Archive pour la catégorie 'Chronique de Lully'

2015-27. Reportage infernal (2ème partie).

Mercredi dans la Septuagésime.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

   Il est bien temps de vous livrer la deuxième partie de notre « Reportage infernal », qui vous dévoile de quelle manière Satan et ses démons agissent pour faire obstacle – dès avant son commencement – aux fruits spirituels du Carême…

BD - Reportage infernal 2ème partie - détail 1

BD - Reportage infernal 2ème partie

voir la première partie de ce reportage > ici

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   Cette fois-ci encore, étant dûment prévenus, il ne vous reste plus qu’à prendre dès maintenant le contre-pied de l’action diabolique, et donc à travailler de manière intelligente, lucide et efficace, sur vos résolutions spirituelles de carême !

Lully.

à suivre > ici

BD - Reportage infernal 2ème partie - détail 2

Pour approfondir, on peut lire, relire et méditer les sermons de Saint Augustin :
- Sur l’obligation de faire pénitence > ici
- Sur la pénitence nécessaire à tous > ici
- Sur le jeûne > ici
- Sur le jeûne et la pratique de la charité > ici

On peut aussi relire les bandes dessinées suivantes :
– « Bas les masques ! » > ici
– « Ne brisez pas le miroir » > ici

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2015-26. Deux-cent-cinquantième anniversaire de l’approbation par le Saint-Siège du culte liturgique du Sacré-Coeur de Jésus.

1765 – 6 février – 2015

Sacré-Coeur - Pompeo Batoni - Gesù, Roma

Rome, église du Gesù : célèbre tableau du Sacré-Coeur de Jésus,
oeuvre de Pompeo Girolamo Batoni (1709-1787)

Vendredi 6 février 2015,
Premier vendredi du mois dédié à la réparation envers le divin Coeur de Jésus ;
Fête de Saint Vaast, catéchiste du Roi Clovis puis évêque d’Arras ;
Fête de Saint Tite, disciple de Saint Paul puis évêque en Crête.

* * * * *

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

       La Providence a voulu qu’en cette année 2015 le 6 février coïncidât avec le premier vendredi du mois, jour spécialement dédié à la dévotion réparatrice en l’honneur du Sacré-Cœur de Jésus : ce 6 février, en effet, marque précisément le deux-cent-cinquantième anniversaire de l’approbation romaine du culte liturgique du Sacré-Cœur de Jésus.

   J’aurais l’occasion, au cours des prochains mois, de revenir sur cet évènement – et spécialement sur l’adoption de la fête du Sacré-Cœur par le Royaume de France, à la suite de cette approbation romaine – , mais je veux commencer aujourd’hui par résumer ici brièvement les faits :

   A – Sainte Marguerite-Marie (1647-1690), religieuse de la Visitation de Paray-le-Monial, avait reçu des révélations spéciales de Notre-Seigneur Jésus-Christ qui lui dévoilait les mystères de Son divin Cœur, la chargeait d’en diffuser la dévotion en insistant sur son caractère réparateur, et lui demandait d’œuvrer pour que l’Eglise instituât une fête liturgique particulière où jour qu’Il lui désignait pour cela (*).

   B – Sainte Marguerite-Marie mourut sans autre consolation que d’avoir vu la dévotion au Cœur adorable de Notre-Seigneur commencer à s’implanter dans son propre monastère, et dans plusieurs autres monastères de l’Ordre. Elle avait pu dévoiler et expliciter les desseins divins à plusieurs supérieures visitandines et à des religieux de la Compagnie de Jésus qui, conquis, s’efforcèrent eux-aussi, de faire connaître et aboutir les demandes du Sacré-Cœur.

   C - C’est ainsi, en particulier, que se développèrent des Confréries du Sacré-Cœur qui eurent une grande influence pour le rayonnement de ce culte : les évêques qui approuvaient la création de ces confréries dans leurs diocèses ne pouvaient que constater les fruits de grâce et de sanctification de cette dévotion dans l’âme des fidèles.
Néanmoins, il n’existait pas, tant que le Saint-Siège ne l’avait pas autorisé, d’office liturgique ni de formulaire de messe propre, et les évêques pouvaient seulement autoriser, au jour demandé par Notre-Seigneur (c’est-à-dire le vendredi suivant l’octave de la fête du Très Saint Sacrement), la célébration de la messe déjà existante en l’honneur des Cinq Plaies de Notre-Seigneur.

   D - De nombreuses suppliques furent portées à Rome pour demander l’institution officielle de la fête du Sacré-Cœur, avec office et messe propres, ces demandes étaient parfois présentées ou soutenues par d’illustres personnages, en voici quelques exemples particulièrement représentatifs :

- en 1687, les Visitandines de Dijon, furent les premières à écrire au Saint-Siège pour demander une fête en l’honneur du Sacré-Cœur.
– en 1697, les Visitandines d’Annecy le firent à leur tour : leur demande était appuyée par l’intervention personnelle de Sa Majesté la Reine Marie-Béatrix d’Este, épouse de Sa Majesté le Roi Jacques II d’Angleterre (détrôné par la révolution de 1688), qui avait été la dirigée de Saint Claude de La Colombière et amenée par lui à la dévotion envers le Cœur de Jésus.
– la comtesse de Valdestheim, soutenue par le nonce apostolique près la Cour Impériale, demanda quelques mois plus tard, que soit accordée une fête liturgique du Sacré-Cœur aux Ursulines de Vienne (Autriche).
– à la suite de la peste de Marseille (1720) et de l’extirpation du fléau grâce à la consécration de la ville au Cœur de Jésus, Son Excellence Monseigneur de Belzunce demanda la permission d’instituer une fête solennelle du Sacré-Cœur dans le diocèse de Marseille.
– en 1725, les Visitandines de Paray-le-Monial au nom d’un grand nombre de monastères de l’Ordre, demandèrent à nouveau la concession d’une messe et d’un office propres.
– en 1726, l’archevêque de Cracovie, Son Excellence Monseigneur Constantin Szaniawsky, écrivit au Saint-Siège pour demander l’institution de la fête du Sacré-Cœur dans toute l’Eglise catholique ; sa démarche était appuyée par Sa Majesté Frédéric-Auguste, dit le Fort, Prince-électeur de Saxe et Roi de Pologne, qui écrivit personnellement au Souverain Pontife.
– en 1727, Sa Majesté Catholique le Roi Philippe V d’Espagne, petit-fils de Louis XIV, écrivit à son tour au Pape pour demander l’institution de la fête du Sacré-Cœur dans tous ses royaumes et domaines.
– en 1738 et 1745, les conciles provinciaux de Tarragone sollicitèrent à leur tour cette faveur, soutenus par un grand nombre de chapitres ou d’évêques, parmi lesquels Saint Alphonse de Ligori qui accompagna cette requête par l’envoi d’un traité sur la dévotion au Cœur de Jésus qu’il venait de publier.
– en 1740, Sa Majesté la Reine de France Marie Leczinska qui, profitant d’un courrier de félicitations au Pape Benoît XIV nouvellement élu, lui demanda l’institution de la fête du Sacré-Cœur.
– en 1762, c’est Sa Majesté le Roi Auguste III de Pologne qui écrivit au Souverain Pontife qu’il ne trouvait « pas de moyen plus propre à conjurer les graves calamités qui l’accablent, que de recourir au Sacré-Cœur, en procurant de rendre Son culte plus solennel dans son royaume ».
– en 1763, c’est l’ex-roi de Pologne et alors duc de Lorraine Stanislas Leczenski qui supplia le Pape Clément XIII de permettre la célébration de la fête dans les états de Lorraine.
– en 1764, c’est Clément-François de Paule, duc de Bavière (neveu de l’empereur Charles VII) qui pria à son tour le Souverain Pontife d’étendre la dévotion au Sacré-Cœur à toute l’Eglise…

