Archive pour la catégorie 'Chronique de Lully'

2014-48. Où le Maître-Chat revendique et justifie son droit à la censure.

Samedi 10 mai 2014.
Deux-cent-vingtième anniversaire du supplice de Madame Elisabeth (cf. > www),
Deux-cent-quarantième anniversaire de l’avènement de Sa Majesté le Roi Louis XVI.

Armes de France gif

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Les lignes que j’écrivais hier au sujet de la vérité (cf. > www) ne constituaient qu’une espèce d’introduction, bien nécessaire à la compréhension de ce que je publie aujourd’hui ci-dessous, et de ce que je vais encore publier dans ces prochains jours.
Il y a là une forme de réponse à certains messages ou commentaires que j’ai reçus, en particulier au sujet de mes publications depuis le 23 avril dernier.

- Oui, sur mon blogue j’exerce une censure !

Comme je le disais hier, mais j’insiste encore une fois sur ce point, nous autres chats n’avons pas de « moeurs démocratiques ».

C’est ainsi que les commentaires qui peuvent être ajoutés par les lecteurs aux articles que je publie ne paraissent point si je ne les ai au préalable approuvés.

Or je n’approuve pas tout commentaire : il peut arriver que j’en reçoive qui sont franchement insultants ou grossiers, d’autres qui sont simplement loufoques, d’autres qui – à propos du thème de ma publication – en profiteraient pour faire de la publicité en faveur de choses que j’estime douteuses, ou encore propres à semer le trouble, la confusion ou quelque forme de relativisme de la pensée.

D’aucuns crieront au scandale, à la dictature, au manque de liberté d’expression… etc., toutes choses intolérables aux esprits pénétrés d’idées révolutionnaires (lesquelles, soit dit en passant, polluent même la pensée et les réactions de personnes pourtant convaincues d’être « conservatrices »).

En ce qui me concerne, je l’assume entièrement et sans honte : d’une part, je ne me suis jamais engagé à publier tous les commentaires ou messages qui me sont adressés ; et d’autre part, ce blogue est ma propriété, sur laquelle prévalent les règles que j’y ai établies, selon mon droit le plus strict.
Donc, censure il y a… et censure il demeurera !

Le profond respect que j’ai pour les personnes, ne signifie pas qu’elles sont autorisées à dire n’importe quoi, aux dépens de la vérité.
Je suis même intimement convaincu – et c’est d’ailleurs l’enseignement de notre glorieux Père Saint Augustin – qu’une censure manifeste surnaturellement davantage de respect et d’amour que le laxisme qui autorise l’expression de toutes les opinions erronées, lesquelles – en sus du risque de conduire en enfer ceux qui les professent – peuvent entraîner d’autres personnes dans le trouble ou dans l’erreur ; qu’on se souvienne ici des paroles de Notre-Seigneur Lui-même : « Malheur à l’homme par qui le scandale arrive ! … etc.«  (cf. Matth. XVIII, 8 et suiv.).

Pour illustrer mon propos, voici quelques exemples :

1) – je ne laisse pas passer certaines demandes écrites en commentaire sous des textes de prières que j’ai publiés – à Saint Antoine ou à Sainte Anne, par exemple – lorsqu’elles demandent des choses contraires à la morale chrétienne ou aux enseignements moraux de l’Eglise : il y a des personnes qui rédigent des intentions de prière demandant de pouvoir séduire Untel ou Unetelle… Point n’est besoin de détailler davantage.

2) – je n’autorise pas non plus la parution de commentaires pénétrés de « modernisme » ou de « progressisme », lors même qu’ils émanent de prêtres ou de religieux.

3) – je ne publie pas davantage les commentaires  renvoyant à des « apparitions » présumées ou à de prétendus phénomènes mystiques, lorsqu’ils ne sont pas authentifiés par l’Eglise.

4) – je ne permets pas non plus la publication de commentaires ou de liens vers des sites internet lorsque ceux-ci font la promotion de la nouvelle liturgie (missel publié en 1969), lorsqu’on y trouve des opinions théologiques hasardeuses, pour ce qui concerne le domaine religieux, ou bien encore lorsque ce sont des sites faisant l’apologie du « survivantisme » (Naundorff et autres pseudo Louis XVII), du « providentialisme »(négation ou édulcoration des droits dynastiques de Monseigneur le Prince Louis, duc d’Anjou et de Bourbon, aîné des Capétiens, pour promouvoir un « Roi caché tenu secret »), et – pis encore – de l’ « orléanisme », pour ce qui concerne l’histoire et la royauté française… etc.

Lully signature

2014-47. De la vérité.

Vendredi 9 mai 2014,
fête de Saint Grégoire de Nazianze.

Docete Via Veritas Vita - collège Marianopolis Montréal

Mosaïque de l’ancienne chapelle du Collège Marianopolis à Montréal (Québec) :
« Docete » (= enseignez), et « Ego sum Via, Veritas et Vita » (= Moi, Je suis la Voie, la Vérité et la Vie).

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Tous ceux qui nous connaissent, nous les chats, savent bien que nous sommes des élitistes et, viscéralement, des aristocrates.
S’il y a donc un domaine dans lequel nous avons été prémunis de certaines conséquences du péché originel, auquel – par la faute de l’homme – toute la création a été assujettie (cf. Rom. VIII, 20), c’est bien celui-ci : peut-être encore davantage que tout ce qui vit et respire ici-bas, nous sommes absolument et irrémédiablement éloignés de toute espèce de contagion des « moeurs démocratiques », pour la bonne et simple raison que nous sommes fermement attachés à la vérité des choses…

Je ne pense pas, je ne peux pas croire – parce que cela est contraire à la nature – que la vérité jaillisse du dialogue : si certaines discussions permettent de la mieux mettre en lumière, la vérité n’est en aucune manière la somme – et encore moins la moyenne – des opinions divergentes. Et d’ailleurs toutes les opinions ne se valent pas !

La vérité, c’est ce qui est conforme à la nature des choses créées par Dieu, conforme à l’ordre voulu par Lui dans Sa création.

La vérité n’est pas invention humaine : l’homme la reçoit, soit par les canaux institués par Dieu pour la communiquer, soit par une illumination personnelle qui est de l’ordre de la grâce ; il la découvre aussi – et ce peut être de manière parcellaire et graduelle – par son travail intellectuel, s’il est honnête et fondé sur des bases solides, à travers ses études du monde réel, à l’occasion de certaines rencontres… etc.
Il la trouve également, à un degré supérieur, dans la prière et la contemplation.

La vérité n’est pas facultative, elle s’impose à nous et nous n’avons pas le pouvoir de la changer au gré de nos impressions, de nos sentiments, de nos envies ou de nos intérêts. Nous pouvons certes refuser de nous soumettre à elle et préférer vivre dans une illusion de « liberté » en choisissant l’erreur, mais c’est alors une forme de refus de Dieu dont nous aurons à rendre compte devant Son tribunal.
La vérité n’est pas multiple, elle est une, et elle est unique. Nous ne sommes pas libres de l’accomoder à notre sauce : nous n’avons qu’à la recevoir et à nous soumettre à elle. Nous ne pouvons pas non plus la découper en rondelles pour n’en prendre que ce qui nous arrange.
La vérité n’est pas « évolutive » : elle est un tout, complet et achevé, invariable, depuis que Dieu est Dieu, c’est-à-dire de toute éternité, et – pour ce qui concerne le monde créé – depuis le premier instant de la création.
La vérité n’est pas « démocratique » : elle n’est pas définie par un consensus en fonction d’une majorité, « absolue » ou « relative », elle ne sort pas des urnes, elle vient d’En-Haut, et elle n’a pas besoin pour exister que ceux auxquels elle s’impose soient d’accord avec elle.

Je sais très bien que l’on jette à la tête de ceux qui témoignent de la vérité – surtout quand elle ne fait pas plaisir et ne va pas dans le sens des modes de pensée dominantes – le reproche culpabilisateur de se comporter comme les « détenteurs de la vérité ».
Ceux qui profèrent de tels griefs n’ont plus aussi, dans la même logique, qu’à reprocher aux panneaux routiers d’être les « détenteurs des indications routières » ; mais toute personne sensée conviendra que cela est totalement absurde : on ne confond normalement pas le panneau avec le message qu’il délivre !
De la même manière donc, on n’a pas à confondre le témoin de la vérité avec ce auquel il rend témoignage. Et si l’homme ne « possède » pas la vérité, il peut toutefois être possédé par elle, qui est infiniment plus grande que lui, qui l’enveloppe, qui le fait être et se mouvoir, qui le fait agir et rayonner…
Si aucun homme ne peut « avoir » la vérité comme un bien personnel, cela ne signifie pas qu’aucun homme ne puisse énoncer la vérité, ni qu’il ne doive pas en témoigner de manière claire et catégorique après avoir été saisi par elle.
C’est là tout le sens de la magnifique phrase de Saint Jean : « Nous devons recevoir de cette manière, afin d’être les coopérateurs de la vérité : Nos ergo debemus suscipere huiusmodi, ut cooperatores simus veritatis » (3 Johann. 8). L’homme ne peut être que le coopérateur de la vérité, et, coopérant avec elle, il n’a pas de pouvoir sur elle mais ne peut faire mieux que de se laisser toujours davantage modeler par elle afin de seconder son action.

C’est même un impérieux devoir pour chacun de se faire disciple et serviteur de la vérité, pour coopérer ensuite à son oeuvre.

Accueillir la vérité qui nous vient d’En-Haut et lui faire place en notre vie, témoigner de la vérité, vouloir et travailler pour que les autres intelligences la découvrent à leur tour, pour que les autres coeurs s’ouvrent à elle, pour que les autres esprits se laissent posséder par elle, n’est pas une marque d’intolérance ni un manque de charité, c’est – tout au contraire - la plus parfaite et la plus exquise forme d’amour que l’on puisse avoir envers son prochain.

Je sais très bien que de tels propos, dans l’espèce d’insipide bouillie relativiste et synchrétiste qui tient lieu de pensée à nombre de personnes aujourd’hui, ni ne flattent les ego ni ne participent du « culte de l’homme » dont les progressistes de tout poil s’enorgueillissent en se gargarisant de mots.

