Archive pour la catégorie 'Chronique de Lully'

2019-75. La fondation de la monarchie capétienne fut l’œuvre de Dieu.

17 août,
Dans l’Ordre de Saint-Augustin, fête de Sainte Claire de Montefalco ;
Commémoraison de Saint Carloman ;
Commémoraison de Saint Hyacinthe ;
Commémoraison de Sainte Jeanne Delanoüe ;
Commémoraison du 3ème jour dans l’octave de l’Assomption ;
Anniversaire du rappel à Dieu de M. l’Abbé Christian-Philippe Chanut (cf. > ici).

Sacre de Hugues Capet

Sacre de Hugues 1er dit Capet

A l’occasion de l’anniversaire du rappel à Dieu de Monsieur l’Abbé Christian-Philippe Chanut (+ 17 août 2013), voici un extrait de notes préparatoires à une conférence qu’il donna à l’occasion du « millénaire capétien » (1987) : il y va à l’essentiel pour exprimer avec une grande justesse ce qu’est la réalité de la royauté capétienne traditionnelle, monarchie de droit divin, véritablement instituée par Dieu.

Signature Hugues Capet

« Le Roy est le lieutenant de Dieu désigné par la loi (…).
La fondation de la monarchie capétienne n’appartient pas à Hugues Capet mais à Dieu qui, pour continuer dans le monde l’œuvre entreprise au baptême de Clovis a, par l’entremise de l’Eglise, élu la famille capétienne comme Il avait jadis élu la maison de David par la médiation de Samuel. Si la royauté de David est la même que celle de Saul, la monarchie des Capétiens est la même que celle des précédentes dynasties puisque toutes procèdent de Dieu et non des hommes ; les différences ne sont que des perfectionnements dans la mesure où, par la monarchie, Dieu poursuit Son œuvre dans le monde et achève toute sanctification. Remarquons que si cette monarchie est reçue comme un don de Dieu pour aider au Salut, le Roi lui-même n’est pas désigné par Dieu mais par les Lois fondamentales du Royaume.

En conséquence, la célébration de la monarchie est moins la célébration d’un événement historique que l’union continuelle à son Fondateur, Dieu (Trinité) : la monarchie ne se commémore pas, elle se vit comme un effet de la grâce de Dieu qui, par le sacre, est partiellement déposée dans la personne du Roy.
Mort à lui-même, le Roy est « l’homme nouveau » rappelé à la vie pour continuer la « gesta Dei per Francos » commencée à la chrismation du baptême de Clovis et, selon Saint Thomas d’Aquin, il est dans son Royaume comme l’âme dans le corps et comme Dieu dans le monde qui l’a établi pour exercer dans son Royaume l’office de juge à la place de Dieu.
Après les serments, il reçoit l’épée de Charlemagne pour défendre le Royaume « par la force du Saint-Esprit », puis il est marqué des neuf onctions par lesquelles Dieu prend possession de son être alors, configuré au Christ, il est revêtu des ornements du grand-prêtre pour recevoir les attributs du pouvoir.
Le sacre a longtemps été la seule grande célébration de la monarchie et, pour le reste, il suffisait de s’attacher au mystère du Christ dans le cycle liturgique pour honorer la monarchie absolue de droit divin dont les Papes disaient qu’elle était « le miroir de la chrétienté » (…). »

Abbé Christian-Philippe Chanut,
notes de préparation pour une conférence, citées pp. 357-358
in « Anthologie in memoriam – abbé Christian-Philippe Chanut » Jean de Waifhari, ed. Exaltare Saint-Louis
(au sujet de cet ouvrage voir > ici).

Heures de Bedford-détail 2

Dieu donnant pour emblème à la royauté franque les trois lys d’or sur fond d’azur
(miniature des « Heures de Bedford »)

2019-74. « Notre Dieu est un Droiturier Seigneur, qui nous apprend qu’il y a une Justice, un Droit, une Légitimité.»

Au lendemain de la fête de l’Assomption de Notre-Dame, qui, ainsi que nous l’a rappelé notre Souverain légitime (cf. > ici), est l’occasion de nous inciter à prier toujours davantage pour que le Royaume des Lys revienne à la fidélité à sa vocation, nous sommes heureux de publier le texte de la prédication donnée par Monsieur l’Abbé Louis de Saint-Taurin au Puy, à l’occasion du pèlerinage annuel de la Confrérie Royale, le jour de la fête de Sainte Jeanne d’Arc (samedi 1er juin 2019, puisque le 30 mai cette année était le jeudi de l’Ascension).
Voici, en effet, un texte qu’il est bon de relire et de méditer, afin de toujours plus comprendre et approfondir les desseins de Dieu sur notre Patrie.

Vitrail de Sainte Jeanne d'Arc

Cher Monsieur le Recteur,
Cher Monsieur le Prieur,
Cher Monsieur le Chanoine,
Chers Messieurs les Abbés
Bien chers Confrères et amis,                             

En ce 1er samedi du mois, consacré à la dévotion et réparation au Cœur Immaculé de Marie, disons avec Pie XI il y a moins de 100 ans, le 2 mars 1922, dans sa lettre apostolique France, Fille aînée de l’Église : 

« En ce qui concerne la Pucelle d’Orléans, que Notre prédécesseur a élevée aux suprêmes honneurs des Saints (cela fera un siècle l’an prochain), personne ne peut mettre en doute que ce soit sous les auspices de la Vierge qu’elle ait reçu et rempli mission de sauver la France.
Car d’abord, c’est sous le patronage de Notre-Dame de Bermont, puis sous celui de la Vierge d’Orléans, enfin de la Vierge de Reims, qu’elle entreprit d’un cœur viril, une si grande œuvre, qu’elle demeura sans peur en face des épées dégainées et sans tache au milieu de la licence des camps, qu’elle délivra sa patrie du suprême péril et rétablit le sort de la France. C’est après en avoir reçu le conseil de ses voix célestes qu’elle ajouta sur son glorieux étendard le nom de Marie à celui de Jésus, vrai Roi de France. Montée sur le bûcher, c’est en murmurant au milieu des flammes, en un cri suprême, les noms de Jésus et de Marie, qu’elle s’envola au ciel. Ayant donc éprouvé le secours évident de la Pucelle d’Orléans, que la France reçoive la faveur de cette seconde patronne céleste : c’est ce que réclament le clergé et le peuple, ce qui fut déjà agréable à Notre prédécesseur et qui Nous plaît à Nous-même. […]
En conséquence, Nous prions Dieu, auteur de tous les biens, que, par l’intercession de ces deux célestes patronnes, la Mère de Dieu élevée au ciel et sainte Jeanne d’Arc, vierge, ainsi que des autres saints patrons des lieux et titulaires des églises, tant des diocèses que des missions, la France catholique, ses espérances tendues vers la vraie liberté et son antique dignité, soit vraiment la fille première-née de l’Église romaine ; qu’elle échauffe, garde, développe par la pensée, l’action, l’amour, ses antiques et glorieuses traditions pour le bien de la religion et de la patrie ».                  

