Archive pour la catégorie 'Chronique de Lully'

2026-123. Méditation pour la fête du Très Précieux Sang.

1er juillet,
Fête du Très Précieux Sang de Notre-Seigneur.

crucifixion école lorraine XVIIe - blogue

Ecole lorraine, premiers tiers du XVIIème siècle
[attribuable à Jean Le Clerc (1586-1633)]
d’après le grand panneau peint par Antoon Van Dyck en 1620
aujourd’hui conservé au Musée royal des Beaux-Arts d’Anvers.

Présence de Dieu :

O Jésus, qui m’avez racheté par Votre Sang,
faites que ce Sang produise en moi tout son fruit !

Méditation :

   1 – La liturgie de ce jour fait ressortir majestueusement la figure de Jésus, comme celle d’un roi qui se présente à son peuple dans la splendeur de son manteau royal.
L’office chante : « Quel est celui qui vient… avec des vêtements teints ? Il est beau dans sa robe » (1ère antienne des vêpres). Ce n’est ni la bysse, ni la pourpre qui font resplendir le manteau que le Christ revêt, mais le sang, Son Sang, répandu pour nos péchés : « Il était vêtu d’une robe teinte de sang, et le nom dont on l’appelle est ‘Verbe de Dieu’ » (ibid.).
Ce Sang que le Verbe, en S’incarnant, prit de notre nature humaine, Il nous l’a rendu comme prix de notre rachat, non par contrainte, mais librement, parce qu’Il l’a voulu, qu’Il nous a aimés : « Le Christ nous a aimés, dit Saint Jean, Il nous a lavés de nos péchés par Son Sang » (Apoc. I, 5). Tous les mystères de notre rédemption sont des mystères d’amour, c’est pourquoi ils nous poussent tous à l’amour. Celui que nous méditons aujourd’hui a une notre particulièrement émouvante, puisqu’il nous porte à considérer la Redémption sous son aspect le plus sanglant : l’effusion du Sang de Jésus, qui descend du Calvaire pour empourprer le monde entier, asperger toutes les âmes.
« Le Christ nous a rachetés non avec le sang des boucs et des taureaux, mais avec Son propre Sang », s’exclame Saint Paul dans l’épître. Réalité merveilleuse qui, si nous comprenions vraiment, serait plus que suffisante à faire de nous des saints authentiques.
Il nous fait avoir le « sens » du Sang du Christ, de ce Sang qu’Il a versé pour nous jusqu’à la dernière goutte et qui, par les Sacrements, particulièrement la confession, vient continuellement inonder nos âmes, les laver, les purifier, les enrichir des mérites infinis du Rédempteur. « Baignez-vous dans le Sang, noyez-vous dans le Sang, revêtez-vous du Sang du Christ », tel était le cri incessant de Catherine de Sienne.

frise calice Précieux Sang - vignette blogue

   2 – Dans l’office du jour, Saint paul nous invite chaleureusement à correspondre au don du Christ : « Jésus, pour sanctifier le peuple par Son Sang, a souffert en dehors des portes de Jérusalem. Sortons donc avec Lui… portant Son opprobre ».
Si nous voulons que le Sang du Christ porte en nous tous ses fruits, nous devons y joindre le nôtre.
Le Sien seul est préciux, si précieux qu’une seule goutte suffit à sauver le monde ; toutefois, Jésus veut, comme toujours, que nous y ajoutions notre petite part, notre contribution de souffrance, de sacrifice, « portant Son opprobre ».
Si nous sommes sincères, nous devrons bien reconnaître que nous fuyons de toutes nos forces les opprobres du Christ. Un manque d’égard, un léger tort, un petit mot blessant suffisent quelquefois pour nous faire frémir. Comment pouvons-nous dire que nous savons participer aux humiliations de Jésus ?
Voici que le divin Maître est traité comme un malfaiteur, traîné par la soldatesque, avec des railleries grossières, hors de la porte de Jérusalem et crucifié entre deux larrons.
Et nous ?
Quelle part prenons-nous à Sa Passion, comment partageons-nous Ses opprobres ?

   Pour notre rédemption, « Jésus a souffert le supplice de la croix, méprisant l’ignominie de ce supplice… Et vous, nous reproche Saint Paul, vous n’avez pas encore résisté jusqu’au sang dans votre lutte contre le péché » (Hebr. XII 2 et 4).
Pouvons-nous affirmer que nous lutterons « jusqu’au sang » pour vaincre nos défauts, notre orgueil, notre amour-propre ?
Oh ! comme nous sommes paresseux et lâches dans la lutte, indulgents et pleins de pitié pour nous-mêmes, surtout pour notre orgueil !

   Jésus, l’innocence même, a expié nos péchés jusqu’à la mort sanglante et ignominieuse. Nous, qui sommes coupables, loin d’expier nos fautes jusqu’au sang, nous ne savons même pas nous imposer le sacrifice de notre amour-propre.
Le sang qui jaillit du renoncement total et sincère de notre moi, de l’acceptation humble et généreuse de tout ce qui mortifie notre orgueil, le brise, le détruit, tel est le sang que Jésus nous demande pour l’unir au Sien.

   Le Sang très précieux de Jésus nous en donnera la force, « car l’âme qui s’enivre et se noie dans le Sang du Christ, se revêt de vertus réelles » (Catherine de Sienne). 

frise calice Précieux Sang - vignette blogue

Colloque :

   « O très-doux Jésus-amour, pour fortifier davantage mon âme et la tirer de la faiblesse dans laquelle elle était tombée, Vous l’avez environnée d’un mur, dont Vous avez pêtri le mortier avec Votre Sang, ce sang qui raffermit l’âme et l’unit à la douce volonté divine et à la charité de Dieu !
Et de même que le mortier, gâché avec l’eau, unit les pierres entre elles, ainsi, ô Dieu, Vous avez mis, entre Vous et la créature, le Sang de Votre Fils Unique, pétri avec la chaux vive du feu d’une très ardente charité, de manière qu’il n’y  ait pas de Sang sans feu, ni de feu sans Sang. Votre Sang fut répandu, ô Christ, par le feu de l’amour ! » (Catherine de Sienne).

