l’intercession de cette jeune et « célèbre inconnue » !

Autel des reliques de Sainte Philomène à Mugnano del Cardinale

Autel des reliques de Sainte Philomène (Mugnano del Cardinale)

   Le miracle le moins contestable est la guérison de Pauline Jaricot, fondatrice de l’œuvre de la Propagation de la Foi et du Rosaire vivant (on trouvera une rapide biographie > ici).

   En 1834, Pauline, qui a 35 ans, tombe très gravement malade ; son état est jugé désespéré par les médecins. La jeune femme a entendu parler de Sainte Philomène et des miracles qui ont lieu au sanctuaire de Mugnano, elle est remplie de confiance dans l’intercession de la jeune martyre et, trompant la vigilance des médecins et de sa famille, elle part en Italie.

   A Rome, elle semble à toute extrémité à tel point que le Pape Grégoire XVI, qui est venu lui rendre visite au couvent de la Trinité des Monts, lui demande de prier pour lui lorsqu’elle sera au ciel. Pleine d’une sainte audace, Pauline lui assure qu’elle va obtenir sa guérison par l’intercession de Sainte Philomène et elle fait promettre au Pape qu’il approuvera le culte de Sainte Philomène pour toute l’Eglise si elle revient guérie.
Grégoire XVI promet… convaincu qu’il n’aura pas à s’exécuter !!! Aussi quelle ne sera pas sa stupéfaction en voyant Pauline se présenter à lui, totalement et durablement guérie à son retour de Mugnano del Cardinale.
Ses propres médecins examinent Pauline, la Congrégation des Rites possède déjà un dossier très volumineux sur les miracles de Sainte Philomène : Grégoire XVI confirme donc son culte (1837) pour l’Eglise universelle et fixe la date de sa fête au 11 août.

   Les trois successeurs de Grégoire XVI, c’est à dire le Bienheureux, Pie IX, Léon XIII et Saint Pie X, confirmèrent aussi le culte de Sainte Philomène.
De très nombreux Saints (je ne peux en faire une liste complète, mais je citerai Saint Pierre-Julien Eymard, Sainte Madeleine-Sophie Barat, Saint Damien de Veuster, Saint Pierre Chanel et surtout le Saint Curé d’Ars) obtiennent d’innombrables grâces par l’intercession de Sainte Philomène et en diffusent le culte.

   C’est par Pauline Jaricot que Saint Jean-Marie Vianney connut Sainte Philomène, qui devint sa sainte de prédilection. Pauline lui offrit une statue de Sainte Philomène en forme de gisant pour qu’elle soit vénérée dans la petite église d’Ars. Le prolongement de l’église d’Ars, rendu nécessaire par l’afflux des pèlerins et réalisé sur les plans de Pierre Bossan, est tout consacré à Sainte Philomène.

   La famille Jaricot était également amie depuis fort longtemps avec un autre saint prêtre qui fonda au début du XIXème siècle une congrégation de religieuses hospitalières. Lui aussi connut Sainte Philomène grâce à Pauline, lui aussi reçut de Pauline une statue de la Sainte qu’il institua à perpétuité assistante générale de sa jeune congrégation : et les grâces de la jeune martyre se répandirent à profusion sur les religieuses et sur les malades…

   Cette statue offerte par une miraculée de Sainte Philomène, dont le procès en béatification est engagé, à un prêtre, dont la cause est également instruite en Cour de Rome, est – selon une expression de Frère Maximilien-Marie – une « quasi relique ». Or elle se trouve aujourd’hui en notre possession!

Gisant de Sainte Philomène

   La raison pour laquelle je ne vous donne pas ici le nom de ce saint prêtre ni celui des religieuses, c’est que ces dernières ont subi de nombreuses critiques et malveillances de la part d’un certain clergé. Contraintes de fermer une de leurs maisons, ce sont elles qui ont offert à Frère Maximilien-Marie cette précieuse statue, mais elles ne souhaitent pas qu’on puisse les reconnaître…

   En 1961, la Congrégation des Rites retira Sainte Philomène du calendrier de l’Eglise universelle. Il semblait alors que l’absence de sources biographiques historiquement certaines était un empêchement à un culte trop développé. Bonne aubaine pour les détracteurs du culte des saints et pour ceux qui nient le merveilleux et les miracles : ils se hâtèrent de répandre la rumeur selon laquelle le culte de Sainte Philomène était désormais interdit et proclamèrent que son existence n’avait été qu’une pieuse invention…
Nos chères religieuses subirent des pressions inimaginables de la part de certaines autorités ecclésiastiques pour abandonner le culte de Sainte Philomène et  – sous le fallacieux prétexte de l’obéissance (car ce n’était pas légitime) – elles durent retirer sa statue de leur chapelle !

   Une fois de plus nous nous trouvons ici en face d’un véritable abus de pouvoir de la part des prêtres dont la foi a sombré dans le modernisme.
Sainte Philomène a certes été retirée du calendrier liturgique universel, mais cela ne veut pas dire qu’elle n’a pas existé ou que l’Eglise condamne son culte. Lorsqu’une personne a été déclarée sainte, il n’est plus possible pour l’Eglise de lui retirer cette qualité. Le 13 janvier 1837, le Pape Grégoire XVI avait élevé la petite Philomène aux honneurs des autels : elle est donc bien sainte pour l’éternité.
Comme pour tous les autres saints qui ne figurent pas au calendrier universel, on peut tout à fait légitimement continuer à la vénérer en tout lieu où la dévotion envers elle est implantée. Si, effectivement, on ne sait rien de certain sur sa vie et sur les circonstances de son martyre, l’incroyable abondance des miracles obtenus par son intercession a fait d’elle l’une des plus célèbres et des plus remarquables thaumaturges des XIXème et XXème siècles.

   Le XXIème siècle est à peine engagé que les grâces et les prodiges se multiplient encore lorsqu’on l’invoque, à tel point qu’aujourd’hui le sanctuaire d’Ars, qui s’était d’abord aligné sur une position de prudent retrait du culte de la « chère petite Sainte », demande à la Congrégation pour la Cause des Saints de réviser le cas de Sainte Philomène, en estimant que la réalité des miracles l’emporte sur les incertitudes de l’histoire.

Sainte Philomène - statue du Mesnil-Marie

Détail du gisant de Sainte Philomène exposé dans la chapelle du Mesnil-Marie

   Retirée de la chapelle des religieuses, la vénérable statue de Sainte Philomène fut littéralement « mise au placard », puisque pendant près de 40 ans (le temps de la traversée du désert) elle fut enfermée dans une armoire de sacristie.
Une religieuse âgée a confié un jour à Frère Maximilien-Marie qu’elle avait toujours gardé une très grande dévotion à Sainte Philomène et qu’elle avait continué à la prier et à obtenir des grâces par son intercession ; pour cela elle se rendait au placard dans lequel la statue était reléguée !!!…

   C’est l’arrivée de cette belle statue, avec son histoire émouvante, qui a déterminé Frère Maximilien-Marie a placer sous le vocable de Sainte Philomène notre future « crypte ».  Il y a là une forme de protestation contre les abus de pouvoir qui ont conduit à jeter le discrédit sur l’existence même de la jeune martyre, et ce sera aussi une espèce de réparation pour l’injustice qu’elle a subie. Nous avons hâte que les travaux d’aménagement de cette ancienne cave soient achevés et d’y placer la châsse de Sainte Philomène, confiants en sa très puissante intercession et sûrs qu’elle ne manquera pas de répandre ici d’abondantes grâces sur ceux qui viendront la prier avec ferveur.

