Archive pour la catégorie 'Chronique de Lully'

Prière à la Très Sainte Vierge Marie, Reine.

Prière composée par
Sa Sainteté le Pape Pie XII

et qu’il récita en italien,
après avoir couronné l’icône de Marie « Salus Populi Romani »,
en la Basilique de Saint-Pierre au Vatican,
le 1er novembre 1954.

       Le mois de mai, mois de Marie, s’achève par la fête de Marie, Reine.
Cette fête fut instituée afin de clore solennellement le mois de Marie, le 31 mai : c’est une initiative de Sa Sainteté le Pape Pie XII qui l’annonça dans l’encyclique « Ad caeli Reginam », en date du 11 octobre 1954 (texte de l’encyclique > ici). 
Vingt jours plus tard, le 1er novembre 1954 (jour du quatrième anniversaire de la proclamation du dogme de l’Assomption), dans la basilique Saint-Pierre, le Saint-Père couronnait solennellement la célèbre icône de Marie appelée « Salus Populi Romani », habituellement gardée dans la chapelle Borghèse de la basilique de Sainte Marie aux Neiges et qui, pour cette occasion, avait été portée en procession jusqu’au Vatican.
C’est en cette circonstance que le Vénérable Pie XII prononça la prière dont nous publions le traduction française ci-dessous, prière dont les termes conservent une pertinente actualité.

Pie XII couronnement de l'icône Salus Populi Romani

Sa Sainteté le Pape Pie XII
devant l’icône « Salus Populi Romani »
le 1er novembre 1954

* * * * * * *

       Du fond de cette terre de larmes où l’humanité souffrante se traîne péniblement, dans les remous d’une mer sans cesse agitée par le vent des passions, nous levons les yeux vers vous, ô Marie, Mère très aimée, pour puiser le réconfort dans la contemplation de votre gloire et pour vous saluer Reine et Maîtresse des cieux et de la terre, notre Reine et notre Dame.

   Votre Royauté, nous voulons l’exalter avec la légitime fierté des fils, et la reconnaître comme due à la suprême excellence de tout votre être, ô très douce et vraie Mère de Celui qui est Roi par droit propre, par héritage, par conquête.

   Régnez, ô notre Mère et notre Dame, en nous montrant le chemin de la sainteté, en nous dirigeant et assistant, afin que nous ne nous en éloignions jamais.

   Au plus haut des cieux, vous exercez votre Royauté sur les armées des anges qui vous acclament comme leur Souveraine, sur les légions des Saints qui se délectent dans la contemplation de votre éclatante beauté ; régnez de même sur le genre humain tout entier, surtout en ouvrant le chemin de la foi à ceux qui ne connaissent pas encore votre divin Fils.

   Régnez sur l’Eglise, qui professe et fête votre suave domination et qui recourt à vous comme à un sûr refuge au milieu des calamités de notre temps. Mais régnez spécialement sur cette portion de l’Eglise qui est persécutée et opprimée, lui donnant la force pour supporter les adversités, la constance pour ne pas plier sous les injustes oppressions, la lumière pour ne pas tomber dans les embûches de l’ennemi, la fermeté pour résister aux attaques ouvertes, et, à chaque instant, une inébranlable fidélité à votre Royaume.

   Régnez sur les intelligences, afin qu’elles ne recherchent que la vérité ; sur les volontés, afin qu’elles ne suivent que le bien ; sur les coeurs, afin qu’ils aiment uniquement ce que vous aimez vous-même.

   Régnez sur les individus et sur les familles comme sur les sociétés et les nations ; sur les assemblées des puissants, sur les conseils des sages, comme sur les modestes aspirations des petits.

   Régnez sur les routes et les places publiques, dans les cités et les villages, dans les vallées et les montagnes, dans les airs, sur la terre et sur les mers.

   Et accueillez la dévote prière de ceux qui savent que votre Royaume est un royaume de miséricorde, où toute supplication trouve accueil, toute douleur un réconfort, toute infortune un soulagement, toute infirmité la santé et où, comme sur un signe de vos très douces mains, de la mort même renaît la vie souriante.

   Accordez-nous que ceux qui maintenant, dans toutes les parties du monde, vous acclament et vous reconnaissent pour Reine et Maîtresse, puissent un jour au ciel jouir de la plénitude de votre Royaume, dans la vision de votre Fils, qui, avec le Père et le Saint-Esprit, vit et règne, dans les siècles des siècles.

Ainsi soit-il !

On peut voir sur la vidéo ci-dessous une séquence filmée de cette cérémonie du 1er novembre 1954 (faire un clic droit sur l’image ci-dessous, puis : « ouvrir dans un nouvel onglet »).

Image de prévisualisation YouTube

Armoiries de Pie XII

Nota bene : le 31 mai le martyrologe fait mention de Sainte Pétronille,
céleste protectrice de la « noble nation des Francs », mais – en raison de la fête de Marie Reine – nous en célébrons la fête le 1er juin cf. > ici

2014-54. «… le coeur de Jeanne était resté intact et plein de sang. »

30 mai, fête de Sainte Jeanne d’Arc
(en France, fête double de deuxième classe).

En cette fête de Sainte Jeanne d’Arc, je vous propose de lire (ou pour certains d’entre vous de relire) l’intégralité de la déposition de Jean Massieu, un huissier qui assista aux derniers instants de Jeanne, déposition qui figure dans les actes authentiques du procès de notre héroïne.
L’exemple de Sainte Jeanne d’Arc n’est-il pas bien propre à nous encourager quand les avenirs terrestres paraissent chargés de lourds nuages, à nous fortifier dans la foi, à nous entretenir dans l’espérance surnaturelle, à nous élever à une compréhension spirituelle de notre histoire, à nous stimuler à la générosité pour le sacrifice et la pénitence, à nous porter à collaborer de toutes nos forces aux desseins divins, et – en un mot – à nous sanctifier ?

Jeanne d'Arc sur le bûcher,  Jules-Eugène Lenepveu (1886-90)

Jules-Eugène Lepneveu : Sainte Jeanne d’Arc sur le bûcher

Déposition de Jean Massieu, huissier :

« Le mercredi suivant eut lieu l’exécution. Dès le matin, après avoir ouï deux fois Jeanne en confession, frère Martin Ladvenu m’envoya trouver l’évêque de Beauvais pour l’informer qu’elle s’était confessée et demandait la communion.
L’évêque réunit quelques docteurs.
Après qu’ils eurent délibéré il revint me dire : « Dites à frère Martin de lui donner la communion et tout ce qu’elle demandera ». Je revins au château et avisai frère Martin.

Certain clerc, messire Pierre apporta à Jeanne le corps de Notre-Seigneur, mais avec bien de l’irrévérence, sur une patène enveloppée du conopée dont on couvre le calice, sans lumière, sans cortège, sans surplis et sans étole.
Frère Martin en fut mécontent. Il envoya quérir une étole et de la lumière, puis il communia Jeanne. J’y étais. Elle reçut l’hostie très dévotement et en répandant beaucoup de larmes.

Cela fait, Jeanne fut conduite au Vieux-Marché ; frère Martin et moi nous la conduisîmes. Il y avait plus de huit-cents hommes d’escorte portant haches et glaives. Sur le chemin, Jeanne faisait de si pieuses lamentations que frère Martin et moi ne pouvions nous tenir de pleurer.

Au Vieux-Marché, Jeanne ouït le sermon de maître Nicolas Midi bien paisiblement.
Le sermon fini, maître Midi dit à Jeanne : « Jeanne, va en paix, l’Eglise ne peut plus te défendre et te livre au bras séculier ».
A ces mots, Jeanne, s’étant agenouillée, fit à Dieu les plus dévotes oraisons. Elle eut une merveilleuse constance, montrant apparences évidentes et grands signes de contrition, pénitence et ferveur de foi, tant par ses piteuses et dévotes lamentations que par ses invocations de la benoîte Trinité, de la benoîte glorieuse Vierge Marie et de tous les benoîts saints du paradis, parmi lesquels elle en nommait expressément plusieurs. Au milieu de ses lamentations, dévotions et attestations de vraie foi, elle demandait merci très humblement à toute manière de gens, de quelque condition ou état qu’ils fussent, tant de l’autre parti que du sien, en requérant qu’ils voulussent prier pour elle et en leur pardonnant le mal qu’ils lui avaient fait. Elle continua ainsi longtemps, environ une demi-heure.
A cette vue les juges assistants se mirent à pleurer avec abondance. Plusieurs des Anglais présents reconnaissaient et confessaient le nom de Dieu au spectacle d’une si notable fin. Ils étaient joyeux d’y avoir assisté, disant que ç’avait été une bonne femme.