Qu’on me permette simplement en guise de conclusion de citer textuellement mon papa-moine, Frère Maximilien-Marie :
« Je suis catholique, je suis religieux, j’ai consacré ma vie depuis l’âge de dix-huit ans au service de la vérité catholique (car il n’y a pas d’amour sans vérité) et je la défendrai – si le Bon Dieu me fait la grâce de persévérer (car je sais bien que par moi-même je ne peux que me casser la figure et trahir) – jusqu’à mon dernier souffle et encore au-delà de ma mort…
Qu’on ne me demande pas – ni par sentimentalisme, ni par complaisance envers les modes morales ou intellectuelles du monde – de dire autre chose que la vérité confiée par Notre-Seigneur Jésus-Christ à Son Eglise et transmise par elle !
Je sais très bien que, ce faisant, je mécontente certains et paraît excessif à d’autres, mais qu’on prenne alors en considération que je ne défends pas des idées personnelles ou des opinions particulières, mais uniquement la vérité divine qui nous est communiquée par Celui qui ne peut ni Se tromper ni nous tromper ».

Patte de chat Lully.

Christ Roi

« La Vérité vous libérera » (Johann. VIII, 32)

Prière pour demander des grâces par l’intercession de Madame Elisabeth de France.

1764 – 1794

3 mai & 10 mai

       En ce début du mois de mai, nous commémorons, à quelques jours d’intervalle, l’anniversaire de la naissance de Madame Elisabeth de France, à Versailles, le 3 mai 1764, puis l’anniversaire de son martyre, à Paris, le 10 mai 1794, alors qu’elle était âgée de trente ans et sept jours.

   Beaucoup d’entre vous connaissent déjà – au moins succinctement – la biographie de Madame Elisabeth, que je ne vais pas reprendre ici. Je me contente de rappeler à quel point cette pieuse et vertueuse princesse se montra un grand soutien spirituel et moral – au milieu de leurs épouvantables épreuves qu’elle partagea – pour son frère et sa belle-sœur, Leurs Majestés le Roi Louis XVI et la Reine Marie-Antoinette, ainsi que pour sa nièce, Marie-Thérèse de France, « Madame Royale ».
Et puis, tout le monde sait qu’elle mourut, au sens propre du terme, « en odeur de sainteté », puisque – par un prodige qui frappa de stupeur tous les assistants et dont ils rendirent témoignage – , lorsque sa tête tomba sous le couperet, un parfum de rose véritablement surnaturel se répandit sur toute la place alors nommée « de la révolution », c’est-à-dire l’actuelle place de la concorde.

   En ces jours anniversaires de sa naissance et de son martyre donc, avec une grande ferveur, supplions-la d’intercéder pour la France, puisqu’elle a tant prié pour que la foi catholique n’y périsse pas.
Prions-la aussi aux intentions de nos familles, et demandons-lui pour chacun d’entre nous la grâce de demeurer – comme elle-même – forts et fidèles, constants et persévérants, confiants et abandonnés au divin Coeur de Jésus, au milieu des intenses combats actuels contre l’esprit du mal déchaîné…

Alexandre Kucharski portrait de Madame Elisabeth à la prison du Temple - 1793

Alexandre Kucharski : portrait de Madame Elisabeth à la prison du Temple – 1793

Prière pour demander des grâces
par l’intercession de Madame Élisabeth de France :

   O Dieu, qui par un effet admirable de Votre Providence, avez daigné enrichir le cœur de Votre servante Madame Élisabeth de France, des trésors les plus précieux de la nature et de la grâce : pour que ces dons ne demeurent pas stériles en son âme, daignez avoir pour agréables les prières que nous Vous adressons par son intercession (on peut ici énumérer les intentions recommandées à l’intercession de la servante de Dieu), et donnez-nous d’imiter, avec son abandon à cette même Providence, son abnégation et sa générosité dans le sacrifice, afin que, par une sainte vie, nous méritions tous d’avoir part à la joie dont Vous couronnez Vos élus.

Ainsi soit-il.

Pater noster, Ave Maria, Gloria Patri…

Imprimatur
A. Laveille, Vic. Capit.

Meaux, le 11 juillet 1921

On trouvera la fameuse prière de confiance et d’abandon de Madame Elisabeth > ici ;
Et une autre prière de Madame Elisabeth > ici.

Ex-voto envoyé par Madame Elisabeth à la cathédrale de Chartres - 1791

Les deux Coeurs unis de Jésus & Marie :
ex-voto en vermeil envoyé à la cathédrale de Chartres par Madame Elisabeth en 1791
pour demander à Notre-Dame la conservation de la foi catholique en France.

2014-45. « Le retour des Princes français à Paris » – hymne de la Restauration.

- 2 & 3 mai 1814 -

lys.gif

Anniversaire de la déclaration de Saint-Ouen
et de
l’entrée de Sa Majesté le Roi Louis XVIII dans Paris

lys.gif

       Le 3 mai 1814, Sa Majesté le Roi Louis XVIII faisait une entrée triomphale dans Paris, accueilli par une foule en liesse.

   Un mois plus tôt, le 2 avril, le Sénat et le Corps Législatif, avaient proclamé la déchéance de « l’empereur », qui abdiqua le 6.
En même temps, qu’ils avaient mis fin au règne de l’usurpateur, Sénat et Corps Législatif, après avoir fait de Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord le chef du gouvernement provisoire, avaient officiellement appelé au trône le frère puiné du Roi-martyr Louis XVI : Louis Stanislas Xavier de France, communément appelé comte de Provence, qui était déjà roi de droit depuis la mort – dans les conditions épouvantables que l’on connaît - de son neveu, le jeune Louis XVII.

   Alors que les puissances alliées victorieuses du Buonaparte étaient loin d’être acquises à l’idée d’une restauration monarchique au profit des Bourbons, Talleyrand, réussit à convaincre le Tsar Alexandre 1er que le retour des Bourbons était la meilleure chose ; les autres souverains européens se rallièrent finalement eux aussi à cette solution.
Dans le même temps, en plusieurs points du Royaume, et grâce en particulier à l’action des Chevaliers de la Foi, avant même que le Buonaparte n’abdiquât, des villes avaient hissé le drapeau blanc de la Légitimité.

   Le comte d’Artois, lieutenant général du Royaume, arrive à Paris le 12 avril et prend la tête du gouvernement provisoire.
Des négociations serrées s’engagent : les puissances alliées et le Corps Législatif voulaient imposer à Louis XVIII une constitution, incompatible avec les principes de la monarchie traditionnelle. Le comte d’Artois doit jouer serré pour que, d’une part, ne soient pas trahis les principes de la royauté, et pour que, d’autre part, les souverains étrangers aussi bien que les esprits des français profondément pollués par les insidieux poisons de la pensée révolutionnaire ne soient pas indisposés et ne fassent pas avorter la Restauration monarchique.

   Sa Majesté le Roi Louis XVIII débarque à Calais le 24 avril 1814 ; son voyage à travers les provinces est une succession de scènes de liesse, d’ovations, de discours de bienvenue, de cérémonies d’action de grâces dans les églises… etc.

   Le 2 mai, sur les cinq heures du soir, le Roi arrive au château de Saint-Ouen.
Talleyrand vient lui présenter un projet de déclaration qu’il avait soumis, après l’avoir rédigé, à un groupe de sénateurs et au Tsar Alexandre.
Déjà, les jours précédents, depuis Compiègne, Sa Majesté avait déclaré
1) qu’Elle conserverait le titre de Roi de France et de Navarre,
2) qu’Elle se conformerait aux Lois Fondamentales du Royaume en continuant à faire remonter le début de Son Règne à la mort de Son prédécesseur, Louis XVII,
et 3) qu’Elle ne recevrait pas de constitution imposée par le Sénat, mais promulguerait un acte de Sa propre volonté qui ne trahirait pas les principes monarchiques traditionnels.

   La lecture du projet de déclaration de Talleyrand souleva une véritable tempête au conseil privé de Sa Majesté tant les atteintes aux droits fondamentaux de la Couronne s’y succédaient. Talleyrand s’efforça en vain de défendre son projet, mais le Roi se montra inébranlable : « Si je jurais la constitution, vous seriez assis et je serais debout ! » lui lança-t-Il avec autorité.
Le soir arrivait, aucun accord n’était trouvé. Talleyrand fit prévenir le Tsar qui prit pour une injure cette résistance à l’adoption d’un acte sur le texte duquel on l’avait consulté et dont il avait approuvé les termes. Il aurait fait passer au « prince de Bénévent » un billet ainsi conçu : « Si la déclaration n’est pas publiée ce soir telle qu’elle a été convenue, on n’entrera pas demain dans Paris ».

   Finalement, un texte de compromis fut publié et affiché dans Paris. Resté dans l’histoire comme la « Déclaration de Saint-Ouen », le manifeste royal ne trahit pas les principes essentiels de la royauté traditionnelle sans cependant marquer un retour à l’Ancien Régime : la déclaration est en quelque sorte le prélude de la Charte constitutionnelle qui sera octroyée le 4 juin suivant.
Pour l’immense majorité des Français, cette déclaration présageait d’un avenir de paix. Ce pourquoi, le lendemain 3 mai, l’entrée de Sa Majesté dans Paris fut un véritable triomphe : on en trouve le récit circonstancié dans « L’Ami de la Religion et du Roi » – 1814, tome 1 à partir de la page 65 (ici > Ami de la Religion et du Roi).

Legrand - allégorie de l'entrée de Louis XVIII dans Paris 3 mai 1814 - (Musée Carnavalet)

Allégorie de l’entrée de Louis XVIII à Paris, le 3 mai 1814
(par Legrand – musée Carnavalet)

   On entend souvent dire que le chant « Vive Henri IV ! » fut l’hymne de la Restauration. Ce n’est pas tout à fait exact.

   Le chant « Vive Henri IV ! » fut au départ, dit-on, le couplet d’un auteur anonyme pour lequel Eustache Ducaurroy adapta vers 1600 la mélodie d’un ancien noël populaire.
Vers 1770, trois autres couplets furent composés par Charles Collé pour les besoins d’une comédie intitulée « La partie de chasse d’Henri IV ». Ce fut dès lors un chant très populaire.