Lully.

Nota :
- Prière et litanies en l’honneur de Sainte Philomène >
ici ;
- Exposé des travaux de transformation de notre ancienne cave voûtée en Crypte Sainte Philomène >
ici.

2010-12. Des travaux d’hiver au Mesnil-Marie, d’une chatière et de la manière dont on construisait jadis les caves voûtées.

Mardi soir 16 mars 2010.

Chers Amis du « Refuge Notre-Dame de Compassion« ,

Vous le savez bien : nous, les chats, nous n’aimons ni le froid ni l’humidité, et cet hiver qui n’en finissait pas ne me donnait guère le goût d’écrire… Voilà en effet  plus de six semaines que je n’ai pas rédigé de chronique puisque la dernière que je vous ai adressée date de la fête de Saint François de Sales!!! (cf.> www)

Enfin, depuis quelques jours – même si à notre altitude nous n’avons encore ni violettes, ni jonquilles -, il semblerait que le printemps veuille bien annoncer son arrivée. Aujourd’hui, sur les versants exposés au nord, nous voyons toujours de la neige mais notre « Mesnil-Marie » est bien exposé et peut profiter pleinement des heures d’ensoleillement. S’il y a encore des gelées matinales, elles ne peuvent être comparées avec les températures rigoureuses que nous avons connues depuis le mois de décembre (c’est assez souvent que notre thermomètre est descendu jusqu’à moins 10°, certains matins même autour de moins 15°). Dans la soirée du dimanche 7 mars, nous avons eu une abondante chute de neige (25cm sur notre terrasse) et le mardi matin 9 mars le thermomètre marquait moins 13°: cela nous a donné la désagréable impression de revenir deux mois en arrière… Fort heureusement le redoux semble s’installer de manière durable.

La saison froide est propice aux travaux à l’intérieur de la maison et aux études : Chlôris et moi-même étudions les Saintes Ecritures et les commentaires des Pères de l’Eglise, que nous méditons ensuite longuement auprès du poêle… L’ancien grenier à foin (la fénière), qui est désormais la Salle Saint Augustin, a vu l’achèvement des finitions de son plancher après le passage de l’électricien. Et puis, entre la Salle Sainte Thérèse Couderc (la salle de séjour) et la Salle Saint Joseph (l’ancienne étable) il y a maintenant, pour remplacer une très vieille porte qui fermait très mal, une belle porte en châtaignier dans laquelle Frère Maximilien-Marie a fait percer spécialement pour nous une chatière qui nous plaît vraiment beaucoup. Figurez-vous que pour le diamètre de l’ouverture, on a pris mes mensurations!

La chatière

Cependant la part la plus importante des travaux de cet hiver a consisté dans les commencements de l’aménagement de l’ancienne cave voûtée, destinée à devenir l’oratoire intérieur du « Mesnil-Marie » (avant de pouvoir construire la chapelle de Notre-Dame de Compassion à l’extérieur de la maison).

Avant toute autre chose, il faut que je vous explique de quelle manière les anciens construisaient autrefois ces caves voûtées. Pour cela j’ai réalisé un croquis (vous pourrez aussi apprécier en même temps la qualité des études que je poursuis ici) et à l’aide des numéros que j’ai placés sur le dessin je vous donnerai en dessous quelques compléments d’information :

Manière dont les voûtes étaient jadis construites

1 – Notre « Mesnil-Marie » est construit directement sur la roche mère, à flanc de montagne. L’emplacement a été choisi en fonction de l’exposition au soleil, de la proximité de l’eau, de la disposition du rocher. Sans doute un tracé a-t-il alors été fait au sol, après avoir au maximum dégagé le rocher.

2 – Sur toute la surface intérieure de ce qui deviendrait la cave de la maison, les bâtisseurs de l’époque firent un énorme tas de terre et de pierres (que j’ai représenté avec la couleur marron) s’élevant jusqu’au niveau où les murs seraient droits…

3 – Les murs furent alors édifiés autour de ce remplissage : ces murs sont très épais puisque tout le poids de la maison va reposer sur eux. Plus exactement il s’agit en quelque sorte de deux murs parallèles bâtis en grosses pierres (pierres de rivière ou blocs de granit taillés) assemblées à la chaux, et entre les deux il y a un remplissage de terre et de petites pierres dont l’effet est isolant : c’est ce que j’ai représenté en un mélange de gris et de rose entre les pierres des murs.

4 – Lorsqu’on avait atteint une élévation suffisante pour les murs verticaux, on installait un solide coffrage destiné à porter les pierres de la voûte. J’ai représenté ce coffrage à l’aide de deux couleurs: a) un fort appareillage de poutres et de madriers, en gris foncé, pour donner la forme générale; b) et par dessus – en orange – des planches bien assemblées formant une espèce de coque de berceau renversé.

5 – Sur ce coffrage sont positionnées côte à côte les pierres de la voûte. Il faut remarquer la disposition des pierres : c’est leur plus petit côté qui est vers le bas; leur plus grande longueur est utilisée pour donner l’épaisseur de la voûte.

6 – Lorsque les pierres de la voûte ont été disposées, on verse la chaux par dessus : elle coule entre les pierres et les assemble entre elles en remplissant les interstices. Il arrive même qu’en plusieurs endroits la chaux traverse la couche de pierres, et comme elle est arrêtée par le coffrage de planches on aura plus tard l’impression que la voûte aura été crépie à ces endroits là.

Lorsque tout est bien sec, le remplissage de terre et de pierres ainsi que le coffrage sont retirés en creusant à l’intérieur de la cave ainsi construite, à partir de la porte d’accès (qui avait bien sûr été prévue!). Faut-il préciser que tous ces travaux étaient réalisés sans l’aide d’outillage mécanique? Les pierres étaient taillées à la main, transportées dans des brouettes et montées à dos d’homme, la terre pour le remplissage et la chaux étaient transportées avec des seaux… etc.

Je vous parlerai dans quelques jours des travaux qui ont déjà été réalisés dans cette ancienne cave, mais afin que vous puissiez mieux comprendre par la suite les explications que je vous donnerai, voici deux clichés qui la présentent dans son état initial. Le premier vous montre une vue générale, tandis que le second vous permet de voir un très ancien escalier d’accès, taillé dans le granit : je n’ose pas imaginer le temps et la peine qui ont été nécessaires pour le réaliser…

Future crypte état initial       Ancien escalier taillé dans le roc granitique

(cliquer sur les vignettes pour agrandir les clichés)

J’arrête ici ma chronique pour ce soir, mais avant de vous quitter je vous souhaite, non seulement en mon nom mais aussi au nom de Chlôris et de Frère Maximilien-Marie, une belle et fervente fête de Saint Joseph, ce vendredi 19 mars, et je signe aujourd’hui avec l’empreinte de ma très noble patte dans la neige (la dernière jusqu’à l’hiver prochain j’espère!).

Signature de Lully Lully.