Sacré-Coeur de Jésus

   E - Pendant tout ce temps, le Saint-Siège ne faisait pas à proprement parler la sourde oreille : Rome, tout en répondant que, pour le moment, la faveur d’une fête solennelle du Sacré-Cœur avec messe et office propres, ne pouvait pas être accordée, ne cessait néanmoins pas de dispenser des brefs accordant des indulgences aux monastères ou aux églises paroissiales qui demandaient l’autorisation d’ériger des confréries en l’honneur du Cœur de Jésus.
Ainsi Innocent XII publia-t-il trente-sept concessions en sept ans de pontificat (1691-1700), Clément XI deux-cent-quatorze en vingt-et-un ans (1700-1721), Innocent XIII trente-neuf en trois ans (1721-1724), Benoît XIII quatre-vingt-six en six ans (1724-1730), Clément XII deux-cent-quarante-six en neuf ans (1730-1740) et Benoît XIV quatre-cent-dix-neuf en dix-huit-ans (1740-1758).
C’est que, dans le même temps, le culte du Cœur de Jésus se heurtait à des objections théologiques, et, avant d’autoriser un culte officiel (sanctionné par une fête liturgique) en sus de la dévotion privée (celle des simples fidèles et des confréries), le Saint-Siège Apostolique voulait que la doctrine de ce culte fût solidement et irréprochablement établie.

   F - Enfin en 1764, une nouvelle demande, présentée conjointement par l’ensemble de l’épiscopat polonais et par l’archiconfrérie romaine du Sacré-Cœur, parvint à la Sacrée Congrégation des Rites, étayée cette fois par un mémoire dont l’argumentation venait à bout des précédentes objections théologiques : la Congrégation des Rites en apprécia la teneur et l’équilibre, le promoteur de la Foi (familièrement appelé « avocat du diable ») n’eut qu’à s’incliner, et le 26 janvier 1765 fut rédigé un décret que le Souverain Pontife Clément XIII approuva et parapha quelques jours plus tard : le 6 février 1765.

Voici la traduction en français du texte complet de ce décret :

       Instance faite pour la concession d’un Office et d’une Messe du très Sacré-Cœur de Jésus, par le plus grand nombre des très révérends évêques de Pologne et l’Archiconfrérie romaine érigée sous ce titre, la Sacrée Congrégation des Rites, dans la séance du 26 janvier 1765, reconnaissant que le culte du Cœur de Jésus est déjà répandu dans presque toutes les parties du monde catholique, favorisé par les évêques, enrichi par le Siège Apostolique d’un millier de brefs d’indulgences, donnés à des Confréries presque innombrables, érigées canoniquement en l’honneur du Cœur de Jésus ; comprenant en outre, que la concession de cette Messe et de cet Office n’a pas d’autre but que de développer un culte déjà établi, et de renouveler symboliquement la mémoire du divin amour, par lequel le Fils unique de Dieu a pris la nature humaine, et, obéissant jusqu’à la mort, a voulu montrer aux hommes, par son exemple, qu’il était doux et humble, comme il l’avait dit ; pour ces raisons, sur le rapport de l’Eminentissime et Révérendissime Seigneur Cardinal Evêque de Sabine, après avoir entendu le R.P.D. Cajétan Fortis, promoteur de la Foi, s’écartant des décisions du 30 juillet 1729 (**), ladite Sacrée Congrégation a pensé qu’il fallait consentir à la demande des évêques du royaume de Pologne et de ladite Archiconfrérie romaine. Elle prendra plus tard une décision sur la Messe et l’Office qu’il convient d’approuver.
Ce vœu de la Sacrée Congrégation a été soumis par moi, soussigné, secrétaire, à Notre Saint-Père le Pape, Clément XIII ; Sa Sainteté en ayant pris connaissance, l’a pleinement approuvé.

Ce 6 février 1765.
Joseph Maria, cardinal Feroni, préfet ;
Scipio Borghesi, secrétaire.
Rome MDCCLXV, de la typographie de la Chambre Apostolique.

Clément XIII portrait par Anton Raphaël Mengs

Sa Sainteté Clément XIII, pape de 1758 à 1769,
portrait par Anton Raphaël Mengs (1728-1779)

   G - Ce texte est important à plus d’un titre.
En tout premier lieu parce qu’il atteste de la diffusion du culte du Sacré-Cœur et de sa fécondité spirituelle ; et en second lieu parce qu’il résume le sens théologique de cette dévotion par cette phrase : « renouveler symboliquement la mémoire du divin amour, par lequel le Fils unique de Dieu a pris la nature humaine, et, obéissant jusqu’à la mort, a voulu montrer aux hommes, par son exemple, qu’il était doux et humble, comme il l’avait dit ».
Les précédentes demandes adressées au Saint-Siège avaient été recalées – si j’ose dire – parce qu’elles présentaient la dévotion au Sacré-Cœur comme une dévotion en quelque sorte « physiologique » en faisant du cœur de chair le siège de l’amour.
Le mémoire des évêques polonais emporta la décision du Saint-Siège parce qu’il ne présentait plus le cœur comme l’organe propre des affections sensibles, mais comme le symbole naturel de l’amour, et faisant ressortir que le culte du Sacré-Cœur célèbre en réalité l’amour que le divin Sauveur a pour les hommes.
Ce décret signé par Clément XIII ce 6 février 1765 contient donc – de la même manière que le gland contient le chêne – tous les développements que le Magistère romain dispensera dans les siècles suivants au sujet du culte du Sacré-Cœur, en particulier le Bienheureux Pie IX, Léon XIII, Pie XI et Pie XII.