   « Je Vous adore, ô Sang très précieux de jésus, fleur de la création, fruit de la virginité, instrument ineffable du Saint-Esprit ; et j’exulte à la pensée   qu’en provenant des gouttes du Sang virginal auquel Vous avez imprimé le mouvement de l’éternel amour, Vous avez été assumé par le Verbe et déifié en Sa Personne.
Je suis ému de tendresse intime en songeant que Vous êtes passé du Cœur de la Vierge dans le Cœur du Verbe et, animé du souffle de la Divinité, êtes devenu adorable parce que Sang d’un Dieu.
Je Vous adore, enfermé dans les veines de jésus, conservé dans Son Humanité comme la manne dans l’urne d’or, mémorial de la rédemption éternelle qu’Il a opérée aux jours de Sa vie mortelle.
Je Vous adore, Sang de l’éternel et nouveau Testament, coulant dans les veines de Jéus à Gethsémani, de Ses chairs flagellées au prétoire, des pieds et des mains transpercés, du côté ouvert au Golotha.
Je Vous adore dans les Sacrements, dans l’Eucharistie, où je sais que Vous êtres présent substantiellement…
Je mets e Vous ma confiance, ô Sang adorable, notre rachat, notre régénération. Tombez goutte à goute dans les cœurs dévoyés et ramollissez-en la dureté.
O Sang adorable de Jésus, lavez nos souillures, sauvez-nous de la colère de l’ange exterminateur. Fécondez l’Eglise, donnez-lui des thaumaturges et des apôtres, enrichissez-la d’âmes saintes, pures et radieuses de divine beauté » (Saint Albert le Grand).

Rd. Père Gabriel de Sainte Marie-Madeleine ocd, 
in « Intimité divine », vol. 2 pp.220-223.

crucifixion école lorraine XVIIe détail - blogue

Crucifixion de l’Ecole lorraine XVIIème siècle – détail.

2026-122. Récapitulatif de toutes les publications de ce blogue relatives au Très Précieux Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Juillet : mois dédié au Très Précieux Sang ;
1er juillet : fête du Très Précieux Sang ;
Vendredi de la 4ème semaine de Carême : commémoraison solennelle du Précieux Sang.

Dévotion au Très Précieux Sang

A – Prières en l’honneur du Précieux Sang :

- Litanies du Très Précieux Sang et supplique au Père Eternel > ici
- Sept offrandes du Précieux Sang au Père Eternel > ici
- Chemin de Croix du Très Précieux Sang > ici
-

B – Textes pour méditer ou approfondir la dévotion au Très Précieux Sang :

- Méditation pour la fête du Précieux Sang > ici
- Introduction à la dévotion au Précieux Sang par l’abbé Christian-Philippe Chanut > ici
- Conseils du Bienheureux Pie IX à des séminaristes > ici
- Mois de juillet : dévotion au Précieux Sang et prière pour la France apostate > ici
- Sermon de notre Bienheureux Père Saint Augustin pour la Vigile de Pâques, où il met en valeur la puissance du Sang rédempteur de l’Agneau de Dieu > ici

Précieux Sang

2026-121. De Saint Crescent, compagnon d’apostolat de Saint Paul et fondateur de l’Eglise de Vienne en Dauphiné.

27 juin,
Fête de Notre-Dame du Perpétuel Secours (cf. > ici & > ici) ;
Fête de Saint Crescent, évêque et martyr ;
4ème jour dans l’octave de Saint Jean-Baptiste ;
11ème jour du Jeûne des Apôtres (cf. > ici).

Saint Paul envoie des disciples en mission - blogue

Saint Paul envoie des disciples en mission,
parmi lesquels se trouve Saint Crescent, futur évêque de Vienne.

       « [...] Ceux qui font cette injure au pays des Gaules, de dire que ni les Apôtres, ni les premiers successeurs de Saint Pierre n’ont point pensé à sa conversion ; que Saint Paul n’y a point passé et n’y a point envoyé de ses disciples, et que, pendant que ces divins missionnaires se répandaient si heureusement par toute l’Asie et toute l’Afrique, un royaume aussi florissant et aussi proche de l’Italie et de Rome en était abandonné, sans qu’il eût aucune part au bonheur de la prédication de l’Evangile ; ceux-là, disons-nous, n’ont garde de reconnaître ce glorieux évêque de Vienne pour disciple des Apôtres, ni d’avouer qu’il soit ce Saint Crescent dont parle Saint Paul dans sa seconde épître à Timothée.
Nous avons néanmoins de puissants témoignages dans l’antiquité, qui nous assurent que Saint Paul est venu dans les Gaules en allant prêcher en Espagne, et qu’il y a envoyé Saint Crescent, son disciple, pour y répandre la semence de l’Evangile.

   Du voyage de Saint Paul en Espagne, il est aisé de conclure qu’il passa en France. Tous les Pères des premiers siècles qui ont eu l’occasion de parler de ce voyage en demeurent d’accord : tels sont, parmi les Grecs, Saint Athanase, Saint Cyrille de Jérusalem et Saint Chrysostome, et, parmi les Latins, Saint Jérôme, Saint Grégoire le Grand et Saint Isidore de Séville, dont on pourra voir les paroles rapportées par les interprètes sur le chap. XV de l’épître aux Romains ; et, pour ce qui est de la mission de Saint Crescent dans les Gaules, nous avons le témoignage de Saint Dorothée, de Saint Jérôme, d’Eusèbe de Césarée, un des plus anciens et des plus célèbres historiens de l’Eglise, au livre IV de son Histoire, chap. 4, selon le véritable texte grec et la version de Valois. Saint Epiphane qui, dans l’Hérésie 51, parlant de Saint Luc, dit qu’il prêcha dans la Dalmatie, dans l’Italie, dans la Macédoine, mais surtout dans les Gaules, assure aussi que Saint Paul y envoya quelques-uns de ses disciples, entre autres Saint Crescent. Théodoret ajoute que, lorsque cet Apôtre dit qu’il a envoyé Saint Crescent en Galatie, par ce mot de Galatie il entend les Gaules, que l’on appelait autrefois de ce nom. Enfin sans parler de Sophrone au livre des Historiens ecclésiastiques et de la Chronique d’Alexandrie, qui enseignent la même chose, Adon, archevêque de Vienne, qui devait être parfaitement informé de l’ancienne tradition de son Eglise, dit en termes exprès, dans son martyrologe, que Saint Crescent, disciple de Saint Paul, étant venu dans les Gaules, y convertit plusieurs infidèles à la foi de Jésus-Christ, qu’il tient quelques années son siège épiscopal à Vienne, et qu’ayant ordonné en sa place Saint Zacharie, il s’en retourna au pays des Galates (les Gaulois orientaux, comme les Gaulois étaient les Galates occidentaux), et employa le reste de sa vie à les fortifier dans la foi et la religion chrétienne.