Publié dans:Chronique de Lully |on 16 mars, 2010 |6 Commentaires »

Neuvaine du 10 au 18 mars pour préparer la fête de Saint Joseph.

Saint Joseph

       Saint Joseph, père nourricier si fidèle de l’Enfant divin, époux virginal de la Mère de Dieu, puissant protecteur de la sainte Eglise, nous venons vers vous pour nous recommander à votre protection spéciale.

   Vous n’avez rien cherché en ce monde sinon la gloire de Dieu et le bien du prochain.
Tout donné au Sauveur, c’était votre joie de prier, de travailler, de vous sacrifier et d’endurer pour Lui les difficultés de la vie.
Vous étiez inconnu en ce monde et cependant connu de Jésus : ses regards reposaient avec complaisance sur votre vie simple et cachée en Lui !

   Saint Joseph, vous avez déjà aidé tant d’hommes, nous venons vers vous avec une grande confiance.
Vous voyez dans la lumière de Dieu ce qui nous manque, vous connaissez nos soucis, nos difficultés, nos peines.

   Nous recommandons à votre sollicitude paternelle cette (ces) affaire(s) particulière(s)…… (on peut mentionner ici nos intentions particulières, nos soucis de santé, de famille ou de travail).
Nous la (les) mettons entre vos mains qui ont sauvé Jésus Enfant.

   Mais avant tout, obtenez-nous la grâce de ne jamais  être séparés de Jésus par le péché, de Le connaître et de L’aimer toujours plus, ainsi que sa Très Sainte Mère.
Accordez-nous de vivre toujours en présence de Dieu, de tout faire pour sa gloire et le bien des âmes, et d’arriver un jour à la vision bienheureuse de Dieu pour le louer éternellement avec vous.

Ainsi soit-il.

(prière composée par Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur)

frise avec lys naturel

On trouvera > ici d’autres prières en l’honneur de Saint Joseph,
et > ici les « Salutations à Saint Joseph » composées par Saint Jean Eudes,
et encore > ici une prière à Saint Joseph de Bon Espoir
et enfin > ici le cantique « Saint Joseph, ô pur modèle ».

Prière pour la sanctification du clergé composée par le vénérable Pie XII.

Le sacerdoce, c'est l'amour du Coeur de Jésus

« Le sacerdoce, c’est l’amour du Coeur de Jésus »

   O Jésus, Pontife éternel, Bon Pasteur, Source de vie, qui, par une singulière munificence de Votre Cœur très doux, nous avez donné nos prêtres, afin d’accomplir en nous les desseins de sanctification que Votre grâce inspire à nos cœurs, nous Vous en prions : venez-leur en aide en Votre miséricorde secourable.

   Qu’il y ait en eux, ô Jésus, la foi vive dans les œuvres, l’espérance inébranlable dans les épreuves, la charité ardente dans les résolutions.

   Que Votre parole, rayon de l’éternelle Sagesse, devienne, par la méditation assidue, l’aliment durable de leur vie intérieure ; que les exemples de Votre vie et de Votre Passion se retrouvent dans leur conduite et leurs souffrances, pour notre instruction, lumière et réconfort dans nos douleurs.

   Faites, ô Seigneur, que nos prêtres, détachés de tout intérêt mondain et uniquement soucieux de Votre gloire, persévèrent fidèles au devoir avec une conscience pure jusqu’à leur dernier souffle. Et quand, à la mort du corps, ils remettront en Vos mains la consigne bien accomplie, qu’ils trouvent en Vous, Seigneur Jésus, qui fûtes leur Maître sur terre, la récompense de la couronne de justice dans la splendeur des saints.

Ainsi soit-il.

Voir aussi :
- Prière du Vénérable Pie XII pour les vocations sacerdotales > ici

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2010-11. Alter Christus.

Mercredi 3 mars 2010.

Chers Amis du « Refuge Notre-Dame de Compassion« ,

Vous le savez, vous qui êtes en lien de foi et de spiritualité avec nous, notre Saint-Père le Pape Benoît XVI a voulu que l’Eglise catholique vive, depuis le 19 juin 2009 et jusqu’au 19 juin 2010, une « année sacerdotale« : je vous en avais parlé au mois d’avril dernier, peu de temps après que le Souverain Pontife en a fait l’annonce (cf.> www).

Notre bien-aimé Pape a voulu que la célébration du 150ème anniversaire de la mort du Saint Curé d’Ars soit pour tous les fidèles une occasion d’approfondir le mystère du sacerdoce. En effet, la crise qui a ravagé et ravage encore une grande partie du monde catholique, a eu pour effet qu’un très grand nombre de prêtres et de fidèles ont – en partie ou totalement – perdu le sens de la vocation et du ministère des prêtres.

2010-11. Alter Christus. dans Commentaires d'actualité & humeurs rencontre1

« Tu m’a montré le chemin d’Ars, je te montrerai le chemin du Ciel! »

Parmi les excellentes initiatives de cette « année sacerdotale », il faut faire une mention spéciale du film de 30 minutes qui a été réalisé à la demande de la Congrégation pour le Clergé (c’est-à-dire l’organisme du Saint-Siège qui s’occupe de tout ce qui concerne le clergé catholique). Ce court-métrage est intitulé « Alter Christus ». Ces deux mots latins  qui signifient « autre Christ » sont extraits d’un adage très ancien : « Sacerdos alter Christus. Le prêtre est un autre Christ ». En effet le prêtre n’est pas seulement un « représentant » du Christ à la manière dont un ambassadeur représente le gouvernement d’un pays mais, par la grâce du sacrement de l’Ordre, il est configuré au Christ dans son être profond. C’est le Christ Lui-même qui agit en lui et à travers lui quand le prêtre célèbre les sacrements.

Il est possible de visionner ce film, découpé en trois parties d’une dizaine de minutes, grâce à « You Tube » où il est disponible en italien, en français, en espagnol, en allemand et en anglais. Outre des extraits particulièrement bien ciblés de discours des Papes Jean-Paul II et Benoît XVI, sont présentés les interventions et témoignages de nombreux prêtres, évêques et cardinaux tels que Monsieur le Cardinal Claudio Hummes (préfet de la congrégation pour le clergé), Monsieur le Cardinal Antonio Canizares (préfet de la congrégation pour le culte divin), Monsieur le Cardinal Julian Herranz (président émérite de la commission pour l’interprétation des textes législatifs), Monseigneur Maura Piacenza (archevêque secrétaire de la congrégation pour le clergé), Monseigneur Guido Marini (Maître des cérémonies liturgiques du Souverain Pontife)… etc.

En trente minutes sont rappelées des vérités essentielles et absolument vitales pour l’Eglise, des vérités que les fidèles n’entendent encore malheureusement pas dans un trop grand nombre de paroisses françaises, paroisses sclérosées et mourantes parce qu’elles sont encore aux mains de dangereux intégristes bloqués sur une idéologie qui se croyait d’avant-garde dans les années 1960-1970.

Ainsi donc, le prêtre n’est pas « un homme comme les autres » : son ordination en fait quelqu’un d’à part. Le prêtre doit être clairement reconnu par un habit spécifique. Le prêtre n’est pas un « modérateur » gérant une structure plus ou moins démocratique : il est investi d’une autorité divine et irremplaçable pour oeuvrer au salut et à la sanctification des âmes. Le prêtre est ordonné pour être l’homme des sacrements, et en tout premier lieu pour célébrer la Sainte Messe et administrer le sacrement de pénitence. La Messe est le renouvellement non-sanglant du Saint Sacrifice du Calvaire, sa célébration obéit à des règles strictes auxquelles les prêtres n’ont pas le droit de toucher… etc.