Quand Jeanne fut abandonnée par l’Eglise, j’étais encore avec elle.
Elle requit avec grande dévotion qu’on lui donnât une croix. Un Anglais en fit une avec le bout d’un bâton et la lui donna. Jeanne la reçut dévotement, la baisa tendrement, faisant de piteuses lamentations et oraisons à Dieu notre Rédempteur qui souffrit en la croix pour notre salut ; de laquelle croix elle avait le signe et la représentation. Elle mit cette croix en son sein, entre sa chair et son vêtement.
De plus, elle me demanda humblement de lui faire avoir la croix de l’église afin qu’elle la vît continuellement jusqu’à la mort. Je fis tant que le clerc de la paroisse Saint-Sauveur la lui apporta. Quand on la lui eut apportée, Jeanne l’embrassa bien fort et longuement en pleurant, et elle la serra dans ses mains jusqu’à ce que son corps fût lié au poteau.

Pendant que Jeanne faisait ses dévotions et pieuses lamentations, les soldats anglais et plusieurs de leurs capitaines nous harcelaient, ayant hâte qu’elle fût mise entre leurs mains pour la faire plus tôt mourir.
Je réconfortais Jeanne sur l’échafaud du mieux que je pouvais quand ils me dirent : « Comment, prêtre, nous ferez-vous dîner ici ? » Et incontinent, sans aucune forme ni signe de jugement, ils l’envoyèrent au feu en disant au bourreau : « Fais ton office ».

Accompagnée de frère Martin, Jeanne fut conduite et liée, et jusqu’au dernier moment elle continua les louanges et lamentations dévotes envers Dieu, saint Michel, sainte Catherine et tous les saints.
En mourant, elle cria à haute voix : Jésus !

Je tiens de Jean Fleury, clerc et greffier du bailli, qu’au rapport du bourreau, le corps étant réduit en cendres, le coeur de Jeanne était resté intact et plein de sang.
On donna ordre au bourreau de recueillir tout ce qui restait de Jeanne et de le jeter à la Seine, il le fit. »

Blason de Sainte Jeanne d'Arc

Autres textes relatifs à Sainte Jeanne d’Arc dans ce blogue :
- Eloge de Jeanne d’Arc par Monseigneur Pie > www
- Prière à Sainte Jeanne d’Arc pour la France et cantique du Père Doncoeur > www
- Témoignages des dominicains qui assistèrent Jeanne en son supplice > www
- Déposition de frère Jean Pasquerel au procès de Jeanne www
- Jeanne, sainte de la légitimité dynastique > www

2014-53. « Notre humanité dont Jésus-Christ a daigné Se revêtir fait aujourd’hui son entrée triomphante dans le ciel ».

Premier sermon
de
notre glorieux Père Saint Augustin
sur
l’Ascension de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Basilique Saint-Marc Venise mosaïque de l'Ascension (coupole) 1175-1200

Venise, basilique Saint-Marc, mosaïque de l’Ascension (coupole)

§1 – Introduction du discours : Saint Augustin établit une comparaison entre les fêtes de Noël et de l’Ascension.

Je me demande avec anxiété, mes frères, pourquoi cette grande solennité que nous célébrons n’attire pas un plus grand concours de fidèles ; pourquoi ce jour de joie n’a pas le privilège de soulever des élans de joie parmi les chrétiens ; pourquoi ce jour n’est-il pas un jour de fête et de réunion comme le jour de Noël ?
Noël a donné à la terre Jésus-Christ notre Sauveur ; l’Ascension Le rend au ciel. A Noël le Seigneur a daigné Se faire homme ; le jour de l’Ascension Il a manifesté Sa divinité. Noël nous prêche la grâce dont l’humilité du Sauveur est la source intarissable, l’Ascension confirme la foi dans la divinité de Sa personne adorable. Noël nous Le présente sortant d’un sein virginal ; l’Ascension nous Le montre allant s’asseoir sur le trône même de la divinité. Le jour de Noël, Il descend pour nous racheter ; le jour de l’Ascension, Il monte afin d’intercéder pour nous. Le jour de Noël, Il est envoyé par Son Père ; le jour de l’Ascension, Il est reçu par Son Père.
Nous savons cependant que jamais Il n’a été séparé de Son Père, alors même qu’Il était au milieu de nous ; en visitant la terre Il n’a pas quitté le ciel.

Basilique St Marc Venise mosaïque 1175-1200 - Ange 1

§ 2 – Cette solennité achève merveilleusement le cycle de la vie terrestre de notre Sauveur et nous porte à confesser Sa divinité.

Quelle grande solennité n’est donc pas pour nous, mes frères, ce jour où Jésus notre Rédempteur proclame si hautement Sa divinité et ne remonte visiblement au ciel que pour mieux nous montrer qu’Il est descendu sur la terre : « personne n’est monté au ciel, que Celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme » (Jean, III, 13), dont le Prophète avait dit longtemps auparavant : «Il est sorti du plus haut des cieux, et Il retourne au plus haut des cieux » (Ps. XVIII, 7).
Parce que, en descendant sur la terre, Il S’était caché aux yeux de tous, Il veut que Son Ascension n’en soit que plus manifeste. Dans Son Incarnation, rien n’avait frappé les regards des hommes, mais dans Son Ascension tout doit être visible et manifeste, afin d’affermir notre foi.
Le Seigneur est rempli de pitié et de miséricorde quand Il ne Se propose que notre rédemption et notre salut ; en venant nous sauver, Son humanité seule nous apparaît ; Il embrasse les opprobres, les supplices, la croix, la sépulture et tous les symptômes extérieurs de l’infirmité humaine ; aussi devient-Il un objet de scandale pour l’orgueilleuse incrédulité. Mais si, le jour de Noël, Il n’a voulu pour notre salut que les abaissements et les humiliations, le jour de l’Ascension, Il veut faire éclater toutes les splendeurs de Sa divinité, afin qu’après L’avoir cru un homme au milieu des hommes, nous Le proclamions véritablement Dieu.

Basilique St Marc Venise mosaïque 1175-1200 - Ange 2

§3 – Le mystère de l’Ascension confirme donc notre foi.

L’Ecriture nous dit que notre Dieu et Sauveur « Se montra vivant après Sa passion, donna des preuves nombreuses de Sa résurrection, et apparut pendant quarante jours à Ses Apôtres, les entretenant du royaume de Dieu » (Act. I, 3). Après avoir subi la croix et la mort, et avant de monter au ciel, Jésus-Christ apparut aux hommes sur la terre pendant ces quarante jours que, depuis Pâques jusqu’aujourd’hui, nous passons dans une sainte liberté, parce que c’est un temps de joie et non pas de tristesse, selon ces paroles du Sauveur : « Est-ce que les fils de l’époux peuvent jeûner, tant que l’époux est avec eux ? » (Matth. IX, 15). Lorsque ces jours se furent écoulés, alors « à la vue de tous Ses disciples Il S’éleva vers le ciel, une nuée Le reçut et Le déroba à leurs yeux » (Act. I, 9).
Que le Juif écoute cette parole, que le Gentil l’écoute et reste confondu. Ils ont pu Le railler quand Il était élevé sur la croix, qu’ils écoutent le récit de Son ascension au ciel. Ils ont pu nous objecter les humiliations du Calvaire, qu’ils se rendent témoins des splendeurs de ce jour.

Basilique St Marc Venise mosaïque 1175-1200 - Ange 1

§4 – En même temps qu’il renforce notre foi, ce mystère nous fait entrevoir la gloire à laquelle nous sommes appelés.

Nous lisons ensuite : « Voici que deux hommes vêtus de blanc se tinrent debout et dirent : Hommes de Galilée, pourquoi restez-vous ainsi regardant le ciel ? Ce Jésus qui nous a quittés pour monter au ciel, descendra de nouveau de la même manière que vous L’avez vu S’élever vers le ciel » (Act. I, 11).
Ainsi donc, après avoir accompli Sa mission sur la terre, Jésus-Christ venait de remonter au ciel lorsque des envoyés célestes viennent confirmer aux disciples ce qu’ils ont vu et leur prouver qu’ils ne sont les jouets d’aucune illusion, afin de les rendre capables d’attester par eux-mêmes non seulement le fait de l’ascension du Sauveur, mais encore la promesse de Son retour à la fin du monde. L’Evangile renferme les mêmes enseignements que le livre des Actes : « Et après les avoir bénis, Jésus les quitta, et Il S’éleva vers le ciel ; de leur côté, en adorant, ils rentrèrent à Jérusalem avec une grande joie » (Luc, XXIV, 51-52).
Parce que le Sauveur S’était humilié pour nous, pour nous aussi Il déploie dans Sa personne une splendeur toute divine. Notre humanité dont Jésus-Christ a daigné Se revêtir fait aujourd’hui son entrée triomphante dans le ciel ; Jésus-Christ ne Se contente pas d’avoir sauvé l’homme, Il veut encore le glorifier. Il nous montre enfin que désormais le ciel nous est ouvert, puisque Lui-même y occupe le trône qui Lui appartient ; quel honneur reçoit ainsi le limon dont nous sommes formés, puisque Il règne aujourd’hui dans le ciel !

