Archive pour la catégorie 'Chronique de Lully'

2017-44. Quelques anecdotes désopilantes de la vie au Mesnil-Marie dans les alentours de cette fête de Pâques.

Mercredi de Pâques 19 avril 2017.

Philippe de Champaigne - les disciples d'Emmaüs

Philippe de Champaigne : les disciples d’Emmaüs
(huile sur toile de 1664, 217 × 226 cm, acquise en 1995 par le Musée des Beaux-Arts de Gand)

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Ceux qui nous connaissent dans le concret et qui ont approché de près mon « papa-moine » savent que la vie en notre Mesnil-Marie n’est pas triste du tout, bien au contraire, et qu’elle fourmille de petits événements drôles, d’anecdotes cocasses, de faits au départ très ordinaires qui se terminent de manière totalement désopilante, de rebondissements ou de saillies non réfléchis qui se concluent par de grands éclats de rire…
Une de nos amies, hilare, a même déclaré à Frère Maximilien-Marie, le jour où, devant la basilique Notre-Dame des Victoires (c’était l’époque où il vivait à Paris), il a été littéralement soulevé de terre par un égouttier qui poussait, par en dessous, la plaque de fonte sur laquelle notre Frère se tenait debout – et à laquelle il n’avait d’ailleurs même pas pris garde – : « Il y a vraiment des choses absolument impropables qui n’arrivent qu’à vous, qui sont des gags dignes de films de Jacques Tati, et qui paraîtraient totalement incroyables si toutefois nous n’en étions pas les témoins ! »
Voici donc, « cum grano salis », quelques uns de ces faits très récents dont je suis le témoin privilégié et qui se sont terminés par de grands fous rires.

pattes de chatLully.

Lièvre et poule de Pâques

Quelques jours avant Pâques, alors que Frère Maximilien-Marie est en train d’écrire dans son bureau, le téléphone sonne.

Frère Maximilien-Marie : « Allo ! »
Une voix de dame, sans dire bonjour et sans la moindre forme de présentation, pose une question à notre frère.
Frère Maximilien-Marie : « Bonjour Madame. A qui ai-je l’honneur ? »
Voix de dame : « Je préfère ne pas vous le dire ! »
Frère Maximilien-Marie, du tac au tac, sans réfléchir : « Et moi, ma maman m’a toujours bien recommandé de ne pas parler aux inconnus. Au revoir, Madame. »

frise de Pâques

Saint Jour de Pâques. Retour de la Grand’ Messe.

Frère Maximilien-Marie m’explique mi-confus mi-amusé qu’il a connu « l’un des plus grands moments de solitude de toute sa vie, devant toute la communauté paroissiale à la Messe de ce Saint Jour » (sic)…

En effet, comme il y avait deux servants de Messe (abondance rarissime), notre Frère pouvait chanter l’introït (ce qui n’est habituellement pas possible puisque, comme il est ordinairement tout seul et pour le service d’autel et pour le chant, il lui faut répondre au prêtre pendant les prières au bas de l’autel).
Cet introït de Pâques, « Resurrexi et adhuc tecum sum… », je puis vous assurer qu’il l’avait répété encore et encore dans les jours précédents et que, en outre, il avait emporté avec lui un enregistrement du propre de la Messe de Pâques qu’il a écouté en boucle dans l’auto pendant toute la durée du trajet…
Hé bien ! Lorsque Frère Maximilien-Marie l’a chanté au début de la Grand’ Messe, arrivé au double alléluia, après « scientia tua », ses côtes cassées (cf. > ici) se sont rappelées à son bon souvenir (merci, les filles !), et là, il s’est complètement planté.
Personne pour le « repêcher ». Impossible de retrouver le ton. Impression de perdre pied (frère Maximilien-Marie ne sait pas vraiment nager). Trou noir.
Il m’a expliqué : « Je me suis senti dans une hébétude complète, et n’avais même pas l’inspiration pour me lancer dans une improvisation baroque : je n’arrivais même plus à retouver le ton du verset ! Et pourtant, il fallait bien faire quelque chose ; il fallait bien arriver au bout ! A chaque note que j’émettais, je me disais intérieurement  : et pour la suivante, qu’est-ce que je vais faire ? Comment cela va-t-il se terminer ? Et il me semblait que cela durait des siècles… Et quand, justement, je suis arrivé à la fin du « saecula saeculorum. Amen », je n’avais plus un poil de sec et il me semblait que j’étais proche de la pâmoison. J’ai renoncé à la reprise du « Resurrexi » ; j’ai pris une grande respiration ; et j’ai embrayé sur le chant du Kyrie Lux et origo !!! »
Quand, à la fin de la Messe, tout vergogneux, il a demandé pardon de cet immense gâchis à quelques uns des fidèles présents, certains lui ont répondu qu’ils ne s’étaient rendus compte de rien et qu’ils avaient trouvé qu’il avait « très bien chanté » (sic)…
Y aurait-il eu des « grâces de surdité sélective » ?

Friandises et cloche de Pâques 2017

Les cloches et le lièvre de Pâques sont bien arrivés au Mesnil-Marie !

Saint Jour de Pâques.

J’ai trois bonnes nouvelles aujourd’hui :
1) Jésus est ressuscité !
2) J’ai réussi à saisir en plein vol une cloche qui revenait de Rome (et pour ceux qui ne croient pas que les cloches s’envolent le Jeudi Saint, se rendent à Rome, puis en reviennent le jour de Pâques chargées d’oeufs en chocolat, voici ci-dessus la preuve irréfragable de la vérité de ces faits : ceci est un authentique cliché non trafiqué montrant la cloche ailée que j’ai attrapée).
Ladite cloche ne s’est pas fait prier pour me donner des oeufs en chocolat à l’intention de mon papa-moine (et qui plus est dans un ramequin fleurdelysé !).
3) Et le lièvre de Pâques s’est aussi arrêté au Mesnil-Marie à seule fin de réjouir les papilles de mon moine qui, depuis plus de sept semaines, n’a pas mangé de viande, de poisson, d’oeufs, de fromages et de laitages, ni de tout autre met d’origine animale…

Frère Maximilien-Marie, jamais à court d’imagination, chante à tue-tête :

♫ ♪  Croquons un oeuf, croquons en deux,
♪ ♫  A la santé du moine heureux !
♫ ♪  A la santé du Roi de France !
♪ ♫  Et m…. aux révolutionnaires
♫ ♪  Qui nous ont déclaré la guerre !!!

Lièvre de Pâques

Lundi de Pâques.

1) Frère Maximilien-Marie, qui va mettre en route le lave-vaisselle, passe devant le ramequin où se trouvent les oeufs en chocolat.
2) Il en prend un au passage.
3) Arrivé au lave-vaisselle, il se saisit d’une « tablette lavante » (garantie haute performance et écologique !). 
4) Il la « dépiaute » (Grrrrr ! ces emballages sur lesquels est écrit « ouverture facile » et dont on met trois heures à venir à bout !!!).
5) Il jette l’emballage dans la poubelle.
6) Il porte ladite tablette à sa bouche…
7) … et réalise au moment du contact avec ses lèvres que ce ne doit pas être du chocolat !
8) Il cherche son oeuf en chocolat.
9) Il finit par le retrouver dans le compartiment du lave-vaisselle où il convient de placer les tablettes de lavage…

Chocolats de Pâques animés

Lundi de Pâques au soir.