   En avril 1814, lorsque le Buonaparte fut vaincu et que le peuple apprit le retour des Bourbons, sur cette mélodie toujours très populaire un auteur anonyme composa à la hâte d’autres paroles – celles que nous donnons ci-dessous – , auxquelles on donna pour titre « Le retour des Princes français à Paris ».
Dès lors, la mélodie devint une sorte d’hymne de la Restauration. Néanmoins, en raison des couplets un peu lestes de Collé qui restaient dans beaucoup de mémoires, on ne jouait habituellement pas cet hymne en présence de la Famille Royale.

   Les paroles du « retour des Princes français à Paris » ne sont pas extraordinaires : la versification est faible, les assonances (puisqu’on ne peut même pas parler de rimes) sont approximatives, néanmoins on ne peut qu’être touché par la véritable ferveur populaire – puisqu’il est une véritable émanation du peuple de Paris – dont ce chant est le témoignage, et – quoi qu’il en soit – il est bien meilleur à entendre que les rugissements vindicatifs et l’appel au sang d’un prétendu hymne national hérité de la révolution !!!

   La divine Providence nous donnera-t-elle l’immense joie de connaître une nouvelle Restauration monarchique ? Nous le Lui demandons dans une ardente prière.

Lully.

lys.gif

Le retour des Princes français à Paris
(air : Vive Henri IV)

La paix ramène
Tous les Princes Français !
Chantons l’antienne,
Aujourd’hui désormais
Que ce bonheur tienne :
Vive le Roi ! Vive la Paix !

Vive la France
Et les sages Bourbons,
Pleins de clémence,
Dont tous les cœurs sont bons !
La Paix, l’abondance
Viendront dans nos cantons.

Quelle joie extrême
Vive, vive d’Artois !
Duc d’Angoulême !
Chantons tous à la fois
Louis dix-huitième,
Descendant de nos Rois !

Le diadème
De France est pour un Roi,
Notre vœu même
Est la raison pourquoi,
Oui, Louis nous aime,
Vive, vive le Roi !

Plus de tristesse,
Vive, vive Louis !
Princes, princesses,
Nous sommes réjouis !
Que les allégresses
Règnent dans tous pays !

   Ne boudons pas notre plaisir et écoutons l’orchestration majestueuse que lui a donnée Piotr Ilitch Tchaïkovski, en hommage à la France de l’Ancien Régime, pour en faire l’apothéose de son ballet « La Belle au Bois Dormant » (faire un clic droit sur l’image ci-dessous, puis « ouvrir dans un nouvel onglet ») >>>

Image de prévisualisation YouTube

lys.gif   lys.gif   lys.gif

2014-44. « Il y a tellement d’arguments qui font de moi un royaliste convaincu… »

Fleur de lys

Pour donner une espèce de point d’orgue à toutes les publications que j’ai faites ici depuis le 23 avril, je souhaite aujourd’hui vous proposer, chers Amis, un texte important où l’un de nos jeunes amis légitimistes, Florian, président du cercle légitimiste Saint-Materne, répond aux questions de Monsieur F. Abed.
Cet entretien a été publié le 28 mars 2014 sur le site « Vu de France » (en abrégé ci-dessous : VdF) de Monsieur F. Abed, qui nous a donné l’autorisation, ainsi que Florian, de le reproduire dans nos pages, ce pourquoi nous voulons ici leur en témoigner, à l’un comme à l’autre, notre profonde gratitude.
La découverte de la légitimité dynastique et de la doctrine monarchique traditionnelle pour laquelle oeuvre le mouvement légitimiste, telle que Florian la raconte pour lui-même est aussi, à peu de choses près, la manière dont notre Frère Maximilien-Marie y était arrivé lui-aussi, et la façon dont de nombreux jeunes les découvrent à leur tour de nos jours : un attrait que l’on peut d’abord qualifier d’amoureux, sur lequel se greffent ensuite de solides raisons spirituelles et intellectuelles. Amour, foi et raison !
Tous les propos tenus ici par Florian, nous y adhérons nous aussi totalement et nous le remercions d’avoir su exprimer avec autant de brio la quintessence de nos convictions…

Lully.

Fleur de lys

Introduction de « Vu de France » :
Nous vous proposons en ce jour un entretien très enrichissant, réalisé avec un jeune royaliste (légitimiste) de l’est du royaume de France. Membre de l’UCLF, Florian répond à toutes nos questions sans jamais perdre de vue l’essentiel : La France est catholique et royale ou n’est pas…

VdF                                      

* * * * * * *

VdF : Bonjour. Pourriez-vous prendre la peine de vous présenter ?

Âgé de bientôt vingt-cinq ans, je suis étudiant en master et prépare les concours de l’enseignement de l’histoire-géographie à Strasbourg. Né à Nice de parents aux origines diverses (allemandes, italiennes, franc-comtoises), je suis cependant très attaché à l’Alsace où je vis depuis près de vingt ans maintenant. Royaliste et légitimiste, c’est à dire fidèle à l’aîné des Capétiens en la personne de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Louis XX, je suis président depuis sa création du Cercle Saint-Materne, seule association légitimiste d’Alsace. Nous sommes rattachés à l’Union des Cercles Légitimistes de France à laquelle notre cercle est en train d’adhérer.

VdF : Pour quelles principales raisons êtes-vous royaliste ?

Il y a tellement d’arguments qui font de moi un royaliste convaincu… Si je puis me permettre, je les résumerais en trois mots : amour, foi et raison.
Le premier dans l’ordre chronologique est pour moi d’ordre sentimental. Depuis tout petit, j’ai toujours été fasciné par les Rois, je connaissais la liste des Rois de France par cœur. J’avais conscience qu’ils avaient fait la gloire de ce pays que j’aimais tant.
A l’adolescence, j’étais déjà royaliste même si je n’avais pas de doctrine solide. Je m’en suis hélas un peu éloigné au lycée, sans jamais renier, avant d’y revenir pendant mes études. Ce fût presque inconsciemment que mon regard se tourna alors vers celui que les règles dynastiques bénies par la Providence désignaient, et ce avant même de connaître les Lois Fondamentales.

La deuxième raison est religieuse. C’est ma découverte de la Tradition catholique qui opéra en moi une véritable conversion, qui me fit réellement apprécier tous les bienfaits de la monarchie et, surtout, son extrême cohérence avec la doctrine catholique. Je ne peux entrer ici dans les détails mais par exemple, l’alliance du Trône et de l’Autel qui épouse on ne peut mieux la Royauté sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ, ou encore la recherche du Bien commun que poursuit le monarque, la volonté de faire vivre les sujets selon la vertu qui est caractéristique de la véritable autorité, très éloignée du pouvoir sans freins moral et religieux qu’ont nos dirigeants modernes ! Enfin, l’action de la Providence se vérifie dans l’histoire. L’épisode le plus éclatant étant bien évidemment sainte Jeanne d’Arc qui reçut pour mission divine de faire sacrer le Roi légitime, Charles VII. C’est un exemple frappant pour tous les catholiques qui pensent que Dieu ne se préoccupe pas de la politique des hommes ! Je peux ainsi faire mienne cette affirmation du comte Maurice d’Andigné, « Avant d’être royaliste, je suis catholique et français. Je dirais même que je ne suis royaliste que parce que je suis catholique et français ».

Je me suis ensuite intéressé de plus près à la Monarchie française, à son histoire et à ses institutions. C’est là qu’est venue la troisième raison qui ne fit qu’affirmer mon attachement au Roi. En effet, mes lectures me firent découvrir toute la beauté des institutions de l’Ancienne France, ainsi que la cohérence et l’intégrité de la doctrine royale capétienne traditionnelle. Je découvris alors l’ampleur des mensonges républicains, notamment sur les valeurs erronées ou faussées que l’on retrouve dans la devise républicaine que nous connaissons tous. Je me rendis compte à quel point la démocratie, en plus d’être une utopie, était un leurre et plus que jamais dans nos sociétés modernes ! Au contraire, il m’apparut comme évident que le gouvernement d’un seul, désigné par une règle intangible sans que les hommes puissent intervenir, d’un homme qui n’a pas besoin de séduire les foules pour obtenir et garder son pouvoir et qui doit transmettre à son fils un royaume en bon état, était à la fois bien plus naturel et surtout meilleur. Comme Claude de Seyssel, le célèbre conseiller de Louis XII, il est pour moi évident que la monarchie est meilleure que toutes les autres formes de gouvernement, et que, comme il le dit lui même dans sa Monarchie de France, la Monarchie française est « mieux réglée que nulle autre », principalement grâce à l’œuvre sublime que sont les Lois Fondamentales du Royaume, la constitution non écrite qui régissait les institutions de l’Ancienne France.

VdF : Vous êtes membre de l’UCLF. Merci de nous la présenter. D’une manière générale ne trouvez-vous pas que cette association est trop peu visible ?

L’UCLF a été fondée en 1979 par Monsieur Gérard Saclier de la Bâtie. Celle-ci prenait en fait la suite de l’Association Générale des Légitimistes de France, fondée en 1956 à la demande de Monseigneur le Prince Jacques-Henri de Bourbon, dit Henri VI, le grand-père de notre Prince Louis. C’est lors de la même année 1956 que fût créée La Gazette Royale, qui est toujours aujourd’hui le bulletin trimestriel de l’UCLF.
Il est nécessaire de préciser immédiatement que l’UCLF n’est pas un parti. En tant que royalistes, nous sommes évidemment contre la logique des partis qui divise le pays et paralyse la politique nationale. L’histoire depuis la Révolution nous a également appris que la participation au jeu démocratique ne pouvait que faire reculer nos idées et qu’utiliser les armes de l’ennemi ne serait d’aucun bénéfice pour notre combat. Pire encore, elle nous a divisé, nous a fait perdre des forces et fait tomber beaucoup d’anciens royalistes dans les partis républicains.
L’UCLF a donc pour but de coordonner les diverses associations légitimistes qui agissent dans le cadre des anciennes provinces. C’est un système volontairement décentralisé, avec des associations autonomes se développant au sein des provinces historiques et non pas des départements républicains qui sont, pour un grand nombre, des entités factices et totalement déracinées.
Le but premier de l’UCLF, visible sur leur site internet, est « d’étudier et de faire connaître la légitimité historique française et de servir de lien entre les associations ayant le même but ».
L’accent est donc mis sur la formation doctrinale politique, philosophique et aussi historique.
Le président de l’UCLF est actuellement Monsieur Pierre Bodin.

