Archive pour la catégorie 'Chronique de Lully'

Recette du Mesnil-Marie : un « Gâteau des Rois » selon la tradition du sud de la France.

La galette des Rois, fourrée à la frangipane, est une coutume qui – même si elle s’est largement généralisée – appartient surtout aux provinces du nord de la France.
Dans le sud, le « gâteau des Rois » est traditionnellement une espèce de brioche, parfumée à la fleur d’oranger et garnie de fruits confits.

Il en existe plusieurs recettes : les recettes de gâteau des Rois provençaux demandent parfois une nuit entière de repos et de levage de la pâte. La recette que nous vous proposons ici est assez simple et rapide en comparaison, mais elle n’en est pas moins délicieuse…

Respectueux de la tradition qui assigne au 6 janvier la célébration de l’Epiphanie de Notre-Seigneur Jésus-Christ, en union avec l’Eglise universelle (*), et attentifs à marquer ainsi le chiffre symbolique du douzième jour après la Nativité, nos palais et nos estomacs participeront eux aussi à l’allégresse de cette très grande fête!

Recette du Mesnil-Marie : un       lys5 6 janvier dans Recettes du Mesnil-Marie   lys5 Epiphanie

Temps de préparation : 30 minutes.
Temps de cuisson 
: 30 minutes.

Temps de pause : environ 2 h  (pour une dégustation sous 3 h minimum).

Ingrédients : 

- Pour le gâteau lui-même : 350 grammes de farine ; 1 sachet de levure de boulangerie ; 3 oeufs ; 100 grammes de beurre ; 150 grammes de sucre en poudre; 1 pincée de sel; 1 cuillère à soupe d’eau de fleur d’oranger

- Pour la décoration : des fruits confits et du sucre en grains ; 1 jaune d’oeuf; 1 fève et/ou un sujet de porcelaine, et – bien sûr – une ou plusieurs couronnes!

Préparation :

Délayer la levure dans un peu d’eau tiède. Dans un saladier, mélanger ensemble la farine, le beurre fondu, les oeufs, le sucre et le sel ainsi que l’eau de fleur d’oranger. Ajouter la levure et des fruits confits coupés en petits morceaux.Bien pétrir cette pâte puis la laisser reposer jusqu’à ce qu’elle double de volume (environ 2 heures).

Préchauffer le four à 200°C. Sur une plaque recouverte de papier sulfurisé, étirer la pâte et lui donner une forme de couronne.Badigeonner de jaune d’oeufet décorer avec les fruits confits. Mettre au four pendant 25 à 30 minutes. A la fin de la cuisson, ajouter des grains de sucre et… ne pas oublier d’insérer la (ou les) fève(s).

Dégustez accompagné de compote ou de confiture et n’omettez pas de chanter la si populaire Marche des Rois

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(*) Il faut insister en effet pour rappeler que la date officielle de la célébration de l’Epiphanie est bien toujours le 6 janvier dans l’Eglise universelle ; c’est une fête d’obligation qui doit être chômée, comme cela est le cas dans de nombreux pays d’Europe. En France – malheureusement!- depuis la révolution et le concordat napoléonien, ce jour n’est plus férié et la solennité de l’Epiphanie se trouve donc normalement reportée au dimanche qui suit le 6 janvier, dans le rite latin traditionnel. Pour le nouveau rite, les conférences épiscopales francophones des pays où le 6 janvier n’est pas férié ont attribué à cette fête le 1er dimanche de janvier au mépris de toutes les traditions et règles liturgiques.

Publié dans:De liturgia, Recettes du Mesnil-Marie |on 4 janvier, 2011 |5 Commentaires »

2011-2. Le 4 janvier, nous fêtons Sainte Angèle de Foligno, « Magistra theologorum » et modèle toujours actuel de vie vers Dieu et avec Dieu.

Le 4 janvier,  est célébrée la fête de Sainte Angèle de Foligno.

Lors de l’audience générale du 13 octobre 2010, sur la place Saint-Pierre, notre Saint-Père le Pape Benoît XVI a consacré sa catéchèse à cette grande figure de la mystique chrétienne.
Le Souverain Pontife a voulu présenter un résumé de l’expérience et des enseignements spirituels de celle à laquelle son prédécesseur le Pape Benoît XIV n’avait pas hésité à donner le titre de « Magistra theologorum : maîtresse des théologiens ».
Cette catéchèse du Saint-Père Benoît XVI est d’une densité, d’une profondeur et d’une richesse absolument remarquables ; il nous semble donc important de la publier ici aujourd’hui à l’occasion de la fête de Sainte Angèle de Foligno.

2011-2. Le 4 janvier, nous fêtons Sainte Angèle de Foligno,

Châsse de la Bienheureuse Angèle de Foligno.

Chers frères et sœurs,

Aujourd’hui je voudrais vous parler de la bienheureuse Angèle de Foligno, une grande mystique médiévale ayant vécu au XIIIe siècle. D’habitude, on est fasciné par les sommets de l’expérience d’union avec Dieu qu’elle a atteints, mais on ne prend sans doute pas assez en compte ses premiers pas, sa conversion, et le long chemin qui l’a conduite du point de départ, « la grande crainte de l’enfer », jusqu’au but ultime, l’union totale avec la Trinité.
La première partie de la vie d’Angèle n’est certainement pas celle d’une disciple fervente du Seigneur. Née aux alentours de 1248 dans une famille aisée, elle devint orpheline de père et fut éduquée par sa mère de façon plutôt superficielle. Elle fut très tôt introduite dans les milieux mondains de la ville de Foligno, où elle connut un homme, qu’elle épousa à l’âge de 20 ans et dont elle eut des enfants. Sa vie était insouciante, au point de mépriser ceux que l’on appelait les « pénitents » — très répandus à l’époque —, c’est-à-dire ceux qui, pour suivre le Christ, vendaient leurs biens et vivaient dans la prière, dans le jeûne, dans le service de l’Eglise et dans la charité.

Plusieurs événements, comme le violent tremblement de terre de 1279, un ouragan, l’antique guerre contre Pérouse et ses dures conséquences, ont une influence sur la vie d’Angèle, qui prend progressivement conscience de ses péchés, jusqu’à accomplir un pas décisif : elle invoque Saint François, qui lui apparaît en vision, pour lui demander conseil en vue d’une bonne confession générale à accomplir ; nous sommes en 1285, Angèle se confesse à un frère à San Feliciano. Trois ans plus tard, la voie de la conversion prend un nouveau tournant : la dissolution des liens affectifs, étant donné qu’en quelques mois, à la mort de sa mère suit celle de son mari et de tous ses enfants. Elle vend alors ses biens et, en 1291, rejoint le Tiers-Ordre de Saint François. Elle meurt à Foligno le 4 janvier 1309.

Le Livre de la bienheureuse Angèle de Foligno, qui rassemble la documentation relative à notre bienheureuse, rapporte cette conversion ; elle en indique les instruments nécessaires : la pénitence, l’humilité et les épreuves ; et elle en rapporte les étapes, la succession des expériences d’Angèle, commencées en 1285.
En se les rappelant, après les avoir vécues, elle tenta de les raconter à travers le frère confesseur, qui les transcrivit fidèlement, en s’efforçant ensuite de les diviser en étapes, qu’il appela « étapes ou mutations », mais sans réussir à les mettre entièrement en ordre (cf. Le Livre de la bienheureuse Angèle de Foligno, Cinisello Balsamo 1990, p. 51). La raison en est que pour la bienheureuse Angèle, l’expérience d’union implique de façon totale les sens spirituels et corporels, et ce qu’elle « comprend » pendant ses extases demeure, pour ainsi dire, uniquement une « ombre » dans son esprit. « J’entendis véritablement ces paroles — confesse-t-elle après une extase mystique — mais ce que j’ai vu et compris, et ce qu’Il [c’est-à-dire Dieu] me montra, je ne sais ni ne peux le dire en aucune façon, bien que je révèlerais volontiers ce que je compris à travers les paroles que j’entendis, mais ce fut un abîme absolument ineffable ». Angèle de Foligno présente son « vécu » mystique sans l’élaborer avec son esprit, car il s’agit d’illuminations divines qui se communiquent à son âme de façon imprévue et inattendue. Le frère confesseur lui-même a des difficultés à rapporter de tels événements, « notamment à cause de sa grande et admirable réserve à l’égard des dons divins » (ibid., p. 194). A la difficulté d’Angèle d’exprimer son expérience mystique s’ajoute également la difficulté pour ses interlocuteurs de la comprendre. Une situation qui montre clairement que l’unique et véritable Maître, Jésus, vit dans le cœur de chaque croyant et désire en prendre entièrement possession. Comme chez Angèle, qui écrivait à l’un de ses fils spirituels : « Mon Fils, si tu voyais mon cœur, tu serais absolument contraint de faire toutes les choses que Dieu veut, parce que mon cœur est celui de Dieu et le cœur de Dieu est le mien ». Ici retentissent les paroles de saint Paul : « Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi » (Gal. II, 20).

communionmystique dans Lectures & relectures

La Bienheureuse Angèle reçoit la Sainte Communion de la main d’un ange.  

Etudions alors certains «pas» seulement du riche cheminement spirituel de notre bienheureuse.
Le premier, en réalité, est une prémisse : « Le premier pas est la connaissance du péché — comme elle le précise —, par elle l’âme craint fort d’être damnée en enfer. En ce pas l’âme pleure amèrement » (Le livre de la bienheureuse Angèle de Foligno, p. 39). Cette « crainte » de l’enfer répond au type de foi qu’Angèle avait au moment de sa « conversion » ; une foi encore pauvre de charité, c’est-à-dire de l’amour de Dieu. Repentir, peur de l’enfer, pénitence ouvrent à Angèle la perspective du douloureux « chemin de la croix » qui, du huitième au quinzième pas, la conduira ensuite sur le « chemin de l’amour ». Le frère confesseur raconte : « La fidèle me dit alors : J’ai eu cette révélation divine : “ Après ce que vous avez écrit, faites écrire que quiconque veut conserver la grâce ne doit pas détourner les yeux de l’âme de la Croix, tant dans la joie que dans la tristesse que je lui accorde ou je lui permets ” » (ibid., p. 143). Mais dans cette phase encore, Angèle « ne sent pas l’amour » ; elle affirme : « l’âme éprouve de la honte et de l’amertume et elle ne fait pas encore l’expérience de l’amour, mais de la douleur » (ibid., p. 39), et elle est insatisfaite.