La Sainte Messe

La réalité de l’autel, c’est celle du Calvaire.

Les images qui accompagnent ces témoignages sont pleines de beauté et laissent clairement transparaître le sens du sacré, la beauté et la solennité qui doivent entourer la célébration des sacrements. Les « eucharisties » zim-boum-boum, les autels en contreplaqué sur lesquels on accroche des pantins fabriqués avec des rouleaux de papier toilette, les « ornements » sans tenue que l’on croyait découpés dans les drapeaux de la gay-pride, les « vases sacrés » en poterie, la distribution de la sainte communion faite n’importe comment, les prêtres aux allures de clochards avec leurs pantalons tombant en accordéons sur les chevilles …etc., la Congrégation pour le Clergé nous montre sans détours que tout cela est indigne du mystère de l’Eucharistie et du sacerdoce qui en est indissociable! Il est d’ailleurs tout à fait remarquable que certaines prises de vues sont faites lors de célébration de la Sainte Messe selon la « forme extraordinaire du rite romain ».

Je vous encourage donc à visionner ce film et, plus qu’à en être des spectateurs passifs, à en faire le support d’une véritable méditation et d’une fervente prière.

Rendons grâces à Dieu de nous avoir donné le sacerdoce, rendons grâces à Dieu pour l’exemple du Saint Curé d’Ars, rendons grâces à Dieu pour notre Saint-Père le Pape Benoît XVI qui travaille avec patience, douceur, humilité et courage à la restauration de Son Eglise!

Frère Maximilien-Marie.

Voir le film « Alter Christus »: 1ère partie, ici > www. 2ème partie, ici> www. 3ème partie, ici> www.

2010-10. Difficile équilibre…

Mardi de la deuxième semaine de Carême.

Un difficile équilibre…

   C’est parfois même un véritable exercice d’équilibriste, de funambule.
Voilà la situation dans laquelle nous placent aujourd’hui les paroles de Notre-Seigneur : Jésus nous met sur un fil, à une hauteur déjà impressionnante… et nous devons avancer en prenant conscience qu’il n’y a pas de filet tendu en dessous : un faux pas et…« splatch » !!! Nous risquons de nous faire très mal.
Et non seulement nous risquons d’avoir très mal sur le coup, mais en outre nous pourrions bien rester boiteux ou handicapés pour le restant de nos jours ici-bas.

   Un difficile équilibre, un très difficile équilibre !

   Cependant si nous le gardons, nous nous en trouverons bien ; ce sera pour nous la source d’une très grande sérénité intérieure et nous pourrons faire de véritables progrès spirituels.

   « En ce temps là, Jésus parla aux foules et à ses disciples en disant : Les scribes et les pharisiens siègent dans la chaire de Moïse. Donc observez et mettez en pratique toutes les choses qu’ils vous enseignent : mais n’agissez pas selon leurs exemples : en effet ils disent mais ne font pas…» (Matthieu XXIII, 1-2).

Le Christ en face des scribes et des pharisiens

Le Christ en face des scribes et des pharisiens.

   Ces paroles étaient adressées « aux foules et aux disciples » il y a près de 2000 ans, et elles s’adressent encore à chacun d’entre nous aujourd’hui même.

   Les scribes et les pharisiens siègent dans la chaire de Moïse : leur autorité est légitime pour enseigner et transmettre aux hommes la doctrine religieuse authentique (la foi, et la morale qui en découle).
Quand ils transmettent cette doctrine, il est nécessaire de la mettre en pratique parce que c’est Dieu qui nous parle à travers eux. Toutefois nous avons conscience qu’eux mêmes ne règlent pas forcément leur conduite sur les bons et beaux préceptes qu’ils enseignent et, en cela, gardons-nous bien de les imiter !

   Les prêtres et les évêques, les membres du clergé régulier et séculier de l’Eglise instituée par Notre-Seigneur, sont aujourd’hui pour nous ceux qui « siègent dans la chaire de Moïse » et aux enseignements desquels nous avons le devoir d’être attentifs, dans la mesure – bien évidemment – où ce qu’ils enseignent est rigoureusement conforme à la doctrine traditionnelle – foi et morale – venue des Apôtres.
Toutefois, nous savons bien que, comme les scribes et les pharisiens à l’époque de Notre-Seigneur, il s’en trouve parmi eux (pas tous fort heureusement !) dont la conduite n’est pas en accord avec ce qu’ils prêchent.

   Et Jésus nous dit :

- Observez et mettez en pratique toutes les choses qu’ils vous enseignent lorsqu’elles sont conformes à la Tradition venue des Apôtres, mais n’agissez pas selon leurs exemples…

- Ne claquez pas la porte de Mon Eglise en disant : Ces « curés » sont tous des hypocrites, et donc j’envoie aussi promener tout ce qu’ils m’ont appris !

– Sachez faire la bonne distinction entre l’homme, avec ses défauts et ses péchés, et la fonction dont il est investi malgré sa faiblesse…

- Respectez la hiérarchie légitime, car c’est Moi qui l’ai établie. Elle porte Mon autorité et c’est Ma parole qu’elle vous transmet.

- Toutefois soyez sans illusion à propos des personnes : gardez-vous d’idéaliser tel prêtre, tel moine, tel évêque car – quelque saints qu’ils puissent paraître – même les meilleurs d’entre eux restent des hommes faillibles et pécheurs… tout comme vous-mêmes.

- Au jour du jugement, il leur sera demandé davantage, parce qu’ils ont reçu de Moi une mission qui exige d’eux une vraie cohérence entre leurs paroles et leurs actes.

– Je ne vous demande pas d’être aveugles : gardez votre lucidité et faites la part des choses entre ce qui vient de Moi et ce qui vient de leur fragilité…

– Mettez en pratique la Foi authentique qu’ils sont chargés de transmettre, et laissez-Moi – à Moi et à Moi seul – le soin de faire justice quand l’heure sera venue !

– Il y avait parmi les pharisiens des hommes justes et droits : Nicodème et Joseph d’Arimathie par exemple… Il y a aujourd’hui dans Mon Eglise des religieux, des prêtres et des évêques qui s’efforcent de faire correspondre leur vie à leur enseignement : même s’ils ne vous paraissent pas être les plus nombreux (« Le bien fait peu de bruit » dit Saint François de Sales) et même si le comportement de certains autres de Mes ministres est véritablement scandaleux (et là, les médias se chargent de « faire de la pub » à ce genre de comportements), gardez la Foi et ne vous laissez pas aller au découragement. C’est en Moi et non en Mes ministres qu’il faut croire.

– Il y a eu un traître parmi Mes Apôtres. Comme aux autres, Je lui avais donné le pouvoir de chasser les démons et de faire des miracles : cela ne l’a pas empêché de devenir « fils de la perdition ». Mais surtout cela ne M’a pas empêché, Moi, d’aller jusqu’au bout de la mission que le Père céleste M’avait confiée, par amour pour vous. Il y a des traitres aujourd’hui encore parmi les successeurs de Mes Apôtres, souffrez de leurs trahisons comme Mon Coeur a souffert de la trahison de Judas, mais que cela ne vous empêche pas de rester fidèles aux grâces que le Père vous a données et vous donne encore à travers Moi !