Et le pape d’ajouter, comme s’il craignait que quelque force s’y opposât à l’avenir :

« Nous concédons ces privilèges, décidant que les présentes Lettres soient et demeurent toujours fermes, valides et efficaces, qu’elles obtiennent et gardent leurs effets pleins et entiers, qu’elles soient, maintenant et dans l’avenir, pour toute la nation française le gage le plus large des secours célestes, qu’ainsi il en faut juger définitivement, et que soit tenu pour vain dès maintenant et de nul effet pour l’avenir tout ce qui porterait atteinte à ces décisions, du fait de quelque autorité que ce soit, sciemment ou inconsciemment. Nonobstant toutes choses contraires ».                                

Les plus attentifs parmi vous auront sans doute remarqué que nous célébrons cette année le 590e anniversaire de l’épopée de notre héroïne nationale, sainte Jeanne d’Arc. En 1429, voici que cette demoiselle venue de l’une des dernières enclaves fidèles à son roi, avec le Mont Saint-Michel ; cette jeune fille, donc, envoyée de Dieu et de saint Michel, va de manière proprement inattendue et incroyable surmonter un à un les obstacles qui la séparent du roi, puis de Reims, puis de Paris.

En début d’année, c’étaient les rencontres successives à Chinon, l’examen minutieux de Poitiers. Le 8 mai, c’était l’entrée triomphale dans les rues d’Orléans. Le 18 juin, ce sera la victoire de Patay, et le 17 juillet, le grand sacre de Charles VII le Bien-Servi, dont le Conseil poussera ensuite de plus en plus à la freiner dans ses élans.

A tous nos contemporains bons chrétiens qui nous répètent que la moindre prise de position est un acte politique, et m’appuyant sur le Souverain Pontife qui soutient que toute homélie est en soi un acte politique en quelque sorte, je répondrai que Jehanne dévoile le caractère spécieux de leurs discours.

A les écouter en effet, un Catholique doit être pratiquement un fataliste, se laisser imposer toute sorte de régime par les mauvais, puisque toute autorité vient de Dieu. Adeptes sans le savoir du syndrome de Stockholm, leur solution de facilité – qui non seulement les retient mais bloque tout autour d’eux, puisqu’aucune tête ne doit dépasser –, ils stérilisent toute action catholique, quand ce n’est pas toute réflexion.

Mais notre Dieu est un Droiturier Seigneur, qui nous apprend qu’il y a une Justice, un Droit, une Légitimité. 

Cela, les amoureux de la Sagesse l’ont compris depuis Aristote ; je cite :

« Que l’homme soit un animal politique à un plus haut degré qu’une abeille quelconque ou tout autre animal vivant à l’état grégaire, cela est évident. La nature en effet ne fait rien en vain ; et l’homme, seul de tous les animaux, possède la parole. […] Le discours sert à exprimer l’utile et le nuisible, et par suite aussi, le juste et l’injuste : car c’est le caractère propre de l’homme, par rapport aux animaux, d’être le seul à avoir le sentiment du bien et du mal, du juste et de l’injuste, et des autres notions morales, et c’est la communauté de ces sentiments qui engendre la famille et la cité » (Politique ; I, 2).                     

Les valeurs morales existent à notre époque comme elles existaient sous Notre-Seigneur, comme elles s’appliquaient de même en 1429. Le roi anglais revendique le trône de France ; on argue même d’une renonciation des Valois à la Couronne à son profit, par le sinistre et invalide traité de Troyes (21 mai 1420) ; il possède par les armes la moitié du pays (Nord et Aquitaine) ; il se fera même prétendument sacrer roi de France par un Anglais à Notre-Dame de Paris, le 17 décembre 1431.

Sans doute entendez-vous nos chers amis s’applatir : par la force des choses (mais surtout des armes), Henri VI est roi, c’est comme cela ; le sacre à la mode anglaise renforce son pouvoir ; les troupes françaises font pâle figure, après un siècle de combats et la défaite d’Azincourt (1415) ; et plusieurs évêques reconnaissent déjà Henri et militent pour sa cause. Parmi eux : Pierre Cauchon. Aucune tête mitrée n’aimerait aujourd’hui se voir comparer à cet indigne juge de notre Pucelle, Régine Pernoud titrant même l’un de ses ouvrages : Jeanne devant les Cauchons ! Et pourtant… Se plier devant la loi du plus fort, aux droits contraires aux traditions françoises, faire montre d’opportunisme n’est pas digne d’un successeur des Apôtres, et nos prélats nous ont par le passé habitués à plus de panache et d’héroïcité : je vous renvoie à saint Martin, Hilaire de Poitiers et son lointain successeur le cardinal Pie, comme à nos pasteurs sous la Révolution.

Mais voilà : les faits sont là ; et pensez : Cauchon fut recteur de l’Université ! Et puis Jeanne a bien été capturée sur le territoire de son diocèse (Beauvais), encore un peu et il passerait presque pour légitime juge. Mais l’historien Jean Favier le prouve « acharné à perdre Jeanne », et même Voltaire – horresco referens – l’appelle « l’indigne évêque, l’indigne Français et l’indigne homme » ; Michelet dit qu’ « il se fit anglais, parla anglais […], se faisant l’agent des Anglais », et Quicherat, pourtant plus modéré, qu’« il ne se révéla dans l’affaire de Jeanne que comme un homme passionné, artificieux, corrompu ». Sans doute sont-ils mus par un jacobinisme qui nous est étranger, mais franchement, quel vrai Français n’a pas de haut-le-cœur en entendant prononcer un tel nom ?

Il ne m’appartient certainement pas de dire si l’évêque Cauchon est damné ou non ; sa dévotion à la Très Sainte Vierge, pour laquelle il fit ensuite édifier la chapelle axiale de la cathédrale de Lisieux, quand il en devint évêque, l’a sans doute sauvé : paix à son âme !

Mais il est des actes d’une petite partie de notre vie qui collent – parfois injustement – à la peau ; et reconnaissez que l’anglophilie continuelle de cet évêque français né à Reims, conseiller actif des rois d’Angleterre, relève – en pleine Guerre de Cent ans – de la haute trahison.

Ce jugement est certes rendu aisé par les siècles ; mais pourtant, dès ces années, Dieu a clairement manifesté Son choix, Son camp, car Il attend de Ses témoins qu’ils prennent parti quand il le faut, notamment pour défendre le droit et la justice. Le fameux « Évêque, c’est par vous que je meurs », résonne encore à nos oreilles, et c’est peut-être, par la bouche de cette Sainte qu’il condamne avec maints stratagèmes, sa propre parole de condamnation. C’est la sentence qu’entendraient nombre d’hommes d’Église aujourd’hui, si la voix de leur conscience n’était pas tout simplement étouffée, dans les innombrables conflits actuels : du silence face à des condamnations iniques de la part des structures de péchés, jusqu’aux « simples » et ordinaires médisances cléricales, qui tuent à petit feu, voire plus directement, lorsqu’elles sont bien acérées. Rien n’est plus honteux que la couardise et la petitesse d’hommes de Dieu qui devraient être Ses prophètes !