Angèle sent qu’elle doit donner quelque chose à Dieu pour réparer ses péchés, mais lentement, elle comprend qu’elle n’a rien à lui donner, bien plus, qu’elle n’« est rien » devant lui ; elle comprend que ce ne sera pas sa volonté qui lui donnera l’amour de Dieu, parce que cela ne peut rien lui donner d’autre que son « néant », le « non amour ». Comme elle le dira : seul « l’amour vrai et pur, qui vient de Dieu, est dans l’âme et fait en sorte qu’elle reconnaisse ses propres défauts et la bonté divine. […] Cet amour porte l’âme dans le Christ et elle comprend avec assurance qu’il ne peut exister ou n’y avoir aucune tromperie. A cet amour, rien de ce monde ne peut se mêler » (ibid., p. 124-125). S’ouvrir uniquement et totalement à l’amour de Dieu, qui a sa plus haute expression dans le Christ : « O mon Dieu — prie-t-elle — rends moi digne de connaître le très haut mystère, que ton très ardent et ineffable amour mit en œuvre, avec l’amour de la Trinité, c’est-à-dire le très haut mystère de ta très sainte incarnation pour nous. […]. Oh incompréhensible amour! Au-dessus de cet amour, qui a permis que mon Dieu se soit fait homme pour me faire Dieu, il n’y a pas d’amour plus grand » (ibid., p. 295). Toutefois, le cœur d’Angèle porte pour toujours les blessures du péché ; même après une bonne confession, elle se trouvait pardonnée et encore accablée par le péché, libre et conditionnée par le passé, absoute mais en manque de pénitence. Et la pensée de l’enfer l’accompagne également parce que plus l’âme progresse sur le chemin de la perfection chrétienne, plus elle se convaincra non seulement d’être « indigne », mais de mériter l’enfer.

Et voici que, sur son chemin mystique, Angèle comprend en profondeur la réalité centrale : ce qui la sauvera de son « indignité » et de « l’enfer qu’elle mérite », ce ne sera pas son « union avec Dieu » et sa possession de la « vérité », mais Jésus crucifié, « Sa crucifixion pour moi », Son amour. Dans le huitième pas, elle dit : « Je ne comprenais pas encore si le bien le plus grand était ma libération des péchés et de l’enfer et la confession et la pénitence, ou bien Sa crucifixion pour moi » (ibid., p. 41). C’est l’équilibre instable entre amour et douleur, ressenti dans tout son difficile chemin vers la perfection. C’est précisément pour cela qu’elle contemple de préférence le Christ crucifié, parce que dans cette vision, elle voit réalisé l’équilibre parfait : sur la croix, il y a l’homme-Dieu, dans un acte suprême de souffrance qui est un acte suprême d’amour. Dans la troisième Instruction, la bienheureuse insiste sur cette contemplation et affirme : « Lorsque nous voyons avec plus de perfection et de pureté, nous aimons avec d’autant plus de perfection et de pureté. […] C’est pourquoi, plus nous voyons le Dieu et homme Jésus Christ, plus nous sommes transformés en lui à travers l’amour. […] Ce que j’ai dit de l’amour […] je le dis aussi de la douleur : lorsque l’âme contemple l’ineffable douleur de Dieu et homme Jésus Christ, elle souffre d’autant et se transforme en douleur » (ibid., p. 190-191). Se fondre, se transformer dans l’amour et dans les souffrances du Christ crucifié, s’identifier avec Lui. La conversion d’Angèle, qui commença avec la confession de 1285, n’arrivera à maturité que lorsque le pardon de Dieu apparaîtra à son âme comme le don gratuit d’amour du Père, source d’amour : « Il n’y a personne qui ne puisse avancer d’excuses — affirme-t-elle — parce quiconque peut aimer Dieu, et il ne demande rien d’autre à l’âme que de l’aimer, parce qu’il l’aime et il est son amour » (ibid., p. 76).

Dans l’itinéraire spirituel d’Angèle, le passage de la conversion à l’expérience mystique, de ce qui peut être exprimé de l’inexprimable, a lieu à travers le Crucifix. C’est le « Dieu-homme passionné », qui devient son « maître de perfection ». Toute son expérience mystique revient donc à tendre à une parfaite « ressemblance » avec Lui, à travers des purifications et des transformations toujours plus profondes et radicales. Angèle se donne entièrement à cette merveilleuse entreprise, corps et âme, sans s’épargner les pénitences, les épreuves du début à la fin, désirant mourir avec toutes les douleurs souffertes par le Dieu-homme crucifié, pour être transformée totalement en Lui : « O fils de Dieu — recommandait-elle — transformez-vous totalement dans le Dieu-homme passionné, qui vous aima tant qu’Il daigna mourir pour vous d’une mort ignominieuse et avec une douleur totalement ineffable et de manière très pénible et amère. Cela uniquement par amour pour toi, ô homme ! » (ibid., p. 247). Cette identification signifie également vivre ce que Jésus a vécu : la pauvreté, le mépris, la douleur car — comme elle l’affirme — , « à travers la pauvreté temporelle, l’âme trouvera les richesses éternelles ; à travers le mépris et la honte, elle obtiendra l’honneur suprême et la très grande gloire ; à travers la pénitence, faite avec peine et douleur, elle possédera avec une infinie douceur et consolation le Bien Suprême, Dieu éternel » (ibid., p. 293).

De la conversion à l’union mystique avec le Christ crucifié, à l’inexprimable. Un chemin très élevé, dont le secret est la prière constante : « Plus tu prieras — affirme-t-elle — plus tu seras illuminé ; plus tu seras illuminé, plus profondément et intensément tu verras le Bien Suprême, l’Etre suprêmement bon ; plus profondément et intensément tu le verras, plus tu l’aimeras ; plus tu l’aimeras, plus il te délectera ; et plus il te délectera, plus tu le comprendras et tu deviendras capable de le comprendre. Par la suite, tu arriveras à la plénitude de la lumière, car tu comprendras ne pas pouvoir comprendre » (ibid., p. 184).

Chers frères et sœurs, la vie de la bienheureuse Angèle commence par une existence mondaine, assez éloignée de Dieu. Mais ensuite, la rencontre avec la figure de saint François et, finalement, la rencontre avec le Christ crucifié réveille l’âme en raison de la présence de Dieu, du fait que ce n’est qu’avec Dieu que la vie devient vie véritable, car elle devient, dans la douleur pour le péché, amour et joie. La bienheureuse Angèle nous parle ainsi. Aujourd’hui, nous courrons tous le danger de vivre comme si Dieu n’existait pas : il semble si éloigné de la vie actuelle. Mais Dieu a mille façons, une pour chacun, d’être présent dans l’âme, de montrer qu’il existe et me connaît et m’aime. Et la bienheureuse Angèle veut nous rendre attentifs à ces signes avec lesquels le Seigneur touche notre âme, attentifs à la présence de Dieu, pour apprendre ainsi la vie vers Dieu et avec Dieu, dans la communion avec le Christ crucifié. Prions le Seigneur afin qu’il nous rende attentif aux signes de sa présence, qu’il nous enseigne à vivre réellement. Merci.

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Voir > ici le texte admirable de Sainte Angèle de Foligno intitulé « Les voies de la délivrance » ; ou bien > ici le fameux passage où elle entend le Christ lui dire « Ce n’est pas pour rire que je t’ai aimée » ;  et encore > ici  »la Croix et la bénédiction », ainsi que le texte d’instruction sur l’oraison donné à ses fils spirituels > ici.

2011-1. Voeux pour l’an de grâce 2011.

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Note Liturgique :

« Le huitième jour de la Naissance du Sauveur est arrivé ; l’étoile qui conduit les Mages approche de Bethléem ; encore cinq jours, et elle s’arrêtera sur le lieu où repose l’Enfant divin. Aujourd’hui, ce Fils de l’Homme doit être circoncis, et marquer, par ce premier sacrifice de sa chair innocente, le huitième jour de sa vie mortelle. Aujourd’hui, un nom va lui être donné ; et ce nom sera celui de Jésus, qui veut dire Sauveur. Les mystères se pressent dans cette grande journée ; recueillons-les tous, et honorons-les dans toute la religion et toute la tendresse de nos coeurs. Mais ce jour n’est pas seulement consacré à honorer la Circoncision de Jésus ; le mystère de cette Circoncision fait partie d’un plus grand encore, celui de l’Incarnation et de l’Enfance du Sauveur ; mystère qui ne cesse d’occuper l’Eglise, non seulement durant cette Octave, mais pendant les quarante jours du Temps de Noël. D’autre part, l’imposition du nom de Jésus doit être glorifiée par une solennité particulière, que nous célébrerons demain. Cette grande journée offre place encore à un autre objet digne d’émouvoir la piété des fidèles. Cet objet est Marie, Mère de Dieu. Aujourd’hui, l’Eglise célèbre spécialement l’auguste prérogative de cette divine Maternité, conférée à une simple créature, coopératrice du grand ouvrage du salut des hommes. Autrefois la sainte Eglise Romaine célébrait deux Messes au premier janvier : l’une pour l’Octave de Noël, l’autre en l’honneur de Marie. Depuis, elle les a réunies en une seule, de même qu’elle a mélangé dans le reste de l’Office de ce jour les témoignages de son adoration envers le Fils, aux expression- de son admiration et de sa tendre confiance envers la Mère.« 

(Dom Guéranger – « L’Année Liturgique », premières phrases de la notice concernant le 1er janvier).

Lippi - la Circoncision (détail)

Fra Filippo Lippi – La Circoncision (détail).

Samedi 1er janvier 2011.

Du plus profond du coeur, chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion, je vous souhaite, selon la belle tradition des voeux liée à ce « jour de l’an », une bonne et heureuse année 2011.