- Exercez votre discernement… c’est bien là que je vous demande de marcher sur un fil sans vous casser la figure ! Respectez la fonction hiérarchique et obéissez à ses enseignements légitimes (parce que si on demande de vous une obéissance pour des choses qui ne sont pas conformes à la Loi divine et à la discipline de l’Eglise, il y a abus de pouvoir et sur ces points-là vous ne devez pas obéir !), mais ne laissez pas les erreurs et les fautes manifestes par lesquelles « ils » vous scandalisent ébranler votre Foi, votre Espérance et votre Charité !

- Quelque légitime que soit votre indignation, quelque douloureux que puisse être le constat de leurs trahisons ou de leurs indignités, c’est en Moi et non en l’homme que vous devez placer votre confiance

- Est-ce que tu pries suffisamment pour les prêtres, pour les religieux, pour les évêques ? Est-ce que tu pries suffisamment, et est-ce que tu offres quelques sacrifices pour qu’ils soient fidèles et saints ? Est-ce que tu pries suffisamment, et est-ce que tu offres vraiment des sacrifices pour avoir d’authentiques, solides et saintes vocations sacerdotales et religieuses ?

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

2010-9. La prière de la Chananéenne, modèle d’humilité, de confiance et de persévérance.

Jeudi de la première semaine de Carême.

       L’Evangile de la Messe du jeudi de la première semaine de carême (Matth. XV, 21-28) nous rapporte un épisode plein d’enseignements à travers l’histoire de cette Chananéenne (Saint Marc dans le récit synoptique l’appelle Syro-phénicienne) qui « harcèle » Jésus pour obtenir la guérison de sa fille.

   Lisons tout simplement ce texte en essayant de le faire vivre devant les yeux de notre âme.
Représentons-nous la scène en y mettant toutes les couleurs et toute les caractéristiques de l’Orient méditerranéen :

2010-9. La prière de la Chananéenne, modèle d'humilité, de confiance et de persévérance. dans Annonces & Nouvelles a3631

Jean-Germain Drouais : la Chananéenne aux pieds du Christ (1784)

  1.    Jésus est venu avec Ses disciples dans la région de Tyr et de Sidon, c’est à dire en pays païen : qu’est-Il venu y faire ? Quelles sont les causes et les buts de cette « excursion » dans cette contrée ? Le texte évangélique ne nous le dit pas. Cependant nous pouvons être certains – d’après la réponse que Jésus fera un peu plus loin – qu’Il n’y est pas venu pour enseigner, comme Il le fait habituellement en Galilée.
    La région de Tyr et de Sidon, c’est le pays des anciens Phéniciens : on y adore des idoles, aussi les Juifs pieux, les disciples, doivent s’y sentir assez mal à l’aise. Notons toutefois que dans l’Ancien Testament, c’est aussi la région où le prophète Elie, à Sarepta, a sauvé la vie d’une femme païenne et de son enfant (3ème livre des Rois
    XVII, 8-24) et il ne faut pas négliger cet « indice ».

  2.    Justement voici une femme païenne : elle a entendu parler des guérisons miraculeuses opérées par Jésus, de Son pouvoir sur les mauvais esprits. Bien que païenne, elle pense que ce « prophète » qui fait des prodiges chez les Juifs peut aussi lui venir en aide… Elle vient donc au-devant de Lui et elle crie, elle gémit, elle se lamente.
    Jésus semble indifférent. Il ne répond pas. Il continue son chemin sans faire attention à elle. La femme n’en poursuit pas moins Jésus en continuant ses clameurs au point que les disciples en sont agacés.
    Remarquez-le : ce sont les disciples qui obligent Jésus à arrêter Sa marche, et à « S’intéresser » à elle. S’intéresser, c’est d’ailleurs beaucoup dire car Jésus ne la regarde même pas. Quant aux disciples, s’ils Le supplient d’intervenir, ce n’est pas par compassion mais par amour de leur tranquillité : Cette « bonne femme » nous casse les oreilles ! Seigneur, faites quelque chose pour elle et ainsi nous retrouverons un peu de calme !…

  3.    Jésus ne répond toujours pas à la femme, la réponse qu’Il fait s’adresse aux disciples, et elle est une espèce de refus : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël ». Non seulement Il semble ignorer la femme, mais en plus Il met en évidence qu’elle n’a AUCUN DROIT à bénéficier de Ses pouvoirs de thaumaturge. Tout autre aurait pu se décourager et repartir accablé par cette réponse. Ce n’est pas le cas de cette femme. Non seulement elle insiste, mais elle devient encore plus audacieuse : jusqu’ici elle se tenait à une certaine distance, et là – franchissant le cercle des disciples – elle s’approche tout près de Jésus et se prosterne en continuant d’implorer Son secours : « Seigneur, faites quelque chose pour moi ! »
    Pour la première fois enfin, Jésus lui adresse directement la parole. Mais de quelle manière ! Sans doute ne la regarde-t-Il même pas en laissant tomber ces mots : « Il ne convient pas de prendre le pain des enfants pour le jeter aux chiens ! » Cette phrase tombe comme un couperet. Jésus ne Se contente pas de répéter qu’elle n’a aucun droit à bénéficier d’un miracle parce qu’elle est païenne, mais Il y ajoute ce qui peut légitimement être pris pour une insulte : les Juifs sont les enfants de la maison mais vous, les païens, vous n’êtes que des chiens !

  4.    Et la femme ne se décourage toujours pas. Elle rebondit même sur l’insulte, qu’elle vient de prendre en pleine figure, par une réponse qui confine au sublime tellement elle est remplie d’humilité et de persévérante confiance : « C’est vrai, Seigneur ! » Elle ne proteste pas, elle ne se défend pas, elle n’argumente pas pour défendre sa dignité… Ce « c’est vrai » a quelque chose de prodigieux !
    Et elle poursuit : « Mais les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leur maître. » Ce qui est une manière de dire : je le reconnais, Seigneur, je ne suis rien pour mériter Votre attention et Votre sollicitude, je n’ai aucun droit sur Vous, aucune de Vos bontés ne me sont dues… J’ai néanmoins confiance dans la miséricorde de Votre Cœur : ce n’est pas en vertu de mes mérites, de mes qualités ou de ma dignité que j’espère quelque chose de Vous. Vous n’avez aucune obligation envers moi, Vous ne me devez rien, et pourtant je crois fermement que Vous pouvez accomplir ce que j’implore de Votre douce pitié…

  5.    Alors Jésus abandonne Son APPARENCE froide, insensible, rebutante, insultante… Nous pouvons imaginer sans peine la tendresse extraordinaire de Son regard qui se pose enfin sur elle lorsque Il déclare – peut-être même avec une véritable émotion dans la voix – : « Ô femme, ta foi est grande : qu’il te soit fait selon ta volonté ! » Et le miracle a lieu : à l’heure même sa fille est guérie.