   H - Au mois de mai 1765, nous aurons l’occasion d’en reparler, la Sacrée Congrégation des Rites publiera les textes de l’Office et de la Messe propre de la fête du Sacré-Cœur de Jésus, annoncés dans ce décret, qui, néanmoins, ne les concédaient qu’aux diocèses du royaume de Pologne et à l’Archiconfrérie romaine. 
Toutefois, dès le mois de juillet 1765, c’est l’Ordre de la Visitation puis les évêques du Royaume de France qui obtinrent la célébration de cette fête, et progressivement elle fut adoptée dans toute la Chrétienté, jusqu’à ce que, le 25 août 1856, un décret signé du Bienheureux Pie IX en rendit enfin la célébration obligatoire dans l’Eglise universelle.

   Vous le comprenez bien, chers Amis, le culte du divin Cœur de Jésus est si important dans la spiritualité du Refuge Notre-Dame de Compassion, qu’il était vraiment impossible que nous ne profitassions pas de ce deux-cent-cinquantième anniversaire pour en rappeler brièvement la genèse et, par dessus tout, pour le célébrer dans une fervente action de grâces.

Lully.

Armoiries du pape Clément XIII

Armoiries du pape Clément XIII

(*) Note 1 : On trouvera dans les pages de ce blogue plusieurs publications présentant ces révélations accordées à Sainte Marguerite-Marie : la première grande révélation > ici, la deuxième grande révélation > ici, la troisième grande révélation > ici, la grande révélation de 1675 > ici, les promesses du Sacré-Coeur > ici.
(**) Note 2 : Le 30 juillet 1729, sous le Pape Benoît XIII, un décret avait répondu de manière formellement négative aux demandes jusqu’alors adressées.

2015-25. Au Mesnil-Marie, sous la neige et dans la burle…

Jeudi soir 5 février 2015,
fête de Sainte Agathe.

Cloche du Mesnil-Marie ensevelie dans la neige

La petite cloche du Mesnil-Marie, sur le pignon, est  restée plusieurs jours totalement ensevelie dans la neige.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Depuis la mi-janvier, notre hameau n’a pas quitté son manteau hivernal. Les chutes de neige les plus importantes ont eu lieu le 21 janvier : nous avons alors eu une couche qui atteignait une quarantaine de centimètres.
Comme c’était une neige très lourde, elle a produit quelques dégâts sur les lignes électriques, en conséquence de quoi nous avons subi une importante coupure d’électricité pendant environ trente-quatre heures.

Si, depuis, nous avons bénéficié de quelques belles journées ensoleillées, elles n’ont pas fait disparaître ce blanc et froid linceul.
Il a neigé encore à de nombreuses autres reprises, et les températures qui demeurent souvent négatives même au plus « chaud » de la journée, me font craindre que nous gardions encore longtemps cette couverture neigeuse…

Aujourd’hui, jeudi 5 février, la plus haute température enregistée a été de moins 4,5°, mais en raison du vent glacial – dont nous ressentons les effets bien que nous soyons plutôt bien abrités du vent du nord – le ressenti doit être autour de moins 10° ou moins 12°.

Est-il utile de vous préciser que je ne mets guère les moustaches dehors ?
Vraiment, je déteste la neige !!!
Je réclame souvent à sortir, mais lorsque Frère Maximilien-Marie m’ouvre une porte, que je m’avance – prudentissimement – et que je me retrouve les pattes dans cette matière humide et froide, je ne peux m’empêcher de pousser des grognements sourds, et je fais vite demi-tour pour m’aller pelotonner près du poêle.

Ce matin, je ne me suis pas hasardé plus loin que le seuil de granit de la porte qui donne sur la terrasse Saint-Constantin ; il était recouvert de poudreuse glacée et je n’y suis resté que le temps d’y laisser mes empreintes…

empreintes des pattes de Lully dans la neige

Empreintes des pattes de Lully dans la neige sur la pierre du seuil.

Je reconnais néanmoins que (surtout si l’on est au chaud à l’intérieur), l’hiver possède un certain charme, une poésie empreinte de douceur.
J’ai justement découvert il y a peu ce poème de Francis Yard (1876-1947) que je voulais partager avec vous :

La neige au village.

Lente et calme, en grand silence
Elle descend, se balance
Et flotte confusément
Se balance dans le vide,
Voilant, sur le ciel livide,
L’église au clocher dormant.

Pas un soupir, pas un souffle,
Tout s’étouffe et s’emmitoufle
De silence recouvert.
C’est la paix froide et profonde
Qui se répand sur le monde
La grande paix de l’hiver.

Et les millions d’atomes
Fourmillent sur les vieux chaumes,
Sur l’arbre, sur le clocher,
L’espace muet tremblote
Un passant lent fait la botte
On ne l’entend plus marcher.

Glaçons au bord des toits du hameau

Glaçons en bordure des toits du hameau.

Mais tout n’est pas toujours aussi calme et doux en nos hivers : la nuit dernière et une grande partie de ce jour, la burle a soufflé.

Vous le savez : la burle, c’est le nom que l’on donne ici à ce vent terrible et glacial qui, l’hiver, tournoie et pénètre partout.
Sur nos hauts plateaux, la burle soulève la neige et forme en un rien de temps de monstrueuses congères.
Dans notre vallée, nous en sommes relativement protégés, mais sans échapper totalement à son influence qui vous transit jusqu’à la moëlle.
La nuit dernière, bien à l’abri derrière les épais murs de granit du Mesnil-Marie, nous pouvions l’entendre mugir si furieusement dans les grands conifères de l’ubac que cela faisait penser au bruit d’une mer démontée.

Voici, ci-dessous, deux mini-vidéos que Frère Maximilien-Marie a réalisées aujourd’hui même.
La première montre pendant trente secondes un ballet de flocons virevoltants, sur les ailes d’une burle qui était un peu moins virulente, autour de la grande Croix jubilaire érigée sur la terrasse Saint-Constantin

Image de prévisualisation YouTube

La seconde explique – à travers les commentaires de notre Frère – comment il faut faire pour descendre du Mesnil-Marie (ou pour y remonter, bien évidemment).

Vous vous souvenez que, depuis les intempéries de la mi-octobre qui ont transformé notre petit ruisseau en ravin – actuellement infranchissable -, l’accès à notre Mesnil-Marie est malaisé puisque il ne peut se faire qu’en passant par le rocher, un peu abrupt, sur lequel il est bâti. En hiver, le parcours se révèle encore un peu plus « délicat » lorsque la burle a plaqué de la neige gelée sur ce rocher.
Vous l’allez voir, il n’y a pas vraiment à s’étonner sur le fait que nous ne recevions que très peu de visites en ce moment !