Concernant votre deuxième question, l’UCLF est visible sur internet par un site officiel (www.uclf.org), sa bibliothèque en ligne Vive le Roy (www.viveleroy.fr) qui met à disposition une documentation de plus en plus abondante pour la formation à la doctrine monarchiste capétienne traditionnelle, ainsi que par son Forum du Royaume de France (royaume-de-france.clicforum.com/) qui connaît une activité non négligeable. Les universités d’été Saint Louis ont de plus en plus de succès auprès des jeunes. Des cercles possèdent leur propre site internet, voire une presse (Bretagne, Lorraine, Provence, etc.)
Il est vrai que l’UCLF ne possède pas le même éclairage que d’autres mouvements royalistes. L’association a fait le choix de privilégier le contenu à la forme. C’est d’ailleurs ce qui m’a attiré chez eux. La qualité de la formation doctrinale y est incomparable par rapport à celle que l’on trouve dans la plupart des autres associations royalistes qui tombent fréquemment dans le piège de l’activisme et du combat démocratique, combat perdu d’avance.
Cependant, de nombreux membres de l’UCLF sont conscients qu’il est nécessaire de développer notre audience et que pour cela, il nous fallait par exemple utiliser au mieux et plus fréquemment de nouveaux formats et faire des efforts de communication. Le forum notamment rencontre un succès important et permet, non seulement aux légitimistes d’échanger sur de nombreux sujets, mais aussi à des visiteurs curieux de découvrir nos idées. Parallèlement, une page Facebook de l’UCLF a été créée très récemment.
Les présidents de cercles ont des projets divers. Chez nous en Alsace, nous prévoyons par exemple de réaliser quelques vidéos ainsi que des conférences.
Plus généralement, plusieurs membres de l’UCLF témoignent du nombre croissant de jeunes intéressés par notre combat, ce qui montre le dynamisme de l’association. Cependant, si nous désirons améliorer notre visibilité, notre but reste de ne faire aucun compromis sur la doctrine et sur nos principes. Cette droiture, cette cohérence et cette rectitude font selon moi partie des atouts majeurs de l’UCLF.

VdF : Il n’existe pas que l’UCLF comme association royaliste. Toutes ces associations sont également peu connues, voire inconnues de nos compatriotes. Le regrettez-vous ? Comment l’expliquez-vous ?

En effet, il existe des myriades d’associations royalistes, plus ou moins valables d’ailleurs. Elles sont, pour la plupart, peu connues des Français car elles n’ont pas accès aux grands médias. C’est regrettable mais le système est ainsi. Tout ce qui est hostile à la République, à l’Union européenne ou à d’autres forces qui dominent notre société, n’a aucune place dans les médias. De plus, il faut ajouter que les associations royalistes ont en général très peu de moyens. Cela rend la tâche encore plus difficile. Beaucoup de Français ne pensent même pas à se tourner vers nous, car pour eux l’alternative royale n’est plus envisageable. On voit ici que la propagande républicaine a porté ses fruits. Heureusement, le développement d’internet est un très grand apport pour nous et a permis aux royalistes d’être bien plus visibles. C’est d’ailleurs grâce à internet que j’ai pu en partie me former et aussi découvrir l’UCLF, dont je n’avais jamais entendu parler auparavant.

VdF : Le royalisme prône l’unité, mais les royalistes sont divisés en multiples chapelles (légitimisme, orléanisme, survivantisme, providentialisme). Déplorez-vous cet état de fait ? Comment expliquez-vous cette multiplicité doctrinale ?

Il est vrai que la base du royalisme est normalement l’unité autour du souverain. Hélas, cela n’est pas le cas. Tout comme avec l’Église où certains que l’on nomme hérétiques se sont séparés de la foi, certains courants royalistes se sont éloignés à la fois du souverain légitime et de la doctrine capétienne traditionnelle. Cela est le cas depuis le début de la Révolution quand les monarchiens qui souhaitaient une monarchie plus libérale, à l’anglaise, se sont dressés contre le Roi. Aujourd’hui, un grand nombre de mouvements royalistes se sont laissé tenter par le libéralisme et pas seulement les fidèles de la branche des Orléans. C’est en effet déplorable mais cela est l’œuvre de la Révolution qui ne cesse de diviser depuis 1789.
Dans nos cercles, nous répétons à temps et à contretemps que l’unité des royalistes, et même des Français, ne peut se faire qu’autour du Roi légitime et de la tradition monarchique capétienne traditionnelle. En aucun cas une union œcuménique provisoire à des fins électorales ne porterait des fruits, puisqu’elle ne ferait que repousser à un hypothétique et utopique lendemain les querelles dynastiques et faire avancer les idées libéralo-orléanistes révolutionnaires parmi les royalistes. Je passerai sur le survivantisme qui, à mes yeux, n’est pas très intéressant puisqu’il concerne des gens qui n’acceptent pas les preuves historiques désormais irréfutables de la mort de Louis XVII en 1795. Le providentialisme est en revanche plus problématique, puisque c’est une position qui peut facilement séduire des catholiques. Cette position se résume à une attente d’un monarque envoyé par Dieu. Dans ce cas, aucune promotion du Roi ne peut être faite vu qu’il ne s’est pas encore manifesté. Les providentialistes peuvent donc assez facilement se laisser gagner par la passivité. Notre position est de rester fidèles à la dynastie choisie par Dieu pour la France. En témoigne l’exemple glorieux de Jeanne d’Arc. Nous ne pouvons connaître à l’avance les plans de Dieu et nous agissons dans le présent.

VdF : Qui, selon les lois fondamentales du royaume, serait ou est le roi de France ?

Les Lois fondamentales sont la constitution non écrite de l’Ancienne France. On entend souvent dire que la France n’avait pas de constitution avant la République. C’est absolument faux ! Simplement, elle n’était pas écrite, tout comme le Royaume-Uni aujourd’hui n’a pas de constitution à proprement parler, mais un ensemble de lois et de textes législatifs.
C’est peut-être l’œuvre majeure des Capétiens car c’est elle qui assurait « la tranquillité de l’ordre » dont parle saint Augustin, ainsi que « l’unité de la paix » chère à saint Thomas d’Aquin. En effet, ces institutions permettent la continuité du Bien commun en soustrayant la désignation du dirigeant au choix des hommes, ce qui permet d’éviter les passions et conflits qu’entrainent indubitablement ce choix. Nous pouvons d’ailleurs voir ces passions en action à chaque élection…
Les Lois Fondamentales représentent donc le principal héritage de la monarchie capétienne, avec l’alliance du Trône et de l’Autel. Nous y sommes particulièrement attachés.
Pour revenir à votre question après cette brève explication, les Lois fondamentales sont claires et irréfutables pour désigner le Roi, ce qui fait qu’il n’y a pas normalement de « prétendant » au trône de France. Le Roi de France est Louis XX, et ce depuis la mort tragique de son père Alphonse II le 30 janvier 1989. En France, nous avons ainsi toujours un roi, jamais de vacance du pouvoir. C’est ce que signifie l’adage « le Roi est mort, vive le Roi ! ». Cela faisait dire à notre Prince, à la suite de son père, « je ne prétends à rien, je suis ».
Henri d’Orléans est 81e dans l’ordre de succession. Je suis obligé de le préciser puisque les Orléanistes revendiquent le trône pour ce dernier en niant ainsi les Lois fondamentales. Ne pas tenir compte de ces lois, c’est tout simplement faire fi de l’héritage construit patiemment par nos rois. Je rappelle également que ces lois permettent aussi que le monarque ne tombe pas dans la tyrannie. En effet, il n’est pas propriétaire de la couronne et ne peut modifier l’ordre de succession.

VdF : Comprenez-vous que des royalistes soient attirés par le vote contestataire, représenté à tort ou à raison par le Front national depuis les années 1980 ?

Il faut d’abord lever une première ambiguïté. Le « vote contestataire » est un leurre qu’utilisent les Républicains depuis 1870 principalement pour nous convertir aux idées révolutionnaires. Léon Gambetta ne disait-il pas que « l’esprit de démocratie a envahi toutes les cervelles et pénétré jusqu’à nos adversaires les plus avérés » ?
Saint Thomas avançait très justement l’idée que « la forme dépend nécessairement de la fin de l’action », autrement dit que l’on doit agir comme l’on pense, mais aussi que nos actions modèlent notre façon de penser. C’est ce qui s’est passé avec les catholiques, surtout depuis le ralliement à la République prôné à tort, comme il l’a reconnu lui-même à la fin de sa vie, par le pape Léon XIII. A force d’agir en libéraux, les catholiques et les royalistes ont fini par penser de plus en plus en libéraux. Le Front National, héritier du Boulangisme populiste mais aussi de l’Orléanisme politique et de l’Action Française maurrassienne, s’est présenté dans les années 1980 comme un parti voulant restaurer les valeurs originelles de la France. Le FN de Jean-Marie Le Pen jouait volontairement sur les symboles catholiques et royalistes pour les attirer. Beaucoup de ces royalistes furent séduits et se mirent à penser que le FN pouvait être un moyen de salut pour lutter contre le système républicain, voire un tremplin vers une restauration monarchique.
Cependant, le FN de Marine Le Pen n’entretient aujourd’hui plus aucune ambiguïté. Il est clairement républicain, démocrate et laïciste. Les positions de Marine Le Pen, notamment sur l’avortement, sont anticatholiques. Voter, pour quelque parti que ce soit, c’est entretenir la machine. Ce n’est pas pour rien que l’abstention affole tant les politiciens ainsi que les médias. Le vote FN est utilisé pour canaliser les mécontentements dans une forme républicaine et démocrate, aux faux airs dissidents et antisystèmes. Il suffit de voir la place occupée par Marine Le Pen et son parti dans les médias pour se rendre compte de la supercherie, quand on sait qu’aucune place n’est destinée aux vrais contestataires antirépublicains, et même aux opposants sérieux à l’Union européenne.
Voter FN, c’est donc à la foi inutile et contraire à la doctrine catholique, notamment à cause de la position du parti sur l’avortement.

VdF : Quel est votre avis sur les manifestations de rue contre les lois anti-naturelles ?