Le pape Benoît XVI eut (le 26 janvier 2011) de magnifiques paroles d’analyse de l’inique procès fait à Jehanne, qu’il dit « citée à plusieurs reprises dans le Catéchisme de l’Église catholique » : 

« Quand Jeanne naît, en 1412, il y a un pape et deux antipapes. […] Au début de l’année 1429, Jeanne entame son œuvre de libération […] ». Aux Anglais assiégeant la ville d’Orléans, « sa proposition est une véritable paix entre les deux peuples chrétiens, à la lumière des Noms de Jésus et Marie, mais elle est rejetée, et Jeanne doit s’engager dans la lutte pour la libération de la ville, qui advient le 8 mai ».                  

Sachons utiliser l’expérience passée, la leçon des erreurs comme des actes héroïques. Les Saints nous conseillent par leurs propres actions ce que nous pouvons faire  hic et nunc : un rappel à l’ordre avant de sévir… et d’utiliser s’il le faut une force raisonnée, selon l’enseignement-même de la doctrine sociale de l’Église.

Et voilà où je voulais en venir : 

« C’est la rencontre dramatique entre cette Sainte et ses juges, qui sont des ecclésiastiques. […] Ces juges sont des théologiens auxquels manquent la charité et l’humilité pour voir chez cette jeune l’action de Dieu. Les paroles de Jésus viennent à l’esprit, selon lesquelles les mystères de Dieu sont révélés à qui possède le cœur des tout-petits, alors qu’ils restent cachés aux sages et aux savants qui n’ont pas d’humilité ».

Qu’y a-t-il de plus abject qu’un mauvais homme se servant de ses pouvoirs ecclésiastiques ? « Ainsi les juges de Jeanne sont radicalement incapables de la comprendre, de voir la beauté de son âme : ils ne savaient pas qu’ils condamnaient une Sainte », aveuglés qu’ils étaient par leur propre orgueil et leurs passions humaines.

« Environ 25 ans plus tard, le procès de nullité […] se conclut par une sentence solennelle qui déclare nulle sa condamnation (7 juillet 1456)  […] et met en lumière son innocence et sa parfaite fidélité à l’Église. Jeanne d’Arc sera ensuite canonisée par Benoît XV en 1920 » : c’en sera le centenaire l’an prochain, et j’espère d’ores et déjà que nous pourrons en faire le thème du pèlerinage, même si elle répond déjà parfaitement à celui de cette année, puisqu’elle figure en bonne place sur la mosaïque du Sacré-Coeur, à côté de S. Michel et de la France, au choeur de la basilique du Voeu national à Montmartre.                                        

« Que le témoignage lumineux de Ste Jeanne d’Arc, patronne en second de la France avec Ste Thérèse de Lisieux, soit un appel à aimer le Christ, poursuivait le pape, et à vous engager avec foi et détermination au service des autres dans la charité », dont l’une des plus belles manifestations est dans le service de la Cité, la politique.                         

Jeanne n’est pas une pseudo-mystique, une voyante qui nous dit d’elle-même ce qui serait le mieux pour la France : elle s’enracine totalement dans l’âme française, et Dieu prouve qu’Il en fait Son instrument par des miracles. Dans Fides et Ratio, Jean-Paul II luttait contre le fidéisme ; et le concile Vatican I stipulait :                  

« Pour que l’hommage de notre foi soit conforme à la raison, Dieu a voulu que les secours intérieurs du Saint-Esprit soient accompagnés de preuves extérieures de Sa Révélation, à savoir des faits divins et surtout les miracles et les prophéties qui, en montrant de manière impressionnante la toute-puissance de Dieu et Sa science sans borne, sont des signes très certains de la Révélation divine, adaptés à l’intelligence de tous » (Dei Filius).              

Ces conditions s’accomplissent en Jeanne, qui entérine et déploie ainsi les traditions institutionnelles de la France, face à tous les obstacles qu’elle surmonte audacieusement.                            

Et le concile suivant de nous dire : 

« Les Chrétiens doivent vivre pour Dieu et le Christ selon les usages de leur pays, pour cultiver vraiment et efficacement en bons citoyens l’amour de la patrie […]. La vie chrétienne sera ajustée au génie et au caractère de chaque culture ; les traditions particulières, avec les qualités propres, éclairées par la lumière de l’évangile, de chaque famille des peuples, seront assumées dans l’unité catholique » (Ad gentes).

Rappelons enfin l’adjuration de saint Pie X aux évêques de France, il y a 100 ans, et qui est le cœur de mon allocution aujourd’hui, fondée sur l’exemple de Ste Jeanne d’Arc :                                 

« L’Église, qui n’a jamais trahi le bonheur du peuple par des alliances compromettantes, n’a pas à se dégager du passé, et il suffit de reprendre, avec le concours des vrais ouvriers de la restauration sociale(que vous devez être, chers membres de la Confrérie Royale),  les organismes brisés par la Révolution, et de les adapter, dans le même esprit chrétien qui les a inspirés, au nouveau milieu créé par l’évolution matérielle de la société contemporaine : car les vrais amis du peuple ne sont ni révolutionnaires ni novateurs, mais traditionalistes ».         

Car Jehanne doit être pour nous, notre Église comme notre pays, un cas d’école !

Cela s’applique à tous les domaines, tant institutionnels que familiaux, car ce sont les sophismes et prétextes sentimentalistes qui conduisent aujourd’hui à reconnaître chef de famille un autre homme que l’époux de la femme et père des enfants. Tout peut être justifié, quand on renonce aux principes ; et c’est malheureusement le cas aujourd’hui dans notre Sainte Église. Le simple fait de demander une clarification sur les principes passe aujourd’hui pour acte de malotru : grand Dieu ! Et face à l’audace des méchants, nous avons l’affreux spectacle de l’autoparalysie des bons, toujours communicative.

Quand saint Pierre tire l’épée du fourreau pour défendre son Seigneur arrêté à Gethsémani, le Christ le rabroue car Il doit parfaire Son Sacrifice. Mais la réaction du premier pape est digne de notre âme française, du « génie catholique et français » dont parlait saint Pie X à nos évêques, puisqu’à l’enseignement de la Passion, notre roi Clovis, premier Fils aîné de l’Église, n’eut pas d’autre réaction, lui qui s’exclama : « Que n’ai-je été là avec mes Francs ! ». Avouez que nous en sommes bien loin aujourd’hui, avec nos nostalgies et velléités…        

« S’engager personnellement pour la libération de son peuple » : voilà le programme de Jehanne, voilà le vôtre, chers Amis ! Le pape Jean-Paul II, qui nous appelait comme S. Remi à la fidélité aux promesses de notre baptême, en témoigna lui-même dans son propre pays, et c’en fut fini de la dictature communiste il y a 30 ans, pour le bicentenaire de la Révolution, sans qu’il y ait eu besoin de coup férir.

« L’un des aspects les plus originaux de la sainteté de cette jeune fille, poursuivait Benoît XVI, est précisément ce lien entre l’expérience mystique et la mission politique ». Par la fidélité à vos engagements et au triple angélus quotidien, par une vie chrétienne redoublant de ferveur, en prenant au sérieux votre vocation à la sainteté, réformez-vous et changez ce monde. Car de par l’enseignement de l’Ange de l’Annonciation, à la Pologne de 1989, en passant par Ste Jeanne d’Arc, nous savons qu’« à l’homme, c’est impossible ; mais rien n’est impossible à Dieu ».