L’Evangile de la Sainte Messe de ce jour (dans le missel traditionnel bien sûr), nous rapporte l’épisode de l’apparition de Notre-Seigneur aux disciples d’Emmaüs.
Philippe de Champaigne, l’un de mes peintres de prédilection, a représenté au moins deux fois le souper d’Emmaüs : l’une de ces toiles se trouve au Musée des Beaux-Arts d’Angers, l’autre au Musée des Beaux-Arts de Gand qui l’a acquise en 1995 et dont on trouve la reproduction dans plusieurs ouvrages : c’est celle que je préfère ; c’est celle que j’ai placée en-tête de ma publication de ce jour.
Allez-y ! Retournez tout en haut de cette page. Examinez bien cette toile. Regardez sous la table, aux pieds de Notre-Seigneur, et vous comprendrez sans peine pour quelle raison je l’aime beaucoup…

Eh bien ! Je dois vous dire que je l’aime encore davantage depuis que l’un de nos amis, très au fait des actualités les plus pointues du monde artistique, m’a révélé qu’à la suite d’une toute récente restauration de ce tableau – restauration qui n’est encore signalée dans aucune publication spécialisée, et dont je vous livre ici aujourd’hui le « scoupe » -, on s’est rendu compte que le chat tigré gris d’Emmaüs n’est en réalité que le résultat d’une retouche maladroite du XIXe siècle, et qu’on a réussi à retrouver par dessous l’original – d’un sublime inégalé – de la vraie main de Philippe de Champaigne.
Voici donc, pour vous mes chers Amis, en exclusivité absolue, le dévoilement de l’oeuvre authentique restaurée…

Philippe de Champaigne disciples d'Emmaüs après restauration

Publié dans:Chronique de Lully |on 19 avril, 2017 |8 Commentaires »

2017-42. Voeux de Pâques 2017.

Sainte Nuit de Pâques,
Samedi 15 – Dimanche 16 avril 2017.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Pour vous souhaiter Joyeuses Pâques,
Pour vous chanter l’Alléluia,
J’ai choisi pour vous quelques cartes
Dans les « trésors » de mon papa.

Voici pour vous des couleurs tendres,
Voici pour vous des angelots :
Dans l’air des cloches font entendre
Des tintements aux sons nouveaux.

Voici des oeufs qui symbolisent
La vie et la Résurrection,
Et quelques vers où s’harmonisent
Nos plus joyeuses traditions…

Patte de chatLully.

Cloche gif

Blogue Pâques 2017 - 1

« Mon âme est pleine de cloches, 
« Mon âme est pleine d’oiseaux ! (…) »

[Stuart Fitzrandolph Merill (1863-1915), in "Chanson de Pâques"]

Blogue Pâques 2017 - 2

« Mon âme est pleine d’églises, 
« Mon âme est pleine de fleurs ! (…) »

[Stuart Fitzrandolph Merill (1863-1915), in "Chanson de Pâques"]

Blogue Pâques 2017 - 3

« Voici venir Pâques fleuries,
« Et devant les confiseries
« Les petits vagabonds s’arrêtent, envieux.
« Ils lèchent leurs lèvres de rose
« Tout en contemplant quelque chose
« Qui met de la flamme à leurs yeux (…). »

 [Marcel Pagnol (1895-1974), in "Oeufs de Pâques"]

Blogue Pâques 2017 - 4

« (…) Alléluia ! Jésus, mon espérance,
« Jésus, mon Maître, est vivant à jamais !
« Alléluia ! Jésus, ma délivrance,
« Marche devant nous désormais. Alléluia !

« Alléluia ! Suivons-Le dans la peine
« Dans les sueurs et l’épreuve aujourd’hui
« Entrons sans peur dans la mort incertaine :
« Nous en sortirons avec Lui. Alléluia !

« Alléluia ! D’une âme fraternelle,
« Suivons-Le tous dans la paix et l’amour,
« Il nous conduit à la joie éternelle
« Où nous Lui chanterons un jour : Alléluia ! »

[Marie Noël (1883-1967), in "Cantique de Pâques" - 1918]

Blogue Pâques 2017 - 5

Bonnes, belles, ferventes et saintes fêtes de Pâques !

Joyeuses Pâques

Prière de Sa Sainteté le Pape Pie XII à Jésus ressuscité > ici

Publié dans:Chronique de Lully, De liturgia |on 15 avril, 2017 |Pas de commentaires »

2017-41. Marqués et imbibés par le Sang du Christ Sauveur, nous sommes arrachés à la puissance de l’ange de mort pour être réunis aux élus du Ciel.

Samedi-Saint.

Le Samedi Saint, avec la Très Sainte Vierge Marie, nous veillons dans l’attente de la Résurrection de Notre-Seigneur.
Nous pouvons, bien sûr, relire et méditer la très ancienne et très célèbre homélie pour le Samedi Saint que nous avons déjà publiée (cf. > ici), en laquelle l’auteur décrit la descente de Notre-Seigneur aux enfers ; et nous pouvons également relire et approfondir les explications et commentaires de Saint Thomas d’Aquin sur ce point de notre foi si méconnu aujourd’hui (cf. > ici).

Mais nous vous proposons aussi de découvrir un sermon de notre glorieux Père Saint Augustin prononcé à l’occasion d’une Vigile de Pâques, sermon dans lequel il développe les motifs de notre joie et établit le parallèle entre le sang protecteur de l’agneau sacrifié par les Hébreux la nuit de leur passage de l’esclavage de l’Egypte vers la liberté, et le Précieux Sang de l’Agneau véritable qui a mis fin à la Pâque ancienne par l’offrande de l’unique Sacrifice rédempteur.

Agnus Dei

Marqués et imbibés par le Sang du Christ Sauveur,
nous sommes arrachés à la puissance de l’ange de mort
pour être réunis aux élus du Ciel.

Sermon de
notre glorieux Père Saint Augustin
pour la
Vigile de Pâques

§ 1 – Qu’il faut célébrer solennellement la Vigile de Pâques.

Avec l’aide miséricordieuse de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, nous devons, frères bien-aimés, célébrer religieusement ce jour qui Lui est solennellement consacré : qu’en cette fête, Sa bonté ineffable à notre égard soit, pour nous, un sujet d’admiration !
En effet, Il ne S’est point contenté de subir toutes sortes d’infirmités pour opérer l’oeuvre de notre rédemption, Il a voulu encore partager le culte que nous rendons à Dieu en différentes solennités, et faire de chacune d’elles une occasion précieuse de mériter l’éternel bonheur ; car, alors, notre sainte religion nous invite, par ses attraits, à sortir du long sommeil de notre inertie ; aussi, pour nous préparer à la célébration de ces grands jours, nous éveillons-nous, non point malgré nous, mais avec empressement et de bon coeur.
Puisque nous avons entendu volontiers Son appel, sortons donc de notre léthargie, passons, dans les élans de la joie, cette sainte nuit de Pâques, et célébrons cette grande solennité avec toute la dévotion dont notre âme est capable. Elevons-nous au-dessus de ce monde, pour échapper à la mort qui doit le ravager : par nos désirs, faisons descendre du ciel les rayons brillants de Sa divinité, célébrons la Pâque, « non avec le vieux levain, ni avec le levain de la malice et de l’iniquité, mais avec les, azymes de la sincérité et de la vérité » (1 Cor. V, 8), c’est-à-dire, non dans l’amertume de la malice humaine, car tout ce qui ne vient que de l’homme n’est pas sincère, mais dans la sincérité de la sainteté qui vient de Dieu. La sainteté qui vient de Dieu consiste dans la chasteté, l’humilité, la bonté, la miséricorde, l’humanité, la justice, la douceur, la patience, la vérité, la paix, la bénignité : tel est l’ensemble de la sainteté chrétienne, que corrompt le levain de la malice humaine ; or, ce levain n’est autre que l’impudicité, l’orgueil, l’envie, l’iniquité, l’avarice, l’intempérance, le mensonge, la discorde, la haine, la vaine gloire, toutes choses auxquelles l’apôtre Saint Paul veut que nous restions étrangers ; car il nous dit : « Non avec le vieux levain de la malice ».