Il faut d’abord noter qu’il est rassurant de voir qu’un nombre conséquent de Français sont encore choqués par les attaques républicaines contre les lois naturelles et la famille. Je ne serai donc pas méprisant envers ces révoltes de personnes de tous âges qui se sont levées afin de montrer leur indignation devant ces abominations. Notre Prince les a d’ailleurs qualifiées récemment, dans un entretien au Mouvement Catholique des Familles, de réactions « admirables », en évoquant ces « millions de personnes dans la rue, ces familles, ces parents et grands-parents, ces enfants, (qui) tous ont voulu montrer leur attachement à la famille traditionnelle, creuset de la société ».
Cependant, ce constat positif ne nous empêche pas d’analyser ces mouvements, leur composition et leur efficacité.
En effet, nous avons vu avec ces manifestations, l’idée de rassembler tous les opposants au « mariage » contre-nature, sans aucune étiquette politique ou religieuse. Penchons nous sur les résultats. En effet, nous pouvons nous réjouir du nombre très important de participants à ces manifestations. Cependant, quelles en furent les conséquences ? La loi a-t-elle été retirée ? Aucunement. La pétition auprès du Conseil économique et social rassemblant plus de 700.000 signatures n’eut pas plus de succès. Cela nous montre que la démocratie est bel et bien un mythe et qu’en plus de cela, ce n’est pas le nombre qui permet de remporter des victoires.
Je pense que ces manifestations sont typiques de la manière de procéder des catholiques depuis au moins plus de cent ans. Ils sont toujours à la remorque des progressistes, à répondre à leurs attaques. La République fait tout pour détruire la famille depuis la Révolution : divorce, mariage civil, contraception, avortement, pacs, etc. Ce n’est pas nouveau ! Au lieu de s’attaquer à la source de ces maux, c’est à dire la République, les catholiques s’obstinent à protester, de manière impuissante et isolée, simplement contre ses méfaits. La plupart du temps, cela se fait en plus en employant les méthodes révolutionnaires que sont le vote, les manifestations ou encore les pétitions, méthodes qui ne peuvent que faire avancer la Révolution puisqu’on finit toujours par penser comme on agit. Pire encore, nous avons vu en tête des « Manif Pour Tous » des jeunes femmes coiffées de bonnets phrygiens ! « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes » disait Bossuet…
Tant que les catholiques et les hommes de bon sens n’auront pas compris que, pour en finir durablement avec toutes ces attaques aux lois naturelles, il faut d’abord en finir avec leur cause qui est la République, tout cela ne fera qu’aller de mal en pis.

VdF : N’est-il pas utopique au 21ème siècle de vouloir le retour du roi très chrétien dans nos sociétés athées, démocratiques et fondamentalement libertariennes ?

Vous savez, il semblait bien utopique d’imaginer la Monarchie Capétienne huit fois centenaire être renversée à la veille de la Révolution. Pourtant, cela est bien arrivé, malheureusement.
En effet, la République semble si bien ancrée dans notre société et dans les esprits de nos contemporains, avec tout son cortège de valeurs mortifères et de mensonges, qu’il paraît difficile voire impossible d’espérer une véritable restauration. Cependant, les illusions sur ce système tombent de plus en plus à l’heure actuelle entre les crises et les scandales auxquels la République n’arrive pas à faire face. Les Français voient bien le niveau de corruption de nos pseudo-élites. Les travaux récents de certains historiens permettent aussi à un nombre croissant de personnes de se rendre compte des mensonges construits par la République sur la Monarchie et l’Ancien Régime. Le taux de suicide chez les jeunes, à un niveau jamais connu à toutes les époques et dans toutes les sociétés, devrait interloquer les derniers crédules.
Notre société est malade. Et pour soigner un malade, on ne lui administre pas un peu de remède, mêlé à du poison. On lui donne ce que l’on a de mieux comme médicament. Ce remède, c’est bien la Monarchie capétienne qui a fait ses preuves pendant plus de huit siècles, apportant à la France le bonheur et la prospérité, malgré les vicissitudes inévitables des hommes.
Nous savons que le combat est difficile. Mais nous devons prendre exemple sur nos prédécesseurs, apprendre de leurs erreurs et s’enrichir de leur expérience, afin de tout mettre en œuvre pour faire connaître ce trésor qu’est la Monarchie traditionnelle française.
Je ne sais pas si, de mon vivant, je verrai le retour des Lys. Mais je pourrai au moins me satisfaire d’avoir transmis cette flamme qui ne s’est jamais éteinte depuis 1789.
En tant que jeune royaliste, confiant dans l’avenir et la Providence, je finirai sur ces paroles pleines d’espoir du Général vendéen de Charette :
« Notre Patrie, c’est notre Foi, notre terre, notre Roi… Mais leur Patrie à eux, qu’est-ce que c’est ? Vous le comprenez, vous ? Ils veulent détruire les coutumes, l’ordre, la tradition. [...] Pour eux, la Patrie semble n’être qu’une idée ; pour nous elle est une terre. Ils l’ont dans le cerveau ; nous l’avons sous les pieds… Il est vieux comme le diable, le monde qu’ils disent nouveau et qu’ils veulent fonder dans l’absence de Dieu… On nous dit que nous sommes les suppôts des vieilles superstitions ; faut rire ! Mais en face de ces démons qui renaissent de siècle en siècle, sommes une jeunesse, Messieurs ! Sommes la jeunesse de Dieu. La jeunesse de la fidélité ! Et cette jeunesse veut préserver pour elle et pour ses fils, la créance humaine, la liberté de l’homme intérieur… »

Fleur de lys

2014-43. « J’existe, je suis là et si je peux un jour oeuvrer plus concrètement pour la France, je prendrai mes responsabilités… »

Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou,
entretien accordé au journal « La Provence » :

Voici l’intégralité du texte paru dans le journal « La Provence » à la suite d’un entretien accordé par Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, à Frédéric Cheutin.

25 avril 2014

Si la France était encore une monarchie, le prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, serait notre souverain sous le nom de Louis XX. Le prince, qui s’est rendu vendredi à Aigues-Mortes pour commémorer le 800e anniversaire de la naissance de Saint Louis, a accepté de répondre aux questions de La Provence.

Monseigneur, vous vous êtes rendu, vendredi, à Aigues-Mortes pour commémorer le 800e anniversaire de la naissance de Saint Louis. Que représente ce Roi, majeur dans notre histoire, pour vous ? Et pourquoi célébrer sa naissance, qui est aussi le jour de votre quarantième anniversaire, à Aigues-Mortes ?

Louis de Bourbon : C’est vrai que la concordance des dates et des prénoms est amusante : Saint Louis est né le 25 avril 1214, je suis né 760 ans plus tard et nos épouses se prénomment Marguerite…
Mais plus sérieusement, oui, il m’a paru important de venir à Aigues-Mortes à l’occasion du 800e anniversaire de Saint Louis. J’ai accepté cette invitation des autorités civiles et religieuses car honorer ce saint Roi, bon époux et bon père de famille, est tout un symbole. Il fonda cette cité en 1240, ouvrant à la France une porte sur la Méditerranée qui ne s’est jamais refermée depuis.
Roi réformateur, bâtisseur, juste, il était très aimé car il avait grand souci du faible. Tout cela est présent à Aigues-Mortes, mais j’irai cette année dans d’autres lieux, tant en France qu’à l’étranger, à commencer par le Grau-du-Roi pour la restauration d’un reliquaire.

Alors que notre pays semble de plus en plus divisé, quel serait, selon vous, l’intérêt d’une restauration de la monarchie ?

Louis de Bourbon : L’avantage de la royauté, c’est précisément de faire l’union. D’ailleurs, ce fut tout au long de l’Histoire le leitmotiv de nos Rois : unir, rassembler, lutter contre les intérêts particuliers au profit de l’intérêt général.
Un Roi, par nature, est au-dessus de tous les partis. Il est au service de tous. Au service de son pays et c’est naturellement qu’il mettra tout en oeuvre pour le transmettre à son successeur en bonne santé.
C’est la concordance commune d’intérêts qui est l’un des secrets de la réussite du système, et cela est unique et irremplaçable.

Peut-on encore concilier modernité et monarchie, notamment en ce qui concerne les problèmes de société ?

Louis de Bourbon : Déjà, on peut constater que des monarchies existent en Europe et, en général, les pays concernés révèlent une adaptation plus dynamique, tant sur le plan social qu’économique.
La France est très attachée à son système de protection sociale que Saint Louis aurait sûrement soutenu, lui qui, à l’époque, créait les grands hôpitaux et les premiers fonds de retraite pour les soldats. Mais pour garder cette protection, il faut être vigilant et lucide. Rien n’est pire que l’utopie.
La royauté, elle, s’est construite sur du réel, c’est-à-dire, au départ, une famille, des fiefs, des communes, des artisans, des commerçants, des entrepreneurs, etc. Tout un tissu social travaillant chacun pour soi et pour le bien de tous, grâce à un contrôle minime mais efficace exercé par le minimum d’État qu’est la royauté. Ce système donnait ainsi beaucoup de libertés aux individus.
Où en sommes-nous avec les libertés ?

Dans la France actuelle, quel rôle entendez-vous jouer ?

Louis de Bourbon : Un rôle à la fois discret et concret. Les autorités, tant civiles que religieuses, qui m’ont invité savent très bien qui je suis et c’est bien en tant qu’aîné de la Maison de Bourbon, descendant direct de Saint Louis, que je suis venu à Aigues-Mortes. Les choses sont claires et je suis très heureux de pouvoir incarner cet attachement profond des Français à leur Histoire.
Chaque année, le programme des Célébrations Nationales présente beaucoup d’occasions d’évoquer ce lien si particulier qui existait entre le Roi et son peuple, un lien à la fois charnel et spirituel, là encore quelque chose d’irremplaçable.
Que vous dire d’autre ? J’existe, je suis là et si je peux un jour oeuvrer plus concrètement pour la France, je prendrai mes responsabilités. J’ai aujourd’hui 40 ans, trois enfants, une vie active, je sens bien que ma génération et celle qui suit attendent un changement profond et pacifique.

(propos recueillis par Frédéric Cheutin)

Armes de France gif

Publié dans:Chronique de Lully, Vexilla Regis |on 28 avril, 2014 |1 Commentaire »

2014-42. Aigues-Mortes, ce 25 avril 2014.