  6.    Que de leçons pour nous ! Si je me suis permis de décortiquer un peu longuement cet épisode c’est pour mieux mettre en évidence les points suivants:

    - Bien souvent, lorsque nous prions, lorsque nous demandons à Dieu une grâce, n’avons-nous pas, plus ou moins consciemment, une attitude bien différente de celle de cette femme ? « Seigneur, après tout, je suis chrétien ; j’ai mes défauts certes, mais qui n’en a pas ? je ne suis finalement pas pire que les autres et j’appartiens à Votre Eglise… Cela ne me donne-t-il pas le droit que Vous interveniez en ma faveur ?… »
    - La prière n’est-elle pas pour moi comme ces machines de foire – « à tous les coups on gagne ! » – dans la fente desquelles on introduit une pièce et desquelles on obtient immanquablement un gadget ou un lapin en peluche ? « Seigneur, j’ai mis ma pièce dans la fente du distributeur automatique de bienfaits… heu, pardon ! J’ai dit la bonne prière, j’ai même fait brûler un cierge : donnant-donnant, Vous me devez cette grâce maintenant ! »
    - J’ai égrené un chapelet, et même un rosaire entier… J’ai récité telles litanies, j’ai dit telle prière  réputée « irrésistible », j’ai accompli tel pèlerinage, j’ai fait telle neuvaine… et je n’ai pas obtenu ce que je demandais : à quoi bon en faire tant, puisque le Seigneur ne m’a pas entendu ? Doute… découragement…
    - Avant de douter de la bonté de Dieu, avant de douter de l’efficacité de la prière, avant d’écouter la voix insidieuse du découragement, ne faudrait-il pas plutôt remettre en question les dispositions avec lesquelles nous prions, avec lesquelles nous nous adressons à Dieu ?
    Si nos prières ne sont pas efficaces, ce n’est pas parce que Dieu ne nous entend pas mais c’est trop souvent parce que nous prions mal, sans humilité, sans confiance, sans persévérance

  7.    Revenons à l’attitude de Jésus en face de la Chananéenne : s’Il n’avait pas été apparemment insensible, sourd, méprisant, insultant… jamais un tel acte de foi, de confiance, de persévérance et d’humilité ne serait sorti du cœur de cette femme.

  8.    Si les disciples étaient sans compassion, ce n’est évidemment pas le cas du Cœur de Jésus. Mais la compassion du Cœur de Jésus n’est pas du sentimentalisme, et lorsqu’Il a pitié de nous Il ne nous infantilise pas : au contraire Il nous pousse au degré maximum de vertu jusque auquel nous pouvons nous élever. L’apparente rebuffade est en fait la preuve d’un immense amour puisqu’elle va permettre de s’élever au-delà du sensible et du sentimental jusqu’à produire un acte de foi et de confiance encore plus beau, plus fort, plus authentique et véritablement surnaturel ; jusqu’au sublime.

   Encore une fois, il ne faut jamais se décourager dans la prière. Si Jésus semble ne pas nous répondre c’est qu’Il nous pousse à aller plus loin dans l’humilité, dans la confiance et dans la persévérance.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Prière suppliante - blogue

« Ayez pitié de moi, Seigneur, et daignez m’exaucer
selon la mesure de ma confiance envers Votre divin Cœur… »

2010-8. De la pieuse mémoire d’Andreas Hofer, le « Chouan du Tyrol », au jour anniversaire de sa mort héroïque.

- 20 février 1810 -

Sacré-Cœur vitrail

       En 1805, par le traité de Presbourg, consécutif aux défaites d’Ulm et d’Austerlitz, l’Autriche fut contrainte de céder le Tyrol au jeune royaume de Bavière, totalement soumis à la tyrannie napoléonienne.

   Les anciens droits des Tyroliens furent alors annulés par les Bavarois, qui exigeaient – entre autres – que les jeunes gens effectuent un service militaire de six ans dans les armées de celui auquel on n’a pas sans raison donné le surnom d’ «ogre corse». Les coutumes des Tyroliens et leurs pratiques religieuses étaient menacées : en particulier les pèlerinages, les processions et les manifestations extérieures de la foi furent interdits.

   Le mécontentement de cette population si fortement ancrée dans la religion catholique et si attachée à la Maison de Habsbourg alla croissant et entraina en 1809 un mouvement de résistance armée, comparable à celui qui avait soulevé les provinces de l’ouest de la France en 1793. La figure centrale en fut un habitant de la vallée du Passeiertal, au Tyrol du Sud, Andreas Hofer.

   Destin hors du commun que celui de ce paysan-aubergiste, robuste père de famille, simple et pieux, dont la figure n’est pas sans rappeler celle de Jacques Cathelineau.

Andreas Hofer

Andreas Hofer, homme de foi et de détermination héroïque.

   Devenu par nécessité régent du Tyrol au nom des Habsbourg, en entraînant ses montagnards au cri de « Pour Dieu, l’Empereur et la Patrie », Andreas Hofer a pris place parmi les plus grands héros de la résistance catholique contre l’impiété révolutionnaire, car Napoléon ne fut jamais rien d’autre que « la révolution couronnée ».

   On doit à Jean Sévillia une magnifique biographie de ce « Chouan du Tyrol » : son livre raconte une épopée passionnante et révèle un personnage malheureusement encore trop méconnu en France.
Ce récit, clair et rigoureux, renverse le mythe officiel de la « France libératrice de l’Europe ».

2010-8. De la pieuse mémoire d'Andreas Hofer, le

   Les troupes franco-bavaroises du maréchal Lefèbvre et du prince Eugène de Beauharnais, sous-estimant totalement ces « péquenauds », subirent de cuisantes défaites. Elles étaient habituées à des combats ouverts sur les champs de bataille et furent déroutées par cette guérilla populaire. Les Tyroliens combattaient avec ce dont ils disposaient : fourches, faux, fusils de chasse… Leur courage était galvanisé par le soutien massif des religieux.

   Par trois fois, le puissant ennemi se fit repousser de la province alpine, mais le destin du Tyrol se jouait bien loin de là, sur les champs de bataille européens et à la table des conférences de paix. A la fin de l’année 1809, alors que bien des insurgés avaient été tués, que des centaines de villages et de fermes avaient été réduits en cendre, que la famine et la misère régnaient sur le Tyrol, ces héroïques chouans durent rendre les armes. Andreas Hofer, trahi par un voisin, fut livré aux troupes françaises et emprisonné à Mantoue au début de l’année 1810.

Arrestation d'Andreas Hofer

Arrestation d’Andreas Hofer

Andreas Hofer emmené pour être fusillé

Andreas Hofer emmené pour être fusillé

   On raconte que Napoléon donna l’ordre d’un « juste procès avant de le descendre » : ce trait est bien dans le style de ce dictateur – qu’on se souvienne de l’exécution du duc d’Enghien – même si plus tard il prétendra auprès de Metternich qu’Hofer avait été exécuté, contre sa décision. Andreas Hofer fut fusillé par les français le 20 février 1810

   Des monuments honorent la mémoire d’Andreas Hofer aux quatre coins du Tyrol. L’un des plus importants se situe au Bergisel, proche d’Innsbruck, lieu d’une importante victoire.

Monument d'Andreas Hofer à Innsbruck (Bergisel)

   En 1823, les restes d’Andreas Hofer furent ramenés à Innsbruck et reposent depuis lors, dans l’attente de la résurrection, dans « l’église de la Cour » (Hofkirche), parfois nommée l’église « des bonshommes noirs » ou des franciscains.