§ 2 - Pourquoi cette Vigile doit être pour nous un jour d’allégresse.

Que la Pâque du Christ devienne le sujet de notre joie !
C’est pour nous, en effet, qu’Il naît, qu’Il meurt dans les souffrances et qu’Il ressuscite ; c’est afin que, par Lui, nous renaissions à la vie au milieu des tribulations, et qu’avec Lui nous ressuscitions dans la pratique de la vertu.
N’a-t-il pas, dans cette nuit, opéré la restauration de toutes choses ?
Il y est ressuscité en qualité de prémices, afin que nous ressuscitions tous après Lui : Il y brise les chaînes de notre esclavage, Il nous rend la vie que nous avons perdue en Adam. Celui qui nous a formés à l’origine des temps, revient, après Son voyage sur cette terre, à Sa patrie, au Paradis, de la porte duquel Il a écarté le chérubin. A partir de cette nuit où s’est opérée la résurrection du Seigneur, le paradis est ouvert. Il n’est fermé que pour ceux qui se le ferment, mais il n’est ouvert que par la puissance du Christ. Qu’Il revienne donc au ciel, et nous devons Le croire ; qu’Il revienne au ciel Celui qui ne l’a jamais quitté ! Qu’il monte à côté du Père, Celui qui y est toujours resté.
De fait, ne croyons-nous pas que la vie est morte pour nous ? Et comment la vie est-elle morte ? Nous croyons que le Christ, qui est mort, qui a été enseveli, qui est ressuscité et monté au ciel, n’a jamais, pour cela, quitté le Père et le Saint-Esprit.

§ 3 – Accomplissons notre passage avec le Christ (car « Pâque » signifie passage), afin d’être sauvés.

« Phase » ou « Pâque » signifie : passage ou traversée. Consacrons-nous nous-mêmes en nous marquant du Sang du Christ ; ainsi passera, sans nous nuire, celui qui ravage le monde ; ainsi la mort, qui doit faire tant de victimes, nous épargnera. Ceux-là sont épargnés par le démon, ceux-là échappent à ses coups, devant lesquels il ne s’arrête pas ; car le Sang du Christ une fois placé sur une âme, les innombrables gouttes de pluie que le diable répand sur le monde ne peuvent ni humecter ni délecter cette âme. Puissions-nous donc nous trouver ainsi imbibés du Sang du Christ, c’est-à-dire marqués du signe de sa mort !
Ce signe reste parfaitement imprimé sur nous, aussi longtemps que nous mourons et que nous vivons pour Celui qui est mort pour nous. Le sang du Christ rejaillit, en quelque sorte, sur nous, quand nous portons Sa mort en nous (2 Cor. IV, 10), de manière à ne jamais le laisser effacer par la pluie des passions humaines ou par l’eau torrentielle des persécutions du siècle. Que ce Sang sèche donc sur nous, qu’il en devienne à jamais inséparable ; qu’il se répande sur nous et nous teigne : que non-seulement il nous teigne, mais nous purifie encore, après qu’il nous aura fait mourir au monde.
Le Dieu qui a imprimé le signe de Sa croix sur tous nos membres, peut les purifier toujours. C’est par là que nous pourrons nous réunir aux élus dans le ciel, moyennant le secours de Celui qui vit et règne, avec le Père et le Saint-Esprit, dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Descente aux limbes, Duccio, Maesta, Sienne

Duccio di Buoninsegna : le Christ dans les limbes
(« Maesta » de Sienne 1308-1311)

2017-39. La tour nord et la flèche de la basilique de Saint-Denys seront bien reconstruites.

Lundi saint 1o avril 2017,
101e anniversaire du rappel à Dieu du chanoine Antoine Crozier (cf > ici et > ici)

Basilique Saint-Denys façade photographiée avant le démontage de la tour nord

Basilique-nécropole royale de Saint-Denys
photographie de la façade réalisée avant le démontage de la tour et de la flèche (1846)

Fleur de lys

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

En ce commencement de Semaine Sainte, alors que cela fait maintenant un mois que la chose a été tranchée au sommet de l’Etat (ce qui ne veut pas dire que l’on a coupé le cou à celui qui exerce pour quelques semaines encore la présidence de la république !), j’ai une bonne nouvelle à vous communiquer (il n’y en a tout de même pas que des mauvaises en ce bas-monde et en ces tristes temps).
Comme nous vous en avions informés (cf. > ici), la Commission nationale des Monuments Historiques avait émis le 30 janvier dernier un avis (consultatif) défavorable pour le projet de reconstruction de la tour nord et de la flèche de la basilique-nécropole royale de Saint-Denys, mais le gouvernement [d'occupation] a, lui, passé outre l’avis de la sus-dite Commission nationale et a décidé d’autoriser ce chantier et le commencement prochain des travaux.
En foi de quoi, Monsieur François Hollande s’est déplacé à la basilique de Saint-Denys le samedi 11 mars dernier pour y porter la nouvelle de manière très officielle.

Je n’irai pas jusqu’à insérer dans mon blogue la vidéo du discours de celui qui est – pour encore très peu de temps – président de la république, mais si vous voulez la visionner, il vous suffira de cliquer > ici.
Pour le cas où vous le feriez, je vous engage à bien « admirer » la faconde du sinistre (je rappelle que cet adjectif signifie : de gauche) personnage et à remarquer sa goujaterie, puisque en présence de Monseigneur l’Evêque du lieu, il a cité celui-ci en dernier dans les adresses préliminaires à son discours, contrairement à tous les usages et règles de la bienséance…

Je ne vous cache pas qu’en dépit de la profonde aversion – voire répulsion – que j’éprouve et pour la république, et pour le gouvernement actuel (mais bientôt passé), et pour l’actuel chef de l’Etat, cette annonce m’a fait bondir de joie ; si bien que, nonobstant le Carême et la Semaine Sainte, j’ai spontanément éprouvé le besoin de chanter un vibrant Alléluia !!!

Après donc de multiples rebondissements depuis 1846, date à laquelle la tour et la flèche avaient été démontées, comme je le rappelais le 31 janvier dernier (cf. > ici), nous avons donc maintenant bon espoir, si Dieu nous prête encore une dizaine d’années de vie, de voir la façade de cette basilique si chère à nos coeurs à nouveau dans sa splendeur originelle : Ainsi soit-il ! 

pattes de chatLully.