Huitième centenaire du Baptême de Saint Louis.
Quarantième anniversaire de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon.

1214 – 1974 – 2014

Aigues-Mortes statue de Saint Louis

Aigues-Mortes : au centre de la cité, la statue de Saint Louis.

Samedi in albis 26 avril 2014,
(fête empêchée de Notre-Dame du Bon Conseil)

Mon cher Lully,

Tu m’as demandé de te rédiger un compte-rendu de mon déplacement de ce vendredi 25 avril à Aigues-Mortes, afin que tu puisses le publier sur ton blogue, puisque tes fonctions de fidèle gardien du Mesnil-Marie ne te permettaient pas de t’y rendre toi-même ; je réponds donc très volontiers à ta demande.
Comme tu l’avais toi-même annoncé avant-hier (cf. > www), nous avions appris ce 23 avril par un laconique communiqué du Secrétariat de Monseigneur le duc d’Anjou, que le Prince Louis de Bourbon serait présent, avec son épouse, ce vendredi 25 avril à Aigues-Mortes pour célébrer le huitième centenaire du baptême de son aïeul le Roi Saint Louis, ainsi que le quarantième anniversaire de la naissance de Monseigneur lui-même.

Dans un entretien accordé au « Figaro » et publié au matin du jeudi 24 avril, le Prince Louis expliquait : « Pour le 25 avril, j’ai souhaité un geste fort, et il m’a semblé qu’être, en ce jour, à Aigues-Mortes était symbolique. Aigues-Mortes est une ville importante de l’histoire de France, dont l’image est totalement attachée au souvenir de Saint Louis, qui l’a fait bâtir en 1240 pour donner au royaume une porte sur la Méditerranée. Par la suite, il lui a octroyé une des premières chartes communales ouvrant la voie à une profonde réforme des institutions. Cela a permis d’affranchir les villes du pouvoir des féodaux. Le roi y est venu plusieurs fois, et la ville est toujours fidèle au souvenir de Saint Louis, qu’elle fête chaque 25 août. Que le chef de la maison capétienne y vienne est une occasion de rendre hommage à cette fidélité. C’est d’ailleurs ici qu’en 1992, j’ai effectué un de mes premiers déplacements de chef de maison, successeur des rois de France, en venant y déposer solennellement des reliques du saint roi. En 2014, je tenais à y revenir aussi, car j’ai le souci de ne pas associer les commémorations du 800ème anniversaire de Saint Louis aux seules grandes villes, mais à l’ensemble des cités – quelle que soit leur taille – où les rois ont laissé une trace. Les rois, en particulier Louis IX, ont toujours été de grands voyageurs, laissant le souvenir de leur passage de ville en ville » (on peut lire cet entretien en intégralité ici > www).

Jeudi matin, tu m’as toi-même entendu parler à mon filleul, Jean-Baptiste, et à sa maman, Marie-Christine, de cet évènement qui aurait lieu à environ trois heures de route de notre Mesnil-Marie : pour nous trois, la « tentation » était forte, mais Marie-Christine avait des obligations professionnelles. En me quittant, tu as néanmoins senti qu’elle était déterminée à faire tout son possible pour que nous puissions aller ensemble à Aigues-Mortes.
« Ce que femme veut, Dieu veut », entend-on parfois dire. En l’occurrence ce dût être vrai, car tu as pu constater que ce vendredi 25 avril, à midi et demi, la nouvelle arrivait : « Nous pouvons y aller ! »
Je n’ai pas été long en préparatifs… En route pour Aigues-Mortes !

Aigues-Mortes dédicace de la statue de Saint Louis

Aigues-Mortes – dédicace de la statue de Saint Louis au centre de la cité :
« A Saint Louis, la ville d’Aigues-Mortes voulant perpétuer le plus glorieux souvenir de ses annales a élevé cette statue dans le lieu témoin de l’embarquement de ce héros chrétien pour la VIIe et la VIIIe croisade ».

Arrivés aux pieds des remparts de la vieille cité un peu avant 17h, nous nous sommes aussitôt dirigés vers la place Saint-Louis, où nous ne tardâmes pas à retrouver des connaissances : amis de l’Institut de la Maison de Bourbon ou membres d’autres associations légitimistes, personnes rencontrées à l’occasion des fêtes catholiques et légitimistes du Lyonnais…
Je me suis dirigé vers l’église Notre-Dame des Sablons, qui borde la place Saint-Louis, et me suis présenté à Monsieur le Curé qui était en train de peaufiner certains détails de la cérémonie avec les membres des confréries de pénitents, et allait être interrogé par des journalistes de TF1 (voir en bas de page).
L’accueil de Monsieur l’abbé Pierre Lombard a été très cordial et, après m’avoir demandé si j’avais une tenue de choeur, il m’a invité à prendre part avec le clergé à la procession qui précèderait la Messe.
Nous avons admiré la tenture bleu-roi qui faisait comme un dais sur toute la longueur de l’église au-dessus de l’allée centrale et dont le pan qui retombait à la perpendiculaire de l’autel était constellé de fleurs de lys d’or, ainsi que les deux écussons marqués aux armes de France accrochés aux extrémités de la poutre de gloire ; mais - malheureusement – cela n’apparaît pas très bien sur ma photo  :

Aigues-Mortes ND des Sablons bleu roi et fleurs de lys

A 18h, Monseigneur le duc d’Anjou et son épouse sont arrivés sur la place Saint-Louis : ils nous ont salués en même temps que le petit groupe de personnes présentes, et nous avons été invités entrer à leur suite dans le salon d’honneur de l’hôtel de ville.
Monsieur Pierre Mauméjean, maire d’Aigues-Mortes et un petit groupe d’élus ou de notabilités y ont accueilli officiellement le couple princier.
Dans son mot de bienvenu, bien sûr, Monsieur le Maire a rappelé les liens particuliers de sa ville avec Saint Louis, et nous l’avons sincèrement admiré d’avoir osé publiquement regretter que tous les privilèges, franchises et exemptions que le saint Roi avait accordés à Aigues-Mortes eussent été rayés d’un seul trait de plume à la révolution…
Le Prince Louis a répondu par un petit discours rappelant les liens particuliers qui l’unissent à la ville d’Aigues-Mortes depuis 1992 (voir ce qu’il en dit ci-dessus dans la citation de l’entretien du « Figaro ») ; en suite de quoi chacun put s’approcher du Prince et de Madame (laquelle était venue malgré la fièvre qui la tourmentait).
Nous étions à peine une quarantaine de personnes dans ce salon d’honneur de l’hôtel de ville, ce qui donnait à cette rencontre un caractère de simplicité et de très grande proximité : ce fut vraiment un moment très apprécié.

Accueil du Prince Louis et de la Princesse Marguerite à l'Hôtel de Ville

Monseigneur et Madame lors de l’accueil officiel à l’hôtel de ville.

Arriva enfin l’heure de la procession, qui partait de la cour de la maison paroissiale : Le Prince Louis et la Princesse Marguerite saluèrent chacun de ceux qui étaient là, et vinrent donc vers moi pour la seconde fois ; c’est à ce moment-là que j’ai échangé quelques mots personnels avec eux, et que j’ai spécialement pu dire au Prince : « Monseigneur, permettez-moi de vous dire que je prie tous les jours pour vous : pour votre personne, pour ce que vous représentez et pour ce que vous incarnez… et votre portrait est dans ma chapelle ». La Princesse Marguerite ma alors serré les deux mains avec effusion et, en me regardant au fond des yeux, m’a dit d’une manière très appuyée : « Merci ! Merci ! »

En tête de procession, derrière la croix, venaient un jeune homme et une jeune femme en costume du XIIIe siècle, portant une reproduction de l’étendard de Saint-Denys ; ils étaient suivis de dames, de jeunes femmes et d’enfants en costumes aigues-mortais traditionnels (ressemblant beaucoup à celui des Arlésiennes) ; venaient ensuite les membres des deux confréries de pénitents actives sur la paroisse d’Aigues-Mortes : les pénitents blancs et les pénitents gris ; derrière les pénitents marchaient des représentant des Chevaliers du Saint-Sépulcre et des Chevaliers de Malte, précédant le Prince Charles-Emmanuel de Bauffremont, président de l’Institut de la Maison de Bourbon, portant un reliquaire de Saint Louis à la restauration duquel l’Institut a largement contribué.
C’est alors que se plaçaient Monseigneur le duc d’Anjou et son épouse, avec une suite d’honneur. Dans les rues qui nous conduisaient à l’église Notre-Dame des Sablons ils furent applaudis par plusieurs personnes, dont certaines n’hésitèrent pas à crier : « Vive le Roi ! »

Prince de Bauffremont portant le reliquaire de Saint Louis restauré

Le Prince Charles-Emmanuel de Bauffremont portant le reliquaire de Saint Louis
dont la restauration a été rendue possible grâce à l’Institut de la Maison de Bourbon.

Suivait ensuite la procession du clergé. J’étais en tête, comme religieux non clerc, aux côtés d’un prélat de l’Ordre de Malte qui ne souhaitait pas concélébrer.
Il y avait plusieurs diacres et, à ce qu’il m’a semblé, une quinzaine de prêtres (j’ai remarqué que les plus jeunes étaient aussi ceux qui portaient l’habit ecclésiastique noir de la manière la plus stricte et qui se tenaient le plus dignement au choeur), qui précédaient Son Excellence Révérendissime Monseigneur Robert Wattebled, évêque de Nîmes, Uzès et Alès.

Aigues-Mortes plaque à l'entrée de l'église ND des Sablons

Plaque commémorative à l’entrée de l’église Notre-Dame des Sablons.

La procession s’est engouffrée dans l’église Notre-Dame des Sablons qui était archicomble et dans laquelle la ferveur semblait palpable.
Bien que la Messe fut célébrée selon le nouvel ordo, j’ai été sensible aux efforts faits pour rendre la liturgie belle et priante : les chants du propre étaient en latin, et Monsieur le Curé avait tout fait pour que la Messe soit digne et fervente.
Le Prince Louis et la Princesse Marguerite avaient des fauteuils et des prie-Dieu – recouverts d’un tissu bleu marqué d’une énorme fleur de lys d’or – à l’entrée du sanctuaire, du côté de l’épître, devant une très belle statue baroque de la Madone.