Sanctus Crescentius - blogue

Sanctus Crescentius

   Cet homme apostolique fut un des assistants de l’apôtre Saint Paul ; il travailla longtemps avec lui à la conversion des infidèles et souffrit comme lui la fatigue des voyages, la pauvreté, la nudité, le froid, le chaud, les contradictions, les persécutions et tous les maux qui étaient inséparables de la prédication de l’Evangile ; après avoir été son disciple, il fut jugé digne d’être maître et de travailler de lui-même à ce grand ouvrage.
L’Apôtre le fit donc évêque de la Galatie, province d’Asie-Mineure, dont la capitale est Ancyre et qui est aussi appelée Gallo-Grèce, parce qu’elle était habitée par des colonies de Gaulois et de Grecs ; mais, comme le petit nombre des ouvriers évangéliques qu’il y avait en ce temps-là obligeait les évêques des principaux sièges, après avoir mis un bon règlement dans leurs Eglises, de porter la lumière de la foi dans des pays plus éloignés, Saint Paul ne fit point difficulté de tirer Saint Crescent de Galatie pour le faire prêcher en d’autres lieux, et surtout il l’envoya dans nos Gaules, qui étaient sans contredit le plus beau gouvernement de l’empire.
Ce saint missionnaire y fit en peu de temps de grands progrès, et, s’étant principalement arrêté à Vienne, en Dauphiné, ville très considérable, qui donnait des sénateurs à Rome et avait elle-même un illustre sénat, il y convertit assez d’infidèles pour y établir son siège épiscopal, que l’Eglise romaine a toujours extrêmement considéré. Le pape Paul Ier, écrivant à Charlemagne, lui dit que cette Eglise a eu pour fondateur et pour maître Saint Crescent, collègue des Apôtres.

   Après s’être acquitté de sa mission avec beaucoup de succès, il nomma Saint Zacharie pour évêque à sa place, commenous l’avons déjà rapporté d’Adon, l’un de ses successeurs, et, s’il faut en croire la tradition du diocèse de Mayence, vint prêcher dans les environs de cette ville.
Serrarius, dans son Histoire, présente comme authentique la fondation de l’Eglise de Mayence et de Cologne : il s’appuie sur le témoignage de Saint Rupert, qui assure que Saint Crescent a prêché dans ces deux villes. Il roduit des catalogues manuscrits très anciens, qui confirment cette tradition ; il cite l’autorité d’Adon, de Bède, d’Usuard, et de plusieurs autres écrivains. Dans la Vie de Saint Maxime, évêque de Mayence, il dit que « le corps de ce saint pontifie fut inhumé dans l’église de Saint-Hilaire, près du tombeau de Saint Crescent, premier évêque de cette ville, et qu’il y demeura cinq-cent cinquante-sept ans, jusqu’au temps d’Hildebert, l’an 935 de Jésus-Christ, époque à laquelle on en fit la translation » solennelle dans l’église de Saint-Albain, martyr. D’où l’on doit conclure que l’an 400 de jésus-Christ, les habitants de Mayence étaient généralement persuadés de la vérité de cette tradition, puisqu’ils possédaient son corps et son tombeau.

Saint Crescent apportant l'Evangile à Vienne - blogue

Saint Crescent apportant la lumière de l’Evangile à Vienne.

   Saint Crescent, dans ses courses évangéliques, a opéré des miracles extraordinaires. Les martyrologes attestent qu’il a été martyrisé sous l’empire de Trajan ; mais ils ne disent pas en quel lieu il a souffert pour la foi.
L’Eglise de Mayence, qui se dit en possession de ses reliques, affirme en même temps que ce saint martyr a été mis à mort par les païens dans cette ville. On y a érigé en son honneur une église remarquable par sa beauté.

   Toutefois, cela n’empêche pas de croire que cet Apôtre zélé, comme le rapportent certaines traditions, ne soit retourné, au moins durant quelque temps, des lieux de sa mission occidentale, dans la Gallo-Grèce ou la Galatie, située dans l’Asie-Mineure, et qu’il n’ait encore gouverné comme évêque cette Eglise orientale, qu’il avait fondée en partie avec Saint Paul. C’est pourquoi les Grec disent qu’il fut, durant un temps, évêque de Chalcédoine ou de Chalcis, en Chalcide.

  Il est marqué deux fois au Martyrologe romain, mais l’une et l’autre fois comme disciple de Saint Paul et comme premier évêque de Vienne ; savoir : ence jour, 27 juin, et le 29 décembre. Les autres martyrologes en parlent aussi et lui donnent tous cette qualité de disciple de l’Apôtre, ce qui confirme encore ce que nous avons dit de sa mission. Du Saussay en parle amplement, non-seulement en son martyrologe, mais aussi dans son traîté des Soixante-douze Disciples, et dans le livre Ier des Ecrivains mystiques des Gaules.

   Les Mayençais l’ont parfois représenté portant une église sur la main, pour marquer qu’il fut le fondateur de leur siège épiscopal. »

Acta Sanctorum.
Histoire des Soixante-Douze Disciples, par l’abbé Maistre.
In « Les Petits Bollandistes », par Mgr. Paul Guérin, tomeVII, pp. 387-389.

Saint Crescent

Saint Crescent, fondateur et premier évêque de l’Eglise de Vienne, martyr.

2026-120. Des bienfaits de l’ortie.

26 juin,
Fête de la Bienheureuse Marie-Madeleine Fontaine et de ses compagnes, vierges et martyres (cf. > ici) ;
Mémoire de Sainte Théodechilde, Fille de France, vierge (cf. > ici) ;
Mémoire des Saints Jean et Paul, martyrs ;
Mémoire du 3ème jour dans l’octave de Saint Jean-Baptiste ;
10ème jour du Jeûne des Apôtres (cf. > ici).

       Une de nos fidèles lectrices dans un commentaire nous a écrit son désarroi parce que son terrain voit se développer en abondance des orties, et qu’elle ne sait qu’en faire ! Mon papa-moine lui a répondu que je lui communiquerai quelques délicieuses recettes à réaliser avec cette plante. Je le ferai, c’est promis : mais au préalable il faut que je vous résume tous les bienfaits qu’elle peut dispenser pour votre santé, chers humains.

Ortie - Urtica dioica

    Faut-il vraiment vous la décrire ? L’ortie – en latin : urtica dioica – est probablement la plus connue des plantes sauvages. Même les petits enfants apprennent très tôt à la reconnaître… pour s’en tenir éloignés, dès qu’ils ont eu – et ne serait-ce qu’une unique fois – contact avec elle !

   Cette plante originaire d’Eurasie, de la famille des urticacées – le nom est suffisemment explicite – s’est répandue dans presque toutes les régions tempérées du globe. Elle affectionne particulièrement les friches, les décombres, les prairies humides et les abords des habitations. C’est une plante bio-indicatrice des sols riches en azote, phosphore et potassium.