Abbé Suger

Suger, abbé de Saint-Denys (1080-1151)
initiateur des travaux d’agrandissement et d’embellissement de la basilique
qui sont à l’origine de « l’art français », c’est-à-dire le gothique.

2017-38. Pèlerinage de la Confrérie Royale au Puy-en-Velay : inscrivez-vous sans retard !

Inscrivez-vous sans retard
pour le
pèlerinage de la Confrérie Royale
des 26 & 27 mai 2017
au Puy-en-Velay

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Le bulletin d’inscription est à télécharger, pour être imprimé et nous être renvoyé, ici Bulletin d’inscription pèlerinage & repas

Rappel : la présentation et le programme du pèlerinage ont été publiés > ici

Affiche pèlerinage 26-27 mai 2017

2017-37. Sermon de notre glorieux Père Saint Augustin sur les mystères de la Passion de Notre-Seigneur.

Voici un sermon de notre glorieux Père Saint Augustin, adressé aux fidèles un Vendredi Saint, dans lequel le sublime Docteur d’Hippone s’est attaché à faire ressortir les raisons mystérieuses et le symbolisme de certaines circonstances de la Passion décrites dans le Saint Evangile.
En connaisseur inspiré des textes sacrés, Saint Augustin montre les liens profonds de certains détails avec les prophéties de l’Ancien Testament – certaines étant peu connues -, et il met en lumière le sens spirituel de certains autres à côté desquels nous passons souvent sans prêter attention aux mystères qu’ils recèlent…

P. de Champaigne - Crucifixion

Philippe de Champaigne : Crucifixion.

* * * * * * *

Sermon de notre glorieux Père Saint Augustin
sur
les mystères de la Passion

§ 1 – Saint Augustin prononce ce sermon un Vendredi Saint. La Passion est la cause de notre salut. Toutefois dans le récit de la Passion se trouvent des mystères que le saint évêque se propose de commenter.

On lit solennellement, et solennellement on honore la Passion de Celui dont le sang a effacé nos péchés, afin que ce culte annuel ranime plus vivement nos souvenirs et que le concours même des populations jette plus d’éclat sur notre foi.
Cette solennité exige donc que nous vous adressions sur la Passion du Seigneur le discours qu’il Lui plait de nous inspirer. C’est sans doute afin de nous aider à faire notre salut et à traverser utilement cette vie, que le Seigneur a daigné nous donner un grand exemple de patience en souffrant ce qu’Il a souffert de la part de Ses ennemis, et afin de nous disposer à souffrir, s’Il le voulait, de semblables douleurs pour l’honneur de l’Evangile.
Cependant comme il n’y a pas eu de contrainte et que tout a été volontaire dans ce qu’Il a enduré en Sa chair mortelle, on croit avec raison que dans les circonstances de Sa Passion dont Il a fait consigner le récit dans l’Evangile, Il a voulu encore indiquer autre chose.

§ 2 – Sens du portement de la Croix.

D’abord, si après avoir été condamné à être crucifié, Il a porté Lui-même Sa croix (Jean XIX, 17), c’était pour nous apprendre à vivre dans la réserve et pour nous montrer, en marchant en avant, ce que doit faire quiconque veut Le suivre.
Du reste Il S’en est expliqué formellement : « Si quelqu’un M’aime, dit-Il, qu’il a prenne sa croix et Me suive » (Matt. XVI, 24). Or, c’est en quelque sorte porter sa croix que de bien gouverner cette nature mortelle.

§ 3 – Sens du crucifiement au lieu dénommé Calvaire [note : Saint Augustin sous entend que ses auditeurs connaissent le sens de ce mot donné par le Saint Evangile, c’est-à-dire « lieu du crâne »].

S’il a été crucifié sur le Calvaire (Jean XIX, 17-18), c’était pour indiquer que par Sa passion Il remettait tous ces péchés dont il est écrit dans un psaume : « Le nombre de mes iniquités s’est élevé au-dessus des cheveux de ma tête » (Ps. XXXIX, 13).

§ 4 – Symbolisme des deux larrons crucifiés à la droite et à la gauche de Jésus.

Il eut à Ses côtés deux hommes crucifiés avec Lui (Jean XIX, 18) ; c’était pour montrer que des souffrances attendent et ceux qui sont à Sa droite, et ceux qui sont à Sa gauche. Ceux qui sont à Sa droite et desquels Il dit : « Heureux ceux qui souffrent persécution pour la justice » (Matt. V, 10) ; ceux qui sont à Sa gauche et dont il est écrit : « Quand je livrerais mon corps pour être brûlé, si je n’ai pas la charité, cela ne me sert de rien » (I Cor. XIII, 3).

§ 5 – Symbolisme de l’écriteau (titre) de la Croix.

En permettant qu’on plaçât au-dessus de Sa croix le titre où Il était désigné comme « Roi des Juifs » (Jean XIX, 19), Il voulait montrer que même en Le mettant à mort les Juifs ne pouvaient empêcher qu’Il fût leur Roi : aussi viendra-t-Il avec une grande gloire et une puissance souveraine leur rendre selon leurs oeuvres ; et c’est pourquoi il est écrit dans un psaume : « Pour moi, Il M’a établi Roi sur Sion, Sa montagne sainte » (Ps. II, 6).
Ce titre fut écrit en trois langues, en hébreu, en grec et en latin (ibid. 20) ; c’était pour signifier qu’Il régnerait non-seulement sur les Juifs mais encore sur les Gentils. Aussi après ces mots qui désignent Sa domination sur les Juifs : « Pour moi, j’ai été établi Roi sur Sion, sa montagne sainte » ; Il ajoute aussitôt, pour parler de Son empire sur les Grecs et sur les Latins : « Le Seigneur m’a dit : Vous êtes mon Fils, je vous ai engendré aujourd’hui ; demandez-moi, et je vous donnerai les nations pour héritage et pour domaine jusqu’aux extrémités de l’univers » (Ps. II, 6-7).
Ce n’est pas que les Gentils ne parlent que grec et latin ; c’est que ces deux langues l’emportent sur les autres : la langue grecque, à cause de sa littérature ; la langue latine, à cause de l’habileté politique des Romains. Les trois langues annonçaient donc que toute la gentilité se soumettrait à porter le joug du Christ.
Le titre néanmoins ne portait pas Roi des Gentils, mais Roi des Juifs : c’était afin de rappeler par ce nom propre l’origine même de la race chrétienne : « La loi viendra de Sion, est-il écrit, et de Jérusalem la parole du Seigneur » (Isaïe II, 3). Quels sont d’ailleurs ceux qui disent avec un psaume : « Il nous a assujetti les peuples, il a mis à nos pieds les Gentils » (Ps. XLVI, 4), sinon ceux dont parle ainsi l’Apôtre : « Si les Gentils sont entrés en partage de leurs biens spirituels, ils doivent leur faire part à leur tour de leurs biens temporels » (Rom. XV, 27) ?

§ 6 - Ce n’est pas non plus sans raison que Pilate a refusé de modifier ce titre.