Basilique St Marc Venise mosaïque 1175-1200 - Ange 2

§ 5 – Le Christ en montant au Ciel ne cesse toutefois pas de demeurer au milieu de Ses fidèles.

Nous avons d’abord jeûné pendant quarante jours, mais pendant les quarante jours suivants notre corps a été dispensé de cette privation. Les quarante jours de jeûne se sont terminés par la fête de Pâques ; les quarante jours depuis Pâques se ferment par la grande solennité de ce jour, dans lequel notre Sauveur nous ravit Sa présence visible, mais toutefois sans cesser d’habiter avec nous.
Pendant qu’Il demeurait corporellement au milieu de nous, Il n’était point séparé de Son Père ; de même, aujourd’hui qu’Il est retourné à Son Père, Il n’est point séparé de nous. Au lieu de nous quitter comme des étrangers, Il reste et demeure avec nous ; car Il a dit Lui-même : « Que votre coeur ne se trouble point et ne tremble pas » (Jean XIV, 1). Et un peu plus loin : « Je m’en vais et Je viens à vous » (Jean XIV, 28).
Jésus-Christ habite donc au milieu de nous : Il console ceux qui souffrent, Il soulage ceux qui sont dans la souffrance, Il apporte secours à ceux qui sont en danger, Il est l’appui des malheureux, Il est le soutien des affligés.
Redisons-le encore : Jésus-Christ est avec nous ; Il est présent non-seulement à nos travaux, mais encore à nos paroles et à nos pensées ; Il scrute et sonde notre coeur ; Il voit ce qu’enfantent nos sens, notre main, notre langue.
Combien notre vie doit être réglée, pieuse et chaste, puisque nous sommes toujours sous les yeux de Dieu !

Basilique St Marc Venise mosaïque 1175-1200 - Ange 1

§ 6 – Conclusion : toujours sous le regard de Dieu, nous devons vivre saintement.

Cette doctrine, mes frères, vous est parfaitement connue. Quand des serviteurs négligents se trouvent en présence de leurs maîtres charnels, ils craignent, ils tremblent, ils frémissent ; ils ne se laissent aller à aucune faute tant qu’ils ne sont pas assurés d’échapper à la surveillance.
Pour vous, chrétiens, vous ne pouvez vous soustraire aux regards du Seigneur : quelque part que vous alliez, vous y portez votre conscience.
Le serviteur dont je viens de parler, s’il était jour et nuit en présence de son maître temporel, se laisserait-il aller à la désobéissance ?
Votre Dieu est toujours avec vous, puisqu’Il est partout ; quelle docilité ne devraient donc pas vous inspirer la crainte et le respect de sa présence ?
Dieu sera toujours là pour vous protéger dans Sa miséricorde ; Il sera là aussi comme témoin et vengeur de chacune de nos fautes.

A ce Dieu donc aussi bon que juste et aussi terrible que miséricordieux soient honneur et gloire dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Basilique Saint-Marc Venise mosaïque de l'Ascension (coupole) 1175-1200 - détail

Rappel :
Dans le temps qui sépare le jour de l’Ascension de celui de la Pentecôte,
la Sainte Eglise invite ses enfants à prier, en union avec Notre-Dame et les Apôtres,
la grande neuvaine du Saint-Esprit.
Dans les pages de ce blogue vous trouverez plusieurs formulaires pour vous y aider
-  une prière de Saint Augustin au Saint-Esprit > www
- une prière à Notre-Dame du Cénacle > www
 une prière pour demander les 12 fruits du Saint-Esprit > www
- une prière de neuvaine en union avec la Vierge au Cénacle > www
- une prière pour demander les 7 dons du Saint-Esprit > www
- les litanies du Saint-Esprit > www

2014-52. 28 mai 1794 : le massacre de Bédoin (Comtat Venaissin).

Blason de Bédoin (Comtat Venaissin)

Blason de Bédoin – Comtat Venaissin :
« D’azur à la montagne à trois coupeaux d’argent, une croix d’or sur celui du milieu » ;
la montagne représente le Mont Ventoux sur les flancs duquel le village est construit,
et la Croix symbolise la chapelle Sainte-Croix qui fut édifiée au XVe s. à son sommet .

       Bâti au pied du Mont Ventoux, le village de Bédoin appartient au Comtat Venaissin et faisait donc partie des Etats de l’Eglise, depuis 1274 jusqu’à leur annexion par la France révolutionnaire en septembre 1791.

   Contrairement à d’autres paroisses du Comtat, dans lesquelles des agitateurs avaient œuvré pour qu’elles demandassent leur rattachement à la France, la population de Bédoin - qui était alors d’un peu plus de deux mille âmes – demeurait profondément attachée à l’administration pontificale, au catholicisme et à ses traditions séculaires.
Les lois persécutrices de la révolution ne firent que renforcer ces sentiments de fidélité : après le vote de la constitution civile du clergé et les lois contre les congrégations, six prêtres réfractaires et deux religieuses insermentées vinrent chercher asile dans la paroisse.
La proclamation de la république, l’exécution du Roi et l’établissement de la Terreur ne contribuèrent qu’à stimuler la résistance au régime oppresseur : certains auteurs écrivent même que Bédoin reçut le surnom de « Vendée du midi ».

   En janvier 1794, la publication de la liste générale des émigrés entraîna la confiscation des biens de treize habitants de Bédoin.
Les révolutionnaires du lieu se livrèrent au trafic des biens spoliés (pudiquement appelés « biens nationaux »), et s’adonnèrent à des orgies ou des beuveries qui scandalisèrent la population.

Bédoin 2

Bédoin – carte postale du début du XXe siècle.

   Dans la nuit du 1er au 2 mai 1794, l’ « arbre de la liberté » qu’avaient planté les révolutionnaires, fut arraché et traîné hors des remparts, abandonné dans le « pré aux porcs », tandis que le bonnet phrygien qui le surmontait était jeté dans un puits partiellement comblé. Dans le même temps, les décrets de la convention qui avaient été affichés devant la mairie étaient arrachés, lacérés et piétinés…

   Dès le 2 mai, la municipalité révolutionnaire ouvrit une enquête afin de trouver les coupables, mais en vain ; l’administrateur du département du Vaucluse, Agricol Moureau, et le jacobin Etienne-Christophe Maignet, représentant de la convention, mandatèrent donc à Bédoin le quatrième bataillon de l’Ardèche commandé par Louis-Gabriel Suchet – futur maréchal d’empire – et l’agent national Le Go, qui arrêtèrent les nobles et les prêtres dont ils purent se saisir, ainsi que tous ceux qu’ils considéraient comme suspects, mais également les membres de la municipalité et du comité de surveillance, coupables de ne pas avoir empêché cet épouvantable crime de lèse-révolution !
Tous les habitants de sexe masculin rassemblés dans l’église furent – avec toutes les intimidations et menaces dont étaient coutumiers les apôtres de la liberté, de l’égalité et de la fraternité –  sommés de dénoncer les coupables… sans résultat.
Les troupes de Suchet et Le Go perquisitionnèrent, volèrent, pillèrent, profanèrent les objets du culte et renversèrent la flèche du clocher.

Bédoin 1

Bédoin : carte postale du début du XXe siècle.

   Le tribunal criminel du département de Vaucluse, saisi de l’affaire, vint, à partir du 9 mai, siéger à Bédoin
Le décret qui lui donne mission est typique de la grandiloquente phraséologie terroriste : « Considérant que la justice ne saurait donner trop d’éclat à la vengeance nationale dans la punition du crime abominable qui s’est commis à Bédouin (sic), que ce n’est qu’en frappant sur le lieu même où il a été commis […] que l’on pourra porter l’épouvante dans l’âme de ceux qui oseraient encore méditer de nouveaux attentats […] le Tribunal Criminel du département de Vaucluse […] se transportera dans le plus court délai à Bédouin (sic), pour y instruire la procédure et y faire exécuter de suite le jugement qu’il rendra » (extraits de l’arrêté du 17 floréal de l’an II, c’est-à-dire du 6 mai 1794 en langage chrétien).
Ce même arrêté précise encore sans ambigüité « que le pays qui a osé renverser le siège auguste de la Liberté est un pays ennemi que le fer et la flamme doivent détruire ».

