Archive pour la catégorie 'Chronique de Lully'

2015-93. Deux amours ont bâti deux cités…

31 octobre,
Vigile de la Toussaint.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

       En ce jour de vigile de la Toussaint, nos regards sont déjà tournés vers cette Sainte Cité – la Jérusalem céleste – , qui est le terme de notre espérance et le but auquel tend toute notre vie chrétienne : la Sainte Cité à laquelle nous devons aspirer, la Sainte Cité où nous attendent tous les saints qui nous ont précédés et montré la voie, la Sainte Cité dont la liturgie de demain détaillera la gloire et la félicité de la foule immense des sauvés qui la peuplent, parce que, ici-bas, ils ont vécu les Béatitudes évangéliques, la Sainte Cité en laquelle ne peuvent entrer et vivre à jamais que ceux qui meurent dans la grâce et la miséricorde du Seigneur…

   Pour nous mieux préparer à célébrer cette fête de tous les Saints, permettez-moi de vous inviter à lire ou à relire, à méditer dans le recueillement et le silence, cette célèbre page de notre glorieux Père Saint Augustin : celle extraite de « La Cité de Dieu », où le saint docteur d’Hippone parle des « deux cités », celle de la terre et celle du ciel, et de leurs caractéristiques.
La fameuse phrase « deux amours ont bâti deux cités… » commence le chapitre vingt-huit du quatorzième livre de « La Cité de Dieu », mais, parce qu’il y a en réalité dans le texte un « donc » : « Deux amours ont donc bâti deux cités » (en latin : itaque), il m’a semblé important de vous retranscrire ci-dessous la partie du chapitre vingt-sept qui précède et justifie le développement de Saint Augustin lorsqu’il commence à parler de ces « deux cités ».
Avec Saint Augustin, c’est dans la vision globale du mystère de la chute (des anges et des hommes) et de la Rédemption, et donc de la tentation et du combat spirituel – par lequel l’homme, fidèle à la grâce divine, parvient à la victoire – , qu’il nous faut sans cesse nous replacer.

   La fête de tous les Saints, qui – en ce monde de ténèbres – entrouvre aux yeux de nos âmes la lumineuse vision du Ciel, doit être pour nous un vif stimulant à nous montrer forts et généreux dans le combat spirituel, un encouragement à nous livrer davantage à l’action de la grâce, un puissant motif pour mettre à mort en nous tout ce qui est contraire à l’amour divin, et un tremplin spirituel pour décupler toutes nos énergies afin de vivre toujours plus intensément l’esprit des Béatitudes. 

Belle, fervente et très sainte fête de tous les Saints !

Lully.

Le Christ en sa gloire entouré des saints

Le Christ en Sa gloire, entouré des Saints

« Deux amours ont bâti deux cités… »

       De même que nous ne saurions vivre ici-bas sans prendre des aliments, et que nous pouvons néanmoins n’en pas prendre, comme font ceux qui se laissent mourir de faim, ainsi, même dans le paradis, l’homme ne pouvait vivre sans le secours de Dieu, et toutefois il pouvait mal vivre par lui-même, mais en perdant sa béatitude et tombant dans la peine très-juste qui devait suivre son péché. 

   Qui s’opposait donc à ce que Dieu, lors même qu’Il prévoyait la chute de l’homme, permît que le diable le tentât et le vainquît, puisqu’Il prévoyait aussi que sa postérité, assistée de Sa grâce, remporterait sur le diable une victoire bien plus glorieuse ?
De cette sorte, rien de ce qui devait arriver n’a été caché à Dieu ; Sa prescience n’a contraint personne à pécher, et Il a fait voir à l’homme et à l’ange, par leur propre expérience, l’intervalle qui sépare la présomption de la créature de la protection du Créateur.
Qui oserait dire que Dieu n’ait pu empêcher la chute de l’homme et de l’ange ?
Mais Il a mieux aimé la laisser en leur pouvoir, afin de montrer de quel mal l’orgueil est capable, et ce que peut sa grâce victorieuse.

   Deux amours ont donc bâti deux cités : l’amour de soi-même jusqu’au mépris de Dieu, celle de la terre, et l’amour de Dieu jusqu’au mépris de soi-même, celle du ciel.
L’une se glorifie en soi, et l’autre dans le Seigneur ; l’une brigue la gloire des hommes, et l’autre ne veut pour toute gloire que le témoignage de sa conscience ; l’une marche la tête levée, toute bouffie d’orgueil, et l’autre dit-à Dieu : « Vous êtes ma gloire, et c’est Vous qui me faites marcher la tête levée » (Ps. III, 4) ; en l’une, les princes sont dominés par la passion de dominer sur leurs sujets, et en l’autre, les princes et les sujets s’assistent mutuellement, ceux-là par leur bon gouvernement, et ceux-ci par leur obéissance ; l’une aime sa propre force en la personne de ses souverains, et l’autre dit à Dieu : « Seigneur, qui êtes ma vertu,  je Vous aimerai » (Ps. XVII, 2).

   Aussi les sages de l’une, vivant selon l’homme, n’ont cherché que les biens du corps ou de l’âme, ou de tous les deux ensemble ; et si quelques-uns ont connu Dieu, ils ne Lui ont point rendu l’honneur et l’hommage qui Lui sont dus, mais ils se sont perdus dans la vanité de leurs pensées et sont tombés dans l’erreur et l’aveuglement.
En se disant sages, c’est-à-dire en se glorifiant de leur sagesse, ils sont devenus fous et ont rendu l’honneur qui n’appartient qu’au Dieu incorruptible à l’image de l’homme corruptible et à des figures d’oiseaux, de quadrupèdes et de serpents ; car, ou bien ils ont porté les peuples à adorer les idoles, ou bien ils les ont suivis, aimant mieux rendre le culte souverain à la créature qu’au Créateur, qui est béni dans tous les siècles (Rom. I, 21-25). 

Dans l’autre cité, au contraire, il n’y a de sagesse que la piété, qui fonde le culte légitime du vrai Dieu et attend pour récompense dans la société des saints, c’est-à-dire des hommes et des anges, l’accomplissement de cette parole : « Dieu tout en tous » (1 Cor. XV, 28).

Saint Augustin,
« La Cité de Dieu », livre XIV, 2 ème moitié du chap. 27 et chap. 28.

Christ de gloire (détail)

« Alors Dieu sera tout en tous ! » (1 Cor. XV, 28)

2015-92. Le blogue du Maître-Chat Lully en chiffres.

Jeudi 29 octobre 2015.

Lully à l'ordinateur !!!

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Il y a trois ans et demi (> ici), je vous avais raconté comment mon blogue était né d’une boutade, et je vous donnais quelques indications au sujet de sa fréquentation du moment.
Il ne me semble pas que ce soit tomber dans le péché et encourir la réprobation divine, comme le fit le Roi David lorsqu’il ordonna le rencensement d’Israël (cf. II Rois, XXIV), que de prendre aujourd’hui quelques minutes pour vous présenter à nouveau, quelques chiffres.

Commencé le 10 septembre 2007, c’est dès le mois de novembre 2007 que ce blogue a vu dépasser le nombre de mille visiteurs par mois.
En mars 2009, le nombre de 10.000 visiteurs par mois fut atteint et même dépassé. Puis, en octobre 2012, c’est le nombre de 20.000 visiteurs par mois qui fut largement dépassé.
Notons un pic d’affluence exceptionnel aux mois de septembre et d’octobre 2013, où le chiffre de 30.000 visites (pour chacun de ces mois) fut dépassé.

La moyenne actuelle, en cette fin octobre 2015, se situe un peu au-dessus de 25.000 visiteurs par mois.
La fréquentation quotidienne oscille entre 650 et 950 visiteurs par jour ; certains jours le nombre de 1.000 visiteurs est dépassé, mais cela demeure exceptionnel.
Habituellement, on compte un nombre moins élevé de visiteurs les samedis et les dimanches.

A ce jour, 29 octobre 2015, les publications qui ont reçu le plus de visites sont :
- en tout premier lieu la prière à Saint Antoine de Padoue composée par Frère Maximilien-Marie et publiée en juin 2008 (> ici) = plus de 108.000 visites ;
- elle est suivie par la prière à Sainte Anne (> ici) = plus de 37.500 ;
- en troisième position vient l’article sur l’archange Saint Raphaël (> ici) = plus de 26.500 visites ;
- viennent ensuite les divers articles consacrés au martyre du Roi Louis XVI, celui présentant l’histoire de la statue de Notre-Dame de Bonne-Délivrance, les deux articles sur la Sainte Ampoule du sacre des Rois de France, suivis par le texte du secret de la Salette.

Certaines publications du blogue (en particulier des articles à caractère historique) se trouvent citées en référence par des articles de fond que l’on trouve dans des encyclopédies en ligne.
Il n’est pas rare que des journalistes ou des auteurs nous écrivent pour nous demander l’autorisation de reprendre certains textes ou extraits de textes du blogue.
Anecdotiquement, notons aussi que, en cette année 2015, à partir du 22 mai – jour où a été rendue publique la nomination d’un nouvel évêque sur le siège épiscopal de Viviers – lorsque l’on écrivait « diocèse de Viviers » dans la barre de recherches de Google, un article présentant la situation très inquiétante du diocèse, que nous avions publié au mois de juillet 2011, est resté pendant plusieurs semaines dans les toutes premières propositions du célèbre moteur de recherches, juste après le site officiel du diocèse et avant même l’article de Wikipédia sur l’histoire du diocèse de Viviers !