Son Excellence Monseigneur Wattebled a prononcé une homélie qui, commençant par une citation de Saint Louis affirmant sa détermination à subir de grands sacrifices pour obtenir la conversion et le baptême du sultan, a mis l’accent sur l’importance du Saint Baptême, et, puisque nous célébrions précisément en ce jour le huitième centenaire du baptême de Saint Louis, a exhorté les fidèles à approfondir le sens de leur propre baptême, à mieux comprendre quelle semence de sainteté il avait déposé en eux, et quelle responsabilité incombait à chacun pour mieux faire connaître Notre-Seigneur Jésus-Christ par une vie exemplaire qui Lui attirerait des coeurs…
J’ai noté que Son Excellence a même évoqué le concept de la « guerre juste » et n’a pas hésité à parler de la sainteté du guerrier !
C’était en définitive une assez heureuse surprise en comparaison de beaucoup d’homélies de NN.SS. les Evêques de France, car l’on est souvent saisi d’une grande appréhension au moment où ils ouvrent la bouche…

Son Excellence Monseigneur R. Wattebled à Aigues-Mortes le 25 avril 2014

Son Excellence Monseigneur Robert Wattebled
à l’offertoire de la Messe en l’honneur du huitième centenaire du Baptême de Saint Louis
Aigues-Mortes, vendredi 25 avril 2014

A la fin de la Messe, Monsieur le curé a pris la parole pour remercier Son Excellence, le Prince Louis et la Princesse Marguerite, ainsi que le Prince de Bauffremont
Monseigneur le duc d’Anjou a pris la parole, rappelant encore une fois les liens particuliers qui l’unissent à Aigues-Mortes, et ajoutant qu’il était très heureux de fêter non seulement le huitième centenaire du baptême de son saint aïeul mais aussi son propre quarantième anniversaire, en ce 25 avril. En quelques phrases claires et concises, il a magnifié l’exemple de Saint Louis à la fois comme Roi, comme père de famille, comme chrétien exemplaire et a eu quelques très belles paroles sur la fidélité et la famille (note : le texte du message lu par Monseigneur le duc d’Anjou est désormais disponible, voir le lien en bas de page).
L’émotion était à son comble : toute l’assemblée s’est spontanément levée et a applaudi avec chaleur… Moi-même, je me suis retenu à ce moment-là pour ne pas crier très fort : « Vive le Roi ! », et je suis convaincu que, si je l’eusse osé, beaucoup eussent alors suivi mon exemple et eussent longuement poussé à ma suite ce cri d’amour qui est aussi une prière !

Monsieur le Curé a précisé que le reliquaire restauré qui avait été à l’honneur dans la procession de ce jour serait porté le lendemain en bâteau jusqu’au Grau du Roi, où d’autres cérémonies auraient lieu.

Reliquaire de Saint Louis

Reliquaire de Saint Louis
qui fut à l’honneur ce 25 avril 2014 à Aigues-Mortes.

A l’issue de la Messe, il y eut une longue séance de photographies au pied de la statue de Saint Louis, puis nous fûmes invités à un vin d’honneur, offert par la paroisse, au cours duquel le Prince Louis et la Princesse Marguerite furent très entourés : c’était vraiment beau de constater une simple, vraie et belle ferveur populaire (amplifiée peut-être par la faconde méridionale).
Parmi les bonnes choses qui furent proposées à notre dégustation, mon cher Lully, je dois faire une mention très louangeuse d’une spécialité aigues-mortoise : la fougasse sucrée. Je crois qu’on peut dire en toute vérité qu’elle constitue à elle seule une preuve de l’existence du Bon Dieu ! 

J’ai rencontré un grand nombre de personnes fort intéressantes, et j’ai eu de belles et touchantes discussions soit avec des paroissiens d’Aigues-Mortes, soit avec des légitimistes venus des environs… ou de beaucoup plus loin.
J’ai même eu la surprise de me voir abordé en ces termes : « Ne seriez-vous pas le Frère Maximilien-Marie ? »

- Oui, c’est bien moi…
- Je vous connais parce que j’aime beaucoup le blogue du Maître-Chat Lully dont je suis un lecteur fervent !
Un monsieur m’a même demandé : « C’est vous le Chat Lully ? » et j’ai dû répondre (en rougissant sans doute) que je n’étais que ton humble serviteur, et que tu attendais sans doute avec un peu d’impatience mon retour pour m’interroger sur cette belle fête !!!

Que dirai-je pour conclure ?
Tu l’as bien vu toi-même lorsque je suis rentré au Mesnil-Marie alors qu’il était 1h 30 du matin bien sonnées, et que j’avais comme des étoiles dans les yeux et un doux feu dans le coeur : ce n’est pas seulement une chance, ce n’est pas seulement un bonheur, c’est une véritable et très grande grâce – au sens pleinement surnaturel de ce mot – que d’avoir été si proche de notre Prince pendant ces quelques heures à Aigues-Mortes, unis dans la pieuse mémoire de son ancêtre le Roi Saint Louis, ainsi que d’avoir pu échanger quelques mots personnels avec lui : la Grâce Royale existe, et elle transcende la personne sur laquelle elle repose, et elle touche en profondeur, et elle transforme ceux qui savent lui ouvrir leurs coeurs !

Vive le Sang de Saint Louis ! Vive le Roi !

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur.    

Image souvenir du 8e centenaire de Saint Louis offerte par la paroisse d'Aigues-Mortes

Image souvenir du 25 avril 2014
offerte par la paroisse d’Aigues-Mortes.

D’autres comptes-rendus de cette journée du 25 avril 2014 à Aigues-Mortes
- Dans « Noblesse et Royautés » 1) le compte-rendu de la cérémonie à la mairie > www
et 2) le compte rendu de la cérémonie religieuse > www

- A la télévision : au 13h du 26 avril sur TF1 > www

- Le message prononcé par le Prince Louis à l’issue de la cérémonie religieuse
peut être lu sur le site de l’Institut duc d’Anjou > www
Lentretien accordé au journal « La Provence » est publié ci-après > www

Grandes armes de France

2014-41. De quelques beaux anniversaires royaux que nous célébrons avec une grande ferveur au Mesnil-Marie.

Jeudi 24 avril 2014.

J.B. Deshayes - Ste Jeanne de France

Jean-Baptiste Henri Deshays de Colleville, dit le Romain : Sainte Jeanne de France.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

En réponse, en quelque manière, à Monsieur Manuel Valls qui place la grandeur de la France dans des évènements asez pitoyables et des personnes aussi sectaires que lui (cf. ma publication d’hier > www), je vais dans les paragraphes ci-dessous vous parler de quelques anniversaires qui ont lieu ces jours-ci et que nous célébrons avec une grande ferveur en notre Mesnil-Marie.
A mes yeux de matou monastique – pour lequel l’histoire de France ne commence pas en 1789 – , nous trouvons-là quelques uns des éléments de la véritable gloire de notre pays…

lys.gif

A – Le 550ème anniversaire de la naissance de Sainte Jeanne de France.

Sainte Jeanne de France, fille de Leurs Majestés le Roi Louis XI et la Reine Charlotte de Savoie, est née le 23 avril 1464 à Nogent-le-Roi (dans l’actuel diocèse de Chartres). Ce 23 avril 2014 a donc marqué le cinq-cent-cinquantième anniversaire de sa naissance.
Ceux qui nous connaissent bien savent que nous avons pour cette sainte princesse – fille, soeur et femme de rois – une très grande vénération. J’avais d’ailleurs publié un résumé de sa vie dans les pages de ce blogue (ici > Sainte Jeanne de France).

Canonisée par Sa Sainteté le Pape Pie XII le dimanche de la Pentecôte, 28 mai, de l’année sainte 1950, je relève quelques belles citations de l’homélie que prononça pour la circonstance le vénérée « Pasteur Angélique », afin que vous puissiez les méditer :
« Elle fut très douce et très humble, et brilla par cette soumission chrétienne de l’âme qui n’est pas abdication de l’esprit ni faiblesse de la volonté, mais à proprement parler une vertu. Une vertu, disons-Nous, qui sous les injures, même les plus cruelles, est capable de contenir, de tempérer et de diriger les agitations du coeur ; une vertu qui apporte aux mortels la maîtrise d’eux-mêmes ; qui donne la tranquillité, la sérénité et la paix ; une vertu qui, dans la joie ou dans la tristesse, fait lever les yeux vers le ciel où chacun, après cet exil de la terre, pourra obtenir une récompense si haute que toutes les grandeurs et dignités humaines paraîtront caduques, vaines et inutiles.
(…) Que sainte Jeanne nous obtienne surtout, nous l’en prions, ce sans quoi tout le reste ne peut rien, ne vaut rien : que l’amour divin réchauffe les âmes des mortels, que la charité chrétienne envers tous les entraîne, que les préceptes évangéliques les règlent, les gouvernent et les dirigent.
Que tous saisissent dans la vie de Jeanne et qu’ils apprennent d’elle que ni les grandeurs humaines, ni les richesses, ni les voluptés du siècle ne peuvent communiquer le bonheur aux hommes, mais seulement la vertu, par laquelle « rien n’est plus beau, rien n’est plus noble, rien n’est plus aimable ».
Soutenus par la grâce divine, efforçons-nous donc de l’acquérir, et ainsi nous pourrons un jour atteindre cette béatitude éternelle qui ne connaît pas de fin.
Amen. »

(Pie XII – homélie de la canonisation de Sainte Jeanne de France,
d’après le texte latin des A. A. S., XXXXII, 1950, p. 466)

lys.gif

tableau de Saint Louis par François Lemoyne 1727 cathédrale de Versailles

François Lemoyne : Saint Louis en prière
(cathédrale Saint Louis de Versailles)

B – Du huitième centenaire de la naissance de Saint Louis.

Le 25 avril 1214, naquit celui qui deviendrait le Roi Saint Louis : cela fait donc exactement huit siècles en ce 25 avril 2014 !
Tout comme pour le douzième centenaire de la mort du Bienheureux Charlemagne (cf. > www), la pieuvre maçonnique qui étouffe actuellement la France dans ses tentacules assassins ne fait bien évidemment pas beaucoup de publicité pour les commémorations qui honorent la mémoire de celui qui a porté à un si haut degré l’idéal et la vertu chrétiens à la tête du Royaume de France.