   Le tribunal s’était déplacé avec une guillotine et trois bourreaux.
Au terme du procès, soixante-trois habitants furent condamnés à mort, dix « mis hors la loi », une personne fut condamnée aux fers, treize à la réclusion et une dernière à une année de détention.
Le jugement fut publié et exécuté le 28 mai 1794 en présence de toute la population rassemblée et à l’emplacement de l’arbre arraché : trente-cinq
 personnes furent guillotinées et vingt-huit fusillées.
Les corps dépouillés furent ensuite jetés dans une fosse commune.

Bédoin la chapelle de Béccaras

Bédoin : la chapelle de Béccaras
élevée après la révolution au-dessus de la fosse commune où furent jetés les corps des suppliciés.

   Le 1er juin, Le Go fit savoir aux habitants de Bédoin qu’il leur accordait un délai de vingt-quatre heures pour quitter le village.
Le 3 juin, les volontaires du quatrième bataillon de l’Ardèche livrèrent le village aux flammes : c
inq-cents maisons ou édifices publics ainsi que huit chapelles furent détruits ; ils firent aussi sauter une partie de la voûte de l’église paroissiale.
Les terrains agricoles du village furent rendus infertiles, les habitants de Bédoin assignés à résidence dans les communes environnantes furent soumis à des taxations, à des contrôles et à des mesures vexatoires.
En langage révolutionnaire, Bédoin devint « l’infâme », « l’incendié », ou « l’anéanti ».
Trois révolutionnaires modérés, André Brun, ancien maire, Louis Abril, procureur, et l’abbé Pierre-Louis Ripert, ex-curé constitutionnel, seront eux aussi exécutés le 27 juillet 1794.

   Le 4 mai 1795 néanmoins, afin de signifier la fin de la Terreur, un représentant en mission sera mandaté à Bédoin pour y célébrer une cérémonie de réhabilitation et permettre la reconstruction du village.
C’est à cette occasion que, à l’emplacement de la guillotine, un monument commémoratif fut élevé, couramment appelé par les habitants : la pyramide.

   En 1821, des libéralités de Sa Majesté le Roi Louis XVIII et de Madame la duchesse d’Angoulème permirent la restauration de l’église paroissiale ainsi que nous pouvons le lire dans « L’Ami de la Religion et du Roi » (ici > bénédiction de l’église de Bédoin rénovée).

Bédoin la pyramide

Bédoin : la pyramide.

2014-51. « C’est seulement quand tous les recours aux moyens humains seront épuisés et que tout semblera perdu que le Sacré-Coeur interviendra. »

Vendredi 23 mai 2014,
fête de Saint Didier, archevêque de Vienne et martyr,
et fête de Sainte Jeanne-Antide Thouret.

la basilique du Sacré-Coeur de Montmartre vers la fin du XIXe siècle

La basilique du Sacré-Coeur à Montmartre au tout début du XXe siècle :
les travaux de la basilique ne sont pas achevés mais le funiculaire – installé en 1900 – est en service.
On remarquera surtout la représentation du Sacré-Coeur aux bras étendus qui figure sur cette carte,
elle correspond à l’image demandée par Notre-Seigneur à Madame Royer. 

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

       Il n’est pas dans mon habitude de citer ou de promouvoir des faits d’ordre mystique (apparitions, révélations, prophéties… ) ou les personnes qui sont supposées avoir bénéficié de ces phénomènes, lorsqu’ils ne sont pas dûment authentifiés par la Sainte Eglise.
Je veux néanmoins évoquer aujourd’hui la figure exceptionnelle de Madame Edith Royer, et je le ferai en fait sans enfreindre en rien la règle énoncée ci-dessus puisque, même si cette sainte personne n’a pas été béatifiée ou canonisée (alors que d’autres personnes dont les exemples semblent bien plus contestables l’ont été !), de son vivant même, ses voies mystiques ont toujours fait l’objet d’une vigilante attention de la part des autorités ecclésiastiques (prêtres théologiens et évêques) et considérées par elles comme authentiques.

Aperçu biographique :

Née  le 14 juin 1841 dans une famille de la bonne société catholique bourguignonne, Edith Challan-Belval fut attirée dès son enfance par la vie religieuse et la pénitence.
Contrainte au mariage par sa famille, elle devient en 1860 Madame Charles Royer, et mettra au monde quatre filles.
Tout en accomplissant ses devoirs d’épouse et de mère, et remplissant son rôle dans la société, elle est appelée par Notre-Seigneur à une vie de très grandes mortifications et d’intense union à Dieu.
A partir de la guerre en 1870, elle est favorisée de visions prophétiques : Notre-Seigneur insiste sur le culte dû à Son divin Coeur, et rappelle énergiquement que la dévotion au Sacré-Coeur n’est qu’un leurre si elle n’est pas animée par l’esprit de réparation et la pénitence. Il fait d’elle la continuatrice de Sainte Marguerite-Marie et lui confie la mission de créer une « Association de Prière et de Pénitence en union avec le Sacré Cœur pour le triomphe de l’Eglise et le salut des nations ».
Les voies mystiques de Madame Royer sont alors étudiées par les autorités religieuses et reconnues comme venant authentiquement de Dieu : l’ « Association de Prière et de Pénitence » est créée, érigée canoniquement à Montmartre, et devient tout d’abord le troisième degré de l’Archiconfrérie du Vœu National ; elle en est séparée quelques années plus tard pour être élevée à la dignité d’Archiconfrérie Universelle en 1894 par le pape Léon XIII.

Devenue veuve, Madame Royer espèrera toujours réaliser son désir de vie religieuse contemplative, mais elle en sera empêchée par la maladie.
Jusqu’à la fin de sa vie elle sera favorisée de grâces mystiques exceptionnelles et, en particulier, elle annoncera et décrira les malheurs de la guerre de 1914, mais aussi les évènements qui la suivront.
Elle rendit son âme à Dieu, dans sa quatre-vingt-troisième année, le 3 avril 1924.

Madame Edith Royer

Madame Edith Royer (1841-1924) 

1914 – 24 mai – 2014

   Le 24 mai 1914, Madame Royer, qui était malade, reçut la visite d’un prêtre qui partait prêcher à Paray-le-Monial.
Elle lui confia une prophétie (dont vous trouverez le texte ci-dessous, en italique et de couleur marron), en lui demandant d’en faire connaître la teneur aux personnes devant lesquelles il devrait prendre la parole, ce qu’il fit effectivement, suscitant un grand émoi dans son auditoire.

   Si la situation était alors tendue en Europe, peu de personnes pensaient à l’imminence de la guerre : l’attentat perpétré à Sarajevo contre l’archiduc-héritier François-Ferdinand de Habsbourg aurait lieu un mois et quatre jours plus tard (28 juin 1914), et c’est lui qui – par le jeu des alliances – mettrait en route l’engrenage fatal de la guerre européenne puis mondiale.

   Les « sillons profonds remplis de sang » décrits par Madame Royer, font immédiatement penser à la guerre des tranchées, que nul ne pouvait envisager en mai 1914 ; « le ciel plein de combats » annonce évidemment les premiers combats aériens que nul n’imaginait alors ; « les églises détruites et les cathédrales dévastées » font surgir sous nos yeux ces terribles photographies des villages de Picardie ou d’Artois ou des cathédrales de Reims  et d’Arras bombardés…
Mais surtout, nous retiendrons ce que Madame Royer laisse entrevoir de la situation du monde et de la France après la « grande guerre » : la fausse paix fragilement construite par une diplomatie à courtes-vues et la prédominance de sauvages intérêts économiques et financiers qui mettront l’équilibre du monde en péril, la décadence des mœurs, le déclin de la France, l’échec de toutes les solutions humaines et la guerre civile psychologique que se livrent les partis et les hommes politiques incapables, qui peut-être finira par s’exprimer dans des faits dramatiques… mais, malgré tout, Madame Royer annonce aussi des perspectives
1) de conversion par le recours au Coeur de Jésus, et
2) de relèvement grâce à un « Elu de Dieu » que, dans d’autres confidences, elle désignera expressément comme un Roi.
Voici donc le texte de cette prophétie :

« (…) La guerre est proche. J’ai vu dans mon oraison le sol de la France labouré de sillons profonds, remplis de sang, le ciel plein de combats, nos campagnes ravagées, nos églises détruites et nos cathédrales, elles-mêmes, dévastées.
La paix qui suivra cette guerre sera une fausse paix. La lutte continuera sous des formes diplomatiques, sociales, économiques, financières.
Le monde croulera dans l’impiété, l’impureté, le complet oubli de Dieu et courra ainsi à son châtiment.
Les Français iront jusqu’aux confins du désespoir. Ils ne reprendront courage que contre eux-mêmes. Une à une, les solutions proposées pour porter remède à leurs maux échoueront.
C’est seulement quand tous les recours aux moyens humains seront épuisés et que tout semblera perdu que le Sacré-Coeur interviendra.
Alors apparaîtra l’Elu de Dieu, et la France ne pourra nier qu’elle devra au Sacré-Coeur seul son salut ! »

Sacré-Coeur

« Cœur de Jésus, ayez pitié de nous, pardonnez-nous, sauvez-nous ! »

(invocation inspirée à Madame Royer)

Sacré-Coeur aux bras étendus - Madame Royer

Le Sacré-Coeur aux bras étendus :
Notre-Seigneur a dit à Madame Royer qu’Il voulait qu’Il soit représenté ainsi.