Pour terminer, je rappelle que, depuis la création – au printemps 2013 – d’un site internet propre au Refuge Notre-Dame de Compassion, différent de ce blogue-ci, je ne publie plus dans les pages de ce blogue les annonces et les comptes-rendus de nos activités : celles-ci se trouvent désormais présentées dans la « niouzelaiteur » du dit site, lettre d’information à laquelle tout un chacun peut s’abonner en suivant les indications données sur la page d’accueil (> ici), tandis que pour recevoir les mises à jour du blogue il demeure nécessaire d’en faire la demande, en sorte que l’on puisse vous inscrire sur nos listes de diffusion.

Je ne sais pas combien de temps encore durera l’aventure de mon blogue, né d’une boutade, et dont je n’imaginais pas qu’il se taillât une telle audience, mais ce dont je suis absolument certain aujourd’hui, et j’en rends de vives actions de grâces à la divine Providence, c’est qu’il nous a permis – à Frère Maximilien-Marie comme à moi-même – de faire de très belles rencontres et de lier de belles amitiés spirituelles…

Patte de chatLully.

chat internaute

Publié dans:Chronique de Lully |on 29 octobre, 2015 |4 Commentaires »

2015-91. Lettres par lesquelles Sainte Marguerite-Marie a révélé les desseins du Sacré-Cœur du Christ-Roi pour le Roi de France.

Vendredi 23 octobre 2015,
fête des Bienheureuses Ursulines de Valenciennes, martyres (cf. > ici).

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

     Nous approchons de la fête du Christ-Roi, aussi, en cette année du troisième centenaire de la mort du Grand Roi, et pour compléter ce que j’avais publié à l’occasion du trois-cent-soixante-quinzième anniversaire de sa naissance au sujet de son prétendu « refus d’obéir au Sacré-Cœur » (le 5 septembre 2013 > ici), je voudrais publier ci-dessous les textes exacts de Sainte Marguerite-Marie concernant Sa Majesté le Roi Louis XIV et le message particulier que le divin Cœur de Jésus voulait que la sainte visitandine de Paray-le-Monial lui fît parvenir.
Il s’agit bien ici du règne de Notre-Seigneur Jésus-Christ sur les nations et les sociétés terrestres, en commençant par la France, pour qu’ensuite l’exemple de celle-ci entraîne tous les peuples de la terre à se soumettre au Cœur adorable du Christ-Roi.

   Avant de lire ces textes, il convient d’insister pour rappeler que l’existence et le contenu de ce message ne sont pas discutables pour un catholique fidèle : en effet, dans la bulle de canonisation de Sainte Marguerite-Marie (Benoît XV, Acta Apostolicae Sedis, 13 mai 1920) cette mission à l’intention du Roi de France est explicitement mentionnée ; or une bulle de canonisation est un acte du magistère pontifical infaillible.

   Ces textes de Sainte Marguerite-Marie sont extraits de deux longues lettres écrites à la Révérende Mère de Saumaise, supérieure du monastère de la Visitation de Dijon. Nous en citons le texte d’après la troisième édition de « Vie et œuvres de la Bienheureuse Marguerite-Marie Alacoque », par Monseigneur Gauthey (1915 – tome 2).

Apparition du Sacré-Coeur à Sainte Marguerite-Marie

A – Lettre N° 100.

   Cette lettre a été écrite « après la fête du Sacré-Cœur, juin 1689″ (note : la fête du Sacré-Cœur, c’est-à-dire le vendredi qui suit l’octave de la fête du Saint-Sacrement, fut célébrée cette année-là le vendredi 17 juin ; cela ne signifie toutefois pas que les communications célestes dont fait état Sainte Marguerite-Marie dans cette lettre lui aient été révélées le jour de cette fête du Sacré-Cœur comme l’ont hâtivement conclu quelques auteurs).

   Sainte Marguerite-Marie commence par se réjouir de la ferveur avec laquelle la fête du Sacré-Cœur a été marquée dans les monastères de Paray-le-Monial et de Dijon. C’est alors qu’elle écrit : « Il règnera cet aimable Coeur, malgré Satan. Ce mot me transporte de joie et fait toute ma consolation. » Puis elle parle de toutes les grâces et bénédictions que l’Ordre de la Visitation va recevoir par cette dévotion, et va faire découler sur les âmes.
C’est alors qu’elle ajoute :

   Mais Il ne veut pas s’en arrêter là : Il a encore de plus grands desseins qui ne peuvent être exécutés que par Sa toute-puissance qui peut tout ce qu’elle veut. Il désire donc, ce me semble, entrer avec pompe et magnificence dans la maison des princes et des rois, pour y être honoré autant qu’il y a été outragé, méprisé et humilié en Sa Passion, et qu’Il reçoive autant de plaisir de voir les grands de la terre abaissés et humiliés devant Lui, comme Il a senti d’amertume de Se voir anéanti à leurs pieds. Et voici les paroles que j’entendis au sujet de notre Roi : « Fais savoir au fils aîné de Mon Sacré-Cœur, que, comme sa naissance temporelle a été obtenue par la dévotion aux mérites de Ma sainte Enfance, de même il obtiendra sa naissance de grâce et de gloire éternelle par la consécration qu’il fera de lui-même à Mon Cœur adorable, qui veut triompher du sien, et par son entremise de celui des grands de la terre. Il veut régner dans son palais, être peint dans ses étendards et gravé dans ses armes, pour les rendre victorieuses de tous ses ennemis, en abattant à ses pieds ces têtes orgueilleuses et superbes, pour le rendre triomphant de tous les ennemis de la sainte Eglise. »

   La sainte Visitandine continue ensuite sa lettre en parlant du rôle que doit jouer la Compagnie de Jésus dans la diffusion du culte du Sacré-Cœur, et l’achève en faisant allusion aux communautés et aux coeurs qui sont réfractaires à cette dévotion.

lys vitrail

B – Lettre N° 107.

   Cette lettre est datée du 28 août 1689 : il semble qu’entre la lettre du mois de juin (cf. supra) et celle-ci, il y ait eu des échanges entre Sainte Marguerite-Marie et la Mère de Saumaise, dont les textes ne nous soient point parvenus.
On est frappé par le ton particulièrement solennel avec lequel elle commence, qui fonde d’emblée le contenu du message qui va suivre dans la volonté du Père Eternel Lui-même : selon toute vraisemblance, il avait été entendu entre elles que Sainte Marguerite-Marie rédigerait le texte de sa lettre de manière à ce que, conformément aux inspirations reçues sur la manière dont il fallait procéder pour atteindre le Roi, la Révérende Mère de Saumaise puisse la transmettre telle quelle à la supérieure du monastère de la Visitation de Chaillot, afin que cette dernière la porte à la connaissance du Révérend Père de La Chaise, confesseur de Sa Majesté (voir ce que nous avons expliqué à ce sujet > ici).
C’est le texte intégral de la lettre 107 que nous publions ci-dessous.

Vive + Jésus !

Ce 28 août 1689.