Quand les princes des Juifs demandèrent à Pilate de ne pas mettre, dans un sens absolu, qu’il était Roi des Juifs, mais d’écrire seulement qu’Il prétendait l’être (Jean, XIX, 21), Pilate fut appelé à figurer comment l’olivier sauvage serait greffé sur les rameaux rompus ; car Pilate appartenait à la gentilité et il écrivait alors la profession de foi de ces mêmes Gentils dont Notre-Seigneur avait dit Lui-même : « Le royaume de Dieu vous sera enlevé et a donné à une nation fidèle à la justice » (Matt. XXI, 43).
Il ne s’ensuit pas néanmoins que le Sauveur ne soit pas le Roi des Juifs. N’est-ce pas la racine qui porte la greffe sauvage et non cette greffe qui porte la racine ? Par suite de leur infidélité, ces rameaux sans doute se sont détachés du tronc ; mais il n’en faut pas conclure que Dieu ait repoussé le peuple prédestiné par Lui. « Moi aussi, dit saint Paul, je suis Israélite » (Rom. XI, 1, 2, 17). De plus, quoique les fils du royaume se jettent dans les ténèbres pour n’avoir pas voulu que le Fils de Dieu régnât sur eux, beaucoup viendront de l’Orient et de l’Occident pour prendre place au banquet, non pas avec Platon et Cicéron, mais avec Abraham, Isaac et Jacob, dans le Royaume des Cieux (Matt. VIII, 11).
Pilate aussi écrivit Roi des Juifs, et non pas Roi des Grecs et des Latins, quoiqu’il dût régner sur les Gentils ; et ce qu’il écrivit, il l’écrivit sans consentir à le changer malgré les réclamations de ces infidèles (Jean, XIX, 22) : c’est que bien longtemps auparavant il lui avait été dit au livre des psaumes : « N’altère point le titre, tel qu’il est écrit » (Ps. LVI, 1 ; LVII, 2).
C’est donc au Roi des Juifs que croient tous les Gentils ; Il règne sur toute la gentilité, mais comme Roi des Juifs. Telle a donc été la sève de cette racine, qu’elle a pu communiquer sa nature au sauvageon greffé sur elle, sans que ce sauvageon ait pu lui ôter son nom d’olivier véritable.

§ 7 – Symbolisme du partage des vêtements.

Si les soldats s’approprièrent ses vêtements, après en avoir fait quatre parts (Jean XIX, 23), c’est que Ses sacrements devaient se répandre dans les quatre parties du monde.
S’ils tirèrent au sort, au lieu de la partager entre eux, Sa tunique sans couture et d’un seul tissu, depuis le haut jusqu’en bas (ibid. 23-24), ce fut pour démontrer clairement que tous, bons ou méchants, peuvent recevoir sans doute les sacrements extérieurs, qui sont comme les vêtements du Christ, mais que cette foi pure qui produit la perfection de l’unité et qui la produit par la charité qu’a répandue dans nos coeurs le Saint-Esprit qui nous a été donné (Rom. V, 5), n’est pas le partage de tous, mais un don spécial, fait comme au hasard, par la grâce secrète de Dieu. Voilà pourquoi Pierre dit à Simon, qui avait reçu le baptême, mais non pas cette grâce : « Il n’y a pour toi ni a part, ni sort dans cette foi » (Act. VIII, 21).

§ 8 – Raison pour laquelle Jésus S’est adressé à Marie du haut de la Croix.

Du haut de la croix Il reconnut Sa Mère et la recommanda au disciple bien-aimé (Jean XIX, 26-27) ; c’était, au moment où Il mourait comme homme, montrer à propos des sentiments humains – et ce moment n’était pas encore arrivé, quand sur le point de changer l’eau en vin, Il avait dit à cette même Mère : « Que nous importe, à Moi et à vous ? Mon heure n’est pas encore venue » (ibid. II, 4).
Aussi n’avait-Il pas puisé dans Marie ce qui appartenait à Sa divinité, comme en elle Il avait puisé ce qui était suspendu à la croix.

§ 9 – Sens de la soif éprouvée par le Sauveur en Croix et symbolisme de l’éponge.

S’Il dit : « J’ai soif », c’est qu’Il avait soif de la foi de Son peuple ; mais comme «en venant chez lui il n’a pas été reçu par les siens » (Jean I, 11), au lieu du doux breuvage de la foi, ceux-ci Lui présentèrent un vinaigre perfide, et le Lui présentèrent avec une éponge.
Ne ressemblaient-ils pas eux-mêmes à cette éponge, étant – comme elle – enflés sans avoir rien de solide, et, comme elle encore, ne s’ouvrant pas en droite ligne pour professer la foi, mais  cachant  de noirs  desseins  dans  leurs  coeurs  aux  replis tortueux ?
Cette éponge était elle-même entourée d’hysope, humble plante dont les racines vigoureuses s’attachent, dit-on, fortement à la pierre : c’est qu’il y avait parmi ce peuple des âmes pour qui ce crime devait être un sujet d’humiliation et de repentir. Le Sauveur les connaissait, en acceptant l’hysope avec le vinaigre ; aussi pria-t-Il pour elles – au rapport d’un autre Evangéliste – lorsqu’Il dit sur la croix : « Mon Père, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu’ils font » (Luc XVIII, 34).

§ 10 – Sens des dernières paroles du Sauveur et de Son inclinaison de tête.

En disant : « Tout est consommé », et en rendant l’esprit après avoir incliné la tête (Jean XIX, 30), Il montra que Sa mort n’était pas forcée, mais volontaire, puisqu’Il attendait l’accomplissement de tout ce qu’avaient prédit les prophètes relativement à Lui.
On sait qu’une autre circonstance était prédite aussi dans ces mots : « Et dans ma soif ils M’ont donné à boire du vinaigre » (Ps. LXVIII, 22). Ainsi montrait-Il qu’Il possédait, comme Il l’avait affirmé Lui-même, « le pouvoir de déposer sa vie » (Jean X, 18).
De plus Il rendit l’esprit avec humilité, c’est-à-dire en baissant la tête, parce qu’Il devait le reprendre en relevant la tête à Sa résurrection.
Cette mort et cette inclination de tête indiquaient donc en Lui une grande puissance ; c’est ce qu’annonçait déjà le patriarche Jacob en bénissant Juda : « Tu es monté, lui dit-il, en t’abaissant ; tu t’es endormi comme un lion » (Gen. XLIX, 9) ; c’est que Jésus-Christ devait S’élever en mourant, c’est qu’Il avait alors la puissance du lion.

§ 11 – Raisons pour lesquelles Ses jambes ne furent pas rompues comme aux deux larrons.

Pourquoi les jambes furent-elles rompues aux deux larrons et non pas à Lui, qu’on trouva mort ?
L’Evangile même l’explique : c’était une preuve qu’au sens prophétique Il était bien question de Lui dans la Pâque des Juifs, où il était défendu de rompre les os de la victime [note : c’est la prescription faite aux Hébreux lors des préparatifs du repas pascal avant la sortie d’Egypte, car il est dit par Dieu au sujet de l’agneau : « pas un de ses os ne sera brisé »].

§ 12 – Symbolisme du sang et de l’eau sortis du côté ouvert.

Le sang et l’eau qui de Son côté, ouvert par une lance, coulèrent à terre, désignent sans aucun doute les sacrements qui servent à former l’Eglise.
C’est ainsi qu’Eve fut formée du côté d’Adam endormi, qui figurait le second Adam.

§ 13 – Raisons pour lesquelles Jésus fut enseveli par des hommes portant les noms de Joseph et de Nicodème.