Bénédiction des roses de Sainte Rita en faveur des malades.

- le 22 mai -

rose rouge

       Dans l’Ordre de Saint Augustin et dans les sanctuaires où elle est particulièrement honorée, existe une bénédition des roses en l’honneur de Sainte Rita dont la formule ne se trouve pas dans le rituel romain traditionnel (et encore moins dans le pseudo rituel publié en 1984) : cette bénédiction appartient en effet au rituel propre des religieux augustiniens, et c’est pourquoi j’ai résolu d’en donner ci-dessous les textes, en latin et en français, spécialement à l’intention des prêtres et des religieux qui désireraient l’utiliser pour le bien des fidèles.

   Mais expliquons tout d’abord l’origine de cette très ancienne tradition de la bénédiction des roses de Sainte Rita.
On rapporte que, dans le dernier hiver qu’elle passa sur cette terre (hiver 1456-1457), alors qu’elle était déjà très affaiblie, Rita reçut en son couvent de Cascia, la visite de l’une de ses cousines qui lui demanda en partant ce qu’elle pourrait lui rapporter qui lui fasse plaisir. Rita lui répondit : « Une rose de mon petit jardin de Roccaporena« .
Comme nous l’avons dit, c’était le plein hiver, et la cousine se dit que Soeur Rita délirait probablement un peu en souhaitant une rose en cette saison.
Mais en passant devant la maison familiale où Rita était née, à Roccaporena, quelle ne fut pas sa surprise de voir dans le jardin une superbe rose rouge : elle s’empressa donc de la cueillir et l’apporta à la future sainte.
Par ce prodige, Dieu avait manifesté la délicatesse de Sa sollicitude pour celle qui, durant toute sa vie, s’était tellement unie à Lui, dans la charité et dans les souffrances, et Il voulait lui prodiguer quelque consolation dans ses ultimes souffrances terrestres.
Depuis ce temps, Rita est la sainte des roses.

   Voilà pourquoi, sanctionnant une dévotion populaire très grande, à Cascia même et dans toute l’Italie, le pape Léon XIII – qui l’a canonisée – a approuvé l’usage de bénir des roses, le 22 mai, au cours de la Messe en l’honneur de Sainte Rita.
Ces roses bénites sont ensuite portées ou envoyées aux malades et aux affligés. 

   Il ne s’agit pas seulement d’un « signe d’amitié et de solidarité » – comme je l’ai lu sous la plume d’un prêtre qui ne connaît sans doute pas grand chose à la doctrine catholique des sacramentaux – mais bien d’une grâce surnaturelle qui est attachée par la Sainte Eglise à ces fleurs, pour que, en fonction de la foi et de la confiance en Dieu de ceux qui les reçoivent et qui invoquent avec ferveur Sainte Rita, elles leur apporte consolation, force spirituelle, et parfois amélioration de la santé ou totale guérison, ainsi que cela a été reconnu en de multiples occasions…

Le transitus de Sainte Rita

Le « transitus » de Sainte Rita (c’est-à-dire son passage de cette vie à la vie éternelle).

Formule de bénédiction des roses de Sainte Rita
(texte latin et traduction tirées du bréviaire augustinien)

V./ Adjutorium nostrum in nomine Domini.
R./ Qui fecit caelum et terra.
V./ Domine, exaudi orationem meam.
R./ Et clamor meus ad Te veniat.
V./ Dominus vobiscum.
R./ Et cum spiritu tuo.

Oremus :

   Deus, creator et conservator generis humani, dator gratiae spiritualis et largitor humanae salutis, benedictione sancta tua, bene + dic has rosas, quas pro gratiis exsolvendis, cum devotione et veneratione beatae Ritae, hide tibi praesentamus et petimus benedici, et infunde in  eis per virtutem Sanctae Cru + cis benedictionem : ut quibuscumque infirmitatibus appositae fuerint, seu illorum, qui eas in domibus suis, vel locis cum devotione habuerint aut portaverint, infirmitates sanentur : discedant diaboli, contremiscant et fugiant pavidi cum suis ministris de habitationibus illis, nec amplius tibi servientes inquietare praesumant. Per Dominum…

R./ Amen

On asperge les roses d’eau bénite et on les encense.

Oremus :

Exaudi nos, deus salutaris noster, ut sicut de Beatae Ritae festivitate gaudemus ; ita piae devotionis erudiamur affectu. Per Dominum nostrum…

R./ Amen.

rose rouge

V./ Notre secours est dans le nom du Seigneur.
R./ Qui a fait le ciel et la terre.
V./ Seigneur, exaucez ma prière.
R./ Et que mon cri parvienne jusqu’à Vous.
V./ Le Seigneur soit avec vous.
R./ Et avec votre esprit.

Prions :

   O Dieu, createur et protecteur du genre humain, qui donnez la grâce spirituelle et le salut aux hommes, béni + ssez de votre bénédiction sainte ces roses, que nous Vous présentons, avec action de grâces, en témoignage de dévotion et de vénération pour votre Bienheureuse Rita ; et nous Vous prions de les bénir en ce jour et d’accorder à ces roses, par la vertu de votre Sainte Croix +, votre bénédiction, afin que toute maladie à laquelle elles seront opposées, soit guérie ; ou donnez à ceux qui les garderont et emporteront en leurs demeures ou en quelque autre lieu avec confiance, d’être délivrés de la maladie ; que les démons s’éloignent, soient saisis de peur et fuient de ces demeures, terrifiés, avec leurs suppôts, et qu’ils se gardent d’inquiéter encore vos serviteurs. Par Notre-Seigneur jésus-Christ…

R./ Ainsi soit-il !

Prions :

Exaucez-nous, ô Dieu notre Sauveur, afin qu’en célébrant avec joie la fête de la Bienheureuse Rita, nous soyons animés d’une fervente dévotion. Par Jésus-Christ Notre-Seigneur…

R./ Ainsi soit-il !

rose rouge

Litanies et prière à Sainte Rita > ici 

Litanies de Sainte Rita & prière en l’honneur de Sainte Rita :

       Sainte Rita, parfois appelée aussi Rita de Cascia (du nom de la petite ville d’Ombrie qui fut le théâtre de sa vie et où son corps est conservé et exposé à la vénération des fidèles), est l’une des plus pures gloires ainsi que la grande thaumaturge de l’Ordre de Saint Augustin.
Sa fête est célébrée le 22 mai, jour anniversaire de sa mort (22 mai 1457).

Voici des litanies et une prière, réputée très « efficace », pour la prier et solliciter sa bienveillante intercession.

Sainte Rita

Sainte Rita

Litanies de Sainte Rita :

Seigneur, ayez pitié de nous. (bis)
Jésus-Christ, ayez pitié de nous. (bis)
Seigneur, ayez pitié de nous. (bis)

Jésus-Christ, écoutez-nous. (bis)
Jésus-Christ, exaucez-nous. (bis)

Père céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Fils, Rédempteur du monde qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Esprit-Saint qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Sainte Trinité qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Marie, immaculée Mère de Dieu, priez pour nous.
Marie, Reine et réconfort des affligés, priez pour nous.
Marie, Reine de tous les saints, priez pour nous.
Marie, protectrice aimante de sainte Rita, priez pour nous.