   Le Père Eternel voulant réparer les amertumes et angoisses que l’adorable Cœur de Son divin Fils a ressenties dans la maison des princes de la terre, parmi les humiliations et outrages de Sa Passion, veut établir Son empire dans la cour de notre grand monarque, duquel Il Se veut servir pour l’exécution de ce dessein qu’Il désire s’accomplir en cette manière, qui est de faire faire un édifice où serait le tableau de ce divin Cœur pour y recevoir la consécration et les hommages du Roi et de toute la cour. De plus, ce divin Cœur se voulant rendre protecteur et défenseur de sa sacrée personne, contre tous ses ennemis visibles et invisibles, dont Il le veut défendre, et mettre son salut en assurance par ce moyen ; c’est pourquoi Il l’a choisi comme Son fidèle ami pour faire autoriser la messe en Son honneur par le Saint-Siège apostolique (*), et en obtenir tous les autres privilèges qui doivent accompagner cette dévotion de ce Sacré-Cœur, par laquelle Il lui veut départir les trésors de Ses grâces de sanctification et de salut, en répandant avec abondance Ses bénédictions sur toutes ses entreprises, qu’Il fera réussir à sa gloire, en donnant un heureux succès à ses armes, pour le faire triompher de la malice de ses ennemis. Heureux donc qu’il sera, s’il prend goût à cette dévotion, qui lui établira un règne éternel d’honneur et de gloire dans ce Sacré-Cœur de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Lequel prendra soin de l’élever et le rendre grand dans le ciel devant Dieu Son Père, autant que ce grand monarque en prendra de relever devant les hommes les opprobres et anéantissements que ce divin Cœur y a soufferts ; qui sera en Lui rendant et Lui procurant les honneurs, l’amour et la gloire qu’Il en attend.
Mais comme Dieu a choisi le Révérend Père de La Chaise pour l’exécution de ce dessein, par le pouvoir qu’Il lui a donné sur le cœur de notre grand Roi, ce sera donc à lui de faire réussir la chose, en procurant cette gloire à ce Sacré-Cœur de Notre-Seigneur Jésus-Christ ; secondant en cela l’ardent désir qu’Il a de Se faire connaître en Se manifestant aux hommes, pour en être aimé et en recevoir un honneur et hommage tout particulier. Si donc Sa bonté inspire à ce grand serviteur de Sa divine Majesté d’employer le pouvoir qu’Il lui a donné, pour Lui faire ce plaisir qu’Il désire si ardemment, il peut bien s’assurer qu’il n’a jamais fait d’action plus utile à la gloire de Dieu ni plus salutaire à son âme, et dont il soit mieux récompensé, et toute sa sainte congrégation, dont il se rendra par ce moyen l’honneur et la gloire, par les grands trésors de grâce et de bénédictions que ce Sacré-Cœur y répandra, Lequel, S’étant communiqué premièrement aux Filles de la Visitation, auxquelles Il a donné de Le manifester et faire connaître par l’établissement de cette même dévotion de ce Cœur tout aimable, de laquelle dévotion Il veut que les RR. PP. Jésuites fassent connaître l’utilité et la valeur, cela leur étant réservé. C’est pourquoi vous ferez bien, si vous en trouvez de bonne volonté, de les y employer, car par ce moyen la chose réussira plus facilement, quoique tout y paraisse très difficile, tant pour les grands obstacles que Satan se propose d’y mettre, que pour toutes les autres difficultés. Mais Dieu est sur tout, Lequel Se plaît souvent de Se servir des moindres et des plus méprisables choses pour l’exécution de Ses plus grands desseins, tant pour aveugler et confondre le raisonnement humain, que pour faire voir Sa puissance, qui peut tout ce qui Lui plaît, quoiqu’Il ne le fasse pas toujours, ne voulant pas violenter le coeur de l’homme, afin que le laissant en liberté, Il ait plus de moyens de le récompenser ou châtier. Il me semble, ma chère Mère, que vous ferez chose fort agréable à ce divin Cœur, de vous servir du moyen qu’Il vous a inspiré, d’écrire à ma très honorée sœur la supérieure de Chaillot pour le dessein que Votre Charité nous marque. Au reste, il faut beaucoup prier et faire prier pour cela. Je crois que vous ferez bien de lui envoyer un petit livre de Moulins, avec un des vôtres (**).
Voilà tout ce que je vous peux dire pour le présent, n’ayant pas d’autre intelligence que celle qui m’est donnée à moi pauvre pécheresse, l’indigne esclave et victime de l’adorable Cœur de mon Sauveur, qui se sert d’un sujet plus propre à détruire un si grand dessein qu’à le faire réussir ; mais c’est afin que toute la gloire soit donnée au souverain Maître, et non à l’outil dont Il Se sert, lequel est de même que cette boue dont ce divin Sauveur Se servit pour mettre sur les yeux de l’aveugle-né. Suivez donc courageusement les vues qu’Il vous donnera ; car pour moi je ne peux rien ajouter de moi-même, ni chercher d’ajustement à tout ce que je vous dis par obéissance, et de la part de ce Sacré-Cœur, qui veut que je vous manifeste tout simplement ce qu’Il me fait connaître, car si j’en usais autrement, Il rendrait tout ce que je pourrais dire inutile, d’autant qu’Il en retirerait Sa grâce. De plus, Il me rend si ignorante que je ne peux rien ajouter. Suppléez donc à mon ignorance, et demeurons toujours en paix, de quelle manière qu’Il veuille faire réussir nos peines. Je Le prie de tout mon coeur qu’Il bénisse vos saintes entreprises et vous donne le courage de supporter généreusement toutes les difficultés. Que nous serions heureuses, ma chère Mère, si nous pouvions sacrifier nos vies pour cela ! Amen.

D.S.B. (***)

note (*) : la messe en l’honneur du Sacré-Cœur n’existait alors que dans le diocèse de Langres, instituée par l’autorité diocésaine, or ce qui est demandé ici c’est une autorisation apostolique pour tous les diocèses de la catholicité.
note (**) : Sainte Marguerite-Marie fait ici allusion aux livrets sur la dévotion au Sacré-Cœur, contenant une explication et des prières, qui avaient été réalisés par les soins des monastères de Moulins et de Dijon.
note (***) : abréviation de la formule « Dieu soit béni ! », qu’utilisent les religieuses de la Visitation pour se saluer.

Corrolaire :

Louis XIV a-t-il refusé d’obéir aux demandes du Sacré-Cœur ? : voir > ici

Vitrail du Christ Roi

Autres textes concernant la Royauté du Christ :
– L’importance significative de la fête du Christ Roi au dernier dimanche d’octobre > ici
– Le Christ veut régner par la vertu de Son Sacré-Cœur > ici

-  Dieu vivra, Il règnera pleinement et éternellement (Cardinal Pie) > ici
– Comme les nations font à Dieu, Dieu fait aux nations (Cardinal Pie) > ici

Et bien sûr, prescrit (et indulgencié) à l’occasion de la fête du Christ-Roi :
Acte de consécration du genre humain au Sacré-Cœur du Christ-Roi > ici

lys vitrail

Méditation devant l’image de la Vierge Adolescente « Mater Admirabilis ».

       Le 20 octobre 2007 déjà, dans les toutes premières semaines d’existence de mon blogue, j’avais tenu à vous parler de « la sainte image de Mater Admirabilis » (cf. > ici) dont la dévotion s’est répandue dans le monde entier, sous l’impulsion des Dames du Sacré-Coeur, à partir du couvent de la Trinité des Monts, à Rome.
En ce 20 octobre 2015, la découverte de deux belles images anciennes (vous savez que nous les aimons et en avons une petite collection au Mesnil-Marie), me donne l’occasion de vous rappeler cette belle dévotion envers la Mère Admirable, modèle et maîtresse de vie intérieure, et de vous recopier ci-dessous, le texte d’une belle méditation en rapport avec l’image de Mater Admirabilis : texte tiré d’un opuscule publié en 1865 (c’était alors sa troisième édition) par l’abbé Alfred Monnin (qui est aussi l’auteur d’une célèbre biographie du Saint Curé d’Ars) avec l’imprimatur de Son Excellence Monseigneur Pierre-Henri Gérault de Langalerie, évêque de Belley ; texte remarquable parce qu’il est nourrit et comme tissé de références bibliques ; texte remarquable aussi parce qu’il remet bien des choses à l’endroit pour nous qui vivons en un monde qui a oublié le sens véritable de la vie sur terre et de la vocation chrétienne…

   Puisse la Mère Admirable vous envelopper tous dans sa propre contemplation pour vous introduire dans la douce intimité du Dieu Trois Fois Saint.

Lully.

Mater admirabilis - image dévotion XIXe siècle

Elévation à la Très Sainte Adolescente dans le Temple :

       Vierge bénie entre toutes les vierges, c’est avec bonheur que je vous vois cacher dans le Temple de Jérusalem les grâces inestimables dont Dieu vous a remplie. Le monde n’était pas encore digne de les apercevoir. Je vénère, en vous, ce terrain virginal où Dieu va déposer le fruit divin de son amour.

   Le Temple est pour vous le jardin fermé du Cantique. La rosée du Seigneur tombe sur vous, continue et féconde. Le Christ germe de vous comme un lis : sa racine pousse avec force comme celle des plantes du Liban ; ses branches s’étendent en vigoureux rameaux ; sa gloire est celle de l’olivier, son parfum celui de l’encens (cf. Os. XIV). Mère future et très admirable de mon Dieu, laissez-moi vous admirer de plus près. Laissez-moi dire un mot des secrets que vous me révélez ! Avant d’adorer Jésus dans vos bras, et penché sur votre Coeur, c’est votre Coeur que je vénère. Je le proclame après celui de Jésus le chef-d’oeuvre de la création. Tout ce qui avait été vertu avant vous, au ciel et sur la terre, vous le résumez en vous seule ; tout ce qui sera vertu après vous, seule vous l’exprimez déjà en une perfection sublime. Je vénère en vous la femme chrétienne par excellence, et je recueille près de vous tous ces fruits de vertu qui feront plus tard les jeunes filles, les mères, les veuves de la Sainte Eglise. Mais vous m’apparaissez plus belle encore : c’est comme Vierge des vierges que je vous salue dans le Temple, comme le type parfait des âmes consacrées à Dieu par les voeux de la Religion.

   La première, vous avez fait entendre le cantique de la pauvreté, de la chasteté, de l’obéissance ; cantique qui permet aux hommes de louer Dieu comme le font les anges ! Près de vous tout ce que l’état religieux offre de charme, de sécurité et de paix se retrouve avec sa grâce primitive : la virginité avec ses isolements, la solitude avec ses silences, le désert sacré avec ses clôtures impénétrables, la modestie avec ses voiles, le recueillement avec ses prières, le travail avec ses saints offices… Tout ce qui assure l’innocence, tout ce qui entretient et calme à la fois ses pudiques alarmes, tout ce qui la fait courir dans les voies de la perfection !…

   C’est vous, ô Enfant admirable, qui inaugurez cette nouvelle alliance qui s’appelle du doux nom de paix et qui est toute fondée sur l’amour ! Vous parlez avec Dieu la langue de l’amour, la langue de l’âme réparée, la langue de l’homme innocent, la langue des anges !

   Femme incomparable de l’Ecriture, vous avez découvert la perle perdue depuis quatre mille ans ! Vous avez appelé vos voisines, et, dans votre joie, vous leur avez appris cette vie supérieure de la créature, qui croit n’en pouvoir jamais faire assez pour se séparer du créé et se mieux unir  à son Créateur… cette vie du véritable exil, où tout est compliqué, vide, froid et insipide, si ce n’est le souvenir et l’attente de Dieu !