Ainsi soit-il.

Blason de Sainte Jeanne d'Arc

2019-73. Message de Sa Majesté le Roi à l’occasion de la fête de l’Assomption, fête patronale du Royaume de France.

Ce jeudi 15 août 2019, en milieu de journée, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, a publié sur les réseaux sociaux le message suivant à l’adresse de tous les Français à l’occasion de la fête patronale du Royaume.

Ingres : le voeu de Louis XIII

(Ingres : le Vœu de Louis XIII)

A tous les Français, je veux souhaiter une belle fête de l’Assomption. 

Que Notre-Dame, Reine de France et protectrice du Royaume, selon le vœu fait en 1638 par mon aïeul le Roi Louis XIII, veille, et protège la France et les Français en ces temps troublés, où se perdent tous les repères essentiels !
Prions-la, supplions-la d’intercéder pour que la France reste fidèle aux promesses de son baptême !

Louis de Bourbon, duc d’Anjou.

Armes de France & Navarre

Prières pour renouveller le Vœu de Louis XIII > ici, > ici et > ici.

2019-72. Télécharger le cahier de l’Université d’été Saint-Louis 2019.

L’Union des Cercles Légitimistes de France (UCLF) propose déjà plusieurs outils de formation comme son Programme des études politiques ou le Manifeste légitimiste.
Les Cahiers de l’Université Saint-Louis constituent, eux-aussi, une synthèse de la pensée royaliste facilement utilisable dans le cadre d’un travail en cellule d’étude. Chaque année, de nouveaux textes illustrant la pensée légitimiste sont ainsi publiés. 

L’édition de l’Université d’été 2019 est maintenant téléchargeable.

couverture cahier université d'été 2019

En voici le sommaire :

sommaire cahier université d'été 2019

Pour le téléchargement > ici

Logo UCLF

2019-71. Récollection de rentrée au Mesnil-Marie.

Samedi 14 septembre 2019

Fête de l’Exaltation de la Sainte Croix

Relique de la Sainte Croix

Relique de la Vraie Croix de Notre-Seigneur dans l’oratoire du Mesnil-Marie

Récollection de rentrée

Programme :

- 10 h : Sainte Messe chantée (dans le rite latin traditionnel évidemment).
- 11 h 15 : Conférence
- 12 h 30 : Repas tiré du sac – échanges amicaux
- 14 h 30 : Conférence
- 16 h :  Récitation du Chapelet des Sept Douleurs & vénération de la relique de la Sainte Croix.

Inscriptions > ici

nika

2019-70. D’un bel ornement vert qui vient de nous revenir magnifiquement remis à neuf !

Lundi 5 août 2019,
Fête de la dédicace de Sainte-Marie aux Neiges (cf. > ici) ;
225ème anniversaire du martyre du Rd Père Rouville et des ses compagnons (cf. > ici et suivants).

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Tout comme Saint Jean-Marie Vianney, dont ce fut hier – 4 août 2019 – l’exact cent-soixantième anniversaire de la mort (+ 4 août 1869), nous sommes convaincus que rien n’est jamais trop beau pour le culte divin, à rebours de ceux qui, depuis plusieurs décennies, ont opéré de véritables sacages dans les églises et les sacristies pour y faire régner le misérabilisme et le mauvais goût.

Saint François d’Assise lui-même, dont on connaît l’attachement à la sainte pauvreté, enseignait que « la pauvreté s’arrête au pied de l’autel » ; c’est-à-dire que, s’il insistait sur une pratique rigoureuse du détachement et de l’austérité dans la vie de ses religieux, il n’en proclamait pas moins dans le même temps que, pour le sanctuaire et tout ce qui touche au culte divin – en particulier pour le Saint-Sacrifice de la Messe -, on ne doit pas être chiche mais, tout au contraire, ne pas regarder à la dépense.
Ceux donc qui prétendent imiter Saint François pour ôter de la liturgie catholique les très beaux ornements, les tissus précieux, les broderies d’or et d’argent, les matériaux nobles pour la confection de l’autel et des vases sacrés ainsi que pour la décoration du lieu saint, montrent soit qu’ils sont ignorants du véritable esprit de Saint François, soit – s’ils le font sciemment – qu’ils sont dans le mensonge en opérant un détournement de son enseignement…

Cela dit, je voudrais vous partager une vraie joie : une de ces petites joies concrètes qui jalonnent la vie du Refuge Notre-Dame de Compassion.

Nous avions, dans le chasublier de l’oratoire du Mesnil-Marie, une chasuble verte qui, sans être extraordinaire par sa facture ou son ancienneté (selon toute vraisemblance, elle avait été confectionnée à la fin du XIXème siècle ou au début du XXème siècle), était tout de même assez belle…
La croix brodée dans le dos est une broderie à la machine ; en revanche elle porte en son centre une broderie représentant Notre-Seigneur Jésus-Christ montrant Son Cœur qui est une « peinture à l’aiguille » d’une grande finesse.
Dans l’iconoclasme triomphant consécutif au concile vaticandeux, elle avait bien failli disparaître dans un brasier allumé par des paroissiennes dévouées et obéissantes auxquelles leur curé avait donné l’ordre de brûler « toutes ces vieilleries qui ne servent plus et qui encombrent la sacristie » (sic).
Elle échappa néanmoins au feu et arriva dans nos tiroirs.

L’ornement était complet. Chasuble, étole, manipule, voile de calice et bourse : tout y était.
Mais il avait « vécu ». En plusieurs endroits la soie était fusée, déchirée ; le manipule avait été grossièrement reprisé comme s’il se fût agi d’une vieille chausette ; la chasuble avait été rapiécée… etc. Si, de loin, elle faisait encore bonne figure, de près elle inspirait des sentiments de pitié.
Elle dormait donc dans le tiroir du chasublier, et je regrettais souvent que ce beau Sacré-Cœur brodé ne puisse à nouveau rayonner pour la célébration de la Sainte Messe…

Or voici que la divine Providence, par le biais d’un célèbre réseau social, nous a permis de faire la connaissance de Guillaume, un jeune homme qui vit habituellement à plusieurs centaines de kilomètres de notre Mesnil-Marie, mais qui, en janvier dernier, est venu faire un stage chez un costumier du Puy-en-Velay.
Sans doute un jour lui demanderai-je de nous raconter de quelle manière il en est venu à créer des ornements liturgiques ou à les restaurer. En attendant, je vous encourage à aller visiter son site internet (Atelier Corneille > ici).
Guillaume aime la belle ouvrage, et ce qu’il propose est à cent lieues des horreurs que l’on trouve dans les catalogues de grandes maisons qui sévissent encore dans les presbytères et les sacristies. 