   Depuis l’Antiquité, elle a été connue et utilisée en phytothérapie ; il faut même savoir que de nos jours, en raison de ses usages médicinaux, alimentaires ou textiles, elle est cultivée en Europe, notamment en Pologne, en Allemagne et en France.

Comment récolter l’ortie ?

   Comme pour toutes les autres plantes sauvages, on ne cueillera pas les orties à proximité des axes routiers ou des parcelles cultivées (en raison des possibles traitements).
On doit aussi respecter deux règles essentielles :
1) ne cueillez les orties que si vous êtes sûrs de les avoir indubitablement identifiées ;
2) ne cueillez que les quantités dont vous avez besoin : ayez soin d’en laisser toujours suffisamment pour d’autres éventuels cueilleurs, et aussi pour que l’espèce puisse se renouveler.

   L’ortie « pique » ! Oui, donc de banales précautions – qui ne sont que du bon sens – vous mettront très facilement à l’abri de ses « arguments dissuasifs » : si vous voulez la cueillir, chaussez-vous donc de bottes, portez des vêtements à manches et jambes longues, et prenez des gants !

   Et puis, si d’aventure, malgré cela, vous êtes « piqués » (terme impropre en vérité), sachez premièrement qu’il faut absolument éviter de passer la zone irritée sous l’eau, et deuxièmement qu’il vous suffira de froisser des feuilles de plantain ou de lierre terrestre et d’en frotter la partie irritée pour soulager la démangeaison.

Tolbiac et les orties

Bienfaits de l’ortie pour la santé :

   Pour ne citer que quelques-uns de ses minéraux, l’ortie est riche en calcium, en fer, en magnésium, en phosphore, en potassium et en silice. Elle est un trésor de bienfaits pour le corps auquel elle apporte des nutriments essentiels.
Je ne vais pas écrire ici un traité de phytothérapie : une recherche dans une bibliothèque ou sur le « ouèbe » vous apportera de très nombreux éléments à ce sujet, et il n’est donc point besoin que je les plagie.

   Pour résumer à l’extrême j’énoncerai simplement l’aide qu’elle apporte pour favoriser une bonne circulation sanguine, pour soulager les douleurs articulaires, pour renforcer le système immunitaire, pour accompagner les périodes de fatigue passagère, pour soutenir la santé de la peau et des cheveux, pour aider à l’élimination (effet diurétique), pour équilibrer la glycémie… etc.

Comment consommer l’ortie ?

   Chacun peut la cueillir : on utilise, de préférence, les feuilles sommitales, cueillies avant la période de floraison. On peut les utiliser fraîches, ou les faire sécher (si on dispose d’un local bien sec et aéré dédié à cet usage).

   Nos anciens s’en servaient :
- Pour des infusions : on utilisera 2 à 4 grammes de feuilles séchées par tasse, et on peut en boire tout au long de la journée par périodes de maximum 4 semaines (pour les articulations) ou de 2 à 4 semaines (pour le confort urinaire).
- En cataplasme : on prend des feuilles fraîches, écrasées, pour faire une application locale (stimulation circulatoire).

   La phytothérapie contemporaine prépare aussi des « extraits liquides » (à prendre sous forme de gouttes) ou des « extraits secs », que l’on trouve en pharmacie ou magasins spécialisés : il convient alors de demander conseil au pharmacien ou phytothérapeute.

   Mais en outre l’ortie se cuisine :
- salades de jeunes pousses crues (pour leur faire perdre leur pouvoir urticant on les hache ou les broie), avec lesquelles on peut aussi réaliser des « smoothies » ou des sauces de type « pesto ».
- ou plats cuisinés : soupes, quiches, cakes salés… etc. Cuite, l’ortie a une texture et un goût s’approchant de celui de l’épinard.

   Avant de la cuisiner, on prend toujours soin de nettoyer l’ortie pour en déloger toutes les petites bêtes et les morceaux de terre (car les chenilles et les pucerons en raffolent particulièrement) : on commencera par un premier bain d’eau et de vinaigre blanc (qui décolle les insectes), puis on rince par un bain d’eau claire.

Tolbiac.

ortie - blogue

2026-119. Sur la « méthode Habsbourg ».

Lettre mensuelle aux membres et amis de la

Confrérie Royale

- 25 juin 2026 -

La Méthode Habsbourg - Edouard de Hansbourg-Lorraine

Edouard de Habsbourg-Lorraine : « La méthode Habsbourg »
éditions Salvator, 2025, 235 pages (17,90 €).

frise

Sur la « méthode Habsbourg » :

       Les anciennes monarchies ont souvent admiré les qualités de la monarchie française, et, encore maintenant enexil, Monseigneur le Dic d’Anjour peut par sa tenue être facilement admiré par bien des chefs de maisons.

   Il n’est toutefois pas inutile d’aller voir parfois chez nos voisins, qui ont aussi leurs vertus.

   En 2023 est paru en anglais, puis a été traduit en français en 2025 (et on peut le supposer aussi en allemand) un livre de S.A.I.R. l’Archiduc Edouard d’Autriche : La méthode Habsbourg.
Ce Prince, né en 1967, père de six enfants, dont un garçon, de la ligne palatine de Hongrie, est presque de dernier des Habsbourg actuels (avant son fils et son frère puiné prêtre).

   Ce n’est donc pas une quelconque ambition qui le fait écrire ce livre (p.52), mais bien l’ « amour de sa famille » (pp. 32 et 231) et l’amour du bien commun, deux vertus éminemment louables.

   Le sous-tire est : « Sept principes pour traverser des temps troublé ». Le livre donne les principes généraux d’une bonne politique.

   La dédicace : « Aux Habsbourg les plus importants de ma vie : ma femme et mes enfants, car que serions-nous sans la famille ? Au Bienheureux empereur Charles : qu’un grand nombre vienne à connaître cet humble géant de la foi » [mort le 1er avril 1922]. Famille et foi donnent déjà les bases de ces principes.

   Sans vouloir écrire l’histoire de la famille de Habsbourg, puis, par mariage au XVIIIème siècle de Habsbourg-Lorraine, le prince s’appuie sur plusieurs exemples de celle-ci pour décrire les principes de ce qu’il pense être la méthode de sa famille, et qui sont pour l’essentiel des principes catholiques (comme il le dit page 32).

   Sans vouloir « rétablir la monarchie », dit-il plusieurs fois, « quoiqu’il ne faille jamais dire jamais », ajoute-t-il chaque fois, il pense que ces principes seraient bien utiles aux Etats modernes ainsi qu’aux individus pouvant avoir une responsabilité.