   Laissez-moi donc m’agenouiller devant votre Coeur virginal, sainte fileuse du Temple ! Laissez-moi admirer en vous ces grâces qui vont devenir le germe de tous les ordres de l’Eglise. De la surabondance de vos mérites, très-sainte Adolescente, l’Eglise constituera un trésor réservé, où toutes les âmes d’élite viendront puiser pour atteindre la plénitude de leur vocation.

   Les pasteurs s’approcheront, et, comme les bergers de Bethléem, vous les consolerez et vous les fortifierez durant les longues veilles de la nuit qui semble près de s’étendre sur le monde…
Les religieux s’approcheront et ils trouveront en vous l’esprit d’immolation qui les fera demeurer sur l’autel comme des victimes qu’on égorge.
Les prêtres s’approcheront et vous leur apprendrez à offrir, dans la pureté, l’Agneau de Dieu.
Les hommes de la génération présente s’approcheront, et, dans ces temps laborieux, vous en ferez les ouvriers de la vérité et de la justice, pour mettre un terme  aux grandes iniquités, essuyer les larmes des faibles, et hâter cette moisson divine qui nourrira les âmes d’une plus abondate et plus efficace effusion de la lumière divine.
Les jeunes gens s’approcheront, et vous leur donnerez le courage de la lutte ; vous leur apprendrez l’emploi de la force, et, renonçant à cet avenir matériel de faux biens, de plaisirs décevants, de paresse immorale, d’ennuis et de désenchantements prévus, ils iront, eux aussi, travailler à la vigne du Maître.
Les mères s’approcheront, et elles sauront de vous comment on se rend apte à préparer, par le sublime devoir de l’éducation, les germes de l’avenir ; quelle est la force qui raffermit, bénit et glorifie la famille, et, par la famille, la société tout entière.
Les jeunes filles s’approcheront, et votre modestie, s’insinuant en elles, leur fera connaître ses charmes, mille fois plus aimables que tous les prestiges de la vanité et toutes les séductions du monde.
Les fidèles de tous les âges et de toutes les conditions accourront de toutes parts, et vous leur donnerez, en abondance, ces grâces de pureté, de dévoûment, de patience, de douceur et de force qui les feront passer, à leur tour, dans cette grande et unique oblation des élus que la sainte Epouse de Notre-Seigneur, depuis les jours du Calvaire, ne cesse d’offrir à son divin Epoux.

Mater admirabilis ora pro nobis canivet

2015-90. De l’Edit de Fontainebleau par lequel fut révoqué l’Edit de Nantes.

1685 – 18 octobre – 2015

Dimanche soir 18 octobre 2015 :
Fête de Saint Luc l’Evangéliste ;
Mémoire du 21 ème dimanche après la Pentecôte ;
222 ème anniversaire de la sainte mort de Charles-Melchior Artus, marquis de Bonchamps (cf. > ici) ;
217 ème anniversaire de l’exécution de Joseph-Etienne de Surville, marquis de Mirabel (cf. > ici).

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

   A toutes les célébrations et commémorations de ce jour qui s’achève, je veux ajouter le trois-cent-trentième anniversaire de l’Edit de Fontainebleau, qui, comme son nom l’indique, fut signé à Fontainebleau par Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XIV, le 18 octobre 1685.

Edit de Fontainebleau dernière page - Archives Nationales

Original de l’Edit de Fontainebleau du 18 octobre 1685,
dernière page avec les signatures de S.M.T.C. le Roi Louis XIV
et de Michel le Tellier, chancelier de France,
scellé du sceau royal en cire verte,
et portant mention de l’enregistrement par le Parlement de Paris le 28 novembre 1685.

   Assurément, cet édit, plus communément appelé « révocation de l’Edit de Nantes », est l’un des griefs les plus tenaces que l’on brandit contre le Grand Roi, et l’un des reproches récurrents que l’on adresse aux catholiques, puisque, bien entendu, il n’y aurait d’un côté que des gentils protestants pacifiques vivant selon le véritable esprit évangélique, et de l’autre côté que des méchants catholiques, oppresseurs et cruels, ayant trahi et travesti la doctrine de Jésus-Christ !
Il faut dire que l’histoire officielle n’a jamais été avare de mensonges et de détournements de la vérité pour inculquer aux Français, dès leur plus jeune âge, le mépris et la haine tout à la fois de la Sainte Eglise et de la glorieuse Royauté française.

   Foin du prêt à penser républicain !
Pour ce qui me concerne, et parce que je considère que l’on ne doit pas regarder le passé avec les lunettes d’aujourd’hui (surtout lorsque ces lunettes sont teintées d’idéologie, d’indifférentisme et de relativisme, et que leur champ de vision est en outre imposé par l’apostasie officielle des nations), avec l’écrasante majorité des loyaux sujets du Roi Très Chrétien contemporains de l’événement, je suis bien loin de porter un jugement négatif sur cet Edit de Fontainebleau ; tout au contraire !
Je ne veux d’ailleurs pas manquer de faire remarquer aux inconditionnels de la démocratie, qui voudraient nous convaincre que la vérité politique et sociale découle de l’opinion de la majorité, que – dans tout le règne de Louis XIV –  il n’y a sans doute pas eu de mesure plus unaniment populaire ni plus spontanément plébiscitée et louée, par tout le Royaume, que cette révocation.

   Il faudrait bien davantage qu’un simple article dans les pages de ce blogue pour tout argumenter.
Il convient néanmoins de rappeler que le fameux Edit de Nantes était un texte transitoire, lié à des circonstances bien particulières, qui ne pouvait en aucune manière oblitérer les serments du Sacre : le Roi de France, le Roi Très Chrétien a juré solennellement devant Dieu, devant l’Eglise, devant les Grands et devant tout son peuple, d’extirper l’hérésie du Royaume.

    »Evêque du dehors », porte-glaive des droits de la Sainte Eglise, le Roi a charge d’âmes ; le Roi devra rendre compte à Dieu du salut des peuples commis temporellement à sa garde.
Or le protestantisme est une accumulation de doctrines erronées, de fausses interprétations des Saintes Ecritures, d’allégations fallacieuses : cette hérésie corrompt les âmes, les éloigne de la Vérité confiée comme un dépôt sacré à la Sainte Eglise ; le protestantisme met donc les âmes en grand danger de se perdre pour l’éternité.
En outre, et on l’a bien vu pendant presque tout le XVI ème siècle, et pendant une grande partie du règne de Louis XIII encore, l’hérésie protestante est une source majeure de troubles civils et politiques : elle a toujours menacé la paix du Royaume, elle a multiplié les exactions contre les personnes et les biens privés, elle a porté atteinte à l’unité nationale avec la plus insolente audace.

   Le bon peuple de France quant à lui, profondément ancré dans sa foi traditionnelle, n’en peut plus de l’arrogance de ces prétendus réformés qui restent orgueilleusement couverts au passage du Saint-Sacrement et des reliques, qui refusent de s’agenouiller devant Dieu, qui méprisent les saints protecteurs du Royaume, des provinces, des cités et des corporations, qui ne s’associent pas aux prières publiques lorsque quelque malheur menace le Royaume, et qui sont les descendants impénitents des pilleurs d’églises, des profanateurs de couvents, des massacreurs de prêtres et de religieux, des violeurs de nonnes, et des incendiaires des villages catholiques…

Guy-Louis Vernansal allégorie de la révocation de l'Edit de Nantes

Guy-Louis Vernansal (1648-1729) : allégorie de l’Edit de Fontainebleau (Château de Versailles).

   La toile, dont je publie ci-dessus une photographie, fut peinte par Guy-Louis Vernansal (1648-1729) : c’est cette oeuvre qu’il présenta à l’Académie Royale de peinture et de sculpture en septembre 1687, lorsqu’il y fut admis.

   Ce tableau est une allégorie de l’Edit de Fontainebleau.
Louis XIV y est représenté assis de profil, désignant de la main la figure de la Vérité dont la main gauche semble capter la lumière des rayons du soleil (car la Vérité, comme le soleil, est unique), tandis qu’elle s’appuie, du côté droit, sur le texte de l’Edit. La Vérité est couronnée de lauriers, car elle finit toujours par triompher.
Légèrement en arrière de la Vérité, est représentée la Foi : elle est voilée, parce que la Foi n’est pas l’évidence ; ce n’est que dans l’éternité que ce que la Foi nous présente à croire ici-bas sera pleinement dévoilé. La Foi tient une croix, représentation du mystère central de la Révélation chrétienne.
Un peu plus haut se trouve la figure de la Religion, coiffée de la tiare papale, élevant le Calice surmonté d’une Hostie rayonnante : sont ainsi mis en évidence deux points essentiels de l’enseignement du Christ, présents dans les Saints Evangiles mais refusés par les huguenots, c’est-à-dire les sacrements de l’Ordre et de l’Eucharistie.
Sur le côté droit de la composition, juste derrière Louis XIV, est représentée la Piété
 : elle porte la main sur sa poitrine, signifiant par là la réelle profondeur de l’amour du Roi pour la vraie religion, tandis que la flamme qui s’élève du front de cette même figure allégorique symbolise le zèle ardent de l’esprit du Souverain pour les vérités révélées.
La Justice, clairement identifiée par le glaive qu’elle tient en main, est figurée derrière le trône royal : elle porte un diadème, car la Justice est souveraine. Elle tourne son visage vers un homme qui jette des livres, ces mauvais livres par lesquels les auteurs de la R.P.R. (Religion Prétendue Réformée) répandent leurs doctrines d’erreur.
Dans la partie gauche du tableau, on voit les vices précipités dans les flammes : on reconnaît l’Hypocrisie à son masque, la Discorde à sa torche éteinte, et la Rébellion à son casque et à son glaive.
L’artiste a opposé la stabilité architectonique de la partie droite (puissantes colonnes, trône, attitudes hiératiques et calmes), partie où se trouve le Souverain, à l’agitation et au déséquilibre de la partie gauche (celle des vices). Ces deux zones sont nettement séparées par les nuées qui servent de support aux figures allégoriques centrales.
Ce tableau, pour moi, vaut tous les longs exposés apologétiques.