Démonstration en images, sur un allegro du concerto « il Cavallo » d’Antonio Vivaldi (concerto pour flute Op. 10 N°6 en G majeur RV 437) :

Image de prévisualisation YouTube

A la Chandeleur, cette année, l’hiver n’a pas péri mais il a vraiment pris vigueur.

Cependant plus terrible que la froidure de l’air est celle, psychologique et spirituelle, qui, de nos jours, engourdit les coeurs et les âmes… Sans doute y aurait-il – malheureusement – beaucoup à dire à ce propos !
Mais plus encore que de disserter sur cette ère spirituelle glaciaire importe-t-il de se rapprocher, par la contemplation et l’oraison, du divin Coeur de Jésus « fournaise ardente de charité », afin de ne pas périr de misère et de froid, et pour pouvoir ensuite communiquer à ceux qui nous approchent un peu de Sa flamme et de Ses ardeurs…

Patte de chat Lully.

Lully regardant tomber la neige

Lully regardant tomber la neige…

Publié dans:Chronique de Lully |on 5 février, 2015 |5 Commentaires »

2015-24. Reportage infernal (1ère partie).

Dimanche de la Septuagésime.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

       Me croirez-vous, si je vous dis que j’ai réussi à envoyer une équipe de reporters incognitos qui ont espionné Satan et ses acolytes infernaux, et qui ont pu surprendre leurs conciliabules ?
C’est tout ce qu’il y a de plus vrai, je vous assure !

   Avec ce que mes enquêteurs m’ont rapporté, j’ai matière à plusieurs publications : en effet, il ne faut pas que toutes ces choses soient celées, mais tout au contraire vous devez en être avertis, de manière à pouvoir déjouer les pièges du malin et agir efficacement pour contrer ses manigances…

   Sans plus tarder donc, voici la première partie de ce reportage infernal !

chauve souris gif

BD - Reportage infernal 1ère partie

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   Vous voici donc prévenus : et comme vous êtes intelligents, vous savez maintenant ce qu’il vous reste à faire – sans délai – afin d’éviter la première de ces embûches diaboliques… C’est à vous !

Lully.

A suivre > ici.

Chat gif en marche

Toutes les bandes dessinées de Fr.Mx.M. publiées sur ce blogue > ici

2015-23. Un très bel ouvrage à consulter et à mettre en pratique : « Le livre des Simples » d’Erika Laïs.

Charlemagne et Alcuin

« Nous voulons que l’on cultive dans le jardin toutes les plantes, à savoir : lis, roses, fenugrec, costus, sauge, rue, aurone, concombres, melons, gourde, dolique, cumin, romarin, carvi, pois chiche, scille, iris, estragon, anis, coloquinte, chicorée amère, ammi, chervis, laitue, nigelle, roquette, cresson, bardane, menthe pouliot, maceron, persil, ache, livèche, sabine, aneth, fenouil, chicorée, dictame, moutarde, sarriette, nasitort, menthe, menthe sauvage, tanaisie, cataire, grande camomille, pavot, bette, asaret, guimauve, mauve, carotte, panais, arroche, blette, chou-rave, chou, oignons, ciboulette, poireau, radis, échalote, cive, ail, garance, cardon, fève, pois, coriandre, cerfeuil, épurge, sclarée.
Et que le jardinier ait au-dessus de sa maison de la joubarbe. »

Bienheureux Charlemagne – capitulaire « de villis vel curtis imperialibus », § 70.

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Mercredi 28 janvier 2015,
Fête de Saint Charlemagne, roi des Francs et empereur d’Occident (cf. > www) ;
Anniversaire de la mort de Henri de La Rochejaquelein (28 janvier 1794).

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Il y a déjà plusieurs semaines que je voulais vous entretenir d’un très bel ouvrage, que l’auteur, Madame Erika Laïs, nous a fait l’honneur et la joie de nous offrir à l’occasion de la fête de Saint Nicolas (un saint que nous aimons beaucoup au Mesnil-Marie !).
Si j’ai attendu ce 28 janvier, c’est en raison de la fête de Saint Charlemagne - à tout seigneur tout honneur – lui qui légiféra (ainsi que l’atteste la citation de sa célèbre capitulaire « de Villis » que j’ai mise en  tête de ma publication de ce jour), pour que les domaines royaux et les monastères cultivassent quatre-vingt-quatorze plantes potagères, fruitières, médicinales, textiles et tinctoriales. 

« Cultiver les plantes médicinales, ce n’est pas seulement « jardiner », c’est aussi se plonger dans notre histoire, dans les racines de notre civilisation, dans un univers où les plantes parlent depuis longtemps à ceux qui savent les observer avec des yeux sensibles », écrit très justement Erika Laïs dans son introduction.
« Le Livre des Simples » est tout à la fois un ouvrage remarquable par la qualité et le soin de sa présentation – on se plaît à le feuilleter déjà rien que pour le plaisir des yeux – , un livre « pratique » parce qu’il explique de façon claire comment cultiver chacune des plantes qu’il décrit et dont il expose les vertus, et une véritable somme rassemblant un pan précieux de notre culture occidentale, aujourd’hui menacée par les assauts d’une effrayante barbarie

A votre intention, chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion, j’ai voulu poser sept questions à Erika Laïs, auxquelles elle a répondu de très bonne grâce : qu’elle soit ici très chat-leureusement remerciée pour ce très beau livre, pour le travail qu’elle accomplit, ainsi que pour sa bienveillante amitié.

Lully.

livre des simples

Erika Laïs : « Le livre des Simples » – Rustica éditions.

Question n° 1 : Erika Laïs, vous avez été la bonne fée de quelques-uns de mes cousins : je ne citerai que Zébulon, abandonné dans un trou du mur entourant le Musée Picasso de Vallauris ; Odinn, recueilli au pied du mur du cimetière qui va de la plage au village de Sainte-Anne en Martinique ; et Radja, récupéré de force par l’Ecole du Chat en Picardie pour cause de maltraitance… Je sais donc que vous prêterez une oreille attentive aux questions d’un chat monastique !
Pourriez-vous donc, s’il vous plaît, nous dire tout d’abord quel a été votre parcours ?

Réponse : Mon cher Maître-Chat Lully, tes questions mêmes comprennent déjà pas mal d’indices à mon égard.
J’aime les chats ! et les animaux en général ! et la nature globalement ! et les plantes, et les hommes !!!
Alors, mon parcours s’est exercé dans un certain nombre de ces domaines. Par exemple, j’ai suivi, dès les années 1970, des enseignements d’herboristerie et de phytothérapie. Et cela même au cours de l’été 1976, année d’extrême sécheresse, où toutes les campagnes de France furent grillées et quasi réduites en cendres. Hormis l’Aveyron, lieu de mon stage, qui fut contre toute attente une oasis de verdure ! A nous donc la saponaire, l’aigremoine, l’herbe-au-charpentier et tant d’autres plantes médicinales.
 