Au-delà de la tournure usuelle, et parfois un peu usée, voyez l’expression d’une amitié véritable qui désire pour chacun de vous, pour vos familles et pour tous ceux qui vous sont chers, que l’année civile qui commence en ce jour vous permette de vivre – autant que possible – avec ces biens précieux de la santé, de la force physique et plus encore morale, de la paix intérieure et de la joie spirituelle, qui sont des éléments si importants pour notre épanouissement terrestre, et qui entrent dans la préparation de cette plénitude éternelle que le Dieu qui nous aime veut nous donner…

Et si, en raison de la fragilité de notre condition humaine, nous ne pouvons échapper  à certaines épreuves, à certaines infirmités et aux deuils, que l’Enfant divin, dont la liturgie nous rappelle aujourd’hui qu’il a reçu son Nom signifiant « Sauveur » en versant son Sang précieux pour la première fois, vous accorde largement les grâces pour les porter avec courage et force, pour les surmonter dans la persévérance et l’espérance, pour les unir dans la foi à l’oeuvre de rédemption et de sanctification du monde à laquelle le Christ Sauveur veut nous associer à travers ces croix que permet la divine Providence…

Je termine ces voeux en vous adressant à chacun en particulier ces belles paroles que notre Saint-Père le Pape Benoît XVI a prononcées hier soir, en conclusion de son homélie aux vêpres d’action de grâces pour l’année écoulée qu’il présidait dans la basilique vaticane :
« Chers frères et sœurs, nous sommes invités à regarder vers l’avenir et à le regarder avec cette espérance qui est le dernier mot du 
Te Deum : In Te, Domine, speravi : non confundar in aeternum! En Vous, Seigneur, j’ai espéré et je ne serai pas confondu pour l’éternité ». Pour nous donner le Christ, notre Espérance, c’est toujours Elle, la Mère de Dieu, la Très Sainte Vierge Marie, qui est là. Comme elle le fit pour les bergers et pour les mages, ses bras et son cœur continuent à offrir toujours plus au monde Jésus, son Fils et notre Sauveur. En Lui est toute notre espérance, car par Lui est venu pour chaque homme le salut et la paix. Amen! » (*)

Que 2011 vous soit à tous, selon la belle et antique expression héritée des siècles de foi, un véritable an de grâce, avec l’assurance de ma prière fidèle et amicale!

Frère Maximilien-Marie.

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(*) Traduction par nos soins.

2010-58. Où Lully conclut l’année civile en vous présentant la crèche du Mesnil-Marie dans sa version 2010.

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Le 30 décembre 2010 au soir.

Chers Amis du « Refuge Notre-Dame de Compassion« ,

Frère Maximilien-Marie vous a déjà adressé des voeux à l’occasion des fêtes de la Nativité (cf.> www) mais, à la veille de conclure cette année civile, je dois reprendre mon travail de chroniste pour – après vous avoir entretenu de ses préparatifs (ici > www)- que je vous présente notre crèche dans sa version 2010.

Elle a été achevée le 24 décembre au début de l’après-midi. Ce ne fut pas sans quelques difficultés parce que les jours précédents nous avions eu des pluies torrentielles et que ce 24 décembre au petit matin les températures avaient soudain chuté de presque 15° : la mousse saturée d’eau et les branchages dégoulinants devenus soudain roides de glace n’étaient pas faciles à ramasser et à mettre en place! Enfin, tout fut quand même prêt à temps et, au retour de la Messe de minuit, Frère Maximilien-Marie a déposé l’Enfant Jésus dans son humble et bucolique berceau.

Depuis, notre crèche attire des visiteurs car elle a eu une certaine « publicité » dans les médias locaux : le « Dauphiné Libéré » lui consacrait le tiers d’une page dans son édition du jour même de Noël (voir ci-dessous) ; RDB La Radio des Boutières en a fait plusieurs fois l’annonce sur les ondes et l’a également mise en bonne place dans l’agenda des festivités de son site internet ; des commerçants ont aussi accepté d’apposer des affiches ou de proposer des cartons d’invitation dans leurs magasins… Que tous en soient chaleureusement remerciés!

J’ai tenté, cette année, de vous donner un aperçu filmé de notre crèche à travers trois petites séquences. Je ne suis pas un grand « caméracat » (ce qui est, vous l’avez compris, la version féline du caméraman) et je ne dispose pas d’un excellent matériel de prise de vue, aussi je requiers votre indulgence ; j’espère néanmoins permettre à ceux qui ne pourront venir nous visiter de s’en faire une assez bonne idée. Elle s’étend sur un peu plus de 3,50 mètres de longueur et présente en fait une succession de scènes racontant l’histoire de la Nativité.

Il y a d’abord la place du village de Bethléem, avec sa synagogue, son hôtellerie, sa fontaine et ses artisans : tous vaquent à leurs occupations ordinaires. Les soldats romains sont aussi là, proclamant l’édit de recensement voulu par l’empereur Auguste. Saint Joseph conduit le petit âne sur lequel est assise la Vierge Marie enceinte : ils arrivent dans la cité de leur ancêtre  le roi David et ils n’y trouvent pas de place pour se loger :

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Ensuite, c’est la scène de l’annonce de la naissance du Messie faite par les Anges aux bergers qui gardent leurs troupeaux dans les collines. Après leur première surprise, ils se mettent en route pour aller voir ce Nouveau-Né dans lequel se concrétisent les attentes d’Israël :

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Enfin, c’est la crèche elle-même : autour de la Sainte Famille les bergers contemplent et adorent le mystère :

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Dans quelques jours, les Saints Rois Mages les rejoindront.

Chers Amis du « Refuge Notre-Dame de Compassion« , que les grâces qui découlent en abondance du Coeur du Saint Enfant Jésus, par l’intercession de la Très Sainte Vierge Marie, sa Mère, et de Saint Joseph, se répandent largement sur vos personnes, sur vos familles, sur vos malades et sur tous ceux qui vous sont chers…

Lully.

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Article publié par « Le Dauphiné Libéré » en page locale le jour de Noël :

« La crèche aide à visualiser ce qui s’est passé à Bethléem ».

Cette année encore, la maison du « Mesnil-Marie », qui signifie la demeure de Marie, abrite une grande crèche ouverte aux visiteurs. Celle-ci est réalisée par le frère Maximilien-Marie, fondateur de l’association « Refuge Notre-Dame de Compassion ».

Qu’est ce qui vous a motivé à réaliser cette crèche?

« Noël, avant toute autre chose, c’est la célébration de la naissance du Christ. Depuis le XIIIe siècle, les chrétiens d’Occident dont développé la tradition de représenter cette naissance par ces crèches, dans les églises et les maisons. Bien sûr, je maintiens cette tradition, qui reste très populaire même auprès des personnes non pratiquantes. Cela aide à visualiser ce qui s’est passé à Bethléem il y a 2010 ans. »

Quelles sont les caractéristiques de votre crèche?

« Il me semble que cela est d’abord dû au fait que j’ai la chance d’avoir de beaux personnages, expressifs, variés et nombreux. Ce ne sont pas de grands santons comme ceux qu’on voit dans les églises, mais la maison italienne réputée qui les fabrique produit de nouveaux personnages tous les ans : cela permet d’améliorer chaque année ma crèche, puisqu’à chacun de mes voyages à Rome je reviens avec de nouveaux santons. Aujourd’hui j’ai un total de 166 figurines. »

Combien de temps cela vous demande-t-il?

« Quand on aime on ne compte pas! Cela prend du temps, surtout pour installer tout le support de bois et de carton sur lequel on déploie ensuite le papier-rocher. Je confectionne aussi moi-même les maisons qui représentent le village de Bethléem. J’y travaille dans la journée quand j’ai un peu de temps, et beaucoup en soirée. Ce travail est aussi pour moi un moment de méditation  et de prière. »

Avez-vous des visiteurs?

« Oui, et j’ai un grand plaisir à en expliquer les symboles : cela éveille un véritable intérêt, et souvent aussi de nouvelles questions. Les voisins amènent leurs familles et leurs amis de passage à l’occasion des fêtes. Des personnes du village ou d’autres communes, parfois au-delà du canton, viennent aussi, reviennent parfois : c’est bien le signe qu’ils apprécient. C’est une occasion de contacts sympathiques et cordiaux. »

Pour en savoir plus : la crèche du « Mesnil-Marie » se visite le 25 décembre et les dimanches suivants de 15h à 18h, jusqu’au 2 février. Pour une visite en semaine prendre rendez-vous.

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Publié dans:Chronique de Lully, De liturgia |on 30 décembre, 2010 |8 Commentaires »

2010-57. Noël 2010.

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Saint Jour de Noël, 25 décembre 2010.

Chers Amis du « Refuge Notre-Dame de Compassion« ,

A vous tous bonnes, belles et surtout ferventes et saintes fêtes de la Nativité de Notre-Seigneur Jésus-Christ! Que le divin Sauveur en sa naissance vous comble de grâces et vous apporte de nombreuses bénédictions, pour vous-mêmes et pour tous les vôtres…

Ce jour de Noël est prolongé par une octave: c’est un jour de fête qui dure une semaine entière! Cela n’est pas de trop pour méditer et approfondir l’incroyable mystère de la venue du Fils de Dieu en notre chair!

Mes voeux personnels sont brefs, ils veulent surtout vous assurer de ma prière amicale et fervente à toutes vos intentions auprès de la crèche. Je veux surtout les faire suivre de deux textes magnifiques, à lire, à méditer, et à reprendre afin de profiter de leur très grande richesse spirituelle : ce sont l’homélie de la Sainte Messe de la Nuit de la Nativité et le message du Jour de Noël précédant la bénédiction Urbi et Orbi, prononcés par notre Saint Père le Pape Benoît XVI.

Bon et Saint Noël !

Frère Maximilien-Marie.

 

Homélie prononcée au cours de la Sainte Messe de la Nuit de Noël :

Chers Frères et Sœurs!