Sainte Rita, notre avocate toute puissante, priez pour nous.
Sainte Rita, don choisi du ciel, priez pour nous.
Sainte Rita prédestinée à la gloire, priez pour nous.
Sainte Rita, admirable dès l’enfance, priez pour nous.
Sainte Rita, désireuse de la solitude, priez pour nous.
Sainte Rita, modèle de pureté, priez pour nous.
Sainte Rita, exemple d’amabilité, priez pour nous.
Sainte Rita, miroir d’obéissance, priez pour nous.
Sainte Rita, modèle des épouses et des mères, priez pour nous.
Sainte Rita, invincible dans la patience, priez pour nous.
Sainte Rita, admirable d’énergie, priez pour nous.
Sainte Rita, héroïque dans le sacrifice, priez pour nous.
Sainte Rita, généreuse dans le pardon, priez pour nous.
Sainte Rita, martyre de pénitence, priez pour nous.
Sainte Rita, veuve très sainte, priez pour nous.
Sainte Rita, magnifique pour les pauvres, priez pour nous.
Sainte Rita, prompte à suivre la vocation, priez pour nous.
Sainte Rita, miraculeusement appelée au cloître, priez pour nous.
Sainte Rita, modèle de vie religieuse, priez pour nous.
Sainte Rita, miracle de mortification, priez pour nous.
Sainte Rita, vase de myrrhe odorante, priez pour nous.
Sainte Rita, jardin choisi de toutes les vertus, priez pour nous.
Sainte Rita, pleine d’amour pour le Crucifié, priez pour nous.
Sainte Rita, transpercée par une épine de Jésus, priez pour nous.
Sainte Rita, fille aimante de Marie, priez pour nous.
Sainte Rita, languissante d’amour divin, priez pour nous.
Sainte Rita, reçue avec joie au Ciel, priez pour nous.
Sainte Rita, parée d’une gloire sublime, priez pour nous.
Sainte Rita, perle du Paradis, priez pour nous.
Sainte Rita, gloire de l’Ordre Augustinien, priez pour nous.
Sainte Rita, pierre précieuse de l’Ombrie, priez pour nous.
Sainte Rita, d’une extraordinaire puissance, priez pour nous.
Sainte Rita, astre bienfaisant des égarés, priez pour nous.
Sainte Rita, sûr réconfort des éprouvés, priez pour nous.
Sainte Rita, ancre de salut, priez pour nous.
Sainte Rita, protectrice des malades, priez pour nous.
Sainte Rita, secours dans les dangers, priez pour nous.
Sainte Rita, sainte des impossibles, priez pour nous.
Sainte Rita, avocate des cas désespérés, priez pour nous.
Sainte Rita, secours pour tous, priez pour nous.
Sainte Rita, merveille du monde, priez pour nous.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous.

V./ : Priez pour nous, glorieuse Sainte Rita.
R./ : Afin que nous soyons rendus dignes des promesses de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Oraison :

   O Dieu, qui avez daigné donner à Sainte Rita la grâce d’aimer ses ennemis, et de porter en son coeur et sur son front les marques de Votre Charité et de Votre Passion, nous Vous en supplions, par son intercession et par ses mérites, donnez-nous de savoir pardonner nous aussi à nos ennemis, et de contempler les douleurs de Votre Passion, afin d’obtenir les récompenses que Vous avez promises pour les doux et pour les affligés. O Vous qui vivez et règnez avec le Père dans du Saint-Esprit, un seul Dieu, pour les siècles des siècles.

Ainsi soit-il !

chasse dans laquelle est exposé le corps de Sainte Rita

Cascia, basilique Sainte Rita : corps de Sainte Rita exposé dans une chasse.

Prière pour demander des grâces par l’intercession de Sainte Rita :

   O Sainte Rita, que Dieu, dans Son infinie miséricorde, a choisie pour devenir, parmi les saintes du Ciel, l’une des principales bienfaitrices de ceux qui sont aux prises avec les difficultés et en proie à l’affliction, daignez, je vous en supplie humblement, intercéder en faveur de cette intention que je vous recommande avec ferveur… (on peut la nommer ici) et lui obtenir une issue favorable, si cela est conforme à la gloire de Dieu et à notre plus grand bien spirituel.
Fortifiez notre foi et notre espérance, aidez-nous à croître dans la charité, enseignez-nous à être toujours plus fidèles à Dieu, notre souverain Seigneur, et à marcher dans l’obéissance à Ses préceptes, afin que nous puissions, nous et ceux qui nous sont chers, recevoir Sa bénédiction, être protégés des maux de l’âme et du corps, recevoir Sa force dans nos épreuves, et accueillir Ses divines consolations, dès maintenant et dans l’éternité.

Ainsi soit-il !

rose rouge

Bénédiction des roses de Sainte Rita en faveur des malades > ici

2014-50. In memoriam : le Révérend Père Jérôme de Condrieu, capucin, martyrisé par les huguenots au temps du siège de Privas.

- 15 mai 1629 -

palmes

       Le 15 mai n’est pas seulement pour nous l’anniversaire de la mort, en 1841, du Grand Chanéac, la plus belle figure de notre chouannerie locale (cf. > ici), mais cette date ramène également la pieuse mémoire du martyre d’un saint religieux franciscain, le Révérend Père Jérôme de Condrieu, dont le souvenir est aujourd’hui « étrangement » passé sous silence par les historiens locaux… et par le clergé.
Le manichéisme qui s’est emparé de l’histoire telle qu’elle est aujourd’hui racontée « exige » en effet qu’il n’y ait que de gentils protestants, pétris de douceur évangélique et modèles de tolérance, éternelles victimes des méchants catholiques oppresseurs, responsables de tous les maux de la société.

   Pour évoquer ce martyre je me dois d’abord d’expliquer les évènements qui en sont le cadre historique.

Privas peu avant le siège de 1629

La ville de Privas vers 1620

   Le calvinisme s’implanta à Privas vers le milieu du XVIe siècle et y devint majoritaire, au point que les catholiques y furent maltraités, le clergé en fut chassé, l’église détruite et le culte catholique y fut aboli pendant environ soixante-dix ans.

   En lien direct avec Genève, Privas devint une sorte de petit état huguenot où l’autorité royale était battue en brêche.
Lors de l’édit de tolérance de 1598, couramment appelé édit de Nantes, la ville de Privas fut du nombre des « places de sûreté » que Sa Majesté le Roi Henri IV concédait aux protestants.
Une paix précaire s’établit alors, jusqu’à l’année 1620, période à laquelle un mariage seigneurial va rallumer les feux de la guerre.

   En effet, Paule de Chambaud, huguenote, charmante et fortunée châtelaine de Privas, fille du baron de Privas dont le mari avait été tué en 1617 dans les guerres du Piémont, résolue à se remarier, avait deux soupirants.
L’un,  Joachim de Beaumont – plus connu sous le nom de Brison - était huguenot comme elle : il était le chef des protestants en Vivarais, mais aussi le gendre de Paule de Chambaud, et il « aspirait à devenir son mari contre toutes les lois civiles et naturelles ».
L’autre, beaucoup plus jeune, était catholique : Claude de Hautefort, vicomte de Cheylane, fils de René, baron de Lestrange.

Or, c’est ce dernier que Paule de Chambaud choisit et épousa en 1620.

Château de Boulogne - porte de style Louis XIII

Saint-Michel de Boulogne – château de Boulogne,
à environ 5 lieues de Privas et 2 lieues d’Aubenas.
En 1620, le château est le fief de Claude de Hautefort de Lestrange
qui fit construire cette porte monumentale à l’occasion de son mariage avec Paule de Chambaud.

   Le mariage de Paule de Chambaud avec Claude de Hautefort de Lestrange ne fut pas accepté par les Privadois, majoritairement protestants, qui ne voulaient pas d’un seigneur catholique : ils se révoltèrent, rompirent leur serment d’allégeance, s’emparèrent du château de Privas et le détruisirent, puis se mirent sous les ordres du chef huguenot Joachim de Beaumont (Brison), prétendant éconduit (et gendre) de Paule de Chambaud

   S’en suivent neuf années de troubles, d’escarmouches, de rébellions, de désordres, d’exactions et de brigandages perpétrés par les huguenots qui veulent s’affranchir de l’autorité de l’Etat, dont ils menacent la sûreté.

   Après la capitulation de La Rochelle (28 octobre 1628), la rébellion protestante tente de se réorganiser dans le Midi ; le duc de Rohan (qui commande l’armée protestante du Languedoc) souhaite que Privas en soit l’une des clefs et l’un des points de cristallisation.
Alors que les femmes, les vieillards et les enfants ont pratiquement tous quitté la petite cité, aux quelque huit-cents hommes armés de Privas viennent s’adjoindre des renforts venus de tout le Languedoc huguenot.

   Le Roi Louis XIII et le cardinal de Richelieu décident qu’il est temps d’en finir avec cette guerre civile menée par le parti protestant (allié à l’Angleterre), et veulent, à Privas, porter un coup fatal à la rébellion du Midi.
Sa Majesté vient donc Elle-même – à la tête des troupes royales qui remontent d’Italie, renforcées par une armée catholique du Languedoc commandée par le duc de Montmorency, et de troupes locales aux ordres du duc de Ventadour et du vicomte de Lestrange – mettre le siège devant Privas.
On estime à environ vingt-mille le nombre des soldats royaux. Les défenseurs de Privas étaient, eux, quelque trois mille.