   Malgré la modestie de l’auteur sur lui et sur ses ancêtres, le Prince en sait beaucoup sur sa famille, et sait conter dans un style agréable et avec humour (sur la bataille de Morgaten, les vignes de Vienne, la mâchoire Habsbourg, la phrase de l’Empereur Charles VI mourant, la phrase de l’Empereur François-Joseph Ier sur les constitutions, les chocolats de l’Imératrice Zita de Bourbon-Parme, les mariages des Archiducs…).

   Donc sept principes qui se sont retrouvés de façons variable sur la plupart des trônes et qui seraient bien utiles aux gouvernements contemporains (fait remarquer le Prince plusieurs fois, très lucide sur la vacuité morale de ces derniers).

   On pourra donc y voir beaucoup de ressemblances avec les principes capétiens, en y changeant tels détails ou l’importance de tels points, selon les circonstances diverses où les deux dynasties ont vécu.

   Le premier principe est le mariage (fondement de la société, disait Louis XIII) : « sans famille nombreuse, la société tend à s’effondrer dans l’isolement et l’égoïsme ». La famille est aide entre époux, exemple des parents, soutien mutuel de ses membres, enfants, dons de Dieu, sacrement béni par Dieu pour le bonheur de ses membres, avenir terrestre, et finalement « aller au paradis », comme le disait le Bienheureux Empereur Charles Ier lors de son mariage.
En politique le mariage est « moins brutal et souvent plus efficace que les combats ». L’Archiduc rappelle aussi que les mariages arrangés d’autrefois étaient plus heureux et plus solides que les mariages romantiques de beaucoup de jeunes gens actuels, en raison du partage qu’ils avaient ensemble de la foi, du caractère sacré du mariage, de l’importance de la féco,dité, des responsabilités sociales, et (p. 225) de la chasteté prénuptiale.
Si la maison d’Autriche a beaucoup profité du mariage pour acquérir des royaumes, la maison de France l’a beaucoup utilisé pour obtenir ou maintenir la paix dans le Royaume puis en Europe [et notamment ceux de François Ier avec Eléonore, de Charles IX avec Elisabeth, de Louis XIII avec Anne, de Louis XIV avec Marie-Thérèse, de Louis XVI avec Maie-Antoinette, toutes Archiduchesses d’Autriche ; l’on pourrait ajouter Henri V et Jean III  qui ont épousé Marie-Thérèse et Béatrice Archiduchesses d’Autriche en pleine paix, et encore Alphonse II qui s’apprêtait à épouser l’Archiduchesse Constance, que des principes communs rapprochaient, comme elle le dit après la mort de son fiancé).

   Le deuxième principe est la foi : « La foi catholique a toujours été forte dans notre famille » (comme chez les Rois très-Chrétiens).
L’auteur est gêné par l’actuel œcuménisme et l’actuelle séparation de l’Eglise et de l’Etat, qu’il n’ose pas refuser ouvertement ; mais dans la pratique il loue les actes catholiques de ses ancêtres et leurs actes de dévotion, et regrette la faiblesse religieuse de certains d’entre eux (mais « le Christ est venu sauver les pécheurs ») ; il magnifie le sacre impérial germanique ou royal hongrois, loue la défense de la foi catholique contre l’hérésie, et reprend la phrase de l’Empereur Charles-Quint qu’ « il est plus probable qu’un moine allemand se soit trompé que les maîtres de l’Eglise pendant plus de mille ans ».
« Si le but d’une vie chrétienne est vraiment d’aller au paradis, il est important que les dirigeants vivent leur foi de manière visible ».
A ce sujet on peut regretter l’erreur (pardonnable vue d’Autrivhe) qui croit que pour le Cardinal de Richelieu « tout devait être subordonné aux intérêts de l’Etat, y compris ceux de l’Eglise catholique » (p.85) : une telle affirmation est ne rien comprendre à la politique du Cardinal, qui défendait la Religion catholique en france, comme le reconnaissaient les évêques, et en Europe comme le reconnaissait Urbain VIII.

   Le troisième principe est l’empire (principe différent du « pré carré » français), interprêté comme principe de subsidiarité, « selon lequel tout problème doit être traité par le niveau institutionnel compétent le plus bas », principe naturel évident que les Rois de France ont beaucoup utilisé, et que le Prince reproche à l’Union Européenne de ne pas appliquer.
L’Archiduc rappelle qu’ « en plus la subsidiarité est une politique pertinente et efficace sur le plan politique ».
Il rappelle que l’Empire austro-hongrois a « rassemblé sous le ciel d’un même empire, et dans la paix, des nations bien différentes » (p.14) : tout le contraire des nationalismes modernes depuis la Révolution.
Et il signale à juste titre qu’il n’y a pas de principe d’unité dans l’Union Européenne, tandis que l’ « Empereur, en sa personne, rappelait aux gens ce qui les unissait » (ce qui était aussi le cas du Roi de France).

    Le quatrième principe est la justice (premier devoir aussi du Roi de France), et « servir » sans vouloir « disparaître dans une vie purement privée », et le faire « avec honnêteté », « car Dieu rendra le jugement final » (à la différence, note-t-il, des calculs en vue des élections).
L’Archiduc rappelle qu’en 1910 Théodore Roosevelt, ancien président des Etats-Unis, demanda à l’Empereur François-Joseph quelles étaient, au milieu des chambres et gouvernements élus, son activité. L’Empereur répondit avec clairvoyance : « Ma fonction consiste à protéger mes peuples de leurs politiciens ». Et l’Archiduc ajoute avec lucidité : « Qui protège aujourd’hui les électeurs de leurs politiciens ? »

   Le cinquième principe est celui de Socrate : « Connais-toi toi-même » ; appliqué aux dynasties et aux pays, selon cette phrase de feu l’Empereur Othon : « Ceux qui ne savent pas d’où ils viennent ne savent pas où ils vont, parce qu’ils ne savent pas où ils sont » (c’est aussi valable pour les Français).
L’Archiduc rappelle l’importance de « la stabilité et des valeurs traditionnelles, telles que la famille et la foi », à la différence « des idées mondialistes » et « des modes éphémères ».

   Le sixième principe est le courage au combat : être pacifique ne signifie pas refuser de combattre (de même que le Roi de France, qui, cultivant pacifiquement les lys de son jardin, savait défendre son Royaume).
En ce domaine l’Archiduc a quelques réticences au sujet de la politique internationale du Roi de France : c’est bien compréhensible pour un Archiduc et c’est dit sans polémique, nous ne lui en voudrons pas. Rappelons l’importance que dans les nouvelles  circonstances Louis XV et Marie-Thérèse attachaient à l’union entre l’Autriche et la France.