«Tu es mon Fils, moi, aujourd’hui, je t’ai engendré» – par ces paroles du Psaume deuxième, l’Église commence la liturgie de la Nuit Sainte. Elle sait qu’à l’origine ces paroles appartenaient au rituel du couronnement des rois d’Israël. Le roi, qui en soi est un être humain comme les autres hommes, devient “ fils de Dieu” par l’appel et l’installation dans sa charge : c’est une espèce d’adoption de la part de Dieu, un acte de décision, par lequel il donne à cet homme une nouvelle existence, l’attire dans son propre être. De façon encore plus claire, la lecture tirée du prophète Isaïe, que nous venons d’entendre, présente le même procédé dans une situation de tourment et de menace pour Israël : “Un enfant nous est né, un fils nous a été donné ; l’insigne du pouvoir est sur son épaule” (IX, 5). L’installation dans la charge du roi est comme une nouvelle naissance. Justement comme nouveau né de la décision personnelle de Dieu, comme un petit enfant venant de Dieu, le roi constitue une espérance. Sur ses épaules repose l’avenir. Il est le détenteur de la promesse de paix. Dans la nuit de Bethléem, cette parole prophétique est devenue réalité d’une manière qui au temps d’Isaïe aurait encore été inimaginable. Oui, aujourd’hui c’est vraiment un petit enfant celui sur les épaules duquel est le pouvoir. En lui apparaît la nouvelle royauté que Dieu établit dans le monde. Ce petit enfant est vraiment né de Dieu. Il est la Parole éternelle de Dieu, qui unit l’une à l’autre humanité et divinité. Pour ce petit enfant valent les titres de dignité que le cantique de couronnement d’Isaïe lui attribue : Merveilleux Conseiller – Dieu-Fort – Père-à-jamais – Prince de la Paix (IX, 5). Oui, ce roi n’a pas besoin de conseillers appartenant aux sages du monde. Il porte en lui-même la sagesse et le conseil de Dieu. Justement dans la faiblesse du fait d’être un petit enfant il est le Dieu fort et il nous montre ainsi, devant les pouvoirs prétentieux du monde, la force propre de Dieu.

Les paroles du rituel du couronnement en Israël, en vérité, étaient toujours seulement des rituels d’espérance, qui prévoyaient de loin un avenir qui aurait été donné par Dieu. Aucun des rois salués de cette façon ne correspondait à la sublimité de ces paroles. En eux, toutes les paroles sur la filiation de Dieu, sur l’installation dans l’héritage des nations, sur la domination des terres lointaines (Ps. II,8 ) restaient seulement un renvoi à un avenir – presque des panneaux signalétiques de l’espérance, des indications qui conduisaient vers un avenir qui en ce moment là était encore inconcevable. Ainsi l’accomplissement des paroles qui commence dans la nuit de Bethléem est en même temps immensément plus grand et – du point de vue du monde – plus humble que ce que les paroles prophétiques laissaient entrevoir. Il est plus grand, parce que ce petit enfant est vraiment Fils de Dieu, vraiment “Dieu né de Dieu, lumière née de la lumière, engendré, non pas créé, consubstantiel (cf. note 1 en bas de page) au Père”. L’infinie distance entre Dieu et l’homme est dépassée. Dieu ne s’est pas seulement penché vers en bas, comme disent les Psaumes ; il est vraiment “descendu”, entré dans le monde, devenu l’un de nous pour nous attirer tous à lui. Ce petit enfant est vraiment l’Emmanuel, “Dieu-avec-nous”. Son royaume s’étend vraiment jusqu’aux confins de la terre. Dans l’étendue universelle de la sainte Eucharistie, il a vraiment érigé des îlots de paix. Partout où elle est célébrée, on a un îlot de paix, de cette paix qui est propre à Dieu.  Ce petit enfant a allumé parmi les hommes la lumière de la bonté et leur a donné la force de résister à la tyrannie du pouvoir. En chaque génération il construit son royaume de l’intérieur, à partir du cœur. Mais il est vrai aussi que “le bâton du tortionnaire” n’a pas été brisé. Aujourd’hui aussi marchent, bruyantes, les chaussures des soldats et toujours encore et toujours de nouveau il y a le “manteau couvert de sang“ (Is. IX, 3 et suivants). Ainsi la joie pour la proximité de Dieu fait partie de cette nuit. Nous rendons grâce parce que Dieu, comme un petit enfant, se donne entre nos mains, il mendie, pour ainsi dire, notre amour, il répand sa paix dans notre cœur. Cette joie, toutefois, est aussi une prière : Seigneur, réalise totalement ta promesse. Brise les bâtons des tortionnaires. Brûle les chaussures bruyantes. Fais que finissent le temps des manteaux couverts de sang. Réalise la promesse : “La paix sera sans fin” (Is. IX, 6). Nous te rendons grâce pour ta bonté, mais nous te prions encore: montre ta puissance. Établis dans le monde la domination de ta vérité, de ton amour – le «royaume de la justice, de l’amour et de la paix».

“Marie mit au monde son fils premier-né” (Luc II, 7). Avec cette phrase, saint Luc raconte, de manière absolument privée de pathos, le grand événement que les paroles prophétiques dans l’histoire d’Israël avaient entrevu par avance. Luc qualifie le petit enfant de “premier-né”. Dans le langage qui s’est formé dans la Sainte Écriture de l’Ancienne Alliance, “premier-né” ne signifie pas le premier d’une série d’autres enfants. La parole “premier-né” est un titre d’honneur, indépendamment de la question de savoir si ensuite suivent d’autres frères et sœurs ou non. Ainsi dans le Livre de l’Exode (IV, 22), Israël est appelé par Dieu “mon fils premier-né”, et ainsi s’exprime son élection, sa dignité unique, l’amour particulier de Dieu Père. L’Église naissante savait qu’en Jésus cette parole avait reçu une nouvelle profondeur ; qu’en lui sont résumées les promesses faites à Israël. Ainsi la Lettre aux Hébreux appelle Jésus “le premier-né”, simplement pour le qualifier, après les préparations de l’Ancien Testament, comme le Fils que Dieu envoie dans le monde (cf. Heb. I, 5-7). Le premier-né appartient de façon particulière à Dieu, et pour cela – comme dans de nombreuses religions – il devait être de façon particulière remis à Dieu et être racheté par un sacrifice substitutif, comme saint Luc le raconte dans l’épisode de la présentation de Jésus au temple. Le premier-né appartient à Dieu de façon particulière, il est, pour ainsi dire, destiné au sacrifice. Dans le sacrifice de Jésus sur la croix, la destination du premier-né s’accomplit de façon unique. En lui-même, il offre l’humanité à Dieu et unit homme et Dieu de manière telle que Dieu soit tout en tous. Paul, dans les Lettres aux Colossiens et aux Éphésiens, a développé et approfondi l’idée de Jésus comme premier-né : Jésus, nous disent ces Lettres, est le Premier-né de la création – le véritable archétype de l’homme selon lequel Dieu a formé la créature homme. L’homme peut être image de Dieu parce que Jésus est Dieu et Homme, la véritable image de Dieu et de l’homme. Il est le premier-né d’entre les morts, nous disent en outre ces Lettres. Dans la Résurrection, il a abattu le mur de la mort pour nous tous. Il a ouvert à l’homme la dimension de la vie éternelle dans la communion avec Dieu. Enfin, il nous est dit: il est le premier-né de nombreux frères. Oui, aujourd’hui il est cependant le premier d’une série de frères, le premier, c’est-à-dire, qui inaugure pour nous l’être en communion avec Dieu. Il crée la véritable fraternité – non la fraternité, défigurée par le péché, de Caïn et Abel, de Romulus et Remus, mais la fraternité nouvelle dans laquelle nous sommes la famille même de Dieu. Cette nouvelle famille de Dieu commence au moment où Marie enveloppe le “premier-né” dans les langes et le dépose dans la mangeoire. Prions-le : Seigneur Jésus, toi qui as voulu naître comme premier de nombreux frères, donne-nous la vraie fraternité. Aide-nous à devenir semblables à toi. Aide-nous à reconnaître dans l’autre qui a besoin de moi, en ceux qui souffrent ou qui sont abandonnés, en tous les hommes, ton visage, et à vivre avec toi comme des frères et des sœurs pour devenir une famille, ta famille.

L’Évangile de Noël nous raconte, à la fin, qu’une multitude d’anges de la troupe céleste louait Dieu et disait : “Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime” (Luc II, 14). L’Église a amplifié cette louange, que les anges ont entonnée devant l’événement de la Nuit Sainte, en en faisant une hymne de joie sur la gloire de Dieu. “Nous Te rendons grâce pour ton immense gloire”. Nous Te rendons grâce pour la beauté, pour la grandeur, pour la bonté de Dieu, qui en cette nuit nous deviennent visibles. L’apparition de la beauté, du beau, nous rend joyeux sans que nous devions nous interroger sur son utilité. La gloire de Dieu, d’où provient toute beauté, fait exploser en nous l’étonnement et la joie. Celui qui entrevoit Dieu éprouve de la joie, et en cette nuit nous voyons quelque chose de sa lumière. Mais le message des anges dans la Nuit sainte parle aussi des hommes: “Paix aux hommes qu’il aime”. La traduction latine de cette parole, que nous utilisons dans la liturgie et qui remonte à Jérôme, résonne autrement : “Paix aux hommes de bonne volonté”. L’expression “les hommes de bonne volonté” dans les dernières décennies est entrée de façon particulière dans le vocabulaire de l’Église. Mais quelle traduction est juste? Nous devons lire les deux textes ensemble ; nous comprenons seulement ainsi la parole des anges de façon juste. Serait erronée une interprétation qui reconnaîtrait seulement l’œuvre exclusive de Dieu, comme s’il n’avait pas appelé l’homme à une réponse d’amour qui soit libre. Serait aussi erronée, cependant, une interprétation moralisante, selon laquelle l’homme avec sa bonne volonté pourrait, pour ainsi dire, se racheter lui-même. Les deux choses vont ensemble: grâce et liberté; l’amour de Dieu, qui nous précède et sans lequel nous ne pourrions pas l’aimer, et notre réponse, qu’il attend et pour laquelle, dans la naissance de son Fils, il nous prie même. L’enchevêtrement de grâce et de liberté, l’enchevêtrement d’appel et de réponse, nous ne pouvons pas le scinder en parties séparées l’une de l’autre. Les deux sont indissolublement tressés entre eux. Ainsi cette parole est en même temps promesse et appel. Dieu nous a précédés par le don de son Fils. Toujours de nouveau Dieu nous précède de façon inattendue. Il ne cesse pas de nous chercher, de nous relever chaque fois que nous en avons besoin. Il n’abandonne pas la brebis égarée dans le désert où elle s’est perdue. Dieu ne se laisse pas troubler par notre péché. Il recommence toujours à nouveau avec nous. Toutefois il attend en retour notre amour. Il nous aime pour que nous puissions devenir des personnes qui aiment avec lui et ainsi il peut y avoir la paix sur la terre.