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Question n° 2 : Comment et pourquoi êtes-vous arrivée à approfondir la connaissance des plantes et de leurs bienfaits ?

Réponse : J’ai été soignée par les plantes médicinales – et d’ailleurs par d’autres méthodes naturelles – depuis mon enfance par ma mère. Cela fait donc partie de mes « expériences » thérapeutiques de toujours.
Par ailleurs, étant née en Forêt-Noire, j’ai grandi dans un environnement magnifique, d’une richesse exceptionnelle en plantes sauvages, quasiment toutes médicinales. Certains endroits furent tenus bien secrets, l’endroit où pousse l’arnica des montagnes par exemple, à l’instar des endroits bien gardés par les chasseurs de champignons !
Cela dit, mon cher Lully, note bien que certains cas nécessitent des remèdes plus virulents, pour les hommes comme pour les petits félins.

Lully et le livre des Simples d'Erika Laïs

Question n° 3 : Présentez-nous votre Livre des Simples.

Réponse : Dans mon Livre des Simples, je présente cinquante plantes faciles à trouver dans la nature ou faciles à cultiver au jardin.
Pour chaque plante, je présente une petite introduction historique la concernant, puis ses vertus et ses signes particuliers, ses parties utilisées ainsi que sa cueillette et sa conservation. Quelques recettes viennent compléter chaque portrait de plante.
Mais j’ai aussi tenu à indiquer la façon de cultiver soi-même les plantes dans son jardin, de façon tout à fait pratique, sur la base de mes expérimentations personnelles conduites dans mon propre jardin. Et, le croirais-tu ? J’ai même fait pousser de l’Herbe-à-chats (Valeriana officinalis) !
J’ai complété le livre par un petit aperçu de personnages – anciens et modernes – qui ont apporté leur pierre à l’édifice des plantes médicinales à travers les siècles et que j’affectionne particulièrement, un glossaire pour les termes spécifiques, et une liste de fournisseurs où le lecteur peut trouver toutes les graines ou plants pour créer son propre jardin des Simples. J’attire ton attention aussi sur le « Prologue » qui condense en un seul poème un bon nombre de mes préférences : l’Ecole de Salerne, le Moyen Age, les lais courtois…

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Question n° 4 : Cet ouvrage n’est pas votre première publication : qu’est-ce qu’il a de différent, de complémentaire, par rapport à vos autres ouvrages ?

Réponse : D’un livre à l’autre, le choix des plantes peut varier, mais aussi leur angle de présentation.
Le Livre des Simples est avant tout centré sur les propriétés médicinales des plantes, tandis que mon Grimoire des plantes de sorcière dévoile surtout les propriétés mystérieuses des plantes, leurs usages dans les croyances populaires, mais tout comme pour les Simples, je donne aussi des conseils de plantation dans son jardin.
Dans mon ABCdaire des Plantes aromatiques et médicinales, j’ai voulu mettre en avant l’histoire des plantes et de la médecine par les plantes (thériaque, élixir de jouvence, théorie des signatures, etc.), et dans Des plantes médicinales faciles à trouver, le titre dit déjà presque tout : des plantes courantes, reconnaissables même par le non initié, et des recettes simples à mettre en œuvre.

Erika Laïs - Le livre des Simples - Sommaire

Question n° 5 : Vous faites connaître les plantes à travers des livres, mais pas seulement, parlez-nous de vos autres activités et de vos projets.

Réponse : En fait, j’avais créé et géré pendant assez longtemps une herboristerie à Paris. A cet effet, j’avais suivi de nombreux enseignements et stages, et mes livres sont le fruit de mes connaissances et expériences personnelles.
En plus de mes livres, j’écris régulièrement pour le journal de jardinage « Rustica Hebdo » ; je donne des conférences ou organise des ateliers pratiques, y compris pour des enfants.
Actuellement, je travaille sur le Hors-Série de « Rustica Pratique » qui se présente un peu comme les anciens almanachs et qui sortira pour 2016. J’ai également plusieurs projets de livres, il faudra que je voie cela avec mes différents éditeurs.

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Question n° 6 : Et Sainte Hildegarde ?

Réponse : Sainte Hildegarde est une figure importante dans l’histoire des plantes médicinales. Ce fut une mère abbesse du XIIe siècle, en Rhénanie, qui rédigea plusieurs traités concernant les plantes et d’autres remèdes naturels. Ses indications furent si justes que des médecins et pharmacologues du XXe siècle n’hésitèrent pas à les citer en exemple.
Il y a cependant un « plus » chez Sainte Hildegarde : elle n’attribue pas le pouvoir de guérison aux plantes seules, mais fait également intervenir la dimension divine.
En fait, selon Hildegarde, la santé est un équilibre entre le corps, l’âme et l’esprit. Même la musique peut contribuer à créer cet équilibre ; Hildegarde fut aussi une grande compositrice.
L’on ne s’étonnera donc pas de retrouver des traces de Sainte Hildegarde dans mes différents livres.

Livre des Simples - exemple de page

Question n° 7 : Ma dernière question : pourquoi ne viendriez-vous pas faire des « sessions » ou des « stages » dans le massif du Mézenc ?

Réponse : Je pense que cela pourrait être formidable, vu l’environnement fantastique que représente le Mézenc. Mais il faudrait d’abord que je vienne faire une tournée de reconnaissance sur le terrain.
Je compte sur toi, mon cher Maître-Chat Lully, pour me montrer les bons coins à serpolet, arnique et autres ails des ours !!!

Lully lecteur attentif du Livre des Simples

Lully, lecteur très attentif du « Livre des Simples ».

Publié dans:Chronique de Lully, Lectures & relectures |on 28 janvier, 2015 |4 Commentaires »

2015-22. Où, à l’occasion de la fête de Saint Polycarpe, le Maître-Chat évoque les liens du diocèse de Viviers avec cet illustre martyr, grâce à Saint Andéol.

26 janvier,
fête de Saint Polycarpe, évêque et martyr.

Martyre de Saint Polycarpe

Le martyre de Saint Polycarpe (fresque byzantine)

« (…) Abandonnons la vanité des foules et les enseignements mensongers
pour revenir à la parole qui nous a été transmise dès le commencement (…) »
- épître de Saint Polycarpe de Smyrne aux Philippiens, § 7 -

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

       En ce 26 janvier, la fête de Saint Polycarpe me fournit l’occasion de vous parler un peu du diocèse de Viviers, sur le territoire duquel est implanté notre Mesnil-Marie.