Bref, en janvier dernier donc, à l’issue d’une Sainte Messe dominicale, première brève rencontre réelle avec Guillaume qui, avant de repartir à Bressuire où il est établi, s’est aventuré un soir, à travers le massif du Mézenc enneigé (alors qu’il n’avait pas de pneus neige à son auto !!!), jusqu’en notre Thébaïde.
Il en est reparti avec deux ornements à restaurer, dont cet ornement vert que je vous ai présenté ci-dessus.
Je regrette fort de n’avoir point pensé à le photographier avant sa restauration, car vous eussiez pu juger par vous-même de sa transformation.

Hier, samedi 3 août, profitant de quelques jours de vacances qui l’amenaient dans nos contrées, Guillaume nous a rapporté l’ornement vert restauré.
Il serait plus juste de dire qu’il a été remis à neuf.

Chasuble restaurée 1

Notre chasuble verte restaurée a servi pour la Sainte Messe de ce dimanche 4 août 2019.

Ayant minutieusement décousu tous les galons d’origine et la croix brodée du dos de la chasuble, Guillaume a entièrement refait cette dernière, remplaçant la soie abîmée par une belle soie neuve dont la teinte d’un vert émeraude profond m’enchante et produit un heureux contraste avec la nuance plus tendre du fond de la broderie, qui était auparavant la teinte de toute la chasuble.

Chasuble restaurée 2

Ce dimanche 4 août, j’ai emporté à la chapelle du Puy-en-Velay cette chasuble si bien restaurée.
Monsieur l’Abbé l’a bénite et, ainsi que je m’y attendais, il a ensuite voulu qu’elle serve pour la célébration de la Sainte Messe de ce huitième dimanche après la Pentecôte.

Chasuble restaurée 3

Comme j’étais heureux de la voir à nouveau utiliser !
Nous attendons maintenant avec impatience de découvrir la restauration de la seconde chasuble confiée à Guillaume au mois de janvier dernier : une chasuble blanche portant une splendide croix brodée de fils d’or et d’argent, rehaussée de cabochons, que j’estime être d’époque Charles X, et qui avait déjà subi une réparation peu heureuse…

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Et si vous souhaitez nous aider pour continuer à faire restaurer quelques beaux ornements anciens > ici

2019-69. Des reliques des Saints Abdon et Sennen, et de leur arrivée à Arles-sur-Tech.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Dans ma première publication consacrée aux Saints Abdon et Sennen (cf. > ici), je vous annonçais une deuxième partie relative à l’histoire de leurs reliques.
Il est en effet important de la connaître, pour ensuite aborder et bien comprendre une troisième partie qui traitera de « la sainte tombe » et de son eau miraculeuse.

En conclusion de ma première partie, je vous disais donc que le sous-diacre Quirinus, ayant soustrait les corps des martyrs à la profanation après qu’ils étaient restés exposés à l’extérieur de l’amphithéâtre pendant trois jours, les avait ensevelis dans sa maison ; mais lui-même ayant été pris et martyrisé quelques années plus tard, la tombe des Saints Abdon et Sennen demeura oubliée…
Et il en fut ainsi pendant près de trois-quart de siècle.

La « Légende dorée », que nous avons précédemment citée, dit simplement que « du temps de Constantin, ces martyrs révélèrent où étaient leurs corps que les chrétiens transférèrent dans le cimetière de Pontien » ; en cela elle ne fait que résumer les Actes de ces martyrs, qui ne précisent pas de quelle manière les Saints Abdon et Sennen se manifestèrent ni à qui.

La catacombe de Pontien est située à Rome dans l’actuel quartier du Janicule, et après le transfert des saints corps de nos deux martyrs, elle fut parfois appelée « Catacombe des Saints Abdon et Sennen ». Le Pape Saint Damase y fit aménager une basilique souterraine pour le culte de ces saints martyrs.
Il faut aussi signaler ici qu’il y a dans cette catacombe une source pure et abondante qui alimente un baptistère.

Une fresque, dont je n’ai pu trouver qu’une reproduction sous forme de gravure, et non une photographie, représente Notre-Seigneur Jésus-Christ en buste, sur une nuée, qui, d’une main, place une couronne sur la tête d’Abdon et de l’autre une couronne sur celle de Sennen.
L
es deux martyrs sont habillés à l’orientale, avec sur la tête le « pileus », c’est-à-dire une espèce de bonnet phrygien par lequel l’art paléochrétien identifie les Perses et les peuples avoisinants.
À droite et à gauche, sont représentés deux autres saints, Milix et Bicentius (Vincent), dans l’attitude de la prière. Chacun des personnages est identifiable grâce au nom inscrit verticalement à côté de lui.

Abdon et Sennen - Catacombe de Pontien

Catacombe de Pontien : fresque représentant les Saints Abdon et Sennen couronnés par le Christ Sauveur

Toutefois au début du IXème siècle, la catacombe de Pontien et la basilique souterraine des Saints Abdon et Sennen étaient dans un état de vétusté dangereux, et les reliques des saints martyrs ne s’y trouvaient plus en sécurité.
Pascal 1er, pape de janvier 817 à février 824, fit donc transférer les saints corps dans la basilique de Saint-Marc, sur l’actuelle place de Venise, dans le centre historique de Rome.
C’est probablement à l’occasion de cette translation que l’abbaye de Fulda, en Germanie, l’église Saint-Médard de Soissons, et quelques autres sanctuaires ou abbayes, obtinrent quelques reliques des Saints Abdon et Sennen.

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Au temps de Saint Charlemagne, dans la vallée du Tech – fleuve côtier qui descend des hauteurs pyrénéennes vers la plaine du Roussillon -, un moine bénédictin, du nom de Castellanus, vint d’outre-Pyrénées pour établir un ermitage sur une éminence où subsistaient des ruines de bâtiments antiques.
Les disciples affluèrent, attirés par la réputation de sainteté de Castellanus, et l’ermitage devint une abbaye bénédictine, qui dut même essaimer en raison de l’afflux des vocations. Comme bien souvent, une bourgade se développa autour de l’abbaye : ainsi naquit la petite ville aujourd’hui nommée Arles-sur-Tech.

Arles-sur-Tech vue aérienne

Arles-sur-Tech : au centre du bourg, l’abbatiale Sainte-Marie (état actuel)

Après un siècle de prospérité, vers le milieu du IXème siècle, un raid de Normands qui avaient pillé les Baléares, accosta en Roussillon, y semant ruines et désolation. Remontant la vallée du Tech, ils parvinrent jusqu’à l’abbaye Sainte-Marie d’Arles qu’ils dévastèrent pendant trois jours, y massacrant ceux des moines qui n’avaient pu s’enfuir.
Les décennies qui suivirent furent difficiles, comme d’ailleurs en beaucoup d’endroits : les chroniques du temps, un peu partout en Europe, parlent de phénomènes effrayants dans le ciel, de tremblements de terre, d’incendies, de grêles dévastatrices, de bandes d’animaux sauvages quittant les forêts pour s’en prendre aux populations… etc.

Le Vallespir (ainsi nomme-t-on ce pays qui s’étend autour du Tech) ne fut pas épargné par les malheurs du temps, et les récits nous parlent de créatures effrayantes, que les gens appelèrent simiots (le « t » final se prononce), qui terrorisaient et décimaient la population, en particulier dévorant les enfants.