Luc n’a pas dit que les anges ont chanté. Il écrit très sobrement: la troupe céleste louait Dieu et disait: “Gloire à Dieu au plus haut des cieux…” (Luc II, 13 et suivants). Mais depuis toujours les hommes savaient que le parler des anges est différent de celui des hommes ; que justement en cette nuit du joyeux message, il a été un chant dans lequel la gloire sublime de Dieu a brillé. Ainsi ce chant des anges a été perçu depuis le commencement comme une musique provenant de Dieu, et bien plus, comme une invitation à s’unir dans le chant, dans la joie du cœur pour le fait d’être aimés de Dieu. Cantare amantis est, dit Augustin : chanter est le propre de celui qui aime. Ainsi, au long des siècles, le chant des anges est devenu toujours de nouveau un chant d’amour et de joie, un chant de ceux qui aiment. En ce moment, nous nous associons pleins de gratitude à ce chant de tous les siècles, qui unit ciel et terre, anges et hommes. Oui, nous Te rendons grâce pour ton immense gloire. Nous Te remercions pour ton amour. Fais que nous devenions toujours plus des personnes qui aiment avec Toi et donc des personnes de paix. Amen.

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Message lu le 25 décembre 2010 avant la bénédiction « Urbi et Orbi :

«Verbum caro factum est » – «Le Verbe s’est fait chair» (Johan. I, 14)

Chers frères et Sœurs, qui m’écoutez à Rome et dans le monde entier, je vous annonce avec joie le message de Noël : Dieu s’est fait homme, il est venu habiter parmi nous. Dieu n’est pas lointain : il est proche, ou mieux, il est l’ »Emmanuel », Dieu-avec-nous. Il n’est pas un inconnu : il a un visage, celui de Jésus.

C’est un message toujours nouveau, toujours surprenant, parce qu’il dépasse notre espérance la plus audacieuse. Surtout parce qu’il n’est pas seulement une annonce : il est un évènement, un fait, que des témoins crédibles ont vu, entendu, touché dans la Personne de Jésus de Nazareth! Étant avec Lui, observant ses actes et écoutant ses paroles, ils ont reconnu en Jésus le Messie ; et le voyant ressuscité, après qu’il ait été crucifié, ils ont eu la certitude que Lui, vrai homme, était en même temps vrai Dieu, le Fils unique venu du Père, plein de grâce et de vérité (cf. Johan. I, 14).

«Le Verbe s’est fait chair». Devant cette révélation, resurgit encore une fois en nous la question : comment est-ce possible? Le Verbe et la chair sont des réalités opposées entre elles ; comment la Parole éternelle et toute-puissante peut-elle devenir un homme fragile et mortel? Il n’y a qu’une réponse : l’Amour. Celui qui aime veut partager avec l’aimé, veut être uni à lui, et la Sainte Écriture nous présente justement la grande histoire de l’amour de Dieu pour son peuple, qui culmine en Jésus-Christ.

En réalité, Dieu ne change pas : Il est fidèle à Lui-même. Celui qui a créé le monde est le même qui a appelé Abraham et qui a révélé son Nom à Moïse : Je suis celui qui suis … le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob … Dieu miséricordieux et compatissant, riche d’amour et de fidélité (cf. Ex III, 14-15; XXXIV, 6). Dieu ne varie pas, Il est Amour depuis toujours et pour toujours. Il est en Lui-même Communion, Unité dans la Trinité, et chacune de ses œuvres et de ses paroles vise à la communion. L’incarnation est le sommet de la création. Quand dans le sein de Marie, par la volonté du Père et l’action de l’Esprit-Saint, se forma Jésus, Fils de Dieu fait homme, la création atteignit son sommet. Le principe ordonnateur de l’univers, le Logos, commençait d’exister dans le monde, dans un temps et dans un espace.

«Le Verbe s’est fait chair». La lumière de cette vérité se manifeste à celui qui l’accueille avec foi, parce qu’elle est un mystère d’amour. Seulement tous ceux qui s’ouvrent à l’amour sont enveloppés de la lumière de Noël. Il en fut ainsi dans la nuit de Bethléem, et il en est encore ainsi aujourd’hui. L’incarnation du Fils de Dieu est un évènement qui s’est produit dans l’histoire, mais qui en même temps la dépasse. Dans la nuit du monde, s’allume une lumière nouvelle, qui se laisse voir par les yeux simples de la foi, par le cœur doux et humble de celui qui attend le Sauveur. Si la vérité avait été seulement une formule mathématique, en un certain sens elle s’imposerait d’elle-même. Si au contraire, la Vérité est Amour, elle demande la foi, le « oui » de notre cœur.

Et que cherche en effet, notre cœur, sinon une Vérité qui soit Amour? Il la cherche, l’enfant, avec ses questions si désarmantes et stimulantes; il la cherche, le jeune, qui a besoin de trouver le sens profond de sa vie ; ils la cherchent, l’homme et la femme dans leur maturité, pour guider et soutenir leur engagement au sein de la famille et au travail ; elle la cherche la personne âgée, pour donner un accomplissement à son existence terrestre.

«Le Verbe s’est fait chair». L’annonce de Noël est aussi lumière pour les peuples, pour la marche collective de l’humanité. L’“Emmanuel”, Dieu-avec-nous, est venu comme Roi de justice et de paix. Son Royaume – nous le savons – n’est pas de ce monde, et pourtant il est plus important que tous les royaumes de ce monde. Il est comme le levain de l’humanité ; s’il venait à manquer, la force qui fait avancer le véritable développement ferait défaut : l’élan pour collaborer au bien commun, au service intéressé du prochain, à la lutte pacifique pour la justice. Croire en Dieu qui a voulu partager notre histoire est un encouragement constant à s’y engager, même au milieu de ses contradictions. C’est un motif d’espérance pour tous ceux dont la dignité est offensée et violée, parce que Celui qui est né à Bethléem est venu libérer l’homme de la racine de tout esclavage.

Puisse la lumière de Noël resplendir de nouveau sur cette Terre où Jésus est né et inspirer Israéliens et Palestiniens dans leur recherche d’une cohabitation juste et pacifique! Que l’annonce consolante de la venue de l’Emmanuel allège leur douleur et réconforte dans leurs épreuves les chères communautés chrétiennes en Irak et dans tout le Moyen-Orient, leur donnant apaisement et espérance pour l’avenir et stimulant les Responsables des Nations à une solidarité active envers eux. Que cela se passe aussi en faveur de ceux qui, en Haïti, souffrent encore des conséquences du tremblement de terre dévastateur et de la récente épidémie de choléra. Que ne soient pas non plus oubliés ceux qui, en Colombie et au Venezuela, mais aussi au Guatemala et au Costa Rica, ont subi récemment des calamités naturelles.

Puisse la naissance du Sauveur ouvrir des perspectives de paix durable et de progrès authentique aux populations de la Somalie, du Darfour et de la Côte d’Ivoire ; promouvoir la stabilité politique et sociale de Madagascar ; apporter sécurité et respect des droits humains en Afghanistan et au Pakistan ; encourager le dialogue entre le Nicaragua et le Costa Rica ; favoriser la réconciliation dans la Péninsule Coréenne.

Puisse la célébration de la naissance du Rédempteur renforcer l’esprit de foi, de patience et de courage chez les fidèles de l’Église en Chine Continentale, afin qu’ils ne se découragent pas à cause des limitations de leur liberté de religion et de conscience et, persévérant dans la fidélité au Christ et à son Église, qu’ils maintiennent vive la flamme de l’espérance. Que l’amour du «Dieu avec nous» donne persévérance à toutes les communautés chrétiennes qui souffrent la discrimination et la persécution, et inspire les responsables politiques et religieux à s’engager pour le plein respect de la liberté religieuse de tous.

Chers frères et sœurs, «le Verbe s’est fait chair», Il est venu habiter parmi nous ; Il est l’Emmanuel, le Dieu qui s’est fait proche de nous. Contemplons ensemble ce grand mystère d’amour, laissons-nous illuminer le cœur par la lumière qui brille dans la grotte de Bethléem! Joyeux Noël à tous!

La vidéo de cette bénédiction Urbi et Orbi de Noël 2010 :

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Note 1 : “Dieu né de Dieu, lumière née de la lumière, engendré, non pas créé, consubstantiel au Père”. L’homélie du Souverain Pontife a été prononcée en italien et ses paroles exactes ont donc été en citant le texte italien du symbole de Nicée-Constantinople : “Dio da Dio, Luce da Luce, generato, non creato, della stessa sostanza del Padre”. La traduction française de cette homélie, que l’on trouve sur d’autres sites, au lieu de traduire « della stessa sostanza » par : de la même substance, reprend la traduction fautive qu’on trouve dans le missel français de la liturgie de Paul VI : « de même nature », ce qui est une hérésie, dénoncée à plusieurs reprises. Nous ne pouvons accepter cette traduction hérétique et nous rétablissons le terme « consubstantiel » qui exprime la foi véritable de l’Eglise, telle que le Souverain Pontife l’a affirmée en utilisant les mots « stessa sostanza ».

2010-55. Nos préparatifs de Noël 2010.

Dimanche de Rorate 19 décembre 2010.

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Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Peut-être, au vu de cette photographie, vous demandez-vous ce que j’étais en train de bricoler au moment où elle a été prise. Beaucoup de personnes se le sont demandé et m’ont « cuisiné » pour essayer de le savoir avant les autres : moi, je ne disais rien, je les laissais chercher, et il y en a pas mal qui ont dû… donner leur langue au chat !

En fait, depuis fort longtemps, Frère Maximilien-Marie était à la recherche d’une décoration extérieure de Noël qui soit véritablement en rapport avec le sens de cette fête : la naissance du Fils de Dieu incarné.
En vain ! car on trouve dans les magasins toutes sortes de décorations qui vont davantage dans le sens de la « profanation » (j’emploie ce terme dans son sens étymologique : récupération de quelque chose de religieux pour un usage profane) de Noël, que dans celui du maintien de son sens spirituel qui est exclusivement chrétien.