   Le septième principe est une bonne mort, inspirée de la crypte des Capucins (comme celle des Rois de France l’était de l’abbaye de Saint-Denys).
« Nous allons tous mourir », et c’est « l’un des moments les plus importants de la vie » auquel nous devons nous préparer « dès l’enfance ».
L’Archiduc rappelle l’existence de l’enfer et du purgatoire (qu’il s’étonne de ne plus voir rappeler par les prêtres lors des funérailles), le peu de probabilité d’une conversion sur son lit de mort, et la nécessité de prier pour les morts. Les anciens souverains « savaient que leur mort devait donner à leurs sujets un exemple public », « que le moment de la mort était leur dernière chance de se faire pardonner auprès de Dieu », et « que la prière (des survivants, notamment des monastères) pouvait les aider à paser du purgatoire au paradis ».
Mentionnons un éloge de la Reine de France Marie-Antoinette d’Autriche (p.201), que nous apprécierons.
Et rappelons l’une des dernières paroles du Bienheureux Empereur Charles Ier : « Je dois endurer toutes ces souffrances pour l’union de mon peuple ».

   En conclusion : « la prochaine fois qu’un homme politique fera quelques chose de stupide, posez-vous la question suivante : Qu’aurait fait un Habsbourg à sa place ? » Et un Bourbon ?

   En somme un livre agréable, instructif, de bon esprit, avec de beaux portraits d’Empereurs et d’Archiducs, et qui donne de son auteur une idée sympathique.
Nous lui présentons nos respectueux remerciements pour son livre.

Abbé Gabriel Equin +.

Tolbiac et le livre de l'Archiduc Edouard de Habsbourg-Lorraine - blogue

Même le prince-chat du Prieur de la Confrérie Royale a beaucoup aimé ce livre !

2026-118. Bénédiction contre les tempêtes, à laquelle on procède après la Messe, aux Amériques, au printemps et en été.

   Le formulaire qui suit ne se trouve pas dans le « Rituale romanum » traditionnel ( Benoît XIV & Pie XI ) mais provient des rituels propres aux diocèses d’Amérique du nord particulièrement exposés aux tornades, ouragans, tempêtes, orages violents et grêles dévastatrices : nous croyons qu’il peut également être utile de ce côté-ci de l’Atlantique.
Comme le titre l’indique, il s’agit d’une bénédiction à laquelle le prêtre procède après la célébration de la Messe, sans qu’elle soit associée à une procession.

A fulgure grandine et tempestate, libera nos Domine

 

Benedictio tempestatis

Tempore vernali, et aestivali post Missam :

V./ A fulgure, grandine et tempestate.
R./ Libera nos, Domine Jesu Christe.
V./ Ostende nobis, Domine, misericordiam tuam.
R./ Et saltare tuum da nobis.
V./ Domine exaudi orationem meam.
R./ Et clamor meus ad te veniat.
V./ Dominus vobiscum.
R./ Et cum spiritu tuo.

De la foudre, de la grêle et de la tempête.
Délivrez-nous, Seigneur Jésus-Christ.
Montrez-nous, Seigneur, Votre miséricorde.
Et donnez-nous votre salut.

Seigneur, exaucez ma prière.
Et que mon cri parvienne jusqu’à Vous.
Le Seigneur soit avec vous.
Et avec votre esprit.

Oremus :

   Quaesumus, omnipotens Deus, ut intercessione Sanctae Dei Genitricis Mariae, sanctorum Angelorum, Patriarcharum, Prophetarum, Apostolorum, Martyrum, Confessorum, Virginum, Viduarum, et omnium Sanctorum tuorum continuum nobis praestes subsidium : tranquillam auram permittas, atque contra fulgura, et tempestates desuper nobis indignis tuam salutem effundas de caelis, et generi humano semper aemulas, dextera potentiae tuae aereas conteras potestates. Per Dominum nostrum…
R./ Amen

   Nous Vous prions, Dieu tout puissant, pour que par l’intercession de Marie la Sainte Mère de Dieu, des saints Anges, des Patriarches, des Prophètes, des Apôtres, des Martyrs, des Confesseurs, des Vierges, des Veuves et de tous Vos Saints, Vous nous accordiez un secours continu : donnez-nous une atmosphère paisible, et d’en haut répandez Votre salut contre la foudre et les tempêtes, en notre faveur alors que nous en sommes indignes, et que Vous Vous montriez toujours zélé pour le genre humain, et que par la droite de Votre puissance Vous contraigniez les forces aériennes. Par Jésus-Christ Notre-Seigneur…
R./ Ainsi soit-il.

Oremus :

   Deus, qui omnium rerum tibi servientium naturam, per ipsos motus aeris ad cultum tuae Majestatis instituis, tranquillitatem nobis tuae misericordiae, remotis aeris terroribus permanere permittas, ut, cujus iram expavemus, clementiam sentiamus. Per eundem Christum Dominum nostrum.
R./ Amen.

   O Dieu, qui avez établi la nature de toutes choses qui sont à Votre service, par ces mouvements de l’air eux-mêmes, pour le culte de Votre majesté, par Votre miséricorde accordez-nous que soient domptées les terrifiants mouvements des airs, afin que nous puissions éprouver la clémence de ces éléments dont nous craignons la colère. Par ce même Jésus-Christ Notre-Seigneur.
R./ Ainsi soit-il.

V./ Sit nomen Domini benedictum.
R./ Ex hoc nunc et usque in saeculum.
V./ Adjutorium nostrum in nomine Domini.
R./ Qui fecit caelum et terram.

Benedictio Dei omnipotentis, Patris + et Filii et Spiritus Sancti, descendat super vos, locum istum et fructus terrae, et maneat semper.
R./ Amen.

Que le nom du Seigneur soit béni.
Dès maintenant et pour les siècles.
Notre secours est dans le nom du Seigneur.
Qui a fait le ciel et la terre.

Que la bénédiction de Dieu tout-puissant, Père, Fils et Saint-Esprit, descende sur vous, sur ce lieu et sur les fruits de la terre, et qu’elle demeure à jamais.
R./ Ainsi soit-il.

On trouvera aussi dans ce blogue des bénédictions extraites des œuvres de Saint Grégoire le Grand > ici
Ainsi que le formulaire du Rituel romain traditionnel associé à une procession > ici

Mains jointes en prière - blogue

226-117. Bénédictions de Saint Grégoire le Grand pour demander la pluie, demander le beau temps, et sanctifier les fruits nouveaux.