Moines et paysans multipliaient les jeûnes, les pénitences, les processions de supplication et les prières pour obtenir la cessation de ces fléaux.
Nous étions sous le pontificat de Jean XIII – pape d’octobre 965 à septembre 972 – et l’abbé de Sainte-Marie d’Arles, un homme d’une grande foi et ferveur qui avait pour nom Arnulfe, décida de se rendre à Rome pour y implorer le secours des saints apôtres et des martyrs, mais aussi dans l’espoir d’obtenir des reliques de saints dont l’intercession serait ensuite une protection surnaturelle pour ces contrées, et leur obtiendrait le retour à la paix avec la bénédiction de Dieu.

Façade principale de l'abbatiale Sainte-Marie d'Arles-sur-Tech monstres sculptés

De part et d’autre de l’arc sculpté qui surmonte la porte de la façade principale de l’abbaye Sainte-Marie d’Arles,
on voit des créatures monstrueuses et cruelles dont on dit qu’elles sont la réprésentation des simiots
qui terrorisaient le pays avant le voyage de l’abbé Arnulfe à Rome.

Simiot dévorant un enfant - détail de la façade principale

Sculpture sur la façade de l’abbatiale :
simiot en train de dévorer un enfant

Arnulfe arriva à Rome au moment du grand carême. Il assista aux cérémonies solennelles, conformes à la liturgie grégorienne, qui se développaient quotidiennement, en présence du Souverain Pontife en personne, dans les églises stationnales.

Le lundi de la troisième semaine de carême, jour où la station se fait à la basilique Saint-Marc, la ferveur silencieuse d’Arnulfe fut remarquée de beaucoup et impressionna le pape Jean XIII lui-même qui le fit quérir et l’interrogea.
Arnulfe expliqua donc au Souverain Pontife la triste situation de son abbaye et du Vallespir.
Emu, le pape lui promis de lui accorder des reliques de saints (à l’exception de celles des Saints Pierre et Paul, Etienne et Laurent, s’empressa-t-il de préciser !).
L’abbé Arnulfe sollicita un délai pendant lequel il prierait le Ciel de lui faire savoir quelles reliques saintes il lui serait plus convenable de demander.

Au cours de la nuit qu’il passa en prière, Arnulfe reçut une vision, par laquelle il comprit qu’il devait demander au Souverain Pontife les reliques des deux martyrs persans qui reposaient dans la crypte de la basilique Saint-Marc, ce à quoi le pape consentit.
Jean XIII fit donc procéder à l’ouverture du tombeau des Saints Abdon et Sennen et il y fit prélever une part importante de leurs ossements sacrés qui furent remis à l’abbé Arnulfe.
Les chroniques rapportent qu’au moment de l’ouverture du tombeau, une suave odeur en sortit, qui émerveilla tous les participants à cette cérémonie, et que plusieurs malades furent alors guéris.

IMG_2349 - Copie

Retable des Saints Abdon et Sennen à Arles-sur-Tech,
panneau de l’extrémité gauche du registre inférieur :
ouverture du tombeau des Saints Abdon et Sennen et prélèvement d’une partie des ossements des martyrs
remis à l’abbé Arnulfe.

Avant de quitter la Ville Eternelle, Arnulfe se rendit aussi à la catacombe de Pontien, où les saints corps avaient reposé pendant plus de cinq siècles. A la vue de l’eau pure et abondante qui sourdait dans le baptistère proche de l’ancienne basilique des Saints Abdon et Sennen, il fut inspiré pour en prélever une part afin de l’emporter avec lui.

Ayant reçu une dernière bénédiction de Jean XIII, Arnulfe reprit la route de son abbaye.
Par précaution, car il craignait que son précieux chargement n’excitât quelque convoitise, il résolut de cacher les reliques des saints à l’intérieur d’un tonneau compartimenté qu’il fit confectionner spécialement : les saintes reliques se trouvaient au centre, dans un compartiment bien étanchéifié, mais aux extrémités duquel se trouvaient des compartiments remplis d’un côté par de l’eau et de l’autre par du vin, afin de faire croire qu’il n’y avait là que des provisions pour son voyage.

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Retable des Saints Abdon et Sennen à Arles-sur-Tech,
panneau du centre gauche du registre inférieur :
Arnulfe quitte Rome avec les reliques dissimulées dans des tonneaux compartimentés ;
il emporte aussi avec lui de l’eau prise dans le baptistère de la catacombe de Pontien.

Le voyage de retour vers la Catalogne fut plein de péripéties. 

Avant son embarquement à Gênes, par exemple, alors qu’une possédée s’était mise à vociférer au passage de l’abbé et de son précieux baril, Arnulfe expulsa le démon en faisant boire à cette femme un peu du vin de ce tonneau qui se trouvait sanctifié par la proximité des saintes reliques qui y étaient cachées.
En cours de voyage, une violente tempête menaça de faire sombrer le navire, mais Arnulfe se mit à invoquer à haute voix les Saints Abdon et Sennen avec une immense ferveur, bientôt imité par l’équipage : l’on vit alors apparaître deux jeunes hommes d’une grande beauté aux deux extrémités du bâteau, l’empêchant de sombrer.
Ayant posé le pied sur la terre catalane, Arnulfe, sollicité par deux enfants aveugles qui mendiaient, les guérit en leur faisant boire un peu de vin de son tonneau.
Pour la dernière partie de son chemin, pour gravir les sentiers escarpés du Vallespir, il loua les services d’un muletier. On rapporte qu’à l’approche des villages, les cloches se mettaient à sonner sans qu’aucune main humaine n’en tirât les cordes, ce qui fit que le muletier craignit quelque diablerie…

Enfin, alors que du sentier escarpé où ils cheminaient ils apercevaient déjà au loin les toits de l’abbaye Sainte-Marie d’Arles, la mule fit un faux-pas et dégringola dans le ravin avec son précieux chargement. Un moment Arnulfe craignit que les précieuses reliques ne fussent à jamais perdues. Cependant, le muletier et lui-même aperçurent, au fond du ravin, la mule qui se relevait, parfaitement saine et son chargement entièrement sauf, qui reprenait d’elle-même le chemin d’Arles, comme si de rien n’était, en suivant le lit du Tech, si bien qu’elle arriva aux portes de l’abbaye avant eux, tandis que des mains invisibles en faisaient sonner les cloches à toute volée ! 

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Retable des Saints Abdon et Sennen à Arles-sur-Tech,
panneau du centre droit du registre inférieur :
le miracle de la mule tombée dans le ravin avec les précieuses reliques.

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Retable des Saints Abdon et Sennen à Arles-sur-Tech,
panneau de l’extrémité droite du registre inférieur :
devant l’abbatiale Sainte-Marie dont les cloches sonnent à toute volée mues par des mains invisibles,
Arnulfe retire les saintes reliques de leur cachette.

Selon certains, avant que des reliquaires adéquats ne fussent réalisés, Arnulfe aurait déposé les ossements des Saints Abdon et Sennen dans un sarcophage antique (du IVe ou Ve siècle) en marbre, alors vide.
Pour d’autres, c’est seulement l’eau rapportée de la catacombe de Pontien qu’Arnulfe aurait versée dans ce sarcophage.
En fait, ces deux propositions ne sont pas exclusives l’une de l’autre. Il est en effet certain, puisque plusieurs témoignages relevés au cours des siècles le signalent, que de petits ossements des Saints ont été présents dans le sarcophage, et qu’aujourd’hui encore il y a une trentaine de petits ossements dans ce sarcophage que l’on appelle communément « la sainte tombe ».