J’ai donc encouragé notre Frère à dessiner puis à confectionner lui-même ce qu’il voulait ; j’avais promis de l’assister. Mais nous avons aussi dû nous faire un peu aider par quelques personnes qualifiées pour les soudures ou pour certains assemblages, ainsi que pour avoir un branchement électrique qui soit parfaitement sécurisé. Nous avons craint – un très court moment – que nous ne serions pas prêts à temps… Hé bien, si : le jeudi 16 décembre, jour où commençait la neuvaine préparatoire à la fête de la Nativité, nous pouvions installer, sur l’un des petits champs en terrasse voisin de l’entrée de notre Mesnil-Marie, une crèche lumineuse stylisée !
En plein jour, on ne se rend pas bien compte de ce que cela peut donner :

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Mais à la tombée du jour, voici donc ce que tout le monde (car c’est parfaitement visible depuis la route) peut voir, se détachant dans la nuit :

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Depuis quelques jours, ce sont aussi les préparatifs de la grande crèche de l’oratoire : elle n’est pas encore terminée, mais elle est bien avancée.

D’une année à l’autre, Frère Maximilien-Marie s’efforce de la perfectionner. Lors de son dernier séjour à Rome et à Lorette – au printemps dernier – il a pu acquérir de nouveaux personnages.
Chaque année, le jour où Frère Maximilien-Marie les sort de leurs petites boites, dans lesquelles ils sont très soigneusement enveloppés, je suis tout excité et je regarde les santons avec fascination.
Nous avons pris le temps de les compter : nous avons actuellement 51 personnages humains, 4 anges, 3 ânes, 3 chevaux, 1 éléphant et deux dromadaires, 1 boeuf, 2 chiens, 5 lapins, 1 écureuil, 1 blaireau, 1 biche avec ses deux faons, 1 bélier, 41 brebis et agneaux, 3 chèvres et 3 chevreaux,  1 porc 1 truie et 3 porcelets, 35 volatiles (poules, coqs, dindons, faisans, pigeons, pintades, oies et canards…), un poisson (au bout d’une canne à pêche !) et – je garde bien sûr le meilleur pour la fin – 5 chats, dont l’un d’eux est peint exactement comme moi! Cela fait au total, si je sais bien compter, 171 figurines !

Bien sûr, je vous ferai en temps opportun un petit reportage photographique sur l’édition 2010 de notre crèche, mais – conformément aux anciennes traditions (puisque même autrefois dans les églises pendant tout le temps de la préparation on tendait un grand voile devant la crèche jusqu’aux premières vêpres de la Nativité) – elle ne sera vraiment achevée que pour le 24 décembre. En attendant, frère Maximilien-Marie – à grand renfort de cartons de récupération, de papier-rocher, de punaises et d’épingles – modèle « le paysage », aménage le village de Bethléem, prévoit des éclairages… etc.

Et moi, j’inspecte et j’examine tout avec circonspection pour vérifier que ce sera bien convenable pour recevoir l’Enfant Jésus, Notre-Dame, Saint Joseph, le saint âne, le saint boeuf et tout le peuple des santons.

Lully prépare la crèche

J’achève ma chronique en vous encourageant surtout, en ces ultimes jours de préparation à Noël, à faire de votre coeur un asile de consolation, un foyer tout brûlant de ferveur et d’amour, une crèche spirituelle, pour accueillir dans la nuit sainte ce Dieu qui pour vous s’est fait tout petit, et auquel le monde d’aujourd’hui, comme jadis les habitants de Bethléem, continue de fermer sa porte…

Lully.

couronne avent 4 bougies

Publié dans:Chronique de Lully, De liturgia |on 19 décembre, 2010 |10 Commentaires »

2010-54. Du Bienheureux Urbain V (1310-1370).

Bx Urbain V

Cette année 2010 a marqué le 7ème centenaire de la naissance  (et aussi le 640ème anniversaire de la mort) du Bienheureux Urbain V. Sa fête liturgique se célèbre le 19 décembre et c’est la raison pour laquelle – même si elle est, cette année, occultée par le quatrième dimanche de l’Avent -  nous voulons que ce modeste blogue se fasse l’écho de cet anniversaire.

Né en 1310 au château de Grizac, près de Florac, Guillaume de Grimoard fit à Toulouse et à Montpellier de brillantes études en lettres, sciences, philosophie et droit, entrecoupées de séjours dans la demeure familiale, aux confins des Cévennes et du Gévaudan. Rentré comme simple moine à l’abbaye bénédictine Saint-Victor de Marseille, il fut très vite apprécié comme l’un des meilleurs maîtres de son temps et enseigna le droit à Montpellier, Paris, Avignon et Toulouse. « Une foule de disciples entourait sa chaire pour recueillir avidement la doctrine qui tombait à flots de ses lèvres. »

Il fut ensuite désigné par le Pape Clément VI comme abbé de Saint-Germain d’Auxerre dont il réforma et la règle et l’administration. Envoyé comme légat du Pape en Italie, il revint pour recevoir d’Innocent VI la charge d’abbé de Saint-Victor de Marseille, avant d’être élu Pape à l’unanimité en 1362 alors qu’il n’était ni cardinal ni même évêque.

Ses huit années de pontificat furent très remplies :  il sut se rapprocher de nos frères orthodoxes, ramena dans l’unité de l’Eglise des communautés séparées, envoya un légat à Pékin et fonda le premier évêché de Chine. Courageux réformateur, au coeur d’une époque extrêmement troublée, il astreint les évêques et abbés à résider dans leurs diocèses ou leurs abbayes et obligea ces dernières à revenir à l’observance de leurs règles (il fut en particulier le restaurateur du mont Cassin). Humaniste éclairé, intellectuel de grande envergure et juriste consulté dans toute la chrétienté, il correspondit avec les plus grands esprits de son temps (Pétrarque, Boccace, Sainte Brigitte de Suède…), participa au rayonnement du savoir et de la culture de l’Europe chrétienne tant par ses enseignements que par la création des universités de Genève, Cracovie, Vienne et Pecs (Hongrie) qu’il fonda et dota ; il encouragea de nombreux artistes. Selon son vœu le plus cher il fut le premier pape d’Avignon à revenir à Rome où il se dépensa sans compter à rétablir le prestige de la papauté. En tout cela, il resta un fidèle disciple de Saint Benoît car, homme de Dieu avant tout, il avait gardé l’humilité du moine et couchait revêtu de son habit de bénédictin dans un appentis de planches.

Après sa mort, de nombreuses demandes de canonisation parvinrent à son successeur, Grégoire XI, émanant de souverains et de prélats ; mais le grand schisme d’Occident qui survint bientôt après gela toute procédure et il fallut attendre 1870 pour que le Bienheureux Pape Pie IX  l’élevât aux honneurs des autels.

Madame Claire de Gatellier, qui nous honore de son amitié, nous a autorisés à publier ici l’article où elle fait à la fois la recension de la biographie que Yves Chiron a publiée à l’occasion de ce 7ème centenaire et un rapide compte-rendu du colloque qui s’est déroulé en octobre dernier à Paris à l’initiative de l’Association des Amis du Bienheureux Pape Urbain V ; qu’elle en soit vivement remerciée.

Yves Chiron Urbain V

Urbain V, le bienheureux

par Madame Claire de Gatellier.

Cette fois encore, Yves Chiron ne nous décevra pas. Après ses ouvrages passionnants sur les papes Pie IX, Saint Pie X, Pie XI et Paul VI, cet auteur spécialiste de l’histoire de l’Eglise remonte dans le temps – 7 siècles – puisque son dernier ouvrage concerne un pape encore trop méconnu quoique bienheureux : Urbain V, avant-dernier pape d’Avignon (1310-1370).

Pourquoi parler aujourd’hui d’un pape médiéval ? Il faut lire Yves Chiron pour saisir toute la modernité de ce grand juriste, réformateur et bâtisseur, bénédictin et mécène, diplomate et amoureux de la nature, cet illustre pape bien français a beaucoup à dire aujourd’hui…

Prenons par exemple l’Angleterre. Au lendemain du voyage étonnant de Benoît XVI, magnifique succès malgré les oracles catastrophistes de la plupart des media français, il est intéressant de découvrir qu’un grand archevêque de Cantorbery, Simon de Langham, promu cardinal par Urbain V, s’est ému de voir les deux universités d’Angleterre imprégnées de naturalisme et de pélagianisme et y a porté remède avec le soutien du pape… pour un temps.

Dans cette seconde moitié du XIVe siècle, désorganisé par les deux grandes pestes et par un relâchement général des idées et des mœurs, nous avons là un pape qui, par petites touches obstinées et judicieuses a jeté les bases d’un état pontifical moderne, cherché à élever toujours plus le niveau d’instruction des clercs aussi bien que des laïcs et donné l’exemple d’une vie de moine.

Il était en effet bénédictin. Remarqué pour ses talents de juriste et professeur recherché (il enseigna à Montpellier, Toulouse et Paris) il devint père abbé de la grande abbaye Saint-Victor de Marseille juste avant de devenir pape. Mais toute sa vie, il voulut garder l’habit bénédictin et sa frugalité coutumière est restée celle d’un moine, même à cette cour si brillante qu’était Avignon.

Moine frugal pour lui-même, il n’était pourtant pas austère et s’il se nourrissait de peu et dormait « à la dure », rien n’était trop beau cependant pour les nombreuses églises ou cathédrales qu’il a richement dotées et embellies. Il aimait la nature, les oiseaux et les fleurs comme en témoignent les décorations murales du palais des papes et les vastes jardins qu’il y a fait créer. Mais toujours très pragmatique, concret et charitable, il fit en sorte que ces jardins et « vergers » « contribuent au ravitaillement des cuisines pontificales », Ils servaient aussi à alimenter la « pignotte ». Employant une bonne douzaine de personnes, cette « aumônerie du pape », selon Yves Chiron, s’occupait des largesses pontificales : « 355 repas étaient servis chaque jour » aux pauvres d’Avignon « auxquels s’ajoutaient la distribution quotidienne des petits pains d’un poids moyen de 60 grammes. Entre 6 000 et 10 000 pains étaient distribués chaque jour, parfois jusqu’à 30 000. » C’est aussi à ce pape écologiste que nous devons les jardins du Vatican.