Joseph et Nicodème L’ensevelissent.
D’après l’interprétation de plusieurs, Joseph signifie « accru », et beaucoup savent que Nicodème, étant un mot grec, est composé de victoire : nikos, et de peuple : demos. Quel est donc Celui qui s’est accru en mourant, sinon Celui qui a dit : « A moins que le grain de froment ne meure, il reste seul ; mais il se multiplie,  s’il meurt » (Jean XII, 24-25) ?
Quel est encore Celui qui en mourant a vaincu le peuple persécuteur, sinon celui qui le jugera après S’être ressuscité ?

P. de Champaigne  - le Christ mort

Philippe de Champaigne : le Christ mort.

2017-34. Sermon de notre Bienheureux Père Saint Augustin sur le Chemin du Ciel.

« Souffrons le présent, ayons confiance dans l’avenir. »

Le Christ en prière - vers 1514 - attribué à Niklaus Weckmann

Le Christ en prière
sculpture en bois de tilleul, vers 1514, attribuée à Niklaus Weckmann (1481-1526)

Sermon 217
de
notre Bienheureux Père Saint Augustin,
vers la fin du Carême,
à propos du chemin du Ciel,
à partir des paroles de
Notre-Seigneur Jésus-Christ :
« Mon Père, Je veux que là où Je suis soient aussi avec Moi ceux que Vous m’avez donnés »
(Jean XVII, 24).

§ 1. Le Christ qui est Dieu prie Dieu Son Père. Rappels concernant la doctrine trinitaire.

Le Christ Notre-Seigneur nous exauce avec Son Père ; pour nous cependant Il a daigné prier Son Père. Est-il rien de plus sûr que notre bonheur, quand il est demandé par Celui qui le donne ? Car Jésus-Christ est en même temps Dieu et homme ; Il prie comme homme, et comme Dieu Il donne ce qu’Il demande. S’Il attribue au Père tout ce que vous devez conserver de Lui, c’est que le Père ne procède pas de Lui, mais Lui du Père. Il rapporte tout à la source dont Il émane, quoique en émanant d’elle Il soit source aussi, puisqu’Il est la source de la vie. C’est donc une source produite par une source. Oui, le Père qui est une source produit une source ; mais il en est de ces deux sources comme du Père et du Fils qui ne sont qu’un seul Dieu. Le Père toutefois n’est pas le Fils, le Fils n’est pas le Père et l’Esprit du Père et du Fils n’est ni le Père ni le Fils ; mais le Père, le Fils et le Saint-Esprit ne sont qu’un seul Dieu. Appuyez-vous sur cette unité pour ne pas tomber en désunissant.

§ 2.  Le Christ demande à Son Père que nous allions au Ciel, séjour de félicité absolue tandis que cette terre est un lieu de craintes et de souffrances.

Vous avez vu ce que demandait le Sauveur, ou plutôt ce qu’Il voulait. Il disait donc : « Je veux, mon Père, que là où Je suis soient aussi ceux que Vous m’avez donnés ». Oui, « Je veux que là où Je suis ils soient aussi avec Moi ».
Oh ! l’heureux séjour ! Oh ! L’inattaquable patrie ! Elle n’a ni ennemi ni épidémie à redouter. Nous y vivrons tranquilles, sans chercher à en sortir ; nous ne trouverions point de plus sûr asile. Sur quelque lieu que se fixe ton choix ici-bas, sur la terre, c’est pour craindre, ce n’est point pour y être en sûreté. Ainsi donc, pendant que tu occupes cette résidence du mal, en d’autres termes, pendant que tu es dans ce siècle, dans cette vie pleine de tentations, de morts, de gémissements et de terreurs, dans ce monde réellement mauvais, fais choix d’une autre contrée pour y porter ton domicile.

§ 3. Pour aller au Ciel il faut pratiquer le bien. Différences entre le séjour d’ici-bas et celui du Ciel.

Mais tu ne saurais te transporter au séjour du bien, si tu n’as fait du bien dans ce pays du mal.
Quelle résidence que cette autre où personne ne souffre de la faim ?  Mais pour habiter cette heureuse patrie où la faim est inconnue, dans la patrie malheureuse où nous sommes, partage ton pain avec celui qui a faim. Là nul n’est étranger, chacun est dans son pays.
Veux-tu donc habiter ce séjour heureux où il n’y a point d’étranger ? Dans ce séjour malheureux ouvre ta porte à celui qui est sans asile. Donne l’hospitalité, dans ce pays du malheur, à l’étranger, afin d’être admis toi-même sur la terre fortunée où tu ne pourras la recevoir.
Sur cette terre bénie, personne n’est sans vêtement, il n’y a ni froid ni chaleur excessifs ; à quoi bon des habitations et des vêtements. Au lieu d’habitation on y trouve la protection divine ; on y trouve l’abri dont il est dit : « Je me réfugierai à l’ombre de Vos ailes » (Ps. LVI, 2). Ici donc reçois dans ta demeure celui qui n’en a pas, et tu pourras parvenir au lieu fortuné où tu trouveras un abri qu’il ne te faudra point restaurer, attendu que la pluie ne saurait le détériorer. Là jaillit perpétuellement la fontaine de vérité, eau féconde qui répand la joie et non l’humidité, source de véritable vie. Que voir en effet dans ces mots : « En Vous est la fontaine de vie » (Ps. XXXV, 10) » ; sinon ceux-ci : « Le Verbe était en Dieu  » (Jean I, 14 ) ?
Ainsi donc, mes bien-aimés, faites le bien dans ce séjour du mal, afin de parvenir au séjour heureux dont nous parle en ces termes Celui qui nous le prépare : « Je veux que là où Je suis ils soient aussi avec Moi ». Il est monté pour nous le préparer, afin que le trouvant prêt nous y entrions sans crainte. C’est Lui qui l’a préparé ; demeurez donc en Lui. Le Christ serait-Il pour toi une demeure trop étroite ? Craindrais-tu encore Sa passion ? Mais Il est ressuscité d’entre les morts, et Il ne meurt plus, et la mort n’aura plus sur Lui d’empire (Rom. VI, 9).

§ 4. Ce monde est marqué par le mal et la division. Le Ciel sera le lieu de l’unité en Dieu.

Ce siècle est à la fois le séjour et le temps du mal.
Faisons le bien dans ce séjour du mal, conduisons-nous bien dans ce temps du mal ; ce séjour et ce temps passeront pour faire place à l’éternelle habitation et aux jours éternels du bien, lesquels ne seront qu’un seul jour.
Pourquoi disons-nous ici des jours mauvais ? Parce que l’un passe pour être remplacé par un autre. Aujourd’hui passe pour être remplacé par demain, comme hier a passé pour être remplacé par aujourd’hui. Mais où rien ne passe on ne compte qu’un jour.
Ce jour est aussi et le Christ et son Père, avec cette distinction que le Père est un jour qui ne vient d’aucun jour, tandis que le Fils est un jour venu d’un jour.

§ 5. Le temps du Carême et de la Passion sont liés aux peines d’ici-bas. Le temps de la résurrection est l’annonce et le gage du bonheur du Ciel.