   Saint Polycarpe, évêque de Smyrne, né vers l’an 70 de notre ère, avait connu l’apôtre et évangéliste Saint Jean : l’opinion commune est même que c’est à son intention que fut dictée à Saint Jean, dans les révélations qu’il reçut, la lettre à « l’ange de l’Eglise de Smyrne » (cf. Apoc. II, 8-11).
C’est toujours avec un grand profit spirituel que l’on relit le seul texte de Saint Polycarpe qui nous soit parvenu – son épître aux Philippiens (par exemple > ici) – ou encore le récit de son martyre, écrit par un contemporain (cf. > ici).

   Nous le vénérons à un titre particulier parce que c’est lui qui missionna dans les Gaules non seulement les premiers pasteurs de l’Eglise de Lyon – les saints Pothin et Irénée -, mais également celui que de très antiques traditions nous disent avoir été le premier évangélisateur du territoire qui deviendra le Vivarais : Saint Andéol.
Ainsi, par Saint Andéol et Saint Polycarpe, l’Eglise diocésaine de Viviers peut-elle être, en quelque manière, directement rattachée à l’apôtre et évangéliste Saint Jean, le « disciple que Jésus aimait » (Joan. XIII, 23), qui reposa sur la poitrine de Notre-Seigneur à la dernière Cène, qui l’accompagna jusqu’à la Croix et contempla le Sacré-Cœur transpercé, puis qui « prit chez lui » (Joan. XIX, 27) la Très Sainte Vierge Marie.

   Saint Andéol n’était pas prêtre, mais seulement sous-diacre. Il évangélisa la vallée du Rhône et les provinces méridionales de la Gaule romaine pendant une quarantaine d’années.
C’est au moment du passage de l’empereur Septime-Sévère, alors en route vers la Bretagne (actuelle Grande-Bretagne), qu’il fut pris et martyrisé, le 1er mai 208.
La ville de Bergoïata, où il fut supplicié et mis à mort, deviendra par la suite Bourg-Saint-Andéol.

Statue de Saint Andéol façade de l'église de Bourg-Saint-Andéol

Statue de Saint Andéol sur la façade XVIIe siècle de l’église de Bourg-Saint-Andéol :
le saint est représenté avec la tunique du sous-diacre et avec le glaive de son martyre enfoncé dans le crâne.

   La Bienheureuse Tullia qui avait recueilli son corps, le cacha dans un sarcophage antique, dont l’un des côtés fut re-sculpté par la suite, en accord avec le précieux dépôt qu’il renfermait.
Ce sarcophage se trouve toujours dans l’actuelle église du Bourg-Saint-Andéol.

   Il ne contient malheureusement plus les reliques du saint martyr : si elles avaient heureusement échappé aux destructions et profanations des huguenots, elles furent malheureusement livrées aux flammes par la fureur révolutionnaire… Mais le sarcophage, considéré comme étant lui-même une relique, fut pendant très longtemps mis à l’honneur sous le maître-autel.
Lorsque ce dernier fut détruit à son tour, lors de la révolution liturgique post-concilaire, le sarcophage qui avait été tellement vénéré par des générations de fidèles, fut relégué dans une chapelle latérale, n’étant plus désormais présenté que comme une curiosité archéologique.

Maître-autel avec le sarcophage de Saint Andéol (église de Bourg-Saint-Andéol autrefois)

Le sarcophage de Saint Andéol placé à l’honneur sous la table du maître-autel de l’église de Bourg-Saint-Andéol
(avant les « aménagements » post-concilaires). 

   C’est au milieu du IXème siècle, que le tombeau de Saint Andéol, enfoui dans une crypte, qui avait été elle-même ensevelie lors des invasions et des bouleversements du haut Moyen-Age, fut redécouvert par Bernoin, évêque de Viviers.
Bernoin, après avoir prié et jeûné pour demander à Dieu la grâce de retrouver les précieuses reliques de Saint Andéol, vit en songe Saint Polycarpe lui-même, et c’est selon les indications données par ce dernier qu’il retrouva l’emplacement de la crypte antique renfermant le sarcophage du martyr.

   L’évêque Bernoin et ses successeurs promurent le culte de Saint Andéol dont ils firent un élément d’unification de leur diocèse et – il faut bien le dire aussi – , en un temps où le diocèse de Viviers, quoique théoriquement dépendant du Saint Empire Romain Germanique (jusqu’en 1308), devenait un comté ecclésiastique quasi indépendant, ce fut un moyen de renforcer le prestige et le pouvoir temporel des comtes-évêques de Viviers.

   Aux XVe, XVIe et XVIIe siècles, les comtes-évêques résidèrent d’ailleurs principalement au Bourg-Saint-Andéol (dans un extraordinaire palais épiscopal qui fait aujourd’hui l’objet d’une remarquable restauration), tout près du tombeau de Saint Andéol, plutôt qu’en leur cité épiscopale.

Sarcophage de Saint Andéol

Le sarcophage de Saint Andéol, dans l’église du Bourg-Saint-Andéol (face paléochrétienne)

   Notre diocèse de Viviers, si peu reluisant de nos jours, possède, vous en avez ici une fois de plus un petit aperçu, mes chers Amis, une histoire fort riche, puisque ses origines antiques le rattachent directement aux temps apostoliques.
Nous en sommes particulièrement – et très légitimement – fiers.

   Néanmoins, et j’avais déjà eu l’occasion de l’évoquer en 2011 dans les pages de ce blogue en publiant une étude parue dans « Paix liturgique », c’est un diocèse actuellement sinistré : profondément et tragiquement sinistré par le modernisme (cf. > ici).
Les années passant, les choses ne se sont pas améliorées : les prêtres continuent de mourir et ne sont pas remplacés (il n’y aura sans doute pas d’ordination de prêtre diocésain avant de nombreuses années), les églises continuent à se vider, le nombre des baptêmes poursuit son déclin, la foi catholique n’est plus vraiment enseignée et la plupart des fidèles professe une vague croyance aux contours imprécis, les gens meurent sans les derniers sacrements, la célébration de la messe pour les funérailles tend à diminuer… etc.

   La situation d’aujourd’hui n’est finalement guère plus brillante qu’au début du XVIIe siècle lorsque Monseigneur Louis François de la Baume de Suze – coadjuteur en 1618, puis comte-évêque en titre de 1621 à 1690 – prit la charge d’un diocèse matériellement et spirituellement exsangue (on dit qu’il y avait alors moins de vingt curés en exercice et que plus de 75% des églises étaient en ruines) : mais il était animé d’un zèle ardent pour la rechristianisation du Vivarais, et il sut faire appel à des forces saines et vives pour cet immense labeur, spécialement à Saint Jean-François Régis (cf. > ici). C’est d’ailleurs dans son palais épiscopal de Bourg-Saint-Andéol que Monseigneur de la Baume de Suze accueillit le Père Régis et lui confia le diocèse de Viviers comme terre de mission où il fallait quasi tout reprendre à zéro…

Statue de Saint Andéol sur la façade de l'église de Bourg-Saint-Andéol - détail

Statue de Saint Andéol sur la façade de l’église de Bourg-Saint-Andéol – détail.