   La mémoire d’Andreas Hofer fut honorée comme celle d’un martyr au Tyrol et en Autriche. Son nom devint une sorte de point de ralliement contre le pouvoir de Napoléon.
Le chant « Zu Mantua in Banden » (« Emprisonné à Mantoue ») qui retrace la mort du héros, est devenu l’hymne du Tyrol. La fête du Sacré-Coeur de Jésus, dont les résistants à Napoléon arboraient l’image sur la poitrine, est depuis lors la grande fête de cette province qui reconnaît en Andreas Hofer une sorte d’incarnation de ses sentiments de foi et de patriotisme.

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   Nous ne laissons jamais passer l’anniversaire de l’exécution de ce héros catholique sans nous recueillir en sa mémoire et sans le remercier pour le courage et l’abnégation avec lesquels il s’est opposé aux menées impies du prétendu « empereur des Français ».

Lully.

Armoiries du Tyrol

Armoiries du Tyrol

2010-7. Petit catéchisme sur le carême et la pénitence.

1. Qu’est-ce que le carême ?

   Le mot « carême » vient du latin « quadragesima » qui signifie quarantaine. Le carême est un temps liturgique particulièrement intense qui dure une quarantaine de jours et qui prépare les fidèles aux célébrations pascales.
Le carême commence le Mercredi des Cendres et se termine immédiatement avant la Messe de la Cène du Seigneur (le Jeudi Saint). Les dates du carême varient donc en fonction de la date de Pâques qui est calculée sur le cycle lunaire.

2. Quel est le sens du Mercredi des Cendres ?

   Ce premier jour du carême est particulièrement pénitentiel, le jeûne y est obligatoire. En participant à la cérémonie de l’imposition des Cendres, nous exprimons avec humilité notre volonté de nous convertir et de mettre davantage notre vie en accord avec les enseignements du saint Evangile.

3. Que symbolisent les cendres ?

   Les cendres sont obtenues en brûlant les rameaux qui avaient été bénits l’année précédente, le dimanche des Rameaux. Elles symbolisent la fragilité de la condition humaine marquée par la mort, en conséquence du péché originel ; elles signifient aussi que nous nous humilions devant Dieu en reconnaissant nos fautes personnelles ; elles expriment notre supplication pour que Dieu nous vienne en aide et nous renouvelle.

4. Pourquoi 40 jours ?

   Le chiffre 40 porte une dimension symbolique très forte dans l’Ancien Testament : les pluies du déluge durèrent 40 jours ; après sa sortie d’Egypte, le peuple hébreu vit au désert pendant 40 ans ; Moïse reste 40 jours face à face avec Dieu sur le Mont Sinaï avant de redescendre avec les Tables de la Loi ; le prophète Elie marche pendant 40 jours dans le désert… etc.

   Notre-Seigneur Jésus-Christ, après son baptême par Jean dans le Jourdain et avant de commencer sa vie publique, se retire pendant 40 jours dans le désert, y pratiquant un jeûne intégral, priant et affrontant directement la puissance du diable. Aussi « l’Eglise s’unit chaque année par les quarante jours du Grand Carême au mystère de Jésus dans le désert » (Catéchisme de l’Eglise catholique, n° 540). La liturgie met en rapport ces quarante jours du Christ luttant dans le désert contre le démon avec le mystère de notre Rédemption accomplie par la victoire de la Croix.

Tentation du Christ au désert

Tentation de Jésus au désert (chapiteau d’Autun).

5. Depuis quand le carême existe-t-il ?

   La plupart des commentateurs contemporains, sous l’influence du modernisme, prétendent que le carême aurait été institué par l’Eglise au IVème siècle, mais ce n’est pas l’avis des anciens : les Pères de l’Eglise affirment que le carême a été institué par les Apôtres eux-mêmes. A ce propos, Saint Augustin écrit que ce dont on constate l’existence dans toutes les Eglises sans qu’on puisse montrer à quel moment cela y a été établi est d’institution apostolique.

6. A quoi nous invite l’Eglise pendant le carême ?

   L’Eglise nous invite à faire du Carême une espèce de retraite spirituelle au cours de laquelle nous faisons un plus grand effort d’attention à Dieu, par la méditation et la prière, un effort de plus grande attention aux autres par la charité, et un effort de mortification personnelle qui est une manière de porter une plus grande attention à notre véritable dignité. Ainsi le carême est-il un moment très important pour la purification de nos coeurs et pour une croissance qualitative de notre vie chrétienne.

7. Quelles sont les pratiques particulières du carême ?

   Le carême est un temps de pénitence et de renouveau intérieur au cours duquel sont prescrits le jeûne et l’abstinence, une intensification de la vie de prière et une pratique plus marquée des oeuvres de charité, spécialement l’aumône.

   D’une manière générale, les églises d’Orient ont conservé la discipline alimentaire des temps apostoliques, qui est très stricte (voir > ici), tandis que dans l’Eglise latine la pratique actuelle du jeûne quadragésimal (= du carême) a été considérablement assouplie. Jusqu’à une date encore récente, tous les jours du carême devaient être jours de jeûne et d’abstinence (sauf dimanches et grandes fêtes), ce qui n’est plus obligatoire dans le code de droit canonique aujourd’hui en vigueur.

   Si dans l’Eglise latine la loi commune n’est plus aussi sévère que jadis, ce n’est cependant pas une invitation au laisser aller. La loi détermine le minimum obligatoire pour tous, mais elle n’oblige pas à se contenter du minimum. Il est donc louable, en fonction de la situation et des possibilités de chacun, de continuer à pratiquer une véritable ascèse alimentaire et une plus grande austérité de vie. Tous, même ceux dont l’état de santé ou l’âge ne permettent pas un jeûne alimentaire rigoureux, doivent observer un esprit de pénitence et de conversion.

8. Quelles sont les obligations d’un catholique pendant le carême ?

   Au minimum, il doit accomplir les préceptes du jeûne le Mercredi des Cendres et le Vendredi Saint et celui de l’abstinence chaque vendredi. Mentionnons aussi – au terme du carême – l’obligation de la confession et de la communion pascales.

9. En quoi consiste le jeûne ?

   Le jeûne consiste à faire un seul véritable repas pendant la journée, et à ne prendre qu’une collation frugale le matin et le soir. On ne doit rien manger entre les repas, sauf bien sûr en cas de maladie.

10. Qui est obligé au jeûne ?

   La loi du jeûne oblige tous ceux qui sont majeurs, jusqu’à l’âge de 60 ans.

11. Qu’est-ce que l’abstinence ?

   L’abstinence est le fait de se priver de viande (rouge ou blanche, et de tous les dérivés de la viande : charcuterie, bouillons gras… etc).

12. Qui est obligé à l’abstinence ?

   La loi de l’abstinence oblige tous ceux qui ont accompli 14 ans.