       Dans la continuité de ce que nous avons publié précédemment > ici, nous souhaitons porter à votre connaissance le texte de bénédictions que l’on trouve dans les œuvres de Saint Grégoire Ier le Grand (vers 540 – 604). En effet, au milieu de très nombreuses autres liées à des circonstances diverses de la vie ecclésiales, il s’en trouve deux qui ont rapport aux conditions météorologiques, et auxquelles font suite une bénédiction des fruits nouveaux.
Les fidèles qui demandent à Dieu d’être préservés des phénomènes climatiques extrêmes, pourront bien sûr, les reprendre ou s’en inspirer en cas de nécessité.

Source : Gregorius I - Benedictiones / editio: Migne 1849. 

Pedro Berruguete - Saint Grégoire le Grand - vers 1495

Pedro Berruguete (1450-1503) : Saint Grégoire le Grand (vers 1495)
[musée national d'art de Catalogne, Barcelone].

Benedictio ad pluviam postulandam :

   Inclina, quaesumus Domine, aures pietatis tuae ad populi tui preces, et faciem totius terrae largis imbribus irrigare dignare.
Amen.
Tribue auras salubres, atque aegris restitue pristinam sanitatem, ut animae quae promissiones tuas sitiunt de tua semper charitate abundantius repleantur.
Amen.
Da nobis, quaesumus, pluviam salutarem, et aridam faciem terrae fluentis coelestibus dignanter infunde.
Amen.

Quod ipse praestare dignetur, cujus regnum et imperium sine fine permanet in saecula saeculorum.
Amen.

Benedictio Dei Patris, qui est trinus in personis, unus quoque in essentia deitatis repleat.

Bénédiction pour demander la pluie :

    Nous Vous en supplions, Seigneur, inclinez l’oreille de Votre piété vers les prières de Votre peuple et daignez irriguer la surface de toute la terre de pluies abondantes.
Ainsi soit-il.
Accordez-nous des brises bienfaisantes, et rendez aux malades leur santé d’antan, afin que les âmes assoiffées de Vos promesses soient toujours davantage remplies de Votre charité.
Ainsi soit-il.
Accordez-nous, nous Vous en supplions, une pluie salutaire, et répandez dignement les eaux du ciel sur la surface aride de la terre.
Ansi soit-il.

   Qu’il daigne Lui-même nous l’accorder, Lui dont le règne et l’empire durent à jamais.
Ainsi soit-il.

Que la bénédiction de Dieu [notre] Père, qui est trine en ce qui concerne les Personnes, mais Un dans l’essence de la Divinité, [nous] comble.

Prière pour demander la pluie

Benedictio ad serenitatem postulandam :

   Magnificentiam tuam, Domine, suppliciter imploramus, ut qui imminentibus pluviarum periculis populum tuum terruisti potenter, eumdem sub tui oris benedictione prostratum consolari jubeas, serenitate concessa temporum.
Amen.
Ut humanarum rerum prosperitate percepta, terrenis consolationibus gratulemur.
Amen.
Neque gaudia quaerere cessemus superna, sed et quidquid laetitiae temporalis fasce impeditur, eruditione potius sempiterna pellatur.
Amen.

   Quod ipse praestare dignetur, cujus regnum et imperium sine fine permanet in saecula saeculorum.
Amen.

Benedictio Dei Patris, qui est trinus in personis, unus quoque in essentia deitatis repleat.

Bénédiction pour demander du beau temps :

   Seigneur, nous implorons humblement Votre magnificence, Vous qui avez puissamment effrayé Votre peuple par les imminents dangers des pluies : ce même peuple accablé sous la bénédiction de Votre bouche, daignez le consoler en lui accordant la sérénité des temps.
Ainsi soit-il.
Afin qu’ayant reçu la prospérité des affaires humaines, nous poussions nous réjouir des consolations terrestres.
Ainsi soit-il.
Que nous ne cessions pas de rechercher les joies célestes, mais que tout ce qui est entravé par le fardeau des joies temporelles soit plutôt dissipé par la sagesse éternelle.
Ainsi soit-il.

   Qu’il daigne Lui-même nous l’accorder, Lui dont le règne et l’empire durent à jamais.
Ainsi soit-il.

Que la bénédiction de Dieu [notre] Père, qui est trine en ce qui concerne les Personnes, mais Un dans l’essence de la Divinité, [nous] comble.

Prière pour demander le beau temps

Benedictio novi fructus cum sacrat :

   Tibi, piissime Deus, supplices fundimus preces, ut familiam tuam sub potentia dexterae tuae prostratam benedicendo sanctifices.
Amen.
Fidem in eis, pacem et humilitatem impertiendo multiplica, ut clementiae tuae dono custodientes quae praecipis, mereantur obtinere quae promittis.
Amen.
Ac per illustrationem unici Filii tui Domini nostri Jesu Christi, et Spiritus Sancti benedictionem sanctifica, ut, depulsis atque abjectis vetusti hostis insidiis, salubriter ex hujus diei anniversaria solemnitate de universis terrae edendis germinibus primitias tibi offerentes sumant, atque in tuo sancto nomine cuncta deinceps edant.
Amen. 

   Quod ipse praestare dignetur, cujus regnum et imperium sine fine permanet in saecula saeculorum.
Amen.

Benedictio Dei Patris, qui est trinus in personis, unus quoque in essentia deitatis repleat.

Bénédiction pour sanctifier les fruits nouveaux :

   A Vous, Dieu très pieux, nous offrons nos prières suppliantes, afin que Vous sanctifiez Votre famille, prosternée sous la puissance de Votre droite, en la bénissant.
Ainsi soit-il.
Accroissez en eux la foi en leur communiquant la paix et l’humilité, afin que par le don de Votre clémence en gardant ce que Vous avez prescrit, ils méritent d’obtenir ce que Vous avez promis.
Ainsi soit-il.
Et par la lumière de Votre Fils unique, Notre-Seigneur Jésus-Christ, et la bénédiction du Saint-Esprit, sanctifiez, afin que, ayant chassé et écarté les pièges de l’ancien ennemi, ils reçoivent sainement, en ce jour solennel, les prémices de tous les fruits de la terre, Vous les offrant, et qu’ils puissent désormais manger toutes choses en Votre saint nom.
Ainsi soit-il.

   Qu’il daigne Lui-même nous l’accorder, Lui dont le règne et l’empire durent à jamais.
Ainsi soit-il.
Que la bénédiction de Dieu [notre] Père, qui est trine en ce qui concerne les Personnes, mais Un dans l’essence de la Divinité, [nous] comble.