   Toutefois, à tous ceux qui veulent approfondir la réalité de l’Edit de Fontainebleau, je recommande tout particulièrement la lecture du chapitre XXI du remarquable « Louis XIV » de François Bluche.
Ce chapitre, intitulé « Unité religieuse, unité nationale » est d’autant plus intéressant qu’il nous livre une approche honnête et rigoureuse des faits, réalisée par un historien de confession… protestante !

Lully.

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2015-89. Naissance du « Cercle Légitimiste du Vivarais Abbé Claude Allier ».

Samedi 17 octobre 2015,
fête de Sainte Marguerite-Marie, (voir > ici et > ici).

Montmartre détail de la mosaïque de l'abside - 1

Basilique nationale du Sacré-Coeur à Montmartre  (détail de la mosaïque de l’abside)

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Ce jour de la fête de Sainte Marguerite-Marie, confidente et messagère du Sacré-Coeur, à laquelle Notre-Seigneur Jésus-Christ confia en 1689 un message particulier à l’adresse du Roi de France – « le Fils aîné de Mon Sacré-Coeur » – est tout-à-fait indiqué pour vous faire l’annonce d’une naissance, une naissance que Frère Maximilien-Marie espérait depuis qu’il a établi notre Mesnil-Marie en Vivarais, il y a sept ans, naissance qui n’est pas sans rapport avec les desseins de Dieu sur la France rappelés par l’intermédiaire de Sainte Marguerite-Marie, naissance directement ordonnée au service du Christ-Roi et de la France : la naissance d’un Cercle Légitimiste du Vivarais.

Vous savez tous à quel point nous sommes engagés en faveur de la cause légitimiste, parce que dans le dessein de Dieu, maintes fois attesté par la voix des saints et des pontifes, ces deux causes – celle du Trône des Lys et celle de l’Eglise – sont étroitement liées, et parce que, comme j’avais déjà eu l’occasion de l’écrire (cf. ici), « l’Union des Cercles Légitimistes de France (UCLF) est le seul et unique mouvement politique qui soit absolument, intégralement, et en tous points, conforme à la doctrine traditionnelle de l’Eglise Catholique et à la tradition royale capétienne ».
Vous savez également, pour reprendre une expression qu’il affectionne, que mon papa-moine est « entré en Légitimité comme il est entré en religion ».
Vous savez encore que si son anneau de profession religieuse (j’en avais publié la photo > ici) est ceint de fleurs de lys ce n’est pas par hasard ou par simple fantaisie ornementale.
Et vous savez aussi, en tant que fidèles lecteurs de ce blogue, à quel point notre Frère est soucieux de rétablir la vérité en ce qui concerne la France, son « histoire sainte », ses Souverains, et l’héritier actuel du Trône des Lys.
Enfin, vous vous souvenez de l’appel fondateur rédigé par notre ami Monsieur l’abbé Louis de Saint-Taurin, que nous avons publié en avant-première le 25 août dernier (cf. > ici), pour la création de la Confrérie Royale dans laquelle nous sommes bien évidemment engagés.

Montmartre détail de la mosaïque de l'abside - 3

Au cours de cet été 2015, bien des choses que nous attendions, que nous espérions, et pour la réalisation desquelles nous avions prié sans voir comment elles pourraient arriver, se sont tout à coup mises en place : des contacts vraiment providentiels ont eu lieu ; de confiantes amitiés – nécessaires en ce genre d’entreprise – se sont nouées ou renforcées ; des échanges constructeurs se sont produits…

De très belles dates ont été, de manière très significative, les étapes de la progression vers cette création de Cercle Légitimiste : la fête de Notre-Dame du Mont-Carmel, la fête de Sainte Philomène célébrée ici, puis la commémoration du troisième centenaire de la mort du Grand Roi également célébrée dans notre oratoire (cf. > ici).
Et nous voici arrivés à ce mercredi 14 octobre 2015 (la date avait été retenue longtemps à l’avance), où tous les principaux protagonistes se sont réunis en notre Mesnil-Marie, pour la première réunion du Cercle Légitimiste du Vivarais, au cours de laquelle – à l’unanimité – a été décidé de placer ce Cercle sous le patronage céleste (car même s’il n’est pas béatifié nous sommes bien convaincus qu’il est au Ciel, puisqu’il a été mis à mort en haine de la foi catholique et de la royauté chrétienne) de l’abbé Claude Allier.

J’ai publié dans les pages de ce blogue des extraits du précieux ouvrage d’Albert Boudon-Lashermes consacré aux « Chouans du Velay » présentant la personnalité hors pair et l’action intrépide de ce prêtre lucide et courageux, et je vous invite donc à vous y reporter (ici > Abbé Claude Allier).
Placé sous le patronage de ce prêtre fidèle, homme de foi qui sut galvaniser les énergies des plus humbles du peuple, aussi bien que des hobereaux locaux et des militaires, qui se dépensa sans compter pour Dieu et pour le Roi, qui ne se découragea jamais – malgré les échecs – et qui jusqu’au bout se donna tout entier pour défendre la Croix et les Lys, le Cercle Légitimiste du Vivarais Abbé Claude Allier entend bien désormais travailler aujourd’hui avec ardeur et zèle, dans ce même esprit qui anima jadis le fervent prieur de Chambonas au temps de la grande révolution.

En ces tristes temps où les destructions et ravages de la révolution continuent – car la république n’est rien d’autre que la révolution devenue institution, même lorsqu’elle n’use pas de violences criminelles et sacrilèges et ne s’exprime pas sous la même forme que lors de la « grande terreur » – , afin de pouvoir ensuite être efficace dans l’action et d’avoir un rayonnement plus conquérant, le travail contre-révolutionnaire le plus urgent est celui de l’acquisition d’une solide formation : une formation indispensable pour tous ; une formation nécessaire pour que chacun – en adéquation avec la Vérité connue, étudiée et approfondie – puisse être parfaitement cohérent dans ses convictions et dans son action ; une formation qui, selon la belle expression de Saint Pierre, nous permette de « rendre compte de l’espérance » qui est en nous (cf. 1 Petr. III, 15).

Montmartre détail de la mosaïque de l'abside - 2

Je ne vais pas expliquer ici ce que sont les Cercles Légitimistes, d’autres l’ont fait avant moi et bien mieux que moi ; je renvoie donc ceux qui ne le sauraient pas, ou qui souhaiteraient en savoir davantage, aux textes qui l’exposent, par exemple sur le très excellent site « Vive le Roy » (voir > ici).

Priez, s’il vous plaît, mes chers Amis, pour notre Cercle Légitimiste du Vivarais, pour ses membres et pour qu’ils croissent toujours davantage dans la connaissance et dans l’amour de Dieu, de la France et de son Roi légitime…

Vive le Christ qui est Roi de France !
Vive Son lieu-tenant, notre Roi Louis XX !
Et que vive pour leur service le Cercle Légitimiste Abbé Claude Allier !

Lully.

Blason du Vivarais

Blason du Vivarais

Publié dans:Chronique de Lully, Vexilla Regis |on 17 octobre, 2015 |2 Commentaires »

2015-88. « La Couronne de France, en son incarnation, quittant, après treize siècles d’éclat, la scène de ce monde, avec toute la majesté crépusculaire du soleil, lors de ses couchers du début de l’automne… »

Vendredi 16 octobre 2015,
en France, la fête de l’apparition de Saint Michel au Mont Tombe (cf. > ici),
222ème anniversaire de l’assassinat de Sa Majesté la Reine Marie-Antoinette.

       Le sinistre anniversaire dont est à jamais marquée la date du 16 octobre, nous est l’occasion d’approfondir un peu plus chaque année, à rebours de l’image imposée par l’histoire officielle et par les clichés romantiques ou post-romantiques, notre connaissance de la personnalité de la Reine-martyre, du courage et de l’héroïsme dont elle fit montre face aux suppôts déchaînés de l’enfer en cette révolution – fille de Satan – ,  de sa grande âme, et du sens spirituel (sinon mystique) de son sacrifice…

   Le Révérend Père Jean Charles-Roux, dont nous avions évoqué l’extraordinaire figure à l’occasion de son décès (cf. > ici), a été l’un de ceux qui a le plus et le mieux mis en lumière la vérité surnaturelle de cette vie et de ce martyre.
C’est donc à lui que j’emprunte aujourd’hui les lignes qui suivent : serrant au plus près les récits, dont il fait d’abondantes citations, laissés par les témoins oculaires des derniers instants de la Reine, il nous entraîne dans une sorte de méditation, afin de nous élever à la contemplation des réalités invisibles présentes au-delà des apparences qui nous sembleraient au premier abord purement anecdotiques et banales.
Voici donc ce qu’il a écrit au sujet du trajet en charette depuis la Conciergerie jusqu’à l’échafaud.