Ainsi donc Jésus-Christ Notre-Seigneur, par Sa Passion, nous prêche les fatigues et les accablements de ce siècle ; Il nous prêche, par Sa Résurrection, la vie éternelle et bienheureuse du siècle futur.
Souffrons le présent, ayons confiance dans l’avenir.
Aussi le temps actuel que nous passons dans le jeûne et dans des observances propres à nous inspirer la contrition, est-il l’emblème des fatigues du siècle présent ; comme les jours qui se préparent sont l’emblème du siècle futur, où nous ne sommes pas encore.
Hélas ! oui, ils en sont l’emblème, car nous ne le tenons pas. La tristesse doit durer en effet jusqu’à la Passion ; après la Résurrection, les chants de louanges !

Le Christ en prière - détail

Le Christ en prière attribué à Niklaus Weckmann – détail.

2017-33. Sept cartes de poissons d’avril pour célébrer notre souriante amitié.

Samedi 1er avril 2017,
Dans le diocèse de Viviers, fête de Saint Hugues, évêque et confesseur ;
Mémoire du samedi de la 4e semaine de Carême.

Gif animé poisson d'avril 3

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Pour une fois, le 1er avril n’arrive pas en pleine Semaine Sainte ou pendant l’Octave de Pâques : je puis donc « marquer le coup » et vous rejoindre, non pas en publiant un canular, mais tout simplement en reproduisant ci-dessous à votre adresse quelques unes de ces anciennes cartes de correspondance dont vous me savez amateur, et dont la naïve fraîcheur nous ramène au gracieux royaume de l’enfance qui vit encore au fond de chacun de nos coeurs, ainsi qu’aux si plaisantes anciennes traditions de ce qui fut la douce France.

On a proposé des centaines d’hypothèses afin d’expliquer cette tradition amusante des poissons et des blagues du 1er avril : aucune ne s’impose vraiment et, à vrai dire, cela importe peu : conservons nos traditions et rappelons-nous, avec Saint François de Sales, qu’ « un saint triste est un triste saint ».
Je veux donc marquer ce jour et célébrer notre souriante amitié.
Dans ma petite collection de cartes anciennes, j’en ai
 sélectionné 7 à votre intention : 7 cartes de « Poissons d’Avril », sur lesquelles figurent aussi des chats (cela ne vous étonnera pas) ; et j’intercalerai entre elles quelques petites histoires ecclésiastiques qui, je l’espère, vous feront sourire…

Poisson d'avril 1

Couronne ?
(cette histoire-ci est absolument authentique : Frère Maximilien-Marie en a été le témoin)

Une religieuse fait visiter l’église du village à de tout petits enfants. La visite est didactique : elle est l’occasion d’un véritable catéchisme.
Voici donc notre petite troupe devant l’autel de la Très Sainte Vierge Marie.
La religieuse interroge : « Mes enfants, qui est représenté par cette statue ? »
Et les enfants répondent en choeur : « C’est la Sainte Vierge ! »
– Qui est la Sainte Vierge ? demande la soeur.
– C’est la maman de Jésuuuuus ! répondent encore les petits.
– Qu’est-ce que vous voyez sur sa tête ?
– Une couroooooonne !
– Et savez-vous pourquoi la Sainte Vierge porte une couronne ?
– …
Là, les bambins calent.
Jusqu’à ce qu’une petite fille s’écrie soudain d’un ton triomphant :

– Parce qu’elle a eu la fève !

Poisson d'avril 2

Mais d’où m’appelez vous ?

Pour ce 1er avril là, un paroissien facétieux avait voulu faire à son curé une blague. Blague d’assez mauvais goût à la vérité, puisqu’il avait fait paraître dans le journal l’avis de décès du dit curé.
Le matin du 1er avril donc, en prenant son petit déjeuner, Monsieur le Curé découvre dans le journal l’annonce de sa propre mort, avec le jour, l’heure et le lieu de son enterrement !
Très en colère, il se précipite sur le téléphone et appelle l’évêché : « Allô, Monseigneur ? Ici l’abbé X, curé de Y. Dites donc, Monseigneur, avez-vous lu ce matin dans le journal le faire-part de mon décès ? »

– Bien sûr que je l’ai lu, Monsieur le Curé…
Puis, hésitant, l’évêque interroge : « Mais au fait, d’où m’appelez-vous ? »

Poisson d'avril 3

Parce que les plus courts sont les meilleurs…

Ce dimanche-là, pendant la Messe, tous les paroissiens ont pu remarquer que Monsieur le Curé avait un pansement au menton. A la sortie de l’église, un paroission l’interroge :
-  Alors, Monsieur le Curé, que vous est-il arrivé ?

– Oh ! répond le prêtre, ce matin, en me rasant, j’étais tellement concentré sur mon sermon que je m’en suis coupé le menton.
– Eh bien ! Monsieur le Curé, permettez-moi juste ce petit conseil : dimanche prochain, concentrez-vous sur votre menton, et coupez plutôt votre sermon !

Poisson d'avril 4

Imparable logique.

C’est le début du cours de catéchisme. Monsieur le Curé qui prépare des enfants à leur première confession, veut, avant de poursuivre, s’assurer que ce qui a été dit la semaine dernière a bien été assimilé. Il interroge :
- Alors, mes enfants, pour faire une bonne confession, par quoi faut-il commencer ?
- Par faire des péchés ! répond un enfant, très sûr de lui.

Poisson d'avril 5

La raison du miracle est évidente…

Un Écossais en pélerinage en Terre-Sainte regarde les affiches des bâteliers qui proposent de faire une promenade en bâteau sur le lac de Tibériade. Hésitant, il s’enquiert des tarifs auprès de l’un d’eux :
– C’est 50 dollars pour l’heure, répond l’homme.
– Mais vous êtes fou ! s’écrie l’Ecossais. C’est bien trop cher…
– Hé, peut-être ! mais souvenez-vous que c’est ici que Jésus a marché sur les eaux.
– Cela n’a rien d’étonnant, rétorque l’Écossais. Avec de tels tarifs, il a préféré se débrouiller tout seul !

Poisson d'avril 6

Pas pratiquants.

Ce jour-là, les pièces de 20 centimes sont attendues au Paradis.
Dès qu’elles paraissent, encore au loin, les portes – pavoisées – sont ouvertes à deux battants : Saint Pierre a revêtu sa plus belle tenue, des angelots jettent des pétales sous leurs pas, tandis qu’un orchestre de chérubins joue des airs de triomphe. En vérité, en vérité je vous le dis, les pièces de 20 centimes furent accueillies en grande pompe au Paradis !

A quelque temps de là, des billets de 500 euros se présentent à leur tour à la porte du Ciel.
Mais, de toute évidence, ils ne sont pas attendus : ils doivent toquer longtemps avant que Saint Pierre, en tenue très ordinaire, entrebaille à peine la porte et consente à les laisser pénétrer. Pas de fanfare et point de fleurs.

Les billets de 500 euros en sont très mortifiés et font remarquer qu’il est vraiment choquant que les pièces de 20 centimes aient reçu un tel accueil, alors que, eux – des billets de 500 euros ! – , sont reçus avec si peu de chaleur… Tout de même !
Et la réponse de Saint Pierre tombe avec un ton qui n’admet pas de réplique :
« Hé là ! Dites donc ! Les pièces de 20 centimes, on les voyait tous les dimanches à la Messe, elles !… »

Poisson d'avril 7

Bonne et belle journée à vous, mes chers Amis !

Patte de chat Lully.

Gif animé poisson d'avril 1

Publié dans:Chronique de Lully |on 1 avril, 2017 |4 Commentaires »

2017-32. Réflexions félines et citations – mars 2017.