13. Dans quel esprit doit-on pratiquer le jeûne et l’abstinence ?

   Pour un cœur véritablement chrétien, le jeûne et l’abstinence ne sont pas des choses sans importance et vont bien au-delà du simple aspect de la « privation d’aliment ». Si le jeûne et l’abstinence ne sont qu’un exercice « physique » ou « diététique », ils n’ont pas de valeur spirituelle (« Pénitence de bête » comme le dit Saint Jean de la Croix). Ce qui leur confère un sens, c’est d’abord l’esprit d’obéissance à Dieu, à travers Son Eglise qu’Il a instituée pour nous indiquer les voies du salut. Cet esprit d’obéissance témoigne de la vérité de notre amour. En effet, la meilleure preuve d’amour que nous puissions donner à quelqu’un c’est d’être capable de renoncer à quelque satisfaction personnelle pour lui.

   Le jeûne et l’abstinence du chrétien sont une ascèse qui tend à rétablir la domination de l’âme sur le corps, alors que bien souvent – par la sensualité – c’est notre corps qui domine l’esprit et entraine l’âme dans la désobéissance aux préceptes divins. En étant soumis au jeûne, le corps est replacé dans sa vraie position : celle de serviteur de notre esprit. Ainsi le jeûne manifeste-t-il la remise en ordre de tout notre être : le corps soumis à l’esprit et l’esprit soumis à Dieu par amour. Ainsi jeûne et abstinence sont-ils des moyens concrets par lequel l’Eglise nous permet de croître dans le véritable esprit de pénitence.

14. Qu’est-ce que la pénitence ?

   Le mot pénitence, du latin « paenitentia », est la traduction du mot grec « métanoia » qui signifie « conversion » (littéralement : « changement d’esprit »). Faire pénitence , c’est changer de vie en se détournant du mal et de ce qui nous entraine au mal, pour se tourner vers Dieu dont on s’était éloigné.

   Nous sommes tous pécheurs : la pratique de la pénitence, par des actes intérieurs et extérieurs, nous permet de réparer l’injustice du péché : injustice envers Dieu, injustice envers nos frères et injustice envers notre propre dignité d’enfant de Dieu. La pénitence est indissociable du regret profond du mal que nous avons commis et de la résolution d’éviter le péché à l’avenir.

   Notre-Seigneur a institué et confié à Son Eglise un sacrement pour nous aider dans notre démarche de conversion : c’est le sacrement de pénitence, appelé communément confession. En faisant au Christ Lui-même, qui agit à travers son prêtre, la confession de nos péchés nous libérons notre conscience de ce qui lui pèse et nous sommes soulagés des fardeaux qui entravent notre marche vers Dieu. La confession sacramentelle est obligatoire au moins une fois par an, pour se préparer à Pâques. Une bonne confession doit être claire, concise, concrète et complète.

15. Quelles sont les manifestations de la pénitence ?

   La pénitence intérieure du chrétien peut avoir des expressions très variées. « L’Ecriture et les Pères insistent surtout sur trois formes : le jeûne, la prière et l’aumône, qui expriment la conversion par rapport à soi-même, par rapport à Dieu et par rapport aux autres. A côté de la purification radicale opérée par le Baptême ou par le martyre, ils citent comme moyen d’obtenir le pardon des péchés, les efforts accomplis pour se réconcilier avec son prochain, les larmes de pénitence, le souci du salut du prochain, l’intercession des saints et la pratique de la charité ‘qui couvre une multitude de péchés’ (1ère épître de St Pierre IV, 8)» (Catéchisme de l’Eglise catholique, n° 1434).

   Il faut aussi se souvenir que c’est la mesure avec laquelle nous pardonnons aux autres qui sera la mesure avec laquelle Dieu nous pardonnera nos propres fautes : « Pardonnez-nous nos offenses comme nous-mêmes nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ». La pratique du pardon entre donc aussi dans notre démarche de conversion personnelle.

   Enfin l’exercice de la charité envers nos frères est résumé dans ce que l’on appelle depuis la plus haute antiquité les « œuvres de miséricorde ».

16. Quelles sont les œuvres de miséricorde ?

On distingue les œuvres de miséricorde spirituelles et les œuvres de miséricorde corporelles.

Les œuvres de miséricorde spirituelles sont :

Enseigner l’ignorant.
Conseiller celui qui en a besoin.
Corriger l’égaré.
Pardonner les injures.
Consoler le triste.
Souffrir avec patience les adversités et les faiblesses du prochain.
Prier Dieu pour les vivants et pour les morts.

Les œuvres de miséricorde corporelles sont :

Visiter le malade.
Donner à manger à celui qui a faim.
Donner à boire à celui qui a soif.
Secourir le captif.
Vêtir celui qui est sans vêtement.
Accueillir le pèlerin.
Enterrer les morts.

17. Quels sont les jours et les temps de pénitence ?

   « Tous les fidèles, chacun à sa manière, sont obligés par la loi divine à faire pénitence ; cependant, afin que tous s’unissent à une pratique commune de pénitence, on a fixé certains jours pénitentiels pendant lesquels les fidèles se dédient de manière particulière à la prière, réalisent des oeuvres de piété et de charité, et s’oublient soi-même en accomplissant ses propres obligation avec la plus grande fidélité et, surtout, en observant le jeûne et l’abstinence. » (Code de droit canonique, n° 1249).

   « Dans l’Eglise universelle, tous les vendredis de l’année et le temps de carême sont des jours et des temps de pénitence » (Code de droit canonique, n° 1250).

   Ajoutons aussi qu’en sus du jeûne et de l’abstinence alimentaires, il y a d’autres jeûnes que nous devons pratiquer pendant les temps de pénitence : le jeûne de certaines distractions ou divertissements (télévision, cinéma, bals, soirées mondaines…etc.).

18. Que doit-on faire les vendredis pendant l’année ?

   En souvenir du jour de la mort de Notre-Seigneur Jésus-Christ sur la Croix, « pendant tous les vendredis, à moins qu’ils ne coïncident avec une solennité, on doit observer l’abstinence de viande, ou de tout autre aliment déterminé par la Conférence épiscopale ; on gardera jeûne et abstinence le mercredi des Cendres et le Vendredi Saint » (Code de droit canonique, n° 1251).

19. Quels sont les exercices de dévotion qui conviennent spécialement au carême ?

   Ce sera, si possible, l’assistance aux offices liturgiques de manière plus assidue (en plus du dimanche et des jours de précepte), et la réception plus fréquente des sacrements de pénitence et d’Eucharistie ; la lecture et la méditation de la Sainte Ecriture ; éventuellement la participation à des exercices spirituels (retraite paroissiale ou dans une abbaye), la méditation de la Passion de Notre-Seigneur (spécialement par la pratique de l’Heure Sainte le jeudi soir et du Chemin de la Croix le vendredi), la participation à des pèlerinages… etc.

Statue de N.D. de Compassion du Mesnil-Marie

Notre-Dame de Compassion au Mesnil-Marie

20. Quels sont les fruits d’un bon carême ?

   Celui qui vit bien le carême se rapproche de Dieu et grandit en vertu et en grâce. L’effort qu’il fait pour répondre aux appels à la conversion que Notre-Seigneur lui adresse personnellement à travers Son Eglise est également l’occasion d’obtenir des grâces et des bénédictions de Dieu pour toute l’Eglise et pour tous les besoins de l’humanité, en vertu du mystère de la communion des saints.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Pour savoir ce qu’était la discipline originelle du Carême et – pourquoi pas ? – s’en inspirer lorsque on veut faire un peu plus que le minimum requis, il faut cliquer > ici.

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