Sarcophage antique - la sainte tombe

Le sarcophage antique dans lequel furent originellement déposées les reliques des Saints Abdon et Sennen
et aujourd’hui dénommé « la sainte tombe », visible à l’extérier de l’abbatiale Sainte-Marie.

A partir de l’arrivée des saintes reliques des bienheureux martyrs Abdon et Sennen, les simiots disparurent et ne terrorisèrent plus le pays qui recouvra peu à peu tranquillité et prospérité.
La dévotion aux deux frères martyrs se développa, attira des pèlerins, suscita des vocations pour l’abbaye, si bien qu’aux XIe et XIIe siècles l’église abbatiale dut être rebâtie, plus grande : c’est – à peu de choses près – l’édifice actuel.

Abbatiale Sainte-Marie - intérieur

Abbatiale Sainte-Marie d’Arles
la grand nef dans son état actuel

On peut voir dans l’église Sainte-Marie d’Arles-sur-Tech, d’assez vastes cavités pratiquées en hauteur dans les gros piliers de la nef, qui ont servi, à certaines époques, pour enfermer les reliquaires des Saints Abdon et Sennen.
Elles ont gardé leur décoration d’origine, et on y voit, en particulier, la représentation des simiots que leur arrivée a fait disparaître à jamais.

Ancien coffre pour les reliquaires

L’un des « placards » aménagés dans l’un des gros piliers de la nef
pour conserver en toute sécurité les reliquaires des Saints Abdon et Sennen

Enfin, en 1647, pour la chapelle des Saints Abdon et Sennen, qui se trouve dans le bas-côté droit de l’abbatiale, fut réalisé le grand et somptueux retable avec ses douze tableaux en demi-reliefs illustrant les principaux épisodes du martyre des deux martyrs Persans et de la translation de leurs reliques que j’ai moi-même photographiés au début du mois d’avril 2019, à l’occasion de mon pèlerinage à Arles-sur-Tech, et que je vous ai présentés dans ces deux articles.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

A suivre : La sainte tombe d’Arles-sur-Tech et son eau miraculeuse : « l’eau des saints ».

enluminure des Saints Abdon et Sennen au Mesnil-Marie

Les Saints Abdon et Sennen,
enluminure originale d’une artiste catalane contemporaine,
qui m’a été offerte par le Cercle Légitimiste du Roussillon Hyacinthe Rigaud,
à l’occasion de mon pèlerinage à Arles-sur-Tech,

et qui se trouve depuis lors dans l’oratoire du Mesnil-Marie.

palmes

2019-68. Des Saints Abdon et Sennen.

30 juillet,
Fête des Saints Abdon et Sennen, martyrs ;
Mémoire de Saint Léopold de Castelnuovo (courte biographie > ici, et prière > ici).

Arles-sur-Tech : abbatiale Sainte Marie. Chapelle des Saints Abdon et Sennen et grand retable contenant leurs reliques

Abbatiale Sainte-Marie, à Arles-sur-Tech
Chapelle des Saints Abdon et Sennen avec le grand retable de 1647 dans lequel sont enfermées leurs reliques.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Les Saint Abdon et Saint Sennen, dont nous célébrons la fête en ce 30 juillet, sont deux grands saints envers lesquels nous nourrissons une très grande dévotion en notre Mesnil-Marie, et je voudrais commencer par vous citer la notice que l’on peut lire à leur sujet dans la « Légende dorée » :

« Abdon et Sennen souffrirent le martyre sous l’empereur Dèce, qui, après avoir soumis la Babylonie avec d’autres provinces, et y avoir trouvé des chrétiens, les emmena avec lui à la ville de Cordoue où il les fit mourir par différents supplices. Deux vice-rois, Abdon et Sennen, prirent leurs corps et les ensevelirent. On les accusa de cette action auprès de Dèce qui les fit comparaître devant lui. On les chargea de chaînes et on les conduisit à Rome, où ils comparurent devant l’empereur et devant le Sénat ; on leur dit qu’ils avaient ou à sacrifier et qu’alors ils rentreraient libres dans leurs états, ou à se voir condamnés à être la pâture des bêtes féroces.
Ils ne manifestèrent que du mépris pour les idoles sur lesquelles ils crachèrent ; après quoi ils furent traînés à l’amphithéâtre où on lâcha sur eux deux lions et quatre ours, qui, loin de toucher ces saints, en furent même les gardiens.
On les fit donc mourir par le glaive, après quoi on leur lia les pieds et on les traîna jusqu’à l’idole du soleil devant laquelle on les jeta. Au bout de trois jours, le sous-diacre Quirinus vint les recueillir et les ensevelit dans sa maison. Ils souffrirent vers l’an du Seigneur 253. Du temps de Constantin, ces martyrs révélèrent où étaient leurs corps que les chrétiens transférèrent dans le cimetière de Pontien. Par leur mérite Dieu y accorde de nombreux bienfaits au peuple »

Statue des Saints Abdon et Sennen et coffre de leurs reliques

Abbatiale Sainte-Marie à Arles-sur-Tech
Partie centrale du retable des Saints Abdon et Sennen
Statues des deux martyrs et coffre dans lequel sont enfermées leurs reliques

Le grand retable réalisé en 1647 pour la chapelle des Saints Abdon et Sennen dans l’abbatiale Sainte-Marie d’Arles-sur-Tech, en Vallespir (le Vallespir est une région historique correspondant à la vallée du Tech, et qui relie les hauts sommets pyrénéens à la plaine du Roussillon), illustre de manière magnifique l’histoire des deux martyrs dont les saintes reliques sont conservées dans l’espèce de grand coffre aménagé au centre, en arrière du tabernacle, sous les statues des saints.
Tout autour, les panneaux sculptées illustrent le martyre des deux saints et l’histoire de leurs reliques.
Une examen plus détaillé de ce retable nous permettra de préciser certaints points de cette belle histoire sur laquelle se sont penchés de grands érudits chrétiens. 

Détail des statues des Saints Abdon et Sennen - Arles-sur-Tech

Détail des statues des Saints Abdon et Sennen
(retable – abbatiale Sainte-Marie d’Arles-sur-Tech)

La patrie des Saints Abdon et Sennen – dont certaines traditions font des frères de sang – est une région qui, dans l’Antiquité, était nommée Gordyène, au sud du lac de Van (dans l’actuelle Turquie, proche de la frontière iranienne), dont la capitale est appelée Cordoue dans « La Légende dorée ».
Il faut bien se garder de faire la confusion avec la ville de Cordoue (Cordoba en espagnol, Corduba en latin) en Andalousie : la capitale de la Gordyène se nomme en latin Cordula (mais on trouve aussi parfois les formes « Cordua » ou « Corduena »).