Armes de Sa Majesté la Reine Marie-Antoinette de Habsbourg-Lorraine

Armoiries de Sa Majesté la Reine Marie-Antoinette de Habsbourg-Lorraine

« La Couronne de France, en son incarnation, quittant, après treize siècles d’éclat, la scène de ce monde, avec toute la majesté crépusculaire du soleil, lors de ses couchers du début de l’automne. »

       Extraordinaire et unique en les annales, non pas seulement de la France, mais de toute la Chrétienté, a été ce trajet de la Reine du cachot au couperet. Car, au lieu d’être, comme l’avaient voulu ses auteurs, humiliant et infamant à l’extrême, il avait été, comme celui de Jésus du prétoire au Calvaire, une apothéose, en le ton le plus contenu et le plus prenant de l’héroïsme.
La Reine y avait démontré que, par cette « possession de son âme » qu’avait remarqué en elle Louis XVI, il lui avait été possible de s’imposer un comportement qui avait élevé sa présence physique au-dessus de son plus piteux état corporel et de ces conditions pires que misérables en lesquelles elle s’était actuellement trouvée. Ainsi s’était-il fait que, lorsqu’en cette date, si accablante pour la conscience française, du 16 octobre, après une attente qui, pour certains, en ces foules immenses, avait duré depuis les cinq heures du matin, un commandement militaire un peu avant onze heures avait retenti ; et que toutes les troupes, massées autour de la Conciergerie, avaient mis l’arme en main et fait face au palais ; et que là la grande porte se soit ouverte, pour laisser paraître et s’avancer « la victime », elle avait été « pâle, mais toujours Reine », comme l’a écrit Charles Desfossez, garde national en l’un des détachements stationnés dans la cour.
« Pâle », avait-elle été, en effet, et très évidemment une condamnée, conduite à son supplice avec « ses mains liées par une grosse ficelle, tirant ses coudes en arrière », très pauvrement vêtue « d’un jupon blanc dessus, un noir dessous, d’une camisole de nuit blanche, d’un ruban de faveur aux poignets, et d’un fiche de mousseline blanc » ; coiffée d’un « bonnet avec un bout de ruban noir, et les cheveux tout blancs – quoiqu’elle n’ait eu que trente-sept ans – cou au ras du bonnet, avec les pommettes un peu rouges, les yeux injectés de sang – (son dernier écrit n’avait-il été en ce 16 octobre à quatre heures et demi du matin : « Mon Dieu, ayez pitié de moi ! Je n’ai plus de larmes pour pleurer pour vous, mes pauvres enfants. Adieu ! Adieu ! ») et néanmoins, selon un observateur à avoir été à quelques pas d’elle : « toujours Reine! »
Souveraine avait-elle même été au point que ses bourreaux et ses gardes, qui, en son cachot l’avaient traitée brutalement, lui coupant les cheveux au sabre, et lui replaçant son bonnet sur la tête en manière de celui d’un pitre, en étaient venus à adopter à son égard, inconsciemment, le comportement d’une escorte de Cour. Ainsi, lorsque arrivée devant l’escabeau permettant de monter en la charette, dont un garde national à en avoir touché les roues a écrit qu’elle avait été « sale et crottée », le bourreau à la tenir par la corde dont elle avait été liée, et qui avait eu à lui indiquer où poser le pied, puis où s’asseoir sur la planche, y avait mis les formes d’un maître de cérémonie, s’inclinant à la mode de Versailles, devant la majesté de la Reine de France. Par la suite, lui et son second s’étaient placés sur le véhicule, derrière la Reine, debout, au garde-à-vous, le tricorne à la main. Rien n’avait-il fallu de plus pour que le tombereau de l’infamie en ait été transformé en un trône roulant, d’où la reine avait jeté ses regards tranquilles et attentifs sur une multitude atterrée, massée le long des rues, entre le double rang des troupes et le pied des maisons, dont toutes les fenêtres avaient été scellées par la police. De cette foule, en outre, un bon nombre s’étaient détachés de ceux pressés sur les bords des trottoirs, pour suivre, de par derrière, la progression de la charette, et parfois la devancer jusqu’en des points d’où elle pouvait être mieux aperçue, formant de la sorte, de part et d’autre de la Reine, comme deux immenses ailes humaines de fidèles sujets, s’ouvrant et se repliant sur elle, en manière de celles des chérubins. Tout cela « sans cris, sans murmures, sans insultes », mais avec de la prière, comme celle du Père de Clorivière de la Compagnie de Jésus, et de tant d’autres. Tandis que sur l’ensemble de la capitale avait pesé une ambiance d’apocalypse, chacun ayant eu « le sentiment de vivre une de ces heures graves et solennelles, dont nul ne peut dire ce qui en découlera ».
L’équipage avait donc pu être sordide, l’aspect de la suppliciée celui d’une créature en l’extrémité de la misère, l’impression faite sur la masse des Parisiens, y compris les Jacobins, avait été d’avoir vu la Couronne de France, en son incarnation, quittant, après treize siècles d’éclat, la scène de ce monde, avec toute la majesté crépusculaire du soleil, lors de ses couchers du début de l’automne.

Révérend Père Jean Charles-Roux
in « Louis XVII – La Mère et l’Enfant martyrs », ed. du Cerf, 2007. pp. 345-347

Départ de la Conciergerie pour l'échafaud

La Reine quittant la Conciergerie pour monter dans la charette qui va l’emmener au supplice

Voir aussi :
– Le dernier billet écrit par la Reine > ici
– La dernière lettre de la Reine (dite « testament ») > ici
– Une remarquable oraison funèbre pour la Reine publiée en 1814 > ici
– Le requiem de Charles-Henri Plantade à la mémoire de Marie-Antoinette > ici
- Toute la série des articles relatant l’exhumation des restes des Souverains

et leur transfert à la basilique de Saint-Denis, à partir d’ > ici

frise lys deuil

2015-87. Le “bergoglisme” serait-il en train de sombrer?

Lundi 12 octobre 2015,
Fête de Saint Maximilien de Loch.

« Le “bergoglisme” serait-il en train de sombrer ? », c’est en tout cas la conviction exprimée par Antonio Socci dans une chronique publiée hier, dimanche 11 octobre 2015, et traduite en Français par notre amie Béatrice, qui gère avec sagacité et courage l’excellent site « Benoît et moi » dont nous avons déjà parlé – et que nous avons chaleureusement recommandé – à plusieurs reprises déjà.
Les vertus surnaturelles de foi et d’espérance se trouvent en définitive confortées par l’analyse d’Antonio Socci.

Forts de l’autorisation qui nous a été donnée par Béatrice, nous reproduisons ci-dessous in extenso la publication de cette traduction qu’elle a menée à bien, et pour lesquelles (la traduction et l’autorisation) nous lui savons un gré infini.

Ceux qui ne suivent l’actualité du synode romain consacré à la famille que par ce qui en est dit en France par les voix ecclésiastiques officielles se trouveront peut-être un peu déroutés (comme d’ailleurs pour ma publication précédente > ici) : nous ne pouvons que les renvoyer à une étude attentive de tout ce qu’a publié Béatrice sur « Benoît et moi », en sortant de l’univers très borné et très orienté des publications françaises (cela demande d’y passer du temps et de faire fonctionner son intelligence, informée par la foi catholique authentique, mais j’ose penser que les lecteurs de ce blogue en sont capables).

Le seul commentaire que je puisse ajouter à la publication de ce jour, c’est qu’il ne faut pas se démobiliser spirituellement et qu’il faut continuer avec une ardeur décuplée à prier, prier, prier encore et toujours, pour notre Eglise catholique romaine en proie aux divisions et menacée par des doctrines d’erreur.

Lully.

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Le bergoglisme est en train de sombrer (au synode, et pas seulement).

Imposera-t-il son diktat, à la manière argentine ?

«La joyeuse machine de guerre piétine-t-elle ?», s’interroge un vaticaniste suisse (ndt : Giuseppe Rusconi, sur Rosso Porpora). 
En fait, au Synode, la machine de guerre argentine avec un moteur allemand (les évêques progressistes) s’est enlisée : on le sait, ces jours-ci les « moteurs » Allemands sont bons pour la casse et la carrosserie argentine est une ferraille, pétrie de péronisme et de théologie de la libération rouillée.