Mais notre pape était aussi un grand réformateur. Réformateur, non pas par grands décrets, et conciles mais par des quantités de micro-décisions personnalisées. Anne-Marie Hayez, archiviste-paléographe, ingénieur au CNRS largement citée par Yves Chiron a dépouillé pas moins de 28 000 lettres d’Urbain V. Correspondances régulières avec tous les rois et empereurs de l’époque, avec les évêques, les pères abbés, les professeurs, les artistes de son temps.

Yves Chiron montre de façon fort intéressante comment, dès le début de son pontificat, Urbain V « a essayé de lutter contre le carriérisme des clercs, le cumul des bénéfices et la non-résidence, source de tant de maux spirituels. » Pour cela, il commença par commander à tous les évêques et archevêques de communiquer à ses services la liste de tous les titulaires de bénéfices. Rappelons qu’un bénéfice était une charge ecclésiastique qui permettait de recevoir des revenus même sans résider là où est cette charge. Puis il opère en trois points : réduire le cumul des bénéfices ; imposer la résidence pour les bénéfices avec « cura animarum », c’est-à-dire charge pastorale, et veiller à ce que les candidats aient les compétences requises. Avec menace d’excommunication s’il le faut…

Si, comme le dit Yves Chiron « la politique bénéficiale d’Urbain V est un premier indicateur de sa volonté de réformer l’Eglise », elle ne s’arrête pas là. Il combat aussi les Vaudois qui, en Provence et en Dauphiné préparaient les voies au protestantisme ; les Fraticelles de Naples et de Pérouse qui abusaient la bonne foi des gens par leur attitude humble et modeste ; les Sociniens de Venise qui croyaient à la parole d’Aristote plus qu’à celle du Christ, mais un Aristote revu par Averroès. Ils enseignaient l’éternité de la matière et le plus grossier panthéisme et persécutèrent Pétrarque ; le frère Denys, qui enseignait la théologie à Paris, fraticelle déguisé qui niait le droit de propriété au nom du Christ, sans parler des hérésies des universités Anglaises évoquées plus haut.

Les ordres religieux furent aussi une préoccupation constante de notre pape bénédictin. Il restaura la vie monastique qui s’était beaucoup relâchée en maints endroits. Citons simplement parmi d’autres, la restauration, au propre et au figuré du Mont Cassin, de Subiaco, la reprise en main des grands ordres dominicains, bénédictins et franciscains, la fondation suscitée et généreusement dotée par Urbain V de nombreux monastères… etc.

Bref ! si l’on veut tout savoir sur le bienheureux pape Urbain V, ses bienfaits dans le monde universitaire, ses missions et tentatives de croisade en Orient, la conversion de l’empereur Jean V Paléologue, son retour à Rome, sa sainteté même, alors il faut vraiment lire le livre. La préface, écrite par Mgr Jacolin, évêque de Mende (diocèse d’origine d’Urbain V) vaudrait à elle seule, s’il en était besoin, la lecture du livre. Résumant parfaitement la vie d’Urbain V en la replaçant dans son époque, elle resitue la vie de l’Eglise en ses fondements : les apôtres et les prophètes.

Pour conclure, citons Yves Chiron : « Sur la longue durée, est remarquable son souci de défendre les droits, spirituels et temporels de l’Eglise. Il n’a pas cherché à plaire aux princes de son temps, il n’a pas sacrifié les intérêts et la liberté de l’Eglise aux exigences des pouvoirs politiques de l’époque. Enfin, sur le plan personnel, « Ce bénédictin fut un des pontifes les plus savants, pieux et intègres de tout le XIVe siècle. »

L’association des Amis du Bienheureux pape Urbain V a commémoré le septième centenaire de sa naissance par un colloque au Collège des Bernardins, à Paris, le 9 octobre dernier. A cette occasion, Mgr Cattenoz, archevêque d’Avignon a souligné qu’à l’heure où l’Europe se cherche une identité, des racines, des raisons d’être, d’agir et d’espérer, Urbain V a beaucoup à dire.

Parvis de la cathédrale de Mende : statue du Bienheureux Urbain V

Statue du Bx Urbain V sur le parvis de la cathédrale de Mende.

Prière pour obtenir des grâces par l’intercession du Bienheureux Urbain V

Seigneur Notre Dieu, nous Vous rendons grâce pour le serviteur que Vous avez placé autrefois à la tête de l’Eglise, le Bienheureux Pape Urbain V, qui a vécu sous la motion de Votre Esprit Saint. Vous l’avez suscité pour qu’il soit le sage réformateur du clergé, qu’il défende les droits et la liberté de l’Eglise et propage l’évangile parmi les nations infidèles.

Faites que sa mission porte du fruit encore aujourd’hui ; nous Vous en supplions, accordez-nous la grâce que nous demandons par son intercession (…), et si telle est Votre volonté, daignez glorifier Votre serviteur par Jésus le Christ Notre-Seigneur,

Ainsi soit-il.

(prière éditée avec la permission de Mgr Cattenoz, archevêque d’Avignon)

Armoiries d'Urbain V

Les personnes qui reçoivent des grâces par l’intermédiaire du bienheureux Pape Urbain V, sont priées de les faire connaître à l’Association des Amis du Bienheureux Pape Urbain V, (www.pape-urbain-v.org) château de Grizac, 48220 Le Pont de Montvert. On lira également avec intérêt le travail effectué par Monsieur Antoine de Rosny, « Urbain V, un pape du Gévaudan », disponible à la Maison de la Lozère, 1 bis rue Hautefeuille, 75006 Paris, ou dans les librairies de la Lozère.

2010-53. De la conclusion de l’année jubilaire du 4ème centenaire de l’Ordre de la Visitation au jour anniversaire du bienheureux trépas de Sainte Jeanne de Chantal.

Le 13 décembre 1641, entre six et sept heures du soir, Sainte Jeanne-Françoise de Chantal rendit son âme à Dieu, après avoir prononcé par trois fois le saint Nom de Jésus. C’était au monastère de la Visitation de Moulins, en Bourbonnais.

Sainte Jeanne-Françoise de Chantal

Sainte Jeanne-Françoise Frémyot de Chantal (par Philippe de Champaigne).

La Sainte Fondatrice était dans sa soixante-dixième année. Elle avait survécu 19 ans à Saint François de Sales et les monastères de l’Ordre qu’ils avaient fondés ensemble, de 13 qu’ils étaient à la mort de « Monsieur de Genève », étaient maintenant au nombre de 87 !

Ce 13 décembre 2010, « dies natalis » (*) de Sainte Jeanne de Chantal, a donc tout naturellement été désigné comme jour de clôture de l’année jubilaire du quatrième centenaire de la fondation de l’Ordre de la Visitation qui a commencé le 24 janvier dernier (cf. les articles précédemment publiés à ce sujet ici > www, ici aussi > www, encore ici > www et ici > www).

Si l’année jubilaire s’achève, notre connaissance des enseignements de Saint François de Sales ainsi que de la spiritualité et des grandes figures de l’Ordre de la Visitation ne sauraient en rester là. A l’occasion des divers anniversaires ou des circonstances, nous espérons bien publier sur ce blogue des textes permettant de nouveaux approfondissements.

La seule année 2011 ne marquera pas seulement le trois-cent-soixante-dixième anniversaire de la mort de Sainte Jeanne de Chantal mais aussi, par exemple, a) le trois-cent-cinquantième anniversaire de la mort de Mère Anne-Marguerite Clément – fondatrice du monastère de la Visitation de Melun – qui fut une authentique mystique dont les visions du Coeur de Jésus préparèrent celles dont fut gratifiée Sainte Marguerite-Marie, b) ou bien encore le troisième centenaire de l’entrée au monastère de la Visitation de Marseille d’Anne-Madeleine Rémuzat, autre grande mystique qui joua un rôle très important pour la diffusion du culte du Sacré-Coeur, c) ou encore le cent-soixante-dixième anniversaire de la naissance de Soeur Marie-Marthe Chambon, de la Visitation de Chambéry, choisie par Notre-Seigneur pour faire connaître au monde la  puissance de la dévotion à ses Saintes Plaies… etc.

Mais pour l’heure, afin de marquer la conclusion de l’année jubilaire de la Visitation, je voudrais vous permettre de lire et de méditer la toute dernière lettre de Sainte Jeanne de Chantal, datée du 12 décembre 1641, veille de sa mort.

La sainte fondatrice sait qu’elle est arrivée au bout de ses jours terrestres et elle livre ici, en ces ultimes recommandations à ses filles spirituelles, une sorte de testament spirituel dans lequel passe toute son âme, parvenue à la perfection de l’esprit que Saint François de Sales avait voulu pour les religieuses de la Visitation. On admirera la sérénité qui imprègne cette âme en face de la mort, on remarquera son souci insistant de voir se conserver intactes dans tout l’Ordre l’humilité et la charité fraternelle qui en sont les caractéristiques, ainsi que la parfaite observance des Règles. On notera aussi combien la perspective de l’éternité toute proche ne fait pas perdre à la Mère de Chantal le sens des choses pratiques…

J’ai retranscrit cette dernière lettre de Sainte Jeanne de Chantal directement à partir d’une très ancienne édition (le cliché ci-dessous vous en donne un aperçu), mais pour des raisons évidentes de compréhension, j’ai pensé qu’il était préférable d’adopter l’orthographe et la ponctuation conformes à nos usages actuels.

(*) « dies natalis » : expression latine signifiant « jour de naissance » et employée dans la tradition catholique pour désigner le jour de la mort d’un saint personnage, puisque cette mort marque en réalité le jour de sa naissance dans la vie de gloire et de bonheur éternels au Ciel. 

 * * * * * * *

Dernière lettre de Ste Jeanne de Chantal

Mes très chères et bien aimées filles,

me trouvant sur le lit du trépas nonobstant, et avec un très grand désir de plus penser à chose quelconque, qu’à faire ce passage en la bonté et miséricorde de Dieu, je vous conjure, mes très chères filles, que pour les affaires de l’Institut, l’on ne s’y précipite point, et que personne ne prétende d’y présider ; mais de suivre en cette occasion comme en toutes autres les intentions de notre bienheureux Père, qui a voulu que le Monastère de Nessy (1) fut reconnût pour Mère et matrice de tout l’Institut ; et je vous prie, mes très chères Soeurs, de continuer en cette union, comme vous avez fait jusques ici ; et que ces premiers et principaux Monastères aient toujours soin des petits, et soient prêts autant qu’il leur sera possible de les secourir et assister charitablement… etc.