Selon les antiques traditions encore, Abdon et Sennen étaient de race princière et avaient embrassé la foi chrétienne lorsqu’ils étaient de jeunes adultes. L’on était vers le milieu du IIIème siècle et, à la suite de l’apôtre Saint Barthélémy, premier évangélisateur de ces contrées, de nombreux missionnaires de l’Evangile avaient œuvré, de sorte que la Sainte Eglise se trouvait déjà fermement implantée dans ces régions où elle jouissait d’une relative tolérance.
La Gordyène était depuis quelques années sous la domination perse : comme beaucoup de nobles de Gordyène et d’Arménie, Abdon et Sennen avaient été enrolés dans l’armée du roi Sapor (Chapour 1er) qui fut en lutte pendant plusieurs années contre l’empire romain.
C’est au cours de ces luttes qu’Abdon et Sennen furent faits prisonniers : en qualité de princes, ils jouissaient toutefois d’un statut de semi-liberté dans l’entourage du général Dèce.
Lorsque ce dernier déclencha une persécution contre les chrétiens de Babylonie puis de Gordyène, Abdon et Sennen, bravant les édits du persécuteur, profitèrent de la semi liberté qui leur était concédée pour ensevelir les corps des martyrs et protéger certains de leurs frères dans la foi.
Ils furent découverts et dénoncés au général qui les fit arrêter.

IMG_2343 bis

Abdon et Sennen sont dénoncés à Dèce comme chrétiens
et sont condamnés à être emprisonnés :
panneaux du côté droit de la prédelle du retable des Saints Abdon et Sennen,
abbatiale Sainte-Marie d’Arles-sur-Tech

IMG_2344 bis

Lorsqu’il succéda à Gordien III, en 244, Philippe – dit l’Arabe – conclut une paix (éphémère) avec le roi de Perse Sapor. Il commença son règne à Antioche avant de s’imposer à Rome.
Le général Dèce commença alors une carrière politique (sénateur et gouverneur de province) après avoir célébré son triomphe à Rome, triomphe auquel les princes Abdon et Sennen furent exhibés.

Philippe l’Arabe se montra plutôt favorable aux chrétiens (certains ont même pensé qu’il était chrétien en secret) : sous son règne ils ne furent pas persécutés et les deux frères Abdon et Sennen décidèrent de rester à Rome où ils purent vivre leur foi paisiblement avec la communauté chrétienne romaine.

Tout changea lorsque Dèce accéda au pouvoir (249). Il déclancha preque aussitôt une persécution violente contre les disciples du divin Crucifié : la septième persécution générale. L’un des premiers arrêtés fut le pape Saint Fabien, torturé puis décapité le 20 janvier 250.
Les Saints Abdon et Sennen ne pouvaient être oubliés de Dèce, auxquels ils avaient déjà tenu tête et ne le leur pardonnait pas. Il les fit donc appréhender et jeter en un cachot où ils subirent divers mauvais traitements avant de faire comparaître et qu’on leur intime l’ordre de rendre un culte au dieu du soleil.

IMG_2342 - Copie (2)

Abdon et Sennen sont emprisonnés
puis on veut les contraindre à rendre un culte au dieu du soleil :
panneaux du côté gauche de la prédelle du retable des Saints Abdon et Sennen,
abbatiale Sainte-Marie d’Arles-sur-Tech

IMG_2341 - Copie

Comme on ne pouvait les faire apostasier, Abdon et Sennen furent alors soumis au supplice de la flagellation, puis, comme ils restaient innébranlables dans leur confession de la foi chrétienne, ils furent conduits à l’amphithéâtre pour y être livrés en pâture aux fauves.

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Flagellation des Saints Abdon et Sennen (panneau supérieur gauche du retable)
Abdon et Sennen avec les fauves dans l’amphithéâtre (panneau supérieur droit du retable)

IMG_2348

Mais les deux ours et les quatre lions affamés auxquels on livra les intrépides confesseurs, au lieu de les dépecer et de les dévorer se couchèrent à leurs pieds.
Alors le préfet ordonna que des gladiateurs, armés de tridents, de filets et de glaives, fussent introduits dans l’arène. Comme les fauves se faisaient les défenseurs d’Abdon et Sennen, ils furent massacrés, puis ce fut le tour des deux martyrs…

IMG_2346 - Copie

Les Saints Abdon et Sennen livrés aux rétiaires (panneau supérieur au centre gauche du retable)

… qui furent finalement décapités.

IMG_2347 - Copie

Décollation des Saints Abdon et Sennen (panneau supérieur au centre droit du retable)

Leurs dépouilles sanglantes furent exposées pendant trois jours au pied de la statue du soleil, à l’extérieur de l’amphithéâtre, quand enfin, de nuit, un sous-diacre nommé Quirinus put emporter les corps des martyrs et, faute de pouvoir les ensevelir dans les catacombes, qui étaient alors extrêmement surveillées, il leur donna une sépulture dans sa propre maison.
Quelques années plus tard, lors de la persécution de Valérien, huitième persécution générale, le sous-diacre Quirinus fut lui-même martyrisé, et les corps des Saints Abdon et Sennen cachés dans sa demeure, furent oubliés.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

A suivre : l’histoire des reliques des Saints Abdon et Sennen > ici.

palmes

2019-66. De la remarquable sollicitude du gouvernement de la république pour les Français en période de fortes chaleurs.

Mardi 23 juillet 2019,
Fête de Saint Jean Cassien, abbé et confesseur ;
Mémoire de Saint Apollinaire, évêque et martyr ;
Mémoire de Saint Liboire, évêque et confesseur.

vaches à l'ombre

Le très remarquable (note à benêts : remarquable signifie « digne d’être remarqué » et il existe de multiples manières de remarquer quelqu’un ou quelque chose ; si l’on peut parfois être remarqué pour son excellence, on peut aussi l’être en raison de sa nullité…) gouvernement de la république qui occupe aujourd’hui la France, veut montrer qu’il est plein d’empathie et de sollicitude pour les citoyens, alors il leur conseille de boire, de se tenir autant que possible à l’ombre et de rester dans des endroits frais (et là, il s’est même trouvé des journalistes pour parler de rentrer dans les églises pour y trouver la fraîcheur ; à mon avis, primo cela constitue une intolérable atteinte à la laïcité et secundo c’est un conseil très discriminatoire puisqu’il n’est pas aussi et dans le même temps conseillé d’entrer dans les temples, les synagogues ou les mosquées !!!).

Comme je vis à la campagne, j’ai pu observer que les vaches, lorsqu’il fait très chaud, se regroupent d’elles-mêmes dans l’ombre des arbres et boivent davantage, sans qu’il soit besoin que leur éleveur, le maire, le préfet, le conseiller départemental, le député, le sénateur, le sinistre de l’agriculture, le président de l’ordre des vétérinaires, ou le gouvernement tout entier ne viennent leur conseiller de le faire.

J’en déduis que l’empathie et la sollicitude du gouvernement pour les citoyens en période de forte chaleur revient en réalité à penser que les Français sont moins intelligents que les vaches…
Mais il est vrai que déjà en 1940, un certain général à titre provisoire et futur fondateur de la cinquième république, considérait que les Français sont des veaux !

vaches gif animé

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