Première semaine :
—-

En effet, le Synode s’est ouvert avec le rapport du Cardinal Erdo qui a réitéré l’enseignement catholique, démolissant les hérésies de Kasper (et irritant Bergoglio).
En outre, après cette première semaine, l’un des rapporteurs des commissions, l’Australien Mark Coleridge, a résumé la situation ainsi : « Si le Synode s’achevait aujourd’hui, 65 % des pères voteraient contre la possibilité d’admettre les divorcés remariés à la communion ».
Pour le parti de Bergoglio et Kasper, la défaite sera encore plus cuisante sur la question de l’homosexualité, parce que les rapports des différents « cercles » font émerger la requête de s’opposer vigoureusement à la théories du gender, considérée comme la nouvelle idéologie dangereuse qui a pris la place du marxisme et qui a un effet dévastateur sur la mentalité et la formation des jeunes.
Du reste, la partie catholique du Synode, majoritaire en nombre (celle qui se réfère au Magistère de toujours, et en particulier à Jean-Paul II et Benoît XVI), a vivement protesté contre la minorité bergoglienne au pouvoir, qui impose ses procédures, ses méthodes et ses hommes à des postes clés, mais de ces protestations, rien ne filtre à l’extérieur, et elles ne sont pas représentées par la machine de propagande caricaturale (les méchants conservateurs contre les progressistes éclairés).
Bien que le Synode discute de la famille, ces millions de familles chrétiennes qui sont à l’extérieur – selon les bergogliens – ne doivent rien savoir de ce qui se passe (contrairement aux autres Synodes) ou doivent avoir des informations filtrées et « emballées » pour elles.
Le parti bergoglien est comme une équipe de football qui perd 5 à 0 sur le terrain de jeu, mais qui peut impunément donner des coups de pied, essayer de marquer des buts de la main (à la manière argentine) et étaler son arrogance parce qu’elle sait que l’arbitre est leur leader et finalement leur donnera une victoire sur tapis vert contre toutes les règles (en effet Bergoglio se réserve même le droit de changer les règles en cours de match – par exemple sur la Relation finale – selon la convenance de son équipe) [cf. Confusion au Synode].

Les catholiques :
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Un grand réconfort du côté catholique est représenté par le doux et sage Benoît XVI, dont le magistère et la présence, comme un phare dans la nuit de tempête, indiquent le chemin.
La semaine dernière, du reste, le vaticaniste américain Edward Pentin a révélé la réponse que le pape Benoît – au précédent Synode – a donnée à un prélat allemand qui lui demandait ce qu’il devait faire face à la tempête qui s’était déchaînée dans l’Eglise : “Halten Sie sich unbedingt an die Lehre !” (rester absolument ferme sur la doctrine) [cf. Restez ferme sur la doctrine].
Ratzinger est aujourd’hui écouté par la majorité (ndt : pas en France, malheureusement !), parce que la vérité désarmée est l’unique trésor de l’Église, étant le Christ lui-même, et si l’Eglise trahissait ou liquidait la vérité de la doctrine catholique, elle ferait comme Judas et priverait l’humanité de la vraie miséricorde de Dieu, et du salut.
Éclairée par la lumière de Benoît XVI, la partie catholique est venue à ce Synode plus forte et mieux préparée qu’au précédent, et qu’au consistoire de Février 2014, quand elle fut prise par surprise par la thèse inouïe de Kasper, que Bergoglio avait fait proclamer.
Il est du reste significatif que parmi les plus déterminés à s’opposer au renversement de la doctrine catholique, il y ait une Eglise jeune comme celle africaine, particulièrement soignée depuis 40 ans par Jean-Paul II et Benoît XVI.
Celle-ci, en effet, en plus de donner de grands cardinaux comme Sarah, une lumière pour toute la chrétienté, est aujourd’hui de loin l’Eglise la plus dynamique, la plus missionnaire, celle qui a connu le plus de croissance, ayant déjà dépassé 200 millions de fidèles avec une augmentation impressionnante de 238 % par rapport à 1980.
Tandis que l’Eglise sud-américaine de Bergoglio, celle allemande de Kasper, et celle belge de Daneels, se sont effondrées.

Modernisme en échec :
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Mais là est le paradoxe d’aujourd’hui : à la tête de l’Eglise, il y a ceux dont les recettes se sont avérées désastreuses dans leurs pays. Et ils veulent appliquer les mêmes recettes désastreuses à toute l’Église, avec des effets dévastateurs à l’échelle mondiale.
Certes, beaucoup indiquent la popularité du pape argentin comme signe de renaissance. Mais c’est du bluff et dans l’Église on l’a désormais compris.
C’est la popularité droguée du cirque médiatique laïciste, qui n’apporte pas une seule conversion, mais au contraire exulte pour la conversion du pape à l’agenda d’Obama et à l’agenda onusien.
Les données de la pratique catholique en Italie, qui, sous Jean-Paul II et Benoît XVI avaient grandi, continuent de baisser avec Bergoglio. Samedi (3 octobre), la Repubblica elle-même a dû admettre que pour l’Eglise « il n’y a pas d’effet François » (voir plus haut, ndt), et que même l’Italie continue à s’éloigner de l’Eglise ; ainsi, l’effet Bergoglio est à l’envers : il éloigne les fidèles.

Un panorama de ruines :
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Les catholiques ont le sentiment qu’avec Bergoglio, on aura tout vu. Par exemple, l’embarrassant coming out (avec son compagnon) de Mgr Charamsa – lequel prétend que sur l’homosexualité, l’Eglise change la loi morale fondée sur la Parole de Dieu – , n’aurait pas été possible sans les mille ouvertures déconcertantes et les qui-suis-je-pour-juger de Bergoglio, que Charamsa qualifie de « fantastique ». Qui sème le vent récolte la tempête, dit la Bible.
Et comment éviter la confusion et la désorientation devant le Motu Proprio de Bergoglio sur la nullité matrimoniale, que même un juriste catholique comme le professeur Danilo Castellano a démoli (ndt : Magister, ici chiesa.espresso.repubblica.it) ?
On ne peut que constater qu’il introduit de facto le divorce, subvertit l’Evangile et l’enseignement millénaire de l’Église. De sorte que – au lieu de soutenir la famille attaquée par les idéologies modernes – il lui donne le coup de grâce.

Ensuite, il y a toute la liste des autres erreurs bergogliennes. Celle sur l’immigration est colossale. Comme celle sur les chrétiens persécutés qui ne ne sont certainement pas réjouis de son attitude de soumission à l’islam et aux régimes communistes.
Et puis il y a les chrétiens massacrés par l’ISIS qu’il a effectivement abandonnés, délégitimant toute intervention concrète en leur défense : de fait, aujourd’hui, les évêques du Moyen-Orient (et leurs communautés) voient dans l’intervention de Poutine l’espoir de la délivrance de la terreur.

Prenons ensuite les rassemblements altermondialistes de Bergoglio contre « l’économie qui tue » (celle capitaliste).
Selon les données de la FAO divulguées ces jours-ci, le pourcentage des personnes sous-alimentées dans les pays en développement est passée de 23,3 % en 2000 à 12,9 % aujourd’hui.
En 50 ans, le taux mondial de l’extrême pauvreté est tombée de 80 % à 10 %, alors que la population mondiale a doublé (il s’est passé le contraire de ce que prédisaient les théories malthusiennes).

Et aussi les données sur l’environnement : l’air et la santé se sont beaucoup améliorés au cours des 50 dernières années, démentant l’eco-catastrophisme marxisant de l’encyclique bergoglienne.

Même ce qui est célébré comme le succès international de Bergoglio, la fin de l’embargo sur Cuba, à bien y regarder se révèle être le sauvetage d’une vieille dictature odieuse et sanguinaire à laquelle le pape est allé rendre hommage, ignorant les victimes et les dissidents.

C’est un paysage de décombres, celui que laisse Bergoglio. Avec des chutes incroyables, comme la querelle burlesque avec Ignazio Marino (le maire de Rome, cf. François est un moderniste 3.0), inimaginable pour des géants comme Ratzinger et Wojtyla (n’en déplaise à Scalfari, faisant l’éloge de Bergoglio parce qu’il amènerait l’Église loin de la politique).
Marino doit s’en aller et mérite toutes les critiques du monde, mais Bergoglio n’a pas volé la répartie de sa compagne, Sabrina Ferilli : « Que le pape se sente obligé de faire un communiqué pour l’envoyer au diable, c’est vraiment inouï ».

Antonio Socci

Antoio Socci

Le journaliste et écrivain italien Antonio Socci.

Publié dans:Commentaires d'actualité & humeurs |on 12 octobre, 2015 |2 Commentaires »

2015-86. Où le Maître-Chat rompt son silence au sujet du synode romain consacré à la famille.

Mercredi 7 octobre 2015,
fête de Notre-Dame du Très Saint Rosaire,
anniversaire de la victoire des armées chrétiennes sur le Croissant, à Lépante, le 7 octobre 1571.

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Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

En ce jour où nous célébrons dans la ferveur l’une des plus éclatantes interventions de grâce de la Très Sainte Vierge Marie dans l’histoire de l’Eglise, je voudrais commencer par vous rappeler un extrait des graves paroles que cette Mère vigilante et pleine de sollicitude nous a adressées il y a moins d’un demi siècle :
« L’action du diable s’infiltrera même dans l’Église, de sorte qu’on verra des cardinaux s’opposer à des cardinaux, des évêques contre d’autres évêques. Les prêtres qui me vénèrent seront méprisés et combattus par leurs confrères, les églises, les autels saccagés, l’Église sera pleine de ceux qui acceptent les compromis et le démon poussera beaucoup de prêtres et de consacrés à quitter le service du Seigneur (…).
Le démon s’acharne surtout contre les âmes consacrées à Dieu. La perspective de la perte de nombreuses âmes est la cause de ma tristesse. Si les péchés croissent en nombre et en gravité, il n’y aura plus de pardon pour ceux-ci… »

Ces paroles prophétiques (malheureusement !), n’en voyons-nous pas la réalisation sous nos yeux ?
Elles ont été prononcées par la Très Sainte Mère de Dieu lors d’apparitions qui se produisirent à Akita, au Japon, en 1973, apparitions reconnues comme authentiques par l’évêque du lieu en 1984.