   Dans deux précédents articles, j’ai eu l’occasion de vous parler de l’évêque qui a ruiné en profondeur ce diocèse de Viviers pendant plus de 27 ans (cf. dans la biographie de Monsieur l’Abbé Bryan Houghton > ici, et dans une chronique d’août 2011 où je rapportais une anecdote tristement véridique « significative des étranges égarements d’esprit auxquels conduit le modernisme » dont ce mitré fut le protagoniste > ici). Ceux qui lui ont succédé depuis 1992 n’ont guère contribué à relever le niveau spirituel et le dynamisme de notre très antique diocèse riche de tant de saints aux âges passés.

   Depuis longtemps déjà, Frère Maximilien-Marie prie et supplie pour demander à Dieu un évêque selon Son Cœur : un évêque qui soit un véritable docteur de la foi catholique la plus authentique ; un évêque qui soit un pasteur à l’image du Bon Pasteur, avec une inlassable sollicitude pour le salut des âmes à lui confiées ; un évêque qui soit un véritable père, pas tant par la manière dont il se fera appeler que par les délicatesses de la charité avec laquelle il entourera les fidèles ; un évêque qui soit un digne successeur des saints Apôtres par son zèle inlassable et par sa force d’âme ; un évêque dont la ferveur spirituelle soit exemplaire et communicative ; un évêque qui soit moins un administrateur qu’un missionnaire ; un évêque dont l’ardeur ne se laisse pas entraver par la pesanteur des cadavres accumulés par quelque cinquante années de modernisme mortifère.

   Nous prions donc et supplions Saint Polycarpe et Saint Andéol - avec Saint Vincent, céleste protecteur de notre cathédrale (cf. > ici) – qui se dépensèrent sans compter et ne craignirent pas de verser leur sang pour la vérité de l’Evangile, afin qu’ils intercèdent puissamment pour ce diocèse de Viviers et lui obtiennent la grâce d’une véritable résurrection : selon les termes de la citation que j’ai mise en exergue de cette humble chronique, en abandonnant les enseignements mensongers et en revenant à la parole qui lui a été transmise dès le commencement…

patte de chat Lully.

palmes

2015-21. « Valeurs de la république » ???

24 janvier 2015,
fête de Saint Timothée, évêque et martyr.

Note préliminaire : cette BD a été réalisée dans le contexte de janvier 2015, c’est-à-dire les attentats contre l’hebdomadaire « Charly-Hebdo » et, surtout, de toutes les manifestations et autres formes d’agitations pseudo démocratiques et citoyennes qui ont suivi.

« Viendra un temps où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine ;
mais au gré de leurs passions et l’oreille leur démangeant,
ils se donneront des maîtres à foison et détourneront leur ouïe de la vérité
pour se tourner vers des fables… »
(2 Tim. IV, 3-4)

       Les chats ont-ils droit à la « liberté d’expression », ou bien – comme tant d’autres – cette formule n’est-elle qu’un leurre pour ne permettre qu’aux ennemis de la Vérité et du Bien de vomir leurs insanités ?
Depuis des jours et des jours, j’entends des êtres malfaisants ou inconsistants, avec des trémolos attendrissants dans la voix, surfer sur la vague de l’émotion et de l’indignation des peuples pour chanter sur tous les tons les « valeurs de la république ».

   Lao-Tseu disait que « lorsque le sage désigne la lune, l’idiot regarde le doigt ».
Eh bien, pour ce qui me concerne, je dois être bien plus qu’un idiot parce que non seulement je regarde le doigt qui veut me faire regarder la lune, mais j’ai également tendance à observer à qui appartient le doigt de celui qui veut me faire regarder la lune, à me demander quelles peuvent bien être les raisons pour lesquelles il tient tant à ce que je regarde la lune, et enfin – ce faisant – de quelle autre chose il voudrait que je détourne mon regard pendant que je regarderai la lune… etc.

   En vérité, en vérité, je vous le dis, je suis incontestablement bien pis qu’un idiot !
Alors, comme aux faibles d’esprit on condescend à laisser dire ce que l’on ne permettrait pas à des personnes sensées, je vous invite à regarder le doigt avec moi… 

Patte de chat Lully.        

BD - Valeur de la république détail 2

Valeurs de la république - BD

lys 2

BD - Valeur de la république détail 1

Voir aussi :
- Lucifer, ange tutélaire de la république maçonnique > ici
- 21 septembre 1792 : rappel de quelques vérités > ici

2015-20. Vivre le carême 2015 avec le Refuge Notre-Dame de Compassion.

- du 18 février au 12 avril 2015 -

Crucifix chapelle Rome

Samedi 24 janvier 2015.

Dans huit jours commencera le temps de la Septuagésime (cf. > www), ce qui signifie aussi que, en ce samedi 24 janvier, nous sommes à exactement trois semaines et demi du mercredi des cendres.

Chaque année, j’insiste sur le fait que le Carême est l’un des temps les plus importants de notre vie chrétienne et que – malheureusement ! – beaucoup trop de fidèles ne le préparent pas, puis le vivent de manière routinière, superficielle, ou trop purement formelle, et donc sans réel profit spirituel.

Voilà pourquoi aussi, chaque année, le Refuge Notre-Dame de Compassion propose, pendant ce temps de pénitence, de conversion intérieure, et d’union à la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ, un parcours spirituel pour le vivre chaque jour en union avec nous.
Cette espèce de « retraite à domicile », qui exige de chacun un moment quotidien de lecture et de prière – pour intérioriser ce qui aura été suggéré par cette lecture – , commence bien sûr le mercredi des cendres (cette année, le 18 février) et durera jusqu’au dimanche de Quasimodo 12 avril (au lieu d’arrêter « brusquement » le dimanche de Pâques, il nous semble plus conforme à l’esprit de la liturgie de continuer pendant tout l’octave de Pâques).

De quelle manière ?
- soit, pour ceux qui sont présents sur le réseau Facebook, en rejoignant « l’évènement » intitulé Carème 2015 en union avec le Refuge Notre-Dame de Compassion (cliquer ici > www), sur le mur duquel ils trouveront chaque matin, à partir du mercredi des cendres, un texte de méditation et d’approfondissement destiné à soutenir leur marche intérieure vers Pâques ;
- soit en s’inscrivant – grâce au formulaire de contact qui est ici > www – pour recevoir directement dans sa boite aux lettres électronique personnelle tous les jours ces textes de méditation et de réflexion.