Bénédiction des fruits de la terre

2026-116. Oui : pourquoi ?

Jeudi 18 juin 2026.

Tiare et clefs de Saint Pierre

De Son Excellence Révérendissime Monseigneur Athanasius Schneider :

   « Pourquoi l’acceptation inconditionnelle des textes du concile Vatican II est-elle présentée comme une condition sine qua non pour la pleine communion avec le Saint-Siège, alors qu’il n’existe pas d’exigence comparable en ce qui concerne les enseignements pastoraux, disciplinaires ou non définitifs des vingt conciles œcuméniques antérieurs ? »

Son Excellence Monseigneur Athanasius Schneider

2026-115. Prières et procession pour repousser la tempête (rituel romain traditionnel).

Bourgogne - procession de Saint Vincent dans la neige

En Bourgogne, une procession de confrérie de vignerons dans la neige,
en portant la statue de Saint Vincent (patron des vignerons, fêté le 22 janvier).

       De tout temps, les aléas climatiques ont été une préoccupation et une inquiétude pour les hommes, puisque de certains phénomènes météorologiques violents peuvent dépendre – en partie ou en totalité – la destruction des cultures vivrières, voire même de nos habitats et autres biens.
De là encore peuvent découler de graves bouleversements sociétaux ou familiaux, l’éclosion ou la propagation d’épidémies, et toutes sortes de malheurs.

   Afin d’être préservés de ces fléaux, depuis la plus haute antiquité, la Sainte Eglise a prévu et institué des prières particulières. Ainsi, avons-nous vu (cf. > ici) dans quel contexte et de quelle manière Saint Mamert de Vienne institua les Rogations (cf. > ici), mais il ne faut pas oublier que le Rituel traditionnel, en sus des quatre processions de Rogations mentionnées par le Missel, contient lui aussi des prières et processions pour demander le secours et la protections divins à l’occasion d’occurrences météorologiques néfastes (procession pour demander le beau temps, procession pour demander la pluie, procession pour éloigner la tempête, procession en temps de disette et de famine, procession pour un temps de mortalité et d’épidémie, procession en temps de guerre, et même enfin procession pour n’importe quelle nécessité).

   On ne peut que déplorer le fait que beaucoup d’évêques et de prêtres méconnaissent ces dispositions du Rituel et – hélas ! – qu’ils n’y recourent pas davantage.

   Au Mesnil-Marie, où nous sommes nous-mêmes exposés de manière récurrente à la violence des épisodes cévenols, ainsi que – au printemps et en été – aux dévastations des orages et spécialement de la grêle, nous avons pris l’habitude d’utiliser ces prières multiséculaires, dont, à de nombreuses reprises, nous avons pu constater l’ « efficacité ». Voilà pourquoi nous reproduisons ci-dessous à l’intention de nos amis les textes du Rituel traditionnel (Titulus IX, caput VIII) avec leur traduction, afin qu’ils n’hésitent pas, eux aussi, à en faire usage lorsque des phénomènes climatiques violents se déchaînent là où ils se trouvent.

Nota bene : Tous les fidèles peuvent utiliser les prières du Rituel à titre de prières dévotionnelles privées, sans qu’il s’agisse d’usurper les fonctions sacerdotales (ainsi par exemple, s’ils font usage des répons, ils s’abstiendront de dire « Dominus vobiscum / Et cum spiritu tuo »), et peuvent également se servir d’eau bénite pour protéger leurs biens et leurs maisons.

Preces ad repellendam tempestatem 1

   On sonne les cloches et tous ceux qui peuvent venir étant rassemblés dans l’église, on récite les litanies des Saints, dans lesquelles on dit deux fois l’invocation : « De la foudre et de la tempête, délivrez-nous, Seigneur ! » A la fin on dit « Notre Père » et la suite en silence jusqu’à V./ Et ne nous laissez pas succomber à la tentation, R./ Mais délivrez-nous du mal.
   On psalmodie ensuite le Psaume 147, puis on alterne les répons : V./ Notre secours est dans le Nom du Seigneur, R./ Qui a fait le ciel et la terre
; V./ Montrez-nous, Seigneur, Votre miséricorde, R./ Et donnez-nous Votre salut ; V./ Venez à notre aide, ô Dieu, notre salut ; R./ Et à cause de la gloire de Votre Nom, Seigneur, délivrez-nous !

Preces ad repellendam tempestatem 2

V./ Que l’ennemi ne triomphe en rien sur nous, R./ Et que le fils d’iniquité ne cherche pas à nous nuire ; V./ Que Votre miséricorde, Seigneur, soit sur nous, R./ Selon que nous avons placé en Vous notre espérance ; V./ Sauvez Votre peuple, Seigneur, R./ Et bénissez Votre héritage ; V./ Vous ne priverez pas de biens ceux qui marchent dans l’innocence, R./ Seigneur, Dieu des Vertus : bienheureux l’homme qui place en Vous son espérance ; V./ Seigneur, exaucez ma prière, R./ Et que mon cri parvienne jusqu’à Vous ; [V./ Le Seigneur soit avec vous, R./ Et avec votre esprit].

Prions :

   O Dieu, qui êtes offensé par la faute, mais êtes apaisé par la pénitence : regardez favorablement les prières de Votre peuple qui Vous supplie, et détournez les fléaux de Votre colère que nous avons mérités en raison de nos péchés.

   Nous Vous en prions, Seigneur, que les maux spirituels soient repoussés de Votre maison : et que s’éloigne la malignité des tempêtes aériennes.

   Dieu éternel et tout-puissant, épargnez ceux qui craignent, montrez-Vous propice envers ceux qui Vous supplient : afin qu’après les feux nocifs des nuages, et la violence des orages, la menace des tempêtes soit changée en miséricorde de louanges.

   Seigneur Jésus, qui avez commandé aux vents et à la mer et il se fit une grande tranquillité : exaucez les prières de Votre famille, et accordez-nous que, par ce signe de la sainte + Croix s’éloigne la cruauté des tempêtes.

   Dieu éternel et tout puissant, qui nous guérissez en nous châtiant, et nous préservez en nous pardonnant, accordez à nous qui Vous supplions de nous réjouir de la tranquillité de cette consolation que nous avons désirée, et de toujours bénéficier du don de Votre compassion. Par Jésus-Christ Notre-Seigneur.

Ainsi soit-il !

On asperge d’eau bénite.

On trouvera aussi dans ce blogue des bénédictions extraites des œuvres de Saint Grégoire le Grand > ici
Ainsi qu’un formulaire (sans procession) à utiliser à la fin de la Messe > ici

nika

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