Vendredi 31 mars 2017,
Commémoraison solennelle du Très Précieux Sang de Notre-Seigneur (cf. > ici)
Mémoire du vendredi de la 4e semaine de Carême.

Politiciens corrompus

Comme les magouilles des partis politiques républicains sont omniprésentes en ce moment dès qu’on ouvre un journal ou veut écouter un bulletin d’information, j’en profite pour citer une « blagounette ».
Elle est archi-connue, mais je la trouve toujours aussi amusante.

Lorsque Dieu eut créé le monde, après le septième jour – pendant lequel Il s’était certes reposé mais avait néanmoins beaucoup réfléchi – , Il décida de concéder à chacun des peuples qui seraient issus d’Adam deux vertus caractéristiques, qui constituraient en quelque sorte leur identité psychologique. 
Ainsi, par exemple, statua-t-Il :
- Les Suisses seront ordonnés et respectueux des lois,
- Les Anglais seront opiniâtres et flegmatiques,
- Les Japonais seront travailleurs et patients,
- Les Italiens seront joyeux et romantiques…
etc… etc…
Mais au sujet des Français, Dieu dit :
« Ceux-ci seront intelligents, honnêtes et socialistes ! »

En entendant cela, l’ange qui présidait aux distributions des vertus fronça le sourcil et osa faire remarquer au Très-Haut : « Seigneur, Vous aviez déclaré « à chaque peuple deux vertus », et voilà que pour les Français Vous en avez énoncé trois… Serait-ce une espèce de favoritisme ? »
« En vérité, en vérité Je te le dis – répondit le Créateur – , il n’y a là aucune espèce d’injustice car ils ne pourront réellement en posséder que deux : si un Français est intelligent et honnête, il ne pourra pas être socialiste ; s’il est socialiste et honnête, il ne sera pas intelligent ; mais s’il est socialiste et intelligent, il ne lui sera pas possible d’être honnête… »

Lully Ah ! Ah ! Ah !

Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah !

Crise de l’Eglise.

En 1975, l’historien protestant Pierre Chaunu avait ainsi analysé la crise de l’Église :
« La médiocrité intellectuelle et spirituelle des cadres en place des églises occidentales au début des années 1970 est affligeante. Une importante partie du clergé de France constitue aujourd’hui un sous-prolétariat social, intellectuel, moral et spirituel ; de la tradition de l’Église cette fraction n’a souvent su garder que le cléricalisme, l’intolérance et le fanatisme. Ces hommes rejettent un héritage qui les écrase, parce qu’ils sont, intellectuellement, incapables de le comprendre et, spirituellement, incapables de le vivre ».
(in « De l’histoire à la prospective » – Robert Laffont, 1975).

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Quand je lis dans le compte-rendu d’une récente visite pastorale accomplie par un évêque une formulation telle que celle-ci : « (…) pour inventer une Eglise qui colle à son temps, au service de tous, croyants ou pas », je ne peux m’empêcher de penser qu’on a encore affaire – bien malheureusement – à des prêtres et à des « laïcs engagés » qui sont de véritables dinosaures, survivants de la période glaciaire postvaticandeuse et égarés au XXIe siècle…
Et je me demande aussi quand est-ce qu’on va les empailler avant de les remiser au musée des monstruosités ecclésiologiques.

L’Eglise n’est pas à inventer : on la reçoit de Dieu par la Tradition immuable qui nous vient du Christ Lui-même qui l’a fondée sur Ses saints Apôtres et leur a confié une Révélation à laquelle rien ne peut être ajouté et rien ne peut être retranché.

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Progrès ?

Citation du vicomte Louis de Bonald :
« Jamais on n’a autant parlé des progrès de l’esprit humain, ni vu autant d’hommes égarés : est-ce que le progrès des esprits n’empêche pas leur égarement ? ou serait-ce cet égarement même que l’on prend pour un progrès ? »

Millau - buste de Louis de Bonald

Louis de Bonald
(buste sur une place de Millau)

« Je ne puis rien nommer si ce n’est par son nom.
J’appelle un chat un chat et Rollet un fripon. »
(Nicolas Boileau – Première satire)

Conversation entendue :

- Mon Frère, vous devriez arrêter de parler d’ « hérétiques » lorsque vous nommez les protestants. C’est chargé d’une connotation très négative ; ça donne tout de suite l’impression que vous vous posez en juge ; ça évoque l’inquisition… Enfin bref ! c’est très désobligeant pour nos frères séparés…

- Cher Monsieur l’Abbé, en ce qui me concerne je crois que la vérité est une, et que donc ce qui n’est pas la vérité s’appelle l’erreur. L’erreur, en matière religieuse possède un nom spécifique précis : c’est l’hérésie.
Vous savez, quand on a des diarrhées c’est très désagréable (pour celui qui les a en tout premier lieu, mais ça peut l’être aussi pour ceux qui sont autour) : parler de diarrhée, c’est chargé d’une connotation très négative. Dire que son voisin a la diarrhée donne l’impression que vous le jugez du haut de votre bonne digestion, et ça peut le couvrir de ridicule… 
Or, si pour ne pas être désobligeant envers votre frère chiasseux, vous dites en mettant la bouche en schtroumpf de poule « qu’il a de légers embarras intestinaux », cela ne changera rien à la réalité : ce n’est pas parce que vous ne lui donnerez pas le nom de diarrhée que ce n’en sera pas une et que votre frère chiasseux se trouvera guéri ! 
Maintenant, nous sommes bien d’accord sur le fait que celui qui a une diarrhée et veut avoir un transit normal se trouve affronté à des difficultés qui dépassent ce que peut opérer sa simple et seule volonté. 
Alors qu’il n’en est pas de même pour l’hérésie : celui qui est contaminé par l’hérésie et qui, à travers les paroles de celui qui vit dans la vérité catholique, prend conscience qu’il est un hérétique, peut, à la seconde même, ne plus l’être. Il lui suffit pour cela en définitive d’un seul acte de sa volonté libre, en adhérant de toute son intelligence, de toute sa volonté et de tout son coeur à la plénitude de la Vérité révélée qui a été confiée à l’Eglise catholique. 
C’est aussi simple que cela.

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Citation de Gustave Thibon :
« A un jeune homme : Restez fidèle à ce que vous avez entrevu de plus pur et de plus haut – et croyez encore que c’était vrai alors que tout vous dira, autour de vous et en vous, que c’était faux… »
(in « L’illusion féconde » p. 127)

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Allez, encore une « blagounette »
Celle-ci se raconte dans certains couloirs, à Rome même, ces derniers temps :

Le Père, le Fils et le Saint-Esprit prennent leur petit-déjeuner ensemble et discutent d’un pélerinage qu’ils aimeraient faire.
Le Père propose : « Si nous allions à Jérusalem ? ».
- Ah non ! dit le Fils, j’en ai gardé un trop mauvais souvenir…
- Alors, nous pourrions peut-être nous rendre à Rome ?
- Ah ! Très bonne idée ! dit le Saint-Esprit, il y a tellement longtemps que je n’y suis pas allé…

Lully Ah ! Ah ! Ah !

Ah ! Ah ! Ah !

Citation célèbre du Docteur Albert Schweitzer :
« Il y a deux moyens d’oublier les tracas de la vie : la musique et les chats ».

Chat pianiste

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