Le siège de Privas en 1629 gravure d'Abraham Bosse

Abraham Bosse – gravure représentant le siège de Privas en 1629 :
« Plan de la ville de Privas avec les fortifications d’icelle assiégée par le Roi le 14ème de may 1629
et rendue en son obéissance le 28ème ».

   Les offres de paix du Roi ayant été repoussées par les rebelles, le siège commença le 14 mai. Il dura seize jours : le 28 mai 1629, Privas capitula.
La petite cité fut en grande partie détruite et incendiée ; il fut interdit de revenir s’y installer sans autorisation royale. Les révoltés qui ne périrent pas dans les combats furent ou pendus ou envoyés aux galère.

   L’armée royale repartit de Privas le 4 juin et se dirigea vers Alais (Alès) qui se rendit au bout de neuf jours de siège (17 juin 1629).
Le 28 juin 1629 fut promulgué l’édit d’Alais (encore appelé paix d’Alais), puis le 20 juillet 1629 fut octroyé l’édit de Nîmes.
C’est là que prennent véritablement fin les guerres civiles dites « de religion » : l’édit d’Alais supprime le privilège des assemblées politiques et des places de sûreté protestantes (trente-huit fortifications seront à démanteler), et l’édit de Nîmes confirme la liberté de culte pour les protestants établie par l’édit de Nantes, tout en restaurant le culte catholique dans tous les territoires dont l’intolérance huguenote le tenait proscrit encore jusqu’alors.

Valence anciens couvent et chapelle des capucins

Valence : façade des anciens couvent et chapelle des Capucins, construits entre 1620 et 1630, état actuel
(vendus comme bien national en 1791, ces bâtiments devinrent l’hôpital général de Valence au début du XIXe siècle et le sont resté jusque dans les années 1970 ; la chapelle désaffectée, classée monument historique en 1997, sert aujourd’hui de lieu d’exposition et de concerts).

   Passant par Valence avant de se diriger vers Privas, Sa Majesté le Roi Louis XIII avait demandé au Révérend Père Jérôme de Condrieu, gardien (c’est-à-dire supérieur) du couvent des Capucins, d’accompagner son armée en qualité d’aumônier : c’était un homme d’une très haute vertu, d’un zèle ardent et d’une grande charité.

   La progression vers Privas fut difficile, car la vallée de l’Ouvèze que remontèrent les troupes royales, est parfois encaissée. Depuis les rochers abrupts ou les falaises qui surplombent cette vallée, les huguenots harcelaient l’armée catholique dans laquelle ils firent de nombreux blessés : le Père Jérôme, souvent au péril de sa propre vie, se dépensa dès lors sans compter pour secourir et soigner les blessés, et pour administrer les mourants.
A une demi-lieue de Privas, le duc de Montmorency, après avoir ramené l’ordre dans le village de Coux, y établit un hôpital militaire qu’il confia tout naturellement aux soins spirituels du Père Jérôme.

Village de Coux

Le village de Coux, à une demi-lieue de Privas, près duquel le Père Jérôme fut martyrisé.

   Alors que le siège de la ville avait commencé et que les environs semblaient en paix, le pieux religieux s’éloigna un peu dans la campagne pour s’y recueillir. C’est alors qu’une bande de huguenots en armes, cachés dans les environs, se saisirent de lui : les uns voulaient le massacrer sans délai, les autres étaient d’avis qu’il fallait le contraindre à apostasier auparavant.
Le Père Jérôme, calmement, rétorqua qu’il ne trahirait jamais sa foi et qu’il était prêt à mourir pour elle.
Les calvinistes furieux l’attachèrent à un arbre et commencèrent à lui faire endurer de nombreux outrages, tandis que le Père, silencieux, priait pour eux.
Le voyant inébranlable, ses bourreaux voulurent décharger sur lui leurs arquebuses (qu’ils appelaient rouettes), mais, à leur grande surprise, par trois fois « les rouettes faillirent » (c’est-à-dire que leurs coups n’atteignirent pas le religieux).
Au lieu d’être touchés par ce fait extraordinaire, ils n’en furent que plus furieux et déchaînèrent alors toute leur haine et leur violence sur le Père Jérôme : l’ayant d’abord pendu et dépouillé de ses vêtements, et tandis qu’il n’était pas encore étouffé par cette pendaison, avec leurs coutelas ils s’acharnèrent à lui taillader les chairs en forme de croix, lui coupèrent le nez, les oreilles, puis la langue – pour l’empêcher de prier à haute voix ! – , lui crevèrent les yeux et finalement lui déchargèrent dans la bouche un mousquet chargé de poudre mais sans balle…
On imagine aussi aisément tous les blasphèmes et obscénités dont ces supplices étaient accompagnés.
Finalement, depuis un escarpement, ils précipitèrent le corps de l’homme de Dieu dans le lit de la rivière.

palmes

   Le corps du Père Jérôme fut retrouvé quelques jours plus tard, et, bien qu’il fut horriblement mutilé, on put le reconnaître grâce à sa tonsure. Il fut ramené à Valence et enseveli dans la chapelle de son couvent vers la fin du mois de juin.

   Les circonstances de son martyre, outre le fait qu’elles étaient lisibles sur sa dépouille, furent confirmées par le récit de quelques huguenots repentis et convertis, auprès desquels on récupéra aussi sa bure et son bréviaire.
Il est écrit que des démarches furent entreprises l’année même de sa mort en vue de sa canonisation, mais que l’on ne sait pas pour quelles raisons elles furent abandonnées.

   Le jour exact du martyre du Révérend Père Jérôme de Condrieu a donné lieu a diverses allégations, car tous les anciens documents ne concordaient pas.
Néanmoins, la date la plus probable semble bien être celle qui est donnée par le « Journal historique du siège de Privas par Louis XIII en 1629″, c’est-à-dire le 15 mai.

palmes

Nota bene :
Selon d’autres documents, un autre aumônier de l’armée, confesseur du duc de Montmorency, le Révérend Père Bonaventure, récollet du couvent de Bourg-Saint-Andéol, fut également tué au siège de Privas, le 26 mai 1629, par une mousquetade tirée par les religionnaires. Ce religieux était en grande vénération, déjà de son vivant, et on lui reconnaissait le don des miracles, ce dont témoigne un procès-verbal d’enquête diligentée par Monseigneur Louis-François de La Baume de Suze, comte-évêque de Viviers et prince de Donzère de 1621 à 1690.

2014-49. C’est justement parce qu’il est religieux que mon blogue est politique !

Mercredi 14 mai 2014.
404e anniversaire de l’assassinat d’Henri IV le grand.
371e anniversaire de la sainte mort de Louis XIII le juste.

Rubens l'apothéose d'Henri IV - détail

Pierre-Paul Rubens : l’apothéose d’Henri IV le grand (détail)

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Ce jour d’hui nous ramène deux grands (et doubles) anniversaires royaux : d’une part celui de l’assassinat d’Henri IV le grand, le 14 mai 1610, et donc de l’avènement de son fils Louis XIII ; et d’autre part celui de la sainte mort – assisté par Saint Vincent de Paul – de ce même Louis XIII le juste, le 14 mai 1643, et donc également encore de l’avènement du Grand Roi : Louis XIV.

Fleur de Lys

Dans la continuité de mes précédentes publications depuis le 23 avril dernier, je veux profiter de ces anniversaires pour quelques nouvelles clarifications.
En effet, parmi les critiques qui m’ont été adressées à l’occasion de ce que j’écrivais les 23 et 24 avril (ici > www et ici > www), il m’était reproché comme une incongruité – voire une inconvenance – que j’écrivisse sur des thèmes « politiques », alors que nous étions dans l’octave de Pâques, parce que l’on attendait de moi des textes uniquement spirituels accordés au temps liturgique…

La première réponse que j’ai à donner là-dessus, c’est que je n’oblige personne à me lire et que si, donc, certains n’en apprécient pas la teneur, ils n’ont qu’à s’abstenir ou s’arrêter de les parcourir – lorsqu’ils se rendent comptent que mes publications ne sont pas à leur goût – , plutôt que se donner à eux-mêmes des aigreurs d’estomac.