Dans le panégyrique de Saint Louis, qu’il prononça dans la cathédrale de Blois le 29 août 1847, puis dans la cathédrale de Versailles le 27 août 1848, l’abbé Louis-Edouard Pie, bientôt évêque de Poitiers et futur cardinal, proclamait :
« (…) Le règne de Saint Louis (…) n’a été (…) que le règne de Dieu. Il ne me sied pas sans doute de donner ici des leçons aux peuples et aux rois. Mais est-ce ma faute, si elles naissent comme d’elles-mêmes du fond de mon sujet ? Quand la France fut-elle plus divisée qu’à la naissance de Louis ? Quand les attributions du sceptre furent-elles plus envahies ? Puissance populaire qui commence à s’élever par l’affranchissement des communes ; puissance féodale qui a converti les provinces en autant de royaumes ; puissance royale qui aspire à tout ramener à un centre unique : c’est au milieu de ces luttes et de ces agitations que la providence a placé le berceau de Louis. Peuple, bourgeois, feudataires, monarque, qui pourra rapprocher tous ces extrêmes ? Comment fondre en un tout harmonieux et hiérarchique des éléments aussi divers ?… Mais Louis croit en Dieu, et la France croit en Dieu. Louis et la France ont un même symbole, une même doctrine, une même foi. Le roi et le pays ont un même drapeau, un même étendard qui est la croix de Jésus-Christ. Bientôt la voix de la religion domine la voix de toutes les passions et de tous les intérêts. Le monarque et la nation s’unissent dans un sublime concert pour le service du Seigneur. Et dans cette religieuse étreinte de la puissance royale et de la puissance féodale et populaire, la guerre civile est étouffée, la querelle domestique est éteinte (…). Unis devant Dieu, Louis et la France restent étroitement embrassés entre eux, et le règne d’un saint devient le règne le plus glorieux et le plus régulier de notre monarchie (…).
Encore une fois, mes frères, quels enseignements pour nos sociétés modernes ! Puissent-elles comprendre que le bonheur et la paix ne nous reviendront qu’à la suite de la religion ! (…) »
Je ne peux évidemment tout citer, et cependant tout dans ce panégyrique est admirable et mériterait – tant les leçons en sont actuelles – de servir de programme de politique générale en vue d’un vrai relèvement de la France, en vue d’une authentique cohésion sociale, en vue même d’un réel redressement économique…

Au moment où j’écris ces lignes, j’apprends que l’aîné des descendants de Saint Louis, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, sera présent, avec la Princesse Marie-Marguerite son épouse, ce vendredi 25 avril 2014, à la Messe que célèbrera Son Excellence Monseigneur Wattebled, évêque de Nîmes, Uzès et Alès, en l’église Notre-Dame des Sablons, à 19 heures, à Aigues-Mortes, ville fondée par Saint Louis, laquelle a tenu à marquer le huitième centenaire de son fondateur.

Nota bene :
on trouvera aussi dans ce blogue
– les enseignements de Saint Louis à son fils > www
– des prières et litanies en l’honneur de Saint Louis > www

lys.gif

L'ami de la religion et du roi 1814

C – Du bicentenaire de la Restauration.

J’entends fort peu parler du bicentenaire de la Restauration du pouvoir légitime en France en 1814
Sans nul doute parce que les gouvernements qui se succèdent en France depuis 1830 sont tous illégitimes !
L’histoire officielle jette donc le discrédit (quand elle ne l’escamote pas en quelques lignes méprisantes) sur l’heureuse parenthèse des années 1814-1830, et omet de faire mention du redressement spirituel, moral, économique et financier dont le retour des Bourbons fut la cause.
« On » préfère verser des larmes de crocodiles sur la défaite du tyran Buonaparte qui avait saigné la France et l’avait conduite au bord de l’abîme…

Sans doute, le régime instauré par la Charte, octroyée le 4 juin 1814, par Sa Majesté le Roi Louis XVIII présentait-il de nombreuses imperfections.
Sans doute aussi, de nombreuses maladresses – dont on se rend compte seulement après de longues années de recul qu’elles étaient des maladresses aux conséquences désastreuses – furent-elles commises.
Mais après quelque vingt-cinq années de désordres, de gaspillages humains et patrimoniaux, de guerres quasi incessantes et d’expériences catastrophiques, force est d’admettre que le retour des Princes légitimes, non pas « dans les fourgons de l’étranger » mais bien malgré les fourgons de l’étranger, fut pour la France un évènement des plus heureux.

Avec Frère Maximilien-Marie, au cours de l’hiver, nous avons étudié avec la plus grande attention les « Souvenirs inédits d’un conspirateur », ouvrage qui publie une partie importante des notes de Ferdinand de Berthier de Sauvigny, l’un des fondateurs des Chevaliers de la Foi, société à laquelle nous vouons une haute estime, et dont on peut dire qu’elle a été pratiquement le seul mouvement contre-révolutionnaire vraiment couronné de succès. L’une des raisons – sinon la raison essentielle – en est que c’était d’abord un mouvement spirituel, profondément ancré dans la religion traditionnelle ; un mouvement dans lequel les oeuvres de la pénitence (telles que le jeûne) et de la charité étaient fondamentales, et dont l’action politique n’était que le prolongement naturel.
Je ne peux que recommander la lecture de cet ouvrage à ceux qui veulent sortir des ornières de la pensée dominante concernant la Restauration (Ferdinand de Berthier « Souvenirs inédits d’un conspirateur – révolution, empire et première Restauration », présentés et annotés par Guillaume de Berthier de Sauvigny – collection In-Texte, éd. Tallandier).

Il y a une autre lecture des plus intéressantes que je vous suggère aussi, c’est celle de « l’Ami de la Religion et du Roi », un « journal ecclésiastique, politique et littéraire » dont les feuillets ont été réunis en volumes que l’on peut lire sur internet.
On peut y suivre presque au jour le jour les évènements de l’année 1814 à partir de l’arrivée à Paris de Monsieur, comte d’Artois et futur Charles X : on y apprend les nouvelles ecclésiastiques, avec le retour dans ses Etats de Sa Sainteté le Pape Pie VII, libéré des griffes du Buonaparte, et le retour de l’Eglise de France à la liberté ; on y lit le compte-rendu de toutes les manifestations d’allégresse dans le peuple français, soulagé du joug napoléonien ; on y voit les démonstrations de foi des Princes, renouant la sublime alliance du trône et de l’autel ; on y suit les délicates négociations diplomatiques qui aboutissent à l’octroi de la Charte… etc.

Voici les liens vers cette lecture, elle aussi des plus passionantes : « L’Ami de la Religion et du Roi » – 1814 > volume 1 et volume 2.

allégorie du retour des Bourbons 1814 Louis XVIII relevant la France - Louis-Philippe Crépin

Louis-Philippe Crépin : Louis XVIII relevant la France
Allégorie du retour des Bourbons en 1814

lys.gif

D – Du quarantième anniversaire de Monseigneur le Duc d’Anjou.

Enfin, ce 25 avril 2014 est le jour du quarantième anniversaire de la naissance de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de droit Louis XX, né donc exactement sept-cent-soixante ans après son ancêtre le Roi Saint Louis, dont il est l’aîné des descendants.
Chef de la Maison de Bourbon depuis le dramatique accident qui a coûté la vie à son père, le Prince Alphonse, le 30 janvier 1989 (cf. > www), Monseigneur le Prince Louis incarne en son auguste personne la légitimité dynastique, la continuité qui transcende le temps, les principes pérennes qui ont fait de la France un grand royaume non seulement dans le domaine politique, mais aussi dans l’ordre spirituel et culturel.
En cet heureux anniversaire, nos voeux – pour sa personne et pour sa famille – rejoignent avec une ferveur toute spéciale notre Prince, et – bien sûr – nos prières demandent à Dieu, dont il est de droit le lieu-tenant pour ce Royaume terrestre, une surabondance de grâces et de bénédictions, afin qu’il marche résolument et, s’il se peut, avec succès, dans les pas de son regretté père, et de ses aïeux Louis XIV, Henri IV, Saint Louis et le Bienheureux Charlemagne !

Ad multos annos !

Mgr le Prince Louis et Madame la Princesse Marie-Marguerite

Monseigneur le Prince Louis, duc d’Anjou, aîné des Capétiens,
et son épouse, la Princesse Marie-Marguerite.

frise lys

Prière pour demander à Dieu la conversion des Francs-Maçons.

       Nul n’ignore les liens de l’écrasante majorité des actuels dirigeants de la république française avec la Franc-Maçonnerie et tout spécialement avec le Grand Orient, l’obédience qui est la plus virulente contre le christianisme.
Nous avons retrouvé cette prière, revêtue de l’imprimatur et à laquelle Sa Sainteté le Pape Léon XIII avait accordé des indulgences afin d’encourager à la réciter. Nous la publions parce qu’elle nous semble ne rien avoir perdu de son actualité.

Sacré-Coeur Roi

Seigneur Jésus-Christ, qui Vous plaisez à faire éclater votre toute-puissance principalement en pardonnant aux pécheurs, vous qui avez dit : Priez pour ceux qui vous persécutent et vous calomnient ; nous implorons la clémence de Votre Coeur Sacré pour des âmes créées à l’image de Dieu, qui ont été misérablement trompées par les séductions perfides de la franc-maçonnerie et se précipitent dans la voie de leur perte éternelle.
Ne permettez pas, nous Vous en conjurons, que l’Eglise, Votre sainte épouse, soit opprimée par eux plus longtemps, mais apaisé par l’intrcession de la Bienheureuse Vierge Marie, Votre Mère, et par les prières des justes, daignez Vous souvenir de Votre miséricorde infinie.
Oubliez leur perversité, et faites que, revenant à Vous, ils consolent l’Eglise par une éclatante pénitence et obtiennent la gloire éternelle. O Vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles.

Ainsi soit-il !

Imprimatur :
2 juillet 1896 – Fr. Card. Richard, arch. Parisiensis
Indulgence de 100 jours – Léon XIII, 11 août 1898.

Saint Michel gif

1...130131132133134...202

A tempo di Blog |
Cehl Meeah |
le monde selon Darwicha |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | mythologie
| jamaa
| iletaitunefoi