C’est bien évidemment gratuit : la seule chose qu’il en coûte à chacun c’est l’effort de volonté et de discipline pour se donner les moyens de lire, réfléchir, méditer et prier un peu plus qu’à l’accoutumée, et ce pendant sept semaines et demi

Pour se préparer dès à présent au Carême :
- Avec le sourire : la BD « Session de santé et bien être » > www
- Petit catéchisme sur le Carême et la pénitence > www
- Pour approfondir, rappel de la discipline originelle du Carême > www

nika

Publié dans:Annonces & Nouvelles, De liturgia |on 24 janvier, 2015 |Pas de commentaires »

2015-17. Yvette Guilbert : « Le voyage à Bethléem ».

Mardi 20 janvier 2015.

Yvette Guilbert par Toulouse-Lautrec

Yvette Guilbert, portrait par Henri de Toulouse-Lautrec.

Le nom d’Yvette Guilbert dit-il encore quelque chose à quelques uns d’entre vous, chers lecteurs ? Je l’espère !
Peut-être quelque Tartuffe trouvera-t-il incongru que je la cite aujourd’hui dans les pages de mon blogue, car – chanteuse et actrice – elle ne fut sans doute pas une sainte ni un pilier d’église (quoique je dispose de fort peu de renseignements sur sa vie), mais ce fut une grande dame de la chanson française : en nos temps de médiocrité et d’inculture, je ne dédaigne pas de rappeler, quand l’occasion s’en présente, ces personnes qui ont marqué la vie et la culture des générations qui nous ont précédés.
Cela nous aide aussi à prendre un peu de recul par rapport à la tristesse des temps présents…

Si donc j’évoque aujourd’hui Yvette Guilbert, c’est parce que ce 20 janvier 2015 marque le cent-cinquantième anniversaire de sa naissance : le 20 janvier 1865.

Yvette Guilbert ne fut pas que l’interprête de « Je suis pocharde »« Madame Arthur » et autres chansons légères : il en est une, dans son répertoire, qui est particulièrement poignante et qu’elle interprêta avec une intensité dramatique qui, aujourd’hui encore, ne nous laisse pas indifférents, avec son égrenage impitoyable des heures tandis que la Vierge Marie approche de son terme et, qu’avec Saint Joseph, elle voit se fermer l’une après l’autre les portes des hôtelleries : cette chanson s’intitule « Le voyage à Bethléem ».
Nous sommes encore – jusqu’au 2 février – dans le temps de la crèche, c’est pourquoi je ne résiste pas au plaisir de vous en recopier ci-dessous et les paroles et l’enregistrement.
Vous reconnaîtrez bien sûr la mélodie de l’un de nos plus anciens noël populaire : « Or nous dites, Marie », qui remonte au moins au XVe siècle et dont le thème a été souvent repris par les compositeurs et organistes de l’époque baroque.

Le mystère d’un Dieu rejeté, méconnu, qui se heurte à des coeurs fermés n’est pas le « privilège » des seuls habitants de Bethléem aux jours d’Hérode le Grand : il se répète cruellement à toutes les générations ; il se répète cruellement sous nos yeux, aujourd’hui même, et chez nous… 

En dépit donc des apparences, cette évocation du cent-cinquantième anniversaire de la naissance d’Yvette Guilbert, n’a rien d’une publication frivole : des ténèbres spirituelles étendent sur notre société crépusculaire une chape de désespérance et de malheurs bien plus noire que les ailes du plus noir corbeau, pendant que les portes des coeurs continuent à se fermer devant Jésus, l’unique Rédempteur, le seul capable de rendre à ce monde sa jeunesse et sa joie…
Puisse-t-Il, du moins, fortifier et soutenir par Sa grâce ceux qui veulent Lui rester fidèles, et renouveler à tout moment dans leurs coeurs la joie et l’espérance invincibles qui sont les conséquences de Son Incarnation : « Il est né le divin Enfant : sonnez, hautbois, résonnez souvent ! »

Lully.

Guirlande de sapin - gif

Nous voici dans la ville
Où naquit autrefois
Le roi le plus habile,
David, le Roi des Rois.
- « Allons, chère Marie,
Devers cet horloger :
C’est une hôtellerie,
Nous y pourrons loger. »
Il est six heures !

- « Mon cher monsieur, de grâce,
N’auriez-vous point chez vous
Quelque petite place,
Quelque chambre pour nous ? »
- « Vous perdez votre peine ;
Vous venez un peu tard :
Ma maison est trop pleine,
Cherchez quelqu’autre part ! »
Il est sept heures !

- « Passant à l’autre rue,
Laquelle est vis-à-vis,
Tout devant notre vue
J’aperçois un logis… »
- « Joseph, ton bras, de grâce,
Je ne puis plus marcher,
Je me trouve si lasse… »
- « Il faut pourtant chercher ! »
Il est huit heures !

- « Patron des « Trois Couronnes »
Auriez-vous logement
Chez vous pour deux personnes :
Quelque trou seulement ? »
- « J’ai noble compagnie
Dont j’aurai du profit.
Je hais la pauvrerie :
Allez-vous en d’ici ! »

- « Monsieur, je vous en prie
Pour l’amour du Bon Dieu,
Dans votre hôtellerie
Que nous ayons un lieu. »
- « Cherchez votre retraite
Autre part, charpentier !
Ma maison n’est point faite
Pour des gens de métier. »
Il est neuf heures !

- « Madame du « Cheval rouge »
De grâce logez-nous
Dans quelque petit bouge,
Dans quelque coin chez vous. »
- « Mais je n’ai point de place ;
Je suis couchée sans drap
Ce soir sur la paillasse,
Sans autre matelas. »

- « Oh ! Madame l’hôtesse, »
Crie la Vierge à genoux,
« Pitié pour ma détresse :
Recevez-moi chez vous ! »
- « Excusez ma pensée, madame,
Je ne la puis cacher :
Vous êtes avancée, madame,
Et prête d’accoucher… »
Il est onze heures !

Dans l’état déplorable
Où Joseph est réduit,
Il découvre une étable
Malgré la sombre nuit :
C’est la seule retraite
Offerte à son espoir,
Ainsi que le prophète
Avait su le prévoir.
Il est minuit !

Il est minuit !

Il est né le divin enfant :
Sonnez, hautbois ! résonnez, musettes !
Il est né le divin enfant :
Sonnez, hautbois ! résonnez souvent !
Depuis plus de quatre mille ans,
L’avaient annoncé les prophètes.
Il est né le petit enfant :
Jouez, hautbois, résonnez souvent !

Il est né le divin enfant :
Sonnez, hautbois ! résonnez musettes !
Il est né le divin enfant :
Sonnez, hautbois, résonnez souvent !
Noël ! Noël ! Noël ! Noël !

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Guirlande de sapin - gif

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