Il est aussi un second élément que je veux notifier : notre Frère Maximilien-Marie a proposé aux personnes qui le souhaitaient un parcours de carême en union avec le Refuge Notre-Dame de Compassion (cf. > www) ; les personnes intéressées ont donc pu, depuis le Mercredi des Cendres jusqu’au dimanche de Quasimodo inclus, recevoir quotidiennement dans leur boite aux lettres électronique un texte spirituel marquant la progression vers Pâques et cela s’est continué pendant tout l’octave de Pâques, puisque la fête de Pâques dure liturgiquement huit jours. C’était donc de ce côté-là qu’il fallait espérer des publications en rapport avec la liturgie.
Si vous voulez acheter des croquettes pour votre chat et que vous les cherchez dans la partie du magasin où l’on vend des conserves de légumes, ne reprochez pas aux vendeurs de ne pas proposer à la vente cet article que vous désirez, mais faites plutôt tout simplement l’effort d’aller voir dans le bon rayonnage ; et, si vous ne savez pas où il se trouve, demandez-le poliment à l’accueil !

P. de Champaigne Louis XIII couronné par la victoire

Philippe de Champaigne : Louis XIII couronné par la Victoire.

Au Mesnil-Marie, nous cherchons autant que possible à être cohérents.
Sans faire de confusion entre les domaines temporels et spirituels, mais parce que notre religion est celle de l’Incarnation, nos convictions religieuses ont le plus naturellement du monde des implications sociales et politiques (j’emploie ce mot dans son sens le plus noble, qui est aussi le plus général).

La distinction entre le temporel et le spirituel ne peut en aucune manière être une séparation absolue, de la même manière que la foi et les oeuvres ne peuvent être séparées : « Que servira-t-il, mes frères, que quelqu’un dise qu’il a la foi, s’il n’a point les oeuvres ? (…) La foi, si elle n’a pas les oeuvres, est morte en elle-même » (Jac. II, 14… 17).
Nous ne sommes pas adeptes du « césaropapisme », pas plus que de la « théocratie pontificale », mais nous n’adhérons pas non plus aux funestes erreurs qui enseignent la séparation de l’Eglise et de l’Etat, plusieurs fois condamnées – en particulier par les saints papes Pie IX et Pie X – .
Ainsi que l’a encore rappelé le vénérable Pie XII dans une phrase justement célèbre : « De la forme donnée à la société, conforme ou non aux lois divines, dépend et découle le bien ou le mal des âmes ».

Mon blogue est donc « politique »,
justement parce qu’il est religieux !

Et si nous célébrons à Pâques le grand triomphe surnaturel et spirituel sur le mal, rien ne s’oppose – bien au contraire – à ce que, forts de cette grâce pascale et armés de la Sainte Croix victorieuse, nous dénoncions avec encore davantage de fervente pugnacité les forces maléfiques qui sont à l’oeuvre en nos temps, qui pervertissent la société, qui corrompent la civilisation, qui sont aujourd’hui diffusées et appliquées par des systèmes politiques téléguidés par les loges, et qui pourrissent l’âme de nos contemporains jusqu’à compromettre gravement leur salut éternel…

Charles le Brun apothéose de Louis le grand

Charles Le Brun : apothéose de Louis le Grand.

Notre ami Florian, dans les réponses qu’il a données aux questions que lui posait Monsieur F. Abed (entretien publié ici > www) a bien mis en valeur combien le Légitimisme harmonise le coeur, l’intelligence et l’esprit surnaturel : l’amour, la raison et la foi.

L’Union des Cercles Légitimistes de France (UCLF) est le seul et unique mouvement politique qui soit absolument, intégralement, et en tous points, conforme à la doctrine traditionnelle de l’Eglise Catholique et à la tradition royale capétienne, mais ce n’est pas un « parti » et ce ne le sera jamais (parce que justement la « logique » des partis est une pratique issue des principes révolutionnaires).
Il est notoire – d’ailleurs nous ne cherchons pas à le cacher, puisque cela n’a rien de honteux ! – que, au Mesnil-Marie, nous sommes fermement attachés à la Légitimité et à ce que représente et défend l’UCLF.
Nos convictions légitimistes ne sont pas un attachement superficiel et sentimental à la seule personne de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, aîné des Capétiens, mais elles forment un corps de doctrine complet et parfaitement équilibré qui n’est ni plus ni moins que la conséquence rigoureusement logique de notre foi et une mise en oeuvre sociétale cohérente des principes spirituels qui nous animent.

Voilà pourquoi Frère Maximilien-Marie a pu déjà, en plus d’une occasion, affirmer qu’il était « entré en Légitimité » de la même manière qu’il était entré en religion. Ce pourquoi aussi l’anneau bénit dont est ceint son annulaire droit – anneau de profession religieuse en tous points comparable à ce qu’est l’alliance pour les époux – porte des fleurs de lys.

anneau de profession de frère Maximilien-Marie

J’en viens maintenant à quelques autres critiques qui m’ont été adressées, toujours au sujet de mes précédentes publications, dont le légitimisme indispose certains.

L’une d’elles portait sur l’accent de Monseigneur le duc d’Anjou, qualifié d’épouvantablement « espagnol ».
Je laisse tout spécialement mes amis et lecteurs hispanisants « apprécier » la profondeur intellectuelle et spirituelle d’une telle critique…
Nul doute que mon charitable censeur, s’il eut vécu en ces temps là, eût égalemement été un farouche opposant à l’accession au trône d’Henri IV, puisque celui-ci parlait avec l’accent béarnais !
Derrière le ridicule de cet argument pointe le pseudo « principe de nationalité », inventé de toutes pièces par les royalistes qui ont gobé les théories révolutionnaires – génératrices des plus basses formes de xénophobie – , à fin de barrer la route du trône à la branche aînée des Bourbons.
Ces nationalistes à l’esprit étriqué devraient toutefois se mieux informer : ils apprendraient que Monseigneur le Prince Louis possède la nationalité française, ainsi d’ailleurs que la Princesse Marguerite son épouse !

On m’a aussi écrit pour contester la mort de l’infortuné Louis XVII dans la prison du Temple, arguant que le coeur authentifié comme celui du pauvre petit Roi, et déposé depuis lors à la basilique nécropole royale de Saint-Denys, serait celui de son frère aîné, Louis-Joseph, mort le 4 juin 1789.
Aucun de ceux qui soutiennent cette théorie n’a jamais été capable de m’expliquer comment le coeur embaumé du fils aîné de Louis XVI et de Marie-Antoinette avait échappé, seul, au pillage de l’église du Val de Grâce où il avait été déposé, quelle histoire aurait été la sienne (puisqu’il n’existe pas l’ombre d’un document ou d’un témoignage à ce propos) jusqu’à sa réapparition, ni comment un coeur qui n’avait pas été plongé dans de l’alcool mais embaumé se retrouverait aujourd’hui durci par l’alcool et sans aucune trace d’embaumement…
Quant aux récentes remises en question de la mort de Louis XVII au Temple par le descendant et les sectateurs de Naundorff, prétextant d’une parenté génétique avec les Bourbons, dont « le Figaro » s’est imprudemment fait l’écho il y a peu de temps, sans vérification scientifique de telles allégations, voici les conclusions du professeur Cassiman, généticien de renom internationnal :
« Le profil de Hugues de Bourbon-Naundorff démontre clairement qu’il n’est pas un Bourbon. Tout au plus il appartient à un groupe de chromosome Y frère. Les SNP du chromosome Y indiquent que Hugues et les Bourbons ont un ancêtre commun… il y a quelques milliers d’années. Les STR ne peuvent être employés que pour déterminer des parentés récentes. De toute façon pour déterminer une parenté de moins de 500 ans, moins de 3 à 4 STR au maximum peuvent être différents. Ici il y en a 6. Il y a beaucoup d’erreurs techniques et d’interprétation. Le groupe R1b1a2a1ac n’existe pas… Cela démontre le manque d’expertise des auteurs. Donc les résultats obtenus par le laboratoire de Louvain selon lesquels Naundorff n’était pas Louis XVII sont confirmés. Pas besoin de réécrire l’Histoire ».

Monseigneur le Prince Louis à Saint-Denys devant le monument de Louis XVI

Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, aîné des Capétiens,
à la basilique nécropole royale de Saint-Denys, devant le monument de S.M. le Roi Louis XVI.

Au deuxième dimanche de mai, nous avons fêté la solennité de Sainte Jeanne d’Arc, la sainte de la légitimité dynastique (voir ce que j’en écrivais ici, il y a trois ans > www) : puisse-t-elle, aujourd’hui encore où cela est plus que jamais nécessaire, intercéder et – du haut du Ciel – agir pour que, dans notre France menacée, se réalisent l‘unité des esprits dans la vérité et l’union des coeurs dans la charité.

Lully.                        

Blason de Sainte Jeanne d'Arc

 

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