Comme je suis à rebours de la tendance générale du monde moderne et des méthodes utilisées par les moyens de communication contemporains, dans leur course effrénée aux « scoupes », cherchant à satisfaire le prurit aux oreilles annoncé par Saint Paul (2 Tim. IV, 3-4 : « Viendra un temps où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine ; mais selon leurs désirs, ils amasseront des maîtres autour d’eux, éprouvant une vive démangeaison aux oreilles - prurientes auribus - ; et détournant l’ouïe de la vérité, ils se tourneront vers les fables »), j’ai longtemps attendu avant de me décider à publier ici ce qui va suivre. Il s’agit de notes rédigées par Frère Maximilien-Marie il y a un an, à l’occasion de la première partie du synode romain sur la famille, qui se déroula du 5 au 19 octobre 2014, synode dont la seconde partie vient de s’ouvrir. Je n’avais pas osé les publier alors, mais comme le temps semble – hélas ! – leur donner raison, j’ai résolu de le faire aujourd’hui.
Ce n’est pas parce que je voudrais dire par là, avec un petit air pincé de vieille duègne acariâtre : « Ah ! vous voyez bien que j’avais raison… » Ce que je souhaite, en publiant aujourd’hui telles quelles ces lignes écrites il y a un an, c’est insister sur la gravité extrême de la situation dans laquelle se trouve la Sainte Eglise.
Une insistance qui n’a toutefois rien à voir avec le pessimisme : une vision réaliste des faits n’exclut en aucune manière l’espérance surnaturelle.

En cette heure très grave pour l’Eglise et pour les âmes, tous ceux qui auront pris la vraie mesure de la situation actuelle et de ses conséquences se tourneront vers le Ciel avec encore plus de zèle et de ferveur et recourront en particulier de manière plus instante à l’intercession de la Sainte Mère de Dieu et de l’Eglise : la fête de ce jour ne nous montre-t-elle pas que la prière peut renverser le cours des événements lors même qu’ils semblent inéluctables ?
Oui ! Et ce fut le cas à Lépante le 7 octobre 1571.

Prions et supplions donc afin d’obtenir à la Sainte Eglise toutes les grâces qui lui permettront de faire triompher la Vérité et le Bien, malgré toutes les forces du mal coalisées, et malgré toutes les complicités en grand (très grand… trop grand…) nombre que l’ennemi du Bien et du Vrai s’est acquises dans les rangs du clergé et des fidèles.

Lully.

Pierre Le Gros, dit le jeune - la religion terrassant l'hérésie et la haine - Rome, Gesù

Pierre Le Gros, dit le jeune : la Religion terrassant l’hérésie et la haine
(1695-1699 – Rome, église du Gesù)

Note rédigée le 17 octobre 2014 :

Quand je lis les publications relatives au synode qui s’achève (et quand je dis publications, je ne parle pas des commentaires des journalistes, ou des commentaires de commentaires : je veux parler des entretiens accordés par les prélats, théologiens, participants au synode, et des documents émanant dudit synode), il me semble qu’une notion – absolument fondamentale, essentielle et primordiale – en est absente : le salut des âmes !
On dirait vraiment que tous les débats et discussions ne se sont situés que sur un plan strictement naturel, qu’ils n’avaient pour but que de définir des comportements sociologiques – presque une tactique politique – de l’institution ecclésiale au sujet de certaines situations humaines (dont je ne nie nullement le côté dramatique parfois, et douloureux souvent), sans jamais mettre en évidence que celles-ci sont la plupart du temps la conséquence du péché ; et uniquement en fonction des attentes de l’ « opinion » générale du monde : l’Eglise à la remorque du monde et de ses courants de pensée.
Mais de « stratégie spirituelle » ordonnée au souci surnaturel du salut des âmes, point !

Tout se passe comme si pour NN.SS. les évêques et cardinaux, et même pour le pape François, le salut était une chose déjà définitivement acquise pour tout homme ; comme s’il n’y avait pas le risque de la damnation éternelle pour ceux qui contreviennent consciemment, librement et en toute responsabilité, aux commandements de Dieu, commandements qu’aucun homme ici-bas n’a le pouvoir de changer, fut-il prêtre, fut-il évêque, fut-il cardinal, fut-il pape !

A partir du moment où l’on exclut a priori le risque de la damnation, et que le sous-entendu de départ est que l’ « on ira tous au paradis » (pour reprendre les termes d’une chanson qui n’est pas seulement idiote mais bien véritablement blasphématoire), tous les comportements humains – même les plus déviants – ne sont plus appréciés à l’aune des critères d’évaluation donnés par Dieu Lui-même, mais seulement en fonction des critères humains du moment…
Cela est véritablement effrayant !!!

L’absence du rappel de la nécessité grave et urgente pour tout homme de travailler à son salut, lequel n’est pas automatique et qui – jusqu’au moment du dernier soupir – n’est jamais acquis de façon définitive, est malheureusement lourd de conséquences pour les âmes des hommes de ce temps, qui, ainsi que l’a montré la Très Sainte Vierge aux trois enfants de Fatima, tombent en enfer en nombre aussi important que les flocons de neige tombent sur la terre lors d’une tempête en hiver…
L’enseignement des Pères de l’Eglise des premiers siècles, et de notre glorieux Père Saint Augustin tout spécialement, est pourtant très clair – hélas ! – : il y a plus d’âmes qui se perdent qu’il n’y en a qui se sauvent (cf. > comparés aux réprouvés les élus sont en petit nombre).

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Note rédigée le 19 octobre 2014 :

La révolution a gagné…

Malgré l’apparent « redressement » et la prétendue « victoire des conservateurs » lors de la conclusion de cette première partie du synode, la révolution a déjà gagné (à moins d’un miracle, c’est-à-dire à moins d’une intervention puissante et purement divine qui ne devra rien à l’homme).

Ce synode, dont une « deuxième mi-temps » aura lieu à l’automne 2015, a montré à tous ceux qui veulent bien ouvrir les yeux et ne pas en rester à la surface des choses, que l’action qui y a été menée est exactement celle que met en oeuvre la maçonnerie.
On crée un « laboratoire d’idées », on présente « des pistes nouvelles pour la pastorale » – même si elles paraissent choquantes au premier abord,  et que l’on fait mine de les retirer ensuite – …etc.
Mais en agissant de la sorte, on instille tout doucement le poison dans les consciences sous prétexte de « provoquer la réflexion ». On prétend faire « avancer le débat » sur des questions qui, en réalité, n’ont pas à être débattues parce qu’il n’appartient pas à l’homme de les changer.

Et les « conservateurs » eux-mêmes tombent dans le piège en acceptant ce débat et en tentant de justifier la « position traditionnelle ».
Car la morale traditionnelle, tenue jusqu’ici par l’Eglise, n’a pas à être justifiée : elle appartient à l’essence des choses telle qu’elle a été voulue et créée par Dieu !
Le piège consiste précisément dans le fait même du débat et de ces discussions à l’infini, qui donnent l’impression que l’on peut discuter de tout et que l’on peut justifier – ou pas – toutes les opinions…
Alors l’engrenage infernal est en route, et, avant même que les décisions officielles soient prises ou édictées, l’opinion publique et les « forces progressistes » imposent une praxis déviante…

Voilà pourquoi je dis que, indépendamment des textes publiés et du redressement qu’ils semblent opérer, la révolution a déjà gagné.
Et le pape François, en sous-main, est celui qui lui a donné la victoire…

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Note rédigée le 21 octobre 2014 :

Quoi qu’il en soit de toutes les belles déclarations (paroles ♪ paroles ♫ paroles ♪) ce synode constitue une insulte envers tous les époux fidèles au sacrement de mariage, malgré les crises que traverse leur couple ; une insulte à tous les époux et épouses qui ont été abandonnés par leurs conjoints et qui, par fidélité à l’engagement pris devant Dieu, ont refusé de « refaire leur vie » ; une insulte à toutes les personnes qui portent en elles une tendance contraire à la morale mais qui ont jusqu’ici lutté et continuent de lutter pour préférer la loi divine à leur propre satisfaction libidineuse ; une insulte à tous les éducateurs qui se sont efforcés et qui s’efforcent encore d’éduquer les enfants et adolescents à la chasteté de l’esprit et du corps ; une insulte à tous ceux qui, abandonnant les voies du péché, se sont laissés convertir par Dieu ; une insulte à tous ceux qui – chacun dans leur état particulier (que ce soit le mariage ou le célibat) – vivent de la vertu de pureté ; une insulte à tous les religieux et religieuses qui ont fait voeu de chasteté… etc… etc.
Par dessus-tout, ce synode est une insulte à la véritable miséricorde divine, laquelle n’a rien en commun avec les fausses miséricordes humaines, fondées sur le sentimentalisme et sur des courtes-vues bornées aux horizons terrestres !

Ce synode est une bombe morale à retardement, une arme de destruction massive des consciences et du salut des âmes, et l’iniquité qui s’étale à travers lui appelle la vengeance du Ciel !

Pierre Le Gros, dit le jeune - la religion terrassant l'hérésie et la haine - détail

Pierre Le Gros, dit le jeune : détail du groupe de la Religion terrassant l’hérésie et la haine.

Lire aussi :
- « Miséricorde… se méfier des contrefaçons ! » > ici
- « Au Ciel, il n’y a pas de « malgré-nous » ! » > ici

Publié dans:Commentaires d'actualité & humeurs |on 7 octobre, 2015 |4 Commentaires »
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