Je vous prie d’avoir soin de la paix de Dieu entre vous, et de l’union charitable entre les Monastères, bonheur qui vous obtiendra de très grandes grâces de Dieu.

Ayez une très grande fidélité à vos observances, mes chères Soeurs : vous vous êtes obligées par un voeu solennel à garder tout ce qui est de votre Institut, et les Supérieures de les faire garder. Prenez garde, mes très chères filles, de ne pas ajuster vos Règles à vos inclinations, mais de soumettre humblement et fidèlement ces mêmes inclinations à leur obéissance. Gardez la sincérité de coeur en son entier, la simplicité et la pauvreté de vie, et la charité à ne rien dire et faire à vos Soeurs, je dis universellement, que ce que vous voudriez qu’elles disent et fissent pour vous. Voilà tout ce que je vous puis dire, quasi dans l’extrémité de mon mal.

Mes chères filles, avant que finir, il faut que je vous supplie et conjure d’avoir un grand respect, une sainte révérence et une entière confiance pour Madame de Montmorency (2), qui est une âme sainte et que Dieu manie à son gré, et à qui tout l’Institut a des obligations infinies, pour les biens spirituels et temporels qu’elle y fait. Je vous estime heureuse de l’inspiration que Dieu lui a donné, c’est une grâce très grande pour tout l’Ordre, et pour cette Maison en particulier. Elle vit parmi nos Soeurs avec plus d’humilité, bassesse et simplicité, et innocence, qui si c’était une petite paysanne. Rien ne me touche à l’égal de la tendresse où elle est pour mon départ de cette vie. Elle croit que vous la blâmerez de ma mort. Mais, mes chères filles, vous savez que la divine Providence a ordonné de nos jours, et qu’ils n’en eussent pas été plus longs d’un quart d’heure. Ce voyage a été d’un grand bien pour les Maisons où nous avons passé et pour tout l’Institut.

Ne soyez point en peine des lettres que vous m’aurez écrit depuis mon départ de cette vie : elles seront toutes jetées au feu sans être vues (3).

Je me recommande de tout mon coeur à vos plus cordiales prières. J’espère en l’infinie Bonté qu’elle m’assistera en ce passage et qu’elle me donnera part en ses infinies miséricordes et mérites ; et si je ne suis point déçue en mes espérance, je prierai le Bienheureux (4) de vous obtenir l’esprit d’humilité et bassesse, qui seul vous fera conserver cet Institut : c’est tout le bonheur que je vous souhaite et non point de plus grande perfection.

Je demeure de tout mon coeur, en la vie et en la mort, mes très chères et bien-aimées Soeurs, votre très humble et très indigne Soeur et servante en Notre-Seigneur,

A Moulins, ce 12 décembre 1641.

Soeur Jeanne-Françoise Frémiot de la Visitation Sainte-Marie

Dieu soit béni!

Blason de l'ordre de la Visitation

Note 1 : « le Monastère de Nessy » = il s’agit bien sûr d’Annecy et du premier Monastère de l’Ordre.

Note 2 : Madame de Montmorency = Marie-Félice des Ursins (forme francisée de Orsini), était née le 11 novembre 1600 à Florence ; elle était la nièce et la filleule de la Reine Marie de Médicis. Elle épousa le duc Henri II de Montmorency, gouverneur du Languedoc. Elle était remarquable par sa sagesse et sa piété autant que par sa générosité dans les oeuvres de charité. Après l’exécution de son époux (30 octobre 1632), elle fut, par ordre de Richelieu, emprisonnée au château de Moulins pendant deux années. Elle s’installa ensuite au Monastère de la Visitation où elle finit par prendre le voile et où elle mourut en odeur de sainteté le 5 juin 1666. La venue de Sainte Jeanne de Chantal à Moulins était justement en rapport avec le dessein de la duchesse de Montmorency de devenir fille de la Visitation (de là les allusions de la Mère de Chantal qui ne veut pas qu’on impute à la duchesse la responsabilité de sa mort).

Note 3 : la Mère de Chantal veut rassurer ses filles au sujet des lettres confidentielles que celles-ci pourraient lui avoir écrites et qui arriveraient à Moulins après sa mort.

Note 4 : « le Bienheureux » = il s’agit bien évidemment de Saint François de Sales, auquel la Mère de Chantal donne ce titre, mais il ne sera béatifié qu’en 1661.

2010-52. Des fêtes de Saint Nicolas et de l’Immaculée Conception au « Mesnil-Marie ».

Blé de Sainte Barbe après cinq jours

Jeudi 9 décembre 2010.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Notre blé de Sainte Barbe, que nous avons mis à germer il y a quelques jours seulement (cf. > www), est déjà une source d’émerveillement parce que nous le voyons rapidement sortir et développer ses petites pousses, ainsi que vous pouvez le constater sur cette photo prise ce matin même. Le temps de l’Avent, avec ses belles traditions liées aux fêtes, est riche de joies simples qui – comme ces tout petits grains de blé – font lever dans nos coeurs de véritables moissons d’espérance et de consolations, au milieu des difficultés auxquelles chacun est affronté ici-bas.

Parmi ces moments riches et beaux, nous avons vécu la fête de Saint Nicolas. A vrai dire, ce n’est habituellement pas une fête très marquée en Vivarais ; mais Frère Maximilien-Marie, qui a vécu en Alsace et dans le Nord de la France, est très attaché à cette belle  tradition et l’a importée dans notre hameau. Dimanche soir, notre Mesnil-Marie recevait donc une douzaine de voisins et d’amis pour une fin d’après-midi et une soirée joyeuses et… gourmandes!!!

Vive Saint Nicolas !

Jeu, démonstration d’habileté et spectacle se sont succédés, ponctués de grands éclats de rire. Figurez-vous que nous eûmes même droit à un théâtre d’ombres dans lequel un loup, dont la modestie n’était pas la qualité principale, a reçu une belle leçon… C’était très réussi!

Théâtre d'ombres

La partie récréative fut suivie d’un tout aussi joyeux repas aux chandelles. Tous les convives avaient contribué au régal de chacun, spécialement par les desserts et les friandises : marzipanstollen et mannalas (recettes traditionnelles de l’Est de la France en cette période) côtoyant les bugnes et les marrons glacés de l’Ardèche, sans parler des tartelettes à la praline ou aux pignons et des rochers coco (j’avais aidé Frère Maximilien-Marie à réaliser ces derniers et comme on m’en demandait la recette je l’ai publiée ici > www)…

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Table de fête pour Saint Nicolas

Je suis sûr qu’en publiant ces photos, je cours le risque de faire saliver mes lecteurs voire même de leur faire prendre du poids rien qu’à la vue de si bonnes choses!!!

Vers la fin du repas, Frère Maximilien-Marie a chanté la célèbre « Légende de Saint Nicolas » dont je vous reproduis ci-dessous la transcription faite par le Père Doncoeur, un des pionniers du scoutisme catholique en France :

(cliquer sur l’image pour la voir en plus grand)

Légende de Saint Nicolas

Après la fête de Saint Nicolas, nous avons « enchaîné » – si je puis dire – avec celle de la Conception immaculée de Notre-Dame. Selon la belle tradition née à Lyon  en 1852 (j’en avais rappelé l’historique ici > www en bas de page), nous avions préparé des lumignons pour toutes les fenêtres du « Mesnil-Marie« .

Après avoir suivi (grâce à la télévision vaticane dont on peut recevoir les diffusions par internet) la cérémonie populaire et toujours très émouvante qui a lieu sur la place d’Espagne, à Rome, et au cours de laquelle  notre Saint-Père le Pape va rendre hommage à la Vierge Immaculée, comme c’était la tombée de la nuit, nous avons allumé toutes ces petites lumières : il y en avait plus de soixante! C’était très joli et, surtout, Frère Maximilien-Marie avait voulu qu’elles soient comme le symbole de toutes les intentions de prières (bien plus nombreuses que la soixantaine!) qui lui sont confiées et qu’il présente régulièrement à l’intercession de Notre-Dame de Compassion

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Ces petites flammes tremblantes dans l’obscurité sont bien l’illustration des paroles du Souverain Pontife au moment de la prière de l’Angélus de ce 8 décembre :
« Le mystère de l’Immaculée Conception est une source de lumière intérieure, d’espérance et de réconfort. Au milieu des épreuves de la vie et surtout des contradictions que l’homme éprouve en lui-même et autour de lui, Marie, Mère du Christ, nous dit que la grâce est plus grande que le péché, que la miséricorde de Dieu est plus puissante que le mal et sait comment le transformer en bien. Malheureusement, chaque jour nous faisons l’expérience du mal qui se manifeste de nombreuses manières dans les relations et dans les évènements, mais dont les racines sont dans le cœur humain, un cœur blessé, malade et incapable de guérir par ses propres forces. La Sainte Ecriture  nous révèle que la source de tous les maux est la désobéissance à la volonté de Dieu, et que la mort a pris le dessus parce que la liberté de l’homme a cédé à la tentation du diable. Mais Dieu ne renonce pas à son dessein d’amour et de vie : à travers un patient et long processus de réconciliation, Il a préparé l’Alliance nouvelle et éternelle, scellée dans le sang de son Fils, qui pour s’offrir Lui-même en expiation est «né d’une femme» (Gal. IV, 4). Cette femme, la Vierge Marie, par un don d’anticipation de la mort rédemptrice de son Fils, et dès sa conception, a été préservée de la contagion du péché. Ainsi, avec son coeur immaculé, elle nous dit : Faites confiance à Jésus, Il vous sauve ». (traduction par nos soins).

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Que l’espérance et la consolation qui découlent en abondance du Coeur de Notre-Dame de Compassion soient dans chacune de vos âmes, chers Amis de notre Mesnil-Marie, et que la flamme de la charité soit cette lumière intérieure qui éclaire votre route quotidienne… Ainsi soit-il!

2010-52. Des fêtes de Saint Nicolas et de l'Immaculée Conception au Lully.           

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